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15 octobre, 2020

Cardinal Raymond Burke : “L'éducation fait aujourd'hui l'objet d'attaques féroces.” Traduction intégrale de sa conférence sur les parents, premiers éducateurs

Le cardinal Raymond Leo Burke a donné vendredi dernier une vidéo-conférence dans le cadre d'un colloque virtuel organisé par la coalition pro-famille “Voice of the Family”. Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale de son intervention que l'on pourra retrouver ici dans sa diffusion en anglais, au cœur d'un événement intitulé : “L'appel des pères aux évêques : aidez-nous à défendre la pureté de nos enfants.”

Cette conférence du cardinal Burke est particulièrement opportune au moment où Emmanuel Macron vient de faire savoir qu'il entend interdire par principe l'école à la maison – si ce n'est dans des cas exceptionnels liés à la santé de l'enfant – et mettre en place une obligation de scolarisation dès trois ans, et ce à compter de la rentrée 2021, notamment pour « protéger » les enfants « de la religion ».

Voici la traduction intégrale autorisée de la conférence du cardinal Burke, que celui-ci a bien voulu relire et réviser. – J.S.

*

Les droits des parents en tant que premiers éducateurs de leurs enfants
et l’obligation des parents de s’opposer à un programme scolaire
qui contredit la loi morale




Ce m’est un grand plaisir que d’aider Voice of the Family dans sa noble tâche de promotion de la saine doctrine et de la discipline de l’Église à propos du mariage et de son fruit incomparable : la famille. Je suis particulièrement heureux d’aborder la question cruciale de l’éducation, mission essentielle de la famille, et en même temps expression fondamentale de notre culture.

Toute personne qui réfléchit ne peut que constater combien l’éducation fait aujourd’hui l’objet d’attaques féroces. Tant dans le domaine de l’éducation que dans celui du droit, en tant qu’expressions fondamentales de notre culture, nous assistons à l’abandon de la compréhension de la nature humaine et de la conscience par laquelle Dieu nous appelle à respecter la vérité de la nature, et à vivre en accord avec cette vérité dans un amour pur et désintéressé.

Saint Paul, dans sa Lettre aux Ephésiens, se référant à l’aliénation de l’homme par rapport à Dieu et, par conséquent, par rapport au monde, déclare :

« Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois éloignés, vous avez été rapprochés par le sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix, qui des deux peuples n’en a fait qu’un ; il a renversé le mur de séparation, l’inimitié, dans sa chair ; il a aboli la loi des ordonnances avec ses prescriptions, afin de former en lui-même, de ces deux peuples, un seul homme nouveau, en faisant la paix, et de les réconcilier tous deux dans un seul corps, avec Dieu, par la croix, en détruisant en lui-même leur inimitié. Et il est venu annoncer la paix, à vous qui étiez loin, et à ceux qui étaient près ; car c’est par lui que nous avons accès les uns et les autres dans un même Esprit auprès du Père. Vous n’êtes donc plus des étrangers et des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, et membres de la famille de Dieu, puisque vous avez été édifiés sur le fondement des Apôtres et des prophètes, le Christ Jésus étant lui-même la pierre angulaire. En lui, tout l’édifice, bien coordonné, grandit pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous entrez dans sa structure, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit-Saint. » (Eph. 2, 13-22)

C’est le Christ seul qui ouvre la compréhension et qui anime le cœur afin que celui-ci embrasse la vérité, et pour qu’il la vive dans l’amour. C’est pourquoi les éducateurs, en coopération avec les parents, conduisent les enfants à connaître le Christ et à le suivre en toutes choses, et ils les guident ainsi vers la paix que désire tout cœur humain. L’éducation, tant à la maison qu’à l’école, ouvre les yeux de l’enfant à la contemplation du mystère de l’amour de Dieu pour nous en l’envoi de son Fils unique dans notre chair humaine et en l’envoi de son Saint Esprit dans nos âmes, grand fruit de l’Incarnation rédemptrice.

Les parents qui, jadis, comptaient sur les écoles pour les aider à élever leurs enfants afin que ceux-ci devinssent de véritables citoyens du ciel et de la terre, de bons membres de l’Église et de bons membres de la société civile, constatent que certaines écoles sont des lieux d’endoctrinement au service du matérialisme athée, et du relativisme qui lui est associé. Ces écoles, en effet, tentent de détruire l’éducation reçue à la maison à propos des vérités les plus fondamentales : la vérité concernant la dignité inviolable de la vie humaine innocente, la vérité sur la sexualité humaine et le mariage, et le caractère irremplaçable de la relation de l’homme avec Dieu, ou de la sainte religion. De plus, lorsque les parents tentent à juste titre de protéger leurs enfants d’une telle idéologie nihiliste, ces écoles tentent de leur imposer l’endoctrinement de manière totalitaire.

Malheureusement, certaines écoles catholiques, pour diverses raisons, reproduisent la situation des écoles non-catholiques en servant l’idéologie anti-vie, anti-famille et anti-religion qui caractérise l’éducation de manière générale. Cette dernière situation est particulièrement pernicieuse, car les parents envoient leurs enfants dans une école catholique, ayant confiance en son caractère véritablement catholique, alors qu’en fait, il n’en est rien. Le fonctionnement de telles écoles sous le vocable catholique est une profonde injustice pour les familles.

À la racine de la situation culturelle déplorable dans laquelle nous nous trouvons, il y a la perte du sens de la nature et de la conscience. Le pape Benoît XVI a abordé cette perte au regard des fondements du droit, dans son discours au Parlement allemand, le Bundestag, lors de sa visite pastorale en Allemagne en septembre 2011. S’appuyant sur l’histoire du jeune roi Salomon lors de son accession au trône, il a rappelé aux dirigeants politiques l’enseignement des Saintes Écritures concernant le labeur de la politique. Dieu avait demandé au roi Salomon quelle requête celui-ci souhaitait faire au commencement de son règne sur le saint peuple de Dieu. Le Saint-Père commentait :

« Que demandera le jeune souverain en ce moment si décisif ? Succès, richesse, une longue vie, l’élimination de ses ennemis ? Il ne demanda rien de tout cela. Par contre il demanda : « Donne à ton serviteur un cœur docile pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal (cf. 1 R, 3,9). »

L’histoire du roi Salomon, comme l’a observé le pape Benoît XVI, enseigne quelle doit être la fin de l’activité politique et, par conséquent, du gouvernement. Il déclarait : «  La politique doit être un engagement pour la justice et créer ainsi les conditions de fond pour la paix. (…) Servir le droit et combattre la domination de l’injustice est et demeure la tâche fondamentale du politicien. » 

Benoît XVI a ensuite posé la question de savoir comment nous pouvons connaître le bien et la justice que l’ordre politique, et plus particulièrement le droit, doivent sauvegarder et promouvoir. Tout en reconnaissant que dans de nombreux domaines « le critère de la majorité peut être suffisant », il a observé qu’un tel principe ne suffit pas « dans les questions fondamentales du droit, où est en jeu la dignité de l’homme et de l’humanité ».  En ce qui concerne les fondements mêmes de la vie de la société, le droit civil positif doit respecter « [la] nature et à [la] raison comme vraies sources du droit ».  En d’autres termes, il faut avoir recours à la loi morale naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur de chaque homme. Je pense à ma propre patrie, les États-Unis d’Amérique, où la Cour suprême de la nation a eu la présomption de définir le début de la vie humaine, la nature du partenariat du mariage, et la sexualité humaine elle-même selon des considérations matérialistes et relativistes, sentimentales, au mépris de la loi écrite par Dieu dans le cœur de l’homme. 

Ce que Benoît XVI a observé concernant les fondements du droit dans la nature et la conscience met en évidence le travail fondamental de l’éducation, à savoir le travail consistant à favoriser chez les élèves « un cœur à l’écoute » qui s’efforce de connaître la loi de Dieu et de la respecter par le développement de la vie des vertus. La véritable éducation vise à amener la personne humaine « à sa pleine maturité humaine et chrétienne ».  Disons simplement que les parents doivent veiller à ce que l’éducation donnée à leurs enfants soit cohérente avec l’éducation chrétienne et l’éducation au foyer. De même que la famille est essentielle à la transformation de la culture, l’éducation l’est également en raison de son lien intrinsèque avec la croissance et le développement de l’enfant.

