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13 février, 2015

Chili : si l’Université catholique s’oppose à l’avortement, il faudra l’exproprier !

Le député socialiste Marcelo Schilling
n'a pas l'air d'un plaisantin
Alors que la présidente socialiste du Chili, Michelle Bachelet, a présenté il y a quinze jours un projet de dépénalisation de l’avortement en cas de viol, de non viabilité du fœtus et de danger pour la vie de la mère, sous prétexte que son interdiction généralisée met en danger la vie de « milliers de femmes » dans ce pays, le ton monte parmi les partisans de la mort.
Le député socialiste Marcelo Schilling, répondant à une interview de Radio Valparaiso, a réagi violemment aux déclarations des responsables de l’Université catholique (UC) assurant que jamais le réseau d’établissements sanitaires qui lui sont liés ne pratiquerait l’avortement.
« Je veux leur dire, au recteur de l’UC, aux directeurs des cliniques (privées) et à l’archevêque de San Bernardo qui administre lui aussi un hôpital : les parlementaires ne sont pas au-dessus de la loi, eh bien les petits curés et les universitaires non plus », a déclaré Schilling. « Chez nous les lois sont valables pour tous et s’il faut exproprier l’Université catholiques pour des raisons d’intérêt supérieur, eh bien, il faudra le faire. »
Et de suggérer à ceux qui voudraient se « rebeller » contre la loi une solution « très simple » : « L’Eglise a son siège étatique au Vatican, au cas où ils ne l’auraient pas noté. »
La hargne de Marcelo Schilling répond aux paroles du recteur de l’Université catholique, le médecin Ignacio Sanchez qui avait déclaré que dans le réseau UC Christus « on ne pratiquera pas d’avortement, nos principes et nos valeurs les plus profondes ne vont pas changer en raison d’un quelconque projet de loi. C’est sans appel. »
Mais voilà : quand on pense que la loi morale ne saurait primer sur la loi civile, une telle déclaration est insupportable. Et justifie la tyrannie…
Réagissant aux menaces de Marcelo Schilling, le recteur de l’Université catholique vient de déclarer au quotidien El Mercurio : « Ces paroles sont incroyablement intolérantes et totalitaire. Il est préoccupant qu’un député de la République affiche de telles opinions. »
A telle enseigne que Schilling a fini par se raviser un peu, assurant qu’il l’avait dit « à moitié pour plaisanter » : « Je vais commencer à arrêter les blagues, ce pays est trop sérieux. » Mais il a précisé aussitôt qu’il devrait y avoir des sanctions à l’encontre d’un établissement qui refuserait de « porter secours » à une femme que sa grossesse mettrait en péril, le secours étant ici défini comme l’avortement… Il y a matière à rire ?
D’autant que quasiment dans le même souffle, le député Schilling a réagi aux déclarations de l’archevêque de Santiago, Mgr Ricardo Ezzati, contre le projet de dépénalisation de l’avortement de manière à peine moins drôle : « Je veux rappeler que les Eglises sont soumises à la loi du culte, où sont établies leurs raisons d’existence mais aussi les raisons de caducité de leur personnalité juridique. »

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07 février, 2015

Le tribunal administratif de Grenoble ordonne de déplacer une statue de la Vierge au nom de la laïcité

En 2011, le maire de Publier (Haute-Savoie) a fait ériger une statue de « Notre-Dame-du-Léman » dans un parc municipal. La fédération de la Libre-Pensée de Haute-Savoie a demandé son déplacement en 2012 et le tribunal administratif de Grenoble vient de lui donner raison, rapporte Le Figaro.

L'histoire est tristement exemplaire de la laïcité telle qu'elle se vit en France. Et d'autant plus significative que c'est un maire divers gauche qui a pris l'initiative d'installer la statue de la Vierge dans un parc public – « Juste à côté d'une source où les gens viennent boire de l'eau d'Evian », horresco referens ! De quoi les faire avaler de travers, sans doute ?

Gaston Lacroix avait refusé de déplacer la statue, chose que lui demandait l'association locale des Libres Penseurs, peu adeptes de la liberté. Et le tribunal administratif de Grenoble vient d'annuler cette décision de refus, ce qui équivaut à un ordre de se soumettre aux injonctions des laïcistes.

Les juges ont invoqué la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat pour dire : « Considérant que la statue de la Vierge portant l'inscription “Notre Dame du Léman veille sur tes enfants” constitue un emblème religieux ; qu'il est constant que le terrain sur lequel elle a été édifiée est un parc public ; que (… ) la commune ne pouvait légalement autoriser l'installation de cette statue sur le domaine public communal… », et annuler les décisions de refus.

Mais comme le remarque M. le maire, les services de l'Etat sont « bien embêtés », étant donné que le jugement « n'ordonne pas le retrait de la statue ».

Et l'on retiendra aussi cette déclaration de Gaston Lacroix (le bien nommé ?) :
« De nos jours, la France ne sait plus où elle habite ! Regardez, les gamins, ils ne savent plus à quoi se raccrocher, ils partent faire le djihad ! On assiste à une perte de repères. Dans ce pays d'éducation judéo-chrétienne, cette statue, c'est un repère. Moi qui fais beaucoup de randonnées en montagne, je peux vous dire qu'il n'y a pas un sommet où on ne trouve pas une croix ou une Vierge… »
On s'en doute, ce genre de propos n'est pas de nature à pacifier les laïcistes qui entendent s'adresser au préfet.

Le plus désolant, c'est que le curé, Robert Colloud (qui a béni la statue, le 15 août 2011) tente de se dégager de l'affaire. Il n'a pas envie d'être « mêlé à cette histoire » – tout en rappelant que la statue a été financée par des fonds privés et que la parcelle où elle se trouve a été vendue à une association paroissiale. « L'intention n'était pas mauvaise, elle était même bonne. Mais ce n'était peut-être pas le moment de faire des choses comme cela… Moi je suis pour la paix… »

Mais qui donne la paix ?


