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13 février, 2016

Irlande du Nord : plus de 40 ans après un viol suivi d’un avortement, une femme raconte la réalité de son syndrome post-IVG

Anna témoigne de la réalite
du syndrome post-IVG
C’était la première fois qu’« Anna », 13 ans, « sortait » – avec un garçon de 18 ans. Elle vivait en Irlande du Nord – c’était il y a plus de 40 ans. La soirée se termina par un viol, et Anna se retrouva enceinte. Ce viol, elle devait longtemps se le reprocher… Elle s’en croyait coupable, parce qu’elle avait innocemment suivi ce jeune homme « populaire » à l’école et dans son quartier, fière d’avoir été remarquée par lui. Ses parents, presbytériens rigides qui laissaient pourtant Anna faire à peu près ce qu’elle voulait, ne voulaient pas vivre avec la honte d’avoir une « fille-mère ». Ce sont eux qui ont organisé le voyage à Liverpool. Anna n’a pas eu d’autre choix que cet avortement – particulièrement cruel, puisque l’infirmière, elle s’en souvient encore aujourd’hui, allait lui décrire dans le détail ce qui allait arriver au tout-petit qu’elle portait. Aujourd’hui, Anna témoigne de la réalité du syndrome post-IVG qui l’a poursuivi pendant plus de trente ans. Elle est contre l’avortement. Résolument contre. Même en cas de viol.
La conscience d’avoir laissé détruire violemment l’enfant qu’elle portait a aussi détruit Anna… Il était entendu que le sujet était tabou. Elle ne devait pas en parler. Encore moins parler de sa souffrance. Le secret devint vite beaucoup trop lourd à porter : la douleur ne la lâchait pas, elle se réfugia dans l’alcool.

Le syndrome post-avortement, une réalité –même quand l'IVG fait suite à un viol

Il lui a fallu attendre 36 ans avant de retrouver « le droit d’être heureuse ». Anna a participé alors, il y a six ans, à une session chrétienne de conseil post-avortement, « Surrendering the Secret » (« lâcher le secret »), qui lui a permis pour la première fois de se sentir réellement guérie.
Anna a longtemps vécu avec la douleur de son secret, avant de retrouver la paix intime du cœur. Pourquoi en parler en public aujourd’hui ? Les récentes discussions à l’Assemblée de l’Irlande-du-Nord sur la légalisation de l’avortement en cas d’anomalie fœtale fatale, de viol ou d’inceste, ont réveillé une nouvelle fois les souvenirs de celle qui est aujourd’hui femme d’affaires à Belfast. Sans révéler son vrai nom – elle est aujourd’hui mariée et heureuse, avec deux jeunes enfants qu’elle veut protéger – elle veut dire la vérité aux « milliers de femmes » qui souffrent, elle en est persuadée, d’un traumatisme similaire.
 Chose étonnante, le Belfast Telegraph a donné une large place à ses paroles…
La souffrance et le traumatisme sont liés à l’avortement lui-même, quelle qu’en soit la raison quelle que soit la manière dont il est procuré, assure Anna. « Au cours de ces 36 ans avant d’obtenir ma guérison le viol n’a joué aucun rôle, pas plus que le voyage en bateau vers l’Angleterre ne m’a traumatisée – c’était le fait que mon bébé m’avait été enlevé. J’étais hantée par le souvenir à chaque anniversaire de l’avortement – je pensais à l’âge qu’il aurait eu. Aujourd’hui, je suis persuadée que c’était un garçon, je l’ai appelé Michael. »
« Rien, pas même le fait d’avoir des enfants plus tard, ne pourra jamais remplacer ce bébé qu’on m’a enlevé », raconte-t-elle.
Telle est l’omerta autour de l’avortement et des souffrances qu’il engendre que les deux psyschologues consultées par Anna n’ont pas su identifier son traumatisme. Anne n’avait-elle pas tout pour être heureuse : une carrière brillante, une belle maison, une voiture de belle cylindrée, des vacances exotiques ?

L'Irlande du Nord a dit “non” à l'avortement pour viol :
“Les femmes n'ont pas besoin d'un autre acte de violence”

Il est intéressant de noter qu’Anna n’en veut nullement à l’infirmière qui lui a parlé de ce qui allait vraiment se passer. Embarquée par sa mère à quelques jours seulement de la découverte de sa grossesse, Anna ne savait pas ce qui allait lui arriver, ni pourquoi : elle avait seulement conscience qu’elle portait une personne vivante dans ses entrailles. Arrivée à la clinique, c’est au moment où elle attendait seule dans un couloir que cette infirmière est venue lui dire que son bébé allait être déchiqueté, aspiré, mis dans un sachet et jeté à la poubelle. « Avec le recul, je me rends compte maintenant qu’elle a été la seule à jamais avoir été honnête à mon égard. »
L’avortement passé, l’adolescente s’est trouvée dans un grand dortoir avec d’autres femmes. « Je me sentais très seule. Elles se racontaient leur deuxième, troisième ou quatrième avortement. L’une d’elles m’a dit : “Ne t’en fais pas, je viens d’avoir le quatrième.” C’était horrible », raconte Anna.
De retour à la maison, plus personne ne parla jamais à Anna de l’avortement. Très vite, ses résultats scolaires, jusque-là excellents, dégringolèrent. Elle commença à boire au cours de son adolescence – elle ne réussit à cesser d’abuser de l’alcool qu’après sa session biblique.
Ce qui a libéré Anna, c’est la vérité. C’est de comprendre pourquoi elle n’arrivait pas à souffrir avec sa famille et ses amis lors d’autres décès parce qu’elle n’avait pas pu porter le deuil de son propre enfant. « Cette tristesse ne me quitte jamais. Je n’avais pas pleuré la mort de mon bébé avorté et l’une des plus belles choses que j’ai vues lors de cette session, ce sont ces femmes qui pleuraient leur enfant. Je n’avais jamais pu pleurer mon fils. On ne me l’avait pas permis… C’est un grand soulagement de pouvoir pleurer cette mort. »
Aujourd’hui, on parle librement de l’avortement, note Anna. « C’est partout dans les médias, mais les femmes pleurent à l’intérieur. Elles souffrent gravement de ses conséquences qui ont des répercussions sur leur qualité de vie. Après la session, je me suis sentie de nouveau entière, libérée de mon secret. »
Mais l’avortement après un viol ? Ce n’est pas une « solution miracle », répond Anna. « L’expérience de l’avortement vous hantera toute votre vie. Si une femme se trouve enceinte à la suite d’un viol, elle a vraiment besoin d’être entourée. Elle a besoin de compassion, elle a besoin de conseils, elle a besoin d’être très soutenue. Elle n’a pas besoin d’un nouvel acte de violence : l’avortement. »
A propos du traumatisme post-avortement, ne manquez pas le très beau reportage d’Armel Joubert des Ouches sur reinformation.tv.

