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13 mai, 2018

Défendre “Humanae vitae” : Mgr Schneider et les évêques du Kazakhstan publient une lettre pastorale (texte intégral)


Mgr Athanasius Schneider me fait parvenir la lettre pastorale publiée par les évêques du Kazakhstan à l'occasion du 50e anniversaire d'Humanae vitae, pour en marquer l'actualité et rappeler la vérité. C'est très volontiers que j'en reproduis ci-dessous le texte intégral. – J.S.


Lettre pastorale à l´occasion du 50ème anniversaire de l’encyclique Humanæ vitæ 


Loué soit Jésus Christ ! Chers frères et sœurs en Christ ! L’année en cours est marquée par l'événement mémorable du 50ème anniversaire de l´encyclique Humanae vitae, avec laquelle le Bienheureux Paul VI a confirmé la doctrine du Magistère constant de l´Église au sujet de la transmission de la vie humaine. Les Évêques et les Ordinaires du Kazakhstan veulent saisir l’occasion propice pour honorer la mémoire et la pérenne importance de cette encyclique.

Pendant la dernière réunion de tous nos prêtres et sœurs religieuses à Almaty il y eut des débats approfondis sur le thème de la préparation des jeunes au sacrement du mariage. Il a été proposé de transmettre aux jeunes les vérités les plus importantes du Magistère de l´Église concernant le mariage chrétien et la sainteté de la vie humaine dès le moment de sa conception.

Nous proclamons avec la voix du Magistère de l´Église - comme nous pouvons la percevoir dans l’encyclique Humanæ vitæ et dans les documents des autres Pontifes Romains - les vérités exigeantes suivantes du “doux joug et du fardeau léger” (Mt 11, 30) du Christ :

  • L'Église, rappelant les hommes à l'observation de la loi naturelle, interprétée par sa constante doctrine, enseigne que tout acte matrimonial doit rester ouvert à la transmission de la vie” (Paul VI, Encyclique Humanae vitae, 11).

·       “Est pareillement absolument à exclure, comme le Magistère de l'Église l'a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu'elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l'homme que chez la femme. Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation. Et on ne peut invoquer comme raisons valables, pour justifier des actes conjugaux rendus intentionnellement inféconds, le moindre mal ou le fait que ces actes constitueraient un tout avec les actes féconds qui ont précédé ou qui suivront, et dont ils partageraient l'unique et identique bonté morale. En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand  il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien, c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux. C'est donc une erreur de penser qu'un acte conjugal rendu volontairement infécond et, par conséquent, intrinsèquement déshonnête, puisse être rendu honnête par l'ensemble d'une vie conjugale féconde” (Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, 14).

  • “Lorsque, par la contraception, les époux privent l’exercice de leur sexualité conjugale de sa capacité potentielle procréative, ils s´attribuent un pouvoir qui n´appartient qu´à Dieu : le pouvoir de décider en dernière instance la venue à l’existence d´une personne humaine. Ils s´attribuent la qualité de n´être pas les coopérateurs de la puissance créatrice de Dieu, mais d´être des personnes qui disposent, en définitive, de la source de la vie humaine. Dans cette perspective, il faut considérer la contraception, objectivement, si profondément illicite, qu´elle ne puisse jamais et par aucune raison être justifiée. Penser ou affirmer le contraire, équivaut à estimer qu´il peut y avoir des situations de la vie humaine, où il serait licite de ne pas reconnaître Dieu comme Dieu” (Jean-Paul II, Discours aux participants au séminaire d´études sur la procréation responsable, 17 septembre 1983).

  • “De nombreuses personnes pensent que l’enseignement chrétien, quoique vrai, serait cependant impossible à mettre en œuvre, au moins dans certaines circonstances. Comme la tradition de l’Église l’a constamment enseigné, Dieu ne commande pas l’impossible, mais tout commandement comporte aussi un don de grâce qui aide la liberté humaine à l’accomplir. Mais sont cependant nécessaires la prière constante, le recours fréquent aux sacrements et l’exercice de la chasteté conjugale. […] Aujourd’hui plus qu’hier, l’homme recommence à ressentir le besoin de vérité et de raison droite dans son expérience quotidienne. Soyez toujours prêts à dire, sans ambiguïté, la vérité sur le bien et le mal concernant l’homme et la famille” (Jean-Paul II, Discours aux participants au séminaire d’études sur la procréation responsable, 5 juin 1987).

