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21 septembre, 2018

Nouveau mariage improvisé par le pape François, cette fois à Santa Marta

Vous souvenez-vous du mariage à 30.000 pieds célébré par le pape François qui avait béni dans l’avion l’union d’un hôte et d’une hôtesse de l’air mariés civilement depuis dix ans, et n’ayant jamais trouvé le temps de passer devant Monsieur le curé ? Ce vrai-faux mariage impromptu n’est désormais plus un cas isolé. Une nouvelle cérémonie très peu canonique vient de se dérouler à la maison Sainte-Marthe au profit de Noelia Franco et d’Omar Caballero, deux Uruguayens mariés civilement depuis 24 ans, parents de cinq filles, qui eux non plus n’ont jamais trouvé moyen d’accomplir leur « rêve » de se marier à l’église. Cette fois, il y a eu une absolution collective, et en guise de mariage sacramentel, au lieu de la simple bénédiction de leur union demandée par le couple, une cérémonie expédiée en une minute trente…

Lire la suite sur Reinformation.tv, ici.

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05 février, 2018

Mgr Elmar Fischer signe la “Profession des vérités immuables sur le mariage sacramentel” aux côtés de Mgr Schneider et les évêques du Kazakhstan

Mgr Elmar Fischer
Encore une excellente nouvelle que m'annonce Mgr Athanasius Schneider : Mgr Elmar Fischer, évêque émérite de Feldkirch en Autriche, vient de rejoindre les signataires originaux de la mise au point sur le mariage sacramentel publiée début janvier par les trois évêques du Kazakhstan.

Cette mise au point qui condamne les normes d'application d'Amoris laetitia qui dans plusieurs diocèses prévoient d'admettre à la communion des divorcés « remariés » a désormais dix signataires :

• Tomash Peta, Archevêque Métropolite de l´archidiocèse de Sainte Marie en Astana
• Jan Pawel Lenga, Archevêque-Évêque de Karaganda
• Athanasius Schneider, Évêque Auxiliaire de l´archidiocèse de Sainte Marie en Astana

• le cardinal Pujats, archevêque émérite de Riga,
• Mgr Vigano, ancien nonce apostolique aux Etats-Unis
Mgr Luigi Negri, ancien évêque de Ferrara (Italie)
Mgr Andreas Laun, ancien évêque auxiliaire de Salzbourg

Mgr Marian Eleganti, évêque auxiliaire de Coire (Suisse)
• Mgr René Gracida, évêque émérite de Corpus Christi (Etats-Unis)

Et maintenant :

• Mgr Elmar Fischer, évêque émérite de Feldkirch en Autriche.

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02 février, 2018

Nouvelles signatures pour la profession de foi de Mgr Athanasius Schneider sur mariage


Mgr Athanasius Schneider, auteur avec les deux autres évêques en exercice du Kazakhstan d'un appel à réaffirmer la vérité immuable de l'enseignement catholique sur le mariage (à lire ici sur ce blog), me communique la bonne nouvelle de l'arrivée de deux nouvelles signatures.


Mgr Marian Eleganti
Jeudi, Mgr Marian Eleganti, évêque auxiliaire en exercice de Coire en Suisse a adressé par lettre sa demande de voir son nom ajouté à la liste des signataires.

S'est également joint à l'initiative Mgr René Gracida, évêque émérite de Corpus Christi aux Etats-Unis.

Mgr René Gracida
Outre NNSS Schneider, Tomas Peta et Pavek Lenga du Kazakhstan, la « Profession de foi sur la vérité du mariage sacramentel » datée du 31 décembre 2017 portait également déjà les signatures du cardinal Pujats, archevêque émérite de Riga, de Mgr Vigano, ancien nonce apostolique aux Etats-Unis, Mgr Negri, archevêque récemment démissionné du diocèse italien de Ferrara et de Mgr Laun, ancien évêque auxiliaire de Salzbourg.

