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15 octobre, 2020

Cardinal Raymond Burke : “L'éducation fait aujourd'hui l'objet d'attaques féroces.” Traduction intégrale de sa conférence sur les parents, premiers éducateurs

Le cardinal Raymond Leo Burke a donné vendredi dernier une vidéo-conférence dans le cadre d'un colloque virtuel organisé par la coalition pro-famille “Voice of the Family”. Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale de son intervention que l'on pourra retrouver ici dans sa diffusion en anglais, au cœur d'un événement intitulé : “L'appel des pères aux évêques : aidez-nous à défendre la pureté de nos enfants.”

Cette conférence du cardinal Burke est particulièrement opportune au moment où Emmanuel Macron vient de faire savoir qu'il entend interdire par principe l'école à la maison – si ce n'est dans des cas exceptionnels liés à la santé de l'enfant – et mettre en place une obligation de scolarisation dès trois ans, et ce à compter de la rentrée 2021, notamment pour « protéger » les enfants « de la religion ».

Voici la traduction intégrale autorisée de la conférence du cardinal Burke, que celui-ci a bien voulu relire et réviser. – J.S.

*

Les droits des parents en tant que premiers éducateurs de leurs enfants
et l’obligation des parents de s’opposer à un programme scolaire
qui contredit la loi morale




Ce m’est un grand plaisir que d’aider Voice of the Family dans sa noble tâche de promotion de la saine doctrine et de la discipline de l’Église à propos du mariage et de son fruit incomparable : la famille. Je suis particulièrement heureux d’aborder la question cruciale de l’éducation, mission essentielle de la famille, et en même temps expression fondamentale de notre culture.

Toute personne qui réfléchit ne peut que constater combien l’éducation fait aujourd’hui l’objet d’attaques féroces. Tant dans le domaine de l’éducation que dans celui du droit, en tant qu’expressions fondamentales de notre culture, nous assistons à l’abandon de la compréhension de la nature humaine et de la conscience par laquelle Dieu nous appelle à respecter la vérité de la nature, et à vivre en accord avec cette vérité dans un amour pur et désintéressé.

Saint Paul, dans sa Lettre aux Ephésiens, se référant à l’aliénation de l’homme par rapport à Dieu et, par conséquent, par rapport au monde, déclare :

« Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois éloignés, vous avez été rapprochés par le sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix, qui des deux peuples n’en a fait qu’un ; il a renversé le mur de séparation, l’inimitié, dans sa chair ; il a aboli la loi des ordonnances avec ses prescriptions, afin de former en lui-même, de ces deux peuples, un seul homme nouveau, en faisant la paix, et de les réconcilier tous deux dans un seul corps, avec Dieu, par la croix, en détruisant en lui-même leur inimitié. Et il est venu annoncer la paix, à vous qui étiez loin, et à ceux qui étaient près ; car c’est par lui que nous avons accès les uns et les autres dans un même Esprit auprès du Père. Vous n’êtes donc plus des étrangers et des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, et membres de la famille de Dieu, puisque vous avez été édifiés sur le fondement des Apôtres et des prophètes, le Christ Jésus étant lui-même la pierre angulaire. En lui, tout l’édifice, bien coordonné, grandit pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous entrez dans sa structure, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit-Saint. » (Eph. 2, 13-22)

C’est le Christ seul qui ouvre la compréhension et qui anime le cœur afin que celui-ci embrasse la vérité, et pour qu’il la vive dans l’amour. C’est pourquoi les éducateurs, en coopération avec les parents, conduisent les enfants à connaître le Christ et à le suivre en toutes choses, et ils les guident ainsi vers la paix que désire tout cœur humain. L’éducation, tant à la maison qu’à l’école, ouvre les yeux de l’enfant à la contemplation du mystère de l’amour de Dieu pour nous en l’envoi de son Fils unique dans notre chair humaine et en l’envoi de son Saint Esprit dans nos âmes, grand fruit de l’Incarnation rédemptrice.

Les parents qui, jadis, comptaient sur les écoles pour les aider à élever leurs enfants afin que ceux-ci devinssent de véritables citoyens du ciel et de la terre, de bons membres de l’Église et de bons membres de la société civile, constatent que certaines écoles sont des lieux d’endoctrinement au service du matérialisme athée, et du relativisme qui lui est associé. Ces écoles, en effet, tentent de détruire l’éducation reçue à la maison à propos des vérités les plus fondamentales : la vérité concernant la dignité inviolable de la vie humaine innocente, la vérité sur la sexualité humaine et le mariage, et le caractère irremplaçable de la relation de l’homme avec Dieu, ou de la sainte religion. De plus, lorsque les parents tentent à juste titre de protéger leurs enfants d’une telle idéologie nihiliste, ces écoles tentent de leur imposer l’endoctrinement de manière totalitaire.

Malheureusement, certaines écoles catholiques, pour diverses raisons, reproduisent la situation des écoles non-catholiques en servant l’idéologie anti-vie, anti-famille et anti-religion qui caractérise l’éducation de manière générale. Cette dernière situation est particulièrement pernicieuse, car les parents envoient leurs enfants dans une école catholique, ayant confiance en son caractère véritablement catholique, alors qu’en fait, il n’en est rien. Le fonctionnement de telles écoles sous le vocable catholique est une profonde injustice pour les familles.

À la racine de la situation culturelle déplorable dans laquelle nous nous trouvons, il y a la perte du sens de la nature et de la conscience. Le pape Benoît XVI a abordé cette perte au regard des fondements du droit, dans son discours au Parlement allemand, le Bundestag, lors de sa visite pastorale en Allemagne en septembre 2011. S’appuyant sur l’histoire du jeune roi Salomon lors de son accession au trône, il a rappelé aux dirigeants politiques l’enseignement des Saintes Écritures concernant le labeur de la politique. Dieu avait demandé au roi Salomon quelle requête celui-ci souhaitait faire au commencement de son règne sur le saint peuple de Dieu. Le Saint-Père commentait :

« Que demandera le jeune souverain en ce moment si décisif ? Succès, richesse, une longue vie, l’élimination de ses ennemis ? Il ne demanda rien de tout cela. Par contre il demanda : « Donne à ton serviteur un cœur docile pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal (cf. 1 R, 3,9). »

L’histoire du roi Salomon, comme l’a observé le pape Benoît XVI, enseigne quelle doit être la fin de l’activité politique et, par conséquent, du gouvernement. Il déclarait : «  La politique doit être un engagement pour la justice et créer ainsi les conditions de fond pour la paix. (…) Servir le droit et combattre la domination de l’injustice est et demeure la tâche fondamentale du politicien. » 

Benoît XVI a ensuite posé la question de savoir comment nous pouvons connaître le bien et la justice que l’ordre politique, et plus particulièrement le droit, doivent sauvegarder et promouvoir. Tout en reconnaissant que dans de nombreux domaines « le critère de la majorité peut être suffisant », il a observé qu’un tel principe ne suffit pas « dans les questions fondamentales du droit, où est en jeu la dignité de l’homme et de l’humanité ».  En ce qui concerne les fondements mêmes de la vie de la société, le droit civil positif doit respecter « [la] nature et à [la] raison comme vraies sources du droit ».  En d’autres termes, il faut avoir recours à la loi morale naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur de chaque homme. Je pense à ma propre patrie, les États-Unis d’Amérique, où la Cour suprême de la nation a eu la présomption de définir le début de la vie humaine, la nature du partenariat du mariage, et la sexualité humaine elle-même selon des considérations matérialistes et relativistes, sentimentales, au mépris de la loi écrite par Dieu dans le cœur de l’homme. 

