16 septembre, 2014

La photo du jour : quel est le féminin d'“un instituteur gai et gentil” ?

Merci au pédopsychiatre Vincent Rouyer qui a relayé cette photo sur sa page facebook – elle vaut le détour. 




Est-elle authentique ?

Ce qui est sûr, c'est que l'exercice en question fait partie de l'« évaluation diagnostique du début de CM1 » en 2010 (voir ici).

Et que l'irrégularité de l'écriture, les fautes d'orthographe et le choix des mots sont tout aussi caractéristiques de l'enfant du XXIe siècle que cette focalisation sur le discours LGBT…

Donc, selon toute probabilité, oui.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



14 septembre, 2014

Bordeaux : un mort par inversion de seringues. Voulaient-ils tuer quelqu'un ?

La presse révèle qu'un patient de 61 ans est mort mercredi dernier dans un hôpital de Bordeaux à la suite d'une inversion accidentelle de seringues, « après avoir reçu en intraveineuse une dose de chlorure de potassium au lieu de l'injection de corticoïdes prescrite ». Une information pour homicide involontaire a été ouverte. Il s'agit clairement d'une « erreur d'administration médicamenteuse », précisé le communiqué de l'Institut Bergonié, spécialisé en oncologie. Les emballages des deux seringues étaient étiquetés, et non les seringues elles-mêmes, a indiqué Marie-Madeleine Alliot, procureur de la République de Bordeaux.

Le patient était hospitalisé dans une unité de soins palliatifs de l'Institut Bergonié.

On sait d'ores et déjà que la seringue de chlorure de potassium était en réalité destinée à un patient se trouvant dans une autre chambre.

Et là on se pose évidemment des questions. Dans cet établissement qui accueille des malades du cancer, y compris en soins palliatifs, injecterait-on volontairement des doses létales de chlorure de potassium comme celle administrée par erreur au malade décédé mercredi ? Une euthanasie était-elle programmée, mais s'est on simplement trompé de victime ?

L'administration du chlorure de potassium n'est pas forcément destinée à tuer le patient : elle a au contraire généralement pour objet de pallier un manque de potassium et, même s'il s'agit d'un médicament « à haut risque », son usage est répertorié. Mais uniquement sous forme diluée – la dilution devant être réalisée par du personnel formé – par perfusion en intraveineuse, avec une durée minimale de pose, et sous contrôle précis, deux personnes devant intervenir en principe pour vérifier l'ampoule initiale ayant servi à la dilution et l'étiquetage, la concentration et la vitesse de perfusion (directives de l'ARS en Ile-de-France).

Les accidents par confusion de produit sont rares mais se comptent tout de même par dizaines dans le monde, raison pour laquelle les procédures ont été mises en place pour que ces morts « évitables » ne se reproduisent plus – tardivement en France comme le montre cet article. Une circulaire du 14 février 2012 attire l'attention des établissements de santé sur la gestion de ces risques.

Il semble en tout cas que l'ampoule de chlorure de potassium (KCl) soit clairement identifiable : elle n'existe que dans deux dosages, un pour adulte, un pour enfant, et présente une apparence non moins reconnaissable :


On imagine mal que la jeune infirmière étudiante en troisième année qui a administré la piqûre mortelle en présence de l'infirmière confirmée qui la surveillait ait vu cette ampoule.

Elle n'aurait donc vu que la seringue. Avec un produit dilué ? Non dilué ?

S'agissait-il de deux seringues à intraveineuse ? Sauf erreur, on n'injecte pourtant pas du KCl directement en intraveineuse…

Les seringues à intraveineuse sont-elles différentes des autres ? Un étudiant infirmier est-il habilité à faire des injections en intraveineuse ?

Autant de questions qui se posent. Peut-être des infirmiers pourraient-ils nous éclairer…

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



13 septembre, 2014

Kenya : mobilisation “religieuse” pour le planning familial

Un vieux poster vantant la limitation des naissances
Des leaders religieux ont été mobilisés par le gouvernement kenyan pour faire la promotion du
planning familial : c'est du moins l'objectif de la campagne « Des familles pour une meilleure santé au Kenya » qui annonce comme objectif la baisse de la mortalité infantile. Moins d'enfants dans l'absolu implique – c'est mécanique – moins d'enfants morts dans la période périnatale. Lea Conseil interreligieux du Kenya, IRCK, a d'ores et déjà apporté son soutien à la campagne, en attendant que les dignitaires sur le terrain suivent.

« Families for a healthier Kenya » entend démontrer, par le biais d'un discours religieux habillé d'images, de musiques, de vidéos et autres animations que l'espacement des naissances et le contrôle de la taille des familles n'a que des retombées positives : une opération « gagnant-gagnant » qui assure une meilleure santé aux enfants, plus de moyens pour les élever, les éduquer et les soigner.

Et puisque ce sont souvent des « croyances religieuses » qui façonnent les comportements des couples et des familles à l'égard de la procréation, eh bien, ce seront les représentants des religions qui divulgueront les messages fortement axés sur l'acceptation de la contraception.

Sans surprise, la campagne est soutenue, inspirée et même largement financée par USAid, l'organisme officiel d'aide au développement des Etats-Unis : l'une de ses représentantes, Jerusha Karuthiru a indiqué qu'il s'agir d'« aligner » les questions de santé reproductive et de planning familial avec les cadres et croyances des religions, à l'instar de ce qui s'est passé en Egypte notamment. USAid a investi près de 2,3 millions de dollars dans l'opération prévue pour durer cinq ans.

Précision : l'Eglise catholique fait partie de l'IRCK, mais il est précisé qu'elle est opposée à « diverses formes de planification familiale ».


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



Le gouvernement Rajoy renonce à modifier la loi sur l'avortement (presse espagnole)

La presse hispanophone reprend largement cette information d'El Mundo qui s'appuie sur des « sources gouvernementales » non identifiées : pris entre son opposition de gauche et le ventre mou de son Partido Popular, le Premier ministre espagnol aurait déjà pris la décision de remiser son projet de durcissement de la loi sur l'avortement, sans même avoir pris la peine d'en avertir le ministre de la justice qui porte le projet, Alberto Ruiz-Gallardon.

