20 juillet, 2014

Cristiano Ronaldo ? Si l'IVG avait été légale, il ne serait pas là !

Et encore une belle histoire pour ce dimanche…

Cristiano Ronaldo, meilleur buteur de la sélection portugaise et attaquant au prestigieux FC Real Madrid aurait pu nejamais naître. Celui que l’on donne comme seul rival sérieux de Lionel Messi dans le panorama du football mondial aurait pu succomber à l’avortement.
C’est ce que vient de révéler Dolores dos Santos, sa mère, dans sa biographie intitulée Mère Courage. Elle vivait dans la pauvreté – presque la misère – sur l’île de Madère et avait déjà trois enfants. Le père ? Absent, la plupart du temps. Il fallait travailler sans relâche pour nourrir sa famille. A l’annonce de sa quatrième grossesse, elle a demandé l’avortement. Son médecin refusa.
Ce n’est pas parce que la méthode choisie alors par Dolores est inefficace – boire de la bière brune jusqu’à n’en plus pouvoir – que l’intention de se débarrasser de cet enfant n’était pas là.
L’avortement à la demande eût-il été légal à l’époque – et il l’est aujourd’hui… – le petit Ronaldo aurait été passé par pertes et profits.
Sa mère a raconté la scène qui a sauvé la vie à son fils à l’auteur de sa biographie.
Préoccupée par les difficultés qui s’annonçaient avec ce nouvel enfant, elle s’était décidée à demander l’avortement. Nerveuse et inquiète, elle ose en parler au médecin.
— D’aucune façon ! Vous n’avez que trente ans, il n’y a aucune raison physique pour laquelle vous ne pouvez pas avoir ce bébé. Vous verrez : ce sera la joie de la maison !
Dolores raconte que ces paroles l’avaient heurtée. La joie de la maison, une bouche qu’elle n’arriverait même pas à nourrir ? C’est une voisine du village qui, connaissant les angoisses de Dolores, lui recommanda sa recette de bonne femme. Après avoir bu la bière chaude, il fallait courir, courir, et le bébé « passerait » tout seul…
Il n’en fut rien. Et c’est alors que Dolores posa la main sur son ventre, et dit : « Si la volonté de Dieu est que cet enfant naisse, qu’il en soit ainsi. » Sa foi avait gagné.
Sachez cependant que si cette histoire vous a ému, vous devriez vous endurcir un peu, cultiver le cynisme. Tous ce qui est pro-vie est à la fois suspect et risible. La preuve ? Voyez comme la raconte PureBreak, site « people » qui joue les arbitres des élégances et de la réflexion, à sa façon…

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“America's got talent” : 12 frères et sœurs séduisent le jury

La belle histoire du dimanche

Merci au site « famille » de MercatorNet, FamilyEdge, pour cette jolie vidéo d'une famille qui s'aime ! Une famille nombreuse : l'âinée a 21 ans, la plus jeune 3. Et ensemble, ils ont constitué un orchestre. Parce qu'ils aiment être ensemble, et ça se voit.

La vidéo montre la participation des douze frères et sœurs à « America's got Talent » où ils livrent une version appalache des Joies quotidiennes, parce qu'après tout ils sont cinq de plus que les von Trapp…

Et leur joie est communicative. Le jury, ébloui, se demande d'où vient toute cette joie et cette harmonie – « Une chose est sûre, leur maman doit être épuisée ! ». Eh bien, la maman, Brenda Willis, semble être plutôt la grande sœur de son aînée. « Super Mom ! », dit celle-ci.

Autant dire que le jury est ébloui, par leur talent, leur énergie, leur allure. « Adorables ! » J'ajouterai : leurs bonnes têtes. Leurs costumes sans vulgarité. La croix et la fleur de lys fièrement portées par l'aînée. Le jury n'aura que compliments pour cette famille rayonnante – cette famille nombreuse où chacun apporte son propre talent et son individualité.





Leur histoire a commencé après la venue dans leur ville américaine d'un spectacle de danse irlandais. La vue de « Riverdance » a convaincu les parents, Brenda et Troy, que c'était là l'activité artistique qu'il fallait aux quatre enfants qu'ils avaient déjà.

A partir de là, rien n'a plus arrêté les enfants. Ils forment leur orchestre familial, chantent, dansent, s'offrent le temps de remporter des titres de lutte ou de natation, ils écrivent, composent… « C'est incroyable, la créativité dont ils font preuve à l'heure de faire la vaisselle ! », commente leur papa. Ils s'installent à Nashville, Tennessee – quand on a l'intention d'être les meilleurs, c'est là qu'il faut être.

Leur histoire fut tragique au départ. Le père de Troy Willis, pasteur, et sa mère, se rendaient en van familial depuis leur domicile au Tennessee vers le Wisconscin quand un morceau de débris tombé d'un camion au chargement mal arrimé – et conduit par un homme qui avait obtenu son permis contre un dessous de table – tomba sur leur voiture, provoquant un incendie qui fit périr six des neuf enfants du couple. C'était en 1994. La famille obtint 100 millions de dollars de dommages, grâce auxquels Troy put prendre sa retraite à 30 ans et s'occuper de faire développer les talents de ses enfants, aux côtés de sa femme qui avait depuis la naissance de son premier décidé d'être mère au foyer.

Troy note que ce destin n'est pas le lot de tous. Mais il souligne : « Nous vivons notre vie à plein. J'espère que les gens qui regardent notre show sauront dépasser le côté cirque et comprendre que si les parents veulent bien investir du temps et de l'énergie et de l'amour au bénéfice de leurs enfants, ils peuvent avoir le même genre de résultats. »

Si on préfère la musique irlandaise – avec des morceaux de danse époustouflants de légèreté et de maîtrise – il y a ceci :



Et leur site – avec une video de leurs talents variés, est par.

J'oubliais de vous dire : les douze enfants Willis ont bénéficié de l'école à la maison.


