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16 janvier, 2021

Argentine : Alberto Fernandez promulgue une loi d’avortement à la demande qui méprise les droits des objecteurs de conscience

Le président argentin Alberto Fernandez a promulgué jeudi la loi sur l’avortement qui entrera en vigueur neuf jours après sa publication au Journal. C’était une promesse de campagne de Fernández – après de multiples tentatives infructueuses du lobby de la culture de mort –, et sa discussion a débuté au Congrès national le 1er décembre 2020. Il aura fallu moins de deux mois pour que le projet de loi soit approuvé par le Congrès, suivi par le Sénat qui l’a approuvé par 38 voix pour, 29 contre et 1 abstention. Et il n’aura fallu que deux ans pour inverser le courant depuis le rejet d’un projet de dépénalisation en 2018.

C’est une loi extrêmement libérale puisqu’elle autorise les avortements jusqu’à la 14e semaine de grossesse sans qu’il soit nécessaire d’établir un motif pour en faire la demande. Passé ce délai, il est possible de demander un avortement pour cause de viol, la demande de la femme étant suffisante. Les femmes de plus de 16 ans doivent simplement signer une déclaration sous serment. Pour les filles de moins de 13 ans, aucune attestation ne sera requise et pour celles ayant entre 13 et 16 ans, seul un « consentement éclairé » écrit sera exigé. Après 14 semaines de gestation, un avortement pourra également être pratiqué en raison d’un « danger pour la vie ou la santé » de la mère. 

« Il y a eu un vaste débat sur la question » : c’est avec ces mots qu’on peut résumer, avec ACIPrensa, l’argumentaire des pro-mort. Ils ont en effet mené une campagne d’une rare intensité, qui a culminé avec le délire joyeux des foules de féministes qui ont salué le vote de la loi à Buenos Aires.

Le projet a été adopté à marches forcées : en décembre 2020, les sessions parlementaires ont été modifiées, le nombre de présentations d’experts a été réduit et le projet de loi a été approuvé malgré le fait que plus de 90 % de la population argentine sont opposés à l’avortement légal.

Lors de la cérémonie de promulgation, qui s’est tenue au Musée du Bicentenaire de la Casa Rosada – le palais présidentiel argentin – Alberto Fernandez a déclaré qu’il avait tenu parole et que cette loi rendait l’Argentine « un peu plus égalitaire, un peu plus juste ».

« Nous sommes beaucoup d’hommes à nous sentir très mal de devoir vivre avec l’inégalité », a déclaré Alberto Fernandez, ajoutant foi à l’idée que la pénalisation de l’avortement fait des femmes des citoyennes de seconde zone. Et d’ajouter : « Je suis très heureux de mettre fin au patriarcat car c’est une grande injustice qui a été vécue au sein de l’humanité pendant des siècles. » Le discours sur le patriarcat est évidemment celui du féminisme radical : il fait le lit de l’idéologie du genre et du rejet de toute loi naturelle.

« Nous sommes en train d’élargir la capacité de décision », a ajouté Fernandez avec gourmandise : « Qu’il est saisissant de constater qu’au XXIe siècle, nous discutons de ces choses… Nous donnons plus de liberté aux femmes et plus de capacité de décision… C’est un pas immense et c’est aussi le résultat d’une lutte collective », a-t-il renchéri. Oui : autonomie de la créature humaine qui détermine son propre « bien » et en décide, libérée des dogmes et des lois : si ce n’est pas un discours franc-maçon, je mange mon chapeau.

Le ministre de la femme, de l’égalité des sexes et de la diversité, Elizabeth Gomez Alcorta, le ministre de la santé, Ginés González García, la secrétaire juridique et technique, Vilma Ibarra, et d’autres représentants des partisans de l’avortement se sont joints à la présidente. Vilma Ibarra se trouve avoir été la concubine du président argentin de 2005 à 2014.

Elle a insisté sur le fait que le projet de loi sur l’avortement « répond à un très grave problème de santé publique, l’avortement clandestin » ; tant il est vrai que l’argumentaire du lobby de la mort est invariable. Elle a également déclaré que la loi « ne viole les croyances de personne » : « Personne n’aura à vivre ou à prendre des décisions contre ses convictions, chacun pourra continuer à prendre des décisions en fonction de ses croyances et de ses convictions », a-t-elle assuré.

La loi qui vient d’être promulguée par le président argentin comporte la reconnaissance de la clause de conscience. Mais elle est toute relative puisque le médecin objecteur qui ne peut être contraint à participer directement à un avortement sera obligé d’indiquer à sa patiente un médecin non objecteur pour qu’elle soit « soignée » dans les plus brefs délais.

Pire : si « la vie ou la santé » de la mère sont menacées, le médecin objecteur sera obligé d’exécuter l’opération – et il s’agit là, vu les dispositions de la loi, d’avortements tardifs, au-delà de 14 semaines de gestation.

Par ailleurs, l’objection de conscience est accordée uniquement aux personnes, et non aux institutions. Si dans tel établissement de santé, tous les médecins sont objecteurs, son administration devra renvoyer la femme vers un autre plus complaisant, tout en continuant de gérer son dossier et en se voyant imputer les frais relatifs à l’intervention.

Pour Jorge Nicolás Lafferrière, professeur de « Biodroit » à l’université catholique d’Argentine, la loi est « injuste et inconstitutionnelle » précisément dans la mesure où elle oblige le médecin à une forme de coopération avec l’avortement à travers les mesures précitées. Par ailleurs, souligne-t-il, les autres soignants – échographistes, anesthésistes, généticiens, pharmaciens… sont exclus de l’objection de conscience.

L’entrave et le retardement d’un avortement imputables à un fonctionnaire public ou un soignant sont par ailleurs punis de trois mois à un an de prison.
C’est méconnaître le droit fondamental et même non écrit à l’objection de conscience, juge Lafferrière, et ce d’autant en cette occurrence que « l’avortement contredit des principes fondamentaux de l’éthique médicale, à commencer par le serment d’Hippocrate ».

Des représentants de groupes pro-vie ont annoncé le dépôt d’une procédure de recours devant la cour constitutionnelle argentine.

Il y a moins d’un an, ce président si ravi de donner de nouveaux droits octroyés aux femmes victimes d’un « patriarcat » multiséculaire était de passage à Rome avec son actuelle concubine, Fabiola Yañez. Il y était reçu par le pape François pour un entretien « long et cordial » comme on dit en langage diplomatique pour signifier une belle entente. L’exhortation Amoris laetitia fut remise au couple présidentiel : ça tombait bien, Alberto et Fabiola venaient de communier à la messe célébrée pour eux au Vatican.

Il semble établi que Fernandez s’est fâché très fort en apprenant, une fois rentré chez lui, que d’après le communiqué du Vatican à la suite de sa visite à François, le sujet de l’avortement avait été évoqué, et que le Vatican a noyé le poisson dans un nouveau communiqué rectificatif.

Fernandez, lui, avait été on ne peut plus clair, assurant à la presse, à peine sorti de Sainte-Marthe, qu’il ne reculerait pas sur le sujet de la légalisation de l’avortement. L’affaire aura été un peu retardée par le COVID-19 (et des mois de confinement meurtriers pour l’économie argentine), mais voilà, c’est fait : l’Argentine a basculé officiellement dans le camp de la mort.

A ce jour, le pape argentin n’a pas publiquement commenté la légalisation de l’avortement à la demande en Argentine sinon en déclarant, le 30 décembre après l’adoption définitive du sujet : « Les chrétiens, comme tous les croyants, bénissent Dieu pour le don de la vie. Vivre c’est avant tout avoir reçu la vie. Nous naissons tous parce que quelqu’un a désiré la vie pour nous. » C’est à la fois œcuménique et confus ; on l’a connu, sur le sujet, plus direct.


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25 octobre, 2020

Après les propos du pape favorables aux « unions civiles », précisions sur la « ley de union convivencial » en Argentine

Le débat fait rage parmi les catholiques sur internet à propos des déclarations (de 2019) du pape François affirmant que « ce que nous devons créer, c’est une loi sur l’union civile. De cette façon, ils seront couverts par la loi. J’ai défendu cela ». En particulier, on entend dire que le pape n'évoquait pas « l'union civile » mais – en espagnol – la « convivencia civil » (ce qui se traduit plus exactement par la « cohabitation civile ». Ceci pour le blanchir de toute accusation de soutien officiel au concubinage homosexuel juridiquement organisé.

