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26 mars, 2021

Le cardinal Schönborn déclare que l'Eglise ne peut refuser de bénir les couples homosexuels

Selon International-La Croix, le média anglophone publié par le quotidien officieux des évêques de France, le cardinal Christoph Schönborn a déclaré que l'Eglise ne doit pas refuser les demandes sincères de bénédiction de la part de couples homosexuelles.

Le cardinal autrichien vient ainsi de contredire le récent « responsum » de la Congrégation pour la Doctrine de la foi rappelant que l’Eglise ne peut bénir un comportement peccamineux.?

Selon le média, Schönborn a souligné que le Vatican a « profondément blessé de nombreuses personnes » à travers ce document.

« Si la demande de bénédiction n’ est pas un ‘show’… si la demande est honnête et constitue vraiment une demande de la bénédiction divine pour une manière de vivre dans laquelle deux personnes veulent embarquer ensemble, alors une telle bénédiction ne sera pas refusée », a-t-il déclaré dans la dernière livraison de l'hebdomadaire de son diocèse, Der Sonntag

Il a ajouté qu’il était « mécontent » du document de la CDF, d’autant que selon lui, de nombreux homosexuals veulent considérer l’Eglise comme leur « mère », elle qui aujourd'hui semble les « rejeter ». La bénédiction n’est pas un « bon point » pour bonne conduite, a-t-il précisé.

Sur les dix évêques actuellement en à la tête des diocèses autrichiens, pas moins de sept se sont déjà exprimés dans le même sens que le cardinal Schönborn ; leur position est ainsi confortée.

L’un d’eux, récemment nommé par le pape François et réputé « fransiscain » a tenu un langage encore plus fort, assurant que les couples homosexuelles peuvent faire preuve de fidélité et de dévouement mutuel: « Nous, en tant qu’Eglise, aimerions accueillir tous les gays et lesbiennes et leur offrir un foyer spirituel au sein de l’Eglise – et nous le faisons qu’ils vivent chastement ou non », a déclaré Mgr Hermann Glettler, évêque d’Innsbruck.

International-La Croix souligne que le cardinal Schönborn, membre de la CDF, est le second cardinal ayant toujours un ministère actif par ordre de rang, et que sa prise de position est donc d’une grande importance.

Arrêtons-nous un instant sur ce qui se passe : des évêques (leur liste dépasse largement l’Autriche), et aujourd'hui un cardinal de l’Eglise appellent les uns après les autres à « bénir » des couples, et donc des rapports homosexuels revendiqués.

Sandro Magister rappelle : « Dans le célèbre Grand Catéchisme de saint Pie X édité en 1905, dans la réponse à la question 966, l'homosexualité est le deuxième des quatre “péchés qui crient vengeance devant la face de Dieu” : l’“homicide volontaire” ; le “péché impur contre l’ordre de la nature” ; l’“oppression des pauvres” ; le “refus du salaire aux ouvriers”. Et le nouveau Catéchisme de l’Église catholique publié en 1992 et en édition typique en 1997 en dit autant. »

A quand une réaction du pape ? A quand une condamnation claire de propos qui contredisent directement la loi de Dieu ? A quand un début de ménage de la part de – par exemple – la Congrégation des Evêques ? 

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22 mars, 2021

La note de la Congrégation pour la Doctrine de la foi sur les unions homosexuelles, et le pape François

Stupeur. Les grands médias dans les pays où le politiquement correct est le plus avancé ont crié à la « douche froide » après la parution d’un Responsum – une réponse à une question posée – sur la possibilité ou non pour l’Eglise de proposer une bénédiction des paires homosexuelles. Sans véritable surprise, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a dit « non », étendant d’ailleurs sa réponse à toutes les unions qui impliquent une « pratique sexuelle hors mariage », seul cadre légitime pour l’union qu’en d’autres temps on appelait encore pudiquement « conjugale ».

La « surprise » du Courrier international dont je tire l’expression rapportée ci-dessus n’est pas une nouveauté qui démontrerait à elle seule la gravité des glissements doctrinaux que l’on impute au pape François. Chaque fois que Jean-Paul II rappelait solennellement que l’avortement est un crime qui tue un enfant à naître on avait droit, il y a déjà plusieurs décennies, à ce type de cris d’orfraie journalistiques ; comme si c’était une nouveauté, comme si c’était inattendu. Il faut comprendre que cela leur est totalement étranger.

Si la note a rassuré les milieux plus conservateurs ou traditionnels au sein de l’Eglise, tant ceux-ci s’attendent à tout dans le contexte actuel, et si elle se borne à rappeler l’enseignement pérenne de l’Eglise en matière de morale sexuelle, elle n’en est pas moins ouvertement contestée par des évêques et même, de manière plus subtile, par un cardinal : Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. Et d’aucuns vont jusqu’à dire que le pape François a sans doute consenti de manière un peu hâtive à la publication du texte, voire sous pression, et s’attendent à quelque déclaration plus « ouverte » de sa part, si tant est qu’elle n’a pas déjà eu lieu.

