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12 avril, 2022

Le “Chemin synodal” allemand mène au “schisme” : la mise en garde de 74 évêques et cardinaux

Plus de soixante-dix prélats, parmi lesquels quatre cardinaux (Napier, Burke, Pell et Arinze) et quinze archevêques, viennent d’adresser une « lettre ouverte fraternelle » à leurs « frères évêques d’Allemagne » pour les mettre en garde contre le « Chemin synodal » actuellement parcouru. Ils pointent la « confusion » que suscite ce Chemin et y voient des possibilités de schisme.

Au nom du Chemin synodal, une majorité de participants ont récemment voté pour la « bénédiction » des couples de même sexe et pour l’ordination des femmes, tandis que les enseignements moraux de l’Eglise étaient laissés de côté, y compris par la Conférence épiscopale allemande.

Sans détailler tous les écarts enregistrés à ce jour, les cardinaux et évêques signataires accusent nettement le Chemin synodal allemand de tourner le dos à la doctrine de l’Eglise en éliminant ce qui aurait dû constituer le fondement de sa réflexion : « la Parole de Dieu, une rencontre fidèle avec le Christ, la véritable écoute du Saint-Esprit, la soumission de nos volontés à la volonté du Père ».

Un Chemin en forme d’« impasse »…

Les rédacteurs de la lettre proposent une adresse courrielle pour les évêques qui souhaiteraient se joindre aux premiers signataires : episcopimundi2022@gmail.com.

Ci-dessous, ma traduction intégrale de la lettre des 74 évêques et cardinaux. – J.S.

*

À une époque où la communication mondiale est si rapide, les événements qui se produisent dans une nation ont inévitablement des répercussions sur la vie ecclésiale ailleurs. Ainsi, le processus du "chemin synodal", tel qu'il est actuellement mis en œuvre par les catholiques en Allemagne, a des implications pour l'Église dans le monde entier. Les Églises locales dont nous sommes les pasteurs et les nombreux catholiques fidèles dont nous sommes responsables sont également concernés.

Dans ce contexte, les événements survenus en Allemagne nous imposent d'exprimer notre inquiétude croissante quant à la nature de l'ensemble du processus du " Chemin synodal " en Allemagne et au contenu de ses différents documents. Nos commentaires ici seront volontairement brefs. Ils méritent, et nous y encourageons fortement, d'être approfondis (comme l'a fait, par exemple, la lettre ouverte de l'archevêque Samuel Aquila aux évêques catholiques du monde) par les évêques individuels. Néanmoins, l'urgence de nos remarques communes est enracinée dans Romains 12, et en particulier dans la mise en garde de Paul : Ne vous conformez pas à ce monde. Leur gravité découle de la confusion que le Chemin synodal a déjà entraînée et continue d'entraîner, et du potentiel de schisme qui en résultera inévitablement dans la vie de l'Église.


Le besoin de réforme et de renouveau est aussi vieux que l'Église elle-même. À la source, cet élan est admirable et ne devrait jamais être redouté. Bon nombre des personnes impliquées dans le processus du Chemin synodal sont sans aucun doute des personnes excellentes. Pourtant, l'histoire chrétienne est parsemée d'efforts reposant sur de bonnes intentions qui ont été vidés de leur enracinement dans la Parole de Dieu, dans une rencontre fidèle avec Jésus-Christ, dans une véritable écoute du Saint Esprit et dans la soumission de nos volontés à la volonté du Père. Ces efforts manqués ont fait fi de l'unité, de l'expérience et de la sagesse accumulée de l'Évangile et de l'Église. Parce qu'ils n'ont pas tenu compte des paroles de Jésus : " En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire " (Jn 15, 5), ils n'ont pas porté de fruits et ont été dommageables à la fois pour l'unité et pour la vitalité évangélique de l'Église. Le Chemin synodal en Allemagne risque de conduire précisément à une telle impasse.

Nous adressant à vous en tant que vos frères dans l'épiscopat, nous sommes préoccupés par les points suivants, sans toutefois nous y limiter :

1. Faute d'écouter le Saint-Esprit et l'Évangile, les actions du Chemin synodal sapent la crédibilité de l'autorité de l'Église, y compris celle du pape François ; elles sapent l'anthropologie chrétienne et la morale sexuelle, ainsi que la fiabilité des Écritures.

2. Tout en affichant un vernis d'idées et de vocabulaire religieux, les documents du Chemin synodal allemand semblent largement inspirés non point par l'Écriture et la Tradition - qui, pour le Concile Vatican II, constituent "un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu" - mais par l'analyse sociologique et les idéologies politiques contemporaines, y compris l'idéologie du genre. Ils abordent l'Église et sa mission à travers le prisme du monde plutôt qu'à travers le prisme des vérités révélées dans l'Écriture et dans la Tradition de l'Église qui fait autorité.

3. Le contenu du Chemin synodal semble également réinterpréter, et donc amoindrir, la signification de la liberté chrétienne. Pour un chrétien, la liberté est la connaissance, la volonté et la capacité non entravée de faire ce qui est juste. La liberté n'est pas "l'autonomie". La liberté authentique, comme l'enseigne l'Église, est liée à la vérité et ordonnée au bien, et ultimement, à la béatitude. La conscience ne crée pas la vérité, et la conscience n'est pas une question de préférence personnelle ou d'affirmation de soi. Une conscience chrétienne correctement formée reste soumise à la vérité sur la nature humaine et aux normes d'une vie juste révélées par Dieu et enseignées par l'Église du Christ. Jésus est la vérité, qui nous rend libres (Jn 8).

4. La joie de l'Évangile - essentielle à la vie chrétienne, comme le souligne si souvent le Pape François - semble totalement absente des discussions et des textes du Chemin synodal. C'est un défaut révélateur, s'agissant d'un effort qui vise le renouveau personnel et ecclésial.

5. Le processus du Chemin synodal, quasiment à chaque pas, est un travail d'experts et de comités : lourdement bureaucratique, obsessionnellement critique, replié sur lui-même. Il reflète donc lui-même une forme répandue de sclérose de l'Église et, ironie du sort, devient anti-évangélique dans son expression. Dans ses effets, le Chemin synodal montre davantage de soumission et d'obéissance au monde et aux idéologies qu'à Jésus-Christ, Seigneur et Sauveur.

6. L'accent mis par la Voie synodale sur le "pouvoir" dans l'Église suggère un esprit fondamentalement opposé à la nature réelle de la vie chrétienne. En dernière analyse, l'Église n'est pas simplement une "institution" mais une communauté organique, non pas égalitaire mais familiale, complémentaire et hiérarchique - un peuple soudé par l'amour de Jésus-Christ et par l'amour des uns pour les autres en son nom. La réforme des structures n'est pas du tout la même chose que la conversion des cœurs. La rencontre avec Jésus, telle qu'elle apparaît dans l'Évangile et dans la vie des saints au cours de l'histoire, change les cœurs et les esprits, apporte la guérison, détourne l'individu d'une vie de péché et de tristesse, et démontre la puissance de l'Évangile.


7. Le dernier problème, le plus angoissant et le plus immédiat, posé par le Chemin synodal allemand, est terriblement ironique. Par son exemple destructeur, celui-ci pourrait conduire certains évêques, et de nombreux laïcs par ailleurs fidèles, à se méfier de l'idée même de "synodalité", ce qui entraverait encore davantage le nécessaire colloque de l'Église sur l'accomplissement de sa mission de convertir et de sanctifier le monde.

En ces temps de confusion, la dernière chose dont notre communauté de foi ait besoin, c'est d'encore plus de confusion. Alors que vous discernez la volonté du Seigneur pour l'Eglise en Allemagne, soyez assurés de nos prières pour vous.

