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13 septembre, 2015

Mgr Franz-Jozef Bode, délégué allemand au synode, veut une bénédiction des remariages et des unions homosexuelles

Mgr Franz-Josef Bode. La soutane filetée de
violet suffit-elle à faire l'évêque ?
L’évêque d’Osnabrück, Mgr Franz-Jozef Bode, vient à son tour de s’exprimer de manière très ouverte sur les changements que certains attendent du synode sur la famille. Il fait partie des trois délégués choisis par l’Eglise catholique d’Allemagne pour se rendre à Rome au mois d’octobre. Dans un entretien accordé à l’agence Katholischen Nachrichten-Agentur, reprise notamment par DomRadio.de, le prélat allemand approuve à sa façon les remariages, les unions homosexuelles en insistant sur leurs points positifs et en plaidant pour leur bénédiction par l’Eglise. Bénédiction privée, mais qui s’adresse aux couples en tant que tels.
Je dois encore au blog de Mathias von Gersdorf cette information inquiétante : inquiétante parce que depuis le synode extraordinaire d’octobre dernier, les objectifs réels de certains pères synodaux sont de plus en plus clairement exprimés, sans crainte. L’opposition frontale vis-à-vis de l’enseignement de l’Eglise ne cherche plus à se dissimuler dans le « cheval de Troie » de l’attention pastorale à l’égard des divorcés « remariés », comme le disait le cardinal Pell peu après le synode extraordinaire.
Mgr Bode invoque les enquêtes qui ont eu lieu parmi les fidèles, expliquant que les « opinions » ont évolué sur les enjeux. On s’appuiera donc sur l’avis des fidèles pour faire évoluer la pratique à tel point qu’il deviendra impossible de faire semblant de ne pas vouloir modifier la doctrine.
Interrogé sur la possibilité d’autoriser les divorcés « remariés » à communier ; Mgr Bode a déclaré :
« Le mariage est indissoluble, ainsi le veut Jésus. Le mariage sacramental crée un lien qui n’est pas facile à dissoudre. Mais la faiblesse humaine fait que cette relation peut se casser, échouer. Les personnes peuvent alors se trouver dans une nouvelle relation, plus mature, mais qui sacramentellement n’a pas la même valeur que la première. La question est de savoir si cette nouvelle réalité, qui peut mieux exprimer l’alliance de Dieu avec les hommes que la première, doit toujours provoquer l’exclusion de l’accès à la confession et à la communion. Nous devons tenir compte des circonstances qui ont conduit à la rupture du mariage. Aujourd’hui, nous traitons tout le monde de la même manière, sans nous préoccuper de savoir si l’un ou l’autre porte la faute de la rupture ou non. En outre, cette question est liée à la manière dont nous comprenons l’Eucharistie. Celle-ci est-elle vraiment la représentation de la parfaite unité de la foi et de l’Eglise ou est-elle destinée à aider les gens dans leur vie, avec leurs blessures ? Que les gens ne puissent les exprimer dans la confession et en obtenir le pardon, je trouve cela encore plus difficile que la question de la communion. »