Voici les passages les plus critiqués depuis les milieux progressistes et « LGBT » :

« Pour être cohérent avec la nature des sacramentaux, lorsqu’une bénédiction est invoquée sur certaines relations humaines, il est nécessaire – outre l’intention droite de ceux qui y participent – que ce qui est béni soit objectivement et positivement ordonné à recevoir et à exprimer la grâce, en fonction des desseins de Dieu inscrits dans la Création et pleinement révélés par le Christ Seigneur. Seules les réalités qui sont en elles-mêmes ordonnées à servir ces plans sont donc compatibles avec l’essence de la bénédiction donnée par l’Église.

« Pour cette raison, il n’est pas licite de donner une bénédiction aux relations ou partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage (c’est-à-dire hors de l'union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie), comme c’est le cas des unions entre personnes du même sexe. La présence dans ces relations d'éléments positifs, qui en eux-mêmes doivent être appréciés et valorisés, n'est cependant pas de nature à les justifier et à les rendre ainsi légitimement susceptibles d’une bénédiction ecclésiale, puisque ces éléments se trouvent au service d’une union non ordonnée au dessein du Créateur.

« En outre, les bénédictions sur les personnes étant liées aux sacrements, la bénédiction des unions homosexuelles ne peut être considérée comme licite, car elle constituerait en quelque sorte une imitation ou un renvoi analogique à la bénédiction nuptiale invoquée sur l’homme et la femme qui s’unissent dans le sacrement de mariage, étant donné qu’“il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille”. 

« (…) En même temps, l’Église rappelle que Dieu lui-même ne cesse de bénir chacun de ses enfants en pèlerinage dans ce monde, car pour Lui “nous sommes plus importants que tous les péchés que nous pouvons commettre”. Mais Il ne bénit pas et ne peut pas bénir le péché : Il bénit l’homme pécheur, afin que celui-ci reconnaisse qu’il fait partie de son dessein d'amour et se laisse changer par Lui. Car Il “nous prend comme nous sommes, mais ne nous laisse jamais comme nous sommes”. »

Plus loin, le Responsum précise que les « personnes à tendance homosexuelle » qui manifestent le désir de vivre en fidélité aux desseins révélés de Dieu » peuvent recevoir une bénédiction à titre individuel.

Ce fut assez pour « décevoir » certains, comme Mgr Johan Bonny d’Anvers qui est allé jusqu’à se dire « très en colère » à cause de la note de la CDF, qu’il juge incompatible avec ce qui a été mis en avant au cours du deuxième synode sur la famille à Rome en 2015, auquel il avait participé. Et de dénoncer la « qualité théologique défectueuse » des membres de ce « département romain ».

Au lendemain de la parution du Responsum, une soixantaine de prêtres allemands avaient déjà publié une lettre ouverte annonçant leur refus de se conformer aux consignes données par la CDF : ils continueront de bénir les couples homosexuels comme ils le faisaient déjà… En Autriche, pas moins de 350 prêtres ont signé un « appel à la désobéissance 2.0 », protestant avec « véhémence contre la supposition selon laquelle des couples aimants de même sexe ne font pas partie du dessein de Dieu ». « Dans cette affaire, on essaie de saper la réalité de la création au moyen de présomptions dogmatisantes », ajoutaient-ils.

Le cardinal américain Blase Cupich a souligné que la note de la Congrégation pour la Doctrine de la foi ne faisait que répéter l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur le sacrement de mariage, ajoutant qu’elle allait pourtant provoquer de la « déception » chez un grand nombre. A ceux qui soutiennent la cause LGBT de « redoubler nos efforts afin d’être créatifs et résilients pour trouver des moyens d’accueillir et d’encourager toutes les personnes LGBTQ dans notre famille de foi », a-t-il déclaré. II faut lire la note « dans le contexte des enseignements du Catéchisme et des déclarations encourageantes du pape François aux personnes LGBTQ quant à leur relation avec l’Eglise », a-t-il insisté, s’arrêtant sur le fait qu’elle souligne « les nombreux éléments positifs » au sein de relations de couples de même sexe « qu’il faut en eux-mêmes valoriser et apprécier ».

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Remarque : l’acronyme LGBT ou LGBTQ (et la suite) est lourdement chargé de sens. Il constitue une proclamation délibérée du choix de vivre de manière contraire aux lois morales et à la loi naturelle, elle-même au demeurant contestée et ridiculisée, et revendique des droits civils et sociaux du fait de ce choix.

D’autres prélats ont réagi dans le même sens, mais le plus emblématique d’entre eux est sans doute le cardinal Kevin Farrell qui a déjà imaginé une manière de « contourner l’interdiction vaticane », pour reprendre l’expression de Michael Haynes sur LifeSite.

