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20 septembre, 2022

Les évêques de Flandre (Belgique) proposent une formule de bénédiction pour les couples de même sexe. Une première mondiale…

Les évêques catholiques de Flandre en Belgique ont publié ce mardi un document sur la « proximité pastorale avec les personnes homosexuelles », qui comprend notamment une proposition de cérémonie pour la bénédiction publique à l’église des couples de même sexe. C'est probablement la toute première fois, dans le monde entier, qu’un groupe d'évêques donne officiellement son feu vert à la bénédiction d'une union homosexuelle en tant que telle, en contradiction directe avec l’interdiction de ce type de « liturgie » par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi l’année dernière.

L’annonce de l’initiative sur le site Internet de l’Église catholique belge fait expressément référence aux propos du pape François et à Amoris Laetitia comme sources du désir des évêques de « donner une réponse et un accomplissement concrets au désir d’accorder une attention explicite à la situation des personnes homosexuelles, de leurs parents et de leurs familles dans l’élaboration de leurs politiques ».

Le Cardinal Josef De Kesel de Bruxelles est officiellement désigné dans le document comme l’un de ses signataires ; la signature elle-même tient en trois mots : « les évêques flamands ». Il s’agit des évêques des diocèses d’Anvers (Johan Bonny, connu pour ses déclarations peu orthodoxes), de Gand (Lode van Hecke), de Hasselt (Patrick Hoogmartens) et de Bruges (Lodewijk Aerts).

Le document, avec ses suggestions pour l’organisation des cérémonies de bénédiction, ont été publiés sur le site web de la conférence épiscopale belge en même temps que le communiqué indiquant que les évêques de Belgique néerlandophone ont créé un « point de contact » intitulé « Homosexualité et foi » au sein du service inter-diocésain de la pastorale familiale (Interdiocesane Dienst Gezinspastoraal van de Vlaamse katholieke Kerk, IDGP), avec un référent par diocèse.

Ledit « point de contact » a été placé sous l’autorité de Willy Bombeek, porte-parole du Service de l’enseignement catholique de Flandre de 1999 à 2017. Une brève biographie sur le site web des évêques indique qu’il « a été coordinateur du groupe de travail “Homosexualité & Foi” depuis début 2021, avec un mandat des évêques flamands ; entre 2018 et 2022, il a effectué des recherches sur la place des LGTB+ catholiques et de leurs parents au sein de l’Église catholique ». Le groupe de travail fait désormais partie intégrante des institutions de l’Église belge.

Dans un entretien publié par le portail des évêques flamands, Bombeek affirme notamment que « l’expérience sexuelle est aussi un droit pour les LGBT dans la mesure où elle se déroule au sein d’une relation fidèle et durable » : telle fut l’une des revendications qu’il dit avoir présentées au cardinal De Kezel en février 2020 – visite qui devait aboutir à la nomination de Bombeek à la tête du groupe de travail.

Bombeek a qualifié l’initiative de « révolutionnaire ». Dans une interview accordée au média flamand VRT, mardi matin, il a déclaré : « Je suis moi-même croyant et homosexuel. C’est pourquoi les évêques m’ont demandé d’assumer cette mission. Je pense qu’il est important que l’Église ait spécifiquement voulu nommer un croyant LGBT à ce poste. »

Sa mission principale, a-t-il ajouté, sera « d’écouter les questions de la communauté LGBT ». « Quels sont leurs besoins ? Nous devons également écouter leurs histoires. C’est la première fois que l'Église flamande envoie aux personnes LGBT un message pour leur dire qu’elles sont les bienvenues telles qu’elles sont, et qu’elles sont bien telles qu’elles sont. Nous voulons montrer clairement que nous sommes une Église accueillante qui n’exclut personne. Il se peut que nous ayons aussi à écouter la douleur vécue par des fidèles LGBT dans le passé. Leurs parents sont également invités à nous contacter. Car sans doute ont-ils eux aussi de nombreuses questions et des histoires à raconter. »

En ce qui concerne la « bénédiction » pour les couples de même sexe ouvertement promue par le document des évêques, Bombeek commente : « L’Église a estimé qu’à côté du mariage religieux, il fallait qu’il y ait quelque chose pour les personnes LGBTI croyantes. Souvent, cela se faisait déjà au niveau local, mais les gens ne savaient pas vraiment comment, ils n’avaient pas de forme appropriée pour cela. Maintenant, l’Église fournit une sorte de structure qui peut servir à une telle bénédiction : un engagement dans la durée, et à la fidélité, qui peut être exprimé au sein de l’Église. Pour de nombreuses personnes LGBT, il est important qu’elles puissent célébrer leur relation au sein de l’Église, et que cette relation soit bénie devant Dieu. »

Le document des évêques précise que la bénédiction ne doit pas être confondue avec un mariage à l’église. Bombeek explique : « Nous sommes après tout dans une tradition de l’Église où le mot “mariage” se limite à la relation entre mari et femme. La bénédiction est totalement équivalente, mais d’après la tradition de l’Église, on ne peut pas l’appeler mariage. Pourtant, nous sommes ici dans quelque chose de très novateur dans le fait que, au sein de l'Église, nous puissions avoir un service de prière et une bénédiction pour les relations LGBT. »

Reste à savoir si la bénédiction offerte par les évêques de Flandre ne sera pas confondue avec une cérémonie de mariage. Dans leur document, intitulé « Être pastoralement proche des personnes homosexuelles : pour une Église accueillante qui n’exclut personne », le service de prière suggéré est présenté comme étant « clairement différent » du mariage sacramentel, mais la manière dont la cérémonie est présentée laisse beaucoup de place à la confusion :


« Par exemple, ce moment de prière pourrait se dérouler comme suit.

