21 septembre, 2020

Mgr Carlo Maria Viganò évoque le tabou qui empêche toute critique théologique, sociologique et historique du Concile Vatican II


Mgr Carlo Maria Viganò poursuit sa série de réflexions sur le concile Vatican II. Plusieurs ont manqué à l'appel sur ce blog pour des raisons de temps : j'espère pouvoir y remédier. Dans l'immédiat, voici ma traduction (de travail) intégrale de son dernier texte paru ici ce jour sur One Peter Five, sur le thème de l'« intangibilité » de Vatican II qui commence à être remise en question, et sur ce que Mgr Viganò entend par « l'annulation » de ce concile. – J.S.

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 Vatican II serait-il intangible ?


Les commentaires publiés par Peter Kwasniewski sous le titre Pourquoi les critiques de Viganò à propos du Concile devraient être prises au sérieux m’ont fait forte impression. Cet article paru sur One Peter Five le 29 juin dernier (ici) est resté parmi les articles que j’aurais aimé commenter : je m’apprête à le faire maintenant, en remerciant l’auteur et la rédaction pour la place qu’ils voudront bien me laisser. 

Il me semble tout d’abord que je peux partager pratiquement toute la teneur des propos de Kwasniewski : l’analyse des faits est extrêmement claire et lucide, et elle reflète exactement mes pensées. Et ce qui me fait particulièrement plaisir, c’est de constater qu’« à la suite à la publication de la lettre de Mgr Viganò du 9 juin et de ses interventions écrites ultérieures sur le même sujet, on a commencé à se demander ce qu’“annuler” le Concile Vatican II pourrait vouloir dire ».

Je trouve intéressant que l’on commence à remettre en question un tabou qui empêche toute critique théologique, sociologique et historique du Concile depuis près de soixante ans, d’autant que cette intangibilité réservée à Vatican II ne s’applique - selon ses partisans - à aucun autre document magistériel, ni même à la Sainte Écriture. Nous avons lu des discours interminables dans lesquels les défenseurs du Concile ont déclaré « dépassés » les canons du concile de Trente, le Syllabus du bienheureux Pie IX, l’encyclique Pascendi de saint Pie X, Humanae Vitae et Ordinatio Sacerdotalis de Paul VI. Même la modification du Catéchisme de l’Église catholique, par laquelle la doctrine sur la légitimité de la peine de mort a été revue au nom d’une « compréhension modifiée » de l’Évangile, montre que pour les Novateurs il n’y a pas de dogme, de principe immuable qui puisse être à l’abri de la révision ou de l’annulation : la seule exception est Vatican II, qui par sa nature – ex se, diraient les théologiens – jouit de ce charisme d’infaillibilité et d’inerrance qu’ils dénient à l’ensemble du depositum fidei

J’ai déjà exprimé mon opinion sur l’herméneutique de la continuité théorisée par Benoît XVI et constamment reprise par les défenseurs de Vatican II qui – certainement de bonne foi – tentent de donner du Concile une lecture en harmonie avec la Tradition. Il me semble que les arguments en faveur du critère herméneutique proposé pour la première fois en 2005 (1) se limitent à une analyse purement théorique du problème, ignorant obstinément la réalité de ce qui se passe sous nos yeux depuis des décennies. Cette analyse part d’un postulat valide et recevable, mais dans ce cas concret, elle présuppose une prémisse qui n’est pas nécessairement vraie. 

Le postulat est que tous les actes du Magistère doivent être lus et interprétés à la lumière de l’ensemble du corpus magistériel, en raison de l’analogia fidei (2) qui d’une certaine manière s’exprime également dans l’herméneutique de la continuité. Ce postulat suppose toutefois que le texte que nous nous apprêtons à analyser est un acte spécifique du Magistère, dont le degré d’autorité est clairement exprimé dans les formes canoniques envisagées. Et c’est là que réside la tromperie, c’est là qu’est tendu le piège. Car les Novateurs ont réussi à faire figurer trompeusement l’étiquette « sacrosaint concile œcuménique » sur leur manifeste idéologique, tout comme au niveau local les jansénistes qui ont manipulé le synode de Pistoie avaient réussi à camoufler avec autorité leurs thèses hérétiques, condamnées plus tard par Pie VI (3).
 
D’un côté, le catholique regarde la forme du Concile en considérant ses actes comme une expression du Magistère, et tente par conséquent d’en lire la substance, clairement équivoque quand elle n’est pas carrément erronée, conformément à l’analogie de la foi, en raison de cet amour et de cette vénération que nourrissent tous les catholiques envers la Mère Eglise. Ils ne peuvent pas comprendre que les Pasteurs aient pu être si négligents qu’ils leur aient imposé une adultération de la Foi, mais en même temps ils saisissent la rupture avec la Tradition, et cherchent comment faire pour justifier cette contradiction.

De l’autre côté, le moderniste s’intéresse à la substance du message révolutionnaire qu’il entend transmettre, et pour lui donner une autorité que celui-ci n’a pas et ne devrait pas avoir, il le « magistérialise » à travers la forme du Concile, en le faisant publier sous forme d’actes officiels. Il est bien conscient de passer en force, mais il se sert de l’autorité de l’Église – que de manière habituelle il méprise et rejette – pour rendre pratiquement impossible la condamnation de ces erreurs, dès lors qu’elles ont été ratifiées par la majorité des Pères synodaux, rien de moins. L’instrumentalisation de l’autorité à des fins contraires à celles dont elle tire sa légitimité est un stratagème astucieux : d’une part, cette autorité garantit une sorte d’immunité, un « bouclier canonique » aux doctrines hétérodoxes ou proches de l’hérésie ; d’autre part, elle permet de sanctionner ceux qui dénoncent ces déviations, en vertu d’un respect formel des normes canoniques. Dans le domaine civil, cette façon de procéder est typique des dictatures ; si cela s’est également produit au sein de l’Église, c’est parce que les complices de ce coup d’État n’ont aucun sens surnaturel, ne craignent ni Dieu ni la damnation éternelle et se considèrent comme des partisans du progrès investis d’un rôle prophétique qui les légitime dans toute leur méchanceté, tout comme les massacres de masse du communisme sont perpétrés par des responsables du parti convaincus de promouvoir la cause du prolétariat. 

Dans le premier cas, l’analyse des documents conciliaires à la lumière de la Tradition se heurte au constat qu’ils ont été formulés de manière à faire apparaître clairement l’intention subversive de leurs rédacteurs, et conduit inévitablement à l’impossibilité de les interpréter dans le sens catholique, à moins d’affaiblir l’ensemble du corpus doctrinal. Dans le second cas, la conscience de la nouveauté des doctrines instillées dans les actes du Concile a nécessairement exigé le recours à  une formulation délibérément équivoque, précisément parce que c’est seulement en faisant croire qu’elles étaient cohérentes avec le magistère pérenne de l’Église qu’elles ont pu être faites siennes par l’assemblée ayant autorité qui devait les « dédouaner » et les diffuser. 

Il convient de souligner que la seule nécessité de rechercher un critère herméneutique pour l’interprétation des actes du Concile met en évidence la différence de Vatican II par rapport à tout autre Concile œcuménique, dont les canons ne donnent lieu à aucun malentendu d’aucune sorte. L’objet de l’herméneutique peut être un passage peu clair de l’Écriture Sainte ou des Pères de l’Eglise, mais certainement pas un acte du Magistère, dont la tâche est précisément de dissiper ce manque de clarté. Pourtant, tant les conservateurs que les progressistes se retrouvent involontairement d’accord pour reconnaître qu’il existe une sorte de dichotomie entre ce qu’est un Concile et ce qu’est ce Concile – le concile Vatican II ; entre la doctrine de tous les Conciles et la doctrine exposée ou sous-entendue par ce Concile. 

