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06 mars, 2020

Les religions doivent se soumettre à l'ONU en matière de droits des femmes, droits LGBT… selon un rapport sur les droits de l'homme

Il est urgent d'abroger les lois qui « discriminent » à l'encontre des femmes et de la communauté LGBT+ au nom de la religion : telle est la conclusion, en substance, d'un rapport publié fin février par le rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté de religion et de croyance, le Maldivien Ahmed Shaheed. Le rapport est téléchargeable ici.

La photo ci-dessus illustre le communiqué de presse de l'ONU à son sujet ; elle représente un couple lors de la Gay Pride de Ney York en 2018.

Son rapport met dans le même sac la lapidation pour adultère et l'interdiction de l'avortement, les mariages précoces ou forcés et les « stéréotypes de genre » qui impose tel ou tel rôle aux hommes et aux femmes en fonction de leur sexe, la criminalisation des actes homosexuels et l'accès aux droits familiaux pour les LGBT.

Ce rapporteur onusien chargé d'assurer le droit de chacun de pratiquer sa religion (ou de n'en avoir point) met en balance deux types d'approche : d'une part, une série de droits absolus dont l'ONU assure systématiquement la défense – droits relatifs au genre, droits des femmes, droit à la santé reproductive, etc. –et de l'autre, les droits liés à la religion, plus relatifs, qui peuvent être restreints dès lors qu'ils portent atteint aux premiers. Ces droits d'ordre religieux comprennent évidemment tous les préceptes de la morale traditionnelle qui doive céder le pas devant la nouvelle anti-morale globale.

Précisons tout de suite qu’Ahmed Shaheed, expert indépendant et d'ailleurs non rémunéré pour ce rapport n'émet que des avis consultatifs. Il n'empêche que sa prose est distribuée par les canaux d'information de l'ONU et entre dans le corpus des documents internationaux où il est d'usage qu'on se cite mutuellement, et que la terminologie utilisée dans les documents contraignants en soit affectée.

S'agit-il dans le cas du rapport présenté au Conseil des droits de l'homme de l'ONU de proposer que les religions traditionnelles modifient leurs croyances et leurs préceptes moraux ? Comme l’observe Rebecca Oas de l’organisation pro-famille C-Fam, Shaheed ne va pas jusque-là, mais il pose que le christianisme et l’islam sont susceptibles d'être interprété de manière « patriarcale » ou non, et il cite des universitaires favorables à des réinterprétations « progressistes » des grandes religions traditionnelles.

On retrouve ici l'idée force du mondialisme actuel qui s'accommode de l'existence de religions mais à la condition de leur restructuration afin de les rendre compatibles avec le relativisme global qui les met toutes sur un pied d'égalité, sous la coupole des droits de l'homme est au service d'une prétendue harmonie d'ensemble.

Cette approche permet au demeurant de mettre toutes les religions dans le même sac, sans faire de distinction, par exemple, entre la reconnaissance de mariages forcés dans le cadre musulman et l'interdiction de l'avortement pour quelque motif que ce soit dans des pays de tradition catholique ou chrétienne.

Le rapport dénonce de même comme abusivement fondées sur des considérations religieuses des restrictions imposées en Pologne sur la revendication de « droits LGBT » ou de l'expression de ce mode de vie.

C'est ainsi que le résume le rapport d’Ahmed Shaheed :
« Il est particulièrement préoccupant de constater que dans toutes les régions du monde, les acteurs invoquant des justifications religieuses pour leurs actions ont plaidé auprès des gouvernements et du grand public pour la préservation ou l'imposition de lois et de politiques directement ou indirectement discriminatoires à l'égard des femmes, des filles et des personnes LGBT+. Dans toutes les régions du monde, le rapporteur spécial a identifié des lois promulguées dans le but d'imposer des normes de conduite prétendument exigées par une religion particulière qui privent effectivement les femmes et d'autres personnes du droit à l'égalité et à la non-discrimination sur la base de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. »
Voici ce qu'affirme le rapport à propos de l'avortement, de l’accès à la procréation artificielle, à la contraception et au changement de sexe :

« Le rapporteur spécial note que dans un certain nombre de pays du monde, les gouvernements continuent de maintenir des interdictions partielles ou totales d'accès à l'avortement, et que des personnalités religieuses ont à la fois encouragé ces mesures et plaidé contre les efforts de réforme des lois. Lors des consultations tenues en Amérique latine, il a été affirmé que les lois et les politiques qui restreignent les droits sexuels et reproductifs dans la région sont inspirées par des édits religieux discriminatoires, y compris les interdictions partielles ou totales de l'accès à l'avortement et à la contraception, les interdictions des technologies de reproduction assistée et de la chirurgie de réassignation sexuelle, et la limitation de l'offre d'une éducation sexuelle factuelle. »

Autre exemple :

« Les participants à la consultation ont également indiqué que les lois restrictives sur l'accès à l'avortement et à la contraception en Afrique subsaharienne étaient pour la plupart héritées des lois coloniales antérieures à l'indépendance, mais qu'elles sont maintenues, en partie, en raison des pressions exercées par certains groupes religieux.  Environ 13,2 % des décès maternels dans la région “peuvent être attribués à des avortements non médicalisés”. »

En clair, il s'agit d'une revendication mondiale de la légalisation sans condition de l'avortement, et d’une dénonciation des constitutions protectrices de la vie dès la conception – comme aux Philippines – mais aussi des revendications en dans le sens de la moralité traditionnelle, attribuées à une conception « patriarcale » de la religion.

Lisez plutôt :

« Le rapporteur spécial est profondément préoccupé par les nombreux rapports qu'il a reçus et par les informations fournies à d'autres mécanismes des Nations unies pour les droits de l'homme, selon lesquels des groupes d'intérêt religieux seraient engagés dans des campagnes qualifiant d'“immoraux” les défenseurs des droits qui luttent contre la discrimination fondée sur le sexe et qui cherchent à saper la société en épousant “une idéologie de genre” préjudiciable aux enfants, aux familles, aux traditions et à la religion. Invoquant des principes religieux ainsi que la pseudoscience, ces acteurs plaident pour la défense de valeurs traditionnelles ancrées dans les interprétations des enseignements religieux sur les rôles sociaux des hommes et des femmes en fonction de leurs prétendues capacités physiques et mentales naturellement différentes ; ils demandent souvent aux gouvernements d'adopter des politiques discriminatoires. D'autres Procédures spéciales des Nations unies et des participants à des consultations régionales ont également documenté les activités de groupes de mieux en mieux coordonnés qui abusent, disent-elles,de la liberté de religion ou de conviction sur les différents continents dans les médias, par le biais de litiges et de campagnes politiques visant à contrer les droits de l'homme au nom de la religion ou des croyances. »
Ahmed Shaheed se défend cependant de s’en prendre aux religions en tant que telles en soulignant l’existence de tendances diverses en leur sein :

« Le rapporteur spécial note cependant que le rôle des groupes religieux dans la perpétuation des normes qui favorisent les attitudes inéquitables entre les sexes est complexe car les communautés religieuses elles-mêmes ne sont pas monolithiques. Une multitude de voix s'élèvent au sein des groupes et institutions religieux, y compris des acteurs confessionnels qui font campagne pour les droits des femmes, des filles et des personnes LGBT+ et travaillent à promouvoir l'égalité des sexes au sein de leur confession. Les défenseurs des religions, à travers de multiples traditions, ont longtemps cherché à contester les normes et les attentes qui sapent les droits humains des femmes, des filles et des personnes LGBT+ ; beaucoup ont élargi les rôles de direction et d'influence des femmes dans les religions et ont contesté les interprétations des textes religieux qui sont utilisés pour “justifier” la discrimination et d'autres pratiques néfastes à l'encontre des femmes, des filles et des personnes LGBT+.  
« Leurs travaux montrent clairement que les religions ne sont pas nécessairement la source de la discrimination et de la violence fondées sur le sexe, mais que ce sont plutôt les interprétations de ces croyances, qui ne sont pas protégées en soi et qui ne sont pas nécessairement partagées par tous les membres d'une communauté religieuse, qui sont souvent à l'origine de la violence et de la discrimination fondées sur le sexe. »

En clair, l'ONU ne protège pas ou ne devrait pas protéger les religions en tant que telle mais uniquement les droits individuels de leurs fidèles, et ce à condition que lesdits fidèles se soumettent à l'obligatoire protection des droits du genre, de la « santé reproductive », etc.

