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12 avril, 2022

Le “Chemin synodal” allemand mène au “schisme” : la mise en garde de 74 évêques et cardinaux

Plus de soixante-dix prélats, parmi lesquels quatre cardinaux (Napier, Burke, Pell et Arinze) et quinze archevêques, viennent d’adresser une « lettre ouverte fraternelle » à leurs « frères évêques d’Allemagne » pour les mettre en garde contre le « Chemin synodal » actuellement parcouru. Ils pointent la « confusion » que suscite ce Chemin et y voient des possibilités de schisme.

Au nom du Chemin synodal, une majorité de participants ont récemment voté pour la « bénédiction » des couples de même sexe et pour l’ordination des femmes, tandis que les enseignements moraux de l’Eglise étaient laissés de côté, y compris par la Conférence épiscopale allemande.

Sans détailler tous les écarts enregistrés à ce jour, les cardinaux et évêques signataires accusent nettement le Chemin synodal allemand de tourner le dos à la doctrine de l’Eglise en éliminant ce qui aurait dû constituer le fondement de sa réflexion : « la Parole de Dieu, une rencontre fidèle avec le Christ, la véritable écoute du Saint-Esprit, la soumission de nos volontés à la volonté du Père ».

Un Chemin en forme d’« impasse »…

Les rédacteurs de la lettre proposent une adresse courrielle pour les évêques qui souhaiteraient se joindre aux premiers signataires : episcopimundi2022@gmail.com.

Ci-dessous, ma traduction intégrale de la lettre des 74 évêques et cardinaux. – J.S.

*

À une époque où la communication mondiale est si rapide, les événements qui se produisent dans une nation ont inévitablement des répercussions sur la vie ecclésiale ailleurs. Ainsi, le processus du "chemin synodal", tel qu'il est actuellement mis en œuvre par les catholiques en Allemagne, a des implications pour l'Église dans le monde entier. Les Églises locales dont nous sommes les pasteurs et les nombreux catholiques fidèles dont nous sommes responsables sont également concernés.

Dans ce contexte, les événements survenus en Allemagne nous imposent d'exprimer notre inquiétude croissante quant à la nature de l'ensemble du processus du " Chemin synodal " en Allemagne et au contenu de ses différents documents. Nos commentaires ici seront volontairement brefs. Ils méritent, et nous y encourageons fortement, d'être approfondis (comme l'a fait, par exemple, la lettre ouverte de l'archevêque Samuel Aquila aux évêques catholiques du monde) par les évêques individuels. Néanmoins, l'urgence de nos remarques communes est enracinée dans Romains 12, et en particulier dans la mise en garde de Paul : Ne vous conformez pas à ce monde. Leur gravité découle de la confusion que le Chemin synodal a déjà entraînée et continue d'entraîner, et du potentiel de schisme qui en résultera inévitablement dans la vie de l'Église.


Le besoin de réforme et de renouveau est aussi vieux que l'Église elle-même. À la source, cet élan est admirable et ne devrait jamais être redouté. Bon nombre des personnes impliquées dans le processus du Chemin synodal sont sans aucun doute des personnes excellentes. Pourtant, l'histoire chrétienne est parsemée d'efforts reposant sur de bonnes intentions qui ont été vidés de leur enracinement dans la Parole de Dieu, dans une rencontre fidèle avec Jésus-Christ, dans une véritable écoute du Saint Esprit et dans la soumission de nos volontés à la volonté du Père. Ces efforts manqués ont fait fi de l'unité, de l'expérience et de la sagesse accumulée de l'Évangile et de l'Église. Parce qu'ils n'ont pas tenu compte des paroles de Jésus : " En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire " (Jn 15, 5), ils n'ont pas porté de fruits et ont été dommageables à la fois pour l'unité et pour la vitalité évangélique de l'Église. Le Chemin synodal en Allemagne risque de conduire précisément à une telle impasse.

Nous adressant à vous en tant que vos frères dans l'épiscopat, nous sommes préoccupés par les points suivants, sans toutefois nous y limiter :

1. Faute d'écouter le Saint-Esprit et l'Évangile, les actions du Chemin synodal sapent la crédibilité de l'autorité de l'Église, y compris celle du pape François ; elles sapent l'anthropologie chrétienne et la morale sexuelle, ainsi que la fiabilité des Écritures.

