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18 juin, 2021

Des messes dans toute l’Irlande sur les autels du temps de la persécution, pour “le renouveau de la foi”

Les 26 autels de pierre qui parsèment la campagne en Irlande, témoins des temps de persécution du XVIIe siècle où les catholiques se retrouvaient dans des lieux isolés pour assister clandestinement à la messe en plein air, ont tous renoué avec cette tradition ces derniers jours.

C’est à l’initiative de l’Aide à l’Eglise en Détresse que les messes ont été organisées dans l’ensemble des diocèses d’Irlande sur les célèbres « Mass Rocks » diocésains – les « rochers pour la messe » – pour demander une grâce bien précise : « le renouveau de la foi » dans le pays.

Celui-ci s’est vu envahir par la culture de mort à une vitesse vertigineuse, avec l’approbation par référendum de l’avortement légal, la légalisation du « mariage » des couples de même sexe, et le rejet croissant de l’Eglise catholique par la population jadis profondément croyante – mélange de sécularisme et de dégoût face aux multiples cas d’abus sexuels de mineurs ou de maltraitances de la part d’instituts religieux qui ont été mis au jour (et dûment exploités par la presse).






Aide à l’Eglise en détresse a donc décidé de faire célébrer une messe dans chacun des diocèses d’Irlande pendant les jours qui mènent au 20 juin, fête des martyrs d’Irlande, afin d’obtenir par leur intercession un retour et un renouvellement de la foi. Il s’agit de catholiques tués en haine de la foi entre 1537 et 1714, tels Olivier Plunkett, archevêque d’Armargh, béatifié en 1920, canonisé en 1975, et une vingtaine d’autres Irlandais, prêtres ou religieux pour la plupart.

Pour l’abbé Gerard Quirke, de l’archidiocèse de Tuam, ce ne fut pas une première, puisqu’il avait pris l’initiative d’aller dire sa messe de Pâques face au soleil levant en avril dernier en raison des restrictions COVID qui l’empêchaient de célébrer les offices publiquement en son église. Image poignante, qui témoignait d’une autre sorte de persécution que celle à laquelle l’Irlande catholique fut soumise il y a plus de trois siècles.

Ces derniers jours, il s’est joint aux 25 autres prêtres et moines qui ont renoué avec la tradition de la messe célébrée sur un autel en pierre naturelle, parfois difficilement reconnaissable comme tel – il s’agissait de se cacher des autorité – et situé bien souvent sur une hauteur afin de permettre au célébrant et à l’assistance de surveiller les environs afin de pouvoir deviner l’ennemi au loin.


Pour Mgr Tommy Johston, l’un des prêtres participants – il officia à Mass Hill, dans le comté de Sligo – « ce fut un privilège unique de se tenir en un lieu rendu sacré oar nos ancêtres qui s’y tinrent il y a tant d’années, donnant une voix à leur foi dans la présence et dans la prière, conscients du danger permanent qui menaçait leur vie et leur subsistance ».

Si les laïcs risquaient l’amende ou la prison, les « Penal laws » en vigueur de 1535 à 1691 faisaient encourir aux prêtres qui assuraient le ministère auprès des laïcs rien moins que la peine de mort.

Avec le COVID, une nouvelle forme de persécution s’est installée avec l’interdiction VCsur une très longue période des messes publiques, alors même qu’à ce jour l’Irlande ne dépasse toujours pas la barre des 5.000 morts attribuées au coronavirus.

Cet aspect des choses n’est pas mis en évidence dans l’annonce des célébrations aux « Mass Rocks » par l’Aide à l’Eglise en Détresse.

Ce n’est qu’à la mi-mai que l’Irlande a renoué avec les messes publiques, et encore sous des conditions draconiennes de jauge et de « gestes barrière », l’obligation dominicale étant toujours suspendue. L’archevêque de Dublin précisait le 13 mai, lors de la « réouverture » bien timide, que tous priaient pour que les efforts du pays contre un « virus mortel » ne soient pas compromis, et ajoutait : « Par-dessus tout, nous voulons que chacun soit le plus possible en sécurité tant que le programme de vaccination n’aura pas été mené à bien. »

Prier pour un renouveau de la foi en Irlande n’est décidément pas du luxe.





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06 avril, 2021

Irlande : messe de Pâques sur un autel du temps de la persécution. Au nom du COVID, les messes publiques étaient interdites…

Pour la première fois depuis des générations, une messe a été célébrée sur un autel de fortune fait de pierres au temps des persécutions anglaises contre les catholiques d’Irlande au XVIIe siècle – l’époque des « penal laws » interdisant la célébration du culte public. C’est une nouvelle persécution qui frappe l’Irlande au nom des « restrictions COVID » : aucune messe publique, hormis pour les enterrements, n’est autorisée depuis fin décembre. Le P. Gerard Quirke a choisi de souligner symboliquement cette réalité en célébrant la messe de l’aurore du dimanche de la Résurrection à Mass Rock, Keem Bay, dans l’île d’Achill dont il est le curé depuis trois mois et demi.

Face à la mer et au soleil levant, seul, le P. Quirke a offert le Saint Sacrifice – nouveau rite mais canon romain – qui a été en même temps filmé et diffusé en ligne par Blue Flag Media.





Il faisait un temps exceptionnel, on n’entendait que le doux clapotis des vagues, les chants des oiseaux et les bêlements des moutons qui seuls, assistaient à cette messe sans fidèles.
Le P. Quirke est l’un des plus jeunes prêtres de l’archidiocèse de Tuam.

Il s’est exprimé dans la presse locale le 30 mars pour dénoncer les dégâts du confinement : celui-ci a des effets délétères sur la santé mentale des populations, surtout celles qui sont déjà isolées comme les habitants d’Achill.