– Paroles d’ouverture
– Prière d’ouverture
– Lecture tirée de l’Écriture sainte
– Engagement des deux personnes concernées. Ensemble, ils expriment devant Dieu de quelle manière ils s’engagent l’un envers l’autre. Par exemple :

Dieu d’amour et de fidélité,
aujourd’hui nous nous tenons devant Toi
entourés de notre famille et de nos amis.
Nous Te remercions de nous avoir permis de nous retrouver.
Nous voulons être là l’un pour l’autre
dans toutes les circonstances de la vie.
Nous exprimons ici avec confiance
que nous voulons travailler au bonheur de l’autre
jour après jour.
Nous te prions : accorde-nous la force
d’être fidèles l’un à l'autre
et d’approfondir notre engagement.
En ta proximité nous avons confiance,
de ta Parole nous voulons vivre,
donnés l‘un à l’autre pour toujours.

Prière de la communauté. La communauté prie pour que la grâce de Dieu agisse en eux pour prendre soin l’un de l’autre et de la communauté plus large dans laquelle ils vivent. Par exemple :

Dieu et Père,
nous entourons N. et N. de nos prières aujourd’hui.
Tu connais leur cœur et le chemin qu’ils prendront ensemble à partir de maintenant.
Fais que leur engagement l’un envers l’autre soit fort et fidèle.
Que leur foyer soit rempli de compréhension,
de tolérance et d’attention.
Fais qu’il y ait de la place pour la réconciliation et la paix.
Que l’amour qu’ils partagent les réjouisse
et les aide à se mettre au service de notre communauté.
Donne-nous la force de marcher avec eux,
ensemble sur les traces de ton Fils
et fortifiés par ton Esprit.

– Prière d’intercession
– Notre Père
– Prière finale
– Bénédiction. »

Il s’agit de la bénédiction, non pas de personnes à qui l’on rappelle l’amour de Dieu, et qui sont appelées à observer les commandements divins quels que soient leurs défauts et faiblesses personnels, mais d’amants autoproclamés qui font appel à leur « orientation sexuelle » afin d'obtenir la reconnaissance officielle de leur comportement sexuel, qui est objectivement un péché grave. Cela revient, en fait, à appeler le péché mortel motif de joie et de « réjouissance », allant jusqu’à remercier Dieu pour le fait que les membres du couple homosexuel se soient « trouvés l’un l’autre ».

Il est difficile de concevoir action plus désordonnée de la part des prêtres de l'Église catholique, qui encourageraient ainsi leurs ouailles à choisir d’offenser Dieu et qui « béniraient » des actes qui les coupent de la grâce de Dieu en leur faisant courir le risque de la damnation éternelle. Ce sont pourtant des évêques, et même un cardinal, qui prescrivent cela !

Rome va-t-elle réagir ?

Le pape François contredira-t-il la déclaration des évêques flamands selon laquelle ils « se sentent encouragés par l'exhortation apostolique Amoris Laetitia » par laquelle il appelle au « discernement, à l'orientation et à l'intégration ? » Ils citent ses paroles concernant le « respect » de toutes les personnes mais ne font discernent nullement entre l’aide à apporter aux personnes et le soutien aux couples de même sexe en tant que tels.

Au lieu de cela, ils écrivent : « L’attention pastorale de la communauté ecclésiale concerne d’abord et avant tout les personnes homosexuelles elles-mêmes. Sur le chemin parfois complexe de la reconnaissance, de l’acceptation et du vécu positif de leur orientation, nous voulons rester proches d’elles. Certains restent célibataires. Elles méritent notre reconnaissance et notre soutien. D’autres choisissent de vivre en couple, dans une union durable et fidèle avec un partenaire. Eux aussi méritent notre reconnaissance et notre soutien. Car cette relation aussi, bien que n’étant pas un mariage ecclésiastique, peut être une source de paix et de bonheur partagé pour les personnes impliquées. »

Les évêques de Flandre insistent sur la valeur de la conscience individuelle, qui est également le point de départ d’Amoris Laetitia :

« Cette approche pastorale est axée sur la rencontre et la conversation. Les croyants qui vivent des relations homosexuelles stables souhaitent également être respectés et appréciés au sein de la communauté de foi. Cela fait mal lorsqu’ils ont le sentiment de ne pas être à leur place ou d’être exclus. Ils veulent être entendus et reconnus. C’est de cela qu'il s’agit dans cette approche pastorale : leur histoire d’incertitude qui va vers une clarté et une acceptation croissantes ; leurs questions sur les positions de l’Eglise ; leur joie de connaître un partenaire stable ; leur choix d’avoir une relation exclusive et durable ; leur détermination à prendre des responsabilités l’un pour l’autre et leur désir d’être au service de l’Eglise et de la société.

« Dans cette approche pastorale, il y a de la place pour le discernement spirituel, pour la croissance intérieure et pour des décisions prise en conscience. Le pape François demande que la conscience des personnes soit valorisée et soutenue, même dans les situations de vie qui ne correspondent pas pleinement à l’idéal objectif du mariage : “La conscience peut reconnaître sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu, et découvrir avec une certaine assurance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif.” (AL 303). »

Willy Bombeek a déclaré à VRT que les évêques de Flandre « envoient un signal au monde entier ». Les catholiques du monde entier devraient en effet y prêter attention, et implorer la miséricorde divine face à cette initiative scandaleuse.


