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11 février, 2022

Les « devoirs avant les droits » selon Macron, Attal et Xi Jinping : petite réflexion sur les devoirs de l’homme sans Dieu

 
Gabriel Attal a choqué en déclarant dans un entretien au Parisien, fin janvier : « Dans l’après-Covid […], on veut poursuivre la redéfinition de notre contrat social, avec des devoirs qui passent avant les droits, du respect de l’autorité aux prestations sociales. » Il ne faisait que reprendre la déclaration d’Emmanuel Macron, le 31 décembre dernier : « Les devoirs valent avant les droits. » Florian Philippot faisait aussitôt remarquer que Le Monde résumait ainsi en janvier 2020 le crédit social chinois : « faire passer des devoirs avant les droits ». A l’heure où le passe vaccinal menace de se transformer en outil de contrôle digital pour vérifier la conformité des comportements des citoyens pour leur accorder ou leur retirer des droits et des libertés, le parallèle est saisissant. Macron et les siens ne se cachent plus : ils assument de vouloir changer à la racine le mode de fonctionnement de notre société. Et ils nous en ont donné un avant-goût depuis deux ans. Amer.

Les droits de l’homme précèdent-ils pour autant ses devoirs ? Dans leur acception révolutionnaire, issue de la Déclaration de 1789 et qui est aussi celle du pouvoir, oui. Mais n’oubliez pas que la Révolution a aussi engendré ce principe : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. » Autrement dit, il faut accepter le « contrat social » tel qu’il est défini et imposé par le pouvoir pour pouvoir bénéficier des droits. Aux ennemis de la liberté, on réservait la guillotine. (Ou l’extermination, pour les Vendéens…) Les droits de l’homme ont des ratés. Jean Madiran, en particulier, a montré ce qu’il en était des « droits de l’homme sans Dieu ». Benoît XVI résumait la chose en une formule frappante : « Sans Dieu, les droits de l’homme s’écroulent. »

Mais au-delà, l’école contre-révolutionnaire a toujours affirmé que l’homme a des devoirs avant que d’avoir des droits. Il naît débiteur : à l’égard de ses parents à qui il doit la vie, à l’égard de sa patrie, à l’égard de son Créateur.

Pourquoi donc se formaliser du propos du ministricule Attal ?

Parce que les devoirs prêchés par les puissants du jour, qu’ils vivent à Pékin, Pyongyang, Ottawa ou Paris, sont les devoirs de l’homme sans Dieu.

Ce sont des devoirs face à une tyrannie potentiellement sans limites, parce que servis par des moyens de surveillance, de contrôle et de sujétion à la fois inédits et colossaux, capables de s’immiscer jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne comme dans la vie sociale au sens large. Il s’agit bien d’une tyrannie totalitaire, capable de tout soumettre au pouvoir de l’Etat au moyen d’un « crédit social » (la récompense du comportement présenté comme conforme au bien de la société) ou, plus exactement, un « crédit politique », puisqu’il s’agit de récompenser celui qui se conforme aux injonctions du pouvoir, bonnes ou mauvaises, et qui de plus y adhère. Rien n’est plus facile aujourd’hui que de savoir si c’est le cas. Il suffit de profiler, en deux temps trois mouvements grâce aux algorithmes ad hoc, vos « j’aime » sur les réseaux sociaux !

Quand un esprit traditionnel affirme : « les devoirs précèdent les droits », ce n’est pas au sens où le dirait le nouveau grand timonnier autoproclamé, Xi Jinping, ou un séide de la Macronie. La référence que fait Gabriel Attal au « contrat social » est d’ailleurs parlante : celui-ci suppose une sorte de charte disjointe de la loi naturelle, où la volonté du grand nombre détermine l’organisation sociale, les droits, les devoirs, sans référence à une transcendance, à un bien préexistant, une vérité définitive, à l’objectivité d’une « morale sociale ».

Un contrat, par définition, résulte de la volonté des parties et se renégocie, le cas échéant – et souvent selon la loi du plus fort, car l’idée de l’adhésion de tous est un leurre, sans référence à un bien qui dépasse chacun. Et c’est au nom du positivisme qui préside au concept que l’on justifie différentes normes au cours du temps : qu’on pense à l’institution du mariage aujourd’hui soumise aux variations que l’on sait, jusqu’à l’avoir fait quasiment disparaître corps et bien sur le plan civil dans de nombreux pays, à la fois dénaturé dans son être et neutralisé dans ses attributs.

Le « contrat » macronien, prêché par Attal, comme le « crédit social » qui régit la vie des Chinois, peut ainsi mener n’importe où. Les « devoirs » du jour sont multiples et ouvrent un vaste champ de créativité : se-vacciner-pour-protéger-les-plus-faibles sous peine d’être exclu de la société ; protéger-la-planète en émettant moins de CO2 ou en ayant moins d’enfants ; suivre les injonctions publiques en matière de sucre, d’alcool et de matière grasse pour protéger-l’hôpital-de-l’afflux-de-patients ; s’abstenir de commentaires négatifs susceptibles de réduire l’aura des gouvernants et la croyance en leurs dires, pour protéger-les-plus-influençables.

Le prix à payer est déjà le même en France qu’en Chine dans certains domaines, même si la Chine, pays modèle pour beaucoup, va bien plus loin aujourd’hui dans le contrôle de sa population. En France, nous en sommes là : interroger la validité des mesures COVID et en tirer les conséquences pour soi conduit à être banni de nombre d’activités, des transports rapides, des visites aux proches hospitalisés, etc. Et même du droit de travailler ! Demain, l’observance de ces diktats, mais aussi d’autres à venir, sera condition de l’accès à certaine libertés, à certains biens, à certains crédits, à certaines prestations… Vous verrez.

Ce n’est pas un hasard si les pays de civilisation chrétienne sont ceux qui ont codifié les droits, de la Magna Carta à l’habeas corpus, de cette France de jadis « hérissée de libertés » aux diverses déclarations de droits.

Pourquoi ? Mais justement parce que ceux-ci découlent de devoirs. Le code de conduite qui fonde notre civilisation est précisément le Décalogue, un catalogue de devoirs et d’interdits, envers Dieu, envers notre prochain, à l’égard de notre famille et de notre patrie, à l’égard de chacun.

Je dois adorer Dieu, je dois chercher la vérité ; de cela découle mon droit absolu, antérieur à l’Etat et à tout « contrat social », de pratiquer la vraie religion, de croire – et de ne pas être contraint de croire.

Je dois honorer mon père et ma mère ; de même, père ou mère, j’ai d’abord des devoirs envers l’enfant que j’engendre ; sujet ou citoyen d’un pays, celui-ci peut exiger de moi le sacrifice de ma vie en temps de guerre. Mais aussi : je suis libre, et c’est un droit qui précède celui de l’Etat ou de ses gouvernants sur moi, de me marier, ou pas, de donner la vie, ou pas, d’éduquer mes enfants sans immixtion de l’Etat – même si les pouvoirs publics ont le devoir et donc le droit de me sanctionner si je porte gravement atteinte au bien de mes enfants.

De l’interdiction de tuer l’innocent (parce que chaque homme est créé à l’image de Dieu, personne unique et irremplaçable), qui est devoir de respecter la vie d’autrui, découle le droit individuel de voir ma vie respectée. De cette dignité de l’homme, « animal raisonnable » qui doit sa vie à Dieu, doué d’une âme immortelle, revêtu de la responsabilité personnelle de bien agir, découle le devoir de l’Etat de respecter ce qu’on appelle aujourd’hui les « libertés fondamentales », si bafouées aujourd’hui à la fois dans leur existence pratique et dans leur définition, puisque celle-ci n’est plus déterminée par le bien, le vrai, le bon.

Les Etats modernes qui rejettent toute transcendance, qu’ils soient athées de manière militante ou laïques au sens séculariste, et cèdent à la tentation de la tyrannie du contrôle social, créent et imposent des devoirs en roue libre. Leur droit usurpé les conduit à décider ce qui est « bien », à infliger à coups de matraque le bonheur par eux défini, à façonner l’homme à leur image.

Face à cela, nous avons d’abord un devoir de résistance !


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29 janvier, 2021

PCR dans le TDC en RPC

La Chine entend mettre en place des tests COVID-19 plus réactifs pour dépister certaines catégories de personnes – certains évoquent les voyageurs internationaux – qui vont certainement apprécier… Le prélèvement, au lieu d’être fait dans le nez ou dans la bouche, s’effectue dans l’anus. C’est en tout cas ce que préconise Li Tongzeng, directeur délégué chargé des maladies infectieuses à l’hôpital You’an de Pékin : s’exprimant sur la chaîne Télévision centrale de Chine (CCTV), contrôlée par le régime communiste, il a signalé que ce type de prélèvement permet de mieux détecter le virus SARS-CoV-2 qui survit plus longtemps dans l’anus ou dans les excréments que dans les voies aériennes.

D’où le titre de ce message : des tests PCR dans le trou du… en République populaire de Chine.

Selon une étude chinoise datant d’août dernier, les patients guéris du COVID-19 continuent d’être testés positifs un peu plus longtemps en utilisant cette technique alors qu’il n’y a déjà plus de traces du virus dans les voies aériennes : les signataires proposaient de ce fait de tester les patients par ce moyen avant de mettre fin à leur hospitalisation, et de les maintenir à l’isolement tant que le virus n’aurait pas totalement disparu.

Le dépistage par introduction d’un écouvillon dans le rectum sur 3 à 5 centimètres a déjà été testé dans une école de Pékin forte de 1,200 élèves où un garçon de neuf ans avait été testé positif au SARS-CoV-2 ; tous les résultats de la campagne de dépistage furent négatifs.