2. Tout en affichant un vernis d'idées et de vocabulaire religieux, les documents du Chemin synodal allemand semblent largement inspirés non point par l'Écriture et la Tradition - qui, pour le Concile Vatican II, constituent "un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu" - mais par l'analyse sociologique et les idéologies politiques contemporaines, y compris l'idéologie du genre. Ils abordent l'Église et sa mission à travers le prisme du monde plutôt qu'à travers le prisme des vérités révélées dans l'Écriture et dans la Tradition de l'Église qui fait autorité.

3. Le contenu du Chemin synodal semble également réinterpréter, et donc amoindrir, la signification de la liberté chrétienne. Pour un chrétien, la liberté est la connaissance, la volonté et la capacité non entravée de faire ce qui est juste. La liberté n'est pas "l'autonomie". La liberté authentique, comme l'enseigne l'Église, est liée à la vérité et ordonnée au bien, et ultimement, à la béatitude. La conscience ne crée pas la vérité, et la conscience n'est pas une question de préférence personnelle ou d'affirmation de soi. Une conscience chrétienne correctement formée reste soumise à la vérité sur la nature humaine et aux normes d'une vie juste révélées par Dieu et enseignées par l'Église du Christ. Jésus est la vérité, qui nous rend libres (Jn 8).

4. La joie de l'Évangile - essentielle à la vie chrétienne, comme le souligne si souvent le Pape François - semble totalement absente des discussions et des textes du Chemin synodal. C'est un défaut révélateur, s'agissant d'un effort qui vise le renouveau personnel et ecclésial.

5. Le processus du Chemin synodal, quasiment à chaque pas, est un travail d'experts et de comités : lourdement bureaucratique, obsessionnellement critique, replié sur lui-même. Il reflète donc lui-même une forme répandue de sclérose de l'Église et, ironie du sort, devient anti-évangélique dans son expression. Dans ses effets, le Chemin synodal montre davantage de soumission et d'obéissance au monde et aux idéologies qu'à Jésus-Christ, Seigneur et Sauveur.

6. L'accent mis par la Voie synodale sur le "pouvoir" dans l'Église suggère un esprit fondamentalement opposé à la nature réelle de la vie chrétienne. En dernière analyse, l'Église n'est pas simplement une "institution" mais une communauté organique, non pas égalitaire mais familiale, complémentaire et hiérarchique - un peuple soudé par l'amour de Jésus-Christ et par l'amour des uns pour les autres en son nom. La réforme des structures n'est pas du tout la même chose que la conversion des cœurs. La rencontre avec Jésus, telle qu'elle apparaît dans l'Évangile et dans la vie des saints au cours de l'histoire, change les cœurs et les esprits, apporte la guérison, détourne l'individu d'une vie de péché et de tristesse, et démontre la puissance de l'Évangile.


7. Le dernier problème, le plus angoissant et le plus immédiat, posé par le Chemin synodal allemand, est terriblement ironique. Par son exemple destructeur, celui-ci pourrait conduire certains évêques, et de nombreux laïcs par ailleurs fidèles, à se méfier de l'idée même de "synodalité", ce qui entraverait encore davantage le nécessaire colloque de l'Église sur l'accomplissement de sa mission de convertir et de sanctifier le monde.

En ces temps de confusion, la dernière chose dont notre communauté de foi ait besoin, c'est d'encore plus de confusion. Alors que vous discernez la volonté du Seigneur pour l'Eglise en Allemagne, soyez assurés de nos prières pour vous.

