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29 novembre, 2024

Un entretien exclusif avec David Caron Olivares, spécialiste du prodigieux miracle de Notre Dame de Guadalupe





Le film Guadalupe, Mère de l’humanité sort en salles le 4 décembre, distribué par SAJE.

Il est toujours difficile de présenter avec des moyens humains un événement surnaturel, mais celui-ci a laissé une trace exceptionnelle : le portrait de la Femme de l'Apocalypse, couronnée d’étoiles, revêtue du soleil, la lune sous ses pieds… C’est le prodigieux miracle de la « tilma », pauvre tissu de fibres de cactus, qui cinq siècles plus tard nous montre toujours le doux visage de Marie, Vierge et Mère… et tant d’autres choses !

Le film la montre et la fait aimer à travers une mise en scène qui touchante, tout en apportant dans sa partie documentaire de nombreux détails et explications ainsi que les témoignages bouleversants de conversions obtenues par la plus spectaculaire des évangélisatrices : 9 millions de baptêmes d’Indiens au Mexique au cours de la décennie qui a suivi l’apparition de Sainte Marie de Guadalupe en 1531 !

En attendant la sortie du film et pour vous donner envie d'aller le voir, je vous propose cette interview bellement illustrée de David Caron Olivares, spécialiste de Notre Dame de Guadalupe, que j’ai eu la joie de mener avec mon confrère Armel Joubert des Ouches : elle est en ligne ici sur RITV.

N’hésitez pas à partager ce lien vers de bel entretien où David Caron Olivares dit avec profondeur l’amour et la reconnaissance qu’il faut avoir envers la Vierge de Guadalupe.

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11 octobre, 2019

“Maléfique, le pouvoir du mal” à l'ombre de Saint-Pierre à Rome pour l'ouverture du synode…



Bon, je veux bien qu'on me dise que je suis devenue hypersensible aux informations inquiétantes qui nous arrivent de Rome. Mais enfin, comment ne pas être frappée par la tenue de l'avant-première européenne du dernier Disney, Maléfique, le pouvoir du mal sur la Via della Conciliazione à l'ombre de Saint-Pierre de Rome, le lundi 7 octobre, au lendemain de l'ouverture du Synode sur l'Amazonie ?

Et ce d'autant que la suite de Maléfique, une relecture de La Belle au bois dormant du point de vue de la méchante sorcière sortie en 2014, devait à l'origine sortir au printemps 2020… Le film a été étrenné avec six mois d'avance, en un lieu et un temps on ne peut plus symboliques, à l'auditorium de la Conciliazione, en présence d'Angelina Jolie – Maléfique –, et de Michelle Pfeiffer, la reine Ingrith mère de la princesse Aurore dont le mariage à venir avec le prince Philippe suscite des remous.

La foule se pressait pour voir les deux stars, de nombreux badauds s'étant coiffés des cornes caractéristiques de la méchante marraine, incarnation du mal mais dont Maléfique 1 racontait qu'elle avait beaucoup souffert et qu'elle avait de bons côtés…

Jolie et Pfeiffer…  La vidéo de leur arrivée à
l'avant-première romaine est par ici : clic !

Film « féministe », soucieux de la « diversité » et de l'environnement, selon la critique, Maléfique 2 met en scène à la fois l'opposition entre les deux femmes qui s'allient pourtant, comme l'expliquent les revues cinématographiques. Le long-métrage « continue d’explorer les relations complexes entre la sorcière et la future reine, alors qu’elles nouent d’autres alliances et affrontent de nouveaux adversaires dans leur combat pour protéger leurs terres et les créatures magiques qui les peuplent. »

Le bien et le mal ne s'affrontent plus, ils coopèrent « pour la planète ».

Est-ce un signe alors que l'on se prosternait non loin de là devant des statuettes païennes ?


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29 novembre, 2014

Milan : un professeur de religion suspendu pour avoir montré “Le cri silencieux”

Les jeunes filles, surtout, étaient sous le choc : à Milan, des élèves de 16 ans ont visionné Le cri silencieux de Bernard Nathanson en cours de religion, et ils ont été horrifiés de voir la réalité d’un avortement. Le film, produit en 1984 par cet ancien avorteur horrifié par ce qu’il a personnellement fait à des milliers d’enfants à naître, est principalement constitué par une échographie. Il montre le tout petit d’homme qui cherche à se sauver lorsque l’instrument de l’avorteur s’approche de lui. Et sa bouche s’ouvre dans un cri silencieux…
C’est poignant, mais une échographie en noir et blanc n’est pas un film « gore ». Oui, il y a, vers la fin, quelques images fixes de bébés avortés à un stade avancé de la grossesse. Des images véritables, hélas. Mais le film roumain 4 mois 3 semaines 2 jours, qui fait partie en France de l’arsenal des films pour lycéens de l’Education nationale, est plus réaliste. Et pour voir des horreurs bien plus effrayantes, il suffit  d’allumer la télévision, même avant minuit.
Et pour tout vous dire il y a des films bien plus effroyables d’avortements réels, même à huit semaines (le tout petit filmé dans l’échographie de Nathanson est à 10 semaines de gestation, comme l’expliquait ici le Pr Lejeune).
Le documentaire a donc été diffusé il y a quelques semaines devant des filles et des garçons déjà grands adolescents, dans un lycée public. L’enseignant, « G.N. », a 52 ans ; cela fait déjà huit ans qu’il enseigne dans cet établissement scientifique. « Il faut que vous compreniez », lance le professeur aux élèves. Une trentaine de minutes « d’images très fortes », souligne la presse locale : fortes parce qu’elles montrent un vrai petit d’homme qui est vraiment tué…
A la sortie du cours, les jeunes bouleversés – des filles, surtout, sont en larmes – en parlent à un professeur qui sort d’une autre salle ; plusieurs s’en ouvrent à leurs parents et l’affaire remonte au directeur du lycée, Alfredo Petitto. Il suspend l’enseignant, une semaine après les faits.
Chose plus étonnante : la suspension a été décidée en accord avec l’archevêché de Milan : une « contremesure » qui vient répondre à ce qui s’est passé, « sans démenti », observe la presse. « G.N. » ne répond pas aux exigences « minimales » pour être professeur de religion.
« A la suite du signalement fait par certains parents du lycée Cardano de Milan à la direction de l’institution, le 10 novembre, le service de l’enseignement de la religion catholique du diocèse de Milan a engagé la procédure de révocation de l’aptitude à l’enseignement de la religion catholique du professeur G.N. par manque de la nécessaire “compétence pédagogique”, au sens du canon 804 paragraphe 2 du code de droit canonique », affirme le communiqué du diocèse, publié le 10 novembre dernier. Je ne ferai pas de commentaire.
Ce qu’il y a finalement d’intéressant dans cette affaire, c’est que la presse italienne dans son ensemble parle d’une vidéo « choc », reconnaissant par là que les images même bien peu précises d’un avortement même bien peu tardif sont profondément bouleversantes. C’est vrai. Si l’avortement, c’est cela, pourquoi le cache-t-on ?