Pour un Argentin (venant d'un pays où le « mariage égalitaire » a été légalisé en 2010) le concept d'« uniones convivenciales » renvoie à une réalité très précise : le statut des concubins notoires. Il s'agit d'une « union affective » et non de convenance, dans laquelle sont engagés des personnes qui « vivent ensemble sans se marier mais qui partagent un projet de vie commun », qu'elles soient des couples (« parejas ») de sexe opposé ou de même sexe.

Les empêchements propres aux mariages jouent de la même manière pour la convivencia civil : les protagonistes doivent être majeurs, ne pas être parents, ne pas être engagés dans un mariage ou une autre « union convivencial », l'union doit être « singulière (c'est-à-dire seulement deux personnes) », être « publique, notoire et stable ».

Enregistrée ou non, « la union convivencial » est possible au bout de deux ans de cohabitation. Son inscription protège les deux membres par rapport au domicile partagé et crée des obligations par rapport aux enfants qu'ils élèvent ensemble ; ils peuvent adopter ensemble et obtenir une pension de veuvage. La succession n'est pas automatique et ne doit pas léser les héritiers de droit.

Il peut y être mis fin sans conditions particulières, mais la partie qui s'estime lésée par cela peut réclamer une compensation.

C'est quand même assez clair, non ?


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24 mars, 2020

Pas de confinement pour les prêtres en Argentine ; ils sont libres de porter assistance spirituelle à la population

L'Argentine a décidé le jeudi 19 mars de mettre à son tour en place un confinement généralisé pour freiner l'épidémie de coronavirus, mais prévoit des règles spéciales pour les ministres des cultes, considérés en quelque sorte comme répondant à des besoins de première nécessité.

Les prêtres et les ministres des différents cultes ont été ajoutés à la liste des personnes exemptées de l'isolement social préventif et obligatoire, en vigueur depuis le vendredi 20 mars dans toute l'Argentine, signale Infocatolica.

L'article 2 du Journal Officiel publié le même vendredi autorise explicitement  les ministres des différents cultes à circuler afin de fournir une assistance spirituelle.

En revanche, les messes publiques ont été interdites. Cet article établit également, en effet, que les lieux de culte doivent respecter le premier paragraphe de l'article 5 du décret n° 297/20, selon lequel « pendant la période d'“isolement social, préventif et obligatoire", aucune manifestation culturelle, récréative, sportive ou religieuse, ou tout autre type de manifestation impliquant la présence de personnes, ne peut être organisée. »

Le décret sur l'isolement social préventif et obligatoire a été annoncé par le président Alberto Fernández jeudi soir. Il est entré en vigueur vendredi à zéro heure et s'appliquera jusqu'au 31 mars.

Parmi les services et activités exonérés figurent notamment ceux-ci : santé, sécurité, défense, migration, pompiers, hautes autorités de l'État, justice (service minimum) et diplomates ; personnes qui aident les autres, que ce soit dans les cafétérias scolaires, les cafétérias communautaires ou sur les aires de pique-nique ; personnes travaillant dans les services de communication ; industrie, alimentation, nettoyage, médecine, production agricole, blanchisserie, pétrole et travaux publics ; transports publics urbains, à l'exception du transport maritime à longue distance et côtier ; collecte des ordures et services publics de base ; transport de marchandises, stations-service, services postaux et distributeurs automatiques de billets.

Pour le reste de la population, seul le déplacement « minimum et indispensable » est actuellement autorisé en Argentine pour la fourniture d'articles de nettoyage, de médicaments et de nourriture.


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13 mars, 2020

Leandro Rodriguez Lastra, médecin en Argentine, jugé coupable en appel pour avoir refusé de pratiquer un avortement tardif

L’appel du Dr Leandro Rodriguez Lastra, ce médecin qui a refusé de pratiquer un avortement légal tardif sur une femme enceinte de 23 semaines a été rejeté mercredi par un tribunal de Rio Negro, Argentine, au motif qu’il n’avait pas rempli ses devoirs de fonctionnaire dans l’hôpital public local. Sa peine de prison d’un an et deux mois avec sursis prononcée par le juge de première instance a été confirmée et il sera également suspendu de toute fonction publique pendant deux ans et quatre mois, conformément au jugement initial.

La décision de la cour d’appel contre ce médecin de Cipolletti, dans la province centrale de Rio Negro, inclut des termes sur le droit personnel des femmes à l’« autonomie» et la nécessité de juger l’affaire selon la « perspective de genre ». L’un des trois juges a même parlé de « violence obstétricale ».

Grâce au Dr Rodriguez Lastra, un petit garçon de deux ans est aujourd’hui en vie et se porte bien.
Son avocat, Damián Torres, a d’ores et déjà indiqué que la décision fera l’objet d’un recours devant la Cour suprême de la province de Rio Negro. Il a déclaré à la presse locale qu’il considérait cette décision comme « idéologique ».

Quant au procureur général, Santiago Márquez Gauna, il avait demandé à l’audience en février qu’un procès supplémentaire ait lieu afin de déterminer quelles « règles de conduite » le médecin devra respecter pour éviter d’être condamné à exécuter sa peine de prison. Les juges ont accepté cette demande et ont ordonné la nouvelle procédure.

Selon la législation argentine, les « règles de conduite » visent par exemple l’obligation de demeurer dans un lieu déterminé, l’interdiction de rencontrer certaines personnes ou de consommer de la drogue ou de l’alcool, l’obligationde suivre un traitement psychologique ou médical, ou de travailler gratuitement pour l’État ou des institutions caritatives en dehors des heures de travail normales.

Dans le cas de Rodriguez, le procureur a déclaré à la presse qu’il souhaitait voir le médecin suivre des cours (d’endoctrinement…) sur le consentement éclairé, l’interruption légale de grossesse et la « perspective de genre ».

Márquez Gauna a également suggéré qu’en plus d’être interdit d’emploi public, le droit du médecin d’exercer la médecine soit également suspendu pendant deux ans et quatre mois. Cette demande n’a pas été retenue par les juges.

L’avortement demeure illégal en Argentine, bien que le Congrès fédéral doive prochainement examiner une nouvelle loi d’avortement pour l’ensemble du pays – procédure pour l’heure suspendu en raison du Coronavirus. En vertu d’une décision de la Cour suprême fédérale qui a été approuvée par la province de Rio Negro au moyen d’un protocole spécial, les grossesses résultant d’un viol ou présentant un risque pour la vie de la femme peuvent être légalement « interrompues ».

À Rio Negro, toute femme qui prétend avoir été violée peut obtenir un accès légal à l’avortement sur simple demande auprès d’un hôpital public. Elle n’est pas tenue de prouver que sa grossesse est le résultat d’une agression sexuelle. Cependant, la plupart des médecins de Cipolletto et des villes voisines sont répertoriés comme objecteurs de conscience. Rodriguez Lastra, chef du service de gynécologie de l’hôpital public Pedro Moguillansky de Cipolletto lorsque la femme en question y est arrivée il y a deux ans pour un avortement, ne figurait pas sur la liste des objecteurs de conscience à l’époque.

La persécution judiciaire de Rodriguez Lastra a commencé sur des bases peu solides. La femme de 19 ans en cause avait d’abord cherché à se faire avorter dans la ville voisine de Fernandez Oro où elle affirmait avoir été violée. À l’hôpital local, les médecins l’ont renvoyée vers une ONG féministe, « La Revuelta ».

La jeune femme s’est présentée quelques jours plus tard à l’hôpital public de Cipolletti, alléguant qu’on lui avait donné de l’oxaprost (misoprostol) pour provoquer un avortement et demandant que l’avortement soit achevé. Le Dr Rodriguez a estimé qu’elle risquait d’avoir une infection grave, voire mortelle, et lui a administré des médicaments contre les contractions. Il n’a pas été en mesure de déterminer si elle avait effectivement pris des pilules à effet abortif. Il n’a constatée ni dilatation ni saignement. Il a estimé qu’elle était enceinte d’environ 5 mois et qu’elle n’était pas en état de recevoir des pilules abortives à ce stade (l’avortement chimique est lié à des complications pour la mère après 10 ou 12 semaines de grossesse tout au plus).