« Les gens souffrent vraiment, le taux des suicides crève le plafond. J’échange avec des prêtres à travers le pays, ils n’ont jamais vu une telle proportion de suicides, de dépression et d’anxiété. J’ai des amis psychologues : ils n’ont jamais eu autant de patients qui se trouvent dans ces situations », a-t-il dit. « Ici à Achill, où les gens vivent seuls et sont isolés physiquement de toute façon, les exutoires sociaux qu’ils auraient en temps normal font défaut. Ils ont des problèmes qu’ils n’avaient peut-être jamais eus à ce jour. J’ai rencontré des personnes âgées, en particulier, qui sont tellement terrifiés par ce que les médias présentent qu’elles ont peur de quitter leurs maisons. J’ai vu des cas de personnes âgées qui ont des hallucinations, et cela est tout simplement directement lié au fait d’être enfermé tout le temps chez soi. Plus d’une fois, des gens sont venus frapper à ma porte à cinq heures du matin, totalement désespérés ; ils avaient besoin d’une personne avec qui parler. »


Au moment du Notre Père











Le P. Quirke note que les supermarchés sont ouverts sans restrictions, alors que les églises, les plus gros bâtiments des paroisses, sont fermées aux fidèles.

« Il est très frustrant que le gouvernement ne reconnaisse pas la rédemption comme un élément essentiel de la vie », a-t-il insisté.

Il est aussi caractéristique que des mesures laïcistes soient prises un peu partout au prétexte du COVID-19. 

Voici l’évolution des décès attribués au COVID en Irlande à ce jour depuis le début de la pandémie : 




Et celui des « cas » :






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10 mars, 2021

COVID-19 : communions individuelles et baptêmes interdits dans le diocèse de Dublin, en Irlande, par Mgr Dermot Farrell

Le nouvel archevêque de Dublin, Dermot Farrell, vient d’aggraver dans son diocèse les restrictions COVID actuellement imposés par le gouvernement irlandais dans le domaine du culte : il est allé jusqu’à interdire aux prêtres de son diocèse de distribuer la communion aux paroissiens en privé. Seules communions autorisées désormais : celles dans le cadre de funérailles, la présence de fidèles étant limitée à dix personnes, ou de mariages (avec une limite de six personnes, mariés et témoins compris).

La décision épiscopale, datée du 4 mars, affirme : « Dans l’intérêt de la santé et de la sécurité, les prêtres et les paroisses ne devraient pas succomber aux demandes de distribution de la sainte communion avant ou après la messe, dans ou en dehors des églises. »

« Succomber » à la demande d’un fidèle de recevoir un sacrement comme on « succombe » à la tentation ? Bigre !

Mgr Farrell précise : « Les messes en drive-in ne sont pas autorisées car aucun rassemblement de personnes à l’extérieur ou à l’intérieur n’est autorisé. La sainte communion ne peut être distribuée dans l’église qu’aux personnes en deuil qui assistent à une messe funéraire, à celles qui célèbrent le sacrement du mariage et aux ministres essentiels qui rendent possible la célébration de la messe en ligne (par exemple, le ministre de la Parole, le sacristain). »,
Toute organisation de premières communions ou de confirmations devra attendre que le gouvernement irlandais indique au diocèse que cela peut se faire en toute « sécurité ».

Mais il y a pire. Le sacrement du baptême est également proscrit dans le diocèse de Dublin, puisque Mgr Farrell a demandé au clergé de ne baptiser que « dans des circonstances exceptionnelles, c’est-à-dire en danger de mort ».
Autrement dit, c’est la fin des baptêmes des nouveau-nés et des nourrissons. Le report des baptêmes demandés par des jeunes ou des adultes. L’idée que le baptême, ça peut attendre. Mais cet évêque sait-il seulement ce qu’est le baptême ? La catéchèse assurée dans son diocèse l’enseigne-t-elle aux enfants ?

Le décret épiscopal a été critiqué par nombre de médias catholiques du pays. Catholic Arena l’a ainsi qualifié de « déclaration décourageante et démoralisante pour un troupeau déjà en déclin… une reddition totale ».
L’Irlande est en confinement de niveau 5 depuis le début de la nouvelle année, et les restrictions devraient rester en vigueur jusqu’au 5 avril au moins, date à laquelle un réexamen sera effectué. Pas de Semaine Sainte, pas de messe pascale pour les fidèles autrement que derrière leurs écrans… Car tout culte public est interdit et les lieux de culte ne peuvent être ouverts que pour la prière privée. Les messes et autres offices en présence de fidèles ne seront autorisés qu’une fois le pays revenu au niveau 2 des restrictions, ce qui pourrait prendre des mois.

La hiérarchie catholique irlandaise a tenu plusieurs réunions avec le Taoiseach (Premier ministre) Micheál Martin, dans une tentative de « dialogue » en vue réduire les restrictions imposées aux églises à l’avenir. La réunion la plus récente a eu lieu vers la fin du mois dernier, lorsque les quatre archevêques d’Irlande ont exprimé leur soutien durable au « message de santé publique », s’engageant « à encourager toutes les mesures nécessaires, y compris la vaccination, pour protéger la santé et le bien-être, en particulier celui des plus vulnérables ». Les archevêques se sont bornés à demander au gouvernement que celui-ci autorise le culte public à « reprendre lorsqu’un assouplissement des restrictions sera envisagé ».

Le décret de Farrell interdisant la communion, qu’aucune mesure publique n’impose explicitement, est intervenu quinze jours après cette réunion.
Mais le dimanche précédent le décret, la police a demandé à une paroisse de Dublin de cesser de distribuer la communion en privé aux paroissiens qui venaient à l’église après la messe télévisée pour la recevoir individuellement, avant de rentrer chez eux sans se rassembler.

Interrogé par la chaîne RTE, le père Binoy Mathew de la paroisse Mountview and Blakestown a déclaré que les gens entraient dans l’église pour recevoir la communion, et en sortaient immédiatement. Environ 130 personnes étaient venues en deux heures, a-t-il précisé, en respectant les protocoles d’hygiène.
La police a fait cesser ces actes de piété individuels, l’ayant interprété comme un événement organisé, interdit à ce titre par les restrictions du COVID.

