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14 novembre, 2014

Et maintenant, l'“insémination naturelle”

Cela se passe aux Etats-Unis : des hommes jeunes ou un peu moins jeunes, offrent gratuitement leur sperme aux femmes désirant procréer et qui n'ont pas les moyens de passer par les banques et des procédures médicales compliquées. Gratuitement – et naturellement : en clair, ils proposent d'avoir des relations (c'est leur récompense en quelque sorte) avec les demanderesses qui auront ainsi une bonne chance de tomber enceintes.

Kyle Gordon, par exemple, se présente comme « donneur de sperme » sur sa page Facebook, avec des photos de son enfance pour donner une idée de ce que pourraient être ses enfants. A 23 ans, cet étudiant se vante de ne pas boire, de ne pas se droguer, de ne pas fumer : il ne boit même pas de café et a adopté un régime « sperm-friendly » pour obtenir des rendez-vous n'importe où aux Etats-Unis.

Il revendique au moins une naissance grâce à ses services…

L'insémination « naturelle », c'est donc tout simplement l'acte conjugal détourné au profit des fantasmes de ces messieurs dont certains expliquent rêver non pas d'avoir quelques millions de dollars, mais quelques douzaines d'enfants.

C'est le cas d'un nommé « Joe » qui a déjà trois enfants adolescents. Il assure quant à lui avoir déjà eu une trentaine d'enfants, qu'il a engendrés grâce à une double vie, à l'insu de sa femme.

Une de ses partenaires a témoigné sous couvert de l'anonymat : elle n'avait pas les moyens de payer 700 $ pour une fiole de sperme vérifiés et dépistés : « Je m'en fiche d'avoir un mari ou un homme, je veux juste l'enfant. »

Pauvre gosse…

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27 août, 2014

Inséminations artificielles multiples et agressions sexuelles au Royaume-Uni

Gennadij Raivich, 58 enfants
Un professeur de médecine périnatale et de neurosciences à University College à Londres a été condamné à Londres pour agression sexuelle au cours de séances d’insémination artificielle artisanale. Gennadij Raivich n’a cessé de nier les agressions – une seule a été retenue en définitive par la justice – mais assure avoir engendré pas moins de 58 enfants, profitant de la quête désespérée de femmes souvent bien installées dans la vie professionnelle mais qui voulaient avoir un bébé.
Quinze femmes, dont une policière, un professeur de mathématiques et une conférencière ont témoigné en sa faveur : certaines avaient « obtenu » de lui deux, voire trois enfants par ce qu’il a qualifié d’« insémination artificielle plus » ou encore « insémination intra-cervicale ».
En clair, Raivich se rendait chez les femmes contactées à travers un forum internet, souvent sous un nom d’emprunt, et exigeait d’elles nombre de « faveurs » qui allaient, disait-il, faciliter l’obtention du sperme qu’il allait leur remettre. Plusieurs d’entre elles se sont plaintes par la suite d’avoir été victimes d’agressions sexuelles, mais la plupart n’ont semble-t-il rien dit. Comme l’a souligné le représentant de la couronne, ces femmes étaient assez désespérées pour accepter une rencontre douteuse, chez elles, prêtes à affronter la honte et l’humiliation pour arriver à leur fin, prêtes à ne pas en parler à leurs proches : « des victimes parfaites pour un prédateur sexuel ».
Bien sûr, la Human Fertilisation and Embryology Authority a fait savoir que ces inséminations n’avaient pas du tout été faites dans les règles – c’est avec de tels arguments qu’on justifie leur encadrement légal. Reste que l’insémination artificielle est déjà en soi une agression sexuelle et une atteinte au droit des enfants de ne pas être fabriqués comme des choses par l’entremise d’un homme qui ne pourra jamais jouer auprès d’eux son rôle de père.
On apprend dans le même temps que la HFEA vient de révéler que 504 donneurs de sperme au Royaume-Uni ont engendré plus de 6.200 enfants, soit au moins 10 enfants biologiques par donneur. Quinze donneurs ont même engendré vingt enfants ou davantage. Mais on ne saura jamais quel est le nombre le plus élevé d’enfants né d’un seul père, au motif – ça ne s’invente pas – que la HFEA ne peut pas le révéler : cela violerait la loi sur la protection des données.
Les données concernent les procédures de procréation médicalement assistée, fécondation in vitro et autres inséminations pratiquées dans les cliniques de fertilité du Royaume-Uni. La loi interdit aux donneurs d’engendrer des enfants dans plus de dix familles, outre la leur, mais le nombre d’enfants par famille n’est pas limité. Ils n’ont aucun droit ni responsabilité à l’égard de ces enfants.
Depuis 2005, toutefois, les enfants conçus par donneur ont le droit d’obtenir à 18 ans des informations qui leur permettent d’identifier celui-ci, s’ils le désirent. Mais cette levée de l’anonymat a fait chuter le nombre de donneurs au Royaume-Uni et aujourd’hui une insémination par donneur sur quatre se fait avec du sperme importé. Au total quelque 1.000 enfants par an naissent d’un don de sperme.

