02 juin, 2020

Mgr Carlo Maria Viganò : “La crise actuelle est la métastase du cancer conciliaire”

Les deux textes qui suivent ne vont pas laisser indifférents. Le premier est une lettre d'une religieuse cloîtrée à Mgr Carlo Maria Viganò, disant au prélat son inquiétude devant l'utilisation de la crise du COVID-19 à des fins anti-chrétiennes, comme « préparation en vue de la manifestation de l'Antéchrist ». Le second est la réponse de Mgr Viganò, qui dénonce clairement la tentative de mise en place d'une tyrannie mondiale et d'une religion mondiale « sans dogmes ni morale » promue par la franc-maçonnerie, à laquelle participent « des cardinaux et des évêques » et que « Bergoglio » aspire, dit-il, à présider. 

Mgr Viganò écrit notamment : « Je crois que le point essentiel pour mener efficacement une bataille spirituelle, doctrinale et morale contre les ennemis du Christ est la certitude que la crise actuelle est la métastase du cancer conciliaire : faute d’avoir compris la relation de cause à effet entre Vatican II et ses conséquences logiques et nécessaires au cours des soixante dernières années, il ne sera pas possible de rétablir la barre de l’Église dans la direction du cap fixé par le divin timonier et maintenu pendant deux mille ans. »

Ce sont deux textes qui dérangent. Certains de mes lecteurs trouveront qu'ils vont trop loin. Mais il est indéniable qu'une société de surveillance, désireuse de maintenir l'Eglise et son culte sous son pouvoir tatillon, tente de s'imposer à la faveur de la grande peur du coronavirus. Je les verse au dossier, tels quels, avec leur espérance tranquille et fondamentale : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. »

Voici ma traduction de ces deux lettres, d'abord publiées en italien sur le blog de Marco Tosatti, « Stilum curiae ». – J.S.


*

Neuvaine de Pentecôte 2020
A Monseigneur Carlo Viganò

Excellence révérendissime,

Je suis une religieuse cloîtrée et je vous écris à la suite d’une conversation avec notre Père spirituel. Notre conversation a porté sur le dernier « Appel » qui a fait le tour du monde pour réveiller nos consciences à propos du danger imminent qui nous guette désormais, derrière le masque de l’urgence « coronavirus ». Et il est intéressant de voir comment même les non-croyants s’alarment de cette voie despotique. La situation est certes de plus en plus accablante, mais la stratégie qu’utilise  Bergoglio avec ses forces alliées est une technique d’isolement et de désintégration de tout groupe pouvant former une contre-force. J’écris « contre-force » parce que le mot « résistance » me semble « humain » et quelque peu insuffisant.

Bientôt, probablement, la préparation en vue de la manifestation de l’Antéchrist se fera de plus en plus lourde et oppressante, notamment en raison des mesures que Bergoglio lui-même décidera de prendre dans le cadre de sa préparation. L’objectif, évidemment, est d’éliminer les « fortes têtes », les subversifs qui entravent les desseins d’un plan bien établi, qui n’attend rien d’autre que d’être pleinement mis en œuvre. La préoccupation que j’ai communiquée à notre Père spirituel est le fait qu’il n’existe pas de « contre-organisation », même au sein de la « vraie Église », comme une sorte de possible « Église clandestine », capable d’avancer de manière coordonnée, pour autant que ce soit possible. Les prochaines étapes serviront en effet à bloquer toute rébellion, ce qui sera possible précisément grâce à cette « stratégie » (qui ne sera plus alors tellement souterraine) d’isolement et de blocage de l’action.

En tant que religieuse cloîtrée, je crois à des « stratégies  » bien différentes et surnaturelles, qui échappent même aux forces les plus organisées et les plus totalitaires. Mais le problème est que le temps me semble très court. Ici, j’aimerais vous faire savoir que même notre Mère Abbesse nous lit souvent à table vos interventions lucides et très précises. Lorsque l’on entend la voix de la justice et de l’amour pour le Christ et son Église, on ne peut que la reconnaître.

Le Père spirituel m’a suggéré de vous communiquer ces réflexions, en vous encourageant à aller de l’avant. Je vous dis tout de suite que je ne suis pas une mystique ni même une sainte, mais je me fais la voix de beaucoup d’autres voix silencieuses au sein de l’Église, en vous rappelant que vous n’êtes pas seul, et que la lutte ne fait que commencer.

En regardant les signatures de l’Appel, il me semble qu’il y a beaucoup de possibilités de travailler précisément en vue d’une coordination, pour « aller ensemble de l’avant » comme une petite armée de l’Immaculée (… et j’y inclus aussi des non-croyants, comme une « potentialité » pour cette même armée, même si c’est de manière inconsciente). Si saint Maximilien M. Kolbe appelait Notre-Dame « la toujours victorieuse », il est vrai aussi que dans la Bulle de Pie IX, elle est appelée avec autorité « l’Ennemie éternelle » du diable. Et vous savez mieux que moi que la bataille à laquelle je fais référence est précisément celle-ci : le véritable enjeu est le salut éternel d’un très grand nombre d’âmes.

Ces pauvres lignes se veulent ici un petit encouragement à ne pas abandonner et à poursuivre également un dialogue constructif avec ces « rares » mais bons monseigneurs et religieux qui souffrent pour les mêmes raisons. Elles pourraient être nombreuses, les inspirations de l’Esprit Saint dans ces âmes pour les appeler à une étroite collaboration. En ce qui concerne les calomnies, les malentendus et les diverses attaques personnelles qui font souffrir, ce sont autant de choses que vous avez connues de prè,s et qui représentent les pierres précieuses serties dans la couronne qui vous attend… mais c’est une « couronne » qui est encore inachevée : l’Immaculée veut elle-même y sertir les pierres les plus précieuses.

Je voudrais conclure par une référence au célèbre miracle attribué à sainte Claire, grâce auquel les Sarrasins, déjà sur les murs du monastère, se sont enfuis sans jamais revenir. Eh bien, le miracle s’est produit grâce à la foi de celle qui a été définie comme la plus fidèle « Image de la Mère de Dieu » et précisément grâce à son amour pour le Saint-Sacrement, véritable Lumière contre toutes les ténèbres. Je dis cela parce que ce sont elles, les « forces » en lesquelles nous avons confiance et que nos ennemis craignent tant. Le miracle n’a eu lieu qu’au dernier moment, lorsqu’il n’y avait plus aucun espoir humain. Si le Triomphe du Cœur Immaculé n’est pas loin, c’est maintenant le temps de la bataille, et notre Chef et Corédemptrice veut nous voir combattre, souffrir et implorer Sa Victoire, qui est maintenant à nos portes.

Je vous remercie de m’avoir écoutée patiemment et je vous demande humblement votre bénédiction, également pour toute la communauté. Souvenez-vous de moi lors de votre messe quotidienne.

In Corde Matris


Lettre signée d’une religieuse cloîtrée

29 mai 2020
Saint Vigile, évêque et martyr



***


Chère Sœur,

Je vous remercie beaucoup pour votre lettre, que j’ai lue avec beaucoup de sympathie. Je partage pleinement votre vision claire et réaliste de la situation de crise actuelle qui touche l’Église et le monde.

Avec un regard surnaturel, conforté par l’Écriture Sainte et les différents messages de Notre Dame, nous pouvons comprendre qu’en ce moment on peut voir plus clairement la dimension réelle du choc épique entre le Bien et le Mal, entre les enfants de la Lumière et les enfants des ténèbres. Ce qui scandalise vraiment, c’est de voir comment les dirigeants de la Hiérarchie se mettent ouvertement au service du prince de ce monde, en reprenant à leur compte les exigences onusiennes de la mondialisation globaliste, de la fraternité maçonnique, de l’écologisme malthusien, de l’immigrationnisme... On prépare une religion mondiale unique, sans dogmes et sans morale, telle que la veut la franc-maçonnerie : il est clair que Bergoglio, et ceux qui sont derrière lui et le soutiennent, aspirent à la présidence de cette parodie infernale de l’Église du Christ.

Vous aurez également remarqué, chère Sœur, l’insistance de nombreux prélats et des médias catholiques sur la prétendue nécessité d’un Nouvel Ordre Mondial : des cardinaux et des évêques, La Civiltà Cattolica et Vatican News, Avvenire et L’Osservatore Romano en ont parlé, avec l’arrogance de ceux qui savent qu’ils peuvent dire des choses inouïes grâce à la protection dont ils bénéficient. Mais à y regarder de plus près, elle est bien peu de chose, l’organisation des méchants, leur capacité à bouger et à agir, leur aptitude à dissimuler : ils sont si sûrs d’avoir maintenant atteint leurs objectifs qu’avec arrogance et ostentation, ils ont ouvertement révélé leurs intentions, laissant de côté cette prudence et cette ruse qui, à d’autres moments, leur avaient permis de les tenir cachées. C’est ainsi qu’ont été découverts les partisans d’un gouvernement mondial et les élites qui veulent imposer leur tyrannie au peuple ; c’est ainsi qu’ont été découverts, à leurs côtés, ceux qui se prêtent comme branche religieuse d’un néo-paganisme, qui se définit comme une espèce de « Green apostasy ». Nous savons qui ils sont, ce qui motive leurs actions et quelles sont leurs fins : derrière eux, il y a toujours le Prince de ce monde, contre lequel la Reine des Victoires mène nos milices délabrées, ainsi que les armées célestes bien plus terribles. Mais puisque nous avons déjà choisi notre camp, nous ne devons pas avoir peur, car Notre Seigneur a déjà gagné, alors même qu’Il nous offre la précieuse opportunité de tresser une couronne spéciale en ces jours apocalyptiques.

