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30 juin, 2026

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel


La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel

loi aide mourir solennellement
 

A deux jours de l’adoption solennelle de la loi sur l’aide à mourir par l’Assemblée nationale, la manifestation de la société civile convoquée à Paris dimanche après-midi n’a guère déplacé les foules. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées place Vauban pour un événement sonorisé, un show. Comme on en fait aujourd’hui pour donner un caractère joyeux à la défense de la vie… A l’ère de l’Homo Festivus, on met de la ouate autour du tragique.

Peut-être les foules n’étaient-elles pas présentes parce que, de toute façon, le vote pour la loi créant un droit à « l’aide à mourir » ne fait guère de doute : il faudrait un miracle.

Les calamités publiques ne sont plus ce qu’elles étaient. C’est comme si la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, dans sa gravité radicale, n’était dans l’esprit de nombre d’opposants qu’une péripétie supplémentaire de la culture de mort, et non une transgression, une révolte assumée contre les droits de Dieu.

 

La loi sur l’aide à mourir, une étape, pas une rupture

Certains nous parlent tout de même du fait que la loi marque une rupture civilisationnelle en ce qu’elle permet de mettre à mort un être humain, notre semblable. Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate présent à la manifestation de dimanche, a déclaré au micro du Figaro que, contrairement à ce qu’on nous raconte, cette loi porte bien atteinte au droit de chacun :

« Si, ça m’enlève quelque chose. Je ne suis plus protégé par le fait que personne n’a le droit de me tuer, quelles que soient les circonstances. Là, on est en train d’entrebâiller une porte en disant, comme d’habitude, qu’on encadre, qu’on met des procédures, des protocoles et des tas de choses pour rassurer tout le monde. Mais comme disent les logiciens : il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. Quand elle est entrebâillée, elle est ouverte. A partir du moment où on accepte l’idée qu’il y a des circonstances dans lesquelles on peut tuer son prochain en dehors des situations de légitime défense, c’est l’intégralité du corps social qu’on fragilise. C’est l’intégralité de nos existences individuelles qu’on rend plus faibles. »

Ce n’est pas faux, mais que c’est incomplet ! Cela fait plus de 50 ans qu’en France on peut sans être poursuivi ôter la vie à son prochain en dehors des situations de légitime défense. Et c’est une liberté que la Constitution garantit désormais. Car qu’est-ce que l’avortement légal, sinon la possibilité de tuer un être humain dont la seule particularité est d’être encore dans le sein de sa mère ? La rupture civilisationnelle a été consommée au début de 1975, avec l’entrée en vigueur de la loi Giscard-Chirac-Veil. Comme devraient dire les logiciens : il faut qu’une chose soit rompue ou pas. La déchirure est là, actée dans les lois, aggravée sans doute, mais le pas a déjà été franchi. La France, comme tant d’autres nations, s’est emparée d’un droit de vie et de mort sur l’innocent. Avec la loi sur l’aide à mourir, nous sommes dans une simple continuité, dans un processus d’effondrement des lois, et de révolution dans la manière dont on est sommé de considérer son semblable : comme un être dont la vie peut être « interrompue » (mais c’est un interrupteur à sens unique), ou délibérément achevé par « compassion » (ou par souci d’économie, ne l’oublions jamais).

Les consciences sont émoussées, procurer légalement la mort est déjà devenu banal, et revendiquer la chose comme un droit est considéré comme une affaire ouverte au débat. (Mais honneur à Patrick Hetzel, Bas-Rhin, LR, qui a déposé une motion de rejet préalable visant à s’opposer carrément à son examen.)

 

L’aide à mourir, une bienveillance ?

Et comme nous sommes dans la société de la bienveillance, le débat est désormais gazé, adouci, soucieux d’éviter tout ce qui peut paraître frontal. On ne tonne pas dans l’hémicycle : « Tu ne tueras point l’innocent », car les droits de Dieu en sont sortis il y a bien longtemps à la faveur de la Déclaration des droits de l’homme sans Dieu.

