01 février, 2015

Selon le cardinal Baldisseri, le pape a vu et approuvé les documents les plus controversés du synode avant leur publication

Je rebondis sur cet article publié par Yves Daoudal sur son blog, à propos de la volonté du pape qui avant d'exiger, à ce qu'on dit, l'inclusion des paragraphes sur les divorcés remariés, les unions illégitimes et les unions homosexuelles dans le document final du synode alors même qu'ils n'avaient pas obtenu la majorité des deux tiers, a approuvé personnellement la relatio post disceptationem publiée à mi-parcours.

Qualifié par John Smeaton, co-fondateur de Voice of the Family, d'« un des pires documents officiels de l'histoire de l'Eglise », ce rapport d'étape avait été qualifié de « manipulation » à la fois en raison de son contenu, qui soumet à la discussion des points qui n'en souffrent aucune comme le jugement à porter sur l'union homosexuelle ou l'impossibilité de laisser accéder à la communion des divorcés « remariés », et de la manière dont ce contenu y a été introduit, à la barbe des pères synodaux, lors d'une manœuvre apparemment bien préparée puisque la relatio post disceptationem a été distribuée en plusieurs langues dès sa publication, avec une rapidité inouïe.

Le secrétaire général du synode des éveques, le cardinal Lorenzo Baldisseri, a déclaré à Aleteia que ces documents ont « tous été vus et approuvés par le pape, avec l'approbation de sa présence ». Et il a tenu à préciser : « Même les documents au cours du synode, comme la relatio ante disceptationem (rapport préliminaire), la relation post disceptationem  et la relatio synodii (rapport final) ont été vus par lui avant publication.

« Ce point est important non seulement à cause de son autorité, mais cela met également à l'aise le Secrétaire général », a-t-il dit, avec « une pointe d'ironie désabusée », note Aleteia. On comprend l'idée : alors que les ondes de choc des différents épisodes pour le moins étranges du synode ont mis beaucoup de catholiques mal à l'aise, et que des cardinaux comme Burke, Gerhard Muller, George Pell ou Wilfred Napier ont publiquement averti des dangers auxquels est exposé la doctrine du fait de leur publication, celui qui peut en être tenu pour responsable en tant que « dirigeant » du synode peut rejeter la responsabilité à l'échelon supérieur. Critique les textes, et encore davantage, remettre en cause le bien-fondé de leur publication, c'est en somme s'en prendre au pape en personne.

Le cardinal Baldisseri a répété ce qui avait déjà été dit : c'est le pape qui a exigé la publication des paragraphes rejetés faute de majorité des deux tiers dans le rapport final, ce qui a abouti à leur prise en compte dans les lineamenta qui servent de base aux discussions qui mèneront vers le synode final à l'automne.

Le cardinal s'exprimait en marge d'un colloque privé co-organisé par le Conseil pontifical sur la famille à Rome la semaine dernière. Au cours des échanges avec les participants, le cardinal Baldisseri a rétorqué à l'un d'entre eux qui se disait « choqué » et « inquiet », à l'instar de beaucoup de catholiques pro-vie et pro-mariage à travers le monde, à propos de la suggestion du cardinal Kasper d'ouvrir la communion aux divorcés « remariés ». Selon la journaliste d'Aleteia Diana Montagna, le cardinal a répondu que ce « choc » était mal à propos. « Nous ne devons pas être choqués quand s'exprime une positions différente de la doctrine commune. Il n'y a aucune raison d'être scandalisé lorsqu'un cardinal ou un théologien exprime quelque chose qui diffère de l'ainsi nommée “doctrine commune”. Cela n'implique pas une opposition. Parce que le dogme possède sa propre évolution : c'est un développement, et non un changement. »

Bien entendu, ce n'est pas le pape qui dit tout cela. Mais les propos de Baldisseri s'ajoutent à ceux du cardinal Marx (commentés ici) qui attribuait dès novembre au pape François la responsabilité de la décision qui a fait inclure les paragraphes controversés dans le rapport final du synode.

Hilary White de LifeSiteNews qui a commenté ces propos du cardinal Baldisseri, avait mis en évidence quelques jours plus tôt l'intervention qu'il a tenue lors du colloque sur la famille à Rome : un discret mais réel plaidoyer pour que la proposition du cardinal Kasper soit acceptée lors du prochain synode. Discret, parce qu'il s'est contenté de donner le ton lors d'une session de questions et de réponses, sans prendre explicitement position, en montrant son irritation à l'égard de ceux qui voulaient obtenir des assurances sur le respect de la doctrine traditionnelle de l'Eglise, et en s'abstenant de réagir face à ceux qui l'attaquent. L'intervention elle-même, prudente, annonce l'ouverture des discussions et des études sur les points qui sans atteindre la majorité des deux tiers des voix, ont tout de même obtenu une « majorité absolue », ainsi que le cardinal Baldisseri a choisi de le souligner.

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31 janvier, 2015

Les noms de 48 pères synodaux confirmés pour la prochaine étape du synode sur la famille, en octobre

Le pape François a ratifié l'élection de 48 pères synodaux élus par 28 conférences épiscopales pour les représenter au synode sur la famille du 4 au 28 octobre prochain, sur un total de quelque 190 lorsque toutes les conférences épiscopales du monde auront désigné leurs participants.

La liste est ici.

Parmi les « nominés », il y a toute sorte de monde.

Quelques petites notes :

•  Mgr Gabriel Charles Palmer-Buckle, de Ghana, est le seul évêque au monde à avoir à ce jour décidé d'organiser dans toutes les paroisses de son archidiocèse une adoration eucharistique mensuelle pour prier pour le synode (voir ici).

• Pour l'Argentine, le cardinal Poli qui a remplacé le cardinal Bergoglio à Buenos Aires est nommé ; Mgr Hector Rubén Aguer, d'esprit traditionnel, est substitut.