Ce que Benoît XVI a observé concernant les fondements du droit dans la nature et la conscience met en évidence le travail fondamental de l’éducation, à savoir le travail consistant à favoriser chez les élèves « un cœur à l’écoute » qui s’efforce de connaître la loi de Dieu et de la respecter par le développement de la vie des vertus. La véritable éducation vise à amener la personne humaine « à sa pleine maturité humaine et chrétienne ».  Disons simplement que les parents doivent veiller à ce que l’éducation donnée à leurs enfants soit cohérente avec l’éducation chrétienne et l’éducation au foyer. De même que la famille est essentielle à la transformation de la culture, l’éducation l’est également en raison de son lien intrinsèque avec la croissance et le développement de l’enfant.

Le très dynamique programme anti-vie, anti-famille et anti-religion de notre époque progresse, en grande partie, en raison du manque d’attention et d’information du grand public. Les médias omniprésents, qui sont les puissants promoteurs de ce programme, désorientent et corrompent les esprits et les cœurs, et émoussent les consciences face à la loi écrite par Dieu dans la nature et dans le cœur de chaque homme. Dans sa lettre encyclique sur l’Évangile de la vie, Evangelium Vitae, Jean-Paul II affirmait :

« Il est urgent de se livrer à une mobilisation générale des consciences et à un effort commun d’ordre éthique, pour mettre en œuvre une grande stratégie pour le service de la vie. Nous devons construire tous ensemble une nouvelle culture de la vie : nouvelle, parce qu’elle sera en mesure d’aborder et de résoudre les problèmes inédits posés aujourd’hui au sujet de la vie de l’homme; nouvelle, parce qu’elle sera adoptée avec une conviction forte et active par tous les chrétiens; nouvelle, parce qu’elle sera capable de susciter un débat culturel sérieux et courageux avec tous. L’urgence de ce tournant culturel tient à la situation historique que nous traversons, mais elle provient surtout de la mission même d’évangélisation qui est celle de l’Eglise. En effet, l’Evangile vise à “transformer du dedans, à rendre neuve l’humanité elle-même” ; il est comme le levain qui fait lever toute la pâte (cf. Mt 13, 33) et, comme tel, il est destiné à imprégner toutes les cultures et à les animer de l’intérieur, afin qu’elles expriment la vérité tout entière sur l’homme et sur sa vie. »

Ce que Jean-Paul II a affirmé à propos de la mobilisation des consciences par rapport à l’inviolabilité de la vie humaine innocente s’applique certainement tout autant et tout aussi fortement à la mobilisation des consciences à l’égard l’intégrité du mariage et de la vie familiale, et à l’égard de la relation irremplaçable avec Dieu, à savoir la sainte religion.

Jean-Paul II n’a pas manqué de noter que de tels efforts doivent commencer par « renouveler la culture de la vie à l’intérieur des communautés chrétiennes elles-mêmes ».  L’Église elle-même doit se pencher sur la situation de tant de ses membres qui, même s’ils prennent part aux activités de l’Église, « tombent trop souvent dans une sorte de dissociation entre la foi chrétienne et ses exigences éthiques à l’égard de la vie, en arrivant ainsi au subjectivisme moral et à certains comportements inacceptables ».  Cette séparation entre la foi de la vie pratique est particulièrement dévastatrice lorsqu’elle touche l’éducation. L’enfant à qui l’on apprend à avoir un « cœur à l’écoute », et qui est naturellement accordé avec sa conscience, avec la loi de Dieu écrite dans son cœur, est corrompu par ceux en qui il est amené à mettre sa confiance. Il n’est que de penser à la corruption engendrée par une fausse éducation à la sexualité humaine : elle est omniprésente. Les parents ne peuvent pas être assez attentifs lorsqu’existe la possibilité qu’une telle corruption s’immisce dans ce qui devrait être l’éducation de leurs enfants.

L’éducation catholique des enfants et des jeunes est une éducation complète, c’est-à-dire le développement de la raison par la transmission compétente de connaissances et de compétences dans le contexte de la foi, par l’étude de Dieu et de son plan pour nous et pour notre monde, tel qu’Il s’est révélé lui-même, et tel qu’Il a révélé ce plan. Voici comment Pie XI, dans sa lettre encyclique Divini Illius Magistri, décrivait l’éducation catholique ou chrétienne :

« La fin propre et immédiate de l’éducation chrétienne est de concourir à l’action de la grâce divine dans la formation du véritable et parfait chrétien, c’est-à-dire à la formation du Christ lui-même dans les hommes régénérés par le baptême, suivant l’expression saisissante de l’Apôtre : Mes petits enfants pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous. En effet, le vrai chrétien doit vivre sa vie surnaturelle dans le Christ, le Christ, votre vie, dit encore l’Apôtre, et le manifester dans toutes ses actions, afin que la vie même de Jésus soit manifestée dans notre chair mortelle.

« Il s’ensuit que l’éducation chrétienne embrasse la vie humaine sous toutes ses formes: sensible et spirituelle, intellectuelle et morale, individuelle, domestique et sociale, non certes pour la diminuer en quoi que ce soit, mais pour l’élever, la régler, la perfectionner, d’après les exemples et la doctrine du Christ. Le vrai chrétien, fruit de l’éducation chrétienne, est donc l’homme surnaturel qui pense, juge, agit, avec constance et avec esprit de suite, suivant la droite raison éclairée par la lumière surnaturelle des exemples et de la doctrine du Christ: en d’autres termes, c’est un homme de caractère. Ce n’est pas n’importe quelle suite ou fermeté de conduite, basée sur des principes tout subjectifs, qui constitue le caractère, mais la constance à obéir aux principes éternels de la justice. Le poète païen le reconnaît lui-même quand il loue sans les séparer les deux qualités de “l’homme juste et ferme dans sa résolution”. C’est d’ailleurs une condition de la pleine justice que de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, comme le fait le vrai chrétien. »

Seule une éducation aussi complète peut guider nos enfants et nos jeunes sur la voie du bonheur pour lequel Dieu a créé chacun de nous. Grâce à une bonne éducation à la maison et à l’école, les enfants connaissent le bonheur tant pendant les jours de leur pèlerinage terrestre qu’éternellement en atteignant le but de leur pèlerinage, qui est le Ciel. Seule une telle éducation peut transformer notre culture.

