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20 novembre, 2014

Le Conseil de l’Europe refuse de répondre sur le cas d’enfants nés vivants à la suite d’un avortement

Voici une information de LifeSite qui m’avait échappée, peu reprise dans la presse française (je ne l’ai trouvée qu’ici) et qui prend tout son sens en cette Journée internationale pour les droits de l’enfant. On sait à quel point les droits de l’enfant à naître sont piétinés par l’avortement et par toutes les techniques qui permettent la manipulation et l’élimination de l’embryon. Mais l’infanticide demeure interdit, non ?
Voire. Les récits ne manquent pas, dans les pays européens, d’avortements volontaires « ratés » suivis de la naissance d’un enfant vivant. Rien n’autorise la mise à mort d’un nouveau-né vivant, mais dans les faits c’est bien ce qui se passe. Nombre de témoignages de professionnels de la santé attestent que dans ce cas, les nouveau-nés sont soit « évacués » avec les déchets hospitaliers même s’ils montrent des signes de vie, ou laissés dans un local pour y mourir, soit tués par étouffement ou par injection létale.
Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe
se lave les mains de l'affaire des enfants nés vivants
à la suite d'un avortement
Ce scandale a fait l’objet de questions écrites devant le comité des ministres du Conseil de l’Europe qui depuis des mois, refuse de répondre sur le fond.
LifeSiteNews a eu accès aux documents qui rendent compte de ce refus de répondre à la suite d’une question écrite d’Angel Pintado, membre espagnol de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), du Parti populaire européen. La question avait été déposée le 31 janvier dernier, en ces termes :
« Dans nombre de pays européens autorisant l’avortement tardif, il arrive que des fœtus humains naissent vivants, en survivant à leur avortement. Des infomations et des articles relatant des entretiens avec des travailleurs de santé révèlent qu’il n’est pas rare de trouver un fœtus avorté dont le cœur bat et qui se lutte pour respirer. Au Royaume-Uni, par exemple, il est rapporté qu’en une seule année on a laissé mourir 66 bébés dont l’avortement n’avait pas réussi. En Suède, un tel enfant a vécu de manière autonome pendant 90 minutes après l’avortement, et n’a reçu aucun soin jusqu’à sa mort. En Norvège, il existe des éléments de preuve montrant que certains de ces nouveau-nés auraient été viables s’ils avaient reçu les soins médicaux appropriés.
Quels actions spécifiques entend entreprendre le Comité des ministres pour garantir que les fœtus survivant à l’avortement ne soient pas privé des traitements médicaux auxquels ils ont droit – en tant que personnes humaines nés vivantes – aux termes de la Convention européenne des droits de l’homme ? »
Aucune. Aucune action en ce sens parce que les pays membres concernés ne veulent pas attirer l’attention du public sur le fait que des bébés nés vivants sont laissés à leur agonie, sans le moindre soin, ou qu’ils sont illégalement euthanasiés, parce que cela soulèverait la question des avortements tardifs au-delà du seuil de viabilité.
Il a fallu attendre le 9 juillet 2014 pour qu’une réaction, laconique, intervienne : « Les Députés ont demandé à la Présidence d’informer le Président de l’Assemblée parlementaire qu’“en raison d’une absence de consensus, il n’a pas été possible d’adopter une réponse à la Question écrite n° 655 de M. Pintado”. »
Mais on sait ce qui s’est passé auparavant, grâce aux informations publiées par LifeSite. Au départ, la question d’Angel Pintado a été traitée par le secrétariat du Comité des ministres, alors que celui-ci venait de procéder à un échange de vues, les 12 et 13 février : il avait été décidé de laisser le secrétariat préparer une ébauche de réponse en vue de discussions futures. Cette ébauche allait éluder la question : notant l’« absence de consensus » sur la question de l’avortement en Europe, elle suggérait de laisser la Cour européenne des droits de l’homme, bras judiciaire du Conseil de l’Europe, prendre la responsabilité de s’exprimer sur la question de Pintado. Cela s’appelle botter en touche.