Interpellé par un journaliste allemand à propos de la « déception » causée par la note, le cardinal a répondu :

« La vie pastorale de l’Église est ouverte à toutes les personnes. Il est essentiel et très important que nous ouvrions toujours nos bras pour accueillir et accompagner toutes les personnes dans leurs différentes étapes de vie et dans leurs différentes situations de vie. Parfois, nous ne comprenons pas non plus une distinction qui doit être faite, à savoir que lorsque l’Église parle du mariage, elle parle du mariage sacramentel, elle ne parle pas des unions civiles. Elle ne parle pas des autres formes de mariage. Elle parle de la question du mariage sacramentel, et Amoris Laetitia parle de ce mariage sacramentel. »

Et d’insister sur « l’accompagnement de tous », et notamment des « mariages civils » et des « unions civiles » ou « d’autres formes de mariage ».

La nécessaire « distinction » par rapport au sacrement prévaudrait ainsi sur l’affirmation claire de ce qui n’est pas acceptable, non parce que l’Eglise se détournerait des personnes dans ces situations, mais parce que ces situations ne sont plus présentées comme mettant en danger le salut éternel de ceux qui s’y maintiennent.

America Magazine, la revue américaine des Jésuites, va encore plus loin, en assurant depuis le début de la semaine dernière et la publication de la note vaticane que le pape François n’est pas forcément totalement d’accord avec ce qu’elle proclame.

Un podcast mis en ligne dès mercredi dernier donnait la parole au correspondant à Rome de la revue, Gerard O’Connell. Celui-ci a pointé ce qu’il présente comme des anomalies lors de la rédaction et de l’adoption du texte, d’autant que le pape, selon ce cercle où il s’exprime, a plaidé pour la reconnaissance légale des unions civiles homosexuelles dans un récent documentaire.

O’Connell, invoquant sa longue expérience de vaticaniste, a fait remarquer le caractère inhabituel de la formule utilisée : « Le Souverain Pontife François, au cours d'une audience accordée au Secrétaire de cette Congrégation, a été informé du Responsum ad dubium susmentionné, avec la Note explicative annexe, et a consenti à leur publication. »

Ce jugement sur le caractère inhabituel est partagé par d’autres à Rome : selon Gerard O’Connell, cela donne l’impression que le pape s’est d’une certaine façon « distancé » du document, car il ne l’a pas « approuvé » et semble en avoir été simplement « informé », sans l’avoir vu.

O’Connell ajoute que des personnes « à l’intérieur » de la CDF lui ont fait savoir que le document n’avait pas été approuvé au cours d’une assemblée plénière de la CDF. Celle-ci a normalement lieu chaque mois et rassemble « 25 ou 26 personnes » mais n’a pas eu lieu depuis longtemps pour cause de pandémie.

Ainsi, la note a été rédigée par « un très petit groupe de personnes », et a été portée par Mgr Morand chez le pape au moment où celui-ci préparait son voyage en Irak et « avait la tête ailleurs ». Raison pour laquelle il n’est pas question de l’« approbation » du texte par François mais de son consentement à sa publication.

« Il n’y a aucune raison de croire que le pape a rétropédalé par rapport à tout ce qu’il a dit à ce jour », selon O’Connell : « L’ayant connu depuis de longues années, cela ne correspond pas à ses antécédents. » Voilà qui ne cadre pas tout à fait avec certains changements d’avis ou rectifications de François à la suite d’une déclaration particulièrement étonnante… Mais clairement, le lobby « pro-LGBT » veut croire et au besoin imposer dans l’opinion l’idée que le pape n’a pas pu approuver un texte pareil.

« C’est comme si on l’accusait d’avoir deux visages… Ce n’est pas très juste à l’égard du pape et je crois que cette histoire ne s’arrêtera pas là », a conclu le vaticaniste.

En ce dimanche de la Passion, « Cinquième dimanche du carême » dans le Nouvel Ordo, le pape François a selon des sources citées une fois de plus par America Magazine discrètement contredit le document de la CDF ?

C’était au moment de l’Angélus. Le pape François a parlé du devoir des chrétiens d’aider les autres à voir Jésus, disant :
« Nous comprenons dès lors la grande responsabilité qui nous incombe, à nous chrétiens et à nos communautés. Nous aussi, nous devons répondre par le témoignage d’une vie qui se donne dans le service, une vie qui prend sur elle le style de Dieu – proximité, compassion et tendresse – et se donne dans le service. Il s’agit de semer des graines d'amour non pas avec des mots qui s'envolent, mais avec des exemples concrets, simples et courageux, non pas avec des condamnations théoriques, mais avec des gestes d’amour. Ensuite, le Seigneur, avec sa grâce, nous fait porter du fruit, même lorsque le terrain est sec à cause de malentendus, de difficultés ou de persécutions, ou de prétentions au légalisme ou au moralisme clérical. C’est un terrain sec. C’est précisément à ce moment-là, dans l’épreuve et la solitude, alors que la graine meurt, que la vie germe, pour produire des fruits mûrs en son temps. »
Selon « trois sources » anonymes, dont une « haut placée » dans la Curie, citées par America Magazine, ces mots sont venus apporter une réponse à ceux qui avaient considéré le document de la CDF comme moralisateur ou condamnatoire, marqué par le « légalisme » et le « cléricalisme ». La source « haut placée » ajoutait selon la revue que tout « responsum » devrait etre marqué par la « proximité », la « compassion » et la « tendresse » évoquées par le pape. Les interlocuteurs du journal ne seraient « pas étonnées » si le pape revient plus longuement sur le sujet des unions « LGBT » à l’avenir.