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19 juillet, 2014

Affaire Bogdan Chazan : le médecin défenseur de la vie s'exprime

LifeSiteNews publie une interview du Dr Bogdan Chazan par Natalie Dueholm. Elle a pu s’entretenir avec celui qui a été sanctionné pour avoir invoqué sa conscience face à l’avortement. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, a annoncé sa révocation comme directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille après son refus d’indiquer à une femme enceinte de près de sept mois un médecin qui serait prêt à éliminer son enfant atteint de malformations.
Cette femme de 38 ans, déjà victime de quatre fausses couches, est devenue enceinte pour la 5e fois à la suite d’une fécondation artificielle à la clinique de fertilité Novum de Varsovie, qui n’assure pas le suivi des grossesses. Elle a été orientée vers le Dr Maciej Gawlak de l’hôpital de la Sainte-Famille – celui du Dr Chazan. C’est lors d’une échographie à la fin de la 21e semaine révélant des anormalités que le Dr Gawlak a expliqué à la patiente quelle est la loi polonaise et qu’il l’a renvoyée vers un établissement plus spécialisé, l’Institut de la Mère et de l’Enfant, où de nouveaux tests furent réalisés. Le Dr Gawlak avait demandé à cet Institut d’envisager l’avortement, mais cela fut refusé.
De retour à l’hôpital de la Sainte-Famille, le Dr Gawlak reçut la femme en présence du Pr Chazan. Elle fit une nouvelle demande d’avortement au jour de la fin de la 24e semaine. La loi polonaise laisse une possibilté d’avortement eugénique au-delà de cette date, dans une sorte de « zone grise » où certains médecins assurent qu’un fœtus atteint de malformations n’est pas encore viable.  L’OMS, elle, fixe le début de viabilité à la fin de la 22e semaine.
Le Dr Chazan refusa alors l’avortement pour des motifs de conscience, mais proposa de suivre la femme et son enfant et d’assurer à celui-ci les soins palliatifs.
Le Dr Gawlak renvoyé alors la patiente vers un troisième établissement, l’hôpital Bielański, connu pour pratiquer des avortements : on lui expliqua que les délais étaient dépassés. La femme décida alors de donner naissance à son enfant plutôt que d’obtenir un avortement à l’étranger. C’est dans cet hôpital qu’elle a accouché ; son petit garçon a vécu quelques jours.
Voici ma traduction de l’entretien accordé par le Pr Chazan.
— Dr Chazan, vous avez été lynché par les médias, votre hôpital a été condamné à une amende, et vous avez été renvoyé de votre poste de directeur. Est-il fréquent en Pologne que des médecins soient aussi sévèrement sanctionnés ?
— Pas très souvent. Je dirais même : très rarement. En règle générale, par rapport aux gens comme moi, les choses se règlent dans la discrétion. Par exemple, plus souvent, les grandes sociétés n’embauchent pas de gynécologues qui ne prescrivent pas la contraception. Personne n’évoque ouvertement le recours à l’« objection de conscience ». On cache les choses, on ne laisse pas de traces écrites.
J’ai eu connaissance, par exemple, du cas d’une femme pro-vie très connue à qui l’on a refusé un cursus post-doctorat. Récemment, l’un des candidats au poste de directeur du service de gynécologie à l’Université médicale a été interrogé pour savoir qu’il avait signé la Déclaration de Foi et Conscience (NDLR : il s’agit d’une lettre ouverte signée plus de 3.000 médecins polonais exprimant leur hostilité à l’avortement et s’engageant à ne pas prescrire de contraceptifs). Ayant répondu par l’affirmative, il n’a pas obtenu le poste. Il y a peut-être d’autres circonstances, mais je n’en ai pas connaissance.
Votre hôpital a été puni d’une amende parce que vous êtes accusé d’avoir abusé de la clause de conscience en refusant d’orienter une patiente vers un médecin avorteur. Un médecin polonais peut-il véritablement refuser toute collaboration avec l’avortement ?
— Très simplement, non. Et en particulier, il ne peut le faire de manière ostentatoire, ainsi que je l’ai fait.
— Ostentatoire ?
— Je parle ici d’une situation où le médecin, de manière claire et ferme, refuse d’orienter une patiente vers un autre médecin ou un autre établissement en vue d’obtenir un avortement. Le plus souvent, les médecins se contentent d’invoquer la clause de conscience pour refuser de pratiquer l’avortement. Il faut rappeler qu’en Pologne, si l’on se réfère aux statistiques, chaque année « seulement » deux avortements sont pratiqués par service de gynécologie. La plupart des médecins – une majorité significative des gynécologues – ne pratiquent pas l’avortement dans les hôpitaux, ni dans leur cabinet privé. La plupart des médecins refusent pour des raisons morales.
— Pourquoi l’hôpital s’est-il vu infliger une amende de 17.000 euros ?
— Il s’agit d’une mesure punitive. Peut-être la meilleure façon d’éviter ce genre de problèmes à l’avenir consisterait-elle à signer des contrats avec le Fonds national de santé (FNS) gouvernemental qui exclueraient explicitement les procédures d’avortement. Mais le FNS serait-il d’accord ? J’estime que tant que restera en vigueur la loi actuelle qui permet les avortements eugéniques, seuls les établissements médicaux assurant le diagnostic prénatal « devraient » pratiquer des avortements. Bien évidemment, toutefois, je suis opposé à l’avortement n’importe où et pour n’importe quelle raison.
— Vous avez été révoqué à la suite d’une inspection menée par la ville Varsovie. Pouvez-vous commenter cette décision ?
— C’est une sanction douloureuse et injuste. Depuis que j’ai pris la direction, l’hôpital s’est développé, agrandi et modernisé, et les relations médecin-patient se sont améliorées. L’hôpital a gagné en popularité dans l’ensemble de Varsovie.
Je dois préciser cependant que techniquement, je n’ai pas encore été licencié. Le maire de Varsovie n’a fait qu’annoncer mon renvoi.
— Selon le rapport de la ville de Varsovie, la patiente a demandé l’avortement alors que la 24e semaine de grossesse était déjà révolue. Vous auriez pu refuser en lui indiquant simplement  que ce délai étant passé, l’avortement n’était plus légal. Au lieu de quoi vous avez refusé en vous fondant sur votre conscience. Pourquoi avez-vous choisi cette voie ?
— Je dois préciser qu’il n’est pas exact de dire qu’en Pologne, l’avortement est illégal au-delà de  la 24e semaine. Aucun règlement ne fixe le nombre de semaines au-delà duquel l’avortement ne serait plus possible. Cela est à la discrétion du médecin.
Lorsque – ainsi que me l’avait demandé la patients – j’ai exprimé par écrit mon refus basé sur l’objection de conscience, j’ai écrit honnêtement la raison pour laquelle je n’étais pas d’accord pour qu’un avortement soit pratiqué dans mon hôpital. J’ai également déclaré à la télévision que je ne pouvais imaginer que des avortements aient lieu à l’hôpital de la Sainte-Famille, à moins de lui donner un nouveau nom : l’hôpital Felix-Dzerzhinsky, en hommage à l’odieux meurtrier de la NKVD. (NDLR : Dzerzhinsky, qui sévissait dans la police secrète soviétique d’avant le KGB, est né en Pologne.)
— Selon le même rapport, deux autres hôpitaux ont refusé l’avortement à cette femme. L’un des refus était même antérieur au vôtre. Savez-vous si ces établissements vont subir des inspections publiques ?
— Oui, probablement. Nous aimerions savoir ce qui s’y est passé. Mais dans ces hôpitaux, personne n’a exprimé son refus par écrit. Tout s’est passé oralement. Il n’y a aucune trace de ces refus dans le dossier médical de la patiente.
— Le bébé que vous avez refusé d’avorter, et qui avait été conçu in vitro, était malade et présentait des malformations…
— Au cours d’une échographie et des IRM pratiquées à l’Institut de la Mère et de l’Enfant (ce n’est pas mon hôpital) les problèmes de l’enfant ne paraissaient pas si graves. Une opération semblait possible. Cependant, selon le Pr Dębski, la situation du bébé s’est révélée être plus grave à la naissance : en réalité, il ne pourrait pas vivre.
— Ce médecin, le Dr Romuald Dębski de l’hôpital Bielański, a décrit le visage du bébé à la télévision, avec des détails insupportables. L’avocat de la femme a dit que l’enfant n’aurait jamais dû naître. Quel est votre commentaire par rapport à cette discrimination à l’égard des bébés-éprouvette ?
— Il est bien triste que mon confrère ait montré ait fait preuve d’une telle cruauté à l’égard de cet enfant, en violation de sa dignité et de son humanité. Nous ne devrions pas traiter les personnes en fonction de leur aspect. Plus tard, le Dr Dębski, et moi aussi d’ailleurs, n’aurons pas non plus un aspect très engageant, nous pourrions même être horribles à voir. Je n’aimerais pas que les gens se détournent de moi. « Traitez les autres comme vous aimeriez qu’ils vous traitent. » C’est une bonne règle.
— De nombreuses études montrent que les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts.
— Oui c’est vrai, et cela mérite d’être redit : les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts. Mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas aimer ces enfants. Ils méritent notre amour. Ils sont aimés de Dieu.
Soit dit en passant : je crains que ce type de « spectacle » réalisé par le Dr Dębski à la télévision n’augmente la peur des femmes d’avoir des enfants. Je crains aussi que cela n’augmente le degré de perfectionnisme déjà recherché par certaines femmes qui envisagent de devenir mères.
— Quels sont vos projets pour l’avenir ?
— Peut-être resterai-je à mon poste de directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille. Peut-être Mme le maire de Varsovie reviendra-t-elle sur sa décision. Sinon, je pourrai toujours travailler à l’Université, à la Commission de la population du gouvernement (Rządowa Rada Ludnościowa), au Comité de la science démographique, ou à MaterCare International… Je peux également continuer mon travail de bénévole à Isiolo au Kenya. Si j’en ai le temps, et que Dieu me prête vie et force…