S’ensuivit une passe d’armes où plusieurs délégations au Comité des ministres firent observer que cela ne constituait en rien une réponse à la question de Pintado qui ne concerne pas directement l’avortement mais les droits humains d’enfants nés vivants, droits protégés par la Convention européenne des droits de l’homme. La jurisprudence de la CEDH est claire : la « marge d’appréciation » des 47 Etats du Conseil de l’Europe sur le moment où commence la vie humaine et à partir duquel elle doit être protégée n’existe que pour la période précédant la naissance. Cette jurisprudence – que l’on peut trouver scandaleuse en soi, mais ce n’est pas l’objet de ce débat – s’est développée pour répondre au fait que les Etats membres ont conservé le pouvoir souverain de fixer les lois relatives à l’avortement.
Remettre l’affaire à la CEDH, ajoutaient ces délégations, revenait à l’enterrer corps et biens : seules des personnes représentant les intérêts des enfants morts peuvent saisir cette juridiction en leur nom : en pratique, il s’agit de leurs parents. Pour des raisons évidentes, s’agissant de ceux qui ont demandé l’avortement au départ, ils ne le feront jamais.
Plusieurs délégations nationales ont alors suggéré la rédaction d’une nouvelle réponse qui réaffirmerait le principe fondamental du droit universel à la vie, l’interdiction des traitements dégradants et inhumains, et le droit à l’accès aux soins sans discrimination en raison des circonstances de la naissance. Certaines d’entre elles ont même ajouté que le Comité des ministres devait inviter les Etats membres du Conseil de l’Europe à prendre en compte le seuil de viabilité dans leurs législations nationales relatives à l’avortement, ainsi que l’a récemment fait la Norvège. Les bébés prématurés nés avant 18 semaines de grossesse peuvent respirer de manière autonome pendant des minutes, voire des heures ; le seuil de viabilité fixé par l’Organisation mondiale de la santé est de 22 semaines. Mais plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les Pays-Bas, autorisent l’avortement, quasiment à la demande, jusqu’à 24 semaines, et en cas de malformation, l’avortement « médical » est permis jusqu’au terme de la grossesse, comme au Royaume-Uni et en France. Parmi les nombreuses  « complications » de ces avortements tardifs, celle qu’on redoute le plus est la « naissance vivante »…
Etant donné que les témoignages attestent que dans la plupart des cas ces nouveau-nés sont abandonnés jusqu’à leur mort, sans soins, ou directement tués par euthanasie, une nouvelle réponse a été préparée et soumise aux délégués du Comité des ministres le 25 juin. Pendant ce temps, la question écrite d’Angel Pintado a été discutée dans les parlements nationaux de l’Irlande et de la Pologne. Cette nouvelle réponse soulignait que tout être humain né vivant a droit à la vie et doit recevoir les soins nécessités par son état.
En pratique, nombre de ces nouveau-nés mourraient probablement quand même en raison de leur grande maturité ou des dommages causés par la procédure d’avortement, mais du moins seraient-ils entourés et recevraient-ils ainsi des soins palliatifs pendant la durée de leur courte vie. Ceux qui, réagissant bien au traitement, survivraient, pourraient être accueillis au sein de leur propre famille ou proposés à l’adoption.
C’est en accord avec la jurisprudence de la CEDH, et en l’absence de consensus à propos de l’avortement et du moment à partir de laquelle la vie prénatale doit être protégée, qu’il a été suggéré que tous les Etats membres autorisant l’avortement prennent en compte les différents intérêts légitimes se trouvant en concurrence, en ajoutant que les Etats devraient prendre en compte le facteur de la viabilité dans leurs lois sur l’avortement.
Après des mois d’atermoiements et de réponses hors-sujet, le Comité des ministres a fini par répondre, le 9 juillet, qu’il ne répondrait pas à la question écrite de Pintado, et ce malgré le fait que de nombreux Etats membres partagent ses inquiétudes.
Et c’est ainsi que le scandale de ces nouveau-nés que l’on laisse mourir va pouvoir tranquillement se poursuivre. Les dernières statistiques connues datent de 2007 et concernent ce triste chiffre de 66 bébés nés vivants en 2005 à la suite d’un avortement, et qu’on a volontairement laissé mourir. Le tollé qui l’avait accueilli avait conduit le gouvernement britannique à ne plus publier de statistiques à ce sujet. La plupart des pays occultent les données concernant les naissances vivantes à la suite d’un avortement.