La femme est restée à l’hôpital, avec son plein consentement selon Rodriguez Lastra, en vue de subir une césarienne dès que son bébé aurait toutes les chances de survivre à l’opération. Cela s’est produit à 7 mois et demi et le bébé est né en bonne santé.

Les activistes de l’avortement se sont alors emparés du dossier pour reprocher au médecin son refus de tuer l’enfant ; ils l’ont notamment accusé, lors du procès qui s’en est suivi, d’avoir utilisé des « manœuvres dilatoires » parce qu’il avait demandé que la jeune femme subisse un examen psychiatrique. En octobre dernier, les juges de Cipolletto ont décidé qu’il n’avait « jamais eu l’intention de pratiquer l’avortement »,  et l’ont condamné notamment pour ce motif.

Le jugement en appel de ce mercredi était une décision partagée, où un juge a considéré Rodriguez Lastra non coupable face aux deux autres, Miguel Angel Cardella et Maria Rita Custet Llambí, qui sont allés plus loin que les premiers juges.

Rodriguez Lastra avait demandé sans succès leur récusation au motif que cette dernière avait « exprimé sa position » sur l’affaire avant de l’entendre « et n’aurait jamais dû intervenir ». Quant à Cardella, il est connu pour être en faveur de l’avortement.

Il y a de nombreuses preuves de cela dans l’exposé des motifs de son vote :

« Une femme enceinte à la suite d’un viol a le droit d’avoir accès à la pratique médicale d’un avortement non punissable dans les établissements de santé publique et l’accusé a fait obstruction à ce processus », a-t-il écrit, ajoutant : « Le médecin accusé n’a pas respecté l’autonomie personnelle de la femme dans l’exercice de sa profession médicale en tant qu’employé de l’hôpital public de la province. Par conséquent, en vertu de la règle médicale en vigueur, le gynécologue Rodríguez Lastra était obligé d’accompagner le processus d’avortement qui avait été entamé. »

Cardella a défini l’autonomie personnelle en ces termes :

« Le libre choix individuel des projets de vie et l’adoption d’idéaux d’excellence humaine étant précieux, l’État (et les autres individus) ne doit pas intervenir dans ce choix ou cette adoption. »
Il a déploré que la victime « n’ait pas été écoutée ».

« Notre loi locale, au nom de laquelle Rodríguez Lastra est accusé, réglemente l’article 86 du code pénal (fédéral) : lorsqu’une femme tombe enceinte à la suite d’un viol, elle a le droit de demander aux autorités sanitaires provinciales de pratiquer un avortement parce qu’elle ne souhaite pas avoir le fœtus dans son corps. C’est sa volonté, parce qu’elle est propriétaire de son corps, elle en décide, dans ce cas précis parce qu’il a été violé ; il n’y a pas d’autre droit au-dessus de sa décision. »

Cela équivaut de fait à un droit absolu à l’avortement, et Cardella a clairement indiqué que dans ces cas, il ne peut y avoir de débat ou de discussion comme cela peut exister sur « l’interruption volontaire de grossesse ». « Dans le contexte présent, l’avortement est autorisé parce que la femme a été victime d’un crime d’abus sexuel par accès charnel. »

Plus radical encore, il a exliqué : " »Elle voulait avorter, les accusés n’ont pas tenu compte de sa volonté de décider de son corps et de sa santé ; ils l’ont obligée à accoucher. C’est de la violence sexiste et obstétrique. »

Custet Llambí a adopté un ton semblable : « Il s’agit ici de juger les faits dans le contexte de l’inégalité des sexes et d’éliminer les stéréotypes de genre, qui sont des “éléments cognitifs irrationnels que nous considérons comme des vérités absolues” et qui ont été transmis par la société. »

Des « éléments cognitifs irrationnels », vous avez bien lu, vous font penser qu'il y a des différences entre les hommes et les femmes et leurs rôles, dons, richesses, aptitudes respectifs.

Elle poursuit :

« Une fois de plus, la loi, interprétée d’un point de vue patriarcal, chercherait à fonctionner comme un piège contre l’efficacité des droits des femmes et disculperait de manière injustifiée ceux qui agissent contre la loi, manquent à leurs devoirs et violent les droits fondamentaux des femmes enceintes. Les actions analysées ont été exécutées dans le cadre d’une asymétrie de pouvoir indubitable (…) : le défendeur a utilisé sa position de professionnel médical pour administrer un médicament afin de contenir et d’inverser le processus d’interruption de la grossesse initié par la patiente elle-même, afin de ne pas réaliser l’acte qu’elle demandait, tout cela sans exiger de consentement ni fournir d’explication. »

Il y a pire :

« D’un point de vue structurel, contextuel et intersectionnel, il ne m’échappe pas que la victime se trouve traversée par de multiples vulnérabilités qui accompagnent sa condition de genre, comme sa jeunesse, sa qualité de victime de diverses formes de violence depuis l’enfance, à laquelle s’ajoute sa condition de femme enceinte résultant d’une agression sexuelle, avec de grandes difficultés à communiquer ses opinions et ses expressions dans le débat, auxquelles s’ajoute la violence dont elle a été victime dans le système de santé qui était censé l’aider. Face à l’intersection de tant de vulnérabilités, l’accusé a fait passer devant l’autodétermination de la jeune femme, la fonction reproductive qu’elle symbolisait en tant que femme – avant sa dignité, avant son droit à la santé et à être informée, accompagnée, soutenue et respectée dans le processus d’interruption de la grossesse, interruption à laquelle elle avait droit prioritairement face à tout autre droit ou intérêt. »

Et pire encore :

« Ignorer la voix d’une femme, ignorer ses besoins vitaux, assujettir les droits reproductifs, dévaster la psyché et asservir le corps afin de contraindre à la poursuite d’une grossesse après un viol, c’est nier le statut de sujet de droit de la victime et conduit à l’incarnation de la violence de genre dans sa forme la plus douloureuse », a conclu Madame le juge Custet.

L’avocat de la défense Damián Torres, commentant la décision, a qualifié les explications des deux juges de « simple expression idéologique qui montre qu’ils n’ont rien voulu voir au cours du procès ; en fait, ils ne citent pour ainsi dire pas les témoins ni tout ce qui s’est passé devant le tribunal. » « C’est comme s’ils n’avaient rien vu. Cela correspond à la récusation que nous avons adressée à l’encontre de ces juges avant notre recours", a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l’argumentation clairement idéologique de la décision lui donnait l’espoir de voir la Cour suprême provinciale la renverser.




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12 mars, 2020

L'image du jour : des fillettes défilent pour l'avortement en Argentine



Elles osent tout, les féministes en Argentine, c'est même à ça qu'on les reconnaît… Le 8 mars, journée internationale de la femme, a été marqué par de nombreuses marches pour l'avortement dans la province de Rio Negro.

Où l'on voit, parmi les photos fièrement déployées dans la presse de gauche, cette image de deux petites filles brandissant des pancartes comme si elles avaient l'âge de participer à un « pañuelazo ».

« Je marche aujourd'hui pour que demain, on ne me marche pas dessus », peut-on lire sur l'affiche de gauche.

Savent-elles seulement ce qu'elles sont en train de « revendiquer », avec un grand sourire innocent ?