La famille est le premier lieu d’éducation : c’est cette vérité qui définit essentiellement la mission de l’école. L’école est au service de la famille et, par conséquent, elle travaille en étroite collaboration avec elle pour amener les enfants à une maturité toujours plus grande, à la plénitude de la vie dans le Christ. Concernant le mariage et la famille chrétiens, et la mission de l’éducation, Saint Jean Paul II, dans son Exhortation apostolique post-synodale sur la famille de 1981, Familiaris Consortio, a déclaré que « la famille chrétienne, en effet, est la première communauté appelée à annoncer l’Evangile à la personne humaine en développement et à conduire cette dernière, par une éducation et une catéchèse progressives, à sa pleine maturité humaine et chrétienne ».  L’éducation chrétienne dans la famille et à l’école introduit les enfants et les jeunes, de manière toujours plus profonde, dans la Tradition, dans le grand don de notre vie dans le Christ au sein de l’Église, qui nous ont été transmis fidèlement, suivant une ligne ininterrompue, par les Apôtres et leurs successeurs.

Si l’éducation doit être saine, c’est-à-dire au service du bien de l’individu et de la société, doit être particulièrement attentive à s’armer contre les erreurs du sécularisme et du relativisme, de peur de ne pas parvenir à communiquer aux générations suivantes la vérité, la beauté et la bonté de notre vie et de notre monde, telles qu’elles s’expriment dans l’enseignement immuable de la foi, dans son expression la plus haute par la prière, la dévotion et le culte divin, et dans la sainteté de vie de ceux qui professent la foi et adorent Dieu « en esprit et en vérité ». 

La Déclaration sur l’éducation chrétienne, Gravissimum Educationis, du Concile œcuménique Vatican II, a clairement indiqué que la responsabilité première de l’éducation des enfants incombe aux parents qui font confiance aux saines écoles pour les aider à assurer la partie de l’éducation totale de leurs enfants qu’ils ne sont pas en mesure de transmettre à la maison. Le bien essentiel du mariage, qui est le don des enfants, comprend à la fois la procréation et l’éducation de l’enfant. Je cite Gravissimum Educationis :

« Les parents, parce qu’ils ont donné la vie à leurs enfants, ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs. Le rôle éducatif des parents est d’une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement être suppléé. C’est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l’amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu’elle favorise l’éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales nécessaires à toute société. Mais c’est surtout dans la famille chrétienne, riche des grâces et des exigences du sacrement de mariage, que dès leur plus jeune âge les enfants doivent, conformément à la foi reçue au baptême, apprendre à découvrir Dieu et à l’honorer ainsi qu’à aimer le prochain. »

Certes, la société, en général, et l’Église, d’une manière particulière, ont également une responsabilité dans l’éducation des enfants et des jeunes, mais cette responsabilité doit toujours être exercée dans le respect de la responsabilité première des parents.

Les parents, pour leur part, doivent être pleinement engagés dans tout service d’éducation que la société et l’Église leur fournissent. Les enfants et les jeunes ne doivent pas être désorientés ou induits en erreur par une éducation dispensée en dehors du foyer qui contredit l’éducation donnée au foyer. Aujourd’hui, les parents doivent être particulièrement vigilants, car certaines écoles sont devenues les instruments d’un programme laïciste hostile à la vie chrétienne. On pense, par exemple, à l’éducation obligatoire dite « de genre » dans certaines écoles : c’est une attaque directe contre la sexualité humaine et contre le mariage et, par conséquent, contre la famille.

Pour le bien de nos jeunes, nous devons tous accorder une attention particulière à l’expression fondamentale de notre culture qu’est l’éducation. Les bons parents et les bons citoyens doivent être attentifs au programme que suivent les écoles, et à la vie au sein des écoles, afin de s’assurer que nos enfants sont formés aux vertus humaines et chrétiennes, et qu’ils ne sont pas déformés par l’endoctrinement dans la confusion et l’erreur concernant les vérités les plus fondamentales de la vie humaine, de la famille et de la religion, car cela conduirait à les rendre esclaves du péché et, par conséquent, à un malheur profond, et à la destruction de la culture.

Au cœur d’un programme d’études solide se trouve le respect tout à la fois de la dignité de la personne humaine et de la tradition du beau, du vrai et du bien dans les arts et les sciences. Si souvent, aujourd’hui, une forme de tolérance des modes de pensée et d’action contraires à la loi morale semble être la clef d’interprétation pour de nombreux chrétiens. Selon cette approche, on ne peut plus distinguer entre le beau et le laid, le vrai et le faux, et le bien et le mal. Cette approche n’est pas solidement ancrée dans la tradition morale, mais elle tend à dominer notre approche dans la mesure où nous finissons par prétendre être chrétiens tout en tolérant des façons de penser et d’agir qui sont diamétralement opposées à la loi morale qui nous est révélée dans la nature et dans les Saintes Écritures. L’approche devient parfois tellement relativiste et subjective que nous n’observons même pas le principe logique fondamental de non-contradiction, qui affirme qu’une chose ne peut pas être et ne pas être en même temps sous le même rapport. En d’autres termes, certaines actions ne peuvent pas être à la fois fidèles à la loi morale et ne pas lui être fidèles.

En fait, la charité seule doit être la clef d’interprétation de nos pensées et de nos actions. Dans le contexte de la charité, la tolérance signifie l’amour inconditionnel de la personne qui est impliquée dans le mal mais une répugnance ferme à l’égard du mal dans lequel la personne est tombée. Toute l’éducation doit viser à former les élèves à la charité par laquelle l’esprit et le cœur répondent au beau, au vrai et au bien, car c’est à cette fin que Dieu nous a créés.

L’éducation qui a lieu d’abord à la maison et qui est enrichie et complétée par les écoles et, surtout, par les écoles véritablement catholiques, est fondamentalement orientée vers la formation de bons citoyens et de bons membres de l’Église. En fin de compte, elle est orientée vers le bonheur de l’individu que l’on trouve dans des relations justes et qui s’épanouit dans la vie éternelle. Elle présuppose la nature objective des choses vers lesquelles le cœur humain est dirigé, s’il est formé pour être un « cœur à l’écoute », c’est-à-dire pour suivre une conscience correctement formée. Elle recherche une connaissance et un amour toujours plus profonds du vrai, du bon et du beau. Elle forme l’individu à cette recherche fondamentale tout au long de sa vie.

