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01 octobre, 2020

Le COVID-19 dans le nord de l'Italie : un médecin témoigne (et pose des questions qui dérangent)



Lors d’un séjour à Livourne, en Toscane, en septembre, j’ai rencontré un membre des équipes  de médecins volontaires qui se sont précipités dans le nord de l’Italie en mars à cause de la crise COVID-19. C’était l’une des régions les plus touchées du pays et même du monde. Sur un total de 313.011 cas déclarés fin septembre, avec 35.875 décès attribués au virus de Wuhan, plus des trois quarts ont été enregistrés en Lombardie (101.526 cas et 16.951 décès à ce jour), dans le Piémont, en Vénétie et en Émilie-Romagne. Dans cette dernière province, on comptait au 30 septembre 35.429 cas, et 4.468 décès.


Le Dr Alberto Rossi a bien voulu me raconter son expérience personnelle dans l’un des principaux hôpitaux d’Émilie-Romagne, à Piacenza (Plaisance). Il est convaincu que la réponse politique du gouvernement italien à la crise COVID-19 a été marquée par de mauvaises décisions, notamment l’interdiction générale des autopsies qui aurait évité le recours à des processus thérapeutiques inadaptés, voire dangereux, et la décision discutable de faire appel à des experts scientifiques qui ont systématiquement fait des prédictions erronées mais qui continuent d’orienter les politiques officielles.

Dans un entretien quil donnait au début mois du d'avril à la presse locale en Italie depuis Plaisance, le Dr Rossi soulignait déjà que la situation était déjà bien meilleure à Plaisance après le pic de mars. Et il faisait part de sa conviction que le virus était déjà en circulation depuis « longtemps », assurant une immunité collective déjà importante.

Chose remarquable, le Dr Rossi affirme que, d’après son expérience personnelle et ses investigations auprès des patients du COVID-19 qu’il a lui-même soignés, les personnes qui se sont fait vacciner contre la grippe avant l’épidémie étaient particulièrement exposées au risque. Sur un plan personnel, il est fortement opposé au vaccin anti-COVID. – J.S.

*

Dr Alberto Rossi, voudriez-vous avant toute chose nous parler un peu de vous ?

Je suis médecin militaire avec rang de colonel, aujourd’hui à la retraite. Je me suis rendu disponible auprès de la protection civile pour aller aider les collègues dans les régions qui ont été affectées les premières par le coronavirus. J’ai fait partie du premier contingent déployé en Lombardie et en Émilie-Romagne. J’ai été affecté à cette dernière région, à l’hôpital de Piacenza (Plaisance).

Ce fut pour moi une expérience intéressante. J’ai vu que deux de mes collègues qui ont participé comme moi à cette activité sont tombés malades ; ils étaient tous les deux plus jeunes que moi (j’ai 69 ans – je suis un petit vieillard de 1951 !), un homme et une femme. Ils ont été guéris à l’hôpital au bout d’une semaine parce qu’ils n’avaient pas d’autre pathologie.

C’était le début de la crise. Il y avait-il déjà beaucoup de malades ?

Oui. J’ai rejoint l’hôpital de Plaisance le 26 mars ; cette ville a récupéré la plus grande partie de ses malades du COVID vers le 12 au 13 mars. Quand je suis arrivé, on était au pic de l’infection. Personnellement, j’ai eu la charge d’environ 100 malades –  des personnes en état d’urgence moyenne. Je n’ai pas travaillé en réanimation. Presque tous ces patients étaient âgés, ayant, disons, plus de 70 ans, souffrant de pluri-pathologies. J’ai personnellement mené une enquête sur l’histoire sanitaire de ces personnes, et j’ai constaté que la quasi-totalité d’entre elles avaient été vaccinées contre la grippe.

Ce vaccin est-il fréquent en Italie ?

Dans le nord, oui. On est vacciné davantage dans le nord que dans le centre et dans le sud.

Sachant que les militaires américains ont observé des réactions adverses à l’administration du vaccin antigrippal, avec notamment des troubles respiratoires avec pneumonie, j’ai demandé aux patients que j’ai soignés personnellement s’il avaient reçu le vaccin contre la grippe. La quasi-totalité l’avait en effet reçu. Comme je l’ai déjà dit ce vaccin est très répandu en Lombardie. Je soupçonne que cela a pu faciliter le COVID.

Parmi ces 100 personnes que j’ai soignées j’ai noté précisément cette concordance de l’âge et des pathologies. Il y avait seulement trois jeunes – nés en 1983, 1985… – mais ils souffraient tous d’une autre pathologie. L’un avait une néoplasie – une tumeur –, l’autre était sous dialyse, par exemple. C’est ainsi que je me suis fait une idée de la capacité du SARS-COV2, le virus qui provoque le COVID-19, à frapper des personnes qui se trouvaient en difficulté pour diverses raisons. Les thérapies qui ont été appliquées à cette période étaient à base d’hydroxychloroquine, d’anti-inflammatoires.

Selon votre opinion, hydroxychloroquine est-elle utile ?

Je pense que oui. C’est plus qu’une opinion personnelle : c’est une opinion que je me suis faite à partir de la littérature médicale. Pendant ce temps, d’autres molécules comme le Remdesivir ont été utilisés, même par Berlusconi. Les collègues qui ont essayé ce médicament m’ont dit, pendant que j’étais à Plaisance, qu’il ne semblait pas avoir un grand effet.

Il semble qu’elle soit efficace. Nous l’avons utilisée. Mais ça, c’est une étude que l’on fera rétrospectivement. Ma fonction était autre : elle était de soigner les gens avec cette thérapie-là, et je ne peux exprimer un jugement médical. Mais je pense, en juger d’après la presse internationale, que l’hydroxychloroquine, le Plaquénil, a été très, très efficace.

Quelle est aujourd’hui votre opinion à propos de la crise du COVID ?

