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26 mars, 2021

Le cardinal Schönborn déclare que l'Eglise ne peut refuser de bénir les couples homosexuels

Selon International-La Croix, le média anglophone publié par le quotidien officieux des évêques de France, le cardinal Christoph Schönborn a déclaré que l'Eglise ne doit pas refuser les demandes sincères de bénédiction de la part de couples homosexuelles.

Le cardinal autrichien vient ainsi de contredire le récent « responsum » de la Congrégation pour la Doctrine de la foi rappelant que l’Eglise ne peut bénir un comportement peccamineux.?

Selon le média, Schönborn a souligné que le Vatican a « profondément blessé de nombreuses personnes » à travers ce document.

« Si la demande de bénédiction n’ est pas un ‘show’… si la demande est honnête et constitue vraiment une demande de la bénédiction divine pour une manière de vivre dans laquelle deux personnes veulent embarquer ensemble, alors une telle bénédiction ne sera pas refusée », a-t-il déclaré dans la dernière livraison de l'hebdomadaire de son diocèse, Der Sonntag

Il a ajouté qu’il était « mécontent » du document de la CDF, d’autant que selon lui, de nombreux homosexuals veulent considérer l’Eglise comme leur « mère », elle qui aujourd'hui semble les « rejeter ». La bénédiction n’est pas un « bon point » pour bonne conduite, a-t-il précisé.

Sur les dix évêques actuellement en à la tête des diocèses autrichiens, pas moins de sept se sont déjà exprimés dans le même sens que le cardinal Schönborn ; leur position est ainsi confortée.

L’un d’eux, récemment nommé par le pape François et réputé « fransiscain » a tenu un langage encore plus fort, assurant que les couples homosexuelles peuvent faire preuve de fidélité et de dévouement mutuel: « Nous, en tant qu’Eglise, aimerions accueillir tous les gays et lesbiennes et leur offrir un foyer spirituel au sein de l’Eglise – et nous le faisons qu’ils vivent chastement ou non », a déclaré Mgr Hermann Glettler, évêque d’Innsbruck.

International-La Croix souligne que le cardinal Schönborn, membre de la CDF, est le second cardinal ayant toujours un ministère actif par ordre de rang, et que sa prise de position est donc d’une grande importance.

Arrêtons-nous un instant sur ce qui se passe : des évêques (leur liste dépasse largement l’Autriche), et aujourd'hui un cardinal de l’Eglise appellent les uns après les autres à « bénir » des couples, et donc des rapports homosexuels revendiqués.

Sandro Magister rappelle : « Dans le célèbre Grand Catéchisme de saint Pie X édité en 1905, dans la réponse à la question 966, l'homosexualité est le deuxième des quatre “péchés qui crient vengeance devant la face de Dieu” : l’“homicide volontaire” ; le “péché impur contre l’ordre de la nature” ; l’“oppression des pauvres” ; le “refus du salaire aux ouvriers”. Et le nouveau Catéchisme de l’Église catholique publié en 1992 et en édition typique en 1997 en dit autant. »

A quand une réaction du pape ? A quand une condamnation claire de propos qui contredisent directement la loi de Dieu ? A quand un début de ménage de la part de – par exemple – la Congrégation des Evêques ? 

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22 mars, 2021

La note de la Congrégation pour la Doctrine de la foi sur les unions homosexuelles, et le pape François

Stupeur. Les grands médias dans les pays où le politiquement correct est le plus avancé ont crié à la « douche froide » après la parution d’un Responsum – une réponse à une question posée – sur la possibilité ou non pour l’Eglise de proposer une bénédiction des paires homosexuelles. Sans véritable surprise, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a dit « non », étendant d’ailleurs sa réponse à toutes les unions qui impliquent une « pratique sexuelle hors mariage », seul cadre légitime pour l’union qu’en d’autres temps on appelait encore pudiquement « conjugale ».

La « surprise » du Courrier international dont je tire l’expression rapportée ci-dessus n’est pas une nouveauté qui démontrerait à elle seule la gravité des glissements doctrinaux que l’on impute au pape François. Chaque fois que Jean-Paul II rappelait solennellement que l’avortement est un crime qui tue un enfant à naître on avait droit, il y a déjà plusieurs décennies, à ce type de cris d’orfraie journalistiques ; comme si c’était une nouveauté, comme si c’était inattendu. Il faut comprendre que cela leur est totalement étranger.

Si la note a rassuré les milieux plus conservateurs ou traditionnels au sein de l’Eglise, tant ceux-ci s’attendent à tout dans le contexte actuel, et si elle se borne à rappeler l’enseignement pérenne de l’Eglise en matière de morale sexuelle, elle n’en est pas moins ouvertement contestée par des évêques et même, de manière plus subtile, par un cardinal : Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. Et d’aucuns vont jusqu’à dire que le pape François a sans doute consenti de manière un peu hâtive à la publication du texte, voire sous pression, et s’attendent à quelque déclaration plus « ouverte » de sa part, si tant est qu’elle n’a pas déjà eu lieu.

Voici les passages les plus critiqués depuis les milieux progressistes et « LGBT » :

« Pour être cohérent avec la nature des sacramentaux, lorsqu’une bénédiction est invoquée sur certaines relations humaines, il est nécessaire – outre l’intention droite de ceux qui y participent – que ce qui est béni soit objectivement et positivement ordonné à recevoir et à exprimer la grâce, en fonction des desseins de Dieu inscrits dans la Création et pleinement révélés par le Christ Seigneur. Seules les réalités qui sont en elles-mêmes ordonnées à servir ces plans sont donc compatibles avec l’essence de la bénédiction donnée par l’Église.

« Pour cette raison, il n’est pas licite de donner une bénédiction aux relations ou partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage (c’est-à-dire hors de l'union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie), comme c’est le cas des unions entre personnes du même sexe. La présence dans ces relations d'éléments positifs, qui en eux-mêmes doivent être appréciés et valorisés, n'est cependant pas de nature à les justifier et à les rendre ainsi légitimement susceptibles d’une bénédiction ecclésiale, puisque ces éléments se trouvent au service d’une union non ordonnée au dessein du Créateur.

« En outre, les bénédictions sur les personnes étant liées aux sacrements, la bénédiction des unions homosexuelles ne peut être considérée comme licite, car elle constituerait en quelque sorte une imitation ou un renvoi analogique à la bénédiction nuptiale invoquée sur l’homme et la femme qui s’unissent dans le sacrement de mariage, étant donné qu’“il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille”. 

« (…) En même temps, l’Église rappelle que Dieu lui-même ne cesse de bénir chacun de ses enfants en pèlerinage dans ce monde, car pour Lui “nous sommes plus importants que tous les péchés que nous pouvons commettre”. Mais Il ne bénit pas et ne peut pas bénir le péché : Il bénit l’homme pécheur, afin que celui-ci reconnaisse qu’il fait partie de son dessein d'amour et se laisse changer par Lui. Car Il “nous prend comme nous sommes, mais ne nous laisse jamais comme nous sommes”. »

Plus loin, le Responsum précise que les « personnes à tendance homosexuelle » qui manifestent le désir de vivre en fidélité aux desseins révélés de Dieu » peuvent recevoir une bénédiction à titre individuel.

