31 janvier, 2007

Le cardinal de Lisbonne s'exprime encore

Voici une rapide traduction que j'ai faite du 4e des 5 textes hebdomadaires annoncés par le cardinal-patriarche de Lisbonne, José Policarpo, en vue du référendum portugais du 11 février sur l'avortement. L'Eglise catholique s'engage et les déclarations se multiplient, sans langue de bois. Ce texte a été publié mardi. Texte portugais ici.

Les vraies solutions

1. En affirmant que la légalisation de l’avortement n’est pas la solution, ni légitime, ni efficace, pour confronter le drame de l’avortement clandestins, ni la réponse à proposer aux femmes enceintes qui envisagent difficilement la maternité, nous acceptons qu’on nous pose cette question : quelles sont donc les vraies solutions ? Nous devons les rechercher parmi les grandes valeurs de la civilisation chrétienne et d’une société juste et humaniste, qui sache mettre les valeurs au dessus des intérêts.

2. La première de ces valeurs est l’amour fraternel, qui exige la maîtrise des égoïsmes individualistes et la générosité pour aider les autres, surtout ceux qui se trouvent face à des problèmes et des besoins graves. La solidarité, qui dans l’idéal chrétien acquiert la densité de la charité, est le dynamisme fondamental de la construction de la communauté d’une société solidaire.

Dans une étude récente faite par l’Université catholique portugaise, à la question posée aux femmes de savoir si, dans le cas d’une maternité difficile, elles opteraient pour l’avortement ou pour l’acceptation d’une aide leur permettant de mener à bien leur maternité, 76 % des interrogées répondirent que, si elles étaient aidées, elles n’auraient pas recours à l’avortement. C’est un défi lancé à l’Etat, à la société et aussi à l’Eglise. Nous devons trouver des solutions positives, dans la ligne de la solidarité et de l’aide fraternelle. Il faut organiser un réseau d’aide, discrète mais efficace, de telle sorte que toute femme qui se trouve tentée d’avorter, sache auprès de qui trouver un recours, où sera protégée sa vie privée et où elle sera sûre de trouver l’aide dont elle a besoin : spirituelle, psychologique et matérielle. Pour nous chrétiens, ne s’agirait-il pas d’un lieu pour exercer la « fantaisie de la charité » ?

3. Un autre ordre de valeurs sur lequel on peut construire une solution se trouve dans le cadre de l’éducation. L’éducation doit proposer un cadre pour comprendre la vie humaine, depuis les instincts jusqu’à la liberté, qui ouvre à la générosité et à la liberté. Concevoir l’exercice de la liberté dans une perspective individualiste, où chacun pourrait faire ce dont il a envie, ne conduit pas à un agrandissement de la personne, ni à l’édification d’une société juste et solidaire. La société se trouve confrontée à la nécessité de résoudre, de façon pragmatique et efficace, les mésaventures et les problèmes créés par une liberté individuelle sans responsabilité. Il en va de même pour les accidents de la route, pour les agressions contre l’environnement, pour l’abandon et l’abus des enfants, pour l’avortement.

L’exercice individualiste de la liberté trouve son origine dans une société permissive. L’Etat dépense une part significative de ses moyens et de son énergie pour corriger les abus de la liberté, et les lois qui encadrent cette recherche de solutions tendent à être pragmatiques, sans être délimitées par les valeurs fondamentales d’une culture qui situe et motive la liberté individuelle. C’est là le rôle de l’éducation.

Le cas concret de l’avortement touche à un de ses aspects fondamentaux : l’éducation de la sexualité, généreuse et responsable, qui trouve dans l’amour le contexte positif de sa signification. Tant que la culture ambiante pousse chacun à faire ce dont il a envie, l’usage de la sexualité conduira toujours davantage au non respect de la personne humaine qui a pour conséquences : la violence au sein de la famille, l’abus des enfants, le sida, l’utilisation de la femme comme objet, les accidents indésirables pendant l’adolescence, l’avortement. Mettons-nous tous d’accord pour une éducation qui sache promouvoir la dignité de la personne humaine, et qui soit à la hauteur de la civilisation dont nous avons hérité.

La définition de ce que devra être l’éducation sexuelle à l’école est à l’ordre du jour. Celle-ce est bienvenue et nécessaire. Mais si elle ne respecte pas cette vision généreuse de la personne humaine, elle pourra être à l’origine de davantage de permissivité, de violence, de problèmes. Un aspect délicat concerne l’éducation à une saine régulation de sa propre fécondité. La doctrine de l’Eglise, à cet égard, se fonde sur le principe de la fécondité responsable et généreuse, dans le cadre de l’idéal chrétien de la chasteté, qui appelle les chrétiens à vivre leur sexualité comme une expérience d’amour généreux, dans le cadre de la famille, rendue possible avec la grâce propre du sacrement de mariage. L’absence de sanction éthique, de la part de l’Eglise, de toutes les méthodes de régulation de la fécondité, ne peut être utilisée comme un argument en faveur de l’avortement. Celles-ci se définissent par rapport à l’exigence de l’amour chaste, chemin de sainteté, se situant dans le cadre de la conscience de la personne, homme et femme, sans compromettre la vie d’un autre être humain, comme dans le cas de l’avortement. Ce sont des commandements différents dans la Loi de Dieu : garder la chasteté est un commandement, c’est un défi pour vivre sa propre sexualité ; et « tu ne tueras pas », exigence radicale de respect de la vie d’autrui. En termes religieux ou simplement culturels, il n’y aura pas de véritable éducation sexuelle si elle ne s’ouvre pas sur la perspective de la chasteté, conçue comme une vie généreuse et responsable de sa propre sexualité.

Voilà le cadre culturel où l’on construira des solutions, non seulement par rapport au problème de l’avortement, mais pour la stabilité du mariage, par rapport aux désordres qui empêchent une vie saine et pour l’éradication de toutes les formes de violence qui trouvent leur source dans une sexualité désordonnée et égoïste. Tout au long de la vie, la sexualité doit être expression de vie et chemin de bonheur.

Italie : une sépulture pour les fœtus

Yves Daoudal présente la nouvelle possibilité, en Lombardie, de donner une sépulture à tous les fœtus morts prématurément, quel que soit leur âge. Et il commente les critiques que cette décision du conseil régional a suscitées.

Voir le blog d'Yves Daoudal.

30 janvier, 2007

Portugal : la protestation de Radio Renascença

La radio privée catholique portugaise, Radio Renascença, s’est plainte de devoir laisser du temps d’antenne à la campagne pour le « oui » au référendum sur l’avortement pendant la durée officielle de la campagne qui a démarré aujourd’hui.

Un communiqué a été lu à l’antenne aujourd'hui pour faire savoir que la position de la radio « sur l’avortement et sur le droit à la vie est bien connue », et qu’elle estime anormal en tant que radio privée de devoir se soumettre à cette injonction légale du temps de parole.

Source : ici.

Portugal : le nerf de la guerre...

Les partis portugais favorables à l'avortement ainsi que les mouvements pour le "oui", le 11 février, ont déclaré leur mise de fonds au premier jour de la campagne officielle pour le référendum : 1.432.000 euros au total, dont plus d'un million des partis, PS surtout.

En face, les mouvements pro-vie représentent la plus grande part du budget de campagne, seuls de petits partis : CDS-PP, Parti populaire monarchique et le Parti national rénovateur ont mis quelque 60.000 euros à eux trois, tandis que 19 associations pro-vie ont mis 615.834 euros.

Quant au PSD, il engage 500.000 euros sans prendre officiellement position...

Plus du double d'argent pour le "oui", aucun engagement institutionnel ou presque pour le non : ou est l’égalité ?

Source : ici.

Propagande euthanasique : l'Australie dit non

Le ministre fédéral de la santé australien, Tony Abbott, a fait savoir qu’en cas de légalisation de l’euthanasie dans son pays, « tout une série de personnes âgées se trouveraient soudain en danger d’être dégommées ». Le ministre réagissait dans le journal australien The Age à l’aller simple très médiatisé d’un médecin atteint du cancer de la moëlle vers la clinique suisse Dignitas, mort « par choix » jeudi dernier à Zurich. Le Dr John Elliott avait décidé de convoquer la presse (et le médecin pro-euthanasie, Philip Nitschke) à suivre et à filmer son dernier voyage dans le but avoué de faire bouger la loi australienne. Sa femme Angelika, vingt ans de moins que lui (un peu lasse de servir de garde-malade, de refuser les sorties, de naviguer entre ordonnances et soins, mais néanmoins en larmes) était là pour lui tenir la mains et partager quelques cognacs d'adieu pour encadrer le cocktail lytique.

L’homme qui voulut mourir arguait de souffrances atroces et de la perspective d'une « mort sans dignité » ; il avait même refusé tout traitement susceptible de soulager sa douleur et d’améliorer même provisoirement sa condition, jusqu’au jour où il considéra que les rayons lui permettraient de voyager à l’autre bout du monde pour bénéficier d’un suicide assisté.

Toute sa rhétorique (largement rapportée par The Age, ici, dans un récit abominablement froid et futuriste) n’a donc pas convaincu le gouvernement australien qui pour l’heure, du moins, tient bon. Tony Abbott a clairement posé le problème en faisant une distinction entre le soulagement de la douleur ou une thérapie qui causeraient accidentellement la mort, et la mise à mort délibérée :

« Si l’intention est de causer la mort, alors l'acte est mauvais et doit continuer d’être mauvais. (...) Soulager la douleur est une bonne chose. Tuer des gens est mal. Tout ce qui a pour effet de rendre floue la distinction, la distinction fondamentale entre le soulagement de la douleur d'une part, et le fait de mettre fin à la vie de l’autre, doit être évité. »

Il réagissait notamment à des propositions tendant à justifier l’administration de doses létales de morphine.

Quant à la Suisse, elle continue de tolérer le « tourisme de la mort » qui tend à se populariser dans la mesure où c'est le seul pays au monde ou l’aide au suicide, pourvu qu’elle soit fournie de manière « altruiste », n'est pas réprimé. A « Dignitas » comme à « Exit » (l'autre clinique suisse qui fournit cette assistance), on insiste donc pour le candidat à la mort avale son breuvage de son propre mouvement. L’affaire coûte tout de même au bas mot 3.575 euros... L’euthanasie, elle, n’est pas légale en Suisse comme en Belgique ou aux Pays-Bas, mais dans ces pays elle est réservée à leurs ressortissants.

Source : ici.

Adoption homosexuelle : ce qui se passe au Royaume-Uni

Le bras de fer entre l’Eglise catholique et le gouvernement de Tony Blair à propos du concours des instances caritatives catholiques à l’adoption par des couples homosexuels s’est soldé, lundi, par le refus du Premier ministre de reconnaître leur droit à l’objection de conscience. Tony Blair a publié un communiqué annonçant simplement un moratoire qui remet à la fin 2008 l’entrée en vigueur de la nouvelle mesure pour les agences d’adoption catholiques ; en attendant, dès son vote par le Parlement britannique, prévu pour le 6 avril prochain, elles seront « statutairement » obligées de renvoyer les couples homosexuels candidats à des agences plus accommodantes. Seule concession : au cours de cette période de 21 mois, des enquêtes indépendantes devront se pencher sur la question de l’adoption homosexuelle.

