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24 octobre, 2015
— Ettore Gotti-Tedeschi, vous
avez parlé récemment du risque
d’une Troisième Guerre mondiale, mais en soulignant qu’elle a déjà éclaté et
qu’il s’agit d’une guerre contre la vraie foi. Parlons d’abord de ceux qui
mènent cette guerre de l’extérieur : qui sont-ils ? Par quoi sont-ils
animés ?
— J’ai en réalité évoqué un
danger, mis en avant surtout par la culture laïque qui, dans le contexte actuel
de la mondialisation, voit les fondamentalismes religieux, les nationalismes et
les racismes comme sources du risque d’une troisième guerre mondiale. On dirait
qu’à ce stade de la mondialisation, interrompue et déformée par les crises
économiques, l’on redoute un processus d’autoprotection de la part des nations,
des cultures, des ethnies, en même temps que l’on recherche l’exact
opposé : l’homogénéisation morale, culturelle, législative, religieuse, et
naturellement aussi celle du modèle de gouvernement.
Ce sont surtout les modèles
sociaux à forte identité (comme la famille) ou des valeurs morales et
religieuses qui se réfèrent à des dogmes (catholicisme, islam) qui se trouvent en
travers de cette « nécessité ». Le processus de relativisation
culturelle et religieuse s’oppose donc surtout à la religion catholique
« absolutiste » : le pape y est « infaillible », la
liberté individuelle y est subordonnée à la Vérité, la conscience ne vaut que
si elle est formée par le Magistère de l’Eglise, cette Eglise qui est
apostolique et qui a le devoir d’évangéliser.
Ces religions dogmatiques et
absolutistes dont on suppose qu’elles peuvent donner naissance à des conflits
dans le monde globalisé, il faut donc y substituer une religion universelle,
commune à tous : l’environnementalisme, qui non seulement rassemble
l’humanité tout entière, mais qui relativise – et paganise même – les religions.
Et qui correspond à la phase de « désendettement », de deleveraging des systèmes économiques de
post-crise. L’environnementalisme est malthusien, il est immanentiste,
c’est-à-dire qui se touche du doigt…
— Quels sont les leviers de cette
guerre ?
— C’est la gnose qui coordonne
cette « guerre » contre la foi catholique : c’est la
« connaissance », celle que le fameux serpent voulait donner à Adam
et Eve. La gnose se propose donc de modifier la Création imparfaite. Les
leviers utilisés – scientifiques, techniques, culturels – sont divers. Ils se
sont focalisés par le passé sur la croissance de la population (pendant les
années 1970 avec le néomalthusianisme), alors qu’aujourd’hui ils semblent
s’occuper de la dégradation de l’environnement due à l’homme,
« cancer » de la nature. En réalité, il s’agit d’une guerre contre la
foi. Mais parce que la foi catholique défend la dignité et la valeur unique de
l’homme fils de Dieu, le véritable ennemi à combattre est la créature. Pensons
à la Genèse, qui dit : « Et Dieu créa l'homme ; il le créa à l'image
de Dieu ; il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit, disant : Croissez et
multipliez, remplissez la terre, et dominez sur elle ; soyez maîtres des
poissons de la mer, et des oiseaux du ciel, et de tous les bestiaux. » La
gnose répond en opposant la théorie du genre au « masculin et
féminin » ; la théorie malthusienne au « Croissez et multipliez » ; la théorie
environnementaliste au « Remplissez
la terre et soumettez-la » ; la théorie animaliste à « Soyez maîtres de tous les êtres vivants ».
Voilà les quatre leviers utilisés par la gnose pour combattre les religions qui
croient en la Genèse (les religions judéo-chrétiennes). L’environnementalisme
devient en fait la religion de la gnose : il est l’incarnation sur terre
de l’ange rebelle et tentateur de la Genèse…
— Y a-t-il aussi à votre avis une
guerre contre la foi à l’intérieur même de l’Eglise et si oui, comment se
manifeste-t-elle ?
— Cela me paraît évident. Mais ce
sont les papes eux-mêmes qui l’ont affirmé au cours de ces dernières décennies.
La guerre contre l’Eglise a été menée jusqu’à il y a, disons, cent ans, depuis
l’extérieur. Les ennemis de l’Eglise se sont rendus compte que persécuter
l’Eglise revenait à créer des martyrs qui la rendaient plus forte. Ils ont
ainsi compris qu’il serait plus facile et plus efficace de s’insinuer à
l’intérieur et de modifier leur stratégie d’attaque. Le pape Léon XIII a
vu des démons sur le dôme de Saint-Pierre ; Paul VI a senti les
fumées de Satan ; Jean-Paul II et Benoît XVI ont vu la saleté, et
perçu les ennemis dans leur dos. François dénonce les quinze maladies de la
Curie vaticane… Comment se manifeste cette guerre ? Surtout en cédant
devant les pressions de la modernité, en acceptant que le magistère soit
relativisé et qu’il y ait une séparation entre la doctrine et la pratique, en
cédant sur les thèmes anthropologiques, la sexualité, la loi naturelle, etc. Le
monde veut une Eglise consolatrice et charitable plutôt que maîtresse avant
tout. Une Eglise qui obéit au monde aidera la doctrine catholique à se
transformer en éthique socialement utile, et à devenir elle-même un organisme
sans but lucratif. Pauvre, naturellement, de telle sorte qu’elle sera inutile
pour les pauvres, que ce soit sur le plan spirituel ou matériel.
— Êtes-vous préoccupé par les
attaques contre la famille, largement victorieuses déjà dans le monde
sécularisé, mais qui aujourd’hui semblent porter au cœur même de
l’Eglise ?
