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23 décembre, 2020

Mgr Viganò commente le pacte entre le Vatican et la Chine : l'Eglise est devenue “une caverne de voleurs”…

Le quotidien italien La Verità a publié samedi une violente charge contre l’accord secret entre la Chine et le Saint-Siège, récemment renouvelé, par le directeur du Council on Middle East Relations, Arthur Tane, suivie d’un commentaire musclé de Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique, qui inscrit ces faits parmi de nombreux signes d’« apostasie » venant du Vatican.

Vous trouverez ci-dessous ma traduction intégrale de l’article de Mgr Viganò, qui me rappelle les rumeurs entendues l’an dernier de source sérieuse à Rome à propos d’importants versements pécuniaires de la Chine au Saint-Siège. Si leur exactitude reste à vérifier, on peut s’interroger devant les faits qui s’accumulent.

La Verità publie in extenso la lettre adressée le 20 octobre dernier par Arthur Tane au cardinal Parolin pour demander à celui-ci de ne pas renouveler le pacte du Vatican « avec le Parti communiste chinois », au risque de « compromettre son autorité morale ». Tane y accusait le pacte de mettre l’Eglise, « et spécialement le pape François », « du mauvais côté de l’histoire », donnant l’image d’un pape « d’une arrogance ignare » mais aussi en état de « faillite spirituelle ».

Il observait que ce pacte, jamais rendu public, donne notoirement aux autorités chinoises un « pouvoir considérable sur les nominations épiscopales ». « Un tel pouvoir ne figurait même pas dans le tristement célèbre Reichskonkordat de juillet 1933 entre le Vatican et le gouvernement nazi, nouvellement formé, en Allemagne. Jusqu’à maintenant ce pacte honteux, signé par le cardinal Eugenio Pacelli (le futur Pie XII), secrétaire d’Etat sous Pie XI, fut la dernière instance où l’Eglise commit une telle bourde à l’égard d’un régime totalitaire », écrivait Tane.

(Cela mériterait quelque analyse : l’Ostpolitik et l’accord de Metz, ce n’était pas mal non plus, mais il est ici question de documents diplomatiques officiels, fussent-ils secrets…)

Ce pacte devait donner lieu à un « rétropédalage », observe Tane : dès mars 1937, Pie XI publiait Mit Brennender Sorge, l’encyclique par laquelle « il condamnait les théories raciales et les mauvais traitements réservés aux personnes en fonction de leur nationalité ou de leur race ».

Tane soulignait que l’Eglise pouvait encore se soustraire à l’accord avec la Chine, « tant qu’il est encore temps, énumérant ensuite les « détériorations » que constituent les agressions et autres actions politiques auxquelles la Chine s’est livrée depuis sa signature en septembre 2018.

« François se fait entendre à propos du changement climatique et pour condamner le capitalisme de marché, mais son silence sur le bilan de la Chine en matière de droits de l’homme, y compris la liberté religieuse, est assourdissant », notait Tane, évoquant la persécution des Ouïghours et la poursuite des avortements et stérilisations forcés.

« Aujourd’hui, à travers la Chine, les autorités communistes soumettent les musulmans à une surveillance inédite, elles ferment ou rasent des églises chrétiennes, elles contraignent des moines à faire allégeance au marxisme-léninisme, elles interdisent aux enfants d’entendre ou de lire la parole de Dieu, et elles réécrivent le Nouveau Testament pour lui faire dire que Jésus a lapidé des innocents » (voir ici).

« Sous Xi Jinping et son diktat sur la “sinisation de la religion”, l’imagerie et les signes religieux sont détruits ou remplacés. Mao au lieu de la Vierge Marie ; Xi à la place de Jésus. Il s’agit là d’une abomination absolue, de l’œuvre d’esprits possédés par le satanisme », notait Arthur Tane.

« Si le pacte entre le Vatican et le Parti communiste chinois devait être renouvelé par le pape François, cette infamie tacherait les murs de l’Eglise du sang des innocents » accusait-il : « Soit l’Église comprend la signification de sa mission, soit elle est elle-même devenue un temple de changeurs de monnaie. Car, selon les paroles de Jésus : “Ma maison sera appelée une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs” »

Cette lettre n’a donné lieu à aucune réponse de la part du cardinal Parolin, a fait savoir Arthur Tane.

Deux jours après que Tane eut envoyé sa mise en garde à Rome, la Chine annonçait officiellement le 22 octobre que son « pacte préliminaire » avec le Saint-Siège était renouvelé pour deux ans, « après des consultations amicales ».

Voici donc le commentaire de Mgr Viganò. – J.S.

*

Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus :
et fugiant qui oderunt eum a facie ejus.
Psaume 67


Voici la dernière nouvelle du jour : Bergoglio se consacre actuellement à la réalisation d’une série télévisée intitulée Sharing the Wisdom of Time (« Partager la richesse du temps »), produite par Netflix, qui a publié hier un message sur Twitter résumant sa référence idéologique : Louez Satan. Il va sans dire que cette multinationale est impliquée dans la propagation de l’immoralité et du vice, y compris l’exploitation sexuelle des mineurs. 

