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06 juin, 2019

Noa Pothoven, la jeune Néerlandaise violée qui s’est laissée mourir de soif (avec l’aide des médecins)


La mort de Noa Pothoven, 17 ans, a fait la une des journaux du monde entier au début de la semaine alors que la presse internationale décrivait l'« euthanasie » de la jeune Néerlandaise à Arnhem, Pays-Bas. Les réactions de choc ont été nombreuses, d'autant plus que sa mort, dimanche dernier, a été associée à de profondes souffrances psychologiques consécutives à des abus sexuels à 11 et 12 ans et à un double viol à l'âge de 14 ans. Il ne s'agissait pas d'une patiente atteinte d'un cancer en phase terminale qui ne supportait plus la douleur physique, mais d'une adolescente dynamique qui avait subi « un sort pire que la mort » quand elle n'était qu'une enfant, et dont la dépression l'avait finalement amenée à refuser la vie elle-même.
Ces réactions étaient saines. Mais l’histoire avait une faille : aucun « fact-checking », fût-il sommaire, n’avait été fait. Les médias « de référence »qui condamnent avec tant d'empressement les « fake news » ont répercuté l'information sans vérifier les sources néerlandaises qui étaient pourtant très claires sur la cause du décès de Noa : elle avait volontairement cessé de manger et de boire,  afin de mourir. Alors ? Il n'y a pas eu d'euthanasie...
Les gros médias ont rectifié leurs reportages, tandis que les agences de vérification ont évoqué des « reportages erronés ou exagérés » aussi bien dans les tabloïds ainsi que de « médias nationaux habituellement fiables », condamnant du même coup leur approche « sensationnaliste ». Certes, Noa Pothoven est morte, mais il n'était plus question d'euthanasie ni même de suicide assisté, donc, probablement, tout allait bien.
Ou non ?
Sa mort était-elle vraiment, au moins d'une certaine façon, « normale », et même « due à des causes naturelles » comme l'indique son certificat de décès ? Sa vie tragiquement abrégée ne soulève-t-elle pas les mêmes questions que l'euthanasie directe d'un mineur ? Mourir de faim avec l'aide de soignants médicaux vaudrait-il en quelque sorte « mieux » que de recevoir une injection mortelle ?
Jusqu'à l'âge de 11 ans, Noa Pothoven était une jeune fille joyeuse, intelligente et heureuse. Elève brillante, elle s'était intégrée sans effort au collège et avait un don pour l'écriture, son activité préférée.
Puis elle est allée à une fête à l'école, où elle a subi des attouchements de la part d’un homme. Un an plus tard, la même chose s'est produite lors d’une autre fête pour adolescents. Encore deux ans, et la jolie jeune fille blonde était violée par deux hommes quelque part à Arnhem. Elle ne l'a jamais dit à ses parents, « par peur et par honte ». Si elle a fini par signaler les faits à la police, plusieurs années plus tard, c’est sans déposer plainte, de peur d’avoir à reparler des actes qu’elle avait subis.