Que Dieu inspire et fortifie les parents, qu’Il nous inspire et fortifie tous dans l’œuvre de formation de « cœurs d’écoute » chez nos enfants et nos jeunes, pour leur salut et pour la transformation de notre culture. En nous confiant aux soins maternels de la Vierge Mère de Dieu, puissions-nous chercher et trouver dans le Cœur de Jésus la sagesse et la force de sauvegarder et de promouvoir l’enseignement et la pratique constante de l’Église concernant la vie humaine, la sexualité humaine, le mariage et la famille, et la sainte religion.

Je vous remercie de votre aimable attention. Que Dieu vous bénisse.


Raymond Leo Cardinal Burke

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

© Photo : Olivier Figueras

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12 mars, 2015

Et si nous offrions à nos enfants ce dont ils rêvent vraiment à Noël ou pour leur anniversaire ?

Les hispanophones parmi vous, chers lecteurs, vont s'enthousiasmer pour la petite vidéo qui suit.

Elle s'appelle « L'autre lettre ».


Il s'agit d'une petite expérience menée par Ikea en Espagne avec dix familles, sous le titre : « Pourquoi nous obstinons-nous à ne pas offrir aux enfants les cadeaux dont ils rêvent à Noël ? »

En Espagne, ce sont les rois mages qui apportent les cadeaux à Noël le jour de l'Epiphanie. Et un abondant courrier leur est adressé par les enfants.

Ici, on les voit faire leurs listes : une guitare, une wii, « ça, ça, ça et ça » (en regardant un catalogue), une licorne qui vole… Et le courrier pour les rois mages est rangé dans un carton.

Mais aussitôt, les voilà invités à écrire une deuxième lettre. A papa et maman. « Que demanderiez-vous à vos papa et maman, ce Noël ? »

Les réponses, ce sont justement les papas et les mamans qui les lisent.

« Je voudrais que nous dînions ensemble plus souvent »… « Je voudrais que tu joues aux cowboys avec moi »… Ou au football… Du temps avec papa et maman !

Emus, les parents avouent qu'ils ne sont pas étonnés. « De toute façon, ils ont trop de jouets. – Ils ont besoin du meilleur, et le meilleur pour eux, c'est nous ! – S'ils le demandent, c'est qu'ils en ont besoin, non ? »

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Les enfants ont dû choisir. S'ils ne pouvaient envoyer qu'une des deux lettres : celle des rois mages, ou celle pour leurs parents, que feraient-ils ?

Je vous laisse découvrir leurs visages à la fin de la petite vidéo. Je vous dirai juste qu'ils ont tous répondu la même chose…

Les enfants comblés trouvent leur joie dans leur famille.

Et ce n'est pas la moindre victoire de la culture de mort que d'avoir vidé les foyers et accaparé le temps des parents.

Merci à MercatorNet, qui m'a fait découvrir ce joli sujet.


P.S. Vous aurez constaté que ce blog sommeille beaucoup en ce moment, alors que l'actualité est si riche. D'autres tâches m'accaparent, compliquées d'une grippe et d'un bon coup de fatigue. Mais il faut que je m'y remette. Du moins, si vous y tenez ? 

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04 janvier, 2015

“La vie de vos enfants vaut ce vaut votre vie de prière pour eux.”

Un texte à méditer en cette fin de période de vacances, à l'heure où les enfants retournent à l'école… Trouvé au hasard d'une recherche sur internet, il porte la signature de l'abbé Roger Pallais et encourage les parents à « éduquer dans la foi ». Avec l'efficacité que donne la prière.

C'est à lire ici (attention, il s'agit d'un document, il vous faudra donc le télécharger).

Addendum : problème avec le lien. Celui-ci fonctionne, il faut ensuite cliquer sur Eduquer dans la foi.

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05 septembre, 2014

Prison pour une Irlandaise qui fait l'école à la maison

Ils méritent la prison !
Monica O’Connor a 47 ans et six enfants : cette Irlandaise n’a ni tué, ni volé, elle travaille chez elle, reçu chez elle 22 enfants en tant que famille d’accueil, et exerce la profession d’assistante aux accouchements à domicile, c’est une femme épanouie et ses enfants vont bien. Tous ont été scolarisés à domicile ; deux le sont encore, les plus jeunes. Et c’est là que cette histoire ordinaire de gens heureux dérape, rapporte LifeSite : aux termes d’une nouvelle loi, Monica O’Connor a été condamnée à la prison pour avoir violé ce nouveau texte qui, sans interdire l’école à la maison, l’entoure d’obligations faramineuses.

La peine fut modeste : Monica a passé trois heures en prison, mercredi. Symbolique – mais justement, très symbolique d’une volonté de contrôler les parents chez eux, de ne pas reconnaître en eux les premiers éducateurs de leurs enfants.
Elle a été poursuivie par une toute nouvelle agence de « protection de l’enfance », TUSLA, qui pourrait bien engager de nouvelles poursuites contre Monica l’année prochaine et qui a également fait condamner son mari Edward O’Neill, qui dispense une partie des cours et qui doit encore purger sa peine.
L’ingérence dans la vie familiale est évidente et, au demeurant, interdite par la Constitution irlandaise. Mais celle-ci ne peut être directement invoquée devant les juridictions de première instance. Monica O’Connor a décidé d’en rester là sur le plan judiciaire et de ne pas faire appel : à son avis, TUSLA recherche précisément à donner une telle ampleur à l’affaire et les deux parents ne veulent pas lui donner cette satisfaction.
L’Irlande n’interdit pas l’école à la maison mais depuis l’entrée en vigueur relativement récente de la loi en 2000, les parents qui font ce choix doivent obtenir un permis au terme d’une évaluation de la part des autorités ; tant qu’ils ne l’ont pas les enfants sont considérés comme faisant l’école buissonnière. Depuis peu, la toute nouvelle agence TUSLA a été chargée de vérifier que les parents se conforment à cette loi. Si les parents sont recalés à l’examen ou refusent de suivre le processus, ils sont désormais obligés d’inscrire leurs enfants à l’école locale.
En lançant la procédure contre Monica et Edward O’Neill, les pouvoirs publics tentent selon une association de scolarisation à domicile de faire pression sur tous les parents qui font ce choix, afin qu’ils s’enregistrent.
Monica souligne qu’elle avait accepté sans difficulté d’être évaluée pour pouvoir accueillir des enfants qui n’étaient pas les siens : « Après tout, l’Etat en avait la responsabilité finale. » Mais pour les siens, pas question !
Pour avoir refusé d’enregistrer leurs enfants comme scolarisés à domicile les O’Neill ont déjà écopé d’une amende de 2.000 euros en juin 2013, puis de 1.300 euros en décembre 2013. Refusant de payer, ils ont été condamnés à 10 jours de prison. Monica a été relâchée – en libération conditionnelle – au bout de trois heures, pour « bonne conduite ». Elle devra « rester sobre » et ne pas « fréquenter les pubs », aux termes de sa libération conditionnelle.
Les voyous, on les a à l’œil !