Mgr Pozzo, dans un texte récent où il cite également Benoît XVI, affirme à juste titre qu’« un Concile n’est tel que s’il demeure dans le sillage de la Tradition, et il doit être lu à la lumière de la Tradition tout entière » (4).  Mais cette affirmation, irréprochable du point de vue théologique, ne nous conduit pas nécessairement à considérer Vatican II comme catholique, mais plutôt – étant donné qu’il ne demeure pas dans le sillon de la Tradition et qu’il ne peut être lu à la lumière de l’ensemble de la Tradition sans dénaturer la mens qui l’a voulu – à nous demander s’il peut effectivement être défini comme tel. Cette question ne peut certainement pas trouver de réponse impartiale chez celui qui prétend orgueilleusement en être le partisan, le défenseur et le réalisateur. Et je ne parle évidemment pas d’une juste défense du Magistère catholique, mais seulement de Vatican II en tant que « premier concile » d’une « nouvelle église » qui prétend prendre la place de l’Église catholique, liquidée à la hâte en tant que préconciliaire

Il y a aussi un autre aspect qui, à mon avis, ne doit pas être négligé : à savoir que le critère herméneutique – considéré dans le contexte d’une critique sérieuse et scientifique du texte – ne peut pas faire abstraction du concept que celui-ci veut exprimer : il n’est pas possible d’imposer une interprétation catholique à une proposition qui est en soi manifestement hérétique ou proche de l’hérésie, pour la seule raison qu’elle est incluse dans un texte déclaré magistériel. La proposition de Lumen Gentium : « Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour » (LG, 16), ne peut avoir aucune interprétation catholique : avant tout parce que le dieu de Mahomet n’est pas un et trine, et en second lieu parce que l’islam condamne comme un blasphème l’Incarnation de la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité en Notre Seigneur Jésus Christ, vrai Dieu et vrai Homme. Affirmer que « le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans » est en contradiction flagrante avec la doctrine catholique, qui professe de manière exclusive que l’Église catholique est la seule arche de salut. Le salut éventuellement obtenu par les hérétiques, et à plus forte raison par les païens, provient toujours et uniquement du trésor inépuisable de la Rédemption de Notre Seigneur dont l’Église est la gardienne, alors que l’appartenance à une autre religion est un obstacle à la quête de la béatitude éternelle. Celui qui se sauve, il se sauve à cause du désir au moins implicite d’appartenir à l’Église, et malgré son adhésion à une fausse religion : jamais en vertu de celle-ci. Car ce qui est bon en elle ne lui appartient pas, mais est usurpé ; et ce qui est mauvais en elle est ce qui la rend intrinsèquement fausse, puisque le mélange d’erreur et de vérité trompe plus facilement ses adeptes. 

Il n’est pas possible de modifier la réalité pour la faire correspondre à un schéma idéal : si l’hétérodoxie de certaines propositions des documents du Concile (et de même, dans actes du magistère de Bergoglio) est mise en évidence par les faits, et que la doctrine nous enseigne que les actes du Magistère ne contiennent pas d’erreur, alors la conclusion n’est pas que ces propositions ne sont pas erronées, mais qu’elles ne peuvent pas faire partie du Magistère. Point. 

L’herméneutique sert à clarifier le sens d’une phrase obscure ou apparemment en contradiction avec la doctrine, et non à en corriger la substance ex post. Une telle procédure ne donnerait pas une simple clef de lecture des textes magistériels, mais constituerait une intervention corrective, et donc l’aveu que dans cette proposition spécifique de ce document magistériel spécifique une erreur a été affirmée, qui doit être corrigée. Il faudrait alors expliquer non seulement pourquoi cette erreur n’a pas été évitée d’emblée, mais aussi si les Pères synodaux qui ont approuvé cette erreur et le Pape qui l’a promulguée avaient l’intention d’engager leur Autorité apostolique elle-même pour ratifier une hérésie, ou s’ils avaient plutôt voulu se prévaloir de l’autorité implicite découlant de leur propre rôle de Pasteurs pour l’avaliser sans appeler le Paraclet à la cause. 

Mgr Pozzo admet : « La raison pour laquelle le Concile a été reçu difficilement réside dans le fait que deux herméneutiques ou interprétations du Conseil se sont trouvées confrontées, et qu’elles ont même coexisté de mode opposée. » Mais par ces mots, il confirme que le choix catholique d’adopter l’herméneutique de la continuité se conjugue avec le choix inédit de recourir à l’herméneutique de la rupture, dans un arbitraire qui témoigne de la confusion régnante, et – chose encore plus grave – du déséquilibre des forces en présence en faveur de l’une ou de l’autre thèse. « L’herméneutique de la discontinuité risque de déboucher sur une rupture entre l’Église pré-conciliaire et l’Église post-conciliaire et suppose que les textes du Concile en tant que tels ne seraient pas la véritable expression du Concile, mais le résultat d’un compromis », écrit Mgr Pozzo. Mais c’est là très exactement la réalité, et nier cela ne résout en rien le problème, mais l’exacerbe plutôt, en refusant de reconnaître l’existence du cancer alors même qu’il a désormais atteint sa métastase très évidente. 

Les affirmations de Mgr Pozzo selon lesquelles le concept de liberté religieuse exprimé dans Dignitatis humanae ne contredit pas le Syllabus de Pie IX (5) montrent que le document du Conseil est en soi délibérément équivoque. Si ses rédacteurs avaient voulu éviter cette ambiguïté, il aurait suffi d’indiquer dans la note la référence aux propositions du Syllabus ; mais cela n’aurait jamais été accepté par les progressistes, qui précisément pouvaient s’appuyer sur l’absence de références au Magistère précédent pour insinuer une mutation de la doctrine. Et il ne semble pas que les interventions des Papes post-conciliaires – et leur propre participation, y compris in sacris, à des cérémonies non catholiques voire païennes – aient jamais corrigé l’erreur propagée à la suite de l’interprétation hétérodoxe de Dignitatis humanae. À y regarder de plus près, la même méthode a été adoptée dans la rédaction d’Amoris laetitia, dans laquelle la discipline de l’Église en matière d’adultère et de concubinage public était formulée de telle sorte qu’elle pouvait théoriquement être interprétée au sens catholique, alors que dans les faits elle a été précisément accueillie dans le seul et unique sens hérétique évident qu’on cherchait à répandre. C’est si vrai que la clef de l’interprétation souhaitée par Bergoglio et par ses exégètes au sujet de la communion pour les divorcés a été érigée ad interpretatio authentica dans les Acta Apostolicae Sedis (6). 

L’objectif des défenseurs publics de Vatican II apparaît comme une épreuve de Sisyphe : à peine parviennent-ils, au prix de mille efforts et de mille distinctions, à formuler une solution apparemment raisonnable qui ne touche pas directement leur petite idole, voici qu’immédiatement leurs paroles sont désavouées par les déclarations en sens contraire d’un théologien progressiste, d’un prélat allemand, de François lui-même. Ainsi, le rocher conciliaire roule à nouveau vers la vallée, où la gravité l’attire, là où est sa place naturelle. 

Il est évident que, pour le catholique, un Concile est ipso facto d’une telle autorité et importance qu’il accepte spontanément ses enseignements avec une dévotion filiale. Mais il est tout aussi évident que l’autorité d’un Concile, des Pères qui approuvent ses décrets et des Papes qui les promulguent, ne rend pas moins problématique l’acceptation de documents qui sont en contradiction flagrante avec le Magistère, ou du moins l’affaiblissent. Et si cette problématique persiste après soixante ans – en parfaite cohérence avec la volonté délibérée des Novateurs qui ont préparé les documents et influencé les protagonistes – nous devons nous demander quel est l’obex, l’obstacle insurmontable qui nous oblige, contre toute raison, à considérer par force comme catholique ce qui ne l’est pas, au nom d’un critère qui vaut uniquement et exclusivement pour ce qui est certainement catholique.

