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07 juin, 2020

Une lettre de Mgr Carlo Maria Viganò à Donald Trump

Alors que les Etats-Unis font face aux assauts insurrectionnels d'une confrontation raciale menée par une minorité au nom d'un tragique fait divers exploité jusqu'à plus soif, Mgr Carlo Maria Viganò a adressé une lettre de soutien à Donald Trump pour évoquer les ressorts révolutionnaires et franc-maçons de cette entreprise. Elle a été publiée samedi après-midi par LifeSiteNews dans sa langue originale.

Je vous en propose ci-dessous ma traduction aimablement relue, révisée et autorisée par Mgr Viganò. – J.S.

*


Monsieur le Président,

            Ces derniers mois, nous avons assisté à la formation de deux camps opposés que je qualifierais de bibliques : les enfants de la lumière et les enfants des ténèbres. Les enfants de la lumière constituent la partie la plus importante de l’humanité, tandis que les enfants des ténèbres représentent une minorité absolue. Et pourtant, les premiers font l’objet d’une sorte de discrimination qui les place dans une situation d’infériorité morale par rapport à leurs adversaires, tandis que ces derniers occupent souvent des positions stratégiques au sein des gouvernements, au niveau politique, économique et dans les médias. D’une manière apparemment inexplicable, les bons sont pris en otage par les méchants comme par ceux qui les aident soit par intérêt, soit par crainte.

            Ces deux camps, qui ont un caractère biblique, sont établis selon la séparation nette entre la postérité de la Femme et celle du Serpent. D’un côté, il y a ceux qui, bien qu’ils aient mille défauts et faiblesses, sont motivés par le désir de faire le bien, d’être honnêtes, d’élever une famille, de travailler, de donner la prospérité à leur patrie, d’aider les nécessiteux et, dans l’obéissance à la Loi de Dieu, de mériter le Royaume des Cieux. D’autre part, il y a ceux qui se servent eux-mêmes, qui n’ont aucun principe moral, qui veulent démolir la famille et la nation, exploiter les travailleurs pour s’enrichir à outrance, fomenter des divisions internes et des guerres, et accumuler du pouvoir et de l’argent : pour eux, l’illusion fallacieuse du bien-être temporel cédera un jour – s’ils ne se repentent pas – au terrible destin qui les attend, loin de Dieu : la damnation éternelle.

         Monsieur le Président, dans la société, ces deux réalités opposées coexistent comme des ennemis éternels, tout comme Dieu et Satan sont des ennemis éternels. Et il semble que les enfants des ténèbres – que l’on peut facilement identifier au deep state auquel vous vous opposez avec sagesse et qui vous mène une guerre acharnée en ce moment – ont décidé d’abattre leurs cartes, pour ainsi dire, en dévoilant maintenant leurs plans. Ils semblent tellement certains d’avoir déjà tout sous contrôle, qu’ils ont laissé de côté cette discrétion qui, jusqu’à présent, avait au moins partiellement dissimulé leurs véritables intentions. Les enquêtes déjà en cours révéleront la véritable responsabilité de ceux qui ont géré l’urgence du Covid non seulement dans le domaine des soins de santé mais aussi dans la politique, l’économie et les médias. Nous découvrirons probablement qu’au sein de cette colossale opération d’ingénierie sociale se trouvent des personnes qui ont décidé du sort de l’humanité, s’arrogeant le droit d’agir contre la volonté des citoyens et celle de leurs représentants dans les gouvernements des nations.

            Nous découvrirons également que les émeutes de ces jours-ci ont été provoquées par ceux qui, voyant que le virus décline inexorablement et que la peur sociale suscitée par la pandémie s’estompe, ont été contraints de provoquer des troubles civils, parce que ceux-ci entraîneraient une répression qui, bien que légitime, pourrait être condamnée en tant qu’agression injustifiée contre la population. La même chose se produit également en Europe, en parfaite synchronie. Il est tout à fait clair que l’utilisation des manifestations de rue est un instrument au service des objectifs de ceux qui voudraient voir les prochaines élections présidentielles remportées par une personne qui incarne les objectifs du deep state et qui les exprime fidèlement et avec conviction. Il n’y aura pas à s’étonner si, dans quelques mois, nous apprenons une fois de plus que derrière ces actes de vandalisme et de violence se cachent ceux qui espèrent profiter de la dissolution de l’ordre social pour construire un monde sans liberté : Solve et Coagula, comme l’enseigne l’adage maçonnique.