• Etats-Unis : Mgr Chaput, d'esprit traditionnel, est élu ; Mgr Blase Cupich, réputé plus libéral, est seulement substitut, aux côtés de Mgr Cordileone, qui ne l'est pas.

• Pour la France, on connaît les nominés : Mgr Georges Pontier, le cardinal Vingt-Trois – dont les interventions fermes ont été notées au synode extraordinaire en octobre dernier –, Mgr Jean-luc Brunin et Mgr Jean-Paul James.

• Pour l'Angleterre, Mgr Vincent Nichols est élu ; il a exprimé son intérêt pour les discussions sur la communion aux divorcés remariés et, par le passé, il s'est dit favorable à une forme de reconnaissance des unions homosexuelles. Mgr Philip Egan, connu pour ses prises de positions traditionnelles, est substitut.

• Pays-Bas : Mgr Willem Eijk est connu pour sa ferme défense de la famille.

• En Espagne, Mgr Juan Antonio Reig Pla, l'un des évêques les plus fermes sur la défense de la famille et de la vie, est substitut.



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Appel à l'action ! Neuvaine d'adoration eucharistique en vue du synode sur la famille, tous les 1ers jeudis du mois à partir du 5 février

Deux laïques catholiques, Christine McCarthy, mère de six enfants, Diane Montagna, journaliste ont lancé une neuvaine d’adoration eucharistique mondiale pour prier en vue du synode pour la famille qui aura lieu en octobre 2015. Christine McCarthy est la cofondatrice de la Société d’adoration eucharistique. En proposant une neuvaine d’adoration au Sacré Cœur dans la Sainte Eucharistie dans le monde entier tous les premiers jeudis du mois, du 5 février au 1er octobre, elle veut répondre à l’appel du pape François de prier spécialement pour le synode, les pères synodaux et toutes les familles.

Mme McCarthy dit avoir eu l’inspiration de cette neuvaine d’adoration à la suite du synode extraordinaire sur la famille. « Il y avait eu de nombreuses discussions au sein de la hiérarchie, parmi les officiels de la Curie, les jeunes prêtres, les séminaristes, les religieux étudiants et les laïcs, non seulement à Rome mais dans beaucoup d’endroits du monde. Je crois qu’il est juste de dire que beaucoup ont été et sont toujours très désorientés par la direction que prend actuellement l’Eglise à propos des thèmes du mariage et de la Sainte Eucharistie. Le pape François a accueilli la discussion, mais il a également demandé des prières pour le synode de la famille qui aura lieu dans neuf mois. La neuvaine mondiale d’adoration eucharistique naît de la demande du Saint-Père de prier pour l’Eglise et pour les pères synodaux. »

Les organisatrices se réclament de saint Jean-Paul II qui a dit un jour : « A travers l’adoration, le chrétien contribue mystérieusement à la transformation radicale du monde. »
Elles ont également expliqué avoir choisi pour date de fin, à trois jours de l’ouverture du synode, la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (le 1er octobre dans le nouveau calendrier), qu’elles ont choisie comme sainte patronne de la neuvaine. Pourquoi ? « Parce que sainte Thérèse nous montre comment une âme qui adore Notre Seigneur dans le Très Saint Sacrement peut changer le monde. Bien que, carmélite, elle n’a jamais quitté la France, l’Eglise l’a déclarée co-patronne des missions avec saint François-Xavier pour nous montrer toujours que la fécondité missionnaire de l’Eglise se réalise par la grâce obtenue par la prière. En troisième lieu, la mère et le père de sainte Thérèse ont récemment été béatifiés – le 19 octobre 2008 – et ils sont un exemple lumineux du mariage et de la vie familiale, ils nous montrent que le mariage et la vie familiale vécus selon le projet de Dieu sont une vocation et un appel à la sainteté, et une source de joie. »
C’est donc par l’arme la plus puissante dont dispose le chrétien qu’il s’agit de « peser » sur le synode que l’initiative veut implorer l’aide divine – une initiative qui vise juste, à en juger par l’enthousiasme qui l’a accueillie. Des fidèles d’Afrique, des Amériques, d’Asie, d’Australie et d’Europe se sont déjà engagés à passer une heure devant le Saint Sacrement aux dates fixées, et à répandre cette dévotion.
Le cardinal Wilfred Napier, archevêque de Durban, Afrique du Sud – l’un de ceux qui avaient le plus vivement critiqué l’introduction à mi-synode de textes sur la communion aux divorcés remariés, sur les unions homosexuelles et les unions hors-mariage – a soutenu l’initiative, décrivant la neuvaine comme « l’une des meilleures préparations que l’Eglise puisse entreprendre pour la deuxième session du synode sur la famille ».
Louis et Zélie Martin
C’est à cette lumière que Christine McCarthy précise son initiative : « L’Eglise est une mère miséricordieuse. Elle est aussi fidèle à son enseignement, celui du Christ. Miséricorde et fidélité se rencontrent, comme nous le lisons dans les Psaumes. Avec cette neuvaine d’adoration en vue du prochain synode sur la famille, notre espérance et notre prière et bien que la miséricorde et la fidélité s’embrassent, que l’Eglise continue de conserver la grande révérence due à la Sainte Eucharistie et à l’indissolubilité du mariage entre un homme et une femme, en respectant en même temps tous les hommes et toutes les femmes indépendamment de leur situation, en respectant leur dignité d’enfants de Dieu et en continuant, comme toujours, à pardonner à ceux qui veulent grandir dans la grâce, et en les sanctifiant. »
Mgr Charles Palmer-Buckle d’Accra, Ghana, a déjà fait savoir que la neuvaine d’adoration eucharistique sera organisée dans toutes les paroisses de son archidiocèse le 5 février.
Sans doute ne rencontrera-t-on pas partout un tel empressement épiscopal. Christine McCarthy et Diane Montagna encouragent donc les laïcs à prendre les devants, au nom de leur devoir de « prier pour assurer que le mariage et la famille soient protégés à un moment où ils sont constamment attaqués ».
Voici les dates d’adoration, avec les fêtes correspondantes :



• 5 février : sainte Agathe 
• 5 mars : 2e jeudi du Carême 
• 2 avril : Jeudi Saint (adoration traditionnelle après la Messe de la Cène) 
• 7 mai : 5e jeudi après Pâques (saint Stanislas dans l’ancien ordo) 
• 4 juin : Fête-Dieu 
• 2 juillet : 13e jeudi du temps ordinaire (Fête de la Visitation dans l’ancien ordo) 
• 6 août : Transfiguration de Notre Seigneur 
• 3 septembre : saint Grégoire le Grand (saint Pie X dans l’ancien ordo) 
• 1er octobre : sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, docteur de l’Eglise

Pour s’inscrire, s’informer, et diffuser :

• Twitter : @Adore4Synod2015

Voilà, le défi est lancé !


