20 novembre, 2019

Mgr Athanasius Schneider dénonce de nouveaux symboles païens dans le culte de Pachamama au Vatican : on a scandalisé les plus petits

Il faut avoir perdu le sens de la foi et des réalités pour prétendre que la cérémonie du 4 octobre au Vatican, à l'orée du synode sur l'Amazonie, était autre chose qu'un rituel païen, et les statuettes dont nombre ont fini dans le Tibre autre chose que des images d'une divinité des Incas, Pachamama, la Terre-Mère. Tel est l'essentiel d'une tribune publiée par Mgr Athanasius Schneider en allemand le mardi 19 novembre sur Kath.net. La version anglaise est ici sur LifesSiteNews.

Mgr Schneider évoque plusieurs symboles liés au culte de la fertilité dans les religions païennes que l'on a retrouvés dans la cérémonie des jardins du Vatican et par la suite, lors d'autres événements du synode. Il établit clairement le lien avec le culte de Gaïa tel qu'il est promu par les écologistes, les environnementalistes, jusqu'aux hautes sphères des institutions internationales comme l'UNESCO.

Il répond au passage à tous ceux qui invoquent frauduleusement des exemples d'« inculturation » pour prétendre que la figurine de la Pachamama est soit une légitime représentation de la fécondité féminine, soit une représentation locale de la Bienheureuse Vierge Marie. Non : c'est la représentation d'une déesse païenne, et elle a été idolâtrée sous les yeux du pape.

Je vous propose ici ma traduction de travail de ce texte, réalisée avec l'autorisation de Mgr Schneider et approuvée par lui. – J.S.

Pourquoi le culte de la Pachamama au Vatican n'était pas inoffensif


Le 4 octobre 2019, en la fête de St. François d'Assise, en présence du Pape François et d'autres hauts dignitaires ecclésiastiques, a eu lieu dans les Jardins du Vatican une cérémonie au caractère évidemment religieux, comme l'indique le communiqué de presse du Vatican du 4 octobre 2019 : « Au cours de la cérémonie de prière, qui marquait la conclusion de  l'initiative “Saison de la Création” récemment promue par le Pape François, un arbre venant d'Assise a été planté comme symbole d'écologie intégrale, pour consacrer le synode sur l'Amazonie à saint François, peu avant le quarantième anniversaire de la proclamation par laquelle le pape faisait du Poverello d'Assise le saint patron des écologistes. A la fin de la célébration, le Saint-Père a récité le Notre Père. Des représentants des populations indigènes d'Amazonie, des frères franciscains et divers membres de l'Église ont assisté à la cérémonie. »

Mais cette déclaration a occulté le fait qu'au cours de cette cérémonie de prière, des rites religieux des religions païennes des Amérindiens ont été célébrés. Des gestes et des paroles ont eu lieu qui exprimaient le culte religieux de figures mythologiques de la religion aborigène ; surtout, des actes de prosternation ont été accomplis devant deux figures féminines enceintes nues, supposées représenter la fertilité. Une danse religieuse a également été exécutée autour de ces personnages. Au cours de celle-ci une femme déguisée en chamane utilisait des hochets symbolisant les dieux païens de la fertilité. L'utilisation des « maracas » ou hochets par le chaman signifie dans les cultes indigènes d'Amazonie la voix des esprits et ils sont utilisés pour réclamer l'aide de la puissance des animaux et des esprits. Les maracas sont au nombre des instruments magiques les plus puissants aux yeux de ces peuples. La tête du « maraca » est une citrouille ; la tête du hochet emmanchée représente l'union de fécondation du monde masculin (manche) avec le monde féminin (tête). Ce sont précisément de tels « maracas" qui ont été utilisés lors de la « Cérémonie de Prière » du 4 octobre.

Les statues représentant des femmes enceintes nues ont ensuite été placées brièvement dans la basilique Saint-Pierre devant le tombeau pétrinien, toujours en présence du Pape, puis, pendant toute la durée du Synode amazonien dans l'église de Santa Maria in Traspontina sur la Via della Conciliazione. Aux cours de prières régulièrement organisées elles ont été vénérées dans une église dans laquelle se trouvait un tabernacle et la présence eucharistique du Christ. En outre, la statue de la femme enceinte nue a même été portée le 19 octobre lors d'un chemin de croix organisé par des participants au Synode.

Au cours des premiers jours qui ont suivi ces cérémonies, le Vatican a évité de mentionner la signification exacte des deux figures féminines enceintes nues. Ce n'est qu'après que ces figures ont été été retirées le 21 octobre de l'église de Santa Maria in Traspontina et jetées dans le Tibre que le pape François lui-même a proclamé le 25 octobre l'identité de ces statuettes devant symboliser la Pachamama, en ces termes : « Je voudrais dire un mot des statues de Pachamama qui ont été enlevées de l'église de la Traspontina et qui étaient là sans intention idolâtre et qui ont été jetées dans le Tibre. Cela a été fait pour la première fois à Rome, et en tant qu'évêque du diocèse, je présente mes excuses à ceux qui se sont sentis offensés par ce geste. »

Le père jésuite Fernando Lopez, l'un des organisateurs de la vénération des statues de Pachamama au Vatican, a dit que ces statues ont été achetées dans un marché artisanal à Manaus, une ville de l'Amazonie brésilienne, ajoutant que la Pachamama a un sens pour nous tous et que nous devons continuer « la danse de la vie sur la Terre Mère ».

