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25 octobre, 2015

Premières impressions sur le rapport final du synode : doctrine rappelée, omissions et portes ouvertes

Je sors de la lecture du rapport final du synode sur la famille, tel qu’il a été adopté aujourd’hui paragraphe par paragraphe, par les pères synodaux. On est frappé par son classicisme certain qui contraste fortement avec la teneur des conférences de presse servies quotidiennement à la Salle de presse du Vatican, où les positions les plus hétérodoxes ont été amplement présentées par de nombreux invités. Et qui ont justifié les inquiétudes des catholiques inquiets de voir menacée la doctrine de l’Eglise sur le mariage et la sexualité. Se sont-ils donc inquiétés pour rien, cédant à ce que le pape a appelé une « herméneutique de la conspiration » ? En y regardant de plus près, on constate qu’il a ouvert les portes à des changements, en des paragraphes qui n’ont été adoptés que de quelques voix de plus que la majorité requise des deux tiers.
Il n’est pas inintéressant de noter qu’il a été rédigé non pas par les 10 rapporteurs choisis par le pape, mais par une armée d’« experts » qui ont recueilli les amendements catalogués par les 10 et  qui ont présenté à ceux-ci le projet de rapport final afin qu’ils puissent y apporter leurs derniers amendements.
Le document final, la relatio synodi présente des réflexions qui embrassent un grand nombre de sujets, depuis l’impossibilité de séparer la fin unitive et procréative du mariage institué dès l’origine par Dieu, mariage fidèle et indissoluble, jusqu’à la dénonciation de l’idéologie du genre, le rappel de liberté éducative des parents, le devoir de respecter la vie, le constat de l’existence d’une « mentalité abortive et contraceptive », la confirmation de l’enseignement de Humanae vitae, le drame de la dénatalité… Il propose même la re-création de l’« ordo viduarum », l’ordre des veuves, c’est dire.
On sent là combien un grand nombre de pères synodaux ont pesé sur la réécriture de l’Instrumentum laboris porteur de graves omissions et erreurs. Voice of the family avait analysé la grave menace que constituait ce document pour tout l’enseignement de l’Eglise, notamment dans sa présentation hétérodoxe de Humanae vitae et dans ses suggestions d’ouverture aux divorcés remariés.
Ce n’est pas pour autant que le rapport final est en rupture totale avec ces erreurs. Il ne ferme pas les portes au subjectivisme et fait avancer de manière plus discrète la volonté de changement pastoral, en lui obtenant un consensus plus apte à faire taire les voix les plus critiques.
Sur l’ouverture aux homosexuels, si présente dans les conférences de presse et certaines déclarations au sein du synode, le paragraphe 76 ( adopté par 221 voix contre 37) est marqué par la prudence : il rappelle que les personne ayant cette tendance ne doivent pas faire l’objet de « discriminations injustes » comme le disait la Congrégation pour la doctrine de la Foi ; qu’il faut « accompagner les familles où vivent des personnes ayant des tendances homosexuelles », et qu’on ne peut établir « aucune analogie, même lointaine, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille ». Ces mots avaient été omis dans l’Instrumentum laboris. Contrairement à l’Instrumentum laboris, le rapport final ne propose pas de « définir la spécificité sociale de ces unions affectives » ni n’appelle à « un meilleur approfondissement humain et culturel, pas seulement biologique, de la différence sexuelle ».
En revanche, s’il est bien question de la pression indue exercée par les organisations internationales sur les Eglises locales et sur certains pays pour « introduire des lois instituant le “mariage” entre personnes de même sexe », il n’est nullement question du caractère peccamineux de l’acte homosexuel, du devoir d’aider les personnes à sortir du style de vie « gay » et du danger de l’activité homosexuelle, dommageable pour la santé et mortelle pour l’âme.
C’est d’ailleurs une caractéristique du texte : il ne parle de péché et de pécheurs que de manière générale, toujours en rapport avec la rédemption mais sans jamais rappeler que le salut des âmes est mis en cause dans les situations objectivement désordonnées comme l’union civile ou le remariage après divorce. Divorce où  l’Eglise doit s’efforcer d’« accompagner », le cas échéant, « ce moment de souffrance de manière à ce qu’il n’y ait pas d’oppositions ruineuses entre les conjoints », notamment pour les enfants qui sont « les premières victimes de la séparation, car ils doivent souffrir le moins possible ».
Mais s’il en est bien question, le rapport parle davantage d’aider chacun là où il est que de la responsabilité à l’égard des enfants qui sont littéralement brisés par le divorce de leurs parents.
Le paragraphe 53 laisse en parlant des divorcés « remariés » et des personnes unies par un mariage civil ou les concubins discrètement la place à la décentralisation annoncée par le pape François il y a huit jours : « Dans la perspective de la pédagogie divine, l’Eglise se tourne avec amour vers ceux qui participent à sa vie de manière imparfaite : elle invoque pour eux la grâce de la conversion, elle les encourage à faire le bien, à prendre soin avec amour l’un de l’autre et à se mettre au service de la communauté où ils vivent et travaillent. Il est souhaitable que dans les diocèses des parcours de discernement et d’implication de ces personnes, pour aider et encourager la maturation d’un choix conscient et cohérent. » (Lequel ? Le rapport ne le dit pas.) « Les couples doivent être informés sur la possibilité de recourir à la procédure de déclaration de nullité du mariage ».
Accueil, accompagnement : ce sont les mots clefs du document où manque cruellement en revanche le rappel des fins dernières.
Il est toujours question pour l’Eglise de « partir de la situation concrète des familles » en effet, en espérant mener ceux qui le peuvent vers la plénitude du sacrement, en prônant une meilleure préparation au sacrement du mariage dans tous les cas, mais sans se demander jamais pourquoi les catholiques dans leur immense majorité aujourd’hui connaissent si mal les principes de leur foi et sont d’ailleurs nombreux à pratiquer la contraception. Et les effets néfastes de celle-ci sur la stabilité des mariages.
Les paragraphes les moins bien adoptés concernent ceux sur les divorcés remariés. « Accompagnement » toujours, avec des approches « différenciées » (n° 77), les couples divorcés « remariés civilement » doivent être « intégrés dans la communauté chrétiennes selon les divers modes possibles, en évitant toute occasion de scandale », puisqu’ils peuvent avoir une « joyeuse et féconde espérance » (n° 84, 187 voix contre 72). « Il faut discerner quelles formes d’exclusion actuellement pratiquées dans le domaine liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel peuvent être dépassées ».
Le paragraphe 85 a été adopté avec une majorité d’une seule voix : 178-80, s’appuyant sur des ouvertures attribuées à saint Jean-Paul II et Benoît XVI : il s’agit essentiellement de la voie de la « conscience » et de la reconnaissance que les situations des divorcés remariés sont très diverses. On y lit (traduction d’Yves Daoudal) : « Tout en soutenant une règle générale, il faut reconnaître que la responsabilité face à certains actes ou certaines décisions ne sont pas les mêmes dans tous les cas. Le discernement pastoral, tout en tenant compte de la conscience bien formée de la personne, doit assumer ces situations. Les conséquences des actes ne sont pas nécessairement les mêmes dans tous les cas. »
Le paragraphe clef est le 86 (190 voix contre 64) : Yves Daoudal l’a traduit là encore – « Le processus d’accompagnement et de discernement oriente ces fidèles vers la prise de conscience de leur situation devant Dieu. L’entretien avec le prêtre, au for interne, contribue à la formation d’un jugement correct sur ce qui fait obstacle à la possibilité d’une plus pleine participation à la vie de l’Eglise et de mesures qui peuvent la favoriser et la faire grandir. »
La solution du « for interne » est celle qui circulait depuis plusieurs jours et que j’évoquais hier, c’est celle que Daoudal appelle la « dernière cartouche du cardinal Kasper ». Il n’est pas question de communion explicitement mais que veut dire « pleine participation à la vie de l’Eglise sinon cela… Et il n’est pas question non plus des doutes émis par Benoît XVI lui-même après réflexion, que j’évoquais aussi dans mon dernier blog sur la question.
Et personne, personne ne pose jamais la question de savoir comment les divorcés remariés, fussent-ils persuadés de la nullité de leur premier mariage non déclaré nul selon les formes, peuvent être considérés comme autre chose que des concubins dans leur nouvelle union…
Bref, on comprend qu’une Elisabetta Piqué, dans La Nacion, parle d’une « victoire virtuelle » du pape François, son ami, « et de sa vision de l’Eglise fondée sur la miséricorde » puisque la « voie du discernement » pour les divorcés remariés a été approuvée. « Le document final a laissé les portes ouvertes au pape pour continuer de construire une Eglise qui ne condamne pas, mais qui inclut chacun et aide les blessés d’aujourd’hui ».
C’est dans un même esprit que le cardinal Danneels et Mgr Bonny, favorables aux innovations, ont salué l’esprit du synode : Danneels a déclaré vendredi que « L’Eglise est un grand navire qui, lentement, s’oriente vers un autre chemin ». « Nous ne sommes plus une Eglise qui parle et qui juge, mais qui écoute ».
Un nouveau cap ? Une nouvelle Eglise, alors. Ce rapport final est à comprendre comme l’élément d’un processus. Le pape peut d’ailleurs prendre d’autres voies que celles exprimées par les pères synodaux, choisir un autre équilibre.
On n’a pas fini d’analyser les propos de ce parti hétérodoxe dans l’Eglise, et qui reste médiatiquement poussé en avant au sein de l’Eglise elle-même.