Peut-être pas. Mais peut-être leur maman leur a-t-elle dit : « Tu vois, ma chérie, les bébés grandissent dans le ventre de leur maman. Toi aussi tu as grandi dans mon ventre. Mais parfois on n'a pas envie d'avoir un bébé, ou on n'a pas les moyens, ou on n'est pas prête, ou quelqu'un l'y a mis sans qu'on soit d'accord. Alors il faut pouvoir l'éliminer. Moi aussi, je me suis débarrassée de ton petit frère (ou de ta grande sœur). Mais toi, je t'aime, ma chérie. Sois tranquille, jamais je ne me débarrasserai de toi. Il faut juste être sûre de pouvoir le faire à temps, comme on veut, quand on veut. »

Et dire qu'on se fatigue encore à faire peur aux enfants avec des histoires de méchante sorcière…


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08 février, 2020

Communion pour le président argentin, pro-IVG et adultère manifeste: Mgr Sanchez Sorondo justifie. Et traite ceux qui s'en scandalisent de “fanatiques”




Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences, s’est défendu d’avoir eu tort de donner la communion au président pro-avortement de l’Argentine et à sa maîtresse lors de leur récente visite au Vatican.Ce n’est un « problème » que pour les catholiques américains et le cardinal Raymond Burke, a-t-il déclaré à Diane Montagna de LifeSiteNews.

Je traduis librement son article paru ici.

Le prélat a plusieurs fois accusé cette journaliste d’être une « fanatique » parce qu’elle lui demandait des explications à ce sujet.

Au cours de cet entretien qui s’est déroulé le 6 février, Mgr Sánchez Sorondo, a vivement soutenu que le droit canon « oblige » un prêtre à donner l’Eucharistie aux hommes politiques ouvertement pro-avortement qui se présentent à la table de communion. Le prélat argentin soutenait que seule une personne qui a été formellement excommuniée peut se voir refuser le sacrement.

« Le président (Fernandez) n’est pas excommunié, donc je peux lui donner la communion », a insisté Mgr Sorondo. Sa politique de légalisation de l’avortement n’a « rien à voir avec cela », a-t-il déclaré.

Les autres approches ne sont que « l’opinion de certains évêques de votre pays », a déclaré Mgr Sorondo à la journaliste américaine, en épinglant au passage le cardinal américain Raymond Burke.

Le canon 915 du Code de droit canonique dispose: « Les excommuniés et les interdits, après l’infliction ou la  déclaration de la peine et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion. »

Clairement, le président Alberto Fernandez affiche sa volonté de demeurer dans une situation de péché grave et manifeste, de par sa cohabitation assumée avec Fabiola Yañez bien qu’il soit marié religieusement.

En février 2007, le cardinal Burke a écrit un article détaillé de 55 pages pour Periodica De Re Canonica intitulé « Canon 915 : la discipline concernant le refus de la Sainte Communion à ceux qui persévèrent obstinément dans le péché grave manifeste ». Il devait par la suite prendre la tête de la plus haute juridiction du Vatican, la Signature apostolique, pendant plus d’une décennie (2008-2014).

Le 31 janvier, une vidéo a circulé sur les médias sociaux montrant le moment où le président argentin Alberto Fernandez, 61 ans, et de sa maîtresse, Fabiola Yañez, 38 ans, recevaient la Communion lors d’une messe célébrée par Sanchez Sorondo dans la crypte de la basilique Saint-Pierre.

Au cours de cette messe, le prélat a fait l’éloge du péronisme et pris des positions politiques très favorables au nouveau président argentin au cours de son homélie : voir ici la traduction d’un article de la Nuova Bussola Quotidiana sur benoit-et-moi.

Après la messe, Fernandez a eu une réunion de 45 minutes avec le pape François au cours de laquelle la question de l’avortement n’aurait pas été soulevée.

Le nouveau président argentin a fait de la légalisation de l’avortement l’une de ses priorités politiques. Lors d’une conférence de presse suivant sa rencontre avec le Pape, Alberto Fernandez a confirmé qu’il ne renoncera pas à la légalisation de l’avortement et a déclaré que la proposition de loi serait envoyée au Parlement le 1er mars.

Fernandez a divorcé de sa femme en 2005 et vit avec l’actrice Fabiola Yanez, 38 ans, depuis 2014 (après avoir vécu avec une autre femme pendant près de 10 ans). Après son élection en décembre 2019, Yañez a déménagé au Palais présidentiel de Buenos Aires et joue le rôle de Première Dame, bien que le couple ne soit pas marié.

La vidéo du couple recevant la communion a provoqué un scandale international parmi les catholiques. Un prélat de haut rang a déclaré à LifeSite que plusieurs Argentins s’étaient dits choqués et consternés par les actions de leurs compatriotes.

A la suite de cette controverse, LifeSite s’est entretenu avec Mgr Sorondo au siège de l’Académie pontificale des sciences (PAS) au Vatican, lors d’un atelier de deux jours sur le Pacte global pour l’éducation, cette initiative du pape François qui sera lancée en mai 2020 en vue promouvoir un « nouvel humanisme ».

Au cours de son échange avec Diane Montagna, l’évêque Sorondo a déclaré que refuser la Sainte Communion à un homme politique pro-avortement est contraire non seulement à « l’interprétation commune de l’Église », mais aussi à la pratique des « conférences épiscopales des États-Unis, d’Italie et d’Argentine – et du Pape ».

Lorsque Diane Montagna a souligné que les conférences épiscopales n’ont guère d’autorité en la matière, le prélat argentin a modifié son angle d’attaque, justifiant sa position en se fondant sur les prédécesseurs du pape François.

« Le pape Jean-Paul II a donné la communion à tous ceux qui sont en faveur de l’avortement – tous les présidents », a-t-il déclaré.

Le chancelier du PAS a également affirmé que le cardinal Joseph Ratzinger (avant de devenir Benoît XVI), a envoyé en tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, une « seconde lettre » aux évêques américains, « approuvant la conclusion » selon laquelle « nous pouvons donner la Communion aux [responsables politiques pro-avortement] parce qu’ils ne sont pas excommuniés ».

Mais si on la compare avec les faits, la thèse de Mgr Sorondo concernant le cardinal Ratzinger semble plutôt légère. En réalité, le texte principal de ce dernier sur la question s’oppose fermement à ce que la communion soit donnée à des hommes politiques pro-avortement.

En 2004, le cardinal Ratzinger a envoyé une lettre sur la réception de la communion à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) alors qu’ils discutaient de la question de la communion pour les politiciens pro-avortement en raison de la candidature présidentielle de John Kerry, un démocrate catholique pro-avortement.

Ratzinger avait envoyé la lettre à l’ex-cardinal Theodore McCarrick, alors archevêque de Washington, D.C. et président du groupe de travail de l’USCCB sur les évêques et les politiciens catholiques, et à l’évêque Wilton Gregory, alors président de l’USCCB, pour clarifier la doctrine de l’Église et aider les évêques lors de leur réunion du 14 au 19 juin à Denver.

Dans cette lettre, le cardinal Ratzinger a déclaré, en se basant sur le canon 915 du Code de droit canonique :
« En considération du grave péché de l’avortement ou de l’euthanasie, quand la coopération formelle d’une personne devient manifeste (c’est à dire dans le cas d’un homme politique, qui fait campagne constamment et vote pour permettre les lois sur l’avortement et l’euthanasie), son pasteur doit le rencontrer et l’instruire de l’enseignement de l’Eglise, en l’informant qu’il ne doit pas se présenter à la Sainte Communion jusqu’à ce qu’il mette une fin à sa situation objective de péché, et l’avertir que dans le cas contraire l’Eucharistie lui sera refusée. »
Ayant reçu la lettre de Ratzinger, McCarrick décida de la dissimuler à ses frères évêques, d’en tempérer la vigueur et d’en déformer le contenu.

« J’étais à cette réunion, nous ne l’avons jamais vue », a déclaré le cardinal Burke à LifeSite le 7 février.

À la fin de la réunion de juin 2004, l’USCCB a publié une déclaration intitulée « Les catholiques dans la vie politique ». Le passage en question concernant les politiciens pro-avortement affirme que la « décision prudentielle » de leur refuser la communion incombe « personnallement à l’évêque conformément aux principes canoniques et pastoraux établis ».

La déclaration, quoique faible, note donc bien que la décision d’un évêque doit être « conforme aux les principes canoniques et pastoraux établis ». Le cardinal Ratzinger avait énoncé ces principes dans sa lettre.