— C’est même ma plus grande
préoccupation, puisque, privée de la famille naturelle et catholique, la société
elle-même perd son identité et se déresponsabilise, elle perd ses aspirations
et tout ce qui la motive. Du point de vue économique cela mettrait fin au cycle
économique vertueux – fait de production-épargne-investissement-redistribution
interne dans le sens de l’assistance d’assistance, l’auto-production du
rendement, etc. – qu’engendre l’existence de la famille lorsqu’elle possède et
gère ce cycle. On a vu au cours de ces trente dernières années comment la
famille a été empêchée de se développer : nous sommes devenus pauvres,
ignorants et moins autonomes. Le fait est que la famille s’oppose au contrôle
de l’individu et de la société par le « pouvoir », de telle sorte
qu’elle est accusée de créer des ruptures sociales et des inégalités jusque dans
l’éducation subjective qu’elle donne à ses membres. On l’accuse aussi de priver
la femme de sa liberté de s’exprimer par le travail (?). Elle est accusée
d’être obsédée par le sacrement de l’indissolubilité, etc. C’est pourquoi ce
qui sera mis en avant au cours du synode sur la famille est préoccupant.
L’impression de beaucoup de théologiens experts est que l’on veut aller vers
une conception de la famille qui adopte un modèle
« néo-luthérien » : c’est l’intention de récupérer les divorcés,
d’accepter une tolérance du péché qui devient même salvifique, c’est
l’avilissement du sacrement du mariage mais aussi de ceux de la confession et
de l’Eucharistie. La famille ne se soutient qu’en dehors de toute confusion,
les prêtres sont encouragés à sanctifier la famille et non à justifier l’erreur
et le péché. La miséricorde signifie – avant tout – « corriger », et
non seulement pardonner. Mais va-t-on pardonner même à ceux qui ne se sont pas
repentis ? Il est indispensable qu’il y ait un Magistère sur ces
questions, mais aussi que la pratique, l’action, ou la pastorale, ne le
contournent et ne le contredisent pas.
— En tant qu’économiste, vous avez
fait le lien entre le rejet de la loi naturelle, le refus de la vie, et les
crises économiques que nous vivons, spécialement en Europe. Pourquoi ?
— C’est très simple. Je vais
répondre par une question : comment le PIB peut-il croître si la
population ne croît pas ? Les réponses évidentes ou démenties par la
réalité mises à part (comme la croissance de la productivité et les exportations),
la vraie réponse est unique. C’est celle que nous avons pu voir au cours de ces
trente dernière années : le PIB, si la population ne croît pas, ne peut
progresser qu’en faisant progresser la consommation individuelle. Cela s’est
produit en inventant le phénomène du « consumérisme » qui a réduit
l’homme à sa seule satisfaction matérielle, et non plus sa satisfaction
intellectuelle et spirituelle. Pour en arriver là il a fallu détruire
l’épargne, en la transformant en consommation ; en rendant le travail
précaire, parce que la production a été transférée vers des pays à bas coût de
production pour importer des biens à des prix plus bas. A la fin il a fallu
arriver à faire consommer de plus en plus à crédit, ce qui a rendu la famille
de plus en plus fragile. Par voie de conséquence la population a vieilli, les
coûts fixes ont augmenté – santé et pensions – absorbés par une croissance
proportionnelle des taxes qui ont pesé de plus en plus lourd sur le pouvoir
d’achat et les investissements, ce qui a aggravé encore le cycle. Voilà ce qui
arrive lorsqu’on nie l’une des lois naturelles les plus importantes de la
Création.
— Pour sortir de ces crises, la
première réponse consisterait-elle en ce que les familles retrouvent leur
stabilité, leur vocation et leur fécondité ? Est-ce humainement
possible ?
— Humainement, oui. Peut-être qu’avec
de meilleures incitations économiques en ce sens, les choses iraient mieux.
Mais il reste toujours le problème socioculturel : la famille est
désacralisée, et cela rend difficile la mise en œuvre de ce projet. Par
ailleurs nous savons bien qu’il n’est pas facile de ramener l’homme au vrai
sens de la vie. C’est ce qu’affirme Benoît XVI dans Caritas in veritate, lorsqu’il explique que pour sortir d’une
crise, ce ne sont pas seulement les instruments qu’il faut changer, mais
l’homme… Dans Lumen Fidei il explique
qui doit le faire, et comment : l’Eglise, avec la prière, le Magistère,
les sacrements…
— Vous avez réagi à l’encyclique Laudato si’ en
montrant le lien entre consumérisme et exploitation de l’environnement, entre
malthusianisme et pauvreté. Quelle réponse concrète peut-on apporter à cette
situation, alors que les familles nombreuses peinent à vivre dans des sociétés
où tout favorise la famille de petite taille et où les femmes sont poussées à
travailler en dehors de chez elles ?
— Je répondrai en paraphrasant la
célèbre question : « Qui de l’œuf ou de la poule est apparu en
premier ? », faut-il être riche pour faire une famille et des
enfants, ou devient-on riche en faisant une famille et des enfants ? La
réponse, cette fois, je vais la laisser au lecteur afin qu’il réfléchisse…
— Que pensez vous du concept
de « décroissance », très en vogue dans certains milieux
catholiques ?
— Mais nous sommes déjà en
décroissance depuis sept ans ! La crise économique a révélé le bluff de la
croissance des trente dernières années, qu’on peut évaluer à près de 30 %.
L’explosion de la crise a entraîné un désendettement (« deleveraging ») équivalent. Que
faut-il faire de plus ? Attention cependant au concept économico-social d’une décroissance voulue, imposée, et
peut-être même béate. J’en parle toujours en rappelant que Caïn aussi était
pour la décroissance. De fait il a tué Abel parce que celui-ci était de
trop : il dégradait l’environnement en élevant trop de brebis, il polluait
l’air en immolant trop d’animaux en sacrifice à Dieu – en les brûlant…
— Vous avez parlé d’une
« gnose du XXIe siècle ». Pourriez-vous la définir ? N’y a-t-il
pas – dans cet ordre d’idées – aujourd’hui une volonté de faire adorer la
Terre-Mère, idolâtrée dans un nouveau panthéisme qui fait de la
« Planète » l’objet des louanges et des sacrifices imposés à
chacun ?