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23 septembre, 2020

Forte surmortalité dans les maisons de retraite belges en août : canicule et mesures COVID…

Il y a eu quelque 1.500 décès de plus qu’attendu en Belgique au mois d’août, frappant en priorité les personnes les plus âgées. Cette surmortalité n’était pas liée au coronavirus chinois… sinon indirectement, car ce sont les « mesures COVID » conjuguées avec la canicule qui ont provoqué l’hécatombe. Ces morts s’ajoutent aux suicides, au décès qu’entraîneront retards et absences de soins et autres effets néfastes de la « gestion » de la crise du coronavirus, aussi désastreuse en Belgique qu’en France. Et ce sont une fois de plus les vieillards qui paient le plus lourd tribut, eux que les « mesures COVID » prétendent « protéger ».

Très précisément, la surmortalité en Belgique a été estimée à 1.460 entre le 5 et le 20 août, la moitié des victimes ayant plus de 85 ans et la très grande majorité plus de 65 ans. Cela représente une surmortalité de 34,8 %.

Celle-ci a frappé en priorité les centres de séjour pour personnes dépendantes, l’équivalent de nos EHPAD, qui se trouvaient face à une interdiction d’utiliser ventilateurs et air conditionné malgré des températures de 38°. Il fallait éviter le COVID, dont on pense qu’il se transmet peut-être via les systèmes de climatisation !

Mais la solitude liée au confinement a également fragilisé les pensionnaires de ces maisons pour personnes âgées. Selon Jan De Lepeleire, professeur de médecine générale, « l’énorme » surmortalité pourrait bien avoir un lien avec cet isolement si mal vécu par les anciens qui ont tendance à « se laisser aller » plus vite. Des syndicalistes ajoutent que les maisons de retraite étaient en manque de personnel : ceux qui sont  partis en vacances, mais aussi les employés malades ou surmenés à la suite de la crise du COVID.

Résultat : il n’y avait pas assez de soignants pour faire la ronde des chambres surchauffées afin de donner à boire aux habitants, tandis que – COVID toujours – les visites restaient limitées.

Het Nieuwsblad raconte le cas poignant de Jeanine de Vylder, 76 ans. Cela faisait des années que son mari, Paul, passait quatre heures et demi auprès de sa femme malade d’Alzheimer, six jours par semaine, pour lui tenir la main, la promener, lui donner à manger, la coucher. Pendant le confinement, il a été privé de toute visite pendant deux mois ; par la suite, il a pu de nouveau aller la voir, mais pas plus de trois fois par semaine.

Elle est morte le 16 août, dernier jour de la canicule.  Sans COVID. Paul avait tout fait pour essayer de la rafraîchir les jours précédents : lui passer des gants de toilette mouillés sur le front et les poignets, tenter de la faire boire… Dans sa chambre mal isolée du troisième étage sous le toit plat, pas de ventilation – c’était interdit – et la fenêtre était à peine ouverte. Les années précédentes, pendant les canicules, Paul pouvait encore faire sortir sa femme de sa chambre, l’emmener dehors ou dans un lieu frais. Impossible cette année : les mesures COVID fermaient toutes les portes, supprimaient toutes les chances de survie.

Le 14 août, Paul a trouvé sa femme transpirant, la tête toute rouge, avec 38,7° de fièvre, déshydratée. L’hospitalisation d’urgence n’a pas permis de la sauver.

Le certificat de Jeanine de Vylder ne portera pas la mention « coup de chaleur ». Margot Cloet, responsable d’un réseau de maisons de retraite en Flandre, précise que les causes des décès qui s’y sont produits pendant la vague de chaleur restent encore à déterminer.

Intéressant, non ? La canicule, c’est tout le contraire du COVID : elle peut hâter la mort des personnes âgées et fragiles, mais il n’est pas question d’y voir la cause principale de la mort !


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03 avril, 2017

Persécution : Stéphane Mercier licencié de la catho UCL pour son argumentaire contre l'avortement

Stéphane Mercier, chargé de cours à l'Université catholique de Louvain-la-Neuve, a bien été licencié de l'UCL parce qu'il a fait lire son argumentaire philosophique contre l'avortement à plusieurs centaines d'étudiants de première année.

La sanction est tombée vendredi soir, UCL observant la plus grande discrétion à propos de cette mesure totalitaire.

Le licenciement est immédiat, effectif depuis le 1er avril et a été prononcé sans la moindre motivation. Et non, il ne s'agit pas d'une blague de 1er avril, je tiens l'information de l'intéressé lui-même.

Stéphane Mercier m'a accordé un long entretien qu'on peut lire ici sur reinformation.tv.

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13 septembre, 2015

Mgr Bonny s’en prend à “Humanae vitae”. L’envoyé de la Belgique au synode critique le concept même de loi naturelle