Le cardinal Ratzinger aurait envoyé un deuxième mémorandum à l’USCCB affirmant que leur déclaration était « en harmonie avec » sa lettre initiale. Pour autant, il n’était pas d’accord, comme l’a au contraire laissé entendre Mgr Sorondo, pour dire que les évêques et les prêtres « peuvent donner la Sainte Communion aux politiciens pro-avortement ».

Mgr Sorondo a encore minimisé le scandale Fernandez en pointant du doigt des politiciens américains pro-avortement comme l’ancien vice-président Joe Biden, déclarant à Diane Montagna : « C’est votre problème, encore une fois ; c’est un problème de vos évêques, mais ce n’est pas un problème de l’Église. »

Diane Montagna est revenue à la charge en évoquant le grave scandale public provoqué par le fait qu’un président pro-avortement et sa maîtresse aient reçu la communion, et ce au cœur de la chrétienté. Le prélat argentin a déclaré qu’il avait organisé la messe parce que Fernandez voulait offrir à son peuple un « exemple » lors de sa visite à Rome.

Le détail de leur joute est à lire dans la traduction complète de l’entretien, ci-dessous.

*

Diane Montagna (DM) : Monseigneur, pourquoi autorise-t-on Jeffrey Sachs à critiquer autant – ce
n’est pas la première fois, je l’ai entendu en 2017 – à critiquer autant le président Trump ? Il dit des choses terribles sur le président Trump dans cette salle [où se tiennent les réunions de l’Académie pontificale des sciences], alors que le président Trump est le président le plus pro-vie que nous ayons eu. Il est pour le libre choix de l’école, pour l’aide apportée aux jeunes enfants noirs.

Mgr Sorondo (MS) : Il n’est pas critiqué pour cela. Il est critiqué pour d’autres choses.

DM : Pour sa politique en matière de changement climatique ?

MS : Par exemple.

DM : Et quoi d’autre ?

MS : Pour le changement climatique et parce qu’il ne collabore pas du tout collaboration au dialogue avec les autres cultures.

DM : Ce n’est pas vrai.

MS : Eh bien je ne sais pas, ce n’est pas mon problème.

DM : Je dis cela parce que dès qu’il a été élu président, l’une des premières choses qu’il a faites, en fait c’était juste avant de rendre visite au Pape, c’est d’aller rencontrer les dirigeants du monde musulman au sujet du terrorisme, afin de travailler avec eux pour diminuer le terrorisme. Donc, il y a beaucoup de choses… il serait préférable d’avoir une attitude positive. Tout ce qu’on entend ici, ce sont des choses négatives sur le président Trump alors qu’à bien des égards, il a été un très bon président pour tout le monde, pour les pauvres – pour tout le monde. Vous pouvez être en désaccord avec lui sur le climat ...

MS : Je ne veux pas me prononcer sur la question de votre pays, parce que je ne connais pas de choses…

DM : Oui.

MS : Mais Jeffrey Sachs est un Américain, et hier...

DM : J’ai entendu parler de ce qu’il a dit hier.

MS : C’était dans la même ligne.

DM : C’était pire.

MS : Oui, c’était pire… Donc, ce n’est pas mon problème. Mais il y a beaucoup d’Américains qui le critiquent.

DM : C’est vrai.

MS : Beaucoup d’Américains intelligents.

DM : C’est vrai. Je voudrais vous poser une autre question, celle de la récente visite du président argentin au Pape. Il a été scandalisé par le fait que vous lui ayez donné (la communion), ainsi qu’à sa maîtresse – parce qu’il est connu pour être pro-avortement et qu’il n’est pas marié avec cette femme, mais qu’ils vivent ensemble. Ils ont reçu la communion.

MS : C’est une autre discussion propre à votre pays. Nous n’avons pas ce problème.

DM : Comment pouvez-vous leur donner la communion ? C’est Jésus. C’est Jésus. Ils vivent ouvertement dans l’adultère et il soutient l’avortement.

MS : Désolé, désolé, connaissez-vous le droit canon ? Connaissez-vous le droit canon ? Nous devons suivre le droit canonique, pas l’opinion de certains évêques. Et le droit canonique dit qu’on ne peut pas ne pas donner – on est obligé de donner la communion si quelqu’un vous la demande. Seulement dans le cas où il est excommunié. Le Président n’est pas excommunié, donc je peux lui donner la communion s’il me demande de communier.

DM : Mais s’il est pour l’avortement...

MS : Rien à voir. Ils ne disent pas qu’on ne doit pas donner la communion à un politicien qui est pro-avortement. C’est l’opinion de certains évêques de votre pays, mais ce n’est pas l’opinion de la conférence des évêques.

DM : Le cardinal Raymond Burke…

MS : Cardinal Burke !

DM : Mais la conférence des évêques n’a aucune autorité.

MS : Le Pape ne dit pas cela. Le Pape Jean-Paul II a donné la communion à tous les gens qui sont en faveur de l’avortement – tous les présidents. Donc… c’est l’opinion de Burke seulement.

DM : Non... il y en a d’autres.

MS : Peut-être deux ou trois, mais ce n’est pas l’opinion de la conférence des évêques d’Argentine. Ce n’est pas l’avis de la conférence des évêques d’Italie. Ce n’est pas l’opinion du Pape.

DM : Donc n’importe qui, même quelqu’un qui vit dans un scandale public grave et manifeste, peut aller à la communion, et vous, en tant que prêtre, vous ne pouvez pas dire « Je suis désolé, mais… »

MS : Seulement s’il est excommunié !

DM : Mais s’il s’est excommunié par son acte public de scandale ?

MS : Il n’est pas excommunié ! Excommunié est une phrase très importante, et il faut que le fait qu’il est excommunié soit communiquer. Vous ne pouvez pas excommunier une personne.

DM : Non, je le sais.

MS : Seulement l’évêque.

DM : Je sais, mais il vit avec cette femme, ils vivent dans un état d’adultère manifeste…

MS : C’est un problème de conscience. Ce n’est pas mon problème. Je n’ai pas la possibilité de dire non.

DM : Mais ne serait-ce pas l’occasion pour le bien de son âme ...

MS : Vous avez le même problème dans votre pays avec le vice-président d’Obama, non ?

DM : Biden

MS : Biden

DM : Exactement, et Pelosi. Pelosi promeut ouvertement l’avortement et elle se dit catholique.

MS : Donc, c’est votre problème – encore une fois. C’est votre pratique. C’est un problème de vos évêques, mais ce n’est pas un problème de l’Eglise.

DM : Mais l’Eucharistie, c’est Jésus. Comment pouvez-vous donner Jésus ...

MS : Je crois en la conscience des gens. Si des gens me demandent la communion, je ne sais pas s’il est vraiment dans le péché ou non. Je n’ai pas la possibilité de le dire. Peut-être que ce jour-là, ils sont allés se confesser, et il ne veut pas avoir de relations avec sa dame. Donc, il y a beaucoup de questions qui sont impossibles à résoudre sous cette forme.

DM : Je sais, c’est juste que c’était une affaire publique… ça a fait le tour des médias sociaux que le président argentin, que tout le monde connaît, veut faire passer des (lois) pro-avortement…

MS : C’est un exemple que la première chose qu’il ait dit et fait quand il était ici à Rome, a été de parler au Pape et le matin, il voulait aller à la messe, et j’ai organisé cette messe.

DM : C’est merveilleux qu’il aille à la messe.

MS : Et je ne savais pas s’il voulait recevoir la communion. Il m’a demandé de communier, et je n’avais pas de raison de refuser.

DM : Même s’il est pour l’avortement et qu’il veut faire passer une loi en faveur de l’avortement.

MS : Non, ce n’est pas une raison pour refuser la communion selon le droit canon.

DM : Savez-vous de quel canon il s’agit ?

MS : Oui, je peux donner les canons. Il y a trois canons. Le premier canon dit que nous sommes obligés de donner la communion aux personnes qui la demandent. Il n’y a qu’une seule exception, et c’est lorsque la personne est excommuniée. Bien sûr, il y a des cardinaux comme le cardinal Burke, mais c’est l’opinion du cardinal.

DM : Oui, mais il sait ce que dit le droit canonique. Je veux dire qu’il était à la tête de la Signature Apostolique.

