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16 janvier, 2015

A Manille, le pape François fait l'éloge d'Humanae Vitae

Le lieu est bien choisi. C'est au Philippines, qui ont été le théâtre récemment d'une confrontation entre l'Eglise et les autorités politiques à propos de la contraception, que le pape François a voulu rendre un hommage appuyé à l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI qui a proclamé le caractère illicite des moyens de contraception « artificiels », c'est-à-dire qui empêchent délibérément la conception en fermant un acte potentiellement fécond à la vie.

Le pape s'exprimait devant une salle comble, la « Mall of Asia Arena », en espagnol. Le texte complet de son intervention, où il parle beaucoup de la nécessité d'écouter Dieu dans le « repos » ou le « sommeil » de la prière (en jouant sur l'homonymie songe-sommeil en espagnol), et de sa dévotion à saint Joseph, est ici.

J'en ai traduit quelques extraits significatifs (c'est moi qui souligne). Et j'ajouterai une note à la fin.

Se reposer dans la prière est particulièrement important pour les familles. Le premier lieu où nous apprenons à prier, c’est la famille. Ne l’obliez pas : la famille qui prie ensemble, reste ensemble. C’est important. C’est là que nous apprenons à connaître Dieu, à grandir en hommes et femmes de foi, à nous voir comme membres de la grande famille de Dieu, l’Eglise. C’est dans la famille que nous apprenons à aimer, à pardonner, à être généreux et ouverts, et non fermés et égoïstes. Nous apprenons à aller au-delà nos propres besoins, pour rencontrer les autres et partager notre vie avec eux. C’est pourquoi il est si important de prier en famille. Très important. C’est pour cela que les familles sont tellement importantes dans plan de Dieu sur l’Eglise. Prier ensemble en famille, c’est se reposer dans le Seigneur. 
(…) 
Soyons attentifs aux nouvelles colonisations idéologiques. Il y a des colonisations idéologiques qui cherchent à détruire la famille. Elle ne naissent pas du songe, de la prière, de la rencontre avec Dieu, de la mission que Dieu nous donne. Elles viennent du dehors, c’est pourquoi je dis que ce sont des colonisations. Ne perdons pas la liberté de la mission que Dieu nous donne, la mission de la famille. Et de même que nos peuples à un moment de leur histoire sont parvenus à la maturité qui leur a permis de dire « non » à n’importe quelle colonisation politique, en tant que familles nous devons être très, très sagaces, très habiles, très fortes pour dire « non » à n’importe quelle colonisation idéologique de la famille. Et demander à saint Joseph, qui est ami de l’ange, de nous envoyer l’inspiration qu’il nous faut pour savoir quand nous pouvons dire « oui » et quand nous devons dire « non ». 
(…) 
La famille est aussi menacée par les tentatives croissantes, de la part de certains, de redéfinir l’institution même du mariage – ce qui les guide, c’est le relativisme, la culture de l’éphémère, le manque d’ouverture à la vie. 
Je pense au bienheureux Paul VI au moment où lui était posé le problème de la croissance de la population, il a eu le courage de défendre l’ouverture de la famille à la vie. Il connaissait bien les difficultés qu’il y avait dans chaque famille, c’est pourquoi sa Lettre encyclique était si miséricordieuse pour les cas particuliers. Et il a demandé aux confesseurs d’être très miséricordieux et compréhensifs par rapport aux cas particuliers. Mais il regardait plus loin, il regardait les peuples de la terre et il a vue cette menace de destruction de la famille par la privation d’enfants. Paul VI était courageux, c’était un bon pasteur et il mettait en garde ses brebis contre les loups qui approchaient. Qu’il nous bénisse depuis le ciel en cet après-midi. 
Notre monde a besoin de familles bonnes et fortes pour vaincre ces dangers. Les Philippines ont besoin de familles saintes et unies pour protéger la beauté et la vérité de la famille dans le plan de Dieu, et pour qu’elles soient un soutien et un appui pour les autres familles. Toute menace contre la famille est une menace pour la société elle-même. Comme l’affirmait souvent saint Jean-Paul II, l’avenir de l'humanité passe par la famille. L’avenir passe par la famille ! Ainsi donc, prenez soin de vos familles ! Protégez vos familles ! Voyez-y le plus grand trésor de votre pays et soutenez-les toujours par la prière et la grâce des sacrements. Les familles rencontreront toujours des difficultés, n’en ajoutez pas davantage. Au contraire, soyez de vivants exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des sanctuaires du respect de la vie, en proclamant le caractère sacré de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Quel grand don pour la société si chaque famille chrétienne vivait pleinement sa noble vocation ? Levez-vous avec Jésus et Marie, et suivez le chemin que le Seigneur trace pour chacun de vous.

*


Je note en passant les mots du pape François sur la « colonisation ». A supposer que toute colonisation soit destinée à être écartée lorsque le colonisé arrive à maturité, je ne suis pas sûre que le processus aboutisse toujours. Combien de colonisés par des forces de civilisation les ont rejetées pour être de nouveau colonisées par des pays ou des idéologies qui les coupaient des sources de la vie ? Passons.

Il y a aussi le passage sur Humanae Vitae, si « miséricordieuse pour les cas particuliers ». Est-ce à prendre au sens des préoccupations « pastorales » au nom desquelles le dernier synode extraordinaire sur la famille a cherché à assouplir la mise en œuvre de certains enseignements doctrinaux de l'Eglise ? La lecture du texte de Paul VI rassure sur ce point : il y est question de cas difficiles où la régulation naturelle des naissances est admise.

C'est ce qu'a expliqué John Paul Meenan, professeur de théologie morale à Our Lady Seat of Wisdom Academy à John Henry Westen de LifeSiteNews en citant le texte. Il ajoute que l'encyclique évoque la « compassion » au nom de l'Eglise qui connaît les faiblesses des fidèles : « Elle a pitié de la multitude, elle accueille les pécheurs. » Mais l'encyclique ajoute que l'Eglise « ne peut faire autre chose que d'enseigner la loi ».


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20 août, 2014

Distribution de contraceptifs de longue durée aux Philippines

Le ministère de la Santé aux Philippines n'attend que le feu vert de la « Food and Drug Administration» locale attestant que les implants contraceptifs de provoquent pas d'avortement en inhibant la nidation pour mettre en œuvre un plan de distribution de 600.000 de ces contraceptifs hormonaux efficaces pendant trois ans.

Ils seront proposés à autant de femmes de 25 à 49 ans (les mineures devront obtenir le consentement parental) de manière totalement gratuite : un dixième du coût sera à la charge des pouvoirs publics, les 90 % restants étant financés par la Fondation Bill & Melinda Gates. Le patron de Microsoft et son épouse sont prêts à « aider » le programme jusqu'en 2016.

Leur Fondation ne fait pas mystère de sa volonté de promouvoir le contrôle des naissances, et les Philippines sont une cible de choix : l'avortement y demeure hors la loi et ce n'est qu'au terme d'années de mobilisation, de pression internationale et de propagande que la contraception officiellement distribuée y est devenue légale. On met en avant les 100 millions d'habitants des Philippines – chacun doit-il se sentir de trop ? – et des images de maternités qui débordent pour recommander la contraception chimique. Au lieu de promouvoir de meilleurs soins pour tous…

Janette Garin, sous-secrétaire du département de la Santé, a déclaré que le seul inconvénient de l'implant contraceptif sous-cutané est l'apparition éventuelle de boutons ou de maux de tête.