Je crois que le point essentiel pour mener efficacement une bataille spirituelle, doctrinale et morale contre les ennemis du Christ est la certitude que la crise actuelle est la métastase du cancer conciliaire : faute d’avoir compris la relation de cause à effet entre Vatican II et ses conséquences logiques et nécessaires au cours des soixante dernières années, il ne sera pas possible de rétablir la barre de l’Église dans la direction du cap fixé par le divin timonier et maintenu pendant deux mille ans. Ils nous ont catéchisés pendant des décennies avec leur odieux « il n’y a pas de retour en arrière » en matière de liturgie, de foi, de morale, de pénitence, d’ascèse : aujourd’hui, nous entendons également répéter servilement les mêmes expressions dans la sphère civile, alors qu’on tente d’endoctriner les masses avec l’idée que « rien ne sera plus comme avant ». Le modernisme et le Covid-19 sont reliés par la même marque, et pour ceux qui ont le regard tourné vers le transcendant, il n’est pas difficile de comprendre que la terreur de ceux qui veulent nous faire croire que la course vers l’abîme est inéluctable et imparable est qu’on puisse ne pas leur prêter foi, les ignorer, démasquer leur conspiration. C’est notre tâche aujourd’hui : ouvrir les yeux de nombreuses personnes, même ceux des ecclésiastiques et des religieux qui n’ont pas encore constitué le tableau d’ensemble, se limitant à regarder la réalité de manière partielle et désordonnée. Une fois que nous leur aurons fait comprendre le mécanisme, ils comprendront également tout le reste.

Oui, on peut, chère sœur, revenir en arrière ; on peut faire en sorte que le bien qui nous a été frauduleusement enlevé nous soit rendu : mais seulement dans la cohérence de la doctrine, sans compromis, sans rien céder, sans opportunisme. Le Seigneur daignera nous accorder une part de sa victoire, même si nous sommes faibles et sans moyens matériels, seulement si nous nous abandonnons totalement à lui et à sa très Sainte Mère.

Je me confie à vos prières et à celles de vos sœurs, tout en vous bénissant cordialement, vous et toute la communauté.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque


© leblogdejeannesmits pour la traduction


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31 mai, 2020

A la demande de l'évêque de Salzbourg, un appel pour la bénédiction des unions de couples homosexuels

Premier pays européen à relâcher le confinement, au cours du mois d’avril – sans que ne se produise d’ailleurs la « seconde vague » dont les comités scientifiques brandissent la menace pour faire comprendre aux populations qu’elles risquent une deuxième phase d’arrêt économique pour cause de COVID-19 – l’Autriche prouve qu’elle est prête pour la « nouvelle normalité » qu’est sensée entraîner la pandémie. L’université catholique de Linz a publié fin avril un livre qui prône la Bénédiction des partenariats de même sexe – c’est le titre du livre –, à la suite d’une demande officielle de l’archevêque de Salzbourg, Franz Lackner, en tant que président de la commission liturgique de la Conférence des évêques d’Autriche, qui avait donné lieu à un colloque dont plusieurs contributions sont ici rassemblées et mises en forme par les principaux auteurs.

Quel rapport entre le COVID-19 et les « droits homosexuels ? La réponse était donnée par l’ONU un mois plus tôt, lorsque son secrétaire général Antonio Guterres présentait le rapport des Nations unies sur la crise du coronavirus : sous le titre Responsabilité partagée, solidarité globale : la réponse aux effets socio-économiques du COVID-19, un meilleur respect de « l’identité de genre » était présenté comme l’une des nécessaires réponses que le monde devrait apporter dans sa globalité.

Ne nous y trompons pas : lorsqu’un prêtre supposé catholique, à la demande de la commission liturgique d’Autriche, et sans susciter le moindre rappel à l’ordre de la part de la hiérarchie catholique, demande que l’Eglise bénisse un choix de vie radicalement contraire à la loi de Dieu et à la morale qu’elle enseigne, il s’agit d’un alignement sur les exigences des puissances de ce monde.
En clair : du prince de ce monde.

La liturgie de la Pentecôte nous rappelle certes en ce jour que le prince du monde est déjà vaincu, mais cela n’enlève rien à la gravité des ces actes de responsables de l’Eglise qui choisissent clairement son camp.

Les auteurs inscrivent explicitement leur démarche dans le contexte du regard négatif porté par le monde sur l’enseignement de l’Eglise sur l’homosexualité. Le P. Ewald Volgger, l’un des deux auteurs, l’a expliqué lors d’un entretien donné à l’hebdomadaire catholique Kirchen Zeitung Diöceze Linz : certes le Catéchisme de l’Eglise catholique condamne les actes homosexuels, mais c’est une pensée qui « bouge ».

« L’enseignement de l’Eglise rencontre de moins en moins de résonance au sein de la société et de l’Eglise, et la théologie morale en particulier est favorable à de nouvelles approches quant à l’évaluation de l’homosexualité. Cela permet de comprendre notre mission qui consiste à réfléchir à une bénédiction du point de vue liturgique », a-t-il expliqué.

Dans le livre qu’il cosigne avec Florian Wegscheider, un jeune théologien professeur-assistant à l’Institut pour la science liturgique et la théologie des sacrements, Volgger s’est penché sur l’histoire de l’homosexualité dans la Bible, les perspectives éthiques relatives au mariage des couples de même sexe et la manière dont celui-ci a été progressivement instauré en Autriche. Voilà pour la première moitié de l’ouvrage ; la seconde présente des suggestions pour la cérémonie liturgique de bénédiction que l’on pourrait imaginer, non sans une modification préalable de l’exposé de l’enseignement moral de l’Eglise sur la question.

Cette « ouverture » – qui passe par une révolution doctrinale et liturgique – affirme-t-il dans l’entretien, « ne doit pas seulement être soumise à la discussion, elle est souhaitable ». Mieux : « Il existe un nombre significatif d’évêques qui veulent repenser la morale sexuelle pour évaluer la relation des couples homosexuels. »

Ces changements, Volgger aimerait les voir survenir « aussi vite que possible », d’autant que la « pastorale arc-en-ciel » se pratique depuis longtemps et que des bénédictions ont déjà lieu « pour la Saint-Valentin », précise le prêtre.

Et de se défendre de vouloir mettre tout cela au même rang qu’un sacrement. Néanmoins, le livre en fait la promotion au titre d’« acte officiel de bénédiction », comme peut l’être la bénédiction d’un « père abbé » ou des fiançailles. « Spécifiquement, cela signifierait que, tout comme le mariage entre un homme et une femme est une image de l’amour créateur de Dieu, de même la relation d’un couple de même sexe serait l’image de l’amour attention de Dieu pour les personnes ».

Pour le P. Volgger, « si les partenaires vivent le don de l’amour mutuel dans la fidélité réciproque et façonnent leurs vies à l’aide des dons spirituels de Dieu que sont leur gentillesse, leur longanimité, leur patience, la reconciliation, etc., alors leur relation est aussi une image de la bonté et l’amour de Dieu pour les hommes ».

Le livre qu’il évoque a été accueilli avec enthousiasme par le groupe homosexualiste américain New Ways Ministry. Dans son compte-rendu, celui-ci rappelle des déclarations favorables à une certaine forme de reconnaissance des couples homosexuels par plusieurs prélats des pays germanophones : le nouveau président de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Georg Bätzing, mais aussi le précédent, le cardinal Reinhard Marx – qui fait partie de la garde rapprochée du pape François – et  le Suisse Mgr Felix Gmür de Bâle.


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23 mai, 2020

Donald Trump exige l'ouverture des lieux de culte “dès ce week-end” : ils sont “essentiels”

« L'Amérique a besoin de davantage de prière, et non de moins ! » C'est par ces mots que Donald Trump a conclu une forte déclaration en faveur de la liberté de culte au cours d'une conférence de presse, ce vendredi 22 mai. Ajoutant tout le poids de son pouvoir exécutif à sa proclamation, il a enjoint aux gouverneurs des Etats d'ouvrir les lieux de culte « dès ce week-end » parce que sont des lieux « essentiels » pour les très nombreux millions d'Américains croyants.

