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30 juin, 2026

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel


La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel

loi aide mourir solennellement
 

A deux jours de l’adoption solennelle de la loi sur l’aide à mourir par l’Assemblée nationale, la manifestation de la société civile convoquée à Paris dimanche après-midi n’a guère déplacé les foules. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées place Vauban pour un événement sonorisé, un show. Comme on en fait aujourd’hui pour donner un caractère joyeux à la défense de la vie… A l’ère de l’Homo Festivus, on met de la ouate autour du tragique.

Peut-être les foules n’étaient-elles pas présentes parce que, de toute façon, le vote pour la loi créant un droit à « l’aide à mourir » ne fait guère de doute : il faudrait un miracle.

Les calamités publiques ne sont plus ce qu’elles étaient. C’est comme si la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, dans sa gravité radicale, n’était dans l’esprit de nombre d’opposants qu’une péripétie supplémentaire de la culture de mort, et non une transgression, une révolte assumée contre les droits de Dieu.

 

La loi sur l’aide à mourir, une étape, pas une rupture

Certains nous parlent tout de même du fait que la loi marque une rupture civilisationnelle en ce qu’elle permet de mettre à mort un être humain, notre semblable. Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate présent à la manifestation de dimanche, a déclaré au micro du Figaro que, contrairement à ce qu’on nous raconte, cette loi porte bien atteinte au droit de chacun :

« Si, ça m’enlève quelque chose. Je ne suis plus protégé par le fait que personne n’a le droit de me tuer, quelles que soient les circonstances. Là, on est en train d’entrebâiller une porte en disant, comme d’habitude, qu’on encadre, qu’on met des procédures, des protocoles et des tas de choses pour rassurer tout le monde. Mais comme disent les logiciens : il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. Quand elle est entrebâillée, elle est ouverte. A partir du moment où on accepte l’idée qu’il y a des circonstances dans lesquelles on peut tuer son prochain en dehors des situations de légitime défense, c’est l’intégralité du corps social qu’on fragilise. C’est l’intégralité de nos existences individuelles qu’on rend plus faibles. »

Ce n’est pas faux, mais que c’est incomplet ! Cela fait plus de 50 ans qu’en France on peut sans être poursuivi ôter la vie à son prochain en dehors des situations de légitime défense. Et c’est une liberté que la Constitution garantit désormais. Car qu’est-ce que l’avortement légal, sinon la possibilité de tuer un être humain dont la seule particularité est d’être encore dans le sein de sa mère ? La rupture civilisationnelle a été consommée au début de 1975, avec l’entrée en vigueur de la loi Giscard-Chirac-Veil. Comme devraient dire les logiciens : il faut qu’une chose soit rompue ou pas. La déchirure est là, actée dans les lois, aggravée sans doute, mais le pas a déjà été franchi. La France, comme tant d’autres nations, s’est emparée d’un droit de vie et de mort sur l’innocent. Avec la loi sur l’aide à mourir, nous sommes dans une simple continuité, dans un processus d’effondrement des lois, et de révolution dans la manière dont on est sommé de considérer son semblable : comme un être dont la vie peut être « interrompue » (mais c’est un interrupteur à sens unique), ou délibérément achevé par « compassion » (ou par souci d’économie, ne l’oublions jamais).

Les consciences sont émoussées, procurer légalement la mort est déjà devenu banal, et revendiquer la chose comme un droit est considéré comme une affaire ouverte au débat. (Mais honneur à Patrick Hetzel, Bas-Rhin, LR, qui a déposé une motion de rejet préalable visant à s’opposer carrément à son examen.)

 

L’aide à mourir, une bienveillance ?

Et comme nous sommes dans la société de la bienveillance, le débat est désormais gazé, adouci, soucieux d’éviter tout ce qui peut paraître frontal. On ne tonne pas dans l’hémicycle : « Tu ne tueras point l’innocent », car les droits de Dieu en sont sortis il y a bien longtemps à la faveur de la Déclaration des droits de l’homme sans Dieu.

On nous a parlé de soins palliatifs, de soulagement de la douleur, de véritable aide à mourir qui consiste à soigner avec amour ceux qui souffrent, pour ceux dont l’agonie se prolonge, pour les malades qui n’en peuvent plus. C’est important et c’est bien. Mais réfléchissons aussi au paradoxe : c’est précisément au siècle où la gestion de la douleur atteint des possibilités inégalées que l’on cherche à légaliser la fin de vie choisie. En d’autres siècles, avec leurs agonies souvent autrement plus affreuses, cela n’a jamais été à l’ordre du jour. L’idée même de la portée morale de nos actes et de leur adéquation avec un ordre qui nous dépasse et nous transcende est devenue insupportable, en tout cas dans son expression sur la place publique politique.

Cette proposition de loi Falorni, après sa troisième lecture par l’Assemblée, sera très probablement rejetée par le Sénat. Elle entrera toutefois rapidement en vigueur parce que le gouvernement, au terme d’une procédure expédiée dans l’urgence pour exécuter les désirs d’Emmanuel Macron, prendra acte de ce que les députés doivent avoir le dernier mot. Son adoption définitive est donc prévue pour le 15 juillet. Jour à marquer d’une croix noire…

 

L’essentiel, dans la loi sur l’euthanasie, est la transgression

Les élus qui s’y sont opposés auront manifesté leur volonté que cela ne se fasse jamais. Mais à la manière des avocats, plaidant aussi avec des sous-arguments, parfois avec des arguments inversés, si « par extraordinaire » leur raisonnement principal était rejeté… Comme l’élu Les Républicains, Thibault Bazin, affirmant samedi lors de sa dernière intervention à l’Assemblée que les critères finalement retenus ne sont « pas assez stricts », la procédure « pas assez encadrée », les « délais trop courts » et les « garanties insuffisantes pour les personnes faisant l’objet de mesures de protection ».

Parce que tout cela peut l’être assez ? Peut-on voter une loi légalisant le suicide assisté et l’euthanasie de manière satisfaisante ? Je sais bien que face à une loi comme celle-là, il est légitime d’essayer d’en limiter les effets et les dispositions les plus néfastes. Mais fatalement, on arrive à l’idée que la chose elle-même serait acceptable à condition de prévoir un encadrement strict. C’est bien comme cela qu’a été adoptée la loi sur l’avortement, et que l’on perd de vue qu’elle est intrinsèquement perverse. C’est comme cela qu’on finit par avoir l’impression d’avoir sauvé quelques meubles, et que l’incendie paraît moins grave.

On pourra se réjouir, certes, de ce qu’en troisième lecture ait été retirée la mise en place un nouveau délit d’empêchement d’accès à l’aide à mourir, calqué sur l’entrave à l’IVG. C’était la disposition la plus outrancière de la loi, puisqu’elle punissait d’amende et de prison celui qui chercherait à convaincre un proche ou un lointain de ne pas se supprimer ou de ne pas se faire supprimer lui-même.

A également été retirée la disposition qualifiant un décès dans le cadre de cette loi, de mort naturelle. C’est un petit mensonge de moins dans un torrent de mensonges sur le bien et le mal.

 

L’aide à mourir, assassinat

Alors que l’amendement RN qui, au nom du serment d’Hippocrate, disposait que le médecin ne pourrait jamais administrer lui-même la substance létale, adopté mardi soir à la faveur d’une reprise de séance quasi déserte, a fait samedi l’objet d’une deuxième délibération au nom de la « cohérence » du texte, et un amendement contraire a été adopté. En revanche, et là encore, c’est une petite machine arrière vis-à-vis de la volonté de LFI et des écologistes, il a été décidé que le patient ne pourrait avoir recours à l’intervention du médecin qu’en cas d’impossibilité physique, et non par simple choix. C’est marginal et décoratif, car la complicité dans l’assistance au suicide pèsera de toute façon sur le médecin prescripteur du poison mortel.

