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13 mars, 2020

Leandro Rodriguez Lastra, médecin en Argentine, jugé coupable en appel pour avoir refusé de pratiquer un avortement tardif

L’appel du Dr Leandro Rodriguez Lastra, ce médecin qui a refusé de pratiquer un avortement légal tardif sur une femme enceinte de 23 semaines a été rejeté mercredi par un tribunal de Rio Negro, Argentine, au motif qu’il n’avait pas rempli ses devoirs de fonctionnaire dans l’hôpital public local. Sa peine de prison d’un an et deux mois avec sursis prononcée par le juge de première instance a été confirmée et il sera également suspendu de toute fonction publique pendant deux ans et quatre mois, conformément au jugement initial.

La décision de la cour d’appel contre ce médecin de Cipolletti, dans la province centrale de Rio Negro, inclut des termes sur le droit personnel des femmes à l’« autonomie» et la nécessité de juger l’affaire selon la « perspective de genre ». L’un des trois juges a même parlé de « violence obstétricale ».

Grâce au Dr Rodriguez Lastra, un petit garçon de deux ans est aujourd’hui en vie et se porte bien.
Son avocat, Damián Torres, a d’ores et déjà indiqué que la décision fera l’objet d’un recours devant la Cour suprême de la province de Rio Negro. Il a déclaré à la presse locale qu’il considérait cette décision comme « idéologique ».

Quant au procureur général, Santiago Márquez Gauna, il avait demandé à l’audience en février qu’un procès supplémentaire ait lieu afin de déterminer quelles « règles de conduite » le médecin devra respecter pour éviter d’être condamné à exécuter sa peine de prison. Les juges ont accepté cette demande et ont ordonné la nouvelle procédure.

Selon la législation argentine, les « règles de conduite » visent par exemple l’obligation de demeurer dans un lieu déterminé, l’interdiction de rencontrer certaines personnes ou de consommer de la drogue ou de l’alcool, l’obligationde suivre un traitement psychologique ou médical, ou de travailler gratuitement pour l’État ou des institutions caritatives en dehors des heures de travail normales.

Dans le cas de Rodriguez, le procureur a déclaré à la presse qu’il souhaitait voir le médecin suivre des cours (d’endoctrinement…) sur le consentement éclairé, l’interruption légale de grossesse et la « perspective de genre ».

Márquez Gauna a également suggéré qu’en plus d’être interdit d’emploi public, le droit du médecin d’exercer la médecine soit également suspendu pendant deux ans et quatre mois. Cette demande n’a pas été retenue par les juges.

L’avortement demeure illégal en Argentine, bien que le Congrès fédéral doive prochainement examiner une nouvelle loi d’avortement pour l’ensemble du pays – procédure pour l’heure suspendu en raison du Coronavirus. En vertu d’une décision de la Cour suprême fédérale qui a été approuvée par la province de Rio Negro au moyen d’un protocole spécial, les grossesses résultant d’un viol ou présentant un risque pour la vie de la femme peuvent être légalement « interrompues ».

À Rio Negro, toute femme qui prétend avoir été violée peut obtenir un accès légal à l’avortement sur simple demande auprès d’un hôpital public. Elle n’est pas tenue de prouver que sa grossesse est le résultat d’une agression sexuelle. Cependant, la plupart des médecins de Cipolletto et des villes voisines sont répertoriés comme objecteurs de conscience. Rodriguez Lastra, chef du service de gynécologie de l’hôpital public Pedro Moguillansky de Cipolletto lorsque la femme en question y est arrivée il y a deux ans pour un avortement, ne figurait pas sur la liste des objecteurs de conscience à l’époque.

La persécution judiciaire de Rodriguez Lastra a commencé sur des bases peu solides. La femme de 19 ans en cause avait d’abord cherché à se faire avorter dans la ville voisine de Fernandez Oro où elle affirmait avoir été violée. À l’hôpital local, les médecins l’ont renvoyée vers une ONG féministe, « La Revuelta ».

La jeune femme s’est présentée quelques jours plus tard à l’hôpital public de Cipolletti, alléguant qu’on lui avait donné de l’oxaprost (misoprostol) pour provoquer un avortement et demandant que l’avortement soit achevé. Le Dr Rodriguez a estimé qu’elle risquait d’avoir une infection grave, voire mortelle, et lui a administré des médicaments contre les contractions. Il n’a pas été en mesure de déterminer si elle avait effectivement pris des pilules à effet abortif. Il n’a constatée ni dilatation ni saignement. Il a estimé qu’elle était enceinte d’environ 5 mois et qu’elle n’était pas en état de recevoir des pilules abortives à ce stade (l’avortement chimique est lié à des complications pour la mère après 10 ou 12 semaines de grossesse tout au plus).

La femme est restée à l’hôpital, avec son plein consentement selon Rodriguez Lastra, en vue de subir une césarienne dès que son bébé aurait toutes les chances de survivre à l’opération. Cela s’est produit à 7 mois et demi et le bébé est né en bonne santé.

Les activistes de l’avortement se sont alors emparés du dossier pour reprocher au médecin son refus de tuer l’enfant ; ils l’ont notamment accusé, lors du procès qui s’en est suivi, d’avoir utilisé des « manœuvres dilatoires » parce qu’il avait demandé que la jeune femme subisse un examen psychiatrique. En octobre dernier, les juges de Cipolletto ont décidé qu’il n’avait « jamais eu l’intention de pratiquer l’avortement »,  et l’ont condamné notamment pour ce motif.

Le jugement en appel de ce mercredi était une décision partagée, où un juge a considéré Rodriguez Lastra non coupable face aux deux autres, Miguel Angel Cardella et Maria Rita Custet Llambí, qui sont allés plus loin que les premiers juges.