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26 juin, 2013

Disney : lesbiennes pour tout-petits

La communauté LGBT aux Etats-Unis en est toute émue : la dernière saison de Good Luck Charlie, une sitcom pour enfants diffusée par le Disney Channel, comportera une petite famille avec deux mamans. Elle apparaîtra au cours d'un des épisodes où Charlie (une jeune fille) se lie d'amitié avec une petite fille tandis que les parents de l'héroïne tentent de se lier d'amitié avec ses « deux mamans » lesbiennes.

Un hic : alors que la paire lesbienne est jeune, moderne, rigolote, les « parents hétérosexuels » de Charlie sont aussi ringards qu'ennuyeux. Surtout le père. CQFD…

L'épisode a été élaboré sous l'étroite surveillance d'experts du développement enfantin et de travailleurs sociaux, assure un responsable de Disney Channel. « Comme tous les programmes de Disney Channel, il a été conçu en vue de correspondre aux intérêts des enfants et des familles dans le monde entier et pour  promouvoir les thèmes de la diversité et de l'inclusion. »

La chaîne câblée annonce 1 million de spectateurs aux Etats-Unis dans le segment des 2-11 ans ; 300.000 d'entre eux ont moins de six ans.

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23 janvier, 2013

Une pub pour l'avortement… Révulsant

Le Center for Reproductive Rights a créé une vidéo d'une centaine de secondes pour fêter le 40e anniversaire de Roe v. Wade, la décision de la Cour suprême américaine qui a légalisé l'avortement aux Etats-Unis.

On peine à y croire. On croit à un gag. C'est pourtant vrai, « ça », c'est une vidéo fabriquée par des partisans de l'avortement pour inciter les Américains à signer un texte réclamant la protection des « droit reproductifs » face aux menaces de groupes religieux et de politiques anti-ivg. Voici… la chose :



C'est un mannequin et acteur connu, Mehcad Brooks, qui y souhaite un bon anniversaire à Roe v. Wade :
« Tu pensais que j'oublierais, bébé ? Je n'oublie jamais. On avait dit que ça ne marcherait pas entre nous. On a prétendu te m'enlever, te mettre des limites, me mettre des limites à moi… à nous. Mais chaque fois nous nous sommes montrés plus forts. Un anniversaire comme celui-ci, il faut savoir se battre pour… Et c'est exactement ce que je vais faire, bébé… Nous serons à tes côtés, aujourd'hui, demain, dans les années à venir. Parce que tu signifies tout ça pour moi, bébé… pour nous… pour nous tous. Joyeux anniversaire, bébé. T'as l'air pas mal… à quarante ans. »

Vous verrez les clins d'œil vicelards, les rires sardoniques (démoniaques ?), la sensualité à bon marché, les sous-entendus d'autant plus nauséabonds que précisément l'avortement touche prioritairement la communauté noire aux Etats-Unis.

Y a-t-il un pro-ivg qui puisse se sentir interpellé par cette incroyable mise en scène, espèce d'horizon indépassable du mauvais goût ? Ce qui est sûr, c'est que la vidéo fait le tour des sites pro-vie. Belle pièce à conviction sur la perversité intrinsèque des promoteurs et vendeurs de l'avortement.

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21 juin, 2012

Jumeaux à naître : une très jolie vidéo-IRM

Via LifeSite :

Diffusée par The New Scientist, voici une vidéo montée d'après les images scannées selon la technique de l'IRM. On y voit des jumeaux in utero, évoluant dans l'espace réduit qui est le leur (la crise du logement !). Image vraiment très parlante, et utile aussi aux chercheurs : Marisa Taylor-Clarke, du Robert Steiner MR Unit de l'Imperial College de Londres, enregistre ainsi les images de nombreuses paires de jumeaux à naître pour étudier le syndrome de la transfusion sanguine de jumeau à jumeau, qui lorsqu'il se produit provoque un ralentissement de croissance chez le « donneur ».

Les images ne sont absolument pas retravaillées.

Au-delà, la visualisation de ce qui se passe avant la naissance montre que les jumeaux identiques – monozygotes – ont des expériences bien différentes qui modifient leurs cerveaux même en l'absence de tout problème comme la transfusion, souligne Mme Taylor-Clarke.

Regardez, plutôt (il faut juste patienter quelques secondes, le temps que les images du sponsor défilent…).



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01 juin, 2012

“Amour” : Trintignant se dit pour l'euthanasie, Haneke “attend” la controverse

Michael Haneke, le réalisateur de la Palme d'Or de Cannes 2012, Amour, sait que son film va provoquer la controverse lorsqu'il sortira aux Etats-Unis en novembre prochain. Il en est ravi : « Mon distributeur américain pense que le film pourrait bien déclencher un débat enflammé ; c'est exactement ce que les films doivent faire », a-t-il déclaré dans une interview au Daily Beast.

