26 novembre, 2009

Première étape franchie pour la loi espagnole sur l'avortement

Le projet de loi socialiste de libéralisation de l'avortement, qui veut permettre aux femmes l'avortement à la demande jusqu'à 14 semaines de grossesse et supprimer le consentement parental pour les mineures de 16 ans au moins, a franchi sa première étape. Les quatre amendements sur la totalité du texte proposés par l'opposition, au sujet des mineures et de l'objection de conscience ont été rejetés, ceux du Partio Popular l'étant par 183 voix contre 162. On note que les députés du parti supposé d'inspiration catholique, le PNV des nationalistes basques, ont mêlé leurs voix à celles du PSOE de Zapatero dont une seule a manqué à l'appel : il s'agit d'un socialiste dont l'identité n'est pas pour l'heure connue. Pour donner le change, assure HazteOir, la plateforme pro-vie espagnole, le gouvernement s'est montré ouvert au dialogue notamment sur la question des mineures.

A l'issue de la séance les socialistes sont tombés dans les bas les uns des autres, pendant que Zapatero, venu pour la fête, se félicitait de ce que l'Espagne compte ainsi au nombre des « sociétés avancées ».

Ils ont continué de répéter que la loi avait pour but de réduire le nombre des avortements et d'assurer qu'aucune femme n'aille en prison - alors qu'il ne se trouve pas une seule femme dans une prison espagnole pour avoir avorté.

A ce compte-là, s'interroge Javier Cámara dans El Imparcial, « pourquoi ne pas légaliser le terrorisme pour en finir avec l'ETA » ?

Le rejet des amendements redonne la main au gouvrnement espagnol pour la suite du parcours législatif du projet.

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HazteOir a trouvé des mots...

pour désigner la ministre responsable de promouvoir la loi sur l'avortement en Espagne : Bibiana Aido, c'est la ministre de l'extermination des enfants. La plateforme pro-vie épinglait la novlangue de la jeune femme affirmant qu'il s'agit « non d'une loi d'avortement mais de santé reproductive et d'interrumption volontaire de la grossesse », une « loi à l'européenne »..

Voir HazteOir.

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Espagne : le président du Parlement invoque l'Evangile pour justifier la loi sur l'avortement


José Bono, un catholique au secours de l'IVG

La loi libéralisant l’avortement passe aujourd’hui devant les « Cortes » espagnoles, étant entendu qu’en principe, si la discipline de parti fonctionne, elle sera adoptée telle quelle, une majorité minimale de 18 voix étant prévue pour contrer tous les amendements proposés par l’opposition. Le Premier ministre Zapatero était annoncé comme devant assister à la séance parlementaire pour soutenir ce projet-phare des socialistes espagnols.

La presse espagnole a donné un très large écho à la tribune publiée par le président du Congrès des députés, José Bono, dans le quotidien El País de ce jour. Il s’y exprime en tant que catholique… en faveur de l’avortement, sous le titre « Avortement, ni droit ni obligation ». Il se dit « interpellé par sa conscience »… C’est un remarquable modèle de faux-jetonnerie, où les arguments invariables et les contradictions inévitables du lobby pro-mort se déploient à côté de justifications pseudo-religieuses que je vous laisse découvrir.

« Il en est ainsi parce que, quoi qu’on en dise, nous savons avec certitude que le fœtus n’est pas un organe de la femme, mais une réalité distincte de la femme enceinte. Le fœtus est davantage “quelqu’un” qu’un “quelque chose”. Je ne puis nier sans me mentir que j’ai la conviction que ce qui est abrité dans le sein maternel, c’est une vie humaine en formation qui mérite d’être protégé. Nous nous trouvons devant une valeur constitutionnelle. (…)

« Néanmoins l’avortement est aussi une réalité, et l’expérience nous dit que le fait de l’interdire en toute circonstance, en plus d’entraîner des conséquences graves et non désirées, a seulement réussi à en rendre la pratique clandestine. Face à cette réalité, le législateur responsable ne doit pas détourner son regard. Comme le dit le professeur Peces-Barba, “l’avortement est toujours un mal parce qu’il met fin à un germe de vie et qu’on rompt une lignée biologique naturelle… Mais la loi le régule, parce que, tenant compte des biens et des maux en jeu elle considère qu’il peut y avoir des maux plus grands” (La démocratie en Espagne).

« L’avortement n’est ni un bien ni un droit. Au cœur de mes convictions éthiques et religieuses se trouve la défense de la vie et le secours au plus faible, valeurs qui sont le patrimoine de la tradition humaniste et progressiste espagnole. (…)

« A ce sujet, comme le dit Obama, nous devons éviter, spécialement, “la caricature de l’autre”, parce que l’avortement ne doit pas se présenter comme une affaire idéologique mais comme relevant de la conscience…

« Le débat d’aujourd’hui en Espagne n’est pas à propos de la dépénalisation de l’avortement. Ce débat a eu lieu en 1985. La question est que cette dépénalisation de 1985 a couvert, par son ambiguïté, un nombre excessif d’avortements : 115 812 pour la seule année 2008. Plus encore, le défaut de limite dans le cadre de la troisième cause de dépénalisation, celui de la santé psychique, qui a couvert 97 % des avortements, a provoqué des abus scandaleux. »

Pour José Bono, cette situation qui a fait de l’Espagne une destination pour le « tourisme abortif » va être amendée par les délais et limites prévus par le nouveau projet de loi, le nombre des avortements sera limité, le nasciturus sera mieux protégé et les garanties juridiques pour les femmes qui décident d’interrompre leur grossesse seront améliorées.

Et de prétendre que la loi à laquelle il apporte son soutien pourrait s’appeler « Loi pour la Réduction des Avortements en Espagne » – que même l’Eglise catholique devrait approuver selon les indications d’Evangelium vitae qui approuve toute initiative ayant pour effet de réduire les effets négatifs de la légalité de l’avortement.

« Sont contradictoires avec cette disposition papale, outre qu’elles sont socialement choquantes, les prises de position condamnatoires et l’agressivité actuelle de tous ces religieux espagnols qui, pendant les huit ans où le PP était au pouvoir, ont docilement accepté l’application de la loi sur l’avortement de 1985. »

Pour José Bono, la nouvelle loi n’instaure aucun « droit à l’avortement » puisque la vie prénatale est juridiquement protégée. Mais c'est lui-même qui souligne :

« Selon le projet de loi, jusqu’à 14 semaines, c’est la décision de la femme qui prévaut, mais à partir de cette date, comme dans la plupart des pays européens, s’impose la protection du nasciturus, sauf en deux cas : le risque grave pour la santé de la femme enceinte ou les anomalies fœtales graves. »

Alors, droit ou non ? Bono ose dire que non, ajoutant que c’est  au nom du « moindre mal » (théorisé aussi par Van Rompuy, voyez où cela peut mener…) que Bono se range derrière les partisans de la nouvelle loi. Même s’il faut savoir débattre, selon lui, sur l’information des parents en cas d’avortement d’une mineure de plus de 16 ans, l’objection de conscience, et les mesures pour éviter les grossesses non désirées – au premier rang desquels il place, comme de bien entendu, « l’éducation sexuelle ».

Le plus tordu pour la fin :

« Il ya des secteurs de l’Eglise catholique qui exigent de l’Etat que celui-ci agisse comme un justicier, appliquant peines et châtiments, pendant qu’ils se réservent le geste accueillant du pardon ou de la pénitence purificatrice. En tant qu’homme politique désireux de laisser inspirer sa vie par l’Evangile de Jésus, j’aspire à ce que la nouvelle loi, elle aussi, comprenne une dimension de compréhension et de miséricorde. Femme, agis en conscience, cette loi ne te condamne pas ! »

Source : ici

Photo : HazteOir.

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« Euthanasier-c-tuer »

Un excellent blog français propos un regard catholique sur l'euthanasie. Euthanasier-c-tuera.org, a vu le jour le 1er octobre dernier. A voir ici...

25 novembre, 2009

Une curieuse nomination à l'Académie pontificale des sciences

Daniel Hamiche, sur Americatho, s'interroge sur la nomination du professeur américain Francis S. Collins comme membre ordinaire de l'Académie pontificale des sciences alors qu'il est favorable à des pratiques réprouvées par l'éthique scientifique chrétienne. A lire ici.

Vermont : une concubine lesbienne obtient la garde d'un enfant contre sa mère biologique

Un juge du Vermont (Etats-Unis) a accordé la garde de la petite fille biologique d’une ex-lesbienne, Lisa Miller, à l’ancienne concubine de celle-ci, vendredi.




La petite Isabella, 7 ans, est née d’une insémination artificielle pratiquée sur Lisa alors qu’elle était en partenariat civil avec Janet Jenkins ; Lisa devait la quitter un an plus tard, en 2003, en adoptant un style de vie « hétérosexuel » et en retrouvant le chemin de son église. Depuis cette date, Janet Jenkins multiplie les procédures pour obtenir la garde de « sa » fille puisqu’elle s’en considère le parent légitime. Et c’est pour ce motif que le juge William Cohen a décidé de lui confier la garde plénière de la petite fille à compter du 1er janvier 2010.

Le juge a invoqué le seul fait que Lisa avait jusqu’ici refusé tout droit de visite à Janet pour justifier cette décision inouïe, alors même que Janet ne demandait pas la garde mais un simple droit de visite, assurant que c’était le seul moyen de garantir l’accès à l’enfant aux deux « parents » (sic).

« Sur le long terme, la modification de la garde sera dans l’intérêt d’Isabella puisqu’elle aura la possibilité d’avoir un contact maximal et continu sur le plan physique et émotionnel avec ses deux parents », affirme le jugement, qui précise que les deux « parents » sont à égalité en termes de stabilité, de ressources financières, de disponibilité émotionnelle et toutes autres considérations relatives à l’éducation d’un enfant. Leur seule « inégalité » pointée par la décision réside dans leur disponibilité à « coopérer » : Janet, affirme le jugement, est disposée à laisser un droit de visite à Lisa et non l’inverse.

La petite Isabella devra changer de foyer, d’école, d’Etat pour aller vivre avec une quasi étrangère. Cela n’a pas pesé.

Comme n’a pas pesé l’insistance de la part de Lisa Miller que sa fille était revenue « traumatisée » d’une visite ordonnée par un juge en se plaignant d’avoir été obligée à se baigner nue avec Janet Jenkins.

Lisa Miller fera appel devant la Cour suprême du Vermont.

Sources : LifeSiteNews et ici. Photo LifeSiteNews.

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La Commission européenne veut imposer la non-discrimination pour orientation sexuelle aux Eglises

Les lois britanniques pour l’égalité et contre la discrimination en vigueur laissent un champ trop large aux exemptions consenties aux employeurs religieux, notamment en matière de « genre » et d’« orientation sexuelle ». C’est ce qu’affirme un avis d’« opinion raisonnée » adressée le 20 novembre par le commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’égalité des chances, Vladimir Spidla au gouvernement du Royaume-Uni. Celui-ci se voit accusé de n’avoir pas correctement retranscrit dans son droit national la directive 2002/73/EC sur l’égalité dans l’emploi.

La Commission de Bruxelles reproche à la loi en vigueur au Royaume-Uni ses « exceptions au principe de non-discrimination à raison de l’orientation sexuelle consenties aux employeurs religieux plus étendues que celles autorisées par la directive ».

Cette loi britannique, entrée en vigueur au début de 2003 à la suite d’une consultation publique, permet aux groupes religieux de refuser d’employer « tout conflit avec les fortes convictions religieuses d’un nombre significatif des fidèles de cette religion ».

C’est trop, assure Spidla au nom de sa commission, dont il faut savoir qu’elle a été saisie de cette question par une plainte de la National Secular Society (association laïque nationale britannique). Bruxelles a donné entièrement raison à celle-ci, engageant une procédure juridique contraignante afin de faire changer la législation du Royaume-Uni. Celui-ci a deux mois pour répondre.

La lettre de la commission, qui ne semble pas avoir été publiée, attire l’attention du gouvernement sur les points suivant, comme le signale la page officielle de Vladimir Spidla :


• La définition de la discrimination indirecte est trop étroite, car elle ne couvre pas la discrimination potentielle ;


• Les exceptions au principe de non-discrimination sur la base du sexe pour certains emplois sont trop larges ;


• Les exceptions au principe de non-discrimination pour les « détenteurs de postes » dans les institutions politiques ne sont pas définies de manière assez précise ;


• Le droit des associations pour soutenir les victimes de discrimination devant les tribunaux n’est pas établi de manière assez claire.


Par ailleurs la démarche inédite dans sa clarté antireligieuse doit aussi être comprise comme une pression exercée sur la politique intérieure du Royaume-Uni, puisque Vladimir Spidla, dans sa lettre, affirme ceci :
« Nous appelons le gouvernement du Royaume-Uni à apporter les changements nécessaires à sa législation anti-discrimination afin de se mettre pleinement en accord avec les règles de l’UE. Dans ce contexte, nous sommes heureux de l’actuelle proposition d’une nouvelle loi sur l’égalité et espérons que celle-ci entrera en vigueur très rapidement. »
Il s’agit d’un texte fleuve qui définit très largement la discrimination en tous genres. L’Equality Bill, signée Harriet Harman, sur le plan précis soulevé par la Commission européenne, veut limiter le droit des organisations religieuses de refuser l’emploi d’un homosexuel aux seuls postes comprenant la promotion active ou « le fait de conduire ou d’aider à l’observance de pratiques liturgiques ou rituelles de la religion ». Donc : pas question de ne pas employer un professeur affichant son homosexualité dans une école religieuse si ledit professeur n’a pas pour tâche de « promouvoir ou expliquer la doctrine de la religion » concernée…

Pendant que les discussions se poursuivent devant le Parlement britannique des groupes activistes font aujourd’hui pression pour faire ôter même ces exceptions de la loi, en vue d’obtenir à terme l’obligation pour les églises de célébrer des unions homosexuelles. Pour le porte-parole de Stonewall, une de ces organisations, cela pourrait bien être envisageable d’ici à 10 ou 20 ans…
Bien entendu les organisations religieuses britanniques ont déjà réagi de manière inquiète devant ce diktat de Bruxelles : l’organisation caritative évangélique « Care » a ainsi déclaré : « Si les églises évangéliques ne peuvent être sûres de pouvoir employer des évangéliques pratiquants en matière d’éthique sexuelle, comment vont-elles pouvoir continuer ? »
L’Equality Bill a été vivement critiquée par les évêques catholiques d’Angleterre. Le secrétaire général de la Conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles, Mgr Andrew Summersgill, écrivait le 18 novembre dernier aux élus :
« Dans le cadre de la législation existante, nous avons vu se développer une culture de l’évitement des risques qui s’exprime de manière si ridicule qui nous avons eu à connaître d’une autorité locale qui ordonnait à ses locataires de défaire leurs guirlandes lumineuses de Noël pour ne pas offenser des voisins musulmans, et d’autres autorités qui ont censuré le mot “Noël” par sensibilité culturelle à l’égard de tous, sauf des chrétiens.

« Si cette loi se préoccupe vraiment d’égalité, tout ce qui est possible doit être fait pour l’empêcher d’avoir un effet glaçant sur l’expression et la pratique religieuses. »
Sources : Communiqué de presse de la Commission, The Guardian, Vladimir Spidla, Communiqué UE, Christianity Today et LifeSiteNews.

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24 novembre, 2009

Etat végétatif, qu'ils disaient...

Yves Daoudal raconte le calvaire, puis le « réveil », au bout de 23 ans, d'un Belge en coma « végétatif ». Le réveil était en fait celui de la communauté médicale qui a été obligée de constater que, contrairement au diagnostic initial, Rom Houben était conscient de tout ce qui se passait autour de lui. Lire ici.

Rappelez-vous : Terri Schiavo, aux Etats-Unis, a été tuée pour moins que ça...

Sida : statistiques de la contamination

6 940 nouvelles contaminations par le virus du sida sont survenues en France en 2008, selon les estimations de l’Institut de veille sanitaire (InVS). La quasi-totalité est due à un rapport sexuel. Les « hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) » représentent la population la plus touchée correspondant à 48 % des nouvelles contaminations.

Le taux d’incidence (nouveaux cas) de l’infection par le VIH le plus faible est observé au sein de la population hétérosexuelle française (5 cas par an pour 100 000 personnes). En comparaison, ce taux est 200 fois supérieur chez les homosexuels (HSH), 18 fois supérieur chez les usagers de drogues par voie intraveineuse et 9 fois supérieur chez les personnes hétérosexuelles de nationalité étrangère. Parmi l’ensemble des contaminations, les personnes de nationalité étrangère représentent 23 % des nouvelles contaminations et 45 % des contaminations hétérosexuelles.

Source : Présent du 21 novembre 2009 ; Institut de veille sanitaire.

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Herman Van Rompuy est-il un défenseur de la vie ?

A la tête du premier exécutif des « Etats-Unis d’Europe » institués par le Traité de Lisbonne, le choix de Herman Van Rompuy comme président a pu apparaître comme un moindre mal. N’est-il pas catholique pratiquant ? Hostile à l’entrée de la Turquie en Europe ? Attaché à l’identité chrétienne du Vieux Continent ? Mais il a parlé avec approbation des progrès de la « gouvernance globale » depuis sa nomination aux commandes de l’Europe, nomination intervenue après un dîner avec le groupe mondialiste Bilderberg le 15 novembre… Quel espoir pour la « culture de vie » ?

Voici ce qu’en pense le journaliste et écrivain belge Paul Belien, principal rédacteur du blog Brussels Journal qui se présente comme « la voix du conservatisme en Europe ». Paul Belien est membre de plusieurs associations libérales, à dominante plutôt atlantiste. Sécessionniste flamand lui-même, son épouse, Alexandra Colen, a été elue député du Vlaams Blok en 1995 et l’est désormais du Vlaams Belang. Paul Belien a co-signé naguère un livre avec Lady Thatcher, Lord Tebbit, Philippe Séguin (Visions d’Europe, 1994). Il a beaucoup côtoyé Herman Van Rompuy au début de la carrière qui allait le mener vers le rafistolage de le l’unité de ce que Belien appelle un « Etat artificiel » : la Belgique. Aussi artificiel que l’Union européenne.

« Il n’y a pas de patriotes belges, parce que personne ne veut mourir pour un drapeau qui ne représente rien. Parce que la Belgique ne représente rien, les idéologues multiculturels adorent la Belgique. Ils disent que sans patriotisme, il n’y aurait pas de guerres et le monde serait meilleur », écrit Belien.

Mais Van Rompuy était, au départ, aux antipodes de cette vision, estimant avec Lode Claes, philosophe belge, que sans identité et un véritable sens d’appartenance nationale, il ne peut y avoir ni démocratie, ni moralité politique. De cette époque, vers 1985, date une série de livres et articles où Van Rompuy exaltait « les valeurs traditionnelles, le rôle de la religion la protection de l’enfant à naître, les racines chrétiennes de l’Europe et la nécessité de les préserver », écrit Belien.

C’est alors que Van Rompuy envisage de quitter la politique – il est au parti démocrate-chrétien – et s’en ouvre à Belien ; il envisage de s’engager dans le journalisme ou dans une autre voie professionnelle. Mais finalement il restera ; il deviendra même très vite sénateur, puis ministre délégué, pour prendre enfin la tête des démo-chrétiens dès 1988. Paul Belien continue de le voir à l’occasion.

« Nos chemins ont continué de se croiser épisodiquement jusqu’en 1990, moment où le Parlement belge vote une loi très libérale légalisant l’avortement. Le roi des Belges, Baudouin (1930-1993), catholique convaincu qui souffrait du fait que sa femme et lui ne pouvaient avoir d’enfants, avait dit à ses amis qu’il “aimerait mieux abdiquer que de signer la loi”. Les hommes politiques belges, persuadés que le roi bluffait, ne voulaient pas que son opposition à la loi fût connue. J’ai raconté cela dans les pages opinion du Wall Street Journal et j’ai été aussitôt réprimandé par le journal belge qui m’employait, à la suite d’un coup de fil furieux du Premier ministre belge d’alors, un démocrate-chrétien, à mon directeur, qui se trouvait être l’ancien porte-parole de ce Premier ministre. On m’a interdit d’écrire sur les affaires belges dans des journaux étrangers.


« En avril 1990, le roi a de fait abdiqué à propos de l’avortement, et le parti chrétien-démocrate, conduit par Herman Van Rompuy qui s’était toujours enorgueilli d’être un bon catholique, fait signer l’une des lois d’avortement les plus libérales d’Europe par le collège des ministres, une procédure prévue par la Constitution belge en cas d’absence d’un roi. Puis ils firent voter le retour du roi sur le trône, dès le lendemain. J’ai raconté tout cela dans le Wall Street Journal et fus immédiatement viré de mon journal pour « faute grave ». Quelques semaines plus tard, je rencontrai Herman au mariage d’un ami commun. Je m’approchai de lui pour le saluer et discuter un peu. Je voyais bien qu’il était très mal à l’aise. Il évitait de me regarder et rompit la conversation dès qu’il le put. Nous ne nous sommes pas parlés depuis.


« La carrière de Herman s’est poursuivie. Il est devenu ministre du Budget, vice-Premier ministre, Président de la chambre des représentants, et pour finir Premier ministre de Belgique. Il a continué de publier des livres intellectuels et intelligents, mais au lieu de défendre le concept du bien, il s’est mis a défendre celui du “moindre mal”. Et il a commencé à écrire des haïku. »

Paul Belien raconte ensuite comment , à force d’habileté, Van Rompuy a réussi à résoudre la crise belge en rafistolant un semblant d’unité à la tête d’un gouvernement à majorité wallonne « qui ne représente pas la majorité du groupe ethnique belge majoritaire ».