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12 août, 2014

Moody's prédit le ralentissement de la croissance à cause de la déprime démographique mondiale

Le groupe de recherche sur le crédit global de l’agence de notation Moody’s a publié en juillet un rapport spécial sur le vieillissement planétaire « sans précédent » qui aboutira selon lui à un ralentissement global de la croissance au cours des deux décennies à venir.
 Le vieillissement aura pour effet de réduire la main d’œuvre disponible, mais aussi le taux d’épargne des personnes âgées qui ont toute raison de dépenser leurs économies, au détriment de l’investissement au service de l’économie.
Sur les 112 pays dont Moody’s a analysé la démographie, bien plus de la moitié – 68 – seront dès l’an prochain au nombre des « vieillissants », 34 « vieux » ; les « super-vieux », où plus de 20 % de la population ont 65 ans et plus, seront cinq. Sur ces cinq, l’Allemagne, l’Italie et le Japon le sont déjà ; ils seront rejoints par la Finlande et la Grèce.
On parle beaucoup de la bonne santé démographique de la France, mais cela n’empêche pas que celle-ci aussi va au devant de graves problèmes du fait du vieillissement de sa population : on prévoit l’arrivée d’onze pays supplémentaires dans ce groupe des super-vieux d’ici à une dizaine d’années. Parmi eux, outre la France (à la 15e place) : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, et le Canada, rejoints cinq ans plus tard par une nouvelle fournée qui fera passer le total des super-vieux à plus de 35.
Tous les pays – sauf quelques pays africains –vont devoir affronter au moins un ralentissement de la croissance de leur population, ou la diminution en termes absolus de la population en âge de travailler, dès 2015.
Les Philippines – pays catholique avec une belle proportion de familles nombreuses – font partie de ces économies de plus en plus rares où la natalité reste assez importante pour que l’allongement de la durée de vie n’entraîne pas une trop importante sur-représentation des personnes âgées. Aussi ses représentants prévoient-ils un bond économique pour leur pays à l’heure où la formation des jeunes est mieux assurée et où les pays émergents comme l’Inde, la Chine et les autres « tigres » du sud-est asiatique peinent déjà à remplacer leurs travailleurs vieillissants du fait d’une démographie (volontairement) déprimée.
Les pays arabes sont eux aussi en meilleure forme que les autres.
MercatorNet, qui rapporte les conclusions de l’étude Moody’s, souligne que la baisse des taux de fécondité dans le monde est un élément majeur du déclin à prévoir – et il est déjà bien trop tard pour renverser la tendance rapidement. Que propose l’anayste financier ? Une meilleure participation à la force de travail (alors que le vieillissement est en soi un facteur de déclin favorisant le chômage), l’augmentation de l’immigration, la favorisation des flux financiers vers un pays, ainsi que les innovations technologiques au bénéfice de la productivité.
Des robots, peut-être, pour remplacer les berceaux vides… Ils ont l’avantage de n’être ni gourmands ni vindicatifs. Mais de là à croire que la vie de chacun en sera améliorée…
Ci-dessous : les graphiques.






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18 juillet, 2014

Contraception : les évêques des Philippines appellent à l'objection de conscience

« Des fils, voilà ce que donne le Seigneur, des enfants, la récompense qu’il accorde. » Le
document de la Conférence des évêques des Philippines sur la nouvelle loi de « santé reproductive » entrée en vigueur dans le pays s’ouvre sur ces mots, et se ferme par eux. Ils contredisent la promotion et la distribution des produits contraceptifs qui est l’objet de la loi : premier stade de la mise en œuvre légale de la culture de mort. Dans la plupart des pays, l’étape a été franchie il y a bien longtemps. Aux Philippines, non – et les évêques résistent. En encourageant tous les catholiques à faire de même.
Le Guide Pastoral sur la mise en œuvre de la loi de Santé reproductive s’adresse « aux prêtres, aux médecins et soignants catholiques, aux fonctionnaires, à tous ceux qui travaillent pour l’Eglise ». Il dit clairement que les évêques des Philippines auraient préféré voir la loi fût annulée par la Cour suprême, qui s’est bornée à en réformer certains aspects par un arrêt du 8 avril dernier. Mais il veut préciser à tous quels sont les droits à l’objection de conscience affirmés dans le cadre de cette décision de la Cour suprême – et encourager chacun à les connaître et à s’en prévaloir. Les évêques s’expriment explicitement au nom de leur charge d’enseigner la foi et la moralité – c’est rafraîchissant !
La Cour suprême a posé le principe que les contraceptifs promus par la loi ne doivent en aucun cas avoir une action potentiellement abortive, par empêchement de la nidation. Elle justifie cela au nom de la « loi naturelle » : le droit à la vie qui n’est pas « créé par une loi particulière, une coutume ou une croyance, ni n’en dépend : le droit à la vie précède et transcende n’importe quelle autorité ou loi des hommes ».
D’où un premier devoir pour les médecins catholiques, affirmé par les évêques : exiger des autorités sanitaires – la Food and Drug Administration des Philippines – qu’elles contrôlent et évaluent tous les moyens contraceptifs afin de vérifier qu’ils sont « sûrs, légaux et sans effet abortif ».
Quant à ceux qui travaillent dans le domaine de la santé et qui sont en conscience opposés, pour des raisons religieuses ou morales, à la fourniture de contraceptifs artificiels, « il n’est pas obligé et peut refuser d’orienter un patient vers un autre service de santé où celui-ci pourrait les obtenir », rappellent les évêques, citant une importante considération de l’arrêt de la Cour suprême.
C’est un point important sur lequel la Cour suprême des Philippines apporte une réponse cohérente : le droit à l’objection de conscience ne saurait se borner à permettre à l’objecteur de ne pas participer directement à l’action qu’il réprouve, mais doit lui permettre de ne pas y participer indirectement. « Alors qu’on a pu dire que le fait d’orienter vers un tiers constitue une manière de se soustraire (à l’obligation créée par la loi), il s’agit en fait d’un faux compromis puisqu’il rend les soignants complices de l’accomplissement d’un acte qu’ils estiment moralement répugnant ou offensant », écrivent les juges suprêmes, qui voient dans l’obligation d’orientation une « discrimination », notamment à l’égard des catholiques.
Au passage, les évêques font remarquer :
« Evidemment, pour des raisons morales, les catholiques ne devraient pas rechercher à se faire employer dans les agences gouvernementales qui font la promotion de la contraception artificielle. Mais si les circonstances devaient les obliger à travailler dans de telles agences, ou s’ils étaient déjà employés par elles au moment où celles-ci ont mis en place une politique conforme à la loi de Santé reproductive, ces catholiques doivent savoir qu’ils ne peuvent pas être contraints à promouvoir, à fournir ou à distribuer des contraceptifs artificiels contrairement à leurs convictions religieuses ou morales. »
Le Guide pastoral énumère, résume et énonce clairement  toutes les limitations apportées à la loi de Santé reproductive par la (très longue) décision de la Cour suprême. Et souligne que ces « mesures salutaires » prises par elle à l’égard de cette « loi dangereuse ne compteront pour rien » si les évêques ne « transmettent pas cette nécessaire information » à tous leurs « frères catholiques qui subissent l’impact de la loi ».
Chaque diocèse est encouragé à organiser des séminaires et des symposium où les catholiques employés dans le domaine de la santé, notamment, ainsi que les fonctionnaires impliqués dans la mise en œuvre de la loi, puissent être « dûment informés de cette décision de la Cour suprême et des droits qui en découlent pour eux ».
Le texte porte la signature de Mgr Socrates B. Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan et président de la Conférence épiscopale.


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17 mars, 2013

Philippines : loi sur la santé reproductive entre en vigueur à Pâques

Dernière ligne droite, aux Philippines, avant la mise en œuvre de la loi de « santé reproductive » que l’Eglise catholique avait combattu avec tant de vigueur. Ce sera, de manière fortement symbolique, le dimanche de Pâques. Il est impossible de croire que la date n’a pas été choisie en manière de défi à tous ceux qui, au nom de la foi et de la loi naturelle, se sont opposés à la culture de mort qui sous-tend la diffusion de contraceptifs artificiels et de la planification familiale qui ne respecte pas le plan de Dieu pour le mariage.

Vous ne me croyez pas ? Pourtant c’est la même chose en France, où le remboursement à 100 % de l’IVG et la gratuité de la contraception pour les mineures entrent en vigueur, de la même manière, le 31 mars, dimanche de Pâques.

