07 avril, 2020

Le cardinal Pell acquitté à l’unanimité par la Haute Cour d’Australie, il est libre ! (Analyse)

Le cardinal George Pell a enfin obtenu justice. Après 14 mois passés en prison à Melbourne, Australie, il a été immédiatement libéré à 12 h 30, heure locale, et conduit dans une maison religieuse, visiblement fatigué, les traits marqués. Les sept juges de la Haute Cour d’Australie – sise à Canberra – ont jugé à l’unanimité que le cardinal George Pell n’aurait pas dû être condamné pour agressions sexuelles sur mineurs sur la foi des témoignages qui ont conduit aux verdicts de culpabilité à son égard.

Le communiqué de la Haute Cour indique que le jury de la cour d’appel de Melbourne aurait dû, en « agissant rationnellement au vu de l’ensemble des preuves », retenir le doute quant aux accusations. La Haute Cour a « ordonné que les condamnations soient annulées et que des verdicts d’acquittement soient prononcés à leur place »

La décision, extraordinaire au vu de la pratique judiciaire australienne, témoigne dans sa radicalité de la mesure de l’injustice dont le cardinal Pell fut victime. On savait depuis le début de cette affaire que les accusations le concernant étaient des plus invraisemblables. Il s’est trouvé pris dans les filets d’une sorte de machination appuyée sur la mécanique d’un appareil judiciaire avide de le condamner.

Il est rare qu’une affaire criminelle passe la barre du réexamen par la Haute Cour. en matière d’agression sexuelle sur mineur, il est même rarissime que celle-ci accepte de se pencher sur une condamnation par les juridictions inférieures. La Haute cour de Melbourne l’a pourtant fait. Elle aurait pu dès lors décider que le droit avait été bien appliqué, en rejetant la demande du cardinal. Elle aurait pu aussi renvoyer l’affaire devant une autre cour d’appel. Mais elle a choisi, et ce en un mois à peine après avoir entendu les arguments de la défense, de l’acquitter purement et simplement. Un tel désaveu de l’ensemble des juridictions inférieures, nous disait-on avant l’annonce de sa décision, serait inouï. Mais voilà : c’est fait.

Et l’Alléluia que lancera le cardinal en cette nuit de Pâques qui approche sera sans aucun doute le plus beau de sa vie, lui qui depuis des mois est privé même de la possibilité de célébrer la messe.
Le jugement de la Haute Cour expose l’ensemble de l’affaire en  rappelant d’emblée qu’elle reposait sur le témoignage de deux enfants de chœur qui affirmaient avoir été sexuellement agressés  à une date indéterminée entre le 1er juillet et le 31 décembre 1996. Il rappelle que l’un des accusateurs est mort avant que l’affaire ne vienne devant la justice mais qu’il avait eu le temps de répondre à sa mère n’avoir jamais en réalité été victime d’attouchements de la part du prélat.

Un premier procès n’avait pas abouti, faute d’accord du jury. L’affaire avais alors été rejugée dans une ambiance médiatiquement survoltée, et quasi totalement à charge contre le cardinal George Pell.
On a même pu voir en ligne les images de son premier interrogatoire qui le montrent stupéfait de se voir accuser d’avoir « violé » un enfant de chœur à la suite d’une messe solennelle, portant toujours les ornements liturgiques, dans une sacristie qui au moment où les faits auraient eu lieu eût nécessairement été pleine de monde. Le crime qu’on lui reprochait était matériellement impossible.

Cette impossibilité a été constamment plaidé par les défenseurs du cardinal, mais selon les juridictions inférieures, cette argumentation n’était pas suffisante pour justifier qu’un doute puisse exister sur la culpabilité. La Haute Cour, à l’inverse, s’est intéressée de près à la configuration des lieux où le crime aurait eu lieu : la cathédrale de Melbourne et l’ensemble de sacristies et d’autres pièces se trouvant à proximité du chœur. Elle a également tenu compte avec une grande précision de la manière dont le cardinal était vêtu pour célébrer la messe.

Les juges de la Haute Cour notent également que le procureur a demandé et obtenu la possibilité d’interroger les multiples témoins habituellement présents lors de telles célébrations avant le procès lui-même, dans la mesure où il craignait, selon la Haute Cour, que ces témoignages ne fussent défavorables à la thèse de la culpabilité. Ces témoins ont notamment affirmé avec force qu’il n’était pas conforme à la pratique constante que George Pell ait pu rentrer seul dans la cathédrale pour aller se dévêtir à la sacristie. Mais il était clair néanmoins que le maître de chœur ou le sacristain étaient toujours avec lui à l'issue des célébrations : ils l'ont affirmé.

Ces témoignages ayant été procéduralement minimisés, l’on aboutit à des  condamnation fondées sur l’idée qu’il existait une « possibilité réaliste » que les agressions avaient eu lieu.

Ils montrent aussi que la cour d’appel, en se laissant convaincre par la force et la crédibilité du témoignage du seul accusateur survivant dans cette affaire, n’ont pas tenu compte des éléments concrets apportés par la défense et qui étaient de nature à justifier le doute quant à ce témoignage. Tous s’est joué sur l’idée qu’il y avait une possibilité que l’accusateur du cardinal Pell eût raison, conduisant à un verdict  de culpabilité pris à deux contre un, le troisième juge s’en désolidarisant de manière spectaculaire.

Le jugement de la Haute Cour souligne encore l’imprécision des dates, l’impossibilité pour le cardinal Pell de pouvoir apporter des preuves plus de vingt ans après les faits, et le refus des juges de tenir compte de témoignages qui soulevaient de « vifs doutes » quant à la possibilité que les accusations contre le cardinal fussent vraies, simplement  parce que ces témoignages relataient des faits habituels et non précis.

C’est le leitmotiv de la décision : sans cesse, les juges qui ont condamné le cardinal Pell ont refusé de prendre en compte le très sérieux doute quant à la véracité des accusations d’un homme seul, doute qu’imposaient les multiples témoignages des autres participants aux cérémonies auxquelles participait celui qui était alors archevêque de Melbourne, mais aussi la configuration des lieux, le déroulement habituel des cérémonies liturgiques, la manière dont le George Pell était vêtu et le fait qu’il n’aurait pas pu commettre les agressions dont un homme l’accusait sans être vu par les nombreuses personnes habituellement présentes dans les lieux où elles étaient supposées avoir été commises.

Toutes choses que l’on savait dès le début de cette affaire…

Le cardinal Pell, 78 ans, qui faisait partie du conseil rapproché du pape François, chargé particulièrement des affaires économiques en tant que Secrétaire à l’Economie – et qui venait de témoigner de nombreuses irrégularités dans les comptes du Vatican – est rentré en Australie dès qu’il a été formellement accusé afin de pouvoir répondre à la justice et assurer sa défense. On ne peut pas dire que le Vatican lui ait alors signifié un soutien manifeste.

Certains pensent qu’il s’opposait notamment à un emprunt de 50 millions d’euros pour financer l’achat par le Vatican d’une clinique à Rome entourée d’un parfum de scandale financier impliquant le pape François lui-même.

Jugé coupable par les juridictions inférieures, il a fait l’objet d’un traitement exceptionnellement dur de la part des autorités australiennes, se voyant priver de la possibilité de célébrer la messe en prison ; il fut même transféré dans un établissement de haute sécurité, à l’isolement, bénéficiant seulement d’une heure par jour de promenade surveillée en dehors de sa cellule.

Le voici libre.

Son premier souci a été de dire qu’il ne gardait pas rancune envers son accusateur.

Voici son communiqué (ma traduction) :

J’ai toujours clamé mon innocence alors que je souffrais d’une grave injustice. 
Il y a été remédié aujourd’hui par la décision unanime de la Haute Cour. 
J’ai hâte de lire en détail le jugement et les motifs de la décision. 
Je n’ai aucune rancune envers mon accusateur, je ne veux pas que mon acquittement ajoute à la douleur et à l’amertume ressenties par un grand nombre ; il y a certainement déjà eu suffisamment de douleur et d’amertume. 
Toutefois, mon procès n’était pas un référendum sur l’Église catholique, ni sur la manière dont les autorités ecclésiastiques australiennes ont traité les crimes de lac pédophilie au sein de l’Église. 
La question était de savoir si j’avais commis ces crimes horribles : je ne les ai pas commis. 
Le seul fondement qui permette une guérison à long terme est la vérité et le seul fondement de la justice est la vérité, car la justice signifie la vérité pour tous. 
Un merci tout particulier pour toutes les prières et les milliers de lettres de soutien reçues. 
Je tiens à remercier en particulier ma famille pour son amour et son soutien et pour ce qu’elle a dû endurer ; ma petite équipe de conseillers ; ceux qui ont parlé en ma faveur et qui ont souffert en conséquence ; et tous mes amis et sympathisants ici et à l’étranger. 
Je remercie également toute mon équipe juridique pour sa détermination inébranlable à faire triompher la justice, à faire la lumière sur une obscurité fabriquée, et à révéler la vérité. 
Enfin, je suis au courant de la crise sanitaire actuelle. Je prie pour toutes les personnes touchées et pour notre personnel médical de première ligne. 
Cardinal George Pell


© Photo : Olivier Figueras.

• Pour soutenir ce blog gratuit et m'aider à maintenir le rythme des publications, il est possible de verser une participation sur paypal.me/SmitsJeanneTous renseignements sur les autres moyens de paiement en écrivant à jeanne.smits.blog@gmail.com. Un immense merci à ceux qui pourraient contribuer !

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits

06 avril, 2020

Cardinal Raymond Burke : Message pour la semaine la plus sainte de l’année (traduction intégrale)

Bien volontiers et à sa demande, je publie ci-dessous ma traduction du message adressé à l’occasion du Dimanche des Rameaux par le cardinal Burke à tous ceux qui le suivent sur son blog.

Il s’agit d’une traduction révisée et autorisée Son Eminence. – J.S.