MS : Oui, mais c’est une interprétation du canon. Ce n’est pas l’interprétation commune de l’Eglise. C’est seulement son interprétation et elle va aussi contre celle de la Conférence des évêques américains.

DM : Mais tout le monde sait, et Benoît XVI l’a dit, que la conférence des évêques n’a pas vraiment d’autorité, pas dans ce domaine.

MS : Benoît XVI, lorsqu’il était cardinal, a dit : « Je suis d’accord avec la conclusion de la conférence des évêques américains. » Oui ! Oui ! Voilà la question.

DM : Je vais vérifier. Je vais vérifier. Si vous me dites ça, je vais vérifier.

MS : Oui, regardez ces choses.

DM : Vous dites que Benoît XVI a accepté qu’un pro-avortement...

MS : C’est une question que la Conférence épiscopale américaine a posée et après la déclaration du cardinal Ratzinger, celui-ci a envoyé une deuxième déclaration pour dire « Je suis d’accord avec la conclusion de la conférence des évêques d’Amérique. Nous pouvons le faire. Nous pouvons donner la Communion s’ils demandent la Communion parce qu’ils ne sont pas excommuniés ».

DM : Bon, je vais voir ça.

MS : Oui, donc seulement le Cardinal Burke.

DM : Il y en a d’autres aussi.

MS : Oui, peut-être un ou deux évêques. Mais ce n’est pas un problème. Ce n’est pas un problème en Italie. Ce n’est pas un problème pour le Pape. Saint Jean Paul II a donné la communion à [inaudible], à tous les gens qui promeuvent l’avortement. C’est la pratique [inaudible] Peut-être que je ne suis pas content de ça.

DM : Mais ce serait une occasion. C’était un scandale public. Le fait qu’un président pro-avortement qui couche avec sa maîtresse...

MS : C’est vous qui le dites...

DM : Il vit avec sa maîtresse !

MS : Je ne sais pas. Je ne sais pas.

DM : Tout le monde le sait. Elle vit avec lui. Elle agit en tant que Première Dame.

MS : Je ne sais pas.

DM : Comment pouvez-vous ne pas savoir ? Vous êtes argentin.

MS : Ecoutez, c’est son problème. Ce n’est pas mon problème. Et je n’ai aucune raison, aucune raison canonique, de dire non. Alors, qu’est-ce que je peux faire ?

DM : Ne profiteriez-vous jamais d’une telle occasion pour lui parler, avant ou après la messe ? Avant la messe, s’il veut aller à la messe. Tout cela était organisé…

MS : Non, je n’ai pas l’occasion de parler.

DM : Vous êtes prêtre. Vous pourriez créer l’occasion. C’était organisé...

MS : Je n’en dis pas plus, je n’en dis pas plus. Peut-être que j’aurai l’occasion de parler à l’avenir.

DM : Parce que ces choses sont organisées. Il ne s’est pas simplement présenté disant qu’il voulait aller à la messe.

MS : Ok, merci pour ça.

DM : Je pense juste au bien de son âme – et au le bien de son âme à elle. Saint Paul est très clair sur la façon dont nous pouvons manger notre propre condamnation (cf 1 Cor. 1:29)...

MS : Oui, mais Saint Paul est très clair aussi lorsqu’il dit : « Mon seul juge est ma conscience. » Saint Paul l’a dit.

DM : Non, non, il n’a pas dit cela. Il a dit que le Seigneur est son juge. Il a dit : « Même moi, je ne peux pas me juger moi-même. Le Seigneur est mon juge » (cf. 1 Cor. 4:4). [« Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur. »]

MS : Le Seigneur est mon juge, mais le Seigneur est dans ma conscience.

DM : Le Seigneur n’y est pas nécessairement si nous n’avons pas ...

MS : Il n’est pas dans la conscience de l’évêque ou du cardinal...

DM : Mais si vous n’avez pas une conscience bien formée, où la grâce divine est réellement active, alors votre conscience vous ment probablement. L’obscurité de l’intellect...

MS : C’est votre interprétation. Désolé, je ne veux pas continuer à parler avec vous parce que vous êtes complètement… et vous voulez seulement faire des polémiques. Vous devez être très heureuse et dire à votre cardinal Burke : « Regardez, le président [de l’Argentine] va à la messe. » C’est là le fait important. Et votre président n’est pas allé à la messe.

DM : Comment ça, mon président ?

MS : Dites ceci.

DM : Mon président, vous voulez dire le président Trump ?

MS : Oui. Il ne va pas à la messe.

DM : Mais il n’est pas catholique. Il n’est pas catholique.

MS : Exactement ! C’est une grande différence.

DM : Il n’est pas catholique. Mais le président Trump est allé en janvier… il a été le premier président américain à aller à la Marche pour la Vie avec des milliers et des milliers de jeunes.

MS : Oui, pour avoir les votes des catholiques. Pour avoir les votes des catholiques. Dites cela au cardinal Burke. Et en fait, j’ai entendu dire que le cardinal Burke est contre le Président Trump.

DM : Il est contre ?

MS : Oui. Oui.

DM : Ou bien est-il allé le voir ?

MS : Il est contre beaucoup de choses que [Trump] dit.

DM : Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec tout ce que fait le président Trump. Mais il sauve des bébés. Il sauve des bébés.

MS : S’il vous plaît, Madame, comprenez les idées catholiques et ne soyez pas fanatique, ne soyez pas fanatique.

DM : D’accord...

MS : Si vous continuez à me parler, ne soyez pas fanatique. Essayez de faire appel à la raison.

DM : Je le fais. D’accord. Je vous remercie beaucoup.


© leblogdejeannesmits pour la traduction.


*


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02 février, 2020

Le nouveau président d’Argentine, Alberto Fernandez, pro-avortement et divorcé “remarié”, communie au Vatican (et un commentaire de Mgr Aguer)

Pour qui douterait encore des effets concrets du message véhiculé par Amoris laetitia, la récente visite du nouveau président argentin Alberto Fernandez est venue apporter une clarification dont il faudra se souvenir. Vendredi 31 janvier, il était reçu par le pape François, son compatriote : un entretien qui fut long et cordial. L’exhortation apostolique qui ouvre la porte à la communion pour les divorcés remariés a été remise au couple présidentiel par le pape François ; ça tombait bien, Fernandez est « fiancé », comme on dit, depuis 2014 avec l’actrice argentine Fabiola Yañez, qui vit avec lui au palais présidentiel de Buenos Aires et joue le rôle de Première dame. Ce n'est certes pas un “remariage” formel mais une union publique, stable et revendiquée.

Le président argentin s’était marié en 1993 avec Marcela Luchetti, de laquelle il a divorcé en 2005, « laissant » un fils. De 2005 à 2014, il vivait avec Vilma Ibarra, par ailleurs mère de trois enfants. Les thuriféraires de François nous expliqueront peut-être un jour que Fernandez a bénéficié d’une déclaration de nullité de son mariage et qu’il s’est en fait marié secrètement avec son actuelle concubine. Dans cette éventualité hautement improbable, une seule réponse : on s’en fiche, le scandale a été public. Si les mariages catholiques sont publics, ce n’est pas pour des prunes !

L’entretien du président et de sa « copine » avec le pape François a été précédé d’une messe célébrée par un autre compatriote, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences et de l’Académie pontificale des sciences sociales à laquelle le président argentin, partisan actif de la légalisation de l’avortement, a communié, tout comme sa compagne. Vidéo et preuves sur Infovaticana et en français sur Gloria.tv.

Comble de l’ironie, le pape François prêchait le matin même à Sainte-Marthe à propos de ces catholiques qui vont à la messe le dimanche et qui se disent chrétiens mais qui ont « perdu la conscience du péché ». Il ajoutait que ces chrétiens auraient besoin de quelqu’un qui leur dise la vérité, souhaitant que le Seigneur leur envoie un « prophète » qui leur « donne une petite claque » quand ils se laissent glisser « dans cette atmosphère où tout semble permis ». Evidemment, il évoquait ceux qui paient mal leurs domestiques ou les ouvriers des champs, selon des schémas bien usés…

Et comme si cela ne suffisait pas, la première lecture du jour (dans le Nouvel Ordo) de la messe à laquelle assistaient Alberto et Fabiola correspondait au récit du meurtre d’Urie à l’instigation du roi David qui convoitait sa femme, Bethsabée… Cela aussi, on le voit sur la vidéo.