La chaîne CCTV a précisé que selon les autorités, le test n’est pas aussi commode que les tests nasaux (pas besoin d’être grand clerc…), mais envisage de l’appliquer dans des centres de quarantaine, notamment sur des voyageurs en provenance de l’étranger, rapporte David McLoone de LifeSiteNews.

En attendant, un expert médical chinois, Yang Zhanqiu, a remis en question la fiabilité des tests anaux : les tests positifs ne désignent pas avec certitude une contamination dans les voies digestives, selon lui.

Le Dr Sanjaya Senanayake, infectiologue à l’Australian National University, va plus loin : les résultats positifs sur des personnes cliniquement guéries et ayant bénéficié d’un test négatif dans les voies aériennes « pourraient simplement être source de confusion », a-t-il affirmé, accusant les autorités chinoises de « probablement vouloir rechercher ou identifier le plus grand nombre de cas possible » pour des raisons politiques.

Air connu.

En Chine, les rumeurs sur des cas d’infection dans des communautés chrétiennes ou catholiques dans la province de Hebei ont déjà conduit l’une des vice-Premier ministres de la Chine, Sun Chunlan, à affirmer qu’il fallait en tirer les leçons pour éventuellement « suspendre » les activités collectives dans les lieux de culte.

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23 décembre, 2020

Mgr Viganò commente le pacte entre le Vatican et la Chine : l'Eglise est devenue “une caverne de voleurs”…

Le quotidien italien La Verità a publié samedi une violente charge contre l’accord secret entre la Chine et le Saint-Siège, récemment renouvelé, par le directeur du Council on Middle East Relations, Arthur Tane, suivie d’un commentaire musclé de Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique, qui inscrit ces faits parmi de nombreux signes d’« apostasie » venant du Vatican.

Vous trouverez ci-dessous ma traduction intégrale de l’article de Mgr Viganò, qui me rappelle les rumeurs entendues l’an dernier de source sérieuse à Rome à propos d’importants versements pécuniaires de la Chine au Saint-Siège. Si leur exactitude reste à vérifier, on peut s’interroger devant les faits qui s’accumulent.

La Verità publie in extenso la lettre adressée le 20 octobre dernier par Arthur Tane au cardinal Parolin pour demander à celui-ci de ne pas renouveler le pacte du Vatican « avec le Parti communiste chinois », au risque de « compromettre son autorité morale ». Tane y accusait le pacte de mettre l’Eglise, « et spécialement le pape François », « du mauvais côté de l’histoire », donnant l’image d’un pape « d’une arrogance ignare » mais aussi en état de « faillite spirituelle ».

Il observait que ce pacte, jamais rendu public, donne notoirement aux autorités chinoises un « pouvoir considérable sur les nominations épiscopales ». « Un tel pouvoir ne figurait même pas dans le tristement célèbre Reichskonkordat de juillet 1933 entre le Vatican et le gouvernement nazi, nouvellement formé, en Allemagne. Jusqu’à maintenant ce pacte honteux, signé par le cardinal Eugenio Pacelli (le futur Pie XII), secrétaire d’Etat sous Pie XI, fut la dernière instance où l’Eglise commit une telle bourde à l’égard d’un régime totalitaire », écrivait Tane.

(Cela mériterait quelque analyse : l’Ostpolitik et l’accord de Metz, ce n’était pas mal non plus, mais il est ici question de documents diplomatiques officiels, fussent-ils secrets…)

Ce pacte devait donner lieu à un « rétropédalage », observe Tane : dès mars 1937, Pie XI publiait Mit Brennender Sorge, l’encyclique par laquelle « il condamnait les théories raciales et les mauvais traitements réservés aux personnes en fonction de leur nationalité ou de leur race ».

Tane soulignait que l’Eglise pouvait encore se soustraire à l’accord avec la Chine, « tant qu’il est encore temps, énumérant ensuite les « détériorations » que constituent les agressions et autres actions politiques auxquelles la Chine s’est livrée depuis sa signature en septembre 2018.

« François se fait entendre à propos du changement climatique et pour condamner le capitalisme de marché, mais son silence sur le bilan de la Chine en matière de droits de l’homme, y compris la liberté religieuse, est assourdissant », notait Tane, évoquant la persécution des Ouïghours et la poursuite des avortements et stérilisations forcés.

« Aujourd’hui, à travers la Chine, les autorités communistes soumettent les musulmans à une surveillance inédite, elles ferment ou rasent des églises chrétiennes, elles contraignent des moines à faire allégeance au marxisme-léninisme, elles interdisent aux enfants d’entendre ou de lire la parole de Dieu, et elles réécrivent le Nouveau Testament pour lui faire dire que Jésus a lapidé des innocents » (voir ici).

« Sous Xi Jinping et son diktat sur la “sinisation de la religion”, l’imagerie et les signes religieux sont détruits ou remplacés. Mao au lieu de la Vierge Marie ; Xi à la place de Jésus. Il s’agit là d’une abomination absolue, de l’œuvre d’esprits possédés par le satanisme », notait Arthur Tane.

« Si le pacte entre le Vatican et le Parti communiste chinois devait être renouvelé par le pape François, cette infamie tacherait les murs de l’Eglise du sang des innocents » accusait-il : « Soit l’Église comprend la signification de sa mission, soit elle est elle-même devenue un temple de changeurs de monnaie. Car, selon les paroles de Jésus : “Ma maison sera appelée une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs” »

Cette lettre n’a donné lieu à aucune réponse de la part du cardinal Parolin, a fait savoir Arthur Tane.

Deux jours après que Tane eut envoyé sa mise en garde à Rome, la Chine annonçait officiellement le 22 octobre que son « pacte préliminaire » avec le Saint-Siège était renouvelé pour deux ans, « après des consultations amicales ».

Voici donc le commentaire de Mgr Viganò. – J.S.

*

Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus :
et fugiant qui oderunt eum a facie ejus.
Psaume 67


Voici la dernière nouvelle du jour : Bergoglio se consacre actuellement à la réalisation d’une série télévisée intitulée Sharing the Wisdom of Time (« Partager la richesse du temps »), produite par Netflix, qui a publié hier un message sur Twitter résumant sa référence idéologique : Louez Satan. Il va sans dire que cette multinationale est impliquée dans la propagation de l’immoralité et du vice, y compris l’exploitation sexuelle des mineurs. 

De même, ces derniers jours, le Saint-Siège a signé avec l’ONU un accord en vue de promouvoir la « durabilité » et l’égalité de genre, apportant ainsi son soutien à une organisation qui promeut l’avortement et la contraception. Au jour même où nous fêtons l’Immaculée Conception – le 8 décembre 2020 – presque comme une scandaleuse insulte à la Bienheureuse Mère, un nouveau partenariat a été officiellement institué entre le Vatican et le « Conseil pour un capitalisme inclusif » lancé par Lynn Forester de Rothschild, une amie proche d’Hillary Clinton et de Jeffrey Epstein, non sans avoir envoyé un message louangeur à Klaus Schwab, le président du Forum économique mondial et théoricien du Great Reset. Et pour lever tout malentendu, après de nombreux appels à obéir aux autorités dans l’urgence de la psycho-pandémie, il semble que le vaccin Covid doive être rendu obligatoire pour tous les fonctionnaires et le personnel de la Cité du Vatican, bien qu’il ait été produit au moyen de cellules  provenant d’un fœtus avorté et qu’il n’offre aucune garantie d’efficacité ou d’innocuité.

Je crois qu’il est maintenant acquis, au-delà de tout doute raisonnable, que les dirigeants de la Hiérarchie catholique actuelle se sont mis au service de l’Oligarchie et de la Franc-maçonnerie mondialistes : au culte idolâtre de la pachamama dans la Basilique du Vatican s’ajoute désormais une crèche sacrilège, dont la symbolique semble faire allusion aux anciens rites égyptiens ainsi qu’aux aliens. Il faut être naïf ou complice pour nier que dans toute cette chaîne d’événements il y a une cohérence idéologique très claire et une intelligence diabolique lucide. 

Mais comme je l’ai déjà souligné, il serait trompeur de se limiter à une évaluation des événements au sein de l’Église sans les inscrire dans un contexte politique et social plus large : une seule orientation est donnée, dans laquelle les principaux protagonistes comme les figurants suivent le même scénario. Le but est maintenant ouvertement déclaré : détruire les Nations de l’intérieur au moyen du deep state, et l’Église du Christ au moyen de la deep church, afin d’établir le royaume de l’Antéchrist, avec l’aide du faux prophète.

L’accord secret Sino-Vatican, très fortement souhaité par Bergoglio et renouvelé il y a quelques semaines, s’inscrit parfaitement dans ce tableau inquiétant, confirmant le pactum sceleris qui condamne les catholiques chinois à la persécution, les dissidents à la rééducation, les églises à la démolition, les Saintes Écritures à la censure et à la falsification. Ce n’est pas un hasard si cet accord, que les papes ont toujours refusé avec dédain, a été rendu possible grâce aux offices de l’ex-cardinal McCarrick et de ses complices, avec l’aide décisive des jésuites : les acteurs, on le sait, sont toujours les mêmes. Ils sont à la fois corrompus et corrupteurs, à la fois corrompus et corrupteurs, tous unis par leur rébellion contre la doctrine et la morale et soumis sans discernement à des pouvoirs anti-catholiques, et même anti-chrétiens.

