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17 novembre, 2014

Pérou : l'avortement après le viol, c'est un double traumatisme

Lequel de ces deux êtres humains
est le fruit d'un viol ?
Les évêques du Pérou ont diffusé un communiqué sous le titre « Sauvons les deux » pour contester un
récent projet de loi qui prétend légaliser l'avortement en cas de viol, soulignant que cela aboutirait à un double traumatisme pour ces femmes.

« Nous exprimons une nouvelle fois notre défense de celui qui a le droit de naître : l'enfant conçu et pas encore né », affirme le communiqué de la conférence épiscopale.

« Le fait que la fécondation se soit produite comme conséquence d'un viol ne change en rien cette manière de juger l'avortement. L'Eglise condamne avec force toute forme de viol, et elle affirme en même temps qu'il n'est jamais légitime de tuer l'enfant conçu, même pas dans les circonstances condamnables et brutales du viol. Dans le viol suivi d'une fécondation, c'est-à-dire là où est conçue une nouvelle vie humaine, il y a deux victimes : la mère (la femme violée) et l'enfant.

« Le fruit de cet acte violent est un “enfant innocent” qui a droit à la vie et qui ne porte pas la culpabilité de cette action si brutale. Ce n'est pas “l'enfant innocent” qu'il faut punir en le tuant : il faut poursuivre et châtier le violeur avec tout le poids de la loi. »

Les évêques poursuivent : « Soumettre une mère à l'avortement en cas de viol, c'est soumettre la femme à un double traumatisme ou dommage physique, psychologique et spirituel : le viol et l'avortement. Ce dernier – c'est démontré – laisse en la femme des marques et des blessures profondes très difficiles à effacer, connues sous le nom de “syndrome post-avortement”. »

« Les cas exemplaires de femmes violées et enceintes, qui sagement et vaillamment ont choisi de protéger la vie de leur enfant, témoigne de ce que cette décision est celle qui réellement triomphe du viol, puisque c'est le choix du bien par dessus le mal, le triomphe de l'amour sur la violence. »

Ils signalent pour finir que légaliser l'avortement en cas de viol ouvrirait la porte à des abus puisque n'importe quelle union, même consentie, pourrait dès lors être présentée comme « contraire à la volonté de la femme », comme un viol ouvrant droit à l'avortement.

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29 septembre, 2014

Espagne : un évêque pose les vraies questions sur l'avortement

Trouvé sur Religion en Libertad, ce texte décapant d'un évêque émérite espagnol, Mgr José Gea Escolano, parti comme missionnaire au Pérou. Lisez-le jusqu'au bout : chaque question posée par cet homme au franc-parler revigorant est importante. Il s'était exprimé sur le projet de loi Gallardon en soulignant qu'il ne clarifiait rien, puisqu'il partait comme la loi Zapatero du principe que le gouvernement a le droit de laisser supprimer une vie innocente.  – J.S.

Marche avant ou marche arrière pour la loi sur l'avortement ?

Le thème de l’avortement est d’actualité. On parlait beaucoup ces derniers jours de la question de
savoir si la loi d’avortement du gouvernement Zapatero allait être modifiée, si on allait la laisser telle quelle, si la promesse du PP allait s’accomplir, si le PP va perdre beaucoup de voix en faisant marche arrière, s’il faut rechercher un consensus… Ce qui est certain, c’est que le Président a dit qu’il retirait le projet de loi, qu’il est parti pour la Chine et qu’immédiatement, le ministre de la Justice a démissionné.
Les partisans de l’avortement semblaient attendre la réforme de la loi pour pouvoir se jeter comme des hyènes furieuses dans la mêlée pour défendre l’avortement, et d’autres semblaient espérer que la réforme ne soit pas mise de côté parce qu’en ce cas ils cesseraient de voter pour le PP. On allait vers un vrai bazar. Chacun sait à quoi s’attendre et se prépare en conséquence.
Dans cet article je me propose de poser juste quelques questions pour que chacun y réponde en cherchant la vérité, en laissant de côté ce qui relève de ma vérité et de ta vérité, parce que la vérité est une et qu’elle coïncide avec le bien ; et le bien n’est ni à moi ou à toi, c’est le bien commun.
Allons-y donc pour les questions :
1. Qu’est-ce que l’avortement ? L’élimination de la vie d’un être humain pendant qu’il grandit dans le sein maternel. Non ?
2. Le gouvernement a-t-il la faculté de permettre la destruction d’un être humain conçu mais pas encore né, c’est-à-dire du nasciturus ? Il croit l’avoir depuis 1985 où il a commencé à s’arroger la faculté de supprimer des vies humaines innocentes.
3. Ce qu’il y a dans le ventre d’une femme enceinte, est-ce ou non un être humain, l’enfant de la femme qui l’engendre ? Et si c’est d’une femme, qu’est-ce ? Certainement pas un petit chevreau !
4. La femme a-t-elle le droit d’avorter son enfant ? Parce que, une fois avorté et même si on appelle par euphémisme l’avortement « interruption volontaire de la grossesse », ce qui est avorté n’est-il pas définitivement un enfant mort ?
5. Le père ne compte-t-il pour rien par rapport à l’avortement, ou non, de son enfant ? Le père n’a-t-il pas droit à son enfant ? Pourquoi la loi ne le protège-t-elle pas pour qu’il exerce son droit de paternité s’il veut empêcher l’avortement ?
6. Selon l’actuelle loi d’avortement, toute femme ne peut-elle pas avorter, comme ça, parce que, sans plus, parce qu’elle en a envie ? C’est bien qu’on lui a reconnu le droit de tuer son enfant, comme si cette vie était sa propriété.
7. Pour beaucoup, l’avortement, c’est le progrès ; mais le progrès vers où ?
8. Si ce que cherche notre gouvernement, c’est le consensus, si l’on pouvait s’adresser l’enfant pour qu’il y ait un consensus, que dirait-il ?
9. Si nous savons tous que des lois assassines ont été votées par des majorités parlementaires (rappelons-nous Staline ou Hitler et tant d’autres monstrueux génocides), pourquoi tolérons-nous, impassibles, que l’on approuve des lois perverses et pourquoi ne condamnons-nous pas les milliers d’avortements qui se commettent en Espagne ?
10. D’où pensent-ils qu’un gouvernement peut obtenir le droit de permettre que n’importe qui puisse supprimer légalement les vies innocentes des plus faibles et sans défense dans le sein maternel ?
11. Serait-il juste de faire approuver par la majorité le droit de la femme maltraitée par son mari ou son compagnon de le tuer comme un injuste agresseur ? Et le bébé, lui, n’attaque ni ne blesse sa mère, il lui donne juste des petits coups de pied pour attirer son attention à mesure qu’il grandit.
12. Les soi-disant gens de progrès qui approuvent l’avortement, toléreraient-ils qu’on enlève la vie à l’un de leurs enfants ? Lequel : le nouveau-né, celui de deux ans qui n’arrête pas de pleurer, ou l’adolescent qui va boire en troupeau dans la rue ?
13. Si on ne peut pas tuer l’enfant handicapé qui vient de naître, pourquoi peut-on le tuer avant qu’il naisse ?
14. Un Président du gouvernement comme l’actuel qui, avec la majorité absolue, maintient une loi par laquelle s’autorise la suppression de milliers et de milliers de vies humaines innocentes, à qui ressemble-t-il le plus, à Hérode, à Esaü vendant son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, ou à Judas, qui a vendu Jésus pour 30 pièces d’argent ?
15. Si le motif pour ne pas changer la loi d’avortement a été l’absence de consensus, M. le Président pense-t-il qu’il viendra plus tard, qu’ils gagnent ou qu’ils perdent les futures élections ?
16. Et comment ont réagi ces ministres du gouvernement de Rajoy qui se déclarent publiquement catholiques ? Croient-ils qu’ils peuvent continuer de collaborer comme membres du gouvernement à l’« holocauste silencieux » de l’avortement ? Ne sont-ils pas coresponsables ?
17. Que dirait l’enfant à sa mère si elle se convertissait par la suite et que, étant pardonnée, elle allait au ciel ? Je crois qu’elle lui dirait quelque chose comme ceci : « Maman, combien j’ai eu envie de te serrer très fort dans mes bras. Dès que je suis venu au ciel, j’ai dit au Père, en imitant Jésus : Père, pardonne à ma maman car elle ne sait pas ce qu’elle a fait. »
Mgr José Gea Escolano
Mgr Gea, né en 1929, a été évêque d’Ibiza et de Mondoñedo-Ferrol. Parti à la retraite en 2005, il est parti comme missionnaire au Pérou au nord de Lima, dans une paroisse où il confesse en moyenne six heures tous les dimanches, et quelques heures chaque jour de la semaine.
 Il anime sur Religion en Libertad le blog « Un obispo opina ».

