19 janvier, 2020

“Acies ordinata” à Münich

Samedi 18 janvier, une forte invocation a retenti sur l'Odeonplatz à Münich, non loin de la résidence du cardinal Reinhard Marx, ordinaire du lieu et initiateur du « chemin synodal » pour l'Allemagne dont il est le primat. « Acies Ordinata ! – Ora pro nobis ! »

Rangés comme une armée en bataille, une centaine de catholiques venus de près et de loin – Allemagne, Autriche, Italie, France… mais aussi du Royaume-Uni, du Canada, des Etats-Unis, suppliaient ainsi la Vierge qui est « forte comme une armée rangée en bataille » de prier pour que son Divin Fils vienne au secours de son Eglise ouverte aux vents de l'erreur et attaquée de manière inouïe jusque de l'intérieur.

Le « chemin synodal » dont prend la responsabilité ce cardinal qui fait partie du conseil le plus rapproché du pape François prône des croyances hérétiques et des innovations impossibles, comme l'abandon du célibat sacerdotal dans l'Eglise latine, la mise en place de ministères ordonnés pour les femmes, l'assouplissement de la morale…

Pendant une heure, les manifestants (dont j'étais) ont prié silencieusement sous le regard amusé, goguenard ou cynique des nombreux passants. Parmi ces « militants » – au sens de l'Eglise militante – un homme venu incognito, emmitouflé dans un gros manteau et un couvre-chef que justifiaient pleinement la froidure du jour : Mgr Carlo Maria Viganò. Honneur à lui.

L'heure écoulée, nous avons chanté un vigoureux Credo, en insistant sur ces mots : Et unam, sanctam, catholicam et aposolicam Ecclesia !

Je vous raconterai dans les jours qui viennent la conférence de presse qui fit suite à la prière publique. Où John-Henry Westen, fondateur et directeur de LifeSiteNews, le plus important site pro-vie anglophone, accusa le cardinal Marx d'avoir « du sang sur les mains » à cause de ses propos lénifiants vis-à-vis des homosexuels dont ils envisage de bénir les unions et auxquels il ne rappelle pas qu'ils jouent leur salut éternel.

Je suis moi-même intervenue pour dénoncer la proposition de créer des « ministères ordonnés » pour les femmes.

A bientôt.


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16 janvier, 2020

Le “contrôle” de Mgr Gânswein sur Benoît XVI dénoncé par Mgr Carlo Maria Viganò

Voici ma traduction de la lettre publiée ce jour par Mgr Carlo Maria Viganò, dans laquelle il dénonce le « contrôle abusif et systématique exercé par Mgr Georg Gänswein sur le pape Benoît XVI. Source : LifeSiteNews (j'ai travaillé d'après la traduction anglaise réalisée par Diane Montagna). – J.S.

Témoignage Mgr Carlo Maria Viganò
Il est temps de révéler le contrôle abusif et systématique exercé par Mgr Georg Gänswein, archevêque, sur le Souverain Pontife Benoît XVI depuis le début de son pontificat.
Gänswein avait l'habitude de filtrer les informations, s'arrogeant le droit de juger de l'opportunité ou non de les envoyer au Saint-Père.
Je peux témoigner que, lorsque le pape Benoît m'a convoqué en audience le 4 avril 2011, quelques jours après que je lui ai envoyé ma première lettre (qui fut ensuite publiée illégalement à l’occasion de Vatileaks), j'ai dit au Souverain Pontife : « Je ne vous parlerai pas de la situation de corruption dans la gestion des Villas Papales, puisque je suppose que vous avez déjà pris connaissance de la note à ce sujet, que j'ai remise à votre secrétaire pour vous, en vue de cette audience. »
Le Saint Père, en toute simplicité et innocence, et sans montrer aucune surprise, me dit : « Non, je n'ai rien vu. »
Je témoigne également d'un autre événement qui montre comment Monseigneur Gänswein contrôlait les informations destinées au Saint-Père et conditionnait sa liberté d'action. A l'occasion de la canonisation de Marianne Cope et de Kateri Tekakwitha, ayant demandé par écrit au préfet de la maison papale de l'époque, Mgr James M. Harvey, à être reçu en audience par le Pape, et n'ayant reçu aucune réponse, je me suis adressé au même préfet le mardi 23 octobre 2012, lui demandant pourquoi je n'avais reçu aucune réponse à ma demande d'audience.
Je me souviens parfaitement de la circonstance, car Mgr Harvey m'a suggéré d'assister à l'audience générale le lendemain, afin que je puisse au moins saluer personnellement le Saint-Père, avec les autres évêques présents. Mgr Harvey m'a répondu par les mots suivants : « Gänswein m'a dit : “Mgr Viganò est la dernière personne qui puisse s'approcher du Pape Benoît !” »
Il a ensuite ajouté qu'au début de son pontificat, Benoît XVI, lui indiquant Gänswein avec son index, s'est exclamé : « Gestapo ! Gestapo ! »
Cette attitude sans scrupules se révéla dès le début de son pontificat, également à travers la détermination avec laquelle Gänswein réussit à éloigner du pape sa précieuse assistante et secrétaire, Ingrid Stampa, qu’en tant que cardinal Ratzinger il avait voulu avoir à ses côtés pendant bien plus d'une décennie, après la mort de sa sœur Maria Ratzinger.
De plus, on sait que pour échapper à ce contrôle total exercé sur sa personne par Gänswein, le pape Benoît allait souvent rendre visite à son précédent secrétaire spécial, Mgr Josef Clemens, invitant Ingrid Stampa à ces réunions familiales.

