26 novembre, 2014

Large majorité à l'Assemblée pour l'avortement, « droit fondamental »

Le 40e anniversaire du grand discours de Simone Veil pour la légalisation de l'avortement a été « fêté » par l'Assemblée nationale qui a adopté une résolution visant à faire de l'avortement un « droit fondamental » à l'avortement, à la demande du député socialiste Catherine Coutelle.

Il faudra revenir sur ce changement qui marque un bouleversement définitif dans la législation française, en qualifiant de droit absolu le choix de mettre à mort un enfant à naître.

Sur les 151 élus présents – sur 577 – seuls 7 ont voté contre :

• Jacques Bompard (on peut lire son intervention splendide sur le Salon beige
• Jean-Frédéric Poisson
• Jean-Christophe Fromantin
• Nicolas Dhuicq
• Xavier Breton
• Yannick Moreau
• Olivier Marleix

Gilbert Collard, élu Rassemblement Bleu Marine, s'est abstenu.
Marion Maréchal-Le Pen n'était pas là.

On nous expliquera peut-être que cela ne servait à rien de se déplacer, ou de voter contre. Mais alors à quoi sert d'être élu à l'assemblée ?

Voici le texte complet de la résolution, avec les points adoptés en gras.

Article unique
L’Assemblée nationale,

Vu l’article 34-1 de la Constitution,

Vu l’article 136 du Règlement,

Vu la loi n° 75-17 du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de grossesse, dite « loi Veil »,

Vu la loi n°79–1204 du 31 décembre 1979, dite « loi Pelletier », reconduisant définitivement la loi Veil du 17 janvier 1975,

Vu la convention sur l’élimination des discriminations à l’encontre des femmes (CEDAW), adoptée en assemblée générale des Nations Unies en 1979 et ratifiée en 1983 par la France, et spécifiquement son article 12 qui stipule que « les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour éliminer la discrimination à l’égard des femmes dans le domaine des soins de santé en vue de leur assurer, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme, les moyens d’accéder aux services médicaux, y compris ceux qui concernent la planification de la famille »,

Vu la loi n° 82-1172 du 31 décembre 1982, dite « loi Roudy », qui autorise le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse et instaure la prise en charge par l’État,

Vu la loi n° 93-121 du 27 janvier 1993 portant diverses mesures d’ordre social, dite « loi Neiertz », créant le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse,

Vu le programme d’action de la conférence internationale du Caire sur la population et le développement (CIPD) de septembre 1994, qui rappelle que les moyens de maîtriser la fécondité des femmes sont des éléments capitaux des programmes relatifs à la population et au développement,

Vu le programme d’action de Pékin, adopté en septembre 1995 lors de la quatrième conférence mondiale sur les femmes, qui rappelle « la liberté et la possibilité de décider si et quand on veut avoir des enfants. Cela implique qu’hommes et femmes ont le droit d’être informés sur les méthodes sûres, efficaces, abordables et acceptables de planification familiale » (alinéa 94 du programme d’action),

Vu la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception, qui modernise la loi n° 75-17 du 17 janvier 1975 susvisée,

Vu la résolution 1607 adoptée par le Conseil de l’Europe en avril 2008 promouvant un accès à un avortement sans risque et légal en Europe,

Vu la loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, qui supprime la notion de détresse et élargit le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse,

1. Réaffirme l’importance du droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse pour toutes les femmes, en France, en Europe et dans le monde ;

2. Rappelle que le droit universel des femmes à disposer librement de leur corps est une condition indispensable pour la construction de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et d’une société de progrès ;

3. Affirme le rôle majeur de la prévention et de l’éducation à la sexualité, en direction des jeunes ;

4. Affirme la nécessité de garantir l’accès des femmes à une information de qualité, à une contraception adaptée et à l’avortement sûr et légal ;

5. Souhaite que la France poursuive son engagement, au niveau européen comme international, en faveur d’un accès universel à la planification familiale.

Délibéré en séance publique, à Paris, le 26 novembre 2014.
Le Président,
Signé : 
Claude BARTOLONE

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Le cardinal Medina parle des chrétiens en politique

Le cardinal Jorge Medina Estevez, préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a présenté au Chili son livre Le chrétien et la politique, qui aborde des thèmes brûlants – pour les catholiques – comme la légalisation de l'avortement, la vie, la famille. Thèmes qui sont précisément à l'ordre du jour au Chili, mais qui intéressent plus largement  les fidèles du monde entier.




« Les enquêtes, même si elles sont importantes, ne sont ni ne peuvent être le critère ultime et définitif pour choisir une option en tant qu'elle conduit au bien commun et à l'accomplissement de l'être humain », a-t-il affirmé lors d'une conférence organisée par l'Ecole nationale des leaders catholiques de Santiago.

Dénonçant le « relativisme » et la croyance au « dogme de la toute-puissance des majorités », il a félicité les « politiciens sensés, même s'ils sont agnostiques, la stratégie du dialogue ».

Mais, a-t-il précisé, « il est nécessaire d'avertir que le dialogue ne signifie pas partir de zéro, comme si tout était discutable et négociable ». « Un dialogue sincère implique de poser les points de départ de base des parties qui dialogue, et il ne prétend pas à ce qu'à travers des stratégies, des pressions, des menaces ou la prépotence, l'une des parties renonce à des principes non négociables ».

Dénonçant la prétention de militants homosexuels de faire taire l'Eglise dans la vie politique à leur propos, le cardinal Medina a souligné : « Ce que recherchent les mouvements homosexuels – et ce qu'ils obtiennent dans certains lieux – c'est que l'on reconnaisse l'activité homosexuelle comme totalement légitime, et que tout jugement négatif à ce propos puisse en venir à être considéré et même puni comme un délit. »

A propos de l'avortement, il a rappelé : « Nul n'a le droit de tuer un être humain innocent, parce que cette action a le nom terrible d'assassinat. Là il n'y pas de négociation possible. Cela explique le pourquoi de la très sévère peine d'excommunication que l'Eglise applique à ceux qui se rendent responsables de la réalisation d'un avortement. »

Le cardinal Medina a dit enfin le devoir de l'Eglise : « Notre lutte a pour objet d'obtenir que la vérité soit respectée, parce que nous croyons fermement que c'est sur elle que s'appuie la grandeur et la plénitude de chaque être humain, ainsi que celles des communautés et des sociétés où nous réalisons notre existence temporelle. »

Que peuvent faire les familles face aux menaces qu'elles affrontent ? Il a donné la clef : « La première arme dont dispose la familles pour se défendre, c'est la prière. Le père Peyton disait : “La famille qui prie ensemble, reste ensemble.” Je pense qui si dans la famille chrétienne aujourd'hui – dans toutes les familles – on disait le saint rosaire tous les jours, les choses iraient mieux. »


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24 novembre, 2014

La conférence interdite sur l'avortement à Oxford : texte intégral

Riposte catholique signalait il y a quelques jours qu'un débat sur l'avortement a été annulé à l'université d'Oxford parce que… l'avortement ne saurait être sujet à débat et que les deux journalistes protagonistes, l'un athée, l'autre catholique, étaient des hommes. Qui n'ont dont par définition pas droit à la parole, qu'ils soient pour ou contre. Le journal britannique Catholic Herald vient de publier le texte que Tim Stanley, le catholique, aurait présenté. Sans être opposé à l'avortement dans tous les cas, celui-ci répond positivement à la question posée dans le cadre du débat : « Cette chambre considère que la culture de l’avortement en Grande-Bretagne nous est tous dommageable. »

L'événement était organisé par les Oxford Students for Life (les étudiants pro-vie d'Oxford) qui n'ont pas réussi à trouver un lieu de débat après que des pressions et des intimidations des « pro-choix » de « Women's Campaign »eurent conduit les autorités universitaires en interdire la tenue au Blue Boar Lecture Theatre de Christ Church. Neil Addison, directeur du Thomas More Legal Centre, a fait observer que l'annulation du débat contrevient à la loi sur l'éducation qui garantit la liberté d'expression dans les universités.