Je n'ai certes pas la possibilité de vérifier l'exactitude de l'information, mais – comme le signale elperiodico.es pour s'en réjouir – le fait est que le projet a rencontré des résistances au sein du parti au pouvoir qui s'était pourtant fait élire, en 2011, sur la promesse d'abroger la « loi des délais » introduite sous Zapatero. Cette loi fait de l'avortement un droit de la femme pendant les délais légaux.

Vrai encore : devant l'absence de consensus au sein de son parti, Rajoy a tenté d'apaiser les uns et les autres en ouvrant des consultations internes et en laissant s'exprimer les chefs de régions affolés à l'idée de perdre leurs mandats sur cette polémique.

Vrai aussi, le recours de Rajoy aux divers atermoiements qui font qu'en près de trois ans, et malgré les avis favorables : une première version avait été approuvée en décembre dernier et le projet définitif présenté au gouvernement par Ruiz Gallardon en juin, un peu retoqué pour tenir compte des résistances, aurait pu être soumis au Parlement dès la rentrée. S'il avait été dans l'intérêt de Rajoy de le faire, note El Periodico, il n'aurait pas tardé.

Mais la restriction significative des conditions de dépénalisation de l'avortement, que le projet entend réserver aux seuls cas de danger pour la vie de la mère et de grossesse résultant d'un viol. Ruiz Gallardon avait mis un point d'honneur à éliminer des cas de dépénalisation la « malformation grave » de l'enfant à naître, aux relents évidemment eugéniques. C'est sur ce dernier point que portaient les dernières discussions en date, sous la pression du lobby de l'avortement.

Le PP aurait-il enterré sa promesse à son électorat, massivement présent dans la rue à intervalles réguliers ces dernières années pour réclamer « l'avortement zéro » ? Beaucoup de choses semblent l'indiquer, à commencer par le fait que Ruiz Gallardon n'a pas pu présenter son projet qu'il assurait devoir porter devant le législateur « avant la fin de l'été ».

La presse espagnole parle du « coût électoral élevé » du projet alors que de nouvelles élections approchent en 2015. Aux européennes, il a manqué 2,5 millions de voix au Partido Popular qui, selon les analyses internes, sont celles de centristes ayant choisi l'abstention. Or le centriste est moins pro-vie ; il s'agirait donc de le récupérer en faisant profil pas sur cette question.

La presse se demande désormais si, pour ne pas faire perdre la face à son ministre de la justice, Rajoy ne va pas faire approuver le projet de loi en conseil des ministres pour ensuite jouer une nouvelle série d'atermoiements devant le Parlement, équivalents à un enterrement sur la durée. L'autre option étant de l'« oublier », purement et simplement.

HazteOir, la « plateforme citoyenne » pro-vie espagnole, lançait dès vendredi une nouvelle campagne pour que la manifestation pro-vie prévue pour le 21 septembre à Madrid et dans de nombreuses villes d'Espagne et du monde hispanophone soit une énorme succès, destiné à rappeler à Rajoy ses engagements solennels d'introduire une législation restrictive sur l'avortement.

La Ve Marche pour la Vie ne se bornera plus à exprimer son espoir ni sa volonté de voir éliminé l'avortement légal des lois espagnoles, appelant le Premier ministre et le PP à tenir leurs promesses, mais dira son indignation. « 292.000 êtres humains exterminés avec le PP au pouvoir, et voici qu'ils disent que leur promesse de légiférer pour la vie allait rester dans les cartons, “en paix” ! » « Tout ce qu'ils ont fait pendant tout ce temps, c'est de discuter pour savoir si certaines personnes pouvaient être avortées », souligne HazteOir.

La vidéo appelant à la Marche pour la Vie comporte l'enregistrement de Rajoy s'engageant à modifier la loi sur l'avortement « pour renforcer la protection du droit à la vie ». 300 avortements par jour : c'est le triste bilan de son gouvernement « conservateur ».






• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



12 septembre, 2014

Pays-Bas : une église sanctionnée pour refus de location aux gays

Le Collège des droits de l'homme – instance publique néerlandaise similaire à la HALDE en France – vient de donner raison à un groupe d'homosexuels qui se sont plaints d'avoir été empêchés de louer un local abrité par une église évangélique d'Utrecht, l'an dernier.

La location avait été demandée l'an dernier par le groupe « Jong en Out » (jeu de mots sur le « coming out », alors que « Jong en Oud » signifie « jeunes et vieux »), membre d'une des principales associations homosexualistes, COC, en vue d'organiser des journées mensuelles de coming out pour les jeunes justement.

La location des salles était confiée à une société sous-traitante, qui en a référé à la direction de la communauté évangélique. Celle-ci a refusé, arguant du fait que sa « base » n'accepterait pas le type d'activités envisagé. L'affaire avait causé grand bruit – d'autant que le refus de location avait été rendu public à la date précise de la « Journée nationale du Coming out » aux Pays-Bas. Les directives pour la location imposées au sous-traitant précisaient que celle-ci ne devaient pas entraîner l'église contre son gré sur le terrain de sujets de société qui pouvaient la mettre en porte-à-faux : la discrimination à l'égard de personnes ou de groupes de personnes, le mépris de l'église ou de la religion, des relations personnelles spécifiques, y compris sexuelles, ou des activités contraires à la loi.

Le sous-traitant avait d'emblée pris l'initiative de dire au groupe de jeunes que le propriétaire des lieux ne donnerait probablement pas suite en raison de leur homosexualité, disant son « dégoût » personnel à propos de ce probable rejet. L'association répondait que de toute manière le prix de la location était trop élevé. Mais les échanges de mails ont continué et l'association a fini par demander à visiter les locaux et à solliciter davantage d'informations de la part de la communauté évangélique – à croire que cela est devenu une affaire de « testing ». De fait le refus était tombé – et le sous-traitant s'en excusait platement.

Très « choquée », l'association a donné un important retentissement médiatique à cette « discrimination », pour saisir ensuite le Collège des droits de l'homme.