Je publie cette déclaration à la suite de ce que Mgr Gänswein a affirmé ces derniers jours à l'agence de presse ANSA, contredisant ce que le pape Benoît lui-même avait écrit dans sa correspondance avec le cardinal Sarah. Cette déclaration est une insinuation de nature sensationnelle et calomnieuse contre le très éminent cardinal Robert Sarah, que ce dernier a rapidement démentie.

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10 janvier, 2020

“Le Pape dictateur” est toujours disponible – et toujours d'actualité !

Chers lecteurs,

Je vous propose d'acquérir via ce blog le livre que j'ai traduit en 2018 sur le pape François. Il reste d'une brûlante actualité et offre des clefs de lecture pour ce pontificat de plus en plus troublant, en même temps qu'il incite – je l'espère – ses lecteurs à prier toujours davantage pour l'Eglise et pour le pape.

En commandant rapidement, avant la fin du mois, vous bénéficierez de frais d'envoi inchangés malgré la hausse des tarifs postaux au 1er janvier. Ci-dessous, les différents forfaits pour un envoi en France, dans les DOM-TOM et dans le reste du monde (paiement par carte bancaire accepté).

Votre commande aidera à soutenir ce blog : je vous en remercie chaleureusement d'avance.






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Si vous préférez régler votre commande par chèque, envoyez-moi un mail à jeanne.smits.blog@gmail.com afin que je vous donne la marche à suivre.



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08 janvier, 2020

Marie, corédemptrice ? Au cœur de la Rédemption en tout cas, selon l’exorciste Francesco Bamonte, qui cite un démon : “Chacune de ses prières est une torture pour nous”

