14 août, 2019

Le cardinal Burke dénonce l’« apostasie » véhiculée par l’“Instrumentum laboris” en vue du synode sur l’Amazonie

Le cardinal Raymond Burke a rejoint les cardinaux Walter Brandmüller, Gerhard Müller (également ici) et George Pell pour condamner vigoureusement l’Instrumentum laboris en vue du prochain synode sur l’Amazonie qui doit se dérouler à Rome du 6 au 27 octobre. Pire qu’hérétique, le cardinal américain a taxé ce document d’« apostasie » lors d’un entretien audio avec le journaliste Patrick Coffin, publié en anglais ici sur YouTube le 13 août.
A la question de savoir si l’Instrumentum laboris pourrait « devenir définitif » pour l’Eglise catholique, le cardinal Burke a répondu :
« C’est impossible. Le document est une apostasie. Cela ne peut pas devenir l'enseignement de l'Eglise, et si Dieu le veut, on mettra fin à toute cette affaire. »
Si les initiatives des responsables de la préparation du synode visent notamment à promouvoir le diaconat des femmes et la possibilité d’ordonner prêtres des hommes mariés dans l’Eglise latine, éléments en quelque sorte les plus voyants, c’est dans son ensemble que le document de travail s’éloigne de manière spectaculaire de la doctrine catholique.
L’éclairage apporté par le cardinal Burke sur la définition de l’hérésie et de l’apostasie permet de mieux saisir ce qui est en train de se tramer.
« L'hérésie est le déni, le déni conscient et volontaire d'une vérité de foi. Il s’agit, par exemple, du prêtre Arius qui a renié les deux natures pour une seule personne de Notre Seigneur Jésus Christ. Ainsi, l'hérésie vise une vérité particulière niée par une personne déterminée, alors que l'apostasie est un rejet d’ensemble de la foi, un éloignement du Christ d’une manière générale, et des nombreuses vérités de la foi », a-t-il déclaré.
Cela rejoint l’analyse du cardinal Brandmüller qui a qualifié l’Instrumentum laboris d’à la fois hérétique et apostat, tandis que le cardinal Müller a dénoncé le « faux enseignement » de ce document qui a été approuvé par les autorités synodales en vue d’être soumis à la discussion des évêques à l’automne prochain. Le cardinal George Pell, dans une lettre publiée par Sandro Magister, écrivait quant à lui depuis sa prison australienne :
« Je suis d’accord pour dire que nous avons des raisons d’être préoccupés par l’Instrumentum laboris du synode sur l’Amazonie. Ce n’est pas le premier document de mauvaise qualité issu du secrétariat du synode. Le cardinal G. Müller, l’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a rédigé une excellente critique. Je ne suis pas un expert de la région mais j’ai été à Iquitos dans le Pérou amazonien où un prêtre de Sydney, le P. John Anderson dirige une paroisse d’une piété, d’une activité pastorale et d’une orthodoxie exemplaires. Comme dans le fleuve Amazone, beaucoup d’eau coulera encore sous les ponts avant le synode.
« Mais un point est fondamental. La Tradition Apostolique, les enseignements de Jésus et des apôtres, tirés du Nouveau Testament et enseignés par le Magistère des Papes et des Conciles, constituent l’unique critère doctrinal en matière doctrinale et pratique. Amazonie ou pas, en tout lieu de la terre, l’Eglise ne peut permettre qu’une confusion, et encore moins un enseignement contraire, n’abîme la Tradition Apostolique. »
Au cours de son entretien avec Patrick Coffin, le cardinal Burke a également dénoncé les médias qui se « glorifient » de ce qu’ils appellent les options « révolutionnaires » du pape François. Rappelant que la fonction pontificale n'est pas révolutionnaire, Burke a affirmé que la fonction première du pape est de « sauvegarder la doctrine de la Foi et la discipline de l'Eglise afin d'être le principe et le fondement de l'unité dans l'Eglise ».
Et d’ajouter : « Si vous me disiez que le Pape est un révolutionnaire, je serais très inquiet parce que cela n'a rien à voir avec la papauté. »
Commentant l’entretien du cardinal Burke du 13 août, Martin Barillas de LifeSiteNews a rappelé la satisfaction de Leonardo Boff, théologien de la libération, devant l’élection du pape François.
Boff a ainsi déclaré qu'il considère l'élection du pape François comme marquant un « printemps » de l’Église catholique. Dans son livre François de Rome et François d'Assise, il se dit convaincu de ce que le Pape François incarne la théologie de la libération en raison de son « dévouement » aux pauvres. Il a déclaré par ailleurs que l'ordination des hommes mariés pourrait être un résultat du synode. Dans une interview accordée à Deutsche Welt citée par Barillas, Boff attribue au pape le mérite d’avoir déclenché une « révolution » dans l'Eglise.
« La théologie de la libération a été explicitement condamnée par Jean-Paul II en1985 pour avoir cherché à réconcilier les préceptes marxistes avec les enseignements catholiques dans le but a d'aider les pauvres, surtout en Amérique latine », rappelle Barillas.
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Leonardo Boff, qui aurait participé selon ses propres dires à la rédaction de l’encyclique Laudato si’, est également considéré comme le « théologien de référence » du synode sur l’Amazonie.


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01 août, 2019

Stanisław Grygiel, philosophe ami de Jean-Paul II, dénonce la destruction de l'Institut Jean-Paul II

Le grand vaticaniste Aldo Maria Valli vient d’interviewer le Pr Stanisław Grygiel, grand ami de Jean-Paul II, sur la destruction de l’Institut Jean-Paul II sur la famille et le mariage. Je vous propose ici une traduction de travail intégrale de cet entretien paru sur le blog d’Aldo Maria Valli, Duc in altum. – J.S.







***

Entretien avec de Stanisław Grygiel :
« On ne rénove pas sa maison en la détruisant. »

Chers amis de Duc in altum, je suis particulièrement heureux de vous offrir aujourd'hui une interview exclusive du Professeur Stanisław Grygiel, philosophe polonais, grand ami de Saint Jean Paul II et jusqu'à récemment, avant son éloignement, professeur à l'Institut Théologique Pontifical fondé par le Pape Wojtyła lui-même. Une vaste interview, dans laquelle le professeur Griygiel évoque les événements dans lesquels il a été impliqué, mais où il explique surtout ce qui constitue, selon lui, la nature de la crise actuelle de l'Eglise. Il prononce des paroles très claires : « L'Eglise d'aujourd'hui a besoin d'un Moïse qui, porté par la colère du Dieu miséricordieux, à qui il parle dans la montagne, va passer par le feu et par l'épée tous ces veaux d'or adorés par le peuple –  avec l'autorisation de tant de pasteurs – pour y chercher le bonheur. »

*

Professeur Gygiel, vous avez parlé de « pragmatisme théologique » par rapport à la théologie dominante actuelle. Qu'entendez-vous par cette expression et quels sont les objectifs d'un tel pragmatisme ?

Le principe marxiste de la pensée est le suivant : la praxis précède et détermine le logos, c'est-à-dire de la vérité. Elle a ainsi bouleversé non seulement la vie intellectuelle du monde occidental, mais aussi la vie de l'Église catholique. Je me souviens des années 1966-67 passées à l'Université Catholique de Louvain en Belgique et de nombreuses leçons de théologie et de philosophie faites selon ce principe. Il en est résulté une théologie pragmatique et une pastorale tout aussi pragmatique, qui ont commencé non pas avec la Personne du Christ, mais avec la description sociologique des différents comportements des hommes. Si la majorité divorce, alors… Beaucoup de théologiens et, malheureusement, beaucoup de pasteurs de l'Église catholique  également, oublient de parler avec le Fils du Dieu vivant. Ils manquent de foi, dans le sens où ils manquent de confiance en la Personne du Christ et, par conséquent, de foi en l'homme.