Celui-ci vient donc de juger que le rejet avait une motivation purement discriminatoire, que ce soit de la part de la communauté évangélique comme de celle du sous-traitant, directement liée à l'orientation sexuelle des demandeurs, et ce malgré l'affirmation de la communauté religieuse selon laquelle c'était le type d'activité projeté qui avait justifié son refus. Elle n'a pas apporté la preuve de cette motivation, a estimé le Collège, qui n'a pas non plus entendu la communauté évangélique lorsque celle-ci a souligné l'absence de dommage causé par le refus, puisque le groupe homosexuel lui-même n'a cessé de dire que le tarif de location était trop élevé pour lui, et qu'il chercherait autre chose.

Elle s'est bornée à dire que, la prestation comportant un prix, le refus constitue bien un refus de vente ou de service interdit au titre de la non discrimination.

Bien entendu, les évangéliques ont invoqué la liberté religieuse que reconnaît notamment la Convention européenne des droits de l'homme. Le Collège a répondu que cette liberté ne permet d'échapper au principe de non-discrimination affirmé dans loi « AWGB » que pour les rapports juridiques à l'intérieur de la communauté. En revanche, le principe s'applique pleinement dans les rapports de l'entité religieuse avec des tiers, hors du cadre propre. « Ainsi, le législateur a réglé la question de manière à trouver un équilibre entre la liberté religieuse et l'interdiction de la discrimination », précise le Collège.

Celui-ci a donc jugé que l'Evangelische Gemeente Utrecht s'est rendue coupable de discrimination interdite à l'égard de l'Association néerlandaise pour l'intégration des homosexuels (COC) à raison de l'orientation sexuelle.

L'église a un mois pour faire connaître au Collège les mesures qu'elle entend prendre. Son avocat a précisé qu'il ne s'attendait pas à ce que COC revienne à la charge pour forcer l'église à lui louer son local : « Pour cette association, il s'agissait d'une affaire de principe », a-t-il commenté.

Une affaire de principe lourde de conséquences, et pas seulement aux Pays-Bas puisque les lois d'égalité et de non-discrimination existent quasiment partout dans l'UE et que celle-ci possède sa propre Charte des droits fondamentaux en ce sens.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



Le Royaume-Uni veut davantage de hauts fonctionnaires gays

Le Bureau du Cabinet, ministère britannique de l’exécutif chargé notamment du bon fonctionnement du service public, vient d’annoncer la mise à place d’un nouveau « Talent Action Plan » destiné à repérer et à faire tomber les barrières qui empêchent les LGBT d’accéder aux cadres les plus élevés de la fonction publique. Mais attention ! Ce n’est pas pour leur faire plaisir. L’objectif est d’améliorer les compétences à ce niveau en évitant que des gens de talent ne soient écartés du fait de leur orientation sexuelle. « Il faut fournir un excellent service public aux familles qui travaillent dur, et pour cela nous avons besoin des meilleurs fonctionnaires », a déclaré le ministre, Francis Maude.
En attendant cela a tout, cependant, de la discrimination positive. Le directeur de cabinet, Sir Jeremy Heywood, invoque la « morale » et l’engagement de son ministère de « construire une fonction publique inclusive et diverse », charabia que les habitués reconnaîtront.
Les plans précédents n’ont pas fonctionné, déplore le Bureau du Cabinet, faute de s’intéresser aux réalités. Et quand des technocrates veulent connaître les vrais problèmes, que font-ils ? Bingo ! Une commission d’études. Celle que le gouvernement britannique met en place en l’occurrence va tenter de comprendre pourquoi l’appartenance à plusieurs groupes constitue un frein pratique quand il s’agit d’atteindre les meilleures places : les femmes, le minorités ethniques, les LGBT et les handicapés. Quatre rapports sont attendus, une deuxième vague d’études, en fonction des résultats, est déjà programmée.
Et une fois les barrières identifiées ? Eh bien, il suffit d’imaginer la suite. Des lois, des contraintes, des peines augmentées, de nouvelles campagnes contre l’« homophobie », des aides à l’embauche. Car ils ont beau annoncer que le but est de donner des chances égales à tous, seul le talent faisant la différence, l’expérience prouve qu’on aboutit toujours à des mesures positives en faveur des groupes visés. 
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



11 septembre, 2014

L’ONU a recommandé au Chili d’autoriser l’accès des mineures à l’avortement

Un grouped’experts des Nations unies spécialisé dans les discriminations à l’égard des femmes a recommandé mardi au Chili de légaliser l’avortement pour les mineures, invoquant le taux alarmant de grossesses adolescentes dans ce pays.
Frances Raday, universitaire féministe (photo : Haaretz).
Il s’agit d’« une affaire de santé physique et mentale », selon les termes du document de travail publié par le « Groupe de travail » de l’ONU sur les discriminations envers les femmes : le rapport affirme que chaque année, 60.000 à 70.000 avortements illégaux ont lieu au Chili – selon la vieille habitude des partisans de l’« IVG » d’invoquer des chiffres très élevés, généralement bien au-delà de la réalité.
« Les avortements illégaux sont dangereux par définition, mais c’est pire lorsque les femmes qui se
rendent à l’hôpital pour des complications sont dénoncées à la police par les autorités sanitaires. Les femmes ne sont pas seulement exposés à des avortements qui ne sont pas sûrs, on les empêche de chercher de l’aide en cas de complications », affirme Frances Raday, présidente du groupe de travail.
Assurant que la « violence intrafamiliale touche une femme sur trois », elle ajoute qu’il « est nécessaire de transformer une culture de discrimination et de stéréotypes d’une société conservatrice marquée par des valeurs religieuses qui ont laissé la femme sur le bord du chemin ». Telle est bien l’idéologie (du genre) défendue par tant d’agences onusiennes : elle récuse la religion et la rend coupable de tous les maux. 