— La gnose, la connaissance, comme
je l’ai déjà dit, est cette connaissance que Dieu n’a pas voulu donner aux
hommes et qu’à l’inverse, le « grand tentateur » prétendait leur
donner. C’est exactement ce qu’a essayé le serpent avec Eve… Le serpent s’est
réfugié, il s’est incorporé dans la terre mère. La terre devient ainsi une
divinité à protéger contre l’homme qui veut l’utiliser en la soumettant, et
contre la religion qui justifie la soumission naturelle que l’homme doit en
faire. Appelée terre mère, ou Sophia, ou par d’autres noms – elle devient le
divin. L’homme « perfide » lui fait du mal. L’idée est alors de
d’éliminer l’homme. Il y a quelques années on l’a tenté par le
néomalthusianisme (qui n’a pas fonctionné, il a au contraire créé la crise en
cours) ; aujourd’hui c’est plus directement, par l’environnementalisme (un
problème créé par le néomalthusianisme), que les habituels gnostiques exaltent
encore plus sur le plan médiatique grâce à l’Encyclique. La prochaine phase ne
pourra être autre chose qu’une autorisation de la « chasse à
l’homme ».
— Pour évoquer maintenant un autre
sujet très actuel : quelle est la juste réponse à la « crise des
migrants » ?
— Quels migrants ? Venant
d’où ? Nous disposons de diverses classifications pour parler du processus
des migrations. Celles-ci vont des véritables réfugiés fuyant la guerre, aux
migrants à la recherche de solutions économiques, aux terroristes déguisés en
migrants, en passant par les « évangélisateurs » des religions qui
doivent entrer en Europe pour chercher à la conquérir après avoir subi diverses
défaites au cours de l’histoire ; et enfin aux migrants « soutenus »
politiquement pour compenser le déficit de population qui s’est créé en Europe
ces trente dernières années, etc. Pour chaque classification, il y a une
réponse différente. Mais le problème n’est pas seulement de savoir quelle est
la réponse juste, il est de savoir qui décide et ce qui se passe si une nation
(encore souveraine) en décide autrement.
— « Cherchez d’abord le
royaume de Dieu, et le reste vous sera donné par surcroît » :
êtes-vous d’accord pour dire que ce commandement et cette promesse du Christ
ont un sens précis et urgent pour la vie politique, économique et
sociale ?
— Ce sera ma réponse finale :
pour détruire l’homme il suffit de l’éloigner de Dieu… C’est ainsi qu’il perd
le sens de la vie, le sens de l’action, et qu’il se perd : les moyens
deviennent des fins et vice versa, on
sépare la foi et les œuvres, on perd l’unité de la vie… Mais à qui revient la
responsabilité de tout cela ? Qui doit enseigner le sens de la vie ? Est-il
donc possible que nous autres, pauvres laïcs, nous devions rappeler aux
pasteurs qu’ils doivent nous protéger des loups ? Aujourd’hui comment
peut-on penser, sans prier pour obtenir un miracle, que celui qui n’a pas su
l’enseigner depuis des décennies va apprendre à le faire demain matin, par
enchantement ? Désolé, mais je crois davantage aux miracles : allons
donc tous à Lourdes, Fatima ou Medjugorje…
Propos recueillis par Jeanne Smits
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05 février, 2015
Crise économique : Mgr Luigi Negri pointe la responsabilité de l'avortement et de la dénatalité
L’évêque de Ferrara, dans la
région de Bologne en Italie, a déclenché la colère par des propos
un peu trop francs sur les lois de culture de mort dans son pays. Mgr Luigi
Negri a déclaré : « La loi contre l’homophobie est un délit contre
Dieu et contre l’humanité. Quant à la loi sur l’avortement, elle a empêché la
venue au monde de six millions d’Italiens supplémentaires et le manque d’enfants
a fait que nous nous sommes enfoncés dans l’actuelle crise économique. »
Quant à la loi sur l’homophobie, similaire
à celle en vigueur en France, elle est en cours d’examen depuis avril dernier
devant le Sénat italien. De nombreux catholiques italiens ont mis en garde
contre les effets de la loi sur l’enseignement de la morale et de la doctrine
de l’Eglise en matière de sexualité.
Mgr Luigi Negri est le dernier en
date à avoir parlé. Les Jeunes démocrates ont du coup longuement exprimé leur
« rage » devant ces jugements politiquement incorrects : dans
une longue lettre ouverte au journal Nuova
Ferrara ils l’ont accusé de « malhonnêteté intellectuelle » la
thèse selon laquelle « l’avortement serait responsable de la crise »,
tout comme « le fait de rechercher l’approbation en la matière en jouant
sur un nerf à découvert comme le sont les difficultés économiques des
familles ».
Plus à gauche, les socialistes et
les écologistes du SEL l’accusent de « cultiver sa popularité » au
sein de l’« extrême droite catholique » en se lançant dans une
« nouvelle croisade » contre l’Etat laïque.
Cela ne répond pas sur le
fond : oui ou non, la dénatalité, le manque d’enfants, le coût croissant
du poids des pensions à servir et le manque de dynamisme économique qui
résultent du vieillissement de la population jouent-ils un rôle dans la crise
économique de l’Italie ?
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Libellés : avortement, crise économique, démographie, dénatalité, économie, homophobie, italie, ivg
04 janvier, 2015
Nouvelle loi en Californie : vers la discrimination positive en faveur des LGBT
![]() |
| Sonia Luna : femme, hispanique, lesbienne… |
Non seulement elle est d’origine
immigrée – une partie de la famille de Sonia Luna arrive du Mexique – mais en
outre cette jeune femme est lesbienne. Expert comptable, elle a ouvert une
société de conseil à Los Angeles, et elle espère bien tirer profit d’un nouveau
programme qui pourrait très prochainement favoriser les entreprises dites
« gay » ou LGBT, en instituant en leur faveur une discrimination
positive pour l’obtention de contrats publics et professionnels en Californie.
Sonia Luna a déjà su tirer parti
de programmes similaires visant à aider les femmes et les minorités ethniques.
Deux faits l’encouragent à se présenter en outre en sa qualité de femme
homosexuelle : déjà, les agences fédérales, la National Football League et
plus d’un tiers des sociétés « Fortune 500 » – les entreprises
américaines classées par le magazine selon leur chiffre d’affaires –
encouragent les offres en provenance de sociétés dirigées par des gays, des
lesbiennes et des transgenre. D’autre part, une nouvelle loi de Californie
exige depuis le 1er janvier des grandes entreprises de service public qu’elles
déclarent le montant des sommes qu’elles dépensent auprès de ces compagnies.