Tim Stanley, censuré.
Voici ma traduction intégrale de la conférence interdite de Tim Stanley. – J.S.

Je ne suis pas là ce soir pour débattre de la question de savoir si l’avortement doit être, ou non, légalisé ; si donc quelqu’un veut me demander ce qu’il faut faire par rapport à l’avortement en cas d’inceste de viol, merci de ne pas perdre votre temps. La plupart des gens admettent que l’avortement puisse être dans certaines circonstances une nécessité tragique, et qu’il n’est pas près de disparaître. Non : je suis ici pour débattre d’un point précis : oui ou non la culture de l’avortement fait-elle du mal à la Grande-Bretagne. 
Je définis la culture de l’avortement comme une culture où l’avortement est si fréquent qu’il commence à apparaître comme une forme habituelle de contraception, comme le suggèrent les statistiques ; où l’opinion est largement partagée selon laquelle il s’agit d’un droit, qu’il n’est associé à aucun risque, et que de fait il représente une sorte libération pour les femmes qui y ont accès. Dans une culture de l’avortement, le débat même sur l’avortement serait controversé, voire impossible. Les tentatives pour empêcher cette discussion raisonnable suggèrent qu’une telle culture existe bien. 
Mais je pense que la culture de l’avortement aggrave en réalité certaines injustices au sein de notre société. Quiconque a véritablement le souci de la liberté et des droits des femmes – c’est-à-dire chacun de nous – doit être prêt a revoir les données sur les conséquences de l’avortement à la demandet. Et comment le silence à propos de ces effets fait du tort à certains groupes minoritaires. 
D’abord, les chiffres. Les statistiques de l’avortement en 2013 rendent compte d’une réalité inquiétante. Il y en a eu, cette année-là, 185.331. Seul un pourcent été lié à un risque de voir naître un enfant handicapé. 99,84 % d’entre eux ont été pratiqué en conformité avec la loi sur l’avortement de 1967 qui les justifie en cas de risque pour la santé mentale de la femme, une condition qu’il est notamment notoirement facile de contourner. Vincent Argent, naguère directeur médical du British Pregnancy Advisory Service, à publiquement reconnu cette année que les médecins signent fréquemment des formulaires d’avortement à l’avance, sans rencontrer la femme. Il vaut la peine d’être notée, soit dit en passant, que 64 % des avortements ont lieu dans le secteur privé, financé par le service national de la santé (NHS). Il y a de l’argent à gagner. 
Regardez ces chiffres de plus près, et vous trouverez des choses intéressantes en ce qui concerne la classe et la race, qui suggèrent que l’avortement est plus fréquent parmi certains groupes. Cela est connu en ce qui concerne la société américaine : les premières cliniques d’avortement légales étaient majoritairement situées dans des zones à dominante noire, et en 2012 les données ont montré que dans la ville de New York les femmes noires ont subi davantage d’avortements qu’elles n’ont donné naissance. Au Mississippi, les Afro-Américains représentent quelque 37 % de la population, mais 75 % des avortements. Ces chiffres ne sont pas aussi dramatiques au Royaume-Uni parce que notre population est plus homogène sur le plan démographique. Mais réfléchissez à ceci : les « Noirs ou les Britanniques noirs » ne composent que 3,3 % de la population, mais 9 % des avortements sont pratiqués sur cette population. 
Environ 37 % de toutes les femmes qui ont avorté en 2013 avaient déjà subi au moins un avortement auparavant ; un chiffre en augmentation par rapport au 32 % de 2003, et à peu près une femme sur 7 ayant subi un avortement se trouvait effectivement au sein d’une relation. Ces données suggèrent que l’avortement pourrait bien être utilisé par certaines personnes comme une forme de contraception. Cela est extraordinaire, étant donné que notre société est saturée de message sur le safe sex et que l’industrie de l’avortement assure que la procédure est sûre, légale, et rare. 
Pourquoi donc a-t-on recours à l’avortement de cette manière ? L’une des explications pourrait se trouver dans une étude Joseph Rowntree de 2004, notant que les jeunes filles avec peu de perspectives scolaires choisissaient de garder leur bébé, tandis que celles qui avaient l’intention d’aller à l’université et de trouver du travail avaient plus de chances de recourir à l’avortement. En d’autres termes, certains groupes de femmes ont des relations fréquentes et non protégées et tombent enceintes malgré des décennies d’éducation, et ce qu’elles font ensuite relève d’un choix qui n’est pas nécessairement dicté par la volonté personnelle mais par l’économie. 
Vous pourriez dire : « C’est une bonne chose, puisque cela signifie que les femmes exercent le contrôle sur leur propre corps et qu’elles contrôlent également leur avenir économique. » Mais posez la question à l’envers. Cela veut dire aussi que certains groupes négligent toute l’information dispensée à propos de la contraception et des relations, tombant enceintes et revenant à la clinique encore et encore comme si cela n’était pas du tout différent de la pilule. Et cela signifie, deuxièmement, que les décisions sur le fait d’élever un enfant sont moins déterminées par un choix personnel authentique que par la pression culturelle. Cela suggère que les femmes ne se voient pas offrir une alternative sérieuse à l’avortement, il ne reçois aucun soutien de famille ou de la gouvernance, mais que les messages culturels qui les touchent ne parle que de la terreur et de la pression liées à l’éducation des enfants. Vous pourriez trouver quelques éléments de ce message dans la politique conservatrice d’arrêt de versemetn des allocations familiales, ce qui à mon avis va plutôt contre leur image favorable à la famille. 
Puisque nous parlons de la pression de la culture, parlons aussi de la « disponibilité ». L’avortement à la demande alimente l’idée selon laquelle nous avons tous droit à une entière autonomie et à être libérés de toute responsabilité à l’égard d’autrui. C’est une bonne nouvelle pour les forts, elle est mauvaise pour les vulnérables. 
Pensez maintenant à cette étrange hypocrisie. Nous vivons dans une société où les droits des personnes handicapées nous importent beaucoup – ainsi que le montre l’opposition aux réformes gouvernementales à propos des subventions en leur faveur – et nous nous disons toujours qu’ils ont droit à l’entière citoyenneté. Mais nous disons également aux femmes enceintes que si leurs enfants sont handicapés, elles ont alors un droit absolu à avorter. Les résultats sont assez inquiétants. Neuf bébés sur 10 porteurs d’un diagnostic de spina bifida sont avortés. La proportion est à peu près la même pour les enfants trisomiques. De fait une étude de 2009 a montré que chaque jour trois bébés sont avortés pour trisomie. 
