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14 décembre, 2014

GPA : l’Espagne aussi retouche son droit civil !

Le ministre de la justice qui a remplacé
Ruiz Gallardon après le refus du
gouvernement de limiter l'avortement.
Le ministre espagnol de la justice, Rafael Catalá, a annoncé vendredi que le Partido Popular (PP), actuellement au gouvernement, présentera bientôt plusieurs modifications relatives aux registres civils parmi lesquelles un droit d’inscription à l’état civil des naissances faisant suite à une « gestation de substitution ». C’est donc le même mouvement, et quasiment au même moment, que celui déclenché en France par la reconnaissance de la nationalité française aux enfants nés de père français par GPA, ou « gestation pour autrui », dans un pays étranger.
Rafael Catalá a précisé que ce changement répond à une exigence de la Cour européenne des droits de l’homme qui affirme le droit des enfants nés par mère porteuse à un état civil.
Le plus paradoxal, c’est que la réforme de l’état civil renforce en même temps les prises de mesures médicales et biométriques pour assurer la filiation maternelle et mettre fin au risque des « bébés volés ».
Les socialistes sont opposés aux autres changements apportés à la loi sur les registres civils – comme l’inscription qui serait désormais faite par les centres sanitaires « obligées » de déclarer les naissances – mais ils ont applaudi à l’annonce concernant les enfants nés par GPA.
Aujourd’hui en Espagne la gestation pour autrui n’est pas légale, puisque tout contrat portant sur une renonciation de filiation maternelle en faveur du cocontractant ou d’un tiers est nul de plein droit (loi du 26 mai 2006). Mais une instruction du 5 octobre 2010 de la direction générale des registres et du notariat, permettait l’inscription au registre civil des enfants nés par GPA dans un pays ou celle-ci est légal, si l’un des parents est espagnol et qu’il existe un cadre juridique qui garantisse les droits de la mère porteuse – dont le nom ne figurera pas sur les registres espagnols.
C’est à peu près la même logique que celle de la circulaire Taubira en France.
Au début de cette année, le Tribunal suprême espagnol avait annulé cette instruction, la laissant sans effet.
Voilà qui va de nouveau être renversé, sous la pression de la CEDH et avec la complicité du Partido Popular, donnant un peu plus de poids aux demandes de légalisation de la GPA elle-même.
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11 novembre, 2014

Irlande : la Cour suprême refuse d’inscrire une mère génétique à l’état civil à la suite d’une GPA

La Cour suprême irlandaise a décidé que la mère génétique de jumeaux nés d’une mère porteuse – sa sœur en l’occurrence – qui a accueilli les embryons résultant de la fécondation des ovules de cette femme avec le sperme de son mari. Bien que la remise des jumeaux à la mère génétique ait été programmée dès avant la naissance, l’officier d’état civil a refusé d’amender le certificat de naissance en y faisant figurer à la fois la mère génétique et la mère porteuse, alors que celle-ci était d’accord.
Une première juridiction a estimé que la mère génétique avait le droit de figurer sur l’acte de naissance comme mère légale des enfants, en se fondant sur le lien biologique entre eux et en tenant compte de l’intention des parties.
C’est le gouvernement irlandais qui a contesté ce jugement au motif que la mère qui accouche est en droit considérée comme la mère légale, hormis le cas d’adoption. Il ne s’agit pas d’un refus absolu : le représentant du gouvernement, Michael McDowell a souligné que ces questions de maternité de substitution et de lien de parenté sont de la compétence du Parlement : l’Oreichtas pourrait se trouver embarrassé s’il devait légiférer dans le contexte d’une jurisprudence déjà établie.
Preuve qu’on se trouve là devant une boîte de Pandore bien ouverte, McDowell a également souligné que la reconnaissance de la mère génétique comme mère légale pourrait entraîner des difficultés pour les femmes qui utilisent des donneuses d’ovules et qui pourraient de ce fait ne pas être reconnues, au bout du compte, comme les mères de leurs propres enfants.
Une telle déclaration ne se comprend que dans la mesure où l’on admet que la paternité et la maternité ne se constatent pas dans la réalité, comme un fait, mais résultent du désir d’enfant, créateur du lien, de l’humanité de l’enfant et du droit à un état civil donné.
La Cour suprême a suivi l’avis du représentant du gouvernement par 6 voix contre 1. « Il n’appartient pas à la Cour de combler cette lacune de la loi », souligne le jugement : « Les questions soulevées sont importantes, complexes et intéressent la société, il s’agit d’affaires de politique publique à fixer par l’Oreichtas. »
C’est au moins un coup d’arrêt au gouvernement des juges. Mais le risque de voir « normaliser » la GPA, ou gestation pour autrui, en Irlande est maintenant bien réel, puisque le ministre de la justice, Frances Fitzgerald, se disant pleine de « sympathie » à l’égard des circonstances humaines de cette affaire, a pris note avec approbation de l’appel à légiférer émis par la Cour suprême. « Je note que la Cour suprême a dit que ce doit être une priorité pour le Gouvernement de légiférer sur la GPA et de donner un cadre aux familles comme celle se trouvant dans la situation actuelle », a-t-elle déclaré, ajoutant que le ministre de la santé irlandais présentera un projet au gouvernement « avant la fin de l’année ».

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12 août, 2014

Les “acheteurs” de Gammy auraient préféré qu’il soit avorté

Le couple d’Australiens accusés d’avoir abandonné Gammy, leur fils trisomique, porté à terme par une
Thaïlandaise dans le cadre d’une « gestation pour autrui », a avoué ce week-end qu’il aurait mieux valu selon lui que l’enfant soit avorté.
David Farnell a déclaré au cours de la première interview publique donnée par le couple au journal australien 60 Minutes : « S’il avait été possible de faire “terminer” l’embryon en toute sécurité, nous l’aurions probablement “terminé”. » Je choisis délibérément le terme anglais, violent mais juste, de « terminer » au lieu d’écrire avorter, même si ce dernier mot est plus exact. Car il s’agit bien d’une fin violente. Non d’une « interruption ».
« Je ne crois pas qu’il y ait de parent qui désire un fils ayant un handicap », a-t-il poursuivi, flanqué de son épouse Wendy. « Les parents veulent que leurs enfants soient heureux et en bonne santé et qu’ils puissent faire tout ce que font les autres enfants. »
Mieux : le couple a révélé qu’ils ont demandé à l’agence de gestation pour autrui opérant à Bangkok de leur faire une ristourne parce que l’un des deux enfants portés s’est révélé atteint de trisomie 21. « Je leur ai dit : “Rendez-nous notre argent. Tout cela est de votre faute. » Le couple accuse l’agence d’avoir mal fait son travail parce que le diagnostic de trisomie 21 n’a été fait qu’à un stade avancé de la grossesse, et ils ont donc été avertis très tard. « Nous étions très désemparés et nous leur avons dit : “C’est de votre faute. Vous devez maintenant assumer au moins une part de la responsabilité. »
David et Wendy Farnell assurent néanmoins qu’ils n’ont jamais fait pression sur la mère porteuse afin qu’elle avorte, et qu’ils n’ont jamais abandonné l’enfant. Ils avaient simplement l’intention de retourner plus tard à Bangkok pour le récupérer, ont-ils affirmé. Ils affirment aussi que la mère porteuse semblait vouloir garder la petite fille, elle en parfaite santé : « Nous avons pris peur, nous avons craint de la perdre. Il fallait que nous partions aussi vite que possible avec elle », raconte désormais le père.
Dans cette opération, la mère porteuse, Pattharamon Janbua, a gagné 12.000 $ pour mener la gestation à terme. Devant s’occuper de Gammy, le petit garçon trisomique, elle a lancé un appel à l’aide international qui lui a déjà rapporté, à elle et son mari, quelque 240.000 $. Elle n’entend plus le lâcher. Dans un contexte de marchandisation des êtres humains provoquée par le recours à la GPA, on serait tenté de croire que la maladie de ce petit garçon a elle aussi une valeur marchande… Comment ne pas devenir cynique devant de telles affaires ?
De son côté, David Farnell a dû répondre au cours de son interview à des questions sur ses condamnations à la fin des années 1990 pour agressions sexuelles sur des mineures et même des fillettes d’à peine 7 ans. Ses pulsions, a-t-il répondu, ont cesse « à 100 % ». « Je ne pourrai pas recommencer. Je ne peux pas. Je sais que je n’ai aucune pulsion de cette nature. J’ai su cela depuis 30 ans. Je n’ai aucune pulsion. » Ah…
Le tollé international autour de l’affaire Gammy a quelque chose de surréaliste. Tout le monde sait que la GPA, c’est de la location de ventre : même Pierre Bergé. 96 % des enfants à naître diagnostiqués porteurs (ou plutôt probables porteurs) de trisomie 21 sont avortés en France ; la proportion est semblable dans d’autres pays dits civilités. La « réduction embryonnaire » – l’élimination d’un bébé malformé ou juste de trop au cours d’une grossesse multiple – est elle aussi monnaie courante. L’existence de contrats relevant de l’esclavage dans le cadre de la GPA est elle aussi connue de tous, ou peut l’être avec un minimum de curiosité.
On sait déjà quelle sera la retombée de cette tragédie pour la France : on réclamera l’encadrement légal de la pratique de la GPA afin que les femmes et les couples n’aillent pas l’organiser à l’étranger dans des conditions épouvantables…