Il doit être clair que l’analogia fidei s’applique aux vérités de la Foi, précisément, et non à l’erreur, puisque l’unité harmonieuse de la Vérité dans toutes ses articulations ne peut pas chercher la cohérence avec ce qui lui est opposé. Si un texte conciliaire formule un concept hérétique ou proche de l’hérésie, il n’existe aucun critère herméneutique qui puisse le rendre orthodoxe, simplement parce que ce texte fait partie des actes d’un Concile. Nous savons très bien quelles tromperies et quelles manœuvres habiles ont été mises en place par des conseillers et des théologiens ultra-progressistes, avec la complicité de l’aile moderniste des Pères. Et nous savons bien avec quelle connivence Jean XXIII et Paul VI ont approuvé ces coups de main, en violation des normes qu’ils avaient eux-mêmes approuvées. 

Le vice substantiel consiste donc à avoir frauduleusement conduit les Pères du Concile à approuver des textes équivoques – qu’ils considéraient suffisamment catholiques pour mériter leur placet – puis à utiliser cette même ambiguïté pour leur faire dire exactement ce que les Novateurs voulaient. Ces textes, aujourd’hui, ne peuvent être modifiés en substance pour les rendre orthodoxes ou plus clairs : ils doivent simplement être rejetés – sous les formes que l’autorité suprême de l’Église jugera opportunes en temps voulu – parce qu’ils sont entachés d’une intention malveillante. Et il faudra également établir si un événement anormal et désastreux comme Vatican II peut encore mériter le titre de Concile œcuménique, alors que son hétérogénéité par rapport aux précédents est universellement reconnue. Une hétérogénéité si évidente qu’elle exige précisément le recours à l’herméneutique, ce dont aucun autre Concile n’a jamais eu besoin. 

Il faut noter que ce mécanisme inauguré par Vatican II a connu une recrudescence, une accélération, voire un essor sans précédent avec Bergoglio, qui a délibérément recours à des expressions imprécises, astucieusement formulées en dehors du langage théologique, précisément dans l’intention de démanteler morceau par morceau ce qui reste de la doctrine, au nom de l’application du Concile. Il est vrai que chez Bergoglio, l’hérésie et l’hétérogénéité par rapport au Magistère sont évidentes et presque éhontées ; mais il est tout aussi vrai que la Déclaration d’Abu Dhabi ne serait pas concevable sans la prémisse de Lumen gentium

Peter Kwasniewski déclare à juste titre : « Ce qui fait que Vatican II mérite singulièrement d’être répudié, c’est le mélange, l’enchevêtrement d’éléments excellents, bons, indifférents, négatifs, génériques, ambigus, problématiques, erronés, le tout dans des textes d’une longueur démesurée. » La voix de l’Église, qui est la voix du Christ, est au contraire cristalline et sans équivoque, et ne peut pas tromper ceux qui font confiance à son autorité. « C’est pourquoi le dernier concile est absolument irrécupérable. Si le projet de modernisation a entraîné une perte massive de l’identité catholique, voire de la compétence doctrinale de base et de la morale idem, la meilleure façon de s’en sortir serait de rendre un dernier hommage au grand symbole de ce projet, et de le voir enterré. »

Je conclurai en rappelant un fait qui me semble très significatif : si les Pasteurs s’étaient engagés avec la même force que celle déployée depuis des décennies pour défendre Vatican II et « l’Eglise conciliaire », pour réaffirmer et défendre toute la doctrine catholique, ou ne serait-ce que pour promouvoir auprès des fidèles la connaissance du Catéchisme de Saint Pie X, la situation du corps ecclésial serait radicalement différente. Mais il est également vrai que les fidèles éduqués dans la fidélité à la doctrine se seraient armés de fourches pour accueillir les falsifications des Novateurs et de leurs protecteurs. Peut-être l’ignorance du peuple de Dieu était-elle voulue, précisément pour que les catholiques ne se rendent pas compte de la fraude et de la trahison dont ils ont été victimes, tout comme le préjugé idéologique qui pèse sur le rite tridentin ne sert qu’à empêcher que l’on puisse avoir un élément de comparaison avec les aberrations des cérémonies réformées. 

L’effacement du passé et de la Tradition, le reniement des racines, la délégitimation de la dissidence, l’abus d’autorité et le respect apparent des règles, ne sont-ils pas l’élément récurrent de toutes les dictatures ? 

+ Carlo Maria Viganò, archevêque

21 septembre 2020
Saint Matthieu, apôtre et évangéliste


Notes

(2) CEC, 114 : « Par “analogie de la foi” nous entendons la cohésion des vérités de la foi entre elles et dans le projet total de la Révélation. »
(3) Il est intéressant de noter que même dans ce cas, sur les 85 thèses synodales condamnées par la Bulle Auctorem fidei, celles qui étaient totalement hérétiques n’étaient qu’au nombre de sept, tandis que les autres ont été définies comme « schismatiques, erronées, subversives de l’ordre hiérarchique, fausses, téméraires, pernicieuses, injurieuses pour l’Eglise et son autorité, conduisant au mépris de la dignité des sacrements et des pratiques de la Sainte Eglise, injurieuses pour la piété des fidèles, de nature à troubler l’ordre des Eglises, le ministère ecclésiastique, le repos des esprits ; contraires aux décrets du concile de Trente, injurieuses pour la vénération due spécialement à la bienheureuse Vierge, et le droit des conciles généraux ».
(5) « Mais dans le même temps, Vatican II reconfirme dans Dignitatis humanae que l’unique vraie religion subsiste dans l’Eglise catholique et apostolique, à laquelle le Seigneur Jésus confie la mission de la communiquer à tous les hommes (DH, n° 1), et ce faisant il nie le relativisme et l’indifférentisme religieux, également condamné par le Syllabus de Pie IX. »
(6) https://lanuovabq.it/it/lettera-del-papa-ai-vescovi-argentini-pubblicata-sugli-acta.


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10 septembre, 2020

Mgr Carlo Maria Viganò a lancé une neuvaine de rosaires de 54 jours en vue de l’élection américaine

A l’initiative de LifeSiteNews et avec le concours de Michael Matt de The Remnant et du Dr Taylor Marshall, une neuvaine de chapelets de 54 jours a été lancée le 8 septembre, en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, pour les Etats-Unis et pour le monde. La grâce demandée avec insistance est celle que « la sainte volonté de Notre Seigneur soit accomplie lors de l’élection présidentielle aux Etats-Unis en novembre ». Les 54 jours de récitation quotidienne du chapelet s’achèveront quelques jours avant le rendez-vous politique du 3 novembre, aux enjeux sans précédent.

C’est une « croisade du chapelet » en réponse aux demandes de Notre Dame à Fatima.

Mgr Carlo Maria Viganò, qui a déjà eu l’occasion d’exprimer son soutien à Donald Trump en ces temps d’affrontement entre le bien et le mal, « la postérité de la Femme et celle du Serpent », a accepté de présider à la récitation du premier chapelet : on peut l’écouter ici en anglais.

   

 La « neuvaine de 54 jours » comprend en réalité six séries de neuf jours – six neuvaines, donc – où l’on récite le chapelet quotidiennement. Les trois premiers cycles correspondent traditionnellement à l’expression de la grâce demandée, tandis que les trois derniers expriment la reconnaissance à l’égard de Dieu, car nous savons qu’Il entend toujours nos prières. LifeSite invite tous les catholiques à s’unir à cette récitation quotidienne du chapelet ; pour les anglophones, c’est par ici sur Youtube, tous les jours à 18 h 00, heure de Paris.

