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18 avril, 2016

23 millions d’avortements par an en Chine : statistiques officielles du Département d’Etat américain

Bien au-delà des statistiques officielles annonçant quelque 10 à 13 millions d'avortements par an en Chine, le chiffre réel pourrait se situer à près du double, selon le Département d'Etat américain, soit 23 millions d'enfants à naître éliminés chaque année. Dans le même temps, affirme le rapport officiel, le nombre d'avortements et de stérilisations forcés est lui aussi à la hausse. Et ce malgré le soi-disant assouplissement de la politique familiale en Chine. Ce n'est pas parce qu'on en change les variables — en passant d'un enfant à deux maximum par famille — que la mainmise totalitariste de l'État communiste chinois sur les décisions propres aux couples s'est allégée.
Pour Reggie Littlejohn, présidente de  Women’s Rights Without Frontiers, « 13 millions d'avortements parents constituaient déjà une statistique incompréhensible. Y ajouter encore 10 millions est réellement renversant, incompréhensiblement tragique. »
Les chiffres officiels du gouvernement chinois ne tiennent compte que des données fournies par les institutions gouvernementales dûment enregistrées, et laisse de côté celles des cliniques non enregistrées, souligne l’ONG.
Le département d'État précisait dans son communiqué :
« La commission de la santé publique et du planning familial a rapporté que 13 millions de femmes mettent fin tous les ans à des grossesses non planifiées. Un média officiel a également rapporté au moins 10 millions d'avortements supplémentaires réalisés par voie chimique ont été réalisés dans des établissements non gouvernementaux. Les statistiques gouvernementales sur le pourcentage de tous les avortements qui n'avaient pas été réalisés à la demande de la femme ne sont pas disponibles. »
La Chine connaît donc 63.013 avortements par jour, soit 43 par minute.
Le taux d'avortement est également faramineux. Aux Etats-Unis, on compte 1 million d'avortements par an pour 320 millions d'habitants. « La population de la Chine avoisine le 1,4 milliard de personnes, et compte quelque 23 millions d'avortements par an. Par conséquent, avec une population quatre fois plus importante que celle des États-Unis, la Chine affiche 23 fois plus d'avortements. »
Le Département d'Etat américain souligne en outre que 2015 a été marqué par une augmentation « notable » du nombre d'avortements forcés et de stérilisations contraintes qui s'inscrivent le plus souvent officiellement parmi les méthodes de contrôle de la population en vigueur en Chine. C'est d'autant plus remarquable que c'est précisément en 2015 que le gouvernement chinois a remplacé sa politique de l'enfant unique par une politique limitant le nombre d'enfants par famille à deux. Beaucoup ont voulu y voir le signe que les choses allaient mieux, que la Chine respectait davantage la volonté et les droits imprescriptibles des familles. On voit qu'il n'en est rien.
Le Département d'Etat prend soin de souligner que nombre des avortements forcés ont été réalisés à un stade avancé de la grossesse. « Les politiques de limitation des naissances du pays ont conservé des éléments durement coercitifs aussi bien en droit et qu’en fait », assure le rapport, qui souligne « l'intense pression » exercée par le gouvernement chinois sur la police en vue de faire appliquer les limitations de naissances sur le plan local.
Sur les 31 provinces chinoises, 18 sont dotées de lois qui exigent l’avortement en cas de grossesse illégale. Dans les 13 restantes, la pratique n'est pas pour autant inexistante puisque les responsables locaux du planning familial chinois ont utilisé le recours à l'avortement forcé pour « tenir » leur quota de naissances. Le rapport souligne ainsi que les responsables des forces de l'ordre sont incités à employer des mesures coercitives dans ce domaine en raison du lien fort entre leurs possibilités de promotion et le respect des quotas de naissances.
Dans la quasi totalité des provinces, toute femme enceinte hors mariage est considérée comme ayant violé la loi et se voit imposer un « tarif de compensation sociale » qui avoisine 10 fois son revenu disponible.
Parmi les pratiques coercitives conservées par le gouvernement chinois dans le cadre de la politique des deux enfants, le rapport du Département d'Etat met en avant de nombreux cas de couples ayant deux enfants dont un membre se voit obligé de recourir à la stérilisation. L'arrivée d'un deuxième enfant est parfois accompagnée de menaces de licenciement en cas de refus d'avorter, et malgré le prétendu assouplissement et de l'illégalité de la pratique, l'avortement sélectif des filles se poursuit.
Reggie Littlejohn souligne que cet état de fait confirme – sans surprise – les craintes des défenseurs de la vie en Chine. Les pratiques coercitives continuent dans le cadre de la politique des deux enfants. « Les femmes non mariées et les troisièmes enfants continueront d’être soumis de force à l’avortement. (…) La contrainte demeure au cœur de la politique. »

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27 février, 2016

Naissance d’un bébé éprouvette en Chine douze ans après la congélation de l’embryon


Un nouveau-né de 12 ans en Chine ?
C’est une folie conjuguée de la politique communiste et des nouvelles possibilités techniques : un bébé éprouvette vient de naître dans la province de Shaanxi, au nord-ouest de la Chine, douze ans après la « fabrication » de l’embryon qui a été conservé pendant douze ans, puis implanté lors du relâchement de la politique de l’enfant unique par le gouvernement. C’est la plus longue durée de congélation d’embryon suivie d’une implantation réussie jamais enregistrée en Chine.
L’enfant est né mercredi d’une femme de 40 ans.
Celle-ci souffre de trompes de Fallope bloquées et d’un syndrome d’ovaires polykistiques. C’est en 2003 qu’elle a eu recours à une procédure de procréation artificielle au cours de laquelle 12 ovules ont été prélevés, tous fécondés in vitro avec le sperme de son mari. Deux embryons furent aussitôt implantés, sept autres considérés « viables » ont été congelés.
La femme devait donner naissance à un garçon sain en 2004 (l’histoire ne dit pas ce qu’il advint de l’autre embryon implanté).
Depuis lors, elle a versé 3 yuan (l’équivalent d’un peu moins de 50 centimes d’euro) par jour pour payer la conservation des embryons « surnuméraires » à l’hôpital, en cas d’« urgence ». Quelle urgence ? La mort du premier enfant, peut-être ?
Finalement, c’est au moment où les autorités du planning familial chinois ont remplacé, l’an dernier, la politique contraignante de l’enfant unique par la politique, non moins contraignante, des deux enfants, que la femme a décidé d’avoir un deuxième bébé en récupérant ses embryons congelés.
Seuls trois sur les neuf embryons congelés ont survécu au processus de décongélation. On choisit les deux « meilleurs » pour les implanter – l’autre partant au rebut – et finalement un seul devait survivre.
On connaît si bien ces taux importants de « pertes » au centre de médecine reproductive de Tangdu, où l’implantation eut lieu, que les implantations multiples sont la règles : « Le taux de succès d’embryons décongelés implantés est de plus de 40 % dans notre hôpital, c’est pourquoi les médecins placent généralement plus d’un embryon à la fois. »
La Chine compte environ 12,5 % de personnes en âge de procréer présentant un problème de fertilité et le recours à la fécondation in vitro y est fréquent. A l’hôpital de Tangdu, la congélation des embryons a démarré en 2003. A ce jour, elle en a conservé un total de 100.000 dans le grand froid, tout petits êtres bloqués entre la vie et la mort dans ce que le Pr Jérôme Lejeune appelait L’enceinte concentrationnaire. Sur ces 100.000 embryons, plus de 27.000 ont été décongelés à l’hôpital de Tangdu, qui se glorifie d’avoir obtenu ainsi 4.293 bébés éprouvette en bonne santé.
Faites vos comptes : c’est un massacre.