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23 juillet, 2014

Pérou : des autorités religieuses et politiques signent une charte des “principes non négociables”


L’archevêque de Lima, le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne, a participé avec des responsables d’autres confessions et des groupes politiques péruviens à la signature d’une charte intitulée « Engagement pour le Pérou » où sont énoncées les « valeurs » que chacun s’engage à défendre.
« Il s’agit de défendre la vie, la famille, le mariage, l’éducation et la liberté religieuse, c’est pourquoi je crois que c’est une plateforme constituée par ce que le pape Benoît XVI a appelé les biens et les valeurs non négociables », a déclaré le cardinal.
Les autorités ecclésiales, religieuses et politiques signataires s’engagent à unir leurs forces pour que la communion, le respect mutuel, la solidarité, la justice et le bien commun puissent prévaloir au sein de la nation, en promouvant le droit et le respect de la vie, la liberté religieuse, la défense et la promotion du mariage et de la famille, et le droit à l’éducation.
Cela représente la pensée de 95 % des Péruviens, a assuré le cardinal : tous ceux qui appartiennent aux confessions religieuses dont les responsables ont signé la charte. « C’est évidemment un rejet de l’avortement », a-t-il précisé, et notamment de « l’avortement thérapeutique » que le gouvernement péruvien tente d’imposer par voie règlementaire.
Et d’interpeller le gouvernement :
« C’est à lui de prendre des décisions, nous autres nous sommes dans le domaine des principes et des valeurs, mais c’est le gouvernement qui doit décider : par exemple, abroger ce guide de l’avortement thérapeutique serait un point de départ permettant de dialoguer davantage et savoir ce qui intéresse vraiment le pays. (…) Cette plateforme de défense de la vie, de la famille et de l’éducation a été détruite dans le monde et nous ne pouvons pas suivre ce chemin-là au Pérou. »
Les signataires de la charte, outre le cardinal de Lima et d’autres représentants de l’Eglise catholique, sont le Conseil national évangélique, l’Eglise anglicane, l’Eglise orthodoxe, l’Union des Eglises chrétiennes évangéliques, l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, l’Association islamique et les communautés bouddhiste et baha’ie, et des membres de partis politiques péruviens.
S’agit-il là d’un « dialogue interreligieux » imprudent ou malvenu ? Non : les points mis en avant relèvent de la loi naturelle et constituent le point de départ et la condition de l’organisation juste de toute nation humaine, et la collaboration sur le plan humain en vue de leur mise en œuvre n’implique aucune édulcoration de la foi.
Et avec l’islam ? On sait combien la prudence s’impose dans ce domaine. Le texte affirme le respect de la liberté religieuse : c’est déjà une manière de se garder face au totalitarisme de l’islam qui, lorsqu’il est dominant, punit – et même de mort – toute conversion d’un musulman à une autre religion.
La Charte a été solennellement signée à la Bibliothèque nationale du Pérou : le parchemin est d’ailleurs confié à sa garde et y sera exposée tel un document historique.

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18 juillet, 2014

Pérou : le cardinal Cipriani dénonce le “chantage” international à propos de l'avortement et du “mariage” gay

Le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne, archevêque de Lima, dénonce le « chantage » des organisations internationales qui menacent de subordonner les investissements internationaux au Pérou à l’adoption de lois autorisant l’avortement et le « mariage » gay (Infocatolica).
S’exprimant que le programme « Dialogue de Foi » diffusé par le plus grand groupe de médias audiovisuels du Pérou, RPP, le cardinal a déclaré :
« Il n’est pas question que, dans notre démocratie, interviennent les démocraties d’autres pays, même si elles ont de l’argent – comme les Etats-Unis. Nous pouvons créer des synergies en matière de politique économique ou migratoire ; mais il n’est pas possible que ces pays et organismes internationaux conditionnent l’investissement au Pérou en disant : « Si tu ne fais cette loi… » : ça, c’est du chantage. »
« Nous ne pouvons pas mettre en cause l’autonomie d’un pays sur des questions aussi importantes que la défense de la vie ou le mariage entre un homme et une femme. Je tiendrai ferme là-dessus jusqu’à la mort. La vie est un bien absolu, elle ne peut être soumise à conditions. »
Il a rappelé que les Péruviens ne demandent pas d’abord l’accès à l’avortement, mais « de meilleurs soins de santé », a-t-il déclaré.
Il y a six jours, le cardinal Cipriani Thorne avait déjà dénoncé l’utilisation de cas dramatiques pour promouvoir l’avortement « thérapeutique » de « rideau de fumée » destiné à détourner l’attention de la lettre du Guide de l’avortement thérapeutique mis en place par le gouvernement : le « Guide pour tuer ».
« On fabrique des sujets autour de morts, de situations dramatiques, très sentimentales, on met à la une des situations très fortes, mais sur les sujets de fond : la volonté des gens de voire fonctionner la vérité et la justice, on ne publie rien. Je constate qu’il y a une tentative de détourner l’attention du pays en se servant de ce qui a toujours été qualifié de rideau de fumée. Je ne sais pas qui le fabrique et ce n’est pas à moi de le vérifier », a-t-il déclaré.

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05 juillet, 2014

Avortement “médical” au Pérou : un évêque interpelle le président

Mgr Miguel Cabrejos Vidarte
Comment doit parler l’Eglise face aux lois de mort qui étendent leur emprises dans les nations du monde ? Au Pérou, où une résolution ministérielle vient de mettre en place un Guide pour permettre la réalisation d’avortements dits « thérapeutiques », l’évêque de Trujillo a directement interpellé le président de la République dans une lettre ouverte publiée sur le site des évêques péruviens.
Les mots utilisés sont abrupts et ne laissent aucune place à l’interprétation lénifiante.
Voici la traduction de ce texte, d’autant plus important qu’elle contre une manœuvre « à la marge » qui se sert de cas limites pour promouvoir la mort des enfants à naître. (Ma traduction.)

