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09 février, 2015

Un papa, une maman : mais si, il y a une différence ! Une étude de Paul Sullins affirme que les enfants de couples de même sexe vont moins bien

Paul Sullins, prêtre catholique
et sociologue
Avoir « deux papas » ou « deux mamans », est-ce donc vraiment la même chose que d’être élevé par
son père et sa mère ? Les études citées par les partisans du « mariage » des couples de même sexe tendent à l’affirmer. Dire le contraire, c’est s’exposer à l’accusation d’homophobie. Et l’homophobie est un délit. Prouver le contraire – rien ne vaut, pour un enfant, de vivre dans une famille « normale » – c’est, pour un chercheur, risque l’ostracisme définitif. Pourtant, c’est ce que vient de faire un sociologue américain, Paul Sullins, en affirmant que les « problèmes émotionnels sont deux fois plus fréquents chez les enfants de couples de même sexe que chez ceux vivant auprès de parents de sexe opposé ».
Par rapport au politiquement correct en vigueur, c’est une grenade dégoupillée. Car jusqu’ici il était admis que les affirmations en ce sens étaient le fait d’« obscurantistes » comme Mark Regnerus – dont les études portent d’ailleurs plus largement sur les enfants élevés par au moins un parent ayant des tendances homosexuelles, et pas forcément par un couple homosexuel. Il n’y avait « pas une seule étude » sérieuse qui l’affirmât. Eh bien, si. C’est l’excellent MercatorNet – site pro-vie et pro-famille des antipodes – qui en publie les données les plus importantes. Non sans renvoyer à la source : le British Journal of Education, Society & Behavioural Science, revue scientifique des plus sérieuses.
Les enfants de familles homosexuelles sont désavantagés
« Il n’est plus exact de dire qu’aucune étude n’a permis d’établir que les enfants de familles homosexuelles sont désavantagés par ceux de familles de sexe opposé », assure Paul Sullins, dont l’étude porte sur l’évaluation de 512 enfants vivant auprès de « deux papas » ou « deux mamans ». La conclusion en est simple : ces 512 enfants repérés grâce au US National Health Interview Survey présentent davantage de problèmes parmi lesquels de mauvais comportements, l’anxiété, difficultés relationnelles avec leurs pairs et difficultés de concentration.
En revanche, la « parentalité biologique » offre un meilleur environnement : « Elle permet de manière unique et puissante de faire la différence quant au devenir des enfants élevés par des parents de sexe opposé par rapport aux parents de même sexe. »
Paul Sullins en déduit qu’il incombe aux pouvoirs publics des devoirs précis : « Le premier bénéfice du mariage pour les enfants peut ne pas résider dans le fait qu’il tend à leur donner des parents “améliorés” (plus stables, ayant davantage de moyens financiers, etc., bien que cela soit vrai) mais qu’il leur fait le cadeau de vivre avec leurs propres parents. »
Et d’affirmer que les deux formes familiales « continueront d’être fondamentalement différentes, avec des effets contrastés jusque sur le plan biologique du bien-être de l’enfant, au détriment relatif des enfants élevés au sein de familles de même sexe ».
La différence enfin prouvée par une étude avec un vrai échantillon
Tirer tout cela d’une étude portant sur 512 enfants seulement peut paraître hasardeux. L’échantillon n’est objectivement pas énorme – mais il l’est, si on le compare avec la plupart des études invoquées pour justifier la « parentalité » homosexuelle. Les 49 études citées en 2010 en ce sens portaient sur des échantillons moyens de 39 enfants, et seules 4 de ces études avaient des échantillons choisis au hasard : toutes les autres avaient rassemblé leur échantillon « représentatif » en s’adressant directement à des groupes gays et lesbiens. L’étude de Regnerus en 2012, pour ambitieuse qu’elle fût, ne parvint à identifier que 39 jeunes adultes ayant vécu pendant plus de trois ans avec un couple de même sexe – sur 2.988 cas étudiés. Aux Etats-Unis, il faut le préciser, seuls 0,005 % des foyers sont composés de couples homosexuels avec enfants. Autant dire que l’échantillon de Paul Sullins est très important.
En sociologue sérieux, il s’est demandé si des facteurs extérieurs pouvaient rendre compte du manque de bien-être émotionnel des enfants élevés au sein de familles homosexuelles par rapport aux autres.
L’instabilité est un de ces facteurs qui conduisent à un moins bon épanouissement des enfants. Les parents gays et lesbiens tendant à louer leur maison plutôt que d’en être propriétaires, ce qui implique un risque accru de déménagement et donc de déracinement : un traumatisme certain. La détresse psychologique des parents est également associée à un risque accru de problèmes émotionnels chez les enfants. Mais aucun de ces facteurs n’expliquait les différences constatées.
L'homophobie n'explique pas les résultats
 pour les enfants de couples de même sexe
S’il est un facteur que même les partisans de la « parentalité » homosexuelle peuvent présenter comme négatif, c’est l’homophobie. La « stigmatisation » qui s’y attache peut bien conduire à un moindre bien-être émotionnel – voilà des enfants qui ont été en butte aux railleries et au harcèlement. Si leurs pairs étaient moins « homophobes », tout serait différent…
Mais Sullins a constaté… l’inverse. « Contrairement au présupposé qui est à la base de cette hypothèse, les enfants de parents de sexe opposé sont davantage l’objet de harcèlement et de méchanceté que les enfants de parents de même sexe. »
L’an dernier, une première étude des données lui avait permis de conclure à une plus grande prévalence de l’hyperactivité chez les enfants de couples de même sexe. L’hyperactivité les expose à sept fois plus de harcèlement à l’école que les enfants qui n’ont pas ce problème, dont une des facettes est la difficulté à établir de bonnes relations avec les autres. Autrement dit, s’ils rencontrent des problèmes, elles tiennent à leur différence, et pas au fait que leurs parents sont différents.
Paul Sullins souligne avec insistance que les problèmes émotionnels qu’il évoque ne frapperont pas tous les enfants de couples homosexuels : « La plupart des enfants dans la plupart des familles vont atteindre un niveau de fonctionnement psycho-social qui ne sera pas caractérisé par des problèmes émotionnels sérieux. » Mais les chances d’aller mieux sont plus importantes au sein de mariages intacts, auprès des deux parents biologiques.
D'autres études sont nécessaires – mais qui osera ?
Ce n’est qu’une première approche. Beaucoup de questions – aujourd’hui taboues – restent ouvertes : qu’en est-il des filles élevées sans père ou des garçons sans mère ? Les enfants jeunes rencontrent-ils des problèmes spécifiques ? Et les adolescents ? Les enfants adoptés vont-ils moins bien ou mieux que les enfants nés de fécondation in vitro ou de mère porteuse ?
Par les temps qui courent, il faut une bonne dose de courage pour s’y lancer. Paul Sullins n’en manque pas. Il est prêtre catholique, ancien prêtre épiscopalien marié, ordonné en 2002 aux termes des dispositions pastorales édictées à la demande de Jean-Paul II en 1980. Il a publié de nombreuses études sur la famille, le divorce, la culture catholique, l’avortement… Liste complète ici.

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04 décembre, 2014

Belgique : et maintenant, la présomption de maternité !

