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30 janvier, 2015

“Avortement injustifié” : pas de réparation pour une femme dont l'enfant, éliminé à 22 semaines, était normal

Un couple vivant au nord-est des Etats-Unis a poursuivi les services de santé et les médecins qui les ont convaincus d’avorter un enfant parfaitement sain sur la base de diagnostics erronés. Déjà ancienne, l’affaire vient d’être médiatisée par le Daily Beast, sous la rubrique « Tragique ». L’avortement ne serait-il donc tragique que lorsqu’il est « injustifié » ?
Colleen Abbott (le nom a été modifié) avait 37 ans, et une histoire médicale de trois fausses couches, lorsqu’elle a conçu un enfant dans le cadre d’une grossesse jugée « viable » par ses médecins. Déjà mère d’un garçon, elle espérait une fille. Les premières échographies allaient la combler – mais révéler, en même temps, ce qui ressemblait à une anomalie dans le cerveau de l’enfant. Vu l’âge de la mère, on procéda à d’autres examens.
L’amniocentèse ne révéla aucun « défaut », mais le bébé, fit-on rapidement savoir aux Abbott, était en réalité un garçon. Nouvelle échographie : l’appareil génital de l’enfant était « ambigu ». Il était « intersexe ». Et risquait donc des anomalies hormonales et des dysfonctionnements.
Aussitôt, le couple prit rendez-vous avec la conseillère génétique. Colleen assure que celle-ci dressa un tableau dramatique : l’enfant allait faire face au « traumatisme social » lié à son état, risquait des problèmes de rein et de foie, et peut-être même une mort précoce. Le choix était simple : avorter – ou risquer d’avoir un « monstre ». Les Abbott avaient de la chance, aurait-elle dit, d’être encore dans les délais de l’avortement légal.
Le bébé avait 22 semaines…
Du côté du conseiller, le récit est un peu différent. Lors du procès qui allait suivre, c’est celui que le jury a retenu comme le plus vraisemblable, et conforme à « l’éthique médicale » (sic). Elle assure avoir dit à Colleen qu’il lui restait deux semaines jusqu’à la fin du délai légal d’avortement dans son Etat, soit 24 semaines. Et avoir suggéré au couple d’attendre un diagnostic chromosomique complet, qui était en cours.
Quoi qu’il en soit, Colleen est entrée à l’hôpital le 16 novembre 2009 pour subir un avortement, après sa rencontre avec la conseillère génétique. Les médecins ont « arrêté le cœur » du bébé. Deux jours plus tard, il venait au monde, mort-né. Et sans le moindre défaut, ainsi que devait le confirmer l’autopsie.
Entre-temps, au lendemain du jour où les médecins « arrêtèrent le cœur » du bébé, le laboratoire responsable de l’amniocentèse appela pour dire qu’il y avait eu erreur : une secrétaire s’était trompée, elle avait tapé les lettres « XY » au lieu de « XX » dans le champ « genre ».
La procédure engagée par les Abbott a abouti à la reconnaissance de la négligence du laboratoire, mais non de l’hôpital, des médecins, et de la conseillère génétique. Et en tout état de cause, les juges ont refusé d’accorder des dommages pour « avortement injustifié » et pour la douleur morale subie ; leur décision a été confirmée par une cour d’appel en février dernier.
Le cas n’est semble-t-il pas si rare. Quelle est sa fréquence ? On ne peut le savoir, car en général le bébé avorté n’est pas soumis à autopsie et les parents ne savent pas que le diagnostic qui les a poussés à l’éliminer était erroné. Le Daily Beast souligne que les tests prénataux sont de plus en plus nombreux et simples à mettre en œuvre ; aux Etats-Unis, deux femmes sur trois s’y soumettent et selon les anomalies génétiques, elles sont une majorité (entre 50 et 90 %) à choisir d’avorter en ce cas. Depuis 2011, les tests non invasifs – sur simple analyse du sang de la mère – ont envahi le marché. Leurs résultats sont loin d’être sûrs à 100 %, beaucoup sont erronés une fois sur deux, mais de nombreuses femmes, comme Colleen Abbott, prennent la décision d’avorter sur leur base sans subir de tests plus précis.
Et dans la grande majorité des cas, lorsque des poursuites sont engagées, les tribunaux refusent de dédommager pour l’avortement d’un enfant sain et « désiré ».
En revanche, les tribunaux américains offrent de fortes compensations pour les « naissances injustifiées », tenant compte des frais auxquels les parents font face du fait de la maladie de leur enfant : une pratique qui expose les médecins à des risques considérables et qui les pousse à multiplier tests et diagnostics, et à se « couvrir » par des comptes-rendus pessimistes.


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01 janvier, 2015

Chili : le ministre de la Santé démissionne à la suite de déclarations sur l’avortement