Mon impression est que la situation du COVID a été exacerbée de façon excessive de telle sorte que je n’arrive pas à y voir clair. La maladie a sans aucun doute a existé, et elle existe encore parce que le virus existe encore, mais le virus s’est diffusé  indépendamment de nos mesures, de nos lockdowns, du confinement. Il s’est d’une certaine façon affaibli, c’est-à-dire qu’il n’a plus la même capacité pathogène qu’il avait au départ, en mars.

Peut-être vais-je dire une hérésie, mais comme beaucoup de spécialistes de toutes les couleurs ont dit cela, je peux me permettre de le faire, moi aussi. Je suis un simple pneumologue, non un spécialiste de la virologie. Mais je fais ce raisonnement simple : si le virus n’est plus aussi fort, s’il n’est plus capable de donner des pathologies, où est donc le problème de le voir se diffuser plus vite, puisque les gens s’auto-vaccinent ? Je me rappelle qu’il y a quelques mois, des cris d’alarme étaient lancés par de nombreux virologues italiens contre tel rassemblement, telle réunion, telle fête publique, par exemple après des matchs de football. Je pense à celui entre Napoli et la « Juve », lorsque Naples a remporté la Coupe d’Italie et que des milliers de personnes se sont rassemblées. Ils disaient : « Vous allez voir, après un mois, combien il aura de cas mortels ! » Et il ne s’est rien passé.

Nous sommes aux mains de soi-disant scientifiques qui nous annoncent ce qui va arriver et qui sont ensuite démentis par les faits. Je pense qu’ils ont des objectifs qui nous échappent. Indubitablement, l’infection se diffuse dans le monde entier, mais à mon avis, on l’a un peu exagéré, un peu gonflé pour des motifs que je n’arrive pas à comprendre et qui d’ailleurs me préoccupent.

Sont-ils politiques, alors ?

Je ne le sais pas. En Italie il y a une situation particulière, sur le plan politique, car notre gouvernement est dans une position de grande faiblesse et il se maintient en vie à travers cette situation, en infusant la peur. Tous les jours au journal télévisé nous avons le bulletin des infectés, des malades et des guéris. Il me semble que nous sommes le seul pays d’Europe qui fait un bulletin quotidien de cette façon. Toutes les chaînes de télévision ont fait du terrorisme en ce sens. Ils ont voulu imposer le masque tous les enfants dans les écoles. Finalement, c’est uniquement pour les enfants de plus de 6 ans. Mais le masque chirurgical sert à arrêter le virus comme une grille arrête les fourmis, c’est-à-dire pas du tout. Si en outre le virus a perdu sa capacité pathologique, je ne comprends rien. Certes, protégeons les personnes les plus à risque. Ceux-là, oui.

Il s’est passé quelque chose de très important à mon sens : vous savez que le 1er avril de cette année, Roberto Speranza, ministre de la Santé, a émis une circulaire par laquelle il décourageait de manière assez ferme la réalisation des autopsies…

Cela est donc vrai ?

Oui, j’ai lu toute l’ordonnance – et cela vaut la peine de la lire. Elle décourage les autopsies, en les empêchant presque totalement, disant quasiment que seule la magistrature, dans des cas particuliers, peut opportunément faire des autopsies. Par conséquent, pas un seul médecin spécialisé ne s’est hasardé à faire des autopsies. Celles-ci n’ont été réalisées que plus tard, quand le plus grand mal était déjà fait. Si on les avait faites à temps, on se serait rendu compte que ces pneumopathies interstitielles bilatérales que nous voyions à l’hôpital étaient la conséquence d’une vasculopathie, d’une thrombose vasculaire disséminée. Nous nous sommes donc trompés de thérapie. Nous avons pompé de l’oxygène dans les poumons alors qu’il aurait fallu donner des anti-inflammatoires, cortisone et dexaméthasone par exemple, pour bloquer cette cascade inflammatoire. Aujourd’hui, c’est ce que l’on fait. À mon avis, mais je suis un simple monsieur tout-le-monde, le thérapie adaptée pourrait bien être celle-là : cortisone dès le départ, et l’enoxaparine qui est une héparine à bas poids moléculaire, qui sert à prévenir les thromboses et non à les résoudre  – pour cela il y a d’autres produits. Mais pour prévenir la thrombose, il faut une héparine à bas poids moléculaire.

Pensez-vous que le confinement a été utile ?

Je pense qu’un lockdown limité aux zones les plus importantes – ainsi toute la Lombardie est devenue zone rouge – l’aurait été, mais nos gouvernants ont perdu du temps, et ils ont pris des dispositions stupides en interdisant les autopsies. Je ne crois pas au fait que l’Italie ou les autres pays aient été pris à l’improviste. Je refuse de penser qu’après l’expérience chinoise, les services d’information de l’Occident n’avaient pas informé les gouvernements de l’état des choses. Si nous pensons que le 31 janvier, gouvernement italien a fait une délibération d’état d’urgence, qu’a-t-on donc fait avant que cette urgence n’explose ? Les hôpitaux où je suis allé à Plaisance étaient dans une totale impréparation. Mes collègues médecins n’ont même pas été soumis à des examens sérologiques ou à des tests nasaux. Un grand nombre d’entre eux ont été malades.

Ça suffit. Je suis militaire, certes à la retraite. Je dis ceci : nous avons l’habitude des urgences dans le cadre de l’activité sanitaire militaire et nous savons que s’il y a une diffusion de virus, la première chose à faire n’est pas de d’entasser les malades à l’hôpital où ils infecteront tout le monde : tout l’hôpital sera infecté et deviendra un hôpital COVID même pour ceux qui viennent pour une amygdalectomie ou une appendicectomie, pour une opération au genou… C’est ainsi que se diffuse un virus hautement contagieux.

Cependant, je dois ajouter que le virus n’a été mortel que dans des situations déterminées, mais aussi en raison d’erreurs thérapeutiques dues au raisonnement qu’on avait fait au départ.

Il suffisait en réalité de mettre un petit hôpital de campagne à l’extérieur de l’hôpital et de faire la sélection.

