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22 octobre, 2020

Déclaration du cardinal Raymond Burke sur les propos attribués au pape François sur les homosexuels et l'“union civile” (traduction officielle)

Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale de la Déclaration du cardinal Burke sur les propos attribués au pape sur les homosexuels et leur droit de ne pas être expulsés de leur famille, ainsi que son appel à créer « une loi sur l'union civile » qui leur permette d'être « couverts par la loi ». Il s'agit de la traduction officielle et intégrale de ce texte, approuvée par Son Eminence.  – J.S.

Déclaration


Les médias du monde entier ont diffusé avec une lourde insistance, en la présentant comme un changement de cap, la nouvelle selon laquelle le pape François a déclaré que les personnes de condition homosexuelle, en tant qu’enfants de Dieu, « ont le droit d’avoir une famille », et que « personne ne peut être expulsé d’une famille, ni vivre une vie impossible à cause de cela ». Ces médias écrivent en outre qu’il a déclaré : « Ce que nous devons créer, c’est une loi sur l’union civile. De cette façon, ils seront couverts par la loi. J’ai défendu cela. » Ces déclarations ont été faites lors d’un entretien avec Evgeny Afineevsky, réalisateur d’un documentaire, Francesco, présenté en première le 21 octobre 2020, à l’occasion du Festival du film de Rome (Festa del Cinema di Roma).

De telles déclarations engendrent un grand désarroi et provoquent la confusion et l’erreur parmi les fidèles catholiques, dans la mesure où elles sont contraires à l’enseignement de l’Écriture Sainte et de la Tradition Sacrée, ainsi qu’au Magistère récent par lequel l’Église garde, protège et interprète tout le dépôt de la foi contenu dans l’Écriture Sainte et la Tradition Sacrée. Ils sont cause d’étonnement et d’erreur quant à l’enseignement de l’Église chez les personnes de bonne volonté, qui souhaitent sincèrement savoir ce que l’Église catholique enseigne. Aux pasteurs des âmes, elles imposent le devoir, en conscience, d’apporter les justes et nécessaires clarifications.

Tout d’abord, le contexte et les circonstances de telles déclarations les privent de tout caractère magistériel. Elles sont à juste titre interprétées comme de simples opinions privées de la personne qui les a faites. Ces déclarations ne lient en aucune façon les consciences des fidèles, qui sont au contraire obligés d’adhérer avec une religieuse soumission à ce que l’Écriture Sainte et la Tradition Sacrée, ainsi que le Magistère ordinaire de l’Église enseignent sur le sujet. Il convient en particulier de noter ce qui suit.

1. « S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que “les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés” » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 2357 ; Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, Persona humana, « Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle », n. VIII, voir note 1), dans la mesure où ils sont contraires à la loi naturelle, fermés au don de la vie et dépourvus d’une véritable complémentarité affective et sexuelle. Ils ne peuvent donc pas être approuvés.

2. Les inclinations particulières et parfois foncières des personnes, hommes et femmes, se trouvant dans la condition homosexuelle, et qui sont pour elles une épreuve même si elles ne constituent pas en elles-mêmes un péché, doivent être néanmoins considérées comme objectivement désordonnées (Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2358 ; Congrégation pour la Doctrine de la foi, Homosexualitatis problema, « Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles », n. 3, voir note 2 ). C’est pourquoi ces personnes doivent être reçues avec respect, compassion et délicatesse, en évitant toute discrimination injuste. La foi catholique enseigne aux fidèles à haïr le péché mais à aimer le pécheur. 

3. Les fidèles, et tout particulièrement les hommes politiques catholiques, sont tenus de s’opposer à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles (Congrégation pour la Doctrine de la foi, « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles », Diverse questioni concernenti l’omosessualità, n. 10, voir note 3). Le droit de fonder une famille n’est pas un droit privé qui peut faire l’objet de revendications : il doit correspondre au projet du Créateur qui a voulu créer l’être humain dans la différence sexuelle, « homme et femme Il les créa » (Gn 1, 27), l’appelant ainsi, mâle et femelle, à transmettre la vie. « Le droit civil confère aux couples mariés une reconnaissance institutionnelle parce qu’ils remplissent le rôle de garantir la suite des générations et sont donc d’un intérêt public majeur. Par contre, les unions homosexuelles n’exigent pas une attention spéciale de la part du système juridique car elles ne jouent pas ce rôle en faveur du bien commun » (Ibidem, n° 9, voir note 4). Parler d’union homosexuelle au sens de l’union conjugale des époux, est, en réalité, gravement trompeur, car une telle union ne peut exister entre personnes du même sexe. Pour ce qui est de l’administration de la justice, les personnes de condition homosexuelle, comme tous les citoyens, peuvent toujours recourir aux dispositions de la loi pour sauvegarder leurs droits privés.

C’est une source de tristesse profonde et de préoccupation pastorale très vive que de voir que les opinions privées rapportées avec tant d’insistance et attribuées au Pape François par la presse ne correspondent pas à l’enseignement constant de l’Église, tel que l’exprime l’Écriture Sainte et Tradition Sacrée, et tel qu’il est gardé, protégé et interprété par le Magistère. Tout aussi attristants et inquiétants sont le désarroi, la confusion et l’erreur qu’ils provoquent parmi les fidèles catholiques, tout comme le scandale qu’ils provoquent plus généralement, en donnant l’impression totalement fausse que l’Église catholique a changé de cap, c’est-à-dire qu’elle a modifié son enseignement pérenne au sujet de questions aussi graves et fondamentales.

Raymond Leo Card. BURKE
Rome, le 22 octobre 2020


Notes

1.  « ... suapte intrinseca natura esse inordinatos. » Sacra Congregatio pro Doctrina Fidei, Declaratio, Persona humana, « De quibusdam quaestionibus ad sexualem ethicam spectantibus », 29 Decembris 1975, Acta Apostolicae Sedis 68 (1976) 85, n. 8. traduction française: http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19751229_persona-humana_fr.html, p. 5, VIII.

2. Cf. Congregatio pro Doctrina Fidei, Epistula, Homosexualitatis problema, « Ad universos catholicae Ecclesiae episcopos de pastorali personarum homosexualium cura », 1 Octobris 1986, Acta Apostolicae Sedis 79 (1987) 544, n. 3. Traduction française https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19861001_homosexual-persons_fr.html, pp. 1-2, no. 3.

3.   Congregatio pro Doctrina Fidei, Nota, Diverse quaestioni concernenti l’omosessualità, « De contubernalibus eiusdem sexus quoad iuridica a consectaria contubernii », 3 Iunii 2003, Acta Apostolicae Sedis 96 (2004) 48, n. 10. Traduction française : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20030731_homosexual-unions_fr.html, pp. 5-6, no. 10.

4.  « Poiché le coppie matrimoniali svolgono il ruolo di garantire l’ordine delle generazioni e sono quindi di eminente interesse pubblico, il diritto civile conferisce loro un riconoscimento istituzionale. Le unioni omosessuali invece non esigono una specifica attenzione da parte dell’ordinamento giuridico, perché non rivestono il suddetto ruolo per il bene comune », Ibid., 47, n. 9. Traduction française, Ibid., p. 5, no. 9.

La version originale de ce texte a paru sur le blog du cardinal Burke.

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

© LifeSiteNews pour la photo.