« Désormais, Herman s’en va pour présider l’Europe. Comme la Belgique, l’Union européenne est une institution non-démocratique, qui a besoin de leaders habiles, capables de renoncer à tout ce en quoi ils ont cru jadis et qui savent imposer des décisions au peuple contre la volonté du peuple. Peu importe la démocratie, la moralité ou l’Etat de droit, nos supérieurs savent ce qui est bon pour nous et le savent mieux que nous. Et Herman est désormais l’un de nos supérieurs. Il a fait bien du chemin depuis les temps où il était dégoûté par la politique à la manière belge.


« Herman est comme Saroumane, le sage sorcier du Seigneur des anneaux de Tolkien, qui est passé à l’ennemi. Les choses qui nous importent lui importaient. Mais plus maintenant. Il s’est construit une haute tour, d’où il règne sur nous tous. »

Voir aussi : LifeSiteNews

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23 novembre, 2009

Mgr Asenjo, de Séville : « La chose la plus grave qui soit arrivée au siècle dernier »

Devant quelque 500 personnes réunies le samedi 21 novembre au séminaire métropolitain de Séville, ville dont il est l'archevêque, Mgr Juan José Asenjo a déclaré que l'« acceptation sociale de l'avortement est la chose la plus grave qui soit arrivée au siècle dernier, plus grave même que les guerres ».

Il intervenait devant une assemblée de laïcs organisée par la délégation diocésaine de l'apostolat laïque sur le thème « la proposition chrétienne à propos de la vie ».

Il voulait attirer l'attention sur quelques-uns des « maux et des crimes du siècle dernier » : la mort des enfants à cause des famines, la maltraitance des femmes, les décès en raison des conditions de travail, la drogue, l'avortement, l'euthanasie... pour appeler les laïcs à « protéger les plus faibles ».

L'archevêque de Séville a rappelé que « l'avortement est un crime abominable qui, de ce fait, ne devrait jamais être objet de droit », et qu'à son propos comme à celui de l'euthanasie, « nous autres chrétiens ne pouvons garder le silence ». « Il faut sensibiliser chacun, et surtout les femmes, sur le droit à la vie », a-t-il ajouté, soulignant que l'acceptation de l'avortement par beaucoup  est « cause de pensée ramollie et de paresse mentale ».

« L'Eglise a impérieusement besoin de cultiver un catholicisme militant, au sens noble de cette expression : actif, fort, évangélisateur, sans complexes et sans honte », affirma Mgr Asenjo, mettant l'accent sur la nécessité d'un laïcat « bien préparé, dynamique, missionnaire, qui veut avancer (...), des hommes et des femmes prêts à affirmer une foi vive et appuyée sur une vie spirituelle profonde » - termes rapportés dans le communiqué du diocèse de Séville sur son site.

Alors que l'Espagne se voit confrontée à un projet de libéralisation de l'avortement, alors que c'est déjà le pays d'Europe où le nombre d'avortements progresse le plus vite, l'archevêque a déclaré qu'il ne s'agit pas d'un « progrès », mais d'une « régression » : « Ce qui est progressiste, c'est de déféndre toute vie ».

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22 novembre, 2009

Un bébé avec trois parents ?

Selon une information rapportée par le site de veille bioéthique australien Bioedge, une équipe japonaise de l'hôpital St Mother de Kitakyushu a mené des expériences visant à « réparer » les ovules de femmes âgées en utilisant des ovules prélevés sur des donneuses plus jeunes, pratique controversée qui pourrait aboutir à la « fabrication » d'êtres porteurs des ADN de trois personnes.

Le cytoplasme des ovules des femmes plus âgées présente souvent des anormalités, ce qui conduit à l'échec de tentatives de fécondation in vitro. Les chercheurs japonais estiment qu'en injectant un noyau d'ovule  de la femme plus âgée cherchent à procréer dans le cytoplasme de l'ovule d'une femme plus jeunes, on élimine ce problème d'autant que des essais expérimentaux menés par leur équipe ont abouti à une « réussite » pour 25 des 31 œufs ainsi traités. Lors de l'injection subséquente d'u spermatozoïde, 7 d'entre eux ont commencé à formé des « embryons au stade précoce » : fécondation réussie, immédiatement suivie de destruction.

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21 novembre, 2009

Conseil de l'Europe : restreindre l'objection de conscience à l'avortement

L'ECLJ (Centre européen pour la loi et la justice), organisme accrédité auprès des institutions européennes, qui a pour but la défense des droits des chrétiens en Europe, vient de lancer une alerte à propos d'un projet de résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe présenté par la Suédoise Mme Hägg et la socialiste britannique Christine Mc Cafferty en vue de s'attaquer à cette question : « L'accès des femmes au soins médicaux légaux : le problème du recours non régleménté à l'objection de conscience. »

L'ECLJ dénonce le double objectif du projet : promouvoir l'avortement en tant que « droit humain », et dans cette même logique limiter la possibilité offerte aux personnels médicaux à titre individuel comme aux établissements de soins de refuser de fournir certains services de santé pour des motifs religieux, philosophiques ou moraux. Pour l'essentiel, il s'agit de l'avortement, de la « contraception d'urgence», du suicide assisté et de la procréation artificielle.

Pendant que ce projet de résolution suit son cours devant l'Assemblée du Conseil de l'Europe, et avant qu'il ne pèse de plus en plus lourd sur les choix des Etats membres, l'ECLJ se charge de présenter un contre-rapport.

Les sigataires du projet (Mme Hägg, Mc Cafferty et une vingtaine d'autres, affichent leur vive préoccupation devant la montée du recours au droit à l'objection de conscience reconnu aux personnels médicaux, « surtout dans le domaine de la santé reproductive ». Et se plaint que celui-ci ne soit pas encadré : sans aller jusqu'à demander sa suppression, les signataires voudraient voir instituées de nouvelles obligations pour les Etats chargés à la fois de réglementer le droit d'objection et d'informer les femmes de leurs droits. Ils « exhortent les États membres qui ne l’ont pas encore fait à mettre en place un dispositif de surveillance pour faire en sorte que les femmes concernées soient dirigées vers des praticiens équivalents ayant les mêmes compétences, mais ne partageant pas l’objection de conscience et se trouvant à une distance raisonnable, au cas où le praticien choisi en premier lieu refuserait d’accomplir certains actes de santé reproductive en invoquant l’objection de conscience ».

Enfin, ils invitent les Etats à « exclure le droit à l’objection de conscience dans un cadre institutionnel, en interdisant à l’ensemble des cliniques et hôpitaux publics d’invoquer l’objection de conscience ».

Texte complet ici.

En France, les restrictions à l'objection de conscience ont déjà été mises en place pour l'« IVG » par la loi Aubry : le médecin sollicité pour un avortement peut refuser mais doit fournir à sa patiente le nom et l'adresse d'un confrère ou d'un centre acceptant de fournir ce « service », tandis que dans les hôpitaux publics, les chefs de service de gynécologie-obstétrique ont l'obligation légale d'organiser des avortements.

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Argentine : une petite fille handicapée mentale subit un avortement « thérapeutique »

Agustina n'a que dix ans. Comme la fillette d'Alagoinha (Brésil), elle a été violée à répétition par son « beau-père », sans doute depuis plusieurs années. Handicapée mentale, elle a commencée à se plaindre de douleurs abdominales sévères il y a une dizaine de jours. Sa mère l'emmène chez le médecin. Qui constate une grossesse de deux mois révolus... L'homme est en fuite. On n'en parle guère...

La mère, la sœur et la tante de la petite Agustina ont aussitôt demandé un « avortement thérapeutique », légal en Argentine en cas de danger pour la santé de la mère ou de viol. Au centre hospitalier maternel et infantile Florencio Escardo de Tigre, on a évalué ce vendredi l'état de santé de la fillette. On s'en réfère aux critères posés par l'Organisation mondiale de la santé : la grossesse pose des risques pour sa santé physique, psychique et sociale, c'est un cas de viol et la mineure présente un retard mental. On peut donc avorter...

L'intervention a eu lieu en début de journée à Tigre.

Le directeur de l'hôpital, Lionel Cracco, a justifié la décision de l'équipe médicale devant la presse, expliquant :

Retombée lointaine de l'affaire de Recife, où les déclarations de Mgr Fisichella avaient donné au monde l'idée qu'en certains cas, l'avortement n'est pas seulement acceptable, mais en quelque sorte la seule bonne décision en conscience ? Lionel Cracco a expliqué que dans son établissement, l'arrivée d'une mineure enceinte n'est pas chose inouïe, même si seulement 1 % des jeunes filles en question ont moins de 15 ans : et la politique de l'hôpital, c'est à la fois d'accompagner la grossesse jusqu'au bout et d'aider les jeunes à porter plainte et se défendre.

« Nous avons décidé d'interrompre la grossesse de la fillette. Ici il ne s'agit pas d'être pour ou contre l'avortement. Parfois, la situation exige de laisser de côté les postures personnelles et de s'en tenir à la loi. »


Dans l'affaire de Tigre, qui présente beaucoup de similarités, il ne semble pas que l'Eglise se soit manifestée, ou du moins la presse ne s'en est pas fait l'écho. Il n'y a pas eu, ou du moins la presse n'en parle pas, un curé pour s'occuper de la détresse où se trouve la petite fille et sa famille : détresse physique, sociale, psychologique, spirituelle. Il n'y a pas eu de Mgr Cardoso Sobrinho pour entourer ces gens de sa sollicitude pastorale, et pour rappeler aussi que la petite vie portée par la fillette était exactement cela : une vie. Un rabbin s'est exprimé, pour dire qu'en un tel cas l'avortement es admissible.

Il n'y aura pas de retentissement médiatique formidable non plus, gageons-le. Pourtant, la petite Agustina a-t-elle moins souffert ? Son « beau-père » n'est il pas tout aussi coupable que le violeur de la fillette d'Alagoinha ? Agostina ne souffrira-t-elle pas dans sa chair et dans son esprit d'avoir été le cercueil de son enfant ? Non, c'est et cela restera - toutes choses étant égales - un fait divers... Même si, aux dires de Cracco, ce qui a d'abord fait penser les médecins à une grossesse quand Agostina est arrivée à l'hôpital, c'est le comportement fuyant de la fillette et les réponses peu claires de sa mère.

Pauvre fillette... Qui, dans la presse bien pensante, s'empressera d'être « de son côté » ?

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20 novembre, 2009

Euthanasie : revue de presse macabre

Aux Pays-Bas et en Belgique, où l'euthanasie est légale, les informations comme celles-ci ne choquent plus guère.

• Josine van Dalsum, actrice néerlandaise de 61 ans, a appris il y a six ans environ qu'elle souffrait d'un cancer multiple. Sa condition ayant empiré depuis un an, elle a décidé de choisir le jour et l'heure de son départ. Une semaine auparavant, elle a fait avertir une amie journaliste par son compagnon, afin que celle-ci puisse transmettre un dernier message de l'actrice à son public. « Josine veut te voir. Elle va mourir la semaine prochaine »... Dernière interview ; bière et cigarettes. La mise à mort a eu lieu mardi, la crémation ce vendredi...

• Journaliste et homme politique socialiste belge, Tuur Van Wallendael, 71 ans, est mort chez lui jeudi après-midi à 15 h 30, ayant lui aussi choisi l'euthanasie après avoir décidé de cesser de lutter contre un cancer de l'intestin. Il était entouré de sa femme, de son frère et de trois médecins. Il avait lui-même défini ses critères de vie : ne pas avoir mal, pouvoir continuer de manière digne. « Quand ce ne sera plus le cas, je saurai où j'en suis et ce qui devra alors se passer », avait-il expliqué cet été. « Je n'aurai qu'à faire signe pour qu'on me pique et en quelques secondes, ce sera fini. »
En septembre, son frère lui organisa une fête d'adieu, avec plusieurs centaines d'invités.

• Moins bonne organisation pour Liliane De Fauw, 74 ans. Sa famille était accourue lundi dernier à l'hôpital catholique Saint-Vincent  à Deinze (Pays-Bas) pour assister à son euthanasie. Cela faisait deux ans que Mme De Fau se savait atteinte d'un cander ; une fois à l'hôpital, elle avait trouvé trop peu de qualité à sa vie et demanda, le 6 novembre, l'euthanasie au médecin qui la soignait. On programma le 16 novembre, à la demande de la patiente, qui souhaitait pouvoir bénéficier une dernière fois du versement de sa pension. Puis sa condition se détériora rapidement et, lundi dernier, elle avait déjà été placée dans un profond coma.
La famille vint donc à 10 heures pour la piqûre finale. Mme le médecin passa le matin pour dire qu'elle ne la donnerait que l'après-midi. La famille reste donc autour du lit de la vieille dame, à attendre... A 16 heures, le médecin revient. Pas sûre, dit-elle, de la réelle volonté de mourir de Liliane. L'euthanasie est annulée.
La famille alerte désormais la presse de ce fâcheux contretemps. « Saint-Vincent est un hôpital catholique. Si ça se trouve, l'euthanasie ne cadre pas avec leurs convictions catholiques. Comme notre mère est désormais dans le coma, la situation est sans issue. Dans son état elle ne peut se retourner vers un autre médecin ou demander à autrui de veiller sur son désir exprimé d'euthanasie. »

Rien que du très banal, donc. Mais cela fait froid dans le dos...

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Euthanasie des nouveau-nés : premier cas déclaré aux Pays-Bas

Alors que les pouvoirs publics évaluent à une vingtaine de cas annuels le nombre d'euthanasies - de mises à mort directes - de nouveau-nés gravement malades aux Pays-Bas, c'est seulement cette année qu'un médecin a formellement déclaré avoir procédé à cet acte qui relève d'une procédure administrative spéciale. Mme Jet Bussemaker, secrétaire d'Etat à la Santé publique, a fait part de sa préoccupation à ce sujet lors de la séance de questions à la Chambre de ce mercredi. Selon elle les médecins sont mal informés de leur devoir en ce cas : s'ils tuent un enfant qui vient de naître, ils doivent le signaler auprès d'une commission spéciale créée en 2007.

« Les médecins doivent faire preuve de davantage de transparence quant à leurs agissements médicaux », a déclaré Mme Bussemaker, que le fond de l'affaire ne semble pas gêner le moins du monde.

On se demande maintenant si les médecins hésitent à rendre compte d'euthanasies de nouveau-nés, de peur d'encourir des poursuites s'ils n'ont pas suffisamment respecté les « critères de précaution », ou si l'échographie de la 20e semaine de grossesse généralisée en 2006 aux Pays-Bas a fait augmenter les avortements très tardifs. A l'heure qu'il est, ceux-ci ne font pas l'objet d'une comptabilisation à part...

Quoi qu'il en soit, il y a entre l'avortement tardif et l'euthanasie très précoce une différence de degré, pas de nature. Si les « critères de précaution » qui entourent la mise à mort d'un tout-petit déjà né sont plus exigeants, c'est davantage parce que le crime est alors plus visible, et plus difficilement acceptable. Au point où on en est aux Pays-Bas, ce ne sont même plus des garde-fous qu'on installe, mai des barrières d'étape...

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Fonds publics pour deux cliniques d'avortement à Amsterdam

La secrétaire d'Etat néerlandaise de la Santé publique, du Bien-être et des Sports vient d'octroyer une subvention publique de quelque 520.000 euros aux deux cliniques d'avortement fonctionnant actuellement à Amsterdam, et qui sont toutes deux menacées de faillite. La clinique Oosterpark touchera 286.000 euros pris sur le trésor public, tandis que le Centre de santé sexuelle d'Amsterdam se verra octroyer 235.000 euros, à charge pour eux de fusionner d'ici à janvier 2010. Jet Bussemaker, qui répondait mercredi devant la Deuxième chambres aux questions à propos de sa politique en matière d'avortement a fait savoir que les cliniques d'avortement les plus proches, à Haarlem, Alkmaar et Leiden, ne seraient pas en mesure de pratiquer les centaines d'interventions qui sont assurées actuellement tous les ans dans la capitale néerlandaise. Pas question pour les femmes d'être mises sur listes d'attente !

Les chrétiens démocrates (CDA), l'union chrétienne (ChristenUnie) et le plus vieux parti protestant néerlandais (SGP) ont vigoureusement protesté lors du débat... parce que la secrétaire d'Etat vient au secours de deux cliniques qui doivent leurs difficultés financières à une gestion désastreuse. Que deviendra le pays, demande le SGP, si le gouvernement récompense ainsi le mauvais management ?

Le 17 novembre, Mme Bussemaker a répondu par écrit au responsable de ce parti en ces termes :



Par cette lettre je vous informe que deux cliniques d'avortement à Amsterdam, à savoi ACSG et la cinique Oosterpark, se trouvent dans une situation financière difficile. Les deux cliniques sont menacées de faillite pour cause d'une mauvaise direction et gestion. Une vérification auprès de l'Inspection a permis de constater qu'il n'y a pas eu de dégradation des soins pour autant. Ceux-ci sont de bonne qualité dans les deux cliniques.


En cas de faillite la continuité de l'accès à l'avortement à Amsterdam serait gravement menacée. Vu ma responsabilité qui me fait le devoir d'assurer un accès suffisant à l'avortement, j'ai donc décidé de mettre à disposition une somme non renouvelable pour les deux cliniques, en vue d'assurer le paiement de leurs charges pour novembre et décembre 2009.


Les cliniques ont indiqué qu'elles souhaitent fusionner pour constituer une seule clinique d'avortement à Amsterdam. Dès le premier janvier 2010 l'on travaillera, en collaboration avec le Collège des assurances de soins, à un plan de fusionnement. Le but de cette fusion sera de constituer une seule clinique d'avortement à Amsterdam, qui soit financièrement viable. A cette fin je désignerai quelqu'un, en concertation avec les parties intéressées, qui sera chargé dès le 1er janvier 2010 d'accompagner le fusionnement.


J'espère vous avoir informé de manière satisfaisante.

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La proposition de loi sur l’euthanasie bloquée

Profitant d’une plus grande marge d’initiative laissée aux parlementaires, un groupe socialiste d’une centaine de députés a confié à Manuel Valls le soin de défendre, jeudi à l’Assemblée nationale, une proposition de loi approuvant l’euthanasie. Le texte prévoit que « toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité ».

L’initiative a cependant tourné court. Les élus UMP étaient pour ainsi dire absents ; pour l’ensemble des textes proposés lors de cette « niche » parlementaire, le gouvernement a demandé la réserve du vote non seulement de la loi mais de ses articles et amendements. Et comme lors de la première journée de propositions socialistes le 15 octobre dernier, les élus PS, furieux, ont quitté l’hémicycle à la fin du débat.

Si l’on peut se féliciter de ce frein opposé à la progression de la légalisation de l’euthanasie, pour laquelle ses partisans invoquent un sondage réalisé qui a « révélé » 86,3 % d’opinions favorables, il faut bien se rendre à l’évidence. La majorité n’a pas pris une posture « pro-vie » claire et nette, elle s’est livrée à un jeu procédural qui s’inscrit dans une stratégie systématique.

Des choses justes ont été dites, mais avec une dose d’hypocrisie. Roselyne Bachelot a plaidé pour une médecine qui soigne et qui soulage, qui ne donne pas la mort, allant jusqu’à lancer à Manuel Valls :

« Vous parlez du refus de l’hypocrisie, en affirmant que, puisque l’euthanasie est pratiquée, il faudrait la légaliser. Quelle singulière conception du droit. Vous dites que l’opinion publique attend cette légalisation. Quel curieux argument. Selon ce principe, il aurait donc fallu rétablir la peine de mort, puisque l’opinion publique la réclamait. »

Mais l’hypocrite, c’était elle. Car c’est ainsi qu’a été légalisé l’avortement…

De l’hypocrisie, il y en avait bien davantage parmi nombre d’apparents opposants à la proposition, puisqu’aujourd’hui déjà, aux termes de la loi Léonetti, il est possible de priver un patient de nourriture et d’hydratation pour le « laisser mourir », comme ils disent.

De cela, d’ailleurs, Manuel Valls s’est plaint, affirmant que certains sont aujourd’hui « obligés d’utiliser ce qu’il est convenu d’appeler une “sédation terminale” ». « Dans ces circonstances, quoi que l’on veuille bien en dire, les médecins éteignent simultanément, dans un même geste, les souffrances et la vie du malade. En dehors de ces cas extrêmes, la loi du 22 avril 2005 autorise des pratiques assimilées, par des autorités prestigieuses comme le Pape, à des aides actives à mourir : je pense notamment à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation dont un rapport du Conseil d’État a établi clairement qu’il ressort des dispositions de la loi. » Situation dont le député socialiste ne se satisfait pas puisque, selon lui, il est des patients qui veulent « partir » en toute conscience…


— Léonetti : Enfin, et j’ai suffisamment d’âge pour le dire, l’euthanasie a été une pratique institutionnalisée. Elle consistait en ce cocktail lytique – mélange de phénergan, de largactil et de dolosal – injecté et progressivement accéléré.

— Bacquet : Très juste !

— Léonetti : Je l’ai fait comme les autres.

— Bacquet : Moi aussi !

— Léonetti : Et ceux qui le faisaient à cette époque-là étaient les médecins qui abandonnaient le moins leurs malades. Je suis de l’avis de Goldwasser, élève de Schwartzenberg, qui considère qu’avec les techniques médicales, notre connaissance de l’humain et l’évolution de notre culture et de notre civilisation, l’euthanasie est aujourd’hui une démarche d’incompétence médicale. Il le dit avec en force en soulignant que c’est un ex-progrès devenu ringard. Il est ringard d’en revenir à des solutions que nous pratiquions il y a trente ans par manque de connaissances et par manque de moyens.

