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07 février, 2020

Synode allemand : le Christ “est devenu être humain, pas homme”, dit Franz-Jozef Bode, vice-président des évêques d'Allemagne

Le Christ « est devenu être humain, pas homme » C'est avec cette étonnante déclaration que Mgr Franz-Jozef Bode, évêque d’Osnabrück et vice-président de la conférence des évêques d’Allemagne, a exprimé la façon dont il voit les discussions sur le rôle des femmes dans l'Eglise, actuellement en débat dans le cadre du « chemin synodal » ouvert à l'initiative du cardinal Reinhard Marx.

On voit évidemment où il veut en venir. S'Il n'est pas devenu homme mais être humain, Il n'est pas nécessaire de tenir compte de l'identité masculine du Christ en réfléchissant au ministère sacerdotal qu’Il a souverainement incarné. Et il n'y aurait pas d'impossibilité ontologique à ce qu'une femme soit ordonnée prêtre.

Ce n'est pas le seul sujet sur lequel cet évêque de tout premier plan en Allemagne professe des idées révolutionnaires de façon aussi explicite.

Répondant aux questions du journal catholique de son diocèse, Bodé s’est dit content de la première réunion de l'Assemblée synodale allemande qui s'est ouverte à Francfort le week-end dernier. Selon le prélat le débat a été marqué non par la confrontation d’extrêmes, mais par la discussion au sein d'un « large centre ». Tout dépend évidemment de la manière dont on le définit.

Franz-Jozef Bode a été élu par les participants à l'assemblée synodale à la présidence du forum préparatoire sur le rôle des femmes dans l’Eglise, présidence qu'il partage avec la théologienne Dorothea Sattler.

Le portail Internet de l'église catholique d'Allemagne, qui présente ces informations sans la moindre critique, introduit ici dans son article un lien vers des déclarations de ladite Dorothea Sattler. Où elle déclare, oh surprise, que d'un point de vue théologique, Dieu aurait pu devenir un être humain en tant que femme.

 C'est ce qu'elle affirmait en septembre dernier à welt.de, ajoutant cependant que vu les conditions
sociales il y a quelque 2000 ans, c'était « sage » de la part de Dieu d'être devenu un être humain en tant qu’homme. Mais cela ne veut nullement dire qu'il n'aurait pas pu en être autrement, soutenait-t-elle.

Le « genre » de Jésus ne joue aucun rôle dans la doctrine du salut : « Cela concernait l'incarnation de Dieu, et non le fait de devenir un homme. La question du genre n'avait pas de rapport avec la théologie du salut dans l'histoire de la tradition », assurait-elle, affirmant que le fait de mettre l'accent sur la masculinité du Christ est quelque chose de « nouveau ».

Mme Sattler dirige l'Institut pour l'œcuménisme et la dogmatique à l'université de Münster. Elle est favorable à l'ordination des femmes à tous les ministères.

Son voisinage semble convenir parfaitement à Mgr Bode qui a donc dressé un portrait très positif des premiers travaux du forum préparatoire. « L'interaction entre les femmes et les hommes est l'un des signes importants des temps », a-t-il notamment déclaré dans l'article repris par katholisch.de. De nombreuses « décisions d'hommes », telle la « couverture » des abus sexuels, « auraient été très différente si des femmes avaient été impliquées ».

Bode a annoncé que le forum se penchera sur les possibilités qui existent déjà, afin de faire progresser la participation des femmes dans l'Eglise. Mais on évoquera aussi des « questions fondamentales » comme l'ordination des femmes.

Mgr Bode s'est également dit favorable à l'ordination des viri probati, annonçant carrément la mise en place d'un clergé à deux vitesses. Les hommes mariés pourraient être « prêtres à temps partiel », tandis que les prêtres célibataires représenteraient la « profession principale ». « Je suis d'avis que les deux formes peuvent exister », a-t-il dit.

Le chemin synodal est prévu pour durer deux ans.

Si l'on veut avoir une idée plus imagée de la direction prise, on peut se tourner vers Gloria.tv qui observait il y a quelques jours que la messe d'ouverture célébrée par le cardinal Marx le 30 janvier était de « style protestant ». « La plupart des évêques et des prêtres présents étaient assis sur les bancs en vêtements de ville et en manteau » – y compris, sans surprise, Mgr Bode.