Lettre au président de la République du Pérou, M. Ollanta Humala Tasso.

Monsieur le Président,
1. Le ministère de la Santé (MINSA) a publié samedi dernier, 28 juin, le Guide technique national de l’Avortement dit thérapeutique, approuvé par la résolution ministérielle 486-2014/MINSA.
2. Du point de vue constitutionnel, cette résolution ministérielle implique une atteinte au droit à la vie, puisque la vie commence dès la conception, ainsi que le reconnaît l’article 2, paragraphe 1 de notre Constitution politique : « Toute personne a droit à la vie, à son identité, à son intégrité morale, psychique, physique, à son libre développement et au bien-être. L’enfant conçu est sujet de droit en tout ce qui le favorise. »
3. De même, l’article 6 de la Constitution politique stipule, relatif à la politique nationale de population, que l’Etat garantit des programmes d’éducation et d’information et l’accès aux médias, qui ne portent pas atteinte à la vie ou à la santé.
4. Nous devons tenir compte du fait que les normes juridiques protègent l’enfant conçu ; conformément au deuxième paragraphe de l’article 1 du code civil en vigueur : « La vie humaine commence à la conception. »
5. Dans ce Guide technique de l’Avortement dit thérapeutique, on ne parle pas d’avortement, on utilise d’autres termes comme « interruption volontaire » ou « interruption thérapeutique de la grossesse », alors que le terme « interruption » ne s’utilise que pour les actions qui peuvent être reprises ou qui vont se poursuivre ; on utilise aussi les termes : « évacuation du contenu utérin », dans le but de recouvrir ou de maquiller la vérité de la chose : l’avortement.
6. Notre code pénal qualifie l’avortement de délit ; mais cette résolution, en désignant ce délit comme une simple « interruption volontaire », désoriente et laisse la porte ouverte à une présentation de l’avortement comme étant susceptible d’être dépénalisé.
7. Il n’est pas possible que la vie humaine dépende de la décision d’une équipe collégiale médicale (3 médecins). Nous rencontrons même pire dans l’article 6.3.4, qui dispose : si l’équipe collégiale de médecins aboutit à la conclusion qu’il n’est pas recommandé de procéder à l’interruption thérapeutique (avortement) d’une grossesse de moins de vingt-deux (22) semaines, le médecin traitant communiquera la décision à la femme enceinte, et les raisons qui l’ont dictée. La femme enceinte pourra solliciter auprès du Directeur général de l’établissement de santé la mise en place d’une nouvelle équipe collégiale médicale avec d’autres médecins, ce qui veut dire que la femme enceinte a l’option de solliciter une autre équipe médicale, avec d’autres médecins, pour atteindre son objectif.
8. Il est clair que ladite résolution ministérielle ne prend pas en compte l’enfant conçu, alors que notre Constitution politique le protège et le favorise ; en outre notre Constitution politique consacre le droit à l’égalité et cette résolution discrimine à l’égard de l’enfant conçu. De ce point de vue, « la société qui n’est pas capable de défendre la vue humaine naissante, va vers sa propre ruine ».
9. D’un autre côté, conformément à la hiérarchie des normes péruviennes, les résolutions ministérielles ne peuvent interpréter de manière extensive un article du code pénal ; en outre, on ne peut créer une norme à partir d’une situation d’exception déjà prévue dans le même code.
10. Les avancées de la science et de la technique font qu’aujourd’hui, il est possible de sauver la vie de l’enfant conçu comme celle de la mère, en réduisant considérablement le risque de perdre l’un ou l’autre.
11. M. le Président, cette résolution ministérielle, dans le contexte de notre nation, est incohérente, car tandis que la société péruvienne lutte contre la délinquance, les tueurs à gages, les enlèvements, qu’elle cherche à faire cesser les assassinats, cette résolution ministérielle attente à la vie de l’enfant conçu, un être totalement innocent et sans défense, qui ne peut se défendre face à ses agresseurs.
12. Au Pérou existent toujours de grands problèmes, des hôpitaux délabrés et sans ressources, et une corruption vertigineuse. Le gouvernement péruvien a la responsabilité de relever le grand défi d’éduquer des milliers d’enfants et de jeunes et de veiller à leur santé et leur bien-être.
13. Nous voulons tous le progrès et le bien du Pérou, mais on ne peut vouloir le progrès lorsque, au sein de l’Etat lui-même, on prend une résolution qui permet d’éliminer la vie de ses propres enfants.
14. Pour finir, une résolution ministérielle peut-elle aller contre le serment d’Hippocrate, qui affirme : « J’aurai un respect absolu pour la vie humaine », et « Même sous la menace, je n’accepterai pas d’utiliser mes connaissances médicales contre les lois de l’humanité » ?
15. Face à cette résolution ministérielle, par fidélité à la valeur fondamentale de la vie, nous pouvons faire appel à l’objection de conscience, en demandant aux fidèles chrétiens, aux catholiques et à toutes les personnes de bonne volonté, de ne pas respecter cette résolution.
16. Par conséquent, M. le Président, je vous demande que, par amour pour la nation péruvienne que vous gouvernez, pour la multitude de citoyens qui croyons en la vie, vous laissiez cette résolution ministérielle sans effet, en raison des conséquences négatives qui y sont attachées et en raison des traumatismes post-avortement.
+ Miguel Cabrejos Vidarte, OFM,
Archevêque métropolitain de Trujillo.

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03 juillet, 2014

Pérou : la dépénalisation effective de l'avortement “thérapeutique” durement critiquée par l'Eglise

