22 janvier, 2022

Mgr Arthur Roche dénonce l’« individualisme » et le « relativisme » des fidèles de la messe traditionnelle

Mgr Arthur Roche, l’archevêque anglais nommé l’an dernier par le pape François à la tête de la Congrégation pour le Culte divin, vient d’ajouter un peu plus d’huile sur le feu des guerres liturgiques qu’il contribue à entretenir depuis son entrée en fonction. Dans un entretien accordé à Catholic News Service – l’agence de presse de la conférence des évêques des Etats-Unis – l’auteur des méchantes Responsa au sujet des questions posées par « des évêques » sur la mise en œuvre de Traditionis custodes accuse les fidèles de la liturgie traditionnelle de l’Eglise d’« individualisme » et de « relativisme ». C’est clair, il ne veut voir qu’une seule tête. Au passage, il accrédite l’idée selon laquelle la lex credendi de l’Eglise catholique a bel et bien été modifiée par la liturgie « post-conciliaire » ; s’il n’y avait pas de différence à cet égard entre la messe « de saint Pie V » et le Novus ordo, pourquoi faire un tel foin ?

En outre, il ose prétendre que la majorité des évêques soutiennent pleinement Traditionis custodes – ce qui est démenti ne serait-ce que par le fait qu’un grand nombre d’entre eux ne l’ont pas pleinement mis en œuvre à ce jour dans toute sa brutalité. A ce sujet je vous invite d’ailleurs à lire, ou à relire, « La face cachée de l’histoire de Traditionis custodes », où Diane Montagna relève quelques-unes des manipulations qui ont servi à démanteler l’œuvre du pape Benoît XVI en faveur du rétablissement du droit de cité de la messe traditionnelle.

Catholic News Service n’a pas publié une retranscription complète de son interview avec Mgr Roche, se contentant de rapporter certain de ses propos. Comme celui-ci, à propos des « passions » qui seraient à l’œuvre dans la tourmente actuelle :

« L’Eucharistie est au cœur de ce que nous sommes en tant que catholiques ; c'est la chose à laquelle nous apportons tout ce qui est en nous et dans laquelle nous puisons tout ce qui nous soutient et nous aide à rendre témoignage au Christ dans le monde dans lequel nous vivons », a-t-il déclaré le 21 janvier lors d'une interview dans son bureau, selon CNS.

La messe reflète également ce que l'Église est et croit, a-t-il ajouté, de sorte que le rite utilisé ne se réduit pas à une question de préférence ou de sensibilité personnelle, rapporte CNS en style indirect.

Et voici donc ses accusations à l’égard de ceux qui préfèrent le rite traditionnel, présentés en quelque sorte comme refusant de faire partie du Corps du Christ :

« Je pense que l'un des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui est que nous vivons dans un monde très individualiste, un monde très relativiste, où la préférence individuelle se place au-dessus du bien commun et de l’expression commune. Je pense que c’est une chose très dangereuse, et c’est une chose qu’en tant que chrétiens, nous devons vraiment prendre très au sérieux. »

Un peu comme les récalcitrants face au vaccin COVID, voilà les fidèles du rite traditionnel accusés de ne pas jouer le jeu communautaire, ce qui justifie évidemment aux yeux de Roche de les considérer comme des catholiques de seconde zone. Ils sont dangereux. Contaminants, peut-être ? Contagieux ?

Quoi qu’il en soit, l’affirmation ne manque pas de sel, puisque justement dans le rite traditionnel le prêtre s’efface devant le Christ et son sacrifice, tandis que dans le nouveau rite, il est beaucoup plus visible, imprimant sa marque individuelle sur la liturgie, y compris à l’occasion au moyen d’une insupportable « créativité »…

Mgr Roche a fait référence au cours de sa conversation avec CNS aux Actes des Apôtres (2:42), qui décrivent ce que signifie pour les chrétiens l’appartenance à l’Eglise : « Ils persévéraient dans la doctrine des Apôtres, dans la communion de la fraction du pain, et dans les prières. »

Il a souligné que ces quatre éléments impliquent de reconnaître l'autorité dont jouissent les évêques en communion avec le pape pour gouverner l’Eglise, de construire l’unité au sein de l’Eglise, de célébrer l’Eucharistie ensemble et de prier les uns à côté des autres. Ces quatre éléments vont ensemble, a-t-il dit, assurant qu’ils contredisent « ce qui est relativiste, ce qui est individualiste au sein de nos communautés aujourd'hui ».

Voilà donc la volonté de prier comme l’Eglise l’a fait depuis des siècles taxée d’individualisme, alors que les changements majeurs apportés par l’aggiornamento liturgique avec ses célébrations diverses et même disparates d’un pays à l’autre, voire d’un prêtre à l’autre seraient marqués du sceau du respect de la tradition apostolique.

Sans doute Mgr Roche a-t-il raison de dire, de manière finalement très traditionnelle – à ceci près qu’il évoque une messe profondément remaniée, soigneusement modifiée en un temps record par la volonté de quelques-uns dont les nouveautés, à ses yeux, doivent s’imposer sans partage au point de gommer la messe latine d’antan :

« Ce n’est pas la messe du pape, ce n’est pas ma messe, ce n’est pas votre messe. C’est la messe de l’Eglise. C’est la manière dont l’Eglise a décidé que nous nous exprimons en tant que communauté dans le cadre du culte, et la manière dont nous nous imprégnons des livres de la liturgie de la doctrine de l’Eglise. »

CNS affirme que selon Roche, les différences entre les messes avant et après Vatican II ne se limitent pas à l'utilisation du latin, du chant, du silence et de la direction vers laquelle le prêtre est tourné. Je cite encore CNS : « La promotion de la liturgie d’avant Vatican II comme étant en quelque sorte plus sainte ou plus priante que la liturgie actuelle “n’est pas fondamentalement un problème liturgique, c’est un problème ecclésial”, a déclaré l'archevêque. La messe actuelle, avec une sélection plus riche de prières et de lectures de l'Écriture, reflète et renforce la compréhension que l'Église a d’elle-même en tant que peuple de Dieu. »

Cette compréhension, ne l’avait-elle pas avant le concile Vatican II ? Tel semble bien être l’avis de Mgr Roche, qui a encore déclaré :

« Ce qui nous a été donné par le concile, qui a classé et concrétisé l’enseignement de l’Église sur elle-même et sa compréhension du rôle des baptisés et de l’importance de l'Eucharistie et de la vie sacramentelle de l’Église, n’est pas sans importance pour l’avenir de l’Église. »

Selon CNS, il a également déclaré que les évêques réunis lors du Concile Vatican II, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, ont dit : « C’est la direction dans laquelle nous avançons. » L'important dans l'Eglise étant sans doute « d’avancer », pour entrer dans les fameux « processus » du pape François… « Traditionis Custodes est vraiment un appel à prendre très, très au sérieux l’unité de l'Église, notre être ensemble pour la célébration de la fraction du pain et la prière », a insisté Mgr Roche.

Avec le nouvel Ordo, a-t-on vraiment atteint ine conscience plus profonde de l’Eucharistie et de la vie sacramentelle ? Bien sûr ! Les églises sont pleines, la pratique religieuse est au sommet, les confessionnaux ne se sont pas vidés, les jeunes se marient avant de vivre ensemble, les familles ont le souci de baptiser leurs tout-petits, les jeunes connaissent la doctrine de leur foi, les vocations sacerdotales fleurissent, et le pape François n’a pas bruyamment désapprouvé les prêtres qui avaient osé organiser l’accès aux sacrements pendant les confinements COVID !