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21 août, 2020

La lettre de Mgr Viganò aux mamans : “Sauvons nos enfants de la dictature sanitaire”

Mgr Carlo Maria Viganò adresse un appel urgent et angoissé aux parents catholiques et en particulier aux mères face aux assauts inédits que subit la famille, que ce soit par toutes les manipulations de la culture de mort ou par les règles mises en place actuellement par la « dictature sanitaire en cours ».

Ce texte important est disponible en français ici chez Benoit-et-moi, après avoir paru en italien sur le blog d'Aldo Maria Valli.

Il est remarquable en ce qu'il détaille les différentes manières dont la famille est attaquée : avortement, assauts contre l'essence même du mariage et contre le droit des parents d'être premiers éducateurs de leurs enfants, marchandisation de la procréation, et bien sûr l’« idéologie du genre, avec l’acceptation du vice et la pratique d’un comportement de péché ».

« Si vous pensez que durant le confinement, tous les traitements pour les malades ont été suspendus, mais que les avortements ont continué à être pratiqués, vous comprenez bien quelles sont les priorités de ceux qui nous gouvernent : la culture de mort ! Quel progrès peut-on invoquer lorsque la société tue ses propres enfants, lorsque la maternité est horriblement violée au nom d’un choix qui ne peut être libre, puisqu’il implique une vie innocente et viole un Commandement de Dieu ? Quelle prospérité notre Patrie peut-elle espérer, quelles bénédictions de Dieu, si des sacrifices humains sont faits dans ses cliniques comme aux temps de la barbarie la plus sanglante ? »
Mgr Carlo Maria Viganò évoque également les mesures prises contre le COVID-19. Extraits :

« Mais il y a aussi d’autres aspects inquiétants, aujourd’hui proposés, qui concernent non seulement les contenus de l’éducation, mais aussi la manière de participer aux leçons : la distanciation sociale, l’utilisation de masques et d’autres formes de prévention présumée de l’infection dans les classes et les environnements scolaires impliquent de graves dommages à l’équilibre psychophysique des enfants et des jeunes, compromettant la capacité d’apprendre, les relations interpersonnelles entre les élèves et les enseignants, et les réduisant à des automates à qui l’on ordonne non seulement quoi penser, mais aussi comment bouger et respirer. Il semble qu’on ait perdu la notion même de bon sens qui devrait encadrer des choix lourds de conséquences dans la vie sociale et paraissent être un prélude à un monde inhumain dans lequel les parents se voient retirer leurs enfants lorsqu’ils sont considérés comme positifs pour un virus de grippe, avec des protocoles de traitement sanitaire obligatoires appliqués dans les dictatures les plus féroces. »
Il est question de tout ce qui a été fait ou omis pour empêcher le soin réel des malades, de la résistance aux vaccins (en particulier ceux utilisant des lignées de cellules souches prélevées lors d'avortements) et de la surveillance à venir.

Nous devons donc prier le Seigneur de donner une voix aux Pasteurs, afin de créer un front uni qui s’oppose à la puissance écrasante de l’élite mondialiste qui voudrait nous assujettir tous. Et il faut rappeler que si les entreprises pharmaceutiques s’engagent sur la seule voie de l’intérêt économique, la voie idéologique est suivie par des gens qui, avec le vaccin, voudraient également implanter des dispositifs permettant d’identifier les personnes ; et que ces nanotechnologies – je fais référence au projet ID2020, aux quantum dots et autres du même type – sont brevetées par les mêmes personnes qui ont breveté à la fois les virus et leur vaccin. En outre, un projet de crypto-connaissance a été breveté pour permettre non seulement l’identification sanitaire, mais aussi l’identification personnelle et bancaire, dans un délire de toute-puissance qui, jusqu’à hier, pouvait être écarté comme un délire complotiste, mais qui, aujourd’hui, a déjà commencé dans certains pays, dont, par exemple, la Suède et l’Allemagne. Nous voyons les paroles de Saint Jean se matérialiser sous nos yeux : « Il fit en sorte que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur la main droite et sur le front ; et que personne ne puisse acheter ou vendre sans une telle marque » (Ap 13, 16-17). 
Il  y a à cela une dimension eschatologique :

« N’oubliez pas, chères Mamans, qu’il s’agit d‘un combat spirituel – voire d’une guerre – dans lequel des pouvoirs que personne n’a jamais élus et qui n’ont d’autre autorité que celle de la force et de l’imposition violente de leur propre volonté, tentent de démolir tout ce qui évoque, même de loin, la Paternité divine de Dieu sur ses enfants, la Royauté du Christ sur les sociétés et la Maternité virginale de Marie Très Sainte. C’est pourquoi ils détestent mentionner les mots père et mère ; c’est pourquoi ils veulent une société irréligieuse et rebelle qui se rebelle contre la Loi de Dieu ; c’est pourquoi ils promeuvent le vice et détestent la vertu. C’est pourquoi ils veulent corrompre les enfants et les jeunes, s’assurant des armées d’esclaves obéissants pour un avenir proche dans lequel le nom de Dieu est annulé et le sacrifice rédempteur de son Fils sur la Croix est blasphémé ; une Croix qu’ils veulent bannir, parce qu’elle rappelle à l’homme que le but de sa vie est la gloire de Dieu, l’obéissance à ses Commandements et l’exercice de la charité fraternelle : non pas le plaisir, non pas l’exaltation de soi, non pas la domination arrogante des faibles. »
Il faut vraiment lire l'intégralité de cette lettre : « clic » ici pour rejoindre le site benoit-et-moi.




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25 juillet, 2019

L'Institut Jean-Paul II rayé de la carte, le nouvel institut n'enseignera plus la théologie morale fondamentale

Je vous propose ici la traduction d'un article de Diane Montagna de LifeSiteNews sur le nouveau tremblement de terre qui s'est produit à l'Institut Jean-Paul II pour la famille, déjà rebaptisé en octobre 2017 Institut théologique des sciences du mariage et de la famille et dont l'objectif affiché est la mise en œuvre d' Amoris laetitia. Disparition du cours de théologie morale fondamentale, renvoi de deux figures historiques – Mgr Livio Melina et le P. José Noriega, tous deux réputés pour leur orthodoxie doctrinale – suspension de tous les autres professeurs et surtout putsch en faveur du Grand Chancelier Mgr Vincenzo Paglia, désormais doté de pouvoirs exorbitants.

Tous cela a été formalisé par la publication en catimini de nouveaux statuts qui avaient provoqué une levée de boucliers en juin dernier lorsque le corps enseignant en place avaient été invités à donner leur avis sur ce texte dont les effets révolutionneront définitivement le reliquat de l'Institut Jean-Paul II, bel et bien enterré.

Sur les frasques doctrinales et la fresque « homo-érotique » de Mgr Vincenzo Paglia, une rapide recherche sur Internet vous renseignera ad nauseam. – J.S.


*

Tous les professeurs ont été suspendus et le président congédié
 dans le cadre de la " destruction " de l'Institut Jean-Paul II


Dans le cadre d’une attaque contre l'enseignement moral de l'Église catholique, aux dires de ceux qui la dénoncent, le successeur du cardinal Carlo Caffarra à l'Institut du mariage et de la famille fondé par Jean-Paul II a été mis à l’écart, tandis que le cours de théologie morale fondamentale et spécialisée de l'Institut a été supprimé.

Mgr Livio Melina, titulaire de la Chaire de Théologie morale fondamentale, et le P. José Noriega, titulaire de la Chaire de Théologie morale spécialisée, n'enseigneront plus à l'Institut à partir de cet automne. Le sort d'autres professeurs également fidèles à l'enseignement de l'Église sur le mariage et la famille demeure inconnu.