Toute cette affaire me semble étrange et suspecte : pourquoi tant de choses n’ont-elles pas fonctionné ? Elles devaient fonctionner, elles pouvaient fonctionner. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette histoire.

Aujourd’hui les contaminations sont beaucoup moins graves, mais il faut le masque partout en Italie…

Oui, partout. Nous sommes obligés de nous y soumettre parce que sinon nous avons des ennuis administratifs, des amendes, notamment pour les responsables d’activités commerciales, les clients, les hôtes des différentes structures. Les dommages économiques ont été monstrueux. Il y a eu tant de familles frappées. J’imagine ces personnes, ces pauvres gens vivant de petits boulots : que deviennent-ils ? La situation est préoccupante, vraiment. Et tout cela pour quoi ?

L’association Corvelva, une association suisse qui fournit une information alternative, a publié il y a quelques jours l’annuaire des virologues qui ont collaboré avec les laboratoires pharmaceutiques et qui en ont reçu des financements. Je me suis fait un petit plaisir, je suis allé voir les noms de quelques virologues qui se répandent sur la télévision italienne – Galli, Pregliasco, Lopalco… – ; ce sont tous des virologues qui ont eu et qui ont encore des rapports économiques avec les laboratoires pharmaceutiques qui produisent des vaccins. Ce n’est pas très joli : ils devraient au moins le dire. En soi, cela n’est pas condamnable : je pense que la liberté est une des choses les plus importantes. Mais elle comprend la liberté de critiquer, et même davantage, le droit de savoir – pour nous les utilisateurs, les simples citoyens – si le virologue qui vient pontifier tous les jours à la télévision a eu des rapports économiques avec des laboratoires pharmaceutiques, s’il a été payé, en somme.

En France c’est la même chose…

Evidemment. J’ai recueilli les données – ce fut un peu fastidieux – et ainsi j’ai pu établir que Lopalco, virologue de l’Université de Pise, engagé politiquement au côté d’Emiliano qui est le président de la région des Pouilles, et qui pontifie toute la journée sur Facebook et à la télévision, en faisait partie. Je lui ai fait une demande sur Facebook à propos de ce qui se diffuse actuellement au compte-gouttes au sein de la population sur le fait que des virologues puissent avoir des intérêts auprès de certains laboratoires pharmaceutiques qui produisent des vaccins, en disant que ce ne serait pas mal si lui, publiquement, écrivait qu’il n’avait eu aucune relation de ce type avec ces laboratoires. Il ne m’a pas répondu. J’ai l’intention d’envoyer cette information à divers journaux – vous savez, moi-même, j’ai eu des activités politiques. J’ai été maire de Fauglia, et j’ai été chef de groupe du parti de centre droit dans la province de Pise.

Que pensez-vous du vaccin anti-COVID ?

Avec l’expérience de ces soldats américains qui se sont trouvés mal… Je n’étais pas, à titre personnel, opposé aux vaccins. C’est si vrai que lorsque j’étais en service à l’hôpital militaire de Livourne, quand on m’a demandé si j’étais volontaire pour un vaccin expérimental contre l’hépatite B, j’ai répondu positivement et j’ai reçu ce vaccin. Mais depuis que j’ai lu et compris les résultats de l’étude publiée par Corvelva d’une doctoresse italienne, le Dr Bolgan – elle a publié un film d’environ 15 minutes où elle donne des informations sur les résultats obtenus à la suite d’une enquête sur les composantes de ce vaccin – je m’inquiète. Il est vrai qu’au niveau international il existe une organisation nommée AIFA qui a la charge au niveau européen de contrôler les vaccins. Mais que je sache – je peux certes me tromper – elle exerce son contrôle après la vaccination, et non sur la composition les vaccins. Que je sache – mais je peux me tromper – les États se fient aux affirmations des certifications faites par les maisons qui produisent les vaccins.

Ce sont donc des auto-certifications ?

Oui, exactement. Ce sont des auto-certifications qui assurent que le vaccin est bon, et les États l’administrent, en tenant compte précisément de cette auto-certification.

Après avoir vu la vidéo du Dr Bolgan j’ai été très préoccupé, et je peux vous dire que je ne me ferai pas vacciner. Et ce d’autant que je n’ai jamais fait de vaccin antigrippal. En tant que médecin généraliste, j’ai visité de nombreuses personnes grippées à domicile, certaines ayant eu la courtoisie de tousser au moment où je faisais l’auscultation thoracique, directement dans ma figure, mais je n’ai jamais eu la grippe. Je veux dire par là que je n’ai pas de prédisposition. Et je n’ai pas d’autre pathologies.

En tout cas j’ai des doutes, notamment pour ce qui est d’imposer des vaccins à des enfants. En Italie cela se fait depuis les années 1970 en refusant l’entrée à l’école à ceux qui ne sont pas vaccinés, mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose.

Je ne veux pas tenir un discours anti-vaccin. Mais il est trop facile de dire que si nous n’avions pas eu le confinement, qui sait combien nous aurions eu de morts. Il n’y a pas de contre-preuve. Il suffit de voir l’exemple de la Suède, qui n’a pas eu de lockdown, et où le nombre de morts relativement à la population totale ressemble au taux que nous avons ici en Italie. On a entendu ici à la télévision : « Ici en Italie, nous sommes en exemple pour toute l’Europe, pour le monde entier. » Mais ce doit être un exemple négatif – par exemple, en ce que nous avons refusé de faire des autopsies.

Que dites vous de tout cela en tant que pneumologue ?

Je me suis porté volontaire auprès de la protection civile précisément à cause de ma spécialité, en me disant qu’on ferait peut-être appel à moi dans un deuxième temps. En fait, j’ai fait partie du premier contingent. Je suis à la retraite et je suis veuf, et je me suis dit : « Advienne que pourra. »

Et avez-vous été malade du COVID ?