Quant à la fracture, à la division que met en place Traditionis custodes là où Summorum pontificum œuvrait à la paix à l’intérieure de l’Eglise, Mgr Roche la nie, accusant les seuls fidèles de la messe qui a sanctifié tant de générations de rupture et de désunion.

Balayant « beaucoup de fanfaronnades sur les blogs », Mgr Roche s’est dit convaincu que la majorité des évêques de rite latin et la majorité des catholiques de rite latin dans le monde comprennent l’importance de prier et de célébrer l’Eucharistie avec la même messe. Il affirme même selon CNS que grâce à ses contacts réguliers avec les évêques et les conférences épiscopales, il sait que la plupart des évêques ont « accueilli à bras ouverts le rappel du pape au concile et à l’unité de l'Église et qu’ils sont très favorables à ce que dit le Saint-Père ».

« Évidemment, les gens ont des préférences, a déclaré l'archevêque. Mais les catholiques doivent examiner plus profondément ce qu'ils expriment lorsqu'ils manifestent ces préférences. “Lorsque les gens disent : ‘Eh bien, je vais à la messe du Père Untel’, eh bien le Père Untel n’est que l’agent. C’est le Christ qui est actif dans la messe, c’est le prêtre qui agit in persona Christi – la personne du Christ, le chef de l’Eglise » a-t-il dit.

Mais s’il croit cela est vrai, pourquoi justifier de l’avoir mis tellement au second plan derrière le célébrant ? Pourquoi applaudir parce qu’on a largement gommé la sacralité de la messe et son caractère sacrificiel ? 

Cela semble décidément un système : déployer habilement, en les dénaturant, les arguments de ceux qui veulent simplement sauvegarder le trésor de la liturgie traditionnelle qui plaît à Dieu, et qui les nourrit spirituellement comme elle a nourri d’innombrables générations de chrétiens. Ainsi Mgr Roche déclare :

« Lorsque nous allons à la messe, même si la musique n’est pas celle que nous choisirions personnellement – et encore une fois, c’est l’individualisme qui entre ici en jeu – nous devons nous rendre compte du fait que nous nous tenons aux côtés du Christ sur sa croix, qui redonne tout au Père à travers cette Eucharistie. »

J’aimerais savoir comment on peut dire de telles choses sans rire en pensant aux « messes guitare », aux « messes chansonnettes », au « messes des jeunes » et aux « messes des vieux » (pardon, ce n’est pas gentil de désigner ainsi les messes du dimanche dans les campagnes déchristianisées où l’on ne voit que quelques têtes blanches)…

Mais Roche s’obstine :

« La messe rend présent tout ce que le Christ a fait pour notre salut ; pas simplement pour, vous savez, le salut de Jim ou de Mary, mais pour notre salut. Nous sommes l’Église. Nous ne sommes pas des individus. Nous appartenons à un corps qui se définit par les enseignements du Christ que nous avons reçus dans la fidélité, et que nous devrions, dans la fidélité, également mettre en œuvre afin de créer cette unité et de créer cette harmonie. »

C’est donc ça. Le salut collectif. Le collectivisme de la Rédemption. C’est en tout cas au nom de cette fusion dans la masse que l’actuel préfet de la Congrégation pour le culte divin désigne les fidèles de la messe traditionnelle par laquelle ils espèrent que leur âme personnelle sera sauvée comme des infidèles.


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21 janvier, 2022

Le cardinal Burke s’exprime sur le COVID, la vaccination obligatoire et “Traditionis Custodes” chez Raymond Arroyo sur EWTN

Bien remis de son épisode de COVID-19 cet été, le cardinal Raymond Burke a accordé une interview d’une demi-heure à Raymond Arroyo dans son émission The World Over sur EWTN, jeudi. Le cardinal, désormais de retour à Rome, y évoque sa guérison qu’il juge miraculeuse, sa volonté d’accomplir le travail que Notre-Seigneur lui confie au travers de cette guérison, et son opposition non au « vaccin » mais aux mesures de vaccination forcée, notamment à travers la perte d’emploi en cas de refus : il les juges contraires aux droits humains fondamentaux. Il précise que la réception du vaccin COVID constitue la participation à une expérimentation compte tenu de leur état actuel.

Le cardinal Burke s’exprime également avec vigueur sur le motu proprio Traditionis custodes et sur le droit de cité de la messe traditionnelle dans l’Eglise, invitant les prêtres et les fidèles qui en tirent leur nourriture spirituelle à se battre pour ce droit.

J’ai retranscrit et traduit l’essentiel de cette interview, omettant seulement la dernière partie consacrée à l’Ordre de Malte que le Saint-Siège est en train de priver de sa souveraineté. – J.S.

*

Cardinal Burke. – De manière générale, je me sens très bien et je retrouve plus ou moins un rythme de vie normal. L’effet persistant concerne mes poumons. Les médecins m’ont dit qu’ils n’en savent pas beaucoup à ce sujet, et qu’ils ne savent pas combien de temps cela prendra, mais que cela pourrait durer environ un an. Je reprends des forces chaque jour, mais cet effet persistant continue d’être présent. Bien sûr, j’ai été sous respirateur pendant neuf jours, neuf jours perdus pour moi – je n’en ai aucun souvenir – et quand je suis sorti de l’intubation, je ne pouvais même pas me tenir debout. J’ai dû retrouver toute ma capacité à me tenir debout, à marcher, à monter ou descendre des escaliers, et grâce à Dieu, cela s’est bien passé, et c’est en partie la raison de ce rétablissement prolongé. Et puis, comme les personnes qui ont vécu cela vous le diront, j’ai ressenti une fatigue extrême. J’ai quitté l’hôpital le 3 septembre et pendant environ un mois, j’étais tout le temps fatigué : peu importe le nombre d’heures de sommeil la nuit, je me réveillais le matin fatigué. C’est une chose terrible, mais cela aussi est passé, grâce à Dieu, et oui, je suis fatiguée un peu plus tôt dans la journée qu’avant, mais pendant la journée, je vais très bien.

(...)

Je suis tombé malade assez brusquement et on m’a très vite mis sous respirateur, mais quand j’en suis sorti, je crois que c’était le 20 août, et que j’ai commencé à lire ces messages et à apprendre que tant de personnes priaient pour moi, j’ai été vraiment bouleversé et rempli d’une profonde gratitude. Je dois dire que lorsqu’ils m’ont désintubé et que j’ai repris conscience, j’ai immédiatement eu le sentiment que notre Sainte Mère avait pris soin de moi pendant tout ce temps, et je dis cela très sincèrement. Les médecins avaient informé ma chère sœur Marie qu’il n’y avait vraiment aucun espoir que je survive à cela, et qu’elle devait mettre mes affaires en ordre, et je n’ai aucun doute dans mon esprit que ce sont toutes ces prières qui ont été adressées à Notre Seigneur et les prières qu’Il a entendues, qui m’ont sauvé pour quelque travail qu’Il attend désormais de moi. Mais j’ai eu immédiatement ce sentiment très fort et il est resté en moi ; c’était vraiment miraculeux, et nous ne devrions jamais douter de la puissance de la prière. Mais dans ce cas précis, je l’ai vécu d’une manière remarquable, car je savais que j’étais mourant et je n’étais vraiment pas du tout certain de survivre. Lorsque j’ai repris conscience, j’ai appris que toutes ces prières avaient été offertes et j’ai compris ce qui s’était passé.