Maigre consolation, dans un contexte où le principe de la « non-discrimination » est érigé en absolu. Ses conséquences logiques se dévoilent aujourd’hui dans toute leur outrance, mais c’était à prévoir. A force de refuser tout jugement de valeur, il est normal de ne plus tolérer ceux qui en portent : la cathophobie est le prolongement naturel de ce soidisant antiracisme. Et la nouveauté se situe plutôt dans le fait que nombre de catholiques se rebiffent, désormais.

On a donc assisté, au Royaume- Uni, à une passe d’armes inattendue. D’un côté, le texte d’une nouvelle loi d’égalité protégeant « l’orientation sexuelle », qui interdit toute « discrimination » à l’égard des homosexuels à l’occasion de la fourniture de biens et de services, y compris dans les écoles confessionnelles, les agences d’aide sociale et de placement pour l’adoption, les hôtels et les agences de location immobilière.

Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit nullement ici de proclamer le devoir de protection face à l’injure, ni même le droit à la différence : il n’existe plus, comme les catholiques sont en train de l’apprendre à leurs dépens. C’est bien le droit à l’indifférence qui est visé ; la normalisation de toutes les conduites sexuelles et leur égale valeur sociale sont le socle de ce texte que les députés travaillistes seront contraints d’adopter comme un seul homme, le 6 avril prochain, Tony Blair ayant fait savoir lundi à son camp qu’il ne disposera pas de la liberté de vote à cette occasion. Le chef de file des conservateurs, David Cameron, a pour sa part également annoncé qu’il voterait pour, tout en laissant la liberté de vote aux élus Tory.

On raconte que le cabinet de Tony Blair était dans un état proche de la révolte qui a précipité sa prise de position publique contre les catholiques, alors que le cardinal Murphy O’Connor venait de faire savoir que les agences d’adoption catholiques préféreraient fermer boutique plutôt que de devoir agir contre leur conscience. Celui-ci a pris acte du moratoire proposé et espère encore qu’une solution pourra être trouvée : mais toute la logique de la non-discrimination suppose qu’on écarte d’emblée l’idée que l’on puisse ne pas accorder les mêmes droits aux gays et lesbiennes qu’aux autres qu’il n’est plus possible de qualifier de normaux. Pas plus qu’on ne pourra refuser l’adoption à des couples « hétérosexuels » unis de fait…

Acceptera-t-on les conclusions de diverses études qui montrent (par exemple) que les concubins présentent 6,5 fois plus de risques de se séparer après la naissance d’un enfant qu’un couple légitime ? Tiendra-t-on compte du fait que la durée moyenne d’une relation homosexuelle « fermée » est de… 21 mois, selon une étude menée par des chercheurs homosexuels et financée par le Département de la santé britannique (Weatherburn et autres) ? Est-il encore permis de tenir compte de l’intérêt de l’enfant, comme l’assure pourtant Blair, à l’heure où il devient douteux que l’on puisse préconiser qu’il ait un père et une mère ?

De son côté Mgr Mario Conti, archevêque de Glasgow, a fait savoir : « Il ne sera pas plus facile pour les agences catholiques d’agir contre leur conscience dans 21 mois que maintenant », tout en dénonçant la volonté du gouvernement britannique de « complaire à un puissant lobby ». La hiérarchie de l’Eglise en Ecosse a annoncé sa volonté de faire fonctionner ses agences comme d’habitude sans tenir compte de la nouvelle loi, quitte à provoquer des poursuites qui seront contrées sur le fondement de l’article 9 du « Human Rights Act » qui affirme le droit de la liberté d’expression religieuse.

La cathophobie s’étend décidément partout. En Italie, le couturier homosexuel Stefano Gabbana (qui travaille toujours avec Domenico Dolce dont il fut le compagnon pendant vingt ans) s’en prend à l’Eglise, responsable selon lui du « retard énorme » de son pays dans la reconnaissance des unions de fait. Le gouvernement socialiste est sur le point de mettre en place cette reconnaissance qui s’étendra aux homosexuels.

Cet article de Jeanne Smits a paru dans Présent daté du 31 janvier 2007.

29 janvier, 2007

Ontario : refus des dons de sperme d'homosexuels...

La cour d'appel de l'Ontario a jugé le 12 janvier que le refus de l'autorité sanitaire de la province d'accepter les dons de sperme provenant d'homosexuels, en vigueur depuis 1977, est justifié et rationnel du point de vue de la santé publique, et non discriminatoire, en raison de leur risque signficativement plus élevé de contamination par une maladie sexuellement transmissible.

L'affaire avait été portée devant les tribunaux par une lesbienne désirant se faire inséminer avec le sperme d'un ami homosexuel mâle ; sa compagne s'était déjà fait inséminer, de façon artisanale semble-t-il, en faisant appel au même ami, et avait donné le jour à une petite fille. L'intéressée avait eu moins de chance et elle entendait se faire aider par une clinique de fertilité, qui refusa en invoquant la réglementation de 1977.

La jeune femme voulait donc faire constater la violation de l'égalité dont ils auraient tous été victimes en tant que gays et lesbiennes, ainsi que la violation de son propre droit à la liberté qui comprend, assurait-elle, le droit de décider qui serait le père de son enfant.

Le règlement de 1977 souffre une exception si l'homme est prêt à faire dépister son sperme pour le virus du sida et d'autres infections vénériennes, les tests comprenant une mise sous quarantaine du sperme pendant six moins : inutile, disait la jeune femme, puisqu'elle connaissait le donneur personnellement...

Une argumentation qui n'a pas convaincu. Les juges ont estimé disposer de la preuve d'une prévalence plus importante du sida et des hépatites virales parmi les homosexuels actifs que parmi les autres hommes de la population canadienne.

Source : ici.

Pro-avortement : des croix les rendent fous

La petite ville de province de Covilhã, au Portugal, s'est réveillée samedi matin pour découvrir plantées sur les pelouses des quatre principaux ronds-points de la ville des petits croix blanches comme on en voit dans les cimetières militaires, portant l'inscription : « victime de l'avortement ». Le lendemain matin, elles avaient disparu sans que l'on sache ni qui les avait plantées, ni qui les avaient enlevées.

Mais comme le mouvement pour le "oui" au référendum portugais veut absolument éviter de porter le débat sur ce terrain là, le Mouvement de Vote Oui devait envoyer ce lundi une plainte en bonne et due forme ) la Commission nationale des élections pour faire constater que « quelqu'un avait perdu la tête » en accomplissant cette action « inadmissible, de mauvais goût et inacceptable entre personnes qui doivent se montrer et assumer leurs convictions ».

« En vérité, ce qui fut planté sur les ronds-points de Covilhã, ce fut un cimetière d'idées, le cimetière de la dignité et du bon sens », assurent les partisans du oui, sans rire, ajoutant que « la croix est un symbole religieux, interdit dans ce type de propagande ».

Tout cela permet d'éviter la question qui fâche : l'avortement tue-t-il un être humain ?

Source : ici.

Des députés européens contre la vie au Portugal

« Une honte dans l'Europe à 27 » : c'est ainsi qu'une petite dizaine de députés européens de divers pays qui avaient fait le voyage de Lisbonne depuis Madrid, Paris ou Copenhague, ont qualifié, dimanche, le « retard » du Portugal quant à la législation européenne sur « l'interruption volontaire de grossesse ». Ils étaient venus participer à une « session d'éclaircissments » sur l'avortement.

L'eurodéputé portugaise Elisa Ferreira fut particulièrement virulente dans sa critique d'une situation qui relègue aujourd'hui son pays aux côtés « de deux pays seulement de l'UE, la Pologne et l'Irlande, ce qui en fait un attardé sur le plan européen ».

Et d'avancer le mensonge désormais commun parmi les partisans de l'avortement légalisé : « Personne ici ne veut discuter de l'avortement, nous parlons de pénaliser la société qui traîne les femmes devant les tribunaux, qui les expose à un jugement, parce qu'elles ont eu recours à une interruption volontaire de grossesse », dit-elle, appelant les Portugais à ne pas se laisser manipuler.

Or la question du 11 février ne porte que pour partie sur une dépénalisation, qu'elle ne limite d'ailleurs point à la femme : elle propose au contraire de laisser à la femme l'entier et libre « choix » d'avorter pendant les 10 premières semaines de grossesse. Il ne s'agit même pas de prendre en compte une détresse.

L'eurodéputé socialiste Ana Maria Gomez devait déclarer : « Nous nous trouvons parmi une toute petite minorité de pays qui ont une législation anachronique sur l'avortement, qui ne résoud pas les problèmes mais qui en crée et qui se trouve en dehors des cadres civilisationnels normaux de l'UE (sic), cela devrait nous interpeller et nous indiquer quelle lecture fait l'Union de notre loi. »

Source : ici.

Marche pour la vie à Lisbonne

A deux semaines du référendum qui entend faire de l'avortement un « droit » sans conditions jusqu'à dix semaines de grossesses, des milliers de Portugais (plus de 15.000 ? les grands journaux avouent 8 à 9.000, contre les 2.000 comptés par le gauchiste O Publico) ont défilé dans les rues de Lisbonne, dimanche. Beaucoup de jeunes, beaucoup d'enfants, des associations religieuses et des scouts venus de tout le pays participaient à cette marche dont l'un des slogans les plus remarqués était : « Avorter par choix quand un coeur bat déjà ? Non merci ! »

La sonorisation de la manifestation faisait d'ailleurs entendre les battements de coeur d'un foetus de dix semaines.

C'est tout le parcours de la vie qui était symboliquement parcouru, avec des haltes pour donner la parole à des associations travaillant pour la vie et sa dignité à la conception, à la naissance, à l'enfance, auprès de la jeunesse, des adolescents, des adultes, des grands-parents. Une Espagnole ayant avorté douze ans plus tôt vint témoigner de ce que le vrai choix lui avait été refusé : celui de pouvoir garder son enfant.

Une « Plateforme Non-Merci » s'est constituée pour coordonner les efforts de diverses associations pro-vie : son porte-parole, Margarida Neto, a rappelé que l'amitié et l'union des uns et des autres avait permis de repousser une première fois, en 1998, la tentative d'inscrire le droit à l'avortement dans la loi portugaise.

A la différence de ce qui se passe en France, des célébrités portugaises se sont mobilisées. La jeune (et très talentueuse) chanteuse de fado, Katia Guerreiro - qui a en outre une formation de médecin - était présente, tout comme le président du CDS-PP, trois anciens ministres, des actrices, une romancière, des députés démocrates-chrétiens mais aussi une socialiste... Une conseillère muncipale de Lisbonne, Maria José Nogueira Pinto, expliqua sa présence ainsi : « Nous sommes ici au nom de la vie qui n'a pas encore de voix ». Et, bien sûr, le chef de la maison royale du Portugal, Dom Duarte de Bragança

26 janvier, 2007

Avortement : faut-il encore attendre ?