            Bien que cela puisse paraître déconcertant, les positions opposées que j’ai décrites se retrouvent également dans les milieux religieux. Il y a des pasteurs fidèles qui prennent soin du troupeau du Christ, mais il y a aussi des mercenaires infidèles qui cherchent à disperser le troupeau et à livrer les brebis pour qu’elles soient dévorées par des loups voraces. Il n’est pas étonnant que ces mercenaires soient les alliés des enfants des ténèbres et haïssent les enfants de la lumière : tout comme il existe un deep state, il existe aussi une deep church qui trahit ses devoirs et renonce à ses engagements propres vis-à-vis de Dieu. De la même manière, l’Ennemi invisible, contre lequel les bons dirigeants se battent dans les affaires publiques, est également combattu par les bons pasteurs dans la sphère ecclésiastique. C’est un combat spirituel, dont j’ai parlé dans mon récent Appel publié le 8 mai dernier.

            Pour la première fois, les États-Unis ont en vous un président qui défend courageusement le droit à la vie, qui n’a pas honte de dénoncer la persécution des chrétiens dans le monde entier, qui parle de Jésus-Christ et du droit des citoyens à la liberté de culte. Votre participation à la Marche pour la vie, et plus récemment votre proclamation du mois d’avril comme Mois national de la prévention des abus envers les enfants, sont des actions qui confirment de quel côté vous souhaitez vous battre. Et j’ose croire que nous sommes tous deux du même côté dans cette bataille, même si nous utilisons des armes différentes.


            Pour cette raison, je crois que l’attaque dont vous avez été victime à la suite de votre visite au sanctuaire national de saint Jean-Paul II fait partie de ce scénario, orchestré par les médias, qui cherche non pas à lutter contre le racisme et à apporter l’ordre social, mais à exaspérer les esprits ; non pas à apporter la justice, mais à légitimer la violence et le crime ; non pas à servir la vérité, mais à favoriser une faction politique bien précise. Et il est déconcertant de voir des évêques – comme ceux que j’ai récemment dénoncés – prouver, par leurs paroles, qu’ils se rangent du côté opposé. Ils sont soumis au deep state, au mondialisme, à la pensée unique, au Nouvel Ordre Mondial qu’ils invoquent de plus en plus souvent au nom d’une fraternité universelle qui n’a rien de chrétien, mais qui évoque les idéaux maçonniques de ceux qui veulent dominer le monde en chassant Dieu des tribunaux, des écoles, des familles et peut-être même des églises.

            Le peuple américain est mûr, et il a désormais compris à quel point les médias mainstream ne veulent pas diffuser la vérité, mais cherchent à la réduire au silence et à la déformer, en répandant le mensonge qui sert les fins de leurs maîtres. Cependant, il est important que les bons – qui sont la majorité – se réveillent de leur torpeur et n’acceptent pas d’être trompés par une minorité de personnes malhonnêtes aux buts inavouables. Il est nécessaire que les bons, les enfants de la lumière, se réunissent et fassent entendre leur voix. Quel moyen plus efficace existe-t-il pour ce faire, Monsieur le Président, que la prière, en demandant au Seigneur de protéger votre personne, les États-Unis, et toute l’humanité, de cette énorme attaque de l’Ennemi ? Devant la puissance de la prière, les tromperies des enfants des ténèbres s’effondreront, leurs complots seront mis au jour, leur trahison sera révélée, leur effrayant pouvoir ne débouchera sur rien, ayant été porté à la lumière et démasqué pour ce qu’il est : une tromperie infernale.

            Monsieur le Président, ma prière est constamment tournée vers cette nation américaine bien-aimée, où j’ai eu le privilège et l’honneur d’être envoyé par le Pape Benoît XVI en tant que Nonce apostolique. En cette heure dramatique et décisive pour l’humanité entière, je prie pour vous et aussi pour tous ceux qui sont à vos côtés au sein du gouvernement des États-Unis. Avec confiance, je souhaite que le peuple américain s’unisse à vous comme à moi dans la prière au Dieu tout-puissant.

            Unis contre l’Ennemi invisible de toute l’humanité, je vous bénis ainsi que la Première Dame, la nation américaine bien-aimée, et tous les hommes et les femmes de bonne volonté.

+ Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire d’Ulpiana
Ancien Nonce Apostolique aux Etats-Unis d’Amérique



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18 février, 2020

P. Michael Weninger : les francs-maçons ne sont « certainement pas » excommuniés. Il a présenté son étude au pape et à la Curie

Ancien diplomate autrichien, devenu prêtre catholique deux ans après son veuvage en 2009, Michael Weninger vient de publier un ouvrage de près de 500 pages sur la franc-maçonnerie. Son objectif : « démontrer » que les francs-maçons ne sont « certainement pas » excommuniés par l'Eglise catholique, et que depuis Vatican II,  surtout, la défiance à leur égard n'est plus ce qu'elle était. Tout reposerait, selon l'auteur de Loge und Altar (« Loge et autel »), sur un malentendu : la condamnation du Grand Orient, pour des raisons politiques, qui aurait en quelque sorte déteint sur l'ensemble de la franc-maçonnerie, parfaitement compatible selon lui avec l'Eglise catholique.
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Michael Heinrich Weninger, nommé en 2012  à la Commission pontificale pour le dialogue interreligieux par Benoît XVI – une petit année après son ordination en la cathédrale de Vienne par le cardinal Schönborn – a présenté son livre dans la capitale autrichienne le 12 février dernier. Il était flanqué du Grand-Maître de la Loge d'Autriche.
Lors de cette réunion, Weninger a affirmé qu'il avait déjà présenté son livre au pape, aux plus hauts cardinaux de la Curie et au cardinal Schönborn. Comment ont-ils réagi, lui demanda-t-on. La réponse fusa : « Avec bienveillance, sans exception. »
Portant clergyman et col romain, l'ancien diplomate (et conseiller de José Barroso à la Commission européenne) s'est employé à faire une distinction entre ce qu'il appelle les maçons « réguliers » qui relèvent du patronage de la Grande Loge d’Angleterre, et les maçons européens anticléricaux et sectaires surtout actifs en France et en Italie.
Selon le site kathpress.at, l'agence de presse catholique autrichienne, Weninger a déclaré au cours de la présentation de son livre qu'au cours de ses voyages à travers le monde, il a rencontré un grand nombre de catholiques –  ils seraient selon lui quelque 2 millions à faire partie des loges liées à la Grande Loge d’Angleterre – qui lui parlaient de leurs « problèmes de conscience et troubles mentaux » liés au fait qu'ils étaient inquiets d'être excommuniés en raison de leur appartenance maçonnique.
«  Je leur répondais, la conscience tranquille, qu'ils ne l’étaient pas. »
Certes, le code de droit canonique de 1917 réservait expressément cette sanction – automatique –à tout membre d'une loge quelle qu'elle soit. Mais selon l'ancien diplomate, l'absence d'un paragraphe condamnant expressément l'appartenance à la franc-maçonnerie dans le nouveau code de droit canonique de 1983 devait les tranquilliser tout à fait.
Comment concilier cette déclaration avec un document tout à fait clair publié par la Congrégation pour la Doctrine de la foi à la veille de l'entrée en vigueur du code de 1983, le 27 novembre 1983 ? Le document de la CDF, dont le cardinal Josef Ratzinger était alors le préfet, affirme ceci, avec l’approbation expresse du pape Jean-Paul II (texte intégral) :

On a demandé si le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n’en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur.
Cette Congrégation est en mesure de répondre qu’une telle circonstance est due au critère adopté dans la rédaction, qui a été suivi aussi pour d’autres associations également passées sous silence parce qu’elles sont inclues dans des catégories plus larges.
Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.
Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Congrégation du 17 février 1981 (cf. AAS 73, 1981, p. 240-241: DC 1981, n° 1805, p. 349. Voir aussi la déclaration de l’épiscopat allemand du 12 mai 1980, DC 1981, n° 1807, p. 444-448).
*