Le cardinal Cipriani avec le pape François
Au Pérou, alors qu’un protocole d’application vient de rendre possible dans la pratique l’avortement dit « thérapeutique » – légal sur le papier depuis 90 ans ! – l’Eglise catholique ose s’y opposer fermement. Le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne, archevêque de Lima, a qualifié le texte, entré en vigueur dimanche dernier, de « guide pour tuer », ajoutant qu’il aboutirait à une « massification » de l’avortement dans ce pays.
La ministre de la Santé, Midori de Habich, avait assuré vendredi dernier que les cas couverts par protocole – risque de mort pour la femme, gestation inférieure à 22 semaines, situation évaluée par une commission médicale – s’élèvent aujourd’hui à quelque 15 ou 20 par an.
Mais déjà la ministre de la Femme et des Populations vulnérables, Carmen Omonte, a laissé comprendre que l’invocation de ces cas extrêmes (réels ou supposés) n’est qu’un premier pas. Ou un paravent. « Nous avons des maladies chroniques comme le cancer, le diabète avancé, les défaillances rénales et hépatiques et d’autres pathologies qui, en conjonction avec la grossesse, exposent les femmes à la mortalité et à la morbidité maternelle. Le protocole permettra de sauver la vie et d’éviter des dommages graves et permanents à la santé des femmes du pays », a-t-elle expliqué.
Il ne s’agirait donc déjà plus de sauver dans l’urgence les rares femmes menacées de mort alors qu’elles sont enceintes mais bien d’éviter un risque indéfini, et même un risque de maladie.
On comprend que la mise en garde du cardinal correspond d’ores et déjà à une réalité. Et il ne cesse de le répéter depuis que l’entrée en vigueur du protocole a été annoncée, soulignant que le champ d’application du nouveau texte va s’étendre à de nombreuses pathologies.
Premiers responsables : le président de la République péruvienne, Ollanta Humala, et sa femme, Nadine Heredia. Le cardinal Cipriani Thorne les a ouvertement accusés d’avoir failli à leur parole, donnée dans sa résidence au cours de la campagne présidentielle 2011 : ils s’étaient engagés à ce que le thème de l’avortement ne vienne pas à l’ordre du jour pendant leur mandat.
Trois ministres : les deux précitées ainsi que le ministre de la justice, Daniel Figallo, ont présenté le « Guide technique pour la dépénalisation de la procédure de soins intégraux des femmes enceintes dans l’interruption volontaire pour raison thérapeutique de la grossesse de moins de 22 semaines », qui avait nécessairement l’aval du couple présidentiel. Un « guide technique pour tuer un être humain », a souligné Cipriani Thorne.
Le cardinal, s’exprimant lors de l’émission « Dialogues de Foi » à la télévision publique RPP, a également accusé la pression du lobby international de la mort en interpellant la ministre de la Santé : «  La décision de la ministre a beaucoup à voir avec la pression internationale d’institutions qui sont en train d’imposer ce guide d’une manière impérialiste. Réglez donc d’abord le problème de la grève des médecins ! »
Il a demandé en cette même occasion aux mères de « ne pas permettre qu’on leur fasse signer la mort de
Midori de Habich, ministre de la Santé
leurs enfants ». « Ayez du couage ! La vie est entre les mains de Dieu, il existe toujours une manière médicale de sauver la mère et l’enfant. »
Plus explicite encore : « Je n’aimerais pas être dans la peau de la ministre (de Habich) car tôt ou tard nous serons jugés par Dieu. »
Mardi, la conférence épiscopale du Pérou a réagi à son tour en affirmant dans un communiqué que « la porte est ouverte, pour la première fois dans l’histoire du Pérou, à l’avortement, c’est-à-dire à l’assassinat d’une vie humaine innocente ». « Cette norme ministérielle, outre qu’elle est immorale, est aussi inconstitutionnelle et illégale », souligne le communiqué, demandant au président Humala de l’abroger.
Les évêques du Pérou ont ajouté que dans « l’ordonnancement légal péruvien, en accord avec le droit international, aussi bien la mère enceinte que l’enfant conçu ont le même droit à la vie, à la protection de la part de l’Etat et au respect de leur dignité ».
Ces prises de position claires – et depuis longtemps – portent des fruits dans l’opinion publique, même si elles sont impuissantes à faire arrêter le rouleau compresseur de la culture de mort. Un sondage commandé par RPP Noticias, réalisé auprès de 1 450 Péruviens majeures des cinq zones urbaines du Pérou, révèle aujourd’hui que la population adhère dans sa grande majorité aux prises de position de l’Eglise catholique sur les sujets dits « controversés » dans nos sociétés post-modernes.
Le cardinal Cipriani lui-même, aux termes de l’enquête, recueille à l’échelle nationale 57 % d’opinions favorables quant à son « labeur pastoral », ce qui n’est pas rien pour un prélat issu de l’Opus Dei, et réputé conservateur : un chiffre qui passe à 62 % chez les habitants de Lima.
83 % des Péruviens sont d’accord pour que l’Eglise catholique donne son avis sur l’éducation, 79 % pensent qu’elle doit s’exprimer sur l’avortement, 75 %, sur la sexualité, et 60 % sur l’union civile entre personnes de même sexe.
On sait les limites inhérentes aux sondages mais les chiffres sont tout de même importants, à rapporter au fait que 77 % des Péruviens sont catholiques, 16 % évangélique, les autres se réclamant d’autres religions.
Il n’est pas inutile de savoir, enfin, que la ministre de la Femme et des Populations vulnérables, Carmen Omonte, a directement fait le lien entre l’approbation du guide et le Plan national pour l’égalité de genre 2012-2017, dont il constitue une mise en œuvre, a-t-elle déclaré.


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08 juillet, 2013

Pérou : résistance contre la dictature LGBT

La réunion plénière du Congrès du Pérou a rejeté, le 4 juillet, la proposition d’un de ses membres
d’inclure les discriminations en raison de l’« orientation sexuelle » et de « l’identité de genre » parmi les circonstances aggravantes du délit de « discrimination », en soulignant au passage que le Pérou n’a jamais signé aucun traité international qui l’impose et que la Constitution péruvienne ne les reconnaît pas davantage.

La défaite du lobby gay est non seulement réelle, elle est importante puisque 56 membres contre 27 ont rejeté la proposition du congressiste Carlos Bruce, promoteur du texte.

Celui-ci avait passé outre à la décision de la commission de la justice qui avait déjà, dans un premier temps, écarté les termes « orientation sexuelle » et « identité de genre » de son texte : Bruce l’a présenté quand même tel quel, avec le soutien de quelques autres membres du Congrès. Le site catholique ACIPrensa observe que ses alliés se trouvaient surtout parmi ceux et celles qui font pression pour légaliser l’avortement au Pérou ou pour laisser les mineures accéder dès 14 ans à la contraception à l’insu de leurs parents.

Carlos Bruce a voulu faire adopter son texte au motif que même ceux qui « n’apprécient pas » le style de vie des personnes ne peuvent manquer de condamner les attaques « quotidiennes » dont sont victimes les LGBT – attaques qui vont jusqu’aux « assassinats ».

Notez qu’on n’a pas besoin d’une loi interdisant n’importe quelle « discrimination » à l’égard de ces personnes pour dénoncer, poursuivre et punir les crimes dont elles peuvent être victimes – mais voilà, il se trouve qu’on a les chiffres du Rapport annuel sur les droits humaines des personnes trans, lesbiennes, gays et bisexuelles au Péro en 2012. Ils font état de 7 assassinats au cours de l’année dernière.

Sept ? Oui, dont trois au moins commis par le partenaire homosexuel de la victime. Sur les quatre restants, l’un a été commis par un ami du défunt, un autre dans le cadre d’un vol d’ordinateur, un troisième était un règlement de comptes : seul le motif du dernier reste inconnu. Il s’agit d’une attaque à l’arme blanche causant une blessure à la jambe de la victime à l’intérieur de son local commercial. Discrimination anti-gay ? Personne n’en sait rien…

On ne s’étonnera pas d’apprendre que le nommé Bruce fait aussi campagne pour le « mariage » des homosexuels.

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01 mars, 2013

Qu'est-ce que l'homophobie ? Tout ce qui critique le lobby gay…


Carlos Leon Moya est un homme de gauche, sympathisant du marxisme-léninisme, favorable à la cause gay. Il est aussi politologue à l'ex-Université pontificale catholique du Pérou (qui entre-temps a perdu son label catholique). Et il vient de s'offrir, dans les colonnes du quotidien péruvien Diario 16, une tribune qui accuse le Mouvement homosexuel de Lima (MHOL) de traiter « tout ce qui est critique à son égard d'homophobe ».

« Sa nécessaire agressivité frise un dangereux sectarisme. Ils considèrent leurs actions comme les seules appropriées, même lorsqu'elles sont assez osées », explique-t-il.