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27 septembre, 2013

Riches Chinoises : le business des mères porteuses américaines

Le site geneticsandsociety.org publie une dépêche de Reuters sur des « libres-échanges » d'un nouveau style : des femmes Chinoises de la Nomenklatura commercialo-communiste ont de plus en plus recours à des jeunes femmes américaines pour leur faire porter des « bébés sur mesure ». L'opération vise à la fois à contourner la politique chinoise de l'enfant unique, à pallier une stérilité ou à obtenir la citoyenneté des Etats-Unis pour les enfants qu'elles y font naître. Prix moyen : 120.000 dollars – environ 90.000 euros.

Screen shot 2013 09 13 at 12.39.18 PM Only children: Spoilt. Lonely. Anti social. Pu lease.C'est aussi une assurance pour l'avenir : une fois âgés de 21 ans, les enfants nés aux Etats-Unis sont en droit de demander une Carte verte – sésame pour l'immigration – pour leurs parents. Même si les frais annexes peuvent faire grimper l'addition jusqu'à 300.000 dollars, c'est toujours moins cher que les 500.000 qu'il faut investir aux Etats-Unis dans une entreprise créant de l'emploi pour obtenir un visa EB-5.

Les contrats sont négociés par le biais d'agences de « gestation pour autrui » et leur nombre est à la hausse, ont indiqué ces entreprises basées de chaque côté du Pacifique, sans fournir de données chiffrées. Une hausse qui s'accélère même depuis ces deux dernières années. Une indication révélatrice : des agences américaines traduisent désormais leurs sites internet en chinois et engagent des employés qui connaissent le mandarin… Certaines d'entre elles envisagent même d'ouvrir des bureaux en Chine.

Histoire de se donner bonne conscience, les agences américaines ont tendance à demander qu'une véritable relation inter-personnelle s'établisse entre leurs clients et leurs mères porteuses. Mais avec les couples chinois, cela s'avère difficile, et source de « tensions culturelles » comme le note Reuters. Les clients chinois considèrent la relation comme « strictement commerciale ».

La Chine compte désormais 40 millions de personnes infertiles – soit 12,5 % des personnes en âge d'avoir des enfants, une proportion qui été multipliée par quatre au cours de ces vingt dernières années. C'est là l'une des motivations qui pousse ces personnes vers la recherche d'une « GPA » à l'étranger, la procédure étant illégale en Chine. La Thaïlande, l'Inde et l'Ukraine proposent ces « services » mais les Etats-Unis, quoique plus chères, offrent aussi un meilleur système de santé.

Mais ce n'est pas le seul moteur de cette « industrie ». La politique de l'enfant unique fait risquer aux fonctionnaires la perte de leur emploi s'ils ont un second enfant, tous risquent peines, amendes et autres contraintes ; le faire naître à l'étranger permet dans une certaine mesure d'éviter les tracas puisque les enfants auront une nationalité étrangère et qu'ils passeront par une demande de visa et de permis de séjour au lieu d'avoir à s'inscrire sur le registre domestique qui donne accès à l'assurance maladie et aux écoles d'Etat.

Dans l'ensemble les Chinois cherchent à faire porter leur propre bébé, conçu in vitro grâce aux gamètes du père et de la mère, mais ils sont de plus en plus nombreux à envisager un don d'ovule soigneusement sélectionné. La plupart choisissent une donneuse d'origine ethnique asiatique – et, de préférence, un diplôme délivré par une des plus prestigieuses universités américaines. D'autres préfèrent programmer un enfant eurasien, recherchant des donneuses grandes et blondes.

La procédure de fécondation in vitro leur permet en même temps de commander des garçons – le choix le plus fréquent – ce qui suppose évidemment des destructions d'embryons, renforcées par les sélections génétiques là où les parents veulent éviter de transmettre un défaut héréditaire repérable lors du diagnostic préimplantatoire.



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07 mars, 2013

10 000 dollars pour avorter ? Une mère porteuse dit non

Voici une histoire qui montre où peuvent mener la gestation pour autrui, le don de gamètes et l'eugénisme. Elle se termine de manière étonnante…

Tout commence avec un couple du Connecticut désespéré à l'idée de ne pas pouvoir avoir un quatrième enfant après trois fécondations in vitro réussies. Trois petites filles, donc, mais aussi la conscience d'avoir quelque part dans l'« enceinte concentrationnaire » des embryons surgelés « surnuméraires ». Ils cherchaient une mère porteuse, la femme ne pouvant plus mener une grossesse à bien.

La mère porteuse, c'est Crystal Kelley, qui avait déjà deux filles mais aussi deux fausses couches à son actif, et le désir, à cause de ces dernières, d'« aider » un couple en détresse, moyennant finances bien sûr : c'était aussi une entreprise commerciale. Pour 22.000 $, elle était prête à porter deux embryons congelés.

L'un des embryons devait mourir après l'implantation, mais l'autre se développait bien… jusqu'au jour où, lors de l'échographie du 5e mois, on décela un bec-de-lièvre, un kyste au cerveau et une anomalie cardiaque complexe. Elle avait de bonnes chances de survivre après la naissance mais aurait environ 25 % de chances de mener une vie « normale », selon les médecins.

Les parents biologiques tentèrent alors de convaincre Crystal d'avorter, alors que celle-ci disait haut et fort vouloir « donner une chance au bébé » : une petite fille.

On proposa de faire une amniocentèse pour confirmer le diagnostic. Crystal était prête à l'accepter mais pour les parents du bébé, le résultat n'allait de toute façon rien changer : que Crystal avorte – « Qu'elle tente d'être comme Dieu, miséricordieuse pour l'enfant, et qu'elle la laisse partir. »

La jeune mère porteuse refusa : ils l'avaient choisie pour porter et protéger cette enfant, et c'était cela qu'elle entendait faire. Elle leur répondit qu'il ne leur appartenait pas de jouer à être Dieu. Pour autant elle ne voulait pas être la mère de l'enfant : elle portait bien le bébé pour une autre famille, non pour avoir un enfant à elle… Une représentante de Surrogacy International (une agence de mères porteuses), rRita Kron, venait de l'avertir : si elle choisissait de mener la grossesse à terme, les parents biologiques n'accepteraient pas d'être les parents légaux du bébé.

C'est alors que les parents biologiques lui proposèrent 10.000 $ supplémentaires si elle avortait. De quoi tenter cette jeune femme qui s'était toujours dite pro-vie mais qui avait besoin d'argent… D'autant que Rita Kron emmena Crystal déjeuner pour lui expliquer par le menu toutes les difficultés qu'elle rencontrerait avec un enfant handicapé et malade, sans compter le gouffre financier, et combien ses propres enfants allaient en souffrir.

« Dans un moment de faiblesse, raconte Crystal, je lui ai dit que j'avorterais pour 15.000 $. » Elle le regretta aussitôt remontée dans sa voiture… Mais les parents biologiques refusèrent le marché, et Crystal resta décidée à ne choisir l'avortement en aucun cas.