Alors, pouvons-nous dormir tranquilles ? Certes non : ce sont le discours, la présentation et les moyens d’action qui changent. Pour mieux anesthésier…

Source : Présent du 21 novembre 2009


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19 novembre, 2009

Le rapport du FNUAP sur la population : encore pire dans les détails

Dans le rapport du Fonds de la population de l'ONU plaidant pour le financement international et la diffusion de programmes de réduction de la fécondité féminine (voir ici) il est fait référence au physicien John P. Holdren. Le Friday Fax d'Austin Ruse cette semaine souligne que la citation positive de celui qui est devenu le principal conseiller scientifique de Barack Obama constitue - malgré de vertueuses protestations contraires - un indice de l'acceptation par l'agence onusienne de la légitimité de mesures coercitives dans le domaine du contrôle de la population. Dans les années 1970, Holdren appelait de ses vœux les avortements forcés et la stérilisation obligatoire, y compris par la distribution de substances stérilisantes à travers les réseaux d'eau potable, « solution » jugée à l'époque non pas inacceptable mais irréalisable. Pour ce « régime planétaire » Holdren envisageait la création d'une police globale transnationale chargée de veiller à son exécution. Holdren avait à l'époque co-signé un ouvrage avec Paul Ehrlich, auteur de Population Bomb. Il réservait particulièrement ses foudres aux familles nombreuses, ajoutant qu'il n'existe aucun droit constitutionnel (aux Etats-Unis en tout cas) de se reproduire. Voir ici l'étude de LifeSite sur ses propositions d'alors.

C'est cet homme que le FNUAP cite sans la moindre réserve :

Autrement dit, même la progession l'énergie « verte » est un désastre directement imputable au fait que les femmes ont des enfants qui à leur tour auront d'autres petits d'hommes...

« En 1991, le physicien John P. Holdren, aujourd’hui principal conseiller scientifique du Président des Etats-Unis Barack Obama, a noté que “les changements intervenus dans les modèles de création d’établissements humains nécessités par la croissance démographique déterminent un transport accru, par personne, de ressources, de marchandises et d’individus”, avançant la thèse que la croissance démographique stimule directement la croissance de la consommation. D’autres augmentations de la consommation d’énergie, a-t-il suggéré, pourraient tenir à un recours accru à la climatisation si des zones urbaines à population dense créent des “îlots de chaleur” ou “si la densité et la répartition de la population créent des demandes de services à forte intensité énergétique qui n’étaient pas nécessaires quand la population était moins nombreuse”.


« L’effet discerné par Holdren rend maintenant très difficiles certains des efforts conduits aux États-Unis pour passer à l’énergie renouvelable. D’après une évaluation, une quantité donnée d’énergie renouvelable peut exiger une superficie 300 fois plus étendue que la même quantité produite par des combustibles fossiles. La raison en est que l’extraction de combustibles fossiles n’exige généralement qu’une étendue restreinte de terrain, où elle est transférée des entrailles de la Terre à la surface depuis les mines ou à l’aide de forages. L’énergie solaire, par contre, exige de vastes surfaces occupées par des cellules photovoltaïques ou des miroirs qui saisissent et concentrent l’énergie de la lumière solaire. L’énergie éolienne exige généralement de vastes surfaces sur lesquelles sont placées de nombreuses turbines géantes. Les écologistes et le Gouvernement des États-Unis s’inquiètent également de ce que l’appétit de terre propre aux projets d’énergie renouvelable ajoutera à la compétition déjà acharnée entre besoins humains et besoins des écosystèmes, surtout dans l’ouest des États-Unis. »


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18 novembre, 2009

Silence ! l'eugénisme est en marche au Royaume-Uni...

Le Département de la santé britannique a décidé de faire appel devant le Tribunal de l’information, chargé entre autres de veiller à la liberté de l’information, pour obtenir le renversement d’une jurisprudence tirée de la Freedom of information Act, afin d’empêcher la publication de statistiques sur les avortements – et notamment des avortements très tardifs – « justifiés » par le handicap du bébé. Au Royaume-Uni comme en France, les avortements dits médicaux sont possibles jusqu’au terme de la grossesse. Sous l’impulsion des ministres, il s’agit de tenter de revenir sur une décision du tribunal le mois dernier en faveur de la Pro-Life Alliance qui demandait la publication de ces statistiques.


Motif invoqué : cette publication conduirait à révéler l’identité de femmes ayant subi des avortements tardifs.

C’est depuis 2005 que le gouvernement britannique a cessé de publier certaines statistiques « sensibles » : en l’occurrence celles-là, dès lors qu’il y avait moins de 10 cas répertoriés pour une catégorie donnée. Les dernières statistiques complètes datent de 2002 : cette année-là, cinq avortements furent justifiés par un pied bot, et un sixième frappa un bébé atteint de fente palatino-labiale.

En 2000 et 2001, neuf fœtus furent avortés pour la même affection – parfaitement opérable aujourd’hui –, plus deux qui ne souffraient que d’une fente labiale. « Une » ministre protestante, Joanna Jepson, avait porté plainte et au passage déclenché une salutaire indignation publique en 2001 lorsqu’elle révéla avoir pris connaissance d’une « IMG » pratiquée à 28 semaines en raison d’un bec-de-lièvre…

Tous les ans quelque 1.900 avortements tardifs ont lieu au Royaume-Uni pour des motifs « thérapeutiques », sans que l’on puisse connaître, depuis 2005, la nature de ces motifs. Pour le gouvernement britannique, maintenir le secret à ce propos est jugé suffisamment important pour engager de fortes sommes dans cette action judiciaire.

Source : The Daily Telegraph et LifeSiteNews.

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Etats-Unis : les bénéfices du Planning familial

Les chiffres annuels viennent de tomber : Planned Parenthood (le Planning familial) des Etats du Minnesota, Dakota du Nord et Dakota du Sud affiche un bénéfice record pour 2008. Les ressources totales ont augmenté de près de 11 % par rapport à l'année précédente, soit une hausse de près de 3 millions de dollars.

Sur les recettes totales de 27.328.000 $ en 2008, près de 20 % provenaient de fonds publics, soit 5.268.000 $, en hausse de 21 % par rapport à 2007. Les dons étaient en augmentation de 66,7 % et représentaient 9.924.000 $.

Aux Etats-Unis, Planned Parenthood est lui-même pourvoyeur d'avortement chimiques mais aussi d'avortements chirurgicaux dans ses propres centres médicaux. Dans le seul Minnesota, il compte 25 centres.

Le rapport d'activité avoue d'ailleurs 4.792 avortements réalisés dans la zone concernée.

« Alors qu'un grand nombre de personnes et de familles souffrent de l'actuelle situation économique difficile, Planned Parenthood récupère des millions de dollars de fonds gouvernementaux, de ses donateurs et de la vente d'avortements pratiqués sur des femmes en situation de crise. C'est véritablement tragique », a commenté Scott Fischbach, directeur exécutif de Minnesota Citizens Concerned for Life (citoyens du Minnesota engagés pour la vie).

En avril Planned Parenthood avançait au plan national un chiffre d'affaires de plus d'un milliard de dollars, dont 350 millions apportés en fonds publics, et donc par le contribuable.

Source : LifeNews.com.

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Le cardinal Vingt-Trois dénonce le dépistage pré-implantatoire de la trisomie 21

Dans un communiqué qui vient d'être publié sur le site de la Conférence des évêques de France, le cardinal Vingt-Trois dénonce les « risques de dérive eugéniste » que révèle le dernier avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) autorisant le dépistage de la trisomie 21 avant l'implantation d'embryons obtenus par fécondation in vitro. Lire ici.

ONU : limiter les naissances pour sauver la planète...

Comment réduire les gaz à effets de serre, modifier la manière dont l'humanité s'adapte à la hausse du niveau des mers, aller vers la décroissance qu'impose la réponse de l'humanité aux changements climatiques ?

Simple, répond le Fonds national unies pour la population (FNUAP) dans son rapport annuel sur la population mondiale rendu public aujourd'hui à midi : les accords internationaux sur la question seront plus efficaces s'ils « prennent en considération la dynamique de la population, les relations entre les sexes, le bien-être des femmes et l’accès aux services et aux possibilités offertes » en prenant en compte « les dimensions humaines et sexospécifiques de chaque aspect du problème », affirme le résumé de presse du rapport. Autrement dit, agir sur la démographie.

En clair : si le climat se réchauffe, c'est à cause de l'activité humaine. Et puisqu'il se réchauffe, il va entraîner des catastrophes épouvantables dont le résumé de presse du FNUAP dresse une liste effrayante. En y ajoutant une bonne dose de l'inusable dialectique de lutte des classes si utile pour faire avancer les révolutions :

Jusqu’à présent, les pays industrialisés ont produit de loin la plus grande part du dioxyde de carbone et d’autres gaz qui changent le climat, mais ont été relativement à l’abri des effets des changements climatiques. Le monde en développement n’a été responsable que d’une faible partie des émissions de gaz à effet de serre, et pourtant supporte déjà le plus gros du fardeau qu’implique la nécessité de faire face et de s’adapter aux phénomènes météorologiques extrêmes, à savoir la hausse du niveau des mers, les inondations et les sécheresses. Les pays industrialisés ont créé pour l’essentiel le problème, mais ce sont les pauvres du monde qui auront à relever les plus grands défis pour s’y adapter.

Mais ayant dit cela le FNUAP ajoute aussitôt qu'il faut mettre un frein à la croissance démographique mondiale dont les pays pauvres sont (restent encore...) selon lui les principaux responsables : aux pays pauvres, donc, de cesser d'avoir trop d'enfants.

Pour le FNUAP, ce sont les femmes des pays pauvres qui portent déjà un « fardeau écrasant en matière de procréation et d'éducation des enfants » qui supporteront l'essentiel des désagréments liés aux réchauffement. Il s'agit de dire cela très fort pour les convaincre de travailler elles-mêmes à la « stabilisation » de la population, « sans recours à la coercition ni au contrôle », en facilitant l'accès de toutes aux services de « santé reproductive ». Le FNUAP veut donc que toute discussion internationale sur le climat prenne en compte la donnée démographique en adoptant les objectifs de la Conférence internationale de 1994 sur la population et le développement. La baisse de la fécondité aboutirait à la réduction des gaz à effets de serre et même à une population moindre que celle prévue par le GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques). Et ce « même parallèlement avec un taux accru de survie maternelle et infantile », pensez-donc combien ce serait efficace ! Ainsi l'écrit le FNUAP :

Le ralentissement de la croissance démographique dans les pays tant développés qu’en développement pourrait faciliter la tâche d’équilibrer les émissions mondiales de gaz avec l’atmosphère sur le long terme et de rendre possible une adaptation plus immédiate aux changements déjà en cours.

Dans le rapport lui-même, on trouve une définition « prudente » de la santé reproductive, sans référence explicite à l'avortement légal ; et aussi une multitude d'images « fais-moi peur » de catastrophes naturelles et autres glaciers fondus... Quant à l'insistance sur la baisse de la population mondiale, elle est aussi formulée de manière précautionneuse, selon les nouvelles normes de la gouvernance mondiale. L'idée est de faire croire qu'il n'y a aucune contrainte: c'est par une dynamique de groupe qu'on veut laisser croire à chacun, et surtout à chacune, que le contrôle de la fertilité résulte de libres choix personnels. Voilà ce qu'en dit le rapport :

Les négociateurs commencent à faire une place aux questions de population dans le cadre du processus qui aboutira à un nouvel accord sur le climat à Copenhague en décembre 2009. Aucun gouvernement ni entité des Nations Unies ne propose de “contrôler” la population. En fait, la crainte de paraître favorable à une régulation de la démographie a jusqu’à une date récente fait éviter toute mention de la “population" dans le débat sur le climat. Pourtant, quelques participants au débat avancent prudemment qu’il pourrait être nécessaire au moins d’examiner les impacts de la croissance démographique. L’Union européenne a déposé une proposition aux termes de laquelle les tendances démographiques sont au nombre des facteurs à prendre en considération au moment de fixer les cibles d’atténuation des gaz à effet de serre. Les autres facteurs sont le produit intérieur brut par habitant, l’“intensité de la production de gaz à effet de serre” propre au produit intérieur brut de chaque pays, et les tendances enregistrées dans le passé en matière d’émissions.

Plus loin, le rapport spécule sur l'impact du vieillissement de la population. Plus ou moins de gaz à effet de serre ? Plus, si l'on considère que les ménages moins nombreux en émettent davantage par tête que les individus au sein de ménages plus nombreux ; mais moins puisque dans une population vieillie on pourrait « tolérer un volume d’émissions plus élevé par habitant puisque moins de personnes seraient responsables d’émissions de gaz à effet serre ». Ce qui passe sous silence le fait qu'une grosse part de l'accroissement de la population projeté d'ici à 2050 résultera de l'allongement de l'espérance de vie. Le monde comptera de plus en plus de vieux.

Mais le rapport est formel :

Une étude portant sur le coût d’éviter une quantité donnée d’émissions de dioxyde de carbone produites par les combustibles fossiles a établi que, dollar pour dollar, des investissements dans la planification familiale volontaire et l’éducation des filles réduiraient à long terme les émissions de gaz à effet de serre au moins autant que des investissements d’importance égale dans l’énergie nucléaire ou éolienne.

Je résume : ce sont les femmes qui souffriront le plus du changement climatique, celui-ci est lié à la croissance démographique, il faut donc leur donner les moyens de réduire la population... Elles seront par conséquent responsables de faire baisser la population et si elles ne le font pas, ce seront elles les responsables du « réchauffement climatique » !

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L’Eglise du Guatemala contre l’« éducation sexuelle »

Le cardinal Rodolfo Quezada Toruño, archevêque métropolitain de Santiago de Guatemala, a déclaré dimanche lors d’une conférence de presse que l’Eglise catholique va agir en justice pour obtenir la déclaration d’inconstitutionnalité de la loi qui oblige les écoles publiques à dispenser une « éducation sexuelle » et qui pose le principe de la garantie d’accès aux différentes méthodes de planification familiale dans les centres de santé. Le prélat a précisé qu’une équipe d’avocats avait déjà élaboré le recours qui sera présenté devant la Cour constitutionnelle contre ce texte qui viole « la liberté d’enseignement, la liberté de religion et le droit de la famille d’éduquer », principes explicitement affirmés dans la Constitution guatémaltèque.
La loi avait été adoptée en 2005 mais, sous l’impulsion de l’Eglise catholique, le président d’alors, Oscar Berger, y avait opposé son veto. Le nouvel occupant du poste, Alvaro Colom, a signé la loi le 30 octobre dernier dont l’application dans les écoles est prévue pour la rentrée 2010, avec des cours explicites sur la sexualité et la contraception « adaptés » aux six classes du primaire.


Le cardinal Toruño a refusé la proposition d’Alvaro Colom de participer à l’élaboration de ces cours dont il récuse le principe, et il a appelé les parents à entrer en désobéissance pour faire respecter leurs droits spécifiques en la matière. Il a qualifié le texte d’ « acte déplorable » qui va « contre la nature humaine » et contre la Constitution guatémaltèque qui « affirme que la famille est la source de l’éducation et que les parents ont le droit de choisir celle qui sera donnée à leurs enfants ».


Dès début novembre, le cardinal avait rappelé que l’éducation sexuelle n’est pas l’affaire de l’Etat, mais des familles, et il avait appelé celles-ci à ne pas la donner à la manière dont l’Etat veut l’imposer.


Le 5 novembre, l’épiscopat guatémaltèque publiait un communiqué pointant les irrégularités légales et constitutionnelles du texte, ajoutant que le programme d’éducation sexuelle promu par l’Etat néglige l’éducation à l’abstinence seule capable d’empêcher les nombreuses grossesses adolecentes, alors qu’elle a démontré sa supériorité à la « simple instruction physiologique et contraceptive pratiquée dans de nombreuses régions du monde.


Le communiqué, dont le premier signataire est le cardinal Toruño, dénonce également le fait que le texte imposant l’éducation sexuelle méconnaît le droit légitime des parents de prendre connaissance de ce qui est enseigné et de se décider en conséquence, ajoutant que la loi fait preuve d’ « analphabétisme humaniste et religieux » sous la « pression désinformatrice et partiale de groupes intéressés ».


« Malheur à ceux qui appellent le mal, bien », conclut le communiqué avec Isaïe : « A ceux qui falsifient la défense du bien et de la vérité avec des langages ambigus de “justice, santé et éducation” tout en portant atteinte, en réalité, à la vie humaine et à la dignité de la personne humaine ».

On attend toujours un tel langage épiscopal pour fulminer en France contre l'éducation non moins scandaleuse (et même plutôt davantage parce qu'au Guatemala il est au moins question du droit à la vie) imposée par les programmes de l'Etat aussi bien dans l'enseignement public que privé. 




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17 novembre, 2009

Brésil : une loi de « tyrannie homosexuelle »

D'un correspondant, prêtre brésilien, ces paroles fortes sur le projet de loi anti-discrimination le plus extrémiste qu'il m'ait été donné de voir :


Le projet de loi PLC 122/2006, qui glorifie l'homosexualisme et punit comme délinquants ceux qui s'opposeraient à cette pratique, a été adopté en urgence par la Commission des affaires sociales du Sénat brésilien et peut être votée à n'importe quel moment en Commission des droits humains de cette même chambre.


Le coup fut réalisé par la sénatrice Fatima Cleide pendant la session du 10 novembre. Il était prévu de recourir à une audience publique en la matière. C'est pourquoi personne ne s'attendait à ce qu'un vote intervienne immédiatement.


Mais entre-temps, la sénatrice avait présenté une requête visant à solliciter la dispense d'audience publique ; requête qui fut approuvée. Aussitôt on mit le texte aux voix et il fut adopté.


Il ne faut pas s'étonner de la manœuvre réalisée pour faire approuver l'un des principaux thémes du Parti du Travail et l'un des principaux articles du programme de gouvernement du président Lula : désigner comme délinquants les « homophobes » (ceux qui s'opposent à l'homosexualisme).
Mon correspondant observe ensuite que pour minimiser l'affaire, la loi contre les « préjugés » vise également d'autres catégories comme les personnes âgées ou handicapées.


Si ce projet de loi est approuvé - que Dieu nous en préserve ! - le Président le signera immédiatement. Commencera alors un temps de persécution et de violences faites aux valeurs familiales et religieuses comme on n'en a jamais connu au Brésil. Les prêtres, les catéchistes, les recteurs de séminaires, les directeurs d'écoles religieuses, les pères et mères de famille ; en un mot toute personne de bon sens qui n'accepte pas de qualifier de naturel ce qui est antinaturel sera transformé en criminel. Quant aux sanctions pécuniaires, elles serviront à financer des « campagnes éducatives » contre la « discrimination ».


Il faut noter que la loi ne considère pas seulement l'opposition à l'homosexualité comme un délit, mais comme une faute d'éducation. Eduquer, au sens de cette loi, signifie contraindre la population à accepter passivement la subversion de l'ordre naturel.
Mme Cleide a été choisie comme rapporteur du projet devant la Commission des droits humains qui doit se prononcer à son tour...

Le projet de loi, qui ressemble aux lois antiracistes françaises mais en beaucoup plus bavard, vise toute discrimination en raison du « genre, du sexe, de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre ». Le projet de loi veut interdire toute discrimination en matière d'emploi et d'embauche, d'accès aux lieux publics ou privés ouverts au public, d'accès aux établissements d'enseignement. Elle déclare délictueux le fait, à l'égard d'un représentant de ces catégories, de le « refuser, nier, empêcher, négliger, préjudicier, retarder ou exclure, dans n'importe quel système de sélection éducatif, de recrutement ou de promotion fonctionnelle ou professionnelle ».

Il prévoit de sanctionner « le fait d'empêcher ou de restreindre l'expression et la manifestation d'affection dans les lieux publics ou privés ouverts au public ». (Comme les églises ?...) Tout comme le fait d'interdire la libre expression et manifestation d'affection du citoyen homosexuel, bisexuel ou transgenre, dès lors qu'il s'agit d'expressions et de manifestations autorisées aux autres citoyens ou citoyennes.

En cas de non-respect de la loi, le délinquant s'expose à perdre sa capacité à « conclure des contrats avec les organes de l'administration publique (...), à l'interdiction d'accès aux crédits concédés par les pouvoirs publics et ses institutions financières ou aux programmes de développement institués ou mandatés par ceux-ci ; exclusion des exemptions, rémissions, amnisties ou n'importe quel autre bénéfice de nature tributaire » ; il subira en outre une peine d'amende allant jusqu'à 4.000 euros voire dix fois plus en cas de récidive. Empêcher une manifestation d'affection pourrait faire encourir jusqu'à 3 ans de prison.

Le projet prévoit de sanctionner « n'importe quel type d'action violente, contraignante, intimidante ou vexatoire, d'ordre moral, éthique, philosophique ou psychologique ».

On notera que l'explication du texte réalisée par le rapporteur Mme Cleide vise explicitement l'idéologie de genre qui nie l'existence de deux sexes seulement et s'appuie sur divers programmes des Nations unies, ainsi que sur les Marches des fiertés homosexuelles.




C'est très exactement la dictature du relativisme.

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16 novembre, 2009

« Je fais une fausse couche… Grâce au ciel ! »

Penelope Trunk, consultante de carrière, se sert de Twitter pour se laisser « suivre » par ses 20 000 lecteurs, a posté le 21 septembre cet avis qui fait maintenant le tour d’internet.


« Je suis dans une réunion de conseil d’administration. Suis en train de faire une fausse couche. Grâce au ciel, parce qu’il faut un foutu délai de trois semaines et les cabrioles qui vont avec pour se faire avorter dans le Wisconsin. »

Au fur et à mesure que le « buzz » autour de ce message brutal grandissait, Penelope Trunk a été interrogée par la presse magazine : qu’est-ce qui l’avait pris de raconter sa vie privée ?