Je le répète : je ne dis pas que les femmes ne doivent pas être libres prendre cette décision. Tout ce que je dis, c’est que dans une culture de l’avortement, il y a une pression favorable pour l’avortement, qui apparaît comme une option d’une facilité mythique. Peter Elliott, président de la Fondation sur la recherche sur la trisomie 21, qui a un fils de 24 ans, David, atteint de trisomie 21, a dit de cette étude de 2009 : « Pourquoi les avortements sont-ils si nombreux si ce n’est parce qu’on a donné l’impression que la situation était effrayante et qu’elle justifiait l’avortement ? Je ne crois pas que ce choix est présenté aux parents de manière véridique : ces enfants ont une vie bonne et sont en réalité considérés comme une bénédiction pour les parents et non comme une malédiction. Je ne pense pas que ces parents qui ont recours à l’avortement en sachent vraiment beaucoup sur la trisomie. » 
Il est en outre parfaitement raisonnable qu’une culture qui considère la vie comme jetable a un bout du cycle de la vie puisse la considérer comme tout aussi jetable à d’autres moments de cycle. Ce point de vue a été exprimée avec brio dans un article du Journal of Medical Ethics par Alberto Giubilini et Francesca Minerva, qui soutenaient que les nouveau-nés ne sont pas de vraies personnes et n’ont pas un droit moral à la vie : après tout ils ne sont pas, tout comme l’embryon dans le sein maternel, entièrement autonomes par rapport à leurs parents. Ils ont soutenu que les enfants et les parents doivent être en mesure de faire tuer leur bébé s’il s’avère qu’il est handicapé à la naissance. 
Il est parfaitement naturel d’étendre cette logique qui à l’euthanasie, qui a été légalisée dans le Benelux et qui est aujourd’hui en discussion sérieuse au Royaume-Uni. Le Dr Joseph Fletcher, l’un des parrains de la bioéthique moderne et partisan connu à la fois du droit à l’avortement et à l’euthanasie se rappelait jadis avec émotion le temps où lui et l’égérie du planning familial Margaret Sanger rejoignaient l’Euthanasia Society of America, en vue de « relier les deux causes pour ainsi dire : le droit d’être sélectif à propos de la parentalité et le droit d’être sélectif par rapport à la vie ». Fletcher précisait : « Nous avons ajouté le contrôle de la mort au contrôle des naissances comme une partie de l’éthique du style de vie de notre société. » Il avançait que la vie n’a véritablement pas de valeur à moins d’être d’une certaine qualité, un argument qui a été renforcée par Richard Dawkins lorsque celui-ci a dit, à propos d’un enfant trisomique : « Avortez-le et recommencez – il serait immoral de le faire naître dans ce monde. » 
Le Dr Fletcher, soit dit en passant, en aurait été d’accord. Il a dit jadis qu’il « n’y a aucune raison de se sentir coupable d’éliminer un enfant trisomique, que ce soit en l’éliminant au sens de le cacher dans un sanatorium, ou d’une manière létale plus responsable. C’est triste, oui. Terrible. Mais cela ne comporte aucune culpabilité. La véritable culpabilité il n’existe qu’en relation à une offense à l’égard d’une personne, et un trisomique n’est pas une personne. » C’est une attitude horrifiante, pourriez-vous penser, mais elle n’est pas tellement étrange si vous tenez compte de la grande violence que représente l’avortement par rapport à notre conception même de la personnalité. 
La plus grande ironie de ce phénomène est bien que l’avortement devait donner une plus grande autonomie aux femmes, mais nous avons aujourd’hui des éléments montrant qu’il était utilisé Angleterre pour mettre fin à des grossesses pour la seule raison que le fœtus était femelle. En d’autres termes, l’avortement été utilisée de manière à valider l’idée médiévale selon laquelle les filles valent moins que les garçons. Heureusement, cet abus devrait être officiellement et explicitement mis hors-la-loi pour la première fois. 
Tous ces problèmes sont d’autant plus troublants que nous n’en discutons plus. Cela reflète la façon dont les sociétés capitalistes modernes traitent les questions relatives à la pauvreté, à la souffrance, aux abus, etc. Elles les mettent hors du champ de vision en utilisant un jargon médical ou une phraséologie politique destinée à occulter toute une série de problèmes qui nécessiteraient qu’on en discute de manière beaucoup plus claire.Je n’ai pas toujours été pro-vie. Je le suis devenu lorsque mes recherches historiques sur le mouvement conservateur américain m’ont contraint, à mon corps défendant, à lire des textes pro-vie. 
J’ai été horrifié de découvrir à quel point l’avortement est sordide. A quel point il peut être douloureux. Il y a des preuves montrant ses effets psychologiques à long terme. Par exemple, les recherches menées par le Pr Priscilla Coleman publiées dans le British Journal of Psychology affirment que « l’avortement est associé avec des risque modérés à élevé de problème psychologique faisant suite à la procédure. Les femmes qui ont subi un avortement ont un risque augmenté de 81 % d’avoir des problèmes de santé mentale, tandis que 10 % de l’incidence des problèmes de santé mentale ont un lien direct avec l’avortement ». 
Pourquoi ne le savais-je pas ? Parce que, tandis que l’avortement provoque des traumatismes dans notre société, nous réglons le problème en l’ignorant. Cela est tout à fait dans la logique qui fait que nous ignorons les taux de suicide épouvantablement élevés en prison ; que nous ignorons le niveau de soins déplorable dans les maisons pour personnes âgées ; que nous ignorons les abus et les viols d’enfant dans les services spécialisés pour l’enfance. Et voici ce qu’il y a de doublement pervers dans la culture de l’avortement : nous avons ont effectivement les vannes à quelque chose, et puis nous avons refusé de parler de sa réalité. L’avortement est au centre même de l’état thérapeutique : l’état qui anesthésie la douleur avec des solutions simplistes plutôt que de s’intéresser à leurs causes complexes. 
Et tout ce que je vous demande aujourd’hui, c’est que nous en parlions sérieusement. Merci de m’avoir écouté.

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Brésil : « mariage » gay collectif à Rio de Janeiro

Une méga-cérémonie a réuni plus de 1.500 personnes dans les magasins du port de Rio de Janeiro « Utopia »,  aménages en scène pour accueillir une cérémonie-spectacle : le « mariage » de 153 couples de même sexe. C’est la cinquième cérémonie collective de ce type organisé dans l’Etat brésilien où un jugement du Tribunal suprême fédéral a entériné en mai 2011 une pratique qui n’est pas reconnue par la loi ; c’est aussi la plus importante cérémonie de ce type au Brésil et dans le monde.
Elle a été conjointement organisée par le tribunal de justice de Rio de Janeiro et par le Secrétaire d’Etat à l’assistance sociale et aux droits de l’homme, en partenariat avec l’association des responsables des registres des personnes ressortissant de l’Etat.
Tout a commencé avec la performance d’un travesti, Jane Di Castro qui a interprété Emoções de Roberto Carlos : « elle » vit en couple avec son compagnon depuis 47 ans : « Nous sommes en train de vivre un paradis, c’est un accomplissement et une victoire. » Un acte militant, en effet, et un nouvel épisode de la nouvelle campagne qui met les « trans » en scène dans les instances officielles du monde pour promouvoir leur image.
La cérémonie s’est achevée par une réception offerte par le gouvernement de Rio.

