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11 février, 2022

Les « devoirs avant les droits » selon Macron, Attal et Xi Jinping : petite réflexion sur les devoirs de l’homme sans Dieu

 
Gabriel Attal a choqué en déclarant dans un entretien au Parisien, fin janvier : « Dans l’après-Covid […], on veut poursuivre la redéfinition de notre contrat social, avec des devoirs qui passent avant les droits, du respect de l’autorité aux prestations sociales. » Il ne faisait que reprendre la déclaration d’Emmanuel Macron, le 31 décembre dernier : « Les devoirs valent avant les droits. » Florian Philippot faisait aussitôt remarquer que Le Monde résumait ainsi en janvier 2020 le crédit social chinois : « faire passer des devoirs avant les droits ». A l’heure où le passe vaccinal menace de se transformer en outil de contrôle digital pour vérifier la conformité des comportements des citoyens pour leur accorder ou leur retirer des droits et des libertés, le parallèle est saisissant. Macron et les siens ne se cachent plus : ils assument de vouloir changer à la racine le mode de fonctionnement de notre société. Et ils nous en ont donné un avant-goût depuis deux ans. Amer.

Les droits de l’homme précèdent-ils pour autant ses devoirs ? Dans leur acception révolutionnaire, issue de la Déclaration de 1789 et qui est aussi celle du pouvoir, oui. Mais n’oubliez pas que la Révolution a aussi engendré ce principe : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. » Autrement dit, il faut accepter le « contrat social » tel qu’il est défini et imposé par le pouvoir pour pouvoir bénéficier des droits. Aux ennemis de la liberté, on réservait la guillotine. (Ou l’extermination, pour les Vendéens…) Les droits de l’homme ont des ratés. Jean Madiran, en particulier, a montré ce qu’il en était des « droits de l’homme sans Dieu ». Benoît XVI résumait la chose en une formule frappante : « Sans Dieu, les droits de l’homme s’écroulent. »

Mais au-delà, l’école contre-révolutionnaire a toujours affirmé que l’homme a des devoirs avant que d’avoir des droits. Il naît débiteur : à l’égard de ses parents à qui il doit la vie, à l’égard de sa patrie, à l’égard de son Créateur.

Pourquoi donc se formaliser du propos du ministricule Attal ?

Parce que les devoirs prêchés par les puissants du jour, qu’ils vivent à Pékin, Pyongyang, Ottawa ou Paris, sont les devoirs de l’homme sans Dieu.

Ce sont des devoirs face à une tyrannie potentiellement sans limites, parce que servis par des moyens de surveillance, de contrôle et de sujétion à la fois inédits et colossaux, capables de s’immiscer jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne comme dans la vie sociale au sens large. Il s’agit bien d’une tyrannie totalitaire, capable de tout soumettre au pouvoir de l’Etat au moyen d’un « crédit social » (la récompense du comportement présenté comme conforme au bien de la société) ou, plus exactement, un « crédit politique », puisqu’il s’agit de récompenser celui qui se conforme aux injonctions du pouvoir, bonnes ou mauvaises, et qui de plus y adhère. Rien n’est plus facile aujourd’hui que de savoir si c’est le cas. Il suffit de profiler, en deux temps trois mouvements grâce aux algorithmes ad hoc, vos « j’aime » sur les réseaux sociaux !

Quand un esprit traditionnel affirme : « les devoirs précèdent les droits », ce n’est pas au sens où le dirait le nouveau grand timonnier autoproclamé, Xi Jinping, ou un séide de la Macronie. La référence que fait Gabriel Attal au « contrat social » est d’ailleurs parlante : celui-ci suppose une sorte de charte disjointe de la loi naturelle, où la volonté du grand nombre détermine l’organisation sociale, les droits, les devoirs, sans référence à une transcendance, à un bien préexistant, une vérité définitive, à l’objectivité d’une « morale sociale ».

Un contrat, par définition, résulte de la volonté des parties et se renégocie, le cas échéant – et souvent selon la loi du plus fort, car l’idée de l’adhésion de tous est un leurre, sans référence à un bien qui dépasse chacun. Et c’est au nom du positivisme qui préside au concept que l’on justifie différentes normes au cours du temps : qu’on pense à l’institution du mariage aujourd’hui soumise aux variations que l’on sait, jusqu’à l’avoir fait quasiment disparaître corps et bien sur le plan civil dans de nombreux pays, à la fois dénaturé dans son être et neutralisé dans ses attributs.