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



Le cardinal Francis George dénonce la religion du laïcisme

L’archevêque de Chicago, le cardinal Francis George, a écrit cette semaine dans son éditorial hebdomadaire du journal de son diocèse que les Etats-Unis ont désormais leur « religion d’Etat » : le laïcisme. Une religion qui s’impose parfois avec la même brutalité que « la charia ».
Un tel franc-parler surprend aujourd’hui de la part d’un prince de l’Eglise.
Plutôt que de vous donner une idée, quelques citations, je vous propose de découvrir le texte in extenso. Il en vaut la peine. Vous verrez que ce que le cardinal George écrit vaut aussi pour la France et pour d’autres pays jadis chrétiens. Il explique notamment que s’engager sur la route du pouvoir, dans la situation actuelle, suppose une forme d’apostasie : l’acceptation des idoles du jour.
Je vous propose ici ma traduction de ce texte. Le titre choisi par le cardinal est détourné de celui du roman de Dickens, A Tale of Two Cities. – J.S.

Le conte de deux Eglises

Il était une fois une Eglise fondée au moment où Dieu est entré dans l’histoire humaine afin de donner à l’humanité un chemin vers le salut éternel et le bonheur avec lui. Le Sauveur envoyé par Dieu, son Fils unique, n’écrivit pas de livre mais fonda une communauté, une Eglise, sur le témoignage et le ministère de douze apôtres. Il envoya à son Eglise le don de l’Esprit Saint, l’esprit d’amour entre le Père et le Fils, l’Esprit de la vérité que Dieu avait révélée sur lui-même et sur l’humanité en faisant irruption dans l’histoire de l’humanité pécheresse.
Cette Eglise, communion hiérarchique, a continué son chemin au cours de l’histoire, vivant parmi différents peuples et cultures mais toujours guidée pour ce qui fait l’essentiel de sa vie et de son enseignement par le Saint Esprit. Elle se disait « catholique » parce qu’elle avait pour raison d’être et pour but de prêcher une foi universelle et une moralité universelle, qui embrassent tous les peuples et toutes les cultures. Cette prétention devait souvent provoquer des conflits avec les classes dominantes de nombreux pays. Au bout de quelque 1.800 ans de son histoire souvent orageuse, cette Eglise s’est retrouvée en tant que tout petit groupe dans un nouveau pays de l’Amérique du Nord-Est qui promettait de respecter toutes les religions parce que cet Etat ne serait pas confessionnel ; il n’allait pas tenter de jouer le rôle d’une religion.
Cette Eglise savait qu’elle était loin d’être socialement acceptable dans ce nouveau pays. L’une des raisons pour lesquelles celui-ci avait été créé était précisément de protester contre la décision du roi d’Angleterre de permettre la célébration publique de la messe catholique sur le sol de l’Empire britannique dans les territoires catholiques du Canada nouvellement conquis. Il avait trahi le serment de son couronnement par lequel il s’était engagé à combattre le catholicisme, défini comme « le plus grand ennemi de l’Amérique », et de protéger le protestantisme, en mettant la religion pure des colonisateurs en danger, leur donnant ainsi le droit moral de se révolter et de rejeter son règne.
Pour autant, bien des catholiques dans les colonies américaines pensaient que leur vie pourrait être meilleure dans ce nouveau pays plutôt que sous un régime dont la classe dominante les avait pénalisés et persécutés depuis la moitié du XVIe siècle. Ils ont pris ce nouveau pays comme le leur et l’ont servi fidèlement. Leur histoire sociale n’a pas manqué de conflits, mais de manière générale l’Etat a gardé sa promesse de protéger toutes les religions et de ne pas s’opposer à leur égard en faux rival, comme une fausse Eglise. Jusqu’à une date récente.
Il y avait toujours eu un élément quasi religieux dans le credo public de ce pays. Il vivait du mythe du progrès humain, qui ne laissait guère de place à la dépendance par rapport à la providence divine. Il tendait à exploiter la religiosité des gens ordinaires en utilisant un langage religieux afin de les coopter jusqu’à les faire adhérer aux objectifs de la classe dominante. Diverses formes d’anti-catholicisme faisaient partie de son ADN social. Il avait encouragé les citoyens à se considérer comme les créateurs de l’histoire mondiale et comme les gérants de la nature, de telle sorte qu’il ne fût plus nécessaire de consulter une source de vérité extérieure à eux-mêmes pour vérifier la bonté de leurs objectifs et de leurs désirs collectifs. Mais il n’avait jamais assumé explicitement les atours d’une religion, ni dicté officiellement à ses citoyens ce qu’ils devaient penser ou quelles « valeurs » ils devaient faire leurs afin de mériter de faire partie de ce pays. Jusqu’à une date récente.
Ces dernières années, la société a revêtu d’approbation sociale et législative toutes sortes de relations sexuelles autrefois qualifiées de « péchés ». Puisque la vision biblique de ce que signifie le fait d’être humain nous dit que toute amitié, tout amour ne peut s’exprimer au travers de relations sexuelles, l’enseignement de l’Eglise sur ces questions est désormais une preuve d’intolérance à l’égard de ce que la loi civile affirme, voire impose. Là où jadis on demandait de vivre et de laisser vivre, on exige maintenant l’approbation. La « classe dominante » – ceux qui façonnent l’opinion dans les domaines de la politique, de l’éducation, de la communication, du divertissement – utilise la loi civile pour imposer à tous sa propre forme de moralité. On nous dit que, même au sein du mariage, il n’y a pas de différence entre hommes et femmes, alors que la nature et nos corps eux-mêmes apportent la preuve évidente qu’hommes et femmes ne sont pas interchangeables à volonté lorsqu’il s’agit de former une famille. Néanmoins, ceux qui ne se conforment pas à la nouvelle religion – nous avertit-on – mettent leur citoyenneté dans la balance.
