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22 novembre, 2021

Alexander Tschugguel : le diocèse de Vienne interdit les non-vaccinés de tous les offices et sacrements, sauf la messe…

Selon Alexander Tschugguel, une note interne du diocèse de Vienne, en Autriche, a interdit la participation des non vaccinés (hormis les personnes présentant un certificat de « rétablissement » récent à la suite d’un test COVID positif) à toutes les célébrations dans les églises, hormis la messe. 

Mgr Schönborn a encore frappé…

Sont donc exclues  des églises du diocèse les personnes qui refusent le vaccin pour des raisons morales (lien avec l’exploitation industrielle des lignées de cellules prélevées de leur vivant sur des fœtus avortés) et (ou) de prudence, liée au nombre d’événements graves et de décès faisant suite au décès.

Sont exclues les personnes en bonne santé qui ne répondent pas aux critères du confinement des non-vaccinés, auquel s’est ajouté ce lundi, en Autriche, le confinement « pour vingt jours » des « vaccinés », qui ne peuvent compter sur leurs deux ou trois doses d’injection Spike pour less « protéger » eux-mêmes du COVID, ni du risque de le diffuser à leur tour.

Retrouvez ici, sur mon blog, l’entretien que m’a accordé Alexander Tschugguel à propos de cette tyrannie inédite jusqu’ici dans les pays occidentaux.





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20 novembre, 2021

Alexander Tschugguel repond à mes questions sur l’Autriche sous dictature vaccinale (interview exclusive)

Alors que l’Autriche apprenait vendredi que toute sa population sera confinée à partir de lundi et que le gouvernement veut mettre en place la vaccination forcée contre le COVID d'ici au 1er février, j’ai demandé à Alexander Tschugguel de répondre à quelques questions sur cette dictature qui s’installe dans son pays.

Alexander Tschugguel est ce jeune converti au catholicisme, militant pro-vie et pro-famille, qui avait jeté dans le Tibre quelques statuettes de la Pachamama exposées dans une église romaine de la Via della Conciliazione à l’occasion du Synode sur l’Amazonie.

Il m’a fait part de sa volonté farouche de « résister, résister, résister » à cette « vaccination » qu’il rejette pour des raisons de conscience, de prudence médicale et de devoir moral et politique de combattre le Nouvel Ordre Mondial de la surveillance dont elle est un outil privilégié à travers la mise en place du « passeport sanitaire ».

Dès ce samedi après-midi, des dizaines voire des centaines de milliers d’Autrichiens ont rejoint à Vienne, comme lui, une manifestation géante contre le passe sanitaire, le confinement et la vaccination forcée. La grande presse n’a compté que 38.000 manifestants – pour un cortège qui a mis deux heures à passer au point où il a été filmé en live (à vérifier ici). Immense succès, pour ce pays de quelque 9 millions d’habitants !

Voici donc mon entretien avec Alexander Tschugguel, traduit de l’anglais par mes soins. – J.S.

*

Les nouvelles d’Autriche ne sont pas bonnes : vous êtes actuellement un citoyen de seconde zone. Pouvez-vous nous en parler ?

Avant toute chose, le fait d’être un citoyen de seconde zone représente une sensation et une expérience inédites pour moi et mes semblables, mais je pense que l’on peut aussi vivre des choses très agréables, car j’ai découvert que je n’étais vraiment pas seul. Tout mon cercle d’amis, beaucoup de gens de ma famille, mes meilleurs amis, leurs familles, etc. sont tous de notre côté - y compris ceux qui sont vaccinés. Comme il s’agit d’une terreur scandaleuse que l’on nous impose, beaucoup de gens ont compris que c’est mal.

Quelles sont les règles qui ont été mises en place ? Depuis une semaine, nous sommes des citoyens de seconde classe parce qu’on a instauré un confinement pour les seules personnes non vaccinées. Depuis deux semaines déjà, nous sommes en quelque sorte des citoyens de seconde zone, puisque déjà nous n’étions pas autorisés à entrer dans les restaurants si nous n’étions pas vaccinés. Et maintenant, le gouvernement a publié les nouvelles règles disant qu’il y aura un confinement pour tout le monde, à partir de lundi, suivi par l’introduction de l’obligation de se faire vacciner au plus tard le dernier jour de janvier. Donc à partir du 1er février, il y aura un vaccin obligatoire en Autriche si nous ne faisons rien contre cela. Nous pouvons encore le faire : nous devons élever la voix, nous devons nous battre aussi énergiquement que possible et c’est la raison pour laquelle je rejoins une énorme manifestation organisée par un grand nombre d’organisations différentes ce samedi à Vienne à midi.