De même, ces derniers jours, le Saint-Siège a signé avec l’ONU un accord en vue de promouvoir la « durabilité » et l’égalité de genre, apportant ainsi son soutien à une organisation qui promeut l’avortement et la contraception. Au jour même où nous fêtons l’Immaculée Conception – le 8 décembre 2020 – presque comme une scandaleuse insulte à la Bienheureuse Mère, un nouveau partenariat a été officiellement institué entre le Vatican et le « Conseil pour un capitalisme inclusif » lancé par Lynn Forester de Rothschild, une amie proche d’Hillary Clinton et de Jeffrey Epstein, non sans avoir envoyé un message louangeur à Klaus Schwab, le président du Forum économique mondial et théoricien du Great Reset. Et pour lever tout malentendu, après de nombreux appels à obéir aux autorités dans l’urgence de la psycho-pandémie, il semble que le vaccin Covid doive être rendu obligatoire pour tous les fonctionnaires et le personnel de la Cité du Vatican, bien qu’il ait été produit au moyen de cellules  provenant d’un fœtus avorté et qu’il n’offre aucune garantie d’efficacité ou d’innocuité.

Je crois qu’il est maintenant acquis, au-delà de tout doute raisonnable, que les dirigeants de la Hiérarchie catholique actuelle se sont mis au service de l’Oligarchie et de la Franc-maçonnerie mondialistes : au culte idolâtre de la pachamama dans la Basilique du Vatican s’ajoute désormais une crèche sacrilège, dont la symbolique semble faire allusion aux anciens rites égyptiens ainsi qu’aux aliens. Il faut être naïf ou complice pour nier que dans toute cette chaîne d’événements il y a une cohérence idéologique très claire et une intelligence diabolique lucide. 

Mais comme je l’ai déjà souligné, il serait trompeur de se limiter à une évaluation des événements au sein de l’Église sans les inscrire dans un contexte politique et social plus large : une seule orientation est donnée, dans laquelle les principaux protagonistes comme les figurants suivent le même scénario. Le but est maintenant ouvertement déclaré : détruire les Nations de l’intérieur au moyen du deep state, et l’Église du Christ au moyen de la deep church, afin d’établir le royaume de l’Antéchrist, avec l’aide du faux prophète.

L’accord secret Sino-Vatican, très fortement souhaité par Bergoglio et renouvelé il y a quelques semaines, s’inscrit parfaitement dans ce tableau inquiétant, confirmant le pactum sceleris qui condamne les catholiques chinois à la persécution, les dissidents à la rééducation, les églises à la démolition, les Saintes Écritures à la censure et à la falsification. Ce n’est pas un hasard si cet accord, que les papes ont toujours refusé avec dédain, a été rendu possible grâce aux offices de l’ex-cardinal McCarrick et de ses complices, avec l’aide décisive des jésuites : les acteurs, on le sait, sont toujours les mêmes. Ils sont à la fois corrompus et corrupteurs, à la fois corrompus et corrupteurs, tous unis par leur rébellion contre la doctrine et la morale et soumis sans discernement à des pouvoirs anti-catholiques, et même anti-chrétiens.

La Chine communiste constitue le bras armé du Nouvel Ordre Mondial, tant par la propagation d’un virus mutant créé en laboratoire, que par l’ingérence dans les élections présidentielles américaines et l’enrôlement de « cinquièmes colonnes » au service du régime de Pékin. Elle favorise également l’apostasie des dirigeants de l’Église, empêchant celle-ci de proclamer l’Évangile et se constituer en mur de défense contre l’attaque de l’élite. Le fait que cela apporte des avantages économiques au Vatican rend la soumission de la secte bergoglienne à ce plan infernal encore plus honteuse, créant un contrepoint important au commerce des migrants, au service lui aussi de la dissolution délibérée de la société jadis chrétienne. Il est déconcertant qu’une trahison aussi scandaleuse de la mission de l’Église catholique ne suscite pas une condamnation ferme et courageuse de la part de l’Épiscopat, qui – face aux preuves d’une apostasie qui se poursuit avec toujours plus de détermination – n’ose pas élever la voix, par peur ou par une fausse conception de la prudence.

Les paroles du Dr Arthur Tane, directeur du Conseil des relations avec le Moyen-Orient, peuvent paraître audacieuses et fortes, mais elles ont le mérite de mettre en évidence sans fausse peur la subversion mise en œuvre sous ce « pontificat » des plus inquiétants. Il faut espérer qu’avec la publication de la lettre de Tane au cardinal Parolin, certains ouvriront enfin les yeux, avant que le complot des conspirateurs ne puisse s’accomplir. À cet égard, nous sommes d’accord avec la louable dénonciation faite par le cardinal Burke, en la fête de Notre-Dame de Guadalupe, de l’utilisation du Covid aux fins du Great Reset –une dénonciation qui rejoint celle que j’ai exprimée en mai dernier et que j’ai réitérée à maintes reprises, ainsi que celle d’autres pasteurs fidèles à la Parole de Dieu ayant le souci de leur troupeau.

La lettre d’Arthur Tane au Secrétaire d’État se termine par une citation de l’Évangile plus que jamais pertinente : « Soit l’Église comprend la signification de sa mission, soit elle est elle-même devenue un temple de changeurs de monnaie. Car, selon les paroles de Jésus : “Ma maison sera appelée une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs” » (Mt 21, 12-13).