En Belgique, on a décidé d'en finir avec l'adoption par les couples homosexuels. A partir du 1er janvier entrera en vigueur une loi adoptée en juillet dernier, qui invente le statut de « comaternité » automatique pour les couples de lesbiennes « mariées » et prévoit une simple démarche administrative pour celles qui ne le sont pas. Dans le cadre du « mariage », cela s'appelle (il fallait l'inventer) la « présomption de maternité » pour celle qui n'est pas la mère biologique de l'enfant.

Et, non, ce n'est pas une histoire belge.

C'est au nom de la totale égalité de droits que les couples de lesbiennes se voient reconnaître cette facilité. L'enfant qui naît dans le cadre du mariage est supposée être l'enfant des deux partenaires ; nul besoin de suivre la longue enquête en vue de l'adoption, pas de complication.

Pour les couples de même sexe qui cohabitent sans être « mariées », la procédure sera calquée sur celle de la reconnaissance d'enfant dans le cadre d'une union de fait : il suffira à la partenaire de la mère biologique qui aura donné son consentement de se rendre auprès de la commune, et de faire enregistrer la chose, étant entendu qu'elle pourra aussi donner son nom à l'enfant.

Le côté surréaliste de l'affaire, c'est que la présomption de paternité est une mesure de protection de la famille et de sa stabilité : dès lors qu'un enfant naît d'une femme mariée, il est supposé être celui de l'époux légitime. La présomption en question peut être contestée pour rechercher le véritable père biologique, le cas échéant, ou pour permettre au mari qui s'estime trompé de faire reconnaître l'absence de lien entre lui et l'enfant (on ne parle plus d'enfant légitime…). Le principe est de partir d'une base stable, protecteur pour l'enfant et finalement aussi pour le mari et la femme.

La « présomption de maternité », vise une situation où au contraire, il est quasi certain que la « mère putative » n'a aucun lien biologique avec l'enfant. J'écris « quasi » parce qu'on peut imaginer – hélas – une fécondation in vitro avec un ovule de la « mère présumée », le sperme d'un quidam et une implantation chez la mère de gestation. Mais passons.

La « reconnaissance d'enfant » pousse le bouchon encore un peu plus loin et confirme, si besoin était, que la parentalité est en passe de devenir purement sociale en Belgique, fondée sur la volonté et le désir et non sur les faits.

En alignant ainsi les fables de l'homoparentalité sur les réalités du mariage, la Belgique prépare à coup sûr de nouvelles jurisprudences européennes. On le sait, la Cour européenne des droits de l'homme n'impose ni n'interdit la légalisation du « mariage » des homosexuels dans les pays membres du Conseil de l'Europe. Mais elle affirme qu'à statut égal, le traitement doit être égal quelle que soit « l'orientation sexuelle ». Exiger des couples d'homosexuels de passer par l'adoption peut être considéré comme une discrimination… Vous verrez !

On notera cependant que le législateur belge a décidé de distinguer entre les couples de lesbiennes et celles d'homosexuels mâles, le cas de ces derniers ayant été jugé plus compliqué ; pour eux, on s'est donné un temps de réflexion. Ils passent nécessairement par une mère porteuse s'ils ne veulent pas adopter un enfant sans lien biologique – et la « gestation pour autrui » est pour l'instant dans le flou en Belgique qui ne l'autorise ni ne l'interdit. Il est donc probable qu'une loi sur la « présomption de paternité » pour les homosexuels ne soit pas votée avant que cette question soit réglée. Mais alors on aurait cette nouvelle situation ubuesque : le bébé aurait un père certain (un petit test d'ADN, peut-être ?) dont le partenaire viendrait au chevet de l'accouchée comme le père présumé. L'accouchée, elle, n'étant rien.

La loi sur la comaternité a reçu le soutien de tous les partis politiques belges (y compris les chrétiens-démocrates) sauf le Vlaams Belang.

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11 novembre, 2014

La République slovaque a approuvé la tenue d’un référendum à propos du mariage

La Cour constitutionnelle slovaque a entériné la tenue d’un référendum d’initiative populaire dont le premier objectif était de faire figurer dans la constitution du pays la mention selon laquelle le mariage n’existe qu’entre un homme et une femme. C’est la suite légale d’une pétition réussie qui a rassemblé plus de 400.000 signatures – plus de 10 % des électeurs – en faveur d’une telle modification constitutionnelle.
Entre-temps le parlement slovaque a déjà adopté une loi définissant ainsi le mariage et rendant inconstitutionnel le « mariage » gay, dans un pays qui ne connaît pas non plus une quelconque forme d’union civile pour les couples de même sexe. Mais cela n’empêchera pas la tenue du référendum qui vise également, et dans la suite logique de cette première demande, à interdire l’adoption par les couples homosexuels et à permettre aux parents de ne pas envoyer leurs enfants aux cours d’« éducation sexuelle » dispensés dans les écoles.
En revanche, et à la grande colère de l’Alliance pour la famille qui est à l’origine de la pétition, la Cour constitutionnelle a décidé d’écarter la quatrième question posée, visant à interdire toute institution future de partenariats de même sexe, au motif qu’elle serait « inconstitutionnelle ».
Sophie in ’t Veld, membre néerlandais du Parlement européen et promotrice des droits LGBT, a qualifié le référendum à venir de « répugnant » en ce qu’il vise à « éliminer les droits de concitoyens » : « Un tel processus n’a pas sa place dans un continent éclairé comme l’Europe », a déclaré la vice-présidente de l’intergroupe parlementaire LGBTI : «  Ce débat ne concerne pas la Slovaquie, mais les droits fondamentaux, la tolérance et l’égalité au sein de l’Union européenne. Nous ne devons pas fermer les yeux devant les organisations religieuses qui alimentent l’intolérance à l’égard de nos propres concitoyens de l’UE. »