Lorsqu’une récente affaire d’objection religieuse à l’égard d’une des dispositions de la Health Care Act (NDLR : l’Obamacare) aboutit à un jugement qui allait contre la religion d’Etat, le Huffington Post (le 30 juin 2014) exprima son « inquiétude » quant au fait de pouvoir être « à la fois catholique et bon citoyen ». Et ce n’est pas en écho aux nativistes qui élevèrent la voix contre l’immigration catholique dans les années 1830. Ce n’est pas davantage la voix de ceux qui ont brûlé des couvents et des églises à Boston et à Philadelphie, une dizaine d’années plus tard. Il ne s’agit pas davantage d’une expression du Know-Nothing Party des années 1840 et 1850, ni du Ku Klux Klan qui brûlait des croix devant les églises catholiques du Midwest après la guerre civile. C’est une voix bien plus sophistiquée que celle de l’American Protective Association, dont les membres s’engageaient à ne jamais voter pour un candidat catholique à une charge publique. Il s’agit plutôt de la voix pharisaïque de certains membres de l’Establishment américain aujourd’hui, qui se voient comme des « gens de progrès », des « illuminés ».
Pour beaucoup de catholiques, le résultat inévitable est une crise de la foi. Tout au long de l’histoire, lorsque les catholiques et les autres croyants de la religion révélée ont été contraints de choisir entre être enseignés par Dieu ou instruits par des politiques, des professeurs, des éditorialistes de grands journaux et des artistes du monde du divertissement, nombreux sont ceux qui ont choisi d’aller du côté du manche. Cela permet d’amoindrir une importante tension au cœur de leur vie, même si cela entraîne aussi l’idolâtrie d’un faux dieu. On n’a pas besoin de courage moral pour se conformer au gouvernement et à la pression sociale. Il faut une foi profonde pour « nager à contre-courant », ainsi que le pape François a encouragé les jeunes à le faire lors des JMJ de l’été dernier.
Nager à contre-courant signifie limiter son propre accès aux positions de prestige et de pouvoir au sein de la société. Cela veut dire que ceux qui choisissent de vivre conformément à la foi catholique ne seront pas les bienvenus en tant que candidats politiques aux postes nationaux, qu’ils ne feront pas partie des conseils éditoriaux des grands journaux, qu’ils ne seront pas chez eux dans la plupart des facultés universitaires, qu’ils ne feront pas une belle carrière d’acteurs ou d’artistes. Ni eux, ni leurs enfants, qui seront également suspects. Dans la mesure où toutes les institutions publiques, peu importe qui les possède ou les fait fonctionner, seront agents du gouvernement et conformeront leurs activités aux exigences de la religion officielle, l’exercice de la médecine et du droit deviendra plus difficile pour les catholiques fidèles. Cela signifie déjà dans certains Etats que ceux qui ont des entreprises sont obligés de conformer leur activité à la religion officielle ou payer une amende, de même que les chrétiens et les juifs doivent payer une amende à cause de leur religion dans les pays gouvernés par la charia.
Celui qui lit le conte des deux Eglises, un observateur extérieur, pourrait noter que la loi civile américaine a beaucoup fait pour affaiblir et pour détruire l’unité de base de toute société humaine : la famille. Alors que s’affaiblissent les contraintes internes qu’enseigne toute saine vie familiale, l’Etat aura besoin d’imposer toujours plus de contraintes extérieures sur l’activité de chacun. L’observateur extérieur pourrait également noter qu’inévitablement, l’imposition par la religion officielle à tous les citoyens et même au monde entier de tout ce que ses adeptes désirent, engendre le ressentiment. L’observateur pourrait faire remarquer que le statut social joue un rôle important dans la détermination des principes de la religion d’Etat officielle. Le « mariage des couples de même sexe », pour prendre un exemple actuel, n’est pas une question qui intéresse les pauvres ni ceux qui sont en marge de la société.
Comment ce conte se finit-il ? Nous n’en savons rien. La situation actuelle est évidemment bien plus complexe que celle du scénario d’un conte, et il y a beaucoup d’acteurs et de personnages, y compris au sein de la classe dominante, qui ne veulent pas voir leur cher pays se transformer en fausse église. On aurait tort de perdre espoir, puisqu’il y a tant de gens bons et fidèles.
Les catholiques savent, avec la certitude de la foi, que lorsque le Christ reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, l’Eglise, qui sera reconnaissable d’une manière ou d’une autre dans sa forme catholique et apostolique, sera là pour l’accueillir. Il n’y a aucune garantie divine de cette sorte pour quelque pays, culture ou société de quelque époque que ce soit.
+ Cardinal Francis George, OMI.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



