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22 juillet, 2015

Asia Bibi : la Cour suprême suspend son exécution et accepte d'examiner son recours

La Cour suprême du Pakistan vient d'accepter d'entendre le recours d'Asia Bibi, la femme chrétienne condamnée à mort pour « blasphème » pour avoir comparé les attitudes du Christ et de Mahomet après que des compagnes de travail musulmanes eussent refusé le verre d'eau qu'elle leur tendait comme « impur » – haram. La décision suspend l'exécution par pendaison décidée il y a cinq ans, date depuis laquelle la mère de 5 enfants est emprisonnée dans un couloir de la mort. Elle a aujourd'hui 50 ans.

La sentence capitale avait été confirmée par la cour d'appel du Lahore en octobre 2014 et la décision d'aujourd'hui aurait pu marquer la fin de la procédure si les juges avaient décidé re déclarer le recours d'Asia Bibi irrecevable.

Le recours de la jeune femme, qui conteste les accusations de blasphème, sera donc examiné en détail à une date qui reste à déterminer, a fait savoir l'avocat d'Asia Bibi, Saiful Malook. L'avocat de son accusateur, un dignitaire musulman local, a tenté en vain d'empêcher l'examen du recours pour un motif technique : son avocat soutenait qu'il avait été introduit hors délais.

Cette question sera examinée en même temps que les arguments d'Asia Bibi, ont fait savoir les juges.

En même temps que se déroule le volet judiciaire de cette affaire, le mari d'Asia Bibi en a appelé au président du Pakistan Mamnoon Hussain pour obtenir un « pardon » présidentiel ainsi que le droit d'émigrer en France avec son épouse.

La suspension de la sentence de mort autorise en principe Asia Bibi à quitter la prison (alors qu'il ne lui avait même pas été permis d'assister à l'audience de la Cour suprême) mais elle devra y demeurer pour des raisons de sécurité. L'accusation de blasphème est en effet souvent suivie de lynchage, souligne HazteOir en Espagne qui a contribué aux frais de sa défense et qui appelle la pression internationale à rester forte dans la mesure où elle n'est toujours pas en liberté.


A l'heure où siégeait la Cour suprême, HazteOir organisait une manifestation silencieuse et priante devant l'ambassade du Pakistan à Madrid.

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13 juillet, 2015

Marcelo Diez, le “Vincent Lambert” argentin, est mort naturellement, quelques heures après le feu vert de la Cour suprême argentine pour qu'il soit privé d'hydratation