L'Union soviétique, ne parvenant pas à conquérir l'Europe occidentale par des moyens militaires, a essayé de pénétrer la mentalité des intellectuels, afin de pouvoir la soumettre aux ordres des seigneurs de ce monde. Elle a parfaitement réussi, comme on le voit aujourd'hui, alors que nous vivons les conséquences désastreuses de cette action astucieuse des agents communistes et de leurs « idiots utiles » occidentaux.

Nous savons que vous avez été exclu, avec d'autres enseignants, de l'Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille. Au-delà de votre cas particulier, qu'enseigne cette affaire ? Pourquoi cette révolution ?

Je ne peux pas cacher la douleur que m'a provoqué le fait que l'Institut fondé par Saint Jean Paul II ait été démantelé il y a deux ans. Le licenciement des professeurs est un acte conforme à cette décision. Donc cela ne me surprend pas. Je regrette seulement la confusion dans laquelle sont tombés les élèves et dans laquelle ils se sentent perdus. Quelqu'un s'en rendra compte un jour. Saint Jean Paul II a préparé avec ferveur et passion les premiers professeurs pour cette grande mission. Quelques mois avant la fondation de l'Institut, il nous a invités dans son appartement pour méditer avec nous sur la situation dans laquelle se trouvait non seulement l'Église mais aussi le monde. Il voulait créer un Institut dans lequel la théologie naîtrait de l'expérience morale de la personne humaine et du Verbe divin où la vérité de l'homme a été pleinement révélée. Il n'est donc pas étonnant qu'à cette époque, nous ayons médité en priant et prié en méditant. Devant Dieu et devant l'homme qui brûle de lui, comme le buisson sur la montagne dans le pays de Moriah, nous devons nous agenouiller. Sinon, nous ne comprendrons pas « l'univers et l'histoire » (cf. Redemptor hominis, 1).

J'avoue que je ne comprends pas pourquoi les exécuteurs de la décision du pape d'abolir l'Institut fondé par saint Jean Paul II parlent d'approfondir, d'élargir et d'élargir l'enseignement de Jean Paul II. On ne rénove pas une maison en la détruisant, y compris ses fondations. Il vaudrait mieux parler clairement et sans ambages selon le commandement de l'Évangile : « Mais que votre parole soit: Oui, oui; non, non. Ce qui est en plus de cela vient du Malin. » (Mt 5, 37).

Vous me demandez : pourquoi cette révolution ? Peut-être que les spécialistes de l'histoire en révéleront les raisons et les raisons. C'est Dieu, cependant, qui les jugera. Chaque révolution part de zéro et atteint son point de départ. Toujours et partout le révolutionnaire finit comme il commence : tel est le commencement, telle est la fin. Je vois la situation qui s'est créée aujourd'hui comme un moment du conflit permanent entre les deux visions de l'homme. Karol Wojtyła part de la Parole de Dieu et de l'expérience morale de la personne humaine. Pour lui, donc, les « catégories » fondamentales sont la vérité qui jaillit de l'acte de création et du mensonge que l'homme commet quand il « crée » ses propres vérités. C'est précisément pour cette raison que l'expérience de la personne humaine a un caractère moral, c'est-à-dire qu'elle consiste à vivre les actions comme bonnes ou mauvaises. Le « pragmatisme » est un déni total du « centre de l'univers et de l'histoire », c'est-à-dire le Fils du Dieu vivant.

L'Église catholique vit une période de confusion, marquée par de profondes divisions. Comment jugez-vous la situation ?

L'Église catholique, en s'ouvrant au monde, s'est trouvée dans la situation dans laquelle se trouve le monde postmoderne, marqué par le « pragmatisme ». La théologie et la philosophie postmodernes sont réduites à un jeu d'opinions (prédicats) et ne considèrent plus l'homme comme la magna quaestio de saint Augustin. La question du sens de la vie disparaît et sa place est prise par la question du bonheur comprise horizontalement.

Théologiens et philosophes pour qui la théologie et la philosophie ne sont rien de plus que des jeux d'opinion s'agenouillent non pas devant Dieu, mais devant leurs propres produits. En jouant leurs cartes, ils s'adorent eux-mêmes. Mais de cette façon, ils risquent de devenir victimes des tricheurs.

L'Église a aujourd'hui besoin d'un Moïse qui, porté par la colère du Dieu miséricordieux avec lequel il parle sur la montagne, mettra tous les "veaux d'or" au feu et à l'épée dans l'adoration desquels le peuple, avec la permission de tant de pasteurs, cherche le bonheur. L'Eglise d'aujourd'hui a besoin d'un Moïse qui, porté par la colère du Dieu miséricordieux, à qui il parle dans la montagne, va passer par le feu et par l'épée tous ces veaux d'or adorés par le peuple –  avec l'autorisation de tant de pasteurs – pour y chercher le bonheur.

A la lumière de ce qui se passe à l'Institut Jean-Paul II, beaucoup ont l'impression que le magistère du Pape Wojtyła, surtout en ce qui concerne les questions de morale familiale, a fini au grenier, là où on met les choses dont on n'a plus besoin. Partagez-vous ce jugement ?

Je ne le partage pas, même si, humainement, cela semble être le cas. L'Église vit de la foi du peuple, dont chaque Pierre est le gardien. Les théologiens peuvent l'aider ou non à mieux comprendre cette foi, mais c'est lui qui est le garant de la fidélité de l'Église à la Parole du Fils du Dieu vivant. Les théologiens peuvent interrompre la Tradition et essayer de tout recommencer. Loin du principe sur lequel repose l'Évangile, ils peuvent inventer de nouvelles interprétations de l'Évangile lui-même pour le rendre acceptable dans le monde postmoderne. Mais tôt ou tard, le cœur de l'homme orienté vers l'Amour qui est Dieu se réveillera en criant qu'il ne peut plus vivre loin de la maison du Père.

La sagesse qui vient de Dieu demeure pour toujours. La stupidité qui vient de l'homme passe, laissant l'homme dépendre non pas de la vérité mais des vents. Un soir, le saint pape Jean-Paul II m'a remis entre les mains la lettre qu'un théologien moral mondialement connu, lui a écrite. Le théologien a demandé au Pape de changer l'éthique de la vie conjugale, sinon, selon ce théologien, l'Église perdrait ses fidèles. « Qu'en penses-tu ? » me demanda le Pape. J'ai répondu peut-être trop brusquement : "Il a écrit une chose stupide". Le Pape m'a regardé et après quelques secondes il m'a dit : « C'est vrai, mais qui le lui dira ? »

Il est largement admis qu'Amoris laetitia représente une véritable rupture par rapport à l'enseignement précédent. Le professeur Seifert a même parlé d'une « bombe atomique » qui risque de détruire tout l'édifice moral catholique. Qu'en pensez-vous ?

N'étant pas théologien, je n'ai pas envie de juger. Je suis un simple croyant et en tant que tel, je peux et dois avouer que je ne me trouve dans ce texte qu'en partie. Mon expérience de l'amour est plus évangélique que sociologique et psychologique. Celui qui veut connaître la nature de la personne humaine, c'est-à-dire son être orienté vers Dieu, doit contempler les saints et surtout le Fils du Dieu vivant, devenu homme dans le sein de la Vierge Mère, Marie. Décrire les maladies matrimoniales et sexuelles n'est pas la réalisation du commandement qui dit « Allez dans le monde et prêchez l'Evangile ! »

En ces temps, je me rappelle souvent les paroles du Christ, selon lesquelles « quiconque » abandonne sa femme et prend une autre femme commet l'adultère (cf. Jn 2, 25). Il le dit de tout homme, sans exception. Il le dit parce qu'il sait ce qu'il y a à l'intérieur de l'homme. S'il est vrai qu'aujourd'hui, dans certains cas, il ne s'agit pas d'adultère, comme le disent certains théologiens, cela signifie que le Christ ne sait pas ce qui est à l'intérieur de l'homme. Il n'est donc pas Dieu. « Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18,8).

Ce document, s'il était plus court, serait plus expressif et peut-être plus clair et plus conforme aux paroles de l'Evangile : « Oui, oui - oui - non, non. » Au lieu de cela, une note de bas de page obscurcit tout son contenu.