Et le débat portera sur l'euthanasie. C'est désormais clair, y compris pour ceux qui comme moi, n'ont pas encore vu le film, Amour justifie l'euthanasie, au terme d'une longue préparation qui s'attarde, dans un huis-clos des plus classiques, sur la souffrance de plus en plus insupportable d'une vieille femme qui perd la tête.

D'ailleurs Haneke le confirme. Son film parle de son expérience : « Comme presque toutes les personnes que je connais, j'ai été confronté à la maladie de quelqu'un que j'aimais très profondément. C'est une expérience très douloureuse que d'assister à cela, impuissant. »

Dans le film, cette impuissance est dépassée, puisque le vieil époux, Georges, toujours aimant – Jean-Louis Trintignant – finit par étouffer son épouse, Anne, incarnée par Emmanuelle Riva. L'acteur vieillissant, qui estime avoir joué là dans son « meilleur film », explique : « Je suis personnellement pour l'euthanasie. Lorsque Anne veut vraiment mourir, au début, George l'arrête. Mais plus tard, dans un moment de calme, il l'aide en la tuant. »


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28 mai, 2012

“Amour” (c'est-à-dire “Euthanasie”) décroche la Palme

Amour, le film de Michael Haneke, a décroché la Palme d'Or hier soir au Festival de Cannes. Amour, c'est la mise en scène à la fois délicate et voyeuriste des derniers mois et jours d'une vieille femme (Emmanuelle Riva) qui va sombrer dans la démence et dans la souffrance, toujours soutenue et soignée amoureusement par son vieux mari (Jean-Louis Trintingnant). Et c'est par Amour que ce dernier finira par la délivrer, en lui donnant la mort : il l'étouffe avec un coussin.

Amour = euthanasie.

« Ce film est une illustration de la promesse que nous nous sommes donnée, mon épouse et moi-même… », a déclaré le réalisateur. Emotion, applaudissements…

La critique salue un film « romantique ».

L'Autrichien Haneke obtient là sa deuxième Palme, lui qui en 2009 l'avait déjà reçue pour Ruban blanc.

On se demandait si le jury allait avoir de nouveau l'audace d'offrir une deuxième Palme à un réalisateur : elle ne l'avait fait, jusqu'ici, que cinq fois.

Je vous l'avais pourtant bien dit ! J'écrivais ici, vendredi soir, que c'était bien parti pour lui, vu le sujet de son film.

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25 mai, 2012

Cannes : L'“Amour” de Haneke, c'est l'euthanasie

La presse a beaucoup parlé du « bouleversant » film Amour présenté par Michael Haneke. Un Jean-Louis Trintignant vieillissant vit amoureusement aux côtés de sa femme, Emmanuelle Riva, 80 ans passés. Ils sont en parfaite osmose, partagent un même amour de la musique et une longue histoire d'amour et d'égards réciproques. Puis c'est le drame. Elle fait un AVC, devient grabataire, incontinente, démente. Admirablement, il s'occupe de sa femme, malgré l'incompréhension de leur fille.

Les critiques admirent la manière crue mais pas voyeuriste (vous avez remarqué ? Ce n'est jamais voyeuriste quand la critique aime un film !) dont Haneke ne cèle rien de son humiliation, filmant chaque geste de cette vie quotidienne où Trintignant ne cesse jamais de manifester son amour pour sa femme.

En dehors de cette complaisance de la caméra on pouvait presque s'attendre à un film magnifique.

N'était sa manière de présenter finalement la maladie comme une déchéance, l'état de l'épouse comme indigne, insupportable.

N'était son aboutissement.

Car – et bien des critiques se gardent de le dire – tout s'achève lorsque Trintignant, trop éprouvé par les souffrances de sa femme, pris d'une compassion vraie, seul capable de comprendre la volonté de cette femme démente et qui n'est plus elle-même, l'étouffe avec un coussin.

Parce qu'elle vivait comme « un légume ».

Parce que – on avait oublié de vous dire – ce geste-là, cette mise à mort, c'était ça, l'Amour. Parce que c'est un film sur l'euthanasie, ni plus, ni moins.

Après avoir remporté la Palme d'Or à Cannes en 2009, Haneke est décidément bien en piste pour l'édition 2012. Ah, s'il y avait un prix de la bien-pensance !

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10 février, 2012

Euthanasie en forte augmentation en Belgique

Selon des chiffres officiels publiés par la commission de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie en Belgique, le nombre d'euthanasies a fortement augmenté en 2010, enregistrant à 1.133 cas comptabilisés une progression de 16,5 % sur l'année précédente. Le rapport annuel précise que 44 % des euthanasies se sont déroulées à domicile ; seuls 25 % des victimes à peine un quart a plus de 80 ans. 85 % des cas répertoriés l'ont été en Flandres.

Le proportion croissante de patients en psychiatrie qui réclament et obtiennent l'euthanasie constitue une donnée « inquiétante » selon la presse belge néerlandophone.

Celle-ci souligne également l'une des raisons possibles de la tendance générale à la hausse en Flandres : le fait que le « tabou » de l'euthanasie ait été levé par l'attention médiatique qui s'est focalisée sur la question ces derniers temps, avec notamment le cas d'un jeune homme qui a choisi la sédation palliative à 23 ans après avoir lutté 8 ans contre un cancer rare des os : Bart Verbeeck était devenu un inspirateur de la jeunesse, multipliant conférences dans les écoles et interventions sur Internet pour encourager chacun à vivre pleinement chaque jour, sans se laisser démonter par les petites contrariétés.

Sédation palliative : dans son cas, il s'est agi de le plonger dans un coma artificiel pour le soulager de ses douleurs insupportables en phase terminale de cancer ; il est mort trois jours plus tard en décembre 2010, ayant clairement fait savoir qu'il était contre l'euthanasie et voulait une mort naturelle.

Le cas de la sédation palliative reste pourtant ambigu parce qu'il se juge d'après l'intention : s'agit-il de soulager la souffrance, quitte à raccourcir la vie, ou de provoquer la mort, par euthanasie lente en quelque sorte ? Pour la presse belge flamande, la grande notoriété de l'histoire de ce garçon courageux a eu pour effet de banaliser l'euthanasie.