Ce fut assez pour « décevoir » certains, comme Mgr Johan Bonny d’Anvers qui est allé jusqu’à se dire « très en colère » à cause de la note de la CDF, qu’il juge incompatible avec ce qui a été mis en avant au cours du deuxième synode sur la famille à Rome en 2015, auquel il avait participé. Et de dénoncer la « qualité théologique défectueuse » des membres de ce « département romain ».

Au lendemain de la parution du Responsum, une soixantaine de prêtres allemands avaient déjà publié une lettre ouverte annonçant leur refus de se conformer aux consignes données par la CDF : ils continueront de bénir les couples homosexuels comme ils le faisaient déjà… En Autriche, pas moins de 350 prêtres ont signé un « appel à la désobéissance 2.0 », protestant avec « véhémence contre la supposition selon laquelle des couples aimants de même sexe ne font pas partie du dessein de Dieu ». « Dans cette affaire, on essaie de saper la réalité de la création au moyen de présomptions dogmatisantes », ajoutaient-ils.

Le cardinal américain Blase Cupich a souligné que la note de la Congrégation pour la Doctrine de la foi ne faisait que répéter l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur le sacrement de mariage, ajoutant qu’elle allait pourtant provoquer de la « déception » chez un grand nombre. A ceux qui soutiennent la cause LGBT de « redoubler nos efforts afin d’être créatifs et résilients pour trouver des moyens d’accueillir et d’encourager toutes les personnes LGBTQ dans notre famille de foi », a-t-il déclaré. II faut lire la note « dans le contexte des enseignements du Catéchisme et des déclarations encourageantes du pape François aux personnes LGBTQ quant à leur relation avec l’Eglise », a-t-il insisté, s’arrêtant sur le fait qu’elle souligne « les nombreux éléments positifs » au sein de relations de couples de même sexe « qu’il faut en eux-mêmes valoriser et apprécier ».

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Remarque : l’acronyme LGBT ou LGBTQ (et la suite) est lourdement chargé de sens. Il constitue une proclamation délibérée du choix de vivre de manière contraire aux lois morales et à la loi naturelle, elle-même au demeurant contestée et ridiculisée, et revendique des droits civils et sociaux du fait de ce choix.

D’autres prélats ont réagi dans le même sens, mais le plus emblématique d’entre eux est sans doute le cardinal Kevin Farrell qui a déjà imaginé une manière de « contourner l’interdiction vaticane », pour reprendre l’expression de Michael Haynes sur LifeSite.

Interpellé par un journaliste allemand à propos de la « déception » causée par la note, le cardinal a répondu :

« La vie pastorale de l’Église est ouverte à toutes les personnes. Il est essentiel et très important que nous ouvrions toujours nos bras pour accueillir et accompagner toutes les personnes dans leurs différentes étapes de vie et dans leurs différentes situations de vie. Parfois, nous ne comprenons pas non plus une distinction qui doit être faite, à savoir que lorsque l’Église parle du mariage, elle parle du mariage sacramentel, elle ne parle pas des unions civiles. Elle ne parle pas des autres formes de mariage. Elle parle de la question du mariage sacramentel, et Amoris Laetitia parle de ce mariage sacramentel. »

Et d’insister sur « l’accompagnement de tous », et notamment des « mariages civils » et des « unions civiles » ou « d’autres formes de mariage ».

La nécessaire « distinction » par rapport au sacrement prévaudrait ainsi sur l’affirmation claire de ce qui n’est pas acceptable, non parce que l’Eglise se détournerait des personnes dans ces situations, mais parce que ces situations ne sont plus présentées comme mettant en danger le salut éternel de ceux qui s’y maintiennent.

America Magazine, la revue américaine des Jésuites, va encore plus loin, en assurant depuis le début de la semaine dernière et la publication de la note vaticane que le pape François n’est pas forcément totalement d’accord avec ce qu’elle proclame.

Un podcast mis en ligne dès mercredi dernier donnait la parole au correspondant à Rome de la revue, Gerard O’Connell. Celui-ci a pointé ce qu’il présente comme des anomalies lors de la rédaction et de l’adoption du texte, d’autant que le pape, selon ce cercle où il s’exprime, a plaidé pour la reconnaissance légale des unions civiles homosexuelles dans un récent documentaire.

O’Connell, invoquant sa longue expérience de vaticaniste, a fait remarquer le caractère inhabituel de la formule utilisée : « Le Souverain Pontife François, au cours d'une audience accordée au Secrétaire de cette Congrégation, a été informé du Responsum ad dubium susmentionné, avec la Note explicative annexe, et a consenti à leur publication. »

Ce jugement sur le caractère inhabituel est partagé par d’autres à Rome : selon Gerard O’Connell, cela donne l’impression que le pape s’est d’une certaine façon « distancé » du document, car il ne l’a pas « approuvé » et semble en avoir été simplement « informé », sans l’avoir vu.

O’Connell ajoute que des personnes « à l’intérieur » de la CDF lui ont fait savoir que le document n’avait pas été approuvé au cours d’une assemblée plénière de la CDF. Celle-ci a normalement lieu chaque mois et rassemble « 25 ou 26 personnes » mais n’a pas eu lieu depuis longtemps pour cause de pandémie.

Ainsi, la note a été rédigée par « un très petit groupe de personnes », et a été portée par Mgr Morand chez le pape au moment où celui-ci préparait son voyage en Irak et « avait la tête ailleurs ». Raison pour laquelle il n’est pas question de l’« approbation » du texte par François mais de son consentement à sa publication.

« Il n’y a aucune raison de croire que le pape a rétropédalé par rapport à tout ce qu’il a dit à ce jour », selon O’Connell : « L’ayant connu depuis de longues années, cela ne correspond pas à ses antécédents. » Voilà qui ne cadre pas tout à fait avec certains changements d’avis ou rectifications de François à la suite d’une déclaration particulièrement étonnante… Mais clairement, le lobby « pro-LGBT » veut croire et au besoin imposer dans l’opinion l’idée que le pape n’a pas pu approuver un texte pareil.

« C’est comme si on l’accusait d’avoir deux visages… Ce n’est pas très juste à l’égard du pape et je crois que cette histoire ne s’arrêtera pas là », a conclu le vaticaniste.

En ce dimanche de la Passion, « Cinquième dimanche du carême » dans le Nouvel Ordo, le pape François a selon des sources citées une fois de plus par America Magazine discrètement contredit le document de la CDF ?

C’était au moment de l’Angélus. Le pape François a parlé du devoir des chrétiens d’aider les autres à voir Jésus, disant :
« Nous comprenons dès lors la grande responsabilité qui nous incombe, à nous chrétiens et à nos communautés. Nous aussi, nous devons répondre par le témoignage d’une vie qui se donne dans le service, une vie qui prend sur elle le style de Dieu – proximité, compassion et tendresse – et se donne dans le service. Il s’agit de semer des graines d'amour non pas avec des mots qui s'envolent, mais avec des exemples concrets, simples et courageux, non pas avec des condamnations théoriques, mais avec des gestes d’amour. Ensuite, le Seigneur, avec sa grâce, nous fait porter du fruit, même lorsque le terrain est sec à cause de malentendus, de difficultés ou de persécutions, ou de prétentions au légalisme ou au moralisme clérical. C’est un terrain sec. C’est précisément à ce moment-là, dans l’épreuve et la solitude, alors que la graine meurt, que la vie germe, pour produire des fruits mûrs en son temps. »
Selon « trois sources » anonymes, dont une « haut placée » dans la Curie, citées par America Magazine, ces mots sont venus apporter une réponse à ceux qui avaient considéré le document de la CDF comme moralisateur ou condamnatoire, marqué par le « légalisme » et le « cléricalisme ». La source « haut placée » ajoutait selon la revue que tout « responsum » devrait etre marqué par la « proximité », la « compassion » et la « tendresse » évoquées par le pape. Les interlocuteurs du journal ne seraient « pas étonnées » si le pape revient plus longuement sur le sujet des unions « LGBT » à l’avenir.