  • Cardinal Francis Arinze (Onitsha, Nigeria)
  • Cardinal Raymond Burke (archevêque émérite de St. Louis, Missouri, USA)
  • Cardinal Wilfred Napier (archevêque émérite de Durban, Afrique du Sud)
  • Cardinal George Pell (archevêque émérite de Sydney, Australie)
  • Mgr Samuel Aquila, archevêque (Denver, Colorado, USA)
  • Mgr Charles Chaput, archevêque émérite (Philadelphie, Pennsylvanie, USA)
  • Mgr Paul Coakley, archevêque (Oklahoma City, Oklahoma, USA)
  • Mgr Salvatore Cordileone, archevêque (San Francisco, Californie, USA)
  • Mgr Damian Dallu, archevêque (Songea, Tanzanie)
  • Mgr Joseph Kurtz, archevêque émérite (Louisville, Kentucky, USA)
  • Mgr J. Michael Miller, archevêque (Vancouver, Colombie britannique, Canada)
  • Mgr Joseph Naumann, archevêque (Kansas City, Kansas, USA)
  • Mgr Andrew Nkea, archevêque (Bamenda, Cameroun)
  • Mgr Renatus Nkwande, archevêque (Mwanza, Tanzanie)
  • Mgr Gervas Nyaisonga, archevêque (Mbeya, Tanzanie)
  • Mgr Gabriel Palmer-Buckle, archevêque (Cape Coast, Ghana)
  • Mgr Terrence Prendergast, archevêque émérite (Ottawa-Cornwall, Ontario, Canada)
  • Mgr Jude Thaddaeus Ruwaichi, archevêque (Dar-es-Salaam, Tanzanie)
  • Mgr Alexander Sample, archevêque (Portland, Oregon, USA)
  • Mgr Joseph Afrifah-Agyekum (Koforidua, Ghana)
  • Mgr Michael Barber (Oakland, Californie, USA)
  • Mgr Herbert Bevard, évêque émérite (St. Thomas, Îles Vierges américaines)
  • Mgr Earl Boyea (Lansing, Michigan, USA)
  • Mgr Neal Buckon (Auxiliaire, Services militaires, USA)
  • Mgr William Callahan (La Crosse, Wisconsin, USA)
  • Mgr Massimo Camisasca, évêque émérite (Reggio Emilia-Guastalla, Italie)
  • Mgr Liam Cary (Baker, Oregon, USA)
  • Mgr Peter Christensen (Boise, Idaho, USA)
  • Mgr Joseph Coffey (Auxiliaire, Services militaires, USA)
  • Mgr James Conley (Lincoln, Nebraska, USA)
  • Mgr Thomas Daly (Spokane, Washington, USA)
  • Mgr John Doerfler (Marquette, Michigan, USA)
  • Mgr Timothy Freyer (Auxiliaire, Orange, Californie, USA)
  • Mgr Donald Hying (Madison, Wisconsin, USA)
  • Mgr Daniel Jenky, évêque émérite (Peoria, Illinois, USA)
  • Mgr Stephen Jensen (Prince George, Colombie Britannique, Canada)
  • Mgr William Joensen (Des Moines, Iowa, USA)
  • Mgr James Johnston (Kansas City-St. Joseph, Missouri, USA)
  • Mgr David Kagan (Bismarck, Dakota du Nord, USA)
  • Mgr Flavian Kassala (Geita, Tanzanie)
  • Mgr Carl Kemme (Wichita, Kansas, USA)
  • Mgr Rogatus Kimaryo (Same, Tanzanie)
  • Mgr Anthony Lagwen (Mbulu, Tanzanie)
  • Mgr David Malloy (Rockford, Illinois, USA)
  • Mgr Gregory Mansour (Eparchie de Saint Maron de Brooklyn, New York, USA)
  • Mgr Simon Masondole (Bunda, Tanzanie)
  • Mgr Robert McManus (Worcester, Massachusetts, USA)
  • Mgr Bernadin Mfumbusa (Kondoa, Tanzanie)
  • Mgr Filbert Mhasi (Tunduru-Masasi, Tanzanie)
  • Mgr Lazarus Msimbe (Morogoro, Tanzanie)
  • Mgr Daniel Mueggenborg (Reno, Nevada, USA)
  • Mgr William Muhm (Auxiliaire, Services militaires, USA)
  • Mgr Thanh Thai Nguyen (Auxiliaire, Orange, Californie, USA)
  • Mgr Walker Nickless (Sioux City, Iowa, USA)
  • Mgr Eusebius Nzigilwa (Mpanda, Tanzanie)
  • Mgr Thomas Olmsted (Phoenix, Arizona, USA)
  • Mgr Thomas Paprocki (Springfield, Illinois, USA)
  • Mgr Kevin Rhoades (Fort Wayne-South Bend, Indiana, USA)
  • Mgr David Ricken (Green Bay, Wisconsin, USA)
  • Mgr Almachius Rweyongeza (Kayanga, Tanzanie)
  • Mgr James Scheuerman (Auxiliaire, Milwaukee, Wisconsin, USA)
  • Mgr Augustine Shao (Zanzibar, Tanzanie)
  • Mgr Joseph Siegel (Evansville, Indiana, USA)
  • Mgr Frank Spencer (Auxiliaire, Services militaires, USA)
  • Mgr Joseph Strickland (Tyler, Texas, USA)
  • Mgr Paul Terrio (St. Paul en Alberta, Canada)
  • Mgr Thomas Tobin (Providence, Rhode Island, USA)
  • Mgr Kevin Vann (Orange, Californie, USA)
  • Mgr Robert Vasa (Santa Rosa, Californie, USA)
  • Mgr David Walkowiak (Grand Rapids, Michigan, USA)
  • Mgr James Wall (Gallup, Nouveau Mexique, USA)
  • Mgr William Waltersheid (Auxiliaire, Pittsburgh, Pennsylvanie, USA)
  • Mgr Michael Warfel (Great Falls-Billings, Montana, USA)
  • Mgr Chad Zielinski (Fairbanks, Alaska, USA)


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28 février, 2022

Importante sous-déclaration des effets indésirables des vaccins COVID : le constat d’une société d’assurance-maladie en Allemagne

Une importante compagnie d’assurance-maladie allemande s’inquiète d’un phénomène de forte sous-déclaration des effets indésirables du vaccin expérimental COVID-19 par les autorités gouvernementales, phénomène que révèlent ses propres données.

Andreas Schöfbeck, membre du conseil d’administration de BKK ProVita, a fait part des observations de la société d’assurance à l’Institut Paul Ehrlich (PEI), qui avait signalé en début d’année 244.576 cas présumés d’effets secondaires liés aux injections génomiques au cours de l’année civile 2021.

Le PEI est l’Institut fédéral des vaccins et des biomédicaments, une agence du ministère fédéral allemand de la santé chargée de veiller à la sécurité des médicaments.

Schöfbeck a également envoyé sa lettre officielle à l’Association médicale allemande et à la Commission permanente des vaccinations.

L’analyse qu’il a publiée ne fournit aucune information détaillée sur le type ou la gravité des effets secondaires documentés, si ce n’est que les patients ont demandé une aide médicale professionnelle pour les soigner.
À propos du chiffre de 244.576 cas avancé par le PEI, Schöfbeck écrit : « Les données dont dispose notre société nous portent à croire qu’il existe une sous-déclaration très importante des cas suspects d’effets secondaires de la vaccination après réception de l’injection. »

Précisant que leur échantillon comprend 10.937.716 clients assurés et que les données disponibles ne couvrent que les sept premiers mois et demi de 2021, la lettre indique que leur seule société avait déjà enregistré 216.695 cas d’effets indésirables sur cette période.

En transposant ce ratio à l’ensemble de l’année, puis en l’appliquant à la population totale de l’Allemagne (environ 83 millions d’habitants), on peut estimer que 2,5 millions à 3 millions de personnes ont été traitées par des professionnels de la santé pour de tels effets indésirables.

« D’après nos calculs, nous considérons qu’il est réaliste d’estimer que 400.000 consultations médicales déclarées par nos assurés concernaient des complications liées à la vaccination. Extrapolée à la population totale, cette valeur serait de trois millions », a déclaré Schöfbeck à WELT News.

Commentant la divulgation de sa lettre, Schöfbeck a déclaré à WELT : « Les chiffres qui résultent de notre analyse sont très éloignés des chiffres annoncés publiquement. Il serait contraire à l’éthique de ne pas en parler. »

Il signale dans sa lettre qu’il s’agit d’un « signal d’alarme important », car cela « signifie qu’environ 4 à 5 % des personnes vaccinées ont reçu un traitement médical pour des effets secondaires », soit un taux environ 10 fois supérieur aux chiffres communiqués par le gouvernement.

Andreas Schöfbeck s’est ensuite penché sur les causes de cette sous-déclaration. Il avance qu’étant donné que les organismes de santé ne sont pas rémunérés pour le signalement des effets secondaires des vaccins, qu’il faut déployer des efforts considérables pour ce faire – 30 minutes par rapport – et qu’environ trois millions de rapports auraient potentiellement pu être déposés, cela équivaudrait à 1,5 million d’heures de travail, soit « quasiment la charge de travail annuelle de 1.000 médecins ».

Un rapport de Project Veritas publié en septembre aux États-Unis corrobore cette analyse, en faisant état de très nombreux patients hospitalisés souffrant de lésions dues au vaccin COVID que « personne » ne signale au système fédéral de notification des effets indésirables des vaccins (VAERS) « parce qu’il faut plus d’une demi-heure pour rédiger ce fichu document ».

Ces énormes lacunes dans la déclaration des effets indésirables des vaccins dans le cadre des systèmes passifs gouvernementaux ont été confirmées par des études et sont bien connues depuis de nombreuses années. Ainsi, une étude réalisée en 2010 à Harvard et commandée par le département de la santé et des services sociaux (HHS) a révélé que les dommages liés aux vaccins signalés au VAERS représentent « moins de 1 % des dommages liés aux vaccins ».

Une autre étude réalisée à la demande du fabricant de vaccins Connaught Laboratories aboutit quant à elle au constat d’une probable sous-déclaration d’effets indésirables de l’ordre de cinquante fois moins que la réalité.

En ce qui concerne les injections génomiques, les travaux détaillés de Steve Kirsch et autres ont fait apparaître que la sous-déclaration des décès liés au vaccin COVID-19 avait pu conduire à déclarer vingt fois moins de morts qu’il n’y en a eu en réalité. Leur estimation totale des décès dépassait les 150.000 au moment où le VAERS n’en indiquait que 7 149 (États-Unis / Territoires / Inconnu), le 27 août 2021.

Alors qu’il a promis à plusieurs reprises des millions de dollars à toute personne compétente et qualifiée capable de réfuter ses thèses sur ce sujet, Steve Kirsch n’a toujours trouvé personne pour remettre en cause son raisonnement.

Ce texte est traduit d’après un récent article de Patrick Delaney sur LifeSiteNews.


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23 janvier, 2021

Allemagne : le tribunal de Weimar juge anticonstitutionnelles les interdictions de contacts imposées au nom de la lutte contre le COVID-19

Un tribunal de district a rendu le 11 janvier dernier une décision déclarant contraires à la constitution allemande les interdictions de réunions au-delà d’une personne étrangère au foyer mises en place au printemps, ici dans le Länd de Thuringe. Fortement argumenté, le jugement du tribunal de Weimar, disponible ici, va jusqu’à contester l’efficacité des mesures de « verrouillage » en observant qu’on les a prolongées deux fois depuis novembre sans que la contagion et la mortalité associées au virus ne diminuent.

Bien qu’il ne s’agisse que d’une décision locale, elle obligera les autorités judiciaires et les responsables fédéraux à réagir et à contester les arguments avancés – c’est si vrai que le parquet a d’ores et déjà engagé un recours légal qui porte sur leur validité juridique.

Je vous propose ci-dessous ma libre traduction, un peu résumée, de l’article de Focus Online disponible ici en Allemand. – J.S.

Le tribunal de district de Weimar vient de relaxer un homme qui avait violé les restrictions COVID en avril 2020. Le jugement affirme que l’interdiction générale des contacts ordonnée par l’État constitue une violation de la constitution.