Le média catholique italien, La Nuova Bussola Quotidiana, a annoncé mardi que la veille, à la suite de l'approbation des nouveaux statuts de l'Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille, tous les professeurs ont reçu une lettre annonçant leur suspension officielle, en attendant les décisions qui vont être prises au sujet des cours pour la prochaine année universitaire et de leurs professeurs.

Selon certaines informations, la lettre informait également les professeurs que chacun connaîtrait son sort dans les jours à venir. Alors qu'on s'attend à ce que la plupart des professeurs soient reconfirmés, le couperet est tombé pour les deux hommes qui symbolisent le mieux l'époque de Jean-Paul II : Mgr Livio Melina et le P. José Noriega.

Ce coup d'État a été mené sous la direction du nouveau Grand Chancelier de l'Institut, Mgr Vincenzo Paglia, et vise à mettre en œuvre le décret Summa familiae cura signé par le pape François en 2016, qui crée ainsi un nouvel institut. Ce décret de septembre 2016 a été publié quelques jours à peine après la mort du cardinal Caffarra.

Le rédacteur en chef de La Nuova Bussola, Riccardo Cascioli, a souligné dans son article la portée du licenciement de Mgr Livio Melina, successeur du président fondateur de l'Institut Jean-Paul II, le cardinal Carlo Caffarra. Dans la lettre qu'il a reçue lundi, Mgr Melina a été informé que l’enseignement de la théologie morale fondamentale a été éliminé dans les nouveaux statuts, et qu'il n'y a donc pas de poste pour lui.

Soulignant le rôle de plus en plus important joué par Mgr Melina dans l'expansion et la croissance de l'Institut JPII, Riccardo Cascioli note que Melina est entrée à l'Institut comme étudiant au moment de sa fondation en 1982. En 1985, il fut le premier étudiant à y obtenir le doctorat.

Melina a également été au service de la Congrégation pour la Doctrine de la foi pendant six ans. Il a soutenu avec succès sa thèse de doctorat sur « La conscience morale chez saint Thomas d'Aquin » en présence du cardinal Josef Ratzinger, alors préfet.

En 1986, Mgr Melina a commencé à enseigner la théologie morale fondamentale à l'Institut JPII et, en 1991, il est devenu professeur titulaire, succédant ainsi au cardinal Caffarra comme directeur du département. En 2002, il a été nommé vice-président de l'Institut. Mgr Melina est président de l'Institut Jean-Paul II depuis 2006, poste qu'il a occupé jusqu'en 2016. Mais au moment des deux synodes sur la famille et de la publication d'Amoris Laetitia, Melina a été remplacée par Monseigneur Pierangelo Sequeri, musicologue et théologien.

Cascioli note aussi que les dix ans de la présidence de Mgr Melina auront été une période d'« expansion maximale » de l'Institut. Au cours de la dernière année de sa présidence, l’Institut comptait 516 étudiants à Rome et 3.200 étudiants dans le monde entier dans ses six centres. La recherche à l'Institut a également connu une progression importante sous la direction de Mgr Melina, particulièrement dans le domaine de la théologie morale, grâce à des conférences, des publications et à la collaboration internationale. La recherche en théologie sacramentelle et sur la pensée de Jean-Paul II se sont également développées, en particulier grâce à la Chaire Wojtyła confiée au philosophe polonais Stanislaw Grygiel, un grand ami du Pape polonais.

Mgr Melina a continué à enseigner la théologie morale à l'Institut après qu’il a  été destitué de son poste de président, mais « ses jours étaient clairement comptés », écrit Cascioli. « Il était clair qu'il était le pilier à abattre pour faire tomber toute la structure. »

« L'œuvre de destruction, commencée par le (décret) du Pape François qui a créé un nouvel institut confié à Monseigneur Vincenzo Paglia en tant que Grand Chancelier, est maintenant dans une phase décisive avec l'approbation des nouveaux statuts et du nouveau programme », ajoute Casioli.
Mgr Paglia et Mgr Sequeri ont consulté les professeurs de l'Institut et leur ont fait croire que leur révision des anciens statuts, soumise en mars 2019, serait prise en considération. Après avoir fait attendre les professeurs pendant quatre mois sans nouvelles, Mgr Paglia a publié sa propre version des nouveaux statuts, qu'il avait déjà essayé d'imposer en juin – mais les professeurs s’étaient rebellés. Cette procédure est donc perçue par certains comme une « imposition totalitaire » des nouveaux statuts.

Les nouveaux statuts (art. 5, 25-39) confèrent également un pouvoir sans précédent à l'archevêque en tant Grand Chancelier. Dans d'autres universités pontificales, le rôle du Grand Chancelier est plus formel. Selon les nouveaux statuts, Paglia a le pouvoir d'engager et de licencier des professeurs, de nommer le président et le vice-président. Elle le rend aussi omniprésent dans toutes les structures internes de l'Institut, même si son curriculum vitae révèle qu'il n'est même pas titulaire d'un doctorat.
En ce qui concerne le contenu des cours du nouvel Institut, les statuts ont éliminé les cinq programmes de Master proposés : Master en bioéthique, en sexualité et fertilité, en conseil familial, en pastorale familiale et en études sur le mariage et la famille. Des médecins, des infirmières, des avocats, des psychiatres, des psychologues, des catéchistes et des enseignants ont suivi ces formations et obtenu les diplômes à l’Institut.

Les programmes de licence et de doctorat ont été conservés, mais on ne trouve dans les statuts aucune référence explicite à Jean-Paul II, à la théologie du corps ou à Humanae Vitae.

L'article 89 des statuts précise que la période de transition en vue du nouveau programme d'études sera de trois ans. Le nouveau et l'ancien programme existeront donc côté à côte pendant les trois prochaines années, mais sans le bénéfice de l’enseignement de Mgr Melina, du P. Noriega, et peut-être de quelques autres professeurs orthodoxes et qualifiés.

Diane Montagna, LifeSiteNews



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23 février, 2019

Frédéric Martel : le pape François a voulu changer le discours de l'Eglise sur les homosexuels aux synodes sur la famille

Frédéric Martel présente “Sodoma”
à la presse étrangère à Rome
Le pape François a-t-il vraiment œuvré pour introduire une forme de reconnaissance des unions homosexuelles par le biais des deux synodes sur la famille ? C’est ce que croit savoir Frédéric Martel, qui livre à ce sujet ce qu’il présente comme des confidences de proches de François dans son livre-brûlot Sodoma sur les réseaux homosexuels dans l’Eglise.

Si les propos rapportés sont exacts, ils constituent une véritable bombe, puisqu’ils conduisent Martel à décrire par le menu les manipulations (pour une bonne part manquées) qui ont accompagné ces synodes, puis la rédaction de l’exhortation apostolique Amoris laetitia – telles qu’elles étaient perçues, au demeurant, par les tenants de la tradition dans l’Eglise qui ne sont pas allés, pour autant, jusqu’à en rendre le pape directement et explicitement responsable.

Commençons donc par une mise en garde : Sodoma est un livre de combat qui voit des homosexuels partout, mais qui ne désigne, dénonce et dénigre comme tels que ceux – actifs ou refoulés selon lui – qui se manifestent par leur « homophobie ». C’est même l’affirmation « rigide » de la doctrine de l’Eglise sur l’homosexualité et le péché de sodomie qui serait selon Martel le signe qui ne trompe pas d’une homosexualité dissimulée de la part de ceux qui se livrent à cette affirmation.