Il faut préciser ici que le code de droit canonique de 1983, canon 1374 est ainsi rédigé : « Qui s'inscrit à une association qui conspire contre l'Église sera puni d'une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d'interdit. » Un peu moins radical que l'excommunication, l'interdit prive tout de même de la sépulture chrétienne et des sacrements…
Pour Michael Weninger, la déclaration de la CDF n’a pas la même force contraignante que le code de droit canonique – même s’il a été obligé de reconnaître, au cours de sa prestation du 12 février, qu’elle a un certain poids théologique.
Pour ce faire, deux axes. L’histoire de ces derniers siècles, et celle de ces dernières décennies marquées selon l’auteur par une forme de rupture vis-à-vis des condamnations et excommunications systématiques antérieures.
Le premier consiste donc pour Weninger à minimiser le rôle de la franc-maçonnerie dans sa lutte plusieurs fois centenaire contre l’Eglise et le dogme en tant que tel.
Selon une recension de Loge und Altar publiée par le « wiki » allemand des francs-maçons, la première motivation du « conflit » était simplement la « peur de la concurrence », la crainte – infondée selon Weninger – de voir les Frères créer une « nouvelle communauté religieuse ». La recension, signée Rudi Rabe, poursuit :
« Mais le contexte des condamnations souvent massives que plusieurs papes ont prononcées contre les loges, était en fin de compte davantage motivée par des raisons politiques que théologiques. Elle a déjà commencé au début du XVIIIe siècle avec la lutte pour le trône britannique, les loges maçonniques y étant impliquées, et elle s’est poursuivie avec la peur du triptyque “liberté-égalité-fraternité” lors de la Révolution française et à l'ère napoléonienne, et a atteint son apogée au XIXe siècle avec la lutte pour l'Etat-nation italien, devant lequel l'État-église pontifical a dû céder. Soit les francs-maçons ont été accusés sans le savoir ou à tort, soit ils y ont effectivement participé, comme ils l'ont fait notamment lors du Risorgimento : la naissance de l’État italien. Sur ce front, les deux camps se sont battus sans merci avec leurs propres armes : les francs-maçons de Garibaldi avec le fusil et les papes avec leurs foudres. »
Mais selon Weninger, assure Rudi Rabe, l’Eglise s’est trompée : « la franc-maçonnerie en tant que telle n’existe pas » :
« Alors que les francs-maçons italiens mais aussi français et les grandes loges ont souvent agi contre l’Eglise politiquement et militairement (Weninger : « pseudo-francs-maçons »), contre les principes de base de la franc-maçonnerie, cela ne s'applique pas du tout à la franc-maçonnerie d’orientation anglaise. Cependant, la plupart des loges dans le monde, y compris la plupart de celles de l'espace germanophone, sont toujours orientées dans ce sens. Cette franc-maçonnerie dite régulière – voir le sous-titre du livre – est politiquement très réservée. Elle maintient une tolérance élevée et encourage également ses membres à une certaine spiritualité, qui est absolument compatible avec le christianisme. Michael Weninger en parle encore et encore dans son livre. »
On aimerait connaître les contours que donne Weninger à cette « spiritualité » qui par définition, n’est pas catholique. De très nombreuses études de la franc-maçonnerie en tant que telle, avec sa devise « Solve et coagula » – « détruis et reconstruis » – ont démontré jusqu’à plus soif son caractère initiatique, ésotérique, et surtout de société secrète en tant que telle incompatible avec la religion catholique.
Il est d’ailleurs remarquable qu’en France, ce ne soit pas ce « Grand Orient » que Weninger comme étant seul problématique qui ait poussé le plus efficacement à la mise en place de la culture de mort – contraception et avortement – puisque le Dr Pierre Simon, qui raconte tout le rôle qu’il a eu et que la maçonnerie a décuplé dans leur légalisation dans De la vie avant toute chose, était à la Grande Loge de France, réputée d’une maçonnerie classique.
On peut aussi citer le parcours de Serge Abad-Gallardo, membre de la Loge du Droit humain – rattachée à un réseau international lié à la Grande Loge symbolique écossaise – qui a attesté dans plusieurs ouvrages du caractère luciférien de la fran-maçonnerie qui devient évidente quand on y monte en grade. Les livres de ce grand converti à la religion catholique sont tous à lire, en particulier celui-ci : Jeservais Lucifer sans le savoir. Il y explique par exemple comment la franc-maçonnerie en général et sa loge en particulier servaient l’avancée de la culture de mort, notamment pour imposer la légalisation de l’euthanasie.
Le deuxième axe de défense de cette franc-maçonnerie qui ne serait pas anti-catholique, en particulier parce qu’elle n’est pas laïciste – c’est aller bien vite ! – porte sur le changement d’attitude de l’Eglise catholique au cours du XXe siècle. Ici Weninger a des cordes à son arc, même s’il est obligé de minimiser pour cela le texte du cardinal Ratzinger expressément voulu par Jean-Paul II.