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22 octobre, 2015

Où Mgr Simon Aquila de Denver demande si Thomas More et John Fisher sont morts pour rien

Mgr Simon Aquila, évêque de Denver, Colorado, a publié un blog à l’occasion du synode, pour demander si Thomas More et John Fisher sont morts pour rien. Je vous en propose ici la traduction. – J.S.

Mgr Simon Aquila
L'idée selon laquelle les catholiques devraient avoir la permission de se remarier et de recevoir la communion ne date pas de la lettre signée par le cardinal Kasper et d'autres membres de l'épiscopat allemand en 1993. Un autre épiscopat, celui de l'Angleterre, a été le pionnier de expérience proposée dans un cadre chrétien il y a près de 500 ans. Ce qui était alors en cause, ce n'était pas seulement de savoir si n’importe quel catholique pouvait se remarier, mais de savoir cela était permis au roi, puisque sa femme ne lui avait pas donné de fils.
De même que ceux qui réclament la communion pour les divorcés civilement remariés, les évêques étaient mal à l’aise à l’idée d’approuver carrément le divorce et le remariage. Ils ont choisi plutôt de tordre la loi afin de la mettre en adéquation avec les circonstances individuelles du dont ils avaient a juger : le roi Henri VIII obtint une annulation, sur un fondement frauduleux, et sans l’approbation de Rome.
Si « l'héroïsme n'est pas fait pour le chrétien moyen », comme l'a dit le cardinal allemand Walter Kasper, il n'était certainement pas fait pour le roi d'Angleterre. Ce sont plutôt des questions de bonheur personnel et du bien-être du pays qui ont servi d'arguments utilitaristes forts en faveur du divorce d'Henri VIII. Le roi ne pouvait guère se donner la peine de se passer de la communion en raison d'un mariage irrégulier.
 En Angleterre le cardinal Wolsey et tous les évêques du pays, à l'exception de Mgr John Fisher de Rochester, soutinrent la tentative du roi de défaire son premier mariage légitime. Tout comme Fisher, Thomas More, laïc et chancelier du roi, refusa de lui apporter son soutien. Tous deux ont été martyrisés – et, plus tard, canonisés.
En affirmant publiquement que le mariage du roi était indissoluble, Fisher soutenait que « ce mariage du roi et de la reine ne peut être dissous par aucun pouvoir, qu'il soit humain ou divin ». Pour défendre ce principe, dit-il, il était prêt à donner sa propre vie. Il poursuivit en notant que Jean-Baptiste n'avait pas trouvé de manière plus glorieuse de mourir qu’en défendant du mariage, bien que le mariage « ne fût alors pas aussi saint qu'il l'est aujourd'hui devenu par le sang versé du Christ ».
Tout comme Thomas More et Jean-Baptiste, Fisher a été décapité, et tout comme eux, on l’appelle « saint ».
Au synode sur la famille qui se tient actuellement à Rome, nombre d’évêques allemands et leurs soutiens font pression pour que l'Église permette à ceux qui sont à la fois divorcé et remarié puissent recevoir la communion, tandis que d'autres évêques venus de toutes les régions du monde insistent sur le fait que l'Église ne peux pas changer l'enseignement du Christ. Voilà qui suscite cette question : les évêques allemands pensent-t-ils que saint Thomas More et saint John Fisher ont fait le sacrifice de leur vie en vain ?
Jésus nous a montré tout au long de son ministère que le suivre exige un sacrifice héroïque. Lorsqu'on lit l'Évangile avec un cœur ouvert, un cœur qui ne met pas le monde et l'histoire au-dessus de l'Évangile et de la Tradition, on voit combien coûte le fait d'être disciple à chaque disciple qui est appelé. Les évêques allemands feraient bien de lire Vivre en disciple, le prix de la grâce par le martyr luthérien, Dietrich Bonhoeffer. Car ce dont ils font la promotion, c'est la « grâce à bon marché » plutôt que la « grâce acquise à grand prix », et ils semblent même ignorer les paroles du Christ selon lesquelles « quiconque veut me suivre doit renoncer à soi-même, prendre sa croix et me suivre ».
Pensez par exemple à la femme adultère que les Pharisiens présentèrent au Christ pour le piéger. La première chose qu'Il fit, ce fut de la protéger de ses accusateurs, et la deuxième fut de l'appeler à abandonner son péché. « Va », commanda-t-Il, « et ne pêche plus ».
En suivant les paroles du Christ lui-même, l'Eglise catholique a toujours enseigné que le divorce et le remariage ne sont que l'adultère sous un autre nom. Et puisque la communion est réservé aux catholiques en état de grâce, ceux qui vivent dans une situation irrégulière ne peuvent pas participer à cet aspect de la vie de l'Église, alors même qu'ils doivent toujours être accueillis au sein de la paroisse, et à la messe elle-même.
En mai dernier, le cardinal Kasper a déclaré lors d'un entretien avec Commonweal que « nous ne pouvons pas savoir s'il s'agit d'un adultère permanent » lorsqu'un chrétien divorcé repentant continue d'avoir des relations sexuelles au d'une nouvelle union. Au contraire, il pense que l'absolution est possible.
Et pourtant le Christ a clairement qualifié leur mariage d'adultère et Il a dit que l'adultère est un péché. Dans le cas de la Samaritaine, Jésus a également confirmé que le remariage ne peut être valide, même lorsque ce mariage est rempli de sentiments sincères dans un cadre de fidélité.
Lorsqu'on ajoute au tableau le fort taux d'échec des remariages qui suivent un divorce, nul ne saurait dire jusqu'où pourrait conduire le raisonnement du cardinal Kasper. Par exemple : la communion sacramentelle ne doit-elle être permise qu'à ceux qui se sont remariés une seule fois ? Qu’en est-il de ceux qui se seraient remarié deux fois, ou trois fois ? Et il est évident que les arguments avancés pour assouplir l'interdiction du Christ par rapport au mariage pourrait également servir par rapport à l'utilisation de la contraception, ou n'importe quel autre aspect de la théologie catholique que ce monde moderne et autoréférentiel considère comme difficile.
Prédire la direction où cela mènerait ne relève pas de la connaissance de l’avenir, mais de la simple observation du passé. Il nous suffit de regarder l'Eglise anglicane, qui a ouvert la porte à la contraception au 20e siècle avant de l'embrasser tout à fait, et qui depuis plus d'une décennie a autorisé le divorce et le remariage dans certains cas.
Le plan B des évêques pour faire les choses comme ils l’entendent en Allemagne, même s'il va à l'encontre de l'enseignement de l'Eglise, est entaché des mêmes erreurs. Et il a des relents inquiétants – qui font un peu penser à l’anglicanisme. Considérez les paroles du président de la Conférence des évêques d'Allemagne, le cardinal Marx, cité dans le New Catholic Register comme ayant dit que l'Église d'Allemagne pourra bien rester en communion avec Rome quant à la doctrine mais qu'en termes de soins pastoraux pour les cas individuels, « le synode ne peut prescrire en détail ce que nous devons faire en Allemagne ». Henri VIII aurait très probablement été d'accord.
« Nous ne sommes pas simplement une filiale de Rome », soutenait le cardinal Marx. « Chaque Conférence épiscopale est responsable du soin pastoral au sein de sa culture et doit proclamer l'Evangile à sa propre façon, unique. Nous ne pouvons attendre qu’un synode déclare quoi que ce soit, puisqu'il nous appartient d'assurer le ministère du mariage et de la famille ici. »
 Les Anglicans étaient eux aussi était à la recherche d'une telle autonomie, même si c'était au prix d’une division interne de plus en plus importante, et du dépeuplement progressif de leur communauté.
Il est indéniable que l'Église doit chercher à toucher ceux qui sont en marge de la foi et de la miséricorde, mais la miséricorde dit toujours la vérité, elle ne justifie jamais le péché, elle reconnaît que la croix est au cœur de l'Évangile. On pourrait rappeler que saint Jean Paul II – qualifié par le pape François de pape de la famille lors de sa canonisation – a beaucoup écrit sur la miséricorde, consacrant une encyclique entière au sujet et en établissant la fête de la Divine Miséricorde. Pour St Jean-Paul II, la miséricorde était un thème central, mais qu'il fallait aborder dans le contexte de la vérité et de l'Ecriture, et non contre lui.
A propos du mariage et de bien d'autres questions, personne ne dirait que l'enseignement de l'Eglise, qui est celui du Christ, soit facile. Mais le Christ lui-même n'a pas accepté de compromettre les enseignements fondamentaux afin d'empêcher ses disciples de le quitter, que ce soit à propos de l'Eucharistie ou du mariage. John Fisher n'a pas non plus accepté de compromission afin que le roi restât catholique.
Nus n'avons pas besoin d’aller chercher plus loin que les mots du Christ et de saint Pierre dans le 6e chapitre de l'Evangile de Saint-Jean pour trouver un modèle : un passage qui nous rappelle que l'enseignement sur l'Eucharistie est souvent difficile à accepter y compris pour ceux qui croient :
« “C'est l'Esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. Mais il y en a parmi vous quelques-uns qui ne croient point.” Car Jésus savait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le trahirait. Et il ajouta: “C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par mon Père.” Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui. 
« Jésus donc dit aux Douze : « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ?” 
« Simon-Pierre lui répondit : “Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle.” »
En tant que disciples nous sommes toujours appelés à écouter la voix de Jésus avant d'écouter celle du monde de la culture ou de l'histoire. La voix de Jésus répand la lumière sur l’obscurité du monde et des cultures. Prions pour que tous ceux qui sont impliqués écoutent ces paroles de vie éternelle, quelle que soit leur difficulté ! »
+ Simon Aquila
Archevêque de Denver



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15 octobre, 2015

« Les fumées de Satan » : Mgr Tomasz Peta, archevêque d’Astana, interpelle le synode