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26 novembre, 2013

Réflexions sur la conception en l'an 2013

Au hasard d'une de ces publicités spontanées qui surgissent à la faveur des navigations sur internet les plus anodines, je suis tombée sur le site de la plus importante clinique de fertilité de Barcelone – la ville où tout est possible en matière de « santé reproductive », depuis l'avortement tardif comme l'a montré l'affaire Carlos Morin jusqu'aux techniques de fécondation les plus avancées.

La clinique Eugin se vante donc d'être la plus grosse affaire du style dans capitale catalane, proposant ses services aux étrangers et notamment à ceux chez qui la fécondation in vitro et toutes les formes de PMA sont légalement réservés aux couples mariés.

Aussi ai-je tenté de m'inscrire, juste pour voir.

— Je suis une femme, évidemment. La clinique s'adresse aux femmes.

— Je demande un « pré-diagnostic », et le devis qui va avec.

— J'ai une compagne.

— J'ai 35 ans. (Puisqu'après tout j'ai décidé de raconter n'importe quoi, voir la réponse précédente…)

— Je n'ai pas d'insuffisance ovarienne, je ne suis pas séropositive, je n'ai pas subi de ligature des trompes, dans ma famille il n'existe pas de maladie héréditaire ni d'altération chromosomique.

Bref, je suis dans la case « lesbienne en bonne santé ».



Eh bien, ce n'est pas un problème. Ou si problème il y a, ce sera une question d'argent : on me réclamera la coquette somme de 1.490 € pour une insémination artificielle avec sperme de donneur (ça fait cher la passe, dirais-je si je voulais être triviale), et trois fois plus pour une fécondation in vitro avec « ovules propres et sperme de donneur » : 4.440 €. L'addition peut monter en cas de séropositivité ou de maladie héréditaire ou les autre difficultés nommées plus haut (5.690 € si on a recours au don d'ovules pour la FIV). 

Et la loi française ? Tout le monde s'en moque. L'important est de passer à la caisse.


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17 février, 2013

Allemagne : un tribunal affirme le droit des enfants nés d'un donneur de connaître leur père

Source photo : BioEdge.
Une cour d'appel allemande vient de juger qu'une jeune femme âgée de 21 ans doit pouvoir connaître l'identité du donneur de sperme à qui elle doit la vie, au nom du droit de connaître son père biologique. « L'intérêt de la plaignante à connaître sa parenté doit être jugé comme prévalant sur les intérêts de la défense et sur le droit à de ne pas divulguer des informations sur le donneur », a estimé cette juridiction de Hamm.

Reste à savoir si les données relatives au père biologique ont été archivées ou détruites, mais le principe est bien posé : la jeune femme, qui a découvert il y a quatre ans que l'homme qui l'a élevée n'est pas son père, subit un tort du fait qu'elle n'a pas pu connaître son père véritable.

« Sarah P » a ainsi fait valoir l'application d'une jurisprudence de la Cour constitutionnelle qui affirmait, en 1989, que l'accès à l'héritage génétique constitue un droit de la personne. Mais la manière de consigner les éléments permettant d'identifier un donneur n'a été fixée qu'en 2007 par un nouveau jugement imposant qu'ils soient consignés et conservés par le médecin responsable pendant 30 ans, non pas  pour permettre de retrouver le père biologique, mais pour permettre un meilleur dépistage des maladies héréditaires et infectieuses.

Il est maintenant question d'imposer la tenue d'un registre officiel qui permette de stocker de manière permanente les données des enfants conçus à la suite d'un don de sperme et de leur père biologique. On estime à 100.000 environ le nombre de personnes nées d'un don de sperme anonyme en Allemagne.

Une fois son identité connue, le père biologique peut être mis en demeure de subvenir aux besoins de son enfant, ainsi qu'à ceux de sa mère pendant les trois premières années après la naissance, et les services sociaux – qui apportent cette aide alimentaire en cas de père inconnu – ont le droit de rechercher le géniteur d'un enfant à cette fin.

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12 avril, 2012

Insémination artificielle : un père, 300 enfants… ou plus ?

Barry Stevens avec son père, Bertold Wiesner
Bertold Wiesner, scientifique, 600 enfants… L'affaire date des années 1940. A Londres, un biologiste crée une « clinique de fertilité » avant la lettre : la fécondation in vitro n'existe pas encore – on n'a pas accès aux ovules – mais l'insémination artificielle si. C'est une technique utilisée depuis longtemps dans le domaine vétérinaire. En ce début de siècle eugéniste – et pas seulement en Allemagne nazie – on l'applique aussi aux humains.

Bertold Wiesner est aussi un bienfaiteur. C'est aux hommes inféconds qu'il vient en aide. De préférence de milieu aisé, voire très aisé : il aura des pairs du royaume parmi sa clientèle. Il leur promet une descendance provenant de « souches intelligentes », ce qui aide à faire passer la note, particulièrement salée. Et qui mieux que lui répond aux critères ? Sur les 1.500 « obtentions » de la clinique, on estime que quelque 300 à 600 bébés ont été conçus avec son sperme personnel. Les autres donneurs étaient de bons amis de Wiesner et de sa femme Mary Bartons, avec qui il avait lancé sa petite affaire.