La Chine communiste constitue le bras armé du Nouvel Ordre Mondial, tant par la propagation d’un virus mutant créé en laboratoire, que par l’ingérence dans les élections présidentielles américaines et l’enrôlement de « cinquièmes colonnes » au service du régime de Pékin. Elle favorise également l’apostasie des dirigeants de l’Église, empêchant celle-ci de proclamer l’Évangile et se constituer en mur de défense contre l’attaque de l’élite. Le fait que cela apporte des avantages économiques au Vatican rend la soumission de la secte bergoglienne à ce plan infernal encore plus honteuse, créant un contrepoint important au commerce des migrants, au service lui aussi de la dissolution délibérée de la société jadis chrétienne. Il est déconcertant qu’une trahison aussi scandaleuse de la mission de l’Église catholique ne suscite pas une condamnation ferme et courageuse de la part de l’Épiscopat, qui – face aux preuves d’une apostasie qui se poursuit avec toujours plus de détermination – n’ose pas élever la voix, par peur ou par une fausse conception de la prudence.

Les paroles du Dr Arthur Tane, directeur du Conseil des relations avec le Moyen-Orient, peuvent paraître audacieuses et fortes, mais elles ont le mérite de mettre en évidence sans fausse peur la subversion mise en œuvre sous ce « pontificat » des plus inquiétants. Il faut espérer qu’avec la publication de la lettre de Tane au cardinal Parolin, certains ouvriront enfin les yeux, avant que le complot des conspirateurs ne puisse s’accomplir. À cet égard, nous sommes d’accord avec la louable dénonciation faite par le cardinal Burke, en la fête de Notre-Dame de Guadalupe, de l’utilisation du Covid aux fins du Great Reset –une dénonciation qui rejoint celle que j’ai exprimée en mai dernier et que j’ai réitérée à maintes reprises, ainsi que celle d’autres pasteurs fidèles à la Parole de Dieu ayant le souci de leur troupeau.

La lettre d’Arthur Tane au Secrétaire d’État se termine par une citation de l’Évangile plus que jamais pertinente : « Soit l’Église comprend la signification de sa mission, soit elle est elle-même devenue un temple de changeurs de monnaie. Car, selon les paroles de Jésus : “Ma maison sera appelée une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs” » (Mt 21, 12-13).

En tant qu’évêques, nous ne pouvons pas nous taire : notre silence constituerait une connivence et une complicité intolérables avec ces mercenaires qui, abusant d’un pouvoir usurpé, renient le Christ et confient des âmes à l’Ennemi du genre humain.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
18 décembre 2020
Vendredi des Quatre-Temps de l’Avent


© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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© leblogdejeannesmits

25 juillet, 2020

Nouvelles accusations de Mgr Viganò sur l'affaire McCarrick, les abus sexuels dans l'Eglise et les “milliards” versés par la Chine au Saint-Siège : traduction intégrale de son entretien avec Marco Tosatti

Mgr Carlo Maria Viganò s'exprime une nouvelle fois sur l'affaire McCarrick, en évoquant notamment le rôle joué par ce dernier dans la conclusion de l'accord entre la Chine et le Vatican, avec des « milliards » à la clef.  Je vous propose ci-dessous ma traduction  l'entretien accordée par Mgr Viganò au vaticaniste Marco Tosatti, précédé par l'introduction signée par celui-ci. Il s'agit de la traduction officielle, relue et autorisée par Mgr Viganò. Et c'est encore une bombe… 


Voir la version italienne sur Stilum curiae, le blog de Marco Tosatti, et la version anglaise, publiée également à 7 h 00 (heure de Rome) ce samedi matin, sur LifeSiteNews

Je n'ai pas encore eu le temps de traduire l'important appareil de notes. Elles sont disponibles dans les versions italienne et anglaise.  – J.S.


*

La détermination de Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique aux États-Unis d’Amérique, à dénoncer le voile du silence et les dissimulations dans la gestion des cas d’abus par des membres du clergé, est bien connue. La réaction pimentée et énervée des autorités du Vatican – et en particulier de divers prélats – aux réfutations bien argumentées du combatif prélat est également bien connue. Dans cette interview, nous nous penchons avec Son Excellence sur les développements de l’affaire de l’ex-cardinal McCarrick, notamment  à la lumière d’un article récent de Church Militant intitulé « The McCarrick Bombshell » (« La bombe McCarrick) ».

Mais avant d’entrer dans le vif de cet article, faisons un bref rappel. Du 21 au 24 février 2019, une réunion de tous les présidents des conférences épiscopales s’est tenue à Rome sur le thème de la protection des mineurs dans l’Église.  Quelques jours auparavant, le 16 février 2019, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a annoncé le renvoi de l’état clérical de Theodore McCarrick, accusé d’autres crimes graves, et a ajouté : « Le Saint-Père a reconnu le caractère définitif de cette décision prise en accord avec la loi, la rendant res iudicata (c’est-à-dire n’admettant aucun autre recours). » – M.T.


Marco Tosatti : Excellence, quelles sont aujourd’hui les nouvelles à propos de l’affaire McCarrick ?

Mgr C.M. Viganò : Je crains qu’il n’y ait pas de nouvelles, et la nouvelle est précisément celle-là. Avec le renvoi à l’état laïque de McCarrick, on a voulu mettre fin à une longue affaire qui a été révélée par mon témoignage en 2018, mais tout a été fait pour que les résultats et les détails du procès n’apparaissent pas. La tromperie mise en œuvre par une stratégie consistant à procéder par voie administrative et non par voie judiciaire, et la décision de Bergoglio de confirmer la sentence avec autorité, ont en fait empêché de mettre au jour, en même temps que les fautes objectives de McCarrick, les responsabilités de ceux qui, pendant des années, ont contribué à dissimuler la nature et l’étendue des crimes commis par lui, et à protéger ses complices et ceux qui, par leur silence, ont couvert ses crimes. C’est ainsi que la condamnation du coupable n’a pas fait la lumière sur les points obscurs. En tant que laïc, il jouit désormais d’une totale liberté de mouvement et d’action, et peut encore intervenir à tous les niveaux : au niveau ecclésial – et ce même auprès de ceux qui l’ont couvert et soutenu, au Vatican et ailleurs ; au niveau politique, social et financier, par l’intermédiaire des personnes qui sont restées en relation avec lui et qui ont reçu des faveurs de sa part. Le renvoi à l’état laïque ne constitue en aucun cas une sanction médicinale (n’étant que sa prémisse nécessaire, en raison de l’indignité avérée du délinquant), elle n’implique aucune forme de pénalité réparatrice, ni ne rend justice aux victimes, mais permet à M. McCarrick de poursuivre ses activités criminelles sans être dérangé, y compris celles de prédateur sexuel.

La procédure administrative a également empêché l’audition des victimes, alors que les témoignages recueillis tout récemment par Maître Jeffrey Lena, avocat du Saint-Siège, semblent avoir été rédigés sous la dictée : ceux qui ont subi le harcèlement viennent s’excuser de la lenteur de la publication du Rapport en l’attribuant à la masse de témoignages, avec un ton indulgent et justificateur qui ne correspondent pas à l’extrême gravité des crimes qui lui sont reprochés. On peut penser que certaines victimes, protégées par un pseudonyme, se sont prêtées à une opération visant à décharger le Saint-Siège de ses responsabilités et à valider la version que celui-ci fait valoir devant l’opinion publique. On soupçonne aussi ces témoignages anonymes d’être de la pure fiction. C’est en tout cas une tromperie qui doit être dénoncée avec force, car si la corruption de ce prélat en tant que prélat est scandaleuse, le silence coupable de ceux qui représentent l’Église l’est d’autant plus. Si ces épisodes s’étaient produits sous le pontificat de Benoît XVI, ils auraient déclenché la fureur des médias : tant de compassion pour Jorge Mario est révélatrice de l’attitude complice des médias dominants.

Marco Tosatti : La convocation de la réunion au Vatican a été annoncée comme une occasion d’apporter des réponses fermes et déterminées aux scandales sexuels du clergé. Dans son discours d’introduction, le pape François déclarait : « Le poids de la responsabilité pastorale et ecclésiale qui nous oblige à discuter ensemble de manière synodale, sincère et approfondie sur la façon d’affronter ce mal, qui afflige l’Église et l’humanité, pèse sur notre rencontre. Le saint Peuple de Dieu nous regarde et attend de nous, non pas de simples et faciles condamnations, mais des mesures concrètes et efficaces à préconiser. Il faut être concret. »

Mgr C.M. Viganò : Les proclamations solennelles qui ont précédé, accompagné et suivi cette réunion n’ont en aucune façon donné lieu à une action concrète et pratique, comme on le souhaitait.  De même, lors de la réunion, les questions légitimes et insistantes des journalistes posées à Bergoglio le 26 août 2018 après ma dénonciation sont restées sans réponse.

Pour ce qui est du contenu de ce qui a été dit, il semble que, plus qu’à aggraver les peines et à rendre les discours plus incisifs, les scandales sexuels du clergé eux-mêmes aient servi à réaffirmer presque obsessionnellement la nouvelle structure « synodale » de l’Église, qui sert une intention précise de réécrire sa constitution selon une clef démocratique. L’archevêque de Chicago, Blase Cupich lui-même – ami de Theodore McCarrick et président de la réunion au Vatican – a centré son discours à la conférence sur la « synodalité », comme passage obligé d’une « réforme structurelle, juridique et institutionnelle » de l’action dont l’objectif de freiner les abus est de pure forme.

Marco Tosatti : De quelle manière la « synodalité » peut-elle aider les évêques à résoudre le problème des abus du clergé ?

