16 juillet, 2019

Messe de Requiem pour Vincent Lambert à Reims le vendredi 19 juillet à 18h30

Une messe sera célébrée le vendredi 19 juillet pour le repos de l'âme de Vincent Lambert à 18:30 en l'église Notre-Dame de France, 8 rue Edmé Moreau à Reims, nous communique sa mère, Viviane Lambert.





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11 juillet, 2019

Vincent Lambert, victime d'une barbarie programmée


Vincent Lambert est mort ce matin. Ses parents, Viviane et Pierre, ses frère et sœur David et Anne, ses avocats Jérôme Triomphe et Jean Paillot ont gagné pour lui six années de vie à force de courage et d’amour. Six précieuses années dont nous n’apprendrons la valeur surnaturelle que dans l’au-delà : pour lui, pour son salut, pour les proches qui l’ont défendu, pour les plus petits, pour la justice, et même pour l’humanité. Six années qui ont valeur d’éternité.

Six années qui ont permis de porter sur la place publique la réalité de la barbarie où la France s’est enfoncée, dès lors qu’elle a accepté que des médecins tuent délibérément l’innocent. L’affaire Vincent Lambert a commencé le jour de l’adoption de la loi Giscard-Chirac-Veil, le 17 janvier 1975.

François Mollins, le Procureur général qui a plaidé pour la mort de Vincent Lambert devant la Cour de cassation, le 24 juin dernier, a dit cela en une formule lapidaire et terriblement exacte dans sa concision :

« Eriger la vie en valeur suprême serait remettre en cause la loi Leonetti et le droit à l’IVG. »

C’est parce que la France (ou ceux qui la gouvernement) ne veut pas rompre avec la barbarie qu’elle s’est acharnée à faire mourir Vincent Lambert. Son euthanasie (car c’en est une) n’ouvre pas les digues, elle les élargit, elle facilitera la marche vers l’euthanasie sans ambiguïté – ou pas… Car il est au fond plus confortable d’avoir une loi qui autorise l’euthanasie déguisée au nom de la prétendue « autonomie » du patient là où des médecins rechignent encore à pousser la seringue.

Le décès de Vincent Lambert a rendu visible comme jamais la logique de la culture de mort qui recherche la mort (et son compagnon, le refus de la vie), pour elle-même, comme « solution » aux souffrances et aux difficultés des hommes. Il en a révélé toute la cruauté, habituellement camouflée sous les oripeaux de la fausse empathie.

Que de souvenirs…

Je me rappelle le premier article que j’ai consacré à Vincent, sans révéler son nom. Viviane Lambert venait d’apprendre que son fils était privé de nourriture et d’une grande partie de son hydratation en vue de le faire mourir, et elle cherchait qui pouvait défendre sa vie.

C’était dans Présent du 2 mai 2013. J’écrivais :

« Cela se passe aujourd’hui et maintenant, quelque part en France, en pleine légalité et par application de la loi Leonetti. Un jeune homme – appelons-le Hervé – dans le coma depuis plusieurs années après avoir été victime d’un accident de la route, a fait l’objet d’une décision d’“arrêt de soins”. Non pas des soins d’acharnement, d’interventions lourdes et pénibles. Non : on lui a supprimé la nourriture, et réduit de manière drastique la quantité de liquide administrée. De 3 litres en 24 heures, son hydratation a été ramenée à quelque 100 ml sur la même période. [En fait, ai-je appris plus tard, Vincent recevait 500 ml par jour.] 
« Il n’y a qu’une issue possible, c’est l’issue recherchée : la mort. 
« En France, aujourd’hui, alors qu’on fait mine de débattre autour de l’euthanasie, le corps médical peut décider de faire mourir un malade de faim et de soif, et les proches n’y peuvent rien. Ils ne peuvent que le regarder partir, la mort dans l’âme, bouleversés de voir que cette mort est voulue et organisée pour elle-même. C’est la définition de l’euthanasie. “Euthanasie par omission”, en l’occurrence. Mais euthanasie quand même. »
J’ai publié à l’époque cet article sur mon blog, c’est par ici.

Je me rappelle que les Lambert, à force de chercher, ont trouvé pour les défendre devant la justice Jérôme Triomphe. Je souviens de son travail acharné. Il est arrivé à temps pour sauver la vie de leur fils. Vous connaissez la suite…

Il y a eu beaucoup de raisonnements, d’interprétations de la loi, de péripéties médicales et judiciaires, mais au cœur de tout cela, il y a toujours eu la volonté de Vincent Lambert, ou plutôt celle qui lui était prêtée.

Pourquoi ? Parce que la loi Leonetti de 2005, et celle de 2016 qui a fini par emporter sa vie, posent deux principes.

Le premier, c’est que le médecin est en droit (voire en devoir) de faire mourir un patient dans un état de handicap profond mais qui n’est pas en fin de vie, en s’abstenant de lui apporter des soins ordinaires : la nourriture, selon la loi de 2005, la nourriture et toute l’hydratation selon la loi de 2016.

Le deuxième, plus clairement affirmé dans Leonetti 2, reconnaît au patient le droit de refuser ce type de soins afin de pouvoir mourir de la privation de nourriture et d’hydratation si tel est son désir, affirmé de vive voix ou exprimé d’avance dans des directives anticipées.

Je me souviens qu’à l’époque de la première tentative de mise à mort de Vincent je bouillais, comme je l’avais fait neuf ans plus tôt, devant l’incroyable refus de l’immense majorité des bien-pensants – même catholiques – de comprendre que la loi Leonetti appliquée à Vincent Lambert sous le regard des médias était, a toujours été une loi d’euthanasie. Je l’avais écrit dès 2004, avec l’impression de hurler face à un mur.

Mais ce fut toujours la même rengaine, et elle persiste : la loi Leonetti est une bonne loi. Et l’affaire Lambert en était au mieux une application dévoyée.

Il y a eu au début des voix discordantes : mon chère confrère Yves Daoudal, d'emblée ; Mgr Vingt-Trois et le grand rabbin de Paris qui publièrent une excellente réflexion sur le thème « tu ne tueras pas » (mais c'était en 2007), et quelques autres, si je me souviens bien, au sein Conférence des évêques de France.

L'affaire Lambert devait par la suite provoquer l'admirable mobilisation que nous avons connue : Viviane et Pierre Lambert n'étaient plus seuls, ils ont été entourés d'avocats, de grands spécialistes, d'associations comme l'AGRIF et la Fondation Jérôme-Lejeune, l'ECLJ, des journalistes, des écrivains, des gens d'Eglise, et puis ces milliers de gens qui ont compris la gravité de ce qui se jouait dans une chambre d'hôpital à Reims. Tout cela n'aura pas été vain.

Il faudra revenir sur cette introduction subreptice de l’euthanasie – euthanasie lente mais euthanasie quand même – dans la loi française.

La singulière cruauté de la procédure appliquée à Vincent Lambert, qui n’a pas reçu une sédation profonde contrairement aux dispositions de la loi, et que ses proches ont vu gémir, pleurer, étouffer pendant les premiers jours de son jeûne abominablement contraint, va certainement ouvrir les vannes d’un nouveau débat en faveur de la légalisation de l’euthanasie pure et dure.

Que Vincent repose en paix, que ses parents et ses proches obtiennent du Ciel un regain de force et beaucoup de consolations.

Et que justice soit faite aussi. « J’avais soif et tu ne m’as pas donné à boire… » Pour la France l’heure n’est pas au deuil, et encore moins au soulagement, mais à l’examen de conscience.


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10 juillet, 2019

Vincent Lambert : les déplorables déclarations de Mgr Vincenzo Paglia de l'Académie pontificale pour la vie (sic)

Il aurait mieux fait de se taire. Mgr Vincenzo Paglia a choisi cette heure dramatique où Vincent Lambert agonise depuis huit jours dans son lit d'hôpital, sans eau et sans alimentation, avec la mort pour seul horizon puisque ses organes ont été irrémédiablement atteints par cet assoiffement délibéré, pour faire une déclaration des plus affligeantes. Lui, le président de l'Académie pontificale pour la vie nouvelle manière, ne trouve à déplorer que le « conflit ».

Voici ma traduction rapide des propos qu'il a publiés aujourd'hui dans Famiglia christiana. J'y ajoute quelques commentaires entre crochets, en gras et italique.