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26 août, 2014

Une idéologue du genre à l'Education nationale : Najat Vallaud-Belkacem

On a toujours tort de penser qu'on a touché le fond. Après Vincent Peillon et sa religion laïque, après
Benoît Hamon qui exécutait fidèlement son programme idéologique, voici Najat Vallaud-Belkacem, nouveau ministre de l'Education nationale. C'est un des postes majeurs de tout gouvernement socialiste, lieu stratégique de manipulation des esprits et de prédication capillaire des dogmes révolutionnaires. Cette nomination de l'ex-ministre des Droits des Femmes est une promotion de taille, qui récompense un sans-faute idéologique.

Laissons de côté son parcours politique, socialiste forcément ; proche de Vincent Peillon et d'Arnaud Montebourg, la jeune femme d'origine marocaine s'approche depuis longtemps des centres de pouvoir. Ou de ce qu'il en reste dans une France prisonnière de l'Union européenne, une France mondialisée. On sait bien que les gouvernements changent et que la politique imposée à la France demeure : de ce point de vue-là, la nomination de NVB pourrait laisser indifférent.

Mais voilà. Najat Vallaud-Belkacem est non seulement au service de cette pensée unique, elle en est une pasionaria. Notez que cela laisse ouverte la question de savoir si elle est elle-même une « penseuse » de la pensée unique. Seul importe ceci : elle la répand, la promeut, l'impose. Elle a fait de l'« égalité » un absolu, qui écrase tout sur son passage (ce qui est bien dans la nature de l'égalité révolutionnaire).

A ce titre le poste de ministre des Droits des Femmes lui allait comme un gant. Elle était déjà chargée des droits LGBT au parti socialiste, et s'est engagée en faveur du « mariage » des homosexuels. En quoi elle ne fait qu'exprimer la ligne du parti, pourrait-on dire. Mais ses convictions l'ont menée à inscrire cette lutte dans un ensemble, qui va de la promotion de la parité à la direction d'une mission de lutte contre l'homophobie sous Ayrault ; c'était elle, l'instigatrice des ABCD de l'Egalité.

Que ce soit elle qui prenne maintenant – et malgré les protestations qui ont abouti au « gel » de l'expérimentation autour de ces parcours dans certaines académies – la direction de la rue de Grenelle, c'est tout un symbole. Un pied de nez à ceux qui ont cru que le gouvernement faisait marche arrière.

Najat Vallaud-Belkacem a participé à la révision des lois bioéthiques, qui a consacré le droit de recherche sur l'embryon. Elle a soutenu et promu l'avortement : que ce soit à travers son remboursement à 100 % mis en place comme une priorité par le premier gouvernement de François Hollande, par la création du site officiel sur l'« IVG » pour assurer une bonne « information » des femmes qui risqueraient de changer d'avis en tombant sur des sites parlant des inconvénients de l'avortement et des possibilités d'obtenir de l'aide pour garder leur enfant, et enfin par la suppression du mot « détresse » de a loi sur l'avortement légal dans la loi sur l'égalité promulguée symboliquement le 4 août dernier.

Cette loi sur l'égalité « femmes-hommes » (respectez bien l'ordre, il y a désormais des égalités qui ne sont pas symétriques) a pour but de « changer les mentalités », comme elle l'a elle-même déclaré lors de ses derniers discours en faveur de ce texte qu'elle a porté. Elle a pour objectif de faire peu à peu disparaître les « stéréotypes de genre », que ce soit à la tête des entreprises du CAC 40 ou dans l'intimité des foyers.

Elle a tué le « bon père de famille » : en chassant ces mots de tous les codes du droit français, la loi a signé l'aboutissement de la lutte contre toute autorité paternelle, sacralisé la haine du père.

Retenez bien la dernière phrase de l'exposé des motifs de cette loi qui porte la marque de NVB : la politique pour l'égalité devra comporter « des actions visant à porter à la connaissance du public les recherches françaises et internationales sur la construction sociale des rôles sexués ». Les mots n'y sont pas, mais il s'agit bien de l'idéologie du genre. Oui, c'est une idéologue du genre qui présidera aux destinées de l'école française désormais.

La nomination de Najat Vallaud-Belkacem au poste de ministre de l'Education nationale (et du décervelage, et de l'endoctrinement) n'est pas un pied de nez, pardonnez la faiblesse de l'expression. C'est un crachat à la figure des familles. Une déclaration d'intention totalitaire.

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23 juillet, 2014

Pérou : des autorités religieuses et politiques signent une charte des “principes non négociables”


L’archevêque de Lima, le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne, a participé avec des responsables d’autres confessions et des groupes politiques péruviens à la signature d’une charte intitulée « Engagement pour le Pérou » où sont énoncées les « valeurs » que chacun s’engage à défendre.
« Il s’agit de défendre la vie, la famille, le mariage, l’éducation et la liberté religieuse, c’est pourquoi je crois que c’est une plateforme constituée par ce que le pape Benoît XVI a appelé les biens et les valeurs non négociables », a déclaré le cardinal.
Les autorités ecclésiales, religieuses et politiques signataires s’engagent à unir leurs forces pour que la communion, le respect mutuel, la solidarité, la justice et le bien commun puissent prévaloir au sein de la nation, en promouvant le droit et le respect de la vie, la liberté religieuse, la défense et la promotion du mariage et de la famille, et le droit à l’éducation.
Cela représente la pensée de 95 % des Péruviens, a assuré le cardinal : tous ceux qui appartiennent aux confessions religieuses dont les responsables ont signé la charte. « C’est évidemment un rejet de l’avortement », a-t-il précisé, et notamment de « l’avortement thérapeutique » que le gouvernement péruvien tente d’imposer par voie règlementaire.
Et d’interpeller le gouvernement :
« C’est à lui de prendre des décisions, nous autres nous sommes dans le domaine des principes et des valeurs, mais c’est le gouvernement qui doit décider : par exemple, abroger ce guide de l’avortement thérapeutique serait un point de départ permettant de dialoguer davantage et savoir ce qui intéresse vraiment le pays. (…) Cette plateforme de défense de la vie, de la famille et de l’éducation a été détruite dans le monde et nous ne pouvons pas suivre ce chemin-là au Pérou. »
Les signataires de la charte, outre le cardinal de Lima et d’autres représentants de l’Eglise catholique, sont le Conseil national évangélique, l’Eglise anglicane, l’Eglise orthodoxe, l’Union des Eglises chrétiennes évangéliques, l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, l’Association islamique et les communautés bouddhiste et baha’ie, et des membres de partis politiques péruviens.
S’agit-il là d’un « dialogue interreligieux » imprudent ou malvenu ? Non : les points mis en avant relèvent de la loi naturelle et constituent le point de départ et la condition de l’organisation juste de toute nation humaine, et la collaboration sur le plan humain en vue de leur mise en œuvre n’implique aucune édulcoration de la foi.
Et avec l’islam ? On sait combien la prudence s’impose dans ce domaine. Le texte affirme le respect de la liberté religieuse : c’est déjà une manière de se garder face au totalitarisme de l’islam qui, lorsqu’il est dominant, punit – et même de mort – toute conversion d’un musulman à une autre religion.
La Charte a été solennellement signée à la Bibliothèque nationale du Pérou : le parchemin est d’ailleurs confié à sa garde et y sera exposée tel un document historique.