Mgr Johan Bonny, favori de la presse belge pour
remplacer Mgr Léonard comme primat de Belgique
L’évêque d’Anvers, à moins de deux mois du synode sur la famille auquel il participera en tant qu’envoyé de l’Eglise catholique en Belgique, s’en est pris dans un livre collectif à l’enseignement traditionnel sur la sexualité humaine, la contraception et jusqu’au concept de loi naturelle qui ne s’accorde pas, selon lui, avec la multiplicité des histoires et des cheminements de chacun. Mgr Johan Bonny s’oppose frontalement à Humanae vitae – ce texte si largement oublié déjà dans les documents officiels sortis du synode extraordinaire en octobre dernier.
Mgr Bonny avait déjà à plusieurs reprises rallié la cause d’une modification de l’enseignement pérenne de l’Eglise, proposant même une forme de « reconnaissance » des unions homosexuelles (voir ici et ici). Sa nouvelle intervention s’est faite sous forme de contribution à un livre publié par l’édieteur allemand Herder Verlag, Zerreißprobe Ehe (« le mariage à l’épreuve »), sous le titre : Le synode des évêques sur la famille : les attentes d’un évêque diocésain. Le livre est préfacé par le cardinal Lehmann.
L’encyclique Humanae vitae, soutient-il, n’a pas recueilli le « consensus » des évêques, raison pour laquelle elle a été dès sa publication à l’origine de « tensions, des conflits et de fractures ». Mgr Bonny regrette que l’Eglise ne laisse pas davantage de place à la « conscience individuelle » des fidèles en ce qui concerne « les méthodes de planning familial et du contrôle des naissances » et il espère que le synode sur la famille saura corriger tout cela.
« Toutes les constitutions et tous les décrets du Concile Vatican, y compris les plus difficiles, ont finalement été acceptés dans le cadre d’un consensus. Il ne restait presque rien de cette collégialité trois ans plus tard, lorsque Humanae vitae a paru. Que le pape rendrait un jugement concernant les problèmes de « la population, la famille et les naissances », le Concile l’avait prévu. Mais qu’il allait ignorer la recherche collégiale du plus large consensus possible, le Concile ne l’a pas prévu. »
C’est une « déchirure qui ne doit pas durer », selon Mgr Johan Bonny.
On notera que son idée de la « collégialité » est celle d’une sorte de démocratie épiscopale, où la fidélité à la tradition qui assure à l’Eglise de se conformer à l’enseignement de son Chef, le Christ, peut passer par pertes et profits. C’est le péché commun à toute forme de démocratie positiviste : elle ne se soucie pas de la vérité, faisant toujours primer la majorité numérique.
Plus largement, Mgr Bonny conteste l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur la sexualité et le caractère peccamineux – « intrinsèquement désordonné » – des actes homosexuels. « Le progrès scientifique nous permet de modifier ce point de vue. D’abord, on sait que l’homosexualité existe aussi dans le monde animal. » C’est oublier la différence de nature entre l’homme doué de raison et l’animal, qui n’a pas de responsabilité morale, n’ayant pas de liberté… Après tout, les animaux volent, tuent, torturent, abandonnent leur progéniture ou la dévore sans que cela justifie de semblables comportements humains.
Mgr Bonny affirme pourtant que selon « saint Thomas, l’homme et la femme s’attirent l’un l’autre par un instinct naturel, comme cela est le cas avec tous les autres animaux. L'attraction à l’égard di sexe opposé est universelle et ne connaît pas d'exceptions. Selon cette approche, une action contre l'inclination hétérosexuelle représente une rupture consciente de l'instinct naturel ; d’où vient le concept d'un “péché contre la nature”, comme l'apôtre Paul l’a répété. » Les « progrès scientifiques » indiqueraient donc  que saint Paul s’est trompé tout comme saint Thomas – sauf que le péché contre nature est celui qui va contre la propre nature de l’homme, à comprendre dans sa différence spécifique par rapport à l’animal : être doué de raison et de liberté.
Mais pour Mgr Bonny, « dans notre culture personnaliste, l’interdiction des relations homosexuelles est considérée comme une discrimination inacceptable : il y aurait donc des hommes et des femmes qui n’ont pas le droit de vivre leur sexualité, pour la seule raison qu’ils ne vivent pas de la même manière que l’immense majorité des gens ! », s’exclame-t-il.
C’est dans ce contexte qu’il qualifie lui-même de « personnaliste » que Bonny rejette la « loi naturelle » comme fondement de la moralité parce qu’elle considère certains actes comme bons ou mauvais indépendamment de l’histoire et de la biographie personnelle des individus. C’est le relativisme moral : s’il est vrai qu’une personne ne pèche pas nécessairement en posant un acte mauvais, lorsqu’il n’a pas conscience de faire le mal par exemple, cela n’autorise pas à faire disparaître la distinction objective entre le bien et le mal. Et encore moins à laisser cette appréciation, devenue changeante et subjective, aux hommes – à moins de leur dire « Vous serez comme des dieux » !
Il va de soi que Mgr Bonny propose de mettre au rebut toutes les exigences de l’Eglise en matière de l’exercice sexualité : il le fait en rejetant toute forme d’interdit général qui ferait porter à l’Eglise une « énorme responsabilité » : « Nous savons désormais que l’interdit imposé de l’extérieur sur la pratique sexuelle provoque des déplacements inconscients des émotions correspondantes : cela peut conduire à des conséquences désastreuses – alcoolisme, drogue et autres abus, maladies psychosomatiques, problèmes relationnels, intolérance, agressivité, autoritarisme, etc. »
Pour vivre heureux, vivons couchés – avec qui bon nous semble !
Toutes les citations rapportées ci-dessus proviennent du blog de Mathias von Gersdorff et de LifeSiteNews.