Dans un entretien avec LifeSite, Mgr Schneider a déclaré le 15 janvier dernier : « C'est toujours Dieu qui décide, et le temps viendra où le pape et l'épiscopat proclameront en toute clarté, sans ambiguïté, avec beauté, le caractère sacré du mariage, de la famille et de l'Eucharistie. »

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02 janvier, 2018

Mgr Schneider et les évêques du Kazakhstan font une mise au pojnt sur le mariage sacramentel et rejettent les normes d'application d'“Amoris laetitia”


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C'est une véritable profession de foi de la part d'évêques catholiques qui jugent ne pas pouvoir garder le silence à propos des normes d'application d'“Amoris laetitia” ouvrant la porte à la communion pour les divorcés-« remariés ». On pense forcément aux directives des évêques du grand Buenos Aires approuvées par une lettre privée du pape François à ses compatriotes argentins qui vient d'être dotée d'un statut officiel dans l'Eglise. Oui, la confusion est grande, et la profession de foi de Mgr Schneider et de deux évêques en exercice du Kazakhstan est à lire. 

On retiendra notamment ce paragraphe : « L’Église ne possède pas le charisme infaillible de juger de l’état interne de grâce d’un fidèle (cf. Concile de Trente, sect. 24, cap. 1). La non-admission à la Sainte Communion des « divorcés-remariés » ne revient donc pas à juger leur état de grâce devant Dieu mais à juger le caractère visible, public et objectif de leur situation. À cause de la nature visible des sacrements et de l’Église même, la réception des sacrements dépend nécessairement de la situation correspondante, visible et objective, des fidèles. » Le nœud de la question est là en effet : ce n'est pas par rigorisme ou manque de charité que la communion est refusée à des personnes qui peuvent avoir des circonstances atténuantes ou une culpabilité diminuée, mais justement parce que l'Eglise se refuse à juger le for interne. Seul Dieu sonde les reins et les cœurs… – J.S.

Profession des vérités immuables
sur le mariage sacramentel


Après la publication de l’exhortation apostolique ‘Amoris laetitia’ (2016), divers évêques ont émané, au niveau local, régional et national, des normes d’application sur la discipline sacramentelle des fidèles, dits « divorcés-remariés » qui, bien que le conjoint auquel ils sont unis par un lien valide du mariage sacramentel vive encore, ont toutefois entamé une cohabitation stable à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime.

Ces normes prévoient entre autres que, dans des cas individuels, les personnes dites « divorcées-remariées » puissent recevoir le sacrement de Pénitence ainsi que la Sainte Communion bien qu’ils continuent de vivre habituellement et intentionnellement à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime. De telles normes pastorales ont reçu l’approbation de plusieurs autorités hiérarchiques. Quelques-unes de ces normes ont même reçu l’approbation de l’autorité suprême de l’Église.

La diffusion de telles normes pastorales approuvées ecclésiastiquement, a causé une confusion notable et toujours plus grande tant chez les fidèles que dans le clergé. Confusion qui touche tellement au cœur de la vie de l’Église par des manifestations comme le mariage sacramentel, la famille, église domestique, et le sacrement de la Très-Sainte-Eucharistie.

D’après la doctrine de l’Église, une église domestique n’est constituée que par le seul lien matrimonial sacramentel (cf. Concile Vatican II, Lumen gentium 11). L’admission des fidèles dits « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, qui est l’expression la plus haute de l’unité du Christ-Époux avec Son Église, signifie dans la pratique l’approbation ou légitimation du divorce. En ce sens, elle introduit en quelque sorte le divorce dans la vie de l’Église.

Les normes pastorales évoquées contribuent de fait et dans le temps à la diffusion de « l’épidémie du divorce » (expression utilisée par le Concile Vatican II, cf. Gaudium et spes 47). Cette diffusion de « l’épidémie du divorce » intervient dans la vie même de l’Église, alors même que l’Église, par sa fidélité inconditionnelle à la doctrine du Christ, devrait être un rempart et un signe incomparable de contradiction contre la plaie du divorce toujours plus répandue dans la société civile.

De manière absolument univoque et sans admettre aucune exception, Notre Seigneur et Rédempteur Jésus Christ a solennellement reconfirmé la volonté de Dieu quant à l’interdiction absolue du divorce. Une approbation ou légitimation de la violation de la sacralité du lien matrimonial, même indirectement par la nouvelle discipline sacramentelle évoquée, contredit gravement la volonté expresse de Dieu et Son commandement. Une telle pratique altère donc substantiellement la discipline sacramentelle bimillénaire de l’Église, ce qui entraînera aussi avec le temps une altération de la doctrine correspondante.