L'entretien de décembre 2018 est par là (en néerlandais)
« Je revis cette peur, cette douleur, tous les jours », a-t-elle dit à un intervieweur de télévision en décembre dernier, à l'âge de 16 ans. « J'ai toujours peur, je suis toujours sur mes gardes. Et encore aujourd'hui, mon corps est toujours sale. Ma maison, mon corps a été cambriolé, et cela ne pourra jamais être défait. »
Noa Pothoven est devenue déprimée et anorexique après les agressions. Elle avait des troubles du comportement et s'automutilait. Plusieurs tentatives de suicide ont suivi et, à un moment donné, elle a été hospitalisée dans un hôpital où elle a reçu une alimentation entérale pendant plusieurs mois et a même été placée dans le coma, en attendant une place dans un établissement psychiatrique spécialisé pour adolescents. Elle a été déplacée d'une clinique à l'autre, ne trouvant jamais le traitement qu'elle espérait pour la sauver de son désespoir.
Lisette et Frans Pothoven n'ont découvert le désir de mort de leur fille que lorsqu'ils sont tombés dans sa chambre sur une enveloppe remplie de lettres d'adieu à ses parents, sa famille et ses amis. Ils n’arrivaient pas à comprendre. « Noa est douce, belle, intelligente, sociable et toujours joyeuse. Comment peut-elle vouloir mourir ? », déclaré sa mère à un journaliste lors de cette même interview télévisée.
Ils n'ont appris les abus sexuels et les viols que leur fille avait subis que lorsque celle-ci avait 15 ans et avait déjà commencé à se priver de nourriture.
Entre-temps, les thérapeutes ont encouragé Noa à écrire sur ses pensées et ses sentiments. Ses écrits se sont transformés en livre, publié en décembre de l'année dernière, Gagner ou apprendre. Elle a expliqué qu'en écrivant, elle s’est rendu compte de plus en plus qu'elle ne voulait plus continuer à vivre. « Oui, l’idée s’est développée lentement », a-t-elle dit au journaliste : « Le sentiment que ce serait peut-être mieux si je n'étais plus là, parce qu'alors les autres ne seraient plus dérangés par moi et je ne le serais plus par moi-même. »
Lors de l'entretien, en décembre dernier, Noa Pothoven expliquait que tout cela l’avait conduite à une « trajectoire d'euthanasie ». On sait qu'elle s'est rendue à la Clinique de Fin de vie qui s'occupe des demandes d'euthanasie que les médecins ne veulent pas honorer ; elle a été refoulée parce qu'elle ne remplissait pas les conditions légales.
Elle s'est plainte de ce que l'euthanasie lui était refusée parce qu'elle était trop jeune : les médecins lui ont expliqué que le cerveau humain est encore en pleine maturation à l'adolescence et que ces demandes pour des raisons psychiatriques ne sont prises en compte qu'après les 21 ans du patient. « Ça m'a vraiment brisée : je ne peux pas attendre si longtemps », a-t-elle dit à la journaliste.
Son histoire se lit comme la chronique d'une mort annoncée. Non seulement Noa voulait mourir, mais le monde entier le savait grâce à son livre. Ce qu'elle avait omis ou craint de dire à sa famille, elle l'a finalement révélé à tous. Des journalistes et des lecteurs ont discuté de sa volonté de mourir. Elle n'a jamais obtenu l'aide et la guérison qu'elle avouait rechercher.
 Elle s'est plainte d'avoir été internée de force dans des établissements psychiatriques par des « personnes en robe de juge » qui lui donnaient l’impression d’être « presque comme une criminelle ».
Noa a-t-elle jamais bénéficié d'une aide spirituelle ? Elle ou ses parents croyaient-ils en une vie après la mort, ou en la justice ultime pour ceux qui souillent les jeunes ? Et ne faudrait-il pas parler d'une forme de complaisance malsaine de la part des médias à l'égard de sa souffrance tragique, suivie jusqu'à ce que, finalement, elle en meure ?
Sa mère, Lisette Pothoven, déclarait en décembre 2018 qu'elle espérait que le fait de rendre l'histoire publique aiderait à trouver une solution, se plaignant qu'il n'y ait pas une seule institution aux Pays-Bas où les besoins, tant psychologiques que physiques, de Noa seraient réellement pris en compte dans un milieu fermé. La jeune fille a été inscrite à plusieurs reprises sur des listes d'attente. Elle était prête à tout essayer, y compris le traitement par électrochocs, qui a finalement été refusé selon une source.
Ses parents espéraient que quelque chose changerait. Dans l'entretien télévisé de décembre 2018, Lisette Pothoven a reconnu avec tristesse que sa fille prenait la voie de choisir sa propre mort : « Nous sommes à son opposé à ce sujet. Nous, ses parents, voulons qu'elle choisisse le chemin de la vie. En réalité, Noa ne veut pas mourir du tout. Elle n'aspire qu'au repos. »
Noa était d'accord : « Oui, je veux me reposer. Je ne veux plus ressentir la douleur. »
On ne peut qu'imaginer comment, quand et pourquoi ses soignants et sa famille ont accepté quelques mois plus tard que la jeune fille « s'abstienne de manger et de boire pour accélérer la mort », comme on dit aux Pays-Bas. Les Pothoven, qui ont été submergés de demandes d'interviews et d'informations par les médias étrangers depuis la mort de leur fille dimanche dernier, ont supplié qu’on les laisse seuls pourqu’ils puissent vivre leur deuil dans la paix.
Ce qui est certain, c'est qu'elle est morte dans un lit d'hôpital installé dans le salon de ses parents, recevant des soins spécifiques pour ceux qui choisissent d'arrêter de vivre en s'abstenant de se nourrir pour mourir de soif et de dénutrition. Il s'agit d'une mort particulièrement horrible, mais elle est ouverte à tous ceux qui le souhaitent aux Pays-Bas, et les soignants sont tenus d'apporter leur aide pendant la procédure.
Remarquablement, cependant, les soignants qui ont des objections de conscience – qu’elles soient émotionnelles, morales ou religieuses – sont autorisés à prendre du recul pour laisser agir des personnes prêtes à « accompagner » une telle « mort choisie », à condition qu'elles donnent des soins en cas d'urgence quand personne d'autre n’est disponible.
Le fait même que l'objection de conscience soit possible dans cette situation montre qu'il ne s'agit pas d'une chose ordinaire et qu'elle soulève de graves questions morales.
En effet, selon les directives officielles de la KNMG (Association Royale des Médecins des Pays-Bas), « s'abstenir consciemment de manger et de boire » pour hâter la mort (ou dans le cas de Noa, pour la provoquer rapidement et directement) est « explicitement découragé » avant 60 ans lorsque le patient ne souffre pas d'une « maladie en phase terminale ».
Pour les personnes de plus de 60 ans, en revanche, cette exigence n'existe pas et toute personne peut demander de l'aide en vue de ce choix de fin de vie, sur le fondement de "l'autonomie du patient", l'idée étant que tout patients est en droit de refuser les traitement, les soins et les soins ordinaires comme ils le souhaitent. « C'est un choix que tout le monde a le droit de faire et peut faire », affirment les directives de la KNMG.
Ce document de 64 pages constitue une lecture intéressante et même terrifiante. Bien que les médecins et les autres soignants soient encouragés à dissuader les patients de choisir d'arrêter de recevoir nourriture et liquides et à rechercher des solutions qui les aideront à continuer à vivre, les directives suggèrent que la procédure peut être l’alternative proposée lorsque l'euthanasie est refusée.
Ils ajoutent que les patients souffrant de dépression ne devraient pas être empêchés, à ce titre, de choisir un tel décès parce qu'ils sont encore capables de prendre leurs propres décisions en connaissance de cause.
Aucune mention n'est toutefois faite des patients mineurs. Dans le cas de Noa Pothoven, il n'est pas clair si ses parents ont été amenés à signer les documents demandant la procédure pour leur fille mineure, mais ils étaient certainement d'accord avec elle. Sous quelle pression ? Et quel a été le rôle joué par la mentalité euthanasique qui s'est infiltrée si profondément dans la société néerlandaise ?
Les directives officielles prennent soin d'expliquer que le fait de « s'abstenir consciemment » de manger et de boire ne peut pas être considéré comme une euthanasie ou un suicide assisté, car le processus est lent et peut être arrêté si le patient décide que c'est trop difficile de tenir, ou qu'il décide de continuer à vivre malgré tout.
Mais ce sophisme est difficile à accepter. On est certainement face à une décision de mettre fin prématurément à une vie. Dans le cas d'une jeune fille anorexique et dépressive, le refus de manger est au cœur de sa maladie mentale et la responsabilité morale, si elle existe, est difficile à évaluer. Les proches peuvent être amenés à accepter la chose lorsqu'ils sont à bout de désespoir, à la recherche d'une aide qui n'arrive pas. Mais cela ne rend pas leur décision objectivement correcte.
D'autre part, la coopération active des médecins, des infirmières et des soignants est beaucoup plus discutable. Les directives de la KNMG les dégagent de toute responsabilité en assimilant la procédure au refus de la ventilation artificielle, de la chimiothérapie, des antibiotiques et d'autres types de traitement dont le retrait entraînerait finalement la mort. Cet argument repose sur la confusion entre traitement médical et soins ordinaires qui sont toujours dus au patient.
Un deuxième argument indique clairement que la procédure requiert de la part des soignants des actes qui ne sont pas en relation directe avec la « mort accélérée » du patient. C'est vrai. Soulager la douleur, prendre soin des symptômes si épouvantables de la mort par déshydratation, s'assurer que le patient n'est pas mal à l'aise et même de lui administrer une sédation palliative (aussi légèrement que possible quand cela devient nécessaire pour soulager la souffrance, affirment les directives) ne sont pas des actes qui provoquent le décès.
Mais il est difficile de ne pas les voir comme faisant partie du suicide, aussi lent soit-il. Cela revient certainement à ne pas aider une personne qui est en péril de mort. Mais l'idée est de tolérer une alternative à l'euthanasie et au suicide assisté, qui n'a pas tout à fait l’allure brutale de ces deux crimes objectifs.
Les directives de la KNMMG donnent de nombreux détails techniques sur les problèmes et les douleurs et souffrances spécifiques à le type de mort que Noa a choisi de provoquer. La soif terrible est l'un des symptômes, et plus le patient est jeune, plus elle est ressentie. L'insuffisance organique, la constipation, l'impossibilité d'uriner, l’affaiblissement des muscles ne sont que quelques-uns des effets de l'arrêt de boire et de manger.
Souvent, le délire s'installe. Les lignes directrices soulignent que dans leur confusion, les patients mourants commencent parfois à mendier de l'eau. Ils indiquent clairement qu'il est très important que les membres de la famille et les soignants ne cèdent pas à la supplication du patient, parce que celui-ci ne peut plus à ce moment-là exprimer valablement sa volonté consciente de boire et parce que le fait de donner des liquides empêcherait le décès que le patient souhaite.
 Les médecins sont encouragés à expliquer cela à leurs patients et à leur faire signer des formulaires précisant qu'à aucun moment ils ne doivent recevoir des liquides, même s'ils en font la demande lorsqu'ils sont jugés incapables d'exprimer leur volonté de façon valide.
Selon la même logique, la sédation palliative peut être appliquée sans le consentement du patient, bien que sa famille puisse être consultée à ce sujet.
Comment tout cela est-il censé être humain et « digne » ? En quoi une telle procédure n'est-elle pas une aide délibérée à mourir fournie à une personne vulnérable ?