Le journal FOCUS signale que cette argumentation juridique contredit largement l’opinion dominante des universitaires et des décideurs politiques : s’agissant d’un jugement de première instance, le risque existe qu’il soit contredit, d’autant que le ministère public d’Erfurt a déposé une demande de recours légal contre la décision du tribunal de district ; une procédure qui vise à obtenir une décision du tribunal régional supérieur à propos d’une question juridique litigieuse.  

Le tribunal de Weimar a donc jugé que la politique de confinement allemande (plus légère qu’en France, puisqu’au printemps les déplacements n’étaient pas interdits) ainsi que l’interdiction générale des contacts qui l’accompagnait étaient illégales. Rendue il y a quelques jours, la décision fait référence à un incident survenu au printemps 2020 en Thuringe, mais en visant également le « verrouillage partiel » à l’échelle nationale à partir de novembre 2020. Celui-ci a été prolongé deux fois, et même renforcé depuis lors.

Dans son exposé des motifs de 19 pages, le tribunal de district estime que l’interdiction générale des contacts avait « violé un tabou » et porté atteinte à la « dignité humaine garantie comme inviolable ». Les décideurs politiques s’en sont pris aux « fondements de la société » et ont restreint de manière inadmissible le droit des gens à la liberté, affirme le jugement, précisant que les mesures sanitaires avaient été « disproportionnées ».

En Thuringe, elles furent le résultat d’une « décision politique catastrophiquement erroné,e avec des conséquences dramatiques dans quasiment tous les domaines de la vie des gens », peut-on y lire. Dans leurs efforts bien intentionnés pour contenir la propagation du virus, les responsables politiques se sont en partie appuyés sur de « fausses hypothèses » ou ont mal interprété les faits établis. En tout état de cause, la situation n’a pas été examinée de manière exhaustive, souligne le tribual de Weimar.

Ainsi, au printemps 2020, il n’y avait pas d’« urgence sanitaire générale » en Thuringe ou ailleurs en Allemagne, note la Cour. Par conséquent, il n’y avait aucun danger que notre système de santé s’effondre, ni que le nombre de décès atteigne « des dimensions complètement différentes » de celles constatées lors des « vagues de grippe qui se produisent régulièrement ».

Par conséquent, l’État n’avait pas le droit d’ordonner un verrouillage, ni de mettre en place « les restrictions les plus complètes et les plus importantes aux droits fondamentaux dans l’histoire de la République fédérale ».

L’affaire portait sur une infraction administrative mineure, avec une menace d’amende de 200 euros : le prévenu était un jeune homme qui avait fêté son anniversaire avec sept amis dans un jardin le 24 avril 2020. Ce faisant, il avait violé l’ordonnance de Thuringe sur protection contre le coronavirus, qui  autorisait à se réunir au maximum « avec une autre personne ne faisant pas partie du foyer ».

Des violations similaires des mesures COVID occupent les tribunaux de district dans toute l’Allemagne depuis de nombreux mois. Mais alors qu’on ne parle, le plus souvent, que du montant de l’amende, le tribunal de Weimar a remis en question le fondement juridique de la décision politique. Dans le cas d’ordonnances légales qui n’ont pas été adoptées par le Bundestag ou un parlement d’État, chaque tribunal est autorisé à décider lui-même de leur constitutionnalité.

Les arguments présentés par le tribunal de Thuringe sont intéressants car ils nient non seulement la légalité des mesures de verrouillage, mais contestent également leur efficacité.

Par exemple, le jugement affirle qu’avec l’interdiction générale des contacts, l’État s’est attaqué aux « fondements de la société » en imposant une distance physique entre les citoyens. « La question de savoir combien de personnes un citoyen invite chez lui ou avec combien de personnes il rencontre dans l’espace public pour se promener, faire du sport, faire des courses ou s’asseoir sur un banc de parc, ne doit pas intéresser l’Etat par principe », dit le tribunal de Weimar.

Le tribunal part du principe que la crise du coronavirus a entraîné un « changement de valeurs » au sein de notre société. Des choses qui étaient auparavant impensables sont maintenant considérées comme « normales » par de nombreuses personnes, y compris en ce qui concerne la restriction des droits fondamentaux. Néanmoins, il ne fait « aucun doute » que l’État constitutionnel démocratique, avec une interdiction générale des contacts, a « violé un tabou qui était auparavant considéré comme totalement acquis », dit le jugement.

Il note que les citoyens ont été privés de leur liberté fondamentale de décider eux-mêmes des risques auxquels ils veulent s’exposer. On ne peut plus choisir librement de « fréquenter un café ou un bar le soir » en « acceptant une infection par un virus respiratoire » - ou s’il préfère rester chez lui par sécurité. L’État a considéré ses citoyens comme des objets qui doivent être tenus « à distance » par la contrainte, selon l’arrêt. « L’existence du sujet libre, qui assume lui-même la responsabilité de sa santé et de celle de son prochain, a été suspendue. »

Tout cela pourrait encore être acceptable d’un point de vue juridique si l’État se trouvait dans une « situation d’urgence très exceptionnelle », a déclaré le tribunal. Par exemple, si un « effondrement national du système de soins de santé » était imminent ou si des signes montraient que le taux de mortalité augmentait de façon spectaculaire. Mais le tribunal affirme ne pas constater de tels signes au moment de l’infraction administrative signalée au printemps 2020.

Il va plus loin, affirmant qu’on ne peut attendre d’une interdiction générale de contacts « une contribution substantielle ayant une influence positive sur une épidémie ». Le « verrouillage brise-lames » ordonné en novembre 2020, initialement pour un mois seulement mais prolongé deux fois depuis lors, confirme selon le jugement que « les verrouillages ne peuvent pas influencer de manière significative l’incidence de l’infection et en particulier le nombre de cas mortels ».

La décision du tribunal de district – qui va à l’encontre des opinions politiques et des recommandations des scientifiques dominantes – n’a certes pas de portée nationale. Ses effets concrets se limitent au plaignant et à la ville de Weimar. Néanmoins, la décision est susceptible de susciter des discussions bien au-delà des frontières de la Thuringe et de faire avancer le débat parmi les experts juridiques. Après tout, il n’existe pas à ce jour de jurisprudence uniforme en Allemagne sur la constitutionnalité des restrictions de contact.

Il est incontestable que la capacité de l’État à intervenir dans les libertés civiles des citoyens est limitée et doit être très bien justifiée dans chaque cas individuel – même ou surtout dans une situation de pandémie. Cela était tout aussi vrai au printemps 2020 qu’en janvier 2021. À cet égard, la question qu’on se pose est celle de savoir comment le tribunal jugerait un incident similaire s’il s’était produit il y a quelques jours seulement, alors que la situation est plus sérieuse qu’au printemps, notamment en Thuringe.

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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07 février, 2020

Synode allemand : le Christ “est devenu être humain, pas homme”, dit Franz-Jozef Bode, vice-président des évêques d'Allemagne

Le Christ « est devenu être humain, pas homme » C'est avec cette étonnante déclaration que Mgr Franz-Jozef Bode, évêque d’Osnabrück et vice-président de la conférence des évêques d’Allemagne, a exprimé la façon dont il voit les discussions sur le rôle des femmes dans l'Eglise, actuellement en débat dans le cadre du « chemin synodal » ouvert à l'initiative du cardinal Reinhard Marx.

On voit évidemment où il veut en venir. S'Il n'est pas devenu homme mais être humain, Il n'est pas nécessaire de tenir compte de l'identité masculine du Christ en réfléchissant au ministère sacerdotal qu’Il a souverainement incarné. Et il n'y aurait pas d'impossibilité ontologique à ce qu'une femme soit ordonnée prêtre.

Ce n'est pas le seul sujet sur lequel cet évêque de tout premier plan en Allemagne professe des idées révolutionnaires de façon aussi explicite.

Répondant aux questions du journal catholique de son diocèse, Bodé s’est dit content de la première réunion de l'Assemblée synodale allemande qui s'est ouverte à Francfort le week-end dernier. Selon le prélat le débat a été marqué non par la confrontation d’extrêmes, mais par la discussion au sein d'un « large centre ». Tout dépend évidemment de la manière dont on le définit.

Franz-Jozef Bode a été élu par les participants à l'assemblée synodale à la présidence du forum préparatoire sur le rôle des femmes dans l’Eglise, présidence qu'il partage avec la théologienne Dorothea Sattler.

Le portail Internet de l'église catholique d'Allemagne, qui présente ces informations sans la moindre critique, introduit ici dans son article un lien vers des déclarations de ladite Dorothea Sattler. Où elle déclare, oh surprise, que d'un point de vue théologique, Dieu aurait pu devenir un être humain en tant que femme.

 C'est ce qu'elle affirmait en septembre dernier à welt.de, ajoutant cependant que vu les conditions
sociales il y a quelque 2000 ans, c'était « sage » de la part de Dieu d'être devenu un être humain en tant qu’homme. Mais cela ne veut nullement dire qu'il n'aurait pas pu en être autrement, soutenait-t-elle.

Le « genre » de Jésus ne joue aucun rôle dans la doctrine du salut : « Cela concernait l'incarnation de Dieu, et non le fait de devenir un homme. La question du genre n'avait pas de rapport avec la théologie du salut dans l'histoire de la tradition », assurait-elle, affirmant que le fait de mettre l'accent sur la masculinité du Christ est quelque chose de « nouveau ».

Mme Sattler dirige l'Institut pour l'œcuménisme et la dogmatique à l'université de Münster. Elle est favorable à l'ordination des femmes à tous les ministères.

Son voisinage semble convenir parfaitement à Mgr Bode qui a donc dressé un portrait très positif des premiers travaux du forum préparatoire. « L'interaction entre les femmes et les hommes est l'un des signes importants des temps », a-t-il notamment déclaré dans l'article repris par katholisch.de. De nombreuses « décisions d'hommes », telle la « couverture » des abus sexuels, « auraient été très différente si des femmes avaient été impliquées ».