Le Magistère constant de l’Église, commençant avec les enseignements des Apôtres et celui de tous les Souverains Pontifes, a conservé et fidèlement transmis l’enseignement cristallin du Christ sur l’indissolubilité du mariage : tant la doctrine (dans la théorie) que la discipline sacramentelle (dans la pratique). Elle l’a fait sans équivoque, sans l’ombre d’aucun doute et toujours dans les mêmes sens et signification (eodem sensu eademque sententia).

Parce qu’établie par Dieu, la discipline des sacrements ne doit jamais contredire la parole révélée de Dieu ni la foi de l’Église dans l’indissolubilité absolue du mariage ratifié et consommé.

« Non seulement les sacrements supposent la foi, mais encore, par les paroles et les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l’expriment ; c’est pourquoi ils sont dits sacrements de la foi » (Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 59). « Même l’autorité suprême dans l’Église ne peut changer la liturgie à son gré, mais seulement dans l’obéissance de la foi et dans le respect religieux du mystère de la liturgie » (Catéchisme de l’Église Catholique 1125). La foi catholique, par sa nature, exclut une contradiction formelle entre la foi professée d’un côté et la vie et la pratique des sacrements de l’autre. C’est en ce sens qu’on peut comprendre l’affirmation suivante du Magistère : « Ce divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d’un grand nombre est à compter parmi les plus graves erreurs de notre temps » (Concilio Vatican II, Gaudium et spes 43) et « la pédagogie concrète de l’Église doit toujours être liée à sa doctrine et jamais séparée d’elle » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio 33).

Au vu de l’importance vitale que constituent tant la doctrine que la discipline du mariage et de l’Eucharistie, l’Église est obligée de parler d’une seule voix. Les normes pastorales sur l’indissolubilité du mariage ne doivent donc pas se contredire d’un diocèse à l’autre, d’un pays à l’autre. Depuis les temps apostoliques, l’Église a observé ce principe comme l’atteste saint Irénée de Lyon : « En effet, l'Église, bien que dispersée dans le monde entier jusqu'aux extrémités de la terre, ayant reçu des apôtres et de leurs disciples la foi (…) la garde avec soin, comme n'habitant qu'une seule maison, elle y croit d'une manière identique, comme n'ayant qu'une seule âme et qu'un même cœur, et elle les prêche, les enseigne et les transmet d'une voix unanime, comme ne possédant qu'une seule bouche » (Adversus haereses I, 10, 2). Saint Thomas d’Aquin nous transmet le même principe pérenne de la vie de l’Église : « Il n’y a qu’une seule et même foi depuis les Anciens jusqu’aux Modernes, autrement, ce ne serait pas la même et unique Église (Questiones Disputatae de Veritate, q. 14, a. 12c).

L’admonition du Pape Jean-Paul II demeure actuelle et valide : « la confusion créée dans la conscience de nombreux fidèles par les divergences d'opinions et d'enseignements dans la théologie, dans la prédication, dans la catéchèse, dans la direction spirituelle au sujet de questions graves et délicates de la morale chrétienne, finit par amoindrir, presque au point de l'effacer, le véritable sens du péché ? » (Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitenia, 18).

À la doctrine et à la discipline sacramentelle sur l’indissolubilité du mariage ratifié et consommé, s’applique pleinement le sens des affirmations suivantes du Magistère de l’Église :

·      « En effet l’Église du Christ, gardienne et protectrice des dogmes dont elle a reçu le dépôt, n’y change jamais rien, n’en retranche jamais rien ; mais ce qui est ancien, qui a pris forme aux temps anciens et que la foi des Pères a semé, elle met tout son soin à le polir et à l’affiner de manière que ces anciens dogmes de la doctrine céleste reçoivent l’évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre, et qu’ils croissent seulement selon leur genre, c’est-à-dire dans la même doctrine, dans le même sens, dans la même pensée » (Pie IX, Bulle dogmatique Ineffabilis Deus).