Même à supposer que le chiffre de 15 000 participants à la Marche pour la vie, dimanche, ait été quelque peu surestimé, ce fut quand même une superbe réussite. Une réussite autour de demandes claires et sans exclusion d’aucune des composantes de la nébuleuse pro-vie : « Des élus pour la vie », « Des lois pour la vie », « 30 ans ça suffit ». Les trente ans en question visant explicitement la loi Veil qui a permis la mise à mort de plus de 6 millions de petites victimes.

Il y a ce langage-là, et puis il y le choix plus « politique » qui consiste à demander de meilleures mesures d’accueil à la vie afin de, premièrement, sauver des vies et deuxièmement, changer assez les mentalités pour pouvoir enfin abroger la loi qui autorise « l’IVG ». (Mais qui en outre le rembourse, et le protège, et en fait un droit alors que les défenseurs de la vie sont menacés d’une loi d’exception qui ne vise qu’eux : la loi Neiertz.)

Le refus de Christine Boutin de venir à la Marche pour la vie (à l’inverse d’élus FN et de cadres du MPF, présents) tant qu’elle ne rassemblerait pas 80 000 personnes se situe dans cette logique. Les organisateurs assurent que la fondatrice du Forum des républicains sociaux, promue conseillère de Sarkozy, a en outre tordu le nez lorsqu’on lui a refusé de lire un message de sa part lors de la Marche, où les hommes politiques étaient les bienvenus mais ne prenaient pas la parole.

Pourquoi n’étions-nous pas 80 000, seuil à partir duquel Mme Boutin aurait commencé à y croire ? N’est-ce pas parce que depuis des années, on nous répète qu’il est politiquement impossible de mettre en avant certaines réalités à propos de l’avortement ? Il y a un tabou, il est clair est net : on peut parler tant qu’on veut de créer des conditions favorables à l’accueil des enfants, mais dire qu’avorter est un crime, qu’avorter c’est tuer, est jugé politiquement suicidaire. Et si c’était cette absence de vérité qui plombait nos combats ?

Ne mésestimons pas, à cet égard, la chape de plomb que font peser les médias sur cette information. Mais force est de constater que nombre de candidats, dont nous ne mettons pas en doute l’opposition à l’avortement à titre personnel, ne veulent parler publiquement que de « drame », de « tragédie » et de la souffrance des femmes ayant avorté. Certes, il faut souligner ces choses-là ; mais voyezvous, trente ans après, ce langage « compassionnel » n’a pas fait avancer les choses d’un iota sur le plan du droit. Oui, le combat juridique sera long et ne se fera, probablement, que par étapes. Mais même pour cela il faudra bien faire sauter le verrou du politiquement correct.

Le Portugal est appelé aux urnes le 11 février pour un référendum sur la libéralisation de l’avortement. La campagne bat son plein et elle ne s’encombre d’aucun tabou. On y parle de crime, du refus de financer par l’impôt la mise à mort des innocents ; des médecins font visionner des films sur le développement foetal ; et l’Eglise a clairement pris position, multipliant les campagnes d’information où l’on parle certes de l’indispensable soutien aux mères mais où revient le 5e commandement : tu ne tueras pas.

Parce qu’un Etat qui organise la suppression de ses propres enfants est l’auteur de sa propre déchéance : comment le croire capable d’oeuvrer pour la justice ?

Cet article de Jeanne Smits a été publié dans Présent daté du 27 Janvier 2007.

25 janvier, 2007

Vanneste condamné

La cour d'appel de Douai a confirmé la condamnation du député UMP Christian Vanneste à 3 000 euros d'amende, plus 2 000 euros de dommages-intérêts respectivement à SOS-Homophobie, Act-Up Paris et au Syndicat national des entreprises gaies, plus 1 000 au titre des frais de justice, plus trois publications dans la presse. Les juges ont suivi les réquisitions du ministère public qui avait jugée constituée le délit d'injure homophobe sur la base d'un jugement moral du député du Nord qui avait déclaré que l'homosexualité était "inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité".

Dans cette logique, il n'y a aucune raison de ne pas condamner la Bible et le Catéchisme de l'Eglise catholique.

Christian Vanneste se pourvoit en cassation.

E-deo appelle à l'action : "Nous devons rendre cette loi inapplicable et désuette par des infractions massives et assumée, et par conséquent impossibles quantitativement à réprimer. C'est à dire nous inspirer des méthodes d'action gauchistes (cf le Manifeste des 343 salopes dans le Nouvels Obs pour rendre désuette la loi pro-Vie de 1920). e-deo vous tiendra au courant des initiatives qui seront lancées. Au nom de la défense de la famille, au nom de la défense de la liberté d'expression." A suivre...

24 janvier, 2007

Statistiques avant un référendum

Selon le cabinet de police judiciaire du ministère portugais de la justice, 223 crimes d'avortement ont été enregistrés depuis le dernier référendum par lequel les Portugais avaient dit non à la dépénalisation en 1998. 34 d'entre eux ont donné lieu à un procès ; 18 personnes au total ont été condamnées, au plus à des peines de prison avec sursis.

On ne peut pas dire que l'avortement fasse l'objet d'un acharnement répressif : le choix de le porter une nouvelle fois devant le peuple, pour si peu d'affaires effectivement judiciarisées, montre bien que le but réellement poursuivi est de faire de l'avortement un droit. Ce sont des élues partisanes du oui qui ont divulgué ces chiffres, sans doute pour faure progresser l'idée selon laquelle la légalisation n'aurait pas de conséquences dramatiques. Elles osent même affirmer qu'en cas de oui, le nombre d'avortements décroîtra, alors que l'expérience des pays ayant déjà légalisé l'avortement est au contraire que leur nombre augmente.

Source : ici.

Portugal : un autre évêque...

Mgr Ilidio Leandro, évêque de la petite ville plutôt traditionnelle de Viseu, au Portugal, a défrayé la chronique en indiquant que si le référendum du 11 février avait porté seulement sur la dépénalisation de l'avortement, il aurait voté oui. Le prélat participait à un débat à l'Ecole Supérieure d'éducation, où il s'était présenté comme partisan du non.

La presse portugaise, spécialement celle de gauche, s'est jeté sur ces commentaires : elle tenait enfin son responsable catholique pro-avortement !

Don Ilidio s'est empressé de préciser son propos afin qu'il ne soit plus déformé par la presse, ni sorti de son contexte, expliquant qu'il aurait voté oui à l'absence de poursuites et peines pour la femme ayant avorté, dans la mesure où "généralement la femme est victime de ces situations parce qu'elle est abandonnée par la société et par l'Etat - les aides n'existent pas - et souvent aussi par son compagnon, tandis que le professionnel de santé accepte de pratiquer l'intervention pour en tirer un bénéfice." Dans ce contexte, ajoutait-il, la femme "est la victime et celle qui reste dans la solitude" : "elle recherche un avortement quand elle n'a pas d'autre choix".

Au passage il a invité l'Eglise à être plus "cohérente" en acceptant d'aider celles qui sont en difficulté.

Au fond, c'est la logique de la loi pour la vie proposée par l'AGRIF et le Centre Charlier : ne pas poursuivre la femme ayant avorté, mais faisant peser plus justement la responsabilité sur ceux qui la poussent à l'acte et organisant un contexte favorable à l'accueil de la vie.

Moins scandaleuses que les gros médias ne l'auraient voulu, les prises de position de l'évêque éclairent aussi le débat en montrant toute la confusion que fait naître une question compliquée posée de manière trop touffue à l'occasion d'un référendum. Il a souligné qu'il n'y avait pas une question (celle de la dépénalisation accordée à la femme, qui fait l'objet d'une première proposition) mais trois, les deux autres portant sur la libéralisation totale de l'avortement jusqu'à dix semaines pour la première, et sur la réalisation de ces avortements dans des centres de santé légalement autorisés. Il a dénoncé le fait que les partisans du oui se centrent exclusivement sur la première question.

Cela permet de mieux comprendre la manipulation de l'opinion : il s'agit de faire croire aux électeurs qu'ils mettent fin à une situation difficile imposée à celle qui ne porte pas l'entière responsabilité de son acte, alors qu'en réalité la dimension la plus grave de ces atteintes organisées à la vie se situe dans le fait de faire de l'avortement un droit et de le faire organiser et accomplir par l'Etat.

Source : ici.

Discours de choc de Mgr Elio Sgreccia, de l'Académie pontificale pour la vie

Lors d'une conférence de presse aujourd'hui à Madrid, le président de l'Académie pontificale pour la vie, Mgr Elio Sgreccia, a averti qu'avec la sélection génétique, l'avortement, la chute de la natalité et l'euthanasie "on marche vers l'autogénocide de l'espèce humaine".

Le prélat s'exprimait à l'occasion de sa conférence à propos du "magistère de Jean-Paul II sur la vie humaine" donnée cet après-midi à l'Université Saint-Paul. Il existe aujourd'hui "une mentalité qui consiste à faire confiance au pouvoir biotechnologique" et qui prétend "changer le statut de l'espèce humaine".

C'est un "délire à propos de l'auto-construction des hommes à l'image et à la ressemblance d'autres hommes qui détiennent le pouvoir". Un délire auquel la société dans son ensemble est désormais perméable puisqu'elle "justifie aujourd'hui le fait qu'on devrait sélectionner les enfants pour qu'ils soient tous parfaits, sans défauts, et éliminer ceux qui ne satisfont pas à ces conditions". Un "délire de puissance" né d'une "perception fausse de l'origine de l'homme", puisque "nul être humain ne peut affirmer qu'il est né par sa propre volonte, ni qu'il s'est construit lui-même" :

"C'est le grand mensonge sur lequel on prétend établir cette toute-puissance biotechnologique qui veut changer la structure même de la nature humaine et la libérer ainsi de toute culture antérieure."

Il faut "démasquer" tous les mécanismes de la sélection génétique qui "ne conduisent pas vers ce qu'imaginent les scientifiques mais à la destruction de l'espèce humaine", a-t-il poursuivi.

A propos de l'euthanasie, Mgr Sgreccia a déclaré que l'homme, en raison d'une "profonde sécularisation", ne dispose plus d'une "énergie spirituelle suffisante pour affronter la douleur", et qu'il a perdu "le sens de la transcendance".

Comme le cardinal Ruini il y a deux jours, Mgr Sgreccia a rappelé que si l'homme a le droit et la liberté de refuser l'acharnement thérapeutique, il a rappelé que celui-ci ne comprend jamais l'alimentation, l'hydratation ou l'hygiène.

A propos de l'Espagne, il a précisé que les nouvelles lois de reproduction humaine assistée, de biomédecine, de légalisation du "mariage" homosexuel et du divorce express font traverser à ce pays un "moment de tribulation et de frayeur" et qu'il avance "sur un chemin de sécularisation dommageable pour la société".

"La faiblesse de la communauté chrétienne et la force de la société laïcisée peut faire prévaloir le désastre", a-t-il conclu, plaidant pour que "l'Europe inverse la marche". "Jusqu'à présent on a accepté la culture de mort et ce chemin conduit à l'autodestruction."

Source : ici.