  • La Lettre encyclique Humanæ vitæ élaborée à la lumière d'une décision difficile, constitue un geste significatif de courage en réaffirmant la continuité de la doctrine et de la tradition de l'Église. […] Cet enseignement manifeste non seulement sa vérité de façon immuable, mais il révèle également la clairvoyance avec laquelle le problème fut affronté. […] Ce qui était vrai hier, reste également vrai aujourd'hui. La vérité exprimée dans Humanæ vitæ ne change pas ; au contraire, précisément à la lumière des nouvelles découvertes scientifiques, son enseignement se fait plus actuel et incite à réfléchir sur la valeur intrinsèque qu'il possède.” (Benoît XVI, Discours aux participants au Congrès International, organisé à l'occasion du 40 anniversaire de l’encyclique Humanæ vitæ, 10 mai 2008).

·      L’Encyclique Humanæ vitæ est inspirée par l'enseignement biblique et évangélique intangible, qui conforte les prescriptions de la loi naturelle et les impératifs — que nul ne peut supprimer — de la conscience concernant le respect de la vie, dont la transmission est confiée à la paternité et à la maternité responsables, ce document est devenu aujourd'hui d'une actualité nouvelle et plus urgente à cause des atteintes portées par des législations publiques à la sainteté indissoluble du lien matrimonial et au respect intangible dû à la vie humaine dès le sein maternel. […] Face aux dangers que nous avons précisés, comme devant les douloureuses défections de caractère ecclésial ou social, nous nous sentons poussé, comme l'apôtre Pierre, à aller vers Lui, comme l'unique salut, et à lui crier : ‘Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle’ (Jn 6, 68). Lui seul est la vérité. Lui seul est notre force, Lui seul est notre salut” (Paul VI, Homélie, 29 juin 1978).


Toute l´histoire humaine a donnée des preuves suffisantes du fait qu´un vrai progrès de la société dépend en grande partie des familles nombreuses. Cela vaut d´autant plus pour la vie de l´Église. Le pape François nous rappelle cette vérité : Voir tant de familles nombreuses qui accueillent les enfants comme un véritable don de Dieu apporte réconfort et espérance. Ils savent que chaque enfant est une bénédiction” (Audience générale, 21 janvier 2015).

Que les paroles suivantes de saint Jean-Paul II, pape de la famille, soient lumière, force, consolation et joyeux courage pour les couples catholiques et pour les jeunes hommes et femmes qui se préparent à la vie du mariage et de la famille catholique.

“Nous avons une confirmation singulière du fait que le chemin de sainteté accompli ensemble, comme couple, est possible, beau, extraordinairement fécond et qu'il est fondamental pour le bien de la famille, de l'Église et de la société. Cela nous invite à invoquer le Seigneur, pour que soient toujours plus nombreux les couples d'époux en mesure de faire transparaître, dans la sainteté de leur vie, le ‘grand mystère’ de l'amour conjugal, qui tire son origine de la création et qui s'accomplit dans l'union du Christ avec l'Église (cf. Ep 5, 22-23). Comme tout chemin de sanctification, le vôtre n'est pas facile non plus. Nous savons que de nombreuses familles cèdent au découragement dans ces cas. Je pense, en particulier, à ceux qui vivent le drame de la séparation ; je pense à ceux qui doivent affronter la maladie et à ceux qui souffrent de la disparition prématurée de leur conjoint ou d'un enfant. Dans ces situations, on peut également apporter un grand témoignage de fidélité dans l'amour, rendu encore plus significatif par la purification à travers le passage dans le creuset de la douleur. Très chers époux, ne vous laissez jamais vaincre par le découragement : la grâce du sacrement vous soutient et vous aide à élever sans cesse les bras vers le ciel comme Moïse, dont nous a parlé la première Lecture (cf. Ex 17, 11-12). L'Église est proche de vous et vous aide par sa prière, en particulier dans les moments difficiles. Dans le même temps, je demande à toutes les familles de soutenir à leur tour les bras de l'Eglise, afin qu'elle ne vienne jamais à manquer à sa mission d'intercéder, de consoler, de guider et d'encourager” (Jean Paul II, Homélie pour la béatification des serviteurs de Dieu Luigi Beltrame Quattrocchi et Maria Corsini, 21 octobre 2001).