Voice of the Family vient de publier la traduction de l’intervention de Mgr Tomasz Peta, archevêque d’Astana au Kazakhstan, au synode ordinaire sur la famille, le 10 octobre. Mgr Peta a évoqué les célèbres paroles de Paul VI prononcées lors de son homélie pour la fête des saints Pierre et Paul en 1972 : « Par quelque fissure, les fumées de Satan sont entrées dans le temple de Dieu. » C’est avec ces mots qu’il a interpellé le synode, soulignant clairement la gravité de l’ouverture à la discussion sur certains thèmes est proprement infernale.
Je vous propose ma traduction de son intervention.
« Le bienheureux Paul VI a dit en 1972 :
“Par quelque fissure, les fumées de Satan sont entrées dans le temple de Dieu.”
Je suis convaincu que c’étaient là des paroles prophétiques du saint pape, l’auteur d’Humanæ vitæ. Au moment du synode l’an dernier, “les fumées de Satan” tentaient d’entrer dans l’Aula Paul VI.
Explication :
1. La proposition de permettre l’accès à la sainte communion aux divorcés vivant au sein d’une nouvelle union civile.
2. L’affirmation selon laquelle la cohabitation est une union qui peut avoir en elle-même certaines valeurs.
3. Le plaidoyer pour l’homosexualité en tant que chose soi-disant normale.
Certains pères synodaux n’ont pas correctement compris l’appel du pape François à la discussion ouverte et ont commencé à mettre en avant des idées qui contredisent la Tradition bi-millénaire de l’Eglise, enracinée dans la Parole éternelle de Dieu. Hélas, on perçoit encore l’odeur de ces « fumées de Satan » dans certains paragraphes de l’Instrumentum laboris ainsi que dans les interventions de certains pères synodaux cette année.
A mon sens, la tâche principale du synode consiste à recentrer l’attention de nouveau sur l’Evangile de la famille, et cela veut dire : sur l’enseignement de Notre Sauveur. Il n’a pas le droit de détruire les fondations – de détruire le roc.
Que le Saint-Esprit, qui l’emporte toujours dans l’Eglise, nous éclaire tous dans la recherche du vrai bien, pour les familles et pour le monde.
Marie, Mère de l’Eglise, priez pour nous !
+ Tomasz Peta
Archevêque d’Astana (Kazakhstan)
L’excellent site benoit-et-moi a publié il y a trois ans une traduction de l’essentiel de ce qui est conservé de l’homélie de Paul VI sur le site du Vatican. Avec notamment ces mots du pape récemment béatifié : « Dans l'Église aussi règne cet état d'incertitude. On croyait qu'après le Concile, il y aurait une journée ensoleillée dans l'histoire de l'Eglise. Il est venu à la place une journée de nuages, de tempête, de ténèbres, de recherche, et d'incertitude. »

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09 octobre, 2015

Le cardinal Ryłko sur l'Eglise, « hôpital de campagne ». Décapant…

Au synode sur la famille, l'intervention de trois minutes du cardinal Stanisław Ryłko vaut le détour :

Il est dit que l’Eglise devrait être comme « un hôpital de campagne », mais il n’y en a pas beaucoup dans cette situation qui veulent être obligés d’aller à l’hôpital. 
St. Augustin demande à ceux qui veulent de l’aide mais ne veulent pas se convertir : « Pourquoi nous cherchez-vous ? » 
C’est ainsi que se comportent certains baptisés qui sont en situation irrégulière, mais ne veulent pas recevoir le sacrement de la pénitence. 
Ainsi, nous avons non seulement une crise du mariage et de la famille, mais aussi une crise de la foi. 
2 Tm 4,2-5 dit : « Proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout, supporte l’épreuve, fais oeuvre de prédicateur de l’Evangile, acquitte-toi à la perfection de ton ministère ! »

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Synode : ce matin, Mgr Gadecki a célébré la messe sur l'autel de Jean-Paul II


Ah, si je savais le polonais !

Bien sûr, il a parlé de Familiaris consortio.  Reportage vidéo ici.


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05 octobre, 2015

“Voice of the Family” publie un manifeste pour faire entendre la voix des laïcs lors du synode sur la famille

Formée d'une coalition de plusieurs dizaines de mouvements provie et pro-famille,  Voice of the Family, se prévalant des responsabilités propres des laïcs exposées par le canon 212.3 du code de droit canonique, a décidé d'accomplir son « devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l'Eglise et de la faire connaître aux autres fidèles »… Le manifeste demande aux pères synodaux de « prendre toutes les mesures pour protéger l'intégrité de la doctrine catholique et ce faisant, de protéger nos familles contre les ravages de la culture de mort.

La grande confusion qui règne autour du synode, nonobstant les protestations selon lesquelles la doctrine ne sera pas changée, mais aussi les graves insuffisances de l'Instrumentum laboris, justifient l'inquiétude de ce mouvement de laïcs né avec le synode extraordinaire l'an dernier.

Que la doctrine ne puisse être changée, nous le savons tous : l'enseignement de l'Eglise est pérenne et elle a l'assistance du Saint-Esprit. Mais sa pratique peut ne pas être à la hauteur et même porter atteinte à cet enseignement jusque dans le cœur des fidèles : l'objectif du texte est de rappeler la doctrine claire et de souligner que la pastorale doit être en conformité avec la Vérité.

Il ne s'agit pas pour Voice of the Family de faire comme si tout allait bien : oui, la famille est face à des défis sans précédent. Mais : « Nous savons aussi qu'il n'y a rien de plus essentiel à notre travail que le témoignage courageux des évêques de l'Église catholique. L'absence de ces témoins a des conséquences dévastatrices pour la famille. »

Il s'agit de lutter contre tous les aspects de la culture de mort alors que le mariage, la famille et la vie elle-même subissent des assauts sans précédent, y compris à travers la pornographie et les attaques contre les droits des parents comme premiers éducateurs de leurs enfants.

Beaucoup de ces questions sont absentes, à peine effleurées ou présentées de manière ambiguë par l'Instrumentum laboris.

Le texte est disponible en ligne en français.

Faites-le connaître !