La scandale du multi-donneur – environ 20 dons de sperme par an, selon l'un de ses fils biologiques – a éclaté dans la presse britannique il y a quelques jours : le Daily Mail publie plusieurs photos d'hommes nés entre 1940 et 1965 qui ont découvert leurs liens de sang. Mais qui et combien exactement . Cela reste incertain, puisque Mary Bartons devait par la suite détruire tous les dossiers médicaux des opérations menées dans la clinique. La plupart des enfants qui y ont été conçus n'ont aucune idée de leurs antécédents génétiques, pas plus que leurs enfants à eux.

Ce sont deux hommes qui se sont découverts tous les deux fils de Bertold Wiesner qui ont entamé des recherches aboutissant à la conclusion que, bon an mal an, jusqu'aux deux tiers des dons de sperme ayant servi aux inséminations artificielles réalisées dans la clinique avaient été faits par son fondateur. Et à partir d'extrapolations, les deux hommes, le Canadien Barry Stevens et le Londonien David Gollancz, arrivent au chiffre de 300 à 600 conceptions réussies à partir de là.

Pourquoi Wiesner a-t-il tant donné de sa personne ? Il semble que ce soit pour pallier le manque de donneurs. En attendant sa descendance doit atteindre des proportions impressionnantes. Peut-être pas assez pour représenter un véritable risque d'unions consanguines, mais sait-on jamais ?

C'est David Gollancz qui a déclenché le processus de recherche de quelques-uns des enfants de Wiesner : ayant appris en 1965 qu'il avait été conçu au moyen d'une donation de sperme, il a fallu qu'il attende de longues années pour avoir accès en 2008 à des tests ADN qui lui ont permis finalement de rencontrer 11 de ses demi-sœurs et demi-frères : les 6 autres testées au même moment étaient d'autres pères.. Parmi eus, Barry Stevens, réalisateur de documentaires, qui a pu conduire les recherches sur l'histoire de la clinique elle-même.

Gollancz explique désormais qu'à côté de son dépit d'avoir été élevé comme du cheptel, et du problème que représente le fait de ne connaître ni sa propre histoire, ni sa propre famille, il a eu l'« expérience enrichissante » de rencontrer ces enfants d'un même père. Il rêverait même de les réunir enfin tous, dans une grande fête familiale champêtre. En attendant, il milite pour l'inscription du nom des donneurs de gamètes à l'état civil.

En 1945, alors que les Wiesner publiaient des articles pour décrire leur travail, un Lord les dénonçait à la Chambre comme faisant « le travail de Béelzebub », et l'archevêque de Cantorbéry d'alors, Geoffrey Fisher, avait demandé que leur clinique soit fermée.

Des ennemis de la science, assurément.

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05 novembre, 2011

France : une campagne pour susciter des dons de gamètes

C'était prévu dans la loi de bioéthique telle qu'elle a été révisée cette année, et voilà, on y a droit : une campagne publicitaire nationale de l'Agence de la biomédecine, organisme public, sollicite les dons de gamètes – ovules et spermatozoïdes – auprès du grand public. Pour les dons d'ovule, la campagne s'appuie notamment sur la nouvelle possibilité de les conserver par congélation profonde, validée par la même loi.

Présenté comme un « geste de solidarité », le don de cellules reproductrices est vendu sous le slogan : « Vous pouvez donner le bonheur d'être parents ». Deux encarts sont prévus pour la « presse grand public », les mêmes « visuels » étant déclinés en affiches pour orner les cabinets des gynécologues, urologues, andrologues, sages-femmes… et pédiatres.



Seules conditions : être majeur et en bonne santé, et avoir moins de 37 ans, pour les femmes, et 45 ans, pour les hommes.

Un « numéro vert » permet de découvrir le centre de dons de gamètes le plus proche et deux sites internet, l'un pour les femmes, l'autre pour les hommes (et tant pis pour le « gender » !) donne toute l'information requise. Enfin, pour ce qui est de l'information…

L'on y découvre, par exemple, ce témoignage d'une donneuse : « Oui, les piqûres ce n'est pas très agréables, le ventre est un peu ballonné, mais c'est ponctuel et largement supportable et qu'est-ce que c'est par rapport à ce que cela peut apporter ? » A peine un petit bémol à propos de l'« hyperstimulation ovarienne ».

Or les problèmes et risques liés à la stimulation ovarienne sont multiples, comme en attestent bien des femmes engagées dans un processus de traitement de la stérilité ou de procréation artificielle, et a donné lieu à ce film, Eggsploitation. Film américain, qui s'intéresse aussi à l'exploitation de ces femmes jeunes et belles qui aux Etats-Unis peuvent tirer plusieurs milliers de dollars d'un don d'ovocytes, alors qu'en France le don de gamètes et anonyme et gratuit. Mais les risques de santé évoqués sont les mêmes.