*


Message pour la semaine la plus sainte de l'année


Chers amis,

Dès les débuts de mon service comme évêque d’un diocèse, il m’a semblé que chaque année, à l’approche des célébrations de Noël et de Pâques,  un événement profondément triste se produisait dans le diocèse, ou une crise difficile à affronter pour le bien du diocèse. Alors même que j’anticipais avec joie les célébrations des grands mystères de notre salut, quelque chose se produisait qui, d’un point de vue humain, faisait planer un nuage sombre sur les célébrations, remettant en question la joie qu’elles inspiraient. Une fois, lorsque j’ai évoqué auprès d’un frère évêque cette pénible expérience, trop régulière, il m’a répondu simplement : « C’est Satan, qui essaie de vous voler votre joie. »
Il est logique que Satan, que Notre Seigneur décrit comme « homicide dès le commencement,… menteur, et le père du mensonge » (Jn 8, 44) veuille cacher à nos yeux les grandes réalités de l’Incarnation et de la Rédemption, cherchant à nous distraire des rites liturgiques par lesquels nous célébrons non seulement ces vérités, mais où nous recevons les grâces incommensurables et incessantes qu’elles ont gagnées pour nous. Satan veut nous convaincre que les privations de toutes sortes et la mort, ainsi que la tristesse et la peur qui accompagnent naturellement ces événements, démontrent que le Christ est faux, démentent Son Incarnation rédemptrice, et montrent que notre foi et la joie qu’elle inspire naturellement est un mensonge.

Mais c’est Satan qui est faux. C’est lui, le menteur. Le Christ, Dieu le Fils, est en effet devenu homme, Il a souffert sa Passion et sa Mort, si terriblement cruelles, afin de racheter notre nature humaine, de nous rendre la vraie vie, la vie divine qui surmonte les pires souffrances et même la mort elle-même, et qu’Il nous conduit sûrement et en toute sécurité vers notre véritable destin : la vie éternelle avec Lui.

Devant tant d’épreuves profondément décourageantes qui ont émaillé son ministère apostolique, jusqu’au point culminant de son martyre à Rome, saint Paul écrivait aux chrétiens de Colosse : « Maintenant je me réjouis dans mes souffrances pour vous, et ce qui manque aux souffrances du Christ, je le complète dans ma chair pour son corps, qui est l’Eglise » (Col 1, 24). Pour lui, comme pour nous, souffrir avec le Christ pour l’Église, pour l’amour de Dieu et du prochain, est la source imprenable et infaillible de notre joie. C’est l’expression la plus élevée de notre communion avec le Christ, Dieu le Fils incarné : partager avec Lui le mystère de l’amour divin de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. La vie du Christ, la grâce du Saint-Esprit déversée du Cœur du Christ pour habiter dans nos cœurs, nous inspire et nous fortifie pour embrasser les privations et la mort avec son amour, qui les conquiert et les transforme en gain pour l’éternité et en vie sans fin. Notre joie n’est donc pas un plaisir ou une émotion superficielle, mais le fruit d’un amour « fort comme la mort », que « les  grandes eaux n’ont pu éteindre… et les fleuves ne submergeront pas » (Cant. 8, 6-7).

Notre joie n’enlève pas l’aiguillon des privations et de la mort, mais, avec confiance et courage, elle les affronte comme faisant partie du combat d’amour que nous sommes appelés à mener tout au long de notre vie – ne sommes-nous pas, après tout, par la grâce de Dieu, de vrais soldats du Christ (2 Tm 2, 3) ? – en ayant la certitude de la victoire de la vie éternelle. Ainsi, à la fin de sa vie, saint Paul a-t-il pu écrire à son fils spirituel, pasteur du troupeau comme lui, saint Timothée :

« Car pour moi, je vais être immolé, et le temps de ma dissolution approche. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Reste la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, le juste juge, me rendra en ce jour-là ; et non seulement à moi, mais aussi à ceux qui aiment son avènement. » (2 Tm 4, 6-8).

Nous aimons Notre Seigneur, nous aimons l’Incarnation rédemptrice par laquelle Il est vivant pour nous dans l’Église, et ainsi nous sommes joyeux de combattre le bon combat avec Lui, de maintenir le cap, quelles que soient les épreuves que nous affrontons, et de garder la foi, lorsque le Père du mensonge nous tente afin que nous doutions du Christ, et même que nous en venions à le renier.
Satan n’a peut-être jamais eu de meilleur outil que le coronavirus pour nous voler notre joie de célébrer les jours les plus saints de l’année, les jours où le Christ a gagné pour nous la vie éternelle. Comme il aimerait arracher la sainteté à la seule semaine de l’année qui soit connue simplement sous le nom de Semaine Sainte ! La crise sanitaire internationale actuelle causée par le coronavirus COVID-19 continue de récolter sa tragique moisson de pertes et de morts, et elle engendre une profonde tristesse et une grande peur dans le cœur de l’homme. Il est certain que Satan se sert de la souffrance qui a frappé tant de foyers, de quartiers, de villes et de nations, pour nous inciter à douter de Notre Seigneur et de la Foi, de l’Espérance et de l’Amour qui sont ses grands dons pour notre vie quotidienne. L’effet de l’intention meurtrière de Satan et de ses mensonges est d’autant plus grand que nous sommes loin du Seigneur, que nous avons pris sa vie en nous pour acquise, que nous l’avons même abandonnée alors que nous recherchions les plaisirs, le confort ou les succès mondains, qui passent.

Au sein de l’Église elle-même, nous avons été témoins d’un manquement à enseigner le Christ d’abord, comme Seigneur. Combien nombreux sont-ils aujourd’hui, ceux qui souffrent profondément d’une peur inutile parce qu’ils ont oublié ou même rejeté la royauté du Cœur de Jésus dans leur cœur et leur foyer. Souvenez-vous des paroles de Notre Seigneur à Jaïre, qui Lui demandait son aide pour sa fille qui se mourait : « Ne crains pas, crois seulement » (Mc 5, 36). Combien sont aujourd’hui sans espoir parce qu’ils pensent que la victoire sur le mal du coronavirus COVID-19 dépend totalement de nous, parce qu’ils ont oublié que, si nous devons faire tout ce que nous pouvons humainement faire pour combattre un grand mal, Dieu seul peut bénir nos efforts et nous donner la victoire sur la perte et la mort. Il est si triste de lire des documents – même des documents de l’Église – qui prétendent aborder les difficultés les plus importantes auxquelles nous sommes confrontés, et de n’y trouver aucune reconnaissance de la Seigneurie du Christ, et de cette vérité : nous dépendons totalement de Dieu pour notre être, pour tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons, et, par conséquent, la prière et le culte de Dieu sont nos premiers et plus importants moyens de combattre tout mal.

Il y a quelques jours, un jeune adulte catholique m’a dit, comme si c’était une affaire de pure logique, qu’il ne célébrerait pas Pâques cette année à cause du coronavirus. Si la joie de notre célébration de Pâques était simplement une question de se sentir bien, alors je comprendrais son sentiment. Mais la joie de Pâques est enracinée dans la vérité éternelle, la victoire du Christ sur ce qui ressemblait clairement à son anéantissement, la victoire remportée dans sa nature humaine au nom de cette même victoire dans notre nature humaine, quelles que soient les épreuves que nous subissons. Si nous croyons au Christ, si nous avons confiance en ses promesses, alors nous devons célébrer avec joie sa grande œuvre de Rédemption. Célébrer les mystères de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Christ, ce n’est pas manquer de respect envers la souffrance de tant de personnes au temps présent : c’est reconnaître que le Christ est avec nous pour surmonter nos souffrances par son amour. Notre célébration est une lumière d’espérance pour ceux dont la vie est sévèrement éprouvée, et elle les invite à placer leur confiance en Notre Seigneur.

Oui, certes, la Semaine Sainte cette année est tellement différente pour nous ! La souffrance associée au coronavirus a même conduit à une situation dans laquelle de nombreux catholiques, pendant la Semaine Sainte, n’ont pas accès aux sacrements de la Pénitence et de la Sainte Eucharistie qui sont nos rencontres extraordinaires, mais aussi ordinaires, avec le Seigneur ressuscité, afin qu’Il puisse nous renouveler et nous fortifier dans Sa vie. Mais elle demeure la semaine la plus sainte de l’année, car elle commémore les événements par lesquels nous vivons dans le Christ, par lesquels la vie éternelle nous appartient, même face à une pandémie, une crise sanitaire mondiale. Je vous invite donc à ne pas céder au mensonge de Satan qui voudrait vous convaincre de ce que, cette année, vous n’auriez rien à célébrer au cours de la Semaine Sainte. Non, vous avez tout à célébrer, car le Christ nous a précédés dans toutes les souffrances et Il nous accompagne maintenant dans nos souffrances, afin que nous restions forts dans son amour, l’amour qui vainc tout mal.

Aujourd’hui, nous célébrons le dimanche des Rameaux, lorsque le Christ est entré à Jérusalem, connaissant pleinement la Passion et la Mort qui l’attendaient. Il savait combien l’accueil qu’Il avait reçu était éphémère : un accueil juste pour le Roi du Ciel et de la Terre, mais superficiel car ceux qui le Lui offraient n’avaient qu’une compréhension mondaine du salut qu’Il venait gagner pour nous. Ils n’étaient pas prêts à ne faire qu’un avec le Christ dans l’établissement de son Royaume éternel à travers les événements de sa Passion et de sa Mort. Après le dimanche des Rameaux, chaque jour de la Semaine Sainte est à juste titre appelé saint parce qu’il forme une partie de la manière ferme et fidèle dont le Christ a embrassé sa mission salvatrice, arrivée à son point culminant.

Prenez le temps aujourd’hui de réfléchir à l’accueil royal que vous avez véritablement réservé au Christ dans votre cœur et dans votre foyer. Relisez le récit de son entrée à Jérusalem et de la façon dont, après son entrée triomphale, il a pleuré sur Jérusalem :

« Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes, et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-Je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu ne l’as pas voulu » (Mt 23, 37).

Si vous ou votre foyer êtes loin de Notre Seigneur, souvenez-vous qu’Il désire être proche de vous, être l’hôte constant de votre cœur et de votre foyer.

Restez avec le Christ tout au long de la Semaine Sainte. D’une manière particulière, faites du Jeudi Saint un jour de profonde action de grâce pour les sacrements de la Sainte Eucharistie et du saint Sacerdoce, que Notre Seigneur a institués lors de la dernière Cène. Faites du Vendredi Saint un jour de silence au cours duquel vous entreprenez des pratiques pénitentielles, afin d’entrer plus profondément dans le mystère de la souffrance et de la mort du Christ. Le Vendredi Saint, soyez rempli de gratitude pour les sacrements de la Pénitence et de l’Onction des malades. Le Samedi Saint, veillez avec Notre Seigneur, en le louant et en le remerciant pour le don de sa grâce dans nos âmes par l’effusion du Saint-Esprit de son Cœur glorieux et transpercé. Réfléchissez particulièrement à la façon dont Sa grâce est en vous, par les Sacrements du Baptême, de la Confirmation et de la Sainte Eucharistie. Pendant tous ces jours, réfléchissez et remerciez Dieu pour le don du sacrement du saint mariage et de ses fruits, la famille – l’« église domestique » ou petite église du foyer –, le premier lieu où nous apprenons à connaître Dieu, à lui offrir la prière et le culte, et à discipliner notre vie selon sa Loi.