Le « contrat » macronien, prêché par Attal, comme le « crédit social » qui régit la vie des Chinois, peut ainsi mener n’importe où. Les « devoirs » du jour sont multiples et ouvrent un vaste champ de créativité : se-vacciner-pour-protéger-les-plus-faibles sous peine d’être exclu de la société ; protéger-la-planète en émettant moins de CO2 ou en ayant moins d’enfants ; suivre les injonctions publiques en matière de sucre, d’alcool et de matière grasse pour protéger-l’hôpital-de-l’afflux-de-patients ; s’abstenir de commentaires négatifs susceptibles de réduire l’aura des gouvernants et la croyance en leurs dires, pour protéger-les-plus-influençables.

Le prix à payer est déjà le même en France qu’en Chine dans certains domaines, même si la Chine, pays modèle pour beaucoup, va bien plus loin aujourd’hui dans le contrôle de sa population. En France, nous en sommes là : interroger la validité des mesures COVID et en tirer les conséquences pour soi conduit à être banni de nombre d’activités, des transports rapides, des visites aux proches hospitalisés, etc. Et même du droit de travailler ! Demain, l’observance de ces diktats, mais aussi d’autres à venir, sera condition de l’accès à certaine libertés, à certains biens, à certains crédits, à certaines prestations… Vous verrez.

Ce n’est pas un hasard si les pays de civilisation chrétienne sont ceux qui ont codifié les droits, de la Magna Carta à l’habeas corpus, de cette France de jadis « hérissée de libertés » aux diverses déclarations de droits.

Pourquoi ? Mais justement parce que ceux-ci découlent de devoirs. Le code de conduite qui fonde notre civilisation est précisément le Décalogue, un catalogue de devoirs et d’interdits, envers Dieu, envers notre prochain, à l’égard de notre famille et de notre patrie, à l’égard de chacun.

Je dois adorer Dieu, je dois chercher la vérité ; de cela découle mon droit absolu, antérieur à l’Etat et à tout « contrat social », de pratiquer la vraie religion, de croire – et de ne pas être contraint de croire.

Je dois honorer mon père et ma mère ; de même, père ou mère, j’ai d’abord des devoirs envers l’enfant que j’engendre ; sujet ou citoyen d’un pays, celui-ci peut exiger de moi le sacrifice de ma vie en temps de guerre. Mais aussi : je suis libre, et c’est un droit qui précède celui de l’Etat ou de ses gouvernants sur moi, de me marier, ou pas, de donner la vie, ou pas, d’éduquer mes enfants sans immixtion de l’Etat – même si les pouvoirs publics ont le devoir et donc le droit de me sanctionner si je porte gravement atteinte au bien de mes enfants.

De l’interdiction de tuer l’innocent (parce que chaque homme est créé à l’image de Dieu, personne unique et irremplaçable), qui est devoir de respecter la vie d’autrui, découle le droit individuel de voir ma vie respectée. De cette dignité de l’homme, « animal raisonnable » qui doit sa vie à Dieu, doué d’une âme immortelle, revêtu de la responsabilité personnelle de bien agir, découle le devoir de l’Etat de respecter ce qu’on appelle aujourd’hui les « libertés fondamentales », si bafouées aujourd’hui à la fois dans leur existence pratique et dans leur définition, puisque celle-ci n’est plus déterminée par le bien, le vrai, le bon.

Les Etats modernes qui rejettent toute transcendance, qu’ils soient athées de manière militante ou laïques au sens séculariste, et cèdent à la tentation de la tyrannie du contrôle social, créent et imposent des devoirs en roue libre. Leur droit usurpé les conduit à décider ce qui est « bien », à infliger à coups de matraque le bonheur par eux défini, à façonner l’homme à leur image.

Face à cela, nous avons d’abord un devoir de résistance !


