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30 décembre, 2020

Mgr Georg Bätzing s’affirme pour les femmes prêtres et la bénédiction des couples LGBT (et la réaction du cardinal Brandmüller)

Ce n’est pas le moindre des paradoxes que de voir le président de la conférence épiscopale allemande, Mgr Georg Bätzing, se qualifier de « conservateur » dans un entretien où il plaide à la fois pour le sacerdoce des femmes et pour la bénédiction des couples homosexuels et plus largement, ceux qui ne peuvent se marier à l’église. Signe de cette incapacité moderne si largement partagée à intégrer le principe de non contradiction – une chose ne peut être et ne pas être en même temps sous le même rapport – l’évêque du Limbourg affirme vouloir que l’Eglise change, en même temps qu’il annonce : « Je me qualifierais de conservateur parce que j'aime cette Eglise et que j’aime y consacrer ma vie et ma force. »  A vouloir la vider de son sens et de son contenu, il appelle en réalité à sa démolition.

Mgr Bätzing a accordé une longue interview au mensuel catholique allemand Herder Korrespondenz, répondant aux questions Stefan Orth et Volker Resing.

Georg Bätzing voudrait ainsi voir changer l’enseignement moral de l’Eglise quant à l’homosexualité, alors que le Catéchisme de l’Eglise catholique affirme que les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés ».

« Nous avons besoin de solutions pour ceux qui demandent la bénédiction de Dieu : des solutions qui ne soient pas seulement applicables en privé, mais qui soient également publiquement visibles – tout en montrant clairement qu'aucun mariage n’est célébré », a-t-il déclaré, faisant référence à la possibilité une forme de bénédiction publique pour tous les couples qui n’ont pas accès au mariage sacramentel.

Il a précisé être convaincu de ce que l’on puisse trouver à cette fin des formules liturgiques sans avoir à demander la permission de Rome. « Mais je crois que nous devrions modifier le catéchisme en ce sens », a-til ajouté.

Ce vœu inclut, bien sûr, les divorcés « remariés ». On voit clairement ici l’effet domino de la modification d’un élément de l’édifice doctrinal de l’Eglise (le changement opéré par Amoris laetitia qui rend possible la communion pour certains divorcés « remariés » après un parcours de « discernement ») : elle ouvre logiquement la voie à d’autres petits arrangements.

Pour ce qui est des femmes prêtres, Mgr Bätzing a confié à ses intervieweurs qu’il était de moins en moins opposé au sacerdoce féminin. « Pour être sincère, les arguments contre le sacerdoce des femmes sont toujours moins convaincants et je crois qu’il existe des arguments théologiques bien étayés pour que l’on donne aux femmes l’accès à l’Ordre sacerdotal », a-t-il affirmé.

Et même si Jean-Paul II a solennellement déclaré en 1994 que l’Eglise n’a pas autorité pour ordonner des femmes, même si ses successeurs ont déclaré que la question était close, pour Bätzing elle est en réalité « toujours sur la table ».

Le président de la conférence des évêques d’Allamegne a ajouté qu’il évoque souvent l’ordination des diacres comme étant la première étape avant l'ordination de prêtres et d’évêques féminins. Il considère qu’il existe une marge de manœuvre sur cette question, ajoutant qu'il était de toute façon favorable à une plus grande implication des femmes et des laïcs en général dans la messe, y compris pour l'homélie, ce qui demeure interdit.

Aujourd’hui, le cardinal allemand Walter Brandmüller a publiquement interpellé son confrère quant à ses déclarations qui contredisent l’enseignement de l’Eglise – alors qu’en tant qu’évêque, Mgr Bätzing a juré fidélité à celui-ci au moment de son sacre. Ci-dessous, ma traduction intégrale de la lettre du cardinal publiée par kath.net ce 30 décembre.

*

Excellence, on vous attribue des déclarations dans la presse qui, si elles sont bien de vous, soulèvent de sérieuses questions.