Si vous deviez parler de Jean-Paul II à un jeune homme d'aujourd'hui, comment présenteriez-vous, en quelques mots, le saint pape ?

Jean-Paul II dirait à un jeune homme d'aujourd'hui les mêmes paroles qu'il a dites aux gens sur la place Saint-Pierre le jour de son intronisation : « N'ayez pas peur ! »  Elle le conduirait à l'acte de création et à l'acte du Jugement dernier, car ce n'est qu'à la lumière du Principe et de la Fin que l'homme aperçoit la vérité, à laquelle il est orienté. Ensemble avec le jeune homme d'aujourd'hui, il contemplerait la beauté de l'Amour qu'est Dieu et chercherait à éveiller en lui l'amour pour que le jeune homme puisse croire en Dieu. Je pense que l'expérience de la beauté de la personne humaine, de la beauté de son amour, montre le chemin qui peut conduire un jeune aujourd'hui à Dieu. C'est peut-être pour cela que le malin essaie de porter un coup mortel à l'amour humain et à tous ceux qui, fascinés par lui, courageusement, sans crainte, révèlent sa vérité. Le malin espère (c'est son seul espoir) qu'en frappant l'amour divin-humain, il détruira le fondement du mariage et de la famille et, à la fin, celui de l'Église. La lettre de Sœur Lucie au Cardinal Carlo Caffarra en parle clairement et sans ambages.

Professeur, la famille chrétienne, fondée sur le mariage, a-t-elle un avenir ?

Tout homme, tout mariage, toute famille ont un avenir devant eux, à condition qu'ils soient attachés à la vérité. « La vérité te rendra libre », dit le Christ. La liberté qui est le fruit de l'adhésion vérité représente l'avenir auquel aspire le cœur humain. Il n'est pas nécessaire de défendre la vérité. La vérité se défendra toute seule. Ceux qui comptent sur les jeux et les calculs humains perdront tout, même s'ils ont apparemment déjà tout gagné. Les succès de ce monde ne sont pas ceux que recherchent les gens attachés à la vérité. Ils visent la victoire éternelle. C'est pourquoi ils y participent déjà aujourd'hui. La personne humaine peut être tuée, la communion dans laquelle elle vit peut parfois être détruite, mais la vérité ne sera jamais totalement détruite, car elle est invincible.


© leblogdejeannesmits pour cette traduction de travail.



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George Weigel dénonce la destruction de l'Institut Jean-Paul II : “Le nouveau sac de Rome”

Ce qui arrive à l'Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille, en cours de saccage avec la montée en puissance de son nouveau Chancelier, Mgr Vincenzo Paglia (commanditaire d'une fresque homoérotique pour sa cathédrale de Terni), est un vrai reniement de l'héritage de Jean-Paul II. Le biographe du pape polonais en est convaincu. La tribune de George Weigel dans The Catholic World Report est à lire sur le site benoit-et-moi, qui en a réalisé la traduction intégrale :

Le nouveau sac de Rome par des vandales 

Un exercice de vandalisme intellectuel brut est en cours à Rome depuis le 23 juillet: ce qui s’appelait à l’origine l’Institut pontifical Jean-Paul II pour le mariage et la famille a été péremptoirement mais systématiquement dépouillé de ses plus éminents professeurs, et ses cours fondamentaux en théologie morale fondamentale ont été annulés. Parallèlement, des universitaires connus pour s’opposer à l’enseignement de Humanae Vitae sur les moyens appropriés de réguler la fertilité et à celui de Veritatis Splendor sur les actes intrinsèquement mauvais sont nommés… Lire la suite ici.


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31 juillet, 2019

Trans et lesbiennes, Caitlyn Jenner et Sophia Hutchens ont un désir d'enfant

Caitlyn Jenner, 70 ans, homme devenu femme, veut devenir mère avec sa nouvelle petite amie, Sophia Hutchens, 22 ans, autre homme devenu femme. Les deux trans lesbiennes envisagent de recourir à une mère porteuse. Qui dit mieux ?

C'est une information du Mirror.

On en reste sans voix.

Précisons toutefois que Caitlyn Jenner a fait la une de Vanity Fair après sa transition très médiatisée, puisque ce personnage était bien connu sous son identité masculine de Bruce Jenner, athlète médaillé olympique du décathlon. Et ses photos paraissent à longueur de pages dans la presse magazine.


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30 juillet, 2019

Le cardinal Brandmüller parle des dangers de rupture du “chemin synodal” et du synode amazonien pour l'Eglise catholique

Voici la traduction intégrale d'un entretien accordé par le cardinal Walter Brandmüller à Die Tagespost en langue allemande à propos des dangers que représentent le « chemin synodal » prôné par de nombreux évêques allemands, ainsi que le prochain synode sur l'Amazonie. Il s'agit d'une traduction intégrale par mes soins.

Le vaticaniste Sandro Magister publiait le mois dernier un premier texte de mise en garde du cardinal Brandmüller sur l'Instrumentum laboris, présenté comme hérétique et apostat.  – J.S.

*

Traduction intégrale de l'interview du cardinal Walter Brandmüllerpar “Die Tagespost” le 27 juillet 2019


Eminence, que disent les chiffres récemment publiés par l’Eglise catholique en Allemagne sur le départ massif de fidèles de l’avenir de l’Église ?

Ces statistiques des départs constituent un symptôme extrêmement alarmant de l’état spirituel de l’Église catholique et de l’Eglise évangélique (EKD, luthérienne) en Allemagne. Mais il faut souligner en même temps que nous ne devons pas nous étonner de l’apostasie à l’aune des déclarations de Notre Seigneur Jésus Christ dans le Nouveau Testament. Jésus avertit dans l’Evangile de Matthieu : l’amour de beaucoup se refroidira, et beaucoup de faux prophètes apparaîtront et séduiront un grand nombre.

Mais lorsqu’il s’agit de la véritable Église du Christ, cela suppose naturellement que l’Église – les chrétiens et leurs bergers – ne se considère pas comme une association pieuse, qui peut aussi à l’occasion modifier ses statuts, mais sache qu’elle est portée par une mission qui lui est confiée par son Seigneur.

Avec le « chemin synodal », les évêques allemands veulent agir contre la crise de l’Eglise, qui a été aggravée par la publication des résultats de l’étude sur les abus il y a un an. Les interventions des évêques qui ont été entendus à ce sujet jusqu’à présent vous inspirent-elles confiance ?

En aucun cas. Cela dit, le terme « chemin synodal » est une tautologie. On est ensemble, on marche sur un chemin, mais tout semble un peu flou. Mais encore : à ce jour, personne ne sait, premièrement, comment cette voie commune sera empruntée et, deuxièmement, où elle doit mener.

Si l’on considère les déclarations d’un certain nombre d’évêques, on peut dire que ce « chemin synodal » mène à la catastrophe. C’est-à-dire, si Rome doit au bout du compte agir pour que l’Église en Allemagne ne s’écarte pas de l’unité avec l’Église universelle, comme il est dit dans la lettre du Pape au peuple de Dieu en Allemagne, vers une énorme frustration.

L’évêque d’Essen Franz-Josef Overbeck, qui, en tant que président de la commission Adveniat, a soutenu la préparation du Synode sur l’Amazonie et qui a également participé à diverses réunions préparatoires, parle du point de rupture que représenterait l’Assemblée épiscopale de Rome représenterait, mais évoque aussi dans ce cadre le « chemin synodal ». De quel genre de rupture pourrait-il s’agir ?

En tout cas, cette chose ne sera plus l’Église catholique. Car la rupture est une catégorie qui est totalement contraire à la notion d’organisme, à un développement organique. Une rupture qui aurait pour résultat que rien ne serait plus comme avant signifierait la fin de l’Eglise.

L’essence de l’Église est la transmission de la foi des apôtres à jusqu’au second avènement du Seigneur – mais elle n’est en pas une évolution progressive dans laquelle l’essence de l’Église changerait.