Mgr C. M. Viganò : La proposition d’établir une commission de laïcs indépendants qui aurait supervisé le travail des évêques, formulée lors de l’assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis en novembre 2018, a été bloquée par le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques.  Cette intervention du Vatican a démenti les proclamations de « synodalité » dès lors que les décisions des conférences épiscopales ne coïncidaient pas avec ce que voulait Rome. Cependant, je considère que Son Éminence le Cardinal Ouellet n’a été que l’exécuteur de manœuvres qui lui ont été imposées d’en haut.

Marco Tosatti : N’est-il pas bon que le Vatican garde pour lui des décisions impliquant des questions doctrinales et morales ?

Mgr C. M. Viganò : L’autorité du Pontife romain, qui s’exprime également à travers les Congrégations romaines, ne peut évidemment pas être déléguée à de simples organes consultatifs qui n’ont aucune compétence et qui ne font pas partie de la structure hiérarchique de l’Église telle que le Christ l’a instituée : nous devons être clairs sur ce point. Il est cependant significatif que la « voie synodale » souhaitée par les dirigeants romains ne rencontre aucun obstacle, sauf au moment où elle risque de devenir médiatiquement gênante, comme dans le cas d’une commission spéciale nommée pour recevoir les plaintes contre les évêques.

Cette référence à la « synodalité » est un thème cher au courant théologique progressiste qui veut dénaturer la structure hiérarchique de l’Église. Les récents articles de Massimo Fagggioli, professeur à l’Université de Villanova, sont très révélateurs à cet égard. C’est là que le 11 octobre 2013 McCarrick a prétendu avoir favorisé l’élection du cardinal Bergoglio lors des Congrégations générales précédant le Conclave, qui s’étaient tenues quelques mois plus tôt, et avoir parlé avec « un monsieur italien très influent » qui lui a confié que dans cinq ans le nouveau Pape aurait réformé l’Eglise.

On ferait bien de s’alarmer du fait que cette même école donne aujourd’hui des signes inquiétants de mécontentement à l’égard de l’œuvre de Bergoglio, dont le pontificat est défini comme étant « en crise » par des « gens déçus » – peut-être parce que les cinq années auxquelles McCarrick faisait allusion n’ont pas donné les résultats escomptés.

Marco Tosatti : Dans le rapport qu’il a présenté lors de la réunion du Vatican, le cardinal Reinhard Marx a déclaré : « Les procédures légales correctes servent à établir la vérité et constituent une base pour imposer une sanction proportionnée à l’infraction. On a besoin de voir de quelle manière le juge arrive à un jugement ; le plus souvent, ce n’était pas le cas et je pense que dans notre situation, ce n’est pas une bonne chose. Elles renforcent également la confiance dans son organisation et sa hiérarchie. Les doutes persistants sur le bon déroulement des procédures judiciaires ne font que nuire à la réputation et au fonctionnement d’une institution. Ce principe s’applique également à l’Église. »

Mgr C.M. Viganò :
La publication des actes de procédure devrait être une des pierres angulaires d’une opération de transparence et d’honnêteté envers les victimes d’abus de la part des membres du clergé. Il me semble évident que les paroles du cardinal Marx ont été ignorées, à commencer par l’affaire McCarrick, précisément à l’initiative de Bergoglio.

Je rappelle en outre que le cardinal Daniel DiNardo, président de la conférence épiscopale des États-Unis, a été désavoué sans guère de ménagements par l’intervention du Vatican, qui l’a remplacé lors de la rencontre à Rome en février de l’année 2019 par les cardinaux Blase Cupich et Joseph William Tobin, qui ne sont pas non plus au-dessus de tout soupçons sur leur compte personnel. Ces ingérences, manifestement souhaitées d’en haut, ont fabriqué une image médiatique qui ne correspond pas à la réalité, dans laquelle Bergoglio est présenté comme l’architecte d’une réforme inexistante, à de simples fins de propagande. Même la demande de démission de tout l’épiscopat chilien faite par François s’inscrit dans une opération de façade qui est clairement démentie par les faits.

Je pense que le « deux poids, deux mesures » réservé aux Conférences épiscopales américaine et française est emblématique : du côté américain, l’interventionnisme bergoglien a empêché une opération de transparence de la part des autorités ; tandis que du côté français, il a permis des violations claires du droit canonique et civil, en permettant de confier les enquêtes du propres au for ecclésiastique à un juge maçonnique qui est également favorable à l’euthanasie. L’esprit jacobin qui a présidé à la poursuite des clercs français accusés de pédophilie ne prend cependant pas en compte la responsabilité des Ordinaires et des Supérieurs religieux, qui sont coupables des mêmes dissimulations qui s’installent également dans la pratique à Rome.

Marco Tosatti : Mais nous avons aussi entendu le Pape rappeler, dans son discours final, les paroles qu’il avait déjà prononcées devant la Curie romaine en 2018 : « L’Eglise ne tentera jamais de couvrir ou de minimiser quelque cas que ce soit. »

Mgr C.M. Viganò : Cette affirmation solennelle a été contredite par le cas le plus emblématique, celui de Theodore McCarrick, et laisse penser que d’autres intérêts ont mené à la décision de liquider l’affaire par voie administrative et, ce qui est encore plus grave, sans publication d’actes judiciaires.

Marco Tosatti : Quels sont ces intérêts, à votre avis ?

Mgr C.M. Viganò : On a voulu focaliser l’attention sur les abus dont des enfants ont été l’objet, en la détournant de la condamnation claire et légitime des comportements homosexuels qui sont souvent à l’origine de ces abus. Pour Bergoglio et son entourage, la sodomie n’est pas un péché qui crie vengeance devant Dieu, comme l’enseigne le Catéchisme. Les propos de Bergoglio sur le sujet – et plus encore les actes et les paroles des personnes dont il s’entoure – confirment, hélas, qu’un travail de légitimation est en cours au sujet de l’homosexualité, et que ce sont les prélats et les théologiens qui font avancer cette discussion qui ont manifesté sans ambiguïté qu’ils n’étaient pas fidèles à l’enseignement catholique.

Le cardinal Tobin lui-même – dont les messages embarrassants sur son téléphone portable parlent d’eux-mêmes – a clairement déclaré qu’il n’adhérait pas à la condamnation de la sodomie dans le Catéchisme, refusant de définir les actes homosexuels comme « intrinsèquement désordonnés ». Et ces déclarations font suite au soutien de ce cardinal au livre Building a Bridge du père James Martin s.j., qui affirme la même chose. On retrouve donc un cardinal ami de McCarrick qui se montre favorable aux mouvements LGBT et le jésuite que Bergoglio a nommé consulteur du Secrétariat pour les communications du Saint-Siège, l’invitant même à prendre la parole à la Rencontre mondiale des familles à Dublin en 2018 et le recevant en audience. Le cardinal Cupich s’est également exprimé en faveur des homosexuels à plusieurs reprises, et lors du Synode de la jeunesse – auquel il a été invité à participer par le Pape sans avoir été désigné par les évêques américains – le sujet controversé des relations homosexuelles a été inclus dans l’Instrumentum laboris sans qu’aucun groupe de jeunes ne l’ait demandé. Je rappelle, en passant, que Cupich a été imposé au siège de Chicago par Bergoglio, contre l’avis de la nonciature.

Les intérêts sont donc clairement ceux du « lobby gay » qui s’est infiltré dans l’Eglise et qui est littéralement terrifié à l’idée que de bons Pasteurs fassent la lumière sur l’influence qu’il exerce à la Secrétairerie d’Etat, dans les Congrégations, dans les Diocèses et sur l’Eglise tout entière. La fresque homo-érotique obscène, voire sacrilège, que Mgr Paglia a commandée pour la cathédrale de Terni est un manifeste idéologique arrogant qu’aucune autorité n’a jamais censuré ou déploré ; les trop nombreuses affaires financières du Substitut de la Secrétairerie d’État, Mgr Edgar Peña Parra – liées au Card. Maradiaga (impliqué dans le scandale des abus homosexuels de son évêque auxiliaire, Pineda, sans qu’on n’ait de nouvelles d’une initiative ecclésiastique contre lui) – ainsi que les très graves accusations de Sexto qui pèsent sur lui et que j’ai largement dénoncées, n’ont en rien interrompu son cursus honorum au Vatican ; il en va de même pour Mgr Gustavo Óscar Zanchetta, que Bergoglio a promu et qui, en attendant son procès pénal, a récemment été renommé au poste d’assesseur pour l’Administration du patrimoine du Siège apostolique. Après l’ordre de transférer tous les comptes courants des Diocèses et des Congrégations religieuses du monde à l’APSA, Zanchetta se retrouve à gérer les finances de l’Eglise – lui qui peut aujourd’hui se vanter dans son CV d’avoir un diplôme faisant autorité, celui de mécanicien électricien – ce qui fait de lui en même temps l’objet facile de chantage interne et externe. Et n’oublions pas le travail de Mgr Ilson de Jesus Montanari, archevêque, secrétaire de la Congrégation des évêques, secrétaire du Sacré Collège et vice-camerlingue de la Sainte Église Romaine, au nom et pour le compte de ceux qui l’ont ensuite élevé aux plus hauts rangs de la Curie romaine en récompense de sa fidélité.

Je crois qu’il est essentiel de mettre en lumière une fois pour toutes le lien étroit entre la sodomie et la pédophilie, qui est également confirmé par les statistiques elles-mêmes : un lien que le sommet qui s’est tenu au Vatican a scrupuleusement passé sous silence afin de ne pas heurter la mentalité actuelle, répandue jusque parmi de nombreux prélats. Mais il serait hypocrite et coupable de condamner la pédophilie dans le sillage de la législation civile actuelle, sans condamner également la sodomie, que la pensée unique de ce temps ne considère pas comme pénalement pertinente mais que l’Église compte au nombre des péchés qui crient vengeance devant Dieu.