"Mariages" homosexuels en Espagne : statistiques

Le quotidien espagnol ABC publie quelques statistiques de l'Institut national de la statistique à propos des "mariages" homosexuels légalisés en Espagne depuis juillet 2005. Huit jeunes de moins de 20 ans ont contracté ce type de mariage au cours des six premiers mois de l'entrée en vigueur de la loi, dont trois avec des hommes âgés de 50 à 54 ans.

Au cours de l'année 2005, on a enregistré 1.269 "mariages" homosexuels en Espagne : 914 entre hommes et 355 entre femmes;

Des chiffres ridiculement bas quand on pense au tapage fait autour de la discrimination dont souffrirait une part importante de la population pour justifier la légalisation de cette disposition qui n'intéressse quasiment personne. Mais il ne faut pas s'y méprendre : ce n'est pas parce que le comportement est marginal que la loi ne bouleverse pas la société en profondeur, car elle a fait sauter les repères.

Cérémonies civiles en Catalogne

Constatant que pour la première fois en 2004, le nombre de mariages civils a été plus important dans la "Generalitat" de Catalogne que celui des mariages religieux, l'association catalane des municipalités et des communes a publié avec la Généralité un "Manuel de Cérémonial civil : les plus grands jours" qui vient d'être rendu public. Et commenté sur www.camineo.info.news. Pour Joan Surroca i Sens, principal auteur de ce livret de rubriques laïques, il s'agit de permettre à ceux qui le veulent de "vivre en plénitude, dans la solennité et la spiritualité ce que nous reconnaissons comme des rites de passage".

L'auteur a voulu prendre acte du fait que l'Europe s'est transformée en société laïque, tout en profitant du fait qu'on ne manque pas de "temples" grâce à l'existence d'une importante architecture civile aux allures suffisamment solennelles pour se substituer aux églises.

La Généralité, qui a promu l'idée à travers un texte de loi, a précisé que l'Eglise catholique s'était montrée très hostile aux cérémonies laïques de baptèmes, de mariages et d'enterrement qu'elle entend organiser, en ajoutant qu'il "ne valait pas la peine d'y attacher une quelconque importance : "L'Eglise est sage et expérimentée quand il s'agit de s'adapter aux temps de l'histoire." Autrement dit, elle n'a plus qu'à se taire.

Les nouveaux rituels ressemblent étrangement à des cérémonies religieuses : ainsi la "cérémonie de l'accueil" prévoit-elle des paroles de bienvenue, des lectures (éventuellement puisées dans la Bible !), la présence d'un parrain et d'une marraine.

Pour justifier la mise en place d'une cérémonie de mariage laïc, l'auteur du livret de la Généralité rappelle que de tous temps différentes cérémonies ont existé, notamment à l'occasion des mariages polygames (joli progrès !) ; sans le nommer son rituel laisse la porte ouverte au "mariage" homosexuel.

Le rituel des obsèques a lui aussi tout prévu, qui s'ouvre sur cette introduction : "Doit mériter notre respect la personne qui , après une sereine méditation, arrive à la décision de mettre fin à ses jours. Il ne faudrait pas pénaliser le fait de l'aider si c'était nécessaire, dès lors que sont respectés les moyens reconnus par la loi de dépénalisation." Et d'ajouter : "L'ambiance que l'on respire lors des funérailles catholiques est généralement artificielle, même si le défunt et sa familles sont catholiques." Les adieux civils devraient se résumer en une accolade amoureuse et fraternelle. La cérémonie civile se distinguera par un prudent éloignement de la fosse où oeuvrent les fossoyeurs. C'est un excellent moment (selon le rituel laïc) pour que l'un ou l'autre des proches présents expliquent leurs relations avec le défunt, son côté le plus humain et pourquoi pas le plus humoristique, pour rompre la tension.

Qu'il se rassure ; le ridicule de ces cérémonies aura probablement déjà suffi !

La famille en danger en Amérique latine

Dans une interview à Radio Vatican signalée par l'édition espagnole de zenit.org, le père José Tola, secrétaire de la Commission pontificale pour l'Amérique latine déclare que l'un des sujets clefs abordés lors de l'assemblée plénière de cette instance a été la famille et les menaces sur elle qui justifient qu'elle soit au centre des préoccupations pastorales.

"Il est évident pour tous que la famille est en danger aujourd'hui" en raison de courants que l'on retrouve partout dans le monde : "Les parents, dans leur tâche de formation de la personnalité de leurs enfants, doivent confronter des problèmes de ce type". D'où le devoir des pasteurs d'avertir, d'informer, de catéchiser et d'aider les parents à les connaître et à y faire face.

"Nous faisons face en effet à un courant très fort, très agressif contre la vie, contre les valeurs de la vie familiale que nous enseigne l'Evangile", précise le père Tola.

Voir ici.

Euthanasie : le cardinal Ruini précise...

Dimanche on faisait grand cas des déclarations du cardinal Carlo Maria Martini réclamant "plus d'attention pastorale" pour les malades incurables qui demandent l'arrêt des soins qui les maintiennent en vie. Elles visaient à l'évidence l'attitude de l'Eglise qui avait refusé les obsèques religieuses à Piergiorgio Welby, handicapé grabataire dépendant d'un respirateur artificiel qui avaient explicitement demandé la mort en revendiquant le droit à l'euthanasie.

Le président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Camillo Ruini, est revenu lundi sur le sujet, en ouvrant les travaux du Conseil permanent de instance, en ce qui apparaît comme une mise au point d'autant plus nécessaire que le Parlement italien examine une loi instituant une ouverture à l'euthanasie, à la faveur des "déclarations anticipées de traitement".

Le cardinal Ruini a souligné qu'"il est légitime de refuser l'acharnement thérapeutique, c'est-à-dire des procédures médicales extraordinaires qui se révèlent trop onéreuses ou dangerueses pour le patient et disproportionnées quant au résultat obtenus", mais que ce refus ne peut aller "jusqu'à légitimer des formes plus ou moins masquées d'euthanasie". Il a explicitement condamné "l'arrêt de soins qui prive le patient du nécessaire soutien vital que sont l'alimentation et l'hydratation". Il a ajouté que la volonté exprimée par le patient ou par ses proches ne pouvait aller jusqu'à demander de quitter la vie au malade.

Le cardinal s'est ensuite expliqué ouvertement sur le refus des obsèques religieuses à Piergiorgio Welby, décision douloureuse prise en dépit de la peine qu'elle pouvait causer à ses proches en raison du fait que le malade, mort après le retrait de son respirateur et l'administration de calmants, en décembre dernier, avait "jusqu'à la fin persévéré lucidement et consciemment d,as sa volonté de pouvoir mettre un terme à sa propre vie", une "attitude contraire à la loi de Dieu".

Plus d'informations sur zenit.org.

Veronica Connelly, pro-vie, en attente de jugement

Veronica Connolly a comparu mardi devant la Haute Cour de Londres où elle fait appel de sa condamnation pour avoir envoyé des photos d'avortements à des pharmacies commercialisant la pilule du lendemain. La décision a été mise en délibéré à une date indéfinie par le juge, Lord Justice Dyson, et sera rendue par écrit.

L'équivalent du procureur, "Directeur des poursuites publiques", a soutenu la condamnation de cette femme handicapée de 50 ans en expliquant que le public a le droit de ne pas être confrontée à des images dérangeantes et explicites en ouvrant leur courrier : Mme Connelly avait été jugée coupable d'avoir posté des images "indécentes ou grossièrement offensantes".

Une partie civile qui avait reçu l'un des trois courriers a déclaré s'être sentie particulièrement touchée dans la mesure où sa fille venait de faire une fausse couche. Tout en regrettant ce fait Mme Connelly a précisé qu'elle cherchait seulement à "informer" ceux qui distribuent la pilule du lendemain sur la réalité de l'avortement. D'un côté la mise à mort d'innocents, de l'autre, l'emprisonnement d'une femme malade pour compenser... des larmes.

L'avocat de Veronica Connelly a déclaré que cette affaire "pose d'importants problèmes de droit par rapport à l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme relatif à la liberté d'expression, et dans une moindre mesure à l'article 9, sur l'expression religieuse".

On peut ajouter que les images de foetus avortés sont choquantes : choquantes, mais la réalité l'est bien davantage et le fait de les interdire indique clairement que l'on ne veut pas faire connaître cette réalité. Des parents peuvent regretter également que leurs enfants aient été confrontés à de telles images : ce n'était pas le cas ici, et de toute façon on voit bien pire sur le plan de l'indécence et des publicités grossièrement offensantes, sans que jamais des poursuites soient engagées.

Source : ici.

23 janvier, 2007

Portugal : Ingérence danoise

L'eurodéputé portugaise PS Edite Estrela a fait savoir aujourd'hui que le Parlement danois a appelé les Portugais à voter « oui » au référendum sur l’avortement le 11 février prochain. Tous les partis représentés au Parlement ont contresigné la lettre envoyé à Mme Estrela, les principaux signataires étant le président et le vice-président de la Commission des affaires sexuelles et reproductives des femmes du Parlement danois.

Objectif annoncé ? Il faut voter oui « pour combattre l’avortement » (sic).

Edite Estrela explique que le nombre d’avortements a diminué au Danemark depuis la dépénalisation en 1973.

Le taux y reste cependant supérieur à 15 avortements pour 1 000 femmes tous les ans, plus important que dans de nombreux pays d’Europe, selon Quid en ligne, et l’on sait que la pratique de la stérilisation volontaire est plus répandue dans les pays du nord de l’Europe...

Et de toute façon, de quoi je me mêle !

Source : ici.

Cardinal José Policarpo : paroles claires pour le Portugal

Dans le troisième des cinq textes hebdomadaires publiés par le patriarche de Lisbonne en vue du référendum sur l'avortement au Portugal, le 11 février prochain, Don José Policarpo souligne que le fait de « faciliter l'avortement n'est pas le bon chemin pour construire une culture de respect pour la dignité de la femme ». « C'est elle qui porte, une fois de plus, la tristesse d’être coupable et victime. »

Evoquant la « fragilité » de la mère qui mérite aide et soutien, de la part de sa famille, de ses amis, de la société et de l'Eglise : le cardinal a précisé qu’en cas de refus ou d’incapacité d’accueillir l’enfant qu’elle porte, « la société doit se substituer à elle par rapport à cette obligation ».

Le cardinal Policarpo voit plusieurs causes à la tentation d’avorter : l’égoïsme face aux difficultés liées à l’éducation d’un enfant, la peur devant ces difficultés, et la pression exercée autant par le père de l’enfant que par le milieu où se trouve la femme :

« Une loi de libéralisation se transforme alors en tentation accrue pour la femme de ressentir des difficultés à assumer sa maternité. Penser qu'on aide la femme, dans ces circonstances, en lui facilitant le recours à l’avortement constitue une grave erreur de perspective, parce qu'on facilite alors la défaite et non pas la victoire sur une faiblesse ressentie. »

Rappelant qu’aujourd'hui l’enfant est volontiers présenté comme un obstacle, le cardinal a précisé que dans le nouveau contexte culturel et social de la femme il importe de « ne pas perdre de vue que sa vocation maternelle est le centre de la construction de sa dignité ».