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26 décembre, 2014

Mgr Reig Pla accuse le Nouvel Ordre mondial de promouvoir l'avortement et l'idéologie du genre

Cette dénonciation de la culture de mort dans son ensemble, et de ceux qui la fomentent et la servent, a paru sur Infocatolica. Mgr Reig Pla est coutumier de la parole claire et de la dénonciation sans compromissions. Il explique pourquoi Rajoy et l'Espagne ont renoncé à revenir même timidement sur le « droit à l'avortement », et pourquoi ils iront toujours plus loin pour promouvoir l'homosexualité et la « culture » LGBT. Je vous propose ici ma traduction de ce texte revigorant.
Il y a quelques jours l'Eglise célébrait la solennité de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, patronne de l'Espagne. Dimanche prochain, en pleine Nativité, nous célébrerons la fête de la Sainte Famille et nous nous souviendrons également de la fête des Saints Innocents. A cette occasion me sont revenus en mémoire les belles paroles du saint pape Jean XXIII à notre patrie en 1960, que je transcrirai par la suite. Ce message du bon pape m'a fait penser à l'énorme multitude d'Espagnols, et des autres fils de nos nations soeurs, qui le 22 novembre dernier élevaient la voix pour demander la fin du grand massacre des enfants innocents à naître qui se produit depuis deux décennies en Espagne et dans le monde. Dans le respect de tous et par amour pour chacun, je crois qu’il est nécessaire, non seulement de décrire la réalité, mais aussi d'analyser les causes de ce qui se produit. Ce sera la seule façon possible de proposer des solutions vraies, et non seulement de poser des pansements pour maîtriser les symptômes d'une pensée débile, qui est comme une maladie et qui rabaisse le niveau éthique général de telle sorte qu’au nom d’un faux concept de tolérance on finisse par persécuter tout ceux qui défendent la vérité sur l'homme et ses conséquences éthiques (cf pape François, 20-6-2014).
L’histoire que raconte la Bible
Le livre de la Genèse (25, 19-34) raconte comment Esaü a vendu son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, à son frère jumeau Jacob. L’aînesse entraînait certains droits, et surtout, de la part du père, la transmission d’une bénédiction spéciale et de promesses (GN 28, 13 et ss.). Analogiquement, cette histoire s’est répétée une infinité de fois au long de siècles, tant pour ce qui concerne les personnes que pour les institutions et les nations.
Un fait récent
Récemment le président du gouvernement espagnol et du Partido Popular a retiré la réforme de la loi de l’avortement qui prétendait « limiter » quantitativement l’horrifique saignée des « enfants assassinés avant de naître » (pape François, 25-11-2014), certainement un crime abominable (Concile Vatican II, Gaudium et Spes, 51), un holocauste continu de vies humaines innocentes (saint Jean-Paul II, 29-12-1997). Sur tout cela je me suis déjà exprimé dans un message du 24 septembre dernier : « Appeler les choses par leur nom. Une véritable tâche pour les catholiques. » Mais quels sont les véritables motifs de ce retrait ?
Le plat de lentilles : aujourd’hui un poste au Conseil de Sécurité des Nations unies, mais également l’accès à d’autres sphères de pouvoir et au financement
Pour bien comprendre cette décision du président du gouvernement il ne suffit pas de recourir à des analyses électoralistes. Avec tout le respect dû à sa personne, il faut dire qu’une décision aussi grave répond à d’autres exigences comme nous le montre le document : « Priorités de l’Espagne aux Nations unies. 69e période de sessions de l’Assemblée plénière », un document que l’on peut trouver sur le site web du ministère des Affaires étrangères. Ces « priorités » font partie de ce que le gouvernement de l’Espagne était disposé à faire (il le faisait déjà en parfaite continuité avec les législatures qui l’ont précédé) pour obtenir un place au Conseil de sécurité des Nations unies. La place a été obtenue, aujourd’hui nous savons pourquoi : ils ont fait ce qu’ils viennent de faire et ce qu’ils vont continuer de faire avec entière diligence, tant au niveau national qu’à celui des gouvernements autonomes. Parmi d’autres priorités qui méritent d’être notées, je veux mettre en exergue deux de celles mentionnées dans ce document :
a) « Nous continuerons de promouvoir la pleine jouissance et l'exercice des droits de la part des filles et des femmes dans des conditions d'égalité et de non discrimination à raison du genre, y compris les droits de santé sexuelle et reproductive… »
b) « Nous continuerons de promouvoir la pleine jouissance et l'exercice des droits de la part des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles, transexuelles et intersexuelles (LGBTI) et l'élimination de toutes les formes de discrimination… »
En mettant toujours l’amour à la première place, ainsi que le respect et l'appréciation de toutes les personnes, quelle que soit leur condition, il est nécessaire de démasquer les idéologies qui trompent en manipulant le langage. 
a) Naturellement nous condamnons avec une entière fermeté, n'importe quel type de violence contre des filles et des femmes ainsi que toute discrimination injuste, mais que signifie en réalité « la pleine jouissance et l'exercice des droits de la part des filles et des femmes, et en particulier les droits de la santé sexuelle et reproductive » ? La réponse est celle-ci : promotion de la contraception chez les filles, stérilisation, avortement libre, chimique et chirurgical (en Espagne on compte déjà des millions d'enfants avortés) ; la manipulation des embryons et la reproduction assistée, véritable péché contre le Créateur '(pape Francois 15-11-2014) ; promotion de la masturbation, avec des programmes qui visent même les enfants de 0 à 4 ans ; la stérilisation par autorisation judiciaire des personnes déficientes mentale ; enlever aux parents de mineurs l'autorité parentale pour tout ce qui concerne la sexualité de leurs filles ; éducation sexuelle obligatoire (théorie et pratique), des mineurs, de la part de l'Etat et selon la perspective de l'idéologie de genre, y compris contre la volonté expresse des parents ; diminuer l'âge légal du consentement aux relations sexuelles (en Espagne l'âge légal du consentement est déjà aller de 13 ans), ouverture à la sexualité inter-générationnelle, et cetera. On peut trouver une bonne part de tout cela dans les Standards de l'éducation sexuelle pour l'Europe préparés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avec l'assistance de la Fédération Internationale du planning familial et de l'Association mondiale pour la santé sexuelle (World Association for Sexual Health, WAS), tout comme dans des publications liée à tous les lobbies impliqués.
A tout cela qui est imposé par l'impérialisme transnational de l'argent, sous l'apparence d'organismes internationaux publics et privés, il faut désormais ajouter deux choses supplémentaires. 1. Le gouvernement de l'Espagne a annoncé qu'il va reconnaître un droit d'inscription au registre civil des enfants d'Espagnols né moyennant une gestation pour autrui (mère porteuse) à l'étranger. Il ne s'agit ni plus ni moins que de donner un cadre légal à la « traite » de femmes étrangères, avec lesquelles on fait du commerce comme si c'était du cheptel, y compris en pratiquant la stabulation, pendant la grossesse, dans des « granges » à cet effet. Soyons clairs : cette pratique abominable n'est rien d'autre qu'une nouvelle forme d'esclavage. 2 Il semble que le gouvernement espagnol veuille changer la loi pour exiger le consentement paternel pour les mineurs qui veulent avorter. Que l'Etat respecte l'autorité parentale des parents par rapport à leur enfant est toujours un bien. Cela dit, avec le consentement paternel ou sans lui, l'avortement est toujours un crime abominable, qui en outre détruit la mère et tout ceux qui y participent. Notez bien cependant : l’imperium ne cède jamais : en suivant les critères des Standards de l'éducation sexuelle pour l'Europe, des expertes des Nations unies contre la discrimination de la femme se sont déplacées en Espagne pendant 10 jours pour recommander expressément au gouvernement espagnol que les mineurs de 16 et 17 ans puissent continuer d'avorter sans le consentement de leurs parents. Encore des pressions : on ne va pas permettre ne serait-ce qu'un minuscule pas en arrière.  L'Espagne, comme une bonne partie du monde, n’est plus qu'une colonie au service du Nouvel Ordre mondial, où l’on réduit en esclavage les jeunes et des femmes, tandis que nous sommes toujours ballottés et drogués par beaucoup de cirque, et chaque fois moins de pain.
