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08 mai, 2016

Au “Rome Life Forum” le cardinal Burke et Mgr Schneider encouragent les catholiques à défendre la vérité du Christ

Le 3e Forum de Rome pour la vie (« Rome Life Forum ») vient de s’achever à Rome, laissant à ses quelque 150 participants responsables de mouvements et de médias provie de plusieurs dizaines de pays le sentiment d’avoir été nourris et raffermis dans leur combats respectifs, dans des circonstances doublement dramatiques. D’une part, les avancées des lois de mort se font de plus en plus rapides, jusque dans des pays que l’on pouvait espérer à l’abri des folies de notre temps, de l’autre, la confusion s’est installée à la faveur de la publication de l’Exhortation post-synodale Amoris laetitia qui ouvre la porte à des interprétations hétérodoxes sur plus d’un plan.
C’était une rencontre catholique, co-organisée par Voice of the Family, LifeSiteNews et Human Life International. Catholique et donc soucieuse de respect à l’égard de la personne de Pierre et de l’institution pontificale. Mais consciente aussi du rôle spécifique que doivent remplir les laïcs dans la défense de la foi, et ce d’autant plus que nombre de prélats ont ouvertement choisi de faire d’Amoris laetitia un moyen de négation de la tradition, du dogme, de la discipline de l’Eglise sur le plan du mariage et de la famille.
Je reviendrai dans ce blog dans les prochains jours sur quelques-unes des interventions les plus marquantes qui méritent d’être connues pour la qualité des arguments qu’elles ont soulevés : elles demandent à tout le moins d’être prises en compte et faire l’objet d’une réflexion logique et loyale.
Très marquante, suivie d’une longue ovation debout, fut l'intervention d'Anca-Maria Cernea, dénonçant le « marxisme culturel » qui est à la racine de la révolution sexuelle dont nous voyons aujourd’hui les terrifiants effets. J'ai hâte de vous la présenter plus longuement.
On se souviendra aussi de l’accueil réservé à l’appel à la « résistance catholique » lancé par John Smeaton, directeur de la plus ancienne organisation provie au monde, SPUC, l’Association pour la protection de l’enfant à naître du Royaume-Uni. Souligant qu’Amoris laetitia n’apporte pas aux parents le soutien qu’ils sont en droit d’attendre contre les entreprises d’« éducation sexuelle explicite » dispensée dans les écoles au mépris de leur droit premier dans ce domaine, rappelant que le drame absolument sans précédent des 2 milliards de victimes de l’avortement au cours de ces cinquante dernières années – autant d’êtres humains « faits à l’image et à la ressemblance de Dieu –, dénonçant enfin l’assaut contre l’indissolubilité du mariage et par voie de conséquence, celui contre l’Eucharistie que constituent les passages contestables de l’Exhortation sur les divorcés « remariés », il a rédigé une lettre aussi respectueuse que ferme au Saint-Père pour demander l’abrogation du document.
Respectueuse parce que mettant en avant le vrai rôle de la papauté, alors que Pierre bénéficie de l’infaillibilité dans des circonstances bien précises et que dans celles où il ne le fait pas, il peut se tromper, et qu’il n’est pas interdit de le dire, comme l’avait rappelé la veille le Pr Roberto de Mattei.
Le cardinal Burke, arrivé dans la salle après la fin de l’intervention de John Smeaton, a choisi de ne pas nommer Amoris laetitia.
Mais il a dénoncé de manière plus générale la « vision mondaine » de notre temps qui en vient à s’intéresser davantage aux hommes qu’à Dieu et qui présente le mariage comme un « idéal » à atteindre  avec le temps et non plus dans ses exigences pérennes, et qui fait passer une « vision politique » de l’Eglise devant la vision spirituelle. Le cardinal Burke livrait une réflexion sur le « martyre » dans laquelle il rappelait que chacun a le devoir de défendre et de rappeler la sainte volonté de Dieu, sans « fausse opposition » entre « foi et raison », « la loi et l’amour »… « la justice et la miséricorde ».
S’appuyant sur les écrits du jésuite John Anthony Harden, mort en odeur de sainteté au début du siècle, le cardinal a insisté sur ce que disait ce religieux : « L’Eglise est dans les affres de la pire crise de son histoire », répétant qu’elle doit être aujourd’hui elle-même « évangélisée », « purifiée de tout ce qui n’est pas le Christ ».
Et de rappeler que les catholiques sont tous appelés au « martyre » : martyre du sang pour témoigner de leur foi, « non en une idée mais en la personne de Jésus-Christ », « martyre de la persécution » à l’heure où l’on peut perdre sa situation et ses biens d’ici-bas pour vouloir rester fidèle à tous les enseignements du Christ, « martyre du témoignage » dès lors que l’on dit la vérité, souvent dans la solitude et en se faisant honnir pour cela.
Pas plus que le cardinal Burke, Mgr Athanasius Schneider – auteur d’une lecture critique d’Amoris laetitia – n’a directement cité l’exhortation au cours de son intervention mais il a longuement évoqué Vatican I, saint Pie X, Pie XII et Mgr Fulton Sheen dénonçant le mal profond de notre temps : le rejet de Dieu, l’appel qui lui est lancé de se retirer par des hommes qui veulent se dresser à sa place.
« Nous avons d’abord besoin de Veritatis laetitia, amoris vient ensuite et la mesure est l’éternité », a-t-il lancé. Sans quoi on professe « une religion sans la Croix. »
Les deux prélats ont insisté sur le devoir des catholiques, de chaque laïc catholique de défendre la vérité. Leur présence – au cours des deux journées de colloque à Rome pour ce qui est de Mgr Schneider – a été perçue comme un encouragement.
Lors de la veillée de prières qui a eu lieu samedi soir à Santa Maria sopra Minerva en préparation de la Marche pour la Vie à Rome ce dimanche 9 mai, le cardinal George Pell les a rejoints, manière de souligner l’importance du combat et de la mobilisation pour la vie. 

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06 décembre, 2014

La contraception hormonale influe sur le choix du partenaire

Une nouvelle étude publiée dans PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) par des chercheurs de Florida State University et du Southern Methodist University, constate que la contraception hormonale modifie l’attirance éprouvée par les femmes pour les hommes et, par conséquent, leur choix d’un partenaire. Une modification qui peut avoir des effets néfastes sur le niveau de « satisfaction » au sein d’un mariage et qui devrait donc inciter les jeunes femmes à la prudence : c’est au moins un facteur dont elles devraient être informées.
L’étude a suivi 118 couples de jeune mariés pendant quelque 4 années après leur mariage, les femmes étant régulièrement soumises à un questionnaire sur leur sentiment de satisfaction à propos de leur relation maritale et sur leur utilisation de la pilule contraceptive.
Nombre de femmes qui étaient sous contraception hormonale lorsqu’elles avaient rencontré leur futur mari ont fait état d’une baisse de leur satisfaction dès le moment où elles sont cessé de prendre la pilule. Cette baisse tendait à être liée au fait qu’elles trouvaient leur mari moins attirant : particulièrement son visage.
Au contraire, d’autres ont affiché une plus grande satisfaction après avoir arrêté de prendre des contraceptifs en jugeant leurs maris attirants et beaux.
« Notre étude a démontré que l’utilisation d’un contraceptif hormonal par la femme interagit avec l’attirance faciale de son mari pour prédire leur satisfaction maritale », affirme le psychologue André L. Meltzer, co-auteur de l’étude.
Si elles trouvaient leur mari relativement plus attirant sous contraceptifs, l’arrêt de la contraception a augmenté la satisfaction à propos de la relation maritale ; celles qui le trouvaient relativement moins attirant sous contraceptifs ont expérimenté une baisse de satisfaction après avoir arrêté la pilule.
Selon la chercheuse Michelle Russel, auteur de l’étude : « De nombreuses formes de contraception affaiblissent les processus hormonaux associés avec les préférences à l’égard de l’attirance faciale. Ainsi, de nombreuses femmes qui démarrent leur relation sous contraceptifs hormonaux et qui arrêtent ensuite de les prendre pourraient commencer à mettre au premier plan les indices de son adéquation génétique, telle l’attirance faciale, en leur donnant plus d’importance que lorsqu’elles étaient sous contraception hormonale. »
Aux termes de cette étude, le fait de commencer à prendre une contraception hormonale après le mariage n’a pas semblé influer de manière positive ou négative sur la satisfaction de la femme, quelle que soit l’allure du visage de son mari.
Il résulte de tout cela que la femme qui choisit son partenaire « pour la vie » est influencée par la prise de contraceptifs hormonaux et qu’elle peut en arriver à être moins attirée par son mari dès qu’elle cesse de les prendre – pour avoir des enfants par exemple. Ce n’est certainement pas une aide à la stabilité de la relation et indique à quel point son organisme est bouleversé par la prise d’hormones, le bouleversement de son cycle et la suppression volontaire de sa fertilité.
C’est un nouvel élément au dossier des effets néfastes de la pilule, notamment en ce qui concerne le choix du « partenaire romantique ». Des études plus anciennes ont montré qu’une femme sous contraception hormonale a tendance – contrairement à ce qui se passe pour la majorité des femmes qui ne sont pas sous contraception – à choisir un partenaire dont le système immunitaire ressemble au sien au lieu de lui être complémentaire, augmentant le risque d’avoir des enfants avec de moins bonnes immunités ou des problèmes d’auto-immunité. L’arrêt de la contraception provoque également une modification de l’attractivité olfactive du partenaire : les phéromones ne sont plus perçus comme attirants, avec des conséquences qui peuvent être néfastes sur l’intimité conjugale.