·      « Quant à la substance de la vérité, l’Église a, devant Dieu et les hommes, le devoir sacré de l’annoncer, de l’enseigner sans aucune atténuation, comme le Christ l’a révélée et il n’est aucune condition de temps qui puisse atténuer la rigueur de cette obligation. Ce devoir lie en conscience tout prêtre à qui est confiée la charge d’enseigner, d’admonester et de guider les fidèles » (Pie XII, Discours aux curés et aux prédicateurs de Carême, 23 mars 1949).

·      « L’Église n’historicise pas, ne relativise pas sa nature au gré des métamorphoses de la culture profane. La nature de l’Église est toujours égale et fidèle à elle-même, telle que le Christ la voulut et que l’authentique tradition la perfectionna » (Paul VI, Homélie du 28 octobre 1965).


·      « Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes » (Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, 29).

·      « Aussi ne cesse-t-elle de faire entendre ses appels et ses encouragements à résoudre les difficultés conjugales éventuelles sans jamais falsifier ni compromettre la vérité » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 33).

·      « L'Église n'est ni l'auteur ni l'arbitre d'une telle norme [de la loi morale divine]. Par obéissance à la vérité qui est le Christ, dont l'image se reflète dans la nature et dans la dignité de la personne humaine, l'Église interprète la norme morale et la propose à tous les hommes de bonne volonté, sans en cacher les exigences de radicalisme et de perfection » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 33).

·       « L’autre principe est celui de la vérité et de la cohérence, en vertu duquel l’Église n’accepte pas d’appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien. En se fondant sur ces deux principes complémentaires, l’Église ne peut qu’inviter ses fils qui se trouvent dans ces situations douloureuses à s’approcher de la miséricorde divine par d’autres chemins, sans que ce soit cependant celui des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, tant qu’ils ne remplissent pas les conditions requises ». (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitentia, 34).

·      « La fermeté de l’Église dans sa défense des normes morales universelles et immuables n’a rien d’humiliant. Elle ne fait que servir la vraie liberté de l’homme : du moment qu’il n’y a de liberté ni en dehors de la vérité ni contre elle » (Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, 96).

·      « Par rapport aux normes morales qui interdisent le mal intrinsèque, il n’y a de privilège ni d’exception pour personne. Que l’on soit le maître du monde ou le dernier des ‘misérables’ sur la face de la terre, cela ne fait aucune différence : devant les exigences morales, nous sommes tous absolument égaux » (Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, 96).

·      « Le devoir de réaffirmer cette non-possibilité d’admettre à l’Eucharistie [les divorcés remariés] est une condition de vraie pastorale, d’authentique préoccupation pour le bien de ces fidèles et de toute l’Église, parce qu’il indique les conditions nécessaires pour la plénitude de cette conversion, à laquelle tous sont toujours invités » (Conseil Pontifical pour les textes législatifs, Déclaration sur la communion pour les personnes divorcées et remariées, 24 juin 2000).

En tant qu’évêques catholiques, suivant l’enseignement du Concile Vatican II, nous devons défendre l’unité de la foi et la discipline commune de l’Église et veiller à faire surgir pour tous les hommes la lumière de la pleine vérité (cf. Lumen gentium, 23). Face à la confusion actuellement toujours grandissante, nous sommes ainsi obligés en conscience de professer l’immuable vérité et la discipline sacramentelle tout aussi immuable sur l’indissolubilité du mariage, conformément à ce qu’enseigne le Magistère de l’Église de manière inaltérable depuis 2000 ans. Dans cet esprit, nous réaffirmons que :
·      Les rapports sexuels entre des personnes non liées par un mariage valide – ce qui est le cas des « divorcés-remariés » – sont toujours contraires à la volonté de Dieu et constituent une grave offense faite à Dieu.

·      Aucune circonstance ou finalité, pas même une possible imputabilité ou une diminution de la culpabilité, ne peuvent rendre de telles relations sexuelles moralement positives ou agréables à Dieu. Cela vaut pour tous les autres préceptes négatifs des Dix Commandements de Dieu. En effet, « il y a des actes qui, par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances, sont toujours gravement illicites, en raison de leur objet. (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitenia,, 17).