L’homélie du pape François à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Guadalupe, le 12 décembre dernier, a fait couler beaucoup d’encre à cause de la manière désinvolte dont elle a écarté l’idée que l’Eglise pourrait définir un nouveau dogme de la « corédemption » à propos de la Mère de Dieu. « Quand on vient nous dire qu’il fallait la déclarer telle, ou faire cet autre dogme, ne nous perdons pas en bavardages », disait François (la traduction exacte du mot « tonteras » qu’il employait est plutôt « idioties »).
Le site hispanophone Portaluz, sans entrer dans ce débat, vient de rappeler comment le P. Francesco Bamonte, exorciste du diocèse de Rome et président de l’Association internationale des exorcistes présentait dans son livre de 2012, La Vierge Marie et le diable dans les exorcismes, la puissance de Marie face aux démons.
Je ne résiste pas au plaisir de traduire sommairement cet article, tant il est lumineux et riche de leçons pour notre temps.
Le livre du P. Francesco Bamonte – membre de la congrégation des Serviteurs du Cœur Immaculé de Marie – rapporte de nombreuses déclarations sur la Vierge Marie faites par les démons à travers les possédés aux cours de différents exorcismes. Le P. Bamonte témoigne de ce que Satan et ses démons sont alors obligés, parce que Dieu les y contraint, de reconnaître le pouvoir médiateur qu’Il a accordé à la Sainte Vierge Marie.
Portaluz cite nombre de ces témoignages rapportées par le P. Bamonte :
 « Un jour, après avoir réagi avec fureur parce qu'il ne voulait pas se soumettre à ce qui lui imposait une présence invisible – on a alors compris que c'était la Sainte Vierge – (le démon) s’est soudain exprimé ainsi : “Elle prie toujours pour vous tous ; chacune de ses prières est une torture pour nous.” » 
*
« Un autre jour, le diable, clairement affaibli par les louanges adressées à la Vierge Marie, a dit d'une voix hachée : “Elle demande que des prières soient dites pour tous les pécheurs et aussi pour ceux qui se sentent désespérés, car elle lit les cœurs et les justifie devant Dieu !” » 
« Dans un autre exorcisme, pendant qu’il se vantait des souffrances causées à quelques innocents, j'ai commencé à prier avec détermination : “Seigneur Jésus-Christ, alors que sur la croix tu semblais vaincu, alors qu'il semblait que la puissance des ténèbres avait gagné pour toujours, c'est vraiment Toi qui as gagné pour toujours.”
 « Et le diable répondit : “Tout est de sa faute, tout est de la faute de sa Mère (la Gospa). C'est pourquoi j'avais appris à cet idiot (il voulait parler de la personne qu'il tourmentait) à la haïr et elle a aussi réussi à surmonter cela. Elle (ici il faisait référence à la Vierge) prie toujours, elle ne se tait même pas un instant, et ses prières sont pour nous des coups de fouet.” » 
« Voici un épisode particulièrement émouvant : un jour, se tournant vers une image de la Vierge qui se trouvait dans la pièce où se réalisait l’exorcisme, le diable se mit à crier : “Pourquoi as-tu tout offert à Cette… ? (suivait un mot grossier) : pourquoi as-tu fait cela ? Pourquoi !” A ces expressions je lui ai commandé de répondre : “Que lui a-t-il été offert ?” Et le diable a répondu : “Sous la croix de Celui-là, elle a souffert !” Il se référait clairement à l’offrande faite par la Vierge au Père éternel d’elle-même et des souffrances de Jésus au moment de la crucifixion, et à son intercession maternelle pour nous à ce moment-là. Puis j’ai commencé à dire : “Souvenez-vous que Marie, au pied de la Croix, a offert Jésus au Père et qu’elle s’est offerte elle-même au Père avec Jésus. Pour nous, ses enfants, elle a offert ce sacrifice.” A ces mots, il s'est écrié, lançant des cris indescriptibles et visiblement accablé par la puissance rédemptrice qui découle du sacrifice du Christ et de Marie sur le Calvaire : “Assez, assez, ne me rappelle pas cela, assez, tu me brûles, tu me brûles !” » 
« Le diable, en une autre occasion, a exposé la puissance de l'intercession de Marie et la décision de Dieu de n’accorder aucune grâce à l'humanité sans l’imprégner de l’intercession de son Cœur Immaculé : “Vous ne le savez pas ou vous le savez, mais vous ne le croyez pas ou vous n’avez pas une foi suffisante : le Cœur Immaculé de Ma… ar… a (il prononçait ce nom au prix d’un effort énorme) sauvera le monde entier. Seulement son Cœur Immaculé !” » 
« L’intercession de la Sainte Vierge ne consiste pas seulement à prier pour nous et avec nous, pour obtenir à la fois la grâce sanctifiante et les grâces individuelles, mais aussi à présenter et à offrir à Dieu tout ce que nous lui donnons. Une fois, alors que nous présentions et offrions à la Vierge des prières, des joies, des souffrances et toute notre vie, ainsi que les tourments subis par le possédé, le diable, d’un ton soumis et humilié, évidemment parce que Dieu l’y contraignait, a dit : “Toutes les joies, toutes les douleurs, les souffrances, offertes à ce Cœur (de la Très Sainte Vierge Marie), sont de douces tendresses de profonde charité qu’elle accepte et offre de ses mains, en les élevant à la lumière du Créateur.” » 
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Le livre du P. Francesco Bamonte, La Vierge Marie et le diable dans les exorcismes, estdisponible ici.

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24 décembre, 2019

Joyeux et saint Noël !



   A tous les lecteurs de ce blog, un beau, saint et joyeux Noël 2019 ! Quoi qu'il arrive, nous le savons : Jésus, Dieu avec nous, est réellement né de la Vierge Marie et dès la crèche, Il apportait la possibilité du salut. Que sa grâce inonde nos cœurs !

   Et un grand merci à tous ceux qui d'une façon ou d'une autre avez soutenu ce blog : par vos prières, par vos encouragements, par votre générosité matérielle.

  Merci !