Vendredi 28 juin, la Cour de cassation française s'est prononcée contre l'interdiction de suspendre l'alimentation artificielle et l'hydratation de Vincent Lambert. Une interdiction décidée par la cour d'appel à la demande du Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) des Nations unies, interrogé par les avocats des parents du patient. Les tracas liés aux ordres et contre-ordres des organes judiciaires faisant autorité indiquent clairement la difficulté de la situation.
[Comme si la situation était « difficile ». Comme s'il n'avait pas compris que Vincent Lambert n'est pas en fin de vie, sinon par la volonté de médecins qui veulent sa mort. Comme si les différentes décisions judiciaires.]
Le drame de Vincent Lambert a pris une résonance médiatique et une signification symbolique qui dépasse la singularité de sa situation. De multiples niveaux y sont entrelacés : familial, médical, juridique, politique et médiatique. Tout cela rend très délicate la formulation d'un jugement éthique, notamment parce que les données cliniques sont très complexes et ne sont pas directement accessibles dans tous leurs détails.
[Même remarque. Sur le plan éthique, l'affaire n'est justement pas complexe, du moins pour un moraliste catholique qui peut d'ailleurs se référer aux textes on ne peut plus clairs de Jean-Paul II sur l'alimentation et l'hydratation, soins ordinaires toujours dus aux malades sauf quand ils n'atteignent pas leur but et les font souffrir.] 
LES EVÊQUES FRANÇAIS
Pour sa part, la Conférence des évêques de France a souligné qu’elle n'avait pas compétence pour s'exprimer sur le cas concret, évitant de se substituer à la conscience de ceux qui sont responsables de la décision, mais apportant plutôt sa propre contribution pour éclairer la voie menant au jugement.
Elle s’est donc limitée à quelques considérations générales, sans prétendre s’impliquer dans l’appréciation du cas d'espèce, notamment en raison de l'impossibilité de disposer de toutes les informations nécessaires.
 [Oui, hormis de notables exceptions, on avait remarqué ce comportement cauteleux.]
Le douloureux conflit familial autour de l’hypothèse de la suspension de l’alimentation et de l’hydratation artificielles, puisque qu’il est exclu d’accéder à la connaissance de la volonté du patient est exclu – élément essentiel pour évaluer la proportionnalité du traitement – a conduit à une impasse qui dure depuis des années.
 [Scandaleux raccourci. La volonté du patient doit certes être prise en compte pour évaluer la proportionnalité d'un traitement, mais la nourriture et l'alimentation ne son pas un traitement, mais des soins ordinaires. Refuser consciemment et délibérément de manger et de boire en vue mourir est objectivement une manière de suicide, même si subjectivement il peut s'agir du résultat d'un tragique désordre mental.
La question éthique est dès lors imbriquée dans la sphère juridique. L’utilisation de moyens judiciaires a rendu le conflit plus rigide et l’a exacerbé. 
[Vous avez bien lu : les coupables sont ceux qui ont choisi les moyens judiciaires. A savoir, au départ, Viviane et Pierre Lambert qui ont été mis en 2013 devant le fait accompli de l'arrêt de l'alimentation et de l'essentiel de l'hydratation de leur fils cérébrolésé. Insupportable !]
Sans entrer dans les détails techniques de la sentence, on peut dire que la Cour suprême a examiné le choix de la suspension, qui, chez les médecins, était arrivé après une évaluation collégiale approfondie, compatible avec la loi en vigueur en France.
[Ah les merveilleux médecins, et la magnifique loi Leonetti !] 
Mais dans cette longue et fatigante controverse, l'opposition (entre les parties) a envahi la sphère publique, avec un large écho médiatique, prenant la forme d'une bataille entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre l'euthanasie. Les évêques ont tout d'abord clairement réaffirmé la négativité de cette pratique. Ils ont également attiré l'attention sur l'importance des plus faibles pour la construction de la convivialité sociale. Et ils ont souligné les retombées que le choix d'arrêter le traitement peut avoir sur ceux qui se trouvent dans des situations similaires (environ 1.700 personnes en France), pour leurs familles et pour les professionnels de santé. Cette observation est particulièrement pertinente.
 [Mais cette bonne note accordée aux évêques de France ne provoque nulle juste prise de conscience de ce qui se passe actuellement à Reims : l'exhibition publique, pour l'exemple, du caractère euthanasique des lois Leonetti 1 et 2.]
ENTRE MÉDECINE, DROIT ET CULTURE
  
En outre, d'autres événements récents, comme celui d'Alfie Evans en Angleterre et de Noa Pathoven aux Pays-Bas, ont également profondément perturbé et divisé l'opinion publique au-delà des frontières de leurs pays respectifs. Il faut souligner que ces situations sont très différentes et non comparables, pour des raisons cliniques et existentielles. Mais ils ont des points communs. D’une part, le fait que les décisions concernant la vie et la mort sont en jeu, ce qui rend conflictuelle la définition de qui a le droit de faire de tels choix : la personne malade, les membres de sa famille, les médecins, les juges. D’autre part, les moyens de plus en plus puissants dont dispose la médecine, posent de plus en plus la question de la limitation des traitements.
[Toujours cette confusion volontaire entre soins et traitements, qui est au fondement même des lois euthanasiques Leonetti 1 et 2.]
Ces événements nous obligent donc à clarifier et à approfondir le rôle et la signification des soins médicaux et les critères qui régissent leur utilisation. Le pape François nous a également rappelé qu'il est nécessaire d'éviter une prolongation aveugle des fonctions biologiques, en perdant de vue le bien intégral de la personne (Discours à la Convention sur le suicide assisté de l'Association Médicale Mondiale, 16 novembre 2017). 
[Répétons avec Paglia : « Le pape François nous a également rappelé qu'il est nécessaire d'éviter une prolongation aveugle des fonctions biologiques. » Vincent Lambert, une addition de fonctions biologiques ? Oui il faut clarifier, approfondir, mais la réflexion doit porter sur la vie humaine et sur un simple commandement, suranné quelque peu sans doute mais tellement limpide : Tu ne tueras point l'innocent.]
Face à ces déchirements dramatiques, il s’agit tout d’abord d’assumer une attitude de recueillement et de prière de proximité, afin que nous puissions trouver des moyens de communication qui favorisent la réconciliation plutôt que la controverse, au niveau familial et social. Nous devons également éviter de ne confier la solution qu’à un geste technique ou juridique afin de rechercher ensemble l’accord le plus large possible. C’est un cheminement qui exige un engagement, non seulement personnel mais aussi collectif, pour élaborer ce sens de la vie que la souffrance remet en question et pour affronter la limite radicale que représente la mort. Il s’agit d'éveiller les forces que la culture a toujours mobilisées dans l'histoire de l'humanité, dans toutes ses expressions symboliques, de l’artistique au religieux, offrant des raisons de vivre. Seule une formation plus étendue et plus profonde des consciences peut nous préparer à des décisions aussi dramatiques et complexes. En sachant que personne ne devrait jamais être abandonné. Que l’amour doit toujours l’accompagner. Cet amour qui vainc aussi la mort.
Mgr Vincenzo Paglia 

Je m'abstiens de commenter cette langue de buis ecclésiastique et très peu catholique. Il y a en effet une crise de la conscience dans certaines sphères haut placées de la hiérarchie de l'Eglise. La même qui a mené Vincent Lambert là où il est aujourd'hui.

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01 juillet, 2019

Le pape François offre inopinément des reliques de saint Pierre au patriarche Bartholomée de Constantinople

Personne n’avait vu venir cet événement ahurissant. Samedi, en la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul, le métropolite Job de Telmessos était à Rome, à la basilique Saint-Pierre, pour se recueillir avec le pape François sur la tombe de saint Pierre. En sa qualité de représentant du patriarche œcuménique Bartholomée Ier de Constantinople, il accomplissait là une tradition aujourd’hui bien installée. Il ne s’attendait pas à se voir remettre dans la foulée et sans la moindre cérémonie un reliquaire contenant des fragments des ossements de Saint-Pierre, à remettre au Patriarche.

L’événement est totalement inédit : si l’Eglise latine a pu par le passé offrir de précieuses reliques aux orthodoxes, La Croix fait remarquer qu’il ne s’est jamais agi que de reliques volées par les Croisés, restituées en quelque sorte dans le cadre de l’amélioration des relations réciproques entre catholiques et orthodoxes.