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11 novembre, 2014

La République slovaque a approuvé la tenue d’un référendum à propos du mariage

La Cour constitutionnelle slovaque a entériné la tenue d’un référendum d’initiative populaire dont le premier objectif était de faire figurer dans la constitution du pays la mention selon laquelle le mariage n’existe qu’entre un homme et une femme. C’est la suite légale d’une pétition réussie qui a rassemblé plus de 400.000 signatures – plus de 10 % des électeurs – en faveur d’une telle modification constitutionnelle.
Entre-temps le parlement slovaque a déjà adopté une loi définissant ainsi le mariage et rendant inconstitutionnel le « mariage » gay, dans un pays qui ne connaît pas non plus une quelconque forme d’union civile pour les couples de même sexe. Mais cela n’empêchera pas la tenue du référendum qui vise également, et dans la suite logique de cette première demande, à interdire l’adoption par les couples homosexuels et à permettre aux parents de ne pas envoyer leurs enfants aux cours d’« éducation sexuelle » dispensés dans les écoles.
En revanche, et à la grande colère de l’Alliance pour la famille qui est à l’origine de la pétition, la Cour constitutionnelle a décidé d’écarter la quatrième question posée, visant à interdire toute institution future de partenariats de même sexe, au motif qu’elle serait « inconstitutionnelle ».
Sophie in ’t Veld, membre néerlandais du Parlement européen et promotrice des droits LGBT, a qualifié le référendum à venir de « répugnant » en ce qu’il vise à « éliminer les droits de concitoyens » : « Un tel processus n’a pas sa place dans un continent éclairé comme l’Europe », a déclaré la vice-présidente de l’intergroupe parlementaire LGBTI : «  Ce débat ne concerne pas la Slovaquie, mais les droits fondamentaux, la tolérance et l’égalité au sein de l’Union européenne. Nous ne devons pas fermer les yeux devant les organisations religieuses qui alimentent l’intolérance à l’égard de nos propres concitoyens de l’UE. »

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26 mars, 2013

“Education sexuelle” : pour réagir, c'est maintenant !

En attendant le retrait de la loi légalisant le « mariage » des couples de même sexe, il y a la loi Peillon et sa promotion accélérée de l'« éducation sexuelle ». Et il faut comprendre que tout cela relève d'une même logique, et d'une même logique qui s'applique dans de très nombreux pays du monde. C'est une entreprise globale d'incitation à la débauche qui, comme le « mariage pour tous », porte une signature qu'il n'est pas bien difficile déchiffrer.

Trois brefs exemples aujourd'hui.

• Une association dite « caritative » en Irlande, financée par des fonds publics (et aussi par google), vient de se voir retoquer pour avoir publié en ligne des conseils pour les relations sexuelles à trois, sur un site destiné aux adolescents.

Spunout.ie a été contraint de modifier un peu la page qui faisait carrément la promotion de ces pratiques en affirmant que c'était le moyen d'« injecter un peu de passion sérieuse dans leurs activités dans la chambre à coucher ». Et de mettre en garde : « Si vous êtes au sein d'une relation mais flashez secrètement sur quelqu'un d'autre, inviter  ce garçon ou cette fille pour une relation à trois pourrait entraîner de profondes blessures : mieux vaut garder cette pratique juste pour l'amusement. »

Le public étant évidemment moins « avancé » que ces idéologues de l'amoralité, lorsque l'affaire a été ébruitée, des protestations se sont fait entendre et la page contient maintenant des conseils moins évidemment choquants. Il n'empêche : l'idée est quand même de dire que ce type de relation est acceptable pourvu que les participants soient d'accord et ne se sentent pas piégés, et qu'à ce « respect » il faut systématiquement ajouter l'usage de préservatifs. En pensant bien à en changer en cas de changement de partenaires, « sans quoi tu risques d'attraper des infections assez méchantes ».

L'idée est d'avertir les jeunes avant même qu'ils aient eu leur première expérience sexuelle. Le message est clair : allez-y, rien que pour l'amusement !

• En Espagne, c'est le gouvernement de la région andalouse, la Junta, qui vient de distribuer un e brochure sur l'éducation affective et sexuelle dans les écoles publiques et destiné aux enfants dès 12 ans. Cette information d'ABC reprise par HazteOir révèle qu'on y enseigne aux très jeunes adolescents la meilleure position pour leur première fois en précisant qu'à leur âge tout cela est très normal. Le bon moment pour commencer : celui où les « membres du couple sont capables de jouir et d'arriver à l'orgasme, seuls ou ensemble ». En ajoutant que cela « n'a absolument rien à voir avec l'âge ».

Bien sûr, pour éviter que tout cela ne le fasse passer pour hétéronormé, le gouvernement a fait préciser à l'intention de ces jeunes qu'il existe trois manifestations de l'identité sexuelle : l'hétérosexualité, l'homosexualité et la bisexualité, également valables.

Quant à la finalité de la sexualité ? Les autorités éducatives d'Andalousie font savoir qu'entre 11 et 16 ans, il s'agit de « nous sentir bien, de nous connaître nous-mêmes et de connaître notre partenaire, de faire des expériences nouvelles. » Je vous passe les détails : ils sont donnés crûment.

Parmi les « aspects secondaires », toujours selon la Junta, « faire l'expérience de sentiments amoureuxn avoir des enfants ou nous charger d'énergie positive ».

HazteOir organise une pétition pour que les parents puissent faire connaître leur colère et demander le retrait immédiat de la brochure.

• A Chicago, les autorités chargées des écoles publiques viennent de développer un programme d'éducation sexuelle qui y sera obligatoirement enseigné dès 2016 à partir des classes maternelles. A priori, les parents d'élèves pourront choisir de ne pas faire participer leurs enfants. Mais ça y est, le curriculum est fixé et prévoit un enseignement progressif tout au long de l'école primaire : cela commence avec la découverte du corps et le droit de se défendre pour aboutir en classe de 7e à la reproduction humaine et à la contraception. A ce moment-là ils auront déjà « couvert » les aspects physiques, sociaux et émotionnels de la puberté ainsi que les manières d'attraper le sida.

J'allais oublier : le programme comporte également une sensibilisation aux questions de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre…

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15 février, 2013

Croatie : interdite d'antenne pour avoir critiqué l'“éducation sexuelle”

Cette info nous arrive via l'observatoire de l'intolérance à l'égard des chrétiens, fondé par l'Autrichienne Gudrun Kugler : une présentatrice de télévision croate, Karolina Vidović-Krišto a été suspendue de ses fonctions pour avoir dirigé et présenté une émission critiquant le programme d'« éducation sexuelle » mis en place par le gouvernement de gauche de son pays.

L'émission « Slika Hrvatske », destinée aux Croates de l'étranger et très suivie par ceux-ci, a été diffusée le 29 décembre dernier, à un moment où le sujet fait l'objet de larges débats. Karolina Vidović-Krišto y a donné la parole à ceux qui mettent en avant les points négatifs du projet gouvernemental.

Dès le lendemain, la télévision publique HRT/HTV a présenté des excuses publiques en assurant que les opinions exprimées au cours de l'émission n'étaient pas les siennes : « En raison de violations graves des règles professionnelles et d'un abus de sa position, HRT prendra des mesures fortes » à l'égard de la présentatrice.

