30 septembre, 2014

Marisol Touraine est contente : “les droits progressent”

On va faire des économies sur la branche famille, les allocations familiales aux adolescents, le congé parental, mais jamais on n'a vu autant les droits progresser ! C'est Marisol Touraine qui tweete…



Sûr qu'avec la contraception et l'avortement remboursé à 100 %, la branche famille va aller mieux. Genre : salut vieille branche, tu profites bien de ta retraite?

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29 septembre, 2014

Espagne : un évêque pose les vraies questions sur l'avortement

Trouvé sur Religion en Libertad, ce texte décapant d'un évêque émérite espagnol, Mgr José Gea Escolano, parti comme missionnaire au Pérou. Lisez-le jusqu'au bout : chaque question posée par cet homme au franc-parler revigorant est importante. Il s'était exprimé sur le projet de loi Gallardon en soulignant qu'il ne clarifiait rien, puisqu'il partait comme la loi Zapatero du principe que le gouvernement a le droit de laisser supprimer une vie innocente.  – J.S.

Marche avant ou marche arrière pour la loi sur l'avortement ?

Le thème de l’avortement est d’actualité. On parlait beaucoup ces derniers jours de la question de
savoir si la loi d’avortement du gouvernement Zapatero allait être modifiée, si on allait la laisser telle quelle, si la promesse du PP allait s’accomplir, si le PP va perdre beaucoup de voix en faisant marche arrière, s’il faut rechercher un consensus… Ce qui est certain, c’est que le Président a dit qu’il retirait le projet de loi, qu’il est parti pour la Chine et qu’immédiatement, le ministre de la Justice a démissionné.
Les partisans de l’avortement semblaient attendre la réforme de la loi pour pouvoir se jeter comme des hyènes furieuses dans la mêlée pour défendre l’avortement, et d’autres semblaient espérer que la réforme ne soit pas mise de côté parce qu’en ce cas ils cesseraient de voter pour le PP. On allait vers un vrai bazar. Chacun sait à quoi s’attendre et se prépare en conséquence.
Dans cet article je me propose de poser juste quelques questions pour que chacun y réponde en cherchant la vérité, en laissant de côté ce qui relève de ma vérité et de ta vérité, parce que la vérité est une et qu’elle coïncide avec le bien ; et le bien n’est ni à moi ou à toi, c’est le bien commun.
Allons-y donc pour les questions :
1. Qu’est-ce que l’avortement ? L’élimination de la vie d’un être humain pendant qu’il grandit dans le sein maternel. Non ?
2. Le gouvernement a-t-il la faculté de permettre la destruction d’un être humain conçu mais pas encore né, c’est-à-dire du nasciturus ? Il croit l’avoir depuis 1985 où il a commencé à s’arroger la faculté de supprimer des vies humaines innocentes.
3. Ce qu’il y a dans le ventre d’une femme enceinte, est-ce ou non un être humain, l’enfant de la femme qui l’engendre ? Et si c’est d’une femme, qu’est-ce ? Certainement pas un petit chevreau !
4. La femme a-t-elle le droit d’avorter son enfant ? Parce que, une fois avorté et même si on appelle par euphémisme l’avortement « interruption volontaire de la grossesse », ce qui est avorté n’est-il pas définitivement un enfant mort ?
5. Le père ne compte-t-il pour rien par rapport à l’avortement, ou non, de son enfant ? Le père n’a-t-il pas droit à son enfant ? Pourquoi la loi ne le protège-t-elle pas pour qu’il exerce son droit de paternité s’il veut empêcher l’avortement ?
6. Selon l’actuelle loi d’avortement, toute femme ne peut-elle pas avorter, comme ça, parce que, sans plus, parce qu’elle en a envie ? C’est bien qu’on lui a reconnu le droit de tuer son enfant, comme si cette vie était sa propriété.
7. Pour beaucoup, l’avortement, c’est le progrès ; mais le progrès vers où ?
8. Si ce que cherche notre gouvernement, c’est le consensus, si l’on pouvait s’adresser l’enfant pour qu’il y ait un consensus, que dirait-il ?
9. Si nous savons tous que des lois assassines ont été votées par des majorités parlementaires (rappelons-nous Staline ou Hitler et tant d’autres monstrueux génocides), pourquoi tolérons-nous, impassibles, que l’on approuve des lois perverses et pourquoi ne condamnons-nous pas les milliers d’avortements qui se commettent en Espagne ?
10. D’où pensent-ils qu’un gouvernement peut obtenir le droit de permettre que n’importe qui puisse supprimer légalement les vies innocentes des plus faibles et sans défense dans le sein maternel ?
11. Serait-il juste de faire approuver par la majorité le droit de la femme maltraitée par son mari ou son compagnon de le tuer comme un injuste agresseur ? Et le bébé, lui, n’attaque ni ne blesse sa mère, il lui donne juste des petits coups de pied pour attirer son attention à mesure qu’il grandit.
12. Les soi-disant gens de progrès qui approuvent l’avortement, toléreraient-ils qu’on enlève la vie à l’un de leurs enfants ? Lequel : le nouveau-né, celui de deux ans qui n’arrête pas de pleurer, ou l’adolescent qui va boire en troupeau dans la rue ?
13. Si on ne peut pas tuer l’enfant handicapé qui vient de naître, pourquoi peut-on le tuer avant qu’il naisse ?
14. Un Président du gouvernement comme l’actuel qui, avec la majorité absolue, maintient une loi par laquelle s’autorise la suppression de milliers et de milliers de vies humaines innocentes, à qui ressemble-t-il le plus, à Hérode, à Esaü vendant son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, ou à Judas, qui a vendu Jésus pour 30 pièces d’argent ?
15. Si le motif pour ne pas changer la loi d’avortement a été l’absence de consensus, M. le Président pense-t-il qu’il viendra plus tard, qu’ils gagnent ou qu’ils perdent les futures élections ?
16. Et comment ont réagi ces ministres du gouvernement de Rajoy qui se déclarent publiquement catholiques ? Croient-ils qu’ils peuvent continuer de collaborer comme membres du gouvernement à l’« holocauste silencieux » de l’avortement ? Ne sont-ils pas coresponsables ?
17. Que dirait l’enfant à sa mère si elle se convertissait par la suite et que, étant pardonnée, elle allait au ciel ? Je crois qu’elle lui dirait quelque chose comme ceci : « Maman, combien j’ai eu envie de te serrer très fort dans mes bras. Dès que je suis venu au ciel, j’ai dit au Père, en imitant Jésus : Père, pardonne à ma maman car elle ne sait pas ce qu’elle a fait. »
Mgr José Gea Escolano
Mgr Gea, né en 1929, a été évêque d’Ibiza et de Mondoñedo-Ferrol. Parti à la retraite en 2005, il est parti comme missionnaire au Pérou au nord de Lima, dans une paroisse où il confesse en moyenne six heures tous les dimanches, et quelques heures chaque jour de la semaine.
 Il anime sur Religion en Libertad le blog « Un obispo opina ».

