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01 septembre, 2014

Espagne : Mgr Gil Hellin rappelle l'importance d'“Humanae Vitae” pour la famille et les nations

La contraception est à la racine de nos maux actuels : dénatalité en Europe, paupérisation, divorces, tous les maux qui résultent de l’éclatement des familles. Voilà un discours que les hommes d’Eglise tenaient fort peu en public – c’est un véritable fronde épiscopale qui avait accueilli l’encyclique Humanae vitae dans de nombreux pays – et que l’on recommence à entendre. L’évêque de la ville espagnole de Burgos, Mgr Francisco Gil Hellin, vient de dire les choses clairement dans sa lettre hebdomadaire, que je traduis ci-dessous.
Lisez-la attentivement, elle en vaut la peine, et d’ailleurs j’en souligne en gras quelques passages particulièrement significatifs. Mais j’y ajouterai une note, à la fin… – J.S. 
Il y a bien des années, j’étais le chapelain d’un Centre de promotion ouvrière dans la banlieue sud de Rome. Un jour s’y présenta le cardinal Casaroli, alors Secrétaire d’Etat du Vatican ; il y engagea un dialogue avec les professeurs et les élèves. L’un d’eux lui demanda quels souvenirs du temps où il servait Paul VI l’avaient le plus marqué. Le cardinal réfléchit quelques moments et répondit : « la signature d’Humanae vitae ». Et d’ajouter : « A la fin du mois de juillet de 1968, le pape était très préoccupé. Un jour il s’est emparé d’un énorme tas de documents et s’en est allé à Castel Gandolfo. Peu de jours après, je l’ai retrouvé, totalement transformé. Il était rayonnant et heureux. Il venait de signer Humanae vitae. » 
C’est en effet le 25 juillet 1968 que Paul VI a signé ce document, qui allait devenir la grande croix de son pontificat et qui aura été l’un des écrits du magistère les plus contestés de ces derniers temps, en dehors de l’Eglise mais aussi en son sein. « Rarement – écrivit le cardinal Ratzinger en 1995 – un texte de l’histoire récente du magistère ne s’est converti en un signe de contradiction comme cette encyclique. » 
L’encyclique était une solide défense de la vie humaine, elle rejetait la contraception par des moyens artificiels et elle allait à l’encontre de l’hédonisme et des politiques de planification familiale, souvent imposées par les pays riches aux pays pauvres. Elle maintenait, en revanche, le principe de la paternité consciente et éthiquement responsable. Comme devait l’écrire le cardinal Daniélou, le document met en évidence le « caractère sacré de l’amour humain » et constitue une véritable « réaction contre la technocratie ». La doctrine d’Humanae vitae contredisait – et contredit toujours – les goûts du temps, et elle lançait un défi face au climat culturel de l’époque et aux énormes intérêts économiques des grandes multinationales. Son enseignement est, certes, exigent, et on ne le rappelle pas pour le plaisir. Mais l’Evangile non plus ne se suit pas avec plaisir, et il ne manque pas d’être exigeant. 
Pourtant, le temps lui a donné raison. Face aux inquiétants développements de l’ingénierie génétique, Humanae vitae fait briller une lumière prophétique lorsqu’elle assure : « Si donc on ne veut pas abandonner à l'arbitraire des hommes la mission d'engendrer la vie, il faut nécessairement reconnaître des limites infranchissables au pouvoir de l'homme sur son corps et sur ses fonctions; limites que nul homme, qu'il soit simple particulier ou revêtu d'autorité, n’a le droit d'enfreindre. » En effet, aujourd’hui l’homme subit le vertige de l’éternelle tentation : il veut être comme Dieu quitte à s’autodétruire et à détruire les autres, spécialement les plus vulnérables et les plus innocents. 
Paul VI mettait en garde sur le fait que la contraception ne provoquerait pas seulement une baisse alarmante des naissances mais aussi la destruction de l’amour humain, en faisant grandir le nombre d’avortements et de divorces, avec tout le préjudice qui en résulterait pour les époux eux-mêmes et, cela va de soi, pour leurs enfants. Il suffit de regarder ce qui se passe en Europe et en Espagne pour se rendre compte que Paul VI ne se trompait pas. Les experts parlent déjà d’une Europe et d’une Espagne qui sont non seulement vieillies mais encore socialement paupérisées, incapables d’être des Etats-providence. Notre Castille, jadis vigoureuse, n’en est-elle pas un exemple éloquent ? 
Il y a quelques jours un journal aussi peu suspect que Le Monde disait qu’il faut promouvoir la régulation des naissances par des méthodes naturelles et non par la pilule. C’est exactement ce que disait Humanae vitae il y a cinquante ans. Le remède contre le divorce, la violence sexuelle, l’abandon des enfants et la subsistance-même en tant que peuple ne se trouve pas dans le contrôle artificiel des naissances au moyen de la « pilule du lendemain » ou autres, mais dans la découverte de la beauté de l’amour humain et de l’amour conjugal, qui ne voit pas le corps humain comme un simple instrument de plaisir, mais comme un moyen privilégié de communication personnelle et d’offrande de soi à l’autre. 
+ Francisco Gil Hellin, archevêque de Burgos