A noter : la version française des paroles du pape à l’Angélus, non disponibles sur le site dédié à François mais partiellement rapportées par Vatican News, fait l’impasse sur plusieurs expressions clefs : « non pas avec des condamnations théoriques », « ou de prétentions au légalisme ou au moralisme clérical ». Celles-là même qui dans le vocabulaire pontifical ont depuis le début servi à discréditer ceux qui osent des affirmations claires quant aux exigences morales de l’Eglise.



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25 octobre, 2020

Après les propos du pape favorables aux « unions civiles », précisions sur la « ley de union convivencial » en Argentine

Le débat fait rage parmi les catholiques sur internet à propos des déclarations (de 2019) du pape François affirmant que « ce que nous devons créer, c’est une loi sur l’union civile. De cette façon, ils seront couverts par la loi. J’ai défendu cela ». En particulier, on entend dire que le pape n'évoquait pas « l'union civile » mais – en espagnol – la « convivencia civil » (ce qui se traduit plus exactement par la « cohabitation civile ». Ceci pour le blanchir de toute accusation de soutien officiel au concubinage homosexuel juridiquement organisé.

Pour un Argentin (venant d'un pays où le « mariage égalitaire » a été légalisé en 2010) le concept d'« uniones convivenciales » renvoie à une réalité très précise : le statut des concubins notoires. Il s'agit d'une « union affective » et non de convenance, dans laquelle sont engagés des personnes qui « vivent ensemble sans se marier mais qui partagent un projet de vie commun », qu'elles soient des couples (« parejas ») de sexe opposé ou de même sexe.

Les empêchements propres aux mariages jouent de la même manière pour la convivencia civil : les protagonistes doivent être majeurs, ne pas être parents, ne pas être engagés dans un mariage ou une autre « union convivencial », l'union doit être « singulière (c'est-à-dire seulement deux personnes) », être « publique, notoire et stable ».

Enregistrée ou non, « la union convivencial » est possible au bout de deux ans de cohabitation. Son inscription protège les deux membres par rapport au domicile partagé et crée des obligations par rapport aux enfants qu'ils élèvent ensemble ; ils peuvent adopter ensemble et obtenir une pension de veuvage. La succession n'est pas automatique et ne doit pas léser les héritiers de droit.

Il peut y être mis fin sans conditions particulières, mais la partie qui s'estime lésée par cela peut réclamer une compensation.

C'est quand même assez clair, non ?


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23 octobre, 2020

Mgr Athanasius Schneider réagit aux propos favorables du pape François sur les unions civiles (traduction intégrale et autorisée)

Mgr Athanasius Schneider a réagi à son tour aux déclarations du pape François favorables aux unions civiles des homosexuels. 

Il le supplie de retirer ces propos, pour le salut de son âme immortelle.

Je vous propose ci-dessous la traduction (autorisée par Mgr Schneider) de sa déclaration, parue tout à l’heure sur le blog d’Edward Pentin. – J.S.

*

La foi catholique, par la voix du Magistère pérenne, le sens de la foi des fidèles (sensus fidelium) ainsi que le bon sens refusent clairement toute union civile de deux personnes du même sexe, une union qui a pour but que ces personnes recherchent le plaisir sexuel l’une de l’autre. Même si les personnes vivant dans de telles unions ne devaient pas rechercher effectivement un plaisir sexuel mutuel – ce qui dans les faits s’est avéré tout à fait irréaliste – de telles unions constituent un grand scandale, une reconnaissance publique des péchés de fornication contre nature, et une occasion immédiate et continue de péché. Les partisans de l’union civile entre personnes du même sexe sont donc aussi coupables de créer une sorte de structure de péché, en l’occurrence la structure juridique de la fornication habituelle contre nature, puisque les actes homosexuels appartiennent aux péchés qui crient vers le ciel, comme le dit le Catéchisme de l’Église catholique (voir n. 1867). Ceux qui prônent les unions civiles entre personnes de même sexe sont en définitive injustes et même cruels envers les personnes qui vivent dans ces unions, parce que celles-ci seront confirmées dans le péché mortel, elles seront confortées dans leur dichotomie psychologique intérieure, puisque leur raison leur dit que les actes homosexuels sont contre la raison et contre la volonté explicite de Dieu, Créateur et Rédempteur des hommes.

Tout vrai catholique, tout vrai prêtre catholique, tout vrai évêque catholique doit, avec une profonde tristesse et un cœur contrit, regretter et protester contre ce fait inouï que le pape François, le pontife romain, successeur de l’apôtre Pierre, le vicaire du Christ sur terre, ait exprimé dans le film documentaire Francesco, étrenné le 21 octobre 2020 dans le cadre du Festival du film de Rome, son soutien aux unions civiles entre personnes de même sexe. Un tel soutien du pape signifie le soutien à une structure du péché, à un style de vie contraire au sixième commandement du Décalogue, qui a été écrit par les doigts de Dieu sur des tables de pierre au Mont Sinaï (voir Ex. 31:18), et remis aux hommes des mains des Anges (voir Gal. 3:19). Ce que Dieu a écrit de sa main, même un pape ne peut l’effacer ni le réécrire de sa main ou de sa langue. Le pape ne peut pas se comporter comme s’il était Dieu, ou une incarnation de Jésus-Christ, en modifiant ces paroles du Seigneur : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras point d’adultère. Mais Moi Je vous dis que quiconque aura regardé une femme pour la convoiter, a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur » (Mt 5, 27-28),  pour dire, au lieu de cela, à peu près ceci : « Vous avez entendu qu’il a été dit : “Tu ne commettras pas d’adultère”, “Si un homme couche avec un homme comme si c’était une femme, ils ont tous deux commis une abomination” (Lév. 20,13), “les hommes qui pratiquent l’homosexualité n’hériteront pas du royaume de Dieu” (1 Cor. 6,9) ; “la pratique de l’homosexualité s’oppose à la saine doctrine” (1 Tim. 1,10). Mais moi, je vous dis que pour les personnes qui ressentent une attirance pour le même sexe, “nous devons créer une loi sur l’union civile. De cette façon, elles sont légalement couvertes”. »

Chaque Pasteur de l’Eglise, et le Pape plus que tout autre, devrait toujours rappeler à autrui ces graves paroles de Notre Seigneur : « Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera les hommes à le faire, sera appelé le plus petit dans le royaume des Cieux » (Mt. 5:19). Chaque pape doit prendre très à cœur ce que le Concile Vatican I a proclamé : « L’Esprit Saint n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour que, par sa révélation, ils fassent connaître une nouvelle doctrine, mais pour que, par son assistance, ils gardent inviolablement et exposent fidèlement la Révélation, le Dépôt de la Foi, délivré par les Apôtres » (Constitution dogmatique Pastor aeternus, chap. 4).