La loi aurait pu être encore pire, admettons-le. Mais une fois qu’on légalise cette complicité et même, dans certains cas, l’assassinat direct, le seuil de l’horreur est déjà franchi.

Et ce qui est plus grave encore : le législateur a réaffirmé que c’est à l’homme de décider de la vie ou de la mort d’autrui, ou de la sienne propre. Sommes-nous propriétaires de nos vies ?

Malheur à celui qui le croit…

 

Jeanne Smits




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08 février, 2024

L'Equateur innove en autorisant l’euthanasie « avolontaire » : un nouveau pas dans l'abomination

La Cour constitutionnelle de l'Equateur n’a pas seulement dépénalisé l’euthanasie, comme le répètent les médias du monde entier, ravis de voir un pays qui demeure à majorité catholique prendre ainsi le même chemin qu’ont emprunté seulement 8 autres pays dans le monde. Les juges ont innové – il me semble que c’est une première mondiale – en autorisant l’euthanasie décidée par un tiers sur un patient qui ne peut pas exprimer sa propre volonté et dont la vie n’est plus jugée « digne ». J’ai commenté ce nouveau pas vers la gestion publique de la mort sur reinformation.tv ; mon article est à lire ici.

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13 février, 2021

Avortement, euthanasie : questions à propos des nouveaux membres de l’Académie pontificale pour la vie nommés par le pape François

Le pape François a nommé vendredi quatre nouveaux membres ordinaires de l’Académie pontificale pour la vie (APV), parmi lesquels au moins trois soulèvent de sérieuses questions quant à l’orientation future de cette institution créée par le pape Jean-Paul II en 1993 pour la mise en œuvre d’Evangelium vitae et de la culture de la vie. Actifs dans les domaines de la bioéthique et de la théologie morale, de l’intelligence artificielle et de la robotique ainsi que de la santé publique et des vaccins, les quatre candidats ont été clairement choisis en tenant compte des questions contemporaines allant du contrôle des naissances et de l’idéologie du genre à la « quatrième révolution industrielle » et à la réponse à la crise COVID-19.

Sœur Margarita Bofarull i Buñuel, de la Société du Sacré-Cœur de Jésus, médecin et chirurgien, enseigne la théologie morale à la faculté de théologie de Catalogne et à l’Universidad Centroamericana José Simeón Cañas au Salvador. Elle est également présidente de l’Instituto Borja de Bioética de l’Université Ramon Llull à Barcelone, connu pour sa justification de certains avortements et de l’euthanasie.

Elle était déjà membre correspondant de l’APV, tout comme le deuxième membre ordinaire nommé vendredi, Paolo Benanti, religieux italien du Tiers Ordre Régulier des Franciscains, spécialisé en théologie morale, en bioéthique et en neurotechnologies. Il enseigne à l’Université grégorienne de Rome.

Le professeur Gualtiero « Walter » Ricciardi dirige le département des sciences de la santé de la femme et de l’enfant ainsi que de la santé publique à l’Université catholique du Sacré-Cœur, en Italie, mais il a également été un conseiller scientifique éminent du gouvernement italien au plus fort de la crise du COVID-19 au printemps 2020. De 2016 à 2020, il représentait l’Italie au sein du Comité exécutif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En avril, il a fait la une des journaux italiens à cause d’un tweet agressif contre Donald Trump, illustré par une vidéo montrant un certain nombre de personnes frappant une marionnette du président américain.

Enfin, le professeur Maria Chiara Carrozza est professeur d’ingénierie industrielle à l’Institut de bio-robotique de l’École normale de Pise, en Italie. Elle est particulièrement active dans le domaine de la robotique de réadaptation pour les amputés, des exosquelettes portables et de la « symbiose homme-machine ». Elle est également une femme politique, membre du Parti démocrate (centre-gauche, affilié au Parti socialiste européen au Parlement européen) ; elle a été ministre de l’instruction, des universités et de la recherche dans le gouvernement Letta en 2013-2014.

Mgr Vincenzo Paglia (qui figure dans une peinture murale homoérotique qu’il avait fait réaliser pour sa cathédrale de Terni), président de l’Académie pontificale pour la vie depuis 2017, et son chancelier, Mgr Renzo Pegoraro, ont salué ces nominations dans un communiqué :

« Les nouvelles nominations de quatre Académiciens ordinaires représentent un événement important pour toute l’Académie pontificale pour la vie. Notre engagement s’approfondit, en suivant les orientations indiquées par le Pape François dans les discours qu’il a adressés à l’Académie Pontificale pour la Vie ces dernières années et dans la définition des objectifs “stratégiques” de travail et d’étude, contenus dans la Lettre Humana Communitas de 2019. 
« Avec le professeur Margarita Bofarull, jusqu’ici académicienne correspondante, la réflexion dans les domaines de la théologie morale et de la bioéthique est renforcée. Avec le professeur Paolo Benanti, ancien académicien correspondant et maintenant académicien ordinaire, et avec le professeur Maria Chiara Carrozza, l’Académie acquiert de nouvelles compétences sur les thèmes des technologies et de leurs implications dans les domaines de l’éthique et de la santé. Avec la nomination du professeur Walter Ricciardi, l’Académie pontificale pour la vie se prépare à la prochaine assemblée sur le thème de la santé publique dans une perspective mondiale, qui aura lieu en septembre. C’est un sujet d’une grande importance tant au niveau social que sanitaire, et pour cette réflexion éthique incontournable face à un monde changé par Covid19, des femmes et des hommes en quête de sens et d’espoir pour leur vie. 
« Au nom de tous les académiciens, nous remercions chaleureusement le Pape François pour l’attention qu’il porte à notre travail. Et nous réaffirmons l’engagement à apporter cette inspiration et cette vocation prophétique basées sur l’Évangile à notre monde, afin de montrer la voie pour un temps nouveau. »

Les mots clefs de ce communiqué sont évidemment : « la santé publique dans une perspective mondiale ».

L’une des principales retombées de la crise COVID-19 aura été, en effet, la poussée en faveur d’une gouvernance mondiale concernant les questions de santé, avec une approche largement similaire dans la gestion du virus de Wuhan à travers le monde : confinements, entrave au traitement précoce dans de nombreux pays développés et accent mis sur l’innovation de « vaccins » mARN génétiquement manipulés et manipulants, et qui sont problématiques même en dehors du point de vue de la sécurité des patients en raison de l’implication de cellules fœtales avortés au cours de leur essai et de leur développement.

Gualtiero « Walter » Riccialdi se distingue dans ce domaine pour avoir déclaré, pendant les premiers mois de la crise COVID-19, que la seule issue était « le vaccin », le confinement et la distanciation sociale étant présentés comme nécessaires tant que la population italienne n’aurait pas été piquée à grande échelle.

C’est Riccialdi qui, le 8 mars de l’année dernière, en sa qualité de représentant italien à l’OMS et de conseiller ministériel, a annoncé au micro de la chaîne de télévision publique RAI Uno l’interdiction des messes publiques dans tout le pays. Il déclarait alors : « Les cérémonies religieuses, quelles qu’elles soient, ne peuvent être organisées. » La conférence des évêques italiens s’est volontiers soumise à la règle, ajoutant de la souffrance à la souffrance pendant le confinement qui a duré jusqu’en mai, les funérailles étant interdites même dans les régions où le COVID était pour ainsi dire absent.