Réponse – parmi d’autres : « Pour moi ce n’est pas du tout différent que de raconter ce que j’ai avalé au déjeuner. Je n’y ai pas prêté davantage attention tant que mes lecteurs ne m’ont pas bombardé de leurs réponses horrifiées. »

« Mademoiselle » Trunk, 42 ans, a deux enfants âgés de 5 et 7 ans, et a déjà subi deux fausses couches. Pour sa grossesse en cours elle avait déjà programmé un avortement. Et pour elle, le vrai problème n’est pas d’avoir paru sans cœur mais qu’il faille un délai de trois semaines pour obtenir une « IVG » dans le Wisconsin : elle s’apprêtait à faire le voyage de Chicago, Illinois pour y subir l’avortement plus rapidement. « Vous pensez vraiment que je devrais pleurer chaque fois que j’en parle ? Mais c’est un fait : je suis très heureuse d’avoir perdu ce bébé-là. »

Qu’en penseront ses deux autres enfants s’ils l’apprennent un jour ?

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15 novembre, 2009

Complicité d'assassinat

Le jeune évêque de Palencia (Espagne), José Ignacio Munilla Aguirre, interrogé par El Diario Palentino, répond dans son édition d'aujourd'hui à la question : « Que pensez-vous de ce que l'on avertisse les hommes politiques qui soutiennent la loi pour l'avortement qu'ils ne peuvent communier ? »

Réponse :

« Ceux qui approuvent la loi sont dans une situation objective de complicité d'assassinat. Ces personnes sont les coopérateurs de ce type d'actions et ils en porteront une responsabilité morale devant Dieu. Les déclarations faites depuis la Conférence épiscopale sont en accord avec la doctrine de l'Eglise et ont pris la direction jugée la plus adéquate. »
Source : ici.

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Avortement : surtout ne pas prévenir les femmes...

Sous le titre « Quand les politiciens ne veulent pas qu’on parle des conséquences de l’avortement », le blog « religions » de Vincent Pellegrini pour Le Nouvelliste rend compte du refus du Grand conseil du Valais d'introduire dans la loi une disposition obligeant les médecins à prévenir les femmes des éventuelles conséquences néfastes de l'avortement qu'elles envisagent. Voir ici.

Portugal : les avortements légaux progressent toujours

Les chiffres officiels de l'avortement au Portugal pour le premier semestre de 2009 viennent de tomber : la Division de la Santé reproductive de la Direction générale de la Santé de ce pays annonce 9.972 « interruptions volontaires de grossesse » sur la période, soit une progression de 5,5 % par rapport au premier semestre de 2008.

97 % de ces interventions résultaient du « choix de la femme » puisque l'avortement est libre au Portugal jusqu'à 10 semaines de grossesse, les malformations congénitales entrant parmi les 3 % restants. La plupart des femmes ayant choisi l'avortement avaient entre 20 et 30 ans et dans 40 % des cas, il s'agissait de femmes n'ayant « pas encore d'enfants », selon Lisa Vicente, directrice de l'organisme public. La plupart des avortements ont été enregistrés à Lisbonne, et 70 % du total réalisés dans des établissements publics par voie médicamenteuse.

Les statistiques révèlent également que les femmes ayant avorté sont en majorité des ouvrières sans qualifications, des chômeuses ou des étudiantes - qui n'ont donc pas trouvé les aides, le soutien et les moyens dont elles auraient eu besoin pour faire face à l'arrivée de leur bébé.

« Ça fera 10.000 d'assistés en moins », commente élégamment un lecteur du Publico.

Deux ans après la légalisation de l'avortement au Portugal, on approche des chiffres des avortements clandestins avancés pour faire accepter la loi, soit 20.000 par an. Sur les premiers 6 mois après la légalisation, on atteignait 6.287.

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Source : ici.

« J'avais besoin d'oublier le meurtre de mon bébé. »

Cette information des Dernières nouvelles d'Alsace est accessible sur avortementivg.com. Le syndrome post-avortement en direct..

14 novembre, 2009

Le pardon pour celles qui ont avorté...

Le secrétaire général de la Conférence des évêques d’Espagne, Mgr Juan Antonio Martinez Camino, a appelé lors d’un petit déjeuner d’information à Madrid, mercredi, les femmes à rechercher le pardon de Dieu si elles ont eu recours à l’avortement.

« En tant que mère, l’Eglise comprend leurs difficultés et elle ne les laissera jamais seules avec leurs problèmes et avec leurs fautes. Que les femmes qui ont traversé cette tragédie sachent que l’Eglise est avec elles pour qu’elles refassent leur vie et veut les accueillir pleinement en son sein. La plupart de ces femmes l’ont déjà fait et elles sont pleinement réconciliées avec leur conscience et avec Dieu, et avec l’Eglise. Quant à celles qui ne l’auraient pas encore fait, qu’elles trouvent le courage de le faire.

« Il y a une solution pour tout, y compris le crime de l’avortement dont on a pu se rendre coupable. Il est possible de le pardonner. D’un pardon radical : même si tes péchés ont été rouges comme la pourpre, ils deviendront blancs comme neige dans le pardon que Dieu nous offre. C’est pourquoi les femmes qui sont tentées d’avorter ou celles qui l’ont fait trouveront toujours dans la communauté catholique le foyer de la miséricorde et de la consolation. »


Source : ici.

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Le chèque-contraception de Ségolène Royal et l'hypocrisie de Luc Chatel

Le Salon beige (parmi bien d'autres) s'est indigné de cette information :

Nonobstant l’opposition de Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, compte bien envoyer des chèques contraception dès le début de la semaine prochaine aux infirmières scolaires, à charge pour elles de les distribuer, notamment aux jeunes filles « paumées » ou de milieu « très, très modeste ».

Désormais la polémique fait rage et le député démocrate-chrétien, Jean-Frédéric Poisson, réagit : "Nous nageons en plein délire. La proposition de “chèques-contraception” est dangereuse à plus d'un titre, puisqu'elle vise à écarter les familles de l'éducation sexuelle de leurs enfants. Une telle socialisation de la vie privée des Français est intolérable. » « Je dénonce avec la plus grande fermeté cette manoeuvre politicienne qui oublie l'intérêt supérieur de nos enfants, de nos familles ainsi que le respect de nos institutions. Il y a là un mélange des genres dangereux pour notre société », a-t-il ajouté.

Mais à quoi pense-t-il ? La contraception est déjà accessible aux mineures, que ce soit dans le cabinet de leur médecin ou au planning familial. Elle leur est expliquée, recommandée, vantée dans les programmes de Sciences de la vie et de la terre dès la 4e et la 3e. Les infirmières scolaires peuvent déjà leur fournir la « pilule du lendemain », surdosée en hormones, depuis 1999, et ont entre autres pour mission de leur indiquer le chemin du Planning le plus proche. Il semblerait qu'elles doivent recevoir prochainement la compétence de prescrire la pilule « quotidienne ».

Et ce n'est pas déjà criminel, ça ? (Pour Ségolène, non : elle a pris son initiative en déplorant que les Plannings ne soient implantés que dans les grandes villes, au détriment de la santé des jeunes filles des zones rurales...)

On fait grand cas de l'opposition de Luc Chatel, ministre de l'Education. Mais il faut prendre la peine de lire exactement ce qu'il a dit.

« Nous avons affaire à des élèves mineures. L’autorité parentale est quelque chose qui compte. »

Alors, on applaudit très fort le courageux ministre ?

Non, car il poursuit, pour ainsi dire dans un même souffle : « L’Education nationale n’a pas à se substituer au Planning familial, seul autorisé à prescrire des contraceptifs à un enfant mineur. »

Donc : l'autorité parentale a déjà été retirée aux parents en cette matière sensible entre toutes, pour être donnée à un organisme militant, eugéniste dans ses origines, partisan de la sexualité « récréative » dont il fait la promotion, et qui est le plus grand pourvoyeur mondial d’avortements.

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L'ex-directeur d'une association LGBT condamné pour pédophilie

L’ancien directeur d’une « association de bienfaisance », LGBT Youth Scotland, a été condamné à une peine de prison d’au moins 13 ans le 29 octobre dernier pour agressions sexuelles répétées sur un enfant depuis les trois mois (oui, trois mois !) de celui-ci, de 2004 à 2007. James Rennie, 38 ans, a été condamné en même temps qu’un récidiviste, Neil Strachan, 41 ans, convaincu de tentative de viol sur un garçon de 18 mois et d’attouchements sexuels sur un autre âgé de 6 mois, a pris 16 ans minimum ; les deux hommes ont été jugés coupables de complicité dans leurs activités pédophiles.

Dès son arrestation en décembre 2007, Rennie a été suspendu de son poste à LGBT Youth Scotland (Jeunesse lesbienne-bi-gay-trans Ecosse), puis soumis à une procédure disciplinaire dans le cadre de son travail, procédure au cours de laquelle il a démissionné.

LGBT Youth Scotland a publié un communiqué le 29 octobre 2009 indiquant que l’association n’était pas du tout au courant des activités de Rennie au sein d’un réseau pédophile qui comprenait six autres hommes, tous condamnés à des peines de prison allant de 2 à 17 ans en juin dernier.

« Le fait qu’il n’existe aucun indice laissant croire que James Rennie ait effectivement, ou ait seulement eu la possibilité de constituer une menace pour la sécurité des jeunes fréquentant les services où il travaillait s’explique par la culture de protection de l’enfance qui est celle de LGBT Youth Scotland, appuyée sur une politique d’action solide », ajoute le communiqué de l’association.

LGBT Youth Scotland s’adresse aux jeunes de 12 (douze) à 26 ans qui ont besoin « d’aide, de soutien ou d’infos » sur leur « orientation sexuelle » ou leur « identité de genre », organise des événements pour jeunes mineurs ou jeunes majeurs et les aide à faire leur « coming out ». L’association forme des moniteurs « feu vert » chargés de porter ce message dans les écoles écossaises ou les groupes de jeunes. L’association est notamment financée par le « Big lottery fund » (grand fonds de la loterie) chargée de distribuer les profits de la Loterie nationale du Royaume-Uni à des associations à but non lucratif d’intérêt général (ici, sur une page remontant à 2007, avis d’un don de 150 000 livres sterling).

Précisons que celle-ci travaille officiellement en partenariat avec la NHS (National Health Service, sécurité sociale britannique) et revendique d’excellents liens avec le gouvernement et le parlement écossais et bien d’autres.

LGBT Youth Scotland dispose de deux sièges au Scottish Youth Parliament, le parlement des jeunes d’Ecosse composé d’élus de 14 à 25 ans qui se réunissent au moins quatre fois par an pour définir les contours de leur action de lobbying. Cette compagnie à responsabilité limitée et à statut d’« œuvre de charité » (l’équivalent du « sans but lucratif ») compte parmi ses principaux donateurs le Département de l’Education du Parlement écossais. Ses ressources se montaient à 678 443 livres sterling pour l’exercice achevé au 31 mars 2008.

Il va de soi que le Parlement des jeunes Ecossais n’est pas responsable de LGBT Youth Scotland ni cette association des agissements de son ex-directeur. Cependant on peut se demander ce qui se serait passé, médiatiquement parlant, si cette histoire avait concerné une association de jeunes chrétiens. Par exemple…

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13 novembre, 2009

Davantage d'« IVG » au Portugal

Le nombre d’avortements continue de progresser au Portugal depuis la légalisation de « l’interruption volontaire de grossesse » en juillet 2007.

Ce sont certains centres de santé qui enregistrent l’essentiel des hausses sur le 1er semestre 2009 par rapport à la même période en 2008 : + 23 % (+ 212 avortements) à l’hôpital de Amadora-Sintra, où la plupart des médecins sont pourtantobjecteurs de conscience ; + 16 % à la très militante « Clinica dos Arcos » elle aussi près de Lisbonne, de janvier à août, soit 4.183 avortements au total – elle accueille les demandes faites dans les hôpitaux avoisinants où presque tous les médecins sont objecteurs de conscience ; + 10 % à Almada…

En attendant la publication, vendredi, des chiffres officiels pour l’ensemble du Portugal, le quotidien (de gauche) O Publico donne son interprétation de ces statistiques morbides. Elles indiquent selon lui le fait que davantage de femmes renoncent à l’avortement clandestin pour se diriger vers les services légaux, comme l’affirment plusieurs médecins interrogés par lui.

Ces médecins annoncent même une probable augmentation de ces statistiques à l’avenir, comme autour d’Amadora-Sintra où les femmes « recourent volontiers à l’automédication ».

Tout pour ne pas suggérer que la légalisation de l’avortement puisse d’elle-même entraîner une hausse des statistiques ; tout pour justifier a posteriori la loi sur l’avortement par le nombre d’avortements clandestins que les « pro-mort » avaient revendiqué avant le référendum.

On ne nous parle pas de baisse de la mortalité maternelle, autre « bienfait » supposé de la légalisation de l’avortement. Avant comme après la loi, le Portugal affichait déjà des taux de mortalité maternelle comparables aux meilleurs taux européens.

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12 novembre, 2009

Après la pilule abortive, la « pilule paisible » du Dr Nitschke

Le Dr Philp Nitschke, médecin et activiste pro-euthanasie australien, fondateur et directeur du groupe « Exit », a déclaré fin octobre à la presse de son pays que son association a développé et entend diffuser un test capable de vérifier les principes actifs du pentobarbital (ou « Nembutal ») qu’il recommande pour l’euthanasie à domicile, pour rassurer les personnes qui se procurent cette drogue par la vente par correspondance, au Mexique notamment.

Exit International annonce également ses travaix presque achevés sur la stabilisation de ce barbiturique aujurd'hui disponible uniquement sous sa forme liquide, et présentant donc des difficultés d’expédition et de conservation à long terme. Désormais, le Nembutal sera proposé sous forme de comprimé – la pilule paisible – à dissoudre dans un petit verre d’eau au moment du suicide programmé. Très stable, ce « médicament » devrait avoir une durée d’utilisation de quelque cinquante ans et tous les « séniors » en pleine possession de leurs moyens devraient, selon le bon docteur, avoir la possibilité se la procurer « au cas où ».

Exit International compte proposer la pilule, accompagnée d’un kit d’activation et d’un kit de vérification de sa force effective, à la vente par correspondance dès 2010.

Le Dr Nitschke a ensuite entamé une tournée de l’Amérique du Nord pour présenter son discours et sa pilule. La semaine dernière, il était à Vancouver où, à la suite du refus de la Bibliothèque publique locale, par peur des poursuites relatives aux lois réprimant le suicide assisté au Canada, il a tenu son discours dans l’église unitarienne locale, bondée, pendant une « séance de travail de deux heures ».

Son conseil : « Ouvrez votre placard, mettez la pilule dans un verre et buvez, cela vous fera une mort paisible et vous ne ferez rien d’illégal. Le suicide n’est pas un crime. » Il faut simplement veiller à le faire avant d’être impotent afin de ne pas pousser ses proches à prendre des risques vis-à-vis de la loi…

Nitschke se rendait dimanche dernier à San Francisco, pour tenir le même discours au Centre Bouddhiste local ; deux autres réunions étaient prévues aux Etats-Unis.

Pendant son voyage, ce 12 novembre, les bureaux d’Exit International à Melbourne et dans le New South Wales ont fait l’objet de descentes de police, dans le cadre de l’enquête sur un suicide. Des pilules de Nembutal, dont l’importation, l’achat et la vente sont illégales en Australie, ont été saisies.

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11 novembre, 2009

Cellules souches adultes : un espoir pour les opérées d'un cancer du sein

Encore un succès des cellules souches adultes, avec la promesse de traitements efficaces dans un proche avenir : l'Institut Bernard O'Brien de microchirugie de Melbourne (Australie) entame une série d'essais de trois ans sur l'homme – ou plutôt la femme – pour reconstruire les seins opérés à la suite d'un cancer. La technique, baptisée « Neopec », consiste à prélever des cellules souches sur du tissu adipeux de la patiente. Elles sont ensuite réinjectées dans la zone à reconstruire qui est délimitée par une forme de sein synthétique et biodégradable implantée sous la peau ; une vaisseau sanguin provenant du dessous du bras est redirigé vers la zone pour l'irriguer. Le tissu se reconstitue alors et s'arrête de progresser dès qu'elle atteint la barrière synthétique.

L'expérience – la première de son genre dans le monde – a été prouvée positive lors d'essais sur le cochon chez qui la pousse n'a pris que six semaines ; on s'attend à une durée plus longue sur les sujets humains, de quatre à six mois, puisque la croissance humaine s'arrête à l'adolesence.

Le directeur de l'Institut, le Pr Wayne Morrison, estime que la technique pourrait commencer à être utilisée de manière habituelle chez les patientes ayant subi une ablation du sein, dès la fin des essais s'ils s'avèrent positifs, donc vers la fin de 2012. Il s'attend à un délai plus long pour l'utilisation en chirurgie esthétique : une dizaine d'années.

« Si cette méthode est satisfaisante nous pourrions l'utiliser pour traiter n'importe quel défaut de contour, qu'il s'agisse d'un sein, d'une difformité congénitale ou d'un traumatisme du type où quelqu'un perd soudain un bout de lui-même ”, a expliqué le Pr Morrison.

Il estime que la technique remplacement du sein pourrait n'être que la pointe de l'iceberg. Sic !

Source : ici.

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Portugal : l'Assemblée de la conférence épiscopale évoque le devoir de résistance au politiquement correct.

Marquant l’ouverture de l’Assemblée plénière de la conférence épiscopale du Portugal, le discours de son président Mgr Jorge Ortiga, lundi, comportait un important passage relatif à « la famille et les valeurs ».

Extraits :


• Aujourd’hui, la famille est exposée au relativisme des valeurs qui dégénèrent en contre-valeurs : ruptures familiales, crise sociale de l’image du père, difficultés à assumer des engagements stables, graves ambiguïtés à propos de la relation d’autorité entre les parents et les enfants, nombre croissant de divorces, la plaie de l’avortement, le recours de plus en plus fréquent à la stérilisation et l’instauration d’une véritable et nette mentalité contraceptive.

• Si l’urgence éducative passe par la famille, nous ne pourrons jamais nous lasser d’annoncer son véritable statut ni de dénoncer des campagnes qui prétendent donner lui donner une orientation contraire à ces caractéristiques qui – nolens volens – revêtent une dimension culturelle et anthropologique et qui, pour cette raison, ne peuvent jamais être considérées comme dépassées ou rétrogrades.

La « théorie du genre » continue de s’infiltrer, souvent de manière camouflée : or il s’agit d’une véritable idéologie dont le but est de redéfinir la famille, la relation matrimoniale, la procréation et l’adoption. Personne n’ignore les vrais problèmes auxquelles l’institution familiale doit quotidiennement faire face. Mais à la faveur de ces nouvelles problématiques, surgissent des tentatives de solution fondées sur les valeurs traditionnelles de liberté, d’égalité et de santé interprétées au-delà de leur signification véritables pour être confondues avec un ensemble d’ambiguïtés qui les éloigne d’une anthropologie sage et véritablement assise sur une culture authentique.

• Certaines conceptions de l’égalité prétendent qualifier la différence entre l’homme et la femme comme sans objet et proposent l’uniformisation de tous les individus, comme s’ils étaient sexuellement indifférenciés, avec comme conséquence inévitable le fait de considérer les orientations et les comportements sexuels comme équivalents. Ainsi juge-t-on que chaque individu a le droit de concrétiser librement, et souvent même de modifier ses propres choix selon ses préférences, motivées par une interprétation égoïste du don de la sexualité.

• Le rôle de l’Eglise sera toujours de promouvoir et de défendre la dignité humaine, indépendamment de l’idéologie ou de la croyance religieuse des personnes, alliant toujours le respect et le courage. (…) Dans bien des cas nous serons incompris, mais ce que nous jugeons être la vérité sur la vie humaine doit prévaloir sur ce qui est considéré comme politiquement ou socialement correct et sur les applaudissements de l’opinion publique dominante.

A propos de l’éducation, visant entre autres tacitement l’éducation sexuelle, Mgr Ortiga a plaidé pour une véritable subsidiarité qui respecte le droit des parents de choisir ce qu’ils estiment bon pour leurs enfants : « Pour que cela soit possible, l’éducation ne doit être d’aucune façon étatisée, de manière subreptice et compulsive, comme semblent le vouloir beaucoup de politiques pseuso-éducatives. » Et d’inviter les parents à prendre leurs responsabilités :


Dans de nombreux cas, peuvent être nécessaires des actions et des attitudes frontales, dans la manifestation d’un juste non-conformisme civique, afin que la liberté de choix des parents quant à l’éducation de leurs enfants soit respectée et clairement affirmée par les lois.

10 novembre, 2009

« Pilule du lendemain » : sérieux problèmes de santé chez de jeunes Mexicaines

Teresa Méndez, gynécologue-obstétricienne de l’Hôpital général de Mexico, a averti lors d’un congrès de gynécologie dans la capitale mexicaine, au début du mois, que de plus en plus de jeunes filles utilisent la pilule du lendemain – vendue comme contraceptif d’urgence – comme moyen de contraception habituel, avec de sérieux problèmes de santé à la clef.

La spécialiste, favorable à la contraception, estime que 8 couples d’étudiants sur dix recouent ainsi abusivement à la pilule du lendemain, utilisée jusqu’à trois ou quatre fois par an comme un « contraceptif quotidien », sans qu'ils soient conscients des maladies irréversibles que cela peut entraîner. Les jeunes remplacent ainsi le préservatif qui serait à la charge du garçon par un médicament à la charge de la fille, souvent de milieu fortuné, selon le médecin.

Les patientes âgées de 17 à 25 ans arrivent à l’hôpital souffrant d’hémorragies, de douleurs et inflammations pelviennes, voire de lésions liées au papillomavirus humain, d’autres MST et de stérilité.

Précision intéressante : selon Mme Méndez, les jeunes de moins de 25 ans estiment que le préservatif ne « protège » pas d’une grossesse. Elle avoue : « Ils ont en partie raison : sur dix préservatifs utilisés, quatre sont inefficaces pour cause de rupture, souvent bien sûr en raison d’un emploi inadéquat, mais au bout du compte le risque de grossesse est très élevé. »
Sources : ici et ici.

