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28 janvier, 2020

En réponse à l'interview d'Alain de Benoist sur la “surpopulation” sur Boulevard Voltaire


J’ai été indignée, mais non stupéfaite, de trouver sur Boulevard Voltaire du 25 janvier un entretien de Nicolas Gauthier avec Alain de Benoist où celui-ci se fait le chantre de la dépopulation. Non pas stupéfaite, parce que ce discours malthusien et fondamentalement raciste sied bien à la « Nouvelle Droite » dont Alain de Benoist est aujourd’hui l’un des maîtres à penser (comme le temps passe !). Indignée, parce que contrairement au mot que l’on prête à Voltaire, je ne crois pas en la liberté de tout dire (qui aboutit toujours à faire taire ceux qui ne disent pas n’importe quoi). Mais puisque la liberté d’expression existe, et que vous êtes ici sur un blog pro-vie, allons-y pour une petite mise en lumière de ce que dit et sous-entend le propos d’Alain de Benoist.


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« Passé un certain seuil, toute augmentation en nombre entraîne un “saut qualitatif” qui se traduit par un changement de nature. Comme chacun le sait, la population mondiale augmente régulièrement, mais, surtout, elle augmente de plus en plus vite. Vers 1700, on comptait moins de 700 millions d’habitants sur Terre. En 1900, on en était à 1,6 milliard. Aujourd’hui, avec plus de 250.000 naissances par jour, on a dépassé les 7,7 milliards », affirme-t-il.
Admettons qu’il puisse exister un saut qualitatif lié au nombre : il reste tout de même à déterminer le seuil où celui-ci se constate. Alain de Benoist ne s’y risque pas. Il ne nous dit même pas ce qui aurait changé, ou va changer, de nature. L’homme lui-même ? Sa manière de vivre ? Sa valeur intrinsèque ? Sa morale ? Son éthique ? Sa place relative dans l’univers du vivant ?
Et relevons une erreur, et un non-dit. L’erreur est d’affirmer que la population mondiale augmente « de plus en plus vite ». En 1927, elle était de 2 milliards. Depuis, même si les chiffres augmentent, avec aujourd’hui l’ajout d’un milliard à peu près tous les quinze ans, la croissance n’est pas exponentielle. Elle est passée de 2,1 % par an en 1968 à 1,1 % aujourd’hui : autrement dit, elle a été divisée par deux.
La proportion de l’augmentation ne cesse de se réduire… tout comme le taux de fécondité mondial. Celui-ci était de 5 enfants par femme en 1965 ; en 2010 il n’était plus que de 2,5 enfant par femme, et il ne cesse de tomber : 2,432 enfant par femme en 2017. C’est à peine plus que le taux de remplacement des générations : 2,1 enfant par femme. Encore cela ne vaut-il que pour les pays développés. Dans les pays non développés, où la mortalité maternelle et infantile et celle des jeunes sont importantes, le taux effectif de remplacement des générations peut atteindre les 3,5 enfants par femme.

Aujourd’hui, 80 % de la population mondiale vit dans des pays où l’on compte moins de 3 enfants par femme, et une personne sur deux vit dans un pays où le renouvellement des générations n’est pas assuré.


Quant au non-dit, il tient au fait qu’une part non négligeable de la croissance globale est imputable au vieillissement de la population, lui-même lié à l’amélioration de l’espérance de vie (qui soit dit en passant met en évidence que globalement, on vit aujourd’hui dans de meilleures conditions de santé et d’environnement que lorsque l’humanité était moins, beaucoup moins nombreuse). Nous sommes aussi nombreux non parce que la procréation croît de façon exponentielle, mais parce que nous ne mourons plus comme des mouches. En 2018, pour la première fois de l’histoire, le nombre de personnes âgées de plus de 64 ans a dépassé celui des enfants âgés de moins de 5 ans au niveau global. Globalement, le nombre des jeunes devrait rester stable ou décroître d’ici à 2100, tandis que celui des 25-64 ans augmentera modérément, et que celui des 65 ans et plus progressera nettement plus vite. Le problème principal sera d’ailleurs la diminution de la part de la population active par rapport à cette masse de « retraités ».

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Alain de Benoist poursuit : « Pour la fin du siècle, les estimations moyennes tournent autour de douze milliards, les estimations hautes autour de seize milliards. »
Non. Selon les dernières projections moyennes de l’ONU, la croissance va ralentir de manière importante au cours du XXIe siècle : il faudra attendre 2030 pour atteindre les 8,5 milliards, 2050 pour atteindre 9,7 milliards et 2100 pour atteindre 10,9 milliards. Ces projections médianes supposent une décroissance de la fertilité là où elle est aujourd’hui la plus haute, une remontée là où elle est basse (et même désastreuse) et une réduction systématique de la mortalité pour toutes les classes d’âge. L’estimation globale basse pour 2100 est de 9,4 milliards d’hommes, l’estimation haute de 12,7 milliards, avec 95 % de chances pour que le chiffre réel se situe à l’intérieur de cette fourchette. Et il y a 27 % de chances (ce sont plutôt des risques) pour que, avant la fin de ce siècle et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la population mondiale commence à décroître. Certains parlent d’un milliard perdu tous les vingt ans.

