Affichage des articles dont le libellé est Autriche. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Autriche. Afficher tous les articles

14 avril, 2013

Le cardinal Schönborn au secours de l'union civile des homosexuels ?

Le journal catholique anglais The Tablet rapporte que le cardinal Schönborn a déclaré lors d'une conférence à Londres que les partenariats de même sexe doivent être respectés voire bénéficier d'une protection sur le plan de la loi civile.

Cette déclaration, telle qu'elle est rapportée par le journaliste et corroborée en substance par un prêtre présent, a d'ores et déjà été citée avec la satisfaction qu'on devine par un site soutenant que l'Eglise acceptait et même bénissait les amitiés homosexuelles jusqu'à l'Inquisition, et qui milite pour la reconnaissance des partenariats homosexuels, Queering the Church.
« Il peut y avoir des partenariats de même sexe et ils ont besoin de respect, et même de protection  dans le cadre de la loi civile. Oui, mais s'il vous plaît, éloignez cela de la notion de mariage. Parce que la définition du mariage est l'union stable entre un homme et une femme ouverts à la vie. Nous devons être clairs sur les termes et respecter les besoins de personnes qui vivent ensemble en partenariat. Ils méritent le respect », a déclaré l'archevêque de Vienne selon The Tablet, alors qu'il répondait de manière informelle aux questions de l'auditoire lors d'une conférence au National Gallery.
Il s'agit là d'une déclaration qui contredit formellement l'expression la plus récente et la plus complète de  l'enseignement de l'Eglise sur la reconnaissance des unions civiles homosexuelles, due à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le document en question – datant du temps où le cardinal Ratzinger était à la tête de cette Congrégation – avait reçu le plein aval de Jean-Paul II et était publié sous son autorité explicite.

On y lit notamment :
« Les législations favorables aux unions homosexuelles sont contraires à la droite raison car elles confèrent des garanties juridiques, analogues à celles de l'institution matrimoniale, à l'union entre deux personnes du même sexe. Étant donné les valeurs en jeu, l'État ne peut légaliser ces unions sans manquer au devoir de promouvoir et de protéger le mariage, institution essentielle au bien commun. »
Et ensuite :

« On peut demander comment peut être contraire au bien commun une loi qui n'impose aucun comportement particulier, mais qui s'en tient à rendre légale une réalité de fait qui apparemment ne semble comporter aucune injustice envers personne. À ce propos, il convient de réfléchir d'abord à la différence qui existe entre le comportement homosexuel comme fait privé, et le même comportement comme relation sociale prévue et approuvée par la loi, au point de devenir une des institutions du système juridique. Non seulement le second phénomène est plus grave, mais il revêt une portée beaucoup plus vaste et plus profonde, et il finirait par entraîner un changement de l'organisation sociale tout entière, qui deviendrait contraire au bien commun. Les lois civiles sont des principes structurants de la vie de l'homme au sein de la société, pour le bien ou pour le mal. Elles «  jouent un rôle de grande importance et parfois déterminant dans la formation des mentalités et des habitudes  ». Les formes de vie et les modèles qui y sont représentés, non seulement façonnent extérieurement la vie sociale, mais tendent à modifier la compréhension et l'évaluation des comportements dans les nouvelles générations. La légalisation des unions homosexuelles aurait donc comme résultat l'obscurcissement de la perception de certaines valeurs morales fondamentales et la dévaluation de l'institution matrimoniale. »

La conclusion est claire elle aussi :

 « L'Église enseigne que le respect envers les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l'approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles. Le bien commun exige que les lois reconnaissent, favorisent et protègent l'union matrimoniale comme base de la famille, cellule primordiale de la société. Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l'humanité. L'Église ne peut pas ne pas défendre de telles valeurs pour le bien des hommes et de toute la société.
A quoi joue donc le cardinal Schönborn ? Il faut savoir que pour lui le jeu n'est pas nouveau, vu qu'il a déjà par le passé donné des signes d'« ouverture » aux homosexuels, désavouant publiquement un prêtre qui avait voulu écarter un homosexuel vivant ouvertement en couple avec son ami de son conseil paroissial. En 2010, le cardinal avait – à l'intense satisfaction de Queering the Church – mis la sourdine sur l'enseignement de l'Eglise sur les actes homosexuels en soulignant la qualité humaine des relations entre personnes, fussent-elles de même sexe, et demandant davantage de « respect » pour ces amitiés, rappelle LifeSite.

Bien sûr, la presse internationale et catholique-progressiste rapproche ces déclarations d'une volonté qu'elle attribue au pape François de « négocier » en 2010 le refus du « mariage » homosexuel en Argentine moyennant l'acceptation par l'Eglise catholique du pays des unions civiles. Selon des propos rapportés par le biographe du cardinal Bergoglio, celui-ci aurait été mis en minorité par les autres évêques d'Argentine et n'aurait jamais fait publiquement état de sa proposition ; celle-ci a bien existé, affirme aujourd'hui John Allen du très libéral Catholic News Reporter, citant deux sources anonymes de la Conférence épiscopale argentine et deux journalistes. Mais un proche du cardinal assure le contraire.

Si les déclarations de Schönborn ont été correctement rapportées, il est clair qu'elles sont directement contraires à ce qu'il nous est – au moins jusqu'ici – demandé de croire et d'accepter.