Raymond Arroyo. – Dans de nombreux articles rapportant votre maladie, vous avez été dépeint, Votre Éminence, comme un négationniste et un sceptique des vaccins. Même le pape a fait référence à vous en tant que négationniste dans l’avion papal au retour de son voyage de Slovaquie en septembre. Il a dit : « Même dans le collège des cardinaux, il y a quelques négationnistes et l’un d’entre eux, le pauvre, est hospitalisé avec le virus : ironie de la vie. » Qu’avez-vous pensé en entendant ces commentaires selon lesquels vous étiez négationniste et sceptique à l’égard vaccins ? L’êtes-vous ?

Eh bien non, je n’ai jamais dit à personne qu’il ne fallait pas se faire vacciner. J’ai insisté sur le fait que la question de la vaccination est une décision personnelle, c’est l’exercice d’un droit humain fondamental, et je suis absolument opposé à la vaccination forcée, à ces contraintes. Mais je n’ai pas pris position contre le vaccin. D’autre part, nous n’avons qu’un seul Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ : nous nous en remettons à Lui, et ce n’est pas en vaccinant le monde entier que l’on va sauver le monde. Et il y a aujourd’hui ce genre de rhétorique où les gens pensent que si tout le monde était vacciné, tout irait bien ; pour un chrétien ce n’est pas une pensée juste.

Et scientifiquement non valide, pourrais-je ajouter, comme les événements l’ont prouvé en particulier avec le variant Omicron. Cependant, Eminence, le Vatican, rend actuellement obligatoire la vaccination de tous ses employés. Il encourage la vaccination de tous, y compris des enfants. Plusieurs membres de la Garde suisse pontificale ont perdu leur emploi pour ne pas avoir reçu le vaccin. Nous ne disposons d’aucun chiffre sur les autres emplois perdus jusqu’à présent, nous n’en savons rien. Quelle est votre réaction à l’obligation vaccinale au Vatican, en particulier maintenant que, comme nous l’avons mentionné, il a été largement rapporté que le vaccin n’est pas efficace contre l’omicron, et que plusieurs pays européens – notamment l’Angleterre et l’Espagne – ont maintenant levé leurs contraintes de vaccination ?

La position du Vatican à ce sujet est très sévère, il n’y a aucun doute là-dessus. Vous ne pouvez pas entrer, par exemple, dans le palais apostolique ou dans d’autres bureaux du Vatican, à moins de pouvoir prouver que vous êtes vacciné. Je crois savoir – je n’en ai pas la connaissance personnelle mais c’est ainsi que je comprends la situation – qu’il y a un certain nombre de personnes qui ne peuvent pas venir travailler parce qu’elles ne sont pas vaccinées, et bien sûr leur absence du travail est considérée comme injustifiée et elles ne sont donc pas payées. J’ai également entendu dire qu’un certain nombre de gardes suisses ont dû quitter le service des gardes parce qu’ils avaient choisi de ne pas être vaccinés. Comme je l’ai déjà dit, je crois que la vaccination forcée est une violation des droits de l’homme, et il y a par ailleurs des précautions normales qui peuvent être prises en ce qui concerne la propagation de n’importe quel type de maladie, et ces précautions doivent être prises. Mais c’est vrai : il y a beaucoup de personnes qui ont été vaccinées qui ont maintenant contracté apparemment ce variant Omicron. Pour moi, l’essentiel est que la vaccination, telle qu’elle se présente aujourd’hui, est expérimentale. Nous n’avons pas l’expérience nécessaire par rapport à ce vaccin, et donc les personnes qui se font vacciner acceptent de faire partie d’une expérience.

Oui, et comme vous l’avez mentionné, il y a même eu des fonctionnaires du Vatican qui ont maintenant contracté le COVID, beaucoup d’entre eux ayant reçu une triple vaccination dans certains cas. Dites-moi comment cela s’accorde avec l’enseignement catholique, car le document de la CDF de l’année dernière, de décembre dernier, disait que vous pouvez en bonne conscience et en tant que bon catholique décider de ne pas prendre ces vaccins, et que cela est parfaitement licite. Mais maintenant nous semblons recevoir un message différent, au moins en paroles, du Vatican, sans parler de ces obligations qu’ils ont imposées aux employés.

Ce qu’a dit la Congrégation pour la Doctrine de la Foi est l’enseignement catholique. Une vaccination forcée des gens ne fait pas partie de l’enseignement catholique et c’est tout ce que je peux dire : cela n’a jamais fait partie de l’enseignement de l’Église, y compris dans le document de la Congrégation. La CDF a été claire à ce sujet et je pensais que cela avait été compris. Mais le Vatican lui-même a adopté cette position qui ne correspond pas à cet enseignement et qui entraîne beaucoup de souffrances.

Éminence, je voudrais passer à un autre sujet : le soutien à et les attaques continuelles contre la messe latine traditionnelle depuis le motu proprio « Gardiens de la tradition » du pape François, publié en juillet. Dans l’archidiocèse de Chicago, où la messe en latin est pratiquement interdite, le cardinal Blase Cupich a publié le mois dernier, le jour de Noël, des règles interdisant l’utilisation de la liturgie traditionnelle à Noël, le dimanche de Pâques, le premier dimanche de chaque mois et lors d’autres jours saints, « pour favoriser et rendre manifeste l’unité de cette église locale et aussi pour fournir à tous les catholiques de l’archidiocèse une occasion d’offrir une manifestation concrète de l’acceptation de l’enseignement du Concile Vatican II et de ses livres liturgiques ». Cardinal Burke, sur quoi se fonde la peur de l’ancien rite, et la célébration actuelle de la messe en latin est-elle dans votre esprit un défi pour le concile Vatican II ou des livres liturgiques qui en sont issus ?

Absolument pas. Dans de nombreux diocèses, depuis de nombreuses années, certains fidèles assistent à la célébration de la sainte messe, en particulier les jours de fête, selon l’usage le plus ancien, l’usus antiquior, la forme extraordinaire comme on l’appelle aujourd’hui. Cela n’a pas été une cause de désunion. De fait, j’ai servi dans deux diocèses et c’était une grande bénédiction d’avoir ces communautés qui suivaient ces anciens rites tels qu’ils nous ont été transmis depuis l’époque du pape Grégoire le Grand et même avant, et je ne veux pas en parler comme s’il s’agissait de simples antiquités, pas du tout ! La sainte liturgie est une réalité vivante : c’est le Christ lui-même qui agit au milieu de nous pour nous sanctifier, et dans la sainte messe de la manière la plus merveilleuse qui soit, en renouvelant sacramentellement son sacrifice sur le calvaire, puis en nous nourrissant de son propre corps et de son sang. Et cela reste la réalité, de sorte que la forme de la Messe telle qu’elle a été établie après le Concile de Trente mais telle qu’elle avait existé pendant des siècles auparavant est une réalité vivante, et nul ne peut le nier.

En ce qui concerne le Concile Vatican II, de nombreuses choses qui se sont produites après le Concile en ce qui concerne la sainte liturgie n’ont aucun fondement dans les documents sur la sainte liturgie, et les personnes intelligentes qui ont étudié ces questions savent bien qu’il y a eu de nombreux abus après le Concile – le soi-disant esprit du Concile, et toute la manière dont la liturgie a été réformée, dont les rites ont été réformés. Il y a donc des questions légitimes. Certaines d’entre elles ont été abordées, d’autres doivent encore l’être. Mais le pape saint Jean-Paul II, par exemple, dans les dernières années de son pontificat, n’a cessé d’insister sur la nécessité de s’occuper de la sainte liturgie et de restaurer la transcendance de l’action liturgique, à savoir que c’est Jésus-Christ lui-même qui agit au milieu de nous, qui entre en nous par la liturgie sacrée. Et bien sûr, le pape Benoît XVI a été un merveilleux professeur à cet égard, et Summorum Pontificum, son motu proprio par lequel il a rendu plus accessible la célébration de la forme extraordinaire, comme il l’a appelée, a été un grand cadeau et a été le résultat de l’exercice de ce cadeau. L’utilisation de ce don était un grand don dans l’Eglise. Je ne comprends pas la situation actuelle. J’ai beaucoup de contacts avec les oratoires et les paroisses qui célèbrent la forme extraordinaire, et avec les prêtres, et tout est positif. Ils ne se considèrent pas comme la véritable Église ou comme de meilleurs catholiques que quiconque : ils trouvent simplement une formidable nourriture spirituelle dans ces rites anciens, la forme traditionnelle de la messe. Et pourquoi cela devrait-il leur être refusé ?