Source : ici.

Référendum portugais : encore un évêque

L'évêque de Santarém, au nord de Lisbonne, a envoyé une lettre à tous les curés de son diocèse pour les inviter à faire de la campagne en vue du référendum visant à libéraliser l’avortement une occasion pour « former et éclairer le peuple des fidèles sur la vraie portée de cette question ».

Insistant sur le caractère ambigu de la question, qui semble vouloir opposer ceux qui veulent protéger les femmes à ceux qui veulent les condamner, Mgr Manuel Pelino souligne qu’il s'agit en réalité de « la vie de l'enfant conçu dans le sein maternel, qui a besoin d’être défendue et protégée autant ou davantage que la vie de la mère parce qu’elle est plus fragile et plus dépendante ».

« La vie a un caractère sacré, elle mérite tout notre respect, notre admiration et notre protection. Seul Dieu est Seigneur et source de vie. A nous revient d'accueillir et de promouvoir la vie », ajoute-t-il.

Don Manuel Pelino a fait envoyer à de nombreux paroissiens deux dépliants qui appelle à voter « non », l’un réalisé par l’association « Positivement Non » et l’autre par la Conférence épiscopale du Portugal.

Source : ici.

Mgr Chaput rappelle un catholique à l’ordre

L’archevêque de Denver, Colorado (Etats-Unis) a ouvertement reproché au gouverneur de l'Etat, Bill Ritter, son projet de rétablir l’octroi de subventions publiques au Planning familial, qui avaient perdu les 400.000 dollars alloués annuellement par l’Etat par la volonté du précédent gouverneur, catholique lui aussi, Bill Owens.

Mgr Charles Chaput a mis Ritter au défi de rester fidèle aux convictions pro-vie dont il avait fait état pendant sa campagne.

Ritter vient de proposer la levée du gel des subventions aux organismes qui procurent des avortements s'ils sont en mesure d’apporter la preuve que les fonds ne seront utilisés que pour les programmes de planning familial et non pour des avortements.

Une politique « sérieusement entachée d’erreur », assure le prélat :

« Il est difficile d'avoir un avenir “pour nos enfants et les enfants de nos enfants” sans enfants, et dans la pratique, le Planning familial se spécialise dans le business qui consiste à les empêcher. Encore plus troublant : l’engagement de très longue date du Planning familial dans le combat pour le “droit” à l’avortement et dans les services de mort qui lui sont associés. Le fait d’aider les femmes à tuer leurs enfants à naître constitue un abus du véritable bien-être des femmes. Cela viole également la dignité des enfants à naître d'une façon brutalement intime et permanente. »

Source : ici.

“Le Figaro” et l’eugénisme

Un ahurissant article du Figaro daté de ce 23 janvier vient apporter un nouvel exemple du refus de ce quotidien de se démarquer de la pensée unique en matière de culture de mort. On y apprend, sous la plume de Martine Perez, que « les femmes les moins aisées ont plus de risques de faire naître un bébé trisomique ». Non pas parce qu’elles seraient moins bien soignées, ou génétiquement défavorisées : non, elles passent entre les mailles du dépistage qui aboutit, nous apprend sans émotion Le Figaro, au repérage de 70 % des « foetus porteurs » de l'anomalie, dont 94,5 % feront l'objet d'un avortement « médical ». Comme il faut tout de même être convenable, la journaliste ne parle qu’indirectement de cette élimination des indésirables en annonçant :

« Sur la période 1983-2002, il y a eu deux fois plus de naissance de trisomiques chez les femmes sans profession que chez celles des catégories supérieures. L'enquête montre que lorsque le diagnostic de trisomie a été fait, 5,5 % de femmes poursuivent leur grossesse. Mais pour celles sans emploi, ce chiffre monte à 11 % et de 15 à 21 % pour celles originaires d'Afrique. Les résultats mettent donc en évidence pour la première fois une disparité socio-économique dans la répartition des naissances trisomiques. »

Et de préciser que cette disparité ne résulte pas du libre choix des femmes, mais des difficultés qu’éprouvent les plus démunies et les moins instruites d’entre elles à comprendre et à suivre les parcours de dépistage qu’on leur propose : marqueurs sanguins pour toutes, amniocentèse (non sans danger pour l’enfant porté) pour toutes celles âgées de 38 ans ou plus. Du bout des lèvres, les chercheurs responsables de ces statistiques (Babak Khoshnood et autres de l'unité INserm 149) avouent qu’il importe aussi de « prendre en compte les valeurs culturelles des couples » pour comprendre ces chiffres.

Eh non, dans notre Meilleur des Mondes il n'est pas « chic » de mettre au monde un petit « mongolien » et 84 % des femmes cadres, conscientes des enjeux, accèdent au diagnostic, dont la seule issue médicalement envisagée est l'avortement à mi-grossesse.

A quand le dépistage systématique et obligatoire ?

Pro-choix ? Vraiment ?

Dans une opération de testing un peu différente de celles qui commencent à se populariser en France dans le cadre de la traque à la discrimination raciale, une jeune étudiante de UCLA (université de Californie et de Los Angeles) vient de prouver que les partisans du « choix » pour les femmes et de leur droit de faire ce qu’elles veulent de leur corps ne proposent que des options limitées. Et même une seule.

S’annonçant enceinte de sept semaines, Lila Rose a pris rendez-vous chez une infirmière conseil du campus, Ann Brooks, pour demander de l'aide. Ladite infirmière encouragea la jeune femme à avorter, expliquant que les services sociaux de l’université ne dispose d’absolument aucun moyen pour aider les futures mères à garder leur enfant alors qu’au contraire, il est aisé d’obtenir une couverture sociale de l’Etat qui rembourse l'avortement sans poser de questions.

Lila Rose a rapporté cette conversation dans le nouveau journal étudiant pro-vie, The Advocate, qu’elle vient de lancer. Elle précise que Mme Brooks avait attiré son attention sur l’inconfort et l’embarras qu’entraîneraient sa grossesse, ajoutant que la plupart des étudiantes qui se trouvent dans ce cas et qu’elle était amenée à rencontrer prenaient la décision de mettre un terme à leur grossesse.

Le centre de santé du campus devait confirmer cette absolue absence de choix en expliquant à Lila Rose que deux médecins pouvaient lui procurer un avortement sur place mais que rien n’était prévu pour une femme souhaitant garder son enfant.

Et l’on ose encore parler d’un combat pour le « libre choix » des femmes !

Source : ici.

Marche pour la Vie à Paris

Des milliers de personnes, une marée de pancartes – « 30 ans, ça suffit », « des lois pour la vie » –, ambiance joyeuse, musique ici, là cantiques et prières… Mais ce qui frappait surtout, dimanche, à la grande manifestation contre les 30 ans d’avortement légalisé qui ont déjà fait plus de 7 millions de morts en France, c’était la moyenne d’âge. Incroyablement jeune. Assurément, deux marcheurs sur trois avaient moins de 30 ans, peut-être moins de 25. Et s’il fallait compter les dizaines et dizaines de poussettes, et les nuées de petits enfants ! Beaucoup de manifestants étaient venus en famille, donnant une réplique de joie et d’espérance à la grisaille d’une société qui dévore ses propres enfants. La relève est prête. Il y a encore des sujets mobilisateurs, et même de plus en plus, semble-t-il. Par rapport à l’an dernier, l’affluence avait certainement doublé. Le chiffre de 15 000 avancé par les organisateurs ne m’a pas paru devoir être trop revu à la baisse pour compenser l’habituel optimisme de tout responsable de manifestation…

Et c’est un signe d’espoir qui se double d’autres bonnes nouvelles. La grande nouveauté pour cette troisième marche organisée pour coïncider avec d’autres manifestations du même genre, aux Etats-Unis notamment, était le soutien explicite de quatre évêques : Mgr Bagnard de Belley-Ars, Mgr Cattenoz d’Avignon, Mgr Centène de Vannes, Mgr Rey de Toulon-Fréjus. Et le concours inédit des Associations familiales catholiques, qui ont voulu marquer ainsi l’importance de cette question en une année électorale.

De la place de la République à l’Opéra, on occupait vraiment le terrain : marchant en rangs serrés (étalés comme des cégétistes, ils y seraient encore !), les différents groupes se suivaient et se mélangeaient, même s’ils ne se ressemblaient pas forcément. Ce fut là un autre signe d’espoir : pas de « tricards » parmi les défenseurs de la vie – des jeunes agglutinés autour de la sono au groupe de SOS Tout-petits fermant pieusement la marche, des Belges criant « avorter, c’est tuer ! », et des chrétiens évangéliques pour la vie à d’autres jeunes de l’Institut Civitas rassemblés autour d’un mot d’ordre, « Si tu veux ma voix, défends la vie », personne n’était exclu. Chacun était là avec son identité propre, et il y en avait de nombreuses, et elles cohabitaient sans se phagocyter ni se craindre.

Est-ce pour cela que l’on put constater, à l’actif de cette manifestation pro-vie qui est très loin d’être la première, un succès numérique peut-être sans précédent ?

Des personnalités ? Il y en avait à la pelle, impossible de les voir toutes et que l’on m’excuse donc les inévitables lacunes de ce compte-rendu. Mais il faut signaler la présence, jamais contestée, d’élus et responsables du FN, la plupart ceints de leurs écharpes : Michel Bayvet, Régis de la Croix-Vaubois, Michel Hubault, Michel de Rostolan, Christian Baeckeroot, Thibaut de La Tocnaye.… Ce dernier, responsable du chapitre de l’accueil de la vie dans le programme du FN, devait expliquer que la principale mesure demandée, et même la plus coûteuse du programme, était celle d’un salaire maternel ou parental. Et puis des prêtres de toutes tendances : soutanes, clergy, habit de dominicain et même des tenues plus soixantedixardes se remarquaient au long du cortège. Les « tradis » de la Fraternité Saint-Pie X, de la Fraternité Saint-Pierre, de l’Institut du Bon Pasteur, de Chéméré (et le père Argouarc’h, que l’on aperçut quelques instants perché sur les hauts rebords du monument de la République) voisinaient avec des prêtres diocésains. Mgr Wach était là avec plusieurs prêtres de l’Institut du Christ-Roi qui faisait partie du comité de soutien officiel de la Marche.

Très remarquée, la présence inattendue de Philippe de Villiers, venu (dit-il) à titre personnel mais avec quelques-uns des cadres de son mouvement : il s’indigna de ce qu’un Hulot appelle à protéger « les mésanges, les passereaux, les dauphins, les requins, les baleines : on pourrait peut-être défendre les petits d’homme ! ». Qu’on arrête de « privilégier la mort » au lieu de « privilégier la vie », dit-il.

On n’oubliera pas non plus la bonne humeur et l’allant de Cécile Edel, animant la marche avec un dynamisme communicatif ; ni les marcheurs venus du Portugal (où l’on vote le 11 février sur l’avortement), de Pologne, de Belgique et d’ailleurs ; ni la dizaine d’associations qui ont rendu l’événement possible grâce à leur coopération autour d’un Patrick Bray (association Rivage) très efficace pour mobiliser les soutiens et les médias.