Elles introduisent une ambiguïté fondamentale qui doit se lire à la lumière de l'interdiction de « scandaliser » les petits, car elles distillent l'idée selon laquelle l'amitié homosexuelle fondée sur une attirance désordonnée mérite le « respect » en tant que telle et suggère que les actes s'y intègrent puissent être bons ou bonifiés par l'amour mutuel.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



13 avril, 2012

Et maintenant, Rocco Buttiglione défend le cardinal Schönborn

Rocco Buttiglione
Chercherait-il à se faire pardonner d'avoir déclaré que les homosexuels faisaient comme de « l'évasion fiscale » en profitant des retraites payées par les enfants des familles nombreuses sans contribuer eux-mêmes au renouvellement des générations ? Est-ce par sincérité ou pour une autre raison ? Toujours est-il que Rocco Buttiglione, catholique et démocrate chrétien dont la Commission européenne n'avait voulu à aucun prix en raison de ses prises de position trop traditionnelles sur la famille et l'avortement, vient de justifier le cardinal Schönborn. L'archevêque de Vienne a soutenu la présence au conseil paroissial du village autrichien de Stützenhofen de Florian Stangl, 26 ans, homosexuel déclaré vivant en union civile avec son concubin, contre la volonté du curé.

Buttiglione, membre de l'Académie pontificale des sciences sociales, s'est exprimé le 6 avril dans le quotidien italien Il Foglio, félicitant le cardinal d'avoir évité une attitude « fermée ou hostile à l'égard des homosexuels ».
« Si le cardinal disait que l'homosexualité n'est pas un grave désordre moral, il aurait tort. Mais ce n'est pas ce qu'il dit. Selon la doctrine catholique, l'homosexualité est un grave désordre moral… Je ne crois pas que le cardinal Schönborn nie cette vérité. Il dit simplement que l'homosexuel est un fidèle pécheur, quelqu'un qui se bat pour la foi et qui a besoin de soutien, dans le dialogue amical et discret, en vue de ce combat. Il ne peut accéder aux sacrements, mais il a besoin d'être invité à participer aux activités religieuses et à la vie de la paroisse. »
Voilà qui est plein de bons sentiments, mais décidément sans consistance sur le plan du raisonnement. Ce n'est pas parce que les personnes homosexuelles ont besoin d'aide, de bienveillance et d'amitié pour répondre à ce Dieu veut pour elles, en vue d'un bonheur éternel auquel elles ne sont pas moins appelées que les autres, que pour autant elles sont indiquées pour participer aux instances qui déterminent la marche d'une paroisse catholique.

C'est une manière d'éliminer purement et simplement le concept de « scandale public » qui établit une distinction entre les pauvres pécheurs que nous sommes tous, et ceux qui outrepassent aux exigences de la loi naturelle en exhibant leur choix. Et même, aujourd'hui, en imposant une institutionnalisation de leur style de vie, avec des droits et des avantages qui aboutissent à le faire passer pour normal.

Mais on sait bien qu'aujourd'hui les « méchants » sont ceux que l'on peut taxer d'exclusion et de discrimination…


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

07 avril, 2012

Le cardinal Schönborn et l'homosexuel

Florian Stangl (source : ici.)
Florian Stangl a 26 ans. Il est non seulement homosexuel, ce qui pourrait rester de l'ordre de l'intime, mais il a conclu un partenariat civil avec un ami qui est son concubin officiel. Stangl est également catholique, très engagé auprès des enfants handicapés en tant que salarié de Caritas Autriche. Dans un pays où la contestation ecclésiale fait rage, Stangl a aussi un rêve : faire partie du conseil paroissial du petit village de Stützenhofen. Et apparemment, dans son village, nul n'y a trouvé à redire : lors de la dernière et toute récente élection paroissiale, il a recueilli 96 voix sur 142, plus que n'importe qui d'autre.

Le curé de la paroisse, considérant que les conseillers paroissiaux sont censés accepter l'enseignement et la discipline de l'Eglise – ils signent même généralement un engagement à cet effet, mais cela n'avait pas été fait par les candidats de Stützenhofen – a immédiatement opposé son veto. Une source affirme même qu'il avait prévenu Stangl la veille de l'élection que sa candidature n'était pas recevable dans la mesure où il vit publiquement d'une manière contraire aux valeurs évangéliques. Une autre source assure que le P. Gerhard Swierzek lui a également demandé de ne plus s'approcher de la communion. Le curé en a donc référé à son archevêque, le cardinal Schönborn qui, dans un premier temps, lui a donné raison. Contre la volonté de ses paroissiens qui ont pris fait et cause pour leur jeune élu.

Au vu de cette fronde le cardinal a décidé de recevoir Florian Stangl – avec son compagnon, s'il faut en croire le blog de Philippe Clanché, journaliste à Témoignage chrétien. Et il a décidé de confirmer son élection, « en pasteur plein d'humanité et de finesse » comme l'assure Clanché. Swierzek est désavoué. Les exigences de l'Eglise sont repoussées au second plan. L'important, c'est la fête !