Les reliques de saint Pierre, c’est tout autre chose. L’Eglise catholique est construite sur ce roc, on le sait, et si cela est vrai figurativement depuis que le Christ l’a dit au Premier des Apôtres, ce l’est aussi en un sens très matériel puisque la basilique Saint-Pierre de Rome, comme l’expertise des fouilles menées dans les grottes vaticanes l’a confirmé, est construite « sur » les restes mortels du premier pape.

Que les reliques de celui-ci, objet d’une vénération riche de symboles au cœur même de la chrétienté, soient expédiées vers une Eglise schismatique, est évidemment lourd de sens. On peut y voir, comme La Croix et des dignitaires orthodoxes eux-mêmes, le signe d’un rapprochement encore plus cordial entre l’Eglise de Rome et un patriarcat orthodoxe des plus importants.

Le métropolite Job lui-même y a vu « un pas gigantesque de plus vers l’unité concrète » lors d’une entretien avec Radio Vatican.

Mais c’est faire peu de cas de ce qui sépare l’Eglise catholique des nombreuses Eglises orthodoxes : des différences qui portent sur des éléments de foi, des points de dogme, certaines disciplines, et la question centrale de la primauté de l’évêque de Rome. Difficile de ne pas considérer le geste du pape François comme une manière de minimiser ces différences puisque quelque chose de saint Pierre est sorti de Rome pour aller en quelque sorte couronner une foi, une doctrine, une hiérarchie qui sont ailleurs.

L’événement a été brièvement évoqué par le service d’information du Vatican ;  le métropolite Job lui-même l’a décrit avec davantage de détails sur sa page Facebook.

L’intégralité de son message a été répercutée sur Facebook par le métropolite orthodoxe d’Hong Kong et d’Asie du Sud-Est, Nektarios Tsilis, qui le cite : 

« Aujourd’hui, après la messe pontificale pour la fête des saints apôtres Pierre et Paul à la basilique Saint-Pierre du Vatican, conformément au protocole, je suis descendu à la tombe de Saint-Pierre pour y prier avec Sa Sainteté le pape François. “Attendez moi après. J’ai un cadeau à vous faire pour l’Eglise de Constantinople. J’y ai pensé hier soir pendant la prière.” Après un arrêt à la sacristie, voilà qu’arrive le pape François qui me dit : “Allons-y.” Assis dans sa simple petite Ford, je pose la question : “Sainteté, où allons-nous ?” – “Au palais pontifical. Le cadeau est là-bas”, répond le pape François. Une fois arrivés dans les anciens appartements pontificaux, nous faisons halte à la chapelle. Je pensais que le Saint-Père voulait soit me la montrer, soit faire halte pour dire une prière… “Cette chapelle a été établie par feu le pape Paul VI. Il a amené ici quelques reliques de saint Pierre depuis la basilique. Je n’habite pas ici. Je n’utilise pas la chapelle. Pendant la prière la nuit dernière,  je me suis dit : ces saintes reliques seront mieux à Constantinople, au Phanar. Les voilà. Emportez-les avec vous. Donnez-les à mon frère Sa Toute-Sainteté Œcuménique le patriarche Bartholomée. Ce cadeau ne vient pas de moi, il vient de Dieu.” Ainsi, le jour de la Saint-Pierre et Saint-Paul, pour la première fois dans l’histoire, la translation des saintes reliques de saint Pierre à eu lieu pour aller de l’Ancienne à la Nouvelle Rome. Demain, lors de la synaxe des Saints Apôtres, les saintes reliques seront exposées à la vénération dans l’église des Saints Apôtres à Feriköy où Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique présidera la Divine Liturgie depuis le trône. Gloire à Dieu qui est merveilleux dans ses saints ! »

C’est ainsi, sans crier gare, sur un coup de tête, que le pape François a disposé comme si elles lui appartenaient des reliques gardées dans les appartements pontificaux qu’il a lui-même décidé d’abandonner.

Seront-elles mieux à Constantinople, comme il l’a dit ? Parce qu’elles y seront vénérées plutôt que d’être remisées dans le coin d’une chapelle dont personne ne se sert plus ? Le message reçu par Constantinople ne sera-t-il pas celui d’une supériorité de la « nouvelle Rome » sur l’ancienne ? En un mot comme en cent, à quoi pense le pape François ?

Aurait-il tort de s’étonner de voir certains le considérer à cause de ce geste comme un autocrate ?  Un autre souverain pontife que lui ne se fût-il pas renseigné sur la propriété des reliques et l’opportunité de la démarche ?

Les translations de reliques dans la chrétienté se sont toujours faites de la manière la plus solennelle. Ces neuf fragments d’os de saint Pierre font partie des plus vénérables d’entre elles. Elles ont été littéralement trimbalées dans une petite voiture, données comme un cadeau de la main à la main, arrachées au siège de l’apôtre Saint-Pierre pour être offertes un évêque chrétien certes, mais à un évêque qui est en dehors de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique.

C’est en tout cas un acte d’une portée considérable et qui aurait pu passer quasiment inaperçu. Chose qui n’aura pas échappé non plus à « nos frères orthodoxes ».

Le patriarche Bartholomée a qualifié le geste de « courageux et audiacieux » lors de la réception solennelle et de la vénération des reliques à Istanbul le 30 juin à l'église des Douze Apôtres à Feriköy. Elles avaient été acheminées par avion la veille par le P. Andrea Palmieri, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens.



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26 juin, 2019

Bannon et Martel travailleraient sur l’adaptation au cinéma de “Sodoma” ; le cardinal Burke annonce sa rupture immédiate avec le “Dignitatis Humanae Institute”


Plusieurs informations croisées permettent de penser que Steve Bannon, ancien rédacteur en chef de Breitbart et ancien conseiller stratégique de Donald Trump a le projet de porter à l’écran une dénonciation de ce qu’il pense être l'homosexualité endémique dans les hautes sphères de l’Eglise catholique. Il s'alliera à cette fin avec Frédéric Martel, l’auteur de Sodoma,  dont il apprécie apparemment la charge violente contre l'Eglise catholique. Sodoma est dans son ensemble très favorable au pape François et ses principaux têtes de Turc sont cardinaux, prélats et prêtres qui affirment le plus clairement la doctrine  morale catholique en matière de sexualité : plus ils sont traditionnels, affirme en substance ce livre, plus ils ont de chances d’être des homosexuels cachés ou refoulés.

Le cardinal Raymond Leo Burke fait partie des personnes épinglées de manière particulièrement désinformatrice dans le livre  de Martel.

Steve Bannon et Frédéric Martel ont eu selon l'hebdomadaire Valeurs actuelles plusieurs conversations téléphoniques qui ont abouti à une rencontre à l'hôtel Bristol à Paris au mois de mai lors de la récente tournée européenne de l’Américain.

Dans un article brièvement mis en ligne lundi par LifeSite, mais retiré au bout d’une heure lorsque la rédaction du site provie s'est rendue compte de ce que certains points  étaient encore à vérifier, on apprenait que Bannon cherchait à acheter les droits cinématographiques de Sodoma. Il a en tout cas déclaré à LifeSite que c'était « le livre de l’année ».

Quoi qu’il en ait été de leur conversation, il est donc certain que Bannon en prend les thèses au sérieux.

L’hypothèse d'une adaptation filmée d'un livre aussi discutable dont l'objectif est à la fois de ridiculiser la quasi-totalité de la hiérarchie catholique et plus précisément ses éléments les plus conservateurs n’augure rien de bon.

Du côté de Martel, comme il l'écrit d'ailleurs dans Sodoma,  d'objectif est d'obtenir une modification des enseignements doctrinaux et de la discipline de l'église, par la reconnaissance des amours homosexuelles et l'abolition du célibat sacerdotal. Par la même occasion, la validation et la diffusion de ses thèses ne pourrait qu’aboutir à une désaffection, voire à une révolte des catholiques du rang contre la « classe » des cardinaux, des évêques, des prêtres qui prêchent ce qu’ils ne pratiquent pas.

Du côté de Bannon, son opposition aux options politiques du pape François peut expliquer le désir de ce baptisé catholique qui ne semble plus être un pratiquant de participer à une opération contre l’Eglise dans sa configuration actuelle. C'est-à-dire,  sans en considérer la dimension surnaturelle et la promesse qui lui a été faite : les portes de l'enfer ne prévaudront pas.

Nous sommes en effet dans la difficile position d'avoir à contester certaines options personnelles du pape François, qui n'engagent pas sa charge pontificale, et aussi ses déclarations et actes contraires à la doctrine traditionnelle, sans pour autant nous en prendre à l'Eglise elle-même, en tant qu'institution, car elle est notre Mère et qu’hors d’elle, il n'y a point de salut, et au pontificat puisqu’elle repose sur Pierre, le roc sur lequel elle est bâtie.