Le MHOL avait organisé samedi une manifestation près de la cathédrale, cette « Eglise catholique qui nie les droits » des homosexuels : ils n'avaient pu accéder à la place protégée par des barrières tandis que, regrette Moya, des catholiques conservateurs purent manifester librement sur la place.

En fait : échaudé par des débordements l'an dernier, des catholiques s'étaient retrouvés sur le parvis de la cathédrale pour prier pacifiquement et empêcher toute attaque contre l'édifice. Quant à la manif du MHOL, C'était un « kiss-in » avec des militantes déguisées en religieuses.

Moya regrette la répression qui a accueilli la manifestation du MHOL – mais il s'insurge. Leur manifestation était-elle opportune ? Politiquement payante ? De nature à les rendre sympathiques ? Et de souligner que certains sympathisants avaient demandé que l'événement fût remis à plus tard dans un contexte électoral où certaines actions des pro-gay pouvaient causer du tort à la mairesse de gauche de Lima.

Le MHOL sort alors la grosse artillerie. La gauche l'avait trahi. Le cynisme l'avait emporté au nom des intérêts électoralistes. Homophobie ! Les droits des homosexuels n'attendent pas, ne se remettent pas à plus tard : homophobie ! « Si quelqu'un souligne le prix que pourront coûter leurs actions, comme l'isolement ou l'éloignement d'une base qui peut être scandalisée par leur comportement, on les accuse encore d'homophobie. (…) Comme s'il fallait toujours les soutenir parce qu'ils ne se trompent jamais. Ils  traitent tous ceux qui les critiquent d'homophobes. C'est un évident et vulgaire abus du concept d'homophobie : tu me demandes de retarder un événement, c'est homophobe ; tu critiques ceux qui font scandale : homophobe ; les élections d'intéressent davantage, c'est homophobe ; tu es gay mais tu te caches : tu es encore homophobe. »

Nous n'allons pas nous intéresser davantage à cette querelle interne. Elle aura du moins le mérite de montrer que pour le lobby gay, le mot « homophobie » est une arme de destruction de l'adversaire, qu'il soit proche ou lointain, et quelles que soient ses motivations. « On tombe ainsi dans une victimisation excessive, quasi pathologique », assure Carlos Leon Moya.

Notez qu'en France toute critique et surtout toute action contre un événement « LGBT » est évidemment « homophobe » et forcément d'« extrême droite ». Il nous manque un politologue marxiste-léniniste pour dénoncer cette « victimisation excessive, quasi pathologique » !

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02 juillet, 2012

Pérou : la “liberté sexuelle” pour les mineurs de 14 ans et plus ?

Au nom de la liberté sexuelle des adolescents, un projet de loi cherche à dépénaliser totalement, au Pérou, les relations sexuelles avec des mineurs âgés de 14 à 18 ans. Le projet N°651/2011 a reçu, bien sûr, l’approbation de la Commission de la femme et de la famille censée protéger les plus jeunes mais qui, comme ses congénères en Amérique latine, est souvent le fer de lance de la culture de mort.

L’argument avancé par la Commission est le suivant : actuellement, en application du code pénal, les relations sexuelles consentantes entre mineurs âgés de 14 à 18 ans sont passibles d’une peine maximale de 30 ans de prison : il serait donc urgent, sur ce plan, de les considérer comme des adultes pour éviter la pénalisation des amourettes adolescentes.

Ce serait pourtant, soit dit en passant, un bon moyen de faire comprendre que les relations entre mineurs ne sont pas anodines, peuvent laisser des traces et des blessures psychologiques profondes et peuvent aboutir à ce que les féministes disent vouloir éviter : les grossesses non désirées chez les adolescentes.

Mais voilà : ce n’est même pas vrai. La Coordination nationale péruvienne « Unis pour la vie et la famille » souligne que ce risque d’emprisonnement de trente ans n’est encouru que par les personnes majeures ayant des rapports avec des jeunes de moins de 18 ans, puisque les mineurs, eux, se voient appliquer le code pénal des enfants et des adolescents.

En revanche, la Coordination a précisé à ACIPrensa que le projet « laisse le mineur sans protection ». « Il rend possible la sortie (de prison) de ceux qui ont été condamnés pour délit de viol. Il oblige les adolescentes victimes de viol à apporter la preuve qu’elles n’étaient pas consentantes. Il favorise le proxénétisme ou la traite des mineurs », ajoute le communiqué.

La Coordination souligne encore que l’affaire est peu traitée par les médias et invite la population à se mobiliser contre le projet.

L’Eglise catholique, en revanche, parle à son plus haut niveau au Pérou. Son primat, l’archevêque de Lima, le cardinal Juan Luis Cipriani, a vigoureusement mis en garde contre ce projet qui aboutirait à « déprotéger les jeunes eux-mêmes », il a rappelé aux pères et mères de famille qu’ils devaient agir sur le plan politique pour l’empêcher et qu’on devait les entendre.

« On essaye d’imposer des politiques comme si le peuple les demandait. Qu’on demande aux parents s’ils sont d’accord avec cette manière de ne plus protéger la jeunesse. (…) J’aimerais, quant à moi, écouter les parents. Tout le monde parle au nom d’adolescentes de 14 ans et de garçons de 15 ans, alors qu’il y a des tas de sans-vergogne qui en ont 47 et 56. (…) Ceci n’est pas un thème politique, c’est un thème familial et moral qui va au-delà du politique. »


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02 avril, 2012

Deux vies sauvées : au Pérou, fin heureuse d'une grossesse à risque

Voilà une des plus jolies histoires qu'il m'ait été donnée de découvrir ces derniers temps. Elle se passe au Pérou. Une jeune femme, Lidia, 25 ans, s'est vu signifier son arrêt de mort alors qu'elle était à 5 mois de grossesse parce qu'elle avait un kyste de 15 kilos – ou plutôt des centaines de ksytes dans un énorme kyste – dans la cavité abdominable. La rupture de cette enveloppe menaçait sa vie à chaque instant. Quelle solution ? Avorter, puisque sa vie était menacée autant que celle de son bébé et que dans ces conditions l'intervention n'aurait pas été pénalisée. C'est ce que lui a dit son médecin. Puis le premier santé auquel elle s'est adressée. Et encore d'autres spécialistes. Mais avec son mari Fernando, elle a tenu bon. Frappant à porte après porte  jusqu'à trouver un médecin qui veuille bien tenter de sauver les deux vies, la sienne et celle de son enfant. Et les deux sont vivantes, et en excellente. Lidia et son bébé vont bien.

« Au moment où j'ai appris qu'il y avait un problème, on m'a condamnée. On m'a dit que je ne vivrais pas. Sauf si j'avortais. Mais le bébé avait déjà 5 mois ! Il avait forme humaine ! Le supprimer, ç'aurait été comme tuer une personne ! Je n'ai pas voulu. J'ai refusé », raconte-t-elle dans une poignante interview à la télévision eju.tv.

A l'échographie, on avait aussi mis la pression à son mari. Croquis à l'appui, le premier médecin lui affirme qu'il doit choisir entre deux solutions : ou bien perdre et sa femme et son enfant, ou bien accepter tout de suite l'avortement.