Le cardinal Marx a distribué la communion, flanqué d'une religieuse en noir et d'une femme en manteau rouge qui partageaient le calice avec l'assistance. La vidéo mise en ligne par le média suggère que prêtres et évêques sont tous allés communier.


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02 février, 2020

Le cardinal Woelki, très critique à l’égard de la première réunion du chemin synodal en Allemagne

“Toutes mes craintes sont avérées”


Rainer Maria cardinal Woelki, archevêque de Cologne, a commenté la première réunion de l’assemblée synodale qui s’est ouverte le 30 janvier à Francfort en Allemagne, au micro d’Ingo Brüggenjürgen sur DomRadio.de. Il s’était déjà désolidarisé de l’orientation progressiste, pour ne pas dire révolutionnaire du “chemin synodal” sur lequel s’est engagée l’Eglise catholique en Allemagne à l’initiative du cardinal Reinhard Marx. Il témoigne notamment du refus d’écouter les voix discordantes qu’il a pu constater.

 Je vous propose ci-dessous ma traduction de l’entretien. Il se passe de commentaires. – J.S.

*

DOMRADIO.DE : Monsieur le Cardinal, d’emblée, vous n’étiez pas forcément l’un des plus grands défenseurs du chemin synodal. Comment avez-vous vécu l’assemblée synodale ici à Francfort ?

Rainer Maria Cardinal Woelki, archevêque de Cologne : En fait, toutes mes craintes sont avérées. J’ai dit très clairement que j’étais très inquiet de voir mis en place ici un quasi parlement d’Eglise protestante, en raison de la manière dont cet événement a été constitué et organisé. Pour moi, c’est bien cela qui s’est produit. Les exigences essentielles ecclésiologiques qui se rapportent à la nature de l’Église catholique sont – à mon avis – ignorées dans de nombreux discours. C’est déjà l’image qui s'est formée très clairement lorsque les évêques et les laïcs sont tous entrés ensemble, exprimant ainsi que tous y sont égaux. Et cela n’a en fait rien à voir avec ce qu’est et ce que pense l’Église catholique.

DOMRADIO.DE : Cela se confirme-t-il aussi dans la disposition des places, qui est alphabétique ?

Woelki : Cela ne me dérange pas en soi. Cependant, cela rend évidente la remise en en question de la constitution hiérarchique de l’Eglise, telle qu’elle a été une nouvelle fois affirmée lors du Concile Vatican II et exprimée également dans Lumen Gentium. La relation organique entre personnes consacrées et non consacrées et la diversité des tâches qui s’y expriment sont en effet également remises en question et relativisées par la disposition des sièges et par de nombreux autres petits signes. Je considère cela comme extrêmement préoccupant.

DOMRADIO.DE : Mais vous avez écouté de manière très attentive et vous avez également participé aux discussions. Qu’avez-vous appris de nouveau ?

Woelki : J’ai appris qu’il est difficile d'écouter – pas seulement pour moi, mais pour beaucoup d’autres aussi. J’ai également appris que le respect mutuel qui est exigé n’est pas non plus facile. Car j’ai observé que l’on peut déjà sentir comment l’attention diminue lorsque certaines personnes s’approchent du micro et expriment une position différente. Voilà autre chose que nous devrons certainement apprendre pour l’avenir : nous ne devons pas nous contenter de mettre en avant des mots, sans les vivre réellement.

Et j’ai appris qu’il est également important de parler du pouvoir dans l’Eglise. Car il est apparu clairement que le pouvoir était également exercé ici, dans notre assemblée synodale, en ce sens que tous les intervenants n’ont pas eu le droit de s’exprimer. Toutes les demandes d’intervention qui avaient été soumises par écrit au préalable n’ont pas été dûment prises en considération.

DOMRADIO.DE : Il est également très important pour vous qu’il s’agisse d’un processus spirituel. Est-ce cela qui imprègne cette assemblée telle que vous la vivez ?