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28 septembre, 2014

France : un pas vers la PMA pour les homosexuels

A lire en v.o. anglaise sur LifeSite.

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Comme Ban Ki-moon, faites-vous photographier avec une pancarte anti-homophobe !



A l'Assemblée générale des Nations unies qui se tenait cette semaine à New York, les dirigeants mondiaux, les employés de l'ONU et les visiteurs ont été invités à se faire photographier avec une pancarte afficheant leur soutient à lutte contre l'« Homophobie ».

C'est au pied de l'escalier d'apparat près de l'entrée principale qu'ils ont pu faire une halte au photomaton installé à cet effet pour faire comme Ban Ki-moon : le secrétaire général de l'ONU avait donné l'exemple le 17 mai dernier à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie et lk la transphobie. 

Le photomaton était opérationnel de 9 h à 18 h. Chaque utilisateur était assuré de recevoir non seulement l'impression « papier » de sa photo mais aussi sa version électronique par courriel ou par les réseaux sociaux.

L'histoire ne dit pas si l'on pouvait se faire tirer ainsi le portrait gratuitement ou si – comme dans n'importe quel photomaton du monde – il fallait payer son écot. Ni si le gadget a eu du succès.

Ce qui est sûr, c'est que l'affaire a mobilisé du monde. « Cette initiative est le résultat d'une collaboration entre le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) et le Groupe inter-régional LGBT », assure le communiqué officiel.

Ce groupe comprend l'Argentine, le Brésil, la Colombie, la Croatie, El Salvador, Israël, le Japon, le Monténégro, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, l'Uruguay, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l'Union européenne et, bien sûr, la France.

Un mot sur le « message » : « Les droits de l'homme sont pour tous = qui que vous soyez ou qui que vous aimiez. » Bien sûr : droit de ne pas être traité injustement, droit de ne pas être torturé, persécuté, de ne pas subir de violences… Mais derrière les bons sentiments, il y a le militantisme pour des droits LGBT : droit à l'union civile, au « mariage », à la procréation, etc, toujours au nom de l'« égalité ».


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27 septembre, 2014

France : le congé parental des mères réduit à 18 mois ?

J’ai eu sans le savoir le nez creux en publiant ici hier mon article sur la loi « égalité femmes hommes » écrit au moment du vote de la loi, en juillet dernier. La nouvelle est tombée il y a quelques minutes : dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards d’euros, le gouvernement envisagerait de réduire de le congé parental qui serait désormais limité à 18 mois pour la mère, contre 3 ans avant le vote de la loi.
Ce congé de trois ans est proposé à partir du deuxième enfant et rencontre un succès qui dérange : il coûte cher, et en outre il perpétue l’idée que les femmes sont contentes de rester à la maison, affreux passéisme.
La loi d’égalité prévoyait que la totalité du congé ne pouvait être pris qu’au cas où le père – pardon, « l’autre parent » – en prendrait six mois. C’était déjà une négation du rôle spécifique de la mère auprès des très jeunes enfants, mais comme après tout il y a maintenant des « familles » avec « deux papas », tout cela était cohérent. Avec l’idéologie du genre surtout.
Mais il faut l’être encore davantage. Selon Le Parisien, c’est au nom du « principe d’égalité » que le gouvernement fera lundi l’annonce de ce nouveau pas vers l’« égalité réelle ».
Personne n’est dupe : si la volonté idéologique du gouvernement Valls ne fait aucun doute, le motif premier est économique. Tout le monde sait bien que dans la vraie vie, les pères ne sont pas nombreux à vouloir ou à pouvoir interrompre leur activité professionnelle pour s’occuper de la maison et des enfants. L’hypocrisie est là : le gouvernement table sur les « stéréotypes de genre » pour anticiper un marge désintérêt des pères pour ces 18 mois de congé qui leurs seraient généreusement offerts – avec 300 à 400 millions d’euros économisés sur la « branche famille ».