Bode a annoncé que le forum se penchera sur les possibilités qui existent déjà, afin de faire progresser la participation des femmes dans l'Eglise. Mais on évoquera aussi des « questions fondamentales » comme l'ordination des femmes.

Mgr Bode s'est également dit favorable à l'ordination des viri probati, annonçant carrément la mise en place d'un clergé à deux vitesses. Les hommes mariés pourraient être « prêtres à temps partiel », tandis que les prêtres célibataires représenteraient la « profession principale ». « Je suis d'avis que les deux formes peuvent exister », a-t-il dit.

Le chemin synodal est prévu pour durer deux ans.

Si l'on veut avoir une idée plus imagée de la direction prise, on peut se tourner vers Gloria.tv qui observait il y a quelques jours que la messe d'ouverture célébrée par le cardinal Marx le 30 janvier était de « style protestant ». « La plupart des évêques et des prêtres présents étaient assis sur les bancs en vêtements de ville et en manteau » – y compris, sans surprise, Mgr Bode.

Le cardinal Marx a distribué la communion, flanqué d'une religieuse en noir et d'une femme en manteau rouge qui partageaient le calice avec l'assistance. La vidéo mise en ligne par le média suggère que prêtres et évêques sont tous allés communier.


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02 février, 2020

Le cardinal Woelki, très critique à l’égard de la première réunion du chemin synodal en Allemagne

“Toutes mes craintes sont avérées”


Rainer Maria cardinal Woelki, archevêque de Cologne, a commenté la première réunion de l’assemblée synodale qui s’est ouverte le 30 janvier à Francfort en Allemagne, au micro d’Ingo Brüggenjürgen sur DomRadio.de. Il s’était déjà désolidarisé de l’orientation progressiste, pour ne pas dire révolutionnaire du “chemin synodal” sur lequel s’est engagée l’Eglise catholique en Allemagne à l’initiative du cardinal Reinhard Marx. Il témoigne notamment du refus d’écouter les voix discordantes qu’il a pu constater.

 Je vous propose ci-dessous ma traduction de l’entretien. Il se passe de commentaires. – J.S.

*

DOMRADIO.DE : Monsieur le Cardinal, d’emblée, vous n’étiez pas forcément l’un des plus grands défenseurs du chemin synodal. Comment avez-vous vécu l’assemblée synodale ici à Francfort ?

Rainer Maria Cardinal Woelki, archevêque de Cologne : En fait, toutes mes craintes sont avérées. J’ai dit très clairement que j’étais très inquiet de voir mis en place ici un quasi parlement d’Eglise protestante, en raison de la manière dont cet événement a été constitué et organisé. Pour moi, c’est bien cela qui s’est produit. Les exigences essentielles ecclésiologiques qui se rapportent à la nature de l’Église catholique sont – à mon avis – ignorées dans de nombreux discours. C’est déjà l’image qui s'est formée très clairement lorsque les évêques et les laïcs sont tous entrés ensemble, exprimant ainsi que tous y sont égaux. Et cela n’a en fait rien à voir avec ce qu’est et ce que pense l’Église catholique.

DOMRADIO.DE : Cela se confirme-t-il aussi dans la disposition des places, qui est alphabétique ?

Woelki : Cela ne me dérange pas en soi. Cependant, cela rend évidente la remise en en question de la constitution hiérarchique de l’Eglise, telle qu’elle a été une nouvelle fois affirmée lors du Concile Vatican II et exprimée également dans Lumen Gentium. La relation organique entre personnes consacrées et non consacrées et la diversité des tâches qui s’y expriment sont en effet également remises en question et relativisées par la disposition des sièges et par de nombreux autres petits signes. Je considère cela comme extrêmement préoccupant.

DOMRADIO.DE : Mais vous avez écouté de manière très attentive et vous avez également participé aux discussions. Qu’avez-vous appris de nouveau ?

Woelki : J’ai appris qu’il est difficile d'écouter – pas seulement pour moi, mais pour beaucoup d’autres aussi. J’ai également appris que le respect mutuel qui est exigé n’est pas non plus facile. Car j’ai observé que l’on peut déjà sentir comment l’attention diminue lorsque certaines personnes s’approchent du micro et expriment une position différente. Voilà autre chose que nous devrons certainement apprendre pour l’avenir : nous ne devons pas nous contenter de mettre en avant des mots, sans les vivre réellement.

Et j’ai appris qu’il est également important de parler du pouvoir dans l’Eglise. Car il est apparu clairement que le pouvoir était également exercé ici, dans notre assemblée synodale, en ce sens que tous les intervenants n’ont pas eu le droit de s’exprimer. Toutes les demandes d’intervention qui avaient été soumises par écrit au préalable n’ont pas été dûment prises en considération.

DOMRADIO.DE : Il est également très important pour vous qu’il s’agisse d’un processus spirituel. Est-ce cela qui imprègne cette assemblée telle que vous la vivez ?

Woelki : Je crois que cela se fait naturellement au cours des offices religieux et aussi à travers ce qu’on a appelé les « pauses », ces temps de prière consciente qui ont été établis dans le programme. Mais je crois qu’un processus spirituel se caractérise avant tout par le fait que lorsque nous faisons nos discours, nos textes et nos documents, nous devons entendre toujours et encore ce que le Seigneur veut nous dire – et pas seulement ce que nous croyons. Le Seigneur parle à travers la Parole de l’Ecriture, mais Il parle aussi à travers la foi et l’enseignement de l’Eglise.

Deux mille ans plus tard, nous ne sommes pas ceux qui mettent en place ou réinventent l’Eglise : au contraire, nous nous inscrivons dans une longue tradition. La foi, telle qu’elle a été définie lors des Conciles et aussi par ses origines apostoliques, ne peut pas être en quelque sorte démolie ou réinventée ici. Il y a des conditions à respecter. Cela aussi fait partie d’un processus spirituel que de le percevoir et d’y réfléchir en profondeur, et de ne pas rejeter cela comme du vieux café – parce que, peut-être, je ne le comprendrais pas. Il s’agit tout d’abord de faire un effort pour comprendre ce que sont la foi et l’enseignement de l’Eglise, puis, à partir de là, de réfléchir aux questions qui nous sont posées aujourd’hui en l’an 2020, et ensuite de donner des réponses à partir de cette foi de l’Eglise et de l’Evangile.

(DR)


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Mon intervention sur le “chemin synodal” en Allemagne sur “Terres de Mission”



Merci à Jean-Pierre Maugendre de m'avoir invitée dans l'émission “Terres de Mission” dont le 159e épisode diffusé sur TVLibertés à midi était notamment consacré au chemin synodal en Allemagne. Le décès de Jean de Viguerie était ensuite commenté par l'abbé Lorans de la Fraternité Saint Pie X. Et pour finir, Jean-Pierre Maugendre saluait une BD qui l'a enthousiasmé : Madame Elisabeth de France, de Coline Dupuy, aux éditions Artège.

La séquence sur l'Eglise d'Allemagne est à voir ci-dessous à partir de 1'42".



Pour retrouver l'émission sur le site de TVLibertés, rendez-vous ici.

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30 janvier, 2020

Allemagne catholique (?) : le chemin synodal gender-friendly



C'est une information diffusée par l'agence officielle de l'épiscopat allemand, KNA. Au nombre des participants au « Chemin synodal » qui s'est ouvert aujourd'hui à Francfort, figurent :

« 70 femmes, une personne diverse et 159 hommes. »

La source en allemand est par ici.

Comment une personne peut-elle être à elle seule « diverse » ? La logique et la réalité sembleraient l'interdire, mais rien n'arrête l'idéologie du genre qui par définition récuse la vérité. Cette personne « diverse » ne se croit ni homme ni femme. L'infographie ne dit pas si c'est un(e) laïc, un(e) évêque ou un(e) cardinal. Qui vivra verra.

Le correspondant du Wall Street Journal au Vatican, Francis X. Rocca, a déniché cette pépite qui en dit long sur l'approche de la hiérarchie catholique (?) allemande dans sa marche vers la destruction de la foi. Il traduit « personne diverse » par « une personne non-binaire ». Mais allez savoir si cela correspond exactement à l'une des lettres de l'acronyme LGBTQIPA et + si affinités !


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21 janvier, 2020

Mon intervention à l'“Acies Ordinata” de Münich, version française

Voici la traduction que j'ai faite de mon intervention lors de la conférence de presse qui a suivi notre heure de prière publique à proximité de la résidence du cardinal Marx, président de la conférence épiscopale allemande et proche conseiller du pape François, le samedi 18 janvier. L'un des principaux organisateurs d'« Acies Ordinata » (aciesordinata.org, de la Fondazione Lepanto),  le Pr Roberto de Mattei, qui lui-même a invité à cette occasion les catholiques allemands fidèles à ne pas payer la taxe ecclésiastique, m'avait priée d'aborder la question du ministère ordonné pour les femmes qui fait partie des revendications de la « voie synodale » des Allemands : la Synodaler Weg.


Dans une lettre cosignée par le cardinal Reinhard Marx et le professeur Thomas Sternberg, président du Comité central des catholiques allemands, envoyée en décembre dernier aux fidèles de ce pays, cette invitation a été lancée : parcourir « ensemble un chemin de changement et de renouveau ». Tout a commencé avec la volonté de « faire de l'Église un lieu sûr », à la suite du scandale des abus sexuels. Sur ce « chemin de changement », qui a été mis en place par l'équipe qui orchestre le "Synodalerweg" en vue d'aller dans une seule direction , la question de la place des femmes dans l'Eglise et dans les ministères ecclésiaux est l'un des quatre thèmes principaux.

Quel est son rapport avec les abus sexuels dans l'Église ? Quasi inexistant, sauf à considérer que le fait de mettre des femmes dans le chœur empêchera une minorité de pervers d'être attirés par les garçons et les jeunes.

