10 juillet, 2009

Affaire de Recife : la mise au point de la Congrégation pour la doctrine de la Foi

Après les demandes d'éclaircissements présentées par l'archevêque de Recife, Mgr Cardoso Sobrinho, plusieurs membres de l'Académie pontificale pour la vie, et de la manière la plus pressante, par Mgr Schooyans (voir la note publiée ici le 11 juin dernier) la Congrégation pour la doctrine de la Foi viet de publier une mise au point qui ne laisse la place à aucune ambiguïté. Non, l'avortement n'est jamais permis, même dans des circonstances dramatiques comme celui de la fillette de neuf ans enceinte de jumeaux à la suite de viols répétés : aucune atteinte directe à la vie humaine innocente ne peut être justifiée.

Ainsi Mgr Cardoso Sobrinho, victime d'une levée de boucliers pour avoir osé avertir ceux qui allaient faire avorter la fillette, au mois de mars, de la gravité de cet acte en rappelant l'excommunication automatique qui y est attachée, obtient-il justice dans un article publié ce 10 juillet par L'Osservatore Romano, là-même où il avait été gravement mis en cause par Mgr Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la vie, dont l'article était invoqué depuis lors par les partisans du « droit » à l'avortement pour annoncer un changement dans la doctrine de l'Eglise sur le sujet.

Au temps, donc, pour tous ceux qui ont vu dans la récente acceptation par Benoît XVI de la démission de Mgr Cardoso Sobrinho, atteint par la limite d'âge, un désaveu de ses actes dans cette affaire.

Il faut préciser que cette mise au point doctrinale des plus complètes n'est pas synonyme d'inhumanité. Il s'agit au contraire de dire la dignité de chaque vie humaine innocente. De même que le rappel de l'excommunication automatique est une façon d'appeler ceux qui l'encourent de recourir à l'océan de la miséricorde divine.

Zenit.org a mis en ligne dès aujourd'hui la traduction intégrale de la note dont voici les premières lignes en lien :

« Diverses lettres sont récemment parvenues au Saint-Siège, notamment de la part de hautes personnalités de la vie politique et ecclésiale, qui nous ont informé de la confusion créée dans plusieurs pays, surtout en Amérique Latine, suite à la manipulation et à l'instrumentalisation d'un article de Mgr Rino Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la vie, sur les tristes événements concernant la « petite fille brésilienne ». Cet article, publié dans L'Osservatore Romano le 15 mars 2009, proposait la doctrine de l'Eglise, tout en tenant compte de la situation dramatique de cette enfant qui - comme cela a été révélé par la suite - a été accompagnée avec beaucoup de délicatesse pastorale... »

Articles précédents sur ce blog : ici.

17 juin, 2009

Folie de la fécondation in vitro : un cas d’école

Où, au passage, on confirme que la pilule du lendemain tue

« Paul » et « Deborah », couple marié du Pays de Galles, ont fait la une de la presse britannique ces derniers jours. Alors qu’ils viennent de se voir attribuer d’importants dommages et intérêts qui incomberont à la clinique de fécondation in vitro de l’hôpital universitaire de Cardiff, leur histoire a été révélée. En décembre 2007, ils s’étaient rendus à la clinique pour que l’épouse, 40 ans, déjà victime de plusieurs grossesses ectopiques, et qui s’était pour cette raison tournée vers la « fivete » homologue, se fasse implanter le dernier embryon congelé du couple. Le personnel de la clinique était embarrassé. Il lui avait fallu annoncer que l’embryon avait été « détruit ». Quelques jours plus tard, Deborah devait apprendre qu’il avait été implanté par erreur dans une autre femme qui, avertie de l’erreur, avait préféré mettre un terme à sa grossesse. Cela s’était passé le matin même du jour où Deborah était venue pour l’implantation.

Deborah, 40 ans aujourd’hui, s’était effondrée. « Ils ont tué notre enfant ! » La phrase lui revient encore aujourd’hui, comme une macabre ritournelle.

C’est l’histoire du roi Salomon à l’envers : il semble que la femme qui avait reçu l’embryon de l’autre couple, après avoir été avertie dans l'heure de la substitution accidentelle, avait été mise en garde à propos du fait qu’un procès aurait certainement lieu pour déterminer à qui appartiendrait l’enfant : à ses géniteurs biologiques ou à sa mère porteuse. Celle-ci, telle la fausse mère dans le récit biblique, a préféré choisir la mort.

Certainement enceinte depuis le matin même, elle a reçu non une pilule abortive, mais la pilule du lendemain, ainsi qu’en attestent WalesOnline et la BBC. Oui, contrairement à ce que prétend une certaine littérature, la pilule du lendemain tue donc bien en empêchant la nidation de l’embryon. Qui osera encore le nier ?

L’embryon, lui, était donc au rebut. De la part de ses vrais parents, on comprend les manifestations de choc (encore qu’ils aient confié qu’ils étaient au départ moins en colère qu'en apprenant la mise à mort volontaire de leur enfant, puisqu’ils pensaient que l’embryon avait été détruit en tombant d’une table…).

Mais cette affaire soulève très grand nombre de questions dont décidément personne ne sort très grandi.

1. Contrairement à ce qu’affirment les cliniques de fertilité, l’erreur (oserons-nous dire « sur la personne » ?) n’est jamais totalement à exclure. Dans ce cas, on parle d’un embryologiste stagiaire surmené qui a mélangé deux embryons posés par négligence sur une même étagère, à la faveur d’un mauvais éclairage et du bruit des travaux dans l’environnement de la clinique.

2. Paul et Deborah, sachant celle-ci sujette aux grossesses extra-utérines, avaient décidé plusieurs années auparavant de recourir à une fertilisation in vitro. Au total, neuf embryons avaient alors été « produits ». Un premier enfant, Jamie, 6 ans aujourd’hui, est né lors d’une première implantation. Mais plusieurs autres tentatives devaient… avorter.

3. Sur les neuf embryons, il n’en restait en 2007 que deux en congélation, dont l’un « impropre à l’utilisation ». Au rebut, lui aussi ! Le couple avait été appelé à cette époque par la clinique qui lui signalait que le dernier survivant était apte pour un essai. Déclaré conforme, sans doute.

4. Etant entrés dans la logique de la fabrication d’un enfant « dû » et non de l’accueil d’un enfant « don », l’attitude de la « marâtre » furieuse de porter un enfant qui n’était pas le sien était inévitable. La colère de ceux qui se sentent volés aussi : leur souci était entre autres la cherté de la procédure et l’âge de la mère, puisqu’ils avaient peur de ne pas pouvoir recommencer une procédure de « fivete » avec stimulation ovarienne et la création d’une nouvelle série d’embryons.

En fait, la clinique de fertilité de l’hôpital de Cardiff, qui a multiplié les plus plates excuses, a proposé au couple un nouveau traitement sans aucun frais ; échaudés, Paul et Deborah ont promis qu’ils n’y mettraient plus les pieds mais envisagent aujourd’hui d’utiliser leurs dommages et intérêts pour procéder à un nouvel essai, ailleurs.

Tout ira pour le mieux, tant qu’ils pourront eux-mêmes prendre la responsabilité de la « production » et le risque de la destruction massive de leurs tout-petits.

Après tout, pour les renvois au fabricant, il n'est plus question de papa et maman, mais des techniciens « procréateurs ».

12 juin, 2009

Limiter la population pour sauver le climat

Le vrai projet de la Deep ecology prend davantage place au sein de l'ONU

Le rythme de la croissance mondiale est insoutenable pour la planète et le climat, estime une ONG australienne qui demande que le futur accord de Copenhague lie « explicitement » la réduction de la population et celle des émissions de gaz à effet de serre. « Le Protocole de Copenhague doit explicitement établir la relation entre le fait de réduire “humainement” le nombre d‘êtres humains et l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre », indique Sustainable Population Australia, une organisation non gouvernementale, dans une communication aux Nations unies.

Pour l’AFP, l’ONG va lever un « tabou », ce qui montre à quel point l’on ignore ou feint d’ignorer ce discours de plus en plus fréquent et de plus en plus ouvertement soutenus par les grands « philanthropes » comme Bill Gates (Microsoft), Ted Turner (AOL), la fondation Rockefeller et bien d’autres.

Le texte est consultable en ligne sur le site de la Convention de l’ONU contre les changements climatiques (CCNUCC). Il a été présenté jeudi soir à Bonn, en marge des négociations du futur accord climatique qui doit être adopté en décembre à Copenhague.

Partisane de la décroissance, l’ONG identifie comme facteurs d’abus des ressources énergétiques de la planète et d’émissions de gaz à effet de serre la population, la richesse par tête et les choix technologiques. La population apparaît alors comme une variable d’ajustement. La population mondiale approche actuellement les 6,7 milliards et augmente chaque année d’environ 77 millions d’individus, rappelle-t-elle. Et même si les émissions par tête n’ont guère évolué, les émissions mondiales totales n’ont cessé d’augmenter, en raison d’un usage accru des énergies fossiles : pétrole, gaz, charbon. « L’ONU prévoit une augmentation de 50 % de la population mondiale en 2050 ; même si les émissions par tête étaient réduites de 30 %, leur volume global resterait inchangé », affirme l’ONG, d’autant que selon elle la production de nourriture, la multiplication des voyages et les migrations vers des pays riches accélèrent le mouvement.

L’organisation australienne, qui avance que « 41% des naissances dans le monde sont non désirées », demande (exige ?) que celles-ci soient réduites : « S’assurer que chaque enfant qui naît est un enfant attendu est le moyen le plus rapide et le plus efficace de réduire l’impact humain sur l’environnement, y compris sur les émissions de gaz à effet de serre. »

En clair : « les chefs d’Etat doivent soutenir » les programmes de planning familial qui doivent être financés par des contributions internationales accrues (Obama s’y emploie…) ; « le maillage des lieux d’offre de planification familiale doit être dense » ; « les contraceptifs doivent être délivrés sans ordonnance » (tiens, en France, le gouvernement Sarkozy s’y emploie…) ; « l’avortement doit être légalisé ».

Le tout s’accompagnant d’un matraquage de l’opinion, notamment dans les écoles (les manuels scolaires français répondent déjà à cette exigence).

Tout en reconnaissant que « des objections culturelles et religieuses sont parfois soulevées » quand il s’agit de limiter le nombre d‘êtres humains, l’ONG estime que « tout examen dépassionné du niveau actuel de l’impasse environnementale humaine présente montre que le taux et la croissance de la population ne sont pas “soutenables” et ne peuvent être ignorés. Sans réaction, les pires scénarios seront presque certainement inévitables ».

Ce n’est pas un tabou qui est levé, mais au moins le discours devient plus audible. Et il a déjà produit des effets.

(Cet article a paru dans Présent daté du 13 juin 2009.)

11 juin, 2009

Affaire de Recife : Mgr Michel Schooyans prend position

Le site pro-vie LifeSiteNews vient de publier la réaction très pointue de Mgr Michel Schooyans, spécialiste des questions démographiques et du droit de la vie, à l'affaire de la petite fille de Recife. Professeur émérite de philosophie politique à l'université de Louvain, le prélat a jugé que l'« Affaire de Recife » est d'une « extrême gravité » pour l'Eglise, dans la mesure où la note publiée par Mgr Fisichella dans L'Osservatore Romano introduit une « morale de situation » et même un « relativisme total » à travers le respect de la liberté de choix dans des situations concrètes, relève LifeSite.

Il va jusqu'à écrire dans le résumé de ses commentaires : « Qu'il soit simplement établi que Rino Fisichella justifie ici l'avortement direct. »

Mgr Schooyans est membre de l'Académie pontificale des sciences sociales.

Pour les anglophones, voici le texte complet de son commentaire, toujours sur LifeSite.

En français, voici un résumé de l'article avec quelques-uns de ses « temps forts » dont je vous propose ma traduction.

A propos de l'article de Mgr Fisichella, dont il note le caractère « quelque peu démagogique » et les erreurs de fait, il écrit :

« Le titre de l'article en lui-même fournit une indication claire quant à la position de Mgr Fisichella dans cette affaire : il s'est focalisé sur les intérêts de “Carmen” (ndlr : nom donné pour l'occasion à la fillette). Le caractère unilatéral de ce choix va si loin qu'on ne trouve pratiquement aucun mot de compassion pour les jumeaux victimes d'un double avortement. »

Mgr Schooyans lui reproche d'avoir accepté sans vérification l'affirmation selon laquelle la fillette aurait été en danger de mort : « S'est-il laissé tromper par les journalistes ? A-t-il écrit sous la pression ou la contrainte ? (...) Ce qui aurait dû être prouvé, à savoir que l'avortement était le seul moyen de sauver la mère, dont on considérait la vie en danger, est présenté comme un fait établi."

Mgr Schooyans note alors que le dossier médical de la fillette établit le contraire : « On ne pouvait d'aucune façon invoquer un quelconque état de nécessité. »

« “Carmen portait une vie innocente”, poursuit Mgr Fisichella, ajoutant : “Dans son cas, la vie et la mort se sont trouvées face à face.” Des affirmations théâtrales, mais inexactes. Carmen portait deux vies innocentes, et ces deux vies - aurait-il dû écrire noir sur blanc - ont été détruites. La mort a été infligée intentionnellement et inéluctablement, sans aucune justification, sur deux bébés absolument innocents. En raison du propos délibéré de réaliser l'avortement, la vie n'a eu à aucun moment une quelconque chance de prévaloir. »

Mgr Schooyans souligne l'absurdité du propos de Mgr Fisichella sur le fait qu'on ne prend pas aisément une décision d'avorter en de tels cas, puisque ni la vie de la fillette, ni celle de ses enfants n'étaient en danger, si ce n'est de la part des « médecins qui ont choisi de pratiquer le double avortement, et des idéologues du droit de choisir ».

Et de noter que cette « flatterie » des médecins, demandant pour eux le respect, constitue une justification indirecte de l'euthanasie pour ceux qui la pratiquent dans des cas extrêmes. « Par ses paroles, Rino Fisichella a semé une grande confusion dans les consciences des médecins du monde entier à propos du respect de la vie, à ses débuts et à sa fin. »

« Rino Fisichella nous fournit une nouvelle surprise lorsqu'il se hasarde à donner des arguments relatifs à la morale fondamentale », poursuit le prélat belge. En affirmant que chaque situation est unique, « Rino Fisichella révèle son adhésion à la morale opportuniste, la morale de l'option fondamentale, la morale proportionnaliste, toutes catégoriquement condamnées par Jean-Paul II dans Veritatis splendor.

Pourtant, Mgr Fischella a bien rappelé dans sa note la condamnation de l'avortement par l'Eglise. Mgr Schooyans relève donc la contradiction interne dans cette note publiée par le président de l'Académie pontificale pour la vie (PAV) : « Pour lui, il faut adhérer aux principes tant que la liberté de choix, avant tout, en face de situations concrètes, est respectée. Voilà ce qui détruit la morale, tant naturelle que chrétienne... »

Mgr Schooyans dénonce encore plus vigoureusement la présentation du droit canon par Mgr Fisichella : « Il y a quelque chose d'inadmissible dans la tentative d'émouvoir le lecteur en l'invitant à “regarder au-delà du cadre juridique” dont la raison d'être ici est de protéger les innocents. Il est, pourrait-on dire, blasphématoire de tordre les paroles du Seigneur de la Vie pour excuser les avorteurs, en même temps - et cela ne fait qu'aggraver l'affaire - que d'exploiter l'infortune de la mère, blessée et privée à jamais de ses deux enfants. »

Il a été reproché à Mgr Cardoso Sobrinho d'avoir fait du tort à la crédibilité de l'Eglise. « Mais l'Eglise et ses pasteurs ne méritent pas d'être crédibles s'ils ne proclament pas la vérité », affirme Schooyans. Et de rappeler que le Pape lui-même, à Luanda, le 20 mars, regrettait que l'avortement puisse être présenté comme une affaire de santé maternelle, déclaration que le P. Federico Lombardi « s'est cru autorisé à édulcorer le lendemain », non sans suggérer que l'avortement pratiqué sur la fillette de Recife était un « avortement indirect », c'est-à-dire non voulu directement.

« Est-il normal qu'un journaliste, même de haute volée, s'érige en interprète autorisé de ce que le Pape vient de dire, spécialement si son interprétation a pour effet d'arrondir les angles des déclarations du Saint-Père ? Il serait sans doute nécessaire de clarifier les niveaux d'expertise et d'autorité. Les paroles du Pape seraient-elles donc si obscures qu'elles nécessitent un déchiffrage de la part d'un magistère médiatique non officiel ? »

Mgr Schooyans souligne ensuite le trouble semé dans l'Académie pontificale pour la vie et l'atteinte à son autorité.

La gravité des prises de position de Mgr Fisichella est alors détaillée. Elles font le jeu des organismes internationaux qui se servent justement des cas extrêmes pour demander la légalisation universelle de l'avortement afin de sauver des vies maternelles. Il porte atteinte aux arguments pro-vie alors même que la bataille fait rage au Brésil et ailleurs, donnant une « légitimité » à tout ce que les mouvements anti-vie ont proclamé depuis des années. D'ailleurs les mouvements pour l'avortement ne s'y sont pas trompés, qui ont accueilli la note avec enthousiasme.

« Les positions prises par Rino Fisichella sont très voisines de celles que l'on rencontre dans les publications du Planning familial, de l'OMS, du Fonds des Nations unies pour la population et des “Catholiques pour le libre choix”. Il est permis de se demander si cette proximité est le fruit du hasard, ou si d'autres explications méritent une investigation. Les lecteurs de l'article ont l'impression qu'une main cachée a joué un rôle. Ce qui nous permet d'envisager cette hypothèse est la différence significative, quant au style et quant à la doctrine, entre l'article publié par Fisichella dans L'Osservatore Romano (...) et une interview (...) publiée par Il Corriere della Sera du 24 janvier 2009. »

En espérant que des secteurs de la Curie romaine ne soient pas imprégnés par l'influence du président Lula, qui avait pareillement attaqué Mgr Cardoso Sobrinho, Mgr Schooyans rappelle qu'une campagne pro-avortement mondiale est menée aujourd'hui par Barack Obama, intensifiée par le couple catholique Tony et Cherie Blair. Ce qui laisse prévoir que « l'Amérique latine sera bientôt sous pression afin d'adopter les “nouveaux droits humains”, y compris le “droit” à l'avortement ».

Pour Schooyans, il est urgent de se demander si la préséance de la Congrégation pour la doctrine de la Foi ne doit pas être établie à l'intérieur de la Curie. Il demande si l'article de Fisichella a été publié en accord avec d'autres autorités vaticanes : « Lesquelles ? Qui a financé, organisé et couvert cet arrangement ? Dans une lettre datée du 14 mai (PAV, ref. 4235/09), Fisichella a écrit : “Cet article a été écrit sur demande.” A la demande de qui ? Il en est qui veulent insinuer qu'une pétition a été adressée à Fisichella, voire une sommation, au niveau du bureau de la Secrétairie d'Etat... C'est une question cruciale sur laquelle la lumière doit être faite. »

Mgr Schooyans n'hésite pas à se demander, vu le nombre de désinformations qui ont conduit à cette affaire, s'il n'y a pas des taupes au Vatican, des menées pour discréditer L'Osservatore Romano, il accuse directement Fisichella de compromettre les efforts immenses déployés par l'Eglise en faveur de la famille et de la vie.

« Il serait désastreux que cette affaire soit couverte par le silence ou qu'elle se poursuive indéfiniment, vu que le trouble est grand parmi les fidèles et que des mouvements “laïques” sont à l'évidence à l'affût pour exploiter la moindre nouvelle faille dans l'unité de l'Eglise. Un silence anormalement prolongé impliquerait que le Saint-Siège confirme la répudiation de l'archevêque Cardoso, prononcée implicitement par Fisichella. »

Il faut faire cesser les multiples erreurs, ajoute Mgr Schooyans, qui utilise le mot « scandale » et parle d'urgence, d'autant que l'affaire ouvre la voie à d'autres « dissidences ».