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Canada : acquittement d’une femme qui a caché le corps de son nouveau-né

Une Canadienne accusée d’avoir recelé le corps de son enfant nouveau-né en le plaçant dans un sac plastique sur le balcon de son appartement, en 2006, a été acquittée au motif qu’elle avait pu pratiquer un auto-avortement et que son bébé était peut-être mort-né. Etant donné que l’auto-avortement est dépénalisé au Canada, quel que soit le stade de la grossesse – en l’occurrence il s’agissait d’une petite fille à terme – le juge a estimé que la « possibilité raisonnable » que les choses se soient passées ainsi lui interdisait de sanctionner le recel.
L’état de décomposition du petit corps a interdit de déterminer si le bébé était né vivant. Le médecin légiste a affirmé ne pas pouvoir affirmer avec certitude que  la petite fille n’était pas morte avant la naissance, ni qu’elle n’avait pas pu mourir à la suite d’une prise de drogues par sa mère, une strip-teaseuse toxicomane.
En revanche il était établi que la jeune femme avait cherché à obtenir un avortement tardif dès le 5e mois, sans s’y résoudre, ce qui, selon le juge, établit le fait qu’elle avait le désir et le motif de pratiquer un auto-avortement lorsque son enfant est arrivé près du terme.
« L’effet pratique de la loi, tel que je le vois, est que toute femme peut détruire son fœtus à terme ou près de son terme et peut induire un avortement de ce fait, et faire ce qu’elle veut des restes sans encourir de sanction pénale », a estimé le juge Toni Skarica du tribunal de Brampton, Ontario. Il poursuit :
« Franchement, je trouve cela profondément perturbant et même répugnant selon n’importe quelle aune morale. Cependant je suis lié par la loi telle que l’interprète la Cour suprême du Canada. Je pourrais ajouter : n’était cette possibilité raisonnable d’un auto-avortement je n’aurais aucune hésitation (…) à condamner l’accusée. Vous, Ivana Levkovic, avez attiré la honte et le rejet de la communauté sur votre personne. Cependant, étant données les preuves apportées et la loi, la Couronne n’a pas prouvé son accusation au-delà du doute raisonnable. Je dois donc vous dire non coupable. … Vous êtes acquittée. Vous êtes libre de partir. »
Où l’on sent que le juge n’est pas ravi de juger ainsi… Mieux, il met en évidence – volontairement ou involontairement, qui le saura ? – la répugnance d’une loi qui autorise une femme à tuer son enfant jusqu’au terme de sa grossesse, et son incohérence aussi : pourquoi la condamner dans le cas où elle tue son enfant né vivant ?
L’avocat d’Ivana Levkovic a déclaré à la presse que les poursuistes judiciaires à l’encontre de sa cliente « constituaient une ingérence indue sur les choix reproductifs d’une femme » : « Il n’y a pas de limite légale quant au moment ou la manière dont une femme exerce son droit à l’avortement au Canada (…) et nous sommes en droit de nous appuyer sur la loi telle qu’elle est. »
Ivana Levkovic a été impliquée dans une autre affaire : un de ses anciens amants et souteneurs, Mark Hinds, avait témoigné à la police en 2005 que trois ans plus tôt, la jeune femme avait donné naissance à un enfant dans leur appartement, attestant qu’il était présent à la naissance, que l’enfant avait bougé et fait du bruit et que sa mère l’avait laissé dans les toilettes jusqu’à ce qu’il arrête de le faire. Une fois mort, selon Hinds, Ivana Levkovic avait placé le corps dans un sac-poubelle qu’elle avait gardé au congélateur pendant trois ans, jusqu’à ce que Hinds avait trouvé un ami pour se débarrasser du sac en le jetant dans le fleuve Humber. Hinds est mort en 2006 et l’affaire n’a pas eu de suites judiciaires.
Tout cela a le mérite de montrer le lien intime entre avortement et infanticide :  un lien qui aboutit « à l’extension du “droit à l’avortement” », ainsi que le met régulièrement en évidence Yves Daoudal sur son blog.

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26 septembre, 2014

La loi d'égalité femmes hommes de Najat Vallaud-Belkacem

La loi sur « l'égalité réelle entre les femmes et les hommes » a été votée cette été à la toute fin de la session parlementaire, pour être promulguée symboliquement le 4 août. Le fait qu'elle a été peu commentée, la nomination de celle qui l'a portée, Najat Vallaud-Belkacem, comme ministre de l'éducation nationale, et la gravité de ce texte m'ont incité à vouloir publier ici l'article que j'avais écrit fin juillet pour Monde & Vie, je le fais avec l'aimable autorisation de Jean-Marie Molitor, directeur de cette revue catholique. Le site est ici et pour s'abonner, c'est par  (il y a des offres spéciales pour les nouveaux abonnés). 

Pour le parlement,  l’égalité « femmes-hommes » passe par l’avortement et le genre


Le gouvernement a profité de l’été pour faire passer la « loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes », adoptée définitivement le 23 juillet, aux derniers jours de la session parlementaire extraordinaire. Face à ce texte à forte saveur idéologique, et qui va jusqu’à faire de l’IVG un droit que n’« excuse » même plus la « détresse », il ne se sera trouvé aucun député pour voter contre. Vacances ?