Le très dynamique programme anti-vie, anti-famille et anti-religion de notre époque progresse, en grande partie, en raison du manque d’attention et d’information du grand public. Les médias omniprésents, qui sont les puissants promoteurs de ce programme, désorientent et corrompent les esprits et les cœurs, et émoussent les consciences face à la loi écrite par Dieu dans la nature et dans le cœur de chaque homme. Dans sa lettre encyclique sur l’Évangile de la vie, Evangelium Vitae, Jean-Paul II affirmait :

« Il est urgent de se livrer à une mobilisation générale des consciences et à un effort commun d’ordre éthique, pour mettre en œuvre une grande stratégie pour le service de la vie. Nous devons construire tous ensemble une nouvelle culture de la vie : nouvelle, parce qu’elle sera en mesure d’aborder et de résoudre les problèmes inédits posés aujourd’hui au sujet de la vie de l’homme; nouvelle, parce qu’elle sera adoptée avec une conviction forte et active par tous les chrétiens; nouvelle, parce qu’elle sera capable de susciter un débat culturel sérieux et courageux avec tous. L’urgence de ce tournant culturel tient à la situation historique que nous traversons, mais elle provient surtout de la mission même d’évangélisation qui est celle de l’Eglise. En effet, l’Evangile vise à “transformer du dedans, à rendre neuve l’humanité elle-même” ; il est comme le levain qui fait lever toute la pâte (cf. Mt 13, 33) et, comme tel, il est destiné à imprégner toutes les cultures et à les animer de l’intérieur, afin qu’elles expriment la vérité tout entière sur l’homme et sur sa vie. »

Ce que Jean-Paul II a affirmé à propos de la mobilisation des consciences par rapport à l’inviolabilité de la vie humaine innocente s’applique certainement tout autant et tout aussi fortement à la mobilisation des consciences à l’égard l’intégrité du mariage et de la vie familiale, et à l’égard de la relation irremplaçable avec Dieu, à savoir la sainte religion.

Jean-Paul II n’a pas manqué de noter que de tels efforts doivent commencer par « renouveler la culture de la vie à l’intérieur des communautés chrétiennes elles-mêmes ».  L’Église elle-même doit se pencher sur la situation de tant de ses membres qui, même s’ils prennent part aux activités de l’Église, « tombent trop souvent dans une sorte de dissociation entre la foi chrétienne et ses exigences éthiques à l’égard de la vie, en arrivant ainsi au subjectivisme moral et à certains comportements inacceptables ».  Cette séparation entre la foi de la vie pratique est particulièrement dévastatrice lorsqu’elle touche l’éducation. L’enfant à qui l’on apprend à avoir un « cœur à l’écoute », et qui est naturellement accordé avec sa conscience, avec la loi de Dieu écrite dans son cœur, est corrompu par ceux en qui il est amené à mettre sa confiance. Il n’est que de penser à la corruption engendrée par une fausse éducation à la sexualité humaine : elle est omniprésente. Les parents ne peuvent pas être assez attentifs lorsqu’existe la possibilité qu’une telle corruption s’immisce dans ce qui devrait être l’éducation de leurs enfants.

L’éducation catholique des enfants et des jeunes est une éducation complète, c’est-à-dire le développement de la raison par la transmission compétente de connaissances et de compétences dans le contexte de la foi, par l’étude de Dieu et de son plan pour nous et pour notre monde, tel qu’Il s’est révélé lui-même, et tel qu’Il a révélé ce plan. Voici comment Pie XI, dans sa lettre encyclique Divini Illius Magistri, décrivait l’éducation catholique ou chrétienne :

« La fin propre et immédiate de l’éducation chrétienne est de concourir à l’action de la grâce divine dans la formation du véritable et parfait chrétien, c’est-à-dire à la formation du Christ lui-même dans les hommes régénérés par le baptême, suivant l’expression saisissante de l’Apôtre : Mes petits enfants pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous. En effet, le vrai chrétien doit vivre sa vie surnaturelle dans le Christ, le Christ, votre vie, dit encore l’Apôtre, et le manifester dans toutes ses actions, afin que la vie même de Jésus soit manifestée dans notre chair mortelle.

« Il s’ensuit que l’éducation chrétienne embrasse la vie humaine sous toutes ses formes: sensible et spirituelle, intellectuelle et morale, individuelle, domestique et sociale, non certes pour la diminuer en quoi que ce soit, mais pour l’élever, la régler, la perfectionner, d’après les exemples et la doctrine du Christ. Le vrai chrétien, fruit de l’éducation chrétienne, est donc l’homme surnaturel qui pense, juge, agit, avec constance et avec esprit de suite, suivant la droite raison éclairée par la lumière surnaturelle des exemples et de la doctrine du Christ: en d’autres termes, c’est un homme de caractère. Ce n’est pas n’importe quelle suite ou fermeté de conduite, basée sur des principes tout subjectifs, qui constitue le caractère, mais la constance à obéir aux principes éternels de la justice. Le poète païen le reconnaît lui-même quand il loue sans les séparer les deux qualités de “l’homme juste et ferme dans sa résolution”. C’est d’ailleurs une condition de la pleine justice que de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, comme le fait le vrai chrétien. »

Seule une éducation aussi complète peut guider nos enfants et nos jeunes sur la voie du bonheur pour lequel Dieu a créé chacun de nous. Grâce à une bonne éducation à la maison et à l’école, les enfants connaissent le bonheur tant pendant les jours de leur pèlerinage terrestre qu’éternellement en atteignant le but de leur pèlerinage, qui est le Ciel. Seule une telle éducation peut transformer notre culture.

La famille est le premier lieu d’éducation : c’est cette vérité qui définit essentiellement la mission de l’école. L’école est au service de la famille et, par conséquent, elle travaille en étroite collaboration avec elle pour amener les enfants à une maturité toujours plus grande, à la plénitude de la vie dans le Christ. Concernant le mariage et la famille chrétiens, et la mission de l’éducation, Saint Jean Paul II, dans son Exhortation apostolique post-synodale sur la famille de 1981, Familiaris Consortio, a déclaré que « la famille chrétienne, en effet, est la première communauté appelée à annoncer l’Evangile à la personne humaine en développement et à conduire cette dernière, par une éducation et une catéchèse progressives, à sa pleine maturité humaine et chrétienne ».  L’éducation chrétienne dans la famille et à l’école introduit les enfants et les jeunes, de manière toujours plus profonde, dans la Tradition, dans le grand don de notre vie dans le Christ au sein de l’Église, qui nous ont été transmis fidèlement, suivant une ligne ininterrompue, par les Apôtres et leurs successeurs.

Si l’éducation doit être saine, c’est-à-dire au service du bien de l’individu et de la société, doit être particulièrement attentive à s’armer contre les erreurs du sécularisme et du relativisme, de peur de ne pas parvenir à communiquer aux générations suivantes la vérité, la beauté et la bonté de notre vie et de notre monde, telles qu’elles s’expriment dans l’enseignement immuable de la foi, dans son expression la plus haute par la prière, la dévotion et le culte divin, et dans la sainteté de vie de ceux qui professent la foi et adorent Dieu « en esprit et en vérité ». 

La Déclaration sur l’éducation chrétienne, Gravissimum Educationis, du Concile œcuménique Vatican II, a clairement indiqué que la responsabilité première de l’éducation des enfants incombe aux parents qui font confiance aux saines écoles pour les aider à assurer la partie de l’éducation totale de leurs enfants qu’ils ne sont pas en mesure de transmettre à la maison. Le bien essentiel du mariage, qui est le don des enfants, comprend à la fois la procréation et l’éducation de l’enfant. Je cite Gravissimum Educationis :

« Les parents, parce qu’ils ont donné la vie à leurs enfants, ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs. Le rôle éducatif des parents est d’une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement être suppléé. C’est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l’amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu’elle favorise l’éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales nécessaires à toute société. Mais c’est surtout dans la famille chrétienne, riche des grâces et des exigences du sacrement de mariage, que dès leur plus jeune âge les enfants doivent, conformément à la foi reçue au baptême, apprendre à découvrir Dieu et à l’honorer ainsi qu’à aimer le prochain. »

Certes, la société, en général, et l’Église, d’une manière particulière, ont également une responsabilité dans l’éducation des enfants et des jeunes, mais cette responsabilité doit toujours être exercée dans le respect de la responsabilité première des parents.

Les parents, pour leur part, doivent être pleinement engagés dans tout service d’éducation que la société et l’Église leur fournissent. Les enfants et les jeunes ne doivent pas être désorientés ou induits en erreur par une éducation dispensée en dehors du foyer qui contredit l’éducation donnée au foyer. Aujourd’hui, les parents doivent être particulièrement vigilants, car certaines écoles sont devenues les instruments d’un programme laïciste hostile à la vie chrétienne. On pense, par exemple, à l’éducation obligatoire dite « de genre » dans certaines écoles : c’est une attaque directe contre la sexualité humaine et contre le mariage et, par conséquent, contre la famille.