Et comme il s’agit de se serrer les coudes, les organisateurs ont signalé, alors que la place de l’Opéra, bondée, était encore envahie par ces gens de bonne volonté, le prochain rendez-vous : celui de la Life Parade, avancée en raison des élections au 17 mars pour que la voix de la vie, de la famille et du refus de l’« homoparentalité » puisse être une nouvelle fois entendue.

Cet article de Jeanne Smits a paru dans Présent du 23 janvier 2007.

Marche pour la Vie aux Etats-Unis

Des centaines de milliers de participants, selon le site américain LifeNews.com, ont participé lundi à la Marche pour la Vie qui marque aux Etats-Unis le 34e anniveraire de la jurisprudence Roe versus Wade, avec une certitude commune : l'avortement tue une vie humaine innocente.

La donne a changé avec la défaite des Républicains aux dernières élections mais le mouvement pro-vie américain ne fléchit pas, et les militants invoquent volontiers l'hostilité d'une majorité des Américains à la majorité des avortements légaux. Si tel est réellement l'état de l'opinion il faut assurément en remercier les centaines et milliers de défenseurs de la vie qui font de l'information et de la dissuasion un combat quotidien, et il est à noter qu'ils revendiquent fortement le droit de décrire l'avortement tel qu'il est et de l'appeler par son nom : un crime.

Il faut aussi souligner le fait que la hiérarchie de l'Eglise catholique aux Etats-Unis a constitué un comité pour les actions pro-vie en son sein. Son président, le cardinal Rigali, a voulu souligner les raisons d'espérer : « Le taux et le nombre d'avortements aux Etats-Unis continuent de décroître, spécialement parmi les adolescentes. Un nombre croissant de citoyens en viennent à remettre en cause l'avortement et à reconnaître - comme point de départ pour une conversion plus profonde - qu'il y a quelque chose de radicalement mauvais dans l'avortement et dans le soutien que celui-ci reçoit à travers nos lois . »

22 janvier, 2007

« Homophobie » : acception de personnes…

La nouvelle majorité de gauche aux Etats-Unis ne perd pas de temps pour faire avancer la culture de mort, avec, déjà, des propositions en faveur de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, des limitations à la liberté de manifester des pro-vie, et des projets d’aggravation des lois anti-homophobes. Ceux-ci ont de bonnes chances d’aboutir dans la mesure où ils bénéficient du soutien de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre.

Concerned Women for America (CWA) s’élève contre ces nouvelles lois de police de la pensée qui visent la « prévention des crimes de haine », notamment le projet H.R 254 qui prévoit d’aggraver les peines pour les crimes commis contre des homosexuels.

Rappelant quelques faits divers qui ont récemment ému l’Amérique (un homme est soupçonné d’avoir décapité sa fille de 4 ans ; trois jeunes New-yorkaises sont actuellement en détention pour avoir brutalement battu une jeune fille de 13 ans et, ensuite, avoir posté la vidéo de leur orgie de violence sur internet) CWA note que logique de ce texte aboutirait à condamner plus lourdement les coupables de tels méfaits si leurs victimes avaient été homosexuelles.

Commentaire de CWA :

« H. R. place un groupe d’Américains au-dessus des autres, en créant une classe à part de victimes. Toutes choses étant égales, cela signifie que si une grand-mère de 1,60 m est violemment attaquée dans la rue, elle vaudra moins devant la justice qu’un homme homosexuel de 1,95 m attaqué par le même assaillant. »

21 janvier, 2007

£ 9 000 pour un bébé sur mesure

Une femme britannique a payé 9 000 livres sterling pour obtenir l’implantation d’un embryon commandé sur mesure auprès d’une banque d’embryons américaine qui permet aux futurs parents de sélectionner leur bébé sur internet. La procédure permet aux candidats « parents » de sélectionner aussi bien le donneur de sperme que la donneuse d’ovule en consultant leurs photos et leurs dossiers médicaux, scolaires et sociologiques, parmi un panel de diplômés d’université. Il suffit alors d’attendre une quinzaine de jours que l’embryon soit fabriqué, puis congelé.

L’entreprise en question s’appelle le « Centre de vie Abraham » et se trouve au Texas : elle a déjà réalisé deux implantations d’embryons en Amérique du Nord.
Cette procédure est interdite au Royaume-Uni mais rien n’empêche des couples d’en profiter à l’étranger.

Soit dit en passant, cela n’est pas un argument recevable pour justifier la légalisation de la procédure là où elle demeure interdite…

Source : ici.

$ 1 000 pour « homophobie »

Un conseiller municipal catholique de Kamloops, British Columbia (Canada) a été contraint de s’excuser auprès d’un couple homosexuel et de lui payer 1 000 dollars pour avoir qualifié les actes homosexuels de « pas normaux et pas naturels » lors d’un conseil municipal en juin dernier.

Les deux hommes en ménage homosexuel, John Olnyck et Greg Koll, avaient porté plainte en août contre John DeCicco, qui s’était exprimé ainsi contre une résolution proclamant la « fierté homosexuelle », non sans avoir vandalisé sa boutique de barbier en bombant les mots « Mort à l’homophobie » sur la porte d’entrée au lendemain de ses déclarations prétendument « homophobes ».

John DeCicco s’est exécuté dans un premier temps en présentant des excuses formelles aux deux hommes mais le tribunal des droits de l’homme du British Columbia a augmenté la pression en déclarant la plainte des deux militants homosexuels recevable : les 1 000 dollars de dommages constituent l’arrangement qui évite de procéder à l’audience, outre un communiqué officiel où il devra avouer que ses propos « n’étaient pas appropriés, et pouvaient blesser certains ».

Source : LifeSite.

19 janvier, 2007

Pression sur la Pologne

Le Comité officiel des Nations unies, CEDAW, la Convention pour l’élimination de tout forme de discrimination à l’égard des femmes, dont la 37e session est actuellement en cours à New York, passe au peigne fin les politiques des pays membres afin de vérifier si les « stéréotypes » ne continuent pas d’y sévir. Les Etats signataires s’engagent en effet à mettre en œuvre « une politique d’intégration des questions sexospécifiques dans toutes leurs stratégies politiques », le but étant d’instaurer une totale égalité entre hommes et femmes et un semblable accès au marché du travail.

Objectif doublé par la politique européenne qui vise à intégrer 80 % des femmes au marché de l’empoi, tout en parvenant à une répartition équilibrée des obligations entre hommes et femmes…

La lecture, ici, de l’audition de la délégation polonaise, le 16 janvier, et de son interrogatoire par une série d’expertes de différents pays du monde mérite une lecture attentive, tant elle montre le sens des pressions exercées par cette puissante organisation internationale pour promouvoir son programme qui est au fond celui de l’idéologie du genre. Celle-ci repose sur l’idée que les différences entre homme et femme sont d’ordre culturel (et doivent, mais cela n’est pas ouvertement dit ici) être transcendées dans le libre choix de l’orientation sexuelle. On notait ainsi l’insistance de la délégation polonaise à reconnaître « qu’en Pologne les femmes étaient toujours perçues comme responsables du foyer, alors que les hommes sont considérés comme ceux qui subviennent par leur travail aux besoins de la famille ». Et ce spécialement dans les zones rurales, où les femmes manquent d’informations sur leurs droits.

Plusieurs questions posées à la délégation polonaise portent sur l’accès à la contraception (on reproche au gouvernement polonais de ne promouvoir que la régulation naturelle des naissances – à tort d’ailleurs). La déléguée croate devait ajouter une dimension ubuesque à l’interrogatoire en exprimant « sa consternation quant à l’existence de foyers accueillant les mères célibataires ou enceintes ». « Mais qu’en est-il des femmes qui ne sont ni célibataires, ni enceintes, mais qui ont besoin d’une aide ? », a-t-elle demandé.

Outrepassant ses droits théoriques, le Comité, par la voix des expertes, a également posé des questions sur l’accès à l’avortement, sur les médecins qui refuseraient de pratiquer les avortements qui demeurent légaux dans certaines circonstances (sont-ils radiés, demanda la Cubaine). La Croate voulait savoir la quantité d’avortements clandestins : en Pologne le nombre avancé varie selon les sources, tournant autour de 30 000 ou 40 000 par an selon les unes et atteignant jusqu’à 80 000 et même 200 000 selon des ONG (probablement celles qui militent pour la légalisation, NDLR).

C’est en somme une pression continue reposant sur l’idée que légaliser l’avortement est bien et conforme aux normes de la communauté internationale. Selon le site pro-vie LifeSite, la déléguée polonaise répondit que « tout avortement est une tragédie » et que le premier souci de son gouvernement est de créer les conditions qui permettront aux femmes de compter sur l’assistance les assurant de pouvoir concevoir et élever des enfants dans de bonnes conditions. Ces propos sont apparemment transcrits de façon sibylline dans le rapport officiel de la réunion : « Notre problème est que le Gouvernement n’est pas en mesure d’offrir des prestations appropriées aux femmes seules, enceintes et isolées, a-t-elle indiqué. »

On reste tout de même pantois devant les questions agressives posées – par exemple – par l’experte chinoise ou cubaine dont les compatriotes féminines vivent dans des conditions autrement plus condamnables…

Veronica Connolly, handicapée, pro-vie, risque la prison

Cela se passe non pas en Chine, mais au Royaume-Uni, et la protagoniste de cette histoire se nomme Veronica Connolly, et non Guen Guangcheng. Et elle n’est pas aveugle, comme lui, mais clouée dans son fauteuil roulant. Cette grand-mère catholique de 50 ans sera entendue mardi devant la Haute Cour de Londres qui examinera l’appel de sa condamnation en première instance pour avoir envoyé des photos d’avortements à des pharmacies commercialisant la pilule du lendemain. Les premiers juges l’avaient estimée coupable d’envoi de publications « offensantes », et avaient prononcé une amende à son encontre.

S’estimant justifiée en conscience Veronica Connolly avait refusé de s’acquitter de la somme, ce qui la rend passible d’une peine de prison – qu’elle est d’ailleurs prête à accomplir, a-t-elle déclaré à The LifeLeague, l’association pro-vie au sein de laquelle elle milite.

Elle avait été condamnée en première instance en mai, le même jour qu’Edward Atkinson et pour le même motif : celui-ci avait envoyé des photos de fœtus avortés à des employés du Queen Elizabeth Hospital. Récidiviste, Atkinson, 74 ans, était condamné à 500 livres d’amende et quatre semaines de prison, plus deux encore pour avoir refusé de payer une première amende de 500 livres prononcée en 2002. La condamnation de mai dernier était assortie d’une période de cinq ans de placement sous contrôle judiciaire pour agissements anti-sociaux, sous peine de cinq ans d’emprisonnement en cas de nouvelle récidive.

A cette occasion, l’hôpital Queen Elizabeth dont il dépend l’avait en outre radié d’une liste d’attente pour une chirurgie de remplacement de la hanche, établissant une interdiction de tout soin à son encontre, hormis les interventions d’urgence.

Cela se passe au Royaume-Uni, pas en Chine…

Source : ici (attention, photos en première page).