C’est sur cette ligne de crête qu'il faut tenir et il semble extrêmement peu probable que Bannon veuille s'en soucier. Quelles sont ses motivations exactes ? Il est certainement trop tôt pour le dire ou même pour le comprendre.

Le fait est que son alliance au moins apparente avec Martel ne le fait pas apparaître comme un ami du Christ, de la foi, des catholiques. Et qu’on peut craindre une entreprise de démolition.

L'article brièvement mis en ligne par LifeSite reprenait l'information de Valeurs actuelles selon laquelle la rencontre entre Bannon et Martel au Bristol à Paris le 19 mai avait été facilitée par Benjamin Harnwell, fondateur et animateur du Dignitatis Humanae Institute implanté au sud de Rome et qui a pour objectif la promotion de la culture de vie.

Incidemment, l’article de LifeSite rappelait que Harnwell travaille à la fois avec Bannon et avec le cardinal Raymond Burke. Aucun lien n'était fait avec la rencontre entre Bannon et Martel mais la formulation de l'incise pouvait être perçue comme suggérant qu'un tel lien pouvait exister, « maladresse » que LifeSite a regrettée dans un communiqué paru aujourd’hui.

Le cardinal Burke a publié à ce sujet un communiqué qu'il m'a autorisée à traduire et à publier ici.

Communiqué du cardinal Burke
«  J'ai eu connaissance d'un article de LifeSiteNews mis en ligne le 24 juin – et depuis retiré – sous le titre : “Steve Bannon laisse entendre qu'il veut faire un film pour révéler l'homosexualité au Vatican” comportant une insinuation selon laquelle, en raison de mon association avec M.  Benjamin Harnwell du Dignitatis Humanae Institute,  j’étais d’une façon ou d'une autre impliqué dans une rencontre entre M. Bannon et M. Frédéric Martel, auteur du livre Sodoma,  afin de promouvoir une version cinématographique du livre de M. Martel. LifeSiteNews n'a pas prit contact avec moi pour vérifier ma possible implicatiopn.  Vu l'ensemble du contenu de cet article  est vu certaine déclarations qui y sont faites par M. Bannon, je dois éclaircir les points suivants : 
«  Je ne suis d'aucune manière d'accord avec l'évaluation de ce livre par M. Bannon. En outre, je ne pense aucunement que ce livre doive être porté à l’écran. Je suis en total désaccord avec nombre de déclarations de M. Bannon concernant la doctrine de la discipline de l'Eglise catholique romaine. Par-dessus tout, j'estime hautement  critiquable sa déclaration qui remet en cause la discipline de l’Eglise concernant la continence perpétuelle pour le clergé, en accord avec l’exemple et le désir du Christ, Chef et Pasteur de l’Eglise. 
«  Je n'ai jamais travaillé avec M. Bannon au sein de son organisation et je ne le fais pas davantage aujourd’hui. Je l'ai rencontré, à l’occasion, afin de parler de l'enseignement social de l’église à l'égard de certaines questions politiques, mais je  n’ai aucun dans son organisation. En le rencontrant, comme c'est le cas lorsque je rencontre d’autres leaders politiques, j'ai essayé de remplir ma mission sacerdotale : enseigner la foi et la morale en vue du bien commun. 
« J'ai été impliqué pendant quelques années dans le Dignitatis Humanae Institute en raison de son travail de soutien aux chrétiens qui dans la vie publique agissent dans le respect de la loi morale et œuvre donc à la promotion du bien commun. Il y a quelques semaines, j'ai été nommé président honoraire de cet institut. Ces derniers temps, l’institut s'est trouvé identifié de plus en plus avec le programme politique de M. Bannon. Bien que j’aie exhorté l'institut à revenir à son objectif initial, celui-ci ne l'a pas fait, comme il apparaît clairement à travers son implication dans cette dernière initiative de M. Bannon. J’ai donc, à effet immédiat, mis fin à toute relation avec le Dignitatis humanae Institute.
Raymond Leo Cardinal Burke

25 juin 2019
*
Dans un communiqué, LifeSite a répondu à ces déclarations pour préciser que l’article en question avait rapidement été retiré et qu’il n’y avait nullement eu volonté d’impliquer le cardinal Burke.
« Cependant, l’article faisait également mention du travail du cardinal Burke avec Benjamin Harnwell, qui a mis sur pied la rencontre entre Bannon et Martel. Et une phrase rédigée de manière maladroite a pu être lue par certains comme indiquant que le cardinal Burke avait eu quelque chose à voir avec la rencontre entre Bannon et Martel.« Nous ne cherchions d’aucune façon à laisser penser cela et nous avons retiré l’article pour cause de soucis relatifs à son manque de clarté. Nous n’avons pas pensé à contacter le cardinal Burke pour vérifier ce papier car celui-ci n’avait rien à voir avec lui.« Nous regrettons les torts qui ont pu être faits à Son Emincence du fait de la mention par nous de son nom. 
« A LifeSite nous avons toujours été disposés à faire des corrections lorsque nous faisons erreur, ou même lorsque nous avons laissé s’installer le flou. Nous n’avons jamais prétendu être parfaits et nous ne le sommes pas. Nous faisons simplement de notre mieux pour apporter la vérité. 
« Nous avons servi la foi, la vie et les mouvements pro-famille depuis quelque 23 ans. Nous continuerons de le faire du mieux que nous le pouvons. Nous aimons la vérité parce que nous aimons l’Auteur de la Vérité. Notre objectif est au bout du compte de diriger chacun vers la Vérité avec un V majuscule. 
« C’est pourquoi nous présentons nous excuses au cardinal Burke et l’engagement à prier pour lui. »
*
On aura compris qu’il y a une part de malentendu dans cette affaire.

Elle a permis au moins de mettre au jour un projet qui me semble fort inquiétant du côté de Bannon et Martel, d’une part, et d’autre part de permettre au cardinal Burke de faire la clarté sur ses relations actuelles avec Benjamin Harnwell.

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25 juin, 2019

Synode pan-amazonien : réunion discrète de cardinaux et évêques pour promouvoir leurs idées progressistes

Je vous propose ici une traduction rapide de l'article publié aujourd'hui par Maike Hickson sur LifeSiteNews à propos des manœuvres en cours dans certains cercles romains pour faire accepter leurs projets progressistes. Entre autres : la fin du célibat sacerdotal, un régime indigéniste pour les prêtres d'Amazonie, l'ordination des femmes… Ci-contre, une photo de Mgr Erwin Kräutler, cité en fin d'article. – J.S.

Un groupe de cardinaux et d'évêques qui participent à la préparation du synode sur l'Amazonie et qui sont favorables à la suppression du célibat sacerdotal, et qui affichent d'autres positions progressistes contraires à l'enseignement catholique pérenne, se réunissent en toute tranquillité près de Rome en vue de préparer le prochain synode, a révélé aujourd'hui à LifeSiteNews une source bien informée.

Les principaux participants à cette rencontre sont les cardinaux Lorenzo Baldisseri, Claudio Hummes, Walter Kasper, Christoph Schönborn, ainsi que les évêques Franz-Josef Overbeck et Erwin Kräutler. Le professeur Wolf (Münster) et Josef Sayer, ami et conseiller du cardinal Oscar Maradiaga, sont également présents. Mme Doris Wagner-Reisinger - cette ancienne religieuse dont les accusations à l'encontre d'un fonctionnaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi ont récemment été rejetées par un tribunal du Vatican – est également présente.

Le vaticaniste Marco Tosatti vient de publier son propre article sur cette rencontre secrète, confirmant ainsi notre propre source indépendante. Edward Pentin, correspondant à Rome pour le National Catholic Register a également confirmé les informations concernant cette rencontre.

« Une réunion secrète pour discuter de la stratégie en vue du prochain synode amazonien et impliquant principalement des prélats et des intellectuels de langue allemande a eu lieu aujourd'hui dans un monastère à Rome. Cardinaux Hummes, Baldisseri, Kasper, Schoenborn, Schoenborn y ont participé, +Krautler, +Overbeck de Essen. D'autres infos bientôt », a-t-il tweeté aujourd'hui.

Les participants à la rencontre préparatoire sont en favorables à un plan progressiste au sein de l'Église.