Le tout sur le modèle des mesures
prises pour promouvoir les possibilités économiques pour les minorités
ethniques, les femmes et les vétérans handicapés…
Sonia Luna se réjouit de ces coups
de pouce en affirmant qu’ils lui permettent d’être « encore plus
fière » de ce qu’elle est. Sa société, Aviva Spectrum, doit à cette fin
être officiellement reconnue comme appartenant à une personne LGBT par la
National Gay and Lesbian Chamber of Commerce : celle-ci doit apporter la
preuve de la propriété de l’entreprise visée ainsi que tout document ou autre
preuve de sa préférence sexuelle…
700 entreprises ont déjà obtenu le
fameux certificat au cours de ces dix dernières années, tandis que la Chambre
de commerce LGBT œuvre depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche
pour promouvoir la signature de contrats avec ces sociétés par le biais de la
US Small Business Administration.
Voilà pour les petites et moyennes
entreprises : les grandes elles aussi se mobilisent bien au delà de la
Californie. Parmi elles : IBM, PepsiCo, ConAgra Foods, Marriott
International et American Airlines. Ces entreprises tiennent désormais les
comptes des contrats et des dépenses auprès de partenaires LGBT.
On n’attend pas de démarches
similaires de la part du gouvernement fédéral – en tout cas pendant la législature
actuelle, le Congrès étant dominé par les Républicains. Pour l’heure, Obama a
exigé dès 2009 des différents Départements qu’ils ne « discriminent »
pas au détriment des LGBT, et le lobby ne désespère pas d’obtenir un jour un
statut de minorité protégée pour que l’on passe à la discrimination positive.
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Libellés : discrimination, discrimination positive, économie, Etats-Unis, gays, lesbiennes, lgbt
16 décembre, 2014
Finances de l'Eglise d'Allemagne, deux poids deux mesures, un éclairage sur le synode
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| Hilary White |
Je vous propose ci-dessous ma traduction d’un article très éclairant de
Hilary White paru lundi soir sur LifeSite.
Il met en lumière les choix très orientés d’un certain épiscopat allemand,
laxiste à l’égard de la morale mais intraitable pour ceux qui ne paient pas la
taxe pour financer l’Eglise. Ils tiennent aujourd’hui le haut du pavé. Ils sont
joué un rôle de premier plan au synode pour la famille. J’ai intégré dans la traduction
les liens donnés par Hilary White pour soutenir son article. – J.S.
D’aucuns se demandent pourquoi les
médias allemands et même les médias du monde entier traquent sans relâche l’évêque
conservateur Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst, « l’évêque du bling »,
ce qui a conduit à sa révocation en 2013 par le pape François, alors que des
évêques libéraux et beaucoup plus dépensiers bénéficient du silence. Tebartz-van
Elst a été attaqué à propos de la reconstruction d’un centre diocésain pour un
coût de 31 million d’euros, alors que le cardinal Reinhardt Marx, qui penche à
gauche, l’un des principaux conseillers du pape François, dépense 130 millions
d’euros – et ce n’est qu’un début – pour un centre de services diocésain dans
son diocèse de Munich-Freising.
Selon le service d’information
allemand AZ,
le bâtiment Munichois avait été acheté à l’origine par le prédécesseur de Marx
pour 86 millions d’euros, et devait bénéficier d’une rénovation à hauteur de
39,8 millions. Les travaux ont commencé en 2011, à un coût estimé de 42,15
millions d’euros, près de 10 millions de plus que le coût final de la
rénovation « scandaleuse » du Limbourg. Depuis lors les dépenses ont
explosé sans qu’on puisse en voir le bout. Le porte-parole du diocèse, Bernhard
Kellner, cité par le quotidien munichois Abendzeitung,
a simplement déclaré :
« C’est une augmentation de coût qui correspond aux conditions du marché. »
En attendant le cardinal Marx
lui-même dispose d’une suite au palais Holnstein, la résidence de l’évêque,
récemment rénové pour un coût de 8 millions d’euros, ou bien il demeure dans
maison d’hôtes de 10 pièces à Rome (acquise par son diocèse) estimée valoir 9,7
millions. « Celui qui dit qu’il s’agit là d’une demeure de luxe pour
le cardinal Reinhardt Marx a totalement tort », a déclare Bernhard
Kellner : « C’est une maison de réunion, qui accueillera les membres
du chapitre de la cathédrale, les employés de l’ordinariat, des représentants
des conseils de laïcs, mais également de petits groupe de pèlerins. »
Le cardinal Marx dispose d’un
salaire d’évêque d’environ 11.500
euros par mois et jouit d’un parc de voitures dernier cri conduites par des
chauffeurs.
Ce qui n’a pas été rapporté par la
presse laïque dans le cas du Limbourg, c’est le fait que Mgr Tebartz-van Eslt
était déjà bien connu au sein de l’Eglise allemande en raison de ses prises de
position conservatrices à propos de diverses question « controversées ».
Il avait été nommé par le pape Benoît XVI pour remplacer l’évêque
libéral bien connu, Franz Kamphaus, qui s’était attiré la colère du Vatican
sous Jean-Paul II lorsqu’il avait refusé de cesser
de délivrer des certificats
d’avortement.
![]() |
| Mgr Tebartz-van Elst |
Mgr Tebartz-van Elst, qui était
également à la tête de la commission de la Conférence des évêques d’Allemagne
sur le mariage est la famille, avait été la cible d’articles très négatifs de
la part de la presse allemande laïque après qu’il eut pris des mesures
disciplinaires contre l’un de ses prêtres, Peter
Kollas, qui avait organisé une bénédiction pour deux hommes homosexuels. En
2007, Mgr Tebartz-van Elst avait publié un communiqué affirmant que tous les
catholiques ont le devoir de protester contre la reconnaissance légale des
partenariats homosexuels.