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28 juillet, 2014

Politique de l'enfant unique en Chine : le relâchement ne suffit pas

La Chine, qui doit à la masse de sa population son essor économique actuel, a trop joué avec sa démographie. Menacée d'un hiver démographique aux conséquences sociales désastreuses, elle a décidé de relâcher un peu sa politique de l'enfant unique mais les résultats ne sont pas au rendez-vous : c'est durablement, semble-t-il, que les Chinois se sont résignés à limiter de manière drastique leur descendance, pour de multiples raisons analysées par  The Economist.


Si l'on voulait bien appeler les choses par leur nom, on ajouterait que la Chine est victime des « structures de péché » – selon l'expression de Jean-Paul II – que des années de communisme ont consolidées.

L'assouplissement de la politique de l'enfant unique date de la fin de l'année dernière : désormais, si au moins l'un des deux membres d'un couple est enfant unique, un permis peut être délivré pour une deuxième grossesse. Les autorités de la commission nationale du planning familial envisageaient entre 1 et 2 millions de naissances supplémentaires à court terme, répondant au désir d'enfant frustré chez de nombreux couples. En définitive, fin mai, seuls 270.000 couples avaient fait la demande de ce permis de procréer ; 240.000 permis étaient accordés. Les autorités chinoises espèrent à terme une légère hausse de la natalité : 17 millions de naissances par an au lieu des 16 millions actuels.

Plusieurs freins ont joué, selon The Economist. Le premier est celui de la bureaucratie chinoise elle-même : dans les provinces, on a ralenti et compliqué les processus afin d'éviter un babyboom soudain que ni les hôpitaux, ni les écoles ne pourraient absorber. La paperasserie a été démultipliée, histoire d'éviter un embouteillage prévisible alors qu'en théorie, 11 millions de couples pourraient théoriquement demander à bénéficier de la mesure.

On notera au passage que loin de reconnaître le droit souverain des familles d'accueillir la vie, le gouvernement communiste chinois demeure intégralement dans le cadre de sa mainmise totalitaire, s'immisçant dans les alcôves avec la brutalité de toujours. Il reste impensable en Chine d'avoir un deuxième enfant, dans le cadre d'un contrôle de la population toujours aussi coercitif, sans passer par l'administration. Et qui dit contrôle, dit aussi sanctions, stérilisations, avortements forcés. A cet égard rien ne change.

Mais le permis de procréer n'est pas tout. Alors que la prospérité se répand parmi certaines catégories de la population, les familles chinoises ont peut-être envie d'avoir davantage d'enfants, mais redoutent les frais qui les accompagnent. Dans les villes, on se bat pour avoir une place dans une bonne maternelle : le choix se fait sur dossier, quasiment par concours. Le logement est cher. Et selon Crédit Suisse, il faut quelque 3.000 € par an pour élever un jeune enfant. C'est à peu près le niveau moyen des revenus en Chine.

A cela s'ajoutent les conséquences de 30 ans de politique de l'enfant unique : au lieu de pouvoir compter sur les grands-parents pour garder les enfants, bien des Chinois qui ont eu leur enfant tard sont maintenant obligé de prendre soin de la génération d'au-dessus comme de celle d'en-dessous. Et ils sont seuls, sans frère ou sœur pour alléger cette charge. Et la Chine ne connaît pas de système qui fait fonctionner (au meilleur des cas) la solidarité de tous.

La Chine affiche aujourd'hui 1,5 enfant par femme : en clair, d'une génération à l'autre, un quart de la population disparaît puisque le taux théorique de remplacement des générations est de 2,1. Il faut augmenter le rythme pour soutenir « la stabilité sociale et économique sur le long terme », affirme le journaliste. Cette capacité de remplacer ses générations serait « plus normale » pour un pays du niveau de développement de la Chine, note-t-il.

Et c'est là qu'on s'interroge. L'Europe connaît un taux de fécondité de 1,5 enfant par femme, ainsi que le souligne le journaliste. Comme la Chine. Mais sans s'en émouvoir du tout. Alors ce qui n'est pas normal pour la Chine le serait-il pour l'Europe ? Faut croire…


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03 décembre, 2013

L'autocritique d'un cinéaste chinois

Le cinéaste chinois Zhang Yimou (La Cité interdite, Epouses et concubines…) vient de présenter ses excuses pour avoir violé la politique de l'enfant unique en vigueur dans son pays, car il a eu trois enfants avec sa femme, l'actrice Chen Ting. Il fait l'objet depuis plusieurs mois de rumeurs et de dénonciations à ce sujet.

Les excuses ont été mises en ligne sur le micro-blog du studio de Zhang, où il avoue que le couple a eu deux fils et une fille, et que sa femme et lui sont « prêts à subir une enquête et à être punis conformément aux lois et règlements chinois ». Il avait déjà eu un enfant de sa première femme.

Dans le même message, Zhang Yimou, 62 ans, s'est défendu d'avoir eu sept enfants avec Chen et trois autres femmes, selon la rumeur qui court sur internet. Ces rumeurs avaient déclenché des « vérifications », sinon une enquête, de la part des responsables du planning familial dans la ville orientale de Wuxi.

Selon la presse d'Etat, le cinéaste pourrait se voir infliger une amendes de plusieurs millions de dollars pur chaque enfant né sans permis.

A cette aune, Zhang a de la « chance » : les parents pauvres se voient souvent soumis à des avortements et à des stérilisations forcées, tandis que les riches peuvent s'offrir le luxe d'un petit frère ou d'une petite sœur pour leur progéniture à condition d'aligner les sommes demandées.