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11 février, 2016

L’Irlande du Nord refuse la légalisation de l’avortement « thérapeutique » pour anomalie fœtale, viol ou inceste.

Une majorité provie dans une Assemblee nationale, cela mérite d’être salué par les temps qui courent ! Par 59 voix contre 40, les élus d’Irlande du Nord ont refusé la légalisation de l’avortement « thérapeutique » des enfants à naître atteints d’une anomalie fœtale entraînant la mort in utero ou peu après la naissance. La proposition de loi visait à étendre le champ de l’avortement légal, actuellement limité aux cas de danger pour la vie de la mère ou de danger « permanent et grave » pour sa santé physique ou mentale. L’avortement pour viol ou inceste a été rejeté par une majorité plus forte encore : 64 voix contre 30.
La loi d’avortement en vigueur en Grande-Bretagne depuis 1967 ne s’étend pas à l’ensemble du Royaume-Uni ; l’Irlande du Nord, fait comme l’Irlande l’objet d’attaques répétées pour « libéraliser » l’élimination des enfants à naître. Yves Daoudal explique ici le rôle joué par la Commission des droits de l’homme, s’appuyant sur la Cour européenne des droits de l’homme, au service de cette évolution mortifère.
Plus de deux ans de « lobbying » médiatique et politique ne sont pas venus au bout de la résistance des députés, malgré une intense campagne de culpabilisation accusant les opposants d’inhumanité et d’insensibilité alors que des femmes irlandaises racontaient le « traumatisme » de leur voyage en Angleterre pour mettre fin à une grossesse « fœtale fatale ».
Parmi les arguments soulevés, il y a eu celui de l’impossibilité d’affirmer avec certitude qu’un fœtus n’a aucune chance de survie : Dolores Kelly, élue du parti social démocrate et travailliste (SDLP) a assuré que les médecins ne connaissent « aucune définition » de l’anomalie fœtale fatale.
Pour ce qui est du viol, le leader du parti Traditional Unionist Voice Jim Allister a affirmé que cette exception conduirait tôt ou tard à l’avortement à la demande. Magistrat familier des procès de viol, il a rappelé que « 95 % du temps, la question que se pose le jury est de savoir si les rapports étaient ou non consentis ». « Tout ce que vous aurez à faire, c’est d’alléguer une agression sexuelle, semble-t-il, un viol, et vous voilà munis de l’accord d’un praticien médical pour obtenu l’avortement. » Il est pourtant impossible de prouver de allégations de viol autrement que par une procédure bien plus longue qu’une grossesse, a-t-il souligné.

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03 février, 2015

Belgique : Frank van den Bleeken, le meurtrier-violeur en prison, rêve toujours d'euthanasie

Van den Bleeken. Source photo : ici.
Condamné à la perpétuité réelle pour viols et meurtre, Frank Van den Bleeken avait obtenu de la justice belge le droit d'être transféré vers la section médicalisée d'une prison où son médecin devait l'euthanasier. La date était fixée. A quelques jours de l'échéance, début janvier, ledit médecin avait décidé de ne plus passer à l'acte. Et la justice belge annonçait le transfert du prisonnier, qui se plaignait de ne pas avoir reçu pendant les 30 ans de son incarcération les soins psychiatriques dont il avait besoin, vers une section psychiatrique, en attendant d'être accueilli aux Pays-Bas où ce type de criminels bénéficie d'un accueil spécialisé. On pouvait imaginer que Frank Van den Bleeken allait en être soulagé.

Eh bien, non. Sa sœur, Kari, vient de révéler à la presse belge que le prisonnier maintient sa demande d'euthanasie, et elle a dénoncé la manière dont Frank Van den Bleeken et sa famille ont appris le revirement du médecin.

« Il était sens dessus dessous », raconte Kari Van den Bleeken. Elle a appris le retrait du médecin par téléphone en se rendant à la prison quelques jours avant la date fatidique du 11 janvier. « Le sol s'est dérobé sous mes pieds… »

C'est elle qui a annoncé la nouvelle à son frère. Sa réaction ? « La panique. Il ne savait plus ce qui devait se passer désormais. » Mme Van den Bleeken dit comprendre les doutes du médecin, mais lui reproche de n'avoir pas parlé lui-même avec son patient.

La demande d'euthanasie persistante du condamné « à vie » – et peut-être est-ce une situation bien pire que celle du condamné à mort – est sans doute le signe d'un mal profond : lui-même ne disait-il pas préférer vivre soigné et entouré plutôt que d'être « piqué » ?