On nous a parlé de soins palliatifs, de soulagement de la douleur, de véritable aide à mourir qui consiste à soigner avec amour ceux qui souffrent, pour ceux dont l’agonie se prolonge, pour les malades qui n’en peuvent plus. C’est important et c’est bien. Mais réfléchissons aussi au paradoxe : c’est précisément au siècle où la gestion de la douleur atteint des possibilités inégalées que l’on cherche à légaliser la fin de vie choisie. En d’autres siècles, avec leurs agonies souvent autrement plus affreuses, cela n’a jamais été à l’ordre du jour. L’idée même de la portée morale de nos actes et de leur adéquation avec un ordre qui nous dépasse et nous transcende est devenue insupportable, en tout cas dans son expression sur la place publique politique.

Cette proposition de loi Falorni, après sa troisième lecture par l’Assemblée, sera très probablement rejetée par le Sénat. Elle entrera toutefois rapidement en vigueur parce que le gouvernement, au terme d’une procédure expédiée dans l’urgence pour exécuter les désirs d’Emmanuel Macron, prendra acte de ce que les députés doivent avoir le dernier mot. Son adoption définitive est donc prévue pour le 15 juillet. Jour à marquer d’une croix noire…

 

L’essentiel, dans la loi sur l’euthanasie, est la transgression

Les élus qui s’y sont opposés auront manifesté leur volonté que cela ne se fasse jamais. Mais à la manière des avocats, plaidant aussi avec des sous-arguments, parfois avec des arguments inversés, si « par extraordinaire » leur raisonnement principal était rejeté… Comme l’élu Les Républicains, Thibault Bazin, affirmant samedi lors de sa dernière intervention à l’Assemblée que les critères finalement retenus ne sont « pas assez stricts », la procédure « pas assez encadrée », les « délais trop courts » et les « garanties insuffisantes pour les personnes faisant l’objet de mesures de protection ».

Parce que tout cela peut l’être assez ? Peut-on voter une loi légalisant le suicide assisté et l’euthanasie de manière satisfaisante ? Je sais bien que face à une loi comme celle-là, il est légitime d’essayer d’en limiter les effets et les dispositions les plus néfastes. Mais fatalement, on arrive à l’idée que la chose elle-même serait acceptable à condition de prévoir un encadrement strict. C’est bien comme cela qu’a été adoptée la loi sur l’avortement, et que l’on perd de vue qu’elle est intrinsèquement perverse. C’est comme cela qu’on finit par avoir l’impression d’avoir sauvé quelques meubles, et que l’incendie paraît moins grave.

On pourra se réjouir, certes, de ce qu’en troisième lecture ait été retirée la mise en place un nouveau délit d’empêchement d’accès à l’aide à mourir, calqué sur l’entrave à l’IVG. C’était la disposition la plus outrancière de la loi, puisqu’elle punissait d’amende et de prison celui qui chercherait à convaincre un proche ou un lointain de ne pas se supprimer ou de ne pas se faire supprimer lui-même.

A également été retirée la disposition qualifiant un décès dans le cadre de cette loi, de mort naturelle. C’est un petit mensonge de moins dans un torrent de mensonges sur le bien et le mal.

 

L’aide à mourir, assassinat

Alors que l’amendement RN qui, au nom du serment d’Hippocrate, disposait que le médecin ne pourrait jamais administrer lui-même la substance létale, adopté mardi soir à la faveur d’une reprise de séance quasi déserte, a fait samedi l’objet d’une deuxième délibération au nom de la « cohérence » du texte, et un amendement contraire a été adopté. En revanche, et là encore, c’est une petite machine arrière vis-à-vis de la volonté de LFI et des écologistes, il a été décidé que le patient ne pourrait avoir recours à l’intervention du médecin qu’en cas d’impossibilité physique, et non par simple choix. C’est marginal et décoratif, car la complicité dans l’assistance au suicide pèsera de toute façon sur le médecin prescripteur du poison mortel.

La loi aurait pu être encore pire, admettons-le. Mais une fois qu’on légalise cette complicité et même, dans certains cas, l’assassinat direct, le seuil de l’horreur est déjà franchi.

Et ce qui est plus grave encore : le législateur a réaffirmé que c’est à l’homme de décider de la vie ou de la mort d’autrui, ou de la sienne propre. Sommes-nous propriétaires de nos vies ?

