Affichage des articles dont le libellé est référendum. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est référendum. Afficher tous les articles

02 juin, 2015

Un gay athée dénonce la mollesse du combat de l'Eglise catholique contre le « oui » au référendum d'Irlande sur le « mariage » gay

Après les commentaires désolés de l’archevêque d’Irlande à propos du référendum qui a obtenu une majorité de plus de 60 % pour le « mariage » gay en Irlande, un chroniqueur du Spectator s’irrite de voir le manque de vigueur du langage épiscopal. Matthew Paris se trouve être à la fois homosexuel et athée, vivant en « couple », et favorable au « mariage » gay. Il vit lui-même avec un compagnon. Il ne comprend pas que la hiérarchie catholique ne se soit pas dressée, terrible, tel Moïse descendant de la montagne avec les tables de la loi…
Et de citer la traduction anglaise classique d’Exode 32, riche, forte et élégante. Pour mémoire, en français : « Et s’étant approché du camp, il vit le veau et les danses. Alors il entra dans une grande colère : il jeta les tables qu’il tenait à la main, et les brisa au pied de la montagne ; et prenant le veau qu’ils avaient fait, il le mit dans le feu, et le réduisit en poudre : il jeta cette poudre dans l’eau, et il en fit boire aux enfants d’Israël. »
Parris en propose une version révisée :
« Et s’étant approché du camp, il vit l’énorme majorité acquise au mariage gay lors du référendum irlansais, et les danses. Et l’inquiétude de Moïse était palbable. 
Et il prit un exemplaire du Pink Paper, et le brandit, et dit :  “Il va falloir que nous nous posions, et que nous acceptions de nous confronter à la réalité, et ne pas nous orienter vers un déni des réalités. 
Je peux comprendre ce que ressentent ces fêtards dénudés en ce jour. Qu’ils pensent que ceci va enrichir la manière dont ils vivent. Je crois qu’il s’agit d’une révolution sociale. 
Nous devons trouver un nouveau langage pour reprendre le contact avec toute une génération de jeunes”, conclut le prophète ; puis, se dépouillant de ses vêtements, Moïse dit : “Dites, emmenez-moi vers le bar gay le plus cool du campement.”»
Matthew Parris assure qu’il ne se moque pas : il n’a fait qu’arranger un peu les paroles de l’archevêque de Dublin, « quasiment verbatim ».
Il accuse les conservateurs religieux d’avoir savonné leur propre planche. « N’y a-t-il personne de quelque stature intellectuelle dans notre Eglise d’Angleterre, ou dans l’Eglise de Rome, pour mettre en mots les arguments contre le glissement du christianisme vers l’accompagnement pur et simple du changement social et culturel ? Il y eut un temps – un temps que j’ai connu – ou des hommes d’Eglise, discrets, adeptes de la litote, parfois très sévères, qui portaient souvent des lunettes bifocales, nous opposaient à nous autres, relativistes moraux, une vraie bataille à propos de cet éternel débat. »
La seule réponse qui vaille de la part d’un catholique conservateur, dit le chroniqueur – une réponse qu’il formule à regret parce qu’il n’y croit pas –, c’est que « 62 % à un référendum ne font pas qu’un péché aux yeux de Dieu cesse d’être un péché. »
Eh oui. Le voilà scandalisé parce que ceux qui devraient dire cela se taisent. Parris est content de voir que la « majorité des Irlandais » ne croie plus que l’acte homosexuel soit un péché. « Mais la prépondérance de l’opinion publique peut-elle renverser la polarité entre la vertu et le vice ? Moïse eût-il pu croire un seul instant (et ne parlons même pas de Dieu) qu’il ferait mieux de s’incliner devant l’adoration de Moloch parce que c’était ce que la plupart des Israélites auraient voulu ? »
Et de rappeler que les chrétiens ont l’habitude d’être dans la minorité – l’habitude d’être persécutés aussi : « Bienheureux serez-vous… » Les 743.300 personnes qui ont dit « non » en Irlande, ont en somme le droit de s’entendre dire que si l’on dit désormais toute sorte de mal d’eux parce qu’ils ont voté selon ce que leurs prêtres leur ont appris, c’est qu’ils sont persécutés comme le Messie.
« Mais peut-être », commente Parris, « est-ce moi qui ai raté quelque chose. Peut-être y a-t-il une vérité plus profonde derrière l’acceptation du Dr Martin de se plier devant une tendance dominante, une flexibilité qui se fait l’écho de l’ouverture du pape François au changement. Se peut-il que le manque apparent de gêne devant ces glissements opportuns de la part de ces deux hommes est dû au fait qu’à quelque niveau subconscient, ni l’un ni l’autre n’a vraiment cru que la moralité était absolue ou objective ? »
En somme, le chroniqueur accuse l’Eglise d’adapter sa moralité à la majorité, peut-être même de l’avoir toujours fait. Ce qui annoncerait, selon lui, bien d’autres changements : de l’acceptation des femmes prêtres à l’avortement…
Sans doute Matthew Parris force-t-il le trait. Il n’y a pas lieu de croire que les hommes d’Eglise, encore moins le Pape, changeront la doctrine qui n’a pas varié depuis le début. L’attaque, sous ce rapport, est indigne. Mais elle envoie un message qu’il faut entendre : pour être crédible, l’Eglise et ses représentants doivent parler avec clarté, avec une parole qui soit comme le tranchant du glaive… Si elle croit en ce qu’elle dit, si elle veut sauver les hommes du feu éternel, alors elle doit le dire avec toute la sollicitude et la force d’une Mère qui ne veut pas laisser ses enfants se perdre.
Ce n’est plus à la mode, soit. Sous prétexte de pastorale, certains préfèrent que l’Eglise soit avenante et se montre proche de chacun – ce qu’elle est en vérité,  mais d’autant mieux que chacun la sent convaincue et soucieuse de communiquer son trésor.

(Via LifeSite).

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



30 mai, 2015

Synode, unions homosexuelles, divorcés : le cardinal Kasper et ses amis s'expriment, assurant défendre la doctrine de l'Eglise

Que cherche vraiment le cardinal Kasper ? On peut se le demander au vu des comptes-rendus apparemment contradictoires qui se suivent à propos de ses interventions ces derniers jours. C'étaient des interventions en des lieux différents avec des objectifs différents, mais au fond c’est toujours le même but qui est poursuivi : changer la doctrine de l'Eglise en faisant croire que l'on ne modifie que sa pastorale, voire, de manière encore moins révolutionnaire, uniquement son langage.