·      L’Église ne possède pas le charisme infaillible de juger de l’état interne de grâce d’un fidèle (cf. Concile de Trente, sect. 24, cap. 1). La non-admission à la Sainte Communion des « divorcés-remariés » ne revient donc pas à juger leur état de grâce devant Dieu mais à juger le caractère visible, public et objectif de leur situation. À cause de la nature visible des sacrements et de l’Église même, la réception des sacrements dépend nécessairement de la situation correspondante, visible et objective, des fidèles.

·      Il n’est pas moralement licite d’entretenir des rapports sexuels avec une personne qui n’est pas le conjoint légitime pour éviter soi-disant un autre péché. En effet, la Parole de Dieu enseigne qu’il n’est pas licite de « faire le mal afin qu’advienne le bien » (Rm 3, 8).

·      L’admission de telles personnes à la Sainte-Communion ne peut être permise que lorsque, avec l’aide de la grâce de Dieu et un accompagnement pastoral individualisé et patient, ils se proposent sincèrement désormais de cesser de tels rapports sexuels et d’éviter le scandale. C’est ainsi que se sont toujours exprimés dans l’Église le véritable discernement et l’authentique accompagnement pastoral.

·      Les personnes ayant des rapports sexuels non conjugaux violent par ce style de vie le lien nuptial indissoluble envers leur conjoint légitime. Pour cette raison, ils ne sont pas capables de participer « en esprit et en vérité » (cf. Jn 4, 23) au repas des noces eucharistiques du Christ, suivant la parole du rite de la Sainte-Communion « Heureux les invités au repas de noces de l’Agneau ! » (Ap 19, 9).

·      Accomplir la volonté de Dieu, révélée dans Ses Dix Commandements et dans son interdiction explicite et absolue du divorce, constitue le vrai bien spirituel de la personne ici-bas sur terre et la conduira à la vraie joie de l’amour dans le salut pour la vie éternelle.

Les évêques, par leur office pastoral, doivent veiller fidèlement sur la foi catholique reçue des Apôtres (« cultores catholicæ et apostolicæ fidei » : cf. Missale Romanum, Canon Romanus). Nous sommes conscients de cette grave responsabilité et de notre devoir face aux fidèles qui attendent de nous une profession publique et sans équivoque de la vérité et de la discipline immuable de l’Église sur l’indissolubilité du mariage. Pour cette raison, il ne nous est pas permis de nous taire.

Nous affirmons ainsi, dans l’esprit de saint Jean-Baptiste, de saint John Fisher, de saint Thomas More, de la bienheureuse Laura Vicuña et de nombreux confesseurs et martyrs, connus et inconnus, de l’indissolubilité du mariage :

Il n’est pas permis (non licet) de justifier, d’approuver ou de légitimer, ni directement, ni indirectement, le divorce et une relation sexuelle stable non conjugale en admettant les soi-disant « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, puisqu’il s’agit en ce cas d’une discipline étrangère à toute la Tradition de la foi catholique et apostolique.

En faisant cette profession publique devant notre conscience et devant Dieu qui nous jugera, nous sommes sincèrement convaincus d’avoir ainsi rendu un service de charité dans la vérité à l’Église de notre temps et au Souverain Pontife, Successeur de Pierre et Vicaire du Christ sur la terre.

31 décembre 2017, Fête de la Sainte-Famille, en l’année du centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fátima.

+ Tomash Peta, Archevêque Métropolite de l´archidiocèse de Saint Marie en Astana
+ Jan Pawel Lenga, Archevêque-Évêque de Karaganda
+ Athanasius Schneider, Évêque Auxiliaire de l´archidiocèse de Saint Marie en Astana





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21 septembre, 2017

Le nouvel institut Jean-Paul II pour la famille, un think-tank pour “Amoris laetitia”

Ce sont les évêques allemands qui le laissent dire sur le site officiel de leur conférence épiscopale.