Plus tard, au mois d’avril, Ricciardi a répété que les mesures COVID devaient être mises en œuvre dans le domaine liturgique comme dans tous les autres, en particulier dans les zones les plus touchées. Il déclarait alors : « Je conseille aux personnes âgées de continuer à suivre la messe à la télévision, pour éviter tout risque. Je le répète : ce sont des précautions universelles, auxquelles nous devrons nous habituer dans toutes les situations de la vie, au moins jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible : c’est-à-dire 12-18 mois. C’est la vie qui est en jeu. »

À l’époque, les médecins italiens avaient reçu l’instruction formelle de ne pas pratiquer d’autopsie sur les victimes du COVID-19 et on leur administrait un traitement qui aggravait en fait leur état, jusqu’à ce que les médecins reprennent les choses en main.

Ricciardi s’est fait connaître en 2017 en tant que président de l’Institut supérieur de santé italien,  position qui lui avait permis d’être le promoteur actif du Plan national pour les vaccins en jouant un rôle de premier plan dans l’adoption de la loi qui a imposé dix vaccins obligatoires pour les nouveau-nés en Italie.

Début 2020 – avant que la pandémie COVID-19 n’éclate en Italie – l’association suisse anti-vaccins Corvelva a publié un article soulignant les « conflits d’intérêts » de ce spécialiste de la santé publique, tels qu’ils étaient énumérés dans sa déclaration personnelle à la Commission européenne le 28 mars 2013, en vue d’une mission européenne.

Il s’agit notamment de Novartis pour le vaccin MenB, de GlaxoSmithKline, de Pfizer, de Sanofi Pasteur pour Gardasil (le vaccin contre le HPV), et d’autres, pour lesquels il a agi en qualité de consultant et de conseiller concernant l’évaluation de l’impact de leurs vaccins sur la santé. C’est lui, selon l’eurodéputé Massimo Baroni, qui a proposé de créer un Centre national pour l’évaluation des technologies de la santé en Italie dont les objectifs, a dit M. Baroni, « semblent curieusement coïncider avec ceux de GlaxoSmithKline dans le programme ViHTA » que cette société pharmaceutique a financé en Italie.

Bref, un des plus grands promoteurs de vaccins est désormais membre à part entière de l’Académie pontificale pour la vie.

La figure de sœur Margarita Bofarull i Buñuel n’est pas moins controversée. Lorsqu’elle est devenue membre correspondant de l’Académie pontificale pour la vie à la fin de 2013, nommée par son président de l’époque, Mgr Ignacio Carrasco de Paula, un certain nombre de pro-vie hispaniques soulignèrent qu’elle était la présidente de l’« Instituto Borja de Bioética » qu’ils dénonçaient comme pro-avortement, pro-euthanasie et pro-eugéniste, fondé par le père jésuite Francesc Abel i Fabre, qui fut l’un des maîtres à penser de sœur Margarita.

Les publications de l’Institut disponibles en ligne permettent de vérifier l’accusation : sa publication Bioètica & Debat, dont le comité de rédaction est désormais dirigé par la sœur Bofarull, contient des textes affirmant que la contraception, l’avortement légal dans certains cas et la pilule du lendemain qui empêche l’implantation de l’embryon humain dans l’utérus avant qu’il n’ait un statut humain à part entière – selon eux – peuvent être autorisés, ne serait-ce que par empathie pour la femme. Certes, certains de ces textes ont été publiés avant que sœur Margarita ne remplace Abel i Fabre (à qui elle a consacré une biographie admirative), mais elle les approuve tous en les faisant figurer à la tête du comité de rédaction sur la page Internet où ils sont disponibles.

En 2015, le Père Custodio Ballester du blog catholique Adelante la Fé notait que Margarita Bofarull a toujours été prudente dans ses déclarations publiques, laissant ses subordonnés à l’Institut « mener à bien la tâche de démolir la morale catholique ». Mais certaines citations montrent bien ce qu’elle pense, comme celle-ci : « L’avortement n’est pas un droit de la femme, c’est autre chose, qui doit être réglé sur le plan légal, mais pas comme un droit, c’est une autre affaire. » L’Institut Borja, rappelle-t-il, a donné un coup de main au gouvernement socialiste lorsque celui-ci a décidé de légaliser l’avortement en 1985.

Peu après sa nomination à l’APV, en janvier 2014, les « prêtres pour la vie » espagnols avaient déjà critiqué la sœur Bofarull dans une déclaration publiée par germinansgerminabit.blogspot.com,  en rappelant qu’elle avait également organisé une conférence sur l’euthanasie pour l’hôpital Saint Jean de Dieu d’Esplugues, en Catalogne : le rendez-vous avait dû être transféré dans un hôtel local en raison du tollé suscité par son parti pris en faveur de l’euthanasie.

Le père Custodio Ballester, auteur de cette déclaration, citait abondamment les publications pro-avortement de Bioètica & Debat, inviquant également le Pr Josef Seifert qui, déjà en 2012, écrivait une lettre ouverte dans laquelle il exprimait sa préoccupation face au manque croissant d’engagement de l’APV au service de la vérité et du respect de la vie humaine.

Avant que sœur Margarita ne fût nommée membre correspondant de l’APV, en avril 2013, ACI Prensa (l’agence sœur hispanophone de la Catholic News Agency), publia un article critiquant le soutien financier accordé par la Generalitat autonome de Catalogne à l’Institut Borja dont la sœur était déjà la présidente depuis 2011, citant son soutien à l’avortement, en particulier pour les victimes de viol, et son appui à « une éventuelle dépénalisation de l’euthanasie » dès 2005.

Sœur Margarita Bofarull a elle-même publié un livre au Centre Monseñor Romero, au Salvador, en 2014, sous le titre Una sexualidad liberadora (« Une sexualité libératrice »), co-écrit avec Cristián Barría Iroumé, psychiatre médical. La religieuse consacra sa partie du livret à une vision biblique de la sexualité, en montrant que le sexe peut être utilisé par l’homme pour dominer la femme et en plaidant pour une nouvelle approche qui ne soumettrait en rien l’un à l’autre.

Son co-auteur, Barría Iroumé, s’était chargé de la deuxième partie, avec une réflexion sur la contraception moderne, rejetant l’approche traditionnelle de Humanae vitae que les catholiques, disait-il, ne suivent pas de toute façon. Sa contribution aboutissait à la conclusion que les enseignements de l’Eglise devraient évoluer sur ces questions.

Ce n’est certes pas Margarita Bofarull qui a fait ces déclarations. Mais elle a accepté de « cohabiter » dans ce livre avec Barría sous un même titre et entre les mêmes couvertures. On peut au moins dire qu’elle ne l’a pas désapprouvé. 


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28 décembre, 2020

“Le club des hommes en noir” discute des funérailles catholiques. J'y étais…

“Le club des hommes en noir” animé par Philippe Maxence, m'a fait l'honneur de m'inviter à son édition mise en ligne le 18 décembre dernier, sur le thème des funérailles catholiques. Etait-il juste d'offrir l'honneurs d'obsèques à l'église à un Valéry Giscard d'Estaing, par exemple – lui qui avait signé la loi autorisant l'avortement ?

Je vous propose de découvrir ici ce débat auquel j'ai eu grand plaisir à participer, aux côtés du Père Thomas SJ et de l'abbé Grégoire Célier de la Fraternité Saint-Pie-X.