La préconisation d’une union juridique afin qu’un style de vie contraire au Commandement explicite de Dieu, à la nature humaine et à la raison humaine soit légalement couvert, est une nouvelle doctrine, qui  « coud des coussinets pour tous les coudes, et qui font des oreillers pour la tête des personnes » (Ez. 13:18), une nouvelle doctrine qui « pervertit la grâce de notre Dieu en plaisir sexuel changent la grâce de notre Dieu en luxure » (Jude 4), une doctrine qui est évidemment contraire à la Révélation divine et l’enseignement pérenne de l’Église de tous les temps. Une telle doctrine conspire avec le péché, et constitue donc une mesure des plus anti-pastorales. Promouvoir un style de vie juridique de péché va contre le cœur même de l’Évangile, puisque les personnes qui se trouvent dans des unions homosexuelles, par leurs actes sexuels, offensent gravement Dieu. Notre-Dame de Fatima a lancé un appel maternel à l’humanité tout entière pour qu’elle cesse d’offenser Dieu, qui est déjà trop offensé.

La voix du Magistère, ci-dessous, se fait fidèlement l’écho de la voix de Jésus-Christ, Notre Divin Maître, la Vérité éternelle, et de la voix de l’Église et des papes de tous les temps :

  • « La loi civile ne peut contredire la raison droite sans perdre sa force contraignante sur la conscience » (cf. Jean-Paul II, Encyclique Evangelium vitae, 72).
  • « Les législations favorables aux unions homosexuelles sont contraires à la droite raison car elles confèrent des garanties juridiques, analogues à celles de l’institution matrimoniale, à l’union entre deux personnes du même sexe. Étant donné les valeurs en jeu, l’État ne peut légaliser ces unions sans manquer au devoir de promouvoir et de protéger le mariage, institution essentielle au bien commun » (Congrégation pour la doctrine de la foi, Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, n. 6).
  • « On peut se demander comment une loi peut être contraire au bien commun si elle n’impose aucun type de comportement particulier, mais se contente de reconnaître légalement une réalité de fait qui ne semble causer d’injustice à personne. Dans ce domaine, il faut d’abord réfléchir à la différence entre le comportement homosexuel en tant que phénomène privé et le même comportement en tant que relation dans la société, prévu et approuvé par la loi, au point qu’il devient l’une des institutions de la structure juridique. Ce deuxième phénomène est non seulement plus grave, mais il exerce également une influence plus profonde et plus étendue, et il entraînerait des changements dans toute l’organisation de la société, contraires au bien commun. Les lois civiles sont des principes structurants de la vie de l’homme en société, pour le bien ou pour le mal. Elles “jouent un rôle très important et parfois décisif en influençant les modes de pensée et de comportement”. Les modes de vie et les présupposés sous-jacents qu’ils expriment non seulement façonnent extérieurement la vie de la société, mais tendent également à modifier la perception et l’évaluation des formes de comportement par la jeune génération. La reconnaissance légale des unions homosexuelles obscurcirait certaines valeurs morales fondamentales et entraînerait une dévaluation de l’institution du mariage » (ibid.)
  • Les relations sexuelles « sont humaines lorsque et en tant qu’elles expriment et promeuvent l’aide mutuelle des sexes dans le mariage et restent ouvertes à la transmission de la vie » (ibid., n. 7)
  • «  En mettant sur un plan analogue l’union homosexuelle, le mariage ou la famille, l’État agit arbitrairement et entre en contradiction avec ses propres devoirs » (ibid., n. 8).
  • « Ne pas attribuer le statut social et juridique de mariage aux formes de vie qui ne sont pas et ne peuvent être matrimoniales ne s’oppose pas à la justice. C’est elle – la justice – au contraire, qui l’exige. (…) Il y a de bonnes raisons pour affirmer que de telles unions sont nuisibles pour le juste développement de la société humaine, et qu’elles lui nuiraient dans la mesure où augmenterait leur incidence effective sur le tissu social » (ibid.).
  • « Ce serait (…) une injustice grave que de sacrifier le bien commun et le droit de la famille, pour obtenir des biens qui pourraient et devraient être protégés par des moyens non nocifs pour l’ensemble du corps social » (ibid., n. 9).
  • Il existe toujours « un danger qu’une législation qui ferait de l’homosexualité le fondement de droits puisse en réalité encourager une personne ayant une orientation homosexuelle à la déclarer publiquement ou même à chercher un partenaire afin de profiter des dispositions de la loi » (Congrégation pour la Doctrine de la foi, Observations au sujet des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles, 24 juillet 1992, n. 14).

Tous les catholiques – qu’ils soient fidèles laïcs : petits enfants, jeunes hommes et jeunes femmes, pères et mères de famille, ou qu’ils soient des personnes consacrées : religieuses cloîtrées, prêtres et évêques – qui gardent inviolablement et « combattent pour la foi qui a été une fois pour toutes transmise aux saints » (Jude 3), et qui sont pour cette raison méprisés et marginalisés, renvoyés à la périphérie dans la vie de l’Église de notre temps, devraient verser des larmes et crier vers Dieu afin que, par la puissante intercession du Cœur Immaculé de Marie, qui a dit à Fatima que l’on devrait cesser d’offenser Dieu, qui est déjà trop offensé, le pape François puisse se convertir et retirer formellement son approbation des unions civiles de même sexe, afin de confirmer ses frères, comme le Seigneur le lui a ordonné (voir Luc 22 : 32).

Tous ces petits dans l’Église (enfants, jeunes gens, jeunes femmes, pères et mères de famille, religieuses cloîtrées, prêtres, évêques) diraient sûrement au Pape François : Très Saint-Père, pour le salut de votre âme immortelle, pour les âmes de toutes les personnes qui, par votre approbation des unions de même sexe, offensent gravement Dieu par leurs actes sexuels et exposent leurs âmes au danger d’être perdues pour l’éternité, convertissez-vous, retirez votre approbation et proclamez avec tous vos prédécesseurs cet enseignement immuable de l’Église :

« L’Église enseigne que le respect envers les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l’approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles » (Congrégation pour la Doctrine de la foi, Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, n. 11)

« Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité. L’Église ne peut pas ne pas défendre de telles valeurs pour le bien des hommes et de toute la société » (ibid., n. 11)

A cause de l’incroyable approbation des unions de même sexe par le pape, tous les vrais enfants de l’Église se sentent orphelins, n’entendant plus la voix claire et sans ambiguïté du pape, qui devrait inviolablement garder et exposer fidèlement la Révélation, le dépôt de la Foi, délivrés par les Apôtres.

Les vrais enfants de l’Église de notre temps pourraient utiliser ces mots du Psaume 137, en disant : « Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion, nous souvenant de l’enseignement lumineux et limpide comme le cristal des papes, de notre Sainte Mère l’Église. Pourtant, nous croyons inébranlablement aux paroles de Notre Seigneur : que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre son Église. Le Seigneur viendra, même s’Il vient tard, seulement à la quatrième veille de la nuit, pour calmer la tempête au sein de l’Église, pour calmer la tempête au sein de la papauté de notre temps, et Il dira : « Ayez courage, c’est moi. N’ayez pas peur. Hommes de peu de foi, pourquoi avez-vous douté ? Et quand ils sont montés dans la barque, le vent a cessé » (Mt. 14, 27; 32-33) Notre Seigneur dira aussi au pape François : « Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? ou qu’est-ce que l’homme donnera en échange de son âme ? Car le Fils de l’homme viendra dans la gloire de Son Père avec Ses Anges, et alors Il rendra à chacun selon ses œuvres »(Mt. 16, 26-27) ; et Notre Seigneur dira en outre au pape François : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, lorsque tu seras converti, affermis tes frères. » (Luc 22, 32)

22 octobre 2020

+ Athanasius Schneider,
évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana

© leblogdejeannesmits pour la traduction. 