Mgr Tebartz-van Elst était déjà dans
le collimateur de la presse laïque, contesté par ses propres prêtre libéraux,
en raison de sa défense de l’enseignement moral catholique et de son exigence
de voir les paroisses suivre
rigoureusement les règles liturgiques lors de la messe dominicale. Mais c’est
la rénovation, pour un coût de 5,5 millions d’euros du Centre diocésain, un
budget qui devait finalement s’élever à 31d’euros, et l’accusation d’avoir
bénéficié d’un billet de première classe pour l’Inde, qui a attiré l’attention internationale :
les médias allemands, suivis rapidement par la presse anglophone et italienne, avaient
reniflé du sang dans l’eau…
Tandis que les médias alimentaient
la controverse, Mgr Tebartz-van Eslt est devenu la cible de protestations, et il
ne devait recevoir que peu de soutien de la part de ses frères évêques de l’épiscopat
allemand. Alors qu’une enquête menée par le Vatican l’a totalement innocenté
de toute inconduite financière en septembre 2013. Mgr Tebartz-van-Est a
été écarté de son siège épiscopal par le pape François en octobre de cette
même année, après une réunion de celui-ci avec l’archevêque de Fribourg-en-Brisgau,
Mgr Robert Zollitsch, ancien président de la Conférence des évêques d’Allemagne,
connu en tant ultralibéral qui soutient les unions civiles d’homosexuels et l’ordination
des femmes.
Aux Etats-Unis, au Canada et au
Royaume-Uni, les Eglises sont financées par les dons volontaires des
paroissiens. Les projets exceptionnels, comme la réparation d’un toit ou la
rénovation d’une maison paroissiale, requièrent des levées de fonds spéciales.
Mais les églises paroissiales en Allemagne sont presque vides le dimanche
matin, et la plupart des paroissiens qui restent encore sont dans la deuxième
moitié de leur vie. Selon les statistiques du gouvernement allemand, la
population allemande est divisée à peu près de manière égale en trois groupes :
30 % de protestants évangéliques, 30 % de catholiques, et 30 %
enregistrés comme « athées » ou « autres ». Mais l’Eglise
catholique est l’une des institutions les plus riches d’Europe et elle est le
deuxième employeur d’Allemagne. D’où vient donc l’étonnante richesse de l’Église
catholique allemande ?
Environ 70 % des revenus de l’Eglise
catholique d’Allemagne proviennent de la « taxe d’Eglise », qui
s’est montée à environ 5
milliards d’euros en 2010. Cela ne comprend pas les revenus d’investissement
générés par les importantes possessions immobilières de l’Église d’Allemagne.
Si une personne ne désire pas contribuer
au financement de l’Eglise, il doit formellement renoncer, sur son formulaire d’impôts,
à son appartenance à cette Eglise soutenu par l’Etat. Au cours de ces dernières
années, la déchristianisation de l’Allemagne et de l’Europe dans son ensemble a
été accusée d’avoir provoquer un quasi exode des catholiques allemands du
rôle fiscal.
![]() |
| Mgr Robert Zollitsch |
Les évêques catholiques allemands,
malgré leur réputation d’être l’un des épiscopats catholiques les plus libéraux
du monde, ont répondu en excommuniant quiconque choisit de ne plus payer la
taxe. En 2012 Mgr Zollitsch a déclaré aux médias : « Il doit y
avoir des conséquences pour les personnes qui se distancient de l’Eglise par un
acte public. Clairement, celui qui se retire de l’Église ne peut plus prétendre
aux avantages du système de la même façon que celui qui en demeure membre. Mais
ce qui est en jeu, c’est la crédibilité de la nature sacramentelle de l’Eglise.
On ne peut pas être un demi membre ou un membre partiel. Soit on fait partie et
on s’engage, ou bien on renonce. »
Dans le même temps, Zollitsch et ses frères évêques ont de
manière répétée défié le Vatican qui demandait que ceux vivant au sein d’une
union adultère après un divorce civil se voient refuser la communion. Au synode
extraordinaire des évêques en octobre, les évêques allemands ont pris la tête, avec l’archevêque
italien Bruno forte, nommé par le pape, des pressions visant à obtenir que l’Église
« accepte et valorise » l’« orientation » homosexuelle.
La cadence des renonciations
formelles vis-à-vis de l’Église d’Allemagne a ralenti entre 2005 et 2013, sous
le pontificat de Benoît XVI, mais elles a été marquée par une augmentation de
plus de 50.000 depuis 2012. Le rapport
2014 des évêques d’Allemagne affirme : « Aujourd’hui on ne peut
pas supposer que des personnes appartiennent à une Eglise et qu’elle pratiquent
leur foi. Cela se voit à travers les nombreuses instances de personne qui quittent
l’Eglise. En 2013, 178.805 personnes ont quitté l’Eglise catholique en
Allemagne. »
Parmi les catholiques qui ne se
sont pas formellement retirés de l’Église, la pratique et la foi sont à un
niveau bas et diminuent régulièrement. Selon une enquête du Pew
Center, environ un catholique allemand sur 5 affirmait assister à la messe
chaque semaine, conformément à l’enseignement de l’Eglise, en 2009-2010. Cette
proportion est tombée à 16 % en 2011.
Alors qu’il présentait
le rapport annuel de l’Église catholique d’Allemagne en août de cette année, le
cardinal Marx a évoqué les scandales financiers et sexuels au sein de l’Eglise
d’Allemagne, disant que l’Église doit s’atteler à un travail « bon et
convaincant pour rebâtir la confiance à tous les niveaux ».
Dans le même temps, un autre
évêque classé parmi les prélats libéraux de, le cardinal Karl Lehmann de Mainz,
lui aussi jadis président de la Conférence épiscopale allemande et, dit-on, le
mentor de Zollitsch, s’est exprimé sur « les scandales et les vexations »
au sein de l’Eglise qui sont à la racine d’un exode généralisé depuis Eglise
catholique.
« Il n’y a pas de doute, ces
chiffres nous obligent à réfléchir. Nous avons évidemment souffert d’une perte
de confiance et de crédibilité qui s’est rarement produite avec une telle
violence », dit Lehmann dans son journal diocésain.
