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20 mai, 2019

Exclusif : un entretien avec le cardinal Raymond Burke sur Vincent Lambert et l’« état végétatif »

Le lundi 20 mai au matin, le cardinal Raymond Burke m’a accordé un entretien à propos la situation
de Vincent Lambert, dont il avait été annoncé par le Dr Vincent Sanchez du CHU de Reims que sa sonde d'alimentation devait être retirée ce jour-là. Entre-temps, nous avons appris que Vincent a reçu une sédation profonde et que sa sonde d'alimentation a été retirée sans que sa famille n’en soit informée et sans que celle-ci ait seulement pu faire ses adieux. Une vidéo publiée sur internet par Valeurs actuelles montre Vincent, dimanche soir, pleurant tandis que sa mère le console.

Il a beaucoup été question de l’état prétendument « végétatif » de Vincent et de sa supposée volonté de mourir. Au-delà de cette polémique, son « affaire » concerne des questions bien plus profondes encore sur la fin de la vie, questions évacuées, niées par la loi positive française puisque la loi Leonetti, dès 2005 et plus encore en 2016 dans sa version remaniée, contredit l’interdiction fondamentale de tuer l’innocent, qui vaut pour tout homme, de tout temps, de toute culture, parce que c’est la loi naturelle conforme à son bien.

Le cardinal Burke rappelle ces exigences fondamentales que tant d’ecclésiastiques n’évoquent même plus, entrant même – comme l’a fait le groupe Bioéthique de la conférence des évêques de France – dans la logique de la loi comme si elle était acceptable. – J.S.

J.S. : Votre Eminence, vous avez certainement entendu parler du cas de Vincent Lambert en France, un homme de 42 ans, tétraplégique, atteint de graves lésions cérébrales, qui risque de mourir dans les prochains jours, sauf si un recours judiciaire de dernière minute interrompt le processus, parce que les autorités sanitaires et administratives ont décidé d'arrêter de l'hydrater et de le nourrir. Cela parce qu’il a été jugé dans un « état végétatif » et « ne voudrait pas vivre comme ça ». Cette affaire touche à des questions sérieuses concernant le respect dû à la vie humaine innocente. Quel est votre point de vue, ou plus précisément, quel est celui de l'Eglise sur cette situation ?

Cardinal Raymond Burke : Je suis profondément préoccupé par la situation de Vincent Lambert. Je crains qu’il ne soit mis à mort par refus d’alimentation et d'hydratation comme cela s'est tragiquement produit dans le cas de Terri Schindler Schiavo aux Etats-Unis le 31 mars 2005 et d’Eluana Englaro en Italie le 9 février 2009. Je suis profondément inquiet pour Vincent Lambert et pour les nombreuses autres victimes de l'euthanasie, car il est clair que, si le refus d'alimentation et d'hydratation se trouve justifié dans le cas de Vincent Lambert, aucune personne qui se trouve dans un état de faiblesse grave ne jouira plus du respect fondamental de sa vie.

Le retrait de l'alimentation et de l'hydratation, que celles-ci soient naturelles ou artificielles, constitue une euthanasie par omission, c'est-à-dire, selon la définition de l'euthanasie donnée par le pape Jean-Paul II dans son encyclique Evangelium Vitae (25 mars 1995) : « une action ou une omission qui, par elle-même et par intention, cause la mort, dans le but d'éliminer toute souffrance » (n° 65). Dans la même Lettre encyclique, le Pape Jean-Paul II a précisé que l'enseignement sur l’euthanasie que « cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite » (n° 65).

Le premier précepte de la loi naturelle est la protection et la sauvegarde de toute vie humaine, en particulier de la vie humaine lourdement grevée par des besoins particuliers, une maladie grave ou l’avancement de l’âge.

Dans l'affaire Vincent Lambert, les autorités françaises font valoir que son manque de conscience de soi et de conscience du monde qui l'entoure – ce qui est d'ailleurs contesté, étant donné qu’il réagit à sa mère en particulier – indique qu'il est dans un « état végétatif » dans lequel il n'aurait pas voulu se retrouver. Ces circonstances – l'état végétatif et le désir personnel de la personne – justifient-elles jamais l'administration de nourriture et d'eau ?

La Congrégation pour la Doctrine de la foi, en réponse à deux questions concernant l'administration de nourriture et d'eau à une personne dans ce qu'on appelle « un état végétatif » (1er août 2007), a donné une interprétation de la loi naturelle s’appliquant à ces cas qui fait autorité : « Un patient en “état végétatif permanent” est une personne, avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles. »

 Comme le fait remarquer la réponse : « On évite de la sorte les souffrances et la mort dues à l’inanition et à la déshydratation. » La seule exception est le cas où le corps ne peut plus assimiler l'eau ou la nourriture.