A noter : la version française des paroles du pape à l’Angélus, non disponibles sur le site dédié à François mais partiellement rapportées par Vatican News, fait l’impasse sur plusieurs expressions clefs : « non pas avec des condamnations théoriques », « ou de prétentions au légalisme ou au moralisme clérical ». Celles-là même qui dans le vocabulaire pontifical ont depuis le début servi à discréditer ceux qui osent des affirmations claires quant aux exigences morales de l’Eglise.



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31 janvier, 2019

“Ecclesia Dei” : l'étrange commentaire de Mgr de Moulins-Beaufort sur sa suppression

Mgr Eric de Moulins-Beaufort
La suppression de la commission Ecclesia Dei par le récent Motu proprio du pape François nous vaut un étrange commentaire de Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France et archevêque de Reims. C'est le signe, dit-il, que « le Saint-Père (…) ne se résout pas au schisme », dans la mesure où l'intégration du champ d'action  d'Ecclesia Dei dans les compétences de la Congrégation pour la Doctrine de la foi montre que les communautés qui en dépendaient « relèvent du droit ordinaire de l'Eglise » et que la « nécessité de discussions doctrinales approfondies avec la Fraternité Saint-Pie-X » existe toujours.

Dans son texte publié sur le site de la Conférence des évêques de France, il conclut :

« Les points en jeu ne sont pas des détails. Il ne suffit pas d’insister sur la réalité sacrificielle de l’Eucharistie, encore faut-il préciser ce qu’est ce sacrifice qui, en régime chrétien, ne saurait être une prolongation des sacrifices païens ni même des sacrifices du Temple ; il ne suffit pas de se réclamer de la Tradition, encore faut-il rendre clair ce qu’est la Tradition du Christ à ses Apôtres qui ne saurait n’être que le poids du passé s’imposant à toutes les générations ; il ne suffit pas d’affirmer que la religion catholique est la seule vraie, encore faut-il expliquer en quoi cette vérité exclusive honore la puissance salvifique du Christ qui a acquis le pouvoir de répandre son Esprit-Saint en tous les hommes pour attirer tous les hommes. »

Voilà des mots bien lapidaires, et finalement bien courts, qui semblent considérer la Fraternité Saint-Pie X dans l'ensemble attachée au fixisme.

Ils révèlent une gêne certaine à l'égard de la notion de la messe et tant que sacrifice, non sanglant certes, mais réel, du Fils unique de Dieu à son Père, sacrifice propitiatoire qui détourne des hommes la condamnation pour leurs péchés : la « colère de Dieu », en somme, autre notion volontiers considérée aujourd'hui comme inconvenante.

Le sacrifice païen n'est-il pas un sacrifice « en négatif », vrai sacrifice qui se trompe de cible, offert aux fausses divinités (aux démons) ? Mais le sacrifice d'Abraham plaît à Dieu qui de fait, va substituer à Isaac l'Agneau véritable, son propre « Premier-né ». Et si les sacrifices du Temple ne pouvaient être le Sacrifice parfait, parfaitement expiatoire, ils étaient voulus par Dieu et Lui étaient agréables. En ce sens, il est difficile de dire que le sacrifice toujours renouvelé de Notre Seigneur n'en est pas, d'une certaine manière, le prolongement : il les dépasse, mais accomplit pleinement le sacrifice voulu par le Père.


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07 janvier, 2019

L’hystérectomie en vue d’éviter une conception peut être licite, affirme (bizarrement) la Congrégation pour la Doctrine de la foi

La Congrégation pour la Doctrine de la foi a répondu le 3 janvier dernier à des dubia – des interrogations qualifiées de « doutes » – qui lui ont été soumis à propos de cas concrets « très spécifiques » concernant la licéité de l’ablation de l’utérus chez des femmes en âge de procréer. La réponse, signée du préfet de la Congrégation, le cardinal Luis Ladaria, et dont la publication a été approuvée par le pape François, affirme que lorsque l’utérus n’est certainement « plus » capable de mener une grossesse jusqu’au point de viabilité de l’enfant conçu, l’hystérectomie serait licite, car l’opération ne constituerait pas, selon la note, une « stérilisation ».

Voilà qui soulève quelques doutes quant au raisonnement de la Congrégation pour la Doctrine de la foi à propos de ces dubia

La note de la CDF intégralement publiée par le site press.vatican.va en plusieurs langues ne donne certes pas tous les détails des dubia soumis, mais assez pour comprendre de quoi il s’agit : déterminer si l’ablation de l’utérus sur une femme fertile et capable de concevoir un enfant est conforme à la morale catholique dès lors que celle-ci, en raison d’un problème médical clairement identifié, verrait certainement selon des médecins « experts » toute grossesse aboutir à une fausse couche, la mort de l’enfant conçu avant la viabilité se présentant comme l’issue inéluctable de la fécondation.