Mais le langage façonne les idées et la pensée. Et la pastorale est indissociable de la doctrine : elles sont toutes deux ordonnées à la vérité.
Lundi, c’était la réunion secrète et scandaleuse organisée à la Grégorienne. Jeudi, le ton a quelque peu changé. Le vaticaniste Giuseppe Rusconi rapporte sur son blog Rossoporpora quelques propos tenus par le cardinal Kasper lors de la rencontre mensuelle du Cénacle des amis de François, le 28 mai.

Le cardinal Kasper à la réunion du “Cenacolo”

Le « Cenacolo » est un groupe d’intellectuels et d’amis rassemblés autour du vaticaniste de gauche Raffaele Luise, partisan de l’interprétation la plus progressiste possible des propos du pape François. Fréquents invités d’honneur, le cardinal Walter Kasper et le cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs depuis 200, créé cardinal par Benoît XVI en 2012, nommé membre de la nouvelle commission spéciale chargée du traitement des recours au sein de la congrégation pour la doctrine de la foi au début de cette année, étaient là jeudi.
La réunion, convoquée au Centro Russia Ecumenica du Borgo Pio, à quelques centaines de mètres du Vatican, était annoncée en ces termes : « Une discussion sur l'issue du référendum en Irlande et sur ses importantes répercussions sur le processus synodal en cours, à la lumière des paroles de François lors du Regina Coeli du dimanche 23 mai : « La Mère Eglise ne ferme jamais la porte à la figure des gens. À personne, même au pire des pêcheurs. Elle ouvre ses portes à tous, parce qu’elle est mère. »
On pouvait s’attendre, écrit Giuseppe Rusconi, à un « enthousiasme de tifosi » pour les résultats du scrutin irlandais, à des « auspices révolutionnaires » en vue du prochain synode. Il n’en a rien été. Mais est-ce si étonnant ? Nous sommes clairement dans une opération d’agit-prop. L’objectif n’est pas l’opposition frontale, mais la séduction, une modification de la pensée dont la nouvelle mouture doit apparaître comme parfaitement orthodoxe.
Giuseppe Rusconi raconte : d'emblée l’introduction par le coordinateur Raffaele Luise annonce que « la confrontation dans le cadre du Synode sera beaucoup plus âpre vu que les rigoriste utiliserons probablement le résultat de Dublin pour chercher à bloquer toute et n'importe quelle ouverture ». Le vote irlandais « est un vote légitime et nous devons dire aussi que beaucoup d'entre nous, catholiques, sommes sur des positions favorable à la reconnaissance du mariage gay ». Et de dénoncer les propos du secrétaire d'État, le cardinal Parolin qui a parlé d’« un échec pour l'humanité ». Luise résume : « Nous devons changer, désarmer le langage » lorsqu'il s'agit d'aborder des thèmes anthropologiques. « Ce n'est plus le moment de concevoir l'homosexualité comme ontologiquement désordonné », dit-il.

Oui, le “mariage” homosexuel est une défaite pour l'humanité !

Mais dans cette assemblée d’intellectuels catholiques de gauche il s'est trouvé des intervenants pour soutenir le jugement de Parolin : « Il est parfaitement défendable et acceptable sous l'aspect anthropologique parce qu’on est en train de dire qu'il n'y a plus de distinction entre l'homme et la femme et que cela blesse l'image de Dieu dans l’homme », affirme par exemple Raniero La Valle, homme de gauche.
Le cardinal Francesco Coccopalmerio prend le relais. Il déclare qu'il « ne faut pas confondre l'homosexualité avec le mariage homosexuel » et qu’il ne faut « pas être d'accord pour mettre sur un même plan les unions homosexuelles et les formes du mariage ». En apportant son soutien à l'expression du cardinal secrétaire d'État sur la « défaite de l’humanité », il enfonce une porte ouverte, observant que « si toutes les unions étaient homosexuelles, l'humanité ne pourrait aller de l'avant ».
Une remarque. Ce type de jugement à la mode de Kant n'est certainement pas définitif dans cette confrontation. Si tous les hommes et toutes les femmes choisissaient la virginité consacrée, l'humanité ne pourrait pas non plus aller de l'avant, ou en tout cas se renouveler, mais ce n'est pas pour autant que la virginité consacrée est critiquable. Le problème se situe à un tout autre niveau, celui du désordre intrinsèque, en effet. Il ne suffit pas de distinguer entre unions homosexuelles et mariage pour régler le problème.
Le cardinal Kasper, de son côté, a insisté sur le deux « nécessités » qui se présentent aux catholiques impliqués dans ce défi anthropologique. La première : « Garder sauve notre conception du mariage. » La seconde : se demander comment réussir à « concilier » la position catholique sur le mariage « avec le respect des personnes qui ont des inclinations personnelles différentes », ce qui « n'est pas facile ». Il faut être « respectueux et même miséricordieux, mais sans tomber dans le piège du relativisme, pour lequel tout est égal : c'est une tendance à tout mettre sur le même plan que nous ne pouvons pas accepter ».

Seul objectif du cardinal Kasper, la miséricorde ?