C'est alors que commença une nouvelle pression. Six jours s'étaient écoulés depuis l'échographie : le 22  février 2012, Crystal fut contactée par l'avocat de ses clients qui annonça qu'en refusant d'avorter, elle se rendait coupable d'une violation de ses obligations contractuelles, puisqu'elle s'était engagée à le faire  en cas de « grave anomalie fœtale ». On la menaça de procès pour récupérer les sommes déjà versées plus 8.000 $, sans compter les frais médicaux et légaux.

Crystal obtint alors l'assistance bénévole d'un avocat qui soutint l'impossibilité de la forcer à avorter, quels que soient les termes du contrat. Contre-offensive des parents : qu'elle poursuive la grossesse, ils accepteraient de prendre la responsabilité légale de l'enfant et l'abandonneraient aussitôt, faisant de la fillette une pupille de l'Etat. L'avocat de Crystal lui expliqua que malgré sa répugnance à voir l'enfant abandonné à une famille d'accueil elle devrait accepter cette solution faute de pouvoir obtenir autre chose d'un tribunal.

Mais Crystal choisit une autre option. Avec ses deux filles, enceinte de 6 mois, elle quitta le Connecticut pour l'Etat le plus proche où elle, en donnant le jour à l'enfant, serait considérée comme sa mère, et non les parents biologiques, mais aussi où les soins médicaux seraient les plus à même de venir au secours de l'enfant. Le meilleur service pédiatrique du pays se trouvait justement, d'après ses recherches, à l'université du Michigan. C'est là qu'elle s'installa, profitant d'une sous-location proposée par un étudiant ; MediAid allait lui donner la possibilité d'accéder à un suivi médical pour les grossesses à hauts risques.

Restait à savoir si elle garderait l'enfant alors que, mère célibataire de deux enfants, sans travail et sans domicile permanent, elle n'en avait pas les moyens. Mais elle s'était « attachée émotionnellement » à l'enfant qu'elle portait, et elle n'arrivait pas à se décider. Elle finit néanmoins par trouver un couple désirant adopter le bébé.

C'est alors, à un mois du terme prévu, que les parents biologiques intentèrent une action pour faire reconnaître leurs droits parentaux dans le Connecticut… Et c'est là qu'ils avouèrent que la « mère biologique » n'avait en réalité pas de lien génétique avec l'enfant, puisque les embryons avaient été fabriqués avec des ovules donnés par une femme restée anonyme.

A la naissance de l'enfant, le 25 juin, on ne savait toujours pas comment l'affaire allait être résolue. Trois semaines plus tard, on négocia un accord : le père acceptait d'abandonner ses droits parentaux contre l'assurance de pouvoir obtenir des nouvelles de la santé de l'enfant auprès de la famille adoptante. Depuis, le père biologique a pu rendre visite à la fillette et la tenir dans ses bras.

L'état de santé du bébé s'est révélé bien plus grave que ce que les échographies avaient laissé supposé. Un gros problème cérébral – les deux hémisphères mal séparés – des organes comme le foie et l'estomac mal placés, deux rates, un bec-de-lièvre et des défauts cardiaques importants ont conduit « Baby S » à subir plusieurs opérations et il lui en faudra d'autres. Ses parents adoptifs savent qu'elle mourra peut-être bientôt, et que si elle vit, elle ne marchera ni parlera normalement, mais ils voient en elle, avant tout, un bébé plein de joie de vivre, qui rit avec ses frères et sœurs, joue et se méfie des gens qu'elle ne connaît pas.

Le dernier mot à Crystal Kelley :

« Je ne peux vous dire combien de gens m'ont dit que j'étais mauvaise, que j'avais tort, que j'aurais dû me faire avorter, que je serais damnée en enfer. (…) Mais personne ne ressentait cette grossesse comme moi je le faisais. Personne d'autre ne la sentait bouger et donner des coups de pieds de l'intérieur. Je savais depuis le début que cette petite fille avait un esprit combatif étonnant, et que tous les défis qui lui étaient lancés seraient relevés par elle avec chaque once de courage dont elle dispose. Peu importe ce qu'on m'a dit, je suis devenue sa mère. »

En attendant, on pourrait s'économiser beaucoup d'imbroglios procréatifs en reconnaissant qu'un enfant devrait naître de l'acte d'amour de son père et de sa mère !



Photos : ici.


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30 janvier, 2013

Elton John et son compagnon ont un nouveau bébé…

Elton John, 65 ans, et son « compagnon civil » David Furnish, 50 ans, viennent d'accueillir dans leur foyer un deuxième enfant, Elijah Joseph Daniel Furnish-John, né le 11 janvier d'une mère porteuse californienne. C'est la même jeune femme qui avait donné naissance, il y a deux ans, au premier enfant  « du couple », Zachary. Elton John – pardon, Sir Elton John – a déclaré que David et lui l'aiment « comme une sœur ».

Tout au long de la grossesse, qui a rapporté 23.000 euros à la Californienne, selon les tabloïdes britanniques, la mère porteuse a fait partager l'expérience en restant en contact étroit, en envoyant les images d'échographies, en racontant « tous ces petits détails qui rendent ces neuf mois tellement excitants ».

La mère porteuse n'est pas pour autant la mère biologique. Les deux enfants sont nés grâce aux gamètes d'une même donneuse d'ovules, ils sont donc au moins demi-frères. Mais l'identité de leur père (deux fois le même ? une fois l'un, une fois l'autre ?) n'a pas été rendue publique. Tout ce que l'on sait avec certitude, c'est qu'ils n'ont pas… deux pères.

Sur le certificat de naissance de Zachary, Elton John est identifié comme « le père » et David Furnish comme « la mère ».

Jugez vous-même :


Lors de la naissance de Zachary, fin 2010, Elton John avait déclaré ;

« Cela va lui fendre le cœur de grandir et d'apprendre qu'il n'a pas de maman. »

En mettant le petit Elijah dans la même situation, il pense sans doute avoir réglé le problème de Zachary.


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21 janvier, 2013

Inde : les mères porteuses pour les couples gays, c’est fini.

L’Inde interdit désormais le recours à une mère porteuse par les couples homosexuels ou les célibataires étrangers, selon une annonce publiée sur le site internet du ministère de l’Intérieur. Le secteur des mères porteuses rémunérées est en plein essor en Inde – parmi les femmes les plus pauvres, soumises ainsi à une exploitation barbare –, et de plus en plus de couples gays, ou de célibataires, venus de l’étranger, y ont recours pour devenir parents, dès l’instant où leur pays d’origine reconnaît d’une façon ou d’une autre l’« homoparentalité ».

Les nouvelles directives, transmises aux ambassades étrangères fin 2012, disposent que les couples étrangers souhaitant avoir recours à une mère porteuse en Inde doivent être « un homme et une femme, mariés ensemble depuis au moins deux ans ». Par ailleurs les demandeurs doivent apporter la preuve que l'enfant pourra bénéficier d'un visa de retour vers leur pays d'origine.


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11 septembre, 2012

France : Christiane Taubira présente le projet de “mariage” homosexuel

Non à l'objection de conscience, prévient le ministre

Tout en annonçant un important « travail de réflexion et d’élaboration du projet de loi » de légalisation du « mariage » des couples homosexuels au cours d’« auditions conduites dans un esprit de grande franchise et de grande écoute », le garde des Sceaux a déjà une religion toute faite sur le sujet. L’égalité, l’égalité et encore l’égalité sera la seule notion déterminante dans ce pseudo-débat et au bout du compte elle fera taire toutes les oppositions, a en substance déclaré Christiane Taubira en présentant les intentions du gouvernement à La Croix :

« Nous sommes bien conscients de toutes les dimensions philosophiques et anthropologiques entourant le mariage. Mais nous estimons qu’elles ne peuvent venir percuter l’exigence d’égalité. C’est à cela, à cette exigence d’égalité, que nous satisfaisons avec ce projet de loi. »

Alors, qu’elle promette ou qu’elle ne promette pas de « discuter » avec les associations favorables ou hostiles au « mariage » gay – qu’elle appelle « le mariage pour tous » –, les « représentants des cultes », etc., le contenu du texte de loi qui sera déposé d’ici à la fin du mois d’octobre avec toute la force d’un projet de loi gouvernemental promis explicitement au cours de la campagne présidentielle, est déjà largement fixé.