Le 30 mars, le cardinal Schönborn a publié le communiqué suivant que j'estime intéressant de traduire in extenso.
Le cardinal Schönborn 
lors d'une messe « jeune »
Je remercie les nombreux candidats aux élections au conseil paroissial. Par leur candidature, ils ont fait montre de leur souci de l'Eglise et de la foi. Ils témoignent ainsi de la vitalité de l'Eglise. Dans leur diversité, ils reflètent la diversité des vies et des voyages de foi aujourd'hui. Ainsi il y a beaucoup de conseillers paroissiaux dont le style de vie n'est pas en tous points conforme aux idéaux de l'Eglise. Au vu du témoignage de vie donné par chacun et pris dans son ensemble, et leur engagement d'essayer de vivre une vie de foi, l'Eglise se réjouit de leurs efforts. Ce faisant, elle ne remet pas en cause la validité de ses idéaux. 
Dans la petite communauté de Stützehhofen, que je tiens en grande estime, il y a une vive participation à la vie de l'Eglise y compris parmi la jeune génération. Un signe en est l'importante participation aux élections au conseil paroissial. Les erreurs formelles qui ont été mis au jour lors de cette élection ne remettent pas en cause (où le plus jeune candidat, Florian Stangl, a reçu le plus de voix). 
J'ai pu avoir une conversation personnelle avec Herr Stangl, et j'ai été profondément impressionné par son attitude de foi, sa discrétion, et son engagement vécu par rapport au service. Je puis donc comprendre pourquoi les habitants de Stützenhofen ont voté d'une manière aussi décidée pour sa participation au conseil paroissial. 
Aujourd'hui lors du conseil de l'évêque (Bischofsrat) nous avons discuté le cas complexe de Stützenhofen, et  avons pris à l'unanimité les décisions suivantes : 
1. La direction du diocèse ne remet pas en cause la validité de l'élection, ni ses résultats. 
2. Le conseil de l'évêque ordonne une révision des règles applicables aux élections aux conseils paroissiaux en vue de clarifier les pré-requis pour la candidature dans le contexte d'une délibération qui se poursuit à propos de la nature et des buts des conseils paroissiaux.


Tout y est : la Novlangue, le relativisme, le jeunisme, la démagogie, l'adulation de la démocratie dans l'Eglise. Non ?

Florian Stangl, ce modèle de discrétion, a donné des interviews à la presse pour justifier sa position. Où il explique qu'à son avis, « poser l'exigence d'une vie chaste, c'est relativement éloigné de la réalité de la vie ; combien de personnes vivent vraiment chastement ».

Apparemment le cardinal l'a bien voulu entendre.

Et disparaît d'un coup la notion de scandale public. Celle-ci n'est pas une façon de mettre tel ou tel au pilori, mais elle vise à éviter que l'absence de réaction face à un comportement manifestement contraire aux exigences de la foi donne à d'autres l'impression que finalement cela n'est pas si grave, ou est même acceptable. Pousser autrui à mal agir en somme.

Disparaît en même temps la distinction entre les comportements inacceptables pour des tas de raisons – et certes nul n'est parfait – et ceux que la morale traditionnelle qualifie de « contre nature ».

Et se trouve par le fait relativisée l'oppositionde l'Eglise, au nom de la simple loi morale naturelle, à l'institutionnalisation des unions homosexuelles.

Florian Stangl, ce modèle de discrétion, a choisi très délibérément de rendre publique son union avec son ami Alexander. Au point qu'il a invité plus de la moitié de son village à la mairie pour fêter la signature de leur union civile. Et que, devant la déclaration de son curé qu'il ne devait pas recevoir la communion, il a crié à la « discrimination ».

Tiens, on l'attendait, celle-là.

Voilà belle lurette que j'entends d'autres cardinaux dire leur crainte de voir bientôt des catholiques martyrisés au nom de cette non-discrimination.



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

03 octobre, 2011

L'un des « pères » de la pilule contraceptive préconise la fécondation “in vitro”

Et, somme toute, c'est logique. L'Autrichien Carl Djerassi, qui a fait l'objet récemment d'un long portrait laudateur dans les colonnes du Monde, a fortement contribué à séparer acte sexuel et procréation par son rôle dans le développement de la pilule contraceptive, jouant un rôle important dans la recherche qui a abouti à la première molécule mise sur le marché grâce à Gregory Pincus. (A voir ici).

Cet humaniste – amateur des lettres et des arts – était l'invité d'une émission de débat de la BBC où il a expliqué favoriser la procréation artificielle par rapport à la fécondation naturelle qui conduit à 50 % de grossesses non planifiées et à 25 % supplémentaires de grossesses non désirées, une situation impossible selon le chercheur.

D'où son rêve de voir achevée la rupture entre procréation et relations charnelles – penser que les conceptions naturelles sont meilleures est une vision purement romantique, dit-il – au profit d'une technique raisonnée par laquelle les jeunes hommes et jeunes femmes congèleraient leurs gamètes avant d'avoir pris trop d'années, lorsque les cellules reproductrices sont de meilleure qualité. Pour pouvoir les utiliser plus tard, et même quelques années après l'arrêt de l'horloge biologique de la femme…

Toute grossesse serait alors forcément voulue et donc facteur de stabilité et de bonheur.

© leblogdejeannesmits.