Tant dans la préparation du synode sur l’Amazonie que dans celle de le « chemin synodal », il est question d’une valorisation des laïcs et des femmes en particulier. Cela équivaudrait-il à la fin de l’Église cléricale ?

Plutôt que de parler d’une Eglise cléricale, parlons de l’Eglise où la consécration sacerdotale a existé dès le début. Vu sous cet angle, la fin de l’Eglise cléricale signifierait probablement que l’Eglise imaginée par Martin Luther dans ses écrits de combat de 1520, serait réalisée. Et ce ne serait plus l’Église catholique.

Pour Luther, tous les baptisés étaient déjà pape, évêque et prêtre. Dans l’Église catholique, en revanche, le prêtre qui se tient devant l’autel agit en vertu de l’imposition sacramentelle des mains lors de la consécration « in persona Christi », c’est pourquoi il partage aussi le mode de vie de son Seigneur, à savoir le célibat. Voilà pour le célibat, qui est probablement aussi à l’ordre du jour du « chemin synodal » et du synode sur l’Amazonie.

Comment les objectifs des « réformateurs » à Rome et en Allemagne affecteraient-ils la vie de l’Eglise ?

On peut s’imaginer ce qu’il adviendrait des anciennes églises catholiques en regardant l’état des communautés de l’EKD.

© leblogdejeannesmits pour la traduction

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28 juillet, 2019

Traduction intégrale de texte du Cardinal Gerhard Müller à propos du processus synodal en Allemagne et du synode sur l’Amazonie

Le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, s'en est pris aux visées des ses confrères allemands progressistes qui cherchent à imposer leur vision de l'Eglise – une nouvelle Eglise, en fait – à la faveur de leur « chemin synodal » et du synode à venir sur l'Amazonie utilisé pour redéfinir le sacerdoce catholique.

Je vous propose ici ma traduction de travail intégrale de ce texte paru en allemand dans Die Tagespost, et dans des traductions autorisées en italien sur Corrispondenza Romana, en anglais sur LifeSite (par ma consœur Maike Hickson), en espagnol sur Infovaticana.

Les projets du synode pan-amazonien suscitent des réactions vigoureuses et c'est une bonne nouvelle ! – J.S.

Traduction intégrale de texte du Cardinal Gerhard Müller à propos
 du processus synodal en Allemagne et du synode sur l’Amazonie


« Ne vous conformez pas à ce siècle ; mais transformez-vous
par le renouvellement de votre esprit »
(Rom. 12:2).

A propos du processus synodal en Allemagne et du Synode pour l’Amazonie

par le Cardinal Gerhard Müller 

1. La sécularisation de l’Église est la cause de la crise et non son remède

Celui qui croit que «  le Christ aussi a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier » (Eph 5, 25), ne peut qu’être choqué par la nouvelle la plus récente qui nous vient d’Allemagne, à savoir qu’en 2018 plus de 216.000 catholiques ont abandonné leur patrie spirituelle en quittant explicitement l’Église, tournant ainsi brutalement le dos à leur mère dans la foi. Il se peut bien que les motivations de ces personnes qui sont devenues membres du Corps ecclésial du Christ par leur baptême soient aussi diverses que le sont les êtres humains eux-mêmes. Il est clair, cependant, que la plupart d’entre eux quittent l’Église dans l’état esprit de celui qui annule son adhésion à une organisation séculière ; ou de celui qui se détourne de son parti politique de toujours, pour s’en être détaché ou pour avoir été profondément déçu par celui-ci. Ils ne savent même pas – à moins qu’on ne le leur ait jamais appris – que l’Église, bien que composée d’hommes imparfaits jusque parmi ses plus hauts représentants, est, dans son essence et son mandat, une institution divine. Parce que le Christ a établi son Église comme sacrement du salut du monde, comme « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain, elle se propose de mettre dans une plus vive lumière, pour ses fidèles et pour le monde entier » (Lumen Gentium 1).

L’auteur de la Lettre aux Hébreux est bien conscient de la difficulté pastorale « Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont été rendus participants de l'Esprit-Saint, 5qui ont également goûté la bonne parole de Dieu et les vertus du siècle à venir, 6et qui sont tombés soient renouvelés et ramenés à la pénitence, eux qui crucifient de nouveau pour leur malheur le Fils de Dieu, et le livrent à l'ignominie » (Hebr. 6:4-6).

La principale raison qui les conduit à quitter l’Église sans se rendre compte qu’ils pèchent gravement contre l’amour du Christ notre Rédempteur et mettent ainsi en péril leur salut éternel, est l’idée que l’Église serait une association séculière. Ils ne savent en rien que l’Église pèlerine est nécessaire au salut et qu’elle est indispensable pour tous ceux qui sont venus à la foi catholique. «  L’incorporation à l’Église, cependant, n’assurerait pas le salut pour celui qui, faute de persévérer dans la charité, reste bien “de corps” au sein de l’Église, mais pas “de cœur” » (Lumen Gentium 14).

Cette crise qui se traduit par les départs massifs de l’Église et le déclin de la vie de l’Église (faible participation à la messe, peu de baptêmes et de confirmations, séminaires vides, déclin des monastères) ne peut être surmontée à l’aide d’une sécularisation renforcée ainsi que d’une auto-sécularisation de l’Église. Ce n’est pas parce que l’évêque est si bon et encourageant – proche des gens et n’hésitant jamais à exprimer des banalités – que les gens reviennent dans la communauté salvifique du Christ ou participent pieusement à la célébration de la Divine Liturgie et aux sacrements. C’est plutôt parce qu’ils reconnaissent la vraie valeur de la liturgie et des sacrements comme moyens de la grâce. Si l’Eglise devait essayer de se légitimer devant un monde déchristianisé d’une manière séculière en se présentant comme lobby naturalo-religieux du mouvement écologique, ou si elle essayait de se présenter comme une agence d’aide aux migrants en donnant beaucoup d’argent, elle perdrait encore plus son identité de sacrement universel du Salut dans le Christ, et elle ne recevrait absolument pas cette reconnaissance tant souhaitée de la part du courant vert de la gauche.

L’Église ne peut servir les hommes dans leur recherche de Dieu et d’une vie dans la Foi, qu’en proclamant à tous les hommes l’Évangile au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et en les faisant disciples de Jésus par le baptême. Elle est le Corps du Christ, de sorte que Jésus-Christ, sa Tête, demeure présent par elle et en elle, jusqu’à la fin du monde (voir Mt 28,19 et ss). Le Christ nous parle dans les paroles de l’homélie ; Il rend présent son propre Sacrifice sur la Croix dans la sainte Messe ; Il se donne à nous comme nourriture pour la vie éternelle ; Il pardonne les péchés et transmet l’Esprit Saint aux serviteurs de l’Église par lesquels les évêques et prêtres ordonnés – au nom de Jésus Christ, grand prêtre de la Nouvelle Alliance – agissent et le rendent ainsi visible dans la paroisse (Sacrosanctum Concilium 41).

Ce qu’on appelle le parcours synodal de la classe dirigeante de l’Église en Allemagne, cependant, vise à une plus grande sécularisation de l’Église. Au lieu d’un renouveau de l’esprit de l’Evangile, grâce à la catéchèse, à la mission, à la pastorale, à la mystagogie [une explication mystique] des sacrements, on s’appuie plutôt aujourd’hui – et c’est ce qui se fait déjà depuis un demi-siècle – sur d’autres thèmes, espérant ainsi recevoir l’approbation de l’opinion publique du monde occidental et plaire à cette pensée qui réduit l’homme à une image matérialiste.

Par son essence, le chemin synodal vise :

1. La modification du sacrement de l’Ordre en un système professionnel de fonctionnaires bien rémunérés ;

2. Le passage du « pouvoir », considéré comme politique, des évêques et des prêtres aux laïcs, avec cette clause supplémentaire : si les qualifications sont les mêmes, il faudra privilégier les femmes. Ce qui est agaçant pour elles.