Il s’inscrit profondément dans le refus de toute « discrimination » considérée comme un mal en soi, et rejoint un mouvement de fond qui progresse toujours davantage sur le plan international. D’ici à deux semaines, l’Assemblée générale de l’ONU, lors de sa 67e session annuelle, sera invitée à ajouter en droit international « l’orientation sexuelle » et « l’identité de genre » aux catégories contre lesquelles la « discrimination » est interdite, avertit Austin Ruse de l’organisme de veille catholique sur les institutions internationales, C-Fam. C’est cette notion qui est utilisée pour promouvoir le mariage homosexuel, pour imposer l’adoption homosexuelle. N’imaginons pas que l’affaire est marginale et ne concerne que les homosexuels entre eux : outre l’intérêt des enfants – que Mme Taubira prétend avoir pour première préoccupation – il y va des droits de ceux qui refusent ces aberrations pour des motifs éthiques et religieux. En Angleterre, les organismes d’adoption catholiques ont déjà été sommés de choisir entre fermer leurs portes ou fournir leur prestation à des demandeurs homosexuels.

Les prises de position de Mme Taubira laissent entrevoir un même radicalisme. Elle a d’ores et déjà averti, en termes impérieux, que la loi ne prévoirait aucune objection de conscience de la part des maires et officiers publics qui « représentent l’Etat lorsqu’ils célèbrent un mariage ». « Nous sommes dans un Etat de droit, le code civil va être modifié, il s’impose à tous, y compris aux maires », a-t-elle martelé.

Christiane Taubira est consciente de présider à « une révolution sociétale, mais aussi juridique ». En même temps, peut-être pour tenter de faire plus facilement avaler la pilule, elle a annoncé trois limites aux droits des homosexuels « mariés ». Ils ne bénéficieront pas d’une présomption de « parentalité » (la « paternité », ça ne colle plus !), devant passer par la procédure d’adoption pour obtenir des droits parentaux sur l’enfant biologique de leur « époux ». Le projet de loi, en l’état actuel, n’entend pas non plus leur ouvrir l’accès à la procréation médicalement assistée auquel ont droit, dans certaines conditions, les couples « hétérosexuels » : infertilité de l’un ou de l’autre ou existence d’une pathologie grave. Enfin, la légalisation de la « gestation pour autrui » – mères porteuses – n’est pas à l’ordre du jour.

Cependant, par une décision datant de mars 2012 (Valérie Gas contre la France), la Cour européenne des droits de l’homme a fait comprendre qu’à statut égal doivent correspondre des droits égaux. Ainsi entrevoit-on qu’un couple d’homosexuels « marié » satisfaisant à l’une des conditions actuellement en vigueur pour accéder à la procréation médicalement assistée ne pourrait se la voir refusée sous peine de voir le refus condamné par la Cour européenne. On pourrait même aller plus loin, en faisant de l’infertilité de nature des couples homosexuels un motif valable entrant dans le cadre actuel de la loi française. Quant à la « parentalité » présumée, elle existe de plein droit pour les couples mariés : pourra-t-on en exclure longtemps les « époux » gays ?

Pour ce qui est des mères porteuses, la France résiste encore. Mais l’expérience prouve – aux termes d’une enquête menée par le site australien d’informations pro-famille MercatorNet – que la légalisation de l’adoption homosexuelle dans un pays s’accompagne toujours d’un accroissement de la demande de ces services dans des pays plus accommodants avec des femmes suffisamment pauvres pour se laisser exploiter de la sorte.

Mme Taubira a choisi de s’exprimer dans La Croix, c’est tout un symbole. Elle sait que la résistance sera d’abord religieuse même si elle ne se fonde pas sur des exigences confessionnelles. L’éditorial de Dominique Greiner en dit long lui aussi : le journaliste demande à juste titre qu’on sorte du « domaine émotionnel » pour penser d’abord au « bien commun », à la « dimension sociale du mariage » et à la « différence sexuelle », mais il craint déjà que « certains catholiques » ne soient « tentés de faire valoir de manière plus démonstrative leur opposition, quitte à tomber dans la caricature ».

C’est vraiment ça, le danger qui guette la France ?

Cet article a paru dans Présent daté du 12 septembre.

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01 août, 2012

Contrat de “mère porteuse” : un nouvel esclavagisme

L'un des corollaires obligatoires du « mariage » homosexuel est l'« homoparentalité », puisque qui dit mariage dit famille et donc enfants, que ce soit par voie d'adoption, de fécondation artificielle pour les lesbiennes ou de mère porteuse pour les gays. La « gestation pour autrui » s'adresse aussi aux couples hétérosexuels, en principe pour pallier une incapacité de la femme à porter l'enfant, voire – des cas sont répertoriés – pour répondre à un simple désir de confort, celui de s'éviter les désagréments d'une grossesse.

Le Centro de Bioética basé à Buenos Aires vient d'analyser un contrat de « location de ventre » tel qu'il se pratique au Pulse Hospital à Ahmedabad en Inde, relevant qu'il s'agit bien d'une exploitation de la femme et d'une commercialisation du corps humain, alors que le débat en cours sur le nouveau code civil argentin porte notamment sur la « location de ventres » dont la légalisation est prévue en son article 562.

En France – pour l'instant du moins – la pratique de la mère porteuse demeure interdite et le principe d'indisponibilité du corps humain protège contre le risque d'en faire une activité rémunérée (mais pour combien de temps ?). Mais les abus ne sont pas constitués par les seuls aspects commerciaux, comme on le voit dans l'étude proposée par Milagros Berti Garcia, Bernadita Berti Garcia et Fernando Nasazzi.

Ils analysent le contrat le plus simple : celui où ceux qui apportent les gamètes sont le père et la mère génétiques de l'enfant « commandé », le père et la mère « porteurs » s'engagent à leur remettre l'enfant dès la naissance.

Voici – succinctement traduits – quelques-unes des clauses du contrat :
• La mère porteuse et son mari d'engagent à subir les examens médicaux et psychologiques demandés soit par leur médecin traitant soit par les parents génétiques et renoncent au secret médical y afférant ; ils peuvent intervenir avant, pendant ou après la grossesse. La filiation génétique de l'enfant conçu peut être établie. Les parents génétiques peuvent assister aux examens, comme ils peuvent assister à l'accouchement. 
• La mère porteuse s'engage à ne pas avoir de relations sexuelles avec qui que ce soit entre le premier jour de son cycle et la confirmation de la grossesse après le transfert de l'embryon. 
• La mère doit suivre pendant la grossesse toutes les prescriptions médicales du médecin agréé par les… appelons-les « clients » – ainsi que les échographies auxquelles ceux-ci peuvent assister, et elle doit accepter les tests vérifiant qu'elle n'a consommé ni drogues ni tabac, ou dépistant les MST et les maladies infectieuses. Elle doit subir tous les tests demandés, même invasifs, visant par exemple à dépister les défauts génétiques ou congénitaux du fœtus, et accepter les injonctions de repos prolongé, d'absence de relations sexuelles, les échographies fréquentes, etc… 
Sa conduite fait également l'objet d'un suivi serré et elle peut se voir interdire la pratique de certains sports, l'éloignement pour un voyage sans accord des clients ; on pourra lui interdire de se teinter les cheveux, de consommer de la caféine ou des édulcorants, d'être soignée par l'acupuncture, etc… 
• Si les parents génétiques meurent, une tierce personne désignée se charge de l'enfant. 
• Dès la naissance, l'enfant doit être remis aux clients et les parents porteurs renoncent à leur autorité parentale en s'interdisant tout type de réclamation à cet égard ; il s'engagent aussi à ne pas avoir ou rechercher de contact avec les parents génétiques ou à intervenir dans l'éducation du « mineur gestationné ». 
• Hormis quelques clauses spécifiques, la mère porteuse et son mari assument tous les risques médicaux, financiers et psychologiques possibles, les parents génétiques, le médecins et tous les professionnels intervenant dans l'affaire étant dégagés de toute responsabilité légale, sauf en cas de mauvaise pratique. 
• La mère porteuse s'engage à subir un avortement sur simple demande des parents génétiques en cas d'anomalie physique ou mentale du fœtus. Tout refus constitue un non accomplissement du contrat et entraîne pour la mère porteuse des conséquences économiques et légales. 
• Jusqu'à trois embryons peuvent être transférés : s'ils s'implantent tous le contrat prévoit que l'un d'eux peut être avorté. Le refus de cet avortement constitue là encore une violation du contrat sauf si le geste mettait, de l'avis du médecin, la santé de la mère porteuse en danger.
• En cas de mort de la mère porteuse, les parents génétiques versent une somme déterminée et fixée d'avance par le contrat. 
• En cas d'échec, la mère porteuse doit subir trois tentatives d'implantation en un délai maximum d'un an avant de pouvoir résilier le contrat. 
• Si la mère porteuse ne respecte pas le contrat ou adopte des conduites que celui-ci interdit, elle perd le droit à l'indemnisation de ses frais, qu'elle devra rembourser s'ils ont déjà été perçus, et elle est tenue pour responsable de tous les frais encourus par les parents génétiques, y compris les frais médicaux, de psychologie, de voyage et légaux, liste évidemment non limitative.
Les auteurs du Centro de Bioética observent que seule une forte motivation économique (pour ne pas dire détresse) peut conduire une femme à accepter une telle atteinte à des biens comme « son intimité, sa liberté, son affectivité ». « De même, l'enfant est privé d'une des composantes fondamentales de son identité, de la mère qui lui a donné le jour, il voit sa vie manipulée comme si c'était une chose qu'on remet contre une somme d'argent », poursuivent-ils – et aussi de l'allaitement maternel.