Vous n’êtes pas autorisé à aller dans les restaurants, mais je crois que vous n’êtes même pas autorisé à sortir, et vous ne pouvez faire que les achats considérés comme essentiels.

En effet. Donc, par exemple, pour les achats de Noël : nous ne pourrons pas acheter officiellement de cadeaux de Noël cette année. Je vous accorde qu’on pourrait dire que c’est un problème de pays riche, mais imaginez la situation : il y a un confinement pour les non-vaccinés, il y a des gens qui entrent et sortent des magasins mais plus aucun non-vacciné, donc toutes les personnes dans ce magasin perdent le contact avec toutes ces autres personnes et donc la situation ne peut que se radicaliser. Voici les règles : nous devons rester à la maison, nous ne sommes autorisés à sortir que pour les choses essentielles ; nous sommes toujours autorisés à aller à la Sainte Messe qui, comme vous pouvez l’imaginer, est pour moi ce qu’il y a de plus important…


Oui, je voulais vous demander ce qu’il en était, en effet !

Mais nous ne sommes plus autorisés à rendre visite à notre famille. Nous devons choisir seule personne ; nous pouvons rendre visite à une seule personne.


Comment tout cela est-il contrôlé par la police ? Y a-t-il des contrôles de police, nombreux ou peu nombreux, ou pouvez-vous simplement essayer de contourner les règles ?

Il y a beaucoup de contrôles de police. Malheureusement, la police a contrôlé dès le premier jour, avec des personnes supplémentaires travaillant pour elle : elle a même engagé des non policiers pour l’aider à contrôler toutes ces choses, et les amendes sont incroyablement élevées. L’ancienne amende pour violation du confinement était de 500 euros, maintenant elle est de 1.500 euros. Elles ont donc triplé. Le revenu moyen en Autriche est inférieur à 2 000 euros, ce qui correspond à peu près au revenu mensuel moyen d’un travailleur normal – évidemment avant de payer le loyer et ainsi de suite, ce n’est donc pas abordable pour les gens normaux.


Je crois qu’environ un tiers des adultes autrichiens ne sont pas vaccinés.

Ce sont environ 2 millions de personnes en Autriche qui sont enfermées en ce moment.


Y a-t-il des gens qui trichent, qui ont falsifié des certificats de vaccination ?

C’est possible, mais je n’en ai pas connaissance. Ce que je sais, c’est que les médecins sont eux aussi contrôlés assez sévèrement. Par exemple, si vous êtes asthmatique et que vous n’avez pas le droit, normalement, de porter un masque, le médecin vous rédige un certificat disant que vous êtes asthmatique et que vous ne devez pas porter de masque. Par la suite, ce médecin sera probablement jugé dans les jours qui suivent et perdra probablement sa licence. Ils se moquent de la santé. Ils utilisent la santé comme une excuse : toute cette histoire n’a rien à voir avec la santé.
Par exemple, ils disent que nous avons besoin du vaccin parce que le vaccin crée les anticorps et que c’est ce dont nous avons besoin. Mais pour l’instant, un test montrant le nombre de vos anticorps n’est pas accepté.


Et c’est la même chose dans le monde entier, en fait.

Exactement !


L’Autriche s’oriente maintenant vers le vaccin obligatoire : ai-je bien compris que la loi devra être modifiée pour le mettre en place ?

Oui. La question est qu’il y a déjà des décisions des cours européennes. Il s’agissait d’un cas tchèque de vaccination forcée d’enfants pour je ne sais quel vaccin - pas le Corona - et ils utilisent maintenant cette décision et vont bâtir une nouvelle sorte de structure juridique autour de cela, mais elle n’est pas encore en place. Je ne sais donc pas comment ils vont essayer de l’appliquer. En fait, comme cette mesure est contraire à notre Constitution en général, je pense qu’ils devront contourner un peu la Constitution. Mais je ne suis pas juriste, donc je ne peux pas vous expliquer exactement comment ils vont l’appliquer.