Woelki : Je crois que cela se fait naturellement au cours des offices religieux et aussi à travers ce qu’on a appelé les « pauses », ces temps de prière consciente qui ont été établis dans le programme. Mais je crois qu’un processus spirituel se caractérise avant tout par le fait que lorsque nous faisons nos discours, nos textes et nos documents, nous devons entendre toujours et encore ce que le Seigneur veut nous dire – et pas seulement ce que nous croyons. Le Seigneur parle à travers la Parole de l’Ecriture, mais Il parle aussi à travers la foi et l’enseignement de l’Eglise.

Deux mille ans plus tard, nous ne sommes pas ceux qui mettent en place ou réinventent l’Eglise : au contraire, nous nous inscrivons dans une longue tradition. La foi, telle qu’elle a été définie lors des Conciles et aussi par ses origines apostoliques, ne peut pas être en quelque sorte démolie ou réinventée ici. Il y a des conditions à respecter. Cela aussi fait partie d’un processus spirituel que de le percevoir et d’y réfléchir en profondeur, et de ne pas rejeter cela comme du vieux café – parce que, peut-être, je ne le comprendrais pas. Il s’agit tout d’abord de faire un effort pour comprendre ce que sont la foi et l’enseignement de l’Eglise, puis, à partir de là, de réfléchir aux questions qui nous sont posées aujourd’hui en l’an 2020, et ensuite de donner des réponses à partir de cette foi de l’Eglise et de l’Evangile.

(DR)


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Mon intervention sur le “chemin synodal” en Allemagne sur “Terres de Mission”



Merci à Jean-Pierre Maugendre de m'avoir invitée dans l'émission “Terres de Mission” dont le 159e épisode diffusé sur TVLibertés à midi était notamment consacré au chemin synodal en Allemagne. Le décès de Jean de Viguerie était ensuite commenté par l'abbé Lorans de la Fraternité Saint Pie X. Et pour finir, Jean-Pierre Maugendre saluait une BD qui l'a enthousiasmé : Madame Elisabeth de France, de Coline Dupuy, aux éditions Artège.

La séquence sur l'Eglise d'Allemagne est à voir ci-dessous à partir de 1'42".



Pour retrouver l'émission sur le site de TVLibertés, rendez-vous ici.

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30 janvier, 2020

Allemagne catholique (?) : le chemin synodal gender-friendly



C'est une information diffusée par l'agence officielle de l'épiscopat allemand, KNA. Au nombre des participants au « Chemin synodal » qui s'est ouvert aujourd'hui à Francfort, figurent :

« 70 femmes, une personne diverse et 159 hommes. »

La source en allemand est par ici.

Comment une personne peut-elle être à elle seule « diverse » ? La logique et la réalité sembleraient l'interdire, mais rien n'arrête l'idéologie du genre qui par définition récuse la vérité. Cette personne « diverse » ne se croit ni homme ni femme. L'infographie ne dit pas si c'est un(e) laïc, un(e) évêque ou un(e) cardinal. Qui vivra verra.

Le correspondant du Wall Street Journal au Vatican, Francis X. Rocca, a déniché cette pépite qui en dit long sur l'approche de la hiérarchie catholique (?) allemande dans sa marche vers la destruction de la foi. Il traduit « personne diverse » par « une personne non-binaire ». Mais allez savoir si cela correspond exactement à l'une des lettres de l'acronyme LGBTQIPA et + si affinités !


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30 juillet, 2019

Le cardinal Brandmüller parle des dangers de rupture du “chemin synodal” et du synode amazonien pour l'Eglise catholique

Voici la traduction intégrale d'un entretien accordé par le cardinal Walter Brandmüller à Die Tagespost en langue allemande à propos des dangers que représentent le « chemin synodal » prôné par de nombreux évêques allemands, ainsi que le prochain synode sur l'Amazonie. Il s'agit d'une traduction intégrale par mes soins.

Le vaticaniste Sandro Magister publiait le mois dernier un premier texte de mise en garde du cardinal Brandmüller sur l'Instrumentum laboris, présenté comme hérétique et apostat.  – J.S.

*

Traduction intégrale de l'interview du cardinal Walter Brandmüllerpar “Die Tagespost” le 27 juillet 2019


Eminence, que disent les chiffres récemment publiés par l’Eglise catholique en Allemagne sur le départ massif de fidèles de l’avenir de l’Église ?