On ne voit pas d’autre raison de faire démarrer l’application d’une loi le dernier jour du mois et qui plus est un dimanche…

Pour autant Madeleine Valera, sous-secrétaire à la Santé, ose assurer que son équipe technique chargée des modalités d’application de la loi n’a pas choisi cela de manière « intentionnelle » : « Nous n’avions vraiment pas vu cela. » « Nous étions en cours d’audition et quelqu’un a fait remarquer cela et nous étions, genre, “oups” »… Mais la date de la fête de la Résurrection a été maintenue…

La loi de santé reproductive aux Philippines attendait le feu vert et les règles d’application du département de la Santé. C’est donc chose faite, avec un ambitieux programme qui sous couleur de faire reculer la mortalité maternelle aboutira à l’embauche d’une armée de fonctionnaires spécialisés chargés de la diffusion des moyens de contraception et de l’« information » sexuelle.

Les évêques philippins n’ont cessé de désigner les vrais responsables de la mortalité maternelle : la pauvreté, le manque d’accès aux soins, la corruption.


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02 janvier, 2013

Philippines : mobilisation contre les contraceptifs gratuits

Les organisations pro-vie aux Philippines ont lancé une campagne pour permettre aux opposants à la loi de Santé reproductive dont la signature par le président philippin a été rendue publique la semaine dernière à se manifester dans l'ensemble du pays. « La loi RH (reproductive health) a bien pu être votée par les deux chambres mais le combat pour la vérité et la vie continue », annonce Pro-Life Philippines Foundation à l'appui d'une distribution d'un million de rubans rouges à accrocher partout.

Ornés d'un sigle montrant les initiales de la loi barrées d'un trait rouge, les rubans sont à accrocher « partout où nous le pouvons afin de promouvoir une prise de conscience à propos de ce combat contre la loi RH, mais aussi pour rassembler nos troupes et rappeler à nos vaillants soldats que notre guerre contre les forces hostiles à la vie n'est pas finie, loin s'en faut ! », indique le site de la fondation.

Le ruban rouge commence à fleurir partout : physiquement dans les rues, les parcs et autres lieux publics des Philippines, mais aussi sous sa forme virtuelle puisqu'on peut intégrer sa petite image dans une page Facebook.

De nombreux évêques philippins continuent de manifester leur opposition à la loi, dénonçant sa capacité à « corrompre la jeunesse » et à faciliter les violations des commandements « tu ne tueras pas », « tu ne commettras pas d'adultère », comme l'a rappelé le vice-président de la Conférence des évêques catholiques des Philippines, Mgr Socrates Villegas.

L'évêque du diocèse naval des Philippines, Mgr Hipolito Remandaban, a pour sa part invité les Philippins à se saisir pleinement du combat, sans se focaliser sur la décision du congrès.

« La chose la plus importante, c'est que les gens décident à partir du cœur et de leur conscience de la manière dont il faut agir par rapport à la mesure lorsque cette loi entrera en vigueur. Mais l'Eglise doit rester ferme, et elle le fera, dans son opposition. Le rôle de l'Eglise est aussi d'amener les gens à s'unir, ou de les unir, pour qu'ils prennent les bonnes décisions. » « Nous ne parlons pas seulement de moralité dans cette affaire », a-t-il précisé, « nous parlons de la vie que nous chérissons et de l'avenir des jeunes. Lorsque ce texte deviendra loi, il corrompra l'esprit des jeunes. »


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30 décembre, 2012

Philippines : signature clandestine de la loi de Santé reproductive ; et résistance héroïque d'un universitaire

Dans le secret de son cabinet, le président des Philippines, Benigno « Noy-Noy » Aquino a signé la loi de Santé reproductive adoptée par le Congrès philippins au terme de 13 années d’âpres débats, au cours desquelles l’Eglise catholique n’a jamais cédé dans sa lutte contre un projet de distribution de contraceptifs gratuits pour les pauvres et de généralisation de l’« éducation sexuelle » obligatoire dans les écoles.

La promulgation des grands textes de loi philippins se fait habituellement de manière publique et solennelle, voire festive. Cette fois, la signature présidentielle a été apposée sous le texte à l’abri des regards et des médias : ce fut fait deux jours après le vote définitif, le 21 décembre, mais le porte-parole de la présidence, Abigail Valte, n’a diffusé l’information qu’une semaine plus tard, vendredi.

Raison officielle : l’intensité des débats a incité l’équipe de « com » d’Aquino à mettre une sourdine, à « attendre quelques jours »… Histoire de laisser passer Noël, peut-être, sans s’attirer les foudres de la hiérarchie catholique ?

« La promulgation de la loi de Paternité responsable met fin à un chapitre de notre histoire qui a marqué une profonde division entre ceux qui portaient la loi et ceux qui s’y sont opposés. Mais en même temps, cela ouvre la voie à une possibilité de coopération et de réconciliation, d’engagement et de dialogue que ne caractérisera plus l’animosité, mais notre désir collectif d’améliorer le bien-être du peuple philippin. »
Pour ce qui est de la langue de bois, le porte-parole de la présidence est décidément passé-maître. En quoi le fait d’attendre huit jours change-t-il quoi que ce soit aux arguments de fond déployés par les nombreux opposants à la loi, hiérarchie catholique en tête ? En quoi une signature en catimini panserait-elle les plaies d’une désunion qui ne résulte pas du caprice ou du sectarisme, mais de prises de position fondées sur les principes ? Il est vrai que Mme Valte a précisé ensuite qu’il s’agissait de « ne pas exacerber le conflit avec certains évêques catholiques ». Sans parler de trouille présidentielle, on devine une volonté de ne pas se faire taper sur les doigts.

La loi (« Republic Act ») 10354, s’est empressée d’expliquer Abigail Valte, ne prévoit pas une taille maximale pour les familles – c’était le cas de ses premières moutures ! – et elle a encouragé les Philippins à aller voir eux-mêmes le texte définitif sur internet afin de constater qu’aucune contrainte ni force ne sera exercée pour imposer l’usage des contraceptifs. Comme si le problème était là.

Le but affiché de la loi 10354 est de faire baisser la mortalité maternelle et la pauvreté aux Philippines, bienfaits hypothétiques qui restent à démontrer, c’est peu de le dire.

Le but réel est de faire chuter le taux de fécondité aux Philippines et de mettre un frein à la prolifération des pauvres, non en combattant la pauvreté et la corruption, mais en leur faisant comprendre qu’ils sont de trop, que leurs enfants sont de trop.

Les évêques philippins ont réagi fortement à l’adoption de la loi. L’archevêque émérite de Lingayen-Dagupan, Mgr Oscar Cruz a commenté que le président Aquino avait eu « honte » de ce qu’il avait fait, chose prouvée par la signature du texte dans le plus grand secret : « Je ne comprends vraiment pas pourquoi. Si cette loi est vraiment très bonne et au service du bien du peuple, pourquoi l’a-t-il signée sans que le peuple soit au courant ? Ils savent que ce qu’ils ont fait est inacceptable… » Beaucoup d’hommes politiques, a-t-il ajouté, « ne pensent pas à ce qui est bien ou mal mais se soucient seulement de savoir où est l’argent et où est la puissance. »

L’évêque de Sorsogon, Mgr Arturo Bastes, a estimé pour sa part que le président Aquino serait connu comme le président de la Santé reproductive, et que sa conscience le troublerait à ce propos pendant toute sa vie, « jour et nuit » : « Il a planté une bombe morale à retardement dans notre pays catholique », a-t-il souligné.

On apprenait samedi à Manille qu’un professeur de théologie à l’université jésuite Ateneo a donné sa démission en raison du soutien des responsables religieux de l’institution à la loi de Santé reproductive . Le Pr Rafael Dy-Liacco, archéo-astronome, dans sa lettre de démission, dénonce le fait que les responsables d’Ateneo aient refusé de rejeter une alliance avec « l’esprit de dédain » à l’égard de l’Eglise qui a été à l’œuvre pour faire adopter la loi.