NOTE. Mgr Gil Hellin évoque un article du Monde qu’il n’a assurément pas lu, et dont certains médias ont voulu faire un texte à la gloire des « méthodes naturelles » à l’heure d’une défiance croissante à l’égard de la contraception chimique.
Sinon il aurait remarqué que si cet article décrit un rejet significatif des pilules et autres stérilets, les « méthodes naturelles » qu’il évoque, et qui auraient désormais la faveur d’une femme sur dix en France, sont bien des méthodes contraceptives qui dissocient volontairement la relation sexuelle de sa fécondité potentielle, en visant principalement le retrait et le recours au préservatif pendant les périodes repérées fertiles. L’abstinence périodique, quel que soit le mode de « veille » de la femme sur son corps, est discrètement reléguée parmi les lubies des catholiques.
L’article ne conclut pas du tout à la nécessité de « promouvoir » la régulation naturelle des naissances : elle donne au contraire la parole à des médecins qui se disent inquiets de sa progression et qui promettent de la critiquer plus systématiquement et plus explicitement à l’avenir. Les femmes qui l’utilisent « vivent dans l’angoisse », assure ainsi un gynécologue. Et elle s’achève en donnant la parole à une grande promotrice de la contraception artificielle, Nathalie Bajos de l’INSERM, rappelant que la régulation naturelle a un « taux d’échec plus élevé ».

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31 juillet, 2012

Médias : cultiver la haine de l'Eglise et de l'enfant…

Cet article du Los Angeles Times est emblématique. Dernier d'une série de cinq enquêtes autour de la population mondiale, il vise à rendre l'Eglise catholique responsable du nombre inacceptoable de bébés qui naissent aux Philippines « à cause » du refus de légaliser le remboursement de la pilule contraceptive. Trop de bébés, c'est plus de pauvreté, plus de misère, des conditions indignes que « 70 % » des Philippins, catholiques à 80 %? rejettent en récusant l'enseignement de l'Eglise catholique et l'opposition – jusqu'ici efficace – de celle-ci à la loi de santé reproductive qu'institutions internationales et ONG féministes aimeraient voir adoptée dans ce pays. Les méchants d'un côté, les bons de l'autre – et au milieu les victimes, les habitants des bidonvilles qui peinent à nourrir 6, 8 ou 10 bouches et qui se privent de leurs propres repas pour assurer le minimum aux enfants.

Comment ne pas haïr cette Eglise rétrograde et machiste qui est donc responsable, forcément responsable de ces maternités répétées ?

L'article est très habilement menée. Zoom sur Yolanda, enjambant des tas d'enfants accroupis au petit matin dans les ruelles de son quartier tout encombrées d'ordures. Elle va tenter de persuader ses voisins d'acheter de petits paquets de shampooing, un commerce misérable qui lui permettra d'acheter juste ce qu'il faut pour acheter un maigre déjeuner, pris dans la petite salle où son mari et leurs huit enfants vivent, mangent et dorment. Elle a dû cesser la pilule depuis que, sous la pression de l'Eglise, le maire de Manille a interdit la distribution publique de contraceptifs.

Après un rappel apocalyptique de la situation – on passe par cet hôpital de Manille où naissent 17.000 bébés par an, par la décision de George W. Bush de ne plus financer les contraceptifs dans ce pays depuis 2008, et par un évêque qui a osé dire que la pilule contraceptive peut provoquer des avortements très précoces – retour chez Yolanda. Elle a accepté de faire partie d'un groupe de 20 femmes pauvres défiant les autorités pour demander, devant la justice, l'accès aux différents contraceptifs. Elle sera « toujours catholique », mais « elle n'est pas d'accord avec les prêtres sur tout ».