En lisant les conclusions de la conférence conjointe du groupe de travail sur le cheminement synodal, j'ai été frappée par leurs attaques ouvertes contre la doctrine de l'Église sur la place des femmes. Il s'agit expressément d'adapter l'enseignement traditionnel, dans le monde entier, à ce qu'ils appellent la « théologie scientifique » et à l'idée générale et floue selon laquelle les choses ont changé et qu'il faut laisser les femmes accéder à toutes les places. Y compris au diaconat et peut-être même au sacerdoce.

A une époque où l'idéologie de genre est très répandue, il peut leur sembler judicieux de proclamer une forme d'interchangeabilité entre hommes et femmes qui conduirait finalement à ordonner des femmes ou des hommes prêtres sans tenir compte de leur sexe biologique : ce serait le comble de la confusion de genre.

Ils veulent une « Église qui respecte l'équité de genre », qui serait à leurs yeux la seule « vraie » Église. Dans cette Église à laquelle ils aspirent, les femmes continueraient de faire ce qu'elles font déjà, souvent magnifiquement : enseigner le catéchisme, transmettre la foi et l'amour de Dieu… Mais ils veulent aussi une Église où les femmes feront de plus en plus ce qu'elles n'ont commencé à faire que récemment : jouer un rôle actif dans la liturgie, distribuer la communion, voire prêcher comme l'a suggéré récemment le cardinal Marx et, en général, gérer des paroisses, des diocèses et pourquoi pas des dicastères entiers.

Si on peut avoir des généraux femmes, pourquoi pas des femmes évêques ? Le seul problème avec ce soi-disant argument est qu'on ne peut même pas argumenter contre les femmes « générales » sans être déclaré coupable de sexisme et de discrimination. Il semble que la voie synodale allemande veuille faire tomber l'Église dans un piège.

Il serait politiquement incorrect aujourd'hui de se moquer de la femme du vicaire si envahissante dans les communautés protestantes, mais au fond, les réformateurs synodaux semblent vouloir multiplier au sein de l'Église catholique le nombre de toutes ces redoutables dames d'Église qui découragent peut-être les hommes d'être des pratiquants réguliers... Ils parlent même de quotas de femmes dans les postes de direction, comme si l'Église n'était pas modelée sur la famille, mais sur le monde des affaires.

La vraie égalité, mais aussi les profondes différences et la complémentarité entre hommes et femmes ont été exprimées au cours des siècles par la profonde sagesse de l'Église. Elle attend des hommes qu'ils servent Dieu en tant qu'hommes, et des femmes qu'elles le fassent en tant que femmes. Et en cela elle se trompe, disent les réformateurs – non, les révolutionnaires – qui veulent réexaminer et réévaluer même l'Évangile, et vérifier si le refus traditionnel d'ordonner les femmes est « contraignant » ou non.

En tant que femme, journaliste – j'ai été auparavant directrice et rédactrice en chef de plusieurs publications – et catholique, je ne peux que dire combien je trouve pathétique cette approche égalitaire. Elle est pathétique et elle est même dangereuse pour ma foi et pour l'Église que j'aime, parce qu'elle est prête à bouleverser toute l'économie de la Rédemption, la vérité et la beauté des rôles respectifs de notre Seigneur Jésus, Fils de Dieu, et de la plus parfaite de toutes les créatures humaines, sa Vierge Mère.

Celle-ci n'a pas fait pression pour obtenir un rôle de premier plan, elle a tourné tous nos yeux vers Lui, son Fils, et pour cela elle savait que toutes les générations l'appelleraient bienheureuse. Elle était au pied de la Croix, non pour immoler mais pour offrir. Elle a souffert avec son Fils divin pour racheter l'humanité, mais elle n'a pas offert son propre corps aux clous et à la lance des bourreaux. Elle a reçu là la mission d'être la Mère miséricordieuse de nous tous. Son honneur était de servir, comme il est aussi, maintenant, de régner sur tout l'Univers, en tant que Reine, même des Anges. Il n'y a pas de meilleure théologienne qu'elle, qui a porté le Logos dans son esprit, dans son coeur et dans son sein.

Je crois que c'est un exemple plus que suffisant, et très difficile à suivre, même pour une femme. Je regrette que l'Église catholique en Allemagne tente de minimiser le rôle clef traditionnel des femmes afin de les laisser jouer à l'homme. C'est injuste pour les hommes, et c'est injuste pour les femmes, mais surtout, ce n'est pas juste envers Dieu, qui a défini le rôle de chacun dès le début, et qui a donné à une femme la toute première place, en raison de son humilité.

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30 juillet, 2019

Le cardinal Brandmüller parle des dangers de rupture du “chemin synodal” et du synode amazonien pour l'Eglise catholique

Voici la traduction intégrale d'un entretien accordé par le cardinal Walter Brandmüller à Die Tagespost en langue allemande à propos des dangers que représentent le « chemin synodal » prôné par de nombreux évêques allemands, ainsi que le prochain synode sur l'Amazonie. Il s'agit d'une traduction intégrale par mes soins.

Le vaticaniste Sandro Magister publiait le mois dernier un premier texte de mise en garde du cardinal Brandmüller sur l'Instrumentum laboris, présenté comme hérétique et apostat.  – J.S.

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Traduction intégrale de l'interview du cardinal Walter Brandmüllerpar “Die Tagespost” le 27 juillet 2019


Eminence, que disent les chiffres récemment publiés par l’Eglise catholique en Allemagne sur le départ massif de fidèles de l’avenir de l’Église ?

Ces statistiques des départs constituent un symptôme extrêmement alarmant de l’état spirituel de l’Église catholique et de l’Eglise évangélique (EKD, luthérienne) en Allemagne. Mais il faut souligner en même temps que nous ne devons pas nous étonner de l’apostasie à l’aune des déclarations de Notre Seigneur Jésus Christ dans le Nouveau Testament. Jésus avertit dans l’Evangile de Matthieu : l’amour de beaucoup se refroidira, et beaucoup de faux prophètes apparaîtront et séduiront un grand nombre.

Mais lorsqu’il s’agit de la véritable Église du Christ, cela suppose naturellement que l’Église – les chrétiens et leurs bergers – ne se considère pas comme une association pieuse, qui peut aussi à l’occasion modifier ses statuts, mais sache qu’elle est portée par une mission qui lui est confiée par son Seigneur.

Avec le « chemin synodal », les évêques allemands veulent agir contre la crise de l’Eglise, qui a été aggravée par la publication des résultats de l’étude sur les abus il y a un an. Les interventions des évêques qui ont été entendus à ce sujet jusqu’à présent vous inspirent-elles confiance ?

En aucun cas. Cela dit, le terme « chemin synodal » est une tautologie. On est ensemble, on marche sur un chemin, mais tout semble un peu flou. Mais encore : à ce jour, personne ne sait, premièrement, comment cette voie commune sera empruntée et, deuxièmement, où elle doit mener.

Si l’on considère les déclarations d’un certain nombre d’évêques, on peut dire que ce « chemin synodal » mène à la catastrophe. C’est-à-dire, si Rome doit au bout du compte agir pour que l’Église en Allemagne ne s’écarte pas de l’unité avec l’Église universelle, comme il est dit dans la lettre du Pape au peuple de Dieu en Allemagne, vers une énorme frustration.

L’évêque d’Essen Franz-Josef Overbeck, qui, en tant que président de la commission Adveniat, a soutenu la préparation du Synode sur l’Amazonie et qui a également participé à diverses réunions préparatoires, parle du point de rupture que représenterait l’Assemblée épiscopale de Rome représenterait, mais évoque aussi dans ce cadre le « chemin synodal ». De quel genre de rupture pourrait-il s’agir ?

En tout cas, cette chose ne sera plus l’Église catholique. Car la rupture est une catégorie qui est totalement contraire à la notion d’organisme, à un développement organique. Une rupture qui aurait pour résultat que rien ne serait plus comme avant signifierait la fin de l’Eglise.

L’essence de l’Église est la transmission de la foi des apôtres à jusqu’au second avènement du Seigneur – mais elle n’est en pas une évolution progressive dans laquelle l’essence de l’Église changerait.

Tant dans la préparation du synode sur l’Amazonie que dans celle de le « chemin synodal », il est question d’une valorisation des laïcs et des femmes en particulier. Cela équivaudrait-il à la fin de l’Église cléricale ?

Plutôt que de parler d’une Eglise cléricale, parlons de l’Eglise où la consécration sacerdotale a existé dès le début. Vu sous cet angle, la fin de l’Eglise cléricale signifierait probablement que l’Eglise imaginée par Martin Luther dans ses écrits de combat de 1520, serait réalisée. Et ce ne serait plus l’Église catholique.

Pour Luther, tous les baptisés étaient déjà pape, évêque et prêtre. Dans l’Église catholique, en revanche, le prêtre qui se tient devant l’autel agit en vertu de l’imposition sacramentelle des mains lors de la consécration « in persona Christi », c’est pourquoi il partage aussi le mode de vie de son Seigneur, à savoir le célibat. Voilà pour le célibat, qui est probablement aussi à l’ordre du jour du « chemin synodal » et du synode sur l’Amazonie.

Comment les objectifs des « réformateurs » à Rome et en Allemagne affecteraient-ils la vie de l’Eglise ?

On peut s’imaginer ce qu’il adviendrait des anciennes églises catholiques en regardant l’état des communautés de l’EKD.

© leblogdejeannesmits pour la traduction

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28 juillet, 2019

Traduction intégrale de texte du Cardinal Gerhard Müller à propos du processus synodal en Allemagne et du synode sur l’Amazonie

Le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, s'en est pris aux visées des ses confrères allemands progressistes qui cherchent à imposer leur vision de l'Eglise – une nouvelle Eglise, en fait – à la faveur de leur « chemin synodal » et du synode à venir sur l'Amazonie utilisé pour redéfinir le sacerdoce catholique.