Voila sans doute le nœud de cette affaire. L'accueil des unions homosexuelles n'est pas mis en avant comme une sorte de droit à l'égalité, mais justifié par le biais de la miséricorde, de l'accueil, de la compréhension, du changement de langage. Mais à la fin on aboutit bien à un relativisme moral, en faisant mine de préserver l'orthodoxie doctrinale tout en faisant passer à la trappe l’affirmation du désordre intrinsèque de l’acte homosexuel. La manipulation est là, exactement.
C’est dans ce contexte que les différents propos du cardinal Kasper trouvent toute leur cohérence. Giuseppe Rusconi écrit : « Pour Kasper, le défi qui se pose à l’Eglise est très difficile pour ce qui est de l'éducation des jeunes, et à cause des problèmes relatifs aux unions homosexuelles. » Le cardinal a précisé : « Non seulement l'adoption, mais aussi la fécondation artificielle sont des choses inhumaines, tout comme la location d’utérus. Il a mis en garde : il ne faut pas promouvoir « seulement les droits des homosexuels, mais aussi les droits des enfants que personne ne défend ». Il poursuit : un enfant « a le droit de savoir qui sont son père et sa mère ». Dans tous les cas « les problèmes psychologiques et juridiques associés sont énormes ». Dans la « chaîne de la génération il se produit une rupture qui fait de l'homme un produit économique et technique au service des énormes intérêts financiers en jeu ».
En somme, il faut doser la révolution. Revendiquer des droits pour les homosexuels mais en même temps ne pas oublier de dénoncer les désordres que peut entraîner la mise en place de droits homoparentaux. On n’est pas très loin du cadre idéologique de la Manif pour tous, qui n’a jamais cessé de dénoncer l’« homophobie » mais qui était en outre, dans un premier temps, menée par Frigide Barjot et d’autres favorables aux unions civiles. Elle aussi avait mis le l'essentiel de ses efforts à défendre les droits des enfants.
Mais il faut bien comprendre qu’un tel langage permet déjà de mettre le pied dans la porte, quand l’objectif poursuivi est de rompre avec la doctrine du « désordre intrinsèque » de l’homosexualité.
Le cardinal Kasper présente son combat comme une volonté de répondre aux problèmes du temps en changeant le langage de l'Eglise. On se croirait dans les années 1960 : il s'agit bel et bien de promouvoir un aggiornamento visant à rendre le discours de l'Eglise audible pour les hommes de notre temps.

Kasper : « Ne pas mener une guerre idéologique, perdue d'avance »

Il déclare : « Nous ne pouvons pas mener une guerre idéologique, étant donné que nous ne pouvons pas gagner. Les autres ont à leur disposition des moyens économiques gigantesques, et ils ont aussi de leur côté les mass media. » C'est pourquoi nous devons « désarmer notre langage » en cherchant à entrer en contact avec le monde sécularisé, dit-il.
Dans ces paroles on perçoit une double manipulation. D'une part, le cardinal fait apparaître ceux qui affirment la doctrine de la manière traditionnelle comme les responsables d'une coupure entre l'Eglise et le monde, responsables de l'incapacité de l'Eglise à toucher ceux qui ont le plus besoin de la vérité et de la miséricorde. Dans le même temps, il paraît s'opposer aux erreurs de notre temps en se présentant en victime, avec l'Eglise, de la marginalisation réalisée par la pensée dominante de notre temps, alors même que les médias justement le soutiennent avec un enthousiasme évident.
Cet enthousiasme devient alors le signe de ce que le cardinal Kasper a trouvé le moyen de dire la vérité et de défendre la doctrine en désarmant l'adversaire. Mais cette attitude « pastorale » – on y retourne toujours – ne peut s’adopter sans le rejet de la doctrine. C’est précisément ce que le cardinal Kasper veut contester à tout prix. Ce rejet, il s’agit d’éviter de l’assumer. Et cela explique qu’il faille tenir des propos critiques à l'égard du mariage gay ou de l'homoparentalité. La communication est parfaitement maîtrisée…

« Repenser Humanae vitae »

Le théologien Marco Vergottini, présent lui aussi à la réunion de jeudi, participe à cette œuvre de désarmement non pas des médias mais des tenants de la doctrine traditionnelle. Il a déclaré, rapporte Rusconi, que « les attentes à l'égard de synode sont très importantes » et « qu'il faut donc pouvoir remporter à la maison quelque chose de concret ». Ce ne sera pas facile dit-il parce que il y a des « secteurs traditionalistes qui en toute bonne foi veulent empêcher tout changement ». Il faut repenser le discours d’Humanae Vitae de Paul VI, permettre l'accès des divorcés remariés à l'Eucharistie, « reconnaître les couples homosexuels » parce que « dans une société démocratique les union civiles sont un droit ». Il a ajouté que « l'avortement aussi est une défaite pour l'humanité », mais ce n'est pas pour autant qu'il faut « casser les jambes des médecins avorteurs ».
« Ici le cardinal Kasper a convenu qu’“il n'y a pas de doute que l'avortement est un homicide” », écrit Rusconi, mais cela posé « il faut se rapporter aux cas concrets et alors on ne peut pas définir la femme qui a avorté comme une criminelle », a ajouté le cardinal.
Autrement dit : on peut désigner le mal de manière abstraite, mais non dans les cas concrets, ce qui revient finalement à l’excuser, voire à le justifier.
C’est le moyen d’échapper à la critique d’hétérodoxie tout en promouvant une cause hétérodoxe…

L'entretien du cardinal Kasper au “Corriere della Sera”