C'est aussi l'occasion de vous recommander ce rendez-vous régulier, habituellement à 100 % masculin : on peut s'abonner à la chaîne YouTube de “L'Homme nouveau” en cliquant ici.



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11 juillet, 2019

Vincent Lambert, victime d'une barbarie programmée


Vincent Lambert est mort ce matin. Ses parents, Viviane et Pierre, ses frère et sœur David et Anne, ses avocats Jérôme Triomphe et Jean Paillot ont gagné pour lui six années de vie à force de courage et d’amour. Six précieuses années dont nous n’apprendrons la valeur surnaturelle que dans l’au-delà : pour lui, pour son salut, pour les proches qui l’ont défendu, pour les plus petits, pour la justice, et même pour l’humanité. Six années qui ont valeur d’éternité.

Six années qui ont permis de porter sur la place publique la réalité de la barbarie où la France s’est enfoncée, dès lors qu’elle a accepté que des médecins tuent délibérément l’innocent. L’affaire Vincent Lambert a commencé le jour de l’adoption de la loi Giscard-Chirac-Veil, le 17 janvier 1975.

François Mollins, le Procureur général qui a plaidé pour la mort de Vincent Lambert devant la Cour de cassation, le 24 juin dernier, a dit cela en une formule lapidaire et terriblement exacte dans sa concision :

« Eriger la vie en valeur suprême serait remettre en cause la loi Leonetti et le droit à l’IVG. »

C’est parce que la France (ou ceux qui la gouvernement) ne veut pas rompre avec la barbarie qu’elle s’est acharnée à faire mourir Vincent Lambert. Son euthanasie (car c’en est une) n’ouvre pas les digues, elle les élargit, elle facilitera la marche vers l’euthanasie sans ambiguïté – ou pas… Car il est au fond plus confortable d’avoir une loi qui autorise l’euthanasie déguisée au nom de la prétendue « autonomie » du patient là où des médecins rechignent encore à pousser la seringue.

Le décès de Vincent Lambert a rendu visible comme jamais la logique de la culture de mort qui recherche la mort (et son compagnon, le refus de la vie), pour elle-même, comme « solution » aux souffrances et aux difficultés des hommes. Il en a révélé toute la cruauté, habituellement camouflée sous les oripeaux de la fausse empathie.

Que de souvenirs…

Je me rappelle le premier article que j’ai consacré à Vincent, sans révéler son nom. Viviane Lambert venait d’apprendre que son fils était privé de nourriture et d’une grande partie de son hydratation en vue de le faire mourir, et elle cherchait qui pouvait défendre sa vie.

C’était dans Présent du 2 mai 2013. J’écrivais :

« Cela se passe aujourd’hui et maintenant, quelque part en France, en pleine légalité et par application de la loi Leonetti. Un jeune homme – appelons-le Hervé – dans le coma depuis plusieurs années après avoir été victime d’un accident de la route, a fait l’objet d’une décision d’“arrêt de soins”. Non pas des soins d’acharnement, d’interventions lourdes et pénibles. Non : on lui a supprimé la nourriture, et réduit de manière drastique la quantité de liquide administrée. De 3 litres en 24 heures, son hydratation a été ramenée à quelque 100 ml sur la même période. [En fait, ai-je appris plus tard, Vincent recevait 500 ml par jour.] 
« Il n’y a qu’une issue possible, c’est l’issue recherchée : la mort. 
« En France, aujourd’hui, alors qu’on fait mine de débattre autour de l’euthanasie, le corps médical peut décider de faire mourir un malade de faim et de soif, et les proches n’y peuvent rien. Ils ne peuvent que le regarder partir, la mort dans l’âme, bouleversés de voir que cette mort est voulue et organisée pour elle-même. C’est la définition de l’euthanasie. “Euthanasie par omission”, en l’occurrence. Mais euthanasie quand même. »
J’ai publié à l’époque cet article sur mon blog, c’est par ici.

Je me rappelle que les Lambert, à force de chercher, ont trouvé pour les défendre devant la justice Jérôme Triomphe. Je souviens de son travail acharné. Il est arrivé à temps pour sauver la vie de leur fils. Vous connaissez la suite…

Il y a eu beaucoup de raisonnements, d’interprétations de la loi, de péripéties médicales et judiciaires, mais au cœur de tout cela, il y a toujours eu la volonté de Vincent Lambert, ou plutôt celle qui lui était prêtée.

Pourquoi ? Parce que la loi Leonetti de 2005, et celle de 2016 qui a fini par emporter sa vie, posent deux principes.

Le premier, c’est que le médecin est en droit (voire en devoir) de faire mourir un patient dans un état de handicap profond mais qui n’est pas en fin de vie, en s’abstenant de lui apporter des soins ordinaires : la nourriture, selon la loi de 2005, la nourriture et toute l’hydratation selon la loi de 2016.

Le deuxième, plus clairement affirmé dans Leonetti 2, reconnaît au patient le droit de refuser ce type de soins afin de pouvoir mourir de la privation de nourriture et d’hydratation si tel est son désir, affirmé de vive voix ou exprimé d’avance dans des directives anticipées.

Je me souviens qu’à l’époque de la première tentative de mise à mort de Vincent je bouillais, comme je l’avais fait neuf ans plus tôt, devant l’incroyable refus de l’immense majorité des bien-pensants – même catholiques – de comprendre que la loi Leonetti appliquée à Vincent Lambert sous le regard des médias était, a toujours été une loi d’euthanasie. Je l’avais écrit dès 2004, avec l’impression de hurler face à un mur.

Mais ce fut toujours la même rengaine, et elle persiste : la loi Leonetti est une bonne loi. Et l’affaire Lambert en était au mieux une application dévoyée.

Il y a eu au début des voix discordantes : mon chère confrère Yves Daoudal, d'emblée ; Mgr Vingt-Trois et le grand rabbin de Paris qui publièrent une excellente réflexion sur le thème « tu ne tueras pas » (mais c'était en 2007), et quelques autres, si je me souviens bien, au sein Conférence des évêques de France.

L'affaire Lambert devait par la suite provoquer l'admirable mobilisation que nous avons connue : Viviane et Pierre Lambert n'étaient plus seuls, ils ont été entourés d'avocats, de grands spécialistes, d'associations comme l'AGRIF et la Fondation Jérôme-Lejeune, l'ECLJ, des journalistes, des écrivains, des gens d'Eglise, et puis ces milliers de gens qui ont compris la gravité de ce qui se jouait dans une chambre d'hôpital à Reims. Tout cela n'aura pas été vain.

Il faudra revenir sur cette introduction subreptice de l’euthanasie – euthanasie lente mais euthanasie quand même – dans la loi française.

La singulière cruauté de la procédure appliquée à Vincent Lambert, qui n’a pas reçu une sédation profonde contrairement aux dispositions de la loi, et que ses proches ont vu gémir, pleurer, étouffer pendant les premiers jours de son jeûne abominablement contraint, va certainement ouvrir les vannes d’un nouveau débat en faveur de la légalisation de l’euthanasie pure et dure.

Que Vincent repose en paix, que ses parents et ses proches obtiennent du Ciel un regain de force et beaucoup de consolations.

Et que justice soit faite aussi. « J’avais soif et tu ne m’as pas donné à boire… » Pour la France l’heure n’est pas au deuil, et encore moins au soulagement, mais à l’examen de conscience.