Votre Éminence, un prêtre du diocèse de Chicago a demandé à être autorisé à utiliser la posture ad orientem, faisant face à l’Est pendant la messe : cela lui a été refusé. Lorsqu’il a protesté, il a été accusé d’incitation à la désobéissance contre l’évêque diocésain. La posture ad orientem a-t-elle été abrogée, interdite par le Concile ou l’Église et qu’est-ce que tout cela a à voir avec la messe en latin ?

Toute messe peut être célébrée face au Seigneur ou face à l’Orient, ad orientem versus Dominum, et en fait, beaucoup de gens me disent, et c’est parfaitement logique, que c’est une très belle chose d’avoir le prêtre à la tête de l’assemblée qui offre la messe lorsque tout le monde est face à Notre Seigneur, et cela montre clairement que le sacrifice est le sacrifice de Notre Seigneur. Nous adorons en esprit et en vérité en Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est vrai que l’usage le plus ancien était certainement de célébrer la Messe face au Seigneur, face à l’est, mais je ne trouve rien dans les documents du Concile Vatican II qui puisse conduire à l’interdiction de la manière traditionnelle, de la posture ou de la position traditionnelle du prêtre pendant la célébration de la Messe ; et je ne comprends pas pourquoi cela est maintenant remis en cause.

Votre Éminence, l’effet pratique de ceci, je pense que les gens n’y ont pas prêté attention à Rome, ce que j’entends, c’est que beaucoup de ces communautés catholiques – ce sont certes de petits groupes de catholiques mais ils sont fervents, l’église est remplie pour ces messes traditionnelles en latin – beaucoup d’entre eux se dirigent maintenant vers ces chapelles de la Fraternité Saint-Pie X. L’intention de certains à Rome est-elle de pousser ces catholiques attachés à ce rite vers la Fraternité Saint-Pie X et de les déclarer schismatiques à une date ultérieure ? Pourquoi créer cette division tout en parlant d’accompagnement ?

Je ne sais pas. On m’a dit aussi que la pensée de certains est que toute personne qui est attirée par l’usage plus ancien devrait simplement se rendre à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, mais c’est absolument faux parce que l’usage plus ancien fait partie intégrante de la vie de l’Église ; il l’a été tout au long des siècles. Même après l’introduction du Novus Ordo, comme on l’appelle dans l’usage plus récent, l’Église a toujours permis aux individus et aux groupes la possibilité de suivre l’usage plus ancien. Et donc cette idée que d’une certaine manière si vous êtes attiré par l’usus antiquior vous êtes un schismatique, je veux dire que c’est tout simplement faux et c’est mal de pousser les gens dans cette direction. Mais Notre Seigneur est avec nous dans l’Église : Il nous a dit qu’il resterait toujours avec nous dans l’Église, et donc nous devons rester dans l’Église et lutter pour préserver, promouvoir et cultiver la vie liturgique de l’Église, y compris à travers la forme extraordinaire. Et donc je dis aux gens que nous n’avons pas le choix.

Saint Athanase a été exilé, il a été excommunié, il a subi tant d’humiliations pour avoir défendu la vérité de la foi, mais il n’a jamais quitté l’Église. Padre Pio est un autre exemple plus récent : il a beaucoup souffert aux mains du Vatican et pourtant il est resté fidèlement dans l’Église, et c’est ce que nous devons faire. Notre Seigneur ne va pas permettre – je le sais – Notre Seigneur ne va pas permettre que ce beau cadeau de l’usage plus ancien, le beau cadeau de ces rites soit perdu. Il est clair qu’Il ne l’a pas permis et depuis l’époque du Concile, il y a eu une croissance continue et un intérêt grandissant pour l’usage plus ancien. Je connais tant de fidèles laïcs et de prêtres qui m’ont dit que le fait de pouvoir assister à la sainte messe selon l’usus antiquior les a aidés à approfondir leur compréhension, leur appréciation et leur participation à la sainte messe.

Un certain nombre de prêtres m’ont dit que ce n’est que lorsqu’ils ont assisté à l’ancien rite ou l’ont célébré qu’ils ont pleinement compris et apporté une nouvelle sacralité et une nouvelle dévotion au nouveau rite, parce que l’un nourrit l’autre, il se tient sur les épaules de l’autre. Mais comme vous l’avez mentionné, Votre Éminence – et j’ajouterais le nom de Mère Angelica à cette liste de martyrs de la foi qui se sont battus et ont été abusés par les autorités à propos de la liturgie, soyons réalistes – il est curieux et bizarre pour moi qu’au moment même où le Vatican invite les protestants et les anglicans à marcher avec l’Église catholique romaine dans ce synode, nous traitions les catholiques très fidèles d’une belle tradition vivante de l’Église comme s’ils étaient des lépreux, et que nous disions qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’auberge. George Weigel a qualifié Traditionis custodes de « théologiquement incohérent, pastoralement diviseur et inutile ». L’évêque Thomas Tobin de Providence appelle l’Église à soutenir ceux qui sont attachés à l’ancien rite. Pensez-vous qu’il s’agira d’une lutte permanente ici, et comment la combattre au mieux ?

Ce sera le cas, et mon conseil aux gens est le suivant : continuez à faire ce que vous avez fait. C’est ainsi que vous nourrissez votre foi, que vous nourrissez votre proximité avec votre évêque et votre proximité avec toute l’Église, et c’est ainsi que nous pouvons le mieux mener cette bataille. Ensuite il faut faire valoir nos droits dans l’Église, faire des recours lorsque des injustices sont commises envers des communautés légitimes de fidèles. Et bien sûr, il y a aussi des instituts de vie consacrée ou des sociétés de vie apostolique dont le charisme particulier est la célébration de la liturgie selon le rite romain selon l’usage le plus ancien, et de la promouvoir. C’est leur droit de le faire. Je crois donc qu’il continuera à y avoir une réponse très forte à la situation, et si Dieu veut –et je suis sûr que Notre Seigneur bénira cela – nous reviendrons à un usage régulier et libre de l’usage plus ancien du rite romain.

En attendant, cela va être très difficile quand beaucoup de ces prêtres ne seront pas autorisés à célébrer la Messe en latin dans une paroisse ; alors je suppose que cela deviendra clandestin comme c’était le cas autrefois et en Chine communiste – je suppose que c’est dans cette situation que le monde entier se trouve désormais.

Votre Éminence, en décembre, le pape François a écrit une lettre louant le travail de la sœur Jeannine Gramick, qui dirige les très controversés New Ways Ministries, un groupe condamné par la Conférence des évêques des États-Unis et par les deux pontificats précédents. Le pape a fait l’éloge de son travail pour son action auprès des catholiques LGBTQ. Sa lettre contredit totalement les admonitions de Jean-Paul II et de Ratzinger en 1999 contre son travail. Que pensez-vous de cette lettre et du message qu’elle envoie à l’Église et au monde entier ?