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18 juillet, 2014

Pérou : le cardinal Cipriani dénonce le “chantage” international à propos de l'avortement et du “mariage” gay

Le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne, archevêque de Lima, dénonce le « chantage » des organisations internationales qui menacent de subordonner les investissements internationaux au Pérou à l’adoption de lois autorisant l’avortement et le « mariage » gay (Infocatolica).
S’exprimant que le programme « Dialogue de Foi » diffusé par le plus grand groupe de médias audiovisuels du Pérou, RPP, le cardinal a déclaré :
« Il n’est pas question que, dans notre démocratie, interviennent les démocraties d’autres pays, même si elles ont de l’argent – comme les Etats-Unis. Nous pouvons créer des synergies en matière de politique économique ou migratoire ; mais il n’est pas possible que ces pays et organismes internationaux conditionnent l’investissement au Pérou en disant : « Si tu ne fais cette loi… » : ça, c’est du chantage. »
« Nous ne pouvons pas mettre en cause l’autonomie d’un pays sur des questions aussi importantes que la défense de la vie ou le mariage entre un homme et une femme. Je tiendrai ferme là-dessus jusqu’à la mort. La vie est un bien absolu, elle ne peut être soumise à conditions. »
Il a rappelé que les Péruviens ne demandent pas d’abord l’accès à l’avortement, mais « de meilleurs soins de santé », a-t-il déclaré.
Il y a six jours, le cardinal Cipriani Thorne avait déjà dénoncé l’utilisation de cas dramatiques pour promouvoir l’avortement « thérapeutique » de « rideau de fumée » destiné à détourner l’attention de la lettre du Guide de l’avortement thérapeutique mis en place par le gouvernement : le « Guide pour tuer ».
« On fabrique des sujets autour de morts, de situations dramatiques, très sentimentales, on met à la une des situations très fortes, mais sur les sujets de fond : la volonté des gens de voire fonctionner la vérité et la justice, on ne publie rien. Je constate qu’il y a une tentative de détourner l’attention du pays en se servant de ce qui a toujours été qualifié de rideau de fumée. Je ne sais pas qui le fabrique et ce n’est pas à moi de le vérifier », a-t-il déclaré.

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Royaume-Uni : les conservateurs veulent supprimer les allocations au-delà du quatrième enfant