Que la Vierge Marie, qui est Mère de l'Eglise, soit également la Mère de ‘l'Église domestique’ ! Que grâce à son aide maternelle, toute famille chrétienne puisse devenir vraiment une ‘petite Eglise’ dans laquelle se reflète et revive le mystère de l'Église du Christ ! Elle qui est la Servante du Seigneur, qu'elle soit l'exemple de l'accueil humble et généreux de la volonté de Dieu ! Elle qui fut la Mère douloureuse au pied de la croix, qu'elle soit là pour alléger les souffrances et essuyer les larmes de ceux qui sont affligés par les difficultés de leurs familles ! Et que le Christ Seigneur, Roi de l'univers, Roi des familles, soit présent, comme à Cana, dans tout foyer chrétien pour lui communiquer lumière, joie, sérénité, force(Jean Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 86).

Astana, 13 mai 2018, mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie de Fátima

Vos Évêques et Ordinaires:

+ José Luis Mumbiela Sierra, évêque du diocèse de la Très Saint Trinité en Almaty et Président de la Conférence des Évêques Catholiques du Kazakhstan

+ Tomash Peta, archevêque métropolitain de l´archidiocèse de Sainte Marie en Astana

+ Adelio Dell’Oro, évêque de Karaganda

+ Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l´archidiocèse de Sainte Marie en Astana

Très Révérend Abbé Dariusz Buras, Administrateur Apostolique de Atyrau

Très Révérend archiprêtre mitré Vasyl Hovera, Délégué de la Congrégation pour les Églises Orientaux pour les fidèles gréco-catholiques de Kazakhstan et Asie Centrale

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25 novembre, 2016

L’éloge du pape François à la théologie morale de Bernard Häring, l’homme de l’opposition à Humanae vitae

Bernard Häring, 1912-1998
Le pape François a fait l’éloge appuyé du théologien moral allemand Bernard Häring, connu pour son opposition bruyante contre Humanae vitae : Häring a rejoint dès le lendemain de sa parution le groupe de théologiens américains en signant avec eux une déclaration assurant que les catholiques pouvaient de manière responsable décider d’avoir recours à la contraception si celle-ci devait servir au bien de leur mariage. Häring devait vite devenir le symbole de la « dissidence » à l’égard de l'encyclique de Paul VI – largement inspirée, il faut le rappeler, par le cardinal Wojtyla, le futur saint pape Jean-Paul II.

Ces propos élogieux, François les a tenus devant la 36e congrégation générale de l’ordre des jésuites, le 24 octobre dernier, et ils ont été publiés jeudi par La Civiltá Cattolica, revue jésuite, rapporte LifeSiteNews.

Le pape François a déclaré : « Je pense que Bernard Häring a commencé à chercher une nouvelle manière d’aider la théologie morale à refleurir. » En relativisant la morale et en contestant directement et ouvertement, au grand scandale des fidèles désireux de respecter les préceptes vivifiants de l’Eglise, Häring a répandu l'idée que la loi morale ne vaut pas pour tous et qu’il est possible de s’arranger avec elle. Cela est en réalité vieux comme le péché, et entraîne les âmes à présumer de la miséricorde.

C’est en réponse à une question sur le discernement, mot clef, selon lui, de ce qu'il souhaite diffuser à travers Amoris laetitia où il apparaît une trentaine de fois, que le pape François a déclaré :

« Le discernement est l’élément clé : la capacité du discernement. Je note l’absence du discernement dans la formation des prêtres. Nous courons le risque de nous habituer au “blanc ou noir“, à ce qui est légal. Nous sommes assez fermés, en général, au discernement. Une chose est claire : aujourd’hui, dans un certain nombre de séminaires, une rigidité a été introduite qui est très éloignée du discernement des situations. Et cela est dangereux, car cela peut conduire vers une conception de la moralité qui a un sens casuistique. »

Cette casuistique — qui est tout de même une spécialité des jésuites — est le fruit de ce qu’il appelle « un scolasticisme décadent », celui qui était prévalent selon lui au moment où sa génération faisait des études.

« Toute la sphère morale était restreinte à “vous pouvez”, “vous ne pouvez pas”, “jusqu’ici oui mais pas là” ». « C’était une moralité très étrangère au “ discernement” », a-t-il ajouté, affirmant dans ce contexte que Bernard Häring a « été le premier à commencer à chercher une nouvelle manière d’aider la théologie morale à refleurir ».