Et qui donc pense à l'âme immortelle de Noa Pothoven ?




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06 décembre, 2018

Jamie Schmidt, martyre de la chasteté ? Cette femme est morte pour avoir refusé de céder à son violeur, « au nom de Dieu »


Jamie Schmidt : plutôt la mort
que la souillure
 L’histoire que je vais vous raconter est terrifiante et magnifique – et surtout, elle est vraie. C’est celle d’une femme ordinaire, la cinquantaine, mariée, trois enfants. Elle s’appelle Jamie Schmidt. S’appelait, plutôt. Car elle est morte assassinée, pour avoir préféré la pudeur, la chasteté et la fidélité conjugale à la souillure. Il y a quelque chose de sainte Maria Goretti dans cette histoire, quelque chose de saint Charles Lwanga et ses compagnons ; peut-être bien la foi et le sang d’une martyre… La première sainte martyre née sur le sol des Etats-Unis ? Déjà, un prêtre plaide sa cause…

Tout s’est déroulé très vite, le 19 novembre dernier à Saint-Louis, Missouri. Jamie Schmidt, 53 ans, paroissienne zélée, aimable et pieuse, mais aussi discrète et modeste, allait faire ses courses au Catholic Supply local de la Manchester Road où elle s’apprêtait à acheter des fournitures pour fabriquer des chapelets – son apostolat à elle. Sur place, deux employées, l’une d’une vingtaine d’années, l’autre, la cinquantaine aussi. En ce milieu d’après-midi, le magasin était calme. Il n’y avait personne d’autre.

Thomas Bruce, identifié
comme le tueur
Voici pourtant qu’entre un homme trapu, d’âge moyen. Il jette un coup d’œil, constate la présence des trois femmes, puis annonce qu’il a laissé sa carte de crédit dans la voiture. Il dit qu’il va la chercher parce qu’il voudrait faire quelques achats. Mais ce n’est pas une carte bancaire qu’il rapporte : il revient dans le magasin, revolver au poing.

C’est sous la menace de son arme qu’il oblige les trois femmes à se rassembler dans l’arrière-boutique, terrorisées. Là, horreur, il oblige sa première victime à se dévêtir entièrement. Et la viole, ou plus exactement la sodomise. La deuxième femme subit le même traitement.

Mais lorsque vient le tour de Jamie, celle-ci – malgré le choc, malgré le revolver braqué sur sa tête et la mort qui menace – refuse, calmement, avec assurance. Elle regarde son agresseur droit dans les yeux. Et elle dit (les deux autres victimes en ont témoigné) : « Au nom de Dieu, je n’enlèverai pas mes vêtements. »

(« En nom Dieu, je ne crains pas les gens d’armes », disait Jeanne d’Arc…)

Cela met son agresseur en rage : le coup de feu part aussitôt, à bout portant ; Jamie est gravement blessée à  la tête. Elle s’écroule. Mais alors qu’elle gît là, mortellement touchée, elle murmure le Notre Père – l’une des survivantes en atteste.