Mais c'est dans tous les cas une ingérence insupportable dans les droits des époux et des familles. Voilà pourquoi il faut parler à cet égard de « principes non négociables ».

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01 décembre, 2013

Une méta-étude chinoise confirme le lien avortement-cancer du sein

La publication d'une nouvelle étude chinoise sur le lien entre l'avortement provoqué et le cancer du sein va changer la donne dans un monde où l'on a préféré jusqu'ici le passer sous silence : méta-analyse d'autant plus intéressante qu'elle montre un accroissement du risque selon le nombre d'avortements subis.

Le Dr Joel Brind, professeur d'endocrinologie au Baruch College de l'Université de New York, l'a déclaré à LifeSite en soulignant que les partisans de l'avortement devraient se montrer très inquiets des résultats de l'étude puisque des « millions et des millions de femmes en Asie » ont été ainsi affectées par une opération supposée « sans danger » pour elles, tout en notant que chaque constat des effets dangereux de l'avortement est systématiquement minimisée ou discréditée.

Dans ce cas précis, ce sera difficile. C'est dans la revue scientifique Cancer Causes and Control que les résultats de la méta-étude ont été publiés d'après des recherches de Yubei Huang et autrres du département d'épidémiologie et de biostatistiques de l'hôpital universitaire d'oncologie de Tianjin. Les chercheurs se sont lancés dans leur enquête après avoir noté que le taux de cancers du sein, traditionnellement plus bas chez les femmes chinoises que chez les femmes occidentales, s'est accru « de manière alarmante » depuis deux décennies, au même rythme que le resserrement de la politique de l'enfant unique imposée par les autorités.

Cette politique entraîne de nombreux avortements, y compris des avortements forcés : depuis les années 1980, plus de 336 millions d'enfants à naître ont été avortés en Chine.

Les chercheurs ont analysé 36 études du lien entre avortement et cancer du sein. Chez les femmes ayant eu un avortement, le risque de développer une telle tumeur était 44 % plus important que chez celles n'ayant jamais avorté. Pour deux avortements, le risque s'accroissait de 76 %, pour trois avortements, il atteignait 89 %.

Une étude réalisée en 1996 par Joel Brind avait évalué l'accroissement du risque lié à l'avortement à 30 %, avec certes moins de recul.

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17 novembre, 2013

Fin de la politique de l'enfant unique en Chine ? Pas vraiment

Cela fait des années que Reggie Littlejohn, présidente de Women's Rights Without Frontiers, milite contre les atrocités de la politique de l'enfant unique en Chine, dont elle est l'un des meilleurs connaisseurs. Pour elle, la (énième) annonce d'un assouplissement de cette règle, notamment pour les couples dont l'un des membres est lui-même enfant unique, est « très trompeuse » puisqu'à aucun moment il n'est question de mettre fin à la violation des droits humains qui est à sa base.

Reggie Littlejohn rencontre le pape François
lors de la conférence 2013 de Matercare à Rome.
« Le noyau de cette politique, c'est la coercition », a rappelé Mme Littlejohn à Catholic News Agency vendredi dernier. « Le problème est bien que c'est le gouvernement qui dit aux gens combien d'enfants ils peuvent avoir, et qu'il fait respecter cette limite par la coercition, y compris en faisant avorter des femmes de force à neuf mois de grossesse. »

Reggie Littlejohn cite le cas d'une femme morte au début du mois en Chine à la suite d'un avortement forcé : un fait qui n'a pas été rapporté par l'agence de presse chinoise gouvernementale, Xinhua.

L'assouplissement envisagé par le gouvernement chinois pourrait concerner des millions de familles. Il est dicté par l'inquiétude des pouvoirs publics pour qui le contrôle de la population imposé dans les années 1970 a désormais des effets pervers sur la croissance économiques, effets aggravés par le vieillissement de la population : on manque de jeunes pour assurer leur soutien à tel point que la population active a diminué en Chine en 2012.

Du fait de la politique de l'enfant unique, la Chine manque aussi de femmes : par préférence culturelle et de peur de ne pas assurer leurs vieux jours, beaucoup de parents préfèrent les garçons et on compte aujourd'hui 118 naissances de garçons pour 100 naissances de filles.

Si d'aucuns saluent le projet gouvernemental – encore que ce ne soit pas la première fois qu'une telle annonce est faite, pour être ensuite retirée – Reggie Littlejohn note que même mis en œuvre, il ne s'agira au mieux que d'un bricolage d'ajustement, uniquement basé sur des considérations économiques et démographiques. « Nous n'avons pas vu la moindre réduction des avortements ou des stérilisations forcés dans les campagnes ; ils sont toujours nombreux », souligne-t-elle : pourtant dans bien des campagnes la politique du nombre d'enfants est plus souple que dans les villes. 

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27 septembre, 2013

Riches Chinoises : le business des mères porteuses américaines

Le site geneticsandsociety.org publie une dépêche de Reuters sur des « libres-échanges » d'un nouveau style : des femmes Chinoises de la Nomenklatura commercialo-communiste ont de plus en plus recours à des jeunes femmes américaines pour leur faire porter des « bébés sur mesure ». L'opération vise à la fois à contourner la politique chinoise de l'enfant unique, à pallier une stérilité ou à obtenir la citoyenneté des Etats-Unis pour les enfants qu'elles y font naître. Prix moyen : 120.000 dollars – environ 90.000 euros.

Screen shot 2013 09 13 at 12.39.18 PM Only children: Spoilt. Lonely. Anti social. Pu lease.C'est aussi une assurance pour l'avenir : une fois âgés de 21 ans, les enfants nés aux Etats-Unis sont en droit de demander une Carte verte – sésame pour l'immigration – pour leurs parents. Même si les frais annexes peuvent faire grimper l'addition jusqu'à 300.000 dollars, c'est toujours moins cher que les 500.000 qu'il faut investir aux Etats-Unis dans une entreprise créant de l'emploi pour obtenir un visa EB-5.

Les contrats sont négociés par le biais d'agences de « gestation pour autrui » et leur nombre est à la hausse, ont indiqué ces entreprises basées de chaque côté du Pacifique, sans fournir de données chiffrées. Une hausse qui s'accélère même depuis ces deux dernières années. Une indication révélatrice : des agences américaines traduisent désormais leurs sites internet en chinois et engagent des employés qui connaissent le mandarin… Certaines d'entre elles envisagent même d'ouvrir des bureaux en Chine.