Au passage, on a droit à un couplet sur les avortements clandestins qui approcheraient le demi-million tous les ans, et même à une interview d'une « faiseuse d'anges » qui distribue du Cytoctec et provoque des avortements en invoquant sa foi en Dieu – puisque c'est pour aider, et qu'elle ne fait pas payer cher !

On ricane devant l'ancien maire de Manille, José « Lito » Atienza qui a osé dire qu'une population forte est une richesse économique : il évoque l'esprit d'entreprise des vendeurs de rues et les 10 millions d'expatriés qui envoient de l'argent au pays, l'importante force de travail, la plus grande base pour les cotisations sociale, la consommation boostée et la production itou : « C'est tout le cycle de l'économie qui va plus vite. »

Ce qu'il dit n'est pourtant pas si idiot : la Chine, par exemple, doit évidemment son insolente croissance à la richesse de sa population, et se prépare des lendemains qui déchanteront dur avec le vieillissement accélérée de la même, et l'élimination des petites filles.

Le problème des Philippines est moins la croissance de la population que la pauvreté, le manque d'infrastructures : éliminer la population ne résoudra rien sur le long terme.

Le problème des Philippines n'est pas de ne pas avoir accès à des contraceptifs mécaniques ou hormonaux, avec leurs effets parfois ou souvent abortifs, leurs risques pour la santé et leur évident intérêt pour les grands laboratoires pharmaceutiques qui les produisent et qui cherchent avant tout à les vendre. Il est d'opter pour la culture de vie, qui passe par le respect du plan de Dieu pour la famille. Et qui n'exclut pas, loin s'en faut, la régulation naturelle des naissances.

La fondamentale malhonnêteté de l'article du LA Times est de présenter la position de l'Eglise sur le contraception sans préciser que l'Eglise catholique aux Philippines approuve et promeut la « planification familiale naturelle », comme disent les Anglosaxons. Non seulement cela, mais cette « NFP » connaît une prévalence exceptionnelle parmi la population, les paroisses organisent depuis longtemps et bénévolement des formations, le tout dans un grand respect des couples et de leurs choix personnels, et sans surtout rapporter un centime aux fabricants de pilules et autres implants.

Dans un récent article universitaire, des Philippins évaluaient la fiabilité d'un nouveau système de régulation naturelle des naissances basée sur l'abstention aux jours féconds du cycle. L'institut est l'Ecole Loyola de Théologie (LST) de l'université Ateneo de Manille ; les auteurs deux archevêques, Mgr Paciano qui apporte sa caution en tant que président de la commission épiscopale sur la famille et sur la vie, Mgr Antonion J. Ledesma, évêque de Cayagan de Oro.

On y souligne que la méthode en question, celle des « jours standard », simple d'utilisation mais inadaptée à certains couples, est jugée 100 % efficace par les couples lorsqu'elle est bien utilisée. On souligne que c'est aux couples de faire leur choix de méthode – la régulation naturelle n'en manque pas. Et on rappelle que Benoît XVI, lors de la visite ad limina des évêques de Mindanao en février 2011, avait approuvé l'intérêt de l'Eglise catholique pour cette méthode qu'on lui présentait en disant : « Oui, les méthodes simplifiées sont bonnes pour les gens simples. »

De fait, l'Institute for Reproductive Health de Georgetown University, qui l'a développée, affirme que bien utilisée, elle est efficace à 95 % pour éviter une conception – à rapprocher des quelque 50 % des avortements consécutifs à une conception sous contraceptif ou préservatif enregistrés en France… (Voir cet article de l'INED). Il est caractéristique que la méthode des jours standard exige l'abstinence aux jours féconds pour fonctionner : le recours au préservatif ou à d'autres « méthodes barrière » aux jours féconds fait fortement diminuer sa fiabilité, parce que ce sont ces méthodes qui ne sont pas fiables !

Alors, l'Eglise est-elle rétrograde et prône-t-elle l'épuisement des femmes et la misère de tous au nom des naissances obligatoires et imposées ? Ou sont-ce tout simplement les marchands et colporteurs de l'industrie pharmaceutique, les racistes « anti-pauvres » et les contempteurs de la dignité de chaque homme fait pour le bonheur éternel qui crachent leur venin ?