« Qualité de la vie » : « RB », 13 mois, sera débranché avec l'accord de ses deux parents

L’affaire du bébé « RB » a connu un tragique retournement de situation au septième jour du procès autour de sa « qualité de vie ». Cet après-midi, le jeune père de l’enfant atteint de myasthénie, après s’être battu devant les cours royales de Londres pour le maintien du respirateur de son fils, a demandé, en larmes, que l’audience se poursuive à huis-clos. Deux heures plus tard, la presse était réadmise dans la salle pour apprendre que le père et la mère s’étaient mis d’accord pour demander l’arrêt de tout traitement à leur fils, conformément aux autorités hospitalières qui avaient porté cette demande en faveur d’une « mort digne » pour le petit patient. Le juge chargé de l’affaire, Justice McFarlane, visiblement soulagé selon la journaliste de BBC News de ne pas avoir à imposer une décision lui-même, a entériné le choix des parents en autorisant le débranchement de « RB », accompagné de « soins palliatifs » pour compenser la souffrance entraînée par cela. On estime qu’il mourra tôt après. Le jour et l’heure seront déterminés par les parents et les médecins qui s’occupent du petit garçon.

A son ordre officiel le juge a choisi d’ajouter quelques mots, comme cela est possible dans la procédure anglo-saxonne, pour rendre hommage au « dévouement » et à « l’amour » dont les parents de « RB » avaient fait preuve à l’égard de leur fils depuis sa naissance :

« Ils ont mis leurs propres vies d’adultes entre parenthèses. Ils ont subi un stress immense, qui a signé la fin de leur propre relation, mais ils parviennent toujours à travailler ensemble et ils font ce qu’ils peuvent pour soutenir leur fils. Lorsqu’ils ont dû faire face aux affres de la situation où ils se sont trouvés, ces jeunes gens ont été totalement à la hauteur et ont fait face à la responsabilité que la vie leur avait imposée en faisant preuve, chacun, d’un engagement à 100 % qui ne peut que commander un profond respect et autant d’admiration. »

Il semble que le père de « RB » ait été ébranlé par les témoignages de médecins et d’infirmières à propos des souffrances de son garçon, l’argument principal étant que celui-ci n’était pas en mesure de montrer sa douleur par l’expression de son visage ou par des mouvements musculaires. L’un d’entre eux, un professeur qui a ausculté l’enfant ces derniers jours, a recommandé le débranchement parce que, dans le cas d’une trachéotomie réussie, il continuerait d’être malade tout en connaissant un développement neurologique et cérébral normal, et connaîtrait « une frustration croissante » du fait de ne pas pouvoir communiquer. Maintenir « RB » en vie ne serait donc pas dans l’intérêt de l’enfant dans la mesure où celui-ci ne pourrait espérer une quelconque « qualité de vie ». C’est précisément le fait que « RB » avait un développement normal et réagissait à la vue de ses parents qui avait poussé son père à se battre pour sa vie.

La Société britannique pour la protection des enfants naître (SPUC) avait déclaré, au début du procès : « Chaque fois qu’il y a un doute à propos d’un traitement médical indispensable à la survie, tous devraient agir en fonction d’une présomption en faveur de la vie. »

De fait ici un choix thérapeutique moins lourd a été écarté pour des motifs directement puisés dans l’argumentaire des partisans de l’euthanasie.

Sources : ici, ici, ici...

Conseil de l'Europe : du principe de non discrimination au principe de non distinction

Les droits des « LGBT »

Le Comité des ministres des 47 Etats membres du Conseil de l’Europe (COE) devra se pencher, prochainement, sur un projet de recommandation pour l’ensemble de cet espace européen qui vient d’être approuvé dans sa mouture finale par un comité d’experts sur la discrimination « à raison » de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Mandatés par le 1 048e Comité des ministres en février, les experts ont adopté une mouture finale de leur rapport qui sera soumis, le 25 novembre, au Comité directeur pour les droits de l’homme en vue d’une adoption au niveau du COE. Dernier en date d’un flot de textes et de décisions jurisprudentielles par la Cour européenne des droits de l’homme, c’est sans doute le plus extrémiste, ou le plus extrêmement relativiste que l’on ait vu paraître à ce jour sur la scène des instances internationales qui formatent les droits nationaux. Et au nom desquelles de multiples législations évoluent en effet.

Pour mériter la qualité d’Etat démocratique, proclament donc les différents textes qui ont abouti au projet final sur la protection des droits « LGBT » (lesbiennes-bi-gay-trans), on ne saurait tolérer la moindre « discrimination » à l’égard de ces personnes qui vivent leur sexualité comme elles la ressentent ou la choisissent, indépendamment du sexe qui a pu leur être « assigné » à la naissance.

Un document totalitaire ? Lisez, plutôt, c’est l’article 7 de l’exposé des motifs :

« Ayant à l’esprit le principe selon lequel aucune valeur culturelle, traditionnelle ou religieuse, ni aucun précepte découlant d’une “culture dominante”, ne saurait être invoqué pour justifier les discours de haine ou toutes autres formes de discrimination, y compris celles fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre… »

La mise en œuvre d’un tel principe interdit à l’évidence tout jugement de valeur sur le comportement homosexuel. Tout enseignement moral. Toute exigence morale aussi – d’où les insistances répétées sur la nécessité de donner aux enfants des écoles l’accès à une « information juste » sur « l’orientation sexuelle » et « l’identité de genre ».

Dans l’ensemble de ces documents, cette idéologie est en effet donnée pour acquise. La notion d’identité de genre qui fait disparaître la distinction fondamentale entre hommes et femmes au motif qu’elle serait simplement le fruit d’attitudes culturelles, et qui met au premier plan le choix subjectif de la personne concernée – dont le rapport préalable signé André Gross (Suisse, socialiste) souligne qu’il est souvent fixé dès avant la puberté. C’est un premier nihilisme. A tel point de déni de réalité que la recommandation aux Etats du Conseil de l’Europe fait pression pour que le changement de « genre », avec toutes les démarches administratives, d’état civil, de changement d’acte de naissance, puisse être fait avec la plus grande facilité et sans qu’il soit nécessaire d’entreprendre une démarche physique (opération, traitement hormonal) de changement de sexe. On peut certes se réjouir de ce que les personnes dans ce cas ne soient pas acculées à subir des interventions qui, forcément, les mutileraient. Mais cela en dit long sur le degré de décomposition intellectuelle auquel nous sommes en train de parvenir.

Dans le même temps, ces choix subjectifs multiples sont en quelque sorte « objectivés » pour les besoins de la cause par l’assimilation de ces groupes – éventuellement mouvants – à des minorités identifiables. Et qui de ce fait vont devoir bénéficier d’un principe de non-discrimination absolue, sauf dans le cas, louable, où ils pourraient bénéficier d’une discrimination positive.

Le projet de recommandation, que Présent s’est procuré, comporte en l’article 27 de ses annexes cette phrase révélatrice :

« Lorsque la législation nationale permet à des personnes célibataires d’adopter des enfants, les Etats membres devraient garantir son application sans distinction fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre du demandeur. »

« Sans distinction » : c’est un pas de plus que le refus de la discrimination, c’est la négation claire du principe d’identité, c’est vouloir pour tous, dans quelque domaine que ce soit, l’égalité absolue, non seulement dans le traitement mais dans la manière d’être considéré par autrui. C’est alors la différence qui devient taboue – et l’on rejoint ainsi la revendication la plus récente des « lesbiennes-bi-gays-trans » qui réclament le « droit à l’indifférence ».

Curieusement, le texte anglais fait référence en ses exposés des motifs à l’engagement du COE « à garantir l’égale dignité ainsi que la jouissance des droits et libertés de chaque individu, sans aucune discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation… », tirant de ce principe de non-discrimination générale le devoir de ne pas « discriminer » entre adeptes de pratiques sexuelles qu’il est désormais inconvenant de qualifier de « perverses ». La traduction officielle française a mis à la place du mot « discrimination » celui de « distinction » qui ferait définitivement disparaître la notion d’un traitement injuste sous-jacente, quand même, dans la compréhension populaire actuelle de la notion de « discrimination ».

Telle est la logique de tout le document. A côté d’une dénonciation d’actes cruels, de mauvais traitements, de délits et de crimes envers les personnes « LGBT » – non pas, notez, parce que ce sont des personnes, mais parce que ces délits doivent être sanctionnés selon le régime de la circonstance aggravante – se trouve en effet une multitude de recommandations « positives » invitant à leur ouvrir l’accès à tous les droits sociaux, culturels, civils, à tous les emplois, sans que jamais la référence à leur choix de vie puisse autoriser une différence de traitement.

Tout cela n’est évidemment pas contenu dans la Convention européenne des droits de l’homme et ne fait que très lentement son apparition dans la jurisprudence de la CEDH, par une perversion de la lettre du texte et des notions juridiques invoquées. Parmi les associations qui se battent pied à pied contre de telles aberrations, on peut citer et soutenir le « European Centre for Law and Justice » (eclj.org) basé à Strasbourg, et C-Fam (c-fam.org) organisme de veille catholique auprès de l’ONU et d’autres institutions internationales.

Parce que ce sont nos libertés qui sont directement menacées.

Source : Présent du 11 novembre 2009.

09 novembre, 2009

Avortement tardif : l'aveu

Fin octobre, un nouveau centre d'avortements tardifs a ouvert ses portes à Dallas, Texas, s'ajoutant aux quatre avortoirs actifs dans cette ville des Etats-Unis avec un total de 11 000 interventions par an. Le « Southwestern Women's Surgery Center » se spécialise dans les « IVG » jusq'à 24 semaines, pratiquées sur place par son propriétaire, le seul médecin du Nord-Texas qui accepte (ou pour reprendre ses paroles, qui « possède le savoir-faire ») de supprimer des enfants à naître à ce stade de la grossesse. Dr Curtis Boyd avait été le premier a ouvrir un avortoir au Texas en 1973, après avoir pratiqué des milliers d'avortements illégaux au cours des 1960. Il a été en pointe du mouvement « pro-choix », a lui-même développé des méthodes d'avortement tardif et a contribué à fixer les « bonnes pratiques » pour l'avortement chirurgical. Il venait de fermer sa clinique il y a quelque temps, sans doute en vue d'ouvrir ce « centre chirurgical », structure exigée pour les avortements à 16 semaines et au-delà. Et il sait ce qu'il fait...

« Suis-je en train de tuer ? Oui, c'est ce que je fais. J'en suis conscient. »

C'est ce que le Dr Curtis Boyd vient de répondre à la chaîne WFAA TV qui a diffusé des extraits de son entretien lors d'un journal télévisé en fin de semaine dernière (voir ici). C'est clair et net. Sans états d'âme. Il draine des patientes depuis les Etats d'Oklahoma, Arkansas, Louisiana et de l'ensemble du Texas. Et même de très jeunes patientes : Curtis Boyd affirme avoir reçu dans sa clinique des petites jeunes filles de 9 ou 10 ans. (Question : prévient-il alors la justice du viol qui a nécessairement eu lieu ?)

Dans le cadre de ses cliniques légales, il estime que 300 000 avortements ont été pratiqués depuis 1973.

Curtis Boyd était un très proche ami de George Tiller, le spécialiste d'avortements tardifs récemment assassiné au Kansas. Plus bizarrement, il a été « ordonné » ministre baptiste, avant de changer de secte protestante pour devenir unitarien. Il disposait dès le début de son activité d'avorteur d'un réseau de ministres protestants et juifs qui offraient leurs conseils spirituels à des jeunes femmes enceintes sans l'avoir désiré, avant de leur indiquer son adresse, rendez-vous à la clef..

Curtis Boyd affirme dans son interview sur WFAA « prier souvent ». « Je demande par exemple que l'esprit de cette grossesse retourne à Dieu avec de l'amour et de la compréhension », explique-t-il.

Dans un entretien publié par un site « pro-choix » le médecin pro-mort expliquait que les femmes qui font le choix d'avorter agissent de manière spécialement responsable et posent une décision morale. « Même aujourd'hui, elles entrent dans mon cabinet en pensant que ce qu'elles font est mal et qu'elles sont mauvaises parce qu'elles le font. Et ça, c'est vraiment triste parce que ce qu'elles font témoigne souvent d'un développement moral plus élevé que celui de la plupart des autres gens. »

Pourquoi Curtis Boyd continue-t-il d'avorter alors que, de son propre aveu, c'est tuer ? Parce que c'est « important », parce qu'il est seul à savoir faire des avortements tardifs dans la région, parce qu'il se dit davantage « troublé par les tourments » vécus par ses patientes.

En attendant, cela rapporte...

Source : ici et autres.

08 novembre, 2009

« Qualité de la vie » : faut-il « débrancher » RB, 13 mois ?

C’est la question actuellement pendante devant les Cours royales de justice de Londres qui a été saisie d’une demande contradictoire de la part d’un couple séparé « à l’amiable ». Le père du petit garçon connu dans la presse anglaise sous les initiales « RB » veut tout entreprendre pour que son fils, qui souffre d’une maladie rare et grave, un syndrome de myasthénie congénitale, puisse vivre le plus longtemps possible. Sa mère, au contraire, estime que la mort vaudrait mieux pour son enfant.

(Lu sur Le Blog de Jeanne Smits)

La maladie dont souffre le bébé l’empêche de respirer normalement et il peut à peine soulever ses membres. Un ventilateur posé une heure après sa naissance, il y a treize mois, le maintient en vie. Mais ce sera, à en croire les médecins du service de santé national (NHS) britannique, une « vie misérable, triste et pitoyable ». Est-ce une raison suffisante pour lui retirer son ventilateur et attendre que mort s’ensuive ?

Cette affaire qui a abouti devant les tribunaux par le truchement de la NHS dont les représentants plaident depuis plusieurs jours, avec le soutien de la maman de « RB », le débranchement du petit garçon. Mais son père, fort du témoignage de médecins persuadés qu’il pourrait survivre, et peut-être même recevoir des soins efficaces d’ici à quelques années grâce aux progrès de la médecine, réclame de son côté qu’une trachéotomie soit pratiquée qui permettrait à son enfant de respirer de manière autonome et même d’être soigné à la maison, une tâche que le père est prêt à assumer.

Il n’y a pas de doute que les deux parents jeunes parents, qui actuellement passent tous les jours quelque 10 heures au chevet de leur fils, ont les meilleures motivations subjectives. La mère estime que son enfant subit des souffrances intolérables : si c’est le cas, le fait de le débrancher d’un respirateur et le laisser mourir ne peut-il être considéré comme l’arrêt d’un soin disproportionné ?

Le père au contraire a observé la vitalité de son garçon. Et la cour a reçu des témoignages émouvants : « RB » sait mettre sa main sur celle de sa mère, il tire ses cheveux, il a un regard espiègle » – une pédiatre qui s’est rendue à son chevet a raconté tout cela, concluant : « Je ne peux approuver en conscience le fait de couper court à une vie seulement parce que j’ai vraiment, vraiment peut qu’il se peut qu’il souffre et que les choses pourraient empirer à l’avenir ».

Qui a raison ? C’est un jugement de Salomon qui est attendu, en principe jeudi prochain ; où il semblerait raisonnable de suggérer que l’on entreprenne la trachéotomie qui permettrait de facto d’arrêter le ventilateur de « RB ». Ce qui du même coup lèverait toute discussion sur le caractère disproportionné ou non des soins qui lui sont prodigués.

Mais voilà, on en vient à se demander – dans la logique euthanasique qui se développe de plus en plus au Royaume-Uni – si la NHS ne veut pas justement éviter cette heureuse issue dans la mesure où « RB » aurait encore besoin de soins (« futiles » ? coûteux ?) pendant de longues années à venir.

Le Daily Mail du 4 novembre publiait une lettre ouverte d’une mère de famille qui s’est manifestée pour conter l’histoire de son fils, Felix, affecté à 9 mois (après la mort de son jumeau, deux mois plus tôt) par une maladie aux mêmes effets que celle de la myasthénie (comme chez « RB », les capacités cérébrales ne sont pas atteintes). C’était il y a dix ans ; les médecins avaient prédit pour lui un avenir atroce. Mais ses parents ne purent faire autre chose que de choisir la poursuite de son traitement.

Aujourd’hui Felix a dix ans. Les complications annoncées par les médecins se sont produites, avec d’autres encore. Le garçon a toujours son ventilateur portable à portée de mains sur son fauteuil roulant électrique.

Mais il fréquente une école normale :

« Il joue avec ses amis, il irrite et amuse sa sœur aînée (qui l’aime vraiment), il fait pression pour avoir plus d’argent de poche, des heures de coucher plus tardives et moins de bains et se comporte comme n’importe quel garçon de dix ans. Il est totalement charmant, très populaire et, par dessus tout, heureux. Passez dix minutes avec Felix et vous ne poserez plus jamais de questions à propos de la “qualité de la vie”. Il m’a appris que la perfection présente bien des formes, et qu’il est parfait dans sa manière d’être Felix. (…) La trachéotomie peut sembler trop rude, mais elle a transformé sa vie et sa santé. Tout d’un coup il n’a plus eu besoin de se battre pour chaque respiration ; il a commencé à grandir ; et quand nous l’avons ramené à la maison, il a fleuri. (…) C’est l’enfant le plus heureux que je connaisse et il a apporté plus de joie dans ma famille que je ne pourrai le dire avec de simples mots. Il aime et il est aimé au-delà de toute mesure ; sa vie vaut la peine d’être vécue. »


C'est cette valeur insondable de la vie, de la vie qu'il faut respecter, qui est en réalité dans la balance devant les Cours royales de Londres. Ce respect n'exige pas la démesure, mais il suppose de vraiment mettre les chances et les efforts du côté de la vie. Et - ne pas s'y tromper - ce sont des affaires comme celles-ci qui sont utilisées pour promouvoir, juridiquement et médiatiquement, le droit de vie et de mort sur les plus vulnérables des êtres humains.

Source : BioEdge et autres.

14 octobre, 2009

Une pétition pour la vie à l'ONU : signez tout de suite !

L'organisme catholique de veille auprès de l'ONU, C-FAM a lancé une pétition internationale pour la claire affirmation du respect de la vie humaine, des droits de la famille fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme, et de la liberté de l'éducation, droit fondamental des parents. Plus d'un demi million de personnes l'ont déjà signée. Lors de sa clôture, elle sera solennellement présentée à l'ONU. Ci-dessous, le texte de la pétition en langue française. On peut la signer dans cette langue ici. Elle est disponible en 18 langues. Les explications (en anglais), sont ici. Faites suivre à vos contacts !


Appel international pour les droits et la dignité
de la personne humaine et de la famille

Nous, citoyens des États membres des Nations unies, en cette année du 60e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, adoptée et proclamée par la résolution 217 A (III) du 10 décembre 1948 de l’Assemblée générale des Nations unies,


Rappelant que :

la Déclaration universelle des droits de l'homme est l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations,


Considérant que :

les droits de l’homme, la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité et la justice constituent le patrimoine spirituel et moral sur lequel est fondée l’union des Nations,


Insistons pour que :

soient pris dûment en considération :


1. Le droit à la vie de tout être humain, de la conception à la mort naturelle, chaque enfant ayant le droit d’être conçu, de naître et d’être élevé dans une famille, fondée sur le mariage entre une femme et un homme, la famille étant l’unité de base naturelle et fondamentale de la société.

2. Le droit pour chaque enfant d’être élevé par ses parents qui ont, par priorité, le droit fondamental de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

En conséquence, nous demandons :


à tous les gouvernements d’interpréter convenablement la Déclaration universelle des droits de l’homme de sorte que :


Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne (Article 3).

A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille.
(Article 16).

La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État (Article 16).

La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales
(Article 25).

Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants (Article 26).

18 septembre, 2009

L’ « éducation à la sexualité » selon l’UNESCO : l’aveu

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

L’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) vient de publier un projet de rapport présentant les Lignes directrices internationales sur l’éducation de la sexualité qui sera, selon toute vraisemblance, adopté par les Nations unies à New York en octobre prochain. C’est un véritable programme totalitaire qui s’intéresse aux moindres détails, y compris sémantiques, de ce que les jeunes de 5 (oui, cinq !) à 18 ans, devront savoir sur le sexe sans jamais avoir même pensé à le demander. L’affaire fait grand bruit aux Etats-Unis depuis la fin août ; en France, on en a vaguement parlé sur France-Info pour ricaner à propos de la pruderie américaine ; le Salon beige a indiqué l’existence du scandale dès le 1er septembre.

Scandale, oui : derrière un paravent de bonnes intentions affichées tout au long de ce document-projet de 98 pages, officiellement visé par l’UNESCO et l’engageant donc totalement, il s’agit bel et bien de promouvoir l’amoralité absolue, l’indifférentisme culturel, l’idéologie du genre et le libre accès à l’avortement présenté comme un « droit des femmes ».

C’est ce point qu’il faut relever tout d’abord : on sait qu’une guerre sémantique est livrée sans scrupules par des groupes de pression au sein des institutions onusiennes pour faire accepter l’idée que l’avortement est un « droit », et même un « droit de l’homme » au sens des droits protégés par les instruments internationaux. Opposables aux Etats. Opposables aux objecteurs de conscience. Aune à laquelle on jugera le caractère « démocratique » d’un pays. Tous n’étant pas d’accord là-dessus, ces « droits » sont depuis quelques décennies revendiqués de manière indirecte sous la demande de protection et de promotion des « droits reproductifs » ou de la « santé génésique », de manière discrètement avouée par les partisans de l’avortement légal et sous le feu nourri des Etats qui demeurent attachés au respect de la vie qui font tout pour que le « droit à l’avortement » n’acquière pas un statut en droit international

Le document de l’UNESCO, lui, ne prend pas la peine de se cacher. Un rapport régional de l’instance, publié en Thaïlande, avait affirmé dans une certaine clandestinité, en 2003, que l’avortement devait devenir universellement accessible dans des conditions de légalité, de sécurité, d’accessibilité totales. Le rapport achevé fin juin à Paris, où siège l’UNESCO, a au contraire fait l’objet de présentations publiques ; et il ne laisse aucune place ni au doute, ni à la moindre négociation : l’avortement est régulièrement présenté comme faisant partie du chapitre des « droits reproductifs ». Parmi les « objectifs d’apprentissage » à atteindre dans le groupe des 15-18 ans, figure l’argumentaire pour « promouvoir le droit et la possibilité d’accès à l’avortement sûr » (sous-entendu : légal). Les 12-15 ans doivent pour leur part réfléchir sur « la définition de l’avortement, les raisons le justifiant et sa légalité ».