Avez-vous réellement, en contradiction avec la tradition ininterrompue de l'Église, sans tenir compte de la déclaration définitive et infaillible du pape Jean-Paul II, déclaré que l’ordination des femmes au diaconat et au sacerdoce est possible, voire souhaitable ?

Mais si tel est vraiment le cas, vous devez vous rappeler qu'avant votre ordination épiscopale, vous avez affirmé votre fidélité à la doctrine et à la loi de l'Église par un serment. Sans ce serment, vous n'auriez jamais été ordonné.

Alors, comment pouvez-vous expliquer cette contradiction entre hier et aujourd’hui?
J’aurais certainement préféré vous poser cette question « in camera caritatis » – dans une chambre discrète. Mais vous avez vous-même ouvertement soulevé votre contradiction par rapport à la doctrine et à la loi de l’Église – et ce en tant que président de la Conférence épiscopale allemande. Une réponse publique était donc également nécessaire.

Je demande à saint Boniface et à saint Pierre Canisius leur intercession pour l’Église en Allemagne!

Avec mes salutations fraternelles,

Walter Cardinal Brandmüller
 
© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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© leblogdejeannesmits

19 octobre, 2019

Cardinal Brandmüller : le synode amazonien tente-t-il d'imposer une religion naturelle panthéiste de l’homme ? (Cela pose des questions eschatologiques…)

Voici la traduction intégrale par mes soins (d'après traduction anglaise faite par Maike Hickson pour LifeSiteNews) d'une récente déclaration du cardinal Walter Brandmüller, l'un des deux survivants des quatre signataires des Dubia adressés au pape François à propos d'Amoris laetitia, toujours restées sans réponse.

Le cardinal accuse le synode de manipulation en vue de mettre en place une nouvelle conception de la religion, visant à l'Eglise catholique par une « religion naturelle panthéiste de l'homme », variante du modernisme du début du XXe siècle, dit-il. Et laisse entendre son effroi devant une telle apostasie qui fait penser aux « temps eschatologiques ».

De manière somme toute amusante, le cardinal en veut notamment pour preuve l'absence quasi totale du Concile Vatican II dans l'Instrumentum laboris qui se borne quasiment à citer l'assemblée d'Aparecida de 2007, au mépris bien plus large de l'ensemble de la doctrine de l'Eglise… Cela montre en tout cas qu'on n'est jamais allé aussi loin dans la promotion de la religion de l'homme.

La dernière ligne de sa déclaration fait allusion a ce qu'a dit le pape François à l'orée du synode, lorsqu'il a affirmé que l'Instrumentum Laboris était un « texte martyr », destiné à être détruit. En attendant, les Circuli minores ont clairement et majoritairement abouti à l'affirmation que l'on devait envisager l'ordination des viri probati et la possibilité d'un ministère ordonné pour les femmes.

Voici donc ma traduction intégrale non officielle de la déclaration du cardinal Brandmüller. – J.S.

Ce n’est pas l’Amazonie qui est en jeu : tout est en jeu.

Par le Cardinal Walter Brandmüller

On commettrait une erreur fatale à penser que les promoteurs de l’actuel Synode des évêques ne se préoccupent vraiment que du bien-être des tribus indigènes des forêts amazoniennes. De toute évidence, Ils sont plutôt instrumentalisés au service d’un programme qui concerne l’Église universelle et qui plonge en grande partie ses racines dans le XIXe siècle.

Ce qui est en jeu ici, c’est la foi catholique, ni plus ni moins, la foi judéo-chrétienne pure et simple. Mais il faut d’abord se poser ici cette question décisive et fondamentale : « Qu’est-ce donc que la religion ? »

On ne conteste guère que la « religion » constitue un élément essentiel de l’existence humaine. Cependant, la signification de cela n’est pas du tout claire – ou connue par le grand nombre. Il existe même des réponses contradictoires à cette question. Essentiellement, la question est de savoir si la religion est le résultat de tentatives de l’homme en vue de préserver et de gérer sa propre existence – c’est-à-dire, si elle est un produit humain et culturel – ou bien, si elle doit être comprise autrement.