« Il y a eu à plusieurs reprises des approches pleines d’espoir pour une entente, mais selon le schéma de deux pas en avant et un pas en arrière », regrette l’ecclésiastique, pour reprendre les termes du chroniqueur de son livre. Le plus récent de ces « pas en arrière » étant bien sûr constitué par la Déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.
Ici, on peut se tourner une nouvelle fois vers Pierre Simon qui dans De la vie avant toute chose mettait lui aussi en avant des rapprochements entre des responsables catholiques français et des francs-maçons, précisément au moment où la bataille faisait rage en France pour faire légaliser contraception, puis avortement.
Weninger, de son côté, estime que les temps sont de nouveau au rapprochement : lentement, parce que l'Eglise est une institution vieille « de plus d'un millénaire et demi », note étrangement Rudi Rabe dans son compte rendu.
 Celui-ci détaille les grands chapitres du livre, expliquant notamment que le « mystère maçonnique » n’a selon Weninger « rien à voir avec le mystère religieux ». Ce serait plutôt « uniquement une expérience personnelle, par l’expérience très personnelle du travail rituel, par l'intériorisation de l’expérience maçonnique ». Ces rituels, entre folklore apparemment absurde et ésotérisme délibéré, ont été démontés par de nombreux auteurs, parmi lesquels Serge Abad-Gallardo se révèle particulièrement accessible aux lecteurs d'aujourd'hui.
 Après une présentation historique de l'apparition de la franc-maçonnerie dite « spéculative » qui aurait pour objectif « l’amélioration de la société », présentation qui se veut équilibrée en parlant aussi des « excès de la franc-maçonnerie », Weninger expose ses ces condamnations successives par la papauté, l'accent étant mis sur les raisons politiques. Avec le renversement des Etats pontificaux au temps de Pie IX en point d'orgue.
Et voici donc un point central de l'argumentation, telle que la rapporte Rudi Rabe :
« Sous son successeur Léon XIII, l'encyclique Humanum Genus atteint son point culminant. Les deux parties ne se sont fait aucun cadeau. Les attaques mutuelles et souvent malveillantes ont duré jusqu'au début du siècle, puis la tempête s'est lentement calmée. Mais, simple rappel : du côté maçonnique, seules les loges romaines se sont battues : surtout les Italiens. Mais comme les papes ne faisaient aucune distinction, leurs verdicts ont frappé tous les francs-maçons catholiques, y compris ceux de l’orientation anglaise, bien qu’ils n'aient rien à voir avec la lutte pour l'unification de l'Italie et les “guerres culturelles” françaises. »
Le XXe siècle, à compter de la fin de la première guerre mondiale et surtout, note Weninger, depuis Vatican II, a été marqué la naissance, puis l’accélération du dialogue entre ces deux parties allant vers une « réconciliation ».
Ce dialogue a été particulièrement fort à Vienne à la fin des années 1960 : le cardinal autrichien Franz König s'entretenait alors avec des francs-maçons autrichiens, allemands et suisses « dans le sillage du concile Vatican II ». Cela devait aboutir à la « Déclaration de Lichtenau » en 1970, ou les deux parties déclaraient que la franc-maçonnerie n'est pas une religion et qu'elle partage avec le catholicisme le commandement d'aimer ses frères et tous les hommes. Elle présentait l'excommunication des francs-maçons comme une « relique de l'histoire ».
L'auteur repère aussi un « dialogue particulier » en Allemagne entre 1974 et 1980. C'est à lui et à l’action du cardinal König que selon Weninger, il faut attribuer la disparition de la mention expresse de la franc-maçonnerie dans le nouveau code de droit canonique de 1983. Il consacre quant à lui de longs développements à la nature juridique de la Déclaration qui précéda d'un jour son entrée en vigueur.
Aujourd'hui, selon Michael Weninger, « le temps de la réconciliation n’a jamais été aussi favorable. »
Cela est dû selon lui au fait que sur le plan socio-politique leurs relations sont aujourd’hui beaucoup moins « conflictuelles », car les deux seraient traversées par des forces de réflexion et de réforme.
On ne s'étonnera pas d'apprendre que Georg Semler, Grand Maître de la loge d'Autriche et catholique revendiqué, ait salué l'ouvrage de Michael Weninger comme un pas important vers la réconciliation, qui devra se faire selon lui avec « un ou deux gestes officiels » pour solenniser la chose. Selon Weninger, ceci pourrait se concrétiser à travers une réunion des grands maîtres avec des représentants de l'Eglise : le pape lui-même ou le préfet de la Congrégation de la Doctrine de la foi.
Et ainsi l'Eglise ne condamnerait plus cette hiérarchie parallèle qui agit discrètement aux côtés, voire à la place des responsables politiques, administratifs et économiques visibles, héritière de gnoses diverses, moins servante de la raison comme on pourrait l'imaginer que d'antiques kabbales. Cette franc-maçonnerie revendique son action pour peser sur l'adoption de nouvelles lois. Elle hait le dogme et prétend mettre l'homme au centre, maître de son propre destin. Qu'à Dieu ne plaise.
• C'est le moment de lire ou de relire Vérités sur la Franc-maçonnerie. De la subversion des loges à la République des initiés, disponible entre autres chez Livresen famille.