Affirmer que tous ces actes de culte des statues de Pachama, qui ont systématiquement eu lieu lors d'une cérémonie de prière et dans les église, ne sont ni cultuels ni religieux, mais constituent la simple expression de la culture et du folklore, et les déclarer ainsi inoffensifs et peu significatifs, nie les faits et cherche à échapper à la réalité.

Face à la grave réalité d'aussi discutables actes de culte religieux, qui sont à l'évidence au moins proches de la superstition et de l'idolâtrie, certains cardinaux, évêques, prêtres et de nombreux laïcs ont protesté publiquement, et certains ont même appelé le pape François à se repentir et à faire amende honorable. Malheureusement, ces voix courageuses ont été critiquées même par de bons catholiques, souvent au motif qu'elles constituent une attaque personnellement contre le pape François. Un tel raisonnement rappelle fortement l'histoire des nouveaux habits de l'Empereur. D'autres considèrent le culte des statues de Pachamama comme inoffensif et comparent cette question à celle des rites dits chinois (appelée « dispute de l'accommodement ») aux 17e et 18e siècles. Ceux qui font de telles affirmations manquent à la fois de connaissances factuelles sur ce que la Pachamama signifie pour les peuples indigènes et  sur la propagande mondiale de la nouvelle « religion de Gaia ou Terre Mère » aujourd'hui, ainsi que d'une connaissance plus précise du problème historique des rites chinois et de leur solution au 20e siècle.

Le fait que le phénomène « Pachamama » ait une connotation clairement religieuse est déjà défini de manière probante dans les sources d'information généralement accessibles et les plus consultées, comme par exemple sur Wikipedia, qui déclare : « Pachamama est une déesse vénérée par les peuples indigènes des Andes. Elle est aussi connue comme la mère de la terre et du temps. Dans la mythologie inca, Pachamama est une déesse de la fertilité qui préside à la plantation et à la récolte, incarne les montagnes et provoque des tremblements de terre. Elle est aussi une divinité toujours présente et indépendante qui a son propre pouvoir créatif et autosuffisant pour soutenir la vie sur cette terre. Pachamama se traduit généralement par Terre Mère, mais une traduction plus littérale serait “Mère du monde” (en aymara et en quechua). On peut se référer à la déesse Inca de multiples façons ; la principale étant Pachamama. D'autres noms pour elle sont : Mama Pacha, La Pachamama, et Terre Mère. Pachamama diffère de la Pachamama parce que le “La” signifie le lien entrelacé qui unit la déesse à la nature, alors que Pachamama – sans le “La” – ne fait référence qu'à la déesse. »

Quiconque s'est intéressé avec mouvement environnemental mondial a sans aucun doute entendu le terme Gaïa. Gaïa est un renouveau du paganisme qui rejette le christianisme, considère le christianisme comme son plus grand ennemi et considère la foi chrétienne comme le seul obstacle à une religion mondiale qui se concentre sur le culte de Gaïa et l'unification de toutes les formes de vie concentrées autour de la déesse « Terre Mère » ou « la Pachamama ». Un mélange sophistiqué de science, de paganisme, de mysticisme orientale et de féminisme a transformé ce culte païen en menace croissante pour l'Eglise chrétienne. Le culte de la « Terre Mère », ou « Gaia » ou « Pachamama », est au centre de la politique environnementale mondiale actuelle.

L'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 22 avril 2009 “Journée internationale de la Terre nourricière”. Ce jour-là, le président bolivien Evo Morales, adorateur autoproclamé de la Pachamama, a fait cette déclaration à l'Assemblée générale des Nations Unies : « La “Pachamama” – la “Mère Terre” quechua – est une divinité fondamentale de la vision indigène du monde, fondée sur le respect total de la nature. La terre ne nous appartient pas, mais nous appartenons à la terre . »

Le fait que l'expression « Mère Terre » ou « Pachamama » ne soit pas un nom culturel inoffensif, mais qu'elle a des traits religieux est également prouvé, par exemple, par un Manuel de l'Enseignant publié en 2002 par l'UNESCO sous le titre significatif https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/8154/-Pachamama%20Teachers%20Guide-20021189.pdf?sequence=3&isAllowed=y On y lit par exemple  ce qui suit :  « Imaginez que la Terre Mère prenne une forme physique, et ce que ce serait que de la rencontrer. De quoi aurait-elle l'air ? De quoi lui parleriez-vous ? Quelles seraient votre principale préoccupation et vos questions ? Comment y répondriez-vous ? Où pourriez-vous la rencontrer ? Pensez à un endroit où vous pourriez les rencontrer. »

Tel le lieu, par exemple, où l'on pourrait rencontrer la « Terre Mère » ou « Pachamama » sous la forme de femmes enceintes nues sculptées dans des figures en bois : la cérémonie de prière dans les Jardins du Vatican le 4 octobre 2019, la Basilique Saint-Pierre, le Chemin de Croix le 19 octobre et l'église Santa Maria in Traspontina à Rome.