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13 septembre, 2015

Mgr Bonny s’en prend à “Humanae vitae”. L’envoyé de la Belgique au synode critique le concept même de loi naturelle

Mgr Johan Bonny, favori de la presse belge pour
remplacer Mgr Léonard comme primat de Belgique
L’évêque d’Anvers, à moins de deux mois du synode sur la famille auquel il participera en tant qu’envoyé de l’Eglise catholique en Belgique, s’en est pris dans un livre collectif à l’enseignement traditionnel sur la sexualité humaine, la contraception et jusqu’au concept de loi naturelle qui ne s’accorde pas, selon lui, avec la multiplicité des histoires et des cheminements de chacun. Mgr Johan Bonny s’oppose frontalement à Humanae vitae – ce texte si largement oublié déjà dans les documents officiels sortis du synode extraordinaire en octobre dernier.
Mgr Bonny avait déjà à plusieurs reprises rallié la cause d’une modification de l’enseignement pérenne de l’Eglise, proposant même une forme de « reconnaissance » des unions homosexuelles (voir ici et ici). Sa nouvelle intervention s’est faite sous forme de contribution à un livre publié par l’édieteur allemand Herder Verlag, Zerreißprobe Ehe (« le mariage à l’épreuve »), sous le titre : Le synode des évêques sur la famille : les attentes d’un évêque diocésain. Le livre est préfacé par le cardinal Lehmann.
L’encyclique Humanae vitae, soutient-il, n’a pas recueilli le « consensus » des évêques, raison pour laquelle elle a été dès sa publication à l’origine de « tensions, des conflits et de fractures ». Mgr Bonny regrette que l’Eglise ne laisse pas davantage de place à la « conscience individuelle » des fidèles en ce qui concerne « les méthodes de planning familial et du contrôle des naissances » et il espère que le synode sur la famille saura corriger tout cela.
« Toutes les constitutions et tous les décrets du Concile Vatican, y compris les plus difficiles, ont finalement été acceptés dans le cadre d’un consensus. Il ne restait presque rien de cette collégialité trois ans plus tard, lorsque Humanae vitae a paru. Que le pape rendrait un jugement concernant les problèmes de « la population, la famille et les naissances », le Concile l’avait prévu. Mais qu’il allait ignorer la recherche collégiale du plus large consensus possible, le Concile ne l’a pas prévu. »
C’est une « déchirure qui ne doit pas durer », selon Mgr Johan Bonny.
On notera que son idée de la « collégialité » est celle d’une sorte de démocratie épiscopale, où la fidélité à la tradition qui assure à l’Eglise de se conformer à l’enseignement de son Chef, le Christ, peut passer par pertes et profits. C’est le péché commun à toute forme de démocratie positiviste : elle ne se soucie pas de la vérité, faisant toujours primer la majorité numérique.
Plus largement, Mgr Bonny conteste l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur la sexualité et le caractère peccamineux – « intrinsèquement désordonné » – des actes homosexuels. « Le progrès scientifique nous permet de modifier ce point de vue. D’abord, on sait que l’homosexualité existe aussi dans le monde animal. » C’est oublier la différence de nature entre l’homme doué de raison et l’animal, qui n’a pas de responsabilité morale, n’ayant pas de liberté… Après tout, les animaux volent, tuent, torturent, abandonnent leur progéniture ou la dévore sans que cela justifie de semblables comportements humains.
Mgr Bonny affirme pourtant que selon « saint Thomas, l’homme et la femme s’attirent l’un l’autre par un instinct naturel, comme cela est le cas avec tous les autres animaux. L'attraction à l’égard di sexe opposé est universelle et ne connaît pas d'exceptions. Selon cette approche, une action contre l'inclination hétérosexuelle représente une rupture consciente de l'instinct naturel ; d’où vient le concept d'un “péché contre la nature”, comme l'apôtre Paul l’a répété. » Les « progrès scientifiques » indiqueraient donc  que saint Paul s’est trompé tout comme saint Thomas – sauf que le péché contre nature est celui qui va contre la propre nature de l’homme, à comprendre dans sa différence spécifique par rapport à l’animal : être doué de raison et de liberté.
Mais pour Mgr Bonny, « dans notre culture personnaliste, l’interdiction des relations homosexuelles est considérée comme une discrimination inacceptable : il y aurait donc des hommes et des femmes qui n’ont pas le droit de vivre leur sexualité, pour la seule raison qu’ils ne vivent pas de la même manière que l’immense majorité des gens ! », s’exclame-t-il.
C’est dans ce contexte qu’il qualifie lui-même de « personnaliste » que Bonny rejette la « loi naturelle » comme fondement de la moralité parce qu’elle considère certains actes comme bons ou mauvais indépendamment de l’histoire et de la biographie personnelle des individus. C’est le relativisme moral : s’il est vrai qu’une personne ne pèche pas nécessairement en posant un acte mauvais, lorsqu’il n’a pas conscience de faire le mal par exemple, cela n’autorise pas à faire disparaître la distinction objective entre le bien et le mal. Et encore moins à laisser cette appréciation, devenue changeante et subjective, aux hommes – à moins de leur dire « Vous serez comme des dieux » !
Il va de soi que Mgr Bonny propose de mettre au rebut toutes les exigences de l’Eglise en matière de l’exercice sexualité : il le fait en rejetant toute forme d’interdit général qui ferait porter à l’Eglise une « énorme responsabilité » : « Nous savons désormais que l’interdit imposé de l’extérieur sur la pratique sexuelle provoque des déplacements inconscients des émotions correspondantes : cela peut conduire à des conséquences désastreuses – alcoolisme, drogue et autres abus, maladies psychosomatiques, problèmes relationnels, intolérance, agressivité, autoritarisme, etc. »
Pour vivre heureux, vivons couchés – avec qui bon nous semble !
Toutes les citations rapportées ci-dessus proviennent du blog de Mathias von Gersdorff et de LifeSiteNews.

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17 juin, 2015

Mgr Johan Bonny, partisan d'une forme de “reconnaissance” des unions homosexuelles, sera père synodal

La nomination de Mgr Johan Bonny, évêque d'Anvers, comme représentant de la Belgique au prochain synode sur la famille, a été confirmée par le service de presse du Vatican.

Il a plaidé ces derniers mois pour une meilleure « pastorale » à l''égard des divorcés remariés et pour les couples qui cohabitent sans être mariés, mais aussi pour une forme de reconnaissance de la part de l'Eglise à l'égard des paires homosexuelles – sans aller toutefois jusqu'à bénédiction de ces couples. Il a déclaré que les « valeurs » que l'on rencontre dans ces couples « sont plus importantes » pour lui que la question « institutionnelle » lors d'un entretien en décembre dernier.

Contrairement à d'autres qui prétendent vouloir changer la pastorale sans modifier la doctrine, Mgr Bonny a souligné que vouloir opposer les deux est contraire à la tradition de l'Eglise : « Le soin pastoral a tout à voir avec la doctrine et la doctrine a tout à voir avec le soin pastoral. »

En toute logique, il plaide donc pour une nouvelle approche des droits de la conscience individuelle et verrait bien un petit changement par rapport à Humanae vitae. Voir ici l'analyse que j'avais faite de ses déclarations pour LifeSite au début de l'année.