  • Cardinal Francis Arinze (Onitsha, Nigeria)
  • Cardinal Raymond Burke (archevêque émérite de St. Louis, Missouri, USA)
  • Cardinal Wilfred Napier (archevêque émérite de Durban, Afrique du Sud)
  • Cardinal George Pell (archevêque émérite de Sydney, Australie)
  • Mgr Samuel Aquila, archevêque (Denver, Colorado, USA)
  • Mgr Charles Chaput, archevêque émérite (Philadelphie, Pennsylvanie, USA)
  • Mgr Paul Coakley, archevêque (Oklahoma City, Oklahoma, USA)
  • Mgr Salvatore Cordileone, archevêque (San Francisco, Californie, USA)
  • Mgr Damian Dallu, archevêque (Songea, Tanzanie)
  • Mgr Joseph Kurtz, archevêque émérite (Louisville, Kentucky, USA)
  • Mgr J. Michael Miller, archevêque (Vancouver, Colombie britannique, Canada)
  • Mgr Joseph Naumann, archevêque (Kansas City, Kansas, USA)
  • Mgr Andrew Nkea, archevêque (Bamenda, Cameroun)
  • Mgr Renatus Nkwande, archevêque (Mwanza, Tanzanie)
  • Mgr Gervas Nyaisonga, archevêque (Mbeya, Tanzanie)
  • Mgr Gabriel Palmer-Buckle, archevêque (Cape Coast, Ghana)
  • Mgr Terrence Prendergast, archevêque émérite (Ottawa-Cornwall, Ontario, Canada)
  • Mgr Jude Thaddaeus Ruwaichi, archevêque (Dar-es-Salaam, Tanzanie)
  • Mgr Alexander Sample, archevêque (Portland, Oregon, USA)
  • Mgr Joseph Afrifah-Agyekum (Koforidua, Ghana)
  • Mgr Michael Barber (Oakland, Californie, USA)
  • Mgr Herbert Bevard, évêque émérite (St. Thomas, Îles Vierges américaines)
  • Mgr Earl Boyea (Lansing, Michigan, USA)
  • Mgr Neal Buckon (Auxiliaire, Services militaires, USA)
  • Mgr William Callahan (La Crosse, Wisconsin, USA)
  • Mgr Massimo Camisasca, évêque émérite (Reggio Emilia-Guastalla, Italie)
  • Mgr Liam Cary (Baker, Oregon, USA)
  • Mgr Peter Christensen (Boise, Idaho, USA)
  • Mgr Joseph Coffey (Auxiliaire, Services militaires, USA)
  • Mgr James Conley (Lincoln, Nebraska, USA)
  • Mgr Thomas Daly (Spokane, Washington, USA)
  • Mgr John Doerfler (Marquette, Michigan, USA)
  • Mgr Timothy Freyer (Auxiliaire, Orange, Californie, USA)
  • Mgr Donald Hying (Madison, Wisconsin, USA)
  • Mgr Daniel Jenky, évêque émérite (Peoria, Illinois, USA)
  • Mgr Stephen Jensen (Prince George, Colombie Britannique, Canada)
  • Mgr William Joensen (Des Moines, Iowa, USA)
  • Mgr James Johnston (Kansas City-St. Joseph, Missouri, USA)
  • Mgr David Kagan (Bismarck, Dakota du Nord, USA)
  • Mgr Flavian Kassala (Geita, Tanzanie)
  • Mgr Carl Kemme (Wichita, Kansas, USA)
  • Mgr Rogatus Kimaryo (Same, Tanzanie)
  • Mgr Anthony Lagwen (Mbulu, Tanzanie)
  • Mgr David Malloy (Rockford, Illinois, USA)
  • Mgr Gregory Mansour (Eparchie de Saint Maron de Brooklyn, New York, USA)
  • Mgr Simon Masondole (Bunda, Tanzanie)
  • Mgr Robert McManus (Worcester, Massachusetts, USA)
  • Mgr Bernadin Mfumbusa (Kondoa, Tanzanie)
  • Mgr Filbert Mhasi (Tunduru-Masasi, Tanzanie)
  • Mgr Lazarus Msimbe (Morogoro, Tanzanie)
  • Mgr Daniel Mueggenborg (Reno, Nevada, USA)
  • Mgr William Muhm (Auxiliaire, Services militaires, USA)
  • Mgr Thanh Thai Nguyen (Auxiliaire, Orange, Californie, USA)
  • Mgr Walker Nickless (Sioux City, Iowa, USA)
  • Mgr Eusebius Nzigilwa (Mpanda, Tanzanie)
  • Mgr Thomas Olmsted (Phoenix, Arizona, USA)
  • Mgr Thomas Paprocki (Springfield, Illinois, USA)
  • Mgr Kevin Rhoades (Fort Wayne-South Bend, Indiana, USA)
  • Mgr David Ricken (Green Bay, Wisconsin, USA)
  • Mgr Almachius Rweyongeza (Kayanga, Tanzanie)
  • Mgr James Scheuerman (Auxiliaire, Milwaukee, Wisconsin, USA)
  • Mgr Augustine Shao (Zanzibar, Tanzanie)
  • Mgr Joseph Siegel (Evansville, Indiana, USA)
  • Mgr Frank Spencer (Auxiliaire, Services militaires, USA)
  • Mgr Joseph Strickland (Tyler, Texas, USA)
  • Mgr Paul Terrio (St. Paul en Alberta, Canada)
  • Mgr Thomas Tobin (Providence, Rhode Island, USA)
  • Mgr Kevin Vann (Orange, Californie, USA)
  • Mgr Robert Vasa (Santa Rosa, Californie, USA)
  • Mgr David Walkowiak (Grand Rapids, Michigan, USA)
  • Mgr James Wall (Gallup, Nouveau Mexique, USA)
  • Mgr William Waltersheid (Auxiliaire, Pittsburgh, Pennsylvanie, USA)
  • Mgr Michael Warfel (Great Falls-Billings, Montana, USA)
  • Mgr Chad Zielinski (Fairbanks, Alaska, USA)