Le manifeste du parti conservateur en vue des prochaines élections au Royaume-Uni devrait comporter la proposition de réduire de manière importante le « child benefit » – l’équivalent des allocations familiales – afin qu’il ne soit plus versé au-delà du quatrième enfant. Les allocations par enfant seraient en outre dégressives du premier au quatrième enfant, a annoncé Policy Exchange, un think tank lié au parti conservateur.
Il y a de fortes chances qu’une telle mesure soit effectivement proposée puisque certaines figures des « Tories » font actuellement pression sur le Premier ministre, David Cameron, pour que les allocations ne soient plus versées au-delà de deux enfants.
Actuellement, les allocations familiales sont fixées à près de 26 € par semaine pour le premier enfant, et à 17 € par semaine pour chaque enfant suivant.
L’arrêt des allocations au-delà du deuxième enfant – mesure non rétroactive – représenterait, selon le parti conservateur, une réduction des dépenses publiques d’un milliard de livres par an au bout de trois ou quatre ans.
Iain Duncan Smith, ministre du Travail et des Pensions, a naguère posé la question de savoir s’il est acceptable que des familles vivant de l’aide publique continuent indéfiniment de recevoir des allocations pour chacun de leurs enfants, alors que les parents qui travaillent  ne peuvent souvent se permettre d’avoir davantage d’enfants.
Un conservateur interrogé par le Daily Telegraph mercredi a soutenu le projet : « Il est juste que les gens prennent en considération quel est le nombre d’enfants qu’ils peuvent avoir en fonction de leurs moyens. Une telle politique permettrait d’énormes économies. Nous en discutons sérieusement. »
Les conservateurs invoquent des sondages selon lesquels deux tiers des Britanniques estiment que la limitation des allocations à quatre enfants constitue un niveau acceptable.
Il est intéressant de noter que cette mesure a été promue au moyen d’un fait divers tragique : l’affaire Mick Philpott, père polygame, violent et psychopathe de 17 enfants recevant, au moment des faits plus de 8.000 £ par an (plus de 10.000 €) pour 11 d’entre eux, qui a volontairement mis le feu à sa maison. Six de ses enfants avaient péri dans l’incendie. Il refusait tout travail. Il purge aujourd’hui une peine de 15 ans de prison pour homicide involontaire.
C’est ainsi que l’on déconsidère les familles nombreuses.

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Contraception : les évêques des Philippines appellent à l'objection de conscience

« Des fils, voilà ce que donne le Seigneur, des enfants, la récompense qu’il accorde. » Le
document de la Conférence des évêques des Philippines sur la nouvelle loi de « santé reproductive » entrée en vigueur dans le pays s’ouvre sur ces mots, et se ferme par eux. Ils contredisent la promotion et la distribution des produits contraceptifs qui est l’objet de la loi : premier stade de la mise en œuvre légale de la culture de mort. Dans la plupart des pays, l’étape a été franchie il y a bien longtemps. Aux Philippines, non – et les évêques résistent. En encourageant tous les catholiques à faire de même.
Le Guide Pastoral sur la mise en œuvre de la loi de Santé reproductive s’adresse « aux prêtres, aux médecins et soignants catholiques, aux fonctionnaires, à tous ceux qui travaillent pour l’Eglise ». Il dit clairement que les évêques des Philippines auraient préféré voir la loi fût annulée par la Cour suprême, qui s’est bornée à en réformer certains aspects par un arrêt du 8 avril dernier. Mais il veut préciser à tous quels sont les droits à l’objection de conscience affirmés dans le cadre de cette décision de la Cour suprême – et encourager chacun à les connaître et à s’en prévaloir. Les évêques s’expriment explicitement au nom de leur charge d’enseigner la foi et la moralité – c’est rafraîchissant !
La Cour suprême a posé le principe que les contraceptifs promus par la loi ne doivent en aucun cas avoir une action potentiellement abortive, par empêchement de la nidation. Elle justifie cela au nom de la « loi naturelle » : le droit à la vie qui n’est pas « créé par une loi particulière, une coutume ou une croyance, ni n’en dépend : le droit à la vie précède et transcende n’importe quelle autorité ou loi des hommes ».
D’où un premier devoir pour les médecins catholiques, affirmé par les évêques : exiger des autorités sanitaires – la Food and Drug Administration des Philippines – qu’elles contrôlent et évaluent tous les moyens contraceptifs afin de vérifier qu’ils sont « sûrs, légaux et sans effet abortif ».
Quant à ceux qui travaillent dans le domaine de la santé et qui sont en conscience opposés, pour des raisons religieuses ou morales, à la fourniture de contraceptifs artificiels, « il n’est pas obligé et peut refuser d’orienter un patient vers un autre service de santé où celui-ci pourrait les obtenir », rappellent les évêques, citant une importante considération de l’arrêt de la Cour suprême.
C’est un point important sur lequel la Cour suprême des Philippines apporte une réponse cohérente : le droit à l’objection de conscience ne saurait se borner à permettre à l’objecteur de ne pas participer directement à l’action qu’il réprouve, mais doit lui permettre de ne pas y participer indirectement. « Alors qu’on a pu dire que le fait d’orienter vers un tiers constitue une manière de se soustraire (à l’obligation créée par la loi), il s’agit en fait d’un faux compromis puisqu’il rend les soignants complices de l’accomplissement d’un acte qu’ils estiment moralement répugnant ou offensant », écrivent les juges suprêmes, qui voient dans l’obligation d’orientation une « discrimination », notamment à l’égard des catholiques.
Au passage, les évêques font remarquer :
« Evidemment, pour des raisons morales, les catholiques ne devraient pas rechercher à se faire employer dans les agences gouvernementales qui font la promotion de la contraception artificielle. Mais si les circonstances devaient les obliger à travailler dans de telles agences, ou s’ils étaient déjà employés par elles au moment où celles-ci ont mis en place une politique conforme à la loi de Santé reproductive, ces catholiques doivent savoir qu’ils ne peuvent pas être contraints à promouvoir, à fournir ou à distribuer des contraceptifs artificiels contrairement à leurs convictions religieuses ou morales. »
Le Guide pastoral énumère, résume et énonce clairement  toutes les limitations apportées à la loi de Santé reproductive par la (très longue) décision de la Cour suprême. Et souligne que ces « mesures salutaires » prises par elle à l’égard de cette « loi dangereuse ne compteront pour rien » si les évêques ne « transmettent pas cette nécessaire information » à tous leurs « frères catholiques qui subissent l’impact de la loi ».
Chaque diocèse est encouragé à organiser des séminaires et des symposium où les catholiques employés dans le domaine de la santé, notamment, ainsi que les fonctionnaires impliqués dans la mise en œuvre de la loi, puissent être « dûment informés de cette décision de la Cour suprême et des droits qui en découlent pour eux ».
Le texte porte la signature de Mgr Socrates B. Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan et président de la Conférence épiscopale.