Helia Molina, ministre de la Santé du Chili, vient de démissionner de son poste après avoir provoqué l’indignation publique en affirmant que de riches familles chiliennes ont fait avorter leurs filles dans des cliniques de l’« élite », ou « cuicas » comme on dit dans ce pays.
Le porte-parole du gouvernement a expliqué que Mme Molina « a présenté sa démission pour éviter de créer des polémiques artificielles qui peuvent distraire le gouvernement ».
Elle avait déclaré au journal La Segunda : « Dans toutes les cliniques “cuicas”, des familles conservatrices ont fait avorter leurs filles. » Dans le même entretien, elle promettait d’envoyer un projet de loi gouvernemental de dépénalisation de l’avortement devant le Parlement chilien dès la mi-janvier, conformément à la promesse de la présidente Michelle Bachelet de rétablir la légalité de la mise à mort des tout-petits en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou de non-viabilité du fœtus.
Les déclarations à la fois polémiques et haineuses du ministre ont provoqué la colère des cliniques privées, qui les ont à travers leur groupement professionnel rejetées avec vigueur, tandis que le ministère de la Santé s’est désolidarisée des propos de Mme Molina.
L’avortement est interdit pour n’importe quel motif au Chili depuis 1989, après cinquante ans de dépénalisation partielle pour les cas de danger de vie de la mère et de grave handicap du fœtus. Depuis que le Chili est sous le régime de l’interdiction totale la mortalité maternelle a baissé de manière continue et elle est maintenant au plus bas par rapport à l’ensemble du continent américain, Etats-Unis compris.
Pour autant le lobby de l’avortement éprouve le besoin d’annoncer d’importants chiffres d’avortements clandestins ou spontanés – quelque 30.000 par an – alors même qu’ils sont par définition impossibles à connaître. Et ce pour en obtenir une légalisation d’abord exceptionnelle, et sans doute par la suite beaucoup plus large, ainsi que cela se passe partout.
Mais de deux choses l’une : ou bien il y a autant d’avortements clandestins, et aucune mort maternelle liée à ces avortements, ce qui réduit à néant les arguments du lobby de l’avortement pour la légalisation et renforce ceux des défenseurs de la vie qui peuvent avec justesse avancer qu’une partie des « 30.000 » tout petits victimes d’avortements spontanés ou provoqués sont tués de manière criminelle chaque année. Ou bien il y en a beaucoup moins, et toujours pas de morts maternelles pour justifier qu’on « libère » enfin les femmes d’un état paternaliste qui préfère les voir mourir que de les laisser disposer de leur corps.


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23 septembre, 2014

Raïssa Gorbatchev a avorté – et en a souffert toute sa vie

Mikhaïl Gorbatchev a révélé il y a quelques jours que sa femme, Raïssa, avait subi un avortement mettant un terme à sa première grossesse il y a 61 ans, quatre ans avant la naissance de sa fille Irina. L’ex-leader de l’Union soviétique s’exprimait lors d’une interview marquant le 15e anniversaire de la mort de son épouse. Et qu’elle en est restée marquée toute sa vie.
La grossesse était survenue peu après le mariage de ce couple resté toujours uni, en 1953. Raïssa avait été victime, un an plus tôt, d’une « terrible fièvre rhumatismale qui avait affecté son cœur », a raconté Gorbatchev à l’Express de Londres. Les médecins l’obligèrent à choisir entre sa femme et son enfant : « Faites votre choix, le bébé pourra naître vivant ou non, mais vous perdrez votre épouse. Son cœur pourrait ne pas le supporter. »
« La grossesse fut avortée », dit-il.
« On nous a dit que c’était un garçon. Raïssa a tant souffert… J’ai essayé de la calmer comme je le pouvais. Mais nous avions déjà choisi un nom : Serguei, comme mon père. »
Le journaliste raconte comment Gorbatchev ne peut cacher son émotion en parlant de cet avortement. Aujourd’hui encore.
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09 septembre, 2014

Wendy Davis, candidate démocrate au Texas, raconte son traumatisme post-avortement

La candidate démocrate au poste de gouverneur du Texas, Wendy Davis, raconte dans un livre de souvenirs paru cette semaine qu’elle a choisi d’avorter deux fois dans sa vie. Dans un cas, il s’agissait d’une grossesse ectopique menaçant directement sa vie : selon la méthode employée, il a pu ne pas être question d’un avortement, dans une situation où l’embryon ne peut se développer et où sa mort n’est pas recherchée. Mais dans l’autre, un « avortement médical » sur un enfant à naître affecté de graves malformations cérébrales, il s’agit bien de la mise à mort délibérée d’une petite fille à qui ses parents avaient d’ailleurs déjà donné un prénom : Tate Elise.
Cet avortement a été synonyme de souffrances profondes : une fois l’avortement consommé, Wendy Davis raconte avoir ressenti « une noirceur indescriptible ». « C’était un désespoir, une douleur profonde, une lourde vague qui m’écrasait, à croire que je ne referai plus jamais surface… Et lorsqu’enfin j’ai émergé, j’étais devenue quelqu’un de différent. Changée. Changée pour toujours » ajoute-t-elle.
Ce fut, dit-elle, une décision horrible à prendre. Avec celui qui était alors son mari – Davis a divorcé deux fois – elle a suivi par échographie la mise à mort de son bébé, voyant son cœur arrêter de battre au moment où le médecin le « faisait taire ». « C’était fini. Elle était partie. Notre bébé tant aimé était parti. »
Paradoxe : Wendy Davis est une partisane très active de l’avortement légal, et si elle raconte ce désespoir, cette souffrance qui atteste du traumatisme profond provoqué par un acte qui tue, c’est pour mieux se poser pour sa course électorale. Dans un Etat conservateur où surgissent régulièrement des initiatives politiques pour restreindre, voire interdire presque totalement l’accès à l’« interruption volontaire de grossesse », la candidate a voulu montrer que son parcours la rend apte à comprendre les difficultés des femmes puisqu’elle les a traversées. En deux mots : elle pleure ses enfants morts, mais ne regrette rien.
Si Wendy Davis se dit opposée aux avortements tardifs, la candidate démocrate a systématiquement voté en tant que sénatrice du Texas contre toutes les mesures destinées à mieux informer les femmes sur la réalité de l’avortement – comme l’obligation de voir une échographie de leur enfant à naître – et c’est elle qui a bloqué en 2013 une première tentative de faire interdire les avortements au-delà de 20 semaines. Son « filibuster » – un discours interminable – avait été qualifié d’« héroïque » par les partisans du droit à l’avortement : elle avait parlé pendant onze heures d’affilée, pour tenir jusqu’à minuit au dernier jour de la session parlementaire, pour empêcher le vote sur la mesure. Celle-ci a été, depuis, adoptée.
La publication de son livre – Forgetting to be afraid – est perçu dans les milieux pro-vie américains comme une manière de justifier l’injustifiable en mettant l’accent sur l’« amour » porté à l’enfant tué, en présentant la décision d’éliminer un enfant gravement handicapé comme ayant été prise dans la douleur, mais dans son intérêt. « Je suis fière du voyage de ma vie, et je suis fière de l’avoir partagée avec les Texans », a déclaré la candidate, promettant de se battre pour eux comme elle s’est toujours battue pour sa propre survie, au cours d’une vie difficile marquée par le divorce de ses parents, la pauvreté et même une tentative de suicide manquée de sa mère qui avait prévu d’emmener ses deux enfants dans la mort.
Ce faisant, Wendy Davis s’est attirée – fort habilement, disent ses adversaires – la sympathie de tous : le candidat républicain, Greg Abbott, a évoqué la « douleur indicible » causée par la mort d’un enfant, disant toute sa compassion à l’égard de sa concurrente.
Candidats anti-avortement et mouvements pro-vie soulignent cependant que le plus important de l’histoire de Wandy Davis est bien ce traumatisme lié à l’avortement, qui se manifeste chez les femmes par des risques accrus de dépression, tendances suicidaires, abus d’alcool et usage de stupéfiants, ou divorce, par rapport à celles qui ont mené leur grossesse à terme ou qui ont subi une fausse couche.
Joe Pojman, de la Texas Alliance for Life, a exprimé sa sympathie à l’égard de la candidate démocrate mais il a ajouté que son mouvement « ne recommande pas l’avortement d’un enfant souffrant d’une anomalie sévère » : « De même que nous ne pouvons recommander la destruction d’un nouveau-né qui souffre d’un grave handicap. Ce sont tous les deux des enfants », a-t-il déclaré.
Wendy Davis bénéficie pour sa campagne de nombreux financements de personnalités ou de groupes favorables à l’avortement : ses plus importants donateurs – telle l’organisation pro-avortement « Emily’s List » – sont montrés dans le diaporama visible ici.