09 août, 2011

Autriche : les bureaux de Human Life International vandalisés

LifeSiteNews nous apprend que le bureau de Salzbourg de Human Life International ont été attaqués récemment  par sept individus masqués à l'issue de la Marche autrichienne pour la vie : habillés de noir,ils ont brisé sept fenêtres des locaux, causant des dégâts évalués à des milliers d'euros.

Dietmar Fischer, directeur autrichien de HLI, souligne que l'information n'a quasiment été reprise dans les médias autrichiens : « Imaginez les hurlements de la presse si des pro-vie avaient brisé des carreaux dans un un avortoir », a-t-il déclaré.

Il est lui-même sous le coup de poursuites avec des amis pro-vie : on les accuse d'avoir importuné un avorteur connu, ce que celui-ci-même dément ; ils ont tout de même été condamnés à près de 8 490 euros d'amende ou trois mois d'emprisonnement pour avoir fourni des dépliants pro-vie et des figurines de fœtus à 10 semaines à des témoins pour la vie de Graz qui conseillent les femmes auprès des avortoirs.

L'attaque contre HLI est survenue à l'issue de la « Marche des mille croix » à Salzbourg qui avait dû être protégée par une cinquantaine de policiers des attaques de militants pro-avortement « enclins à la violence » et masqués.

On apprend dans le même temps que HLI a un nouveau président, le P. Shenan Boquet de la Louisiane avec le P, Peter West comme vice-président aux missions. Le président par intérim, Mgr Ignacio Barreiro Carambula, reprend ses fonctions de directeur du bureau romain de HLI.

© leblogdejeannesmits.

10 juin, 2011

Mettre les mères au travail : une idée européenne

Un rapport de 27 pages réalisé le mois dernier par la Commission européenne encourage fortement – pour ne pas dire « contraint » – l'Allemagne à faire travailler davantage de femmes en raison du manque de main- d'œuvre que subit ce pays, en plein hiver démographique. « Il faut mieux intégrer les femmes dans le marché du travail, a fait savoir le président de la Commission, José Manuel Barroso, vantant le « modèle » scandinave.

Ce faux modèle, j'en ai parlé ici il y a deux jours : en Suède, pays exemplaire où 85 % des mères d'enfants d'âge pré-scolaire et 90 % des mères d'enfants scolarisés sont au travail, on connaît des niveaux de stress chez les femmes sans équivalent dans le reste de l'Europe, une régression spectaculaire de la réussite scolaire et des problèmes psychologiques chez les jeunes en hausse constante.

Mais voilà, à force de ne pas avoir d'enfants des pays comme l'Allemagne ne savent plus où se tourner pour  assurer la continuité de leur force de travail.

La Commission abonde ainsi dans le sens d'un plan du gouvernement Merkel, familièrement appelé « Opération Mama » par la presse outre-Rhin, qui vise à faire travailler dans un premier temps quelque 500.000 mères d'enfants de 6 à 16 ans, qui « pour la plupart bénéficient d'une formation de haut niveau et qui sont très motivées ».

Comment faire ? A coups de centaines de millions d'euros d'argent public ! On veut commencer par créer des lieux d'accueil pour lesdits enfants.

L'impôt sur le revenu serait retaillé pour en réduire la pression sur les ménages où l'homme et la femme travaillent. On envisage notamment de taxer les personnes mariées ou en ménage séparément.

Cela va dans le sens de la destruction de la notion de famille en tant qu'entité, entité à protéger : déjà, les pensions de reversion pour les veuves ou les veufs sont en voie de démantèlement complet…

Les mêmes recommandations sont en train d'être faites par la Commission européenne aux Pays-Bas et à l'Autriche.

Source : ici, via LifeSite.

08 janvier, 2011

Exhumation d'un charnier de victimes de l'euthanasie nazie en Autriche

Très peu commentée dans la presse française, la nouvelle de la mise au jour d'un charnier où s'entassaient 220 corps, pour la plupart victimes, d'après les autorités, de la politique nazie d'euthanasie sur les handicapés et déficients mentaux, sur un site hospitalier de Hall dans le Tyrol autrichien a été bien mieux mise en évidence dans les médias des autres pays européens.

En France, on a essentiellement droit à une dépêche brute – et courte – de l'AFP, publiée ici par le Figaro, et à une courte dépêche de l'Associated Press, publiée ici par le NouvelObs, sans davantage de mise en forme.

Le pompon va au Post qui publie l'information de manière tout aussi laconique, et qui l'illustre avec une photo de la mise au jour d'un charnier (probablement celui du Mans) ainsi légendée :

« Un charnier d'hommes morts découvert pendant (sic) la Guerre de Vendée. »


Où, comme chacun sait, l'euthanasie était monnaie courante et la photographie parfaitement au point.

Plus sérieusement : pourquoi cette relative discrétion autour d'un fait révélateur de la barbarie nazie ? Parce que c'est une barbarie qu'on aimerait bien légaliser en France en 2011 ?

Dans la presse anglophone, on apprend que les restes de ces 220 êtres humains morts entre 1942 et 1945, vraisemblablement, entassés là sans dignité et sans respect seront soumis à autopsies quand ils auront pu être récupérés, après le dégel, pour déterminer la cause de leur mort, tandis que les travaux qui ont été à l'origine de la découverte de la « sépulture de masse » ont été arrêtés.