De fait l'émission de Karolina Vidović-Krišto a été suspendue et elle n'exerce plus ses fonctions de rédacteur en chef auprès de HRT/HTV.

Une association croate, « Incubateur d'innovation civique », a écrit à Reporters sans Frontières pour se plaindre de cette sanction idéologique, en soulignant que « le programme était bien documents, produit de manière professionnelle et d'un intérêt significatif pour les citoyens de Croatie ». La même lettre évoque un sondage en ligne demandant aux participants qu'ils avaient été « choqués » par la manière dont l'émission avait présenté l'« éducation sexuelle » qui s'imposera aux écoles croates. 84 % des sondés ont choisi la réponse : « Finalement, ce qui a été dit était vrai. »

On peut voir l'émission ici.

La visée évidemment antichrétienne des sanctions qui frappent une journaliste pour avoir fait son métier se comprend à partir du contexte de l'émission. Celle-ci est intervenue au moment où une forte tension s'est révélée entre l'Eglise catholique au gouvernement croate à propos de ces trois heures annuelles d'« éducation sexuelle obligatoire » (ça ne vous rappelle rien ?) dont l'objectif sera d'enseigner la sexualité, l'égalité de genre et les « bons comportements » dans ces domaines. L'Eglise, par la voix de l'évêque auxiliaire de Zagreb, Mgr Valentin Pozaić, a invité les catholiques à s'élever contre le projet, rappelant (selon le site http://balcanicaucaso.org) :

« Les nazis ont acquis le pouvoir par le biais d'élections démocratiques, puis ils ont abusé de la légitimité de leur mandat pour imposer une dictature : vous savez comment cela s'est terminé. Avons-nous encore besoin d'avertir des similitudes avec les communistes contemporains en Croatie ? »

L'Eglise, selon cet article, est opposée au programme d'éducation sexuelle dans la mesure où celui-ci fait la promotion de « l'idéologie de l'homosexualité et de l'éroticisme », évacuant la notion de péché et prêchant la contraception. L'archevêque de Zagreb, le cardinal Josip Bozanić, a déclaré qu'une partie du modèle proposé à travers le programme « détruit l'homme », ajoutant que la mise en place de l'éducation sexuelle ne respecte pas le processus démocratique et méconnaît le droit des parents de décider si et comment leurs enfants doivent recevoir cet enseignement à l'école.

L'Eglise appelle les parents à boycotter les cours d'éducation sexuelle, le ministre de l'Education a répliqué qu'en ce cas leurs enfants seraient considérés en absence injustifiée.

L'article de balcanicaucaso.org continue en s'indignant de l'action de catholiques qui soutiennent « l'excommunication des femmes qui avortent », qui proposent les témoignages de personnes « guéries » de l'homosexualité, ou qui ont obtenu du maire de Zagreb qu'il fasse retirer les affiches d'une pièce de théâtre sur le thème des lesbiennes montrant deux statues de la Vierge s'embrassant : « une image qui paraît-il a grandement incommodé les fidèles ». Ceux-ci sont ensuite comparés avec les musulmans réagissant aux caricatures de Mahomet, et l'auteur se demande si la Croatie ne va pas être le théâtre d'autodafés et de chasses aux sorcières. Le ministre de la Culture croate a défendu ce genre d'affiches en disant qu'elles sont « très nécessaires pour nous enseigner le respect de ceux qui, du point de vue de la majorité, sont différents ».

On découvre à la fin de l'article le logo de la communauté européenne assurant que « cette publication a été produite avec l'aide de l'Union européenne » dans le cadre du projet « Tell Europe to Europe » (racontez l'Europe à l'Europe) qui entend porter le message européen dans les médias, sur le net, dans les cinémas, les écoles et les lieux publics. « Pour répondre à la crise avec une nouvelle force et une nouvelle idéalité (sic) ». On a beau apprendre que l'article est de la seule responsabilité de Osservatorio Balvani e Caucaso, et ne peut être invoqué comme reflétant l'avis de l'Union européenne, celle-ci ne peut rejeter toute responsabilité par rapport à des propos qu'elle aide à diffuser.

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15 septembre, 2012

Colombie : démissions après la sentence obligeant des magistrats à se rétracter sur la pilule du lendemain et l'IVG

Ilva Myriam Hoyos, procureur déléguée à l'enfance et à l'adolescence, et Maria Eugenia Carreñon, procureur déléguée à la fonction publique, ont toutes deux présenté leur démission deux jours après que la presse a rendu publique une sentence de la Cour constitutionnelle les obligeant à revenir sur des démarches visant à empêcher l'accès des femmes colombiennes à leur « droit à l'avortement » et à ne plus mettre d'entrave à l'inscription du misoprostol – souvent utilisé comme abortif chimique – dans la liste des médicaments du Plan obligatoire de santé.

Plus généralement, elles ont été condamnées à rétracter tout ce qui de leur part, de près ou de loin, a apparu comme un refus de mettre en œuvre la sentence T-388 de la même Cour constitutionnelle visant à imposer l'éducation sexuelle, l'accès aux droits sexuels et reproductifs et la dépénalisation de l'avortement dans certains cas, bien que la Constitution affirme le respect de la vie.

Plutôt que de se soumettre, les deux femmes ont renoncé à leur charge tout en soulignant que la décision ne leur avait pas été notifiée et qu'elles n'étaient donc pas encore en mesure de se défendre. Des constitutionnalistes et des pénalistes se sont empressés d'expliquer à la presse que les décisions de la Cour constitutionnelle étant publiques elles sont d'application immédiate.

Maria Eugenia Carreño a souligné que si le Procureur n'accepte pas sa décision, elle devra s'en remettre à sa décision quant à la mise en œuvre de la décision de la Cour constitutionnelle, tout en précisant que celle-ci était « injuste » car en critiquant les « effets secondaires » du misoprostol elle s'était fondé sur des arguments juridiques et scientifiques valables.

De son côté Ilva Myriam Hoyos a elle aussi remis sa charge entre les mains du Procureur : « La Cour a affirmé que j'avais menti, que j'ai déformé le sens d'une sentence et que j'ai violé les droits fondamentaux des personnes. J'assume ma responsabilité et je dois laisser toute liberté au Procureur afin qu'il dispose de ma charge », a-t-elle déclaré à El Tiempo. La Cour lui reproche d'avoir refusé le recours à la pilule du lendemain au motif qu'elle peut avoir des effets abortifs et d'avoir déclaré que l'avortement n'est pas un droit.

Le Procureur général est précisément Alejandro Ordoñez, sous le coup de la même décision de la Cour constitutionnelle pour ses critiques de l'éducation sexuelle et du recours à la pilule du lendemain qu'i veut faire retirer du marché.  Un autre « expert » constitutionnaliste a expliqué aux médias qu'il ne pourra en aucun cas invoquer l'objection de conscience pour ne pas mettre en œuvre la décision de la Cour. Néstor Osuna a même expliqué qu'en faisant cela, Ordoñez se rendrait coupable de donner le « mauvais exemple » aux citoyens qui y verraient un « accommodement pour ne pas accomplir les décisions » de justice. Et de prévenir que le Procureur, s'il refuse d'obtempérer, s'expose non seulement à des sanctions mais à une éventuelle enquête disciplinaire.


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11 juin, 2012

Espagne : l'“éducation à la citoyenneté” nouvelle manière fait toujours de l'ingérance

Avec l'arrivée de l'équipe de Mariano Rajoy en Espagne quelque espoir existe de voir un démantèlement ou au moins un début de démantèlement des pires aberrations zapatériennes, comme l'ont réclamé dans la rue et par des actions en justice de très nombreux Espagnols. Mais la question se pose : quels seront le courage et la volonté des « conservateurs » au pouvoir ? Pour ce qui est de la très contestée « Education à la citoyenneté », qui a mobilisé des centaines de milliers de parents à travers le pays, une refonte a été proposée. Mais elle est insuffisante, signale l'association « Profesionales por la Etica » qui l'a étudiée à la loupe.



L'association vient de présenter son rapport, dont la rédaction a été confiée à Mariano Bailly-Baillère Torres-Pardo : pour lui, malgré les modifications, le programme imposé aux écoles « conserve intactes son intention et sa profestructure laissant l'administration du moment former la conscience morale des élèves et d'évaluer leur comportement » selon des « principes moraux » imposés par l'Etat ; une « morale d'Etat » appuyée sur des « principes controversés ». Et ce en contradiction flagrante avec le droit premier des parents d'éduquer leurs enfants. Le Partido Popular ne fait en réalité que reprendre à son compte un droit qui leur appartient en propre.