b). Là encore nous condamnons avec beaucoup de force tous les types de violence envers les personnes et toute discrimination injuste ; avec l'Eglise entière nous voulons continuer d'apporter une aide à tous, avec de véritables entrailles de miséricorde, sans juger les personnes (cf. pape Francois 28-7-2013). Mais que signifie en réalité « la pleine jouissance et l'exercice des droits de la part des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles, transexuelles et intersexuelles (LGBTI) et l'élimination de toute forme de discrimination » ? La réponse est celle-ci : promotion universelle de ce qu'on appelle l'idéologie du genre et des théorie queer, tout comme une interprétation particulière du concept d'autonomie LGBTIQ, des droits sexuels des mineurs qu’on appelle LGBTIQ, tels que les définissent le Planning familial et la WAS ; le droit dès 0 ans d'« explorer » l'identité sexuelle, droit des 4 ans de recevoir une information sur les « relations de même sexe » ; droit des mineurs à leur propre orientation de genre LGBTIQ ; dans le cas des mineurs qui désirent changer de sexe (DCS),  droit d’obtenir le plus tôt possible des hormones du sexe opposé, et dans ce cas le droit compris pour les mineurs à la chirurgie de réassignation sexuelle ; le mariage entre personnes du même sexe, le droit des couples de même sexe d'adopter des enfants, là dépathologisation par la loi de ce qu'on appelle la transsexualité, avec la promotion de nouvelles lois de non discrimination et de reconnaissance de droit aux personnes qui ont le désir de changer de sexe ; droit à la non discrimination et à l'égalité de traitement qui implique de mettre hors-la-loi tous ceux qui comme l'Eglise affirment que l'inclinaison particulière d'une personne qui éprouve une attraction sexuelle à l’égard du même sexe doive être considérés comme objectivement désordonnée (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre sur le soin pastoral à apporter aux personnes homosexuelles) ou que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés (Catéchisme de l'Église catholique numéro 2.357) ; empêcher, voir pénaliser par la loi que les professionnels de la psychiatrie ou de la psychologie puissent aider des personnes qui ont une attraction sexuelle à l'égard du même sexe ou un désir de changement de sexe, et qui demandent cette aide librement ; enlever aux parents l'autorité parentale sur les mineurs pour tout ce qui concerne la sexualité de leurs enfants ayant une attraction homosexuelle ou un désir de changement de sexe ; l'éducation sexuelle obligatoire (théorie et pratique) pour les mineurs, selon les critères LGBTIQ, y compris contre la volonté expresse de parents ; réduire l'âge légal du consentement pour avoir des relations sexuelles entre personnes du même sexe (en Espagne là aussi l'âge légal du consentement est déjà fixé à 13 ans) ; imposer par la loi, aux entreprises et aux institutions, l'embauche d'un pourcentage de travailleurs LGBTIQ ; inversion de la charge de la preuve lorsque ces personnes dénoncent de présumées discriminations, promotion de la sexualité intergénérationnelle LGBTIQ, et cetera. Une bonne part de tout cela peut se trouver dans les Standards d'éducation sexuelle pour l'Europe déjà cité, et dans des publications liées au lobby impliqué. En tout cas il faut avertir qu'une fois gagnée la bataille du mal nommé mariage civil entre les personnes de même sexe et la possibilité d'adoption, la grande offensive en ce moment comment on peut le voir dans médias tourne autour du désir de changer de sexe : la mal nommée dysphorie de genre, la transsexualité, particulièrement de l'enfance. Ce qui viendra ensuite, c'est la pénalisation des parents, des confessions religieuses et de tout ce qui s'oppose au programme prévu pour promouvoir ces soi-disant droits sexuels LGBTIQ.
Découvrir ce que cachent les paroles à travers, comme nous l'avons dit, la manipulation du language n’est en rien une condamnation des personnes, il s'agit au contraire d'exposer avec clarté ce qui porte atteinte à l'anthropologie chrétienne que le pape saint Jean-Paul II appelait l'anthropologie adéquate. En définitive ce que l'on prétend faire avec ces dispositions, est une mutation anthropologique, ou – c'est la même chose – la construction, dont les racines plongent dans l'idéologie du genre et ses dérivés
Le droit d’aînesse vendu
Avec le document Priorités de l'Espagne aux Nations Unies, 69ème période de session de l'Assemblée plénière que nous sommes en train de commenter, se confirmer une fois de plus ce que nous savions tous : nous nous sommes convertis en serviteurs des institutions internationales pour la promotion de ce qu'on appelle la gouvernance globale ou Nouvel Ordre mondial au service de l'impérialisme transnational de l'argent, qui a forcément fait pression pour que l'Espagne ne soit jamais un exemple pour l'Amérique latine et pour l'Europe pour ce qu'il considère comme une « régression » inadmissible en matière d'avortement est pour ce qu'on appelle les droits LGBTIQ.
Nous sommes en train de vendre pour un « plat de lentilles », le projet de Dieu pour ses enfants. a)  L'amour et le respect de toute vie humaine ; b) la beauté de l’égale dignité mais aussi de la différence entre l'homme et la femme ; c) la beauté de la famille fondée sur le mariage d’un seul homme et une seule femme. Cela ne se produit pas seulement en Espagne, il s'agit d'un humiliante vassalisation globale devant le pouvoir de l'argent. Et c'est pour cela que récemment, le 25-11-2014, le pape François avertissait : « Maintenir vive la réalité des démocraties est une tâche en ce moment historique pour éviter que la force réelle – la force politique qui est l'expression des peuples – soit déplacée sous l'effet des pressions d'intérêts multinationaux mais non universels, qu'il est rendent plus faibles et les transforme en système uniformisé du pouvoir financier au service de puissances inconnues. C’est une tâche qu'aujourd'hui l'histoire nous offre. »
« La mort de Dieu dans le cœur et dans la vie des hommes est la mort de l'homme », Saint Jean-Paul II, 11-5-1980) : la pire des corruptions
Si tuer un enfant innocent devient par le jeu de la « loi » un droit, toute corruption ou iniquité devient possible aussi bien dans la sphère publique que dans la sphère privée. Mais attention ! Pour pouvoir tuer un frère il faut auparavant tuer Dieu le Père, ou le vendre. Nous avons fait les deux. Nous pourrions dire tellement de choses là-dessus ! Que personne ne s’étonne donc de la situation où se trouve prostrée l'Espagne et une bonne partie du monde. Ni les actuels partis majoritaires, ni les nouveaux de tendance marxiste qui semblent émerger avec beaucoup de force, ne respectent intégralement la dignité de la vie humaine du mariage et de la famille. La véritable réponse à cette situation passe par la régénération morale de notre part, qui sera le fruit d'une nouvelle évangélisation : proposer le Christ avec amour et vérité, puisque le mystère de l'homme ne s'éclaircit que dans le mystère du Verbe Incarné (Concile Vatican 2, Gaudium et Spes 22). Il est urgent de promouvoir la croissance de chrétiens authentiques et de familles catholiques (l'Initiation chrétienne d'adultes selon le modèle du catéchuménat baptismal) capables d'impulser une culture qui soit respectueuse de la vie, du mariage et de la famille. Il est nécessaire aussi de promouvoir une authentique éducation affective et sexuelle des enfants, des adolescents et des jeunes, comme vocation à l'amour et au don de soi. Dans la Théologie du corps du pape saint Jean-Paul II nous trouvons les clefs pour apprendre à aimer et développer une authentique écologie humaine. Comme le répétait le pape Benoît XVI, la permanence de la civilisation chrétienne passe par la promotion de minorité créative capable de régénérer la société. L'instrument est la Doctrinse sociale de l'Église qui doit inspirer la présence de catholique dans les différentes institutions sociales et dans le domaine de la politique. Comme le disait le bienheureux Paul VI, la politique est une haute forme de charité, d’où l’importance de se souvenir de l’antique adage : Corruptio optimi, pessima (la corruption des meilleurs est la pire) : c'est que « la misère la plus dangereuse, cause de toutes les autres, est l'éloignement de Dieu, la présomption de pouvoir se passer de lui » (pape Francois 20-12-2014).
Personne nedoit douter que nous sommes dans une situation d'urgence politique. Cette situation réclame aux laïcs catholiques qu'ils sachent s'organiser pour offrir une réponse lucide dans le domaine culturel, dans les moyens de communication, et dans la politique. Ne pas le faire en ce moment équivaut à un véritable péché par omission.
Il y a une espérance
Ce ne sont pas seulement des personnes mais aussi les nations qui sont appelées par Dieu à l'accomplissement d'une mission, une mission à laquelle on peut répondre ou non. L'Espagne aussi a eu, et elle a encore sa mission. N’y renonçons pas, ni à la bénédiction de Dieu notre Père, pour un plat de lentilles. Écoutons les belles paroles par lesquelles nous exhortait le cher pape saint Jean XXIII, et avec la grâce de Dieu rendons-les effectives :
« Nous sommes heureux que l’Espagne qui a porté la foi à tant de nations veuille aujourd’hui continuer le travail pour que l’Évangile éclaire les chemins qui marquent la route actuelle de la vie, et pour que la lignée hispanique, qui s’enorgueillit à juste titre d’être un berceau de la civilisation chrétienne et un phare de l’expansion missionnaire, continue et dépasse même de telles gloires, en étant fidèle aux exigences de l’heure présente dans la diffusion et la réalisation d’un message social du christianisme sans les principes et la doctrine duquel se fissure facilement l’édifice de la coexistence entre les hommes.