Rodriguez Lastra avait demandé sans succès leur récusation au motif que cette dernière avait « exprimé sa position » sur l’affaire avant de l’entendre « et n’aurait jamais dû intervenir ». Quant à Cardella, il est connu pour être en faveur de l’avortement.

Il y a de nombreuses preuves de cela dans l’exposé des motifs de son vote :

« Une femme enceinte à la suite d’un viol a le droit d’avoir accès à la pratique médicale d’un avortement non punissable dans les établissements de santé publique et l’accusé a fait obstruction à ce processus », a-t-il écrit, ajoutant : « Le médecin accusé n’a pas respecté l’autonomie personnelle de la femme dans l’exercice de sa profession médicale en tant qu’employé de l’hôpital public de la province. Par conséquent, en vertu de la règle médicale en vigueur, le gynécologue Rodríguez Lastra était obligé d’accompagner le processus d’avortement qui avait été entamé. »

Cardella a défini l’autonomie personnelle en ces termes :

« Le libre choix individuel des projets de vie et l’adoption d’idéaux d’excellence humaine étant précieux, l’État (et les autres individus) ne doit pas intervenir dans ce choix ou cette adoption. »
Il a déploré que la victime « n’ait pas été écoutée ».

« Notre loi locale, au nom de laquelle Rodríguez Lastra est accusé, réglemente l’article 86 du code pénal (fédéral) : lorsqu’une femme tombe enceinte à la suite d’un viol, elle a le droit de demander aux autorités sanitaires provinciales de pratiquer un avortement parce qu’elle ne souhaite pas avoir le fœtus dans son corps. C’est sa volonté, parce qu’elle est propriétaire de son corps, elle en décide, dans ce cas précis parce qu’il a été violé ; il n’y a pas d’autre droit au-dessus de sa décision. »

Cela équivaut de fait à un droit absolu à l’avortement, et Cardella a clairement indiqué que dans ces cas, il ne peut y avoir de débat ou de discussion comme cela peut exister sur « l’interruption volontaire de grossesse ». « Dans le contexte présent, l’avortement est autorisé parce que la femme a été victime d’un crime d’abus sexuel par accès charnel. »

Plus radical encore, il a exliqué : " »Elle voulait avorter, les accusés n’ont pas tenu compte de sa volonté de décider de son corps et de sa santé ; ils l’ont obligée à accoucher. C’est de la violence sexiste et obstétrique. »

Custet Llambí a adopté un ton semblable : « Il s’agit ici de juger les faits dans le contexte de l’inégalité des sexes et d’éliminer les stéréotypes de genre, qui sont des “éléments cognitifs irrationnels que nous considérons comme des vérités absolues” et qui ont été transmis par la société. »

Des « éléments cognitifs irrationnels », vous avez bien lu, vous font penser qu'il y a des différences entre les hommes et les femmes et leurs rôles, dons, richesses, aptitudes respectifs.

Elle poursuit :

« Une fois de plus, la loi, interprétée d’un point de vue patriarcal, chercherait à fonctionner comme un piège contre l’efficacité des droits des femmes et disculperait de manière injustifiée ceux qui agissent contre la loi, manquent à leurs devoirs et violent les droits fondamentaux des femmes enceintes. Les actions analysées ont été exécutées dans le cadre d’une asymétrie de pouvoir indubitable (…) : le défendeur a utilisé sa position de professionnel médical pour administrer un médicament afin de contenir et d’inverser le processus d’interruption de la grossesse initié par la patiente elle-même, afin de ne pas réaliser l’acte qu’elle demandait, tout cela sans exiger de consentement ni fournir d’explication. »

Il y a pire :

« D’un point de vue structurel, contextuel et intersectionnel, il ne m’échappe pas que la victime se trouve traversée par de multiples vulnérabilités qui accompagnent sa condition de genre, comme sa jeunesse, sa qualité de victime de diverses formes de violence depuis l’enfance, à laquelle s’ajoute sa condition de femme enceinte résultant d’une agression sexuelle, avec de grandes difficultés à communiquer ses opinions et ses expressions dans le débat, auxquelles s’ajoute la violence dont elle a été victime dans le système de santé qui était censé l’aider. Face à l’intersection de tant de vulnérabilités, l’accusé a fait passer devant l’autodétermination de la jeune femme, la fonction reproductive qu’elle symbolisait en tant que femme – avant sa dignité, avant son droit à la santé et à être informée, accompagnée, soutenue et respectée dans le processus d’interruption de la grossesse, interruption à laquelle elle avait droit prioritairement face à tout autre droit ou intérêt. »

Et pire encore :

« Ignorer la voix d’une femme, ignorer ses besoins vitaux, assujettir les droits reproductifs, dévaster la psyché et asservir le corps afin de contraindre à la poursuite d’une grossesse après un viol, c’est nier le statut de sujet de droit de la victime et conduit à l’incarnation de la violence de genre dans sa forme la plus douloureuse », a conclu Madame le juge Custet.

L’avocat de la défense Damián Torres, commentant la décision, a qualifié les explications des deux juges de « simple expression idéologique qui montre qu’ils n’ont rien voulu voir au cours du procès ; en fait, ils ne citent pour ainsi dire pas les témoins ni tout ce qui s’est passé devant le tribunal. » « C’est comme s’ils n’avaient rien vu. Cela correspond à la récusation que nous avons adressée à l’encontre de ces juges avant notre recours", a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l’argumentation clairement idéologique de la décision lui donnait l’espoir de voir la Cour suprême provinciale la renverser.