Et c’est la raison pour laquelle les propos tenus jeudi soir par le cardinal Kasper ne sont pas en contradiction par rapport à ceux rapportés la veille par Il Corriere della Sera où le même cardinal Kasper a parlé de ces questions (voir ici sur le Forum catholique). L’entretien se situe dans le contexte du référendum irlandais qui tombe tellement à point nommé qu’on l’imaginerait volontiers comme faisant partie du montage : c’est une nation présentée comme catholique qui a approuvé le « mariage » des homosexuels. (Voilà pourquoi, soit dit en passant, l’opposition au « mariage gay » ne doit pas craindre de revendiquer son identité catholique, elle n’empêche nullement que des non catholiques partagent la même analyse !)
Je vous propose une traduction rapide de cet entretien du cardinal Kasper.
« Un Etat démocratique doit respecter la volonté populaire, cela me paraît évident. Si la majorité du peuple veut cette union civile, c'est un devoir de l'Etat de reconnaître de tel droit. Mais nous ne pouvons pas oublier qu’une telle législation, même si elle distingue entre le mariage et l'union homosexuelle, en arrive à reconnaître plus ou moins les mêmes droits que ceux d'une famille formée d'un homme et d'une femme. Cela a un impact énorme sur la conscience morale des gens. Cela crée une certaine normativité. Et pour l'Église il devient alors encore plus difficile d'expliquer la différence. » (Soupir…) « Ce ne sera pas facile. »
Pourquoi ?
« Voyez, je pense que le référendum irlandais est emblématique de la situation où nous nous trouvons, non seulement en Europe mais dans l'ensemble de l'Occident. Regarder la réalité en face signifie reconnaître que la conception post-moderne, pour laquelle tout est égal, est en contraste avec la doctrine de l'Eglise. Nous ne pouvons pas accepter la mise sur le même plan avec le mariage. Mais il y a aussi cette réalité : le fait qu’au sein de l'Église irlandaise de nombreux fidèles ont voté “oui”, et j'ai l'impression que dans les autres pays européens le climat est le même. »
 Que doit faire l'Eglise ?, demande le journaliste.
« On s’est trop longtemps tu sur ces sujets. Voici venu le moment d'en discuter. »
Au synode d’octobre ?
« Certainement. Si le prochain Synode veut parler de la famille selon la conception chrétienne, il doit dire quelque chose, répondre à ce défi. La dernière fois la question est restée marginale ; mais aujourd'hui elle devient centrale. Je ne peux imaginer un changement fondamental dans la position de l'Eglise. La Genèse est claire, l'Évangile l’est aussi. Mais les formules traditionnelles avec lesquels nous avons cherché à l'expliquer, évidemment, ne correspondent plus à la mentalité et au cœur des gens. Il ne s'agit pas maintenant de faire des barricades. Nous devons plutôt trouver un nouveau langage pour dire les fondements de l'anthropologie, l'homme et la femme, l'amour. Un langage qui soit compréhensible, surtout pour les jeunes. »
Le journaliste observe qu’au dernier synode le thème de l'accueil des homosexuels a été sujet de controverse, et qu'il y a eu un contraste entre l'ouverture européenne et les positions plus fermées de l'épiscopat africain, par exemple.
 « Non, ce n'est pas que les évêques européens et les évêques africains pensent de manière différente, la position de l'Eglise est toujours la même. Ce qui est différent, c'est le contexte, et la sensibilité de la société, différente en Afrique et en Europe. En Europe, les choses ont changé. » Kasper poursuit : « Il est fini, le temps où la position de l'Eglise sur ces sujets était plus ou moins soutenue par la communauté civile. Au cours des dernières décennies l'Eglise s’est efforcée de dire que la sexualité est une bonne chose, nous avons voulu éviter un langage négatif, celui qui a prédominé par le passé. Mais aujourd'hui nous devons parler aussi de ce qu'est la sexualité, de l’égale dignité et en même temps de la différence entre l'homme et la femme dans l'ordre de la création, dans la conception de l'être humain. »
Le journaliste observe à propos du langage que les documents de l'Eglise sur l'homosexualité usent d'expression comme « inclination objectivement désordonnée ». Le cardinal répond :
« Il faudra faire attention à ne pas utiliser des expressions qui peuvent paraître offensantes, sans pour autant dissimuler la vérité. Nous devons dépasser la discrimination qui a une longue tradition dans notre culture. Du reste c’est le Catéchisme qui dit que nous ne devons pas discriminer. Les personnes homosexuelles doivent être accueillies, elles ont une place dans la vie de l'Église, elles appartiennent à l'Eglise. »
Le journaliste demande : Et les couples d'homosexuels ? L'Église ne peut-elle reconnaître à leur égard aussi cette idée du « bien possible » dont on a parlé à propos des divorcés remariés et des nouvelles formes d'union ?
« S'il s'agit d'une union stable, des éléments de bien existent indiscutablement, nous devons le reconnaître. Mais nous ne pouvons pas mettre cela sur le même plan, cela non. La famille formée d'un homme et d'une femme, ouverte à la procréation, est la cellule fondamental de la société, la source de vie pour l'avenir. Ce n'est pas un problème interne à l'église, il concerne chacun. Pensez à l'adoption, au bien de l’enfant, aux pratiques comme la maternité de substitution, aux femmes qui ont un enfant pendant neuf mois sous leur cœur, et qui sont peut-être exploitées parce qu'elles sont pauvres, pour un salaire. Il ne faut pas discriminer mais pas non plus être naïf. »

Quelques observations rapides :

• Il n’y a pas de devoir de l’Etat de reconnaître et de mettre en œuvre la volonté populaire lorsque celle-ci est désordonnée. L’Etat est soumis au même devoir de respect de la loi naturelle que les personnes.
• L’Eglise ne s’est pas tue sur « ces sujets ». Si ce n’est à travers le refus de membres de sa hiérarchie et de son clergé de les aborder par volonté de ne pas froisser l’esprit du temps. Elle a clairement, dans ses documents magistériels et à travers l’immense « Théologie du corps » de Jean-Paul II, rappelé la vérité.
• Admirons la manière dont le cardinal prétend que la question est restée « marginale » au dernier synode, et dont il prend prétexte du référendum irlandais pour prétendre en faire le thème majeur du prochain. La dialectique est remarquable. Il faudrait aborder la question de l’homosexualité et des unions gays pour parler convenablement de la famille…
• « Aujourd’hui nous devons parler de la sexualité… » Je répète : Jean-Paul II n’a-t-il donc rien dit ? C’est son enseignement qui est rejeté, ignoré.
­• Dépasser la discrimination ? Ici le cardinal « oublie » de dire que le Catéchisme proscrit en effet clairement les « discriminations » à l’égard des homosexuels, mais en précisant : les « discriminations injustes ». Dans le langage moderne, la « discrimination » désigne toute différence de traitement, d’appréciation – c’est toute la tromperie idéologique de l’antiracisme. Dans le langage du Catéchisme, il apparaît clairement que les différences de traitement et d’appréciation à l’égard des personnes homosexuelles, que ce soit à l’égard de leur « propension » ou de leurs « actes », peuvent être justes.
• Reconnaître le « bien » dans les unions homosexuelles stables ? Nous sommes là au cœur du débat. J’avais posé la question au cardinal Burke à propos des divorcés remariés, lors d’un entretien publié ici en mars :
— Ainsi, lorsque l’homme de la rue dit qu’en effet, il est vrai que ces personnes sont bonnes, dévouées, généreuses, cela ne suffit donc pas ? 
— Bien sûr que non. C’est comme une personne qui commet un meurtre mais qui est pourtant aimable avec les autres… 
Cette réponse a provoqué un tollé dans la presse anglophone. Il s’agit pourtant d’une question cruciale relative au salut éternel, au pardon des péchés, à la rupture de l’amitié avec Dieu par la perte de l’état de grâce. Et c’est la mission centrale de l’Eglise : communiquer la grâce pour ouvrir les portes de la vie éternelle…


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



24 mai, 2015

L'Irlande adopte le “mariage” gay par référendum – et s'éloigne délibérément de l'Eglise catholique