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19 décembre, 2019

Mgr Carlo Maria Viganò accuse le pape François de démanteler le Siège de Pierre et de souffrir d'« intolérance mariale »

Acte d’accusation contre le Pape François et manifeste d’amour pour l’Eglise :
le texte le plus vigoureux de Mgr Carlo Maria Viganò à ce jour

S.E. Mgr Carlo Maria Viganò, ancien Nonce apostolique aux Etats-Unis, publie aujourd’hui un document qui constitue une forte mise en accusation du Pape François et, en même temps, une manifestation d’amour ardent pour l’Eglise. Corrispondenza romana a publié le texte intégral en italien, en exclusivité, en début d’après-midi aujourd’hui. C’est avec l’aimable autorisation de Corrispondenza romana que je vous en propose ici ma traduction intégrale en français. Une pièce pour l’histoire…

Elle fait suite aux déclarations du pape François qui, à l’occasion de la fête liturgique de Notre Dame de Guadalupe, a qualifié de « sottises » (« tonterías » en espagnol) l’idée d’affirmer la doctrine de la Vierge Marie, « corédemptrice ». – J.S.

Voici ce que dit le Seigneur Dieu,
qui a créé les cieux et qui les a étendus,
qui a affermi la terre avec ce qui en germe ;

qui donne le souffle au peuple qui vit sur elle,
et la respiration à ceux qui y marchent.
« Je suis le Seigneur, c’est là mon nom ;
je ne donnerai pas ma gloire à un autre,
ni mes louanges aux idoles. »

Le Seigneur sortira comme un héros,
il excitera son ardeur comme un guerrier ;
il élèvera la voix et il poussera des cris ;
il triomphera de ses ennemis.
Longtemps je me suis tu,
j’ai gardé le silence, je me suis contenu ;
je me ferai entendre comme une femme en travail ;

je détruirai et j’anéantirai tout à la fois.
Je rendrai désertes les montagnes et les collines,
je dessécherai leur verdure ;
je changerai les fleuves en îles,
et je tarirai tous les étangs.
Ils retourneront  en arrière, ils seront couverts de confusion
ceux qui se confient aux idoles taillées
qui disent à des images de fonte :
« Vous êtes nos dieux. »

Qui a livré Jacob au pillage,
et Israël à ceux qui le dévastent ?
N’est-ce pas le Seigneur lui-même que nous avons offensé ?
car ils n’ont pas voulu marcher dans ses voies, ni obéir à sa loi.
Aussi a-t-il répandu sur lui l’indignation de sa fureur
et la violence de la guerre ;
il a allumé un feu autour de lui sans qu’il le sût ;
il l’a brûlé sans qu’il le comprit.
(Isaïe 42, 6-17, 24-25)
***

Marie Immaculée, Vierge Mère, Acies Ordinata, priez pour nous


« Y a-t-il dans le cœur de la Vierge Marie autre chose que le Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Nous aussi, nous ne voulons avoir qu’un seul nom dans notre cœur : celui de Jésus, comme la Très Sainte Vierge. »

La parabole tragique de ce Pontificat se poursuit avec une succession de coups de théâtre qui s’accélèrent. Il ne se passe pas de jour sans que, depuis le trône suprême, le Souverain Pontife procède au démantèlement du Siège de Pierre, usant et abusant de l’autorité suprême, non pour confesser mais pour nier ; non pour confirmer mais pour égarer ; non pour unir mais pour diviser ; non pour construire mais pour détruire.

Hérésies matérielles, hérésies formelles, idolâtrie, superficialité de toutes sortes : le Souverain Pontife Bergoglio ne cesse d’humilier obstinément la plus haute autorité de l’Église, en « démythifiant » la papauté – comme l’aurait dit peut-être son illustre compagnon Karl Rahner. Son action vise à violer le Dépôt Sacré et à défigurer la Face catholique de l’Epouse du Christ, en paroles et en action, par la dissimulation et le mensonge, par ses gestes saisissants, d’une ostensible spontanéité, mais méticuleusement conçus et planifiés, par lesquels il s’exalte lui-même dans une continuelle auto-célébration narcissique, tandis que la figure du Pontife Romain est humiliée, et celle du Doux Christ en terre obscurcie.

Son action se sert de l’improvisation magistrale, de ce magistère à bâtons rompus, liquide, insidieux comme des sables mouvants, non seulement à haute altitude, à la merci des journalistes du monde entier, dans ces espaces éthérés qui peuvent mettre en évidence un délire pathologique de toute-puissance illusoire, mais aussi lors des cérémonies les plus solennelles qui devraient inciter au tremblement sacré et au révérencieux respect.

A l’occasion de la Mémoire de la Vierge de Guadalupe, le pape Bergoglio a une fois de plus donné libre cours à son évidente intolérance mariale, qui rappelle celle du Serpent dans l’histoire de la chute, dans ce Proto-Evangile qui prophétise l’hostilité radicale placée par Dieu entre la Femme et le Serpent, et l’hostilité déclarée de ce dernier qui, jusqu’à la fin des temps, va essayer de mordre le talon de la Femme et la vaincre, elle et sa descendance. Celle du Souverain Pontife constitue une agression manifeste contre les prérogatives et les attributs sublimes qui font de l’Immaculée, Mère de Dieu toujours Vierge, le complément féminin au mystère du Verbe incarné, intimement associé à Lui dans l’Economie de la Rédemption.