Ainsi, souligne le rapport de « Profesionales por la Etica », malgré d'opportunes coupures dans le contenu le plus idéologique du programme, le fait que ses objectifs et sa structure soient maintenus « rend possible la manipulation des consciences des élèves en portant atteinte aux droits et devoirs de leurs parents en tant que premiers et principaux responsables de leur formation religieuse et morale ».

« Les contenus obligatoires des programmes incluent des thèmes comme “la condition humaine”, “l'identité personnelle”, “l'éducation affectivo-émotionnelle” ou “la construction de la conscience morale” que le curriculum aborde depuis le point de vue du relativisme moral et où la vérité, le bien et le mal n'apparaissent même pas comme des possibilités. L'Education à la citoyenneté prétend en outre évaluer les attitudes des élèves, empiétant ainsi sur leur intimité et celle de leurs familles », affirme le communiqué de l'association.

C'est ainsi que le Partido Popular perpétue l'idée que c'est au gouvernement, à l'administration de définir ce qui est bien et ce qui est mal.

« Il ne s'agit pas de ce que l'actuel gouvernement minimise les contenus de ces programmes ou qu'il assure ne pas vouloir faire de l'endoctrinement à l'école ; il s'agit de ce que l'Education à la citoyenneté du PP laisse la porte ouverte aux administrations – présentes ou futures – et aux professeurs pour qu'ils continuent de faire de l'école un terrain de semailles idéologiques », poursuit le communiqué.


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28 avril, 2012

ONU : le Saint-Siège rappelle les droits des parents sur l'éducation et le choix de l'école

Mgr Francis Chullikat
Dans le cadre de la 45e session sur la population et le développement, la délégation du Saint-Siège – qui a  statut d'observateur permanent à l'ONU – est intervenue à New York le 24 avril dernier pour affirmer les droits prioritaires des parents sur l'éducation de leurs enfants, et leur droit de choisir l'école, voire l'école à la maison, plutôt que les écoles d'Etat. Et après les parents, les institutions religieuses, les communautés locales et le secteur privé… Je vous propose ici ma traduction intégrale du texte lu par Mgr Francis Chullikat, qui vient d'être mis en ligne par le site de la mission.


Monsieur le Président,

Ma délégation vous est reconnaissante de ce que, dans son rapport sur le suivi des programmes de population centré sur les adolescents et la jeunesse (E/CN9/2012/5), le Secrétaire général ait affirmé l’importance des familles dans la formation des adolescents et de la jeunesse, et, partant, les droits et les responsabilités de leurs parents. La famille est la cellule originelle de la société, la fondation première des liens sociaux et le lieu où les relations de demain – nuptiales, parentales, filiales, fraternelles – sont cultivées. Chaque famille, fondée sur l’union indissoluble entre un homme et une femme, accomplit sa mission qui est d’être une cellule vivante de la société, une pépinière des vertus, une école de coexistence constructive et paisible, un instrument d’harmonie et un environnement privilégié où la vie humaine est accueillie et protégée, de manière joyeuse et responsable, depuis son commencement jusqu’à son terme naturel. A cet égard, la valeur unique et irremplaçable de la famille fondée sur le mariage, et l’inviolabilité de la vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, doivent être affirmées.

Depuis quelque temps déjà ma délégation a remarqué une tendance déconcertante, à savoir le désir de quelques-uns de minimiser le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants, de manière à suggérer d’une façon ou d’une autre qu’il ne s’agit pas du rôle des parents, mais de l’Etat. A cet égard il importe que la relation naturelle et donc essentielle entre les parents et leurs enfants soit affirmée et soutenue, et non point sapée. La Déclaration universelle des droits de l’homme (UDHR) affirme que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants » (art. 26, 3), et que la Convention sur les droits de l’enfant affirme que « la responsabilité d'élever l'enfant et d'assurer son développement incombe au premier chef aux parents » (art. 18, 1). Ces principes sont d’une particulière importance en ce qui concerne toutes les affaires relatives aux enfants, y compris, par exemple, par rapport à leur accès à l’éducation et aux activités de communication, et aux services concernant leur santé et leur bien-être, y compris dans les domaines de l’amour humain, de la sexualité humaine, du mariage et de la famille, ainsi que par rapport à la confidentialité et au respect de la vie privée dans ces domaines. Il n’est pas étonnant qu’en de multiples occasions le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement fasse explicitement référence au rôle essentiel des parents en ce qui concerne leurs enfants, et que toutes les politiques et tous les programmes relatifs aux enfants soient dans la ligne de la Convention sur les droits de l’enfant (cf. par ex. les principes 10 et 11 ; 6.7, 6.15, 7.37 et 10.12).

Monsieur le Président,

Alors que près de 90 % de la jeunesse vit dans les pays en voie de développement – et que 40 % d’entre eux constituent les chômeurs du monde – et que le taux d’alphabétisation des jeunes est en deçà des 80 % dans certaines parties de l’Afrique et de l’Asie, ma délégation réaffirme le rôle essentiel de l’éducation qui est un droit humain. L’éducation joue un rôle fondamental pour parvenir à un développement économique durable et équitable, éradication de la pauvreté et la réduction de l’injustice et de l’inégalité, et elle est indispensable pour protéger et pour affirmer la dignité transcendante de chaque personne. Heureusement, dans son rapports sur « l’adolescence et la jeunesse », le Secrétaire général note avec justesse que le fait d’« assurer l’éducation primaire universelle et d’augmenter la fréquentation au niveau secondaire peut donner beaucoup de fruits, spécialement en ce qui concerne l’amélioration des compétences pour l’emploi productif, la réduction des comportements à risque et le développement d’habitudes qui peuvent avoir une influence sur la santé des jeunes pour le restant de leurs jours », et que « de plus importants investissements pour leur éducation, leur santé et leurs chances sur marché du travail peuvent dessiner le bien-être des adultes de demain, et, par le fait même, aboutir à une réduction des écarts entre pays en ce qui concerne le développement humain (E/CN.9/2012/4, 5-6).

L’Etat porte une responsabilité fondamentale par rapport à la mise à disposition de services éducatifs, et le droit d’éduquer est une responsabilité fondamentale des parents, des institutions religieuses et des communautés locales. Les institutions publiques, spécialement au niveau local, les organisations de la société civile ainsi que le secteur privé, peuvent respectivement offrir leurs contributions uniques en vue d’atteindre l’accès universel à l’éducation. Le système éducatif fonctionne correctement lorsqu’il inclut la participation, pour l’organisation et la mise en œuvre des politiques éducatives, des parents, de la famille, des organisations religieuses et d’autres organisations de la société civile, et aussi le secteur privé. Le but de l’éducation doit s’élargir à la formation de la personne, à la transmission des valeurs, à une éthique du travail, et au sens de la solidarité de l’ensemble de la famille humaine. Dans le cadre de ce processus éducatif, l’Etat doit respecter les choix des parents pour leurs enfants et éviter les tentatives d’endoctrinement idéologique. Comme l’affirme le droit international, les Etats sont appelés à respecter la liberté des parents de choisir pour leurs enfants des écoles autres que celles établies par les autorités publiques, d’assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions, ce qui s’applique également à leur droit de porter des jugements par rapport aux questions morales qui regardent leurs enfants. Il y a environ 250.000 écoles catholiques à travers le monde. L’école catholique assiste les parents qui ont le droit et le devoir de choisir les écoles, y compris l’école à la maison, et ils doivent posséder le droit de ce faire, droit qui à son tour, doit être respecté et facilité par l’Etat. Les parents doivent coopérer de manière étroite avec les enseignants qui, de leur côté, doivent collaborer avec les parents.