De retour à la maison, Lidia et Fernando sont effondrés. Ni l'un ni l'autre ne veut, ne peut accepter l'idée de « mettre fin à la grossesse », parce qu'ils savent bien que cela signifie mettre fin à la vie de l'enfant qu'ils attendaient avec tant d'impatience : « une année de concubinage et une année de mariage », explique Fernando. Alors ? Alors, « Dieu est grand », dit Fernando. Ils décident de faire confiance.

Ils finissent par s'adresser à un hôpital catholique, l'hôpital Jean XXIII de La Paz. Là, on promet de tout faire pour sauver la mère et l'enfant. Laisser la grossesse se poursuivre assez pour offrir à l'enfant les meilleures chances de survie et de santé, sans jamais négliger la protection de la survie et de la santé de sa maman. Les kystes sont d'origine parasitaire et ont dû s'installer alors que la petite Lidia avait 10 ans : on la place sous traitement anti-parasitaire pour qu'ils ne grossissent pas.

Pendant les semaines d'attente, tout l'hôpital se sera mis en alerte permanente pour la maman et son bébé. Les médecins, les urgentistes, les infirmières sont prêts à faire face aux pires éventualités. L'ambulance est parée et le protocole de soins défini. Rien n'est laissé au hasard. Trois semaines avant l'intervention chirurgicale que se prépare à réaliser le Dr Ariel Tapia, sous-directeur de l'hôpital, Lidia est hospitalisée pour être dans des conditions de repos absolu. Un moment de grâce où tout le personnel se prend d'affection pour cette courageuse petite femme au lumineux minois d'indienne. La grossesse atteint sans incident ses 36 semaines (un peu plus de huit mois de gestation), et voilà l'heure d'opérer.

Les médecins de « Jean XXIII » se sont préparés en équipe. Le premier à intervenir sera le gynécologue obstétricien José del Barco, chargé de réaliser la césarienne avec ses collaborateurs. Prête pour assurer la réanimation si nécessaire, l'équipe de néonatalogie conduite par le Dr Villafan s'occupera du tout-petit. Au Dr Tapia de conduire l'extraction délicate du monstrueux kyste sans rien abîmer, sans rien oublier. La réussite sera totale, au bout d'une intervention qui va durer trois heures. Nous sommes le jeudi 15 mars : naissance d'un bébé de 2,950 kilos en parfaite santé, que suivront 15 kilos d'une masse qui avait menacé sa vie et celle de sa maman. L'opération est tellement extraordinaire que la presse internationale en parlera, et vous trouverez même un résumé sibyllin de l'affaire en langue française (ici par exemple) d'après l'AFP.

Ceux qui ont le cœur bien accroché peuvent suivre les moments clef de l'intervention ici, comme s'ils y étaient…

Le présentateur vedette de Cadena A, John Arandia, a invité les médecins qui ont participé à l'intervention ainsi que le jeune couple et leur petit bébé, une semaine à peine après l'opération (l'interview a été diffusée le 23 mars). Le témoignage, vous l'imaginez, fait vibrer la corde sensible. Mais dans le bon sens : celui du bonheur d'une famille qui a refusé la fausse solution de la mort. « C'est Dieu qui a rendu cela possible », souligne sans fausse gêne John Arandia. Tapia ne le contredit pas, rappelant au contraire l'engagement de son hôpital pour la vie. Et Arandia termine sur les mots : « Rendons grâce au chef d'équipe de cette opération : Dieu. »



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08 novembre, 2011

Le Pérou condamné par un comité onusien pour avoir refusé un avortement thérapeutique

Le comité d'experts chargé de veiller au respect de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (connue sous son acronyme CEDAW), a sanctionné lundi le Pérou pour non-fourniture d'un avortement « thérapeutique » sur une fillette de 13 ans tombée enceinte en 2007 à la suite de viols répétés. La non légalisation de l'avortement au moins dans certains cas est ici ouvertement présentée comme une « violation des droits humains ».

Sans que rien dans la lettre de CEDAW n'oblige en quoi que ce soit les Etats signataires à prévoir une dépénalisation ou une fourniture d'avortements dans quelques circonstances que ce soit, l'agence onusienne crée ainsi une obligation à travers la décision de personnes qui imposent leur interprétation unilatérale du droit international. C'est un exemple typique de la tactique d'intimidation utilisée à l'égard des Etats qui refusent de se soumettre aux lobbies du féminisme et de l'avortement. On fait croire à l'existence d'un « droit coutumier » et interprétatif imaginaire pour les faire apparaître comme des hors-la-loi qui refusent les règles de la communauté internationale.

L'affaire L.C. c/ Pérou est à cet égard tout à fait caractéristique. Aux côtés de la petite jeune fille dont le destin tragique est aujourd'hui exploité pour la culture de mort se trouvaient le Center for Reproductive Rights ainsi que Promsex, un organisme de défense des « droits sexuels et reproductifs » basé au Pérou, qui ont soutenu et sans aucun doute financé l'affaire jusque devant le pseudo-tribunal de CEDAW.

Ce sont aujourd'hui ces organismes qui crient victoire et se réjouissent bruyamment d'avoir obtenu une compensation pour la petite jeune fille, marquée à vie par la tragédie qui l'a frappée.

Car – j'avais presque oublié de vous le dire – comme dans bien des affaires de ce type, celle qui a été choisie pour attirer l'intérêt des médias internationaux et faire avancer le faux droit à l'avortement est un de ces fameux « cas limite » que l'on utilise pour tenter d'ébranler les convictions les plus solides.

La petite L.C., donc, avait été violée pendant deux ans d'affilée par un voisin de 34 ans, avant de s'apercevoir de sa grossesse en 2007, selon un premier document mis en ligne en 2009 par le Center for Reproductive Rights. Habitant un quartier pauvre, elle avait même été violée sur une période de quatre ans par plusieurs hommes, affirme le compte-rendu de la décision publié par CRR hier.

C'est cela, en réalité, l'énorme tragédie de sa vie, la méconnaissance de sa dignité, l'abominable abus qui ne mobilise pas, semble-t-il, les chantres des droits de l'homme. Qu'on ait pu ainsi abuser d'elle pendant deux, voire quatre ans sans qu'il ne se passe rien est en réalité bien plus grave que le fait qu'elle soit tombée enceinte.

En découvrant sa grossesse, la jeune fille a tenté de se suicider en sautant d'un toit d'immeuble. Elle a survécu à sa chute mais elle était gravement blessée à la nuque. Des voisins l'avaient emmenée d'urgence à l'hôpital.

A en croire le compte-rendu fait par les lobbies qui l'ont défendue, les médecins ont constaté que la colonne vertébrale de L.C. était endommagée et qu'une opération d'urgence s'imposait pour aligner immédiatement les vertèbres. Mais du fait de son état de grossesse, ajoute le dossier, et bien que la loi péruvienne autorise l'avortement en cas de danger pour la vie ou la santé de la mère, et de grossesse résultant d'un viol, les médecins et les autorités se sont refusés à réaliser l'opération. Les proches de la fillettes réclamèrent un « avortement thérapeutique » mais leur demande fut rejetée.

Il y a dans cette affaire un élément qui paraît pour le moins curieux : en l'occurrence, si l'opération sur la colonne vertébrale entraînait un risque pour le fœtus mais était à ce point urgente et nécessaire, rien n'empêchait de la pratiquer même si elle pouvait avoir pour effet indirect et non voulu de causer la mort de l'enfant. Ça, c'est le point de vue catholique, qui n'oblige même pas à s'appuyer sur une loi qui, abusivement, autorise la mise à mort d'un enfant à naître en vue d'une fin en soi bonne, sauvegarder la santé de la mère.