Après l’avoir réduite à n’être que la « voisine d’à côté », ou la migrante qui fuit, ou la simple laïque connaissant les défauts et les crises d’une femme quelconque marquée par le péché, ou le disciple qui n’a évidemment rien à nous apprendre ; après l’avoir banalisée et désacralisée, à l’image de ces féministes qui gagnent du terrain en Allemagne avec leur mouvement « Marie 2.0 », visant à moderniser la Vierge pour en faire un simulacre à leur image et ressemblance, le pape Bergoglio est allé encore plus loin à propos de l’Auguste Reine et Mère Immaculée de Dieu, qui « s’est métissée avec l’humanité… et a métissé Dieu lui-même ». En l’espace de quelques plaisanteries, il a frappé au cœur le dogme marial et le dogme christologique qui lui est lié.

Les dogmes mariaux sont le sceau apposé sur les vérités catholiques de notre foi, définies lors des Conciles de Nicée, d’Éphèse et de Chalcédoine ; ils sont le rempart indestructible contre les hérésies christologiques et contre le déchaînement furieux des Portes du Monde souterrain. Ceux qui les « traversent » et les profanent montrent qu’ils sont du côté de l’Ennemi. Attaquer Marie, c’est s’aventurer contre le Christ lui-même ; attaquer la Mère, c’est s’élever contre le Fils et se rebeller contre le mystère même de la Très Sainte Trinité. La Théotokos Immaculée, « terrible comme une armée rangée en bataille » – Acies ordinata – livrera bataille pour sauver l’Eglise et détruire l’armée de l’Ennemi déchaîné qui lui a déclaré la guerre, et avec lui toutes les pachamamas démoniaques retourneront définitivement en enfer.

Le pape Bergoglio ne semble plus contenir son incapacité à supporter l’Immaculée, et il ne parvient même pas à la cacher sous cette apparente dévotion ostentatoire, toujours sous les projecteurs des caméras, alors qu’il a abandonné la célébration solennelle de l’Assomption et la récitation du Rosaire avec les fidèles, qui remplissaient la cour de Saint Damase et la loggia supérieure de la Basilique de Saint Pierre sous Saint Jean Paul II et le pape Benoît XVI.

Le pape Bergoglio utilise la pachamama pour briser la Vierge de Guadelupe. L’intronisation de cette idole amazonienne jusque sur l’autel de la Confession de Saint-Pierre n’était rien de moins qu’une déclaration de guerre à la Dame et la Patronne de toutes les Amériques qui, par son apparition à Juan Diego, a détruit les idoles démoniaques et conquis les Indiens pour le Christ et pour l’adoration du « Dieu Très Vrai et Unique », grâce à sa médiation maternelle. Et ce n’est pas une légende !

Quelques semaines après l’épilogue de l’événement synodal qui a marqué l’investiture de la pachamama au cœur de la catholicité, nous avons appris que le désastre conciliaire du Novus Ordo Missae fait l’objet d’une modernisation supplémentaire, par l’introduction de la « Rosée » dans le Canon eucharistique au lieu de la mention du Saint Esprit, la troisième Personne de la Très Sainte Trinité.

C’est un pas supplémentaire dans le sens de la régression vers la naturalisation et l’immanentisation du culte catholique, vers un Novissimus Ordo panthéiste et idolâtre. La « Rosée », entité présente dans le « lieu théologique » des tropiques amazoniens – comme nous l’ont appris les Pères synodaux – apparaît comme le nouveau principe immanent de fécondation de la Terre, qui opère sa  « transsubstantiation » dans un Tout panthéistement relié, auquel les hommes sont assimilés et soumis, à la gloire de la pachamama. Et nous voilà plongés dans les ténèbres d’un Nouveau Paganisme, mondialiste et éco-tribal, avec ses démons et ses perversions. Par cet énième bouleversement liturgique, la Révélation divine passe de la plénitude à l’archaïsme ; de l’identité hypostatique de l’Esprit Saint, nous glissons vers l’évanescence symbolique et métaphorique propre à la rosée, que la gnose maçonnique a fait sienne depuis longtemps.