3. La disqualification de la morale chrétienne, telle qu’elle découle de la nouvelle vie dans le Christ, parce qu’elle est « contre le corps » et, suppose-t-on, incompatible avec les normes de la science sexuelle moderne.

4. La pierre d’achoppement depuis la Réforme protestante et depuis le naturalisme des Lumières étant bien sûr, le célibat sacerdotal. Mais aussi les conseils évangéliques (pauvreté, chasteté, obéissance) de la vie consacrée avec vœux solennels. Dans une Église qui, en tant que simple institution humaine aux buts purement séculiers, a abandonné son identité de médiatrice du salut dans le Christ, et qui a perdu toute référence transcendante et eschatologique au Seigneur qui vient, le célibat librement choisi « pour le Royaume » (Mt. 19:12), ou, pour pouvoir « s’inquiéter des choses du Seigneur » (1 Cor. 7:32), est maintenant perçu comme une gêne– comme un élément étranger ou un déchet résiduel dont il faut se libérer aussi vite et aussi complètement que possible. Au mieux, ce célibat pourrait être accordé à certains peuples exotiques comme une forme masochiste d’autodétermination extrêmement autonome.

2. Les Allemands et le peuple amazonien dans un seul bateau

Comme ce fut déjà le cas pour les synodes sur la famille, l’« Eglise allemande » revendique son hégémonie sur l’Eglise universelle et se vante avec fierté et arrogance d’être la pionnière d’un christianisme en paix avec la modernité – malgré la lettre du pape François du 29 juin 2019 au peuple pèlerin de Dieu en Allemagne. Cependant, il n’a pas été expliqué – et cela est même difficile à comprendre pour tout observateur intéressé – pourquoi, face à l’état désolant de l’Église (allemande) dans son propre pays, on se sent maintenant appelé à être un modèle pour les autres. On utilise l’expression neutre, et qui sonne bien, d’une « saine décentralisation » (Instrumentum Laboris 126) et d’une dé-Romanisation de l’Église catholique (jadis, on appelait cela l’aversion antiromaine) ; mais ce qui est véritablement mis en avant, c’est la mythologie de l’Amazonie et de la théologie écologique occidentale, élevées au rang de Révélation ; tout comme l’hégémonie de leurs idéologues est portée plus haut  que l’autorité spirituelle des apôtres dans leur office apostolique.

Dans l’ecclésiologie catholique, il ne s’agit pas d’un rapport de forces entre le centre et la périphérie, mais plutôt de la responsabilité commune du Pape – qui est assisté par l’Église romaine sous la forme du Collège des cardinaux et de la Curie romaine – ainsi que par les évêques de l’Église universelle, qui consiste en et des églises particulières sous la direction d’un évêque (Lumen Gentium 23).

Ma proposition est la suivante : si l’on veut vraiment faire du bien à l’Église en ce qui concerne les deux éléments, il faut s’abstenir, par exemple, de renvoyer des évêques sans une procédure canonique régulière (qui inclut le droit à la défense) et aussi de fermer des monastères sans même donner de raisons, ou – sous prétexte qu’on n’est pas une filiale de Rome – de compromettre la souveraineté judiciaire et magistrale propres au Pape. Je recommanderais aussi de traiter d’une manière chrétienne les confrères et les employés qui n’ont commis aucune faute – si ce n’est d’avoir défendu une position légitime, dans le cadre d’une pluralité légitime d’opinions et de styles, mais qui s’écartait, cependant, de l’opinion privée de leurs supérieurs.

Le processus synodal dans le cadre de la Conférence épiscopale allemande est désormais lié au synode su l’Amazonie, et ce pour des raisons ecclésiales-politiques, afin de s’en servir comme levier pour la restructuration de l’Église universelle. De plus, dans le cadre de ces deux activités, les protagonistes sont presque identiques, et ils sont même liés financièrement et de man
ière organisationnelle par l’intermédiaire des organismes d’aide de la Conférence épiscopale allemande. Il ne sera pas facile de contrôler cette avalanche destructrice. Une fois le processus achevé, plus rien ne sera comme avant, et il a été dit qu’alors on ne reconnaîtra même plus l’Église. Ainsi s’exprimait l’un des protagonistes, révélant ainsi le véritable but.

Peut-être s’agit-il d’une erreur de calcul, à l’image de celle du roi Crésus de Lydie (590-541 av. J.-C.).  Celui-ci demanda un jour à l’Oracle de Delphes quelles étaient ses chances de victoire s’il attaquait l’Empire persan, mais interpréta mal, ensuite, la réponse prophétique : « Quand vous franchirez l’Halys, vous détruirez un grand empire. » Nos Halys sont la constitution divine de la doctrine, de la vie et du culte de l’Église catholique (Lumen Gentium).

Malheureusement, en Amérique du Sud jadis presque entièrement catholique, les catholiques, tout comme en Allemagne, ont quitté l’Église catholique par millions, sans que l’on se soucie de comprendre les racines de cette catastrophe, ni de faire preuve d’une détermination sincère à favoriser le renouveau en Jésus-Christ. La solution ici n’est pas une « pentecôtisation » de l’Église, c’est-à-dire sa protestantisation libérale à la manière latino-américaine, mais la redécouverte de sa catholicité. Les évêques peuvent désormais, tout comme le « Saint Synode » du Concile Vatican II, « tourner en premier lieu sa pensée vers les catholiques. Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, il enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Le Christ est médiateur et voie de salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l’Église. (…) Sont incorporés pleinement à la  société qu’est l’Église ceux qui, ayant l’Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et les moyens de salut qui lui ont été donnés, et qui, en outre, grâce aux liens constitués par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement ecclésiastique et la communion. » (Lumen Gentium 14).

La diversité pittoresque d’opinions contradictoires et l’arbitraire dans la décision de conscience ne sont pas catholiques devant la Sainte Volonté de Dieu ; est catholique plutôt l’unité du peuple dans la foi qui nous introduit dans l’union avec le Père et le Fils dans l’Esprit Saint. « Afin que tous soient un, comme vous, Père, êtes en moi, et moi en vous, afin qu’ils soient, eux aussi, un en nous, pour que le monde croie que vous m’avez envoyé » (Jean 17:21). Et c’est pourquoi il nous est dit de prendre à cœur de s’efforcer de « conserver l’unité de l’esprit dans le lien de la paix. Soyez un seul corps et un seul esprit, comme vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Il y a un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous, et qui réside en nous tous. » (Eph. 4, 3-6).

L’Instrumentum Laboris et le processus synodal en Allemagne, comme moyen supposé de sortir de la crise de l’Église, reposent tous deux sur une sécularisation plus poussée de l’Église. Lorsque, dans toute l’herméneutique du christianisme, on ne commence pas par l’autorévélation historique de Dieu dans le Christ ; quand on commence par incorporer l’Église et sa liturgie dans une vision mythologique du monde entier ; ou quand on transforme l’Église pour en faire une partie d’un programme écologique pour sauver notre planète, alors la sacramentalité – et surtout la charge ordonnée des évêques et prêtres dans la succession apostolique – devient vagues et indéterminée. Qui voudrait vraiment construire sa vie entière, avec l’exigence d’un dévouement total, sur une base aussi fragile ?

3. Le sacrement de l’Ordre sacré comme point central de la crise

Parce que le Christ a permis leur participation à son ordination et à sa mission (Lumen Gentium 28), les Apôtres et leurs successeurs dans l’office épiscopal – celui-ci représentant également l’unité de l’Église locale avec les prêtres, les diacres et tous les fidèles baptisés – exercent leur autorité au nom et avec l’autorité du Christ (Lumen Gentium 20). Ce n’est pas une puissance politico-sociologique, mais l’autorité donnée par l’Esprit Saint pour sanctifier, enseigner et gouverner le peuple de Dieu. « Ainsi donc, les évêques ont reçu, pour l’exercer avec l’aide des prêtres et des diacres, le ministère de la communauté. Ils président à la place de Dieu le troupeau, dont ils sont les pasteurs, par le magistère doctrinal, le sacerdoce du culte sacré, le ministère du gouvernement » (Lumen Gentium 20). Il ne s’agit pas de trois charges différentes qui auraient été regroupés par un accident de l’histoire, que l’on pourrait démonter ou remonter d’une manière différente.