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25 avril, 2018

De l’affaire Alfie Evans au lobby LGBT : le juge Hayden qui refuse son transfert est un activiste pro-gay



Le juge Anthony Paul Hayden qui a rendu plusieurs décisions de mort dans l’affaire Alfie Evans fait partie d'une association judiciaire pro LGBT, et il est également le coauteur d'un manuel juridique sur les enfants des couples de même sexe. L'histoire ne dit pas s'il est également franc-maçon, mais il est à l’évidence l'homme de la situation, le magistrat qu'il fallait pour aider la culture de mort à faire sa mue en dictature de la culture de mort.

En tant que membre du BLAGG (Bar Lesbian and Gay Group : groupe lesbien et gay du barreau), Anthony Paul Hayden fait partie de ces juristes qui soutiennent les « lesbiennes, homme gay, bisexuel et personne transgenre à tous les niveaux » des professions judiciaires. BLAGG s'est ainsi réjoui de sa nomination en tant que juge de la Haute Cour de Manchester en 2013, avec une spécialisation dans les affaires familiales. Le 23 novembre 2016, le juge Hayden prenait la parole aux côtés des responsables de cette association pour une soirée de « réseautage » à laquelle étaient invités les « membres LGBT » et autres professionnels du barreau.

Avec les cas médicaux relatifs aux adultes vulnérables, ce sont les cas impliquant des enfants – particulièrement sur le plan des libertés civiles – qui l'intéressent au plus haut point.


Le juge Anthony Paul Hayden qui a décrété la mort d’Alfie Evans
est un activiste pro-gay


 Après une carrière d’avocat – style ténor du barreau –  et sa nomination par la reine comme haut magistrat, il a été fait chevalier par Sa Majesté comme le précise une note officielle du Premier ministre datée du 8 octobre 2013.

Dans le livre qu'il a cosigné avec quatre autres auteurs, le juge Anthony Paul Hayden s'intéresse à tous les aspects de l'homoparentalité, avec des conseils spécifiques, notamment pour ceux qui veulent avoir recours à une mère porteuse (la GPA) rémunérée,  pratique interdite au Royaume-Uni où la gestation pour autrui est autorisée dans la mesure où elle est gratuite seulement. On trouve ainsi toutes sortes  d'indications sur la manière de réaliser une GPA commerciale à l’étranger : chose possible si on arrive à démontrer qu'on a défrayé l’intéressée des dépenses encourues (ou le manque à gagner professionnel ?).

Le même livre s'attarde sur l'idée de la disparition de la « vieille présomption » selon laquelle le parent biologique est automatiquement le parent légal.

Bref, une approche totalement révolutionnaire visant à exploser le modèle familial traditionnel ; d'ailleurs le juge Hayden évoque dans la préface de l’ouvrage « le concept en perpétuelle évolution de la famille ». «  Nous faisons plus attention à notre manière de parler aujourd’hui », ajoute-t-il, faisant référence à la série de lois de non-discrimination adoptée au Royaume-Uni : «  Elles fournissent le cadre d'une société beaucoup plus juste pour l'avenir où les options pour les enfants seront étendues, en les maintenant au centre du processus légal. » C’est un livre qui n'aurait pas pu être écrit il y a 20 ou même 10 ans, note un chroniqueur. En effet…

On comprend mieux l'irritation du juge lorsque l’avocat de Tom Evans, Paul Diamond, évoquait mardi des questions de « civilisation » pour réclamer le droit des parents de prendre les décisions médicales pour leurs enfants.

Un juge pour le lobby LGBT

Pour ce qui est de la possible franc-maçonnerie du juge,  on se bornera à la conjecture. Depuis 2009, au Royaume-Uni, les juges n'ont plus l'obligation de déclarer s'ils font partie de cette fraternité. C'est la date à laquelle le Secrétaire à la justice d’alors, Jack Straw, mettait fin à une règle qu'il avait lui-même introduite 11 ans plus tôt en tant que ministre de l'Intérieur obligeant les membres « de sociétés secrètes comme la franc-maçonnerie » devaient se manifester, parce que cette appartenance pouvait faire naître des soupçons quant à leur impartialité et leur objectivité.

C'est sous la pression de l’United Grand Lodge of England que Jack Straw est revenu sur cette exigence en 2009, après que ladite loge eut menacé d’engager des poursuites à la faveur d'une récente décision de la Cour européenne des droits de l’homme. C'est en 2007 que la CEDH avait donné raison à des maçons italiens voulant faire connaître que l'obligation pour un fonctionnaire de déclarer son appartenance à la franc-maçonnerie portait atteinte à son droit à la libre association et constituait une discrimination.