Comme en France, la plupart des lieux de culte sont fermés au culte public et cela fait des semaines que de nombreux croyants, notamment les catholiques, n'ont pas pu assister à un office religieux.

Voici l'intégralité de la déclaration de Donald Trump :

« Aujourd'hui, j'identifie les lieux de culte – les églises, les synagogues, les mosquées – comme des lieux essentiels qui fournissent des services essentiels. Certains gouverneurs ont considéré les magasins de spiritueux et les cliniques d'avortement comme essentiels, tout en écartant les églises et autres lieux de culte. Ce n'est pas juste. Je corrige donc cette injustice en qualifiant les lieux de culte d'essentiels. 
« J'appelle les gouverneurs à autoriser immédiatement l'ouverture de nos églises et de nos lieux de culte. S'ils veulent remettre cela en cause, ils vont devoir m'appeler, mais leur appel ne sera pas couronné de succès. Il s'agit de lieux qui assurent la cohésion de notre société et qui préservent l'unité de notre peuple. Notre peuple exige aujourd'hui de pouvoir aller à l'église et à la synagogue, d'aller à leur mosquée – ce sont des millions d'Américains qui considèrent le culte comme une partie essentielle de la vie. 
« Les ministres, les pasteurs, les rabbins, les imams et les autres chefs religieux veilleront à ce que leurs congrégations soient en sécurité lorsqu'elles se rassemblent pour prier. Je les connais bien. Ils aiment leurs congrégations. Ils aiment les leurs. Ils ne veulent pas que quoi que ce soit de mal leur arrive, ou arrive à quiconque. 
« Les gouverneurs doivent faire ce qu'il faut et permettre l'ouverture de ces lieux de culte essentiels très importants dès maintenant, dès ce week-end. S'ils ne le font pas, je passerai outre aux gouverneurs. En Amérique, nous avons besoin de davantage de prière, et non de moins. »
Il y a des jours, décidément, où l'on se sent consolé par certains chefs d'Etat, certaines juridictions. Sont-ils imparfaits ? Oui, comme tout un chacun. Mais il y a tout lieu de se réjouir lorsqu'ils usent de leur autorité pour le bien, que ce soit le Conseil d'Etat en France ou, de manière encore plus spectaculaire, le président des Etats-Unis en personne.

Voici la vidéo de la déclaration de Donald Trump, telle que mise en ligne par LifeSiteNews.






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22 mai, 2020

Le cardinal Burke évoque le coronavirus à la lumière de Fatima

Le cardinal Burke a donné une vidéo-conférence dans le cadre du « Rome Life Forum » organisé par Voice of the Family et LifeSiteNews, qui se tient virtuellement cette année en raison des restrictions sanitaires liées au COVID-19. Le thème des conférences porte cette année sur Fatima, et la manière dont les apparitions de la Sainte Vierge en 1917 peuvent éclairer la période actuelle.

Je vous propose ici ma traduction non officielle de la conférence du cardinal Burke, riche de conseils et de compassion pour les catholiques qui ont pu se sentir abandonnés pendant la période du confinement, privés des sacrements et même dans certains cas de sépulture chrétienne pour leurs chers disparus.

Le cardinal Raymond Burke dit les choses avec force, mais toujours sous un regard d'éternité, invitant à une union toujours plus grande avec le Cœur sacré de Jésus par le Cœur Immaculé de Marie.

Il s'élève notamment contre la vaccination obligatoire, en particulier si les vaccins développés utilisent des lignées de cellules souches prélevées sur des fœtus avortés ; contre les restrictions illégales à la liberté religieuse et de culte  ; contre le silence d'évêques et de prêtres qui par leur refus de s'exprimer, se rendent complice de l'apostasie.

Le cardinal Burke exprime également sa conviction que la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé n'a pas été accomplie. – J.S.