Il n’est pas non plus opportun de faire une comparaison avec le pouvoir mondain des monarques absolus face auquel on présente à juste titre – en se référant au baron de Montesquieu – le modèle de la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). Et ce parce qu’il s’agit ici du service unique du Christ Maître, Pasteur et Prêtre, qui est exercé par les Apôtres et leurs successeurs au nom du Christ et dans la puissance de l’Esprit Saint. Et il ne s’agit pas d’une forme de pouvoir sur les autres, mais plutôt d’un service, pour eux et pour leur salut (Mt 23,11). C’est pourquoi le fait que certains évêques se soient publiquement déclarés prêts à renoncer librement au « pouvoir » n’est pas l’expression de leur modestie, mais plutôt un signe de leur manque de compréhension de ce qu’est un évêque catholique. La forme de « pouvoir » auquel ils veulent aujourd’hui renoncer, il valait mieux qu’ils ne l’eussent jamais eu ; quant à l’autorité spirituelle qu’ils ont reçue du Christ à leur ordination, ils ne peuvent la donner, car elle ne leur appartient pas en propre et ils ne peuvent proposer de la distribuer. Tout au plus ils pourraient-ils demander à être déchargés de la juridiction de leur diocèse, parce qu’ils ne sont plus capables d’assumer leurs responsabilités.

Il est frappant de constater que l’Instrumentum Laboris pour le synode amazonien et le chemin synodal allemand ne part pas de fondements bibliques et ne s’oriente pas ensuite en fonction de l’enseignement de l’Église qui s’est développé par la Tradition et des décisions doctrinales définitives des conciles et du Pape. Au lieu de cela, ils tirent leurs normes et leurs règles des nécessités sociologiques présumées du monde globalisé, ou des formes traditionnelles d’organisation des tribus amazoniennes.

Si l’on ordonne prêtres en Amazonie des hommes d’âge mûr dans des partenariats considérées comme stables (que ce soit dans un mariage canoniquement valide ou non ?), afin de fournir (!) les sacrements à la communauté – même sans formation théologique (IL 129,2) – pourquoi ne serait-ce pas là aussi le levier pour introduire enfin les viri probati en Allemagne, où le célibat n’est plus accepté dans la société et où de nombreux théologiens du mariage seraient disponibles afin de combler, en tant que prêtres, les postes laissés vacants du clergé célibataire ?

On ne peut déduire de l’appel des «  sept hommes de bon renom, pleins de l'Esprit-Saint et de sagesse » (Ac 6, 3) au service des tables (Ac 6, 1-7) – que l’on liera plus tard au degré des diacres sacramentellement ordonnés – la conclusion cléricalo-théologique selon laquelle l’Église pourrait créer à n’importe quel moment de nouveaux offices sacramentels, ni même qu’elle est autorisée à le faire a priori. La triple charge sacerdotale est née, d’une part, de la nécessité d’organiser la succession des Apôtres et de leur mandat d’annoncer l’Évangile, de servir sacramentellement de médiateurs de la grâce et de diriger, en bons bergers, le bercail du Christ. De l’autre côté, elle est issue de la formation des Eglises particulières en tant que représentants locaux de l’Eglise universelle. Ici, donc, l’un des prêtres est le Premier parmi le Collège des Presbytres, avec les diacres ; et, à partir du 2e siècle, il est de plus en plus exclusivement appelé évêque (Ignace d’Antioche, Mag. 6,1). Dans l’évêque, l’unité de l’Église locale est représentée sacramentellement, ainsi que l’unité avec les origines apostoliques, dans la mesure où l’ensemble des évêques, avec le Pape en tête, suit le Collège des Apôtres avec saint Pierre à leur tête (Première épître de Clément, 42:44 ; Lumen Gentium 20 ss).

4. Un office sacramentel pour les femmes ?

La triple charge – telle qu’elle est née historiquement de l’apostolat de l’Église primitive institué par le Christ – existe en vertu d’une « institution divine » (Lumen Gentium 20), et elle est exercée par ceux qui, selon la terminologie actuelle, sont « appelés évêques, prêtres, diacres » (Lumen Gentium 28). Dans des temps meilleurs, les évêques allemands s’opposèrent unanimement à la Kulturkampf de Bismarck en déclarant : « La constitution de l’Église est fondée, pour tous les points essentiels, sur l’ordre divin et est exempte de tout arbitraire humain » (DH 3114)*. Fait partie de cela l’idée que l’évêque, le prêtre et le diacre ne sont que des degrés de l’unique sacrement de l’Ordre. « Nul ne peut douter que la sainte ordination est vraiment et essentiellement l’un des sept sacrements de la Sainte Église – unum ex septem sacramentis. » (Trente, Décret sur le sacrement de l’Ordre : DH 1766 ; 1773). C’est pourquoi il est absurde d’assortir l’« Ordinatio sacerdotalis » (1994) de l’interprétation spécieuse selon laquelle aucune décision n’a été prise sur l’indivisibilité du sacrement de l’Ordre dans son ensemble, mais seulement sur les degrés de l’épiscopat et de la charge de prêtre que seuls les hommes peuvent recevoir.

L’analyse théologique des faits doctrinaux et historico-ecclésiastiques, dans le contexte des déclarations contraignantes concernant le sacrement de l’Ordre, montre très clairement que l’ordination sacramentelle, dans le degré et avec le titre officiel de « diacre », n’est pas et n’a jamais été administrée aux femmes dans l’Eglise catholique.

Il découle de la « constitution divine de l’Église », comme le Pape Jean-Paul II l’a décidé de manière incontestable, que l’Église n’a aucune autorité pour administrer l’ordination sacerdotale aux femmes. Ce n’est pas une conclusion tirée de l’histoire : elle s’enracine plutôt dans la constitution divine de l’Église. Cela s’applique bien sûr aux trois degrés de l’ordre. Il est devenu habituel dans le grand public et dans le vocabulaire actuel de l’Église d’utiliser le mot ouvert « serviteur », dans la version grecque « diakonos », comme terme technique pour désigner le premier des trois degrés de l’ordre. Pour autant, il n’est pas utile aujourd’hui de parler des diacres féminins non sacramentels, établissant ainsi l’illusion qu’il s’agit de faire revivre une institution passée – mais limitée dans le temps et dans l’espace – des diaconesses de l’Église primitive.

Cela contredit aussi l’essence de la charge épiscopale et de la charge sacerdotale, que l’on réduit à la sanctification pour pouvoir ensuite laisser des laïcs – c’est-à-dire des hommes et des femmes dans un service non sacramentel – prononcer l’homélie pendant la messe célébrée par un prêtre ou un évêque. On ferait ainsi des prêtres des « altaristes » [ou des « autellistes »]  (« Altaristen » : un mot humiliant pour désigner les prêtres qui célèbrent la messe sans homélie et sans attention pastorale ; c’est un abus que Luther a identifié et utilisé au service de ses polémiques ; G.M.], ce qui à l’époque a déclenché la protestation de la Réforme. La Messe est – en tant que liturgie de la Parole et du Corps et Corps de Notre Seigneur – « un seul acte d’adoration » (Sacrosanctum concilium 56). C’est pourquoi il appartient aux évêques et aux prêtres de prêcher et, tout au plus, de laisser occasionnellement le diacre ordonné prononcer une homélie. Le service dans la Parole et dans le Sacrement a une unité intérieure. L’office le plus important des évêques est la proclamation, d’où découlent aussi de manière cohérente les devoirs sacramentels (Lumen Gentium 25). De même que les Apôtres sont « serviteurs de la Parole » (Lc. 1, 2 ; Ac. 6, 2), la tâche des prêtres (évêques, presbytres) est également définie comme service « de la Parole et de la Doctrine » (1 Tim. 5, 17).
Lors de l’ordination, il n’y a pas de transfert de compétences individuelles particulières sans ordre interne ni interconnexion. C’est un service unique de la Parole, par lequel l’Église est réunie en tant que communauté de foi, où les sacrements de la foi sont célébrés et dans lequel le troupeau de Dieu est gouverné par ses bergers désignés, au nom et sous l’autorité du Christ. Voilà pourquoi les fonctions sacerdotales de la doctrine, du culte et de la gouvernance sont unies à la racine et sont simplement différentes dans leurs aspects théologiques, sous lesquels nous les examinons (Presbyterorum Ordinis 4-6). Dans la première description du rite de la messe à Rome vers l’an 160, le martyr et philosophe Justin dit que pendant la liturgie dominicale, après les lectures tirées des livres bibliques, le président (évêque, presbytre) donne l’homélie, et qu’ensuite il célèbre la Sainte Eucharistie avec offrande, consécration et communion (voir Justin, II. Apologia 65-67).