A propos des homosexuels, il affirme : « Le Catéchisme dit clairement que nous ne devons pas discriminer à leur égard. Tant pour eux que pour ceux qui cohabitent avant le mariage, il s’agit de reconnaître leurs forces et pas seulement leurs faiblesses et leurs déficiences. Il ne faut pas pour autant mettre sur le même plan unions civiles et mariage. Pour nous, le mariage est la relation entre un homme et une femme, qui peut produire des enfants. L’Eglise peut aider les couples au sein d’une union civile par des entretiens, par un accompagnement positif. On ne peut pas les traiter d’une manière qui les fasse assimiler au mariage. Mais on peut les accompagner sur leur route avec la prière et par une forme de bénédiction privée. »
« Où sont la loyauté et la fidélité, peut-il y avoir une reconnaissance de la part de l’Eglise ? », demande le journaliste.
Réponse de Mgr Bode : « La reconnaissance de ce qui est vécu. Il ne s’agit pas d’un sacrement. Mais à partir du moment où j’adopte une ouverture fondamentale, sans être dans une posture du tout ou rien, cela vaut aussi pour l’homosexualité. Cela dépend évidemment des circonstances culturelles et politiques. Même le dernier synode a mis en lumière les différences qui existent au sein de l’Eglise universelle. C’est pourquoi il fait sans doute prendre des chemins différents. »
Ces différences, souligne-t-il, sont surtout sensibles pour l’homosexualité, la « conception fondamentale du mariage et de la famille » étant, elle, unanimement partagée. Une allusion à peine voilée à l’Afrique ? Ici les Allemands de la tendance Kasper marchent sur des œufs, s’exposant à l’accusation de « racisme » s’ils minimisent la réaction africaine aux nouveautés qu’ils mettent en avant… Aussi Mgr Bonny annonce-t-il : « Dans nos recommandations, nous garderons les portes ouvertes aux solutions pastorales locales », avec peut-être « des pouvoirs propres pour chaque prêtre » confronté à son devoir pastoral à l’égard des divorcés remariés. « Cela fait des années que cela se fait dans des diocèses qui indiquent aux prêtres l’attitude à avoir. Je souhaite que cela se fasse de manière encore mieux fondée théologiquement. Nous avons presque toujours à l’esprit ce que dit le dogme de la pastorale, plus rarement ce que dit la pastorale à propos du dogme. Il y a pourtant un dialogue, une relation plus profonde. »
Il espère un dialogue franc au synode, où les choses seront exprimées sans détours, sans savoir « jusqu’où on pourra aller en trois semaines ». S’il n’en tient qu’à lui, très loin du point de départ de la doctrine catholique…