Si vous ne pouvez pas participer aux rites liturgiques pendant ces jours les plus saints, ce qui est en effet une grande privation, car rien ne peut remplacer la rencontre avec le Christ par les sacrements pendant ces jours, efforcez-vous dans vos foyers d’assister à la Sainte Liturgie par votre désir d’être en compagnie de Notre Seigneur, en particulier dans le mystère de son œuvre salvatrice. Notre Seigneur n’attend pas de nous l’impossible, mais Il attend de nous que nous fassions de notre mieux pour être avec Lui tout au long de ces jours de sa puissante grâce.

Il existe de nombreuses et merveilleuses aides pour nourrir un tel saint désir. Tout d’abord, il existe un riche trésor de prières dans l’Église, par exemple : la lecture des Saintes Écritures, ou encore les Psaumes pénitentiels, en particulier le Psaume 51 [50], et le récit de la Passion de Notre Seigneur dans les quatre Évangiles, la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, la méditation des mystères de notre foi par la prière du Saint Rosaire, en particulier les Mystères douloureux, les Litanies du Sacré-Cœur de Jésus, de la Sainte Vierge (de Lorette), de Saint Joseph, et des Saints, le chemin de croix – qui peut également être fait à la maison en utilisant les images des quatorze stations représentées dans un livre de prière ou un objet sacré –, le chapelet de la miséricorde divine, les visites aux sanctuaires, grottes et autres lieux consacrés à Notre Seigneur et aux mystères de l’Incarnation rédemptrice, et la dévotion aux saints puissants pour nous aider, en particulier saint Roch, le protecteur contre les pestes.

À notre époque, nous avons aussi la bénédiction d’avoir accès, grâce aux moyens de communication, aux rites sacrés et aux dévotions publiques tels qu’ils sont célébrés dans certaines églises, en particulier dans les églises des monastères et des couvents auxquels participe l’ensemble de la communauté religieuse. Regarder un rite sacré qui est diffusé n’est certainement pas la même chose que d’y participer directement, mais, si c’est tout ce qui nous est possible, cela plaît sûrement à Notre Seigneur qui ne manquera jamais de nous combler de sa grâce en réponse à notre humble acte de dévotion et d’amour.

En tout état de cause, la Semaine Sainte ne peut être pour nous comme n’importe quelle autre semaine, mais doit être marquée par les sentiments les plus profonds de la foi en Jésus-Christ qui, seul, est notre salut. Les sentiments de foi en ces jours les plus saints sont, de même, des sentiments de gratitude et d’amour les plus profonds. Si votre gratitude et votre amour ne peuvent trouver leur expression la plus élevée dans la participation à la Sainte Liturgie, qu’ils trouvent leur expression dans la dévotion de vos cœurs et de vos foyers. En commémorant, avec le Christ, sa Sainte Mère et tous les saints, les événements du Triduum sacré, nous contemplons le mystère de sa vie en chacun de nous. Car tout le temps passé, chaque jour, en prière et en dévotion, à méditer la Passion de Notre Seigneur, nous aidera à être avec Notre Seigneur pendant ces jours les plus saints de la meilleure façon possible en ce moment. Combien la souffrance du temps présent doit nous apprendre le don incomparable de la Sainte Liturgie et des Sacrements !

En conclusion, je vous assure que vous-mêmes et vos intentions sont dans mes prières aujourd’hui et le resteront tout au long de la Semaine Sainte et en particulier pendant le saint Triduum du Jeudi, Vendredi et Samedi Saints. Puissions-nous tous accompagner le Christ avec une foi, une espérance et un amour profonds, alors que nous célébrons ces jours les plus saints où Il a souffert, est mort et est ressuscité des morts pour nous libérer du péché et de tout mal, et pour gagner pour nous la vie éternelle. Que la célébration de la Semaine Sainte, cette année, soit notre arme puissante dans le combat permanent contre le coronavirus COVID-19. En Jésus-Christ, la victoire sera la nôtre. « Ne craignez pas, croyez seulement » (Mc 5, 36).

Raymond Leo Cardinal BURKE
5 avril 2020
Le Dimanche des Rameaux

© leblogdejeannesmits pour la traduction

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

Pour soutenir ce blog gratuit et m'aider à maintenir le rythme des publications, il est possible de verser une participation sur paypal.me/SmitsJeanneTous renseignements sur les autres moyens de paiement en écrivant à jeanne.smits.blog@gmail.com. Un immense merci à ceux qui pourraient contribuer !




© leblogdejeannesmits



05 avril, 2020

Ostension virtuelle du Saint-Suaire de Turin du Samedi Saint au 17 avril afin de prier pour la fin de l’épidémie du coronavirus, annonce Mgr Cesare Nosiglia

Mgr Cesare Nosiglia, archevêque de Turin, a annoncé samedi sur YouTube qu’une ostension exceptionnelle du Linceul de Turin aura lieu du 11 au 17 avril afin d’implorer l’intervention du Christ mort et ressuscité pour « vaincre le mal comme Il l’a fait sur la Croix ». Et pour faire cesser l’épidémie du coronavirus. Il a ainsi répondu favorablement à de nombreuses demandes de fidèles qui ont afflué ces dernières semaines.

Dans son annonce datée du 4 avril, Mgr Cesare Nosiglia a évoqué les « milliers et milliers de messages » qu’il a reçus « de toutes sortes de personnes, des personnes âgées, des adultes et des jeunes, en bonne santé et malades. » « Ils m’ont demandé qu’en ces moments de grande difficulté que nous vivons, ils puissent prier pendant la Semaine Sainte devant le Saint-Suaire, pour implorer le Christ, qui est mort et qui est ressuscité », a-t-il dit.

Il a rappelé que le Linceul nous aide à contempler la Passion et la Mort de Notre-Seigneur, mais qu’il « ouvre aussi nos cœur à la foi en la Résurrection ». Evoquant la maladie et la contagion, Mgr Nosiglia a rappelé que « rien ni personne ne pourra jamais nous séparer de cet amour » que Notre Seigneur a montré en donnant sa vie pour nous.

La semaine d’ostension s’ouvrira le Samedi Saint à 17 h 00 par une « longue prière » devant le Linceul, au cours d’une cérémonie que Mgr Nosiglia, custode pontifical du Saint-Suaire, conduira personnellement.

Le Samedi Saint, a-t-il déclaré, est le « jour du Saint-Suaire ».

Il ne s’agira pas d’une ostension comme on les connaît habituellement, puisque le Linceul dont la tradition nous dit qu’elle enveloppait le Corps du Christ au sépulcre, et dont la science a révélé tant de propriétés extraordinaires, restera dans sa châsse. Il semble que l’ostension ne doive être que virtuelle, à travers les images du Linceul diffusées par la télévision et les réseaux sociaux.

A la suite de la cérémonie de prière, et ce jusqu’au 17 avril, des explications d’« experts » et des voix de « témoins » sur les moments que nous vivons se succéderont sur la plateforme sociale créée pour l’occasion avec le concours de la région du Piémont.

La régie des images sera assurée par l’équipe de la Pastorale des jeunes du diocèse de Turin, celle-là même qui prépare la rencontre européenne des jeunes de Taizé qui doit avoir lieu en décembre 2020.
La grâce du moment est indéniable : vénérer et contempler cette relique insigne entre toutes, le Samedi-Saint, la faire découvrir autour de soi est magnifique. On ne peut que prier pour que la mise en scène et le choix des mots ne déçoive pas…

Le site catholique américain Crux rappelle qu’au cours de l’histoire, le Linceul de Turin a joué un rôle dans la réponse de l’Église aux fléaux.

« La tradition veut que lorsqu’une épidémie de peste a éclaté à Milan en 1576, Saint Charles Borromée, archevêque de Milan de 1564 à 1584, s’engageât à faire un pèlerinage à pied pour aller vénérer le Saint-Suaire pour remercier Dieu d’avoir arrêté l’épidémie. À l’époque, le Suaire se trouvait à Chambéry, en France, mais en raison de la mauvaise santé de Charles Borromée, le Duc de Savoie, Emmanuel Philibert, décida de transférer le Suaire à Turin, où il se trouve encore aujourd'hui. »

*

Aidez-moi à maintenir le rythme des publications sur ce blog


Ce blog est d'accès gratuit et je tiens à ce qu'il en soit ainsi. La très grande majorité des textes et traductions publiés ici – tel l'article que vous venez de lire – le sont de manière bénévole. Un immense merci à ceux d'entre vous qui avez versé ou qui verseront une libre participation via le lien ci-dessous :
paypal.me/SmitsJeanne
Facture adressée par mail sur simple demande ; contactez-moi via jeanne.smits.blog@gmail.com si vous souhaitez contribuer par chèque ou virement.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



04 avril, 2020

Dr Xavier Dor, R.I.P. Un hommage…

Le Dr Xavier Dor a été emporté ce samedi en tout début d’après-midi par le coronavirus. Cet immense défenseur de la vie, grand dévot de la Vierge Marie –offrant la Médaille miraculeuse à tous, amis comme ennemis – est mort à l’hôpital, ayant eu la grâce immense de recevoir mardi dernier, avant son hospitalisation, les derniers sacrements.

Il avait 91 ans.

Il faudra certainement raconter l’histoire de la vie de ce médecin embryologiste que les événements ont conduit à Cuba et en Afrique, dans les avortoirs et dans les tribunaux, et même en prison – puni pour avoir pris la défense des enfants à naître.

Mais pour l’heure, quelques souvenirs émus, qui donnent l’espérance de croire qu’il ne tardera pas à recevoir sa récompense éternelle, lui qui a défendu sans relâche les tout-petits, au nom des droits de Dieu ! Que Dieu l’accueille bien vite dans sa gloire, si ce n’est déjà fait.

Xavier Dor, c’était une foi lumineuse, une bonté qui enveloppait les bons comme les méchants, la pitié pour tous ceux qui étaient atteints par l’horreur de l’assassinat des enfants à naître, une innocence dans le regard, une candeur qui le rendait capable d’insister à temps et à contretemps pour que cesse le massacre des innocents, et ce sourire plein de douceur qui semble avoir plus que tout activé la haine des partisans de l’avortement.