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12 novembre, 2014

Lieu de sépulture préhistorique en Alaska : découverte d’un fœtus

Une équipe d’archéologues a déterré un bébé et un fœtus dans un site de sépulture datant de l’âge de glace en Alaska : le site daterait de quelque 11.500 ans et ce sont les restes humains les plus anciens mis au jour dans la zone subarctique nord-américaine.
Les squelettes du bébé et du fœtus se trouvaient dans une fosse circulaire, sous les restes incinérés d’un petit enfant. Ils étaient accompagnés de bois de rennes et de projectiles de pierre décorés à l’encre rouge, rendant compte d’un rituel de funérailles. Le fœtus était près du terme, le bébé a dû mourir rapidement après la naissance, d’après les experts ; c’étaient des petites filles.
Il semble que le lieu ait été spécifiquement utilisé pour l’enterrement de bébés et de tout petits enfants. Les deux bébés se trouvaient 40 cm en dessous de l’enfant de trois qui avait été trouvé lors d’une première excavation en 2010.
Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que le fœtus ait été considéré comme un être humain, tout comme l’enfant de trois ans et le nouveau-né. Nos cousins préhistoriques – humains puisqu’ils enterraient leurs morts – ont entouré de la même tendresse et du même rituel les funérailles de l’enfant né et de l’enfant à naître.
En quoi ils étaient plus humains que nous…

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14 juillet, 2014

Pays-Bas : vers « l’ajustement » des règles de l’avortement tardif et de l’euthanasie des nouveau-nés

Les règles néerlandaises à propos de la mise à mort de bébés très handicapés ou malades en fin de grossesse ou après la naissance ne sont pas assez claires, selon un rapport d’évaluation soumis au Parlement en septembre dernier. Cet état de fait conduit les médecins qui la pratiquent à ne pas signaler les occurrences, moyennant quoi ces actes échappent à tout contrôle. Que faire ? La réponse est simple : changer les règles et – en fait – les assouplir afin que les praticiens n’aient plus à avoir peur d’éventuelles poursuites.

Ivo Opstelten
Edith Schippers
C’est ce que viennent d’indiquer le ministre de la Justice, Edith Schippers, et celui de la Sécurité et de la Justice, Ivo Opstelten, dans une lettre adressée le 10 juillet au président de la Deuxième chambre des états-généraux, en soulignant que les points difficiles soulevés par le rapport vont devoir être réglés. En vue d’assurer la « protection de la vie la plus vulnérable » – ça ne s’invente pas.

Avortement tardif et néonaticide

Il est intéressant de noter d’emblée que les cas d’avortement tardif pour raisons médicales font l’objet d’une évaluation commune avec ceux de la « terminaison de la vie » très précoce. Le terme employé en néerlandais n’est pas celui d’« euthanasie » ; j’emploie faute de mieux le mot « terminaison » pour indiquer « l’acte de mettre fin ». Sur le plan éthique, il est clair qu’on n’y fait pas de différence fondamentale entre l’avortement très tardif (après 24 semaines d’aménorrhée, le délai légal de l’avortement aux Pays-Bas) et l’infanticide précoce, qui sont « justifiés » pour les mêmes motifs et que les médecins doivent théoriquement signaler à une même commission générale de scientifiques. Cette commission est l’auteur du rapport.
Présentée comme une solution d’urgence dans des cas extrêmes, la fin de vie provoquée en fin de grossesse ou après la naissance est en gros dispensée de peine, et même de procès, dans les mêmes conditions que l’euthanasie, hormis la capacité de prendre soi-même une décision éclairée.

Non viabilité?


Le fait de « mettre à mort » avant la naissance un « fruit dont on peut raisonnablement penser qu’il peut rester en vie en dehors du corps de la mère » est puni par la loi pénale. S’il est jugé non viable, l’avortement est autorisé mais doit être signalé et évalué par le Parquet. Si l’enfant est viable mais atteint d’affections fonctionnelles graves sans espoir d’amélioration et qui, sans intervention médicale, conduiraient à la mort, l’avortement tardif est possible, l’intervention médicale (une thérapie) après la naissance pouvant même dans ce cas être considérée comme « dommageable » dans la mesure où elle prolongerait la souffrance. Le médecin s’appuiera sur le fait qu’après la naissance les soins seraient « inutiles ».
Pour ce qui est de l’infanticide, les règlements distinguent entre le « laisser mourir » : ne pas entamer un traitement qui ne servirait à rien chez un enfant de toute façon voué à une mort rapide, ce qui conduit à une « mort naturelle ». Le signalement du cas n’est pas alors exigé (cela vaut aussi pour l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation). En revanche, lorsque le médecin provoque la mort, le signalement est obligatoire, étant posé que les cas doivent se régler le plus souvent possible au sein de la commission médicale, même lorsque les conditions légales n’ont pas été pleinement respectées : les poursuites pénales ne sont qu’un « dernier recours », selon les directives des pouvoirs publics.