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29 octobre, 2014

Chili : “Nicolas a deux Papas” cofinancé par l'UE et l'ambassade des Pays-Bas

Co-financé par l’Union européenne et l’ambassade des Pays-Bas, l’album pour enfants Nicolas tiene 2 Papas (« Nicolas a deux papas ») vient d’être lancé au Chili et sera distribué dans 500 classes de maternelle avec le soutien du Collège d’éducateurs des tout-petits et de l’Université du Chili. C’est également la première fois qu’une administration publique latino-américaine participe au financement d’une telle initiative qui a déclenché une avalanche de critiques ainsi qu’une pétition pour dire la colère des pères et mères de familles qui n’ont – évidemment – pas été consultés.
La pétition est en ligne ici. Elle s’adresse à l’ambassade des Pays-Bas et au représentant de l’UE au Chili et s’accompagne d’analyses, notamment d’élus de la Démocratie chrétienne qui dénoncent une atteinte à « l’innocence » des enfants passant par l’imposition d’« idéologies dans le plus pur style totalitaire ». « C’est d’autant plus grave lorsqu’il s’agit de familles vulnérables qui n’ont pas l’option de choisir un jardin d’enfants conforme à leurs croyances et de mineurs dont la sexualité n’est pas développée. »
Le 23 octobre dernier, Marion Kappeyne, ambassadrice des Pays-Bas au Chili, prononçait le discours de lancement de l’album de promotion de l’« homoparentalité », se félicitant du travail de l’auteur et de l’illustrateur du livre et de l’entrée de celui-ci dans le pays :
« Les principes de Yogyakarta sont considérés comme des principes directeurs pour le gouvernement néerlandais. Ces principes comprennent une liste des droits humains et des libertés fondamentales relatives à l’orientation sexuelle. Le noyau de ces principes est le message signifié par l’universalité des droits humains, les mêmes pour tous y compris les LGBT.
« Quand c’est possible, l’ambassade des Pays-Bas soutient les organisations qui travaillent sur le terrain de la diversité sexuelle. (…) En 2001, la Hollande fut le premier pays du monde à légaliser le mariage des couples de même sexe. Nous sommes contents d’apprendre que la présidente Bachelet a fait figurer une loi de mariage égalitaire parmi ses propositions. »
Rappelant que les Pays-Bas ont aussitôt légalisé l’adoption homosexuelle et que l’égalité totale de droits a été formalisée en 2012, elle a expliqué que n’importe qui peut y adopter, à condition d’être déclaré apte et « à l’issue d’une formation adéquate » : « hétérosexuels, homosexuels, célibataires, chrétiens, musulmans, Turcs, Marocains ». Marion Kappeyne a également cité des études selon lesquels les enfants ayant grandi dans un foyer homosexuel « sont aussi heureux ou malheureux que les autres » et font preuve d’une « identité de genre similaire » : « L’identité de genre et l’orientation sexuelle ne sont pas acquises : on naît avec elles. Ce qui importe, c’est l’amour dans toutes les familles et le respect mutuel entre tous les membres de la famille, quelle que soit sa composition. » Et pour répandre ce message, « Il faut commencer tôt ! »

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03 septembre, 2014

L’Italie ouvre la porte à l’adoption homosexuelle

C’est une première en Italie : un tribunal pour enfants de Rome a accordé la semaine dernière à une femme au sein d’une relation homosexuelle d’adopter la fille de sa partenaire, selon la pratique de « l’adoption par le beau-parent ». La décision n’est que jurisprudentielle, et elle est de première instance, ce qui en théorie réduit sa portée. Mais c’est une telle révolution qu’en quelque sorte, le mal est fait. Les activistes homosexuels italiens avaient fait de « l’adoption par le beau-parent » une étape importante de leur marche vers les « pleins droits », et ils ont salué cette décision comme une victoire majeure, « une décision historique ».

Cette photo réalisée par Arturo Toscani au profit des
revendications du lobby gay a été détournée
par le mouvement de droite Fratelli d'Italia.
Toscani est furieux, et menace de poursuites.
L’Italie ne reconnaît pas le « mariage » des couples de même sexe, et n’autorise l’accès à la procréation médicalement assistée qu’aux couples légitimement mariés. La petite fille de cinq ans qui se retrouve aujourd’hui avec « deux mamans » a été conçue à partir d’une fécondation artificielle avec don de sperme anonyme, réalisée à l’étranger et donc en toute illégalité. Ni ce fait, ni la non reconnaissance des couples homosexuels en Italie, n’a empêché le magistrat de faire droit à la demande des jeunes femmes qui vivent ensemble à Rome depuis 2003 et qui se sont « mariées » à l’étranger.
Le juge a tenu compte de la « primauté absolue » des intérêts de l’enfant », au nom d’une loi de 2001 affirmant que celui-ci a intérêt à demeurer chez le parent « social » dans les cas de figure où la « relation émotionnelle et la cohabitation a été consolidée avec succès dans la durée » : la cour a estimé que cela devait s’apprécier indépendamment de « l’orientation sexuelle » du futur parent adoptif.
La présidente de l’association des « Parents arc-en-ciel » commente : « Qui peut nier l’intérêt suprême du mineur à être élevé par les deux géniteurs ? » « Géniteurs », c’est ainsi que les Italiens appellent ordinairement les parents : dans le contexte, l’absurdité de la déclaration n’en saute que mieux aux yeux.
Les associations homosexualistes parlent de la « fin d’un tabou » : enfin les lesbiennes ne seront plus séparées de leurs enfants, enfin elles ne croiront plus qu’elle ne peuvent pas procréer parce qu’elles aiment une femme. « Il ne manque qu’une loi, mais nous avons déjà gagné », exulte Flavio Romani, président d’Arcigay.
Et les uns et les autres mettent le Premier ministre Matteo Renzi d’agir. Celui-ci ne s’est pas exprimé publiquement, mais des membres de son parti, le PD, ont fait savoir qu’ils estimaient désormais nécessaire d’« aller de l’avant ». Le sous-secrétaire à la réformes constitutionnelle, Ivan Scalfarotto, demande que « le gouvernement et le parlement tiennent compte de la leçon » : « Il n’est pas juste d’élever des barrières idéologiques à propos d’une procédure qui relève de la civilisation et du bon sens », a-t-il déclaré, appelant les pouvoirs publics à agir « vite ».
Scalfarotto était l’un des deux vice-présidents du Parti démocrate de 2009 à 2013 et il est également militant de toutes les causes LGBT. C’est lui qui porte la loi anti-homophobie en Italie – une loi toujours en discussion devant le parlement, et fortement dénoncée pour ses aspects liberticides.
Conséquence logique de la décision de la semaine dernière : l’avocate des deux femmes, Maria Antonia Pili, présidente de l’association italienne pour la famille et les mineurs, a invité les « nombreux autres couples homosexuels à faire leur coming out », de manière à profiter de la nouvelle jurisprudence.
Le quotidien catholique L’Avvenire a dénoncé le jugement. Mgr Fabio Bruno Pighin, professeur de droit canonique à la Faculté Pie X de Venise, souligne dans un éditorial que l’enfant dans cette affaire est une « fille du désir », créée pour satisfaire les désirs des deux femmes. Il rappelle que les enfants ont le droit d’être élevés par un père et une mère dans le contexte de la famille naturelle : « On ne comprend pas comment cela peut se justifier au nom de l’intérêt suprême de l’enfant : l’enfant est privée d’une figure paternelle et se trouve au milieu de deux “mères”. »
Le professeur de philosophie du droit à l’université de Rome Tor Vergata Francesco d’Agostino, souligne quant à lui qu’un tribunal non élu n’a pas le droit de prendre décision d’une telle importance de manière unilatérale : « Le juge a entériné une situation que la loi italienne ne reconnaît pas. » Et ce « malgré l’arrivée prochaine devant le parlement de lois légalisant les unions de facto et peut-être même le mariage de même sexe » : pourquoi les juges n’ont-ils pas voulu attendre l’avis du « peuple » exprimé à travers les institutions législatives ? 

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18 novembre, 2013

Italie : l'adoption gay d'avant l'adoption

Un tribunal pour enfants de Bologne vient d'approuver le placement d'une fillette de trois ans chez deux hommes homosexuels d'âge moyen au motif qu'ils remplissent tous les critères de la loi d'adoption, alors même que l'adoption homosexuelle n'est pas légale en Italie.

Le tribunal, présidé par Giuseppe Spadaro, a tenu compte du fait que les deux hommes ont un emploi bien rémunéré et qu'ils forment, aux termes d'un rapport des services sociaux de Bologne, un « couple stable et fiable », et que par conséquent ils peuvent assurer la « sérénité et le bien-être de l'enfant ».