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25 juillet, 2014

Une agence de l'ONU pousse le Chili à légaliser l'avortement “thérapeutique”

Le comité des droits de l'homme de l'ONU a enjoint au Chili d'étendre la liste des cas où « l'avortement thérapeutique » sera dépénalisé si le projet en cours promu par la présidente Michelle Bachelet voit le jour. Aux exceptions déjà prévues dans le projet socialiste – risque pour la vie de la mère, non-viabilité du fœtus ou grossesse consécutive à un viol – l'agence onusienne veut voir ajouté le cas de l'inceste.

Le Chili a fait les 7 et 8 juillet l'objet de la surveillance périodique des Etats membres de la part du comité des droits de l'homme. L'« examen » se déroule à Genève et permet aux technocrates onusien de scruter la législation et la politique des Etats sur des thèmes choisis. Comme souvent, c'est l'occasion d'une promotion éhontée de la légalisation de l'avortement qu'aucun instrument international ne prévoit d'imposer comme « droit humain ». Sans mandat et sans compétence, pourtant, sous le drapeau de l'ONU, bien des agences de l'organisation internationale jouent de pressions et de menaces en inventant une prétendue obligation de légaliser l'avortement ou de faire d'autres réformes dans le sens de la culture de mort.

C'est ce qui se passe ici : le Chili doit, selon le comité, se hâter d'adopter sa loi de légalisation de l'avortement « thérapeutique ».

Le Chili est à l'heure actuelle la cible du lobby de la mort : c'est un des derniers pays au monde à ne dépénaliser l'avortement sous aucun – en même temps, en Amérique latine, le Chili est le pays qui affiche le taux de mortalité maternelle le plus bas.

Le comité affiche sa « préoccupation » devant l'absence de la cause d'inceste et ajoute son inquiétude devant le nombre des « avortements clandestins » pratiqués dans ce pays qui ont eu pour conséquence des « morts maternelles » et, s'il faut en croire le compte-rendu du quotidien chilien La Nacion, des « grossesses adolescentes ». Comprenne qui pourra.

L'agence onusienne veut voir le Chili rendre les « services de santé reproductive » accessibles à toutes les femmes et adolescentes – tandis que celles-ci, tout comme les garçons, doivent bénéficier d'une « éducation sexuelle » afin d'éviter les « grossesses adolescentes ».

Poursuivant son ingérence, le comité à déploré que les lois « discriminent » à l'égard des femmes en maintenant en vigueur le régime de la « société conjugale ». « L'Etat doit accélérer l'adoption d'une loi pour abroger ce régime en assurent que le nouveau régime patrimonial du mariage garantisse l'égalité de droits de l'homme et de la femme », affirme le texte.

Le code civil chilien définit le mariage comme un contrat solennel par lequel un homme et une femme s'unissent actuellement et indissolublement, et pour toute la vie, afin de vivre ensemble, de procréer et de s'apporter un secours mutuel. L'un des régimes matrimoniaux, le plus communément choisi par les époux, est la « société conjugale » qui est également le régime par défaut. Dans ce régime c'est le mari qui administre à la fois les biens propres de l'homme, de la femme et les biens communs au couple ; en revanche celle-ci administre seule et pleinement les biens qui sont le fruit de son travail. Les époux sont libres de changer de régime matrimonial au cours du mariage.

Le comité des droits de l'homme insiste sur la nécessité de mener au Chili des campagnes d'éducation ou de sensibilisation pour en finir avec la discrimination à raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre.