Un historien spécialisé dans la période de l'occupation nazie, Olivier Seifert, a précisé que l'on ne savait pas que le centre de Hall eût été utilisé comme lieu d'euthanasies systématiques, les victimes connues ayant en général été envoyées ailleurs pour y être mises à mort. Une étude précise des restes devrait permettre de savoir si la pratique de l'euthanasie des déficients s'était à ce point installée dans le système médical nazi pour être exécutée dans une certaine mesure dans un grand nombre d'hôpitaux, a-t-il ajouté.

« Nous savons que des meurtres ont été activement pratiqués dans d'autres établissements psychiatriques, par surdoses, manque de soins ou sous-nutrition des patients. »

Le directeur de l'hôpital, Christian Haring, rappelle de son côté que le cri de colère d'hommes d'Eglise avait fait arrêter le programme public d'euthanasie par les nazis en 1941, mais que la pratique s'était poursuivie discrètement par la suite et que précisément à partir de 1942, le taux de mortalité à Hall avait connu un bond marqué. Il note qu'il avait été question en 1942 de créer un service d'euthanasie à Hall.

© leblogdejeannesmits.

30 mai, 2010

Un prix pour le musée de l'avortement et de la contraception

Le Forum européen des musées (l'European Museums Forum basé en Angleterre, chapeautée par le Conseil de l'Europe), vient de décerner ses récompenses annuelles aux musées les plus beaux, les plus méritants, les plus innovants, les mieux rénovés dans les 47 pays membres.

Un nouveau prix décerné pour la première fois – le prix Kenneth Hudson, qui porte le nom du fondateur du Forum – prime les réussites non conformistes. En l'occurrence, le Musée de l'avortement et de la contraception ouvert à Vienne en 2007… Pour avoir « fait croître la conscience publique à propos de ces questions ».

Je vous passe les détails des objets exposés qui couvrent les siècles et vont du préservatif réutilisable en vessie de poisson à la pilule et aux dispositifs intra-utérins. On s'appesantit longuement sur l'histoire pratique de l'avortement, notamment avec la reconstitution d'une petite cuisine, lieu d'activité des « faiseuses d'anges » de naguère.

Pour le parti de droite nationale autrichien, FPÖ, l'initiative était tout simplement aberrante. « Pourquoi la ville de Vienne a besoin d'un musée où l'on expose la manière de tuer les enfants à naître et comment on le faisait jadis, n'est pas tout à fait clair. On aurait mieux fait de dépenser cet argent pour venir en aide aux jeunes mères », disait-il à l'époque de l'inauguration.

Pour les instances européennes il en va tout autrement.

Il va de soi que le parti-pris de ce musée n'est pas de montrer la réalité de l'avortement, mais avant tout les inconvénients et dangers de l'avortement criminalisé par opposition à l'avortement sûr et légal.

© leblogdejeannesmits.

10 mai, 2010

Le cardinal Schönborn part en vrille

Le magazine britannique catholique de gauche, The Tablet,  rapportait dimanche les propos du cardinal archevêque de Vienne devant la presse autrichienne dont on a retenu pour l'heure les violentes attaques contre le cardinal Sodano, qui avait exprimé de manière inhabituelle son soutien au Pape à propos des affaires de prêtres pédophiles. A ce propos le porte-parole du Vatican, le Père Lombardi, a ouvertement félicité l'Eglise d'Autriche pour son attitude pendant cette crise, ajoutant, lundi, que les paroles du cardinal Sodano n'avaient « certainement pas été des plus sages », signale l'hebdomadaire anglophone.

Mais Schönborn a également donné son point de vue très personnel – si ses propos sont rapportés avec exactitude par l'hebdomadaire – sur certaines questions morales.

Le cardinal Christoph Schönborn a ainsi déclaré, selon The Tablet, que l'Eglise devrait réviser sa position sur l'accès à la communion des divorces remariés vu que « bien des gens ne se marient plus du tout ».

« Nous devrions mieux considérer la qualité des relations homosexuelles. Une relation stable vaut certainement mieux que le choix de la promiscuité », aurait-il ajouté. Il faut abandonner la « moralité du devoir » pour chercher à atteindre une « moralité du bonheur »,  et donc ne plus considérer le péché mais les efforts en vue de vivre conformément aux commandements.

Interrogé sur le fait de savoir si le célibat est l'une des causes des abus sexuels du clergé, le cardinal Schönborn a répondu – toujours selon The Tablet – qu'il n'avait pas de réponse et que les psychothérapeutes étaient divisés sur cette question.

Longtemps donné pour le meilleur candidat conservateur « papabile », le cardinal a déjà déçu en laissant procéder à la bénédiction de couples homosexuels dans sa cathédrale de Vienne pour la Saint-Valentin, rappelle LifeSite, tandis que sa décision d'accueillir dans une galerie attachée à la même cathédrale une exposition d'œuvres montrant la Dernière Cène comme une orgie homosexuelle avait provoqué l'indignation de catholiques du monde entier en 2008. Mort l'an dernier, l'auteur de ces pièces, Alfred Hrdlicka, marxiste-staliniste auto-proclamé, a été enterré selon le rite catholique à la cathédrale Saint-Etienne.