Peut-être y a-t-il eu là erreur de jugement des médecins – mais elle porterait sur le refus d'une opération qui en soi, n'est pas un avortement.

Et peut-être pas. Car les détails médicaux de l'affaire ne sont évidemment pas disponibles et personne ne parle de rapports d'experts à propos de la suite.

Elle fut tout aussi dramatique. La fillette, du fait de la gravité de ses blessures, subit une fausse couche spontanée quatre mois plus tard. On l'opéra alors en expliquant que les chances de réussite seraient minimes. De fait l'opération ne fit quasiment pas d'effet et la jeune fille resta paralysée des quatre membres, et elle reste en fauteuil roulant.

Beaucoup de questions restent cependant ouvertes. Y avait-il une chance de sauver la jeune fille de la paralysie, même en l'opérant tout de suite alors qu'elle était enceinte ? Selon un médecin expert contacté par C-Fam en 2009, au moment où l'affaire était transmise à CEDAW selon une procédure quasi-judiciaire ouverte aux citoyens de pays signataires d'un protocole ancillaire, cela était douteux. Le Dr Edmundo Calva soulignait alors que les nerfs de la colonne vertébrale n'ont pas la capacité de se régénérer dès lors qu'ils ont été détruits.

L'état de santé de la fillette a-t-il été aggravé par le fait que des voisins l'ont transportée jusqu'à l'hôpital sans attendre des personnels de santé compétents ? Y avait-il seulement possibilité de disposer d'urgentistes qualifiés et ne serait-ce pas alors ce défaut qui a laissé le cas de l'enfant sans espoir ?

En quoi l'avortement thérapeutique aurait-il augmenté les chances de survie de la jeune fille ?

Y a-t-il eu raison précise – médicale – pour laquelle la chirurgie d'urgence n'a pas eu lieu ?

Autant de questions que les communiqués triomphalistes ne posent même pas.

On sait seulement que le Pérou se voit enjoindre de modifier sa législation sur l'avortement en cas de viol et d'agression sexuelle pour que les femmes puissent y avoir accès en s'abritant derrière une interprétation bien plus large, de mettre en place des mécanismes permettent dans les faits l'accès aux « services d'avortement » quand la vie ou la santé d'une femme est en danger, de mettre en place des services de « santé reproductive » pour les adolescentes.

Pour la jeune fille elle-même, CEDAW demande une compensation financière à la fois économique et morale, ainsi qu'une aide spécifique pour les soins qui pourraient lui permettre de recouvrer l'usage de ses membres.

Ce que les communiqués triomphalistes ne disent pas (il faut aller le lire sur C-Fam) c'est que les avis du comité de CEDAW ne lient nullement les Etats : ce sont précisément des avis. De fait une décision similaire a été rendue par l'organisme, également à l'encontre du Pérou condamnée en 2005 pour avoir obligé une adolescecnte, K.L., de mener à bien une grossesse alors que son bébé était anencéphale et qu'il est mort quatre jours après sa naissance. Il n'y a pas eu d'effet sur la loi péruvienne.

Mais le danger de l'avis de CEDAW est ici double. D'une part, celui – général – du message qu'il envoie de manière toujours plus insistante au monde : l'accès à l'avortement est un « droit humain » et les Etats sont juridiquement obligés de le mettre en œuvre, selon le principe du « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». Et dans le cas particulier du Pérou, les récents changements à la tête de l'Etat laissent prévoir une utilisation de l'avis au service de la culture de mort : l'ex-ministre de la Santé, Oscar Ugarte, assure ainsi qu'il avait préparé une révision de la loi sur l'avortement thérapeutique que son gouvernement avait repoussé, mais le plan est prêt. L'avis de CEDAW pourra agir comme levier.

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18 octobre, 2011

Une féministe péruvienne invente des morts pour cause d'avortement clandestin

Jennie Dador. Adepte des multiplications
Le Population Research Institute (PRI) vient de dénoncer le mensonge de l'ONG féministe « Manuela Ramos », dont la directrice Jennie Dador a affirmé que 59.200 femmes meurent chaque année au Pérou des suites d'avortements clandestins, alors que les pressions se font fortes sur le pays andin pour faire légaliser l'« IVG ». Elle s'exprimait aux côtés d'Amnesty International lors d'une manifestation le 28 septembre, « journée de la dépénalisation de l'avortement.

Plus exactement, elle a avancé le chiffre de « 370.000 avortements clandestins par an, dont 16 % se terminent par la mort de la mère », comme le rapporte la presse péruvienne. Pour un pays qui atteignait tout juste les 29 millions d'habitants en 2009, ces chiffres sont faramineux… et même, tout bonnement, incroyables.

16 % de 370.000, cela fait bien 59.200. « Mais les chiffres du Ministère de la santé sont différents à une échelle abyssale ; ils signalent que la mortalité maternelle est en baisse, on compte 103 décès pour chaque 100.000 naissances vivantes, c'est-à-dire pas plus de 496 morts par an. Les morts en relation avec un avortement (provoqué ou spontané) représente 6 % de ces morts, soit 30 par an. »

Selon le PRI, Jennie Dador s'est laissé emporter par la rhétorique des pro-avortement qui ont besoin de gonfler les statistiques à la fois des avortements clandestins et des morts maternelles qui leur sont liées pour promouvoir la légalisation de l'avortement, comme l'avait indiqué en son temps l'ex-avorteur et converti Bernard Nathanson.

« Si nous permettons que cette femme continue d'inventer des chiffres de manière irresponsable, la vie de beaucoup d'enfants sera en danger », signale le communiqué du PRI.

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Réseau Riposte catholique

29 juillet, 2011

Où le cardinal de Lima parle de Patrie, d'idéologie du genre et de civilisation chrétienne


Je ne résiste pas au plaisir de vous proposer ma traduction de l’homélie prononcée hier par le cardinal Juan Luis Cipriani en sa cathédrale de Lima, à l’occasion du 190e anniversaire de l’indépendance du Pérou et en présence de toutes les autorités de l’Etat, du pouvoir judiciaire, des élus politiques, de Mme le Maire, des autorités militaires et du Corps diplomatique. Elle est remarquable, insolite. Où l’on reparle de « patrie »…

Le caractère particulier de son intervention s’explique notamment par le changement de président en cours au Pérou : c’étaient les adieux du président Alan Garcia, le président de centre-droit qui a eu de bons rapports avec l’Eglise en ce qui concerne le respect de la vie notamment. Le président élu, Ollanta Humala, « nationaliste de gauche », doit encore faire ses preuves…

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Aujourd’hui, jour où nous célébrons nos Fêtes patriotiques, nous tous, Péruviens, nous vibrons avec émotion, tandis que l’Eglise, fidèle à une même tradition depuis le jour de naissance de la République, célèbre l’Eucharistie d’action de grâces. Cette année s’y ajoute la circonstance particulière du changement de gouvernement.