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19 juillet, 2014

Affaire Bogdan Chazan : le médecin défenseur de la vie s'exprime

LifeSiteNews publie une interview du Dr Bogdan Chazan par Natalie Dueholm. Elle a pu s’entretenir avec celui qui a été sanctionné pour avoir invoqué sa conscience face à l’avortement. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, a annoncé sa révocation comme directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille après son refus d’indiquer à une femme enceinte de près de sept mois un médecin qui serait prêt à éliminer son enfant atteint de malformations.
Cette femme de 38 ans, déjà victime de quatre fausses couches, est devenue enceinte pour la 5e fois à la suite d’une fécondation artificielle à la clinique de fertilité Novum de Varsovie, qui n’assure pas le suivi des grossesses. Elle a été orientée vers le Dr Maciej Gawlak de l’hôpital de la Sainte-Famille – celui du Dr Chazan. C’est lors d’une échographie à la fin de la 21e semaine révélant des anormalités que le Dr Gawlak a expliqué à la patiente quelle est la loi polonaise et qu’il l’a renvoyée vers un établissement plus spécialisé, l’Institut de la Mère et de l’Enfant, où de nouveaux tests furent réalisés. Le Dr Gawlak avait demandé à cet Institut d’envisager l’avortement, mais cela fut refusé.
De retour à l’hôpital de la Sainte-Famille, le Dr Gawlak reçut la femme en présence du Pr Chazan. Elle fit une nouvelle demande d’avortement au jour de la fin de la 24e semaine. La loi polonaise laisse une possibilté d’avortement eugénique au-delà de cette date, dans une sorte de « zone grise » où certains médecins assurent qu’un fœtus atteint de malformations n’est pas encore viable.  L’OMS, elle, fixe le début de viabilité à la fin de la 22e semaine.
Le Dr Chazan refusa alors l’avortement pour des motifs de conscience, mais proposa de suivre la femme et son enfant et d’assurer à celui-ci les soins palliatifs.
Le Dr Gawlak renvoyé alors la patiente vers un troisième établissement, l’hôpital Bielański, connu pour pratiquer des avortements : on lui expliqua que les délais étaient dépassés. La femme décida alors de donner naissance à son enfant plutôt que d’obtenir un avortement à l’étranger. C’est dans cet hôpital qu’elle a accouché ; son petit garçon a vécu quelques jours.
Voici ma traduction de l’entretien accordé par le Pr Chazan.
— Dr Chazan, vous avez été lynché par les médias, votre hôpital a été condamné à une amende, et vous avez été renvoyé de votre poste de directeur. Est-il fréquent en Pologne que des médecins soient aussi sévèrement sanctionnés ?
— Pas très souvent. Je dirais même : très rarement. En règle générale, par rapport aux gens comme moi, les choses se règlent dans la discrétion. Par exemple, plus souvent, les grandes sociétés n’embauchent pas de gynécologues qui ne prescrivent pas la contraception. Personne n’évoque ouvertement le recours à l’« objection de conscience ». On cache les choses, on ne laisse pas de traces écrites.
J’ai eu connaissance, par exemple, du cas d’une femme pro-vie très connue à qui l’on a refusé un cursus post-doctorat. Récemment, l’un des candidats au poste de directeur du service de gynécologie à l’Université médicale a été interrogé pour savoir qu’il avait signé la Déclaration de Foi et Conscience (NDLR : il s’agit d’une lettre ouverte signée plus de 3.000 médecins polonais exprimant leur hostilité à l’avortement et s’engageant à ne pas prescrire de contraceptifs). Ayant répondu par l’affirmative, il n’a pas obtenu le poste. Il y a peut-être d’autres circonstances, mais je n’en ai pas connaissance.
Votre hôpital a été puni d’une amende parce que vous êtes accusé d’avoir abusé de la clause de conscience en refusant d’orienter une patiente vers un médecin avorteur. Un médecin polonais peut-il véritablement refuser toute collaboration avec l’avortement ?
— Très simplement, non. Et en particulier, il ne peut le faire de manière ostentatoire, ainsi que je l’ai fait.
— Ostentatoire ?
— Je parle ici d’une situation où le médecin, de manière claire et ferme, refuse d’orienter une patiente vers un autre médecin ou un autre établissement en vue d’obtenir un avortement. Le plus souvent, les médecins se contentent d’invoquer la clause de conscience pour refuser de pratiquer l’avortement. Il faut rappeler qu’en Pologne, si l’on se réfère aux statistiques, chaque année « seulement » deux avortements sont pratiqués par service de gynécologie. La plupart des médecins – une majorité significative des gynécologues – ne pratiquent pas l’avortement dans les hôpitaux, ni dans leur cabinet privé. La plupart des médecins refusent pour des raisons morales.
— Pourquoi l’hôpital s’est-il vu infliger une amende de 17.000 euros ?
— Il s’agit d’une mesure punitive. Peut-être la meilleure façon d’éviter ce genre de problèmes à l’avenir consisterait-elle à signer des contrats avec le Fonds national de santé (FNS) gouvernemental qui exclueraient explicitement les procédures d’avortement. Mais le FNS serait-il d’accord ? J’estime que tant que restera en vigueur la loi actuelle qui permet les avortements eugéniques, seuls les établissements médicaux assurant le diagnostic prénatal « devraient » pratiquer des avortements. Bien évidemment, toutefois, je suis opposé à l’avortement n’importe où et pour n’importe quelle raison.
— Vous avez été révoqué à la suite d’une inspection menée par la ville Varsovie. Pouvez-vous commenter cette décision ?
— C’est une sanction douloureuse et injuste. Depuis que j’ai pris la direction, l’hôpital s’est développé, agrandi et modernisé, et les relations médecin-patient se sont améliorées. L’hôpital a gagné en popularité dans l’ensemble de Varsovie.
Je dois préciser cependant que techniquement, je n’ai pas encore été licencié. Le maire de Varsovie n’a fait qu’annoncer mon renvoi.
— Selon le rapport de la ville de Varsovie, la patiente a demandé l’avortement alors que la 24e semaine de grossesse était déjà révolue. Vous auriez pu refuser en lui indiquant simplement  que ce délai étant passé, l’avortement n’était plus légal. Au lieu de quoi vous avez refusé en vous fondant sur votre conscience. Pourquoi avez-vous choisi cette voie ?
— Je dois préciser qu’il n’est pas exact de dire qu’en Pologne, l’avortement est illégal au-delà de  la 24e semaine. Aucun règlement ne fixe le nombre de semaines au-delà duquel l’avortement ne serait plus possible. Cela est à la discrétion du médecin.
Lorsque – ainsi que me l’avait demandé la patients – j’ai exprimé par écrit mon refus basé sur l’objection de conscience, j’ai écrit honnêtement la raison pour laquelle je n’étais pas d’accord pour qu’un avortement soit pratiqué dans mon hôpital. J’ai également déclaré à la télévision que je ne pouvais imaginer que des avortements aient lieu à l’hôpital de la Sainte-Famille, à moins de lui donner un nouveau nom : l’hôpital Felix-Dzerzhinsky, en hommage à l’odieux meurtrier de la NKVD. (NDLR : Dzerzhinsky, qui sévissait dans la police secrète soviétique d’avant le KGB, est né en Pologne.)
— Selon le même rapport, deux autres hôpitaux ont refusé l’avortement à cette femme. L’un des refus était même antérieur au vôtre. Savez-vous si ces établissements vont subir des inspections publiques ?
— Oui, probablement. Nous aimerions savoir ce qui s’y est passé. Mais dans ces hôpitaux, personne n’a exprimé son refus par écrit. Tout s’est passé oralement. Il n’y a aucune trace de ces refus dans le dossier médical de la patiente.
— Le bébé que vous avez refusé d’avorter, et qui avait été conçu in vitro, était malade et présentait des malformations…
— Au cours d’une échographie et des IRM pratiquées à l’Institut de la Mère et de l’Enfant (ce n’est pas mon hôpital) les problèmes de l’enfant ne paraissaient pas si graves. Une opération semblait possible. Cependant, selon le Pr Dębski, la situation du bébé s’est révélée être plus grave à la naissance : en réalité, il ne pourrait pas vivre.
— Ce médecin, le Dr Romuald Dębski de l’hôpital Bielański, a décrit le visage du bébé à la télévision, avec des détails insupportables. L’avocat de la femme a dit que l’enfant n’aurait jamais dû naître. Quel est votre commentaire par rapport à cette discrimination à l’égard des bébés-éprouvette ?
— Il est bien triste que mon confrère ait montré ait fait preuve d’une telle cruauté à l’égard de cet enfant, en violation de sa dignité et de son humanité. Nous ne devrions pas traiter les personnes en fonction de leur aspect. Plus tard, le Dr Dębski, et moi aussi d’ailleurs, n’aurons pas non plus un aspect très engageant, nous pourrions même être horribles à voir. Je n’aimerais pas que les gens se détournent de moi. « Traitez les autres comme vous aimeriez qu’ils vous traitent. » C’est une bonne règle.
— De nombreuses études montrent que les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts.
— Oui c’est vrai, et cela mérite d’être redit : les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts. Mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas aimer ces enfants. Ils méritent notre amour. Ils sont aimés de Dieu.
Soit dit en passant : je crains que ce type de « spectacle » réalisé par le Dr Dębski à la télévision n’augmente la peur des femmes d’avoir des enfants. Je crains aussi que cela n’augmente le degré de perfectionnisme déjà recherché par certaines femmes qui envisagent de devenir mères.
— Quels sont vos projets pour l’avenir ?
— Peut-être resterai-je à mon poste de directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille. Peut-être Mme le maire de Varsovie reviendra-t-elle sur sa décision. Sinon, je pourrai toujours travailler à l’Université, à la Commission de la population du gouvernement (Rządowa Rada Ludnościowa), au Comité de la science démographique, ou à MaterCare International… Je peux également continuer mon travail de bénévole à Isiolo au Kenya. Si j’en ai le temps, et que Dieu me prête vie et force…