Ils ajoutent que le désir de maternité ou de paternité est lui aussi exploité par les centres de procréation assistée à des fins franchement commerciales. Non seulement on leur propose une « solution expéditive » mais on introduit une « logique productive dans la transmission de la vie humaine ».

Ils n'évoquent pas un autre risque, et pourtant il est dans la logique de ce qui précède : celui de voir un jour toute grossesse, toute « gestation » humaine soumise aux obligations, interdictions, examens et critères que celles imposées aujourd'hui aux pauvres femmes indiennes qui en sont réduites à louer leur corps pour « produire » des bébés…


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24 juillet, 2012

Elton John a le baby blues…

Dans une interview-vidéo donnée cette semaine à NBC le chanteur anglais Elton John a confié ses peurs pour son fils Zachary : « Cela va lui fendre le cœur de grandir et d'apprendre qu'il n'a pas de maman. »


De fait, le petit garçon a « deux papas » : Elton John a « épousé » civilement son compagnon de 15 ans, David Furnich, en 2005 ; après avoir essayé sans succès d'adopter un enfant en Ukraine le couple a eu recours à une mère porteuse qui a donné le jour à un petit garçon pour leur compte.

Elton John venait de confier à son interlocuteur qu'il craignait de voir son fils malheureux le jour où il irait à l'école et se trouverait face à des enfants à qui il devrait expliquer qu'il n'avait pas de maman, mais deux papas.

La solution eût été simple, direz-vous : ne pas mettre volontairement le petit Zachary dans cette situation.

Eh bien, Elton John en a trouvé une autre. Il envisage d'adopter ou de faire naître un petit frère ou une petite sœur pour Zachary, afin que celui-ci ne soit pas seul face aux difficultés qu'il va vivre.

Fallait y penser, non ?

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15 mai, 2012

Obama, Romney, « mariage gay » et bricolage procréatif

Barack Obama a souligné lundi l’« important contraste » entre son adversaire républicain Mitt Romney et lui-même sur la question du droit des homosexuels à se « marier », qu’il a officiellement soutenu pour la première fois la semaine dernière. « Le gouverneur Romney dit que nous devrions avoir un amendement constitutionnel qui instaurerait la notion selon laquelle les mariages entre homosexuels ne peuvent pas avoir lieu », a relevé le président américain, qui compte donc pouvoir engranger des voix grâce à sa prise de position.

De son côté Mitt Romney suscite des questions auprès des Américains conservateurs depuis que son fils aîné, Tagg, a annoncé sur Facebook la naissance de ses jumeaux en remerciant la mère porteuse qui vient de leur donner le jour, après avoir déjà porté l’un des six enfants du couple, conçus à chaque fois à partir du « matériel génétique » de Tagg et de sa femme. Selon le biographe de Mitt Romney, Ronald B. Scott, trois des fils du candidat ont eu recours à la fécondation in vitro pour obtenir une descendance.

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26 juin, 2011

Un couple gay et sourd obtient un enfant par “FIV” sur une mère porteuse…

Le site de veille bioéthique BioEdge rapporte cette information du Times of India. Une clinique de Mumbai, la clinique Rotunda spécialisée dans la fourniture de bébés aux couples homosexuels, a permis à un couple gay, Alan et Brian, d'obtenir des jumeaux grâce à une fécondation in vitro sur une mère porteuse avec des ovules fournis par une autre femme indienne et fertilisés avec les spermatozoïdes d'Alan. Un garçon et une fille sont nés le 1er mai dernier. Vu les lois indiennes, le couple n'aura aucune difficulté à faire reconnaître la paternité de l'enfant et sa nationalité américaine : les deux hommes ont pu rentrer sans encombre chez eux aux Etats-Unis avec les enfants.

S'ils avaient eu du mal à obtenir des enfants à adopter chez aux – ils essayaient depuis six ans, sans succès – ils pensent que c'est parce qu'ils ne formaient pas une famille « normale ». Car en plus d'être homosexuels, les deux hommes sont sourds et muets. Ils sont même responsables d'une école qui enseigne le langage des signes.

Ils entendent élever les jumeaux en leur enseignant ce langage, tandis que l'apprentissage de la langue vocale sera fait avec un ordinateur.

A-t-on encore le droit de plaindre ces deux bébés, et de se demander si le monde n'est pas devenu complètement fou ?

Pour mémoire,  Rotunda vait déjà « aidé » une juriste de 58 ans à avoir des jumeaux ; le site de la clinique contient un lien vers un article où celle-ci dit sa joie devant sa maternité. Il se garde bien d'y ajouter des liens vers les articles où la même Carole Hobson dit son épuisement et sa déception : j'en avais parlé ici.

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11 avril, 2011

Salomon, reviens ! Ou encore une histoire de bébés substitués

BioEdge rapporte cette histoire supposée toute de générosité d'un couple américain. Carolyn et Sean Savage, habitants de l'Ohio, avaient déjà deux garçons conçus naturellement et une fille conçue par fécondation in vitro. Voulant un autre enfant en 2009, ils ont de nouveau eu recours à une FIV. Mais, patatras, alors que Carolyn était enceinte à la suite de la procédure, le couple allait apprendre que le bébé implanté avait le patrimoine génétique de Shannon et Paul Morell : c'était un embryon de ce couple qui avait été transféré par erreur chez Carolyn.

Les Savage ont décidé de ne pas choisir l'avortement : c'était leur première option (toutes proportions gardées, celle de la mère qui avait perdu son propre bébé dans l'histoire du jugement de Salomon…).

Au contraire, ils ont décidé de mener la grossesse à terme.

Plus extraordinaire encore, ils n'ont pas exigé des tribunaux d'avoir la garde de l'enfant. Ils l'ont donné dès sa naissance aux Morell, sans même demander un droit de visite. « Qui sommes-nous pour demander quoi que ce soit ? Nous ne le pouvons pas. Chaque photo que nous recevrons sera un cadeau, et nous le savons. Il est leur fils. Mais il sera toujours mon bébé », a déclaré Carolyn au Daily Mail.

Pendant qu'elle menait à terme le petit garçon, le couple Savage a tout de même pris contact avec une mère porteuse pour pouvoir avoir un enfant à eux.

Ils ont écrit un libre sur leur expérience (Inconceivable, « Inconcevable ») qui se termine peu avant la naissance, chez la mère porteuse, de leur petite Jennifer.

Ils reconnaissent l'ironie de la situation qui leur a fait vivre la souffrance de la « gestation pour autrui » et qui leur a fait en même temps recourir à une mère porteuse.