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05 juin, 2015

Le rétropédalage (relatif) du cardinal Kasper sur la communion pour les divorcés remariés

Lors d'un entretien avec Raymond Arroyo sur la chaîne de télévision catholique américaine EWTN, le cardinal Kasper s'est livré à ce qui ressemble à un rétropédalage sur sa proposition d'accorder la communion aux divorcés remariés.

Je vous propose ma traduction des propos retranscrits par la Catholic News Agency.

Votre Eminence, je sais que vous avez fait cette proposition et que vous l'avez soumise au corps des évêques, et que vous en avez vraiment fait la publicité en essayant de la présenter à des gens dans le monde entier. Ressentez-vous une quelconque responsabilité par rapport à ce phénomène dont les gens me parlent par lettre, particulièrement des prêtres : des couples divorcés remariés, des couples gays se présentent à la fin de la messe et disent : « Nous voulons la communion, vous devez nous donner la communion. C'est clairement ce que veut le pape. » Ressentez-vous une responsabilité personnelle à cet égard ?  
Eh bien, c'est un malentendu, et d'abord, c'était une question, et j'ai posé cette question pour ouvrir le débat. Ce n'est pas une proposition. Et donc, évidemment, un couple peut venir et désirer la sainte communion. J'ai parlé d'un processus pénitentiel, d'un chemin pénitentiel. Cela demande du temps… 
Mais il y a déjà un processus pénitentiel. Je veux dire, il y a déjà le processus canonique de la nullité, n'est-ce pas ? 
Ouais, le processus de nullité est une chose; je ne suis pas ça. "Un processus de nullité". C'est une chose…
Donc il s'agit ici d'un autre processus ?
Oui, c'est un autre processus, mais si les gens, eh bien s'ils ont une déclaration de nullité, ils peuvent venir à la sainte communion, c'est clair. 
Mais vous comprenez que lorsqu'un homme d'Eglise comme vous, un théologien, une figure qui jouit d'une estime internationale, un responsable de la Curie dit : « Voici ma proposition, et le pape est d'accord avec moi », cela cause quelque… 
Eh bien cela, je ne l'ai pas dit. 
Mais vous avez bien dit, et la citation est celle-ci : « Clairement c'est ce qu'il veut » et le pape a approuvé ma proposition. Ce sont les citations de l'époque… 
Non… Il n'a pas approuvé ma proposition. La pape voulait que je pose la question, et par la suite, de manière générale, devant tous les cardinaux, il a exprimé sa satisfaction par rapport à mes paroles. Mais pas la fin, pas dans le… Je ne dirais pas qu'il a approuvé la proposition, non, non. »
Alors, tout ça pour ça ? Le cardinal Kasper n'a-t-il fait que lâcher un sujet sans être lui-même décidé à soutenir la proposition ? La reprise de tout ce qui a été dit et écrit, notamment par lui, jusqu'ici, rend cela difficile à croire.

Cela ressemble à un rétropédalage, et peut-être en est-ce un en effet. Peut-être s'exprime-t-il ainsi à la demande du pape, on peut l'imaginer.

Reste que cela fait aussi penser à un exercice de désarmement de l'opposition, en attendant le synode extraordinaire qui, saisi de la question, pourra apporter une réponse positive. (Mais il n'est évidemment pas dit que le pape suivrait en ce sens.) Le cardinal Kasper, dans la même interview, a déclaré connaître « beaucoup de cardinaux et beaucoup d'évêques favorables » à sa proposition, « plus de (son) côté » que de ceux qui demandent une clarification au pape.

Une remarque : la procédure ne nullité n'est en rien un processus pénitentiel puisqu'il s'agit de constater juridiquement que le mariage n'a jamais existé…

Je vous renvoie une fois de plus vers la proposition du P. Thomas Michelet, Dominicain de Toulouse, qui propose un véritable chemin pénitentiel dont l'aboutissement recherché est une conversion de vie permettant l'absolution et la communion… C'est par .


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23 mai, 2015

Symposium sur le climat au Vatican : une conférence de Maria Madise, de “Voice of the Family”

Les 8 et 9 mai s'est tenue à Rome une série de conférences dans le cadre du Forum sur la vie, co-organisé par “Voice of the Family”, LifeSiteNews et Human Life International et, sur place, par “Famiglia Domani”. Je vous propose ici la traduction de l'allocution de Maria Madise, de “Voice of the Family”, sur l'étrange symposium sur le climat qui s'est tenu au Vatican le 28 avril. Une question des plus importantes pour ceux qui s'engagent dans la défense de la vie et de la famille. Cette traduction fait suite à celle du texte sur ce qui s'est passé au synode extraodinaire d'octobre dernier, dans un résumé proposé par Matthew McCusker, membre de “Voice of the Family”, qui met très bien en relief la manière dont on a tenté de manipuler le synode – une entreprise partiellement réussie. – Le premier texte se trouve ici. — J.S.