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18 juillet, 2014

Pérou : le cardinal Cipriani dénonce le “chantage” international à propos de l'avortement et du “mariage” gay

Le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne, archevêque de Lima, dénonce le « chantage » des organisations internationales qui menacent de subordonner les investissements internationaux au Pérou à l’adoption de lois autorisant l’avortement et le « mariage » gay (Infocatolica).
S’exprimant que le programme « Dialogue de Foi » diffusé par le plus grand groupe de médias audiovisuels du Pérou, RPP, le cardinal a déclaré :
« Il n’est pas question que, dans notre démocratie, interviennent les démocraties d’autres pays, même si elles ont de l’argent – comme les Etats-Unis. Nous pouvons créer des synergies en matière de politique économique ou migratoire ; mais il n’est pas possible que ces pays et organismes internationaux conditionnent l’investissement au Pérou en disant : « Si tu ne fais cette loi… » : ça, c’est du chantage. »
« Nous ne pouvons pas mettre en cause l’autonomie d’un pays sur des questions aussi importantes que la défense de la vie ou le mariage entre un homme et une femme. Je tiendrai ferme là-dessus jusqu’à la mort. La vie est un bien absolu, elle ne peut être soumise à conditions. »
Il a rappelé que les Péruviens ne demandent pas d’abord l’accès à l’avortement, mais « de meilleurs soins de santé », a-t-il déclaré.
Il y a six jours, le cardinal Cipriani Thorne avait déjà dénoncé l’utilisation de cas dramatiques pour promouvoir l’avortement « thérapeutique » de « rideau de fumée » destiné à détourner l’attention de la lettre du Guide de l’avortement thérapeutique mis en place par le gouvernement : le « Guide pour tuer ».
« On fabrique des sujets autour de morts, de situations dramatiques, très sentimentales, on met à la une des situations très fortes, mais sur les sujets de fond : la volonté des gens de voire fonctionner la vérité et la justice, on ne publie rien. Je constate qu’il y a une tentative de détourner l’attention du pays en se servant de ce qui a toujours été qualifié de rideau de fumée. Je ne sais pas qui le fabrique et ce n’est pas à moi de le vérifier », a-t-il déclaré.