Mais il y a aussi un autre intérêt, de nature politique, qu’il ne faut pas sous-estimer le moins du monde…

Marco Tosatti : A quoi faites-vous référence ?

Mgr C.M. Viganò : Je parle du rôle politique de McCarrick, qui est également mentionné dans le dernier article de Church Militant : « C’est McCarrick qui a rédigé l’accord Vatican-Chine, une mission qui lui a été confiée personnellement par le pape François. François a suspendu les restrictions imposées par Benoît quelques semaines après être devenu pape – un fait confirmé par Mgr Viganò. De même, des sources chinoises […] montrent que McCarrick pourrait avoir joué un rôle déterminant par rapport à des milliards de dollars de paiements secrets en cours, envoyés par les communistes chinois au Vatican de François. Si cela est vrai (et cela semble plausible, étant donné les liens communistes de McCarrick et son amitié avec Pékin), cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi le rapport reste sur le bureau du Pape, sans être publié. »

Ces derniers jours, Christian Today a divulgué la nouvelle selon laquelle « la Chine a ordonné à des villageois chrétiens de renoncer à leur foi et d’adorer à la place les dirigeants du Parti communiste de la nation ».  Face à cette persécution des chrétiens – et des catholiques fidèles au Saint-Siège – par la dictature communiste, le silence de Santa Marta est littéralement assourdissant, comme il l’était il y a quelques jours lorsque, dans son message pour l’Angelus, Bergoglio a omis l’appel en faveur de Hong Kong qui avait été remis à la presse.  L’accord secret conclu entre le Saint-Siège et Pékin, dénoncé publiquement par le cardinal Zen, démontre la soumission de l’Église bergoglienne aux diktats de la dictature communiste, livrant la Hiérarchie locale à ses persécuteurs et gardant le silence sur les violations des droits de l’homme perpétrées par le régime.

Je me rappelle qu’au printemps 2014, j’ai écrit au secrétaire d’État Parolin pour lui demander si les mesures prises par Benoît XVI contre McCarrick étaient toujours valables ou non, suite à un article du Washington Times rapportant qu’il s’était rendu en République Centrafricaine au nom du département d’État américain. Le cardinal Parolin ne m’a jamais répondu, mais les nouvelles qui émergent ces jours-ci semblent aussi mettre en évidence ces aspects. La liberté de circulation accordée à McCarrick était bien connue, et il a lui-même écrit en 2012 : « J’étais à Doha la semaine dernière et je suis allé en Irlande… et ensuite… j’ai entamé l’un de mes plus longs voyages – Beyrouth, Jordanie, Égypte, Thaïlande, Myanmar, Cambodge et Hong Kong… avant de recommencer en Terre Sainte et au Belarus. » Et en 2014 : « Je pars pour la Chine le jeudi 27… Je suis sûr que le cardinal Parolin me recevra puisqu’il est impliqué dans mon voyage en Chine. »

Entre autres choses, la participation de la Compagnie de Jésus aux démarches diplomatiques du Vatican auprès de la dictature de Pékin – à commencer par l’édition spéciale en chinois de Civiltà Cattolica – confirme la volonté du Saint-Siège de cautionner la Chine, au moment même où se concrétisent les soupçons sur sa responsabilité dans la propagation du COVID pour déstabiliser l’équilibre géopolitique international. Le rôle d’Antonio Spadaro et d’autres jésuites – qui, tous, fréquentent assidûment l’université de Villanova – est emblématique et révèle le fil conducteur qui lie le progressisme doctrinal à la perversion morale et à la corruption politique. D’autre part, ces trois éléments – hérésie, sodomie, corruption – sont tellement récurrents qu’ils sont presque une marque de fabrique du deep state et de la deep church.

Puisque nous évoquons le deep state, il n’est pas surprenant que l’OMS soit complice de cette opération d’ingénierie sociale pour plaire à la Chine, ni que le président Trump ait décidé de révoquer les financements qu’elle a reçus jusqu’à présent. Ce qui est surprenant et scandaleux, c’est le silence complice du Vatican face à une sorte de coup d’État qui vise à faire de l’église bergoglienne le bras spirituel du Gouvernement Mondial, sous l’égide de la tyrannie communiste et avec la complicité des partis mondialistes. L’Italie, avec son gouvernement non élu, alors que la majorité se trouve dans une crise politique très grave, semble suivre le programme et ne semble pas vouloir revoir ses positions vis-à-vis de Pékin : les menaces continues d’un retour de l’urgence COVID et du confinement sont clairement instrumentalisées pour maintenir un pouvoir qui, en présence d’élections convoquées démocratiquement, ferait la preuve de sa propre inconsistance. Ce qui est certain, c’est qu’une opposition un peu plus incisive et moins alignée sur le discours dominant pourrait être perçue positivement tant par l’électorat que par les partenaires internationaux de l’Italie.

Marco Tosatti : Revenons sur la question des scandales au sein du clergé. Précisément le 19 février, deux jours avant le début de la réunion présidée par le cardinal Cupich, une lettre ouverte des cardinaux Raymond Burke et Walter Brandmüller aux présidents des conférences épiscopales était publiée : « Face à la dérive actuelle de l’Église, il semble que le problème se réduise à celui des abus commis sur des enfants, qui ne sont qu’un élément d’une crise beaucoup plus vaste. Le cléricalisme est désigné comme étant la cause d’abus sexuels, mais la première responsabilité du clergé ne réside pas dans les abus de pouvoir, mais dans le fait de s’être éloigné de la vérité de l’Evangile. Face à cette situation, les cardinaux et les évêques gardent le silence. Garderez-vous également le silence ? A la suite de nos Dubia, il n’y a pas eu de réponse du Pape ; nous vous encourageons à élever la voix pour sauvegarder l’intégrité de la doctrine de l’Église. Quel a été le résultat de l’appel de ces éminents prélats ?

Mgr C.M. Viganò : Les cardinaux Burke et Brandmüller, comme d’autres prélats, n’ont fait que réaffirmer de façon louable la doctrine catholique : ce qui est inouï, c’est que ce sont eux qui sont considérés comme « étranges » dans la structure ecclésiale, alors que la parole est donnée à des personnalités qui, en raison de leur présence, de leur « cautionnement » de l’agenda LGBT et dans certains cas aussi en raison des ombres qui pèsent sur leur conduite, devraient être retirées de l’Eglise et sévèrement censurées.

En avril 2019, Benoît XVI a publié un vigoureux discours dans Klerusblatt, repris ensuite en Italie par le Corriere della Sera ;  ce discours a été férocement critiqué par Marco Politi dans Il Fatto Quotidiano. Cet article était en fait destiné à la réunion de Rome par l’intermédiaire de la Secrétairerie d’État, mais il a été boycotté, ce qui confirme l’intervention de la « lavender mafia » pour empêcher le Saint-Père de faire connaître sa propre position sur le sujet aux évêques.

Marco Tosatti : Pouvez-vous nous rappeler en quoi consistait cette intervention de Benoît XVI ?

Mgr C.M. Viganò : Le point central de l’article de Ratzinger, celui qui a exaspéré les partisans de Bergoglio, était précisément la mise en évidence du lien entre homosexualité et pédophilie, ainsi que l’assouplissement de la morale à la suite du Concile, et la propagation du fléau des abus.

Fermant obstinément les yeux devant les preuves, le progressiste Politi écrivait : « Quel est le rapport entre l’abandon par l’Eglise d’une éthique basée sur la loi naturelle et la pédophilie ? Qu’est-ce que les changements dans la théologie morale catholique ont à voir avec cela, qu’est-ce que les bandes d’homosexuels dans les séminaires ont à voir avec cela, qu’est-ce que les films pornographiques ont à voir avec cela, qu’est-ce que la relativisation des valeurs et du jugement moral a à voir avec cela ? » Pourtant, il est évident que là où la formation des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse supprime la discipline et la vie intérieure, les vices et les péchés se multiplient et dégénèrent ensuite en crimes très graves contre les mineurs, mais pas seulement.

La cause de ce changement réside précisément dans « l’esprit du Concile », que Benoît XVI a seulement voulu mentionner, mais qui n’a pas manqué d’être aussitôt saisi par ceux qui ont vu le superdogme mis en cause : « Elle est vraiment grotesque [sic], la tentative de l’ancien pontife de mettre sur le compte de l’esprit “conciliaire” le garantisme extrême des procès ecclésiastiques, visant à la protection de l’accusé “au point d’exclure pratiquement – comme il est écrit dans l’essai – la condamnation du coupable”. Ce serait donc la faute des partisans du Concile, ou pour le dire plus simplement, celle des réformateurs, si le réseau des spécialistes de la dissimulation et des juristes madrés, qui ont essayé et essaient encore par tous les moyens d’empêcher le procès et la condamnation des clercs prédateurs, s’est toujours avéré si écrasant et puissant ?

Marco Tosatti : Pensez-vous que Marco Politi ait raison ?

Mgr C.M. Viganò : Je crois que la réponse à cette question rhétorique du vaticaniste Politi peut être affirmative, incontestablement : il existe une relation très étroite entre la crise doctrinale de l’Eglise et l’immoralité du clergé, qui atteint scandaleusement les plus hauts rangs de la Hiérarchie. Mais il est également évident que cette crise est utilisée par l’aile ultra-progressiste non seulement pour imposer une fausse morale accompagnée d’une fausse doctrine, mais aussi pour discréditer irrémédiablement la Sainte Église et la papauté devant les fidèles et le monde, par l’action de ses propres dirigeants.