Dans le premier cas, la religion trouve sa source dans la réflexion sur l’expérience des profondeurs existentielles de la personne, c’est-à-dire de sa finalité. Mais alors la religion n’est rien d’autre que la rencontre de l’homme avec lui-même. Il s’agirait alors aussi de la conséquence du culte de la raison tel qu’il a été promu par les Lumières. Apparaît dès lors – souvenons-nous de Rousseau – l’idéal du « bon sauvage », par opposition au penseur autonome européen éclairé.

La religion en tant que rencontre avec soi-même propose une conception de la religion qui a en effet des conséquences considérables, dans la mesure où l’évolution de la vie d’une personne peut de soi entraîner des changements, voire des contradictions, quant à ces expériences "religieuses". C’est également ici qu’intervient la notion d’évolution, ce qui signifie que, parallèlement à la progression du développement humain, il se produit aussi un développement de la conscience (de soi) religieuse. Dès lors, les nouvelles idées changeantes peuvent alors dépasser et remplacer celles qui avaient été acquises précédemment. Ainsi, cela peut conduire à un pas en arrière – mais celui-ci sera considéré comme un progrès – un recul par rapport à la culture de l’Europe, comme dans le cas de l’Amazonie.

L’histoire de la religion judéo-chrétienne est en fort contraste avec cette conception de la religion comme autoréalisation de l’homme.

Quand juifs et chrétiens parlent de la religion – avec ses formes d’expression propres quant à la doctrine, la morale et le culte – ils désignent la manière dont l’homme répond à une réalité extra ou supra-mondaine qui lui vient de l’extérieur. En langage clair, il s’agit de la réponse de l’homme à la révélation de l’auto-communication du Créateur à Sa créature, l’homme. C’est un véritable événement dialogique entre Dieu et l’homme.

Dieu parle – sous quelque forme que ce soit – et l’homme donne une réponse. C’est un dialogue. La conception religieuse du Modernisme, au contraire, revient à un monologue : l’homme reste seul avec lui-même.

Cet événement dialogique a commencé par l’appel de Dieu à l’homme, comme en témoigne l’histoire du peuple d’Israël.

Le discours de Dieu à son peuple élu s’est déroulé au cours d’une histoire mouvementée qui, à chaque étape, a conduit à un niveau supérieur. La Lettre aux Hébreux commence par ces mots : « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils. » L’Évangile de saint Jean appelle ce Fils le Verbe incarné du Dieu éternel. Il est et Il apporte la Révélation finale, qui peut être trouvée sous forme écrite dans les livres bibliques et dans la tradition orale authentique de la communauté des disciples choisis par Jésus-Christ, d’où l’Église est issue. Tout cela s’est produit une fois pour toutes et vaut universellement, qu’il s’agisse de l’espace ou du temps.

Mais cela signifie, en ce qui concerne notre problème concret du « Synode sur l’Amazonie », que les faits décrits ci-dessus excluent une conception de la religion soumise à des limites géographiques ou dans le temps. Mais cela signifie aussi qu’une Église amazonienne est impensable d’un point de vue théologique. C’est l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique (et donc Romaine) à qui la transmission de l’Évangile et la transmission de la Grâce du Christ à tous les peuples de tous les temps ont été confiées, et à laquelle est promise la lumière et la puissance de l’Esprit Saint pour l’accomplissement de sa mission.

L’Église s’acquitte de cette mission – avec l’aide de l’Esprit Saint – en accomplissant son ministère magistériel et pastoral à travers l’histoire.

Cela étant clairement posé d’emblée, il convient maintenant de relever un constat presque alarmant. L’Instrumentum Laboris du Synode ne contient – hormis cinq citations plutôt marginales – aucune référence aux Conciles et au Magistère pontifical. L’absence totale de Vatican II est particulièrement spectaculaire (à l’exception de deux références plutôt marginales). Le fait que des documents aussi importants et pertinents sur le plan thématique que le Décret sur l’activité missionnaire de l’Église, Ad Gentes – sans même parler des Constitutions majeures sur la liturgie, la Révélation et l’Église – ne soient à aucun moment cités, est tout simplement incompréhensible. Il en va de même pour le Magistère post-conciliaire et les encycliques importantes.