© edwardpentin.co.uk pour le texte anglais original.


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Réflexions sur le pape, les homosexuels, le réalisateur gay et l'union civile

Branle-bas de combat pour sauver le soldat François : il n'a jamais dit ce qu'on lui fait dire, répètent les cathos convenables. Pourtant… Les déclarations du pape sur le droit des homosexuels à une famille, comprises par la plupart des grands médias comme une justification des « familles homosexuelles », et son appel à « créer des lois de cohabitation civile » pour les homosexuels afin de leur donner un cadre légal, chose qu'il dit avoir défendue à titre personnel, ces paroles du pape sur l'union civile sont réellement siennes.

On nous explique aujourd'hui qu'elles ont été découpées, sorties de leur contexte, remontées, pour un résultat qui a légitimement choqué de nombreux catholiques. Mais en soi, elles disent ce qu'elles disent. Si bien que des rappels de la doctrine pérenne de l'Eglise se sont succédé…

J'ai traduit ici les communiqués de Mgr Viganò et du cardinal Burke, il faut y ajouter les paroles fortes du cardinal Müller et, en guise d'excellent commentaire, l'article de Thibaud Collin dans L'Incorrect. Je publierai très bientôt la traduction de la très forte déclaration de Mgr Athanasius Schneider. 

Tout cela n'est-il donc qu'une tempête dans une tasse de thé, provoquée par la haine recuite de catholiques ringards qui ont sauté sur une occasion de dénoncer ce pape qu'ils exècrent ? Servie, en l'occurrence, par les médias libéraux si prompts à tirer la couverture à eux ?

Première réponse, précise, de Mgr Victor Manuel “Tucho” Fernandez, archevêque de La Plata, Argentine, protégé du pape et l'un des principaux rédacteurs des passages les plus contestables d'Amoris laetitia. Mercredi soir il publiait cette mise au point sur son compte Facebook :

Ce que le Pape a dit sur ce sujet est ce qu'il soutenait aussi quand il était l'archevêque de Buenos Aires. Cela implique deux choses différentes : 
1. Pour lui, l'expression « mariage » a un sens précis et ne s'applique qu'à une union stable entre un homme et une femme ouverte à la transmission de la vie. Cette union est unique, car elle implique la différence entre l'homme et la femme qui s'unissent dans leur leur réciprocité et s'enrichissent de cette différence, naturellement capable d'engendrer la vie. Il y a donc un mot, « mariage », qui ne s'applique qu'à cette réalité. Toute autre union similaire requiert une autre dénomination. 
2. Cependant, Bergoglio a toujours reconnu que, sans appeler cela « mariage », il existe en fait des liens très étroits entre des personnes du même sexe, qui n'impliquent pas nécessairement des relations sexuelles, mais une alliance très intense et stable. Ils se connaissent profondément, partagent le même toit pendant de nombreuses années, prennent soin l'un de l'autre, se sacrifient l'un pour l'autre. Alors il se peut qu'ils préfèrent que dans un cas extrême ou une maladie on ne consulte pas leurs proches mais cette personne qui connaît profondément leurs intentions. Et pour la même raison ils préfèrent que ce soit cette personne qui hérite de tous leurs biens, etc. Cela peut être prévu par la loi et s'appelle « union civile », ou « loi sur la cohabitation civile », pas le mariage.
Bergoglio a toujours eu cette opinion, et il y a même des années, il y a eu une dispute dans l'épiscopat argentin, où Bergoglio défendait cela, mais a perdu. La plupart d'entre eux disaient que cela allait se confondre avec le mariage et préféraient ne pas innover. 

Cela est assez clair : c'est une reconnaissance d'une « alliance » qui peut avoir ce nom d'« alliance » en étant activement homosexuelle. Il me semble que cela va au-delà du simple arrangement juridique que l'on pourrait en effet imaginer d'un point de vue civil et fiscal entre deux personnes, voire plus, qui choisissent de vivre ensemble pour des tas de raisons différentes et dont une législation pourrait reconnaître les intérêts commun.

Ce que l'on sait aujourd'hui, grâce à Il Fatto Quotidiano, c'est que les propos du pape sur l'union civile ont effectivement été publiés par le réalisateur du documentaire Francesco, adoubé mercredi par le pape lui-même et primé jeudi lors d'une cérémonie dans les jardins du Vatican, avaient été censurés (par qui ?)  lorsqu'il les avait tenus devant une journaliste mexicaine qui l'interrogeait l'an dernier. Les autres propos sur le « droit d'être dans une famille », et non « le droit à une famille », faisaient partie du même entretien. Dans celui-ci, le pape affirmait également, au passage, le droit des parents de reconnaître leur enfant « comme homosexuel », comme « homosexuelle », sans doute comme on reconnaît son enfant comme blond ou gaucher…

Je vous propose à la fin de cet article la traduction complète du papier d'Il Fatto Quotidiano. De manière tout à fait intéressante, celui-ci révèle que la Salle de Presse du Vatican est en mode panique. Il y a de quoi… En effet, la montée au créneau de ceux qui dénoncent les propos du pape a finalement la même origine que la mobilisation de ceux qui tentent de les justifier : incompréhension, sentiment de scandale, colère face à un saccage de la doctrine dénoncé ou contesté.

Mais à supposer que les défenseurs de ses propos, parce qu'ils auraient été trafiqués ou mal compris, aient raison, il reste leur effet médiatique, désastreux, qui auraient dû provoquer une clarification immédiate par le pape lui-même – oui, nous en avons assez du damage control habituel des organes de communication du Vatican, cela ne suffit pas. Et je crois que les contorsions pour expliquer que les propos ont été sortis de leur contexte ne suffisent pas non plus.

Ces mises au point, comme celle de la journaliste Iris Bridier pour Boulevard Voltaire, ne me convainquent pas du tout. Elle rappelle que le pape affirme que « mariage » est un « mot historique » que nous ne pouvons changer (alors que c'est une réalité et une volonté divine qu'aucun mot, aucune évolution historique ne peut changer). Nous savons d'expérience que le pape François parle aussi bien dans un sens que dans l'autre, c'est sa marque de fabrique, son côté « péroniste ».

En l'occurrence, le pape a accordé des interviews à Evgueny Afineevsky, réalisateur du documentaire Francesco. Le travail  de ce réalisateur ouvertement homosexuel a été facilité par l'accès aux archives du Vatican, lui permettant notamment d'aller trouver l'ensemble des propos tenus par le pape lors de l'entretien avec la journaliste mexicaine, y compris ceux censurés sur l'union civile. D'ailleurs Afineevsky continue d'affirme que le pape lui a lui-même tenu ces propos par téléphone, par le truchement d'un traducteur.  Le pape l'a béni, lui et son équipe, mercredi lors d'une rencontre privée. Par ailleurs, au lendemain du scandale, le documentaire était primé lors d'une cérémonie à l'intérieur des jardins du Vatican.