09 septembre, 2014

Prison ferme pour un homme qui a provoqué l’avortement de sa compagne

Vincent Ménard, 38 ans, habitant à Cambronne-lès-Clermont, vient de voir sa peine de quatre ans de prison dont un avec sursis confirmée par la cour d’appel d’Amiens pour avoir provoqué un avortement sur sa compagne sans le consentement de celle-ci.
L’« interruption de grossesse » sans le consentement de la femme est en pratique la seule forme d’avortement aujourd’hui poursuivie et condamnée en France, étant entendu que même les « IVG » pratiquées hors-délais dans des pays voisins où la procédure est légale n’entraînent pas de mise en examen.
L’homme espérait voir la peine prononcée en septembre 2013 par le tribunal correctionnel de Beauvais diminuée ; contrairement à ce qui s’était passé en première instance, il avait fait montre de remords devant les juges d’appel, affirmant regretter « profondément » son acte et se disant « conscient désormais qu’il ne lui appartenait pas de décider seul qu’il n’y aurait pas d’enfant », comme l’a expliqué son avocat, Me Jérôme Crépin. Cela n’aura pas suffi.
Les faits remontent à février 2012, lorsque Vincent Ménard apprend que sa concubine est enceinte de plus de trois mois et demi. Si sa « partenaire » est ravie, « toujours amoureuse », il n’est plus dans le même état d’esprit et il ne sait pas quoi faire. Les délais de l’« IVG » légale sont dépassés. « Marie » – le prénom a été changé – est de toute façon heureuse d’attendre l’enfant de son compagnon.
C’est alors que Ménard décide de foncer vers Barbès, à Paris. Il cherche – racontera-t-il à la barre du tribunal de Beauvais, en septembre 2013 – à se procurer des cachets pour se suicider. N’en trouve pas. (Il est vrai que dès avoir appris que son amie était enceinte, il avait viré les 115.000 euros du compte commun sur son compte en banque personnel, prompt à protéger ses intérêts financier, dira le procureur.) Vincent se rabat – explique-t-il encore – sur des pilules abortives : le Cytotec, vanté par les partisans de l’avortement pour un usage domestique dans les pays où l’avortement demeure illégal. Il en versera suffisamment dans le « smoothie » qu’il propose à son amie pour que celle-ci, six heures après avoir avalé la boisson, soit prise de crampes violentes. Elle subit une rapide dilatation du col et perd son bébé dans la foulée. Elle a beau hurler, terrifiée : Vincent est parti. Elle est abandonnée.
Inutile de dire que le couple a lui aussi éclaté.
Vincent Ménard a été condamné à verser 20.000 euros de dommages et intérêts à « Marie », et à quatre ans de prison dont un avec sursis : immédiatement incarcéré, il a rapidement fait appel et obtenu sa remise en liberté, dans l’espoir d’obtenir une réduction de peine lui permettant de bénéficier d’un aménagement qui lui permette de conserver son emploi.
Les juges d’appel n’ont pas voulu l’entendre et la condamnation a été confirmée.
On note cependant la profonde incohérence de la loi pénale qui refuse à l’homme ce qu’elle reconnaît d’office à la femme.
Vincent Ménard a invoqué, pour expliquer son geste, sa « peur de l’avenir », le fait qu’il « n’était pas prêt pour avoir un enfant », ses inquiétudes matérielles et financières, ses pensées suicidaires, le fait que son couple battait de l’aile : « Je ne pensais pas pouvoir assumer mon rôle de père. Je n’avais déjà pas le contrôle sur ma propre vie, alors m’occuper d’un enfant… »
« On lui a fait un enfant dans le dos », dira élégamment son avocat à l’audience. C’est un langage que l’on entend aussi de la part des femmes qui accusent leur partenaire de les avoir bernées de manière à ce qu’elles tombent enceinte – et qui avortent ensuite.
Sa condamnation souligne la profonde incohérence de la loi française qui admet précisément tous ces motifs lorsque c’est la femme qui « choisit » d’avorter : elle et elle seule les invoque. Sous le régime de la loi de « vraie égalité entre les femmes et les hommes », adoptée au creux de l’été en fin de session extraordinaire et symboliquement promulguée le 4 août, elle n’a même plus à les exprimer puisque tout ce qui restait, symboliquement, de la condition de détresse exigée pour la dépénalisation de l’« IVG » a été rayé du code de la santé publique en même temps qu’on en a effacé le mot.
Pour le père, rien de tel. Pas de parité ; pas d’égalité devant la loi. A l’heure du « gender mainstreaming » en vue d’obtenir la parfaite « égalité de genre », il n’a aucun droit sur l’enfant à naître – fût-ce celui de l’éliminer – tandis que la femme les a tous. Et pourtant elle peut lui réclamer des pensions alimentaires si l’enfant naît contre son gré.
Quant à l’enfant, il n’existe dans cette affaire qu’en tant qu’il était désiré par sa maman, on ne parle pas de sa mort à lui, uniquement de ce qu’a subi la femme du fait de l’avortement pratiqué sans son consentement.
On notera donc le caractère trompeur de la notion de « projet parental ». Les bioéthiciens expliquent volontiers, et c’est entré dans les lois et dans les mœurs, que l’enfant n’existe et ne mérite protection que dans la mesure où il y a sur lui un « projet parental » qui en quelque sorte l’humanise. Mais en réalité seul compte le « projet maternel ». Dans une culture de mort, le père est l’ennemi numéro un.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



Un juge argentin condamné pour avoir voulu empêcher une adolescente d’avorter

La presse argentine y voit une décision non seulement « inédite », mais « historique ». Le Tribunal supérieur de la justice, juridiction fédérale siégeant à Buenos Aires, a condamné un juge pénal d’Esquel dans la province de Chubut pour avoir voulu éviter la réalisation d’un avortement dépénalisé sur une jeune fille de 12 ans. Il a été reconnu coupable de « faute grave dans l’exercice de ses fonctions » et condamné à 1.500 pesos argentins d’amende au titre de sa « responsabilité administrative ».
L’amende n’est pas considérable – moins de 140 euros – mais la condamnation est d’une grande portée symbolique.
La décision, tombée au mois de mai, vient seulement d’être connue des médias alors que le juge, José Oscar Colabelli, serait sur le point de faire appel devant la Cour supême de justice de la Nation.
L’affaire remonte à 2012, date à laquelle une femme découvre que sa fille, 12 ans, est enceinte de 16 semaines. La grossesse serait consécutive à un viol – c’est du moins ce qu’affirme cette mère – circonstance qui en Argentine est désormais de nature à dispenser de peine l’avortement, sans que la preuve du viol ne doive être apportée.
A l’époque, la jurisprudence n’était pas encore clairement établie en matière de dépénalisation de l’avortement et si certains juges décidaient qu’il n’était pas nécessaire d’obtenir un jugement favorable au cas par cas, d’autres jugeaient sur le fond. En l’occurrence, la mère de l’adolescente avait saisi la justice et le ministère public, la « fiscal general » Maria Bottini, estimant que l’avortement devait être considéré comme « non punissable », avait requis le prélèvement de « matériel biologique » sur le corps de la jeune fille (ou plutôt sur celui de l’enfant avorté, en réalité…) pour que l’examen de l’ADN puisse permettre l’arrestation du violeur.
Le juge Colabelli avait refusé le prélèvement de l’ADN, seule question dont il était saisi, en disant que son autorisation aurait constitué « implicitement » une autorisation « d’interruption de la grossesse, c’est-à-dire un avortement ».
L’affaire devait finir devant deux autres juges qui décidèrent de ne pas s’exprimer quant à l’avortement non punissable, en déclarant qu’il n’était pas nécessaire d’obtenir leur autorisation pour le pratiquer. Ils ordonnèrent en revanche le prélèvement de matériel génétique. L’histoire ne dit pas si le violeur a été pris…
En revanche, ce sont des mouvements féministes argentins qui ont porté plainte contre le juge Colabelli en saisissant le Conseil de la magistrature : le Comité d’Amérique latine pour la défense des droits de la femme, la Fondation Madre Luna, et la Maison de la femme (Casa de la Mujer) de Puerto Madryn demandaient sa révocation. Le conseiller instructeur conclut au classement sans suite, mais son avis ne fut pas retenu et le magistrat fut renvoyé devant le Tribunal supérieur.
Celui-ci a donc retenu la culpabilité du juge : tout en reconnaissant que l’indépendance des magistrats est un « pilier de la République » argentine, il a jugé que nul ne peut se prévaloir d’une « immunité à l’égard de la loi » et doivent reconnaître les « limites de leurs pouvoirs ». Colabelli en somme, pouvait avoir son opinion sur l’avortement dépénalisé, et y opposer des « objection morales », mais n’ayant pas à juger sur l’autorisation de celui-ci, il a outrepassé ses compétences, se rendant coupable d’« arbitraire notoire » et d’« exercice abusif du pouvoir dont il est investi ».
Le jugement ajoute que la loi punit le retardement de l’opération : Colabelli a donc mal agi en « obligeant » la demanderesse à se rendre devant deux autres juges « qui finalement, ont tout remis dans l’ordre ».