Et sans doute sa demande ne se comprend-elle pas en dehors d'un débat – désormais tabou – sur la peine de mort. On en arrive à cette situation paradoxale ou seuls les innocents sont tués, en guise, quasiment, de récompense… Tandis que ceux qui d'une certaine façon estiment ne plus mériter de vivre, ou qui souffrent d'être emprisonnés sans le moindre espoir de sortir un jour des murs de leur prison, s'en voient « privés ». Voilà ce qui se passe lorsque la mort devient une « solution douce » pour les honnêtes gens.

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03 janvier, 2015

Le prisonnier belge sera euthanasié le 11 janvier

Les autorités belges pensaient ne pas annoncer l’euthanasie de Frank Van Den Bleeken, 51 ans, ce conduit par  minibus vers la section hospitalière de la centrale de Bruges vendredi prochain ; il devrait être euthanasié à la fin de sa « permission », dimanche. C’est ce qu’a annoncé une porte-parole du ministre de la justice Koen Geens au quotidien flamand De Morgen.
condamné pour viol et meurtre qui a obtenu de la justice le droit d’être transféré vers un hôpital carcéral, afin d’y obtenir une piqûre létale. Finalement, le prisonnier de Turnhout, a-t-on appris samedi, sera
La justice s’est en fait contentée d’approuver en référé la demande de transfert de 48 heures : la décision d’accorder l’euthanasie est d’ordre « médical » et ce sera son médecin qui décidera en dernière analyse.
En attendant, le prisonnier, très atteint sur le plan psychiatrique, profite de ses derniers jours de vie pour prendre congé de ses amis de détention.
Frank Van Den Bleeken avait demandé dans un premier temps un transfert vers un établissement carcéral spécialisé aux Pays-Bas pour y recevoir les soins psychiatriques requis par son état – il s’estime lui-même trop dangereux pour être remis en liberté – mais la justice belge avait décidé que le ministre de la justice, qu’il avait saisi de la demande, n’était pas compétent pour ordonner le transfert. Subsidiairement, l’avocat du prisonnier avait demandé qu’il puisse être placé en situation d’obtenir l’euthanasie, au motif que les souffrances psychiques du prisonnier étaient insupportables et sans aucun espoir. Il est en prison depuis près de 30 ans et n’a aucune perspective de libération.
Van Den Bleeken a été examiné par plusieurs psychiatres au cours de ces dernières années : sans se concerter, ils ont tous diagnostiqué une maladie mentale et affirment qu’il souffre terriblement de sa détention.
Ce qui constitue tout de même un aspect substantiel de la vie en prison : c’est bel et bien une « peine ». Mais l’absence de soins psychiatriques pour les détenus aggrave la situation. Et souligne en même temps que l’incarcération longue peut sembler bien plus cruelle pour les détenus que la peine de mort…
Depuis que Van Den Bleeken a obtenu la possibilité de se faire euthanasier, au moins quinze détenus ont demandé une « solution » semblable, et on s’attend même à une accélération de la demande une fois que l’acte aura été accompli.
Beaucoup de questions se posent dans ce dossier : quel est le degré de responsabilité pénale de ce malade de l’esprit ? Pourquoi ne reçoit-il pas de soins ? Physiquement, il n’est pas en fin de vie… L’euthanasie n’est-elle pas ici une sorte de solution de facilité, voire une peine de mort déguisée qui au fond arrange tout le monde ?
Que la société belge s’en accommode avec si peu d’émotion est sans doute le signe d’une « démocratisation » croissante de la mort choisie, fût-ce au moyen d’une hypocrisie qui l’arrange bien.
Les sœurs de Christiane Remacle, la jeune victime de Van Den Bleeken, battue, violée et étranglée à 19 ans, observent de leur côté que personne ne s’intéresse à la souffrance qui les consume depuis 1989, date du crime : une souffrance qui a eu raison de la santé et de la vie de leur mère, morte de chagrin. Le meurtrier mourra « paisiblement » et sans douleur, dans un lit, entouré de ceux qui l’aiment et d’un prêtre : rien de tel pour la victime que tous ont oubliée… Elles souhaiteraient pour leur part que l’homme reste en prison jusqu’à la fin de ses jours.

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14 décembre, 2014

Argentine : l’Etat demande pardon pour ne pas avoir procuré l’avortement à une jeune handicapée mentale