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19 juin, 2015

Belgique : « Laura », 24 ans, sera euthanasiée cet été. Elle est en excellente santé

La Belgique est en train de devenir folle. Et ceux qui prévenaient, lorsqu’elle adoptait l’une des premières lois d’euthanasie au monde, qu’elle s’engageait sur une pente glissante qui l’enfonce de plus en plus loin dans l’horreur voient leurs avertissements confirmés. La dernière histoire en date est contée par De Morgen, qui a rencontré « Laura », 24 ans, candidate à l’euthanasie. Elle est en excellente santé physique. De nombreux amis l’entourent. Elle apprécie de sortir – au théâtre notamment – et elle aime le bon café. Sa vie prendra fin cet été. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas envie de vivre. Les dépressions la tourmentent : depuis trop longtemps, elle s’imagine que « vivre, ce n’est pas son truc ».
L’histoire de la jeune femme est terrible. Elle naît dans une famille qui éclatera du fait de la violence et de l’alcoolisme de son père : la séparation s’imposera en raison du dangercet la petite passera beaucoup de temps chez ses grands-parents maternels, qui lui offrent sécurité, affection, structure. Malgré tout, dès la grande section, elle se demande se qu’elle fait sur terre. A six ans, elle rêve de se tuer. C’est le début d’un long tunnel, qui passera par l’automutilation, l’incompréhension, les souffrances.
Laura a besoin de croire que ce n’est pas son enfance chaotique qui lui a donné ce désir d’autodestruction : « Même si elle a contribué à ma souffrance, je suis convaincue que j’aurais eu ce désir de mort si j’avais grandi dans une famille tranquille et stable. Je n’ai tout simplement jamais voulu vivre. »
Après une scolarité difficile, marqué par les comportements autodestructeurs dont la gravité n’a pas frappé les responsables de l’école, « Laura » se lance dans le théâtre, emménage avec une amie : « J’avais tout en fait : un appartement sympa, une passion amoureuse très agréable, j’étais occupée à plein temps par le théâtre ». La voilà donc au sein d’une relation homosexuelle qu’elle lâche après s’être disputée avec son amie en raison de sa dépression.
A ce moment-là un psychiatre la met au défi de se faire interner, en abandonnant le théâtre. Elle se laisse convaincre et découvre une vie « lourde » : ses automutilations augmentent en intensité, elle se frappe contre les murs. Elle a l’impression d’abriter un monstre qui cherche à s’échapper de son corps. L’agressivité, la colère, la douleur ne sont en rien soignés par les psychiatres et Laura est une patiente si difficile qu’elle est régulièrement renvoyée chez elle pour que le personnel puisse souffler.
C’est à l’asile psychiatrique qu’elle rencontre « Sarah », qui organise précisément sa propre euthanasie. « Laura » est séduite : les deux femmes parlent de la mort et elle décide de réclamer elle aussi une piqûre mortelle.
Entre la demande et l’exécution, il faut compter entre un an et dix-huit mois. Laura l’a faite ; l’échéance est pour l’été. Il lui a fallu d’abord acquérir la conviction – à l’aide de sa thérapie – que son enfance n’était pas la cause de ses souffrances, mais quelque chose qu’elle porte en elle.
Poignant récit… Abîmée par la vie, par la désespérance qui la hante, par on ne sait quelles thérapies et autres pédagogies qui ont peut-être aggravé sa situation. Laura ne se supporte pas… Elle souffre d’un mal de notre temps, lié à l’identité et à l’être.
Trois médecins ont décidé qu’elle souffrait de manière insupportable et qu’elle doit pouvoir mourir.
A l’heure actuelle, Laura s’efforce d’offrir à ses proches – sa mère, ses grands-parents – le plus de présence possible. Et elle organise tout : sa mort dans le studio où elle passe deux jours par semaine, ses funérailles… « Je trouve cela agréable d’y penser. » Elle prépare ses dernières paroles.
Voilà où mène l’autonomie du patient, poussée à l’extrême.
Voilà où mène la faillite d’un système qui ne sait plus donner de raisons de vivre.


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17 juin, 2015

Mgr Johan Bonny, partisan d'une forme de “reconnaissance” des unions homosexuelles, sera père synodal

La nomination de Mgr Johan Bonny, évêque d'Anvers, comme représentant de la Belgique au prochain synode sur la famille, a été confirmée par le service de presse du Vatican.

Il a plaidé ces derniers mois pour une meilleure « pastorale » à l''égard des divorcés remariés et pour les couples qui cohabitent sans être mariés, mais aussi pour une forme de reconnaissance de la part de l'Eglise à l'égard des paires homosexuelles – sans aller toutefois jusqu'à bénédiction de ces couples. Il a déclaré que les « valeurs » que l'on rencontre dans ces couples « sont plus importantes » pour lui que la question « institutionnelle » lors d'un entretien en décembre dernier.

Contrairement à d'autres qui prétendent vouloir changer la pastorale sans modifier la doctrine, Mgr Bonny a souligné que vouloir opposer les deux est contraire à la tradition de l'Eglise : « Le soin pastoral a tout à voir avec la doctrine et la doctrine a tout à voir avec le soin pastoral. »

En toute logique, il plaide donc pour une nouvelle approche des droits de la conscience individuelle et verrait bien un petit changement par rapport à Humanae vitae. Voir ici l'analyse que j'avais faite de ses déclarations pour LifeSite au début de l'année.


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03 février, 2015

Belgique : Frank van den Bleeken, le meurtrier-violeur en prison, rêve toujours d'euthanasie

Van den Bleeken. Source photo : ici.
Condamné à la perpétuité réelle pour viols et meurtre, Frank Van den Bleeken avait obtenu de la justice belge le droit d'être transféré vers la section médicalisée d'une prison où son médecin devait l'euthanasier. La date était fixée. A quelques jours de l'échéance, début janvier, ledit médecin avait décidé de ne plus passer à l'acte. Et la justice belge annonçait le transfert du prisonnier, qui se plaignait de ne pas avoir reçu pendant les 30 ans de son incarcération les soins psychiatriques dont il avait besoin, vers une section psychiatrique, en attendant d'être accueilli aux Pays-Bas où ce type de criminels bénéficie d'un accueil spécialisé. On pouvait imaginer que Frank Van den Bleeken allait en être soulagé.