Un long métrage intitulé Tot Altijd (« A jamais ») tourne par ailleurs en Belgique pour conter l'histoire du premier euthanasié dans le cadre légal, Mario Verstraete.

Les spécialistes belges de l'euthanasie d'interrogent aussi sur le fait que la proportion des euthanasies pratiquées en Flandres reste toujours aussi élevée. Pour Wim Distelmans, titulaire de la chaire « Fin de vie digne » à l'université libre de Belgique, explique : « Apparemment les médecins wallons ont un autre regard sur l'euthanasie et la voix du patient sonne moins forte qu'en Flandres. »

Il ajoute que le nombre de sédations palliatives sont beaucoup plus fréquentes en Wallonie : comme elles peuvent être pratiquées sans consentement du malade, l'universitaire estime qu'elles sont le signe d'une médecine « paternaliste ».

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06 novembre, 2011

Toujours à propos de la pièce de Castellucci.

Le hasard m'a fait tomber, dans les archives de Riposte catholique, sur ce communiqué du comité permanent pour l'information et la communication de la Conférence des évêques de France, à propos d'un spectacle mettant en scène le Christ et jugé « complaisant » dans sa manière de mettre crûment en scène les supplices de la Passion.

Eh oui, il s'agissait de La Passion du Christ de Mel Gibson.

Ecoutons-les, Mgr Di Falco, Mgr Georges Pontier, Mgr Brac de la Perrière, Mgr Jean-Charles Descubes, Mgr Jacques Perrier, Mgr Jean-Yves Riocreux, signataire de ce communiqué daté de 2004 et reproduit début septembre par Riposte :

« Si le film rappelle crûment l’atrocité des supplices subis et de la mort sur la croix, il le fait avec une complaisance choquante dans le spectacle de la violence. Cette violence, qui submerge le spectateur, finit par occulter le sens de la Passion et plus largement, l’essentiel de la personne et du message du Christ : l’amour porté à sa perfection dans le don de soi consenti. »
Et aujourd'hui, les excréments sur la Sainte Face sont une invitation à découvrir la charité ou à « ouvrir le dialogue » avec la culture contemporaine ?

Mais de qui se moque-t-on ?

Plusieurs évêques ont dénoncé la pièce de Romeo Castellucci, honneur à eux et spécialement à Mgr Centène, qui a courageusement soutenu les catholiques qui ont demandé que cesse la profanation subventionnée. Mais aujourd'hui la plupart se taisent ou pire, comme le cardinal Vingt-Trois ou Mgr d'Ornellas, désapprouvent ouvertement ceux qui prient et manifestent et trouvent toutes sortes de justifications au spectacle excrémentiel.

Ils devraient relire cette réaction du cardinal Lustiger à La Passion du Christ : il ne dénonçait pas, mais disait sa préférence et mettait en garde contre une banalisation du sacré. Son texte suscitait une réelle réflexion dans le respect de ceux qui avaient aimé le film de Gibson. Le cardinal aurait-il été plus indulgent pour les litres de m… de Castellucci ? Ecoutez-le, dans ce compte-rendu publié à l'époque par Zenit :
Christ aux outrages. Mais ce n'est
pas une profanation de son image.
Lors de la rencontre de vendredi dernier 20 février avec les journalistes, lors de la visite ad limina des évêques de la région d’Île de France, le cardinal Lustiger s’est refusé à donner un point de vue sur le film de Mel Gibson La Passion. Il précisait qu’il avait un point de vue "très personnel" sur le rapport entre les récits évangéliques et ses représentations. 
Il expliquait : « Je suis très réservé sur toute théâtralisation de la Passion, même si je comprends que cela puisse se faire, et encore plus sur son expression par l’image électronique ou chimique. » 
« Comme Chrétiens, soulignait l’archevêque de Paris, nous vivons dans le domaine du sacrement. A chaque Eucharistie c’est tout le mystère de la Passion et de la Résurrection qui nous est donné : il ne nous est pas donné sous la forme d’un spectacle que l’on regarde, mais sous la forme d’un acte de la puissance divine qui se communique. La figuration peut-être une régression absolue. Cela touche beaucoup l’affectivité, l’imagination, mais c’est très ambigu. Je ne dis pas que cela est “mal”. Je laisse la liberté à chacun, mais je préfère une icône à la photographie d’un acteur qui joue le Christ, et je préfère encore le sacrement à l’icône. Cela m’est plus utile pour la prière et je pense que c’est plus utile pour le peuple chrétien aussi. » 
Le cardinal évoquait l’exemple du film de Pasolini sur l’Evangile selon saint Matthieu, où il voit une « subtilité double ». D’une part, expliquait le cardinal Lustiger, Pasolini a choisi de prendre « un Evangile complet, et pas une recomposition du récit ». D’autre part, il utilise un « double filtre » : « Il lit la Passion à travers le regard de sa mère » et « il l’a exprimée du point de vue stylistique à travers l’iconographie picturale italienne ». 
Le cardinal disait reconnaître dans la « subtilité des deux filtres », le signe d’un « homme de culture catholique fine, même si on ne sait pas s’il était croyant ». Le film présente « une double distance, grâce aux yeux de sa mère qui dans le film, représentait Marie au pied de la Croix, et à travers les tableaux qu’il avait contemplés dans son enfance ». Il résumait : « le film était déjà supporté par toute une mémoire. »
L’archevêque proposait un autre exemple dans la liturgie : « Quand j’entends des prêtres ou des diacres qui 3mettent le ton” comme des acteurs, cela me gêne », avoue-t-il : « Je préfère la vieille tradition liturgique catholique qui consiste au contraire à chanter sur un air codifié, comme le font les Byzantins de leur côté, et non pas à chanter comme à l’Opéra ; nous aussi nous avons une tradition, il y a un hiératisme réel du texte, il n’est pas irréel, il est réel, ce n’est pas un spectacle. » 
« Quand nous faisons un Chemin de Croix, que faisons-nous ? quelle est la piété du Chemin de Croix, interrogeait le cardinal,c’est que les fidèles “font” le Chemin. Ils ne s’assoient pas dans un fauteuil pour regarder quelqu’un faire le Chemin de Croix. Ils marchent. Certains même portent une croix, ce qui est tout à fait différent. » 
« Les arts plastiques, continuait l’archevêque, ont le mérite d’être des transpositions évidentes. Tout art plastique est une interprétation. Et donc, à ce titre, on peut aimer, ne pas aimer, y être sensible, ne pas y être sensible. Je pense que nous n’avons pas réfléchi à ce que représente notre septième art. Ce sont des problèmes terribles pour notre civilisation, indépendamment de ce film. » 
Il citait le festival chrétien du cinéma qui a lieu chaque année à Paris : des spécialistes sélectionnent des films pour voir comment s’exprime « une certaine profondeur humaine et spirituelle à partir de tel ou tel thème. » 
Le cardinal insistait sur l’importance de l’interprétation, des clefs « herméneutiques » en faisant remarquer : « Faute d’une éducation du regard, et de l’intelligence, la télévision risque d’abrutir les gens plus que de les éduquer. Il faudrait que l’outil télévisuel fasse lui-même une herméneutique, une interprétation de ce qu’il donne. »
L'« herméneutique » de la pièce de Castellucci, c'est qu'il n'y a pas d'herméneutique, pas d'interprétation, seulement une façon de sidérer le spectateur avec la représentation obsessionnelle des excréments. D'aucuns ont voulu en faire une lecture « chrétienne », cette fin – la découverte de la bonté et de la permanence de l'image de la Face du Christ – justifiant tous les moyens, mêmes les plus immondes.