Le criminel, lui, s’est enfui. L’ambulance est arrivée vite, Jamie a été emmenée toutes sirènes hurlantes à l’hôpital le plus proche, mais il n’y avait aucun espoir pour elle. De l’espérance, ça oui… Le soir même, en rendant son dernier soupir, Jamie avait encore sur les lèvres les mots, à peine audibles, du Notre Père. Sa Volonté, elle l’avait acceptée, elle l’avait faite. Elle a préféré la résistance héroïque, au prix du sacrifice de sa vie, aux exigences démoniaques d’un sadique, à la solution apparemment plus facile : se soumettre sous la contrainte.

Le criminel a été retrouvé grâce aux descriptions précises fournies par les deux victimes survivantes dès le mercredi 21 novembre. Thomas Bruce – désormais incarcéré – est un ancien pasteur chrétien, marié, vivant dans un parc à caravanes avec sa femme à Imperial à trente kilomètres de Saint-Louis. Il ne connaissait pas les victimes, il n’avait rien contre elles sur le plan personnel. Pourquoi a-t-il choisi un magasin catholique ? L’instruction de son procès pour meurtre, séquestration et sodomie le dira peut-être.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que le geste héroïque de Jamie Schmidt a été dicté par sa foi. Elle n’a pas transigé. Elle n’a pas choisi l’option de subir d’abord, et de se plaindre ensuite. Elle n’a rien cédé. Elle a proclamé, haut et fort, son attachement à la décence et à la chasteté conjugale, son refus de l’adultère et de la perversion.

Par les temps qui courent, quelle leçon ! « En nom Dieu »…


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13 février, 2016

Irlande du Nord : plus de 40 ans après un viol suivi d’un avortement, une femme raconte la réalité de son syndrome post-IVG

Anna témoigne de la réalite
du syndrome post-IVG
C’était la première fois qu’« Anna », 13 ans, « sortait » – avec un garçon de 18 ans. Elle vivait en Irlande du Nord – c’était il y a plus de 40 ans. La soirée se termina par un viol, et Anna se retrouva enceinte. Ce viol, elle devait longtemps se le reprocher… Elle s’en croyait coupable, parce qu’elle avait innocemment suivi ce jeune homme « populaire » à l’école et dans son quartier, fière d’avoir été remarquée par lui. Ses parents, presbytériens rigides qui laissaient pourtant Anna faire à peu près ce qu’elle voulait, ne voulaient pas vivre avec la honte d’avoir une « fille-mère ». Ce sont eux qui ont organisé le voyage à Liverpool. Anna n’a pas eu d’autre choix que cet avortement – particulièrement cruel, puisque l’infirmière, elle s’en souvient encore aujourd’hui, allait lui décrire dans le détail ce qui allait arriver au tout-petit qu’elle portait. Aujourd’hui, Anna témoigne de la réalité du syndrome post-IVG qui l’a poursuivi pendant plus de trente ans. Elle est contre l’avortement. Résolument contre. Même en cas de viol.
La conscience d’avoir laissé détruire violemment l’enfant qu’elle portait a aussi détruit Anna… Il était entendu que le sujet était tabou. Elle ne devait pas en parler. Encore moins parler de sa souffrance. Le secret devint vite beaucoup trop lourd à porter : la douleur ne la lâchait pas, elle se réfugia dans l’alcool.

Le syndrome post-avortement, une réalité –même quand l'IVG fait suite à un viol

Il lui a fallu attendre 36 ans avant de retrouver « le droit d’être heureuse ». Anna a participé alors, il y a six ans, à une session chrétienne de conseil post-avortement, « Surrendering the Secret » (« lâcher le secret »), qui lui a permis pour la première fois de se sentir réellement guérie.
Anna a longtemps vécu avec la douleur de son secret, avant de retrouver la paix intime du cœur. Pourquoi en parler en public aujourd’hui ? Les récentes discussions à l’Assemblée de l’Irlande-du-Nord sur la légalisation de l’avortement en cas d’anomalie fœtale fatale, de viol ou d’inceste, ont réveillé une nouvelle fois les souvenirs de celle qui est aujourd’hui femme d’affaires à Belfast. Sans révéler son vrai nom – elle est aujourd’hui mariée et heureuse, avec deux jeunes enfants qu’elle veut protéger – elle veut dire la vérité aux « milliers de femmes » qui souffrent, elle en est persuadée, d’un traumatisme similaire.
 Chose étonnante, le Belfast Telegraph a donné une large place à ses paroles…
La souffrance et le traumatisme sont liés à l’avortement lui-même, quelle qu’en soit la raison quelle que soit la manière dont il est procuré, assure Anna. « Au cours de ces 36 ans avant d’obtenir ma guérison le viol n’a joué aucun rôle, pas plus que le voyage en bateau vers l’Angleterre ne m’a traumatisée – c’était le fait que mon bébé m’avait été enlevé. J’étais hantée par le souvenir à chaque anniversaire de l’avortement – je pensais à l’âge qu’il aurait eu. Aujourd’hui, je suis persuadée que c’était un garçon, je l’ai appelé Michael. »
« Rien, pas même le fait d’avoir des enfants plus tard, ne pourra jamais remplacer ce bébé qu’on m’a enlevé », raconte-t-elle.
Telle est l’omerta autour de l’avortement et des souffrances qu’il engendre que les deux psyschologues consultées par Anna n’ont pas su identifier son traumatisme. Anne n’avait-elle pas tout pour être heureuse : une carrière brillante, une belle maison, une voiture de belle cylindrée, des vacances exotiques ?