Ceux qui critiquent
la menace des évêques allemands à l’égard des catholiques qui se soustraient à
la taxe d’Eglise les ont accusé du péché de simonie,
à savoir de demander de l’argent pour les sacrements. Le décret 2012 contre ceux
qui évitent la taxe d’Eglise comporte cette déclaration : « Sans un
signe de repentance avant la mort, l’enterrement à l’église peut être refusé. »
Le P. Alexander Lucie-Smith, éditorialiste
au Catholic Herald au Royaume-Uni, a évoqué
l’ironie de cette forte préférence marquée par le pape François à l’égard des
évêques allemands extrêmement riche qu’il a nommés, comme le cardinal Kasper. Le
système allemand du « payer pour prier », écrit-il, est sûrement
contraire à ce que le pape François tente de promouvoir : une Eglise
pauvre pour les pauvres.
« D’abord c’est une forme de
coercition. Vous devez payer, ou bien quitter l’Eglise. Mais n’est-ce pas que
tout, dans la sphère religieuse devrait relever du volontariat ? », écrit
le P. Lucie-Smith. « Deuxièmement, le système utilise l’État pour collecter
l’argent au bénéfice de l’Eglise. Cela met l’Eglise et l’Etat dans une dans une
situation d’alliance proche, trop proche, qui peut causer du tort à l’Eglise.
« En troisième lieu, la taxe
d’Eglise rend l’Eglise non charitable, dès lors que des personnes qui refusent
de payer la taxe sont écartées des sacrements. Cela est tous ensemble
simplement un mal. Les sacrements sont gratuits. Personne ne devrait être contraint
de à sauter à travers un cerceau administratif de manière à recevoir les
sacrements : les seules conditions pour recevoir le sacrement devrait être
morales »
![]() |
| Le cardinal Reinhardt Marx, du cercle restreint du pape François |
Mais le cardinal Marx reste au
sommet du pouvoir aussi bien au Vatican qu’en Allemagne. Il est actuellement le
président de la Conférence épiscopale allemande ; il est également un
membre de premier plan de ce qu’on a appelé le « gang des neuf » du
pape François, le cercle restreint créé par le pape pour la réforme de l’Église.
Il a également été nommé au Conseil économique du pape.
Au synode, Marx avait fortement pris
la voix en faveur des paragraphes du rapport d’étape appelant l’Eglise à
accepter et à valoriser l’orientation homosexuelle. Lors d’une conférence de
presse au Vatican, Marx avait déclaré : « Prenez le cas de deux
homosexuels qui ont vécu ensemble pendant 35 ans et qui prennent soin l’un de l’autre,
même au cours de la dernière phase de leur vie. Comment puis-je dire que cela n’a
pas de valeur ? » Il avait été ajouté : « Dire que la doctrine
ne changera jamais correspond à une vue restrictive des choses... Le cœur
de l’Église catholique reste l’Évangile, mais avons-nous tout découvert ? Voilà
ce dont je doute. »
Hilary White
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24 novembre, 2014
Espagne : comment le monde du travail incite à l’avortement
Ou tu « le fais
passer » ou tu perds ton boulot. Le message est simple : c’est celui
qu’entendent des milliers de femmes en Espagne où une part importante des
« interruptions volontaires de la grossesse », comme on l’appelle
dans la loi, ne sont que le résultat des pressions des employeurs. C’est un cri
d’alarme que lance la Fundación Madrina (Fondation
Marraine) qui œuvre pour aider les femmes et les mères qui risquent
« l’exclusion », rapporte Infocatolica.
Sur les 4.000 femmes par an aidées par la fondation, 80 % ont un problème
relatif à l’emploi. Et sur ces 80 %, la moitié sont précisément en
difficulté en raison d’une maternité.
La crise aidant, il y a un
véritable « harcèlement » à l’égard de la maternité. Pour Conrado
Giménez, président de la fondation, l’une de ses conséquences les plus claires
est l’avortement : « Il y a une relation de cause à effet très
directe. En temps de crise, les gouvernements approuvent des lois pour
augmenter le recours à la contraception et ils diminuent les aides à la
maternité. » Les entreprises considèrent les mères qui travaillent comme
moins rentables, surtout celles qui ont des enfants de moins de trois ans.
« Leur absentéisme va de 2 à 20 %. Dans l’Union européenne, cela
coûte 20.000 millions d’euros », assure-t-il.
Ce sont notamment les PME et les
multinationales, mais aussi l’administration et le secteurs des médias où les
conventions collectives sont très protectrices, qui pratiquent de manière
explicite ou implicite ce « harcèlement » qu’Iñaki Piñuel, professeur
à l’université d’Alcalá a pris sous sa loupe. Il est endémique pendant la
grossesse mais se manifeste également lors du retour au travail. « Elles
souffrent de représailles. On leur ôte leurs tâches, leurs avantages, les
responsabilités, on les charge de missions de moindre valeur : la gamme de
stratégies punitives est large. »
C’est une des causes du recul de
l’âge de la maternité, pense le chercheur, et aussi du « très bas taux de
natalité en Espagne ». « Le risque de pauvreté et d’exclusion
augmente pour la femme » pendant la grossesse, confirme de son côté Conrado
Giménez.
Destiné à faire pression sur les
femmes enceintes, le harcèlement vise aussi à en faire des
« exemples » pour leurs compagnes qui « y penseront à deux
fois » avant d’envisager la maternité. « Ainsi, les représailles
seront vues de toutes et elles feront leur effet », précise Piñuel, qui
observe que la pression est exercée, sept fois sur dix, par d’autres
femmes ; elles sentent qu’elles doivent punir leurs compagnes parce
qu’elles-mêmes ont décidé de ne pas concilier (travail et maternité). C’est
quelque chose de caractéristique et de curieux. »
Il cite des cas concrets, comme
cette femme médecin interne qui, étant en formation, est tombée enceinte. C’est
son tuteur qui a essayé de la forcer à avorter. L’affaire est toujours en
cours… « Si la femme n’avorte pas, on passe aux représailles : refus
de permissions, surcharge de travail », ajoute Piñuel : parfois il
suffit d’expliquer qu’il vaut mieux ne pas avoir d’enfant si l’on veut réussir
sa carrière.