Histoire de se donner bonne conscience, les agences américaines ont tendance à demander qu'une véritable relation inter-personnelle s'établisse entre leurs clients et leurs mères porteuses. Mais avec les couples chinois, cela s'avère difficile, et source de « tensions culturelles » comme le note Reuters. Les clients chinois considèrent la relation comme « strictement commerciale ».

La Chine compte désormais 40 millions de personnes infertiles – soit 12,5 % des personnes en âge d'avoir des enfants, une proportion qui été multipliée par quatre au cours de ces vingt dernières années. C'est là l'une des motivations qui pousse ces personnes vers la recherche d'une « GPA » à l'étranger, la procédure étant illégale en Chine. La Thaïlande, l'Inde et l'Ukraine proposent ces « services » mais les Etats-Unis, quoique plus chères, offrent aussi un meilleur système de santé.

Mais ce n'est pas le seul moteur de cette « industrie ». La politique de l'enfant unique fait risquer aux fonctionnaires la perte de leur emploi s'ils ont un second enfant, tous risquent peines, amendes et autres contraintes ; le faire naître à l'étranger permet dans une certaine mesure d'éviter les tracas puisque les enfants auront une nationalité étrangère et qu'ils passeront par une demande de visa et de permis de séjour au lieu d'avoir à s'inscrire sur le registre domestique qui donne accès à l'assurance maladie et aux écoles d'Etat.

Dans l'ensemble les Chinois cherchent à faire porter leur propre bébé, conçu in vitro grâce aux gamètes du père et de la mère, mais ils sont de plus en plus nombreux à envisager un don d'ovule soigneusement sélectionné. La plupart choisissent une donneuse d'origine ethnique asiatique – et, de préférence, un diplôme délivré par une des plus prestigieuses universités américaines. D'autres préfèrent programmer un enfant eurasien, recherchant des donneuses grandes et blondes.

La procédure de fécondation in vitro leur permet en même temps de commander des garçons – le choix le plus fréquent – ce qui suppose évidemment des destructions d'embryons, renforcées par les sélections génétiques là où les parents veulent éviter de transmettre un défaut héréditaire repérable lors du diagnostic préimplantatoire.



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23 juin, 2013

Chine : stérilisations forcées, toujours…

A Huizhou, ville de 3 millions d'habitants dans la province chinoise de Guangdong, il ne fait pas bon être femme et encore moins mère. Une nouvelle directive gouvernementale oblige celles qui sont en âge d'avoir des enfants de porter un dispositif intra-utérin (rappelons que le stérilet a une action principalement abortive) ou bien de se faire stériliser carrément par ligature des trompes si elles ont contrevenu aux aux dispositions de la politique de l'enfant unique.

Des affiches apposées dans la ville – photo sur LifeSite – promettent des récompenses aux femmes qui se présenteraient volontairement pour cette stérilisation temporaire ou permanente dans de brefs délais : dans la municipalité de Lilin on offre l'équivalent de 50 $ aux femmes ayant un seul enfant qui viendraient se faire poser un stérilet ; quant aux couples qui ont légalement deux enfants – celles dont le premier enfant était une fille par exemple – ils pourront y obtenir 2000 yuans (environ 326 $) en apportant la preuve qu'ils ont déjà été stérilisés. Les couples ayant eu, légalement, deux filles, se voient promettre 10.000 yuans (environ 1.630 $) pour se faire stériliser.

En fait les montants promis varient d'une municipalité à l'autre, faisant penser, selon l'article de LifeSite, que dans certaines d'entre elles l'argent réservé à ces « récompenses » puisse être détourné à d'autres fins.

Mais il y a aussi la menace.

Car les mamans de Huizhou qui, au terme du délai de mise en œuvre de ces normes, ne pourraient pas produire le certificat d'exécution délivré par un hôpital, ne pourront inscrire leurs enfants dans les écoles, ni recevoir des versements de sécurité sociale, ni avoir accès aux services administratifs. L'enregistrement d'un nouveau-né ne pourra se faire que contre la preuve de la mise en place d'un stérilet chez la jeune mère.

Il semblerait que le contrôle accru mis en place à Huizhou soit lié au fait que les taux de stérilisation et d'avortement y sont à la baisse…

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23 avril, 2013

Ghana : rappel de 100 millions de préservatifs défectueux

En Afrique noire, le Ghana fait partie des pays où l'infection par le virus du sida est importante. Et comme partout ou presque, les autorités ont décidé de lutter contre la propagation de la maladie en recommandant le port du préservatif. Trop cher pour la population locale ? Qu'à cela ne tienne : des associations et des centres de santé les distribuent gratuitement. A la fin de 2012, pas moins de 100 millions de préservatifs ont été commandés en Chine, sans doute à moindre coût, pour être ainsi offerts.

Mais la marque Be safe (soyez en sécurité) n'est pas à la hauteur de ses promesses. Plusieurs semaines après le début de la distribution, les autorités sanitaires du pays ont brusquement battu le rappel des objets. La Food and Drug Authority locale venait de procéder à des tests. Trop petits, trop fins, de mauvaise qualité, sujets aux déchirures, ils ont tous les défauts. Et même des trous. « Qui exposent les utilisateurs à des grossesses non désirées et à des maladies sexuellement transmissibles. »

Autrement dit, ils ne servent à rien et, pire, ils créent l'illusion de la « protection », ce qui naturellement incite à plus d'imprudences.

Comme le dit la presse africaine :
« Alors qu’un représentant de l’ONUSIDA a confirmé, interrogé par RFI, cette situation, une réunion doit avoir lieu aujourd’hui au ministère de la Santé Ghanéen destinée à mieux identifier les dysfonctionnements qui ont conduit à ce scandale. Il s’agira notamment de déterminer comment ces préservatifs ont pu commencer à être distribués alors que les résultats des contrôles n’étaient pas encore connus. L’affaire inquiète beaucoup les responsables de santé au Ghana et au-delà le reste de l’Afrique où les préservatifs “made in China” suscitent depuis longtemps une certaine défiance. Ainsi, en 2011, un tribunal sud-africain avait interdit au gouvernement d’acheter à la Chine 11 millions de préservatifs en raison des doutes sur leur qualité et de leur taille inadaptée. Outre la survenue de grossesses non désirées et la hausse des infections sexuellement transmissibles (et notamment de la transmission du VIH), les responsables sanitaires ghanéens redoutent que cette crise ne favorise un rejet plus général du préservatif. »
L'abstinence et la fidélité sont pourtant de loin le meilleur plan !