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06 juin, 2019

Noa Pothoven, la jeune Néerlandaise violée qui s’est laissée mourir de soif (avec l’aide des médecins)


La mort de Noa Pothoven, 17 ans, a fait la une des journaux du monde entier au début de la semaine alors que la presse internationale décrivait l'« euthanasie » de la jeune Néerlandaise à Arnhem, Pays-Bas. Les réactions de choc ont été nombreuses, d'autant plus que sa mort, dimanche dernier, a été associée à de profondes souffrances psychologiques consécutives à des abus sexuels à 11 et 12 ans et à un double viol à l'âge de 14 ans. Il ne s'agissait pas d'une patiente atteinte d'un cancer en phase terminale qui ne supportait plus la douleur physique, mais d'une adolescente dynamique qui avait subi « un sort pire que la mort » quand elle n'était qu'une enfant, et dont la dépression l'avait finalement amenée à refuser la vie elle-même.
Ces réactions étaient saines. Mais l’histoire avait une faille : aucun « fact-checking », fût-il sommaire, n’avait été fait. Les médias « de référence »qui condamnent avec tant d'empressement les « fake news » ont répercuté l'information sans vérifier les sources néerlandaises qui étaient pourtant très claires sur la cause du décès de Noa : elle avait volontairement cessé de manger et de boire,  afin de mourir. Alors ? Il n'y a pas eu d'euthanasie...
Les gros médias ont rectifié leurs reportages, tandis que les agences de vérification ont évoqué des « reportages erronés ou exagérés » aussi bien dans les tabloïds ainsi que de « médias nationaux habituellement fiables », condamnant du même coup leur approche « sensationnaliste ». Certes, Noa Pothoven est morte, mais il n'était plus question d'euthanasie ni même de suicide assisté, donc, probablement, tout allait bien.
Ou non ?
Sa mort était-elle vraiment, au moins d'une certaine façon, « normale », et même « due à des causes naturelles » comme l'indique son certificat de décès ? Sa vie tragiquement abrégée ne soulève-t-elle pas les mêmes questions que l'euthanasie directe d'un mineur ? Mourir de faim avec l'aide de soignants médicaux vaudrait-il en quelque sorte « mieux » que de recevoir une injection mortelle ?
Jusqu'à l'âge de 11 ans, Noa Pothoven était une jeune fille joyeuse, intelligente et heureuse. Elève brillante, elle s'était intégrée sans effort au collège et avait un don pour l'écriture, son activité préférée.
Puis elle est allée à une fête à l'école, où elle a subi des attouchements de la part d’un homme. Un an plus tard, la même chose s'est produite lors d’une autre fête pour adolescents. Encore deux ans, et la jolie jeune fille blonde était violée par deux hommes quelque part à Arnhem. Elle ne l'a jamais dit à ses parents, « par peur et par honte ». Si elle a fini par signaler les faits à la police, plusieurs années plus tard, c’est sans déposer plainte, de peur d’avoir à reparler des actes qu’elle avait subis.