Eh bien, non. Sa sœur, Kari, vient de révéler à la presse belge que le prisonnier maintient sa demande d'euthanasie, et elle a dénoncé la manière dont Frank Van den Bleeken et sa famille ont appris le revirement du médecin.

« Il était sens dessus dessous », raconte Kari Van den Bleeken. Elle a appris le retrait du médecin par téléphone en se rendant à la prison quelques jours avant la date fatidique du 11 janvier. « Le sol s'est dérobé sous mes pieds… »

C'est elle qui a annoncé la nouvelle à son frère. Sa réaction ? « La panique. Il ne savait plus ce qui devait se passer désormais. » Mme Van den Bleeken dit comprendre les doutes du médecin, mais lui reproche de n'avoir pas parlé lui-même avec son patient.

La demande d'euthanasie persistante du condamné « à vie » – et peut-être est-ce une situation bien pire que celle du condamné à mort – est sans doute le signe d'un mal profond : lui-même ne disait-il pas préférer vivre soigné et entouré plutôt que d'être « piqué » ?

Et sans doute sa demande ne se comprend-elle pas en dehors d'un débat – désormais tabou – sur la peine de mort. On en arrive à cette situation paradoxale ou seuls les innocents sont tués, en guise, quasiment, de récompense… Tandis que ceux qui d'une certaine façon estiment ne plus mériter de vivre, ou qui souffrent d'être emprisonnés sans le moindre espoir de sortir un jour des murs de leur prison, s'en voient « privés ». Voilà ce qui se passe lorsque la mort devient une « solution douce » pour les honnêtes gens.

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02 février, 2015

Belgique : Tom Mortier saisit la CEDH à propos de l'euthanasie de sa mère

Le Dr Tom Mortier, de l'université
de Louvain, membre d'Euthanasie-Stop
Tom Mortier n'a su que sa mère avait « choisi » l'euthanasie qu'une fois la piqûre létale administrée. Elle avait 64 ans ; c'est au lendemain sa mort que l'hôpital belge où elle a été euthanasiée en avril 2012 a pensé à avertir le fils, en précisant que le motif de l'euthanasie était une « dépression non soignable ». Il vient de saisir la Cour européenne des droits de l'homme de l'affaire, avec l'assistance de l'Alliance Defending Freedom, une association conservatrice siégeant à Vienne, en Autriche, qui a pour objet la défense des « valeurs familiales traditionnelles »/

Outré de voir comment sa mère a été tuée, alors qu'elle avait une maladie psychique, Tom Mortier avait déjà saisi dans un premier temps l'Ordre des médecins en Belgique, et il avait porté plainte contre X auprès du parquet de Bruxelles.

Son objectif ? Relancer en Belgique le débat sur l'euthanasie alors que la loi est appliquée de manière de plus en plus fantaisiste.

Et montrer que la commission de contrôle chargée d'évaluer les euthanasies belges a posteriori n'évalue rien du tout.

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06 janvier, 2015

Belgique : un jeune père réclame l'euthanasie à cause de maux de tête “insupportables”

Peter Ketelslegers, 32 ans, souffre d'une forme rare de maux de tête : des migraines récurrentes qui
l'assaillent plus d'une douzaine de fois par jour, lui donnant l'impression que son œil est traversé par un couteau. Père de deux garçons de 7 et 12 ans, l'homme est prêt à les laisser orphelins, mais ne veut pas se suicider : « Je ne peux pas leur faire ça. »

Depuis le mois d'août, il a rendu publique sa douleur en publiant une vidéo où on le voit hurler de douleur. Marchant à la morphine, il souffre tout de même « à en devenir fou » et ne voit pas d'autre solution que d'en terminer avec la vie. Un implant neurostimulateur lui a donné un temps de répit, mais rapidement, les migraines ont repris le dessus, trouvant un moyen de « contourner » l'obstacle comme il dit.

Pour l'heure, les médecins de Peter Ketelslegers refusent d'accéder à sa demande, estimant que toutes les options thérapeutiques ne sont pas épuisées : sa douleur est insupportable, reconnaissent-ils, mais non « sans perspectives » comme l'exige la loi belge d'euthanasie.

La publicité donnée à cette affaire, le film insoutenable qui rend chacun témoin de sa douleur, sont autant de manipulations qui – quelle que soit l'issue du cas – « démocratisent » l'euthanasie, la rendent acceptable par l'opinion.

En Belgique, on en a tué pour moins que cela…

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Le prisonnier belge ne sera pas euthanasié

Par décision du ministère de la justice belge, le prisonnier Frank Van Den Bleeken qui devait être transféré vers la section hospitalière de la prison de Bruges pour pouvoir y obtenir l'euthanasie sera finalement placé dans le centre de psychiatrie légale de Gand, en vue d'y recevoir des soins. Il sera peut-être par la suite transféré aux Pays-Bas, conformément à sa première demande. Il semblerait qu'un centre spécialisé dans l'accueil des condamnés à de longues peines présentant des problèmes psychiatriques soit prêt à le recevoir, avec la bénédiction du ministère néerlandais de la justice.

C'est une réponse à la décision des médecins du prisonnier, détenu depuis près de 30 pour des viols et le meurtre d'une jeune fille de 19 ans, de ne pas lui accorder la piqûre létale. Les raisons de leur revirement n'ont pas été rendues publiques, et sont de toutes façons couvertes par le secret médical. Mais le ministre belge, Koen Geens, en a « pris acte ».

Depuis sa nomination, le nouveau ministre a mis en avant sa volonté d'améliorer les conditions de détention et surtout de soin pour les patients souffrant de troubles psychiatriques, parents pauvres des prisons belges. Faits pour lesquels la Belgique a été régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme.