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05 juillet, 2012

Philippines : le “planning familial” repasse à l’attaque

Différents projets de législation visant à rembourser la contraception et à instaurer un plan national de planning familial ayant échoué aux Philippines, face à une opposition solide menée par l’Eglise catholique, le gouvernement de NoyNoy Aquino a décidé d’agir d’autorité en allouant quelque 12 millions de dollars au financement de contraceptifs. Une façon de contourner l’opposition politique et de défier l’Eglise qui a, d’ores et déjà, dénoncé l’initiative.

Le département de la Santé aux Philippines entend utiliser les fonds pour distribuer gratuitement toutes sortes de contraceptifs, du préservatif au stérilet en passant par la pilule, par le biais de centre communaux, tout en sachant que de nombreux responsables locaux ne se prêteront pas à la manœuvre.

Sur le papier, les motifs de l’initiative sont excellents : il s’agit de réduire le taux de mortalité maternelle qui est passé de 162 morts pour 100.000 naissances vivantes en 2006 à 221 pour 100.000 en 2011, selon des statistiques gouvernementales.

Ce qui accuse avant tout le système de soins incapable de prendre en charge et de protéger la vie des femmes philippines enceintes ou accouchées… De fait les hôpitaux philippins ne sont pas dans le plus bel état, beaucoup de Philippins sont privés même des soins les plus basiques comme en attestent les initiatives de l’association Rosa Mystica, et les maternités sont surchargées.

Alors, la bonne réponse serait-elle donc de bombarder les femmes philippines de contraceptifs hormonaux et d’encourager un comportement irresponsable des hommes ? L’exemple donné par irinnews, source d’informations humanitaires, est caractéristique : il évoque le cas d’Irish Gill, 31 ans, qui vient de donner la vie à son 8e enfant. Elle avait failli mourir en accouchant de son 7e ; moins d’un mois plus tard, elle était de nouveau enceinte… Qu’il y ait là un manque de respect pour sa santé et sa personne paraît évident, mais ce n’est pas sa stérilisation volontaire qui règlera le problème…

Il faut bien comprendre que le but des « planificateurs » est moins de soulager des souffrances maternelles et d’empêcher des décès, que de réduire la population philippine. Ainsi Esmeraldo Ilem, directeur d’un hôpital de Manille, explique-t-il : « Les Philippines ont commencé leur programme de planning familial dans les années 1970, lorsque notre population était équivalente de celle de la Thailande, à quelque 40 millions de personnes. Mais notre population atteint aujourd’hui 95 millions alors que la Thailande n’a que 65 millions. »

Ce que l’article ne rappelle pas, c’est qu’avec un taux de fécondité de 1,66 enfant par femme, en 2011, la Thailande ne remplace pas sa population – sur une génération, cela représente une perte de 20 % de population – et se prépare des lendemains difficiles lorsqu’il s’agira de s’occuper de sa population vieillissante…

Il prône donc un programme de planning plus efficace, soutenant les récentes initiatives politiques qui voulaient introduire non seulement la distribution de contraceptifs, y compris ceux qui sont des abortifs très précoces, et l’éducation sexuelle à l’école. Avec un tel programme, la croissance de la population philippine descendrait à coup sûr, on ferait baisser mécaniquement la mortalité maternelle sans même avoir à augmenter la qualité des soins – et la cohorte de problèmes liée à la diffusion de la contraception pourrait tranquillement exploser. Promiscuité, éclatement des familles, utilisation de la femme, exposition de son corps aux pilules et autres préparations hormonales nocives pour sa santé, installation d’une mentalité hostile à la vie…

Les partisans du lobby contraceptif (et abortif – de nombreuses ONG actives aux Philippines sont aussi, dans le monde, pourvoyeuses d’avortements, comme la Fédération internationale du Planning familial et Maris Stopes International) mettent en avant des situation de pauvreté et de misère pour faire avancer leur politique de mort.

L’Eglise est présentée comme le méchant organisme paternaliste qui en veut aux femmes et à leur vie.

Et bien sûr personne ne parle de la régulation naturelle des naissances, ouverte à la vie, sans effets secondaires, efficace, facile et gratuite, que la bienheureuse Mère Teresa prônait et enseignait en Inde. On sait qu’elle favorise la stabilité familiale, elle donne aux couples pouvoir et indépendance par rapport au corps médical et au fabuleux marché des contraceptifs. C’est pour cela, sans doute, qu’on n’en veut pas.