Eh bien, la réponse de l’Église au New Ways Ministry, et à l’époque où il étaitt encore en vie, le père Nugent et à sœur Jeanine Gramick, se trouve dans un document de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui a été publié dans les Acta Apostolici Sedes, l’organe officiel de communication de l’Église, en 1999, et vous pouvez l’y lire. Ce qui y est écrit est aussi vrai aujourd’hui que lorsque cela a été écrit. Ce que sont ces actes personnels du pape, c’est exactement cela : ce sont des actes qu’il assume personnellement, mais qui n’ont rien à voir avec l’enseignement de l’Église, en ce qui me concerne. Ce que j’ai lu et qui a été cité dans les médias de cette lettre – ou  ces lettres, je ne suis pas sûr – écrite à sœur Jeanine, ce sont simplement les opinions d’un homme, mais celles-ci n’ont rien à voir avec le magistère de l’Église. C’est ce qu’on trouve exposé très soigneusement dans ce document : lorsqu’un document est publié dans les Acta Apostolici Sedes, c’est très significatif : cela nous indique qu’il est, d’une manière particulière, l’expression de la doctrine et de la discipline de l’Église.

Propos recueillis par Raymond Arroyo


© leblogdejeannesmits pour la traduction

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15 janvier, 2022

Novavax : solution “éthique” et “sûre”… ou non ?

La Haute Autorité de Santé (HAS) a donné son feu vert vendredi au vaccin anti-COVID
Nuvaxovid, du laboratoire américain Novavax, pour les personnes non vaccinées à ce jour qui pourront recevoir deux doses espacées de trois semaines, ou pour les personnes de 18 ans ayant reçu une dose d’un autre vaccin chez qui la piqûre « Novavax » est autorisée comme deuxième dose. A ce jour, la HAS n’accepte pas Novavax en tant que troisième dose, actuellement indispensable pour avoir un passe sanitaire actif :




Il n’est donc pas dit que la double vaccination Novavax permette l’obtention du passe vaccinal, si celui-ci est adopté, sans une troisième dose d‘un autre vaccin.

Novavax est présenté comme un vaccin plus classique que ceux à ARNm ou à ADN, capable de convenir aux personnes qui ont des objections de divers ordres – morales, prudentielles, sanitaires – contre les injections actuellement proposées.

Il utilise un procédé dit « sous-unitaire » qui consiste à injecter des protéines capables de déclencher une réponse immunitaire, et non le virus entier. En l’occurrence, et comme c’est le cas pour les quatre autres injections approuvées en France comme « vaccins anti-COVID », on retrouve ici la fameuse protéine Spike, synthétisée en laboratoire avec une technologie de protéines recombinantes.

Cette technologie est également utilisée dans les vaccins contre l'hépatite B et la coqueluche. Elle se distingue notamment par le fait qu’elle ne conduit pas les cellules humaines à fabriquer elles-mêmes la protéine Spike, principe d’action des injections Pfizer, Moderna, AstraZeneca  et Janssen. Voilà qui écarte le problème relatif à la dimension « transhumaniste » de ces procédés consistant à modifier de l’intérieur le corps humain et à le contraindre à produire des substances qui lui sont étrangères.

L’utilisation de lignées cellulaires obtenues sur des fœtus avortés (à cette fin, et de manière à ce que les cellules soient vivantes au moment du prélèvement) en vue de réaliser des tests est avérée, même si elle ne semble pas avoir été systématique. Je remercie le lecteur de ce blog qui m’a adressé plusieurs documents à ce sujet.

Le premier, sur science.org, montre que la lignée HEK293 (lignée immortalisée à partir de cellules de reins de fœtus avorté ; le chiffre 293 indique qu’il s’agit de la 293e expérience d’une série réalisée en vue de l’obtention d’une telle lignée) a été utilisée pour vérifier les réponses immunologiques à la protéine Spike synthétisée. Cette étude est en ligne ici.

Ce fait est corroboré par une note de la Commission épiscopale pour la vie, la famille et l'engagement public (Bishops Commission for Life, Family and Public Engagement) de la Conférence épiscopale d’Australie, datée d’avril 2021, qui indique ce qui suit : 

The HEK-293 cell line was used in the development, production and testing of the AstraZeneca vaccine. The HEK-293 cell line was used to test the efficacy of the Pfizer and Novavax vaccines, but not in their development or production. 

The HEK-293 cell line was derived from the kidney of an aborted baby girl in the 1970s, and cell lines derived from these cells continue to be used in a broad range of scientific research, including in the production and testing of vaccines."

Enfin, l’institut pro-vie américain Charlotte Lozier, qui publie ici une liste de tous les vaccins et candidats vaccins anti-COVID en indiquant s’ils sont liés, par leurs tests d’efficacité, dans leur développement ou leur production, à des cellules obtenues par avortement, s’appuie sur l’étude science.org mentionnée ci-dessus pour signaler le caractère non éthique de certains tests réalisés en vue de la production de Novavax.

Qu’en est-il des autres aspects de ce nouveau vaccin ? L’Association internationale pour une médecine scientifique indépendante et bienveillante (AIMSIB), composé de nombreux médecins, fait des mises en garde importantes que l’on retrouvera in extenso ici.

Cette étude signale notamment ceci : 

« La spike est produite par un virus d’insecte cultivé sur des cellules d’insectes. Il peut donc théoriquement rester des déchets provenant de ces cellules d’insectes dans le produit final, on ne connaît pas les conséquences possibles. La protéine produite est ensuite encapsulée dans des nanoparticules de polysorbate 80 (2) capable de provoquer des chocs anaphylactiques comme le PEG des nanoparticules des vaccins à ARNm. Tout ceci est adjuvanté avec le Matrix-M®, un nouvel adjuvant qui a été testé en essais cliniques pour des vaccins anti-grippaux. Comme tous les adjuvants, il augmente les réactions inflammatoires et permet la production supérieures d’anticorps par rapport à un vaccin non adjuvanté. »
Des questions sur des inflammations post-vaccinales lors de l’expérimentation de Novavax sur des animaux n’ont pas reçu de réponse claire ; elles posent à leur tour des questions sur la production d’anticorps facilitants.

Par ailleurs les personnes ayant déjà été infectées par le COVID, les femmes enceintes, les immunodéprimés et les allergiques ont été exclus des essais, signale l'AIMSIB.

L’efficacité du vaccin n’a pas été mesurée pendant les 14 jours suivant l’inoculation, et cette absence de dépistage COVID ne permet donc pas de déterminer s’il existe une aggravation de l’infection et de la contagion par des anticorps facilitants. Par ailleurs seuls les COVID symptomatiques ont donné lieu à des dépistages.

Comme le dit l’AIMSIB : 

« Seuls les Covids détectés au moins 7 jours après la deuxième dose sont comptabilisés pour mesurer l’efficacité. On lit à un autre endroit du protocole que seuls les Covids détectés plus de 14 jours après la deuxième dose compteront pour les mesures d’efficacité : en totale contradiction donc dans le même document. »

L’AIMSIB cite également dans son document largement sourcé un nombre non négligeable d’effets secondaires :




En tout état de cause, Novavax injecte la protéine Spike, rendue plus stable et donc capable de survivre plus longtemps dans l’organisme, et non un virus désactivé ou atténué, avec tous les inconvénients de cette protéine qui semble être par sa propre toxicité à la racine des problèmes cardiaques et sanguins liés aux « vaccins génomiques ». (Car si cette protéine n’était pas toxique, comment expliquer la vague de problèmes cardiaques et sanguins reconnus comme effets indésirables de ces vaccins ?)