*

Aucun vote contre la loi d’égalité « femmes-hommes » – attention à ces mots, l’ordre est celui du texte ! –, voilà ce que l’on retiendra d’abord d’un projet adopté à marches forcées parce qu’il joue un rôle majeur dans l’entreprise de révolution sociétale engagée par François Hollande et ses gouvernements successifs depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir.

Il n’a donc pas rencontré d’opposition sérieuse. Quelques députés UMP l’ont même voté ; les autres – ceux qui étaient présents en cette fin de mois de juillet – se sont abstenus. Et Gilbert Collard, Marion Maréchal Le Pen, Jacques Bompard ? Sans doute n’étaient-ils pas là. Qu’auraient changé trois voix con­tre, pourraient-ils observer. Ce n’aurait été effectivement que pour l’honneur…

Ce vote doublé d’une abstention quasi consensuelle en dit long sur le terrorisme intellectuel qui régit ces questions. On ne vote pas « contre » l’égalité. C’est impossible. Cela fait de vous d’emblée un contre-révolutionnaire. Egalité, que de crimes on commet en ton nom !

Le crime est bien là, oui. Il est au cœur de la loi et dans l’entière logique de la loi : au nom de l’égalité, celle-ci vise à faciliter l’accès à l’avortement.

L’IVG, un droit

L’article 24 du texte définitif le dit de manière laconique : « A la première phrase de l’article L. 2 212-1 du même code (de la santé publique), les mots : “que son état place dans une situation de détresse” sont remplacés par les mots : “qui ne veut pas poursuivre une grossesse”. »
La « justification » de l’avortement disparaît : justification de façade, certes, destinée à faire accepter l’inacceptable au nom de la compassion, mais enfin c’était une limite. Une manière de dire que l’« IVG » est une sorte de moindre mal, de solution ultime dans une situation de grande souffrance ou de misère. Solution facile, aussi, puisque dès lors qu’il y a détresse, pourquoi ne pas en chercher la cause et proposer une aide ?
En faisant disparaître la notion de détresse, il ne reste plus que la volonté de la femme. Elle, et elle seule, exerce droit de vie et de mort sur l’enfant qu’elle porte. Légalement, l’avortement achève de devenir un droit.
Il l’était déjà dans les faits ; il l’était largement sur le plan juridique. Jamais l’obligation posée dans la loi Giscard-Chirac-Veil de proposer une aide aux femmes dans un entretien préalable en vue de les encourager à garder leur enfant n’a été respectée ; jamais le financement de centres d’accueil aux futures mères n’a été pris en charge par l’Etat.
Et aux fil des révisions, depuis la loi Neiertz et les lois Aubry (ci-dessus)  jusqu’à la décision de rembourser l’avortement à 100 % prise à Pâques 2013, le caractère intouchable de l’« IVG » s’est précisé. Le délit d’entrave est né : l’avortement est le seul acte chirurgical qui bénéficie d’une telle protection. L’obligation d’entretien préalable a disparu en 2001 – elle était le corollaire de la justification de l’avortement par la « détresse ». La publicité pour l’avortement n’est plus un délit… Et les pressions « morales et psychologiques » pour convaincre une femme de ne pas avorter ont elles aussi été classées parmi les délits.

Non-droit de savoir

La loi d’égalité « femmes-hommes » va encore plus loin. Elle élargit le délit d’entrave au fait d’empêcher une femme de « s’informer » sur l’avortement – une information sur son droit à l’avortement – et ce simple fait est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.
Tout cela a été voté pour « assurer aux femmes la maîtrise de leur sexualité, notamment par l’accès à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse ».

Cela est parfaitement, abominablement cohérent : comment arriver à la « parité », à « l’égalité réelle » si la femme voit sa vie embarrassée par l’arrivée d’une grossesse ou, « pire », celle d’un enfant qu’elle va devoir aimer toute sa vie ?

L’UMP, par la voix d’André Reichardt, a an­noncé la saisine du Conseil constitutionnel sur la disparition du mot « détresse ». Une disparition symbolique, mais lourde de sens. Que l’élu UMP ose in­voquer ici le « principe du respect de tout être humain dès le commencement de la vie » prend un goût particulièrement amer, dès lors que l’avortement justifié par la détresse a déjà fait plus de sept mil­lions de victimes en France depuis cette loi Veil qu’il dit vouloir faire respecter dans ses « principes fondamentaux ».

Partage des responsabilités

La mesure la plus commentée de la loi, celle qui touchera sans doute le plus de gens dans leur vie ordinaire, est celle obligeant les parents à partager leurs droits au congé parental, sous peine d’en perdre une partie.

Concrètement – et en simplifiant un peu, car on est en pleine usine à gaz – le congé parental actuellement fixé à six mois pour la naissance du premier enfant pourra atteindre un an – mais à condition que l’autre parent prenne le deuxième semestre. La loi ne parle pas de père ou de mère : cela est totalement dépassé depuis la loi Taubira. Mais en pratique, il s’agit donc que le père mette la main aux fourneaux. L’article 1er de la loi – votée sans un seul vote contre, rappelons-le – montre bien qu’elle vise à « lutter contre les stéréotypes sexistes », à « favoriser une meilleure articulation des temps de vie et un partage équilibré des responsabilités parentales ».