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30 janvier, 2015

“Avortement injustifié” : pas de réparation pour une femme dont l'enfant, éliminé à 22 semaines, était normal

Un couple vivant au nord-est des Etats-Unis a poursuivi les services de santé et les médecins qui les ont convaincus d’avorter un enfant parfaitement sain sur la base de diagnostics erronés. Déjà ancienne, l’affaire vient d’être médiatisée par le Daily Beast, sous la rubrique « Tragique ». L’avortement ne serait-il donc tragique que lorsqu’il est « injustifié » ?
Colleen Abbott (le nom a été modifié) avait 37 ans, et une histoire médicale de trois fausses couches, lorsqu’elle a conçu un enfant dans le cadre d’une grossesse jugée « viable » par ses médecins. Déjà mère d’un garçon, elle espérait une fille. Les premières échographies allaient la combler – mais révéler, en même temps, ce qui ressemblait à une anomalie dans le cerveau de l’enfant. Vu l’âge de la mère, on procéda à d’autres examens.
L’amniocentèse ne révéla aucun « défaut », mais le bébé, fit-on rapidement savoir aux Abbott, était en réalité un garçon. Nouvelle échographie : l’appareil génital de l’enfant était « ambigu ». Il était « intersexe ». Et risquait donc des anomalies hormonales et des dysfonctionnements.
Aussitôt, le couple prit rendez-vous avec la conseillère génétique. Colleen assure que celle-ci dressa un tableau dramatique : l’enfant allait faire face au « traumatisme social » lié à son état, risquait des problèmes de rein et de foie, et peut-être même une mort précoce. Le choix était simple : avorter – ou risquer d’avoir un « monstre ». Les Abbott avaient de la chance, aurait-elle dit, d’être encore dans les délais de l’avortement légal.
Le bébé avait 22 semaines…
Du côté du conseiller, le récit est un peu différent. Lors du procès qui allait suivre, c’est celui que le jury a retenu comme le plus vraisemblable, et conforme à « l’éthique médicale » (sic). Elle assure avoir dit à Colleen qu’il lui restait deux semaines jusqu’à la fin du délai légal d’avortement dans son Etat, soit 24 semaines. Et avoir suggéré au couple d’attendre un diagnostic chromosomique complet, qui était en cours.
Quoi qu’il en soit, Colleen est entrée à l’hôpital le 16 novembre 2009 pour subir un avortement, après sa rencontre avec la conseillère génétique. Les médecins ont « arrêté le cœur » du bébé. Deux jours plus tard, il venait au monde, mort-né. Et sans le moindre défaut, ainsi que devait le confirmer l’autopsie.
Entre-temps, au lendemain du jour où les médecins « arrêtèrent le cœur » du bébé, le laboratoire responsable de l’amniocentèse appela pour dire qu’il y avait eu erreur : une secrétaire s’était trompée, elle avait tapé les lettres « XY » au lieu de « XX » dans le champ « genre ».
La procédure engagée par les Abbott a abouti à la reconnaissance de la négligence du laboratoire, mais non de l’hôpital, des médecins, et de la conseillère génétique. Et en tout état de cause, les juges ont refusé d’accorder des dommages pour « avortement injustifié » et pour la douleur morale subie ; leur décision a été confirmée par une cour d’appel en février dernier.
Le cas n’est semble-t-il pas si rare. Quelle est sa fréquence ? On ne peut le savoir, car en général le bébé avorté n’est pas soumis à autopsie et les parents ne savent pas que le diagnostic qui les a poussés à l’éliminer était erroné. Le Daily Beast souligne que les tests prénataux sont de plus en plus nombreux et simples à mettre en œuvre ; aux Etats-Unis, deux femmes sur trois s’y soumettent et selon les anomalies génétiques, elles sont une majorité (entre 50 et 90 %) à choisir d’avorter en ce cas. Depuis 2011, les tests non invasifs – sur simple analyse du sang de la mère – ont envahi le marché. Leurs résultats sont loin d’être sûrs à 100 %, beaucoup sont erronés une fois sur deux, mais de nombreuses femmes, comme Colleen Abbott, prennent la décision d’avorter sur leur base sans subir de tests plus précis.
Et dans la grande majorité des cas, lorsque des poursuites sont engagées, les tribunaux refusent de dédommager pour l’avortement d’un enfant sain et « désiré ».
En revanche, les tribunaux américains offrent de fortes compensations pour les « naissances injustifiées », tenant compte des frais auxquels les parents font face du fait de la maladie de leur enfant : une pratique qui expose les médecins à des risques considérables et qui les pousse à multiplier tests et diagnostics, et à se « couvrir » par des comptes-rendus pessimistes.


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23 janvier, 2015

Rendez-vous à la Marche pour la vie du 25 janvier



Ce blog est au repos depuis quelques jours, mais pas moi ! L'actualité pro-vie est importante, je reviens bientôt à plein régime.

En attendant, rendez-vous à la Marche pour la vie à Paris, dimanche 25 janvier.