Si la procédure d'adoption n'est ouverte qu'aux couples mariés – le « mariage » gay n'existe pas en Italie – en revanche le placement dans une famille d'accueil, temporaire (en l'espèce, pour une durée de deux ans) est moins réglementé et au fil des ans les conditions se sont relâchées. Traditionnellement la préférence est donnée à des familles ayant déjà des enfants ; de loin en loin on est arrivé à désigner des « communautés ayant un style de vie familial » regroupant deux adultes, voire ayant à leur tête un célibataire. Depuis janvier, la Cour suprême a décidé que les homosexuels célibataires peuvent accueillir des enfants en tant que « familles d'accueil ». La nouvelle jurisprudence étend encore un peu l'entrée en grâce des couples gays.

Le procureur principal de Bologne, Ugo Pastore, a fait appel au motif que le tribunal avait méconnu l'obligation de présence d'autres enfants au foyer, ce type de communauté familiale étant « prioritaire ». « Peu importe », a-t-il déclaré, que les adultes demandeurs soient homosexuels. Ce qui contribue encore à faire progresser l'idée que les foyers homosexuels sont des familles comme les autres.

Franco Grillini, du groupe Gaynet, y voit le principal motif de satisfaction de cette décision judiciaire, soulignant qu'ailleurs dans le monde, on l'aurait considérée comme « parfaitement normale ».

Quelques précisions données par le jugement méritent d'être relevées. « Sur un plan différent que celui du droit strict il faut tenir compte du fait que, comme l'a relevé la récente jurisprudence de la légitimité, en l'absence de certitude scientifique ou de données de l'expérience, la conviction selon laquelle le fait de vivre dans une famille bâtie autour d'une couple homosexuelle puisse être dommageable pour l'équilibre psychologique de l'enfant constitue un simple préjugé, eu égard surtout à une institution de caractère strictement temporaire comme l'attribution consensuel. »

Les trois juges citent encore le rapport des services sociaux qui vaut son pesant de paperasserie. Si les services sociaux ont choisi un foyer sans enfants, « c'est pour mieux faire fonctionner un projet destiné ) éviter à la mineure de se retrouver dans une confusion des rôles (…) puisque la fillette vient d'un “noyau monigénitorial” où se trouve déjà une sœur, et où elle reconnaît clairement ses référents parentaux qui, étant donné les longues périodes d'absence de la figure paternelle, auraient pu être compromis si elle avait été insérée dans une famille de type traditionnel constitué d'un nouveau couple de géniteurs et de leurs autres enfants ».

Vous n'y auriez jamais pensé, je parie. Et si cela ne vous paraît pas clair comme de l'eau de roche, poursuivons la lecture :

Sur la base des observations, les responsables des services sociaux – précisent les juges – ont relevé que la fillette « s'est toujours référée à des figures familiales féminines, que ce soit dans la communauté sociale ou dans le noyau d'origine, de là qu'il ait apparu opportun de l'insérer dans un contexte exclusivement masculin totalement dévoué à elle, fût-ce pendant un temps déterminé. »

Au-delà du charabia : deux choses. La première est le recours à une sorte de principe de précaution à l'envers, ou l'on prend le risque avant même de le laisser étudier. La deuxième : l'idée que la fillette a tout de même besoin d'un « référent masculin » après son passage dans un univers uniquement féminin. Les familles unisexe auraient-elles donc des défauts ?

Source : LifeSite et ici.

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22 octobre, 2013

Mexique : un évêque justifie le refus d'une élève qui a “deux papas”

L'archevêque de Monterrey, au Mexique, a le souci de la cohérence. Aussi vient-il de prendre la défense d'une école de son diocèse qui s'est vue accuser de discrimination pour avoir refusé d'accueillir une petite fille qui a « deux papas », « mariés » il y a un an à Mexico : son père biologique et l'amant de celui-ci.

Mgr Rogelio Cabrera s'en est expliqué dans une interview exclusive avec LifeSite, assurant que les écoles ont le droit de se protéger face à de telles influences. Si une école, « qu'elle soit ou non catholique, compte cela au nombre de ses principes, il est juste qu'elle procède ainsi », a-t-il dit.

En ce qui concerne les enfants adoptés par des homosexuels, Mgr  Cabrera a déclaré : « C'est le gouvernement qui l'a décidé, mais les homosexuels ne devraient pas avoir le droit d'adopter quoi qu'il en soit. »

L'école maternelle en question s'appelle le Hills Institute, prestigieuse institution totalement laïque, où le père a inscrit la fillette de deux ans au début de l'année sans difficulté. C'est en s'apercevant de la situation que la directrice, trois jours après la rentrée, a demandé aux deux hommes de respecter un certain nombre de conditions pour que la petite fille puisse demeurer dans l'école : ne pas assister ensemble aux fêtes d'école et autres événements impliquant la présence des parents, ne pas venir à la fête des mères (!), ne jamais se présenter ensemble pour venir la chercher, etc. Des choses « ridicules et discriminatoires », assurent-ils : ils ont aussitôt alerté divers services de protection des droits de l'homme et de lutte contre la discrimination.

Au départ l'archevêque avait été cité par les médias comme ayant déclaré que la fillette avait « droit à l'éducation », à la grande satisfaction des associations LGBT qui avaient rapproché ses paroles des mots du pape François : « Qui suis-je pour juger ? »
Mais Mgr Cabrera a expliqué à LifeSite que ses paroles avaient été citées hors contexte.

« J'ai dit que la fillette avait droit de recevoir une éducation. Mais j'ai également dit qu'une école privée a le droit de fixer ses propres conditions quant à l'accueil des élèves. »

Voilà qui a rendu furieux Alex et Pepe. Ils ont réussi à mobiliser la commission locale des droits de l'homme ; ils ont également porté plainte pour discrimination. Mais ils n'auront pas besoin d'attendre la procédure pour voir l'école punie : la directrice de l'école encourt des amendes pour avoir refusé de se présenter des audiences organisées par l'organisme local de protection des consommateurs, et l'école se trouve sous le feu groupé d'enquêtes menées par plusieurs autorités publiques, un état de fait qui semble directement lié à l'affaire de « discrimination ».

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19 octobre, 2013

Première adoption homoparentale : pliée en deux mois

La justice française a beau être lente et les tribunaux débordés, c'est en moins de deux mois que le tribunal de grande instance de Lille a accordé à l'« épouse » d'une femme, mère de deux petites filles, l'adoption plénière de celles-ci. Laure et Lise n'ont aucun lien avec leur (ou leurs) père(s) biologique(s), puisqu'elles sont nées à la suite d'une insémination artificielle avec donneur inconnu, procédure pourtant illégale en France puisqu'elle est réservée aux couples mariés ou aux concubins vivant ensemble depuis deux ans au moins et chez qui une infertilité ou une maladie grave héréditaire a été médicalement constatée.

Pour l'heure il apparaît donc que les « épouses » lesbiennes ne peuvent pas accéder à l'insémination artificielle en France. A moins qu'on accepte – et aujourd'hui tout paraît possible – que l'infertilité intrinsèque de la relation homosexuelle puisse être considérée comme ouvrant droit aux techniques de procréation médicalement assistée aux femmes qui les réclament. Mais pour l'heure on n'en est pas là/ Et donc l'adoption des enfants du « conjoint » vient ici et viendra à l'avenir, chaque fois que les enfants sont nés d'une insémination avec donneur, reconnaître un droit assis sur une pratique illégale.