Non. J’ai fait le test à la fin, ainsi que le prélèvement pour savoir si j’avais des anticorps – j’espérais l’avoir eu – mais tout était négatif. Il est vrai qu’on ne peut avoir qu’une confiance relative en ces tests ; il faudrait au moins les répéter pour vérifier le premier résultat.

La population italienne a-t-elle était terrorisée ? Porte-t-on des masques ici pour ne pas payer l’amende ou parce qu’on a peur ?

Terrorisée ! On voit beaucoup de personnes seules en voiture qui portent le masque.

A Nice, en France, le masque est obligatoire même pour les personnes seules en voiture.

C’est de la folie. 

Propos recueillis par Jeanne Smits

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29 octobre, 2019

La prière à Pachamama de la Fondation des missions des évêques italiens



Une prière à Pachamama, la « Terre Mère » vénérée par des tribus indigènes telles que les Aymaras et les Quechua dans les Andes mais aussi dans les plaines du nord de l'Argentine et au Brésil, près de la Bolivie et du Pérou, se trouve en bonne place dans un livret officiel de la Fondazione Missio de la Conférence des évêques d'Italie.
La prière est présentée sans la moindre mise en garde quant au fait qu'elle ne s'adresse pas au vrai Dieu. D'ailleurs, une autre prière qui est présentée dans cette brochure avec la même typographie et dans le même contexte illustratif s'adresse à la « Très Sainte Trinité ». La prière à Pachamama, elle, a pour sujet une divinité païenne, à laquelle on demande la prospérité matérielle et qui dans la religion indigène vise à calmer les esprits de la Terre.
La brochure fait partie d'une série de ressources présentant le travail et les objectifs de la mission catholique et de ses missionnaires, avec un accent particulier sur le Synode de l'Amazonie qui a eu lieu à Rome du 6 au 27 octobre.
Le livret dont il est question a été publié bien avant l'ouverture du synode, au mois d'avril dernier semble-t-il. La présence de la "Pachamama" dans une publication officielle de l'agence missionnaire des évêques italiens consacrée au synode suggère que le groupe des indigènes de la région amazonienne et leurs accompagnateurs de type européen, aussi bien que la hiérarchie catholique à Rome étaient pleinement conscients de la nature du culte à la « Terre Mère » aux accents chrétiens syncrétiques qui s'est déroulé dans les jardins du Vatican et à l'église Santa Maria in Traspontina, à la Basilique Saint Pierre, dans une Via Crucis "amazonienne" et peut-être ailleurs.
Cela éclaire d'un jour nouveau la présence d'images en bois sculpté de femmes enceintes et nues que le pape François lui-même a désignées comme des statuettes de la « Pachamama ».
Les 30 pages du livret consacré à « l'animation » et à la « formation » des fidèles en vue du Synode amazonien sont disponibles ici (en italien) sous letitre Sinodo sull'Amazzonia. Le livret explique comment le REPAM, le réseau ecclésiastique de la région panamazonienne, a été créé en 2014 pour aider l'Église à « marcher ensemble » avec ses habitants, en particulier les tribus indigènes qui y vivent encore selon leurs traditions ancestrales, et dont certaines refusent tout contact avec le reste du monde.
Il contient des déclarations étonnantes, comme celle-ci : « Le bassin amazonien contient 20 % de l'eau douce non gelée de la planète. Sur 5 verres d'eau que vous buvez, un vient du fleuve Amazone. »
Remarquablement, le livret utilise aussi de multiples phrases et concepts qui se retrouvent désormais dans le Document final du Synode, tiré du Document préparatoire (2018) et du Document de travail (Instrumentum laboris, juin 2019). Ni l'un ni l'autre n'employait le mot « Pachamama » mais le second mentionnait fréquemment la Madre Tierra qui est la traduction espagnole du concept de Pachamama, "Terre Mère » ou « Mère de l'Univers ».
Les cérémonies indigènes à la Pachamama comportent différents rites, dont le plus important a lieu au début du mois d'août, lorsque la « Terre Mère » est censée être fatiguée et usée. Le rite consiste à chanter, danser et boire autour d'une couverture sur laquelle sont déposées des offrandes, certaines brûlées ou fumées rituellement, pour « nourrir » la Terre qui nourrit, mais qui détruit et tue aussi par tremblements de terre et autres catastrophes quand les hommes utilisent par trop ses ressources, comme l'expliquent les légendes païennes – et le discours sur le réchauffement climatique d'origine anthropique et celui sur l'épuisement de la planète. Le rituel est dirigé par un chaman local.
Souvent, un trou est creusé dans le sol, symbolisant l'utérus de la Pachamama, et les offrandes, éventuellement brûlées – y compris les très recherchés fœtus de lama censés apporter chance et richesse – sont rituellement versées dans ce trou.
Des chamans, hommes et femmes, participent à la conduite de ces cérémonies.
Historiquement, avant l'arrivée des conquérants espagnols, le culte inca à Pachamama s'accompagnait de sacrifices humains, souvent des enfants de 7 ou 8 ans dont la mort était censée apaiser la « divinité » terrestre, pour éviter sa colère et obtenir la prospérité. C'est ainsi que 200 jeunes ont été sacrifiés à l'occasion du couronnement de Pachacutec à Cuzco, quelque part entre 1430 et 1440. Le sacrifice consistait souvent à congeler les enfants qui mouraient de froid après avoir été drogués à la coca, la plante sacrée de nombreuses tribus indigènes d'Amérique du Sud. Des momies d'enfants sacrifiés ont été retrouvées, qui confirment la réalité de la pratique du sacrifice humain à Pachamama en particulier.
Dans les années 1960 on rencontrait des vestiges du culte de la Pachamama, mais depuis lors, la rhétorique de la « Terre Mère » est devenue plus présente, à défaut d'être dominante, parmi certaines communautés indigènes des régions andines. Evo Morales, président autochtone de Bolivie depuis 2006, a joué un rôle important dans la remise à l'honneur des coutumes et des rites précolombiens ; il est même allé jusqu'à faire mentionner la « cosmogonie » syncrétique des autochtones dans la constitution bolivienne.
En novembre 2014, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, a participé à un rite pachamama au cours duquel le principal officiant et représentant de l'Institut des cultures autochtones (ICA), Victor Acebo, présentait un long discours plaintif sur la « spiritualité » païenne de la « Terre Mère ». Le discours, en espagnol, était clairement compréhensible sur le site Internet « Atrio de los gentiles », dans la vidéo mise en ligne par ses responsables ; elle semble avoir été retirée du site depuis. Le « Parvis des Gentils » (2009) était une initiative du Pape Benoît XVI par laquelle il cherchait à inviter les intellectuels non-catholiques et les athées à découvrir la foi catholique. En Argentine, en 2014, c'est donc l'inverse qui s'est produit.
La Pachamama n'était donc pas tout à fait inconnue à Rome lorsqu'une série de statuettes brunes et noires de femmes autochtones, nues, enceintes, avec leurs utérus rouge sang et leurs fœtus clairement visibles – comme dans les représentations modernes de la Terre Mère – a envahi la Ville.
On ne peut pas non plus ignorer la signification et le sens de la « prière » à la Pachamama incluse dans un livret officiel de l'agence missionnaire de la Conférence épiscopale italienne, d'autant plus que l'on peut trouver ce document sur certains sites web des diocèses italiens, comme celui de Bergame.
MichaelHichborn de l'Institut Lepanto aux Etats-Unis a publié une traduction anglaise du texte italien de la prière sur sa page Facebook.
Voici la prière complète, telle que traduite de l'italien :
Pachamama de ces lieux,