Je me souviens de toutes ces fois où – j’étais encore à Présent – il nous avertissait d’une action ou d’une prière publique qu’il allait mener, me donnait un entretien, me demandait de déchiffrer un communiqué qu’il avait écrit à la main, on ne sait trop comment, car il était quasiment aveugle.
Je me souviens de ces heures passées au tribunal et devant la cour d’appel, où le Dr Dor était traîné devant la justice pour avoir averti les femmes qu’elles souffriraient abominablement d’avoir tué leur enfant. Je me rappelle l’avocat d’en face qui brandissait une petite paire de chaussons que le Dr Dor avait coutume de donner aux futures mamans tentées par l’« IVG », en dénonçant « la violence des chaussons ! »

Nous habitions le même quartier, à quelques rues, près du métro Ségur à Paris. Que de fois est-il passé à la maison pour parler, raconter une manifestation, présenter un initiative, et même faire le récit de son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle à vélo, déjà bien âgé et sans rien y voir ou presque. S’excusant d’avoir utilisé ce moyen de locomotion bien confortable, lui qui aimait marcher ! Mais que l’on voyait circuler à vélo dans le dense trafic parisien en se disant que son ange gardien devait avoir suivi des entraînements de survie.

Mon mari l’a d’ailleurs un jour vu – le Dr Dor –, près de la maison, aider un aveugle à traverser. Cela nous faisait sourire. Mais c’était aussi le symbole, une manifestation de son grand cœur ; de sa volonté de secourir les plus faibles.

Que de fois sommes-nous passés chez lui, accueillis toujours avec la même bonté, la même hospitalité. C’est aussi – cela me revient – le Dr Dor qui m’a prescrit de la chloroquine à prendre préventivement avant de me rendre au Gabon pour un court séjour il y a quelques années…

Xavier Dor était un homme de science mais la foi assistait sa raison, et il avait cette certitude fondamentale : le crime contre les enfants à naître, un crime public et organisé par l’Etat, est un crime contre Dieu qui est le maître de la vie. C’est pourquoi il avait choisi la voie difficile du témoignage public et religieux, organisant sans relâche des prières devant les lieux où l’avortement légal est pratiqué. L’avortement est un drame, un péché et une tragédie personnels, mais il est bien plus que cela, une révolte de la société contre Dieu, qu’il s’agit aussi de réparer.

Prière et pénitence… Prière du chapelet, pénitence acceptée lorsqu’on lui lançait des insultes, alors qu’il témoignait pacifiquement avec un petit groupe de courageux, lorsqu’il était poursuivi et jugé, lorsqu’il passa plusieurs semaines en prison (il en profita pour distribuer des médailles miraculeuses à tout va) pour avoir « entravé l’IVG ». Je crois que le Malin ne supportait pas sa voix ni sa douceur.
Et encore des souvenirs… Ce jour où il me donna rendez-vous, sans autre explication, tel un agent secret, dans un café non loin de chez lui. M’embarquait dans un taxi avec un ami photographe, pour aller demander l’asile à la nonciature à Paris. Il y eut une longue attente dans le salon de la nonciature, des discussions, le refus d’accueillir le Dr Dor qui allait de fait se retrouver derrière les barreaux quelques jours plus tard. Les innocents paient toujours.

Xavier Dor était un homme émerveillé. Admiratif devant la beauté de la vie, la joie de la conversion, la splendeur du tout-petit et la majesté de Dieu.

C’était un homme d’un incroyable courage dans sa faiblesse, dénonçant sans relâche les transgressions qui sont le moteur de la franc-maçonnerie et allant jusqu’à organiser des manifestations près du Grand-Orient, où il entra même un jour de portes ouvertes pour voir et discuter lui-même avec ceux qui préparent des lois de mort.

La Providence a voulu que je puisse lui parler, mardi, au téléphone, peu avant son départ pour l’hôpital… et le ciel. Il n’avait pas changé d’un iota. Il était si heureux d’avoir pu recevoir la visite d’un prêtre, la veille, et de se confesser, de recevoir les derniers sacrements. Il parlait d’une voix  claire, paisible.

« Oh, que je suis heureux ! Oh, que je suis content… »

Ces mots, je les garde désormais précieusement dans ma mémoire, comme un A Dieu. Ils revenaient si volontiers dans sa bouche qu’ils semblaient dessiner un programme de vie. Et un engagement à ne pas abandonner le combat.

Prions pour le repos de son âme. Mais prions aussi pour que le bon Dr Dor plaide auprès du bon Dieu pour qu’Il écourte l’épreuve que nous vivons, celle de l’éclipse de l’Eglise, après celle du droit naturel et du bon sens.


*

Pour le Dr Xavier Dor : un “rosaire en mode confiné” aura lieu ce dimanche 5 avril à 11h45, organisé par ses enfants.

Participerez-vous ?

© Photo : Olivier Figueras.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



Décès du Dr Xavier Dor le samedi 4 avril à Paris.

Le Dr Xavier Dor est décédé aujourd'hui entre 12 et 13 heures, confirme un communiqué de l'association qu'il avait fondée, SOS Tout-petits, d'après les indications de ses enfants.

Une fausse nouvelle circulait depuis hier soir à propos de son décès.

Hélas, le coronavirus l'a emporté, mais il avait pu recevoir les derniers sacrements mardi matin.


Prions pour le repos de l'âme de de ce grand défenseur de la vie.

« Ce que tu as fait au plus petit d'entre les miens… »


*

J'ai rendu hommage au Dr Dor ici.

*

Pour le Dr Xavier Dor : un “rosaire en mode confiné” aura lieu ce dimanche 5 avril à 11h45, organisé par ses enfants.

Participerez-vous ?



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



“Vicaire du Christ”, un simple “titre historique” pour le pape François ? Mgr Carlo Maria Viganò réagit. Fort…

Voici en exclusivité une nouvelle lettre de Mgr Carlo Maria Viganò à propos de l'étrange présentation du pape François dans la dernière édition de l'Annuaire pontifical, publiée le 25 mars. C'est un texte dur, que je vous laisse découvrir tel qu'il est, comme un document qui marque et commente un fait en soi extraordinaire, qui a déjà provoqué de multiples réactions d'incompréhension au moins, quand ce n'est pas d'indignation.

La présentation du pape François dans cette édition de l'Annuaire pontifical rompt avec la tradition d'une manière hautement symbolique, reléguant ses titres de Vicaire du Christ (et les autres) en deuxième partie de page sous les mots en petits caractères italiques : « Titres historiques ». La fonction pontificale y semble ramenée à la personne de « Jorge Maria Bergoglio », présenté principalement comme « Pasteur universel de l'Eglise », tandis que cette page ne comporte même pas la mention de son nom de pape, François. La page précédente porte ces seuls mots : « Francesco, vescovo di Roma » (évêque de Rome).

Le blog d'Yves Daoudal donne les détails et les images : c'est par là.

Voici la lettre de Mgr Carlo Maria Viganò, in extenso, telle qu'elle m'est parvenue en langue française. Elle est choquante, terrible. Excessive ? Nous vivons un temps de désert et d'abandon, d'églises fermées, d'absence de messes et de refus des sacrements aux fidèles. Cette lettre est en tout cas un document, une pièce dont l'histoire tiendra compte. – J.S.

*


 « TU L’AS DIT »

« En vérité je vous le dis, l’un de vous me trahira. »
Fort attristés, chacun d’eux se mit à lui dire :
« Serait-ce moi, Seigneur ? » Jésus répondit :
« Celui qui a mis la main dans le plat avec moi, celui-là me trahira.
Le Fils de l’homme s’en va, selon qu’il est écrit de lui ;
mais malheur à cet homme par qui le Fils de l’homme est livré !
Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître. »
À son tour, Judas, celui qui allait le livrer, lui demanda :
« Maître, serait-ce moi ? »
Jésus lui répondit : « Tu l’as dit ».
« 
Mt 26, 20-25



Le 25 mars dernier a été publié l’Annuaire pontifical 2020, avec une véritable nouveauté. On dirait un petit détail typographique, dans la partie dédiée au Pontife régnant, mais ce n’est pas le cas. Jusqu’à l’année dernière, en effet, les titres de François étaient répertoriés en haut de la page, en commençant par « Vicaire du Christ », « Successeur du Prince des Apôtres » etc., se terminant par le nom séculier et une très courte biographie.

Dans la nouvelle édition, en revanche, le nom séculier JORGE MARIO BERGOGLIO se démarque, suivi de la biographie, de la date de son élection et du début du « ministère de Pasteur universel de l’Église ». Tous les titres du Pontife Romain sont alors séparés par un trait sous la mention « Titres historiques », comme s’ils ne faisaient plus partie intégrante du Munus Petrinum qui légitime l’autorité reconnue au Pape par l’Église.

Ce changement dans la présentation et le contenu d’un texte officiel de l’Église catholique ne peut être ignoré, ni imputé à un geste d’humilité de François, qui d’ailleurs n’est pas compatible avec son nom bien mis en lettres capitales. Il semble plutôt qu’on puisse y voir l’admission – passée sous silence – d’une sorte d’usurpation, où celui qui règne n’est pas le « Servus servorum Dei », mais la personne de Jorge Mario Bergoglio, qui a officiellement nié être le Vicaire du Christ, le Successeur du Prince des Apôtres et le Souverain Pontife, comme si ces titres n’étaient que des clinquants dérangeants du passé : des « titres historiques », justement.

Un geste presque provocateur – dirait-on – dans lequel François transcende tous les titres ; pire encore : une mutation officielle de la Papauté elle-même, avec laquelle François ne se reconnaît plus comme gardien, mais devient maître de l’Église, libre de la démolir de l’intérieur sans avoir à répondre à personne. Bref, un tyran.

La portée de cet acte très grave ne peut échapper aux Pasteurs ni aux fidèles, un acte par lequel le doux Christ sur terre – comme sainte Catherine de Sienne appelait le Pape – s’affranchit de son rôle de Vicaire pour se proclamer, dans un délire d’orgueil, monarque absolu, y compris face au Christ.

Nous approchons des jours sacrés de la Passion du Sauveur, qui commence dans le Cénacle avec la trahison de l’un des Douze ; il est légitime de se demander si les paroles condescendantes avec lesquelles Bergoglio, le 16 juin 2016, a essayé de réhabiliter Judas n’étaient pas une tentative maladroite de se disculper lui-même.

Cette pensée effrayante est ultérieurement confirmée par la terrible décision d’interdire à la Catholicité les célébrations de la Très Sainte Pâque, pour la première fois après deux mille ans depuis la Résurrection de Notre Seigneur Jésus Christ.