Les sacrements sont des signes et des instruments de la grâce divine, avec l’aide desquels Dieu édifie le chrétien individuel et l’Église dans son ensemble. C’est pourquoi on ne peut pas s’adresser aux autorités laïques et revendiquer, au nom des droits de l’homme, le droit d’être ordonné (ni en tant qu’homme ni en tant que femme), car les droits de l’homme sont instillés dans la nature de l’homme. En ce qui concerne l’ordre de la grâce et l’ordre de l’Église, l’autorité civile n’a aucune compétence. Seul un catholique du sexe masculin peut être ordonné – s’il est appelé et si l’Église, représentée par l’évêque, reconnaît l’authenticité de cette vocation et ordonne ensuite le candidat approprié selon les conditions canoniques comme évêque, prêtre ou diacre.

Mais ceux qui ont des difficultés avec cette vision des choses considèrent l’Église au mieux comme une institution séculière et ne reconnaissent donc pas l’office ordonné comme une institution divine. De telles personnes ne voient en définitive dans le titulaire d’une charge chrétienne qu’un simple fonctionnaire d’une organisation religieuse-sociale. Comment pourrait-on, dans ce cas, exhorter les fidèles avec ces paroles ? « Obéissez à vos guides et soyez-leur soumis ; car ils veillent, comme devant rendre compte pour vos âmes ; et il faut qu'ils le fassent avec joie, et non en gémissant ; ce qui ne vous serait pas avantageux. » (Héb. 13:17)

Le Magistère du Pape et des évêques n’a aucune autorité sur la substance des sacrements (Trente, Décret sur la communion sous les deux espèces, DH 1728 ; Sacrosanctum Concilium 21). Par conséquent, aucun synode – avec ou sans le Pape – ni aucun concile œcuménique, ni le Pape seul, même s’il parlait ex cathedra, ne pourrait rendre possible l’ordination des femmes comme évêque, prêtre ou diacre. Ils seraient en contradiction avec la doctrine clairement définie de l’Église. Cela serait invalide. Indépendamment de cela, il y a l’égalité de tous les baptisés dans la vie de la grâce et dans la vocation à toutes les charges et fonctions ecclésiales pour lesquelles l’exercice du sacrement de l’Ordre n’est pas nécessaire.

5. Sur ce qui est important à l’égard de l’office sacerdotal

Au cours des 2000 ans d’histoire de l’Eglise, les constellations culturelles et les conditions politico-sociologiques de la vie de l’Eglise ont aussi parfois changé de manière dramatique. Cependant, la fonction sacerdotale a toujours été la même dans ses éléments essentiels, que ce soit dans une société féodale, ou dans le système ecclésiastique germanique, pendant la période des cours et des princes évêques, ou à l’époque de l’Office de Pierre jusqu’en 1870 avec les avantages et les charges des Etats pontificaux. Comme aujourd’hui, il s’est toujours agi du service de la Parole et des Sacrements pour le salut du monde : tel est le devoir du berger qui, comme Jésus, le « berger et évêque de vos âmes » (1 Pierre 2,25), le « Berger suprême », donne sa vie pour les brebis qui lui ont été confiées (1 Pierre 5 1,4). La substance des sacrements n’est pas sujette à l’autorité de l’Église. Et l’on ne peut pas construire un nouveau modèle de sacerdoce, à l’aide d’éléments isolés des Écritures et de la Tradition et en omettant de faire la distinction entre décisions dogmatiquement contraignantes et de développements d’aspects mineurs. Les images sacerdotales développées par les stratèges pastoraux ne sont pas davantage importantes : seule importe l’image unique du Christ, le Grand Prêtre de la Nouvelle Alliance, qui est éternellement imprimée sur l’âme des consacrés et au nom et par la force de laquelle ils sanctifient, enseignent et gouvernent les fidèles (Presbyterorum Ordinis 2:12).

Cependant, les maîtres à penser allemands engagés dans le processus synodal ont dénigré l’affirmation centrale selon laquelle les prêtres agissent – en vertu du caractère qu’ils ont reçu à leur ordination – comme les Apôtres, « in persona Christi »(2 Co 2, 10 ; 2 Co 5, 20), le chef de l’Église (Presbyterorum ordinis 2), en présentant cette affirmation comme cause du cléricalisme et même cause des abus sexuels des jeunes. C’est d’abord une insulte incroyable à tant de pasteurs zélés. Mais plus gravement cela revient à contredire Jésus qui l’a d’abord dit aux douze Apôtres et ensuite aux 72 autres disciples : « Celui qui vous écoute, m’écoute ; celui qui vous méprise, me méprise. Et celui qui me méprise, méprise celui qui m’a envoyé. » (Luc 10,16). Un professeur de liturgie allemand s’est involontairement présenté sous un mauvais jour, et en contradiction ouverte avec le Concile Vatican II, lorsqu’il a affirmé que la célébration quotidienne de l’Eucharistie – dans laquelle le sacrifice de Jésus sur la Croix par amour pour les hommes, devient présent au monde – est à l’origine des abus pédophiles et homophiles de la sexualité. Car que le Concile affirme : «  Dans le mystère du sacrifice eucharistique, où les prêtres exercent leur fonction principale, c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit sans cesse. C’est pourquoi il leur est vivement recommandé de célébrer la messe tous les jours » (Presbyterorum ordinis 13). Si au cours du processus synodal en Allemagne, le thème essentiel de la transmission de la Foi n’est pas abordé, le rythme du déclin s’accélérera encore.

Peut-être sommes-nous en passe de devenir un « petit troupeau ». Mais cette parole de Jésus n’est pas à prendre dans un sens sociologique, et il n’a rien à voir avec les petits ou les grands nombres. Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés, et qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2:4), avec l’aide de l’unique médiateur Jésus Christ, dans la « maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et le fondement de la vérité » (1 Tim. 3:15).

L’Église est le peuple de Dieu au milieu des peuples. Et si, au sein d’une nation, la majorité de la population est catholique, et que donc la société et l’État y sont imprégnés par la culture chrétienne, cela est certainement la volonté de Dieu. Le « petit » troupeau, c’est ce que nous sommes par rapport de la majorité ou dans une diaspora, car être chrétien à la suite du Seigneur Crucifié n’est pas une question d’adaptation à la culture dominante ni de contradiction, mais bien plus une décision personnelle de suivre le Seigneur crucifié et ressuscité.

Il est beau certainement d’être sur les rives du Rhin et de rêver à l’Amazonie. Mais la vue de ces fleuves majestueux ne peut calmer le désir ardent du cœur humain, ni leurs eaux étancher la soif de la vie éternelle. Seule l’eau que Jésus, Verbe incarné de Dieu, nous donne, devient en nous « une source d’eau qui jaillit jusqu’à la vie éternelle » (Jean 4,14).

Cardinal Gerhard Müller

© leblogdejeannesmits pour cette traduction de travail.