Ledit réalisateur, ainsi que le révèle une recherche de moins d'une minute sur internet, a consacré son premier long-métrage de fiction à l'histoire d'une famille juive qui accepte, au bout d'un cheminement, son fils homosexuel, son compagnon et « leurs » enfants. En l'occurrence je refuse de croire à la pure naïveté : soit le pape (ou son entourage) a manqué de discernement… ou bien il a délibérément et en toute connaissance de cause accepté de travailler avec ce militant.

Peut-on affirmer sans plus que les homosexuels ont le droit absolu de rester dans leur famille ? Cela ne relève-t-il pas de la prudence et des circonstances ? S'agit-il de les accueillir avec bienveillance, et de les soutenir et de les aider en tant que fils et filles, ou bien de consentir à ce qu'ils revendiquent leur « style de vie » en acceptant leur partenaire, les enfants qu'ils élèvent, (thème du long-métrage d'Afineevsky), devant des frères et sœurs plus jeunes ? Les choix de chaque famille ne relèvent-ils pas d'abord de l'autorité paternelle et parentale ?

Et ne faut-il pas dire que, dès lors que l'on promeut l'union civile, on crée dans le public l'idée que « l'union homosexuelle » mérite d'être institutionnalisée ? La légalisation de l'union civile a partout abouti à une assimilation plus ou moins complète au mariage.

Pour le dire autrement : en affirmant en tant que catholique, qu'il faut créer des lois de cohabitation civile, on affirme que la revendication de la commission habituelle de péchés mortels ouvre des droits, et même la considération sociale.

Voici pour finir l'article du Fatto Quotidiano.

*


Les déclarations du Pape sur les couples et les droits des homosexuels sont devenues un cas d’école au Saint-Siège. D’abord la demande de ne rien publier venue de ceux qui s’occupent médias du Vatican, puis la suppression d’images de l’interview complète du pape François, dont les déclarations les plus fortes ont disparu – celles qui étaient propres à créer des affrontements internes.

par Francesco Antonio Grana | 22 OCTOBRE 2020

Il y a un vrai mystère au Vatican sur les déclarations du pape François concernant la loi sur les unions civiles y compris entre personnes de même sexe. Dans un courriel de la direction éditoriale du Département de la Communication, que ilfattoquotidiano.it est en mesure de publier intégralement et en exclusivité, figure l’ordre de censurer tout ce qui concerne le documentaire dans lequel Bergoglio énonce son ouverture révolutionnaire. Il est signé par Massimiliano Menichetti, responsable de Radio Vatican-Vatican News et du Centre éditorial multimédia, mais il est clair qu’il répercute les indications de la direction du département du Saint-Siège qui s’occupe des médias :

« Bonjour à tous, en ce qui concerne le tollé provoqué par le film “Francesco” du réalisateur russe Evgeny Afineevsky, pour le moment nous ne publions AUCUNE information, ni radio, ni web. Rien non plus sur le film ni sur la cérémonie de remise des prix qui a eu lieu aujourd’hui au Vatican. Une discussion pour faire face à la crise médiatique en cours. Un communiqué de la Salle de Presse n’est pas exclu. Veuillez me faire remonter, si vous le pouvez, en milieu et en fin de journée, les réactions des auditeurs et des followers. Il n’est pas nécessaire de me faire suivre les commentaires, deux lignes de synthèse suffiront. Merci, Massimiliano Menichetti. »

Malgré cela, avant l’habituelle audience générale du mercredi 21 octobre, le Pape a reçu le directeur et tous ses collaborateurs dans une petite salle adjacente à la salle Paul VI, donnant ainsi sa bénédiction à l’œuvre. Il faut aussi considérer que le documentaire, au lendemain de l’audience avec le pape et de sa présentation au Festival du film de Rome que dirige Antonio Monda, frère du directeur de L’Osservatore Romano Andrea, a reçu, dans les Jardins même du Vatican, le « Kineo Movie for Humanity Award », décerné à une œuvre à dimension sociale et humanitaire.

Mais ce n’est pas tout. En fait, la genèse des déclarations du pape sur les unions civiles a été révélée par le père jésuite Antonio Spadaro, directeur de La Civiltà Cattolica, dans une tentative de faire barrage aux critiques du monde catholique conservateur. Au micro de Tv2000, Spadaro a expliqué que « le réalisateur du film “Francesco” rassemble une série d’interviews qui ont été faites avec le pape François au fil du temps, donnant une grande synthèse de son pontificat et de la valeur de ses voyages. Entre autres, il y a divers passages tirés d’une interview de Valentina Alazraki, une journaliste mexicaine, et dans cette interview, le Pape François parle d’un droit à la protection juridique des couples homosexuels mais sans d’aucune façon toucher à la doctrine ». Le jésuite souligne que « il y a aussi un autre témoignage dans le film où il est dit explicitement que le pape François n’a pas l’intention de changer la doctrine, mais en même temps le pape François est très ouvert aux besoins réels de la vie concrète des gens ». Et il ajoute : « Il n’y a donc rien de nouveau. Il s’agit d’une interview donnée il y a longtemps et que la presse a déjà commentée. Mais en même temps, nous comprenons comment ce film réaffirme l’importance que le pape François accorde aux mots d’écoute et de protection des personnes qui vivent dans des situations de crise ou de difficulté. Ce qui reste et qui est frappant, c’est la capacité d’écoute dont François fait preuve. »

Mais objectivement, il y a une chose qui ne colle pas. Dans l’interview à laquelle le père Spadaro fait référence, publiée le 28 mai 2019, il n’y a aucune trace des déclarations de Bergoglio sur les unions civiles. Les plans de l’interview donnée à la télévision mexicaine et du documentaire réalisé par le réalisateur russe sont les mêmes, et d’ailleurs de nombreuses déclarations sur les homosexuels coïncident, confirmant ainsi la thèse de Spadaro, à savoir qu’il s’agit d’un enregistrement unique datant de 2019. Mais il est évident que certaines coupes ont été faites. Dans l’interview à la télévision mexicaine, répondant à une question sur les personnes vivant en situation irrégulière, le pape dit : « Si nous nous convainquions qu’ils sont enfants de Dieu, cela changerait suffisamment. Ils m’ont posé une question pendant le vol, après je me suis fâché, je me suis fâché parce qu’un journal l’a rapporté, sur l’intégration des personnes d’orientation homosexuelle dans la famille. J’ai dit : les personnes homosexuelles ont le droit d’être dans la famille, les personnes ayant une orientation homosexuelle ont le droit de rester dans la famille, et les parents ont le droit de reconnaître ce fils comme homosexuel, cette fille comme homosexuelle, on ne peut chasser personne de la famille ni lui rendre la vie impossible. Une autre chose que j’ai dite, c’st que lorsque vous voyez des signes chez les garçons qui grandissent, vous devez les envoyer, j’aurais dû dire chez un professionnel, et au lieu de cela le mot qui m’a échappé est psychiatre. Le titre de ce journal était : “Le pape envoie les homosexuels chez le psychiatre.” Ce n’est pas vrai ! Ils m’ont posé la même question et je leur ai répété : ils sont enfants de Dieu, ils ont droit à une famille, et c’est tout. Et j’ai expliqué : j’ai eu tort d’utiliser ce mot, mais je voulais dire ceci. Lorsque vous remarquez quelque chose d’étrange, non, pas étrange, quelque chose qui sort de l’ordinaire, ne prenez pas telle petite parole pour vous échapper du contexte. Ce que j’ai dit, c’est qu’il y a droit à une famille. Et cela ne signifie pas qu’il faut approuver les actes homosexuels, bien au contraire. »