Saint Jean Paul II a illustré l'enseignement sur le devoir moral de fournir « les soins normaux dus au malade dans des cas semblables », ce qui inclut la nutrition et l'hydratation, dans son discours aux médecins catholiques concernant les soins de ceux qui sont dits dans « un état végétatif » (20 mars 2004). Il a déclaré : « En particulier, je voudrais souligner que l'administration d'eau et de nourriture, même à travers des voies artificielles, représente toujours un moyen naturel de maintien de la vie, et non pas un acte médical. Son utilisation devra donc être considérée, en règle générale, comme ordinaire et proportionnée, et, en tant que telle, moralement obligatoire, dans la mesure où elle atteint sa finalité propre, et jusqu'à ce qu'elle le démontre, ce qui, en l'espèce, consiste à procurer une nourriture au patient et à alléger ses souffrances… L’évaluation des probabilités, fondée sur les maigres espérances de reprise lorsque l'état végétatif se prolonge au-delà d'un an, ne peut justifier éthiquement l'abandon ou l'interruption des soins de base au patient, y compris l'alimentation et l'hydratation. » (n° 4).

Pensez-vous qu'il soit juste d'appliquer les mots « état végétatif » à un être humain ?

Les termes « état végétatif » doivent être utilisé avec beaucoup de précaution, car ils peuvent conduire à considérer celui qui se trouve dans cet état comme moins qu'un être humain. Comme l'a fait remarquer saint Jean Paul dans son allocution que je viens de mentionner :

« Face à un patient dans un tel état clinique, certaines personnes en arrivent à mettre en doute la subsistance même de sa “qualité humaine”, presque comme si l'adjectif “végétatif” (dont l'utilisation est désormais consolidée), qui décrit de façon symbolique un état clinique, pouvait ou devait se référer au contraire au malade en tant que tel, dégradant de fait sa valeur et sa dignité personnelle. A cet égard, il faut souligner que ce terme, même limité au domaine clinique, n'est certainement pas des plus heureux lorsqu'il se réfère à des sujets humains.

« En opposition à ces courants de pensée, je ressens le devoir de réaffirmer avec vigueur que la valeur intrinsèque et la dignité personnelle de tout être humain ne changent pas, quelles que soient les conditions concrètes de sa vie. Un homme, même s'il est gravement malade, ou empêché dans l'exercice de ses fonctions les plus hautes, est et sera toujours un homme, et ne deviendra jamais un “végétal” ou un “animal”. (n. 3)

Dans son discours aux médecins catholiques du 20 mars 2004, il rappelle également un principe moral fondamental : « D’ailleurs, on reconnaît le principe moral selon lequel même le simple soupçon d'être en présence d'une personne vivante entraîne, dès lors, l'obligation de son plein respect et de l'abstention de toute action visant à anticiper sa mort. » (n° 4).

En tant que catholiques, avons-nous un rôle particulier à jouer dans cette situation où de nombreuses lois positives vont à l'encontre de la loi naturelle qui exige le respect de toute vie humaine innocente ?

Compte tenu de la gravité de la situation, particulièrement pour Vincent Lambert et, plus
généralement, pour toutes les personnes dans une situation semblable, les personnes de bonne volonté et les catholiques, en particulier, ont l'obligation d'exiger que l'État et les établissements de santé respectent la dignité inviolable de la vie humaine innocente, particulièrement celle de nos frères et sœurs qui portent le poids de besoins particulier, souffrent de maladies graves ou se trouvent à un âge avancé, qui sont les premiers à devoir bénéficier de soins de la part de l’Etat et de leur prochain. Dans le cas de Vincent Lambert, notre devoir de faire respecter la loi naturelle consiste à insister pour qu'il reçoive les soins normaux dus à une personne dans son état.

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03 mai, 2016

Divorcés remariés : le cardinal Müller rappelle à Madrid qu'aucun pape ne peut changer la doctrine sur les sacrements