Je vous propose ci-dessous la traduction du message adressé par Mgr Viganò à tous les participants lors du lancement de la « Croisade de chapelets ». Cette traduction a été relue et approuvée par Mgr Viganò. – J.S.

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LE SAINT ROSAIRE, ARME LA PLUS PUISSANTE
CONTRE L’ENNEMI DE DIEU ET DES HOMMES 


Une brève introduction à la récitation du Saint Rosaire pour l’Amérique et le monde entier

Quiconque croit qu’il peut mériter la gloire du Paradis en menant une vie médiocre sait qu’il est sur la mauvaise voie : Regnum caelorum vim patitur et violenti rapiunt illud [le Royaume des Cieux souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent.](Mt 11,12). Dans ces mots forts de l’Evangile, nous comprenons que seuls les violents peuvent d’une certaine manière vaincre la Justice de Dieu et obtenir sa récompense grâce à Son infinie Miséricorde. Une violence, une force, qui n’est certes pas celle du monde mais qui consiste avant tout à reconnaître notre propre indignité – en tant que créatures mortelles devant l’Être Incréé et Éternel, et en tant que pécheurs devant le Saint des Saints – et aussi la Toute-Puissance de Dieu, qui a daigné nous racheter par la Passion et la Mort de son Divin Fils. Je dirais aussi que le premier acte de cette sublime violence pour conquérir le Royaume de Dieu a été accompli par Notre Seigneur, qui dans l’éternité du temps a voulu restaurer la chute d’Adam en s’offrant au Père pour nous racheter du péché et de la mort : Tunc dixi : Ecce venio. In capite libri scriptum est de me, ut faciam Deus voluntatem tuam [Alors j’ai dit : Voici que je viens. Au rouleau du livre il est écrit de moi que je dois faire votre volonté.](Ps 39, 8-10). De même, la Madone répond à l’Archange Gabriel : Ecce ancilla Domini : fiat mihi secundum verbum tuum [Voici la servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon ta parole] (Lc 1, 38).

Telle est la violence qui ébranle les portes du Ciel : la force de l’humilité et du sacrifice, à l’exemple du Christ et de sa très Sainte Mère. Elle, la Médiatrice de toutes les grâces, savait comment obtenir de la Miséricorde de Dieu ce que sa Justice aurait refusé. Et c’est à Elle, notre Avocate, que nous adressons notre prière fervente, certains d’être entendus : Memorare, o piissima Virgo Maria, non esse auditum a saeculo quemquam ad tua currentem praesidia, tua implorantem auxilia, tua petentem suffragiaesse derelictum [Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance, réclamé votre secours, ait été abandonné].

Lors de la récitation du Rosaire, nous invoquons la Très Sainte Vierge avec trois prières très simples, si faciles que même un enfant peut les réciter : le Pater noster, l’Ave Maria et le Gloria Patri. Et pendant que nous répétons ces prières, nous méditons sur les mystères joyeux, douloureux et glorieux, en concentrant notre esprit sur les mots doux que prononcent nos lèvres. Toute la doctrine catholique est contenue dans ces trois prières ; toute la doctrine mariale est proclamée dans l’Ave Maria. Et à ces mots, qui s’élèvent vers le trône glorieux sur lequel Notre Mère est assise en tant que Reine, toute la Cour Céleste est émue, le Très Sacré Cœur de Jésus est touché de compassion, et le bras de la Justice Divine est arrêté.

Recourons donc à la récitation du Saint Rosaire, chers frères et sœurs, en ce moment de tribulation et de crise totale. Faisons aussi violence au ciel, au moyen de l’arme infaillible de la prière que la Très Sainte Vierge a enseignée à saint Dominique et qui, au cours des siècles, a obtenu la conversion des pécheurs, le salut des nations et la défaite de l’Ennemi.

Saint Pie V a ordonné aux fidèles de réciter le Rosaire pour supplier Dieu d’accorder la victoire lors de la bataille épique de l’Armada chrétienne contre les Turcs dans les eaux de Lépante : aujourd’hui encore, à midi chaque jour, les cloches sonnent dans nos villes pour rappeler le 7 octobre 1571. Le Sénat de la République de Venise a voulu honorer la Reine des Victoires en faisant graver ces mots sur le Palais des Doges : Ce n'est pas le courage, ni les armes, ni les chefs, mais Notre-Dame du Saint-Rosaire qui nous a fait vainqueurs. Nous aussi, qui menons une bataille encore plus sanglante, sans avoir d’armée qui se déploie contre un ennemi encore plus terrible, nous devons avoir recours au Rosaire, avec la même foi qui a fortifié le bras des valeureux chefs à Lépante.

Prions pour les États-Unis d’Amérique ; prions pour notre Président ; prions pour sa victoire, afin que le Seigneur, Dieu des armées – Dominus Deus Sabaoth – lui accorde de savoir se placer sous la protection de Dieu et de désirer se faire le chevalier qui se bat pour le juste, et le défenseur des opprimés. Prions pour que les pièges que l’ennemi invisible prépare dans l’ombre soient mis au jour, et pour que ceux qui cherchent à promouvoir le vice et le péché, et la rébellion contre les commandements de Dieu et les lois mêmes de la nature, soient vaincus. Prions avec la foi des enfants qui courent, gementes et flentes, vers leur Reine, afin qu’elle intercède pour nous auprès de son Divin Fils et qu’elle nous obtienne la grâce de voir protéger la nation américaine bien-aimée, et aussi le monde entier, défendre nos familles et vaincre nos adversaires. Alors, nous pourrons nous aussi écrire : Ce n’est pas le courage, ni le pouvoir des médias, ni les ressources économiques, mais Notre-Dame du Saint-Rosaire qui nous a fait vainqueurs. Qu’il en soit ainsi.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
14 août 2020
Vigile de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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Paganisme dans l’Eglise: chants et danse aborigènes lors de l’ordination d’un diacre permanent en Australie

Flanqué de sa femme, Bee, un aborigène australien, Philip Butler, a ouvert la messe d’ordination d'un diacre permanent en Australie par des chants et une danse d’invocation des esprits, avant de participer à la procession d’aspersion des fidèles à la demande de l'évêque local.

Les faits se sont déroulés le 28 août au soir en la paroisse Sainte-Marie Etoile de la mer dans la paroisse de Milton dans le New South Wales. Philip Butler était couvert de peintures rituelles, torse nu, simplement vêtu d'un pagne rouge, tandis que sa femme, portait jeans et haut occidental. Elle a participé à la cérémonie en reprenant le chant aux esprits lancé par son mari, pendant que celui-ci dansait devant l’autel en frappant rythmiquement des boomerangs et autres artéfacts.

Cette intrusion d'un rituel aborigène au paganisme assumé a pris la forme de ce qu’on appelle en Australie la « bienvenue au pays », à savoir une séquence par laquelle un représentant reconnu des « peuples premiers » marque l'accueil des nouveau-venus sur son territoire pour quelque événement officiel. Au cours d'une telle cérémonie, les esprits sont invoqués pour garder les visiteurs « sains et saufs » : en l'occurrence, ce furent l’air, la terre et l’océan, ainsi que les esprits d’oiseaux et d’autres animaux, en un paganisme assumé.


   


Le Welcome to country constitue en ce sens à la fois un rappel des droits des autochtones face aux colonisateurs mais aussi un rituel païen à part entière, même si l'authenticité en est discutable, à tel point que nombre d'Australiens et voit le summum du politiquement correct dans tout ce qu'il a de plus factice. Les premiers Welcome to country tels qu'ils existent aujourd'hui ne remontent pas plus loin que 1976 et les chants et invocations semblent avoir été taillées sur mesure à l'époque, notamment à des fins touristiques. 

Cependant, le rituel existait bien parmi les aborigènes en Australie et servait lors des déplacements des tribus ou de leurs représentants qui étaient ainsi accueillis dans des tribus voisines. 