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16 décembre, 2014

Finances de l'Eglise d'Allemagne, deux poids deux mesures, un éclairage sur le synode

Hilary White
Je vous propose ci-dessous ma traduction d’un article très éclairant de Hilary White paru lundi soir sur LifeSite. Il met en lumière les choix très orientés d’un certain épiscopat allemand, laxiste à l’égard de la morale mais intraitable pour ceux qui ne paient pas la taxe pour financer l’Eglise. Ils tiennent aujourd’hui le haut du pavé. Ils sont joué un rôle de premier plan au synode pour la famille. J’ai intégré dans la traduction les liens donnés par Hilary White pour soutenir son article. – J.S.
D’aucuns se demandent pourquoi les médias allemands et même les médias du monde entier traquent sans relâche l’évêque conservateur Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst, « l’évêque du bling », ce qui a conduit à sa révocation en 2013 par le pape François, alors que des évêques libéraux et beaucoup plus dépensiers bénéficient du silence. Tebartz-van Elst a été attaqué à propos de la reconstruction d’un centre diocésain pour un coût de 31 million d’euros, alors que le cardinal Reinhardt Marx, qui penche à gauche, l’un des principaux conseillers du pape François, dépense 130 millions d’euros – et ce n’est qu’un début – pour un centre de services diocésain dans son diocèse de Munich-Freising.
Selon le service d’information allemand AZ, le bâtiment Munichois avait été acheté à l’origine par le prédécesseur de Marx pour 86 millions d’euros, et devait bénéficier d’une rénovation à hauteur de 39,8 millions. Les travaux ont commencé en 2011, à un coût estimé de 42,15 millions d’euros, près de 10 millions de plus que le coût final de la rénovation « scandaleuse » du Limbourg. Depuis lors les dépenses ont explosé sans qu’on puisse en voir le bout. Le porte-parole du diocèse, Bernhard Kellner, cité par le quotidien munichois Abendzeitung, a simplement déclaré : « C’est une augmentation de coût qui correspond aux conditions du marché. »
En attendant le cardinal Marx lui-même dispose d’une suite au palais Holnstein, la résidence de l’évêque, récemment rénové pour un coût de 8 millions d’euros, ou bien il demeure dans maison d’hôtes de 10 pièces à Rome (acquise par son diocèse) estimée valoir 9,7 millions. « Celui qui dit qu’il s’agit là d’une demeure de luxe pour le cardinal Reinhardt Marx a totalement tort », a déclare Bernhard Kellner : «  C’est une maison de réunion, qui accueillera les membres du chapitre de la cathédrale, les employés de l’ordinariat, des représentants des conseils de laïcs, mais également de petits groupe de pèlerins. »
Le cardinal Marx dispose d’un salaire d’évêque d’environ 11.500 euros par mois et jouit d’un parc de voitures dernier cri conduites par des chauffeurs.
Ce qui n’a pas été rapporté par la presse laïque dans le cas du Limbourg, c’est le fait que Mgr Tebartz-van Eslt était déjà bien connu au sein de l’Eglise allemande en raison de ses prises de position conservatrices à propos de diverses question « controversées ». Il avait été nommé par le pape Benoît XVI pour remplacer l’évêque libéral bien connu, Franz Kamphaus, qui s’était attiré la colère du Vatican sous Jean-Paul II lorsqu’il avait refusé de cesser de délivrer des certificats d’avortement.
Mgr Tebartz-van Elst
Mgr Tebartz-van Elst, qui était également à la tête de la commission de la Conférence des évêques d’Allemagne sur le mariage est la famille, avait été la cible d’articles très négatifs de la part de la presse allemande laïque après qu’il eut pris des mesures disciplinaires contre l’un de ses prêtres, Peter Kollas, qui avait organisé une bénédiction pour deux hommes homosexuels. En 2007, Mgr Tebartz-van Elst avait publié un communiqué affirmant que tous les catholiques ont le devoir de protester contre la reconnaissance légale des partenariats homosexuels.