Journée noire pour l’Irlande. Les grands médias du pays, après avoir donné leur soutien entier à l’« égalité dans le mariage », saluent aujourd’hui quasi unanimement le « oui » au « mariage » gay qui l’a emporté avec 62 % des voix. Deux Irlandais sur trois ont approuvé la modification de la Constitution irlandaise qui dispose désormais : « Le mariage est légalement contracté entre deux personnes sans distinction de sexe. » De ce fait les couples homosexuelles seront désormais considérées à l’égal des familles qu’on ne pourra donc plus qualifier de « normales », bénéficiant de l’ample protection que la Constitution leur octroie.
Ainsi l’article 41 va-t-il désormais bénéficier aux « familles LGBT » :

« Article 41 
1.1° L'État reconnaît la famille comme le groupe naturel, primaire et fondamental de la Société, et comme une institution morale possédant des droits inaliénables et imprescriptibles, antérieurs et supérieurs au droit positif. 2° L'État, par conséquent, garantit la formation et l'autorité de la famille, comme la base nécessaire de l'ordre social et comme indispensable au bien-être de la nation et de l'État. 
2.1° En particulier, l'État reconnaît que, par sa vie au foyer, la femme apporte à l'État un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint.  2° L'État, par conséquent, s'efforce de veiller à ce que les mères ne soient pas obligées par les nécessités économiques à travailler en négligeant les devoirs de leurs foyers. 
3.1° L'État s'engage à prêter une attention spéciale à l'institution du mariage sur laquelle la famille est fondée et à la protéger contre toutes les attaques.  2° Aucune loi accordant la dissolution du mariage ne peut être adoptée.  Tout tribunal établi par la loi peut accorder la dissolution du mariage si, mais seulement si, il est convaincu que :i) à la date de l'introduction de la procédure, les époux ont vécu séparément pendant une ou des périodes équivalentes à quatre ans au moins durant les cinq dernières années ;  ii) il n'y a pas de perspective raisonnable de réconciliation entre les époux ;  iii) toute disposition que le tribunal juge appropriée au regard des circonstances existe ou est prise concernant les époux, les enfants de l'un ou de l'autre ou des deux ensemble, et toute autre personne visée par la loi, et  iv) toutes les autres conditions prévues par la loi sont observées.[modifié par le 15e amendement, 17/6/1996]  3° Aucune personne dont le mariage a été dissous selon la loi civile d'un autre État, mais dont le mariage reste valable selon la loi en vigueur à cette époque sous la juridiction du Gouvernement et du Parlement établis par la présente Constitution, ne peut contracter un mariage valide sous cette juridiction durant la vie de l'autre personne avec laquelle elle était mariée. »

La fiction du « mariage » homosexuel et celle de l’« homoparentalité » font ainsi leur entrée dans un des derniers pays où l’on aurait cru la chose possible, et qui plus est par un vote populaire, ce qui ne s’est produit nulle part au monde jusqu’à ce jour.
Mais dire que « deux Irlandais » sur trois ont approuvé le « mariage » gay constitue une distorsion des faits. Le référendum n’a mobilisé que 60 % de l’électorat : sur les quelque 3,2 millions de votants potentiels, 1,2 millions ont voté « oui », soit 37,5 % des électeurs. Quelque 750.000 personnes se sont déplacées pour dire « non », malgré l’opprobre associé à ce choix.
Et c’est donc, en fait, d’une courte majorité que les « je ne sais pas » et les « je m’en moque » ont véritablement remporté ce référendum.
Je pourrais gloser sur l’exécrable façon dont le « oui » a été favorisé : dans les médias et dans les grands partis qui ont tous fait campagne pour la dénaturation du mariage. Le Premier ministre Enda Kenny a parlé des 24 heures qui ont précédé le résultat comme d’une « sorte de veille au terme d’un long voyage » – l’analogie religieuse était, je pense, délibérée et voulue. Et de dire que les LGBT vont pouvoir vivre « à l’abri » de la majorité, et non « dans notre ombre ».
« Oui à l’inclusion, oui à la générosité, oui à l’amour, oui au mariage égalitaire », a-t-il lancé.
La vice-Premier ministre, Joan Burton, saluant l’avènement d’une « nation arc-en-ciel », par le « oui à l’égalité, le oui à l’amour », a déclaré : « Nous n’en sommes qu’au début d’un immense mouvement global en faveur de l’égalité LGBT. »
Je pourrais évoquer les fonds étrangers qui sont venus soutenir la campagne du « oui » : la culture de mort est riche et peut compter sur les grands de ce monde/
Je pourrais évoquer aussi la manière dont l’Eglise catholique d’Irlande a tenté de peser dans le débat, plaidant pour le « non », mais face à des handicaps considérables parmi lesquels le « Qui suis-je pour juger » du pape François qui – au moins sur le plan médiatique – a créé l’impression que l’accueil des personnes doit entraîner l’absence de tout jugement moral sur leurs actes ; et les déclarations de quelques évêques irlandais refusant de condamner ceux qui voteraient « oui » en conscience.
Mais ces handicaps ne suffisent pas à expliquer le spectaculaire retournement de l’opinion – à l’aune de l’histoire immémoriale et même des décennies récentes – qui a marginalisé l’affirmation de la réalité et d’une morale naturelle qu’il est de bon ton de récuser.
Il faut y ajouter la manipulation qui consiste à faire croire que voter « non » au mariage et à la famille LGBT est un « non à l’inclusion », un « non à la générosité », un « non à l’amour ». Et donc une manifestation d’exclusion, d’égoïsme, et de refus du bonheur et des sentiments d’autrui.
Il faut y ajouter encore le pilonnage sans pitié de l’Eglise catholique, et à travers elle de tout ce qu’elle représente et enseigne, à travers les scandales des « prêtres pédophiles » mais aussi les montages médiatiques sur les enfants de filles-mères jetés dans des fosses sceptiques (c’était faux) ou sur le refus d’avortement qui aurait entraîné la mort d’une jeune maman (l’enquête a révélé la véritable nature des erreurs qui ont conduit à sa mort par septicémie). C’est collectivement que de nombreux Irlandais se sont détournés de l’Eglise, mais au prix de combien de mensonges et de pressions !
A quoi il faut ajouter le manque de formation de générations de catholiques à qui l’on n’apprend guère les exigences du plan de Dieu pour la sexualité, le mariage et la famille. Ils ne savent plus « rendre compte de leur espérance » parce qu’en Irlande comme dans tant de pays, les commandements de Dieu ne sont plus présentés que comme des commandements de l’Eglise, et l’Eglise est perçue comme faisant peser un fardeau trop lourd sur les fidèles, que l’on a persuadés de croire que l’observance de ces commandements relève d’un idéal que nul être humain « normal » ne peut atteindre.
De là on glisse rapidement vers la redéfinition de ce qui est « normal », puis de la « norme » elle-même. Comme l’écrit Fintan O’Toole, éditorialiste à l’Irish Times, la « petite Irlande » vient d’enseigner au monde qu’il y a un « nouveau normal », en redéfinissant le sens des mots « être humain ordinaire ». Finie, la « tolérance » : les « personnes LGBT sont nous : nos fils et nos filles, nos pères et nos mères, nos frères et nos sœurs, nos voisins et nos amis » ; la tolérance a été remplacée par « l’égalité de citoyenneté ».
Cela fait quelques années déjà que les lesbiennes et autres « GBT-QI » ne veulent plus de leur étiquette, en dehors de son utilisation revendicative : ils ne réclament plus le droit à la différence, mais à l’indifférence. L’Irlande a fait son « coming out » de nation démocratique, transcendant les clivages de toutes sortes, sa « paranoïa » et son « pessimisme », écrit O’Toole. Son article est bien tourné. Assez bien pour qu’on lise sans peine entre les lignes : la paranoïa et le pessimisme sont ceux de la morale de papa, et encore plus ceux de la morale du pape, dont on nous prie d’ailleurs si souvent de croire qu’elle permet bien des accommodements !
Tel était le sens véritable de ce référendum : non pas de gagner le droit au « mariage » dont l’immense majorité des LGBT n’a rien à faire, mais de voir reconnaître la « normalité » de leur conduite.
Les Irlandais pour le « non », comme les Français, ont axé leur combat sur les droits des enfants et les dangers auxquels les expose le mariage gay. C’est un point de vue légitime, et il fallait assurément le porter sur le devant de la scène. Mais on n’a guère entendu de vérités sur le caractère contre nature de l’acte homosexuel, sur les dangers spirituels mais aussi physiques qu’il comporte, et qui se traduit sur le plan purement matériel par une espérance de vie amputée, et sur le plan moral par la mort de l’âme. Dire cela aujourd’hui, c’est s’exposer à l’accusation d’homophobie. Et pourtant, peut-on imaginer une plus grande haine de l’autre que de ne pas l’avertir, même si on en est sincèrement et raisonnablement convaincu, du mal qui l’attend ?
A accepter que ces choses-là ne soient pas dites, on part battu d’avance, car en vérité le combat pour les « droits » LGBT est alors déjà gagné.