Pour le bien de nos jeunes, nous devons tous accorder une attention particulière à l’expression fondamentale de notre culture qu’est l’éducation. Les bons parents et les bons citoyens doivent être attentifs au programme que suivent les écoles, et à la vie au sein des écoles, afin de s’assurer que nos enfants sont formés aux vertus humaines et chrétiennes, et qu’ils ne sont pas déformés par l’endoctrinement dans la confusion et l’erreur concernant les vérités les plus fondamentales de la vie humaine, de la famille et de la religion, car cela conduirait à les rendre esclaves du péché et, par conséquent, à un malheur profond, et à la destruction de la culture.

Au cœur d’un programme d’études solide se trouve le respect tout à la fois de la dignité de la personne humaine et de la tradition du beau, du vrai et du bien dans les arts et les sciences. Si souvent, aujourd’hui, une forme de tolérance des modes de pensée et d’action contraires à la loi morale semble être la clef d’interprétation pour de nombreux chrétiens. Selon cette approche, on ne peut plus distinguer entre le beau et le laid, le vrai et le faux, et le bien et le mal. Cette approche n’est pas solidement ancrée dans la tradition morale, mais elle tend à dominer notre approche dans la mesure où nous finissons par prétendre être chrétiens tout en tolérant des façons de penser et d’agir qui sont diamétralement opposées à la loi morale qui nous est révélée dans la nature et dans les Saintes Écritures. L’approche devient parfois tellement relativiste et subjective que nous n’observons même pas le principe logique fondamental de non-contradiction, qui affirme qu’une chose ne peut pas être et ne pas être en même temps sous le même rapport. En d’autres termes, certaines actions ne peuvent pas être à la fois fidèles à la loi morale et ne pas lui être fidèles.

En fait, la charité seule doit être la clef d’interprétation de nos pensées et de nos actions. Dans le contexte de la charité, la tolérance signifie l’amour inconditionnel de la personne qui est impliquée dans le mal mais une répugnance ferme à l’égard du mal dans lequel la personne est tombée. Toute l’éducation doit viser à former les élèves à la charité par laquelle l’esprit et le cœur répondent au beau, au vrai et au bien, car c’est à cette fin que Dieu nous a créés.

L’éducation qui a lieu d’abord à la maison et qui est enrichie et complétée par les écoles et, surtout, par les écoles véritablement catholiques, est fondamentalement orientée vers la formation de bons citoyens et de bons membres de l’Église. En fin de compte, elle est orientée vers le bonheur de l’individu que l’on trouve dans des relations justes et qui s’épanouit dans la vie éternelle. Elle présuppose la nature objective des choses vers lesquelles le cœur humain est dirigé, s’il est formé pour être un « cœur à l’écoute », c’est-à-dire pour suivre une conscience correctement formée. Elle recherche une connaissance et un amour toujours plus profonds du vrai, du bon et du beau. Elle forme l’individu à cette recherche fondamentale tout au long de sa vie.

Que Dieu inspire et fortifie les parents, qu’Il nous inspire et fortifie tous dans l’œuvre de formation de « cœurs d’écoute » chez nos enfants et nos jeunes, pour leur salut et pour la transformation de notre culture. En nous confiant aux soins maternels de la Vierge Mère de Dieu, puissions-nous chercher et trouver dans le Cœur de Jésus la sagesse et la force de sauvegarder et de promouvoir l’enseignement et la pratique constante de l’Église concernant la vie humaine, la sexualité humaine, le mariage et la famille, et la sainte religion.

Je vous remercie de votre aimable attention. Que Dieu vous bénisse.


Raymond Leo Cardinal Burke

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

© Photo : Olivier Figueras

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© leblogdejeannesmits

22 mai, 2020

Le cardinal Burke évoque le coronavirus à la lumière de Fatima

Le cardinal Burke a donné une vidéo-conférence dans le cadre du « Rome Life Forum » organisé par Voice of the Family et LifeSiteNews, qui se tient virtuellement cette année en raison des restrictions sanitaires liées au COVID-19. Le thème des conférences porte cette année sur Fatima, et la manière dont les apparitions de la Sainte Vierge en 1917 peuvent éclairer la période actuelle.

Je vous propose ici ma traduction non officielle de la conférence du cardinal Burke, riche de conseils et de compassion pour les catholiques qui ont pu se sentir abandonnés pendant la période du confinement, privés des sacrements et même dans certains cas de sépulture chrétienne pour leurs chers disparus.

Le cardinal Raymond Burke dit les choses avec force, mais toujours sous un regard d'éternité, invitant à une union toujours plus grande avec le Cœur sacré de Jésus par le Cœur Immaculé de Marie.

Il s'élève notamment contre la vaccination obligatoire, en particulier si les vaccins développés utilisent des lignées de cellules souches prélevées sur des fœtus avortés ; contre les restrictions illégales à la liberté religieuse et de culte  ; contre le silence d'évêques et de prêtres qui par leur refus de s'exprimer, se rendent complice de l'apostasie.

Le cardinal Burke exprime également sa conviction que la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé n'a pas été accomplie. – J.S.