Fatima : La réponse du ciel à un monde en crise


Nous vivons des temps très troublés et inquiétants. Un virus a été, d’une quelconque manière, lâché, jusqu’à atteindre toutes les parties du monde. Il a causé et cause encore, à un degré plus ou moins important, la maladie qui lui est associée, le COVID-19. Beaucoup sont morts et meurent encore, soit directement de la maladie, soit de complications dont la maladie fait partie. En réponse à la propagation de la contagion, de nombreux gouvernements ont imposé de sévères restrictions à la circulation de leurs citoyens, confinant les citoyens à leur domicile et interrompant le fonctionnement de tous les services, hormis les services essentiels. L’effet sur l’économie des familles, des communautés locales et des nations a été dévastateur.
L’origine du virus demeure incertaine. Les informations relatives à sa nature et à son évolution sont contradictoires. À l’heure actuelle, un débat animé a lieu pour savoir si son évolution nous permettra de reprendre nos activités quotidiennes ou si, en raison d’une menace de résurgence de la contagion, nous devrons continuer à vivre confinés dans nos foyers. Des informations nous parviennent de la part de ceux qui sont retenus comme experts, et elles sont clairement contradictoires. Il existe également une crainte légitime de voir des personnes sans scrupules utiliser la crise sanitaire à des fins politiques et économiques.
Un aspect particulier de la crise sanitaire internationale qui en résulte, ce que l’on appelle une pandémie, est que l’ensemble plus vaste des personnes en bonne santé sont soumises à de sévères restrictions, même en ce qui concerne leur pratique de la foi, en partant du principe que l’infection par le virus reste souvent cachée avant de se manifester soudainement. D’une certaine manière, chacun d’entre nous devient un danger potentiel pour les autres. Dans une telle situation, l’interaction humaine naturelle est rendue sévèrement limitée. Chez certains, la situation a conduit à s’inquiéter constamment d’une éventuelle infection et à entretenir l’illusion que, d’une manière ou d’une autre, nous pouvons créer un environnement parfaitement sanitaire dans lequel nous ne serons menacés par aucune bactérie ni aucun virus, ou dans lequel, grâce à des mesures prophylactiques, y compris la vaccination universellement imposée, nous aurons une protection certaine contre le coronavirus.
En ce qui concerne la vaccination, il doit être clair qu’il n’est jamais moralement justifié de développer un vaccin en utilisant les lignées cellulaires de fœtus avortés. L’idée d’introduire un tel vaccin dans son propre corps est à juste titre répugnante. En même temps, il doit aussi être clair que la vaccination elle-même ne peut être imposée, de manière totalitaire, aux citoyens. Lorsque l’État se livre à une telle pratique, il viole l’intégrité de ses citoyens. Si l’État peut prévoir des règlements raisonnables pour la protection de la santé, il n’est pas le fournisseur ultime de soins de santé. C’est Dieu qui l’est. Tout ce que l’État propose doit respecter Dieu et sa loi.
Il ne fait aucun doute que la vie est devenue, à bien des égards, étrange. Certains ont voulu qualifier le confinement à domicile de quasi providentiel, comme une occasion de faire une retraite spirituelle prolongée ou de favoriser la vie de famille. Certes, nous sommes appelés à accepter toute souffrance qui entre dans notre vie, pour en faire, avec l’aide de la grâce de Dieu, une source de bénédiction pour nous-mêmes et pour les autres. Il n’en reste pas moins que la situation ne correspond pas à la manière dont Dieu nous a appelés à vivre et qu’elle constitue donc une souffrance. Nous ne pouvons pas ignorer l’effet négatif généralisé de cette situation sur la dépression et d’autres maladies mentales, sur l’abus d’alcool et de drogues, etc. Si nous sommes appelés à offrir notre souffrance à Dieu par amour pour lui et pour notre prochain, nous ne voulons certainement pas favoriser cette souffrance, comme si elle était un bien en soi.
Il est également clair que des individus et des groupes agissant au service d’un programme particulier utilisent la souffrance profonde, relative aussi bien à la santé qu’à la situation économique des familles, des communautés locales et des nations, pour promouvoir leur programme, qu’il s’agisse de la progression d’un gouvernement mondial unique, de la promotion de causes environnementales, voire de changements radicaux dans la pratique de la foi catholique. Au milieu de la désorientation et de la confusion engendrées par la crise sanitaire internationale, nous devons, avant tout, nous tourner vers la raison droite et vers notre foi pour faire face à la crise pour le bien de tous.
Depuis le début de la crise, il ya eu une défaillance de la part de l’Eglise en tant que corps unique quant à l’annonce claire de l’Evangile et à l’insistance sur l’exercice de sa mission, en accord avec l’Evangile, y compris en temps de crise internationale. Certains prêtres et évêques ont fait preuve de sagesse et de courage pour trouver les moyens de rester proches du troupeau de Dieu dont ils ont la charge, en particulier en apportant les sacrements aux malades et aux mourants, mais malheureusement, l’impression générale parmi les fidèles est que leurs prêtres leur ont été enlevés, ou que ceux-ci les ont abandonnés. La plupart des fidèles se voient refuser les sacrements depuis des semaines.
Il est tragique d’entendre des témoignages de fidèles qui demandent à un prêtre d’entendre leur confession et qui reçoivent comme réponse que les prêtres n’ont pas le droit d’entendre les confessions ; ou qui demandent la sainte communion et se voient répondre qu’il est interdit aux prêtres de distribuer la sainte communion en dehors de la sainte messe. Il est particulièrement tragique d’entendre les récits de fidèles qui meurent sans l’assistance de leur prêtre ou sans qu’aucun membre de leur famille ou de leurs amis ne soit présent pour les accompagner, et les histoires d’enterrement de fidèles catholiques de longue date sans aucun rite funéraire. Dans certains cas, ces circonstances tragiques ont été dictées par l’État, et dans d’autres cas par l’Église allant au-delà des exigences de la réglementation de l’État ou en conformité avec des réglementations de l’État qui sont en violation de la liberté religieuse.
La situation a, à juste titre, suscité un débat intense sur les relations entre l’Église et l’État. En l’absence du respect dû à l’Église et à la liberté religieuse de ses membres, l’État assume l’autorité de Dieu lui-même, imposant son diktat à l’Église en ce qui concerne les réalités les plus sacrées comme le saint sacrifice de la messe et le sacrement de la pénitence. S’il nous restait un doute quant à la perte de ce respect, il a été dissipé par des incidents au cours desquels les autorités civiles ont tenté d’empêcher un prêtre offrant la sainte messe d’accomplir l’action sacrée.
Depuis le début, on a omis de dire clairement que, parmi toutes les nécessités de la vie, la principale est la communion avec Dieu. Oui, nous avons besoin de ce qui est nécessaire pour notre alimentation, notre santé et notre hygiène, mais aucun de ces besoins essentiels ne peut se substituer à notre besoin le plus fondamental : connaître, aimer et servir Dieu. Comme on me l’a appris il y a longtemps, parmi les premières leçons du Catéchisme, Dieu a fait l’homme pour le connaître, l’aimer et le servir dans cette vie et ainsi obtenir la vie éternelle avec lui au Ciel. (1)
Face à une crise sanitaire internationale, nous devons d’abord nous tourner vers Dieu, en lui demandant de nous protéger de la contagion et de tout autre mal. En nous tournant vers Dieu, nous trouvons l’orientation et la force de prendre toutes les mesures humaines nécessaires pour nous protéger, conformément aux exigences de la raison et de la loi morale. Sinon, si nous pensons à tort que la lutte contre le mal dépend totalement de nous, nous prenons des mesures qui portent atteinte à notre dignité humaine et, surtout, à notre juste relation avec Dieu. À cet égard, l’État doit être attentif à la liberté religieuse des citoyens, afin que l’aide de Dieu soit recherchée à tout moment et en toutes choses. Penser autrement, c’est faire de l’État notre dieu et penser que de simples êtres humains, sans l’aide de Dieu, peuvent nous sauver.
S’il y avait un manque de respect pour notre relation fondamentale avec Dieu au début de la crise sanitaire internationale actuelle, il y a un manque de respect similaire dans ce qui est proposé pour l’après-crise. On entend sans cesse le mantra selon lequel notre vie ne sera plus jamais comme avant et que nous ne pourrons jamais revenir à la vie telle que nous l’avons vécue jusque-là. Il a été suggéré, par exemple, que l’ancien geste consistant à donner la main à autrui en signe d’amitié et de confiance doit maintenant être abandonné à jamais. De même, il existe un certain mouvement pour insister sur le fait que tout le monde doit désormais être vacciné contre le coronavirus COVID-19 et même qu’une sorte de micropuce doit être placée sous la peau de chaque personne, de sorte qu’à tout moment, elle puisse être contrôlée par l’État en matière de santé et sur d’autres sujets que nous ne pouvons qu’imaginer. Il a également été suggéré, même par des pasteurs de l’Église, que la crise actuelle devrait nous amener à reconsidérer la question de savoir si la messe dominicale est essentielle à la vie chrétienne ou si les rites funéraires sont essentiels à la pratique de notre foi.
Oui, il est vrai que l’expérience de la crise du coronavirus COVID-19 a marqué notre vie de manière significative, mais elle ne doit pas prendre en mains la direction de notre vie. Notre Seigneur Jésus-Christ reste le Roi du Ciel et de la Terre. Nous restons créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, avec les dons de la foi et de la raison. Nous restons fils et filles de Dieu, adoptés en Dieu le Fils, ce que nous ne pouvons faire que par l’œuvre merveilleuse de son Incarnation rédemptrice. Nous vivons en Dieu, nous recevons la vie de Dieu dans nos cœurs et nos âmes à partir du glorieux Cœur transpercé de Jésus, afin de faire ce qui est juste et bon pour nous-mêmes et pour notre monde. Nous devons revenir à une vie vécue en communion avec Dieu, en utilisant la juste raison et en mettant en pratique les vérités de notre foi catholique.
L’obligation de la Messe dominicale, par exemple, participe de la loi naturelle et divine, le troisième commandement du Décalogue, que nous sommes tenus d’observer, à moins que, pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous ne puissions le faire. (2) Au cours de la crise actuelle, il a été dit que les évêques dispensent les fidèles de l’obligation de la Messe dominicale, mais aucun être humain n’a le pouvoir de dispenser de la loi divine. S’il a été impossible, pendant la crise, aux fidèles d’assister à la sainte messe, alors l’obligation ne les liait pas, mais l’obligation demeurait.
À cet égard, j’ai été préoccupé par la réaction de certains à l’impossibilité à long terme d’accéder aux sacrements. Ils ont dit qu’il était en fait bon d’être sans les sacrements, afin de se concentrer sur la relation plus fondamentale avec Dieu. Certains ont exprimé une préférence pour regarder la sainte messe à la télévision en restant confortablement installés chez eux. Mais la sainte messe n’est pas une sorte de représentation humaine. C’est le Christ lui-même qui descend sur les autels de nos églises et chapelles pour rendre sacramentellement présent le fruit salvateur de sa Passion, de sa Mort, de sa Résurrection et de son Ascension. Que peut-il bien y avoir de préférable à la présence du Christ au milieu de nous dans l’action sacramentelle !
Certains pasteurs ont même réprimandé les fidèles qui suppliaient de recevoir les sacrements, les accusant de vouloir, par égoïsme, risquer de nuire gravement à la santé des autres. Personne ne nie la nécessité de prendre les précautions sanitaires nécessaires, mais le désir des sacrements, en particulier ceux de la pénitence et de la sainte Eucharistie, est au cœur de notre foi. Notre relation avec Dieu exige que nous sortions de l’enfermement de nos maisons et de ce que nous pouvons nous imaginer être un environnement parfaitement protégé, afin que Lui, par son Fils unique, puisse parler à nos cœurs et les nourrir de la grâce divine. À cet égard, de même qu’il est parfaitement normal que des personnes quittent le confinement de leur foyer pour acheter, par exemple, de la nourriture et des médicaments, il est encore plus parfaitement normal que des personnes de foi quittent le confinement de leur foyer pour prier et recevoir les sacrements.
Ici, il faut noter que Notre Seigneur a confié les réalités sacrées de sa présence parmi nous aux soins de nos pasteurs. Ce sont eux qui ont reçu la grâce de sauvegarder ces réalités et d’en permettre l’accès aux fidèles. Leur connaissance et leur expérience doivent toujours être conformes aux vérités de la foi, qui nous ont été transmises par la ligne ininterrompue de la Tradition apostolique. En période de crise sanitaire, les experts en santé publique peuvent faire des recommandations sur la meilleure façon de protéger la santé de ceux qui ont accès aux églises et aux chapelles, mais ce sont les évêques et les prêtres qui doivent mettre en œuvre ces recommandations d’une manière qui respecte la réalité divine de la foi elle-même et des sacrements. Par exemple, suggérer à un prêtre de distribuer la sainte communion en portant un masque et des gants en plastique, et de se désinfecter les mains à différents moments après avoir consacré la Sainte Hostie peut, d’un point de vue médical, être la pratique la plus hygiénique, mais cela ne respecte pas cette vérité : c’est le Christ qui se donne à nous dans la sainte Hostie. En même temps, l’interdiction de recevoir la sainte Hostie sur la langue et le commandement de recevoir la sainte Communion dans la main, bien que cela puisse être plus hygiénique – encore que ce point soit débattu – ne pourrait être justifié que par une raison grave.
Il est vrai qu’historiquement, l’Église a utilisé différents instruments sacrés pour donner la sainte communion à une personne très contagieuse, mais ces méthodes de réception de la sainte communion n’ont pas été utilisées pour la sainte communion des fidèles en général. On ne supposait pas que le prêtre et les fidèles, en général, étaient tous infectés, comme cela semble être le cas aujourd’hui, et qu’ils ne pouvaient donc pas recevoir la sainte communion de la manière la plus pieuse possible. Les experts médicaux et les responsables de la santé publique peuvent faire des recommandations à l’Église, mais c’est l’Église elle-même qui doit décider des pratiques touchant aux réalités les plus sacrées de notre foi.