Ahmed Shaheed l’exprime ainsi, évoquant « l'intersection » entre les droits religieux et des droits des femmes et des LGBT+ en général :

« Une part essentielle du droit à la liberté de religion ou de conviction est que la liberté de religion ou de conviction ne doit pas être utilisée à des fins incompatibles avec la Charte des Nations Unies ou les instruments pertinents des droits de l'homme. »
L'une de ses recommandations les plus parlantes doit être citée :

« Abroger les lois discriminatoires, y compris celles qui ont été adoptées en référence à des considérations religieuses, qui criminalisent l'adultère, qui criminalisent les personnes sur la base de leur orientation sexuelle ou de leur identité ou expression de genre, réelle ou perçue, qui criminalisent l'avortement dans tous les cas ou qui facilitent les pratiques religieuses qui violent les droits de l'homme. »

D'ailleurs, il réclame ouvertement les restrictions à l'objection de conscience dès lors qu'il s'agit de protéger l'accès à l'avortement par exemple :

« Veiller à ce que les protections juridiques permettant aux individus de manifester leur religion ou leurs convictions, par exemple dans le cadre des soins de santé, n'aient pas pour effet de priver les femmes, les filles ou les minorités fondées sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre du droit à la non-discrimination ou d'autres droits ; dans tous les cas, les États devraient garantir le droit à l'intégrité physique et mentale ainsi que le droit à la santé, y compris à la santé génésique, des femmes, des adolescents et des personnes LGBT+, ainsi que l'accès effectif aux services de santé génésique et à une éducation sexuelle complète, conformément aux normes internationales. »

Voilà comment s'exprime le totalitarisme « soft » de l'ONU : d'abord à travers des textes non contraignants comme celui-ci, mais avec l'objectif à peine dissimulée de disposer à l'avenir d'une argumentation qui permette peu à peu de restreindre la liberté, chrétienne notamment, d'affirmer la morale naturelle.


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08 mars, 2016

Virus Zika : le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim veut un meilleur accès des femmes à la “santé reproductive”

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Jim Yong Kim : au service
de la contraception pour toutes
Le choix par Jim Yong Kim du 8 mars pour réclamer dans un article sur LinkedIn l’accès de toutes à la « santé reproductive » ne relève pas du hasard. La Journée internationale de la femme fait partie de ces dates liées à l’avancement de la culture de mort, tant il est vrai qu’elles servent à répéter les refrains sur le « droit » à l’avortement et à la contraception. C’est en sa qualité de président de la Banque mondiale que Jim Yong Kim s’est exprimé, saisissant l’occasion fournie par l’épidémie du virus Zika, dont le lien avec une recrudescence des cas de microcéphalie congénitale est avancé par beacoup.
« Depuis que l’épidémie de Zika a attiré l’attention du monde entier au début de cette année, des photos de bébés atteints de microcéphalie sont apparues sur les écrans des télévisions et dans les journaux du monde entier. Ils sont devenus l’emblème du coût humain du virus, même si le lien de causalité entre le Zika et ce défaut de naissance congénital reste à prouver », commence l’article.
Coût humain ? Oui, ce sont des bébés qui sont atteints, même si c’est à des degrés variables : ce sont eux qui risquent d’en souffrir les premiers, mais enfin ils sont vivants. Logiquement – et d’autant plus que la Banque mondiale est une institution qui brasse des millions et des milliards – il s’agirait de chercher d’une part à éviter la contamination (on recherche un vaccin) et de l’autre, de souligner la nécessité d’apporter à ces enfants les soins dont ils ont besoin. Ce qui passe, naturellement, par l’aide à leurs familles.
Mais tel n’est pas le point de vue avancé par Jim Yong Kim, qui poursuit : « Une chose, cependant, est certaine. Derrière chacun de ces bébés il y a une mère, beaucoup d’entre elles sont des femmes des campagnes vivant dans la pauvreté, qui n’ont pas un accès convenable aux installations sanitaires, aux conseils de santé et autres services. L’épidémie de Zika a brutalement rappelé au monde que les besoins des femmes et leur santé doivent être une priorité dans le cadre des efforts de réponse et de prévention au niveau global et national. »
Et de poursuivre sur le fait que les femmes des pays en développement sont celles qui représentent « 99 % des morts maternelles globales », que les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont le plus fort taux de «grossesses non planifiées » (56 % selon une étude de 2012), et que c’est là aussi que la « demande non satisfaite de planification familiale » reste élevée. Là encore que les « violences de genre » sont élevées :
« Alors que l’évitement de la grossesse peut constituer une sage décision dans le climat actuel d’incertitude à propos de Zika, cette option n’est pas à l’heure actuelle accessible à de nombreuses femmes qui peuvent ne pas avoir la liberté de dire “non” à leur partenaire ou d’insister sur le recours à la contraception. »
Autrement dit, la seule réponse vraiment complète face au virus Zika est d’éviter que des enfants naissent, de pratiquer la contraception pour éviter un risque de microcéphalie qui certes n’atteint qu’une fraction des bébés des femmes contaminées : c’est le principe de précaution au carré, une véritable ingénierie sociale qui incite les femmes de quasi tout un continent à éviter toute grossesse. Pour combien de temps ? Tant qu’il n’y aura pas de vaccin, sans doute !
Autrement dit encore, le « coût humain » du virus Zika, ce n’est pas la souffrance éventuelle des enfants nés microcéphales, mais leur existence même. Toutes ces photos d’enfants un peu différents de nous, qui s’écartent de la norme, qui ont besoin de soins et surtout d’amour – et que leurs mamans aiment certainement de tout leur cœur – ne sont alors que la preuve d’une absence de « planning familial » et d’accès aux soins reproductifs. Ce sont autant de petits visages qui n’auraient jamais du voir le jour… Autant de vivants reproches à un système qui n’assure pas aux femmes la capacité de « se faire entendre et d’exercer un contrôle décisif sur leur propre santé et leur propre vie ».
Voilà à quoi œuvre le président de la Banque mondiale. Si cette institution a débloqué des fonds importants pour les gouvernements d’Amérique latine et des Caraïbes pour faciliter la réponse à l’épidémie de Zika – en vue de contrôler la population des moustiques et de maîtriser la diffusion du virus – elle est aussi consciente, assure son président Jim Kim, qu’il « faut mettre les besoins sanitaires des femmes au centre et au premier rang ». « Tout aussi important, les services de santé reproductive et les efforts pour toucher les populations doivent cibler à la fois les femmes et les hommes », conclut-il.
Le mot « avortement » n’est pas prononcé. Mais voilà bien longtemps que les grandes institutions internationales tentent de l’inclure, aux côtés de la contraception présentée comme panacée, dans le concept de « santé reproductive ».