Fatima : La réponse du ciel à un monde en crise


Nous vivons des temps très troublés et inquiétants. Un virus a été, d’une quelconque manière, lâché, jusqu’à atteindre toutes les parties du monde. Il a causé et cause encore, à un degré plus ou moins important, la maladie qui lui est associée, le COVID-19. Beaucoup sont morts et meurent encore, soit directement de la maladie, soit de complications dont la maladie fait partie. En réponse à la propagation de la contagion, de nombreux gouvernements ont imposé de sévères restrictions à la circulation de leurs citoyens, confinant les citoyens à leur domicile et interrompant le fonctionnement de tous les services, hormis les services essentiels. L’effet sur l’économie des familles, des communautés locales et des nations a été dévastateur.
L’origine du virus demeure incertaine. Les informations relatives à sa nature et à son évolution sont contradictoires. À l’heure actuelle, un débat animé a lieu pour savoir si son évolution nous permettra de reprendre nos activités quotidiennes ou si, en raison d’une menace de résurgence de la contagion, nous devrons continuer à vivre confinés dans nos foyers. Des informations nous parviennent de la part de ceux qui sont retenus comme experts, et elles sont clairement contradictoires. Il existe également une crainte légitime de voir des personnes sans scrupules utiliser la crise sanitaire à des fins politiques et économiques.
Un aspect particulier de la crise sanitaire internationale qui en résulte, ce que l’on appelle une pandémie, est que l’ensemble plus vaste des personnes en bonne santé sont soumises à de sévères restrictions, même en ce qui concerne leur pratique de la foi, en partant du principe que l’infection par le virus reste souvent cachée avant de se manifester soudainement. D’une certaine manière, chacun d’entre nous devient un danger potentiel pour les autres. Dans une telle situation, l’interaction humaine naturelle est rendue sévèrement limitée. Chez certains, la situation a conduit à s’inquiéter constamment d’une éventuelle infection et à entretenir l’illusion que, d’une manière ou d’une autre, nous pouvons créer un environnement parfaitement sanitaire dans lequel nous ne serons menacés par aucune bactérie ni aucun virus, ou dans lequel, grâce à des mesures prophylactiques, y compris la vaccination universellement imposée, nous aurons une protection certaine contre le coronavirus.
En ce qui concerne la vaccination, il doit être clair qu’il n’est jamais moralement justifié de développer un vaccin en utilisant les lignées cellulaires de fœtus avortés. L’idée d’introduire un tel vaccin dans son propre corps est à juste titre répugnante. En même temps, il doit aussi être clair que la vaccination elle-même ne peut être imposée, de manière totalitaire, aux citoyens. Lorsque l’État se livre à une telle pratique, il viole l’intégrité de ses citoyens. Si l’État peut prévoir des règlements raisonnables pour la protection de la santé, il n’est pas le fournisseur ultime de soins de santé. C’est Dieu qui l’est. Tout ce que l’État propose doit respecter Dieu et sa loi.
Il ne fait aucun doute que la vie est devenue, à bien des égards, étrange. Certains ont voulu qualifier le confinement à domicile de quasi providentiel, comme une occasion de faire une retraite spirituelle prolongée ou de favoriser la vie de famille. Certes, nous sommes appelés à accepter toute souffrance qui entre dans notre vie, pour en faire, avec l’aide de la grâce de Dieu, une source de bénédiction pour nous-mêmes et pour les autres. Il n’en reste pas moins que la situation ne correspond pas à la manière dont Dieu nous a appelés à vivre et qu’elle constitue donc une souffrance. Nous ne pouvons pas ignorer l’effet négatif généralisé de cette situation sur la dépression et d’autres maladies mentales, sur l’abus d’alcool et de drogues, etc. Si nous sommes appelés à offrir notre souffrance à Dieu par amour pour lui et pour notre prochain, nous ne voulons certainement pas favoriser cette souffrance, comme si elle était un bien en soi.
Il est également clair que des individus et des groupes agissant au service d’un programme particulier utilisent la souffrance profonde, relative aussi bien à la santé qu’à la situation économique des familles, des communautés locales et des nations, pour promouvoir leur programme, qu’il s’agisse de la progression d’un gouvernement mondial unique, de la promotion de causes environnementales, voire de changements radicaux dans la pratique de la foi catholique. Au milieu de la désorientation et de la confusion engendrées par la crise sanitaire internationale, nous devons, avant tout, nous tourner vers la raison droite et vers notre foi pour faire face à la crise pour le bien de tous.
Depuis le début de la crise, il ya eu une défaillance de la part de l’Eglise en tant que corps unique quant à l’annonce claire de l’Evangile et à l’insistance sur l’exercice de sa mission, en accord avec l’Evangile, y compris en temps de crise internationale. Certains prêtres et évêques ont fait preuve de sagesse et de courage pour trouver les moyens de rester proches du troupeau de Dieu dont ils ont la charge, en particulier en apportant les sacrements aux malades et aux mourants, mais malheureusement, l’impression générale parmi les fidèles est que leurs prêtres leur ont été enlevés, ou que ceux-ci les ont abandonnés. La plupart des fidèles se voient refuser les sacrements depuis des semaines.
Il est tragique d’entendre des témoignages de fidèles qui demandent à un prêtre d’entendre leur confession et qui reçoivent comme réponse que les prêtres n’ont pas le droit d’entendre les confessions ; ou qui demandent la sainte communion et se voient répondre qu’il est interdit aux prêtres de distribuer la sainte communion en dehors de la sainte messe. Il est particulièrement tragique d’entendre les récits de fidèles qui meurent sans l’assistance de leur prêtre ou sans qu’aucun membre de leur famille ou de leurs amis ne soit présent pour les accompagner, et les histoires d’enterrement de fidèles catholiques de longue date sans aucun rite funéraire. Dans certains cas, ces circonstances tragiques ont été dictées par l’État, et dans d’autres cas par l’Église allant au-delà des exigences de la réglementation de l’État ou en conformité avec des réglementations de l’État qui sont en violation de la liberté religieuse.
La situation a, à juste titre, suscité un débat intense sur les relations entre l’Église et l’État. En l’absence du respect dû à l’Église et à la liberté religieuse de ses membres, l’État assume l’autorité de Dieu lui-même, imposant son diktat à l’Église en ce qui concerne les réalités les plus sacrées comme le saint sacrifice de la messe et le sacrement de la pénitence. S’il nous restait un doute quant à la perte de ce respect, il a été dissipé par des incidents au cours desquels les autorités civiles ont tenté d’empêcher un prêtre offrant la sainte messe d’accomplir l’action sacrée.
Depuis le début, on a omis de dire clairement que, parmi toutes les nécessités de la vie, la principale est la communion avec Dieu. Oui, nous avons besoin de ce qui est nécessaire pour notre alimentation, notre santé et notre hygiène, mais aucun de ces besoins essentiels ne peut se substituer à notre besoin le plus fondamental : connaître, aimer et servir Dieu. Comme on me l’a appris il y a longtemps, parmi les premières leçons du Catéchisme, Dieu a fait l’homme pour le connaître, l’aimer et le servir dans cette vie et ainsi obtenir la vie éternelle avec lui au Ciel. (1)
Face à une crise sanitaire internationale, nous devons d’abord nous tourner vers Dieu, en lui demandant de nous protéger de la contagion et de tout autre mal. En nous tournant vers Dieu, nous trouvons l’orientation et la force de prendre toutes les mesures humaines nécessaires pour nous protéger, conformément aux exigences de la raison et de la loi morale. Sinon, si nous pensons à tort que la lutte contre le mal dépend totalement de nous, nous prenons des mesures qui portent atteinte à notre dignité humaine et, surtout, à notre juste relation avec Dieu. À cet égard, l’État doit être attentif à la liberté religieuse des citoyens, afin que l’aide de Dieu soit recherchée à tout moment et en toutes choses. Penser autrement, c’est faire de l’État notre dieu et penser que de simples êtres humains, sans l’aide de Dieu, peuvent nous sauver.
S’il y avait un manque de respect pour notre relation fondamentale avec Dieu au début de la crise sanitaire internationale actuelle, il y a un manque de respect similaire dans ce qui est proposé pour l’après-crise. On entend sans cesse le mantra selon lequel notre vie ne sera plus jamais comme avant et que nous ne pourrons jamais revenir à la vie telle que nous l’avons vécue jusque-là. Il a été suggéré, par exemple, que l’ancien geste consistant à donner la main à autrui en signe d’amitié et de confiance doit maintenant être abandonné à jamais. De même, il existe un certain mouvement pour insister sur le fait que tout le monde doit désormais être vacciné contre le coronavirus COVID-19 et même qu’une sorte de micropuce doit être placée sous la peau de chaque personne, de sorte qu’à tout moment, elle puisse être contrôlée par l’État en matière de santé et sur d’autres sujets que nous ne pouvons qu’imaginer. Il a également été suggéré, même par des pasteurs de l’Église, que la crise actuelle devrait nous amener à reconsidérer la question de savoir si la messe dominicale est essentielle à la vie chrétienne ou si les rites funéraires sont essentiels à la pratique de notre foi.
Oui, il est vrai que l’expérience de la crise du coronavirus COVID-19 a marqué notre vie de manière significative, mais elle ne doit pas prendre en mains la direction de notre vie. Notre Seigneur Jésus-Christ reste le Roi du Ciel et de la Terre. Nous restons créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, avec les dons de la foi et de la raison. Nous restons fils et filles de Dieu, adoptés en Dieu le Fils, ce que nous ne pouvons faire que par l’œuvre merveilleuse de son Incarnation rédemptrice. Nous vivons en Dieu, nous recevons la vie de Dieu dans nos cœurs et nos âmes à partir du glorieux Cœur transpercé de Jésus, afin de faire ce qui est juste et bon pour nous-mêmes et pour notre monde. Nous devons revenir à une vie vécue en communion avec Dieu, en utilisant la juste raison et en mettant en pratique les vérités de notre foi catholique.
L’obligation de la Messe dominicale, par exemple, participe de la loi naturelle et divine, le troisième commandement du Décalogue, que nous sommes tenus d’observer, à moins que, pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous ne puissions le faire. (2) Au cours de la crise actuelle, il a été dit que les évêques dispensent les fidèles de l’obligation de la Messe dominicale, mais aucun être humain n’a le pouvoir de dispenser de la loi divine. S’il a été impossible, pendant la crise, aux fidèles d’assister à la sainte messe, alors l’obligation ne les liait pas, mais l’obligation demeurait.
À cet égard, j’ai été préoccupé par la réaction de certains à l’impossibilité à long terme d’accéder aux sacrements. Ils ont dit qu’il était en fait bon d’être sans les sacrements, afin de se concentrer sur la relation plus fondamentale avec Dieu. Certains ont exprimé une préférence pour regarder la sainte messe à la télévision en restant confortablement installés chez eux. Mais la sainte messe n’est pas une sorte de représentation humaine. C’est le Christ lui-même qui descend sur les autels de nos églises et chapelles pour rendre sacramentellement présent le fruit salvateur de sa Passion, de sa Mort, de sa Résurrection et de son Ascension. Que peut-il bien y avoir de préférable à la présence du Christ au milieu de nous dans l’action sacramentelle !
Certains pasteurs ont même réprimandé les fidèles qui suppliaient de recevoir les sacrements, les accusant de vouloir, par égoïsme, risquer de nuire gravement à la santé des autres. Personne ne nie la nécessité de prendre les précautions sanitaires nécessaires, mais le désir des sacrements, en particulier ceux de la pénitence et de la sainte Eucharistie, est au cœur de notre foi. Notre relation avec Dieu exige que nous sortions de l’enfermement de nos maisons et de ce que nous pouvons nous imaginer être un environnement parfaitement protégé, afin que Lui, par son Fils unique, puisse parler à nos cœurs et les nourrir de la grâce divine. À cet égard, de même qu’il est parfaitement normal que des personnes quittent le confinement de leur foyer pour acheter, par exemple, de la nourriture et des médicaments, il est encore plus parfaitement normal que des personnes de foi quittent le confinement de leur foyer pour prier et recevoir les sacrements.
Ici, il faut noter que Notre Seigneur a confié les réalités sacrées de sa présence parmi nous aux soins de nos pasteurs. Ce sont eux qui ont reçu la grâce de sauvegarder ces réalités et d’en permettre l’accès aux fidèles. Leur connaissance et leur expérience doivent toujours être conformes aux vérités de la foi, qui nous ont été transmises par la ligne ininterrompue de la Tradition apostolique. En période de crise sanitaire, les experts en santé publique peuvent faire des recommandations sur la meilleure façon de protéger la santé de ceux qui ont accès aux églises et aux chapelles, mais ce sont les évêques et les prêtres qui doivent mettre en œuvre ces recommandations d’une manière qui respecte la réalité divine de la foi elle-même et des sacrements. Par exemple, suggérer à un prêtre de distribuer la sainte communion en portant un masque et des gants en plastique, et de se désinfecter les mains à différents moments après avoir consacré la Sainte Hostie peut, d’un point de vue médical, être la pratique la plus hygiénique, mais cela ne respecte pas cette vérité : c’est le Christ qui se donne à nous dans la sainte Hostie. En même temps, l’interdiction de recevoir la sainte Hostie sur la langue et le commandement de recevoir la sainte Communion dans la main, bien que cela puisse être plus hygiénique – encore que ce point soit débattu – ne pourrait être justifié que par une raison grave.
Il est vrai qu’historiquement, l’Église a utilisé différents instruments sacrés pour donner la sainte communion à une personne très contagieuse, mais ces méthodes de réception de la sainte communion n’ont pas été utilisées pour la sainte communion des fidèles en général. On ne supposait pas que le prêtre et les fidèles, en général, étaient tous infectés, comme cela semble être le cas aujourd’hui, et qu’ils ne pouvaient donc pas recevoir la sainte communion de la manière la plus pieuse possible. Les experts médicaux et les responsables de la santé publique peuvent faire des recommandations à l’Église, mais c’est l’Église elle-même qui doit décider des pratiques touchant aux réalités les plus sacrées de notre foi.