Quant à l’idée de baptiser le nouvel adjuvant utilisé pour Novavax « Matrix-M® », elle laisse songeur. Il s’agit de nanoparticules de saponines (de l’arbre chilien Quillajua saponaria), de cholestérol et de phospholipides. Cet adjuvant provoquerait moins d’effets indésirables que d’autres, selon Novavax.




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11 janvier, 2022

Ce mercredi, rejoignez ou créez un groupe “La France prie” : récitation publique du chapelet dans nos villes et nos villages pour que la Vierge mette fin à une des crises sociétales les plus graves de notre histoire !








*



Si nous en avons assez des mesures liberticides, des mensonges et des contradictions de ceux qui nous gouvernent, assez d’avoir peur de perdre nos emplois, d’être réduits à la dhimmitude non-vaccinale, de voir nos enfants masqués à l'école et même dehors, à la récré, si la colère, la frustration, voire le sentiment d’impuissance nous guettent, n’y cédons surtout pas ! Nous avons l’arme du chapelet, cette prière que celle qui est forte comme une armée en bataille a exaucé si souvent, et qu’elle exaucera encore !

Ecoutez sans tarder ce message de Louis-Pierre, à l’origine de cette initiative : il lance un appel simple, à la portée de chacun. Imitons les Autrichiens qui se sont lancés fin novembre dans la récitation hebdomadaire et publique du chapelet devant les calvaires et les chapelles qui maillent le pays, et où désormais, le projet de loi de vaccination obligatoire patine !

La France, terre de Marie, est elle aussi couverte de calvaires, de chapelles, de statues de la Vierge et des saints. Tous les mercredis – si possible à 18 h 00 pour marquer l’unité de cette initiative – allons-y, pour dire PUBLIQUEMENT le chapelet afin prier pour que le démon soit chassé de l'espace public, et que notre Reine assure notre défense, et le rétablissement de l’ordre ! Commençons tout de suite, ce mercredi 12 janvier à 18 h 00, au plus près de chez nous.

Voici les explications et le message plein d’espérance de Louis-Pierre





A chacun, donc, de répondre présent, en choisissant un lieu significatif tout près de chez soi pour aller prier publiquement une demi-heure ce mercredi 12 janvier.

Pour annoncer un rendez-vous ou se joindre à un groupe existant, il faut rejoindre le réseau Telegram si vous n’y êtes déjà, et rechercher le groupe Initiative La France prie, puis partager, partager, partager à tous vos contacts susceptibles de s’y joindre.

Voici le lien : https://t.me/lafranceprie

Il suffit d’envoyer dans ce groupe sur Telegram un message donnant le lieu précis, le code postal, et le jour et l’heure du rendez-vous. Et rien de plus. Le but n’est pas de faire des grands rassemblements, mais que chacun prie près de chez soi. Les groupes s’étofferont d’eux-mêmes !

A l’heure d’écrire, le groupe compte déjà plus de 2.600 membres. Avec la fonction recherche en haut de page du groupe, on peut retrouver les heures et lieux de prière déjà annoncés avec le code postal ou le nom de la commune. Et ces lieux sont déjà au nombre de près de 170 pour ce mercredi !

Une carte interactive de France indiquant (par des balises jaunes) les rendez-vous qui existent déjà est disponible ici ; elle est régulièrement mise à jour.

Pour vous donner une idée, voici une capture d’écran de la carte ce soir à 22 h 38.


Clic ici pour accéder à la carte interactive.



Et que personne ne manque à l’appel ! 


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06 janvier, 2022

L'assureur Scott Davison signale une surmortalité « jamais vue » parmi les salariés de 18-64 ans en Indiana. Robert Malone fait le lien avec le vaccin

Le PDG des assurances vie et santé OneAmerica, Scott Davison, affirme que le nombre de morts dans la catégorie de la population active – le personnes âgées de 18 à 64 ans – a augmenté de 40 % au troisième trimestre de 2021 par rapport aux statistiques habituelles « pré-pandémiques », et que cette tendance s’est poursuivie pendant le quatrième trimestre. Cette surmortalité spectaculaire est totalement inédite aux Etats-Unis.

« Ce sont des chiffres énormes, énormes », a-t-il martelé.

Le nombre de dossiers ouverts pour inaptitude de longue durée au travail, soit pour COVID long, soit pour d’autres raisons est également sans précédent, selon Davison.

Davison s’exprimait à l’occasion d’une conférence de presse virtuelle organisée le 30 décembre dernier par la Chambre de commerce de l’Indiana, aux Etats-Unis, où l’assureur OneAmerica a son siège social depuis 1877. Le groupe « pèse » 100 milliards de dollars et compte 2.400 employés ; il est spécialisé dans la vente d’assurances-vie, notamment les assurances-vie collectives destinées aux employeurs de cet Etat.

Son constat de surmortalité porte précisément sur les employés de ces entreprises. Des gens dans la force de l’âge.

« Nous observons, en ce moment même, les taux de mortalité les plus élevés que nous ayons jamais vus dans l'histoire de cette activité – et pas uniquement chez OneAmerica », a déclaré Scott Davison, ajoutant : « Les données concordent chez tous les acteurs de cette filière. »

Une telle surmortalité – 40 % – c’est du « jamais vu », selon le PDG. Il a pris soin de préciser que la plupart des demandes d’indemnisation pour décès déposées ne sont pas classées dans la catégorie des décès dus au COVID-19. 

Davison a ainsi noté : « Pour vous donner une idée de la gravité de la situation, une catastrophe dite “trois sigmas”, qui n’arrive qu’une année sur 200, correspondrait à une augmentation de 10 % par rapport à la période pré-pandémique. Donc 40 %, c’est du jamais vu. »

Davison ne prétend pas connaître la cause de ces faits. Il s’est contenté de dire : « Ces données nous montrent que les décès qui sont déclarés comme des décès COVID sous-estiment grandement les pertes réelles de décès à cause de la pandémie parmi les personnes en âge de travailler. Il se peut que tous les décès ne soient pas inscrits dans la catégorie COVID sur leur certificat de décès, mais les chiffres sont tout simplement énormes, énormes. »

Rappelons d’abord que les attributions de décès au COVID, un peu partout dans le monde « développé », ont généralement péché par excès plutôt que par défaut, notamment parce que les hôpitaux sont mieux rémunérés pour la prise en charge de cette maladie. Il suffit souvent de mourir « avec » le COVID (et non « du COVID ») pour être inscrit au tableau de ses victimes.

Le Dr Robert Malone, pionnier de la technologie des vaccins ARNm aujourd’hui très critique de leur utilisation imposée à grande échelle, a commenté ces déclarations dans l’émission War Room de Steve Bannon, soulignant que « le taux de mortalité aux États-Unis est actuellement parmi les plus élevés du monde » et précisant que le problème ne semble pas se limiter au COVID-19 : c’est le « taux de mortalité globale » qui est « énorme » dans le pays, a-t-il dit.

Il a d’emblée fait remarquer que cette augmentation de la mortalité parmi les 18-64 ans, d’abord observée au 3e trimestre de 2021, coïncide justement avec le moment où les « MTA » (« mRNA therapy agent », agent thérapeutique ARNm qu’on présente comme un vaccin) ont été imposés à de nombreux salariés de moins de 65 ans par de nombreuses entreprises, faisant fortement augmenter la proportion de vaccinés parmi cette population.