Mgr José Luis Azcona, évêque émérite de la prélature amazonienne de Marajó, a évoqué de manière convaincante l'absurdité et le caractère intenable de la minimisation du culte de la Pachamama par le Vatican. Il est un connaisseur des religions et des coutumes des Indiens d'Amazonie, a vécu parmi eux pendant plus de 30 ans et il les a évangélisés. Dans une lettre ouverte du 1er novembre 2019, Mgr José Luis Azcona a souligné que ce sont surtout les « petits » dans l'Église, et ensuite les convertis parmi les Indiens amazoniens qui vivent intensément la foi catholique, qui sont scandalisés par le culte de la Pachamama au Vatican. Ils ont été troublés et profondément blessés dans leur sens catholique de la foi. La déclaration suivante de Mgr José Luis Azcona donne la mesure de l'horreur : « Mais ce geste [d'adoration de la Pachamama] a constitué un scandale (et non un fait dénoncé par pharisaïsme) pour des millions de catholiques à travers le monde. Ce sont surtout les pauvres, les « petits », les ignorants, les « faibles », qui possèdent apparemment le « sensus fidei » (le sens de la foi) et qui sont défendus par le pape François de manière juste et permanente, qui ont été sévèrement frappés dans leur conscience désarmée, complètement sans défense contre cette violence religieuse. Du moins les pauvres, les simples, les « faibles », les sans défense de l'Amazonie sont les plus touchés au plus profond de leur cœur par ce coup idolâtre, qui est une attaque contre la foi chrétienne, contre la conviction de l'Eglise pour qui la seule reine de l'Amazonie est Notre-Dame de Nazareth, la Mère de Dieu Créateur et Rédempteur. Il n'y pas d'autre mère, pas de Pachamama des Andes ou d'ailleurs et pas de Yemanja[déesse mère des cultes afro-brésiliens] ! »

Mgr José Luis Azcona a également évoqué l'impact dévastateur que les actes publics du culte de la Pachamama au Vatican ont eu sur les fidèles protestants : « Pour les frères protestants et pentecôtistes, ce scandale a eu un effet dévastateur. Horrifiés, ils ont été témoins de scènes de véritable idolâtrie, et entre stupéfaction et étonnement, ils se sentent de plus en plus confirmés dans leur vision erronée selon laquelle le catholique est un adorateur d'idoles, non de saints, de Joseph, de Marie, mais de vrais démons. Le dialogue œcuménique-interreligieux a ainsi été ébranlé avec des conséquences humainement irréparables et de graves complications œcuméniques pour ceux qui veulent comprendre le mystère de l'Eglise comme le “Sacrement universel du salut” (Lumen Gentium). "

Mgr José Luis Azcona a déclaré avec justesse que l'idée et le symbolisme de la Terre Mère, « Gaïa », et aussi celle de la « Pachamama » qui est largement répandue aujourd'hui, ne peuvent être détachés mentalement et religieusement du phénomène des nombreuses déités mères païennes de l'histoire : « Souvenons-nous des innombrables divinités de la Terre Mère qui ont précédé et accompagné la Pachamama comme déesses de la fertilité dans toutes les cultures et religions évoquées dans la Bible. Dans l'Ancien Testament, Astarte (Asherà) est la déesse de la fertilité, de l'amour sensuel tel que l'évoque sa représentation dénudée. Dans le Nouveau Testament, Actes 19 : 23-40 ; 20, 1, c'est l'Artémis d'Éphèse, « la Grande », la déesse de la fertilité ; elle est représentée avec la moitié de son corps recouvert de seins. Elle résume ce que signifie la statue de la Terre Mère « Pachamama ». Il est impossible de placer l'image de Notre-Dame de Nazareth, Mère de Dieu et de l'Église, et la statue de la Pachamama, déesse de la fertilité, sur le même autel ou sur la même église. "

La comparaison entre le culte de la Pachamama au Vatican et la dispute historique des rites chinois est intenable au vu des faits. Les rituels chinois impliquaient des actes d'adoration de l'image de Confucius, un personnage historique vénéré comme un grand héros national et penseur de la culture chinoise. De plus, il s'agissait du culte des ancêtres décédés. Dans les deux cas, des actes de vénération tels qu'une inclination ou ou le geste d'allumer des bougies étaient exécutés devant les portraits de ces personnages historiques. Parce qu'aux XVIIe et XVIIIe siècles ces rites étaient encore associés aux croyances superstitieuses du confucianisme en tant que religion, l'Église les a rigoureusement interdits pour éviter toute apparence de superstition et d'idolâtrie. Au XXe siècle, les actes de vénération de Confucius étaient de nature purement civile et se déroulaient dans des lieux non sacrés et non religieux. De plus, les effigies des ancêtres étaient vénérées par les catholiques sans l'inscription habituelle "siège de l'âme" comme c'était le cas chez les païens chinois. Ainsi, après la disparition de toute apparence de superstition et d'idolâtrie, le Saint-Siège autorisa les rites chinois en 1939 par une Instruction de la Congregation pour la propagation de la foi, sous réserve des conditions suivantes : il est seulement permis d'incliner la tête devant une image de Confucius exposée dans les lieux civils, et si l'on peut craindre un scandale, la droite intention des catholiques devra être publiquement explicitée. De plus, l'Instruction affirme que les catholiques ne peuvent faire que des gestes honorifiques de nature purement civile et, si nécessaire, expliquer leur intention, afin de corriger toute mauvaise interprétation de ces actes. Il en va de même pour l'acte de vénération des portraits des ancêtres. De plus, l'Église catholique a permis la seule utilisation du nom divin sans équivoque « Seigneur du Ciel », en interdisant d'autres appellations chinoises de la divinité ambiguës, tels que « Ciel » ou « Déité suprême » ou « Empereur suprême », et cette interdiction ne fut pas abrogée par l'instruction de 1939.