L’épidémie de coronavirus COVID-19 a également soulevé une question des plus sérieuses pour nous en tant que citoyens d’une nation. Le rôle de la République populaire de Chine dans l’ensemble de la crise sanitaire internationale soulève de nombreuses et graves questions. Si, en tant que chrétiens, nous aimons le peuple chinois et voulons pour lui ce qui est bon pour lui, nous ne pouvons pas ne pas reconnaître que son gouvernement est l’incarnation du matérialisme athée ou du communisme. En d’autres termes, c’est un gouvernement qui n’a aucun respect pour Dieu et pour sa Loi. Le président de la Chine, Xi Jinping, a dit très clairement que la seule religion acceptable en Chine est la Chine. Son gouvernement est fondé sur l’idolâtrie de la nation, et un certain nombre de ses lois et pratiques sont en violation flagrante des préceptes les plus fondamentaux de la loi divine écrits dans le cœur de chaque homme et de chaque femme, et énoncés dans le Décalogue. Il s’agit d’une forme de gouvernement malfaisante qui, par exemple, pratique des avortements forcés et viole ouvertement la liberté religieuse du peuple. Il est juste de se demander quels principes éthiques ont régi l’implication du gouvernement chinois dans la crise sanitaire internationale du coronavirus COVID-19.
Dans le même temps, il est juste de demander quelle a été et quelle demeure la relation des organisations nationales et internationales de santé publique avec le gouvernement chinois dans l’affaire du virus qui a menacé de nombreuses vies et la stabilité même des nations souveraines. Il y a aussi la grave question des individus disposant de nombreux milliards de dollars, qui soutiennent régulièrement et puissamment un programme anti-vie et anti-famille, et qui sont publiquement impliqués dans la crise et exercent une lourde influence sur l’opinion publique à son sujet. En tant que citoyens d’une nation, il est de notre devoir de poser ces questions et d’y apporter des réponses résolument honnêtes.
Lorsque j’étais à l’école primaire et secondaire, l’étude de ce qu’on appelait l’instruction civique était prise très au sérieux. C’était l’étude de la façon dont le gouvernement de sa propre nation travaille pour protéger le bien commun, y compris les relations justes avec les autres nations. Le but de l’étude était de rendre les élèves, qui sont l’avenir de la nation, responsables du gouvernement de leur nation. On me dit que, depuis longtemps déjà, l’instruction civique n’est pas enseignée dans de nombreuses écoles. Si tel est le cas, comment les élèves seront-ils préparés à devenir des citoyens responsables ? L’exercice de cette responsabilité est irremplaçable pour un gouvernement démocratique stable. Il fait également partie de la loi naturelle, en particulier le quatrième commandement du décalogue, qui nous enseigne le respect de nos parents et des institutions qui sauvegardent et promeuvent la vie familiale, et en fin de compte de la nation. La crise actuelle devrait nous amener à revoir l’éducation, expression fondamentale de notre culture, et à fournir ce qui manque à la préparation des étudiants à l’exercice de la vertu fondamentale du patriotisme.
La crise actuelle a également montré clairement à quel point de nombreuses nations sont dépendantes de la République populaire de Chine. Les entreprises qui, pendant des décennies, ont produit les biens nécessaires d’une nation au sein de celle-ci, produisent maintenant ces biens en Chine dans l’intérêt du profit économique. Combien de marchandises que nous utilisons quotidiennement ne portent-elles pas cette étiquette : « Made in China » ? La crise actuelle doit nous amener à nous demander pourquoi, au sein de nos nations, nous ne produisons pas nous-mêmes ce qui est nécessaire à la vie saine et forte du peuple de ces nations. Ce sont des questions complexes qui sont rendues d’autant plus urgentes que de nombreuses nations sont, en fait, dépendantes de la République populaire de Chine, un gouvernement qui épouse pleinement et radicalement le matérialisme athée.
Ma longue réflexion ne doit pas conduire au découragement mais plutôt à la recherche courageuse de notre identité catholique dans le Christ vivant pour nous dans sa sainte Église, une identité qui, par sa définition même, est pour le bien commun, le bien de tous les peuples. Le Christ est venu pour sauver le monde, et il nous appelle à la vie dans l’Esprit Saint, afin que nous soyons ses collaborateurs dans sa mission rédemptrice qui se poursuit jusqu’à son retour à la fin des temps pour établir « de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habitera », (3) pour inaugurer les Noces de l’Agneau, (4) ses Noces, auxquelles nous sommes appelés à participer par la grâce du baptême et de la confirmation.
Notre Seigneur a envoyé sa Vierge Mère à Cova da Iria près de Fatima au Portugal en 1917, avec la mission précise de nous rappeler à la vie en Lui, à une forte identité catholique, face à la montée et à la propagation du matérialisme athée ou du communisme. En vous parlant aujourd’hui de la situation critique dans laquelle nous nous trouvons, je ne pourrais pas vous donner de meilleurs conseils que ceux que la Vierge Mère de Dieu nous a donnés, par l’intermédiaire des trois pastoureaux de la Cova da Iria : les saints François et Jacinthe Marto, et la servante de Dieu, Sœur Marie-Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé.
Les apparitions de Notre-Dame de Fatima sont survenues à un moment où le monde traversait une crise terrifiante, une crise qui menaçait son avenir même, une crise qui, de nombreuses et effrayantes façons, continue, de nos jours, à menacer l’avenir de l’homme et du monde. C’est une crise qui a également infecté la vie de l’Église, ne touchant pas, bien sûr, la réalité objective de la vie du Christ dans l’Église pour notre salut mais, plutôt, en obscurcissant et en manipulant l’Église de l’intérieur à des fins étrangères à sa nature et donc toxiques pour les âmes.
La manifestation immédiate de la crise a été la montée du matérialisme athée ou du communisme en Russie et sa propagation dans le monde entier. Le matérialisme athée ou le communisme est le mal à la racine, car il est l’abandon de la foi en Dieu et en son plan pour notre salut éternel, tel qu’Il l’a inscrit, depuis la création, dans la nature et, surtout, dans le cœur de l’homme. C’est l’abandon du Mystère de la Foi, une indifférence, un mépris ou même une hostilité vis-à-vis de la réalité suprême de l’Incarnation rédemptrice de Dieu le Fils par laquelle Il a gagné pour l’homme le salut éternel, la demeure du Saint-Esprit, de la grâce divine, afin que l’homme puisse vivre en communion avec Dieu, en accord avec son plan pour sa création. Le Christ a gagné pour l’homme le don de sa propre vie, afin que l’homme puisse atteindre la vie éternelle, tout en préparant le monde à sa transformation, conformément au plan de Dieu, pour l’inauguration de « nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habitera ». (5) Le Christ est l’Agneau éternel de Dieu, aux Noces duquel nous sommes tous appelés à avoir une place. (6)
Dieu a préparé les messagers de la Vierge de Fatima par trois visions de l’Ange du Portugal qui ont eu lieu au printemps, à l’été et à l’automne 1916. Lors de la première vision, tout en disant aux pastoureaux de ne pas avoir peur et en leur assurant qu’il était « l’Ange de la paix», il leur a appris à réciter trois fois cette prière :
Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas. (7)
Le messager de Dieu aux pastoureaux indiquait déjà la manière dont la Mère de Dieu allait conduire le monde à faire face à la grave crise du matérialisme athée ou du communisme et à son apostasie intrinsèque : la voie de la foi et de la prière, et celle de la pénitence et de la réparation.
L’apostasie ne se limite pas simplement à la négation de la foi, mais elle implique tous les aspects de la foi. Selon les termes du Dictionnaire de Théologie Catholique, « L’apostasie est un péché contre la foi, puisqu’elle rejette la doctrine révélée ; contre la religion, puisqu’elle refuse à Dieu le culte vrai ; contre la justice, puisqu’elle foule aux pieds les promesses du chrétien ». (8) Se référant à un auteur moderne qui qualifie l’apostasie de « suicide spirituel », le Dictionnaire de Théologie Catholique déclare :
Ce « suicide religieux » est, après la haine de Dieu, le plus grave des péchés, parce que plus complètement et plus définitivement que les fautes simplement opposées aux vertus morales, il sépare de Dieu les puissances de l’âme, intelligence et volonté. (9)
Il est clair que l’apostasie, explicite ou implicite, éloigne les cœurs du Cœur Immaculé de Marie et, par conséquent, du Sacré-Cœur de Jésus, seule source de notre salut. À cet égard, comme le message de Fatima le montre clairement, les pasteurs de l’Église, qui d’une certaine manière coopèrent avec l’apostasie, y compris par leur silence, portent un très lourd fardeau de responsabilité.
Les études les plus respectées sur les apparitions de Notre Dame de Fatima soutiennent que la troisième partie du Message ou Secret de Fatima a trait aux forces diaboliques qui se sont déchaînées sur le monde à notre époque et qui entrent dans la vie même de l’Église, qui éloignent les âmes de la vérité de la foi et, par conséquent, de l’Amour Divin qui coule du Cœur glorieux et transpercé de Jésus. (10) Notre Dame de Fatima précise que seule la foi, qui place l’homme dans la relation d’unité de cœur avec le Sacré-Coeur de Jésus, par la médiation de son Cœur Immaculé, peut sauver l’homme des châtiments matériels et spirituels que la rébellion contre Dieu entraîne nécessairement sur ses auteurs et sur l’ensemble de la société et de l’Eglise. Elle exhorte donc à une conversion quotidienne de la vie pour le salut des âmes et le salut du monde.
Se référant aux châtiments nécessairement liés aux graves péchés de l’époque, la Vierge, lors de son apparition le 13 juillet 1917, a annoncé la paix que Dieu veut donner aux âmes et au monde. Elle nous enseigne que la paix de Dieu viendra au monde par deux moyens : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, et la pratique de la communion de réparation le premier samedi du mois. Notre Dame a adressé ces paroles aux enfants des bergers :
Pour empêcher cette guerre [la punition du monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l’Église et ke Saint-Père"], je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on entend mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.
À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira et il y aura un certain temps de paix. Au Portugal, le dogme de la Foi sera toujours préservé, etc. (11)
La Vierge indique le remède spirituel à la situation déplorable dans laquelle se trouvent le monde et l’Église. Elle prédit également les terribles châtiments physiques qui résulteraient de l’échec à consacrer l’agent de la propagation du communisme athée au Sacré-Cœur de Jésus par son Cœur Immaculé, et à entreprendre la pratique régulière de la réparation de tant d’offenses commises contre l’amour incommensurable et incessant de Dieu manifesté si parfaitement dans le Cœur glorieux et transpercé de Jésus.
La consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie est plus nécessaire aujourd’hui que jamais. Lorsque nous voyons comment le mal du matérialisme athée, qui a ses racines en Russie, dirige de manière radicale le gouvernement de la République populaire de Chine, nous reconnaissons que le grand mal du communisme doit être guéri à la racine par la consécration de la Russie, comme l’a demandé la Vierge. Reconnaissant la nécessité d’une conversion totale du matérialisme athée et du communisme au Christ, l’appel de Notre-Dame de Fatima à consacrer la Russie à son Cœur Immaculé, en accord avec son instruction explicite, reste urgent.
La communion de réparation des premiers samedis représente le cœur d’une vie cohérente vécue dans le Christ, une union des cœurs, unis au Cœur Immaculé de Marie, au Cœur sacré de Jésus. Nous avons l’assurance de Notre Dame que son Cœur Immaculé triomphera, que la vérité et l’amour de son Divin Fils triompheront. Nous sommes appelés à être les agents de son triomphe par notre obéissance à son conseil maternel. N’oublions pas la description de la troisième partie du Secret par Sœur Lucie, dans laquelle elle évoque « l’Ange à l’épée flamboyante » qu’elle a vu à la gauche de la Vierge :
Désignant la terre de sa main droite, l’Ange s’est écrié d’une voix forte : « Pénitence, Pénitence, Pénitence ! » (12)
Sœur Lucie décrit ensuite le martyre de ceux qui sont restés fidèles à Notre Seigneur, de ceux qui d’un seul cœur sont dans le Cœur Immaculé de Marie, dans le Sacré Cœur de Jésus. (13) Ne manquons pas d’embrasser toute souffrance qui pourrait nous atteindre à cause de notre témoignage fidèle à Celui qui est le véritable trésor de nos cœurs, à Celui qui est le Roi du Ciel et de la Terre.
La réalité de l’apostasie de la foi, qui se manifeste par la propagation du matérialisme athée à notre époque, nous effraie profondément, et à juste titre. Notre amour pour le Christ et pour son Corps Mystique, l’Église, nous fait comprendre la gravité du mal qui cherche à nous priver de notre salut éternel dans le Christ. Ne cédons pas au découragement, mais rappelons-nous plutôt que le Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie, assumé dans la gloire, ne cesse jamais de battre avec amour pour nous, les enfants que son Divin Fils lui a donnés alors qu’il mourait sur la Croix. (14) Avec un soin maternel, elle attire nos cœurs vers son Cœur Immaculé glorieux, afin de porter nos cœurs vers le Cœur Divin, le Cœur sacré de Dieu le Fils, qui est le Fils de Marie, qui n’a jamais cessé de battre avec amour pour nous et pour notre monde. Elle nous enseigne, comme elle a enseigné aux sommeliers des Noces de Cana dans leur détresse : « Faites tout ce qu’il vous dira. » (15) Soyons prêts, avec l’aide de la Vierge Mère de Dieu, à accepter tout sacrifice qui nous sera demandé, afin d’être de fidèles frères et sœurs du Christ, de fidèles soldats du Christ, le Fils unique de Dieu, de fidèles coopérateurs de sa grâce.
Prions chaque jour pour la conversion de la Russie, et empruntons le chemin de la prière, de la pénitence et de la réparation que nous enseigne Notre-Dame de Fatima. Faisons nôtre la prière enseignée aux enfants du saint berger par l’Ange du Portugal lors de sa première vision :
Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas. (16)
En priant ainsi, n’oublions pas les paroles du même Ange, messager de Dieu auprès des enfants des bergers pour les préparer aux apparitions de la Mère de Dieu :
Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. (17)
Ne doutons jamais que les Cœurs de Jésus et de Marie sont toujours ouverts pour recevoir nos prières et nous aider dans tous nos besoins.
Pour nous, suivons le conseil du même Ange, donné aux pastoureaux lors de sa deuxième apparition : « Offrez des prières et des sacrifices au Très-Haut. » (18) Faisons, comme l’Ange l’a fait pour instruire les enfants :
De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie. Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra. (19)
A l’instar des saints pastoureaux, acceptons avec joie la souffrance pour le pardon des péchés et la réparation du désordre que le péché introduit toujours dans notre vie personnelle et dans le monde. Soyons réalistes face aux grands maux qui assaillent le monde et l’Église, et, en même temps, soyons pleins d’espoir dans la victoire du Sacré-Cœur de Jésus par le Cœur Immaculé de Marie, pour laquelle nous luttons chaque jour avec les incomparables armes spirituelles de la prière et de la pénitence, et de la réparation des péchés commis.
Je vous assure de mes prières quotidiennes, demandant à Notre Seigneur, par l’intercession de Notre Dame de Fatima, des Quatorze saints auxiliaires et de saint Roch, de vous garder à l’abri du mal du coronavirus COVID-19 et de tout autre mal. Que Dieu vous bénisse, vous et vos foyers.
Raymond Leo cardinal Burke