© leblogdejeannesmits.

02 avril, 2010

CEDH : au service de la procréation artificielle

La Cour européenne des droits de l'homme a rendu jeudi une décision favorable à deux couples mariés de nationalité autrichienne qui réclamaient le droit d'avoir recours à des techniques de procréation artificielle qui ne sont pas autorisées en Autriche.

La loi autrichienne permet en effet l'insémination artificielle avec le sperme du mari, et limite la procréation in vitro (FIV) à la conception réalisée à partir des gamètes du couple souhaitant procréer, marié ou vivant maritalement, en l'occurrence le sperme du mari et des ovules prélevés sur l'épouse. Tout don d'ovule est interdit et le don de sperme n'est autorisé qu'exceptionnellement dans le cadre d'une insémination artificielle.

Ce n'est pas une loi totalement respectueuse des exigences de la morale catholique mais elle s'en approche beaucoup en limitant le plus possible la « création » d'embryons adultérins du point de vue génétique.

Plusieurs couples autrichiens souffrant de stérilités diverses ont introduit des recours devant la justice de leur pays pour faire assouplir ces règles afin d'obtenir la possibilité d'avoir des enfants dont l'un d'eux serait le parent génétique. La Cour constitutionnelle autrichienne a jugé en 1999 que « l'ingérence dans le droit des requérants au respect de leur vie privée était normale », mais « justifiée car elle visait à éviter, d'une part, la création de relations inhabituelles entre des personnes, comme dans le cas d'un enfant ayant plus d'une mère biologique (une mère génétique et une mère l'ayant porté) et, d'autre part, le risque d'exploitation des femmes, en ce que les femmes issues des milieux socialement défavorisées, qui n'auraient pas les moyens de payer une fécondation in vitro pour avoir un enfant, auraient pu être soumises à des pressions pour qu'elles donnent leurs ovules », résume la CEDH.

Dix ans plus tard, la CEDH a donné tort à l'Autriche. Tout en reconnaissant que les Etats parties à la Convention européenne ne sont pas obligées de légaliser les différentes techniques de procréation assistée, elle vient de juger que le cadre juridique doit être « cohérent » et « qu'en l'espèce, les requérants ont été traités différemment d'autres personnes qui se trouvaient dans des situations comparables ».

La Cour n'a pas retenu les arguments de l'Autriche, jugeant que l'interdiction totale de dons d'ovules n'était pas le seul moyen de parvenir au but légitime recherché d'éviter l'exploitation des femmes. Elle a rejeté la légitimité du but visant à éviter la création de « relations familiales inhabituelles » en invoquant l'adoption, qui « crée un lien familial fondé non sur les liens du sang mais sur un contrat » (en réalité : une alliance…). Ce n'est pourtant pas du tout la même chose : dans le cas de l'adoption, le couple adoptant vient remédier à une situation dramatique, dans le cadre de la procréation artificielle avec donneur, il contribue à la créer dans la mesure où l'enfant est volontairement privé de ses liens génétiques  réels.

Pour ce qui est de l'interdiction du don de sperme pour une FIV, l'Autriche l'a justifiée au motif que celui-ci est mieux contrôlable dans ce cadre que dans celui de l'insémination artificielle, technique plus simple. Argument d'efficacité que la CEDH a rejeté au motif qu'il ne se fonde pas « sur des convictions morales et éthiques communes à la société ».

Les deux couples qui avaient porté leurs cas devant la CEDH se sont vu attribuer 10 000 euros chacun au titre du dommage moral.





25 février, 2010

Deux homosexuels réclament le droit au mariage devant la CEDH : compte-rendu d'audience


L’affaire de deux homosexuels autrichiens, Horst Michael Schalk et Johann Franz Kopf, qui « forment un couple du même sexe et vivent ensemble » et veulent se voir reconnaître le droit de se marier civilement dans leur pays est venue ce jeudi matin devant la Cour européenne des droits de l’homme. Audience un peu irréelle où, de chaque côté de la barre, fût-ce à des degrés divers, aussi bien le conseil des deux hommes que l’agente du gouvernement autrichien partaient du principe qu’il est important de reconnaître aux couples homosexuels un droit de solenniser légalement leur union et d’en retirer des droits concrets et similaires à ceux des couples mariés.

L’affaire a été marquée par une autre bizarrerie : annoncée très tard sur le site de la Cour européenne des droits de l’homme, contrairement à son usage, elle n’a pas été portée à la connaissance des organisations qui auraient pu vouloir intervenir en tant que tierces parties. Si quatre associations de défense des droits de l’homme et plus spécifiquement des droits des « lesbiennes, gays, bi et trans » (LGBT) ont pu s’exprimer et sans doute aussi aider à porter la requête de Schalk et Kopf devant les juges chargés de veiller à la bonne application de la Convention européenne des droits de l’homme, les organisations pro-famille ont appris l’existence de la procédure trop tard. Ainsi le Centre européen pour la loi et la justice n’a-t-il pas pu intervenir au dossier pour défendre les droits du mariage naturel comme il l’aurait certainement fait dans des conditions normales.