L'Irlande du Nord a dit “non” à l'avortement pour viol :
“Les femmes n'ont pas besoin d'un autre acte de violence”

Il est intéressant de noter qu’Anna n’en veut nullement à l’infirmière qui lui a parlé de ce qui allait vraiment se passer. Embarquée par sa mère à quelques jours seulement de la découverte de sa grossesse, Anna ne savait pas ce qui allait lui arriver, ni pourquoi : elle avait seulement conscience qu’elle portait une personne vivante dans ses entrailles. Arrivée à la clinique, c’est au moment où elle attendait seule dans un couloir que cette infirmière est venue lui dire que son bébé allait être déchiqueté, aspiré, mis dans un sachet et jeté à la poubelle. « Avec le recul, je me rends compte maintenant qu’elle a été la seule à jamais avoir été honnête à mon égard. »
L’avortement passé, l’adolescente s’est trouvée dans un grand dortoir avec d’autres femmes. « Je me sentais très seule. Elles se racontaient leur deuxième, troisième ou quatrième avortement. L’une d’elles m’a dit : “Ne t’en fais pas, je viens d’avoir le quatrième.” C’était horrible », raconte Anna.
De retour à la maison, plus personne ne parla jamais à Anna de l’avortement. Très vite, ses résultats scolaires, jusque-là excellents, dégringolèrent. Elle commença à boire au cours de son adolescence – elle ne réussit à cesser d’abuser de l’alcool qu’après sa session biblique.
Ce qui a libéré Anna, c’est la vérité. C’est de comprendre pourquoi elle n’arrivait pas à souffrir avec sa famille et ses amis lors d’autres décès parce qu’elle n’avait pas pu porter le deuil de son propre enfant. « Cette tristesse ne me quitte jamais. Je n’avais pas pleuré la mort de mon bébé avorté et l’une des plus belles choses que j’ai vues lors de cette session, ce sont ces femmes qui pleuraient leur enfant. Je n’avais jamais pu pleurer mon fils. On ne me l’avait pas permis… C’est un grand soulagement de pouvoir pleurer cette mort. »
Aujourd’hui, on parle librement de l’avortement, note Anna. « C’est partout dans les médias, mais les femmes pleurent à l’intérieur. Elles souffrent gravement de ses conséquences qui ont des répercussions sur leur qualité de vie. Après la session, je me suis sentie de nouveau entière, libérée de mon secret. »
Mais l’avortement après un viol ? Ce n’est pas une « solution miracle », répond Anna. « L’expérience de l’avortement vous hantera toute votre vie. Si une femme se trouve enceinte à la suite d’un viol, elle a vraiment besoin d’être entourée. Elle a besoin de compassion, elle a besoin de conseils, elle a besoin d’être très soutenue. Elle n’a pas besoin d’un nouvel acte de violence : l’avortement. »
A propos du traumatisme post-avortement, ne manquez pas le très beau reportage d’Armel Joubert des Ouches sur reinformation.tv.

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11 février, 2016

L’Irlande du Nord refuse la légalisation de l’avortement « thérapeutique » pour anomalie fœtale, viol ou inceste.

Une majorité provie dans une Assemblee nationale, cela mérite d’être salué par les temps qui courent ! Par 59 voix contre 40, les élus d’Irlande du Nord ont refusé la légalisation de l’avortement « thérapeutique » des enfants à naître atteints d’une anomalie fœtale entraînant la mort in utero ou peu après la naissance. La proposition de loi visait à étendre le champ de l’avortement légal, actuellement limité aux cas de danger pour la vie de la mère ou de danger « permanent et grave » pour sa santé physique ou mentale. L’avortement pour viol ou inceste a été rejeté par une majorité plus forte encore : 64 voix contre 30.
La loi d’avortement en vigueur en Grande-Bretagne depuis 1967 ne s’étend pas à l’ensemble du Royaume-Uni ; l’Irlande du Nord, fait comme l’Irlande l’objet d’attaques répétées pour « libéraliser » l’élimination des enfants à naître. Yves Daoudal explique ici le rôle joué par la Commission des droits de l’homme, s’appuyant sur la Cour européenne des droits de l’homme, au service de cette évolution mortifère.
Plus de deux ans de « lobbying » médiatique et politique ne sont pas venus au bout de la résistance des députés, malgré une intense campagne de culpabilisation accusant les opposants d’inhumanité et d’insensibilité alors que des femmes irlandaises racontaient le « traumatisme » de leur voyage en Angleterre pour mettre fin à une grossesse « fœtale fatale ».
Parmi les arguments soulevés, il y a eu celui de l’impossibilité d’affirmer avec certitude qu’un fœtus n’a aucune chance de survie : Dolores Kelly, élue du parti social démocrate et travailliste (SDLP) a assuré que les médecins ne connaissent « aucune définition » de l’anomalie fœtale fatale.
Pour ce qui est du viol, le leader du parti Traditional Unionist Voice Jim Allister a affirmé que cette exception conduirait tôt ou tard à l’avortement à la demande. Magistrat familier des procès de viol, il a rappelé que « 95 % du temps, la question que se pose le jury est de savoir si les rapports étaient ou non consentis ». « Tout ce que vous aurez à faire, c’est d’alléguer une agression sexuelle, semble-t-il, un viol, et vous voilà munis de l’accord d’un praticien médical pour obtenu l’avortement. » Il est pourtant impossible de prouver de allégations de viol autrement que par une procédure bien plus longue qu’une grossesse, a-t-il souligné.