Maria Madise, “Voice of the Family”
Le mardi 28 avril s’est tenu au Vatican, un symposium s’est tenu à l'Académie pontificale des sciences sur le thème Protéger la Terre rendre digne l'humanité. Les dimension morales du changement climatique et du développement durable. L’atelier s'est déroulé en présence de deux des principaux promoteurs mondiaux du contrôle de la population, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, et le professeur Jeffrey Sachs, directeur de l’Earth Institute. L'événement a été co-organis » par l'Académie pontificale des sciences, par le Réseau Solutions pour un développement durable (Sustainable Development Solutions Network) et par Religions for Peace (« religions pour la paix »), dans l'attente de la nouvelle encyclique du pape sur l'environnement.
Le symposium a abouti, conformément à son objectif, à la publication d’une déclaration conjointe sur « l'impératif moral et religieux du développement durable, mettant l'accent sur le lien intrinsèque entre respect de l'environnement et respect à l'égard des personnes ». Cette affirmation de l’existence d’un lien intrinsèque est extrêmement trompeuse ; elle fait le lien entre la véritable crise humaine de la pauvreté et de l'esclavage moderne et certaines théories du changement climatique. Les participants à l'atelier du Vatican cherchaient à « éveiller les consciences conscience et à créer un consensus sur le fait que les valeurs du développement durable sont en cohérence avec les valeurs des traditions des grandes religions, en s’intéressant tout particulièrement sur les plus vulnérables ».
Nous autres du lobby provie et pro-famille sommes en droit de poser cette question : quelles sont les implications de cette focalisation spéciale sur les plus vulnérables ? Les promoteurs de la vie et de la famille qui font du lobbying à l’ONU, parmi lesquels plusieurs sont présents ici aujourd'hui, ne savent que trop à quel point les questions environnementales sont devenues une sorte de parapluie qui sert à couvrir un large spectre d’atteintes à la vie humaine et à la famille. Ces attaques constituent une menace immédiate à l'égard de la vie des plus vulnérables : les enfants à naître, les handicapés et les personnes âgées, en même temps qu’elles entraînent de graves violations des droits des parents en tant que premiers éducateurs de leurs enfants.
Au vu des attaques contre la vie humaine et innocente qu'on a pu constater à l’ONU sous couleur de régler des problèmes environnementaux, il est très troublant de noter l'objectif mise en avant dans l'ordre du jour de cet atelier : il s’agit d’« aider à construire un mouvement global et trans-religieux au service du développement durable et du changement climatique tout au long de 2015 et au-delà ».
Il est encore plus troublant de voir que cet ordre du jour correspond exactement, dans le temps, aux négociations des Objectifs du développement durable (Sustainable Development Goals, SDG) à l'ONU, où l'on trouve précisément ces attaques contre les membres les plus vulnérables de la population mondiale. Les négociations SDG qui vont aboutir en juin et juillet vont déterminer l'orientation et l'aide financière pour les pays du tiers-monde au cours des quinze prochaines années. Au moment où ces négociations auront lieu, nous devrions disposer d'une encyclique pape sur…  l'environnementalisme.
On peut imaginer à quel point le lobby du contrôle de la population et de l'avortement légal se sentiront forts de l'influence exercée au Vatican par deux figures de proue de la culture de mort, Ban Ki-moon et le professeur Jeffrey Sachs, et ce d'autant que nous sommes nous à la veille de la publication d'une encyclique sur l'environnement. L’ONU doit attendre avidement cette encyclique et d'espérer qu’elle permettra de fournir une justification morale pour la mise en place d’Objectifs de développement durable contraignants dans le monde entier. Si l’encyclique reste silencieuse à propos de la politique cachée de l'ONU, on peut être absolument certain que l'ONU et l’administration Obama trouveront des moyens pour utiliséer l'encyclique en vue de promouvoir les Objectifs du développement durable.
Qui sont ces personnes qui conseillent les gardiens de l'enseignement de l'Eglise qui ont pour tâche de guider et de protéger les fidèles dans la vérité de l’Amour du Christ ?
Ban Ki-moon a maintes fois fait la promotion d’un droit mondial à l'avortement. Il a également publié cette année un rapport controversé sur la violence sexuelle dans les zones de confit, un rapport qui critiquait le manque d'avortement « sûrs » dans de nombreuses situations de conflit. Cette directive est en contradiction avec le consensus en vigueur à l’ONU selon lequel l'avortement est une question qui doit rester de la compétence des nations individuelles.
Jeffry Sachs est un promoteur mondialement connu du contrôle de la population et de l'avortement. C'est lui, l'homme qui sème la panique et a peur en disant que le monde est surpeuplé et qu'il faut faire diminuer les taux de fécondité. En 2007 Sachs soutenait que le monde était « plein à craquer ». lLa semaine dernière j'ai eu le plaisir d'entendre une excellente présentation d'Elizabeth Yore, militante bien connue des droits des enfants, sur la genèse et le développement des objectifs de Sachs. Elle a expliqué comment son prédécesseur, Paul Ehrlich, proposait des solutions qui allaient de l'introduction de contraceptifs dans l’eau potable jusqu'à la stérilisation forcée, afin de contrôler la croissance de la population. Elle a également montré comment, malgré le fait que les prophéties apolcalyptiques d’Ehrlich étaient frauduleuses, l'ONU a commencé à publier ses premiers édits sur la reproduction au niveau mondial en vue de réduire la fertilité, en y incluant la contraception, la stérilisation et l'avortement.