La communauté internationale a accompli des progrès significatifs pour réduire le nombre d’enfants qui n’ont pas accès à l’éducation primaire. Cependant, depuis 2008, quelque 67,5 millions d’enfants ne sont pas scolarisés, et si la trajectoire actuelle se maintient, la communauté internationale ne sera pas en mesure d’atteindre le but de l’éducation primaire universelle qu’elle s’était fixé pour 2015. Parmi les Pays les moins développés, trois d’entre eux affichent un taux de scolarisation en deçà de 50 %, et seuls 17 pays affichent un taux de plus de 80 %. Malgré les progrès obtenus jusqu’ici, il reste encore beaucoup plus à faire pour que l’objectif international de l’éducation primaire pour tous les garçons et toutes les filles soit atteint. Il est également nécessaire, aussi, que l’éducation secondaire et des possibilités de formation professionnelle soient offertes, et cela est particulièrement important pour le nombre significatif de jeunes dans beaucoup de pays en voie de développement ainsi que pour les jeunes migrants. A cet égard, il est important que l’Etat prenne en compte et promeuve l’emploi des jeunes dans leurs politiques et programmes nationaux de développement, en se focalisant sur le travail décent et sur l’élimination du travail des enfants.

Monsieur le Président,

Une approche du développement authentiquement fondée sur les droits place la personne humaine, qui porte en elle des inspirations infinies et divines, au centre de toutes les questions de développement, et donc respecte la nature de la famille, le rôle des parents, y compris leurs valeurs religieuses et éthiques et leur contexte culturel, et affirme la contribution que les jeunes peuvent apporter et apportent effectivement à leur communauté et à la société. Plus les pays le reconnaîtront, plus ils pourront mettre en place des politiques et des programmes qui font avancer le bien-être intégral de toute personne.



Mgr Francis Chullikat


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22 avril, 2012

Uruguay : un évêque parle de l'avortement, des droits de la famille et du bien de la patrie

L’Uruguay fêtait jeudi sa patronne nationale, la Vierge du Verdun honorée chaque année d’un pèlerinage qui a attiré cette fois-ci des milliers et des milliers de catholiques. Au sanctuaire national l’évêque de Minas, Mgr Jaime Fuentes, a prêché sur la famille et ses droits et sur le respect de la vie, à l’heure où l’Uruguay, comme bien des pays sud-américains, est sous le coup de pressions pour faire dépénaliser l’avortement. Je vous propose ma traduction des passages les plus significatifs de son homélie à cet égard. Le texte en espagnol est ici.

Nous nous trouvons au temps pascal, essayant d’imaginer et de revivre ces jours uniques où Jésus Ressuscité remplissait de joie ses disciples et les saintes femmes par sa glorieuse présence. C’étaient nos premiers frères qui formaient, avec Lui et avec Marie, la première Eglise : ils étaient la famille des enfants de Dieu. Quand Jésus s’en ira au Ciel, c’est alors que la Vierge commencera à exercer sa « vie publique » comme Mère de l’Eglise. C’est elle qui la maintient rassemblée, qui l’édifie continument. 
Cet après-midi, alors que nous nous trouvons aussi « en famille », je voudrais réfléchir quelques minutes avec vous, en présence de Dieu et de la Vierge, à propos d’une grande préoccupation que nous partageons tous, et qui est en même temps une grande espérance : je me réfère, justement, à la famille. 
N’est-il pas vrai, si nous y réfléchissons un peu, qu’à la racine de la violence et de l’insécurité qui nous affecte tous, et à la base de beaucoup de comportements devenus déjà si courants qu’ils ne sont même plus une nouvelle, tant ils sont monnaie courante dans notre société (concubinages, grossesses précoces, séparations et divorces totalement inattendus, avortements, etc.), se trouve une crise de l’idée même de ce qu’est la famille ? Comment ne pas être préoccupés par ces expressions douloureuses, et d’autres encore, qui parlent d’elles-mêmes de la faiblesse dont souffre l’institution familiale, qui a toujours été et qui demeure le lieu naturel où naissent et grandissent les enfants, où ils sont éduqués ; elle est l’école des vertus fondamentale, où l’on apprend à cultiver le respect, l’obéissance, la générosité, l’amitié, l’accomplissement de son devoir… où l’on apprend à prier et à aimer Dieu ?
 (…) 
Alors que la crise de la famille est une grave préoccupation pour tous, voici que la rejoint ce que nous a dit le bienheureux Jean-Paul II lorsqu’il était parmi nous : « Ce sont les familles chrétiennes qui feront que notre monde recommence à sourire. » 
C’est pourquoi, en ce jour de grande fête, mettons entre les mains de Notre Dame du Verdun notre préoccupation pour les familles avec, en même temps, la certitude qu’elle, qui est Mère de Dieu et notre Mère, nous aidera à transformer cette préoccupation en espérance : sans espérance, nul ne peut vivre.  
Enfants de Dieu, nous sommes des hommes et des femmes d’espérance : nous savons que la vie est un temps, bref, que nous avons pour conquérir la vie éternelle en faisant le bien ; et le bien fondamental, pour l’immense majorité des hommes et des femmes, c’est de former et d’éduquer les enfants, en leur transmettant le sens chrétien de l’existence, de manière à ce qu’à leur tour, ils le transmettent à leurs enfants.
C’est pourquoi je voudrais encourager les couples mariés, les pères et les mères de famille, les grands-pères et les grands-mères, ceux qui ont l’intention de contracter prochainement mariage… je voudrais les encourager à dire OUI et à dire NON. 
A dire OUI à la fidélité, pendant les fiançailles et pendant la vie maritale ; à dire OUI aux enfants que Dieu voudra leur envoyer, parce qu’ils sont la couronne et la joie du mariage ; à dire OUI à l’engagement pris devant Dieu et la société d’être fidèles jusqu’à ce que la mort les sépare ; à dire OUI au travail d’éducation des enfants pour en faire des enfants de Dieu. Nous savons tous qu’il n’est pas facile de garder ce OUI en toutes circonstances, mais nous ne pouvons oublier que nous comptons sur l’aide du Ciel qui nous parvient à travers les sacrements et par l’intercession de la Mère de Dieu. 
Le fait de dire OUI ainsi à Dieu et au monde, entraîne nécessairement avec lui l’engagement de dire NON à des conduites qui, pour être très répandues dans la société, n’en sont pas moins incompatibles avec notre manière chrétienne de voir la vie. 
L’an dernier, en cette fête de la Vierge du Verdun, je vous transmettais une chose qui reste au premier plan de notre vie nationale et que je dois répéter en actualisant quelques dates : aujourd’hui nous fêtons les 7 ans de l’élection du Saint Père Benoît XVI ; il nous invite en permanence à penser, à utiliser les capacités de notre raison. Il disait, il n’y a pas longtemps : « Il existe des tendances culturelles qui essaient d’anesthésier les consciences pour des raisons présomptueuses. En ce qui concerne l’embryon dans le sein de sa mère, la science elle-même met en relief son autonomie capable d’interaction avec la mère, la coordination des processus biologiques, le caractère continu du développement, la complexité croissante de l’organisme. Il ne s’agit pas d’une accumulation de matériau biologique, mais d’un nouvel être vivant, dynamique et merveilleusement ordonnancé, un nouvel individu de l’espèce humaine. Jésus fut ainsi dans le sein de Marie ; il en a été ainsi pour chacun de nous dans le sein de notre mère. (…) Il n’existe aucune raison de ne pas le considérer comme une personne depuis sa conception » (Vêpres du 1er dimanche de l’Avent 2010). 
Dans cette même ligne, voici un peu plus de trois ans, l’alors président Tabaré Vázquez, prestigieux professionnel de la médecine, opposa son veto à la dépénalisation de l’avortement, expliquant que la science révèle de manière évidente (…) la réalité de l’existence de la vie humaine à l’étape de la gestation. (…) Depuis le moment de la conception s’y trouve une nouvelle vie humaine, un nouvel être. Nous pouvons nous demander : la science aurait-elle changé au cours de ces trois ans, de telle sorte que cet argument scientifique n’ait plus de valeur ? L’ex-Président poursuivait : Le véritable degré de civilisation d’une nation se mesure à la manière dont elle protège ceux qui en ont le plus besoin. C’est pour cela qu’il faut protéger davantage ceux qui sont plus faibles. Parce que le critère ne peut plus être la valeur du sujet mesurée à l’aune des sentiments qu’il suscite chez les autres, ou l’utilité qu’il représente, mais la valeur qui résulte de sa simple existence. 
Si l’un des projets de loi qui prétendent légaliser ou dépénaliser l’avortement devait prospérer, chacun devra savoir clairement dans sa conscience que même si cent parlements devaient approuver une loi de ce type, l’avortement ne laisserait pas d’être un délit gravissime, une grande offense à Dieu. Elle reste d’actualité, la proposition faite par le président Vázquez, que je cite expressément pour montrer que le problème de l’avortement n’est pas une affaire religieuse, mais le plus humain des problèmes ; il disait : pour le résoudre, le mieux est de chercher une solution basée sur la solidarité qui permet de soutenir la femme et aussi son enfant, en lui octroyant la liberté de pouvoir choisir d’autres chemins et ainsi, de sauver les deux. 
Nous disons NON à l’avortement parce que nous disons un grand OUI à la vie humaine, le plus grand des dons reçus de Dieu. De même nous disons NON aux programmes d’éducation qui présentent une vision purement biologiste de la sexualité humaine, parce que nous disons un OUI fort en faveur des pères et des mères de familles, qui ont le droit et le devoir premiers d’expliquer à leurs enfants le fantastique plan de Dieu qui a voulu que les hommes, créés à son image et à sa ressemblance, participent à son pouvoir créateur.
 Nous disons NON à la prétention de l’idéologie du genre, qui tente de gommer les différences entre les femmes et les hommes, parce que le plan de Dieu est un OUI définitif à la grandeur de la femme, au point qu’Il a voulu s’incarner dans celle que nous vénérons toujours comme L’IMMACULÉE. 
Il va de soi que nous ne prétendons IMPOSER ce que nous croyons à personne, mais nous disons OUI au droit de le proposer, sereinement, en respectant les autres options et en réclamant le respect pour les nôtres. 
Mes frères, je voudrais vous persuader que ce n’est pas en rabaissant les exigences de notre foi et des enseignements de l’Eglise, que nous parviendrons à aider notre patrie à grandir ; au contraire, c’est en diffusant par l’exemple et par la parole le trésor que nousre avons, que nous pourrons accomplir le commandement du Christ d’être LE SEL DE LA TERRE ET LA LUMIÈRE DU MONDE.
Mgr Jaime  Fuentes