Si ce principe devait s’imposer en théologie morale, pas de doute : on pourrait tuer, voler, commettre l’adultère pour « sauver son mariage », en toute bonne conscience et responsabilité. On dira que cela n’a rien à voir. Mais si : la question est de savoir si la contraception est un acte moralement mauvais en soi, comme le dit Humanae vitae. La prétendre acceptable selon les circonstances, c’est la dire moralement bonne ou à tout le moins indifférente…

Roberto de Mattei a expliqué lors d’une conférence l’an dernier au Rome Life Forum que Häring s’est imposé comme l’architecte de Gaudium et Spes, le document de Vatican II sur le mariage, qui a pour particularité d’omettre la présentation de l’ordre traditionnel des fins du mariage et qui n’aborde pas la question de la contraception, conformément à ce qu’avait désiré la Commission sur le monde moderne dont le théologien avait été nommé secrétaire.

A la parution d’Humanae Vitae, qui rectifiait le tir, Häring s’est engagé dans une dissidence ouverte qui l’a conduit à être soumis à une enquête par la Congrégation pour la doctrine de la foi ; il a également servi de mentor au prêtre catholique américain Charles Curran qui a été privé de son titre de théologien catholique et interdit d’enseigner dans n’importe quel établissement catholique par Jean-Paul II en raison de sa condamnation agressive des positions de l’Eglise sur l’avortement, la contraception et l’homosexualité.

Ce prêtre, faisant le portrait de son maître dans le journal catholique de gauche américain National Catholic Reporter en 2012, raconte qu’il avait pu obtenir un entretien avec le Cardinal Ratzinger en 1986 sans rien obtenir toutefois. « Le lendemain, quatrième dimanche de carême, nous étions six à rejoindre la maison religieuse de Häring pour célébrer une liturgie qu'il présidait. L'Evangile était celui de la parabole du fils prodigue. Häring, au cours de son homélie, regarda vers moi et dit que l’Eglise était le fils prodigue qui avait pris tout mon trésor et mon travail au service de la théologie morale pour les donner aux cochons. Mais le Saint Esprit m’appelait moi et les autres présents à endosser le rôle du père et à pardonner à l’Eglise. »

On a là un bel exemple de l’inversion des valeurs. Inversion que l’on devine aussi dans cette condamnation d’une morale claire comme relevant de la casuistique, alors que la casuistique est précisément la morale de situation, celle qui veut bien affirmer des principes mais qui les mine de l’intérieur en les rendant quasiment inopérants au vu des situations concrètes.

Le choix du Pape François d’invoquer ce théologien-là pour parler du discernement est très parlant. Le discernement consiste à rechercher la volonté de Dieu et à se reconnaître pécheur lorsqu’on ne s’y conforme pas, ce qui est tout de même le lot du commun des mortels.

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18 octobre, 2015

L'intervention de Mgr Henryk Hoser au synode : revenir à Humanae vitae

Le site de la conférence des évêques de Pologne vient de publier en français l'intervention de Mgr Henryk Hoser au synode sur la famille, le 10 octobre. Il pointait les graves manques des discussions sur la base de l'Instrumentum laboris qui passe à côté de l'essentiel. A lire pour retrouver un peu de courage… _ J.S.