En tant qu’évêques, nous ne pouvons pas nous taire : notre silence constituerait une connivence et une complicité intolérables avec ces mercenaires qui, abusant d’un pouvoir usurpé, renient le Christ et confient des âmes à l’Ennemi du genre humain.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
18 décembre 2020
Vendredi des Quatre-Temps de l’Avent


© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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29 février, 2020

Mgr Carlo Maria Vigano écrit une lettre de soutien au cardinal Zen, attaqué par le Vatican pour sa résistance à l'accord Chine-Saint-Siège

Vatican - cardinal Zen, la guerre est déclarée à propos des protestations répétées du cardinal émérite de Hong Kong contre les accords secrets entre le Saint-Siège et Pékin au détriment de l'Eglise clandestine fidèle à Rome. Riccardo Caccioli de La Nuova Bussola Quotidiana a commenté la « lettre explosive et incroyable » envoyée à propos de ce prélat fidèle à tous ses confrères par le cardinal Re. Un article important traduit par « Benoit-et-moi » et à lire ici.

Mgr Carlo Maria Viganò vient à son tour d'adresser avec une grande émotion une lettre de soutien au cardinal Zen, publiée par Corrispondenza Romana, dont je vous propose ici ma traduction intégrale. – J.S.

*

Très chère Éminence,

Je suis Carlo Maria Viganò, archevêque, ancien nonce apostolique aux États-Unis d'Amérique.

J'ai suivi avec une profonde compassion, partageant vos souffrances dans la prière, vos nombreux appels sincères au Pape Bergoglio, relatifs à la situation dramatique de l'Eglise martyre en Chine, qu'il a lui-même aggravée de façon coupable avec le malheureux et traître Accord secret signé par le Saint-Siège avec le gouvernement communiste chinois.

Vos appels sincères, cher Frère en Christ, ont été systématiquement ignorés et même tournés en dérision de manière hypocrite et perverse. Quant au cardinal Parolin, il a agi comme le simple exécuteur imprudent d'un maléfique ordre supérieur.

J'ai lu ce matin la lettre ignominieuse et honteuse adressée par le cardinal Giovanni Battista Re à tous les cardinaux, contre vous. J'en suis profondément attristé et indigné, et je tiens à vous exprimer toute mon affection, ma prière et ma solidarité fraternelle dans l'épiscopat.

Vous êtes un courageux confesseur de la foi, qui avez toute ma vénération et mon admiration !

Hélas, le mensonge est érigé en système au Vatican, la vérité est totalement renversée, la tromperie la plus perverse est pratiquée sans vergogne même par ceux qui paraissent au-dessus de tout soupçon, et qui se prêtent désormais à la complicité avec l'adversaire. On en est même venu à dire que « le pape Benoît XVI avait approuvé le projet d'accord » signé en 2018, alors que nous connaissons tous sa résistance acharnée et sa désapprobation répétée des conditions imposées par un régime persécuteur et sanguinaire.

Le Vatican a tout fait et davantage pour livrer l'Église martyre chinoise aux mains de l'ennemi : il l'a fait en signant le Pacte secret ; il l'a fait en légitimant des « évêques » excommuniés, agents du régime ; il l'a fait en déposant des évêques légitimes ; il l'a fait en imposant aux prêtres fidèles de s'inscrire dans l'Église qui est soumise à la dictature communiste ; il l'a fait quotidiennement en gardant le silence à propos de la fureur persécutrice qui, précisément depuis cet accord inopportun, a connu une augmentation inouïe. Il le fait maintenant à travers cette lettre ignoble à tous les cardinaux, cherchant à vous accuser, à vous dénigrer et à vous isoler.

Notre Seigneur nous assure que rien ni personne ne pourra jamais arracher de sa main ceux qui résistent à l'infernal ennemi et à ses acolytes, car Il triomphe d'eux « par le sang de l'Agneau et par le témoignage de leur martyre » (Apoc. 12, 11).

Votre exemple, cher Cardinal, et le prix très élevé que vous payez pour défendre la Cause de Dieu et de son Église, nous causent un choc salutaire, nous arrachant à l'inertie et à la complaisance avec lesquelles nous assistons à la capitulation de l'Église catholique à ses plus hauts niveaux et dans sa hiérarchie, devant l'hérésie et l'apostasie, pour s'être mise à suivre le Prince de ce monde, menteur et assassin depuis l'origine.


Parce, Domine, parce populo tuo,

quem redemisti, Christe, sanguine tuo,

ne in aeternum irascaris nobis.

+ Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire d'Ulpiana
Nonce apostolique


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16 décembre, 2014

“Hallucinant” ! Le site du Vatican remanié

Yves Daoudal a tout de même fini par retrouver les textes des papes antérieurs au pape François… A lire ici.

Maintenant, la « une » du site, c'est ça.

ADDENDUM : Modification ? On peut maintenant cliquer sur « Souverains pontifes » pour accéder à la liste des papes depuis Léon XIII et leurs textes. Le chemin est un peu plus court, mais pas tellement plus clair.

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01 septembre, 2013

Mgr Pietro Parolin : le nouveau secrétaire d'Etat et la croix

Mgr Pietro Parolin, nouveau secrétaire d'Etat du Vatican qui prendra ses fonctions le 15 octobre, est un « diplomate de carrière », actuellement nonce apostolique au Venezuela. En apprenant sa nomination par le pape François il a donné une interview citée  par le site hispanophone ACIPrensa dont je vous livre quelques extraits intéressants. Je ne sais rien de sa réputation,  mais ces paroles donnent l'impression d'un homme de foi profonde.

Affirmant ressentir son indignité et l'énormité de la tâche, il s'est recommandé « à l'amour miséricordieux du Seigneur, dont rien ni personne ne pourra nous détacher jamais, et à l'oraison de tous ».

« Avec anxiété, mais aussi avec foi et sérénité, je me place dans ce nouveau service à l'Evangile, à l'Eglise et au pape François, disposé, comme il nous l'a demandé de puis le début, à cheminer, édifier, construire et confesser.