L'« herméneutique » de La Passion du Christ était, elle, sans la moindre ambiguïté : décrire la Passion aussi fidèlement que cela peut s'imaginer en montrant son identification avec le sacrifice eucharistique et en la montrant comme un don d'amour suprême accueilli douloureusement au pied de la Croix par saint Jean, sainte Marie-Madeleine et par notre avocate à tous (dans l'ordre du monde, elle aurait été partie civile !) la sainte Vierge Marie.


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15 septembre, 2011

Pour Glenn Close, le « genre » n'a pas d'importance

La blonde actrice vient de réaliser un projet de très longue date en tournant Albert Nobbs, l'histoire d'une Irlandaise du XIXe siècle qui se travestit en homme pour échapper à la famine et gagner sa vie.

Mais là où d'autres films de ce style se contentaient de divertir ou de faire réfléchir au regard de l'homme s sur la femme (comme Dustin Hoffman jouant Tootsie), Glenn Close a voulu brouiller les pistes du sexe et du genre. Dans la droite ligne de l'idéologie du genre.
Glenn Close

Elle s'en est ouverte dans les colonnes du National Post :

« Le genre est sans importance. Fondamentalement, il devrait être sans importance. »

Désolée pour les hommes fascinée par sa plastique…

Elle poursuivait :

« Je ne suis pas gay… Mais je me sens très à l'aise en compagnie de tout le monde, pas seulement avec les gens gay. Mais je crois sincèrement que les droits des gays (ou) les droits des gens souffrant de maladies mentales sont le dernier grand problème à régler. »

Je ne sais pas si les gays ont apprécié la juxtaposition. Mais le National Post précisait :

« Certains vont changer d'avis, et ceux qui sont trop soit trop vieux, soit trop prisonniers de leurs œillères pour accepter la beauté de la différence n'auront qu'à “mourir de leur belle mort”, dit-elle. »

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17 août, 2011

La pédophilie : « problème numéro un » pour les enfants stars de Hollywood

Enfin, les déclarations de l'acteur américain Corey Feldman, jadis enfant star puis acteur adolescent à Hollywood et toujours à l'affiche de films de série B, ont été répercutées par les gros médias « sérieux » – et plus précisément dans le programme Nightline de la chaïne ABC News. Cela fait quelque temps qu'il accuse Hollywood d'avoir un « grand secret » : la pédophilie omniprésente.

Lui-même a démarré sa carrière d'acteur de télévision à l'âge de 3 ans ; c'est à 14 ans qu'il a compris quel était le ressort de certaines promotions. Le casting canapé, comme il l'appelle, a cours à tous les niveaux, et même pour les acteurs les plus jeunes. « Je peux vous dire que le problème numéro un de Hollywood était, est et sera toujours la pédophilie «, a-t-il déclaré lors de l'émission.

Lui-même victime d'abus sexuels, dit-il, Corey Feldman explique :

« J'étais encerclé par ces hommes quand j'avais 14 ans. Encerclé. Littéralement. Je ne le savais même pas. Ce n'est que lorsque je fus assez grand pour comprendre ce qu'ils étaient et ce qu'ils voulaient, et ce qu'ils cherchaient à faire… Oh, mon Dieu, ils étaient partout, comme des vautours. »

Ces hommes-là avaient leur propre pouvoir ou des relations avec ceux qui exerçaient les plus grands pouvoir dans l'industrie du cinéma, assure l'acteur, pour qui tout cela a été possible en raison d'une culture du secret qui semble se perpétuer.

De fait ces choses se disent depuis un petit moment mais n'ont pu percer dans la grosse presse que par le biais des blogs de ragots « people », et sans provoquer l'indignation bruyante des médias.

LifeSite, qui répercute ces informations, a interrogé Bob Donohue de la Catholic League. Celui-ci observe :
Les mêmes gros médias qui assurent une hyper-couverture à propos d'un prêtre accusé de gestes « limites » comme d'embrasser une adolescente sur la tête, semblent encaisser avec aplomb les remarques récentes de Corey Feldman sur la prévalence de la pédophilie à Hollywood.
Les catholiques, en particulier, seraient ravis de savoir le pourquoi de cette réaction détachée à l'aveu de Feldman : est-ce parce que les journalistes ont depuis longtemps connaissance d'abus d'enfants répandus à Hollywood et respectent une règle non écrite qui les empêche d'en parler ? Si c'est le cas, leur réaction à l'affaire des prêtres mécréants apparaît décidément artificielle.
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08 août, 2011

JMJ de Madrid : “Cristiadas”, un film à voir


« Vive le Christ Roi ! »

Non, ce ne sera pas le thème de ces JMJ qui se tiendront à Madrid la semaine prochaine ; mais pour autant le Christ Roi sera présent puisque la première mondiale du film Cristiada aura lieu à cette occasion. C’est dans la capitale espagnole que cet hommage aux Cristeros du Mexique sera étrenné, dans le cadre des activités qui seront proposées au jeunes du monde entier.