L'entretien de décembre 2018 est par là (en néerlandais)
« Je revis cette peur, cette douleur, tous les jours », a-t-elle dit à un intervieweur de télévision en décembre dernier, à l'âge de 16 ans. « J'ai toujours peur, je suis toujours sur mes gardes. Et encore aujourd'hui, mon corps est toujours sale. Ma maison, mon corps a été cambriolé, et cela ne pourra jamais être défait. »
Noa Pothoven est devenue déprimée et anorexique après les agressions. Elle avait des troubles du comportement et s'automutilait. Plusieurs tentatives de suicide ont suivi et, à un moment donné, elle a été hospitalisée dans un hôpital où elle a reçu une alimentation entérale pendant plusieurs mois et a même été placée dans le coma, en attendant une place dans un établissement psychiatrique spécialisé pour adolescents. Elle a été déplacée d'une clinique à l'autre, ne trouvant jamais le traitement qu'elle espérait pour la sauver de son désespoir.
Lisette et Frans Pothoven n'ont découvert le désir de mort de leur fille que lorsqu'ils sont tombés dans sa chambre sur une enveloppe remplie de lettres d'adieu à ses parents, sa famille et ses amis. Ils n’arrivaient pas à comprendre. « Noa est douce, belle, intelligente, sociable et toujours joyeuse. Comment peut-elle vouloir mourir ? », déclaré sa mère à un journaliste lors de cette même interview télévisée.
Ils n'ont appris les abus sexuels et les viols que leur fille avait subis que lorsque celle-ci avait 15 ans et avait déjà commencé à se priver de nourriture.
Entre-temps, les thérapeutes ont encouragé Noa à écrire sur ses pensées et ses sentiments. Ses écrits se sont transformés en livre, publié en décembre de l'année dernière, Gagner ou apprendre. Elle a expliqué qu'en écrivant, elle s’est rendu compte de plus en plus qu'elle ne voulait plus continuer à vivre. « Oui, l’idée s’est développée lentement », a-t-elle dit au journaliste : « Le sentiment que ce serait peut-être mieux si je n'étais plus là, parce qu'alors les autres ne seraient plus dérangés par moi et je ne le serais plus par moi-même. »
Lors de l'entretien, en décembre dernier, Noa Pothoven expliquait que tout cela l’avait conduite à une « trajectoire d'euthanasie ». On sait qu'elle s'est rendue à la Clinique de Fin de vie qui s'occupe des demandes d'euthanasie que les médecins ne veulent pas honorer ; elle a été refoulée parce qu'elle ne remplissait pas les conditions légales.
Elle s'est plainte de ce que l'euthanasie lui était refusée parce qu'elle était trop jeune : les médecins lui ont expliqué que le cerveau humain est encore en pleine maturation à l'adolescence et que ces demandes pour des raisons psychiatriques ne sont prises en compte qu'après les 21 ans du patient. « Ça m'a vraiment brisée : je ne peux pas attendre si longtemps », a-t-elle dit à la journaliste.
Son histoire se lit comme la chronique d'une mort annoncée. Non seulement Noa voulait mourir, mais le monde entier le savait grâce à son livre. Ce qu'elle avait omis ou craint de dire à sa famille, elle l'a finalement révélé à tous. Des journalistes et des lecteurs ont discuté de sa volonté de mourir. Elle n'a jamais obtenu l'aide et la guérison qu'elle avouait rechercher.
 Elle s'est plainte d'avoir été internée de force dans des établissements psychiatriques par des « personnes en robe de juge » qui lui donnaient l’impression d’être « presque comme une criminelle ».
Noa a-t-elle jamais bénéficié d'une aide spirituelle ? Elle ou ses parents croyaient-ils en une vie après la mort, ou en la justice ultime pour ceux qui souillent les jeunes ? Et ne faudrait-il pas parler d'une forme de complaisance malsaine de la part des médias à l'égard de sa souffrance tragique, suivie jusqu'à ce que, finalement, elle en meure ?
Sa mère, Lisette Pothoven, déclarait en décembre 2018 qu'elle espérait que le fait de rendre l'histoire publique aiderait à trouver une solution, se plaignant qu'il n'y ait pas une seule institution aux Pays-Bas où les besoins, tant psychologiques que physiques, de Noa seraient réellement pris en compte dans un milieu fermé. La jeune fille a été inscrite à plusieurs reprises sur des listes d'attente. Elle était prête à tout essayer, y compris le traitement par électrochocs, qui a finalement été refusé selon une source.
Ses parents espéraient que quelque chose changerait. Dans l'entretien télévisé de décembre 2018, Lisette Pothoven a reconnu avec tristesse que sa fille prenait la voie de choisir sa propre mort : « Nous sommes à son opposé à ce sujet. Nous, ses parents, voulons qu'elle choisisse le chemin de la vie. En réalité, Noa ne veut pas mourir du tout. Elle n'aspire qu'au repos. »
Noa était d'accord : « Oui, je veux me reposer. Je ne veux plus ressentir la douleur. »
On ne peut qu'imaginer comment, quand et pourquoi ses soignants et sa famille ont accepté quelques mois plus tard que la jeune fille « s'abstienne de manger et de boire pour accélérer la mort », comme on dit aux Pays-Bas. Les Pothoven, qui ont été submergés de demandes d'interviews et d'informations par les médias étrangers depuis la mort de leur fille dimanche dernier, ont supplié qu’on les laisse seuls pourqu’ils puissent vivre leur deuil dans la paix.
Ce qui est certain, c'est qu'elle est morte dans un lit d'hôpital installé dans le salon de ses parents, recevant des soins spécifiques pour ceux qui choisissent d'arrêter de vivre en s'abstenant de se nourrir pour mourir de soif et de dénutrition. Il s'agit d'une mort particulièrement horrible, mais elle est ouverte à tous ceux qui le souhaitent aux Pays-Bas, et les soignants sont tenus d'apporter leur aide pendant la procédure.
Remarquablement, cependant, les soignants qui ont des objections de conscience – qu’elles soient émotionnelles, morales ou religieuses – sont autorisés à prendre du recul pour laisser agir des personnes prêtes à « accompagner » une telle « mort choisie », à condition qu'elles donnent des soins en cas d'urgence quand personne d'autre n’est disponible.
Le fait même que l'objection de conscience soit possible dans cette situation montre qu'il ne s'agit pas d'une chose ordinaire et qu'elle soulève de graves questions morales.
En effet, selon les directives officielles de la KNMG (Association Royale des Médecins des Pays-Bas), « s'abstenir consciemment de manger et de boire » pour hâter la mort (ou dans le cas de Noa, pour la provoquer rapidement et directement) est « explicitement découragé » avant 60 ans lorsque le patient ne souffre pas d'une « maladie en phase terminale ».
Pour les personnes de plus de 60 ans, en revanche, cette exigence n'existe pas et toute personne peut demander de l'aide en vue de ce choix de fin de vie, sur le fondement de "l'autonomie du patient", l'idée étant que tout patients est en droit de refuser les traitement, les soins et les soins ordinaires comme ils le souhaitent. « C'est un choix que tout le monde a le droit de faire et peut faire », affirment les directives de la KNMG.
Ce document de 64 pages constitue une lecture intéressante et même terrifiante. Bien que les médecins et les autres soignants soient encouragés à dissuader les patients de choisir d'arrêter de recevoir nourriture et liquides et à rechercher des solutions qui les aideront à continuer à vivre, les directives suggèrent que la procédure peut être l’alternative proposée lorsque l'euthanasie est refusée.
Ils ajoutent que les patients souffrant de dépression ne devraient pas être empêchés, à ce titre, de choisir un tel décès parce qu'ils sont encore capables de prendre leurs propres décisions en connaissance de cause.
Aucune mention n'est toutefois faite des patients mineurs. Dans le cas de Noa Pothoven, il n'est pas clair si ses parents ont été amenés à signer les documents demandant la procédure pour leur fille mineure, mais ils étaient certainement d'accord avec elle. Sous quelle pression ? Et quel a été le rôle joué par la mentalité euthanasique qui s'est infiltrée si profondément dans la société néerlandaise ?
Les directives officielles prennent soin d'expliquer que le fait de « s'abstenir consciemment » de manger et de boire ne peut pas être considéré comme une euthanasie ou un suicide assisté, car le processus est lent et peut être arrêté si le patient décide que c'est trop difficile de tenir, ou qu'il décide de continuer à vivre malgré tout.
Mais ce sophisme est difficile à accepter. On est certainement face à une décision de mettre fin prématurément à une vie. Dans le cas d'une jeune fille anorexique et dépressive, le refus de manger est au cœur de sa maladie mentale et la responsabilité morale, si elle existe, est difficile à évaluer. Les proches peuvent être amenés à accepter la chose lorsqu'ils sont à bout de désespoir, à la recherche d'une aide qui n'arrive pas. Mais cela ne rend pas leur décision objectivement correcte.
D'autre part, la coopération active des médecins, des infirmières et des soignants est beaucoup plus discutable. Les directives de la KNMG les dégagent de toute responsabilité en assimilant la procédure au refus de la ventilation artificielle, de la chimiothérapie, des antibiotiques et d'autres types de traitement dont le retrait entraînerait finalement la mort. Cet argument repose sur la confusion entre traitement médical et soins ordinaires qui sont toujours dus au patient.
Un deuxième argument indique clairement que la procédure requiert de la part des soignants des actes qui ne sont pas en relation directe avec la « mort accélérée » du patient. C'est vrai. Soulager la douleur, prendre soin des symptômes si épouvantables de la mort par déshydratation, s'assurer que le patient n'est pas mal à l'aise et même de lui administrer une sédation palliative (aussi légèrement que possible quand cela devient nécessaire pour soulager la souffrance, affirment les directives) ne sont pas des actes qui provoquent le décès.
Mais il est difficile de ne pas les voir comme faisant partie du suicide, aussi lent soit-il. Cela revient certainement à ne pas aider une personne qui est en péril de mort. Mais l'idée est de tolérer une alternative à l'euthanasie et au suicide assisté, qui n'a pas tout à fait l’allure brutale de ces deux crimes objectifs.
Les directives de la KNMMG donnent de nombreux détails techniques sur les problèmes et les douleurs et souffrances spécifiques à le type de mort que Noa a choisi de provoquer. La soif terrible est l'un des symptômes, et plus le patient est jeune, plus elle est ressentie. L'insuffisance organique, la constipation, l'impossibilité d'uriner, l’affaiblissement des muscles ne sont que quelques-uns des effets de l'arrêt de boire et de manger.
Souvent, le délire s'installe. Les lignes directrices soulignent que dans leur confusion, les patients mourants commencent parfois à mendier de l'eau. Ils indiquent clairement qu'il est très important que les membres de la famille et les soignants ne cèdent pas à la supplication du patient, parce que celui-ci ne peut plus à ce moment-là exprimer valablement sa volonté consciente de boire et parce que le fait de donner des liquides empêcherait le décès que le patient souhaite.
 Les médecins sont encouragés à expliquer cela à leurs patients et à leur faire signer des formulaires précisant qu'à aucun moment ils ne doivent recevoir des liquides, même s'ils en font la demande lorsqu'ils sont jugés incapables d'exprimer leur volonté de façon valide.
Selon la même logique, la sédation palliative peut être appliquée sans le consentement du patient, bien que sa famille puisse être consultée à ce sujet.
Comment tout cela est-il censé être humain et « digne » ? En quoi une telle procédure n'est-elle pas une aide délibérée à mourir fournie à une personne vulnérable ?