Que la Vierge, que j'aime à invoquer sous les vocables de Monte Berico, Guadalupe et Coromoto, nous donne le courage de marcher en présence du Seigneur, avec la Croix du Seigneur ; d'édifier l'Eglise sur le Sang du Seigneur versé sur la Croix ; et de confesser l'unique gloire, Jésus-Christ crucifié. Et ainsi l'Eglise ira de l'avant. »

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25 mai, 2013

Le Saint-Siège dénonce la “pilule du lendemain” comme abortive à l'OMS

Le président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, Mgr Zygmunt Zilowski, est intervenu le 22 mai devant la 66e assemblée mondiale de la santé à Genève qui se déroule jusqu'à mardi prochain, pour condamner très explicitement la qualification par l'OMS de la « pilule du lendemain » ou contraception d'urgence comme « produit d'importance vitale ». Il a souligné que dans le cas où la conception a déjà eu lieu, « certaines substances contenues dans la pilule du lendemain produisent un effet abortif »

La résolution EB132.R4 de l'Organisation Mondiale de la Santé a classé la contraception d'urgence parmi les 13 « produits d'importance vitale » (ou « produits pour sauver des vies ») dont les Etats membres sont poussés à améliorer la qualité, les stocks et l'utilisation.

Mgr Zimowski, tout en saluant les efforts de l'OMS dans le cadre de ses initiatives pour promouvoir une « vieillesse active » qui est au centre des débats de cette semaine, et son engagement pour sauver les vies des mères et des enfants comme le veulent les « Objectifs du Millénaire », a consacré un quart de son temps de parole à la question de la pilule du lendemain.
J'emprunte à Zenit la traduction de son intervention à ce sujet :
« Le Saint-Siège est tout à fait d’accord sur la nécessité de réaliser une réduction ultérieure des pertes de vies humaines et la prévention des maladies moyennant un meilleur accès à des interventions moins coûteuses mais respectueuses de la vie et de la dignité des mères et des enfants, à chaque étape de la vie, depuis sa conception jusqu'à sa fin naturelle. 
A ce propos, la délégation du Saint-Siège veut soulever de sérieuses préoccupations au sujet du Rapport du Secrétariat et de la Résolution recommandée par le Comité Exécutif pour promouvoir la réalisation des recommandations de la Commission sur les produits d’importance vitale pour les femmes et les enfants. Tandis que certaines de ces recommandations entendent véritablement “sauver la vie”, celles concernant la “contraception d’urgence” peuvent difficilement être considérées comme telles du moment que, comme on le sait très bien, lorsque la conception a déjà eu lieu certaines substances employées dans la “contraception d’urgence” produisent un effet abortif. 
Pour ma Délégation, il est tout à fait inacceptable de se référer à un produit médical qui constitue une atteinte directe à la vie de l'enfant in utero comme à un “produit d’importance vitale” et, pire encore, d'encourager  “un usage plus étendu de ces substances dans toutes les régions du monde”. »
Cette déclaration est à rapprocher, bien sûr, de l'affaire qui a avait éclaté en Allemagne au printemps lorsqu'une femme victime de viol s'était vu refuser la pilule du lendemain par deux établissements de santé catholique. Devant le tollé des médias, le cardinal Meisner avait affirmé que la pilule du lendemain doit être fournie en cas de viol et la presse avait retenu que la Conférence des évêques d'Allemagne l'autorisait donc en cette circonstance.

Par la suite, une clarification emberlificotée avait précisé qu'il ne s'agissait que des pilules du lendemain non abortives. Qui n'existent pas. Voir ici par exemple.

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05 février, 2013

Le coup de poignard de Mgr Paglia, chéri des francs-maçons, contre les opposants au “mariage” gay

A propos de ce « ministre de la Famille » du Vatican, Mgr Paglia qui reconnaît des droits aux couples gays, Yves Daoudal dit tout. A lire, d'urgence, ici.

Vincenzo Paglia (à gauche) donne l'accolade
à Rino Fisichella
Lors de la nomination de Mgr Vincenzo Paglia à la tête du Conseil pontifical pour la Famille – un poste qui lui fait espérer le chapeau cardinalice – le Grand Orient démocratique italien avait applaudi très fort, dans un communiqué des « Frères du Grand Orient démocratique » daté des 27-28 juin 2012.

L'article salue l'entrée de « Sant-Egidio, l'ONU du Trastévère » dans la Curie romaine en des termes particulièrement chaleureux :

« Nous nous félicitons du choix d'un des rares hommes d'Eglise qui méritent véritablement l'estime, la considération et l'affection du peuple catholique. »

« Il représente une lumière d'espérance pour ceux qui ne se résignent pas à voir totalement oubliée la grande époque réformatrice du Concile Vatican II. »

Ceci expliquant cela ?

Les Frères affirment cependant que Paglia n'est pas maçon, ajoutant que leurs félicitations n'ont rien à voir avec des « considérations de paroisse ou occultes ». Certains d'entre eux se revendiquent au contraire catholiques et tous ajoutent :

« Nous sommes vraiment heureux que des personnes représentant les meilleures instances spirituelles du christianisme puissent non seulement recevoir une reconnaissance adéquate de leur travail, mais occuper des postes de responsabilité, d'où ils peuvent contribuer à réformer l'Eglise dans un sens plus cher à son Fondateur. »

On comprend mieux qu'un tel homme soit en train de saboter le travail de ceux qui luttent contre le « mariage » gay et demandent la reconnaissance des unions civiles des homosexuels et les droits des foyers homoparentaux.