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17 juillet, 2014

Soutiens au médecin pro-vie polonais Bogdan Chazan


Bogdan Chazan, le gynécologue polonais révoqué de son poste de professeur à l’hôpital de la Sainte-Famille à Varsovie pour avoir refusé de coopérer de quelque manière que ce soit à un avortement, a reçu un soutien appuyé de la part de Mgr Henryk Hoser, archevêque de Varsovie-Praga, médecin diplômé lui aussi, rapporte Hilary White sur LifeSiteNews.
J’avais évoqué ici et ici ce cas d’école de dictature du relativisme où un médecin respecté, engagé depuis toujours pour la vie, a été sanctionnée pour avoir refusé de renvoyer vers un collègue plus complaisant une femme réclamant l’avortement « médical » pour un enfant qui n’avait guère de chance de survivre après sa naissance.
La loi polonaise reconnaît le droit à l’objection de conscience des médecins qui ne veulent pas participer à la pratique de l’avortement mais les oblige – comme les lois Neiertz en France – à donner aux femmes les informations nécessaires pour qu’elles puissent obtenir un avortement légal.
C’est son refus de participer ainsi indirectement à l’avortement qui a servi de prétexte aux vexations dont il est aujourd’hui l’objet.
Mgr Hoser a déclaré dans un communiqué que les sanctions prononcées à l’encontre du Pr Chazan – sa révocation et une amende de 17 000 euros – sont « éthiquement inacceptables, injustifiées, disproportionnées, injustes, absurdes et douteuses sur le plan légal ». « Un enfant dans la phase prénatale est toujours un être humain ou un patient, indépendamment de son état de santé ou d’une décision prise à la discrétion d’un tiers. Personne n’est maître de la vie d’autrui et tous les autres biens personnels sont secondaires par rapport à l’existence d’un être humain », a-t-il ajouté.
L’archevêque a encouragé les autres médecins et toutes les personnes de bonne volonté de manifester leur solidarité à l’égard du Pr Chazan. Notant que les pouvoirs publics et la police mettent généralement du temps pour poursuivre les auteurs des crimes les plus graves, il les a accusés d’« excès de zèle » lorsqu’il s’agit d’enquêter sur le fait d’avoir « isolé » une personne par rapport aux informations nécessaires à l’obtention d’un avortement alors qu’elles sont aisément accessibles à tous, « spécialement dans une ville comme Varsovie ».
La déclaration de l’archevêque s’ajoute à celle du cardinal Kazimierz Nycz, archevêque métropolitain de Varsovie, pour qui les sanctions prononcées contre le médecin « violent les droits de tous, et pas seulement des catholiques ».
Le Pr Chazan, de son côté, a déclaré que l’amende qui lui a été infligée, tout comme la perte de son poste, ne sont que « la rançon pour la vie d’un enfant » – et il ne regrette pas de l’avoir payé. Mais il prévoit une accentuation de la pression : il a précisé à l’hebdomadaire catholique anglais The Sunday Visitor que l’affaire aboutira « probablement à l’élimination des postes de direction de médecins qui ne font que respecter la loi naturelle ».
Qu’il soit objet de haine et donc de persécution n’est pas si étonnant : il est l’un des signataires les plus en vue de la « Déclaration de Foi » rassemblant près de 3.000 médecins polonais – sur les 377.000 que compte le pays – qui refusent à la fois la participation à l’avortement et la prescription de contraceptifs.
Les milieux pro-vie polonais estiment qu’en l’occurrence, le Pr Chazan a été victime d’un coup monté. Où la mère de l’enfant, mort quelques jours après la naissance mais de manière naturelle et entouré jusqu’au bout, aurait été instrumentalisée.
Cette femme avait obtenu une fécondation in vitro pour pallier à sa stérilité. Selon l’avocat de Bogdan Chazan, Jerzy Kwaśniewski, elle avait appris assez tôt que son enfant présentait des anormalités. Son médecin à l’hôpital de la Sainte-Famille, le Dr Maciej Gawlak, l’avait informée non seulement de ce diagnostic, mais de la possibilité qui lui était offerte aux termes de la loi polonaise d’obtenir un avortement légal en raison des malformations fœtales. Elle n’avait pas donné suite. Elle s’étant par la suite rendue dans d’autres établissements médicaux où on lui avait refusé l’avortement.
C’est après seulement qu’elle s’est rendue chez le Pr Chazan dont les positions pro-vie sont largement connues.
Les politiques se sont aussitôt engouffrés dans la brèche. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, a imposé des sanctions immédiates sans que le médecin puisse se défendre. Le Premier ministre libéral, Donald Tusk, a osé déclarer : « Quoi que lui dicte sa conscience, un médecin doit accomplir la loi. Chaque patient doit avoir la certitude que le médecin accomplira toutes les procédures conformément à la loi et à son devoir. » Le leader de l’Alliance de la gauche démocratique, Leszek Miller, a déclaré que le refus du Pr Chazan de participer à l’avortement relève de la « psychopathie ». L’asile psychiatrique pour ceux qui pensent mal ?
Et du côté des partisans de l’avortement ? Pour Krystyna Kacpura, directrice de la Fédération de la Femme et du Planning familial en Pologne, ce sont les « fondamentalistes religieux » qui font tout pour empêcher les femmes d’y avoir accès. Dans une interview à JOL Press, elle explique : « Certes, nous avons été soulagés que la maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Walz, licencie Bogdan Chazan : c’était son devoir, sa responsabilité politique et morale, en tant que fonctionnaire de l'État, d'agir selon la loi et de veiller à ce que les règles soient respectées. Donc nous pouvons dire que c'est une victoire de l’Etat de droit sur “la loi de Dieu”. »
De la loi civile sur la loi morale, en somme – on connaît cela en France aussi…
On peut contacter Mme le maire de Varsovie à cette adresse : sekretariatprezydenta@um.warszawa.pl.