Malone précise qu’il faut comparer le taux de mortalité de ces employés vaccinés avec celui de la population en général. Et il cite une journaliste qui a fait ce travail dans l’Indiana : elle a constaté que le taux de mortalité général dans l’Etat est « significativement plus bas » que chez les individus assurés et salariés dont l’assurance est financée par leurs employeurs. « Cela suggère que ces personnes qui se trouvent sous le coup de contraintes de la part des assurances et qui sont vaccinées en forte proportion ont un taux de mortalité beaucoup plus élevé que la population en général. C’est le genre de travail qu’il faut faire pour découvrir quelle est la relation de cause à effet. »

Malone ajoute que l’on ne peut qu’en déduire des hypothèses. « Néanmoins, il ne fait pas de doute que les politiques fédérales auront été un ratage abject. Que cela soit dû aux vaccins ou au refus du traitement précoce, nous sommes confrontés à une défaillance massive des politiques publiques », a-t-il dit.

Malone écrivait dimanche dernier sur Substack combien il avait été sceptique au départ face aux commentaires sur le « Great Reset » (la grande réinitialisation du Forum de Davos), et la possibilité que les « vaccins génétiques » puissent provoquer de nombreuses morts dans les trois années à venir. Il assurait à ses interlocuteurs que cela était « fort peu probable », se gardant par courtoisie de les accuser sans détours de « complotisme ».

Aujourd’hui son approche a changé, notamment après avoir pris connaissance des déclarations de Scott Davison. Il s’en explique :

« Il commence à me sembler que la plus grande expérience sur des êtres humains dans l’histoire enregistrée a échoué. Et, si ce rapport plutôt sec d'un cadre supérieur d’une compagnie d’assurance-vie de l'Indiana se vérifie, alors la campagne de Reiner Fuellmich sur les “Crimes contre l’humanité” en vue de la convocation de nouveaux procès de Nuremberg commence à sembler beaucoup moins chimérique et beaucoup plus prophétique. »

Malone a également affirmé qu’au minimum, nous sommes confrontés « à la fois à une énorme tragédie humaine et un profond échec de la politique publique du gouvernement américain et du système de santé américain », qui « ont contribué à une perte massive et évitable de vies humaines ». Au pire, ce sont des « crimes contre l’humanité » perpétrés par le MTA.

Et d’ajouter :
« EN OUTRE, nous avons également vécu la campagne de propagande et de censure la plus massive et la mieux coordonnée au niveau mondial de l’histoire de l’humanité. Tous les grands mass médias et les entreprises “tech” qui gèrent les médias sociaux ont coordonné leurs efforts pour étouffer et supprimer toute discussion sur les risques des vaccins génétiques ET/OU sur les traitements alternatifs précoces.

« SI ce rapport [actuariel] est vrai, il faudra rendre des comptes. Il ne s’agit pas seulement d’écraser le premier amendement [sic] de la Constitution des États-Unis et de le broyer dans la boue avec une armée d'infanterie lourde alimentée par l’intelligence artificielle. Cet article se lit comme la description sèche d’un événement de masse évitable causé par une procédure médicale expérimentale obligatoire. Une procédure pour laquelle toutes les possibilités pour les victimes de s’informer sur ses risques potentiels ont été méthodiquement effacées de l’internet et de la conscience publique par une cabale internationale corrompue opérant sous le drapeau de la “Trusted News Initiative”. George Orwell doit se retourner dans sa tombe. »


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24 décembre, 2021

Mgr Roche répond à Edward Pentin sur les restrictions en matière de liturgie traditionnelle : un modèle d’idéologie

Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale de l’interview accordée par Mgr Arthur Roche, archevêque et préfet de la Congrégation pour le culte divin (de la graine de cardinal !), publiée hier par le
National Catholic Register. Ses réponses sont un modèle de méchanceté et d’idéologie dont il faudrait décortiquer à la fois le fond et la forme. Il ne laisse planer aucun doute : de la liturgie romaine traditionnelle, il ne doit rester aujourd’hui – sauf très rares exceptions, confirmation non comprise, dans les paroisses personnelles – que la messe, et encore marginalisée, interdite d’apostolat et de rayonnement au prétexte qu’on aurait profité de la situation pour en faire la « promotion ». L’objectif est bien qu’elle disparaisse avec ses derniers « adhérents » actuels.

Se pose-t-on des questions canoniques quant à la légalité et à l’autorité des Responsa ? Elles sont balayées par quelques mots lapidaires ; on ne saurait contester la Congrégation pour le culte divin.

Si l’on peut (ou devrait pouvoir) suivre Roche lorsqu’il proclame : « La liturgie n’est jamais une simple question de goûts ou de préférences personnelles », il faut noter que la liturgie réformée sous Paul VI est en pratique, bien souvent, un fatras de choix personnels et d’animations supposées créatives, de parenthèses pénibles où le célébrant se met en scène et de changements pour le changement, depuis sa conception jusqu’à sa mise en œuvre.

Roche ne répond pas à la question que lui pose Pentin sur la manière trompeuse dont a été présenté au pape le rapport d’enquête auprès des évêques sur Summorum pontificum. Il glisse…

Pour ce qui est de la citation de Benoît XVI, je la reproduis dans son contexte à la suite de la traduction.

Voici donc ma traduction de l’interview de Mgr Roche par Edward Pentin (en anglais ici). – J.S.

*


Excellence, les Responsa s’appliquent-elles aux ex-instituts Ecclesia Dei, en particulier en ce qui concerne les ordinations dans la forme traditionnelle du rite romain, ou ces ordinations vont-elles pouvoir se poursuivre dans ces instituts, dans la mesure où elles ne sont pas spécifiquement mentionnées dans les Responsa ?

Permettez-moi tout d’abord, en guise d’introduction à quelques-unes de vos questions, de préciser un point important. Le droit universel relatif à la liturgie antérieure aux réformes du Concile Vatican II est désormais établi par le Motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2021, qui remplace toute législation antérieure.

Les Responsa ad dubia du 4 décembre 2021, publiées par la Congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements, constituent une interprétation qui fait autorité de la manière dont cette loi doit être appliquée. La Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique est compétente pour les instituts particuliers que vous mentionnez. Cette Congrégation n’a pas fait de déclaration au sujet de ces instituts. Cependant, le principe est maintenant établi selon lequel les ordinations dans l’Église latine sont conférées selon le rite approuvé par la Constitution apostolique de 1968 [Promulgation des nouveaux rites d’ordination par le pape saint Paul VI].

Le deuxième Responsum affirme que l’évêque diocésain n’est pas autorisé à accorder la permission d’utiliser le Pontificale Romanum. Cela signifie-t-il que les évêques ne peuvent pas utiliser le Pontificale Romanum, ou qu’ils ne peuvent pas donner la permission de l’utiliser ? Dans ce dernier cas, à qui ne sont-ils pas autorisés à en permettre l’usage ?

Le Pontificale Romanum de cette liturgie antécédente n’est plus en usage. Toutefois, une concession a été faite pour l’utilisation du Rituale Romanum dans les paroisses personnelles, mais elle exclut le sacrement de la Confirmation, qui a été remplacé par Constitution Apostolique en 1971.

Des canonistes ont qualifié les Responsa d’illicites, car elles ne respectent pas divers canons [à savoir le Canon 18 : « Les lois qui établissent une peine ou qui restreignent le libre exercice des droits ou qui comportent une exception à la loi sont d’interprétation stricte », et le Canon 87 : « Chaque fois qu’il le jugera profitable à leur bien spirituel, l’Évêque diocésain a le pouvoir de dispenser les fidèles des lois disciplinaires tant universelles que particulières portées par l’autorité suprême de l’Église pour son territoire ou ses sujets, mais non des lois pénales ou de procédure, ni de celles dont la dispense est spécialement réservée au Siège Apostolique ou à une autre autorité »], ni l’intégrité du rite traditionnel ; ils avancent aussi d’autres raisons juridiques. Ils affirment donc que le document n’a aucune force et peut être ignoré. Quelle est votre réponse à cela ?