On peut continuer avec le matraquage sur le caractère sûr et sans conséquences néfastes de l’avortement médicalisé ; les 12-15 ans étant invités à apprendre tout sur l’accès à l’avortement sûr et aux soins post-abortifs dans le cadre de l’étude des moyens efficaces pour éviter une grossesse.

Comme cela, au moins, les choses sont claires. Elles démentent l’objectif affiché qui consiste à dire qu’il vaut mieux que les jeunes soient correctement informés, et dans un total respect des valeurs culturelles différentes, à propos de la sexualité et des situations auxquelles ils risquent d’être confrontés, plutôt que d’entendre n’importe quoi de la part de leurs camarades. (Mais on balaie explicitement l’objection des parents qui revendiquent le droit de transmettre eux-mêmes l’information sur l’acte procréateur – c’est la procréation qui est taboue !)

Tout est à lire pour saisir comment les organismes comme l’UNESCO, avec le plein appui du Fonds des Nations unies pour la population et demain, probablement, de l’ONU elle-même, entendent détricoter peu à peu les « réticences » des pays encore attachés à des valeurs traditionnelles et pour court-circuiter le rôle des parents. Pour faire avaler la pilule, le document répète volontiers que chaque pays y puisera ce qu’il voudra, compte tenu notamment de ces divergences culturelles.

Oui, mais… Le luxe de recommandations et de détails contenus dans les 98 pages du projet permet de conclure au caractère totalitaire de l’œuvre. Les auteurs ne demandent-ils pas aux pouvoirs publics de se jeter totalement dans la balance pour imposer un programme d’éducation sexuelle afin que les parents soient bien conscients qu’il est « institutionnel » ? Ne demandent-ils pas de progresser lentement avant d’aborder les sujets les plus « sensibles » (pour ne pas dire scabreux) ? Ne soulignent-ils pas l’importance du jeu de rôle et de la dynamique de groupe dans l’enseignement à dispenser – une technique dont les psychologues connaissent la redoutable efficacité ?

Le message est toujours le même : tout est permis du moment que l’on y trouve personnellement une satisfaction et que l’on soit armé pour éviter la plus terrible conséquence de l’acte amoureux : la naissance d’un enfant, l’apparition d’un petit Cupidon qui scelle le lien entre les deux amants. Tout est permis au nom des « droits » humains, voulus comme fil rouge de leur rapport par les auteurs.
Bien sûr, le lecteur critique achoppera d’abord sur le programme d’« éducation » proposé aux enfants de 5 à 8 ans. On part des valeurs familiales (la « famille » multiple, puisqu’il est explicitement fait mention des couples du même sexe), du devoir de respecter chacun – et spécialement les séropositifs HIV… – du droit de choisir son époux ou son épouse, pour aboutir assez rapidement aux « stéréotypes de genre » (dans le chapitre « La construction sociale du genre »), à la masturbation, aux comportements amoureux des adultes et à leur description physiologique, aux enfants qui doivent être « voulus »…

Après un tel catalogue, on se doute que le curriculum proposé aux autres groupes (les 9-12 ans, les 12-15 ans et les 15-18 ans) sont pareils mais simplement un peu plus explicites à chaque fois, plus outranciers et plus axés sur le droit absolu des jeunes d’être « informés » et d’être médicalement suivis à l’insu de leurs parents.
Il y a d’ailleurs une bien triste progression dans chacun des parcours : on part de la famille et de son importance pour aboutir aux besoins des séropositifs de trouver un véritable soutien, un affectueux secours au sein de leur famille… lorsque leur « bulle » sexuelle aura éclaté, serait-on tenté de dire.

En même temps, par le biais d’un dénigrement plus ou moins ouvertement affirmé, le projet de « directive » de l’UNESCO dénonce l’inefficacité des programmes d’éducation à l’abstinence : puisque l’objectif est de « sauver des vies » et de « sauver des jeunes » des dangers des maladies sexuellement transmissibles et du « risque » de donner le jour à un nouvel être humain, arrivera le jour où ces enseignements fondés sur une loi de la nature humaine pourront bien être interdits

Tout cela vous a-t-il indigné ? Eh bien, dans une mesure certaine, quoique succincte, ces « lignes directrices » sont déjà bien respectées en France, en tout cas dès le niveau des programmes du collège. Mais on peut toujours dégringoler plus bas…

Source : Présent

Une ahurissante interview de Tony Blair

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

“L’Osservatore romano” en « service commandé » ?

Deux pleines pages d’un journal qui n’est pas petit : c’est la place accordée par le quotidien quasi officiel du Vatican à un entretien avec l’ancien Premier ministre anglais Tony Blair, dans son édition du 15 septembre. L’entretien, mené par la journaliste Giulia Galeotti, est si dégoulinant de complaisance qu’un bloggueur catholique anglais, curé de la paroisse Notre-Dame du Rosaire à Londres – où l’on trouve une messe « extraordinaire » –, a suggéré de le renommer : L’Ossequioso Romano.

Après le http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2009/09/tony-blair-simpose-rimini.html ovationné de Tony Blair à Rimini fin août, c’est un nouveau pas vers l’installation de ce partisan de l’avortement et des autres aberrations de la culture de mort dans le rôle de porte-parole de l’Eglise catholique dans le concert des nations. Même l’agence Zenit, plutôt conservatrice, a donné un écho totalement positif à cette interview : voilà un bon demi-million d’abonnés à son service quotidien qui garderont l’impression d’un Tony Blair, homme politique à suivre dans tous les sens du terme.

Visiblement sous le charme, Giulia Galeotti annonce que ce « probable protagoniste sur la scène internationale des années à venir » est un « gentleman » : « Bien élevé, souriant, courtois comme peu savent encore l’être désormais », il est celui que le Guardian de Londres présente comme le « probable futur président de l’Union européenne ». C’est dire que l’enjeu d’une telle publication est de taille.

Le scandale… est précisément que la journaliste n’en fait aucun. Il n’y a pas de question gênante. Pas de rappels de ses votes personnels ni des décisions prises sous sa responsabilité, alors que Tony Blair présente un palmarès systématiquement pro-mort. Richard Marsden, journaliste catholique anglais, en rappelle un bref catalogue dont nous retiendrons quelques exemples : légalisation de l’euthanasie par omission, légalisation de l’adoption homosexuelle qui a abouti au sabordage d’agences catholiques d’adoption sous peine d’être poursuivies pour « discrimination », légalisation des unions homosexuelles, accès à la pilule du lendemain pour les jeunes filles dès 11 ans, légalisation de l’expérimentation sur l’embryon humain… Tony Blair a personnellement voté contre la réduction des délais de l’avortement légal de 28 à 18 semaines ; pour l’expérimentation sur l’embryon jusqu’à 14 semaines, etc.

Dans son interview comme à Rimini, le président de la Tony Blair Faith Foundation, après avoir encensé la Chine contemporaine, se recommande chaleureusement de Caritas in veritate. L’Osservatore Romano a laissé passer, sans la moindre réaction sur le fait que cette encyclique place au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise le respect de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, et qu’il est difficile d’être plus éloigné de cette exigence que Tony Blair…

Soyons précis. Il y a bien une question, en passant, sur l’avortement. La journaliste demande si dans les « démocraties modernes, un homme politique a le droit de parler au nom de sa foi – en se déclarant par exemple contre l’avortement parce que celui-ci viole le cinquième commandement – ou s’il a au contraire le devoir de se taire à propos de son credo personnel ».

Réponse de Tony Blair : « J’ai toujours soutenu que les gens ont le droit de parler. J’ai beaucoup insisté là-dessus en Grande-Bretagne. Surtout parce qu’il s’agit de thèmes à propos desquels les gens ont des sentiments forts, qui sont importants pour eux. Les gens ont des avis très différents sur ces questions, et si une personne croit quelque chose qui pour elle, est absolument centrale, elle a le droit de parler. »

A lire cela, on pourrait bien le croire un défenseur de la vie. Le problème, c’est qu’il a toujours parlé pour l’avortement. Et que L’Osservatore Romano tait cela.

John Smeaton, président de la SPUC (Association britannique pour la protection des enfants à naître) en est venu à demander, en commentant l’affaire pour LifeSiteNews.com : « Y a-t-il des éléments subversifs au travail au Vatican qui veulent une politique de conciliation avec Barack Obama et Tony Blair, et leurs politiques anti-vie ? »

L’Osservatore Romano est contrôlé par la Secrétairerie d’Etat qui a multiplié les signes en ce sens depuis l’élection de Barack Obama. C’est pourquoi un Mgr Michel Schooyans, de l’Académie pontificale pour la Vie, a multiplié les mises en garde depuis plusieurs mois, parlant de « service commandé » à propos du quotidien, soulignant avant la lettre les manœuvres entreprises pour propulser Tony Blair sur le devant de la scène de l’Union européenne, du dialogue interreligieux et du Vatican. On peut dire que les affaires du « catholique » Blair progressent…

P.S. Il va de soi qu’il ne m’appartient pas de juger de la sincérité de la conversion de Tony Blair. Mais il faut souligner qu’il est un « catholique » qui n’accepte pas les enseignements de l’Eglise et du Pape. Sans commentaire.

Tony Blair s'impose à Rimini

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Un converti étrange et influent

L’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, aura été la vedette de la 30e rencontre de « Communion et Libération » à Rimini, fin août. Le récent converti anglais a cette plate-forme pour promouvoir sa variété hétérodoxe d’un catholicisme détourné aux fins du mondialisme et de l’« Initiative des religions unies » qui inspire sa Tony Blair Faith Foundation (Fondation Tony Blair pour la Foi).

Ladite fondation pour le dialogue interreligieux a été créée en mai 2008, en présence de Bill Clinton, dans un esprit qui convient parfaitement aux principes gouvernant les grandes organisations supranationales comme l’ONU ou l’UNESCO : minimiser les différences entre les cultures, notamment religieuses, afin de promouvoir la paix mondiale. C’est l’esprit du syncrétisme religieux et du New Age, dont on ne parle plus tellement mais qui n’en est pas moins présent, notamment dans les programmes officiels d’enseignement.

Tony Blair s’est donc vu offrir par « Communion et Libération » la possibilité de s’exprimer au cours d’une conférence plénière et de se positionner, ainsi, comme chef de file des intervenants « catholiques » dans notre monde qui évolue, un rôle d’autant mieux accepté dans celui-ci qu’il adhère sans ambages aux nouveaux dogmes écologistes.

Se posant en admirateur ébloui de la Chine, Tony Blair a expliqué aux participants que ce pays est en train d’élaborer des réponses originales et efficaces aux problèmes de pauvreté, de l’installation d’une nouvelle forme d’Etat-providence, d’une réduction vertueuse des émissions carbone. A rapprocher de l’information des autorités chinoises sur la « réussite » de leur politique coercitive de contrôle de la population qui a permis d’éviter 400 000 millions de naissances depuis 1979… Le joli modèle, en effet : où l’avortement forcé est fréquent, le manque de petites filles catastrophique et les problèmes de prise en charge des personnes âgées chargés de conséquences potentiellement abominables.

Il importe de souligner cette introduction pour éclairer le reste du discours, où Tony Blair, se disant inspiré par Caritas in veritate, a appelé le monde qui se mondialise à accueillir l’aide et le conseil l’Eglise catholique, elle-même « modèle d’institution globale », parce que les hommes politiques laissés à eux-mêmes ne peuvent assurer la paix, la justice, la solidarité, la juste répartition des « rares ressources » de la planète. Et, tout en affirmant sa « différence » comme catholique, Tony Blair a mis en avant les divers programmes de coopération interreligieuse qui permettent – avec la Banque mondiale, indiquait-il en passant – de bien répondre aux besoins du monde et au soulagement de la misère.

Emouvant, l’habitué du discours politique a conclu :

« La Foi et la Raison sont des alliées, non des adversaires. Elles se soutiennent mutuellement ; elles s’embrassent ; elles se fortifient l’une l’autre. Elles ne sont pas en compétition pour la suprématie. C’est ensemble qu’elles l’atteignent. C’est pourquoi la voix de l’Eglise doit être entendue. »


On imagine que de telles paroles ont été bien reçues par le public catholique de Communion et Libération à Rimini. Il y avait beaucoup de discrets renvois aux écrits pontificaux. Un souffle soutenu par l’appel à l’« amour de Dieu » et à sa « grâce ». De quoi lancer une véritable OPA sur la présence catholique dans le monde : dans le cadre de sa Fondation pour la Foi, Tony Blair y est clairement candidat, et il n’hésite pas à revendiquer le soutien de Benoît XVI pour ses initiatives.

L’ennui, c’est que Benoît XVI est pour lui une excellente carte de visite… et rien de plus. Car Tony Blair, avec sa femme Cherie qui a été l’instrument de sa conversion au catholicisme, comme il l’affirme volontiers, est pour l’avortement. Pour la contraception. Pour le préservatif comme arme de choix contre le sida. Pour la reconnaissance des unions homosexuelles. Pour le contrôle de la démographie humaine, s’il faut en croire l’association britannique Optimum Population Trust qui le cite dans son rapport intitulé « Une stratégie climatique basée sur la population ». En tant que Premier ministre, il a participé à la mise en place de multiples mesures contre la vie humaine. Il n’était assurément pas un invité acceptable, et encore moins un porte-parole adéquat au sein d’un mouvement catholique.

Pour l’anecdote, sa femme Cherie qui se présente comme une catholique de conviction vient de s’exprimer durement contre l’Eglise à l’occasion du Festival international du livre à Edimbourg, le premier mercredi de septembre. Elle y assurait la promotion de ses Mémoires en accusant l’Eglise d’empêcher certaines femmes de poursuivre une belle carrière en s’opposant à la contraception. Les progrès de la femme sont directement liés à leur capacité de contrôler leur fertilité, a-t-elle déclaré, souhaitant que l’Eglise puisse considérer celle-ce de manière « plus positive ». Et d’avouer avec une élégance qu’on appréciera que son fils Leo est né du fait qu’elle avait oublié son « matériel contraceptif » lors d’une visite officielle à Balmoral. Réponse immédiate d’un porte-parole de l’Eglise catholique en Ecosse : « Lorsque l’Eglise catholique a réaffirmé son opposition à la contraception, elle a mis en garde contre les quatre problèmes majeurs qui seraient directement liées à sa mise en place : une baisse généralisée de la moralité à travers l’ensemble de la société, davantage d’infidélité, un amoindrissement du respect de la femme par l’homme, et le recours coercitif aux technologies de la reproduction par les gouvernement. Les quatre dernières décennies on témoigné de la sagesse de cette analyse. »

Voilà donc le couple Blair : comment ne pas considérer Tony Blair comme un expert en « entrisme » ?

De son côté, Mgr Michel Schooyans, professeur émérite de l’université de Louvain, spécialiste des questions de population, l’un des quarante membres pléniers de l’Académie pontificale pour la vie et membre de l’Académie pontificale pour les sciences sociales, a tenu devant cette dernière un discours de mise en garde où il accusait Blair, dans le sillage de Barack Obama, de détourner le message catholique au profit de l’idéologie du genre, des « droits reproductifs » et autres lectures « politiquement correctes » qui sabotent les « fondements naturels du droit ».

Tout serait à citer. Retenons déjà ces fortes paroles, où il annonce un véritable « terrorisme politico-juridique » :

« Ce que révèle l’analyse des décisions de Barack Obama et du projet de Tony Blair, c’est que se profile une Alliance de deux volontés convergentes, visant, l’une, à subjuguer le droit, l’autre, à subjuguer la religion. Telle est la nouvelle version de l’aigle à deux têtes. Droit et religion sont instrumentalisés pour “légitimer” n’importe quoi.

« Cette double instrumentalisation est mortelle pour la communauté humaine. C’est ce qui ressort de diverses expériences réalisées dans le cadre de l‘État-Providence. Celui-ci, à force de vouloir plaire aux individus, a multiplié les “droits” subjectifs de complaisance, par exemple en matière de divorce, de sexualité, de familles, de population, etc. Mais ce faisant, cet État-Providence a créé d’innombrables problèmes qu’il est incapable de résoudre. Avec l’extension de ces “droits” de complaisance à l‘échelle mondiale, les problèmes de précarisation/marginalisation vont se multiplier à tel point qu’aucune gouvernance mondiale ne pourra les résoudre.

« De même pour la religion. Depuis qu’est acquise la séparation de l‘Église et de l‘État, il est inadmissible que l‘État se serve de la religion pour renforcer son emprise sur les cœurs, les corps et les consciences. (…) « Par ces canaux, et avec l’appui du couple Blair, le juriste-président Obama est en train de lancer un nouveau messianisme nord-américain, totalement sécularisé. Il bénéficie en cela de l’appui de son fidèle partenaire, candidat présumé à la présidence de l’Union européenne. La volonté suprême du Président des USA validera le droit des nations et le droit des relations entre les nations. Dans la foulée, les “Trente-Neuf Articles” de la nouvelle religion devront être promulgués par son collègue britannique. »


Est-ce tolérable ?

Source : "Présent"

11 septembre, 2009

Un militant pro-vie tué par balles aux Etats-Unis

Le sur Le blog de Jeanne Smits

Vers 7 h 30 heure locale, ce matin du 11 septembre, un militant pro-vie habitué des longues stations devant des avortoirs ou dans des lieux fréquentés, au Michigan, a été tué par balles. James Pouillon, 63 ans, se tenait devant l'école secondaire d'Owosso et tenait une grande affiche montrant un bébé et barré du mot "Life" : vie. Plusieurs coups de feu ont été tirés depuis un véhicule dont le conducteur a été appréhendé chez lui trois quarts d'heure après le drame, des témoins ayant relevé le numéro d'immatriculation.

Le motif du crime n'est pas connu pour l'heure ; à l'heure du crime, on découvrait d'ailleurs l'assassinat d'un autre homme responsable d'une carrière de gravier dans le bureau de son entreprise. La police du Michigan soupçonne le même homme d'être l'auteur des deux fusillades. Il a en tout cas avoué dans les deux cas, selon la presse locale.

Quoi qu'il en soit Jim Pouillon, un homme malade portant des prothèses aux jambes et constamment dépendant d'un respirateur, a été abattu alors même qu'il défendait la vie, comme il le faisait depuis de longues années.

De nombreux responsables de mouvements pro-vie ont réagi avec tristesse, condamnant l'assassinat d'un homme décrit comme doux et bienveillant, “complètement non-violent”. Troy Newman, président d'“Operation Rescue”, a dit avoir pleuré en apprenant la mort tragique de son “collègue et ami”.

Lors de ses veilles pour la vie, portant souvent des images de fœtus avorté, il avait été fréquemment la cible d'insultes, de jets de projectiles et de crachats, et en une occasion un automobiliste avait dévié volontairement sa route pour monter sur le trottoir et rouler droit vers lui.

Le Père Franck Pavone, de “Priests for life” (Prêtres pour la vie) a déclaré qu'il espérait voir “autant de fortes manifestations d'indignation de la part de la communauté pro-avortement qu'il y avait eu une forte d'expression d'indignation de la communauté pro-vie au moment de l'assassinat du Dr Tiller”, spécialiste d'avortements tardifs.

L'American Life League, par la voix de Shuan Kenney, son directeur exécutif, a commenté :

« L'American Life League a le cœur brisé par la perte d'un véritable héros pro-vie, abattu par balles le jour même où des Américains de tout le pays commémorent la mort violente de 3 017 personnes. Quelle terrible ironie que cette mort, en ce jour d'infamie, rappelle la mort de 50 millions d'innocents, victimes de l'avortement. Nos pensées et nos prières vont vers sa famille, ses amis et sa communauté à l'heure de cette tragédie, et nous renouvelons notre appel à la paix et à la prière comme seuls remèdes à la culture de la violence.

« Puisqu'aucun motif n'est clairement avancé, toute spéculation est inutile, sinon dommageable. Nous félicitons le département du shérif du comté de Shiawassee d'avoir si rapidement arrêté le suspect, et nous prions pour que Dieu fasse justice, et miséricorde. »


La nouvelle de cet assassinat n'a pas encore fait les gros titres de la presse nationale américaine.

Diverses sources, dont celle-ci.

04 septembre, 2009

Pilule du surlendemain

Le sur Le blog de Jeanne Smits

Pierre-Olivier Arduin, sur le site de Liberté Politique, commente et dénonce l'arrivée sur le marché européen d'une nouvelle soi-disant "contraception d'urgence", la "pilule du surlendemain", Ellaone, à prendre jusqu'à cinq jours après un "rapport à risques", comme ils disent. Les fabricants ne se cachent plus : il s'agit d'une pilule dont l'un des principaux effets recherchés est non l'empêchement de la fécondation, mais l'empêchement de la progression normale d'une fécondation par l'implantation, la nidation de l'embryon sur la paroi utérine. Cette action est clairement et évidemment abortive.

Mais n'oublions pas que toutes les pilules, sans exception, comportent ce moyen d'action. N'oublions pas non plus la manipulation sémantique par laquelle les avorteurs précoces ont réussi à imposer l'idée selon laquelle la grossesse ne commence pas à la conception mais à la nidation de l'embryon, ce qui leur permet de vendre comme "contraceptifs" des abortifs précoces.

L'exclusivité de la commercialisation de la pilule du surlendemain – joli pactole – a été accordée par le ministère de la Santé aux laboratoires HRA-Pharma. Lors des dix ans d'activité de cette entreprise "engagée", j'en avais parlé dans Présent. Ci-dessous cet article, paru le 29 mai dernier.