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17 juillet, 2014

Soutiens au médecin pro-vie polonais Bogdan Chazan


Bogdan Chazan, le gynécologue polonais révoqué de son poste de professeur à l’hôpital de la Sainte-Famille à Varsovie pour avoir refusé de coopérer de quelque manière que ce soit à un avortement, a reçu un soutien appuyé de la part de Mgr Henryk Hoser, archevêque de Varsovie-Praga, médecin diplômé lui aussi, rapporte Hilary White sur LifeSiteNews.
J’avais évoqué ici et ici ce cas d’école de dictature du relativisme où un médecin respecté, engagé depuis toujours pour la vie, a été sanctionnée pour avoir refusé de renvoyer vers un collègue plus complaisant une femme réclamant l’avortement « médical » pour un enfant qui n’avait guère de chance de survivre après sa naissance.
La loi polonaise reconnaît le droit à l’objection de conscience des médecins qui ne veulent pas participer à la pratique de l’avortement mais les oblige – comme les lois Neiertz en France – à donner aux femmes les informations nécessaires pour qu’elles puissent obtenir un avortement légal.
C’est son refus de participer ainsi indirectement à l’avortement qui a servi de prétexte aux vexations dont il est aujourd’hui l’objet.
Mgr Hoser a déclaré dans un communiqué que les sanctions prononcées à l’encontre du Pr Chazan – sa révocation et une amende de 17 000 euros – sont « éthiquement inacceptables, injustifiées, disproportionnées, injustes, absurdes et douteuses sur le plan légal ». « Un enfant dans la phase prénatale est toujours un être humain ou un patient, indépendamment de son état de santé ou d’une décision prise à la discrétion d’un tiers. Personne n’est maître de la vie d’autrui et tous les autres biens personnels sont secondaires par rapport à l’existence d’un être humain », a-t-il ajouté.
L’archevêque a encouragé les autres médecins et toutes les personnes de bonne volonté de manifester leur solidarité à l’égard du Pr Chazan. Notant que les pouvoirs publics et la police mettent généralement du temps pour poursuivre les auteurs des crimes les plus graves, il les a accusés d’« excès de zèle » lorsqu’il s’agit d’enquêter sur le fait d’avoir « isolé » une personne par rapport aux informations nécessaires à l’obtention d’un avortement alors qu’elles sont aisément accessibles à tous, « spécialement dans une ville comme Varsovie ».
La déclaration de l’archevêque s’ajoute à celle du cardinal Kazimierz Nycz, archevêque métropolitain de Varsovie, pour qui les sanctions prononcées contre le médecin « violent les droits de tous, et pas seulement des catholiques ».
Le Pr Chazan, de son côté, a déclaré que l’amende qui lui a été infligée, tout comme la perte de son poste, ne sont que « la rançon pour la vie d’un enfant » – et il ne regrette pas de l’avoir payé. Mais il prévoit une accentuation de la pression : il a précisé à l’hebdomadaire catholique anglais The Sunday Visitor que l’affaire aboutira « probablement à l’élimination des postes de direction de médecins qui ne font que respecter la loi naturelle ».
Qu’il soit objet de haine et donc de persécution n’est pas si étonnant : il est l’un des signataires les plus en vue de la « Déclaration de Foi » rassemblant près de 3.000 médecins polonais – sur les 377.000 que compte le pays – qui refusent à la fois la participation à l’avortement et la prescription de contraceptifs.
Les milieux pro-vie polonais estiment qu’en l’occurrence, le Pr Chazan a été victime d’un coup monté. Où la mère de l’enfant, mort quelques jours après la naissance mais de manière naturelle et entouré jusqu’au bout, aurait été instrumentalisée.
Cette femme avait obtenu une fécondation in vitro pour pallier à sa stérilité. Selon l’avocat de Bogdan Chazan, Jerzy Kwaśniewski, elle avait appris assez tôt que son enfant présentait des anormalités. Son médecin à l’hôpital de la Sainte-Famille, le Dr Maciej Gawlak, l’avait informée non seulement de ce diagnostic, mais de la possibilité qui lui était offerte aux termes de la loi polonaise d’obtenir un avortement légal en raison des malformations fœtales. Elle n’avait pas donné suite. Elle s’étant par la suite rendue dans d’autres établissements médicaux où on lui avait refusé l’avortement.
C’est après seulement qu’elle s’est rendue chez le Pr Chazan dont les positions pro-vie sont largement connues.
Les politiques se sont aussitôt engouffrés dans la brèche. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, a imposé des sanctions immédiates sans que le médecin puisse se défendre. Le Premier ministre libéral, Donald Tusk, a osé déclarer : « Quoi que lui dicte sa conscience, un médecin doit accomplir la loi. Chaque patient doit avoir la certitude que le médecin accomplira toutes les procédures conformément à la loi et à son devoir. » Le leader de l’Alliance de la gauche démocratique, Leszek Miller, a déclaré que le refus du Pr Chazan de participer à l’avortement relève de la « psychopathie ». L’asile psychiatrique pour ceux qui pensent mal ?
Et du côté des partisans de l’avortement ? Pour Krystyna Kacpura, directrice de la Fédération de la Femme et du Planning familial en Pologne, ce sont les « fondamentalistes religieux » qui font tout pour empêcher les femmes d’y avoir accès. Dans une interview à JOL Press, elle explique : « Certes, nous avons été soulagés que la maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Walz, licencie Bogdan Chazan : c’était son devoir, sa responsabilité politique et morale, en tant que fonctionnaire de l'État, d'agir selon la loi et de veiller à ce que les règles soient respectées. Donc nous pouvons dire que c'est une victoire de l’Etat de droit sur “la loi de Dieu”. »
De la loi civile sur la loi morale, en somme – on connaît cela en France aussi…
On peut contacter Mme le maire de Varsovie à cette adresse : sekretariatprezydenta@um.warszawa.pl.