L’épidémie de coronavirus COVID-19 a également soulevé une question des plus sérieuses pour nous en tant que citoyens d’une nation. Le rôle de la République populaire de Chine dans l’ensemble de la crise sanitaire internationale soulève de nombreuses et graves questions. Si, en tant que chrétiens, nous aimons le peuple chinois et voulons pour lui ce qui est bon pour lui, nous ne pouvons pas ne pas reconnaître que son gouvernement est l’incarnation du matérialisme athée ou du communisme. En d’autres termes, c’est un gouvernement qui n’a aucun respect pour Dieu et pour sa Loi. Le président de la Chine, Xi Jinping, a dit très clairement que la seule religion acceptable en Chine est la Chine. Son gouvernement est fondé sur l’idolâtrie de la nation, et un certain nombre de ses lois et pratiques sont en violation flagrante des préceptes les plus fondamentaux de la loi divine écrits dans le cœur de chaque homme et de chaque femme, et énoncés dans le Décalogue. Il s’agit d’une forme de gouvernement malfaisante qui, par exemple, pratique des avortements forcés et viole ouvertement la liberté religieuse du peuple. Il est juste de se demander quels principes éthiques ont régi l’implication du gouvernement chinois dans la crise sanitaire internationale du coronavirus COVID-19.
Dans le même temps, il est juste de demander quelle a été et quelle demeure la relation des organisations nationales et internationales de santé publique avec le gouvernement chinois dans l’affaire du virus qui a menacé de nombreuses vies et la stabilité même des nations souveraines. Il y a aussi la grave question des individus disposant de nombreux milliards de dollars, qui soutiennent régulièrement et puissamment un programme anti-vie et anti-famille, et qui sont publiquement impliqués dans la crise et exercent une lourde influence sur l’opinion publique à son sujet. En tant que citoyens d’une nation, il est de notre devoir de poser ces questions et d’y apporter des réponses résolument honnêtes.
Lorsque j’étais à l’école primaire et secondaire, l’étude de ce qu’on appelait l’instruction civique était prise très au sérieux. C’était l’étude de la façon dont le gouvernement de sa propre nation travaille pour protéger le bien commun, y compris les relations justes avec les autres nations. Le but de l’étude était de rendre les élèves, qui sont l’avenir de la nation, responsables du gouvernement de leur nation. On me dit que, depuis longtemps déjà, l’instruction civique n’est pas enseignée dans de nombreuses écoles. Si tel est le cas, comment les élèves seront-ils préparés à devenir des citoyens responsables ? L’exercice de cette responsabilité est irremplaçable pour un gouvernement démocratique stable. Il fait également partie de la loi naturelle, en particulier le quatrième commandement du décalogue, qui nous enseigne le respect de nos parents et des institutions qui sauvegardent et promeuvent la vie familiale, et en fin de compte de la nation. La crise actuelle devrait nous amener à revoir l’éducation, expression fondamentale de notre culture, et à fournir ce qui manque à la préparation des étudiants à l’exercice de la vertu fondamentale du patriotisme.
La crise actuelle a également montré clairement à quel point de nombreuses nations sont dépendantes de la République populaire de Chine. Les entreprises qui, pendant des décennies, ont produit les biens nécessaires d’une nation au sein de celle-ci, produisent maintenant ces biens en Chine dans l’intérêt du profit économique. Combien de marchandises que nous utilisons quotidiennement ne portent-elles pas cette étiquette : « Made in China » ? La crise actuelle doit nous amener à nous demander pourquoi, au sein de nos nations, nous ne produisons pas nous-mêmes ce qui est nécessaire à la vie saine et forte du peuple de ces nations. Ce sont des questions complexes qui sont rendues d’autant plus urgentes que de nombreuses nations sont, en fait, dépendantes de la République populaire de Chine, un gouvernement qui épouse pleinement et radicalement le matérialisme athée.
Ma longue réflexion ne doit pas conduire au découragement mais plutôt à la recherche courageuse de notre identité catholique dans le Christ vivant pour nous dans sa sainte Église, une identité qui, par sa définition même, est pour le bien commun, le bien de tous les peuples. Le Christ est venu pour sauver le monde, et il nous appelle à la vie dans l’Esprit Saint, afin que nous soyons ses collaborateurs dans sa mission rédemptrice qui se poursuit jusqu’à son retour à la fin des temps pour établir « de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habitera », (3) pour inaugurer les Noces de l’Agneau, (4) ses Noces, auxquelles nous sommes appelés à participer par la grâce du baptême et de la confirmation.
Notre Seigneur a envoyé sa Vierge Mère à Cova da Iria près de Fatima au Portugal en 1917, avec la mission précise de nous rappeler à la vie en Lui, à une forte identité catholique, face à la montée et à la propagation du matérialisme athée ou du communisme. En vous parlant aujourd’hui de la situation critique dans laquelle nous nous trouvons, je ne pourrais pas vous donner de meilleurs conseils que ceux que la Vierge Mère de Dieu nous a donnés, par l’intermédiaire des trois pastoureaux de la Cova da Iria : les saints François et Jacinthe Marto, et la servante de Dieu, Sœur Marie-Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé.
Les apparitions de Notre-Dame de Fatima sont survenues à un moment où le monde traversait une crise terrifiante, une crise qui menaçait son avenir même, une crise qui, de nombreuses et effrayantes façons, continue, de nos jours, à menacer l’avenir de l’homme et du monde. C’est une crise qui a également infecté la vie de l’Église, ne touchant pas, bien sûr, la réalité objective de la vie du Christ dans l’Église pour notre salut mais, plutôt, en obscurcissant et en manipulant l’Église de l’intérieur à des fins étrangères à sa nature et donc toxiques pour les âmes.
La manifestation immédiate de la crise a été la montée du matérialisme athée ou du communisme en Russie et sa propagation dans le monde entier. Le matérialisme athée ou le communisme est le mal à la racine, car il est l’abandon de la foi en Dieu et en son plan pour notre salut éternel, tel qu’Il l’a inscrit, depuis la création, dans la nature et, surtout, dans le cœur de l’homme. C’est l’abandon du Mystère de la Foi, une indifférence, un mépris ou même une hostilité vis-à-vis de la réalité suprême de l’Incarnation rédemptrice de Dieu le Fils par laquelle Il a gagné pour l’homme le salut éternel, la demeure du Saint-Esprit, de la grâce divine, afin que l’homme puisse vivre en communion avec Dieu, en accord avec son plan pour sa création. Le Christ a gagné pour l’homme le don de sa propre vie, afin que l’homme puisse atteindre la vie éternelle, tout en préparant le monde à sa transformation, conformément au plan de Dieu, pour l’inauguration de « nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habitera ». (5) Le Christ est l’Agneau éternel de Dieu, aux Noces duquel nous sommes tous appelés à avoir une place. (6)
Dieu a préparé les messagers de la Vierge de Fatima par trois visions de l’Ange du Portugal qui ont eu lieu au printemps, à l’été et à l’automne 1916. Lors de la première vision, tout en disant aux pastoureaux de ne pas avoir peur et en leur assurant qu’il était « l’Ange de la paix», il leur a appris à réciter trois fois cette prière :
Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas. (7)
Le messager de Dieu aux pastoureaux indiquait déjà la manière dont la Mère de Dieu allait conduire le monde à faire face à la grave crise du matérialisme athée ou du communisme et à son apostasie intrinsèque : la voie de la foi et de la prière, et celle de la pénitence et de la réparation.
L’apostasie ne se limite pas simplement à la négation de la foi, mais elle implique tous les aspects de la foi. Selon les termes du Dictionnaire de Théologie Catholique, « L’apostasie est un péché contre la foi, puisqu’elle rejette la doctrine révélée ; contre la religion, puisqu’elle refuse à Dieu le culte vrai ; contre la justice, puisqu’elle foule aux pieds les promesses du chrétien ». (8) Se référant à un auteur moderne qui qualifie l’apostasie de « suicide spirituel », le Dictionnaire de Théologie Catholique déclare :
Ce « suicide religieux » est, après la haine de Dieu, le plus grave des péchés, parce que plus complètement et plus définitivement que les fautes simplement opposées aux vertus morales, il sépare de Dieu les puissances de l’âme, intelligence et volonté. (9)
Il est clair que l’apostasie, explicite ou implicite, éloigne les cœurs du Cœur Immaculé de Marie et, par conséquent, du Sacré-Cœur de Jésus, seule source de notre salut. À cet égard, comme le message de Fatima le montre clairement, les pasteurs de l’Église, qui d’une certaine manière coopèrent avec l’apostasie, y compris par leur silence, portent un très lourd fardeau de responsabilité.
Les études les plus respectées sur les apparitions de Notre Dame de Fatima soutiennent que la troisième partie du Message ou Secret de Fatima a trait aux forces diaboliques qui se sont déchaînées sur le monde à notre époque et qui entrent dans la vie même de l’Église, qui éloignent les âmes de la vérité de la foi et, par conséquent, de l’Amour Divin qui coule du Cœur glorieux et transpercé de Jésus. (10) Notre Dame de Fatima précise que seule la foi, qui place l’homme dans la relation d’unité de cœur avec le Sacré-Coeur de Jésus, par la médiation de son Cœur Immaculé, peut sauver l’homme des châtiments matériels et spirituels que la rébellion contre Dieu entraîne nécessairement sur ses auteurs et sur l’ensemble de la société et de l’Eglise. Elle exhorte donc à une conversion quotidienne de la vie pour le salut des âmes et le salut du monde.
Se référant aux châtiments nécessairement liés aux graves péchés de l’époque, la Vierge, lors de son apparition le 13 juillet 1917, a annoncé la paix que Dieu veut donner aux âmes et au monde. Elle nous enseigne que la paix de Dieu viendra au monde par deux moyens : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, et la pratique de la communion de réparation le premier samedi du mois. Notre Dame a adressé ces paroles aux enfants des bergers :
Pour empêcher cette guerre [la punition du monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l’Église et ke Saint-Père"], je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on entend mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.
À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira et il y aura un certain temps de paix. Au Portugal, le dogme de la Foi sera toujours préservé, etc. (11)
La Vierge indique le remède spirituel à la situation déplorable dans laquelle se trouvent le monde et l’Église. Elle prédit également les terribles châtiments physiques qui résulteraient de l’échec à consacrer l’agent de la propagation du communisme athée au Sacré-Cœur de Jésus par son Cœur Immaculé, et à entreprendre la pratique régulière de la réparation de tant d’offenses commises contre l’amour incommensurable et incessant de Dieu manifesté si parfaitement dans le Cœur glorieux et transpercé de Jésus.
La consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie est plus nécessaire aujourd’hui que jamais. Lorsque nous voyons comment le mal du matérialisme athée, qui a ses racines en Russie, dirige de manière radicale le gouvernement de la République populaire de Chine, nous reconnaissons que le grand mal du communisme doit être guéri à la racine par la consécration de la Russie, comme l’a demandé la Vierge. Reconnaissant la nécessité d’une conversion totale du matérialisme athée et du communisme au Christ, l’appel de Notre-Dame de Fatima à consacrer la Russie à son Cœur Immaculé, en accord avec son instruction explicite, reste urgent.
La communion de réparation des premiers samedis représente le cœur d’une vie cohérente vécue dans le Christ, une union des cœurs, unis au Cœur Immaculé de Marie, au Cœur sacré de Jésus. Nous avons l’assurance de Notre Dame que son Cœur Immaculé triomphera, que la vérité et l’amour de son Divin Fils triompheront. Nous sommes appelés à être les agents de son triomphe par notre obéissance à son conseil maternel. N’oublions pas la description de la troisième partie du Secret par Sœur Lucie, dans laquelle elle évoque « l’Ange à l’épée flamboyante » qu’elle a vu à la gauche de la Vierge :
Désignant la terre de sa main droite, l’Ange s’est écrié d’une voix forte : « Pénitence, Pénitence, Pénitence ! » (12)
Sœur Lucie décrit ensuite le martyre de ceux qui sont restés fidèles à Notre Seigneur, de ceux qui d’un seul cœur sont dans le Cœur Immaculé de Marie, dans le Sacré Cœur de Jésus. (13) Ne manquons pas d’embrasser toute souffrance qui pourrait nous atteindre à cause de notre témoignage fidèle à Celui qui est le véritable trésor de nos cœurs, à Celui qui est le Roi du Ciel et de la Terre.
La réalité de l’apostasie de la foi, qui se manifeste par la propagation du matérialisme athée à notre époque, nous effraie profondément, et à juste titre. Notre amour pour le Christ et pour son Corps Mystique, l’Église, nous fait comprendre la gravité du mal qui cherche à nous priver de notre salut éternel dans le Christ. Ne cédons pas au découragement, mais rappelons-nous plutôt que le Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie, assumé dans la gloire, ne cesse jamais de battre avec amour pour nous, les enfants que son Divin Fils lui a donnés alors qu’il mourait sur la Croix. (14) Avec un soin maternel, elle attire nos cœurs vers son Cœur Immaculé glorieux, afin de porter nos cœurs vers le Cœur Divin, le Cœur sacré de Dieu le Fils, qui est le Fils de Marie, qui n’a jamais cessé de battre avec amour pour nous et pour notre monde. Elle nous enseigne, comme elle a enseigné aux sommeliers des Noces de Cana dans leur détresse : « Faites tout ce qu’il vous dira. » (15) Soyons prêts, avec l’aide de la Vierge Mère de Dieu, à accepter tout sacrifice qui nous sera demandé, afin d’être de fidèles frères et sœurs du Christ, de fidèles soldats du Christ, le Fils unique de Dieu, de fidèles coopérateurs de sa grâce.
Prions chaque jour pour la conversion de la Russie, et empruntons le chemin de la prière, de la pénitence et de la réparation que nous enseigne Notre-Dame de Fatima. Faisons nôtre la prière enseignée aux enfants du saint berger par l’Ange du Portugal lors de sa première vision :
Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas. (16)
En priant ainsi, n’oublions pas les paroles du même Ange, messager de Dieu auprès des enfants des bergers pour les préparer aux apparitions de la Mère de Dieu :
Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. (17)
Ne doutons jamais que les Cœurs de Jésus et de Marie sont toujours ouverts pour recevoir nos prières et nous aider dans tous nos besoins.
Pour nous, suivons le conseil du même Ange, donné aux pastoureaux lors de sa deuxième apparition : « Offrez des prières et des sacrifices au Très-Haut. » (18) Faisons, comme l’Ange l’a fait pour instruire les enfants :
De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie. Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra. (19)
A l’instar des saints pastoureaux, acceptons avec joie la souffrance pour le pardon des péchés et la réparation du désordre que le péché introduit toujours dans notre vie personnelle et dans le monde. Soyons réalistes face aux grands maux qui assaillent le monde et l’Église, et, en même temps, soyons pleins d’espoir dans la victoire du Sacré-Cœur de Jésus par le Cœur Immaculé de Marie, pour laquelle nous luttons chaque jour avec les incomparables armes spirituelles de la prière et de la pénitence, et de la réparation des péchés commis.
Je vous assure de mes prières quotidiennes, demandant à Notre Seigneur, par l’intercession de Notre Dame de Fatima, des Quatorze saints auxiliaires et de saint Roch, de vous garder à l’abri du mal du coronavirus COVID-19 et de tout autre mal. Que Dieu vous bénisse, vous et vos foyers.
Raymond Leo cardinal Burke