Le fait que votre ancien chancelier ait été contraint de démissionner a-t-il un quelconque rapport avec cette situation ?

Le Chancelier était exactement du même type que le celui que nous avons actuellement. Ce n’est donc pas vraiment différent... mais il y a quand même une grande différence. L’ancien Chancelier, Sebastian Kurz, même si je ne l’aime vraiment pas... Il a introduit le mariage homosexuel, il a introduit tous les premiers confinements et ainsi de suite, il a introduit toutes les lois qu’ils utilisent maintenant pour nous séparer, mais Sebastian Kurtz était quelqu’un qui avait été légalement élu par le peuple, et donc il a quand même dû argumenter devant le peuple. Il devait expliquer à ses propres électeurs pourquoi il faisait certaines choses. Le Chancelier que nous avons actuellement, Alexander Schallenberg, n’a jamais été élu par le peuple. Il n’a donc aucune responsabilité. Je pense que cela a une grande influence sur sa façon de faire de la politique.


Pourquoi êtes-vous opposé au «  vaccin » ?

Tout d’abord, si nous parlons des vaccins qui sont ceux que vous pouvez recevoir actuellement en Autriche, ils sont tous liés à l’avortement, tous. C’est quelque chose que je ne veux pas ignorer ici et je sais que de nombreuses personnes qui ne luttent pas contre l’avortement ne comprennent pas vraiment cet argument, mais si vous êtes conscient de toute l’industrie qui se cache derrière, vous ne pouvez pas soutenir un médicament, un vaccin, qui est basé sur cette terrible industrie tueuse d’enfants ; ce n’est pas possible.

Deuxièmement, le vaccin ne fonctionne pas comme ils nous l’ont promis. Nous venons de publier sur la page d’accueil de l’Institut Saint-Boniface un nouvel article expliquant pourquoi les promesses qu’ils nous ont faites n’ont pas été tenues et pourquoi elles ont en réalité été rompues. Vous pouvez le consulter sur notre page d’accueil et vous y trouverez des informations supplémentaires. Le vaccin a des effets secondaires assez graves : je vais vous donner un très bon exemple. Il y a quelques mois, l’étude de 6 mois de Pfizer a été publiée, dans laquelle on pouvait découvrir l’ensemble de l’étude sur la vaccination, et elle constatait qu’à la date de la publication, le vaccin était évidemment génial, qu’il fonctionnait et qu’il était tellement fantastique… Mais cela mis à part, la chose très intéressante était que les groupes testés étaient évidemment, comme dans chaque étude, séparés en groupes placebo et en groupes qui recevaient le vrai médicament. Ceux qui ont reçu le vrai médicament avaient un taux de mortalité cinq fois plus élevé pour les maladies cardiaques : cinq fois, c’est énorme. Et nous voyons partout dans le monde, partout où il y a de bonnes statistiques, une surmortalité chez les jeunes : les gens qui sont vaccinés à moins de 45 ans. Ils meurent soudainement de plus en plus de causes différentes. Pas plus tard qu’aujourd’hui, j’ai lu un article qui résumait trois statistiques de trois pays d’Europe occidentale, affirmant qu’il s’agissait d’un énorme problème, et qu’il ne concernait que les personnes vaccinées. Et comme vous le savez, on n’a pas le droit d’en parler. Si vous en parlez, on vous traite de théoricien de la conspiration. Mais je vais vous dire quelque chose à propos de cette insulte : chaque soi-disant théorie du complot que nous avons eue l’année dernière est devenue une vérité. Chacune d’entre elles.


Dans notre propre cercle personnel ici en France, y compris les amis et les connaissances des amis, nous avons connaissance de plusieurs dizaines de décès. Hier matin, j’ai entendu parler d’une fille de quatorze ans. Elle a reçu le vaccin Pfizer, puis elle a attrapé le COVID et a dû aller à l’hôpital; elle se trouve maintenant sous assistance respiratoire.