Une psychanalyste, Eva Weil, vient expliquer que la plupart des donneuses – venues souvent par « solidarité » – ne réalisent pas bien ce qu'est un ovocyte et le dissocient de l'enfant ; elle raconte aussi que la plupart se disent indifférentes à l'idée que des enfants naîtront qui auront un fort lien avec ceux qu'elles ont déjà, c'est à peine si elles prennent conscience de son existence.

Côté hommes, le site dédié vante l'altruisme des donneurs et décrit la procédure – accueil simple et discret, salle privée, possibilité de venir accompagné, mise à disposition de « revues » (mais « il peut aussi en apporter »).

Pour finir, des brochures (pour elle et pour lui) seront diffusées par les professionnels de la santé évoqués plus haut pour pousser  à leur tour les hommes et les femmes à donner leur gamètes et à laisser s'éparpiller dans la nature  des enfants qu'ils ne connaîtront jamais…

Voilà donc à quoi le gouvernement dépense l'argent du contribuable. Encore avons-nous échappé à ce qui était prévu dans les moutures initiales de la loi : elle prévoyait des campagnes spécifiques au lycée, dans l'enseignement supérieur, à l'armée et, annuellement, dans les grands médias. Seule cette dernière cible a été retenue, mais on reste en présence d'un intolérable matraquage.

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03 novembre, 2011

CEDH : l'interdiction du don de gamètes est légitime

Je reproduis ci-dessous le communiqué de presse de Grégor Puppinck, directeur de l'ECLJ (Centre européen pour la loi et la justice).

Affaire S H contre Autriche: une victoire majeure pour la famille et la souveraineté des Etats devant la Cour européenne des droits de l’homme.
  
Aujourd’hui, la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a rendu son arrêt définitif dans l’affaire S. H. et autres c. Autriche (requête n° 57813/00), renversant l’arrêt précédent et décidant que l’interdiction de l’Autriche d’utiliser des dons de sperme et d’ovule pour la fécondation in vitro (FIV hétérologue) respecte la Convention européenne des droits de l’homme et plus précisément ne constitue pas une violation du droit à la vie privée et familiale (article 8 de la Convention). L’arrêt précédent, rendu par la Première Section (7 juges) le 1er avril 2010, était gravement problématique en ce qu’il sapait la famille. Il était sous-tendu par la reconnaissance d’une sorte de « droit à l’enfant » et ne respectait pas la souveraineté nationale en matière bioéthique.

La Grande Chambre, décidant par treize voix contre quatre qu’il n’y avait pas de violation de l’article 8 de la Convention, a renversé l’arrêt rendu le 1er avril 2010 par la Première Section. En outre, la Grande Chambre a décidé à l’unanimité qu’il n’était pas nécessaire d’examiner la requête sous l’angle de l’article 14 pris conjointement avec l’article 8.

Pour l’ECLJ, cet arrêt de la Grande Chambre renversant le premier arrêt est d’une importance fondamentale car il confirme que la référence à la « procréation naturelle » et à la « famille naturelle » (avec un seul père et une seule mère) comme seul modèle de régulation des techniques de procréation artificielle justifie l’interdiction de la FIV avec don de sperme ou d’ovules. Il confirme aussi que les questions morales sensibles soulevées par la FIV peuvent légitimement être prises en considération par les législateurs nationaux. L’arrêt de la Première Section avait un effet dévastateur sur l’ontologie et sur la loi : il signifiait la destruction de la famille biologique comme modèle social, ainsi que la destruction des « considérations morales » comme contrepoids légitimes à l’utilisation des biotechnologies. Cet arrêt de la Grande Chambre est publié quelques jours après une autre décision majeure en matière de bioéthique, l’arrêt de la Cour de justice de l’union européenne (la Cour de Luxembourg) dans l’affaire Brüstle c. Greenpeace, qui constitue aussi une victoire pour l’éthique en face d’une vision purement amorale et utilitariste de la science et des être humains.

Le revirement opéré par la Grande Chambre est tout-à-fait exceptionnel. La dernière fois que c’est arrivé dans une affaire sensible était dans l’affaire des crucifix (Lautsi c. Italie), tranchée par la Grande Chambre en mars 2011. Ces revirements peuvent être le signe d’une nouvelle tendance de la Cour à la retenue par rapport à l’activisme judiciaire dans les domaines idéologiques, en décidant que ces questions relèvent d’abord des législateurs nationaux. La Cour a réaffirmé le principe – oublié par la Première Section – selon lequel « la question essentielle qui se pose sur le terrain de l’article 8 n’est pas celle de savoir si le législateur aurait pu trouver une autre solution, peut-être plus équilibrée [du point de vue de la Cour], mais si en retenant la solution ici critiquée il a outrepassé la marge d’appréciation dont il jouissait au titre de cette disposition » (§ 106). Comme le rôle de la Cour est de contrôler le respect des obligations au titre de la Convention, nous nous réjouissons de cette retenue de la Cour qui s’abstient d’imposer ses propres vues politiques aux législateurs nationaux sur les sujets sensibles. Ceci est essentiel pour assurer le respect de la souveraineté des Etats, surtout dans ce genre de domaines éthiques controversés.