© leblogdejeannesmits pour la traduction
© Photo : Olivier Figueras
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1 Cf. l’édition de la Confrérie du Père Connell, New Baltimore Catechism, n° 3 (New York : Benziger Brothers, Inc., 1949), pp. 5-7, nos. 3-4.
2 Cf. le Catéchisme de l’Église catholique, n° 2180.
3 2 Pet 3, 13.
4 Cf. Apoc. 19, 7-9.
5 2 P 3, 13.
6 Apoc. 19, 7-9.
7 « Meu Deus ! Eu creio, adoro, espero e amo-Vos. Peço-Vos perdão para os que não crêem, não adoram, não esperam e Vos não amam. » Carmelo de Coimbra, Um caminho sob o olhar de Maria. Biografia da Irmã Maria Lúcia de Jesus e do Coração Imaculado O.C.D. (Marco de Canaveses : Edições Carmelo, 2013), p. 37. [Ci-après, Carmelo de Coimbra].
8 « L’apostasie est un péché contre la foi, puisqu’elle rejette la doctrine révélée ; contre la religion, puisqu’elle refuse à Dieu le culte vrai ; contre la justice, puisqu’elle foule aux pieds les promesses du chrétien. » Dictionnaire de Théologie Catholique, Tome premier (Paris : Letouzey et Ané, 1903), col. 1604. [Ci-après, DTC].
9 "Ce « suicide religieux » est, après la haine de Dieu, le plus grave des péchés, parce que plus complètement et plus définitivement que les fautes simplement opposées aux vertus morales, il sépare de Dieu les puissances de l’âme humaine, intelligence et volonté. DTC, col. 1604.
10 Cf. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la vérité sur Fatima. Tome 3 : Le troisième secret (1942-1960) (Saint-Parres-lès-Vaides [France] : Renaissance Catholique Contre-Réforme Catholique, 1985), p. 552.
11 « Para a impedir, virei pedir a consagração da Rússia a Meu Imaculado Coração e a Comunhão reparadora nos primeiros sábados. Se atenderem a Meus pedidos, a Rússia se converterá e terão paz ; se não, espalhará seus erros pelo mundo, promovendo guerras e perseguições à Igreja. Os bons serão martirizados, o Santo Padre terá muito que sofrer, várias nações serão aniquiladas.
Por fim, o Meu Imaculado Coração triunfará. O Santo Padre consagrar-Me-á a Russia que se converterá e será concedido ao mundo algum tempo de paz. Em Portugal se conservará sempre o dogma da Fé, etc. » Carmelo de Coimbra, p. 63.
12 « O Anjo apontando com a mão direita para a terra, come voz forte disse : Penitência, Penitência, Penitência ! » Carmelo de Coimbra, p. 64.
13 Cf. Carmelo de Coimbra, p. 64-65.
14 Cf. Jn 19, 26-27.
15 Jn 2, 5.
16 « Meu Deus ! Eu creio, adoro, espero e amo-Vos. Peço-Vos perdão para os que não crêem, não adoram, não esperam e Vos não amam. » Carmelo de Coimbra, p. 37.
17 « Orai assim. Os Corações de Jesus e Maria estão atentos à vos das vossas súplicas ». Carmelo de Coimbra, p. 37.
18 « Oferecei constantemente, ao Altíssimo, orações e sacrifícios. » Carmelo de Coimbra, p. 37.
19 « De tudo que puderdes, oferecei a Deus sacrifício em acto de reparação pelos pecados com que Ele é ofendido e súplica pela conversão dos pecadores. Atraí assim, sobre a vossa Pátria, a paz ». Carmelo de Coimbra, p. 37.