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Avoir des filles accroît-il le risque de divorcer ? C’est le contraire, assure une étude

On a longtemps cru que le risque de divorce était plus grand chez les couples avec des filles parce que l’arrivée d’une fille met davantage de pression sur la relation et que les hommes préfèrent avoir des garçons. D’où un taux de divorce plus important dans cette catégorie de foyers. Une étude menée à Duke University (Caroline du Nord) vient de montrer que cette analyse ne tient pas compte d’un facteur intéressant : les filles résistent mieux au stress que les garçons, et ce dès le stade embryonnaire.
Contredisant une nouvelle fois les lois sur les « stéréotypes de genre », les enfants conçus de sexe féminin sont d’emblée plus robustes et ont donc plus de chances de survivre à la pression créée in utero par la souffrance d’une femme dont la relation avec le père est en crise. « Il se peut bien que les filles survivent à des grossesses sujettes au stress là où les garçons n’y parviennent pas », assure le Dr Amar Hamoudi, professeur assistant d’études politiques et d’économie, auteur de l’étude. Et elles se trouveraient donc plus nombreuses que les garçons à naître le cadre de mariages qui sont déjà en difficulté, et qui risquent d’échouer dans le divorce à plus ou moins long terme. »
Il ajoute : « On suggère souvent que les filles ont une influence néfaste sur la stabilité de l’union de leurs parents. Nous disons : “N’allez pas si vite. ” »
L’étude s’est portée sur les données relatives à un échantillon de personnes vivant aux Etats-Unis entre 1979 et 2010 qui montre que les femmes se disant dans un mariage conflictuel avaient donné naissance par la suite à plus de filles que de garçons.
Notez bien cette phrase du Pr Hamoudi : « De manière habituelle, les études de population commencent à la naissance. Mais si les démographes et autres sociologues veulent comprendre pleinement la manière dont la dynamique familiale affecte les populations, ils doivent également considérer les mois précédant la naissance. Il est temps que les études de populations s’intéressent à la période de la grossesse. L’horloge ne commence pas à la naissance. »

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Suicide assisté au Royaume-Uni : le front du refus religieux, et l'adoration eucharistique comme remède

Alors que la Chambre des Lords du Royaume-Uni s’apprête à débattre en deuxième lecture le projet de légalisation du suicide assisté approuvé par l’ancien archevêque anglican de Canterbury, Lord Carey, des responsables religieux plus… responsables réagissent de manière plus juste. Des chefs religieux des principales confessions représentées dans le pays – catholiques, anglicans, chrétiens, juifs, musulmans, hindous, sikhs, bouddhistes, zoroastriens et jaïnistes – ont lancé un appel commun pour dénoncer la « grave erreur » que constituerait la légalisation de la mort choisie.
Le projet chercher à autoriser les médecins à fournir des drogues létales aux personnes dont le pronostic de vie n’excéderait pas six mois et qui auraient la capacité de prendre leur décision en possessions de leurs moyens mentaux.
La loi conduirait à considérer la vie de certaines personnes comme étant « sans valeur », ont-ils déclaré, ajoutant que les personnes les plus vulnérables risquent d’être mises sous pression, au moment même où ils ont justement le plus besoin d’être aimés et entourés.
Mgr Philip Egan demande des Heures saintes
pour prier pour le respect de la vie
L’évêque de Portsmouth, Philip Egan, a apporté une réponse plus précisément catholique au drame qui se joue outre-Manche. Son « plan d’action » ? La prière d’abord, l’action ensuite, à laquelle il a appelé tous les fidèles de son diocèse. Un ordre des choses que Juanjo Romero, sur Infocatolica, à qualifié de « très apostolique, en vérité » ; « Cette sorte de bêtises, seul le Seigneur peut les empêcher. »
Pour que tout soit bien clair et en ordre, Mgr Egan a demandé à tous les prêtres de son diocèse d’« ouvrir les églises la veille » du débat, le jeudi 17 juillet au soir, « pour une heure d’oraison devant le Saint Sacrement ». Le site du diocèse précise : « Il encourage chaque paroisse à s’unir dans la prière pour la protection de la vie, spécialement la vie finissante. Même si vous ne pouvez pas vous rendre à l’Heure sainte ce soir-là, vous êtes invités à passer quelque temps en prière devant le Saint Sacrement. »
Ensuite… « Après la prière, la chose la plus importante que nous puissions faire est d’écrire à l’un des pairs de la Chambre de Lords. Veuillez faire cela avant le 18 juillet, vraiment au plus tard. »

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“Avec le recul”, l'universitaire néerlandais Theo Boer revient sur son soutien à l'euthanasie légale