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Alain de Benoist poursuit : « Bien entendu, on peut discuter à perte de vue sur le nombre de bipèdes qui peuvent vivre sur cette planète. La seule chose qui est sûre, c’est qu’il y a une limite : pas plus qu’il ne peut y avoir de croissance matérielle infinie dans un espace fini, la population ne peut s’accroître indéfiniment sur une étendue limitée. Malheureusement, nous sommes à une époque qui ne supporte pas les limites. Malthus (Essai sur le principe de population, 1803) ne se préoccupait que de l’épuisement des ressources. Aujourd’hui, c’est le nombre qui, à lui seul, pose problème : la quantité est plus que jamais le contraire de la qualité. Avec trois ou quatre milliards de bipèdes en moins, le monde se porterait beaucoup mieux ! »
La question des limites est en effet brandie depuis Malthus, qui envisageait carrément d’augmenter la mortalité chez les pauvres en les entassant dans des villes aux rues étroites et aux maisons insalubres, de leur recommander des pratiques antihygiéniques, et de construire les nouveaux villages dans des zones humides et malsaines (Livre IV, chapitre V du Principe de population). Il proposait aussi de « réprouver des remèdes spécifiques aux maladies ravageuses ». Lui aussi pensait qu’il y avait trop de « bipèdes », pour reprendre le terme d’Alain de Benoist, et qu’il n’y aurait jamais assez pour nourrir tout ce monde. Certes il favorisait la réduction volontaire de la taille des familles pour améliorer leur qualité de vie, et brandissait ses menaces mortelles comme le prix à payer faute d'action face à une procréation qu’il présentait comme débridée. Il n’empêche : il était clairement dans une logique eugéniste.
C’est celle brandie par Alain de Benoist pour qui une personne sur deux est déjà de trop sur cette terre, et nuit à la « qualité » de l’ensemble. On veut des noms !

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En revanche, on peut dire qu’il reprend les poncifs les plus « mainstream » de la Deep Ecology, substrat idéologique de l’écologie actuelle, quand il nous annonce des catastrophes en série :
« Il n’y a déjà plus de réserves de productivité en matière agricole, l’extension des terres agricoles est en train d’atteindre ses limites et les ressources halieutiques des océans s’épuisent également. Plus de 90 % de toute la biomasse produite annuellement dans le monde sont d’ores et déjà exploités. »
Il n'apporte pas de sources. D’autres vous diraient que mise en valeur et correctement exploitée, la seule Afrique pourrait nourrir le monde entier. Saviez-vous que les Pays-Bas, 5 fois plus densément peuplés que la France et grands comme la Bretagne, sont le 2e exportateur agricole et agro-alimentaire du monde derrière les Etats-Unis ? Qu’ils produisent 9 % du lait de l’Union européenne ? Qu’ils sont les premiers producteurs mondiaux de tomates et de poivrons ?
Saviez-vous, aussi, que la quantité de nourriture disponible par tête est aujourd’hui plus importante que lorsque nous étions quatre milliards ? Il se produit aujourd’hui de quoi bien nourrir quotidiennement 10 millards d’êtres humains. Ceux qui souffrent de la faim font les frais des guerres, de choix politiques, d’absence de mise en valeur des ressources d’eau ou de terre… Et dans de nombreux pays, on paie même les agriculteurs pour qu’ils laissent leur terre en friche.

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Alain de Benoist dit encore que « la plupart des écologistes autoproclamés se comportent comme si la démographie et l’environnement étaient des sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés ».
Là, les bras m’en tombent. Cela fait des années que je suis les proclamations et les travaux des défenseurs de « la Planète » et de ceux qui, au nom de l’écologie, déplorent la « surpopulation ». Si le sujet est dans une certaine mesure tabou, c’est que les mesures pour contrer efficacement cette « surpopulation » (ou plus exactement, pour réduire la population) seraient de nature totalitaire et qu’on hésite à les exposer. Mais les organismes de pouvoir supranational favorisent systématiquement tout ce qui contribue à la chute de la natalité : cela va du fait d’avoir fermé les yeux devant les politiques de contrôle de la population coercitives pratiquées en Chine ou en Inde, à la propagation des « contraceptifs modernes » et de la stérilisation volontaire dans le monde entier, avec un accent particulier mis sur l’Afrique. C’est le fait du Fonds des Nations unies pour la population, FNUAP, des institutions européennes, des institutions dites caritatives de dimension quasi étatique comme la Bill & Melinda Gates Foundation et bien d’autres du même acabit, sans compter d’innombrables associations nationales et internationales au service de cette même politique.
A cela s’ajoute la propagande mondiale pour l’avortement « sûr et légal », et l’action d’organismes « caritatifs » comme Marie Stopes International qui tue des petits d’hommes dans les pays pauvres sous couleur de bienfaisance.
Dès 1968, Paul Ehrlich publiait The Population Bomb, qui annonçait de terribles famines dans le monde entier et la disparition du cinquième de l’humanité à l’horizon 1980 du fait de la multiplication des « bipèdes », pour reprendre encore une fois le mot choisi par Alain de Benoist. Ses prédictions de malheur se révélèrent toutes fausses, mais il reste une voix très écoutée dans le petit monde très puissant de la « lutte contre le réchauffement climatique ».
Contemporain d'Ehrlich, le Club de Rome créé en 1968 publiait en 1972 son rapport Les limites à la croissance, vendu à 12 millions d’exemplaires, annonçant la fin du pétrole et du gaz pour 1970 et d’autres catastrophes étalées à travers les décennies à venir. Soutenu notamment par la fondation Rockefeller, le Club de Rome désignait notamment la croissance de la population comme responsable de tous ces malheurs putatifs et prônait le contrôle de la population par la diffusion massive des contraceptifs.
Rappelons au passage que celle-ci fut pleinement réussi dans les pays développés dont bon nombre sont aujourd’hui en terrible déficit démographique.
Club de Rome, Rockefeller, ONU… Alain de Benoist est en bonne, sinon sympathique compagnie et on l’imagine applaudissant à pleines mains toutes leurs initiatives (et elles sont nombreuses) visant à persuader les petites Africaines et Sud-Américaines qu’il ne faut pas faire d’enfants et plutôt accepter des implants contraceptifs financés par les fondations des grandes multinationales.
Bien sûr, Alain de Benoist peut arguer de sa fondamentale bienveillance en expliquant qu’il déplore qu’une part croissante de l’humanité se retrouve dans les mégapoles d’« un monde proprement invivable qui se dessine ». Cela relève cependant d'abord non du trop plein d’hommes, mais de choix politiques qui dictent les choix individuels de ceux qui pensent qu’ils vivront de toute façon matériellement mieux dans les villes qu’à supporter l’inconfort et la pauvreté des arrière-pays, surtout dans les pays qui ne se développent pas. En même temps, la pauvreté globale diminue à mesure que la population augmente : paradoxal, non ?
Suit de la part d’Alain de Benoist une description de richesse démographique africaine, qui représentait selon lui 17 % de la population mondiale et atteindra, en 2100, le tiers de la population mondiale avec 4,2 milliards d’habitants.
Mais une part non négligeable de cette croissance est imputable non seulement à l’augmentation des naissances, mais à l’allongement de la durée de vie liée, comme nous l’avons souligné plus haut, à l’amélioration des conditions de vie. Les Africains seraient-ils par nature incapables de faire fructifier leurs terres si immensément riches ? Seraient-ils par nature « de trop » ?