C’est typique.


Oui, mais il y a un argument, que vous avez dû entendre dans des cercles dont nous sommes proches, selon lequel nous devons accepter le vaccin en vue du  bien commun. Que répondez-vous à cela ?

Oui ! J’ai entendu cet argument très souvent, malheureusement.

D’accord, parfait. Essayons de faire comme si c’était quelque chose de réel : se faire vacciner pour le bien commun. Est-il bon pour le bien commun qu’un vaccin nous soit imposé par la force, qu’il ne fonctionne pas comme ils l’avaient promis, que l’incidence augmente, augmente et augmente encore, et que des gens meurent à cause des vaccins (ils ne peuvent pas le cacher) ? Est-ce vraiment un aspect du bien commun ? C’est ma première question. La deuxième question est la suivante : depuis quand un gouvernement qui introduit l’euthanasie, l’avortement, le mariage homosexuel et ainsi de suite a-t-il la légitimité morale de nous forcer à faire quelque chose qui va tellement à l’encontre de notre libre arbitre et de notre libre compréhension des choses dans notre propre conscience ? C’est quelque chose que je ne peux pas vraiment accepter : depuis quand quelqu’un peut-il me pousser à faire quelque chose qui est définitivement mauvais, qui me sépare de ma famille, qui me sépare de mon Église, de ma foi, de l’autel, qui me sépare de tout ce que je veux faire, et qui me sépare aussi de ma propre compréhension morale - comme je l’ai dit, les vaccinations sont profondément liées à l’avortement. Depuis quand suis-je obligé d’accepter cela ?

Je peux comprendre qu’il y ait un petit argument disant que quelqu’un qui ne peut pas se battre, et qui doit se faire vacciner, est-il vraiment un grand pécheur ? Eh bien, évidemment, c’est un argument que tout le monde peut voir : évidemment, certaines personnes sont sous pression et, comme vous le savez, si quelqu’un fait pression sur vous pour que vous fassiez quelque chose et que ce n’est plus votre décision libre, évidemment, il ne peut pas y avoir de péché derrière cela.

C’est clair, mais ce n’est pas notre situation. Nous ne sommes pas dans cette situation. Nous avons les chiffres des morts du COVID. Nous avons les chiffres des effets secondaires graves. Nous avons les chiffres : nous savons ainsi quelles lignées de cellules de bébés avortés ils ont utilisées pour créer les vaccins. Cela ne s’applique pas du tout à notre situation. Notre situation est complètement différente.

Deuxièmement : depuis quand devons-nous ignorer le lien évident entre l’introduction de la vaccination forcée en Autriche et, par exemple, d’autres projets comme l’introduction de l’identité numérique dans l’Union européenne, qui nous obligera à avoir une identité liée à un compte bancaire, etc? Dans le plan officiel de l’Union européenne, qui se trouve sur la page d’accueil de la Commission, vous pouvez le trouver vous-même, il suffit de le googleliser, vous verrez que l’un des leviers utilisée pour pousser les gens à avoir cette identité numérique est le passeport vert. Depuis quand dois-je arrêter de penser, d’utiliser mon bon sens, d’utiliser mes connaissances, mes connaissances politiques - et mes connaissances militantes dans mon cas : depuis quand serais-je obligé d’arrêter de les utiliser ?

Et maintenant vient l’aspect encore plus important : depuis quand devrais-je cesser d’être catholique ? En tant que catholique, je sais très bien quand l’État a le droit de me demander quelque chose et quand il n’a pas le droit. Nous n’avons pas le droit de sacrifier un seul grain d’encens au Nouvel Ordre Mondial. Nous n’avons pas le droit de faire ça, et nous le savons. L’Eglise catholique nous l’enseigne, et nous le savons par l’histoire : regardez le Troisième Reich en Allemagne. Il y avait quelques bons évêques, mais un seul d’entre eux est vraiment célèbre, c’est le cardinal Galen. C’est le seul qui a vraiment résisté. À l’époque, ses collègues évêques lui disaient : ne fais pas ça, tais-toi. Nous vivons la même chose ici et je pense que les gens devraient se préparer.