Mgr Tebartz-van Elst était déjà dans le collimateur de la presse laïque, contesté par ses propres prêtre libéraux, en raison de sa défense de l’enseignement moral catholique et de son exigence de voir les paroisses suivre rigoureusement les règles liturgiques lors de la messe dominicale. Mais c’est la rénovation, pour un coût de 5,5 millions d’euros du Centre diocésain, un budget qui devait finalement s’élever à 31d’euros, et l’accusation d’avoir bénéficié d’un billet de première classe pour l’Inde, qui a attiré l’attention internationale : les médias allemands, suivis rapidement par la presse anglophone et italienne, avaient reniflé du sang dans l’eau…
Tandis que les médias alimentaient la controverse, Mgr Tebartz-van Eslt est devenu la cible de protestations, et il ne devait recevoir que peu de soutien de la part de ses frères évêques de l’épiscopat allemand. Alors qu’une enquête menée par le Vatican l’a totalement innocenté de toute inconduite financière en septembre 2013. Mgr  Tebartz-van-Est a été écarté de son siège épiscopal par le pape François en octobre de cette même année, après une réunion de celui-ci avec l’archevêque de Fribourg-en-Brisgau, Mgr Robert Zollitsch, ancien président de la Conférence des évêques d’Allemagne, connu en tant ultralibéral qui soutient les unions civiles d’homosexuels et l’ordination des femmes.
Aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, les Eglises sont financées par les dons volontaires des paroissiens. Les projets exceptionnels, comme la réparation d’un toit ou la rénovation d’une maison paroissiale, requièrent des levées de fonds spéciales. Mais les églises paroissiales en Allemagne sont presque vides le dimanche matin, et la plupart des paroissiens qui restent encore sont dans la deuxième moitié de leur vie. Selon les statistiques du gouvernement allemand, la population allemande est divisée à peu près de manière égale en trois groupes : 30 % de protestants évangéliques, 30 % de catholiques, et 30 % enregistrés comme « athées » ou « autres ». Mais l’Eglise catholique est l’une des institutions les plus riches d’Europe et elle est le deuxième employeur d’Allemagne. D’où vient donc l’étonnante richesse de l’Église catholique allemande ?
Environ 70 % des revenus de l’Eglise catholique d’Allemagne proviennent de la « taxe d’Eglise », qui s’est montée à environ 5 milliards d’euros en 2010. Cela ne comprend pas les revenus d’investissement générés par les importantes possessions immobilières de l’Église d’Allemagne.
Si une personne ne désire pas contribuer au financement de l’Eglise, il doit formellement renoncer, sur son formulaire d’impôts, à son appartenance à cette Eglise soutenu par l’Etat. Au cours de ces dernières années, la déchristianisation de l’Allemagne et de l’Europe dans son ensemble a été accusée d’avoir provoquer un quasi exode des catholiques allemands du rôle fiscal.
Mgr Robert Zollitsch
Les évêques catholiques allemands, malgré leur réputation d’être l’un des épiscopats catholiques les plus libéraux du monde, ont répondu en excommuniant quiconque choisit de ne plus payer la taxe. En 2012 Mgr Zollitsch a déclaré aux médias : « Il doit y avoir des conséquences pour les personnes qui se distancient de l’Eglise par un acte public. Clairement, celui qui se retire de l’Église ne peut plus prétendre aux avantages du système de la même façon que celui qui en demeure membre. Mais ce qui est en jeu, c’est la crédibilité de la nature sacramentelle de l’Eglise. On ne peut pas être un demi membre ou un membre partiel. Soit on fait partie et on s’engage, ou bien on renonce. »
 Dans le même temps, Zollitsch et ses frères évêques ont de manière répétée défié le Vatican qui demandait que ceux vivant au sein d’une union adultère après un divorce civil se voient refuser la communion. Au synode extraordinaire des évêques en octobre, les évêques allemands ont pris la tête, avec l’archevêque italien Bruno forte, nommé par le pape, des pressions visant à obtenir que l’Église « accepte et valorise » l’« orientation » homosexuelle.
La cadence des renonciations formelles vis-à-vis de l’Église d’Allemagne a ralenti entre 2005 et 2013, sous le pontificat de Benoît XVI, mais elles a été marquée par une augmentation de plus de 50.000 depuis 2012. Le rapport 2014 des évêques d’Allemagne affirme : « Aujourd’hui on ne peut pas supposer que des personnes appartiennent à une Eglise et qu’elle pratiquent leur foi. Cela se voit à travers les nombreuses instances de personne qui quittent l’Eglise. En 2013, 178.805 personnes ont quitté l’Eglise catholique en Allemagne. »