Cet événement est probablement à l’origine de la décision de Farrell, puisqu’il affirme dans la note qui précède son décret que des questions avaient été soulevées lors de récentes réunions du doyenné, ce qui l’avait amené à interdire explicitement la réception privée de la communion.

A Dublin, il est toujours possible de commander des repas et des boissons à emporter. Où est la différence (hormis la valeur infinie du sacrement, bien sûr) avec la distribution individuelle de la communion ?

D’autres restrictions sont en voie d’assouplissement : ainsi les écoles ont-elles rouvert leurs portes aux enfants présentant des difficultés d’apprentissage, à certaines classes du primaire et aux jeunes qui s’apprêtent à passer leur examen de fin d’études secondaires cette année.

L’Irlande enregistre actuellement environ 15 morts attribuées au COVID-19 par jour, un nombre en baisse continue depuis début février où l’on est monté à 60 morts par jour. Quant au nombre de « cas » journaliers, il a fortement chuté entre la mi-janvier (6.532) et début février (1,285), a encore baissé de manière moins rapide mais constante depuis lors pour se situer aujourd’hui à une moyenne de 475.

C’est dans ce contexte sanitaire encourageant que l’archevêque de Dublin a pris la décision d’interdire l’accès généralisé aux sacrements. Le message est clair : la santé du corps prime sur la santé de l’âme.

On ne s’étonnera pas de ce que, peu avant de prendre ses fonctions d’archevêque de Dublin au début de l’année, Mgr Farrell ait accordé une interview dans laquelle il s’est dit favorable à la bénédiction des anneaux pour les couples homosexuels. Et si l’Église catholique enseigne que les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés », Farrell voit dans cette formule une « description technique ».

Réticent au départ à l’idée des « femmes prêtres » – pour lui, l’enseignement traditionnel de l’Église sur le sujet est un « obstacle à surmonter » – Mgr Farrell a fortement signifié son soutien au diaconat féminin.


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24 octobre, 2020

Amendes ou prison en Irlande pour les prêtres qui célébreront publiquement la messe

Aux termes d’une nouvelle loi votée dans la nuit de jeudi à vendredi en Irlande, les prêtres célébrant publiquement la messe encourent une amende de 2.500 euros ou 6 mois d’emprisonnement dans le cadre de nouvelles mesures « anti-COVID ».

Voici l’état actuel de la courbe des décès attribués au COVID-19 en Irlande depuis le mois de mars.








La mesure s’applique en fait à tout ministre du culte ou organisateur d’événement public, sans cibler spécifiquement les catholiques, mais en pratique ce sont bien sûr les catholiques qui sont les premiers visés. Seules les obsèques sont permises, avec une assistance maximale de 25 personnes hormis le célébrant.

Tous les événements publics sont interdits en Irlande depuis plusieurs semaines, hormis ceux qui se tiennent dehors et ne comprenant, ou n’étant signalés, que des personnes « résidant dans pas plus de deux lieux de résidence différents ». Les messes publiques sont interdites depuis le 5 octobre, alors même que les précautions liées au COVID y sont respectées avec une particulière diligence, comme l’a fait remarquer le sénateur Ronan Mullen, qui déplorait le « manque de nuance » des pouvoirs publics.
 La loi amendée tout récemment par le Dáil précise que les événements religieux sont inclus, exposant les prêtres à la prison s’ils contreviennent à la loi.

L’Irlande et le Pays de Galles sont aujourd’hui les seuls pays d’Europe qui interdisent la célébration publique de la messe. En Irlande, de nombreux établissements « essentiels » sont autorisés à continuer de fonctionner, y compris les supermarchés, les opticiens, les marchés alimentaires…

Le Iona Institute rappelle qu’une telle loi d’interdiction visant les offices catholiques n’a pas existé depuis les « penal times », l’époque de l’oppression anglaise où les catholiques étaient persécutés en Irlande.

Le nouveau ministre de la santé irlandais, Stephen Donnelly, a affirmé au cours des débats que la loi ne menaçait pas les prêtres, mais le député Michael McNamara conteste cette affirmation par la simple lecture de la loi, que l’on trouvera ici.


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26 mars, 2020

A Fatima, 22 pays se sont consacrés au Sacré Cœur et au Cœur Immaculé de Marie

Vingt-deux nations se sont consacrées au Sacré Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie le 25 mars au soir, après la récitation du chapelet, dans la basilique de Notre Dame du Rosaire à Fatima, alors que l'Espagne souffre particulièrement du coronavirus.

La vidéo de l'événement est ici.

La consécration a été faite, avec beaucoup d'émotion, par le cardinal de Leiria-Fatima, don Antonio Marto, au nom de du Portugal et de l'Espagne. Les conférences épiscopales des pays suivants s'y étaient officiellement associées : Albanie, Bolivie, Colombie, Costa Rica, Cuba, Slovaquie,Guatemala, Hongrie, Inde, Mexique, Moldavie, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Pologne, Kenya, République Dominicaine, Roumanie et Timor oriental. Le cardinal a aussi évoqué les innombrables clercs et laïcs qui se sont manifestés pour annoncer qu'ils s'associaient à la démarche.

Celle-ci était consécutive à une pétition de fidèles portugais présentée le 19 mars aux évêques du Portugal, qui y ont répondu favorablement dès le lendemain.

En Irlande, le cardinal Eamon Martin, archevêque d'Armagh, a lui aussi consacré son pays à Jésus par le Cœur Immaculé de Marie, à l'heure de l'Angelus de midi en la fête de l'Annonciation. Dans sa belle prière, il a demandé à Marie d'aider son peuple à faire la volonté de Dieu et de le conduire à Jésus. Le cardinal Martin a écrit dans un tweet que ce fut « l'un des moments les plus émouvants de son sacerdoce ».