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Certes, par sa part de la population mondiale l’Afrique écrasera démographiquement l’Europe comme le souligne Alain de Benoist, mais c’est parce que la plupart des pays européens sont déjà en voie de suicide démographique.

« Que l’Europe soit moins peuplée n’est pas un drame, loin de là ; ce qui est un drame, c’est qu’elle vieillit inexorablement », écrit-il.
Mais il est impossible d’avoir l’un sans l’autre. Le vieillissement est la conséquence inéluctable de la politique et de la mentalité des berceaux vides.

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Pour finir, Alain de Benoist s’en prend au « Croissez et multipliez-vous », le commandement donné par Dieu à toute l’humanité dès l’origine, si central dans son plan divin qu’Il ne priva jamais l’homme, même après le péché originel, de la bénédiction qui couronne le mariage et s’exprime dans le don de la progéniture.
Les temps ont changé, dit de Benoist en substance ; il faut rejeter le « dogme » et retenir seulement que c’était un principe valable pour son époque.
Et il précise : « C’est la raison pour laquelle, dans nombre de milieux, la surpopulation est un sujet tabou : au nom de l’“accueil de la vie” et de la critique du “malthusianisme”, on préfère se mettre un bandeau sur les yeux. Or, le laisser-faire nataliste est aujourd’hui irresponsable, et le “respect de la vie” ne saurait s’étendre à ceux qui ne sont pas encore conçus. Quelle est, alors, la solution ? »
La réponse est déjà dans la question : il ne faudrait plus proclamer l’accueil de la vie, il faut lire Malthus et ses diatribes contre la fécondité des plus pauvres, il ne faut plus laisser le choix de donner, ou non, la vie aux couples à travers le « laisser-faire nataliste ». Il faut donc encadrer la procréation. Qui ? Comment ? L’Etat ? L’ONU ? Avec quelles sanctions ? Avec quelle propagande sinon celle qui sévit déjà dans de nombreux pays pauvres, où l’on explique aux braves gens que les enfants sont un poids, pas une richesse ? Dans quels contours ? Faut-il également contrôler les naissances des Blancs, des Asiatiques et des Noirs, des lecteurs d’Eléments et des habitants des banlieues ethniques ? Se contentera-t-on de supprimer les allocations familiales à partir du troisième enfant comme au Royaume-Uni, ou de mettre les pères de familles à l’amende et de les priver de leur emploi de fonctionnaire comme en Inde ?