Marco Tosatti : Ne pensez-vous pas qu’à la fin, le rapport que tout le monde attend sera publié ?

Mgr C.M. Viganò : S’il est possible de faire la lumière sur cette affaire, cela se fera malgré le Vatican : les intérêts en jeu sont énormes et touchent directement le sommet de l’Eglise, et pas seulement pour des questions de nature doctrinale, morale ou canonique, mais en raison des aspects politiques et diplomatiques qui ont vu le Saint-Siège faire l’objet d’un coup d’Etat avec la complicité de ceux qui auraient dû au contraire le défendre dans sa souveraineté et son indépendance. Ce qui avait échoué pendant le pontificat de Benoît XVI a été mené à terme après sa démission. Comment pouvons-nous espérer que ceux qui sont redevables, y compris de leur propre élection, à McCarrick – qui était l’un des principaux partisans de l’accord secret avec la Chine – puissent faire la lumière sur une série d’événements qui l’impliqueraient personnellement, démontrant la connivence avec la dictature chinoise contre les catholiques fidèles au Siège apostolique et peut-être aussi la responsabilité de ce régime dans la démission du pape Benoît ? Comment peut-on imaginer que les sombres événements de Saint-Gall aient été éclaircis alors que c’est précisément là que les conspirateurs ont organisé l’élection de Bergoglio ? Et comment croire que l’Église sera purifiée de la corruption et du vice de ses clercs et prélats, alors que ce sont eux qui ont pris le pouvoir et qui arrivent à être promus au plus haut niveau, dans un tissu de complicité entre hérétiques, traîtres et pervers ?

Ceux qui sont chargés d’enquêter sur les scandales sont fortement impliqués dans la nomination, la promotion et la protection des coupables : Bergoglio s’est entouré de personnages compromis, et par conséquent sujets au chantage, dont il n’a aucun scrupule à se débarrasser dès qu’ils risquent de compromettre son image médiatique.

N’oublions pas que la légitimation de l’homosexualité fait partie du programme du Nouvel Ordre Mondial – auquel l’église bergoglienne adhère ouvertement et inconditionnellement – non seulement en raison de sa valeur déstabilisatrice dans le corps social, mais aussi parce que la sodomie est le principal instrument avec lequel l’ennemi entend détruire le sacerdoce catholique, en corrompant les âmes des ministres de Dieu.

C’est pourquoi, du moins dans la mesure où cela semble possible, toute la vérité sur McCarrick ne sera jamais officiellement révélée.

Marco Tosatti : Comment pouvons-nous réagir face à cette corruption ?

Mgr C.M. Viganò : Ce qu’on ne peut désormais plus remettre à plus tard, c’est une action commune du bien – ceux que dans la Lettre ouverte au Président Trump j’ai appelés, en termes bibliques, « les enfants de la Lumière » – afin que la complicité et les crimes de ceux qui font la guerre au Bien pour établir le Nouvel Ordre Mondial soient mis en lumière. Dans cette opération de vérité et de transparence, le rôle des États-Unis peut être décisif, surtout lorsque ceux qui devraient et pourraient contribuer du côté du Vatican restent silencieux. Comme l’a dit le Seigneur : « Je vous le dis : s’ils se taisent, les pierres crieront. »

Mais il y a un aspect plus important, de nature spirituelle. Nous devons comprendre que la crise de l’Église a été provoquée par le fait d'avoir retiré sa couronne à son Roi, Notre Seigneur : il est nécessaire qu’Il revienne pour régner non seulement dans nos cœurs et dans nos familles, mais aussi dans la société civile et surtout dans l’Église. Oportet illum regnare. Et avec le Roi des rois, doit aussi régner Notre-Dame, Reine et Mère de l’Eglise, à qui celle-ci a désobéi en ne consacrant pas la Russie à son Cœur Immaculé. C’est mon souhait le plus sincère, auquel je demande à toutes les personnes de bonne volonté de s’unir.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
22 juillet 2020
En la fête de sainte Marie-Madeleine


© leblogdejeannesmits pour la traduction.


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29 février, 2020

Mgr Carlo Maria Vigano écrit une lettre de soutien au cardinal Zen, attaqué par le Vatican pour sa résistance à l'accord Chine-Saint-Siège

Vatican - cardinal Zen, la guerre est déclarée à propos des protestations répétées du cardinal émérite de Hong Kong contre les accords secrets entre le Saint-Siège et Pékin au détriment de l'Eglise clandestine fidèle à Rome. Riccardo Caccioli de La Nuova Bussola Quotidiana a commenté la « lettre explosive et incroyable » envoyée à propos de ce prélat fidèle à tous ses confrères par le cardinal Re. Un article important traduit par « Benoit-et-moi » et à lire ici.

Mgr Carlo Maria Viganò vient à son tour d'adresser avec une grande émotion une lettre de soutien au cardinal Zen, publiée par Corrispondenza Romana, dont je vous propose ici ma traduction intégrale. – J.S.

*

Très chère Éminence,

Je suis Carlo Maria Viganò, archevêque, ancien nonce apostolique aux États-Unis d'Amérique.

J'ai suivi avec une profonde compassion, partageant vos souffrances dans la prière, vos nombreux appels sincères au Pape Bergoglio, relatifs à la situation dramatique de l'Eglise martyre en Chine, qu'il a lui-même aggravée de façon coupable avec le malheureux et traître Accord secret signé par le Saint-Siège avec le gouvernement communiste chinois.

Vos appels sincères, cher Frère en Christ, ont été systématiquement ignorés et même tournés en dérision de manière hypocrite et perverse. Quant au cardinal Parolin, il a agi comme le simple exécuteur imprudent d'un maléfique ordre supérieur.

J'ai lu ce matin la lettre ignominieuse et honteuse adressée par le cardinal Giovanni Battista Re à tous les cardinaux, contre vous. J'en suis profondément attristé et indigné, et je tiens à vous exprimer toute mon affection, ma prière et ma solidarité fraternelle dans l'épiscopat.

Vous êtes un courageux confesseur de la foi, qui avez toute ma vénération et mon admiration !

Hélas, le mensonge est érigé en système au Vatican, la vérité est totalement renversée, la tromperie la plus perverse est pratiquée sans vergogne même par ceux qui paraissent au-dessus de tout soupçon, et qui se prêtent désormais à la complicité avec l'adversaire. On en est même venu à dire que « le pape Benoît XVI avait approuvé le projet d'accord » signé en 2018, alors que nous connaissons tous sa résistance acharnée et sa désapprobation répétée des conditions imposées par un régime persécuteur et sanguinaire.

Le Vatican a tout fait et davantage pour livrer l'Église martyre chinoise aux mains de l'ennemi : il l'a fait en signant le Pacte secret ; il l'a fait en légitimant des « évêques » excommuniés, agents du régime ; il l'a fait en déposant des évêques légitimes ; il l'a fait en imposant aux prêtres fidèles de s'inscrire dans l'Église qui est soumise à la dictature communiste ; il l'a fait quotidiennement en gardant le silence à propos de la fureur persécutrice qui, précisément depuis cet accord inopportun, a connu une augmentation inouïe. Il le fait maintenant à travers cette lettre ignoble à tous les cardinaux, cherchant à vous accuser, à vous dénigrer et à vous isoler.

Notre Seigneur nous assure que rien ni personne ne pourra jamais arracher de sa main ceux qui résistent à l'infernal ennemi et à ses acolytes, car Il triomphe d'eux « par le sang de l'Agneau et par le témoignage de leur martyre » (Apoc. 12, 11).

Votre exemple, cher Cardinal, et le prix très élevé que vous payez pour défendre la Cause de Dieu et de son Église, nous causent un choc salutaire, nous arrachant à l'inertie et à la complaisance avec lesquelles nous assistons à la capitulation de l'Église catholique à ses plus hauts niveaux et dans sa hiérarchie, devant l'hérésie et l'apostasie, pour s'être mise à suivre le Prince de ce monde, menteur et assassin depuis l'origine.


Parce, Domine, parce populo tuo,

quem redemisti, Christe, sanguine tuo,

ne in aeternum irascaris nobis.

+ Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire d'Ulpiana
Nonce apostolique


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28 janvier, 2020

En réponse à l'interview d'Alain de Benoist sur la “surpopulation” sur Boulevard Voltaire


J’ai été indignée, mais non stupéfaite, de trouver sur Boulevard Voltaire du 25 janvier un entretien de Nicolas Gauthier avec Alain de Benoist où celui-ci se fait le chantre de la dépopulation. Non pas stupéfaite, parce que ce discours malthusien et fondamentalement raciste sied bien à la « Nouvelle Droite » dont Alain de Benoist est aujourd’hui l’un des maîtres à penser (comme le temps passe !). Indignée, parce que contrairement au mot que l’on prête à Voltaire, je ne crois pas en la liberté de tout dire (qui aboutit toujours à faire taire ceux qui ne disent pas n’importe quoi). Mais puisque la liberté d’expression existe, et que vous êtes ici sur un blog pro-vie, allons-y pour une petite mise en lumière de ce que dit et sous-entend le propos d’Alain de Benoist.