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



La Cour suprême des Etats-Unis saisie d’une affaire de demande de levée du secret de la confession

L’affaire d’une obligation de levée du secret de la confession que la justice de l’Etat de la Louisiane veut imposer à un prêtre catholique, évoquée ici sur Riposte catholique, pourrait venir devant la Cour suprême des Etats-Unis à la suite de l’appel formé devant la plus haute juridiction américaine par le diocèse de Bâton Rouge.

Le P. Jeff Bayhi est actuellement sous le coup d’une obligation de témoignage qui lui a été signifiée par la cour suprême de la Louisiane au mois de mai au titre du droit commun de l’Etat, qui contraint les « membres du clergé » à faire part aux autorités des allégations d’abus sexuels, hormis le cas des conversations « confidentielles » qui n’ont pas pour intention de faire connaître publiquement ces allégations. La cour renversait ainsi une première décision reconnaissant le droit du prêtre d’invoquer le secret de la confession quant à la teneur et même quant à l’existence ou non de la « conversation » ayant pour objet les abus sexuels.
Dans le cas présent, c’est une mineure dont les parents affirment qu’elle a été l’objet d’abus sexuels de la part d’un membre de la paroisse du P. Bayhi et en a parlé en confession. Plus exactement, elle aurait plusieurs fois avoué en confession, dès l’âge de douze ans, avoir eu des rapports avec cet homme, décédé en 2009, rapports qui ont continué malgré les confessions. Le P. Bayhi est notamment accusé de n’avoir pas bien conseillé la mineure.
Les parents de la jeune fille ont porté plainte cinq mois après la mort du paroissien, espérant obtenir des dommages et intérêts sur ses biens mais aussi de la part du diocèse de Bâton Rouge – qui aurait dû tenir selon eux le P. Bayhi informé de son devoir de rendre compte des aveux concernant l’abus sexuel – et du prêtre lui-même.
La jeune fille ne s’oppose pas à la divulgation des propos qu’elle affirme avoir tenus dans le confessionnal. Puisqu’elle ne tient pas à la confidentialité, ont affirmé les juges de Louisiane, le prêtre n’y est pas tenu non plus.
L’Eglise catholique invoque au contraire dans son appel devant la Cour suprême fédérale son droit fondamental et son autonomie par rapport aux règlements civils, l’Etat n’ayant aucune autorité pour juger de l’existence ou de la teneur d’une confession ni pour contraindre un prêtre à révéler ce qu’il a pu entendre. « C’est une doctrine fondamentale de l’Eglise depuis plusieurs millénaires : le sceau de la confession est absolu et inviolable », sous peine d’excommunication automatique, et le prêtre doit accepter les peines civiles ou pénales et même la prison plutôt que de briser le secret. Même s’il s’agit pour lui de se défendre.
L’affaire est fondamentale pour la défense des droits des religions et pour le respect de la liberté religieuse de l’Eglise catholique, souligne le diocèse de Bâton Rouge dans son appel.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



Wendy Davis, candidate démocrate au Texas, raconte son traumatisme post-avortement

La candidate démocrate au poste de gouverneur du Texas, Wendy Davis, raconte dans un livre de souvenirs paru cette semaine qu’elle a choisi d’avorter deux fois dans sa vie. Dans un cas, il s’agissait d’une grossesse ectopique menaçant directement sa vie : selon la méthode employée, il a pu ne pas être question d’un avortement, dans une situation où l’embryon ne peut se développer et où sa mort n’est pas recherchée. Mais dans l’autre, un « avortement médical » sur un enfant à naître affecté de graves malformations cérébrales, il s’agit bien de la mise à mort délibérée d’une petite fille à qui ses parents avaient d’ailleurs déjà donné un prénom : Tate Elise.
Cet avortement a été synonyme de souffrances profondes : une fois l’avortement consommé, Wendy Davis raconte avoir ressenti « une noirceur indescriptible ». « C’était un désespoir, une douleur profonde, une lourde vague qui m’écrasait, à croire que je ne referai plus jamais surface… Et lorsqu’enfin j’ai émergé, j’étais devenue quelqu’un de différent. Changée. Changée pour toujours » ajoute-t-elle.
Ce fut, dit-elle, une décision horrible à prendre. Avec celui qui était alors son mari – Davis a divorcé deux fois – elle a suivi par échographie la mise à mort de son bébé, voyant son cœur arrêter de battre au moment où le médecin le « faisait taire ». « C’était fini. Elle était partie. Notre bébé tant aimé était parti. »
Paradoxe : Wendy Davis est une partisane très active de l’avortement légal, et si elle raconte ce désespoir, cette souffrance qui atteste du traumatisme profond provoqué par un acte qui tue, c’est pour mieux se poser pour sa course électorale. Dans un Etat conservateur où surgissent régulièrement des initiatives politiques pour restreindre, voire interdire presque totalement l’accès à l’« interruption volontaire de grossesse », la candidate a voulu montrer que son parcours la rend apte à comprendre les difficultés des femmes puisqu’elle les a traversées. En deux mots : elle pleure ses enfants morts, mais ne regrette rien.
Si Wendy Davis se dit opposée aux avortements tardifs, la candidate démocrate a systématiquement voté en tant que sénatrice du Texas contre toutes les mesures destinées à mieux informer les femmes sur la réalité de l’avortement – comme l’obligation de voir une échographie de leur enfant à naître – et c’est elle qui a bloqué en 2013 une première tentative de faire interdire les avortements au-delà de 20 semaines. Son « filibuster » – un discours interminable – avait été qualifié d’« héroïque » par les partisans du droit à l’avortement : elle avait parlé pendant onze heures d’affilée, pour tenir jusqu’à minuit au dernier jour de la session parlementaire, pour empêcher le vote sur la mesure. Celle-ci a été, depuis, adoptée.
La publication de son livre – Forgetting to be afraid – est perçu dans les milieux pro-vie américains comme une manière de justifier l’injustifiable en mettant l’accent sur l’« amour » porté à l’enfant tué, en présentant la décision d’éliminer un enfant gravement handicapé comme ayant été prise dans la douleur, mais dans son intérêt. « Je suis fière du voyage de ma vie, et je suis fière de l’avoir partagée avec les Texans », a déclaré la candidate, promettant de se battre pour eux comme elle s’est toujours battue pour sa propre survie, au cours d’une vie difficile marquée par le divorce de ses parents, la pauvreté et même une tentative de suicide manquée de sa mère qui avait prévu d’emmener ses deux enfants dans la mort.
Ce faisant, Wendy Davis s’est attirée – fort habilement, disent ses adversaires – la sympathie de tous : le candidat républicain, Greg Abbott, a évoqué la « douleur indicible » causée par la mort d’un enfant, disant toute sa compassion à l’égard de sa concurrente.
Candidats anti-avortement et mouvements pro-vie soulignent cependant que le plus important de l’histoire de Wandy Davis est bien ce traumatisme lié à l’avortement, qui se manifeste chez les femmes par des risques accrus de dépression, tendances suicidaires, abus d’alcool et usage de stupéfiants, ou divorce, par rapport à celles qui ont mené leur grossesse à terme ou qui ont subi une fausse couche.
Joe Pojman, de la Texas Alliance for Life, a exprimé sa sympathie à l’égard de la candidate démocrate mais il a ajouté que son mouvement « ne recommande pas l’avortement d’un enfant souffrant d’une anomalie sévère » : « De même que nous ne pouvons recommander la destruction d’un nouveau-né qui souffre d’un grave handicap. Ce sont tous les deux des enfants », a-t-il déclaré.
Wendy Davis bénéficie pour sa campagne de nombreux financements de personnalités ou de groupes favorables à l’avortement : ses plus importants donateurs – telle l’organisation pro-avortement « Emily’s List » – sont montrés dans le diaporama visible ici.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



