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| Marcelo Diez, 21 ans en état de conscience minimale |
Cette mort naturelle est venue
symboliquement contredire la décision prise par trois juges sur quatre en faisant
plus que lui couper l’herbe sous le pied : elle a montré que les personnes cérébrolésées
partent à leur heure.
Marcelo Diez avait été victime
d’un accident de moto il y a 21 ans. Gravement blessé, il avait subi des
lésions cérébrales supplémentaires du fait d’une infection nosocomiale et c’est
celle-ci qui a rendu son état très similaire à celui de Vincent Lambert, avec
notamment une atteinte aux zones cérébrales qui font communiquer les deux
hémisphères.
Pendant les premières années
suivant son accident, ce sont les parents du jeune homme qui l’ont accueilli
chez eux. Au bout de plusieurs années, il avait fallu, alors qu’ils
vieillissaient, le transférer dans un établissement sanitaire. C’est après la
mort des parents de Marcelo Diez que ses deux sœurs ont commencé à réclamer
pour lui l’arrêt de l’hydratation et de la nourriture, alors même que le
personnel soignant de la clinique qui l’hébergeait se battait pour le respect
de sa vie, soulignant la réalité de ses réactions, de ses goûts, de sa vie en
un mot.
Ces dernières années, c’est
l’Eglise qui a pris à sa charge l’hospitalisation et les soins de Marcelo Diez.
Marcelo Diez a dû être transféré
vers le service de soins intensifs d’un autre établissement fin juin, victime
d’une pneumonie. C’est là qu’il est mort le 8 juillet dernier d’une
septicémie, non sans avoir été traité par antibiotiques qui n’ont pas réussi à
juguler l’infection.
En mourant quelques heures après
l’arrêt de la Cour suprême, Diez a bien involontairement donné
à celui-ci force jurisprudentielle. Car s’il n’a pas pu s’appliquer pas à son
cas, il a posé des principes qui ouvrent clairement la porte à l’euthanasie lente,
ainsi que l’ont souligné plusieurs spécialistes en bioéthique en Argentine. Si
Marcelo Diez était mort avant le rendu de l’arrêt, celui-ci aurait été sans
objet par le fait même.
Les juges argentins se sont
défendus d’avoir voulu ainsi donner un soubassement légal aux pratiques
euthanasiques. Tout comme le Conseil d’Etat en France et la Cour européenne des
droits de l’homme, ils ont sans hésiter assimilé la nourriture et
l’hydratation à des « traitements médicaux » alors même qu’elles
remplissaient pleinement leur fonction de nourrir et d’hydrater ; ils ont
jugé que sa survie était « artificielle » et que le témoignage de ses
sœurs était suffisant pour établir qu’il n’aurait pas voulu « vivre
ainsi ».
« Abstention
thérapeutique », voilà les mots derrière lesquels les juges se sont
abrités en assurant qu’il n’appartient à personne, juges, médecins ou membres
de la famille de juger de la « dignité » d’une vie, mais qu’il
fallait à tout prix respecter la « volonté » du patient.
C’est cette
« autonomie » du patient qui est à la racine des tentatives actuelles
de légaliser toutes les pratiques à la marge de l’euthanasie : permettre
de choisir la mort sans en avoir l’air. En l’occurrence, il s’agit pourtant
bien de provoquer une mort qui ne serait pas causée par la condition
sous-jacente du patient : en refusant l’eau au patient, c’est sa mort qui
est recherchée, et elle est inéluctable.
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| Mgr Virginio Bressannelli a rencontré les sœurs de Marcelo Diez |
Il n’était pas en état végétatif,
a insisté le prélat, soulignant que Diez « était capable d’enlever sa
chemise ; quand on lui mettait de la musique, son visage s’illuminait,
mais il suffisait de lui en mettre qu’il n’aimait pas pour qu’il montre son
déplaisir ».
La mort de Marcelo Diez, quasiment
« par surprise », a « évité un traumatisme à Neuquén », a
encore souligné Mgr Bressannelli : « Dieu l’en a libéré. »
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