• Le cardinal Baldisseri a joué un rôle clef dans la préparation des deux synodes sur la famille qui ont abouti à l'exhortation apostolique Amoris laetitia du Pape François qui a soulevé l'idée de donner accès aux sacrements à certains couples « remariés ». Baldisseri avait parlé au Dr Frédéric Martel des méthodes du synode : « Notre ligne était essentiellement celle de Kasper. »

• Le cardinal Claudio Hummes est en faveur des prêtres mariés pour la région amazonienne, et souhaite qu'ils soient indigènes. Il a déclaré en 2016 : « Il ne devrait y avoir que du clergé, des prêtres et des évêques indigènes, y compris certains sans formation académique. »

• Le cardinal Walter Kasper est l'homme qui avait promu l'idée de donner la Sainte Communion à certains divorcés « remariés » sans qu'ils aient à changer leur mode de vie.

• Le cardinal Schönborn a dit un jour qu'il pouvait imaginer des prêtres et des évêques de sexe féminin, et il y a quelques jours seulement, il a affirmé que la cause de la crise des abus sexuels n'était pas la révolution culturelle des années 1960 (comme le pape Benoît XVI l'a récemment affirmé), mais « la fixation excessive de l'Eglise sur le sixième commandement » ainsi que les « systèmes clos ».

• Le professeur Hubert Wolf a récemment affirmé que « le célibat sacerdotal est un facteur de risque en ce qui concerne les abus[sexuels] ». Face à la crise des abus, ce théologien appelle à des « changements fondamentaux », y compris en ce qui concerne « l'accès au sacerdoce »
.
• Mgr Franz-Josef Overbeck a récemment déclaré qu'après le Synode sur l'Amazonie, « rien ne sera plus pareil » dans l'Eglise. Il espère une remise en question de l'enseignement de l'Église sur la sexualité et l'accès au sacerdoce. Overbeck est l'expert des évêques allemands pour l'Amérique latine et responsable des dons destinés à cette région, via l'organisation caritative des évêques allemands Adveniat.

• Mgr Erwin Kräutler est favorable aux prêtres mariés et à l'ordination des femmes. Il va même jusqu'à prétendre que le pape François serait ouvert à la possibilité d'ordonner des femmes.

LifeSiteNews a contacté les cardinaux Kasper et Schönborn pour obtenir leurs commentaires. Nous mettrons à jour cet article au fur et à mesure que nous recevrons plus d'informations.

Maike Hickson


© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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24 juin, 2019

Appel réussi contre l'avortement forcé d'une handicapée mentale au Royaume-Uni

Miracle… Une cour d'appel du Royaum-Uni a entendu l'appel de la mère de la jeune femme handicapée, enceinte de 22 semaines, qu'une juge de la soi-disant Court of Protection avait dédidé de contraindre à avorter malgré son propre désir de garder son enfant et l'accord sur ce point de sa propre mère, des services sociaux, et de l'avocat chargé de la défense des incapables majeurs.

C'est la NHS (service de santé socialisé britannique) qui réclamait l'avortement pour la patiente.

La juge, Justice Nathalie Lieven, avait estimé vendredi que la jeune handicapée mentale souffrirait davantage de devoir être séparée de son enfant si celui-ci devait être confié à l'adoption que de l'avortement tardif (l'avortement est légal jusqu'à 24 semaines en Grande-Bretagne).

On a appris grâce à une militante pro-vie nigériane que Lieven avait elle-même travaillé plusieurs années au service du lobby britannique de l'avortement, plaidant pour des associations de Planning familial et impliquée dans les affaires d'avortement les plus connues passées dans les cours britanniques. Elle a été nommée juge à la fin de 2018.

La mère, une Nigériane catholique, sage-femme à la retraite, était disposée à s'occuper de l'enfant de sa fille.

La décision des juges McCombe, King et Jackson a été rendue dans des délais très courts ; ils ont d'ailleurs indiqué qu'ils la motiveront plus tard.

C'est une nouvelle magnifique… une vie sauvée. A moins que, comme pour Vincent Lambert, cette affaire ne reçoive une suite judiciaire.

Les évêques catholiques d'Angleterre ont rompu leur silence à propos de l'affaire ce lundi matin seulement, avant la décision de la cour d'appel.

Voici l'essentiel de leur communiqué, signé par Mgr John Sherrington :

« Chaque avortement est une tragédie. Cette tragédie est aggravée par la récente décision judiciaire de la Cour de protection qui a statué qu'une mère, âgée d'une vingtaine d'années, ayant un trouble d'apprentissage “modérément grave” et qui souhaite garder son enfant à 22 semaines, doit subir un avortement.
« La mise au monde naturelle de son enfant est soutenue par sa mère – qui a dit qu'elle s'occuperait de l'enfant – son travailleur social et son équipe juridique.
« Obliger une femme à avorter contre sa volonté et contre celle de sa famille proche viole ses droits humains, sans parler du droit de son enfant à naître à vivre dans une famille qui s'est engagée à prendre soin de cet enfant. Dans une société libre comme la nôtre, il existe un équilibre délicat entre les droits de l'individu et les pouvoirs de l'Etat.
« C'est une décision triste et pénible pour toute la famille que nous gardons dans nos prières. Cette affaire, pour laquelle toute l'information n'est pas disponible, soulève de sérieuses questions quant à la signification de “l'intérêt supérieur”„ lorsqu'une patiente souffre d'un défaut de capacité mentale et qu'elle est assujettie à la décision du tribunal contre son gré. »
Voilà qui s'appelle protester mollement. « C'est le strict minimum. Pathétique », a déclaré le commentateur catholique Damian Thompson.

Dimanche, un évêque catholique d'Ecosse s'était davantage montré empli d'une sainte colère : « C'est une décision horrifique qui, ironie, réunit les pro-vie et les pro-choix », déclarait Mgr John Keenan, invitant chacun à pétitionner contre cette décision « mauvaise à tant de niveaux ».

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23 juin, 2019

Avortement forcé au Royaume-Uni pour une handicapée (et une anecdote personnelle)