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11 avril, 2011

“YouCat” justifie-t-il la contraception ?

A deux jours de la présentation officielle, à Rome, du catéchisme pour jeunes qui fera partie de la besace officielle pour les participants aux JMJ de Madrid, la chaîne de télévision catholique américaine EWTN et AciPrensa lancent une sérieuse alerte à propos de YouCat : dans sa version italienne, au moins, l'ouvrage préconiserait le recours à la contraception.

Le catéchisme qui sera distribué en 700.000 exemplaires et 13 langues se présente sous forme de questions-réponses. La question 420 de la version italienne se présente ainsi :

« Q. Puo una coppia cristiana fare ricorso ai metodi anticoncezionali ?
« A. Si, una coppia cristiani puo et deve essere responsabile nella sua facolta di poter donare la vita. »
Soit :
« Q. Un couple chrétien peut-il avoir recours aux méthodes anticonceptionnelles ? »
« R. Oui, un couple chrétien peut et doit être responsable par rapport à sa faculté de pouvoir donner la vie. »
Scandale. Contact est tout de suite pris avec le porte-parole du Vatican, le P. Federico Lombardi, qui annonce : « Je n'ai pas encore pris connaissance du texte de YouCat et ne puis donc faire aucun commentaire. »

EWTN et AciPrensa citent une source vaticane qui a bien voulu répondre, sous le couvert de l'anonymat, que le problème venait du texte original en langue allemande et concernerait la traduction vers l'italien.

Le texte anglais, publié par Ignatius Press aux Etats-Unis, est, lui, conforme à la doctrine de l'Eglise qui condamne les méthodes anticonceptionnelles, selon les sources américaines.

Je n'ai pas réussi à mettre la main sur le texte original allemand. En revanche j'ai trouvé sur le site de l'association des médecins catholiques d'Allemagne un renvoi vers toutes les questions de YouCat relatives à des thèmes médicaux : on y lit que les questions 420 et 421 se rapportent à la « Empfangnisregelung », soit la « régulation de la conception » (en français on dirait plutôt la « régulation des naissances » qui est en effet affaire de responsabilité du couple.

L'explication est donc là, semble-t-il : le terme de « régulation de la conception » a été abusivement traduit en italien comme « méthodes anticonceptionnelles », ce qui est tout de même très fort de café. Que cette traduction grossièrement erronée et évidemment directement contraire à l'enseignement de l'Eglise ait pu passer la barre de la vérification – on suppose que celle-ci a eu lieu, tout de même ! – accuse les responsables de l'édition italienne.

Reste à savoir si d'autres traductions présentent la même aberration.

Et en attendant, reste aussi à savoir si l'édition italienne sera pilonnée et remplacée par un texte conforme. Ou si l'on y encartera un feuillet d'erratum – grotesque en l'occurrence… Ou s'il ne se passera rien.

La conférence de presse de présentation de YouCat se tiendra en présence du cardinal Schönborn (Vienne), du cardinal Stanislaw Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs et de Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle évangélisation.

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16 novembre, 2010

Le scandale écologique dont on ne parle pas : la pilule

Cristina Alarcon
Voici un remarquable article publié par MercatorNet sous la plume de Cristina Alarcon, tant par les informations qu'il apporte que pour la pertinence de son analyse. Je vous en propose ici la traduction intégrale. Et vous prie de bien vouloir de respecter les droits d'auteur originaux en voulant bien, si vous souhaitez attirer l'attention sur ce texte, renvoyer sur ce blog et citer la source anglophone. Je n'ai  pas repris tous les liens ajoutés par Cristina Alarcon vers les nombreux articles et études scientifiques sur lesquels elle appuie son développement ; vous les trouverez dans la version anglaise sur MercatorNet. Cette pharmacienne, également enseignante à l'Université de British Columbia, détient un master en bioéthique de l'Université de Navarre en Espagne. Elle s'exprime régulièrement dans les médias sur le respect de la vie et les droits de la conscience des professionnels de la santé. – J.S.


On consent actuellement un effort énorme pour protéger l'environnement des effets non voulus de l'activité humaine. Des accords internationaux et des politiques décidées au niveau national visent à réduire le réchauffement climatique en freinant l'excès d'émissions de carbone, produites par la recherche par l'homme de son bien-être matériel.