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07 février, 2020

Synode allemand : le Christ “est devenu être humain, pas homme”, dit Franz-Jozef Bode, vice-président des évêques d'Allemagne

Le Christ « est devenu être humain, pas homme » C'est avec cette étonnante déclaration que Mgr Franz-Jozef Bode, évêque d’Osnabrück et vice-président de la conférence des évêques d’Allemagne, a exprimé la façon dont il voit les discussions sur le rôle des femmes dans l'Eglise, actuellement en débat dans le cadre du « chemin synodal » ouvert à l'initiative du cardinal Reinhard Marx.

On voit évidemment où il veut en venir. S'Il n'est pas devenu homme mais être humain, Il n'est pas nécessaire de tenir compte de l'identité masculine du Christ en réfléchissant au ministère sacerdotal qu’Il a souverainement incarné. Et il n'y aurait pas d'impossibilité ontologique à ce qu'une femme soit ordonnée prêtre.

Ce n'est pas le seul sujet sur lequel cet évêque de tout premier plan en Allemagne professe des idées révolutionnaires de façon aussi explicite.

Répondant aux questions du journal catholique de son diocèse, Bodé s’est dit content de la première réunion de l'Assemblée synodale allemande qui s'est ouverte à Francfort le week-end dernier. Selon le prélat le débat a été marqué non par la confrontation d’extrêmes, mais par la discussion au sein d'un « large centre ». Tout dépend évidemment de la manière dont on le définit.

Franz-Jozef Bode a été élu par les participants à l'assemblée synodale à la présidence du forum préparatoire sur le rôle des femmes dans l’Eglise, présidence qu'il partage avec la théologienne Dorothea Sattler.

Le portail Internet de l'église catholique d'Allemagne, qui présente ces informations sans la moindre critique, introduit ici dans son article un lien vers des déclarations de ladite Dorothea Sattler. Où elle déclare, oh surprise, que d'un point de vue théologique, Dieu aurait pu devenir un être humain en tant que femme.

 C'est ce qu'elle affirmait en septembre dernier à welt.de, ajoutant cependant que vu les conditions
sociales il y a quelque 2000 ans, c'était « sage » de la part de Dieu d'être devenu un être humain en tant qu’homme. Mais cela ne veut nullement dire qu'il n'aurait pas pu en être autrement, soutenait-t-elle.

Le « genre » de Jésus ne joue aucun rôle dans la doctrine du salut : « Cela concernait l'incarnation de Dieu, et non le fait de devenir un homme. La question du genre n'avait pas de rapport avec la théologie du salut dans l'histoire de la tradition », assurait-elle, affirmant que le fait de mettre l'accent sur la masculinité du Christ est quelque chose de « nouveau ».

Mme Sattler dirige l'Institut pour l'œcuménisme et la dogmatique à l'université de Münster. Elle est favorable à l'ordination des femmes à tous les ministères.

Son voisinage semble convenir parfaitement à Mgr Bode qui a donc dressé un portrait très positif des premiers travaux du forum préparatoire. « L'interaction entre les femmes et les hommes est l'un des signes importants des temps », a-t-il notamment déclaré dans l'article repris par katholisch.de. De nombreuses « décisions d'hommes », telle la « couverture » des abus sexuels, « auraient été très différente si des femmes avaient été impliquées ».

Bode a annoncé que le forum se penchera sur les possibilités qui existent déjà, afin de faire progresser la participation des femmes dans l'Eglise. Mais on évoquera aussi des « questions fondamentales » comme l'ordination des femmes.