Tout un symbole, puisque le film réalisé par Dean Wright, qui avait reçu un Oscar pour les meilleurs effets spéciaux pour la trilogie du Seigneur des anneaux, exalte la résistance des catholiques mexicains face au gouvernement maçonnique du président Plutarco Elias Calles, et ses lois anticléricales de 1926.

Ce fut une résistance armée. Un combat pour la « liberté religieuse »… des catholiques, qui donna à l’Eglise des martyrs et des saints. La présentation qu’en fait le film n’est pas monolithique : à côté d’un avocat mort pour sa foi (et béatifié par Benoît XVI en 2005), Anacleto Gonzales Flores, interprété par l’acteur pro-vie Eduardo Verastegui, on verra un saint prêtre, qui recherche la paix, un autre, moins, qui prend les armes…

Eva Longoria, Peter O’Toole et bien d’autres acteurs très connus dans le monde hispanophone ont participé à cette œuvre à contre-courant qui va certainement faire renaître dans le monde entier l’intérêt pour l’histoire édifiante des Cristeros, qui mouraient en criant « vive le Christ Roi ! ».

D’autres films seront gratuitement proposés aux jeunes pèlerins dans 16 salles madrilènes, comme Popieluszko, Katyn, La Passion du Christ, There be Dragons ou encore (forcément) Des hommes et des dieux.

Article paru dans Présent daté du 9 août 2011.


14 juin, 2011

Un documentaire pro-euthanasie suscite des critiques au Royaume-Uni

La BBC a diffusé lundi soir un documentaire réalisé par Sir Terry Pratchett où il met en scène les dernières heures d'un ami, parti se faire suicider en Suisse dans une clinique « Dignitas ». Le film ne  cachait rien des derniers instants de Peter Smedley, entourée de sa femme, de Pratchett et d'une femme médecin de ma clinique au moment où il venait d'avaler la potion létale. C'est la première fois qu'une chaîne terrestre britannique montrait ainsi l'ensemble d'une procédure de « suicide assisté », décès y compris.

Près de 1.000 personnes ont déjà manifesté leur colère auprès de la BBC, l'accusant de favoriser des comportements similaires chez les personnes qui souffrent de maladies graves, de se rendre coupable de voyeurisme de la pire espèce, de se faire l'avocat unilatéral et malhonnête d'une pratique qui reste illégale dans l'immense majorité des pays du monde. C'est un chiffre énorme quand on considère que la plupart des personnes irritées ou indignées par une émission de télévision… ne font rien, tout simplement. Une part significative des téléspectateurs a bien été choquée par cette transgression.

Le documentaire, Choisir de mourir, n'a certes pas réussi à gommer toutes les aspérités de cette mort volontaire, pilotée par une « clinique » qui en fait son gagne-pain. On a pu voir Peter Smedley – un propriétaire d'hôtel riche à millions, 71 ans, affecté d'une maladie neuronale du système moteur – devenir tout rouge, chercher de l'air, crier pour réclamer de l'eau avant de s'éteindre au bout de convulsions pénibles. Pas un joli tableau, certes.

Mais cela n'empêche le documentaire d'avoir été tourné de manière à rendre son choix esthétique, depuis le « courage » d'avoir su dire non à la vie jusqu'au voyage en Suisse où les montagnes aux neiges éternelles renvoient au calme définitif de la « mort choisie ». Pratchett parlera de moments « heureux » et de son admiration pour l'homme – lui-même affecté d'un Alzheimer commençant, il ne fait pas mystère d'espérer prendre la même porte de sortie. Sa caméra est là, insolente et indiscrète, pour filmer le dernier baiser entre Peter et sa femme épousée 40 ans plus tôt, et ses derniers mots : « Sois forte, ma chérie ! »

Comme s'il l'avait été…

Perçu comme une véritable idéalisation du suicide assisté, le soi-disant documentaire de la BBC était bien davantage une fiction engagée – fiction par le gommage volontaire de tous les aspects contestables, immoraux, illégaux, et riches de conséquences néfastes de ce départ montré comme un heureux aboutissement. Combien de personnes abandonnées et malades, et qui se sentent à charge, ne finiront-elles pas par penser que c'est cela, la seule solution « digne », puisque la télé et un romancier aussi connu outre-Manche que Sir Terry Pratchett disent que c'est bien ?

Multiples sources, mises à jour et liens intéressants sur le blog de John Smeaton, directeur de SPUC (societé pour la protection des enfants à naître) qui s'est mobilisée contre ce documentaire scandaleux.


© leblogdejeannesmits.

13 juin, 2011

“The Life Zone” : un film pro-vie ? Non merci !

Je vois que la nouvelle commence à circuler : un film pro-vie, The Life Zone, du réalisateur-juge-candidat au poste de sénateur du New jersey Kenneth Del Vecchio, ne trouve pas de distributeur. Mais de vous à moi, je ne suis pas sûre que ce soit une mauvaise nouvelle.

Ce film d'horreur – Del Vecchio en a d'autres à son actif – a été présenté le week-end dernier au festival international de cinéma de Hoboken, fondé par… Del Vecchio soi-même. L'argument du film est simple : trois femmes ont été kidnappées dans des cliniques d'avortement et sont maintenues prisonnières, le temps de mener à bien leur grossesse et d'accoucher. Les longues nuits et journées de captivité seront ponctués de rêves terrifiants, de rencontres avec un geôlier prompt à les avertir des conséquences de leurs actes si elles refusent de coopérer, et de relations difficiles avec une obstétricienne, « Dr Wise », qui va leur imposer de réfléchir, pendant sept mois, au débat autour de l'avortement.