L'intrusion d'une telle cérémonie païenne dans une messe catholique, et qui plus est dans une messe d'ordination d'un diacre marié permanent, est tout un symbole. En l’occurrence, c’est Philip Butler qui, en accomplissant un premier geste rituel parfaitement intégré dans l’ensemble, a donné le ton, alors même que ni le futur diacre, Justin Stanwix, ni l'assemblée majoritairement composée de Blancs du troisième âge dans quelque lien que ce soit avec ces peuplades et leurs invocations des esprits.

Précisons que les saintes espèces étaient présentes dans le tabernacle pendant les chants et la danse.

Lorsque la messe a commencé, Mgr Brian Mascord du diocèse de Wollongong a invité Butler à le suivre immédiatement dans la procession d'aspersion des fidèles – tous masqués, bien sûr, contrairement à l’évêque et au shaman. Tandis que le prélat aspergeait chaque membre de l’assemblée d'eau bénite, Butler suivait avec un panier rempli de brindilles fumantes qu'il passait devant leurs visages. Selon les croyances des autochtones australiens, la fumée émise par certaines plantes chasse les esprits mauvais.

Joint par Dorothy Cummings Maclean de LifeSite, Mgr Mascord a précisé par courriel que le Welcome to country n'est pas un rite religieux, mais un rite culturel de « respect et d'accueil des visiteurs au pays des Propriétaires Traditionnels ». « Cela a fait parti des cultures des aborigènes et de Torres Strait Island pendant des dizaines de milliers d’années. Des éléments essentiels de l'accueil des visiteurs et de l'offre d'un sauf-conduit restent en place jusqu'à aujourd’hui. » Et d’ajouter qu’un tel rituel avait accueilli à la fois Jean-Paul II et Benoît XVI lors de leur visite en Australie – ce qui n'excuse rien. Mais on peut observer que ce n'était pas avec un même degré de gravité puisqu'il ne s'agissait pas d'un rituel intégré dans une messe catholique.

Il reste aussi à comprendre comment un rite d'invocation des esprits pourrait ne pas être un rite religieux. Dans sa Première Lettre aux Corinthiens, saint Paul précise : « Je dis que les sacrifices des païens sont offerts aux démons, et non à Dieu, et je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. »

Dorothy Cummings Maclean a précisé dans l'article qu'elle a consacré à ce scandale qu'en décembre dernier, un festival de la jeunesse catholique organisée par la conférence épiscopale australienne s'était aussi ouvert sur une cérémonie aborigène de bienvenue au pays. Le chaman, Sean, avait clairement mis en évidence le caractère panthéiste de l'événement, affirmant que dans sa terre, la « terre mère », tout est lié et interconnecté. Et de chanter : « Mauvais esprit, va-t’en, nous n'avons pas besoin de toi maintenant… Bon esprit, viens t’asseoir, non dans l'air mais sur notre peau… Et quand tu sens la chair de poule traverser ton corps, on espère en passant de l'un à l'autre, ce sont les anciens qui dansent avec ton esprit d'enfant à l'intérieur. Tout naît avec un esprit qui nous unit instantanément. »

Voilà pour la philosophie de la chose. elle trouve à l'évidence sa source et sa justification dans les cérémonies de la Pachamama à Rome lors du synode sur l’Amazonie.

Mais revenons à Milton et à la messe d’ordination de Justin Stanwix. Le film complet de la cérémonie a été mis en ligne sur la chaîne YouTube de la paroisse. On peut notamment y entendre l'un des chants qui ont ponctué l’office : Seigneur, enseigne-nous ta décroissance.

Quant au nouveau diacre, il s'est adressé à tous à la fin de la messe à la fois pour remercier chacun et pour donner une petite exhortation diaconale. Se réjouissant de ce que le pape François vienne d'annoncer un synode des évêques sur la synodalité, Justin Stanwix a expliqué qu'il s'était senti comme saint François d'Assise appelé à réparer l’Eglise. Il travaillera, a-t-il annoncé, à l'émancipation des femmes, et il ce préoccupera tout spécialement des « personnes qui se sentent déconnectées, qu'il ne se sentent pas les bienvenues pour venir recevoir le corps et le sang du Christ ».

Stanwix a même eu les honneurs de La Croix International le 25 juillet, un mois avant son ordination diaconale. C'est en tant que « liturgiste paroissial » qu'il a commenté la situation post-COVID en dénonçant l'habitude prise de suivre la messe par les réseaux sociaux et les écrans interposés. S'il a bien fait remarquer qu'il ne s'agit pas là d'une véritable assistance au « sacrifice de l’Agneau de Dieu, réellement présent », il a aussi dénoncé la « raideur » d'une messe en ligne. « Bien pire, elle permet aux spectateurs de retourner ou de demeurer dans un contexte d'avant Vatican II », a-t-il écrit, dénonçant la forme ancienne de la liturgie qui avait permis selon lui de « faire naître de mauvaises habitudes » du fait de l'échec de l'Eglise à tenir compte des besoins des fidèles, notamment à travers une « architecture inappropriée » – ça ne s'invente pas.

L’ordination paganisée de Justin Stanwix n’est pas une première. Le 15 mars dernier, dans la province brésilienne occidentale d’Amazonia, un membre de la tribu Ticuna était lui aussi ordonné diacre permanent marié, au cours d'une cérémonie entrelardée de symboles et de rituels autochtones. Aux éléments végétaux et animaux s'ajoutaient les chants et les danses, tandis que la population locale réalisait une espèce d'adaptation de la cérémonie traditionnelle du passage à l'âge adulte des jeunes filles, cruelle tradition par laquelle elles sont mises à l'isolement pendant des semaines et même des mois au début de la puberté, avant que les jeunes hommes de la tribu n'effectuent une danse de la fertilité autour d'elle, déguisés en démons. Seule une danse réalisée avec les instruments et décorations utilisées pour ce ce rite de passage avaient eu lieu dans le diocèse d’Alto Simões.

S’y étaient ajoutés d’autres symbole et rituels païens, comme l'utilisation d'une couverture ronde posée par terre comme symbole de la protection contre toutes les forces de la nature. L’ordinand, Pereira Angelo, c'était prostré sur ce tapis indigène en même temps qu'une autre couverture ronde munie de symboles d'animaux, du soleil et de la Lune, était brandit pour signifier la protection face aux forces de la nature. A cette occasion, Mgr Adolfo Zon Pereira avait indiqué qu'il voulait particulièrement suivre l'appel du pape François à édifier une Eglise avec un visage amazonien. L'événement avait été repris et commenté avec admiration sur Vatican News.

J’en avais fait un long commentaire que l’on peut lire ici (en anglais).

L’événement similaire qui s'est déroulé fin août en Australie montre que le « visage amazonien » de l'Eglise obéit à sa propre forme de mondialisme, puisqu'il suffit d'être autochtone, issu des « peuples premiers », d'Amazonie, d'Australie et peut-être, demain, d'ailleurs, pour s'inscrire dans ce mouvement de paganisation et de panthéisation assumées.


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07 septembre, 2020

“Christus Vincit” de Mgr Schneider : une réponse aux folies actuelles

Le dernier jour pour commander l'ouvrage “Christus Vincit” de Mgr Athanasius Schneider avec une offre de frais d'envoi réduits est désormais passé.

Certains n'ont pas pu en profiter pour diverses raisons (difficultés de paiement paypal notamment), vous pouvez me contacter via jeanne.smits.blog@gmail.com.

N'hésitez pas ! C'est un très beau livre, plein d'espérance pour les temps que nous vivons… et malgré les temps que nous vivons.

Pour tous renseignements pour commander via ce blog, cliquez ici.