Parmi les catholiques qui ne se sont pas formellement retirés de l’Église, la pratique et la foi sont à un niveau bas et diminuent régulièrement. Selon une enquête du Pew Center, environ un catholique allemand sur 5 affirmait assister à la messe chaque semaine, conformément à l’enseignement de l’Eglise, en 2009-2010. Cette proportion est tombée à 16 % en 2011.
Alors qu’il présentait le rapport annuel de l’Église catholique d’Allemagne en août de cette année, le cardinal Marx a évoqué les scandales financiers et sexuels au sein de l’Eglise d’Allemagne, disant que l’Église doit s’atteler à un travail « bon et convaincant pour rebâtir la confiance à tous les niveaux ».
Dans le même temps, un autre évêque classé parmi les prélats libéraux de, le cardinal Karl Lehmann de Mainz, lui aussi jadis président de la Conférence épiscopale allemande et, dit-on, le mentor de Zollitsch, s’est exprimé sur « les scandales et les vexations » au sein de l’Eglise qui sont à la racine d’un exode généralisé depuis Eglise catholique.
« Il n’y a pas de doute, ces chiffres nous obligent à réfléchir. Nous avons évidemment souffert d’une perte de confiance et de crédibilité qui s’est rarement produite avec une telle violence », dit Lehmann dans son journal diocésain.
Ceux qui critiquent la menace des évêques allemands à l’égard des catholiques qui se soustraient à la taxe d’Eglise les ont accusé du péché de simonie, à savoir de demander de l’argent pour les sacrements. Le décret 2012 contre ceux qui évitent la taxe d’Eglise comporte cette déclaration : « Sans un signe de repentance avant la mort, l’enterrement à l’église peut être refusé. »
Le P. Alexander Lucie-Smith, éditorialiste au Catholic Herald au Royaume-Uni, a évoqué l’ironie de cette forte préférence marquée par le pape François à l’égard des évêques allemands extrêmement riche qu’il a nommés, comme le cardinal Kasper. Le système allemand du « payer pour prier », écrit-il, est sûrement contraire à ce que le pape François tente de promouvoir : une Eglise pauvre pour les pauvres.
« D’abord c’est une forme de coercition. Vous devez payer, ou bien quitter l’Eglise. Mais n’est-ce pas que tout, dans la sphère religieuse devrait relever du volontariat ? », écrit le P. Lucie-Smith. « Deuxièmement, le système utilise l’État pour collecter l’argent au bénéfice de l’Eglise. Cela met l’Eglise et l’Etat dans une dans une situation d’alliance proche, trop proche, qui peut causer du tort à l’Eglise.
« En troisième lieu, la taxe d’Eglise rend l’Eglise non charitable, dès lors que des personnes qui refusent de payer la taxe sont écartées des sacrements. Cela est tous ensemble simplement un mal. Les sacrements sont gratuits. Personne ne devrait être contraint de à sauter à travers un cerceau administratif de manière à recevoir les sacrements : les seules conditions pour recevoir le sacrement devrait être morales »
Le cardinal Reinhardt Marx,
du cercle restreint du pape François
Mais le cardinal Marx reste au sommet du pouvoir aussi bien au Vatican qu’en Allemagne. Il est actuellement le président de la Conférence épiscopale allemande ; il est également un membre de premier plan de ce qu’on a appelé le « gang des neuf » du pape François, le cercle restreint créé par le pape pour la réforme de l’Église. Il a également été nommé au Conseil économique du pape.
Au synode, Marx avait fortement pris la voix en faveur des paragraphes du rapport d’étape appelant l’Eglise à accepter et à valoriser l’orientation homosexuelle. Lors d’une conférence de presse au Vatican, Marx avait déclaré : « Prenez le cas de deux homosexuels qui ont vécu ensemble pendant 35 ans et qui prennent soin l’un de l’autre, même au cours de la dernière phase de leur vie. Comment puis-je dire que cela n’a pas de valeur ? » Il avait été ajouté : « Dire que la doctrine ne changera jamais correspond à une vue restrictive des choses... Le cœur de l’Église catholique reste l’Évangile, mais avons-nous tout découvert ? Voilà ce dont je doute. »
Hilary White