Les gouvernements de l’Italie [1]  et de l’Allemagne [2]  sont intervenus devant la Grands Chambre au soutien de l’Autriche. L’ECLJ a aussi été autorisé à intervenir comme tierce partie à la procédure, conduisant une intervention collective de 51 Parlementaires et 7 ONG (observations de l’ECLJ soumises le 31 janvier 2011). 

La Grande Chambre a refusé de répondre à la question de savoir « s’il pèse sur l’Etat une obligation positive d’autoriser certaines techniques de procréation artificielle faisant appel au sperme ou aux ovules d’un tiers ». Une réponse négative aurait été inévitable. Au contraire, admettant que l’interdiction des techniques hétérologues constitue une ingérence de l’Etat dans le droit des requérants au respect de leur vie familiale, la Cour se permet d’analyser la justification de cette interdiction par rapport à d’autres intérêts sociaux, sous l’angle des « obligations négatives ».

Sur le fond, la Grande Chambre reconnaît, contrairement à la Première Section, que l’Autriche jouit d’une ample marge d’appréciation car l’emploi de la fécondation in vitro « soulève des questions morales ou éthiques délicates » (§ 94).

La Grande Chambre poursuit en reconnaissant la légitimité de la conviction du législateur autrichien selon laquelle « la procréation médicalement assistée doit demeurer aussi proche que possible de la conception naturelle, le législateur ayant notamment voulu maintenir le principe fondamental de droit civil contenu dans l’adage « mater semper certa est » (la mère est toujours certaine) en faisant en sorte que deux femmes ne puissent se disputer la maternité biologique d’un même enfant, ce afin d’éviter des conflits éventuels entre la filiation utérine et la filiation génétique au sens large » (§ 104).

La Grande Chambre reconnaît aussi que « la dissociation de la maternité entre une mère génétique et une mère utérine crée des rapports très différents de ceux qui résultent de l’adoption » (§105). La Grande Chambre contredit une nouvelle fois la Première Section et reconnaît les problèmes spécifiques provoqués par la dissociation de la maternité. Ceci s’applique également à la dissociation de la paternité due au don de sperme.

A l’opposé, la première Section avait affirmé entre autres que « des considérations d'ordre moral ou tenant à l'acceptabilité sociale des techniques en question ne sauraient justifier à elles seules l'interdiction totale de telle ou telle méthode de procréation assistée, en l'occurrence le don d'ovules » (§ 74) et que la préservation du modèle familial fondé sur « des rapports parent-enfant reposant sur un lien biologique direct » (§ 81) n’est pas une préoccupation légitime. Pour la Première Section l’Etat ne devait pas se montrer réticent à autoriser de nouvelles sortes de « relations familiales atypiques », fondées par exemple sur le contact.

Il faut aussi accueillir avec satisfaction le fait que la Cour ait accepté l’argument du gouvernement autrichien selon lequel la procréation artificielle est « un processus médical hautement technique est controversé et soulève des questions sociales et morales complexes qui ne font l’objet d’aucun consensus en Autriche et pour lesquelles il faut faire entrer en ligne de compte la dignité humaine, le bien-être des enfants ainsi conçus et la prévention des inconvénients ou des abus possibles » (§ 113).

Sur un plan plus négatif, la Grande Chambre a confirmé la position de la Section selon laquelle « le droit des couples à concevoir un enfant et à recourir pour ce faire à la procréation médicalement assistée relève également de la protection de l’article 8, pareil choix constituant une forme d’expression de la vie privée et familiale » (§ 82). L’ECLJ a argumenté et soutenu, avec le gouvernement italien, qu’il n’y a pas de « droit du couple à concevoir un enfant et à utiliser la procréation médicalement assistée » dans la Convention. Il y a seulement un droit d’essayer de concevoir un enfant ; autrement, dans un style orwellien, l’Etat aurait finalement à fournir des enfants… De plus, la Grande Chambre n’a pas pu s’empêcher de préciser au législateur autrichien que « le domaine en cause, qui paraît se trouver en perpétuelle évolution et connaît des évolutions scientifiques et juridiques particulièrement rapides, appelle un examen permanent de la part des Etats contractants »  (§ 118), se substituant au législateur national.

Finalement, avec cette décision, la famille et la souveraineté des Etats en matière morale sont préservées. Dans le contexte actuel de réforme de la Cour européenne, de nombreux Etats vont apprécier que la Cour prenne ainsi ses distances de l’activisme judiciaire, ainsi que, nous pouvons l’espérer, du monopole de l’idéologie postmoderne.