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03 février, 2015

Belgique : Frank van den Bleeken, le meurtrier-violeur en prison, rêve toujours d'euthanasie

Van den Bleeken. Source photo : ici.
Condamné à la perpétuité réelle pour viols et meurtre, Frank Van den Bleeken avait obtenu de la justice belge le droit d'être transféré vers la section médicalisée d'une prison où son médecin devait l'euthanasier. La date était fixée. A quelques jours de l'échéance, début janvier, ledit médecin avait décidé de ne plus passer à l'acte. Et la justice belge annonçait le transfert du prisonnier, qui se plaignait de ne pas avoir reçu pendant les 30 ans de son incarcération les soins psychiatriques dont il avait besoin, vers une section psychiatrique, en attendant d'être accueilli aux Pays-Bas où ce type de criminels bénéficie d'un accueil spécialisé. On pouvait imaginer que Frank Van den Bleeken allait en être soulagé.

Eh bien, non. Sa sœur, Kari, vient de révéler à la presse belge que le prisonnier maintient sa demande d'euthanasie, et elle a dénoncé la manière dont Frank Van den Bleeken et sa famille ont appris le revirement du médecin.

« Il était sens dessus dessous », raconte Kari Van den Bleeken. Elle a appris le retrait du médecin par téléphone en se rendant à la prison quelques jours avant la date fatidique du 11 janvier. « Le sol s'est dérobé sous mes pieds… »

C'est elle qui a annoncé la nouvelle à son frère. Sa réaction ? « La panique. Il ne savait plus ce qui devait se passer désormais. » Mme Van den Bleeken dit comprendre les doutes du médecin, mais lui reproche de n'avoir pas parlé lui-même avec son patient.

La demande d'euthanasie persistante du condamné « à vie » – et peut-être est-ce une situation bien pire que celle du condamné à mort – est sans doute le signe d'un mal profond : lui-même ne disait-il pas préférer vivre soigné et entouré plutôt que d'être « piqué » ?

Et sans doute sa demande ne se comprend-elle pas en dehors d'un débat – désormais tabou – sur la peine de mort. On en arrive à cette situation paradoxale ou seuls les innocents sont tués, en guise, quasiment, de récompense… Tandis que ceux qui d'une certaine façon estiment ne plus mériter de vivre, ou qui souffrent d'être emprisonnés sans le moindre espoir de sortir un jour des murs de leur prison, s'en voient « privés ». Voilà ce qui se passe lorsque la mort devient une « solution douce » pour les honnêtes gens.

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03 janvier, 2015

Le prisonnier belge sera euthanasié le 11 janvier

Les autorités belges pensaient ne pas annoncer l’euthanasie de Frank Van Den Bleeken, 51 ans, ce conduit par  minibus vers la section hospitalière de la centrale de Bruges vendredi prochain ; il devrait être euthanasié à la fin de sa « permission », dimanche. C’est ce qu’a annoncé une porte-parole du ministre de la justice Koen Geens au quotidien flamand De Morgen.
condamné pour viol et meurtre qui a obtenu de la justice le droit d’être transféré vers un hôpital carcéral, afin d’y obtenir une piqûre létale. Finalement, le prisonnier de Turnhout, a-t-on appris samedi, sera
La justice s’est en fait contentée d’approuver en référé la demande de transfert de 48 heures : la décision d’accorder l’euthanasie est d’ordre « médical » et ce sera son médecin qui décidera en dernière analyse.
En attendant, le prisonnier, très atteint sur le plan psychiatrique, profite de ses derniers jours de vie pour prendre congé de ses amis de détention.
Frank Van Den Bleeken avait demandé dans un premier temps un transfert vers un établissement carcéral spécialisé aux Pays-Bas pour y recevoir les soins psychiatriques requis par son état – il s’estime lui-même trop dangereux pour être remis en liberté – mais la justice belge avait décidé que le ministre de la justice, qu’il avait saisi de la demande, n’était pas compétent pour ordonner le transfert. Subsidiairement, l’avocat du prisonnier avait demandé qu’il puisse être placé en situation d’obtenir l’euthanasie, au motif que les souffrances psychiques du prisonnier étaient insupportables et sans aucun espoir. Il est en prison depuis près de 30 ans et n’a aucune perspective de libération.
Van Den Bleeken a été examiné par plusieurs psychiatres au cours de ces dernières années : sans se concerter, ils ont tous diagnostiqué une maladie mentale et affirment qu’il souffre terriblement de sa détention.
Ce qui constitue tout de même un aspect substantiel de la vie en prison : c’est bel et bien une « peine ». Mais l’absence de soins psychiatriques pour les détenus aggrave la situation. Et souligne en même temps que l’incarcération longue peut sembler bien plus cruelle pour les détenus que la peine de mort…
Depuis que Van Den Bleeken a obtenu la possibilité de se faire euthanasier, au moins quinze détenus ont demandé une « solution » semblable, et on s’attend même à une accélération de la demande une fois que l’acte aura été accompli.
Beaucoup de questions se posent dans ce dossier : quel est le degré de responsabilité pénale de ce malade de l’esprit ? Pourquoi ne reçoit-il pas de soins ? Physiquement, il n’est pas en fin de vie… L’euthanasie n’est-elle pas ici une sorte de solution de facilité, voire une peine de mort déguisée qui au fond arrange tout le monde ?
Que la société belge s’en accommode avec si peu d’émotion est sans doute le signe d’une « démocratisation » croissante de la mort choisie, fût-ce au moyen d’une hypocrisie qui l’arrange bien.
Les sœurs de Christiane Remacle, la jeune victime de Van Den Bleeken, battue, violée et étranglée à 19 ans, observent de leur côté que personne ne s’intéresse à la souffrance qui les consume depuis 1989, date du crime : une souffrance qui a eu raison de la santé et de la vie de leur mère, morte de chagrin. Le meurtrier mourra « paisiblement » et sans douleur, dans un lit, entouré de ceux qui l’aiment et d’un prêtre : rien de tel pour la victime que tous ont oubliée… Elles souhaiteraient pour leur part que l’homme reste en prison jusqu’à la fin de ses jours.