« Cet esprit répudie la sainteté de l’Eglise et, en même temps, prétend s’assumer lui-même (Thess. 2, 4). Il a  manifesté un degré de férocité d’une importance peu commune, et même de haine. Il a révélé un dénigrement tous azimuts de l’Eglise : de ses enseignements, de ses évêques, de ses catéchistes, et de ses fidèles laïques », affirme la lettre de Rafael Dy-Liacco, adressée aux présidents des départements de théologie et des humanités de l’université. Elle portait la date du 28 décembre, fête des Saints Innocents, jour où la signature clandestine de la loi a été connue, et prenait un relief particulier dans la mesure où Benigno S. Aquino III est ancien étudiant de cette université.

C’est au nom du refus de toute collusion avec « l’esprit d’animosité contre l’Eglise », parce qu’il rejette la vérité de Dieu et que « celui qui s’allie avec lui devient comme lui », que le Pr Dy-Liacco a décidé de couper les liens avec une université qui compte de nombreux professeurs et enseignants qui ont publié leur accord avec la loi de Santé reproductive ou expliqué qu’on pouvait s’en accommoder.

De nombreux extraits de sa lettre ont été publiés sur le site de la Conférence épiscopale des Philippines.


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19 décembre, 2012

“La contraception, c'est la corruption” : évêques des Philippines

Juste avant le vote et l'adoption par le Sénat et la Chambre des Philippines de la loi sur la Santé reproductive, et en attendant la signature d'un texte conciliant les deux versions par le président des Philippines, Benigno Aquino, la Conférence des évêques des Philippines (CBCP) a publié sur son site une réaction forte intitulée « La contraception, c'est la corruption ». La lettre pastorale, rendue publique lundi en tant que document officiel de la Conférence des évêques, porte la signature de Mgr Socrates B. Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan, depuis sa cathédrale de Saint Jean l'Evangéliste, en l'absence du président de la CBCP, dont le texte précise qu'il est « à l'heure actuelle à l'étranger ».

Je vous en propose ci-dessous ma traduction.
La Contraception, c'est la corruption 
A la recherche de lumière et de direction à propos de la loi sur la Santé reproductive
Alors que nous commençons aujourd'hui les neuf jours de la « Misa de Gallo » [la neuvaine traditionnelle philippine qui culmine avec la messe de minuit de Noël ou la « messe du coq », NDLR], nos pensées se tournent vers Jean-Baptiste, celui qui désigne Jésus, l'Enfant Christ de Noël. Les gens viennent lui demander : « Alors, que devons-faire ? » parce que leurs cœurs sont remplis de l'attente du Messie (Lc, 3,15). Ils avaient besoin de raisons d'espérer. Saint Jean-Baptiste leur a dit de partager ce qu'ils avaient, d'agir avec justice, et de bannir toute extorsion. 
Aujourd'hui, notre question en tant que peuple de Dieu, en ce qui concerne le texte de loi controversé sur la Santé reproductive, peut bien être la même. Que donc devons-nous faire ?
Au nom de la Conférence des évêques catholiques des Philippines, je réitère ce qu'ont  collectivement discerné les évêques philippins : si la loi de Santé reproductive est promulguée, elle pourra causer des dommages à notre nation. La contraception corrompt l'âme. On a fait à la loi de Santé reproductive un emballage cadeau pour la faire ressembler à un bienfait pour la santé maternelle. Il n'en est rien. Elle va provoquer de plus grands crimes contre les femmes. 
On promet aux pauvres une vie meilleure grâce à la loi sur la Santé reproductive. Il n'en sera rien. Les pauvres peuvent sortir de leur misère grâce à un meilleur accès à l'éducation, de meilleurs hôpitaux et moins de corruption gouvernementale. L'argent des contraceptifs peut être mieux utilisé pour l'éducation et pour d'authentiques soins médicaux. 
On fait croire à la jeunesse que les relations sexuelles avant le mariage sont acceptables pourvu que l'on sache éviter la grossesse. Est-ce moral ? Ceux qui corrompent l'esprit des enfants attirent sur eux-mêmes la colère divine. 
La loi sur la Santé reproductive, si elle est promulguée dans sa forme actuelle, mettra en péril la fibre morale de notre nation. Comme nous, vos évêques, l'avons dit par le passé, une mentalité contraceptive est mère d'une mentalité abortive. L'acces large et gratuit aux contraceptifs, même pour la jeunesse, aura pour conséquence la destruction de la vie familiale et une plus grande violence contre les femmes. 
Alors que devons nous faire ? 

Nous félicitons les cent quatre (104) élus du congrès qui n'ont pas voté, hommes et femmes, qui ont voté NON à la loi sur la Santé reproductive. Vous avez voté avec courage, malgré toutes les pressions, pour vous dresser en faveur de ce qui est juste et vrai. L'Eglise se souviendra de vous comme de héros de notre nation, qui avez dit non à la corruption et qui vous préoccupez du véritable bien du peuple, et spécialement des plus pauvres. Puissiez-vous demeurer fermes et ne pas fléchir dans votre opposition à la corruption morale. 
Alors que devons nous faire ? 
Nous supplions les soixante-quatre (64) élus du congrès qui n'ont pas encore voté, afin qu'ils soient éclairés et se dressent en faveur de la Vérité. De même que saint Jean-Baptiste a orienté les gens vers la justice, nous vous appelons vous aussi à rechercher la justice pour le peuple philippin. L'Eglise nous enseigne à suivre notre conscience, le sanctuaire intérieur où nous sommes seuls avec Dieu (Gaudium et Spes n° 16), mais cette conscience doit être formée et informée selon les valeurs universelles communes à toutes les personnes humaines. La vérité, c'est que pour être pro-enfants, pro-mères et pro-pauvres, nous devons résister à toutes les menaces qui pèsent sur eux. C'est la justice. Dressez-vous en sa faveur ; défendez-la ; ne soyez pas ébranlés par les pressions du monde et soyez les champions des personnes qui ont voté pour vous. Dieu sait et voit ce que vous faites. 
Alors que devons nous faire ? 
Nous exhortons les fidèles catholiques philippins à partager avec ceux qui ont moins, en ce Noël, mais aussi à partager leur prière afin que nos élus et élues du congrès soient fidèles à leur vocation à servir les véritables intérêts du peuple philippin. Cela signifie : défendre la vie, dire non à la contraception qui est la corruption, être fidèle à l'Enfant de Noël qui était pro-femmes, pro-enfants et pro-pauvres. 
Depuis le cathédrale de saint Jean l'Evangéliste, Dagupan City, 15 décembre 2012. 
Pour le président de la Conférence des évêques catholiques des Philippines, actuellement en déplacement à l'étranger. 
                                                                        + Socrates B. Villegas
                                                                        Archevêque de Lingayen-Dagupan &
                                                                        Vice-Président de la CBCP

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05 août, 2012

Philippines : la contraception, c'est la vraie corruption – celle des âmes

Lors d'un grand rassemblement aux Philippines, des dizaines de milliers de personnes ont rallié le sanctuaire d'Edsa, bravant le mauvais temps pour dire leur soutien aux évêques contre le projet du gouvernement de Benigno Aquino de rembourser la contraception. A cette occasion l'ancien ambassadeur des Philippines près le Saint-Siège, Mme Henrietta de Villa, a lu un message de l'archevêque de Lingayen-Dagupan, Mgr Socrates Villegas, disant que la contraception, c'est la corruption. Un message au jeunes qui pointe le vrai sens du message contraceptif : c'est un refus de la jeunesse, une manière de dire que les jeunes ne sont pas les bienvenus, mais des gêneurs. Je n'ai pas résisté au plaisir de vous le traduire intégralement, pour l'originalité et le courage de son ton. Plusieurs phrases en tagalog émaillaient ce discours ; j'ai tenté ici ou là, où cela me paraissait faisable bien qu'ignorant tout de cette langue mais grâce aux services de lexilogos, une traduction. Sans garantie aucune, évidemment ! – J.S.
Message à mes chers jeunes 
Mes chers jeunes de Pangasinan 
Le plus jeune évêque des Philippines
 