« Le Fils de l’homme s’en va, selon qu’il est écrit de lui ;
mais malheur à cet homme par qui le Fils de l’homme est livré ! » (Mt 26, 24)

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

Vendredi de la 1ère Semaine de Passion 2020



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



03 avril, 2020

Antonio Guterres et l’ONU réclament des solutions « globales » contre le coronavirus en vue du « rebirthing » de la société

On entend et on lit ces jours-ci de bons chrétiens qui espèrent voir surgir, à la faveur de la sortie de la crise du coronavirus, une organisation plus juste d’une société qui, excédée par le mondialisme dont on constaterait les limites, reviendrait à un modèle plus humain, voire plus respectueux de la loi naturelle. Dieu les entende… Cela signifierait l’échec inespéré d’une poussée on ne peut plus visible vers davantage de globalisme. Et même vers ce « nouveau paradigme » mondial fait d’» empathie » et de « solidarité » par lequel le monde s’unifierait dans la lutte contre l’ennemi commun. Ces objectifs sont parfaitement manifestes dans le dernier rapport de l’ONU, présenté au monde le 31 mars par Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies. Il y appelle le monde à consacrer 10 % de son PIB à la crise et à ses conséquences, à travers « une réponse massive, coordonnée, englobante et multilatérale ».

Sous la conduite de l’ONU, bien sûr ! Celle-ci mettrait ainsi en dernière analyse la main sur 10 % des dépenses globales – davantage pour les pays développés, moins pour les pays pauvres, bien entendu, car l’objectif reste de faire couler l’argent et les richesses des premiers vers les seconds, non par charité mais par obligation.

Et c’est une réponse qui fera mal, nous sommes avertis par le rapport…

J'analyse ce rapport pour reinformation.tv, vous pourrez lirez la suite de mon article ici. Avec notamment quelques considérations sur ce que le rapport de l'ONU appelle de ses vœux : le « rebirthing » de la société. New Age, le retour !



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



Des médecins gallois contraints de s'excuser après avoir invité leurs patients les plus fragiles à refuser toute tentative de réanimation à cause du coronavirus

Un cabinet de généralistes du Pays de Galles a écrit le 27 mars une lettre à un « petit nombre » de patients souffrant de maladies graves pour leur demander de signer un formulaire « DNACPR » (refus de tentative de réanimation cardio-pulmonaire) et de s’engager à ne pas appeler les services d’urgence en cas de détérioration de leur état, pour éviter de propager le coronavirus.

Une image de la lettre ayant circulé sur les réseaux sociaux le 1er avril, de nombreux internautes britanniques se sont demandés s’il s’agissait d’un poisson d’avril de fort mauvais goût. Le Guardian de Londres avait pourtant dès la veille confirmé l’information, précisant que le cabinet médical de Llynfi à Maesteg, près de Port Talbot, avait dû s’excuser, tandis que le bureau local du système de santé britannique, NHS, faisait savoir par un porte-parole qu’il n’était pour rien dans cet envoi, précisant que les médecins concernés lui demandaient de faire savoir qu’ils n’avaient pas eu pour intention de « troubler certains de leurs patients » qui avaient reçu la lettre. Les médecins ajoutaient qu’ils prenaient contact avec ces patients pour présenter leurs excuses et répondre à « toute inquiétude » qu’ils pouvaient avoir.

Il y a avait de quoi.

En suggérant à leurs patients de renoncer à se faire soigner en cas de symptômes liés au coronavirus ou d’une aggravation de leur maladie chronique, ils leur demandaient en réalité de contresigner leur arrêt de mort.

« Cette lettre est très difficile à écrire », assuraient ses premières lignes. La lettre précisait que les personnes souffrant d’un cancer incurable, de la maladie de Charcot ou de fibrose pulmonaire sont exposés à des risques très important si elles contractent le COVID-19, et qu’ils n’auraient certainement pas accès à un ventilateur si par extraordinaire ils étaient accueillis par un hôpital.

Le mieux pour ces personnes, ajoutait la lettre, serait de rester chez elles et d’être entourées par leurs familles… avec le « soutien » du cabinet médical.

« C’est pourquoi nous aimerions remplir pour vous un formulaire DNACPR que nous puissions partager… ce qui signifiera qu’en cas de détérioration subite de votre état en raison d’une infection COVID-19 ou de l’aggravation de votre maladie les services d’urgence ne seront pas appelés et que des manœuvres de réanimation de votre cœur ou de votre respiration ne seront pas entreprises. »
Et d’énumérer les « bénéfices » d’une décision de refuser les tentatives de réanimation : « Votre médecin traitant et, plus important encore, vos amis et votre familles sauront qu’il ne faudra pas appeler le 999 ; les maigres ressources ambulancières pourront cibler les jeunes en bonne santé qui ont de meilleures chances de (vaincre) l’infection ; le risque de transmettre le virus aux amis, à la familles et aux intervenants d’urgence au cours de la réanimation cardio-pulmonaire est très important, votre DNACPR permettra de protéger votre famille et les intervenants d’urgence par rapport à ce risque supplémentaire. »

La lettre ajoutait que les médecins, étant potentiellement porteurs asymptomatiques du coronavirus, préféraient ne pas entrer en contact direct avec les dits malades, et se contenteraient de les appeler au début de la semaine uivante pour discuter des détails. « Nous ne vous abandonnerons pas mais nous devons être francs et réalistes », concluaient-ils.

On reste pantois.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner




© leblogdejeannesmits



01 avril, 2020

Le crucifix médiéval vénéré lors de la bénédiction Urbi et Orbi du 27 mars fortement abîmé par la pluie…



Difficile de ne pas y voir un symbole. L’impressionnant crucifix en bois datant du XIVe siècle qui a été transporté sur la place Saint-Pierre, vendredi dernier, en vue de la bénédiction Urbi et Orbi, - a subi de graves dommages pour avoir passé deux heures sous la pluie battante. En plusieurs endroits le bois de la sculpture du Crucifié, particulièrement fragile du fait de son grand âge, s’est tuméfié, puis a « explosé » sous l’effet de l’eau. Les stucs recouvrant l’image ont par endroits subi une forte érosion, la chevelure a été abîmée et les délicates peintures représentant le sang coulant du côté du Christ ont été effacées.

`
Le Christ miraculeux que l’on voit habituellement en l’église de San Marcello al Corso a dû être transporté d’urgence dans les laboratoires de restauration du Vatican, où les dommages doivent être évalués et des travaux de remises en état effectués. Selon le journal Il Messaggero, il faudrait un « miracle » pour le sauver.

Ce serait le deuxième. L’œuvre d’art, réalisée à Sienne au XIVe siècle, si touchante, si intérieure, doit sa célébrité à sa miraculeuse survie à l’incendie qui ravagea l’église de San Marcello le 22 mai 1519. Alors que l’édifice, en proie aux flammes, fut entièrement détruit, le crucifix resta debout, intact, à sa place au dessus de l’autel principal dans l’abside.

“Clic” sur ce lien pour visionner la video
La petite lampe votive qui brûlait devant l’image du Crucifié fut elle aussi épargnée, comme le raconte Marie Perrin, de Via Sacra dans cette video, deuxième d’une série spécialement en voie de réalisation pour permettre de « visiter » Rome pendant le confinement. (Pour s’abonner, c’est par là, et c'est entièrement gratuit, même s'il est toujours possible d'offrir une participation financière !)

Les Romains furent bouleversés par le fait que l’image du Christ – le Crocifisso miracoloso – fût préservé, et elle fut depuis lors l’objet d’une grande vénération, tandis qu’une « Compagnie du Saint Crucifix » vit le jour.

Trois ans après l'incendie de San Marcello, en 1522, une peste terrible s’abattit sur Rome. Bravant l’interdit des autorités, raconte Church Militant, le peuple romain porta le crucifix miraculeux de quartier en quartier pendant seize jours, du 4 au 20 août : la peste recula partout où il passa, et prit fin.

Depuis lors, il est porté en procession dans les rues de Rome chaque Jeudi Saint.

Mais pas cette année…

Abîmé par l’incurie des hommes, le crucifix miraculeux qui fut un tel recours en temps d’épidémie est maintenant lui-même « malade ».

Comment ne pas faire le lien avec l’incendie de Notre-Dame, qui au début de la Semaine Sainte, l’an dernier, fut si gravement endommagée ? Mais ses trésors médiévaux – sa structure même et ses vitraux irremplaçables – furent préservés, tandis que le Saint Sacrement et la Sainte-Couronne et les autres reliques de la Passion de Notre-Seigneur, furent mis à l’abri.

A Rome, le 27 mars,  sous prétexte de mise en scène de la bénédiction Urbi et Orbi, on ne prit pas la précaution de protéger le crucifix miraculeux de deux heures de pluie incessante, qu’on voyait ruisseler sur la précieuse œuvre d’art. Ni même de le mettre tout simplement en un lieu toujours visible mais à l'abri de la pluie.




Tel ne fut pas le traitement réservé à l’icône Salus Populi Romani, attribuée à saint Luc, que l’on présenta bien protégée par une boîte étanche en plexiglass de haute technologie, permettant de préserver de bonnes conditions de température et d’hygrométrie.

L’hygrométrie : oui, les conservateurs insistent toujours sur les dangers d’une excessive humidité sur les ouvrages anciens et notre siècle est censé savoir, mieux que les précédents, protéger les artefacts les plus précieux des outrages du temps.

Le crucifix miraculeux de San Marcello al Corso n’est jamais qu’un objet fabriqué de main d’homme, direz-vous. Mais les outrages – fussent-ils involontaires – qu’il a subis sont comme l’écho et le symbole des outrages à Notre Seigneur, à Notre Seigneur crucifié et souffrant.

Exposé aux éléments, abîmé, ruiné peut-être, le crucifix miraculeux semble nous appeler à changer de comportement, à bien mettre en place les priorités de la vie.

Les hommes de l’art vont tenter de le réparer.

Combien plus nous faut-il réparer les outrages faits au Christ Lui-même !

Quand donc résonneront les messages des évêques de France pour non seulement réclamer la guérison et la santé à Dieu, mais aussi pour appeler à la prière, la pénitence et la réparation, alors que Jésus est déjà trop offensé ?

« Il faut que les hommes se corrigent, qu’ils demandent pardon de leurs péchés; qu’ils n’offensent plus Dieu Notre-Seigneur, qui est déjà trop offensé », disait Notre Dame aux enfants de Fatima…

*

« Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présents dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs. »


(Prière enseignée par l'ange aux enfants de Fatima en 1916,

un an avant les apparitions de Notre Dame.)