Le journaliste demande alors à Bergoglio : « Vous avez mené toute une bataille sur le mariage des personnes du même sexe en Argentine. Et puis ils disent que vous êtes venu ici, que vous avez été élu pape et que maintenant vous semblez beaucoup plus libéral qu’en Argentine. Vous reeconnaissez-vous dans cette description que font de vous certaines personnes qui vous connaissaient avant, ou est-ce la grâce du Saint-Esprit qui vous a donné davantage ? » Et le Pape de répondre : « La grâce du Saint-Esprit existe, certes. J’ai toujours défendu la doctrine. Et ce qui est curieux, dans la loi sur le mariage homosexuel… C’est incongru de parler de mariage homosexuel. » Aucune trace, au contraire, des mots que Francis a prononcés dans le documentaire sur l’union civile : « Les homosexuels ont le droit d’être dans une famille. Ils sont enfants de Dieu et ont droit à une famille. Personne ne doit être exclu ou rendu malheureux pour cette raison. Ce que nous devons créer, c’est une loi sur les unions civiles. De cette façon, ils sont couverts légalement. Je me suis battu pour cela. »

Cette affaire, celle du Pape censuré sur les unions civiles, rappelle la lettre de Benoît XVI trafiquée par le préfet du département des communications du Saint-Siège de l’époque, Mgr Dario Edoardo Viganò. Une affaire qui a obligé le prélat a démissionner, même si par la suite les SMS entre lui et l’archevêque Georg Gänswein, préfet de la maison pontificale mais surtout secrétaire particulier du pape émérite, ont été publiés, d’où il ressort que l’opération de rendre publique une partie seulement de la lettre de Ratzinger avait été convenue d’abord entre les deux. Et maintenant, qui va expliquer à François pourquoi ses phrases ont été censurées ?




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22 octobre, 2020

Déclaration du cardinal Raymond Burke sur les propos attribués au pape François sur les homosexuels et l'“union civile” (traduction officielle)

Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale de la Déclaration du cardinal Burke sur les propos attribués au pape sur les homosexuels et leur droit de ne pas être expulsés de leur famille, ainsi que son appel à créer « une loi sur l'union civile » qui leur permette d'être « couverts par la loi ». Il s'agit de la traduction officielle et intégrale de ce texte, approuvée par Son Eminence.  – J.S.

Déclaration


Les médias du monde entier ont diffusé avec une lourde insistance, en la présentant comme un changement de cap, la nouvelle selon laquelle le pape François a déclaré que les personnes de condition homosexuelle, en tant qu’enfants de Dieu, « ont le droit d’avoir une famille », et que « personne ne peut être expulsé d’une famille, ni vivre une vie impossible à cause de cela ». Ces médias écrivent en outre qu’il a déclaré : « Ce que nous devons créer, c’est une loi sur l’union civile. De cette façon, ils seront couverts par la loi. J’ai défendu cela. » Ces déclarations ont été faites lors d’un entretien avec Evgeny Afineevsky, réalisateur d’un documentaire, Francesco, présenté en première le 21 octobre 2020, à l’occasion du Festival du film de Rome (Festa del Cinema di Roma).

De telles déclarations engendrent un grand désarroi et provoquent la confusion et l’erreur parmi les fidèles catholiques, dans la mesure où elles sont contraires à l’enseignement de l’Écriture Sainte et de la Tradition Sacrée, ainsi qu’au Magistère récent par lequel l’Église garde, protège et interprète tout le dépôt de la foi contenu dans l’Écriture Sainte et la Tradition Sacrée. Ils sont cause d’étonnement et d’erreur quant à l’enseignement de l’Église chez les personnes de bonne volonté, qui souhaitent sincèrement savoir ce que l’Église catholique enseigne. Aux pasteurs des âmes, elles imposent le devoir, en conscience, d’apporter les justes et nécessaires clarifications.

Tout d’abord, le contexte et les circonstances de telles déclarations les privent de tout caractère magistériel. Elles sont à juste titre interprétées comme de simples opinions privées de la personne qui les a faites. Ces déclarations ne lient en aucune façon les consciences des fidèles, qui sont au contraire obligés d’adhérer avec une religieuse soumission à ce que l’Écriture Sainte et la Tradition Sacrée, ainsi que le Magistère ordinaire de l’Église enseignent sur le sujet. Il convient en particulier de noter ce qui suit.

1. « S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que “les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés” » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 2357 ; Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, Persona humana, « Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle », n. VIII, voir note 1), dans la mesure où ils sont contraires à la loi naturelle, fermés au don de la vie et dépourvus d’une véritable complémentarité affective et sexuelle. Ils ne peuvent donc pas être approuvés.

2. Les inclinations particulières et parfois foncières des personnes, hommes et femmes, se trouvant dans la condition homosexuelle, et qui sont pour elles une épreuve même si elles ne constituent pas en elles-mêmes un péché, doivent être néanmoins considérées comme objectivement désordonnées (Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2358 ; Congrégation pour la Doctrine de la foi, Homosexualitatis problema, « Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles », n. 3, voir note 2 ). C’est pourquoi ces personnes doivent être reçues avec respect, compassion et délicatesse, en évitant toute discrimination injuste. La foi catholique enseigne aux fidèles à haïr le péché mais à aimer le pécheur. 

3. Les fidèles, et tout particulièrement les hommes politiques catholiques, sont tenus de s’opposer à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles (Congrégation pour la Doctrine de la foi, « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles », Diverse questioni concernenti l’omosessualità, n. 10, voir note 3). Le droit de fonder une famille n’est pas un droit privé qui peut faire l’objet de revendications : il doit correspondre au projet du Créateur qui a voulu créer l’être humain dans la différence sexuelle, « homme et femme Il les créa » (Gn 1, 27), l’appelant ainsi, mâle et femelle, à transmettre la vie. « Le droit civil confère aux couples mariés une reconnaissance institutionnelle parce qu’ils remplissent le rôle de garantir la suite des générations et sont donc d’un intérêt public majeur. Par contre, les unions homosexuelles n’exigent pas une attention spéciale de la part du système juridique car elles ne jouent pas ce rôle en faveur du bien commun » (Ibidem, n° 9, voir note 4). Parler d’union homosexuelle au sens de l’union conjugale des époux, est, en réalité, gravement trompeur, car une telle union ne peut exister entre personnes du même sexe. Pour ce qui est de l’administration de la justice, les personnes de condition homosexuelle, comme tous les citoyens, peuvent toujours recourir aux dispositions de la loi pour sauvegarder leurs droits privés.

C’est une source de tristesse profonde et de préoccupation pastorale très vive que de voir que les opinions privées rapportées avec tant d’insistance et attribuées au Pape François par la presse ne correspondent pas à l’enseignement constant de l’Église, tel que l’exprime l’Écriture Sainte et Tradition Sacrée, et tel qu’il est gardé, protégé et interprété par le Magistère. Tout aussi attristants et inquiétants sont le désarroi, la confusion et l’erreur qu’ils provoquent parmi les fidèles catholiques, tout comme le scandale qu’ils provoquent plus généralement, en donnant l’impression totalement fausse que l’Église catholique a changé de cap, c’est-à-dire qu’elle a modifié son enseignement pérenne au sujet de questions aussi graves et fondamentales.