« Que Nos fils très aimés d’Espagne aient toujours levée leur regard vers les objectifs élevés, avec le grand esprit qui les caractérise, sûrs de ce que l’obéissance à la Loi de Dieu attirera la protection de la Providence, qui dans le tissu de tout labeur historique guide les individus et les peuples, dociles à la voix du Roi des cieux et de la terre, in viam prosperitatis et pacis (sur le chemin de la prospérité et de la paix). » (Saint Jean XXIII, Message au cardinal Gaetano Cicognani, 5-6-1960). [NDLR Merci au site benoit-et-moi pour la traduction.]
Seule la naissance de Jésus que nous célébrons donne à chaque personne sa dignité inaliénable et la renforce par son alliance d’amour pour qu’aucun ne soit perdu, spécialement parmi les plus petits, les pauvres et ceux qui souffrent. À l'inverse, toutes les idéologies mettent les personnes au service de l'homme de ses ambitions, toujours liées au pouvoir et à l'argent, elles le font selon les cas, au nom du peuple, du prolétariat, de la soi-disant société du bien-être, ou de ce qu'on appelle l'intérêt général. Elles ont oublié misérablement que la fin de la société est le bien commun, qui passe nécessairement par l’attention et le soin à l'égard de chaque personne, et pour le développement et l'éducation de chaque personne pour la rendre capables de son véritable destin, de notre véritable destin : Dieu révélé comme Amour.
Un grand combat
En tout cas il faut insister sur le fait que ceux qui rendent un culte à Moloch et à Mammon – la culture de la mort et l’idolâtrie de l'argent – vont toujours main dans la main avec le Maître de ce monde et le servent.
C'est pour cela que notre combat, comme nous le rappelle l'apôtre Paul, « n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les principautés et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres » (Eph. 6, 12). C'est pour cela qu'il est nécessaire, comme nous y exhortait le même apôtre, de nous revêtir des armes de Dieu : « Tenez donc ferme, ayant vos reins ceints de la vérité, revêtus de la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de zèle pour l’Evangile de la paix, prenant par-dessus tout le bouclier de la foi, au moyen duquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin » (Eph, 6, 14-16). Nous catholiques, en ce moment nous sommes devant une véritable croisée des chemins, et il est nécessaire de nous demander qui nous sommes disposés à servir : ou bien les dieux et leur messagers de cette nouvelle religion laïque, ou le Dieu véritable. Comme aux temps de Josué notre réponse ne peut-être autre que celle-ci : « Moi-même et ma maison, nous servirons le Seigneur » (Jos. 24,15).
+ Juan Antonio Reig Pla
Evêque d'Alcala de Henares 