« L'affaire de Recife souligne que l'unité de l'Eglise ne peut se résumer à une affaire d'opportunité politique. L'Eglise, ou à tout le moins certains de ses membres, est victime d'une stratégie de la tranche de salami. En rejetant Humanae vitae, certains parmi ses pasteurs ont avalé la première tranche : la contraception. L'affaire de Recife révèle que certains de ses pasteurs sont en train d'avaler la deuxième tranche, l'avortement. D'autres tranches sont en attente d'être avalées : l'euthanasie, le “mariage” de personnes de même sexe, diverses forme d'ingéniérie génétique, etc. (...) On se contente d'une vérité qui s'enracine dans l'ambiguïté. Mais cette ambiguïté conduit inévitablement à un relativisme doctrinal généralisé. Cette tendance doit-elle être encouragée ? »

Pour Schooyans, la seule solution se trouve dans une mise au point du Pape lui-même, puisque l'article de Fisichella a créé un doute à propos de la légitimité de l'avortement. « Mais il n'est pas sûr qu'à Rome, la gravité de la situation soit suffisamment perçue », regrette-t-il.

02 juin, 2009

En anglais... Exclusive interview : Prof Josef Seifert, of the Pontifical Academy for Life, speaks about the Recife affair

The following interview with Pr Josef Seifert, of the Pontifical academy for life, by Jeanne Smits, was published in in French in Présent dated May 26th 2009. It followed the remarks published by Pr Seifert following Mgr Fisichella's note in the Osservatore Romano.
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– Why did you choose to write to Mgr Fischella ?

– It was not really a letter to Mgr Fisichella, even if several internet sites which published my remarks presented it as such. We – that is, several members of the Acadamy – wrote privately to our president. The text to which you refer was not a letter but a series of remarks : I was asked to express my opinion because, worldwide, there was confusion about whether there was a change to the teaching of the Church on abortion.

– But you found these observations and remarks necessary and you do maintain them.

– Yes, I found them necessary because I think one can see how all through the pro-abortion circles, in countless articles, Mrs Frances Kissling, who called Fisichella’s article “an amazing shift in the Vatican’s strategy of no dissent from its position that direct abortion is never permitted”, and many others interpreted it as a complete change in the teaching of the Church which they welcome, by believing that now so-called “therapeutic abortion” is okay in the eyes of the Church. In my opinion this is not a wrong construal of the article of Mgr Fisichella (even though he indicates at the beginning of his article that the Church’s doctrine on abortion does not change). I certainly hope that Mgr Fisichella does not really maintain this position but his article certainly creates this impression both with the opponents and the adherents to abortion and therefore I thought it was very urgently necessary to speak on this, also in public. And I hope that the Church, with authority, will speak out.

You write that several people of the Pontifical Academy for Life have been speaking about this privately. Is the discussion going on, as far as you know?

– I feel it is not up to me to speak about the internal operations in the PAV, or of the members of the Academy, but I can say a number of members hoped that Mgr Fisichella would express himself, and that some of them wrote to him jointly, and others personally. Despite this there has been no public correction or change to this opinion he published. That much I can say, for the rest I wouldn’t like to give information to the press about the names or numbers of those who reacted.

– This whole affair was about communication. Was Mgr Cardoso Sobrinho right to speak about excommunication ? I think there are two points here : the point that in Western circles, it was assumed that the little girl was on the point of dying, which was not true. But if she had been, do you think it would be possible to say that excommunication would not intervene because of the fear of death on the part of the mother of the little girl?

– First of all, the archbishop of Recife made corrections, which I added to the text of my observations published on internet. He did not excommunicate this girl, the nine year-old who had an abortion. And he did not actually excommunicate the responsible people: he told them that they were excommunicated automatically. Mgr Fisichella mentions as much at the beginning of his article. It was not a direct excommunication of the people concerned but a public declaration of the archbishop, that all those involved in the abortion were excommunicated latae sententiae. This is what the Codex Juris canonici says, and I think also Evangelium Vitae. It was not a new excommunication or the excommunication of a nine year-old girl.

This girl was not actually in danger of dying, the abortion was not a life-saving act as it appeared in the article. It was simply an abortion on a nine year-old girl, who was abused sexually by her stepfather. It was very sad, no doubt, and from that point of view Mgr Fisichella was right to say that it was an extremely tragic case; but the archbishop of Recife was completely aware of that. Moreover, in point of fact he was not communicating poorly, but he was being a pastor and he was trying to do everything that could be imagined to show love and charity to this girl and also to her mother and father. Mgr Fisichella’s article creates the false impression that Mgr Cardoso Sobrinho neglected his pastoral duties in this case and instead of showing charity had only cruelly waved an excommunication flag against a nine year old.

If the little girl really had been in danger of dying those responsible persons who collaborated with it, would still incur excommunication; abortion, in the eyes of the Church, even to save some life, is not permitted. That would still fall under this sanction of excommunication. But apart from that, it wasn’t the case.

– No, it was not the case. I think it’s more a question of sensitivity of Western people who are not Catholic anymore, who do not understand what excommunication means. Would you agree with that?

– Yes, no doubt. I think there was a sort of hysteria about this excommunication, but the archbishop José Cardoso Sobrinho declared his conviction that in this particular situation, with the public discussion accompanying it, it seemed pastorally and out of charity necessary to state publicly that those who performed or collaborated in the abortions incurred excommunication. As we can see from what happened after the article of Mgr Fisichella, many people who are Catholics or who are seen as Catholics, seem to be claiming therapeutic abortions can be carried out; Mrs. Kissling even was President of an organization that is a contradiction in terms: “Catholics for choice” (pro freedom for abortion). In Canada, people, including an archbishop, came out quite openly on this, drawing the same conclusion from the Fisichella article. There was confusion and I think the archbishop Cardoso Sobrinho was correct to say that if one does not speak about that at all, the impression remains that it is not a heinous crime to kill unborn innocent children, because this idea has disappeared so widely from society. There are so many countries in which abortion is legal that I think he made a good point.

In my opinion that is the reason why the reaction to the archbishop’s declarations was nearly hysterical, as if he had done nothing to take care pastorally of the girl, and of the babies, as if he had spoken coldly and without further ado excommunicated all those involucrated in the abortion. I think the declaration of the diocese puts this in a very good perspective that is quite contrary to the wrong impression drawn from the Fisichella article.

– You used the word “charity”, which is very interesting. You said the archbishop of Recife had the charity to say the truth about this. I’d like you to go a bit further on this point: actually you’re saying the Church is charitable when it shows people that something is very wrong.

– If it is the truth that to kill the unborn is a great crime, if it is a serious thing and puts in peril the soul of all those who do abortions or who participate in abortion, then I think it is an act of charity to make people aware of this fact, and it is a lack of charity to be silent about the real nature of this crime. But the archbishop, together with a pastor, showed his charity not only in mentioning the excommunication but also in many, many efforts to save the lives of the children, and the health and spiritual well-being of the girl, in offering pastoral services to her and to the mother. His charity was not restricted to his declarations on the excommunication of the mother or the other persons involved.

But I do indeed think that he was also charitable in telling them that in the eyes of the Church, who teaches the truth opportune-importune, there are actions which separate those who commit them from the community of the Church and which also constitute enormously great dangers for their souls. Therefore I think it is certainly not charitable not to warn people of such a danger and to lull them in a feeling that they have done well or have just been saving a young girl’s life. This applies to any dangers. Telling someone that if he comes close to some danger he will die is an act of charity, not to tell him is a lack of charity: why should it not be charity to tell someone that through what he does he might lose his eternal life? Christ, who is God and hence Love (Charity) Itself, warns us a tremendous number of times of the danger of hell. I think the words of archbishop Sobrinho must be seen in that light.

Now of course in a society in which people have reached a more or less general consensus that there is no danger of peril to any soul, that there is no sin, or at least no mortal or grave sin, it must appear extremely old-fashioned, rude, and uncharitable to say such a thing, which it would be if sin and the threat of damnation are fairy-tales. But if these exist, there exists a “charitable excommunication” and to see any form of excommunication, even if preceded by ardent charity and spiritual pastoral care, as uncharitable would be a profound misconception.

– Are you afraid, in the light of what is happening, that the doctrine of the Church is really changing, or rather that it is not being proclaimed as it should be ?

– I am not afraid that the Church’s teaching on the absolute and unconditional wrongness of abortion and killing human embryos in any other form (by abortion pills, embryonic stem cell research, etc.) is changing, because as a Catholic I believe that the Church is guided by the Holy Spirit who will prevent that it ever declares false things on very important issues of morality or doctrine. Purely humanly speaking I would be extremely afraid because of this long silence from the Vatican on such an important and urgent issue, a silence which I find quite wrong, wherefore I hope it will end soon. But Gamaliel in the Acts of the Apostles gives an argument for the truth of the Church and the divine foundation of the Church, which I consider extremely strong and would like to call the “rascal proof of the Catholic Church”, which appears in cynical undertones also in one of Bocaccio’s stories in the Decamerone: Gamaliel says the Jews should not abuse or kill the apostles because if their work is purely human it will disappear in a generation, while if it is divine they would be fighting God in killing the apostles.

And indeed the teaching of the Church has not changed for two thousand years in spite of some horrible Popes, and with our present Pope and Pope John Paul II we have been blessed with wonderful Popes! In the past, some Popes were really terrible, but in spite of them and many corrupt and heretical bishops and cardinals during two thousand years of history and sometimes of exorbitant corruption, worldliness and heretical views in the Vatican, Church doctrine has not changed on any single essential point, and that is, I think, a miracle. Even the greatest philosophers, such as Plato, had their noblest cognitions denied in their own school within decades. How much more would a mere man-guided religion that teaches such immense mysteries fall apart and splinter into thousands of sects without the divine gift of infallibility and guidance through God? I believe in that miracle of the Catholic Church of which the Jew Gamaliel spoke, and I therefore – and solely of it being God’s work - do not think the Church will ever change its doctrine.

But it’s another thing for a bishop, who can easily err, or even for a Congregation for the Faith or a Pope, to declare sufficiently strongly a teaching of the Church. Pope John Paul II, the Great, did so magnificently in Evangelium Vitae regarding human life and abortion, and I hope that this will happen again, especially after this confusing article which makes a quick and unambiguous and public reiteration of this doctrine necessary. But of course there is no guarantee that at all times all bishops, or responsible cardinals, or even the Pope himself (let alone the Osservatore Romano, who lately not only published the Fisichella article in several languages after its errors about archbishop Sobrinho were already clearly known, but a series of other scandalous articles on life issues, for example some of at least implicitly critiquing of the 80 US bishops, who decried Notre Dame’s decision to give Obama, the most pro-abortion US President of all times, an honorary doctorate of law), will proclaim the teachings of the Church strongly enough. Saint Catherine of Sienna condemned this great evil of uncharitable silence in the Church of her time. My fear is that we ourselves, and the authorities of the Church, never proclaim the truth and a true Church teaching strongly enough, but I do think very strongly that one must do everything to express the desire and the hope that it will be done, and to pray for that intention.

– I’d like to put to you the point made by a French catholic journalist who was very angry about the gesture of Mons. Cardoso: he said all the people who were applauding the archbishop are part of a “vitalist” heresy which has an excessive respect for human biological life. How do you react to this sort of reasoning ?

– I think a “vitalist heresy” in the sense of overestimating or idolizing the value of earthly human life is an extremely low danger in the Church today. I think the real danger is rather the exact opposite: what Pope John Paul called the “culture of death” heresy. I don’t know exactly what this journalist means but if it is that he calls the insistence on the sublime dignity and morally binding character of the dignity of every human life from conception to death a heresy, that is a complete abuse of the term “heresy”. Especially given the fact that the Encyclical Evangelium vitae declares – dogmatically, because the Pope invokes the authority of Peter and his successors – very clearly, that human life from conception to death deserves full respect, with no exception, and that any direct killing of an innocent life is clearly a crime. So from that respect, I think any statement that relativizes this, like saying therapeutic abortion is acceptable, or that it is very unclear whether it is permitted or not, is actually a “culture of death” heresy in the light of that dogmatic declaration of Evangelium vitae.

You could of course speak of vitalist heresy in the case of environmentalists who argue that every form of life, even bacterial life, should not be killed. If we are speaking about an absolute right for every living organism, animals or plants, and we must all be vegetarians or only eat fruits, that could indeed be called a “vitalist heresy” – like making an uproar, with Brigitte Bardot, when sheep are slaughtered in Morocco for the muslims greatest religious feast.
But I think it would be a very shocking misuse of the word to call the full and unconditional respect for each human being’s life “heresy”. That no innocent human life must ever be taken is not only a natural ethical point of view or an objective ethical insight that Socrates could state even apart from the context of Revelation (when he refuses to kill the innocent Leon, even at the risk of his own life, being asked by the government to do so), but it is the clearly declared Church teaching, particularly in Evangelium vitae.

01 juin, 2009

Pour l'honneur d'un cardinal

Une polémique fait la une de la presse espagnole à propos du Cardinal Cañizares, nommé en décembre préfet de la Congrégation pour le culte divin. Celui-ci a commenté sur la chaîne espagnole Antena 3 le scandale des abus de multiples natures, sexuels et autres, subis avant 1980 par plusieurs milliers de garçons et de filles irlandais de la part de religieux dans des institutions caholiques, en ajoutant que l’Eglise demandait « pardon » pour ces horreurs, mais en ajoutant aussi qu’il n’y avait pas de commune mesure avec les millions de victimes de l’avortement.

Patrice de Plunkett y a trouvé une nouvelle cause de scandale. Sur son blog, il écrit ceci :


Commentaire - La douloureuse et courageuse attitude des évêques irlandais rend stupéfiante l'intervention du cardinal espagnol Cañizares citée par La Croix du 29 mai :
« Commentant ce scandale, Mgr Cañizares, nommé en décembre par le Vatican préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, a déclaré jeudi : “Ce qui a pu se passer dans un certain nombre de collèges n'est pas comparable avec les millions de vies détruites par l'avortement.”. »


L'avortement est une atrocité. Mais les sévices sur enfants (par des gens du clergé) sont une monstruosité, dont on sait les ravages quand on connaît un peu les Irlandais.... Prétendre estomper ceci en invoquant cela est un procédé honteux. Et si ce n'est pas un procédé, alors c'est d'une bêtise qui défie l'évaluation. De quoi se mêle le cardinal espagnol ? Depuis quand les abus sexuels relèvent-ils de sa congrégation ? Ne voit-il pas quel mauvais service il rend à la défense de la vie, en pratiquant un amalgame aussi intolérable ? Un concours de pataquès (dantesques) s'ouvre-t-il entre le
cardinal Cañizares et le cardinal Re, qui se rendit coupable d'une intrusion du
même genre dans l'affaire de Recife ?

J’avoue ne pas comprendre. Une fois de plus, c’est sur une citation incomplète et hors contexte que s’exprime l’indignation. Si l’on devait s’en tenir simplement à ce que La Croix rapporte, une transposition simple permettrait de comprendre que le propos n’est pas scandaleux. Imaginez en effet que le cardinal ait dit : « Ce qui a pu se passer dans un certain nombre de collèges n’est pas comparable avec les millions de vies détruites par la Shoah. » Je pense que personne ne pourrait contester cela, ce qui n’empêche évidemment pas de condamner la « monstruosité » des sévices sur enfants, surtout lorsque des religieux s’en sont rendus coupables.

Mais il faut aussi comprendre que l’Espagne est au sein d’une bataille terrible contre la libéralisation de l’avortement, une bataille dans laquelle l’épiscopat s’est lancée avec vigueur et courage, avec le soutien d’un prince de l’Eglise que d’aucuns ont appelé « le petit Ratzinger ». Que c’est une bataille d’aujourd’hui, et non un scandale du passé. Qu’aujourd’hui, l’avortement fait 42 millions de victimes dans le monde chaque année (chiffres du Guttmacher Institute, pro-avortement légal).

Le cardinal de Tolède, à la veille de quitter sa ville pour rejoindre la Ville éternelle, a maintenu son propos et l’a ré-expliqué au cours de l’émission En la Tarde con Cristina sur Cope.

« Simplement : je réprouve tous les abus commis sur les mineurs. Comment pourrais-je ne pas réprouver ce qui est intrinsèquement mauvais ? Comment ne pas réprouver le fait qu’il y ait des actes qui, en effet, constituent un abus de la dignité des petits avec toutes les conséquences que cela comporte ? Mais il faut aussi réprouver de façon absolument absolue cette chose intrinsèquement perverse qu’est l’avortement. Ce sont 40 millions d’êtres sans défense, faibles, fragiles qui sont légalement assassinés chaque année dans le monde. Cela est très grave (…). Oter la vie à quelqu’un, c’est plus grave que de lui causer des traumatismes. Cela ne justifie en rien, et je ne veux en rien justifier, tout ce qui relève des délits sur les mineurs. Ce sont des délits très graves, énormément graves. Mais le commandement “Tu ne tueras pas” est d’une absolue gravité et il faut le considérer comme tel.

« En ce moment où nous sommes en train de revendiquer une société nouvelle, une société en paix, une société libre, une société qui respecte les droits humains, si l’on ne respecte pas le droit à la vie, que respectons-nous ? Si nous ne respectons pas la dignité d’un être humain – je dis bien un être humain, pas un être vivant – qui grandit dans le sein de sa mère, et qu’on ne laisse pas naître, où est la plus grande violence ? (…)

« On souligne que ces petits qui ont été aussi brutalement traités, l’ont été contre leur volonté. Mais a-t-on tenu compte de l’avis de ces petits êtres humains qui sont dans le sein de leur mère, pour savoir s’ils décident de naître ou non ? Là, il n’y a que la décision de la mère ou la décision de ceux qui conduisent la mère à accepter cette réalité terrible qui est celle de l’avortement. »

Les propos du cardinal ( « pataquès dantesque », vraiment?) ont été condamnés d’abord et surtout par la gauche espagnole au pouvoir. Le ministre de la Santé et de la Politique sociale Trinidad Jiménez - elle préside notamment à la promotion du projet d’avortement qui « est un droit et qui sera gratuit pour pouvoir être exercé » (ici) - a qualifié les paroles du Cardinal d’« inappropriées et irresponsables » parce que les abus sexuels « commis normalement sur des mineurs contre leur volonté » les « affectent de manière terrible pour le restant de leurs jours ».

Reste que les législations occidentales prévoient des peines plus lourdes pour ceux qui ôtent la vie que pour ceux qui violent, même lorsque leurs victimes sont mineures. (En France, 20 ans de réclusion pour un viol sur mineur de 15 ans, contre 30 ans pour le meurtre.)

On peut écouter le cardinal Cañizares ici : .

31 mai, 2009

Un avorteur assassiné aux Etats-Unis

On apprend ici que George Tiller, un médecin pratiquant des avortements très tardifs aux etats-Unis, proche de Kathleen Sebelius, nouveau ministre de la Santé de Barack Obama, a été assassiné par balles ce dimanche alors qu'il entrait dans une église luthérienne de Wichita, Kansas.


Lors d'un crime similaire il y a quinze ans le cardinal de New York, John O'Connor, avait réagi, puis répété sa condamantion un an plus tard dans les mêmes termes :


« Je crois que c'est pure folie. Lorsque cela s'est produit l'an dernier, j'ai déclaré que si quiconque ressent une pulsion de meurtre à l'égard du personnel d'un avortoir, il devrait me tuer, moi. Je le pense toujours. C'est de la folie. Cela discrédite le mouvement pro-vie. Un meurtre est un meurtre. C'est de la folie. On ne peut empêcher que l'on tue en tuant. »


Source : BigBlueWave.


L'apologiste catholique américain Mark Shea commente ici :


« Que Dieu ait pitié aussi bien de la victime que du meurtrier.

« George Tiller a été tué par balles ce matin. C'était un monstre qui justifiait ses actions par les justes fins en vue desquelles il déclarait agir.

« En cela, il avait un communauté d'esprit avec la personne qui l'a assassiné.

« Dans notre climat culturel actuel, il se peut bien que l'homme qui vient de faire cela a assassiné le mouvement pro-vie. Il n'en faudra pas beaucoup plus pour que César décide que tous les terroristes ne sont pas islamiques et qu'il commence à dépouiller les pro-vie des protections de la loi pour la “sécurité de tous”. Il aurait tort, bien sûr, de le faire. Mais les imbéciles qui auraient envie d'applaudir (ou, plus souvent, de chercher à excuser) cet acte pervers devraient garder à l'esprit que le fait que César ait tort n'a pas grande importance quand c'est lui qui détient les armes, la police et les prisons.

« J'ai parfois peur que l'une des seules consolations de mes vieux jours sera de me trouver dans une cellule de prison comme “présumé extrémiste pro-vie théocratique” en compagnie d'autres chrétiens innocents partisans du conséquentialisme et de leur dire : “J'vous l'avais bien dit.” »

30 mai, 2009

Mgr Cardoso Sobrinho, archbishop of Recife : exclusive interview in “Présent” (English translation).