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La réponse d’Alain de Benoist mérite une mention spéciale : « Avec des mesures coercitives, la Chine est parvenue à freiner sa natalité, mais les “incitations” à ralentir la croissance démographique sont généralement des vœux pieux, surtout dans les pays où les enfants sont l’équivalent d’une assurance-vieillesse. »
Nous avons bien lu, et attentivement : il faut des « mesures coercitives », comme en Chine, parce qu’elles seules sont efficaces. A savoir un contrôle permanent de la part des pouvoirs publics de la fécondité féminine, des stérilisations forcées, des avortements forcés jusqu’au terme, une armée de fonctionnaires pour vérifier le respect de ce qui fut la politique de l’enfant unique, des sanctions lourdes et des amendes colossales pour les contrevenants. Le contrôle de la population en Chine s’est faite au moyen d’une tyrannie sans nom dont les conséquences sociales sont terribles : génocide des petites filles par avortement ou infanticide, dramatique déséquilibre de la population, pénurie de femmes en âge de se marier, vieillards et surtout veuves dans la misère, diminution de la population active… Il fallait bien un gouvernement communiste pour mettre en place un programme aussi inhumain.  
La situation est à ce point dramatique que le gouvernement chinois prône maintenant une politique des deux enfants (avec la possibilité de contrôles tout aussi draconiens, et des témoignages confirmant la poursuite des avortements forcés), alors que certains experts estiment que sa population active se rétracte déjà depuis 2018. Du fait de la politique de l’enfant unique et du manque consécutif actuel de femmes en âge de procréer, il n’y a pas assez de mères potentielles. Vu le peu de fiabilité des statistiques officielles du PC chinois, certains remettent aussi en cause le taux de natalité actuel de la Chine, évaluée officiellement à 1,6 enfant par femme. Selon Yi Fuxian, professeur à l’université de Wisconsin-Madison, il se situerait plutôt à une moyenne de 1,18 enfant par femme entre 2010 et 2018.
Ce qui est certain, c’est que l’ajustement de la politique de la population en Chine ne donne pas les résultats escomptés, loin s’en faut. Après un petit mieux en 2016, année où la limite par famille fut portée à 2 enfants (espacés d’au moins quatre ans), les naissances se sont de nouveau rétractées en 2017 (17,2 millions de naissances contre 17,9 l’année précédente), alors même que le nombre de familles avec deux enfants progressait. En 2018, on tombait à 15,2 millions de naissances. Et les chiffres pour 2019 viennent de tomber : 14,6 millions de naissances en 2019.
Cet hiver démographique qui s'amorce en Chine annonce des problèmes qui semblent irréversibles : effondrement de la population active pendant que les personnes âgées se multiplient, décroissance économique, rétractation de la consommation nationale, répercussions sur l’économie mondiale…
Voilà donc le modèle prôné par Alain de Benoist ; un modèle que je n’hésiterai pas à qualifier de criminel puisque, au-delà de son échec catastrophique, il repose sur la mise à mort par avortement de 400 millions d’enfants conçus. Souvent des avortements forcés, et pour partie des avortements pratiqués sur des bébés viables. Aujourd’hui encore, la politique chinoise de la « naissance planifiée » interdit toute naissance hors mariage et toute grossesse qui n’aurait pas été précédée d’une autorisation : les contrevenantes sont avortées de force et stérilisées. La répression s’est même accrue, selon Steven Mosher du Population Research Institute ; les fonctionnaires du Parti communiste chargés de la population sont d’autant plus violents que le nombre de naissances illégales a mécaniquement diminué, car leurs revenus (alimentés par les « amendes ») ont commencé à fondre.
Indignation, oui, et colère, devant cette mouvance de la supposée « nouvelle » supposée « droite » qui, tout en multipliant les avances vers une certaine droite catholique, en vient à vanter le pire de la funeste planification communiste, et à souhaiter la disparition de « 3 à 4 milliards » d’hommes dans une pseudo-scientifique dénonciation des convictions pro-vie des catholiques et des hommes de bonne volonté.
C’est la haine de la vie qui se manifeste là, et plus encore la haine du Dieu vivant et des créatures humaines qui sont toutes appelées à partager son bonheur éternel.
Alain de Benoist achève son interview avec cette remarque à peine facétieuse : « L’émigration de masse vers d’autres planètes relève de la science-fiction. Que reste-t-il, alors ? Les épidémies, peut-être ! » Du moins ce païen revendiqué est-il brutal, honnête et en parfaite cohérence avec lui-même – et avec bon nombre de puissants de ce monde. Mais je vois mal quel terrain d’entente on peut trouver avec lui.
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D’autres ont apporté la contradiction aux propos d’Alain de Benoist : Jean Pierre Maugendre, dans La Terre n’est pas surpeuplée mais mal gérée, sur renaissancecatholique.org ; Marion Duvauchel a proposé une intéressante réflexion sur La surpopulation, l’islam et les vieux, à lire sur Le Salon beige. Sans relation avec cette interview, mais permettant un éclairage possible, un récent livre du « traditionaliste » (au sens gnostique) belge Robert Steucker, Sur et autour de Carl Schmitt, avance la thèse selon laquelle l’aide au développement occidental a été un moyen par lequel les « thalassocraties » ont alimenté la surpopulation, surtout dans le Tiers-Monde, au service d’une politique « pyromane » qu’il faudrait contrer par l’« eurasianisme ». On se disait bien qu’il y avait de la géopolitique tapie derrière l’entretien d’Alain de Benoist !




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18 novembre, 2015

La COP peut-elle ignorer la question démographique ? Depuis les malthusiens jusqu'à Radio Notre Dame

Je garde Radio Notre Dame pour la fin. Parlons d'abord des malthusiens de Démographie Responsable.

« La COP21 peut-elle ignorer la question démographique ? » C'est le thème d'une conférence-débat organisée à Paris, ce 19 novembre, par l'association Démographie Responsable qui a pour objectif l'« autolimitation de la natalité » pour « Préserver la Vie sur la planète » pour défendre l'espèce humaine et les « autres espèces vivantes présentes à ses côtés ». Elle œuvre « pour la stabilisation, voire la diminution, de la population humaine ».

Chose amusante, pour adhérer, il faut prendre l'engagement suivant (fautes d'orthographe et de typographie comprises) :
« Notre action portant sur un sujet délicat et controversé, il est demandé aux adhérents de se reconnaître dans la charte suivante : « pour ne pas porter préjudice à la cause que je défend, lorsque je m’exprime dans un espace public en temps qu’adhérent, je m’engage à respecter mes interlocuteurs et à ne pas tenir de propos excessifs.»
On peut donc espérer que jeudi soir, les prises de paroles seront des plus correctes. Mais allez, notez tout de même que Démographie responsable prône la fin des allocations familiales supplémentaires au-delà de deux enfants, tout comme les parts pour le quotient familial au-delà du 2e enfant : 
« Autre effet bénéfique de premier ordre, n’incitant plus à la surnatalité, c'est à dire ne faisant plus partie des "mauvais élèves de la classe", la France  pourrait intervenir dans les organismes internationaux pour promouvoir une politique démographique planétaire responsable. »
Les invités de jeudi ? Yves Cochet, Roger Martin de Population matters, Gérard Charollois (Convention vie et nature), Denis Garnier de Démographie Responsable et… Odon Vallet, professeur à Science-Po, « spécialiste des religions », chroniqueur occasionnel à La Croix.

Le logo de l'association ne laisse guère de doute quant à ses préoccupations et aux solutions proposées.


Le site distribue également des bons points, notamment à Hubert de Beaufort pour une chronique sur Radio Notre-Dame sur les réalités démographiques, le 24 octobre dernier. Plaidant in fine pour que la France maintienne les « valeurs de son passé », il s'en prend surtout à la démographie des pays pauvres et ses rapports avec la crise migratoire :

« Un des aveuglements les plus spectaculaires concerne l’écologie. Elle redoute à juste titre les conséquences du réchauffement climatique, mais n’évoque jamais, nous disons bien jamais sa raison principale : l’explosion démographique ayant fait passer en un siècle la population humaine de un à sept milliards d’habitants. Il est pourtant évident que la pollution s’est propagée au rythme de cette croissance, mais le mot démographie est un mot tabou et la fameuse conférence mondiale sur le climat qui va se tenir à Paris n’en dira pas un mot ! 
« En réalité, la plupart de mouvements écologistes sont des mouvements de gauche, ce qui est bien entendu leur droit, mais qui se parent du qualificatif pour se donner une éthique. Il est désolant que le débat écologique ne porte pas sur cette question vitale pour l’avenir de l’humanité : quelle population notre terre peut-elle nourrir ? 
« Peut-on considérer comme viable de voir une population de l’Afrique doubler tous les vingt ans ? Un milliard et demi d’habitants aujourd’hui, deux milliards en 2050 ? Seule la Chine a compris le défi en imposant la politique de l’enfant unique.  Quant à l’Europe elle stabiliserait sa population si elle n’avait pas à faire face aux migrations massives que nous constatons aujourd’hui. »