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20 mai, 2019

Exclusif : un entretien avec le cardinal Raymond Burke sur Vincent Lambert et l’« état végétatif »

Le lundi 20 mai au matin, le cardinal Raymond Burke m’a accordé un entretien à propos la situation
de Vincent Lambert, dont il avait été annoncé par le Dr Vincent Sanchez du CHU de Reims que sa sonde d'alimentation devait être retirée ce jour-là. Entre-temps, nous avons appris que Vincent a reçu une sédation profonde et que sa sonde d'alimentation a été retirée sans que sa famille n’en soit informée et sans que celle-ci ait seulement pu faire ses adieux. Une vidéo publiée sur internet par Valeurs actuelles montre Vincent, dimanche soir, pleurant tandis que sa mère le console.

Il a beaucoup été question de l’état prétendument « végétatif » de Vincent et de sa supposée volonté de mourir. Au-delà de cette polémique, son « affaire » concerne des questions bien plus profondes encore sur la fin de la vie, questions évacuées, niées par la loi positive française puisque la loi Leonetti, dès 2005 et plus encore en 2016 dans sa version remaniée, contredit l’interdiction fondamentale de tuer l’innocent, qui vaut pour tout homme, de tout temps, de toute culture, parce que c’est la loi naturelle conforme à son bien.

Le cardinal Burke rappelle ces exigences fondamentales que tant d’ecclésiastiques n’évoquent même plus, entrant même – comme l’a fait le groupe Bioéthique de la conférence des évêques de France – dans la logique de la loi comme si elle était acceptable. – J.S.

J.S. : Votre Eminence, vous avez certainement entendu parler du cas de Vincent Lambert en France, un homme de 42 ans, tétraplégique, atteint de graves lésions cérébrales, qui risque de mourir dans les prochains jours, sauf si un recours judiciaire de dernière minute interrompt le processus, parce que les autorités sanitaires et administratives ont décidé d'arrêter de l'hydrater et de le nourrir. Cela parce qu’il a été jugé dans un « état végétatif » et « ne voudrait pas vivre comme ça ». Cette affaire touche à des questions sérieuses concernant le respect dû à la vie humaine innocente. Quel est votre point de vue, ou plus précisément, quel est celui de l'Eglise sur cette situation ?

Cardinal Raymond Burke : Je suis profondément préoccupé par la situation de Vincent Lambert. Je crains qu’il ne soit mis à mort par refus d’alimentation et d'hydratation comme cela s'est tragiquement produit dans le cas de Terri Schindler Schiavo aux Etats-Unis le 31 mars 2005 et d’Eluana Englaro en Italie le 9 février 2009. Je suis profondément inquiet pour Vincent Lambert et pour les nombreuses autres victimes de l'euthanasie, car il est clair que, si le refus d'alimentation et d'hydratation se trouve justifié dans le cas de Vincent Lambert, aucune personne qui se trouve dans un état de faiblesse grave ne jouira plus du respect fondamental de sa vie.

Le retrait de l'alimentation et de l'hydratation, que celles-ci soient naturelles ou artificielles, constitue une euthanasie par omission, c'est-à-dire, selon la définition de l'euthanasie donnée par le pape Jean-Paul II dans son encyclique Evangelium Vitae (25 mars 1995) : « une action ou une omission qui, par elle-même et par intention, cause la mort, dans le but d'éliminer toute souffrance » (n° 65). Dans la même Lettre encyclique, le Pape Jean-Paul II a précisé que l'enseignement sur l’euthanasie que « cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite » (n° 65).

Le premier précepte de la loi naturelle est la protection et la sauvegarde de toute vie humaine, en particulier de la vie humaine lourdement grevée par des besoins particuliers, une maladie grave ou l’avancement de l’âge.

Dans l'affaire Vincent Lambert, les autorités françaises font valoir que son manque de conscience de soi et de conscience du monde qui l'entoure – ce qui est d'ailleurs contesté, étant donné qu’il réagit à sa mère en particulier – indique qu'il est dans un « état végétatif » dans lequel il n'aurait pas voulu se retrouver. Ces circonstances – l'état végétatif et le désir personnel de la personne – justifient-elles jamais l'administration de nourriture et d'eau ?

La Congrégation pour la Doctrine de la foi, en réponse à deux questions concernant l'administration de nourriture et d'eau à une personne dans ce qu'on appelle « un état végétatif » (1er août 2007), a donné une interprétation de la loi naturelle s’appliquant à ces cas qui fait autorité : « Un patient en “état végétatif permanent” est une personne, avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles. »

 Comme le fait remarquer la réponse : « On évite de la sorte les souffrances et la mort dues à l’inanition et à la déshydratation. » La seule exception est le cas où le corps ne peut plus assimiler l'eau ou la nourriture.

Saint Jean Paul II a illustré l'enseignement sur le devoir moral de fournir « les soins normaux dus au malade dans des cas semblables », ce qui inclut la nutrition et l'hydratation, dans son discours aux médecins catholiques concernant les soins de ceux qui sont dits dans « un état végétatif » (20 mars 2004). Il a déclaré : « En particulier, je voudrais souligner que l'administration d'eau et de nourriture, même à travers des voies artificielles, représente toujours un moyen naturel de maintien de la vie, et non pas un acte médical. Son utilisation devra donc être considérée, en règle générale, comme ordinaire et proportionnée, et, en tant que telle, moralement obligatoire, dans la mesure où elle atteint sa finalité propre, et jusqu'à ce qu'elle le démontre, ce qui, en l'espèce, consiste à procurer une nourriture au patient et à alléger ses souffrances… L’évaluation des probabilités, fondée sur les maigres espérances de reprise lorsque l'état végétatif se prolonge au-delà d'un an, ne peut justifier éthiquement l'abandon ou l'interruption des soins de base au patient, y compris l'alimentation et l'hydratation. » (n° 4).

Pensez-vous qu'il soit juste d'appliquer les mots « état végétatif » à un être humain ?

Les termes « état végétatif » doivent être utilisé avec beaucoup de précaution, car ils peuvent conduire à considérer celui qui se trouve dans cet état comme moins qu'un être humain. Comme l'a fait remarquer saint Jean Paul dans son allocution que je viens de mentionner :

« Face à un patient dans un tel état clinique, certaines personnes en arrivent à mettre en doute la subsistance même de sa “qualité humaine”, presque comme si l'adjectif “végétatif” (dont l'utilisation est désormais consolidée), qui décrit de façon symbolique un état clinique, pouvait ou devait se référer au contraire au malade en tant que tel, dégradant de fait sa valeur et sa dignité personnelle. A cet égard, il faut souligner que ce terme, même limité au domaine clinique, n'est certainement pas des plus heureux lorsqu'il se réfère à des sujets humains.

« En opposition à ces courants de pensée, je ressens le devoir de réaffirmer avec vigueur que la valeur intrinsèque et la dignité personnelle de tout être humain ne changent pas, quelles que soient les conditions concrètes de sa vie. Un homme, même s'il est gravement malade, ou empêché dans l'exercice de ses fonctions les plus hautes, est et sera toujours un homme, et ne deviendra jamais un “végétal” ou un “animal”. (n. 3)

Dans son discours aux médecins catholiques du 20 mars 2004, il rappelle également un principe moral fondamental : « D’ailleurs, on reconnaît le principe moral selon lequel même le simple soupçon d'être en présence d'une personne vivante entraîne, dès lors, l'obligation de son plein respect et de l'abstention de toute action visant à anticiper sa mort. » (n° 4).