Dans un récentes article publié par le site italien bien connu La Bussola, Riccardo Cascioli écrit : « J'ai rencontré Sachs il y a quelques années lors d'une réunion à Rimini, où il était l'un des orateurs, et lorsqu’une question a été posée à ce sujet il a répondu en souriant : “J'ai parlé avec de nombreux évêques du contrôle des naissances et ils m'ont dit en privé qu’ils sont en accord avec moi, bien que pour des raisons évidentes ils ne puissent pas le dire de manière ouverte. » Les raisons évidentes sont évidemment le Magistère de l'Eglise, la doctrine qui affirme que chaque vie humaine est sacrée, sans exception.
Le Dr Sachs est l'un des architectes des Objectifs du millénaire et il est membre du bureau exécutif du Réseau Solutions pour le développement durable. Dans la droite ligne des positions de Paul Ehrlich sur la surpopulation, il se sert du trafic d’êtres humains et du changement climatique pour justifier l’urgence de disposer des outils de l'avortement et la stérilisation afin d'atteindre les objectifs SDG de l'ONU. Le réseau auquel appartient Sachs a proposé des Objectifs de développement durable provisoires qui contiennent des mesures radicalement contraires au droit à la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, au droit et à la dignité de la famille, et au droit des parents d'être les premiers éducateurs de l'or d'enfants.
Ces rencontres qui se tiennent à l'ombre du synode sur la famille visent à aligner la terminologie des documents pontificaux sur la même ligne que celle des directives de l'ONU. Cette terminologie que nous récusons à l’ONU,  où le Saint-Siège est la seule délégation qui ces 20 dernières années a clairement rejeté les plans de l'ONU pour le contrôle de la population, reçoit désormais quelque crédit dans l'attente de la publication d'un nouveau document pontifical. Le document final des SDG à l’ONU doit être signé en septembre. Le pape François s'adressera à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre, à propos de l'environnementalisme. Hélas, il n'est que trop évident que ses propos pourrait être interprétés comme une acceptation où une validation de la part de l'Église catholique du plan global de contrôle de la population. Le pape François a déjà été cité comme disant que l'humanité et l'homme sont à la racine de 99 % du changement climatique.
Sans préjuger de la validité ou non des nombreuses théories du changement climatique, celles-ci ne doivent pas être exploitées en vue de remettre en question ou de nier l’inviolabilité et la caractère sacré de chaque vie humaine, née à naître, malade ou en bonne santé, pas plus qu'elles ne doivent justifier la redéfinition du mariage, de la famille et des droits des parents – ni de l'absence de 200 millions de petites filles asiatiques.
La plupart d'entre vous savez comment la loi et la pratique sont formés et manipulés à travers le langage. Les questions environnementales dans les négociations internationales ne s’intéressent pas au fait de planter des arbres mais de tuer des bébés, les infirmes et les vieillards. Il n'y a pourtant pas une seule famille pauvre au monde dont l'index de bonheur puisse augmenter lorsqu'elle se débarrasse de ses bébés ou de ses grands-parents. Les drames du monde et la désespérance que ce langage va fatalement susciter est indicible. Et pourtant tous ces ambassadeurs de la culture de mort sont accueillis en vue de conseiller notre Pape.
La tenue de cette conférence d'une importance vitale au Vatican en ce moment crucial entre les deux synodes sur la famille, en préparation de la publication des Objectifs du développement durable, avec la participation de promoteurs  internationaux de avortement de tout premier plan, est d'autant plus inquiétante si on la juge à la lumière de la plus récente prise de position de Hilary Clinton disant qu’en effet, l’opposition à l'avortement doit cesser d'exister, y compris au sein de l'enseignement de l'Eglise.
Au début de cette année la secrétaire de l'agence de protection de l'environnement de l'administration Obama , Gina McCarthy, s'est rendue au Vatican en vue de coordonnéer leurs objectifs environnementaux avec l'encyclique sur l'environnement en préparation. Lorsqu'elle est arrivée au Vatican, McCarthy a souligné que l'administration Obama est sur la même ligne que le pape François sur le changement climatique.
Liz Yore écrit dans le journal The Remnant que Tim Wirth, ancien chef du contrôle de la population du département d'Etat de Clinton, qui « exposait fièrement un arbre de capotes dans son bureau », faisait partie des hôtes invités par le Vatican cette année..
 Pour conclure : l’idée que l'ONU et l'administration Obama puissent envisager une solution commune avec le Vatican pour répondre aux problème qui agitent le monde moderne devrait déclencher la sonnette d'alarme chez tous ceux qui sont engagés dans le mouvement provie et pro-famille. Il s'agit d'une situation schizophrénique, où l'on recherche une collaboration entre ceux qui considèrent la vie comme un don de Dieu et ceux qui y voient un fardeau pour la planète.
Nous devons rester forts et fidèle à la vérité, au sein de la Vérité et de l’Amour du  Christ, dans cette tempête-ci comme dans les autres. Nous ne devons ni désespérer ni avoir peur, mais nous devons fortifier et fortifier ceux qui nous sont proches afin de confronter ces turbulences dans la prière et avec courage, en insistant par tous les moyens dont nous disposons pour dire que toute discussion autour de l'environnement doit s'enraciner dans la certitude que la famille, correctement définie, est la clef du développement durable, spécialement en ce temps où le synode sur la famille a été appelé par le pape François pour confronter les problèmes auxquels la famille fait face.
Maria Madise
(Traduction : Jeanne Smits.)