Je sais combien cela vous attriste de voir vos parents se disputer devant vous : à table, en voiture ou bien où que ce soit dans la maison. Je sais combien ces querelles qui opposent vos parents vous désorientent, vous désillusionnent et vous découragent, en profondeur et dans le silence. 
Il en est dans la communauté, la société, le pays comme à la maison. Tandis que vos parents attachés à l'Eglise et ceux qui sont au gouvernement se « querellent » de nouveau en public à propos de questions de contraception, d'avortement et de contrôle des naissances, je m'inquiète de ce que vous puissiez être laissés au bord du chemin, une fois de plus, tels des spectateurs inutiles. Peut-être commencerez vous à dire : « Voilà, ils recommencent », et vous éloigner en colère, perplexes et trompés. Peur-être vous rebellerez-vous contre l'autorité, en devenant cyniques à l'égard de la société parce que nous, vos adultes, n'arrivons pas à nous mettre d'accord. 
Si nos rassemblements et nos échanges durs vous blessent, pardonnez-nous, nous, vos anciens. Ce n'est certainement pas notre propos de vous causer une quelconque détresse ni de vous inciter au découragement. Croyez-moi, mes chers fils et filles, nous vos anciens dans l'Eglise, nous prenons position contre la contraception et l'avortement parce que nous vous aimons, nous aimons Dieu et nous aimons ses commandements. Notre faute est peut-être de n'avoir pas dit très clairement, d'emblée, que nous ne nous battons pas pour l'emporter face à autrui. Cette querelle n'est pas pour nous. Elle est pour vous. Je me tiens debout pour vous défendre. Nous combattons l'erreur pour que vous ne soyez pas induits en erreur. Nous combattons la contraception parce que nous savons qu'elle peut endommager votre âme. Croyez-moi. La contraception, c'est la corruption. 
Vous avez entendu le candidat, aujourd'hui président, Noynoy Aquino, mener sa campagne. « Kung walang corrupt, walang mahirap ! » Il a été élu à une majorité écrasante parce qu'il disait ce que nous portions en nos cœurs. La corruption est le cancer des Philippines, qui nous empêche de grandir. Quand il se désignait comme notre Boss, nous l'acclamions. Lorsqu'il a proscrit le wang wang dans la rue et le wang wang moral dans la bureaucratie, nous avons cru en sa vision. 
Mes chers jeunes, la contraception, c'est la corruption. L'utilisation de fonds publics, l'argent du contribuable, pour distribuer des pilules contraceptives, c'est de la corruption. Les pilules contraceptives nous enseignent ceci :  « C'est bien d'avoir des relations sexuelles avec quelqu'un, pourvu que vous soyez à l'abri des bébés. Les bébés, c'est casse-pieds. » Une culture de contraception voit dans les bébés les raisons de notre pauvreté. Le contrôle des naissances, disent-ils, cela équivaut à davantage de nourriture, davantage de classes, plus de logements et une meilleure santé pour les femmes. Si les bébés sont la cause de la pauvreté, sommes nous-en train de dire : « Kung walang anak, walang marihap ? »  (Pas de bébé, pas de problème ?) Cela ne rime pas parce que ce n'est pas vrai. Nous pourrions avoir davantage de classes, de nourriture, de travail et d'hôpitaux, si nous étions moins corrompus. Renvoyez les fonctionnaires corrompus, pas les bébés ! Mes chers jeunes, votre naissance n'était pas une erreur. Votre naissance, c'était un don de Dieu à nous autres, vos anciens. Vous n'êtes pas le problème. Vous êtes notre bénédiction. Le problème, c'est la corruption de vos anciens, nous, vos anciens. Nous, vos anciens, nous devons changer afin que votre avenir soit meilleur. Pardonnez à ceux qui disent que les enfants sont casse-pieds. Non ! Non ! Non ! Vous êtes une bénédiction et je vous embrasse et je vous aime tous ! 
La contraception connaîtra toujours des échecs, comme toutes les inventions humaines. Lorsque la contraception ratera, une génération du contrôle des naissances donnera naissance à une génération de l'avortement. La pilule contraceptive est considérée comme un médicament essentiel. Si c'est un médicament, quelle maladie vient-il soigner ? La grossesse est-elle une maladie ? Si c'est un médicament qui est censé soigner, pourquoi des femmes en bonne santé tombent-elles malades du cancer après avoir pris des pilules contraceptives ? Mes chers jeunes, la contraception rend malades des gens bien portants. Les gens purs, il les rend corrompus. Elle nous pousse à regarder les bébés comme une nuisance, pas comme un don. Mes chers jeunes, quiconque vous traitera comme une nuisance, je le combattrai. Je suis contre la contraception parce que je suis pro-enfant. Je suis contre la contraception parce que je suis pro-mamans. Je vous aime, mes chers enfants. Merci à Dieu pour ces mères qui ont donné naissance à des joyaux comme vous ! 
Je sais que beaucoup d'entre vous, mes chers jeunes, ne croient plus en l'Eglise. Vous pensez que l'Eglise ne comprend pas. L'Eglise est autiste – « may sariling mundo ! Les évêques n'écoutent pas. Les évêques prêchent depuis leur tour d'ivoire. Les évêques ignorent ce que vit la majorité des gens. Ils sont distants et inatteignables. » 
En un sens, vous avez raison, mais pas complètement. 
Matanda na kami! Totoong matanda pero ang matanda ay tagapag paalala sa mga bata. Kung puro bata na lang tayong lahat, wala ng magtuturo at magpapaalala sa mga gintong aral ng kahapon. Il y a une sagesse que seuls le grand âge et l'expérience peuvent donner. Nous sommes vieux, mais Dieu nous a faits vieux afin que nous puissions vous rappeler qu'il ne faut pas oublier nos valeurs philippines, les commandements de Dieu et les règles du caractère moral. Vous m'avez dit en plaisantant de teindre mes cheveux pour que je puisse paraître jeune et beau. En plaisantant aussi, mais parlant vrai, je vous ai dit : je ne le ferai pas. Cela m'a pris 51 ans de devenir comme je suis. Je suis fier d'être grisonnant et vieux. Etre vieux, cela me rend différend de vous, mais cela me donne aussi l'occasion de vous rappeler les leçons d'argent du passé et des promesses d'or de la vie à venir.  Ang matanda ay tanda ! Ang matanda ay souvenir vivant. (L'adulte est un livre…) 
 Lorsque nous vous enseignons que la contraception, c'est la corruption, ce n'est pas que nous sommes insensibles au défi de la modernité ou sourds au enquêtes sur le comportement social. Bien au contraire, nous essayons de vous protéger parce que nous savons qu'elle peut vous détruire plus vite que vous ne le pensez. L'Europe est sur la pente descendante. Elle perd son âme parce qu'aujourd'hui elle compte sur l'afflux d'immigrants pour la garder à flot. Elle fait face à un hiver sévère des naissances. Elle perd son identité parce qu'elle n'a pas d'enfants, pas de jeunes pour porter la flamme. En Europe, ils ont commencé avec la contraception, ils ont embrassé la contraception et maintenant ils tuent leurs grands-parents faibles et malades. Paul VI l'a prophétisé : la contraception artificielle peut ouvrir grandes les portes de l'infidélité conjugale et une baisse générale de l'état moral. C'est ce qui se produit en Europe. Nous, vos anciens, nous plaidons pour que vous n'empruntiez pas ce chemin de la corruption morale. Osez être différents ! Osez être meilleurs ! 
Nous voudrions être une économie-tigre, comme les pays voisins. Qu'est-ce qu'un tigre sans dents ? Qu'est-ce que le progrès sans enfants qui rigolent ? Pour qui voulons-nous le progrès – seulement pour nous-mêmes ? Qu'est-ce qu'une victoire au détriment de nos âmes immortelles ? 
Matanda na kami. Kaya kami tumanda para mayroon kayong tanda sa buhay. (Si nous vieillissons c'est pour vous enseigner la vie.) 
Mga apo, mga anak, mga pamangkin at mahal sa buhay. (Le tout-petit, l'enfant, le beau-fils, cette chère vie…) Il n'y a pas de mot Tagalog ou Panganisan pour la contraception parce que non seulement cela va contre Dieu, en outre ce n'est pas philippin.
La contraception, c'est la corruption. La contraception est la mère de l'avortement. La contraception met le plaisir sexuel à bon marché, sans la responsabilité. La contraception dit que les bébés et les enfants sont casse-pieds. La contraception est contre la jeunesse. La contraception est contre les enfants. La contraception est contre nous. 
Combattez la contraception, ou bien nous périrons en tant que nation craignant Dieu. Jeunesse de Panganisan, je vous aime. Parce que je vous aime, je combattrai la contraception. Cette bataille est pour vous et je me bats pour amour de vous. 
Depuis la cathédrale de Saint-Jean l'Evangéliste, Dagupan City, 4 août 2012. 
+ Socrates B. Villegas