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02 décembre, 2014

Royaume-Uni : 40 % des enfants de 11 ans ne vivent pas avec leurs deux parents

Une étude menée au Royaume-Uni sur les « Cohortes du Millénaire » révèle une image inquiétante de la société britannique dont l'élément fondamental – la famille unie et stable – se disloque peu à peu. Et même très vite, si l'on compare ses données avec des enquêtes antérieures.

Portant sur des enfants âgés de 11 ans – 13.000 bébés du début du millénaire – l'enquête des pouvoirs publics montre que parmi eux, seule la moitié vivent encore avec leurs parents mariés à la fin de leur scolarité dans le primaire – sachant que tous les parents ne sont pas mariés au départ. L'étude montre encore que des problèmes de comportement sont liés à cette instabilité. Même si les enfants se disent généralement « heureux ».

Le nombre d'enfants vivant avec leurs deux parents a fondu d'un tiers en l'espace d'une génération. Plus d'un enfant sur trois des 13.000 dont les parcours ont été suivis ont assisté à des crises familiales aboutissant à la séparation de leurs parents avant d'avoir atteint l'âge de 11 ans…

61 % de ces enfants vivent encore avec deux parents à cet âge : il y a deux ans, alors que les enfants avaient 9 ans, ce pourcentage était encore de 85 %. Seuls 50 % des parents sont encore mariés alors que les enfants suivis ont atteint 11 ans : ils étaient 60 % alors que ces enfants étaient tout petits.

Une étude similaire qui a suivi des personnes nées trente ans plus tôt, une génération, donc, née au début des années 1970, montre que 90 % d'entre eux vivaient encore avec leurs deux parents à 11 ans. C'était une époque où les naissances hors mariage étaient bien moins nombreuses, le concubinage était lui aussi moins fréquent.

Il y a pour le moins une corrélation entre le mariage et les chances des enfants d'être avec leurs parents à l'âge de 11 ans, même si les séparations sont elles aussi en augmentation. Les parents concubins ont deux fois plus de risques de se séparer que ceux qui sont mariés, souligne l'enquête.

Parmi les enfants dont les parents se sont séparés, plus d'un sur cinq a des problèmes comportementaux ou émotionnels, soit près de deux fois plus que les enfants dont les parents sont encore ensemble. Le taux de problèmes est encore plus élevé chez les enfants vivant avec un seul parent. Et ce alors qu'ils ne sont pas encore entrés dans l'adolescence.

La perception de leur propre bonheur par les enfants ne rend pas compte de ces faits : les deux tiers des enfants dont les enfants sont séparés se disent « complètement heureux » dans leur vie familiale. Même si ce sont les enfants vivant avec leurs deux parents dans une famille stables se disent les plus heureux. Bref, à 11 ans, l'enfant est subjectivement moins affecté qu'un adulte par les problèmes que peut vivre un parent séparé ou isolé.

Mais les risques comportementaux rendent compte d'une réalité moins rose, directement liée à la crise du mariage.

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19 novembre, 2014

Le cardinal Burke affirme que c’est le diable qui sème la confusion à propos du mariage