Le cardinal Cipriani salue le président Garcia avant de le bénir
à l'occasion du 190e anniversaire de l'indépendance. Source :
ici

Notre Patrie, Monsieur le Président, est comme une bonne mère que nous, tous les Péruviens, ses fils qui cheminons au long de son histoire, choyons et regardons avec une immense affection. Si souvent, nos cœurs, comme le fils prodigue de la parabole, entre remords et cicatrices, échaudés par l’expérience de doctrines variées, certaines plus lumineuses et plus joyeuses que d’autres. Mais nous regardons toujours notre Patrie avec un amour passionné et nous reconnaissons qu’elle est belle, forte, généreuse. Nous revenons avec joie vers notre légitime héritage spirituel, en l’approfondissant et en le cultivant, et nous nous sentons en communion avec ceux qui nous ont précédé. Renouvelons toujours notre engagement de le défendre et de l’aimer avec passion. Je sais que ce sont les sentiments qui ont présidé aux cinq années de votre service intense comme Président constitutionnel du Pérou ; le peuple vous en remercie et fait monter des prières pour votre personne.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi.
Eclairés par la même lumière qui a guidé nos ancêtres, nous renouvelons aujourd’hui, obstinément, notre volonté de faire de notre Patrie une maison pour tous où les inégalités, rancœurs et envies cèdent le pas à un véritable processus de réconciliation dans un climat de pleine liberté. Nous devons regarder vers l’avant. On a beaucoup avancé et cela doit en susciter en nous un dynamisme nouveau fondé sur un réalisme plus solidaire. Les esprits et les cœurs seront-ils prêt et trouvera-t-on le courage nécessaire pour faire ce pas historique d’une vraie réconciliation ? Apprendrons-nous à dialoguer avec vérité et à chasser la violence. Les plaies ouvertes par le terrorisme au plus profond de notre Patrie se refermeront-elles ? Ferons-nous des pas décidés et réalistes pour refermer davantage les brèches d’inégalité qui existent ? Défendrons-nous l’unité de notre Patrie sans confondre le pluralisme culturel avec les excès idéologiques ?

L’humilité doit nous conduire en nous prenant par la main pour comprendre chacun, vivre avec tous, pardonner à tous ; pour ne créer ni barrières ni divisions ; pour que nous nous comportions toujours comme des instruments d’unité et de paix. « Aimons-nous comme Il nous a aimés, c’est à cela qu’ils connaîtrons que nous sommes ses disciples. »
Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'objet de vos pensées.
Notre Emancipation est l’affirmation de ce qui est péruvien. Elle se réitère et se manifeste dans la forme métissée de vie… Les principes religieux et moraux sont les mêmes ; les valeurs, la conception de la famille, de la personne, de l’honneur, la vision de la mort, sont semblables ; néanmoins, il s’y insinue un souffle qui est à la recherche d’un esprit nouveau avec de nombreuses expressions individuelles et sociales.

Pour parler de la nation il est nécessaire de faire la relation avec la Patrie, qui fait référence à la paternité et aussi au patrimoine. « La Patrie, c’est l’amour des tombes et des berceaux », disait Don Victor Andres Belaunde. Bien que parfois les deux concepts de Nation et de Patrie se confondent, il est nécessaire de les distinguer si nous voulons penser et procéder avec une absolue précision. La Patrie se réfère à un héritage reçu, cet ensemble de valeurs qui se transmettent d’une génération à l’autre et qui en viennent à constituer une sorte de capital que l’on partage et que l’on reçoit aussi en héritage. Le progrès ne naît pas de la destruction ou du changement systématique, et ne les exige pas non plus, parce qu’il est croissance dans la continuité. Nos devons apprendre la péruvianité, comme l’affirmait Don Fernando Belaunde avec cette devise : « Le Pérou comme doctrine. »

« La société humaine doit être considérée, avant tout, comme une réalité d’ordre principalement spirituel ; qui pousse les hommes, éclairés par la vérité, à se communiquer entre eux les connaissances les plus diverses ; à défendre leurs droits et à accomplir leurs devoirs ; à vouloir les biens de l’esprit… à se sentir inclinés en permanence à partager avec les autres le meilleur d’eux-mêmes… Ces valeurs informent et, en même temps, dirigent les manifestations de la culture, de l’économie, de la convivialité sociale, du progrès et de l’ordre politique, de l’ordonnancement juridique et, au bout du compte, tous les éléments qui constituent l’expression extérieure de la communauté humaine dans son incessant développement. » (Catéchisme de l’Eglise catholique)

« L’Eglise, il convient de toujours le rappeler, que d’aucune façon ne se confond avec la communauté politique et qui n’est liée à aucun système politique, est en même temps le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine. » (Gaudium et Spes)

C’est pourquoi je considère avec préoccupation la manière dont l’organisation sociale dans le monde actuel a privilégié le progrès technique et économique – ce qui est matériel – et ne s’est pas occupé du nécessaire développement culturel et spirituel qui constitue le milieu naturel où se développe la transcendance de la vie humaine. L’amour et le respect de la vie, des parents, du mariage et de la famille, la protection de l’enfance, la paix spirituelle si nécessaire pour la vie sociale et tant d’autres dimensions du monde spirituel sont asphyxiées par la soif de l’argent, de la réussite, du plaisir et du pouvoir.

Nous voulons donc rappeler que c’est dans le tissu culturel de la nation – dans son éducation morale – où brille de sa propre lumière la loi naturelle, c’est-à-dire cette marque divine du Créateur qui illumine le penser et l’agir de toute personne et qui est gravée au plus profond de sa conscience. Nous savons tous que nous devons faire le bien et éviter le mal. C’est pourquoi lorsque l’Eglise nous invite à la conversion elle nous indique qu’il faut aller « à contre-courant de la médiocrité morale » (Benoît XVI).

La dictature du relativisme avec sa « pensée unique » engendre dans le monde, et aussi dans notre continent et, lentement, dans notre cher Pérou, non pas le progrès humain intégral auquel on aspire tant, mais la dégringolade dans ce qu’on appelle la postmodernité qui a plongé le monde dans une profonde crise économique et morale ; dans ce qu’on appelle la libération sociale qui, à l’ombre de l’idéologie qualifiée d’égalité de genre détruit les racines mêmes de la convivialité humaine. Une crise sociale et morale planétaire qui se manifeste notamment dans le crach financier mondial, dans la violence terroriste, dans la dégradation morale qui envahit notre civilisation, dans la destruction de l’institution du mariage et de la famille, dans la progression du trafic et de la consommation de drogues.
En tout besoin recourez à l'oraison et à la prière, pénétrées d'action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus.
Réveillons-nous avec courage et rebellons-nous : tout une civilisation chancelle, sans les recours moraux et éthiques qui puissent nous permettre de grandir spirituellement, de fortifier les familles et de laisser à la jeunesse un monde plus humain parce que plus chrétien. La « valeur divine de ce qui est humain » est éclipsée peu à peu et avec elle, le bonheur et la liberté, dons si précieux de la civilisation chrétienne, qui apparaissent toujours davantage comme une utopie.

Elevons notre prière au Père Eternel pour qu’il illumine le président Ollanta Humala et ses collaborateurs ; qu’avec humilité et persévérance ils sachent servir le pays pendant les années qui viennent, dans un climat de pleine liberté. Que Notre Seigneur des Miracles – le Christ du Pacifique – et sa Bienheureuse Mère nous bénissent et nous protègent.

Cardinal Juan Cipriani Thorne
Archevêque de Lima


Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

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