Outre ce raisonnement qui tourne en rond, tout en insinuations et sous-entendus, il y a les erreurs factuelles qui émaillent le livre, et – s’il faut en croire Antoine-Marie Izoard, rédacteur en chef de Famille chrétienne – surtout, la déformation de propos recueillis, des interviewés « piégés » ou ayant fait l’objet de tentatives de « drague » au cours de l’enquête.

Izoard, face à la question de l’homosexualité, prône la réponse de Benoît XVI : « Il est alors plus que temps d’appliquer les mesures de Benoît XVI qui recommandait qu’aucun jeune ayant des tendances homosexuelles ne puisse intégrer le séminaire. » C’est à peu près l’inverse de la conclusion suggérée par le livre de Frédéric Martel : que les prêtres « gays » puissent enfin vivre leurs amours au grand jour et qu’on en finisse avec le célibat sacerdotal, au motif que la continence serait « contre nature ».

D’ailleurs Martel présente Benoît XVI lui-même comme un homosexuel probablement chaste qui sublime sa tendance dans l’amour des arts et des beaux vêtements, et donc « rigide » sur le plan doctrinal.

Le pape François, lui, gay-friendly et donc selon toute probabilité pas « gay » lui-même, serait entouré de proches de la même eau tels les cardinaux Blase Cupich, Walter Kasper, Kevin Farrell, Reinhard Marx, Christoph Schönborn, Oscar Maradiaga, Lorenzo Baldisseri, qui se distinguent tous par leur approche plus libérale de la question « LGBT » (acronyme de combat qui revendique des droits pour ce que la morale traditionnelle juge gravement peccamineux).

C’est avec prudence qu’il faut donc aborder l’ensemble de ce qui est avancé, mais sur le plan de la doctrine certaines allégations sont si graves qu’elles doivent être connues, et – plût à Dieu – démenties, sous peine de laisser la confusion s’installer encore davantage dans l’Eglise.

Selon Frédéric Martel, le cardinal Baldisseri, chargé de l’organisation des deux synodes sur la famille, lui a assuré qu’avant le premier, en 2014, l’idée était d’« ouvrir les portes et les fenêtres », à la demande de François. « On n’avait aucun tabou, aucune retenue. Toutes les questions étaient ouvertes. Brûlantes ! Tout était sur la table : le célibat des prêtres, l’homosexualité, la communion des couples divorcés, l’ordination des femmes… On a ouvert tous les débats à la fois. »

Il forme une « petite équipe sensible, gaie et souriante » en s’entourant de Bruno Forte, Peter Erdö et Fabio Fabene, « tous promus depuis par le pape » : « une véritable machine de guerre au service de François ».

Avec Schönborn et Maradiaga, ils sont sur la « ligne Kasper », qui a fait savoir dès avant l’ouverture du synode que les « unions homosexuelles, si elles sont vécues de manière stable et responsable, sont respectables ». Mais ils mettent en branle une forme de dynamique de groupe en interrogeant « la base » dans les diocèses du monde. Les réponses qui affluent sont « traitées » à Rome pendant que des plumes acquises se mettent au premier jet d’Amoris laetitia (« dont au moins un homosexuel que j’ai rencontré », assure Martel).

« François venait ici chaque semaine, me raconte Baldisseri. Il présidait personnellement les sessions où nous débattions des propositions », avance alors l’auteur.

Le texte est ainsi construit qu’on imagine que le pape a tout voulu et approuvé : il a « choisi de bouger sur les questions de famille et de morale sexuelle », affirme Frédéric Martel. Et de lui attribuer un « plan secret » qui annonce «  la bataille inimaginable qui va bientôt se jouer entre deux factions homosexualisées de l’Eglise » – les méchants qui s’en tiennent à la morale traditionnelle, les gay-friendly qui ne sont pas « corrompus », hypocrites, adeptes de la double vie comme les premiers mais cherchent à ouvrir la porte aux pécheurs. Périphéries et hôpital de campagne, c’est en effet le programme de François.

C’est alors que Martel donne la liste des cardinaux dont l’opposition bruyante « abasourdit » le pape et conduit celui-ci à dénoncer les « maladies curiales » pour désigner ceux qui composent selon Martel « l’invraisemblable paroisse » (dans Sodoma, « la paroisse », ce sont les homosexuels : « Raymond Burke, Carlo Caffarra, Joachim Meisner, Gerhard Ludwig Müller, Walter Brandmüller, Mauro Piacenza, Velasio De Paolis, Tarcisio Bertone, George Pell, Angelo Bagnasco, Antonio Cañizares, Kurt Koch, Paul Josef Cordes, Willem Eijk, Joseph Levada, Marc Ouellet, Antonio Rouco Varela, Juan Luis Cipriani, Juan Sandoval Iñiguez, Norberto Rivera, Javier Errazuriz, Angelo Scola, Camillo Ruini, Robert Sarah et tant d’autres ».

Et voilà que Martel attribue à François la volonté d’« abattre un mur » – encore un. « Sur la question homosexuelle, il entreprend un long travail pédagogique. Il s’agit, ici, de distinguer de manière nouvelle et fondamentale pour l’Eglise, d’une part les crimes que sont la pédophilie, les abus sexuels sur mineurs de moins de quinze ans, ainsi que les actes sans consentement dans le cadre d’une situation d’autorité (catéchisme, confession, séminaires, etc. ; et d’autre part les pratiques homosexuelles légales entre adultes consentants. Il tourne également la page du débat sur le préservatif en mettant l’accent sur “l’obligation de soigner”. »

Explosée, la morale traditionnelle, et par le successeur de Pierre lui-même ? Certains éléments, certaines attitudes du pape François semblent aller en ce sens, il faut bien le dire, mais il n’a jamais dit pareille chose explicitement. Ce qui est sûr, c’est que le monde de la presse mainstream, le monde « mondain » ne saurait que croire ce qu’il approuve déjà si volontiers.

La sortie du livre Demeurer dans la vérité du Christ, sur le mariage chrétien, présenté par Sodoma comme un « pamphlet » signé Burke, Müller, Caffarra, Brandmüller et De Paolis, met un frein aux manœuvres même s’il se fait « saisir » à la demande de Baldisseri (assure Martel) avant de pouvoir être distribué aux pères synodaux.

Martel qualifie de « subtile » la formule d’un prêtre homosexuel à propos de ce synode qui a tourné à la « farce » : « C’est la revanche du placard ! C’est la vengeance du placard ! »

Il décrit également la colère du pape qui est révulsé par les « manœuvres en coulisse », le « complot » des opposants : François réagit en « têtu entêté », raconte Martel, citant la formule d’un de ses interlocuteurs. Cela passera par la sanction des cardinaux qui l’ont « humilié » (Müller en tête) et par une stratégie à long terme : « Modifier la composition du collège des cardinaux en créant des évêques favorables à ses réformes et, compte tenu de la limite d’âge, évincer naturellement peu à peu son opposition – c’est l’arme suprême, dont seul le souverain pontife peut user. »

Qui ? Mgr Victor Manuel “Tucho” Fernandez de La Plata, qui aurait été « mobilisé » par le pape après le premier synode pour expliquer que François « vise des réformes irréversibles ». Le cardinal bergoglien Daniel Sturla de Montevideo, qui revendique devant Martel – s’il faut l’en croire – des « positions pro-gays ». Le cardinal Maradiaga, lui, voyagera à travers le monde où il « distille la pensée de François ».