Cette autre, mère célibataire de
31 ans, avait déjà un enfant lorsqu’elle est de nouveau tombée enceinte, de
jumeaux cette fois. Elle travaillait dans un salon de coiffure. On lui a rendu
la vie tellement impossible qu’elle s’est résolue à avorter : c’était
cela, ou perdre son emploi. La date et l’heure était fixées – ce n’est qu’à la
dernière minute qu’elle a changé d’avis, appelant la clinique pour dire qu’elle
ne viendrait pas ? Elle a aussi prévenu son employeur. Qui lui a dit deux
mots, définitifs : « Bonne chance. » L’aide de la fondation
Madrina lui a permis de faire reconnaître ses droits, et elle a depuis trouvé
un nouvel emploi, commencé une formation. Toutes n’ont pas cette chance.
C’est un harcèlement qui retentit
sur la vie des couples : dans 50 % des cas, lorsqu’il se prolonge
dans le temps, la situation se résout par un divorce, observe Conrado Giménez.
Iñaki Piñuel met en évidence un
fait qui explique peut-être cela : le « stress
post-traumatique » associé au harcèlement contre la maternité, stress
difficile à soigner et qui risque de devenir chronique. « Troubles du
sommeil, irritabilité, impossibilité de ressentir du plaisir ou de la joie,
“flashbacks” » sur le harcèlement : « A la différence d’autres
cas, socialement acceptés, le harcèlement maternel ne laisse pas beaucoup de
traces, il est difficile à prouver : il arrive à un moment où la femme a
besoin de toute son énergie pour prendre soin de ses enfants. »
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Libellés : avortement, crise économique, Culture de mort, économie, espagne, ivg
04 septembre, 2014
Pays-Bas : faire des économies sur la maternité
300 millions
d’euros d’économie pour l’assurance-maladie de base aux Pays-Bas : c’est
la somme voudrait
atteindre le ministre Edith Schippers et pour cela, les moyens existent, assure
la directrice d’un organisme de recherche économique, Barbara Baarsma, qui est
également membre du Conseil économique et social aux Pays-Bas. C’est simple,
a-t-elle déclaré mercredi matin sur la radio publique Radio 1 :
cessons d’intégrer les soins de suite maternité dans l’assurance de base. Elle
ressort là une idée qui traîne depuis plusieurs mois dans les tiroirs.
que
Le système de
soins néerlandais repose sur une assurance publique offerte à tous et
comprenant les soins de base, chacun devant ensuite obligatoirement choisir une
assurance complémentaire en choisissant les risques à assurer. Dans le cas
présent, on cherche à basculer les frais entraînés par l’aide aux jeunes mamans
sur les assurances privées, à la charge de ceux qui veulent obtenir des
remboursements pour ce motif.
Il faut savoir
que de nombreux accouchements se déroulent encore à la maison aux Pays-Bas et
que traditionnellement, les accouchées sont aidées à domicile pour apprendre à
s’occuper de leur bébé, recevoir un coup de main pour le ménage et le repas,
bref être entourées dans cette grande aventure qu’est la mise au monde d’un
tout-petit.
Pour Baarsma,
les soins entourant la maternité sont « un service d’agrément bien
appréciable, mais il ne s’agit pas d’une forme de soins essentielle ».
Sans doute –
même si permettre que les enfants viennent au monde dans les meilleures
conditions pour eux et pour leurs familles contribue au bien de la société tout
entière.
Mais écoutez ce
que dit l’économiste : « L’assurance
de base consiste à couvrir des risques : la grossesse n’est pas un risque,
mais un choix délibéré. Pour lequel on peut parfaitement mettre de l’argent de
côté… »
Comme pour
partir en vacances, ou s’offrir une chirurgie esthétique ?
Quant au rôle
de conseil aux jeunes mères qui fait partie depuis bien longtemps des
attributions des soignantes spécialisées dans l’assistance aux accouchées, eh bien,
il faut la remplacer par un proche « plus âgé qui peut expliquer comment
prendre soin d’un nouveau-né : c’est tout à fait de mise au sein de la
société participative », assure Baarsma.
Et pour
enfoncer le clou idéologique, elle ajoute que cela permettra une meilleure
« émancipation » (des femmes bien sûr) : « La présence de
la soignante fait que les pères n’assument que bien peu des tâches… »
Aux Pays-Bas, c’est
le genre qui se soigne !
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12 août, 2014
Moody's prédit le ralentissement de la croissance à cause de la déprime démographique mondiale
Le groupe de
recherche sur le crédit global de l’agence de notation Moody’s a publié en
juillet un rapport spécial sur le vieillissement planétaire « sans
précédent » qui aboutira selon lui à un ralentissement global de la
croissance au cours des deux décennies à venir.
Le vieillissement aura pour effet de
réduire la main d’œuvre disponible, mais aussi le taux d’épargne des personnes
âgées qui ont toute raison de dépenser leurs économies, au détriment de
l’investissement au service de l’économie.
Sur les 112
pays dont Moody’s a analysé la démographie, bien plus de la moitié – 68 –
seront dès l’an prochain au nombre des « vieillissants », 34
« vieux » ; les « super-vieux », où plus de 20 % de la
population ont 65 ans et plus, seront cinq. Sur ces cinq, l’Allemagne, l’Italie
et le Japon le sont déjà ; ils seront rejoints par la Finlande et la
Grèce.
On parle
beaucoup de la bonne santé démographique de la France, mais cela n’empêche pas
que celle-ci aussi va au devant de graves problèmes du fait du vieillissement
de sa population : on prévoit l’arrivée d’onze pays supplémentaires dans
ce groupe des super-vieux d’ici à une dizaine d’années. Parmi eux, outre la
France (à la 15e place) : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, et le Canada,
rejoints cinq ans plus tard par une nouvelle fournée qui fera passer le total
des super-vieux à plus de 35.
Tous les pays –
sauf quelques pays africains –vont devoir affronter au moins un ralentissement
de la croissance de leur population, ou la diminution en termes absolus de la
population en âge de travailler, dès 2015.
Les Philippines
– pays catholique avec une belle proportion de familles nombreuses – font
partie de ces économies de plus en plus rares où la natalité reste assez
importante pour que l’allongement de la durée de vie n’entraîne pas une trop
importante sur-représentation des personnes âgées. Aussi ses représentants
prévoient-ils un bond économique pour leur pays à l’heure où la formation des
jeunes est mieux assurée et où les pays émergents comme l’Inde, la Chine et les
autres « tigres » du sud-est asiatique peinent déjà à remplacer leurs
travailleurs vieillissants du fait d’une démographie (volontairement) déprimée.