Une deuxième information : Je sais que toute cette discussion a été soulevée dans les cercles traditionnels également, mais regardez l’Autriche aujourd’hui. Voulez-vous vraiment avoir des vaccinations forcées qui séparent les personnes vaccinées des personnes non vaccinées ? C’est répugnant.


Vous manifestez ce samedi. Mais si le pire arrive et que la vaccination forcée est imposée en Autriche, que ferez-vous ?

Je ne me ferai pas vacciner, je résisterai, je résisterai, je résisterai. Il faudra essayer de protéger les familles. Je suis tout à fait sûr que la première chose qu’ils essaieront de faire, c’est de s’en prendre à la famille. « Ah, les parents ne sont pas vaccinés, alors je pense que nous devons vérifier la santé des enfants »...

Nous devons protéger les familles, nous devons créer des cercles de protection pour elles. Nous devons créer des cercles de soutien pour elles : soutien financier, soutien médical, aide pour trouver des endroits où elles pourront vivre, où elles pourront se cacher. Je vous le promets ! Cela peut sembler une théorie étrange, mais il y a six mois, même moi, je n’aurais pas cru que cela arriverait si vite. Mais à l’heure actuelle, si vous allez en Autriche et que vous regardez notre loi et si vous regardez la conférence de presse que notre chancelier a donnée aujourd’hui, vous savez que c’est ce à quoi nous sommes confrontés. Plus les gens résisteront dès maintenant, plus les gens cesseront de se joindre à cette folie, mieux ce sera pour nous.


Je crois avoir vu sur votre compte Twitter que vous avez montré une photo du Gezundheitspass de l’époque nazie.

Je n’ai pas publié le Gezundheitspass nazi ; c’est quelqu’un d’autre qui l’a fait. Ce qui est assez intéressant, c’est que le Gezundheitspass est exactement ce que nous devons montrer en ce moment pour vivre une vie dite normale. Et ce n’est pas tout : le Gezundheitspass expire désormais tous les quatre mois, donc au bout de quatre mois, il faut se faire vacciner à nouveau, se faire vacciner à nouveau, se faire vacciner à nouveau...


Avez-vous déjà le passe à renouvellement obligatoire ?

Oui, et ceci vient d’être introduit vendredi : la nouvelle règle ne sera pas de six mois mais de quatre mois. Donc c’est trois fois par an officiellement maintenant.


C’est important pour nous de le savoir ici en France car il nous reste encore un peu plus de liberté, mais pas beaucoup !

La liberté en France peut prendre fin à chaque seconde.

*


© leblogdejeannesmits pour l’interview et sa traduction. 

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18 février, 2020

P. Michael Weninger : les francs-maçons ne sont « certainement pas » excommuniés. Il a présenté son étude au pape et à la Curie