A plus petite échelle, chacun d'entre nous s'efforce de fermer les robinets, d'éteindre les lampes, d'utiliser les transports en commun, de réduire les émissions polluantes, de recycler, encore recycler et puis, surtout, de ne pas jeter les médicaments dans les égoûts – spécialement ceux qui affectent le cerveau ou les perturbateurs endocriniens. Oui, nous sommes constamment à la recherche de manières de réduire la pollution de l'air et de l'eau ; et au Canada, la Loi sur l'environnement permet même aux citoyens d'engager une action civile lorsque le gouvernement ne fait pas appliquer les lois environnementales.

Mais malgré tous nos efforts, des signes qui ne trompent pas indiquent qu'un type très particulier de polluant, le perturbateur endocrinien, produit actuellement des ravages sur nos écosystèmes.  Et alors que les rivières du monde se trouvent dans une situation de crise aux proportions alarmantes, nous sommes témoins des effets néfastes causés par les substances œstrogènes sur la vie aquatique. Des poissons mâles féminisés qui pondent des œufs et (ou) qui ont perdu leurs capacités reproductrices, ont été trouvés près des zones où confluent des eaux usées.

On s'inquiète également de plus en plus à propos des dommages provoqués sur les corps humains par les polluants, même si apparemment il n'existe pas de données humaines sur l'exposition à ces polluants dans la durée. Que l'Organisation mondiale de la santé ait fait savoir qu'il existe encore beaucoup d'inconnues n'est pas pour nous rassurer.

Dans son effort pour freiner la pollution, le Canada vient de déclarer que le bisphenol A (BPA) est une substance toxique aux termes de la loi canadienne de protection de l'environnement : une belle victoire pour les écologistes, et un énorme soulagement pour les Canadiens, puisque les rongeurs exposés à cette substance ont montré des signes de problèmes neurologiques et de développement comportemental.

Utilisé pour la fabrication de plastique durs et transparents, et pour le revêtement interne des boîtes de conserve, le BPA est connu comme « la molécule qui dévie le genre ». Même les traces qu'on trouve sur certains tickets de courses pourraient contribuer à l'impuissance des consommateurs mâles – tout en boostant les ventes de Viagra – s'ils touchent leur bouche ou manipulent la nourriture.

Le perturbateur endocrinien est également associé à une libido déprimée et à l'endommagement de l'ADN du sperme ; il peut dérégler les systèmes reproducteurs féminins, et contribuer au développementn des cancers et des maladies du métabolisme. Son statut légal est actuellement sous les projecteurs en Europe et aux Etats-Unis.

Mais pourquoi les croisés de l'environnement traquent-ils les fabricants de plastique et l'industrie de la conserve tout en ignorant le coupable le plus visible : les produits pharmaceutiques dans nos réseaux de distribution d'eau ? Pas seulement ceux qui y sont déversés par les fabricants ou les consommateurs, mais – et c'est plus important – ceux qui y aboutiront après consommation humaine et passage par les toilettes.

Car le fait est là : ces 50 dernières années, des millions innombrables de femmes ont ingéré des hormones synthétiques – d'importants perturbateurs endocriniens – afin d'empêcher la conception, et elles en ont éliminé les résidus par cette voie.

Voilà ce qu'affirme un article (soumis à l'évaluation de leurs pairs) d'Alan D. Pickering du Natural Environment Research Council et par John D. Sumpter de l'Université Brunel : ils soulignent que, certes, certains de ces perturbateurs endocriniens sont des produits chimiques industriels, mais qu'il semble clair que les œstrogènes les plus envahissants dans l'environnement aquatique sont des stéroides dérivés des excrétions humaines. Ils reconnaissant cependant volontiers que si en théorie, il devrait être possible de contrôler la pilule à la source, « les implications sociales de cela seraient totalement inacceptables ». En attendant, savoir si l'industrie pharmaceutique est en mesure de « développer un produit alternatif efficace mais moins persistant dans l'environnement… demeure une question ouverte ».

Hé ! Vraiment ? Qu'est-ce qui fait que la contraception hormonale est sacrosaint parmi les autres polluants ? N'y a-t-il vraiment aucun autre moyen, meilleur, de garantir le « choix reproductif » des femmes ? Ou se trouve-t-il, derrière ce slogan, une attitude vis-à-vis du corps de la femme qui est déphasée par rapport à la pensée écologique, et – à dire vrai – pas du tout préoccupée de donner de vrais choix aux femmes ?