Vous avez bien lu, sur Radio Notre Dame on peut glorifier la politique de l'enfant unique de la Chine, avec son cortège de crimes, d'avortements forcés, de stérilisations, et son ingérence intolérable dans la vie des familles… On peut s'y réjouir de ce que l'Europe sache « stabiliser » sa population (hors migrants), mais c'est à coups de contraception quasi universelle, de génocide de l'avortement, de refus de la vie…

Qu'en pensent les responsables de Radio Notre Dame ?

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28 juillet, 2014

Politique de l'enfant unique en Chine : le relâchement ne suffit pas

La Chine, qui doit à la masse de sa population son essor économique actuel, a trop joué avec sa démographie. Menacée d'un hiver démographique aux conséquences sociales désastreuses, elle a décidé de relâcher un peu sa politique de l'enfant unique mais les résultats ne sont pas au rendez-vous : c'est durablement, semble-t-il, que les Chinois se sont résignés à limiter de manière drastique leur descendance, pour de multiples raisons analysées par  The Economist.


Si l'on voulait bien appeler les choses par leur nom, on ajouterait que la Chine est victime des « structures de péché » – selon l'expression de Jean-Paul II – que des années de communisme ont consolidées.

L'assouplissement de la politique de l'enfant unique date de la fin de l'année dernière : désormais, si au moins l'un des deux membres d'un couple est enfant unique, un permis peut être délivré pour une deuxième grossesse. Les autorités de la commission nationale du planning familial envisageaient entre 1 et 2 millions de naissances supplémentaires à court terme, répondant au désir d'enfant frustré chez de nombreux couples. En définitive, fin mai, seuls 270.000 couples avaient fait la demande de ce permis de procréer ; 240.000 permis étaient accordés. Les autorités chinoises espèrent à terme une légère hausse de la natalité : 17 millions de naissances par an au lieu des 16 millions actuels.

Plusieurs freins ont joué, selon The Economist. Le premier est celui de la bureaucratie chinoise elle-même : dans les provinces, on a ralenti et compliqué les processus afin d'éviter un babyboom soudain que ni les hôpitaux, ni les écoles ne pourraient absorber. La paperasserie a été démultipliée, histoire d'éviter un embouteillage prévisible alors qu'en théorie, 11 millions de couples pourraient théoriquement demander à bénéficier de la mesure.

On notera au passage que loin de reconnaître le droit souverain des familles d'accueillir la vie, le gouvernement communiste chinois demeure intégralement dans le cadre de sa mainmise totalitaire, s'immisçant dans les alcôves avec la brutalité de toujours. Il reste impensable en Chine d'avoir un deuxième enfant, dans le cadre d'un contrôle de la population toujours aussi coercitif, sans passer par l'administration. Et qui dit contrôle, dit aussi sanctions, stérilisations, avortements forcés. A cet égard rien ne change.

Mais le permis de procréer n'est pas tout. Alors que la prospérité se répand parmi certaines catégories de la population, les familles chinoises ont peut-être envie d'avoir davantage d'enfants, mais redoutent les frais qui les accompagnent. Dans les villes, on se bat pour avoir une place dans une bonne maternelle : le choix se fait sur dossier, quasiment par concours. Le logement est cher. Et selon Crédit Suisse, il faut quelque 3.000 € par an pour élever un jeune enfant. C'est à peu près le niveau moyen des revenus en Chine.

A cela s'ajoutent les conséquences de 30 ans de politique de l'enfant unique : au lieu de pouvoir compter sur les grands-parents pour garder les enfants, bien des Chinois qui ont eu leur enfant tard sont maintenant obligé de prendre soin de la génération d'au-dessus comme de celle d'en-dessous. Et ils sont seuls, sans frère ou sœur pour alléger cette charge. Et la Chine ne connaît pas de système qui fait fonctionner (au meilleur des cas) la solidarité de tous.

La Chine affiche aujourd'hui 1,5 enfant par femme : en clair, d'une génération à l'autre, un quart de la population disparaît puisque le taux théorique de remplacement des générations est de 2,1. Il faut augmenter le rythme pour soutenir « la stabilité sociale et économique sur le long terme », affirme le journaliste. Cette capacité de remplacer ses générations serait « plus normale » pour un pays du niveau de développement de la Chine, note-t-il.

Et c'est là qu'on s'interroge. L'Europe connaît un taux de fécondité de 1,5 enfant par femme, ainsi que le souligne le journaliste. Comme la Chine. Mais sans s'en émouvoir du tout. Alors ce qui n'est pas normal pour la Chine le serait-il pour l'Europe ? Faut croire…


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03 décembre, 2013

L'autocritique d'un cinéaste chinois

Le cinéaste chinois Zhang Yimou (La Cité interdite, Epouses et concubines…) vient de présenter ses excuses pour avoir violé la politique de l'enfant unique en vigueur dans son pays, car il a eu trois enfants avec sa femme, l'actrice Chen Ting. Il fait l'objet depuis plusieurs mois de rumeurs et de dénonciations à ce sujet.

Les excuses ont été mises en ligne sur le micro-blog du studio de Zhang, où il avoue que le couple a eu deux fils et une fille, et que sa femme et lui sont « prêts à subir une enquête et à être punis conformément aux lois et règlements chinois ». Il avait déjà eu un enfant de sa première femme.