Malheur à celui qui le croit…

 

Jeanne Smits




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19 septembre, 2015

La Chambre des représentants des Etats vote la fin des subventions au Planning familial à la suite des vidéos de trafic d’organes de fœtus

Planned Parenthood privé de subventions publiques aux Etats-Unis ? Ce serait l’asphyxie pour le principal pourvoyeur d’avortements du pays, et pourtant les membres de la Chambre des représentants n’ont pas hésité à voter cette mesure, vendredi, dans la foulée de la publication des vidéos qui révèlent un trafic d’organes de fœtus avortés auquel se livrent de multiples cliniques du Planning familial. Si le Sénat devait confirmer le vote – chose peu probable toutefois – ce seraient 235 millions de dollars économisés chaque année. Les élus leur ont donné une destination : la subvention des Federally Qualified Health Centers qui proposent des soins dans le cadre des programmes MediCare et MedicAid dans l’ensemble des Etats-Unis.
Les FQHC sont treize fois plus nombreux que les centres du Planned Parenthood, assurant un maillage bien plus serré du territoire, y compris en zone rurale, et ils reçoivent huit fois plus de patients pour toutes sortes de soins – hormis l’avortement, toutefois. Les 700 centres de Planning familial ont réalisé quant à eux 327.653 avortements en 2013. Même si les subventions publiques qui leur sont accordées ne sont pas censées couvrir les frais des avortements, elles maintiennent pourtant ces centres en activité et concourant ainsi indirectement au massacre des tout-petits.
Le vote des Représentants aura été sans appel : la proposition « Cessez de subventionner Planned Parenthood » (Defund Planned Parenthood Act of 2015) a recueilli 241 votes pour, 187 contre : trois Républicains ont voté contre la mesure, mais deux Démocrates ont rejoint les rangs des « pour ».
Il s’agit d’une mesure provisoire qui resterait en vigueur dans l’attente des conclusions de l’enquête du Congrès pour établir si la récolte et la distribution d’organes de bébés avortés par le Planned Parenthood contrevient aux lois fédérales qui empêchent que ces pratiques se fassent à titre onéreux. L’enquête déterminera également si, comme le suggèrent les vidéos mises en ligne par le Center for Medical Progress, des procédures interdites comme l’avortement par naissance partielle ont été utilisées pour assurer la « qualité » des organes et des  fœtus eux-mêmes, ou si des restrictions propres à certains Etats ont été contournées.
L’élue Marsha Blackburn a indiqué qu’il s’agissait de « protéger les plus vulnérables », avec tout le paradoxe que cela suppose : après tout, les bébés avortés sont déjà morts au moment de la « récolte » d’organes et si celle-ci est particulièrement révoltante, l’avortement lui-même l’est encore bien plus. Mais il s’agit de faire respecter au moins les lois telles qu’elles existent en ce qu’elles reconnaissent un statut spécifique à l’enfant à naître. Et plus encore, d’empêcher le Planning familial de se livrer, avec une désinvolture qui en dit long, à des trafic aussi odieux.
Une autre loi votée vendredi par la Chambre des représentants des Etats-Unis qualifie d’« assassinat » (meurtre avec préméditation) le fait de tuer un enfant né vivant en ayant survécu à une tentative d’avortement.
Ni l’un ni l’autre texte ne devrait passer l’obstacle du vote au Sénat ; de nombreux leaders provie et un groupe de près de 30 représentants républicains provie auraient préféré voir la proposition rattachée au texte sur le budget fédéral qui sera voté d’ici à la fin du mois.
Du côté du Sénat, on craint notamment une tactique de blocage de la part des Démocrates pour protéger les subventions au Planning en menaçant de geler les activités du gouvernement des Etats-Unis par le biais d’un veto présidentiel. Déjà utilisée, cette tactique relève de l’« extrémisme politique », s’insurge le représentant républicain Tim Huelskamp : « Prendre tout le gouvernement en otage pour protéger un seul intérêt, spécialement lorsqu’il s’agit du massacre à grande échelle d’enfants à naître et de la vente de leurs organes au plus offrant. »
Les défenseurs du Planned Parenthood se répandent en dénonçant les méchants provie qui veulent l’empêcher de fournir à des millions de femmes les soins gynécologiques qu’elles ne pourraient obtenir ailleurs. En 2012, Obama avait affirmé que les femmes « comptent » sur les centres de Planning pour obtenir des mammographies.
Abby Johnson, ancienne employée du Planning qui s’est convertie grâce à la proximité et à l’amabilité d’équipes provie, propose de démontrer une nouvelle fois qu’il s’agit d’un mensonge, en invitant les femmes à demander un rendez-vous pour une mammographie auprès du Centre du Planned Parenthood le plus proche de chez elles. Aucun ne dispose du matériel nécessaire…