La préfecture de police de Paris ayant refusé le rendez-vous initial Place de La Bastille, les organisateurs ont choisi un nouveau point de rendez vous pour la Marche (le même que l'an dernier) :

13h30 Place Denfert Rochereau
Paris 14ème.

N'oubliez pas le double enjeu de la marche : affirmer le respect dû à la vie de toute vie humaine naissante, mais aussi manifester contre l'euthanasie qui tente, d'une manière ou d'une autre, de faire son entrée dans le droit français.

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16 janvier, 2015

A Manille, le pape François fait l'éloge d'Humanae Vitae

Le lieu est bien choisi. C'est au Philippines, qui ont été le théâtre récemment d'une confrontation entre l'Eglise et les autorités politiques à propos de la contraception, que le pape François a voulu rendre un hommage appuyé à l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI qui a proclamé le caractère illicite des moyens de contraception « artificiels », c'est-à-dire qui empêchent délibérément la conception en fermant un acte potentiellement fécond à la vie.

Le pape s'exprimait devant une salle comble, la « Mall of Asia Arena », en espagnol. Le texte complet de son intervention, où il parle beaucoup de la nécessité d'écouter Dieu dans le « repos » ou le « sommeil » de la prière (en jouant sur l'homonymie songe-sommeil en espagnol), et de sa dévotion à saint Joseph, est ici.

J'en ai traduit quelques extraits significatifs (c'est moi qui souligne). Et j'ajouterai une note à la fin.

Se reposer dans la prière est particulièrement important pour les familles. Le premier lieu où nous apprenons à prier, c’est la famille. Ne l’obliez pas : la famille qui prie ensemble, reste ensemble. C’est important. C’est là que nous apprenons à connaître Dieu, à grandir en hommes et femmes de foi, à nous voir comme membres de la grande famille de Dieu, l’Eglise. C’est dans la famille que nous apprenons à aimer, à pardonner, à être généreux et ouverts, et non fermés et égoïstes. Nous apprenons à aller au-delà nos propres besoins, pour rencontrer les autres et partager notre vie avec eux. C’est pourquoi il est si important de prier en famille. Très important. C’est pour cela que les familles sont tellement importantes dans plan de Dieu sur l’Eglise. Prier ensemble en famille, c’est se reposer dans le Seigneur. 
(…) 
Soyons attentifs aux nouvelles colonisations idéologiques. Il y a des colonisations idéologiques qui cherchent à détruire la famille. Elle ne naissent pas du songe, de la prière, de la rencontre avec Dieu, de la mission que Dieu nous donne. Elles viennent du dehors, c’est pourquoi je dis que ce sont des colonisations. Ne perdons pas la liberté de la mission que Dieu nous donne, la mission de la famille. Et de même que nos peuples à un moment de leur histoire sont parvenus à la maturité qui leur a permis de dire « non » à n’importe quelle colonisation politique, en tant que familles nous devons être très, très sagaces, très habiles, très fortes pour dire « non » à n’importe quelle colonisation idéologique de la famille. Et demander à saint Joseph, qui est ami de l’ange, de nous envoyer l’inspiration qu’il nous faut pour savoir quand nous pouvons dire « oui » et quand nous devons dire « non ». 
(…) 
La famille est aussi menacée par les tentatives croissantes, de la part de certains, de redéfinir l’institution même du mariage – ce qui les guide, c’est le relativisme, la culture de l’éphémère, le manque d’ouverture à la vie. 
Je pense au bienheureux Paul VI au moment où lui était posé le problème de la croissance de la population, il a eu le courage de défendre l’ouverture de la famille à la vie. Il connaissait bien les difficultés qu’il y avait dans chaque famille, c’est pourquoi sa Lettre encyclique était si miséricordieuse pour les cas particuliers. Et il a demandé aux confesseurs d’être très miséricordieux et compréhensifs par rapport aux cas particuliers. Mais il regardait plus loin, il regardait les peuples de la terre et il a vue cette menace de destruction de la famille par la privation d’enfants. Paul VI était courageux, c’était un bon pasteur et il mettait en garde ses brebis contre les loups qui approchaient. Qu’il nous bénisse depuis le ciel en cet après-midi. 
Notre monde a besoin de familles bonnes et fortes pour vaincre ces dangers. Les Philippines ont besoin de familles saintes et unies pour protéger la beauté et la vérité de la famille dans le plan de Dieu, et pour qu’elles soient un soutien et un appui pour les autres familles. Toute menace contre la famille est une menace pour la société elle-même. Comme l’affirmait souvent saint Jean-Paul II, l’avenir de l'humanité passe par la famille. L’avenir passe par la famille ! Ainsi donc, prenez soin de vos familles ! Protégez vos familles ! Voyez-y le plus grand trésor de votre pays et soutenez-les toujours par la prière et la grâce des sacrements. Les familles rencontreront toujours des difficultés, n’en ajoutez pas davantage. Au contraire, soyez de vivants exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des sanctuaires du respect de la vie, en proclamant le caractère sacré de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Quel grand don pour la société si chaque famille chrétienne vivait pleinement sa noble vocation ? Levez-vous avec Jésus et Marie, et suivez le chemin que le Seigneur trace pour chacun de vous.

*


Je note en passant les mots du pape François sur la « colonisation ». A supposer que toute colonisation soit destinée à être écartée lorsque le colonisé arrive à maturité, je ne suis pas sûre que le processus aboutisse toujours. Combien de colonisés par des forces de civilisation les ont rejetées pour être de nouveau colonisées par des pays ou des idéologies qui les coupaient des sources de la vie ? Passons.

Il y a aussi le passage sur Humanae Vitae, si « miséricordieuse pour les cas particuliers ». Est-ce à prendre au sens des préoccupations « pastorales » au nom desquelles le dernier synode extraordinaire sur la famille a cherché à assouplir la mise en œuvre de certains enseignements doctrinaux de l'Eglise ? La lecture du texte de Paul VI rassure sur ce point : il y est question de cas difficiles où la régulation naturelle des naissances est admise.