Du côté des intellectuels, c’est le père jésuite Antonio Spadaro, rédacteur en chef de La Civiltà Cattolica, revue jésuite « semi-officielle » du Vatican, qui joue le rôle de « poisson pilote » pour un « grand plan de communication secret » à l’initiative de « la bande à Baldesseri ». C’est lui qui est crédité d’avoir mobilisé Maurizio Gronchi et Paolo Gomberini en Italie, le P.  Jean-Michel Garrigues, « un proche ami du cardinal Schönborn) et Antoine Guggenheim en France. Ce dernier écrit en tout cas dans La Croix : « La reconnaissance d’un amour fidèle et durable entre deux personnes homosexuelles, quel que soit leur degré de chasteté, me semble une hypothèse à étudier. Elle pourrait prendre la forme que l’Eglise donne habituellement à sa prière : une bénédiction. »

C’est de là aussi que date la mise en route de l’opération Adriano Oliva, selon Martel : ce frère dominicain italien, basé à Paris, qu’il présente comme l’un des plus grands spécialistes vivants de saint Thomas d’Aquin. Et selon Martel, c’est sur ordre du pape François lui-même qu’il a agi.

Oliva sort en 2015 – pour fêter les huit cents ans de l’Ordre dominicain ! – au Cerf le livre Amours où il prétend démontrer que l’Aquinate reconnaissait le caractère « naturel » de l’homosexualité, puisque « l’homme dans ses irrégularités et singularités fait partie du dessein divin ». « Contre nature », l’inclination homosexuelle ? Pas du tout ! « L’homosexualité ne comporte en soi aucune illicéité, et quant à son principe, connaturel à l’individu et enraciné en ce qui l’anime comme être humain, et quant à sa fin, aimer une autre personne, qui est une fin bonne », écrit en effet Oliva.

« Après la lecture d’Amours, des cardinaux, des évêques et de nombreux prêtres m’ont dit que leur vision de saint Thomas d’Aquin avait changé et que l’interdit de l’homosexualité avait été définitivement levé », assure Martel.

Si selon ce dernier Oliva a refusé de commenter « la genèse de son livre », « son éditeur, [le théologien orthodoxe] Jean-François Colosimo, patron des éditions du Cerf, a été plus disert, tout comme l’équipe du cardinal Baldisseri qui confirme avoir passé “commande d’analyses à des experts” dont le frère Oliva ». Martel poursuit : « Enfin, j’ai eu la confirmation qu’Adriano Oliva a bien été reçu au Vatican par Baldisseri, Bruno Forte et Fabio Fabene – soit les principaux artisans du synode. »

Plus loin, il surenchérit : « Le cardinal Walter Kasper le confirme l’intervention personnelle de François : “Adriano Oliva est venu me voir ici. Nous avons parlé. Il m’avait envoyé une lettre que j’ai montrée au pape : François a été très impressionné. Et il a demandé à Baldisseri de lui commander un texte pour diffuser aux évêques. Je crois que c’est ce texte qui est devenu Amours. (…) Adriano Oliva a rendu service à l’Eglise, sans être militant. »

Vrai ? Faux ? Si lettre il y avait, quel était son contenu ? Il y a ici beaucoup d’insinuations et peu d’affirmations nettes, mais Martel n’hésite pas à ajouter : « Amours sera diffusé pendant le synode sur la suggestion du pape. Le livre n’est pas un pamphlet de plus ou un essai isolé et quelque peu suicidaire, comme on l’a dit : c’est une arme dans un plan d’ensemble voulu par le souverain pontife lui-même. »

Il serait intéressant de savoir si les pères synodaux, tous ou une partie d’entre eux, ont effectivement reçu le petit livre.

Au bout du compte, toutes ces manœuvres n’ont pas abouti, du moins en ce qui concerne l’homosexualité qui ne sera évoquée, selon Martel, qu’en deux ou trois phrases sibyllines d’Amoris laetitia. Mais Kasper est selon lui confiant pour l’avenir parce que les lignes on un peu bougé : « Nous gagnerons », aurait-il dit.

En fait, Martel confirme (à moins qu’il ne fasse que répercuter, histoire de semer encore davantage le trouble), toutes les inquiétudes, toutes les accusations de manipulations du synode qui ont été exprimées par les fidèles à la doctrine traditionnelle de l’Eglise.

L’exercice a ses limites, j’ai essayé de vous le montrer en soulignant combien Martel met peut-être de lui-même dans son compte-rendu qui cherche manifestement à impliquer étroitement le pape dans le processus d’« ouverture » aux homosexuels – mais il faut bien reconnaître que sur ce chapitre, il y a aussi des faits visibles à tous.

Un démenti de la salle de Presse serait le bienvenu. Ou de Baldisseri, Kasper, Spadaro, Oliva et les autres. On peut toujours rêver. Ou mieux – prier.

Pour lire mon analyse critique des premiers chapitres de “Sodoma”, c'est par ici.

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21 septembre, 2017

Le nouvel institut Jean-Paul II pour la famille, un think-tank pour “Amoris laetitia”

Ce sont les évêques allemands qui le laissent dire sur le site officiel de leur conférence épiscopale.

Ou l'histoire d'une frauduleuse captation d'héritage…


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19 mai, 2017

Le cardinal Caffarra confirme les paroles de sœur Lucie sur la "dernière bataille"

Au Rome Life Forum, le cardinal Carlo Caffarra a personnellement confirmé les paroles adressées à lui par Sr Lucie de Fatima, affirmant que la dernière bataille de Satan contre Dieu portera sur la famille et le mariage. J'y reviendrai très prochainement : les conférences continuent. C'est la première fois que ces paroles de la voyante de Fatima sont confirmées en public par le cardinal, qui nous a parlé du devoir de témoignage qui nous incombe dans cette "dernière bataille".

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27 janvier, 2017

colloque sur la famille les 1er et 2 février à l'ICES, La Roche-sur-Yon

Il s'annonce passionnant et très complet  du point de vue juridique et historique, il fallait bien cela tant le sujet est aujourd'hui brûlant.


Et se présente ainsi : 


« Depuis quelques décennies, la famille est dans tous ses états. Des familles dites monoparentales, recomposées et même homoparentales ont vu le jour, dans les faits et dans le droit. Qui plus est, de récentes évolutions tant techniques (procréation médicalement assistée, gestation pour autrui) qu'idéologiques (théorie du genre) ont bouleversé l'univers familial. Mais, tous ces phénomènes ont-ils vraiment éclipsé la famille « traditionnelle » et fait éclater la notion ?
La famille est à la confluence de l'individuel et du collectif. Elle conjugue des motivations religieuses et des contraintes politiques. Elle articule vie privée et ordre public. Elle engage des sentiments et des patrimoines. Elle agrège autant des individus qu'elle associe des corps sociaux. Elle unit des ascendants à des descendants. Elle s'enracine dans le passé et se projette dans l'avenir. Dans la famille, le culturel s'entremêle avec le biologique.
« Si d'aucuns l'appréhendent comme une institution sociale, d'autres ne voient en elle qu'une rencontre de volontés individuelles. Si certains pensent qu'elle implique un lignage, d'autres l'envisagent centrée sur le couple. Au final, quelques uns déclarent la haïr, tandis que d'autres lui font des déclarations d'amour.
« Dans ces conditions, il était naturel que l'ICES consacre à la famille un colloque pluridisciplinaire où l'histoire et le droit, la philosophie et la théologie, l'économie et la sociologie marieraient leurs approches. »

Voici le programme : 