The following interview was published on Thursday in the French catholic daily newspaper, Présent. Excerpts in English appeared on LifeSite from a translation published on BigBlueWave whom I would like to thank for having given this publicity to a text which seems to me important. I decided to correct and complete that translation, also in the light of the original interview which I conducted in Spanish with Mgr Cardoso who was so good as to take time to answer my questions. Here then, is the full translation. – Jeanne Smits

– In the wake of the Recife affair, the Osservatore Romano publicly rejected your declarations on the automatic excommunication of those who chose abortion for the little girl and those who carried it out. Since then a tendency has appeared in the media suggesting that Church teaching has changed as to determining whether abortion when the mother’s life is in danger or in other particular circumstances is wrong, whether it is sinful. On the other hand, media lies on important points in the case have been plentiful, even though many people have expressed admiration for your attitude. Could your Excellency tell us what really happened?

– First of all I want to express my very profound gratitude to all those who expressed support. I received hundreds of messages of solidarity from the world over: priests, bishops, lay people, approving my decision to speak out clearly on the law of the Church. I received the “Human Life International” cardinal Von Galen prize, and very recently the Pro Vida association of São Paolo also attributed its prize to me. Thanks be to God, many people approve of what I did.

There are some people, however, in France, in Canada… including bishops, who wrote articles or public letters to state their disapproval. In a spirit of dialogue, I would like to sat that is wrong to say that we – that is to say myself and the parish priest of the pregnant little girl – did not give her the special attention she needed. We gave her every attention and every care. What has unfortunately been published is simply not true: we did everything that was in our power to help.

Some, when they speak about the publicity surrounding this affair, affirm that it was not “timely” to speak of excommunication. I do not agree with that point of view. They were practically telling me that we should have forgotten what Canon Law says concerning excommunication. My opinion is different. I say that this law exists for the good of the Church. And that it was not I who excommunicated anyone, as I have repeated countless times. Those who accuse me say that it is I who “excommunicated”, and that’s totally false; I simply drew attention to a law that exists in the Church, canon 1398. And I ask: is it appropriate to remain silent, as many claim? Would it have been better that I not speak at all about excommunication? Well, I answer that I do not agree. It is a law of the Church for the good of the Church. It has existed for many centuries. The new Code of Canon Law, promulgated in 1983 be the Servant of God Pope John Paul II, reiterates this law. In the same way the Catechism of the Catholic Church, published by the same pope in 1992, repeats and comments on this law. Would it have been better to keep silent? Well, in my opinion, it is of the highest importance to draw everyone’s attention, especially that of the Catholic faithful, to the gravity of the crime of abortion. That is the reason why the law exists.

We, in our diocese, have received so many messages from so many people who have told me “Now, I better understand the gravity of abortion, and I will change my conscience.” In my opinion, the act of the drawing attention to the existence of this excommunication produces a spiritual benefit among the Catholic faithful. But it also benefits others, who apparently perform abortions with their minds at rest and who will from now on, I trust, weigh in their conscience the gravity of what they are doing. That is the final goal of this law of the Church, of this penalty of excommunication: it is medicinal. It is a remedy in view of the conversion of all. For the person who incurs it, it is a means to make him understand that he will have to answer for his act before God. With the Church, we desire that every single person, even those who follow the path of error, may come to live according to the law of God. We do not want the eternal condemnation of anyone. In my opinion, silence – not speaking of excommunication – would cause grave damage to the Church.

But there is something more serious, I have the impression that among those who spoke against me, some are practically insinuating that it would be better to abrogate the canon on excommunication. But the Church does not believe this. The Church maintains this law, because it is necessary for the common good of the Church, when it comes to very grave offences, that there is a clear law, and that this law be applied. These are principles of great importance. For me, silence would be equivalent to complicity. We know – all the international media say so – that there are up to 50 million abortions each year, wordwide. Here in Brazil, the number quoted is about one million each year. In conscience, I feel certain that it is necessary to speak, to waken people’s conscience, because silence can be construed as approval.

– I recently interviewed Prof. Josef Seifert who took your defence in the media. He described excommunication as an act of charity toward the persons who incur it, as it makes them realize the damage done to their spiritual life. Would you use that expression?

– It is a spiritual remedy. The Church is invested with a mission, which is to bring all men to eternal salvation, and to make them live in the grace of God. It is a fact that there are people who perform abortions with their minds at rest and who say just as calmly that they will continue. We, as Catholics, and above all as pastors of the Church, cannot remain silent, as if this were all well and good. This is why I repeat that not speaking up, not drawing attention to the gravity, to the seriousness of the problem, and above all to the fact that the Church, for the common good, applies this penalty, would be complicity. It would practically amount to accepting this grave situation.

Here in Brazil, we are in the process of preparing a law to legalize abortion. We Catholics must speak out first on moral responsibility. Evidently, there are Catholics in our Parliament who defend the law of God, but there are others who defend this bill, beginning with the president of the Republic. We cannot remain silent!

– When you spoke of the automatic excommunication of the mother of the pregnant child and of the doctors who took part in the abortion, did you do so before or after it had been committed?

– I talked about that before and after the abortion, as the note of the archdiocese of Recife to Mgr Fisichella clearly stated: on March 3rd, the day before the abortion, I told journalists about the “medicinal penalty” of canon 1398. Unfortunately the article of mgr Fisichella states that the first time I talked to the press about this affair I talked only about excommunication. That is absolutely false. I expressed myself several times because this affair of a nine year-old pregnant girl attracted widespread media attention. Above all, we did all that depended on us to save three lives: not only the life of the little girl, but the three lives. When the abortion finally did take place, I simply recalled once more the law of the Church. Any person who – in full conscience, of course – commits an abortion is excommunicated. That was the meaning of my declaration.

– Is it true that the little girl was rachitic or that she was suffering from malnutrition?

– No, not at all! The pregnant little girl, even when she was taken to hospital, was living with other children with whom she played like a normal child.

– Did she know that she was pregnant, and that she was expecting two children?

– Yes, of course! Not only dis she know it, but she had even said that one of the babies would be for a member of her family, and the other for her so that they could play together. We were to learn later that there were two little girls…

– It has been said that the legitimate father of the little girl, who was opposed to the abortion, was en evangelical Christian. Is this true?

– Yes, that is true, he is not a Catholic. However he was with us totally. I had him at my house for a whole day; he did not accept the abortion.

– There must have been very much emotion…

– Yes. He came from his little town of Alagoinha which is 230 km distant from here. He stayed with us: with me, with Father Edson Rodriguez who is his parish priest, with my lawyer, with the president of the law courts here to see whether it was possible to stop the abortion by legal means. But as you know the abortion was performed after the child was taken without our knowledge to a “health center” which habitually performs abortions.

– Were there any street demonstrations against the abortion outside the clinic where the little girl was originally placed?

– None at all. But in the newspapers and on television there was a lot of pressure in favour of the abortion, and as you know several “feminist” organizations intervened to obtain the abortion.

– Was the little girl ever at risk of dying?

– No, never. The doctors stated this to me most explicitly.

– But if she had been in danger of dying, would the abortion have been justified?

– That possibility was very clearly anticipated by the doctors. They hoped that when six months of pregnancy would be reached, it would be possible to make a C-section. But as the “feminist” groups wanted an abortion, they came to the IMIP (Mother and child institute of Pernambuco) where the child was hospitalized in order to take her to the other “health center” where the abortion was performed within hours of her arrival. They took her in the evening and all was over next day by 10 AM. It is well known here that this “health center” is habitually dedicated to performing abortions. It is very important to me to recall that the doctors who committed the abortion declared that they had been performing abortions for a long time, and with “pride” at that. And they affirm that they will continue. We cannot remain silent in the face of that. And there is so much less reason to say there was “doubt” in this case, as Msr Fisichella unfortunately writes. He said that nobody knows whether the doctor, in the moment of action, didn’t have “doubts” on what he should or should not do. We know the opposite is true: these doctors declared publicly that they practise abortion as part of their lives and have no “doubts” at all on the matter. They want to go on.

Of course there are other Catholic doctors here who say, on the contrary, that they perform no abortions because they believe in God and respect His law.

– Would your Excellency have reacted differently if the little girl had really been in danger of dying?

– No, not at all. We know that even when there is danger of death abortion is never permitted. That is God’s law, as the Church proclaims it. Even in face of this danger, the natural evolution of the situation should have been waited for, trying all the while to save the three lives. This is a fundamental principle of God’s law and also of natural law: the end does not justify the means. My objective can be very excellent : to save the life of the pregnant girl. But the means to reach this end can never be to suppress two innocent lives. That is a natural principle which human reason can understand.

To give an example which is easy to understand here in Brazil: if I want to find food for the poor – and we have so many here – that does not allow me to hold up a bank, to take other people’s money to do a work of charity. And as my team of councillors said – the general vicar, my catholic lawyer and the other signatories of the text I was talking of earlier – it is not up to us to change God’s law, even if public opinion is following another path. Our mission, our so-important mission is to proclaim it for the benefit of all, even in cases like this when it is not easy.

It must be understood: since the very first centuries of the church, there have been laws on excommunication in the Church. They seek to protect the common good of the ecclesial society: it is for this reason that we need a canon law; the juridical aspect of the Church as a human society is indispensable. We cannot simply hope that each person follows his conscience. Evidently, the Church must first of all take care of the spiritual life of each person, but the common good, in the technical sense, is also very important: it consists in an adequate environment in which each may live peaceably. The penalties foreseen by the Code in canon law also have this goal.

– Have you heard what is being said about Mgr Fisichella: that he wrote his note while being “deluded” and “forced” to do so?

– This information reached me indirectly. Certain persons in Brazil, including bishops, called Mgr Fisichella, and they tell me that that was his response: that he followed the indications of hierarchic superiors.

– The fact is that today the international press has come to the point where it is saying that the Church agrees with “therapeutic” abortions. This seems to me a very grave situation: how can one fight against this?

– It is our mission always to proclaim the law of God. You know that in Africa, Pope Benedict spoke out clearly on moral issues and that the press, particularly in France, did not accept it. But that is and remains the mission of the Church: we cannot remain silent for reasons of social acceptability. Within democratic liberty, which is a good thing, trying to legitimize, even within the limits of the law, customs or actions which go against the law of God would be abusive. Our mission, the Church’s mission, is to proclaim the law of God and the Gospel of Jesus-Christ, even if it isn’t easy.

– Are your relations with your fellow-bishops in Brazil good?

– Very good. Two weeks ago we were all at the National assembly of bishops in São Paolo; all the bishops with whom I talked approve my position, not one is against me. On the other hand, I read the texts of several French bishops. It seems to me they were not aware of all the circumstances. They read Mgr Fisichella’s article and believed that to be the truth.

– Perhaps they are now in a position to realize that they reacted to false information. But how does one mend?

– It seems to me important that L’Osservatore Romano should publish my response. This is what we are trying to obtain, as we have been from the start. We sent the archdiocese’s response to Mgr Fisichella’s article to Rome. It’s a natural right to be allowed to respond if someone has been publishing false information, for who knows which motive: the readers of the Osservatore should also be in a position to know the other point of view.

As for myself, my conscience is at peace. I did not expect nor did I wish for these repercussions which have taken on an international dimension. I repeat that the common good of the Church requires these latae sententiae laws, which serve as permanent warnings and which she will never abrogate. She has always condemned abortion and she always explained why: it does not only hurt the person, it damages society. Today, I repeat that there are 1 million abortions every year in Brazil, 50 million the world over: our silence would be equivalent to consent.

Thank you for letting me set out these points which seem to me important for the spiritual good of souls. Please tell the readers of Présent that I willingly send them my blessing.

28 mai, 2009

Les 10 ans de la « pilule du lendemain »

Macabre anniversaire

Le laboratoire HRA Pharma a publié un communiqué pour saluer les dix ans de la mise en vente libre de « sa » pilule du lendemain, le NorLevo. En mai 1999, la France fut le premier pays à en faire un comprimé d’automédication ; peu à peu, son usage s’est répandu pour toucher (derniers chiffres connus) 13,7 % des femmes qui déclaraient en 2005 y avoir eu recours au moins une fois dans leur vie. Accessible aux mineures sans ordonnance et sans contrôle parental, la pilule du lendemain est présente dans les infirmeries scolaires par la décision de Ségolène Royal. Mais tout cela ne suffit pas : HRA Pharma s’émeut de ce que ce moyen de « contraception » demeure « sous-utilisé ».

Chaleureusement recommandé par les pouvoirs publics et autres groupes institutionnellement hostiles à la vie, le NorLevo est indiqué en cas de « rapport non protégé » ou de raté de la contraception au nombre desquels l’on compte par exemple un retard de 12, voire de 3 heures dans la prise de certaines pilules contraceptives « ordinaires ». Surdosée en progestatifs, elle présente une efficacité décroissante pendant les 72 heures suivant le rapport. Aux dires d’HRA Pharma, 24 millions de rapports par an sont considérés « à risques » à la suite d’une mauvaise utilisation de la pilule ou du préservatif, alors que seules 1 210 000 unités de NorLevo ont été vendues en 2008, et que la France, l’un des pays où la contraception systématique est la plus répandue, ne voit pas son taux d’avortements diminuer. Ce qui est dans la parfaite logique de la culture de mort.

C’est donc un joli marché qui reste à conquérir pour le fabriquant… Qui bénéficie d’une présentation complaisante de la part des médias. Le magazine Parents assure tranquillement : « Rappelons donc qu’il ne s’agit pas d’une pilule abortive, qu’il n’y a pas de contre-indications ni d’effets secondaires, que son utilisation ne rend pas stérile. » ( Mais ça sert à quoi, un contraceptif, si ce n’est pas à rendre stérile — fût-ce provisoirement ?)

Oubliés, donc, les céphalées, nausées, vomissements, douleurs abdominales, vertiges, saignements et autres « dérèglements hormonaux » que peut provoquer le NorLevo, d’ailleurs formellement déconseillé par le fabricant chez les femmes risquant des grossesses extra-utérines…

Quant à l’effet abortif, il est, officiellement, « discuté ». On n’a pas de certitude absolue que ce « traitement » (comme ils disent) empêche la nidation d’un ovule fécondé. Cependant la définition officielle du début de la grossesse ayant été repoussé au stade de la nidation (7 jours après la fécondation), on lit avec intérêt le descriptif officiel du « Vidal grand public » : « Il n’est actif que pendant la période qui précède la fixation de l’ovule fécondé sur l’utérus. »

Une petite visite sur le site de HRA Pharma est aussi très instructive. Ce laboratoire, créé en 1997 pour « développer et commercialiser des médicaments ou dispositifs médicaux répondant à de réels besoins en matière de santé mais ne soulevant pas l’intérêt des groups pharmaceutiques », a aussi une dimension humanitaire, comme l’explique son fondateur, André Ulmann. Pour « rendre disponible (sic) ses produits aux plus pauvres de notre planète », HRA Pharma collabore avec l’Organisation mondiale de la santé et des ONG qui font de l’éducation à la contraception et distribuent ses produits gratuitement ou à très bas prix. Ainsi – exemples parmi d’autres –14 400 unités furent offertes pour venir en aide aux victimes du tsunami, le NorLevo figure dans les « kits d’urgence » de l’Organisation mondiale de la santé, il est gratuitement fourni à « Women on Waves » (fournisseur d’avortements gratuits dans les eaux internationales jouxtant les pays « rétrogrades »).

Le laboratoire, avec « Equilibre et populations », a mis en place le programme « Mona Lisa » qui assure la promotion politique de la contraception en Afrique. En fournissant non plus principalement du NorLevo, mais des stérilets dont HRA Pharma est également producteur.

Son aplomb pour affirmer que ces « dispositifs intra-utérins » sont des contraceptifs, alors que leur action est purement « contragestive » et donc provoque des avortements très précoces, jette une ombre sérieuse sur sa présentation de la pilule du lendemain. La commercialisation des stérilets de marque HRA Pharma en France permet de financer ce programme, ce qui permet de tuer là-bas avec le bénéfice réalisé grâce aux vies supprimées ici.

Joyeux anniversaire !

Article publié dans Présent date du vendredi 29 mai 2009

27 mai, 2009

Ecosse : plus d'avortements, le primat d'Ecosse réagit

Le gouvernement écossais se dit « déçu » par le nombre croissant d'avortements pratqiués dans ce pays, notamment dans le cadre de grossesses adolescentes. soit un total de 13.817 en 2008, dont 3.500 sur des mineures et 343 sur des jeunes filles de moins de 16 ans.

Le ministre de la Santé, Shona Robison estime qu'il faut encore accentuer « l'éducation sexuelle » déjà fortement développée dans les écoles du pays (voir cette note du 23 novembre 2006, par exemple.

Le cardinal Keith O'Brien, primat catholique d'Ecosse qui avait déjà parlé vigoureusement de cette tragédie en 2007, a commenté ces nouveaux chiffres.

« Les statistiques de l'avortement en 2008 confirment l'échec abject de la prétendue “stratégie pour la santé sexuelle” de ces dernières années. En 2007 j'ai affirmé que nous tuons l'équivalent d'une classe pleine d'enfants chaque jour et beaucoup ont dénoncé la véhémence de mon propos.
« De manière grotesque, nous avons constaté depuis que la taille des classes diminue en Ecosse tandis que le nombre d'avortements augmente. »

Et de souligner qu'à raison de plus de 50 avortements par jour en Ecosse, on en est à l'équivalent de deux classes pleines d'enfants.

« Si ce carnage se produisant parmi des enfants qui auraient eu assez de chance pour voir le jour, notre colère serait sans bornes. »

26 mai, 2009

Des multimillionnaires pour la « dépopulation »

C’est une information rendue publique par Irish Central et précisée dimanche par le très sérieux Sunday Times : quelques-uns des hommes les plus riches des Etats-Unis se sont secrètement réunis, le 5 mai dernier, pour voir comment mettre leur fortune au service du règlement de la crise… notamment par le biais du ralentissement de la croissance de la population mondiale. Le journaliste John Harlow les qualifie de « philanthropes » (sans ironie semble-t-il) parce que le but qu’ils poursuivent est l’amélioration mondiale de la santé et de l’éducation.

Le but de la réunion informelle, qui s’est tenue selon diverses sources au domicile new-yorkais de Sir Paul Nurse, biochimiste britannique, prix Nobel et aujourd’hui président de l’université privée Rockefeller, était de trouver les meilleurs moyens pour ces « richissimes » de « donner de leur vivant », et de mettre en commun les efforts pour venir à bout des obstacles politiques, mais aussi religieux, à la limitation de population qu’ils veulent imposer.

Qui sont les membres du « Good Club » (le Club des Bons…), sobriquet qu’ils se sont donné ?

Inévitablement, Bill Gates, co-fondateur de Microsoft. Mais aussi George Soros, Michael Bloomberg, maire de New York et plus riche résident de cette ville, Oprah Winfrey du célèbre « talk-show », promotrice de gourous modernes, Warren Buffett, Eli et Edythe Broad, John Morgridge, ancien directeur de Cisco, David Rockefeller Jr., David Rockefeller Sr., Ted Turner de CNN…

Chacun a pu, dit-on, exprimer son point de vue pendant 15 minutes ; c’est Bill Gates qui a remis au centre (pour lui, c’est une ritournelle) la question du ralentissement de la croissance démographique mondiale, puisque ces messieurs cherchaient une « cause » capable de fédérer leurs efforts.

Selon le Sunday Times, l’un des invités a fait savoir qu’il « n’y avait pas eu quelque chose d’aussi peu raffiné qu’un vote », mais qu’un « consensus » a été dégagé autour de cette question du soutien conjugué d’une stratégie où l’accroissement de la population serait considéré et combattu comme une menace « environnementale, sociale et industrielle » potentiellement catastrophique.

De nouveaux millions vont donc financer les services de « santé reproductive ». On sait comment procéder pour limiter les naissances : contraception, avortement légalisé, programmes coercitifs de limitation du nombre d’enfants, programmes de stérilisation…

Avortement au Portugal : toujours plus !

Depuis l'entrée en vigueur de la loi sur l'avortement au Portugal, le 15 juillet 2007, 32.121 tout-petits sont morts à ce jour par l'assassinat légal des enfants dans le ventre de leur mère (voir chiffre actuel ici) C'est moins qu'escompté par les partisans du « oui » à la légalisation habitués il est vrai du gonflement des statistiques. Moins mais toujours affreux.

Au lieu de se réjouir de ce que le nombre des « IVG » soit moins important qu'annoncé, des associations pro-avortement s'en inquiètent au contraire et en tirent argument pour dire que la population féminine n'est pas suffisamment informée de ses nouveaux droits.