La note commence par faire le lien avec les « Réponses » de la CDF à propos de dubia soulevés quant à l’hystérectomie en 1993, et en réaffirme la validité :

« La Congrégation pour la Doctrine de la Foi avait publié, le 31 juillet 1993, les Réponses à des doutes soulevés sur “l’isolement de l’utérus” et d’autres questions. Ces réponses, toujours valables, considèrent comme moralement licite l’ablation de l’utérus (hystérectomie), lorsqu’il constitue réellement un grave danger pour la vie ou la santé de la mère ; elles jugent au contraire illicites cette ablation ainsi que la ligature des trompes (isolement de l’utérus) comme moyen de stérilisation directe, en vue d’empêcher une éventuelle grossesse qui pourrait comporter un risque pour la mère. »

Les cas examinés dans le cadre de ces nouveaux dubia de 2019 n’ont en réalité pas grand chose à voir avec ces cas déjà anciens, résolus de manières différentes selon qu’il est question d’un geste médical visant à soigner la femme gravement menacée dans sa santé ou d’un évitement systématique de la grossesse, même si celle-ci devait lui faire courir un risque mortel.

La CDF affirme se trouver dans la même logique aujourd’hui dès lors qu’elle pose qu’il n’y a pas stérilisation dans les cas examinés, la problématique étant selon elle renversée dès lors d’il s’agit « d’un couple qui n’est plus en mesure de procréer » du fait de la « certitude » de voir l’enfant conçu mourir avant d’atteindre le stade de la viabilité.

Cela suppose quelques redéfinitions et glissements de sens, notamment des mots « stérilisation » et « procréation », auxquels se livre allègrement la CDF :

« La stérilisation a pour objet propre de faire obstruction au fonctionnement des organes de reproduction ; sa malice consiste dans le refus de la progéniture : elle agit contre le bonum prolis », affirme la note.

Et elle poursuit :

« En revanche, dans le cas examiné on sait que les organes de reproduction (…) ne peuvent plus jouer leur fonction naturelle d’engendrement.  La finalité du processus de procréation est de donner naissance à une créature ; or, dans ce cas, la naissance d’un fœtus vivant n’est pas possible du point de vue biologique. C’est pourquoi on ne se trouve plus face au fonctionnement imparfait ou risqué des organes de reproduction, mais à une situation dans laquelle leur finalité naturelle – donner naissance à une progéniture – n’est plus envisageable. »

Voilà une argumentation bien curieuse, puisque le but de l’ablation de l’utérus est bien dans ce cas précis de « faire obstruction au fonctionnement des organes de reproduction » qui restent capables d’accueillir une fécondation et de faire vivre au moins un temps l’embryon, puis le fœtus. En toute logique, il s’agit bel et bien d’une stérilisation.

Mais dès lors que la malice de celle-ci est (re-) définie comme le simple « refus de la progéniture », et que la procréation est décrite, puis définie, par rapport à sa seule finalité présentée comme l’aboutissement à la « naissance d’une créature », le raisonnement est faussé. Ce que l’on comprend bien en lisant la suite de la note de la CDF, qui affirme : « L’intervention médicale ne peut être jugée anti-procréatrice, car elle se situe dans un contexte objectif où ne sont possibles ni la procréation, ni, par conséquent, l’action anti-procréatrice. »

Voilà d’un coup de plume annihilée la procréation dans son acception classique qui signifie l’engendrement d’un nouvel être – sa conception par la rencontre des gamètes qui une fois normalement unis, deviennent un être humain unique et irremplaçable, doté d’une âme immortelle. Empêcher activement la conception se fait au moyen de moyens contraceptifs ou de la stérilisation (au contraire de l’abstinence qui se contente de l’éviter), et c’est cela qui n’est pas conforme à la loi divine ; c’est cela qui constitue très précisément le refus de la vie, le refus de la procréation, dont l’objectif du point de vue catholique est d’augmenter le nombre des élus.

La réponse de la CDF considère pratiquement que l’enfant conçu mais non viable n’est pas le fruit d’une vraie procréation : c’est presque comme s’il n’avait pas une dignité humaine intrinsèque et comme s’il n’était pas appelé, comme tout être humain, à jouir de la vie immortelle auprès de Dieu.
On pourrait ici, du point de vue catholique, arguer que l’enfant mort-né, n’ayant pas, par définition, reçu le baptême, ne saurait entrer au paradis, se voyant relégué pour l’éternité dans les limbes. Une situation à éviter par le jeu de l’hystérectomie, donc ?

Mais il y a à cela plusieurs objections. Premièrement, rien ne dit que dans les cas visés par la CDF, il s’agissait de femmes donnant naissance à des enfants mort-nés incapables de recevoir le baptême : on sait seulement qu’ils n’étaient pas viables. Deuxièmement, de l’avis de la Commission théologique internationale, avis auquel on peut supposer que la CDF adhère, les petits enfants morts sans baptême entrent au paradis par l’effet de la miséricorde de Dieu : pourquoi présenter dès lors la conception d’un enfant certainement non viable comme une non-procréation et juger que l’empêchement de cette conception est moralement licite ? Troisièmement, l’être est un bien, pourquoi dès lors présenter l’empêchement délibéré de la conception d’un petit être humain comme un bien supérieur au motif que sa vie sera courte ?