Mais revenons un instant sur les statues idolâtres, d’une rare laideur, et sur la déclaration du pape Bergoglio au lendemain de leur enlèvement de l’église de Traspontina et de leur noyade dans le Tibre. Cette fois encore, les paroles du Pape ont le parfum d’un mensonge colossal : il nous a fait croire que les statuettes ont été promptement exhumées des eaux sales grâce à l’intervention des Carabinieri. On se demande pourquoi une équipe de VaticanNews, coordonnée par Tornielli et Spadaro de Civiltà Cattolica, avec des reporters et des cameramen de la presse judiciaire, n’est pas venue filmer les exploits des plongeurs et capturer le sauvetage des pachamas. Il est également peu probable qu’une opération aussi spectaculaire n’ait pas retenu l’attention de quelques passants, équipés d’un téléphone portable pour filmer puis relancer le scoop sur les réseaux sociaux. Nous sommes tentés de retourner cette question à la personne qui a fait cette déclaration. Certainement, cette fois aussi, il nous répondra par son silence éloquent.

Depuis plus de six ans maintenant, nous sommes empoisonnés par un faux magistère, une sorte de synthèse extrême de toutes les idées fausses conciliaires et des erreurs post-conciliaires qui se sont propagées imparablement, sans que la plupart d’entre nous ne s’en aperçoivent. Il en est ainsi parce que Vatican II a ouvert non seulement la boîte de Pandore, mais aussi la fenêtre d’Overton, et d’une manière si graduelle que personne ne s’est rendu compte des bouleversements qui avaient eu lieu, de la nature authentique des réformes, de leurs conséquences dramatiques ; nous n’avons même pas pensé à avoir de soupçon à l’égard de celui qui se trouverait réellement aux commandes de cette gigantesque opération subversive que le cardinal moderniste Suenens appelait « le 1789 de l’Eglise catholique ».

Ainsi, au cours de ces dernières décennies, le Corps mystique s’est lentement vidé de son sang par une hémorragie que rien ne pouvait arrêter : le Dépôt sacré de la Foi a été progressivement dilapidé, les Dogmes dénaturés, le Culte sécularisé et progressivement profané, la Morale saccagée, le Sacerdoce diffamé, le Sacrifice eucharistique protestantisé et transformé en Banquet convivial…

Maintenant l’Eglise est inanimée, couverte de métastases, dévastée. Le peuple de Dieu devenu analphabète, dépouillé de sa Foi, tâtonne dans les ténèbres du chaos et de la division. Au cours de ces dernières décennies, les ennemis de Dieu ont progressivement fait de deux mille ans de Tradition, de la terre brûlée. Par une accélération sans précédent, grâce à la charge subversive de ce pontificat soutenue par le puissant appareil jésuite, on est en train de livrer un coup de grâce mortel à l’Eglise.

Avec le pape Bergoglio – comme avec tous les modernistes – il est impossible de chercher la clarté, car la marque distinctive de l’hérésie moderniste est précisément la dissimulation. Maîtres de l’erreur et experts dans l’art de la tromperie, ils « s’efforcent de faire accepter universellement ce qui est ambigu, présentant le côté inoffensif, qui servira de passeport pour introduire le côté toxique, qui a été initialement gardé caché » (P. Matteo Liberatore S.I.). Ainsi, le mensonge répété avec obstination et obsession finit par devenir « vrai » et accepté par la majorité.

Typiquement moderniste, aussi, est la tactique de soutenir ce que l’on veut détruire, en utilisant des termes vagues et imprécis, en favorisant l’erreur sans jamais la formuler clairement. C’est exactement ce que fait le Pape Bergoglio, avec son amorphisme qui dissout les Mystères de la Foi, avec l’approximation doctrinale qui lui est propre, par laquelle il « métisse » et démolit les dogmes les plus saints, comme il l’a fait avec les dogmes mariaux de la Mère toujours Vierge de Dieu.

Le résultat de cet abus de pouvoir, nous l’avons sous les yeux : une Eglise catholique qui n’est plus catholique, un récipient vidé de son contenu authentique et rempli de marchandises de pacotille.

L’avènement de l’Antichrist est inévitable, il fait partie de l’épilogue de l’Histoire du Salut. Mais nous savons que c’est la prémisse du triomphe universel du Christ et de sa glorieuse Epouse. Ceux d’entre nous qui n’avons pas été trompés par ces ennemis de l’Eglise, enfermés dans le Corps ecclésial, devons nous unir et faire front commun contre le Malin, vaincu depuis longtemps, mais encore capable de nuire et de provoquer la perdition éternelle des multitudes, mais dont la Sainte Vierge, notre « Condottiera », écrasera définitivement la tête.

Maintenant, c’est notre tour. Sans équivoque, sans nous laisser chasser de cette Eglise dont nous sommes les enfants légitimes et dans laquelle nous avons le droit sacro-saint de nous sentir chez nous, sans que la horde haineuse des ennemis du Christ nous fasse sentir marginalisés, schismatiques et excommuniés.