*
*    *



« Passé un certain seuil, toute augmentation en nombre entraîne un “saut qualitatif” qui se traduit par un changement de nature. Comme chacun le sait, la population mondiale augmente régulièrement, mais, surtout, elle augmente de plus en plus vite. Vers 1700, on comptait moins de 700 millions d’habitants sur Terre. En 1900, on en était à 1,6 milliard. Aujourd’hui, avec plus de 250.000 naissances par jour, on a dépassé les 7,7 milliards », affirme-t-il.
Admettons qu’il puisse exister un saut qualitatif lié au nombre : il reste tout de même à déterminer le seuil où celui-ci se constate. Alain de Benoist ne s’y risque pas. Il ne nous dit même pas ce qui aurait changé, ou va changer, de nature. L’homme lui-même ? Sa manière de vivre ? Sa valeur intrinsèque ? Sa morale ? Son éthique ? Sa place relative dans l’univers du vivant ?
Et relevons une erreur, et un non-dit. L’erreur est d’affirmer que la population mondiale augmente « de plus en plus vite ». En 1927, elle était de 2 milliards. Depuis, même si les chiffres augmentent, avec aujourd’hui l’ajout d’un milliard à peu près tous les quinze ans, la croissance n’est pas exponentielle. Elle est passée de 2,1 % par an en 1968 à 1,1 % aujourd’hui : autrement dit, elle a été divisée par deux.
La proportion de l’augmentation ne cesse de se réduire… tout comme le taux de fécondité mondial. Celui-ci était de 5 enfants par femme en 1965 ; en 2010 il n’était plus que de 2,5 enfant par femme, et il ne cesse de tomber : 2,432 enfant par femme en 2017. C’est à peine plus que le taux de remplacement des générations : 2,1 enfant par femme. Encore cela ne vaut-il que pour les pays développés. Dans les pays non développés, où la mortalité maternelle et infantile et celle des jeunes sont importantes, le taux effectif de remplacement des générations peut atteindre les 3,5 enfants par femme.

Aujourd’hui, 80 % de la population mondiale vit dans des pays où l’on compte moins de 3 enfants par femme, et une personne sur deux vit dans un pays où le renouvellement des générations n’est pas assuré.


Quant au non-dit, il tient au fait qu’une part non négligeable de la croissance globale est imputable au vieillissement de la population, lui-même lié à l’amélioration de l’espérance de vie (qui soit dit en passant met en évidence que globalement, on vit aujourd’hui dans de meilleures conditions de santé et d’environnement que lorsque l’humanité était moins, beaucoup moins nombreuse). Nous sommes aussi nombreux non parce que la procréation croît de façon exponentielle, mais parce que nous ne mourons plus comme des mouches. En 2018, pour la première fois de l’histoire, le nombre de personnes âgées de plus de 64 ans a dépassé celui des enfants âgés de moins de 5 ans au niveau global. Globalement, le nombre des jeunes devrait rester stable ou décroître d’ici à 2100, tandis que celui des 25-64 ans augmentera modérément, et que celui des 65 ans et plus progressera nettement plus vite. Le problème principal sera d’ailleurs la diminution de la part de la population active par rapport à cette masse de « retraités ».

*
Alain de Benoist poursuit : « Pour la fin du siècle, les estimations moyennes tournent autour de douze milliards, les estimations hautes autour de seize milliards. »
Non. Selon les dernières projections moyennes de l’ONU, la croissance va ralentir de manière importante au cours du XXIe siècle : il faudra attendre 2030 pour atteindre les 8,5 milliards, 2050 pour atteindre 9,7 milliards et 2100 pour atteindre 10,9 milliards. Ces projections médianes supposent une décroissance de la fertilité là où elle est aujourd’hui la plus haute, une remontée là où elle est basse (et même désastreuse) et une réduction systématique de la mortalité pour toutes les classes d’âge. L’estimation globale basse pour 2100 est de 9,4 milliards d’hommes, l’estimation haute de 12,7 milliards, avec 95 % de chances pour que le chiffre réel se situe à l’intérieur de cette fourchette. Et il y a 27 % de chances (ce sont plutôt des risques) pour que, avant la fin de ce siècle et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la population mondiale commence à décroître. Certains parlent d’un milliard perdu tous les vingt ans.

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Alain de Benoist poursuit : « Bien entendu, on peut discuter à perte de vue sur le nombre de bipèdes qui peuvent vivre sur cette planète. La seule chose qui est sûre, c’est qu’il y a une limite : pas plus qu’il ne peut y avoir de croissance matérielle infinie dans un espace fini, la population ne peut s’accroître indéfiniment sur une étendue limitée. Malheureusement, nous sommes à une époque qui ne supporte pas les limites. Malthus (Essai sur le principe de population, 1803) ne se préoccupait que de l’épuisement des ressources. Aujourd’hui, c’est le nombre qui, à lui seul, pose problème : la quantité est plus que jamais le contraire de la qualité. Avec trois ou quatre milliards de bipèdes en moins, le monde se porterait beaucoup mieux ! »
La question des limites est en effet brandie depuis Malthus, qui envisageait carrément d’augmenter la mortalité chez les pauvres en les entassant dans des villes aux rues étroites et aux maisons insalubres, de leur recommander des pratiques antihygiéniques, et de construire les nouveaux villages dans des zones humides et malsaines (Livre IV, chapitre V du Principe de population). Il proposait aussi de « réprouver des remèdes spécifiques aux maladies ravageuses ». Lui aussi pensait qu’il y avait trop de « bipèdes », pour reprendre le terme d’Alain de Benoist, et qu’il n’y aurait jamais assez pour nourrir tout ce monde. Certes il favorisait la réduction volontaire de la taille des familles pour améliorer leur qualité de vie, et brandissait ses menaces mortelles comme le prix à payer faute d'action face à une procréation qu’il présentait comme débridée. Il n’empêche : il était clairement dans une logique eugéniste.
C’est celle brandie par Alain de Benoist pour qui une personne sur deux est déjà de trop sur cette terre, et nuit à la « qualité » de l’ensemble. On veut des noms !

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En revanche, on peut dire qu’il reprend les poncifs les plus « mainstream » de la Deep Ecology, substrat idéologique de l’écologie actuelle, quand il nous annonce des catastrophes en série :
« Il n’y a déjà plus de réserves de productivité en matière agricole, l’extension des terres agricoles est en train d’atteindre ses limites et les ressources halieutiques des océans s’épuisent également. Plus de 90 % de toute la biomasse produite annuellement dans le monde sont d’ores et déjà exploités. »
Il n'apporte pas de sources. D’autres vous diraient que mise en valeur et correctement exploitée, la seule Afrique pourrait nourrir le monde entier. Saviez-vous que les Pays-Bas, 5 fois plus densément peuplés que la France et grands comme la Bretagne, sont le 2e exportateur agricole et agro-alimentaire du monde derrière les Etats-Unis ? Qu’ils produisent 9 % du lait de l’Union européenne ? Qu’ils sont les premiers producteurs mondiaux de tomates et de poivrons ?
Saviez-vous, aussi, que la quantité de nourriture disponible par tête est aujourd’hui plus importante que lorsque nous étions quatre milliards ? Il se produit aujourd’hui de quoi bien nourrir quotidiennement 10 millards d’êtres humains. Ceux qui souffrent de la faim font les frais des guerres, de choix politiques, d’absence de mise en valeur des ressources d’eau ou de terre… Et dans de nombreux pays, on paie même les agriculteurs pour qu’ils laissent leur terre en friche.

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Alain de Benoist dit encore que « la plupart des écologistes autoproclamés se comportent comme si la démographie et l’environnement étaient des sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés ».
Là, les bras m’en tombent. Cela fait des années que je suis les proclamations et les travaux des défenseurs de « la Planète » et de ceux qui, au nom de l’écologie, déplorent la « surpopulation ». Si le sujet est dans une certaine mesure tabou, c’est que les mesures pour contrer efficacement cette « surpopulation » (ou plus exactement, pour réduire la population) seraient de nature totalitaire et qu’on hésite à les exposer. Mais les organismes de pouvoir supranational favorisent systématiquement tout ce qui contribue à la chute de la natalité : cela va du fait d’avoir fermé les yeux devant les politiques de contrôle de la population coercitives pratiquées en Chine ou en Inde, à la propagation des « contraceptifs modernes » et de la stérilisation volontaire dans le monde entier, avec un accent particulier mis sur l’Afrique. C’est le fait du Fonds des Nations unies pour la population, FNUAP, des institutions européennes, des institutions dites caritatives de dimension quasi étatique comme la Bill & Melinda Gates Foundation et bien d’autres du même acabit, sans compter d’innombrables associations nationales et internationales au service de cette même politique.
A cela s’ajoute la propagande mondiale pour l’avortement « sûr et légal », et l’action d’organismes « caritatifs » comme Marie Stopes International qui tue des petits d’hommes dans les pays pauvres sous couleur de bienfaisance.
Dès 1968, Paul Ehrlich publiait The Population Bomb, qui annonçait de terribles famines dans le monde entier et la disparition du cinquième de l’humanité à l’horizon 1980 du fait de la multiplication des « bipèdes », pour reprendre encore une fois le mot choisi par Alain de Benoist. Ses prédictions de malheur se révélèrent toutes fausses, mais il reste une voix très écoutée dans le petit monde très puissant de la « lutte contre le réchauffement climatique ».
Contemporain d'Ehrlich, le Club de Rome créé en 1968 publiait en 1972 son rapport Les limites à la croissance, vendu à 12 millions d’exemplaires, annonçant la fin du pétrole et du gaz pour 1970 et d’autres catastrophes étalées à travers les décennies à venir. Soutenu notamment par la fondation Rockefeller, le Club de Rome désignait notamment la croissance de la population comme responsable de tous ces malheurs putatifs et prônait le contrôle de la population par la diffusion massive des contraceptifs.
Rappelons au passage que celle-ci fut pleinement réussi dans les pays développés dont bon nombre sont aujourd’hui en terrible déficit démographique.
Club de Rome, Rockefeller, ONU… Alain de Benoist est en bonne, sinon sympathique compagnie et on l’imagine applaudissant à pleines mains toutes leurs initiatives (et elles sont nombreuses) visant à persuader les petites Africaines et Sud-Américaines qu’il ne faut pas faire d’enfants et plutôt accepter des implants contraceptifs financés par les fondations des grandes multinationales.
Bien sûr, Alain de Benoist peut arguer de sa fondamentale bienveillance en expliquant qu’il déplore qu’une part croissante de l’humanité se retrouve dans les mégapoles d’« un monde proprement invivable qui se dessine ». Cela relève cependant d'abord non du trop plein d’hommes, mais de choix politiques qui dictent les choix individuels de ceux qui pensent qu’ils vivront de toute façon matériellement mieux dans les villes qu’à supporter l’inconfort et la pauvreté des arrière-pays, surtout dans les pays qui ne se développent pas. En même temps, la pauvreté globale diminue à mesure que la population augmente : paradoxal, non ?
Suit de la part d’Alain de Benoist une description de richesse démographique africaine, qui représentait selon lui 17 % de la population mondiale et atteindra, en 2100, le tiers de la population mondiale avec 4,2 milliards d’habitants.
Mais une part non négligeable de cette croissance est imputable non seulement à l’augmentation des naissances, mais à l’allongement de la durée de vie liée, comme nous l’avons souligné plus haut, à l’amélioration des conditions de vie. Les Africains seraient-ils par nature incapables de faire fructifier leurs terres si immensément riches ? Seraient-ils par nature « de trop » ?