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09 novembre, 2014

Les grands donateurs mondiaux des programmes de planning familial

Les dons internationaux visant à promouvoir le planning familial dans les pays en voie de développement ont atteint largement dépassé le milliard de dollars en 2013, en nette hausse sur l’année précédente, quoique toujours en deçà des objectifs du sommet international de Londres de 2012. Les « donateurs bilatéraux » – des Etats qui subventionnent directement d’autres Etats – ont dépensé plus d’1,307 milliard de dollars contre 1,906 milliard en 2012. Les dons multilatéraux – par lesquels les Etats dotent le Fonds des Nations unies pour la population, FNUAP – sont quant à eux passés de 432,2 millions de dollars en 2012 à 454 milliards en 2013.
Ce sont les chiffres diffusés la semaine dernière par la fondation américaine Henry J. Kaiser, qui les ventile par pays donateurs : un élément intéressant à connaître puisqu’il s’agit, sous couleur d’aider les femmes à maîtriser leur fécondité pour une meilleure santé maternelle et infantile, de réduire la natalité dans les pays plus pauvres et ainsi, véritablement, de contrôler la population.
La Fondation Kaiser rappelle que l’objectif de Londres et de permettre d’ici à 2020 à 120 millions de femmes supplémentaires à travers le monde d’avoir accès à la contraception, au moment où, selon elle, plus de 200 millions de femmes à travers le monde aimeraient ne plus avoir d’enfant ou d’espacer les naissances, sans pouvoir le faire faute de contraceptifs modernes.
Il va de soi que ces programmes subventionnés n’incluent pas la diffusion de la régulation naturelle des naissances qui repose sur la connaissance par les femmes elles-mêmes de leur cycle de fécondité, et qui ne demande aucune dépense pour sa mise en œuvre…
Les objectifs de Londres prévoyaient le déblocage de 2,6 milliards de dollars supplémentaires, fournis aussi bien par les gouvernements donateurs que par les institutions internationales, les donateurs privés, les ONG, les organisations caritatives que les gouvernements des pays concernés eux-mêmes. Il s’agit aussi bien de l’aide en numéraire que l’investissement en conseil, éducation et la fourniture et la distribution des contraceptifs.
L’étude de la Kaiser Family Foundation ne retient que les fonds versés par les principaux gouvernements donateurs : les dix qui se taillent la part du lion, soit 98 % du total.

Parmi les donateurs bilatéraux, les Etats-Unis (44,7 %) et le Royaume-Uni (23,3 %) ont versé près des 3/4 des dons pour la promotion de la planification familiale en 2013. Les Pays-Bas ont à eux seuls contribué à hauteur de 11,8 %, une proportion énorme par rapport à leur taille et à leur population. La France, avec 2,8 %, partage avec la seule Allemagne la caractéristique d’avoir moins donné en 2013 qu’en 2012, soit 37, 2 millions de dollars en 2013 contre 49,6 millions l’année précédente.
Les dons multilatéraux versés au FNUAP soutiennent l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que et la promotion des droits reproductifs, termes abusivement mais effectivement employés pour diffuser non seulement la contraception, mais encore l’avortement légal. Il s’agit aussi de promouvoir les objectifs du millénaire fixés notamment à travers la Conférence internationale sur la population et le développement (IPCD) qui comprennent en outre l’« égalité de genre », le développement durable et les « problèmes environnementaux liés aux changements de population », par le biais de la « stabilisation de la croissance de la population ». Des objectifs malthusiens en réalité. Le FNUAP s’était engagé à Londres à « doubler la proportion de ses ressources attribuée au planning familial de 25 % à 40 % », avec un supplément de 174 millions de dollars par an.


Les proportions, comme ont le voit ci-dessus, sont bien différentes de celles pour les dons bilatéraux, avec la part du lion pour les pays de l’Europe occidentale continentale.

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17 mars, 2013

Philippines : loi sur la santé reproductive entre en vigueur à Pâques

Dernière ligne droite, aux Philippines, avant la mise en œuvre de la loi de « santé reproductive » que l’Eglise catholique avait combattu avec tant de vigueur. Ce sera, de manière fortement symbolique, le dimanche de Pâques. Il est impossible de croire que la date n’a pas été choisie en manière de défi à tous ceux qui, au nom de la foi et de la loi naturelle, se sont opposés à la culture de mort qui sous-tend la diffusion de contraceptifs artificiels et de la planification familiale qui ne respecte pas le plan de Dieu pour le mariage.

Vous ne me croyez pas ? Pourtant c’est la même chose en France, où le remboursement à 100 % de l’IVG et la gratuité de la contraception pour les mineures entrent en vigueur, de la même manière, le 31 mars, dimanche de Pâques.

On ne voit pas d’autre raison de faire démarrer l’application d’une loi le dernier jour du mois et qui plus est un dimanche…

Pour autant Madeleine Valera, sous-secrétaire à la Santé, ose assurer que son équipe technique chargée des modalités d’application de la loi n’a pas choisi cela de manière « intentionnelle » : « Nous n’avions vraiment pas vu cela. » « Nous étions en cours d’audition et quelqu’un a fait remarquer cela et nous étions, genre, “oups” »… Mais la date de la fête de la Résurrection a été maintenue…

La loi de santé reproductive aux Philippines attendait le feu vert et les règles d’application du département de la Santé. C’est donc chose faite, avec un ambitieux programme qui sous couleur de faire reculer la mortalité maternelle aboutira à l’embauche d’une armée de fonctionnaires spécialisés chargés de la diffusion des moyens de contraception et de l’« information » sexuelle.

Les évêques philippins n’ont cessé de désigner les vrais responsables de la mortalité maternelle : la pauvreté, le manque d’accès aux soins, la corruption.


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23 janvier, 2013

Une pub pour l'avortement… Révulsant

Le Center for Reproductive Rights a créé une vidéo d'une centaine de secondes pour fêter le 40e anniversaire de Roe v. Wade, la décision de la Cour suprême américaine qui a légalisé l'avortement aux Etats-Unis.

On peine à y croire. On croit à un gag. C'est pourtant vrai, « ça », c'est une vidéo fabriquée par des partisans de l'avortement pour inciter les Américains à signer un texte réclamant la protection des « droit reproductifs » face aux menaces de groupes religieux et de politiques anti-ivg. Voici… la chose :



C'est un mannequin et acteur connu, Mehcad Brooks, qui y souhaite un bon anniversaire à Roe v. Wade :
« Tu pensais que j'oublierais, bébé ? Je n'oublie jamais. On avait dit que ça ne marcherait pas entre nous. On a prétendu te m'enlever, te mettre des limites, me mettre des limites à moi… à nous. Mais chaque fois nous nous sommes montrés plus forts. Un anniversaire comme celui-ci, il faut savoir se battre pour… Et c'est exactement ce que je vais faire, bébé… Nous serons à tes côtés, aujourd'hui, demain, dans les années à venir. Parce que tu signifies tout ça pour moi, bébé… pour nous… pour nous tous. Joyeux anniversaire, bébé. T'as l'air pas mal… à quarante ans. »

Vous verrez les clins d'œil vicelards, les rires sardoniques (démoniaques ?), la sensualité à bon marché, les sous-entendus d'autant plus nauséabonds que précisément l'avortement touche prioritairement la communauté noire aux Etats-Unis.

Y a-t-il un pro-ivg qui puisse se sentir interpellé par cette incroyable mise en scène, espèce d'horizon indépassable du mauvais goût ? Ce qui est sûr, c'est que la vidéo fait le tour des sites pro-vie. Belle pièce à conviction sur la perversité intrinsèque des promoteurs et vendeurs de l'avortement.

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30 décembre, 2012

Philippines : signature clandestine de la loi de Santé reproductive ; et résistance héroïque d'un universitaire

Dans le secret de son cabinet, le président des Philippines, Benigno « Noy-Noy » Aquino a signé la loi de Santé reproductive adoptée par le Congrès philippins au terme de 13 années d’âpres débats, au cours desquelles l’Eglise catholique n’a jamais cédé dans sa lutte contre un projet de distribution de contraceptifs gratuits pour les pauvres et de généralisation de l’« éducation sexuelle » obligatoire dans les écoles.

La promulgation des grands textes de loi philippins se fait habituellement de manière publique et solennelle, voire festive. Cette fois, la signature présidentielle a été apposée sous le texte à l’abri des regards et des médias : ce fut fait deux jours après le vote définitif, le 21 décembre, mais le porte-parole de la présidence, Abigail Valte, n’a diffusé l’information qu’une semaine plus tard, vendredi.

Raison officielle : l’intensité des débats a incité l’équipe de « com » d’Aquino à mettre une sourdine, à « attendre quelques jours »… Histoire de laisser passer Noël, peut-être, sans s’attirer les foudres de la hiérarchie catholique ?