Ancien diplomate autrichien, devenu prêtre catholique deux ans après son veuvage en 2009, Michael Weninger vient de publier un ouvrage de près de 500 pages sur la franc-maçonnerie. Son objectif : « démontrer » que les francs-maçons ne sont « certainement pas » excommuniés par l'Eglise catholique, et que depuis Vatican II,  surtout, la défiance à leur égard n'est plus ce qu'elle était. Tout reposerait, selon l'auteur de Loge und Altar (« Loge et autel »), sur un malentendu : la condamnation du Grand Orient, pour des raisons politiques, qui aurait en quelque sorte déteint sur l'ensemble de la franc-maçonnerie, parfaitement compatible selon lui avec l'Eglise catholique.
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Michael Heinrich Weninger, nommé en 2012  à la Commission pontificale pour le dialogue interreligieux par Benoît XVI – une petit année après son ordination en la cathédrale de Vienne par le cardinal Schönborn – a présenté son livre dans la capitale autrichienne le 12 février dernier. Il était flanqué du Grand-Maître de la Loge d'Autriche.
Lors de cette réunion, Weninger a affirmé qu'il avait déjà présenté son livre au pape, aux plus hauts cardinaux de la Curie et au cardinal Schönborn. Comment ont-ils réagi, lui demanda-t-on. La réponse fusa : « Avec bienveillance, sans exception. »
Portant clergyman et col romain, l'ancien diplomate (et conseiller de José Barroso à la Commission européenne) s'est employé à faire une distinction entre ce qu'il appelle les maçons « réguliers » qui relèvent du patronage de la Grande Loge d’Angleterre, et les maçons européens anticléricaux et sectaires surtout actifs en France et en Italie.
Selon le site kathpress.at, l'agence de presse catholique autrichienne, Weninger a déclaré au cours de la présentation de son livre qu'au cours de ses voyages à travers le monde, il a rencontré un grand nombre de catholiques –  ils seraient selon lui quelque 2 millions à faire partie des loges liées à la Grande Loge d’Angleterre – qui lui parlaient de leurs « problèmes de conscience et troubles mentaux » liés au fait qu'ils étaient inquiets d'être excommuniés en raison de leur appartenance maçonnique.
«  Je leur répondais, la conscience tranquille, qu'ils ne l’étaient pas. »
Certes, le code de droit canonique de 1917 réservait expressément cette sanction – automatique –à tout membre d'une loge quelle qu'elle soit. Mais selon l'ancien diplomate, l'absence d'un paragraphe condamnant expressément l'appartenance à la franc-maçonnerie dans le nouveau code de droit canonique de 1983 devait les tranquilliser tout à fait.
Comment concilier cette déclaration avec un document tout à fait clair publié par la Congrégation pour la Doctrine de la foi à la veille de l'entrée en vigueur du code de 1983, le 27 novembre 1983 ? Le document de la CDF, dont le cardinal Josef Ratzinger était alors le préfet, affirme ceci, avec l’approbation expresse du pape Jean-Paul II (texte intégral) :

On a demandé si le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n’en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur.
Cette Congrégation est en mesure de répondre qu’une telle circonstance est due au critère adopté dans la rédaction, qui a été suivi aussi pour d’autres associations également passées sous silence parce qu’elles sont inclues dans des catégories plus larges.
Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.
Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Congrégation du 17 février 1981 (cf. AAS 73, 1981, p. 240-241: DC 1981, n° 1805, p. 349. Voir aussi la déclaration de l’épiscopat allemand du 12 mai 1980, DC 1981, n° 1807, p. 444-448).
*