Archevêque de Lingayen Dagupan
Administrateur apostolique de San Fernando de la Union.


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31 juillet, 2012

Médias : cultiver la haine de l'Eglise et de l'enfant…

Cet article du Los Angeles Times est emblématique. Dernier d'une série de cinq enquêtes autour de la population mondiale, il vise à rendre l'Eglise catholique responsable du nombre inacceptoable de bébés qui naissent aux Philippines « à cause » du refus de légaliser le remboursement de la pilule contraceptive. Trop de bébés, c'est plus de pauvreté, plus de misère, des conditions indignes que « 70 % » des Philippins, catholiques à 80 %? rejettent en récusant l'enseignement de l'Eglise catholique et l'opposition – jusqu'ici efficace – de celle-ci à la loi de santé reproductive qu'institutions internationales et ONG féministes aimeraient voir adoptée dans ce pays. Les méchants d'un côté, les bons de l'autre – et au milieu les victimes, les habitants des bidonvilles qui peinent à nourrir 6, 8 ou 10 bouches et qui se privent de leurs propres repas pour assurer le minimum aux enfants.

Comment ne pas haïr cette Eglise rétrograde et machiste qui est donc responsable, forcément responsable de ces maternités répétées ?

L'article est très habilement menée. Zoom sur Yolanda, enjambant des tas d'enfants accroupis au petit matin dans les ruelles de son quartier tout encombrées d'ordures. Elle va tenter de persuader ses voisins d'acheter de petits paquets de shampooing, un commerce misérable qui lui permettra d'acheter juste ce qu'il faut pour acheter un maigre déjeuner, pris dans la petite salle où son mari et leurs huit enfants vivent, mangent et dorment. Elle a dû cesser la pilule depuis que, sous la pression de l'Eglise, le maire de Manille a interdit la distribution publique de contraceptifs.

Après un rappel apocalyptique de la situation – on passe par cet hôpital de Manille où naissent 17.000 bébés par an, par la décision de George W. Bush de ne plus financer les contraceptifs dans ce pays depuis 2008, et par un évêque qui a osé dire que la pilule contraceptive peut provoquer des avortements très précoces – retour chez Yolanda. Elle a accepté de faire partie d'un groupe de 20 femmes pauvres défiant les autorités pour demander, devant la justice, l'accès aux différents contraceptifs. Elle sera « toujours catholique », mais « elle n'est pas d'accord avec les prêtres sur tout ».

Au passage, on a droit à un couplet sur les avortements clandestins qui approcheraient le demi-million tous les ans, et même à une interview d'une « faiseuse d'anges » qui distribue du Cytoctec et provoque des avortements en invoquant sa foi en Dieu – puisque c'est pour aider, et qu'elle ne fait pas payer cher !

On ricane devant l'ancien maire de Manille, José « Lito » Atienza qui a osé dire qu'une population forte est une richesse économique : il évoque l'esprit d'entreprise des vendeurs de rues et les 10 millions d'expatriés qui envoient de l'argent au pays, l'importante force de travail, la plus grande base pour les cotisations sociale, la consommation boostée et la production itou : « C'est tout le cycle de l'économie qui va plus vite. »

Ce qu'il dit n'est pourtant pas si idiot : la Chine, par exemple, doit évidemment son insolente croissance à la richesse de sa population, et se prépare des lendemains qui déchanteront dur avec le vieillissement accélérée de la même, et l'élimination des petites filles.

Le problème des Philippines est moins la croissance de la population que la pauvreté, le manque d'infrastructures : éliminer la population ne résoudra rien sur le long terme.

Le problème des Philippines n'est pas de ne pas avoir accès à des contraceptifs mécaniques ou hormonaux, avec leurs effets parfois ou souvent abortifs, leurs risques pour la santé et leur évident intérêt pour les grands laboratoires pharmaceutiques qui les produisent et qui cherchent avant tout à les vendre. Il est d'opter pour la culture de vie, qui passe par le respect du plan de Dieu pour la famille. Et qui n'exclut pas, loin s'en faut, la régulation naturelle des naissances.

La fondamentale malhonnêteté de l'article du LA Times est de présenter la position de l'Eglise sur le contraception sans préciser que l'Eglise catholique aux Philippines approuve et promeut la « planification familiale naturelle », comme disent les Anglosaxons. Non seulement cela, mais cette « NFP » connaît une prévalence exceptionnelle parmi la population, les paroisses organisent depuis longtemps et bénévolement des formations, le tout dans un grand respect des couples et de leurs choix personnels, et sans surtout rapporter un centime aux fabricants de pilules et autres implants.

Dans un récent article universitaire, des Philippins évaluaient la fiabilité d'un nouveau système de régulation naturelle des naissances basée sur l'abstention aux jours féconds du cycle. L'institut est l'Ecole Loyola de Théologie (LST) de l'université Ateneo de Manille ; les auteurs deux archevêques, Mgr Paciano qui apporte sa caution en tant que président de la commission épiscopale sur la famille et sur la vie, Mgr Antonion J. Ledesma, évêque de Cayagan de Oro.

On y souligne que la méthode en question, celle des « jours standard », simple d'utilisation mais inadaptée à certains couples, est jugée 100 % efficace par les couples lorsqu'elle est bien utilisée. On souligne que c'est aux couples de faire leur choix de méthode – la régulation naturelle n'en manque pas. Et on rappelle que Benoît XVI, lors de la visite ad limina des évêques de Mindanao en février 2011, avait approuvé l'intérêt de l'Eglise catholique pour cette méthode qu'on lui présentait en disant : « Oui, les méthodes simplifiées sont bonnes pour les gens simples. »

De fait, l'Institute for Reproductive Health de Georgetown University, qui l'a développée, affirme que bien utilisée, elle est efficace à 95 % pour éviter une conception – à rapprocher des quelque 50 % des avortements consécutifs à une conception sous contraceptif ou préservatif enregistrés en France… (Voir cet article de l'INED). Il est caractéristique que la méthode des jours standard exige l'abstinence aux jours féconds pour fonctionner : le recours au préservatif ou à d'autres « méthodes barrière » aux jours féconds fait fortement diminuer sa fiabilité, parce que ce sont ces méthodes qui ne sont pas fiables !

Alors, l'Eglise est-elle rétrograde et prône-t-elle l'épuisement des femmes et la misère de tous au nom des naissances obligatoires et imposées ? Ou sont-ce tout simplement les marchands et colporteurs de l'industrie pharmaceutique, les racistes « anti-pauvres » et les contempteurs de la dignité de chaque homme fait pour le bonheur éternel qui crachent leur venin ?