La plainte de Schalk et Kopf, dont l’un seulement était présent à l’audience, fait suite au refus du conseil municipal de Vienne de les permettre de se marier en 2002, au motif que seules deux personnes de sexe opposé pouvaient contracter mariage. Les requérants interjetèrent appel devant le gouverneur régional de Vienne et la Cour constitutionnelle. Ains résument l'affaire les services de la CEDH :

« Ils arguaient que la notion de mariage avait évolué avec le temps et devait de nos jours se comprendre comme une union permanente englobant tous les aspects de la vie, la procréation et l’éducation des enfants ne constituant plus un élément déterminant à cet égard. Ils furent déboutés. Le gouverneur comme la Cour constitutionnelle conclurent, en s’appuyant sur les articles 12 (droit au mariage), 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) et 14 (interdiction de la discrimination) de la Convention européenne des droits de l’homme, qu’il était objectivement justifié de limiter le mariage à la notion traditionnelle d’union entre personnes de sexes différents.

Les requérants ont introduit leur requête devant la Cour européenne des droits de l’homme le 5 août 2004.

Invoquant l’article 12 de la Convention, ils dénoncent le refus des autorités de les autoriser à se marier. En outre, sur le terrain de l’article 14 combiné avec l’article 8, ils se plaignent d’avoir subi une discrimination fondée sur leur orientation sexuelle en ce qu’on leur a refusé le droit de se marier et qu’ils n’ont pas d’autre possibilité de voir leur relation reconnue légalement. Enfin, sous l’angle de l’article 1 du Protocole n° 1 (protection de la propriété) à la Convention, ils allèguent être placés dans une situation financière désavantageuse par rapport aux couples mariés. »
S’exprimant en premier, l’agente du gouvernement autrichien a d’emblée soulevé le changement de situation intervenu en Autriche depuis le début de cette année, qui selon elle pourrait rendre la poursuite des deux hommes caduque : c’est la mise en place d’un « partenariat enregistré » (l’équivalent, à peu de choses près, du pacs en France) ouvert à tous, couples « hétérosexuels » ou non, qui « crée des droits et obligations très semblables au droit du mariage ».

Elle s’est longuement interrogée sur l’évolution de la jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme (qui connaît ici pour la première fois la demande directe d’un couple homosexuel de voir affirmé son droit de se marier) dans une plaidoirie touffue où le principe de l’évolution de l’interprétation de la Convention européenne était somme toute présentée comme normale et acceptable.
Mais pour elle, il y a plusieurs limites aux obligations actuellement imposées aux Etats membres du Conseil de l’Europe par les instruments internationaux. Le droit du mariage relève des lois nationales dans la mesure où les droits de chacun sont « substantiellement » respectés ; d’ailleurs la Convention évoque ce droit pour les « hommes et les femmes ». S’il existe une forme de partenariat civil, il doit être ouvert aux couples de même sexe comme aux autres. Mais là où ces partenariats n’existent pas, les Etats sont simplement « invités » à les instituer, a-t-elle dit en substance, invoquant leur liberté d’appréciation à cet égard.

Chose significative, l’agente du gouvernement autrichien a souligné que la situation pourrait bien avoir changé en raison de l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et de la Charte européenne des droits de l’homme qui y est attachée (et produit donc ses effets non dans les 47 pays du Conseil de l’Europe mais dans les 27 Etats de l’Union). Dans l’article relatif au droit du mariage il n’est fait aucune mention du sexe des intéressés. « Pour le moment on ne sait pas quelles sont les conséquences de ce libellé », a-t-elle souligné, ce qui laisse tout de même prévoir que celles-ci pourraient bien être fâcheuses pour le mariage naturel…

De même, ne prenant à aucun moment la défense du mariage traditionnel, la représentante de l’Autriche a soutenu que l’institution de la famille n’est pas « figée », ajoutant que la « vie de famille » dont la Convention protège le respect existe dès lors qu’il y a entre les personnes des « relations étroites dans la pratique ». Elle souligna au contraire que la place des lois européennes prennent de plus en plus de place dans ce domaine.

La plaidoirie semblait pour le moins ambiguë, même si, se plaçant sur le plan de la lettre du droit, elle pourrait bien avoir pour effet de permettre au gouvernement autrichien d’obtenir gain de cause.
« L’Autriche ne veut pas seulement tolérer les homosexuels et les lesbiennes mais leur rendre hommage dans leur dignité et leur liberté » : la conclusion de la plaidoirie du gouvernement donne le ton du reste.  Il y manque une distinction : bien sûr que le respect des personnes s’impose ; mais pourquoi le confondre avec la promotion de leur revendications par rapport à leur activité sexuelle revendiquée ?
Du côté des requérants, on s’attacha à montrer que l’existence récente d’un statut du partenariat enregistré ouvert aux homosexuels ne change rien aux demandes des deux « quadras » homosexuels, parce qu’il les place dans une situation d’« inégalité » par rapport aux couples hétérosexuels qui ont le choix de se marier. Cela « maintient une différence de traitement selon le sexe et donc une discrimination »