Raymond Leo Card. BURKE
Rome, le 22 octobre 2020


Notes

1.  « ... suapte intrinseca natura esse inordinatos. » Sacra Congregatio pro Doctrina Fidei, Declaratio, Persona humana, « De quibusdam quaestionibus ad sexualem ethicam spectantibus », 29 Decembris 1975, Acta Apostolicae Sedis 68 (1976) 85, n. 8. traduction française: http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19751229_persona-humana_fr.html, p. 5, VIII.

2. Cf. Congregatio pro Doctrina Fidei, Epistula, Homosexualitatis problema, « Ad universos catholicae Ecclesiae episcopos de pastorali personarum homosexualium cura », 1 Octobris 1986, Acta Apostolicae Sedis 79 (1987) 544, n. 3. Traduction française https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19861001_homosexual-persons_fr.html, pp. 1-2, no. 3.

3.   Congregatio pro Doctrina Fidei, Nota, Diverse quaestioni concernenti l’omosessualità, « De contubernalibus eiusdem sexus quoad iuridica a consectaria contubernii », 3 Iunii 2003, Acta Apostolicae Sedis 96 (2004) 48, n. 10. Traduction française : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20030731_homosexual-unions_fr.html, pp. 5-6, no. 10.

4.  « Poiché le coppie matrimoniali svolgono il ruolo di garantire l’ordine delle generazioni e sono quindi di eminente interesse pubblico, il diritto civile conferisce loro un riconoscimento istituzionale. Le unioni omosessuali invece non esigono una specifica attenzione da parte dell’ordinamento giuridico, perché non rivestono il suddetto ruolo per il bene comune », Ibid., 47, n. 9. Traduction française, Ibid., p. 5, no. 9.

La version originale de ce texte a paru sur le blog du cardinal Burke.

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

© LifeSiteNews pour la photo.


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21 octobre, 2020

Mgr Carlo Maria Viganò réagit aux propos du pape François favorables aux unions civiles pour les homosexuels


Réagissant aux propos du pape François sur les unions civiles des homosexuels dans le documentaire présenté aujourd'hui à Rome,
Francesco, Mgr Carlo Maria Viganò m'a fait parvenir la déclaration dont je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale. Celle-ci a été approuvée par Mgr Viganò. – J.S.





DECLARATION

de Son Excellence 
Mgr Carlo Maria Viganò

à propos du film documentaire “Francesco”


Rome, 21 octobre 2020 – Le site internet de VaticanNews a publié l’information selon laquelle aujourd’hui, serait projeté au Festival du film de Rome, un film documentaire intitulé Francesco, du réalisateur Evgeny Afineevsky.

Ce documentaire – selon ce qui a été rapporté par la Catholic News Agency et America Magazine – rend publiques plusieurs déclarations de Jorge Mario Bergoglio sur le thème de l’homosexualité. Parmi ces différentes déclarations, en voici deux, particulièrement déconcertantes :

« Les personnes homosexuelles ont le droit d’être dans la famille, ils sont enfants de Dieu, ils ont le droit à une famille. Personne ne peut être expulsé d'une famille, ni vivre une vie impossible à cause de cela. 
« Ce que nous devons faire, c’est une loi d’union, ils ont le droit d’être légalement couverts. C'est ce que j’ai défendu. »

Il n’est pas nécessaire d’être théologien ou moraliste pour savoir que de telles déclarations sont totalement hétérodoxes et constituent une très grave cause de scandale pour les fidèles.

Mais faites très attention : ces paroles constituent simplement la énième provocation par laquelle la partie « ultra-progressiste » de la Hiérarchie veut habilement provoquer un schisme, comme elle a déjà essayé de le faire avec l’Exhortation post-synodale Amoris Laetitia, la modification de la doctrine sur la peine de mort, le Synode pan-amazonien et la vile Pachamama, et la Déclaration d’Abu Dhabi qui a désormais été réaffirmée et aggravée par l’encyclique Fratelli Tutti.

Il semble que Bergoglio tente impudemment de « faire monter les enchères » dans un crescendo d’affirmations hérétiques, de manière à contraindre la partie saine de l’Église – qui comprend des évêques, des prêtres et des fidèles – à l’accuser d’hérésie, afin de déclarer cette partie saine de l’Église schismatique et « ennemie du Pape ».

Jorge Mario Bergoglio tente de contraindre certains cardinaux et évêques à se séparer de la communion avec lui, obtenant ainsi non pas sa propre déposition pour hérésie mais plutôt l’expulsion des catholiques qui veulent rester fidèles au magistère pérenne de l’Église. Ce piège aurait pour but – selon les intentions présumées de Bergoglio et de son « cercle magique » – de consolider son propre pouvoir au sein d’une église qui n’aurait plus de « catholique » que le nom, mais qui serait en réalité hérétique et schismatique.

Cette duperie s’appuie sur le soutien de l’élite mondialiste, des grands médias et du lobby LGBT, auquel de nombreux membres du clergé, évêques et cardinaux ne sont pas étrangers. En outre, n’oublions pas que dans de nombreux pays, des lois sont en vigueur qui punissent pénalement toute personne qui considère la sodomie comme répréhensible et peccamineuse, ou qui n’approuve pas la légalisation du « mariage » homosexuel – même si cette personne se fonde pour cela sur son Credo. Une déclaration des évêques contre Bergoglio à propos d’une question comme l’homosexualité pourrait, potentiellement, conduire les autorités civiles à les poursuivre pénalement, avec l’approbation du Vatican.

Bergoglio aurait ainsi de son côté non seulement la « deep church » représentée par des rebelles comme le P. James Martin, S.J., et ceux qui font la promotion du « chemin synodal » allemand, mais aussi le « deep state » –  l’« État profond ». Il n’est pas surprenant de constater que ce documentaire cautionne aussi le candidat démocrate à la prochaine élection présidentielle américaine, et qu’il contient une condamnation déconcertante de la politique de l’administration Trump, accusée de séparer les familles qui veulent entrer illégalement aux États-Unis, alors qu’en réalité le Président combat la traite des êtres humains et le trafic de mineurs.

Alors qu’il est interdit aux évêques américains conservateurs d’intervenir dans le débat politique pour soutenir le président Trump, le Vatican se permet ainsi d’intervenir de manière désinvolte dans les élections en faveur de son adversaire démocrate, de concert avec la censure des réseaux sociaux et des médias d’information sur les très graves accusations portées contre la famille Biden. 

En tant que catholiques, nous sommes appelés à nous ranger du côté de ceux qui défendent la vie, la famille naturelle et la souveraineté nationale. Nous pensions avoir le Vicaire du Christ à nos côtés. Nous reconnaissons douloureusement que, dans ce conflit aux dimensions historiques, celui qui devrait guider la barque de Pierre a choisi de se ranger du côté de l’Ennemi, afin de la faire couler. En se souvenant du courage des Saints Pontifes pour la défense de l’intégrité de la Foi et la promotion du salut des âmes, on ne peut que constater : Quantum mutatus ab illis* ! 

+ Carlo Maria Viganò, archevêque 

* « Combien différent de ce qu’ils étaient ! » – cf L’Enéide, de Virgile : « Quantum mutatus ab illo ! »



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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

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