Dans le même message, Zhang Yimou, 62 ans, s'est défendu d'avoir eu sept enfants avec Chen et trois autres femmes, selon la rumeur qui court sur internet. Ces rumeurs avaient déclenché des « vérifications », sinon une enquête, de la part des responsables du planning familial dans la ville orientale de Wuxi.

Selon la presse d'Etat, le cinéaste pourrait se voir infliger une amendes de plusieurs millions de dollars pur chaque enfant né sans permis.

A cette aune, Zhang a de la « chance » : les parents pauvres se voient souvent soumis à des avortements et à des stérilisations forcées, tandis que les riches peuvent s'offrir le luxe d'un petit frère ou d'une petite sœur pour leur progéniture à condition d'aligner les sommes demandées.

Mais c'est dans tous les cas une ingérence insupportable dans les droits des époux et des familles. Voilà pourquoi il faut parler à cet égard de « principes non négociables ».

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17 novembre, 2013

Fin de la politique de l'enfant unique en Chine ? Pas vraiment

Cela fait des années que Reggie Littlejohn, présidente de Women's Rights Without Frontiers, milite contre les atrocités de la politique de l'enfant unique en Chine, dont elle est l'un des meilleurs connaisseurs. Pour elle, la (énième) annonce d'un assouplissement de cette règle, notamment pour les couples dont l'un des membres est lui-même enfant unique, est « très trompeuse » puisqu'à aucun moment il n'est question de mettre fin à la violation des droits humains qui est à sa base.

Reggie Littlejohn rencontre le pape François
lors de la conférence 2013 de Matercare à Rome.
« Le noyau de cette politique, c'est la coercition », a rappelé Mme Littlejohn à Catholic News Agency vendredi dernier. « Le problème est bien que c'est le gouvernement qui dit aux gens combien d'enfants ils peuvent avoir, et qu'il fait respecter cette limite par la coercition, y compris en faisant avorter des femmes de force à neuf mois de grossesse. »

Reggie Littlejohn cite le cas d'une femme morte au début du mois en Chine à la suite d'un avortement forcé : un fait qui n'a pas été rapporté par l'agence de presse chinoise gouvernementale, Xinhua.

L'assouplissement envisagé par le gouvernement chinois pourrait concerner des millions de familles. Il est dicté par l'inquiétude des pouvoirs publics pour qui le contrôle de la population imposé dans les années 1970 a désormais des effets pervers sur la croissance économiques, effets aggravés par le vieillissement de la population : on manque de jeunes pour assurer leur soutien à tel point que la population active a diminué en Chine en 2012.

Du fait de la politique de l'enfant unique, la Chine manque aussi de femmes : par préférence culturelle et de peur de ne pas assurer leurs vieux jours, beaucoup de parents préfèrent les garçons et on compte aujourd'hui 118 naissances de garçons pour 100 naissances de filles.

Si d'aucuns saluent le projet gouvernemental – encore que ce ne soit pas la première fois qu'une telle annonce est faite, pour être ensuite retirée – Reggie Littlejohn note que même mis en œuvre, il ne s'agira au mieux que d'un bricolage d'ajustement, uniquement basé sur des considérations économiques et démographiques. « Nous n'avons pas vu la moindre réduction des avortements ou des stérilisations forcés dans les campagnes ; ils sont toujours nombreux », souligne-t-elle : pourtant dans bien des campagnes la politique du nombre d'enfants est plus souple que dans les villes. 

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27 septembre, 2013

Riches Chinoises : le business des mères porteuses américaines

Le site geneticsandsociety.org publie une dépêche de Reuters sur des « libres-échanges » d'un nouveau style : des femmes Chinoises de la Nomenklatura commercialo-communiste ont de plus en plus recours à des jeunes femmes américaines pour leur faire porter des « bébés sur mesure ». L'opération vise à la fois à contourner la politique chinoise de l'enfant unique, à pallier une stérilité ou à obtenir la citoyenneté des Etats-Unis pour les enfants qu'elles y font naître. Prix moyen : 120.000 dollars – environ 90.000 euros.

Screen shot 2013 09 13 at 12.39.18 PM Only children: Spoilt. Lonely. Anti social. Pu lease.C'est aussi une assurance pour l'avenir : une fois âgés de 21 ans, les enfants nés aux Etats-Unis sont en droit de demander une Carte verte – sésame pour l'immigration – pour leurs parents. Même si les frais annexes peuvent faire grimper l'addition jusqu'à 300.000 dollars, c'est toujours moins cher que les 500.000 qu'il faut investir aux Etats-Unis dans une entreprise créant de l'emploi pour obtenir un visa EB-5.

Les contrats sont négociés par le biais d'agences de « gestation pour autrui » et leur nombre est à la hausse, ont indiqué ces entreprises basées de chaque côté du Pacifique, sans fournir de données chiffrées. Une hausse qui s'accélère même depuis ces deux dernières années. Une indication révélatrice : des agences américaines traduisent désormais leurs sites internet en chinois et engagent des employés qui connaissent le mandarin… Certaines d'entre elles envisagent même d'ouvrir des bureaux en Chine.

Histoire de se donner bonne conscience, les agences américaines ont tendance à demander qu'une véritable relation inter-personnelle s'établisse entre leurs clients et leurs mères porteuses. Mais avec les couples chinois, cela s'avère difficile, et source de « tensions culturelles » comme le note Reuters. Les clients chinois considèrent la relation comme « strictement commerciale ».

La Chine compte désormais 40 millions de personnes infertiles – soit 12,5 % des personnes en âge d'avoir des enfants, une proportion qui été multipliée par quatre au cours de ces vingt dernières années. C'est là l'une des motivations qui pousse ces personnes vers la recherche d'une « GPA » à l'étranger, la procédure étant illégale en Chine. La Thaïlande, l'Inde et l'Ukraine proposent ces « services » mais les Etats-Unis, quoique plus chères, offrent aussi un meilleur système de santé.