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Certes, par sa part de la population mondiale l’Afrique écrasera démographiquement l’Europe comme le souligne Alain de Benoist, mais c’est parce que la plupart des pays européens sont déjà en voie de suicide démographique.

« Que l’Europe soit moins peuplée n’est pas un drame, loin de là ; ce qui est un drame, c’est qu’elle vieillit inexorablement », écrit-il.
Mais il est impossible d’avoir l’un sans l’autre. Le vieillissement est la conséquence inéluctable de la politique et de la mentalité des berceaux vides.

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Pour finir, Alain de Benoist s’en prend au « Croissez et multipliez-vous », le commandement donné par Dieu à toute l’humanité dès l’origine, si central dans son plan divin qu’Il ne priva jamais l’homme, même après le péché originel, de la bénédiction qui couronne le mariage et s’exprime dans le don de la progéniture.
Les temps ont changé, dit de Benoist en substance ; il faut rejeter le « dogme » et retenir seulement que c’était un principe valable pour son époque.
Et il précise : « C’est la raison pour laquelle, dans nombre de milieux, la surpopulation est un sujet tabou : au nom de l’“accueil de la vie” et de la critique du “malthusianisme”, on préfère se mettre un bandeau sur les yeux. Or, le laisser-faire nataliste est aujourd’hui irresponsable, et le “respect de la vie” ne saurait s’étendre à ceux qui ne sont pas encore conçus. Quelle est, alors, la solution ? »
La réponse est déjà dans la question : il ne faudrait plus proclamer l’accueil de la vie, il faut lire Malthus et ses diatribes contre la fécondité des plus pauvres, il ne faut plus laisser le choix de donner, ou non, la vie aux couples à travers le « laisser-faire nataliste ». Il faut donc encadrer la procréation. Qui ? Comment ? L’Etat ? L’ONU ? Avec quelles sanctions ? Avec quelle propagande sinon celle qui sévit déjà dans de nombreux pays pauvres, où l’on explique aux braves gens que les enfants sont un poids, pas une richesse ? Dans quels contours ? Faut-il également contrôler les naissances des Blancs, des Asiatiques et des Noirs, des lecteurs d’Eléments et des habitants des banlieues ethniques ? Se contentera-t-on de supprimer les allocations familiales à partir du troisième enfant comme au Royaume-Uni, ou de mettre les pères de familles à l’amende et de les priver de leur emploi de fonctionnaire comme en Inde ?

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La réponse d’Alain de Benoist mérite une mention spéciale : « Avec des mesures coercitives, la Chine est parvenue à freiner sa natalité, mais les “incitations” à ralentir la croissance démographique sont généralement des vœux pieux, surtout dans les pays où les enfants sont l’équivalent d’une assurance-vieillesse. »
Nous avons bien lu, et attentivement : il faut des « mesures coercitives », comme en Chine, parce qu’elles seules sont efficaces. A savoir un contrôle permanent de la part des pouvoirs publics de la fécondité féminine, des stérilisations forcées, des avortements forcés jusqu’au terme, une armée de fonctionnaires pour vérifier le respect de ce qui fut la politique de l’enfant unique, des sanctions lourdes et des amendes colossales pour les contrevenants. Le contrôle de la population en Chine s’est faite au moyen d’une tyrannie sans nom dont les conséquences sociales sont terribles : génocide des petites filles par avortement ou infanticide, dramatique déséquilibre de la population, pénurie de femmes en âge de se marier, vieillards et surtout veuves dans la misère, diminution de la population active… Il fallait bien un gouvernement communiste pour mettre en place un programme aussi inhumain.  
La situation est à ce point dramatique que le gouvernement chinois prône maintenant une politique des deux enfants (avec la possibilité de contrôles tout aussi draconiens, et des témoignages confirmant la poursuite des avortements forcés), alors que certains experts estiment que sa population active se rétracte déjà depuis 2018. Du fait de la politique de l’enfant unique et du manque consécutif actuel de femmes en âge de procréer, il n’y a pas assez de mères potentielles. Vu le peu de fiabilité des statistiques officielles du PC chinois, certains remettent aussi en cause le taux de natalité actuel de la Chine, évaluée officiellement à 1,6 enfant par femme. Selon Yi Fuxian, professeur à l’université de Wisconsin-Madison, il se situerait plutôt à une moyenne de 1,18 enfant par femme entre 2010 et 2018.
Ce qui est certain, c’est que l’ajustement de la politique de la population en Chine ne donne pas les résultats escomptés, loin s’en faut. Après un petit mieux en 2016, année où la limite par famille fut portée à 2 enfants (espacés d’au moins quatre ans), les naissances se sont de nouveau rétractées en 2017 (17,2 millions de naissances contre 17,9 l’année précédente), alors même que le nombre de familles avec deux enfants progressait. En 2018, on tombait à 15,2 millions de naissances. Et les chiffres pour 2019 viennent de tomber : 14,6 millions de naissances en 2019.
Cet hiver démographique qui s'amorce en Chine annonce des problèmes qui semblent irréversibles : effondrement de la population active pendant que les personnes âgées se multiplient, décroissance économique, rétractation de la consommation nationale, répercussions sur l’économie mondiale…
Voilà donc le modèle prôné par Alain de Benoist ; un modèle que je n’hésiterai pas à qualifier de criminel puisque, au-delà de son échec catastrophique, il repose sur la mise à mort par avortement de 400 millions d’enfants conçus. Souvent des avortements forcés, et pour partie des avortements pratiqués sur des bébés viables. Aujourd’hui encore, la politique chinoise de la « naissance planifiée » interdit toute naissance hors mariage et toute grossesse qui n’aurait pas été précédée d’une autorisation : les contrevenantes sont avortées de force et stérilisées. La répression s’est même accrue, selon Steven Mosher du Population Research Institute ; les fonctionnaires du Parti communiste chargés de la population sont d’autant plus violents que le nombre de naissances illégales a mécaniquement diminué, car leurs revenus (alimentés par les « amendes ») ont commencé à fondre.
Indignation, oui, et colère, devant cette mouvance de la supposée « nouvelle » supposée « droite » qui, tout en multipliant les avances vers une certaine droite catholique, en vient à vanter le pire de la funeste planification communiste, et à souhaiter la disparition de « 3 à 4 milliards » d’hommes dans une pseudo-scientifique dénonciation des convictions pro-vie des catholiques et des hommes de bonne volonté.
C’est la haine de la vie qui se manifeste là, et plus encore la haine du Dieu vivant et des créatures humaines qui sont toutes appelées à partager son bonheur éternel.
Alain de Benoist achève son interview avec cette remarque à peine facétieuse : « L’émigration de masse vers d’autres planètes relève de la science-fiction. Que reste-t-il, alors ? Les épidémies, peut-être ! » Du moins ce païen revendiqué est-il brutal, honnête et en parfaite cohérence avec lui-même – et avec bon nombre de puissants de ce monde. Mais je vois mal quel terrain d’entente on peut trouver avec lui.
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D’autres ont apporté la contradiction aux propos d’Alain de Benoist : Jean Pierre Maugendre, dans La Terre n’est pas surpeuplée mais mal gérée, sur renaissancecatholique.org ; Marion Duvauchel a proposé une intéressante réflexion sur La surpopulation, l’islam et les vieux, à lire sur Le Salon beige. Sans relation avec cette interview, mais permettant un éclairage possible, un récent livre du « traditionaliste » (au sens gnostique) belge Robert Steucker, Sur et autour de Carl Schmitt, avance la thèse selon laquelle l’aide au développement occidental a été un moyen par lequel les « thalassocraties » ont alimenté la surpopulation, surtout dans le Tiers-Monde, au service d’une politique « pyromane » qu’il faudrait contrer par l’« eurasianisme ». On se disait bien qu’il y avait de la géopolitique tapie derrière l’entretien d’Alain de Benoist !




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