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Espagne : comment le monde du travail incite à l’avortement

Ou tu « le fais passer » ou tu perds ton boulot. Le message est simple : c’est celui qu’entendent des milliers de femmes en Espagne où une part importante des « interruptions volontaires de la grossesse », comme on l’appelle dans la loi, ne sont que le résultat des pressions des employeurs. C’est un cri d’alarme que lance la Fundación Madrina (Fondation Marraine) qui œuvre pour aider les femmes et les mères qui risquent « l’exclusion », rapporte Infocatolica. Sur les 4.000 femmes par an aidées par la fondation, 80 % ont un problème relatif à l’emploi. Et sur ces 80 %, la moitié sont précisément en difficulté en raison d’une maternité.
La crise aidant, il y a un véritable « harcèlement » à l’égard de la maternité. Pour Conrado Giménez, président de la fondation, l’une de ses conséquences les plus claires est l’avortement : « Il y a une relation de cause à effet très directe. En temps de crise, les gouvernements approuvent des lois pour augmenter le recours à la contraception et ils diminuent les aides à la maternité. » Les entreprises considèrent les mères qui travaillent comme moins rentables, surtout celles qui ont des enfants de moins de trois ans. « Leur absentéisme va de 2 à 20 %. Dans l’Union européenne, cela coûte 20.000 millions d’euros », assure-t-il.
Ce sont notamment les PME et les multinationales, mais aussi l’administration et le secteurs des médias où les conventions collectives sont très protectrices, qui pratiquent de manière explicite ou implicite ce « harcèlement » qu’Iñaki Piñuel, professeur à l’université d’Alcalá a pris sous sa loupe. Il est endémique pendant la grossesse mais se manifeste également lors du retour au travail. « Elles souffrent de représailles. On leur ôte leurs tâches, leurs avantages, les responsabilités, on les charge de missions de moindre valeur : la gamme de stratégies punitives est large. »
C’est une des causes du recul de l’âge de la maternité, pense le chercheur, et aussi du « très bas taux de natalité en Espagne ». « Le risque de pauvreté et d’exclusion augmente pour la femme » pendant la grossesse, confirme de son côté Conrado Giménez.
Destiné à faire pression sur les femmes enceintes, le harcèlement vise aussi à en faire des « exemples » pour leurs compagnes qui « y penseront à deux fois » avant d’envisager la maternité. « Ainsi, les représailles seront vues de toutes et elles feront leur effet », précise Piñuel, qui observe que la pression est exercée, sept fois sur dix, par d’autres femmes ; elles sentent qu’elles doivent punir leurs compagnes parce qu’elles-mêmes ont décidé de ne pas concilier (travail et maternité). C’est quelque chose de caractéristique et de curieux. »
Il cite des cas concrets, comme cette femme médecin interne qui, étant en formation, est tombée enceinte. C’est son tuteur qui a essayé de la forcer à avorter. L’affaire est toujours en cours… « Si la femme n’avorte pas, on passe aux représailles : refus de permissions, surcharge de travail », ajoute Piñuel : parfois il suffit d’expliquer qu’il vaut mieux ne pas avoir d’enfant si l’on veut réussir sa carrière.
Cette autre, mère célibataire de 31 ans, avait déjà un enfant lorsqu’elle est de nouveau tombée enceinte, de jumeaux cette fois. Elle travaillait dans un salon de coiffure. On lui a rendu la vie tellement impossible qu’elle s’est résolue à avorter : c’était cela, ou perdre son emploi. La date et l’heure était fixées – ce n’est qu’à la dernière minute qu’elle a changé d’avis, appelant la clinique pour dire qu’elle ne viendrait pas ? Elle a aussi prévenu son employeur. Qui lui a dit deux mots, définitifs : « Bonne chance. » L’aide de la fondation Madrina lui a permis de faire reconnaître ses droits, et elle a depuis trouvé un nouvel emploi, commencé une formation. Toutes n’ont pas cette chance.
C’est un harcèlement qui retentit sur la vie des couples : dans 50 % des cas, lorsqu’il se prolonge dans le temps, la situation se résout par un divorce, observe Conrado Giménez.
Iñaki Piñuel met en évidence un fait qui explique peut-être cela : le « stress post-traumatique » associé au harcèlement contre la maternité, stress difficile à soigner et qui risque de devenir chronique. « Troubles du sommeil, irritabilité, impossibilité de ressentir du plaisir ou de la joie, “flashbacks” » sur le harcèlement : « A la différence d’autres cas, socialement acceptés, le harcèlement maternel ne laisse pas beaucoup de traces, il est difficile à prouver : il arrive à un moment où la femme a besoin de toute son énergie pour prendre soin de ses enfants. »

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La photo du jour : le Canada fait le compte de ses avortements

Le National Post fait le compte des avortements au Canada – plus de 100.000 par an –, observe que 46 des 94 établissements fournissant l'avortement chirurgical au Canada sont au Québec, et se lamente de l'absence d'une politique nationale pour rendre le geste plus accessible. Mais ce n'est pas cela le plus frappant. L'article est illustré d'un graphique qui montre les statistiques de l'avortement par âge du fœtus. Un graphique illustré, d'une grande franchise aurait-on envie de dire.

Voyez plutôt :



Pour voir quelque chose qui approche davantage de la taille réelle, cliquez sur l'image.

Ils osent plaider pour l'avortement en montrant que l'avortement tue un petit d'homme, pas un « amas de cellules »…

Le premier dessin (8 semaines, 1,6 cm) est un peu imprécis. En photo, c'est plus clair :







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Le pape François parle de l'Europe vieillissante, qui refuse aussi bien ses racines que la vie

Sandro Magister publie la retranscription du discours improvisé du pape François au Conseil de la conférence des évêques d'Europe. C'est à lire – vraiment ! – ici.