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12 novembre, 2012

Un homme dans le vestiaire des filles ? Oui, s'il est transgenre…

“Colleen Francis”
Cette histoire de non-discrimination se passe dans une université publique de l'Etat de Washington. Les responsables ont décidé de ne pas empêcher un étudiant de 45 ans d'utiliser le vestiaire des filles, ni même de l'y empêcher de se prélasser nu… parce qu'il est « transgenre ». Eh oui, celui qui se désigne comme « Colleen Francis » se perçoit comme une femme. Et ce serait de la « transphobie » (notion récemment ajoutée à l'arsenal anti-raciste français par l'équipe de François Hollande) que de le renvoyer chez les messieurs.

Le vestiaire est partagé par plusieurs écoles et équipes sportives locales et accueille notamment des fillettes et des jeunes filles de 6 à 18 ans faisant partie d'équipes de natation. Le 26 septembre dernier, ce sont elles qui ont aperçu le… personnage entièrement nu derrière la vitre d'un sauna, ne cachant rien de ses attributs malgré tout masculins.

Des parents portèrent plainte avec le coach de l'équipe, des témoignages furent recueillis, mais, la direction d'Evergreen State College ayant indiqué qu'elle ne tiendrait pas compte de « l'identité biologique » de « Colleen Francis », l'affaire s'arrêta là. L'équivalent du ministère public de l'Etat de Washington a indiqué qu'il ne poursuivra pas pour exhibitionnisme.

L'université s'est contentée d'installer des rideaux afin que les jeunes filles puissent se changer sans être vues de l'intéressé. Ce qui ne garantit en rien qu'elles ne le verront pas, elles… Ou aurais-je dû dire : « l'intéressée », et : « ne la verront pas » ? De peur de passer pour transphobique ?

Voilà où mène le discours des droits…

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25 octobre, 2012

L'ONU refait pression sur l'Argentine pour l'avortement légal

Plusieurs pays et ONG agréées par l'ONU ont demandé à l'Argentine de garantir l'accès à l'avortement dépénalisé dans certaines circonstances, en prenant acte de la sentence de mars dernier de la Cour suprême de Justice de la Nation en ce sens, qui n'a pas encore été traduite dans les faits dans l'ensemble des provinces argentines.

Ils l'ont fait dans le cadre de la 14e session d'Examen périodique universel de la situation des droits de l'homme dans divers pays membres de l'ONU, qui se tient depuis le 22 octobre et jusqu'au 5 novembre prochain dans le cadre du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève. L'Argentine a dû présenter son bilan et entendre les remarques des intervenants lundi dernier, jour où donc, en un tir de barrage nourri, les différents représentants de pays membres et d'organismes de droits de l'homme ont répété leur exigence de voir ce pays élargir le spectre des avortements dépénalisés.

Il faut dire que l'affaire était très téléphonée, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme ayant au préalable compilé les dires de différents rapports pour mieux orienter les pressions sur l'Argentine, suscitant implicitement une référence à l'avortement « sans danger » (sous-entendu : légalisé) qui ne figure pourtant dans aucune convention internationale ratifiée dans le cadre de l'ONU. C'est cette absence qui explique le fait qu'il ne soit pas fait mention explicite de l'avortement légal, mais cela est fortement suggéré.
« Les organismes des Nations Unies présents en Argentine ont indiqué que la  mortalité maternelle, dont la réduction restait l’un des principaux défis à relever pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement, avait pour cause principale les complications liées aux avortements. La mortalité infantile avait continué de baisser progressivement mais ce pays pourrait difficilement atteindre l’objectif 5 du Millénaire  prévoyant la réduction du taux de mortalité maternelle de 75 % entre 1990 et 2015 (de 52 à 13 pour 100 000 naissances vivantes). En outre, le taux de fécondité des adolescentes  restait élevé. Les grossesses précoces augmentaient les risques de mortalité maternelle et avaient des incidences sur la santé néonatale et infantile car la morbidité et la mortalité d’un nouveau-né dont la mère est adolescente sont quatre à cinq fois plus élevées. Les organismes des Nations Unies présents en Argentine ont recommandé de renforcer les politiques menées pour garantir un accès universel à la santé en matière de sexualité et de procréation et de poursuivre les efforts menés pour garantir l’intégration d’une éducation sexuelle complète dans les programmes d’enseignement de tous les établissements éducatifs du pays, l’objectif étant de réduire le taux de grossesse des adolescentes. »
 La vidéo de séance de questions au responsable argentin n'a pas encore été mise en ligne à l'heure d'écrire mais nous disposons déjà des questions écrites préparées pour la séance par différents pays.