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21 janvier, 2013

Le cardinal Sarah dénonce l’éthique laïque

Le cardinal guinéen Robert Sarah, responsable pour le Saint-Siège de l’aide catholique au développement, a parlé avec force, vendredi, contre l’invasion de « la mentalité contraceptive occidentale » et « l’idéologie du genre » parmi les travailleurs humanitaires catholiques.

« Certains membres de l’Eglise qui travaillent dans le domaine de la charité se sont laissé séduire et formater par l’éthique purement laïque des agences d’aide de la gouvernance mondiale, jusqu’à établir des partenariats inconditionnels et adopter les mêmes objectifs de déstructuration anthropologique, les mêmes langages et les mêmes slogans », a dénoncé le cardinal Sarah, président du Conseil pontifical « Cor Unum ».

Il a évoqué « une double peine imposée à l’Afrique : l’imposition d’un modèle économique et social par les donateurs et l’imposition d’un modèle anthropologique étranger à l’Afrique ». Ce sont des « modèles destructeurs » : une « vision négative et destructrice de l’homme et de la femme » véhiculée, parfois « avec violence », par « certains organismes internationaux », a déclaré Mgr Sarah à l’ouverture de l’assemblée plénière de son ministère. Mercredi, le cardinal Sarah avait déjà critiqué les conditions posées par les agences d’aide au développement, « souvent liées au contrôle des naissances ou à la promotion de ce que l’on appelle “les nouveaux droits” ».


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22 octobre, 2012

Le “mariage” gay et le “respect” selon Manuel Valls

L’AFP nous apprend que le Président et le Premier ministre français ont souhaité exprimer « un message de très grand respect à l’égard du Saint-Siège », a assuré samedi soir à Rome le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, venu pour la canonisation du jésuite Jacques Berthier, premier saint de Madagascar.

Il s’est entretenu avec le « ministre des Affaires étrangères » du Saint-Siège, Mgr Dominique Mamberti, notamment à propos du « mariage pour tous et la fin de vie », a-t-il précisé, au nom de ce que souhaite le gouvernement : « Un dialogue constant, régulier, respectueux des positions des uns et des autres, des différends, des désaccords quand il y en a, et surtout serein. »

Je vois des cathos bon teint se féliciter de ce « tournant », de ce ministre qui fait preuve de « responsabilité » et d’« écoute » – notamment le père Amar du Padreblog dans un tweet, ce matin. Il n’a pas dû lire la suite.

A propos du « mariage » homosexuel, Manuel Valls a déclaré : « Je lui ai dit que c’est un engagement du président. Un débat aura lieu. Ce sont des sujets complexes qui provoquent un débat de société, peut-être interrogent les Français. » Mais d’ajouter aussitôt : « Personne ne doute que cet engagement du président sera mis en œuvre, mais toutes les voix politiques, philosophiques, religieuses se feront entendre. »

Décryptons : Nous ne pouvons empêcher personne de parler, d’ailleurs les catholiques se font déjà entendre comme on ne s’y attendait pas, nous en prenons acte mais cela ne changera rien ; nous allons sortir la batterie lourde et les libres-penseurs monteront au créneau ; que les opposants à ce projet qui sera mis en œuvre causent toujours, ils nous intéressent !

• Cet article a paru dans Présent daté du 23 octobre 2012.


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24 juin, 2012

Premières Dames… Hilary Clinton défend les “droits reproductifs” à Rio+20 (et un cardinal parle vrai)

Romandie.com reproduit cette dépêche de l'AFP :
« RIO DE JANEIRO - La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déploré vendredi que le texte final de la conférence de l'ONU Rio+20 ait exclu la mention sur le droit des femmes à décider d'avoir ou non des enfants. 
Si je suis très satisfaite de ce que le document assure les droits sexuels et reproductifs ainsi que l'accès universel au planning familial, pour atteindre nos objectifs sur le développement durable, nous devons aussi assurer les droits reproductifs des femmes, a affirmé Mme Clinton dans son discours au sommet Rio+20. 
Il faut donner aux femmes le pouvoir de décider si elles veulent des enfants et combien elles en veulent, a-t-elle souligné. (Lire la suite…)
Dans le langage codé des féministes, les « droits reproductifs » désignent les droits absolus des femmes sur la décision de procréer, et cela comprend le « droit à l'avortement ». Ce code est si bien connu que les Etats attachés au respect de la vie travaillent d'arrache-pied à chaque nouvelle rencontre internationale où l'on tente d'introduire ces mots dans les déclarations finales ou les traités, pour éviter qu'ils n'y figurent et ne donnent prise à ceux qui prétendent introduire le « droit à l'avortement sûr et légal » un nouveau droit de l'homme, protégé par les instruments internationaux.

Une nouvelle fois, grâce notamment aux efforts du Saint Siège qui a statut d'observateur aux réunions de l'ONU – Rio+20, sommet sur le développement durable, est sous le patronage des Nations unies – et à plusieurs pays qui lui ont emboîté le pas, ces mots ont été évités.

C'était pourtant la première fois que de multiples personnalités et organisations internationales, gouvernementales ou non, établissaient un lien aussi clairement affirmé entre la croissance démographique et le « développement non durable », et ainsi le document final sur la protection de la planète et « l'économie verte » inclut-il un article sur le droit universel à la contraception. On comprend d'après l'intervention de la Secrétaire d'Etat Hilary Clinton devant le Sommet, que l'accès à l'avortement est un facteur nécessaire pour « atteindre nos buts en matière de développement durable ».