1er février
8h45 Accueil des participants, M. Éric de LABARRE, président de l'ICES
9h00 Introduction, M. Jean-Didier LECAILLON, professeur à l'Université de Paris II, président du Conseil scientifique de l'ICES

L'histoire de la famille, sous la présidence de M. Pascal Gourgues

9h20 "La famille dans la tragédie grecque", M. Stamatios TZITSIS, directeur de recherche CNRS, directeur-adjoint de l'Institut de criminologie et de droit pénal de Paris, chargé de cours à l'ICES, membre du comité d'honneur du CRICES
9h40 "La famille dans le droit romain", Mme Dominique THIRION, maître de conférences (HDR) à l'Université de Paris II
10h00 Débat et pause
10h40 "La famille dans la théologie chrétienne", Mgr Bernard ARDURA, docteur en théologie, docteur en histoire, président du Comité pontifical pour les sciences historiques
11h00 "La famille dans le droit canonique : l'institution de la famille dans les conciles gaulois et hispaniques et sa réception dans les manuscrits latins des collections canoniques du Haut Moyen-Âge (Ve-VIIIe siècles)", M. Bernard CALLEBAT, professeur à l'Institut Catholique de Toulouse, directeur du cycle de doctorat
11h20 Débat
12h30 Pause déjeuner
14h00 "La famille dans le droit coutumier", M. Nicolas WAREMBOURG, professeur à l'Université de Paris I
14h20 "La famille dans l'ancien droit français",M. Arnould BETHERY de la BROSSE, docteur en droit, directeur des ressources humaines du Puy du Fou, chargé de cours à l'ICES
14h40 Débat

Les doctrines sur la famille, sous la présidence de Mgr Bernard Ardura

15h00 "La famille vue par le libéralisme", M. Thomas SIRET, docteur en histoire, chargé de cours à l'ICES
15h20 "La famille vue par le collectivisme", M. Jean-Pierre DESCHODT, maître de conférences HDR, directeur du département d'histoire de l'ICES, membre du Conseil scientifique de l'ICES, du CRICES et du CRIHAM (Poitiers)
15h40 Débat et pause
16 h00 "La famille vue par la doctrine sociale de l'Église", M. Roberto DE MATTEI, professeur honoraire à l'Université de Cassino (Italie), ancien vice-président du Conseil national de la recherche (CNR), professeur à l'Université européenne de Rome
16h20 "La famille vue par l'islam(isme)", M. Olivier HANNE, agrégé et docteur en histoire, professeur à l'ESM Saint-Cyr, chercheur associé au laboratoire Telemme, Université d'Aix-Marseille, chargé de cours à l'ICES, membre du CRICES
16h40 Débat
17h00 Fin de la 1ère journée

2 février

Les différents visages de la famille, sous la présidence de M. François Saint-Bonnet

9h00 "La famille face à la sociologie", M. Julien DAMON, docteur en sociologie, professeur associé à Sciences-Po Paris
9h20 "La famille face à la psychologie", Mme Vassiliki-Piyi CHRISTOPOULOU, docteur en psychopathologie fondamentale et psychanalyse, maître assistante à la faculté de philosophie à l'Institut catholique de Paris
9h40 "La famille face à la philosophie", M. Jean-Marc JOUBERT, ancien élève de l'ENS, agrégé et docteur en philosophie, directeur du département de Lettres de l'ICES, membre du CRICES
10h00 Débat et pause
10h40 "La famille face à la l'économie", M. Jean-Didier LECAILLON, professeur à l'Université de Paris II, président du Conseil scientifique de l'ICES
11h 00 "La famille face aux finances publiques", M. Pierre-Édouard du CRAY, docteur en droit, consultant en finances publiques et fiscalité
11h20 Débat
12h30 Pause déjeuner

L'encadrement juridique de la famille, sous la présidence de M. Bernard Callebat

14h 00 "La famille et le droit civil", Mme Aude MIRKOVIC, maître de conférences à l'Université d'Evry
14h20 "La famille et la bioéthique", M. Jean-René BINET, professeur à l'Université de Rennes I, membre de l'Institut universitaire de France
14h40 "La famille et le droit social", M. Éric VERHAEGHE, ancien élève de l'ENA, ancien président de l'APEC, directeur du cabinet Parménide.
15h00 Débat et pause
15h40 "La famille et le droit des libertés", M. François SAINT-BONNET, professeur à l'Université de Paris II, directeur du CRICES
16h00 "La famille et le droit public interne", M. Alexandre DESRAMEAUX, maître de conférences à l'Université de Besançon, chargé de cours à l'ICES
16h20 "La famille et le droit public international", M. Éric POMÈS, chargé de cours à l'ICES et à l'ESM Saint-Cyr, secrétaire général du CRICES
16h40 Débat
17h00 Conclusions, M. Guillaume BERNARD, maître de conférences (HDR) à l'ICES, membre du CRICES
17h20 Fin du colloque



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12 avril, 2016

Et une citation incomplète de Jean-Paul II dans l'Exhortation post-synodale “Amoris laetitia” !

Après la citation tronquée de Gaudium et Spes à propos des couples qui n'arrivent pas à vivre en tant que frère et sœur, évoquée ici, j'ai trouvé une autre citation bizarrement présentée à propos des familles nombreuses. Ici, c'est Jean-Paul II qui est cité de manières que l'on pourrait dire « inversée », puisque le pape François lui attribue une mise en garde qui a changé de sens.
Dans son paragraphe 167, l'Exhortation affirme :
« Les familles nombreuses sont une joie pour l’Église. En elles, l’amour exprime sa généreuse fécondité. Ceci n’implique pas d’oublier la saine mise en garde de saint Jean-Paul II, lorsqu’il expliquait que la paternité responsable n’est pas une “procréation illimitée ou un manque de conscience de ce qui est engagé dans l'éducation des enfants, mais plutôt la possibilité donnée aux couples d'user de leur liberté inviolable de manière sage et responsable, en prenant en compte les réalités sociales et démographiques aussi bien que leur propre situation et leurs désirs légitimes”. »
A lire cette phrase on imagine que Jean-Paul II mettait en garde contre la fécondité excessive.
Voici la citation complète telle qu'elle figure dans la Lettre du pape Jean-Paul II à Madame Nafis Sadik, secrétaire général de la Conférence internationale 1994 sur la Population et le développement et directeur exécutif du Fonds des nations unies pour la population :
« Ce que l'Église appelle “la paternité responsable” n'est pas une question de procréation illimitée ou un manque de conscience de ce qui est engagé dans l'éducation des enfants, mais plutôt la possibilité donnée aux couples d'user de leur liberté inviolable de manière sage et responsable, en prenant en compte les réalités sociales et démographiques aussi bien que leur propre situation et leurs désirs légitimes, à la lumière des critères moraux objectifs. Toute propagande ou désinformation destinées à persuader les couples qu'ils doivent limiter leur famille à un ou deux enfants devraient être fermement proscrites, et les couples qui choisissent généreusement d'avoir une famille nombreuse doivent être encouragés. »
Cela renverse la perspective, comme on le voit. Certes Jean-Paul II ne fait pas l'apologie de la procréation sans limite, certes il affirme qu'il est nécessaire d'agir de manière sage et responsable, mais l'essentiel est ailleurs puisqu'il s'adresse expressément aux responsables d'une conférence internationale dont l'objectif était précisément de promouvoir le contrôle de la population. C'était la conférence du Caire où soit dit en passant les représentants du Vatican allaient se battre bec et ongles contre l’inclusion de l’avortement dans la notion de « santé reproductive ».
La citation dans Amoris laetitia s'arrête avant le rappel par Jean-Paul II de l'existence de « critères moraux objectifs » en la matière. Surtout, elle évite de reproduire la dernière phrase du paragraphe qui enjoint aux responsables politiques de se montrer favorables à la vie, et ce sans réserves de la part de Jean-Paul II : « Les couples qui choisissent généreusement d'avoir une famille nombreuse doivent être encouragés. »
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08 avril, 2016