Il faut préciser que la CDF propose d’autres solutions :

« La réponse à ce doute n’affirme pas que la décision de pratiquer l’hystérectomie soit toujours la meilleure, mais seulement qu’il s’agit, dans les conditions susmentionnées, d’une décision moralement licite, qui n’exclut pas d’autres options (par exemple, le recours à des périodes infertiles ou l’abstinence totale). Il appartient aux époux, par un dialogue avec les médecins et avec leur guide spirituel, de choisir la voie à suivre, en appliquant les critères de gradualité de l’intervention médicale, selon leur cas et leur situation. »

Tout se passe comme si l’objectif était principalement d’éviter à une femme victime d’avortements spontanés à répétition et inéluctables les souffrances que cela entraîne pour elle. Objectif en soi louable, mais pourquoi n’avoir pas insisté sur le fait que l’évitement d’une conception par l’abstinence est la bonne solution, au lieu de créer une nouvelle confusion qui risque d’aboutir à de nouvelles erreurs ?

On se demande en effet dans quelle mesure le statut de l’embryon et du fœtus avant la viabilité ne sera pas affecté dans la doctrine catholique par cette réponse étrange. Quant à la procréation in vitro, qui à l’évidence se fait d’emblée dans un milieu incapable d’assurer la croissance jusqu’à la viabilité, elle ne pourra qu’en être davantage banalisée, puisque l’embryon conçu dans ce cadre finirait par tirer son « intérêt » de son implantation dans un utérus en état de fonctionner.

J’ai dit que la note de la CDF suscitait à mon avis quelques doutes – bien graves en vérité. Peut-être ai-je tort. La discussion est ouverte ; et de mon côté, je continue de chercher des avis autorisés, dont je vous ferai part.

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01 juillet, 2017

Le cardinal Müller débarqué : qui a eu sa peau ?

Alors que l'annonce du débarquement du cardinal Gerhard Müller de la Congrégation pour la Doctrine de la foi serait imminente, le site de la revue des jésuites des Etats-Unis, America Magazine, avance que ses déclarations favorables à une interprétation d'Amoris laetitia selon la doctrine traditionnelle de l'Eglise sont la cause du non-renouvellement de sa charge de préfet.

« La controverse à propos du rôle du cardinal Müller à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la foi s'est focalisée sur l'interprétation d'Amoris laetitia. “America” a appris que nombre de cardinaux ont demandé à François d'écarter le cardinal Müller de ce poste parce qu'il avait, à plusieurs reprises, publiquement manifesté son désaccord par rapport aux positions du pape, ou s'en était distancé, et qu'ils pensaient que cela portait atteinte à l'office et au magistère pontificaux. »
Quels sont donc ces cardinaux qui selon toute vraisemblance, ont obtenu la tête du cardinal ?

America note par exemple que le cardinal Müller, dans un entretien avec Raymond Arroyo diffusé le 12 mai dernier sur la chaîne catholique américaine EWTN, avait répété son « argument » selon lequel Amoris laetitia n'ouvre pas la porte à la réception de la communion par les catholiques divorcés et « remariés », peu après que les conférences épiscopales d'Allemagne, d'Argentine et de Malte eurent publié des directives autorisant cette réception dans certaines situations.

« Il n'est pas bon que les conférences épiscopales fassent des interprétations officielles du pape. Ce n'est pas catholique. Nous avons ce document du pape, et il doit être lu dans le contexte de la tradition catholique dans son ensemble », avait dit le cardinal Müller.

Pour les jésuites américains, c'est bien cette attitude qui est à l'origine du limogeage attendu du cardinal Müller, dont la nomination comme cardinal patron de l'Ordre au Saint-Sépulchre est pressentie par certaines sources. En attendant d'être mis au placard, comme le cardinal Burke qui n'a plus rien à dire à l'Ordre de Malte, en voie de modernisation accélérée ?

Notons que l'un des éditorialistes les plus en vue d'America Magazine, le P. James Martin S.J., a été récemment nommé consulteur de la Salle de presse du Vatican. Il est l'auteur d'un livre sur le rapprochement de la communauté LGBT avec l'Eglise sous le titre Building a Bridge (« Construire un pont » – ne précisons pas ce que cela signifie en argot gay).

Le cardinal Müller a soutenu le droit des quatre cardinaux – Brandmüller, Burke, Caffarra, Meisner – d'exposer leurs Dubia au pape mais en affirmant qu'il n'était pas favorable au fait d'avoir rendu la démarche publique, position qu'il a adoptée selon certains pour ne pas compromettre sa position à un poste-clef pour la défense de la foi, du dogme et de la doctrine ; il s'est toujours appliqué à déclarer qu'Amoris laetitia pouvait et devait être interprété de manière traditionnelle.