Il y a contradiction à être divorcé remarié et vouloir communier, a déclaré ce mardi à Madrid, selon Europa Press, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Gerhard Ludwig Müller. Le prélat donnait une conférence à l'université Francisco de Victoria à l'occasion de la présentation de son livre La famille, source d'espérance, qui vient d'être traduit en espagnol et publié par la Biblioteca de Autores Cristianos. Il a précisé qu'aucun pape ne peut changer la doctrine sur les sacrements du mariage et de l'Eucharistie.
Le cardinal Müller ne s'est pas posé en opposant au pape François, assurant au contraire qu'il fallait éviter de voir ou plutôt d'« inventer » des contradictions entre les papes successifs. Mais il a néanmoins parlé très clair dans une situation de grande confusion dans l'Eglise, qui se trouve confrontée à la lettre d'un texte objectivement ouvert à une interprétation hétérodoxe, et aux déclarations assurant que le changement était arrivé émanant de cardinaux et de religieux proches du pape.
Interrogé sur l'attitude à l'égard des familles en situation irrégulière dont parle l'exhortation du pape François, Amoris laetitia, et plus précisément sur le fait de vivre dans la grâce de Dieu en situation de péché, le cardinal Muller a déclaré : « Ce n'est pas possible. L'Eglise n'a pas le pouvoir de changer le droit divin, elle ne peut pas changer l'indissolubilité du mariage. On ne peut pas dire “oui” à Jésus-Christ dans lEeucharistie et “non” dans le mariage. C'est une contradiction objective », a-t-il insisté.
Le cardinal a rappelé que lorsqu'une personne se trouve « en état de péché mortel » elle doit recevoir le sacrement de la pénitence. Cela « ne peut être changé ni par le pape ni par un concile œcuménique ».
De toute façon, a-t-il précisé, il n'est pas possible de faire des « « interprétations fausses » qui « vont au-delà du dogme ». Le pape, a-t-il expliqué, demande à l'Eglise de penser à la manière dont on peut intégrer ces personnes qui « savent qu'elles vivent dans une situation incorrecte mais qui désirent se rapprocher de l'église ».
Voilà qui fait tout de même l'économie de diverses notes et déclarations dans Amoris laetitia qui vont au-delà de ce nécessaire accueil bienveillant en vue de la conversion. On sent toujours l'hésitation des plus hauts prélats à adresser une critique ouverte au texte.
Mais le cardinal Müller a tout de même précisé que, dans le cas des divorcés remariés par exemple, le « but » doit être qu'ils « se séparent de l'époux illégitime » ou qu'ils vivent toujours ensemble mais dans la chasteté, parce qu’« on ne peut justifier une situation qui va à l'encontre de la loi divine ».
On rappellera qu'une note d’Amoris laetitia refuse de recommander aux divorcés remariés de vivre dans la chasteté, « comme frère et sœur », en invoquant de manière incorrecte une citation de Gaudium et spes qui met en garde contre les risques que cette pratique – mais au sein de couples mariés ! – peut faire courir à la fidélité conjugale.
Le cardinal Müller a indiqué avoir écrit son livre sur la famille, où il expose cette doctrine traditionnelle, « avec un grand dévouement au pape », dont il a loué le « style personnel », plus « pastoral » et « proche des gens ». Il a ajouté qu’il fallait se garder de faire une « mauvaise interprétation » de sa manière de prêcher.

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25 octobre, 2015

Premières impressions sur le rapport final du synode : doctrine rappelée, omissions et portes ouvertes