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14 juillet, 2014

Pays-Bas : vers « l’ajustement » des règles de l’avortement tardif et de l’euthanasie des nouveau-nés

Les règles néerlandaises à propos de la mise à mort de bébés très handicapés ou malades en fin de grossesse ou après la naissance ne sont pas assez claires, selon un rapport d’évaluation soumis au Parlement en septembre dernier. Cet état de fait conduit les médecins qui la pratiquent à ne pas signaler les occurrences, moyennant quoi ces actes échappent à tout contrôle. Que faire ? La réponse est simple : changer les règles et – en fait – les assouplir afin que les praticiens n’aient plus à avoir peur d’éventuelles poursuites.

Ivo Opstelten
Edith Schippers
C’est ce que viennent d’indiquer le ministre de la Justice, Edith Schippers, et celui de la Sécurité et de la Justice, Ivo Opstelten, dans une lettre adressée le 10 juillet au président de la Deuxième chambre des états-généraux, en soulignant que les points difficiles soulevés par le rapport vont devoir être réglés. En vue d’assurer la « protection de la vie la plus vulnérable » – ça ne s’invente pas.

Avortement tardif et néonaticide

Il est intéressant de noter d’emblée que les cas d’avortement tardif pour raisons médicales font l’objet d’une évaluation commune avec ceux de la « terminaison de la vie » très précoce. Le terme employé en néerlandais n’est pas celui d’« euthanasie » ; j’emploie faute de mieux le mot « terminaison » pour indiquer « l’acte de mettre fin ». Sur le plan éthique, il est clair qu’on n’y fait pas de différence fondamentale entre l’avortement très tardif (après 24 semaines d’aménorrhée, le délai légal de l’avortement aux Pays-Bas) et l’infanticide précoce, qui sont « justifiés » pour les mêmes motifs et que les médecins doivent théoriquement signaler à une même commission générale de scientifiques. Cette commission est l’auteur du rapport.
Présentée comme une solution d’urgence dans des cas extrêmes, la fin de vie provoquée en fin de grossesse ou après la naissance est en gros dispensée de peine, et même de procès, dans les mêmes conditions que l’euthanasie, hormis la capacité de prendre soi-même une décision éclairée.

Non viabilité?


Le fait de « mettre à mort » avant la naissance un « fruit dont on peut raisonnablement penser qu’il peut rester en vie en dehors du corps de la mère » est puni par la loi pénale. S’il est jugé non viable, l’avortement est autorisé mais doit être signalé et évalué par le Parquet. Si l’enfant est viable mais atteint d’affections fonctionnelles graves sans espoir d’amélioration et qui, sans intervention médicale, conduiraient à la mort, l’avortement tardif est possible, l’intervention médicale (une thérapie) après la naissance pouvant même dans ce cas être considérée comme « dommageable » dans la mesure où elle prolongerait la souffrance. Le médecin s’appuiera sur le fait qu’après la naissance les soins seraient « inutiles ».
Pour ce qui est de l’infanticide, les règlements distinguent entre le « laisser mourir » : ne pas entamer un traitement qui ne servirait à rien chez un enfant de toute façon voué à une mort rapide, ce qui conduit à une « mort naturelle ». Le signalement du cas n’est pas alors exigé (cela vaut aussi pour l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation). En revanche, lorsque le médecin provoque la mort, le signalement est obligatoire, étant posé que les cas doivent se régler le plus souvent possible au sein de la commission médicale, même lorsque les conditions légales n’ont pas été pleinement respectées : les poursuites pénales ne sont qu’un « dernier recours », selon les directives des pouvoirs publics.

Sous-déclaration

Selon le rapport de la commission des scientifiques, les médecins n’ont pas confiance. Ils estiment en général que les conditions auxquelles ils doivent satisfaire ne sont ni assez précises, ni assez larges et ils ont malgré tout peur de s’exposer à des poursuites, surtout dans le cadre de la « terminaison de la vie » des nouveau-nés. Depuis l’entrée en vigueur des règlements actuels en 2007, seuls 7 avortements très tardifs ont été signalés, et seul une « terminaison de la vie » d’un enfant qui venait de naître.
Mais les auteurs du rapport ont indiqué que le nombre d’avortements hors délais pour raisons médicales serait plus proche de 30 par an – c’est une estimation incertaine, qui pourrait selon eux comprendre des doublons, mais en tout état de cause le nombre est sans commune mesure avec le chiffre officiel. Les réponses à un questionnaire diffusé par les auteurs conduit ceux-ci à penser qu’il y a eu au moins 11 cas de « terminaisons de la vie » de nouveau-nés.
Il semblerait, selon les auteurs du rapport, que les avortements tardifs et les néonaticides (appelons-les par leur nom !) aient diminué, « grâce » à la généralisation de l’échographie structurelle de la 20e semaine qui permet de dépister la plupart des malformations graves, l’avortement étant alors pratiqué dans les délais légaux et sans risque pénal. Mais les rapporteurs estiment que le temps nécessaire à l’établissement d’un diagnostic sûr et à la prise d’une décision par les parents est parfois trop court. Ceux-ci se sentiraient « sous pression » et en viendraient alors à prendre la décision d’avorter « sans avoir toute l’information requise quant aux défauts éventuels du fœtus » : avec un peu plus de temps, ils auraient pu décider de ne pas « mettre fin à la grossesse ».
Du côté des médecins, c’est la difficulté de proposer un diagnostic sûr à 100 % qui pose problème, selon le rapport, ce qui les conduit à ne pas accepter de pratiquer un avortement très tardif faute de pouvoir dire avec certitude que l’enfant est voué à mourir rapidement après la naissance. En ce cas, souligne encore le rapport, il arrive que les parents se rendent à l’étranger pour un avortement très tardif.