Ces statistiques des départs constituent un symptôme extrêmement alarmant de l’état spirituel de l’Église catholique et de l’Eglise évangélique (EKD, luthérienne) en Allemagne. Mais il faut souligner en même temps que nous ne devons pas nous étonner de l’apostasie à l’aune des déclarations de Notre Seigneur Jésus Christ dans le Nouveau Testament. Jésus avertit dans l’Evangile de Matthieu : l’amour de beaucoup se refroidira, et beaucoup de faux prophètes apparaîtront et séduiront un grand nombre.

Mais lorsqu’il s’agit de la véritable Église du Christ, cela suppose naturellement que l’Église – les chrétiens et leurs bergers – ne se considère pas comme une association pieuse, qui peut aussi à l’occasion modifier ses statuts, mais sache qu’elle est portée par une mission qui lui est confiée par son Seigneur.

Avec le « chemin synodal », les évêques allemands veulent agir contre la crise de l’Eglise, qui a été aggravée par la publication des résultats de l’étude sur les abus il y a un an. Les interventions des évêques qui ont été entendus à ce sujet jusqu’à présent vous inspirent-elles confiance ?

En aucun cas. Cela dit, le terme « chemin synodal » est une tautologie. On est ensemble, on marche sur un chemin, mais tout semble un peu flou. Mais encore : à ce jour, personne ne sait, premièrement, comment cette voie commune sera empruntée et, deuxièmement, où elle doit mener.

Si l’on considère les déclarations d’un certain nombre d’évêques, on peut dire que ce « chemin synodal » mène à la catastrophe. C’est-à-dire, si Rome doit au bout du compte agir pour que l’Église en Allemagne ne s’écarte pas de l’unité avec l’Église universelle, comme il est dit dans la lettre du Pape au peuple de Dieu en Allemagne, vers une énorme frustration.

L’évêque d’Essen Franz-Josef Overbeck, qui, en tant que président de la commission Adveniat, a soutenu la préparation du Synode sur l’Amazonie et qui a également participé à diverses réunions préparatoires, parle du point de rupture que représenterait l’Assemblée épiscopale de Rome représenterait, mais évoque aussi dans ce cadre le « chemin synodal ». De quel genre de rupture pourrait-il s’agir ?

En tout cas, cette chose ne sera plus l’Église catholique. Car la rupture est une catégorie qui est totalement contraire à la notion d’organisme, à un développement organique. Une rupture qui aurait pour résultat que rien ne serait plus comme avant signifierait la fin de l’Eglise.

L’essence de l’Église est la transmission de la foi des apôtres à jusqu’au second avènement du Seigneur – mais elle n’est en pas une évolution progressive dans laquelle l’essence de l’Église changerait.

Tant dans la préparation du synode sur l’Amazonie que dans celle de le « chemin synodal », il est question d’une valorisation des laïcs et des femmes en particulier. Cela équivaudrait-il à la fin de l’Église cléricale ?

Plutôt que de parler d’une Eglise cléricale, parlons de l’Eglise où la consécration sacerdotale a existé dès le début. Vu sous cet angle, la fin de l’Eglise cléricale signifierait probablement que l’Eglise imaginée par Martin Luther dans ses écrits de combat de 1520, serait réalisée. Et ce ne serait plus l’Église catholique.

Pour Luther, tous les baptisés étaient déjà pape, évêque et prêtre. Dans l’Église catholique, en revanche, le prêtre qui se tient devant l’autel agit en vertu de l’imposition sacramentelle des mains lors de la consécration « in persona Christi », c’est pourquoi il partage aussi le mode de vie de son Seigneur, à savoir le célibat. Voilà pour le célibat, qui est probablement aussi à l’ordre du jour du « chemin synodal » et du synode sur l’Amazonie.

Comment les objectifs des « réformateurs » à Rome et en Allemagne affecteraient-ils la vie de l’Eglise ?

On peut s’imaginer ce qu’il adviendrait des anciennes églises catholiques en regardant l’état des communautés de l’EKD.

© leblogdejeannesmits pour la traduction

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