« La promulgation de la loi de Paternité responsable met fin à un chapitre de notre histoire qui a marqué une profonde division entre ceux qui portaient la loi et ceux qui s’y sont opposés. Mais en même temps, cela ouvre la voie à une possibilité de coopération et de réconciliation, d’engagement et de dialogue que ne caractérisera plus l’animosité, mais notre désir collectif d’améliorer le bien-être du peuple philippin. »
Pour ce qui est de la langue de bois, le porte-parole de la présidence est décidément passé-maître. En quoi le fait d’attendre huit jours change-t-il quoi que ce soit aux arguments de fond déployés par les nombreux opposants à la loi, hiérarchie catholique en tête ? En quoi une signature en catimini panserait-elle les plaies d’une désunion qui ne résulte pas du caprice ou du sectarisme, mais de prises de position fondées sur les principes ? Il est vrai que Mme Valte a précisé ensuite qu’il s’agissait de « ne pas exacerber le conflit avec certains évêques catholiques ». Sans parler de trouille présidentielle, on devine une volonté de ne pas se faire taper sur les doigts.

La loi (« Republic Act ») 10354, s’est empressée d’expliquer Abigail Valte, ne prévoit pas une taille maximale pour les familles – c’était le cas de ses premières moutures ! – et elle a encouragé les Philippins à aller voir eux-mêmes le texte définitif sur internet afin de constater qu’aucune contrainte ni force ne sera exercée pour imposer l’usage des contraceptifs. Comme si le problème était là.

Le but affiché de la loi 10354 est de faire baisser la mortalité maternelle et la pauvreté aux Philippines, bienfaits hypothétiques qui restent à démontrer, c’est peu de le dire.

Le but réel est de faire chuter le taux de fécondité aux Philippines et de mettre un frein à la prolifération des pauvres, non en combattant la pauvreté et la corruption, mais en leur faisant comprendre qu’ils sont de trop, que leurs enfants sont de trop.

Les évêques philippins ont réagi fortement à l’adoption de la loi. L’archevêque émérite de Lingayen-Dagupan, Mgr Oscar Cruz a commenté que le président Aquino avait eu « honte » de ce qu’il avait fait, chose prouvée par la signature du texte dans le plus grand secret : « Je ne comprends vraiment pas pourquoi. Si cette loi est vraiment très bonne et au service du bien du peuple, pourquoi l’a-t-il signée sans que le peuple soit au courant ? Ils savent que ce qu’ils ont fait est inacceptable… » Beaucoup d’hommes politiques, a-t-il ajouté, « ne pensent pas à ce qui est bien ou mal mais se soucient seulement de savoir où est l’argent et où est la puissance. »

L’évêque de Sorsogon, Mgr Arturo Bastes, a estimé pour sa part que le président Aquino serait connu comme le président de la Santé reproductive, et que sa conscience le troublerait à ce propos pendant toute sa vie, « jour et nuit » : « Il a planté une bombe morale à retardement dans notre pays catholique », a-t-il souligné.

On apprenait samedi à Manille qu’un professeur de théologie à l’université jésuite Ateneo a donné sa démission en raison du soutien des responsables religieux de l’institution à la loi de Santé reproductive . Le Pr Rafael Dy-Liacco, archéo-astronome, dans sa lettre de démission, dénonce le fait que les responsables d’Ateneo aient refusé de rejeter une alliance avec « l’esprit de dédain » à l’égard de l’Eglise qui a été à l’œuvre pour faire adopter la loi.

« Cet esprit répudie la sainteté de l’Eglise et, en même temps, prétend s’assumer lui-même (Thess. 2, 4). Il a  manifesté un degré de férocité d’une importance peu commune, et même de haine. Il a révélé un dénigrement tous azimuts de l’Eglise : de ses enseignements, de ses évêques, de ses catéchistes, et de ses fidèles laïques », affirme la lettre de Rafael Dy-Liacco, adressée aux présidents des départements de théologie et des humanités de l’université. Elle portait la date du 28 décembre, fête des Saints Innocents, jour où la signature clandestine de la loi a été connue, et prenait un relief particulier dans la mesure où Benigno S. Aquino III est ancien étudiant de cette université.

C’est au nom du refus de toute collusion avec « l’esprit d’animosité contre l’Eglise », parce qu’il rejette la vérité de Dieu et que « celui qui s’allie avec lui devient comme lui », que le Pr Dy-Liacco a décidé de couper les liens avec une université qui compte de nombreux professeurs et enseignants qui ont publié leur accord avec la loi de Santé reproductive ou expliqué qu’on pouvait s’en accommoder.

De nombreux extraits de sa lettre ont été publiés sur le site de la Conférence épiscopale des Philippines.


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19 décembre, 2012

“La contraception, c'est la corruption” : évêques des Philippines

Juste avant le vote et l'adoption par le Sénat et la Chambre des Philippines de la loi sur la Santé reproductive, et en attendant la signature d'un texte conciliant les deux versions par le président des Philippines, Benigno Aquino, la Conférence des évêques des Philippines (CBCP) a publié sur son site une réaction forte intitulée « La contraception, c'est la corruption ». La lettre pastorale, rendue publique lundi en tant que document officiel de la Conférence des évêques, porte la signature de Mgr Socrates B. Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan, depuis sa cathédrale de Saint Jean l'Evangéliste, en l'absence du président de la CBCP, dont le texte précise qu'il est « à l'heure actuelle à l'étranger ».

Je vous en propose ci-dessous ma traduction.
La Contraception, c'est la corruption 
A la recherche de lumière et de direction à propos de la loi sur la Santé reproductive
Alors que nous commençons aujourd'hui les neuf jours de la « Misa de Gallo » [la neuvaine traditionnelle philippine qui culmine avec la messe de minuit de Noël ou la « messe du coq », NDLR], nos pensées se tournent vers Jean-Baptiste, celui qui désigne Jésus, l'Enfant Christ de Noël. Les gens viennent lui demander : « Alors, que devons-faire ? » parce que leurs cœurs sont remplis de l'attente du Messie (Lc, 3,15). Ils avaient besoin de raisons d'espérer. Saint Jean-Baptiste leur a dit de partager ce qu'ils avaient, d'agir avec justice, et de bannir toute extorsion. 
Aujourd'hui, notre question en tant que peuple de Dieu, en ce qui concerne le texte de loi controversé sur la Santé reproductive, peut bien être la même. Que donc devons-nous faire ?
Au nom de la Conférence des évêques catholiques des Philippines, je réitère ce qu'ont  collectivement discerné les évêques philippins : si la loi de Santé reproductive est promulguée, elle pourra causer des dommages à notre nation. La contraception corrompt l'âme. On a fait à la loi de Santé reproductive un emballage cadeau pour la faire ressembler à un bienfait pour la santé maternelle. Il n'en est rien. Elle va provoquer de plus grands crimes contre les femmes. 
On promet aux pauvres une vie meilleure grâce à la loi sur la Santé reproductive. Il n'en sera rien. Les pauvres peuvent sortir de leur misère grâce à un meilleur accès à l'éducation, de meilleurs hôpitaux et moins de corruption gouvernementale. L'argent des contraceptifs peut être mieux utilisé pour l'éducation et pour d'authentiques soins médicaux. 
On fait croire à la jeunesse que les relations sexuelles avant le mariage sont acceptables pourvu que l'on sache éviter la grossesse. Est-ce moral ? Ceux qui corrompent l'esprit des enfants attirent sur eux-mêmes la colère divine. 
La loi sur la Santé reproductive, si elle est promulguée dans sa forme actuelle, mettra en péril la fibre morale de notre nation. Comme nous, vos évêques, l'avons dit par le passé, une mentalité contraceptive est mère d'une mentalité abortive. L'acces large et gratuit aux contraceptifs, même pour la jeunesse, aura pour conséquence la destruction de la vie familiale et une plus grande violence contre les femmes. 
Alors que devons nous faire ? 