Souffrances futures

Autre problème soulevé par les médecins : il faut en principe que les souffrances endurées par l’enfant soient « actuellement » insupportables. Ils estiment avoir l’obligation professionnelle de « prévenir » les souffrances graves et regrettent que la réglementation ne laisse aucune latitude pour une intervention de « terminaison de la vie » en vue d’éviter à l’enfant un avenir plein de souffrances ou « sans perspectives ». Ce qui les conduit soit à ne pas agir – soit à ne pas signaler leur intervention.
On voit la nouvelle dérive qu’entraîne un tel point de vue.

Les modifications proposées

Voici donc ce que proposent les deux ministres.
• Faire de la commission d’évaluation le lieu de jugement de dernière instance pour les avortements tardifs de première catégorie (fœtus non viable), sans risque de transmission au Parquet. Il en irait de même pour les avortements tardifs pratiqués pour protéger la santé ou la vie de la mère mise en danger par la grossesse (encore que l’on comprenne mal pourquoi ; puisqu’après 24 semaines de grossesse bien des bébés survivent aujourd’hui à leur naissance prématurée).
• Nuancer les exigences par rapport au diagnostic et au pronostic dont les médecins pensent aujourd’hui qu’ils doivent être certains : il serait précisé que l’on demande « la plus grande certitude possible », ce qui laisse davantage de latitude. Et autoriserait, on le voit bien, davantage d’avortements très tardifs et de mises à mort après la naissance.
• A propos de la souffrance future que les médecins estiment devoir prévenir, les ministres assurent : «  Nous imaginons aisément les dilemmes médicaux et éthiques que rencontrent les médecins dans la pratique. » Ils s’engagent à réfléchir plus avant sur cette question afin que la réglementation s’adapte mieux à la pratique médicale. En s’appuyant, par exemple, sur les exemples qui seront donnés par un signalement plus systématique.
• Les ministres notent qu’il y a un grand flou, une grande incertitude sur la définition de l’euthanasie « active ». Ce flou est en lui-même un fait intéressant : il montre la perte du sens moral qu’entraîne pour le médecin la faculté de tuer. La réponse est fonction de l’intention : intention de tuer, fût-ce pour soulager une douleur, ou intention de soulager la douleur, au risque d’abréger la vie. Sans doute n’est-il pas toujours simple de répondre à cette question. Mais sans ce cadre, c’est quasiment impossible.
• On envisage de proroger le délai légal des 24 semaines lorsque les parents ont besoin de ce temps pour obtenir toutes les informations nécessaires sur l’état de leur enfant, et pour savoir notamment ce que représente pratiquement l’arrivée d’un tel enfant. Les ministres ajoutent (et c’est peut-être la litote de l’année) : « Bien qu’en formulant une nouvelle réglementation nous cherchons, là où c’est possible, d’alléger la pression de la décision à prendre, nous nous attendons cependant à ce que la pression du choix ne puisse être totalement écartée, étant donnée la nature de la décision dont il s’agit ici. »
• Les ministres précisent enfin, pour soulager les craintes des médecins qui ont peur d’être poursuivis pénalement s’ils aident leurs patientes à obtenir un avortement hors délais à l’étranger, que ceux-ci n’encourent pas de sanctions pour complicité dès lors qu’ils peuvent « raisonnablement penser que l’avortement tardif n’est pas punissable dans ledit pays en l’espèce ».
Bref, sous couleur de compassion et de meilleur contrôle, il s’agit bien de faciliter les avortements tardifs et les néonaticides.

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10 juillet, 2014

Pologne : révocation du médecin pro-vie objecteur de conscience

Hannah Gronkiewicz-Waltz,
ancienne dirigeante de la
Banque européenne pour la
reconstruction et le développement
Le professeur de médecine polonais qui a refusé d’indiquer le nom d’un collègue avorteur à une femme venue lui demander de supprimer son bébé malformé (voir ici sur ce blog) a été révoqué, a officiellement indiqué Hanna Gronkiewicz-Waltz, maire de Varsovie.
Selon la BBC, elle a indiqué avoir mis fin au contrat du Pr Bogdan Chazan, directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille à Varsovie, au motif qu’il avait omis d’informer la mère que l’avortement « médical » serait illégal au-delà de 24 semaines de grossesse et qu’il ne lui avait pas indiqué l’endroit où elle pourrait obtenir l’avortement. Le Pr Chazan avait invoqué sa clause de conscience et proposé à la femme d’accompagner sa grossesse et d’assurer tous les soins, y compris des soins palliatifs, au bébé dès sa naissance.
Hanna Gronkiewicz-Waltz justifie sa décision par ces « irrégularités », indiquant que le médecin avait outrepassé ses droits à l’objection de conscience fondée sur des considérations religieuses.
La rupture du contrat de ce médecin respecté, dont le service d’obstétrique affiche un taux de mortalité périnatale deux fois plus bas que la moyenne en Pologne, a été condamnée par l’Eglise. Dans un communiqué, l’archev^que de Varsovie, Kazimierz Nycz, y a vu un « précédent dangereux qui viole les droits non seulement des catholiques, mais de tous ».
Le Pr Bogdan Chazan a déclaré lors d’une interview télévisée que cette décision constitue « le début d’une guerre contre la conscience des médecins et personnes ayant une position de responsabilité administrative dans les services de santé ».
Pour ce qui est de l’enfant, souffrant de malformations crâniennes et cérébrales, il est né et se trouverait actuellement en réanimation, selon la BBC.
Rappelons que la démarche de la femme allant demander un avortement « médical » à un médecin notoirement pro-vie, qui a déjà été renvoyé d’un poste il y a douze ans pour son refus de l’avortement, pourrait bien relever du « testing ».

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...