Du 13 au 31 mai, l'association portugaise pour le Planning familial a donc lancé une campagne d'information d'envergure nationale pour pallier ce manque. (Association dont les projets sont co-financés, faut-il le préciser, par
l'Union européenne ?)

« Nous avons l'impression, malgré la médiatisation qui a entouré ce thème, à l'occasion du référendum puis de l'entrée en vigueur de la nouvelle législation, qu'il existe encore beaucoup de femmes qui ne savent pas quoi faire lorsqu'elles sont confrontées à la possibilité de cette situation », explique Elizabete Souto, psychologue qui a mis en place un numéro d'urgence dans le cadre du Planning (80 appels par mois...)

D'où une campagne de tracts, messages et cartes postales destinée à persuader les femmes qu'elles ont le choix lorsqu'elles sont enceintes, un choix financé par le système national de santé. Tous les centres de santé sont visés, mais aussi les mairies et les ONG trvaillant avec des femmes, afin que l'information arrive à toutes. Investissement : 12.000 euros. Evaluation des résultats : en juillet. C'est alors qu'on comptera, sans doute, les éventuels avortements supplémentaires réalisés grâce à cette mobilisation...

Source : ici.

25 mai, 2009

Interview exclusive du Pr Josef Seifert, de l'Académie pontificale pour la vie, sur l'affaire de Recife

C'est dans Présent daté de demain (déjà accessible aux abonnés en ligne), on y lira d'intéressantes réflexions sur l'excommunication, la charité, la doctrine de l'Eglise à propos du respect de la vie.

Voir un précédent post sur le Pr Seifert ici.

L'exclusivité de l'interview est pour l'heure réservée aux abonnés du journal. Par ici !

20 mai, 2009

Affaire de Recife : nouvelle initiative contre la confusion à propos de la doctrine de l'Eglise

L’Eglise catholique accepte-t-elle désormais l’avortement « thérapeutique » pratiqué pour sauver la vie de la mère ? C’est l’opinion qui s’installe de manière de plus en plus insistance au sein du lobby de l’avortement, depuis que Mgr Rino Fisichella, a publié une note dans L’Osservatore Romano où il « prenait le parti » de la « petite fille brésilienne », enceinte de jumeaux et avortée.

J'en rappelle en fin de note les termes principaux.

Bien des voix se sont élevées dans les milieux pro-vie pour demander que Mgr Fisichella rectifie ses propos (dont je tiens de plusiers sources personnelles qu’il a déclaré à différentes reprises les avoir écrits « trompé et forcé »).

La dernière demande (publique) en date émane de Mme Judie Brown, présidente et co-fondatrice de l’American Life League et membre de l’Académie pontificale pour la vie. Dans un « Commentaire » publié par le site LifeSitenews.com, elle affirme avoir écrit d’emblée à Mgr Fisichella pour lui faire part de sa « grave préoccupation », mais aucune déclaration publique n’y a répondu.

Voici le texte de la lettre de Judie Brown, qu’elle rend désormais publique sur LifeSite :

Excellence,

Nous venons de vivre une campagne d’agitation médiatique à propos du cas du Brésil, d’une petite fille enceinte de jumeaux, de sa mère et des évêques de ce pays. Ce fut très déstabilisant d’assister au badinage entre deux « officiels » du Vatican et à la décision subséquente de la Conférence des évêques du Brésil de se « rétracter » après la décision initiale d’excommunier de ceux qui avaient participé à l’acte de mise à mort de deux enfants à naître. Nous comprenons la nature du problème, et nous connaissons bien la doctrine catholique à propos de menaces supposées visant la vie de la mère. Comme Pie XII l’a exprimé si clairement :

« Tout être humain, même l’enfant dans le sein de sa mère, a le droit à la vie reçue immédiatement de Dieu, et non des parents ou de quelque société ou autorité humaine. D’où il n’y a aucun homme, aucune autorité humaine, aucune science, aucune “indication” médicale, eugénique, sociale, économique, morale qui puisse exhiber ou donner un titre juridique valable pour disposer directement et délibérément d’une innocente vie humaine, c’est-à-dire pour en disposer en vue de sa destruction envisagée soit comme but, soit comme moyen d’obtenir un but qui peut-être en soi n’est pas du tout illégitime. Ainsi, par exemple, sauver la vie d’une mère est une très noble fin ; mais la suppression directe de l’enfant comme moyen d’obtenir cette fin, n’est pas permise. » (Discours aux sages-femmes, 29 octobre 1951.)

La situation au Brésil est horrifiante, Excellence. Il n’y a aucun doute là-dessus. Mais le fait est que deux bébés innocents ont été assassinés par l’avortement. Et comme le déclare Pie XII, la mise à mort « directe » de l’enfant comme moyen en vue d’une fin n’est pas licite. Comment expliquer alors à nos frères catholiques pourquoi dans ce cas, l’Eglise s’est rétractée et a fourni des arguments contre l’excommunication de ceux qui étaient directement impliqués dans la mort de ces deux enfants ? N’était-il pas urgent de sauver les trois vies innocentes ? Les deux enfants à naître ne devaient-ils pas bénéficier de tous les moyens possibles de protection de leur vie, tout comme la petite fille de neuf ans ? Pourquoi ceux qui exécutent des enfants à naître innocents ne devraient-ils point être punis pour leurs abominables crimes contre l’humanité ?

Nous vous posons ces questions avec l’entier respect que nous devons à votre Excellence, mais avec une égale préoccupation à propos de l’apparente contradiction qui s’est manifestée dans cette affaire. Nous cherchons simplement à comprendre, parce que de nombreux catholiques américains sont gravement troublés à son propos.
Nous sollicitons votre conseil à propos de cette grave question, ainsi que vos commentaires supplémentaires. Merci pour votre attention ! Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. »


Judie Brown ajoute aujourd’hui un commentaire qui fait état du « plaisir » du lobby pro-avortement à la lecture de la note de Mgr Fisichella, provoquant « confusion et consternation ». Ainsi de la réaction de Frances Kissling, ancienne présidente de « Catholics for a free choice » (catholiques pour le libre choix) et fondatrice de la Fédération nationale de l’avortement aux Etats-Unis qui écrivit :

« A travers un prodigieux glissement par rapport à la stratégie du Vatican fondée sur l’exclusion de toute contestation de sa position selon laquelle l’avortement n’est jamais licite, même pour sauver la vie d’une femme, le plus important « officiel » du Vatican sur la bioéthique, l’archevêque Rino Fisichella a livré son opinion selon laquelle les médecins brésiliens qui ont pratiqué un avortement sur une fillette de neuf ans enceinte à 15 semaines de jumeaux ne méritaient pas l’excommunication… Cette modeste déviation de la part de l’archevêque à la tête del’Académie pontificale pour la vie ouvre, pour les catholiques qui suivent l’enseignement de l’Eglise sur la reproduction, la porte à la discussion sur la possibilité qu’en certains cas, officiellement reconnus, des personnes peuvent choisir l’avortement et avoir la conscience en paix. »

L’analyse est adroite, sinon roublarde, commente Mme Brown, qui cite d’autres articles de presse présentant Fisichella comme venu au secours d’un avortement.
Elle vient d’écrire au cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican, afin qu’il fasse apporter des clarifications. Et elle invite ses lecteurs à faire de même, courtoisement et filialement, en écrivant à son Eminence au Secrétariat d’Etat de Sa Sainteté, Palais Apostolique, 00120 Città del Vaticano.

Rappel des termes de la note de Mgr Fisichella :

Cette « note », avec tout le poids d’une telle publication dans le journal du Vatican, comportait de multiples erreurs sur les faits. Elle assurait que la petite fille d’Alagoinha n’était au centre de l’intérêt médiatique qu’en raison de la déclaration de l’archevêque – or cela faisait deux semaines que l’ensemble de la presse brésilienne se passionnait pour l’affaire et réclamait l’avortement à cors et à cris. Elle assurait que personne n’avait chercher à « sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, hommes d'Église, devrions être experts et maîtres dans l'annonce », alors que le curé d’Alagoinha et l’archevêque de Recife avaient entouré la petite fille et sa famille d’une active et constante sollicitude.

Mgr Fisichella écrivait : « C'est vrai, Carmen portait en elle d'autres vies innocentes comme la sienne, même si elles étaient le fruit de la violence, et qui ont été supprimées ; mais cela ne suffit pas pour porter un jugement qui tombe comme un couperet. » Mais il affirmait aussi que « sa vie était sérieusement mise en danger par sa grossesse en cours », ce qui n’était pas du tout le cas au moment de l’avortement.

A l’évidence mal informé, Mgr Fisichella parlait d’une « décision difficile » pour les médecins qui ont avorté la fillette enceinte de près de quatre mois ; et d’ajouter que « le respect dû au professionnalisme du médecin est une règle qui doit impliquer chacun, et ne peut permettre de parvenir à un jugement négatif sans avoir auparavant considéré le conflit qui s'est créé au fond de lui. » Mais il s’agissait ici de médecins qui pratiquent habituellement l’avortement et revendiquent cela comme une gloire et comme un honneur !

Certes Mgr Fisichella a rappelé clairement que « l'avortement provoqué a été toujours condamné par la loi morale comme un acte intrinsèquement mauvais et cet enseignement demeure inchangé aujourd’hui », puni d’excommunication automatique, mais il ajoute, pour condamner les déclarations de Mgr Cardoso Sobrinho : « Il n'y avait nul besoin de tant d'urgence et de publicité pour déclarer un fait qui se réalise de manière automatique. » Et c’est la conclusion de son article qui jette le trouble : affirmant – à juste titre – le besoin de charité et de miséricorde, il parle de la nécessité du « signe d'un témoignage de proximité avec ceux qui souffrent, un acte de miséricorde qui, tout en maintenant fermement le principe, est capable de regarder au delà de la sphère juridique pour rejoindre ce que le droit lui-même prévoit comme finalité de l'existence : le bien et le salut de ceux qui croient en l'amour du Père »… « Ce sont d'autres personnes qui méritent l'excommunication et notre pardon, pas ceux qui t'ont permis de vivre et t'aideront à retrouver l'espoir et la confiance. »

Indiscutablement, cette conclusion laisse entendre que la recherche d’une fin bonne – la santé et le bien-être d’une petite fille qui a de fait subi d’atroces atteintes à son innocence – justifie les moyens : l’avortement direct de deux êtres innocents. Les avorteurs sont présentés comme des sauveurs. Les « méchants » étant le violeur bien sûr (et qui le contesterait ?), mais aussi ceux qui se sont montrés durs, intransigeants, claquemurés dans leurs principes.

Ainsi, malgré l’affirmation du principe, un grave désordre s’est installé, dont la manifestation ne s’est pas fait attendre dans la presse internationale puisque bien des médias, bien des partisans « catholiques » de l’avortement en ont tiré argument pour affirmer que l’Eglise ne condamne plus comme autrefois l’avortement dans les cas de viol ou de grande jeunesse de la mère.

09 mai, 2009

“Euthanasie légale” en Belgique : l'inquiétante réalité

Très répandue, souvent « involontaire » et souvent illégale : telle est la pratique de l'euthanasie aujourd'hui en Belgique, aux termes d'une étude de l'universitaire israélien Raphaël Cohen-Almagor commentée par le site de veille bioéthique australien BioEdge.

Dans un long article publié dans Issues in Law & Medicine,le chercheur basé à l'université de Hull, au Royaume-Uni, pointe les insuffisances du suivi de l'euthanasie légale en Belgique, dont les critères, rappelés ici sur le site Généthique, sont loin d'être mis en œuvre. C'est l'analyse, il faut le noter, d'un universitaire qui n'est pas par principe opposé à l'euthanasie.

Preuve, s'il en fallait, que l'« encadrement » de la transgression euthanasique n'est pas une garantie que la transgression ne se pratiquera que dans ce cadre...

L'euthanasie est devenue légale en Belgique en 2001, entre autres pour faire suivre le fait par le droit - une étude datant de 1998 affirmait en effet que près de 1.3 % des décès dans le pays était attribuables à l'euthanasie volontaire ou au suicide médicalement assisté. Mais près de deux fois plus de décès (3,3 % des morts totales) étaient consécutifs à l'administration de substances létales sans consentement du patient. L'auteur qualifie cette procédure d'« euthanasie involontaire ».

La situation est aujourd'hui confuse, indique l'étude de Raphael Cohen-Almagor. Peu de choses semblent avoir changé depuis l'entrée en vigueur, si ce n'est que les médecins ne craignent plus d'être poursuivis s'ils accèdent aux demandes euthanasiques de leurs patients. Mais d'emblée les conditions posées par la loi furent bafouées puisqu'un médecin devait se fonder sur ses dispositions pour pratiquer une euthanasie dans les 8 jours de la demande, alors qu'un délai d'un mois est prévu entre la demande et l'exécution (dans tous les sens du terme).

L'aspect le plus intéressant de l'étude concerne sans aucun doute la pratique de la « sédation terminale » ou palliative, que j'ai évoquée ici et ici à propos des Pays-Bas. Elle consiste à maintenir le patient dans un état d'inconscience jusqu'à sa mort, dans une procédure qui ne requiert pas le consentement du patient. En Belgique et aux Pays-Bas, la pratique est définie dans le langage commun comme une « euthanasie lente » mais légalement elle n'est pas considérée comme une euthanasie et n'est donc soumise à aucun des critères de prudence fixés par les lois.

Selon l'un des médecins interrogés par le chercheur, la moitié des morts en unités de soins intensifs sont consécutives à des « sédations terminales », conçues comme la voie médiane entre l'euthanasie et l'arrêt de soins. Soit 8 % des morts totales en Belgique.

La loi ne s'exprime pas du tout sur cette pratique alors que des questions morales se posent (qui ne sont pas abordées dans l'article). Arrêter un acharnement thérapeutique et rendre inconscient un patient véritablement mourant en proie à de terribles souffrances n'est pas condamnable ; mais arrêter tous les soins, y compris les soins ordinaires, pour rendre inconscient et ainsi « programmer » la mort peut l'être. La question de l'information du patient se pose également : a-t-on le droit d'« endormir » un patient sans le prévenir et sans qu'il puisse exprimer ses dernières volontés, revoir ses proches... demander le Sacrement des malades ?

L'étude indépendante de Raphael Cohen-Almagor pose beaucoup d'autres questions, comme celle de l'attitude que doit adopter un médecin face à un patient en fin de vie. A-t-il le droit d'engager avec lui une conversation sur l'euthanasie ? La loi reste muette sur ce point, or dans la pratique il apparaît que bien des médecins sont favorables à ce que l'initiative de cette conversation soit prise par l'homme de l'art, et que nombre d'entre eux l'ont déjà fait. Or ce fait peut agir de manière incitative, en donnant au malade l'impression qu'il n'y a plus rien à faire, qu'il n'y a plus moyen de le soulager, et que la mort est l'issue la plus souhaitable.

Enfin, l'étude souligne que la tendance générale en Belgique est à l'extension de l'euthanasie légale aux inconscients, aux déments, aux mineurs, aux personnes présentant un « état végétatif persistant ». Il faudra y revenir.

06 mai, 2009

Portugal : ne pas interdire les corridas sans mettre fin à l'avortement légal...

Si les villes portugaises de Viana do Castelo, Braga, Cascais et Sintra ont décidé d'interdire les corridas sur le territoire de leurs conseils municipaux, pourquoi permettent-elles l'avortement? C'est la question pertinente posée par l'association pro-vie "Juntos pela Vida" (Ensemble pour la vie) qui a adressé des lettres ouvertes aux maires concernés pour qu'ils prennent publiquement position.

Le maire socialiste de Viana, l'un des initiateurs des projets d'interdiction de la « tourada » portugaise - à cheval et sans mise à mort du taureau dans l'arène - a répondu avant même d'avoir reçu la missive. « Les deux choses ne sont pas comparables », a-t-il dit, assurant que les pro-vie devraient se dédier à la « prévention et à l'éducation sexuelle » (on appelle cela un oxymoron). Et de se dire à la fois contre l'avortement et pour le droit de la femme de choisir : Defensor Moura a des problèmes de logique.

Le président de l'association de défense des animaux « Animal » a quant à lui récusé l'appel de « Juntos pela Vida » de s'associer à leur démarche, en assurant que les municipalités n'ont pas le pouvoir légal d'interdire l'avortemeht. « Si l'on veut être sérieux » dans un pays où les droits des animaux sont en général mal défendus, a-t-il ajouté, « on ne peut pas traiter de questions aussi délicates d'une façon aussi légère ».

Réponse de Pedro Monteiro, de « Juntos pela Vida » : l'avortement est une torture horrible et sanglante, « il n'est pas possible que devant les données scientifiques prouvant que le bébé souffre nous restions sans réagir, comme si nous étions sourds. » « Comment a-t-il été possible que nous en arrivions au point où pour défendre le droit des jeunes filles et de leurs mères de ne pas subir des traitements inhumains et cruels il soit nécessaire d'invoquer un réglement municipal pris pour le bien des animaux ? »

02 mai, 2009

Du nouveau dans l'affaire de Recife : Mgr Fisichella et le P. Lombardi publiquement interpellés

La lettre de Mgr Fisichella à propos de la petite fille de Recife, et les propos subséquents du porte-parole du Vatican, le P. Lombardi, ont provoqué la protestation de représentants du mouvement pro-vie, on en connaît en provenance de 16 pays à ce jour. La lettre et les commentaires ont abouti notamment à ces titres de la part de l'Associated Press : « Un prélat du Vatican justifie l'avortement sur une fillette de 9 ans » et du Washington Post : « Un officiel du Vatican justifie l'avortement subi par une enfant ». L'article de Fisichella, qui comme tous les articles dans L'Osservatore Romano sont soumis à la Secrétairie d'Etat, et ce spécialement en une matière aussi sensible, a reçu l'approbation explicite de France Kissling, ancienne présidente du mouvement pro-avortement “Catholics for a Free Choice” qui y voyait « une déviation surprenante de la stratégie du Vatican qui ne souffait aucune dissension par rapport à sa position selon laquelle l'avortement n'est jamais permis ». (Citée ici.)

Le Pr Josef Seifert, fondateur et recteur de l'Académie internationale pour la Philosophie, enseigant au Vatican, autorité reconnue sur les affaires de doctrine, de morale et de philosophie relatives au respect de la vie, vient de réagir officiellement dans une Lettre ouverte citée par Lifesitenews.

Je vous en propose ici ma traduction intégrale (merci d'y renvoyer par un lien et de ne pas la reproduire afin que l'intégralité de son texte et l'origine non officielle de la traduction puissent être connues). Je rappelle par ailleurs que de source romaine, Mgr Fisichella se plaindrait d'avoir été « trompé » et « forcé » à publier la lettre litigieuse. Si cela est vrai, c'est une raison supplémentaire pour qu'il s'exprime enfin avec clarté.

La publication récente d’un article par le président de l’Académie pontificale pour la vie (APV), Mgr Fisichella, dans L’Osservatore Romano, ainsi que sa diffusion mondiale et son utilisation par les pro-avortement, ainsi qu’une communication de presse par le Père Lombardi, ont provoqué une crise profonde au sein de l’Académie pontificale pour la vie et, de manière encore plus importante, dans la perception publique de l’enseignement de l’Eglise sur l’avortement. D’innombrables personnes et médias à travers le monde attribuent désormais à l’APV (en raison de la haute autorité que l’on croit devoir attribuer à son président quant à l’interprétation de l’enseignement de l’Eglise à propos de la vie), et au Pape lui-même (en raison de la tournure utilisée pour défendre l’article de Fisichella par le Père Lombardi) la propagation d’une nouvelle doctrine morale diamétralement opposée aux enseignements de l’Eglise et particulièrement à ceux de l’encyclique Evangelium Vitae, qui est également la Magna Carta de l’Académie pontificale pour la vie et qui contient sa raison d’être. Malgré son insistance initiale sur l’enseignement de l’Eglise selon lequel tout acte d’avortement entraîne avec lui l’excommunication automatique (latae sententiae) de tous ceux qui pratiquent ou assistent activement à l’avortement, Mgr Fisichella écrit :

« Comment agir en de tels cas ? C’est une décision difficile pour le médecin et du point de vue du code moral lui-même. (…) le choix de devoir sauver une vie en sachant que cela fera courir un risque sérieux à une deuxième vie ne se fait jamais facilement. (…) Cependant, en faire une généralisation serait incorrect aussi bien qu’injuste. »
« Le cas de Carmen a posé l’un des problèmes moraux les plus délicats ; en traiter de façon sommaire ne ferait justice ni à la fragilité de sa personne ni à ceux qui ont été impliqués dans l’incident de diverses façons. Ainsi, cela se produit pour chaque cas d’espèce individuel, celui-ci doit être analysé dans le détail, sans généraliser. »
« D’autres méritent l’excommunication et notre pardon, pas ceux qui vous ont donné la possibilité de vivre… » (C’est moi qui souligne.)