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07 mars, 2012

“Betty-Coton”. Ou la différence entre IVG et esclavage…

Un instituteur de l’école Marcel-Cachin de Morsang-sur-Orge vient de recevoir un « blâme » de l’inspection académique, et pourrait encourir une sanction plus grave mais non sans avoir pu s’expliquer, après avoir lu à des élèves de CM1-CM2 le livre Betty-Coton sur l’esclavage en Amérique.
« Certains » parents de ces petits élèves de 9 à 11 ans ont été horrifiés d’apprendre que Pascal Noury, professeur des écoles, avait lu en classe la scène pornographique et barbare où la jeune Badi, adolescente africaine, est contrainte à des attouchements sexuels par son salaud de petit maître blanc, avant d’être violée, puis mutilée à l’aide d’un coupe-papier.

L’inspection a pris des mesures immédiates. On a demandé à l’instituteur de cesser la lecture du livre, Luc Chatel a dit « partager l’émotion, le choc et l’indignation de certaines familles », Nicolas Sarkozy a demandé comment il avait pu avoir une « idée aussi folle » : « Il doit vraiment se poser la question de sa vocation. »

Ben oui, le livre en question, dans cette première version publiée en 2005 chez Actes-Sud Junior, n’était pas destiné aux enfants des écoles. L’éditeur le recommandait « dès 12 ans »… Réédité l'an dernier par Belin en version expurgée de sa scènes la plus traumatisante, celle de la mutilation.

Si une pétition en ligne a recueilli plusieurs centaines de signatures, on notera que le président du « collectif de parents en colère indignés », Sébastien Narne, a pris soin de préciser : « On ne remet pas en cause l’instituteur, on ne cherche pas à faire une chasse aux sorcières, mais à faire en sorte d’éviter de telles dérives. »

Marjolaine Rauze, maire de Morsang, a déclaré que le choix du professeur « n’était pas en soi contestable » même si un chapitre « n’était pas approprié (sic) à des enfants de cet âge ». Son communiqué appelle chacun à retrouver « les voies du dialogue et du respect mutuel ».

Il y a un an Philippe Isnard, professeur d’histoire en Seconde à Manosque, a été viré illico de son lycée pour avoir projeté un film sur l’avortement dans le cadre d’un débat qu’il devait organiser sur les sujets de société. Un lynchage médiatique de grande envergure accompagnait les condamnations sans appel prononcées d'emblée par la hiérarchie. Il n'y a eu aucun appel au dialogue. Isnard était coupable, point barre. Il a ensuite été viré de l’Education nationale, sans indemnités et sans chômage. Fait étonnant qui, hélas, ne nous étonne pas…

L'instituteur, maire DVG de Morsang-sur-Orge

Autre fait curieux dans cette histoire : un tout premier article publié par Le Parisien, repris par plusieurs blogs, indique que Pascal Noury, l'instituteur de Morsang, n'était autre que le maire de Morangis. Exclu du PS lors des dernières sénatoriales pour des histoires de désignation de candidats… Constatant le silence radio de l'ensemble de la presse sur ce fait par la suite, j'ai d'abord cru à une homonymie.

Je décroche donc mon téléphone et tombe sur une première employée du cabinet du maire qui affirme ne rien pouvoir dire sur le métier personnel du maire. Je dois rappeler vers 10 h 30. Bien trop tard pour mon heure de bouclage… J'explique cela, la jeune femme part se renseigner – je devine un conciliabule – et me conseille de rappeler plutôt vers 9 h 30. Je m'exécute. La dame qui me répond alors parle avec autorité. Quelques mots lapidaires : elle invoque son devoir de réserve à l'égard du maire. Je manifeste ma surprise : le métier dur maire est-il un secret ? Quel est mon journal ? « Présent », dis-je, précisant que je ne veux pas impliquer le maire de Montargis dans mon article s'il y a erreur sur la personne. « Je ne peux rien vous dire », répond mon interlocutrice. « Mais alors, je peux en déduire que c'est bien lui ! », dis-je. Et je reformule ma question : n'y a-t-il aucun démenti ?  Sur mon insistance, elle m’a confirmé qu’elle refusait de démentir l’information…

Ce qui ne laisse guère de place au doute.

Le silence de toute la presse convenable à ce sujet est proprement ahurisssant. Le Figaro (sous la plume souvent excellente de Natacha Polony) raconte l'affaire sans ce détail. Aucun des plus de 200 commentaires suscités par l'article ne mentionne l'identité et la fonction de Pascal Noury (surtout pas le mien, très neutre pourtant, qui n'a pas passé la barre de l'équipe de modération…).

Est-ce important ? Mais oui. Un instituteur plus ou moins anonyme peut encore passer pour un rêveur inconscient, un ahuri de service, un soixante-huitard ou assimilé à la barbe à la barbe fleurie, au cerveau embrumé par le droitdel'hommisme et l'idée que l'on peut et doit tout raconter aux enfants pour leur faire prendre conscience des péchés de l'homme blanc. Et puis, l'innocence, c'est quoi ?

Mais un élu du peuple ? Le maire d'une commune de quelque 12.000 habitants ? Costume-cravate, père de famille, grand-père ?

Au fait, à Morsang-sur-Orge, il y a une école maternelle « Maximilien-de-Robespierre ». Comme quoi un malheur ne vient jamais seul…



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28 février, 2012

Royaume-Uni : le “Trades Union Congress” veut faire punir l'homophobie de l'enseignement catholique

Le leader du plus important groupement syndical britannique, Brendan Barber du Trades Union Congress (TUC), accuse le gouvernement britannique de laisser diffuser du matériel « homophobe » dans les écoles confessionnelles, dans une affaire qui est en train de créer une atmosphère de « peur » dans les écoles catholiques, qui sont nommément dans le collimateur du puissant syndicaliste.

Tout a commencé en décembre, rapporte LifeSite, lorsque Barber s’est ému dans une lettre adressée au Secrétaire (ministre) de l’Education Michael Gove de la distribution dans les écoles catholiques d’un livret exposant le caractère immoral des actes homosexuels. S’appuyant sur l’ubuesque « Equality Act » de 2010, il affirmait : « Les écoles ont désormais l’obligation légale de récuser tout type de préjugé. De telles publications vont directement à son encontre. » Il faut donc, a-t-il ajouter, appliquer la loi de 2010 qui condamne toute « discrimination à raison de l’orientation sexuelle ».

Le ministre a répondu en disant que les dispositions de la loi « Sexual Orientation régulations » de 2007 ne visent pas les programmes des écoles confessionnelles, précisant que « tout matériel qui y est utilisé dans le cadre de l’éducation sexuelle n’y sera pas soumis aux dispositions concernant la discrimination ».