A partir du deuxième enfant, la « prestation partagée d’éducation de l’enfant » pourra atteindre trois ans – mais à la condition que six mois au moins soient pris par l’« autre parent ». Cela compliquera un peu plus la vie de celles qui choisissent d’être mè­res au foyer.

« Changer les mentalités »

Najat Vallaud-Belkacem, qui a dit vivre, lors de l’adoption de la loi, « un moment d’émotion pure », l’a bien précisé lors de son dernier discours à la commission mixte paritaire qui a travaillé d’arrache-pied pour obtenir un texte prêt à voter avant les vacances parlementaires : il s’agit de « changer les mentalités ». D’en finir avec l’« inéquitable répartition des responsabilités domestiques et parentales ».

On se croirait au plus fort du zapatérisme, où « la » maire d’une petite ville a décrété un couvre-feu pour les hommes le jeudi soir afin que leurs femmes puissent sortir pendant qu’ils font la vaisselle.
Cette répartition des tâches imposée par la loi se fonde évidemment sur la chasse aux stéréotypes de genre, devenus « stéréotypes sexistes » dans le premier article de la loi : on jongle là entre la promotion de la parité qui est en réalité une discrimination positive en faveur des femmes, et la négation de la différence entre hommes et femmes qui fait aussi partie de ses objectifs. Si l’on peut se sentir indifféremment homme ou femme quel que soit le sexe biologique, pourquoi faire ces manœuvres compliquées au bénéfice des femmes ? C’est une énigme qui reste à résoudre…

La fin du bon père de famille

Totalement logique, en revanche, est la disparition programmée par la loi du concept et des termes « bon père de famille » de tous les textes français où ils se trouvaient encore. Ils sont remplacés par le mot « raisonnable » ou « raisonnablement » – encore une petite folie socialiste !

Au-delà du toilettage sémantique, et à sa racine, se trouve un refus du « patriarcat », du « paternalisme », et même de la « paternité » tout court. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est en réalité bien plus significatif que toutes les mesures de parité dans l’entreprise et les partis politiques que la loi d’égalité met en avant.

Cela s’inscrit pleinement dans l’idéologie du gen­re dont la loi est une mise en œuvre claire et nette. Pour ceux qui ont encore besoin de preuves, voici le dernier objectif de la loi énoncé dans son article premier : la politique pour l’égalité devra comporter « des actions visant à porter à la connaissance du public les recherches françaises et internationales sur la construction sociale des rôles sexués ».
Aucun vote contre…

Jeanne Smits


J'ajoute l'encadré qui a paru en même temps que le texte ci-dessus…

L’exemple suédois

Le choix compulsif d’une répartition des tâches maternelles et paternelles afin de diluer le rôle spécifique de chacun dans une « parentalité » indéfinie a été dicté par l’exemple des pays scandinaves. Ils ont été les premiers à instaurer une obligation d’alternance de congés pour les pères et les mères travaillant tous deux, avec une indemnisation similaire et importante et une durée de congés prolongée – jusqu’au deuxième anniversaire de l’enfant, au plus fort de l’expérience.
C’est le fameux « modèle suédois » dont les gouvernements successifs, et aujourd’hui le législateur, se sont inspirés pour créer la nouvelle loi.

En fait, c’est un contre-modèle. A 18 mois, 92 % des enfants suédois vont en structure d’accueil ; l’école à la maison est interdite en pratique. Le travail des femmes est une quasi nécessité. Le sociologue Jonas Himmelstrand fait la corrélation entre ces réalités et les taux de dépression, de mal-être, et de difficultés d’éducation exceptionnellement élevés chez les jeunes, les adolescents et parents suédois.


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Organisation des parrainages des enfants chrétiens orphelins ou sinistrés d’Irak et d’ailleurs.

Je répercute volontiers ici l'appel de Bernard Antony pour les parrainages d'enfants chrétiens dans les pays de persécution. Je vous en prie, faites-lui bon accueil. – J.S.



L’originalité de Chrétienté-Solidarité-Persécutions, depuis 1986, est d’avoir tenu notre promesse, notre vœu de ne rien prélever sur les parrainages généreusement versés par nos amis français pour ces enfants victimes des guerres visant à l’éradication des chrétiens de leurs terres ancestrales par les fractions les plus activistes de l’islam fondamentaliste.

Et nous avons envoyé hier encore aux dominicains repliés à Erbil cinquante nouveaux parrainages d’enfants réfugiés bien identifiés alors que la plupart des anciens parrainés ne sont pas encore retrouvés.

Cela rappelé, nous acceptons bien volontiers de l’aide pour nos frais de locaux, de propagande, de déplacement, d’administration et de secrétariat.

Bernard Antony
Président de Chrétienté-Solidarité

Pour faire un don, cliquez ici, le lien est en bas de page.

Chrétienté Solidarité
70 Bd Saint-Germain
75005 PARIS

Contact : ici.

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Kenya : un infirmier condamné à mort pour un avortement

Voilà l'information qui sans aucun doute va tourner en boucle dans les médias français, déjà reprise par les plus gros médias anglophones, comme la BBC, sous le titre que je donne à cet article. Le titre, précisons-le tout de suite, est trompeur. Jackson Namunya Tali a certes été condamné à la pendaison, mais c'est parce que la jeune femme à qui il a procuré un avortement illégal est morte au bout de son sang, huit jours après l'avortement.