Je sors de la lecture du rapport final du synode sur la famille, tel qu’il a été adopté aujourd’hui paragraphe par paragraphe, par les pères synodaux. On est frappé par son classicisme certain qui contraste fortement avec la teneur des conférences de presse servies quotidiennement à la Salle de presse du Vatican, où les positions les plus hétérodoxes ont été amplement présentées par de nombreux invités. Et qui ont justifié les inquiétudes des catholiques inquiets de voir menacée la doctrine de l’Eglise sur le mariage et la sexualité. Se sont-ils donc inquiétés pour rien, cédant à ce que le pape a appelé une « herméneutique de la conspiration » ? En y regardant de plus près, on constate qu’il a ouvert les portes à des changements, en des paragraphes qui n’ont été adoptés que de quelques voix de plus que la majorité requise des deux tiers.
Il n’est pas inintéressant de noter qu’il a été rédigé non pas par les 10 rapporteurs choisis par le pape, mais par une armée d’« experts » qui ont recueilli les amendements catalogués par les 10 et  qui ont présenté à ceux-ci le projet de rapport final afin qu’ils puissent y apporter leurs derniers amendements.
Le document final, la relatio synodi présente des réflexions qui embrassent un grand nombre de sujets, depuis l’impossibilité de séparer la fin unitive et procréative du mariage institué dès l’origine par Dieu, mariage fidèle et indissoluble, jusqu’à la dénonciation de l’idéologie du genre, le rappel de liberté éducative des parents, le devoir de respecter la vie, le constat de l’existence d’une « mentalité abortive et contraceptive », la confirmation de l’enseignement de Humanae vitae, le drame de la dénatalité… Il propose même la re-création de l’« ordo viduarum », l’ordre des veuves, c’est dire.
On sent là combien un grand nombre de pères synodaux ont pesé sur la réécriture de l’Instrumentum laboris porteur de graves omissions et erreurs. Voice of the family avait analysé la grave menace que constituait ce document pour tout l’enseignement de l’Eglise, notamment dans sa présentation hétérodoxe de Humanae vitae et dans ses suggestions d’ouverture aux divorcés remariés.
Ce n’est pas pour autant que le rapport final est en rupture totale avec ces erreurs. Il ne ferme pas les portes au subjectivisme et fait avancer de manière plus discrète la volonté de changement pastoral, en lui obtenant un consensus plus apte à faire taire les voix les plus critiques.
Sur l’ouverture aux homosexuels, si présente dans les conférences de presse et certaines déclarations au sein du synode, le paragraphe 76 ( adopté par 221 voix contre 37) est marqué par la prudence : il rappelle que les personne ayant cette tendance ne doivent pas faire l’objet de « discriminations injustes » comme le disait la Congrégation pour la doctrine de la Foi ; qu’il faut « accompagner les familles où vivent des personnes ayant des tendances homosexuelles », et qu’on ne peut établir « aucune analogie, même lointaine, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille ». Ces mots avaient été omis dans l’Instrumentum laboris. Contrairement à l’Instrumentum laboris, le rapport final ne propose pas de « définir la spécificité sociale de ces unions affectives » ni n’appelle à « un meilleur approfondissement humain et culturel, pas seulement biologique, de la différence sexuelle ».
En revanche, s’il est bien question de la pression indue exercée par les organisations internationales sur les Eglises locales et sur certains pays pour « introduire des lois instituant le “mariage” entre personnes de même sexe », il n’est nullement question du caractère peccamineux de l’acte homosexuel, du devoir d’aider les personnes à sortir du style de vie « gay » et du danger de l’activité homosexuelle, dommageable pour la santé et mortelle pour l’âme.
C’est d’ailleurs une caractéristique du texte : il ne parle de péché et de pécheurs que de manière générale, toujours en rapport avec la rédemption mais sans jamais rappeler que le salut des âmes est mis en cause dans les situations objectivement désordonnées comme l’union civile ou le remariage après divorce. Divorce où  l’Eglise doit s’efforcer d’« accompagner », le cas échéant, « ce moment de souffrance de manière à ce qu’il n’y ait pas d’oppositions ruineuses entre les conjoints », notamment pour les enfants qui sont « les premières victimes de la séparation, car ils doivent souffrir le moins possible ».
Mais s’il en est bien question, le rapport parle davantage d’aider chacun là où il est que de la responsabilité à l’égard des enfants qui sont littéralement brisés par le divorce de leurs parents.