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13 juillet, 2014

Pédophilie, célibat sacerdotal, œcuménisme: encore une interview du Pape avec Scalfari – et un rectificatif du Vatican

Le pape François a recommencé. Jeudi dernier, il a de nouveau reçu le journaliste Eugenio Scalfari – qui se dit athée et qui publie dans un quotidien de gauche, La Repubblica – pour un entretien à bâtons rompus. Il paraît que l’ambiance fut cordiale et d’ailleurs Scalfari, qui parle davantage de lui que de son interlocuteur pontifical dans le compte-rendu paru aujourd’hui, avoue affectionner ces rencontres en raison de la « spontanéité de cet assez étrange successeur de Pierre ». De la conversation, Scalfari a tiré nombre de « propos » du pape François, qu’il présente entre guillemets. Mais de mémoire comme la dernière fois.
Le père Lombardi, porte-parole du Vatican, a déjà publié un rectificatif…
Au cours de l’entretien qui a duré plus d’une heure, selon Scalfari, le pape François a surtout parlé de la pédophilie et de la mafia. Sert-il à quelque chose de rapporter les propos cités par ce journaliste qui travaille sans micro et sans notes ?
Je note les phrases suivantes :
« L’éducation comme nous l’entendons semble avoir quasiment déserté les familles. Chacun est prisonnier de ses propres soucis, souvent pour assurer à la famille un mode de vie supportable, parfois pour parvenir à un accomplissement personnel, d’autres fois en raison d’amitiés et d’amours alternatifs. L’éducation considérée comme obligation principale à l’égard des enfants semble avoir fui les foyers. Ce phénomène révèle une très grave omission mais nous ne sommes pas encore dans le mal absolu. » Celui-là, le pape le voit dans « la corruption, le vice, les turpitudes imposées à l’enfant ».
Scalfari raconte en effet comment le pape déplore que la pédophilie soit le plus souvent le fait des plus proches de l’enfant. Le phénomène est-il fréquent et répandu ?
« Il l’est bien trop souvent, et il s’accompagne d’autres vices comme la diffusion de la drogue. »
Et que fait l’Eglise ?
« L’Eglise lutte pour que le vice soit écrasé et l’éducation retrouve sa place. Mais même nous, nous avons cette lèpre chez nous. »
Certains collaborateurs rassurent le pape en affirmant que la pédophilie n’atteint que 2 % à l’intérieur de l’Eglise. Dans une phrase aux guillemets ouverts, mais non fermés, Scalfari cite François :
« Ce chiffre devrait me tranquilliser mais je dois dire qu’il ne le fait pas complètement. Je pense même qu’il est très grave. Deux pourcent des pédophiles sont prêtres et même évêques et cardinaux. Et d’autres, encore plus nombreux, le savent mais se taisent, punissent mais sans donner le motif. Je trouve cet état de choses insoutenable et c’est mon intention de l'affronter avec toute la sévérité qu’il requiert.
On notera l’étrange glissement entre « 2 % de pédophilie à l’intérieur de l’Eglise » et « 2 % des pédophiles sont prêtres… » Ce n’est pas la même chose.
Le pape a aussi, selon Scalfari, parlé de la conscience – on se souviendra que ses premiers libres entretiens avaient été très peu clairs sur la question. Voici ce qui Scalfari en a retenu, après avoir « relancé » François en lui disant que notre conscience est libre et autonome, qu’elle peut en parfaite bonne foi faire le mal tout en étant convaincue que de ce mal sortira un bien. Réponse de François, telle que la rapporte le journaliste :
« La conscience est libre. Si elle choisit le mal parce qu’elle est sûre qu’il fera descendre un bien du haut des cieux, ces intentions et leurs conséquences seront prises en compte. Nous, nous ne pouvons en dire davantage parce que nous n’en savons pas plus. La loi du Seigneur, il appartient au Seigneur de l’établir et non aux créatures. (…) Il faudrait examiner à fond les livres sapientiaux de la Bible, et l’Evangile quand il parle de Judas Iscariote. Ce sont des thèmes de fond de notre théologie. »
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réponse rapportée n’est pas limpide. Si les propos sont exacts, il y a au moins un problème : ce n’est pas la finalité considérée bonne qui éventuellement justifie l’acte mauvais (si tel est bien le sens du propos rapporté par Scalfari). Ce qui peut l’excuser, c’est le fait d’avoir pensé que tel acte était bon dans telle circonstance.
Après des échanges à propos de la mafia, Scalfari, sur le point de partir, introduit un nouveau sujet : « Vous, Sainteté, vous travaillez assidument à intégrer la catholicité avec les orthodoxes, avec les anglicans… Il m’interrompt en continuant : “Avec les vaudois que je trouve religieux de premier ordre, avec les pentecôtistes et naturellement avec nos frères hébreux ”. »
Et donc, puisque nombre de leurs prêtres sont régulièrement mariés, l’Eglise de Rome va-t-elle changer ?
« Peut-être ne savez-vous pas que le célibat a été fixé de manière stable au Xe siècle, c’est-à-dire 900 ans après la mort de Notre Seigneur. L’Eglise catholique orientale a permis jusqu’à aujourd’hui que ses prêtres se marient. Le problème existe certainement mais il n’est pas d’une grande importance. Cela demande du temps, mais il y a des solutions et je les trouverai.
La Repubblica a été obligée de publier le rectificatif du P. Lombardi, qui a souligné (il commence à en avoir l’habitude) qu’on ne peut en aucun cas parler d’une « interview au sens habituel du terme » :
« La conversation est cordiale et très intéressante (…). Toutefois, comme cela s’est déjà produite dans une circonstance analogue, il faut faire remarquer que ce que Scalfari attribue au pape, rapportant ses propos “entre guillemets”, est le fruit de sa mémoire de journaliste expérimenté, mais non la transcription précise d’un enregistrement et encore moins de propos revus par l’intéressé, à qui ces affirmations sont attribuées. On ne peut ni on ne doit donc parler d’aucune façon d’une interview au sens habituel du terme, comme si elle rapportait une série de questions et de réponses qui respectent fidèlement et certainement la pensée précise de l’interlocuteur. 
Si donc on peut retenir que dans l’ensemble, l’article rapporte le sens et l’esprit de la conversation entre le Saint-Père et Scalfari, il faut redire avec force ce qui avait déjà été dit à l’occasion d’une précédente “interview” publiée par La Repubblica : les différentes expressions citées, dans leur formulation rapportée, ne peuvent être attribuées avec certitude au pape. 
Par exemple et en particulier, cela vaut pour deux affirmations qui ont beaucoup attiré l’attention et que l’on ne peut par contre attribuer au pape. Il s’agit de celle disant qu’il y a des “cardinaux” parmi les pédophiles, et du fait que le pape aurait affirmé certainement, à propos du célibat : “Les solutions, je les trouverai.” 
Dans l’article publié par La Repubblica ces deux affirmations sont clairement attribuées au pape, mais – curieusement – les guillemets sont ouverts au début, mais ils ne sont pas fermés. Il manque tout simplement les guillemets de fermeture… Oubli, ou reconnaissance explicite de ce que l’on est en train de faire une manipulation en direction des lecteurs ingénus. »
Mise au point assez vive, on le notera ; mais pourquoi donc le pape François a-t-il recommencé ?