Et elle ne souffre pas, elle ?

Carolyn et Sean remercient leur avocat en droit de la famille pour les avoir aidé à surmonter ces contradictions.

Mais on aurait plutôt besoin d'un Salomon qui rappelle la réalité d'un lien familial, et l'absurdité de le contredire volontairement au nom du droit à l'enfant et de l'exigence démesurée du bonheur qu'il apporte.

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07 avril, 2011

Mères porteuses : la Cour de cassation tient bon

La Cour de cassation a rejeté, mercredi, le pourvoi de la famille Mennesson demandant l’annulation du refus d’inscription à l’état civil de leurs jumelles nées il y a 10 ans d’une mère porteuse, aux Etats-Unis. C’était une décision très attendue par le lobby de la « parentalité » homosexuelle, puisque, positive, elle aurait très largement ouvert la porte au tourisme de la « gestation pour autrui » aux couples gays.

Fait nouveau : le 8 mars dernier, le ministère public avait devant la plus haute juridiction requis en faveur de la demande de M. et Mme Mennesson. C’était la première fois qu’un représentant des pouvoirs publics recommandait ainsi la création d’une brèche dans l’interdiction française du recours aux mères porteuses, pratique qui continue d’être rejetée à la fois par l’Assemblée et le Sénat alors qu’ils examinent le projet de révision des lois bioéthiques.

Sylvie et Dominique Mennesson, « atterrés » alors qu’ils avaient contourné l’interdiction en toute connaissance de cause, ont annoncé qu’ils porteraient l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme en invoquant, sans doute, comme le ministère public l’avait d’ailleurs fait, le droit au respect de l’intimité de la vie familiale garanti par la Convention européenne des droits de l’homme.

Leurs jumelles, Isa et Léa, ont été conçues avec les spermatozoïdes de Dominique Mennesson et des ovules donnés par une amie du couple ; la mère porteuse américaine chez qui elles ont été implantées a reçu pour son concours quelque 8 500 euros. Leur filiation à l’égard de Dominique et de son épouse a été établie selon le droit américain, et c’est cet acte – qui leur donne des droits et un statut – qui n’a pas été transcrit dans les registres français. Techniquement, les deux petites filles peuvent donc être considérées comme des sans-papiers.

Les juges de Cassation ont estimé « contraire à l’ordre public international français la décision étrangère qui comporte des dispositions heurtant des principes essentiels du droit français », mais a souligné que les enfants n’étaient pas pour autant « privées d’une filiation maternelle et paternelle que le droit étranger leur reconnaît, ni empêchées de vivre avec » leurs parents.

Le pathos déployé pour faire reconnaître ce qui ne pourra jamais dépasser le stade de la fiction juridique – Sylvie Mennesson ne sera jamais que la mère nourricière de ces fillettes – était bien exagéré. C’est bien triste pour cette femme qui a certainement beaucoup souffert de son infertilité ; et cela ne minimise en rien l’amour qu’elle apporte à ces enfants.

Il n’est pas interdit, en revanche, de souligner l’invraisemblable « soupe » dans laquelle se noient les origines de ces fillettes. Il n’est pas conforme à leur bien qu’elles puissent se considérer à la fois comme les filles de leur père et de son épouse, d’une Californienne qui les a portées, et d’une amie de la famille qu’elles connaissent ou non (on ne sait quelle est la solution la moins perturbante). Elles en demanderont peut-être des comptes plus tard.

Mais il est clair, quoi qu’en dise le couple et au-delà de son désir subjectif d’apparaître comme une famille en tous points comme les autres, que son action judiciaire dépasse largement le cadre de son foyer – qu’il le veuille ou non.

Car enfin, quitte à avoir passé outre à l’interdiction française en toute conscience, pourquoi ne pas contourner ensuite la loi pour obtenir une reconnaissance de paternité après une confirmation de filiation par l’ADN ? L’affaire eût été réglée au moins mal pour les enfants. Apparemment, ce n’était pas le but.
En attendant, plusieurs cours et tribunaux français, et même la Cour de cassation, ont reconnu des filiations à la suite de « gestations pour autrui » à l’étranger dans la mesure où l’un des membres du couple pouvait justifier d’une nationalité étrangère et des documents d’état civil étrangers établissant ces mêmes filiations.

La Cour de cassation en a décidé autrement pour les Mennesson parce qu’ils sont français.
Est-ce de la discrimination ? Les arguments futurs des partisans des « mères porteuses » porteront certainement là-dessus.

• Article paru dans Présent daté du 7 avril 2011.

06 avril, 2011

Mères porteuses : forcing judiciaire en France

Alors que nous attendons aujourd'hui un arrêt de la Cour de cassation dans une affaire de reconnaissance de filiation à la suite d'une « gestation pour autrui », l'affaire Mennesson, Paris a mis garde les Français contre le recours à des mères porteuses en Ukraine, pratique légale dans ce pays mais interdite en France où elle est susceptible d’entraîner « de graves problèmes juridiques et administratifs », a indiqué samedi le Quai d’Orsay.

« Si la législation ukrainienne autorise la gestation pour autrui, la loi française interdit tout contrat de mère porteuse (...) et prévoit des sanctions pénales en cas de simulation ou dissimulation ayant entraîné une atteinte à l‘état civil d’un enfant ou de provocation à l’abandon d’enfant », rappelle le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

En clair, le ministère des Affaires étrangères veut faire savoir que les ressortissants français ne bénéficieront pas d’une « transcription de l’acte de naissance ukrainien de l’enfant et de délivrance d’un titre de voyage pour ramener celui-ci en France », outre qu’ils s’exposeraient à des poursuites pénales en Ukraine en tentant de faire passer illégalement la frontière ukrainienne à un enfant ainsi conçu.

Mais on apprenait dans le même temps que le tribunal de Nantes a reconnu la filiation d’un enfant né de mère porteuse parce que ses parents étaient étrangers au moment de la conception et de la naissance et n‘étaient donc pas soumis à la loi française interdisant cette pratique.

L’affaire portait sur le cas d’une petite fille, conçue en 2001 en Californie, dans le cadre d’un contrat de « gestation pour autrui » (GPA) par un couple homosexuel de deux hommes. L’un des deux a acquis en 2010 la nationalité française qui a également été accordée à sa fille, selon des éléments transmis à l’AFP par l’avocate de cette « famille », la très militante Me Caroline Mecary.

« L’enfant ayant été naturalisée, il fallait demander la transcription de son acte de naissance étranger à l‘état-civil français, ce qui a dans un premier temps été refusé », a-t-elle ajouté. C’est dans ce cadre que Me Mecary a demandé au tribunal de Nantes qu’il prononce une injonction de transcription.

Le jugement, daté du 10 février mais transmis récemment aux parties, précise que l’acte de naissance d’un enfant né de mère porteuse peut être transcrit à l‘état-civil français dès lors que les accords de gestation pour autrui ont été conclus « en territoire étranger en 2001, entre des ressortissants étrangers non concernés par la législation française ».

En revanche, le jugement nantais n’autorise pas la transcription intégrale de l’acte de naissance américain car les deux parents inscrits étaient de même sexe, ce que n’autorise pas la législation française. Seul le père qui a pris la nationalité française figurera sur l’acte de naissance française de la petite fille et sa « filiation maternelle » ne sera pas complétée.

L'arrêt Mennesson, celle d'un couple  qui se bat depuis dix ans pour faire enregistrer à l'état-civil ses jumelles, nées aux Etats-Unis de mère porteuse, devra aussi régler cette contradiction.

Deux récents arrêts de la cour d’appel avaient statué fin mars en faveur de couples homosexuels comportant au moins un membre français, mais ayant une double nationalité.

Le refus de ce même avantage à des franco-Français sera bien vite assimilé à de la « discrimination »…

Source : www.present.fr.