Et qui donc pense à l'âme immortelle de Noa Pothoven ?




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06 décembre, 2018

Jamie Schmidt, martyre de la chasteté ? Cette femme est morte pour avoir refusé de céder à son violeur, « au nom de Dieu »


Jamie Schmidt : plutôt la mort
que la souillure
 L’histoire que je vais vous raconter est terrifiante et magnifique – et surtout, elle est vraie. C’est celle d’une femme ordinaire, la cinquantaine, mariée, trois enfants. Elle s’appelle Jamie Schmidt. S’appelait, plutôt. Car elle est morte assassinée, pour avoir préféré la pudeur, la chasteté et la fidélité conjugale à la souillure. Il y a quelque chose de sainte Maria Goretti dans cette histoire, quelque chose de saint Charles Lwanga et ses compagnons ; peut-être bien la foi et le sang d’une martyre… La première sainte martyre née sur le sol des Etats-Unis ? Déjà, un prêtre plaide sa cause…

Tout s’est déroulé très vite, le 19 novembre dernier à Saint-Louis, Missouri. Jamie Schmidt, 53 ans, paroissienne zélée, aimable et pieuse, mais aussi discrète et modeste, allait faire ses courses au Catholic Supply local de la Manchester Road où elle s’apprêtait à acheter des fournitures pour fabriquer des chapelets – son apostolat à elle. Sur place, deux employées, l’une d’une vingtaine d’années, l’autre, la cinquantaine aussi. En ce milieu d’après-midi, le magasin était calme. Il n’y avait personne d’autre.

Thomas Bruce, identifié
comme le tueur
Voici pourtant qu’entre un homme trapu, d’âge moyen. Il jette un coup d’œil, constate la présence des trois femmes, puis annonce qu’il a laissé sa carte de crédit dans la voiture. Il dit qu’il va la chercher parce qu’il voudrait faire quelques achats. Mais ce n’est pas une carte bancaire qu’il rapporte : il revient dans le magasin, revolver au poing.

C’est sous la menace de son arme qu’il oblige les trois femmes à se rassembler dans l’arrière-boutique, terrorisées. Là, horreur, il oblige sa première victime à se dévêtir entièrement. Et la viole, ou plus exactement la sodomise. La deuxième femme subit le même traitement.

Mais lorsque vient le tour de Jamie, celle-ci – malgré le choc, malgré le revolver braqué sur sa tête et la mort qui menace – refuse, calmement, avec assurance. Elle regarde son agresseur droit dans les yeux. Et elle dit (les deux autres victimes en ont témoigné) : « Au nom de Dieu, je n’enlèverai pas mes vêtements. »

(« En nom Dieu, je ne crains pas les gens d’armes », disait Jeanne d’Arc…)

Cela met son agresseur en rage : le coup de feu part aussitôt, à bout portant ; Jamie est gravement blessée à  la tête. Elle s’écroule. Mais alors qu’elle gît là, mortellement touchée, elle murmure le Notre Père – l’une des survivantes en atteste.