© leblogdejeannesmits pour la traduction
© Photo : Olivier Figueras
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1 Cf. l’édition de la Confrérie du Père Connell, New Baltimore Catechism, n° 3 (New York : Benziger Brothers, Inc., 1949), pp. 5-7, nos. 3-4.
2 Cf. le Catéchisme de l’Église catholique, n° 2180.
3 2 Pet 3, 13.
4 Cf. Apoc. 19, 7-9.
5 2 P 3, 13.
6 Apoc. 19, 7-9.
7 « Meu Deus ! Eu creio, adoro, espero e amo-Vos. Peço-Vos perdão para os que não crêem, não adoram, não esperam e Vos não amam. » Carmelo de Coimbra, Um caminho sob o olhar de Maria. Biografia da Irmã Maria Lúcia de Jesus e do Coração Imaculado O.C.D. (Marco de Canaveses : Edições Carmelo, 2013), p. 37. [Ci-après, Carmelo de Coimbra].
8 « L’apostasie est un péché contre la foi, puisqu’elle rejette la doctrine révélée ; contre la religion, puisqu’elle refuse à Dieu le culte vrai ; contre la justice, puisqu’elle foule aux pieds les promesses du chrétien. » Dictionnaire de Théologie Catholique, Tome premier (Paris : Letouzey et Ané, 1903), col. 1604. [Ci-après, DTC].
9 "Ce « suicide religieux » est, après la haine de Dieu, le plus grave des péchés, parce que plus complètement et plus définitivement que les fautes simplement opposées aux vertus morales, il sépare de Dieu les puissances de l’âme humaine, intelligence et volonté. DTC, col. 1604.
10 Cf. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la vérité sur Fatima. Tome 3 : Le troisième secret (1942-1960) (Saint-Parres-lès-Vaides [France] : Renaissance Catholique Contre-Réforme Catholique, 1985), p. 552.
11 « Para a impedir, virei pedir a consagração da Rússia a Meu Imaculado Coração e a Comunhão reparadora nos primeiros sábados. Se atenderem a Meus pedidos, a Rússia se converterá e terão paz ; se não, espalhará seus erros pelo mundo, promovendo guerras e perseguições à Igreja. Os bons serão martirizados, o Santo Padre terá muito que sofrer, várias nações serão aniquiladas.
Por fim, o Meu Imaculado Coração triunfará. O Santo Padre consagrar-Me-á a Russia que se converterá e será concedido ao mundo algum tempo de paz. Em Portugal se conservará sempre o dogma da Fé, etc. » Carmelo de Coimbra, p. 63.
12 « O Anjo apontando com a mão direita para a terra, come voz forte disse : Penitência, Penitência, Penitência ! » Carmelo de Coimbra, p. 64.
13 Cf. Carmelo de Coimbra, p. 64-65.
14 Cf. Jn 19, 26-27.
15 Jn 2, 5.
16 « Meu Deus ! Eu creio, adoro, espero e amo-Vos. Peço-Vos perdão para os que não crêem, não adoram, não esperam e Vos não amam. » Carmelo de Coimbra, p. 37.
17 « Orai assim. Os Corações de Jesus e Maria estão atentos à vos das vossas súplicas ». Carmelo de Coimbra, p. 37.
18 « Oferecei constantemente, ao Altíssimo, orações e sacrifícios. » Carmelo de Coimbra, p. 37.
19 « De tudo que puderdes, oferecei a Deus sacrifício em acto de reparação pelos pecados com que Ele é ofendido e súplica pela conversão dos pecadores. Atraí assim, sobre a vossa Pátria, a paz ». Carmelo de Coimbra, p. 37.