Marcelo Diez, 21 ans en état de conscience minimale
Le jeune homme argentin qui se trouvait depuis des années au centre d’une bataille judiciaire très semblable à celle qui se joue autour de Vincent Lambert en France est mort, mardi dernier, de cause naturelle à Neuquén. Marcelo Diez a passé 21 ans dans un état de conscience minimale (requalifié en « état végétatif persistant » par ceux qui voulaient le voir mourir). Les dernières années de sa vie ont été marquées par la demande de ses deux sœurs de lui voir appliquer l’arrêt de l’hydratation et de la nourriture, parce qu’il leur aurait dit oralement jadis qu’il ne souhaiterait pas être « maintenu artificiellement en vie ». L’ironie du sort a voulu que la Cour suprême de la Nation de l’Argentine rendre sa décision autorisant l’arrêt des « traitements » – et donc la mort de soif de Marcelo Diez – quelques heures à peine avant son décès, avant que la cruelle mesure ne pût être mise en route.
Cette mort naturelle est venue symboliquement contredire la décision prise par trois juges sur quatre en faisant plus que lui couper l’herbe sous le pied : elle a  montré que les personnes cérébrolésées partent à leur heure.
Marcelo Diez avait été victime d’un accident de moto il y a 21 ans. Gravement blessé, il avait subi des lésions cérébrales supplémentaires du fait d’une infection nosocomiale et c’est celle-ci qui a rendu son état très similaire à celui de Vincent Lambert, avec notamment une atteinte aux zones cérébrales qui font communiquer les deux hémisphères.
Pendant les premières années suivant son accident, ce sont les parents du jeune homme qui l’ont accueilli chez eux. Au bout de plusieurs années, il avait fallu, alors qu’ils vieillissaient, le transférer dans un établissement sanitaire. C’est après la mort des parents de Marcelo Diez que ses deux sœurs ont commencé à réclamer pour lui l’arrêt de l’hydratation et de la nourriture, alors même que le personnel soignant de la clinique qui l’hébergeait se battait pour le respect de sa vie, soulignant la réalité de ses réactions, de ses goûts, de sa vie en un mot.
Ces dernières années, c’est l’Eglise qui a pris à sa charge l’hospitalisation et les soins de Marcelo Diez.
Marcelo Diez a dû être transféré vers le service de soins intensifs d’un autre établissement fin juin, victime d’une pneumonie. C’est là qu’il est mort le 8 juillet dernier d’une septicémie, non sans avoir été traité par antibiotiques qui n’ont pas réussi à juguler l’infection.
En mourant quelques heures après l’arrêt de la Cour suprême, Diez a bien involontairement donné à celui-ci force jurisprudentielle. Car s’il n’a pas pu s’appliquer pas à son cas, il a posé des principes qui ouvrent clairement la porte à l’euthanasie lente, ainsi que l’ont souligné plusieurs spécialistes en bioéthique en Argentine. Si Marcelo Diez était mort avant le rendu de l’arrêt, celui-ci aurait été sans objet par le fait même.
Les juges argentins se sont défendus d’avoir voulu ainsi donner un soubassement légal aux pratiques euthanasiques. Tout comme le Conseil d’Etat en France et la Cour européenne des droits de l’homme, ils ont sans hésiter assimilé la nourriture et l’hydratation à des « traitements médicaux » alors même qu’elles remplissaient pleinement leur fonction de nourrir et d’hydrater ; ils ont jugé que sa survie était « artificielle » et que le témoignage de ses sœurs était suffisant pour établir qu’il n’aurait pas voulu « vivre ainsi ».
« Abstention thérapeutique », voilà les mots derrière lesquels les juges se sont abrités en assurant qu’il n’appartient à personne, juges, médecins ou membres de la famille de juger de la « dignité » d’une vie, mais qu’il fallait à tout prix respecter la « volonté » du patient.
C’est cette « autonomie » du patient qui est à la racine des tentatives actuelles de légaliser toutes les pratiques à la marge de l’euthanasie : permettre de choisir la mort sans en avoir l’air. En l’occurrence, il s’agit pourtant bien de provoquer une mort qui ne serait pas causée par la condition sous-jacente du patient : en refusant l’eau au patient, c’est sa mort qui est recherchée, et elle est inéluctable.
Mgr Virginio Bressannelli a rencontré les sœurs
de Marcelo Diez
Mgr Virginio Bressannelli, évêque de Neuquén en Argentine, a sévèrement critiqué la décision de la Cour suprême lors d’une conférence de presse, affirmant qu’elle aurait abouti à une « euthanasie par omission ». « Refuser les soins de base c’est, au fond, provoquer la mort. »
Il n’était pas en état végétatif, a insisté le prélat, soulignant que Diez « était capable d’enlever sa chemise ; quand on lui mettait de la musique, son visage s’illuminait, mais il suffisait de lui en mettre qu’il n’aimait pas pour qu’il montre son déplaisir ».
La mort de Marcelo Diez, quasiment « par surprise », a « évité un traumatisme à Neuquén », a encore souligné Mgr Bressannelli : «  Dieu l’en a  libéré. »

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06 août, 2010

Elena Kegan, juge pro-mort

Le Sénat américain a confirmé jeudi la nomination comme juge à la Cour suprême d’Elena Kagan, désignée par le président Barack Obama le 10 mai pour siéger parmi les neuf sages de la haute juridiction. Les élus ont approuvé par 63 voix contre 37 celle qui succédera au juge John Paul Stevens, 90 ans, qui vient de prendre sa retraite. Cinq républicains ont rejoint les rangs de la majorité. Seul un démocrate, Ben Nelson, a voté contre. Certains la disent lesbienne, chose que l’administration Obama cherche à nier ou à occulter, mais elle est favorable au mariage homosexuel et à l’avortement. Des associations pro-vie affirment qu’elle avait trafiqué des témoignages d’experts médicaux lors du débat sur l’avortement par naissance partielle en 1996-1997 pour présenter cette procédure comme nécessaire. « Pour faire simple, c’est une militante politique, pas une juriste », a estimé mercredi le républicain Richard Shelby.