Le livret en question s’intitule « Virilité pure : comment devenir l’homme que Dieu veut te voir devenir » par l’Américain Jason Evert. Il assure que « l’attraction homosexuelle » peut « avoir sa source dans une relation malsaine avec le père », ou la difficulté à « avoir des contacts avec d’autres jeunes hommes, ou même dans des abus sexuels ». Le livret cite le Catéchisme de l’Eglise catholique, et précise : « L’acte homosexuel est désordonné, dans une grande mesure comme le sexe contraceptif entre homosexuels. Ces deux actes sont contraires à la finalité naturelle donnée par Dieu au sexe : les bébés et l’union. »

Le ministre n’a – fort heureusement – vu aucune « homophobie » là-dedans et a expliqué son refus d’agir en disant qu’il n’était nullement question de « haranguer, harceler ou dénigrer un élève gay ou une élève lesbienne, ni un groupe de tels élèves » : si cela avait été le cas « cela aurait été inacceptable en n’importe quelles circonstances et constituerait probablement un cas de discrimination illégale ».

Cela n’a pas suffi à Brendan Barber qui s’est même montré furieux de la réponse au nom du TUC qui, selon lui, n’accepte pas ce « manque d’implication ». Il a même qualifié ce « manque » de « très alarmant » au vu de ce qu’il appelle la « distribution de littérature homophobe ».

Le journal The Guardian cite un porte-parole du Département de l’éducation assurant que toute école faisant la « promotion de matériel homophobe agirait contre la loi ». Si la condamnation du livret désigné par le TUC n’est pas explicite, il n’empêche que les écoles confessionnelles britanniques ont désormais le sentiment de devoir « marcher sur des œufs », comme l’a confié un prêtre de paroisse et professeur de théologie londonien, Father Timothy Finigan, à LifeSite. Les responsables des écoles et les enseignants vivent avec la peur « de pouvoir être accusés d’homophobie s’ils expriment l’enseignement catholique sur la condition homosexuelle ou sur les actes homosexuels ». Fr Finigan ajoute que « ce n’est pas seulement une marotte du “New Labour” : beaucoup de conservateurs se sont joints à la fête, y compris David Cameron qui a maintenant pris l’engagement public, au nom de son parti, de légaliser le mariage gay ».


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04 février, 2012

Espagne : contre « l'éducation à la citoyenneté », la réussite d'une mobilisation exemplaire

Plusieurs sites francophones ont rendu compte d'une nouvelle décision du gouvernement espagnol qui va dans le sens du détricotage de la culture de mort : le ministre de l'Education, José Ignacio Wert, a annoncé le remplacement du programme d'« Education à la citoyenneté » (EpC) par un programme d'éducation civique et constitutionnelle. (Article le plus complet ici.) Cette initiative suit de près la décision du même gouvernement de revenir sur quelques-unes des mesures de la loi d'avortement : l'avortement sans consentement parental pour les mineures ou le droit absolu à l'avortement pendant le premier trimestre de grossesse.

Il faut le souligner, ces décisions n'auraient pas été prises sans une mobilisation courageuse et exemplaire des parents et des gens de bonne volonté, soutenus par la hiérarchie catholique.

Preuve que le changement pour le bien est possible…

L'EpC, mise en place en 2006 par le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero, rend obligatoire l'enseignement de thèmes orientés aussi bien dans le domaine politique et économique – avec un fort penchant anti-capitaliste, gauchiste, anti-patrons – que dans le domaine spirituel puisqu'elle prône un laïcisme sectaire, et moral, avec une « éducation sexuelle » favorable à la licence absolue, quand elle n'est pas carrément pornographique, et qualifiant l'avortement de « droit ». Bien entendu, l'idéologie du genre est au rendez-vous et sous-tend le tout.

A la différence de ce qui se passe en France, donc, au lieu d'être diffuse, éclatée parmi les différentes matières, l'EpC fournit une sorte de concentré à la fois plus facile à identifier et plus facile à faire combattre, comme en témoignent les prises de position nettes de bien des évêques et les différentes démarches entreprises pour en finir avec elle.

C'est la force de ces Espagnols s'opposant à l'invasion de la culture de mort qui a eu raison du programme – dans un contexte où la plupart des lois de mort sont en pratique irréversibles en Europe occidentale, quel que soit le parti aux affaires – l'action des centaines de milliers de personnes descendues dans la rue pour la défense de la famille et des biens qui en sont indissociables n'étant pas dissociable des résultats électoraux qui ont porté Mariano Rajoy au poste de Premier ministre.

Des milliers de parents espagnols se sont courageusement opposés à l'EpC en refusant que leurs enfants assistent aux cours en question, souvent en acceptant d'aller devant les tribunaux pour faire reconnaître leur droit ; sur la question, une affaire est aussi pendante devant la Cour européenne des droits de l'homme.

La rapidité avec laquelle l'équipe de Mariano Rajoy a accepté de remettre en cause ce programme scolaire est à la fois satisfaisant et inquiétant, selon des sources espagnoles : nul ne sait encore quel sera exactement le contenu de l'éducation civique et constitutionnelle, et la manœuvre peut viser à endormir les milieux de défense et de la vie, qui est pourtant loin, très loin, d'avoir obtenu le démantèlement de toutes les lois d'ingénierie sociale inventées par l'équipe Zapatero.

La loi d'avortement, qu'on n'envisage pas d'abroger dans son ensemble, est un exemple. Mais il y a aussi le mariage homosexuel, le divorce express, les modifications de l'état civil pour le rendre compatible avec l'idéologie du genre…

L'une des principales forces d'opposition à l'EpC, aux côtés notamment de Profesionales por la Etica, est la « plateforme citoyenne » HazteOir qui a largement contribué à mettre les thèmes du respect de la vie et de la famille au premier plan de la vie politique et à permettre une mobilisation concertée.

Alors que ces thèmes sont pour le moins pris en compte par le pouvoir – une victoire majeure, quelle que soit son étendue que nous ne pourrons évaluer que dans quelques mois – une campagne de dénigrement s'abat sur HazteOir, l'accusant d'être financée et manipulée (tout comme une part de la Conférence épiscopale) par une obscure secte mexicaine, El Yunque. Intégriste, paramilitaire, pratiquant la mises sous tutelle mentale des adolescents, la « secte » mérite décidément tous les quolibets à la fois – j'allais oublier qu'elle est aussi accusée de haïr les homosexuels et les juifs et d'être nazie, sans quoi rien de tout cela ne paraîtrait sérieux… Ce genre d'accusations, ça nous connaît. Elle permettent commodément de rejeter les adversaires sans surtout les entendre…

Ignacio Arsuaga, le dynamique patron de HazteOir, rejette évidemment toutes ces accusations dans une interview publiée vendredi par InfoCatolica comme « délirantes ». Arsuaga entend poursuivre la « diffamation » mais il dénonce également une certaine tendance hostile aux pro-vie qui s'active aussi au PP, le parti populaire de Rajoy :
« Il y a quelques groupes de gauche qui œuvrent à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du PP, s'activant pour obtenir que la rébellion civique qui s'est éveillée pendant les années du zapatérisme disparaisse et n'ennuie pas la classe politique. Rappelons-nous les paroles de Jesus de Polanco, alors président du groupe Prisa : « S'il y avait une droite moderne et laïque, nous la soutiendrions, c'est ce qui nous manque. » Pour certains, HazteOir.org est un obstacle qui empêche la mise en place de ce modèle de droite progressiste-laïciste sur lequel ils veulent dessiner un nouveau Partido Popular. »
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21 novembre, 2011

Marine Le Pen et les points non négociables

Marine Le Pen présentait samedi son programme présidentiel qui est également en ligne sur le site du Front national. Je l'ai commenté brièvement dans Présent. En rectifiant à la fin une « coquille » impardonnable : j'avais écrit « promouvoir l'avortement » au lieu de « promouvoir l'adoption ».