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25 juillet, 2019

L'Institut Jean-Paul II rayé de la carte, le nouvel institut n'enseignera plus la théologie morale fondamentale

Je vous propose ici la traduction d'un article de Diane Montagna de LifeSiteNews sur le nouveau tremblement de terre qui s'est produit à l'Institut Jean-Paul II pour la famille, déjà rebaptisé en octobre 2017 Institut théologique des sciences du mariage et de la famille et dont l'objectif affiché est la mise en œuvre d' Amoris laetitia. Disparition du cours de théologie morale fondamentale, renvoi de deux figures historiques – Mgr Livio Melina et le P. José Noriega, tous deux réputés pour leur orthodoxie doctrinale – suspension de tous les autres professeurs et surtout putsch en faveur du Grand Chancelier Mgr Vincenzo Paglia, désormais doté de pouvoirs exorbitants.

Tous cela a été formalisé par la publication en catimini de nouveaux statuts qui avaient provoqué une levée de boucliers en juin dernier lorsque le corps enseignant en place avaient été invités à donner leur avis sur ce texte dont les effets révolutionneront définitivement le reliquat de l'Institut Jean-Paul II, bel et bien enterré.

Sur les frasques doctrinales et la fresque « homo-érotique » de Mgr Vincenzo Paglia, une rapide recherche sur Internet vous renseignera ad nauseam. – J.S.


*

Tous les professeurs ont été suspendus et le président congédié
 dans le cadre de la " destruction " de l'Institut Jean-Paul II


Dans le cadre d’une attaque contre l'enseignement moral de l'Église catholique, aux dires de ceux qui la dénoncent, le successeur du cardinal Carlo Caffarra à l'Institut du mariage et de la famille fondé par Jean-Paul II a été mis à l’écart, tandis que le cours de théologie morale fondamentale et spécialisée de l'Institut a été supprimé.

Mgr Livio Melina, titulaire de la Chaire de Théologie morale fondamentale, et le P. José Noriega, titulaire de la Chaire de Théologie morale spécialisée, n'enseigneront plus à l'Institut à partir de cet automne. Le sort d'autres professeurs également fidèles à l'enseignement de l'Église sur le mariage et la famille demeure inconnu.

Le média catholique italien, La Nuova Bussola Quotidiana, a annoncé mardi que la veille, à la suite de l'approbation des nouveaux statuts de l'Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille, tous les professeurs ont reçu une lettre annonçant leur suspension officielle, en attendant les décisions qui vont être prises au sujet des cours pour la prochaine année universitaire et de leurs professeurs.

Selon certaines informations, la lettre informait également les professeurs que chacun connaîtrait son sort dans les jours à venir. Alors qu'on s'attend à ce que la plupart des professeurs soient reconfirmés, le couperet est tombé pour les deux hommes qui symbolisent le mieux l'époque de Jean-Paul II : Mgr Livio Melina et le P. José Noriega.

Ce coup d'État a été mené sous la direction du nouveau Grand Chancelier de l'Institut, Mgr Vincenzo Paglia, et vise à mettre en œuvre le décret Summa familiae cura signé par le pape François en 2016, qui crée ainsi un nouvel institut. Ce décret de septembre 2016 a été publié quelques jours à peine après la mort du cardinal Caffarra.

Le rédacteur en chef de La Nuova Bussola, Riccardo Cascioli, a souligné dans son article la portée du licenciement de Mgr Livio Melina, successeur du président fondateur de l'Institut Jean-Paul II, le cardinal Carlo Caffarra. Dans la lettre qu'il a reçue lundi, Mgr Melina a été informé que l’enseignement de la théologie morale fondamentale a été éliminé dans les nouveaux statuts, et qu'il n'y a donc pas de poste pour lui.

Soulignant le rôle de plus en plus important joué par Mgr Melina dans l'expansion et la croissance de l'Institut JPII, Riccardo Cascioli note que Melina est entrée à l'Institut comme étudiant au moment de sa fondation en 1982. En 1985, il fut le premier étudiant à y obtenir le doctorat.

Melina a également été au service de la Congrégation pour la Doctrine de la foi pendant six ans. Il a soutenu avec succès sa thèse de doctorat sur « La conscience morale chez saint Thomas d'Aquin » en présence du cardinal Josef Ratzinger, alors préfet.

En 1986, Mgr Melina a commencé à enseigner la théologie morale fondamentale à l'Institut JPII et, en 1991, il est devenu professeur titulaire, succédant ainsi au cardinal Caffarra comme directeur du département. En 2002, il a été nommé vice-président de l'Institut. Mgr Melina est président de l'Institut Jean-Paul II depuis 2006, poste qu'il a occupé jusqu'en 2016. Mais au moment des deux synodes sur la famille et de la publication d'Amoris Laetitia, Melina a été remplacée par Monseigneur Pierangelo Sequeri, musicologue et théologien.

Cascioli note aussi que les dix ans de la présidence de Mgr Melina auront été une période d'« expansion maximale » de l'Institut. Au cours de la dernière année de sa présidence, l’Institut comptait 516 étudiants à Rome et 3.200 étudiants dans le monde entier dans ses six centres. La recherche à l'Institut a également connu une progression importante sous la direction de Mgr Melina, particulièrement dans le domaine de la théologie morale, grâce à des conférences, des publications et à la collaboration internationale. La recherche en théologie sacramentelle et sur la pensée de Jean-Paul II se sont également développées, en particulier grâce à la Chaire Wojtyła confiée au philosophe polonais Stanislaw Grygiel, un grand ami du Pape polonais.

Mgr Melina a continué à enseigner la théologie morale à l'Institut après qu’il a  été destitué de son poste de président, mais « ses jours étaient clairement comptés », écrit Cascioli. « Il était clair qu'il était le pilier à abattre pour faire tomber toute la structure. »

« L'œuvre de destruction, commencée par le (décret) du Pape François qui a créé un nouvel institut confié à Monseigneur Vincenzo Paglia en tant que Grand Chancelier, est maintenant dans une phase décisive avec l'approbation des nouveaux statuts et du nouveau programme », ajoute Casioli.
Mgr Paglia et Mgr Sequeri ont consulté les professeurs de l'Institut et leur ont fait croire que leur révision des anciens statuts, soumise en mars 2019, serait prise en considération. Après avoir fait attendre les professeurs pendant quatre mois sans nouvelles, Mgr Paglia a publié sa propre version des nouveaux statuts, qu'il avait déjà essayé d'imposer en juin – mais les professeurs s’étaient rebellés. Cette procédure est donc perçue par certains comme une « imposition totalitaire » des nouveaux statuts.

Les nouveaux statuts (art. 5, 25-39) confèrent également un pouvoir sans précédent à l'archevêque en tant Grand Chancelier. Dans d'autres universités pontificales, le rôle du Grand Chancelier est plus formel. Selon les nouveaux statuts, Paglia a le pouvoir d'engager et de licencier des professeurs, de nommer le président et le vice-président. Elle le rend aussi omniprésent dans toutes les structures internes de l'Institut, même si son curriculum vitae révèle qu'il n'est même pas titulaire d'un doctorat.
En ce qui concerne le contenu des cours du nouvel Institut, les statuts ont éliminé les cinq programmes de Master proposés : Master en bioéthique, en sexualité et fertilité, en conseil familial, en pastorale familiale et en études sur le mariage et la famille. Des médecins, des infirmières, des avocats, des psychiatres, des psychologues, des catéchistes et des enseignants ont suivi ces formations et obtenu les diplômes à l’Institut.

Les programmes de licence et de doctorat ont été conservés, mais on ne trouve dans les statuts aucune référence explicite à Jean-Paul II, à la théologie du corps ou à Humanae Vitae.

L'article 89 des statuts précise que la période de transition en vue du nouveau programme d'études sera de trois ans. Le nouveau et l'ancien programme existeront donc côté à côte pendant les trois prochaines années, mais sans le bénéfice de l’enseignement de Mgr Melina, du P. Noriega, et peut-être de quelques autres professeurs orthodoxes et qualifiés.

Diane Montagna, LifeSiteNews



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