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08 décembre, 2014

Evêques favorables au « mariage » gay : l’archevêque de Xalapa est dans le vent

Mgr Reyes Larios,
évêque tolérant et pluriel
Mgr Hipolito Reyes Larios, archevêque de Xalapa au Mexique, s’est dit plein de respect devant le premier « mariage » gay de sa province de Veracruz, parce que la société actuelle est « très plurielle » et qu’il appartient à chacun de suivre sa manière de pensée et ses préférences.
Il était interviewé à l’issue de la messe de clôture de l’Année jubilaire.
Le prélat a affirmé qu’il appartient seulement aux catholiques d’êtres en accord et cohérents avec leur foi. « Celui qui a une autre idéologie du genre, qui vient de l’ONU, ce n’est pas que nous pensions ou que nous croyions cela, mais nous le respectons parce que nous sommes dans un monde pluriel et nous devons être très tolérants les uns à l’égard des autres », a-t-il affirmé. Relativisme : certainement. Dictature du relativisme ? Cela y ressemble.
Une telle union peut-elle bénéficier d’une bénédiction, lui a demandé un journaliste. Dieu est infiniment bon et miséricordieux, il fait lever le soleil pour chacun et il fait tomber la pluie sur les champs des bons et des mauvais, de ceux qui croient et qui ne croient pas, et il est plus que les humains, a répondu Mgr Reyes Larios.
« C’est pourquoi nous ne devons pas mettre un tel frein à cette affaire, respectons, si telle est leur conviction respectons-les et que Dieu les aide », a-t-il assuré.
Avec de tels évêques, on comprend que d’aucuns ait cru pouvoir détourner le synode de la famille pour faire progresser les droits LGBT…

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04 décembre, 2014

Maine : un élève transgenre fait condamner son école à 75000 $, et le droit pour ses semblables d’aller aux toilettes chez les filles

Voilà une procédure qui touche à sa fin. Nicole Maines, 17 ans, vient d’obtenir la condamnation du Département scolaire d’Orono, dans le Maine, qui lui avait interdit d’accéder aux toilettes des filles à l’école primaire et au collège. Au terme de sept ans de conflit judiciaire, la Penonscot County Superior Court vient d’enjoindre aux autorités scolaires de ne plus se livrer à de telles pratiques « discriminatoires » à l’égard d’élèves transgenres, comme l’est Nicole Maines.
La même décision condamne le Département scolaire d’Orono à verser 75.000 $ à l’association de défense LGBT Gay & Lesbian Advocates & Defenders (GLAD) qui représentait l’élève et ses parents. Une bonne part de cette somme sera versée à cette famille, a assuré une représentante de GLAD.
L’affaire avait démarré il y a sept ans lorsque la famille de Nicole avait porté l’affaire devant la Commission des droits humains de l’Etat du Maine. C’était la première plainte dans le cadre d’un refus d’accès aux toilettes correspondant au « genre » auquel s’identifiait un élève « transgenre ». Nicole avait donc 11 ans à l’époque… La Commission des droits humains devait s’associer à la famille pour engager des poursuites judiciaires en 2009.
 Né garçon – et baptisé Wyatt, avec un frère jumeau, Jonas Maines – mais se sentant fille depuis l’âge de 2 ans, « Nicole » s’était vu refuser l’accès aux toilettes des filles à l’école élémentaire Asa Adams d’Orono après que le grand-père d’un autre élève, un garçon, eut protesté contre l’autorisation donnée dans un premier temps. On lui avait accordé la permission d’utiliser les toilettes des professeurs.
La famille de Wyatt-Nicole a estimé que cette solution était « discriminatoire ».
Désormais l’adolescent, qui souffre selon un diagnostic médical de « dysphorie de genre » (un « trouble de l’identité de genre » qui fait que le patient s’identifie avec le sexe opposé au sien) rêve de subir une opération pour changer de sexe biologique.
Nicole a été nommée en octobre parmi les 50 « héroïnes ordinaires » de l’année, les « femmes qui inspirent » récompensées tous les ans par Glamour Magazine.

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24 novembre, 2014

La conférence interdite sur l'avortement à Oxford : texte intégral

Riposte catholique signalait il y a quelques jours qu'un débat sur l'avortement a été annulé à l'université d'Oxford parce que… l'avortement ne saurait être sujet à débat et que les deux journalistes protagonistes, l'un athée, l'autre catholique, étaient des hommes. Qui n'ont dont par définition pas droit à la parole, qu'ils soient pour ou contre. Le journal britannique Catholic Herald vient de publier le texte que Tim Stanley, le catholique, aurait présenté. Sans être opposé à l'avortement dans tous les cas, celui-ci répond positivement à la question posée dans le cadre du débat : « Cette chambre considère que la culture de l’avortement en Grande-Bretagne nous est tous dommageable. »

L'événement était organisé par les Oxford Students for Life (les étudiants pro-vie d'Oxford) qui n'ont pas réussi à trouver un lieu de débat après que des pressions et des intimidations des « pro-choix » de « Women's Campaign »eurent conduit les autorités universitaires en interdire la tenue au Blue Boar Lecture Theatre de Christ Church. Neil Addison, directeur du Thomas More Legal Centre, a fait observer que l'annulation du débat contrevient à la loi sur l'éducation qui garantit la liberté d'expression dans les universités.

Tim Stanley, censuré.
Voici ma traduction intégrale de la conférence interdite de Tim Stanley. – J.S.