Il faut préciser ici que le code de droit canonique de 1983, canon 1374 est ainsi rédigé : « Qui s'inscrit à une association qui conspire contre l'Église sera puni d'une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d'interdit. » Un peu moins radical que l'excommunication, l'interdit prive tout de même de la sépulture chrétienne et des sacrements…
Pour Michael Weninger, la déclaration de la CDF n’a pas la même force contraignante que le code de droit canonique – même s’il a été obligé de reconnaître, au cours de sa prestation du 12 février, qu’elle a un certain poids théologique.
Pour ce faire, deux axes. L’histoire de ces derniers siècles, et celle de ces dernières décennies marquées selon l’auteur par une forme de rupture vis-à-vis des condamnations et excommunications systématiques antérieures.
Le premier consiste donc pour Weninger à minimiser le rôle de la franc-maçonnerie dans sa lutte plusieurs fois centenaire contre l’Eglise et le dogme en tant que tel.
Selon une recension de Loge und Altar publiée par le « wiki » allemand des francs-maçons, la première motivation du « conflit » était simplement la « peur de la concurrence », la crainte – infondée selon Weninger – de voir les Frères créer une « nouvelle communauté religieuse ». La recension, signée Rudi Rabe, poursuit :
« Mais le contexte des condamnations souvent massives que plusieurs papes ont prononcées contre les loges, était en fin de compte davantage motivée par des raisons politiques que théologiques. Elle a déjà commencé au début du XVIIIe siècle avec la lutte pour le trône britannique, les loges maçonniques y étant impliquées, et elle s’est poursuivie avec la peur du triptyque “liberté-égalité-fraternité” lors de la Révolution française et à l'ère napoléonienne, et a atteint son apogée au XIXe siècle avec la lutte pour l'Etat-nation italien, devant lequel l'État-église pontifical a dû céder. Soit les francs-maçons ont été accusés sans le savoir ou à tort, soit ils y ont effectivement participé, comme ils l'ont fait notamment lors du Risorgimento : la naissance de l’État italien. Sur ce front, les deux camps se sont battus sans merci avec leurs propres armes : les francs-maçons de Garibaldi avec le fusil et les papes avec leurs foudres. »
Mais selon Weninger, assure Rudi Rabe, l’Eglise s’est trompée : « la franc-maçonnerie en tant que telle n’existe pas » :
« Alors que les francs-maçons italiens mais aussi français et les grandes loges ont souvent agi contre l’Eglise politiquement et militairement (Weninger : « pseudo-francs-maçons »), contre les principes de base de la franc-maçonnerie, cela ne s'applique pas du tout à la franc-maçonnerie d’orientation anglaise. Cependant, la plupart des loges dans le monde, y compris la plupart de celles de l'espace germanophone, sont toujours orientées dans ce sens. Cette franc-maçonnerie dite régulière – voir le sous-titre du livre – est politiquement très réservée. Elle maintient une tolérance élevée et encourage également ses membres à une certaine spiritualité, qui est absolument compatible avec le christianisme. Michael Weninger en parle encore et encore dans son livre. »
On aimerait connaître les contours que donne Weninger à cette « spiritualité » qui par définition, n’est pas catholique. De très nombreuses études de la franc-maçonnerie en tant que telle, avec sa devise « Solve et coagula » – « détruis et reconstruis » – ont démontré jusqu’à plus soif son caractère initiatique, ésotérique, et surtout de société secrète en tant que telle incompatible avec la religion catholique.
Il est d’ailleurs remarquable qu’en France, ce ne soit pas ce « Grand Orient » que Weninger comme étant seul problématique qui ait poussé le plus efficacement à la mise en place de la culture de mort – contraception et avortement – puisque le Dr Pierre Simon, qui raconte tout le rôle qu’il a eu et que la maçonnerie a décuplé dans leur légalisation dans De la vie avant toute chose, était à la Grande Loge de France, réputée d’une maçonnerie classique.
On peut aussi citer le parcours de Serge Abad-Gallardo, membre de la Loge du Droit humain – rattachée à un réseau international lié à la Grande Loge symbolique écossaise – qui a attesté dans plusieurs ouvrages du caractère luciférien de la fran-maçonnerie qui devient évidente quand on y monte en grade. Les livres de ce grand converti à la religion catholique sont tous à lire, en particulier celui-ci : Jeservais Lucifer sans le savoir. Il y explique par exemple comment la franc-maçonnerie en général et sa loge en particulier servaient l’avancée de la culture de mort, notamment pour imposer la légalisation de l’euthanasie.
Le deuxième axe de défense de cette franc-maçonnerie qui ne serait pas anti-catholique, en particulier parce qu’elle n’est pas laïciste – c’est aller bien vite ! – porte sur le changement d’attitude de l’Eglise catholique au cours du XXe siècle. Ici Weninger a des cordes à son arc, même s’il est obligé de minimiser pour cela le texte du cardinal Ratzinger expressément voulu par Jean-Paul II.