Cette méconnaissance de la tradition doctrinale de l’Église – et le fait que, à sa place, on cite presque exclusivement le Synode latino-américain d’Aparecida de l’année 2007 – ne peut être comprise que comme une rupture spectaculaire avec l’histoire antérieure. De plus, la quasi absolutisation de cette assemblée d’Aparecida soulève aussi la question de la compréhension latino-américaine de la Communio ecclésiale au niveau universel.

Considérons enfin, au passage, une contradiction ouverte dans l’Instrumentum Laboris par rapport au Décret sur l’activité missionnaire de l’Église, Ad Gentes. Ce décret stipule (n° 12) que l’Église ne veut en aucun cas (nullo modo !) s’immiscer dans la politique (c’est-à-dire la politique des pays de mission) et ne revendique donc aucune autorité matérielle. Il s’agit là d’une affirmation claire d’un document conciliaire qui, cependant, est diamétralement contredite par une grande partie de l’Instrumentum Laboris.

Bref, les auteurs de l’Instrumentum Laboris ignorent le Concile Vatican II et – comme mentionné plus haut – tous les documents du Magistère post-conciliaire qui interprètent le Concile. Mais cela constitue – comme cela a déjà été mentionné également – une rupture avec la tradition dogmatique. Et en fait aussi avec l’universalité de l’Église. Le fait que cette rupture soit, pour ainsi dire, mise en œuvre de manière « sournoise », c’est-à-dire de manière cachée et secrète, est d’autant plus inquiétant.

La méthode pratiquée ici, cependant, suit le modèle d’Amoris Laetitia"-, où la tentative de faire disparaître la doctrine de l’Église se trouve dans la note 351, dont on a tant parlé.

En considérant ce qui a été dit, il est peut-être devenu évident que les différends au sujet du Synode de l’Amazonie ne concernent que très superficiellement la population indigène de l’Amazonie, qui est elle-même très peu nombreuse.

C’est plutôt cette question, effrayante, qui surgit : celle de savoir si les protagonistes de ce synode ne sont pas davantage préoccupés par la tentative secrète de remplacer la religion comme réponse de l’homme à l’appel de son Créateur par une religion naturelle panthéiste de l’homme, c’est-à-dire par une nouvelle variante du modernisme du début du XXe siècle. Il est difficile de ne pas penser aux textes eschatologiques du Nouveau Testament !

Il appartient maintenant aux évêques réunis du Synode sur l’Amazonie – et en dernière analyse au Pape François lui-même – de décider si une telle rupture avec la tradition constitutive de l’Église doit survenir malgré les conséquences inévitables et dramatiques.

Les remarques du Pape François sur le sort attendu de l’Instrumentum Laboris – peuvent-elles éveiller l’espoir ?

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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30 juillet, 2019

Le cardinal Brandmüller parle des dangers de rupture du “chemin synodal” et du synode amazonien pour l'Eglise catholique

Voici la traduction intégrale d'un entretien accordé par le cardinal Walter Brandmüller à Die Tagespost en langue allemande à propos des dangers que représentent le « chemin synodal » prôné par de nombreux évêques allemands, ainsi que le prochain synode sur l'Amazonie. Il s'agit d'une traduction intégrale par mes soins.

Le vaticaniste Sandro Magister publiait le mois dernier un premier texte de mise en garde du cardinal Brandmüller sur l'Instrumentum laboris, présenté comme hérétique et apostat.  – J.S.

*

Traduction intégrale de l'interview du cardinal Walter Brandmüllerpar “Die Tagespost” le 27 juillet 2019


Eminence, que disent les chiffres récemment publiés par l’Eglise catholique en Allemagne sur le départ massif de fidèles de l’avenir de l’Église ?