Mais ce n'est pas le seul moteur de cette « industrie ». La politique de l'enfant unique fait risquer aux fonctionnaires la perte de leur emploi s'ils ont un second enfant, tous risquent peines, amendes et autres contraintes ; le faire naître à l'étranger permet dans une certaine mesure d'éviter les tracas puisque les enfants auront une nationalité étrangère et qu'ils passeront par une demande de visa et de permis de séjour au lieu d'avoir à s'inscrire sur le registre domestique qui donne accès à l'assurance maladie et aux écoles d'Etat.

Dans l'ensemble les Chinois cherchent à faire porter leur propre bébé, conçu in vitro grâce aux gamètes du père et de la mère, mais ils sont de plus en plus nombreux à envisager un don d'ovule soigneusement sélectionné. La plupart choisissent une donneuse d'origine ethnique asiatique – et, de préférence, un diplôme délivré par une des plus prestigieuses universités américaines. D'autres préfèrent programmer un enfant eurasien, recherchant des donneuses grandes et blondes.

La procédure de fécondation in vitro leur permet en même temps de commander des garçons – le choix le plus fréquent – ce qui suppose évidemment des destructions d'embryons, renforcées par les sélections génétiques là où les parents veulent éviter de transmettre un défaut héréditaire repérable lors du diagnostic préimplantatoire.



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23 juin, 2013

Chine : stérilisations forcées, toujours…

A Huizhou, ville de 3 millions d'habitants dans la province chinoise de Guangdong, il ne fait pas bon être femme et encore moins mère. Une nouvelle directive gouvernementale oblige celles qui sont en âge d'avoir des enfants de porter un dispositif intra-utérin (rappelons que le stérilet a une action principalement abortive) ou bien de se faire stériliser carrément par ligature des trompes si elles ont contrevenu aux aux dispositions de la politique de l'enfant unique.

Des affiches apposées dans la ville – photo sur LifeSite – promettent des récompenses aux femmes qui se présenteraient volontairement pour cette stérilisation temporaire ou permanente dans de brefs délais : dans la municipalité de Lilin on offre l'équivalent de 50 $ aux femmes ayant un seul enfant qui viendraient se faire poser un stérilet ; quant aux couples qui ont légalement deux enfants – celles dont le premier enfant était une fille par exemple – ils pourront y obtenir 2000 yuans (environ 326 $) en apportant la preuve qu'ils ont déjà été stérilisés. Les couples ayant eu, légalement, deux filles, se voient promettre 10.000 yuans (environ 1.630 $) pour se faire stériliser.

En fait les montants promis varient d'une municipalité à l'autre, faisant penser, selon l'article de LifeSite, que dans certaines d'entre elles l'argent réservé à ces « récompenses » puisse être détourné à d'autres fins.

Mais il y a aussi la menace.

Car les mamans de Huizhou qui, au terme du délai de mise en œuvre de ces normes, ne pourraient pas produire le certificat d'exécution délivré par un hôpital, ne pourront inscrire leurs enfants dans les écoles, ni recevoir des versements de sécurité sociale, ni avoir accès aux services administratifs. L'enregistrement d'un nouveau-né ne pourra se faire que contre la preuve de la mise en place d'un stérilet chez la jeune mère.

Il semblerait que le contrôle accru mis en place à Huizhou soit lié au fait que les taux de stérilisation et d'avortement y sont à la baisse…

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11 janvier, 2013

Chine : renforcement de la politique de l'enfant unique


Loin d'assouplir sa politique de l'enfant unique comme on l'annonce ici ou là, la Chine prend plutôt des mesures pour la verrouiller. Le comité permanent de la municipalité de Shenzhen a adopté un réglement, entré en vigueur au début de ce mois, qui vise à traquer les contrevenants qui tentent de contourner la loi  en faisant naître leurs enfants « surnuméraires » en dehors de la Chine continentale.

Le règlement – premier de son type au niveau local – institue une amende pour les couples qui organiseraient l'accouchement d'un enfant n'entrant pas dans le cadre de la politique de l'enfant unique. Le couple sera alors solidairement redevable d'un montant équivalent à six fois le revenu disponible par tête dans la ville de Shenzhen au cours de l'année précédant la naissance.

L'amende est présentée comme un « paiement pour le maintien social ».

Elle équivaudrait aujourd'hui à 26.415 euros.

Une autre amende vient frapper les couples qui ont leur premier enfant sans avoir officiellement enregistré leur mariage dans les 60 jours de sa naissance, équivalente à deux fois le revenu moyen annuel disponible par tête ) Shenzhen.

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26 décembre, 2012

Chine : politique de l'enfant unique et corruption

Quand le gouvernement se mêle de dicter aux couples la taille de leur famille, l'intrusion intolérable se double forcément à un moment ou à un autre des effets pervers liés à l'accaparement par l'Etat de rôles qui ne sont pas les siens. En règle générale, la Chine empêche, par la menace et la contrainte, les citadins d'avoir plus d'un enfant, et les ruraux plus de deux, le deuxième leur étant consenti s'is ont d'abord une fille. On sait que cette politique a conduit à un véritable génocide des filles dans un pays où c'est le fils qui est tenu de prendre soin de ses vieux parents. On sait qu'elle est imposée par la contrainte, par le biais d'avortements et de stérilisations forcées, ainsi que par des amendes et des brutalités policières pour les contrevenants. Mais elle est aussi source de trafics et de corruption.

En rendant l'enfant rare, elle en a fait un objet de convoitise, devenu vite un objet d'échange ou de vol…

Les forces de l'ordre chinoises viennent ainsi de mettre la main sur un réseau de vente de bébés : 355 personnes soupçonnées d'y avoir participé ont été arrêtées, et parmi elles on compte des officiers du planning familial : ceux-là mêmes qui sont chargés de veiller au strict respect de la politique de contrôle de la population du gouvernement communiste chinois.