Macabre anniversaire
Les 10 ans de la « pilule du lendemain »


Le laboratoire HRA Pharma a publié un communiqué pour saluer les dix ans de la mise en vente libre de « sa » pilule du lendemain, le NorLevo. En mai 1999, la France fut le premier pays à en faire un comprimé d’automédication ; peu à peu, son usage s’est répandu pour toucher (derniers chiffres connus) 13,7 % des femmes qui déclaraient en 2005 y avoir eu recours au moins une fois dans leur vie. Accessible aux mineures sans ordonnance et sans contrôle parental, la pilule du lendemain est présente dans les infirmeries scolaires par la décision de Ségolène Royal. Mais tout cela ne suffit pas : HRA Pharma s’émeut de ce que ce moyen de « contraception » demeure « sous-utilisé ».

Chaleureusement recommandé par les pouvoirs publics et autres groupes institutionnellement hostiles à la vie, le NorLevo est indiqué en cas de « rapport non protégé » ou de raté de la contraception au nombre desquels l’on compte par exemple un retard de 12, voire de 3 heures dans la prise de certaines pilules contraceptives « ordinaires ». Surdosée en progestatifs, elle présente une efficacité décroissante pendant les 72 heures suivant le rapport. Aux dires d’HRA Pharma, 24 millions de rapports par an sont considérés « à risques » à la suite d’une mauvaise utilisation de la pilule ou du préservatif, alors que seules 1 210 000 unités de NorLevo ont été vendues en 2008, et que la France, l’un des pays où la contraception systématique est la plus répandue, ne voit pas son taux d’avortements diminuer. Ce qui est dans la parfaite logique de la culture de mort.

C’est donc un joli marché qui reste à conquérir pour le fabriquant… Qui bénéficie d’une présentation complaisante de la part des médias. Le magazine Parents assure tranquillement : « Rappelons donc qu’il ne s’agit pas d’une pilule abortive, qu’il n’y a pas de contre-indications ni d’effets secondaires, que son utilisation ne rend pas stérile. » ( Mais ça sert à quoi, un contraceptif, si ce n’est pas à rendre stérile — fût-ce provisoirement ?)

Oubliés, donc, les céphalées, nausées, vomissements, douleurs abdominales, vertige, saignements et autres « dérèglements hormonaux » que peut provoquer le NorLevo, d’ailleurs formellement déconseillé par le fabricant chez les femmes risquant des grossesses extra-utérines…

Quant à l’effet abortif, il est, officiellement, « discuté ». On n’a pas de certitude absolue que ce « traitement » (comme ils disent) empêche la nidation d’un ovule fécondé. Cependant la définition officielle du début de la grossesse ayant été repoussé au stade de la nidation (7 jours après la fécondation), on lit avec intérêt le descriptif officiel du « Vidal grand public » : « Il n’est actif que pendant la période qui précède la fixation de l’ovule fécondé sur l’utérus. »
Une petite visite sur le site de HRA Pharma est aussi très instructive. Ce laboratoire, créé en 1997 pour « développer et commercialiser des médicaments ou dispositifs médicaux répondant à de réels besoins en matière de santé mais ne soulevant pas l’intérêt des groups pharmaceutiques », a aussi une dimension humanitaire, comme l’explique son fondateur, André Ulmann. Pour « rendre disponible (sic) ses produits aux plus pauvres de notre planète » HRA Pharma collabore avec l’Organisation mondiale de la santé et des ONG qui font de l’éducation à la contraception et distribuent ses produits gratuitement ou à très bas prix. Ainsi – exemples parmi d’autres –14 400 unités furent offertes pour venir en aide aux victimes du tsunami, le NorLevo figure dans les « kits d’urgence » de l’Organisation mondiale de la santé, il est gratuitement fourni à « Women on Waves » (fournisseur d’avortements gratuits dans les eaux internationales jouxtant les pays « rétrogrades »).

Le laboratoire, avec « Equilibre et populations », a mis en place le programme « Mona Lisa » qui assure la promotion politique de la contraception en Afrique. En fournissant non plus principalement du NorLevo, mais des stérilets dont HRA Pharma est également producteur.

Son aplomb pour affirmer que ces « dispositifs intra-utérins » sont des contraceptifs, alors que leur action est purement « contragestive » et donc provoque des avortements très précoces, jette une ombre sérieuse sur sa présentation de la pilule du lendemain. La commercialisation des stérilets de marque HRA Pharma en France permet de financer ce programme, ce qui permet de tuer là-bas avec le bénéfice réalisé grâce aux vies supprimées ici.

Joyeux anniversaire !

Jeanne Smits

28 août, 2009

Les députés uruguayens votent pour l'adoption homosexuelle

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Par 40 voix sur 53, la chambre des députés l’Uruguay – 3,4 millions d’habitants – a adopté jeudi un projet de loi autorisant l’adoption par les couples homosexuels. L’entrée en vigueur définitive de la loi est prévisible puisque le sénat uruguayen, qui avait déjà approuvé le projet sous une forme légèrement différente, ne devrait pas se dédire. Il devrait voter le projet d’ici au 15 septembre. L’Uruguay devient ainsi le premier pays d’Amérique latine à entériner une révolution aussi fondamentale de sa société, rejoignant les « pionniers » européens : les Pays-Bas en 2001, puis la Suède, l'Angleterre, le pays de Galles, l'Espagne, l'Islande, la Belgique, la Norvège et le Danemark. Aux Etats-Unis, 14 Etats autorisent désormais la procédure approuvée pour la première fois par voie judiciaire en Californie en 1986, la plupart des provinces Canadiennes ont pris le même chemin, ainsi que deux Etats australiens er l’Afrique du Sud.

Le mouvement semble planétaire. Sa progression est spectaculaire : ce qui fut impensable pendant des millénaire a gagné en moins d’une décennie quelques-uns des pays les plus riches, sinon les plus admirables. Ironie du sort : Adolfo Garcé, professeur en sciences sociales à l’Université de la République de Montevideo, observe que la forte immigration d'Européens au XXe siècle, notamment des Espagnols ayant fui la guerre civile, a doté le pays d'une « culture politique progressiste et laïque ». Comme quoi l’homme blanc apporte aussi du bon sur les terres colonisées, du point de vue de la gauche !

L’évolution législative a été facilitée par l’approbation ouverte du premier président de gauche de ce pays à majorité socialiste : Tabaré Vazquez, catholique, rompt là avec les exigences de sa foi alors qu’il s’est très courageusement opposé à la légalisation de l’avortement, malgré le vote pour du Parlement. Médecin, il avait invoqué des « principes éthiques ».

La loi sur l’adoption s’ajoute à d’autres réclamées avec succès par la « communauté » gay, comme le droit de changer de sexe dès l’âge de 12 ans voté par le sénat en décembre, ou la signature par le Président d’un décret autorisant les homosexuels à intégrer les Forces armées.

Par le fait de la nouvelle loi, c’est, curieusement, tout le droit de l’adoption qui sera bouleversé en Uruguay : seules seront possibles désormais les adoptions plénières et seuls pourront y accéder les couples mariés ou en état de concubinage légalement reconnu. L’agence officielle d’adoption uruguayenne se voit en outre reconnaître un droit d’exclusivité quant au choix du couple adoptant – et lui donne le droit d’imposer un couple homosexuel.

L’Eglise catholique avait vivement combattu le projet, publiant les avis de son comité de bioéthique et multipliant les mises en garde. Ainsi Mgr Nicolas Cotugno, archevêque de Montevideo, avait déclaré que son opposition ne reposait pas sur des exigences religieuses ou philosophiques mais sur les réalités de la nature humaine et sur les « droits de l’enfant » : « Les enfants ont besoin d’un père et d’une mère comme référents naturels, c’est un droit qu’on ne peut leur ôter. »

Source : Présent daté du 29 août 2009

Ecole à la maison interdite à une Canadienne

Dictature du relativisme

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Un tribunal du New Hampshire (Canada) vient d’ordonner à une mère divorcée qui a choisi d’instruire sa fille de 10 ans à la maison depuis le CP d’envoyer celle-ci dans une école publique, afin de « remédier » au « manque d’exposition » de l’enfant à une “variété de points de vue” en matière de foi. La fillette ne présente aucun problème psychologique, a de nombreux amis, se révèle douée intellectuellement et plus avancée que les enfants scolarisés de son âge ; elle suit certains cours à l’école publique et pratique des activités extra-scolaires. La seule raison avancée pour le placement d’office en école publique est bien « l’impact de sa foi religieuse (chrétienne) sur son interaction avec autrui » (sic). Son gardien officiellement nommé à la suite du divorce de ses parents a soutenu que, la fillette ayant « vigoureusement défendu sa foi » alors qu’il l’interrogeait « suggère fortement qu’elle n’a pas eu sérieusement l’occasion de considérer un autre point de vue » : ce raisonnement a été approuvé par le juge.

Source : Présent daté du 29 août 2009

19 août, 2009

En Espagne, résister à l’avortement pourrait devenir de la « désobéissance civile »

(Lu sur Le blog de Jeanne Smits)

Le ministre espagnol de la Justice, Francisco Caamaño, s’est exprimé il y a quelques jours devant les caméras de télévision pour faire savoir qu’à défaut d’une disposition explicite de la loi, les médecins ne pourront pas invoquer une quelconque « objection de conscience » pour refuser de pratiquer un avortement. Refuser de se soumettre aux lois civiles, a martelé le ministre, équivaudrait à de la « désobéissance civile ».

L’avortement est en voie de libéralisation extrême, venant à être considéré (comme en France) et tant que « droit » de la femme et pouvant être pratiqué sur les mineures sans restriction en sans autorisation des parents. C’est tout le sens d’une révision de la loi qui doit encore être votée, mais dont les retombées se font déjà sentir de manière tyrannique.

De nombreux médecins et autres personnels soignants se sont insurgés contre les propos ministériels qu’ils conçoivent comme une menace directe. A ce point que le ministère de la Santé, selon certains commentateurs espagnols, se refuse à donner les chiffres de l’opposition à l’avortement parmi les professions médicales… C’est bien leur hostilité qu’il s’agit de briser pour pouvoir implanter la culture de mort non seulement dans les textes, mais dans les actes, dans les mœurs, dans les cœurs.

L’Organisation collégiale médicale espagnole a vivement riposté en rappelant que la Constitution de l’Espagne et la loi qui réglemente les activités sanitaires défendent l’objection de conscience en tant que droit de tous les citoyens. « Si nous sommes tous égaux devant la loi, il est impensable qu’on puisse parler de désobéissance civile dans le domaine sanitaire et non sans le domaine judiciaire alors que, par exemple, certains magistrats ont pu se réclamer de l’objection de conscience devant la réalisation de solutions matrimoniales pour les personnes du même sexe », affirme l’OMC. Elle réclame l’affirmation explicite dans la nouvelle loi du droit d’objection de conscience – ce qui n’est pas beaucoup demander, finalement, devant l’horreur de ce qui se trame.

Le président de cette organisation a également refusé que soit exigée la tenue d’un registre des médecins objecteurs de conscience, rappelant que ce droit de ne pas participer à l’avortement ne pourrait être soumis à une quelconque obligation administrative. Le Dr Luis Rodriguez Padial a exprimé l’avis de ses confrères en rappelant que « l’objection de conscience est un bien juridique fondamental, qui n’existe pas parce qu’il aurait été reconnu par la loi, mais que la loi reconnaît parce qu’il signifie et manifeste le respect civil dû à l’identité morale des personnes ». C’est la jurisprudence constante du Tribunal constitutionnel depuis 25 ans, a souligné le médecin.

Mais il ne s’agit pas ici, pour l’équipe socialiste au pouvoir, de droit mais d’idéologie.

Si bien que le parti socialiste espagnol a rouvert le feu. Le quotidien ABC rapporte une nouvelle offensive du député PSOE Elena Valenciano visant à restreindre encore davantage le droit à l’objection de conscience. Elle veut voir celui-ci « régulé » dans tous les domaines, avec davantage de « transparence », puisque, selon l’élue, il existe des médecins qui refusent d’avorter dans les services publics au nom de leur conscience mais pratiquent l’intervention dans le privé. Prétexte pour restreindre les droits de tous les autres !

Le drame de toute cette affaire, c’est qu’on y argumente en termes purement positivistes : les médecins « objecteurs » s’appuient eux aussi sur les lois écrites et la jurisprudence établie pour réclamer leur droit. Assurément c’est une manière – éventuellement efficace – de se soustraire au « totalitarisme démocratique » en se servant des moyens que celui-ci laisse chichement à ses opposants. Mais l’important serait de dire et de réclamer le respect des lois non écrites. Sans quoi le nombre et la barbarie des avortements en Espagne augmentera encore, avec ou sans les « désobéissants civils » qui ne participeront pas à cette macabre mission de service public…

Source : www.present.fr.

15 août, 2009

5e Congrès mondial des familles, World Congress of Families V

L’enjeu de la rencontre d’Amsterdam, et ses deux faces

(Lu sur Le blog de Jeanne Smits)

Mercredi soir, au centre de congrès d’Amsterdam – le « RAI » – c’était le brouhaha des derniers « au revoir », les promesses d’agir chez soi, ailleurs, partout pour la promotion de la familles, les échanges de dernière minute de cartes et d’adresses courrielles. Si Internet s’est révélé au fil des ans comme le vecteur d’innombrables horreurs et obscénités, il a apporté aussi la preuve de son incroyable capacité à catalyser les bonnes volontés appuyées sur un accès sans précédent à l’information. Aussi avons-nous quitté le 5e Congrès mondial des familles, le cœur enhardi, pour une dernière et unique « récréation » de quelques petites heures de promenade parmi les canaux d’Amsterdam, avec la pensée que ces trois jours de travaux intenses auraient forcément des retombées. Que désormais, davantage de bonnes volontés sont « en réseau », et plus fortes, plus assurées par conséquent.

Paradoxe ! Dans ce pays éclairé comme nul autre par une douce et transparente lumière nordique – elle a modelé ses peintres et caresse toujours ses paisibles perspectives – c’est la plus vulgaire et la plus criarde immoralité qui risque partout d’agresser le visiteur. Ici un « coffee-shop » avec ses effluves de cannabis ; là une vitrine où l’on vante d’excellents champignons hallucinogènes ; accoudées à un des ponts qui rythment les « grachten », un couple d’évidentes lesbiennes ; à l’entrée du café branché, deux gays au pouvoir d’achat florissant ; dans les plans de ville distribués par l’office de tourisme, l’annonce de l’attraction annuelle de la gay pride (une des plus pittoresques du monde, promet le guide) et les photos ad hoc des « escort girls » et même de leurs homo… logues masculins. Il n’est pas nécessaire de s’aventurer dans une quelconque « zone rouge » pour croiser des maisons ornées de néons de même couleur où le contenu de la vitrine, triste chair vivante, ne laisse aucun doute quant au négoce qui s’y exerce.

Et c’est donc là que s’est tenu le Ve Congrès mondial des familles ? Eh bien oui, et il n’y a pas de doute que c’est là qu’il le fallait, malgré les difficultés, malgré un public moins facile à mobiliser qu’à Mexico ou à Varsovie, malgré une opposition parfois vociférante : d’abord parce que beaucoup de Néerlandais aiment la famille, et aussi parce que le fait même de cette opposition est la preuve que le combat est juste, et qu’il dérange ses adversaires.

La déclaration finale, adoptée par l’ensemble des participants qui ont pris soin de faire remarquer que des différences de vue pouvaient subsister sur tel ou tel point, s’est révélée être une pierre dans le jardin des responsables politiques du pays d’accueil. Oui, nous en sommes là : cette définition de la « famille naturelle » reconnue au sein du Congrès mondial des familles incommode, gêne, oblige à des mises au point politiquement correctes :

« Nous définissons la famille naturelle comme se fondant sur le mariage pour la vie d’un homme et d’une femme, ayant pour objectifs l’accueil, le soin et l’éducation de la vie humaine nouvelle, en apportant amour, compagnie et soutien mutuels, en construisant un foyer riche dans ses fonctions, et en renforçant les liens entre les générations.

« Nous nous définissons comme pro-enfant. Nous voulons les structures sociales, culturelles et légales qui soutiennent le meilleur avenir pour chaque enfant en ce qui concerne la santé, l’instruction et l’engagement de demain dans la vie civique. Nous soutenons une organisation du travail qui permet aux parents de passer davantage de temps avec leurs enfants. Nous avons compris que les sciences biologiques et sociales laissent prévoir que les enfants auront les meilleurs résultats dans la mesure où ils auront été élevés par leur parents naturels dans un foyer fondé sur un couple marié.

« Nous affirmons que l’avenir des nations repose sur les familles qui ont un soubassement spirituel. Les organisations religieuses doivent pouvoir librement affirmer leur enseignement moral sur le mariage et la famille dans la sphère publique.

« Nous affirmons que la famille naturelle est antérieure à l’Etat. Les politiques des Etats doivent respecter cette autonomie de la famille. »

Ces premiers propos d’une déclaration qui aborde un grand nombre des droits et des besoins de la famille ont heurté les deux parlementaires néerlandais de la majorité – chrétiens démocrates ! – invités pour la dernière session plénière du congrès. Mirjam Sterk, diplômée de théologie, s’empressa de dire qu’en Hollande, le « mariage » entre personnes du même sexe apporte aussi de l’amour aux petits qui sont adoptés dans leur cadre : « Nous appelons cela une famille ! » Le silence dans le grand auditorium fut alors pesant.

Mais, politiquement correct oblige, nul ne peut aux Pays-Bas se risquer à tenir un langage « radical » sur les droits des homosexuels, l’euthanasie ou les problèmes sans nom suscités par la « famille » monoparentale, le divorce, la cohabitation juvénile sans être aussitôt dénoncé comme « extrémiste ». Si bien que les parlementaires invités, tout comme le jeune ministre de la Famille, André Rouvoet, qui ouvrit officiellement le Congrès par un vidéo-message, ne purent se dispenser d’une petite distanciation bien calculée pour faire taire des médias violemment hostiles à leur rapprochement avec ce congrès.

Et l’on soulignera l’ironie de cette « tolérance » tyrannique dans le message discrètement glissé à l’Américain Preston Noell, chargé de présenter les conférenciers à l’atelier sur l’importance, pour la famille, de la liberté de religion et de la liberté d’expression par les co-organisateurs néerlandais : il ne devait pas utiliser le mot « homosexualité » ! Précisons qu’il le fit tout de même, avec panache, ce qui vaut bien ce coup de chapeau.

Parce que la famille naturelle est ainsi sous une menace et des attaques déjà consommées absolument sans précédent, on comprend d’ailleurs que la plus tonitruante ovation debout de tout le Congrès, qui n’en connut que trois, fut réservée à Austin Ruse, président et animateur de la très documentée organisation catholique de veille des activités anti-vie de l’ONU, c-fam.org, qui rappela le rôle irremplaçable de la famille, de l’Eglise et des pays pour défendre et ancrer la loi naturelle dans nos cœurs :

« Rendons grâces pour les temps où nous vivons, nous y avons été placés parce que nous y avons quelque chose à faire, que nous devons y faire. Nous sommes appelés par Dieu à défendre sa création. Nous devons nous battre devant tribunaux, nous devons nous battre dans les parlements ; nous devons nous battre dans les universités, et nous devons nous battre dans la sphère publique… Et nous ne devons jamais, jamais, jamais laisser tomber. »

L’enjeu, voyez-vous, est encore plus grand et plus grave qu’au temps de Churchill, qu’il paraphrasait : il s’agit d’empêcher le suicide de l’humanité.

Cet article a paru dans Present du 15 aout 2009.

13 août, 2009

Congrès mondial des familles à Amsterdam : j'ai vu des hommes de bonne volonté

Lu sur Le blog de Jeanne Smits (lien permanent).

Pendant trois jours, à Amsterdam, des dizaines de responsables d’associations familiales, de réseaux, d’organismes de recherche ou de veille sur les législations nationales et internationales se sont succédé aux diverses tribunes du Congrès mondial des familles pour informer, réfléchir, partager des « bonnes pratiques ». La 5e édition du « World Congress of Families » répond avant tout à ce besoin nouveau dans un monde mondialisé : les attaques contre la famille traditionnelle se font à tous les niveaux, mais le plus efficacement peut-être à celui des instances supranationales, c’est donc une riposte concertée et cohérente qu’il faut organiser en rassemblant toutes les forces favorables à la famille. Sans oublier les familles particulières, « pierres d’angles » de la société, qu’il faut appuyer, informer et former, afin qu’elles sachent résister chacune au mauvais vent qui souffle…

Soixante-et-un pays représentés, avec une coloration à dominante chrétienne, où l’on note une importante présence catholique ; des conférences d’une grande densité et des dizaines d’ateliers sur des thèmes choisis selon les intérêts spécifiques des participants autour du sujet central, « la famille, davantage que la somme de ses éléments » : voilà pour les chiffres. Je vous promets, pour les jours et semaines à venir, de multiples retours sur le fond de ce qui a été dit à Amsterdam car il y a eu ici beaucoup d’idées à découvrir, de faits à constater, de courages à saluer et à prendre en exemple.

Pour l’heure, quelques premières impressions. Qu’attendre en effet d’un Congrès qui réunit les continents mais qui a trouvé sa source aux Etats-Unis, dans une mobilisation partie d’un chercheur chrétien sur les réalités familiales devenu défenseur des valeurs familiales, Allan Carson et son « Howard Center pour la famille, la religion et la société » ?

La première session plénière, lundi matin, devait apporter plusieurs réponses qui sont sans doute à méditer par nos mouvements familiaux français – sévèrement tenus en laisse, il est vrai, par leur représentation obligatoire au niveau officiel dans le sein de l’Union nationale des associations familiales qui est leur seul porte-parole agréé.