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23 novembre, 2014

Pays-Bas : vers une institutionnalisation du don d'organes après euthanasie

Ce n’était qu’une question de temps. Les Pays-Bas s’apprêtent à établir un protocole de donation d’organes après euthanasie, ce qui devrait multiplier les possibilités de prélèvement d’organes vitaux sur des personnes ayant choisi le moment de leur mort. En codifiant cette procédure, on entend à la fois aider les candidats à l’euthanasie à donner du « sens » à leur mort, et faciliter une pratique qui reste extrêmement marginale dans le premier pays au monde à avoir légalisé l’euthanasie : on compte 6 cas en 16 ans. (Par exemple : celui-ci.)
Marginale ou pas, la pratique de l’utilisation du corps d’une personne dont la mort a été programmée est évidemment dans la logique de l’euthanasie légale.  C’est tellement évident que personne ne semble se poser de questions « éthiques » sur le don d’organes couplé à une euthanasie : on ne s’inquiète que du « comment ». Il est vrai que la transgression première – qu’un médecin puisse procurer volontairement la mort alors qu’il est censé soigner – fait sauter toutes les barrières, à brève ou à longue échéance.
Ce sont des responsables d’hôpitaux universitaires qui ont établi le protocole : l’Erasmus MC de Rotterdam et l’hôpital académique de Maastricht (MUMC) ont publié des directives nationales qui n’attendent plus que l’accord de la Fondation néerlandaise de la transplantation. Une fois validé, le protocole deviendra contraignant pour l’ensemble des médecins et hôpitaux des Pays-Bas. En attendant les médecins intéressés peuvent déjà s’en servir, s’agissant d’une procédure des plus précises qui fixe les conditions du prélèvement d’organes pas à pas.
Le principal obstacle tient au fait que l’euthanasie est en règle générale pratiquée par le médecin de famille, à domicile, le plus souvent en présence des proches de la victime. Ce contexte ne convient pas du tout à la donation d’organes vitaux : ceux-ci doivent être prélevés dans les minutes qui suivent le constat de la mort, ce qui suppose donc un décès à l’hôpital, et la proximité de l’équipe et de la salle d’opération prêtes pour le prélèvement.
Pour les auteurs des directives, Gert van Dijk, médecin éthicien, et Hanneke Hagenaars, coordinatrice de transplantations de l’hôpital Erasmus, et Jan Bollen du MUMC, l’objectif était donc de surmonter ces difficultés en posant le principe d’une intervention du médecin de famille à l’intérieur des murs de l’hôpital (médecin qui doit dégager par écrit l’hôpital de toute responsabilité juridique), chose que nombre d’hôpitaux n’apprécient guère. Il faut donc les encourager… Le protocole prévoit notamment qu’un médecin hospitalier vérifie la conformité de la procédure d’euthanasie même si c’est le médecin de famille qui donne la mort. Ce médecin hospitalier ne doit pas avoir de lien avec le service de prélèvement des organes.
Par ailleurs, l’euthanasie et le prélèvement d’organes doivent être clairement dissociées, afin d’éviter que le patient ne choisisse l’euthanasie en vue de donner ses organes. Il sera donc exigé que le patient réponde à tous les critères de l’euthanasie légale et que son cas ait même été vu et approuvé par un médecin spécialisé de l’euthanasie, « médecin-SCEN », qui soit valider l’accord donné par le médecin de famille. Ce n’est qu’ensuite que la demande de donner ses organes sera prise en compte, à condition qu’elle émane spontanément du patient et que le médecin de famille s’abstienne absolument d’évoquer le premier cette possibilité avec le patient.
Enfin, la justice doit être prévenue préalablement afin que le constat de la mort puisse être fait immédiatement par un médecin spécialisé chargé lui aussi de vérifier que l’euthanasie a été pratiquée dans les règles.
L’autre inconvénient de la procédure – selon les « éthiciens » et la presse – concerne les proches du patient euthanasié : vu qu’il faut transférer le corps sans tarder, il n’y a pas de temps pour les « adieux ». En pratique ils devront attendre le retour du corps après prélèvement. Mais sans aucun doute la presse saura mettre l’accent sur le courage, la générosité, l’utilité du don d’organes après euthanasie. Jusqu’à ce que tout semble aller de soi.
En 2013, 273 personnes ont effectivement pu donner leurs organes aux Pays-Bas. La même année, observent les auteurs du protocole, il y a eu plus de 4.800 déclarations d’euthanasie. Même si les malades du cancer ne peuvent donner leurs organes – et ils forment le groupe le plus important des euthanasiés – il reste les victimes de sclérose en plaques ou de la maladie de Charcot et autres malades neurologiques dont les organes sont en bon état de marche. « Même si un petit pourcentage (des euthanasiés) choisit la donation d’organes après la mort, cela équivaudra à un doublement des donneurs post-mortem », assure Gert van Dijk.
Exacte ou pas – en fait, les prédictions quant aux effectifs des euthanasiés-donneurs demeurent disparates – l’estimation est par nature optimiste, en ce sens qu’elle correspond à une espérance et à une volonté.

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22 novembre, 2014

Un élu municipal de gauche dénoncé pour avoir qualifié l'« IVG » d'« acte barbare »

Jimmy Parat
Un conseiller municipal de la majorité de Bagnolet – ville dirigée par le PS – a provoque l'indignation mardi soir en condamnant l'avortement au cours d'un débat du conseil communautaire Est Ensemble portant sur le vœu de reconstruire la maternité des Lilas. Jimmy Parat, vice-président du Conseil, a osé qualifier l'avortement d'« acte barbare » et de « meurtre ». Il paraît que toutes les représentants de toutes les formations politiques présentes ce soir-là ont « réagi ».

« Je reconnais que j’ai été cru et que mes propos n’étaient peut-être pas dignes d’un élu. J’ai été débordé par l’émotion, car, pour moi, c’est un sujet sensible », a-t-il expliqué par la suite. Jimmy Parat, élu sous l'étiquette Dynamique Citoyenne, qui a apporté son soutien au maire PSS Tony Di Martino dès le soir du premier tour des municipales, n'a pas présenté d'excuses, malgré le tollé, se bornant à ajouter :
« J’aurais peut-être dû expliquer que je ne remets pas la loi en question, ni même la reconstruction de la maternité, mais que, pour moi, une maternité a d’abord vocation à accompagner des naissances. Et si les femmes ont le droit de disposer de leur corps, il faut aussi assumer ses erreurs. Ce n’est pas pareil en cas de viol, bien sûr. » 
Parat assure avoir reçu des soutiens – privés. Pas celui du maire Di Martino qui a convoqué l'élu jeudi matin, non sans s'être désolidarisé de ces propos qui ont passé l'invisible frontière de la vie politique française : se dire ouvertement opposé à l'avortement, même de manière partielle comme l'a fait Parat, c'est déchirer son ticket d'entrée dans le cercle restreint des élus. Mais attention, il se pourrait bien que Parat bénéficie à cet égard de certains passe-droits : sa page Facebook le montre en compagnie d'une femme voilée…

Une pétition circule pour que Jimmy Parat soit relevé de ses fonctions d'élu.

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21 novembre, 2014

Après la mort de 14 femmes de leur stérilisation en Inde, une attaque féministe contre le contrôle de la population

Kalpana Wilson, féministe, femme de gauche…
mais opposée au contrôle de la population.
Le texte dont je vous propose ci-dessous la traduction est dû à un professeur spécialiste de la théorie du genre : le Dr Kalpana Wilson, « Senior Fellow » au Gender Institute de la London School of Economics, en Théorie du genre, globalisation et développement. Il va de soi que je ne partage pas tous les points de vue de cette universitaire et il est encore plus certain qu'elle ne partage pas ceux de ce blog. Mais ce qu'elle expose ici est d'autant plus intéressant qu'elle dit tout cela à la place où elle est, depuis une perspective de « droits des femmes », « anticapitaliste », pour montrer que le discours actuel sur la surpopulation y est radicalement opposé. Publié il y a trois jours sur le site de la LSE, le texte n'y est plus disponible qu'en cache (ici). Je vous laisse faire la part des choses. — J.S.