Justifiant sa décision de 2009, Jack Straw affirmait qu'une enquête avait révélé qu'on n’avait trouvé aucun élément indiquant qu'il y eût des «  irrégularités ou des fautes professionnelles » liées à l'appartenance d'un juge à la franc-maçonnerie et que le maintien de la règle serait « disproportionné ».

De toute façon il est aujourd'hui possible, comme le montre le cas du juge Hayden, d'être magistrat et d'afficher ses préférences pour la défense de l’idéologie LGBT et de la redéfinition (ou plutôt, la dénaturation) de la famille.

Retrait de l’alimentation à une personne en état de conscience minimale

En novembre 2017, signale Claire Chretien de LifeSiteNews, le juge Hayden a rendu une décision ordonnant que l'alimentation et l’hydratation d'une femme de 72 ans en état de conscience minimale à la suite d'une rupture d'anévrisme à la suite d'une chute soient retirées, parce qu'elle aurait trouvé sa situation « non seulement intolérable mais humiliante ». En cette occurrence, l'hôpital voulait continuer de la nourrir par le biais d'une sonde nasogastrique qu'elle avait arrachée une cinquantaine de fois ; sa fille était favorable à l'arrêt de l'alimentation pour la faire mourir et le juge a retenu un courriel de la dame, envoyé en 2013, où elle évoquait son désir de ne pas vivre si elle se trouvait gravement handicapée.

Pour la petite histoire, le juge Hayden a reçu entre 2005 et 2006, alors qu'il était encore avocat,  l'équivalent de près de 350.000 euros bruts au titre de l'aide juridictionnelle pour des affaires concernant des enfants, faisant ainsi partie des 10 avocats ayant sur cet exercice perçu les plus fortes sommes sur les deniers publics.

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07 février, 2015

Le tribunal administratif de Grenoble ordonne de déplacer une statue de la Vierge au nom de la laïcité

En 2011, le maire de Publier (Haute-Savoie) a fait ériger une statue de « Notre-Dame-du-Léman » dans un parc municipal. La fédération de la Libre-Pensée de Haute-Savoie a demandé son déplacement en 2012 et le tribunal administratif de Grenoble vient de lui donner raison, rapporte Le Figaro.

L'histoire est tristement exemplaire de la laïcité telle qu'elle se vit en France. Et d'autant plus significative que c'est un maire divers gauche qui a pris l'initiative d'installer la statue de la Vierge dans un parc public – « Juste à côté d'une source où les gens viennent boire de l'eau d'Evian », horresco referens ! De quoi les faire avaler de travers, sans doute ?

Gaston Lacroix avait refusé de déplacer la statue, chose que lui demandait l'association locale des Libres Penseurs, peu adeptes de la liberté. Et le tribunal administratif de Grenoble vient d'annuler cette décision de refus, ce qui équivaut à un ordre de se soumettre aux injonctions des laïcistes.

Les juges ont invoqué la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat pour dire : « Considérant que la statue de la Vierge portant l'inscription “Notre Dame du Léman veille sur tes enfants” constitue un emblème religieux ; qu'il est constant que le terrain sur lequel elle a été édifiée est un parc public ; que (… ) la commune ne pouvait légalement autoriser l'installation de cette statue sur le domaine public communal… », et annuler les décisions de refus.

Mais comme le remarque M. le maire, les services de l'Etat sont « bien embêtés », étant donné que le jugement « n'ordonne pas le retrait de la statue ».

Et l'on retiendra aussi cette déclaration de Gaston Lacroix (le bien nommé ?) :
« De nos jours, la France ne sait plus où elle habite ! Regardez, les gamins, ils ne savent plus à quoi se raccrocher, ils partent faire le djihad ! On assiste à une perte de repères. Dans ce pays d'éducation judéo-chrétienne, cette statue, c'est un repère. Moi qui fais beaucoup de randonnées en montagne, je peux vous dire qu'il n'y a pas un sommet où on ne trouve pas une croix ou une Vierge… »
On s'en doute, ce genre de propos n'est pas de nature à pacifier les laïcistes qui entendent s'adresser au préfet.

Le plus désolant, c'est que le curé, Robert Colloud (qui a béni la statue, le 15 août 2011) tente de se dégager de l'affaire. Il n'a pas envie d'être « mêlé à cette histoire » – tout en rappelant que la statue a été financée par des fonds privés et que la parcelle où elle se trouve a été vendue à une association paroissiale. « L'intention n'était pas mauvaise, elle était même bonne. Mais ce n'était peut-être pas le moment de faire des choses comme cela… Moi je suis pour la paix… »

Mais qui donne la paix ?