Ces statistiques des départs constituent un symptôme extrêmement alarmant de l’état spirituel de l’Église catholique et de l’Eglise évangélique (EKD, luthérienne) en Allemagne. Mais il faut souligner en même temps que nous ne devons pas nous étonner de l’apostasie à l’aune des déclarations de Notre Seigneur Jésus Christ dans le Nouveau Testament. Jésus avertit dans l’Evangile de Matthieu : l’amour de beaucoup se refroidira, et beaucoup de faux prophètes apparaîtront et séduiront un grand nombre.

Mais lorsqu’il s’agit de la véritable Église du Christ, cela suppose naturellement que l’Église – les chrétiens et leurs bergers – ne se considère pas comme une association pieuse, qui peut aussi à l’occasion modifier ses statuts, mais sache qu’elle est portée par une mission qui lui est confiée par son Seigneur.

Avec le « chemin synodal », les évêques allemands veulent agir contre la crise de l’Eglise, qui a été aggravée par la publication des résultats de l’étude sur les abus il y a un an. Les interventions des évêques qui ont été entendus à ce sujet jusqu’à présent vous inspirent-elles confiance ?

En aucun cas. Cela dit, le terme « chemin synodal » est une tautologie. On est ensemble, on marche sur un chemin, mais tout semble un peu flou. Mais encore : à ce jour, personne ne sait, premièrement, comment cette voie commune sera empruntée et, deuxièmement, où elle doit mener.

Si l’on considère les déclarations d’un certain nombre d’évêques, on peut dire que ce « chemin synodal » mène à la catastrophe. C’est-à-dire, si Rome doit au bout du compte agir pour que l’Église en Allemagne ne s’écarte pas de l’unité avec l’Église universelle, comme il est dit dans la lettre du Pape au peuple de Dieu en Allemagne, vers une énorme frustration.

L’évêque d’Essen Franz-Josef Overbeck, qui, en tant que président de la commission Adveniat, a soutenu la préparation du Synode sur l’Amazonie et qui a également participé à diverses réunions préparatoires, parle du point de rupture que représenterait l’Assemblée épiscopale de Rome représenterait, mais évoque aussi dans ce cadre le « chemin synodal ». De quel genre de rupture pourrait-il s’agir ?

En tout cas, cette chose ne sera plus l’Église catholique. Car la rupture est une catégorie qui est totalement contraire à la notion d’organisme, à un développement organique. Une rupture qui aurait pour résultat que rien ne serait plus comme avant signifierait la fin de l’Eglise.

L’essence de l’Église est la transmission de la foi des apôtres à jusqu’au second avènement du Seigneur – mais elle n’est en pas une évolution progressive dans laquelle l’essence de l’Église changerait.

Tant dans la préparation du synode sur l’Amazonie que dans celle de le « chemin synodal », il est question d’une valorisation des laïcs et des femmes en particulier. Cela équivaudrait-il à la fin de l’Église cléricale ?

Plutôt que de parler d’une Eglise cléricale, parlons de l’Eglise où la consécration sacerdotale a existé dès le début. Vu sous cet angle, la fin de l’Eglise cléricale signifierait probablement que l’Eglise imaginée par Martin Luther dans ses écrits de combat de 1520, serait réalisée. Et ce ne serait plus l’Église catholique.

Pour Luther, tous les baptisés étaient déjà pape, évêque et prêtre. Dans l’Église catholique, en revanche, le prêtre qui se tient devant l’autel agit en vertu de l’imposition sacramentelle des mains lors de la consécration « in persona Christi », c’est pourquoi il partage aussi le mode de vie de son Seigneur, à savoir le célibat. Voilà pour le célibat, qui est probablement aussi à l’ordre du jour du « chemin synodal » et du synode sur l’Amazonie.

Comment les objectifs des « réformateurs » à Rome et en Allemagne affecteraient-ils la vie de l’Eglise ?

On peut s’imaginer ce qu’il adviendrait des anciennes églises catholiques en regardant l’état des communautés de l’EKD.