___

[1]  Comme l’a résumé la Cour, pour le Gouvernement italien, « le droit d’une personne ou d’un couple à concevoir un enfant et à recourir à cette fin à la procréation médicalement assistée ne serait pas protégé par l’article 8 de la Convention. En conséquence, cet article n’aurait pas pour effet d’imposer aux Etats contractants l’obligation positive de mettre à la disposition des couples stériles toutes les techniques existantes dans ce domaine. En l’absence d’un consensus européen sur la question de la procréation médicalement assistée, les Etats contractants jouiraient d’une ample marge d’appréciation leur permettant de façonner leur politique en cette matière complexe et lourde de conséquences sur les plans scientifique, juridique, éthique et social. La fécondation in vitro, qui aurait un effet direct sur la vie humaine et les bases de la société, serait clairement une question très sensible, qui ne ferait l’objet d’aucun consensus en Europe. La procréation médicalement assistée serait aussi très risquée. La pratique du don de gamètes pourrait exposer les femmes économiquement défavorisées à des pressions et encourager le trafic d’ovules. Des études scientifiques auraient également fait apparaître l’existence d’un lien entre la fécondation in vitro et les naissances prématurées. Enfin, accepter que la filiation maternelle puisse être dissociée reviendrait à la remettre en cause et ébranlerait les fondements de la société » (§ 73).

[2] Comme l’a résumé la Cour, pour le Gouvernement allemand, « l’article 1 § 1 de la loi allemande sur la protection des embryons (Embryonenschutzgesetz) érige en délit le fait d’implanter dans le corps d’une femme un ovule qui n’est pas le sien. Cette disposition viserait à protéger le bien-être de l’enfant en conférant un caractère certain à l’identité de la mère. Accepter la dissociation de la filiation maternelle en une composante génétique et une composante utérine reviendrait à reconnaître que deux femmes peuvent prendre part à la conception d’un enfant et irait à l’encontre de l’un des fondements de la société, à savoir le principe selon lequel la filiation maternelle ne doit pas être ambiguë. La dissociation de la filiation maternelle serait contraire au bien-être de l’enfant en ce qu’elle jetterait le doute sur l’identité de la mère, mettant ainsi en péril le développement de la personnalité de l’enfant et entravant gravement la construction de son identité. Cette dissociation comporterait en outre le risque de voir une mère utérine qui aurait connaissance des caractéristiques génétiques de la femme dont elle a reçu les ovules imputer à celle-ci les maladies ou les handicaps pouvant affecter l’enfant et avoir à l’égard de celui-ci une réaction de rejet. Un autre conflit de nature à créer des tensions dans les relations de la mère utérine et de la mère génétique avec l’enfant pourrait survenir dans le cas où cette dernière ne parviendrait pas elle-même à concevoir un enfant par fécondation in vitro. Au vu de ce qui précède, la dissociation de la maternité représenterait une grave menace pour le bien-être des enfants, raison pour laquelle les interdictions posées par la loi sur la protection des embryons seraient justifiée » (§ 69-71).

Documents relatifs à l'affaire :
CEDH Grande Chambre, 3 novembre 2011, S. H. et autres c. Autriche : ici.
CEDH, 1re Section, 1er avril 2010, S. H. et autres c. Autriche (n° 57813/00) : ici
CEDH décision sur l’admissibilité:  (en anglais) 15 novembre 2007 : ici.
Observations de l’ECLJ à la Grande Chambre : ici.
Observations écrites d’Aktion Leben : English  – German.
Observations écrites du groupe de 27 membres du Parlement Européen mené par M. Carlo Casini : English – Français  – Italian.

***

Le European Centre for Law and Justice (ECLJ) est une organisation non-gouvernementale consacrée à la protection des droits de l’homme et à la promotion des « valeurs spirituelles et morales qui sont le patrimoine commun de leurs peuples et qui sont à l'origine des principes de liberté individuelle, de liberté politique et de prééminence du droit, sur lesquels se fonde toute démocratie véritable » (Préambule du Statut du Conseil de l’Europe). L’ECLJ est intervenu dans de nombreuses affaires devant la Cour européenne des droits de l’homme. En outre, l’ECLJ bénéficie du statut consultatif spécial à l’ECOSOC (Nations unies) et est accrédité auprès du Parlement européen.

22 mars, 2011

Conseils en fécondation pour gays et lesbiennes britanniques…

Source : Daily Mail
Pour 9,99 £ par mois – mais en principe c'est réservé aux gays et lesbiennes – il est possible depuis peu de se faire conseiller pour trouver des donneurs de sperme ou d'ovules, mais aussi des mères porteuses, en vue d'une fécondation homoparentale. Un couple de lesbiennes – charmantes, vraiment, voyez la photo qui sert de lien vers la source de cette info, le Daily Mail – vient d'ouvrir ce site web, assorti d'un bureau à Birmingham (qui ouvrira ses portes avec petits fours et champagne, dimanche) pour épargner aux couples homosexuels les affres de la recherche de donneurs et de procédures de fécondation dans le circuit ordinaire.

Madame Natalie Drew et madame Ashling Phillips expliquent que leurs clients font part de brimades administratives : des formulaires ou des lesbiennes sont invitées à renseigner le nom du « mari », ou des insensibilités de la part du corps médical : voir les médecins généralistes qui s'obstinent à faire référence à la personne qui porte l'enfant, à l'exclusion de sa partenaire.

GayFamilyWeb annonce avoir déjà obtenu des partenariats avec des cliniques de fertilité britanniques et avec un centre de « gestation pour autrui » aux Etats-Unis. Tout est donc prévu, de l'accompagnement administratif au soutien psychologique en passant par les conseils pour l'insémination artificielle, et sur place, des consultations et des tests médicaux.