L’horrible mort d’au moins 14 femmes ayant subi des opérations dans des camps de stérilisation dans le Chhattisgarh, l’un des Etats les plus pauvres de l’Inde, met en lumière la violence persistante des politiques de contrôle de la population dont le gouvernement Britannique est l’un des premiers promoteurs à l’échelle mondiale. Loin de donner aux femmes pauvres du Sud du globe les contraceptifs dont elles ont besoin, ces politiques les déshumanisent, les taxant de « reproduction excessive », et fixe des « objectifs » qui rendent possibles les atrocités comme celles du Chhattisgarh. Et bien que ces politiques soient enracinées dans des idées profondément racistes et patriarcales, elles sont aujourd’hui mises en œuvre au nom des droits et des « choix » reproductifs.
Il y a deux ans le gouvernement britannique et la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a joué un rôle majeur pour inciter le Royaume-Uni à jouer un rôle de premier plan à propos des questions de population, ont accueilli le sommet de Londres sur le planning familial. Avec USAID, le FNUAP et d'autres organisations internationales, ils ont annoncé une stratégie de planning familial chiffrée à 2,6 milliards de dollars. Quelques mois plus tard la Secrétaire au développement, Justine Greening a annoncé que le Royaume-Uni allait « entreprendre une action déterminée par rapport au planning familial » : outre les projets existants visant à inciter 120 millions de femmes et jeune filles supplémentaires dans les pays les plus pauvres à recourir au planning familial volontaire d'ici à 2020, ses initiatives allaient comprendre une distribution accrue d'implants contraceptifs.
Bien qu'il affirme s'opposer à toute forme de contrainte, il a déjà été révélé que le Département pour le développement international (DfID) contribuait au financement de stérilisations forcées dans les États indiens de Madhya Pradesh et de Bihar au cours desquelles – comme cela s’est produit dans le camp de stérilisation il y a quelques semaines – beaucoup de femmes pauvres sont mortes. [NDLR : une version amendée du texte publiée par The Guardian, précise que le DfID a protesté contre cette rédaction, assurant qu'il avait explicitement condamné les stérilisations forcées, prenant en outre des mesures pour assurer que l'aide britannique ne puisse y être consacrée.] On mentait à ces femmes, souvent issues des castes Dali, à propos de l'opération, on les menaçait de perdre leur carte de rationnement ou leur accès aux plans d’aide sociale du gouvernement, on les soudoyait avec des petites sommes d’argent, avant de les opérer dans des conditions d’insécurité épouvantables afin de remplir les objectifs fixés par le gouvernement.
La stérilisation des femmes a longtemps été le principal moyen utilisé pour mettre en œuvre des politiques de contrôle de la population de l'Inde. Pendant l’état d’urgence en Inde au milieu des années 1970, les libertés civiles étant suspendues, des hommes étaient emmenés de force vers des camps de stérilisation similaires pour y subir des vasectomie, mais cela a provoqué une opposition massive, et, au bout du compte, la défaite électorale historique du Parti du Congrès en 1977. Des recherches menées en 2005-2006 laissent penser qu’environ 37 % des femmes mariées avaient été stérilisées. Les morts officiellement répertoriées comme étant dues à la stérilisation entre 2003 et 2012 sont évaluées à 12 par mois en moyenne ; les chiffres réels pouvant être plus bien plus élevés encore. En 2012 un rapport de Human Rights Watch a prévenu que si cette politique de stérilisation n'était pas modifiée, les engagements pris par le gouvernement indien au Sommet sur le planning familial à Londres allaient conduire à de nouveaux abus et à une pression accrue sur les travailleurs de santé en vue d’atteindre ces objectifs.
Le soutien britannique à la stérilisation de masse des femmes pauvres et marginalisées qui caractérise la politique de population indienne n'est pas public. Mais un grand nombre des contraceptifs que le DfID et ses partenaires institutionnels recommandent de manière plus ouverte ne laissent pas aux femmes le droit au contrôle, et mettent leur vie en danger. Les féministes du Sud du globe et les féministes de couleur en Amérique du Nord et au Royaume-Uni ont fait campagne pendant des années contre les essais de nouveaux médicaments menés de manière contraire à l'éthique, et contre le dumping de contraceptifs injectables et implantables tels Net-En, Norplant et Depo-Provera. Ce dernier est par exemple, selon certaines sources, administrées de force à des femmes éthiopiennes en Israël.
La Fondation Gates a été critiquée de nombreuses fois pour ses étroites relations avec des géants pharmaceutiques, ainsi que pour son rôle dans le financement d’essais de médicaments et de programmes de vaccination qui se sont révélés contraire à l'éthique, et dangereux. Cela comprend des essais cliniques du vaccin HPV contre le cancer cervical, fabriqué par Glaxo SmithKline et Merck Sharp & Dohme en Inde en 2009, dont on a mensongèrement affirmé qu'il s'agissait d'une « étude d'observation post licence », pour lesquels 23.000 jeunes filles âgées de 9 à 15 ans issues de communauté pauvres ont été choisies, en se passant du nécessaire consentement parental. L’essai a été suspendu après la mort de sept adivasi – des jeunes filles indigènes âgées de 9 à 15 ans.
L'initiative actuelle du DfID avec Merck consiste à pouvoir l'implant de longue durée Implanon auprès de « 14,5 millions des femmes les plus pauvres » d'ici à 2015. L’Implanon a cessé d'être utilisé au Royaume-Uni en 2010 parce que les personnels de santé formés le trouvaient trop difficile à insérer, et l’on avait des craintes à propos de son innocuité. Outre des effets secondaires débilitants, il y avait des cas où l’implant disparaissait dans le corps des femmes. Merck a développé une nouvelle version, Nexplanon, détectable aux rayons X, mais a obtenu l’autorisation de continuer la vente des stocks existants d’Implanon. C’est ce médicament qui est promu par les programmes DfID et FNUAP dans les pays les plus pauvres, bien que ces pays affichent un déficit épouvantable de personnel de santé formé. En Ethiopie, l'un des pays cibles, les insertions massives font partie des transferts de tâches ou des auxiliaires formés à la hâte doivent jouer le rôle des médecins et des infirmières expérimentés.

Comme les approches antérieures de la question de la population, qui remontent à Malthus, celles qui sont en cours reposent sur l'idée de rendre les pauvres responsables de leur propre pauvreté, en dédouanant le capital. De même, la croissance de la population dans le Sud du globe est  reliée au changement climatique, en détournant l'attention du rôle des émissions carbone du Nord, et elle est tenue pour responsable des crises alimentaires causées par l'accaparement des terres par des sociétés transnationales et des gouvernements étrangers. Alors qu’on affirme que le contrôle de la population est lié à une mortalité maternelle en baisse et à un meilleur taux de survie des enfants, ceux-ci ne peuvent s’obtenir sans changer le modèle économique dominant, rendant possible des investissements substantiels pour rendre les soins accessibles. Mais le discours actuel sur la population insiste sur le fait que les politiques néolibérales imposées par la Banque mondiale et le FMI, où les soins ainsi que l'éducation, les systèmes d’assainissement et d’autres services publics essentiels été décimés depuis des années 1980, peuvent rester en place. Il est révélateur que l'ancien Secrétaire au développement, Andrew Mitchell, ait pu décrire les politiques de population comme étant  d'un « excellent rapport qualité-prix », citant l'exemple de la Tanzanie : il a affirmé qu'elle « aura besoin de 131.000 professeurs de moins en 2035 si la fécondité continue de baisser – ce qui économisera des millions de livres sur le long terme ».