Le paragraphe 53 laisse en parlant des divorcés « remariés » et des personnes unies par un mariage civil ou les concubins discrètement la place à la décentralisation annoncée par le pape François il y a huit jours : « Dans la perspective de la pédagogie divine, l’Eglise se tourne avec amour vers ceux qui participent à sa vie de manière imparfaite : elle invoque pour eux la grâce de la conversion, elle les encourage à faire le bien, à prendre soin avec amour l’un de l’autre et à se mettre au service de la communauté où ils vivent et travaillent. Il est souhaitable que dans les diocèses des parcours de discernement et d’implication de ces personnes, pour aider et encourager la maturation d’un choix conscient et cohérent. » (Lequel ? Le rapport ne le dit pas.) « Les couples doivent être informés sur la possibilité de recourir à la procédure de déclaration de nullité du mariage ».
Accueil, accompagnement : ce sont les mots clefs du document où manque cruellement en revanche le rappel des fins dernières.
Il est toujours question pour l’Eglise de « partir de la situation concrète des familles » en effet, en espérant mener ceux qui le peuvent vers la plénitude du sacrement, en prônant une meilleure préparation au sacrement du mariage dans tous les cas, mais sans se demander jamais pourquoi les catholiques dans leur immense majorité aujourd’hui connaissent si mal les principes de leur foi et sont d’ailleurs nombreux à pratiquer la contraception. Et les effets néfastes de celle-ci sur la stabilité des mariages.
Les paragraphes les moins bien adoptés concernent ceux sur les divorcés remariés. « Accompagnement » toujours, avec des approches « différenciées » (n° 77), les couples divorcés « remariés civilement » doivent être « intégrés dans la communauté chrétiennes selon les divers modes possibles, en évitant toute occasion de scandale », puisqu’ils peuvent avoir une « joyeuse et féconde espérance » (n° 84, 187 voix contre 72). « Il faut discerner quelles formes d’exclusion actuellement pratiquées dans le domaine liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel peuvent être dépassées ».
Le paragraphe 85 a été adopté avec une majorité d’une seule voix : 178-80, s’appuyant sur des ouvertures attribuées à saint Jean-Paul II et Benoît XVI : il s’agit essentiellement de la voie de la « conscience » et de la reconnaissance que les situations des divorcés remariés sont très diverses. On y lit (traduction d’Yves Daoudal) : « Tout en soutenant une règle générale, il faut reconnaître que la responsabilité face à certains actes ou certaines décisions ne sont pas les mêmes dans tous les cas. Le discernement pastoral, tout en tenant compte de la conscience bien formée de la personne, doit assumer ces situations. Les conséquences des actes ne sont pas nécessairement les mêmes dans tous les cas. »
Le paragraphe clef est le 86 (190 voix contre 64) : Yves Daoudal l’a traduit là encore – « Le processus d’accompagnement et de discernement oriente ces fidèles vers la prise de conscience de leur situation devant Dieu. L’entretien avec le prêtre, au for interne, contribue à la formation d’un jugement correct sur ce qui fait obstacle à la possibilité d’une plus pleine participation à la vie de l’Eglise et de mesures qui peuvent la favoriser et la faire grandir. »
La solution du « for interne » est celle qui circulait depuis plusieurs jours et que j’évoquais hier, c’est celle que Daoudal appelle la « dernière cartouche du cardinal Kasper ». Il n’est pas question de communion explicitement mais que veut dire « pleine participation à la vie de l’Eglise sinon cela… Et il n’est pas question non plus des doutes émis par Benoît XVI lui-même après réflexion, que j’évoquais aussi dans mon dernier blog sur la question.
Et personne, personne ne pose jamais la question de savoir comment les divorcés remariés, fussent-ils persuadés de la nullité de leur premier mariage non déclaré nul selon les formes, peuvent être considérés comme autre chose que des concubins dans leur nouvelle union…
Bref, on comprend qu’une Elisabetta Piqué, dans La Nacion, parle d’une « victoire virtuelle » du pape François, son ami, « et de sa vision de l’Eglise fondée sur la miséricorde » puisque la « voie du discernement » pour les divorcés remariés a été approuvée. « Le document final a laissé les portes ouvertes au pape pour continuer de construire une Eglise qui ne condamne pas, mais qui inclut chacun et aide les blessés d’aujourd’hui ».
C’est dans un même esprit que le cardinal Danneels et Mgr Bonny, favorables aux innovations, ont salué l’esprit du synode : Danneels a déclaré vendredi que « L’Eglise est un grand navire qui, lentement, s’oriente vers un autre chemin ». « Nous ne sommes plus une Eglise qui parle et qui juge, mais qui écoute ».
Un nouveau cap ? Une nouvelle Eglise, alors. Ce rapport final est à comprendre comme l’élément d’un processus. Le pape peut d’ailleurs prendre d’autres voies que celles exprimées par les pères synodaux, choisir un autre équilibre.
On n’a pas fini d’analyser les propos de ce parti hétérodoxe dans l’Eglise, et qui reste médiatiquement poussé en avant au sein de l’Eglise elle-même.