Tout cela est bel et bien, mais au pays de la loi d'égalité la plus draconienne qui soit, est-il envisageable de réserver ainsi ses services à la communauté gay ?

Eh bien, non, a d'ores et déjà répondu un porte-parole du « Home Office » britanniques : certes, la couple peut organiser sa communication autour de ses services rendus aux couples homosexuels, mais si un couple hétérosexuel devait demander à bénéficier de leurs services, elles ne pourraient refuser de les servir.

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11 septembre, 2010

Australie : Quatre « parents » pour un bébé

Voici encore une information rapportée par Michael Cook dans BioEdge  : deux couples formés de deux lesbiennes et de deux gays viennent de se voir reconnaître des droits de garde et de visite sur un bébé qui est donc considéré par la justice australienne comme ayant quatre « parents » dotés de droits sur lui.

Le petit garçon en question (« Baby E ») est né à Melbourne en 2008 d'une des partenaires du couple de lesbiennes, à la suite d'un accord conclu avec un couple gay ami du « ménage ». Les hommes s'engageaient à donner du sperme en alternance d'un mois sur l'autre pour procéder à des inséminations artificielles jusqu'à la conception d'un enfant.

Une fois le projet concrétisé par la naissance de Baby E, la belle amitié entre les quatre amis se brisa. Les hommes prétendaient prendre part à la vie de l'enfant mais les femmes les en empêchèrent. D'où poursuites, procès, et jugement : la juge Linda Dessau de la Cour australienne pour la Famille décida que les quatre protagonistes ont des droits parentaux :

« E est le produit d'un nombre de gens très bien… Il a le droit de savoir comment ils sont, de les connaître, de savoir leur amour pour lui… Sans surprise, aucun des adultes n'était préparé au déluge d'émotions qu'allait occasionner la naissance d'E… Les émotions, le désir ardent de partager et de passer du temps avec lui, le sens d'avoir des responsabilités étaient dispersés dans quatre directions et pas seulement dans deux… Il ne s'agit pas ici d'un cas où des hommes auraient simplement donné leur sperme pour le bébé des deux femmes… E était chèrement désiré et aimé par les hommes. »

La guimauve se superposant ainsi à la ratatouille génétique, la juge Dessau a décidé que « E » vivra avec  ses mères, mais que ses pères auront un droit de visite sur lui.

Pauvre Baby E…

© leblogdejeannesmits.

23 juin, 2010

Mieux qu'un long discours

Voici l'affiche publicitaire que vient de rendre publique le Planning familial de Saint-Louis, Missouri (Etats-Unis), sous le titre : « Elle viennent d'apprendre qu'elles attendent [un enfant], enfin… »


Il s'agit d'une annonce pour les « services d'insémination »…

Source : LifeSite.

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08 juin, 2010

Enfants nés de dons de sperme : à la recherche du père

Le phénomène n'est plus si marginal : aujourd'hui dans le monde, on compte environ un million d'enfants nés d'un don de sperme, souvent anonyme. Alors que l'on tente en France d'opposer des limites à la possibilité d'accoucher « sous X », au nom du droit de connaître ses origines, les naissances résultant de dons de gamètes fait partie des tabous auxquels on ne touche pas. Mais selon une étude réalisée par Elizabeth Marquardt de l'Institute for American Values d'après des données d'envergure, bien des jeunes ainsi conçus ne vont pas bien, voire pas bien du tout.

Et leurs résultats sont nettement moins encourageants que ceux de mêmes groupes d'âge (entre 18 et 45 ans aujourd'hui) qui ont été adoptés, sachant qu'il y avait quelque 500 personnes adoptées et 500 conçues avec donation de sperme

La scientifique a répondu aux questions de MercatorNet ; je vous propose ici quelques éléments à retenir de cette interview. Pour Elizabeth Marquardt, il est évident que l'enfant – dès lors qu'il n'est plus perçu comme un don mais comme « moyen pour atteindre nos fins – en tant que travailleur, assurance pour les vieux jours ou bien d'autres objectifs », devient un « bien de consommation », vision qui est facilitée de manière « glaçante » par les techniques de procréation artificielle, et qui est entrée plus nettement dans la réalité par l'avortement et la contraception, note-t-elle :

« Au cours de notre enquête nous avons évalué le sentiment d'identité, les liens familiaux, la justice sociale et le bien-être. En somme, nous avons découvert que les adultes conçus par donneur, comparés à ceux qui ont été adoptés ou conçus par leurs propres parents ressentent davantage une blessure, sont dans un plus grand état de confusion, et sont davantage isolés de leurs familles lorsqu'ils grandissent, et sur des  points importants ils réussissent moins bien que ceux élevés par leurs parents biologiques ou adoptifs. »

Ils ont tendance à dire qu'ils ignorent d'où vient « la moitié d'eux-mêmes » et qu'ils en souffrent, qu'il ressentent cela comme « une perte », une perte que nul n'est prêt à reconnaître.