Le contrôle de la population aujourd'hui fait en réalité partie d'une stratégie plus large du capital global, où le travail des femmes est élargi et intensifié, la responsabilité pour la survie du foyer étant de plus en plus féminisée, tandis qu’un nombre croissant de femmes sont incorporées dans des chaînes de valeur mondiale, dominées par des sociétés transnationales. C'est bien cela, et non une préoccupation à propos des droits et des choix, qui est à la racine des politiques comme celles de la DfID et de la Fondation Gates qui empêchent les femmes au Sud du globe d’obtenir un vrai contrôle de leur corps. De plus en plus, les femmes demandent la justice reproductive : cela implique d’exposer cette stratégie au grand jour et de confronter les structures de pouvoir et d’inégalité,  seul moyen d'empêcher d'autres morts comme celles qui se sont produites au Chhattigarh.









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20 novembre, 2014

Pétition de l'ECLJ pour la protection de la vie des enfants nés vivants à la suite d'un avortement

L'affaire des enfants abandonnés ou tués après avoir survécu à un avortement (j'en parlais tout à l'heure ici) se poursuit, avec un nouveau refus du Conseil de l'Europe d'y prêter attention. La pétition pour soutenir une action commune contre ce scandale est en ligne ici.

L'ECLJ (European Centre for Law and Justice) vient de publier un communiqué à ce sujet.

« Le 19 novembre, veille de la jJournée internationale des droits de l’enfant, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a fait savoir qu’il estime que la pratique de l’infanticide néonatal ne relève pas de sa compétence et refuse de rencontrer des ONG désireuses de l’informer à ce sujet. En juillet 2014, le Comité des Ministres ne parvenait pas à se prononcer sur ce même sujet. L’ECLJ appelle à saisir l’Assemblée parlementaire : http://citizengo.org/fr/13818-condamnation-des-infanticides-neonataux 
Par un courrier du 1er novembre, quatre organisations non gouvernementales (le Bureau international catholique de l'enfance, l’Union mondiale des organisations féminines catholiques, la Fédération des associations familiales catholiques en Europe et le Centre européen pour le droit et la justice) ont demandé à M. Nils Muižnieks, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, de le rencontrer pour lui remettre un dossier exposant le sort des enfants nés vivants après un avortement. 
Chaque année en effet, de nombreux enfants naissent vivants lors d’avortements, en particulier quand ils sont pratiqués au-delà de la 20ème semaine de grossesse. Ces enfants sont le plus souvent abandonnés à la mort sans soins, luttant pour respirer pendant parfois plusieurs heures, ou tués par injection létale ou asphyxie, puis jetés avec les déchets biologiques. Ces faits sont attestés par des données officielles et des témoignages de sages femmes. Une étude publiée dans le British Journal of Obstetrics and Gynaecology a conclu qu'à 23 semaines de gestation, le taux d’enfants survivant à l’avortement atteint 10 %.
Laisser des enfants agoniser sans soins, ou les tuer, simplement parce qu'ils ne sont pas désirés, est inhumain. C’est pourquoi, ces ONG voulaient rencontrer le Commissaire aux droits de l’homme pour lui demander de réaffirmer que tous les êtres humains nés vivant, ont le même droit à la vie et aux soins de santé, sans discrimination fondée sur les circonstances de leur naissance, conformément aux droits de l’homme.
Mais le Commissaire a refusé de recevoir ces ONG, estimant que sa compétence « ne couvre pas les questions soulevées ». Pourtant, le 15 janvier 2014, il avait pris position publiquement contre les avortements sélectifs en fonction du sexe, demandant leur interdiction pénale. En outre, la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant,  dont on célèbre le 25ème anniversaire, rappelle que « l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance ».
Déjà, saisi par un député de cette violation des droits fondamentaux, le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, qui réunit les gouvernements des 47 Etats membres, n’avait pas réussi, en juillet dernier », à trouver un accord sur les mesures à prendre « pour garantir que des fœtus qui survivent à un avortement ne soient pas privés des soins médicaux auxquels ils ont droit (en leur qualité de personnes vivantes au moment de leur naissance) en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme ». Certains gouvernements, par crainte de remettre en cause l’avortement tardif, refusaient de reconnaître publiquement que ces nouveau-nés ont des droits.
Le refus du Commissaire aux droits de l’homme et l’incapacité du Comité des Ministres à affirmer que tous les nouveau-nés ont le droit à la vie et aux soins de santé est une honte et manifeste un consentement tacite à l’infanticide et aux traitements inhumains.
Reste encore l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui pourrait peut-être avoir le courage d’affronter ce sujet et de suppléer aux manquements du Commissaire et du Comité des Ministres.
A cette fin, l’ECLJ va saisir officiellement l’Assemblée parlementaire, conformément à la procédure de pétition prévue à l’article 65 du règlement de l’Assemblée. Cette procédure permet à tout citoyen de demander au Présidente et au Bureau de l’Assemblée d’inscrire un sujet à l’ordre du jour. 
Afin de donner du poids à cette demande auprès de l’Assemblée, l’ECLJ invite toute personne à s’associer à cette Pétition en indiquant ses coordonnées. Nous vous demandons de vous joindre à notre Pétition parce qu’il y a un besoin urgent de dénoncer ces infanticides et d’y mettre fin.

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Le Conseil de l’Europe refuse de répondre sur le cas d’enfants nés vivants à la suite d’un avortement