« Vous étiez, chacune d'entre vous, prêtes à commettre un meurtre », leur lance la gynécologue. « Vous avez commis un péché terrible », annonce le geôlier. Les trois femmes se retrouvent dans une atmosphère oppressante, une salle d'hôpital décorée de chromos de la Divine Miséricorde, de croix, de chapelets : à l'autre bout de la pièce, trois tables d'accouchement les attendent. De cette salle, elles ne sortiront pas tant qu'elles n'auront pas donné la vie, les avertit le médecin.

Peu à peu, de cauchemar en cauchemar, de hurlement en révolte, deux des jeunes femmes finissent par accepter qu'elles portent un enfant, et désirent lui donner la vie. La troisième, Staci, ne cessera d'exiger son « droit constitutionnel » à l'avortement, ne découvrant enfin le sentiment maternel qu'en acccouchant de jumeaux.

Alors, happy end ?

Non, loin s'en faut. Car à la fin du film – attention, je vous dis tout ce que je sais – on comprend que l'action s'est déroulée au purgatoire, les trois « héroïnes » étant toutes mortes au cours de leur avortement. Au purgatoire, leur accouchement est tout sauf une partie de plaisir… Les deux femmes qui ont fini par accepter d'elles-mêmes de donner la vie vont – suppose-t-on – au ciel.

La troisième, Staci, tente de se provoquer une fausse couche en se blessant elle-même. Elle est la forte tête qui s'opposera jusqu'au bout à ses geôliers. Comme elle ne reconnaîtra son tort d'avoir voulu avorter qu'au moment d'éprouver la joie physique de donner la vie et de voir ses enfants pour la première fois, elle apprend qu'elle est condamnée à une éternité de souffrance en enfer, où elle devra sans fin être enceinte et accoucher, sous la houlette du médecin Dr Wise (Blanche Baker) punie non moins éternellement pour s'être suicidée à la suite d'un divorce résultant de son incapacité à avoir des enfants. Par sa propre faute : on comprend qu'elle n'a pas suffisamment pris soin de son corps pendant sa vie terrestre pour pouvoir donner la vie.

Quant au geôlier, interprété par Robert Loggia, on apprend qu'il est en vérité le diable, le satan chargé d'informer les deux femmes de leur damnation.

On peine à imaginer comment un tel scénario peut porter le message pro-vie. Il ne nous appartient pas – et il n'appartient certainement pas à un réalisateur de cinéma – de distribuer des tickets pour l'enfer, de juger en somme. C'est l'absence de bienveillance, d'humanité, de rappel que le pardon est toujours possible qui est le ressort tragique de ce film d'horreur. Menacer de l'enfer est toujours dangereux sans rappeler en même temps l'infinie miséricorde de Dieu. La désespérance, on le sait bien, est la meilleure arme du démon : ce film la fomente, l'alimente, s'y complaît, s'y délecte.

On voit mal d'ailleurs comment il pourrait donner une image aimable du mouvement pro-vie.

Or celui-ci n'a de sens s'il n'est pas l'expression d'un amour vrai, et pour les enfants à naître, et pour leurs mamans.

Même et surtout pour celles qui passent à l'acte.

Ce ne sont pas des monstres à vouer aux flammes éternelles, mais des âmes qui ont besoin de retrouver le chemin de Dieu : non en niant la réalité de ce qu'elles ont fait, mais en montrant que la miséricorde divine est infiniment plus grande.

© leblogdejeannesmits.

06 décembre, 2007

“A la croisée des mondes” : un livre pervers

La sortie du film La Croisée des mondes, dont nous ne nions pas les qualités cinématographiques, servira (cela commence déjà) de moteur à la vente des livres de la trilogie éponyme de l’auteur pour enfants Philip Pullman (en anglais, elle s’intitule His Dark Materials, « ses noirs matériaux »). Et c’est là l’aspect hautement contestable, non du film, qui semble philosophiquement et religieusement anodin, à quelques détails près, mais de l’opération de séduction qui attirera de nombreux jeunes lecteurs vers une littérature mortifère.

Je vous parlerai plus longuement de la trilogie quand j’aurai achevé de la lire. Pour l’heure je viens de refermer le premier tome – et de constater à quel point il a été, volontairement, édulcoré et trahi par la mise en scène cinématographique pourtant approuvée par Philip Pullman. En clair, on en a gommé toutes les aspérités, tous les aspects dérangeants, toutes les scènes révulsantes, toutes les considérations anti-religieuses et les événements ambigus qui émaillent le livre, et on a même un peu arrangé la petite Lyra qui, dans l’œuvre de Pullman, est une insolente, une insoumise par plaisir, une menteuse et une manipulatrice d’une très grande expertise.

L’une des scènes les plus dérangeantes du livre a été purement et simplement coupée du film, bien qu’elle aurait dû en constituer l’apothéose : c’est la conclusion, où l’on s’aperçoit que Lyra, à son insu, n’a délivré son ami Roger que pour l’amener à Lord Asriel qu’elle sait être son propre père. Celui-ci va séparer Roger de son daemon (et torture et tue ainsi l’enfant…) afin de récupérer l’énergie de la séparation qui créera le pont vers l’autre monde vers lequel il va s’éloigner. Lyra, sans se poser la moindre question, empruntera le même pont créé par la souffrance de Roger. La suite au tome 2…

Mais il faut savoir d’où l’on part. Philip Pullman – brillant écrivain, professeur de littérature à Oxford – a déclaré naguère avoir entamé l’écriture de La Croisée des mondes pour faire un anti-Chroniques de Narnia. Et ce n’est pas un hasard si, visuellement, le film La Croisée des mondes rappelle fortement celui tiré l’an dernier de la fantaisie héroïque profondément religieuse, imprégnée d’esprit chrétien, de C.S. Lewis. Celui-ci a créé pour les enfants un monde parallèle qui les aide à comprendre l’amour de Dieu, le mystère du sacrifice rédempteur, la nécessité de faire le bien et d’éviter le mal. Philip Pullman fait tout le contraire : même si le courage, la compassion, l’engagement à lutter pour la justice et pour la vie des enfants sont au cœur de son récit, cette subtile apparence de bien est au bout du compte plus dangereuse qu’une histoire évidemment perverse, qu’un pamphlet athée.