Toute distinction, souligna le conseil de Kopf et Schwarz, « doit être vraiment nécessaire pour atteindre un objectif légitime », et pour lui elle ne se justifie pas dans le cas du mariage refusé aux couples homosexuels, n’étant « pas conforme à l’acception actuelle des droits fondamentaux ».
Le partenariat enregistré ne suffit pas, parce que, ne mentionnant pas les enfants, celui-ci écarte d’emblée les partenaires des prestations accordées pour la « promotion de la famille », et que (vous allez rire) il ne comporte aucune mention de « fiançailles » ou de « promesse » comme la promesse de mariage. Etant réduits à enregistrer leur partenariat dans un bureau de l’administration, et non à la mairie ou au tribunal, privés des bienfaits de l’inscription à l’état civil, les couples homosexuels sont par là même victimes d’une « discrimination et d’une humiliation »…

Passons rapidement sur l’intervention groupée des associations de défense des droits gays qui ont souligné le nombre de pays où désormais les unions homosexuelles jouissent de droits égaux par rapport à ceux du mariage, pour évoquer simplement cette phrase, assénée comme une certitude : « Aucun argument rationnel ne permet d’écarter les couples homosexuels du mariage », pourquoi « imposer » les « arguments religieux d’une minorité » ? Pour eux, la différence de traitement peut s’assimiler à la « ségrégation raciale » qui déclare les différents groupes « séparés mais égaux », et cela n’est bien sûr pas acceptable.

La fin de l’audience, réservée aux questions des juges, allait achever de montrer la gêne de la représentante de l’Autriche qui n’a jamais abordé le fond de la question. Les juges l’ont indirectement souligné en posant des questions sur la manière dont l’Autriche pensait pouvoir justifier poursuivre un « objectif légitime » en interdisant le mariage aux homosexuels, en demandant aussi à sa représentante pourquoi celui-ci ne leur est pas accordé vu que, selon ses propres dires, il comporte quasiment les mêmes droits et devoirs que le partenariat enregistré avec un « statut juridique quasi identique ».
L’agente de l’Autriche souligna que la différence concerne presque seulement les enfants. Et s’arrêta là sur ce point. Pourtant elle avait demandé une suspension d’audience pour pouvoir « préparer sa réponse » : visiblement, elle n’était pas « briefée » sur les raisons pour lesquelles on peut estimer légitime que le mariage n’existe qu’entre un homme et une femme. Tactique ? Peur d’une dénonciation pour homophobie ? Le fait est que le fond de la question n’a pas été évoquée, ni de près ni de loin, l’important semblant être de soutenir coûte que coûte que, « à l’exception des enfants », les homosexuels en Autriche ont déjà tous les droits des couples mariés.

La chambre de la CEDH a mis l’affaire en délibéré à une date indéterminée, tant sur la responsabilité que sur le fond. Comme la décision n’émanera pas de la Grande chambre elle sera susceptible d’appel.

13 février, 2010

Linz en Autriche : le pouvoir des fidèles

Un groupe de catholiques de Linz, en Autriche, a obtenu le licenciement du directeur de la communication et porte-parole du diocèse, Ferdinand Kaineder, qui s'était distingué en diffusant dans le cadre de son rôle officiel, en 2006, un CD sur la sexualité destiné aux jeunes. Le CD offrait des informations sur l'accès aux produits contraceptifs et renvoyait vers de sites faisant la promotion de l'avortement. Il a été distribué à 15.000 jeunes.

Cette information de la journaliste Hilary White de LifeSite montre que la mobilisation de la « base » peut être payante...

En l'occurrence, c'est la création d'une « Initiative de prière fidèles à l'Eglise » dès octobre 2006, après la sortie du CD de Kaineder, qui a fini par conduire les autorités d'un des diocèses les plus progressistes d'Europe a désavouer son porte-parole. Il a suffi de l'action concertée de quelque 350 paroissiens qui ont décidé de verser leur contribution fiscale destinée à l'Eglise non au duicèse, mais sur un compte en séquestre dont ils n'entendaient reverser les fonds au diocèse qu'après la démission ou le licenciement de Kaineder. Sur les 50.000 euros gardés une partie a été transférée au diocèse, le restant des fonds ayant été réparti parmi des mouvements pro-vie.

Kaineder a été retiré du poste de porte-parole en juillet dernier, mais tout en conservant son salaire et un titre de directeur émérite de la communication du diocèse de Linz. Ce n'était donc pas un désaveu ; d'ailleurs l'évêque du diocèse, Mgr Ludwig Schwarz, était toujours critiqué pour n'avoir rien dit à propos du CD contraire à la doctrine catholique.

Au bout du compte le groupe de catholiques et l'évêques ont fini par se mettre d'accord, les premiers acceptant de débloquer leur denier du culte, le second de renvoyer définitivement l'ex-directeur.

Celui-ci, selon LifeSite, s'est plaint de la campagne de calomnies qui l'a atteint, dénonçant le site d'informations Kath.net qui, selon lui, a des liens étroits avec le Vatican.

Linz est le diocèse dont le clergé avait rejeté, au début de 2009, la nomination du P. Gerhard Maria Wagner comme évêque auxiliaire parce qu'il le jugeait trop traditionnel. Le prêtre avait fini par renoncer à la charge qui lui avait été confiée par Benoît XVI en priant celui-ci de l'en relever. L'association de fidèles qui avaient soutenu la fronde progressiste, « Nous sommes l'Eglise », a naturellement pris fait et cause pour l'ancien porte-parole du diocèse.

© leblogdejeannesmits.

 
[]