© leblogdejeannesmits pour la traduction

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07 avril, 2016

Le cardinal Walter Brandmüller invite à interpréter l'exhortation post-synodale selon Catéchisme de l'Eglise catholique

C’est vendredi que sera présentée l’exhortation post-synodale Amoris Laetitia (on est loin des titres Casti Connubii ou Familiaris consortio des temps jadis) ; on ne sait encore la place et la teneur de ce qui y portera sur les amours illicites ou les amours dont la joie est devenue absente au point de provoquer des divorces. Mais une déclaration du cardinal Walter Brandmüller publiée ce mercredi sur le site catholique autrichien kath.net laisse songeur.
Le cardinal allemand de curie, aujourd’hui à la retraite – il a 87 ans qu’il ne fait pas – a cru devoir déclarer que le pape est lié par les dogmes de l’Eglise tels qu’ils sont notamment exposés dans le Catéchisme de l’Eglise catholique.
Maike Hickson a traduit ses propos vers l’anglais pour The Wanderer, c’est à partir de cette traduction que je les restitue ici.
Le cardinal Brandmüller dit : « L’enseignement magistériel de l’Eglise (le dogme) est qu’un mariage validement contracté et consommé ne peut être dissous par aucun pouvoir au  monde – pas même par l’Eglise. » Et il cite de récents rappels de cette vérité qui a été enseignée par le Christ Lui-même, par Familiaris Consortio et le Catéchisme de l’Eglise catholique.
Tout aussi clairement, le cardinal Brandmüller rappelle que « celui qui, en dépit d’un lien matrimonial déjà existant, entre dans une nouvelle union civile après un divorce, commet l’adultère » et que, tant qu’un catholique « ne veut pas mettre fin à cette situation », « ne peut recevoir ni l’absolution dans la confession, ni l’Eucharistie (la communion) ». Tout autre chemin serait « voué à l’échec » en raison de son « absence de vérité intrinsèque ».
Il poursuit : « Cela vaut aussi pour la tentative d’intégrer dans l’Eglise ceux qui vivent au sein d’un “second mariage” invalide en leur permettant d’exercer des fonctions liturgiques, catéchétiques et autres ». » Cela conduirait l’intéressé à se trouver dans une situation de « conflit » et d’« embarras » tout en « nuisant à la crédibilité de ce que l’Eglise proclame ».
De telles propositions « se révèlent être des tentatives – à l’aide de la tactique du salami – en vue d’admettre ces couples à recevoir les sacrements ». Chercher une « voie de sortie », pour permettre des exceptions, est une « impasse », ajoute le cardinal. « Ce qui est fondamentalement impossible pour des raisons de foi est également impossible dans les cas individuels ».
Il appartient dès lors aux évêques et aux prêtres de faire preuve de « compréhension et de compassion » à l’égard des fidèles à qui ils apporteront une « assistance pastorale », dit le cardinal.
Il conclut par une phrase qui a déjà fait couler beaucoup d’encre : « L’exhortation post-synodale est donc à interpréter à la lumière des principes énoncés ci-dessus ; spécialement parce qu’une contradiction entre un document pontifical et le Catéchisme de l’Eglise catholique est inconcevable. »
Pourquoi se donner la peine d’écrire cette évidence ? Et d’ailleurs, pourquoi faire les rappels qui précèdent, simple énoncé de la doctrine traditionnelle, s’il n’y a de toute façon ni contradiction ni ambiguïté dans l’Exhortation ? Peut-être est-ce pour prévenir les fausses interprétations médiatiques. On peut aussi y voir un contre-feu. Une prise en compte de la confusion que pourrait susciter le document.
S’il est nécessaire de préciser qu’il faut l’interpréter à la lumière de la doctrine de l’Eglise, cela semble vouloir dire que celle-ci n’est pas forcément visible de prime abord, voire qu’elle semble être contredite mais ne l’est pas au fond, ou qu’il faut se garder de l’interpréter selon les apparences.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...