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



31 mars, 2020

Vatican News se réjouit du coronavirus au nom de la planète…



Un tweet ahurissant publié tard, lundi soir, sur le compte Twitter anglophone du service d'informations du Vatican, Vatican News, a provoqué des réactions indignées de nombreux abonnés. Sous le titre « Coronavirus, l'allié inattendu de la Terre », on peut lire : « Les changements du comportement humain en raison de la pandémie du COVID-19 apportent des bénéfices inattendus à la planète. »


C'est ça ! La maladie, les morts, l'épuisement des soignants, l'arrêt brutal de l'économie, le chômage, la misère qui s'installe déjà dans les régions pauvres où des familles entières, privées de leur gagne-pain, n'ont plus de quoi acheter à manger, le collectivisme qui se profile parce que la dépendance vis-à-vis de l'Etat va prendre des proportions inouïes, la violation d'un nombre incroyable de libertés fondamentales, la poussée vers un gouvernement global, l'arrêt des messes publiques et le refus des sacrements dans de nombreux pays… tout cela rend des services « inattendus » !

Mais c'est bon pour la planète, alors de quoi se plaint-on ?

Devant le déferlement de la colère des internautes, peut-être, le site anglophone de Vatican News renvoie désormais un message « 404 Page not found » – page introuvable –, ce qui suggère que l'article a été retiré. Trop de cynisme… Trop de dévoilement de ce que signifie réellement le culte de la « Terre Mère » !

Une recherche par le cache d'internet permet cependant de le retrouver :


Signé par le Jésuite Benedict Mayaki, l'article se réjouit de ce que l'arrêt massif d'activités humaines conduise à ce que « la terre » soit « en train de se guérir ».

Et de dresser un portrait idyllique des eaux limpides de Venise et du retour de la faune, de la baisse des émissions carbone de la Chine, de la baisse de la pollution à Hong Kong, de la baisse des voyages internationaux… Il faut que le « redémarrage » permette de prendre un nouveau départ, plus « durable ».

Ce « nouveau départ » qui s'annonce déjà si difficile pour les êtres humains, pour les familles, pour les innombrables entreprises cassées par le confinement, et j'en passe.

Du moins le P. Mayaki a-t-il le mérite de dévoiler exactement ce que pensent les sectateurs de Gaïa, la Terre Mère ! Pas étonnant qu'on ait censuré son article…


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



Mgr Carlo Maria Viganò analyse la réponse de la hiérarchie de l’Eglise à la crise du coronavirus. Traduction intégrale

Mgr Carlo Maria Viganò a accordé le 29 mars à Michael Matt de The Remnant un important entretien sur la situation de l’Eglise en ce temps de pandémie du coronavirus, qu’il analyse comme un « châtiment » de toutes nos fautes individuelles et collectives : « Les catholiques savent que la maladie – et par conséquent les épidémies, la souffrance et la perte d'un être cher – doit être acceptée dans un esprit de foi et d'humilité, et même en expiation de nos propres péchés. »

Je vous propose ci-dessous ma traduction de l'entretien accordé par Mgr Vigano à Michael Matt, aimablement revue et corrigée par Son Excellence. Elle fait donc foi en tant que traduction autorisée. – J.S.



*





Michael J. Matt (MJM) : Excellence, avec quel regard le Chrétien doit-il évaluer la pandémie de covid-19 ?

+ Carlo Maria Viganò : La pandémie du coronavirus, comme toutes les maladies et la mort elle-même, sont une conséquence du péché originel. Le péché d'Adam, notre premier parent, nous a privés, lui et nous, non seulement de la grâce divine, mais aussi de tous les autres  bienfaits que Dieu a donnés à la création. C'est alors que la maladie et la mort sont entrées dans le monde comme châtiment pour avoir désobéi à Dieu. La Rédemption qui nous a été promise dans le Protévangile (Genèse 3), prophétisée dans l'Ancien Testament et accomplie avec l'Incarnation, la Passion, la Mort et la Résurrection de Notre Seigneur, a racheté Adam et ses descendants de la damnation éternelle ; mais les conséquences  du péché originel sont restées gravées comme une marque de l’ancienne chute et ne seront restaurées qu'à la Résurrection de la chair, qui surviendra au Jour du Jugement - comme nous le proclamons dans le Credo. Il faut s'en souvenir, surtout à une époque où les principes fondamentaux du Catéchisme sont méconnus, voire niés.

Les catholiques savent que la maladie, et par conséquent les épidémies, la souffrance et la perte d'un être cher, doivent être acceptées dans un esprit de foi et d'humilité, et même en expiation de nos propres péchés. Grâce à la Communion des Saints - par laquelle les mérites de tous les baptisés sont transmis aux autres membres de l'Église – nous pouvons également offrir  ces épreuves pour le pardon les péchés d’autrui, pour la conversion de ceux qui ne croient pas encore et pour hâter la purification des Âmes Saintes au Purgatoire. Une épreuve aussi redoutable que le covid-19 peut être une occasion précieuse  pour grandir dans la foi et dans une charité ardente.

Comme nous l'avons vu, si nous ne considérons que l'aspect clinique de la maladie – contre lequel nous devons certainement  faire tout ce qui est en notre pouvoir –, cela supprime  toute dimension transcendante à notre vie, la privant de ce regard surnaturel, sans lequel inévitablement nous nous enfermons dans un égoïsme aveugle et sans espoir.

MJM : Plusieurs évêques et prêtres ont affirmé que Dieu « ne punit pas » et que considérer le coronavirus comme un fléau est une « idée païenne ». Êtes-vous d'accord avec cela ?

La toute première punition, comme je le disais, a été infligée à notre premier parent. Cependant, selon les paroles de l'Exsultet chanté lors de la Vigile pascale : O felix culpa, qui talem ac tantum meruit habere Redemptorem ! Ô heureuse faute, qui nous valut un tel Rédempteur !

Un père qui ne punit pas ses enfants ne les aime pas vraiment, mais les néglige ; un médecin qui observe avec insouciance l'aggravation de son patient jusqu'à ce que la gangrène s'installe, ne cherche pas son rétablissement. Dieu est un Père très aimant qui nous enseigne ce que nous devons faire pour entrer dans le bonheur éternel du Ciel. Lorsque, par le péché, nous désobéissons à ses commandements, il ne nous laisse pas mourir, mais il vient nous chercher et nous envoie de nombreux avertissements, parfois même très sévères, afin  que nous nous convertissions, que nous nous repentions, que nous fassions pénitence et retrouvions ainsi notre amitié avec Lui. « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. » Je pense que ses paroles de Notre Seigneur ne laissent aucune place à l'ambiguïté.

Je voudrais également ajouter que la vérité sur un Dieu juste qui récompense les bons et punit les méchants fait partie de notre héritage commun, issu de la loi naturelle que Notre Seigneur a inscrite en tout homme, de toutes les époques. C'est un appel, une nostalgie ineffaçable  du paradis terrestre, qui permet  aux païens eux-mêmes de comprendre que la Foi catholique est l’aboutissement nécessaire de tout ce qu'un cœur sincère et bien disposé leur suggère. Je suis surpris qu'aujourd'hui, au lieu de souligner cette vérité inscrite si profondément dans le cœur de chacun, ceux qui nourrissent une si grande sympathie pour les païens n'acceptent pas ce que l'Église a toujours considéré comme la meilleure façon de les gagner au Christ.

MJM : Votre Excellence pense-t-elle qu'il y a certains péchés qui ont provoqué la colère de Dieu plutôt que d'autres ?

Les crimes qui souillent chacun de nous aux yeux de Dieu sont de nouveaux coups de marteau sur les clous qui ont percés les Mains vénérables de Notre Seigneur, un coup de fouet arrachant la chair de son Corps sacré, un crachat sur son Visage bien-aimé. Si seulement nous pouvions considérer cela au plus intime de notre esprit, nous ne pécherions plus jamais. Et les pécheurs pleureraient avec une profonde tristesse pour le restant de leurs jours. Et pourtant, c'est bien cela qui s'est réellement passé : au cours de Sa Passion, notre divin Sauveur a pris sur Lui non seulement le péché originel, mais aussi tous nos péchés, de tous les temps et de tous les hommes. La chose la plus admirable est que Notre Seigneur a voulu endurer la mort sur la Croix, alors qu'une seule goutte de son Sang très précieux aurait suffi à nous racheter tous. « Cujus una stilla salvum facere totum mundum quit ab omni scelere », comme nous l'enseigne saint Thomas.

Outre les péchés commis individuellement, il y a aussi les péchés des sociétés et des nations. L'avortement, qui continue de tuer des enfants innocents même pendant la pandémie ; le divorce, l'euthanasie, l'horreur des soi-disant « mariages » homosexuels, la célébration de la sodomie et d'autres perversions terribles, la pornographie, la corruption des enfants, la spéculation de l'élite financière, la profanation du dimanche...

MJM : Pouvons-nous demander pourquoi Votre Excellence fait une distinction entre les péchés des individus et les péchés des nations ?

Saint Thomas d'Aquin enseigne qu'il est du devoir de l'individu de reconnaître, d'adorer et d'obéir au seul vrai Dieu. De même, la société – composée d’individus – ne peut pas ne pas reconnaître Dieu et veiller à ce que ses lois permettent à ses membres d'atteindre le bien surnaturel auquel ils sont ordonnés. Il y a des nations qui non seulement ignorent Dieu, mais le nient ouvertement ; qui imposent à leurs citoyens des lois contraires à la morale naturelle et à la foi catholique, telles que la reconnaissance du droit à l'avortement, à l'euthanasie et à la sodomie; qui travaillent à la corruption des enfants et violent leur innocence ; qui accordent le droit de blasphémer la Divine Majesté : ces nations ne peuvent échapper au châtiment de Dieu. Les péchés publics réclament une confession publique et une expiation publique, pour obtenir un pardon public. N'oublions pas que la communauté ecclésiale, qui est aussi une société, n'est pas exempte de la punition céleste lorsque ses responsables se rendent coupables d'offenses collectives.

MJM : Voulez-vous dire par là qu’il y a aussi des fautes de l’Eglise ? 

L'Église est en elle-même et toujours indéfectiblement sainte, parce qu'elle est le Corps mystique de Notre Seigneur, et il serait non seulement téméraire mais blasphématoire de penser que l’institution divine que la Providence a placée sur cette terre comme dispensatrice de la Grâce et seule Arche du Salut puisse être le moins du monde imparfaite. Les louanges que nous attribuons à la Très Sainte Vierge – qui est justement Mater Ecclesiae – peuvent être chantées à la gloire de l'Église : elle est Médiatrice de toutes les grâces par les Sacrements; elle est la Mère du Christ dont elle engendre les membres ; elle est l'Arche de l'Alliance, qui abrite le Pain du Ciel et la table des Commandements; l’Église est le refuge des pécheurs, à qui elle accorde le pardon dans le Sacrement de Pénitence ; elle est la santé des malades, à qui elle a toujours prodigué ses soins; elle est reine de la paix, qu’elle diffuse en prêchant l'Évangile. Mais elle est aussi « terrible comme armée rangée en bataille », car Notre-Seigneur a conféré à ses ministres sacrés le pouvoir de chasser les démons et l’autorité des Saintes Clefs, grâce auxquelles elle ouvre et elle ferme les portes du Ciel. N'oublions pas que l'Église n'est pas seulement l'Église militante ici sur terre, mais aussi l'Église triomphante et l'Église pénitente, dont les membres sont tous des saints.