Nous félicitons les cent quatre (104) élus du congrès qui n'ont pas voté, hommes et femmes, qui ont voté NON à la loi sur la Santé reproductive. Vous avez voté avec courage, malgré toutes les pressions, pour vous dresser en faveur de ce qui est juste et vrai. L'Eglise se souviendra de vous comme de héros de notre nation, qui avez dit non à la corruption et qui vous préoccupez du véritable bien du peuple, et spécialement des plus pauvres. Puissiez-vous demeurer fermes et ne pas fléchir dans votre opposition à la corruption morale. 
Alors que devons nous faire ? 
Nous supplions les soixante-quatre (64) élus du congrès qui n'ont pas encore voté, afin qu'ils soient éclairés et se dressent en faveur de la Vérité. De même que saint Jean-Baptiste a orienté les gens vers la justice, nous vous appelons vous aussi à rechercher la justice pour le peuple philippin. L'Eglise nous enseigne à suivre notre conscience, le sanctuaire intérieur où nous sommes seuls avec Dieu (Gaudium et Spes n° 16), mais cette conscience doit être formée et informée selon les valeurs universelles communes à toutes les personnes humaines. La vérité, c'est que pour être pro-enfants, pro-mères et pro-pauvres, nous devons résister à toutes les menaces qui pèsent sur eux. C'est la justice. Dressez-vous en sa faveur ; défendez-la ; ne soyez pas ébranlés par les pressions du monde et soyez les champions des personnes qui ont voté pour vous. Dieu sait et voit ce que vous faites. 
Alors que devons nous faire ? 
Nous exhortons les fidèles catholiques philippins à partager avec ceux qui ont moins, en ce Noël, mais aussi à partager leur prière afin que nos élus et élues du congrès soient fidèles à leur vocation à servir les véritables intérêts du peuple philippin. Cela signifie : défendre la vie, dire non à la contraception qui est la corruption, être fidèle à l'Enfant de Noël qui était pro-femmes, pro-enfants et pro-pauvres. 
Depuis le cathédrale de saint Jean l'Evangéliste, Dagupan City, 15 décembre 2012. 
Pour le président de la Conférence des évêques catholiques des Philippines, actuellement en déplacement à l'étranger. 
                                                                        + Socrates B. Villegas
                                                                        Archevêque de Lingayen-Dagupan &
                                                                        Vice-Président de la CBCP

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25 octobre, 2012

L'ONU refait pression sur l'Argentine pour l'avortement légal

Plusieurs pays et ONG agréées par l'ONU ont demandé à l'Argentine de garantir l'accès à l'avortement dépénalisé dans certaines circonstances, en prenant acte de la sentence de mars dernier de la Cour suprême de Justice de la Nation en ce sens, qui n'a pas encore été traduite dans les faits dans l'ensemble des provinces argentines.

Ils l'ont fait dans le cadre de la 14e session d'Examen périodique universel de la situation des droits de l'homme dans divers pays membres de l'ONU, qui se tient depuis le 22 octobre et jusqu'au 5 novembre prochain dans le cadre du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève. L'Argentine a dû présenter son bilan et entendre les remarques des intervenants lundi dernier, jour où donc, en un tir de barrage nourri, les différents représentants de pays membres et d'organismes de droits de l'homme ont répété leur exigence de voir ce pays élargir le spectre des avortements dépénalisés.

Il faut dire que l'affaire était très téléphonée, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme ayant au préalable compilé les dires de différents rapports pour mieux orienter les pressions sur l'Argentine, suscitant implicitement une référence à l'avortement « sans danger » (sous-entendu : légalisé) qui ne figure pourtant dans aucune convention internationale ratifiée dans le cadre de l'ONU. C'est cette absence qui explique le fait qu'il ne soit pas fait mention explicite de l'avortement légal, mais cela est fortement suggéré.
« Les organismes des Nations Unies présents en Argentine ont indiqué que la  mortalité maternelle, dont la réduction restait l’un des principaux défis à relever pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement, avait pour cause principale les complications liées aux avortements. La mortalité infantile avait continué de baisser progressivement mais ce pays pourrait difficilement atteindre l’objectif 5 du Millénaire  prévoyant la réduction du taux de mortalité maternelle de 75 % entre 1990 et 2015 (de 52 à 13 pour 100 000 naissances vivantes). En outre, le taux de fécondité des adolescentes  restait élevé. Les grossesses précoces augmentaient les risques de mortalité maternelle et avaient des incidences sur la santé néonatale et infantile car la morbidité et la mortalité d’un nouveau-né dont la mère est adolescente sont quatre à cinq fois plus élevées. Les organismes des Nations Unies présents en Argentine ont recommandé de renforcer les politiques menées pour garantir un accès universel à la santé en matière de sexualité et de procréation et de poursuivre les efforts menés pour garantir l’intégration d’une éducation sexuelle complète dans les programmes d’enseignement de tous les établissements éducatifs du pays, l’objectif étant de réduire le taux de grossesse des adolescentes. »
 La vidéo de séance de questions au responsable argentin n'a pas encore été mise en ligne à l'heure d'écrire mais nous disposons déjà des questions écrites préparées pour la séance par différents pays.

• Pays-Bas. Entre une première question sur les droits des femmes et les violences qui leur sont faites, et une dernière sur la prévention de la torture, le représentant néerlandais n'avait qu'une seule autre préoccupation : les « avortements dangereux ». « Les chiffres semblent indiquer que les avortements  dangereux dont une cause majeure de mortalité et de morbidité maternelles. Le Gouvernement peut-il indiquer si le récent jugement de la Cour suprême (mars 2012) peut avoir un impact sur ces chiffres ? »

La Norvège est un peu moins péremptoire, mais quand même. « Selon l'OMS, 27,4 % des morts maternelles en Argentine sont la conséquence de l'avortement illégal. Considérant la gravité de ce problème, nous voudrions aimablement demander au Gouvernement argentin d'expliquer comment ils travaillent à faire baisser le taux de mortalité maternelle en général et les avortements illégaux en particulier. »

Lors des questions orales, le refrain a repris.

• L'Allemagne a salué la décision de la Cour suprême visant à assurer l'accès des victimes de viol à l'avortement sûr et légal : « Nous sommes confiants de voir le gouvernement argentin à mettre en œuvre des mesures appropriées en ce sens. »

L'Uruguay a attiré l'attention sur le rôle de l'avortement dans la maternité maternelle – après être devenu cette semaine le premier pays d'Amérique latine, hors Cuba, à légaliser l'avortement à la demande.

• La Suisse a réclamé l'accès concret à l'avortement légal.

• La Slovénie a pour sa part réclamé un meilleur accès aux services et aux produits de santé reproductive.

Du côté des ONG, le même genre de réclamations est venu de l'Equipe latino-américains pour la justice et le genre (ELA) et la Fondation pour la santé des adolescents (FUSA)pour qui « l'incrimination de l'avortement reste l'un des principaux obstacles aux droits des femmes. Mais aussi d'Amnesty International, qui parle de 500 000 avortements par an et réclame la dépénalisation dès lors que la grossesse risque de nuire à la« santé physique ou mentale ».

Les promoteurs de droits LGBT n'étaient pas en reste et la Fédération argentine de lesbiennes, gays, bisexuels et trans (FALGBT) a pu longuement s'exprimer alors que le représentant argentin se trouvait pour ainsi dire dans le box des accusés : elle s'est félicitée de la loi sur le « mariage égalitaire » au profit des homosexuels, mais elle a regretté que « les codes de contraventions incriminent les identités de genre » (en clair : les femmes transsexuelles). Elle a regretté encore que la loi sur les actes de discrimination ne reconnaisse pas, « pour l'heure, l'identité de genre et l'orientation sexuelle comme causes de discrimination » (comme le fait déjà, rappelons-le, la Charte des droits de l'UE).

Retenez aussi ceci, qui est publié sans sourciller par l'ONU : « La FALGBT estime que l’éducation religieuse reste l’une des principales sources de reproduction de préjugés, de discours discriminatoires et de harcèlement dans le milieu scolaire. » Et réclame aussi « l'éducation sexuelle » qui existe sur le papier dans un « programme complet » depuis 2006 mais qui n'est pas mise en œuvre dans les établissements scolaires. Elle parle comme Vincent Peillon en France.

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14 juin, 2012

RIO+20 : les académies des sciences du monde entier appellent au contrôle de la population

Avec une telle unanimité que l'ensemble des sources que j'ai consultées jugent inutile de détailler leurs noms, « les 105 académies des sciences » reliées dans le réseau mondial IAP ont appelé à une action globale coordonnée sur la population et sur la consommation dans un rapport adressé aux chefs d'Etat qui se réuniront au sommet du « développement durable » à Rio de Janeiro, du 22 au 24 juin. Les dépêches rapportant cette information sont toutes datées de Paris.