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02 septembre, 2020

Australie : une femme enceinte arrêtée devant ses enfants pour avoir annoncé une manif anti-confinement COVID-19

Une femme enceinte de 28 ans a été arrêtée à son domicile en Australie pour avoir participé à l'organisation d'une « Journée de la liberté » contre les mesures anti-COVID-19 à Ballarat, au nord-ouest de Melbourne dans le Victoria. La manifestation du 5 septembre devait se dérouler de manière paisible, dans le respect des règles de « distanciation sociale » et du port du masque, pour protester contre le confinement en cours dans l'Etat australien.

Zoe Buhler, qui signe Zoe Lee sur les réseaux sociaux, a vu débarquer 4 enquêteurs de police dans son domicile avant d'être informée de ses droits (!) et menottée devant ses deux enfants et son compagnon, qui a filmé la scène.

Ne comprenant visiblement pas pourquoi elle était traitée comme une criminelle, Zoe Buhler n'a cessé de demander des explications, répétant : « C'est ridicule » et ajoutant qu'elle était enceinte et qu'elle avait un rendez-vous d'échographie une heure plus tard. La police lui a simplement annoncé qu'elle avait bel et bien violé à la loi en participant à un événement mettant en cause les mesures sanitaires en vigueur.




Zoe Buhler a été embarquée au poste ce 2 septembre en pyjama, sous les yeux de ses enfants, et n'a pu retourner à la maison qu'après paiement d'une caution. Elle avait pourtant proposé d'effacer son message Facebook sous les yeux de la police, qui n 'a rien voulu savoir. Elle devrait être jugée le 25 janvier prochain et encourt 20.000 dollars d'amende.

L'Australie compte à ce jour 663 décès pour 25 millions d'habitants, l'épidémie ayant démarré en mars dernier. Elle a donné lieu à quelque 26.000 contaminations et à près de 22.000 guérisons déclarées. La mortalité est de 2,65 pour 100.000 habitants (à comparer avec 45,78 morts attribuées au coronavirus pour 100.000 habitants en France).



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01 septembre, 2020

Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création : le message écolo du pape François

C’est aujourd’hui, 1er septembre, la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création. L'événement est d’importance puisque pendant 34 jours – presque la durée d'un carême – d’ici au 4 octobre se célébrera le « Temps de la Création », sorte de temps pseudo liturgique œcuménique proposé aux 2,2 milliards de chrétiens de la planète. Le pape François a marqué avec enthousiasme cette journée du 1er septembre et repris les éléments de langage du « Temps de la Création » œcuménique au service de la justice écologique.
Il n'est pas le seul : le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople s'est exprimé de la même manière que le pape, dénonçant la destruction de l’environnement et de la biodiversité, « l'écroulement progressif de l'équilibre climatique » et autres conséquences, selon lui, du « développement économique ». Le patriarche a plaidé pour que « l'intégrité de la nature constitue un impératif catégorique pour l’humanité contemporaineé » et pour que la promotion de la protection de l'environnement constitue « le thème fondamental du dialogue interreligieux et des initiatives partagées par les religions ».
On est en réalité très loin d'un thème proprement religieux et encore davantage la recherche de la vérité sur Dieu, même si le patriarche insisté pour dire que la protection de la création est une « dimension centrale » de la foi orthodoxe au titre d’« acte de doxologie du nom de Dieu ».
Le nombre de « dimensions centrales » d'une religion est cependant par nature limité. Pour le christianisme, et pour la religion catholique à plus forte raison, le centre, c'est le Christ, vrai Dieu et vrai homme comme l’affirment aussi bien les catholiques que les orthodoxes. Notre religion est centrée sur Dieu et non sur l'homme et encore moins sur l'univers créé. Elle apprend à l'homme ce qu'il faut croire et faire pour accéder à la vision béatifique qui n'est certes pas de ce monde.
Dans son message pour la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, le pape François a fait un appel semblable à celui du patriarche Bartholomée,  exhortant les catholiques à participer à cette démarche œcuménique aux relents discrètement panthéistes. Il n'est pas avant tout question en effet du salut individuel dans le face à face avec Dieu, et de la possibilité de le perdre, mais du « destin ultime de la création » qui « est d’entrer dans le “sabbat éternel” », comme le dit le pape François.
Son message contient des expressions pour le moins curieuses : « Nous existons seulement à travers les relations : avec Dieu créateur, avec les frères et sœurs en tant que membres d’une famille commune, et avec toutes les créatures qui habitent la même maison que nous », écrit-il. Ce ne sont cependant pas les relations qui « seules » constituent l'être, mais l’être lui-même : notre existence dépend d'abord de la dépendance de Dieu qui nous crée et nous soutient dans l’être et qui offre à chaque être humain la possibilité, par la grâce, de vivre éternellement avec Lui.
D'où un sentiment de gêne à la lecture de ce message qui évoque certes le fait que « nous avons brisé les liens qui nous unissaient au Créateur, aux autres êtres humains et au reste de la création »,  mais qui n’évoque nullement la cause de cette rupture, à savoir le péché originel qui a blessé la nature humaine et déséquilibré la nature tout court, en rendant l’homme radicalement incapable de connaître l'amitié avec la Sainte Trinité sans être d'abord racheté de la faute d’Adam et de ses propres fautes.
C'est peut-être cela qui explique les relents utopistes du message de François. Plaidant pour un Jubilé, un « nouveau départ » qui n'est pas sans rappeler le « great reset » ou la grande remise à zéro souhaitée par les grandes instances internationales, il écrit :
« Le Jubilé nous invite à penser de nouveau aux autres, spécialement aux pauvres et aux plus vulnérables. Nous sommes appelés à accueillir de nouveau le projet initial et aimant de Dieu pour la création comme un héritage commun, un banquet à partager avec tous les frères et sœurs dans un esprit de convivialité ; non pas dans une compétition déréglée, mais dans une communion joyeuse, où l’on se soutient et se protège mutuellement. Le Jubilé est un temps pour donner la liberté aux opprimés et à tous ceux qui sont pris dans les fers des diverses formes d’esclavage moderne, dont la traite des personnes et le travail des mineurs. »
En soi, le tableau est alléchant : on y devine la fin de la pauvreté, de l’injustice, de l'esprit de domination. Mais à y réfléchir cela apparaît plutôt comme le rétablissement d'un paradis terrestre, et ceux au moyen de la prise en compte, d'abord, des besoins de la terre, qui ne passerait pas d'abord par une conversion personnelle à Dieu, avec le secours de sa grâce, mais par un idéal de « partage » universel dont la mise en œuvre a coutume d'aboutir à bien des bains de sang.
Le pape insiste d'ailleurs sur son slogan dans Laudato si’ : « Tout est lié. » Il écrit :
« Nous avons besoin de revenir, en outre, à l’écoute de la terre, désignée dans l’Ecriture comme adamah, lieu d’où l’homme, Adam, a été tiré. Aujourd’hui, la voix alarmée de la création nous exhorte à retourner à une juste place dans l’ordre naturel, à nous rappeler que nous sommes une partie, et non pas les patrons, du réseau interconnecté de la vie. La désintégration de la biodiversité, l’augmentation vertigineuse des désastres climatiques, l’impact inégal de la pandémie actuelle sur les plus pauvres et les plus fragiles sont des sonnettes d’alarme face à l’avidité effrénée de la consommation. »
 Revoilà le lien désormais solidement établi par les puissances mondiales entre le COVID-19 et la crise écologique, une sorte de devoir de décroissance (même si le pape n'emploie pas le mot) et le « changement climatique ».
Admirer la nature, comme le pape nous y appelle, comme œuvre de Dieu, quoi de plus normal ? Mais le pape François ajoute : « La capacité à nous émerveiller et à contempler est quelque chose que nous pouvons apprendre spécialement des frères et sœurs autochtones qui vivent en harmonie avec la terre et ses multiples formes de vie. »
Toujours ce mythe des peuples premiers, qui avant même de connaître le Christ grâce aux efforts des missionnaires ayant tout quitté pour leur apporter la Vérité et la Vie, auraient su bien mieux que quiconque trouvé la manière juste d'habiter cette planète !
La pandémie elle-même est présentée comme une merveilleuse occasion :
« La pandémie actuelle nous a amenés, en quelque sorte, à redécouvrir des styles de vie plus simples et durables. La crise, dans un certain sens, nous a donné la possibilité de développer de nouvelles façons de vivre. Il a été possible de constater comment la terre réussit à se reprendre si nous lui permettons de se reposer : l’air est devenu plus sain, les eaux plus transparentes, les espèces animales sont revenues dans de nombreux endroits d’où elles avaient disparu. La pandémie nous a conduits à un carrefour. Nous devons profiter de ce moment décisif pour mettre fin à des activités et à des finalités superflues et destructrices, et cultiver des valeurs, des liens et des projets génératifs. Nous devons examiner nos habitudes dans l’usage de l’énergie, dans la consommation, dans les transports et dans l’alimentation. Nous devons supprimer de nos économies les aspects non essentiels et nocifs, et donner vie à des modalités fructueuses de commerce, de production et de transport de biens. »
Oubliés, la misère, le chômage, la privation pour tant d'hommes de la possibilité de faire vivre dignement leurs familles, la perte de la liberté de circuler et surtout d'assister à la messe, les points marqués contre des pays occidentaux plongés dans une récession spectaculaire ? La création est-elle pour l'homme ou l'homme pour la création ? Et encore : si l'homme n'est pas fait pour accumuler des richesses matérielles, n'est-ce pas parce qu'une richesse infinie attend celui qui accepte d'être racheté par le Précieux Sang du Christ ?
Le pape François affirme que le jubilé « invite à rétablir des relations sociales équitables, en restituant à chacun sa liberté et ses biens, et en effaçant la dette des autres. » De fait, tel était le Jubilé des Israélites, raisons pour laquelle le pape demande une nouvelle fois que l'on efface « la dette des pays les plus fragiles », en invoquant une nouvelle cause : les « graves impacts des crises sanitaires, sociales et économiques qu’ils doivent affronter suite au COVID-19 ».
D’autres dettes ne devront pas être effacées ; on en trouvera même de nouvelles. « Dès lors, nous ne devrions pas oublier l’histoire de l’exploitation du Sud de la planète, qui a provoqué une dette écologique énorme, due principalement au pillage des ressources et à l’utilisation excessive de l’espace environnemental commun pour l’élimination des déchets », écrit le pape François.
Sans surprise, il insiste nouveau sur l’« urgence » climatique, appelant au respect des accords de Paris sur le climat en attendant le nouveau sommet sur le climat, la COP 26 qui se déroulera à Glasgow. Et ajoute :  « Il est nécessaire de soutenir l’appel des Nations Unies à sauvegarder les 30% de la Terre comme habitat protégé avant 2030, afin d’endiguer le taux alarmant de perte de biodiversité. J’exhorte la Communauté internationale à collaborer pour garantir que le Sommet sur la biodiversité (COP 15) de Kumming, en Chine, constitue un tournant vers le rétablissement de la Terre comme maison où la vie soit abondante, selon la volonté du Créateur. »
Que l’écologie détournée par le mondialisme soit précisément opposée à l'abondance de la vie humaine, celle-ci étend considérée comme la principale ennemie de la « maison commune », le message du pape n’en dit mot. Il préfère se réjouir de la mobilisation des peuples autochtones pour l’écologie. Mais ce n'est pas cela qui nous rétablira dans l'amitié avec Dieu.
Rappelons que la journée de la création en tant que quasi fête liturgique a été institué par le patriarche orthodoxe Demetrios de Constantinople. Celui-ci invita en 1989 « toutes les églises du monde orthodoxe et chrétien à faire des prières de remerciement pour le grand don du monde créé, des prières pour sa protection et son salut… le 1er septembre, le début de l’année liturgique orthodoxe. »
En 1989, l'URSS était en pleine perestroïka sous la houlette de Michael Gorbatchev qui a lui-même décrit la nécessité de transformer le monde politique en renonçant au régime autoritaire soviétique pour se mettre au service de la maison commune et de la planète. Est-ce un hasard ?