Ne croyez plus que l'on puisse dire en France désormais que la maxime juridique Nemo auditur propriam turpitudinem allegans (« nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ») est encore d'actualité.

A supposer même que Laure et Lise puissent connaître l'identité de leur père, tous les liens – familial, juridique, d'autorité, d'obligation alimentaire – sont désormais rompus et les enfants sont réputées, par la fiction légale de l'adoption, comme n'ayant pas d'autres parents que leurs « deux mamans » : dans le droit français, il est même possible de changer leurs prénoms…

Qui, de Caroline et Pascale A., « mariées » en juin, est la mère biologique ? Il ne semble pas que la couple ait voulu communiquer sur ce point ; les deux femmes ont d'ailleurs laissé la publicité donnée à leur affaire être gérée par l'association de parents gays et lesbiens (APLG) dont elles sont adhérentes. Et celle-ci a attendu le jour de la décision du Conseil constitutionnel rejetant la demande de droit à l'objection de conscience, le 18 octobre, pour alerter les médias.

La requête avait été déposée au TGI de Lille par les deux femmes « immédiatement » après leur « mariage » en juin et elle a reçu une réponse positive dans des délais extraordinairement courts – moins de deux mois – de la part du juge aux Affaires familiales. Les associations du lobby sont folles de joie : à la fois en raison de la rapidité de la décision et du fait qu'il s'agit d'une première, et donc d'une décision qui a « énormément d'impact », comme le souligne Doan Luu, responsable médias de l'APGL. L'inter-LGBT parle aussi d'un « grand pas en avant ».

Les associations ne sont pas satisfaites pour autant puisque le passage devant le juge demeure obligatoire pour l'adoption de l'enfant du conjoint.
« L’APGL regrette que cette première forme de reconnaissance des familles homoparentales s’établisse par une requête au terme d’une procédure à laquelle participe le Procureur de la République et dans laquelle une enquête sociale peut être demandée par le juge. Nos enfants n’ont pas besoin d’un jugement pour savoir qui sont leurs parents ! »
L'association réclame donc toujours ce qu'elle n'a pas obtenu dans un premier temps par le biais de la loi Taubira : l'extension de la « présomption de paternité », qui fait du mari légitimement marié le père putatif de tout enfant né de sa femme, dont la maternité est toujours certaine (sauf substitution d'enfant, mais ne coupons pas les cheveux en quatre !).

La présomption de paternité avait pour but de protéger la famille légitime et d'assurer la stabilité de celle-ci comme de la société, quitte à laisser quelques enfants adultérins passer entre les mailles, et être considérés comme légitimes alors qu'ils ne l'étaient pas.

Mais on sait que les droits prioritaires reconnus aux enfants légitimes ont été successivement démantelés jusqu'à ne plus signifier grand chose.

Pour autant, supposer que la compagne d'une femme puisse être la « vraie mère » de l'enfant née de son « épouse » pousse quand même un peu loin le bouchon de la torture du droit (ne parlons même pas de la réalité).

Mais on y viendra, vous verrez.

Quant aux couples mariées mâles, on attend de voir ce qu'ils inventeront.

PS. Pour la prochaine fête des mères, Pascale et Caroline ne l'ont peut-être pas réalisé, mais elles risquent de se retrouver à la tête de quatre colliers de nouilles…

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12 octobre, 2013

“Homoparentalité” : les enfants réussissent moins bien à l'école

Enfin une étude de grande envergure sur les enfants élevés par des paires homosexuelles : elle a porté sur une enquête ayant comme base 20 % des Canadiens recensés en 2006, et sa conclusion est pour le moins significative. Les enfants ayant grandi au sein de foyers gays ou lesbiens ont 65 % de chances d'obtenir leur diplôme équivalent au baccalauréat par rapport à ceux élevés dans une famille avec un père et une mère mariés. Et parmi les enfants de foyers homosexuels, les filles s'en sortent encore nettement moins bien que les garçons.

L'étude a été menée par Douglas W. Allen et publiée le 10 octobre par la Review of Economics of the Household. Elle a identifié les personnes qui se déclarent elles-mêmes comme élevées dans un foyer homosexuel au sein de cet échantillon de 20 % de la population recensée en 2006, suffisamment grand pour distinguer le statut matrimonial, les différences selon le sexe des parents et celui des enfants qu'ils élèvent.

Pour l'heure le lobby gay et les gros médias n'ont pas réagi ; on ne trouve sur l'internet anglophone, hormis des recensions par des sites pro-vie ou pro-famille, qu'un article sur un site homosexuel titrant sur le fait que Douglas W. Allen est un « chercheur de droite » et rejetant sa « pseudo-science », l'article lui-même semblant avoir été retiré puisqu'on n'y accède que par le cache, ici.

Les résultats de son enquête sont pourtant spectaculairement opposés à ce qu'on nous a répété pendant des mois sur le fait que les enfants sont aussi bien élevés par des couples de même sexe que par les autres, au point qu'on est qualifié d'« homophobe » si l'on ose affirmer le contraire.

Le chercheur, professeur d'économie à la Simon Fraser University, a répondu aux questions de MercatorNet pour rendre compte de sa méthode et de ses résultats : une passionnante interview dont je vous propose la traduction complète ci-dessous, tant le sujet est fondamental dans les batailles qui nous mobilisent. – J.S.