Peu de temps après la publication de l’article de Mgr Fisichella le porte-parole officiel du Vatican, le Père Lombardi a été cité en ces termes :
« A propos des considérations de Mgr Rino Fisichella, qui dans L’Osservatore Romano a déploré l’excommunication annoncée avec trop de précipitation par l’archevêque de Recife. Aucun cas limite ne doit obscurcir le véritable sens du discours du Saint Père, qui se référait à une chose extrêmement différente. (…) Le pape n’a pas du tout parlé de l’avortement thérapeutique et il n’a pas dit qu’il doit toujours être refusé. » (http://chiesa.espresso.repubblica.it/, 23.3.2009 Mine vaganti. In Africa il preservativo, in Brasile l'aborto).

Malgré un déluge de louanges, de la part des pro-avortement, adressé à Mgr Fisichella, et l’attribution qui lui a été faite de toutes parts dans le monde d’une prise de position favorable à l’avortement thérapeutique, et nonobstant les lettres de membres distingués de l’APV et d’autres personnalités à l’archevêque, ni Mgr Fisichella ni le Père Lombardi n’ont changé ou corrigé d’aucune façon leurs déclarations à la presse, bien que celles-ci, du moins dans la manière dont leur textes sont rédigés, adoptent une position qui est directement et explicitement contraire à la grande tradition éthique depuis Hippocrate et Socrate, et contraire toute la tradition de l’enseignement de l’Eglise sur cette matière importante, et plus particulièrement contraire à la déclaration dogmatique sur l’avortement volontaire dans Evangelium vitae. Laissez-moi citer les paroles, inoubliablement belles, de l’encyclique :

« Par conséquent, avec l'autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses Successeurs, en communion avec tous les évêques de l'Eglise catholique, je confirme que tuer directement et volontairement un être humain innocent est toujours gravement immoral. Cette doctrine, fondée sur la loi non écrite que tout homme découvre dans son cœur à la lumière de la raison (cf. Rm 2, 14-15), est réaffirmée par la Sainte Ecriture, transmise par la Tradition de l'Église et enseignée par le Magistère ordinaire et universel.

« La décision délibérée de priver un être humain innocent de sa vie est toujours mauvaise du point de vue moral et ne peut jamais être licite, ni comme fin, ni comme moyen en vue d'une fin bonne. En effet, c'est une grave désobéissance à la loi morale, plus encore à Dieu lui-même, qui en est l'auteur et le garant; cela contredit les vertus fondamentales de la justice et de la charité. « Rien ni personne ne peut autoriser que l'on donne la mort à un être humain innocent, fœtus ou embryon, enfant ou adulte, vieillard, malade incurable ou agonisant. Personne ne peut demander ce geste homicide pour soi ou pour un autre confié à sa responsabilité, ni même y consentir, explicitement ou non. Aucune autorité ne peut légitimement l'imposer, ni même l'autoriser. »

Il existe une contradiction claire de ce texte dans les propos de Mgr Fisichella et du Père Lombardi affirmant que l’avortement thérapeutique pour sauver la vie de la mère (ce qui n’était PAS le cas dans l’affaire de la fillette brésilienne) n’est pas intrinsèquement et toujours mauvais.

Puisque un tort énorme a été causé à beaucoup de personnes, et qu’il est possible que beaucoup de bébés sont morts en conséquence de ces propos provenant de telles sources, et puisque la demande fraternelle adressée à Mgr Fisichella afin qu’il les corrige n’a donné aucun résultat, j’estime de mon devoir d’exprimer mon espoir ardent que les plus hautes autorités enseignantes de l’Eglise puissent rapidement et clairement exprimer l’enseignement authentique de l’Eglise sur la caractère intrinsèquement mauvais de n’importe quel avortement, et qu’elles corrigent publiquement et sans ambiguïté les déclarations évoquées, qui ont conduit beaucoup d’hôpitaux et de médecins catholiques à prendre la défense de l’abominable mal et de l’abominable meurtre que l’on désigne fallacieusement sous le nom d’« avortement thérapeutique », en appelant au secours de cette position qui est fausse même du point de vue philosophique et éthique, qui contredit la « loi morale naturelle », l’autorité d’un « nouvel enseignement de l’Eglise ».

Bien qu’Evangelium vitae et la position de l’Eglise en la matière sont d’une totale clarté, il serait à mon avis quand même nécessaire, afin de réduire le mal qui a été fait, que les plus hauts représentants du Magistère réaffirment l’enseignement d’Evangelium vitae cité plus haut et l’appliquent explicitement à l’avortement pratiqué sur des mineurs et à n’importe quel autre avortement prétendument thérapeutique.

Puisque l’article de Mgr Fisichella constitue également une grave injustice à l’égard de l’archevêque d’Olinda et Recife, dans la manière où il décrit le cas concret de la pauvre fillette de neuf ans, je veux ajouter à cette lettre les corrections officielles et très convaincantes de l’archidiocèse.

Josef Seifert

18 avril, 2009

Ce qu'avait dit le Père Euteneuer de “Human Life International” à propos de Recife...

Daniel Hamiche publie sur son blog sa traduction de l'intéressant commentaire du P. Thomas Euteneuer sur l'affaire de la petite fille de Recife, dénonçant les dégâts causés par la note de Mgr Fisichella. Je l'avais moi aussi gardé sous le coude, manquant de temps pour faire le travail de traduction. C'est une pièce qui éclaire bien le dossier, à lire ici.

17 avril, 2009

Affaire de Recife : « Human Life International » récompense l’archevêque

Dom Cardoso Sobrinho, l’archevêque d’Olinda et Recife qui s’était tant battu pour essayer de sauver la vie des petits jumeaux dont était enceinte une fillette de neuf ans, après avoir subi pendant trois ans les viols de l’amant de sa mère, a reçu jeudi soir le prix « Cardinal von Galen » attribué par l’organisation « Human Life International ».

Ce prix porte le nom du prélat allemand qui s’opposa héroïquement au national-socialisme, portant notamment un coup d’arrêt au projet d’Hitler d’exterminer les handicapés par ses prises de parole publiques contre la persécution des juifs. Le cardinal von Galen subit l’internement en camp pendant plusieurs années, mais le « Lion de Münster » devait survivre à cette épreuve et faire un retour triomphal dans son diocèse en 1946. Il fut béatifié en 2005.

« Human Life International » est un organisme catholique de défense de la vie, présent dans de nombreux pays, dont le responsable actuel, le père Euteneuer, s’est élevé contre la campagne médiatique quasi mondiale qui a frappé l’archevêque brésilien. Mgr Cardoso a été flétri pour avoir déclaré, en réponse à des questions de journalistes, que la mère de la petite fille avortée ainsi que les médecins responsables de l’intervention s’étaient excommuniés en méprisant ainsi la vie de deux tout-petits de 15 semaines.

On se rappellera que ce constat, assorti de la précision que l’Eglise n’allait pas « notifier » cette excommunication aux intéressés parce qu’elle « n’a pas l’habitude de procéder ainsi », qu’il s’agissait simplement de faire « réfléchir » ceux qui ont choisi l’avortement volontaire, a été violemment critiqué comme une erreur de « communication » et le signe d’une grave insensibilité aux souffrances de la petite victime.

L’affaire s’est compliquée par la publication d’une « note » (avec tout ce que ce genre de publication a de solennel et d’officiel) par Mgr Rino Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la Vie, désavouant l’archevêque de Recife et affirmant son respect pour les médecins qui avaient pris cette décision « difficile », à la « une » de L’Osservatore Romano. On sait depuis, comme l’a affirmé Daniel Hamiche dans L’Homme nouveau et comme le confirment pleinement mes sources, que Mgr Fisichella « enrage » d’avoir été amené à publier cette mise au point sur la base d’informations trompeuses.

Le Père Euteneuer faisait partie de ceux qui avaient d’emblée manifesté leur incompréhension et leur indignation devant cette mise au point qui a eu pour effet de laisser croire qu’il est des circonstances où l’Eglise catholique légitime pleinement l’avortement, la mise à mort directe et volontaire d’innocents, comme moyen justifié par la fin de sauver une autre vie.

L’initiative de « Human Life International » apparaît ainsi comme une sorte de réparation de ce désordre. C’est le directeur de l’organisation pour les pays de langue portugaise, Raymond de Sousa, ainsi que le chef du bureau de HLI à Rome, Mgr Ignacio Barreiro-Carambula, qui se sont déplacés à Recife pour remettre officiellement le prix à Mgr Cardoso, soulignant lors de la cérémonie que celui-ci avait « osé affronter les médias du monde entier, il n’a pas eu peur de l’impopularité ».

Mgr Cardoso Sobrinho, se disant très « surpris » par cette gratification, a souligné qu’il ne la recevait pas à titre personnel mais au nom de l’Eglise catholique. Rappelant que Benoît XVI avait tenu, en février, en recevant les lettres de créance du nouvel ambassadeur du Brésil près le Saint-Siège, à redire qu’il faut défendre la vie humaine « dès la conception », Mgr Cardoso a expliqué qu’il s’était « borné à suivre les principes de l’Eglise et du Droit canon ». Et de déclarer que s’il était resté silencieux après la réalisation de l’avortement, il se serait senti « complice », « quasiment en connivence ». « J’ai fait mon devoir ! »

Le prix lui a été remis en ces termes : « “Human Life International” a l’honneur de remettre à Dom José Cardoso Sobrinho archevêque d’Olinda et Recife, le prix Cardinal von Galen en reconnaissance de son atttidude héroïque dans l’accomplissement de son ministère épiscopal, pour la défense de la vie humaine, en affrontant l’hostilité de tous ceux qui font la promotion de la culture de mort. » A commencer par le président Lula, partisant du « droit » à l’avortement.

Doit-on pour autant parler d’héroïsme ? Mais oui. Il eût été bien plus facile de ne rien dire. Avoir aujourd’hui le souci des âmes et de leur salut éternel, et le dire, est considéré comme une faute de goût, une faute tout court, et même un empêchement à l’évangélisation. Ce sont des accusations très graves, et elles méritent d’être lavées.

07 avril, 2009

Avant l'affaire de Recife, celle de la petite "Rosa"

L'affaire de la petite fille d'Alagoinha, enceinte de jumeaux à 9 ans à la suite de vols répétés et avortée contre la volonté de son père légitime, a déclenché la tempête médiatique que l'on sait.

Il se trouve qu'un cas très similaire, à ceci près qu'il n'y eut ni séquestration de la jeune fille, ni opposition familiale à l'avortement, eut lieu en 2003 au Nicaragua, sans déclencher comme aujourd'hui une tempête médiatique ni la furieuse hostilité anti-papale que nous vivons actuellement.

Une petite jeune fille de huit ans était tombée enceinte à la suite d'un viol. Elle vivait avec ses parents au Costa Rica, où ses parents, nicaraguayens, souhaitaient qu'elle subisse un avortement. Devant le refus des médecins hospitaliers, la famille retourna au Nicaragua où une clinique privée accepta de pratiquer l'opération, après que les parents eurent fait sortir leur petite fille de l'hôpital public qui refusait l'avortement en raison de sa dangerosité. L'avortement fut annoncé par une organisation féministe, Women's Network. Si le ministre de la Santé, Lucia Salvo, affirma que celle-ci constituait un acte criminel, le procureur général Maria del Carmen Solorzano décida que l'avortement n'avait pas contrevenu à la loi dans la mesure où il avait été pratiqué pour préserver la vie de la petite Rosa.

L'archevêque de Managua, Mgr Miguel Obando y Bravo (jadis « sandiniste », puis, voyant la haine anti-catholique des révolutionnaires communistes, soutien de la Contra) déclara à la presse que les parents de la fillette et ceux qui avaient pratiqué l'avortement s'étaient excommuniés de l'Eglise catholique.

Il y eut quelque remue-ménage international, mais rien comparé à ce qui s'est produit dans le cas de Recife ; feu le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, apporta son soutien à ce geste en s'exprimant ainsi dans la revue Panorama :

« J'ai suivi ces événements personnellement. J'ai écrit personnellement au Cardinal pour lui exprimer mon soutien, en toute sincérité, parce que l'opinion publique était assez désorientée à propos de ce cas.

« Celle-ci n'a pas eu une seule pensée pour les droits des enfants à naître, qui sont des personnes ayant le droit de vivre. L'Eglise voulait aider cette jeune fille, qui aurait dû être secourue jusqu'à la naissance de son enfant, mais l'Eglise s'est également levée pour dire la vérité.

« Et la vérité, c'est que la vie humaine est inviolable. »

De leur côté, les évêques du Nicaragua publièrent une lettre ouverte assimilant l'avortement aux attentats terroristes à la bombe.

Si quelque 26.000 signatures furent récoltées par des organisations féministres pour dénoncer l'attitude de l'Eglise, on resta tout de même très loin du tapage médiatique actuel. Pourquoi ? Voilà une question qui mérite d'être réfléchie.

02 avril, 2009

Pour adoucir les mœurs...



Les Petits Chanteurs de Saint-Louis de Paris
Ensemble Opalescences dir. Saskia Salembier Direction : Marina Lobaton

Antonio VIVALDI 1678-1741
Magnificat
Beatus Vir

Jan-Dismas ZELENKA 1679-1745
Missa Dei Filii

Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux
Jeudi 2 avril 2009 à 20 heures 30

12 rue des Blancs-Manteaux, 75004 Paris
Ouverture des portes à 20 heures

Basilique Sainte-Clotilde
Samedi 4 avril 2009 à 20 heures 45

23bis, rue Las Cases - 75007 PARIS
Ouverture des portes à 20 heures 15

Réservation : 09 50 29 87 14
Tarif normal : 15 Euros
Tarif réduit (enfants, étudiants, chom.) : 10 Euros
Places numérotées (6 premiers rangs) : 25 Euros
Places réservées : 20 Euros

01 avril, 2009

Encore des questions sur Recife

Patrice de Plunkett, sur son blog, s'en prend de nouveau violemment aux « catholiques plus papistes que le pape » qu'il accuse de faire circuler un dossier anonyme et mensonger sur l'affaire de la petite fille d'Alagoinha, en vue de discréditer Mgr Fisichella de l'Académie pontificale pour la vie qui avait désavoué Mgr Cardoso Sobrinho.

Sur ce blog, j'ai fait paraître sous mon nom, en toute loyauté, plusieurs analyses que j'ai voulues aussi précises et honnêtes que possible, en donnant nombre de mes sources. Je ne sais s'il en a pris connaissance au-delà d'une ou deux citations qu'un lecteur a pu lui envoyer. Je sais que l'article principal, paru dans Présent du 19 mars, m'a valu des félicitations assez inattendues de la part de personnalités que nul ne suspectera d'intégrisme ni même de traditionnalisme.

Le noeud de la question est bien le pronostic vital de la petite fille. J'invite Patrice de Plunkett à se réinformer à ce propos. Je n'ai pas encore noté, mais le fais donc ici, le fait que les assistantes sociales qui demandaient l'avortement immédiat insistaient pour qu'il soit fait au plus vite pour des raisons psychologiques, au motif que le traumatisme serait d'autant moins grand que l'intervention aurait lieu tôt pendant la grossesse. Il ne s'agissait pas de prendre une décision devant un risque mortel immédiat, bien au contraire : le directeur de l'IMIP où elle fut hospitalisée à Recife dans un premier temps a même déclaré devant témoins que, correctement suivie, la petite fille pouvait mener sa grossesse à bien, c'est-à-dire au moins jusqu'à un stade où on aurait pu donner une chance de survie aux deux petits enfants qui sont les grands oubliés de cette affaire.

Ce témoignage-là me paraît capital. Je n'ai jamais cru que Mgr Fisichella en avait été informé avant d'écrire pour la simple raison qu'il parle de ces cas de conscience que l'on rencontre quotidiennement dans les « salles de réanimation » : le regard porté changerait en effet si des médecins connus et respectés (et donc non habituellement avorteurs) s'étaient trouvés devant une fillette risquant de mourir au bout de son sang et avaient dû prendre une décision immédiate. L'acte d'avortement resterait alors objectivement mauvais (voir ici) mais les circonstances changeraient le degré de responsabilité.

Patrice de Plunkett parle de « sophisme » à propos du fait que la fillette n'aurait pas pu quitter l'IMIP (institut maternel et infantile de Pernambuco) si elle avait été en danger de mort. Il se trouve que le personnel de l'IMIP aurait été prêt à réaliser lui-même l'avortement si elle avait été dans une situation d'urgence, il y a renoncé explicitement parce qu'elle n'était pas en danger de mort. Il a été dit aussi explicitement que l'IMIP n'aurait pu la garder dans ses murs que dans le cas où elle aurait été en danger de mort, et que son transfert l'aurait mise en péril. Et il est encore établi qu'elle a été transférée pour aller dans l'établissement CISAM qui lui, était prêt à réaliser l'intervention bien qu'elle ne fût pas en danger immédiat.

Il ne s'agit pas, une fois de plus, de n'avoir pas de compassion pour cette petite jeune fille, mais de raisonner en vérité. Il s'agit aussi de dire que la miséricorde de Dieu est pour tous. Pour le père légitime, l'amant violeur, la mère abusée ou complice, les médecins avorteurs et le curé d'Alagoinha, Mgr Cardoso Sobrinho - jadis professeur de droit canonique à Rome, pour Patrice de Plunkett et même, je l'espère, pour moi.

Patrice de Plunkett note que le père légitime, hostile à l'avortement, était évangélique, comme si ceci expliquait cela et prouvait son manque d'humanité. J'ai trouvé trace de cette assertion dans certains journaux nationaux brésiliens présentant très brièvement l'affaire ; mais rien de plus. Au contraire il a été positivement affirmé lors d'une interview (du curé de la paroisse, semble-t-il) que toute la famille concernée était catholique. Chose que semble corroborer le fait que le père légitime, M. Erivaldo, s'est fait assister du curé et qu'il a tenté de faire interdire l'avortement en s'appuyant sur les services diocésains d'Olinda et Recife, se faisant accompagner par leurs représentants médicaux, psychologiques et religieux. La question reste pour le moins ouverte.

Je n'ai nulle part dans la presse brésilienne trouvé trace de manifestations évangéliques près de l'hôpital où la fillette était suivie et où, selon plusieurs témoins, elle se trouvait bien et jouait tranquillement lorsqu'ils l'avaient vue.
Nulle part, même pas sur des sites évangéliques. Est-ce à dire qu'il n'y en eut point ? Peut-être pourrait-on connaître quelques sources à ce propos ; les miennes, je les ai données sur mon blog...

Plunkett écrit que la fillette était « rachitique » et dénutrie et que ses « organes étaient à peine formés ». Que « ses souffrances étaient insupportables ». Le pronostic vital était engagé sans l'ombre d'un doute.
Où est-il allé chercher cela ?

Rachitique ? Les photos de la fillette parues dans la presse brésilienne ne le laissent pas deviner, et je ne trouve pas cette mention dans les relations de l'affaire dans la presse régionale de Recife ou d'Alagoinha, même s'il en est fait état sur des sites ouvertement anti-chrétiens.

Dénutrie ? A 9 ans, elle mesure 1m30 et pèse 36 kilos. La courbe de croissance moyenne des petites filles françaises indique pour cet âge 1m28 et 27 kilos.

Ses organes étaient-ils à peine formés ? Une conversation avec un médecin gynécologue m'a permis de comprendre que, son cycle menstruel ayant commencé, il n'y avait pas d'insuffisance en soi à ce niveau-là. Une autre conversation avec un prêtre que j'aime bien, absolument pas suspect de traditionnalisme, tournait autour du cas d'une fillette de 6 ans (!) dont son père médecin avait eu connaissance : la petite fille avait mené à bien une grossesse à cet âge-là...

Défendre la vie, c'est essayer de défendre toutes les vies innocentes. Il ne s'agit pas là d'une quelconque hérésie « vitaliste » : ce que nous dit l'Eglise, c'est qie nous devons être prêts à donner notre vie pour ceux que nous aimons. Mais pas de prendre celle des autres...