C'est ce qu'a expliqué John Paul Meenan, professeur de théologie morale à Our Lady Seat of Wisdom Academy à John Henry Westen de LifeSiteNews en citant le texte. Il ajoute que l'encyclique évoque la « compassion » au nom de l'Eglise qui connaît les faiblesses des fidèles : « Elle a pitié de la multitude, elle accueille les pécheurs. » Mais l'encyclique ajoute que l'Eglise « ne peut faire autre chose que d'enseigner la loi ».


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15 janvier, 2015

Pour les anglophones, un article sur “Charlie”

C'est par ici.



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13 janvier, 2015

Un homme se réveille après 12 ans en « état végétatif »… mais conscient


Avant…

Il s’appelle Martin Pistorius. Il est chef d’entreprise. Il a aujourd’hui 39 ans, une épouse, et vit à Harlow, en Angleterre. Un homme comme les autres, à part son fauteuil roulant. Mais pas tout à fait : son histoire est celle d’un « garçon fantôme ». A douze ans, en Afrique du Sud où il est né, Martin Pistorius  est tombé malade. Peu à peu, il a perdu la voix, l’appétit. Puis il a commencé à dormir, et dormir… Il fuit les êtres humains. Dix-huit mois plus tard, il est totalement handicapé, ne communique plus du tout, on diagnostique un « état végétatif ». Les médecins estiment qu’il n’y a rien à faire.
Alors ils l’ont renvoyé chez lui. Ses parents, Rodney et Joan Pistorius, se sont entendu dire que leur fils était un légume. Il n’y avait plus qu’à lui assurer des soins de confort, il allait mourir.
Mais la mystérieuse maladie n’allait pas aboutir de cette façon. Les parents s’occupaient de lui, étonnés de le voir vivre, vivre toujours. Une histoire de dévouement qui a connu ses moments noirs : pour le couple, pour l’entourage – et pour Martin !

Aujourd'hui.

Pendant deux ans, le jeune adolescent est resté dans un réel état d’inconscience. Il n’en a aucun souvenir. Mais peu à peu, au bout de deux ans, il s’est intérieurement réveillé. Il a commencé à entendre, à voir, à sentir son corps. Sans pouvoir bouger volontairement, sans pouvoir parler, sans pouvoir donner le moindre signe de conscience.
Le calvaire allait durer dix ans. Dix ans au cours desquels son père s’est occupé inlassablement de lui. Lever à cinq heures pour préparer Martin qui était accueilli dans un centre de soins de jour spécialisé. Chaque jour, il allait l’y chercher au bout de huit heures. Bain. Repas donné à la cuillère. Coucher. Rodney se couchait à son tour, non sans avoir réglé son réveil pour sonner deux heures plus tard : pour être sûr de se réveiller afin de retourner son fils dans son lit, histoire d’éviter les escarres…
Martin, de son côté, hurlait, criait intérieurement. Mais il essayait aussi de glaner des bribes de vie du monde extérieur. La joie ? Ecouter la radio dans la voiture de son père, entendre les résultats du dernier match de cricket ; encourager son frère et blaguer quand celui-ci jouait à un jeu vidéo et faisait ses commentaires ; apprivoiser le temps, en repérant l’angle de la lumière quand les gens disaient l’heure. Il se réfugiait dans le rêve ou dans la contemplation des batailles de fourmis – et parfois dans le noir, dans le refus du monde qui l’entourait. Il sentait la douleur et le poids de son corps, sanglé dans son fauteuil. En tout cas, il n’avait pas d’espoir.
Un beau jour sa mère, à bout, pensant qu’il n’entend rien, lâche : « J’espère que tu vas mourir. » C’est un choc. Il se rend compte de « la vérité crue ». « Je vais passer le reste de ma vie comme ça : complètement seul. » Il aspire à la tendresse, à un amour qu’il a peur de ne plus jamais recevoir. Il se sent condamné à jamais. Et finit par se résigner : sa mère ne fait-elle pas le deuil de l’enfant bien vivant et actif qu’elle a connu ? « J’étais invisible : un garçon fantôme. »
Plus personne ne le regarde. C’est comme s’il n’était pas là… Sauf une soignante qui devine la réalité, et se bat pour faire conduire Martin dans une clinique spécialisée dans l’établissement d’une communication avec des handicapés de toutes sortes. Peu à peu, il apprendra à communiquer par ordinateur, avant de regagner, petit à petit, le contrôle de son corps.
Cette belle histoire est racontée par Thaddeus Baklinski sur LifeSite. Les anglophones trouveront le livre de Martin Pistorius, Ghostboy, ici.
On pense évidemment à Vincent Lambert. Il y a eu dans le cas de Martin une erreur de diagnostic d’« état végétatif ». Vincent Lambert a été diagnostiqué en état de « conscience minimale » : il l’était au moment où on lui a appliqué une première procédure de fin de vie à Reims en avril 2013. Aujourd’hui, des experts nommés par le Conseil d’Etat estiment, sur la foi de quelques examens, que son état s’est « légèrement dégradé » et qu’il est en état végétatif chronique. Sans doute, aussi, a-t-il subi des examens dont Martin Pistorius n'avait pas bénéficié. Mais qu’en est-il exactement ? La conscience humaine reste un mystère…
P.S. Oui, j’étais à l’audience de la CEDH pour Vincent Lambert la semaine dernière et je vous en parlerai prochainement !

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11 janvier, 2015

Le dernier Madiran vient de paraître

Jean Madiran. Photo : O. Figueras
Le deuxième – et hélas le dernier – tome des Chroniques sous Benoît XVI réunissant les articles écrits par Jean Madiran depuis 2010 et jusqu'à sa mort, survenue en juillet 2013, sortira en librairie le 22 janvier prochain, grâce aux éditions Via Romana.

Son regard sur l'actualité nous manque. Qu'aurait-il pensé de ce monde qui nous entoure désormais, où entre attentats islamistes, « droit à l'avortement » et les manœuvres pour faire légaliser l'euthanasie, les informations nous renvoient l'image d'une France qui se meurt parce qu'elle renie les promesses de son baptême ?