Des représentants de l’Etat fédéral argentin et de la province de Buenos Aires ont officiellement demandé pardon à une jeune femme aujourd’hui âgée de 27 ans qui était tombée enceinte à la suite d’un viol il y a 8 ans, et qui n’avait pas obtenu l’avortement dépénalisé. Cet avortement n’aurait pas été punissable en effet en tant que la jeune femme était déficiente mentale et avait violée, aux termes du code pénal national argentin. Sa mère et sa sœur avaient fait le tour des hôpitaux et des juridictions de leur région pour obtenir cet avortement, en vain.
« Au nom de l’Etat, je demande pardon pour l’horreur et pour l’erreur de cette affaire », a déclaré Carlos Pisoni, sous-secrétaire à la Promotion des droits humains, lors de la cérémonie de vendredi après-midi. Il était accompagné de Maria Grass, présidente du Conseil national des Femmes.
La jeune femme, Micaela, avait été violée par son oncle en 2006, à 19 ans, mais avec un âge mental de 10 ans. Elle était déjà enceinte de 14 semaines (semaines de gestation) lorsque ses proches sollicitèrent pour elle l’avortement à l’hôpital Saint Martin de la Plata, qui refusa. Dans la foulée, un juge des mineurs, Ines Siro, devait interdire que l’avortement fût pratiqué. On conseilla à la mère, Vicenta, que l’enfant à naître fût donné pour l’adoption.
La mère de Micaela, illettrée, domestique, obtint alors l’aide d’organisations féministes qui entamèrent une procédure judiciaire. Elles menèrent le cas jusqu’à la Cour suprême de l’Argentine qui se prononça en faveur de l’avortement, signalant que dans les cas dépénalisés par la loi il n’était pas nécessaire d’obtenir une autorisation judiciaire préalable. En fait, les associations féministes avaient aidé Micaela à obtenir un avortement « privé »… Elles l’ont accompagnée dans sa demande d’indemnisation qui a culminé avec une résolution du Comité des droits de l’homme de l’ONU : il y a trois ans, celui-ci a qualifié l’entrave à l’avortement de Micaela comme une violation de ses droits humains et a ordonné à l’Argentine de lui offrir des « mesures de réparation comprenant une indemnisation adéquate », et de « prendre des mesures pour éviter que de telles violations aient lieu à l’avenir ».
Lors de la cérémonie… appelons-la « pénitentielle », l’Etat argentin et les autorités de Buenos Aires ont entouré la jeune femme de prévenances et de respect. Elle peint depuis un an : une exposition de ses œuvres a été organisée dans l’auditorium de l’annexe de la Chambre des députés à Buenos Aires et bien sûr, tout a été vendu.
Mais ça, c’est l’anecdote. Sur le fond, Micaela a non seulement reçu des excuses formelles : en août, la coordinatrice des affaires juridiques internationales de la secrétairerie des droits humains de la Nation, Ana Oberlin, et le sous-secrétaire aux droits humains de la province de Buenos Aires s’étaient déjà engagés à offrir à la jeune femme une couverture santé, l’insertion dans le monde du travail, des bourses pour son instruction, une maison et une réparation pécuniaire. Pour faire bonne mesure, la décision du comité de l’ONU sera publiée dans des journaux à tirage national et provincial.
Vicenta, la mère de Micaela, sait lire et écrire désormais et s’est transformée en militante de l’avortement « légal, sûr et gratuit ».
Il semblerait que l’oncle de Micaela qui l’avait violée vive à quelques centaines de mètres de la maison de la jeune femme – n’est-ce pas un bien plus grand scandale ?


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02 décembre, 2014

Sénégal : la Fédération internationale des droits de l’homme dénonce l’interdiction de l’avortement

Un rapport de la FIDH, en partenariat avec la ligue sénégalaise des droits de l’homme et la Raddho assure que l’interdiction de l’avortement au Sénégal « met la vie des femmes en danger ».
Paradoxe : dans ce pays, l’avortement est justement autorisé lorsque la vie de la mère est en danger. Pour la FIDH, cela ne suffit pas : les cas de viol et d’inceste doivent aussi être prévus dans ce pays où les femmes qui avortent encourent deux ans de prison.
En fait la FIDH – comme dans tous les pays où il a été fait campagne pour la légalisation de l’avortement – voudrait au fond voir légalisé l’avortement tout court puisque l’avortement clandestin se pratique « dans les pires conditions » au Sénégal. « 8 à 13 % » des décès maternels y sont liés, selon le rapport de la FIDH.
Celle-ci affirme ne pas demander la légalisation de l’avortement au Sénégal, « mais seulement d’autoriser l’avortement pour ces cas de viol et d’inceste ; c’est bien le minimum », affirme Aboubacry Mbodju de la Rencontre afrircaine de défense des droits de l’homme.
De qui se moque-t-on ? Si l’avortement clandestin est ce qui cause les morts maternelles, ce n’est pas son autorisation dans ces cas de viol et d’inceste qui va sensiblement faire baisser leur nombre.
Mais ainsi fonctionne l’agit-prop, avec l’espérance d’enfoncer la porte une fois le doigt passé dans l’ouverture. 

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17 novembre, 2014

Pérou : l'avortement après le viol, c'est un double traumatisme

Lequel de ces deux êtres humains
est le fruit d'un viol ?
Les évêques du Pérou ont diffusé un communiqué sous le titre « Sauvons les deux » pour contester un
récent projet de loi qui prétend légaliser l'avortement en cas de viol, soulignant que cela aboutirait à un double traumatisme pour ces femmes.

« Nous exprimons une nouvelle fois notre défense de celui qui a le droit de naître : l'enfant conçu et pas encore né », affirme le communiqué de la conférence épiscopale.

« Le fait que la fécondation se soit produite comme conséquence d'un viol ne change en rien cette manière de juger l'avortement. L'Eglise condamne avec force toute forme de viol, et elle affirme en même temps qu'il n'est jamais légitime de tuer l'enfant conçu, même pas dans les circonstances condamnables et brutales du viol. Dans le viol suivi d'une fécondation, c'est-à-dire là où est conçue une nouvelle vie humaine, il y a deux victimes : la mère (la femme violée) et l'enfant.

« Le fruit de cet acte violent est un “enfant innocent” qui a droit à la vie et qui ne porte pas la culpabilité de cette action si brutale. Ce n'est pas “l'enfant innocent” qu'il faut punir en le tuant : il faut poursuivre et châtier le violeur avec tout le poids de la loi. »

Les évêques poursuivent : « Soumettre une mère à l'avortement en cas de viol, c'est soumettre la femme à un double traumatisme ou dommage physique, psychologique et spirituel : le viol et l'avortement. Ce dernier – c'est démontré – laisse en la femme des marques et des blessures profondes très difficiles à effacer, connues sous le nom de “syndrome post-avortement”. »

« Les cas exemplaires de femmes violées et enceintes, qui sagement et vaillamment ont choisi de protéger la vie de leur enfant, témoigne de ce que cette décision est celle qui réellement triomphe du viol, puisque c'est le choix du bien par dessus le mal, le triomphe de l'amour sur la violence. »

Ils signalent pour finir que légaliser l'avortement en cas de viol ouvrirait la porte à des abus puisque n'importe quelle union, même consentie, pourrait dès lors être présentée comme « contraire à la volonté de la femme », comme un viol ouvrant droit à l'avortement.