Sous-déclaration

Selon le rapport de la commission des scientifiques, les médecins n’ont pas confiance. Ils estiment en général que les conditions auxquelles ils doivent satisfaire ne sont ni assez précises, ni assez larges et ils ont malgré tout peur de s’exposer à des poursuites, surtout dans le cadre de la « terminaison de la vie » des nouveau-nés. Depuis l’entrée en vigueur des règlements actuels en 2007, seuls 7 avortements très tardifs ont été signalés, et seul une « terminaison de la vie » d’un enfant qui venait de naître.
Mais les auteurs du rapport ont indiqué que le nombre d’avortements hors délais pour raisons médicales serait plus proche de 30 par an – c’est une estimation incertaine, qui pourrait selon eux comprendre des doublons, mais en tout état de cause le nombre est sans commune mesure avec le chiffre officiel. Les réponses à un questionnaire diffusé par les auteurs conduit ceux-ci à penser qu’il y a eu au moins 11 cas de « terminaisons de la vie » de nouveau-nés.
Il semblerait, selon les auteurs du rapport, que les avortements tardifs et les néonaticides (appelons-les par leur nom !) aient diminué, « grâce » à la généralisation de l’échographie structurelle de la 20e semaine qui permet de dépister la plupart des malformations graves, l’avortement étant alors pratiqué dans les délais légaux et sans risque pénal. Mais les rapporteurs estiment que le temps nécessaire à l’établissement d’un diagnostic sûr et à la prise d’une décision par les parents est parfois trop court. Ceux-ci se sentiraient « sous pression » et en viendraient alors à prendre la décision d’avorter « sans avoir toute l’information requise quant aux défauts éventuels du fœtus » : avec un peu plus de temps, ils auraient pu décider de ne pas « mettre fin à la grossesse ».
Du côté des médecins, c’est la difficulté de proposer un diagnostic sûr à 100 % qui pose problème, selon le rapport, ce qui les conduit à ne pas accepter de pratiquer un avortement très tardif faute de pouvoir dire avec certitude que l’enfant est voué à mourir rapidement après la naissance. En ce cas, souligne encore le rapport, il arrive que les parents se rendent à l’étranger pour un avortement très tardif.

Souffrances futures

Autre problème soulevé par les médecins : il faut en principe que les souffrances endurées par l’enfant soient « actuellement » insupportables. Ils estiment avoir l’obligation professionnelle de « prévenir » les souffrances graves et regrettent que la réglementation ne laisse aucune latitude pour une intervention de « terminaison de la vie » en vue d’éviter à l’enfant un avenir plein de souffrances ou « sans perspectives ». Ce qui les conduit soit à ne pas agir – soit à ne pas signaler leur intervention.
On voit la nouvelle dérive qu’entraîne un tel point de vue.

Les modifications proposées

Voici donc ce que proposent les deux ministres.
• Faire de la commission d’évaluation le lieu de jugement de dernière instance pour les avortements tardifs de première catégorie (fœtus non viable), sans risque de transmission au Parquet. Il en irait de même pour les avortements tardifs pratiqués pour protéger la santé ou la vie de la mère mise en danger par la grossesse (encore que l’on comprenne mal pourquoi ; puisqu’après 24 semaines de grossesse bien des bébés survivent aujourd’hui à leur naissance prématurée).
• Nuancer les exigences par rapport au diagnostic et au pronostic dont les médecins pensent aujourd’hui qu’ils doivent être certains : il serait précisé que l’on demande « la plus grande certitude possible », ce qui laisse davantage de latitude. Et autoriserait, on le voit bien, davantage d’avortements très tardifs et de mises à mort après la naissance.
• A propos de la souffrance future que les médecins estiment devoir prévenir, les ministres assurent : «  Nous imaginons aisément les dilemmes médicaux et éthiques que rencontrent les médecins dans la pratique. » Ils s’engagent à réfléchir plus avant sur cette question afin que la réglementation s’adapte mieux à la pratique médicale. En s’appuyant, par exemple, sur les exemples qui seront donnés par un signalement plus systématique.
• Les ministres notent qu’il y a un grand flou, une grande incertitude sur la définition de l’euthanasie « active ». Ce flou est en lui-même un fait intéressant : il montre la perte du sens moral qu’entraîne pour le médecin la faculté de tuer. La réponse est fonction de l’intention : intention de tuer, fût-ce pour soulager une douleur, ou intention de soulager la douleur, au risque d’abréger la vie. Sans doute n’est-il pas toujours simple de répondre à cette question. Mais sans ce cadre, c’est quasiment impossible.
• On envisage de proroger le délai légal des 24 semaines lorsque les parents ont besoin de ce temps pour obtenir toutes les informations nécessaires sur l’état de leur enfant, et pour savoir notamment ce que représente pratiquement l’arrivée d’un tel enfant. Les ministres ajoutent (et c’est peut-être la litote de l’année) : « Bien qu’en formulant une nouvelle réglementation nous cherchons, là où c’est possible, d’alléger la pression de la décision à prendre, nous nous attendons cependant à ce que la pression du choix ne puisse être totalement écartée, étant donnée la nature de la décision dont il s’agit ici. »
• Les ministres précisent enfin, pour soulager les craintes des médecins qui ont peur d’être poursuivis pénalement s’ils aident leurs patientes à obtenir un avortement hors délais à l’étranger, que ceux-ci n’encourent pas de sanctions pour complicité dès lors qu’ils peuvent « raisonnablement penser que l’avortement tardif n’est pas punissable dans ledit pays en l’espèce ».
Bref, sous couleur de compassion et de meilleur contrôle, il s’agit bien de faciliter les avortements tardifs et les néonaticides.