Maintenant, c’est notre tour ! Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie – Corédemptrice et Médiatrice de toutes les grâces – passe par ses « petits », certes fragiles, et pécheurs, mais du signe absolument contraire aux à celui des enrôlés dans l’armée de l’Ennemi. « Petits » consacrés, sans aucune limite, à l’Immaculée, pour être son talon, la partie la plus humiliée et méprisée, la plus détestée par l’enfer, mais qui, avec Elle, écrasera la tête du Monstre infernal.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort s’est demandé : « Mais quand ce triomphe aura-t-il lieu ? Dieu seul le sait. » Notre tâche est de veiller et de prier comme le recommande ardemment sainte Catherine de Sienne : « Hélas ! Je meurs et cependant je ne puis mourir. Ne restez pas endormis dans la négligence, faites au moment présent ce qui est possible. Consolez-vous en Christ Jésus, le doux amour. Noyez-vous dans le sang du Christ crucifié, mettez-vous en croix avec le Christ crucifié, cachez-vous dans les plaies du Christ crucifié, baignez-vous dans le sang du Christ crucifié » (Lettre 16).

L’Eglise est enveloppée par les ténèbres du modernisme, mais la victoire appartient à Notre Seigneur et à son Epouse. Nous voulons continuer à professer la foi éternelle de l’Eglise face au rugissement du Mal qui l’assiège. Nous voulons veiller avec Elle et avec Jésus, dans ce nouveau Gethsémani de la fin des temps, pour prier et faire pénitence en réparation des nombreuses offenses qui leur ont été faites. »

+ Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire. d’Ulpiana
Nonce apostolique

19 décembre 2019

Ce texte a été traduit avec l'aimable autorisation de Corrispondenza romana qui en a fait la publication exclusive en italien ce 19 décembre à 14:00. Lire ici le texte original en italien sur Corrispondenza romana.

© leblogdejeannesmits pour la traduction

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14 décembre, 2019

Le cardinal Burke demande que l'on continue de réparer l'idolâtrie de la Pachamama : “Nous avons une seule sainte mère, la Mère de Dieu”

Le cardinal Raymond Burke vient d’appeler une nouvelle fois les catholiques à prier et à jeûner pour réparer les acte d’« idolâtrie » à l’égard de la Pachamama au Vatican et dans la Basilique Saint-Pierre à l’occasion du récent synode sur l'Amazonie. Condamnant cette « manifestation choquante de la façon dont Satan est entré dans l'Église », il a appelé les catholiques à se tourner vers « l'unique sainte mère, la Mère de Dieu, la Vierge de Guadalupe, pas la Pachamama ».

« Satan erre dans le monde, semant chez l'homme la confusion à propos de sa propre nature, de l'inviolabilité de la vie humaine sans défense, de l'intégrité du saint mariage », a déclaré le cardinal Burke à l’occasion une homélie qu'il a prononcée jeudi dernier dans le sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe à La Crosse, Wisconsin à l'occasion de sa fête liturgique, le 12 décembre.

« Satan fait preuve d'audace pour semer ses mensonges et les graines de la confusion et de la destruction jusque dans l'Église. Une des manifestations les plus choquantes de l'entrée de Satan dans l'Église a été le récent culte rendu à l'idole païenne, la Pachamama, la Terre Mère, dans les jardins du Vatican, et plus gravement encore, devant la tombe de saint Pierre dans la basilique Saint-Pierre », a-t-il dit.

Le cardinal a rappelé que de nombreux catholiques ont offert des prières et des jeûnes pour réparer « l'offense la plus grave à Dieu : la violation manifeste et inadmissible du Premier commandement », Un seul Dieu tu adoreras.

« La tentation de l'idolâtrie existe à toute époque. Nous cherchons le salut éternel ailleurs qu'au seul endroit où il se trouve : dans l'union de nos cœurs avec le Sacré-Cœur de Jésus », a ajouté le cardinal.
Il a demandé à la congrégation de prier pour réparer cette idolâtrie et d'autres formes d’idolâtrie au sein de l'Eglise, rapporte Dorothy Cummings McClean sur LifeSiteNews, à qui j’emprunte ici l’essentiel de cet article.

« Prions aujourd'hui d'une manière particulière par l'intercession de Notre-Dame de Guadalupe…,  notre mère, en réparation de l'idolâtrie qui est entrée dans la vie de l'Eglise »… « Prions par son intercession pour que le Christ, seul Roi du Ciel et de la Terre, règne dans nos cœurs, qu’Il règne dans le monde entier », a-t-il insisté.