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29 octobre, 2014

Argentine : avortement sur une fillette de 11 ans – mais l'objection de conscience a été sauvegardée

Une jeune fille de 11 ans a subi dimanche un avortement dans l'hôpital Lucio Molas de la ville argentine de Santa Rosa, La Pampa,  après que l’ensemble des médecins de l’hôpital public Centeno de General Pico, dans la même province, eurent invoqué leur droit à l’objection de conscience par rapport à l’intervention.
La fillette avait été violée par le concubin de sa grand-mère, un jeune homme de 30 ans qui est aujourd’hui en détention préventive. C’est lors de la dénonciation du viol que l’examen de la petite victime allait montrer qu’elle était enceinte. Aujourd’hui elle a subi une violence de plus : l’avortement de cet enfant innocent qui n’était pour rien dans les abominables agressions dont elle a fait l’objet.
C'est une histoire terrible que celle de cette petite fille, enlevée à sa mère mineure, qui ne s'en occupait pas, par les autorités. Elle avait été placée dans une famille d'accueil où elle était restée cinq ans, avant que sa grand-mère ne vienne la réclamer. Etant donné que les autorités privilégient dès lors que c'est possible les liens du sang, le transfert avait été fait vers ce nouveau foyer auprès de la grand-mère, 45 ans, et de son « ami » plus jeune de 15 ans. Au bout de quelques mois la grand-mère avait « rendu » la fillette aux services sociaux en expliquant qu'elle ne pouvait plus s'en occuper : c'est là que la petite jeune fille s'était effondrée, racontant les abus dont elle avait été l'objet depuis qu'elle avait été accueillie par cette femme.
Une décision de la Cour suprême argentine contraint les autorités provinciales de fixer les conditions dans lesquelles les femmes ont « droit » à un avortement dépénalisé, parmi lesquelles les viols sur mineures. Dans la province de La Pampa les directives sont en place depuis 2012 mais elles prévoient explicitement le droit à l’objection de conscience.
A General Pico, ce sont tous les médecins de l’hôpital qui s’en sont prévalus, refusant de pratiquer l’intervention décidée par les autorités administratives et ce malgré l’invocation d’un « risque pour la santé » de la fillette. Risque qui, selon les médias, allait rapidement être présenté comme un « risque pour sa vie », sans autre précision.
Malgré une levée de boucliers de la part d’organisations féministes déclarant qu’il fallait prendre des mesures contre ces médecins parce qu’ils sont employés de l’Etat, ils n’ont pas été contraints à aller contre leur conscience ; en revanche, conformément aux directives de 2012, la fillette a été transférée vers un hôpital distant de quelque 140 km à Santa Rosa puisque les pouvoirs publics sont censés « garantir » l’accès à l’avortement dépénalisé chaque fois que celui-ci se justifie et que des médecins se refusent à le pratiquer.
On notera que le ministre de la santé de la province de La Pampa, Mario Gonzalez, a défendu le droit des médecins de ne pas être contraints à pratiquer l’avortement même dans ces cas limites où la jeunesse et la vulnérabilité de la victime viennent au secours des pro-avortement. « Eux aussi sont protégés par la loi », a déclaré le ministre en parlant du « droit » à l’objection de conscience, soulignant que dans de tels cas les femmes peuvent être transférées vers des établissements privés ou même vers une autre province en « dernière instance ».
Le député socialiste argentin Luis Solanas avait demandé que tous les médecins objecteurs qui se sont refusés à « soigner » la fillette soient sanctionnés et suspendus.
« C’est une sottise, ce que demande le député – vous imaginez-vous en train de révoquer tous les médecins d’un hôpital ? », a déclaré Gonzalez.
Leçon : lorsque beaucoup de personnes ont le courage d’invoquer leur conscience, leur force est démultipliée.

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09 septembre, 2014

Un juge argentin condamné pour avoir voulu empêcher une adolescente d’avorter

La presse argentine y voit une décision non seulement « inédite », mais « historique ». Le Tribunal supérieur de la justice, juridiction fédérale siégeant à Buenos Aires, a condamné un juge pénal d’Esquel dans la province de Chubut pour avoir voulu éviter la réalisation d’un avortement dépénalisé sur une jeune fille de 12 ans. Il a été reconnu coupable de « faute grave dans l’exercice de ses fonctions » et condamné à 1.500 pesos argentins d’amende au titre de sa « responsabilité administrative ».
L’amende n’est pas considérable – moins de 140 euros – mais la condamnation est d’une grande portée symbolique.
La décision, tombée au mois de mai, vient seulement d’être connue des médias alors que le juge, José Oscar Colabelli, serait sur le point de faire appel devant la Cour supême de justice de la Nation.
L’affaire remonte à 2012, date à laquelle une femme découvre que sa fille, 12 ans, est enceinte de 16 semaines. La grossesse serait consécutive à un viol – c’est du moins ce qu’affirme cette mère – circonstance qui en Argentine est désormais de nature à dispenser de peine l’avortement, sans que la preuve du viol ne doive être apportée.
A l’époque, la jurisprudence n’était pas encore clairement établie en matière de dépénalisation de l’avortement et si certains juges décidaient qu’il n’était pas nécessaire d’obtenir un jugement favorable au cas par cas, d’autres jugeaient sur le fond. En l’occurrence, la mère de l’adolescente avait saisi la justice et le ministère public, la « fiscal general » Maria Bottini, estimant que l’avortement devait être considéré comme « non punissable », avait requis le prélèvement de « matériel biologique » sur le corps de la jeune fille (ou plutôt sur celui de l’enfant avorté, en réalité…) pour que l’examen de l’ADN puisse permettre l’arrestation du violeur.
Le juge Colabelli avait refusé le prélèvement de l’ADN, seule question dont il était saisi, en disant que son autorisation aurait constitué « implicitement » une autorisation « d’interruption de la grossesse, c’est-à-dire un avortement ».
L’affaire devait finir devant deux autres juges qui décidèrent de ne pas s’exprimer quant à l’avortement non punissable, en déclarant qu’il n’était pas nécessaire d’obtenir leur autorisation pour le pratiquer. Ils ordonnèrent en revanche le prélèvement de matériel génétique. L’histoire ne dit pas si le violeur a été pris…
En revanche, ce sont des mouvements féministes argentins qui ont porté plainte contre le juge Colabelli en saisissant le Conseil de la magistrature : le Comité d’Amérique latine pour la défense des droits de la femme, la Fondation Madre Luna, et la Maison de la femme (Casa de la Mujer) de Puerto Madryn demandaient sa révocation. Le conseiller instructeur conclut au classement sans suite, mais son avis ne fut pas retenu et le magistrat fut renvoyé devant le Tribunal supérieur.
Celui-ci a donc retenu la culpabilité du juge : tout en reconnaissant que l’indépendance des magistrats est un « pilier de la République » argentine, il a jugé que nul ne peut se prévaloir d’une « immunité à l’égard de la loi » et doivent reconnaître les « limites de leurs pouvoirs ». Colabelli en somme, pouvait avoir son opinion sur l’avortement dépénalisé, et y opposer des « objection morales », mais n’ayant pas à juger sur l’autorisation de celui-ci, il a outrepassé ses compétences, se rendant coupable d’« arbitraire notoire » et d’« exercice abusif du pouvoir dont il est investi ».
Le jugement ajoute que la loi punit le retardement de l’opération : Colabelli a donc mal agi en « obligeant » la demanderesse à se rendre devant deux autres juges « qui finalement, ont tout remis dans l’ordre ».