Les spécialistes ont parlé : une jeune femme d'origine nigériane va être soumise à un avortement forcé au Royaume-Uni en raison de son handicap mental, et ce malgré l'opposition de sa propre mère, qui s'est pourtant engagée à s'occuper de l'enfant. La « cour de protection » de Londres chargée de prendre des décisions pour le compte ce qu'on appelle en France les « incapables majeurs » a suivi vendredi leur avis, passant outre les convictions catholiques des proches de la jeune femme et sa propre volonté de donner le jour à l'enfant qu'elle porte.
On ne sait pas bien comment la jeune femme s'est retrouvée enceinte ; une enquête policière est en cours.
La cour avait été saisie par des responsables de la NHS (National Health Service), le système de santé socialisé du Royaume-Uni, dans le but de faire ordonner l'avortement. Ils ont expliqué que la poursuite de la grossesse risquait de rendre la jeune femme psychotique et qu'elle vivrait très mal l'accouchement de la césarienne faute de bien comprendre ce qui lui arriverait.
Tous les détails sont terrifiants dans cette affaire caractéristique du véritable totalitarisme de la culture de mort : cette « tyrannie bienveillante » qui prétend œuvrer pour le bien de tous, y compris et surtout en donnant la mort.
Ainsi, le juge Lieven a-t-elle longuement justifié sa décision en reconnaissant ce qu'elle avait d’« intrusif » et de difficile : elle a suivi l'avis d'experts pour qui le fait de mettre un terme à cette grossesse traumatiserait moins la jeune femme que la décision de confier l'enfant à l'adoption.
Mais la proposition de la grand-mère du bébé de s'en occuper a été rejetée par la cour. Cette femme, catholique affirmée, sage-femme qui plus est, était prête à joindre les actes à ses convictions pro-vie solidement ancrées. Elle s'estimait parfaitement à même de prendre soin de l'enfant et de l'aimer, en se faisant évidemment aider de sa fille, âgée d'une vingtaine d'années, qui vit chez elle.
C'était d'ailleurs aussi l’avis d'une travailleuse sociale qui s'occupe de la jeune femme enceinte.
Les avocats de la grand-mère ont plaidé pour la vie de l'enfant à naître, et d'après ce que l'on sait malgré le huis clos qui protège l'identité de tous les acteurs de cette tragédie, l'intéressée elle-même souhaite mener sa grossesse à terme. La jeune fille était par ailleurs représentée par des avocats intervenant au titre du bureau de l’« Official Solicitor » chargé de défendre en justice les intérêts des personnes souffrant d'un handicap mental : Susanna Rickard, responsable de cette équipe de juristes, a estimé devant la cour qu'il était dans l'intérêt de la jeune femme de mener sa grossesse à terme.
Mme le juge Lieven a expliqué ne pas être sûre que les travailleurs sociaux qui s'occupent de la jeune femme soient d'accord pour « tolérer une telle situation » en raison de ses problèmes comportementaux.
Présentant un âge mental de six à neuf ans, souffrant également de troubles de l'apprentissage et de l'humeur, elle risquerait de se retrouver obligée par les services sociaux à quitter sa propre mère dans les intérêts de l'enfant, a insisté le juge. A l'inverse, le bébé pourrait devoir être placé dans une famille d'accueil ou confié à l'adoption.
Cela fait déjà beaucoup d'hypothèses mais la magistrate en a ajouté encore une relevant de son propre avis : elle pense que la jeune mère aurait davantage encore à souffrir si le bébé était éloigné que si on met un terme à la grossesse.
Elle a eu cette phrase d'anthologie : « Je pense qu'elle souffrirait un plus grand traumatisme de ce qu'on lui enlève le bébé : à ce stade là, ce serait un vrai bébé. »
Parce qu'à 22 semaines de grossesse, cet enfant ne serait donc pas un « vrai bébé » ?
Mais alors, qu'est-ce ?
La juge a ajouté : « Bien que la grossesse soit réelle pour elle, il n'y a pas de bébé en dehors de son corps qu'elle peut toucher. » Il faut croire que Mme Lieven n'a jamais attendu d'enfant…
« Je suis vivement consciente de ce que le fait pour l'Etat d'ordonner à une femme de subir un avortement lorsqu'il semblerait qu'elle n'en veut pas constitue une énorme intrusion. Je dois agir au service de ses intérêts bien compris et non en fonction de la manière dont la société considère l'avortement », a-t-elle également déclaré.
La jeune femme n'avait aucune idée de ce que « voulait dire » le fait d'avoir un bébé, a ajouté le juge dans sa décision, avec cette précision condescendante : « Je crois qu'elle aimerait avoir un bébé de la même manière qu'elle aimerait avoir une jolie poupée. »
Donc, on élimine, sur ordre de l'Etat…
Avant que la décision ne fut rendue vendredi,  SPUC britannique, la plus ancienne association de protection des enfants à naître face aux crimes de l'avortement, qualifiait ainsi la prétention des médecins de la NHS d'obtenir un avortement forcé pour cette patiente en raison de son handicap mental  :
« C'est un scandale qui devrait choquer n'importe quelle personne sensée. On atteint là un niveau de cruauté et de barbarie qui fait penser à la manière dont des personnes handicapées mentales étaient traitées dans les années 1930 en Allemagne nazie. Obliger quiconque à avorter est odieux ; le faire au nom de la médecine étend une méconnaissance totale des valeurs religieuses et culturelles de la mère remet en question les structures de la loi et de la justice dans notre société », a déclaré un porte-parole de l'association, John Deighan.
Cette affaire me rappelle le souvenir d'une histoire vraie que me racontait mon père.
En poste à l'ambassade des Pays-Bas à Londres au tout début des années 1960, il s'était trouvé confronté au cas d'une jeune fille Néerlandaise handicapée mentale, et, je crois, mineure, qui pour une raison pour une autre s'était retrouvée à Londres. On l'avait internée dans une institution – mixte – pour déficients mentaux, et c'est dans ce cadre supposément surveillé qu'elle était tombée enceinte.
Mon cher Papa, l'an dernier,
60 ans plus tard…
16-05-1919  -  12-08-2018
Déjà à cette époque-là, les autorités sanitaires et sociales n'avaient qu'une « solution » en tête : faire soumettre la jeune femme à l'avortement. Mais du fait de sa nationalité, il avait été fait appel à l'ambassade pour joindre sa famille et obtenir les autorisations. Mon père l'avait rencontrée, et avait pu parler avec elle de l'enfant qu'elle attendait.
Le hasard – ou la Providence – a voulu que mon père se rende rapidement compte qu'il avait été avant la guerre en classe avec le père de la jeune fille, un homme désormais assez connu du fait de sa réussite dans les affaires.
Outré par le projet d'avortement, mon père a remué ciel et terre pour entrer en contact avec ce vieux camarade perdu de vue. Ayant réussi, il a plaidé la cause de la jeune mère et de son enfant, expliquant qu'elle serait malheureuse pour le restant de ses jours si on lui faisait subir le traumatisme d'un avortement, mais ajoutant aussi que son père – le vieil ami – ne se le pardonnerait jamais.

Il avait, faut-il le préciser, des convictions solides et une foi contagieuse.
Et ainsi, l'enfant fut sauvé. 

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20 juin, 2019

Synode pan-amazonien : non, les tribus de l'Amazonie ne sont pas de « Bons Sauvages » corrompus par l'Occident (Steve Mosher)

Non, les tribus d'Amazonie ne sont pas les « bons sauvages » que dépeignent le Document préparatoire et l'Instrumentum Laboris pour le synode pan-amazonien qui se déroulera à Rome au mois d'octobre. Ces textes voudraient faire passer la colonisation pour responsable de la perte de l'équilibre et du « bien vivre » que ces peuples autochtones auraient trouvé dans leurs rapports avec la nature. Peu avant la parution de l'Instrumentum Laboris, lundi, LifeSiteNews publiait un commentaire du Document préparatoire paru en 2018 et dont la tonalité est très similaire.

Ce commentaire, nous le devons au sociologue américain Steve Mosher, qui a tenu à réduire à néant ce mythe des tribus « pacifiques » corrompues par l'Occident. Son texte est roboratif.

Steve Mosher est le premier sociologue américain à avoir pu se rendre en Chine pour constater l'œuvre de la révolution culturelle : il était alors athée et pro-avortement. L'assistance à un avortement forcé l'avait bouleversé ; il s'est converti à la religion catholique et, toujours spécialiste de la Chine, a également fondé le Population Research Institute qui lutte contre les entreprises malthusiennes de contrôle de la population à travers le monde.

Je vous propose ici ma traduction rapide de ce texte publié le 13 juin dernier. – J.S.



A l'approche du Synode pan-amazonien de 2019, prévu en octobre, les organisateurs révèlent de pus en plus ouvertement leurs objectifs. Au nom de ce qu'il faudrait apprendre des peuples tribaux d'Amazonie et de leur protection, le synode semble vouloir promouvoir un écologisme radical qui confine au culte de la nature, sans parler d’une présentation romantique des chasseurs-cueilleurs eux-même, promus au rang de Bons Sauvages.

Les peuples autochtones vivant dans le bassin amazonien offrent, selon le Document préparatoire, « modèle de développement alternatif, intégral et solidaire, basé sur une éthique qui inclut la responsabilité pour une authentique écologie naturelle et humaine ». Et surtout, poursuit le document, ils méritent d'être loués pour leur supposée « spiritualité et sagesse » :

« Pour les peuples autochtones d’Amazonie, le “bien vivre” existe lorsqu’ils sont en communion avec les autres personnes, avec le monde, avec les êtres qui les entourent, et avec le Créateur. Les peuples autochtones, en effet, vivent dans la maison que Dieu lui-même a créée et leur a donné en cadeau : la Terre. Leurs diverses spiritualités et croyances les incitent à vivre en communion avec la terre, avec l’eau, avec les arbres, avec les animaux, avec le jour et la nuit. Les anciens sages, appelées indifféremment payés, mestres, wayanga ou chamanes – entre autres – encouragent l’harmonie des personnes entre elles et avec le cosmos » [Pape François, Discours à Puerto Maldonado, NDT].

C’est du lourd.  On pourrait presque y voir la description d’une sorte de jardin d'Eden – avant la faute, bien sûr – un jardin peuplé exclusivement de nouveaux Adam et de nouvelles Eve.

Mais la forêt amazonienne est-elle vraiment une sorte de paradis sur terre ? Et les chasseurs-cueilleurs primitifs qui y vivent depuis des siècles – en harmonie avec le cosmos lui-même, nous dit-on – sont-ils réellement les êtres sages et spirituels qu’on nous décrit? Sont-ils plus purs, plus nobles ou tout simplement meilleurs que nous, Occidentaux enténébrés ?

En tant qu’anthropologue ayant vécu dans le monde moins développé pendant de nombreuses années et qui ai visité des peuples tribaux en Papouasie-Nouvelle-Guinée et ailleurs, je dis qu’il y a tricherie.