En tant que catholiques, avons-nous un rôle particulier à jouer dans cette situation où de nombreuses lois positives vont à l'encontre de la loi naturelle qui exige le respect de toute vie humaine innocente ?

Compte tenu de la gravité de la situation, particulièrement pour Vincent Lambert et, plus
généralement, pour toutes les personnes dans une situation semblable, les personnes de bonne volonté et les catholiques, en particulier, ont l'obligation d'exiger que l'État et les établissements de santé respectent la dignité inviolable de la vie humaine innocente, particulièrement celle de nos frères et sœurs qui portent le poids de besoins particulier, souffrent de maladies graves ou se trouvent à un âge avancé, qui sont les premiers à devoir bénéficier de soins de la part de l’Etat et de leur prochain. Dans le cas de Vincent Lambert, notre devoir de faire respecter la loi naturelle consiste à insister pour qu'il reçoive les soins normaux dus à une personne dans son état.

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11 mai, 2019

Affaire Vincent Lambert : Gregor Puppinck nous parle des obligations de la France vis-à-vis du CDPH dans un entretien exclusif

Nouveau coup de théâtre dans l’affaire Vincent Lambert : ignorant délibérément la décision de mesures provisoires du comité des droits des personnes handicapées de l’ONU enjoignant à la France de surseoir à l’exécution du protocole de fin de vie décidée par le Dr Vincent Sanchez du CHU de Reims, soutenu par la juridiction administrative française, le dit médecin à fait savoir par lettre aux parents du jeune tétraplégique qu’il  fera retirer son hydratation et son alimentation au cours de la semaine du 20 mai.

J’ai voulu en savoir davantage sur les engagements exacts de la France vis-à-vis de la convention internationale des droits des personnes handicapées et sur la portée de la décision à son encontre du CDPH. Gregor Puppinck, directeur du Centre européen pour la loi et la justice (ECLJ), a accompagné de nombreuses procédures devant les instances internationales de défense des droits de l’homme. Il a bien voulu répondre à mes questions. – J.S.

Gregor Puppinck, vous connaissez très bien les rouages du Conseil de l'Europe, de la Cour européenne des droits de l'homme, des comités de l'ONU. Quelle réaction provoque chez vous cette décision française de passer outre à la demande du CDPH concernant le cas de Vincent Lambert ?

La stupéfaction de voir le gouvernement violer ses engagements internationaux de façon manifeste dans le seul but de faire mourir plus rapidement une personne handicapée : un but symbolique et politique parce que Vincent Lambert est le symbole du conflit social qui traverse la France sur la fin de vie et plus particulièrement sur l'euthanasie. La mort de Vincent Lambert est devenue une nécessité d'ordre politique pour les tenants de l'euthanasie et ils sont prêts à violer leur propre engagements internationaux pour y parvenir. Je crois que le gouvernement a peur de la décision du Comité des droits des personnes handicapées ; il n’a pas confiance en sa propre position et préfère donc d'emblée arrêter la procédure plutôt que de la suivre et de respecter ses propres engagements.

Il faut souligner une chose importante, c’est qu’outre les aspects factuels – Vincent Lambert n’est pas en état végétatif, en tout cas pas tout le temps – il existe un aspect important en droit, et en droit international : le fait qu’à ce jour de nombreuses questions n'ont pas été jugées en droit international. Elles n’ont pas été jugées par la Cour européenne des droits de l'homme qui a refusé de se prononcer sur un certain nombre de questions de violation importantes des droits de l'homme, et elles sont posées maintenant au Comité des droits des personnes handicapées, spécialisé dans la défense des droits des personnes handicapées et compétent en la matière. Aujourd'hui de nombreuses violations restent en attente d'un jugement, notamment l’absence de soins dont est victime Vincent Lambert, et le refus de son transfert.

Il faut aussi souligner le fait qu’il y a entre l’instance de Strasbourg et celle de Genève une différence importante quant à la question de l'hydratation et de l’alimentation. La Cour européenne des droits de l'homme avait refusé de prendre position sur la question de savoir si l’alimentation et l’hydratation sont des soins qui peuvent être arrêtés, et s’était contentée d'invoquer l’absence d'un consensus entre les États européens pour ne pas juger elle-même, et pour laisser à la France une marge d’appréciation. La Cour européenne a simplement dit : il n’y a pas d'accord en Europe, donc nous ne disons rien.

A l’inverse, la Convention sur les droits des personnes handicapées dans son article 25 dit très précisément que l’alimentation et l’hydratation ne peuvent pas être retirées au malade en raison de son handicap. C'est là la question centrale. Je crois qu'il faut insister sur cet article 25 parce qu'il répond très clairement à la situation de Vincent Lambert.

Mais si j’ai bien compris ce qu’a dit le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et ce qui est également répercuté par les médias, c’est que le gouvernement français reconnaît que cela est vrai pour les handicapés, mais que Vincent Lambert, cérébrolésé et en état végétatif, n’est pas un handicapé. Qu’en pensez-vous ?

La réponse est évidente. D’abord, Vincent Lambert est bien handicapé. Il n'est pas malade, il n’est pas non plus en fin de vie. Il est simplement handicapé : il ne reçoit pas de traitement particulier, il est simplement nourri et hydraté. Vincent Lambert entre parfaitement dans la définition du handicap que donne la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. Elle mentionne notamment le handicap cérébral, qui peut être dû bien sûr à un accident, comme c’est le cas pour Vincent Lambert.

Deuxièmement, il faut savoir que les requêtes qui sont adressées au Comité des droits des personnes handicapées font l’objet d'un premier tri par le secrétariat. Celui-ci élimine d’emblée tous les recours qui sont manifestement hors sujet – et il y en a beaucoup. Le fait que le secrétariat ait enregistré la requête prouve que celle-ci entre bien dans le champ de compétences du comité des droits des personnes handicapées, et donc là-dessus ce que dit Mme Buzyn est un argument très faible, sans valeur, déjà contredit par les faits.

Le ministère des Affaires étrangères n’a à aucun moment dans sa communication laisser entrevoir que le Comité ne serait pas compétent pour juger l’affaire Lambert par rapport à la situation de handicap. Si Vincent Lambert n'était pas handicapé le comité ne serait pas compétent. Il n’y a pas de contestation possible.

L'ennui, quand même, c’est que si la France procède comme elle souhaite le faire, et comme le docteur Vincent Sanchez l’a annoncé, Vincent Lambert sera effectivement tué par euthanasie lente. Quels seraient les moyens de contrainte du CDPH, pour empêcher ce geste, et quelles pourraient être ses actions postérieures si jamais cet acte devait se produire ?

Le CDPH va certainement être informé de la décision du gouvernement, si ce n’est déjà fait. Que peut-il faire ? Dans l’immédiat il peut répondre au gouvernement français pour lui rappeler son obligation de respecter ses engagements internationaux, de façon plus ferme.  Avec le comité, le Haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies peut intervenir éventuellement, puisque le comité fait partie pour son secrétariat de ce Haut commissariat. Pour l’instant, c’est donc simplement un rappel ferme de la part du comité. Éventuellement, la pression diplomatique pourra s’exercer.

Maintenant, il est vrai que l’on a l’impression que le gouvernement français est dans une attitude radicale, déterminé à  violer le droit international, donc je ne sais pas quel peut être le poids de la pression internationale face à cette détermination honteuse du gouvernement.