Comme le note le Daily Telegraph, cela fait pourtant belle lurette que le mariage n'est plus perçu comme existant « pour les enfants » ni pour la filiation : dès lors qu'il est le simple couronnement d'un sentiment et qu'on peut d'ailleurs le défaire à volonté lorsque le sentiment s'émousse, pourquoi en exclure ceux qui s'aiment vraiment ? Le « mariage » gay, le mariage dénaturé, est l'aboutissement logique du mariage dévalué…
Que tout cela se soit produit en Irlande est un symbole d’une importance terrifiante.
Yves Daoudal commente sur son blog la nouvelle réalité de « Feu l’Irlande catholique » ; c’est à lire ici. Il conclut à l’urgence de modifier le préambule de la Constitution irlandaise qui proclame : « Au nom de la Très Sainte Trinité, de laquelle découle toute autorité et à laquelle toutes les actions des hommes et des États doivent se conformer, comme notre but suprême, Nous, peuple de l'Irlande, Reconnaissant humblement toutes nos obligations envers notre seigneur, Jésus Christ… »
Le 34e amendement apporté à la Constitution irlandaise au nom de l’« égalité » des homosexuels en est une contradiction stridente, violente.
Pat Buckley, militant pro-vie catholique irlandais du European Life Network, constatait avec amertume, la semaine dernière, que la modification envisagée de la Constitution de son pays constitue un « refus frontal des commandements de Dieu » et qu’elle « ajoute l’insulte à l’injure en proposant d’inclure une telle abomination dans le texte de notre Constitution dédiée à la Très Sainte Trinité ».
Abomination… Le mot est déjà presque désuet. En attendant d’exposer ses utilisateurs aux poursuites.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



13 mars, 2015

Référendum sur le “mariage” homosexuel en Irlande : énorme erreur dans le libellé

Alors que l’Irlande est appelée à se prononcer par référendum en mai prochain sur le changement de la Constitution irlandaise de manière à permettre la légalisation du « mariage » des couples de même sexe, le gouvernement irlandais s’est vu contraint de changer la formulation irlandaise du texte soumis au vote en raison de son manque de clarté.
Telle qu’elle avait été retenue, la phrase en irlandais pouvait être analysée de manière à rendre inconstitutionnel le mariage entre… un homme et une femme.
La traduction anglaise ne comportait pas cette ambiguïté : « Le mariage peut être contracté selon la loi par deux personne sans distinction de leur sexe. »
En irlandais, la phrase était celle-ci : « Féadfaidh beirt, cibé acu is fir nó mná iad, conradh a dhéanamh i leith pósadh de réir dlí. » Ce qui veut dire littéralement : « Un couple peut, que ce soient des hommes ou des femmes, faire un contrat de mariage conformément à la loi. » Seulement des couples d’hommes ou des couples de femmes ? Il se trouve en outre que le texte irlandais fait foi…
Le gouvernement n’a donc pas eu d’autre choix que de retirer le texte et l’on attend désormais une nouvelle version.
Mais elle restera tout aussi absurde, puisqu’il ne peut y avoir « mariage » au sens réel du mot entre deux hommes ou deux femmes…

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



07 février, 2015

Slovaquie : les évêques encouragent à voter pour la famille vraie au référendum de ce 7 février