On se demande combien de temps ils ont pu passer à « discerner » sur tout cela avant de convier le couple présidentiel argentin à une messe spécialement célébrée pour eux…

A tout cela s’ajoute un imbroglio diplomatique : peu après sa rencontre avec le pape François, Alberto Fernandez a envoyé à son hôte un courriel courroucé pour demander pourquoi le communiqué du Vatican sur la visite avait annoncé que le sujet de l’avortement avait été évoqué. Il venait lui-même d’affirmer expressément que tel n’avait pas été le cas, au cours de la conférence de presse donnée à l’ambassade d’Argentine peu après la rencontre.

« Je fais corriger tout de suite », a répondu quelques minutes plus tard le pape, selon la délégation argentine. Fernandez, de son côté, précisait que le thème de l’avortement avait seulement été abordé lors de sa réunion avec le Secrétaire d’Etat, le cardinal Parolin, qui lui « manifesta sa préoccupation par rapport à ce thème, (lui) rappelant que la position de l’Eglise est toujours la défense de la vie dès la conception », selon les dires du président argentin à La Nacion.

Le nouveau communiqué du Vatican précisa donc que « tous les thèmes cités dans le communiqué de presse sur l’audience » avec Fernandez « n’avaient pas été abordés lors de toutes les conversations ».

On a compris. Le pape François n’a pas abordé le sujet. Cela semble avoir été convenu dès avant l’entretien (voir ci-dessous).

De son côté Fernandez a évoqué saint Thomas d’Aquin pour assurer à Parolin que le Docteur angélique n’était pas contre l’avortement « avant l’animation ». Et de suggérer que si l’Eglise catholique perd des fidèles en Argentine au profit des évangéliques c’est parce que ces derniers sont contre l’avortement mais admettent « les méthodes de prévention de la grossesse ».

Lors de sa rencontre avec la presse, à peine sorti de Sainte-Marthe et ayant communié le jour même, Alberto Fernandez a confirmé qu’il ne reculera pas sur le projet de légalisation de l’avortement en Argentine ; le projet gouvernemental sera envoyé au Parlement dès le 1er mars.

Pour que ce dossier soit complet je vous propose ci-dessous ma traduction de l’éditorial publié sur Infocatolica.com par Mgr Hector Aguer, ancien archevêque de La Plata, viré comme un malpropre il y a peu pour laisser la place à un proche du pape François, rédacteur des passages dit « controversés » d’Amoris laetitia, Mgr Victor Manuel « Tucho » Fernandez.

La version originale du texte de Mgr Aguer est ici. – J.S.


*

Le président Alberto Fernandez est un partisan bien connu de la légalisation de l’avortement. J’écris « légalisation » parce que – même si je ne suis pas juriste – je crois que la dépénalisation d’un tel comportement implique d’en faire un acte arbitraire autorisé par la loi et pouvant être librement exécuté. L’une des premières mesures du gouvernement actuel a été de relancer le projet qui avait été rejeté par le Sénat national il y a deux ans. Une modification surprenante a été introduite : comme le Dr Fernandez avait une visite au Souverain Pontife au programme, il a été ajouté que l’État accompagnera la femme enceinte qui décide d’avoir son bébé. Main de fer d’un côté, gant de velours de l’autre.

Nos politiciens sont moralement relativistes, et ils doivent penser que le Pape l’est aussi. Le député Valdéz, ancien ambassadeur près le Saint-Siège, avait déjà déclaré que François « comprendrait ». A la veille de sa rencontre avec le pape, le président a annoncé que le sujet de l’avortement ne serait pas abordé dans la conversation ; le crime abominable – c’est ainsi que le Concile Vatican II a appelé l’avortement – n’est pas un problème majeur comparé à ceux de la pauvreté, de la faim et de la dette. Se pourrait-il qu’il en soit ainsi ? Nous n’avons aucun moyen de le savoir, mais ne pouvons-nous pas penser que le pape serait très attristé si son pays d’origine rejoignait ceux qui ont déjà inclus dans leur législation la permission de tuer impunément des enfants à naître ? Et que cela étant, il ait rappelé au Dr Fernandez – qui s’est identifié comme catholique pour l’occasion – qu’il encourrait une très grave responsabilité devant Dieu en encourageant une telle mesure ? On dit que la question a été discutée à la Secrétairerie d’État. Cela aura-t-il quelque effet ? Parce que ce n’est pas la même chose. On est saisi de voir que le président se soit déclaré fils de l’Église, qu’il ait assisté à la messe avec sa compagne, qu’il ait reçu la Sainte Communion des mains d’un archevêque argentin. C’est incroyable, mais entre compatriotes de même rang tout est finalement possible ! Un scandale de plus, parmi tant d’autres...

Au même moment, le Dr Ginés González García, ministre de la Santé de la Nation, a mis en place un protocole qui permet aux adolescentes de 14 et 15 ans, enceintes à la suite d’un viol, d’avorter à l’insu de leurs parents. Le ministre actuel, au même poste dans une précédente administration, était alors un distributeur enthousiaste de préservatifs. J’ai osé le critiquer publiquement ; il m’a traité de fanatique, entre autres gentillesses, et il a décroché avec une phrase d’anthologie : Dieu pardonne toujours, mais le SIDA ne pardonne pas. Je l’ai corrigé publiquement : Dieu pardonne toujours si nous nous repentons et proposons de faire amende honorable, et non si nous persévérons obstinément dans notre erreur. J’appelle le péché erreur, considérant que dans le grec classique, et dans le Nouveau Testament, le péché est appelé hamartía, substantif du verbe qui signifie rater la cible, se tromper de chemin, s’égarer, s’écarter de la vérité, et donc, pécher volontairement.

Dans son deuxième portefeuille ministériel, le Dr González García n’a pas amélioré son objectif : il s’occupe de promouvoir l’avortement comme solution à un problème de santé publique, comme si la grossesse était une maladie. Il aurait suffisamment de travail à faire s’il s’appliquait à remédier au système de santé lamentable de ce pays ; il n’aurait plus le temps de programmer la liquidation illégitime et immorale des enfants à naître.

Un malentendu fréquent conduit à identifier l’opposition à l’avortement comme une position religieuse, confessionnelle. Elle l’est en effet, mais pas en premier lieu. La raison qui justifie l’opposition à l’avortement est avant tout scientifique : qu’est-ce qui pousse silencieusement dans le sein d’une femme enceinte ? Et qu’est-ce qui pousse de soi-même, et de l’intérieur, comme dirait Platon ? La conviction pro-avortement du président l’a conduit, dans une lettre de 2018, à soutenir que saint Thomas d’Aquin admettait l’élimination de l’embryon avant que celui-ci ne reçoive l’animation définitive de l’âme rationnelle. Comme il ignore manifestement l’œuvre du Docteur commun de l’Église, il ne pouvait pas se rendre compte de ce que même si celui-ci acceptait une animation progressive, et la succession d’âmes végétative, sensible et rationnelle, Thomas reconnaissait l’unité et la continuité de ce processus, raison pour laquelle il affirmait qu’il était immoral de l’interrompre dans l’une de ses étapes. Il l’a enseigné en acceptant les données de la biologie aristotélicienne et l’opinion des scientifiques de son temps, qui a été largement dépassée par les découvertes ultérieures. Il faut cependant noter que dans son étude de l’Incarnation du Fils de Dieu, il laisse de côté l’embryologie ; Jésus, vrai Dieu, est un homme vrai et complet dès le premier instant de sa conception dans le sein de la Vierge Marie.

J’insiste : le principal argument contre l’avortement est d’ordre rigoureusement scientifique. Les études de génétique développées au cours du XXe siècle, notamment celles de Jérôme Lejeune, montrent que l’embryon microscopique a un ADN différent de celui de ses parents ; dès le premier instant de sa conception, il est XX ou XY, une personne mâle ou femelle, un être humain, et non une bestiole d’une autre espèce. Ce n’est pas un appendice du corps de sa mère, de telle sorte qu’elle puisse dire : je fais de mon corps ce que je veux. Il doit être reconnu pour ce qu’il est, et son droit à la vie, à grandir, à naître et à voir la lumière du soleil doit être protégé.