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05 février, 2013

Le coup de poignard de Mgr Paglia, chéri des francs-maçons, contre les opposants au “mariage” gay

A propos de ce « ministre de la Famille » du Vatican, Mgr Paglia qui reconnaît des droits aux couples gays, Yves Daoudal dit tout. A lire, d'urgence, ici.

Vincenzo Paglia (à gauche) donne l'accolade
à Rino Fisichella
Lors de la nomination de Mgr Vincenzo Paglia à la tête du Conseil pontifical pour la Famille – un poste qui lui fait espérer le chapeau cardinalice – le Grand Orient démocratique italien avait applaudi très fort, dans un communiqué des « Frères du Grand Orient démocratique » daté des 27-28 juin 2012.

L'article salue l'entrée de « Sant-Egidio, l'ONU du Trastévère » dans la Curie romaine en des termes particulièrement chaleureux :

« Nous nous félicitons du choix d'un des rares hommes d'Eglise qui méritent véritablement l'estime, la considération et l'affection du peuple catholique. »

« Il représente une lumière d'espérance pour ceux qui ne se résignent pas à voir totalement oubliée la grande époque réformatrice du Concile Vatican II. »

Ceci expliquant cela ?

Les Frères affirment cependant que Paglia n'est pas maçon, ajoutant que leurs félicitations n'ont rien à voir avec des « considérations de paroisse ou occultes ». Certains d'entre eux se revendiquent au contraire catholiques et tous ajoutent :

« Nous sommes vraiment heureux que des personnes représentant les meilleures instances spirituelles du christianisme puissent non seulement recevoir une reconnaissance adéquate de leur travail, mais occuper des postes de responsabilité, d'où ils peuvent contribuer à réformer l'Eglise dans un sens plus cher à son Fondateur. »

On comprend mieux qu'un tel homme soit en train de saboter le travail de ceux qui luttent contre le « mariage » gay et demandent la reconnaissance des unions civiles des homosexuels et les droits des foyers homoparentaux.

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07 février, 2012

L'évêque de San Salvador fait retirer une œuvre d'art comportant un symbole maçonnique

Au départ, Mgr José Luis Escobar Alas, evêque de San Salvador (El Salvador) ne pensait pas vraiment de mal d'une mosaïque ornant le fronton de sa cathédrale. L'œuvre de Fernando Llort, 2 700 azuléjos représentant sur le mode naïf des thèmes de l'artisanat local donnaient un peu de vie – sans le moindre génie – à la façade en béton d'une des plus laides cathédrales du monde comme le disent sur place ses contempteurs (mais après Evry, s'il vous plaît !). Mais les carreaux se décoloraient et menaçaient de tomber, uns situation engageant la responsabilité de l'Eglise : juste après les festivités du 1er janvier, on tendit une grande bâche devant la cathédrale et la mosaïque fut retirée, morceau par morceau. Interpellé, l'évêque de San Salvador expliqua qu'il aimait bien l'œuvre et qu'on pourrait peut-être la remonter à l'intérieur de l'édifice.

Mais il vient de changer d'avis, après qu'on eut attiré son attention sur le fait que la mosaïque, réalisée en 1997 ans pour célébrer les accords de paix qui mirent fin à la guerre civile en 1992, sous le titre « L'harmonie de mon peuple », comporte un symbole maçonnique, le triangle avec l'œil illuminé.

« Une œuvre d'art comme celle-là ne peut se trouve sur un temple catholique », a-t-il jugé. Expliquant qu'elle y avait été laissée de longues années parce qu'il n'avait jamais prêté attention au symbole. (Encore un auditif qui ne voit que ce qu'il met en paroles !)

« La raison pour laquelle on ne peut pas remonter l'ancienne mosaïque ni une nouvelle similaire, est  la sécurité des personnes, puisque, selon les normes de l'Eglise catholique, il ne peut y avoir sur le temple que des œuvres d'art qui élèvent la foi des personnes qui les voient – des œuvres d'art sacré, ce que la mosaïque n'était pas – ; et pour finir, aucune œuvre d'art placée dans un temple ne doit servir de propagande commerciale pour son auteur », a fermement rappelé Mgr Escobar Alas.

Un collectif d'artistes est en train de demander à l'Assemblée législative d'imposer le retour de la mosaïque de Llort.

La cathédrale (qui abrite les restes de Mgr Oscar Romero) n'est pas bien belle, peut-être, mais alors la mosaïque…



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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...