Ces dernières chroniques de Jean Madiran, rassemblées, renforcées par leur cohérence et leur nombre, apportent tout de même une réponse.

J'ai eu l'immense honneur et l'intimidante tâche de préfacer ce livre. 

On peut déjà commander Les Chroniques sous Benoît XVI de Jean Madiran ici.

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Radio Courtoisie, ce dimanche… A réécouter dès lundi matin




Didier Rochard m'a fait le grand plaisir de m'inviter dans son émission ce dimanche 11 janvier de 18:00 à 19:30 sur Radio Courtoisie, « Le Libre journal des auditeurs », pour parler notamment de l'affaire Vincent Lambert et de la Marche pour la Vie, en compagnie de Paul Ginoux-Defermon. Nous avons ensuite évoqué avec Me Philibert Lepy les attentats de cette semaine et les manifestations où je le précise, je n'étais pas : je ne suis pas Charlie ! L'émission est rediffusée ce lundi à partir de 01:30 et lundi matin à partir de 7:30.

Ecouter en ligne : c'est par ici. Depuis n'importe où dans le monde !

Ecouter en différé : il faut s'inscrire sur le site, puis ce sera par là.




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07 janvier, 2015

Pour Vincent Lambert et contre la “peine de mort” : une tribune du Pr Xavier Ducrocq

J'étais mercredi à la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg où se plaidait l'affaire Vincent Lambert. Je publierai bientôt un compte-rendu d'audience substantiel sur ce blog. Abonnez-vous pour ne pas le manquer !

En attendant, voici une tribune du Pr Xavier Ducrocq, professeur de neurologie et d'éthique au CHU de Nancy, devenu proche de Vincent Lambert et défenseur de sa vie, qui était présent à l'audience. A lire et à diffuser. A signer aussi, et à faire signer ! Toutes informations à la fin de ce message.



Vincent Lambert : au nom de la vérité, ne condamnons pas l’intouchable


Le savez-vous ? Le 24 juin 2014, la peine de mort a été rétablie en France. 
Elle l’a été, sans consultation du pouvoir législatif ni des citoyens, à l’encontre de Vincent Lambert. 
Vincent Lambert n’est pas un terroriste. Il n’a jamais posé de bombe dans un lieu public afin de massacrer des innocents. Vincent Lambert n’est pas un tueur en série récidiviste. Il n’a jamais fait de mal à personne. 
Si Vincent Lambert était un assassin ou un terroriste, si, en France, il encourait encore la peine de mort, il se rencontrerait des médias, des groupes de pression, des grandes consciences, partout dans le monde, pour élever la voix, prendre sa défense et tenter d’empêcher son exécution. 
Mais Vincent Lambert n’est ni un assassin ni un terroriste. Vincent Lambert est, seulement, un grand handicapé. C’est l’unique raison pour laquelle, le 24 juin dernier, le Conseil d’État a autorisé ses médecins à le laisser mourir de faim. Pour en arriver à cette décision, et nous convaincre qu’elle était la seule bonne, digne et humaine, on nous a dit que : 
— Vincent était plongé dans une inconscience dont il ne sortirait plus. C’est faux.
Vincent est conscient. Dans un état de conscience différent du nôtre, certes, mais conscient. À l’instar des autres personnes dans cet état dit pauci relationnel, Vincent perçoit son environnement, il éprouve des émotions, des sentiments, des douleurs, des angoisses, peut-être des joies. Simplement il n’est plus capable de les exprimer d’une manière qui nous soit compréhensible. Vincent n’est plus « comme nous », il n’a pas cessé pour autant d’être l’un de nous. 
— Les mêmes qui nous ont dit que Vincent n’était plus conscient nous disent aussi, pour contradictoire que cela soit, qu’il a « manifesté son désir de mourir ». C’est faux.
Vincent n’a jamais pu « exprimer » de manière sûre et fiable, comme l’ont d’ailleurs constaté les experts mandatés par le Conseil d’État afin de l’examiner, une telle volonté. Vouloir lui faire « dire » qu’il « désire mourir »  revient à projeter sur lui les vœux d’autrui. 
Vincent n’a pu manifester que des signes d’inconfort, de douleur, de désagréments divers liés à son handicap, qu’il était possible de soulager, pourvu qu’on veuille en prendre la peine. Or, depuis des mois, au risque choisi d’aggraver ses souffrances, Vincent est prisonnier de sa chambre d’hôpital, avec ses quatre murs pour seul horizon, sciemment privé des soins qui lui sont nécessaires et susceptibles de rendre plus tolérable son état : kinésithérapie, orthophonie, mise à disposition d’un fauteuil ergonomique qui rendrait confortable la position assise, stimulations sensorielles, sorties … Les visites de ses parents et ses proches sont étroitement surveillées. 
Pourtant, Vincent ne se laisse pas mourir. 
Une fois déjà, ses médecins ont pris sur eux de cesser de l’alimenter. Trente et un jours, Vincent a été privé de nutrition. D’ordinaire, il n’en faut pas tant pour qu’un patient « qui veut mourir » décède, en effet. Vincent, lui, n’est pas mort. 
— On nous a dit que Vincent avait exprimé, avant l’accident qui l’a laissé handicapé, « sa volonté d’être euthanasié s’il devait un jour se retrouver dans cet état ». C’est faux.
Outre qu’il n’existe aucune trace écrite d’un tel choix, alors que Vincent, travaillant en milieu hospitalier, savait la nécessité de l’exprimer de manière incontestable, il n’a fait l’objet d’aucun acharnement thérapeutique. Personne ne s’acharne, contre tout bon sens et toute pitié, à le maintenir en vie. 
Vincent vit. Il n’a pas besoin d’être « maintenu artificiellement en vie ». Il respire seul, n’est relié à aucun appareil dont le débranchement entraînerait l’arrêt immédiat de ses fonctions vitales et, s’il est nourri par sonde stomacale, il s’agit d’un choix de commodité, non d’une nécessité puisqu’il a récupéré la faculté de déglutir et qu’il pourrait donc boire et s’alimenter. Ce qu’il fait, d’ailleurs, lorsque ses proches lui donnent un peu de soda ou de gâteau. 
— On nous a dit que Vincent « était en fin de vie » et qu’il fallait abréger ses souffrances. C’est faux. 
Vincent ne risque pas de mourir, en tout cas pas de mort naturelle. Vincent n’est pas malade, Vincent n’est pas à l’agonie. Vincent est handicapé. Dans l’incapacité de pourvoir à ses propres besoins. Comme un nouveau-né. Et, comme un nouveau-né que l’on « oublierait » de nourrir, si Vincent, comme le Conseil d’État l’a permis, est privé de manger, il mourra, lentement, de dénutrition. Ce qui n’est pas une mort rapide, ni « bonne », ni douce ni clémente. 
On nous a trop menti au sujet de Vincent. 
La vérité est que Vincent est handicapé. Lourdement. Très lourdement. La vérité est que ses chances de redevenir un jour « comme nous » sont minces, même si elles existent. La vérité est que Vincent fait peur. 
Il fait peur parce qu’il nous renvoie à notre propre fragilité, notre propre vulnérabilité, notre propre faiblesse, à notre condition mortelle. Et que cela nous est insupportable. 
Mais, en tuant Vincent et ceux qui lui ressemblent, nous n’en finirons ni avec notre fragilité, ni avec notre vulnérabilité, ni avec notre faiblesse. Encore moins avec notre condition mortelle. Nous ne ferons que les rendre plus lourdes et plus pénibles, parce que nous aurons renoncé à ce qui faisait notre humanité, c’est-à-dire l’attention, le soin, la compassion et l’aide dus aux plus petits, aux plus faibles et aux plus désarmés. 
Vincent ne demande pas qu’on le tue. Il a besoin qu’on l’aime. Comme il est. 
Si nous lui refusons cet amour, au nom de considérations « humanistes et compassionnelles », à qui d’autres, demain, le refuserons-nous ? Quelle autre vie nous semblera soudain indigne, selon nos critères de bien-portants, d’être vécue ? Qui d’autre supprimerons-nous pour crime de non-conformité avec les idéaux de notre société ? Et qui, quelle commission s’arrogera le droit de définir ce qu’est une vie « digne d’être vécue » ? 
Si nous laissons rétablir la peine de mort pour Vincent Lambert, ne venons pas, le jour où d’autres estimeront à notre place que notre vie, ou celle d’un être cher, a perdu toute valeur, ne venons surtout pas dire : « Je ne savais pas ! »
Pr Xavier Ducrocq