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19 mai, 2020

Analyse de l’ordonnance du Conseil d’Etat ordonnant la reprise des cultes publics

Le Conseil d’État français a ordonné au Premier ministre, Edouard Philippe – à la grande surprise des médias et même des évêques, semble-t-il – de modifier le décret interdisant les cultes publics dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire dans un délai de huit jours, dans une décision historique qui reconnaît les droits spécifiques attachés à la « liberté fondamentale » du culte public. D’ici à la semaine prochaine, les églises françaises devraient être autorisées à organiser des messes publiques et autres cérémonies religieuses, qui sont suspendues depuis la mi-mars en raison de la pandémie de COVID-19, au motif que leur interdiction n’est plus proportionnée à la guerre contre le coronavirus déclarée par Emmanuel Macron le 16 mars dernier.

La plus haute autorité administrative française a déclaré que le droit de se joindre à un rassemblement ou à une réunion dans les lieux de culte – et pas seulement celui de prier chez soi ou de prier individuellement dans un tel lieu de culte – « est une composante essentielle de la liberté de culte », et que la limitation de ces rassemblements constitue « une atteinte » grave et manifestement illégale » à cette liberté.

Cette décision est une gifle pour le gouvernement français, qui a montré le côté le plus sombre de son laïcisme en maintenant sine die des mesures strictes contre le culte religieux, et en particulier le culte catholique, malgré un déconfinement assez large qui a permis aux écoles primaires, aux commerces, aux boutiques et à la plupart des centres commerciaux ainsi qu’aux bibliothèques et aux petits musées de rouvrir depuis le 11 mai.

La décision est aussi une claque pour les évêques de France et leur « conférence » qui a fini – comme le montre de manière éclatante cette affaire – par phagocyter le pouvoir d’appréciation et de gouvernement de chaque évêque dans et pour son diocèse –, qui se sont délibérément abstenus d’attaquer le décret du 11 mai devant les tribunaux.

Au lieu de cela, le 1er mai, lorsque Edouard Philippe, détaillant les modalités de déconfinement, a annoncé sans ménagement qu’il n’y aurait « pas de messe avant le 2 juin », le président de la conférence épiscopale, Eric de Moulins-Beaufort, s’est contenté de faire une remarque : « On peut trouver cette décision exagérément prudente, mais il faut quand même l’appliquer. »

Eh bien, elle n’était pas « exagérément prudente » : elle était illégale et contraire aux droits des catholiques en France !

Le décret du 11 mai était allé encore plus loin en omettant de donner une date pour le retour du culte public.

Il faut rendre ici hommage à Bruno Gollnisch, l’un des requérants devant le Conseil d’Etat, qui a été le premier à travailler sur un recours. (Je mets à part celui de Civitas, intervenu très tardivement contre le premier décret de confinement du mois de mars.)

L’AGRIF, d’une part, puis quatre instituts sacerdotaux ou religieux attachés à la liturgie traditionnelle – la Fraternité Saint-Pierre, les Amis de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre représentés par deux chanoines de l’ICRSP, l’Institut du Bon Pasteur, et la Fraternité dominicaine Saint-Vincent-Ferrier – qui se sont associés d’autre part, ont eux aussi choisi de saisir le Conseil d’Etat selon la procédure du référé-liberté pour plaider en faveur des droits des fidèles.

La Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a également fait un recours d’urgence, demandant notamment le droit d’organiser des messes en plein air sur des terrains publics ou privés. Le Conseil d’État n’a pas voulu répondre définitivement à cette question, affirmant que « l’incertitude » quant à l’usage de ces lieux pour des messes publiques ne sont

Le PCD, ainsi qu’un groupe traditionaliste, Civitas et un groupe de laïcs catholiques de Metz dans l’Est de la France, ont également présenté leurs arguments devant le Conseil d’Etat.

La plupart portait sur l’atteinte manifestement illégale à la liberté de culte, avec des variations et des focalisations un peu différentes selon les requérants.

Les demandes des groupes et des individus cités ci-dessus ont été présentées du 12 au 14 mai et ont fait l’objet d’une large publicité, en vue de l’audience qui devait regrouper l’ensemble des requêtes vendredi dernier.

Sachant que tout citoyen ou groupe de citoyen peut agir devant le Conseil d’Etat dans ce cadre, « les évêques » de France, ou au moins certains d’entre eux auraient pu facilement présenter leur propre demande à ce stade. Ils ne l’ont pas fait, malgré la force des arguments contre le maintien du « confinement » des messes.

Dans une interview accordée à La Croix, quotidien officieux des évêques de France, le porte-parole et secrétaire général de la conférence épiscopale, le père Thierry Magnin, a réagi « sobrement » à la nouvelle de la victoire des catholiques devant le Conseil d’Etat, pour reprendre l’expression du journaliste Arnaud Bevilacqua. Il serait plus juste de qualifier sa réaction de « distante » – comme le veut l’époque, hélas.

Le père Magnin a donc déclaré :

« Nous avons pris acte de cette ordonnance et nous pensons qu’elle est juste. Elle va d’ailleurs dans le sens d’une lettre que le président de la CEF Mgr Éric de Moulins-Beaufort a envoyée au premier ministre, vendredi 15 mai. Nous n’avions pas saisi le Conseil d’État mais nous avions tenu à marquer notre position. Le Conseil d’État va pleinement dans ce sens. Il dit, en effet, que le gouvernement est allé trop loin dans l’interdiction. Notre position n’a jamais été d’entrer dans un bras de fer avec le gouvernement. C’est tout le sens de la lettre de Mgr de Moulins Beaufort. Il ne s’agit pas de faire cocorico, même si évidemment, nous trouvons que cet avis va dans le bon sens. Nous avons toujours été en lien direct avec le gouvernement. J’ai encore envoyé moi-même aujourd’hui, lundi 18 mai, des propositions affinées pour encadrer la reprise des cultes. »

Pas de cocorico ? Pas de bras de fer alors que tous les requérants – représentant un grand nombre de catholiques en France – avaient compris sans difficulté qu’on portait illégalement, et donc scandaleusement atteinte à la liberté de culte en France ? Et qu’ils ont en quelque sorte contraint la plus haute juridiction administrative à l’écrire noir sur blanc ?

Pendant ce temps, les négociations en coulisses des évêques de France (pris collectivement en leur « conférence ») ont donné zéro résultat…

Le P. Magnin a également déclaré à La Croix :

« Nous allons continuer de travailler intelligemment ensemble. La lettre de Mgr de Moulins-Beaufort au premier ministre était claire et dans le cadre des relations que nous essayons d’entretenir où l’on peut se dire les choses en confiance. Je ne crois pas que le gouvernement ait eu la volonté de minimiser la liberté de culte. Les associations qui ont saisi le Conseil d’État ont fait ce recours et nous, nous avons fait autrement en écrivant au premier ministre car nous sommes en dialogue et qu’il y avait la perspective d’une nouvelle rencontre avec le président le 25 mai en compagnie des autres cultes. Ces associations ont fait ce qu’elles ont jugé bon, il y a plusieurs façons de faire. Nous n’avons pas envisagé de déposer un recours devant le Conseil d’État mais Mgr de Moulins-Beaufort a souligné qu’il existait un problème juridique, qui a finalement été soulevé par le Conseil d’État. »
Il semble bien que les dirigeants et « commissaires » des évêques français soient quelque peu mal à l’aise avec la procédure qui a court-circuité leurs entretiens inter-religieux, et surtout infructueux, avec les autorités. Continuer de croire que le gouvernement n’a pas eu la volonté de minimiser la liberté de culte, alors que cette liberté essentielle a été manifestement bafouée et méprisée, relève tout de même d’une soumission remarquable au laïcisme et au sécularisme.