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14 décembre, 2014

Argentine : l’Etat demande pardon pour ne pas avoir procuré l’avortement à une jeune handicapée mentale

Des représentants de l’Etat fédéral argentin et de la province de Buenos Aires ont officiellement demandé pardon à une jeune femme aujourd’hui âgée de 27 ans qui était tombée enceinte à la suite d’un viol il y a 8 ans, et qui n’avait pas obtenu l’avortement dépénalisé. Cet avortement n’aurait pas été punissable en effet en tant que la jeune femme était déficiente mentale et avait violée, aux termes du code pénal national argentin. Sa mère et sa sœur avaient fait le tour des hôpitaux et des juridictions de leur région pour obtenir cet avortement, en vain.
« Au nom de l’Etat, je demande pardon pour l’horreur et pour l’erreur de cette affaire », a déclaré Carlos Pisoni, sous-secrétaire à la Promotion des droits humains, lors de la cérémonie de vendredi après-midi. Il était accompagné de Maria Grass, présidente du Conseil national des Femmes.
La jeune femme, Micaela, avait été violée par son oncle en 2006, à 19 ans, mais avec un âge mental de 10 ans. Elle était déjà enceinte de 14 semaines (semaines de gestation) lorsque ses proches sollicitèrent pour elle l’avortement à l’hôpital Saint Martin de la Plata, qui refusa. Dans la foulée, un juge des mineurs, Ines Siro, devait interdire que l’avortement fût pratiqué. On conseilla à la mère, Vicenta, que l’enfant à naître fût donné pour l’adoption.
La mère de Micaela, illettrée, domestique, obtint alors l’aide d’organisations féministes qui entamèrent une procédure judiciaire. Elles menèrent le cas jusqu’à la Cour suprême de l’Argentine qui se prononça en faveur de l’avortement, signalant que dans les cas dépénalisés par la loi il n’était pas nécessaire d’obtenir une autorisation judiciaire préalable. En fait, les associations féministes avaient aidé Micaela à obtenir un avortement « privé »… Elles l’ont accompagnée dans sa demande d’indemnisation qui a culminé avec une résolution du Comité des droits de l’homme de l’ONU : il y a trois ans, celui-ci a qualifié l’entrave à l’avortement de Micaela comme une violation de ses droits humains et a ordonné à l’Argentine de lui offrir des « mesures de réparation comprenant une indemnisation adéquate », et de « prendre des mesures pour éviter que de telles violations aient lieu à l’avenir ».
Lors de la cérémonie… appelons-la « pénitentielle », l’Etat argentin et les autorités de Buenos Aires ont entouré la jeune femme de prévenances et de respect. Elle peint depuis un an : une exposition de ses œuvres a été organisée dans l’auditorium de l’annexe de la Chambre des députés à Buenos Aires et bien sûr, tout a été vendu.
Mais ça, c’est l’anecdote. Sur le fond, Micaela a non seulement reçu des excuses formelles : en août, la coordinatrice des affaires juridiques internationales de la secrétairerie des droits humains de la Nation, Ana Oberlin, et le sous-secrétaire aux droits humains de la province de Buenos Aires s’étaient déjà engagés à offrir à la jeune femme une couverture santé, l’insertion dans le monde du travail, des bourses pour son instruction, une maison et une réparation pécuniaire. Pour faire bonne mesure, la décision du comité de l’ONU sera publiée dans des journaux à tirage national et provincial.
Vicenta, la mère de Micaela, sait lire et écrire désormais et s’est transformée en militante de l’avortement « légal, sûr et gratuit ».
Il semblerait que l’oncle de Micaela qui l’avait violée vive à quelques centaines de mètres de la maison de la jeune femme – n’est-ce pas un bien plus grand scandale ?


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02 décembre, 2014

Sénégal : la Fédération internationale des droits de l’homme dénonce l’interdiction de l’avortement

Un rapport de la FIDH, en partenariat avec la ligue sénégalaise des droits de l’homme et la Raddho assure que l’interdiction de l’avortement au Sénégal « met la vie des femmes en danger ».
Paradoxe : dans ce pays, l’avortement est justement autorisé lorsque la vie de la mère est en danger. Pour la FIDH, cela ne suffit pas : les cas de viol et d’inceste doivent aussi être prévus dans ce pays où les femmes qui avortent encourent deux ans de prison.
En fait la FIDH – comme dans tous les pays où il a été fait campagne pour la légalisation de l’avortement – voudrait au fond voir légalisé l’avortement tout court puisque l’avortement clandestin se pratique « dans les pires conditions » au Sénégal. « 8 à 13 % » des décès maternels y sont liés, selon le rapport de la FIDH.
Celle-ci affirme ne pas demander la légalisation de l’avortement au Sénégal, « mais seulement d’autoriser l’avortement pour ces cas de viol et d’inceste ; c’est bien le minimum », affirme Aboubacry Mbodju de la Rencontre afrircaine de défense des droits de l’homme.
De qui se moque-t-on ? Si l’avortement clandestin est ce qui cause les morts maternelles, ce n’est pas son autorisation dans ces cas de viol et d’inceste qui va sensiblement faire baisser leur nombre.
Mais ainsi fonctionne l’agit-prop, avec l’espérance d’enfoncer la porte une fois le doigt passé dans l’ouverture. 

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17 novembre, 2014

Pérou : l'avortement après le viol, c'est un double traumatisme

Lequel de ces deux êtres humains
est le fruit d'un viol ?
Les évêques du Pérou ont diffusé un communiqué sous le titre « Sauvons les deux » pour contester un
récent projet de loi qui prétend légaliser l'avortement en cas de viol, soulignant que cela aboutirait à un double traumatisme pour ces femmes.