L’Instrumentum Laboris du présent Synode mentionne très brièvement la grave question et réalité infiniment complexe de la fécondité conjugale, toujours associée, depuis la création, à la sexualité humaine.
Très justement le document souligne la nécessite de “redécouvrir le message de l’Encyclique Humanae Vitae de Paul VI” et “sa richesse de sagesse”, mais n’avance pas dans le vif du sujet. Publiée en 1968, mal reçue, contestée et relativisée par des pasteurs et, à la suite, par des fidèles, l’encyclique véritablement prophétique a ouvert la crise postconciliaire. Elle se caractérise par la mise en doute systématique de l’enseignement du Magistère de l’Eglise.
Et pourtant l’encyclique prônait une vision intégrale de la personne humaine dans ses dimensions spirituelles et corporelles. Elle prédisait en outre les conséquences de la pratique de séparation de la sexualité et de la fertilité humaines aujourd’hui de plus en plus radicales, suite au recours toujours plus massif à la contraception. En voici les termes: “Les contraceptifs ouvriraient une voie large et facile à l’infidélité conjugale et à l’abaissement général de la moralité, la perte du respect de la femme  et,  sans plus se soucier de son équilibre physique et psychologique elle serait considérée comme un simple instrument de jouissance égoïste ; l’attitude des autorités publiques peu soucieuses des exigences morales; le fait de laisser à la merci de l’intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus réservé de l’intimité conjugale” (Humanae vitae, 17). Ce pronostic s’est hélas, amplement réalisé.
La contraception et son complément sous forme de l’avortement provoqué, ne sont pas considérés et suffisamment soulignés dans le texte de l’Instrumentum laboris. Pourtant il s’agit d’un problème majeur qui déstabilise l’union conjugale et familiale. La fertilité humaine, une composante de la personne, systématiquement malmenée et détruite finit par la dissolution du couple.
Une alternative juste et valable réside dans la connaissance de la fertilité (fertility awareness) et la capacité de s’en servir conformément aux exigences de la parenté responsable.
La soit disant communauté internationale déverse annuellement 8,1 milliards de $ USA aux programmes de contraception visant 69 pays les moins développés. En revanche, les très rares organismes de promotion de méthodes dites naturelles Fédération Africaine de l’Action Familiale ou FAAF, Institut Européen d’Education Familiale ou IEEF) vivotent grâce à la perfusion financière offerte par de rares bienfaiteurs clairvoyants comme Aide à l’Eglise en Détresse (Aid to the Church in Need).
Le Pape Jean Paul II nous a donné une analyse perspicace et combien vraie de la différence anthropologique et en même temps morale, existant entre la contraception et le recours aux rythmes périodiques:
“A la lumière de l’expérience de tant de couples et des données des diverses sciences humaines, la réflexion théologique peut saisir – et elle est appelée à l’approfondir – la différence anthropologique et en même temps morale existant entre la contraception et le recours aux rythmes périodiques: il s’agit d’une différence beaucoup plus importante et plus profonde qu’on ne le pense habituellement et qui, en dernière analyse, implique deux conceptions de la personne et de la sexualité humaine irréductibles l’une à l’autre. Le choix des rythmes naturels comporte l’acceptation du temps de la personne, ici du cycle féminin, et aussi l’acceptation du dialogue, du respect réciproque, de la responsabilité commune, de la maîtrise de soi. Accueillir le temps et le dialogue signifie reconnaître le caractère à la fois spirituel et corporel de la communion conjugale, et également vivre l’amour personnel dans son exigence de fidélité. Dans ce contexte, le couple expérimente le fait que la communion conjugale est enrichie par les valeurs de tendresse et d’affectivité qui constituent la nature profonde de la sexualité humaine, jusque dans sa dimension physique. Ainsi, la sexualité est respectée et promue dans sa dimension vraiment et pleinement humaine, mais n’est jamais «utilisée» comme un «objet» qui, dissolvant l’unité personnelle de l’âme et du corps, atteint la création de Dieu dans les liens les plus intimes unissant nature et personne” (Familiaris consortio, 32).
C’est une constatation magistrale à la faire comprendre à tous les gens de bonne volonté. Et que la sagesse nous accompagne toujours et partout. 
+ Henryk Hoser SAC
Archevêque – Evêque de Warszawa Praga
Pologne

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15 octobre, 2015

Un appel pour rappeler l’enseignement d’Humanæ Vitæ (et de Veritatis Splendor)

Par le Dr David S. Crawford et Dr Stephan Kampowski
de l'Institut pontifical Jean-Paul II

L'appel est publié par le site de “L'Homme nouveau”, en partenariat avec ce blog. Je vous invite vivement à en lire le texte complet que lhommenouveau.fr a publié avec la liste des signataires qui se sont joints aux deux auteurs. 