Il est condamné pour deux meurtres : le juge kenyan a déclaré que « l'accusé a tué deux personnes » et doit « souffrir la mort » par pendaison.

Christine Atieno avait sollicité l'« aide » de l'infirmier alors que sa grossesse était encore précoce. A la suite de l'opération elle avait eu de fortes hémorragies. Huit jours plus tard, l'infirmier avait embarqué la jeune femme dans sa propre voiture pour l'emmener de la clinique de Gachie, à 15 km de Nairobi, vers un hôpital qui pourrait lui donner les soins requis. Elle est morte pendant le trajet.

Et sans cette mort, il n'y aurait pas eu de condamnation à la pendaison ; sans doute n'y aurait-il même pas eu de poursuites.

D'ailleurs, l'infirmier a opéré dans la clinique où il travaillait : il ne s'agissait pas d'un avortement clandestin dans une arrière-cuisine. 

Tali a nié avoir pratiqué l'avortement, affirmant que Cristina Atieno s'était présentée dans sa clinique alors qu'elle avait déjà subi l'intervention et qu'elle saignait. Le juge Nicholas Ombija a retenu le fait que Tali n'a jamais pu expliquer comment il se pouvait que la jeune femme s'était, de l'avis des témoins, présentée en bonne santé, sans hémorragie, affirmant que la seule explication possible était que Tali avait bien pratiqué l'avortement.

Le juge l'a condamné pour « avoir avec préméditation causé la mort de la défunte en l'aidant à avorter volontairement ; je le condamne en conséquence ».

L'avortement est illégal au Kenya sauf en cas de danger pour la vie de la mère.

La dernière peine de mort effectivement exécutée au Kenya remonte à 1987.


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Selon Mgr Fernandez, de Cordoue, le pape lui-même récuse la communion pour les divorcés « remariés »

“Cela a été établi par Jésus-Christ et le pape ne peut pas le changer.”

Alors que la confusion monte autour du prochain synode sur la famille, un évêque espagnol rapporte que le pape a déclaré aux évêques d’Espagne : ce que le Christ a institué, « le pape ne pas ne peut pas le changer ». C’est dans une interview au journal Diario de Cordoba que Mgr Demetrio Fernandez a raconté il y a quelques jours comment les évêques ont posé la question de la communion aux divorcés « remariés » lors de leur dernière visite ad limina, au printemps.
Mgr Demetrio Fernandez, cliché du Diario de Cordoba
Il répondait à la question du journaliste à propos des milliers de personnes séparées de Cordoue, après avoir évoqué les « deux millions de couples détruits en Espagne… un problème social énorme ». « L’Eglise nous dit continuellement que nous devons être accueillants, que les personnes ne se sentent pas exclues, et nous pouvons toujours rendre l’accueil plus ample. Mais… »
« Ahora bien », dit Mgr Fernardez en espagnol. Un peu plus qu’un « or », un « cependant », un « mais ». Il faut bien écouter, c’est important, c’est précis :
« Nous avons posé la question aux pape directement. Il nous a répondu qu'une personne mariée par l'église, divorcée et qui aurait contracté un nouveau mariage civil ne peut accéder aux sacrements. Le pape a poursuivi: “Cela a été établi par Jésus-Christ et le pape ne peut pas le changer.” »
Curieuse époque, où l’évêque de Cordoue – ville pétrie d’histoire mais pas précisément un centre névralgique de l’Eglise – est obligé d’expliquer à la presse que le pape ne compte pas lâcher un enseignement aussi basique que celui sur le mariage sacramentel ! Curieuse époque où des évêques en visite ad limina en viennent à vérifier auprès du pape qu’il n’a pas l’intention de changer la doctrine !
Mgr Fernandez poursuit : « Je dis cela parce que parfois des gens disent que “tout va changer” et qu’il y a des choses qui ne peuvent pas changer ? L’Eglise se doit à son Seigneur et son Seigneur est vivant. »
Connu pour son franc-parler, Mgr Fernandez évoquait aussi dans cet entretien de la dénatalité inquiétante en Espagne, où le renouvellement des générations n’est pas assuré : « A quoi sert des routes ou internet s’il n’y a pas d’Andalous pour en profiter ? »