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25 février, 2012

“Avortement post-natal” : une idée qui fait son chemin

Francesca Minerva
Voilà qui a au moins le mérite de la clarté et de la cohérence. Deux chercheurs en bioéthique, Francesca Minerva de l'Université de Melbourne et Alberto Giubilini, de l'Université de Milan, viennent de co-signer un article dans le Journal of Medical Ethics où ils plaident pour le droit de supprimer des nouveau-nés de la même manière que l'on peut supprimer des enfants avant leur naissance.
Alberto Giubilini

On pourrait croire qu'ils argumentent par l'absurde. Pour frapper les imaginations. Bien des gens qui acceptent sans difficulté (et surtout sans réfléchir) l'idée de l'avortement légal, rejetteraient avec horreur celle de l'infanticide. Et en ce sens, la logique de cette revendication est imparable. Mais non : Minerva et Giubilini sont on ne peut plus sérieux : ils estiment que la mise à mort d'un enfant non désiré devrait être possible jusqu'après la naissance…

Voici ce que résume l'« abstract » de leur article, publié en ligne avant-hier :
« L'avortement est largement accepté, même pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la santé du fœtus. En montrant que (1) à la fois les fœtus et les nouveau-nés n'ont pas le même statut moral que des personnes véritables, (2) le fait qu'ils sont tous deux des personnes potentielles est moralement sans importance et (3) que l'adoption n'est pas toujours dans l'intérêt de gens véritables, les auteurs soutiennent que ce que nous appelons l'« avortement post-natal » (la mise à mort d'un nouveau-né) doit pouvoir être permis dans tous les cas où l'avortement l'est, y compris le cas où le nouveau-né n'est pas handicapé. »
Michael Cook, de BioEdge, attire l'attention sur cette nouvelle prise de position utilitariste qui affirme la priorité des intérêts des personnes entourant le nouveau-né ou le fœtus par rapport aux intérêts de ces derniers : ainsi les auteurs évoquent le cas de nouveau-nés qui peuvent avoir l'espoir de vivre une vie « au moins acceptable, mais où le bien-être de la famille qui les entoure est menacé ». Il n'est même pas question d'euthanasie, souligne Michael Cook ; l'euthanasie est censée servir l'intérêt de celui qui en « bénéficie », l'« avortement post-natal » sert celui de l'entourage.

Et de citer ce passage de l'article de Minerva et Giubilini :
« Si des critères comme les coûts (sociaux, psychologiques, économiques) à supporter par les parents potentiels sont d'assez bonnes raisons pour recourir à l'avortement, même lorsque le fœtus est en bonne santé, si le statut moral du nouveau-né est le même que celui du nourrisson et si aucun des deux n'a de valeur morale du fait d'être une personne potentielle, alors les mêmes raisons qui justifient l'avortement doivent aussi justifier la mise à mort de la personne potentielle lorsqu'elle est au stade de nouveau-né. »
Les auteurs ne donnent pas de délai précis où ce « droit » devrait pouvoir s'exercer : ils laissent sa détermination aux neurologues et aux psychologues, tout en signalant qu'il faut au moins quelques semaines au nouveau-né pour acquérir la conscience de soi qui selon eux en font une personne à part entière qu'on ne pourrait plus éliminer.