La différence essentielle entre les rites du culte de la Pachamama et les rites dits chinois réside dans le fait que la Pachamama est une construction des mythologies païennes, c'est-à-dire qu'elle est vénérée soit comme un mythe pur soit comme un conglomérat inanimé et impersonnel de matière, comme la terre.

Quiconque prétend que le culte de la Pachamama était inoffensif et n'avait aucun aspect religieux, mais seulement un aspect culturel, sera mieux renseigné par une prière à la Pachamama publiée dans le contexte du Synode amazonien par la « Fondazione Missio », un organe de la Conférence épiscopale italienne, où il est dit : « Pachamama, bonne mère, Sois propice ! Sois propice ! Donne un bon goût à la graine, que rien de mal ne lui arrive, que le gel ne puisse le perturber, qu'il produise de la bonne nourriture. Nous te le demandons : donne-nous tout. Sois propice ! Sois propice ! »

Le culte de la Pachamama pratiqué au Vatican pendant le Synode amazonien est soit une forme de superstition idolâtre parce qu'il contient des gestes qui, dans sa forme originale, impliquent le culte de la « Terre mère » considérée comme une déité, soit une forme de superstition non idolâtre. Car ce culte de Pachamama exprime la croyance en la terre en tant qu'être vivant et personnel, c'est donc un syncrétisme qui introduit des éléments trompeurs dans le culte chrétien, qui, au bout du compte, doit toujours être dirigé vers le vrai Dieu.

Dans un article du 23 octobre 2019 pour le site internet Infocatolica (www.infocatolica.com), le P. Nelson Medina, OP, lui-même missionnaire de l'Amazonie colombienne, a démasqué la fraude d'un culte de Pachamama prétendument anodin, avec cette déclaration pertinente : « L'image [la pachamama] apportée à Rome n'est pas représentative de l'Amazonie colombienne, et je crois qu'elle n'existe nulle part en Amazonie. La figure ne représente en rien les “ancêtres” dans la culture amazonienne. En outre, notre foi adore-t-elle ou vénère-t-elle au moyen d'un culte la fertilité, la vie ou la femme en tant que telles ? Si elles ne sont pas adorés, pourquoi associer ce culte à l'autel, sur lequel le sacrifice unique et universel du Christ est présent ? N'est-ce pas là exactement une violation publique et scandaleuse du Premier Commandement de la Loi de Dieu ? Amener ces statues dans des lieux sacrés ne peut que signifier qu'elles ont une signification religieuse, contrairement à ce qui se serait passé si elles avaient été exposées dans une galerie d'art ou un musée d'histoire ethnique ou amazonienne. »

Les représentants du Vatican ont également utilisé St. John Henry Newman pour les aider à légitimer le culte de la Pachamama. Cependant, cette comparaison est tirée par les cheveux et inexacte dans les faits, comme l'a dit de façon convaincante le P. Nelson Medina, en montrant que John Henry Newman faisait référence à des actions ou des objets qui sont relativement neutres en eux-mêmes, puis transformés dans leur signification afin d'être utilisés dans l'église. Les images conçues pour le Synode amazonien n'ont rien de cette neutralité : célébrer « la vie » sans adorer Dieu, le seul Créateur, est un simple paganisme. Et pour ce qui est des idoles païennes, que ce soit le veau d'or ou l'argent des marchands du Temple de Jérusalem, il faut des mesures décisives et claires… qui peuvent mener jusqu'au Tibre ".

De tout temps, et aussi à travers l'instruction de 1939 sur les rites chinois, l'Église catholique, imitant fidèlement le comportement des Apôtres, s'est pour ainsi dire scrupuleusement engagé dans ses paroles et ses actions, afin d'éviter même l'ombre de l'idolâtrie (idolatria)et de la superstition (supersitio) et n'en laisser aucune apparence (voir aussi saint Thomas d'Aquin, Summa Theol., IIa IIae, q 93, a.1).

Comma l'a fait Gianfranco Amato, avocat italien et avocat pour la vie, on peut résumer ce qui suit concernant le culte de la Pachamama au Vatican (voir son texte dans La Verità du 14 novembre 2019) :

« Représenter Pachamama comme une icône de la culture indigène de l'Amazonie ne signifie pas seulement déformer la réalité, mais aussi nier et humilier la diversité des vraies cultures amazoniennes afin d'imposer une vision théologique indigène pour imposer des objectifs purement idéologiques et politiques.

Le président mexicain Lopéz Obrador a organisé un rituel en l'honneur de la divinité Pachamama pour demander l'autorisation de construire le chemin de fer maya dans le sud-est du Mexique. Hugo Chávez, Nicolas Maduro, Cristina Fernandez de Kirchner, Andres Manuel Lopez Obrador, Evo Morales et Daniel Ortega ne sont que quelques-uns des chefs d'Etat qui ont officiellement participé à des cultes en l'honneur de la Terre Mère. Il s'agit donc non seulement d'un fait purement religieux péruvien, mais aussi d'un fait politique réel qui s'inscrit dans un plan politique précis qui favorise la pensée panthéiste. Elle exclut l'idée chrétienne d'un Dieu transcendant par rapport à la création et place la dignité de la terre au-dessus de la dignité de la personne humaine. Une révolution culturelle copernicienne est tentée : dépasser l'anthropocentrisme de la modernité par un « géocentrisme » écologique. La terre et non l'être humain devrait maintenant être au centre du cosmos, au point que nous entendons déjà des discours dans lesquels la limitation des droits humains en faveur des « droits » de la terre est théorisée.