Il faut en finir non seulement avec la sur-consommation des pays riches, assurent les académies des Etats-unis, du Japon, du Nicaragua ou de la Lituanie, mais réduire la « rapide croissance de la population » car cela peut « stimuler et faciliter la croissance économique ».

La population et la consommation sont les deux facteurs-clef dont personne ne parle, assure le rapport, alors qu'ils sont primordiaux par rapport à l'épuisement des ressources naturelles et aux atteintes à la biodiversité. Sans compter que la croissance rapide de la population est un obstacle à la « réduction de l'inégalité de genre », souligne leopoldina.org, le site de l'Académie des sciences allemande.

Le rapport note pourtant, selon le résumé de leopoldina.org, que « les changements dans la structure de l'âge de la population résultant  du déclin des taux de natalité et de mortalité peuvent avoir des ramifications environnementales, sociales et économiques importantes, par exemple en faisant peser une demande croissante sur les systèmes de soins et de pensions de retraite ». (Alors, elle croît ou elle décroît, la population ? Et que faire lorsqu'il y a trop de vieux ?!)

Le rapport pointe la migration et  l'urbanisation croissantes qui, dans la mesure où elles sont inattendues et non planifiées peuvent avoir des conséquences troublantes sur le plan politique et environnemental, empêchant la réalisation du potentiel de développement économique et social, poursuit le résumé.

Le rapport propose donc que des mesures soient prises :

— Prendre en compte la population et la consommation dans tout plan politique, y compris ceux relatifs à la réduction de la pauvreté et au développement économique, la gouvernance globale, l'éducation, la santé, l'égalité de genre, la biodiversité et l'environnement.

— Réduire les niveaux de consommation dangereux et développer des choix plus durables, ces mesures étant d'une urgence critique dans les pays plus riches. (Mais c'est la Chine qui est en tête des pollueurs…)

— Encourager des stratégies de développement qui aident à réduire la croissance démographique, en particulier celles qui promeuvent l'éducation des femmes et des filles.

— Fournir l'accès à la santé reproductive intégrale et aux programmes de planning familial pour tous. Cette question requiert des ressources supplémentaires substantielles  et une attention politique de la part des gouvernement et des donateurs internationaux.

— Une poussée globale vers une nouvelle économie verte en réduisant des types de consommation néfastes, avec le développement de choix plus durables.

— Développer des politiques qui améliorent la qualité de vie des personnes plus âgées et créer de nouvelles possibilités pour qu'il puissent continuer d'apporter leur contribution à la société.

Le président du groupe de travail du réseau des Académies (IAP), Charles Godfrey, membre de la Royal Society britannique, a déclaré à la presse, à ce propos : « Pendant trop longtemps, la population et la consommation ont été écartées du débat en raison de leur caractère sensible sur le plan politique et éthique. Ce sont des questions qui touchent aussi bien les nations développées que celles en voie de développement, et nous devons en prendre la responsabilité ensemble », a-t-il déclaré.

Est clairement visé le planning familial – « volontaire » – qu'il s'agit de promouvoir politiquement : « Il faut actionner les leviers qui déterminent la taille des familles. A la base, vous ne pouvez pas sauver l'environnement sans une politique et des programmes de santé reproductive », a commenté Lori Hunter, une démographe déjà présente à Rio.

L'être humain, voilà l'ennemi.



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24 février, 2012

Colombie : l'avortement au nom du “droit à la santé”

La Cour constitutionnelle de Colombie, saisie d'une affaire de tutelle à propos d'une mineure tombée enceinte à 12 ans, vient de décider que la préservation de la santé mentale fait partie des motifs que peut et doit invoquer l'Entité promotrice de la santé (EPS) pour autoriser un avortement. Elle a ainsi interprété dans un sens extensif les exceptions qu'elle avait elle-même établies en 2006 à l'occasion d'une sentence créant des conditions où l'interdiction de l'avortement en Colombie pouvait être ignorée par les services de santé.

C'est au nom du « droit à la santé » que la Cour a condamné l'EPS qui avait refusé l'avortement à cette jeune fille, « AA », enceinte des œuvres de son « fiancé » âgé de 16 ans.

« Il faut se rappeler que le droit à la santé suppose la jouissance du plus haut niveau possible de santé physique et mentale, et que la grossesse peut être la cause d'une situation d'angoisse sévère, voire d'altérations psychiques graves qui peuvent justifier son interruption, sur certificat médical », affirme la Cour constitutionnelle.

Toute femme ayant été enceinte attestera sans doute qu'à un moment ou à un autre, sa grossesse l'a privée de sa « jouissance du plus haut niveau possible de santé physique et mentale », sans même compter le brouillard cérébral que peuvent provoquer les nuits sans sommeil et autres petits désagréments liés à la présence d'un nourrisson affamé. Des nausées au sentiment d'être à deux dans un studio trop petit, des jambes lourdes en été à ces kilos en trop (« la chair est flasque, hélas, et j'ai pris trop de livres »…), de la peur de l'inconnu à la difficulté de faire du calcul mental dans les heures qui suivent l'accouchement, on pourrait aligner bien des ennuis. Et je ne parle que de grossesses qui se passent bien.

Non, vraiment, les juges de la Cour colombienne sont des extrémistes qui ne semblent même pas mesurer la portée de leurs affirmations… Avec de telles phrases générales, on peut justifier l'avortement dans à peu près n'importe quel cas – et ignorer allègrement la forte volonté de la société civile colombienne d'en finir avec les « exceptions » d'avortement introduites dans le droit par la voie jurisprudentielle.

La Cour estime que l'EPS doit autoriser l'avortement dès lors qu'un certificat médical atteste de la mise en péril de la santé physique ou mentale de la femme enceinte, ajoutant qu'en l'espèce cela s'imposait d'autant plus qu'il y avait deux certificats, l'un émanant d'une psychiatre, l'autre d'une gynécologue-obstétricienne, apportés à l'appui de la demande d'avortement posée le 25 avril 2011. La jeune fille de 12 ans pouvait se prévaloir d'un diagnostic de « dépression ».

L'EPS refusa l'avortement, soulignant que les certificats avaient été signés par des médecins qui lui étaient étrangers, et le temps passa jusqu'à ce que la jeune fille accoucha de son enfant.

Aujourd'hui, l'EPS est condamnée par la Cour constitutionnelle à indemniser les dommages et tous les préjudices causés à la jeune fille – ils seront évalués avec précision – du fait du refus de l'avortement. La Cour a ordonné qu'il soit particulièrement tenu compte de la minorité de la jeune fille et des dommages causés à sa santé mentale et à son « projet de vie » (sic) du fait « de la négation illégitime de l'accès à l'IVG, à laquelle elle avait droit ».

Dans un contexte où le lobby de l'avortement tente d'imposer sur le plan des traités internationaux l'avortement comme faisant partie intégrante de la « santé sexuelle et reproductive », une telle décision – qui en fait une condition et donc un droit pour la préservation de la santé au sens très large – apparaîtra comme une aubaine.

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16 juin, 2011

Coup d'arrêt à la progression de la culture de mort en Amérique : bravo !

Une tentative de faire adopter une « Convention des droits sexuels et reproductifs » par l'Organisation des Etats Américains (OEA) lors de son assemblée générale à San Salvador du 5 au 7 juin derniers a capoté sans même que le projet ne pût être présenté aux représentants des Etats membres réunis et aux 147 organisations de la société civiles participant à la réunion solennelle.

Le projet qui circule depuis une bonne décennie cherche à faire légaliser partout l'avortement et à protéger en droit n'importe quel type de comportement ou d'orientation sexuelle pour en faire des « droits humains » à part entière, de manière à les imposer dans les pays qui ne les reconnaissent pas (encore) au niveau national.