Car oui, Philip Pullman se revendique comme athée, comme athée militant – ou à tout le moins comme l’ennemi d’un Dieu dont il se juge incapable de connaître l’existence mais qui aurait raté sa création, s’il existe. De toute façon ses prêtres, et tout spécialement la hiérarchie catholique (qui apparaît, à peine déguisée sous le nom de « Magisterium », dans la trilogie), seraient les pires des tyrans et des oppresseurs, prêts à tout pour séparer l’homme de son libre arbitre.

Au point que (si je lis bien entre les lignes) les « daemons » qui accompagnent chaque être humain – dites « démons », précise la quatrième de couverture de La Croisée des mondes ! – sont au fond ce libre arbitre conçu comme la liberté de pensée, la liberté d’exister entièrement par soi-même et sans contraintes religieuses et dogmatiques.

La relecture de la "Genèse" dans ce volume montre d'ailleurs la chute originelle comme un événement heureux qui a permis aux hommes de ce monde-là d'accéder à la connaissance...

Il y aurait beaucoup à dire sur le symbolisme de His Dark Materials. Sur la boussole magique consultée par Lyra pour connaître « la vérité » : elle ouvre l’esprit des enfants à l’interprétation des signes pour arriver à un savoir réservé à quelques-uns, on nage en plein gnosticisme. Sur le site internet du film, il y a une boussole magique que nos petits peuvent actionner et consulter à loisir, comme Lyra. Ce n’est pas innocent… Si on voulait les ouvrir à la pratique de la divination, on ne s’y prendrait pas autrement.

Jeanne Smits

Article extrait du n° 6479 de Présent, du Jeudi 6 décembre 2007

29 mai, 2007

“4 mois, 3 semaines et 2 jours”

Un film gris, sans musique, sobre et choquant, avec de très longs plans sans coupure pour accentuer son naturel : le jury du Festival de Cannes a primé le long-métrage 4 mois, 3 semaines et 2 jours du jeune cinéaste roumain Cristian Mengiu, description sans douceur d’un avortement clandestin sous le régime de Ceausescu.

4 mois, 3 semaines et 2 jours : c’est l’âge du bébé mis à mort, et sur la réalité de cette mise à mort, le film ne laisse planer aucun doute. C’est l’aspect de cette œuvre qui devra tempérer les légitimes critiques et notre indignation devant cette promotion de la culture de mort.
Que c’en soit une, cela ne fait pas de doute. L’argument de Cristian Mengiu, 39 ans, est de montrer que sous le régime communiste de Ceausescu qui interdisait l’avortement à toute femme ayant moins de 4 enfants, le recours à l’opération illégale ne donnait lieu qu’à deux sentiments : la peur de se faire prendre, et une forme de solidarité et d’entraide par laquelle les femmes et les jeunes filles tentaient de tourner la loi.

Loi qui n’était en aucun cas dictée par des préoccupations morales, mais uniquement un souci démographique et qui n’offrait pas aux femmes l’assistance dont elles pouvaient avoir besoin face à l’arrivée d’une nouvelle vie dans l’univers sans espoir du communisme. D’ailleurs Mengiu a expliqué le choix de son sujet en rappelant la statistique (vraie ? fausse ?) selon laquelle 500 000 femmes sont mortes au cours d’avortements clandestins sous l’empire de Ceausescu. Et d’ajouter, une fois le film sorti, que nombre de ses amies et connaissances s’étaient reconnues dans l’histoire sordide qu’il raconte.

C’est celle de Gabita, 17 ans, enceinte de plus de quatre mois, épaulée par son amie Otilia, qui va demander à un avorteur infâme, « Monsieur Bébé », de mettre fin à sa grossesse. Celui-ci se fera payer en nature par les deux jeunes filles (ce qui donne lieu à des plans paraît-il discrets) avant de décrire, on ne peut plus clairement, ce qu’il fera subir à Gabita et à son enfant, et de passer à l’acte. Et là, la caméra ne cèle rien. Gros plan sur le petit corps déchiqueté, et sur Otilia qui se charge de le faire disparaître…

La leçon que l’on en tirera, que les partisans de l’avortement tirent depuis longtemps de l’expérience roumaine, c’est que l’interdiction de « l’IVG » est une barbarie. C’est d’ailleurs Jane Fonda qui a remis la Palme d’Or à Mengiu ; et son long-métrage a reçu le prix de l’Education nationale pour sa valeur pédagogique : on en tirera des DVD qui pourront être vus et commentés dans le cadre scolaire. C’est un scandale en soi.

Mais il y a deux autres aspects du film que Mengiu lui-même met en lumière. Il a voulu réfléchir sur les conséquences du régime totalitaire sur les individus : comment le communisme a poussé les gens à tenter de s’opposer au système tout en négociant avec lui et entre eux, jusqu’à faire disparaître toute considération morale et, le cas échéant, toute dignité personnelle.

Mengiu a ainsi affirmé qu’il voulait amener les femmes à se préoccuper non plus de la crainte d’être prises, qui écrasait toute question de conscience, mais aux « conséquences » de leurs actes, ce qui l’avait conduit à filmer avec insistance l’enfant mort.

Drôle de morale : finalement, faut-il attendre l’avortement légalisé pour que les questions morales puissent émerger ?

Ce sont là toute la confusion et toute l’ambiguïté véhiculées par ce film… Qui tout de même, comporte la seule image, la seule scène qui aujourd’hui pourrait mettre nos consciences anesthésiées en face de l’horrible réalité de la mise à mort d’un tout-petit.

Cet article a paru dans Présent daté du mercredi 30 mai 2007.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...