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31 août, 2020

“Christus Vincit” de Mgr Schneider : un livre d'espérance !

La version française du dernier livre de Mgr Athanasius Schneider, Christus Vincit, sort le 15 septembre aux éditions Contretemps.
Ce fut une joie pour moi de traduire cet ouvrage, que je vous propose d’acquérir ici. Toute commande vous sera expédiée dès parution à la mi-septembre (voir les tarifs ci-dessous).
Christus Vincit est le fruit d’entretiens menés par ma consœur Diane Montagna, journaliste anglophone basée à Rome, avec cet évêque auxiliaire du Kazakhstan. Mgr Schneider est de ces évêques fidèles qui prennent au sérieux leur devoir d’enseigner et de proclamer la vérité, haut et fort.
Il le fait dans ce livre avec toute la fraîcheur et la profondeur d’un dialogue sans fard. Sur 400 pages, aucune question n’est esquivée ; Mgr Schneider y aborde sans arrière-pensées la question de la communion dans la main, du concile Vatican II, de la confusion actuelle dans l’Eglise, de la Fraternité Saint-Pie X, de la dérive papo-centrique… Avec autorité et sérénité, il propose les réformes qu’il juge urgentes pour que le Christ soit remis à sa juste place, au centre et au sommet de l’Eglise et du culte.
Mais on découvre également, comme jamais à ce jour, la personnalité de Mgr Schneider qui a connu, pendant son enfance, la persécution soviétique au Kirghizistan où il est né, avant d’émigrer avec sa famille en Estonie, puis en Allemagne de l’Ouest. C’est là qu’il fut confronté, adolescent, à des innovations liturgiques qui le poussèrent à chercher à répondre à sa vocation sacerdotale dans un cadre plus traditionnel : ce fut la providentielle découverte des chanoines réguliers de la Sainte-Croix qui allait le conduire en Autriche, au Brésil et à Rome.
Mgr Schneider évoque également son lien tout particulier avec Notre Dame de Fatima, sa vénération des saints anges…
De manière quasi prophétique, Mgr Schneider dresse le portrait du bon évêque et suggère la manière dont un futur pape pourrait réformer l’Eglise en donnant de meilleurs pasteurs au troupeau, pour sortir enfin de ces temps si troublés pour l'Eglise.
Il faut dire que le livre, recommandé par le cardinal Burke et le cardinal Sarah, porte un sous-titre qui est aussi un programme et une annonce : Le triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps.
*
Tarifs pour l'envoi d'un exemplaire :
• France, Monaco et Andorre : 30 euros (soit 25 euros + 5 euros de frais d'envoi).
Pour les DOM-TOM, me consulter.
• Autres pays de l’Union européenne et la Suisse : profitez du tarif très attractif de 27 euros, frais d'envoi inclus.
• Reste du monde : 28 euros, frais d'envoi inclus (soit actuellement 35,00 US$)
 *

Pour commander “Christus Vincit” de Mgr Athanasius Schneider,plusieurs moyens de paiement vous sont proposés :



• Par chèque en euros à l'ordre de :
  Olivier Figueras,
  1 boulevard du Roi,
  78000 Versailles.
• Par virement en euros à :
   Olivier Figueras
   IBAN FR13 3000 2089 0000 0058 5658 R47
   BIC CRLYFRPP
• Par virement en dollars US à :
   Titulaire du compte :  Olivier Raoul Figueras
   Numéro de compte : 8310766631
   SWIFT/BIC : CMFGUS33
   Numéro de routage ACH ou ABA : 026073150
   TransferWise, 19 W 24th Street, New York 10010, United States
  • Par Paypal en suivant ce lien : paypal.me/JeanneSmits
  
  • Par Carte bancaire (via Paypal) : choisir le lieu d'expédition, cliquer sur “acheter”, puis choisir l'option “payer par carte” sur la page Paypal qui s'affichera  :



Lieu d'expédition

N'oubliez pas de préciser votre adresse courrielle et les coordonnées d'envoi postal !
Pour l’envoi de plusieurs exemplaires à une même adresse, me consulter en écrivant à jeanne.smits.blog@gmail.com.
Vous pouvez bien évidemment faire profiter vos contacts de cette offre en partageant ce message dont voici le lien permanent: https://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2020/08/christus-vincit-de-mgr-schneider-encore.html.