Voici une information de LifeSite qui m’avait échappée, peu reprise dans la presse française (je ne l’ai trouvée qu’ici) et qui prend tout son sens en cette Journée internationale pour les droits de l’enfant. On sait à quel point les droits de l’enfant à naître sont piétinés par l’avortement et par toutes les techniques qui permettent la manipulation et l’élimination de l’embryon. Mais l’infanticide demeure interdit, non ?
Voire. Les récits ne manquent pas, dans les pays européens, d’avortements volontaires « ratés » suivis de la naissance d’un enfant vivant. Rien n’autorise la mise à mort d’un nouveau-né vivant, mais dans les faits c’est bien ce qui se passe. Nombre de témoignages de professionnels de la santé attestent que dans ce cas, les nouveau-nés sont soit « évacués » avec les déchets hospitaliers même s’ils montrent des signes de vie, ou laissés dans un local pour y mourir, soit tués par étouffement ou par injection létale.
Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe
se lave les mains de l'affaire des enfants nés vivants
à la suite d'un avortement
Ce scandale a fait l’objet de questions écrites devant le comité des ministres du Conseil de l’Europe qui depuis des mois, refuse de répondre sur le fond.
LifeSiteNews a eu accès aux documents qui rendent compte de ce refus de répondre à la suite d’une question écrite d’Angel Pintado, membre espagnol de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), du Parti populaire européen. La question avait été déposée le 31 janvier dernier, en ces termes :
« Dans nombre de pays européens autorisant l’avortement tardif, il arrive que des fœtus humains naissent vivants, en survivant à leur avortement. Des infomations et des articles relatant des entretiens avec des travailleurs de santé révèlent qu’il n’est pas rare de trouver un fœtus avorté dont le cœur bat et qui se lutte pour respirer. Au Royaume-Uni, par exemple, il est rapporté qu’en une seule année on a laissé mourir 66 bébés dont l’avortement n’avait pas réussi. En Suède, un tel enfant a vécu de manière autonome pendant 90 minutes après l’avortement, et n’a reçu aucun soin jusqu’à sa mort. En Norvège, il existe des éléments de preuve montrant que certains de ces nouveau-nés auraient été viables s’ils avaient reçu les soins médicaux appropriés.
Quels actions spécifiques entend entreprendre le Comité des ministres pour garantir que les fœtus survivant à l’avortement ne soient pas privé des traitements médicaux auxquels ils ont droit – en tant que personnes humaines nés vivantes – aux termes de la Convention européenne des droits de l’homme ? »
Aucune. Aucune action en ce sens parce que les pays membres concernés ne veulent pas attirer l’attention du public sur le fait que des bébés nés vivants sont laissés à leur agonie, sans le moindre soin, ou qu’ils sont illégalement euthanasiés, parce que cela soulèverait la question des avortements tardifs au-delà du seuil de viabilité.
Il a fallu attendre le 9 juillet 2014 pour qu’une réaction, laconique, intervienne : « Les Députés ont demandé à la Présidence d’informer le Président de l’Assemblée parlementaire qu’“en raison d’une absence de consensus, il n’a pas été possible d’adopter une réponse à la Question écrite n° 655 de M. Pintado”. »
Mais on sait ce qui s’est passé auparavant, grâce aux informations publiées par LifeSite. Au départ, la question d’Angel Pintado a été traitée par le secrétariat du Comité des ministres, alors que celui-ci venait de procéder à un échange de vues, les 12 et 13 février : il avait été décidé de laisser le secrétariat préparer une ébauche de réponse en vue de discussions futures. Cette ébauche allait éluder la question : notant l’« absence de consensus » sur la question de l’avortement en Europe, elle suggérait de laisser la Cour européenne des droits de l’homme, bras judiciaire du Conseil de l’Europe, prendre la responsabilité de s’exprimer sur la question de Pintado. Cela s’appelle botter en touche.
S’ensuivit une passe d’armes où plusieurs délégations au Comité des ministres firent observer que cela ne constituait en rien une réponse à la question de Pintado qui ne concerne pas directement l’avortement mais les droits humains d’enfants nés vivants, droits protégés par la Convention européenne des droits de l’homme. La jurisprudence de la CEDH est claire : la « marge d’appréciation » des 47 Etats du Conseil de l’Europe sur le moment où commence la vie humaine et à partir duquel elle doit être protégée n’existe que pour la période précédant la naissance. Cette jurisprudence – que l’on peut trouver scandaleuse en soi, mais ce n’est pas l’objet de ce débat – s’est développée pour répondre au fait que les Etats membres ont conservé le pouvoir souverain de fixer les lois relatives à l’avortement.
Remettre l’affaire à la CEDH, ajoutaient ces délégations, revenait à l’enterrer corps et biens : seules des personnes représentant les intérêts des enfants morts peuvent saisir cette juridiction en leur nom : en pratique, il s’agit de leurs parents. Pour des raisons évidentes, s’agissant de ceux qui ont demandé l’avortement au départ, ils ne le feront jamais.
Plusieurs délégations nationales ont alors suggéré la rédaction d’une nouvelle réponse qui réaffirmerait le principe fondamental du droit universel à la vie, l’interdiction des traitements dégradants et inhumains, et le droit à l’accès aux soins sans discrimination en raison des circonstances de la naissance. Certaines d’entre elles ont même ajouté que le Comité des ministres devait inviter les Etats membres du Conseil de l’Europe à prendre en compte le seuil de viabilité dans leurs législations nationales relatives à l’avortement, ainsi que l’a récemment fait la Norvège. Les bébés prématurés nés avant 18 semaines de grossesse peuvent respirer de manière autonome pendant des minutes, voire des heures ; le seuil de viabilité fixé par l’Organisation mondiale de la santé est de 22 semaines. Mais plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les Pays-Bas, autorisent l’avortement, quasiment à la demande, jusqu’à 24 semaines, et en cas de malformation, l’avortement « médical » est permis jusqu’au terme de la grossesse, comme au Royaume-Uni et en France. Parmi les nombreuses  « complications » de ces avortements tardifs, celle qu’on redoute le plus est la « naissance vivante »…
Etant donné que les témoignages attestent que dans la plupart des cas ces nouveau-nés sont abandonnés jusqu’à leur mort, sans soins, ou directement tués par euthanasie, une nouvelle réponse a été préparée et soumise aux délégués du Comité des ministres le 25 juin. Pendant ce temps, la question écrite d’Angel Pintado a été discutée dans les parlements nationaux de l’Irlande et de la Pologne. Cette nouvelle réponse soulignait que tout être humain né vivant a droit à la vie et doit recevoir les soins nécessités par son état.
En pratique, nombre de ces nouveau-nés mourraient probablement quand même en raison de leur grande maturité ou des dommages causés par la procédure d’avortement, mais du moins seraient-ils entourés et recevraient-ils ainsi des soins palliatifs pendant la durée de leur courte vie. Ceux qui, réagissant bien au traitement, survivraient, pourraient être accueillis au sein de leur propre famille ou proposés à l’adoption.
C’est en accord avec la jurisprudence de la CEDH, et en l’absence de consensus à propos de l’avortement et du moment à partir de laquelle la vie prénatale doit être protégée, qu’il a été suggéré que tous les Etats membres autorisant l’avortement prennent en compte les différents intérêts légitimes se trouvant en concurrence, en ajoutant que les Etats devraient prendre en compte le facteur de la viabilité dans leurs lois sur l’avortement.
Après des mois d’atermoiements et de réponses hors-sujet, le Comité des ministres a fini par répondre, le 9 juillet, qu’il ne répondrait pas à la question écrite de Pintado, et ce malgré le fait que de nombreux Etats membres partagent ses inquiétudes.
Et c’est ainsi que le scandale de ces nouveau-nés que l’on laisse mourir va pouvoir tranquillement se poursuivre. Les dernières statistiques connues datent de 2007 et concernent ce triste chiffre de 66 bébés nés vivants en 2005 à la suite d’un avortement, et qu’on a volontairement laissé mourir. Le tollé qui l’avait accueilli avait conduit le gouvernement britannique à ne plus publier de statistiques à ce sujet. La plupart des pays occultent les données concernant les naissances vivantes à la suite d’un avortement.

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