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19 octobre, 2015

Des pères synodaux essaient de changer la doctrine, avertit Mgr Gądecki

Le site de la conférence des évêques de Pologne mis en ligne samedi un court texte de son président, Mgr Stanisław Gądecki, faisant part de son constat selon lequel certains pères synodaux essaient de changer la doctrine de l’Eglise à travers leurs propositions « pastorales » en direction des divorcés « remariés » – des propositions qui, aux dires de Mgr Wątroba rapportés par le blog de Mgr Gądecki, forment « l’un des principaux sujets » des discussions de la troisième semaine du synode sur la famille. Il a témoigné de cela lors d’une interview à Radio Vatican.
Ainsi la proposition marginale du cardinal Kasper, qui n’avait pas obtenu la majorité requise des deux tiers lors du vote du rapport final du synode extraordinaire de 2014, prend-elle le centre des débats.
Le commentaire de Mgr Stanisław Gądecki a été traduit vers l’anglais par Toronto Catholic Witness. Je vous propose ma traduction à partir de là.
« Les changements de discipline proposés par certains pères synodaux vis-à-vis de la communion pour les divorcés constituent une tentative d’introduire par contrebande des changements dans la doctrine de l’Eglise elle-même », souligne la brève présentation, avant de présenter les propos du prélat :
« Pratiquement tous répètent qu’il n’y aura pas de changement doctrinal, mais cela se comprend de diverses manières. Car si vous ajoutez que des changements disciplinaires sont possibles, cela signifie en pratique que la stabilité doctrinale est annulée. A mon avis, on ne peut parler de la séparation de la pratique de l’Eglise de sa doctrine, de ses enseignements. Les deux sont inséparables. J’ai l’impression que de nombreux partisans de cette modernité pensent en réalité à changer la doctrine, tout en parlant d’un changement de la discipline de l’Eglise. C’est un point inquiétant de ces discussions, car on y met lourdement l’accent : « Nous acceptons la totalité de la doctrine », mais aussitôt suit l’idée que la doctrine n’aurait rien à y voir. Cela me préoccupe grandement, car les uns comme les autres disent qu’ils ne veulent pas d’un changement de la doctrine. D’où viennent donc ces pratiques opposées à la doctrine ? »