Voilà deux universitaires, payés par leurs universités respectives et des instituts de bioéthique, qui peuvent faire ces demandes que l'on aurait pu croire marginales (comme celles de Peter Singer, le bioéthicien australien souvent cité sur ce blog), qui sont publiés par des journaux très sérieux, et que personne n'ose taxer d'extrémisme ou de nazisme…

Alberto Giubili n'est pas un inconnu en France : le jeudi 17 mars 2011, il était invité à participer à un colloque « Ethique famille » organisé à la mairie du XVIe arrondissement de Paris sous l'égide du CNRS, de l'université Paris-Descartes, de l'Union nationale des Associations familiales, avec Axel Kahn et la présence annoncée de Jean-Paul Huchon, président de la Région Ile-de-France (je n'ai pas pu vérifier si ce dernier a participé).


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05 décembre, 2009

L'euthanasie des nouveau-nés aux Pays-Bas : élargir le champ ?

Jet Bussemaker, secrétaire d'Etat néerlandaise à la Santé, s'était exprimée à la mi-novembre devant les députés sur la sous-déclaration d'euthanasies de nouveau-nés : un seul médecin a, à cette date, suivi le protocole administratif spécial mis en place pour ce genre de mises à mort médicales sans l'aval de l'intéressé. Mais on estime à une vingtaine le nombre de cas annuels.

La secrétaire d'Etat ayant réclamé plus de « transparence » de la part des médecins concernés, le journal médical Zorgkrant vient d'apporter une réponse en forme de revendication, puisée dans la thèse de Hilde Buiting, spécialiste de la mise en pratique des lois sur la fin de vie aux Pays-Bas. « Probablement ces déclarations ne se font pas parce que les directives actuelles ne sont pas en adéquation avec la pratique médicale autour des nouveau-nés gravement malades », assure le rédacteur de l'article. Et de citer Mme Buiting :

« Dans les directives actuelles il est établi qu'il doit nécessairement être question d'une grave souffrance actuelle du nouveau-né. Dans la pratique, les médecins ne visent pas uniquement la souffrance actuelle du nouveau-né malade, mais aussi les graves souffrances à prévoir dans l'avenir. Cette réalité devrait faire partie des considérations en vue de l'adaptation des directives. »

Autrement dit : c'est dans la pratique la qualité de vie future (forcément supposée) de l'enfant déjà né qui va conduire le médecin à le piquer...

Cas d'école d'un positivisme frénétique, cette phrase de Hilde Buiting :

« Dans la mesure où nous trouvons important aux Pays-Bas d'exercer un contrôle social sur la terminaison active de la vie des nouveau-nés, il va donc falloir adapter les directives. »

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21 décembre, 2006

Ukraine : l'enquête interdite

Irina Bogomolova, membre du Parquet de Kiev, vient d'être démise de ses fonctions alors qu'elle venait d'ouvrir une procédure d'enquête dans toutes les maternités d'Ukraine à la suite d'allégations d'exploitation de nouveau-nés en vue d'y récupérer des cellules souches et des organes. Selon le Daily Telegraph de dimanche elle a affirmé que son éviction avait eu une motivation politique, les autorités voulant dissimuler l'amplitude de ce trafic. Elle a précisé qu'elle soupçonnait la corruption d'avoir atteint les plus hautes sphères, permettant ainsi de stopper net une investigation générale.

L'affaire a pourtant été prise au sérieux par le Conseil de l'Europe qui doit entamer en février une enquête à propos d'allégations selon lesquelles des nouveau-nés ainsi que des prématurés ont été tués pour fournir en « matériaux » le marché noir qui alimente les programmes de recherche médicaux et cosmétiques. Certes une première enquête européenne n'avait pas abouti en 2004, faute de preuves, mais il semble qu'on dispose maintenant de témoignages de jeunes mères affirmant qu'elles ont donné naissance à des enfants vivants qui leur ont été enlevés sur-le-champ. Et s'il s'agit d'une rumeur, elle se trouve alimentée par un nombre troublant de documents, comme la vidéo d'une exhumation sur un terrain hospitalier qui a permis la mise au jour de 30 cadavres de bébés qui semblent avoir été démembrés.

Selon la fédération ukrainienne des familles nombreuses 300 cas de disparitions de nouveau-nés ont été répertoriés.

Source : ici.

 
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