bois et mange autant que tu le voudras de ces offrandes,

afin que cette terre soit féconde.
Pachamama, bonne Mère

Sois propice ! Sois propice !
Que les bœufs marchent bien,

et qu'ils ne se fatiguent pas.

Donnez un bon goût à la graine,
que rien de mal ne lui arrive,
que le gel ne puisse le perturber,
qu'il produise de la bonne nourriture.

Nous te le demandons :

donne-nous tout.

Sois propice ! Sois propice !
(Prière à la Terre Mère des peuples Incas)

Il est intéressant de noter que la version originale quechua de la prière et sa traduction espagnole contemporaine sont légèrement différentes.
Les deux premières lignes se lisent comme suit dans la prière quechua :
Pachamama de ces lieux,
Bois, mâche de la coca et mange autant que tu voudras de ces offrandes… 
Apparemment, la Fondazione Missio s'est méfiée des mots évoquant la mastication de
la coca, la coca étant illégale dans presque tous les pays de monde, sauf en Bolivie et quelques autres où son utilisation traditionnelle est autorisée. Considérée par l'ONU comme une substance addictive, la feuille de coca est tenue pour sacrée par les tribus indigènes des Andes et sa mastication est créditée de nombreuses vertus : elle est riche en vitamines, elle réduit l'appétit et agit comme un stimulant.
D'autre part, bien que la production de cocaïne à partir de la feuille de coca nécessite un certain nombre de processus chimiques complexes, elle agit comme une drogue même lorsqu'elle est simplement mâchée, provoquant des hallucinations et d'autres effets qui sont ceux d'un stupéfiant naturel. En tant que tel, le coca était largement utilisé dans les rites indigènes traditionnels. Il joue un rôle important dans le rituel de la Pachamama, en particulier en raison de ses caractéristiques « stimulantes », et il est aussi utilisé pour prévoir l'avenir. Cela fait désordre, alors on censure !
La version expurgée de la prière à la Pachamama a été utilisée lors d'une veillée missionnaire à Vérone, selon une photo d'une partie du dépliant de la cérémonie publiée par un commentateur sous le message Facebook de Michael Hichborn.


Mise à jour :  Infovaticana nous apprend qu'un chant à la Pachamama a accompagné la procession d'entrée de la messe en la cathédrale de Lima au Pérou le 1er septembre dernier, présidée par Mgr Carlos Castillo, archevêque du lieu. C'est par ici, avec le texte complet du chant en espagnol et la video.

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05 juin, 2019

Les évêques du Latium au secours de l'accueil des migrants

Le grand vaticaniste Aldo Maria Valli publie aujourd’hui sur son blog Duc in Altum la lettre des evêques du Latium donnée à lire publiquement à l’occasion des messes de la Pentecôte à tous les curés de leurs diocèses. Les dits évêques appellent à « l’accueil des migrants » en une démarche qui est objectivement à l’opposé de la politique migratoire du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, et qui contredit le scepticisme d’une partie notable des Italiens face à la politique des portes ouvertes prônée notamment par le pape François.

Vous trouverez la traduction de cette lettre des évêques en dernière partie de cet article (ma traduction).

Aldo Maria Valli cite quelques commentaires de prêtres de Rome qu’il a interrogés à propos de cet appel : chez eux, constate-t-il, « le document suscite plus d’un motif de perplexité ». Et ce d’autant que l’un de ces prêtres affirme que le texte lui a été remis par son évêque avec la précision qu’il avait été reçu « l’approbation verbale » du pape.

Ce même prêtre a commenté : « En tant que prêtre ayant charge d’âmes, je trouve très difficile de le diffuser, car c'est un document à contenu politique et moi, le lisant devant les fidèles réunis pour la Sainte Messe, je me retrouverais au service d'un camp politique, alors que j’ai donné ma vie pour le Seigneur, non pour un parti. »

Un autre prêtre affirme ceci : « Pendant des années, nous avons été inondés de messages pontificaux et épiscopaux pour diverses journées nationales et internationales, semblables à celles proposées par l'ONU et assimilés. Que la Pentecôte soit réduite à une telle occasion, cela me semble inacceptable, d'autant plus que le message des évêques du Latium relève de l’instrumentalisation politique et qu’il est donc illégitime. »