C'est bien pour cela que cette question a créé une telle polémique. Elle se résume essentiellement en cette question : doit-on admettre que l'avortement est permis et même recommandé dans un cas comme celui-ci ? Je suis certaine, à lire la lettre de Mgr Fisichella, que ce n'est pas ce qu'il dit, ni ce qu'il a voulu dire, puisqu'il parle de situation d'urgence absolue et dit son respect de médecins dont il a pu ignorer au moment d'écrire qu'ils mettent leur point d'honneur à pratiquer des avortements. Mais c'est en ce sens que sa lettre a été interprétée par une presse trop contente de voir l'Eglise, comme cette presse voulait le croire, justifier l'avortement en lui-même.

On peut dire que l'affaire de Recife a eu pour conséquence un grand désordre, et pour cause la circulation d'informations fausses.

Elle aura été aussi l'occasion d'une invraisemblable attaque contre le milieu pro-vie, accusé de « religion de la vie biologique substituée à la religion chrétienne », selon un théologien orthodoxe cité par Plunkett : et même une « obsession raciale identitaire » qui caractérise selon Plunkett ces gens piqués d'un « virus néo-païen ».

Ce ne sont pas des accusations anodines, que ces dénonciations pour haine, pour pharisianisme, etc. Je cherche en vain la charité et la douceur dans ces propos. Pour ma part je ne crois pas avoir manifesté de haine, en tout cas je l'espère. Vu l'enjeu, je crois à l'importance de la recherche de la vérité. Pourquoi interdire son expression ? Pourquoi ne pas engager le débat loyalement ?

31 mars, 2009

La mère de la fillette d'Alagoinha mise en accusation

La mère de la petite fille d’Alagoinha soumise à l’avortement des jumeaux qu’elle avait conçus à la suite de viols de son « beau-père » a été formellement accusée, vendredi, par la police civile de Pernambuco (Brésil) d’« omission » : en l’occurrence, de négligence et de manque de soins à l’égard de la petite. A l’heure d’écrire l’accusation ne semble pas encore avoir été signifiée à cette femme de 39 ans qui a été laissée en liberté.

Le délégué de la police civile, Antonio Dutra, a déclaré que la mère aurait pu éviter les viols répétés sur la fillette et sur sa sœur handicapée de 14 ans, viols qui ont duré, selon les déclarations de la petite victime à la police, depuis 3 ans, et dont est suspecté Jailton José da Silva, 23 ans, chômeur, cousin au deuxième degré de la fillette.

Si Esmeralda Aparecida dit tout ignorer de ces crimes, la police de Pernambuco a déclaré qu’il semblait impossible qu’elle ait pu s’occuper quotidiennement de ses deux filles, les baigner et les soigner sans se rendre compte de rien. Tout en notant qu’il avait eu l’impression qu’elle souffrait de problèmes mentaux, Antonio Dutra a précisé que cela ne « l’exonérait pas de sa responsabilité de mère », d’autant que le père légitime avait fait une déposition notant que son ex-femme l’avait empêché de recevoir la visite de ses filles, sans avancer aucune raison. Un fait que le délégué de la police a interprété comme possible indice de ce qu’elle souhaitait cacher la grossesse de sa fille.

On se rappellera que Mgr José Cardoso Sobrinho fut l’objet d’une cabbale médiatique internationale parce qu’il avait répondu à la presse brésilienne que le fait de décider ou de procurer un avortement entraîne l’excommunication automatique. On cria à l’inhumanité de ceux qui ne voulaient pas respecter les médecins qui avaient pris cette décision « difficile » : or ce sont des médecins habitués à pratiquer cette intervention et qui pour certains ont ouvertement revendiqué l’excommunication comme un honneur. On cria à l’inhumanité de la mère abusée par son propre amant et qui avait pris la décision de faire avorter sa fille sous l’emprise de l’horreur et de la crainte - et voilà que la réalité se révèlera peut-être bien différente.

Soyons clairs : son inculpation ne signifie pas qu’elle est coupable de complicité et ne prouve pas, à ce stade de l’enquête, qu’elle ait été au courant des abominations infligées à ses deux filles. On peut seulement dire que l'absence de poursuites n'a pas paru raisonnable.

Mais voilà, après avoir hurlé comme un seul loup, la presse internationale se fait soudain très discrète au moment où une accusation précise, de nature judiciaire, vient frapper Esmeralda Aparecida. Où sont les grandes consciences qui jugeaient insupportable qu’un évêque l’appelle à se tourner vers la miséricorde divine ? Elle sont muettes, alors qu’elle subit l’accusation la plus déshonorante qui soit, pour une mère…

Plusieurs sources, entre autres ici.

30 mars, 2009

Le témoignage d'un avorteur repenti

Daniel Hamiche et Yves Daoudal ont raconté, ces jours derniers, l’affreux accident qui aboutit à la destruction par les flammes d’un avion d’affaires privé « Pilatus » auprès d’un mémorial des innocents victimes de l’avortement dans le Montana. C’était l’avion de Irving Moore Feldkamp III, propriétaire d’un florissant réseau d’avortoirs en Californie. Deux de ses filles, leurs époux et les sept enfants des deux couples ont péri dans l’accident.

« Punition » divine ? La mort nous attend tous et l’on ne peut que prier pour ceux qui ont perdu la vie terrestre, afin que, par la Miséricorde infinie de Dieu, ils entrent dans l’éternel bonheur de la vie céleste. Pour leur famille restée ici-bas, il y a à tout le moins un signe et un appel…

Il se trouve que le père Edson Rodrigues, curé de la paroisse d’Alagoinha, au Brésil – celle où eurent lieu les viols de la petite fille de neuf ans soumise à l’avortement des jumeaux qu’elle portait – publie sur son blog un témoignage qui n’est pas sans rappeler l’affaire d’Irving Feldkamp.

Seul fils d’une famille pauvre d’une province de l’intérieur du Brésil, il eut la possibilité, grâce aux sacrifices de sa famille, de faire des études. Sa mère, couturière, s’est épuisé les yeux pour avoir l’argent nécessaire aux études de médecine de son fils, qui s’était juré qu’une fois établi, il ne laisserait plus jamais la misère frapper ses parents qui l’avaient tant aidé.

De plus en plus, il chercha donc à s’enrichir ; ayant choisi la spécialité de gynécologie-obstétrique, il décida de « violer le serment » qu’il avait fait de donner la vie et sauver des vies. Son cabinet devint le plus populaire de la région : s’il faisait bien des accouchements, il ne refusait pas d’avorter :

« Comme tous ceux qui commettent ce crime, je me disais que toutes les femmes ont le droit de choisir, et qu’il valait mieux pour elles qu’elles soient assistées d’un médecin, qui ne mettrait pas leur vie en péril, plutôt que de se tourner vers des cliniques clandestines, où le taux de mortalité et de complications sont alarmants. »

Voilà un médecin prospère, mais « aveugle et inhumain » : il ne dit rien de ses activités mortelles ; ses parents sont morts, dit-il, avec l’illusion que leur fils avait réussi, que c’était un conquérant.
« J’ai élevé mes deux filles avec de l’argent taché du sang des innocents ; j’ai fait partie des plus méprisables des êtres humains. Mes mains, qui auraient dû porter la bénédiction pour la vie, ont travaillé pour donner la mort. (...)

« Je ne me suis arrêté que lorsque Dieu, dans sa sagesse infinie, a ébranlé ma conscience et fait saigner mon cœur ; il l’a fait saigner avec le même sang que celui de tous ces innocents que je n’ai pas laissé naître. Leticia, ma plus jeune fille, au printemps de sa vie, a cessé de respirer. Sur son certificat de décès, la cause de la mort fut notée ainsi : infection généralisée. Leticia, à 23 ans, était tombée enceinte, et elle a recherché la même issue que tant d’autres qui étaient venues me chercher : l’avortement. Je ne l’ai su que lorsqu’il n’y avait plus rien à faire.

« Alors que je me tenais aux côtés de ma fille, j’ai vu les larmes de tous les petits anges que j’ai tués. Pendant qu’elle attendait la mort, j’agonisais à côté d’elle ; ce furent six jours de souffrance avant que, le septième jour, elle ne parte retrouver son tout petit enfant, ce tout petit enfant qu’un médecin avait assassiné comme moi j’avais empêché (tant d’autres) de naître.

« Ce fut un temps suffisant pour réfléchir ; une réflexion qui n’aboutit qu’au matin où ma fille mourut. Epuisé par les nuits blanches, je m’endormis près de ma fille et songeai que je marchais dans un lieu totalement obscur, où l’air était chaud et humide ; je voulais respirer mais je n’y arrivais pas, je voulais fuir mais, désespéré, j’étais poussé vers un lieu où le bruit me rendait plus fou encore. C’étaient des pleurs, des pleurs d’enfants qui souffrent. Dans ma pensée, comme un rayon qui m’aurait coupé en deux, j’eus une illumination : ces pleurs étaient des cris de douleur, les lamentations des petits anges à qui j’avais ôté la vie. C’était la triste conséquence de mes actes inconsidérés.

« Je sais qu’à travers ce songe, Dieu m’a emmené dans un lieu où demeurent les petits anges quand on les empêche de naître, de façon barbare. J’ai compris que, dès la fécondation de l’ovule, la vie existe, d’où il résulte que je suis un assassin. Je ne sais si Dieu me pardonnera un jour… »

Ce médecin a fermé son cabinet, puis l’a vendu ; avec l’argent qu’il en a tiré il a ouvert une maison d’accueil pour les mères célibataires, pour y pratiquer désormais gratuitement la médecine auprès des pauvres, des désemparés, des invalides.

« Priez pour moi, priez pour moi, priez pour que Dieu aie pitié de moi et me pardonne, car je sais que je n’échapperai pas au jugement dernier. »

Vous avez bien lu : pour ce médecin repenti, et qui peut compter sur la miséricorde infinie, la tragédie qui l’a frappé est preuve de « l’infinie sagesse de Dieu ». Quant au pardon qu’il peut espérer ? La Vierge de Fatima nous demande d’implorer pour tous et même avant tout pour ceux qui en ont le plus sur la conscience : « et conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde »…

Source : ici.

27 mars, 2009

Le parlement de Pernambuco se saisit des grossesses adolescentes

Le Journal officiel de Pernambuco, l'Etat des Etats-Unis du Brésil où eut lieu l'avortement de Recife, rend compte d'une audience publique du parlement local tenu par les commissions de la Santé, de la Défense de la femme et de l'Education, de la Culture, des Loisirs et des Sports sur le thème des grossesses adolescentes.

Préeuve est faite que l'objectif des partisans du « droit » à l'avortement a été dans cette affaire de l'utiliser comme tremplin pour faire avancer leur projet de légalisation pure et simple de l'avortement au Brésil. D'aucuns diront que la réaction de Mgr Cardoso Sobrinho a servi de moteur à l'opération. Mais son silence, toute absence de jugement, vu la publicité qui entourait le cas depuis le 25 février, eût été interpréte comme un acquiescement, exactement de la même manière que la presse internationale a considéré la réaction de Mgr Fisichella (voir la fin de ce post) constituait une justification a priori de l'avortement.

Devant le parlement de Pernambuco, on souligna que beaucoup de fillettes de 10 ou 11 ans utilisent des contraceptifs sans prescription médicale : il s'agit donc de mettre en place, a déclaré la secrétaire à la Santé de Recife, des « actions concertées entre l'Etat et la municipalité pour réduire le problème ».

On déplora que les femmes connaissent mal la législation sur l'avortement et les institutions chargées d'aider celles qui sont victimes de violences sexuelles. Pour la présidente de la commission de l'Education, Teresa Leitão, ainsi que plusieurs autres élus, l'urgence est désormais d'assurer que la population ait un minimum d de connaissances à propos de la législation et « d'adapter le code pénal brésilien à la réalité brésilienne ». Air connu.

La Commission pour la Femme réclame pour sa part des politiques publiques pour éviter la grossesse précoce. Air connu là aussi : on sait qu'il s'agit rarement d'une éducation à la chasteté.

Pour couronner le tout, l'assemblée des élus rendit un hommage officiel à l'équipe médicale du CISAM (Centro Integrado de Saúde Amaury de Medeiros), le centre référent pour les avortements légaux à Recife (en cas de viol, danger de mort pour la mère ou malformation fœtale) : c'est un député du parti social démocrate brésilien (dit des « Toucans »), Raimundo Pimentel, qui remit une plaque honorifique au Dr Rivaldo Albuquerque, gynécologue-obstétricien de cette unité hospitalière.

Celui-ci faisait partie des personnes dont Mgr Cardoso Sobrinho avait expliqué qu'elles étaient frappées d'excommunication automatique pour avoir participé à un avortement. « Catholique pratiquant », le Dr Rivaldo Albuquerque a déclaré que l'excommunication ne l'empêcherait pas d'aller à la messe... Il avait été excommunié officiellement en 1996 lorsqu'il avait créé un centre d'aide aux femmes victimes de violences, doté d'une unité d'avortements.

On trouvera ici la traduction de la lettre de Mgr Fisichella à propos de la « petite fille brésilienne » réalisée par le site benoit-et-moi.fr. Il y déclarait ceci, à propos des médecins qui avaient réalisé l'avortement :

« Personne, de toute façon, n'arrive à une décision de ce genre avec désinvolture ; il est injuste et offensant de seulement le penser. Le respect dû au caractère professionnel du médecin est une règle qui doit impliquer chacun, et ne peut pas permettre d'arriver à un jugement négatif sans avoir auparavant considéré le conflit qui s'est créé au fond de lui. Le médecin porte avec lui son histoire et son expérience ; un choix comme celui de devoir sauver une vie, tout en sachant qu'on en met une deuxième à grand risque, n'a jamais été vécu avec facilité. »


Au vu des faits, ces paroles semblent indignes du président de l'Académie pontificale pour la Vie. Il est vrai qu'il semblait croire que la décision d'avorter a été prise d'urgence en salle de réanimation. Il semble qu'il n'ait pas non plus trouvé quelqu'un pour le tenir informer de la réalité de la situation...

La petite de Recife : organisme féministe et “traitement vermifuge”

De nouvelles précisions s’imposent à propos de l’affaire de la petite Brésilienne de Recife. En parcourant de nouveau la presse brésilienne je découvre que la « Secretaria especial da Mulher », institution féministe de l'Etat de Pernambuco chargé de la « tutelle » de la petite d’Alagoinha, a fait savoir le 22 mars que celle-ci avait reçu une assistance médicale et psychologique. Et l’on apprend que son responsable, Cristina Buarque, avait affirmé dès que l'avortement avait été pratiqué, le 4 mars, que la petite n’avait pas conscience d’avoir subi un avortement, mais pensait qu’elle avait été soumise à un traitement vermifuge. Affirmation réitérée tout récemment par une autre responsable de cette institution, Lucidalva Nascimento, n’avait rien compris à ce qui s’était passé parce qu’elle est très « petite fille ».

De nouvelles questions se posent donc. Pourquoi la fillette est-elle sous une forme de « tutelle », alors que ses deux parents sont vivants et que son père souhaite désormais obtenir sa garde ? Pourquoi les services de santé qui ont réalisé l’avortement ont-ils fait savoir qu’elle n’avait pas subi une anesthésie complète et qu’elle était partiellement consciente lors de la procédure ?

D’autant que son père, M. Erivaldo, affirme que la veille de l’avortement, il avait vu sa fille, avait désigné son ventre et lui avait dit qu’elle aurait deux bébés. Dans la Gazeta do Sul, il témoigne : « Elle a dit que l’un des deux serait pour elle, et l’autre pour sa grande sœur qui jouerait avec lui. Elle savait qu’elle était enceinte. »

Dernière question : à supposer la « Secretaria especial » dise vrai, peut-on imaginer que la fillette soit maintenue à jamais dans l’ignorance de ce qui lui est arrivé ? Et si elle le découvre, quel sera l’impact psychologique du mensonge avec lequel elle aura vécu : l’idée que ses tout-petits n’étaient que des « vers » qu’il fallait éliminer ?

Enfin, autre retombée de l'affaire, d'autres Etats du Brésil sont en train de se doter de secrétariats spéciaux pour les femmes, dans une même optique.

Source : ici.

25 mars, 2009

Royaume-Uni : mort d'un trisomique.

Le médiateur britannique vient d’accorder 40 000 livres de dommages aux parents d’un trisomique de 43 ans qui, victime d’une attaque cardiaque, incapable de ce fait de se nourrir lui-même, n’avait pas été alimenté pendant 26 jours avant de mourir de faim, en 2005.

Incapable de communiquer verbalement, il ne pouvait se faire comprendre des médecins de l'hôpital de Kingston, Londres, où il avait été transféré.

Il fallut 18 jours aux infirmiers et aux logothérapeutes pour persuader l’équipe chargée de le soigner qu’il fallait l’intuber, mais il était déjà dans un tel état que ce geste n’avait pu être pratiqué.

Le Conseil d'administration de l'hôpital a reconnu les manquements constatés et s'en est excusé auprès de la famille de Martin Ryan.

Source : ici.

Angleterre : euthanasie forcée ?

Un bébé de neuf mois atteint d’une maladie mitochondriale rare est mort samedi, après que son traitement eut été stoppé contre la volonté de ses parents et de ses infirmières. Ses parents s’étaient retournés judiciairement contre les médecins de l’hôpital pour que l’enfant continue d’être soigné, mais deux juges de la cour d’appel leur avaient interdit de contester la décision des juges de première instance. L’argument des médecins ? La vie de ce petit n’avait « pas de sens », et il était dans son « intérêt » de mourir…

L'enfant est mort quelques heures après le retrait du traitement qui le maintenait en vie.

La question se pose de savoir si l'enfant était l'objet d'acharnement thérapeutique : il souffrait d'un grave désordre du métabolisme, présentait des dommages au cerveau et avait une grave déficience respiratoire. Cependant sa mort était consécutive à l'arrêt du ventilateur qui lui permettait de respirer, à la charnière en quelque sorte des traitements médicaux et des soins ordinaires. Peut-on qualifier la mise sous assistance respiratoire de soins extraordinaires ou disproportionnés ?

L'argument des médecins n'a d'ailleurs pas été celui de l'acharnement thérapeutique, mais de la « qualité de vie ». L'un d'eux, interviewé dans la presse anglaise, a répondu (traduction volontairement maladroite pour en souligner le sens littéral) :

« Oui, je peux comprendre que des parents puissent avoir du plaisir à interagir avec ce bébé - bien des parents obtiennent du plaisir de la part de leurs enfants sévèrement handicapés. Mais nous considérons la qualité de vie de cet enfant. Combien de douleur et de souffrance doivent lui être imposés alors que les plaisirs qu'il obtient de la vie sont peu nombreux et très espacés ? »

Le médecin a affirmé que la maladie de cet enfant était très rare et qu'on n'en savait presque rien, mais qu'il était hautement improbable qu'il puisse un jour aller mieux et qu'il serait de toute façon mort avant cinq ans.

C'est le cas limite typique, où il s'agit de décider si les souffrances causées par un traitement ne sont pas excessives et justifient que l'on laisse la nature agir, ou si au contraire elles n'ont pas atteint un niveau inacceptable, comme le soutenaient les parents, qui voulaient voir leur enfant vivre le plus longtemps possible.

Mais il ne faut pas perdre de vue la part purement économique d'une décision d'arrêt de soins, dans un système de santé socialisé où la notion de soins futiles progresse, ni les dérives que ce genre de cas permet vers la détermination par la société, et non par les proches d'un patient lorsque celui-ci ne peut s'exprimer lui-même, du niveau de qualité de vie exigible pour financer un traitement.

Sources : ici, ici, et ici.

Fécondation in vitro et anomalies génétiques

La « Human Fertilisation and Embryology Authority » (HFEA), l’agence responsable des techniques de procréation artificielle au Royaume-Uni, vient enfin d’avertir officiellement des risques liés à la fécondation in vitro : les embryons ainsi conçus présentent 30% de risques d’accidents génétiques de plus que les fruits de fécondations normales.

La HFEA traduit dans son avertissement le constat fait à l'issue d'une enquête américaine sur 13.500 bébés plus 5.000 bébés "contrôle" : chez les bébés conçus in vitro, le risque de présenter un bec-de-lièvre, des défauts cardiaques et des malformations du système digestif est significativement plus élevé. Ces enfants présentent également davantage d'anomalies génétiques liées à de graves maladies rares.

Alors que 12.000 bébés naissent tous les ans au Royaume-Uni à la suite d'une fécondation in vitro, la HFEA a décidé d'améliorer l'information aux couples demandeurs en les tenant au courant des risques, même si elle souligne que la majorité des enfants ainsi conçus sont en bonne santé.