Frank Van Den Bleeken serait-il par hasard déçu par le refus in extremis de ses médecins ? On peut imaginer que non : il avait lui-même déclaré qu'il voyait la mort comme une solution seulement parce qu'il souffrait de son état présent, et plus particulièrement du manque de soins, ajoutant que ses pulsions empêchaient de toute manière qu'il soit libéré.

Le prisonnier aura donc la vie sauve, et la presse internationale pousse un « ouf » de soulagement. Ils avaient vu la permission d'euthanasie pour le violeur-assassin comme une forme hypocrite de rétablissement de la peine de mort.

C'est tout le paradoxe de cette affaire : on fait tout ce qui est possible pour sauver la peau d'un homme qui a violé et tué, tandis que d'autres se voient proposer l'euthanasie comme solution à leurs problèmes, comme une démarche « humaniste ».

Rien de tout cela n'est très cohérent.

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03 janvier, 2015

Le prisonnier belge sera euthanasié le 11 janvier

Les autorités belges pensaient ne pas annoncer l’euthanasie de Frank Van Den Bleeken, 51 ans, ce conduit par  minibus vers la section hospitalière de la centrale de Bruges vendredi prochain ; il devrait être euthanasié à la fin de sa « permission », dimanche. C’est ce qu’a annoncé une porte-parole du ministre de la justice Koen Geens au quotidien flamand De Morgen.
condamné pour viol et meurtre qui a obtenu de la justice le droit d’être transféré vers un hôpital carcéral, afin d’y obtenir une piqûre létale. Finalement, le prisonnier de Turnhout, a-t-on appris samedi, sera
La justice s’est en fait contentée d’approuver en référé la demande de transfert de 48 heures : la décision d’accorder l’euthanasie est d’ordre « médical » et ce sera son médecin qui décidera en dernière analyse.
En attendant, le prisonnier, très atteint sur le plan psychiatrique, profite de ses derniers jours de vie pour prendre congé de ses amis de détention.
Frank Van Den Bleeken avait demandé dans un premier temps un transfert vers un établissement carcéral spécialisé aux Pays-Bas pour y recevoir les soins psychiatriques requis par son état – il s’estime lui-même trop dangereux pour être remis en liberté – mais la justice belge avait décidé que le ministre de la justice, qu’il avait saisi de la demande, n’était pas compétent pour ordonner le transfert. Subsidiairement, l’avocat du prisonnier avait demandé qu’il puisse être placé en situation d’obtenir l’euthanasie, au motif que les souffrances psychiques du prisonnier étaient insupportables et sans aucun espoir. Il est en prison depuis près de 30 ans et n’a aucune perspective de libération.
Van Den Bleeken a été examiné par plusieurs psychiatres au cours de ces dernières années : sans se concerter, ils ont tous diagnostiqué une maladie mentale et affirment qu’il souffre terriblement de sa détention.
Ce qui constitue tout de même un aspect substantiel de la vie en prison : c’est bel et bien une « peine ». Mais l’absence de soins psychiatriques pour les détenus aggrave la situation. Et souligne en même temps que l’incarcération longue peut sembler bien plus cruelle pour les détenus que la peine de mort…
Depuis que Van Den Bleeken a obtenu la possibilité de se faire euthanasier, au moins quinze détenus ont demandé une « solution » semblable, et on s’attend même à une accélération de la demande une fois que l’acte aura été accompli.
Beaucoup de questions se posent dans ce dossier : quel est le degré de responsabilité pénale de ce malade de l’esprit ? Pourquoi ne reçoit-il pas de soins ? Physiquement, il n’est pas en fin de vie… L’euthanasie n’est-elle pas ici une sorte de solution de facilité, voire une peine de mort déguisée qui au fond arrange tout le monde ?
Que la société belge s’en accommode avec si peu d’émotion est sans doute le signe d’une « démocratisation » croissante de la mort choisie, fût-ce au moyen d’une hypocrisie qui l’arrange bien.
Les sœurs de Christiane Remacle, la jeune victime de Van Den Bleeken, battue, violée et étranglée à 19 ans, observent de leur côté que personne ne s’intéresse à la souffrance qui les consume depuis 1989, date du crime : une souffrance qui a eu raison de la santé et de la vie de leur mère, morte de chagrin. Le meurtrier mourra « paisiblement » et sans douleur, dans un lit, entouré de ceux qui l’aiment et d’un prêtre : rien de tel pour la victime que tous ont oubliée… Elles souhaiteraient pour leur part que l’homme reste en prison jusqu’à la fin de ses jours.

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04 décembre, 2014

Belgique : et maintenant, la présomption de maternité !

En Belgique, on a décidé d'en finir avec l'adoption par les couples homosexuels. A partir du 1er janvier entrera en vigueur une loi adoptée en juillet dernier, qui invente le statut de « comaternité » automatique pour les couples de lesbiennes « mariées » et prévoit une simple démarche administrative pour celles qui ne le sont pas. Dans le cadre du « mariage », cela s'appelle (il fallait l'inventer) la « présomption de maternité » pour celle qui n'est pas la mère biologique de l'enfant.

Et, non, ce n'est pas une histoire belge.

C'est au nom de la totale égalité de droits que les couples de lesbiennes se voient reconnaître cette facilité. L'enfant qui naît dans le cadre du mariage est supposée être l'enfant des deux partenaires ; nul besoin de suivre la longue enquête en vue de l'adoption, pas de complication.

Pour les couples de même sexe qui cohabitent sans être « mariées », la procédure sera calquée sur celle de la reconnaissance d'enfant dans le cadre d'une union de fait : il suffira à la partenaire de la mère biologique qui aura donné son consentement de se rendre auprès de la commune, et de faire enregistrer la chose, étant entendu qu'elle pourra aussi donner son nom à l'enfant.