Voici le texte français de la consécration à Notre Dame de Fatima, tel qu'il a été mis en ligne par le site du sanctuaire de Fatima.

*

Consécration de l’Église du Portugal et d’Espagneau Sacré Coeur de Jésus et au Coeur Immaculé de Marie 
Sanctuaire de Fatima, Basilique de Notre-Dame du Rosaire, 25 mars 2020 


Cœur de Jésus Christ, médecin des âmes, Fils aimé et visage de la miséricorde du Père, l’Église, pèlerine sur la terre, au Portugal et en Espagne, nations qui sont les Tiennes, regarde vers Ton côté ouvert, sa source de salut, et te supplie : 

– en cette heure particulière de souffrance, assiste Ton Église, inspire les gouvernants des nations, écoute les pauvres et les affligés, élève les humbles et les opprimés, guéris les malades et les pécheurs, relève les abattus et les déprimés, libère les captifs et les prisonniers, et délivre-nous de la pandémie qui nous touche. 

Cœur de Jésus Christ, médecin des âmes, élevé en haut de la Croix et touché par les doigts du disciple dans l’intimité du cénacle, lÉglise, pèlerine sur la terre, au Portugal et en Espagne, nations qui sont les Tiennes, Te contemple comme image du Père qui embrasse l’humanité, ce geste que nous voulons partager, dans l’Esprit de l’Amour,
les uns avec les autres selon Ton commandement au lavement des pieds, et supplie : 
– en cette heure particulière de souffrance, soutiens les enfants, les anciens et les plus vulnérables, réconforte les médecins, les infirmiers, les professionnels de santé et les bénévoles soignants, rapproche les familles et renforce-nous dans la citoyenneté et la solidarité, sois la lumière des mourants, accueille dans Ton royaume les défunts, éloigne de nous tout mal et délivre-nous de la pandémie qui nous touche. 

Cœur de Jésus Christ, médecin des âmes et Fils de la Vierge Sainte Marie, par le Cœur de Ta Mère,à qui se donne l’Église, pèlerine sur la terre, au Portugal et en Espagne, Ses nations depuis des siècles, et tant d’autres pays, accepte la consécration de Ton Église à Ton Cœur Sacré. L’Église s’abandonne au soin du Cœur Immaculé deMarie, configuré par la lumière de Ta Pâque et ici révélé à trois enfants comme le refuge et le chemin qui conduit à Ton cœur. Que la Vierge Marie, la Sainte Dame du Rosaire de Fatima, sois la Santé des Malades et le Refuge de Tes disciples engendrés au pied de la Croix de Ton amour. Que le Cœur Immaculé de Marie, à qui nous nous remettons, dise avec nous : 
– en cette heure particulière de souffrance, accueille ceux qui périssent, redonne du souffle à ceux qui se consacrent à Toi et renouvelle l’univers et l’humanité. 

Amen.




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20 octobre, 2015

Haine antichrétienne : Liam Neeson et Amnesty International font campagne pour l'avortement en Irlande

Avec cette publicité d'une minute et demi, au moins les choses sont claires. Liam Neeson – l'acteur à la filmographie impressionnante qui va d'Excalibur au prochain Scorsese – a tourné avec le soutien d'Amnesty International un petit film pour demander la révision de la Constitution irlandaise et la légalisation de l'avortement.

L'Irlande doit oublier ses fantômes… Oublier sa foi… 

Sur fond d'églises et de chapelles en ruines, de croix et de tombes, la voix sépulcrale de Neeson conjure l'Irlande de tourner le dos au « fantôme cruel » qui la hante « cet esprit attaché à la terre qui apporte aveuglément la souffrance et même la mort aux femmes qu'il touche »… « Craint par les hommes politiques, c'est un fantôme d'encre et de papier, un esprit qui vit dans une Constitution écrite pour une autre époque… C'est l'ombre d'un pays que nous espérions avoir laissé derrière nous… L'Irlande n'est pas obligée de rester enchaînée à son passé… Il est temps de faire reposer ce fantôme en paix. »

Le fantôme, c'est le 8e amendement. Et le but, c'est d'appeler les Irlandais à aider Amnesty International à le faire abroger.



Le message pour l'avortement légalisé vise expressément, explicitement, violemment l'Eglise catholique. Une manifestation de haine antichrétienne sans fard.

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02 juin, 2015

Un gay athée dénonce la mollesse du combat de l'Eglise catholique contre le « oui » au référendum d'Irlande sur le « mariage » gay