La Slovaquie tient ce samedi un référendum pour définir le mariage. Une lettre pastorale diffusée par la Conférence des évêques slovaque encourage fortement les fidèles à participer au scrutin afin de protéger les générations futures, les familles et les enfants.
« Les enfants sont notre espérance pour l'avenir », affirme la lettre des évêques. « Ce n'est pas chaque génération qui a la chance de pouvoir décider quel sera l'avenir de sa patrie. Nous nous trouvons face un défi où nous devons exprimer notre point de vue sur les valeurs-clef de la vie. »
 La lettre pastorale affirme que la participation au référendum constituera un témoignage sur la vérité et la dignité de la personne humaine. Elle met également en garde contre les changements législatifs qui risquent de mettre en cause les traditions morales et culturelles du pays par le jeu du pouvoir de l'État.
Soulignant la gravité de l'enjeu de la défense de la famille pour les générations futures, la lettre pastorale demande : « Pouvons nous accepter de voir déformer la personnalité et la sexualité des personnes en violant leur droit de connaître leur responsabilité dans le cadre d’une future union matrimoniale ? Les parents désirent intensément avoir des enfants et des petits-enfants. Allons nous donner la préférence à une éducation sexuelle, pour les enfants et pour les jeunes, qui se focalise sur la prévention de la conception plutôt que d'enseigner à devenir des parents responsables et aimants ? »
Le référendum a pu se lancer grâce à une initiative de l’Alliance pour la famille. Il s’agit d’un « grand combat pour la conscience », a déclaré Danka Jaceckova, porte-parole d’une association du réseau Human Life International. Et d’un bon exercice de la démocratie.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



13 novembre, 2014

“EcoPop” : une initiative mortifère des écologistes radicaux suisses

Je lis sous la plume d’un ami, Vivien Hoch, un éloge de l’initiative « EcoPop » en Suisse (reprise ici par le Salon beige), par laquelle des écologistes demandent une limitation sévère de l’immigration. Vivien Hoch y voit un moyen de retrouver le « chez soi » européen : le sens du « ré-enracinement ». Si je suis évidemment d’accord avec lui sur l’importance de l’« enracinement », en revanche il ne faut pas prendre l’initiative EcoPop pour ce qu’elle n’est pas. Il s’agit en réalité d’une proposition inacceptable qui profite d’un sentiment populaire d’exaspération par rapport aux excès de l’immigration pour faire avaler autre chose : un programme de contrôle de la population qui s’inscrit dans une tradition malthusienne à l’origine du véritable « racisme » contemporain, qui a la haine des populations pauvres.
EcoPop est une initiative fédérale populaire lancée par un « militant indépendant pour le développement durable », Alex Gagneux, qui précise, sur son site, qu’il est « sans enfant ». Le principal ressort de sa campagne est la diffusion de la planification familiale, qui est au cœur des « actions pour le développement » des organisations internationales comme l’ONU, de multiples ONG et des fondations dérivées des grandes multinationales – mais aussi des militants de la Deep Ecology et plus généralement des écologistes qui voient en l’homme le principal ennemi de la planète. Elle sous-tend aussi des actions contre le « réchauffement climatique ». Cela fait du monde… C’est même « le monde », celui du pouvoir : celui, dominant, de la culture de mort.
Le sigle même de l’initiative est tout un programme : l’écologie progresse lorsque la population
diminue, suggère-t-il.
L’initiative Ecopop sera soumise à la votation des Suisses le 30 novembre prochain.
On a beaucoup mis en avant sa proposition n°2, qui vise à modifier la Constitution helvétique en imposant une limite à la croissance de la population attribuable au solde migratoire : celui-ci « ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois ans ».
On présente cela comme un moyen de permettre d’éviter « le grand remplacement » de population. Tel n’est pourtant pas l’objectif de cette mesure qui pèche déjà par son côté mécanique. Elle vise prioritairement à contrôler la population de manière contraignante.
La proposition n°1 donne la clef : « La Confédération s’attache à faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles. Elle encourage également d’autres pays à poursuivre cet objectif, notamment dans le cadre de la coopération internationale au développement. »
La proposition n°3 donne les moyens : « Sur l’ensemble des moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au développement, elle en affecte 10 % au moins au financement de mesures visant à encourager la planification familiale volontaire. » Autrement dit : l’accès à la contraception sous toutes ses formes artificielles, qui est à la racine de la culture de mort.
La proposition n°4 verrouille le tout : « La Confédération ne peut conclure de traité international qui contreviendrait au présent article ou qui empêcherait ou entraverait la mise en œuvre de mesures propres à atteindre les objectifs visés par le présent article. »
En faisant du volume de la population suisse une prérogative de l’Etat, l’initiative EcoPop est en elle-même d’essence totalitaire. Sa mise en œuvre ouvrirait un droit étatique – sanctuarisé par son adoption par référendum et sa présence dans la Constitution helvétique – d’édicter des lois limitant la liberté des couples de procréer. Comme cela existe en Chine, avec son cortège d’avortements et de stérilisations forcés, de contraintes économiques et de mesures vexatoires. La nouveauté, ce serait de faire adopter une telle mesure par le plus « démocratique » des pays par le biais le plus « démocratique » qui soit : le référendum d’initiative populaire. C’est ce que souligne un communiqué de Choisir la Vie Suisse.
C’est d’autant plus ahurissant que la Suisse a un indice de fécondité d’1,47 enfant par femme (en 2012), bien en deçà de celui qui permet le simple remplacement des générations. A ce rythme, sa population commencera à décroître d’ici à 20 ans. Pour le plus grand bonheur de ceux pour qui l’homme est d’abord une « empreinte écologique »… EcoPop le dit assez clairement : la Suisse souffre aujourd’hui d’un trop plein : « Bouchons sur les routes, trains bondés, loyers en hausse, terres agricoles construites, disparition des espèces: la pression démographique réduit la qualité de vie et évince la nature. »
Tout le texte suinte le malthusianisme qui s’autorise de la « Grande Peur » répandue par les idéologues de l’écologie extrémiste, exactement comme dans les années 1970 les époux Paul et Anne Ehrlich, auteurs de The Population Bomb, annonçaient la surpopulation apocalyptique et la famine mondiale pour les années 1980. Aucune de leurs prédictions ne s’est réalisée : si la population mondiale augmente – notamment et surtout, dans de nombreux pays, par l’allongement de la durée de la vie – les ressources alimentaires ont progressé plus vite per capita, et la faim dans le monde est davantage liée à des difficultés de distribution et des problèmes politiques qu’à un manque de nourriture.