En toute hypothèse, le refus par le gouvernement français, s’il est maintenu, d’appliquer les mesures provisoires conduira à la condamnation de la France de ce chef. C'est une chose qui est certaine puisqu'il y a déjà des précédents dans d’autres affaires, notamment par le Comité des droits de l'homme, qui est un comité onusien jumeau du Comité des droits des handicapés, qui fonctionne exactement selon le même principe et qui lui est légèrement supérieur en terme de hiérarchie des normes.

Je peux vous citer une affaire de 2013 contre la Biélorussie. La Biélorussie avait condamné un homme à mort. Le Comité des droits de l’homme a demandé des mesures provisoires pour que cet homme ne soit pas exécuté. La Biélorussie l’a quand même fait. Eh bien, le comité des droits de l'homme a condamné la Biélorussie à des dommages et intérêts, et à déclaré très clairement dans un considérant de principe : « Le non-respect par les États parties d’une telle demande de ‘mesures provisoires’ constituait une violation de l’obligation qui leur est faite de coopérer de bonne foi au titre du Protocole facultatif se rapportant au Pacte. »

Cela est évidemment applicable à la situation en l’espèce.

En anglais les termes sont encore plus forts : “Drawing the State parties' attention to the fact that non-respect of ‘interim measures’ constitutes a violation by State parties of their obligations to cooperate in good faith under the optional protocol to the Covenant.”

Là, très clairement, c'est une violation manifeste du droit international, et qui sera condamnée, mais qui risque d'être condamnée trop tard et à une date où de toute façon Mme Buzyn ne sera plus en poste. On est dans une affaire politique.

Une décision favorable du CDPH, qu’il s’agisse d’une condamnation de la France ou d’une pression suffisante pour empêcher la mise à exécution du plan Sanchez, mettrait-elle en cause la loi française Leonetti-Claeys sur la fin de vie ?

Tout à fait. Lorsque des comités des Nations Unies, tout comme d'ailleurs la Cour européenne des droits de l’homme, constatent une violation dans une décision, ils demandent – ils ne font que demander mais en droit international l’Etat doit en tenir compte – une réparation du dommage particulier subi par la victime, mais ils demandent aussi au gouvernement de prendre des mesures d’ordre général pour empêcher qu’un tel dommage ne se reproduise. Parmi ces mesures d’ordre général, le comité peut demander de façon ferme au gouvernement de modifier sa loi.

Cela a été le cas, vous le savez, à l’encontre de l’Irlande à propos de l’avortement, au titre des mesures générales.

Une telle demande reste suivie par le Comité, qui exerce éventuellement des pressions. Cela fait certainement partie des attributions possibles du comité.

On peut dire dans une certaine mesure que la décision finale du comité n’est pas directement : elle est contraignante mais pas comme l’est une décision de justice en droit interne, évidemment. En revanche les mesures provisoires sont, elles, de mon point de vue, directement contraignantes parce qu’elles sont d'ordre procédural. Or le gouvernement s'est engagé à participer à la procédure.
Dire, comme le fait le gouvernement, que les décisions du comité ne sont pas obligatoires stricto sensu, et donc a fortiori, les mesures provisoires non plus, c’est faux. Les mesures provisoires relèvent de la procédure.

Or la France doit par exemple respecter les délais, notamment quand on lui demande de répondre dans un délai de 6 mois. Il en va de même pour les mesures provisoires. Très clairement la France s’est engagée en ratifiant la Convention : les mesures provisoires en font partie.

Plus généralement, il y a l'application de plusieurs règles du droit international : avec notamment deux articles de la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités. Un premier article dit que les traités doivent être appliqués de bonne foi, chose essentielle. Un deuxième affirme qu’un Etat ne peut pas invoquer son droit interne pour prétendre déroger à une obligation de droit international.
Or c’est précisément ce que fait le gouvernement français, puisqu'il a invoque sa loi Leonetti, en disant qu’elle est tellement bien qu’on n’appliquera pas les mesures provisoires. Ce sont des violations manifeste du droit international, il n'y a aucun doute.

Propos recueillis par Jeanne Smits

Que peut faire le citoyen de base peut-il faire quelque chose dans cette affaire ? On pourrait imaginer d’écrire au gouvernement ou au CDPH, mais il semble plus opportun de se manifester, avec une ferme courtoisie, auprès du Dr Sanchez, responsable de l’unité de soins palliatifs du CHU de Reims (vsanchez@chu-reims.fr).



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Vincent Lambert, alerte exécution ! Vincent Sanchez veut l'euthanasier dès le 20 mai



Les avocats de Viviane et Pierre Lambert communiquent :


Le docteur SANCHEZ du CHU de REIMS vient d’annoncer ce 10 mai 2019 à la famille de Vincent LAMBERT qu’il mettrait sa décision du 9 avril 2018 à exécution la semaine du 20 mai 2019, sans autre précision.

Dès cette annonce du docteur SANCHEZ, la famille a découvert la mise en place par le CHU de REIMS d’un plan vigipirate contre on ne sait quels terroristes.

Si cette décision était exécutée, Vincent LAMBERT mourrait en quelques jours, entouré probablement de forces de l’ordre en nombre, et le docteur SANCHEZ pourrait remettre à Viviane LAMBERT un fils mort pour la fête des mères le 26 mai prochain.

C’est au mépris des mesures provisoires ordonnées par l’ONU le 3 mai 2019 au profit de Vincent LAMBERT, handicapé, vulnérable et sans défense, que le docteur SANCHEZ a décidé qu’il mourrait dans le couloir de la mort dans lequel il est enfermé à clés depuis des années.

Les experts judiciaires désignés ont pourtant clairement affirmé que Vincent LAMBERT n’était pas en situation d’obstination déraisonnable. Il s’agit en fait de l’euthanasie d’une personne handicapée pour la seule raison qu’elle est handicapée.

Il n’y a aucune urgence médicale à arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent LAMBERT et rien ne justifie une violation aussi éhontée du droit international et des mesures provisoires réclamées par l’ONU.

Comment la France peut-elle prétendre prendre la présidence du Conseil de l’Europe le 24 mai prochain quand elle viole aussi délibérément les traités qu’elle ratifie, qui plus est à la veille des élections européennes ? Quel message pour les Français et pour la communauté internationale !

Nous en appelons dès à présent au défenseur des droits, qui a été chargé par la France de veiller à l’application stricte de la Convention internationale des droits des personnes handicapées. 

Nous en appelons également au Président de la République qui est le garant de la parole donnée de la France pour que notre pays ne se déshonore pas.

Nous saisissons la justice pour que soit respecté le droit international au profit de Vincent LAMBERT.

Strasbourg et Paris, le 11 mai 2019

Jean PAILLOT Jérôme TRIOMPHE
Avocats des parents, frère et sœur de M. Vincent LAMBERT

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01 mai, 2018

Le petit Alfie Evans est-il mort naturellement, ou a-t-il été poussé à mourir ? Il a reçu quatre médicaments non identifiés avant son dernier souffle…

C’est La Nuova Bussola Quotidiana, le journal dont la direction a rendu possible la rencontre entre Tom Evans et le pape François au Vatican, qui l'affirme : deux heures avant de mourir, peu après minuit le samedi matin du 28 avril, le petit Alfie Evans a reçu quatre médicaments. Sa situation s'est rapidement dégradée, de telle sorte que la journaliste Benedetta Frigerio l'affirme aujourd'hui : il n'est plus possible aujourd'hui d'affirmer avec certitude, comme on avait pu le penser, qu’Alfie est mort de mort naturelle. Si on l'a effectivement poussé à mourir, l’hôpital Alder Hey a appliqué une forme d'euthanasie doublée – si les affirmations de La Nuova Bussola sont exactes – d'une torture aussi cruelle pour l'enfant que pour ses parents.