Après les commentaires désolés de l’archevêque d’Irlande à propos du référendum qui a obtenu une majorité de plus de 60 % pour le « mariage » gay en Irlande, un chroniqueur du Spectator s’irrite de voir le manque de vigueur du langage épiscopal. Matthew Paris se trouve être à la fois homosexuel et athée, vivant en « couple », et favorable au « mariage » gay. Il vit lui-même avec un compagnon. Il ne comprend pas que la hiérarchie catholique ne se soit pas dressée, terrible, tel Moïse descendant de la montagne avec les tables de la loi…
Et de citer la traduction anglaise classique d’Exode 32, riche, forte et élégante. Pour mémoire, en français : « Et s’étant approché du camp, il vit le veau et les danses. Alors il entra dans une grande colère : il jeta les tables qu’il tenait à la main, et les brisa au pied de la montagne ; et prenant le veau qu’ils avaient fait, il le mit dans le feu, et le réduisit en poudre : il jeta cette poudre dans l’eau, et il en fit boire aux enfants d’Israël. »
Parris en propose une version révisée :
« Et s’étant approché du camp, il vit l’énorme majorité acquise au mariage gay lors du référendum irlansais, et les danses. Et l’inquiétude de Moïse était palbable. 
Et il prit un exemplaire du Pink Paper, et le brandit, et dit :  “Il va falloir que nous nous posions, et que nous acceptions de nous confronter à la réalité, et ne pas nous orienter vers un déni des réalités. 
Je peux comprendre ce que ressentent ces fêtards dénudés en ce jour. Qu’ils pensent que ceci va enrichir la manière dont ils vivent. Je crois qu’il s’agit d’une révolution sociale. 
Nous devons trouver un nouveau langage pour reprendre le contact avec toute une génération de jeunes”, conclut le prophète ; puis, se dépouillant de ses vêtements, Moïse dit : “Dites, emmenez-moi vers le bar gay le plus cool du campement.”»
Matthew Parris assure qu’il ne se moque pas : il n’a fait qu’arranger un peu les paroles de l’archevêque de Dublin, « quasiment verbatim ».
Il accuse les conservateurs religieux d’avoir savonné leur propre planche. « N’y a-t-il personne de quelque stature intellectuelle dans notre Eglise d’Angleterre, ou dans l’Eglise de Rome, pour mettre en mots les arguments contre le glissement du christianisme vers l’accompagnement pur et simple du changement social et culturel ? Il y eut un temps – un temps que j’ai connu – ou des hommes d’Eglise, discrets, adeptes de la litote, parfois très sévères, qui portaient souvent des lunettes bifocales, nous opposaient à nous autres, relativistes moraux, une vraie bataille à propos de cet éternel débat. »
La seule réponse qui vaille de la part d’un catholique conservateur, dit le chroniqueur – une réponse qu’il formule à regret parce qu’il n’y croit pas –, c’est que « 62 % à un référendum ne font pas qu’un péché aux yeux de Dieu cesse d’être un péché. »
Eh oui. Le voilà scandalisé parce que ceux qui devraient dire cela se taisent. Parris est content de voir que la « majorité des Irlandais » ne croie plus que l’acte homosexuel soit un péché. « Mais la prépondérance de l’opinion publique peut-elle renverser la polarité entre la vertu et le vice ? Moïse eût-il pu croire un seul instant (et ne parlons même pas de Dieu) qu’il ferait mieux de s’incliner devant l’adoration de Moloch parce que c’était ce que la plupart des Israélites auraient voulu ? »
Et de rappeler que les chrétiens ont l’habitude d’être dans la minorité – l’habitude d’être persécutés aussi : « Bienheureux serez-vous… » Les 743.300 personnes qui ont dit « non » en Irlande, ont en somme le droit de s’entendre dire que si l’on dit désormais toute sorte de mal d’eux parce qu’ils ont voté selon ce que leurs prêtres leur ont appris, c’est qu’ils sont persécutés comme le Messie.
« Mais peut-être », commente Parris, « est-ce moi qui ai raté quelque chose. Peut-être y a-t-il une vérité plus profonde derrière l’acceptation du Dr Martin de se plier devant une tendance dominante, une flexibilité qui se fait l’écho de l’ouverture du pape François au changement. Se peut-il que le manque apparent de gêne devant ces glissements opportuns de la part de ces deux hommes est dû au fait qu’à quelque niveau subconscient, ni l’un ni l’autre n’a vraiment cru que la moralité était absolue ou objective ? »
En somme, le chroniqueur accuse l’Eglise d’adapter sa moralité à la majorité, peut-être même de l’avoir toujours fait. Ce qui annoncerait, selon lui, bien d’autres changements : de l’acceptation des femmes prêtres à l’avortement…
Sans doute Matthew Parris force-t-il le trait. Il n’y a pas lieu de croire que les hommes d’Eglise, encore moins le Pape, changeront la doctrine qui n’a pas varié depuis le début. L’attaque, sous ce rapport, est indigne. Mais elle envoie un message qu’il faut entendre : pour être crédible, l’Eglise et ses représentants doivent parler avec clarté, avec une parole qui soit comme le tranchant du glaive… Si elle croit en ce qu’elle dit, si elle veut sauver les hommes du feu éternel, alors elle doit le dire avec toute la sollicitude et la force d’une Mère qui ne veut pas laisser ses enfants se perdre.
Ce n’est plus à la mode, soit. Sous prétexte de pastorale, certains préfèrent que l’Eglise soit avenante et se montre proche de chacun – ce qu’elle est en vérité,  mais d’autant mieux que chacun la sent convaincue et soucieuse de communiquer son trésor.

(Via LifeSite).

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30 mai, 2015

Synode, unions homosexuelles, divorcés : le cardinal Kasper et ses amis s'expriment, assurant défendre la doctrine de l'Eglise

Que cherche vraiment le cardinal Kasper ? On peut se le demander au vu des comptes-rendus apparemment contradictoires qui se suivent à propos de ses interventions ces derniers jours. C'étaient des interventions en des lieux différents avec des objectifs différents, mais au fond c’est toujours le même but qui est poursuivi : changer la doctrine de l'Eglise en faisant croire que l'on ne modifie que sa pastorale, voire, de manière encore moins révolutionnaire, uniquement son langage.

Mais le langage façonne les idées et la pensée. Et la pastorale est indissociable de la doctrine : elles sont toutes deux ordonnées à la vérité.
Lundi, c’était la réunion secrète et scandaleuse organisée à la Grégorienne. Jeudi, le ton a quelque peu changé. Le vaticaniste Giuseppe Rusconi rapporte sur son blog Rossoporpora quelques propos tenus par le cardinal Kasper lors de la rencontre mensuelle du Cénacle des amis de François, le 28 mai.