• Pays-Bas. Entre une première question sur les droits des femmes et les violences qui leur sont faites, et une dernière sur la prévention de la torture, le représentant néerlandais n'avait qu'une seule autre préoccupation : les « avortements dangereux ». « Les chiffres semblent indiquer que les avortements  dangereux dont une cause majeure de mortalité et de morbidité maternelles. Le Gouvernement peut-il indiquer si le récent jugement de la Cour suprême (mars 2012) peut avoir un impact sur ces chiffres ? »

• La Norvège est un peu moins péremptoire, mais quand même. « Selon l'OMS, 27,4 % des morts maternelles en Argentine sont la conséquence de l'avortement illégal. Considérant la gravité de ce problème, nous voudrions aimablement demander au Gouvernement argentin d'expliquer comment ils travaillent à faire baisser le taux de mortalité maternelle en général et les avortements illégaux en particulier. »

Lors des questions orales, le refrain a repris.

• L'Allemagne a salué la décision de la Cour suprême visant à assurer l'accès des victimes de viol à l'avortement sûr et légal : « Nous sommes confiants de voir le gouvernement argentin à mettre en œuvre des mesures appropriées en ce sens. »

• L'Uruguay a attiré l'attention sur le rôle de l'avortement dans la maternité maternelle – après être devenu cette semaine le premier pays d'Amérique latine, hors Cuba, à légaliser l'avortement à la demande.

• La Suisse a réclamé l'accès concret à l'avortement légal.

• La Slovénie a pour sa part réclamé un meilleur accès aux services et aux produits de santé reproductive.

Du côté des ONG, le même genre de réclamations est venu de l'Equipe latino-américains pour la justice et le genre (ELA) et la Fondation pour la santé des adolescents (FUSA)pour qui « l'incrimination de l'avortement reste l'un des principaux obstacles aux droits des femmes. Mais aussi d'Amnesty International, qui parle de 500 000 avortements par an et réclame la dépénalisation dès lors que la grossesse risque de nuire à la« santé physique ou mentale ».

Les promoteurs de droits LGBT n'étaient pas en reste et la Fédération argentine de lesbiennes, gays, bisexuels et trans (FALGBT) a pu longuement s'exprimer alors que le représentant argentin se trouvait pour ainsi dire dans le box des accusés : elle s'est félicitée de la loi sur le « mariage égalitaire » au profit des homosexuels, mais elle a regretté que « les codes de contraventions incriminent les identités de genre » (en clair : les femmes transsexuelles). Elle a regretté encore que la loi sur les actes de discrimination ne reconnaisse pas, « pour l'heure, l'identité de genre et l'orientation sexuelle comme causes de discrimination » (comme le fait déjà, rappelons-le, la Charte des droits de l'UE).

Retenez aussi ceci, qui est publié sans sourciller par l'ONU : « La FALGBT estime que l’éducation religieuse reste l’une des principales sources de reproduction de préjugés, de discours discriminatoires et de harcèlement dans le milieu scolaire. » Et réclame aussi « l'éducation sexuelle » qui existe sur le papier dans un « programme complet » depuis 2006 mais qui n'est pas mise en œuvre dans les établissements scolaires. Elle parle comme Vincent Peillon en France.

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12 janvier, 2012

Etats-Unis : les droits des religions affirmés par la Cour Suprême

La Cour Suprême des Etats-Unis a rendu mercredi à l'unanimité une décision favorable aux « dénominations » religieuses en affirmant leur droit d'embaucher et de licencier leurs collaborateurs sans droit de regard des pouvoirs publics.

Dans cette affaire Cheryl Perich, une femme atteinte de narcolepsie, avait voulu retourner dans l'école évangélique luthérienne Hosanna-Tabor de Redford, Michigan à l'issue de son arrêt de travail, pour reprendre son poste d'enseignante. Il lui fut répondu qu'elle avait été remplacée pour l'année. Elle menaça alors de porter l'affaire devant les tribunaux, et fut licenciée sur-le-champ.