Alors que les Pères synodaux s’apprêtent à examiner, dans quelques jours, la troisième partie de l’Instrumentum laboris et notamment son paragraphe 137 sur l’encyclique Humanæ Vitæ, des voix autorisées se sont levées pour souligner que dans sa rédaction actuelle, ce texte « défectueux » contient implicitement une « distorsion de l’enseignement catholique » sur le plan de Dieu sur la procréation humaine.
Le Dr David S. Crawford, professeur associé de théologie morale et de loi de la famille de l’Institut pontifical Jean-Paul II à Washington et le Dr Stephan Kampowski, professeur d’anthropologie philosophique à l’Institut pontifical Jean-Paul II à Rome, ont jugé la situation suffisamment grave pour rendre publique leur analyse et prendre ainsi chacun à témoin de la manière dont l’enseignement de l’Église sur la contraception est aujourd’hui frontalement contesté par le biais d’un document soumis à ceux qui sont précisément chargés de réfléchir au bien de la famille et à la manière de sauvegarder sa sainteté et son rôle dans la société.
Serviteurs de l’Église à travers leur travail pour l’Institut Jean-Paul II, on imagine combien Crawford et Kampowski ont dû prendre au sérieux la situation pour aller jusqu’à la publication de leur texte. Leur appel s’intitule « Rappeler l’enseignement d’Humanæ Vitæ (et de Veritatis Splendor) », manière de montrer d’emblée qu’ils dénoncent un oubli grave du Magistère pérenne de l’Église.
Comme au lendemain de la parution de l’encyclique de Paul VI sur le contrôle des naissances, les adversaires de la mise en avant de ses exigences morales mènent leur attaque par le biais de la primauté de la conscience de chacun : ce fut le cas de plusieurs conférences épiscopales, notamment en France. L’article 137 « propose une méthode de discernement moral résolument non catholique », assurent les deux auteurs.
La longue liste des ambiguïtés et des insuffisances qu’ils pointent aboutit à une vision faussée de la norme morale, vue comme trop lourde à supporter, hors d’atteinte, et surtout comme un simple interdit extérieur qui peut se heurter au bien de la personne, alors que « Jésus-Christ enseigne les commandements en tant qu’ils se rapportent à la plénitude de vie qu’il promet ».
De fait, le paragraphe 137 de l’Instrumentum laboris invoque la nécessité de voir les « deux pôles » de la « conscience conçue comme voix de Dieu qui résonne dans le cœur humain formé à l’écouter » d’une part, et de « l’indication morale objective » d’autre part « constamment conjugués ensemble ». Comme s’il y avait une dichotomie. C’est en ce sens que s’exprime l’Instrumentum laboris, assurant que lorsque la référence au « pôle objectif » prévaut, « la norme morale est ressentie comme un poids insupportable, ne répondant pas aux exigences et aux possibilités de la personne ».
Il ne s’agit pas seulement d’une fausse conception de la norme morale, mais d’une négation, voire d’un rejet de la grâce de Dieu et de sa promesse de ne pas éprouver l’homme au-delà de ses forces.
Crawford et Kampowski soulignent également combien la définition de la conscience est faussée lorsqu’on omet – comme le fait l’Instrumentum laboris – le fait qu’elle « se rapporte à la loi “inscrite dans nos cœurs” » : « En matière de morale, la “voix” de Dieu ne dit pas une chose à une personne et une autre à une autre personne, et elle ne parle jamais contre une norme objective enseignée par l’Église. »
C’est bien au nom de la vérité objective que ces deux hommes se sont levés, rappelant simplement le Magistère tel qu’il s’est exprimé non en des temps très lointains, mais dans l’enseignement de Jean-Paul II. Un enseignement qui n’expose pas des sortes d’idéaux évangéliques inatteignables par le commun des mortels mais « rien de moins qu’une interprétation normative de la loi morale naturelle ».
Le texte, dense et important, des deux collaborateurs de l’Institut Jean-Paul II a été publié en septembre par le blog anglophone First Things, et il a reçu le soutien de très nombreux spécialistes, universitaires et religieux, connus et reconnus dans le domaine de la bioéthique et de la morale.
Nous en donnons la liste complète à la suite de cette traduction française que le Dr Kampowski nous autorise à publier intégralement, et qu’il a aimablement révisée afin qu’elle reflète le plus exactement possible la pensée des auteurs.
Jeanne Smits

Le texte complet de l'appel est en ligne sur le site de L'Homme nouveau.



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13 septembre, 2015

Mgr Bonny s’en prend à “Humanae vitae”. L’envoyé de la Belgique au synode critique le concept même de loi naturelle