Je dois également affirmer que bien que l'Église du Christ soit sainte, elle peut être cependant ici bas pécheresse en ses membres, y compris les membres de sa Hiérarchie. En ces temps troublés, nous avons malheureusement de nombreux exemples de clercs indignes, comme l'ont montré les scandales d'abus commis par eux, même par des évêques et des cardinaux. 

L'infidélité des Pasteurs sacrés est un scandale pour leurs confrères et pour de nombreux fidèles, non seulement en termes de perversions sexuelles et de soif de pouvoir, mais aussi – je dirais même surtout – lorsqu'ils touchent à l'intégrité de la Foi, à la pureté de la doctrine de l'Église et à la sainteté des mœurs. Des actes d'une gravité inouïe ont été posés, comme nous l'avons vu avec l'adoration de l'idole de la pachamama au cœur du Vatican. En effet, je crois que Notre-Seigneur est particulièrement outré par la multitude de péchés et de scandales commis par ceux qui devraient être un exemple et un modèle, en tant que pasteurs, pour le troupeau qui leur est confié.

De plus, n’oublions pas que le mauvais exemple offert par une grande partie de la hiérarchie n'est pas seulement un scandale pour les catholiques, mais aussi pour de nombreuses personnes qui, bien qu’elles n’appartiennent pas à l’Église, la considère comme un phare et un point de référence. Et ce n'est pas tout : ce fléau ne peut dispenser l'Église, dans sa hiérarchie, de faire un sévère examen de conscience, pour s'être rendue au monde. L’Église ne peut échapper au devoir de condamner fermement toutes les erreurs qu'elle a laissé se répandre en son sein après le Concile Vatican II et qui ont attiré de justes châtiments sur elle-même et sur le monde : nous devons réparer ces erreurs et retourner à Dieu.

Je regrette de constater qu'aujourd'hui encore, alors que nous sommes tous témoins de la colère divine qui frappe le monde, nous continuons à offenser la Majesté de Dieu en parlant de « la vengeance de la Terre Mère qui réclame le respect », comme l'a affirmé le pape il y a quelques jours dans sa énième interview. Il est en revanche urgent de demander pardon pour le sacrilège perpétré dans la basilique Saint-Pierre, en la reconsacrant selon les normes canoniques avant d’y célébrer à nouveau le Saint Sacrifice de la Messe.
Une procession pénitentielle solennelle devrait également être organisée - même des seuls prélats - présidée par le pape, qui implore la miséricorde de Dieu sur eux-mêmes et sur le peuple. Ce serait un geste d’authentique humilité, que de très nombreux fidèles attendent, en réparation des péchés commis.

Comment pouvons-nous taire notre désarroi lorsque nous entendons des paroles comme celles prononcées à Sainte Marthe le 26 mars ? Le pape a dit à cette occasion : « Que le Seigneur ne nous trouve pas, au terme de notre vie, et dise à chacun de nous : Tu t’es perverti. Tu t’es éloigné du chemin que je t’avais indiqué. Tu t’es prosterné devant une idole. » Nous sommes complètement bouleversés et indignés en écoutant de telles paroles, en considérant que le pape a lui-même consommé un véritable sacrilège à la face du monde, jusque sur l’Autel de la Confession de Saint Pierre, une véritable profanation, un acte d’apostasie, avec l’idole immonde et démoniaque de pachamama.

MJM : En la fête de l'Annonciation de Notre-Dame, les évêques du Portugal et d'Espagne ont consacré leurs pays au Sacré-Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie. Les évêques d'Irlande, d'Angleterre et du Pays de Galles ont fait de même. Dans de nombreux diocèses et villes ailleurs, les évêques et les autorités locales ont placé leurs communautés sous la protection de la Très Sainte Vierge Marie. Comment Votre Excellence considère-t-elle ces événements ?

Ce sont là des gestes qui suscitent de l’espérance, bien qu’insuffisants pour réparer nos fautes, et jusqu’ici ignorés par les sommets de l’Eglise, tandis que le peuple chrétien crie haut et fort pour un geste solennel et choral à ses Pasteurs. Notre Dame, à Fatima, a demandé que le Pape et tous les évêques consacrent la Russie à son Cœur Immaculé, annonçant des malheurs et des guerres jusqu'à ce que cela se produise. Ses appels sont restés sans réponse. Que les Pasteurs se repentent et obéissent à la Vierge Très Sainte ! Il est honteux et scandaleux que l’Église en Italie ne se soit pas jointe à cette grande initiative !

MJM : Comment jugez-vous la suspension des célébrations étendue presque partout dans le monde ?

C'est une grande souffrance, je dirais même la plus grande qui a été imposée à nos fidèles, tout spécialement aux mourants, les privant du recours aux sacrements.
Dans cette situation, il a semblé que les Évêques, à quelques rares exceptions près, n'aient eu aucun scrupule à fermer les églises et à empêcher la participation des fidèles au Saint Sacrifice de la Messe. Ils se sont comportés comme de froids bureaucrates, comme des exécuteurs de la volonté du Prince : cette attitude est désormais perçue par la plupart des fidèles comme un signe inquiétant de leur manque de Foi. Et comment les blâmer ?

Je me demande – et je tremble de l’affirmer – si la fermeture des églises et la suspension des célébrations n’est pas une punition que Dieu a ajoutée à la pandémie. « Ut scirent quia quae peccat quis, per haec et torquetur. Afin qu’ils comprennent que l’on est châtié par où l’on pèche» (Sagesse 11, 17). Offensé par la négligence et le manque de respect de tant de ses Ministres, outragé par les profanations du Saint-Sacrement qui se produisent quotidiennement avec l’habitude sacrilège d’administrer la Communion dans la main, las de supporter des chansons vulgaires et des sermons hérétiques, Notre-Seigneur se complaît de nos jours encore d’entendre s’élever vers Lui – depuis le silence de nombreux Autels – la louange sobre et austère de tant de prêtres qui célèbrent la Messe de toujours. Cette Messe qui remonte aux temps des Apôtres, et qui a toujours été, au cours de l’histoire, le cœur palpitant de l'Église. Prenons très au sérieux cet avertissement très solennel : Deus non irridetur. On ne se moque pas de Dieu!

Je comprends et partage, bien entendu, le respect dû aux principes fondamentaux de protection et de sécurité que l’Autorité civile établit pour la santé publique. Cependant, tout comme elle a le droit d'adopter des mesures affectant le corps, l’autorité ecclésiastique a le droit et le devoir de s’occuper de la santé des âmes : elle ne peut priver les fidèles de la très sainte Eucharistie, encore moins du sacrement de Pénitence et du Saint Viatique. Pourtant, alors que les magasins et les restaurants étaient encore ouverts, de nombreuses conférences épiscopales avaient déjà ordonné la suspension des fonctions sacrées, sans que les Autorités civiles ne le demandent. 
Cette attitude révèle la situation douloureuse dans laquelle se trouve la Hiérarchie, prête à sacrifier le bien des âmes pour plaire au pouvoir de l'État ou à la dictature de la « pensée unique ».

MJM : Votre Excellence a mentionné les restaurants. Que dites-vous des repas pour les pauvres qui ont été offerts ces derniers mois dans les lieux de culte eux-mêmes ?

Pour un vrai catholique, l’assistance à ceux qui sont dans le besoin a son propre moteur dans la vertu de charité, c’est-à-dire en Dieu lui-même - Deus Caritas est. Il aime le Seigneur par-dessus tout, et le prochain par amour pour Lui. Cela lui donne de voir le Christ - conformément aux béatitudes évangéliques - dans les pauvres, les malades, les prisonniers et les orphelins. L’Église a toujours été, depuis ses débuts, un exemple lumineux en ce domaine, au point que les païens eux-mêmes en ont été édifiés. L'histoire témoigne des nombreuses et impressionnantes œuvres d'assistance mises en place grâce à la générosité des fidèles, même en période d’ouverte hostilité de l’État, qui bien souvent s’est emparé des biens des fondations, mu par la haine que la franc-maçonnerie nourrissait envers un témoignage aussi limpide des catholiques. Le soin des pauvres et des marginaux n’est pas une nouveauté du « nouveau cours bergoglien », il n’est pas non plus l’apanage d’organisations idéologiquement alignées. Mais il est significatif que l’accent posé idéologiquement sur l’assistance aux pauvres apparaisse sans aucune référence au surnaturel, limité aux seules œuvres de miséricorde corporelle, en évitant méticuleusement les œuvres de miséricorde spirituelle. Et ce n'est pas tout : le pontificat actuel a définitivement sanctionné la renonciation au caractère missionnaire de l'Église, à l’apostolat, qualifié avec le terme péjoratif de prosélytisme. Tout se limite à fournir de la nourriture, de l'hospitalité et des soins de santé, mais personne ne prodigue de nourriture, d'hospitalité ou de soins aux âmes de ceux qui en ont si désespérément besoin, réduisant ainsi l’Église à une ONG à des fins philanthropiques. Mais la Charité n'est pas une variation de la philanthropie d’inspiration maçonnique, à peine voilée d’un vague spiritualisme, mais son exact contraire. La solidarité que nous voyons à l'œuvre de nos jours nie qu'il n'y ait qu'une seule vraie Église, dont le message de salut doit être prêché à ceux qui ne lui appartiennent pas encore. Ce n'est pas tout : en raison des graves déviations qui se sont répandues dans l'Église avec le Concile, en matière de liberté religieuse et d'œcuménisme, de nombreux organismes caritatifs confirment aujourd'hui dans leur paganisme ou leur athéisme les personnes qui leur sont confiées, allant jusqu’à leur offrir des lieux de culte où ils peuvent prier. Nous avons vu également des cas déplorables de Messes au cours desquelles, à la demande explicite du célébrant, le coran a été proclamé à la place de l’Évangile, ou, comme cela s'est produit récemment, l'idolâtrie a été pratiquée dans des églises catholiques.