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23 septembre, 2014

Avortement en Espagne : Gallardon s'en va, les manifs commencent

¡Rajoy demision!  Ce mardi soir devant le siège
du Partido Popular.
“Derecho a vivir” promet une campagne dure.
Alberto Ruiz Gallardón, lui qui a conçu, porté et défendu la loi restreignant l’accès à l’avortement, a décidé non seulement de démissionner de son poste de ministre, de son mandat d’élu et de son poste de responsabilité au Partido Popular, mais d’abandonner la politique, dès l’instant où Mariano Rajoy, chef du gouvernement, lui a fait part de sa décision définitive de ne plus soutenir l’avant-projet.
« Je crois que c’est mon obligation de démissionner, avec humilité », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse cet après-midi : « Je n’ai pas eu la capacité de convertir l’avant-projet en projet de loi. » Pour ce qui est de la « nouvelle formule » que le gouvernement veut mettre en place, il ne lui appartient pas d’y travailler, a-t-il dit, lui qui avait obtenu un accord « ferme et carré » à propos de ce qu’il avait compris comme étant la volonté du gouvernement, du Partido Popular et de ses électeurs.
Il a toutefois remercié le président du gouvernement, Mariano Rajoy, « de son soutien et de sa confiance », assurant que sa « loyauté » et sa « confiance » à son égard sont « intactes ».
Si Ruiz Gallardón part d’une certaine manière battu, il n’en est pas moins clair sur les principes et sur le recul du gouvernement : il a souligné que son avant-projet était bien dans la ligne de la doctrine du PP, avec la position adoptée par ce même parti lors de son recours devant le Tribunal constitutionnel contre la loi socialiste – la loi Zapatero – et même avec celle du Tribunal constitutionnel lui-même.
Il a précisé qu’aucun membre du gouvernement ou du parti n’était venu lui demander d’abandonner quelque point que ce fût de la loi. Il était lui-même convaincu que la loi serait votée : « C’est moi qui me suis trompé, mais ce que j’ai dit, je l’ai dit avec conviction. »
Et de préciser qu’il sent surtout qu’il « n’a pas été capable d’accomplir la tâche que lui avait confiée le gouvernement ».
(Pourquoi cette impression de fusible qui saute ?)
Il insiste : « J’ai fait ce que j’ai cru honnêtement avoir été chargé de faire, ce qui répondait à mes engagements pour faire partie de cet Exécutif : si cela ne s’est pas fait, j’en assume la responsabilité. » Puis : « Les grandes réalisations requièrent peut-être davantage de temps et d’efforts, plus qu’une seule législature. Le débat ouvert enrichit la société espagnole. »
Gador Joya tweete : La loi Zapatero est désormais la loi Rajoy.
Ces paroles ont un goût de trop peu. Même si le projet Gallardón n’était pas un rejet pur et simple de l’avortement, même si ce n’était en réalité qu’un petit pas – grand par le symbolisme –, pour mettre un terme à la mise à mort légale des enfants à naître, son abandon est un échec non tant pour le ministre que pour l’Espagne, et une victoire pour la culture de mort. Gallardón s’en va en protestant des bonnes intentions de ceux qui l’ont lâché, c’est sans doute honorable, mais cela ne grandit pas l’équipe gouvernementale qui n’a pas voulu prendre le risque électoral de mécontenter sa gauche.
Risque électoral – mais aussi international. Rajoy a-t-il subi des pressions de l’Union européenne ? Il est difficile de croire que non. Cela faisait trop désordre, ce pays sous assistance qui prétendait n’en faire qu’à sa tête sur un sujet aussi « essentiel » pour la « démocratie ».
Dès ce soir, une manifestation de Derecho a Vivir a réuni plusieurs centaines de personnes devant le siège du Partido Popular pour avertir que ce parti n’aura pas leurs voix : « Rajoy, avec l’avortement je ne voterai pas pour toi. »
La semaine dernière, Ruiz Gallardón, avait déclaré que nul ne savait où seraient les uns et les autres
Devant le siège du PP.
dans un jour ou dans un an : « Mais je vous assure de ceci : là où nous trouverons, on me trouvera en train de défendre la liberté des femmes et la vie des enfants conçus. » C’est-à-dire : pas dans les cercles de pouvoir, soyons-en sûrs.

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Si Andorre légalise l’avortement, son archevêque, coprince, abdiquera

Le site hispanophone ReligionDigital annonçait lundi comme certaine l’abdication de l’archevêque d’Urgell, capitale d’Andorre, si la principauté devait légaliser l’avortement. Mgr Joan Enric Vives se refusera en tout état de cause à apposer sa signature sur une telle loi.
Andorre est un des derniers Etats d’Europe à ne pas avoir légalisé l’avortement, à l’instar de Malte ou de l’Etat du Vatican. Si ce pays possède un Parlement et élit son président, le pouvoir y est partagé historiquement entre deux coprinces, le président de la République française et l’archevêque d’Urgell, dont la signature est nécessaire pour la promulgation des lois.
Le 6 septembre dernier, le président andorran Antoni Marti a été reçu par le pape François où il a été question des « bonnes relations » entre les deux pays et, selon Religion Digital, il a déclaré à l’issue de la réunion le débat sur la loi d’avortement était désormais très avancé. Et que la loi soit votée l'an prochain.
Il est certain qu’à ce moment-là Mgr Vives abdiquera, et probable que sa charge reste alors « en suspens », affirme Religion Digital.
L'archevêque serait alors pressenti pour succéder au cardinal Sistach comme archevêque de Barcelone. Et le Vatican en profiterait pour reconnaître à Andorre le droit de voter ses lois en toute indépendance, ayant bien posé qu’aucun ecclésiastique ne puisse être accusé d’avoir avalisé l’avortement légal sous quelque forme que ce soit.
Resterait alors l’épineuse question du successeur de Mgr Vives. Il ne prendrait pas possession de son siège avant l’entrée en vigueur de la loi – mais reprendrait-il sa charge de coprince ? Les experts s’interrogent. Mais la réponse est simple : ce serait de toute façon une principauté de carton-pâte.