Le démantèlement du réseau a commencé le 18 décembre dernier et a permis à ce jour de « sauver » 89 enfants, comme le dit la presse chinoise ; terme à manier toutefois avec précaution s'agissant d'un pays où les forces de l'ordre, précisément, sont impliquées légalement dans les opérations de contrôle de la population…

On parle ainsi d'un officier de planning familial accusé d'avoir vendu quatre bébés, que l'on suppose arrachés à des familles qui avaient dépassé leur compte d'enfants. Un autre est soupçonné d'avoir acheté un bébé, un deuxième garçon alors qu'avec sa femme, il a déjà un fils de 10 ans.

Les garçons sont évidemment plus prisés que les filles, mais celles-ci dont également vendues par des familles déçues de ne pas avoir un fils et d'avoir épuisé leur quota. Ou abandonnées…

Quant aux officiers de planning familial, ils sont aussi parfois convaincus d'avoir accepté des dessous-de-table pour fournir aux familles le « hukou » ou permis d'enregistrement familial dont celles-ci ont besoin pour donner une existence légale à leur bébé « acheté ». Ils jouent également de leur pouvoir par rapport aux familles qui ont contrevenu aux règles pour les pousser à donner leur enfant pour l'adoption.

Les abus sont si nombreux qu'ils servent de justification à l'enregistrement des nouveau-nés sur une base de données génétiques afin de pouvoir les identifier grâce à leur ADN.

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21 décembre, 2012

Chine : on s'en tient à l'enfant unique

La Chine entend maintenir ses mesures de planification familiale au titre de sa politique nationale de base en vue de garder un taux de fertilité « relativement faible » sur son territoire continental, indique le quotidien chinois de langue anglaise People Daily. Celui-ci cite la ministre de la Population nationale et de la commission du planning familial, Wang Xi, qui a fait cette déclaration mardi lors d'une réunion de travail de la commission.

« Nous devons nous focaliser sur la stabilité de notre travail et maintenir une continuité dans les politiques de population de ce pays en vue d'obtenir un sain développement de la population ». Parler de développement est paradoxal dès lors que le taux de fertilité chinois tourne autour de 1,7 enfant par femme, sachant qu'il faut 2,1 enfant par femme dans un pays développé pour garantir le simple renouvellement des générations.

Il serait certes question de relâcher un peu la pression sur la politique de l'enfant unique, sans la démanteler, en rendant plus accessible le droit d'avoir deux enfants aux habitants des zones urbaines. « Mais la reproduction demeure guidée par le gouvernement », observe Lu Jiehua, professeur de socio-démographie à l'université de Pékin, membre de la Commission.

La même Commission se charge de gérer les populations migrantes et promeut les services de « santé reproductive » en vue « d'améliorer » les conditions de vie des Chinois : par l'avortement et la stérilisation, par exemple ? Il est en tout cas question de fournir gratuitement des examens de santé reproductive avant la grossesse dans l'ensemble des territoires continentaux « en vue d'éviter les défauts à la naissance ». Manière voilée de dire que certains n'auront le droit de procréer que sous stricte surveillance ou moyennant des dépistages serrés ?

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06 septembre, 2012

La Chine s'accroche à sa politique de l'enfant unique

Nonobstant la demande de plusieurs provinces, le déficit tragique de petites filles éliminées par avortement sélectif ou infanticide et les perspectives sombres d'une population vieillissante, le gouvernement central de la Chine a décidé de ne pas s'engager dans un quelconque assouplissement de la politique de l'enfant unique. Certains gouvernements provinciaux réclamaient la possibilité de permettre la naissance d'un deuxième enfant aux couples si l'un des époux est lui-même enfant unique.

Le directeur de la commission de la population et du planning familial de la province de Guangdong, Luo Wenzhi, a indiqué qu'on n'attendait guère de changement par rapport à cette politique pour le moment, d'autant que les gouvernements locaux n'ont pas le droit d'y toucher de leur propre autorité. Guangdong avait introduit une demande d'assouplissement, rappelle China Daily.

Selon le Center for Strategic and International Studies basé à Washington, la Chine comptera en 2040 27,9 % de personnes âgées de plus 60 ans contre 11,4 % en 2007, tandis que la proportion de personnes âgées de plus de 60 ans par rapport aux personnes actives y passera de 16 pour 100 actuellement à 61 pour 100 en 2050, dans un pays où une majorité de vieillards n'a pas de pension.

Pour autant la Chine continue d'imposer – par tous les moyens, y compris avortements et stérilisations forcés – sa politique de rétrécissement forcené de sa population, et de favoriser ceux qui s'y conforment. Je découvre à l'instant une information publiée début août par China Daily : la province d'Heilongjiang a décidé d'octroyer des aides publiques aux couples de parents qui se sont conformés à la politique de l'enfant unique et dont les deux membres ont plus de 60 ans. Ceux qui ont eu un emploi privé ou qui sont sans emploi y ont bénéficié d'une allocation unique de 3.000 yuan (375 euros).

Au niveau national, la Commission de la population et du planning familial a promis d'améliorer les allocations offertes aux familles rurales ayant adhéré à la politique de l'enfant unique, notamment à l'approche de la retraite : pour les familles urbaines, cela devra attendre puisqu'il est difficile au gouvernement d'allouer des fonds à un groupe aussi important en raison de « l'impératif de la croissance économique », a souligné Lu Jiehua, professeur de sociologie à l'université de Pékin.

Dans la province de Shaanxi, les parents urbains retraités capables de produire leur certificat d'enfant unique reçoivent une allocation mensuelle de 13,25 euros depuis 2011. « Nous ne nous y attendions pas mais sommes heureux de la recevoir comme une marque de respect », commente un fonctionnaire à la retraite.

D'autres allocations sont annoncées, notamment pour les parents dont l'enfant unique est mort ou handicapé de naissance ou par accident.

La population chinoise continue actuellement de croître du fait de son vieillissement.

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