22 mars, 2011

Conseils en fécondation pour gays et lesbiennes britanniques…

Source : Daily Mail
Pour 9,99 £ par mois – mais en principe c'est réservé aux gays et lesbiennes – il est possible depuis peu de se faire conseiller pour trouver des donneurs de sperme ou d'ovules, mais aussi des mères porteuses, en vue d'une fécondation homoparentale. Un couple de lesbiennes – charmantes, vraiment, voyez la photo qui sert de lien vers la source de cette info, le Daily Mail – vient d'ouvrir ce site web, assorti d'un bureau à Birmingham (qui ouvrira ses portes avec petits fours et champagne, dimanche) pour épargner aux couples homosexuels les affres de la recherche de donneurs et de procédures de fécondation dans le circuit ordinaire.

Madame Natalie Drew et madame Ashling Phillips expliquent que leurs clients font part de brimades administratives : des formulaires ou des lesbiennes sont invitées à renseigner le nom du « mari », ou des insensibilités de la part du corps médical : voir les médecins généralistes qui s'obstinent à faire référence à la personne qui porte l'enfant, à l'exclusion de sa partenaire.

GayFamilyWeb annonce avoir déjà obtenu des partenariats avec des cliniques de fertilité britanniques et avec un centre de « gestation pour autrui » aux Etats-Unis. Tout est donc prévu, de l'accompagnement administratif au soutien psychologique en passant par les conseils pour l'insémination artificielle, et sur place, des consultations et des tests médicaux.

Tout cela est bel et bien, mais au pays de la loi d'égalité la plus draconienne qui soit, est-il envisageable de réserver ainsi ses services à la communauté gay ?

Eh bien, non, a d'ores et déjà répondu un porte-parole du « Home Office » britanniques : certes, la couple peut organiser sa communication autour de ses services rendus aux couples homosexuels, mais si un couple hétérosexuel devait demander à bénéficier de leurs services, elles ne pourraient refuser de les servir.

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25 février, 2011

Mères porteuses : une entreprise qui marche

Trouvé dans le fil de l’actualité de l’AFP, jeudi, ce communiqué d’entreprise surprenant : « La plus importante agence américaine de maternité pour autrui nomme son directeur de prospection clientèle pour l’Europe ». Véritable signe des temps, au moment même où la loi bioéthique française devrait selon toute vraisemblance maintenir l’interdiction de la pratique des mères porteuses. Il faut bien comprendre que les offensives de la culture de mort sont, aussi, commerciales. Dans le cadre d’une Europe de plus en plus ouverte, comment résister ? Je vous laisse découvrir le communiqué tel quel, avec ses maladresses et ses barbarismes. Vous avez entendu : « barbarie » ? Oui, aussi ! 
Growing Generations est depuis 1996 une société dévouée à la vision de créer la vie, tout en changeant le monde. Sa mission est simple : la société s’emploie à rendre cette expérience plus simple, plus sûre et plus agréable, tant pour les individus et les couples, les mères porteuses, les donneuses d’ovules et les donneurs de sperme que pour les autres professionnels, afin de former des familles par le biais de la procréation médicalement assistée. Pour réaffirmer cette mission, Growing Generations est fière d’annoncer la nomination d’Andrew Ferren en tant que directeur, prospection de clientèle pour l’Europe. 
M. Ferren, qui travaillera depuis Madrid, offrira des consultations informatives et servira de liaison pour les clients de Growing Generations à travers l’Europe et les pays hispanophones d’Amérique latine. 
« La première fois que j’ai contacté Growing Generations c‘était en qualité de client, et en tant que futur parent par substitution, je comprends combien il est important d’obtenir des réponses honnêtes, ainsi que de bénéficier de conseils compatissants et de soutien tout au long de ce processus », explique M. Ferren. « Après quelques tentatives sans succès faites en Inde, mon mari (sic) et moi avons décidé de consacrer les ressources financières nécessaires à la maternité pour autrui aux Etats-Unis et nous avons fait appel à la meilleure agence. Ma nouvelle position chez Growing Generations souligne ma conviction d’avoir fait le bon choix. Au fur et à mesure que l’opinion publique internationale est davantage sensibilisée au sujet de la maternité pour autrui aux Etats-Unis, le besoin d’offrir aux potentiels parents des informations claires augmente, et je me réjouis à l’idée d’aider d’autres couples et individus pleins d’espoir de l‘étranger à comprendre cette expérience à la fois complexe et extrêmement enrichissante, et à s’y retrouver. » 
Après avoir fait des études d’Histoire de l’art au , – (sic dans la dépêche) – Andrew Ferren a travaillé pendant 20 ans dans le domaine des médias et des relations publiques, dirigeant à ses débuts des institutions culturelles de premier plan aux Etats-Unis comme le Metropolitan Museum of Art et LACMA (Los Angeles County Museum of Art). Depuis 2002, il vit en Espagne où il travaille en tant que journaliste collaborant pour des rubriques de voyage, culture et style de vie avec des publications telles The  (re-sic), Town and Country, ELLE Decor et avec le principal journal espagnol El Pais. En tant qu’expatrié américain, Andrew Ferren connaît en profondeur le système de soins de santé des Etats-Unis ainsi que les problèmes auxquels sont confrontés les clients internationaux lorsqu’ils décident de former une famille. 
« Nous sommes ravis de pouvoir compter sur quelqu’un du calibre d’Andrew et avec son expertise au sein de notre équipe », a déclaré Stuart Miller, PDG de Growing Generations, tout en rajoutant, « En plus d’avoir un CV impressionnant, il apporte beaucoup de compassion et de chaleur à ce poste ». 
En tant que première agence ayant pour mission d’aider les membres de la communauté gay et lesbienne, Growing Generations propose des programmes de maternité pour autrui, de don d’ovules et de don de sperme à tout type de famille, indépendamment de leur statut matrimonial ou orientation sexuelle. De plus, grâce aux avancées récentes en matière de technologie, Growing Generations est désormais en mesure d’offrir ses services aux hommes séropositifs qui peuvent utiliser leur sperme de manière sécuritaire afin de former des familles.
Il me semble inutile d’ajouter les coordonnées de cette entreprise. Mais pour vous dire à quel point cette information donne un avant-goût d’un avenir étrange, voici une autre information publiée le même jour par l’AFP, signée Roddy Thomson, dont vous apprécierez le ton… qui n’est pas tout à fait celui de la stricte neutralité. Son titre : « Belgique : un couple gay récupère son enfant bloqué en Ukraine. » Sauf que… cela concerne directement la France.
Après avoir combattu pendant des années la nature, les préjugés et les arcanes de la justice, deux Belges homosexuels vont finalement accueillir ce week-end leur fils, né en Ukraine d’une mère porteuse et échoué dans un orphelinat d’Etat. Le petit Samuel, aujourd’hui âgé de deux ans et quatre mois, touchera pour la première fois le sol belge samedi soir à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem avec ses deux pères, Laurent Ghilain, 27 ans, et Peter Meurrens, 37 ans. 
Ce couple marié installé dans la région de Montpellier (sud de la France) a déboursé quelque 90.000 euros et connu un long parcours d’obstacles avant d’apprendre, la semaine dernière, que le gouvernement belge les autorisait à réaliser leur rêve de paternité en délivrant un passeport à Samuel. Avant cela, les deux hommes avaient dû surmonter leur crainte que la mère porteuse ukrainienne ne pratique un avortement, comme elle avait menacé de le faire alors qu’elle était déjà enceinte de six mois. 
« Samuel a souffert depuis si longtemps que les psychologues s’attendent à une réunion difficile », a déclaré à l’AFP Laurent Ghilain, qui peine toujours à croire à une issue positive, alors qu’il s’apprête à s’envoler pour aller chercher son fils. « Au plus profond de moi, je me demande : Comment va-t-il réagir ? Va-t-il pleurer lorsque je le prendrai dans les bras ? Va-t-il me rejeter ? », explique cet employé d’une salle de sport, père biologique du garçonnet. 
Sauf difficultés de dernière minute avec les autorités ukrainiennes, que Laurent Ghilain n’exclut pas, les retrouvailles tant attendues doivent avoir lieu dans un pays d’Europe de l’Est, à l’abri des caméras, sept mois après leur dernière rencontre, a-t-il encore expliqué.
Samuel a été conçu en Ukraine, où la gestation pour autrui est autorisée. La Belgique, qui permet aux homosexuels de se marier et d’adopter des enfants, ne reconnaît cependant pas le recours aux mères porteuses. Après la naissance du petit garçon en novembre 2008, Bruxelles a donc refusé de lui octroyer un passeport. A leur tour, les autorités ukrainiennes ont refusé qu’ils l’emmènent en Belgique. 
Samuel a donc d’abord été confié à une famille d’accueil ukrainienne. Incapables de payer sa pension très longtemps et face au blocage administratif, Laurent et Peter ont alors tenté, en mars 2010, de le faire passer frauduleusement en Pologne. Intercepté à la frontière, le petit garçon a été placé dans un orphelinat par les autorités ukrainiennes, qui ont refusé d’en dévoiler l’adresse aux deux hommes, alors désespérés. 
Après des mois de recherche, la chaîne de télévision belge RTBF a retrouvé le petit garçon dans son orphelinat et lui a consacré en décembre dernier un reportage qui a ému la Belgique. Finalement, le tribunal de première instance de Bruxelles a reconnu début février le lien biologique entre Samuel et Laurent, ce qui a poussé le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, à lui délivrer un passeport vendredi.
Pauvre Samuel…

Source : Présent daté du samedi 26 février 2011.