La Pachamama constitue une tromperie théologique à l'égard des chrétiens. Comme nous l'avons vu, c'est une divinité Inca païenne. Les images qui la représentent d'un point de vue théologique ne sont que des idoles. Le fait qu'un théologien, un prêtre, un évêque, un cardinal, un pape ou un simple croyant ne puisse reconnaître ce fait apparemment incontestable paraît vraiment troublant et complètement incompréhensible. Nous pourrions dire que nous sommes face à une nouvelle éclipse de la conscience, cette fois non pas dans la sphère de la loi de la vie, mais dans la sphère du premier et plus important des commandements : dans celle des droits de Dieu. A cela s'ajoute la circonstance aggravante que non seulement la conscience d'un peuple, mais aussi la conscience de l'Eglise elle-même est obscurcie par ce culte de la Pachamama. A la lumière de la révélation divine contenue dans la Parole de Dieu, dans la Tradition de l'Eglise et dans le Magistère, la question est très simple : fabriquer des idoles en vue de les adorer est un péché très grave. Se prosterner devant les idoles, c'est de l'idolâtrie. Leur offrir des cadeaux et des sacrifices, les porter en triomphe, les mettre sur un trône, les couronner et leur brûler de l'encens est une idolâtrie manifeste et totalement immorale. Les mettre sur des autels ou dans des églises consacrées pour les adorer, c'est une profanation pure et simple.

Le culte de la Pachamama est une tromperie quant à la manière de comprendre la tolérance. La sensibilité des fidèles semble, à juste titre, blessée lorsqu'ils font l'expérience du désolant spectacle de l'adoration des idoles dans les églises catholiques. C'est un fait profondément déplaisant qui exige une condamnation stricte. Il ne s'agit pas d'un manque de respect ou de tolérance envers les personnes qui professent une religion différente. Nous respectons les croyances religieuses de chacun, mais il s'agit ici d'imposer la tolérance envers l'idolâtrie dans les églises catholiques et les lieux profanés par la présence des idoles. C'est inacceptable. Tolérer tout cela signifie être complice de la profanation. C'est pourquoi le geste de « l'idoloclasme » (destruction des idoles), courageusement accompli dans l'église romaine de Santa Maria in Transpontina est l'expression de la foi la plus noble. Il ne mérite pas d'être calomnié, mais au contraire d'être loué.

Le culte de la Pachamama est une tromperie quant à l'inculturation. Le principe de l'inculturation est l'annonce de l'Évangile, qui peut être accueillie par tous les peuples et toutes les cultures. Le dynamisme de l'évangélisation conduit à un processus progressif de transformation de la culture qui accueille la Parole de Dieu, pénètre au cœur de la même culture en conservant ce qui est bien, en la purifiant du mal qu'elle contient, et entraîne une évolution dynamique de la foi qui peut toujours tout renouveler. Si l'on ne prend pas en considération le critère de contraste, on ne peut pas parler d'inculturation. Il est clair que l'évangélisation est un contraste nécessaire par rapport aux graves aspects immoraux des cultures qu'elle cherche à atteindre, et qu'elle exige évidemment le renoncement à l'idolâtrie. »

L'histoire de Pachamama est une radiographie précise de l'état de l'Église en ce moment dramatique de l'histoire, qui rappelle les paroles vraiment prophétiques du professeur Joseph Ratzinger dans son essai Les nouveaux païens et l'Église, initialement publié dans le magazine Hochland (octobre 1958). Les paroles bouleversantes de Joseph Ratzinger qui suivent peuvent certainement être lues comme une sorte de commentaire d'actualité sur les actes de culte de la Pachamama qui ont eu lieu au Vatican et qui ont même été justifiés par le pape François : « Le paganisme se tient aujourd'hui dans l'Eglise elle-même, et c'est ce qui caractérise l'Eglise d'aujourd'hui, ainsi que le nouveau paganisme : qu'il est un paganisme dans l'Eglise et une Eglise au coeur de laquelle vit le paganisme.

Ces paroles de feu suivantes sorties droit du cœur de Mgr José Luís Azcona, missionnaire amazonien et digne successeur des apôtres, resteront gravées dans l'histoire : « L'un des aspects les plus honteux de ce geste idolâtre [au Vatican] fut l'écrasement de la conscience des ”petits” par ce scandale. »

Compte tenu de l'indéniable gravité objective des actes de culte de la Pachamama au Vatican, avec ses évidents enchevêtrements pseudo-religieux et son approche sentimentalisée en vue de faire la propagande de la religion mondialiste de la « Terre-Mère », peut-on encore parler d'innocuité ou se réfugier derrière l'alibi des « Rites chinois » ? Cela reviendrait à défendre l'indéfendable.

A l'époque de la grande confusion doctrinale et pastorale ecclésiale qui a marqué la crise arienne du IVe siècle, sainte Hilaire de Poitiers, « Athanase de l'Occident », avait la conviction qu'un tel état ne doit pas être acceptée dans le silence ou ni en minimisant la situation. Ces paroles, citées ci-après, sont tout à fait opportunes et applicables au scandale du culte de Pachamama au Vatican : « Désormais, le silence ne s'appellera plus retenue, mais inertie » (Const. 1).

A tous ceux qui, dans l'Eglise d'aujourd'hui, n'ont ni minimisé ni accepté silencieusement les actes du culte de la Pachamama au Vatican, mais ont élevé leur voix d'admonestation, il faut rendre grâce et appréciation, en premier lieu aux laïcs, qui ont été mûs par leur sens surnaturel de la foi et qui par ces actions ont exprimé leur amour et respect véritables envers le pape et leur mère, la Sainte Eglise catholique.