D'autres études ont établi que le risque de naissance prématurée est également plus élevé pour ces bébés.

Alors que ces constats devraient faire réfléchir aux inconvénients pratiques (et moraux) de la procréation artificielle, ne serait-ce qu'au nom du principe de précaution, il est cependant à craindre qu'ils n'aboutissent à davantage de diagnostics préimplantatoires et de tri embryonnaire.

Source : ici.

24 mars, 2009

Réponse à un lecteur à propos de Recife

Un lecteur réagit ici, de façon longue et argumentée, à plusieurs posts récents.

A mon tour d’apporter quelques réflexions supplémentaires.

Je relève d’abord – sans aucune animosité, il s’agit d’un lapsus ! – que Mgr Cardoso Sobrinho ne risquait pas d’être « piégé » par le lobby « pro-life », mais soi-disant « pro-choix », c’est-à-dire « pro-mort ». J’ai écrit moi-même qu’il avait peut-être manqué de prudence mais il est vrai qu’il se trouvait dans une situation où il venait de constater la séquestration d’une petite fille et le fait qu’elle avait subi un avortement à la suite de mensonges divers, contre le gré de son père légitime et en l’absence de danger de mort.

Que le violeur ne fasse pas l’objet d’une excommunication automatique appelle plusieurs remarques.

1. Nul ne doute que – s’il était pleinement responsable de ses actes – il a commis un péché mortel qui de fait le coupe de l’accès à la Sainte Table. L’excommunication ne modifie que la manière dont l’Eglise accorde le pardon de Dieu pour un fait donné.

2. Il bénéficie (jusqu’à son jugement) de la présomption d’innocence, même s’il est passé aux aveux : tout pénaliste français vous dira que les aveux ne suffisent pas à établir une culpabilité. Cela non pour amoindrir sa culpabilité, mais pour montrer que son cas est différent de celui des responsables évidents d’un acte accompli au vu et au su de tous.

3. Dans notre droit pénal comme dans celui du Brésil, le viol, même sur mineur, et en ce cas non incestueux à proprement parler, n’est pas aussi lourdement sanctionné que le meurtre. Cela peut paraître injuste mais c’est comme ça. Il semble qu’on retrouve ce parallélisme dans le droit canon. Cela n’enlève rien à l’horreur de ce qu’il a fait. Cela n’enlève rien non plus à l’horreur qu’est le dépeçage de deux enfants à naître dans le sein de leur mère.

Certes nos contemporains occidentaux ont du mal à comprendre cela, mais peut-être pas les compatriotes de Mgr Cardoso Sobrinho, encore très majoritairement catholiques et donc justement sensibles à ce que signifie véritablement l’excommunication, à un moment de grande tension justement à propos de l’avortement où le lobby « pro-mort » fait feu de tout bois pour imposer la légalisation de ce « crime abominable » (je reprends une fois de plus les mots de Vatican II). Il n’était peut-être pas « prudent » de faire référence à l’excommunication, mais sans doute que, du point de l’archevêque de Recife, il eût été coupable de se taire, sous peine de laisser croire que l’Eglise ne condamne pas l’avortement dans le cas de la fillette.
Mgr Fisichella, au nom de l’Académie pontificale pour la vie, a eu un discours plus suave, plus compréhensif, y compris pour les médecins avorteurs qui ont pratiqué l’avortement dans un hôpital qui s’en est fait une spécialité. C’est, me semble-t-il, un scandale plus grand car il n’appelle pas le bien, bien, ni le mal, mal. Si bien que plusieurs titres anglophones ont analysé sa lettre comme une justification de l’avortement direct dans les cas comme celui de la fillette.

Quant à moi, je commencerai à croire aux larmes de crocodile de la grosse presse lorsqu’ils dénonceront, avec les violeurs d’enfants, ceux qui détruisent leur innocence à travers une « éducation sexuelle » immonde, ceux qui les poussent à s’avilir dans une promiscuité qui abîme en eux l’image du Dieu éternellement fidèle, ceux qui applaudissent à l’idée que l’avortement puisse être considéré comme un « droit », ceux qui plaident pour le divorce à l’amiable et la réussite de la « famille » recomposée… Ces enfants de cinq, dix ou quinze ans littéralement détruits par la séparation de leurs parents (et leurs « remises en ménage » sont elles aussi synonymes d’excommunication !) ne méritent-ils pas qu’on pense d’abord à leurs « droits » ? La petite d’Alagoinha était d’abord victime de cela, et de l’arrivée dans son foyer du jeune ami de sa mère qui ne pouvait avoir vis-à-vis d’elle une attitude de père.

Je ne sais pas si la position de l’Eglise est aujourd’hui moins comprise. Cela peut s’argumenter, je le sais bien. D’un autre côté la position de l’Eglise est du moins connue, et quoi qu’il en soit elle n’a jamais été facile. Jean-Baptiste a payé pour le savoir, lui qui a perdu la tête en affirmant l’illégitimité adultérine d’un remariage après divorces ; Notre-Seigneur lui-même était-il compris de ses contemporains, avec son exigence de fidélité jusqu’au martyre et de dépouillement de soi ? Qui d’entre nous, d’ailleurs, peut prétendre le comprendre et le suivre comme nous le devrions ? Il affirmait et affirme certes la miséricorde, accessible à tous, mais qui dit miséricorde suppose qu’il y a une misère, un péché à réparer et à laver.

Vous me demandez si j’ai des aspirations à un « système politique autoritaire ». Tout dépend de la manière dont vous définissez cela. Pour ma part je retiendrai que Benoît XVI dénonce la « dictature du relativisme » et je sais que c’est la vérité qui nous rend libres.

Je ne me permettrai pas de juger des motivations de Patrice de Plunkett mais il ne se gêne pas pour qualifier les « nôtres » au sens large d’idéologiques. Je crois que l’idéologie est marquée par le mensonge et la déformation de la réalité et dans l’affaire de Recife j’ai essayé modestement de montrer où ils se situaient.

Vous me reprochez d’insinuer de mauvaises pensées à Tugdual Derville. Je vous avouerai que j’ai moi-même été embobinée par la rédaction étrange de sa citation jusqu’à me demander s’il était possible que sous la responsabilité de Jean-Paul II on ait pu écrire chose si alambiquée à propos de la « vie ». Je suis d’accord avec vous : la déformation du propos n’est pas radicale, mais elle suggérait l’inverse de ce qui était écrit. Par ailleurs je sais que certains « pro-vie » évitent absolument de parler de l’avortement en termes d’interdit, par respect des femmes notamment. Les mêmes reculent devant l’idée de demander l’abrogation de la loi Veil. C’est une stratégie que j’ai le droit de ne pas apprécier ; ce n’est pas celle de nombreuses conférences épiscopales ; c’est un discours qui ne me semble pas acceptable dès lors que je crois que la loi a un effet normatif et donc incitatif. Il me semble même de moins en moins acceptable alors que l’avortement en France, notamment, est affirmé et protégé comme un droit, et bientôt (pour ne pas dire déjà) comme un devoir. 96 % de petits trisomiques avortés, vous croyez que c’est le fruit du hasard ?

Je n’ai pour autant rien personnellement contre Tugdual Derville à qui je ne cherche pas de poux ; j’ai simplement voulu mettre en évidence qu’il a passé sous silence une phrase totalement claire qui dénonce tout avortement direct comme non conforme à la loi divine qui exprime la volonté de Dieu pour nous. Qu’elle ne soit pas rigoriste se traduit précisément dans le fait que l’avortement provoqué de façon non voulue et indirecte, par un geste thérapeutique ayant un autre but que la mort du fœtus, pour sauver la femme ou la jeune fille qu’on a devant soi, n’est pas interdit. Ne me dites pas que ce « vouloir direct » ou « indirect » est incompréhensible pour nos contemporains : elle a été inscrite bien récemment dans la loi Leonetti et en constitue l’un des aspects positifs.

Quant au respect que je dois à mes frères dans le Christ, j’essaie de le conserver et ne prétends pas être exempte de manquements à cet égard. Mais Patrice de Plunkett a en l’occurrence eu à l’égard de la variété des pro-vie qu’il n’aime pas des mots et des jugements qui me semblent bien durs ; il y a eu des mensonges et des omissions qui ne servent pas la vie de nos tout-petits frères en humanité que sont les enfants à naître. M’est-il permis de m’indigner pour eux ?

20 mars, 2009

Préservatif : un scientifique de haut niveau confirme les propos de Benoît XVI

Ce n'est pas a grosse presse qui évoquera les faits justifiant les propos de Benoît XVI. Et surtout pas les déclarations du directeur du Projet de recherche sur la prévention du sida à la prestigieuse université de Harvard aux Etats-Unis. Edward C. Green a jeté un véritable pavé dans la mare du trompeur consensus médiatique mondial. Mais il n’y aura pas d’onde de choc : les mêmes médias mondiaux s’intéressent à tout, sauf à la réalité.

Interrogé par la National Review Online, Edward Green a répondu : « Le Pape a raison. Ou pour répondre plus précisément : les meilleures données dont nous disposons confirment les propos du Pape. »

Il fait clairement état d’une corrélation entre la progression de la séropositivité et de l’accès facilité aux préservatifs qui devraient conduire les commentateurs à exercer leur indignation en sens inverse, à l’encontre des promoteurs d’une fausse solution qui est scientifiquement associée à plus de malades, plus de misère, plus de morts, plus d’enfants frappées par la tragédie.

« Il existe une relation systématique, mise en évidence par nos meilleures enquêtes, y compris celles menées par l’organisme “Demographic Health Surveys” financé par les Etats-Unis, entre l’accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et des taux d’infection par le virus du sida plus élevés, et non plus faibles. Cela pourrait être dû en partie au phénomène connu sous le nom de “compensation du risque”, ce qui veut dire que lorsque l’on a recours à une “technologie” de réduction du risque comme le préservatif, l’on perd souvent le bénéfice lié à la réduction du risque par une “compensation” qui consiste à prendre davantage de risques qu’on ne le ferait en l’absence de technologie de réduction du risque. »


Autrement dit, le recours au préservatif permet certes de réduire le risque de contamination – mais non de l’annuler – mais encourage à adopter des conduites à risques qui aboutissent à davantage de contaminations.

Un livre d’Edward Green présenté sur le site de son unité de recherche, tirant les leçons de l’expérience de la lutte contre le sida dans les pays en voie de développement, explique :

« Les solutions avant tout médicales financées par les plus grands donateurs n’ont eu que peu d’impact en Afrique, le continent le plus durement touché par le sida. Au contraire, des programmes relativement simples, peu onéreux, visant à changer les comportements – en mettant l’accent sur la progression de la monogamie et sur le recul des premières relations sexuelles chez les jeunes – ont permis les plus grandes avancées dans la lutte contre le sida et la prévention de son extension. »


Source : Présent du 21 mars 2009

19 mars, 2009

Ce que dit la Charte des personnels de santé catholiques sur les grossesses à très haut risque

Très intéressant article de Tugdual Derville, publié notamment sur le site de Liberté politique... Mais je note qu'il cite de manière incomplète l'article 141 de la Charte des personnels de santé, publiée en 1995 sous le pontificat de Jean-Paul II. Voici ce qu'écrit Tugdual Derville :

Dans la Charte des personnels de santé édictée en 1995 par le Conseil pontifical pour la pastorale des services de la santé, il est précisé, à l’article 141, que « en certains cas, en refusant l’avortement, on porte préjudice à des biens importants qu’il est normal de vouloir sauvegarder ». Le texte évoque notamment « le cas de la santé de la mère » et celui « d’une grossesse dont l’origine est le viol ». Sans « méconnaître ou minimiser ces difficultés et les raisons qui les sous-tendent », il confirme que « la vie, en fait, est un bien trop fondamental pour être mis en comparaison avec certains inconvénients même graves ».



Cela m'a paru étrange. Une lecture rapide laisserait presque croire que l'Eglise justifie en certains cas l'avortement. L'article 141 dans sa rédaction complète affirme (c'est moi qui surligne) :

141. - Il est vrai aussi, qu'en certains cas, en refusant l'avortement, on porte préjudice à des biens importants qu'il est normal de vouloir sauvegarder. C'est le cas de la santé de la mère, de la charge d'un enfant en plus, d'une grave malformation foetale, d'une grossesse dont l'origine est le viol. On ne peut méconnaître ou minimiser ces difficultés et les raisons qui les sous-tendent. On doit pourtant affirmer aussi qu'aucune d'elles ne peut octroyer objectivement le droit de disposer de la vie d'autrui, même en sa phase initiale. « La vie,en fait, est un bien trop fondamental pour être mis en comparaison avec certains inconvénients même graves ».



Pourquoi avoir omis précisément cette phrase qui lève toute ambiguïté ?

Leçons de l’affaire de l’archevêque d’Olinda et Récife

L’éclipse de la raison

La grosse presse n'en finit pas de parler de la douloureuse affaire de la petite Brésilienne de 9 ans, violée par son beau-père depuis trois ans, enceinte de jumeaux, et qui, avec l’accord de sa mère, fut soumise, le 4 mars, à un avortement à quinze semaines de grossesse. Le tollé médiatique qui a entouré ces faits horribles est aussi un révélateur ; le révélateur de l’endroit où en sont les intelligences et les cœurs dans un monde où tout concourt à empêcher la pensée. L’évêque d’Olinda et Recife, où eut lieu l’avortement – légal au Brésil en cas de viol ou de danger de mort pour la mère – avait publiquement constaté dès le lendemain de l’opération que ses responsables majeurs étaient automatiquement excommuniés. Que ce constat public ait constitué une maladresse n’est pas ici contesté ; la conférence des évêques du Brésil, ainsi que Mgr Fisichella de l’Académie pontificale pour la Vie, l’ont souligné en indiquant à la fois que l’avortement volontaire est toujours un mal mais qu’il était inutile en ce cas de mettre en avant une sanction de l’Eglise alors que les participants à l’acte n’avaient en tête qu’une chose : sauver la vie de la fillette de neuf ans qui avait déjà tant souffert.

Mais un grave problème se pose toutefois : l’indignation médiatique devant l’excommunication suggère que la décision d’avorter était la bonne, celle qu’il fallait prendre à tout prix. Rappeler que l’avortement est un « crime abominable », selon les mots mêmes du concile Vatican II devient dès lors preuve d’insensibilité et d’intégrisme. Tenir à la fois un langage de vérité et de charité semble désormais impossible, parce que l’usage de l’intelligence, du discernement, dans ces affaires hautement sensibles est devenu synonyme de « dureté », d’« institutionnalisme » et de manque d’humanité. Certains mots provoquent des réflexes conditionnés de rejet. Comme nous l’écrivons dans Présent depuis plusieurs années, tel est le ressort caché de toutes les pédagogies décervelantes, de toutes les manipulations médiatiques : faire taire la réflexion, court-circuiter la raison. Le langage de l’émotion devient seul admis, au nom certes de l’infinie miséricorde de Dieu, mais en quoi son plan d’amour pour les hommes a-t-il jamais changé un seul iota à la loi ?

La grosse presse qui, dans le monde entier, s’empara de l’affaire pour vitupérer contre l’archevêque, Mgr Cardoso Sobrinho, pour dénoncer la scandaleuse raideur de l’Eglise, pour laisser croire que l’on minimisait le crime du beau-père (il est en prison), pour dénoncer un « pape intégriste » (sic) et pour faire entendre qu’une sorte de complot religieux visait à laisser mourir la fillette en la privant de ce soin nécessaire qu’était en l’occurrence la suppression de ses deux jeunes enfants.

Le battage et la haine furent abominables et, vu les accusations malveillantes contre l’Eglise tout entière, il est normal qu’elle ait décidé de mettre en avant son visage miséricordieux en désavouant ce que Mgr Cardoso n’avait en définitive… pas fait.

Et puis il y eut les incroyables attaques de Patrice de Plunkett sur son blog accusant ceux qui avaient exprimé leur soutien à l’archevêque de « scandaliser ces petits » en les éloignant de la Bonne nouvelle, de ne connaître que la loi et d’ignorer l’amour, d’être des « geais parés des plumes des éventails préconciliaires abolis par Paul VI », d’alimenter la « cathophobie ». De faire de la « vie » une sorte d’idole, oubliant les bras miséricordieux du Christ. Il alla jusqu’à condamner sans appel « ce scandale, hurlant à la face du Ciel, que fut la publicité donnée au drame de la fillette par Mgr Sobrinho ». Il a hurlé avec les médias. Il a donné l’exemple d’une réaction d’instinct, sans doute poussé par le désir de rendre le message de l’Eglise plus audible à ceux qui en sont éloignés, mais au bout du compte, à force de confusion mentale, le message lui-même en est brouillé.

Il paraît que les hommes ne supportent plus l’argument d’autorité, ils seraient trop fragiles pour entendre la vérité sur l’avortement : c’est là le raisonnement des « pro-vie » qui refusent les manifestations de rue et pensent qu’il ne faut pas ouvertement réclamer l’abrogation de la loi Veil. Il est clair que la fillette brésilienne mérite une compassion sans limites. Mais on s’est surtout focalisé sur le risque pour sa vie. A force de parler ainsi, les religieux et les médecins qui voulaient sauver les TROIS vies, la sienne et celle des jumeaux qu’elle portait, apparaissent comme des bourreaux.

Bien des questions, de circonstance et de fond, se posent pourtant, qu’il aurait fallu éclaircir avant de se jeter dans la mêlée médiatique où tout n’est qu’impressions, idées préconçues, larmes de circonstance et travestissement de la vérité. Les médias s’adressent aux « cerveaux droits ». Malheur aux voix discordantes !

1. Mgr Cardoso Sobrinho est-il celui par qui le « scandale » arriva ?

Certes non. La découverte de la grossesse de la petite fille reçut une importante publicité dès le 25 février, et depuis cette date, le curé de la paroisse de la famille de la fillette, le Père Edson Rodrigues, alla voir l’enfant tous les jours, y compris lorsqu’elle fut hospitalisée à 230 km de chez elle ; il se démultiplia pour apporter appui et soutien à la « toute petite maman » de neuf ans, souillée dans sa chair, confrontée à un drame qui la dépasse. Il entoura également sa mère à elle, et son père légitime. Les deux parents, tout en craignant pour la vie de leur enfant, eurent comme premier mouvement le désir de respecter la vie des deux tout-petits qui avaient été conçus dans des circonstances aussi monstrueuses, mais qui n’en étaient pas moins des êtres humains. De son côté Mgr Cardoso, dans sa ville de Recife où la petite fille était hospitalisée, avait mobilisé une équipe de juristes, de médecins, de psychologues. Jusque tard dans la nuit, ils se penchèrent sur ce cas grave et douloureux pour trouver une réponse juste. Dans les premières heures du mardi matin, constatant que la mère et le père faisaient l’objet de pressions de la part de « travailleurs sociaux » (et non de médecins) pour qu’ils autorisent un avortement immédiat, constatant aussi les fausses informations divulguées par la presse quant à l’état de santé de la fillette, et les pressions médiatiques des groupes pro-avortement au Brésil, Mgr Cardoso demanda un bulletin de santé à l’institut maternel et infantile de Pernambuco où elle était gardée.

Ce fut le directeur de la clinique (« IMIP ») qui l’apporta, confirmant qu’il n’y avait aucune menace imminente sur sa vie et que, si les parents ne voulaient pas d’un avortement, il serait possible de mener la grossesse à terme si les soins nécessaires lui étaient apportés.
En définitive, le père légitime, ébranlé un moment par les affirmations d’une travailleuse sociale, décida de ne pas signer l’autorisation d’avortement. Pour passer à l’acte, l’accord des deux parents était nécessaire. Le père, M. Erivaldo, accompagné de l’avocat du diocèse de Recife, d’un médecin et d’un psychologue, se rendit le mardi après-midi à l’IMIP pour voir lui-même sa fille. Mais elle n’était plus là. Une ONG qui fait de l’agit-prop en faveur du « droit » à l’avortement, « Curumin », avait eu accès à la mère de la petite et avait obtenu d’elle la signature d’une demande d’avortement (en fait, une empreinte digitale, la mère étant illettrée). Comme la fillette n’était nullement en danger de mort l’IMIP, qui ne voulait pas réaliser l’opération, n’avait eu d’autre choix que de lui donner une autorisation de sortie et elle avait été emmenée dans un lieu non précisé. Il s’agissait de la cacher à son père…

Alors que toute la presse brésilienne parlait de l’affaire le père et les représentants du diocèse finirent par découvrir, le mercredi 4 mars, où la fillette avait été emmenée : dans une maternité « référente » pour les avortements légaux à Recife. Et l’avortement avait déjà eu lieu, la procédure ayant été déclenchée dès le mardi soir.