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08 février, 2015

Mgr Henryk Hoser, de Varsovie : “L'Eglise a trahi Jean-Paul II”

« Je vous le dis de la manière la plus brutale, l'Eglise a trahi Jean-Paul II. Non pas l'Eglise, épouse du Christ. Non pas l'Eglise de notre Credo, car Jean-Paul II était une expression, une voix authentique de l'Église ; non, il s’agit de la pratique pastorale qui a trahi Jean-Paul II. »
Ces mots très durs d'un évêque polonais constituent une grave accusation à l’égard de ses confrères de certains pays à l'occasion du Synode extraordinaire sur la famille. La décision de parler de manière aussi claire montre la gravité du combat qui se mène actuellement en vue de la deuxième partie du Synode, puisqu'il faut clarifier désormais des points que l'on pouvait croire acquis au sein de l'Eglise. L’auteur de ces propos est l'archevêque Mgr Henryk Hoser, s’exprimant dans le magazine catholique polonais Niedziela sur la proposition de donner la communion aux catholiques divorcés et « remariés ». LifeSite les rapporte ici sous la plume de Steve Weatherbe.
Mgr Henryk Hoser,
archevêque de Varsovie-Praga
L’archevêque de Varsovie-Praga, Mgr Henryk Hoser, prévoit une « confrontation » majeure entre évêques fidèles à l’Eglise et à l’enseignement de Jean-Paul II sur la famille et le mariage, et « des délégués de pays qui comptent déjà une majorité de familles pathologiques – des familles brisées, des familles recomposées, avec un petit pourcentage seulement de mariages restés entiers – et où existe la demande de donner aux divorcés l’accès à la Sainte communion ».
Lors du Synode extraordinaire en octobre, Mgr Hoser s’était joint aux cardinaux – comme le cardinal Burke – et évêques qui avaient souligné l’impossibilité de retenir la « miséricorde » comme seul critère de jugement face aux homosexuels qui revendiquent leur style de vie et aux divorcés remariés : « Il est faux de présumer que la miséricorde de Dieu serait sans justice, alors qu’il faut commencer par dire que la vie conjugale et la vie de famille doivent être fondée sur la justice. »
L’une des raisons invoquées par Mgr Hoser pour expliquer la destruction de la famille est imputable à l’Eglise elle-même, a-t-il déclaré. Elle n’a pas soutenu les familles en mettant en œuvre l’Exhortation apostolique Familiaris consortio donnée par Jean-Paul II en 1981, qui contenait pourtant des indications nettes sur la manière dont les évêques et les pasteurs devaient former et soutenir des familles fidèles : à l’école, lors de la préparation au mariage et au sein de groupes de soutien pour couples déjà mariés, sans compter le « parrainage » des jeunes mariés par des couples ayant une longue expérience du mariage.
Des évêques et des prêtres « n’ont pas voulu suivre sa voix », accuse aujourd’hui Mgr Hoser : « Ils ne se sont pas familiarisés avec son enseignement… Tout le monde disait que c’était difficile… Les pasteurs ne l’ont pas partagé parce qu’ils ne l’avaient pas lu. » Une attitude qu’il a reliée à une certaine « rébellion » contre l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité dès le temps de Paul VI.
L’Eglise polonaise a enseigné Humanae vitae, a noté Mgr Hoser : « Dans d’autres pays, en raison de la contestation des enseignements de l’Eglise tels qu’ils ont été proclamés par le bienheureux Paul VI, on a mis fin au soin pastoral des familles. »
Ce sont les « valeurs mondaines » qui mettent le plaisir sexuel au-dessus de la finalité de la famille qui ont prévalu, a-t-il poursuivi, soulignant que cela est spécialement vrai dans les médias où « toutes les relations personnelles sont érotisées ». L’archevêque, qui a reçu une formation de médecin avant d’embrasser la prêtrise, estime que d’aucuns voudraient voir l’Eglise abandonner son « rôle prophétique », et qu’ils se battront en ce sens lors du prochain synode afin qu’elle accepte la position selon laquelle « le monde est gouverné par la satisfaction sexuelle ».

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