Le criminel, lui, s’est enfui. L’ambulance est arrivée vite, Jamie a été emmenée toutes sirènes hurlantes à l’hôpital le plus proche, mais il n’y avait aucun espoir pour elle. De l’espérance, ça oui… Le soir même, en rendant son dernier soupir, Jamie avait encore sur les lèvres les mots, à peine audibles, du Notre Père. Sa Volonté, elle l’avait acceptée, elle l’avait faite. Elle a préféré la résistance héroïque, au prix du sacrifice de sa vie, aux exigences démoniaques d’un sadique, à la solution apparemment plus facile : se soumettre sous la contrainte.

Le criminel a été retrouvé grâce aux descriptions précises fournies par les deux victimes survivantes dès le mercredi 21 novembre. Thomas Bruce – désormais incarcéré – est un ancien pasteur chrétien, marié, vivant dans un parc à caravanes avec sa femme à Imperial à trente kilomètres de Saint-Louis. Il ne connaissait pas les victimes, il n’avait rien contre elles sur le plan personnel. Pourquoi a-t-il choisi un magasin catholique ? L’instruction de son procès pour meurtre, séquestration et sodomie le dira peut-être.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que le geste héroïque de Jamie Schmidt a été dicté par sa foi. Elle n’a pas transigé. Elle n’a pas choisi l’option de subir d’abord, et de se plaindre ensuite. Elle n’a rien cédé. Elle a proclamé, haut et fort, son attachement à la décence et à la chasteté conjugale, son refus de l’adultère et de la perversion.

Par les temps qui courent, quelle leçon ! « En nom Dieu »…


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13 février, 2016

Irlande du Nord : plus de 40 ans après un viol suivi d’un avortement, une femme raconte la réalité de son syndrome post-IVG

Anna témoigne de la réalite
du syndrome post-IVG
C’était la première fois qu’« Anna », 13 ans, « sortait » – avec un garçon de 18 ans. Elle vivait en Irlande du Nord – c’était il y a plus de 40 ans. La soirée se termina par un viol, et Anna se retrouva enceinte. Ce viol, elle devait longtemps se le reprocher… Elle s’en croyait coupable, parce qu’elle avait innocemment suivi ce jeune homme « populaire » à l’école et dans son quartier, fière d’avoir été remarquée par lui. Ses parents, presbytériens rigides qui laissaient pourtant Anna faire à peu près ce qu’elle voulait, ne voulaient pas vivre avec la honte d’avoir une « fille-mère ». Ce sont eux qui ont organisé le voyage à Liverpool. Anna n’a pas eu d’autre choix que cet avortement – particulièrement cruel, puisque l’infirmière, elle s’en souvient encore aujourd’hui, allait lui décrire dans le détail ce qui allait arriver au tout-petit qu’elle portait. Aujourd’hui, Anna témoigne de la réalité du syndrome post-IVG qui l’a poursuivi pendant plus de trente ans. Elle est contre l’avortement. Résolument contre. Même en cas de viol.
La conscience d’avoir laissé détruire violemment l’enfant qu’elle portait a aussi détruit Anna… Il était entendu que le sujet était tabou. Elle ne devait pas en parler. Encore moins parler de sa souffrance. Le secret devint vite beaucoup trop lourd à porter : la douleur ne la lâchait pas, elle se réfugia dans l’alcool.

Le syndrome post-avortement, une réalité –même quand l'IVG fait suite à un viol

Il lui a fallu attendre 36 ans avant de retrouver « le droit d’être heureuse ». Anna a participé alors, il y a six ans, à une session chrétienne de conseil post-avortement, « Surrendering the Secret » (« lâcher le secret »), qui lui a permis pour la première fois de se sentir réellement guérie.
Anna a longtemps vécu avec la douleur de son secret, avant de retrouver la paix intime du cœur. Pourquoi en parler en public aujourd’hui ? Les récentes discussions à l’Assemblée de l’Irlande-du-Nord sur la légalisation de l’avortement en cas d’anomalie fœtale fatale, de viol ou d’inceste, ont réveillé une nouvelle fois les souvenirs de celle qui est aujourd’hui femme d’affaires à Belfast. Sans révéler son vrai nom – elle est aujourd’hui mariée et heureuse, avec deux jeunes enfants qu’elle veut protéger – elle veut dire la vérité aux « milliers de femmes » qui souffrent, elle en est persuadée, d’un traumatisme similaire.
 Chose étonnante, le Belfast Telegraph a donné une large place à ses paroles…
La souffrance et le traumatisme sont liés à l’avortement lui-même, quelle qu’en soit la raison quelle que soit la manière dont il est procuré, assure Anna. « Au cours de ces 36 ans avant d’obtenir ma guérison le viol n’a joué aucun rôle, pas plus que le voyage en bateau vers l’Angleterre ne m’a traumatisée – c’était le fait que mon bébé m’avait été enlevé. J’étais hantée par le souvenir à chaque anniversaire de l’avortement – je pensais à l’âge qu’il aurait eu. Aujourd’hui, je suis persuadée que c’était un garçon, je l’ai appelé Michael. »
« Rien, pas même le fait d’avoir des enfants plus tard, ne pourra jamais remplacer ce bébé qu’on m’a enlevé », raconte-t-elle.
Telle est l’omerta autour de l’avortement et des souffrances qu’il engendre que les deux psyschologues consultées par Anna n’ont pas su identifier son traumatisme. Anne n’avait-elle pas tout pour être heureuse : une carrière brillante, une belle maison, une voiture de belle cylindrée, des vacances exotiques ?