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La Cour suprême des Etats-Unis saisie d’une affaire de demande de levée du secret de la confession

L’affaire d’une obligation de levée du secret de la confession que la justice de l’Etat de la Louisiane veut imposer à un prêtre catholique, évoquée ici sur Riposte catholique, pourrait venir devant la Cour suprême des Etats-Unis à la suite de l’appel formé devant la plus haute juridiction américaine par le diocèse de Bâton Rouge.

Le P. Jeff Bayhi est actuellement sous le coup d’une obligation de témoignage qui lui a été signifiée par la cour suprême de la Louisiane au mois de mai au titre du droit commun de l’Etat, qui contraint les « membres du clergé » à faire part aux autorités des allégations d’abus sexuels, hormis le cas des conversations « confidentielles » qui n’ont pas pour intention de faire connaître publiquement ces allégations. La cour renversait ainsi une première décision reconnaissant le droit du prêtre d’invoquer le secret de la confession quant à la teneur et même quant à l’existence ou non de la « conversation » ayant pour objet les abus sexuels.
Dans le cas présent, c’est une mineure dont les parents affirment qu’elle a été l’objet d’abus sexuels de la part d’un membre de la paroisse du P. Bayhi et en a parlé en confession. Plus exactement, elle aurait plusieurs fois avoué en confession, dès l’âge de douze ans, avoir eu des rapports avec cet homme, décédé en 2009, rapports qui ont continué malgré les confessions. Le P. Bayhi est notamment accusé de n’avoir pas bien conseillé la mineure.
Les parents de la jeune fille ont porté plainte cinq mois après la mort du paroissien, espérant obtenir des dommages et intérêts sur ses biens mais aussi de la part du diocèse de Bâton Rouge – qui aurait dû tenir selon eux le P. Bayhi informé de son devoir de rendre compte des aveux concernant l’abus sexuel – et du prêtre lui-même.
La jeune fille ne s’oppose pas à la divulgation des propos qu’elle affirme avoir tenus dans le confessionnal. Puisqu’elle ne tient pas à la confidentialité, ont affirmé les juges de Louisiane, le prêtre n’y est pas tenu non plus.
L’Eglise catholique invoque au contraire dans son appel devant la Cour suprême fédérale son droit fondamental et son autonomie par rapport aux règlements civils, l’Etat n’ayant aucune autorité pour juger de l’existence ou de la teneur d’une confession ni pour contraindre un prêtre à révéler ce qu’il a pu entendre. « C’est une doctrine fondamentale de l’Eglise depuis plusieurs millénaires : le sceau de la confession est absolu et inviolable », sous peine d’excommunication automatique, et le prêtre doit accepter les peines civiles ou pénales et même la prison plutôt que de briser le secret. Même s’il s’agit pour lui de se défendre.
L’affaire est fondamentale pour la défense des droits des religions et pour le respect de la liberté religieuse de l’Eglise catholique, souligne le diocèse de Bâton Rouge dans son appel.

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28 août, 2014

Irlande : le refus d’avortement est une “barbarie”

Audrey Simpson
L’association britannique du planning familial a qualifié la décision d’« obliger » une jeune femme violée à donner la vie à son enfant par césarienne plutôt que d’avorter comme « rien de moins qu’une barbarie ». Cette décision « met en accusation ceux qui aimeraient obtenir un contrôle total sur les femmes et sur ce qui se passe dans leurs corps », a déclaré Audrey Simpson, présidente de l’association. « C’est une honte que les femmes puissent être l’objet d’une telle discrimination », a-t-elle ajouté.