Certaines parties du Document préparatoire sont vraies ; d'autres sont nouvelles. Malheureusement, les parties qui sont vraies ne sont pas propres aux Amazoniens, alors que les parties qui leur attribuent des vertus nouvelles et uniques sont tout simplement fausses.

Prenons l’affirmation selon laquelle les habitants de la forêt tropicale vivent dans une sorte de « communion » avec le « sol, l’eau, les arbres et les animaux », qui serait unique parmi les peuples. Il est clair que cette attitude générale de respect de la nature n’est pas l’apanage des Amazoniens. Tous les chrétiens croyants sont conscients de vivre « dans la maison que Dieu lui-même a créée et leur a donné en cadeau ».

Je crois me rappeler que c'est un catholique italien, et non un « sage » amazonien, qui a le mieux exprimé cette attitude de louange et d'action de grâce pour les merveilles de la création de Dieu que nous admirons tous. On pourrait penser qu’un Vatican dirigé par un admirateur de saint François le comprenne.

L’affirmation selon laquelle les Amazoniens sont en quelque sorte en droit de revendiquer une vertu unique est tout aussi frauduleuse. Il se peut qu’il y ait d’« anciens sages » – il s’agit invariablement d’hommes, soit dit en passant – qui courent dans la forêt tropicale pour promouvoir l'harmonie des gens entre eux et avec le cosmos (quoi que cela veuille dire), mais l'histoire suggère le contraire.

Lors de leur première arrivée au XVIe siècle, les Européens ont trouvé les tribus amazoniennes dans un état de guerre constante. De « sages aînés » menaient des raids sur les colonies voisines, dans le but de capturer des femmes et des territoires. La pratique du cannibalisme n'était pas rare et fournissait un autre motif pour faire la guerre aux peuples voisins.

Selon une étude réalisée en 2012 par l'anthropologue Robert Walker de l’Université du Missouri, environ un tiers de tous les décès parmi les tribus amazoniennes avant l'arrivée des Européens étaient dus à des conflits violents. « Les mêmes raisons – la vengeance, l'honneur, le territoire et la jalousie à à propos des femmes – qui ont alimenté les conflits meurtriers en Amazonie continuent d’alimenter la violence dans le monde d'aujourd’hui », affirme Walker.

En d’autres termes, les peuples de l’Amazonie, plutôt que d’être des avatars représentant ce que notre nature a de meilleur, étaient frappés des mêmes insuffisances pécheresses que l'humanité en général. Ils n’étaient – et ne sont – ni meilleurs ni pires que nous tous.

Alors, qu’est-ce qui a mis fin à ce cycle mortel de violence et de mort ?

Selon Walker, ce n’est rien d'autre que « la propagation du christianisme et l'imposition de structures juridiques nationales ».

A mesure que les missionnaires européens commençaient à atteindre l’intérieur des terres, le niveau de violence a commencé à baisser, alors que bon nombre de ces tribus primitives ont appris le Cinquième Commandement et se sont converties au catholicisme. Le « tu ne tueras point » a été renforcé par la mise en place de gouvernements nationaux – Brésil, Pérou, Venezuela, etc. – qui fronçaient également les sourcils lorsque les peuples sous leur juridiction s’entretuaient et, dans certains cas, se dévoraient entre eux.

En d’autres termes, ce qui a mis fin à la violence, c’est l'arrivée de la civilisation chrétienne.
Aujourd'hui, les descendants actuels de ces mêmes missionnaires, des prélats comme le cardinal Pedro Barreto, veulent inverser ce processus. Au lieu de continuer à convertir les peuples amazoniens, ils veulent, sous des aspects importants, que le peuple amazonien nous convertisse.
Ce manque d’engagement pour l’évangélisation s’illustre le mieux dans le point de vue des organisateurs du Synode sur ce que l’on appelle « les peuples autochtones en isolement volontaire ». (PIAV). Ce sont des tribus qui se sont retirées dans les endroits les plus inaccessibles de la forêt tropicale afin d’éviter tout contact avec le monde extérieur. On estime à environ 150 le nombre de ces tribus, dont la plupart comptent quelques centaines de personnes.

Le Réseau ecclésial pan-amazonien (REPAM), qui organise le Synode amazonien, a consacré beaucoup de temps et d’énergie à promouvoir le droit de ces tribus à vivre dans un isolement total. De fait, le principal objectif de la réunion du REPAM l’an dernier à Puerto Maldonado, au Pérou, était précisément de discuter de la manière de faire en sorte que les tribus indigènes qui se coupent du reste du monde puissent être « protégées » des contacts avec la société, y compris l'Eglise catholique, afin de « vivre en liberté ».

C’est une prise de position qui me semble très étrange de la part d’un membre de l’Eglise catholique – une Eglise qui existe pour le salut des âmes. Le REPAM soutiendrait-il que saint François Xavier a eu tort d’essayer d'évangéliser la Chine, qui à l'époque préférait vivre dans l'isolement ?
La tâche d’évangélisation qu’impose le « grand envoi en mission » ne souffre pas qu’il y ait des exceptions à ce que l’on appelle à juste titre le « principe d »universalité ». Jésus-Christ n'a pas dit : « Faites de toutes les nations des disciples, mais laissez tomber les peuples qui choisissent de vivre dans l'isolement. »

Pourtant, les organisateurs du Synode amazonien croient apparemment qu’il vaut mieux laisser tranquilles les bons sauvages – pour reprendre l’expression de Rousseau – de la forêt amazonienne. L'idée semble être qu’il vaut mieux les aider à maintenir leur propre identité ethnique, culturelle et religieuse, les rites païens et tout le reste, plutôt que de leur enseigner, à eux et à leurs enfants, la grâce salvifique de l'Evangile.

Il n’est donc pas surprenant que l’aspect de l’Amazonie dont les organisateurs du synode sont particulièrement amoureux est que ses centaines de tribus et de langues différentes en font un paradis « multi-ethnique, multiculturel et multi-religieux ».

On pourrait imaginer que le fait d’être « multireligieux » ne soit pas le genre de chose que des cardinaux catholiques comme Barreto puissent applaudir, puisque l’Église existe pour proclamer « l’unique vraie foi ».

Mais ce n’est plus, apparemment, ce que certains dirigeants de l’Eglise croient aujourd'hui.  Si « toutes les religions sont voulues par Dieu », alors il est évidemment ethnocentrique de donner la primauté à la sienne.

Je suppose que nul parmi nous ne devrait en être surpris. Après tout, il est clair depuis longtemps que le principal centre d'intérêt du synode n’est pas du tout la foi catholique, mais plutôt l’élaboration de ce que l’on appelle « une éthique qui inclut la responsabilité pour une authentique écologie naturelle et humaine ».

A la lecture du Document préparatoire, un tel « code éthique » sonne presque comme une religion à part entière.

Pour beaucoup, bien sûr, c'est le cas.

Steve Mosher

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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L’Instrumentum Laboris du synode sur l’Amazonie : au service du néo-paganisme

Voici une passionnante critique synthétique de l’Instrumentum Laboris en vue du prochain synode pan-amazonien. J’en publie ma traduction avec l’aimable autorisation de son auteur, José Antonio Ureta de l’Institut Plinio Corrêa de Oliveira – de l’association Tradition, Famille, Propriété – dont l’implantation sud-américaine lui a permis de connaître et d’étudier de près la théologie du peuple et la théologie indienne.

Le commentaire de José Antonio Ureta a d’abord paru en anglais sur le blog du vaticaniste Edward Pentin.

C’est un véritable néo-paganisme qui est promu, à travers la glorification de la spiritualité indigène. De mon côté, j’ai commencé à traduire et commenter les éléments les plus significatifs de l’Instrumentum Laboris et poursuivrai ce travail dès que possible. – J.S.

*

Le Synode au service néo-paganisme 

Le journaliste Edward Pentin du National Catholic Register a eu la gentillesse de me demander mes premières impressions sur l'Instrumentum Laboris pour la prochaine Assemblée Extraordinaire du Synode des Évêques, rendu public lundi. Je suis heureux de le faire en tant qu'éditorial pour le site panamazonsynodwatch.org.

A mon avis, l'Instrumentum Laboris représente l'ouverture en grand des portes du Magistère à la théologie et à l'éco-théologie indiennes, toutes deux des dérivées latino-américaines de la Théologie de la Libération (TL). Les tenants de celle-ci, après la chute de l'URSS et l'échec du « socialisme réel », ont attribué aux peuples indigènes et à la nature, selon une clef de lecture marxiste, le rôle historique de la force révolutionnaire.