La cour européenne des droits de l’homme doit
se prononcer sur le cas de Vincent Lambert, ce jeune accidenté de la
route en état pauci relationnel dont, le 24 juin dernier, le Conseil
d’État a autorisé la mise à mort par privation de nourriture.

Si cette instance supranationale devait entériner l’arrêt du Conseil
d’État autorisant à laisser mourir Vincent, ou si la France,
désavouée, décidait de passer outre à ce jugement et d’exécuter ses
propres décisions juridiques, ce ne serait pas seulement un drame pour
Vincent, pour ses parents et ses proches qui se battent afin
d’empêcher ce dénouement.

Ce serait un drame pour chacun d’entre nous et pour notre civilisation
tout entière.

Car Vincent n’est pas « en fin de vie », car Vincent n’a pas demandé
le « droit de mourir dans la dignité ». D’autres ont décidé à sa place
que sa vie, telle qu’elle est aujourd’hui, ne mérite plus d’être
vécue.

Si nous laissons sans mot dire exécuter cette décision de justice, si
Vincent, et ceux qui sont dans le même état que lui, doivent mourir
uniquement parce qu’ils sont lourdement handicapés, qui d’autre,
demain, deviendra, à son tour, la cible de cette « compassion »
meurtrière ? Qui décidera, et sur quels critères, de la valeur de nos
vies et de celles de nos proches ?

Parce que nous pouvons tous être concernés, parce que nous ne voulons
pas d’une société où Vincent, et tant d’autres, parce qu’ils sont
faibles, malades, handicapés, âgés, n’auraient plus leur place,
diffusons, signons, faisons signer ce texte !

EN UTILISANT CETTE ADRESSE MAIL avec vos nom et prénoms :
signaturetribune@sfr.fr

Précisez le cas échéant vos qualités socioprofessionnelles
(professions de santé, juristes, journalistes, élus, ecclésiastiques,
universitaires, chefs d’entreprise, enseignants, officiers, artistes,
écrivains, etc.)






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06 janvier, 2015

Belgique : un jeune père réclame l'euthanasie à cause de maux de tête “insupportables”

Peter Ketelslegers, 32 ans, souffre d'une forme rare de maux de tête : des migraines récurrentes qui
l'assaillent plus d'une douzaine de fois par jour, lui donnant l'impression que son œil est traversé par un couteau. Père de deux garçons de 7 et 12 ans, l'homme est prêt à les laisser orphelins, mais ne veut pas se suicider : « Je ne peux pas leur faire ça. »

Depuis le mois d'août, il a rendu publique sa douleur en publiant une vidéo où on le voit hurler de douleur. Marchant à la morphine, il souffre tout de même « à en devenir fou » et ne voit pas d'autre solution que d'en terminer avec la vie. Un implant neurostimulateur lui a donné un temps de répit, mais rapidement, les migraines ont repris le dessus, trouvant un moyen de « contourner » l'obstacle comme il dit.

Pour l'heure, les médecins de Peter Ketelslegers refusent d'accéder à sa demande, estimant que toutes les options thérapeutiques ne sont pas épuisées : sa douleur est insupportable, reconnaissent-ils, mais non « sans perspectives » comme l'exige la loi belge d'euthanasie.