Je vous propose ici ma traduction de travail intégrale de ce texte paru en allemand dans Die Tagespost, et dans des traductions autorisées en italien sur Corrispondenza Romana, en anglais sur LifeSite (par ma consœur Maike Hickson), en espagnol sur Infovaticana.

Les projets du synode pan-amazonien suscitent des réactions vigoureuses et c'est une bonne nouvelle ! – J.S.

Traduction intégrale de texte du Cardinal Gerhard Müller à propos
 du processus synodal en Allemagne et du synode sur l’Amazonie


« Ne vous conformez pas à ce siècle ; mais transformez-vous
par le renouvellement de votre esprit »
(Rom. 12:2).

A propos du processus synodal en Allemagne et du Synode pour l’Amazonie

par le Cardinal Gerhard Müller 

1. La sécularisation de l’Église est la cause de la crise et non son remède

Celui qui croit que «  le Christ aussi a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier » (Eph 5, 25), ne peut qu’être choqué par la nouvelle la plus récente qui nous vient d’Allemagne, à savoir qu’en 2018 plus de 216.000 catholiques ont abandonné leur patrie spirituelle en quittant explicitement l’Église, tournant ainsi brutalement le dos à leur mère dans la foi. Il se peut bien que les motivations de ces personnes qui sont devenues membres du Corps ecclésial du Christ par leur baptême soient aussi diverses que le sont les êtres humains eux-mêmes. Il est clair, cependant, que la plupart d’entre eux quittent l’Église dans l’état esprit de celui qui annule son adhésion à une organisation séculière ; ou de celui qui se détourne de son parti politique de toujours, pour s’en être détaché ou pour avoir été profondément déçu par celui-ci. Ils ne savent même pas – à moins qu’on ne le leur ait jamais appris – que l’Église, bien que composée d’hommes imparfaits jusque parmi ses plus hauts représentants, est, dans son essence et son mandat, une institution divine. Parce que le Christ a établi son Église comme sacrement du salut du monde, comme « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain, elle se propose de mettre dans une plus vive lumière, pour ses fidèles et pour le monde entier » (Lumen Gentium 1).

L’auteur de la Lettre aux Hébreux est bien conscient de la difficulté pastorale « Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont été rendus participants de l'Esprit-Saint, 5qui ont également goûté la bonne parole de Dieu et les vertus du siècle à venir, 6et qui sont tombés soient renouvelés et ramenés à la pénitence, eux qui crucifient de nouveau pour leur malheur le Fils de Dieu, et le livrent à l'ignominie » (Hebr. 6:4-6).

La principale raison qui les conduit à quitter l’Église sans se rendre compte qu’ils pèchent gravement contre l’amour du Christ notre Rédempteur et mettent ainsi en péril leur salut éternel, est l’idée que l’Église serait une association séculière. Ils ne savent en rien que l’Église pèlerine est nécessaire au salut et qu’elle est indispensable pour tous ceux qui sont venus à la foi catholique. «  L’incorporation à l’Église, cependant, n’assurerait pas le salut pour celui qui, faute de persévérer dans la charité, reste bien “de corps” au sein de l’Église, mais pas “de cœur” » (Lumen Gentium 14).

Cette crise qui se traduit par les départs massifs de l’Église et le déclin de la vie de l’Église (faible participation à la messe, peu de baptêmes et de confirmations, séminaires vides, déclin des monastères) ne peut être surmontée à l’aide d’une sécularisation renforcée ainsi que d’une auto-sécularisation de l’Église. Ce n’est pas parce que l’évêque est si bon et encourageant – proche des gens et n’hésitant jamais à exprimer des banalités – que les gens reviennent dans la communauté salvifique du Christ ou participent pieusement à la célébration de la Divine Liturgie et aux sacrements. C’est plutôt parce qu’ils reconnaissent la vraie valeur de la liturgie et des sacrements comme moyens de la grâce. Si l’Eglise devait essayer de se légitimer devant un monde déchristianisé d’une manière séculière en se présentant comme lobby naturalo-religieux du mouvement écologique, ou si elle essayait de se présenter comme une agence d’aide aux migrants en donnant beaucoup d’argent, elle perdrait encore plus son identité de sacrement universel du Salut dans le Christ, et elle ne recevrait absolument pas cette reconnaissance tant souhaitée de la part du courant vert de la gauche.

L’Église ne peut servir les hommes dans leur recherche de Dieu et d’une vie dans la Foi, qu’en proclamant à tous les hommes l’Évangile au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et en les faisant disciples de Jésus par le baptême. Elle est le Corps du Christ, de sorte que Jésus-Christ, sa Tête, demeure présent par elle et en elle, jusqu’à la fin du monde (voir Mt 28,19 et ss). Le Christ nous parle dans les paroles de l’homélie ; Il rend présent son propre Sacrifice sur la Croix dans la sainte Messe ; Il se donne à nous comme nourriture pour la vie éternelle ; Il pardonne les péchés et transmet l’Esprit Saint aux serviteurs de l’Église par lesquels les évêques et prêtres ordonnés – au nom de Jésus Christ, grand prêtre de la Nouvelle Alliance – agissent et le rendent ainsi visible dans la paroisse (Sacrosanctum Concilium 41).

Ce qu’on appelle le parcours synodal de la classe dirigeante de l’Église en Allemagne, cependant, vise à une plus grande sécularisation de l’Église. Au lieu d’un renouveau de l’esprit de l’Evangile, grâce à la catéchèse, à la mission, à la pastorale, à la mystagogie [une explication mystique] des sacrements, on s’appuie plutôt aujourd’hui – et c’est ce qui se fait déjà depuis un demi-siècle – sur d’autres thèmes, espérant ainsi recevoir l’approbation de l’opinion publique du monde occidental et plaire à cette pensée qui réduit l’homme à une image matérialiste.

Par son essence, le chemin synodal vise :

1. La modification du sacrement de l’Ordre en un système professionnel de fonctionnaires bien rémunérés ;

2. Le passage du « pouvoir », considéré comme politique, des évêques et des prêtres aux laïcs, avec cette clause supplémentaire : si les qualifications sont les mêmes, il faudra privilégier les femmes. Ce qui est agaçant pour elles.

3. La disqualification de la morale chrétienne, telle qu’elle découle de la nouvelle vie dans le Christ, parce qu’elle est « contre le corps » et, suppose-t-on, incompatible avec les normes de la science sexuelle moderne.

4. La pierre d’achoppement depuis la Réforme protestante et depuis le naturalisme des Lumières étant bien sûr, le célibat sacerdotal. Mais aussi les conseils évangéliques (pauvreté, chasteté, obéissance) de la vie consacrée avec vœux solennels. Dans une Église qui, en tant que simple institution humaine aux buts purement séculiers, a abandonné son identité de médiatrice du salut dans le Christ, et qui a perdu toute référence transcendante et eschatologique au Seigneur qui vient, le célibat librement choisi « pour le Royaume » (Mt. 19:12), ou, pour pouvoir « s’inquiéter des choses du Seigneur » (1 Cor. 7:32), est maintenant perçu comme une gêne– comme un élément étranger ou un déchet résiduel dont il faut se libérer aussi vite et aussi complètement que possible. Au mieux, ce célibat pourrait être accordé à certains peuples exotiques comme une forme masochiste d’autodétermination extrêmement autonome.

2. Les Allemands et le peuple amazonien dans un seul bateau

Comme ce fut déjà le cas pour les synodes sur la famille, l’« Eglise allemande » revendique son hégémonie sur l’Eglise universelle et se vante avec fierté et arrogance d’être la pionnière d’un christianisme en paix avec la modernité – malgré la lettre du pape François du 29 juin 2019 au peuple pèlerin de Dieu en Allemagne. Cependant, il n’a pas été expliqué – et cela est même difficile à comprendre pour tout observateur intéressé – pourquoi, face à l’état désolant de l’Église (allemande) dans son propre pays, on se sent maintenant appelé à être un modèle pour les autres. On utilise l’expression neutre, et qui sonne bien, d’une « saine décentralisation » (Instrumentum Laboris 126) et d’une dé-Romanisation de l’Église catholique (jadis, on appelait cela l’aversion antiromaine) ; mais ce qui est véritablement mis en avant, c’est la mythologie de l’Amazonie et de la théologie écologique occidentale, élevées au rang de Révélation ; tout comme l’hégémonie de leurs idéologues est portée plus haut  que l’autorité spirituelle des apôtres dans leur office apostolique.

Dans l’ecclésiologie catholique, il ne s’agit pas d’un rapport de forces entre le centre et la périphérie, mais plutôt de la responsabilité commune du Pape – qui est assisté par l’Église romaine sous la forme du Collège des cardinaux et de la Curie romaine – ainsi que par les évêques de l’Église universelle, qui consiste en et des églises particulières sous la direction d’un évêque (Lumen Gentium 23).

Ma proposition est la suivante : si l’on veut vraiment faire du bien à l’Église en ce qui concerne les deux éléments, il faut s’abstenir, par exemple, de renvoyer des évêques sans une procédure canonique régulière (qui inclut le droit à la défense) et aussi de fermer des monastères sans même donner de raisons, ou – sous prétexte qu’on n’est pas une filiale de Rome – de compromettre la souveraineté judiciaire et magistrale propres au Pape. Je recommanderais aussi de traiter d’une manière chrétienne les confrères et les employés qui n’ont commis aucune faute – si ce n’est d’avoir défendu une position légitime, dans le cadre d’une pluralité légitime d’opinions et de styles, mais qui s’écartait, cependant, de l’opinion privée de leurs supérieurs.

Le processus synodal dans le cadre de la Conférence épiscopale allemande est désormais lié au synode su l’Amazonie, et ce pour des raisons ecclésiales-politiques, afin de s’en servir comme levier pour la restructuration de l’Église universelle. De plus, dans le cadre de ces deux activités, les protagonistes sont presque identiques, et ils sont même liés financièrement et de man
ière organisationnelle par l’intermédiaire des organismes d’aide de la Conférence épiscopale allemande. Il ne sera pas facile de contrôler cette avalanche destructrice. Une fois le processus achevé, plus rien ne sera comme avant, et il a été dit qu’alors on ne reconnaîtra même plus l’Église. Ainsi s’exprimait l’un des protagonistes, révélant ainsi le véritable but.