Cette attitude de la part de la hiérarchie catholique centrale française explique sans doute pourquoi certains évêques, qui ont ouvertement et fortement dénoncé l’interdiction du culte public, ont décidé de ne pas se joindre à la procédure.

Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, tweetait lundi soir : « Je me réjouis de la décision du Conseil d’Etat d'ordonner au gouvernement français de lever l’interdiction générale de réunion dans les lieux de culte. Merci à tous ceux qui en ont été les artisans et merci au Seigneur qui a inspiré ce juste combat. »

Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, a tweeté lundi soir : « #Conseil d’État. La justice est rendue. Merci à ceux qui ont agi pour cela. Maintenant attention à  la mise en pratique et au risque d'autres atteintes à la liberté. » Il avait récemment qualifié l’interdiction des messes publiques de « totalement absurde », ajoutant : « Nous ne pouvons pas subir un ordre contraire au bon sens. Ça suffit. » A peine la décision connue il avait tweeté : « Merci à  la justice qui reconnaît l'atteinte “grave et illégale à la liberté de culte”. »

Dans Famille chrétienne, Mgr Matthieu Rougé, le jeune évêque de Nanterre a déclarer trouver « important et réjouissant que le Conseil d’Etat rappelle avec force que « la liberté de culte, qui est une liberté fondamentale, comporte également parmi ses composantes essentielles le droit de participer collectivement à des cérémonies, en particulier dans les lieux de culte ».

« Grâce à ce cadre juridique clairement rappelé, nous allons pouvoir avancer vite », a-t-il ajouté. Sans désavouer le « dialogue » de l’Eglise de France avec les autorités, il a souligné qu’« un recours devant le Conseil d’Etat n’est agressif pour personne ».

A la question de savoir s’il n’était pas « dangereux de laisser à des associations traditionalistes le soin de défendre la liberté de culte pour les catholiques », Mgr Rougé a répondu :

« Comment ne pas saluer la détermination des acteurs de ce processus juridique ? J’ai eu l’occasion d’être en relation avec plusieurs d’entre eux. Sans doute est-il plus facile pour des groupes particuliers de faire une telle démarche que pour ceux qui ont la charge de l’institution tout entière. Je me demande cependant si nous ne manquons pas de culture juridique : un recours devant le Conseil d’Etat n’est agressif pour personne. Il permet tout simplement un discernement serein et rationnel face à une différence d’analyse. »

Les termes sont diplomatiques mais le sens est clair : les évêques de France ont omis de jouer une carte importante…

Devant le Conseil d’Etat, tant les instituts et fraternités sacerdotales traditionnels que l’AGRIF ont cité le Catéchisme de l’Église catholique afin de souligner pourquoi les catholiques ont un besoin spirituel urgent de la Messe, à laquelle ils doivent assister en personne : pendant la Messe, ont-ils plaidé, le sacrifice de la Croix est renouvelé, c’est là que les chrétiens peuvent recevoir le corps et le sang, l’âme et la divinité de Jésus-Christ dans la communion, comme une nourriture spirituelle nécessaire.

Il peut sembler étrange de soulever cet argument devant les juges administratifs qui contrôlent l’activité des pouvoirs publics d’une République laïque et même laïciste comme l’est la république française. Me Jérôme Triomphe, l’un des avocats des instituts sacerdotaux, souligne qu’il était nécessaire d’expliquer les besoins spécifiques des catholiques afin de prouver au Conseil d’État que non seulement une liberté fondamentale telle que la liberté de culte avait été radicalement restreinte – et cela peut être autorisé pour des raisons proportionnées face à une urgence sanitaire – mais qu’il y avait une raison « urgente » de mettre un terme à cette restriction.

Une raison propre aux catholiques, en l’occurrence.

Il est intéressant de noter que les juges du Conseil d’État ont mis l’accent sur la liberté religieuse et la liberté de culte des croyants pour dire que « l’interdiction absolue et générale » décrétée le 11 mai (à l’exception des funérailles, qui sont possibles depuis le début de l’enfermement avec une assistance limitée à 20 perosnnes) était illégale parce que des mesures moins strictes pouvaient être appliquées tout en préservant la santé publique.

Ils ont rejeté les arguments du représentant du gouvernement concernant un certain nombre d’autres lieux publics, tels que les centres sportifs, les salles de danse et les restaurants, qui ne peuvent pas recevoir le public jusqu’à nouvel ordre, non seulement en raison des activités concernées, mais aussi parce que la liberté de culte est « essentielle » et protégée par les traités internationaux, la constitution française et les lois d’une manière spécifique, alors que ces activités ne le sont pas.

Les juges ont pris en compte le fait que les rassemblements de 10 personnes au maximum sont désormais autorisés dans d’autres lieux publics.

Dans une déclaration à LifeSite, Jérôme Triomphe a déclaré : « Cette victoire est une décision de principe très importante en ce qui concerne les droits fondamentaux du culte, dont le gouvernement français avait estimé qu’ils n’étaient pas essentiels pour les droits des croyants. Il est tout aussi essentiel pour un catholique de recevoir une nourriture spirituelle, en particulier par la Communion sacramentelle, que de prendre une nourriture physique, car l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui vient de la bouche de Dieu. »

Le Conseil d’Etat constate dans son ordonnance qu’il ne faut pas faire un parallèle entre le rassemblement évangélique dans l’Est de la France qui avait donné lieu à une dissémination du COVID-19 en France parce qu’à l’époque, il n’y avait pas un important dispositif de sécurité pour l’éviter comme c’est le cas aujourd’hui, d’autant que ce rassemblement n’était « pas représentatif de l’ensemble des cérémonies de culte ».

Il constate que d’autres lieux et activités potentiellement à risque – transports, vente, bibliothèques, écoles – peuvent recevoir le public dans des conditions moins restrictives que celles limitant sa présence à 10 personnes, à condition de prévoir 4 m2 « sans contact » par personne, « au regard de motifs économiques,
éducatifs et culturels ».

Le Conseil d’Etat note que d’autres établissements restent soumis à l’interdiction d’ouverture au public, mais précise – et c’est très important : « les activités qui y sont exercées ne sont pas de même nature et les libertés fondamentales qui sont en jeu ne sont pas les mêmes » que celles relatives au culte public.

Quatrième point : le Conseil d’Etat note que l’interdiction du culte public dans le décret du 11 mai « n’a pas été motivée par une éventuelle difficulté à élaborer des règles de sécurité adaptées aux activités en cause – certaines institutions religieuses ayant présenté des propositions en la matière depuis plusieurs semaines – ni par le risque que les responsables des établissements de culte ne puissent en faire assurer le respect ou que les autorités de l’Etat ne puissent exercer un contrôle effectif en la matière, ni encore par l’insuffisante disponibilité, durant cette première phase, du dispositif de traitement des chaînes
de contamination ».

Autrement dit, rien ne justifie qu’on interdise le culte alors que des solutions pouvaient être trouvées pour en réduire le risque à l’égard de l’épidémie de COVID-19 (ne parlons même pas du fait qu’elle semble bien être en voie de disparition).


Voici donc le cœur de l'ordonnance du Conseil d’Etat du 18 mai 2020, que je vous livre verbatim :

34. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir, sans qu’il soit
besoin de se prononcer sur leurs autres moyens, que l’interdiction générale et absolue imposée par le III de l’article 10 du décret contesté, de tout rassemblement ou réunion dans les établissements de culte, sous la seule réserve des cérémonies funéraires pour lesquels la présence de vingt personnes est admise, présente, en l’état de l’instruction, alors que des mesures d’encadrement moins strictes sont possibles, notamment au regard de la tolérance des rassemblements de moins de 10 personnes dans les lieux publics, un caractère disproportionné au regard de l’objectif de préservation de la santé publique et constitue ainsi, eu égard au caractère essentiel de cette composante de la liberté de culte, une atteinte grave et manifestement illégale à cette dernière. 
35. Il résulte de l’instruction, et notamment des déclarations faites à l’audience par le représentant du ministre de l’intérieur que des mesures complémentaires pourraient s’avérer nécessaires si les dispositions contestées étaient suspendues, aux fins d’adapter les règles générales prévues par le décret, notamment en son article 1er et en son annexe I, aux particularités des activités religieuses. 
36. Par suite, les requérants sont recevables, en l’absence d’alternative pour sauvegarder la liberté de culte, et fondés à demander à ce qu’il soit enjoint au Premier ministre de modifier, en application de l’article L. 3131-15 du code de la santé publique, les dispositions du III de l’article 10 du décret n° 2020-548 du 11 mai 2020, en prenant les mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu applicables en ce début de « déconfinement », pour encadrer les rassemblements et réunions dans les établissements de culte. Eu égard à la concertation requise avec les représentants des principaux cultes, il y a lieu de fixer, dans les circonstances de l’espèce, un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.



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