On a beaucoup glosé sur le revirement d’un universitaire néerlandais, Theo Boer favorable en 2002 à la légalisation de l’euthanasie, cité par le tabloïde anglais The Daily Mail comme ayant supplié les Britanniques de ne pas imiter les Pays-Bas à propos du suicide assisté : « Ne faites pas notre erreur », c’est sa phrase montée à la une du quotidien conservateur. En France, le Courrier International s’est emparé du sujet dans un bref article informatif où il parle de « Theo De Boer ». De nombreux sites d’information ont cité l’article du Daily Mail rapportant les propos de Theo Boer qui y sont présentés comme une sorte d’interview.
Le Pr Boer, contacté par Alex Schadenberg d’Euthanasia Prevention Coalition a récusé ce procédé et lui a envoyé l’article complet qu’il avait écrit pour les médias anglais, à charge pour Schadenberg de le publier sans aucune modification. Je vous en propose ici ma traduction. Etant donnée la demande de Theo Boer, merci de ne pas tirer des citations de ce texte qui forme un tout. On peut y renvoyer en utilisant ce lien : http://leblogdejeannesmits.blogspot.fr/2014/07/avec-le-recul-luniversitaire.html. – J.S.
Theo Boer ne se dit plus favorable
à une loi sur l'euthanasie.
En 2001, les Pays-Bas sont devenus le premier pays au monde à légaliser l’euthanasie, en même temps
que le suicide assisté. Plusieurs garde-fous ont été mis en place afin de définir qui pourrait en bénéficier, les médecins respectant ces garde-fous ne feraient pas l’objet de poursuites. Parce que chaque cas est unique, cinq commissions régionales de contrôle ont été mis en place afin d’évaluer chaque cas et pour déterminer s’il s’était déroulé dans le respect de la loi. Pendant les cinq ans qui ont suivi la promulgation de la loi, ces morts provoquées par les médecins sont restées à un niveau stable – leur nombre a même chuté certaines années. En 2007 j’écrivais qu’il n’y a « pas nécessairement une pente glissante en matière d’euthanasie. Une bonne loi d’euthanasie, combinée avec la procédure de contrôle de l’euthanasie, fournit la garantie d’un nombre stable et relativement peu important d’euthanasies. » La plupart de mes collègues arrivèrent à la même conclusion.
Mais nous avions tort, terriblement tort même. Avec le recul, la stabilisation des nombres n’a constitué qu’une pause temporaire. Au début de 2008, le nombre de ces morts affiche une croissance de 15 % par an, année après année. Le rapport annuel des commissions pour 2012 répertorie 4.188 cas cette année-là (à comparer avec les 1.882 cas en 2002). La tendance s’est maintenue en 2013 et j’estime que la barre des 6.000 sera franchie cette année ou l’année prochaine. L’euthanasie est en voie de devenir une manière de mourir « par défaut » pour les malades du cancer.
Outre cette escalade, d’autres évolutions ont eu lieu. Sous le nom « clinique de fin de vie », l’association néerlandaise pour le droit de mourir (NVVE) a fondé un réseau de médecins euthanasieurs itinérants. Alors que la loi présuppose (mais n’exige pas) une relation durable entre médecin et patient, où la mort peut constituer la fin d’une période de soins et d’interaction, les médecins de la clinique de fin de vie n’ont que deux options : administrer des drogues létales ou renvoyer le patient. En moyenne, ces médecins voient le patient trois fois avant de leur administrer les drogues qui vont mettre fin à leur vie. La clinique de fin de vie s’est occupée de centaines de cas. La NVVE ne fait pas montre de vouloir se satisfaire de cette situation. Elle ne connaîtra pas le repos avant qu’une pilule létale soit rendue accessible à toute personne de plus de 70 ans qui souhaite mourir. Certaines pentes sont réellement glissantes.
D’autres évolutions concernent un glissement dans le type de patient qui reçoit ce type de traitement. Alors qu’aux premières années après 2002 on ne trouve guère de personnes ayant des affections psychiatriques ou souffrant de démence dans les rapports, leur nombre est aujourd’hui en très forte augmentation. On a répertorié des cas où une grande partie de la souffrance de ceux qui ont été euthanasiés ou qui ont reçu une assistance au suicide résidait dans le fait d’être vieux, seuls ou venant de perdre un proche. Certains de ces patients auraient pu vivre pendant des décennies.
Alors que la loi voit l’euthanasie ou le suicide assisté comme l’exception, l’opinion publique en vient – autre glissement – à les considérer comme des droits, avec un devoir correspondant obligeant le médecin à agir. Une loi en cours d’adoption oblige les médecins qui refusent d’administrer l’euthanasie à renvoyer leurs patients vers un collègue « volontaire ». La pression exercée sur les médecins pour qu’ils se conforment à la volonté des patients (ou dans certains cas à celle de leur famille) peut être intense. La pression exercée par les proches parents, conjointe au souci du patient quant au bien-être de ceux qu’il aime, joue dans certains cas un rôle important dans la demande d’euthanasie. Les commissions de contrôle elles-mêmes, malgré leur travail important et consciencieux, n’ont pas pu mettre une halte à ces évolutions.
J’étais autrefois favorable à la législation. Mais aujourd’hui, avec douze ans d’expérience, mon point de vue est autre. A tout le moins, qu’on attende une analyse honnête et intellectuellement satisfaisante des raisons qui ont provoque l’augmentation explosive des statistiques. Est-ce parce que la loi devrait avoir de meilleurs garde-fous ? Ou est-ce parce que la simple existence d’une telle loi est une invitation à considérer le suicide assisté et l’euthanasie comme une normalité plutôt qu’une solution de dernier recours ? Avant que ces questions aient reçu une réponse, n’y allez pas. Une fois le génie sorti de sa bouteille, il y a peu de chance qu’il y retourne jamais.
Theo Boer est professeur d’éthique à l’Université théologique protestante de Groningue. Il a fait partie pendant neuf ans d’une commission régionale de contrôle. Au nom du gouvernement néerlandais, cinq commissions de ce type déterminent si une euthanasie a été réalisée conformément à la loi. Les opinions qu’il exprime ici sont les siennes en tant qu’éthicien professionnel, et non pas celle d’une quelconque institution.
Lien vers l’article original sur le blog d’Alex Schadenberg : ici.

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14 juillet, 2014

Pays-Bas : vers « l’ajustement » des règles de l’avortement tardif et de l’euthanasie des nouveau-nés

Les règles néerlandaises à propos de la mise à mort de bébés très handicapés ou malades en fin de grossesse ou après la naissance ne sont pas assez claires, selon un rapport d’évaluation soumis au Parlement en septembre dernier. Cet état de fait conduit les médecins qui la pratiquent à ne pas signaler les occurrences, moyennant quoi ces actes échappent à tout contrôle. Que faire ? La réponse est simple : changer les règles et – en fait – les assouplir afin que les praticiens n’aient plus à avoir peur d’éventuelles poursuites.

Ivo Opstelten
Edith Schippers
C’est ce que viennent d’indiquer le ministre de la Justice, Edith Schippers, et celui de la Sécurité et de la Justice, Ivo Opstelten, dans une lettre adressée le 10 juillet au président de la Deuxième chambre des états-généraux, en soulignant que les points difficiles soulevés par le rapport vont devoir être réglés. En vue d’assurer la « protection de la vie la plus vulnérable » – ça ne s’invente pas.

Avortement tardif et néonaticide

Il est intéressant de noter d’emblée que les cas d’avortement tardif pour raisons médicales font l’objet d’une évaluation commune avec ceux de la « terminaison de la vie » très précoce. Le terme employé en néerlandais n’est pas celui d’« euthanasie » ; j’emploie faute de mieux le mot « terminaison » pour indiquer « l’acte de mettre fin ». Sur le plan éthique, il est clair qu’on n’y fait pas de différence fondamentale entre l’avortement très tardif (après 24 semaines d’aménorrhée, le délai légal de l’avortement aux Pays-Bas) et l’infanticide précoce, qui sont « justifiés » pour les mêmes motifs et que les médecins doivent théoriquement signaler à une même commission générale de scientifiques. Cette commission est l’auteur du rapport.
Présentée comme une solution d’urgence dans des cas extrêmes, la fin de vie provoquée en fin de grossesse ou après la naissance est en gros dispensée de peine, et même de procès, dans les mêmes conditions que l’euthanasie, hormis la capacité de prendre soi-même une décision éclairée.

Non viabilité?