Le cardinal Burke a encouragé les familles catholiques à honorer l'image du Cœur Immaculé de Marie et l'image du Cœur Sacré de Jésus dans leurs foyers catholiques afin que ces images puissent y rappeler des vérités chrétiennes importantes : « Puisse cette vérité imprégner nos maisons : nous venons de la main de Dieu, et non de la déesse, et nous avons une seule sainte mère, la Mère de Dieu, la Vierge de Guadalupe, pas la Pachamama. »

Le cardinal Burke avait déjà évoqué la vénération des statues de la Pachamama en encourageant l’initiative de ce blog appelant à faire un acte de réparation le 12 décembre à l’occasion de la fête de Notre Dame de Guadalupe. LifeSite a évoqué ici cette interview, où le cardinal Burke déclarait que des « forces diaboliques » étaient entrées au Vatican avec l'idole de la Pachamama et que des prières de réparation étaient nécessaires pour les vaincre.

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12 décembre, 2019

Aujourd'hui, 12 décembre, fête de Notre Dame de Guadalupe

Un petit rappel : c'est aujourd'hui la fête liturgique de Notre Dame de Guadalupe.

Un immense merci au Forum Catholique qui le premier m'a permis de relayer cet appel à réparer l'offense faite contre la Vierge enceinte de Guadalupe par les épisodes idolâtres autour de la Pachamama au Vatican pendant le synode sur l'Amazonie !

Jean-Pierre Maugendre de Renaissance catholique a eu la gentillesse de me faire parler à ce sujet : c'est par ici.

L'initiative a reçu le soutien du cardinal Burke, de Mgr Schneider et d'Alexander Tschugguel (le jeune homme qui a jeté les Pachamama dans le Tibre).

Je réitère mon invitation : dire aujourd'hui un chapelet et une prière de réparation, si possible publiquement (dans une église, chapelle, sanctuaire), ou auprès d'un malade ou d'une personne âgée, ou chez soi…

Cette longue prière est très belle. 

Celle que j'ai retenue pour l'image taille missel que je proposais ici – hélas, elles sont parties comme des petits pains et je n'en ai plus – est celle-ci : 

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. 
Ô Marie, ma Mère très Sainte, désirant réparer les offenses que reçoit votre Cœur Douloureux et Immaculé et spécialement les blasphèmes dirigés contre Vous, je vous offre ces humbles louanges, dans le but de vous consoler de tant de fils ingrats qui ne vous aiment pas, et de consoler le très saint Cœur de Jésus qui est si offensé et attristé par les injures dirigées contre Vous. 
Daignez très douce Mère, recevoir mon humble et pauvre hommage : faites que je vous aime et me sacrifie pour Vous, chaque jour davantage ; et regardez avec des yeux pleins de miséricorde tous ces malheureux, afin qu’ils ne tardent pas à se réfugier, repentis, dans votre sein maternel.
Amen. 
Daignez, Vierge Sacrée, accepter ma louange.
Donnez-moi la force contre vos ennemis. 
Gloire à la Très Sainte Vierge Marie, Fille bien-aimée du Père,
Gloire à la Très Sainte Vierge Marie, Mère immaculée du Fils,
Gloire à la Très Sainte Vierge Marie, Epouse virginale du Saint-Esprit


Prière à réciter en réparation pour les outrages commis contre Notre Dame de Guadalupe, qui imprima son image sur la tilma d’un humble indigène du Mexique, S. Juan Diego, le 12 décembre 1531.

Je l'ai choisie notamment en pensant au converti du judaïsme, Roy Schoeman (auteur de Le Salut vient des juifs) parce qu'il eut une rencontre bouleversante avec la Vierge Marie au cours d'un songe qui acheva de le convertir à la foi catholique. Gêné de ne pas savoir le « Je vous salue Marie », et comme elle lui avait dit qu'il pouvait poser des questions, il lui demanda comment elle aime qu'on s'adresse à elle.

Elle lui répondit une phrase en portugais. Les recherches que mena Schoeman par la suite lui montrèrent qu'il s'agissait de l'invocation :
« Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »
Toujours ennuyé de ne pas savoir dire le « Je vous salue Marie », il insista : quel était le titre préféré de la Vierge ?

Réponse :

Je vous salue Marie, Fille de Dieu le Père,
Je vous salue Marie, Mère de Dieu le Fils,
Je vous salue Marie, Epouse de Dieu le Saint-Esprit
Cela m'avait bouleversée parce que ma chère Maman commençait toujours son chapelet en ajoutant ces trois invocations sur les trois premiers « Ave » du début.

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