« Nous exprimons une nouvelle fois notre défense de celui qui a le droit de naître : l'enfant conçu et pas encore né », affirme le communiqué de la conférence épiscopale.

« Le fait que la fécondation se soit produite comme conséquence d'un viol ne change en rien cette manière de juger l'avortement. L'Eglise condamne avec force toute forme de viol, et elle affirme en même temps qu'il n'est jamais légitime de tuer l'enfant conçu, même pas dans les circonstances condamnables et brutales du viol. Dans le viol suivi d'une fécondation, c'est-à-dire là où est conçue une nouvelle vie humaine, il y a deux victimes : la mère (la femme violée) et l'enfant.

« Le fruit de cet acte violent est un “enfant innocent” qui a droit à la vie et qui ne porte pas la culpabilité de cette action si brutale. Ce n'est pas “l'enfant innocent” qu'il faut punir en le tuant : il faut poursuivre et châtier le violeur avec tout le poids de la loi. »

Les évêques poursuivent : « Soumettre une mère à l'avortement en cas de viol, c'est soumettre la femme à un double traumatisme ou dommage physique, psychologique et spirituel : le viol et l'avortement. Ce dernier – c'est démontré – laisse en la femme des marques et des blessures profondes très difficiles à effacer, connues sous le nom de “syndrome post-avortement”. »

« Les cas exemplaires de femmes violées et enceintes, qui sagement et vaillamment ont choisi de protéger la vie de leur enfant, témoigne de ce que cette décision est celle qui réellement triomphe du viol, puisque c'est le choix du bien par dessus le mal, le triomphe de l'amour sur la violence. »

Ils signalent pour finir que légaliser l'avortement en cas de viol ouvrirait la porte à des abus puisque n'importe quelle union, même consentie, pourrait dès lors être présentée comme « contraire à la volonté de la femme », comme un viol ouvrant droit à l'avortement.

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29 octobre, 2014

Argentine : avortement sur une fillette de 11 ans – mais l'objection de conscience a été sauvegardée

Une jeune fille de 11 ans a subi dimanche un avortement dans l'hôpital Lucio Molas de la ville argentine de Santa Rosa, La Pampa,  après que l’ensemble des médecins de l’hôpital public Centeno de General Pico, dans la même province, eurent invoqué leur droit à l’objection de conscience par rapport à l’intervention.
La fillette avait été violée par le concubin de sa grand-mère, un jeune homme de 30 ans qui est aujourd’hui en détention préventive. C’est lors de la dénonciation du viol que l’examen de la petite victime allait montrer qu’elle était enceinte. Aujourd’hui elle a subi une violence de plus : l’avortement de cet enfant innocent qui n’était pour rien dans les abominables agressions dont elle a fait l’objet.
C'est une histoire terrible que celle de cette petite fille, enlevée à sa mère mineure, qui ne s'en occupait pas, par les autorités. Elle avait été placée dans une famille d'accueil où elle était restée cinq ans, avant que sa grand-mère ne vienne la réclamer. Etant donné que les autorités privilégient dès lors que c'est possible les liens du sang, le transfert avait été fait vers ce nouveau foyer auprès de la grand-mère, 45 ans, et de son « ami » plus jeune de 15 ans. Au bout de quelques mois la grand-mère avait « rendu » la fillette aux services sociaux en expliquant qu'elle ne pouvait plus s'en occuper : c'est là que la petite jeune fille s'était effondrée, racontant les abus dont elle avait été l'objet depuis qu'elle avait été accueillie par cette femme.
Une décision de la Cour suprême argentine contraint les autorités provinciales de fixer les conditions dans lesquelles les femmes ont « droit » à un avortement dépénalisé, parmi lesquelles les viols sur mineures. Dans la province de La Pampa les directives sont en place depuis 2012 mais elles prévoient explicitement le droit à l’objection de conscience.
A General Pico, ce sont tous les médecins de l’hôpital qui s’en sont prévalus, refusant de pratiquer l’intervention décidée par les autorités administratives et ce malgré l’invocation d’un « risque pour la santé » de la fillette. Risque qui, selon les médias, allait rapidement être présenté comme un « risque pour sa vie », sans autre précision.
Malgré une levée de boucliers de la part d’organisations féministes déclarant qu’il fallait prendre des mesures contre ces médecins parce qu’ils sont employés de l’Etat, ils n’ont pas été contraints à aller contre leur conscience ; en revanche, conformément aux directives de 2012, la fillette a été transférée vers un hôpital distant de quelque 140 km à Santa Rosa puisque les pouvoirs publics sont censés « garantir » l’accès à l’avortement dépénalisé chaque fois que celui-ci se justifie et que des médecins se refusent à le pratiquer.
On notera que le ministre de la santé de la province de La Pampa, Mario Gonzalez, a défendu le droit des médecins de ne pas être contraints à pratiquer l’avortement même dans ces cas limites où la jeunesse et la vulnérabilité de la victime viennent au secours des pro-avortement. « Eux aussi sont protégés par la loi », a déclaré le ministre en parlant du « droit » à l’objection de conscience, soulignant que dans de tels cas les femmes peuvent être transférées vers des établissements privés ou même vers une autre province en « dernière instance ».
Le député socialiste argentin Luis Solanas avait demandé que tous les médecins objecteurs qui se sont refusés à « soigner » la fillette soient sanctionnés et suspendus.
« C’est une sottise, ce que demande le député – vous imaginez-vous en train de révoquer tous les médecins d’un hôpital ? », a déclaré Gonzalez.
Leçon : lorsque beaucoup de personnes ont le courage d’invoquer leur conscience, leur force est démultipliée.

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