Le cardinal Kasper à la réunion du “Cenacolo”

Le « Cenacolo » est un groupe d’intellectuels et d’amis rassemblés autour du vaticaniste de gauche Raffaele Luise, partisan de l’interprétation la plus progressiste possible des propos du pape François. Fréquents invités d’honneur, le cardinal Walter Kasper et le cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs depuis 200, créé cardinal par Benoît XVI en 2012, nommé membre de la nouvelle commission spéciale chargée du traitement des recours au sein de la congrégation pour la doctrine de la foi au début de cette année, étaient là jeudi.
La réunion, convoquée au Centro Russia Ecumenica du Borgo Pio, à quelques centaines de mètres du Vatican, était annoncée en ces termes : « Une discussion sur l'issue du référendum en Irlande et sur ses importantes répercussions sur le processus synodal en cours, à la lumière des paroles de François lors du Regina Coeli du dimanche 23 mai : « La Mère Eglise ne ferme jamais la porte à la figure des gens. À personne, même au pire des pêcheurs. Elle ouvre ses portes à tous, parce qu’elle est mère. »
On pouvait s’attendre, écrit Giuseppe Rusconi, à un « enthousiasme de tifosi » pour les résultats du scrutin irlandais, à des « auspices révolutionnaires » en vue du prochain synode. Il n’en a rien été. Mais est-ce si étonnant ? Nous sommes clairement dans une opération d’agit-prop. L’objectif n’est pas l’opposition frontale, mais la séduction, une modification de la pensée dont la nouvelle mouture doit apparaître comme parfaitement orthodoxe.
Giuseppe Rusconi raconte : d'emblée l’introduction par le coordinateur Raffaele Luise annonce que « la confrontation dans le cadre du Synode sera beaucoup plus âpre vu que les rigoriste utiliserons probablement le résultat de Dublin pour chercher à bloquer toute et n'importe quelle ouverture ». Le vote irlandais « est un vote légitime et nous devons dire aussi que beaucoup d'entre nous, catholiques, sommes sur des positions favorable à la reconnaissance du mariage gay ». Et de dénoncer les propos du secrétaire d'État, le cardinal Parolin qui a parlé d’« un échec pour l'humanité ». Luise résume : « Nous devons changer, désarmer le langage » lorsqu'il s'agit d'aborder des thèmes anthropologiques. « Ce n'est plus le moment de concevoir l'homosexualité comme ontologiquement désordonné », dit-il.

Oui, le “mariage” homosexuel est une défaite pour l'humanité !

Mais dans cette assemblée d’intellectuels catholiques de gauche il s'est trouvé des intervenants pour soutenir le jugement de Parolin : « Il est parfaitement défendable et acceptable sous l'aspect anthropologique parce qu’on est en train de dire qu'il n'y a plus de distinction entre l'homme et la femme et que cela blesse l'image de Dieu dans l’homme », affirme par exemple Raniero La Valle, homme de gauche.
Le cardinal Francesco Coccopalmerio prend le relais. Il déclare qu'il « ne faut pas confondre l'homosexualité avec le mariage homosexuel » et qu’il ne faut « pas être d'accord pour mettre sur un même plan les unions homosexuelles et les formes du mariage ». En apportant son soutien à l'expression du cardinal secrétaire d'État sur la « défaite de l’humanité », il enfonce une porte ouverte, observant que « si toutes les unions étaient homosexuelles, l'humanité ne pourrait aller de l'avant ».
Une remarque. Ce type de jugement à la mode de Kant n'est certainement pas définitif dans cette confrontation. Si tous les hommes et toutes les femmes choisissaient la virginité consacrée, l'humanité ne pourrait pas non plus aller de l'avant, ou en tout cas se renouveler, mais ce n'est pas pour autant que la virginité consacrée est critiquable. Le problème se situe à un tout autre niveau, celui du désordre intrinsèque, en effet. Il ne suffit pas de distinguer entre unions homosexuelles et mariage pour régler le problème.
Le cardinal Kasper, de son côté, a insisté sur le deux « nécessités » qui se présentent aux catholiques impliqués dans ce défi anthropologique. La première : « Garder sauve notre conception du mariage. » La seconde : se demander comment réussir à « concilier » la position catholique sur le mariage « avec le respect des personnes qui ont des inclinations personnelles différentes », ce qui « n'est pas facile ». Il faut être « respectueux et même miséricordieux, mais sans tomber dans le piège du relativisme, pour lequel tout est égal : c'est une tendance à tout mettre sur le même plan que nous ne pouvons pas accepter ».

Seul objectif du cardinal Kasper, la miséricorde ?

Voila sans doute le nœud de cette affaire. L'accueil des unions homosexuelles n'est pas mis en avant comme une sorte de droit à l'égalité, mais justifié par le biais de la miséricorde, de l'accueil, de la compréhension, du changement de langage. Mais à la fin on aboutit bien à un relativisme moral, en faisant mine de préserver l'orthodoxie doctrinale tout en faisant passer à la trappe l’affirmation du désordre intrinsèque de l’acte homosexuel. La manipulation est là, exactement.
C’est dans ce contexte que les différents propos du cardinal Kasper trouvent toute leur cohérence. Giuseppe Rusconi écrit : « Pour Kasper, le défi qui se pose à l’Eglise est très difficile pour ce qui est de l'éducation des jeunes, et à cause des problèmes relatifs aux unions homosexuelles. » Le cardinal a précisé : « Non seulement l'adoption, mais aussi la fécondation artificielle sont des choses inhumaines, tout comme la location d’utérus. Il a mis en garde : il ne faut pas promouvoir « seulement les droits des homosexuels, mais aussi les droits des enfants que personne ne défend ». Il poursuit : un enfant « a le droit de savoir qui sont son père et sa mère ». Dans tous les cas « les problèmes psychologiques et juridiques associés sont énormes ». Dans la « chaîne de la génération il se produit une rupture qui fait de l'homme un produit économique et technique au service des énormes intérêts financiers en jeu ».
En somme, il faut doser la révolution. Revendiquer des droits pour les homosexuels mais en même temps ne pas oublier de dénoncer les désordres que peut entraîner la mise en place de droits homoparentaux. On n’est pas très loin du cadre idéologique de la Manif pour tous, qui n’a jamais cessé de dénoncer l’« homophobie » mais qui était en outre, dans un premier temps, menée par Frigide Barjot et d’autres favorables aux unions civiles. Elle aussi avait mis le l'essentiel de ses efforts à défendre les droits des enfants.
Mais il faut bien comprendre qu’un tel langage permet déjà de mettre le pied dans la porte, quand l’objectif poursuivi est de rompre avec la doctrine du « désordre intrinsèque » de l’homosexualité.
Le cardinal Kasper présente son combat comme une volonté de répondre aux problèmes du temps en changeant le langage de l'Eglise. On se croirait dans les années 1960 : il s'agit bel et bien de promouvoir un aggiornamento visant à rendre le discours de l'Eglise audible pour les hommes de notre temps.