Les pays arabes
sont eux aussi en meilleure forme que les autres.
MercatorNet, qui
rapporte les conclusions de l’étude Moody’s, souligne que la baisse des taux de
fécondité dans le monde est un élément majeur du déclin à prévoir – et il est
déjà bien trop tard pour renverser la tendance rapidement. Que propose
l’anayste financier ? Une meilleure participation à la force de travail
(alors que le vieillissement est en soi un facteur de déclin favorisant le
chômage), l’augmentation de l’immigration, la favorisation des flux financiers
vers un pays, ainsi que les innovations technologiques au bénéfice de la
productivité.
Des robots,
peut-être, pour remplacer les berceaux vides… Ils ont l’avantage de n’être ni
gourmands ni vindicatifs. Mais de là à croire que la vie de chacun en sera
améliorée…
Ci-dessous : les graphiques.
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Libellés : démographie, économie, France, hiver démographique, Philippines
02 août, 2014
Pays-Bas : la clinique d’euthanasie fait des bénéfices
La Clinique de fin de vie qui
fonctionne depuis 2012 aux Pays-Bas se porte bien : après des débuts
difficiles, elle annonce
pour 2013 un résultat positif voisin de 300.000 euros, alors qu’avant
l’ouverture de l’exercice elle tablait encore sur une perte de près de 125.000
euros.
La Levenseindekliniek à La Haye a su tirer
profit de ses négociations avec les compagnies d’assurance-maladie qui se
partagent le marché néerlandais au sein d’un système en grande partie
socialisé. Après une intense campagne de publicité, le fournisseur d’euthanasie
a réussi à convaincre l’ensemble des gros assureurs. Cela n’allait pas de soi
puisque l’euthanasie est une mort organisée et qu’elle aurait pu, au même titre
que le suicide, empêcher le versement de primes.
Les uns après
les autres, au fil de l’année 2013, les assureurs se sont laissé convaincre,
encouragés peut-être par le fait qu’un malade mort ne reçoit plus de
remboursements… Quoi qu’il en soit, l’acte d’euthanasie ou de suicide assisté
réalisé par la Clinique de fin de vie, ainsi que les consultations et les
délivrances de médicaments ouvrent désormais droit à un versement. On est passé
de 115.000 euros de remboursement escomptés à 600.000 sur la seule année 2013.
La Clinique de
fin de vie est une association à but non lucratif habilitée à recevoir des dons
de particuliers et de fonds d’investissements, deux postes également en
augmentation.
Son activité
est en progression. Pour sa première année de plein exercice, elle a reçu 749
demandes d’euthanasie ; 134 ont été « honorées », pour la
plupart sur des personnes dont la demande avait été rejetée par leur médecin
traitant, comme des personnes en voie de devenir démentes, souffrant de
multiples maladies ou handicaps non mortels ou de maladies psychiatriques. La
Clinique a également « aidé à mourir » des personnes dont le médecin
traitant est objecteur de conscience par principe.
25 % des
personnes « traitées » ont choisi le suicide assisté – en avalant une
potion mortelle de leur propre mouvement – plutôt que l’euthanasie par piqûre
administrée par le médecin, contre 4 % au niveau national.
Par ailleurs la
Clinique de fin de vie intervient pour débrouiller, grâce à son expertise, les cas difficiles soumis par
des médecins sollicités par leurs patients.
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26 juillet, 2014
Lituanie : autoriser l'euthanasie pour ceux qui ne peuvent se payer des soins palliatifs ?
On pourrait bien avoir besoin de l'euthanasie pour les pauvres qui ne peuvent se permettre d'avoir accès aux soins palliatifs : c'est l'aveu candide du nouveau ministre de la Santé en Lituanie, Mme Rimantė Šalaševičiūtė, selon une déclaration rapportée ici le 24 juillet. Et traduite par l'excellent bioedge.org.
La franchise du ministre est à saluer : voilà enfin l'aveu clair du lien entre euthanasie et économie.
Rimantė Šalaševičiūtė vient de prendre ses fonctions au début du mois, après avoir été longtemps chargée des droits des enfants : cela ne s'invente pas.
Sans donner de précisions, elle a expliqué dans la presse locale que la Lituanie n'est pas un Etat-providence où les soins palliatifs seraient accessibles à tous, suggérant que l'euthanasie pourrait être une option pour ceux qui ne désirent pas tourmenter leurs proches en leur imposant le spectacle de leurs souffrances.
A peine entrée en fonctions, elle a également suggéré que la Lituanie puisse légaliser l'euthanasie pour les enfants, en notant que cette possibilité avait été offerte aux enfants belges au terme d'un long débat public. Pourquoi ne pas ouvrir ce débat en Lituanie ?
Même si la Lituanie souffre d'une démographie qui plonge et du taux de suicide le plus élevé au monde, ce qui témoigne d'un fort instinct de mort, elle compte près de 80 % de catholiques : autant dire que les déclarations du ministre ont suscité des vagues dans son pays.
L'Eglise catholique, mais aussi de nombreux médecins, s'opposent clairement à l'euthanasie. Le Dr Andrius Narbekovas, qui est à la fois prêtre et médecin, et membre de la commission de bioéthique du ministère lituanien de la Santé, a réagi dans les médias :
« Le ministère de la Santé doit protéger la santé et la vie, au lieu de chercher des moyens d'ôter la vie. Il va sans dire que cela serait… profitable et rentable… Mais une société démocratique doit clairement comprendre que nous devons prendre soin des malades, et non les tuer. »
La démocratie n'a jamais été garante du respect des lois non écrites, encore moins du Décalogue…
A moins qu'il ne faille mettre nombre de « démocraties » modernes au même rang que les démocraties populaires ?
Celles-ci ne sont pas des inconnues pour Rimantė Šalaševičiūtė : alors que la Lituanie était encore sous le joug soviétique, elle était membre du Parti communiste lituanien. En 1990, après le départ des russes, elle a rejoint le Parti démocratique du travail.
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