Je ne suis pas là ce soir pour débattre de la question de savoir si l’avortement doit être, ou non, légalisé ; si donc quelqu’un veut me demander ce qu’il faut faire par rapport à l’avortement en cas d’inceste de viol, merci de ne pas perdre votre temps. La plupart des gens admettent que l’avortement puisse être dans certaines circonstances une nécessité tragique, et qu’il n’est pas près de disparaître. Non : je suis ici pour débattre d’un point précis : oui ou non la culture de l’avortement fait-elle du mal à la Grande-Bretagne. 
Je définis la culture de l’avortement comme une culture où l’avortement est si fréquent qu’il commence à apparaître comme une forme habituelle de contraception, comme le suggèrent les statistiques ; où l’opinion est largement partagée selon laquelle il s’agit d’un droit, qu’il n’est associé à aucun risque, et que de fait il représente une sorte libération pour les femmes qui y ont accès. Dans une culture de l’avortement, le débat même sur l’avortement serait controversé, voire impossible. Les tentatives pour empêcher cette discussion raisonnable suggèrent qu’une telle culture existe bien. 
Mais je pense que la culture de l’avortement aggrave en réalité certaines injustices au sein de notre société. Quiconque a véritablement le souci de la liberté et des droits des femmes – c’est-à-dire chacun de nous – doit être prêt a revoir les données sur les conséquences de l’avortement à la demandet. Et comment le silence à propos de ces effets fait du tort à certains groupes minoritaires. 
D’abord, les chiffres. Les statistiques de l’avortement en 2013 rendent compte d’une réalité inquiétante. Il y en a eu, cette année-là, 185.331. Seul un pourcent été lié à un risque de voir naître un enfant handicapé. 99,84 % d’entre eux ont été pratiqué en conformité avec la loi sur l’avortement de 1967 qui les justifie en cas de risque pour la santé mentale de la femme, une condition qu’il est notamment notoirement facile de contourner. Vincent Argent, naguère directeur médical du British Pregnancy Advisory Service, à publiquement reconnu cette année que les médecins signent fréquemment des formulaires d’avortement à l’avance, sans rencontrer la femme. Il vaut la peine d’être notée, soit dit en passant, que 64 % des avortements ont lieu dans le secteur privé, financé par le service national de la santé (NHS). Il y a de l’argent à gagner. 
Regardez ces chiffres de plus près, et vous trouverez des choses intéressantes en ce qui concerne la classe et la race, qui suggèrent que l’avortement est plus fréquent parmi certains groupes. Cela est connu en ce qui concerne la société américaine : les premières cliniques d’avortement légales étaient majoritairement situées dans des zones à dominante noire, et en 2012 les données ont montré que dans la ville de New York les femmes noires ont subi davantage d’avortements qu’elles n’ont donné naissance. Au Mississippi, les Afro-Américains représentent quelque 37 % de la population, mais 75 % des avortements. Ces chiffres ne sont pas aussi dramatiques au Royaume-Uni parce que notre population est plus homogène sur le plan démographique. Mais réfléchissez à ceci : les « Noirs ou les Britanniques noirs » ne composent que 3,3 % de la population, mais 9 % des avortements sont pratiqués sur cette population. 
Environ 37 % de toutes les femmes qui ont avorté en 2013 avaient déjà subi au moins un avortement auparavant ; un chiffre en augmentation par rapport au 32 % de 2003, et à peu près une femme sur 7 ayant subi un avortement se trouvait effectivement au sein d’une relation. Ces données suggèrent que l’avortement pourrait bien être utilisé par certaines personnes comme une forme de contraception. Cela est extraordinaire, étant donné que notre société est saturée de message sur le safe sex et que l’industrie de l’avortement assure que la procédure est sûre, légale, et rare. 
Pourquoi donc a-t-on recours à l’avortement de cette manière ? L’une des explications pourrait se trouver dans une étude Joseph Rowntree de 2004, notant que les jeunes filles avec peu de perspectives scolaires choisissaient de garder leur bébé, tandis que celles qui avaient l’intention d’aller à l’université et de trouver du travail avaient plus de chances de recourir à l’avortement. En d’autres termes, certains groupes de femmes ont des relations fréquentes et non protégées et tombent enceintes malgré des décennies d’éducation, et ce qu’elles font ensuite relève d’un choix qui n’est pas nécessairement dicté par la volonté personnelle mais par l’économie. 
Vous pourriez dire : « C’est une bonne chose, puisque cela signifie que les femmes exercent le contrôle sur leur propre corps et qu’elles contrôlent également leur avenir économique. » Mais posez la question à l’envers. Cela veut dire aussi que certains groupes négligent toute l’information dispensée à propos de la contraception et des relations, tombant enceintes et revenant à la clinique encore et encore comme si cela n’était pas du tout différent de la pilule. Et cela signifie, deuxièmement, que les décisions sur le fait d’élever un enfant sont moins déterminées par un choix personnel authentique que par la pression culturelle. Cela suggère que les femmes ne se voient pas offrir une alternative sérieuse à l’avortement, il ne reçois aucun soutien de famille ou de la gouvernance, mais que les messages culturels qui les touchent ne parle que de la terreur et de la pression liées à l’éducation des enfants. Vous pourriez trouver quelques éléments de ce message dans la politique conservatrice d’arrêt de versemetn des allocations familiales, ce qui à mon avis va plutôt contre leur image favorable à la famille. 
Puisque nous parlons de la pression de la culture, parlons aussi de la « disponibilité ». L’avortement à la demande alimente l’idée selon laquelle nous avons tous droit à une entière autonomie et à être libérés de toute responsabilité à l’égard d’autrui. C’est une bonne nouvelle pour les forts, elle est mauvaise pour les vulnérables. 
Pensez maintenant à cette étrange hypocrisie. Nous vivons dans une société où les droits des personnes handicapées nous importent beaucoup – ainsi que le montre l’opposition aux réformes gouvernementales à propos des subventions en leur faveur – et nous nous disons toujours qu’ils ont droit à l’entière citoyenneté. Mais nous disons également aux femmes enceintes que si leurs enfants sont handicapés, elles ont alors un droit absolu à avorter. Les résultats sont assez inquiétants. Neuf bébés sur 10 porteurs d’un diagnostic de spina bifida sont avortés. La proportion est à peu près la même pour les enfants trisomiques. De fait une étude de 2009 a montré que chaque jour trois bébés sont avortés pour trisomie. 
Je le répète : je ne dis pas que les femmes ne doivent pas être libres prendre cette décision. Tout ce que je dis, c’est que dans une culture de l’avortement, il y a une pression favorable pour l’avortement, qui apparaît comme une option d’une facilité mythique. Peter Elliott, président de la Fondation sur la recherche sur la trisomie 21, qui a un fils de 24 ans, David, atteint de trisomie 21, a dit de cette étude de 2009 : « Pourquoi les avortements sont-ils si nombreux si ce n’est parce qu’on a donné l’impression que la situation était effrayante et qu’elle justifiait l’avortement ? Je ne crois pas que ce choix est présenté aux parents de manière véridique : ces enfants ont une vie bonne et sont en réalité considérés comme une bénédiction pour les parents et non comme une malédiction. Je ne pense pas que ces parents qui ont recours à l’avortement en sachent vraiment beaucoup sur la trisomie. » 
Il est en outre parfaitement raisonnable qu’une culture qui considère la vie comme jetable a un bout du cycle de la vie puisse la considérer comme tout aussi jetable à d’autres moments de cycle. Ce point de vue a été exprimée avec brio dans un article du Journal of Medical Ethics par Alberto Giubilini et Francesca Minerva, qui soutenaient que les nouveau-nés ne sont pas de vraies personnes et n’ont pas un droit moral à la vie : après tout ils ne sont pas, tout comme l’embryon dans le sein maternel, entièrement autonomes par rapport à leurs parents. Ils ont soutenu que les enfants et les parents doivent être en mesure de faire tuer leur bébé s’il s’avère qu’il est handicapé à la naissance. 
Il est parfaitement naturel d’étendre cette logique qui à l’euthanasie, qui a été légalisée dans le Benelux et qui est aujourd’hui en discussion sérieuse au Royaume-Uni. Le Dr Joseph Fletcher, l’un des parrains de la bioéthique moderne et partisan connu à la fois du droit à l’avortement et à l’euthanasie se rappelait jadis avec émotion le temps où lui et l’égérie du planning familial Margaret Sanger rejoignaient l’Euthanasia Society of America, en vue de « relier les deux causes pour ainsi dire : le droit d’être sélectif à propos de la parentalité et le droit d’être sélectif par rapport à la vie ». Fletcher précisait : « Nous avons ajouté le contrôle de la mort au contrôle des naissances comme une partie de l’éthique du style de vie de notre société. » Il avançait que la vie n’a véritablement pas de valeur à moins d’être d’une certaine qualité, un argument qui a été renforcée par Richard Dawkins lorsque celui-ci a dit, à propos d’un enfant trisomique : « Avortez-le et recommencez – il serait immoral de le faire naître dans ce monde. » 
Le Dr Fletcher, soit dit en passant, en aurait été d’accord. Il a dit jadis qu’il « n’y a aucune raison de se sentir coupable d’éliminer un enfant trisomique, que ce soit en l’éliminant au sens de le cacher dans un sanatorium, ou d’une manière létale plus responsable. C’est triste, oui. Terrible. Mais cela ne comporte aucune culpabilité. La véritable culpabilité il n’existe qu’en relation à une offense à l’égard d’une personne, et un trisomique n’est pas une personne. » C’est une attitude horrifiante, pourriez-vous penser, mais elle n’est pas tellement étrange si vous tenez compte de la grande violence que représente l’avortement par rapport à notre conception même de la personnalité. 
La plus grande ironie de ce phénomène est bien que l’avortement devait donner une plus grande autonomie aux femmes, mais nous avons aujourd’hui des éléments montrant qu’il était utilisé Angleterre pour mettre fin à des grossesses pour la seule raison que le fœtus était femelle. En d’autres termes, l’avortement été utilisée de manière à valider l’idée médiévale selon laquelle les filles valent moins que les garçons. Heureusement, cet abus devrait être officiellement et explicitement mis hors-la-loi pour la première fois. 
Tous ces problèmes sont d’autant plus troublants que nous n’en discutons plus. Cela reflète la façon dont les sociétés capitalistes modernes traitent les questions relatives à la pauvreté, à la souffrance, aux abus, etc. Elles les mettent hors du champ de vision en utilisant un jargon médical ou une phraséologie politique destinée à occulter toute une série de problèmes qui nécessiteraient qu’on en discute de manière beaucoup plus claire.Je n’ai pas toujours été pro-vie. Je le suis devenu lorsque mes recherches historiques sur le mouvement conservateur américain m’ont contraint, à mon corps défendant, à lire des textes pro-vie. 
J’ai été horrifié de découvrir à quel point l’avortement est sordide. A quel point il peut être douloureux. Il y a des preuves montrant ses effets psychologiques à long terme. Par exemple, les recherches menées par le Pr Priscilla Coleman publiées dans le British Journal of Psychology affirment que « l’avortement est associé avec des risque modérés à élevé de problème psychologique faisant suite à la procédure. Les femmes qui ont subi un avortement ont un risque augmenté de 81 % d’avoir des problèmes de santé mentale, tandis que 10 % de l’incidence des problèmes de santé mentale ont un lien direct avec l’avortement ». 
Pourquoi ne le savais-je pas ? Parce que, tandis que l’avortement provoque des traumatismes dans notre société, nous réglons le problème en l’ignorant. Cela est tout à fait dans la logique qui fait que nous ignorons les taux de suicide épouvantablement élevés en prison ; que nous ignorons le niveau de soins déplorable dans les maisons pour personnes âgées ; que nous ignorons les abus et les viols d’enfant dans les services spécialisés pour l’enfance. Et voici ce qu’il y a de doublement pervers dans la culture de l’avortement : nous avons ont effectivement les vannes à quelque chose, et puis nous avons refusé de parler de sa réalité. L’avortement est au centre même de l’état thérapeutique : l’état qui anesthésie la douleur avec des solutions simplistes plutôt que de s’intéresser à leurs causes complexes. 
Et tout ce que je vous demande aujourd’hui, c’est que nous en parlions sérieusement. Merci de m’avoir écouté.