C’est dans ce contexte passionnel que Mgr Cardoso Sobrinho fut sollicité par les médias. Et dans ce contexte qu’il observa que l’avortement volontaire est automatiquement puni d’excommunication, peine qui en l’occurrence ne pouvait évidemment frapper la petite victime mineure, mais sa mère et ceux qui décidèrent l’avortement ou le mirent en œuvre.

2. Y avait-il réellement danger de mort pour la petite fille ?
Les promoteurs de l’avortement avaient répandu dans la presse l’« information » selon laquelle la petite fille, en raison de l’étroitesse de son bassin, risquait de mourir lors de l’accouchement. Crainte non fondée puisque précisément, il s’agissait de la suivre comme on suit une femme présentant une grossesse à risques, et de procéder à une césarienne dès qu’il y aurait une petite chance de survie pour les jumeaux.

Les journaux parlèrent également des risques d’éclampsie, « oubliant » de dire que celle-ci est toujours précédée de signes avant-coureurs qui dans le cas d’une grossesse suivie d’aussi près, permettraient de prendre les mesures nécessaires.

Plusieurs gynécologues-obstétriciens se sont mobilisés pour dire que, bien qu’ayant suivi grand nombre de grossesses d’enfants de moins de 14 ans qui, hélas, sont très fréquentes au Brésil, aucune n’avait provoqué la mort de la mère dès lors que celle-ci recevait les soins nécessaires. Le Dr Elizabeth Kipman Cerqueira, spécialiste en bioéthique, souligna qu’il y avait certes risque de naissance prématurée ou d’avortement spontané mais que ceux-ci présentent moins d’inconvénients que l’avortement provoqué.

Il est intéressant de noter qu’un cas similaire se produisit à Recife en 1978 : on découvrit la grossesse de 18 semaines d’une fillette de neuf ans d’une corpulence similaire à celle de la petite d’Algoinho, mais les médecins, habilités à pratiquer des avortements légaux, refusèrent au motif que l’opération lui ferait courir plus de risques qu’une césarienne. Ils parlaient, disaient-ils, d’expérience, les grossesses enfantines étant « communes » dans leur région.

3. Mgr Cardoso Sobrinho a-t-il « excommunié » la mère et l’équipe médicale ?

Il a lui-même multiplié les déclarations, dès le 6 mars, pour s’insurger contre la manipulation médiatique de son évocation du canon prévoyant l’excommunication automatique. Etait-elle réellement de circonstance ? Pour la mère, la crainte subjective, objectivement infondée, de voir certainement mourir sa petite fille, la rendait sans doute sans objet. Mais pour ceux qui manipulèrent l’affaire, on ne peut en dire autant. Quoi qu’il en soit, Mgr Cardoso a clairement répété : « Je n’ai excommunié personne. C’est la loi de l’Eglise. (…) Mais évidemment cela vaut pour les gens qui ont la foi. Je rappelle que celui qui encourt l’excommunication n’est pas condamné à vie. Les portes de l’Eglise sont toujours ouvertes. Quiconque se convertit et demande pardon, eh bien l’Eglise est toute prête à l’absoudre. Mais pour des délits très graves de cette sorte, les personnes doivent être alertées. » Il s’agissait – mais il est vrai que le monde médiatique ne peut le concevoir – d’une « peine médicinale », maintenue dans le Code de droit canon promulgué par Jean-Paul II, sans doute pour attirer l’attention sur un mal que le monde nomme aujourd’hui bien.

4. Est-il inhumain de parler, aussi, de la survie de deux enfants conçus ?

En entendant hurler les loups, on en arriverait à le croire. Cependant, comme Mgr Cardoso s’est mis en peine de l’expliquer – sans penser qu’effectivement son propos serait déformé – un bien, la survie de la fillette, ne justifie pas n’importe quel moyen, en l’occurrence la mise à mort directe de deux fœtus de quinze semaines, déjà assez grands pour sucer leur pouce… C’est là que le ramollissement cérébral de notre pauvre monde est le plus manifeste : dénonçant le manque de compassion pour la petite fille, on en arrive à dénier le droit des deux enfants de voir leur vie respectée. Or il semble que cela n’était pas impossible, tout en sauvegardant la vie de leur petite maman. Les responsables du diocèse de Recife ont toujours parlé de TROIS vies ; nos bonnes consciences occidentales n’en évoquent plus qu’une, celle qui frappe les imaginations. Le père Edson Rodrigues publie sur son blog une image d’un fœtus avorté du 4e mois : cette vision aussi devrait faire pleurer.

5. Parlant de « marge », le cas d’espèce était évidemment particulièrement tragique. Fallait-il que l’Eglise s’en mêle ?

On sait bien que les législations mettant en œuvre la culture de mort se décident toujours « à la marge », sur des cas hautement émotionnels, surexploités par les médias. Un combat monstrueux est aujourd’hui mené au Brésil pour obtenir la légalisation totale de l’avortement. L’Eglise devait-elle se taire tout à fait, d’autant plus que les droits du père de la fillette avaient été en cette occurrence ouvertement bafoués ? L’évêque et son entourage se sont battus pour trois vies. Ils ont rappelé que la destruction directe d’une vie innocente est toujours en contravention avec le 5e commandement. Cela ne veut pas dire qu’on ne puisse réaliser un acte médical susceptible de sauver la mère tout en risquant de porter indirectement atteinte à la vie de l’enfant qu’elle attend. Par exemple : l’ablation d’un utérus atteint d’un cancer – c’est ce que refusa héroïquement sainte Jeanne Beretta-Molla pour sauver la vie de son bébé. Par exemple encore, l’ablation d’un morceau de trompe en cas de grossesse extra-utérine : bien que l’embryon n’ait alors aucune chance de survie, le respect de son être exige qu’on n’attente pas directement à sa vie et qu’on envisage de tenter de le réimplanter dans le sein de sa mère. Dans aucun de ces cas la mort ne serait directement voulue. Dans l’avortement, c’est la mort qui est recherchée. On ne peut appeler cela un bien. Mais on peut y trouver bien sûr toutes sortes de circonstances atténuantes, et toujours se rappeler que la miséricorde infinie de Dieu pardonne tout, par le sacrifice inouï de son Fils sur la croix.

Le respect de la vie doit être total ou ne pas être. A partir du moment où il y a des cas où l’avortement est « négociable », c’est-à-dire déclaré permis ou encouragé et non compris et pardonné, on admet qu’il est possible de négocier sur d’autres cas. Un peu moins marginaux. Parce qu’on peut toujours faire vibrer la corde sensible…

6. Le violeur ne méritait-il pas une peine bien plus grave que l’excommunication de la mère, et pourquoi n’y a-t-il pas excommunication en son cas ?

La lettre du Code de droit canon est ce qu’elle est. Le péché de viol, spécialement sur un enfant, est évidemment abominable et met sans doute le violeur en état de péché mortel qui l’exclut de la communion tant qu’il n’a pas reçu l’absolution, même s’il n’y a pas d’excommunication automatique. Tout le monde sait et dit que c’est mal !

En l’occurrence, le beau-père qui a avoué les viols a failli être lynché par la foule lors de son arrestation, il a été exposé à des codétenus qui, au Brésil comme en France, ne sont pas tendres pour les violeurs d’enfants, et il a tenté de se suicider en prison en se coupant les poignets avec du fil de nylon. Il encourt quinze ans de prison. C’est peu ? Eh bien, la peine de mort n’existe pas davantage au Brésil qu’en France. D'ailleurs, dans le droit pénal français comme dans le droit pénal brésilien, le viol n'est pas aussi lourdement puni que le meurtre.

Et, quelle que soit l’horreur de son crime (et il est de ceux qui « scandalisent un de ces petits » qui appartiennent au Christ), la miséricorde de Dieu est aussi pour lui. Jésus a donné son Corps et son Sang, son Etre tout entier, pour que même ce criminel puisse hériter du Royaume éternel. A condition de demander le pardon divin…

7. En quoi l’excommunication gêne-t-elle une société presque totalement laïcisée ?

On se le demande. C’est une peine « non punitive » dont la première visée est de faire prendre conscience d’un désordre et d’attirer celui qui l’encourt à chercher à rentrer aussi vite que possible dans la communion de l’Eglise. Elle s’explique par le fait que l’accès à la Sainte Eucharistie fait réellement et véritablement couler le Sang du Christ dans nos veines, qu’il fait de nous des enfants de Dieu, co-héritiers de son Royaume en tant que membres du Corps très saint de son Fils. Depuis l’origine, le péché mortel coupe de cette vie-là d’enfants de Dieu : la vie de la grâce. Quelle signification cela peut-il avoir dans nos pays sans Dieu ? Au Brésil la peine a été présentée comme « médicinale », visant à réveiller les consciences d’une population majoritairement catholique. En quoi l’excommunication gêne-t-elle un athée ou un à peine croyant européen ? Eh bien, elle rime avec exclusion et discrimination. D’où le réflexe conditionné dont nous parlions plus haut. Ce sont les péchés pour lesquels notre société sécularisée ne connaît aucun pardon, aucune miséricorde.

8. Beaucoup de défenseurs de la vie mettent en avant, à juste titre, le traumatisme physiologique, psychologique et moral infligé à la femme qui subit un avortement. Pourquoi n’entend-on pas ce discours à propos de la fillette, troisième victime de l’avortement ?

Parce que cela suppose que l’on mette en avant le fait que l’avortement tue les propres enfants de la mère. La petite fille de Recife vivra avec cette réalité. Comme le dit le Dr Kipman : « Psychologiquement, cette jeune fille a été utilisée comme un vieux chiffon, elle a été détruite en tant que personne, se percevant inconsciemment comme sans valeur, pendant trois longues années. En faisant l’expérience de voir ses enfants traités comme des déchets, son inconscient enregistre : “Regarde, je suis un déchet et de moi ne peuvent sortir que des déchets”. » Presque toutes les femmes qui ont avorté, souvent sous la pression de leurs proches, expérimentent ce sentiment de dévalorisation, de culpabilité, de tristesse. Ce sont les confesseurs qui nous le disent : l’avortement marque terriblement les femmes. Les groupes d’aide spirituelle à celles qui regrettent leur geste expliquent qu’elles ne retrouvent leur intégrité qu’à travers le pardon.

9. L’avortement était-il sans danger pour la fillette ?

A quinze semaines de grossesse, elle a subi un avortement chimique – avec du Cytotec, semble-t-il – dont les effets sont potentiellement mortels (il y eut un cas récent au Portugal), et avec une anesthésie qui ne l’a pas privée de sa conscience. En France, l’avortement chimique ne se pratique pas au-delà de sept semaines en raison des risques qui y sont liés. Que dire des effets d’un tel abortif sur une fillette de 9 ans ? D’autant que, pour aller vite, il lui fut administré à peine quelques heures après son entrée à l’hôpital de Recife. Le lendemain, elle subit un curetage. Le tout, forcément, avec une procédure de dilatation artificielle dont on sait qu’elle peut être responsable d’une faiblesse cervicale compromettent les grossesses à venir. En prétendant « sauver sa vie », les idéologues de l’avortement qui ont tout fait pour en arriver là n’ont pas hésité à prendre ces risques insensés.

Mais les « inhumains », c’est nous…

12 mars, 2009

Invitée sur “France 24” le 13 mars à 12 h 13...

Je participerai en principe au débat dans l'émission quotidienne Face à Face sur la chaîne d'infos France 24 accessible par Internet, sur le câble, les bouquets satellite et l'ADSL, sur le thème de la levée des excommunications des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X et celui de l'excommunication de la Brésilienne qui a fait avorter sa fille de neuf ans.

Date et heures : vendredi 13 mars de 12 h 13 à 12 h 43, rediffusion à 14 h 45.

Obama financera la recherche sur les cellules souches embryonnaires

La « science » contre l’idéologie ? Quelle blague !

Barack Obama a signé, lundi, le décret présidentiel autorisant à nouveau le financement par l’Etat fédéral américain de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, affirmant, « pour le bonheur des chercheurs », comme l’écrit l’Agence France-Presse, « sa volonté de protéger la science des ingérences de l’idéologie ».

Petite hypocrisie présidentielle : c’est l’Institut national de la Santé qui se voit chargé d’accorder des fonds publics à la recherche d’ici à 120 jours. Ainsi Obama fera mine de garder personnellement les mains blanches sur ce chapitre.

Par la même occasion, Obama a présenté un mémorandum « restaurant » (je cite l’AFP) des « pratiques scientifiques saines à travers toute l’Administration » (je cite Obama) : « Il s’agit de prémunir la recherche des ingérences du dogme » (je cite encore l’AFP). Le mot « dogme » est en réalité absent du mémorandum, qui affirme, puis développe, ceci : « Le public doit pouvoir avoir confiance en la science et dans les processus scientifiques qui informent les prises de décisions publiques. » Obama veut qu’en tout (réchauffement climatique, bioéthique, etc.) les autorités scientifiques invoquées soient au-dessus de tout soupçon. On n’aurait rien à dire là-contre si la première décision de ce style servie au public américain n’était pas justement un énorme contre-exemple qui en annonce bien d’autres.

Le rétablissement du financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, fait au nom de la science et de la compassion, et même de la « foi » affirmée par Barack Obama, intervient au moment où seuls les idéologues de la culture de mort et les partisans de l’absence de toute contrainte dans la recherche scientifique croient encore en leur hypothétique efficacité future. La caractéristique des cellules souches embryonnaires, c’est d’être cancérigènes et de présenter un énorme problème de rejet immunitaire.

Guérir le diabète, la maladie de Parkinson, la paralysie des blessés de la moelle épinière par leur biais relève de la science-fiction. Une science-fiction de la pire espèce, où l’on cannibalise nos semblables pour… ne pas soigner des malades.

La vraie recherche qui marche, qui guérit, qui soulage des souffrances est largement occultée par les gros médias, voire discréditée. De plus en plus de possibilités de médecine régénératrice apparaissent grâce à la recherche sur les cellules souches adultes prélevées sans risque sur le malade lui-même, ou les cellules adultes que l’on peut désormais faire « régresser » vers un état pluripotent sans dangereuses manipulations virales, ou encore les cellules du cordon.
Au moment même où Obama signait son « décret meurtrier », comme l’appellent les milieux pro-vie américains, on apprenait qu’une petite Britannique de deux ans, aveugle de naissance, recouvrait la vue lors d’une injection de cellules du sang du cordon dans un hôpital chinois. Spectaculaire réussite qui s’ajoute aux multiples thérapies qui ont déjà fait leurs preuves sur l’homme…

Alors pourquoi cet acharnement pour la recherche qui tue des petits d’homme, pourquoi ces inversions et ces mensonges permanents, pourquoi ces décisions politiques et idéologiques maquillées en soutien de la science ?

Dans le cas d’Obama, on peut répondre qu’il est le Président le plus pro-mort que les Etats-Unis aient jamais connu.

Le pro-avortement Tom Daschle ayant dû décliner le poste de secrétaire à la Santé pour des questions d’évasion fiscale, Obama l’a remplacé par la catholique Kathleen Sibelius, gouverneur du Kansas. Elle a voté de manière si systématique pour toutes les mesures favorables à l’avortement, elle est si proche d’avorteurs aujourd’hui en délicatesse avec la justice pour des avortements tardifs illégaux que l’évêque de Kansas City lui a refusé l’accès à la communion. On attend d’elle qu’elle impose le remboursement public de l’avortement et sa couverture obligatoire dans les contrats d’assurance privée.

Quant à l’Administration d’Obama, elle a marqué un premier pas dans la mise en place d’un droit absolu à l’avortement, sans aucune restriction, en annonçant, le 10 mars, 30 jours de réflexion sur l’annulation de la clause de conscience mise en place par Bush peu de temps avant son départ, permettant à tous les personnels de santé de refuser de concourir à l’avortement ou à la contraception. Dans la logique Obama, cela signifie qu’on pourrait en arriver à la contrainte.

Article paru dans Présent daté du 11 mars 2009.

20 février, 2009

Congé d'accompagnement de fin de vie : danger ?

L’adoption à l’unanimité par l’Assemblée nationale, mercredi, d’une loi prévoyant l’indemnisation d’un congé pris, de droit, pour accompagner un proche mourant, peut certes être considéré comme une « bonne nouvelle ».

Mais la proposition de loi soulève aussi des questions et des inquiétudes, et des interrogations plus générales devant ce qui relève tout de même d’un interventionnisme croissant de l’Etat, dans absolument tous les domaines. N’est-il pas plus urgent de rendre leur liberté aux familles ?
Le bénéfice de ce congé de trois semaines est réservé à « un ascendant, un descendant, un frère, une sœur ou une personne partageant » le domicile d’un patient « en phase avancée ou terminale d’une affection grave ou incurable ». Il ne pourra être accordé qu’à un seul bénéficiaire au titre d’un seul patient.

« Trois semaines » : pas un jour de plus. Et même plutôt moins : l’allocation quotidienne de 49 euros sera versée jusqu’au lendemain du décès effectif. Mme Dominique Orliac, partisane haute en paroles de l’euthanasie, notait pendant les débats que si le patient n’a pas l’à-propos de mourir avant la fin de la période, on est dans les ennuis : comment revenir sur une décision d’hospitalisation à domicile, seule concernée par le congé. Que faire, en effet ? Achever le malade ?

« Phase avancée ou terminale » ? Que veulent dire au juste ces paroles gravées dans la loi ? Si le malade est en phase terminale, on peut sans doute prévoir, à quelques jours près, le décès… Encore que certains s’accrochent à la vie avec la dernière énergie. S’il est en « phase avancée », comment prévoir une mort à 21 jours… à moins qu’elle ne soit programmée ?
Le débat est en réalité celui des soins palliatifs. Mais là encore, il n’est peut-être plus tout à fait celui qu’on croit. Bien sûr, la progression du recours aux soins palliatifs, qui visent à apporter tout le confort possible aux personnes en fin de vie, est une excellente chose, et l’on y a certainement trop peu recours. Pouvoir les administrer à domicile adoucit la mort à plus d’un titre. Mais au vu des débats qui ont précédé l’adoption unanime de la loi, leur définition est en train de glisser.

C’est Gaëtan Gorce, l’un des auteurs de la proposition de loi – et partisan discret de l’euthanasie – qui a vendu la mèche. Plaçant cette affaire sous le signe de « l’appel déchirant de Marie Humbert », il a déclaré à propos de « l’euthanasie » et des « soins palliatifs » : « Nous allons inéluctablement vers un déplacement, voire un brouillage de frontières entre ces deux notions. » Et, plus loin, il salue « notre loi du 22 avril 2005 (loi Leonetti) dont nous pouvons nous honorer, comme en témoigne la terrible affaire qui a récemment agité l’Italie ».

Mais oui, en France il n’y aurait pas eu d’affaire Eluana, puisque la loi autorise l’arrêt de l’alimentation sur une personne qui n’est pas en « phase terminale ».

Et oui encore : aux Pays-Bas, où l’euthanasie est autorisée, sa forme dite « active » est un peu moins employée depuis qu’on a développé des « sédations terminales » qui consistent à cesser l’alimentation en augmentant l’endormissement, protocole qui permet… de programmer la mort en quelques jours.

Il me semble que c’est à cette lumière qu’il faut évaluer la loi sur l’accompagnement des mourants, d’autant que Jean Leonetti s’est ému pendant les débats de ce que pour un Hervé Pierra, « l’arrêt de traitement » (arrêt d’alimentation d’un malade incurable mais dont la vie n’était pas menacée) ait été aussi un « arrêt d’accompagnement ». La « sédation en phase terminale » qu’il souhaite voir développer va décidément bien avec un congé aux contours précis.

Et au coût nul : on économisera sur les frais hospitaliers, sur les arrêts maladie complaisants qui aujourd’hui permettent le plus souvent à un proche s’assister un malade hospitalisé à domicile, et sur les « deuils pathologiques » des proches qui se reprochent de ne pas avoir été là.

Peut-être suis-je trop pessimiste. Mais enfin, alors que les familles sont appauvries par des prélèvements obligatoires qui prennent bien plus de 50% des salaires réels, alors que beaucoup de femmes doivent, du coup, travailler alors que naturellement elles voudraient pouvoir soigner leurs proches, sans dépendre du bon vouloir de l’Etat ou d’une rémunération publique toujours menaçante pour les libertés, n’est-il pas plus prudent de soulever cette question ?

Article paru dans Présent daté du 21 février 2009

 
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