Ou l'histoire d'une frauduleuse captation d'héritage…


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19 mai, 2017

Le cardinal Caffarra confirme les paroles de sœur Lucie sur la "dernière bataille"

Au Rome Life Forum, le cardinal Carlo Caffarra a personnellement confirmé les paroles adressées à lui par Sr Lucie de Fatima, affirmant que la dernière bataille de Satan contre Dieu portera sur la famille et le mariage. J'y reviendrai très prochainement : les conférences continuent. C'est la première fois que ces paroles de la voyante de Fatima sont confirmées en public par le cardinal, qui nous a parlé du devoir de témoignage qui nous incombe dans cette "dernière bataille".

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07 décembre, 2016

La conférence de Mgr Schneider à Rome : texte intégral

Avec l'aimable autorisation de la Fondazione Lepanto, je publie sans tarder le texte de la conférence de Mgr Schneider évoquée dans mon message précédent. Conférence prononcée en présence de nombreux clercs, religieux, laïcs soucieux du bien de l'Eglise, et surtout de deux des « Quatre Cardinaux » qui ont demandé au pape François de répondre à cinq « Dubia » sur l'Exhortation Amoris laetitia : le cardinal Raymond Burke et le cardinal Walter Brandmüller.

La conférence de Mgr Schneider a suscité leurs applaudissements et les remerciements chaleureux du cardinal Raymond Burke qui a prononcé quelques mots à la fin de la rencontre.

Texte de la conférence de Mgr Athanasius Schneider
le 5 décembre 2016 - Rome, Fondazione Lepanto 

La grandeur non négociable du mariage chrétien


Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ a prêché les vérités éternelles il y a deux mille ans, la culture et l’esprit qui régnaient à cette époque leur étaient radicalement opposés. Concrètement, il s'agissait du syncrétisme religieux, du gnosticisme des élites intellectuelles et de la permissivité morale, particulièrement en ce qui concerne l’institution du mariage. « Il était dans le monde, mais le monde ne l’a point connu » (Jean I, 10). Une grande partie du peuple d’Israël, en particulier les grands prêtres, les scribes et les pharisiens, rejetèrent le magistère de la Révélation divine du Christ et jusqu’à la proclamation de l’indissolubilité absolue du mariage : « Il est venu parmi les siens, mais les siens ne l’ont pas reçu » (Jean I, 11). Toute la mission du Fils de Dieu sur terre consistait à révéler la vérité : « C’est pourquoi je suis venu dans le monde, pour rendre témoignage à la vérité » (Jean 18, 37).

Notre-Seigneur Jésus-Christ est mort sur la Croix pour sauver les hommes du péché, s’offrant lui-même en parfait et agréable sacrifice de louange et d’expiation à Dieu le Père. La mort rédemptrice du Christ constitue également le témoignage qu’Il donnait de chacune de ses paroles. Le Christ était prêt à mourir pour la vérité de chacune de ses paroles : « Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ?… » (Jean 8, 40-46). Jésus était prêt à mourir pour la vérité, pour toutes les vérités qu’Il avait annoncées, y compris la vérité de l’indissolubilité absolue du mariage.

Jésus-Christ est le restaurateur de l’indissolubilité et de la sainteté originelle du mariage non seulement par sa parole divine, mais de façon plus radicale par sa mort rédemptrice, par laquelle Il a élevé la dignité créée et naturelle du mariage à la dignité de sacrement. « Le Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier. […] Car jamais personne n'a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Eglise, parce que nous sommes membres de son corps. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l'Eglise ! » (Eph. 5, 25.29-32). C’est pour ce motif que les paroles suivantes de la prière de l’Eglise s’appliquent aussi au mariage : « Dieu qui d’une manière admirable avez créé la dignité de la nature humaine et l’avez restaurée d’une manière plus admirable encore. »

Les apôtres et leurs successeurs, en premier lieu les pontifes romains, successeurs de Pierre, ont saintement gardé et fidèlement transmis la doctrine non négociable du Verbe Incarné sur la sainteté et l’indissolubilité du mariage, et aussi bien dans la pratique pastorale. Cette doctrine du Christ est exprimée dans les affirmations suivantes des apôtres : « Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les impudiques et les adultères. » (Hébreux 13, 4) et « A ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari ; si elle est séparée, qu'elle demeure sans se marier ou qu'elle se réconcilie avec son mari, et que le mari ne répudie point sa femme » (1 Cor. 7, 10-11). Ces paroles inspirées par le Saint-Esprit furent toujours proclamées dans l’Eglise durant deux mille ans, servant d’indication qui oblige, et de norme indispensable pour la discipline sacramentelle et la vie pratique des fidèles.