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07 novembre, 2014

Pologne : des militants pro-vie sommés de rétracter l’affirmation selon laquelle l’avortement tue

Jacek Kotula : troisième à partir de la droite
Deux militants pro-vie polonais, Jacek Kotula et Przemysław Sycz, ont été sommés par la justice de présenter leurs « excuses » pour avoir manifesté devant l’hôpital « Pro-Familia » de Rzeszów, non loin de la frontière sud de la Pologne. Ils étaient poursuivis pour avoir organisé plusieurs manifestations pacifiques devant cet établissement qui, comme son nom ne l’indique pas, pratique des avortements, et ils ont passé les bornes, selon le juge Magdalena Kocój, en affirmant que l’hôpital « tue » des bébés.
Les deux militants, âgés respectivement de 48 et 35, font partie de la Fondation « Droit à la vie » qui manifeste en exposant des images de fœtus avortés, rapporte LifeSite.
L’hôpital Pro-Familia a réagi en saisissant un tribunal civil et un tribunal pénal pour les faire répondre de « diffamation », un délit qui encourt un an de prison en Pologne. Au cours de l’audience civile, Kotula et Sycz ont été accusés de diffuser de fausses informations en disant que l’avortement tue. Selon la partie civile, « mettre fin à une grossesse » n’est pas mettre à mort un enfant à naître : le dire, c’est une « publicité négative » qui a nui aux affaires de l’hôpital.
Le juge civil a suivi cette argumentation et condamné les deux militants pro-vie aux dépens ; Mme Kocój a en outre prescrit à Kotula de présenter des excuses en des termes qu’elle a fixés. « En organisant des piquets et des manifestations en défense des enfants à naître, je diffusais de fausses informations sur le travail de l’hôpital Pro-Familia de Rzeszow. En particulier, j’ai diffusé des informations selon lesquelles les bébés étaient tués dans cet hôpital. »
L’autocritique, ce n’est donc pas fini ?
Les motivations du jugement n’ont pas été divulguées, Magdalena Kocój ayant décidé qu’elles resteraient confidentielles ; elle a également exigé que les images prises au tribunal par la presse ne soient pas divulguées.
En attendant, cela ne fait qu’ajouter au conflit qui fait rage autour de l’hôpital. C’est en janvier dernier que le sénateur Kazimierz Jaworski a tenu une conférence de presse au cours de laquelle une sage-femme de l’hôpital, Agata Rejman, a témoigné en larmes sur les avortements qui s’y pratiquent. Elle devait très vite recevoir des menaces de poursuites de la part de l’hôpital si elle refusait de se rétracter, et notamment de retirer ses propos sur le fait qu’on y « tuait des enfants ».
« Pourquoi ne pouvons-nous pas dire que l’avortement tue ? », a demandé le sénateur Jaworski sur son site internet. « Cela est choquant en soi. Mais pire encore, nous n’avons même pas le droit de savoir pourquoi. C’est pour moi impossible à comprendre. »
Et d’autant plus étrange que la loi polonaise affirme que l’enfant est une personne dès le moment de la conception. Les manuels universitaires de médecine utilisent de manière interchangeable les termes de « fœtus » et d’« enfant ». Prendre la vie d’un fœtus, c’est donc tuer un enfant…
Kotula et Scyz ont décidé de faire appel, et entendent continuer même s’ils font l’objet d’une injonction qui leur interdit d’utiliser les mots « tuer des enfants », que ce soit auprès de l’hôpital ou dans la presse, pendant un an, s’appuyant notamment sur le droit à la liberté d’expression. « La censure est de retour », a affirmé Jacek Kotula : la Pologne est-elle encore libre ?