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22 août, 2014

Avortement en Irlande : l’agit-prop fonctionne

Des « milliers » ? J'en doute…
C’est reparti. L’affaire de la jeune immigrée clandestine qui s’est vu refuser un avortement en Irlande alors qu’elle menaçait de se suicider se déroule comme celle de Savita Halappanavar, avec les mêmes protagonistes, les mêmes journalistes engagés. Dès mercredi, plusieurs milliers de manifestants (selon la presse pro-avortement) ont convergé vers une place de Dublin, accusant la loi de considérer les femmes comme de simples « contenants » pour les enfants à naître.
La même journaliste de l’Irish Times qui avait lancé l’agitation autour de la mort de la jeune femme indienne d’une septicémie à l’occasion d’une fausse couche a repris le combat, publiant dès mardi les propos que lui avait tenus la protagoniste de l’affaire en cours peu après sa sortie d’hôpital, tandis que son enfant né très prématuré par césarienne est toujours en réanimation et à la charge de l’Etat irlandais. Kitty Holland parle des « souffrances » de la jeune femme qui fait « quatre ans de moins que son âge » et raconte son désespoir, sa volonté de mourir.
En effet, elle a eu de multiples contacts avec l’Association irlandaise du planning familial (IFPA) qui était prête à l’aider à obtenir un avortement en Angleterre mais qui lui a expliqué que son problème était l’argent. Un tel voyage coûtait trop chère pour la jeune immigrée qui assure : « Dans ma culture c’est une grande honte que d’être enceinte sans être mariée. »
On n’en sait pas davantage sur son identité mais pour ce qui est de l’exploitation de son récit, depuis le viol qu’elle affirme avoir subi avant d’arriver en Irlande jusqu’à ses entretiens avec des psychiatres et médecins qui n’ont pas voulu la laisser avorter, il n’y a pas une once de discrétion.
Son cas est utilisé d’une manière très contrôlée : il s’agit – en vue d’un nouveau passage devant la Cour européenne des droits de l’homme sans doute – de montrer qu’il y a une inégalité devant la loi vu le coût de l’avortement à l’étranger, une insuffisance de la loi du fait que des médecins peuvent s’opposer à l’avortement sur une femme qui se dit suicidaire, et une nécessité de modifier la Constitution irlandaise aux termes de laquelle la vie doit être protégée dès la conception au même titre que celle de la mère.
Les autorités sanitaires irlandaises (Health Service Executive, HSE) ont déjà fait savoir qu’elles discutent de tous les aspects de cette affaire, et notamment des décisions qui ont été opposées à la jeune femme, avec ses « représentants » – on devine derrière ce mot des groupes militant pour l’avortement légal –, en attendant de savoir si elles seront publiées. L’enquête conduira la HSE à s’entretenir aussi bien avec les personnels médicaux qui se sont occupées de la jeune femme, avec le ministère de la Justice et le Planning irlandais.
Cela laisse amplement le temps aux médias du monde de dénoncer la « barbarie » irlandaise : ils ne se sont pas fait prier.

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18 août, 2014

Polémique autour de l'avortement refusé en Irlande

On assiste en Irlande à une nouvelle campagne médiatique autour de la loi sur l'avortement, déclenchée par l'affaire que j'avais évoquée ici. La grande presse avait commencé très fort en titrant sur « une femme forcée de donner naissance par césarienne après s'être vu refuser un avortement ». Si les services de santé avaient bien obtenu par voie judiciaire qu'elle mette fin à une grève de la faim, c'est avec son accord que la césarienne a été pratiquée, à près de 25 semaines de grossesse.
La naissance de ce tout-petit a provoqué une salve d'articles expliquant que la jeune femme n'avait pas obtenu ses droits aux termes de la nouvelle loi qui dépénalise l'avortement en cas de risque pour la vie de la femme, y compris le risque de suicide. Et déjà, des voix s'élèvent pour dire la loi mal ficelée, défectueuse, insuffisante, et certains réclament un changement de la Constitution irlandaise. Parce que la vie d'un enfant a été sauvée…

La jeune femme en question, affirme la presse maintenant que certains éléments ont filtré, est « très vulnérable », immigrée – et vraisemblablement immigrée clandestine, puisqu'on nous explique qu'elle ne pouvait en raison de son statut faire un voyage vers l'étranger pour y obtenir l'avortement qu'elle avait demandé dès 8 semaines de grossesse au motif qu'elle avait des pensées suicidaires. On ajoute qu'elle avait été « violée » : une circonstance qui peut aider à établir la réalité de ses pensées suicidaires.

L'« avantage » de ce motif est qu'il ne repose sur aucune donnée objective, contrairement aux problèmes de santé physique. Son invocation à ce stade précoce laisse imaginer que la jeune femme a dû recevoir quelque conseil en ce sens de la part de partisans de l'avortement.

C'est à la suite de ce premier refus que la jeune femme a menacé d'entamer une grève de la faim. Puis elle a de nouveau invoqué son état suicidaire pour tenter d'obtenir l'avortement quand même, passant devant la commission réglementaire de deux psychiatres et un obstétricien pour obtenir leur accord. C'est l'obstétricien qui s'est opposé à la procédure. La réaction des médias est tout ce qu'il y a de plus prévisible : voilà la loi dénoncée pour avoir associé un non-psychiatre, et qui plus est un médecin dont le travail est de mettre les enfants au monde, aux spécialistes seuls capables d'évaluer l'état mental d'une femme. Le dernier rapport de l'agence des droits de l'homme de l'ONU sur l'Irlande a déjà dénoncé la loi actuelle au motif que l'obligation faite aux femmes invoquant leur état suicidaire de passer devant un panel d'experts – leur nombre peut monter jusqu'à sept – est une « torture mentale ».

Les « pro-choix » (comme ils se désignent eux-mêmes) ont exprimé ces critiques depuis l'adoption de la loi de 2013 sur la « protection de la vie durant la grossesse » qui a autorisé la suppression de la vie des enfants à naître dans les hôpitaux irlandais à la suite de pressions de l'Union européenne, de la Cour européenne des droits de l'homme et de l'ONU.

Le fait que la femme soit immigrée et maîtrise mal l'anglais, selon la presse, ajoute à la « gravité » du cas tel que le voient les partisans de l'avortement légal : ils accusent le système irlandais de ne pas donner pleinement accès à leurs droits aux femmes d'origine étrangère, pauvres ou membres des « communautés itinérantes ». 