Mgr Johan Bonny, favori de la presse belge pour
remplacer Mgr Léonard comme primat de Belgique
L’évêque d’Anvers, à moins de deux mois du synode sur la famille auquel il participera en tant qu’envoyé de l’Eglise catholique en Belgique, s’en est pris dans un livre collectif à l’enseignement traditionnel sur la sexualité humaine, la contraception et jusqu’au concept de loi naturelle qui ne s’accorde pas, selon lui, avec la multiplicité des histoires et des cheminements de chacun. Mgr Johan Bonny s’oppose frontalement à Humanae vitae – ce texte si largement oublié déjà dans les documents officiels sortis du synode extraordinaire en octobre dernier.
Mgr Bonny avait déjà à plusieurs reprises rallié la cause d’une modification de l’enseignement pérenne de l’Eglise, proposant même une forme de « reconnaissance » des unions homosexuelles (voir ici et ici). Sa nouvelle intervention s’est faite sous forme de contribution à un livre publié par l’édieteur allemand Herder Verlag, Zerreißprobe Ehe (« le mariage à l’épreuve »), sous le titre : Le synode des évêques sur la famille : les attentes d’un évêque diocésain. Le livre est préfacé par le cardinal Lehmann.
L’encyclique Humanae vitae, soutient-il, n’a pas recueilli le « consensus » des évêques, raison pour laquelle elle a été dès sa publication à l’origine de « tensions, des conflits et de fractures ». Mgr Bonny regrette que l’Eglise ne laisse pas davantage de place à la « conscience individuelle » des fidèles en ce qui concerne « les méthodes de planning familial et du contrôle des naissances » et il espère que le synode sur la famille saura corriger tout cela.
« Toutes les constitutions et tous les décrets du Concile Vatican, y compris les plus difficiles, ont finalement été acceptés dans le cadre d’un consensus. Il ne restait presque rien de cette collégialité trois ans plus tard, lorsque Humanae vitae a paru. Que le pape rendrait un jugement concernant les problèmes de « la population, la famille et les naissances », le Concile l’avait prévu. Mais qu’il allait ignorer la recherche collégiale du plus large consensus possible, le Concile ne l’a pas prévu. »
C’est une « déchirure qui ne doit pas durer », selon Mgr Johan Bonny.
On notera que son idée de la « collégialité » est celle d’une sorte de démocratie épiscopale, où la fidélité à la tradition qui assure à l’Eglise de se conformer à l’enseignement de son Chef, le Christ, peut passer par pertes et profits. C’est le péché commun à toute forme de démocratie positiviste : elle ne se soucie pas de la vérité, faisant toujours primer la majorité numérique.
Plus largement, Mgr Bonny conteste l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur la sexualité et le caractère peccamineux – « intrinsèquement désordonné » – des actes homosexuels. « Le progrès scientifique nous permet de modifier ce point de vue. D’abord, on sait que l’homosexualité existe aussi dans le monde animal. » C’est oublier la différence de nature entre l’homme doué de raison et l’animal, qui n’a pas de responsabilité morale, n’ayant pas de liberté… Après tout, les animaux volent, tuent, torturent, abandonnent leur progéniture ou la dévore sans que cela justifie de semblables comportements humains.
Mgr Bonny affirme pourtant que selon « saint Thomas, l’homme et la femme s’attirent l’un l’autre par un instinct naturel, comme cela est le cas avec tous les autres animaux. L'attraction à l’égard di sexe opposé est universelle et ne connaît pas d'exceptions. Selon cette approche, une action contre l'inclination hétérosexuelle représente une rupture consciente de l'instinct naturel ; d’où vient le concept d'un “péché contre la nature”, comme l'apôtre Paul l’a répété. » Les « progrès scientifiques » indiqueraient donc  que saint Paul s’est trompé tout comme saint Thomas – sauf que le péché contre nature est celui qui va contre la propre nature de l’homme, à comprendre dans sa différence spécifique par rapport à l’animal : être doué de raison et de liberté.
Mais pour Mgr Bonny, « dans notre culture personnaliste, l’interdiction des relations homosexuelles est considérée comme une discrimination inacceptable : il y aurait donc des hommes et des femmes qui n’ont pas le droit de vivre leur sexualité, pour la seule raison qu’ils ne vivent pas de la même manière que l’immense majorité des gens ! », s’exclame-t-il.
C’est dans ce contexte qu’il qualifie lui-même de « personnaliste » que Bonny rejette la « loi naturelle » comme fondement de la moralité parce qu’elle considère certains actes comme bons ou mauvais indépendamment de l’histoire et de la biographie personnelle des individus. C’est le relativisme moral : s’il est vrai qu’une personne ne pèche pas nécessairement en posant un acte mauvais, lorsqu’il n’a pas conscience de faire le mal par exemple, cela n’autorise pas à faire disparaître la distinction objective entre le bien et le mal. Et encore moins à laisser cette appréciation, devenue changeante et subjective, aux hommes – à moins de leur dire « Vous serez comme des dieux » !
Il va de soi que Mgr Bonny propose de mettre au rebut toutes les exigences de l’Eglise en matière de l’exercice sexualité : il le fait en rejetant toute forme d’interdit général qui ferait porter à l’Eglise une « énorme responsabilité » : « Nous savons désormais que l’interdit imposé de l’extérieur sur la pratique sexuelle provoque des déplacements inconscients des émotions correspondantes : cela peut conduire à des conséquences désastreuses – alcoolisme, drogue et autres abus, maladies psychosomatiques, problèmes relationnels, intolérance, agressivité, autoritarisme, etc. »
Pour vivre heureux, vivons couchés – avec qui bon nous semble !
Toutes les citations rapportées ci-dessus proviennent du blog de Mathias von Gersdorff et de LifeSiteNews.