Mgr Bode s'est également dit favorable à l'ordination des viri probati, annonçant carrément la mise en place d'un clergé à deux vitesses. Les hommes mariés pourraient être « prêtres à temps partiel », tandis que les prêtres célibataires représenteraient la « profession principale ». « Je suis d'avis que les deux formes peuvent exister », a-t-il dit.

Le chemin synodal est prévu pour durer deux ans.

Si l'on veut avoir une idée plus imagée de la direction prise, on peut se tourner vers Gloria.tv qui observait il y a quelques jours que la messe d'ouverture célébrée par le cardinal Marx le 30 janvier était de « style protestant ». « La plupart des évêques et des prêtres présents étaient assis sur les bancs en vêtements de ville et en manteau » – y compris, sans surprise, Mgr Bode.

Le cardinal Marx a distribué la communion, flanqué d'une religieuse en noir et d'une femme en manteau rouge qui partageaient le calice avec l'assistance. La vidéo mise en ligne par le média suggère que prêtres et évêques sont tous allés communier.


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02 février, 2020

Le cardinal Woelki, très critique à l’égard de la première réunion du chemin synodal en Allemagne

“Toutes mes craintes sont avérées”


Rainer Maria cardinal Woelki, archevêque de Cologne, a commenté la première réunion de l’assemblée synodale qui s’est ouverte le 30 janvier à Francfort en Allemagne, au micro d’Ingo Brüggenjürgen sur DomRadio.de. Il s’était déjà désolidarisé de l’orientation progressiste, pour ne pas dire révolutionnaire du “chemin synodal” sur lequel s’est engagée l’Eglise catholique en Allemagne à l’initiative du cardinal Reinhard Marx. Il témoigne notamment du refus d’écouter les voix discordantes qu’il a pu constater.

 Je vous propose ci-dessous ma traduction de l’entretien. Il se passe de commentaires. – J.S.

*

DOMRADIO.DE : Monsieur le Cardinal, d’emblée, vous n’étiez pas forcément l’un des plus grands défenseurs du chemin synodal. Comment avez-vous vécu l’assemblée synodale ici à Francfort ?

Rainer Maria Cardinal Woelki, archevêque de Cologne : En fait, toutes mes craintes sont avérées. J’ai dit très clairement que j’étais très inquiet de voir mis en place ici un quasi parlement d’Eglise protestante, en raison de la manière dont cet événement a été constitué et organisé. Pour moi, c’est bien cela qui s’est produit. Les exigences essentielles ecclésiologiques qui se rapportent à la nature de l’Église catholique sont – à mon avis – ignorées dans de nombreux discours. C’est déjà l’image qui s'est formée très clairement lorsque les évêques et les laïcs sont tous entrés ensemble, exprimant ainsi que tous y sont égaux. Et cela n’a en fait rien à voir avec ce qu’est et ce que pense l’Église catholique.

DOMRADIO.DE : Cela se confirme-t-il aussi dans la disposition des places, qui est alphabétique ?

Woelki : Cela ne me dérange pas en soi. Cependant, cela rend évidente la remise en en question de la constitution hiérarchique de l’Eglise, telle qu’elle a été une nouvelle fois affirmée lors du Concile Vatican II et exprimée également dans Lumen Gentium. La relation organique entre personnes consacrées et non consacrées et la diversité des tâches qui s’y expriment sont en effet également remises en question et relativisées par la disposition des sièges et par de nombreux autres petits signes. Je considère cela comme extrêmement préoccupant.

DOMRADIO.DE : Mais vous avez écouté de manière très attentive et vous avez également participé aux discussions. Qu’avez-vous appris de nouveau ?

Woelki : J’ai appris qu’il est difficile d'écouter – pas seulement pour moi, mais pour beaucoup d’autres aussi. J’ai également appris que le respect mutuel qui est exigé n’est pas non plus facile. Car j’ai observé que l’on peut déjà sentir comment l’attention diminue lorsque certaines personnes s’approchent du micro et expriment une position différente. Voilà autre chose que nous devrons certainement apprendre pour l’avenir : nous ne devons pas nous contenter de mettre en avant des mots, sans les vivre réellement.

Et j’ai appris qu’il est également important de parler du pouvoir dans l’Eglise. Car il est apparu clairement que le pouvoir était également exercé ici, dans notre assemblée synodale, en ce sens que tous les intervenants n’ont pas eu le droit de s’exprimer. Toutes les demandes d’intervention qui avaient été soumises par écrit au préalable n’ont pas été dûment prises en considération.