L'Irlande du Nord a dit “non” à l'avortement pour viol :
“Les femmes n'ont pas besoin d'un autre acte de violence”

Il est intéressant de noter qu’Anna n’en veut nullement à l’infirmière qui lui a parlé de ce qui allait vraiment se passer. Embarquée par sa mère à quelques jours seulement de la découverte de sa grossesse, Anna ne savait pas ce qui allait lui arriver, ni pourquoi : elle avait seulement conscience qu’elle portait une personne vivante dans ses entrailles. Arrivée à la clinique, c’est au moment où elle attendait seule dans un couloir que cette infirmière est venue lui dire que son bébé allait être déchiqueté, aspiré, mis dans un sachet et jeté à la poubelle. « Avec le recul, je me rends compte maintenant qu’elle a été la seule à jamais avoir été honnête à mon égard. »
L’avortement passé, l’adolescente s’est trouvée dans un grand dortoir avec d’autres femmes. « Je me sentais très seule. Elles se racontaient leur deuxième, troisième ou quatrième avortement. L’une d’elles m’a dit : “Ne t’en fais pas, je viens d’avoir le quatrième.” C’était horrible », raconte Anna.
De retour à la maison, plus personne ne parla jamais à Anna de l’avortement. Très vite, ses résultats scolaires, jusque-là excellents, dégringolèrent. Elle commença à boire au cours de son adolescence – elle ne réussit à cesser d’abuser de l’alcool qu’après sa session biblique.
Ce qui a libéré Anna, c’est la vérité. C’est de comprendre pourquoi elle n’arrivait pas à souffrir avec sa famille et ses amis lors d’autres décès parce qu’elle n’avait pas pu porter le deuil de son propre enfant. « Cette tristesse ne me quitte jamais. Je n’avais pas pleuré la mort de mon bébé avorté et l’une des plus belles choses que j’ai vues lors de cette session, ce sont ces femmes qui pleuraient leur enfant. Je n’avais jamais pu pleurer mon fils. On ne me l’avait pas permis… C’est un grand soulagement de pouvoir pleurer cette mort. »
Aujourd’hui, on parle librement de l’avortement, note Anna. « C’est partout dans les médias, mais les femmes pleurent à l’intérieur. Elles souffrent gravement de ses conséquences qui ont des répercussions sur leur qualité de vie. Après la session, je me suis sentie de nouveau entière, libérée de mon secret. »
Mais l’avortement après un viol ? Ce n’est pas une « solution miracle », répond Anna. « L’expérience de l’avortement vous hantera toute votre vie. Si une femme se trouve enceinte à la suite d’un viol, elle a vraiment besoin d’être entourée. Elle a besoin de compassion, elle a besoin de conseils, elle a besoin d’être très soutenue. Elle n’a pas besoin d’un nouvel acte de violence : l’avortement. »
A propos du traumatisme post-avortement, ne manquez pas le très beau reportage d’Armel Joubert des Ouches sur reinformation.tv.

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11 février, 2016

L’Irlande du Nord refuse la légalisation de l’avortement « thérapeutique » pour anomalie fœtale, viol ou inceste.

Une majorité provie dans une Assemblee nationale, cela mérite d’être salué par les temps qui courent ! Par 59 voix contre 40, les élus d’Irlande du Nord ont refusé la légalisation de l’avortement « thérapeutique » des enfants à naître atteints d’une anomalie fœtale entraînant la mort in utero ou peu après la naissance. La proposition de loi visait à étendre le champ de l’avortement légal, actuellement limité aux cas de danger pour la vie de la mère ou de danger « permanent et grave » pour sa santé physique ou mentale. L’avortement pour viol ou inceste a été rejeté par une majorité plus forte encore : 64 voix contre 30.
La loi d’avortement en vigueur en Grande-Bretagne depuis 1967 ne s’étend pas à l’ensemble du Royaume-Uni ; l’Irlande du Nord, fait comme l’Irlande l’objet d’attaques répétées pour « libéraliser » l’élimination des enfants à naître. Yves Daoudal explique ici le rôle joué par la Commission des droits de l’homme, s’appuyant sur la Cour européenne des droits de l’homme, au service de cette évolution mortifère.
Plus de deux ans de « lobbying » médiatique et politique ne sont pas venus au bout de la résistance des députés, malgré une intense campagne de culpabilisation accusant les opposants d’inhumanité et d’insensibilité alors que des femmes irlandaises racontaient le « traumatisme » de leur voyage en Angleterre pour mettre fin à une grossesse « fœtale fatale ».
Parmi les arguments soulevés, il y a eu celui de l’impossibilité d’affirmer avec certitude qu’un fœtus n’a aucune chance de survie : Dolores Kelly, élue du parti social démocrate et travailliste (SDLP) a assuré que les médecins ne connaissent « aucune définition » de l’anomalie fœtale fatale.
Pour ce qui est du viol, le leader du parti Traditional Unionist Voice Jim Allister a affirmé que cette exception conduirait tôt ou tard à l’avortement à la demande. Magistrat familier des procès de viol, il a rappelé que « 95 % du temps, la question que se pose le jury est de savoir si les rapports étaient ou non consentis ». « Tout ce que vous aurez à faire, c’est d’alléguer une agression sexuelle, semble-t-il, un viol, et vous voilà munis de l’accord d’un praticien médical pour obtenu l’avortement. » Il est pourtant impossible de prouver de allégations de viol autrement que par une procédure bien plus longue qu’une grossesse, a-t-il souligné.