— MercartorNet : Qu’a permis de découvrir votre étude sur l’issue du parcours scolaire des enfants de couples de même sexe par rapport aux enfants de couples de sexe opposé ?
­— Doug Allen : On compte sur les quinze dernières années quelque 60 études posant la question de savoir si « l’évolution des enfants est différente pour ceux élevés dans des foyers de même sexe ». La quasi totalité de ces publications est marquée par les caractéristiques suivantes : les échantillons sont minuscules et penchent dans une direction, les mesures des résultats sont subjectives et difficiles à reproduire, et le résultat est toujours qu’il n’y a « pas de différence ».
Malgré la validité scientifique limitée de ces études, elles aboutissent toutes à des recommandations
politiques de grande échelle. Il ne s’agit pas véritablement de littérature scientifique, mais d’une littérature politique qui a pour cible les juges, les juristes et les hommes politiques.
Puis il y a eu un papier de Michael Rosenfeld, publié par Demography en 2010. Cet article s’appuie sur un grand échantillon aléatoire et étudie le parcours scolaire normal aux Etats-Unis. Il s’agit, à mon avis, du premier travail statistique solide sur la question ; l’auteur confirme le résultat « pas de différence ». Par la suite, Joe Price, Catherine Pakaluk et moi-même avons répliqué son étude – et découvert deux problèmes.
Premièrement, il n’a pas trouvé « aucune différence ». Ce qu’il a trouvé, c’est beaucoup de bruit, il a donc été incapable de faire une distinction statistique entre les enfants de foyers homosexuels et ceux issus de n’importe quel autre type de foyer – y compris ceux dont nous savons qu’ils ne sont pas bons pour les enfants.
Deuxièmement, le manque de précision de ses estimations vient du fait qu’il a décidé de ne retenir aucun enfant n’ayant pas habité au même endroit pendant cinq ans. Un facteur qui s’est révélé très fortement corrélé avec la vie au sein d’un foyer homosexuel. Il a ainsi sans y faire attention écarté la plupart des foyers homosexuels de son échantillon. Sans cette information, il n’avait pas le pouvoir statistique de distinguer parmi les différents types de familles.
Ainsi donc, mes deux collègues et moi avons restauré l’échantillon et utilisé la technique statistique du contrôle de la stabilité du foyer. Nous avons découvert que les enfants de foyers homosexuels avaient 35 % de risques supplémentaires de ne pas réussir une année.
Pendant que nous travaillions là-dessus, j’étais aussi en train d’utiliser le recensement canadien pour regarder d’autres questions. J’ai remarqué plusieurs choses qui le distinguent du recensement des Etats-Unis. Premièrement, et contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, le recensement canadien identifie lui-même les couples de même sexe. Cela permet de résoudre un gros problème par rapport au recensement américain, qui peut inclure des colocataires, les membres d’une même famille, les couples de sexe opposé comme les couples de même sexe.
Deuxièmement, le recensement canadien fait un lien bien pratique entre les enfants et les parents, ce qui permet de contrôler le niveau d’éducation des parents et leur statut matrimonial. De mauvais résultats à l’école sont corrélés avec les ruptures maritales des parents, il s’agit dont d’un contrôle important. De bien des manières, donc, le recensement du Canada offre un bien meilleur ensemble de données pour évaluer cette question, et j’ai donc décidé de tout simplement refaire l’étude Rosenfeld en les utilisant. (Le recensement ne rend pas compte de l’évolution au long du parcours scolaire, au lieu de celle-ci j’ai donc examiné les taux de réussite à l’examen final d’études secondaires.)
Qu’ai-je trouvé ? D’abord, j’ai tout simplement regardé comment n’importe quel enfant dans un foyer gay ou lesbien réussissait par rapport aux enfants vivant auprès de parents mariés ou concubins ou d’un seul parent. La partie la plus longue du papier compare les enfants de foyers de même sexe à des enfants vivant auprès de parents mariés, mais le lecteur peut faire toutes les comparaisons en regardant les tableaux.
J’ai constaté qu’en moyenne, les enfants de foyers de même sexe ont à peu près 65 % de chances d’obtenir leur diplôme de fin d’études secondaires par rapport à des enfants similaires vivant dans un foyer de parents mariés. C’est un résultat qui semble très voisin de celui que nous avons trouvé aux Etats-Unis pour le progrès normal.
Ensuite, je me suis demandé si la composition par sexe avait une incidence, alors j’ai distingué garçons et filles. J’ai été très surpris par les résultats.
Côté garçons, j’ai surtout trouvé du bruit. Certains garçons ont de bons résultats, d’autres ont de très mauvais résultats. Je ne peux pas déterminer l’effet statistiquement.
Si on ne regarde que les estimations ponctuelles, les garçons dans des foyers lesbiens ont 76 % de chances d’obtenir leur diplôme, et dans les foyers gays ils ont 60 % de chances en plus d’obtenir leur diplôme. Mais aucun de ces chiffres n’est statistiquement significatif, ce qui veut dire qu’on ne peut pas les distinguer de zéro.
Pour les filles, c’est une autre histoire. D’abord, les estimations sont très précises. Et deuxièmement, elles sont très basses. Une fille au sein d’un foyer gay a une probabilité de 15 % d’obtenir son diplôme ; dans un foyer lesbien le pourcentage atteint 45. Le résultat que l’on obtient en prenant la masse de tous les enfants est alimenté par l’effet fille. Et pour elles le résultat est très solide, j’ai essayé de nombreuses spécifications, des restrictions d’échantillon, et des techniques d’estimations, mais il demeurait toujours.
Ainsi mon étude ne rejette pas seulement le consensus autour du « pas de différence », elle renvoie par un résultat qui – si d’autres études le confirment – semble incroyablement important.
— C’est particulièrement dur pour les filles, donc. Pourquoi ?
— Il est important de souligner que je ne fais aucune affirmation théorique dans ce papier. Je ne fais que pointer une découverte empirique basée sur un grand échantillon de très bonne qualité, et qui ne confirme presque rien de ce qui a été affirmé auparavant.
Cela dit, en tant qu’économiste, j’envisagerais la supposition suivante : la spécialisation. Cela me paraît tenir la route que pères et mères ne sont pas parfaitement interchangeables. En fait, il se peut que les mères apportent des services parentaux qu’un père ne peut apporter, et que les pères apportent des services parentaux dont les mères ne peuvent apporter. Ces services pourraient bien être nécessaires aux filles mais pas aux garçons.
Par exemple, des gens médicaux m’ont dit que lorsqu’un père biologique est présent au foyer, les filles ont leurs premières règles plus tard. Et ce fait est corrélé avec une activité sexuelle plus tardive, etc., et cela peut impliquer une meilleure probabilité d’achever le cursus secondaire.
Il me semble que cela peut fonctionner pour des dizaines de facteurs. En tant que père de deux filles et d’un garçon, j’ai souvent discuté avec d’autres parents en notant qu’il suffit de nourrir les garçons et de les éloigner des explosifs, alors qu’élever une fille est un peu plus compliqué. C’est de l’humour un peu facile, mais tous comptes faits on a affaire à une question intéressante qui mérite d’être étudiée.
L’une des explications de la moins bonne réussite scolaire en général est que les enfants de couples de même sexe pourraient subir des discriminations à l’école. Cela paraît moins probable vu les différences de résultats entre garçons et filles. Ou alors il faudrait trouver une histoire de discrimination différente et plus compliquée.
— Voilà qui met la sagesse conventionnelle sens dessus dessous, n’est-ce pas ? La plupart des gens pensent qu’il n’y a pas de différence. Les études précédentes avaient-elle des défauts ?
— Je crois que j’ai répondu à cela plus haut. Mais je voudrais quand même signaler autre chose. J’ai lu chaque papier ou presque sur le sujet publié depuis 1995. Et bien que bon nombre d’entre eux assurent ne trouver « aucune différence », ils trouvent pourtant bien quelque chose. Une fois de plus, leurs résultats viennent d’un petit échantillon qui penche dans une direction, mais on trouve bien des différences. Par exemple, les enfants qui grandissent dans des foyers de même sexe ont plus de probabilités d’essayer des styles de vie alternatifs, etc.