S'exprimant mardi lors d'un événement en marge du sommet, le légat pontifical, chef de la délégation du Saint-Siège, le cardinal Odilo Scherer, s'est exprimé sur la nature réelle du « développement durable », le respect de la création et le caractère central de l'homme : de son long et intéressant discours, je retiendrai ce paragraphe particulièrement significatif venant éclairer sa critique du néo-malthusianisme :
« Alors que le Saint-Siège a cherché à promouvoir une conclusion qui respecte la dignité de la personne humaine, nous continuons de voir certaines délégations tenter de promouvoir des thèmes comme la “dynamique de population” ou les “droits reproductifs” comme une forme de développement durable. Ces propositions sont basées sur l'idée erronée selon laquelle le développement durable et la protection de l'environnement ne peuvent être atteints qu'avec la garantie qu'il y ait moins d'hommes sur notre planète. Fondée sur une herméneutique de la suspicion qui blesse profondément la solidarité humaine, cette idéologie a provoqué une alarmante destruction de la famille et, fondamentalement, elle prive la planète de sa plus grande ressource, la personne humaine, qui est au centre du développement durable. »
Vendredi, s'adressant au Sommet Rio+20, le cardinal Scherer a dit les choses encore plus nettement (lien vers le texte complet en portugais sur cette page.)

Le cardinal y rappelle que l'« économie verte », une plus grande solidarité humaine, une répartition plus juste des biens et une vraie protection de la « maison terrestre » supposent « par dessus tout de sauvegarder la relation adéquate des moyens avec leur fin » : la personne humaine qui est au centre du monde créé. « Toute vie humaine, depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, a même valeur et dignité. » Cela englobe toutes les préoccupations actuelles, à quoi le cardinal ajoute :
« Le rôle unique et fondamental de la famille (…) mérite ici une mention spéciale, parce que de fait, l'éducation et le développement humain commencent dans la famille, où tous ces principes sont transmis et assimilés par les générations futures, de manière à ce que leurs membres assument leurs responsabilités propres dans la société. »
Tous les droits afffimés à Rio – accès à l'eau, à la nourriture, la santé – sont au service de la personne, affirme le cardinal :
« Le risque d'obscurcir cette relation se manifeste de manière particulière dans le domaine du droit à la santé, où l'on observe que la promotion d'une certaine conception de la santé menace profondément la dignité de la personne humaine. Une sentence de mort imposée sur les vies humaines les plus vulnérables – c'est-à-dire, celle qui sont dans le sanctuaire le plus sûr qu'est le sein de leurs mères – ne peut, selon quelque hypothèse que ce soit, être présentée sous la nomenclature des “soins de santé” ou simplement de la “santé”. Cela ne rend pas un véritable service au développement humain authentique ni à sa véritable appréciation ; c'est injustifiable dès lors que le développement, à tous les stades de la vie, est au service de la vie humaine. »
 Il a achevé son discours avec ces mots : « Que Dieu nous éclaire tous ! »

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01 octobre, 2011

L'ONU envisagerait-elle un traité sur l'euthanasie et la fin de vie…

C'est que que pense Susan Yoshihara, écrivant pour le Friday Fax de C-Fam.

Le représentant du Saint-Siège au Conseil des Droits de l'homme à Genève, a dû en tout cas s'inscrire en faux contre un rapport qui évoque explicitement « les problèmes de l'autonomie du patient par rapport à la décision de mettre fin à la vie », dénonçant immédiatement les « pratiques qui visent à raccourcir la vie des personnes âgées et des malades et qui sont, au bout du compte, des formes d'euthasie ».

Par ailleurs un Groupe de travail « ouvert » sur le vieillissement des populations qui s'est réuni à New York (Open Ended Working Group on Aging), de son côté, s'est interrogé sur l'opportunité d'un nouveau traité international visant à protéger les droits des personnes âgées (qui a la faveur de l'Union européenne), les Etats-Unis préférant de leur côté la nomination d'un nouveau rapporteur chargé de la question.

La prise en compte de la question du vieillissement lors de ces deux rencontres part, apparemment du moins, d'un bon sentiment : il s'agit de protéger une population fragile, de prendre en considération le manque de moyens des familles pour prendre soin de leurs anciens, voire de dénoncer les violences commises contre eux.

Mais la question est ouverte : faut-il un traité international ou appartient-il aux pays eux-mêmes de régler ces questions (comme le pensent le Japon et Israël, pays au vieillissement très rapide) ? Ce traité serait-il vraiment envisagé de façon protectrice vu la citation rapportée plus haut ? Le « droit à l'euthanasie » semble être en train de vouloir entrer par la petite porte dans le droit international.

Les deux réunions ont mis l'accent sur le fait que le monde comptera 2 milliards de personnes âgées en 2050 contre 600 millions en 2002, selon les projections de l'ONU, qui constate également une augmentation sans précédent du nombre de personnes âgées dans presque chaque pays de monde, rappelle Susan Yoshihara.

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12 juillet, 2011

Quand l'ONU défend les droits gays, elle cherche à restreindre la liberté de l'Eglise

Tel est l'avis de Mgr Silvano Tomaso, représentant du Saint-Siège auprès du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, à propos de la récente résolution sur « l'orientation sexuelle et l'identité de genre » (voir ici le résumé du Salon beige). Pour l'archevêque, elle s'inscrit dans la cadre d'une politique générale de restriction de la liberté de l'Eglise.