Et voici l’avis d’un troisième : « La doctrine catholique a toujours enseigné qu'il existe un ordo amoris, un ordre à établir dans l'exercice de son propre amour. Un ordre que l’on peut résumer par l’expression “d'abord les voisins et ensuite les lointains”, comme tout père ou mère de famille le sait bien, appelés qu’ils sont à s'occuper d'abord de leurs enfants et ensuite, éventuellement, de ceux des autres. Le commandement évangélique de l'amour dit qu'il faut aimer tout le monde, mais comme il n'est pas possible d'aider tout le monde, il faut surtout pourvoir aux besoins de ceux qui nous sont le plus étroitement liés par Dieu, comme en témoigne la nature même de certaines relations, comme les relations familiales mais aussi celles qui relèvent de l’amitié, de la culture, de la nation. Le document des évêques du Latium apparaît au contraire comme vicié par une vision idéologique marquée par la démagogie. »

Et voici pour finir le texte intégral des évêques du Latium :
Chers fidèles des diocèses du Latium, nous voulons vous offrir quelques réflexions à l'occasion de la solennité de la Pentecôte qui nous montre l'icône de l'annonce à Jérusalem entendue en plusieurs langues ; voyons-la comme le signe de la rencontre pacifique et joyeuse entre les peuples qui rend actuelle l'invitation du Ressuscité à annoncer vie et amour.

Malheureusement, au cours des mois qui se sont écoulés, les tensions sociales sur nos territoires, liées à la croissance inquiétante de la pauvreté et des inégalités, ont atteint des niveaux préoccupants. Nous voulons être proches de tous ceux qui vivent dans la pauvreté : les jeunes, les personnes âgées, les familles, les handicapés, les handicapés mentaux, les chômeurs et les travailleurs précaires, victimes des nombreuses difficultés de notre temps.

 Nous savons bien qu’entre toutes ces formes de souffrance, il n'y a pas de différence : Italiens ou étrangers, tous souffrent de la même manière. C'est précisément à eux que va l'attention du cœur des croyants et – je vous en prie, croyez-le – de l'option fondamentale de nos préoccupations pastorales.

 Nous aimerions vous inviter à une prise de conscience renouvelée : chaque personne pauvre – de tout pays, culture, ethnie – est un enfant de Dieu. Les enfants, les jeunes, les familles, les personnes âgées à aider ne peuvent être distingués en vertu d'un « d’abord » ou d'un « ensuite » sur le fondement de leur appartenance nationale.

 A partir de certaines affirmations qui semblent être « à la mode », pourraient surgir des germes d'intolérance et de racisme que, en tant que disciples du Ressuscité, nous devons être capables de rejeter fermement. L’étranger est comme nous, il est un autre « nous » : l'autre est un don. Telle est la beauté de l'Evangile que Jésus nous a donné : ne laissons personne ébranler cette certitude de granit.

 Nous voulons donc vous inviter à continuer de suivre notre cheminement en communauté, comme croyants à la fois dans la prière et à travers le service, le témoignage d'une vertu qui a toujours caractérisé notre pays : l'accueil des autres, surtout quand ils sont dans le besoin. Essayons de vivre ainsi le défi de l'intégration que l'inéluctable phénomène de la migration place devant nos cœurs : ne nous laissons pas dominer par une « peur qui rend fou » comme le disait le Pape François, une peur qui ne saisit pas la réalité. Nous reconnaissons que le mal qui attaque notre sécurité vient en fait de toutes parts et doit être combattu par la collaboration de toutes les forces bonnes de la société, aussi bien italiennes qu’étrangères.

 Nos diocèses, à travers les centres d'écoute de Caritas, et bien d'autres réalisations concrètes de solidarité et de proximité, apportent leur contribution quotidienne pour soulager la situation des pauvres qui frappent à notre porte, en accueillant leurs difficultés. Tant de choses ont été faites, et il en est tant d'autres que nous voulons faire, pour que l'accueil soit vraiment la réponse à une situation complexe et non une solution de convenance (ou pire intéressée). Nous voulons que toutes nos communautés – dans un esprit de discernement –puissetn promouvoir une culture d'acceptation et d'intégration, rejetant les accents et les tons qui nient les droits fondamentaux de l'homme, reconnus par les accords internationaux et – surtout – issus de la Parole évangélique.

 Nous n'avons certainement pas l'intention de cacher la présence des nombreuses problématiques liées à la question de l'accueil des migrants, tout comme nous connaissons certaines institutions dont nous pensions qu’elles s'occupaient d'accueil, mais qui n'ont pas donné le témoignage qu’on était en droit d’espérer. Toutefois, nous tenons à souligner que lorsque les règles deviennent plus strictes et plus restrictives et que la reconnaissance des droits de l'homme est rendue plus complexe, on constate une augmentation exponentielle du nombre de situations difficiles, de la présence de clandestins, du nombre de personnes en détresse, a quoi s’ajoute le risque d'une augmentation des situations illégales et de l'insécurité sociale.

 C'est pourquoi, chers frères et sœurs, nous nous sentons le devoir de faire appel à vous tous pour que, dans nos communautés, la culture du déchet et du rejet n'ait aucun droit, mais qu'une « nouvelle » culture s'affirme, faite de rencontres, de recherche solidaire du bien commun, de sauvegarde des biens de la terre, de lutte partagée contre la pauvreté. Invoquons pour nous tous le don incessant de l'Esprit qui convertit nos cœurs pour les rendre soucieux de témoigner d'un accueil profondément évangélique et de la joie de la fraternité, fruit concret de la Pentecôte.

Les évêques du diocèse du Latium
9 juin 2019, solennité de la Pentecôte

Source : Accoglienza dei migranti. I vescovi del Lazio all’attacco – Aldo Maria Valli

© Jeanne Smits pour la traduction

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09 février, 2015

Belle victoire pour la vie en Italie : suspension du décret interdisant l'objection de conscience


Le Conseil d'Etat italien a donné partiellement raison au Movimento per la Vita et aux associations des médecins et des gynécologues  catholiques qui avaient fait appel contre un décret régional contre l'objection de conscience en matière de prescription de contraceptifs et de délivrance de certificats attestant d'une demande d'« interruption volontaire de grossesse ». Les associations pro-vie avaient mis en avant le droit des médecins du réseau public de ne pas participer, directement ou indirectement, à l'avortement : ces médecins voulaient continuer de pouvoir refuser la pilule du lendemain ou les dispositifs intra-utérins qui peuvent fonctionner comme des abortifs précoces. La suspension porte sur la signature des attestations de demande d'avortement.