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31 octobre, 2013

Les écrans sont mauvais pour les enfants

Les écrans – télévision, internet, tablettes, smartphones et autres consoles – posent un réel problème d’éducation et de santé : c’est le message de l’American Acadamy of Pediatrics qui vient de rendre son dernier avis sur « Les enfants, les adolescents et les médias ». L’excès de consommation d’écrans est associé à la violence, à l’activité sexuelle, à l’usage de stupéfiants et à l’obésité.

Aux Etats-Unis, les enfants de 8 à 10 ans passent en moyenne 8 heures par jour sur l’un ou l’autre des médias cités plus haut ; pour les adolescents on passe à plus de 11 heures par jour, selon une étude récente qui a déclenché l’établissement de ce rapport.

Désormais les jeunes passent plus de temps sur Facebook qu’à l’école : c’est même devenu l’activité principale après le sommeil. Et les parents n’en savent rien, selon le pédiatre Victor Strasburg : ils n’ont aucune idée du temps d’écran de leurs enfants ni du type de contenus qu’ils visionnent.

« Je vous garantis que si vous avez un garçon de 14 ans disposant d’une connexion internet dans sa chambre, il regarde de la pornographie », a-t-il déclaré à l’Associated Press.

Selon le rapport des pédiatres, aux dires des enfants et des jeunes deux tiers des parents ne mettent pas de limites au temps passé devant les écrans.

Sans recommander un arrêt total de cette « consommation », les pédiatres voudraient voir cette activité régulée par les parents, les éducateurs et leurs confrères, ce qui supposerait d’éduquer les enfants à faire de bons choix. Tout en soulignant que si des effets positifs, qu’ils appellent « pro-sociaux », existent, la plupart des enfants et des jeunes subissent davantage d’effets négatifs.

Que faire ? Le rapport préconise une sorte de dépistage lors des visites chez le pédiatre où le médecin devrait demander aux parents combien de temps l’enfant passe devant les écrans chaque jour, et les interroger sur la présence d’une télévision ou d’un écran connecté à internet. Manière d’alerter plutôt que de régler le problème.

Il faut également que les parents instaurent des « régimes médias » limitant l’usage de tous ces médias de divertissement à deux heures par jour. « Mettez en place un “couvre-feu” médiatique à l’heure des repas et du coucher, y compris pour les téléphones portables. Etablissez des règles raisonnables mais fermes pour l’usage des téléphones portables, des SMS, d’internet et des réseaux sociaux. Gardez téléviseur et écrans connectés à internet en dehors de la chambre de l’enfant. »

Pour les enfants de moins de deux ans, il faut « totalement écarter l’exposition aux écrans médias ».

LifeSite constate que les pédiatres ne font aucune recommandation quant aux contenus auxquels sont exposés les enfants et les jeunes.

Pourtant les images violentes ou sexuellement explicites ne se bornent pas aux sites pornographiques, loin s’en faut.

A toutes ces considérations il faut ajouter quelques remarques de fond.

Pourquoi l’exposition aux écrans a-t-elle tous ces effets négatifs ? Il en est de physiques, mais plus grave encore est la passivité devant l’image, l’immersion dans le virtuel et surtout la sollicitation du cerveau droit au détriment de la parole, de l’analyse et du raisonnement.

Cela est particulièrement vrai pour les jeux vidéo basés sur la vitesse de l’« action-réaction » qui « montent » des circuits neuronaux réflexes, alors que tous ont besoin de réfléchir et que les plus jeunes ont besoin d’apprendre à le faire. C’est la raison d’ailleurs pour laquelle même les « écrans sérieux » sont à proscrire pour les apprentissages à l’école : le petit d’homme a d’abord besoin de prendre son temps et de mettre des mots sur toutes ses perceptions avant de pouvoir avoir réellement conscience de lui-même et de devenir capable de raisonner.

Sans quoi il absorbera sans recul et sans critique tout ce que lui présentent les écrans dont il deviendra dépendant.


Mais sur toutes ces questions-là, je vous renvoie aux remarquables ouvrages d’Elisabeth Nuyts, disponibles ici.


04 février, 2013

Le ministre et le cardinal

Luc Ferry, Gianfranco Ravasi et la génération décervelée 

En ce XXIe siècle commençant, qu’on se le dise, la question du dialogue et des relations entre la foi et la raison a été éclipsée par une nouvelle donne – même si elle garde son rôle premier et son caractère crucial. Aujourd’hui, c’est raison et guimauve, foi et chamallows…

Un ex-ministre s’en plaint, il faut dire qu’il est doublé d’un philosophe. Luc Ferry en a assez de « l’indignation, premier carburant de l’audimat ». Il s’en explique dans sa chronique « débats et opinions » dans Le Figaro de jeudi : « Chaque jour, j’éprouve l’impression irrésistible que les journaux, spécialement ceux du matin à la radio, font tout pour m’extorquer un sentiment que je déteste, mais auquel, comme tout le monde, je finis par céder : l’indignation. »

Et de fulminer contre l’exploitation ad nauseam des faits divers les plus révoltants, « tous anecdotiques » : « Si atroces ou choquants soient-ils, ils ne présentent guère d’intérêt réel. Leur commentaire n’apportera jamais à personne la moindre clef de compréhension du monde. » La presse « surfe sur l’émotionnel pur ».