Les réponses aux divers dubia sont évidemment légitimes et pleinement conformes au droit canonique dans leur élaboration par cette Congrégation, dont l’autorité en la matière est incontestée.

Les Responsa interdisent d’annoncer la messe traditionnelle parmi les horaires paroissiaux, tout en affirmant que cela ne constitue pas une marginalisation des catholiques traditionnels. Pourquoi une telle mesure a-t-elle été prise si les catholiques traditionnels font partie des fidèles et que cette initiative vise l’unité ? Cette mise en valeur de la différence ne fait-elle pas qu’accentuer les divisions, même au niveau local ?

Il est clair dans Traditionis custodes que la célébration de la messe selon le Missale Romanum de 1962 est une concession et qu’elle ne constitue donc pas la manière normale de procurer la liturgie de l’Église telle que prévue par le Concile Vatican II. 

Les rites approuvés par les saints papes Paul VI et Jean-Paul II sont l’expression unique de la liturgie de l’Église. Comme vous l’avez vous-même noté dans l’une de vos déclarations, la plupart des adhérents au Missel de 1962 n’ont aucun problème avec la liturgie réformée ou le Concile Vatican II, mais préfèrent celle de 1962, raison pour laquelle la célébration de la Messe selon ce Missel leur est accessible.

Toutefois, permettez-moi de clarifier un point important. La liturgie n’est jamais une simple question de goûts ou de préférences personnelles. C’est la lex orandi de l’Église, qui, dans la fidélité à la tradition reçue des temps apostoliques, est déterminée par l’Église et non par ses membres individuels. Le Missel romain des saints papes Paul VI et Jean-Paul II est le témoin d’une foi inaltérée et d’une tradition vivante et ininterrompue.

De nombreux catholiques traditionnels affirment avoir été injustement discriminés par Traditionis custodes et les Responsa ad dubia, et avoir été tenus à l’écart des consultations. Ils affirment que ces nouvelles règles leur ont été injustement imposées sur la foi d’une enquête menée en 2020 par la CDF auprès des évêques. Cependant, selon des informations bien documentées, et contrairement à la note explicative du Saint-Père sur Traditionis custodes, l’enquête a montré que la plupart des évêques souhaitaient procéder à une application prudente et attentive de Summorum pontificum. La CDF a ensuite transmis ces résultats au Saint-Père dans un rapport détaillé. La Congrégation pour le culte divin tiendra-t-elle donc compte de tous ces facteurs et préoccupations dans un esprit de synodalité et y répondra-t-elle, comme elle le ferait si tout cela faisait partie de l’actuel processus synodal universel ? La congrégation travaillera-t-elle également à partir des résultats réels de l’enquête plutôt qu’en s’appuyant sur une interprétation erronée de ceux-ci, comme l’affirment ces informations ?

La promotion de la liturgie antécédente a été restreinte mais cela ne caractérise pas une discrimination. Ni Ecclesia Dei de saint Jean-Paul II ni Summorum pontificum du pape Benoît XVI n’avaient prévu la promotion de ces liturgies qui, étant survenue par la suite, est devenue- problématique par rapport à ce que le Concile, qui est la plus haute forme de législation au sein de l’Église catholique, avait décrété.

Vous vous souviendrez de ce que le pape Benoît XVI a déclaré à la presse lors de son voyage en France en 2008 : « Ce Motu proprio (il parlait de Summorum pontificum qui venait d’être publié) est simplement un acte de tolérance, dans un but pastoral pour des personnes qui ont été formées dans cette liturgie, l’aiment, la connaissent, et veulent vivre avec cette liturgie. C’est un petit groupe parce que cela suppose une formation en latin, une formation dans une certaine culture. » Malheureusement, beaucoup ont profité de l’occasion pour prendre une direction inverse.

Quant à votre remarque sur la consultation, le Saint-Père a écouté très attentivement les évêques et, plus récemment, la Congrégation a répondu aux questions soulevées par eux et par d’autres. 

Ce dont il importe de prendre conscience maintenant, c’est que le Saint-Père a parlé ; les possibilités liturgiques sont en place ; le défi est de s’y atteler sans lécher ses plaies alors que personne n’a été blessé. Quant à votre remarque sur la synodalité, le mot signifie « marcher ensemble », ce qui est l’objectif précis du Motu proprio en ce qu’il exprime la direction dans laquelle l’Église doit marcher dans sa prière.

De nombreux fidèles traditionnels n’ont aucun problème avec la liturgie réformée ou Vatican II mais préfèrent la forme traditionnelle. Pourquoi, dès lors, la forme traditionnelle du rite romain ne peut-elle pas être acceptée comme le sont d’autres formes traditionnelles différentes du rite romain, telles que les rites ambrosien, gallican, dominicain ou celui de l’ordinariat anglican ? 

Avec tout le respect que je vous dois, votre manière de présenter les rites n’est pas tout à fait exacte. Il n’y a qu’un seul rite romain, tout comme il n’y a qu’un seul rite ambrosien et un seul rite mozarabe. Le rite gallican a disparu il y a plusieurs siècles, bien que plusieurs de ses prières aient été incorporées dans divers livres liturgiques actuels. Les autres ne sont pas des rites mais des usages – des adaptations ou des inculturations du Rite Romain, qui ont reçu l’approbation du Siège Apostolique pour des raisons spécifiques.
 
Propos recueillis par Edward Pentin

*


Que dites-vous à ceux qui, en France, craignent que le Motu proprio ‘Summorum Pontificum’ marque un retour en arrière sur les grandes intuitions du Concile Vatican II ?

Réponse de Benoît XVI : C’est une peur infondée parce que ce Motu proprio est simplement un acte de tolérance, dans un but pastoral pour des personnes qui ont été formées dans cette liturgie, l’aiment, la connaissent, et veulent vivre avec cette liturgie. C’est un petit groupe parce que cela suppose une formation en latin, une formation dans une certaine culture. Mais il me semble que c’est exigence normale de la foi et de pastorale pour un évêque de notre Église d’avoir de l’amour et de la tolérance pour ces personnes et de leur permettre de vivre avec cette liturgie. Il n’y a aucune opposition entre la liturgie renouvelée par le Concile Vatican II et cette liturgie. Chaque jour, les pères conciliaires ont célébré la messe selon l’ancien rite et, en même temps, ils ont conçu un développement naturel pour la liturgie dans tout ce siècle car la liturgie est une réalité vivante qui se développe et conserve dans son développement son identité. Il y a donc certainement des accents différents, mais quand même une identité fondamentale qui exclue une contradiction, une opposition entre la liturgie renouvelée et la liturgie précédente. Je pense quand même qu’il y a une possibilité d’un enrichissement des deux parties. D’un côté les amis de l’ancienne liturgie peuvent et doivent connaître les nouveaux saints, les nouvelles préfaces de la liturgie, etc… d’autre part, la liturgie nouvelle souligne plus la participation commune mais, toujours, n’est pas seulement l’assemblée d’une seule communauté mais un acte de l’Église universelle, en communion avec tous les croyants de tous les temps, et un acte d’adoration. Dans ce sens, il me semble qu’il y a un enrichissement réciproque et il est clair que la liturgie renouvelée est la liturgie ordinaire de notre temps.

Une réponse entièrement sereine et positive, qui fait voir même la complémentarité et la possibilité d’un enrichissement réciproque des deux formes de la liturgie latine.


© leblogdejeannesmits pour la traductions.

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