Un vrai souffle, une belle affirmation de patriotisme et de résistance au mondialisme : le discours de Marine Le Pen qui présentait samedi son programme était riche de tout cela. Elle a dénoncé avec force les « arrogants » qui ont bradé et nié la liberté et l’indépendance de la France : « Ils ont pensé que l’on pouvait faire fi de la lente et laborieuse construction de notre Nation, de son unité, de sa liberté, qu’ils pouvaient s’échapper du réel pour créer un monde exclusivement virtuel où leur œuvre serait l’avènement d’un homme nouveau coupé de ses racines, nomade, jetable, esclave de l’ordre marchand. »

Ces accents ne doivent pas être passés sous silence ; nous retiendrons aussi que le discours de Marine Le Pen samedi était finalement très différent de celui prononcé à Tours, lors de son élection à la tête du Front national. Des préoccupations absentes alors – comme le sujet de la famille – sont là désormais. Et l’étatisme quasi obsessionnel a cédé la place à la préconisation d’un Etat fort mais non omniprésent. Par rapport à la crise, Marine Le Pen est assurément celle qui dénonce le mieux la réalité d’aujourd’hui : « Travailler exclusivement pour nos créanciers, leur verser toute la richesse que nous créons » – les 1 400 milliards d’intérêts versés depuis 1973, pour une dette aujourd’hui à 1 700 milliards.

On pourra dire que ces évolutions témoignent d’un certain flottement. D’une adaptation aux circonstances et à l’électorat potentiel. On relèvera que Marine, dans son discours programmatique, réclamait que les Français puissent « en débattre ».

Alors nous prendrons cela au mot, saluant les points forts, n’oubliant pas pour autant des points qui nous tiennent à cœur. En soulignant par exemple que Marine Le Pen se présente en héritière paradoxale d’« un pays ancien, brillant, qui tout au long des siècles d’histoire avait forgé et fait rayonner ces valeurs universelles dont il choisirait de faire sa devise : la liberté, l’égalité et la fraternité »… au nom de laquelle on a tant tué.

Nous retiendrons son adhésion sans ambages au principe du « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » : « Ce principe est pourtant essentiel. C’est la base de tout. »

Sur le respect de la vie, la famille et l’éducation – les « principes non négociables » affirmés par Benoît XVI, le programme du Front s’exprime désormais d’une autre manière qu’en 2002.

« Valoriser la famille », c’est bien. Il s’agit clairement de l’appuyer, de la soutenir, de l’affirmer dans sa dimension naturelle, un homme et une femme. Mais non de revenir sur le divorce facile, le pacs, l’accueil public des enfants – en soutenant la scolarisation des enfants de moins de trois ans par exemple.

Vouloir rendre à l’école son rôle de transmission du savoir et de préparation à la vie active, notamment par l’apprentissage, c’est bien aussi – d’autant que Marine Le Pen s’engage à interdire des méthodes pédagogiques néfastes. Mais où est passé le chèque scolaire ? Où est passée l’école libre, absente du programme ? C’est « l’école de la République » que l’on y trouve et elle seule.

Pour ce qui est du respect de la vie, il est seulement question d’étendre le « libre choix des femmes » qui doit être « aussi celui de ne pas avorter ». Mieux aider les femmes à accueillir leur enfant, promouvoir l'adoption sont de bons choix. Pour autant le programme de Marine Le Pen n’est pas un programme pro-vie, même s’il est indéniablement un programme de moindre mal.

Article paru dans Présent daté du 22 novembre 2011 et en libre accès sur le site du journal.

13 septembre, 2011

Idéologie du genre : Luc Chatel persiste

Plusieurs personnes qui se sont émues auprès du ministre de l’Education nationale du contenu de différents manuels de SVT de 1e conformes aux programmes rénovés de cette rentrée scolaire ont reçu une réponse de la part du chef de cabinet de Luc Chatel, Jonathan Derai, publiée en fac-similé par le Salon beige. On les renvoie aux pelotes. Il n’y a rien à voir, le ministre n’a rien à dire, il n’est responsable de rien. D’ailleurs la « théorie du genre » n’est pas dans les programmes de l’Education nationale. L’émotion des parents ne repose donc sur rien.
Alors, sujet clos ? On a eu tort de se laisser inquiéter par quelques ringards increvables ? Les « sciences de la vie et de la terre » ne sont-elles pas un vecteur de propagande idéologique ?

Voici ce qui est écrit au nom du ministre – étant entendu que Luc Chatel, cela va de soi, « a pris connaissance » des interrogations et des inquiétudes des parents et les a examinées « avec une grande attention ».
« La théorie du genre n’apparaît pas dans le texte des programmes de SVT. Le programme est centré sur des phénomènes biologiques. Il étudie le déterminisme génétique du sexe et la manière dont on passe, au cours du développement, de la vie embryonnaire à l’adolescence.
« Par ailleurs, concernant les manuels scolaires, il faut distinguer soigneusement les programmes d’enseignement, qui ont une valeur réglementaire et officielle, des manuels scolaires dont les contenus relèvent de la seule responsabilité des éditeurs. La plupart des critiques exprimées s’appuient plus sur la libre interprétation proposée par les manuels que sur le réel contenu du programme. »
Bref, l’Education nationale n’y est pour rien, les éditeurs scolaires – tous les éditeurs scolaires, sans exception – ont interprété des programmes tout ce qu’il y a de plus neutre à leur sauce idéologique, exactement la même partout, et le ministre estime que c’est très bien comme cela.

Hélas, la plupart des pétitions et réactions en circulation contre les manuels scandaleux qui épousent de fait les thèses de la théorie du genre, sans la nommer, c’est vrai, n’ont pas souligné ces deux aspects essentiels : d’une part, ceux qui protestaient ont limité leur démarche en ne signalant que les manuels de certains éditeurs, sans même s’apercevoir que le programme et son « interprétation » massive et univoque concernaient l’ensemble des manuels pour toutes les séries du bac général ; d’autre part, ils n’ont pas pris la peine de mettre en évidence la conformité de ces manuels au programme qui dit ce qu’il dit, clairement.

Le titre du thème à étudier, tel que le présente le programme paru au Bulletin officiel de l’Education nationale, est bien « Devenir homme ou femme ». Les « compétences attendues » sont détaillées ainsi :

« Différencier, à partir de la confrontation de données biologiques et de représentations sociales, ce qui relève :
– de l’identité sexuelle, des rôles en tant qu’individus sexués et de leurs stéréotypes dans la société, qui relèvent de l’espace social ;
– de l’orientation sexuelle qui relève de l’intimité des personnes. »
C’est tout le vocabulaire de la théorie du genre, tout ce qui la structure aussi.

Et il faut être absurdement naïf pour croire que les éditeurs scolaires n’en ont pas vérifié le sens auprès du ministère avant de se lancer dans de coûteuses rédactions et impressions, d’autant qu’ils en font tous la même interprétation. Il n’y a aucune place ici ne serait-ce que pour un éloge de l’hétérosexualité, et encore moins pour le fait de la présenter comme normale.

Pour enfoncer le clou, le « projet » qui présente le contenu du programme – cela fait partie de l’ensemble publié au BOEN – précise :
« Hormis quelques rares régions du cerveau (hypothalamus), les différences anatomiques et physiologiques dues à l’influence des hormones sexuelles entre les cerveaux masculin et féminin ne sont pas plus importantes que les différences entre individus de même sexe. »
Exit – en réalité – la complémentarité des sexes fondée précisément sur la différence de manière d’être dans toutes ses dimensions.

La réponse du chef de cabinet apparaît ainsi comme retorse, mensongère, méprisante. Jonathan Derai prend d’ailleurs le soin de préciser que « lors de leur élaboration, ces programmes ont fait l’objet d’une consultation nationale et ont été présentés au Conseil supérieur de l’éducation ».

Alors, si tout le monde est d’accord, pourquoi pas vous ?

La vérité, c’est que ceux qui ont mené la juste bataille contre les manuels du scandale ont vu leur action partiellement privée de son effet par les erreurs de départ que je signale plus haut, mais aussi par des décennies d’inaction. Cela fait belle lurette que les programmes font la part belle au respect de l’« identité de genre » à travers la dénonciation des « stéréotypes » et l’obligation de mettre en évidence la légitimité et le devoir de respect vis-à-vis de « l’orientation sexuelle ».

Et cela fait aussi des années que, dans une démarche « transversale » qui englobe bien des matières et plus spécialement les SVT, l’école enseigne la contraception et le refus de l’enfant ainsi que la liberté sexuelle posée en principe. C’est le cas, de manière sans doute inouïe à ce jour, pour la contraception dans le programme de SVT de 1e, cette année. Il me semble qu’il n’y a pas eu de protestations contre cela.

Quand les parents se réveilleront-ils vraiment ?

Ou sont-ils, trop nombreux, complices ?

Article paru dans Présent le mardi 13 septembre 2011.

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