« Ils disent, en fait : “Ce donneur de sperme est mon père biologique et l'identité de cette personne et la possibilité d'avoir une relation avec cette personne-là est importante pour moi. Et je vis dans une société où les gens semblent penser qu'une telle perte, c'est tout ce qu'il y a de mieux, où les hommes de loi et les médecins aident de plus en plus de gens à naître de cette façon. Et cela fait mal. »

Ces personnes sont nombreuses à redouter « l'inceste involontaire » – ils rêvent de connaître leur histoire ethnique et leurs demi-sœurs ou demi-frères qui peuvent être jusqu'à 25 ou 50 ou même 100 dans leur région. A raison de 30.000 à 60.000 naissances par an avec don de sperme aux seuls Etats-Unis actuellement, on conçoit que cela puisse paraître problématique.

D'ailleurs le fait d'avoir été des enfants « 100 % désirés » ne rend pas ces jeunes adultes plus heureux de vivre que les autres ; en moyenne, « ils vont beaucoup moins bien » note Marqhardt, ce qui devrait inciter les pouvoirs publics à se poser moins de questions sur le fait que les grossesses soient désirées ou voulues, mais à se préoccuper davantage du cadre où l'enfant va grandir : « si le lien père-enfant est protégé, si le lien mère-enfant est protégé ; si cette chose-là qui s'appelle le mariage, qui aide les mères et les pères à rester ensemble, est en place. »

Pourquoi l'adoption marche-t-elle mieux que la conception avec donneur ?

Réponse d'Elisabeth Marqhardt :

« Je crois que c'est parce que l'adoption est une institution et que la conception avec donneur est un marché. Pour l'adoption, il existe un ensemble de règles et de normes qui ont été élaborées au cours d'une longue période. Aux Etats-Unis, on compte au moins cent ans de pratique professionnelle de l'adoption dont l'objectif est d'assurer au mieux les intérêts de l'enfant, même si ce concept est aujourd'hui en débat.


A l'inverse, la conception avec donneur est un marché développé en vue de procurer des enfants aux parents qui les veulent. Et de l'argent peut changer de mains – cela arrive aussi dans le cadre de l'adoption mais ça sent le trafic d'enfants et est sévèrement réprimé – mais la conception avec donneur est  de la vente d'enfants, c'est bien cela, par nature. Ils vendent les pièces détachées pour faire des bébés. Et l'impact sur les enfants est tout autre : ils le savent, et quelque 40 % de ceux que nous avons interrogés nous disent que ce fait les dérange.


En outre, un enfant adopté sait que ses parents biologiques se sont vraiment rencontrés et se sont connus – au sens biblique et en d'autres sens – tandis que ceux conçus avec donneur doivent se débattre avec l'idée que leurs parents ne se sont littéralement jamais rencontrés. Ils sont environ 10 % à se considérer comme une erreur de la nature ou comme une expérience de laboratoire. »


Elisabeth Marquhardt note enfin qu'à force de ne plus considérer l'enfant comme un don, un don « surgi d'une force vitale que certains appellent Dieu », mais d'accentuer toujours le contrôle sur l'enfant considéré comme un produit, l'enfant ne résulte plus que de la volonté de sa mère : l'acte de volonté qui a permis sa conception ou qui a empêché son avortement, il a réussi à passer entre les gouttes…

© leblogdejeannesmits.

29 janvier, 2007

Ontario : refus des dons de sperme d'homosexuels...

La cour d'appel de l'Ontario a jugé le 12 janvier que le refus de l'autorité sanitaire de la province d'accepter les dons de sperme provenant d'homosexuels, en vigueur depuis 1977, est justifié et rationnel du point de vue de la santé publique, et non discriminatoire, en raison de leur risque signficativement plus élevé de contamination par une maladie sexuellement transmissible.

L'affaire avait été portée devant les tribunaux par une lesbienne désirant se faire inséminer avec le sperme d'un ami homosexuel mâle ; sa compagne s'était déjà fait inséminer, de façon artisanale semble-t-il, en faisant appel au même ami, et avait donné le jour à une petite fille. L'intéressée avait eu moins de chance et elle entendait se faire aider par une clinique de fertilité, qui refusa en invoquant la réglementation de 1977.

La jeune femme voulait donc faire constater la violation de l'égalité dont ils auraient tous été victimes en tant que gays et lesbiennes, ainsi que la violation de son propre droit à la liberté qui comprend, assurait-elle, le droit de décider qui serait le père de son enfant.

Le règlement de 1977 souffre une exception si l'homme est prêt à faire dépister son sperme pour le virus du sida et d'autres infections vénériennes, les tests comprenant une mise sous quarantaine du sperme pendant six moins : inutile, disait la jeune femme, puisqu'elle connaissait le donneur personnellement...

Une argumentation qui n'a pas convaincu. Les juges ont estimé disposer de la preuve d'une prévalence plus importante du sida et des hépatites virales parmi les homosexuels actifs que parmi les autres hommes de la population canadienne.

Source : ici.

Léon XIV a envoyé un beau message de soutien à la Marche pour la vie 2026 à Washington D.C.

Le pape Léon XIV a envoyé un message d’encouragement et de remerciement à la Marche pour la Vie américaine, qui aura lieu ce vendredi 23 jan...