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11 janvier, 2013

Chine : renforcement de la politique de l'enfant unique


Loin d'assouplir sa politique de l'enfant unique comme on l'annonce ici ou là, la Chine prend plutôt des mesures pour la verrouiller. Le comité permanent de la municipalité de Shenzhen a adopté un réglement, entré en vigueur au début de ce mois, qui vise à traquer les contrevenants qui tentent de contourner la loi  en faisant naître leurs enfants « surnuméraires » en dehors de la Chine continentale.

Le règlement – premier de son type au niveau local – institue une amende pour les couples qui organiseraient l'accouchement d'un enfant n'entrant pas dans le cadre de la politique de l'enfant unique. Le couple sera alors solidairement redevable d'un montant équivalent à six fois le revenu disponible par tête dans la ville de Shenzhen au cours de l'année précédant la naissance.

L'amende est présentée comme un « paiement pour le maintien social ».

Elle équivaudrait aujourd'hui à 26.415 euros.

Une autre amende vient frapper les couples qui ont leur premier enfant sans avoir officiellement enregistré leur mariage dans les 60 jours de sa naissance, équivalente à deux fois le revenu moyen annuel disponible par tête ) Shenzhen.

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26 décembre, 2012

Chine : politique de l'enfant unique et corruption

Quand le gouvernement se mêle de dicter aux couples la taille de leur famille, l'intrusion intolérable se double forcément à un moment ou à un autre des effets pervers liés à l'accaparement par l'Etat de rôles qui ne sont pas les siens. En règle générale, la Chine empêche, par la menace et la contrainte, les citadins d'avoir plus d'un enfant, et les ruraux plus de deux, le deuxième leur étant consenti s'is ont d'abord une fille. On sait que cette politique a conduit à un véritable génocide des filles dans un pays où c'est le fils qui est tenu de prendre soin de ses vieux parents. On sait qu'elle est imposée par la contrainte, par le biais d'avortements et de stérilisations forcées, ainsi que par des amendes et des brutalités policières pour les contrevenants. Mais elle est aussi source de trafics et de corruption.

En rendant l'enfant rare, elle en a fait un objet de convoitise, devenu vite un objet d'échange ou de vol…

Les forces de l'ordre chinoises viennent ainsi de mettre la main sur un réseau de vente de bébés : 355 personnes soupçonnées d'y avoir participé ont été arrêtées, et parmi elles on compte des officiers du planning familial : ceux-là mêmes qui sont chargés de veiller au strict respect de la politique de contrôle de la population du gouvernement communiste chinois.

Le démantèlement du réseau a commencé le 18 décembre dernier et a permis à ce jour de « sauver » 89 enfants, comme le dit la presse chinoise ; terme à manier toutefois avec précaution s'agissant d'un pays où les forces de l'ordre, précisément, sont impliquées légalement dans les opérations de contrôle de la population…

On parle ainsi d'un officier de planning familial accusé d'avoir vendu quatre bébés, que l'on suppose arrachés à des familles qui avaient dépassé leur compte d'enfants. Un autre est soupçonné d'avoir acheté un bébé, un deuxième garçon alors qu'avec sa femme, il a déjà un fils de 10 ans.

Les garçons sont évidemment plus prisés que les filles, mais celles-ci dont également vendues par des familles déçues de ne pas avoir un fils et d'avoir épuisé leur quota. Ou abandonnées…

Quant aux officiers de planning familial, ils sont aussi parfois convaincus d'avoir accepté des dessous-de-table pour fournir aux familles le « hukou » ou permis d'enregistrement familial dont celles-ci ont besoin pour donner une existence légale à leur bébé « acheté ». Ils jouent également de leur pouvoir par rapport aux familles qui ont contrevenu aux règles pour les pousser à donner leur enfant pour l'adoption.

Les abus sont si nombreux qu'ils servent de justification à l'enregistrement des nouveau-nés sur une base de données génétiques afin de pouvoir les identifier grâce à leur ADN.

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21 décembre, 2012

Chine : on s'en tient à l'enfant unique

La Chine entend maintenir ses mesures de planification familiale au titre de sa politique nationale de base en vue de garder un taux de fertilité « relativement faible » sur son territoire continental, indique le quotidien chinois de langue anglaise People Daily. Celui-ci cite la ministre de la Population nationale et de la commission du planning familial, Wang Xi, qui a fait cette déclaration mardi lors d'une réunion de travail de la commission.

« Nous devons nous focaliser sur la stabilité de notre travail et maintenir une continuité dans les politiques de population de ce pays en vue d'obtenir un sain développement de la population ». Parler de développement est paradoxal dès lors que le taux de fertilité chinois tourne autour de 1,7 enfant par femme, sachant qu'il faut 2,1 enfant par femme dans un pays développé pour garantir le simple renouvellement des générations.

Il serait certes question de relâcher un peu la pression sur la politique de l'enfant unique, sans la démanteler, en rendant plus accessible le droit d'avoir deux enfants aux habitants des zones urbaines. « Mais la reproduction demeure guidée par le gouvernement », observe Lu Jiehua, professeur de socio-démographie à l'université de Pékin, membre de la Commission.

La même Commission se charge de gérer les populations migrantes et promeut les services de « santé reproductive » en vue « d'améliorer » les conditions de vie des Chinois : par l'avortement et la stérilisation, par exemple ? Il est en tout cas question de fournir gratuitement des examens de santé reproductive avant la grossesse dans l'ensemble des territoires continentaux « en vue d'éviter les défauts à la naissance ». Manière voilée de dire que certains n'auront le droit de procréer que sous stricte surveillance ou moyennant des dépistages serrés ?

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06 septembre, 2012

La Chine s'accroche à sa politique de l'enfant unique

Nonobstant la demande de plusieurs provinces, le déficit tragique de petites filles éliminées par avortement sélectif ou infanticide et les perspectives sombres d'une population vieillissante, le gouvernement central de la Chine a décidé de ne pas s'engager dans un quelconque assouplissement de la politique de l'enfant unique. Certains gouvernements provinciaux réclamaient la possibilité de permettre la naissance d'un deuxième enfant aux couples si l'un des époux est lui-même enfant unique.

Le directeur de la commission de la population et du planning familial de la province de Guangdong, Luo Wenzhi, a indiqué qu'on n'attendait guère de changement par rapport à cette politique pour le moment, d'autant que les gouvernements locaux n'ont pas le droit d'y toucher de leur propre autorité. Guangdong avait introduit une demande d'assouplissement, rappelle China Daily.

Selon le Center for Strategic and International Studies basé à Washington, la Chine comptera en 2040 27,9 % de personnes âgées de plus 60 ans contre 11,4 % en 2007, tandis que la proportion de personnes âgées de plus de 60 ans par rapport aux personnes actives y passera de 16 pour 100 actuellement à 61 pour 100 en 2050, dans un pays où une majorité de vieillards n'a pas de pension.