Première leçon : on peut rassembler des personnes très diverses, y compris dans leurs options religieuses, pour faire progresser une concertation et une action communes, ni monopolistiques ni monolithiques, sur des questions de loi naturelle. Celles-ci peuvent mobiliser non seulement les catholiques, mais tous les hommes de bonne volonté. Eh bien, à Amsterdam, j’ai vu ainsi beaucoup de gens de bonne volonté.

Si bien que la cérémonie d’ouverture, marquée par un hommage rendu à un des promoteurs les plus actifs du Congrès – c’est lui qui donna l’impulsion à la formidable troisième édition à Mexico en 2004 –, mort à 53 ans il y a trois mois après un cancer douloureux, fut l’occasion d’un bouleversant témoignage de vie d’époux et de père catholique applaudi avec émotion, et debout, aussi bien par les catholiques présents que par les protestants et les juifs… Quelle leçon de « vrai dialogue » ! Ce fut Martha, la veuve d’Enrique Gomez Serrano, qui accepta l’hommage, et rendit le sien à son époux qui laisse 9 enfants et l’héritage d’un engagement sans faille pour la vie. Elle choisit de lire à tous la lettre que son mari avait écrite à ses enfants dans la perspective de sa mort prochaine : un tendre et grave testament spirituel où l’amour de Dieu, le sens de la souffrance acceptée et offerte, la fidélité à l’Eglise catholique apparaissent vrais et désirables à travers la réalité de la vie vécue et offerte par ce « héros moderne ». Enrique Gomez Serrano mourut le 30 avril, jour de l’enfant au Mexique, deux ans et quelques jours après la légalisation de l’avortement à Mexico…

Deuxième leçon : de tels événements permettent de promouvoir l’information juste, contre le mensonge des gros médias, et ce faisant, l’exemple, l’inspiration, l’amitié, l’esprit de coopération. N’oublions pas que le mariage et la famille sont des institutions naturelles, bénies par Dieu dès le début et à qui cette bénédiction n’a pas été retirée par la faute originelle : leur défense est ainsi l’affaire de tous, puisque le mariage « naturel » est menacé comme il ne l’a jamais été. Les premières heures du congrès allaient déjà révéler la quantité des sujets abordés ; depuis la défense de la vie et la lutte contre « l’hiver démographique » jusqu’à la pression sur les médias pour contrer leur message systématiquement anti-familial ; depuis les graves inconvénients de la séparation des jeunes enfants de leurs mères jusqu’à la tragédie du divorce…

Oui, mais cela sert-il vraiment ? Ce fut ma première question lors de la conférence de presse d’ouverture. La réponse fut un exemple – celui d’Enrique Gomez Serrano une fois encore : la découverte des tout premiers congrès mondiaux pour la famille, avec quatre ou cinq amis mexicains, le poussa à créer un réseau des familles dans son pays où rien ou presque n’existait. En quelques années, 9 millions de parents mexicains y adhérèrent à travers de très nombreuses associations nouvelles. Cela fait un poids, y compris électoral, qu’il est difficile de négliger. Et aujourd’hui plusieurs Etats du Mexique ont déjà amendé leurs lois ou constitutions pour y faire figurer explicitement le respect de la vie depuis la conception.

Voilà qui incite puissamment à prendre au sérieux cette initiative des familles !

(Cet article a paru dans Présent daté du 13 août 2009)

04 août, 2009

Ne plus se battre contre les lois de mort ? Rocco Buttiglione rectifie le tir

Rocco Buttiglione, cet homme politique italien connu comme catholique et rejeté en tant que tel de la Commission de Bruxelles, vient de s’expliquer sur ses récentes et troublantes déclarations au Corriere della Sera à propos de la loi 194 italienne autorisant l’avortement. Il y apparaissait comme jugeant s’être « trompé » sur un point en s’opposant à la loi ; il fallait désormais se battre d’abord pour qu’il y ait moins d’avortements dans le monde. Aux côtés d’Obama ! (Présent du 24 juillet). « Nous ne voulons pas voir changer la loi. Moins que jamais ! » L’émotion qu’il suscita fut grande et l’organisation de défense de la famille et de la vie C-Fam dépêcha un journaliste auprès de Buttiglione. Vivement questionné par Piero Tozzi, Buttiglione s’est livré à une longue explication où il apparaît que les propos de l’homme politique n’ont pas été rapportés avec toute l’honnêteté voulue dans le quotidien italien.

Il faut donc rectifier au plus vite. D’autant que les précisions de Rocco Buttiglione sont sans concessions aucune vis-à-vis des programmes malthusiens promus par l’ONU. Il dérange assez pour qu’un gros journal se permette de tordre son propos. Voilà ce qu’il en dit à C-Fam :

« Il y a un point sur lequel j’ai été inexactement cité, ou plutôt cité hors contexte, ce qui a donné une fausse impression. J’ai dit qu’il est juste de défendre la vie de l’enfant, même contre la mère. Cela est juste mais très difficile, peut-être même impossible. Nous devons défendre les droits de l’enfant, mais aussi renforcer la liberté de la mère, en donnant une alternative aux femmes, en ayant confiance dans le fait que plus la femme est libre, moins il est probable qu’elle accepte la mort de son enfant. »

Etait-ce donc une « erreur » de s’opposer à la dépénalisation de l’avortement, demande le journaliste.

« Ma déclaration a été simplifiée. Je n’ai pas dit qu’il était erroné de chercher à défendre les droits de l’enfant par le recours au code pénal. Je n’ai pas dit cela. La vie de l’enfant doit être défendue par tous les moyens possibles. Avec la loi pénale ? Oui, certainement, avec la loi pénale, là où c’est possible. Mais cela n’est pas possible aujourd’hui en Italie, alors nous devons nous appuyer sur d’autres moyens. Nous devons être conscients du fait que nous n’avons pas un consensus pour la mise hors la loi de l’avortement. »

Et de préciser qu’il ne suffit pas de faire une loi pénale, mais qu’il faut aussi aider les femmes : à ce propos, Buttiglione pourrait sans doute approuver la « Loi pour la Vie » proposée par le Centre Charlier, c’est exactement son propos, à telle enseigne qu’elle n’envisage pas de punir la mère, mais seulement les instigateurs et les acteurs de l’avortement…

Voilà donc qui est moins choquant. Ce n’est pas du pragmatisme pur. Ce n’est pas une acceptation résignée, voire complice, d’un statu quo, où l’on s’interdit même de chuchoter qu’il vaudrait quand même mieux que l’avortement ne soit pas légal, comme le font certains mouvements pro-vie qui ajoutent à leur juste préoccupation pour la deuxième victime de l’avortement – la mère ! – une volonté d’édulcorer leur langage sur la vérité de l’avortement.

Au cours de son entretien avec C-Fam, Buttiglione rappelle la situation spécifique de l’Italie où l’avortement légal résulte d’un référendum : malgré les efforts de l’Eglise, souligne-t-il, efforts fructueux puisqu’un récent référendum bioéthique n’est pas allé dans le sens de la culture de mort, l’opinion demeure majoritairement favorable à l’avortement. Mais en même temps, ajoute-t-il, une majorité estime désormais que « l’avortement est trop fréquent en Italie » : il s’agirait donc de tenter d’abord de modifier la loi afin d’en restreindre la portée (le délai de 20 semaines, par exemple), puis de faire appliquer en fait les dispositions de cette loi qui visent à éviter le recours à l’avortement.

Les déclarations si inexactement rapportées par Il Corriere della Sera avaient été sollicitées à la suite d’une initiative menée par Buttiglione, Magdi Cristiano Allam et d’autres : une motion parlementaire adoptée le 15 juillet dernier en vue d’obtenir, au Conseil de l’Europe, au Parlement européen, et même à l’ONU « avec au moins la neutralité bienveillante des Etats-Unis » un moratoire mondial sur les avortements forcés. Une sorte de défi lancé à ceux qui se disent « pro-choix », explique Buttiglione : comment tolérer l’avortement forcé au nom de la liberté de choix, alors qu’il est à la fois « contre le choix et contre l’enfant » ?

« Dans certaines parties du monde, en Chine en particulier, l’avortement est obligatoire et il faut un permis pour avoir un deuxième enfant. Mais dans d’autres parties d’Asie, aussi, en Afrique, et même en Amérique latine, nous voyons un chantage sur les femmes. Des programmes qui affirment : “Nous vous donnerons du pain, mais seulement si vous acceptez d’avorter.” C’est le fait d’agences de l’ONU, qui financent ce genre de programmes. »

Ce succès a été obtenu en Italie grâce à l’absence d’opposition frontale des « pro-choix », qui ne pouvaient pas décemment voter contre.

Interrogé plus précisément à propos de la politique d’Obama, dont les pro-vie américains connaissent l’extrémisme en matière de culture de mort, Buttiglione a précisé :

« Je sais qu’il existe une lutte importante à propos de la vie aux Etats-Unis, et je ne veux rien faire qui puisse faire du tort aux pro-vie dans cette lutte. Je veux aussi leur parler et gagner leur soutien. Je veux aussi les rassurer sur le fait que nous ne laissons pas tomber, ne serait-ce que la vie d’un seul enfant. Nous ne faisons pas un échange, en acceptant la mise à mort d’un certain nombre d’enfants à naître, pour en échange obtenir la vie de certains autres. (…) Il n’existe qu’un contexte limité où nous autres, pro-vie, et eux, pro-choix, peuvent s’unir dans une bataille – c’est là où la liberté de choix de la femme est écrasée aussi bien que la vie de l’enfant. Je ne pense pas que nous ayons à donner quelque gage que ce soit aux pro-choix pour les convaincre de nous rejoindre sur ce terrain. S’il est exact, comme ils le disent, qu’ils ne sont pas pour l’avortement mais pour la liberté de choix, voilà une occasion pour eux de nous rejoindre afin d’en apporter la preuve. S’ils ne le font pas, alors ils ne sont pas véritablement pro-choix, mais pro-avortement. Ils aiment l’avortement. Ils ne pensent pas que la vie humaine doit être soutenue, mais qu’il faut réduire la population du monde par n’importe quel moyen nécessaire. »

Pas question, donc, de rejoindre les « pro-choix » en renonçant à dire que l’avortement est mauvais, ni de le prétendre « acceptable » comme ils le disent…

Soulignant que les stratégies pour la vie sont forcément différentes selon les pays et les moments, et qu’elles peuvent parfaitement coopérer tout en conservant leur originalité, Rocco Buttiglione a répondu à une question sur ses discussions avec Jean-Paul II quant à la tension entre le pragmatisme et les principes dans la construction d’une culture de vie.

« On ne peut jamais soutenir une position intrinsèquement mauvaise. On ne peut voter une loi qui sacrifie la vie d’un seul enfant. On peut soutenir une loi qui protège la vie de certains enfants, même si cette protection n’est pas donnée à tous. On sauve ceux que l’on peut sauver et l’on n’approuve pas la mort de ceux que l’on ne peut pas sauver. Certains pro-choix étaient prêts à voter notre résolution si nous avions dit que nous voulions voir l’ONU condamner les avortements forcés et soutenir les avortements non forcés. Nous avons répondu : nous ne le pouvons pas. »

Quant à la promesse faite par Obama à Benoît XVI de travailler à réduire le nombre d’avortements, Piero Tozzi a supposé que Buttiglione ne serait pas prêt à dire s’il y croyait. Réponse de ce dernier :

« Je peux répondre ainsi : je ne puis que l’espérer. »

• Texte complet de l’interview sur www.c-fam.org.

Source : “Présent” n° 6894 du samedi 1er août 2009

24 juillet, 2009

Refuser la communion aux promoteurs de l’avortement : le cardinal Cañizares y voit une “charité”

Interrogé par le site d’informations pro-vie LifeSiteNews, le nouveau préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Antonio Cañizares Llovera, a déclaré que le fait de refuser la communion aux hommes politiques catholiques pro-avortement se justifie par le principe de « la charité dans la vérité » – caritas in veritate.

Celui qu’on surnommait, alors qu’il accédait au siège épiscopal de Tolède, le « petit Ratzinger », a rappelé que quiconque s’approche de la Sainte Table en état de péché grave est en grave danger spirituel et que le refus de la communion résulte alors du souci pour son salut éternel.

« Je pense qu’on trouve les paroles les plus fortes dans saint Paul : celui qui reçoit l’Eucharistie sans être convenablement préparé, bien préparé , “mange sa propre condamnation”. C’est la chose la plus forte que nous puissions dire et c’est aussi la plus vraie », a déclaré le Cardinal à la journaliste de LifeSite, Hilary White.

C’est un devoir d’éducation, en somme, auquel répond l’initiative, notamment de la part de certains évêques américains, de refuser publiquement la communion aux personnalités politiques connues pour leur soutien et leurs votes en faveur de l’avortement, de l’euthanasie ou d’autres lois de mort :

« Les hommes politiques doivent se rendre compte de ce qu’ils font, on doit les aider à prendre conscience de la gravité de leurs actes. »

A eux d’abord d’aligner leur conduite sur le principe de la « charité dans la vérité » : c’est ensuite aux évêques de se conformer à cette règle par rapport à l’accès à la communion, a souligné le prélat.

Le cardinal Cañizares a souligné que le fait d’être activement engagé dans la procuration d’un avortement est une offense des plus graves qui encourt la punition la plus sévère de l’Eglise catholique, l’excommunication, comprise comme une peine « médicinale » visant à éloigner du mal celui qui la subit. « Dans le cas des pécheurs publics, nous ne savons pas ce qui se passe dans la conscience de ces personnes politiques. Et je suis bien conscient de la prudence qui doit guider notre conduite. Mais j’estime aussi qu’il est de notre devoir d’éclairer leur conscience. D’aider la personne à agir en conformité avec une conscience juste et droite. » C’est là l’une des fonctions propres de l’évêque, a rappelé le Cardinal : « Aider à la formation de la conscience droite. Former les consciences de telle façon que les gens agissent conformément à la vérité. »

Il est difficile de ne pas voir dans ces déclarations fortes une prise de position dans la guerre discrète qui s’est déclarée entre partisans de l’affirmation claire de la vérité à propos des lois de mort qui défigurent tant de législations à travers le monde et ceux qui, au nom d’ententes politiques ou d’arrangement pragmatique de la question, opposent charité et vérité. Ce fut le cas dans l’affaire de la petite fille de Recife, ce l’est encore sans doute dans l’étrange prise de position de Rocco Buttiglione (Présent d’hier).

Le cardinal Cañizares a précisé qu’on pouvait se référer à deux textes : l’encyclique Evangelium vitæ et le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi – alors présidée par le cardinal Ratzinger – affirmant que la communion « devait » être refusée aux hommes politiques pro-avortement.

Il a déclaré « ne pas savoir » si un document sur le thème des hommes politiques et l'avortement est en préparation au Vatican.

23 juillet, 2009

L’étrange proposition de Rocco Buttiglione

Ne plus se battre contre les lois de mort ?

L’interview a fait grand bruit en Italie et dans les milieux pro-vie américains : le chrétien-démocrate Rocco Buttiglione, naguère persona non grata à la Commission européenne pour cause de positions trop traditionnelles à propos de la famille, de l’homosexualité et de l’avortement, vient de déclarer qu’il ne fallait plus se battre pour renverser la « loi 194 » qui, en Italie, légalise l’« interruption volontaire de grossesse ». S’exprimant dans Il Corriere della Sera, ce proche ami de Jean-Paul II a estimé s’être « trompé » sur un point en s’opposant à la loi 194. Il faut, a-t-il assuré, se mobiliser plutôt pour qu’il y ait moins d’avortements en aidant les femmes. Comme Obama l’a promis au Pape le 10 juillet !

Cette prise de position vient décidément trop à point, après l’affreux désordre créé par l’affaire de la petite fille de Recife, pour ne pas relever d’une même – osons le dire – manipulation politique dont l’effet visible est une édulcoration de l’enseignement de l’Eglise sur le respect de la vie.

On se souviendra de la note publiée par Mgr Rino Fisichella dans L’Osservatore Romano (à son corps défendant semble-t-il) pour dénoncer les propos de Mgr Cardoso Sobrinho, alors archevêque de Recife, sur l’excommunication automatique des responsables d’un double avortement sur une fillette de neuf ans violée et enceinte à 15 semaines. On ne veut plus entendre parler, notamment aux Etats-Unis où les hommes politiques pro-avortement savent combien il leur en coûte devant une opinion qui demeure largement conservatrice de se voir refuser la communion dans certains diocèses, du lien entre avortement provoqué et excommunication. Il a fallu une large mobilisation pour qu’une mise au point intervienne. Elle fut forte, et elle vint de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Une nouvelle offensive se dessine à travers les déclarations très médiatisées de Rocco Buttiglione, connu et respecté comme catholique. Il se défendra sûrement d’avoir opéré, désormais, un revirement. Mais ce qu’il a dit est énorme.

« Nous, nous ne voulons pas changer la loi. Moins que jamais. Et surtout pas l’article 1, selon lequel l’avortement n’est pas un instrument de contrôle des naissances. C’est Livia Turco qui l’a dit : l’avortement n’est pas un droit, mais une épouvantable nécessité. Nous avons tous changé. Celui qui soutient la loi 194 reconnaît, simplement grâce aux découvertes scientifiques sur l’embryon et sur l’ADN, que le fœtus n’est pas un amas de sang dans le corps de la femme ; le fœtus est une vie. Et celui qui, comme moi, s’est battu contre la loi 194, s’est trompé sur un point. Le bigot que je suis peux le dire de manière théologique : Dieu confie l’enfant à la mère d’une façon si particulière, que défendre l’enfant contre sa mère est juste, mais impossible. Nous devons soutenir la mère, la rendre libre ; plus elle sera libre, plus il lui sera difficile de renoncer à l’enfant. »


Livia Turco, soit dit en passant, est une ancienne figure du parti communiste italien, devenue en 2006 à l’issue d’une itinérance gauchiste, ministre de la Santé de Romano Prodi, et qui à cette place n’a pas ménagé ses critiques contre les combats pro-vie de l’Eglise catholique en Italie.

Rocco Buttiglione affirme que « l’avortement est une blessure dans la conscience nationale, qui nous a déchirés et divisés ». « Mais aujourd’hui il est possible d’unir spirituellement toute la nation italienne ; qu’il s’agisse de ceux qui ont soutenu la loi 194, ou de ceux qui l’ont combattue, tous ont en partie changé d’avis. Et l’Italie peut conduire une grande campagne internationale, pour atteindre l’objectif que se sont donné le Pape et Obama : moins d’avortements. » Et qu’en pensera le Pape ? « Le Pape lui-même, je l’espère, sera content. »

Rien n’est moins sûr. Il y a d’ailleurs une bizarrerie dans la supposition que Benoît XVI approuverait cet abandon pragmatique d’une position jugée trop raide, cette volonté de « comprendre et respecter » les divisions entre les « pro-choice et pro-life » (en anglais dans le texte). De même qu’il y avait eu une curieuse présomption à affirmer que le Pape avait « personnellement » approuvé les termes de la lettre de Mgr Fisichella sur la petite fille de Recife…

Réduire le nombre d’avortements par l’aide aux femmes, tout en choisissant de ne pas se battre contre le fait que l’« IVG » soit autorisée, voire subventionnée par les pouvoirs publics, tel est le choix de mouvements pro-vie qui hésitent à employer des mots trop durs (« l’avortement tue ») ou à montrer la réalité de ce « crime abominable ». Nous en avons un échantillon en France ; nous savons où cela mène : à plusieurs centaines de milliers d’assassinats de tout-petits par an.

Bien sûr, il faut aider le plus possible les femmes enceintes et créer un environnement favorable à la vie – qui oserait le contester ? Mais l’absence de clarté est déjà une forme de complicité ; l’organisation du crime par l’Etat est un désordre innommable ; et l’approbation des boniments d’Obama est un scandale.

On pourra, pour contredire ce que j’écris, avancer le cas de la Croatie. Voilà un pays où la loi sur l’avortement n’a pas été modifiée et où le nombre d’avortements a chuté de manière vertigineuse. Mais ce n’est pas d’abord en aidant les femmes à être plus « libres », vieille revendication pro-choix. Sa justification « théologique » par Buttiglione ne s’inscrit ni de près ni de loin dans la tradition doctrinale, mais plutôt dans une exaltation toute rousseauiste de la conscience. Le remarquable résultat obtenu dans ce pays ex-communiste résulte d’une claire information pro-vie, soutenue et promue par l’Eglise, à la fois auprès des jeunes dans les écoles et dans les structures de santé.

Prétendre que Barack Obama s’inscrit dans cette perspective est aberrant. Pour Buttiglione, l’initiative italienne de proposer un moratoire mondial sur l’avortement, qu’il a contribué à lancer et soutenir et qui est, de fait, une excellente chose, permettra précisément de trouver ce « terrain commun » où le nouveau Président américain souhaite voir dialoguer les pro et les anti-avortement. La réalité est autre : par le jeu des nominations aux postes clefs de la Santé publique et de la Cour suprême, Obama met en place un dispositif qui menace même à terme de priver les catholiques de leur droit d’objection de conscience à l’avortement, et qui fera droit pas à pas à toutes les revendications de la Freedom of Choice Act qui veut faire de l’avortement un droit absolu. Et ce alors qu’une majorité de l’opinion américaine est désormais hostile à la légalité de ce crime, et que de nombreux Etats ont renforcé au cours des dernières années leurs lois contre l’avortement.

Il n’est pas anodin qu’au retour de leur Président de Rome, les Etats-Unis soient justement en train de mettre en place le financement public de l’« IVG », notamment pour les femmes les plus pauvres ; Mgr William F. Murphy, au nom de la Conférence épiscopale, a vertement dénoncé cette atteinte « au caractère sacré de la vie ». Tandis que Mgr Rino Fisichella dénonçait mercredi « la nouvelle augmentation des fonds publics pour l’avortement » qui se décide aux Etats-Unis.

 
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