Pensez-y : si les contaminants œstrogènes ne conviennent pas aux rongeurs ou au poissons, pourquoi les femmes devraient-elles les consommer ? Après tout, les femmes elles-mêmes subissent les effets indésirables des contraceptifs hormonaux qui sont révélés peu à peu, alors même que les forums de la blogosphère sont de plus en plus envahis par l'expression de malaises personnels.

Combien de femmes savent-elles qu'en 2005, l'OMS a classé la pilule contraceptive dans le groupe I des carcinogènes en raison de liens prouvés avec le cancer du sein et quelques autres ? Savent-elles que les hormones sexuelles peuvent compromettre le système immunitaire ?

Et quid alors des découvertes récentes indiquant que la pilule pourrait bien altérer les déclencheurs biologiques qui aident la femme à trouver un partenaire compatible ? (Imaginez que vous arrêtiez la pilule simplement pour vous réveiller un beau matin et vous apercevoir que vous êtes couchée à côté d'un type que vous détestez !) Autre chose encore : des chercheurs ont constaté un lien entre la pilule et le dysfonctionnement sexuel, et des neurologues soupçonnent le progestatif présent dans la pilule d'affecter notre capacité à penser. Un petit coup d'Alzheimer, les amis ?

En réalité, cette façon de jouer avec le bien-être des femmes remonte aux débuts de la pilule dans les années 1950, lorsque des scientifiques américains ont exploité des Portoricaines pauvres, sans les avertir qu'on les embarquait dans une expérience médicale aux effets secondaires potentiellement dangereuses. Cela a continué avec la controverse autour du Depo Provera et encore récemment avec le fiasco du patch Evra.

Et pourtant, alors que les procès contre Evra sont menés discrètement aux Etats-Unis et au Canada – le gouvernement de Colombie britannique demande des dommages pour couvrir les coûts sanitaires passés et futurs liés aux dommages causés aux femmes –, comme l'annonce NBC, les millions versés aux victimes, c'est « peanuts » comparé aux milliards tirés de profits des ventes.

Comment se fait-il qu'au bout de 50 ans de féminisme militant et d'écologisme personne n'accorde d'intérêt à l'écologie du corps de la femme et à l'intégrité de leur personne ? Combien de temps encore les femmes vont-elles accepter d'être des cobayes « pour le bien de la planète » – ou pour le bien des profits de Big Pharma ?

Et qu'est-ce qui pourrait inverser le courant ? La menace d'impuissance et de stérilité sur la population mâle ?

Si la force agissante derrière la contraception est effectivement le choix pour les femmes – et pas seulement le contrôle social de la fertilité – l'alternative existe, comme l'alternative existe pour les plastiques et les boîtes de conserve, le pétrole et le charbon, si nous voulons vraiment le trouver. En réalité, nous n'avons même pas besoin de chercher une méthode saine de planning familial : elle existe déjà.

L'auto-observation de la fertilité, ou méthode naturelle de régulation de naissances, est bien, comme le montrent des études scientifiques, une méthode hautement efficace lorsque les couples sont bien formés et qu'ils l'utilisent de manière appliquée – comme c'est le cas avec les méthodes hormonales ou autres.

Cela demande effectivement de changer de style de vie, mais le frein le plus important à ce changement est désormais du côté des professionnels de la santé, puisque la plupart d'entre eux n'en savent tout simplement  pas assez, comme l'a clairement démontré une récente étude co-signée par le Dr Ellen Wiebe, du département de pratique généraliste de l'Université de la Colombie britannique. En fait, la plupart des médecins sous-estiment l'efficacité de la régulation naturelle des naissances, et seule une petite proportion d'entre eux fournissent une information sur cette option plus saine.

Dans un monde qui porte une attention croissante à la conservation de la nature et à la célébration des valeurs naturelles, il s'agit d'une anomalie, pour ne pas dire plus. Continuer à promouvoir des contraceptifs tout en laissant de côté une option saine ressemblerait fort à un engagement idéologique ou commercial qui n'aurait absolument rien à voir avec la santé reproductive des femmes. Ni même, d'ailleurs, avec la protection de la planète.

© Mercatornet, par Cristina Alarcon.

© pour la traduction : leblogdejeannesmits.

 
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