La Marche pour la Vie américaine : "Silent no more"

La Marche pour la Vie qui se déroulera à Paris ce dimanche (place de la République, 14 h 30) sera comme l’écho d’un rassemblement similaire organisé depuis Roe versus Wade au mois de janvier outre-Atlantique. Pour la cinquième année consécutive, rassemblées sous la bannière « Silent no more » (plus jamais silencieuses) des centaines de femmes qui regrettent d’avoir avorté participeront aux événements pro-vie organisés à Washington. 35 d’entre elles – dont une en compagnie de son mari – prendront la parole lundi soir devant la Cour Suprême pour dire la douleur physique, psychologique et morale qu’elles ont vécue à la suite d’un acte qui leur avait été décrit comme anodin. Vingt autres rassemblements de ce genre seront organisés pendant la deuxième quinzaine de janvier à travers les Etats-Unis.

Le but de ces manifestations ? Montrer que le « droit à l’avortement » n’apporte aucun bien à la femme, mais seulement des regrets et un cortège de problèmes (suicide, déprime, toxicomanie, divorce, etc.) de plus en plus précisément décrits aux termes d’enquêtes indépendantes.

http://www.lifenews.com/nat2879.html

15 janvier, 2007

Chen Guangcheng, Ségolène Royal : un communiqué de “Rivage”

« Que lors de son voyage, Ségolène Royal prenne des nouvelles d’un militant anti-avortement chinois lourdement condamné a de quoi laisser pantois. La candidate socialiste, collègue de Véronique Neiertz qui instaura une loi répressive à l’encontre des militants pro-vie français ne manque décidément pas d’air (ce qui peut se comprendre du haut de la Muraille de Chine).

« Les associations du Respect de la Vie, qui organisent la manifestation du 21 janvier prochain à Paris (14 h 30, place de la République) ne sont pas dupes. En effet, lorsque des militants pacifiques ont été condamnés en France, on n’a pas entendu Mme Royal protester. Mais l’attitude de cette dernière, qui leur fait aujourd’hui indirectement du pied à quelques mois des élections, montre qu’elle a parfaitement compris que de nombreux Français, opposés à l’avortement, ne trouvent plus aujourd’hui en France de parti ouvertement pro-vie. Et que si les associations du respect de la vie et la CNAFC appellent ainsi à manifester, en grand nombre, c’est qu’elles représentent une force non négligeable et de nombreux électeurs potentiels. »

Patrick Bray
Rivage, BP 43844, Tours cedex 1, tél. 02 47 20 10 71.

Source : www.present.fr.

Chine : Chen Guancheng toujours persécuté

La cour d'appel de Linyi City en Chine vien de confirmer la condamnation de Chen Guangcheng, l'avocat aveugle militant contre les avortements et stérilisations forcés dans le province orientale de Linyi, à quatre années de prison. Chen n'était pas poursuivi dans le cadre de son combat pour la vie mais s’était vu poursuivre pour dégradations de biens publics lors d'une manifestation à laquelle il n’avait même pas participé.

La cour a estimé que toutes les preuves invoquées contre l'avocat en première instance étaient « irréfutables » et que par conséquent la décision du tribunal du peuple de Yinan était justifiée : à cette occasion, les avocats désignés par le prévenu avaient été détenus pendant l'audience et ses deux avocats commis d'office ne connaissaient pas l'affaire.

Devant la Cour, les avocats de Chen ont pu plaider mais deux témoins clef avaient disparu avant l'audience et un troisième a été détenu par les autorités locales, selon certaines informations.

Source : ici.

14 janvier, 2007

L'évêque de Fatima prêche pour la vie

Merci au Salon beige qui signale le pèlerinage pro-vie qui s’est déroulé à Fatima pour le premier « treize » de l’année à l’approche du référendum portugais sur l’avortement . Après la messe du vendredi soir, une nuit d’adoration pour le respect de la vie a réuni plusieurs centaines de personnes. Samedi 13 janvier, le nouvel évêque du lieu (ancien élève et ami de Benoît XVI), don Antonio Marto, a prononcé l’homélie qui suit. Elle mérite à mon sens d’être connue et j’en propose cette rapide traduction.

Soyez les sentinelles de la dignité et de l’avenir de la vie

Vous êtes bénie, et le fruit de vos entrailles est béni !

L’Evangile d’aujourd’hui offre à notre contemplation le mystère joyeux de la Visitation de Notre Dame à sa cousine Elisabeth. C’est le mystère de la communication et de l’accueil mutuel entre deux femmes enceintes et entre trois générations (Elisabeth, plus âgée, Marie, plus jeune et les enfants à naître).

Chacune de ces femmes porte avec elle un secret difficile à communiquer et en même temps, difficile à tenir caché : le secret le plus intime et le plus profond dont une femme puisse faire l’expérience sur le plan physique-psychique : l’attente d’un fils.

Marie se dirige « en hâte » à la rencontre d’Elisabeth, non seulement pour aider mais aussi pour recevoir de l’aide. Quand les deux femmes se rencontrent, il se produit une explosion de joie.

Elisabeth entendit la salutation de Marie et immédiatement l’enfant tressaillit en son sein. Sur un bas-relief de la sainte maison de Lorette, nous pouvons contempler l’affectueuse étreinte et une salutation pleine de tendresse et de profond enthousiasme, disant pour ainsi dire : « Courage ! Je te comprends. N’aie pas peur ! Moi aussi je m’apprête à avoir un enfant. »

Elisabeth se sent comprise au plus profond d’elle-même et sa crainte se transforme en joie. Au même moment, elle comprend le secret de Marie : « Tu es bénie et le fruit de tes entrailles est béni », ou, d’une autre façon : « Tu es bénie et le Seigneur qui se manifeste dans le fruit de tes entrailles es béni : » Marie aussi se sent comprise, accueillie, reconnue, aimée.

Et du registre humain, elles passent à la communication de la foi qui les unit et à la louange pour les dons que Dieu réalise en elles et à travers elles. Elles contemplent leur mission de femmes et de mères et celle de leurs fils à la lumière du grand dessein de Dieu en faveur de l’humanité.

Voici donc deux femmes qui se rencontrent dans la perspective de la construction de la vie et du service de l’humanité.

Contempler la merveille et le mystère de la vie humaine naissante

Ce cadre de la Visitation est un appel à contempler et à méditer la merveille et le mystère de la vie humaine naissante. Qui ne voit ici reflétée, en un sens, cette expérience unique vécue par les parents qui engendrent un enfant ? Depuis la profonde émotion, quand la mère se rend compte de sa grossesse, à l’accompagnement de la gestation où elle sent les battements du cœur et les premiers mouvements de l’enfant, jusqu’au mélange d’angoisse et d’espérance alors qu’approche l’accouchement ; et pour finir, le sentiment d’émerveillement et d’étonnement quand ils se penchent sur lui, le contemplent et se trouvent face à ses traits uniques, qui grandirent cachés dans le sein maternel et voient aujourd’hui la lumière du jour.

Même en sachent qu’il est le fruit de leur fécondité et de leur amour, les parents accueillent l’enfant comme un don confié à leur sollicitude, et non comme une chose ou un objet dont ils seraient propriétaires et dont ils pourraient disposer arbitrairement.

Quel est le secret ultime de cette nouvelle vie orientée vers l’épanouissement dans la fleur de la conscience et la gloire de la liberté ? A la lumière de la foi chrétienne, la génération de l’être humain plonge ses racines dans le mystère de Dieu Créateur, source de toute vie. Ce n’est pas le simple produit du hasard irrationnel, et dépourvu de sens, de l’évolution. Elle porte en elle la marque de la créature « à l’image de Dieu ». « Chaque enfant qui naît nous apporte le sourire de Dieu et nous appelle à reconnaître que la vie est un don venant de Lui, à accueillir avec amour et à protéger toujours et à chaque instant » (Benoît XVI).

N’importe quel homme ou femme de bonne volonté, même s’il ne croit pas, a l’intuition que dans la vie humaine qui naît il y a une valeur sacrée, qui inspire le respect et peut être perçue à la lumière de la raison. Un non-croyant comme Umberto Eco affirme : « J’estime que la naissance d’un enfant est une chose merveilleuse, un miracle naturel que nous devons accepter ! » Et dans cette même logique, un autre philosphe italien, Norberto Bobbio, laïc et socialistr, affirme que la défense de la vie humaine, avant et après la naissance, est « une cause progressiste, démocratique et réformiste » qu’il ne faut pas laisser aux seuls croyants.

L’acceuil, le soin et la protection de l’enfant dans sa gestation et de la mère qui l’engendre

Nous constatons avec satisfaction que la sensibilité s’accroît en ce qui concerne la protection des enfants, des conditions dignes pour la maternité, et l’égalité entre les êtres humaine, et la défense et la protection de l’environnement. En même temps croît dans le monde entier l’opposition à la peine de mort et à la torture. Mais, paradoxalement, nous assistons à une banalisation croissante de l’avortement qui provoque la mort silencieuse d’un être humain silencieux, sans défense et innocent.

Pourquoi cette dévalorisation de la vie humaine naissante, sur l’échelle des valeurs ? Comment a-t-il été possible dans notre culture, qui se réclament autant d’humanisme, de mettre la liberté humaine en opposition avec la vie humaine ? Pourquoi cette distinction discriminatrice entre êtres humains déjà nés et les enfants à naître, en gestation ? Pourquoi ne nous arrêtons-nous pas dans la contemplation et la réflexion devant le moment lumineux du commencement de la vie humaine que les nouvelles techniques mettent aujourd’hui devant nos yeux ? Pourquoi ce contraste impressionnant entre un grand intérêt pour l’écologie de la nature et le peu d’intérêt pour l’écologie de la vie de l’être humain à l’état d’embryon ? Ce sont des interrogations qui donnent à penser !

Le phénomène de l’avortement comme plaie sociale est le symptôme d’un mal-être plus profond de la culture et de la civilisation, de la société elle-même. Il désigne une vision matérialiste qui réduit le concept de vie humaine à un simple produit ou matériau biologique ; c’est une vision pragmatico-utilitariste qui relègue absolument la sensibilité morale au-delà des frontières des coûts, du bien-être, du confort, etc. Et alors, notre société devient simultanément fragile (face aux problèmes de la vie) et « dure » (dans les solutions drastiques) en fonction d’une logique utilitariste et concurrentielle.

Nous n’ignorons pas, nous ne pouvons ignorer que souvent, la décision d’avorter est le fruit de grandes souffrances et angoisses (sans oublier les pressions), et qu’elle est un véritable drame pour beaucoup de femmes. Mais nous pensons qu’à un drame on ne doit pas répondre par un autre drame : celui de détruire une vie humaine qui se développe et qui est l’élément le plus fragile de tout ce processus. La réponse véritablement humaine et humaniste à ce drame est un projet solidaire, galvanisant toutes les ressources de la société civile et de l’Etat, pour offrir toute la sollicitude, tout l’accueil et la protection d’ordre social, économique et psychologique aussi bien à l’enfant à naître qu’à la mère qui l’engendre. Nous ne pouvons considérer l’un sans l’autre ; et encore moins opposer l’un à l’autre. La libéralisation de l’avortement, même maquillée sous la forme juridique de la dépénalisation, n’est pas la réponse digne et juste. C’est une fuite en avant, pour ne pas attaquer le problème à la racine. Ce n’est pas un chemin de progrès, d’avenir et de liberté.