Mme Perich agit alors en justice pour faire reconnaître le caractère illégal de son licenciement décidé en réponse à sa première menace de saisir le juge. L'école devait répondre qu'elle avait été licenciée pour un motif religieux, étant entendu que l'église dont elle dépendait s'engage à la résolution interne des conflits. Cheryl Perich avait néanmoins un dossier solide puisqu'elle s'appuyait sur la loi protégeant les « Américains handicapés » et c'est la Commission de l'Egalité des chances pour l'emploi qui poursuivit l'école Hosanna-Tabor.

La Cour Suprême a suivi l'argumentation de l'école qui a invoqué les clauses religieuses du 1er Amendement en reconnaissant que le fait d'obliger une église à conserver un « ministre » constituerait une « ingérence dans la gouvernance interne de l'église » en l'empêchant de choisir « ceux qui devaient incarner ses croyances ». La Cour ajouta que cette exception ne concerne pas seulement le « ministre » chef d'une assemblée religieuse mais aussi tous ceux qui par leur rôle d'enseignement agissent comme « ministres ». Mme Perich faisait entre autres de l'instruction religieuse et faisait prier les élèves.

Même si – à la manière américaine – l'arrêt de la Cour de Suprême donne un luxe de détails précis sur le cas d'espèce, les juristes spécialisés estiment que la décision a une grande portée puisqu'elle rejette la conception très étroite du champ de l'exception religieuse défendue par l'administration Obama, et ce d'autant plus qu'elle a été prise à l'unanimité.

Mark Rienzi, juriste du Becket Fund pour la liberté religieuse, qui a assisté les responsables de l'église évangélique luthérienne dans l'affaire, souligne notamment que les multiples affaires actuellement pendantes à propos de l'obligation faite aux assureurs-santé de couvrir la contraception, aux termes de l'Obamacare, pourraient prendre une tournure plus favorable (pour l'Eglise catholique notamment).

L'évêque catholique chargé de la commission ad hoc des évêques des Etats-Unis, Mgr William E. Lori, a salué la décision en la qualifiant de « victoire pour la liberté religieuse et pour la Constitution des Etats-Unis », soulignant l'importance de la liberté d'embauche pour les églises.

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24 juin, 2011

France : la révision des lois bioéthiques est définitive

Au terme d’un très long parcours qui a commencé avec des « états généraux » censés donner la parole aux Français, le projet de révision des lois bioéthiques a été adopté définitivement jeudi par 170 sénateurs contre 157, qui regrettaient son caractère encore trop respectueux de la vie. Fait rarissime, le rapporteur UMP du texte, Alain Milon, a voté contre : « Nous n’avons pas su faire évoluer notre droit avec la société française », a-t-il fustigé. Il aurait voulu qu’on autorisât par principe la recherche sur l’embryon, en faisant sauter la dernière protection symbolique qui – et c’est heureux – reste acquise au tout petit d’homme.

L’AFP, curieusement, explique que les sénateurs ont tout fait pour « muscler » le texte en supprimant l’interdiction de principe de recherche destructrice pour l’embryon. Muscler ? Non, se plier devant les folles exigences de chercheurs pour qui l’être humain n’est qu’un matériau, et les intérêts financiers de grands laboratoires avides de ce matériau finalement peu onéreux et paradoxalement plus facile d’accès que les embryons d’animaux.

Il faut donc, malgré les terribles injustices de ce texte, qui fait dériver le droit français vers encore plus de culture de mort, saluer la fermeté des députés qui ont refusé de plier sur ce point. Sans oublier pour autant que le texte permettra de multiplier les dérogations et comporte bien d’autres aspects très contestables. Comme le développement prévisible du diagnostic prénatal et son corollaire, l’augmentation des avortements eugéniques. Comme l’appel effréné à toujours plus de dons d’ovules et de sperme, pour mieux préparer le Meilleur des mondes.

Le 21 juin, dans un hémicycle clairsemé, 94 députés contre 68 ont adopté la version du texte retenue par la commission mixte paritaire.