La décision a été rendue publique par le Movimento per la Vita samedi : le Conseil d'Etat a pour partie suspendu le décret qui avait limité l'objection de conscience des médecins, le 12 mai 2014, à la grande satisfaction des pro-avortement qui se plaignent de plus en plus activement en Italie du nombre croissant de médecins objecteurs, notamment dans le Latium. Le décret portait le nom de Nicola Zingaretti, président de la région.

Ce n'est qu'une suspension, et partielle, mais le président du Mouvement italien pour la vie souligne l'importance de cette décision qui « souligne l'importance constitutionnelle de l'objection de conscience ». Carlo Casini a noté que les juges, qui ont agi par « précaution », n'ont pas voulu se prononcer sur le caractère abortif ou non des différentes pilules du lendemain, en se contentant des données fournies par les agences européennes de contrôle des médicaments. Leur hésitation, note Casini, montre « que la documentation fournie par le Mouvement pour la vie a instillé le doute dans le Conseil d'Etat ». Si le caractère potentiellement abortif de la contraception d'urgence peut être démontré, cela ouvrira la voie à un rétablissement complet du droit à l'objection de conscience.

Un autre recours est en attente de jugement devant le tribunal administratif : il concerne le droit des médecins exerçant dans les cliniques de planification familiale d'opposer leur objection de conscience dans les mêmes conditions.

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05 février, 2015

Crise économique : Mgr Luigi Negri pointe la responsabilité de l'avortement et de la dénatalité

L’évêque de Ferrara, dans la région de Bologne en Italie, a déclenché la colère par des propos un peu trop francs sur les lois de culture de mort dans son pays. Mgr Luigi Negri a déclaré : « La loi contre l’homophobie est un délit contre Dieu et contre l’humanité. Quant à la loi sur l’avortement, elle a empêché la venue au monde de six millions d’Italiens supplémentaires et le manque d’enfants a fait que nous nous sommes enfoncés dans l’actuelle crise économique. »
Quant à la loi sur l’homophobie, similaire à celle en vigueur en France, elle est en cours d’examen depuis avril dernier devant le Sénat italien. De nombreux catholiques italiens ont mis en garde contre les effets de la loi sur l’enseignement de la morale et de la doctrine de l’Eglise en matière de sexualité.
Mgr Luigi Negri est le dernier en date à avoir parlé. Les Jeunes démocrates ont du coup longuement exprimé leur « rage » devant ces jugements politiquement incorrects : dans une longue lettre ouverte au journal Nuova Ferrara ils l’ont accusé de « malhonnêteté intellectuelle » la thèse selon laquelle « l’avortement serait responsable de la crise », tout comme « le fait de rechercher l’approbation en la matière en jouant sur un nerf à découvert comme le sont les difficultés économiques des familles ».
Plus à gauche, les socialistes et les écologistes du SEL l’accusent de « cultiver sa popularité » au sein de l’« extrême droite catholique » en se lançant dans une « nouvelle croisade » contre l’Etat laïque.
Cela ne répond pas sur le fond : oui ou non, la dénatalité, le manque d’enfants, le coût croissant du poids des pensions à servir et le manque de dynamisme économique qui résultent du vieillissement de la population jouent-ils un rôle dans la crise économique de l’Italie ?

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29 novembre, 2014

Milan : un professeur de religion suspendu pour avoir montré “Le cri silencieux”

Les jeunes filles, surtout, étaient sous le choc : à Milan, des élèves de 16 ans ont visionné Le cri silencieux de Bernard Nathanson en cours de religion, et ils ont été horrifiés de voir la réalité d’un avortement. Le film, produit en 1984 par cet ancien avorteur horrifié par ce qu’il a personnellement fait à des milliers d’enfants à naître, est principalement constitué par une échographie. Il montre le tout petit d’homme qui cherche à se sauver lorsque l’instrument de l’avorteur s’approche de lui. Et sa bouche s’ouvre dans un cri silencieux…
C’est poignant, mais une échographie en noir et blanc n’est pas un film « gore ». Oui, il y a, vers la fin, quelques images fixes de bébés avortés à un stade avancé de la grossesse. Des images véritables, hélas. Mais le film roumain 4 mois 3 semaines 2 jours, qui fait partie en France de l’arsenal des films pour lycéens de l’Education nationale, est plus réaliste. Et pour voir des horreurs bien plus effrayantes, il suffit  d’allumer la télévision, même avant minuit.
Et pour tout vous dire il y a des films bien plus effroyables d’avortements réels, même à huit semaines (le tout petit filmé dans l’échographie de Nathanson est à 10 semaines de gestation, comme l’expliquait ici le Pr Lejeune).
Le documentaire a donc été diffusé il y a quelques semaines devant des filles et des garçons déjà grands adolescents, dans un lycée public. L’enseignant, « G.N. », a 52 ans ; cela fait déjà huit ans qu’il enseigne dans cet établissement scientifique. « Il faut que vous compreniez », lance le professeur aux élèves. Une trentaine de minutes « d’images très fortes », souligne la presse locale : fortes parce qu’elles montrent un vrai petit d’homme qui est vraiment tué…
A la sortie du cours, les jeunes bouleversés – des filles, surtout, sont en larmes – en parlent à un professeur qui sort d’une autre salle ; plusieurs s’en ouvrent à leurs parents et l’affaire remonte au directeur du lycée, Alfredo Petitto. Il suspend l’enseignant, une semaine après les faits.
Chose plus étonnante : la suspension a été décidée en accord avec l’archevêché de Milan : une « contremesure » qui vient répondre à ce qui s’est passé, « sans démenti », observe la presse. « G.N. » ne répond pas aux exigences « minimales » pour être professeur de religion.
« A la suite du signalement fait par certains parents du lycée Cardano de Milan à la direction de l’institution, le 10 novembre, le service de l’enseignement de la religion catholique du diocèse de Milan a engagé la procédure de révocation de l’aptitude à l’enseignement de la religion catholique du professeur G.N. par manque de la nécessaire “compétence pédagogique”, au sens du canon 804 paragraphe 2 du code de droit canonique », affirme le communiqué du diocèse, publié le 10 novembre dernier. Je ne ferai pas de commentaire.
Ce qu’il y a finalement d’intéressant dans cette affaire, c’est que la presse italienne dans son ensemble parle d’une vidéo « choc », reconnaissant par là que les images même bien peu précises d’un avortement même bien peu tardif sont profondément bouleversantes. C’est vrai. Si l’avortement, c’est cela, pourquoi le cache-t-on ?