Le 18 novembre 2019
+ Athanasius Schneider,
évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Sainte Marie d'Astana


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Culte de la Pachamama : quatre exorcistes appellent à une journée de prière et de pénitence le 6 décembre après les scandales du synode sur l’Amazonie



Dans une communiqué commun, quatre exorcistes viennent d’appeler tous les catholiques à se joindre à une journée de prière et de réparation le vendredi 6 décembre prochain pour chasser « toute influence diabolique du sein de l'Église », influence a pu s’y introduire du fait du rituel de la Pachamama auquel le pape François a assisté au Vatican au début du synode sur l’Amazonie, le 4 octobre dernier.

Le National Catholic Register, où leur déclaration a été d’abord publiée, précise que ces exorcistes ont préféré garder l’anonymat. Ces exorcistes ont affirmé que les catholiques se trouvent au milieu d'une « guerre spirituelle » qui « se produit actuellement au sein de l’Eglise elle-même », comme en témoignent les événements dont nous avons été témoins pendant le Synode amazonien.

Les exorcistes demandent aux catholiques de faire du 6 décembre un jour de réparation, en récitant le chapelet, en adressant des prières au Sacré-Cœur de Jésus et en faisant pénitence sous forme de jeûne, d’abstinence ou autres mortifications.

La Pachamama est une « déesse » de la Terre Mère vénérée par les peuples indigènes d'Amérique du Sud. A l’orée du synode sur l’Amazonie, le pape François a accueilli le 4 octobre un rituel de « plantation d’arbre », au cours duquel le clergé et les peuples indigènes amazoniens ont dansé autour des statuettes de la Pachamama dans les jardins du Vatican. Les participants s’étaient prosternés devant les idoles. Plusieurs femmes s’étaient également prosternées devant la terre amenée d’Amazonie au cours de la cérémonie (voir à partir de la 40e minute dans la video ci-dessous).




Au cours des jours suivants, le Pape accompagna la procession des idoles vers la salle du synode ; l’une des statuettes est restée devant la tribune pendant toute sa durée.

On se souviendra aussi de ce que le pape François s'est excusé en tant qu’« évêque de Rome» auprès de ceux qui avaient été « offensés » par l'enlèvement des statuettes et leur jet dans le Tibre par le jeune Autrichien Alexander Tschugguel. Le pape lui-même avait  alors désigné les images de femmes enceintes, nues et accroupies, de « statuettes de Pachamama ». Certains défenseurs de la cérémonie du 4 octobre continuent pourtant d’affirmer que les statues représentent simplement la maternité ou la fertilité – ce qui ne justifie en aucun cas qu’on les vénère –, ou même qu’elles représentaient la Bienheureuse Vierge Marie et sa cousine Elisabeth.

Or il suffit de les regarder pour comprendre qu’il s’agit là d’une insulte à Notre Dame : insulte à sa bonté, à sa beauté.




ou



?


Sous le titre Contra recentia sacrilegia, un document signé par plus de 200 catholiques a appelé les évêques à « offrir une correction fraternelle au Pape François pour ces scandales ».

Cette déclaration affirme : « Tout culte d’adoration rendu à une personne ou une chose autre que le seul vrai Dieu, la Sainte Trinité, constitue une violation du Premier Commandement. Toute participation, sous quelque forme que ce soit, à la vénération des idoles est condamnée par ce commandement et constitue un péché objectivement grave, indépendamment de la culpabilité subjective, dont seul Dieu est juge. »

Voici la déclaration complète des quatre exorcistes :


Au vu des événements récents en rapport avec le rituel de la Pachamama dans les Jardins du Vatican, suivie de la procession de l’idole dans la Basilique Saint-Pierre, ainsi que le fait de placer ces idoles dans l'église de Santa Maria in Traspontina, les paroles de saint Paul (1 Corinthiens 10:20) nous reviennent en mémoire : « Veux-je dire que ce qui a été immolé aux idoles soit quelque chose, ou que l’idole soit quelque chose ? Non ; mais ce que les païens immolent, ils l’immolent aux démons, et non à Dieu. Or je ne veux pas que vous soyez en société avec les démons. Vous ne pouvez pas boire le calice du Seigneur, et le calice des démons… » 
Les Psaumes (95,5) nous disent : « Car tous les dieux des nations sont des démons ; mais le Seigneur a fait les cieux. » Ces événements nous font saisir cette réalité : (Éphésiens 6:12) « Car ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à lutter, mais contre les principautés et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans l’air. » Ces événements nous font saisir cette réalité : nous sommes en guerre spirituelle, et la guerre se produit actuellement au sein de l'Eglise elle-même. » 
Nous encourageons donc tous les catholiques qui reconnaissent le mal présent dans ces événements à se joindre à nous dans une journée de prière et de pénitence le 6 décembre, dans le but de chasser toute influence diabolique au sein de l'Eglise qui a pu s’y introduire à la suite de ces récents événements – ainsi que de tout autre événement. 
Nous demandons à tous ceux qui y participeront dans cette intention de : 
1. Dire le chapelet ; 
2. De pratiquer une forme de pénitence, comme le jeûne, l'abstinence et d’autres types de mortification ; 
3. D’adresser des prières au Sacré-Cœur, comme indiqué ci-dessous.
Nous encourageons également, dans cette intention, à faire une Heure Sainte devant le Saint Sacrement et à assister à la Messe ce jour-là, en offrant les mérites de la Messe pour cette intention. 
Que la Miséricorde Divine repose sur nous tous.
*

Prière de Consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus

Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard favorable sur nous, qui sommes humblement prosternés au pied de Votre autel. Nous sommes et nous voulons être à Vous ; mais, pour que nous puissions Vous être unis par des liens plus solides, voici qu'en ce jour chacun de nous renouvelle spontanément sa Consécration à votre Sacré Cœur.