Image du peu de cas que l’on fait finalement d’un texte qui touche à la conception même que le droit français se fait de l’être humain et des règles fondamentales qui obligent à le respecter.
Marie-Thérèse Hermange, que l’on pourrait qualifier de « pro-vie UMP », s’est félicitée du « travail exemplaire de l’élaboration d’une loi ». A-t-elle oublié que les positions plutôt conservatrices en matière de respect de la vie issues des états généraux avaient été allègrement balayées par le législateur, comme si la consultation des Français n’avait pas eu lieu ? A-t-elle oublié que, malgré ces freins à la décadence qui ont été obtenus grâce à la mobilisation de beaucoup – l’Alliance pour les droits de la vie, la fondation Jérôme-Lejeune, l’action du Dr Michel Villette, une mobilisation de la presse catholique pour ne nommer que cela – la nouvelle loi aggrave la situation existante ?

A-t-elle oublié tous les quolibets, toutes les accusations d’ingérence de l’Eglise qui ont fusé contre certains députés plus soucieux du respect de la vie, dénoncés comme catholiques à cause de leur prise de position ? Quand on conteste le massacre des innocents, on est donc obscurantiste dans un débat « exemplaire » ?

Le cardinal Vingt-Trois a dénoncé, fin mai, le « recul de civilisation » que représenterait la loi bioéthique telle que le Sénat la voulait. Le recul est toujours là. Un tout petit peu moins rapide. Il dénonçait alors des « démissions peu réfléchies et peu courageuses ».

La leçon est claire : au travail !

Article paru dans Présent daté du 25 juin 2011.

11 septembre, 2010

A qui appartiennent les enfants ?

Le Salon beige rapporte ici l'affaire d'une jeune maman italienne qui, après avoir refusé d'avorter comme le lui demandaient les services sociaux, s'est vue retirer son nouveau-né (une petite fille) qu'un tribunal avait déclaré « immédiatement adoptable » au motif que la jeune femme était dans une situation de pauvreté matérielle et affective.

La jeune mère n'a même pas pu voir son bébé et le personnel soignant a reçu l'ordre de ne pas lui donner de nouvelles/

Ce fait divers extrêmement choquant apparaît comme un symptôme précurseur d'une tendance idéologique qui se manifeste de manière épisodique mais insistante : ne devrait-on pas, disent ses tenants, empêcher les incapables d'avoir des enfants ? Je vous parlais au mois d'août d'une tentative de stérilisation forcée sur une femme à bas QI au Royaume-Uni (voir ici), suivie par les déclarations d'un professeur d'université réclamant la stérilisation des « inadaptés » (ici). En avril dernier, un sondage aux Pays-Bas révélait que 62 % des personnels soignants étaient d'accord sur le principe de la stérilisation obligatoire des déficients mentaux (ici).

L'excellent site australien d'informations bioéthiques BioEdge évoque ici une nouvelle réflexion menée par deux femmes universitaires qui se demandent si « les parents font bien les meilleurs parents ». Daniela E. Cutas de l'Université de Gothenburg, et Lisa Bortolotti de l'Université de Birmingham se posent cette question dans Studies in Ethics, Law and Technology.

Elles partent des critères auxquels doivent satisfaire les personnes demandant une procréation médicalement assistée (PMA, procréation artificielle) au nom du bien de l'enfant, ne sont pas actuellement imposés aux personnes qui peuvent procréer de manière naturelle. Voici ce qu'en pensent Cutas et Bortolotti :

« Ce que nous ne devrions ni promouvoir, ni respecter, c'est la parentalité accidentelle qui ne s'accompagne pas d'une réflexion critique quant à son exercice, la manifestation ostentatoire des capacités reproductives, la mauvaise parentalité que personne ne met en cause, et le conformisme aveugle par rapport à la culture pro-reproductive. »

BioEdge note quelques-unes des propositions de ces deux dames pour en finir avec la « culture pro-reproductive » :

Contraception obligatoire, sans tenir compte des convictions personnelles. « Imposer la contraception porte atteinte aux libertés individuelles. Mais nous ne devons pas oublier que le fait d'empêcher des individus de recevoir une assistance pour devenir parents porte aussi atteinte aux libertés. »

Confisquer les enfants dès la naissance aux parents incompétents. « Pour répugnant que cela (…) puisse paraître, le bénéfice qui résulterait d'un certain degré de régulation de la reproduction naturelle et la parentalité subséquente (…) ne sont pas à écarter d'un revers de la main. »

Education obligatoire à la parentalité. « L'objectif principal de l'éducation à la parentalité devrait être de faire comprendre que la parentalité n'est pas la prérogative de l'individu ; et qu'elle ne doit pas être considérée simplement comme le moyen d'atteindre une forme d'accomplissement personnel alors que d'autres aspects de sa vie sont moins que satisfaisants. »


L'enfant n'est certainement pas un dû. Mais ce n'est pas non plus un « don » que pourrait lui concéder la société sur constatation de conformité au modèle par elle établi.