Tout cela est à rapprocher d’un récent tweet d’Edward Pentin :


« Certains sont profondément inquiets après le discours du pape samedi. Un responsable du Vatican craint de voir “défaire non plus soixante ans de Magistère mais 1000”. »


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25 novembre, 2013

“Marie-toi et sois soumise” : la mise au point de l'archevêque de Grenade

Merci au Salon beige qui nous donne des infos de la censure espagnole du livre Marie-toi et sois soumise de la journaliste italienne évoquée ici : voici que la ministre espagnole de la Santé, Ana Mato, a demandé son interdiction, sans obtenir de réponse, pour l'instant, de la justice.

L'archevêque de Grenade, qui porte la responsabilité de l'édition espagnole de ce best-seller italien, avait réagi le 15 novembre dernier à la polémique dans un texte qui mérite bien une traduction : la voici.

Les charges propres à ma mission m'ont empêché de suivre la polémique artificielle surgie à l'occasion de la publication du livre Marie-toi et sois soumise. Une expérience radicale pour femmes sans peur, de la journaliste italienne Costanza Miriano, édité en Espagne par Editorial Nuevo Inicio. 
Ce n'est pas mon intention de défendre le livre, qui se défend très bien tout seul, ni de justifier son titre ou de celui qui lui fait suite – et qui sera bientôt publié – Marie-toi et donne ta vie pour elle. Hommes pour de vrai pour des femmes sans peur. Il s'agit là d'une prérogative qui appartient en propre à son auteur, qui s'en est expliquée déjà de manière répétée dans le livre et en dehors du livre. Est-il nécessaire de rappeler que les deux titres s'inspirent quasi littéralement d'un passage de l'Epître aux Ephésiens (Eph. 5, 21) et que la soumission et la donation – l'amour – dont il est question dans ce passage n'ont que peu, voire rien à voir avec les relations de pouvoir qui enveniment les relations entre homme et femme (et pas seulement les relations entre homme et femme) dans le contexte du nihilisme contemporain ? 
Je ne prétends pas non plus justifier la position de l'Editorial, qui a sa propre voix et dont j'entends qu'il a fait son travail en diffusant une œuvre qui – je le constate – fait du bien à beaucoup de gens. 
Dans le cadre de la charge pastorale et ecclésiale qui m'incombe je veux seulement signaler que l'œuvre a été positivement reconnue comme « évangélisatrice » par L'Osservatore Romano et que son auteur, Mme Costanza Miriano, a été invitée à participer au récent séminaire organisé par le Conseil pontifical pour les laïcs à l'occasion du 25e anniversaire de la publications de la Lettre apostolique du bienheureux Jean-Paul II, Mulieris Dignitatem, sur la dignité de la femme. Les deux livres ont été recommandés par le Conseil pontifical pour les laïcs et par le Conseil pontifical pour la famille. 
Ces faits indiquent, avec une meilleure clarté que n'importe quel commentaire de presse, que la position de l'éditeur par rapport à ces deux livres est en accord avec les enseignements de l'Eglise, et que d'autres collections du même éditeur, où l'on trouve publiés des livres qui parfois sont d'auteurs non catholiques, tentent d'être des « aréopages » pour la nouvelle évangélisation, des espaces de dialogue et de réflexion sur la foi chrétienne dans le monde contemporain. Pour toutes ces raisons, l'éditeur est un humble est précieux instrument pastoral au service de la Nouvelle évangélisation. Ses publications sont marquées par l'amour de ce qui est humain, dont la plénitude se révèle et est donnée dans le Christ, et par une liberté très grande par rapport à la dogmatique de la culture dominante. Dans ce contexte, la polémique suscitée par ce livre – dont j'entends qu'il est en accord, dans son contenu, avec les enseignements sur l'amour sponsal de Jean-Paul II, mais qui ne se veut pas davantage qu'un beau témoignage d'amour et de liberté d'une femme chrétienne d'aujourd'hui – est aussi ridicule qu'hypocrite. Les personnes moyennement bien informées savent parfaitement, au point où nous en sommes, que le livre, et même ma pauvre personne, ne sont pas davantage qu'une excuse. Ceux qui promeuvent et agitent cette polémique ont d'autres intérêts et motivations qui ne se trouvent pas être précisément la défense de la femme ou la préoccupation par rapport à sa dignité. Il s'agit plutôt de faire du tort à l'unique institution – au seul secteur de la société, au seul tronçon de peuple véritablement vivant – qui résiste devant la volonté de la culture dominante de la domestiquer : le peuple chrétien. Voilà qui les gêne, tout le reste n'est qu'excuses. Même le moment choisi pour monter toute cette affaire a été choisi à cette fin. 
Tant l'histoire de la littérature que les rayons des librairies en ce moment sont pleine de livres qui, de manière ironique, ou très sérieuse – réelle ou prétendue – insultent ou moquent les réalités sacrées, depuis le mariage jusqu'à la maternité, depuis la liberté de l'éducation dans n'importe quel sens profond, jusqu'aux réalités de la foi que professe une grande partie de notre peuple. Et ces insultes et ces moqueries sont protégées par la liberté d'expression. Liberté d'expression qui, qu'on me permette de le dire, est une invention chrétienne. Ce n'est qu'en terre chrétienne que pouvaient fleurir les grandes critiques de la religion qui se sont faites au XIXe siècle – Feuerbach, Nietsche, Comte, Freud, Marx, pour signaler quelques-unes des plus importantes – et l'Eglise est toujours prête à apprendre d'elles avec gratitude dans la mesure où elles recherchent la vérité. En dehors des contextes où quelques filets de ces eaux peuvent encore arriver, fussent-ils résiduels, du grand fleuve de la Tradition chrétienne, l'avenir de la liberté dans notre monde est plutôt noir. 
Le jugement et l'opinion personnelle sur l'œuvre qui a déclenché la polémique, comme sur n'importe quelle œuvre littéraire, de n'importe quel type, ou sur n'importe quelle affirmation humaine sont, évidemment, libres et légitimes – mais l'offense, l'insulte ou la calomnie ne le sont pas. Ni cette œuvre, ni aucune de mes déclarations, jamais, n'a justifié ou excusé, et encore moins promu, quelque acte de violence à l'égard de la femme. Ce qui au contraire favorise et facilite la violence contre les femmes, c'est la législation qui libéralise l'avortement, de même que toutes les mesures qui fragilisent ou éliminent le mariage, dans la mesure où elles tendent à faire retomber toute la responsabilité d'une éventuelle grossesse sur la femme laissée à elle-même, sans que l'homme n'assume la moindre responsabilité. 
Comme l'a déjà demandé l'auteur, je le sais, que celui qui lance de telles accusations par rapport à ce livre soit rigoureux et qu'il précise la page et le paragraphe où apparaîtrait la plus minime justification ou excuse de n'importe quel type de violence ; car, à part les disqualifications gratuites que n'importe qui peut distribuer, à part des manipulations grossières, il n'en trouvera pas. Comme il n'en trouvera pas non plus dans mes paroles. Tout simplement par ce que ces pensées que d'aucuns m'attribuent gratuitement ne sont pas et n'ont jamais été les miennes, ni celles de mon environnement ecclésial, ni celles de la Tradition chrétienne. Qui m'en accuse ne pourra le faire qu'en travestissant mes paroles, dont le contenu est de notoriété publique, puisque mon ministère de prédication a toujours lieu en public, en la chaire épiscopale que l'Eglise a confiée. 
Francisco Javier Martinez Fernandez
Archevêque de Grenade