Je crois que la décision de transformer les églises en réfectoires ou en dortoirs pour y abriter les personnes dans le besoin est un phénomène révélateur de cette hypocrisie sous-jacente qui, comme dans le cas de l'œcuménisme, utilise un prétexte apparemment louable - assister les nécessiteux ou accueillir les réfugiés - comme un instrument pour réaliser progressivement le rêve maçonnique d’une grande religion universelle sans dogmes, sans rites, sans Dieu. Utiliser les églises comme des tavernes, en présence de prélats complaisants, en train de servir des pizzas ou des côtelettes avec un tablier par dessus leur robe ecclésiastique, revient à les profaner; surtout lorsque ceux qui s’exposent aux photographes en souriant se gardent bien d’ouvrir les portes de leur palais épiscopal à ceux dont ils veulent profiter à des fins politiques. Pour revenir sur ce que je disais tout à l’heure, il me semble que ces sacrilèges soient eux aussi à l’origine de la pandémie actuelle et de la fermeture des églises.

Il me semble également que trop souvent la pauvreté de tant de malheureux est mise en scène. Nous ne l'avons que trop souvent vu avec les débarquements de clandestins, transportés par des marchands d’esclaves, dans le seul but de mettre en place une industrie de l'accueil, derrière laquelle se cachent non seulement des intérêts économiques sordides, mais aussi une complicité non-avouée avec ceux qui cherchent à détruire l'Europe chrétienne, à commencer par l'Italie.

MJM : Dans certains cas, comme dans la ville de Cerveteri près de Rome, les forces de l'ordre ont arrêté un prêtre qui célébrait la Messe. Comment les autorités de l'Eglise ont-elles réagi à ce genre de faits ?

Le cas de Cerveteri a pu relever d’un excès de zèle de la part de deux gardes municipaux, très probablement stressés par le climat alarmant qui est apparu depuis le début de l'épidémie. Mais il doit être clair, surtout dans un pays comme l'Italie, dans lequel est en vigueur un Concordat entre l'Église Catholique et l’État, que les autorités ecclésiastiques jouissent d’un droit exclusif sur les lieux de culte. Le Saint-Siège et l'Ordinaire du lieu auraient dû protester fermement contre une telle violation du Traité du Latran, qui a été confirmé à nouveau en 1984 et qui est toujours en vigueur. Une fois de plus, l'autorité des évêques, qui leur a été octroyée directement par Dieu, se dissout comme neige au soleil, démontrant une pusillanimité qui pourrait à l’avenir autoriser des abus plus graves encore. Permettez-moi de profiter de cette occasion pour solliciter une condamnation très ferme de cette ingérence intolérable de l’Autorité civile dans des affaires qui relèvent directement de la responsabilité de l’Autorité ecclésiastique.


MJM : Le pape François a invité tous les chrétiens, catholiques et non-catholiques, à se réunir le 25 mars pour demander à Dieu de mettre fin à cette pandémie, et il a laissé entendre que les membres d'autres religions pourraient se joindre à sa prière.
      
Le relativisme religieux qui s’est faufilé dans l’Eglise avec le Concile Vatican II a effacé chez de nombreuses personnes, la persuasion que la foi catholique est le seul moyen de salut, et que le Dieu Unique en trois Personnes que nous adorons, est le seul vrai Dieu.

Dans sa déclaration d'Abou Dhabi, le pape Bergoglio a déclaré que toutes les religions sont voulues par Dieu : ceci n’est pas seulement une hérésie, mais une forme d’apostasie très grave et un blasphème. En effet : affirmer que Dieu accepte d’être adoré indépendamment de la façon dont Il s’est Lui-même révélé, signifie que l'Incarnation, la Passion, la Mort et la Résurrection de notre Sauveur sont complètement dénuées de sens. Cela signifie nier, rendre inutile, vaine la raison d’être de l'Église, la raison pour laquelle des millions de saints martyrs ont livré leur vie, la raison pour laquelle les Sacrements ont été institués et pour laquelle le sacerdoce et la papauté elle-même existent.

Malheureusement, juste au moment où nous devrions expier les offenses infligées à la divine Majesté, voici quelqu'un qui nous demande de Le prier avec ceux qui refusent d’honorer Sa Très Sainte Mère, le jour de Sa Fête. Est-ce là la meilleure façon pour mettre fin au fléau qui nous frappe ?


MJM : Il est vrai aussi que la Pénitencerie Apostolique a accordé des indulgences spéciales à ceux qui sont frappés par cette terrible affliction et à ceux qui les assistent matériellement et spirituellement.

Tout d'abord, il est nécessaire de souligner avec force que les indulgences ne peuvent jamais remplacer les sacrements. Nous devons résister fermement aux décisions infâmes de quelques pasteurs, qui ont récemment interdit à leurs prêtres d'entendre des confessions ou d’administrer le baptême. Ces mesures – ainsi que l'interdiction des Messes publiques et la suspension de la Sainte Communion – sont contraires à la Loi divine et sont la preuve que derrière tout cela se cache Satan. Seul l’Ennemi peut inspirer de telles mesures entraînant la perte spirituelle de nombreuses âmes. Ce serait comme ordonner aux médecins de ne pas traiter des patients en danger de mort.

L'exemple de l’épiscopat polonais, ordonnant de multiplier les célébrations eucharistiques afin de permettre la participation des fidèles sans risques de contagion, devrait être suivi par toute l’Église, si la Hiérarchie se souciait réellement du salut éternel du peuple chrétien. Il est significatif qu'en Pologne, l’impact de la pandémie soit plus faible que dans d'autres pays.

La doctrine des Indulgences survit aux attaques des novateurs, et c'est une bonne chose. Cependant, si le Souverain Pontife a le pouvoir de puiser dans les richesses infinies de la Grâce, il est également vrai que les indulgences ne peuvent être banalisées ou considérées comme une sorte de prime ou de solde de fin de saison. Les fidèles ont ressenti la même chose à l’occasion du Jubilé de la Miséricorde : l’Indulgence plénière a été accordée dans des conditions telles que ceux qui devaient en bénéficier se sont à peine rendu compte de la gravité de la démarche. Il se pose également le problème de la Confession sacramentelle et de la Communion eucharistique nécessaires pour bénéficier des indulgences, que la Pénitencerie Apostolique a reporté à une date non précisée : « dès que cela sera possible ».

MJM : Croyez-vous que les dispenses relatives à l’absolution générale au lieu de l'absolution individuelle peuvent s'appliquer dans l'épidémie actuelle ?

Un danger de mort imminent justifie certaines solutions que l'Église, dans son zèle pour le salut éternel des âmes, a toujours généreusement permises. C'est le cas de l'absolution générale pour les soldats sur le point d'aller au combat, ou pour les personnes à bord d'un navire qui coule. Si l’urgence dans une unité de soins intensifs ne permet l’accès au prêtre que dans des conditions extrêmement strictes, et qu'il ne peut entendre les confessions individuelles des mourants, je pense qu'une telle solution peut être la meilleure. Toutefois, si un précédent est créé, selon lequel l'absolution générale est étendue à tous les cas, même lorsque les pénitents ne sont pas en danger de mort immédiate, nous devons être extrêmement prudents pour veiller à ce que l'Église autorise dans les cas extrêmes ne devienne pas la norme.

Permettez-moi de rappeler également que la Messe diffusée par Internet ou à la télévision ne remplit pas le précepte de participer à la Messe dominicale. Cela peut être un moyen louable de sanctifier le jour du Seigneur lorsque l’on est dans l’impossibilité de se rendre à l'église ; mais nous devons toujours nous rappeler que la pratique sacramentelle ne peut pas être remplacée par la virtualisation du sacré. De même que dans l’ordre naturel nous ne pouvons pas nourrir notre corps en regardant l’image d’un aliment.

MJM : Quel message Votre Excellence souhaite-t-elle transmettre à ceux qui ont, aujourd’hui, la responsabilité de défendre et de guider le troupeau du Christ ?

Il est indispensable et urgent que le pape, tous les évêques, les prêtres et les religieux s’engagent dans une authentique conversion. C'est ce que réclament les laïcs, qui souffrent en proie à la confusion, faute de guides fidèles et sûres.

Nous ne pouvons pas permettre que le troupeau que le divin Pasteur nous a confié pour le gouverner, le protéger, le conduire au salut éternel, soit dispersé par des mercenaires infidèles. Nous devons nous convertir, pour n’appartenir qu’à Dieu seul, sans aucun compromis avec le monde.

Les évêques doivent reprendre conscience de leur propre Autorité apostolique, qui est personnelle, qui ne peut être déléguée à des sujets intermédiaires comme les Conférences épiscopales ou les synodes, qui ont faussé l'exercice du ministère apostolique, causant ainsi de sérieux dommages à la constitution divine de l'Église, telle que le Christ l’a voulue.

Assez de voies synodales ! Assez d’une collégialité mal comprise ! Assez de cet absurde sentiment d'infériorité et de flatterie à l’égard du monde ! Assez de cet usage hypocrite du dialogue au lieu de l’annonce intrépide de l'Évangile ! Assez de l’enseignements de fausses doctrines et la peur de prêcher la pureté et la sainteté de la vie ! Assez de silences craintifs devant l'arrogance du mal ! Assez de l’occultation d’ignobles scandales. Assez de mensonges, de tromperies, de vengeance !

La vie chrétienne est une milice, un combat, et non une marche insouciante vers l'abîme. À chacun de nous, en raison des Ordres sacrés dont nous sommes investis, le Christ demandera de rendre compte des âmes que nous avons sauvées, et de celles que nous avons perdues, pour ne pas les avoir prévenues et aidées. Revenons à l’intégrité de la Foi, à la sainteté des mœurs, au seul culte qui plaise à Dieu !

Conversion et pénitence, donc, comme nous le demande la Très Sainte Vierge, Mère de l'Église ! Demandons tous à la Vierge Marie, Tabernacle du Très-Haut, de donner aux prêtres et aux évêques l'élan héroïque dont ils ont besoin pour sauver l'Église et pour réaliser la victoire de son Cœur Immaculé.

 + Carlo Maria Viganò
Premier dimanche de la Passion 2020


Aidez-moi à faire connaître ce texte !



L'entretien ci-dessus vous semble-t-il important à faire connaître ? Alors « partagez », soit en utilisant les boutons ci-dessous qui vous permettront de le diffuser par vos comptes sur les réseaux sociaux, ou en copiant le lien permanent : https://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2020/03/mgr-carlo-maria-vigano-analyse-la.html, afin de le diffuser par courriel auprès de vos contacts qui pourraient être intéressés. Merci !


*


Un immense merci à ceux d'entre vous qui avez versé ou qui verseront une libre participation via le lien ci-dessous :

Facture adressée par mail sur simple demande ; contactez-moi via jeanne.smits.blog@gmail.com si vous souhaitez contribuer par chèque ou virement.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



 
[]