DOMRADIO.DE : Il est également très important pour vous qu’il s’agisse d’un processus spirituel. Est-ce cela qui imprègne cette assemblée telle que vous la vivez ?

Woelki : Je crois que cela se fait naturellement au cours des offices religieux et aussi à travers ce qu’on a appelé les « pauses », ces temps de prière consciente qui ont été établis dans le programme. Mais je crois qu’un processus spirituel se caractérise avant tout par le fait que lorsque nous faisons nos discours, nos textes et nos documents, nous devons entendre toujours et encore ce que le Seigneur veut nous dire – et pas seulement ce que nous croyons. Le Seigneur parle à travers la Parole de l’Ecriture, mais Il parle aussi à travers la foi et l’enseignement de l’Eglise.

Deux mille ans plus tard, nous ne sommes pas ceux qui mettent en place ou réinventent l’Eglise : au contraire, nous nous inscrivons dans une longue tradition. La foi, telle qu’elle a été définie lors des Conciles et aussi par ses origines apostoliques, ne peut pas être en quelque sorte démolie ou réinventée ici. Il y a des conditions à respecter. Cela aussi fait partie d’un processus spirituel que de le percevoir et d’y réfléchir en profondeur, et de ne pas rejeter cela comme du vieux café – parce que, peut-être, je ne le comprendrais pas. Il s’agit tout d’abord de faire un effort pour comprendre ce que sont la foi et l’enseignement de l’Eglise, puis, à partir de là, de réfléchir aux questions qui nous sont posées aujourd’hui en l’an 2020, et ensuite de donner des réponses à partir de cette foi de l’Eglise et de l’Evangile.

(DR)


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Mon intervention sur le “chemin synodal” en Allemagne sur “Terres de Mission”



Merci à Jean-Pierre Maugendre de m'avoir invitée dans l'émission “Terres de Mission” dont le 159e épisode diffusé sur TVLibertés à midi était notamment consacré au chemin synodal en Allemagne. Le décès de Jean de Viguerie était ensuite commenté par l'abbé Lorans de la Fraternité Saint Pie X. Et pour finir, Jean-Pierre Maugendre saluait une BD qui l'a enthousiasmé : Madame Elisabeth de France, de Coline Dupuy, aux éditions Artège.

La séquence sur l'Eglise d'Allemagne est à voir ci-dessous à partir de 1'42".



Pour retrouver l'émission sur le site de TVLibertés, rendez-vous ici.

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30 janvier, 2020

Allemagne catholique (?) : le chemin synodal gender-friendly



C'est une information diffusée par l'agence officielle de l'épiscopat allemand, KNA. Au nombre des participants au « Chemin synodal » qui s'est ouvert aujourd'hui à Francfort, figurent :

« 70 femmes, une personne diverse et 159 hommes. »

La source en allemand est par ici.

Comment une personne peut-elle être à elle seule « diverse » ? La logique et la réalité sembleraient l'interdire, mais rien n'arrête l'idéologie du genre qui par définition récuse la vérité. Cette personne « diverse » ne se croit ni homme ni femme. L'infographie ne dit pas si c'est un(e) laïc, un(e) évêque ou un(e) cardinal. Qui vivra verra.

Le correspondant du Wall Street Journal au Vatican, Francis X. Rocca, a déniché cette pépite qui en dit long sur l'approche de la hiérarchie catholique (?) allemande dans sa marche vers la destruction de la foi. Il traduit « personne diverse » par « une personne non-binaire ». Mais allez savoir si cela correspond exactement à l'une des lettres de l'acronyme LGBTQIPA et + si affinités !


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30 juillet, 2019

Le cardinal Brandmüller parle des dangers de rupture du “chemin synodal” et du synode amazonien pour l'Eglise catholique

Voici la traduction intégrale d'un entretien accordé par le cardinal Walter Brandmüller à Die Tagespost en langue allemande à propos des dangers que représentent le « chemin synodal » prôné par de nombreux évêques allemands, ainsi que le prochain synode sur l'Amazonie. Il s'agit d'une traduction intégrale par mes soins.

Le vaticaniste Sandro Magister publiait le mois dernier un premier texte de mise en garde du cardinal Brandmüller sur l'Instrumentum laboris, présenté comme hérétique et apostat.  – J.S.