09 novembre, 2010

Mexique : alors,mère ou grand-mère ?

Une Mexicaine de cinquante ans a donné naissance, il y a quelques jours, à l'enfant de son fils homosexuel. Quand on dit que la fécondation in vitro  – FIV – aboutit au plus ahurissant des brouillages de cartes, on est encore en-deçà de la réalité…

Cette femme, donc, se désolait de voir son fils seul et sans enfant à 30 ans passés. Un reportage à la télévision où l'on expliquait que, comme mère porteuse, il n'y avait rien de tel que la propre grand-mère de l'enfant à « fabriquer » l'avait bouleversée. Mais oui, elle allait « prêter » son utérus à son grand fils – donnant, donnant, en quelque sorte, car celui-ci, plusieurs années auparavant, avait donné un rein à son père malade…

Ledit fils, en l'occurrence, n'était pas très enthousiaste. Mais la future grand-mère qui désespérait d'avoir jamais un petit-enfant, bien que mère de trois garçons, fit son siège. En lui expliquant qu'une mère porteuse quelconque passerait son temps à lutter pour ne pas aimer l'enfant qu'elle portait, alors que la grand-mère, elle, pourrait l'aimer… comme un petit-fils. Et puis, contre toute attente, la meilleure amie du candidat à la paternité n'hésita pas une seconde : elle donnerait ses ovules ! (A ce stade de l'histoire, le futur papa eut un mouvement de lucidité, et lui rétorqua : « Tu es folle. Demande d'abord à ton mari. » Il semble que la jeune femme se soit contentée de répondre qu'elle avait toujours pensé que son ami ferait un très bon père.

On trouva aussitôt un gynécologue-obstétricien, spécialiste d'endocrinologie de l'Institut de médecine reproductive de Guadalajara, Juan Manuel Casillas Santana, pour organiser l'affaire avec le concours de Jorge, le fils, la mère de celui-ci et la meilleure amie : le jeune homme, décida-t-il, avait le droit d'être père célibataire et sa propre mission de médecin n'était-elle pas de donner la vie ? (Mais qui donne la vie ?)

Il y a quelques mois, Jorge répondait déjà à la presse pour annoncer la naissance de son petit David dont la venue au monde par césarienne était programmée pour le 1er novembre. Il allait préparer sa chambre, prendre un congé de 6 mois, apprendre la paternité gay à San Francisco…

David est né il y a quelques jours et il est à la fois le fils et le petit-fils de celle qui lui a donné le jour, l'enfant biologique de son père et d'une femme qui ne lui est rien, le passager clandestin d'une grossesse fabriquée par un médecin chez une femme qui n'avait plus vraiment l'âge d'être mère.

On comprend que les partisans de la culture de mort et de toutes les folies reproductives aient si ardemment besoin d'ovules !

Sources : ici, ici, et ici.

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11 septembre, 2010

Mères porteuses : vers la phase « industrielle » ?

Troisième information « BioEdge » du jour : un nombre croissant de couples sans enfants et de célibataires candidats à la parentalité, mais débordés de travail ou pas assez fortunés pour prendre un congé prolongé envoient des embryons congelés en Inde pour les y faire implanter chez des mères porteuses dans le cadre de cliniques de procréation médicalement assistée par fécondation in vitro (FIV - IVF en anglais).

BioEdge signale le cas d'un Américain de 40 ans qui veut devenir père célibataire : il a récemment envoyé à la clinique IVF Melbourne de Gujarat un embryon créé à partir de ses gamètes et d'un ovule acheté à une donneuse américaine. Il a eu le choix de sa mère porteuse, sélectionnée sur données fournies par courriel. Il lui suffira de se rendre en Inde pour signer les papiers légaux, après quoi le transfert aura lieu. En cas de réussite de l'opération, le client pourra se contenter d'un deuxième voyage en Inde après l'accouchement pour récupérer l'enfant.

L'envoi des embryons semble parfaitement au point : congélation des embryons que l'on conserve dans l'azote dans des pailles médicales qui sont transportées avec toutes les précautions nécessaires en l'espace de 3 ou 4 jours vers leur destination en Inde. Prix du transport : 850 à 1.000 euros selon le pays d'origine.   Et l'on économise le prix du transport pour deux personnes, et du séjour de 7 à 10 jours nécessaire à la mise en œuvre du processus, puisqu'il suffit d'un ou deux jours de séjour en Inde pour une seule personne. De plus, les futurs parents peuvent économiser les jours de congé qu'il leur faudrait prendre pour se rendre en Inde. Economie de temps, d'argent – et pourquoi pas de CO2 tant qu'on y est ?

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26 juin, 2010

L'Inde veut légaliser les mères porteuses rémunérées

Facile d'accès, sans paperasse, tarifs raisonnables et pas de discrimination : c'est ainsi qu'on pourrait qualifier la « maternité de substitution » de demain en Inde où un projet de loi n'attend plus que l'approbation du Cabinet de gouvernement pour être soumis à l'Assemblée, « à la saison des pluies » si possible.

La loi ART 2010 (loi sur la technologie de la procréation assistée) entend reconnaître l'activité de mère porteuse de la manière la plus « progressiste » qui soit : non seulement le projet reconnaît la possibilité pour celles qui prêtent leur utérus d'en tirer un vrai revenu, mais dans sa forme de projet elle ne pose pour ainsi dire pas de limité à la location de femmes pour satisfaire un désir d'enfant non assouvi (ou pour éviter la fatigue et les ennuis de la grossesse, aux femmes riches ?).

Le fait d'être célibataire, lesbienne, gay, ne constituerait donc pas un empêchement. La loi vise explicitement les « couples non mariés » ce qui ouvre la porte aux couples homosexuels, assure un des lobbyistes qui a participé à la préparation du texte, et les célibataires, qu'ils soient de nationalité indienne ou non.

En réalité, l'adoption de ce texte n'aboutirait pas d'abord à résoudre les problèmes de personnes se trouvant dans une situation qu'elles jugent difficile à vivre, mais à créer un nouvel et immense marché où pourraient venir se fournir les dames et messieurs moins facilement servis ailleurs dans le monde. Si bien que les premières moutures de la loi évoquaient déjà le tas d'or qu'allait pouvoir mettre au jour une telle légalisation de la « gestation pour autrui ». Pour Rajiv Dhavan, du « Public Interest Legal Support and research Centre », il n'y a là aucune attaque contre les valeurs familiales traditionnelles de l'Inde, juste une « ouverture à tous les autres » qui veulent des enfants. Et pour cela, l'altruisme ne suffit pas.

La loi projetée prévoit que la mère porteuse n'est éligible que si elle a entre 21 et 35 ans ; le nombre de grossesses qu'elle mènera à terme ne doit pas être supérieur à cinq quelle que soit la destination des enfants ; enfin elle doit renoncer par avance à tous ses droits parentaux.

La seule limité posée est celle de la nationalité : le demandeur étranger doit fournir un certificat sur la politique de la gestation pour autrui dans son pays, ainsi qu'un document permettant d'établir que l'enfant de la mère porteuse pourra entrer dans le pays d'origine du demandeur.

© leblogdejeannesmits.

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