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02 août, 2015

L’Eglise du Chili lance une offensive contre l’avortement en interpellant les élus catholiques deux jours avant le vote

Alors que la Commission de la santé du parlement chilien s’apprête à voter, mardi, sur la légalisation de l’avortement « thérapeutique » au nom de trois exceptions que le gouvernement socialiste de Michelle Bachelet souhaite voir reconnaître, cinq évêques catholiques du Chili ont publié des pleines pages dans la presse chilienne pour mettre les élus devant leurs responsabilités. Deux jours avant le vote, ils les ont interpellés au nom de la cohérence : « Les législateurs catholiques ont la grave responsabilité de permettre ou non que cette législation de mort soit introduite », écrivent-ils. Leur démarche s’inscrit dans le cadre d’autres initiatives de l’Eglise catholique qui récuse la légalisation de l’avortement en cas de danger pour la vie pour la mère, de non viabilité du fœtus et de viol.


Sous la signature de NNSS Francisco Javier Stegmeier, de Villarrica, Felipe Bacarreza, de Los Ángeles, Carlos Pellegrín, de Chillán, Jorge Vega, de Illapel, y Guillermo Vera, de Iquique, le texte s’intitule Demande urgente de cohérence aux législateurs catholiques.
Dans un des seuls pays au monde qui ne prévoit aucune exception à la pénalisation de l’avortement – et qui, accessoirement, affiche le taux de mortalité maternelle le plus bas de l’Amérique latine, et l’un des plus bas au monde – la tentative de mettre en place d’exceptions très limitées n’a pas trompé les mouvements pro-vie et encore moins l’Eglise qui refuse tout discours relativiste en la matière.
Les cinq évêques, dont l’initiative vient s’ajouter à d’autres de la Conférence épiscopale, qualifient le projet d’« injuste, arbitraire et immoral ».
« Il ne sera permis à aucun catholique de voter pour eux, conformément  ce qu’affirme l’enseignement du Magistère sur l’illicéité morale de donner sa voix à des projets ou à des candidats qui favorisent l’avortement », affirme le long texte qui s’appuie sur l’Ecriture sainte et les déclarations des papes.
Pour que les choses soient bien claires, ils ajoutent : « Il relèvera de notre obligation de pasteurs que d’avertir nos fidèles de ce que, indépendamment des légitimes options politiques de chacun, ils tomberont eux aussi sous le coup de l’interdiction morale de donner leur voix à un candidat qui aura soutenu le projet d’avortement. »
Affirmant ne pas pouvoir se taire devant le « crime », ils rappellent que le projet actuel ouvre la voie à « une forme de légalisation de l’avortement libre », et qu’il aurait pour effet de « déformer gravement la conscience des Chiliens en les laissant insensibles devant ce crime ». La « malformation » du fœtus, la grossesse résultant d’un viol, la mise en place de délais « arbitraires » n’y changent rien, rappellent-ils : le « moyen » de l’avortement est un mal et ne peut être justifié par aucune fin.
Les évêques rappellent aussi que les catholiques ne peuvent s’abriter derrière « l’autonomie » de leur conscience : celle-ci doit « se conformer à la vérité ». « Pour ce qui est du chrétien, cette vérité, c’est le Christ. La conscience, lorsqu’elle est formée de manière droite, ne doit pas soutenir ces initiatives législatives parce qu’elles sont contraires à la loi du Créateur », affirment-ils.
De son côté, la Conférence épiscopale a publié un communiqué rappelant « avec force » aux « législateurs chrétiens » leur « devoir de promouvoir des lois justes et de ne pas collaborer avec une loi d’avortement » – un devoir auquel il ne peuvent ni « renoncer » ni « se soustraire ».

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...