Cette attitude, quelle qu'en soit la raison, n'a donc pas suffi à empêcher le limogeage d'un cardinal encore relativement jeune – à 69 ans, il est à 6 ans de l'âge à partir duquel les évêques peuvent partir ou être mis à la retraite – et la question est désormais de savoir : 1. si cela a valu la peine ; 2. par qui il sera remplacé.

Les plus pessimistes envisagent la nomination de l'archevêque Victor Fernandez, un Argentin proche du pape, auteur d'un livre à la gloire du baiser (Gueris-moi avec ta bouche), probable collaborateur pour la rédaction d'Amoris laetitia et auteur du premier jet des directives argentines sur son interprétation.

Le site OnePeterFive note que selon le quotidien argentin Clarin, premier à annoncer le débarquement du cardinal Müller, ce départ « ouvrirait la voie du renouveau de la dernière phase du pontificat de Bergoglio, qui aura 81 ans en décembre prochain. Le passionnant article de Steve Skojec  sur 1P5 (en anglais) est à lire ici.


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03 octobre, 2015

Mgr Krzysztof Charamsa de la Congrégation pour la doctrine de la foi avoue son homosexualité : « Je suis heureux d’être gay et j’ai un partenaire »

C’est la dernière en date des folles nouvelles qui nous arrivent de Rome à l’orée du synode sur la famille. Comment imaginer que l’« outing » de Mgr Krzysztof Charamsa dans les colonnes du Corriere della Sera ce samedi matin, à quelques heures de l’ouverture du synode, n’ait pas été soigneusement programmé, et de longue date, par le lobby qui veut voir l’Eglise changer sa doctrine quant au caractère « intrinsèquement désordonné » de l’homosexualité et à la nature gravement peccamineuse des actes homosexuels ? La réponse du Vatican n’a pas tardé – sans tergiversations ni démentis, le P. Federico Lombardi a fait paraître un communiqué pour annoncer que Mgr Charamsa ne pourra continuer à travailler à son poste actuel.


On peut voir cette vidéo sur le site du Corriere, ici. 