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09 avril, 2016

“Voice of the Family” publie une première analyse critique d'“Amoris Laetitia”

“Voice of the Family”, une coalition d'associations provie et pro-famille a publié cet hier soir une analyse critique de l'Exhortation apostolique “Amoris Laetitia”. Je vous en propose ici ma traduction. On notera particulièrement la citation tronquée et hors contexte de “Gaudium et Spes”. – J.S.



La promulgation de l'Exhortation apostolique Amoris Laetitia par le pape François marque la conclusion d'un processus synodal qui a été dominé par des tentatives visant à saper la doctrine catholique sur les questions relatives à la vie humaine, au mariage et à la famille ; sur des questions qui comprennent, mais qui ne se limitent pas à l’indissolubilité du mariage, la contraception, les méthodes artificielles de reproduction, homosexualité, l'idéologie du genre et les droits des parents et des enfants. Ces tentatives en vue d'altérer la doctrine catholique affaiblissent le témoignage de l'Eglise en faveur des vérités d’ordre naturel et surnaturel et ont menacé le bien-être de la famille, spécialement les plus faibles ou les plus vulnérables.

L'Exhortation apostolique Amoris Laetitia est un document très long, qui aborde une vaste quantité de sujets relatifs à la famille. De nombreux passages reflètent fidèlement l'enseignement catholique mais cela ne peut en aucun cas atténuer la gravité des passages qui sapent l'enseignement et la pratique de l'Eglise catholique. Voice of the Family a l'intention de présenter des analyses complètes des problèmes sérieux que pose le texte au cours des jours et des semaines à venir.
Voice of the Family exprime d'emblée un certain nombre d'inquiétudes, avec le plus grand respect pour l'office pontifical ; et ce uniquement en raison d’un désir sincère d'assister la hiérarchie dans la proclamation de la doctrine catholique sur la vie, le mariage et la famille, et pour promouvoir le bien authentique de la famille et de ses membres les plus vulnérables.
Nous considérons qu’en soulevant les problèmes suivants nous remplissons notre devoir tel que l’expose clairement le code de droit canonique :
« Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauvent l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux Pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes » (canon 212 §3).
Permettre au « divorcés remariés » d'accéder à la communion
Amoris Laetitia, au cours du chapitre 8, paragraphes 291 à 312, propose nombre d'approches qui préparent la voie à l'accès des catholiques « divorcés remariés » à la communion sans véritable repentance ni changement de vie. Ces paragraphes présentent :
1. Un exposé confus de l'enseignement de l'Eglise sur la nature et les effets du péché mortel, sur l'imputabilité du péché, et sur la nature de la conscience.
2. L'utilisation d'un langage idéologique au lieu de la terminologie traditionnelle de l'Eglise.
 3. Le recours à des citations isolées et trompeuses de documents ecclésiaux antérieurs.
Un exemple particulièrement troublant d'une citation inexacte de l'enseignement antérieure se trouve au paragraphe 298 dans la déclaration du pape Jean-Paul II dans Familiaris Consortio, selon laquelle il existe des situations où, « pour de graves motifs – par l'exemple l'éducation des enfants –, remplir l'obligation de la séparation ». Cependant dans Amoris Laetitia la deuxième moitié de la phrase du pape Jean-Paul II, qui affirme que de tels couples « prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux » (FC 84), est omise.
En outre, dans la note de bas de page qui accompagne cette citation trompeuse, nous lisons :
« Dans de telles situations, de nombreuses personnes, connaissant et acceptant la possibilité de vivre “comme frères et sœurs” que l’Eglise leur offre, soulignent que si certaines expressions d’intimité font défaut, “il arrive souvent que la fidélité coure des risques et le bien des enfants être compromis” (Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde moderne Gaudium et Spes 51. » 
Le document se réfère en effet à cette opinion erronée mais n'explique pas pourquoi il s'agit d'une approche fausse qui consiste en ceci :
1.  Tous les actes sexuels en dehors d'un mariage valide intrinsèquement mauvais et il n'est jamais possible de justifier un acte intrinsèquement mauvais, fût-ce en vue d'obtenir une bonne fin.
2. « La fidélité est mise en péril » par des actes d'intimité sexuelle en dehors du mariage mais la fidélité se vit lorsque deux individus au sein d’une union invalides s'abstiennent de l'intimité sexuelle par fidélité à leur union originelle, qui demeure valide.
 3. La citation implique que les enfants vont souffrir parce que leurs parents, avec l'aide de la divine grâce, vivent chastement. Au contraire, de tels parents donnent à leurs enfants un exemple de fidélité, de chasteté et de confiance en la puissance de la grâce de Dieu.