Si l'on veut bien être honnête, ce genre de propositions relève clairement de l'eugénisme et du contrôle social et étatique sur la famille. Un discours aussi radicalement contraire aux « droits de l'homme » peut néanmoins s'exprimer, sans que personne ne s'en émeuve, dans de très sérieuses revues universitaires.

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23 juillet, 2010

Argentine : de la difficulté de tenir bon

Je vous disais ici le combat de deux juges des registres civils argentins, Marta Corvella et Alberto Arias,qui dès l'adoption de la loi instituant le mariage gay avaient annoncé leur intention de ne jamais en célébrer un, pour des motifs religieux. Eh bien, Marta Corvella dont la ténacité semblait déjà douteuse quelques heures avant ses premières déclarations tonitruantes et très médiatisées, vient de se rétracter totalement.

Mieux, elle a d'ores et déjà accepté de célébrer la première union gay dans le ressort du registre civil de General Pico (province de La Pampa) : ce sera le 17 août prochain, entre deux magasiniers âgés respectivement de 61 et 57 ans et qui ont mené 27 ans de vie commune.

On imagine mal les raisons d'un tel revirement mais on en connaît un peu mieux les circonstances : Marta Covella a changé d'avis à la suite d'entretiens avec son pasteur. Je me demandais de quelle dénomination celui-ci pouvait bien être : c'est un évangélique. L'un des deux « fiancés » qui ont déjà été reçus par la juge a fait savoir que c'était une personne « avec beaucoup de cœur », très croyante, qui les a invités à venir prier dans son église (évangélique, je le répète).

Celle qui était prête à mettre sa vie dans la balance pour ne pas « hypothéquer sa vie éternelle » a donc rencontré une interprétation de la Bible plus accommodante...

De son côté le directeur du registre civil de Concordia, Alberto Arias, a déclaré qu'il aimait encore mieux marier Alfredo Astiz, condamné pour crimes contre l'humanité pour son rôle pendant la dictature argentine, qu'un couple d'homosexuels.

« Eh oui… Pourquoi refuserais-je de marier ce pauvre homme ? Ce “pauvre homme” entre guillemets : cet être humain. Pourquoi ne le marierais-je pas ? Si non, je ne peux plus dire le Notre Père : si nous ne pardonnons pas, nous ne le pouvons pas. Pendant combien de temps continuerons-nous d'accuser ? », a-t-il répondu aux questions du journaliste de la radio La Voz de Parana.

Alberto Arias a annoncé qu'il chercherait à bénéficier du droit à l'objection de conscience s'il se trouvait devant une demande émanant d'un couple gay, en laissant un juge suppléant enregistrer le mariage (ou faire le sale boulot ? Mais, a-t-il concédé, si personne d'autre n'était disponible, il serait bien obligé de s'y mettre, parce qu'il doit respecter la loi.

Etrange déclaration, si l'on considère qu'Alberto Arias est le seul avocat canoniste habilité par l'Eglise à intervenir dans les procès canoniques dans la province d'Entre Rios. C'est une autre façon de dire non à une loi morale qui primerait sur la loi civile, la base même du positivisme juridique et l'effet de la dictature du positivisme.

Maintenant il faut bien reconnaître qu'il n'est pas facile de mettre en jeu des années de carrière (dont vingt à la tête du registre civil de Concordia) ni de se retrouver seul face à l'appareil politique. Quelle est la solution ? Peut-être le soutien militant et affirmé des populations civiles et l'appel à la résistance des autorités religieuses. Encore faut-il qu'elles acceptent, et d'agir, et de se mettre en réseau en vue de ces démonstrations de force.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...