Source : Présent daté du samedi 6 août 2010.

Photo : empruntée ici.

07 novembre, 2006

La Cour Suprême américaine et l'avortement par naissance partielle

« Cela ressemble trop à un infanticide » : c’est ainsi qu’un sénateur américain qualifia naguère la procédure d’« avortement par naissance partielle » dont l’interdiction par des lois adoptées en 2003 par la Californie et par le Nebraska vient devant la Cour suprême des Etats-Unis, mercredi. La Cour, dans sa nouvelle composition, devra dire si ces lois qui ne prévoient aucune « exception de santé » pour la mère sont constitutionnelles.

Une affaire similaire jugée en 2000 avait abouti à l’invalidation de la loi en raison de l’absence de cette exception : les juges avaient voté à 5 contre 4, le vote déterminant ayant été celui de Sandra Day O’Connor. La donne a changé, puisque celle-ci a été remplacée (grâce aux pressions des défenseurs de la vie sur George W. Bush) par Samuel Alito, pro-vie affirmé. Mais l’intrépide pro-vie William Rehnquist a, lui, été remplacé par John Roberts, présenté comme un pro-vie modéré mais dont on ignore pour l’instant s’il ira jusqu’à renverser une jurisprudence établie.

Bref, dans un contexte où plusieurs Etats des Etats-Unis essaient actuellement d’adopter des lois interdisant l’avortement (le Dakota du Sud votait sur ce point mardi), l’attitude de la Cour devrait avoir une valeur de test. Et l’intérêt de l’affaire, c’est que la méthode d’avortement en cause est tellement révoltante, tellement abominable qu’il est difficile de l’approuver : on parle de plus de 70 % d’opposition dans les sondages.

Cette forme d’avortement, pratiquée à partir du 5e mois de grossesse, consiste à déclencher l’ouverture du col pendant deux jours, à faire naître partiellement l’enfant par le siège, puis à perforer sa tête par le bas du crâne et à aspirer son cerveau avant d’extraire totalement son corps de l’utérus. Le procédé répond à un double objectif : faciliter le passage de la tête, mais aussi s’assurer de la naissance d’un bébé mort. On évalue le nombre de ces avortements tardifs de 5 000 à 10 000 par an, généralement pratiqués sur les foetus sains de mères saines.

La méthode est tellement horrible que le Congrès et le Sénat avaient tous deux voté son interdiction à la fin des années 1990, mais Bill Clinton avait par deux fois opposé son veto…

Le lobby pro-avortement a fait déplacer le débat sur l’exception de santé en se fondant sur la décision Doe versus Bolton qui permet l’avortement jusqu’au terme pour protéger la mère : une exception d’interprétation extrêmement large qui admet les risques émotionnels, familiaux, psychologiques (la dépression notamment), et même ceux liés à l’âge de la mère.
Les défenseurs de la vie ont refusé de se laisser intimider, en soulignant qu’une exception de santé équivaudrait à vider l’interdiction de sa substance, et en apportant le témoignage d’un très grand nombre de médecins selon qui la procédure n’est jamais nécessaire pour sauver la mère et qu’au contraire elle présente de multiples risques pour la mère et pour sa fertilité future.

L’inventeur de l’avortement par naissance partielle, le Dr McMahon, a lui-même avoué que sur les 2 000 interventions qu’il a personnellement pratiquées, 9 % répondaient à un souci pour cause de santé maternelle, la plupart du temps la dépression…

Il est clair que le fait d’interdire une méthode d’avortement ne règle aucune question de fond, d’autant que l’avortement tardif par démembrement dans l’utérus resterait en tout cas autorisé. Mais l’intérêt de ce combat est d’ouvrir une brèche, de mettre un terme au caractère absolu du « droit à l’avortement » aux Etats- Unis.

Cet article de J.S. a paru dans Présent daté du 8 novembre 2006

 
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