Exhortation “Amoris laetitia” : premières impressions

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Un texte très long, très bavard, et recelant beaucoup ambiguïtés par la multiplication de considérations casuistiques : voilà ma première impression de l’exhortation post-synodalesur la famille rendue publique ce vendredi à 12 heures. Une analyse approfondie – qui prendra du temps vu les 246 pages que compte la version française d’Amoris laetitia – permettra me semble-t-il de constater que bien des aspects inquiétants du rapport final y sont maintenus. Celui-ci est d’ailleurs largement cité. Mais des pans entiers de la question de la crise de la famille semble tragiquement absents.
Il en va ainsi de la contraception, évoquée surtout en tant que pratique imposée par les pouvoirs publics et non dans sa dimension omniprésente dans le monde occidental et ailleurs, y compris parmi la majorité des époux catholiques. Humanae vitae, trop brièvement cité, avait pourtant prophétiquement annoncé la destruction de la famille et l’effondrement de l’ordre social et du respect de la femme par cette pratique contraire aux lois de Dieu… mais peut-on encore parler des lois de Dieu ? Ne serait-il pas temps de dire le lien qui existe entre contraception et divorce ?
C’est particulièrement sur la question des divorcés « remariés » et de leur « intégration » dans l’Eglise, comme sur celle des éléments positifs à chercher dans les unions de fait, que le document suit, mais de manière ambiguë, les recommandations sur une plus grande ouverture. Le chapitre 8 sème la confusion et disqualifie au moins en apparence le discours trop « doctrinal ».
La question se pose même : va-t-on pouvoir se contenter de réclamer une lecture conforme à la tradition, comme l’a déjà fait le cardinal Brandmuller ? Ou se battre pied à pied contre le texte lui-même ? C’est une question dont il serait imprudent de faire l’économie.
Dès le paragraphe 3 le ton est donné :
« Bien entendu, dans l’Église une unité de doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. »
C’est ce dont rêvaient les partisans de la communion pour les divorcés « remariés » après avoir constaté que la doctrine ne serait pas changée.
Le pape François « ne recommande pas une lecture générale hâtive » du document. La journaliste que je suis – et non la théologienne, je ne veux parler qu’à mon modeste niveau de compétence – se permettra tout de même de livrer des impressions immédiates. Il y a de belles choses, forcément. Des citations magnifiques. Des considérations patelines auxquelles le pape nous a habitués. Par moments on a davantage l’impression de la prédication d’une retraite avec de nombreuses considérations concrètes ?
Quelques tartes à la crème sur la « société patriarcale » et les « discriminations à l’égard des femmes » ; il y a aussi l’appel à ne pas tomber « dans le piège de nous épuiser en lamentations auto-défensives, au lieu de réveiller une créativité missionnaire » ;  rejet clair en revanche de l’idéologie du genre, mais enfin Jean-Paul II l’a fait définitivement, et de quelle façon !
Le 8e chapitre est le plus contestable. Il présente des considérations qui relèvent de l’accompagnement spirituel personnel et se situe dans cette logique présentée de manière ambiguë. « La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère » : rien à dire. Mais plus loin François écrit : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! » J’ai dû mal le lire.
Il est indirectement suggéré (§297) que les personnes en situation matrimoniale irrégulière puissent faire le catéchisme, voire « prêcher » pourvu qu’elles ne fassent pas « ostentation d’un péché objectif comme si ce péché faisait partie de l’idéal chrétien ».
Le pape met en garde contre « les affirmations trop rigides » de la doctrine : alors qu’il est là pour enseigner la doctrine et que le confesseur est là pour l’appliquer avec discernement. Pas de « recettes simples », dit le pape. Demander à des divorcés remariés de vivre comme frère et sœur ? « Risqué », répond la note 329 citant Gaudium et spes.
Il faut « discerner » si les exclusions liturgiques, pastorales, éducatives « peuvent être dépassées ».
La question de la communion des divorcés remaries est clairement ouverte et laissée à l’interprétation subjective dans la note 336. On retrouve dans le §300 la question du for interne, avec un appel à éviter la « double morale » mais un manque d’affirmation des règles d’accès à l’Eucharistie considérée comme médicament et non comme incorporation au Christ avec tout ce que cela suppose.
D’où l’insistance sur les « circonstances atténuantes » dans le paragraphe suivant :
« Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir unique­ment avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme”. »
Et § 305 : « Par conséquent, un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘‘irrégulières’’, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église « pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées ».
Le souci pastoral du pape François ne fait pas de doute. Il est question du salut certes, mais ici tout semble devenir acceptable comme chemin de salut.
Le Christ n’a pas appelé Marie-Magdeleine, comme l’écrit François, à une « vie plus digne », mais à une conversion radicale !

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11 mars, 2016

L’exhortation post-synodale sur la famille sera publiée en avril, selon des sources vaticanes

Selon la correspondante à Rome du quotidien catholique néerlandais Katholiek Nieuwsblad, Marta Petrosillo, l’exhortation post-synodale du pape François sur la famille devrait être publiée au mois d’avril. La date initialement avancée par Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille, ne pourra pas être tenue: il y a quelques semaines, il annonçait la publication pour le 19 mars. Mais cette date, la Saint-Joseph, a bien été retenue pour la signature du document, comme l’a annoncé le pape au retour du Mexique.
Les impératifs de temps pour la traduction et l’impression de l’exhortation expliquent selon le Vatican les délais supplémentaires.
Alors que le pape continue de donner des signaux contradictoires sur la pastorale familiale – on se souviendra de ses mots d’admiration pour un couple divorcé remarié dont les œuvres caritatives lui semblait tout aussi importantes que la communion sacramentelle, et encore de ses propos sur la contraception pour éviter des avortements (!) de fœtus microcéphales – les rumeurs vont bon train sur le contenu du document.
Mais si l’on veut bien me permettre une prédiction, il n’y a guère de raison de penser que le pape choisira de présenter des positions tranchées dans un sens ou dans l’autre dans les dossiers « sensibles » qu’il a voulu lui-même mettre sur le devant de la scène. La confusion est la marque de son pontificat… Qu’il s’agisse des couples divorcés remariés ou des concubins qui ne se marient pas du tout, l’objectif n’est-il pas d’abord de les « intégrer » dans l’Eglise, comme le répète le pape ?
Son approbation devant ce couple mexicain, Humberto et Claudia, qui avaient cherché et trouvé ses « propres » moyens d’atteindre la communion avec l’Eglise, est certainement ce qu’il y a de plus parlant, comme le relève aussi Marta Petrosillo.
Mais comment mettre en balance la bienfaisance matérielle avec la communion sacramentalle, qui est Jésus-Christ Lui-même répandu et communiqué ?
Intégrer les couples « irréguliers » tels qu’ils sont, donc sans poser clairement l’appel à la rupture avec ce mode de vie délibérément choisi…

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18 février, 2016

Le cardinal Vincent Nichols, ouvert aux « unions homosexuelles », pressenti au nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie

Le cardinal Vincent Nichols a reçu son chapeau
des mains du pape François, début 2014
De source sérieuse, le cardinal-archevêque de Westminster, Vincent Nichols, aurait de bonnes chances de devenir le chef du nouveau dicastère du Vatican pour les laïcs, la famille et la vie. C'est une nouvelle pour le moins inquiétante, si elle devait s'avérer, dans la mesure où le cardinal Nichols surprend depuis longtemps par ses prises de positions progressistes sur les questions de la vie et de la famille. Qu'il s'agisse de l'avortement, de la contraception, des droits et du statut de l'embryon, de l'éducation sexuelle, des unions homosexuelles ou de l’accès à la communion des divorcés « remariés », ses déclarations publiques sont depuis longtemps critiqués par les mouvements britanniques pour le respect de la vie et les catholiques soucieux d'une interprétation correcte des enseignements de l'Eglise.
Voice of the Family a publié mardi un communiqué pour dire son inquiétude devant l'éventualité de la nomination du cardinal Nichols. Le nouveau dicastère pour lesquelles il serait pressenti remplace le Conseil pontifical pour les laïcs, le Conseil pontifical pour la famille et l'Académie pontificale pour la vie. Avec sa dimension nouvelle, le nouveau dicastère aura également un poids plus important au sein de l’Eglise. Dans la foulée du synode sur la famille, il sera certainement chargé d’en répandre les propositions et les recommandations.
Avec un évêque aussi controversée à sa tête, il conforterait certainement la position de ceux qui militent, comme ils le disent, pour une nouvelle discipline –mais en fait aussi et surtout pour une nouvelle doctrine à propos du mariage, de la famille et de la sexualité humaine.
Le fait que le nom du cardinal Nichols puisse circuler à propos de cette prochaine nomination, alors qu'on attend précisément aussi la parution du de l'exhortation apostolique sur la famille au mois de mars, laisse craindre que les options les plus libérales avancées lors des deux synodes aient peut l'emporter. Ce n’est pas une éventualité que l’on puisse écarter d’emblée puisque ce type de texte n’engage pas l'infaillibilité pontificals.
Le cardinal Nichols est connu pour son l'ouverture aux unions homosexuelles, dont il ne refuse pas qu’elles puissent obtenir une certaine forme de reconnaissance de la part de l'Eglise. Il a lui-même célébré une messe pour le groupe « Soho » des catholiques LGBT de Westminster en mai 2010. Ce groupe est connu pour sa contestation ouverte à l'égard de la morale enseignée par l'Église.
Voice of the family note : « Il paraît impossible que le cardinal puisse apporter au pape François le soutien dont il a besoin en ces heures ou où le sens véritable  du mariage est en crise dans le monde entier. Il est tout aussi inconcevable qu’une personne qui s'oppose aussi ouvertement à l'enseignement catholique puisse être une inspiration pour ses frères cardinaux, les évêques, les prêtres et les laïcs dans leur tâche de défense de la vie humaine, du mariage et de la famille. »
L'organisme exhorte les catholiques « à prier pour que le Saint-Père nomme un témoin courageux de la doctrine catholique sur la vie et la famille à ce nouveau poste ». « La famille subit aujourd'hui des attaques constantes. Les victimes de cette crise, les enfants à naître, les handicapés, les vieillards, les enfants qui risquent d'être exposés à une éducation sexuelle corruptrice, les parents qui se battent pour élever leurs  enfants conformément à la loi morale, ont besoin d'une voix forte qui puisse s'exprimer en leur nom. Cela ne pourra certes pas se faire à travers la nomination d'un opposant tenace à l’enseignement catholique orthodoxe », ajoute Voice of the Family.
Le cardinal Nichols, interrogé dans les médias britanniques, a multiplié les déclarations hétérodoxes. En 2010 il concédait sans la moindre réserve que l'Eglise anglicane avait dû se résoudre à ordonner des femmes prêtres et même dans certains endroits des femmes évêques, afin de refléter les valeurs contemporaines de la société. Interrogé sur le fait de savoir si l'Église catholique allait faire preuve du même genre de « flexibilité » que l'Église anglicane en sanctionnant des unions gay, le cardinal Nichols avait répondu : « Je ne sais pas. Qui sait ce qui se trouvera plus tard sur le chemin. »
 A propos de la reconnaissance des partenariats gay, il répondait mollement au Telegraph, le 11 septembre 2010 : « Je ne sais pas. Il y a dans le Livre de la nature un lien inhérent entre la sexualité humaine et la procréation, et ces deux choses ne peuvent au bout du compte jamais être totalement séparés. Les gens qui ont une orientation homosexuelle disent : “D'accord, mais attendez une minute. Comment le Livre de la nature est-il inscrit en moi ?” La chose la plus importante que dit la tradition chrétienne est celle-ci, ne vous considérez pas simplement comme un individu isolé mais comme faisant partie d'une plus grande famille. Les exigences morales que nous impose cette tradition sont difficiles. Cette tradition dit que la sexualité humaine est ordonnée à l'expression d'un don total de soi dans la fidélité, d'une manière ouverte à la création d'une nouvelle vie. Maintenant, c'est difficile, c'est un idéal élevé. Je ne suis pas sûr que beaucoup de gens l'aient jamais observé dans sa totalité, mais cela ne veut pas dire qu'il n'ait pas de sens. »
A la même époque – c'était juste avant la visite de Benoît XVI au Royaume –Unis, Mgr Nichols, toujours interrogé par la BBC, intervenait vivement pour contester le fait que l'Église soit hostile aux unions homosexuelles. « Ce n'est pas vrai, pas dans ce pays. Dans ce pays nous (la Conférence des évêques d'Angleterre et du Pays de Galles), avons été très nuancés. Nous ne nous sommes pas opposés aux partenariats civils homosexuels, nous avons reconnu que dans la loi britannique ceux-ci pouvaient se justifier. Nous avons de manière constante déclarée que ces partenariats ne sont pas la même chose que le mariage. » Un peu plus loin dans l'interview un autre intervenant note que l’Eglise catholique en Angleterre fait  preuve en la matière d’une certaine « indépendance » à l'égard du Vatican. Le cardinal Nichols ne se donne pas la peine de démentir…
 Le 26 novembre 2011, interrogé par The Tablet, Mgr Nichols vantait le partenariat civil comme offrant aux personnes de même sexe à la recherche d'une relation pour toute la vie une structure leur permettant de trouver leur place, une protection, et un cadre juridique, affirmant que l'Église est très soucieuse de la notion d'égalité afin que chacun puisse jouir du même type de traitement dans tous les domaines de la vie.
En octobre dernier, le télégraphe rendait compte de la déception du cardinal Nichols devant la mise à l'écart des formulations révolutionnaires de la Relatio post disceptationis du premier synode sur la famille à propos de l'homosexualité. Le rapport définitif du Synode extraordinaire sur la famille n’est pas allé assez loin, selon le cardinal. Il s’est dit attaché aux mots ont été biffés, à propos des couples homosexuels : « respect », « accueil », et « valeur ».
Le cardinal Nichols est également président du groupe Marriage Care qui apporte conseil et soutien à tous dans le cadre de la relation maritale. Le groupe est ouvert à chacun, quel que soit son genre, son âge, sa race, sa croyance ou son orientation sexuelle, il refuse un système de doctrine mais préfère exhorter ses membres à se faire reconnaître par leur comportement « inclusif et aimant ». Le groupe propose des préparations privées au mariage – y compris aux couples gay.

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