Peut-être s’agit-il d’une erreur de calcul, à l’image de celle du roi Crésus de Lydie (590-541 av. J.-C.).  Celui-ci demanda un jour à l’Oracle de Delphes quelles étaient ses chances de victoire s’il attaquait l’Empire persan, mais interpréta mal, ensuite, la réponse prophétique : « Quand vous franchirez l’Halys, vous détruirez un grand empire. » Nos Halys sont la constitution divine de la doctrine, de la vie et du culte de l’Église catholique (Lumen Gentium).

Malheureusement, en Amérique du Sud jadis presque entièrement catholique, les catholiques, tout comme en Allemagne, ont quitté l’Église catholique par millions, sans que l’on se soucie de comprendre les racines de cette catastrophe, ni de faire preuve d’une détermination sincère à favoriser le renouveau en Jésus-Christ. La solution ici n’est pas une « pentecôtisation » de l’Église, c’est-à-dire sa protestantisation libérale à la manière latino-américaine, mais la redécouverte de sa catholicité. Les évêques peuvent désormais, tout comme le « Saint Synode » du Concile Vatican II, « tourner en premier lieu sa pensée vers les catholiques. Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, il enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Le Christ est médiateur et voie de salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l’Église. (…) Sont incorporés pleinement à la  société qu’est l’Église ceux qui, ayant l’Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et les moyens de salut qui lui ont été donnés, et qui, en outre, grâce aux liens constitués par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement ecclésiastique et la communion. » (Lumen Gentium 14).

La diversité pittoresque d’opinions contradictoires et l’arbitraire dans la décision de conscience ne sont pas catholiques devant la Sainte Volonté de Dieu ; est catholique plutôt l’unité du peuple dans la foi qui nous introduit dans l’union avec le Père et le Fils dans l’Esprit Saint. « Afin que tous soient un, comme vous, Père, êtes en moi, et moi en vous, afin qu’ils soient, eux aussi, un en nous, pour que le monde croie que vous m’avez envoyé » (Jean 17:21). Et c’est pourquoi il nous est dit de prendre à cœur de s’efforcer de « conserver l’unité de l’esprit dans le lien de la paix. Soyez un seul corps et un seul esprit, comme vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Il y a un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous, et qui réside en nous tous. » (Eph. 4, 3-6).

L’Instrumentum Laboris et le processus synodal en Allemagne, comme moyen supposé de sortir de la crise de l’Église, reposent tous deux sur une sécularisation plus poussée de l’Église. Lorsque, dans toute l’herméneutique du christianisme, on ne commence pas par l’autorévélation historique de Dieu dans le Christ ; quand on commence par incorporer l’Église et sa liturgie dans une vision mythologique du monde entier ; ou quand on transforme l’Église pour en faire une partie d’un programme écologique pour sauver notre planète, alors la sacramentalité – et surtout la charge ordonnée des évêques et prêtres dans la succession apostolique – devient vagues et indéterminée. Qui voudrait vraiment construire sa vie entière, avec l’exigence d’un dévouement total, sur une base aussi fragile ?

3. Le sacrement de l’Ordre sacré comme point central de la crise

Parce que le Christ a permis leur participation à son ordination et à sa mission (Lumen Gentium 28), les Apôtres et leurs successeurs dans l’office épiscopal – celui-ci représentant également l’unité de l’Église locale avec les prêtres, les diacres et tous les fidèles baptisés – exercent leur autorité au nom et avec l’autorité du Christ (Lumen Gentium 20). Ce n’est pas une puissance politico-sociologique, mais l’autorité donnée par l’Esprit Saint pour sanctifier, enseigner et gouverner le peuple de Dieu. « Ainsi donc, les évêques ont reçu, pour l’exercer avec l’aide des prêtres et des diacres, le ministère de la communauté. Ils président à la place de Dieu le troupeau, dont ils sont les pasteurs, par le magistère doctrinal, le sacerdoce du culte sacré, le ministère du gouvernement » (Lumen Gentium 20). Il ne s’agit pas de trois charges différentes qui auraient été regroupés par un accident de l’histoire, que l’on pourrait démonter ou remonter d’une manière différente.

Il n’est pas non plus opportun de faire une comparaison avec le pouvoir mondain des monarques absolus face auquel on présente à juste titre – en se référant au baron de Montesquieu – le modèle de la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). Et ce parce qu’il s’agit ici du service unique du Christ Maître, Pasteur et Prêtre, qui est exercé par les Apôtres et leurs successeurs au nom du Christ et dans la puissance de l’Esprit Saint. Et il ne s’agit pas d’une forme de pouvoir sur les autres, mais plutôt d’un service, pour eux et pour leur salut (Mt 23,11). C’est pourquoi le fait que certains évêques se soient publiquement déclarés prêts à renoncer librement au « pouvoir » n’est pas l’expression de leur modestie, mais plutôt un signe de leur manque de compréhension de ce qu’est un évêque catholique. La forme de « pouvoir » auquel ils veulent aujourd’hui renoncer, il valait mieux qu’ils ne l’eussent jamais eu ; quant à l’autorité spirituelle qu’ils ont reçue du Christ à leur ordination, ils ne peuvent la donner, car elle ne leur appartient pas en propre et ils ne peuvent proposer de la distribuer. Tout au plus ils pourraient-ils demander à être déchargés de la juridiction de leur diocèse, parce qu’ils ne sont plus capables d’assumer leurs responsabilités.

Il est frappant de constater que l’Instrumentum Laboris pour le synode amazonien et le chemin synodal allemand ne part pas de fondements bibliques et ne s’oriente pas ensuite en fonction de l’enseignement de l’Église qui s’est développé par la Tradition et des décisions doctrinales définitives des conciles et du Pape. Au lieu de cela, ils tirent leurs normes et leurs règles des nécessités sociologiques présumées du monde globalisé, ou des formes traditionnelles d’organisation des tribus amazoniennes.

Si l’on ordonne prêtres en Amazonie des hommes d’âge mûr dans des partenariats considérées comme stables (que ce soit dans un mariage canoniquement valide ou non ?), afin de fournir (!) les sacrements à la communauté – même sans formation théologique (IL 129,2) – pourquoi ne serait-ce pas là aussi le levier pour introduire enfin les viri probati en Allemagne, où le célibat n’est plus accepté dans la société et où de nombreux théologiens du mariage seraient disponibles afin de combler, en tant que prêtres, les postes laissés vacants du clergé célibataire ?

On ne peut déduire de l’appel des «  sept hommes de bon renom, pleins de l'Esprit-Saint et de sagesse » (Ac 6, 3) au service des tables (Ac 6, 1-7) – que l’on liera plus tard au degré des diacres sacramentellement ordonnés – la conclusion cléricalo-théologique selon laquelle l’Église pourrait créer à n’importe quel moment de nouveaux offices sacramentels, ni même qu’elle est autorisée à le faire a priori. La triple charge sacerdotale est née, d’une part, de la nécessité d’organiser la succession des Apôtres et de leur mandat d’annoncer l’Évangile, de servir sacramentellement de médiateurs de la grâce et de diriger, en bons bergers, le bercail du Christ. De l’autre côté, elle est issue de la formation des Eglises particulières en tant que représentants locaux de l’Eglise universelle. Ici, donc, l’un des prêtres est le Premier parmi le Collège des Presbytres, avec les diacres ; et, à partir du 2e siècle, il est de plus en plus exclusivement appelé évêque (Ignace d’Antioche, Mag. 6,1). Dans l’évêque, l’unité de l’Église locale est représentée sacramentellement, ainsi que l’unité avec les origines apostoliques, dans la mesure où l’ensemble des évêques, avec le Pape en tête, suit le Collège des Apôtres avec saint Pierre à leur tête (Première épître de Clément, 42:44 ; Lumen Gentium 20 ss).

4. Un office sacramentel pour les femmes ?

La triple charge – telle qu’elle est née historiquement de l’apostolat de l’Église primitive institué par le Christ – existe en vertu d’une « institution divine » (Lumen Gentium 20), et elle est exercée par ceux qui, selon la terminologie actuelle, sont « appelés évêques, prêtres, diacres » (Lumen Gentium 28). Dans des temps meilleurs, les évêques allemands s’opposèrent unanimement à la Kulturkampf de Bismarck en déclarant : « La constitution de l’Église est fondée, pour tous les points essentiels, sur l’ordre divin et est exempte de tout arbitraire humain » (DH 3114)*. Fait partie de cela l’idée que l’évêque, le prêtre et le diacre ne sont que des degrés de l’unique sacrement de l’Ordre. « Nul ne peut douter que la sainte ordination est vraiment et essentiellement l’un des sept sacrements de la Sainte Église – unum ex septem sacramentis. » (Trente, Décret sur le sacrement de l’Ordre : DH 1766 ; 1773). C’est pourquoi il est absurde d’assortir l’« Ordinatio sacerdotalis » (1994) de l’interprétation spécieuse selon laquelle aucune décision n’a été prise sur l’indivisibilité du sacrement de l’Ordre dans son ensemble, mais seulement sur les degrés de l’épiscopat et de la charge de prêtre que seuls les hommes peuvent recevoir.

L’analyse théologique des faits doctrinaux et historico-ecclésiastiques, dans le contexte des déclarations contraignantes concernant le sacrement de l’Ordre, montre très clairement que l’ordination sacramentelle, dans le degré et avec le titre officiel de « diacre », n’est pas et n’a jamais été administrée aux femmes dans l’Eglise catholique.