*

Traduction intégrale de l'interview du cardinal Walter Brandmüllerpar “Die Tagespost” le 27 juillet 2019


Eminence, que disent les chiffres récemment publiés par l’Eglise catholique en Allemagne sur le départ massif de fidèles de l’avenir de l’Église ?

Ces statistiques des départs constituent un symptôme extrêmement alarmant de l’état spirituel de l’Église catholique et de l’Eglise évangélique (EKD, luthérienne) en Allemagne. Mais il faut souligner en même temps que nous ne devons pas nous étonner de l’apostasie à l’aune des déclarations de Notre Seigneur Jésus Christ dans le Nouveau Testament. Jésus avertit dans l’Evangile de Matthieu : l’amour de beaucoup se refroidira, et beaucoup de faux prophètes apparaîtront et séduiront un grand nombre.

Mais lorsqu’il s’agit de la véritable Église du Christ, cela suppose naturellement que l’Église – les chrétiens et leurs bergers – ne se considère pas comme une association pieuse, qui peut aussi à l’occasion modifier ses statuts, mais sache qu’elle est portée par une mission qui lui est confiée par son Seigneur.

Avec le « chemin synodal », les évêques allemands veulent agir contre la crise de l’Eglise, qui a été aggravée par la publication des résultats de l’étude sur les abus il y a un an. Les interventions des évêques qui ont été entendus à ce sujet jusqu’à présent vous inspirent-elles confiance ?

En aucun cas. Cela dit, le terme « chemin synodal » est une tautologie. On est ensemble, on marche sur un chemin, mais tout semble un peu flou. Mais encore : à ce jour, personne ne sait, premièrement, comment cette voie commune sera empruntée et, deuxièmement, où elle doit mener.

Si l’on considère les déclarations d’un certain nombre d’évêques, on peut dire que ce « chemin synodal » mène à la catastrophe. C’est-à-dire, si Rome doit au bout du compte agir pour que l’Église en Allemagne ne s’écarte pas de l’unité avec l’Église universelle, comme il est dit dans la lettre du Pape au peuple de Dieu en Allemagne, vers une énorme frustration.

L’évêque d’Essen Franz-Josef Overbeck, qui, en tant que président de la commission Adveniat, a soutenu la préparation du Synode sur l’Amazonie et qui a également participé à diverses réunions préparatoires, parle du point de rupture que représenterait l’Assemblée épiscopale de Rome représenterait, mais évoque aussi dans ce cadre le « chemin synodal ». De quel genre de rupture pourrait-il s’agir ?

En tout cas, cette chose ne sera plus l’Église catholique. Car la rupture est une catégorie qui est totalement contraire à la notion d’organisme, à un développement organique. Une rupture qui aurait pour résultat que rien ne serait plus comme avant signifierait la fin de l’Eglise.

L’essence de l’Église est la transmission de la foi des apôtres à jusqu’au second avènement du Seigneur – mais elle n’est en pas une évolution progressive dans laquelle l’essence de l’Église changerait.

Tant dans la préparation du synode sur l’Amazonie que dans celle de le « chemin synodal », il est question d’une valorisation des laïcs et des femmes en particulier. Cela équivaudrait-il à la fin de l’Église cléricale ?

Plutôt que de parler d’une Eglise cléricale, parlons de l’Eglise où la consécration sacerdotale a existé dès le début. Vu sous cet angle, la fin de l’Eglise cléricale signifierait probablement que l’Eglise imaginée par Martin Luther dans ses écrits de combat de 1520, serait réalisée. Et ce ne serait plus l’Église catholique.

Pour Luther, tous les baptisés étaient déjà pape, évêque et prêtre. Dans l’Église catholique, en revanche, le prêtre qui se tient devant l’autel agit en vertu de l’imposition sacramentelle des mains lors de la consécration « in persona Christi », c’est pourquoi il partage aussi le mode de vie de son Seigneur, à savoir le célibat. Voilà pour le célibat, qui est probablement aussi à l’ordre du jour du « chemin synodal » et du synode sur l’Amazonie.

Comment les objectifs des « réformateurs » à Rome et en Allemagne affecteraient-ils la vie de l’Eglise ?

On peut s’imaginer ce qu’il adviendrait des anciennes églises catholiques en regardant l’état des communautés de l’EKD.

© leblogdejeannesmits pour la traduction

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