Certes, rien ne permet de dire combien de temps Alfie aurait pu survivre, lui qui a fait preuve d'une exceptionnelle combativité, d'une vraie rage de vivre après son extubation. Rien ne permet non plus de savoir si une recherche de diagnostic précis et un hypothétique traitement auraient pu lui assurer des mois ou des années de vie supplémentaires. Ce qui est certain, c'est qu’Alder Hey voulait sa mort.

La Nuova Bussola a publié le film des événements depuis l’instant où Alfie Evans a été hospitalisé en décembre 2016. A l’époque, l'équipe médicale a décidé après un mois à peine qu'il fallait arrêter ces traitements. Intubé, il aurait pu profiter d’une trachéotomie. Mais alors que se déroulait la bataille judiciaire que l'on sait autour du petit garçon, on l'a laissé dépendant d'un tube respiratoire passant par le nez, qui a été remplacé seulement au bout de cinq mois – à l’époque, Tom Evans avait publié des photos dudit matériel, dont l'intérieur s'était révélé couvert de moisissures.

C'est après son extubation, toujours selon La Nuova Bussola, qu’Alfie a été soumis à un traitement indigne. Alors que ses poumons avaient pris l'habitude d'être dilatés mécaniquement depuis une si longue période, il aurait fallu le sevrer doucement plutôt que de lui arracher le ventilateur de manière brutale, afin de ne pas provoquer sa mort immédiate. Il ne reçut pourtant aucun secours, même lorsqu'il a contracté une nouvelle infection pulmonaire après l'arrêt du ventilateur.

Un médecin italien en lien avec Tom Evans lui a alors dit qu’Alfie devait recevoir des antibiotiques, qui lui furent également refusés. Malgré cela, le petit garçon a continué de respirer de manière autonome pendant plusieurs heures après cet arrêt de l'assistance respiratoire à 21:15 heure locale, le lundi 23 avril.

Face à cette situation, Thomas Evans a lancé un appel pour qu'on apporte de l'oxygène à l’hôpital. Ce fut fait mais impossible d'y pénétrer en raison du barrage policier…  L'un des avocats de la famille, que le jeune père venait d'appeler de manière désespérée, est arrivé à ce moment-là : Pavel Stroilov a pu passer le barrage. Plusieurs personnes, dont l'une portant  un masque à oxygène, ont essayé de profiter de l'instant pour passer avec lui, sans succès. Mais cette femme a eu l'idée de lancer le masque par-dessus la rangée de policiers pour que l'avocat puisse l'attraper et le remettre aux parents d’Alfie. C'est à partir de ce moment-là qu'il a reçu cette aide à respirer, lui qui selon l’avocat de l’hôpital, Michael Mylonas, devait mourir dans les minutes suivant son extubation, ainsi qu'il l’avait dit lors de la dernière audience devant le juge Hayden.

Les médecins de l'hôpital ont alors essayé d'enlever le masque à oxygène au petit garçon, au motif qu'il ne s'agissait pas de matériel hospitalier propre à Alder Hey, et ce par deux fois. Tom Evans a fini par obtenir gain de cause en soulignant que le protocole de mort approuvé par le juge Hayden ne parlait ni de privation d'oxygène ni d'arrêt de la nourriture. C'est en invoquant ce même fait qu'il a fini par obtenir que son fils soit nourri – mais seulement 36 heures après l’extubation,  un délai interminable pour cet enfant qui avait déjà subi le choc de l’arrêt violent de sa  ventilation. Nourriture maintenue au niveau minimal, mais Alfie a continué de vivre, protégé des médecins par ses parents, ouvrant les yeux de temps en temps et faisant preuve de réactions.

La Nuova Bussola affirme qu'en échange d'une promesse de Tom de ne plus parler à la presse, l’hôpital Alder Hey s'est alors engagé à donner à Alfie davantage d’oxygène et d'assistance pour ses fonctions vitales. Peu après minuit, le samedi 28 avril, Alfie affichait une saturation oxygène de 98 pour 60 battements de cœur par minute, et sa situation était tellement stable que le jeune père espérait pouvoir ramener son fils à la maison dans de brefs délais – comme l'administration de l'hôpital le lui avait dit le vendredi après-midi.

Selon LifeSiteNews, qui cite une source proche de la famille Evans (celle-ci n'ayant pas répondu aux demandes de commentaires présentées par le site pro-vie) Tom a alors été convoqué à une réunion au beau milieu de la nuit, inhabituelle, et il s'est absenté de la chambre. C'est alors, comme l’affirme aussi La Nuova Bussola,  qu'une infirmière est entrée dans la pièce où la maman d’Alfie, Kate James, somnolait, et où se trouvait un autre membre de la famille. L'infirmière a annoncé qu'elle allait administrer quatre médicaments à Alfie, sans préciser lesquels. Cela a été fait par injection, selon LifeSite.

A peine 30 minutes plus tard, le taux de saturation en oxygène d’Alfie était tombée à 15, et deux heures plus tard, il était mort.

Des médecins consultés par LifeSiteNews affirment ne pas comprendre pourquoi l’enfant  aurait reçu quatre médicaments différents. On pourrait expliquer l’administration d'un ou deux médicaments, pour sédater l’enfant ou combattre la douleur s'il était en état de détresse. Qu'il y en eût quatre leur paraît « mystérieux ». Ils recommande des analyses toxicologiques indépendantes.

 Ce que l'on sait, c'est qu'avant l’extubation d’Alfie, les médecins d’Alder Hey avaient signifié aux parents dans un document juridique qu'ils avaient l'intention d'utiliser un cocktail médicamenteux comprenant du Midazolam et du Fentanyl au titre du « plan de fin de vie » d’Alfie : ce sont des médicaments qui entraînent une dépression respiratoire. Tom Evans avait parlé à l'époque de « plan d’exécution »  de son fils.

Un généticien italien cité par La Nuova Bussola a souligné dans un premier temps que la privation de nourriture assurerait à elle seule qu’Alfie ne puisse survivre longtemps : Bruno Dalla Dallapiccola a expliqué ainsi que sans nourriture par goutte-à-goutte, on ne pouvait certes dire combien de temps Alfie pourrait tenir, mais qu'il s'agissait en tout cas, qu'il respire ou non de façon indépendante, d'une « urgence ».

Dans une affaire qui a scandalisé le Royaume-Uni en 2012, une infirmière à Alder Hey a parlé de sa détresse lorsqu'un garçon de 14 ans mourant du cancer a connu une fin épouvantable parce que, privé d'hydratation, il souffrait de la soif, la langue collée au palais…

Mercredi, deux jours après le retrait de la ventilation d'Alfie, un autre généticien italien réputé, Angelo Selicorni,  se posait des questions sur le fait de savoir si Alfie été réellement en phase « terminale » étant donnée la durée de sa survie malgré l'assistance respiratoire : « Détaché des machines, l'enfant a résisté pendant des heures sans avoir la moindre intention de mourir », soulignait-il.

Voilà autant de questions auxquelles il faudrait que l’hôpital apporte une réponse.  Mais il ne faudra pas trop y compter : la mort d’Alfie était réellement recherchée et l'administration de médicaments pour la hâter dans ce type de situation n'est que trop habituelle. L'euthanasie est déjà bien plus largement parmi nous que le corps médical ne veut l'admettre.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

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