Il découle de la « constitution divine de l’Église », comme le Pape Jean-Paul II l’a décidé de manière incontestable, que l’Église n’a aucune autorité pour administrer l’ordination sacerdotale aux femmes. Ce n’est pas une conclusion tirée de l’histoire : elle s’enracine plutôt dans la constitution divine de l’Église. Cela s’applique bien sûr aux trois degrés de l’ordre. Il est devenu habituel dans le grand public et dans le vocabulaire actuel de l’Église d’utiliser le mot ouvert « serviteur », dans la version grecque « diakonos », comme terme technique pour désigner le premier des trois degrés de l’ordre. Pour autant, il n’est pas utile aujourd’hui de parler des diacres féminins non sacramentels, établissant ainsi l’illusion qu’il s’agit de faire revivre une institution passée – mais limitée dans le temps et dans l’espace – des diaconesses de l’Église primitive.

Cela contredit aussi l’essence de la charge épiscopale et de la charge sacerdotale, que l’on réduit à la sanctification pour pouvoir ensuite laisser des laïcs – c’est-à-dire des hommes et des femmes dans un service non sacramentel – prononcer l’homélie pendant la messe célébrée par un prêtre ou un évêque. On ferait ainsi des prêtres des « altaristes » [ou des « autellistes »]  (« Altaristen » : un mot humiliant pour désigner les prêtres qui célèbrent la messe sans homélie et sans attention pastorale ; c’est un abus que Luther a identifié et utilisé au service de ses polémiques ; G.M.], ce qui à l’époque a déclenché la protestation de la Réforme. La Messe est – en tant que liturgie de la Parole et du Corps et Corps de Notre Seigneur – « un seul acte d’adoration » (Sacrosanctum concilium 56). C’est pourquoi il appartient aux évêques et aux prêtres de prêcher et, tout au plus, de laisser occasionnellement le diacre ordonné prononcer une homélie. Le service dans la Parole et dans le Sacrement a une unité intérieure. L’office le plus important des évêques est la proclamation, d’où découlent aussi de manière cohérente les devoirs sacramentels (Lumen Gentium 25). De même que les Apôtres sont « serviteurs de la Parole » (Lc. 1, 2 ; Ac. 6, 2), la tâche des prêtres (évêques, presbytres) est également définie comme service « de la Parole et de la Doctrine » (1 Tim. 5, 17).
Lors de l’ordination, il n’y a pas de transfert de compétences individuelles particulières sans ordre interne ni interconnexion. C’est un service unique de la Parole, par lequel l’Église est réunie en tant que communauté de foi, où les sacrements de la foi sont célébrés et dans lequel le troupeau de Dieu est gouverné par ses bergers désignés, au nom et sous l’autorité du Christ. Voilà pourquoi les fonctions sacerdotales de la doctrine, du culte et de la gouvernance sont unies à la racine et sont simplement différentes dans leurs aspects théologiques, sous lesquels nous les examinons (Presbyterorum Ordinis 4-6). Dans la première description du rite de la messe à Rome vers l’an 160, le martyr et philosophe Justin dit que pendant la liturgie dominicale, après les lectures tirées des livres bibliques, le président (évêque, presbytre) donne l’homélie, et qu’ensuite il célèbre la Sainte Eucharistie avec offrande, consécration et communion (voir Justin, II. Apologia 65-67).

Les sacrements sont des signes et des instruments de la grâce divine, avec l’aide desquels Dieu édifie le chrétien individuel et l’Église dans son ensemble. C’est pourquoi on ne peut pas s’adresser aux autorités laïques et revendiquer, au nom des droits de l’homme, le droit d’être ordonné (ni en tant qu’homme ni en tant que femme), car les droits de l’homme sont instillés dans la nature de l’homme. En ce qui concerne l’ordre de la grâce et l’ordre de l’Église, l’autorité civile n’a aucune compétence. Seul un catholique du sexe masculin peut être ordonné – s’il est appelé et si l’Église, représentée par l’évêque, reconnaît l’authenticité de cette vocation et ordonne ensuite le candidat approprié selon les conditions canoniques comme évêque, prêtre ou diacre.

Mais ceux qui ont des difficultés avec cette vision des choses considèrent l’Église au mieux comme une institution séculière et ne reconnaissent donc pas l’office ordonné comme une institution divine. De telles personnes ne voient en définitive dans le titulaire d’une charge chrétienne qu’un simple fonctionnaire d’une organisation religieuse-sociale. Comment pourrait-on, dans ce cas, exhorter les fidèles avec ces paroles ? « Obéissez à vos guides et soyez-leur soumis ; car ils veillent, comme devant rendre compte pour vos âmes ; et il faut qu'ils le fassent avec joie, et non en gémissant ; ce qui ne vous serait pas avantageux. » (Héb. 13:17)

Le Magistère du Pape et des évêques n’a aucune autorité sur la substance des sacrements (Trente, Décret sur la communion sous les deux espèces, DH 1728 ; Sacrosanctum Concilium 21). Par conséquent, aucun synode – avec ou sans le Pape – ni aucun concile œcuménique, ni le Pape seul, même s’il parlait ex cathedra, ne pourrait rendre possible l’ordination des femmes comme évêque, prêtre ou diacre. Ils seraient en contradiction avec la doctrine clairement définie de l’Église. Cela serait invalide. Indépendamment de cela, il y a l’égalité de tous les baptisés dans la vie de la grâce et dans la vocation à toutes les charges et fonctions ecclésiales pour lesquelles l’exercice du sacrement de l’Ordre n’est pas nécessaire.

5. Sur ce qui est important à l’égard de l’office sacerdotal

Au cours des 2000 ans d’histoire de l’Eglise, les constellations culturelles et les conditions politico-sociologiques de la vie de l’Eglise ont aussi parfois changé de manière dramatique. Cependant, la fonction sacerdotale a toujours été la même dans ses éléments essentiels, que ce soit dans une société féodale, ou dans le système ecclésiastique germanique, pendant la période des cours et des princes évêques, ou à l’époque de l’Office de Pierre jusqu’en 1870 avec les avantages et les charges des Etats pontificaux. Comme aujourd’hui, il s’est toujours agi du service de la Parole et des Sacrements pour le salut du monde : tel est le devoir du berger qui, comme Jésus, le « berger et évêque de vos âmes » (1 Pierre 2,25), le « Berger suprême », donne sa vie pour les brebis qui lui ont été confiées (1 Pierre 5 1,4). La substance des sacrements n’est pas sujette à l’autorité de l’Église. Et l’on ne peut pas construire un nouveau modèle de sacerdoce, à l’aide d’éléments isolés des Écritures et de la Tradition et en omettant de faire la distinction entre décisions dogmatiquement contraignantes et de développements d’aspects mineurs. Les images sacerdotales développées par les stratèges pastoraux ne sont pas davantage importantes : seule importe l’image unique du Christ, le Grand Prêtre de la Nouvelle Alliance, qui est éternellement imprimée sur l’âme des consacrés et au nom et par la force de laquelle ils sanctifient, enseignent et gouvernent les fidèles (Presbyterorum Ordinis 2:12).

Cependant, les maîtres à penser allemands engagés dans le processus synodal ont dénigré l’affirmation centrale selon laquelle les prêtres agissent – en vertu du caractère qu’ils ont reçu à leur ordination – comme les Apôtres, « in persona Christi »(2 Co 2, 10 ; 2 Co 5, 20), le chef de l’Église (Presbyterorum ordinis 2), en présentant cette affirmation comme cause du cléricalisme et même cause des abus sexuels des jeunes. C’est d’abord une insulte incroyable à tant de pasteurs zélés. Mais plus gravement cela revient à contredire Jésus qui l’a d’abord dit aux douze Apôtres et ensuite aux 72 autres disciples : « Celui qui vous écoute, m’écoute ; celui qui vous méprise, me méprise. Et celui qui me méprise, méprise celui qui m’a envoyé. » (Luc 10,16). Un professeur de liturgie allemand s’est involontairement présenté sous un mauvais jour, et en contradiction ouverte avec le Concile Vatican II, lorsqu’il a affirmé que la célébration quotidienne de l’Eucharistie – dans laquelle le sacrifice de Jésus sur la Croix par amour pour les hommes, devient présent au monde – est à l’origine des abus pédophiles et homophiles de la sexualité. Car que le Concile affirme : «  Dans le mystère du sacrifice eucharistique, où les prêtres exercent leur fonction principale, c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit sans cesse. C’est pourquoi il leur est vivement recommandé de célébrer la messe tous les jours » (Presbyterorum ordinis 13). Si au cours du processus synodal en Allemagne, le thème essentiel de la transmission de la Foi n’est pas abordé, le rythme du déclin s’accélérera encore.

Peut-être sommes-nous en passe de devenir un « petit troupeau ». Mais cette parole de Jésus n’est pas à prendre dans un sens sociologique, et il n’a rien à voir avec les petits ou les grands nombres. Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés, et qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2:4), avec l’aide de l’unique médiateur Jésus Christ, dans la « maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et le fondement de la vérité » (1 Tim. 3:15).

L’Église est le peuple de Dieu au milieu des peuples. Et si, au sein d’une nation, la majorité de la population est catholique, et que donc la société et l’État y sont imprégnés par la culture chrétienne, cela est certainement la volonté de Dieu. Le « petit » troupeau, c’est ce que nous sommes par rapport de la majorité ou dans une diaspora, car être chrétien à la suite du Seigneur Crucifié n’est pas une question d’adaptation à la culture dominante ni de contradiction, mais bien plus une décision personnelle de suivre le Seigneur crucifié et ressuscité.

Il est beau certainement d’être sur les rives du Rhin et de rêver à l’Amazonie. Mais la vue de ces fleuves majestueux ne peut calmer le désir ardent du cœur humain, ni leurs eaux étancher la soif de la vie éternelle. Seule l’eau que Jésus, Verbe incarné de Dieu, nous donne, devient en nous « une source d’eau qui jaillit jusqu’à la vie éternelle » (Jean 4,14).

Cardinal Gerhard Müller

© leblogdejeannesmits pour cette traduction de travail.

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