Par le jeu de cette résolution du 17 juin, adoptée par 23 voix contre 19 au sein du Conseil des droits de l'homme, le soutien au « mariage » gay aboutirait à faire peser une menace sur le mariage, à travers la pression pour l'adoption ouverte aux couples homosexuels et l'introdcution d'« une éducation sexuelle obligatoire dans les écoles en contradiction avec les valeurs chrétiennes ».

« Cette résolution marque un tournant. On la comprend comme le début d'un mouvement au sein de la communauté internationale et des Nations unies pour inclure les droits des homosexuels dans le programme général des droits de l'homme », a-t-il déclaré dans une interview exclusive à ACIPrensa.

Mgr Tomaso a fait la distinction entre le refus des violences à l'égard des personnes, ou encore le refus du propos de certains Etats de châtier une personne simplement en raison de ses « sentiments et de ses pensées », et l'usage d'un langage de droits qui empêche de dire le bien en matière de sexualité humaine, de mariage et de famille. « Je crois que la violence contre les personnes homosexuelles n'est pas acceptable et elle doit être rejetée, bien que cela n'implique pas d'approbation à l'égard de leur comportement. »

Le problème vient, a-t-il expliqué, du recours aux termes « orientation de genre et identité de genre » qui ne sont pas définis en droit international mais qui servent de « mots-clef » pour justifier certains types de comportement à travers le refus de la « discrimination » à leur encontre.

Mgr Tomasi a fait remarquer que toutes les sociétés régulent le comportement sexuel – en interdisant par exemple l'inceste, la pédophilie ou le viol – en vue du bien commun.

« Au lieu du “genre”, nous devons utiliser le concept de “sexe”, un terme universel qui dans le droit naturel fait référence à hommes et femmes », a souligné Mgr Tomasi en faisant remarquer que les termes de « genre » et d'« orientation sexuelle » sont « pensés pour échapper à la réalité et pour fournir un cadre à une multitude de sentiments et de pulsions que l'on transforme ensuite en droits ».

Ces termes paraissent superficiellement inoffensifs tant que les droits revendiqués paraissent  renvoyer à des droits confinés à la vie privée, a-t-il souligné, non sans ajouter que les demandes en question sont en conflit avec les droits authentiques que sont la liberté d'exercice de la religion et de l'éducation des enfants, quand elles donnent lieu à des lois contraires à la défense de la vie, du mariage et de la famille. Mgr Tomasi citait le cas de l'Espagne : il aurait pu ajouter celui de la France où la dernière menée porte sur l'enseignement obligatoire de l'identité de genre.

Les catholiques ont aujourd'hui une responsabilité particulière pour « éclairer les aspects légaux et moraux de la culture actuelle », faire la distinction entre ce qui relève du désir et ce qui relève des droits, promouvoir la synthèse catholique entre foi et raison, et montrer que la condamnation de l'homosexualité n'est pas celle des homosexuels.

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05 décembre, 2010

Costa Rica : interdiction légale de la fécondation “in vitro” ? Le Pape est pour

Recevant les lettres de créance du nouvel ambassadeur du Costa Rica près le Saint Siège, Fernando Felipe Sanchez Campos, Benoît XVI a prononcé un discours d'une tonalité particulièrement cordiale et même poétique en rappelant l'engagement pour le respect de la vie dont cet Etat latino-américain fait preuve. J'en retiendrai particulièrement cette phrase :
« Il me plaît de rappeler que ce fut précisément en ce pays que l'on signa le Pacto de San José qui reconnaît expressément la valeur de la vie humaine dès sa conception. Ainsi donc, il est souhaitable que le Costa Rica ne viole pas les droits du nasciturus au moyen de lois qui légitiment la fécondation in vitro et l'avortement. »
Cette déclaration intervient au moment où le Costa Rica est sous le coup de pressions internationales, notamment celles de la Commission et de la Cour internationale des droits de l'homme (CIDH) qui chapeaute les Etats américains, pour légaliser la pratique de la fécondation in vitro (FIV), pressions contre lesquelles l'épiscopat costaricain se mobilise de manière visible et ferme.

Benoît XVI a donc choisi un discours s'adressant aux autorités civiles pour donner le point de l'Eglise dans le domaine politique – comme il le fait fréquemment lors des discours aux ambassadeurs près le Saint Siège – et il l'a fait en approuvant sans réserves l'interdiction de la « fabrication » de la vie en éprouvette. Et ce au nom de l'enfant à naître.

Cette clarté que d'aucuns qualifieront d'intransigeance est le signe clair de le certitude de l'Eglise que sous toutes ses formes, la procréation artificielle est un désordre grave qui porte atteinte au bien commun.

Il y a certes des graduations dans la gravité de cette pratique. Il n'est pas indifférent de « fabriquer » la vie  en ayant recours à un donneur de gamètes étranger au couple (ce qui aboutit à fabriquer un enfant adultérin, et prive souvent l'enfant ainsi conçu de la connaissance d'une partie de ses origines), voire deux, ou de la « fabriquer » à partir des gamètes du couple fidèle qui demande la FIV, ce qui constitue un désordre évidemment moins grave.

On a donc pu suggérer, alors que cette technique commençait à se répandre, que l'on pouvait se contenter d'interdire la fécondation artificielle avec donneur (« minimum éthique »), la FIV entre époux pouvant être tolérée sur le plan civil et politique alors même que l'Eglise la réprouve sur le plan de la morale individuelle.