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05 juillet, 2012

Philippines : le “planning familial” repasse à l’attaque

Différents projets de législation visant à rembourser la contraception et à instaurer un plan national de planning familial ayant échoué aux Philippines, face à une opposition solide menée par l’Eglise catholique, le gouvernement de NoyNoy Aquino a décidé d’agir d’autorité en allouant quelque 12 millions de dollars au financement de contraceptifs. Une façon de contourner l’opposition politique et de défier l’Eglise qui a, d’ores et déjà, dénoncé l’initiative.

Le département de la Santé aux Philippines entend utiliser les fonds pour distribuer gratuitement toutes sortes de contraceptifs, du préservatif au stérilet en passant par la pilule, par le biais de centre communaux, tout en sachant que de nombreux responsables locaux ne se prêteront pas à la manœuvre.

Sur le papier, les motifs de l’initiative sont excellents : il s’agit de réduire le taux de mortalité maternelle qui est passé de 162 morts pour 100.000 naissances vivantes en 2006 à 221 pour 100.000 en 2011, selon des statistiques gouvernementales.

Ce qui accuse avant tout le système de soins incapable de prendre en charge et de protéger la vie des femmes philippines enceintes ou accouchées… De fait les hôpitaux philippins ne sont pas dans le plus bel état, beaucoup de Philippins sont privés même des soins les plus basiques comme en attestent les initiatives de l’association Rosa Mystica, et les maternités sont surchargées.

Alors, la bonne réponse serait-elle donc de bombarder les femmes philippines de contraceptifs hormonaux et d’encourager un comportement irresponsable des hommes ? L’exemple donné par irinnews, source d’informations humanitaires, est caractéristique : il évoque le cas d’Irish Gill, 31 ans, qui vient de donner la vie à son 8e enfant. Elle avait failli mourir en accouchant de son 7e ; moins d’un mois plus tard, elle était de nouveau enceinte… Qu’il y ait là un manque de respect pour sa santé et sa personne paraît évident, mais ce n’est pas sa stérilisation volontaire qui règlera le problème…

Il faut bien comprendre que le but des « planificateurs » est moins de soulager des souffrances maternelles et d’empêcher des décès, que de réduire la population philippine. Ainsi Esmeraldo Ilem, directeur d’un hôpital de Manille, explique-t-il : « Les Philippines ont commencé leur programme de planning familial dans les années 1970, lorsque notre population était équivalente de celle de la Thailande, à quelque 40 millions de personnes. Mais notre population atteint aujourd’hui 95 millions alors que la Thailande n’a que 65 millions. »

Ce que l’article ne rappelle pas, c’est qu’avec un taux de fécondité de 1,66 enfant par femme, en 2011, la Thailande ne remplace pas sa population – sur une génération, cela représente une perte de 20 % de population – et se prépare des lendemains difficiles lorsqu’il s’agira de s’occuper de sa population vieillissante…

Il prône donc un programme de planning plus efficace, soutenant les récentes initiatives politiques qui voulaient introduire non seulement la distribution de contraceptifs, y compris ceux qui sont des abortifs très précoces, et l’éducation sexuelle à l’école. Avec un tel programme, la croissance de la population philippine descendrait à coup sûr, on ferait baisser mécaniquement la mortalité maternelle sans même avoir à augmenter la qualité des soins – et la cohorte de problèmes liée à la diffusion de la contraception pourrait tranquillement exploser. Promiscuité, éclatement des familles, utilisation de la femme, exposition de son corps aux pilules et autres préparations hormonales nocives pour sa santé, installation d’une mentalité hostile à la vie…

Les partisans du lobby contraceptif (et abortif – de nombreuses ONG actives aux Philippines sont aussi, dans le monde, pourvoyeuses d’avortements, comme la Fédération internationale du Planning familial et Maris Stopes International) mettent en avant des situation de pauvreté et de misère pour faire avancer leur politique de mort.

L’Eglise est présentée comme le méchant organisme paternaliste qui en veut aux femmes et à leur vie.

Et bien sûr personne ne parle de la régulation naturelle des naissances, ouverte à la vie, sans effets secondaires, efficace, facile et gratuite, que la bienheureuse Mère Teresa prônait et enseignait en Inde. On sait qu’elle favorise la stabilité familiale, elle donne aux couples pouvoir et indépendance par rapport au corps médical et au fabuleux marché des contraceptifs. C’est pour cela, sans doute, qu’on n’en veut pas.

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09 août, 2011

Philippines : une exposition blasphématoire contrainte de fermer

Aux Philippines comme en France, aux Etats-Unis, en Espagne… l'art contemporain a une cible de choix : l'image de Notre Seigneur Jésus-Christ. Une exposition au Centre culturel philippin étalait jusqu'à aujourd'hui des images blasphématoires du Christ en croix et d'autres symboles religieux avec des préservatifs (car l'art contemporain patauge indéfiniment dans la phase « pipi-caca »), ainsi qu'une petite statue du Christ ornée d'oreilles de Mickey et d'un nez de clown, « œuvres » de l'artiste Mideo Cruz.

Le CCF (Centro cultural filipino) a été inondé dès la semaine dernière de messages et de courriels indignés, devenus de plus en plus menaçants au fil des jours, selon les organisateurs.

L'exposition ayant été attaquée la semaine dernière par deux « individus masqués » qui ont arraché des phallus en bois des « œuvres » présentées, le CCF (Centro cultural filipino) a décidé aujourd'hui de fermer provisoirement ses portes « pour des raisons de sécurité ».

Plusieurs groupes catholique avaient protesté contre l'exposition – mais aussi la Conférence épiscopale des Philippines qui avait vigoureusement dénoncé le blasphème et exigé la fermeture de l'exposition qui « insulte les valeurs religieuses ». Le président des Philippines, Benigno Aquino, assure pour sa part avoir téléphoné au CCF pour lui faire part de sa désapprobation. Il a précisé avoir dit que 85 % des Philippins sont catholiques et que le CCF étant financé par l'argent des contribuables, le centre devrait être « au service du peuple ».

« Lorsque vous insultez les croyances de la majorité des gens, je ne vois pas où est le service rendu », a-t-il déclaré : « Aucune liberté n'est absolue. Je ne veux pas imposer la censure. L'art est supposé ennoblir. Alimenter le conflit n'ennoblit pas. »

Ça fait rêver, non ? D'autant que le CCF, tout en protestant de sa volonté de « catalyser la libre expression » des artistes philippins, a annoncé qu'il formera son personnel afin que celui-ci puisse prendre à l'avenir des décisions plus éclairées.

Bien que l'exposition ne soit plus ouverte au public, des groupes catholiques et baptistes entendent poursuivre le CCF sur le plan pénal et administratif car la loi pénale a « déjà été violée » en son article 201 qui punit la « doctrine immorale, les publications et expositions indécentes et obscènes, et les spectacles indécents », et parce que sa responsabilité est engagée.

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06 mai, 2011

Philippines : journée de prières contre la loi de santé reproductive

Les évêques des Philippines ont appelé à une journée nationale de prière dans leur pays, le 9 mai, pour obtenir une intervention divine qui éclaire les législateurs philippins appelés à voter sur une proposition de loi de « santé reproductive », qui vise à légaliser le contrôle des naissances et la généralisation de la contraception. C'est à cette date que s'ouvrira la session législative pendant laquelle la loi sera débattue.

En février, rappelle LifeSite, quelque 50.000 personnes avaient manifesté contre ce texte qui, dans nos « démocraties avancées » en Occident, paraîtrait d'une timidité inouïe. Car ce n'est pas d'une légalisation de l'avortement qu'il s'agit (même si l'opposition souligne les effets abortifs de plusieurs méthodes « contraceptives » visées), mais bien de la distribution de la pilule ou du préservatif. Les évêques des Philippines n'ont pas hésité au fil des longs mois de débats qui ont accompagné la proposition jusqu'ici à montrer que la contraception, c'est déjà la culture de mort.