Le côté surréaliste de l'affaire, c'est que la présomption de paternité est une mesure de protection de la famille et de sa stabilité : dès lors qu'un enfant naît d'une femme mariée, il est supposé être celui de l'époux légitime. La présomption en question peut être contestée pour rechercher le véritable père biologique, le cas échéant, ou pour permettre au mari qui s'estime trompé de faire reconnaître l'absence de lien entre lui et l'enfant (on ne parle plus d'enfant légitime…). Le principe est de partir d'une base stable, protecteur pour l'enfant et finalement aussi pour le mari et la femme.

La « présomption de maternité », vise une situation où au contraire, il est quasi certain que la « mère putative » n'a aucun lien biologique avec l'enfant. J'écris « quasi » parce qu'on peut imaginer – hélas – une fécondation in vitro avec un ovule de la « mère présumée », le sperme d'un quidam et une implantation chez la mère de gestation. Mais passons.

La « reconnaissance d'enfant » pousse le bouchon encore un peu plus loin et confirme, si besoin était, que la parentalité est en passe de devenir purement sociale en Belgique, fondée sur la volonté et le désir et non sur les faits.

En alignant ainsi les fables de l'homoparentalité sur les réalités du mariage, la Belgique prépare à coup sûr de nouvelles jurisprudences européennes. On le sait, la Cour européenne des droits de l'homme n'impose ni n'interdit la légalisation du « mariage » des homosexuels dans les pays membres du Conseil de l'Europe. Mais elle affirme qu'à statut égal, le traitement doit être égal quelle que soit « l'orientation sexuelle ». Exiger des couples d'homosexuels de passer par l'adoption peut être considéré comme une discrimination… Vous verrez !

On notera cependant que le législateur belge a décidé de distinguer entre les couples de lesbiennes et celles d'homosexuels mâles, le cas de ces derniers ayant été jugé plus compliqué ; pour eux, on s'est donné un temps de réflexion. Ils passent nécessairement par une mère porteuse s'ils ne veulent pas adopter un enfant sans lien biologique – et la « gestation pour autrui » est pour l'instant dans le flou en Belgique qui ne l'autorise ni ne l'interdit. Il est donc probable qu'une loi sur la « présomption de paternité » pour les homosexuels ne soit pas votée avant que cette question soit réglée. Mais alors on aurait cette nouvelle situation ubuesque : le bébé aurait un père certain (un petit test d'ADN, peut-être ?) dont le partenaire viendrait au chevet de l'accouchée comme le père présumé. L'accouchée, elle, n'étant rien.

La loi sur la comaternité a reçu le soutien de tous les partis politiques belges (y compris les chrétiens-démocrates) sauf le Vlaams Belang.

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29 octobre, 2014

Sédation palliative : l'euthanasieur Distelmans veut les voir enregistrées comme les euthanasies

Que la « sédation palliative » soit une sorte d’euthanasie déguisée, une pratique de « zone grise » où l’intention de tuer est parfois le moteur des décisions prises alors qu’en d’autres occurrences elle vise à soulager des souffrances quitte à abréger un peu la vie, je l’écris ici depuis 2007 (voir ici par exemple). C’était une époque où l’euthanasie était en baisse aux Pays-Bas – elle a fortement progressé depuis – mais où la sédation palliative était déjà de plus en plus fréquente. L’administration poussée de calmants couplée avec l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation peut clairement avoir un objectif euthanasique – nombre de médecins avouaient déjà alors la choisi pour hâter la mort – alors même qu’elle peut être utilisée de manière parfaitement éthique alors que celle-ci est imminente.
Zone grise, donc, qui a banalisé les gestes médicaux qui provoquent ou qui hâtent la mort : peut-être avons-nous atteint le moment où le lobby de l’euthanasie entend capitaliser sur l’anesthésie des consciences en montrant que la mort est donnée plus souvent qu’on ne le croit.
C’est en tout cas ce que laisse à penser la dernière initiative du Dr Wim Distelmans en Belgique. Ce spécialiste des soins palliatifs, qui a participé à nombre d’euthanasies très controversées dans le pays, vient de suggérer que les sédations palliatives soient déclarées selon le schéma des euthanasies pour éviter les ratés.
« On ne peut pas donner aux médecins un chèque en blanc pour hâter la fin de vie sans que le patient n’ait son mot à dire. Sinon nous régresserons vers l’Allemagne nazie », a-t-il déclaré selon le quotidien belge De Morgen.
Distelmans assure que « une sédation sur dix présente un raté » : oubli de prévenir la famille, administration de sédatifs en quantité insuffisante de telle sorte que le patient se réveilles, « éternisation du processus de mort ».
L’idée serait de laisser le patient choisir lorsque c’est le cas : « Beaucoup de malades seront d’accord pour passer à l’euthanasie. » Ou bien, lorsque le patient ne s’est pas exprimé, que le médecin puisse prendre une décision d’« urgence » afin d’« abréger les souffrances », pourvu que les proches du malade soient d’accord. Une décision dont ils se méfient, « faute de cadre légal » – et Distelmans approuve ce refus d’agir sans l’accord exprès du patient.
En faisant enregistrer toutes les sédations palliatives, estime Distelmans, on forcerait les médecins à penser plus souvent à renseigner leurs patients sur l’option euthanasique.
On comprend que le but est d’utiliser le recours fréquent à la sédation palliative, présentée dans certains cas comme un pis-aller, pour faciliter le recours à l’euthanasie elle-même.


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