La phrase lapidaire de Benoît XVI, venue soutenir et approuver les efforts de l'Eglise catholique au Costa Rica, indique à quel point, en affinant sa réflexion sur la procréation et l'amour humain, l'Eglise veut en faire respecter la vérité intégrale au nom des droits des enfants qui ont le droit de ne pas être conçus par un procédé technique qui tue souvent beaucoup d'embryons mais qui lèse aussi ceux qui naîtront de ces pratiques, suffisamment pour que l'interdit puisse être réclamé de façon générale.

A quoi il faut ajouter ceci : la FIV est la porte ouverte à toutes les expérimentations et tous les abus sur les embryons puisque c'est elle qui permet de disposer du « matériau » pour ces pratiques inhumaines.

En appelant de ses vœux un « nouveau et solennel accord juridique » entre le Costa Rica et le Saint Siège, « pour le plus grand bien de la vie religieuse et civile de la Nation », Benoît XVI a également rappelé au Costa Rica que rien de ce qui « favorise, protège et soutient la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme ne saurait être vain ».

Il venait de rappeler que la protection du bien et de la justice, la lutte contre l'injustice, la pauvreté, la criminalité passent prioritairement par là : « Ce qui contribuera beaucoup à ouvrir ces horizons, c'est l'affermissement au sein de la société d'un pilier aussi important et indispensable que la stabilité et l'unité de la famille, institution qui souffre actuellement, peut-être comme aucune autre, les assauts des transformations amples et rapides de la société et de la culture et qui, pour autant, ne peut pas perdre son identité authentique, puisqu'elle est appelée à être vivier des vertus humaines et chrétiennes, où les enfants apprennent naturellement de leurs parents à se respecter et à se comprendre, à acquérir la maturité  en tant que personnes, croyants et citoyens exemplaires. »


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10 avril, 2010

Un juge de l'ONU propose de faire juger Benoît XVI pour « crimes contre l'humanité »

C'est une information de C-Fam : un juriste de haut rang a demandé au gouvernement britannique d'arrêter le pape Benoît XVI lors de sa visite en Angleterre et en Ecosse en septembre pour le déférer devant le Tribunal pénal international pour « crimes contre l'humanité ». Geoffrey Robertson souhaite une procédure semblable à celle utilisée contre Slobodan Milosevic au motif que le Pape est responsable en dernier ressort des abus sexuels commis sur des enfants par des prêtres catholiques.

Geoffrey Robertson fait partie des cinq juristes du système judiciaire interne de l'ONU chargé de faire jouer  la responsabilité des officiels de l'organisation qui se rendraient coupables de corruption ou de fautes dans l'exercice de leurs fonctions. Spécialisé dans la demande de dommages pour faute, il souhaite explicitement cette forme de procès pour faire augmenter les sommes octroyées aux victimes d'abus sexuels  (sachant que leurs avocats touchent une somme proportionnelle, jusqu'à la moitié) notamment dans les diocèses américains où les finances sont déjà à zéro.

Ce même juriste, a-t-il été signalé à C-Fam par un avocat spécialiste des droits humains, est connu pour faire depuis longtemps campagne afin que le Saint-Siège perde son statut d'observateur permanent à l'ONU en tant qu'Etat souverain et que cette dernière manœuvre pourrait bien s'y inscrire. Geoffrey Robertson qualifie le Saint-Siège de « plus grande ONG du monde ».

Dans son article publié le 2 avril par le Guardian britannique, le juriste onusien accuse le Saint-Siège de vouloir ignorer que « l'abus sexuel d'enfants pratiqué à grande échelle ou de manière systématique » constitue un crime contre l'humanité. Affirmant que le Saint-Siège revendique « abusivement » la qualité d'Etat souverain qui lui a été accordé par « l'Italie fasciste » en 1929, il assure que le Pape ne saurait bénéficier de l'immunité propre aux chefs d'Etat.

Et d'ironiser sur le fait que le Saint-Siège ait pu co-signer la Convention sur les droits de l'enfant… et qu'il puisse « parler et voter aux conférences de l'ONU pour promouvoir ses dogmes controversés sur l'avortement, la contraception et l'homosexualité ». « Voilà qui a conduit l'ONU à  pratiquer une discrimination éhontée en raison de la religion : les autres croyances sont représentées de manière non officielle, quand elles le sont, par des ONG. »

Si l'immunité pourrait de l'avis de Robertson être contestée avec succès par la Cour européenne des droits de l'homme (par exemple), il n'est même pas besoin de la lever pour que le TPI puisse intervenir puisque celui-ci peut juger un chef d'Etat (ou une autorité de fait) dès lors qu'il a ordonné ou couvert des crimes commis à grande échelle ou systématiquement contre des civils : si c'est le cas depuis juillet 2002, date de constitution du Tribunal pénal international.

Pour mémoire : en 2008, aux Etats-Unis, selon le porte-parole du Vatican, le P. Lombardi, il y a eu 62.000 allégations d'abus sexuels, dont 6 (six) visaient des prêtres catholiques, une proportion de 0,00009 % rappelle Americatho.

Robertson dénonce au passage le fait que si Benoît XVI a pu réformer le système pour faire traduire les prêtres en question devant les autorités civiles, il avait « initialement rendu responsable du scandale la “cuture gay” »

Même si ce genre de demande a peu de chances d'aboutir, son existence et sa publication sont autant de signes, tandis que les références à la morale catholique telle que la prêche l'Eglise montre en quoi celle-ci gêne la culture dominante.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...