Le fait de « mettre à mort » avant la naissance un « fruit dont on peut raisonnablement penser qu’il peut rester en vie en dehors du corps de la mère » est puni par la loi pénale. S’il est jugé non viable, l’avortement est autorisé mais doit être signalé et évalué par le Parquet. Si l’enfant est viable mais atteint d’affections fonctionnelles graves sans espoir d’amélioration et qui, sans intervention médicale, conduiraient à la mort, l’avortement tardif est possible, l’intervention médicale (une thérapie) après la naissance pouvant même dans ce cas être considérée comme « dommageable » dans la mesure où elle prolongerait la souffrance. Le médecin s’appuiera sur le fait qu’après la naissance les soins seraient « inutiles ».
Pour ce qui est de l’infanticide, les règlements distinguent entre le « laisser mourir » : ne pas entamer un traitement qui ne servirait à rien chez un enfant de toute façon voué à une mort rapide, ce qui conduit à une « mort naturelle ». Le signalement du cas n’est pas alors exigé (cela vaut aussi pour l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation). En revanche, lorsque le médecin provoque la mort, le signalement est obligatoire, étant posé que les cas doivent se régler le plus souvent possible au sein de la commission médicale, même lorsque les conditions légales n’ont pas été pleinement respectées : les poursuites pénales ne sont qu’un « dernier recours », selon les directives des pouvoirs publics.

Sous-déclaration

Selon le rapport de la commission des scientifiques, les médecins n’ont pas confiance. Ils estiment en général que les conditions auxquelles ils doivent satisfaire ne sont ni assez précises, ni assez larges et ils ont malgré tout peur de s’exposer à des poursuites, surtout dans le cadre de la « terminaison de la vie » des nouveau-nés. Depuis l’entrée en vigueur des règlements actuels en 2007, seuls 7 avortements très tardifs ont été signalés, et seul une « terminaison de la vie » d’un enfant qui venait de naître.
Mais les auteurs du rapport ont indiqué que le nombre d’avortements hors délais pour raisons médicales serait plus proche de 30 par an – c’est une estimation incertaine, qui pourrait selon eux comprendre des doublons, mais en tout état de cause le nombre est sans commune mesure avec le chiffre officiel. Les réponses à un questionnaire diffusé par les auteurs conduit ceux-ci à penser qu’il y a eu au moins 11 cas de « terminaisons de la vie » de nouveau-nés.
Il semblerait, selon les auteurs du rapport, que les avortements tardifs et les néonaticides (appelons-les par leur nom !) aient diminué, « grâce » à la généralisation de l’échographie structurelle de la 20e semaine qui permet de dépister la plupart des malformations graves, l’avortement étant alors pratiqué dans les délais légaux et sans risque pénal. Mais les rapporteurs estiment que le temps nécessaire à l’établissement d’un diagnostic sûr et à la prise d’une décision par les parents est parfois trop court. Ceux-ci se sentiraient « sous pression » et en viendraient alors à prendre la décision d’avorter « sans avoir toute l’information requise quant aux défauts éventuels du fœtus » : avec un peu plus de temps, ils auraient pu décider de ne pas « mettre fin à la grossesse ».
Du côté des médecins, c’est la difficulté de proposer un diagnostic sûr à 100 % qui pose problème, selon le rapport, ce qui les conduit à ne pas accepter de pratiquer un avortement très tardif faute de pouvoir dire avec certitude que l’enfant est voué à mourir rapidement après la naissance. En ce cas, souligne encore le rapport, il arrive que les parents se rendent à l’étranger pour un avortement très tardif.

Souffrances futures

Autre problème soulevé par les médecins : il faut en principe que les souffrances endurées par l’enfant soient « actuellement » insupportables. Ils estiment avoir l’obligation professionnelle de « prévenir » les souffrances graves et regrettent que la réglementation ne laisse aucune latitude pour une intervention de « terminaison de la vie » en vue d’éviter à l’enfant un avenir plein de souffrances ou « sans perspectives ». Ce qui les conduit soit à ne pas agir – soit à ne pas signaler leur intervention.
On voit la nouvelle dérive qu’entraîne un tel point de vue.

Les modifications proposées

Voici donc ce que proposent les deux ministres.
• Faire de la commission d’évaluation le lieu de jugement de dernière instance pour les avortements tardifs de première catégorie (fœtus non viable), sans risque de transmission au Parquet. Il en irait de même pour les avortements tardifs pratiqués pour protéger la santé ou la vie de la mère mise en danger par la grossesse (encore que l’on comprenne mal pourquoi ; puisqu’après 24 semaines de grossesse bien des bébés survivent aujourd’hui à leur naissance prématurée).
• Nuancer les exigences par rapport au diagnostic et au pronostic dont les médecins pensent aujourd’hui qu’ils doivent être certains : il serait précisé que l’on demande « la plus grande certitude possible », ce qui laisse davantage de latitude. Et autoriserait, on le voit bien, davantage d’avortements très tardifs et de mises à mort après la naissance.
• A propos de la souffrance future que les médecins estiment devoir prévenir, les ministres assurent : «  Nous imaginons aisément les dilemmes médicaux et éthiques que rencontrent les médecins dans la pratique. » Ils s’engagent à réfléchir plus avant sur cette question afin que la réglementation s’adapte mieux à la pratique médicale. En s’appuyant, par exemple, sur les exemples qui seront donnés par un signalement plus systématique.
• Les ministres notent qu’il y a un grand flou, une grande incertitude sur la définition de l’euthanasie « active ». Ce flou est en lui-même un fait intéressant : il montre la perte du sens moral qu’entraîne pour le médecin la faculté de tuer. La réponse est fonction de l’intention : intention de tuer, fût-ce pour soulager une douleur, ou intention de soulager la douleur, au risque d’abréger la vie. Sans doute n’est-il pas toujours simple de répondre à cette question. Mais sans ce cadre, c’est quasiment impossible.
• On envisage de proroger le délai légal des 24 semaines lorsque les parents ont besoin de ce temps pour obtenir toutes les informations nécessaires sur l’état de leur enfant, et pour savoir notamment ce que représente pratiquement l’arrivée d’un tel enfant. Les ministres ajoutent (et c’est peut-être la litote de l’année) : « Bien qu’en formulant une nouvelle réglementation nous cherchons, là où c’est possible, d’alléger la pression de la décision à prendre, nous nous attendons cependant à ce que la pression du choix ne puisse être totalement écartée, étant donnée la nature de la décision dont il s’agit ici. »
• Les ministres précisent enfin, pour soulager les craintes des médecins qui ont peur d’être poursuivis pénalement s’ils aident leurs patientes à obtenir un avortement hors délais à l’étranger, que ceux-ci n’encourent pas de sanctions pour complicité dès lors qu’ils peuvent « raisonnablement penser que l’avortement tardif n’est pas punissable dans ledit pays en l’espèce ».
Bref, sous couleur de compassion et de meilleur contrôle, il s’agit bien de faciliter les avortements tardifs et les néonaticides.

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