Tout cela exige un sursaut et une mobilisation des consciences pour une Nouvelle Alliance entre la Liberté, la Vie et l’Amour – indissolublement unis – et pour une action solidaire. Comme le dit le poète latino-américain Oscar Campana :

S’il n’a pas un chemin qui nous porte,
Nos mains l’ouvriront ;
Et il y aura de la place pour les enfants,
Pour la vie et la vérité,
Et ce lieu sera à tous
Dans la justice et la liberté.
Si quelqu’un se lève, écoutez,
Nous serons deux pour commencer !

Que cet appel du poète éveille, dans la société et dans les communautés chrétiennes, la volonté de donner une aide concrète aux femmes qui se trouvent dans des situations dramatiques et donner un accueil aux bébés qui naissent dans des situations défavorables.

Avec humilité, mais fermement, nous continuerons de proclamer la valeur immense de la vie humaine. La défense de la vie avec les moyens de la paix, avec conviction et par le témoignage, avec les moyens d’une démocratie plurielle, est une dette d’honneur pour l’avancée de notre civilisation ordonnée à un humanisme intégral et solidaire. A vous tous je confie, donc, une mission : soyez les sentinelles de la dignité et de l’avenir de la vie humaines dans toutes ses phases et dans toutes les circonstances, depuis son premier instant jusqu’à sa mort ! N’ayez ni peur ni honte d’être les champions de la sympathie, de l’estime et de l’amour pour toute la vie humaine !

Sainte Mère du Rédempteur et Mère spirituelle de l’humanité :

Nous t’adressons avec confiance notre prière, pour que se développe dans les consciences, surtout sur notre continent européen, le respect sacré pour la vie de chaque être humain, dans toutes ses phases, depuis son premier instant jusqu’à sa mort.

L’Evangile nous dit que, à ta salutation, l’enfant tressaillit de joie dans le sein d’Elisabeth.

Nous nous demandons devant toi : les enfants d’Europe tressaillent-ils de joie dans le sein de leurs mères ?

Sautent-ils tous de joie avec l’espérance d’une vie qui naît de l’amour qui les accueille, de la tendresse que les reçoit ? Qui reçoit même ceux d’entre eux qui pourraient venir au monde avec difficulté, dans des situations difficiles pour la famille.

Est-elle présente chez les enfants d’Europe, qui se trouvent dans le sein maternel, cette espérance que nous leurs préparons un avenir d’amour, d’accueil, de paix ?

C’est cela qui trouble notre courage, ô Marie, que de penser à cette Europe qui vieillit, à cette société faste mais désenchantée, qui a peur de vivre et de donner la vie.

Fais, ô Mère, que ce tressaillement de joie dans le sein maternel soit pour tous un tressaillement d’espérance et de confiance en l’existence d’une humanité bonne, saine et courageuse ; en l’existence de pères et de mères capables de recevoir les enfants avec amour ; qu’il y ait, là où se trouve une situation difficile, aussi des communautés chrétiennes et des sociétés disposées à prendre soin de l’avenir de ceux qui vont voir la lumière du jour.

Fais, ô Marie, que l’Europe ne regarde pas seulement vers le passé, qu’elle ne pense pas seulement à survivre dans un monde de vieux, mais qu’elle dirige ses yeux, avec joie, confiance et générosité, vers un avenir plein de nouvelles vies humaines.

Et pour cela, ô Marie, enseignez-nous à vivre notre vie avec sérénité ; à faire joyeusement les sacrifices quotidiens, à accepter avec joie les petits renoncements qui trempent le corps et l’esprit et donne du goût à l’existence ; à être solidaires avec ceux qui souffrent les angoisses de la vie.

Nous nous confions à toi, nous voulons nous laisser conduire par toi ; ton Cœur tendre et maternel, ton Cœur Immaculé nous inspirera d’aimer, de protéger, de défendre et de servir la vie, la paix et la justice dans toute l’humanité. Amen !

Antonio Marto, évêque de Leiria-Fatima, Sanctuaire de Fatima, 13 janvier 2007.

Source : ici .

09 janvier, 2007

Les chercheurs veulent des chimères

Le gouvernement britannique s’apprête probablement à interdire toute création d’embryons hybrides mélangeant du matériel génétique humain et animal. Cette décision devrait marquer la conclusion d’une consultation menée par le Département de la Santé à propos des changements projetés de la législation britannique sur la fertilité : 340 des 535 réponses au questionnaire soumis mettaient même l’accent sur cette question des hybrides, 80 % d’entre elles se montrant très opposées.

Bonne nouvelle ? Cette affaire démontre seulement que le public est moins enclin que les instances de recherche et de gouvernement à accepter les aberrations les plus évidentes, et que les pouvoirs publics préfèrent parfois ne pas outrepasser ces sentiments. Mais de nombreux scientifiques britanniques se sont indignés de cette pusillanimité, d’aucuns assurant même que les résultats de l’enquête avaient été faussés par la pression indue de groupes conservateurs.

On apprend ainsi que la prestigieuse revue Nature affirme dans son dernier éditorial, le 4 janvier, que de toute évidence, il est nécessaire de produire des embryons hybrides, et qu’il appartient aux scientifiques de présenter l’affaire au public de manière plus « nuancée ». Quant aux chercheurs, ils se répandent en affirmations catastrophistes, assurant que des centaines de milliers de patients souffrant de maladies du système nerveux pourraient ne pas avoir accès à des traitements capables de sauver leurs vies si l’on interdit l’expérimentation sur les embryons hybrides.

C’est le mode opératoire habituel du lobby des apprentis sorciers : faire croire que toute entrave à la recherche, à n’importe quelle recherche, équivaut à la signature d’arrêts de mort pour un nombre incalculable de malades. C’est ce que l’on met en avant pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires, qui n’ont jamais soigné personne, alors que la recherche sur les cellules souches « éthiques », prélevées sur le malade lui-même, sur le cordon ombilical ou dans le liquide amniotique, se révèlent déjà riches de potentiel thérapeutique.

Source : ici, via BioEdge.

08 janvier, 2007

Nigéria : le préservatif ne protège pas du sida...

Le cardinal Anthony Olubumni Okogie, archevêque de Lagos, vient de condamner la prochaine construction d’une usine de fabrication de préservatifs à Yenagoa, fruit de l’accord entre le gouvernement Nigérian et une ONG des Etats-Unis, Family Health International. Son message de voeux pour le Nouvel An précise :

« Le préservatif, on le sait très bien, n’offre pas une protection sûre contre le virus du sida. Il est largement admis aujourd'hui que le moyen de protection le plus sûr face au sida est l’abstinence. »

Pour le cardinal, l’usage du préservatif encourage « l'immoralité, le sexe à la demande, la promiscuité, l'irresponsabilité et la prostitution », ainsi qu’il l'avait fait savoir il ya un an lors de l’ouverture de négociations entre le gouvernement de son pays et l'ONG américaine. Il ajoutait que « l’utilisation du préservatif contredit sciemment et intentionnellement les fins du mariage, à savoir la procréation : elle dit non aux enfants et oui à la promiscuité ».

Sources : ici,

Cellules du cordon contre la leucémie

Présent daté du 9 janvier reproduit une dépêche de l’AFP relatant le cas d’une fillette sauvée d’une leucémie à la suite d’un traitement à partir du sang prélevé sur son propre cordon ombilical, congelé lors de sa naissance il y a six ans. Olivier Figueras commente : « A l’heure où de nombreux scientifiques se prononcent en faveur de l’emploi de cellules souches embryonnaires, et, pour faire court, du “bébé-médicament”, les hésitations des médecins et la réalité de cette guérison, après un traitement lourd, sont particulièrement parlantes. Comme l’est aussi le délai de publication d’une affaire qui remonte à trois ans… »

La transfusion sanguine avait en effet été décidée il y a trois ans, rapporte la revue américaine Pediatrics de janvier. La fillette, avait alors déjà subi les traitements « classiques », comprenant une chimiothérapie qui avait abouti à une rechute, et un retraitement dix mois plus tard. On décida alors non seulement de procéder à une chimio encore plus agressive et une irradiation complète, mais de recourir à une greffe sanguine. Aucun donneur compatible n’ayant pu être trouvé parmi ses proches, le Dr Ammar Hayani a décidé d’utiliser le sang du cordon que les parents de la fillette avaient décidé de faire stocker à sa naissance.

« Il y a une forte chance que la procédure ait sauvé sa vie. Elle est en rémission et a une excellente chance de guérison », a précisé le médecin, ajoutant que le bénéfice du traitement était bien supérieur à celui constaté lors de l’utilisation de cellules souches provenant de donneurs.

La pilule du lendemain ne réduit pas le nombre de grossesses non désirées

Aux termes d'une méta-étude conduite par Elizabeth Raymond, James Trussell et Chelsea Polis, chercheurs universitaires dans le domaine de la population et de la « santé reproductive », un meilleur accès à la « contraception d’urgence » - aussi appelée pilule du lendemain - n’a d'effet ni sur le nombre des grossesses non désirées, ni sur les taux d’avortement. Cela ressort de l’ensemble des 23 études retenues pour la méta-analyse, qui portaient à la fois sur des statistiques randomisées, des observations de cohortes et le suivi d’interventions politiques ou sociales.

Le seul effet visible lié à l’accès plus facile à ces pilules surdosées qui doivent être prises dans les 72 heures d'un rapport « non protégé » pour éviter l’ovulation, ou à défaut, en cas de fécondation accomplie, la nidation, est, aux termes de 22 de ces études sur 23, leur utilisation plus fréquente (« améliorée », comme le dit leur étude, parue dans le numéro de janvier du Journal of Obstetrics & Gynecology).

Les chercheurs, qui ne sont pas personnellement défavorables à l'avortement et qui ont pu, précédemment (c'est le cas de Trussell), militer pour un meilleur accès à la pilule du lendemain afin d'éviter des grossesses non désirées et des avortements cliniques, avouent ne pas pouvoir donner une explication au phénomène.

La conclusion du résumé de leur étude précise ainsi : « Des recherches approfondies sont indispensables pour expliquer ce constat et pour définir les meilleures manières d’utiliser la contraception d’urgence en vue d’obtenir un bénéfice pour la santé publique. »

En effet, l’étude n’aboutit pas à autre chose qu’un constat d’échec sur toute la ligne : alors même que la pilule du lendemain progresse aucun de ses bienfaits annoncés ne peut être constaté, et ce dans dix pays observés par des chercheurs peu suspects de préjudice défavorable.

Rappelons qu’en France, c’est Ségolène Royal qui a rendu possible l’administration de la pilule du lendemain, surdosée en hormones et potentiellement abortive, à des adolescentes dans le cadre des infirmeries scolaires et à l’insu de leurs parents. Cétait en 2000.

 
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