Voici un film de propagande d'EcoPop :





EcoPop s’inscrit très clairement dans cette logique de lutte contre la surpopulation qui est à l’œuvre dans les organisations internationales depuis les prédictions d’Ehrlich. Comme le Saint-Siège n’a cessé de le dire, de nombreux pays ont été soumis à une obligation de contrôle de la population et de programmes de planning familial immoraux en échange d’aide au développement depuis lors. Car pour cette puissante faction du mondialisme, l’ennemi, c’est l’homme. Ce n’est pas un hasard si le site d’EcoPop renvoie vers des vidéos présentant des initiatives de diffusion de la contraception du FNUAP en Afrique (Fonds des Nations unies pour la Population) : cet organisme qui est à la pointe de la lutte pour le libre accès à la contraception et à l’avortement.
Anne-Marie Rey, fondatrice d'EcoPop
Cette « aide » des pays développés aux pays pauvres est d’un cynisme sans fin : elle préfère subventionner les contraceptifs (qui n’ont pas moins de contre-indications physiques et morales pour les femmes africaines que pour les femmes des pays riches !) plutôt que de venir en aide à la misère réelle : la mortalité maternelle et infantile liée à des structures sanitaires déficientes, le manque d’hygiène, le défaut de distribution d’eau, la concentration dans les mégapoles là où les populations pauvres ont elles aussi besoin d’enracinement…
Il faut noter pour finir – avec Choisir la Vie Suisse – que le leader historique d’EcoPop n’est autre qu’Anne-Marie Rey, une féministe de la première heure, socialiste, pro-avortement, pionnière du « droit » à l’avortement et figure de proue de la bataille pour sa décriminalisation en 2002.



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



11 novembre, 2014

La République slovaque a approuvé la tenue d’un référendum à propos du mariage

La Cour constitutionnelle slovaque a entériné la tenue d’un référendum d’initiative populaire dont le premier objectif était de faire figurer dans la constitution du pays la mention selon laquelle le mariage n’existe qu’entre un homme et une femme. C’est la suite légale d’une pétition réussie qui a rassemblé plus de 400.000 signatures – plus de 10 % des électeurs – en faveur d’une telle modification constitutionnelle.
Entre-temps le parlement slovaque a déjà adopté une loi définissant ainsi le mariage et rendant inconstitutionnel le « mariage » gay, dans un pays qui ne connaît pas non plus une quelconque forme d’union civile pour les couples de même sexe. Mais cela n’empêchera pas la tenue du référendum qui vise également, et dans la suite logique de cette première demande, à interdire l’adoption par les couples homosexuels et à permettre aux parents de ne pas envoyer leurs enfants aux cours d’« éducation sexuelle » dispensés dans les écoles.
En revanche, et à la grande colère de l’Alliance pour la famille qui est à l’origine de la pétition, la Cour constitutionnelle a décidé d’écarter la quatrième question posée, visant à interdire toute institution future de partenariats de même sexe, au motif qu’elle serait « inconstitutionnelle ».
Sophie in ’t Veld, membre néerlandais du Parlement européen et promotrice des droits LGBT, a qualifié le référendum à venir de « répugnant » en ce qu’il vise à « éliminer les droits de concitoyens » : « Un tel processus n’a pas sa place dans un continent éclairé comme l’Europe », a déclaré la vice-présidente de l’intergroupe parlementaire LGBTI : «  Ce débat ne concerne pas la Slovaquie, mais les droits fondamentaux, la tolérance et l’égalité au sein de l’Union européenne. Nous ne devons pas fermer les yeux devant les organisations religieuses qui alimentent l’intolérance à l’égard de nos propres concitoyens de l’UE. »

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



08 mai, 2012

Le mouvement pro-vie portugais veut en finir avec la loi d'avortement


Lors d'un colloque international qui a réuni des représentants de mouvements et de médias pro-vie de dix pays d'Europe et d'Amérique, ce week-end à Lisbonne, les différents intervenants ont focalisé sur la stratégie à adopter contre l'avortement et les lois qui le légalisent. Pour le Portugal, la ligne définie emporte l'adhésion de plusieurs composantes du mouvement : il s'agit d'obtenir un nouveau référendum pour renverser celui qui a abouti à la loi d'avortement en 2007.

Le groupe « Pro-referendo Vida », qui a été créé récemment à cette fin, a déjà obtenu quelque 33.000 signatures sur les 75.000 nécessaires à l'ouverture d'un débat à l'Assemblée nationale dans le cadre du référendum d'initiative populaire. La tenue du référendum n'est pas alors automatique mais soumise à la décision des élus.

Le responsable du mouvement, Luis Botelho, estime cependant que la démarche doit aboutir : lors des dernières élections qui ont porté Pedro Passos Coelho au poste de Premier ministre, celui-ci c'était engagé au cours de la campagne à ne pas bloquer une initiative de référendum sur l'avortement dès lors qu'elle recueillerait le nombre suffisant de signatures. Luis Botelho a rappelé lors d'une conférence de presse, vendredi, que beaucoup d'électeurs s'étaient déterminés en fonction de cette promesse en faveur du candidat social-démocrate.

Leur « unité interne » renforcée par le colloque de la semaine dernière, les porteurs du projet ont décidé d'accélérer la récolte de signatures en l'étendant à l'ensemble du Portugal, non sans provoquer dans le même temps un grand débat national. Celui-ci ne se bornera pas à la question de l'avortement, mais portera sur la crise qui frappe très durement le Portugal et qui s'aggrave avec nombre de problèmes persistants comme « le non-renouvellement des générations », souligne Botelho. Celui-ci dénonce également le fait que le nouveau gouvernement n'a pas pris les mesures promises en faveur des familles : « C'est plutôt le contraire, puisque l'on a démantelé des aides aux mères », a-t-il souligné.

Il a encore noté que les stratégies et initiatives anti-avortement varient d'un pays à l'autre : de fait, ce ne sont pas seulement les contextes juridiques et politiques qui changent, mais aussi les mentalités.

Le Portugal pourra-t-il renverser l'avortement de la même manière que celui-ci a réussi à s'imposer, par un référendum qui devra mobiliser au moins 50 % de la population pour être pris en compte ? Cela reste à voir : en 2007, la campagne avait été importante, mais axée sur les valeurs positives de la vie et finalement très lisse. A pareille époque, un référendum en Irlande avait rejeté la mise à mort légale des tout-petits – au message pro-vie, on n'avait pas hésité à ajouter des thèmes plus « durs » montrant la réalité de l'avortement.

Les mentalités diffèrent sans doute. Mais n'est-il pas important de noter que la stratégie des pro-mort est toujours à peu près la même dans le monde entier ?

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...