Beaucoup d'hommes ne Vous ont jamais connu ; beaucoup Vous ont méprisé en transgressant vos Commandements ; ayez pitié des uns et des autres, ô très bon Jésus, et entraînez-les tous vers votre Sacré Cœur. Ô Seigneur, soyez le Roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés de Vous, mais aussi des enfants prodigues qui Vous ont abandonnés. Faites que ceux-ci se hâtent de regagner la maison paternelle pour ne pas périr de misère et de faim.

Soyez le Roi de ceux que des opinions erronées ont trompés ou qu'un désaccord a séparés de l'Eglise ; ramenez-les au port de la vérité et à l'unité de la foi, afin qu'il n'y ait bientôt qu'un troupeau et qu'un Pasteur.

Soyez enfin le Roi de tous ceux qui sont plongés dans les ténèbres de l’idolâtrie ou de l’islamisme ; ne refusez pas de les arracher aux ténèbres pour les ramener dans la lumière et le royaume de Dieu. Tournez vos yeux miséricordieux vers les enfants de cette race qui fut votre peuple élu. Jadis, ils appelèrent sur eux-mêmes le Sang du Rédempteur ; qu’il puisse aujourd’hui faire descendre sur eux  comme une ablution qui donne la rédemption et la vie.

Donnez, Seigneur, à votre Eglise la liberté et le salut. Accordez à toutes les nations l'ordre et la paix, et faites que, d'une extrémité à l'autre de la terre, résonne une seule parole : Louange au divin Coeur qui nous a donné le salut ; à Lui soient honneur et gloire dans tous les siècles. Ainsi soit-il ! »


Acte de réparation au Sacré-Cœur de Jésus

Très doux Jésus, vous avez répandu sur les hommes les bienfaits de votre charité, et leur ingratitude n’y répond que par l’oubli, le délaissement, le mépris. Nous voici donc prosternés devant votre autel, animés du désir de réparer, par un hommage spécial, leur coupable indifférence et les outrages dont, de toutes parts, ils accablent votre Cœur très aimant.

Cependant, nous souvenant que nous-mêmes, nous nous sommes dans le passé rendus coupables d’une si indigne conduite, et pénétrés d’une profonde douleur, nous implorons d’abord pour nous-même votre miséricorde. Nous sommes prêts à réparer, par une expiation volontaire, les fautes que nous avons commises, tout prêts aussi à expier pour ceux qui, égarés hors de la voie du salut, s’obstinent dans leur infidélité, refusant de vous suivre, vous, leur Pasteur et leur Chef, ou, secouant le joug si doux de votre loi, foulent aux pieds les promesses de leur baptême.

Nous voudrions expier pour tant de fautes lamentables, réparer pour chacune d’elles: désordres de la conduite, indécence des modes, scandales, corrupteurs des âmes innocentes, profanation des dimanches et des fêtes, blasphèmes exécrables contre vous et contre vos Saints, , insultes à votre Vicaire et à vos prêtres, abandon et violations odieusement sacrilèges du divin Sacrement de votre amour, péchés publics enfin des nations qui se révoltent contre les droits et l’autorité de votre Église.

Que ne pouvons-nous effacer de notre propre sang tant d’offenses ! Du moins, pour réparer votre honneur outragé, nous vous présentons cette même satisfaction que vous avez offerte à votre Père sur la Croix et dont vous renouvelez l’offrande, chaque jour, sur l’autel; nous vous la présentons, accompagnée de toutes les satisfactions de la Très Sainte Vierge votre Mère, des Saints, des chrétiens fidèles. Nous vous promettons, de tout notre cœur, autant qu’il dépend de nous et avec le secours de votre grâce, de réparer nos fautes passées, celles de notre prochain, l’indifférence à l’égard d’un si grand amour, par la fermeté de notre foi, la pureté de notre vie, la docilité parfaite aux préceptes de l’Évangile, à celui surtout de la charité. Nous vous promettons aussi de faire tous nos efforts pour vous épargner de nouvelles offenses et pour entraîner à votre suite le plus d’âmes possible.

Agréez, nous vous en supplions, ô très bon Jésus, par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie Réparatrice, cet hommage spontané d’expiation ; gardez-nous, jusqu’à la mort, inébranlablement fidèles à notre devoir et à votre service, accordez-nous ce don précieux de la persévérance qui nous conduise tous enfin à la patrie où, avec le Père et le Saint-Esprit, vous régnez, Dieu, dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

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13 novembre, 2019

Mon émission sur le synode amazonien avec l'abbé de Tanoüarn sur Courtoisie

Merci à l'abbé de Tanoüarn pour son invitation !

L'émission est en libre accès (pour le moment) ici.