Plusieurs groupes féministes et favorables à l'avortement avaient fait irruption pendant les sessions de l'Assemblée générale, nous apprend le Population Research Institute, très attentif aux manœuvres en cours pour imposer la culture de mort à la faveur d'un droit international revu, corrigé et subverti. Les cheveux teints en rouge, portant des pancartes avec des slogans contre la pénalisation de l'avortement, des militantes féministes et des travestis avaient tenté d'exiger l'inscription de la Convention à l'ordre du jour de l'assemblée générale, sans succès. Une initiative semblable – portée cette fois par les « Catholiques pour le droit de choisir – avait échoué l'an dernier lors de l'assemblée générale de l'OEA à Lima, malgré l'accueil complaisant du Secrétaire général chilien, Miguel Insulza.

La résistance de l'OEA, fondée sur la volonté des Etats membres de conserver leurs droits souverains, mérite d'être soulignée. Mais elle ne doit pas faire oublier que l'offensive est multiforme, et que ce qui est repoussé ou contenu ici peut progresser ailleurs, toujours sous couvert d'une fausse interprétation des engagements internationaux utilisés pour faire pression sur les législations nationales.

Les hispanophones pourront lire ici le texte de la Convention.

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06 mai, 2011

Philippines : journée de prières contre la loi de santé reproductive

Les évêques des Philippines ont appelé à une journée nationale de prière dans leur pays, le 9 mai, pour obtenir une intervention divine qui éclaire les législateurs philippins appelés à voter sur une proposition de loi de « santé reproductive », qui vise à légaliser le contrôle des naissances et la généralisation de la contraception. C'est à cette date que s'ouvrira la session législative pendant laquelle la loi sera débattue.

En février, rappelle LifeSite, quelque 50.000 personnes avaient manifesté contre ce texte qui, dans nos « démocraties avancées » en Occident, paraîtrait d'une timidité inouïe. Car ce n'est pas d'une légalisation de l'avortement qu'il s'agit (même si l'opposition souligne les effets abortifs de plusieurs méthodes « contraceptives » visées), mais bien de la distribution de la pilule ou du préservatif. Les évêques des Philippines n'ont pas hésité au fil des longs mois de débats qui ont accompagné la proposition jusqu'ici à montrer que la contraception, c'est déjà la culture de mort.

Mgr Ramon Arguelles, de Lipa, a demandé à ses ouailles de mettre à part un temps de prière pour les législateurs, afin qu'ils rejettent la loi. L'évêque auxiliaire de Cotabato, Mgr José Colin Bagaforo s'est joint à l'initiative, tout comme l'évêque de Butuan, Juan de Dios Pueblos, qui a appelé les fidèles à « prendre le ciel d'assaut avec leurs prières ». A Manille, une neuvaine pour la vie s'achèvera le 9 mai.

Le président de Human Life International, Mgr Ignacio Barreiro-Carambula : « Les montagnes qu'il nous faut déplacer sont celles de l'idéologie libérale et de l'argent : des centaines de millions de dollars ont été déversés sur les Philippines par les élites occidentales qui veulent que les Philippins n'aient plus d'enfants, et qui font la promotion de cette loi de « Santé reproductive » qui est contre la vie et contre la famille. »


Il suggère aux catholiques du monde entier de se joindre à cette prière.

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19 avril, 2011

L'ADN du tout-petit peut être modifié par le régime maternel

MercatorNet publie une juste réflexion de Caroline Moynihan sur l’importance du régime de la mère pendant les premières semaines de grossesse. L’information a paru à la une du New Zealand Herald avec une photo d’enfant à huit semaines de gestation. Superbe photo, au demeurant, qui montre ce qui est, indiscutablement et sans erreur possible un petit d’homme. Qu’un quotidien à grand tirage publie de manière aussi visible la preuve visuelle aussi évidente qu’un fœtus en âge d’être avorté est tout simplement un bébé en train de grandir, c’est en soi un événement.

Une étude menée par des chercheurs australiens démontre, « pour la première fois », que le régime d’une maman pendant sa grossesse peut modifier l’ADN de son bébé et le rendre plus susceptible de devenir obèse au cours de son enfance. Sur les 300 enfants soumis à l’enquête, 25 % ont montré une modification de leur ADN, un facteur clef identifié étant une moindre ingestion d’hydrocarbures.

L’obésité infantile laisse prévoir davantage de risques de diabète et de maladies du cœur à un âge plus avancé.

Le Pr Peter Gluckman, d’Auckland, en déduit que sa recherche « implique que l’attention portée à la santé maternelle et à son statut nutritionnel au début de la grossesse est très importante pour obtenir ce qu’il y a de mieux pour votre bébé ».

« Tôt » : c’est-à-dire à un moment où d’autres expliquent que l’enfant attendu n’est qu’un « amas de cellules ».

« Comme il est triste et contradictoire que le développement d’un enfant à stade est d’un intérêt crucial alors que la vie de tel autre sera considérée comme jetable », écrit Caroline Moynihan. « Si les professionnels de la santé e d’autres commençaient à “se focaliser davantage sur l’aide aux mères” qui sont en détresse du simple fait d’être enceintes nous en verrions peut-être moins qui rejetteraient leurs bébés. Nous verrions peut-être même de meilleurs efforts tous azimuts pour protéger le développement de l’enfant dans le sein de sa mère. »

L’avers de la médaille – car un bâton pointe toujours dans deux directions opposées, comme dirait Chesterton – c’est que ce genre de découverte ouvre la voie à la mise en place, peut-être, un jour, à une sorte de « permis de maternité » au nom de la santé publique…

09 mars, 2011

Chine : une maternité “française” a ouvert ses portes près de Pékin

Elle appartient à la première maternité privée de la région lyonnaise, Natecia. Située dans une véritable ville-hôpital construite par un milliardaire chinois, elle est à 30 km de Pékin et a pour ambition de réaliser 2.500 accouchements par an, en faisant diminuer de manière drastique le taux de césariennes par rapport à celui actuellement observé dans la capitale chinoise (50 % environ) et en permettant des accouchements en salle individuelle, en présence des pères. Préparation à la naissance, consultations préalables, cours de Yoga, tout est prévu…

On reste songeur devant cette initiative qui cherche à faire prendre racine à la médecine française au pays de l'enfant unique, des stérilisations et des avortements forcés. Elle est évidemment d'ordre commercial, même si des consultations à 0,80 centimes d'euro et des accouchements tarifés à 30 euros peuvent ne pas paraître très lucratifs… L'investissement total de « Yanda Health City », complexe démesuré voué uniquement à la santé, s'élève à 1,6 milliard d'euros. C'est elle qui fournit les locaux, l'équipe française de Natecia se chargeant de la gestion.

Le site de Natecia évoque discrètement la question des avortements en Chine en expliquant que le service de « planning familial », qui ouvrira ses portes d'ici à quelques semaines – avant même les premiers accouchements prévus en juin si la paperasserie administrative chinoise suit – cherchera avant tout a faire baisser le nombre d'avortements, puisque 55 % des Chinoises y ont recours aujourd'hui.

L'objectif peut paraître louable mais on sait que la contraception ne s'accompagne pas nécessairement d'une baisse des avortements, loin s'en faut – choisir l'« exemple » français pour cela relève carrément de la plaisanterie. Et dans un pays où l'avortement vient mettre un terme forcé aux grossesses de trop, cela peut-il relever d'autre chose que de l'utopie ?

Autre sujet d'interrogation : la maternité comportera un centre de PMA (procréation médicalement assistée) – il n'y en a qu'une cinquantaine en Chine – avec, pour les médecins et personnels français qui pourraient se rendre là-bas, une question à résoudre : la mettront-ils au service du choix du sexe de l'enfant dans un pays qui élimine une part importante de ses petites filles à naître ? Et lorsque à terme ouvrira son centre de chirurgie gynécologique, à quoi servira-t-elle ?

Le site du groupe de santé Noalys, propriétaire de Natecia, ne juge en tout cas pas utile de communiquer à ce sujet en annonçant la naissance, lors du Nouvel an chinois le 2 février dernier.