La publicité donnée à cette affaire, le film insoutenable qui rend chacun témoin de sa douleur, sont autant de manipulations qui – quelle que soit l'issue du cas – « démocratisent » l'euthanasie, la rendent acceptable par l'opinion.

En Belgique, on en a tué pour moins que cela…

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Le prisonnier belge ne sera pas euthanasié

Par décision du ministère de la justice belge, le prisonnier Frank Van Den Bleeken qui devait être transféré vers la section hospitalière de la prison de Bruges pour pouvoir y obtenir l'euthanasie sera finalement placé dans le centre de psychiatrie légale de Gand, en vue d'y recevoir des soins. Il sera peut-être par la suite transféré aux Pays-Bas, conformément à sa première demande. Il semblerait qu'un centre spécialisé dans l'accueil des condamnés à de longues peines présentant des problèmes psychiatriques soit prêt à le recevoir, avec la bénédiction du ministère néerlandais de la justice.

C'est une réponse à la décision des médecins du prisonnier, détenu depuis près de 30 pour des viols et le meurtre d'une jeune fille de 19 ans, de ne pas lui accorder la piqûre létale. Les raisons de leur revirement n'ont pas été rendues publiques, et sont de toutes façons couvertes par le secret médical. Mais le ministre belge, Koen Geens, en a « pris acte ».

Depuis sa nomination, le nouveau ministre a mis en avant sa volonté d'améliorer les conditions de détention et surtout de soin pour les patients souffrant de troubles psychiatriques, parents pauvres des prisons belges. Faits pour lesquels la Belgique a été régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme.

Frank Van Den Bleeken serait-il par hasard déçu par le refus in extremis de ses médecins ? On peut imaginer que non : il avait lui-même déclaré qu'il voyait la mort comme une solution seulement parce qu'il souffrait de son état présent, et plus particulièrement du manque de soins, ajoutant que ses pulsions empêchaient de toute manière qu'il soit libéré.

Le prisonnier aura donc la vie sauve, et la presse internationale pousse un « ouf » de soulagement. Ils avaient vu la permission d'euthanasie pour le violeur-assassin comme une forme hypocrite de rétablissement de la peine de mort.

C'est tout le paradoxe de cette affaire : on fait tout ce qui est possible pour sauver la peau d'un homme qui a violé et tué, tandis que d'autres se voient proposer l'euthanasie comme solution à leurs problèmes, comme une démarche « humaniste ».

Rien de tout cela n'est très cohérent.

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04 janvier, 2015

“La vie de vos enfants vaut ce vaut votre vie de prière pour eux.”

Un texte à méditer en cette fin de période de vacances, à l'heure où les enfants retournent à l'école… Trouvé au hasard d'une recherche sur internet, il porte la signature de l'abbé Roger Pallais et encourage les parents à « éduquer dans la foi ». Avec l'efficacité que donne la prière.

C'est à lire ici (attention, il s'agit d'un document, il vous faudra donc le télécharger).

Addendum : problème avec le lien. Celui-ci fonctionne, il faut ensuite cliquer sur Eduquer dans la foi.

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Nouvelle loi en Californie : vers la discrimination positive en faveur des LGBT

Sonia Luna : femme, hispanique, lesbienne…
Non seulement elle est d’origine immigrée – une partie de la famille de Sonia Luna arrive du Mexique – mais en outre cette jeune femme est lesbienne. Expert comptable, elle a ouvert une société de conseil à Los Angeles, et elle espère bien tirer profit d’un nouveau programme qui pourrait très prochainement favoriser les entreprises dites « gay » ou LGBT, en instituant en leur faveur une discrimination positive pour l’obtention de contrats publics et professionnels en Californie.
Sonia Luna a déjà su tirer parti de programmes similaires visant à aider les femmes et les minorités ethniques. Deux faits l’encouragent à se présenter en outre en sa qualité de femme homosexuelle : déjà, les agences fédérales, la National Football League et plus d’un tiers des sociétés « Fortune 500 » – les entreprises américaines classées par le magazine selon leur chiffre d’affaires – encouragent les offres en provenance de sociétés dirigées par des gays, des lesbiennes et des transgenre. D’autre part, une nouvelle loi de Californie exige depuis le 1er janvier des grandes entreprises de service public qu’elles déclarent le montant des sommes qu’elles dépensent auprès de ces compagnies.
Le tout sur le modèle des mesures prises pour promouvoir les possibilités économiques pour les minorités ethniques, les femmes et les vétérans handicapés…
Sonia Luna se réjouit de ces coups de pouce en affirmant qu’ils lui permettent d’être « encore plus fière » de ce qu’elle est. Sa société, Aviva Spectrum, doit à cette fin être officiellement reconnue comme appartenant à une personne LGBT par la National Gay and Lesbian Chamber of Commerce : celle-ci doit apporter la preuve de la propriété de l’entreprise visée ainsi que tout document ou autre preuve de sa préférence sexuelle…
700 entreprises ont déjà obtenu le fameux certificat au cours de ces dix dernières années, tandis que la Chambre de commerce LGBT œuvre depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche pour promouvoir la signature de contrats avec ces sociétés par le biais de la US Small Business Administration.
Voilà pour les petites et moyennes entreprises : les grandes elles aussi se mobilisent bien au delà de la Californie. Parmi elles : IBM, PepsiCo, ConAgra Foods, Marriott International et American Airlines. Ces entreprises tiennent désormais les comptes des contrats et des dépenses auprès de partenaires LGBT.
On n’attend pas de démarches similaires de la part du gouvernement fédéral – en tout cas pendant la législature actuelle, le Congrès étant dominé par les Républicains. Pour l’heure, Obama a exigé dès 2009 des différents Départements qu’ils ne « discriminent » pas au détriment des LGBT, et le lobby ne désespère pas d’obtenir un jour un statut de minorité protégée pour que l’on passe à la discrimination positive.

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