Le crime de l’avortement a été utilisé par les régimes totalitaires et les impérialismes pour empêcher la croissance démographique dans les pays pauvres ; c’est aussi une aspiration typique de la bourgeoisie. C’est dommage pour les partis de gauche qui, dans leur aveuglement idéologique, ne comprennent pas que les femmes pauvres, en général, ne veulent pas abandonner leur petit enfant, même s’il a été conçu contre leur volonté. Elles possèdent un sens de la vie, de l’ordre naturel, méprisé par les sociétés confortables d’un Occident déshumanisé. Chez de nombreux hommes politiques argentins, des préjugés idéologiques ont pris le pas sur la réflexion qui découvre la vérité de l’être ; ils ignorent ou répudient le concept métaphysique de la nature, et ne peuvent donc pas appréhender la réalité qu’elle désigne, et l’ordre naturel qui en découle.

Il faut résister à cette nouvelle tentative « avortiste » de l’Etat qui, si elle se réalise, apportera des malheurs plus grands que ceux que la société argentine subit déjà. Ce serait un pas de plus vers l’abîme de la dégradation de la communauté nationale, le triomphe du matérialisme et de l’individualisme égoïste qui priverait notre peuple de l’avenir digne qu’il mérite.

Mgr Hector Aguer

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

ADDENDUM : Mgr Marcelo Sanchez Sorondo a justifié le fait d'avoir donné la communion au couple présidentiel argentin en affirmant – faussement – qu'elle ne peut être refusée qu'en cas d'excommunication expresse. Toute son interview accordée à Diane Montagna de LifeSiteNews à ce propos est à lire : je l'ai traduite ici.




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08 juin, 2018

Mgr Aguer, évêque conservateur de La Plata, Argentine, remplacé par Victor Manuel “Tucho” Fernandez, proche du pape François

La photo la plus narcissique de
Mgr Victor Manuel Tucho Fernandez
La vengeance, dit-on, est un plat qui se mange froid. Celle du pape François à l’égard de Mgr Hector
Aguer, archevêque de La Plata en Argentine, est carrément glacée. Longue fut l’attente, acérée est l’estocade.

Car avec tout le respect que l’on doit à la fonction du souverain pontife, il est impossible de ne pas percevoir la dureté insolite avec laquelle l’évêque conservateur est actuellement traité, alors qu’à sa place, arrive un très proche de Jorge Bergoglio, son théologien personnel Mgr Victor Manuel Fernandez, dit « Tucho », le sémillant auteur de Guéris-moi avec ta bouche – l'art du baiser.

Le terrible récit de l'exil (c'est de cela qu'il s'agit) de Mgr Aguer est ici.

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13 juillet, 2015

Marcelo Diez, le “Vincent Lambert” argentin, est mort naturellement, quelques heures après le feu vert de la Cour suprême argentine pour qu'il soit privé d'hydratation

Marcelo Diez, 21 ans en état de conscience minimale
Le jeune homme argentin qui se trouvait depuis des années au centre d’une bataille judiciaire très semblable à celle qui se joue autour de Vincent Lambert en France est mort, mardi dernier, de cause naturelle à Neuquén. Marcelo Diez a passé 21 ans dans un état de conscience minimale (requalifié en « état végétatif persistant » par ceux qui voulaient le voir mourir). Les dernières années de sa vie ont été marquées par la demande de ses deux sœurs de lui voir appliquer l’arrêt de l’hydratation et de la nourriture, parce qu’il leur aurait dit oralement jadis qu’il ne souhaiterait pas être « maintenu artificiellement en vie ». L’ironie du sort a voulu que la Cour suprême de la Nation de l’Argentine rendre sa décision autorisant l’arrêt des « traitements » – et donc la mort de soif de Marcelo Diez – quelques heures à peine avant son décès, avant que la cruelle mesure ne pût être mise en route.
Cette mort naturelle est venue symboliquement contredire la décision prise par trois juges sur quatre en faisant plus que lui couper l’herbe sous le pied : elle a  montré que les personnes cérébrolésées partent à leur heure.
Marcelo Diez avait été victime d’un accident de moto il y a 21 ans. Gravement blessé, il avait subi des lésions cérébrales supplémentaires du fait d’une infection nosocomiale et c’est celle-ci qui a rendu son état très similaire à celui de Vincent Lambert, avec notamment une atteinte aux zones cérébrales qui font communiquer les deux hémisphères.
Pendant les premières années suivant son accident, ce sont les parents du jeune homme qui l’ont accueilli chez eux. Au bout de plusieurs années, il avait fallu, alors qu’ils vieillissaient, le transférer dans un établissement sanitaire. C’est après la mort des parents de Marcelo Diez que ses deux sœurs ont commencé à réclamer pour lui l’arrêt de l’hydratation et de la nourriture, alors même que le personnel soignant de la clinique qui l’hébergeait se battait pour le respect de sa vie, soulignant la réalité de ses réactions, de ses goûts, de sa vie en un mot.
Ces dernières années, c’est l’Eglise qui a pris à sa charge l’hospitalisation et les soins de Marcelo Diez.
Marcelo Diez a dû être transféré vers le service de soins intensifs d’un autre établissement fin juin, victime d’une pneumonie. C’est là qu’il est mort le 8 juillet dernier d’une septicémie, non sans avoir été traité par antibiotiques qui n’ont pas réussi à juguler l’infection.
En mourant quelques heures après l’arrêt de la Cour suprême, Diez a bien involontairement donné à celui-ci force jurisprudentielle. Car s’il n’a pas pu s’appliquer pas à son cas, il a posé des principes qui ouvrent clairement la porte à l’euthanasie lente, ainsi que l’ont souligné plusieurs spécialistes en bioéthique en Argentine. Si Marcelo Diez était mort avant le rendu de l’arrêt, celui-ci aurait été sans objet par le fait même.
Les juges argentins se sont défendus d’avoir voulu ainsi donner un soubassement légal aux pratiques euthanasiques. Tout comme le Conseil d’Etat en France et la Cour européenne des droits de l’homme, ils ont sans hésiter assimilé la nourriture et l’hydratation à des « traitements médicaux » alors même qu’elles remplissaient pleinement leur fonction de nourrir et d’hydrater ; ils ont jugé que sa survie était « artificielle » et que le témoignage de ses sœurs était suffisant pour établir qu’il n’aurait pas voulu « vivre ainsi ».
« Abstention thérapeutique », voilà les mots derrière lesquels les juges se sont abrités en assurant qu’il n’appartient à personne, juges, médecins ou membres de la famille de juger de la « dignité » d’une vie, mais qu’il fallait à tout prix respecter la « volonté » du patient.
C’est cette « autonomie » du patient qui est à la racine des tentatives actuelles de légaliser toutes les pratiques à la marge de l’euthanasie : permettre de choisir la mort sans en avoir l’air. En l’occurrence, il s’agit pourtant bien de provoquer une mort qui ne serait pas causée par la condition sous-jacente du patient : en refusant l’eau au patient, c’est sa mort qui est recherchée, et elle est inéluctable.
Mgr Virginio Bressannelli a rencontré les sœurs
de Marcelo Diez
Mgr Virginio Bressannelli, évêque de Neuquén en Argentine, a sévèrement critiqué la décision de la Cour suprême lors d’une conférence de presse, affirmant qu’elle aurait abouti à une « euthanasie par omission ». « Refuser les soins de base c’est, au fond, provoquer la mort. »
Il n’était pas en état végétatif, a insisté le prélat, soulignant que Diez « était capable d’enlever sa chemise ; quand on lui mettait de la musique, son visage s’illuminait, mais il suffisait de lui en mettre qu’il n’aimait pas pour qu’il montre son déplaisir ».
La mort de Marcelo Diez, quasiment « par surprise », a « évité un traumatisme à Neuquén », a encore souligné Mgr Bressannelli : «  Dieu l’en a  libéré. »

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