Le document cite Gaudium et Spes mais le passage est cité hors contexte et ne soutient pas l'argument avancé. Le contexte dit clairement que Gaudium et Spes parle de catholiques mariés, dans le contexte de la procréation, et non pas de ceux qui cohabitent au sein d'une union invalides. La phrase complète est celle-ci :
« Là où l’intimité conjugale est interrompue, la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis : car en ce cas sont mis en péril et l’éducation des enfants et le courage nécessaire pour en accepter d’autres ultérieurement. »
Il est donc difficile de ne pas en conclure que l'exhortation apostolique est en train au moins de soulever l'éventualité selon laquelle des actes sexuels adultères pourrait dans certains cas être justifiés et qu'il a mal cité Gaudium et Spes dans l'objectif apparent de donner un fondement à cela.
D’autres approches qui sapent la doctrine catholique sur la réception des sacrements seront soulevés par Voice of the Family prochainement.

Les droits parentaux et l'éducation sexuelle
Amoris Laetitia comprend une section intitulée « Oui à l’éducation sexuelle »  (paragraphes 280 à 286).  Cette section recouvre plus de 5 pages sans même nommer les parents une seule fois. A l’inverse on y fait référence aux « institutions éducatives ». Mais l'éducation sexuelle, « droit et devoir fondamentaux des parents doit toujours se réaliser sous leur conduite attentive, tant à la maison que dans les centres d'éducation choisis et contrôlés par eux » (Jean-Paul II, Familiaris Consortio n° 37).
L'omission de cet enseignement fait gravement défaut aux parents au moment où les droits parentaux concernant l'éducation sexuelle sont sous le coup d’attaques graves et répétées dans de nombreuses nations du monde et dans le cadre des institutions internationales. Dans ce chapitre, Amoris Laetitia ne cite aucun des documents antérieurs de l'Eglise qui affirment clairement ce droit ; mais il cite un psychanalyste, Erich Fromm, associé à l'École de Francfort. Les références antérieures du document aux droits parentaux au paragraphe 84, quoique bienvenues, ne compensent pas le fait que les parents aient été exclus de ce chapitre.

 Les unions homosexuelles
Amoris Laetitia, dans la continuité d'une approche adoptée dans les documents synodaux antérieurs, implique que les unions de couples de même sexe peuvent présenter une certaine stabilité et peuvent avoir une sorte de similarité voire de relation au mariage. L’Exhortation déclare :
« Nous devons reconnaître la grande variété des situations familiales qui peuvent offrir une certaine protection, mais les unions de fait, ou entre personnes du même sexe, par exemple, ne peuvent pas être placidement comparées au mariage » (§ 52).
Il y a de forte pression dans les institutions internationales en vue de faire abolir le concept traditionnel de la famille à travers l'adoption d'un langage qui fait référence à la variété ou à la diversité des formes familiales. L'idée selon laquelle les unions de même sexe font partie d'une de la grande variété des situations familiales est précisément ce contre quoi les groupes pro-famille se battent. En ayant recours à ce langage l'exhortation apostolique sape le travail du mouvement pro-famille en vue de protéger la véritable définition de la famille et ainsi de protéger les enfants qui dépendent de la structure familiale voulu par Dieu pour leur bien-être et pour leur sain développement.
Il faut noter que dans le paragraphe 251 l'enseignement authentique de l'Eglise, selon lequel « il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille », est réaffirmé.

Idéologie du genre
Amoris Laetitia avalise un aspect central de l'idéologie du genre en affirmant qu'il est nécessaire d'insister sur le fait que le sexe biologique et le genre socioculturel peuvent être « distingués mais non séparés » (paragraphe 56). Cette acceptation du principe sous-jacent de la théorie du genre sape la critique, par ailleurs bienvenue dans le document, de l'idéologie et de ses effets. La notion fausse selon laquelle le sexe biologique peut être distingué de ce qu'on appelle le genre a d'abord été proposée au cours des années 1950 et elle constitue le fondement de l'idéologie du genre. L'opposition aux conséquences de « l'idéologie du genre » sera impossible si son premier principe erroné est accepté.

Les atteintes à la vie humaine innocente
Amoris Laetitia échoue à prendre la mesure de la menace contre les enfants à naître, les vieillards et les handicapés. Selon des estimations prudentes plus d'un milliard d’enfants à naître ont été détruits par l'avortement au cours du siècle dernier. Mais dans un document qui veut relever les défis auxquels la famille fait face – un document de 264 pages – il n'y a que quelques mentions, en passant, de l'avortement. La destruction causée par les méthodes artificielles de reproduction n’est pas non plus mentionnée alors que celles-ci ont causé la perte de millions de vies humaines. L'absence d’une prise en compte sérieuse des atteintes à la vie à naître dans ce contexte constitue une grave omission.
Il y a également très peu de références à l'euthanasie et au suicide assisté malgré les pressions croissantes en vue de les faire légaliser dans le monde entier. Le fait de n'avoir pas évoqué cette menace de manière adéquate constitue également une omission très regrettable.

Contraception
Amoris Laetitia échoue à reformuler de manière adéquate l'enseignement catholique sur le recours à la contraception. Il s'agit d'une omission troublante vu que la séparation des fins procréative et unitive de l'acte sexuel est un catalyseur de premier plan pour la culture de mort, et qu'il y a une désobéissance massive ainsi qu'une ignorance à l’égard de l'enseignement de l'Église dans ce domaine précisément parce que la hiérarchie à manqué à son devoir de communiquer cette vérité. La manière dont le document aborde la conscience souffre également de défauts à la fois dans le paragraphe 222 qui parle de la paternité responsable, et dans le chapitre 8 qui évoque l'accès au sacrement de ceux qui se trouve en situation d'adultère public. Le paragraphe 303 est particulièrement inquiétant, notamment lorsqu'il affirme :
« Mais cette conscience peut reconnaître non seulement qu’une situation ne répond pas objectivement aux exigences géné­rales de l’Évangile. De même, elle peut recon­naître sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu, et découvrir avec une certaine as­surance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif. De toute manière, souvenons-nous que ce discernement est dynamique et doit demeurer toujours ouvert à de nouvelles étapes de croissance et à de nouvelles décisions qui permettront de réaliser l’idéal plus pleinement. »
Cette assertion semble faire sien une mauvaise interprétation de la loi de la gradualité et elle suggère que dans certaines occasions le péché n'est pas seulement impossible à éviter mais même activement voulu par Dieu pour telle personne. Cela serait clairement inacceptable.

Conclusion
Ce texte ne constitue qu'une brève introduction aux très nombreux problèmes que l'on rencontre dans Amoris Laetitia. Il va falloir l’étudier de manière plus approfondie afin de mettre au jour toutes les implications du texte mais il est déjà extrêmement clair que le document ne parvient pas à fournir un exposé clair et fidèle de la doctrine catholique et qu'il conduit immanquablement vers des conclusions qui auraient pour résultat des violations de l'enseignement immuable de l'Eglise catholique, et des disciplines qui sont fondés sur lui. Notre analyse initiale  soulève suffisamment de raisons pour considérer ce document comme une menace pour l'intégrité de la foi catholique et pour le bien authentique de la famille.
Nous réitérons une nouvelle fois que nous exprimons ces critiques avec une grand respect envers la charge pontificale, tout en ayant conscience de nos devoirs en tant que laïcs catholiques vis-à-vis du bien de l'Eglise, et de nos devoirs en tant que militants provie et pro-famille, qui devons travailler à protéger la famille et ses membres les plus vulnérables.

Voice of the family est une coalition internationale de 26 organisations provie et pro-famille, qui était présente à Rome à la fois au cours du Synode extraordinaire en 2014 et du Synode ordinaire sur la famille en 2015. Contact : enquiry@voiceofthefamily.com.


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