On retiendra en revanche ce paragraphe laconique, semble-t-il inexact dans sa présentation des dérogations accordées pour la naissance d'un deuxième enfant (voir post suivant) :

Natecia au pays de l'enfant-Roi...
En Chine, les enfants uniques surnommés les « petits empereurs » sont gâtés, choyés, surprotégés... Ce pays a su freiner son expansion démographique en appliquant des mesures drastiques mais aujourd’hui elle accorde des dérogations aux minorités ethniques et bientôt aux couples lorsque les deux parents sont eux-mêmes enfant unique. Ces assouplissements seront autorisés à partir de cette année. La maternité Natecia Chine a donc un bel avenir devant elle. 
De plus, l’information sur les différents moyens de contraception est une priorité, que nos équipes ont décidé de prendre à bras le corps, afin de limiter le taux d’avortement (plus de 55%  femmes Chinoises).
Bravo, donc, à la Chine qui a « su freiner son expansion démographique ». C'est en tout cas ce qu'en pense Natecia. Et vous ?

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03 mars, 2011

République dominicaine : un demi million pour la « santé reproductive »

L'Agence de coopération internationale de la Corée (du Sud) a remis mercredi un don de 500.000 $ au gouvernement de la République dominicaine pour participer à la construction d'un Centre de promotion de la santé sexuelle et reproductive pour les jeunes sous l'égide du ministère des Femmes. Le but ? Eviter les grossesses précoces

Le Centre fonctionnera en accord avec la perspective des droits humains et de « genre », a annoncé le ministre Alejandrina German.

Philippines : la loi sur la santé reproductive prend des tours totalitaires. Et l'UNICEF s'engage

Après l'adoption en commission d'une proposition de loi sur la santé reproductive, rebaptisée « loi de paternité responsable », aux Philippines, la Chambre des représentants va être très prochainement appelée à se prononcer sur le texte, après un premier report, mardi, dû à des problèmes techniques. La procédure parlementaire avance vite au service d'une loi que l'épiscopat philippin a dénoncé avec beaucoup de vigueur, alors même qu'elle ne propose pas de dépénaliser l'avortement en tant que tel. Mais en imposant l'information sur la contraception, en contraignant les services de santé publics et privés de rendre accessibles des moyens contraceptifs qui peuvent avoir une action abortive, la loi institue déjà l'élimination légale de l'enfant à naître. Et, comme le soulignent les responsables catholiques, elle véhicule une « mentalité contraceptive » contre laquelle ils se battent en toute clarté. Elle impose également l'éducation sexuelle » dans l'ensemble des écoles.

Mais en outre, la « House Bill 4244 » veut créer un nouveau délit permettant de sanctionner ceux qui « en toute connaissance de cause retiendraient l'information ou empêcheraient la diffusion » de l'information à propos de la « santé reproductive », surtout la pilule qui est un moyen éventuellement contragestif, rapporte LifeSite. Bien que la proposition de loi reconnaisse le droit à l'objection de conscience en la matière au personnel médical elle veut imposer aux objecteurs de conscience de renvoyer leurs patients vers d'autres médecins qui soient prêts à prescrire ou fournir des contraceptifs.

Un article de la loi inquiète particulièrement ses opposants puisqu'elle prévoit des sanctions pénales à l'encontre de « toute personne qui, de manière malveillante, s'engage dans la désinformation quant aux intentions ou aux dispositions de cette loi ». En clair : un délit d'opinion qui instituerait une pensée obligatoire sur un sujet qui est à l'évidence controversé aux Philippines. Et la sanction serait lourde : d'un à six mois d'emprisonnement, et environ 230 à 1 150 dollars d'amende.

La loi affirme en outre qu'il existe une taille de famille « idéale » : deux enfants, son but étant d'encourager les couples à se limiter à ce nombre, sans obligation toutefois. Mais elle prévoit tout de même la mise en place d'un « Officier local de population » dans chaque municipalité du pays…

Le 18 février dernier, 50.000 Philippins ont manifesté contre la loi à Pasay City : une majorité de catholiques, certes, mais ils avaient été rejoints par des Evangéliques, des Baptistes et des musulmans. La veille, l'épiscopat avait cessé toute discussion avec le gouvernement philippin au sujet de la loi, jugeant que ces rencontres ne servent à rien.

De son côté, l'UNICEF (le Fonds des Nations unies au service des enfants…) vient d'appeler le gouvernement des Philippines à maintenir active sa campagne d'information sur la « santé reproductive » auprès des jeunes. Pour Vanessa Tobin, représentante philippine pour l'UNICEF, il s'agit de reconnaître le problème de l'infection HIV auprès des adolescents, qui est à la hausse dans ce pays. Sans surprise, tout en annonçant qu'il fera la promotion de l'abstinence et de la fidélité, le département de la Santé philippin a répondu par la voix de son porte-parole que l'essentiel de l'effort de lutte contre cette tragédie – hélas bien réelle – portera sur la diffusion du préservatif, spécialement parmi les jeunes.

La plupart des contaminations par le virus du sida ont lieu aux Philippines lors de relations homosexuelles masculines.

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04 février, 2011

Evêques philippins : la prison plutôt que la “loi de santé reproductive”

Ce n'est pas une loi d'avortement. Et le texte comporte tout un volet promettant la promotion de la régulation naturelle des naissances. Mais – comme je l'ai écrit ici et ici – la loi de Santé reproductive qui vient de franchir en commission sa première étape aux Philippines avait suscité dès dimanche une mise au point ferme et unanime marquant l'opposition de l'épiscopat catholique. A peine la proposition adoptée en commission, deux évêques philippins ont appelé le peuple philippin à la « désobéissance civile » si jamais le texte franchit avec succès toutes les étapes législatives – ce qui peut théoriquement prendre jusqu'à deux ans. L'information provient du site officiel des évêques philippins, ici. L'évêque de Sorsogon, Arturo Bastes, a ainsi déclaré au micro de la radio de l'épiscopat philippin, Radyo Veritas :
Mgr Arturo Bastes
« Il y aura une désobéissance civile ! Aux lois qui sont immorales, nous dirons au peuple de ne pas obéir ! »
Et d'ajouter :
Mgr Ramon Arguelles
« Nous autres évêques, nous sommes prêts à accepter la prison, avec nos prêtres, pour protester contre les choses immorales qui sont là (dans la loi). Notre enseignement sera ferme – qu'ils nous emprisonnent ! »
Mgr Ramon Arguelles, archevêque de Lipa, dans l'île de Luzon aux Philippines, ajoutait aussitôt :
« Nous ne disons que ce qui est juste ! Nous proclamerons cela quoi qu'il arrive. »
Ce dernier avait précisé que la prise de position des évêques n'est pas contre tel ou tel : « Nous ne sommes pas contre le gouvernement. Nous ne sommes pas des subversifs. »

La mobilisation des évêques philippins contre un tel projet est exemplaire, et même inouïe vue depuis les pays d'Europe et notamment depuis la France où non seulement on n'entend guère la Conférence des évêques « communiquer » sur le sujet de la contraception, mais où les manuels de SVT (sciences de la vie et de la terre) sont distribués dans les collèges catholiques sous contrat avec l'Etat comportent la promotion de la contraception et même de l'avortement sans que l'épiscopat dans son ensemble ne bouge le petit doigt.

Il est intéressant de noter aussi que les évêques philippins dénoncent à la fois la « contraception » contragestive – tous les moyens qui habituellement ou par un deuxième effet empêchent la nidation de l'embryon conçu – et la contraception qui évite la conception.

LifeSiteNews rapporte les déclarations de René Bullecer, directeur national pour les Philippines de Human Life International qui a mis au défi le président Benigno Aquino de dépasser ses « vagues déclarations » sur sa foi catholique et de passer aux actes. « Le président Aquino doit confirmer, au moyen de mesures législatives concrètes, et pas seulement avec des déclaration verbales, que le gouvernement entend mettre en œuvre des politiques familiales et démographiques qui respecteront pleinement la valeur de la vie humaine »n a-t-il déclaré mercredi sur Radio Vatican.


« Le gouvernement philippin a déjà reçu plus de 900 millions de dollars d'agences comme USAID, la FNUAP et d'autres qui imposent des politiques rigides de contrôle de la population, et cela rend difficile pour lui de faire marche arrière », a précisé René Bullecer.


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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...