Je dois aussi souligner que toutes les études ne sont pas créées égaux. Ainsi, un sociologue australien nommé Sotirios Sarantakos a fait au cours des années 1990 un travail considérable qui, sans être aléatoire, utilise d’importantes études longitudinales de mesures de réussite objectives, vérifiables et certaines. Il aboutit à de nombreuses différences pour les enfants de foyers de même sexe en ce qui concerne les mathématiques, la langue et d’autres mesures de performance scolaire. Il est intéressant de noter que son travail n’est pas référencé dans la plupart des recensements d’études. Cela met aussi en évidence la nature politique de cette littérature.
— Vos conclusions se fondent sur les données du recensement canadien. Pourquoi sont-elles meilleures que celle des Etats-Unis.
— J’ai mentionné cela plus haut, mais je vais donner un peu plus de détails. Le recensement américain n’identifie pas les couples de même sexe selon qu’ils sont mariés ou concubins. Qu’est-ce qui a permis à Rosenfeld et les autres de les identifier. Ils ont regardé une série de questions : par exemple, quel est votre sexe, êtes-vous marié, quel est le sexe de votre conjoint. Toute réponse homme/oui/homme a été considéré comme indiquant un couple gay.
Le problème est que cela peut causer des erreurs de mesure. Supposez que je sois un homme marié, logeant un avec un autre homme dans un camp de travail (l’exemple peut paraître tiré par les cheveux, mais il est réel). Quand je réponds à l’enquête je dis que je suis un homme, marié, vivant actuellement avec un homme. Et on peut me compter parmi les couples de même sexe alors que je n’en suis pas. La même erreur peut se faire à propos des membres de même sexe d’une famille vivant ensemble, à propos de camarades de chambre et d’autres.
Il y a aussi la question des erreurs aléatoires. Personne ne remplit parfaitement les formulaires, parfois on coche la mauvaise case. Parce qu’il y a un si grand nombre d’hétérosexuels par rapport aux gays et lesbiennes, il suffit d’une petite fraction de personnes âgées qui cochent la mauvaise case pour leur sexe pour envahir l’échantillon de couples de même sexe. Le recensement canadien évite ces problèmes. Il ne se contente pas d’identifier les couples de même sexe, il doivent être dans une relation de cohabitation ou de mariage.
Le Canada avait par ailleurs légalisé le mariage de couples de même sexe avant le recensement. Beaucoup sont d’accord pour dire que le Canada est plus ouvert et accepte mieux le mariage de même sexe. Résultat, la tendance à l’erreur dans la déclaration de données est probablement plus basse qu’aux Etats-Unis.
Pour finir, comme je l’ai dit plus haut, j’ai été en mesure de contrôler l’histoire maritale des parents. Cela se révèle également important sur le plan statistique, et dans mon papier je montre ce qui arrive lorsque ce point n’est pas contrôlé. Les enfants vivant dans des foyers de même sexe ont de bien plus grandes chances de provenir d’un mariage hétérosexuel antérieur que de l’adoption ou d’autres moyens. Cependant, le divorce réduit la probabilité de réussir son cursus scolaire. Si vous ne contrôlez pas cet effet, les enfants de foyers de même sexe réussissent encore moins bien au moment de l’examen final. C’est donc une variable importante à prendre en compte.
—Votre étude prouve-t-elle de manière définitive qu’il n’y a pas de différence ? Quelles questions soulève-t-elle ?
— En admettant qu’elle ne comporte pas d’erreurs, elle invalide l’affirmation selon laquelle il n’y a « pas de différence ». Je pense à titre personnel qu’en sciences sociales nous de devons jamais donner trop de poids à une étude donnée. Il est important que nous regardions les faits en provenance de différents pays, etc. Je dirais que cette étude se superpose à quelques autres qui remettent en cause un consensus longtemps partagé. L’examen des études publiées montre que ce consensus ne s’est construit que sur une série de travaux préliminaires. Depuis que des chercheurs ont commencé à étudier la question de manière plus sérieuse, nous ne trouvons pas de faits à l’appui de cette conclusion-là.
Dans un champ aussi conflictuel, pensez-vous que votre étude aura un impact sur le débat public ?
— Je n’en sais rien, mais j’ai l’intuition qu’elle aura peu d’impact. Le débat semble s’être déplacé depuis le laboratoire de statistiques vers le niveau du slogan placardé. Le concept d’« égalité du mariage » et l’alignement des droits au mariage de même sexe sur le mouvement pour les droits civils semble tellement puissant que je pense qu’une petite étude va beaucoup peser.
Si cette étude a un mérite, et si vraiment il y a une différence qui a de l’importance, il me semble bien plus probable que d’ici à 20 ans nous nous demanderons : « Comment en sommes-nous arrivés là et comment nettoyer les  dégâts » – un peu de la même façon qu’aujourd’hui nous nous demandons comment nous avons abouti à un monde où tant d’enfants sont élevés par un seul parent.
— Le sociologue Mark Regnerus a publié un papier qui a abouti à la même conclusion l’an dernier et aussi bien ses collègues et les activistes lui ont à peu près tout fait, si ce n’est le crucifier. Vous attendez-vous à une réaction semblable ?
— Avant la publication de son article je ne connaissais pas l’existence du Pr Regnerus. Parce que je travaillais dans le même domaine que lui j’ai immédiatement vu ce qui se passait. J’ai été frappé par l’hypocrisie de ceux qui l’attaquaient.
Voilà quelqu’un qui avait regardé les publications scientifiques et qui avait décidé de faire quelque chose de mieux. Il n’y avait que des échantillons minuscules, il s’est mis à la recherche d’un grand échantillon et l’a trouvé. Il n’a trouvé que des tendances à pencher d’un côté et de l’effet boule de neige (le processus par lequel on demande à des amis de participer à une étude), alors il a adopté une procédure aléatoire. Il y avait beaucoup trop de questions complaisantes, alors il a posé des questions quantifiables. Il essayait d’améliorer le travail, et cela mérite d’être salué.
Son étude était-elle parfaite ? Non – mais aucune ne l’est. Sa grande erreur, évidemment, fut de trouver la mauvaise réponse. Ceux qui sont venus après et qui se sont plaints en parlant de ce qu’il aurait dû faire aurait dû être tout aussi en colère contre ce qui avait été fait auparavant. Si Regnerus avait conclu différemment, ils auraient applaudi sa recherche en la qualifiant de pionnière.
J’ai tendance à croire que cela ne m’arrivera pas pour nombre de raisons. Premièrement, après le commentaire sur Demography publié l’an dernier, mon université a reçu diverses lettres – envoyées au président, à plusieurs autres administrateurs, et à de nombreux collègues – demandant que je sois mis à la porte. C’étaient la même tactique qui avait été employée contre le Pr Regnerus.
Heureusement pour moi, je suis bien connu et respecté au sein de mon institution et nous avons une haute idée de la liberté académique. J’ajouterai que la Simon Fraser University a récemment été classée parmi les premières universités où l’on peut exprimer des idées qui peuvent être politiquement incorrectes.
Deuxièmement, mon étude ne considère qu’un aspect marginal des performances des enfants : le diplôme de fin d’études secondaires. Le Pr Regnerus en a évalué beaucoup, et de beaucoup de points de vue il a trouvé davantage de problèmes que moi.
Troisièment, mon échantillon est un échantillon de 20 % du recensement du Canada. Personne ne peut m’accuser d’avoir un petit échantillon partisan ni prétendre que l’agence chargée de le collecter n’est pas digne de foi.
Quatrièmement, le Pr Regnerus était le premier, et je pense qu’être le premier expose bien plus à essuyer le feu.
Cinquièmement, la Cour suprême des Etats-Unis a déjà pris une décision sur la proposition 8 et sur DOMA (Defense of Marriage Act), et ainsi les plus fortes incitations aux attaques ne sont plus d’actualité.
Cela dit, j’ai effectivement été attaqué, et j’aimerais relayer un incident qui s’est produit.
La semaine dernière j’ai reçu un courriel de David Badash, rédacteur en chef de The New Civil Rights Movement, un site de premier plan pour les droits gays. Il m’écrivait qu’il avait entendu parler de l’étude, et n’en était pas heureux, mais qu’il voulait m’en parler avant d’écrire à son sujet. Je répondis par retour, lui envoyai une copie et l’invitai à me poser toutes les questions qu’il voudrait sur ce travail.
Le lundi en arrivant à mon travail j’ai trouvé nombre de courriels haut en couleurs, me donnant toutes sortes de noms d’oiseaux. J’ait vite compris qu’ils venaient de personnes qui avaient lu un message sur le blog de M. Badash.
Alors je suis allé voir. J’y ai trouvé un mélange d’attaques ad hominem, des contresens et des représentations erronées de mon travail, et un esprit de méchanceté généralisé. A l’exact opposé de ce que j’ai toujours cru devoir être un vrai débat public.