08 septembre, 2014

80 % des Brésiliens sont opposés à la légalisation de l’avortement

Une écrasante majorité de Brésiliens est opposée à la dépénalisation de l’avortement, s’il faut en croire un sondage réalisé par l’institut Ibope pour le journal O Estado de São Paulo et O Globo TV : 79 % des personnes interrogées se sont prononcées contre, seuls 16 % soutiennent ce projet qui refait surface de loin en loin dans la vie politique brésilienne, et sur lequel la présidente Dilma Rousseff a dû se montrer discrète. Le groupe des 16-24 ans s’oppose à l’avortement à 77 %.
C’est une proportion énorme de quelque manière que l’on retourne les chiffres. Bien sûr, un sondage ne vaut que ce qu’il vaut, et dans le cas présent il ne semble pas qu’on ait publié les conditions dans lesquelles il a été réalisé ni la taille de l’échantillon retenu. Il est évidemment impossible d’avoir une réponse exacte au pourcent près… Mais de tels résultats ne peuvent mentir dans les grandes lignes, et ce d’autant plus qu’ils vont à l’encontre de la pensée dominante et de la tendance médiatique répandue dans la plupart des pays de tradition chrétienne de soutenir les options les plus progressistes.
A quoi s’ajoute, au Brésil comme dans tant d’autres pays d’Amérique latine, la pression considérable des groupes féministes pour faire légaliser l’avortement par le biais des « cas limites » – qu’on se souvienne du cas de la petite fille de Recife !
C’est en réalité sur l’ensemble des sujets de société que les Brésiliens, tels que les dessine ce sondage, ont exprimé des opinions conservatrices, voire très conservatrices. Comme pour l’avortement, 79 % des sondés contre 16 % se sont prononcés contre la dépénalisation du cannabis. 80 % soutiennent la réduction de l’âge de la majorité pénale.
Le rejet du « mariage » gay est un peu moins spectaculaire dans un pays où la pression des lobbies LGBT est importante et où les lois d’égalité atteignent des niveau de terrorisme intellectuel impressionnants : tout de même, ce sont 53 % des sondés qui ne sont pas d’accord, contre 40 % qui les soutiennent. Même en tenant compte des marges d’erreur, l’image reste claire.
A l’heure actuelle les « mariages » de couples de même sexe sont possibles au Brésil du fait d’une résolution du Conseil national de la justice qui a court-circuité le pouvoir législatif en obligeant les notaires à enregistrer ces unions, mais aucun parti politique majeur n’ose seulement porter le projet dans son programme électoral.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner




© leblogdejeannesmits



Etats-Unis : prison pour une femme qui a donné la pilule abortive à sa fille

Une habitante de Washingtonville, Pennsylvanie, vient d’être condamnée à 12 à 18 mois de prison, une amende de 1.000 $ et 40 heures de travaux d’intérêt général pour avoir fourni des pilules abortives à sa fille de 16 ans enceinte qui ne voulait pas garder son bébé.
Jennifer Ann Whalen, 39 ans, mère célibataire, a plaidé coupable du délit d’« avortement illégal » dans cet Etat où l’avortement ne peut être pratiqué que par un médecin.
En l’absence de clinique d’avortement à proximité de son domicile – la plus proche est à plus de 100 km – et faute d’avoir souscrit un contrat d’assurance santé, la mère a obtenu des pilules abortives par internet en les faisant venir d’Europe.
Peu après avoir avalé les comprimés, sa fille a commencé à ressentir des crampes très douloureuses et s’est mise à saigner abondamment, à tel point qu’elle a dû être conduite aux urgences.
Jennifer Ann Whalen fera donc de la prison. Si elle avait conduit sa fille dans un avortoir, personne n’y aurait trouvé à redire. La loi de Pennsylvanie tient compte de tout, sauf de la réalité.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



 
[]