Que Luc Ferry me pardonne, je ne suis pas totalement d’accord. Une grand-mère morte de froid dans le parc d’une clinique, un ex-futur président de la République soupçonné de proxénétisme, cela ne nous explique sans doute pas le monde mais en dit long sur son état, et cela au moins devrait faire réfléchir – surtout un ex-ministre de l’Education nationale.

Comment ne pas jubiler, cependant, lorsqu’avec Tocqueville, Luc Ferry égratigne les « passions démocratiques », les plus faciles, les plus vulgaires : « Les démocraties, traversées par la dynamique de l’égalisation des conditions, favorisent quatre sentiments puissants qui irradient dans tout le peuple : la colère, la jalousie, la peur, et finalement, pour couronner le tout comme un facteur commun, l’indignation. »

Pour en sortir ? « Aller de la presse aux livres pour y puiser, hors le temps court de la communication, la distance nécessaire à la réflexion critique. »

Bravo, Luc Ferry. C’est envoyé !

Seulement… Les adolescents et les jeunes adultes qui ont subi des années de matraquage décervelant dans les écoles de l’Education nationale en sont-ils encore capables ? Sont-ils nombreux à savoir juger autrement qu’en deux ou trois mots : « J’aime », « J’aime pas » ? A qui la faute si leurs capacités d’analyse ont été inhibées, si des méthodes pédagogiques aux effets très sûrs brident leur raisonnement, développant à outrance leur cerveau visuel, émotionnel, instinctif, global au détriment de la parole, de la lecture consciente et exacte ? Qui a été ministre de l’Education, Luc Ferry, vous ou le rédacteur en chef du journal du matin ?

Nous savons tous que l’Education nationale est un Etat dans l’Etat, et que toute velléité de réforme, voire de clairvoyance, est quasiment vouée à l’échec. Mais quand même, vous êtes libre, maintenant, M. le ministre, parlez ! (Et surtout, commencez par aller au livre – celui d’Elisabeth Nuyts sur L’école des illusionnistes, vous comprendrez pourquoi vous en êtes à vous indigner contre l’indignation…)

*

Comme un écho, une déclaration d’un autre « ministre », celui de la culture, si l’on veut, mais du Vatican, est venue nourrir jeudi cette réflexion. Le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, a affirmé que l’Eglise veut se mettre au diapason de la culture des jeunes, de leur « nouvel alphabet émotionnel ».

Les assises du Conseil avaient démarré mercredi avec un concert rock d’un groupe catholique italien (rock médiocre et bons sentiments ?).

Le cardinal a pris acte du fait que le message évangélique passe mal dans la société de l’hypercommunication, il a pointé les « incohérences » de comportements que vivent beaucoup de jeunes, à la fois « individualistes » et « engagés » pour des causes humanitaires, « déconnectés » et « connectés ».

Réponse, de lui et de ses collaborateurs : il faut être présent dans les réseaux sociaux, participer à cet immense monde de la communication immédiate (et nécessairement superficielle) pour faire passer le message : « Si l’on n’est pas présent sur ces réseaux, on n’existe pas. »

Mais comment existe-t-on lorsqu’on y est ? Avec tout le respect dû aux princes et évêques de l’Eglise, et bien conscient de leur désarroi, on peut quand même se demander si le ramollissement des cervelles n’a pas conquis de nouveaux territoires…

Mgr Carlos Alberto Azevedo, un des responsables du Conseil de la Culture, a ainsi déclaré : « Les cultures juvéniles émergentes démontrent la vulnérabilité des formules répétitives » que l’Eglise a jadis utilisées pour exprimer la foi.

Mais justement, et il le sait bien, c’était jadis. A une époque où ces « formules répétitives » étaient en effet expliquées aux jeunes qui les répétaient ensuite : c’était le catéchisme.

Ce catéchisme qu’ils ne connaissent plus, ce catéchisme dont l’apprentissage fécond exige des facultés de raisonnement et de réflexion qui leur sont déniées.

A qui la faute ?

Et surtout : à renforcer le « langage émotionnel » à l’intention d’une génération lobotomisée, quelle perspective ? Le renforcement des « passions démocratiques » dans les intelligences et les cœurs, sans doute. Ceux-ci méritent autre chose.



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26 janvier, 2013

Espagne : pas de fonds publics pour les écoles non mixtes

Le collège Yucatal de Cordoue
Confirmant sa jurisprudence d'août dernier, le Tribunal suprême espagnol vient de rendre coup sur coup six arrêts qui donnent raison à la Junta de Andalucia (le gouvernement autonome de cette province) d'avoir refusé de continuer de subventionner des écoles qui « pratiquent la ségrégation selon le sexe ». Six établissements andalous sont concernés, trois de Séville et trois de Cordoue : du simple fait qu'ils dispensent une éducation non-mixte, les voici privés de l'argent du contribuable que ce soit pour leur fonctionnement normal ou pour les fonds nécessaires à leur rénovation éventuelle.

Une décision similaire avait été prise en août à l'égard d'un établissement andalou et un autre de la régio de Cantabria.

Le Tribunal suprême a renversé en dernier ressort, en jugeant ainsi, les décisions contraires du Tribunal supérieur de justice d'Andalousie.

Il se fonde sur la loi organique sur l'Education adoptée en Espagne en 2006, en plein zapatérisme. Elle interdit expressément  la discrimination motivée par le sexe en ce qui concerne « l'admission des élèves ».

Curieusement, cependant, le Tribunal suprême ne remet nullement en cause la « légitimité » du principe de l'« éducation différenciée » et souligne même que le libre choix de l'établissement scolaire fait partie des droits des parents protégés par la Constitution. Le refus de subventions publiques, soutiennent les juges, ne portent pas atteinte à ce droit étant donné que les parents peuvent toujours inscrire leurs enfants dans ces établissements non mixtes – sous-entendu : à condition de supporter l'intégralité des frais.

Le Tribunal ajoute à l'appui de cela le fait que les normes internationales « laissent ouverte la question » de l'éducation non-mixte : cela veut-il donc dire que les « normes internationales » pourraient la déclarer un jour hors-la-loi dans le monde entier ? Ce serait en tout cas dans la logique de la non-discrimination.

La sentence finalement assez contradictoire du Tribunal suprême s'explique sans doute par le fait que le nouveau gouvernement plus conservateur entend remplacer prochainement la loi d'orientation de 2006 par une nouvelle « loi organique d'amélioration de la qualité éducative », préparée par le ministre de l'Education José Ignacio Wert, affirme expressément le droit des parents de choisir l'école de leurs enfants et prévoit également de rétablir les subventions publiques pour les écoles non-mixtes.

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Léon XIV a envoyé un beau message de soutien à la Marche pour la vie 2026 à Washington D.C.

Le pape Léon XIV a envoyé un message d’encouragement et de remerciement à la Marche pour la Vie américaine, qui aura lieu ce vendredi 23 jan...