Kasper : « Ne pas mener une guerre idéologique, perdue d'avance »

Il déclare : « Nous ne pouvons pas mener une guerre idéologique, étant donné que nous ne pouvons pas gagner. Les autres ont à leur disposition des moyens économiques gigantesques, et ils ont aussi de leur côté les mass media. » C'est pourquoi nous devons « désarmer notre langage » en cherchant à entrer en contact avec le monde sécularisé, dit-il.
Dans ces paroles on perçoit une double manipulation. D'une part, le cardinal fait apparaître ceux qui affirment la doctrine de la manière traditionnelle comme les responsables d'une coupure entre l'Eglise et le monde, responsables de l'incapacité de l'Eglise à toucher ceux qui ont le plus besoin de la vérité et de la miséricorde. Dans le même temps, il paraît s'opposer aux erreurs de notre temps en se présentant en victime, avec l'Eglise, de la marginalisation réalisée par la pensée dominante de notre temps, alors même que les médias justement le soutiennent avec un enthousiasme évident.
Cet enthousiasme devient alors le signe de ce que le cardinal Kasper a trouvé le moyen de dire la vérité et de défendre la doctrine en désarmant l'adversaire. Mais cette attitude « pastorale » – on y retourne toujours – ne peut s’adopter sans le rejet de la doctrine. C’est précisément ce que le cardinal Kasper veut contester à tout prix. Ce rejet, il s’agit d’éviter de l’assumer. Et cela explique qu’il faille tenir des propos critiques à l'égard du mariage gay ou de l'homoparentalité. La communication est parfaitement maîtrisée…

« Repenser Humanae vitae »

Le théologien Marco Vergottini, présent lui aussi à la réunion de jeudi, participe à cette œuvre de désarmement non pas des médias mais des tenants de la doctrine traditionnelle. Il a déclaré, rapporte Rusconi, que « les attentes à l'égard de synode sont très importantes » et « qu'il faut donc pouvoir remporter à la maison quelque chose de concret ». Ce ne sera pas facile dit-il parce que il y a des « secteurs traditionalistes qui en toute bonne foi veulent empêcher tout changement ». Il faut repenser le discours d’Humanae Vitae de Paul VI, permettre l'accès des divorcés remariés à l'Eucharistie, « reconnaître les couples homosexuels » parce que « dans une société démocratique les union civiles sont un droit ». Il a ajouté que « l'avortement aussi est une défaite pour l'humanité », mais ce n'est pas pour autant qu'il faut « casser les jambes des médecins avorteurs ».
« Ici le cardinal Kasper a convenu qu’“il n'y a pas de doute que l'avortement est un homicide” », écrit Rusconi, mais cela posé « il faut se rapporter aux cas concrets et alors on ne peut pas définir la femme qui a avorté comme une criminelle », a ajouté le cardinal.
Autrement dit : on peut désigner le mal de manière abstraite, mais non dans les cas concrets, ce qui revient finalement à l’excuser, voire à le justifier.
C’est le moyen d’échapper à la critique d’hétérodoxie tout en promouvant une cause hétérodoxe…

L'entretien du cardinal Kasper au “Corriere della Sera”