On a décidément l'impression que le lobby de la mort prépare son dossier… De fait, les « Avocats pro-choix » d'Irlande avaient déjà saisi la Commission de l'ONU sur le statut des femmes du dossier de la loi, pointant ses « insuffisances ».

L'insuffisance dans ce cas, on l'aura compris, est démontrée par la naissance d'un bébé viable, qui a survécu et qui est désormais sous la tutelle de l'Etat.

Le tout nouvel évêque d'Elphin, Mgr Kevin Doran, a osé tenir un autre discours, affirmant dimanche soir que la décision de faire naître l'enfant par césarienne en s'appuyant sur la nouvelle loi d'avortement n'était véritablement « pas éthique ». Il a été mis au monde « de manière inopportune alors qu'aucune raison physique ne le justifiait », a-t-il déclaré à l'Irish Independent.

« Oter ainsi un enfant du sein de sa mère de cette façon n'était vraiment pas conforme à l'éthique et il n'y a aucune autre manière de le dire. C'était bien mieux, et de loin, de l'enlever du sein de sa mère pour le sauver plutôt que de l'avorter, mais cela n'est pas naturel », a-t-il ajouté, tout en saluant le fait que les « forces » entourant le panel d'experts poussent dans le sens de l'avortement. Du fait de sa grande prématurité, le bébé est exposé à des risques de problèmes de santé importants.

En face, on crée encore davantage de tension en assurant que la loi actuelle va aussi loin qu'elle peut aller, compte tenu de la Constitution irlandaise dont le 8e amendement, connu sous le nom d'article 40.3.3, donne des droits constitutionnels égaux à la mère et à son enfant à naître. Cet article est sous le feu de la critique du comité de l'ONU pour les droits de l'homme.

A la faveur du fait divers qui, pour une fois, n'aura pas fini dans la tragédie, le ministre irlandais pour l'Egalité et la Culture, Aodhan O Riordain, a déclaré qu'il était temps de réunir la Convention constitutionnelle afin d'envisager la tenue d'un nouveau référendum pour que « la position constitutionnelle sur l'avortement change ». Un référendum qui est également réclamé par de nombreux députés de gauche.

C'est déjà sous le prétexte d'un cas tragique – la mort d'une jeune femme, Savita Halappanavar, à la suite d'une septicémie lors d'une fausse couche – que l'Irlande a modifié sa loi pour autoriser l'avortement en certaines circonstances. L'exploitation, de manifestations en pressions internationales, avait été exemplaire de l'efficacité de l'agit-prop, alors même que le décès de la jeune mère était consécutif à des fautes de diagnostic et de soins et que l'Irlande peut s'enorgueillir d'un taux de mortalité maternelle parmi les plus bas au monde.

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07 août, 2014

Des évêques argentins dénoncent les équipes volantes d'avortement

Mgr Hector Aguer, évêque enseignant
L'archevêché de La Plata, à Buenos Aires, n'aura pas laissé passer beaucoup de temps avant de réagir fortement contre la décision du ministre de la Santé de la province de créer des équipes mobiles de réalisation d'avortements dépénalisés pour suppléer à la défaillance des médecins objecteurs de conscience.

L'objection de conscience, ont souligné Mgr Hector Aguer et ses deux évêques auxiliaires, Mgr Nicolas Baisi et Mgr Alberto Bochatey, ne saurait jamais être considérée comme une entrave, pas plus qu'on ne peut présenter comme un soin une action ayant pour objectif d'éliminer une vie humaine.

« L'avortement procuré est l'élimination délibérée et directe, quelle que soit la manière dont il est réalisé, d'un être humain dans la phase initiale de son existence, qui va de la conception jusqu'à la naissance », ont souligné les prélats dans une déclaration intitulée : « L'avortement est plus facile dans la province de Buenos Aires. »

Le ministre de la Santé, Alejandro Collia, avait assuré qu'il s'agissait pour lui et ses services de faire reconnaître également le « droit » de la femme d'obtenir un avortement dans certaines circonstances, et le droit de l'objecteur de conscience de ne pas avoir à y participer.

Mgr Aguer et ses auxiliaires contestent vivement « ces déclarations et actions avortistes du gouvernement provincial, au nom de leur devoir de « rappeler et confirmer l'enseignement de l'Eglise » au sujet de l'élimination volontaire de l'enfant à naître.

Ils rappellent au passage que dans la décision d'avorter, ce n'est souvent pas la mère qui est seule impliquée, mais bien le père de l'enfant, la famille et les proches de la femme enceinte qui « non sans fréquence se sent psychologiquement contrainte de céder à l'avortement » : autant de personnes sur qui repose une véritable « responsabilité morale ». « Ils sont aussi responsables, les médecins et le personnel de santé lorsqu'ils mettent au service de la mort les compétences qu'ils ont acquises pour promouvoir la vie. »

Les évêques ne s'arrêtent pas là : ils rappellent la « responsabilité des législateurs qui ont promu et approuvé des lois autorisant l'avortement et, dans la mesure où cela a dépendu d'eux, des administrateurs des établissements de santé utilisés pour pratiquer des avortements ». Et aussi la responsabilité générale « non moins grave de ceux qui ont favorisé la diffusion d'une mentalité de permissivité sexuelle et de dépréciation de la maternité, et de ceux qui auraient dû mettre en place – et qui ne l'ont pas fait – des politiques familiales et sociales fortes de soutien aux familles, spécialement les familles nombreuses ou celles qui éprouvent des difficultés économiques et éducatives particulières ».

Affirmant donc la particulière responsabilité des politiques et des gouvernants, et le devoir d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes, ces évêques argentins souhaitent que « plus jamais un groupe d'êtres humains, spécialement s'ils exercent le pouvoir politique légitimement acquis, ne facilitent et n'exécutent l'élimination de la vie d'autres êtres humains ».

Le texte complet de la déclaration est ici.

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