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12 novembre, 2019

Protestation contre les actes sacrilèges du pape François




Une protestation contre divers cérémonies idolâtres qui ont eu lieu au Vatican et à Rome à l'occasion du synode sur l'Amazonie, en présence du pape et même à plusieurs reprises avec sa participation, a recueilli plus de cent signatures de la part d'ecclésiastiques, d'universitaires, d'écrivains…

Elle est accessible depuis ce mardi 12 novembre en sept langues sur le site www.contrarecentiasacrilegia.org.

Elle détaille les divers scandales relatifs au culte de la Pachamama et les relie à la Déclaration d'Abu Dhabi selon laquelle Dieu aurait « voulu » la « diversité des religions ».

Mgr Carlo Maria Viganò a rejoint les signataires ce mardi.

Les clercs et les universitaires sont toujours invités à signer en se manifestant auprès du le site de la protestation.



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09 novembre, 2019

La cérémonie aux jardins du Vatican était bien un culte païen en l’honneur de Pachamama, selon sa principale protagoniste



La preuve est faite : la cérémonie qui s’est déroulée autour de plusieurs statuettes de la Pachamama dans les jardins du Vatican à l’orée du synode sur l’Amazonie était bien un rituel de vénération de la « divinité » de la Terre. Le jour même, le 4 octobre, Ednamar de Oliveira Viana, femme d’origine indigène qui a dirigé la cérémonie a publié un communiqué pour en expliquer le sens. Ce communiqué public, mais resté discret, a été retrouvé et commenté par LifeSiteNews.
Ses paroles confirment que le rituel correspondait parfaitement aux cérémonies similaires organisées en l’honneur de la Pachamama, la Terre Mère, dans les régions andines où ce culte idolâtre a cours. Il semble avoir été adapté à la spiritualité amazonienne, au moins pour les besoins du synode.
Voici la traduction complète du communiqué d’Ednamar de Oliveira Viana :
« Planter, c’est avoir l’espérance. C’est croire en une vie qui croît et qui est féconde, pour satisfaire la faim de la création de la Terre Mère. Cela nous ramène à notre origine par la reconnexion avec l’énergie divine et nous enseigne le chemin du retour vers le Père Créateur. 
« Le synode, c’est planter cet arbre, l’arroser et le cultiver, pour faire que les peuples amazoniens soient entendus et respectés dans leurs coutumes et leurs traditions, en faisant l’expérience du mystère de la divinité présente dans le sol amazonien. 
« L’acte de planter dans le jardin du Vatican est un symbole qui invite l’Eglise à engager encore davantage avec les peuples de la forêt et toute l’humanité. Mais aussi, c’est la dénonciation de ceux qui détruisent notre maison commune par esprit de lucre, en recherchant leur propre profit. »



Cette idée de la « faim » de la Terre Mère est précisément ce qui fonde les rituels de la Pachamama : celle qui engendre et qui nourrit, mais qui punit par le tremblement de terre ceux qui lui prennent trop de ressources. Ainsi s’agit-il d’assouvir sa faim et sa soif au cours d’une cérémonie qui se déroule en lui présentant des offrandes prises sur ce qu’elle a donné sur une couverture placé sur le sol, ou en creusant un trou dans lequel on jette des objets ou des animaux sacrifiés – le fœtus de lama étant l’objet de choix.
La Pachamama est une entité, la Terre, mais aussi un esprit avec une conscience et un pouvoir ; une « divinité » comme la dénomme également le communiqué d’Ednamar de Oliveira Viana, dont il faut apaiser la colère. Ce qui se faisait jadis, notamment, au temps des Incas, par des sacrifices d’enfants et d’adolescents.
Le langage du communiqué est clairement païen et syncrétiste. Il montre la raison des prosternations devant l’arbre planté, entouré de terre rapportée d’Amazonie : c’est un « sol », une terre à qui l’on attribue une identité « divine ».
Diane Montagna de LifeSiteNews rappelle qu’à mi-parcours du synode, elle avait posé à la Salle de Presse la question de savoir quel avait été le sens précis de la cérémonie dans les jardins du Vatican. Elle réclamait « un texte faisant autorité, émanant du Vatican ou de REPAM, afin de pouvoir résoudre la question de ce qui s’était produit aux Jardins du Vatican ».
Paolo Ruffini, préfet du dicastère de la communication et président de la commission d’information sur le synode, expliqua alors que l’arbre était « sacré » et s’engagea à trouver une réponse. La question lui fut reposée plusieurs fois, mais de réponse, il n’y en eut point.
Lors du point presse du 21 octobre, un porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, demanda au secrétaire exécutif de REPAM (Réseau ecclésial pan-amazonien), Mauricio Lopez Oropeza, de faire un commentaire sur la signification de la statue de Pachamama, mais celui-ci éluda la question.
Pourtant REPAM était co-organisatrice de la cérémonie du 4 octobre, aux côtés du Mouvement catholique pour le climat et l’ordre des Franciscains. Et le communiqué de Mme de Oliveira Viana était pourtant brièvement cité (uniquement le troisième paragraphe) et mis en lien dans le communique co-signé par les trois organisateurs à propos de l’événement, le 4 octobre.


Diane Montagna rappelle que l’Eglise a traditionnellement fait preuve d’une grande méfiance à l’égard des arbres sacrés. Ainsi saint Boniface, apôtre de l’Allemagne, a-t-il abattu le chêne de Donar que les Germains considéraient comme l’arbre sacré de Thor.
Elle ajoute : « Actuellement, l’arbre sacré de l’Amazonie est à l’abri des murs des jardins du Vatican, jusqu’à l’avènement d’un nouveau saint Boniface. »
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