Et c’est la raison pour laquelle les propos tenus jeudi soir par le cardinal Kasper ne sont pas en contradiction par rapport à ceux rapportés la veille par Il Corriere della Sera où le même cardinal Kasper a parlé de ces questions (voir ici sur le Forum catholique). L’entretien se situe dans le contexte du référendum irlandais qui tombe tellement à point nommé qu’on l’imaginerait volontiers comme faisant partie du montage : c’est une nation présentée comme catholique qui a approuvé le « mariage » des homosexuels. (Voilà pourquoi, soit dit en passant, l’opposition au « mariage gay » ne doit pas craindre de revendiquer son identité catholique, elle n’empêche nullement que des non catholiques partagent la même analyse !)
Je vous propose une traduction rapide de cet entretien du cardinal Kasper.
« Un Etat démocratique doit respecter la volonté populaire, cela me paraît évident. Si la majorité du peuple veut cette union civile, c'est un devoir de l'Etat de reconnaître de tel droit. Mais nous ne pouvons pas oublier qu’une telle législation, même si elle distingue entre le mariage et l'union homosexuelle, en arrive à reconnaître plus ou moins les mêmes droits que ceux d'une famille formée d'un homme et d'une femme. Cela a un impact énorme sur la conscience morale des gens. Cela crée une certaine normativité. Et pour l'Église il devient alors encore plus difficile d'expliquer la différence. » (Soupir…) « Ce ne sera pas facile. »
Pourquoi ?
« Voyez, je pense que le référendum irlandais est emblématique de la situation où nous nous trouvons, non seulement en Europe mais dans l'ensemble de l'Occident. Regarder la réalité en face signifie reconnaître que la conception post-moderne, pour laquelle tout est égal, est en contraste avec la doctrine de l'Eglise. Nous ne pouvons pas accepter la mise sur le même plan avec le mariage. Mais il y a aussi cette réalité : le fait qu’au sein de l'Église irlandaise de nombreux fidèles ont voté “oui”, et j'ai l'impression que dans les autres pays européens le climat est le même. »
 Que doit faire l'Eglise ?, demande le journaliste.
« On s’est trop longtemps tu sur ces sujets. Voici venu le moment d'en discuter. »
Au synode d’octobre ?
« Certainement. Si le prochain Synode veut parler de la famille selon la conception chrétienne, il doit dire quelque chose, répondre à ce défi. La dernière fois la question est restée marginale ; mais aujourd'hui elle devient centrale. Je ne peux imaginer un changement fondamental dans la position de l'Eglise. La Genèse est claire, l'Évangile l’est aussi. Mais les formules traditionnelles avec lesquels nous avons cherché à l'expliquer, évidemment, ne correspondent plus à la mentalité et au cœur des gens. Il ne s'agit pas maintenant de faire des barricades. Nous devons plutôt trouver un nouveau langage pour dire les fondements de l'anthropologie, l'homme et la femme, l'amour. Un langage qui soit compréhensible, surtout pour les jeunes. »
Le journaliste observe qu’au dernier synode le thème de l'accueil des homosexuels a été sujet de controverse, et qu'il y a eu un contraste entre l'ouverture européenne et les positions plus fermées de l'épiscopat africain, par exemple.
 « Non, ce n'est pas que les évêques européens et les évêques africains pensent de manière différente, la position de l'Eglise est toujours la même. Ce qui est différent, c'est le contexte, et la sensibilité de la société, différente en Afrique et en Europe. En Europe, les choses ont changé. » Kasper poursuit : « Il est fini, le temps où la position de l'Eglise sur ces sujets était plus ou moins soutenue par la communauté civile. Au cours des dernières décennies l'Eglise s’est efforcée de dire que la sexualité est une bonne chose, nous avons voulu éviter un langage négatif, celui qui a prédominé par le passé. Mais aujourd'hui nous devons parler aussi de ce qu'est la sexualité, de l’égale dignité et en même temps de la différence entre l'homme et la femme dans l'ordre de la création, dans la conception de l'être humain. »
Le journaliste observe à propos du langage que les documents de l'Eglise sur l'homosexualité usent d'expression comme « inclination objectivement désordonnée ». Le cardinal répond :
« Il faudra faire attention à ne pas utiliser des expressions qui peuvent paraître offensantes, sans pour autant dissimuler la vérité. Nous devons dépasser la discrimination qui a une longue tradition dans notre culture. Du reste c’est le Catéchisme qui dit que nous ne devons pas discriminer. Les personnes homosexuelles doivent être accueillies, elles ont une place dans la vie de l'Église, elles appartiennent à l'Eglise. »
Le journaliste demande : Et les couples d'homosexuels ? L'Église ne peut-elle reconnaître à leur égard aussi cette idée du « bien possible » dont on a parlé à propos des divorcés remariés et des nouvelles formes d'union ?
« S'il s'agit d'une union stable, des éléments de bien existent indiscutablement, nous devons le reconnaître. Mais nous ne pouvons pas mettre cela sur le même plan, cela non. La famille formée d'un homme et d'une femme, ouverte à la procréation, est la cellule fondamental de la société, la source de vie pour l'avenir. Ce n'est pas un problème interne à l'église, il concerne chacun. Pensez à l'adoption, au bien de l’enfant, aux pratiques comme la maternité de substitution, aux femmes qui ont un enfant pendant neuf mois sous leur cœur, et qui sont peut-être exploitées parce qu'elles sont pauvres, pour un salaire. Il ne faut pas discriminer mais pas non plus être naïf. »

Quelques observations rapides :

• Il n’y a pas de devoir de l’Etat de reconnaître et de mettre en œuvre la volonté populaire lorsque celle-ci est désordonnée. L’Etat est soumis au même devoir de respect de la loi naturelle que les personnes.
• L’Eglise ne s’est pas tue sur « ces sujets ». Si ce n’est à travers le refus de membres de sa hiérarchie et de son clergé de les aborder par volonté de ne pas froisser l’esprit du temps. Elle a clairement, dans ses documents magistériels et à travers l’immense « Théologie du corps » de Jean-Paul II, rappelé la vérité.
• Admirons la manière dont le cardinal prétend que la question est restée « marginale » au dernier synode, et dont il prend prétexte du référendum irlandais pour prétendre en faire le thème majeur du prochain. La dialectique est remarquable. Il faudrait aborder la question de l’homosexualité et des unions gays pour parler convenablement de la famille…
• « Aujourd’hui nous devons parler de la sexualité… » Je répète : Jean-Paul II n’a-t-il donc rien dit ? C’est son enseignement qui est rejeté, ignoré.
­• Dépasser la discrimination ? Ici le cardinal « oublie » de dire que le Catéchisme proscrit en effet clairement les « discriminations » à l’égard des homosexuels, mais en précisant : les « discriminations injustes ». Dans le langage moderne, la « discrimination » désigne toute différence de traitement, d’appréciation – c’est toute la tromperie idéologique de l’antiracisme. Dans le langage du Catéchisme, il apparaît clairement que les différences de traitement et d’appréciation à l’égard des personnes homosexuelles, que ce soit à l’égard de leur « propension » ou de leurs « actes », peuvent être justes.
• Reconnaître le « bien » dans les unions homosexuelles stables ? Nous sommes là au cœur du débat. J’avais posé la question au cardinal Burke à propos des divorcés remariés, lors d’un entretien publié ici en mars :
— Ainsi, lorsque l’homme de la rue dit qu’en effet, il est vrai que ces personnes sont bonnes, dévouées, généreuses, cela ne suffit donc pas ? 
— Bien sûr que non. C’est comme une personne qui commet un meurtre mais qui est pourtant aimable avec les autres… 
Cette réponse a provoqué un tollé dans la presse anglophone. Il s’agit pourtant d’une question cruciale relative au salut éternel, au pardon des péchés, à la rupture de l’amitié avec Dieu par la perte de l’état de grâce. Et c’est la mission centrale de l’Eglise : communiquer la grâce pour ouvrir les portes de la vie éternelle…


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