Pour le cardinal Raymond Burke, il n’y a pas de doute : la confusion et les erreurs actuelles à propos du mariage sont l’œuvre du diable. S’exprimant devant quelque 300 délégués lors d’une conférence sur la famille et le mariage organisé par Catholic Voice à Limerick, en Irlande, il a déclaré samedi : « Même au sein de l’Eglise, il y a ceux qui voudraient obscurcir la vérité sur l’indissolubilité du mariage au nom de la miséricorde. »
Celui qui vient d’être remercié comme préfet de la Signature apostolique et renvoyé vers la fonction en l’occurrence peu honorifique de cardinal protecteur de l’Ordre de Malte est un cardinal jeune – 66 ans – qui a encore beaucoup à apporter à l’Eglise comme l’un de ses princes et fidèles serviteurs du pape. Il l’a montré en parlant clair sur les événements qui viennent de secouer à travers cet étrange synode dont il a publiquement regretté qu’il se soit focalisé sur la communion pour les divorcés « remariés », la cohabitation et le « mariage » des couples de même sexe.
Il faut écarter ces sujets, tenir ces controverses « brûlantes » « hors de la table » des discussions, a-t-il déclaré, affirmant qu’ils avaient détourné le synode de son véritable travail lors de la première session d’octobre, rapporte The Catholic Herald.
Le cardinal a rappelé que ces questions ne peuvent pas faire l’objet de discussions parce qu’elles sont déjà réglées. On ne peut envisager, en ce qui concerne l’accès à la communion, un assouplissement des restrictions imposées à ceux qui ont divorcé et qui se sont « remariés » sans faire constater la nullité de leur mariage originel : « Je ne parviens pas à comprendre comment – si le mariage est indissoluble et qu’une personne vit en contradiction avec cette indissolubilité du mariage – comment une telle personne peut être admise à recevoir la sainte communion », a-t-il déclaré.
Et de demander aux fidèles laïques d’écrire au Pape, aux autorités vaticanes, à leurs évêques, pour faire connaître leur manière de voir. Cet appel à l’action se double d’un devoir d’information et de formation des consciences ; et sur ce plan-là  le cardinal Burke est en première ligne.
Il a dénoncé avec colère la « mentalité contraceptive » qui est « contraire à la vie », l’accusant d’être à la source de la « dévastation qui chaque jour s’opère dans le monde par le jeu de l’industrie riche à millions de la pornographie », et de la « politique incroyablement agressive » du lobby homosexuel. Autant de réalités qui peuvent seulement aboutir au « profond malheur et même au désespoir de ceux qu’elles touchent ».
Le cardinal Burke s’est dit « poussé aux larmes » par les tentatives de mettre en place la « théorie du genre » dans les écoles : elle est « inique », a-t-il martelé, ajoutant qu’il ne devrait pas être permis d’exposer les enfants à une « pensée aussi corrompue ».
Mais « la société est allée encore plus loin dans sa confrontation avec Dieu et sa loi en détournant le nom du mariage pour qualifier les liaisons entre des personnes de même sexe ». C’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’il a précisé récuser le terme de « mariage traditionnel » pour désigner le mariage entre un homme et une femme.
« Je réponds : y a-t-il une autre forme de mariage ? J’ai peur qu’en utilisant ce type de terminologie nous ne donnions l’impression de penser qu’il existe d’autres formes de mariage : eh bien, nous ne le pensons pas. » Raison pour laquelle le cardinal Burke continue d’affirmer – il l’a dit lors de la conférence de Limerick, puis devant les journalistes venus l’interroger – qu’il refusera la communion à un homme politique catholique ayant voté pour le « mariage » des couples de même sexe.

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11 novembre, 2014

La République slovaque a approuvé la tenue d’un référendum à propos du mariage

La Cour constitutionnelle slovaque a entériné la tenue d’un référendum d’initiative populaire dont le premier objectif était de faire figurer dans la constitution du pays la mention selon laquelle le mariage n’existe qu’entre un homme et une femme. C’est la suite légale d’une pétition réussie qui a rassemblé plus de 400.000 signatures – plus de 10 % des électeurs – en faveur d’une telle modification constitutionnelle.
Entre-temps le parlement slovaque a déjà adopté une loi définissant ainsi le mariage et rendant inconstitutionnel le « mariage » gay, dans un pays qui ne connaît pas non plus une quelconque forme d’union civile pour les couples de même sexe. Mais cela n’empêchera pas la tenue du référendum qui vise également, et dans la suite logique de cette première demande, à interdire l’adoption par les couples homosexuels et à permettre aux parents de ne pas envoyer leurs enfants aux cours d’« éducation sexuelle » dispensés dans les écoles.
En revanche, et à la grande colère de l’Alliance pour la famille qui est à l’origine de la pétition, la Cour constitutionnelle a décidé d’écarter la quatrième question posée, visant à interdire toute institution future de partenariats de même sexe, au motif qu’elle serait « inconstitutionnelle ».
Sophie in ’t Veld, membre néerlandais du Parlement européen et promotrice des droits LGBT, a qualifié le référendum à venir de « répugnant » en ce qu’il vise à « éliminer les droits de concitoyens » : « Un tel processus n’a pas sa place dans un continent éclairé comme l’Europe », a déclaré la vice-présidente de l’intergroupe parlementaire LGBTI : «  Ce débat ne concerne pas la Slovaquie, mais les droits fondamentaux, la tolérance et l’égalité au sein de l’Union européenne. Nous ne devons pas fermer les yeux devant les organisations religieuses qui alimentent l’intolérance à l’égard de nos propres concitoyens de l’UE. »

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