Comme la TL, l'Instrumentum Laboris prend comme base de ses élucubrations non pas la Révélation de Dieu contenue dans la Bible et dans la Tradition, mais la réalité de la prétendue « oppression » à laquelle l'Amazonie serait soumise. De simple zone géographique et culturelle, la voici transformée en « interlocutrice privilégié », en « lieu théologique », un « lieu épiphanique », en « source de la révélation divine » (n° 2, 18 et 19).

Du point de vue théologique, l'Instrumentum Laboris recommande non seulement l'enseignement de la théologie indienne « dans toutes les institutions éducatives » en vue d’« une meilleure et plus grande compréhension de la spiritualité indigène », et afin de « prendre en considération les mythes, traditions, symboles, rites et célébrations originels » (n° 98), mais il en reprend tous les principes dans le document. En d'autres termes, les « semences de la Parole » ne sont pas seulement présentes dans les croyances ancestrales des peuples autochtones, mais elles ont déjà « poussé et porté du fruit » (n° 120), de sorte que l'Eglise, au lieu d’accomplir l'évangélisation traditionnelle qui cherche leur conversion, doit se limiter au « dialogue » avec eux puisque « le sujet actif de l'inculturation, ce sont les peuples autochtones eux-mêmes » (n° 122).

Dans ce dialogue inter-culturel, l'Eglise doit aussi s'enrichir des éléments clairement païens et (ou) panthéistes de ces croyances, tels « la foi en Dieu Père-Mère créatrice », « les relations avec les ancêtres », « la communion et l'harmonie avec la terre » (n° 121) et la connexion avec « les différentes forces spirituelles » (n° 13). Même la sorcellerie n’est pas exclue de cet « enrichissement ». Selon le document, « la richesse de la flore et de la faune de la forêt contient de véritables “pharmacopées vivantes” et des principes génétiques inexplorés » (n° 86). Dans ce contexte, « les rituels et cérémonies indigènes sont essentiels pour la santé intégrale car ils intègrent les différents cycles de la vie humaine et de la nature. Ils créent l'harmonie et l'équilibre entre les êtres humains et le cosmos. Ils protègent la vie contre les maux qui peuvent être causés à la fois par les êtres humains et les autres êtres vivants. Ils aident à guérir les maladies qui nuisent à l'environnement, à la vie humaine et aux autres êtres vivants » (n° 87).

Sur le plan ecclésiologique, l'Instrumentum Laboris est un véritable tremblement de terre pour la structure hiérarchique donnée à l'Eglise par mandat divin. Au nom de l'« incarnation » dans la culture amazonienne, le document nous invite à reconsidérer « l'idée que l'exercice de la juridiction (pouvoir du gouvernement) doive être lié dans tous les domaines (sacramentel, judiciaire, administratif) et de manière permanente au sacrement de l'ordre » (n° 127). Il est inconcevable que le document de travail d'un Synode puisse remettre en question une doctrine de foi, telle que la distinction, dans la structure de l'Église, entre clercs et laïcs, affirmée dès le premier Concile de Nicée et fondée sur la différence essentielle entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel des religieux, qui a ses racines dans la succession apostolique, et qui est doté de pouvoirs sacrés.

L'appel à reconsidérer le caractère obligatoire du célibat (n° 129 § 2) et, en outre, la demande d'identifier quel type de « ministère officiel » peut être conféré aux femmes (§ 3), font partie de cette dilution du sacerdoce catholique pour en faire quelque chose de semblable au « sacerdoce » du pasteur protestant. Le cardinal Joseph-Albert Malula du Zaïre et l'évêque Samuel Ruiz du Chiapas ont dû se retourner dans leurs tombes en voyant que les projets qu'ils ont essayé de mettre en œuvre (et qui ont été vite stoppés par le Vatican) sont maintenant proposés dans un Synode qui, selon ses organisateurs, a une certaine valeur universelle.

D'un point de vue écologique, l'Instrumentum Laboris représente l'acceptation par l'Eglise de la divinisation de la nature promue par les conférences des Nations unies sur l'environnement.

En effet, dès 1972, à Stockholm, des documents officiels de l’ONU indiquaient que l'homme avait mal géré les ressources naturelles, principalement en raison d'une « certaine conception philosophique du monde ». Alors que les « théories panthéistes… attribuaient aux êtres vivants une partie de la divinité… les découvertes de la science ont conduit à… une sorte de désacralisation des êtres naturels », pour laquelle la meilleure justification a été trouvée « dans les conceptions judéo-chrétiennes selon lesquelles Dieu aurait créé l'homme à son image et lui aurait donné la terre à soumettre ». A l’inverse, selon l'ONU, les pratiques du culte des ancêtres « constituaient un rempart pour l'environnement, dans la mesure où les arbres, ou cours d'eau, étaient protégés et vénérés comme réincarnation des ancêtres » (Aspects éducatifs, sociaux et culturels des problèmes de l'environnement et questions de l'information, ONU, Assemblée générale, Stockholm, 5-6 juin 1972, A/CONF.48.9, p.8 et 9).

En outre, dans le discours de clôture de l'Eco92 de Rio de Janeiro, le Secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali, a déclaré que « pour les anciens, le Nil était un Dieu à vénérer, ainsi que le Rhin, source infinie des mythes européens, ou la jungle amazonienne, mère des jungles. Partout, la nature était la demeure des dieux. Ils ont donné à la jungle, au désert, à la montagne, une personnalité qui imposait l'adoration et le respect. La Terre avait une âme. La trouver, la ressusciter, telle est l'essence même de [la Conférence inter-gouvernementale de Rio] » (A/CONF.151/26, vol. IV, p. 76).
Ce programme néo-païen de l'ONU est désormais proposé par une Assemblée synodale de l'Eglise catholique !

L'Instrumentum Laboris, citant un document bolivien, affirme que « la forêt n'est pas une ressource à exploiter, c'est un être ou plusieurs êtres avec lesquels se relier » (n° 23), et il poursuit en affirmant : « La vie des communautés amazoniennes non encore affectées par l'influence de la civilisation occidentale (sic !) se reflète dans la foi et dans les rites relatifs à l'action des esprits, de la divinité – à qui l’on donne tant de noms différents – avec et dans le territoire, avec la nature et dans la relation avec elle. Cette cosmovision est recueillie dans le “mantra” de François : “Tout est lié” (n° 25). »

Du point de vue économique et social, l'Instrumentum Laboris est une apologie du communisme, déguisé en « communautarisme ». C’est en outre la pire forme de communisme : le collectivisme des petites communautés. En effet, selon le document, le projet du « bien vivre » (sumak kawsay) des aborigènes suppose  qu'il y a « une intercommunication à l’intérieur de tout le cosmos, où il n'y a ni excluants ni exclus ». La note explicative à propos du mot indigène renvoie à une déclaration de plusieurs entités indigènes, intitulée « Le cri du sumak kawsay en Amazonie », qui affirme que ce mot « est la Parole la plus ancienne et la plus nouvelle » (avec un P majuscule dans le texte ; c'est-à-dire, une Révélation divine) qui nous propose « un style de vie communautaire avec un seul et même SENS, PENSER et AGIR » (ici également, les majuscules sont dans le texte).

Cette phrase nous rappelle la dénonciation par Plinio Corrêa de Oliveira, en 1976, du tribalisme indigène comme une nouvelle étape encore plus radicale de la Révolution anarchique : « Le structuralisme voit dans la vie tribale une synthèse illusoire entre l’apogée de la liberté individuelle et du collectivisme consensuel, dans lequel ce dernier finit par dévorer la liberté. Dans un tel collectivisme, les différents « moi » et personnes individuelles, avec leur pensée, leur volonté, leur sensibilité et manières d'être, caractéristiques et divergentes, se fondent et se dissolvent, selon eux, dans la personnalité collective de la tribu qui engendre une pensée, une volonté, et manière d’être intensément communes ».

Ce que propose l'Instrumentum Laboris n'est pas autre chose, en définitive, qu’une invitation à l'humanité à faire le dernier pas vers l'abîme final de la Révolution anti-chrétienne : l'anarcho-primitivisme de John Zerzan et du terroriste Unabomber.

José Antonio Ureta

© leblogdejeannesmits pour la traduction.



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