Pour autant la Chine continue d'imposer – par tous les moyens, y compris avortements et stérilisations forcés – sa politique de rétrécissement forcené de sa population, et de favoriser ceux qui s'y conforment. Je découvre à l'instant une information publiée début août par China Daily : la province d'Heilongjiang a décidé d'octroyer des aides publiques aux couples de parents qui se sont conformés à la politique de l'enfant unique et dont les deux membres ont plus de 60 ans. Ceux qui ont eu un emploi privé ou qui sont sans emploi y ont bénéficié d'une allocation unique de 3.000 yuan (375 euros).

Au niveau national, la Commission de la population et du planning familial a promis d'améliorer les allocations offertes aux familles rurales ayant adhéré à la politique de l'enfant unique, notamment à l'approche de la retraite : pour les familles urbaines, cela devra attendre puisqu'il est difficile au gouvernement d'allouer des fonds à un groupe aussi important en raison de « l'impératif de la croissance économique », a souligné Lu Jiehua, professeur de sociologie à l'université de Pékin.

Dans la province de Shaanxi, les parents urbains retraités capables de produire leur certificat d'enfant unique reçoivent une allocation mensuelle de 13,25 euros depuis 2011. « Nous ne nous y attendions pas mais sommes heureux de la recevoir comme une marque de respect », commente un fonctionnaire à la retraite.

D'autres allocations sont annoncées, notamment pour les parents dont l'enfant unique est mort ou handicapé de naissance ou par accident.

La population chinoise continue actuellement de croître du fait de son vieillissement.

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30 avril, 2012

Guen Guangcheng s'est échappé – la politique chinoise de l'enfant unique sous les projecteurs

Guen Guangcheng, l'homme qui dérange
L’avocat chinois aveugle et autodidacte Chen Guangcheng s’est échappé de son domicile où il était assigné à résidence dans des conditions très dures depuis plus d’un an et demi. « Il a pu sortir de chez lui le 22 avril et ses amis (…) l’ont conduit en lieu sûr, en dehors de sa province du Shandong », a indiqué à l’AFP Bob Fu, militant des droits de l’Homme basé aux Etats-Unis et en contact avec Chen. Chen Guangcheng a été incarcéré, battu, surveillé, privé de soins, pour avoir osé parler contre la politique de l’enfant unique en Chine et ses stérilisations et avortements forcés. (Source : Présent du 28 avril.)

Diverses sources annoncent que l'avocat militant a trouvé refuge à l'ambassade des Etats-Unis a Pékin, sans y avoir pour autant demandé l'asile politique puisqu'il ne veut pas cesser le combat qu'il mène depuis de longues années, et qui serait moins efficace s'il se trouvait hors des frontières chinoises.

La presse francophone insiste sur l'embarras des autorités américaines qui s'apprêtent à entamer des pourparlers commerciaux avec leur « honorable partenaire » chinois : Chen Guangcheng est perçu par elles comme un personnage encombrant capable de brouiller les entretiens par ses choix éthiques et politiques.

Barack Obama a même refusé de commenter ou de confirmer l'affaire aujourd'hui, répondant simplement qu'il était courant d'informations circulant à ce ce sujet.

Guen Guangcheng, en attirant l'attention internationale sur son sort, espère sans doute obtenir que lui-même et ses proches ne soient plus persécutés et malmenés. En même temps il force les regards vers la politique de l'enfant unique qui a toujours cours en Chine, avec des conséquences effroyables pour les femmes et les familles.

Ainsi, aujourd'hui, c'est un média du poids de CNN qui consacre un article au sujet, au lieu qu'il soit cantonné comme à l'ordinaire aux médias indépendants (et pauvres !) qui sont le plus souvent les seuls à en parler.

Ashley Hayes raconte l'histoire de Ji Yequing, enceinte – contrairement aux ordres gouvernementaux – de son deuxième enfant. Elle et son mari attendaient cette nouvelle naissance avec joie et impatience. Mais les autorités en ont eu vent, et c'est de force qu'elle a été traînée vers une clinique, non sans avoir battu son mari pour l'empêcher de lui venir en aide, puis maintenue plaquée sur un lit où elle a subi un avortement forcé.

Elle en a témoigné en septembre devant le Congrès aux Etats-Unis où elle a, depuis, trouvé asile. Racontant le « vide » abominable qu'elle avait ressenti : « Tout cet espoir, cette joie, cette attente heureuse avaient disparu. J'étais déprimée, triste. Pendant très longtemps, chaque fois que je pensais à mon enfant perdu, je pleurais… »

Ji Yeqing allait être soumise à un deuxième avortement forcé en 2006, trois ans après le premier, alors même qu'elle et son mari avaient déclaré qu'ils acceptaient les amendes et les sanctions (la perte de leur emploi) prévus si la jeune femme devait accoucher d'un deuxième enfant. Tout s'est terminé par un divorce, son mari d'alors lui reprochant de ne pas pouvoir lui donner un fils.

CNN rapporte d'autres cas particulièrement atroces d'avortements tardifs, dont un pratiqué à neuf mois où le bébé, né vivant, a été aussitôt noyé. Une image qui a fait le tour de Twitter en Chine.

Une autre femme témoignant devant le Congrès, Liu Ping, a subi cinq avortements forcés entre 1983 et 1990 avant de se voir implanter de force un dispositif intra-utérin. Elle devait alors se rendre dans la clinique de son usine tous les mois pour vérifier qu'elle n'avait pas ôté le stérilet et n'était pas enceinte : ayant raté une de ces visites en raison de la maladie de sa mère, en phase terminale, elle avait été agressée à son retour chez elle par des agents de la commission de planning familial qui l'ont battue : en chutant, Liu Ping s'est cassé deux vertèbres. Une tentative de suicide devait suivre, stoppée par ses proches : c'est ensuite seulement qu'elle a pu obtenir l'asile aux Etats-Unis et se réconcilier avec son mari dont elle avait divorcé.

La Chine connaît un taux de suicide féminin exceptionnellement élevé : 500 par jour. C'est aussi le seul pays au monde où le nombre de suicides féminins est plus important que celui des hommes.

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09 février, 2012

Politique de l'enfant unique : les tricheuses de Hong Kong

Le directeur du département du planning familial de la province chinoise de Guangdong vient de faire savoir que les couples de Chine continentale se rendant à Hong Kong pour y mettre au monde un deuxième enfant seront punis d'amende. Leur comportement, souligne Zhang Feng, viole la politique de l'enfant unique, rapporte China Daily cité par crienglish.com.