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06 novembre, 2014

Suisse : les foyers pour personnes âgées vont devoir accueillir “Exit”


Le Grand Conseil du canton de Neuchâtel a décidé, par 80 voix contre 16, une modification de la loi obligeant les institutions d’utilité publique à accepter l’aide au suicide dans leurs murs. Sont directement visés les « homes » ou foyers pour personnes âgées du canton qui vont donc devoir accueillir l’association Exit qui se charge d’aider ses membres à mourir.
La liberté de choix des patients ou des résidents prime sur tout le reste, a décidé le Parlement cantonal : y compris sur le règlement intérieur des EMS (établissements médico-sociaux) et des homes. Pas question de prévoir une possibilité d’objection de conscience ou de dérogation dans les maisons recevant des fonds publics ; seules les foyers privés pourront refuser l’assistance au suicide.
Deux organismes avaient appelé à la reconnaissance de leur droit de refuser la mise à mort délibérée de leurs patients ou résidents : l’Association neuchâteloise des établissements pour personnes âgées (ANEMPA) et l’Armée du Salut, qui ont mis en avant des questions de religion ou de philosophie.
En cas de demande de mort de la part d’un résident, pourvu qu’il soit capable de discernement, les homes et EMS devront mettre à sa disposition une chambre, mais le personnel ne devra ni intervenir directement ni assister au décès programmé, pris en charge entièrement par Exit, dès lors que le résident n’a plus de domicile ou que son retour dans son logement ne peut être raisonnablement exigé.
Il n’en reste pas moins que cette nouvelle loi oblige les personnes qui travaillent auprès des personnes âgées à se rendre complices de l’assistance à leur suicide, quelles que soient leurs convictions et leur répugnance à voir délibérément donner la mort.
En cas de refus, la loi prévoit que le patient puisse déposer plainte auprès de l’autorité de surveillance de ces institutions.

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03 novembre, 2014

Pays-Bas : l'objection de conscience face au “mariage gay”, c'est fini

Objection contre le fonctionnaire-objecteur !
Depuis le 1er novembre les municipalités néerlandaises n’ont plus le droit d’embaucher des « fonctionnaires-objecteurs » : ceux qui pour des motifs de conscience refusent de « marier » des couples d’homosexuels ou de lesbiennes. C’est le fruit d’une campagne menée par la fédération LGBT néerlandaise COC depuis 13 ans que le « mariage » des couples de même sexe est légal aux Pays-Bas.
La proposition de loi mettant fin au recrutement de fonctionnaires-objecteurs a été adoptée en juin par la Chambre haute après avoir été votée par la Deuxième Chambre l’an dernier.
Qu’adviendra-t-il des 87 objecteurs toujours « à l’œuvre » dans 48 communes néerlandaises, comme le dit le site LGBT holebi.info ? La loi offre aux municipalités la faculté – mais sans en faire une obligation – de licencier les fonctionnaires-objecteurs ou de leur proposer un autre emploi.

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Royaume-Uni : un bénévole de la Croix-Rouge renvoyé pour opposition au “mariage” gay

Bryan Barkley, 71 ans, a donné de son temps depuis vingt ans comme bénévole de la Croix Rouge britannique mais tout cela, c’est du passé. Il a été remercié avoir protesté, seul, contre le « mariage » de même sexe : par lettre, la direction de la Croix Rouge lui a fait savoir que son point de vue « n’est pas compatible avec les valeurs » de cette organisation charitable.
Chrétien convaincu, Barkley avait « veillé » devant la cathédrale de sa ville de Wakefield, dans le Yorkshire, muni d’une pancarte avec l’inscription « No same sex marriage ». C’est tout…
A la Croix Rouge, il avait fait ses preuves. Venant de bénéficier d’une retraite anticipée d’ingénieur civil, il l’avait rejointe il y a vingt ans au service de la recherche internationale pour la réunification de familles séparées d’Europe orientale, du Proche Orient et de l’Afrique. Il l’a même représentée, récemment, lors d’une garden party au palais de Buckingham.
 Marié depuis 42 ans, Bryan Barkley affirme ne rien avoir contre les homosexuels. « Mais je ne crois pas que le Parlement représentait l’opinion du peuple lorsqu’il a changé la définition du mariage », affirme-t-il. « Qu’ai-je fait de mal ? Je crois passionnément que l’institution du mariage est entre un homme et une femme, et qu’elle est la pierre angulaire de notre société. Pourquoi est-ce mal de dire cela en public ? On est en train de bâillonner la liberté d’expression dans ce pays. »
Il a décidé de faire appel de son renvoi, qu’il qualifie d’« injuste et sans motif ».
Ce renvoi fait suite à une première convocation au mois de mai, date à laquelle il a fait l’objet d’une audience disciplinaire au cours de laquelle le responsable local de la Croix Rouge, Andy Peers, avait précisé que l’organisation « Croix Rouge-Croissant Rouge » n’a aucun avis à propos du « mariage » homosexuel car elle est « impartiale et neutre ». La révocation de Barkley n’en a pas moins été prononcée le 8 août dernier.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...