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03 février, 2015

Belgique : Frank van den Bleeken, le meurtrier-violeur en prison, rêve toujours d'euthanasie

Van den Bleeken. Source photo : ici.
Condamné à la perpétuité réelle pour viols et meurtre, Frank Van den Bleeken avait obtenu de la justice belge le droit d'être transféré vers la section médicalisée d'une prison où son médecin devait l'euthanasier. La date était fixée. A quelques jours de l'échéance, début janvier, ledit médecin avait décidé de ne plus passer à l'acte. Et la justice belge annonçait le transfert du prisonnier, qui se plaignait de ne pas avoir reçu pendant les 30 ans de son incarcération les soins psychiatriques dont il avait besoin, vers une section psychiatrique, en attendant d'être accueilli aux Pays-Bas où ce type de criminels bénéficie d'un accueil spécialisé. On pouvait imaginer que Frank Van den Bleeken allait en être soulagé.

Eh bien, non. Sa sœur, Kari, vient de révéler à la presse belge que le prisonnier maintient sa demande d'euthanasie, et elle a dénoncé la manière dont Frank Van den Bleeken et sa famille ont appris le revirement du médecin.

« Il était sens dessus dessous », raconte Kari Van den Bleeken. Elle a appris le retrait du médecin par téléphone en se rendant à la prison quelques jours avant la date fatidique du 11 janvier. « Le sol s'est dérobé sous mes pieds… »

C'est elle qui a annoncé la nouvelle à son frère. Sa réaction ? « La panique. Il ne savait plus ce qui devait se passer désormais. » Mme Van den Bleeken dit comprendre les doutes du médecin, mais lui reproche de n'avoir pas parlé lui-même avec son patient.

La demande d'euthanasie persistante du condamné « à vie » – et peut-être est-ce une situation bien pire que celle du condamné à mort – est sans doute le signe d'un mal profond : lui-même ne disait-il pas préférer vivre soigné et entouré plutôt que d'être « piqué » ?

Et sans doute sa demande ne se comprend-elle pas en dehors d'un débat – désormais tabou – sur la peine de mort. On en arrive à cette situation paradoxale ou seuls les innocents sont tués, en guise, quasiment, de récompense… Tandis que ceux qui d'une certaine façon estiment ne plus mériter de vivre, ou qui souffrent d'être emprisonnés sans le moindre espoir de sortir un jour des murs de leur prison, s'en voient « privés ». Voilà ce qui se passe lorsque la mort devient une « solution douce » pour les honnêtes gens.

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03 janvier, 2015

Le prisonnier belge sera euthanasié le 11 janvier

Les autorités belges pensaient ne pas annoncer l’euthanasie de Frank Van Den Bleeken, 51 ans, ce conduit par  minibus vers la section hospitalière de la centrale de Bruges vendredi prochain ; il devrait être euthanasié à la fin de sa « permission », dimanche. C’est ce qu’a annoncé une porte-parole du ministre de la justice Koen Geens au quotidien flamand De Morgen.
condamné pour viol et meurtre qui a obtenu de la justice le droit d’être transféré vers un hôpital carcéral, afin d’y obtenir une piqûre létale. Finalement, le prisonnier de Turnhout, a-t-on appris samedi, sera
La justice s’est en fait contentée d’approuver en référé la demande de transfert de 48 heures : la décision d’accorder l’euthanasie est d’ordre « médical » et ce sera son médecin qui décidera en dernière analyse.
En attendant, le prisonnier, très atteint sur le plan psychiatrique, profite de ses derniers jours de vie pour prendre congé de ses amis de détention.
Frank Van Den Bleeken avait demandé dans un premier temps un transfert vers un établissement carcéral spécialisé aux Pays-Bas pour y recevoir les soins psychiatriques requis par son état – il s’estime lui-même trop dangereux pour être remis en liberté – mais la justice belge avait décidé que le ministre de la justice, qu’il avait saisi de la demande, n’était pas compétent pour ordonner le transfert. Subsidiairement, l’avocat du prisonnier avait demandé qu’il puisse être placé en situation d’obtenir l’euthanasie, au motif que les souffrances psychiques du prisonnier étaient insupportables et sans aucun espoir. Il est en prison depuis près de 30 ans et n’a aucune perspective de libération.
Van Den Bleeken a été examiné par plusieurs psychiatres au cours de ces dernières années : sans se concerter, ils ont tous diagnostiqué une maladie mentale et affirment qu’il souffre terriblement de sa détention.
Ce qui constitue tout de même un aspect substantiel de la vie en prison : c’est bel et bien une « peine ». Mais l’absence de soins psychiatriques pour les détenus aggrave la situation. Et souligne en même temps que l’incarcération longue peut sembler bien plus cruelle pour les détenus que la peine de mort…
Depuis que Van Den Bleeken a obtenu la possibilité de se faire euthanasier, au moins quinze détenus ont demandé une « solution » semblable, et on s’attend même à une accélération de la demande une fois que l’acte aura été accompli.
Beaucoup de questions se posent dans ce dossier : quel est le degré de responsabilité pénale de ce malade de l’esprit ? Pourquoi ne reçoit-il pas de soins ? Physiquement, il n’est pas en fin de vie… L’euthanasie n’est-elle pas ici une sorte de solution de facilité, voire une peine de mort déguisée qui au fond arrange tout le monde ?
Que la société belge s’en accommode avec si peu d’émotion est sans doute le signe d’une « démocratisation » croissante de la mort choisie, fût-ce au moyen d’une hypocrisie qui l’arrange bien.
Les sœurs de Christiane Remacle, la jeune victime de Van Den Bleeken, battue, violée et étranglée à 19 ans, observent de leur côté que personne ne s’intéresse à la souffrance qui les consume depuis 1989, date du crime : une souffrance qui a eu raison de la santé et de la vie de leur mère, morte de chagrin. Le meurtrier mourra « paisiblement » et sans douleur, dans un lit, entouré de ceux qui l’aiment et d’un prêtre : rien de tel pour la victime que tous ont oubliée… Elles souhaiteraient pour leur part que l’homme reste en prison jusqu’à la fin de ses jours.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...