« Il y a eu à plusieurs reprises des approches pleines d’espoir pour une entente, mais selon le schéma de deux pas en avant et un pas en arrière », regrette l’ecclésiastique, pour reprendre les termes du chroniqueur de son livre. Le plus récent de ces « pas en arrière » étant bien sûr constitué par la Déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.
Ici, on peut se tourner une nouvelle fois vers Pierre Simon qui dans De la vie avant toute chose mettait lui aussi en avant des rapprochements entre des responsables catholiques français et des francs-maçons, précisément au moment où la bataille faisait rage en France pour faire légaliser contraception, puis avortement.
Weninger, de son côté, estime que les temps sont de nouveau au rapprochement : lentement, parce que l'Eglise est une institution vieille « de plus d'un millénaire et demi », note étrangement Rudi Rabe dans son compte rendu.
 Celui-ci détaille les grands chapitres du livre, expliquant notamment que le « mystère maçonnique » n’a selon Weninger « rien à voir avec le mystère religieux ». Ce serait plutôt « uniquement une expérience personnelle, par l’expérience très personnelle du travail rituel, par l'intériorisation de l’expérience maçonnique ». Ces rituels, entre folklore apparemment absurde et ésotérisme délibéré, ont été démontés par de nombreux auteurs, parmi lesquels Serge Abad-Gallardo se révèle particulièrement accessible aux lecteurs d'aujourd'hui.
 Après une présentation historique de l'apparition de la franc-maçonnerie dite « spéculative » qui aurait pour objectif « l’amélioration de la société », présentation qui se veut équilibrée en parlant aussi des « excès de la franc-maçonnerie », Weninger expose ses ces condamnations successives par la papauté, l'accent étant mis sur les raisons politiques. Avec le renversement des Etats pontificaux au temps de Pie IX en point d'orgue.
Et voici donc un point central de l'argumentation, telle que la rapporte Rudi Rabe :
« Sous son successeur Léon XIII, l'encyclique Humanum Genus atteint son point culminant. Les deux parties ne se sont fait aucun cadeau. Les attaques mutuelles et souvent malveillantes ont duré jusqu'au début du siècle, puis la tempête s'est lentement calmée. Mais, simple rappel : du côté maçonnique, seules les loges romaines se sont battues : surtout les Italiens. Mais comme les papes ne faisaient aucune distinction, leurs verdicts ont frappé tous les francs-maçons catholiques, y compris ceux de l’orientation anglaise, bien qu’ils n'aient rien à voir avec la lutte pour l'unification de l'Italie et les “guerres culturelles” françaises. »
Le XXe siècle, à compter de la fin de la première guerre mondiale et surtout, note Weninger, depuis Vatican II, a été marqué la naissance, puis l’accélération du dialogue entre ces deux parties allant vers une « réconciliation ».
Ce dialogue a été particulièrement fort à Vienne à la fin des années 1960 : le cardinal autrichien Franz König s'entretenait alors avec des francs-maçons autrichiens, allemands et suisses « dans le sillage du concile Vatican II ». Cela devait aboutir à la « Déclaration de Lichtenau » en 1970, ou les deux parties déclaraient que la franc-maçonnerie n'est pas une religion et qu'elle partage avec le catholicisme le commandement d'aimer ses frères et tous les hommes. Elle présentait l'excommunication des francs-maçons comme une « relique de l'histoire ».
L'auteur repère aussi un « dialogue particulier » en Allemagne entre 1974 et 1980. C'est à lui et à l’action du cardinal König que selon Weninger, il faut attribuer la disparition de la mention expresse de la franc-maçonnerie dans le nouveau code de droit canonique de 1983. Il consacre quant à lui de longs développements à la nature juridique de la Déclaration qui précéda d'un jour son entrée en vigueur.
Aujourd'hui, selon Michael Weninger, « le temps de la réconciliation n’a jamais été aussi favorable. »
Cela est dû selon lui au fait que sur le plan socio-politique leurs relations sont aujourd’hui beaucoup moins « conflictuelles », car les deux seraient traversées par des forces de réflexion et de réforme.
On ne s'étonnera pas d'apprendre que Georg Semler, Grand Maître de la loge d'Autriche et catholique revendiqué, ait salué l'ouvrage de Michael Weninger comme un pas important vers la réconciliation, qui devra se faire selon lui avec « un ou deux gestes officiels » pour solenniser la chose. Selon Weninger, ceci pourrait se concrétiser à travers une réunion des grands maîtres avec des représentants de l'Eglise : le pape lui-même ou le préfet de la Congrégation de la Doctrine de la foi.
Et ainsi l'Eglise ne condamnerait plus cette hiérarchie parallèle qui agit discrètement aux côtés, voire à la place des responsables politiques, administratifs et économiques visibles, héritière de gnoses diverses, moins servante de la raison comme on pourrait l'imaginer que d'antiques kabbales. Cette franc-maçonnerie revendique son action pour peser sur l'adoption de nouvelles lois. Elle hait le dogme et prétend mettre l'homme au centre, maître de son propre destin. Qu'à Dieu ne plaise.
• C'est le moment de lire ou de relire Vérités sur la Franc-maçonnerie. De la subversion des loges à la République des initiés, disponible entre autres chez Livresen famille.

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