*
Christus VincitLe triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps », Mgr Athanasius Schneider, éditions Contretemps, 400 pages. 
Christus Vincit a d'abord été publié en anglais en 2019 par Angelico Press.

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28 août, 2020

Masques et hauts de bikinis : réflexion sur la liberté et la modestie

Le soutien officiel du ministre de l’Intérieur, Gerald Darmanin, aux trois femmes à qui des gendarmes avaient poliment demandé de se rhabiller à Sainte-Marie-la-Mer près de Perpignan le 20 août, alors qu’elles bronzaient seins nus sur la plage, est significatif des temps que nous vivons. La liberté est descendue d’un cran de plus d’une façon : le masque est obligatoire mais se dorer « topless » au soleil est un droit, tandis que sur le plan moral, la liberté a cédé le pas au libertinage.
Et ce n’est pas un hasard si cette histoire fait gloser la presse nationale et internationale au moment où la contraception est devenue totalement gratuite en France… pour les adolescentes de quatorze ans et moins.
A propos de l’incident, Darmanin tweetait mardi : « C’est sans fondement qu’il a été reproché à deux femmes leur tenue sur la plage. La liberté est un bien précieux. Et il est normal que l’administration reconnaisse ses erreurs. »
Il a osé écrire cela au moment où de plus en plus de localités en France rendent le port du masque obligatoire en raison de la crise du COVID-19, alors même qu’à l’aune de la population et des chiffres des mois de mars et avril les réanimations et les décès restent très faibles. Dès ce vendredi il faudra le porter dans tout Paris, ainsi que dans les écoles et les universités lors de leur réouverture en septembre – même en vélo ou en faisant du sport, ce qui va encore davantage contre le bon sens.
Au moins les choses sont-elles claires : ordonner aux citoyens de se couvrir le visage en dépit des nombreuses questions sur l’efficacité d’un masque par rapport une épidémie qui cause aujourd’hui très peu de décès par rapport à une population de 68 millions d’habitants peut être obligatoire, et ne constitue pas une atteinte à la «  liberté, ce bien précieux », mais demander aux femmes de s’abstenir de prendre des bains de soleil seins nus est une mesure tyrannique.
La liberté pour une femme d’être à moitié nue sur la plage s’avère être ainsi une affaire d’importance nationale. Et il y a des méchants que toute la presse dénonce : cette famille qui à Sainte-Marie-la-Mer, s’est plainte de voir une sexagénaire topless à côté d’elle sur la plage. Les enfants en étaient « choqués »… Est-ce un crime ?
Pire ! C’est de la « pudibonderie », selon les journaux et la majorité des commentateurs sur les réseaux sociaux. Cette famille aurait les idées mal tournées. A croire que personne n’a jamais entendu un homme commenter grassement l’anatomie des femmes… D’ailleurs, le bronzage seins nus était une revendication féministe dans les années 1960, alors qu’aujourd’hui, il séduit de moins en moins les femmes de moins de 50 ans, notamment par lassitude des remarques de ces messieurs.
Mais la France se veut libertine. Sur la plage, et à Sainte-Marie-la-Mer en particulier, la pratique n’est pas considérée comme de « l’exhibitionnisme sexuel », comme c’est le cas partout ailleurs. Certes les municipalités peuvent l’interdire sur leur littoral, le fait étant alors passible d’une amende de 38 euros. Mais dans le principe, le bronzage seins nus est donc un droit. Aux plus gênés… d’aller se rhabiller.

Fausse dialectique

En réalité, les commentaires sur l’affaire montrent qu’une fausse dialectique est entrée en jeu (comme souvent). Le consensus général semble être que la famille qui a souhaité voir ces femmes de se couvrir devait être musulmane. La modestie, surtout féminine, a été assimilée au fil des ans en France à la culture islamique, d’autant plus facilement que cette population choisit de plus en plus de faire porter le foulard aux femmes et œuvre à la promotion du « burkini » ( ces maillots de bain très couvrants assortis d’un couvre-chef) dans les piscines publiques. Le burkini, affirmation d’une identité culturelle et islamique conquérante, est de plus en plus fréquent sur les plages.
Résultat : on en vient à considérer le fait de tolérer les tenues indécentes comme une preuve de modernité, de progressisme et de liberté, mais aussi comme un signe de non acceptation de lois et coutumes islamiques qui sont en effet étrangères à la culture européenne, et donc chrétienne. Et à la vérité.
Nous en sommes arrivés à un point où non seulement certaines féministes et la gauche progressiste affirment le « droit » des femmes à se tenir publiquement torse nu au bord de la mer, ou à porter les plus minuscules des mini-jupes et des hauts qui révèlent tout : les principaux partis politiques français ont fustigé la gendarmerie pour avoir appelé trois femmes à se couvrir, non événement s’il en est.
Le Rassemblement national de Marine Le Pen n’a pas été en reste : Jean Messiha, responsable de la recherche et de l’argumentaire du parti a défendu le bain de soleil topless sur la chaîne de télévision française CNews, demandant si le présentateur de l’émission connaissait beaucoup de familles françaises qui demandent aux femmes de se couvrir la poitrine sur la plage. Il a accusé les gendarmes qui l’ont fait d’être des « zombies collabos ».
C’est une attitude qui gagne du terrain depuis un bon moment. Dans une chronique du 9 septembre 2019, Ivan Rioufol, chroniqueur au Figaro, illustrait le rejet actuel de toute volonté de modestie et de décence par leur assimilation à la charia dans une chronique intitulée: « La mini-jupe, vaincue par la mode pudique ». Il y déplorait le goût, pour ne pas dire la soumission des maisons de haute couture telles Balenciaga, Dior et Givenchy qui présentaient alors leurs nouvelles collections de robes et de jupes coupables de « frôler les genoux » voire de descendre jusqu’aux chevilles sous des « blouses volumineuses ».
Il attribuait ce style exclusivement au « code islamique » qui éloigne selon lui peu à peu les femmes occidentales du « culte du corps légué par la civilisation gréco-latine ». Parce que les mœurs d’importation conduisent à couvrir, cacher, emballer la femme, il écrivait que « dans ce contexte, la ‘mode pudique’ prend le risque de conforter une vision dégradante de la femme tentatrice… »
Et de proposer un modèle de « vraie résistante » : Ivan Rioufol n’a-t-il pas  demandé à ses lecteurs d’écouter Laetitia Casta expliquer pourquoi elle a posé nue pour Elle l’été dernier ? « Quand on arrive au monde on est nue. (…) Je suis atterrée par la vengeance d’un certain puritanisme (…) Finalement, la nudité est un acte de rébellion », disait-elle.
Ainsi, la modestie traditionnelle, la décence catholique et la sage prudence recommandant aux femmes d’éviter les vêtements indécents et les attitudes qui peuvent faire tomber autrui, sans pour autant compromettre l’élégance et la beauté, sont ridiculisées et même jetées aux orties en réaction à la burqa.
On n’y gagne ni en vertu ni en équilibre.

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