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Espagne : le gouvernement Rajoy retire la réforme de l'avortement

L'avant-projet de loi organique sur la protection de l'enfant conçus et les droits de la femme enceinte a été officiellement retiré en Espagne, ainsi que je le prévoyais ici le 13 septembre. Le Premier ministre Rajoy trahit ainsi ses engagements envers bon nombre de ses électeurs qui avaient clairement demandé la fin du « droit à l'avortement » et qui l'ont répété massivement lors d'une soixantaine de manifestations ce dimanche.

Le représentant du Partido Popular assure avoir pris la « décision la plus sensée » au vu du manque de cohésion autour du projet : « Nous ne pouvons pas avoir une loi qui serait changée par un autre gouvernement arrivant au pouvoir. » Remarque bizarre : la loi Zapatero est rejetée par un grand nombre d'Espagnols et Rajoy a la majorité théorique nécessaire pour la changer…

Prenant actes des « divisions » personnelles autour de l'avortement, Rajoy a promis de mettre fin à l'absence de consentement parental pour les mineures de 16 et 17 ans instituée par la loi Zapatero, et il a promis qu'un Plan de protection de la famille verra le jour pour la fin de l'année.

Il y avait déjà eu cette promesse de fin d'année (après celle de juillet, et les précédentes) pour la loi restreignant l'accès à l'avortement. Les Espagnols pro-vie en jugeront…

Pour l'heure, le site HazteOir (Fais-toi entendre) accuse clairement Rajoy de « trahison ».

Au cours d'une conférence de presse, la porte-parole de Derecho a Vivir (Droit de vivre), Gador Joya,
a rappelé que la modification de la loi était une « promesse électorale » et que le président du gouvernement espagnol « n'est pas fiable » : il vient de « donner la preuve qu'il est incapable d'être à l'origine du changement social ». « Il a démontré qu'il est un poltron parce qu'il s'est couché devant un secteur de la société qui n'a jamais voté pour lui et qui ne le fera jamais », « il n'a pas de principes »;

« Nous oui ! », a-t-elle dit. Avec colère et détermination, elle a annoncé que le mouvement pro-vie va s'attacher à montrer à tous qu'il n'est pas digne de confiance – notamment au moment du vote.

« Ne doutes jamais de la capacité d'un petit groupe de citoyens qui réfléchissent et qui s'engagent à changer le monde ! », a-t-elle lancé. « Rajoy va se repentir d'avoir trahi les Espagnols. »

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Argentine : l’évêque de Santiago del Estero dénonce une parodie de mariage

Mgr Bokalic, évêque de Santiago del Estero
Le diocèse de Santiago del Estero, qui a été le théâtre d’une cérémonie singeant le mariage au bénéfice d’un couple transsexuel « béni » par un curé local, vient de publier un communiqué dénonçant ce type d’événement. « Il est interdit aux pasteurs, pour n’importe quel motif ou prétexte même pastoral, de faire des cérémonies de n’importe quel type qui contredisent la conception chrétienne du mariage », précise la déclaration officielle.
Le communiqué a été rendu public peu après que le P. Sergio Lamberti eut donné une telle bénédiction blasphématoire à une travestie, Luisa Paz, et José Coria, dans une paroisse de Santiago des Estero, sans interdiction en amont de la part de l’évêque du lieu.
Celui-ci n’a cependant pas tardé à réagir à travers ce communiqué public.
« La communauté de vie intime et l’amour conjugal, qui a été fondée par le Créateur et pourvue de lois propres, s’établit sur l’alliance du mariage, lien sacré qui ne dépend pas de l’arbitraire humain, car Dieu lui-même est l’auteur du mariage.
Le mariage chrétien consiste en un acte de la volonté par lequel l’homme et la femme, naturellement conçus comme tels dès le sein maternel, se donnent et s’acceptent mutuellement dans une alliance irrévocable par laquelle ils constituent entre eux une communauté pour toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des époux et à la génération et à l’éducation des enfants. Cette alliance matrimoniale a été élevée par le Christ Notre Seigneur à la dignité de sacrement entre baptisés.
C’est l’unique conception du mariage entre baptisés : est invalide et illicite toute autre forme d’union. C’est pourquoi il n’est pas possible de faire quelque célébration religieuse qui ne corresponde pas à cette nature du mariage.
Il est rappelé qu’en raison du respect dû au sacrement du mariage et à la communauté des fidèles il est interdit aux pasteurs, pour quelque motif ou prétexte que ce soit, y compris pastoral, d’effectuer des cérémonies de n’importe qu'el type qui contredisent cette conception du mariage. En effet, elles pourraient donner l’impression que l’on célèbre des noces sacramentelles valides et auraient pour conséquence d’induire en erreur sur la conception chrétienne du mariage.
Nous rappelons aussi que l’Eglise enseigne que toute personne devra être accueillie avec respect, compassion et délicatesse. On évitera toute forme de discrimination injuste. On invitera tous les baptisés à fonder leur vie sur la Parole de Dieu qui nous offre la rédemption et nous appelle à la conversion. Pour vivre, persévérer et croître dans la foi nous devons recourir à l’oraison, aux sacrements et à la charité.
En agissant ainsi, l’Eglise catholique professe la vraie fidélité au Christ et à sa vérité ; en même temps elle agit avec un esprit maternel envers tous ses fils, en particulier ceux qui se trouvent aux périphéries existentielles. »
Santiago del Estero, 21 septembre 2014Vicente Bokalic, évêque de Santiago del EsteroAriel Torrado Mosconi, évêque auxiliaire.


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