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03 septembre, 2014

L’Italie ouvre la porte à l’adoption homosexuelle

C’est une première en Italie : un tribunal pour enfants de Rome a accordé la semaine dernière à une femme au sein d’une relation homosexuelle d’adopter la fille de sa partenaire, selon la pratique de « l’adoption par le beau-parent ». La décision n’est que jurisprudentielle, et elle est de première instance, ce qui en théorie réduit sa portée. Mais c’est une telle révolution qu’en quelque sorte, le mal est fait. Les activistes homosexuels italiens avaient fait de « l’adoption par le beau-parent » une étape importante de leur marche vers les « pleins droits », et ils ont salué cette décision comme une victoire majeure, « une décision historique ».

Cette photo réalisée par Arturo Toscani au profit des
revendications du lobby gay a été détournée
par le mouvement de droite Fratelli d'Italia.
Toscani est furieux, et menace de poursuites.
L’Italie ne reconnaît pas le « mariage » des couples de même sexe, et n’autorise l’accès à la procréation médicalement assistée qu’aux couples légitimement mariés. La petite fille de cinq ans qui se retrouve aujourd’hui avec « deux mamans » a été conçue à partir d’une fécondation artificielle avec don de sperme anonyme, réalisée à l’étranger et donc en toute illégalité. Ni ce fait, ni la non reconnaissance des couples homosexuels en Italie, n’a empêché le magistrat de faire droit à la demande des jeunes femmes qui vivent ensemble à Rome depuis 2003 et qui se sont « mariées » à l’étranger.
Le juge a tenu compte de la « primauté absolue » des intérêts de l’enfant », au nom d’une loi de 2001 affirmant que celui-ci a intérêt à demeurer chez le parent « social » dans les cas de figure où la « relation émotionnelle et la cohabitation a été consolidée avec succès dans la durée » : la cour a estimé que cela devait s’apprécier indépendamment de « l’orientation sexuelle » du futur parent adoptif.
La présidente de l’association des « Parents arc-en-ciel » commente : « Qui peut nier l’intérêt suprême du mineur à être élevé par les deux géniteurs ? » « Géniteurs », c’est ainsi que les Italiens appellent ordinairement les parents : dans le contexte, l’absurdité de la déclaration n’en saute que mieux aux yeux.
Les associations homosexualistes parlent de la « fin d’un tabou » : enfin les lesbiennes ne seront plus séparées de leurs enfants, enfin elles ne croiront plus qu’elle ne peuvent pas procréer parce qu’elles aiment une femme. « Il ne manque qu’une loi, mais nous avons déjà gagné », exulte Flavio Romani, président d’Arcigay.
Et les uns et les autres mettent le Premier ministre Matteo Renzi d’agir. Celui-ci ne s’est pas exprimé publiquement, mais des membres de son parti, le PD, ont fait savoir qu’ils estimaient désormais nécessaire d’« aller de l’avant ». Le sous-secrétaire à la réformes constitutionnelle, Ivan Scalfarotto, demande que « le gouvernement et le parlement tiennent compte de la leçon » : « Il n’est pas juste d’élever des barrières idéologiques à propos d’une procédure qui relève de la civilisation et du bon sens », a-t-il déclaré, appelant les pouvoirs publics à agir « vite ».
Scalfarotto était l’un des deux vice-présidents du Parti démocrate de 2009 à 2013 et il est également militant de toutes les causes LGBT. C’est lui qui porte la loi anti-homophobie en Italie – une loi toujours en discussion devant le parlement, et fortement dénoncée pour ses aspects liberticides.
Conséquence logique de la décision de la semaine dernière : l’avocate des deux femmes, Maria Antonia Pili, présidente de l’association italienne pour la famille et les mineurs, a invité les « nombreux autres couples homosexuels à faire leur coming out », de manière à profiter de la nouvelle jurisprudence.
Le quotidien catholique L’Avvenire a dénoncé le jugement. Mgr Fabio Bruno Pighin, professeur de droit canonique à la Faculté Pie X de Venise, souligne dans un éditorial que l’enfant dans cette affaire est une « fille du désir », créée pour satisfaire les désirs des deux femmes. Il rappelle que les enfants ont le droit d’être élevés par un père et une mère dans le contexte de la famille naturelle : « On ne comprend pas comment cela peut se justifier au nom de l’intérêt suprême de l’enfant : l’enfant est privée d’une figure paternelle et se trouve au milieu de deux “mères”. »
Le professeur de philosophie du droit à l’université de Rome Tor Vergata Francesco d’Agostino, souligne quant à lui qu’un tribunal non élu n’a pas le droit de prendre décision d’une telle importance de manière unilatérale : « Le juge a entériné une situation que la loi italienne ne reconnaît pas. » Et ce « malgré l’arrivée prochaine devant le parlement de lois légalisant les unions de facto et peut-être même le mariage de même sexe » : pourquoi les juges n’ont-ils pas voulu attendre l’avis du « peuple » exprimé à travers les institutions législatives ? 

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...