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08 février, 2015

Mgr Henryk Hoser, de Varsovie : “L'Eglise a trahi Jean-Paul II”

« Je vous le dis de la manière la plus brutale, l'Eglise a trahi Jean-Paul II. Non pas l'Eglise, épouse du Christ. Non pas l'Eglise de notre Credo, car Jean-Paul II était une expression, une voix authentique de l'Église ; non, il s’agit de la pratique pastorale qui a trahi Jean-Paul II. »
Ces mots très durs d'un évêque polonais constituent une grave accusation à l’égard de ses confrères de certains pays à l'occasion du Synode extraordinaire sur la famille. La décision de parler de manière aussi claire montre la gravité du combat qui se mène actuellement en vue de la deuxième partie du Synode, puisqu'il faut clarifier désormais des points que l'on pouvait croire acquis au sein de l'Eglise. L’auteur de ces propos est l'archevêque Mgr Henryk Hoser, s’exprimant dans le magazine catholique polonais Niedziela sur la proposition de donner la communion aux catholiques divorcés et « remariés ». LifeSite les rapporte ici sous la plume de Steve Weatherbe.
Mgr Henryk Hoser,
archevêque de Varsovie-Praga
L’archevêque de Varsovie-Praga, Mgr Henryk Hoser, prévoit une « confrontation » majeure entre évêques fidèles à l’Eglise et à l’enseignement de Jean-Paul II sur la famille et le mariage, et « des délégués de pays qui comptent déjà une majorité de familles pathologiques – des familles brisées, des familles recomposées, avec un petit pourcentage seulement de mariages restés entiers – et où existe la demande de donner aux divorcés l’accès à la Sainte communion ».
Lors du Synode extraordinaire en octobre, Mgr Hoser s’était joint aux cardinaux – comme le cardinal Burke – et évêques qui avaient souligné l’impossibilité de retenir la « miséricorde » comme seul critère de jugement face aux homosexuels qui revendiquent leur style de vie et aux divorcés remariés : « Il est faux de présumer que la miséricorde de Dieu serait sans justice, alors qu’il faut commencer par dire que la vie conjugale et la vie de famille doivent être fondée sur la justice. »
L’une des raisons invoquées par Mgr Hoser pour expliquer la destruction de la famille est imputable à l’Eglise elle-même, a-t-il déclaré. Elle n’a pas soutenu les familles en mettant en œuvre l’Exhortation apostolique Familiaris consortio donnée par Jean-Paul II en 1981, qui contenait pourtant des indications nettes sur la manière dont les évêques et les pasteurs devaient former et soutenir des familles fidèles : à l’école, lors de la préparation au mariage et au sein de groupes de soutien pour couples déjà mariés, sans compter le « parrainage » des jeunes mariés par des couples ayant une longue expérience du mariage.
Des évêques et des prêtres « n’ont pas voulu suivre sa voix », accuse aujourd’hui Mgr Hoser : « Ils ne se sont pas familiarisés avec son enseignement… Tout le monde disait que c’était difficile… Les pasteurs ne l’ont pas partagé parce qu’ils ne l’avaient pas lu. » Une attitude qu’il a reliée à une certaine « rébellion » contre l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité dès le temps de Paul VI.
L’Eglise polonaise a enseigné Humanae vitae, a noté Mgr Hoser : « Dans d’autres pays, en raison de la contestation des enseignements de l’Eglise tels qu’ils ont été proclamés par le bienheureux Paul VI, on a mis fin au soin pastoral des familles. »
Ce sont les « valeurs mondaines » qui mettent le plaisir sexuel au-dessus de la finalité de la famille qui ont prévalu, a-t-il poursuivi, soulignant que cela est spécialement vrai dans les médias où « toutes les relations personnelles sont érotisées ». L’archevêque, qui a reçu une formation de médecin avant d’embrasser la prêtrise, estime que d’aucuns voudraient voir l’Eglise abandonner son « rôle prophétique », et qu’ils se battront en ce sens lors du prochain synode afin qu’elle accepte la position selon laquelle « le monde est gouverné par la satisfaction sexuelle ».

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