S'il se trouve des fonctionnaires parmi eux, la sanction s'annonce encore plus lourde : ces employés seront purement et simplement licenciés…

« Peu importe, a martelé le responsable, qu'ils donnent naissance à leur deuxième enfant sur le territoire continental ou dans d'autres pays ou région, ils ont violé la politique du pays et le règlements de la province. » Et d'ajouter que certaines familles avaient déjà été « punies » ces derniers mois.

Il réagissait à un article d'un journal de Hong Kong soulignant que les services de santé sur place étaient surchargées par l'afflux croissant de femmes chinoises qui viennent accoucher sur place et obtiennent un droit de résidence du fait de la naissance de leur enfant. Ainsi en 2010, sur les 88.000 naissances comptabilisées à Hong Kong – population totale, environ 7,5 millions d'habitants – plus de 41.000 concernaient des couples venant du continent, avec une majorité d'originaires de Guangdong.

Pour cette année, les autorités de l'île de Hong Kong ont fixé à 34.000 le nombre d'autorisations pour des femmes du continent désirant y accoucher. (Et les autres ? Avortement ? Accouchement clandestin chez elles en espérant ne pas êtres repérées par les fonctionnaires du planning ?)

On envisage également de modifier la loi pour que la Loi fondamentale de Hong Kong n'octroie plus un droit de résidence permanent à tous les enfants y naissant de femmes venant du continent, comme c'est le cas actuellement.


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08 octobre, 2011

Chen Guangcheng est-il mort ?

Des nouvelles inquiétantes nous proviennent de Chine où plusieurs groupes de défense des droits de l'homme font état de la possibilité du décès de Chen Guangcheng, incarcéré puis maintenu en résidence (très) surveillée pour s'être opposé à la monstrueuse politique de l'enfant unique dans son pays.

L'avocat aveugle – qui avait été nommé par Time l'un des 100 hommes les plus influents en 2006 et que certains auraient bien vu prix Nobel de la paix pour avoir déféndu les femmes de sa province de Shandong contre les avortements et les stérilisations forcées – a passé quatre ans et trois mois en prison jusqu'en octobre 2007. Il a ensuite été assigné à résidence avec sa femme et sa fille, placé sous surveillance rapprochée constante, passé à tabac à plusieurs reprises, privé de soins et de possibilités de ravitaillement (voir ici une vidéo clandestinement tournée chez lui par des amis).

Ce sont aujourd'hui les villageois de son lieu de résidence qui ont fait savoir qu'il était « déjà mort » mais il est difficile de le vérifier vu le black-out créé par les autorités par rapport à Guen Chuangcheng. Selon Radio Free Asia, citée ici, quelque neuf militants des droits de l'homme tentaient de s'approcher de son domicile pour lui rendre visite mais ont pour la plupart été privés de tout moyen de communication, mercredi ; certaines dépêches assurent même que le groupe a essuyé des tirs de la part des autorités du Shangdong.

La présidente de Women's rights without frontiers, Reggie Littlejohn, s'est dite « alarmée » par les rumeurs à propos de la mort de Chen : « Si Chen est mort, le Parti communiste chinois est pleinement responsable de sa mise à mort par la torture et le déni de soins médicaux, et en l'ayant lentement affamé. S'il est en vie, nous demandons urgemment que lui et sa famille soient libérés immédiatement et sans condition, pour qu'ils puissent bénéficier d'examens médicaux et de soins. »


Reggie Littlejohn – qui jadis a travaillé aux côtés de Mère Teresa en Inde – dénonce sans relâche la politique de l'enfant unique : lors d'une interview donnée à Rome à Zenit elle a dénoncé la barbarie des officiels du planning familial chinois dont la brutalité atteint non seulement à des enfants à naître tués jusqu'à la veille du terme mais parfois à leurs mères, et à leurs proches torturés et parfois tués si elles ne se rendent pas.

« La politique chinoise de l'enfant unique est la cause de plus de violence à l'égard des femmes et des filles que n'importe quelle autre politique au monde, et que n'importe quelle politique officielle de l"histoire du monde », avait-elle déclaré à Rome fin juin. Elle s'est elle-même mise au service de cette cause en travaillant, en tant qu'avocate, pour des chinoises chrétiennes demandeuses d'asile aux Etats-Unis parce qu'elles avaient été persécutées pour leur foi et stérilisées de force.

Elle estime que ces horreurs sont bien connues, y compris des grands de ce monde – par exemple Hilary Clinton – mais que bien des pays doivent trop d'argent à la Chine pour vouloir s'occuper de cette question (sans compter les juteux contrats qui lient les pays riches à cette « économie émergente », riche de ses millions de travailleurs !).

Les dommages sont directs et indirects : outre les avortements et stérilisations forcées, la politique a conduit à l'élimination prioritaire des filles avant leur naissance, à l'infanticide et à l'abandon de nombre de celles qui naissent quand même, puis à l'esclavage sexuel puisque le manque de jeunes filles conduit au trafic de jeunes femmes que l'on va chercher dans les pays voisins.

Me Littlejohn évoque également les taux de suicides féminins en Chine, les plus hauts du monde : sans que la corrélation avec la politique de l'enfant unique soit officiellement établie, on sait que chaque jour, 500 Chinoises mettent fin à leur vie.

Plusieurs témoignages sur des cas d'avortements forcés ont été livrés devant la Chambre des représentants aux Etats-Unis : des récits glaçants dont LifeSite rappelle aujourd'hui un des exemples les plus poignants : celui d'une femme avortée de force parce qu'elle n'avait pas de permis de grossesse – l'une des 10.000 femmes soumises à un avortement forcé dans son seul comté, selon l'un des officiels à qui elle avait eu affaire. Leur brutalité était telle qu'une infirmière avait pris plaisir à lui montrer le pied sanglant de son bébé avant de le jeter à la poubelle…

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04 août, 2011

Le match Inde-Chine sera démographique



Source image : ici
Intéressante projection du magazine britannique The Economist : si la politique de l’enfant unique avait été strictement mise en œuvre en Chine depuis son entrée en vigueur en 1979, et qu’elle continuait de l’être jusqu’à la fin du siècle, la population chinoise ne compterait plus que 145 millions d’âmes en 2100, contre plus de 1,3 milliard actuellement. Autrement dit, elle serait quasiment divisée par 10. A ce moment-là la Chine compterait 1,2 retraité pour 1 travailleur actif, et 9,2  pour 1 enfant. La projection de l’ONU pour la même époque prend en compte la mise en œuvre actuelle de cette politique et annonce une population d’environ 950 millions de personnes, soit 450 millions de moins, que le pic attendu en 2020. Le même numéro de l’Economists’intéresse à la croissance indienne et souligne qu’elle est soutenue par sa « force de travail importante et en augmentation », et par le fait que le ratio population active-retraités continuera d’augmenter en faveur de la première jusqu’en 2030, au contraire de ce qui se passe en Chine.