C'est bien envoyé, serait-on tenté de dire ! Mais outre la satisfaction devant une réplique bien tournée, il faut aussi voir les implications de l'affaire. C'est sur le titre, uniquement le titre du livre que repose tout le brouhaha en Espagne ; le titre, seulement le titre, et ce malgré les mises au point les plus claires et les plus fermes, pousse un ministre d'un gouvernement supposé de « droite » à hurler avec les loups.

Or ce titre est tiré d'une épître de saint Paul, c'est bien lui qui est visé, lui et son enseignement, qui est l'enseignement de l'Eglise. Ce n'est pas une affaire anecdotique : nous sommes ici au cœur de la dictatur du relativisme et de la haine de la foi.

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18 septembre, 2013

Cardinal Caffarra : la conjugalité, une “communio personarum” capable de donner la vie

Voici donc la suite de la conférence magistrale donnée par le cardinal Carlo Caffarra la semaine dernière, où il a qualifié de « séisme » social la reconnaissance des unions homosexuelles. Suite et fin de cette traduction que je vous propose, la première partie est . — J.S.


2. Le bien de la conjugalité.
Ayant vu ce qu’est la conjugalité, demandons-nous maintenant quelle est sa valeur, son grand prix propre et spécifique. En un mot : sa bonté.
Avant d’entrer dans la seconde partie de notre réflexion, je dois poser une prémisse assez importante. Il existe une vérité sur le bien de la personne, qui peut être partagée pas toute personne douée de raison. Que signifie « la vérité sur le bien » ? Cela ne signifie pas en premier lieu ce que l’on doit ou ne doit pas faire. C’est la perception de la valeur propre d’une réalité (dans notre cas : la conjugalité).
Je prends un exemple. En voyant la Pietà de Michel Ange, nous « voyons » une beauté sublime, ce qui fait que ce morceau de marbre est unique : il a en soi sa propre valeur. En ce cas : une valeur esthétique.
A la question qu’est-ce que le bien/ qu’est-ce que le mal, la réponse n’est pas de dire de manière simpliste : c’est ce que chacun pense être bien/mal, sans que personne ait la possibilité de partager une même réponse. Il existe au contraire une vérité sur le bien, qui peut être découverte et partagée par toute personne douée de raison. Nous autres, nous cherchons quelle est la valeur propre de la conjugalité, sa précieuse spécificité, sa beauté évidente. Le bien qu’est la conjugalité présente deux aspects fondamentaux.
Le premier. La conjugalité est une communio personarum. La bonté propre de la conjugale est une bonté de communion. J’aimerais que nous notions quelques-unes de ses dimensions.
(a) Une telle relation ne peut exister qu’entre personnes, et son fondement consiste en la perception de la bonté, du caractère précieux propre à la personne. Les conjoints sont, l’un pour l’autre, des personnes.
(b) La communio personarum qui constitue le bien de la conjugalité n’est pas fondée sur les émotions, sur la simple attraction physique : même les animaux sont capables de liens basés sur cela. Seules les personnes sont capables de la promesse suivante : « Je promets de t’être toujours fidèle… tous les jours de ma vie. » Seules les personnes sont capables de vivre en communion, car seules les personnes sont capables de se choisir de manière libre et consciente.
(c) Seule la personne est capable de faire le don d’elle-même et seule la personne est capable d’accueillir ce don. La personne – et la personne seulement – est capable d’autodonation, parce qu’elle est capable d’autopossession, dans la force de sa liberté. Il est évident qu’elle ne peut donner ce qu’elle ne possède pas, et la personne peut se posséder elle-même dans la force de sa liberté. Mais la personne peut aussi renoncer à sa liberté, et se maintenir au niveau où elle se laissera conduire par le mainstream social ou par ses propres pulsions. La conjugalité est particulièrement exposée à ce piège.
(d) La communion personarum conjugale – autodonation et accueil réciproque – plonge jusque dans l’intimité de la personne : au « Je » lui-même. C’est la personne en tant que telle qui est donnée/accueillie. C’est là peut-être le mystère le plus profond de la conjugalité. Vous savez bien que la Sainte Ecriture désigne le rapport sexuel homme-femme par le verbe « connaître ». Il s’y vit une révélation de l’un à l’autre dans leur identité intime.
C’est dans cet événement que peut s’introduire une sorte d’indolence, de paresse spirituelle qui empêche les conjoints d’aller au bout de cet acte qui ne peut naître que de leur centre spirituel et libre. Et alors la communion des personnes s’engourdit.
Le deuxième aspect de la valeur éthique qui est le propre de la conjugalité, c’est la capacité qui lui est intrinsèque d’être à l’origine d’une nouvelle personne humaine.
La possibilité de donner la vie à une nouvelle personne est inscrite dans la nature même de la conjugalité. C’est elle, dans l’univers créé, la plus haute capacité et la plus haute responsabilité dont disposent l’homme et la femme. Elle est l’un des « points » où l’action créatrice de Dieu entre dans notre univers créé. Le temps dont je dispose ne me permet pas de prolonger la réflexion sur ce thème sublime.
Conclusion
Deux simples réflexions pour conclure. La première. Vous avez remarqué que je me suis bien gardé d’utiliser le mot amour. Pourquoi donc ? Parce qu’il a fait l’objet… d’une sorte de vol à la tire. L’une des paroles-clef de la proposition chrétienne, l’amour justement, a été prise en otage par la culture moderne et elle est devenu un terme vide, une espèce de récipient où chacun met  ce qu’il sent. La vérité de l’amour est aujourd’hui difficile à partager. « Dépourvu de vérité, la charité bascule dans le sentimentalisme. L’amour devient une coque vide susceptible d’être arbitrairement remplie. C’est le risque fatal auquel est exposé l’amour dans une culture sans vérité » (Benoît XVI, Caritas in veritate 3).
La deuxième. Les témoins de la vérité de la conjugalité auront la vie dure, comme il n’est pas rare que cela arrive aux témoins de la vérité. Mais il s’agit là de la tâche la plus urgente de l’éducateur.

Cardinal Carlo Caffarra
archevêque de Bologne

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© leblogdejeannesmits pour la traduction.



 
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