Voici ma traduction de ce communiqué dont les traductions en anglais, espagnol et français mises en ligne à la hâte par la Salle de presse sont des « versions de travail » :
« A propos des déclarations et des interviews accordées par Mgr Krzysztof Charamsa il faut observer que – nonobstant le respect dû au vécu et aux situations personnelles, et les réflexions sur ceux-ci – le choix de se manifester de manière aussi bruyante à la veille de l’ouverture du synode apparaît comme très grave et irresponsable, parce qu’il vise à soumettre l’assemblée synodale à une pression médiatique indue. Certainement, Mgr Charamsa ne pourra pas continuer à assumer son service au près de la Congrégation pour la doctrine de la foi et des universités pontificales, tandis que les autres aspects relatifs à sa situations sont de la compétence de son ordinaire diocésain. »
Bref, voilà le Vatican obligé de réagir de manière « dure » face à une situation où l’intéressé réclame une « avancée » de l’Eglise dans sa compréhension de l’« amour ». Mgr Charamsa doit participer ce samedi soir à la réunion internationale des « Catholiques LGBT » organisée par le Global Network of Rainbow Catholics pour faire entendre ces revendications au moment du synode.
Théologien, professeur à la Grégorienne et à Regina Apostolorum à Rome, membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis 2003, secrétaire assistant de la Commission théologique internationale, Krzysztof Charamsa est ce qu’on peut appeler un gros poisson. Il tient des rôles de premier plan – et jamais, à ce jour, un homme dans sa situation ne s’est exprimé ainsi. Même si, semble-t-il, il n’est pas seul dans son cas : Sandro Magister observait ce samedi matin qu’il fallait « s’attendre » à un tel coming out parce que « tant de prélats peuplent l’entourage du pape François, dans des postes importants et dans un nombre sans précédent ».
Voici quelques extraits de l’interview de Mgr Charamsa, qui dénonce les « stéréotypes » et le « manque de compréhension » de l’Eglise à l’égard des LGBTI :
« Je veux que l’Eglise et que ma communauté sachent qui je suis : un prêtre gay heureux, fier de son identité. Je suis prêt à payer les conséquences, mais il est temps que l’Eglise ouvre les yeux, et qu’elle accepte que le fait de proposer aux fidèles gays l’abstinence totale par rapport à une vie d’amour est inhumain. » 
« Si j’avais été seul, j’aurais vécu le cauchemar d’une homosexualité refoulée, mais Dieu ne nous laisse jamais seuls. Et je crois que c’est Lui qui m’a aidé à faire ce pas existentiel. C’est important eu égard aux conséquences, mais c’est aussi le préalable à une vie honnête, qui devrait être naturelle pour chaque homosexuel. L’Eglise a déjà pris du retard par rapport à ce problème, et il n’est pas possible d’attendre 50 ans de plus : c’est pourquoi j’ai décidé de dire à l’Eglise qui je suis. Je le fais pour moi, pour ma communauté, et pour l’Eglise. C’est aussi mon devoir à l’égard de la communauté des minorités sexuelles. »
Son objectif : révéler une réalité ignorée, selon lui.
« J’espère que mon expérience personnelle va aider à réveiller la conscience de l’Eglise d’une façon ou d’une autre. Je révélerai personnellement mon identité au Saint-Père par lettre. Et je dirai qui je suis aux universités de Rome où j’enseigne – à ma grande tristesse, je n’aurai probablement plus le droit de travailler au sein de l’éducation catholique. »
C’est délibérément qu’il a fait son coming out à la veille du synode :
« Oui, je voudrais dire au synode que l’amour homosexuel est un amour familial, qui a besoin de la famille. Toute personne, y compris les gays, les lesbiennes et les transsexuels, porte dans son cœur un désir d’amour et de “familialité”. Toute personne a droit à l’amour et cet amour doit être protégé par la société, par les lois. Mais il doit surtout être l’objet du soin de l’Eglise. Le christianisme est la religion de l’amour, et l’amour est central à la figure de Jésus que nous apportons au monde. Un couple lesbien ou gay doit pouvoir dire ouvertement à son Eglise : “Nous nous aimons selon notre nature, et nous offrons ce don de l’amour aux autres, parce que c’est une affaire publique et non seulement privée ; nous ne sommes pas simplement engagés dans quelque forme extrême de recherche du plaisir.” »
S’autorisant de prises de position en ce sens de la part de théologiens protestants et de quelques autres, catholiques, il poursuit :
« La Bible ne dit rien au sujet de l’homosexualité. Elle parle d’actes que je qualifierais d’“homogénitaux”. Même des hétérosexuels peuvent se livrer à de tels actes, comme cela arrive souvent dans bien des prisons, mais en ce cas ils agissent contre leur nature et commettent donc un péché. Lorsque des personnes gay s’engagent dans de tels actes, elles expriment au contraire leur nature. Le sodomite de la Bible n’a rien à voir avec deux gays qui s’aiment dans l’Italie d’aujourd’hui et qui veulent se marier. Je n’ai pas réussi à trouver un seul passage, y compris dans saint Paul, qui puisse être interprété comme relatif à des personnes homosexuelles qui demandent à être respectés en tant que tels, puisqu’à l’époque ce concept était inconnu. »
Le journaliste du Corriere ne pose pas la question qui saute aux yeux : quid des « bi » ? Ceux qui ne se reconnaissent ni « hétéros », ni « homos » ? A moins que cette catégorie-là, autoproclamée, ne puisse justement tout se permettre. On comprend a contrario que ce ne serait pas le cas des gays qui « pécheraient » en accomplissant un acte hétérosexuel.
Sans surprise, Mgr Charamsa se dit « choqué » par l’interdiction d’ordonner des homosexuels et explique que cette règle introduite en 2005 est ultérieure à sa propre ordination : « Je crois qu’il s’agit d’une erreur qui doit être corrigée. »
Il affirme avoir décidé d’assumer et de révéler son homosexualité après avoir « étudié, prié et réfléchi » : « En outre, j’ai aujourd’hui un partenaire qui m’a aidé à transformer mes peurs en force de l’amour », dit-il.
« Je sais que l’Eglise me verra comme quelqu’un qui n’a pas réussi à tenir une promesse, qui s’est perdu – et qui plus est, non avec une femme, mais avec un homme ! Je sais également que je vais devoir abandonner le ministère qui est toute ma vie. Mais je ne le fais pas pour pouvoir vivre avec mon compagnon. Il s’agit d’une décision beaucoup plus large, née de la réflexion sur la pensée de l’Eglise. »
« Si je n’étais pas transparent, si je ne m’acceptais pas, je ne pourrais de toute façon être un bon prêtre, car je ne pourrais agir en tant qu’intermédiaire vers la joie de Dieu. Je pense que sur ces thèmes l’Eglise est en retard par rapport aux connaissances où en est arrivée l’humanité. Ce n’est pas la première fois, bien sûr, mais lorsqu’on est lent à comprendre l’astronomie les conséquences ne sont pas aussi graves que lorsque le retard touche à l’être le plus intime des gens. L’Eglise doit se rendre compte qu’elle ne répond pas aux défis de notre temps. »

Lire aussi l'article de Yves Daoudal sur les propos de Mgr Charamsa dans une revue polonaise parue également ce matin.

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14 novembre, 2014

La réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi répond sur la communion aux divorcés remariés

C'est à lire ici sur le blog de L'homme nouveau.

Et il faut le lire là précisément parce que le texte est accompagné d'un commentaire fort intéressant de l'abbé Barthe.

De façon plus anecdotique, je voudrais faire remarquer que ce texte est postérieur à la clôture du synode extraordinaire sur la famille. Par sa clarté, il tranche avec la confusion suscitée par l'« avant-synode ». A ce titre, il peut être vu comme une réponse aux propositions du cardinal Kasper et ceux qui l'ont soutenu. Il marque aussi une distance par rapport à certains discours du pape : venant de la Congrégation pour la doctrine de la foi, c'est frappant, d'autant qu'il s'agit d'une réponse officielle. Il est vrai qu'elle est présidée par le cardinal Müller, qui s'est exprimé plusieurs fois dans le sens traditionnel sur la question.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

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