• Cette information a paru dans Présent daté du 5 août 2011.

30 juin, 2011

Shanghaï ne renonce pas à la politique de l'enfant unique

La population vieillissante de Shanghaï ne va pas connaître un printemps souhaité par certains élus du « Congrès du peuple » de cette mégapole chinoise : les autorités municipales ont refusé tout assouplissement de la politique de l'enfant unique.

Le projet était modeste : le député Hu Min proposait de permettre aux « familles bien éduquées » d'avoir un deuxième enfant, un privilège actuellement réservé aux couples qui n'ont aucun enfant d'un mariage précédent ou dont les deux membres sont enfants uniques.

La Commission de la population et du planning familial de Shanghaï l'a rejetée, annonçant que la venue de nombreux migrants et le premier assouplissement qui date de 2003 suffiront à répondre au problème. Et d'ajouter que le petit taux de fécondité répond à une « tendance internationale » de baisse de la natalité.

28 avril, 2011

Démographie chinoise : vieillissement inexorable

Je lis sur le site francophone d'un média chinois :

« La population de la partie continentale de Chine a atteint 1,3397 milliard d'habitants en 2010, soit une augmentation de 73,9 millions de personnes par rapport à 2000, selon les résultats du 6e recensement national annoncés jeudi par le Bureau d'Etat des statistiques (BES).
La population de la partie continentale a augmenté de 0,57 % par an depuis 2000, contre un taux annuel de croissance de 1,07 % sur la période 1990-2000. Pour Ma Jiantang, directeur du BES, c'est donc le signe d'un ralentissement de la croissance démographique.
Sur la population totale, la proportion hommes-femmes était de 51,27 % contre 48,73 %. 
La population urbaine de la partie continentale de Chine s'est élevée à 665,57 millions d'habitants jusqu'au 1er novembre 2010, représentant 49,68 % de la population nationale, soit 13,46 points de pourcentage de plus qu'en 2000, selon le BES.
La proportion des Han dans la population totale a légèrement baissé pour tomber à 91,51 % le 1er novembre 2010. Elle était de 0,08 point de pourcentage inférieure à celle de 2000 lors du 5e recensement national en Chine, a indiqué le BES.
Au total, 16,6 % de la population de la partie continentale de Chine est âgée de 14 ans et moins, soit un recul de 6,29 points de pourcentage comparativement à l'année 2000. Cependant, sur la même période, la part de la population âgée de 60 ans ou plus a augmenté de 2,93 points de pourcentage, soit désormais 13,26 % de la population totale.
Selon le dernier recensement, le taux d'analphabétisme dans la partie continentale a reculé à 4,08 % en 2010, contre 6,72 % en 2000.
Les provinces du Guangdong, du Shandong, du Henan, du Sichuan et du Jiangsu sont les provinces les plus peuplées de la partie continentale.
La Chine, le pays le plus peuplé du monde, a entamé le 1er novembre 2010 son 6e recensement démographique d'un mois sur sa partie continentale en mobilisant plus de six millions de personnes pour effectuer des entretiens de porte à porte auprès de plus de 400 millions de foyers du pays.
Les statistiques relatives aux populations de Hong Kong, Macao et Taiwan ont été fournies par les autorités de ces régions. »
L'avenir de la Chine se dessine là. Le vieillissement de la population dans un pays dont l'assurance-vieillesse est à la charge des jeunes générations laisse présager de gros problèmes. L'inquiétante disproportion entre la population masculine et féminine (bien que les femmes vivent plus longtemps) se manifeste également de manière nette.

Malgré quoi Hu Jingtao a annoncé mercredi que la Chine maintiendrait sa stricte politique de l'enfant unique, semblant mettre fin ainsi aux tentatives de mise en place d'un assouplissement (mais non d'un abandon du contrôle de la taille des familles) évoquées plus tôt dans l'année dans ce blog. Tout au plus a-t-il annoncé des mesures pour renforcer l'égalité des sexes pour mettre fin à ce que d'aucuns appellent le « féminicide ».

On veut maintenir le faible taux de natalité pour « préserver la croissance », comme l'a dit le chef du PC chinois.

Est-ce un hasard si le même jour, on apprenait via Romandie.news : « La Banque mondiale (BM) souligne les risques d'un brusque retournement du marché immobilier en Chine, qui pourrait avoir des répercussions négatives sur la deuxième économie mondiale, dans son dernier rapport trimestriel sur ce pays publié jeudi » ?

09 mars, 2011

Chine : la fin de la politique de l'enfant unique, peut-être – mais pas celle du contrôle de la population

La Chine envisagerait d'assouplir sa politique de l'enfant unique à la fin du plan quinquennal en autorisant les familles à avoir un deuxième enfant dans la mesure où des études démographiques en cours démontreront que cela n'aura pas pour effet une croissance rapide de la population.

Cette politique – évoquée dans les deux messages précédents – connaît à l'heure actuelle des dérogations rappelées par le quotidien chinois Global Times. Elles sont accordées, pour un enfant supplémentaire seulement, aux couples dont les deux membres sont déjà eux-mêmes enfants uniques, à ceux dont le premier enfant souffre d'une maladie congénitale, et aux parents des zones rurales ou faisant partie des minorités ethniques, dont le premier enfant est une fille.

Il s'agira, selon Zhang Li, l'un des directeurs délégués du Comité national de la population, de « réduire la population sans pour autant aggraver la situation induite par une population qui vieillit ». Un autre responsable, Wang Yuqing, insiste quant à lui sur la retenue volontaire des couples eux-mêmes en raison du coût très élevé que représente le fait d'avoir plus d'un enfant. Il s'agirait donc plutôt de se battre contre la baisse du taux de natalité dans les grandes villes…

En fait, la Chine tente de corriger des effets pervers de sa politique (mais il y en a bien d'autres, bien sûr !) comme le vieillissement qui fera doubler la proportion de personnes âgées de plus de 65 ans d'ici à 2030 (de 8,5 à 17,5 % de la population) dans un pays où l'assurance vieillesse faisant défaut, ce sont les enfants qui s'occupent de leurs parents âgés.

Bref, des projets, rien de certain, et même dans le cadre d'un assouplissement, la politique coercitive de contrôle de la population resterait en vigueur au-delà du deuxième « enfant autorisé ». Cela n'est pas plus acceptable.

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