Alors, je suis peut-être naïf ; peut-être les attaques viendront-elles. Quiconque veut lire mon travail y est cordialement invité, et je suis prêt à en discuter de manière raisonnable avec quiconque.


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14 mai, 2013

Adoption aux Etats-Unis : homos obligatoires ?

Un proposition de loi américaine portée par un démocrate – John Lewis – et une républicaine – Ileana Ros-Lehtinen, propose de couper tous fonds fédéraux aux agences d'adoption, fussent-elles des associations à but non lucratif confessionnelles, qui donneraient la priorité aux couples hétérosexuels mariés.

Il s'agirait ainsi d'empêcher la « discrimination » à l'égard des concubins – et surtout des homosexuels. Car même si ceux-ci n'ont pas encore accès au « mariage » dans tous les Etats, il ne leur est pas interdit d'adopter aux Etats-Unis.

Comme le note Tony Perkins sur LifeSite, une telle loi aboutirait à instituer une politique officielle pénalisant les organismes qui tiennent compte du bien-être des enfants dans le choix de leur placement.

Mais attention, dire cela est déjà suspect. Car cela suppose d'ajouter foi à – par exemple – l'étude universitaire d'un Mark Regnerus qui a conclu à la moindre réussite des enfants élevés dans des foyers où l'un des parents avait une relation homosexuelle. Cette étude a beau avoir été soutenue par l'Université du Texas, et confirmée par d'autres travaux du chercheur, elle a le goût de l'interdit.

Le même article souligne que dès 2014, le ministère de l'Education des Etats-Unis – le Department of Education – remplacera les rubriques « père » et « mères » sur ses formulaires officiels par « parent 1 » et « parent 2 ».

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05 avril, 2013

Equateur : protestations contre la gratuité de la pilule du lendemain

L'archevêque de Cuenca, en Equateur, s'est élevé contre la décision du gouvernement de rendre la pilule du lendemain gratuitement accessible dans les centres de santé depuis le début de cette semaine, en exigeant qu'on dise aux femmes qui la demandent « la vérité globale » sur cette « contraception d'urgence ».

Mgr Luis Cabrera Herrera a affirmé que ses promoteurs ont le « devoir moral » d'informer les utilisatrices de tous les effets du Lévonorgestrel qui a comme troisième mode d'action l'inhibition de la nidation de l'embryon dans l'utérus de la femme, qui normalement se produit quelque sept jours après la fécondation.

Dans un communiqué signé du 2 avril l'archevêque a dénoncé le fait que sous le concept de « santé sexuelle et reproductive » plusieurs agences de l'ONU et de l'OMS font « d'énormes campagnes en faveurs des anticonceptifs et des préservatifs », dans le but affiché de prévenir les grossesses non planifiées, les maladies sexuellement transmissibles et les avortements provoqués. « Pour les justifier, ils ont recours à des statistiques alarmantes et supposément dignes de foi », et bénéficient de grandes quantités de ressources et même de l'appui sans conditions de la part de nombreux Etats et d'ONG. Parlant de la pilule du lendemain, il a poursuivi :

« Ces campagnes sont présentées comme relatives à la santé publique ; c'est la raison pour laquelle la dimension éthique doit aussi être prise en compte. Ce qui est éthique, dans ce cas, a rapport avec “ce qui se dit” mais aussi avec “ce qui est occulté” à propos de ses effets sur la santé intégrale, particulièrement celle de la femme qui est la plus directement touchée.

« De ce point de vue, aussi bien ceux qui la produisent que ceux qui en font la promotion ont la responsabilité éthique de dire “toute la vérité” au public. Cette même obligation morale s'étend au père et à la mère de famille, tout comme au médecin qui a droit à l'objection de conscience. »

Cette vérité, a rappelé Mgr Cabrera, inclut les effets du Levonorgestrel sur la santé physique, psychique et sociale : « des données qui ne sont pas toujours fournies ».

« De même, il faut se poser la question de savoir si, dans les pays où la contraception a été imposée, les grossesses non planifiées ont disparu ?  Y a-t-on éliminé les infections sexuellement transmises ? A-t-on réduit le nombre d'avortements provoqués ? Les statistiques nous disent que non ; au contraire, elles signalent une augmentation du nombre des maladies. Pourquoi le taire ? »

« Les campagnes multimillionaires pour légaliser son utilisation ont donc l'obligation morale de dire toute la vérité. Seule la vérité nous rendra libres en vue de prendre les meilleures décisions », a-t-il conclu.

L'archevêque de la plus importante ville du pays, Guayaquil, a lui aussi dénoncé la décision du gouvernement de Rafael Correa, le président ayant pris la parole lui-même pour se féliciter de la gratuité de la pilule du lendemain.

« Le président Correa n'est pas Dieu, il ne peut prétendre à des attributions divines pour entrer dans la conscience des gens afin de la modeler », a-t-il lancé. Pour Mgr Antonio Arregui, prenant le contre-pied des autorités civiles, les choses sont claires : la pilule du lendemain peut être abortive.

A Quito, la capitale, la Pastorale familiale de l'archidiocèse a appelé la population à participer ce samedi 6 avril à une Journée d'oraison pour demander à Dieu de « sauver notre Equateur, consacré au Sacré Cœur de Jésus, de toutes ces lois immorales et criminelles qui dessèchent nos familles, nos enfants et notre société ».

L'organisme a prévenu que l'Equateur « n'a jamais été aussi près d'en finir avec le droit à la vie dès la conception » et avec la famille basée sur le mariage entre un homme et une femme – oui, même un pays comme l'Equateur est aux prises avec les pressions du lobby gay de légaliser les unions homosexuelles. « Avec cette loi chacun peut décider ce qu'il veut être, aujourd'hui femme, demain homme ou vice versa, et les homosexuels pourront se marier ou adopter ».

La décision de rendre cinq types de contraceptifs, y compris la pilule du lendemain, gratuits et accessibles aux mineures sans que leurs parents soient au courant, ouvre la voie à de « graves dommages pour la vie de la femme », et dans le cas d'une action abortive, « pour celle d'un enfant récemment conçu ».

C'est précisément pour que Dieu sauve l'Equateur de ces lois que les Equatoriens doivent s'unir dans la prière qui se déroulera à l'ombre de la « Croix du Pape, au parc de la Carolina » dès 10 h samedi matin, en préparation d'une grande marche de l'Equateur pour la Vie et la Famille le 4 mai prochain.


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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...