Mgr Ramon Arguelles, de Lipa, a demandé à ses ouailles de mettre à part un temps de prière pour les législateurs, afin qu'ils rejettent la loi. L'évêque auxiliaire de Cotabato, Mgr José Colin Bagaforo s'est joint à l'initiative, tout comme l'évêque de Butuan, Juan de Dios Pueblos, qui a appelé les fidèles à « prendre le ciel d'assaut avec leurs prières ». A Manille, une neuvaine pour la vie s'achèvera le 9 mai.

Le président de Human Life International, Mgr Ignacio Barreiro-Carambula : « Les montagnes qu'il nous faut déplacer sont celles de l'idéologie libérale et de l'argent : des centaines de millions de dollars ont été déversés sur les Philippines par les élites occidentales qui veulent que les Philippins n'aient plus d'enfants, et qui font la promotion de cette loi de « Santé reproductive » qui est contre la vie et contre la famille. »


Il suggère aux catholiques du monde entier de se joindre à cette prière.

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03 mars, 2011

Philippines : la loi sur la santé reproductive prend des tours totalitaires. Et l'UNICEF s'engage

Après l'adoption en commission d'une proposition de loi sur la santé reproductive, rebaptisée « loi de paternité responsable », aux Philippines, la Chambre des représentants va être très prochainement appelée à se prononcer sur le texte, après un premier report, mardi, dû à des problèmes techniques. La procédure parlementaire avance vite au service d'une loi que l'épiscopat philippin a dénoncé avec beaucoup de vigueur, alors même qu'elle ne propose pas de dépénaliser l'avortement en tant que tel. Mais en imposant l'information sur la contraception, en contraignant les services de santé publics et privés de rendre accessibles des moyens contraceptifs qui peuvent avoir une action abortive, la loi institue déjà l'élimination légale de l'enfant à naître. Et, comme le soulignent les responsables catholiques, elle véhicule une « mentalité contraceptive » contre laquelle ils se battent en toute clarté. Elle impose également l'éducation sexuelle » dans l'ensemble des écoles.

Mais en outre, la « House Bill 4244 » veut créer un nouveau délit permettant de sanctionner ceux qui « en toute connaissance de cause retiendraient l'information ou empêcheraient la diffusion » de l'information à propos de la « santé reproductive », surtout la pilule qui est un moyen éventuellement contragestif, rapporte LifeSite. Bien que la proposition de loi reconnaisse le droit à l'objection de conscience en la matière au personnel médical elle veut imposer aux objecteurs de conscience de renvoyer leurs patients vers d'autres médecins qui soient prêts à prescrire ou fournir des contraceptifs.

Un article de la loi inquiète particulièrement ses opposants puisqu'elle prévoit des sanctions pénales à l'encontre de « toute personne qui, de manière malveillante, s'engage dans la désinformation quant aux intentions ou aux dispositions de cette loi ». En clair : un délit d'opinion qui instituerait une pensée obligatoire sur un sujet qui est à l'évidence controversé aux Philippines. Et la sanction serait lourde : d'un à six mois d'emprisonnement, et environ 230 à 1 150 dollars d'amende.

La loi affirme en outre qu'il existe une taille de famille « idéale » : deux enfants, son but étant d'encourager les couples à se limiter à ce nombre, sans obligation toutefois. Mais elle prévoit tout de même la mise en place d'un « Officier local de population » dans chaque municipalité du pays…

Le 18 février dernier, 50.000 Philippins ont manifesté contre la loi à Pasay City : une majorité de catholiques, certes, mais ils avaient été rejoints par des Evangéliques, des Baptistes et des musulmans. La veille, l'épiscopat avait cessé toute discussion avec le gouvernement philippin au sujet de la loi, jugeant que ces rencontres ne servent à rien.

De son côté, l'UNICEF (le Fonds des Nations unies au service des enfants…) vient d'appeler le gouvernement des Philippines à maintenir active sa campagne d'information sur la « santé reproductive » auprès des jeunes. Pour Vanessa Tobin, représentante philippine pour l'UNICEF, il s'agit de reconnaître le problème de l'infection HIV auprès des adolescents, qui est à la hausse dans ce pays. Sans surprise, tout en annonçant qu'il fera la promotion de l'abstinence et de la fidélité, le département de la Santé philippin a répondu par la voix de son porte-parole que l'essentiel de l'effort de lutte contre cette tragédie – hélas bien réelle – portera sur la diffusion du préservatif, spécialement parmi les jeunes.

La plupart des contaminations par le virus du sida ont lieu aux Philippines lors de relations homosexuelles masculines.

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04 février, 2011

Evêques philippins : la prison plutôt que la “loi de santé reproductive”

Ce n'est pas une loi d'avortement. Et le texte comporte tout un volet promettant la promotion de la régulation naturelle des naissances. Mais – comme je l'ai écrit ici et ici – la loi de Santé reproductive qui vient de franchir en commission sa première étape aux Philippines avait suscité dès dimanche une mise au point ferme et unanime marquant l'opposition de l'épiscopat catholique. A peine la proposition adoptée en commission, deux évêques philippins ont appelé le peuple philippin à la « désobéissance civile » si jamais le texte franchit avec succès toutes les étapes législatives – ce qui peut théoriquement prendre jusqu'à deux ans. L'information provient du site officiel des évêques philippins, ici. L'évêque de Sorsogon, Arturo Bastes, a ainsi déclaré au micro de la radio de l'épiscopat philippin, Radyo Veritas :
Mgr Arturo Bastes
« Il y aura une désobéissance civile ! Aux lois qui sont immorales, nous dirons au peuple de ne pas obéir ! »
Et d'ajouter :
Mgr Ramon Arguelles
« Nous autres évêques, nous sommes prêts à accepter la prison, avec nos prêtres, pour protester contre les choses immorales qui sont là (dans la loi). Notre enseignement sera ferme – qu'ils nous emprisonnent ! »
Mgr Ramon Arguelles, archevêque de Lipa, dans l'île de Luzon aux Philippines, ajoutait aussitôt :
« Nous ne disons que ce qui est juste ! Nous proclamerons cela quoi qu'il arrive. »
Ce dernier avait précisé que la prise de position des évêques n'est pas contre tel ou tel : « Nous ne sommes pas contre le gouvernement. Nous ne sommes pas des subversifs. »

La mobilisation des évêques philippins contre un tel projet est exemplaire, et même inouïe vue depuis les pays d'Europe et notamment depuis la France où non seulement on n'entend guère la Conférence des évêques « communiquer » sur le sujet de la contraception, mais où les manuels de SVT (sciences de la vie et de la terre) sont distribués dans les collèges catholiques sous contrat avec l'Etat comportent la promotion de la contraception et même de l'avortement sans que l'épiscopat dans son ensemble ne bouge le petit doigt.

Il est intéressant de noter aussi que les évêques philippins dénoncent à la fois la « contraception » contragestive – tous les moyens qui habituellement ou par un deuxième effet empêchent la nidation de l'embryon conçu – et la contraception qui évite la conception.

LifeSiteNews rapporte les déclarations de René Bullecer, directeur national pour les Philippines de Human Life International qui a mis au défi le président Benigno Aquino de dépasser ses « vagues déclarations » sur sa foi catholique et de passer aux actes. « Le président Aquino doit confirmer, au moyen de mesures législatives concrètes, et pas seulement avec des déclaration verbales, que le gouvernement entend mettre en œuvre des politiques familiales et démographiques qui respecteront pleinement la valeur de la vie humaine »n a-t-il déclaré mercredi sur Radio Vatican.


« Le gouvernement philippin a déjà reçu plus de 900 millions de dollars d'agences comme USAID, la FNUAP et d'autres qui imposent des politiques rigides de contrôle de la population, et cela rend difficile pour lui de faire marche arrière », a précisé René Bullecer.


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