Le commandement de ne pas se remarier après s’être séparé de son conjoint légitime, n’est pas une règle positive ou canonique de l’Eglise, mais parole de Dieu, comme l’enseignait l’apôtre saint Paul : « J'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur » (1 Cor. 7, 10). L’Eglise a proclamé ces paroles de façon ininterrompue, interdisant aux fidèles validement mariés de contracter un mariage avec un nouveau partenaire. Par conséquent, l’Eglise, selon la logique Divine et humaine, n’a pas la compétence d’approuver ne serait-ce qu’implicitement une cohabitation more uxorio en dehors d’un mariage valide, en admettant ces personnes adultères à la sainte communion. Une autorité ecclésiastique qui promulgue des règles ou orientations pastorales prévoyant une telle admission, s’arroge un droit que Dieu ne lui a pas donné. Un accompagnement et un discernement pastoral qui ne proposent pas aux personnes adultères (ceux que l’on appelle les divorcés remariés) l’obligation divinement établie de vivre dans la continence comme condition sine qua non pour être admis aux sacrements, se révèlent en réalité un cléricalisme arrogant, puisqu’il n’y a pas de cléricalisme plus pharisien que celui qui s’arroge des droits divins.

L’un des témoins les plus anciens et sans équivoque de l’immuable pratique de l’Eglise romaine de ne pas accepter par la discipline sacramentelle la cohabitation adultère des fidèles encore liés à leur conjoint légitime par le lien matrimonial, est l’auteur d’une catéchèse connue sous le titre Le pasteur d’Hermas. Cette catéchèse a été écrite très probablement par un prêtre romain au début du deuxième siècle sous la forme littéraire d’un apocalypse ou récit de visions. Le dialogue suivant entre Hermas et l’ange de la pénitence, qui lui apparaît sous la forme d’un pasteur, démontre avec une admirable clarté l’immuable doctrine et pratique de l’Eglise catholique en cette matière :

« Que fera donc le mari, Seigneur, dis-je, si la femme persiste dans cette passion de l'adultère ? - Qu'il la renvoie, dit-il, et qu'il reste seul. Mais si, après avoir renvoyé sa femme, il en épouse une autre, lui aussi alors, commet l'adultère (Mc 10,11 Mt 5,32 Mt 19,9; cf. 1Co 7,11). - Et si, Seigneur, dis-je, après avoir été renvoyée, la femme se repent et veut revenir à son mari, ne faudra-t-il pas l'accueillir ? - Certes, dit-il. Si le mari ne l'accueille pas, il pèche, il se charge d'un lourd péché, car il faut accueillir celui qui a péché et qui se repent […] C'est en vue du repentir que l'homme ne doit pas se remarier. Cette attitude vaut d'ailleurs aussi bien pour la femme que pour l'homme. L'adultère, dit-il, ne consiste pas uniquement à souiller sa chair : celui-là aussi commet l'adultère, qui vit comme les païens. […] Si on vous a enjoint de ne pas vous remarier, homme ou femme, c'est parce que, dans de tels cas, la pénitence est possible. Donc, mon intention n'est pas de faciliter l'accomplissement de tels péchés, mais d'empêcher que le pécheur retombe. » (Herm. Mand., IV, 1, 6-11).

Nous savons que le premier grand péché du clergé fut celui du grand prêtre Aaron, quand il céda aux demandes effrontées des pécheurs et leur permit de vénérer l’idole du Veau d’or (cf. Ex. 32, 4), remplaçant dans ce cas concret le Premier Commandement du Décalogue de Dieu, c’est-à-dire en remplaçant la volonté et la parole de Dieu par la volonté pécheresse de l’homme. Aaron justifiait son acte de cléricalisme exacerbé par le recours à la miséricorde et à la compréhension des exigences des hommes. La Sainte Ecriture dit à ce propos : « Moïse vit que le peuple était livré au désordre, parce qu'Aaron l'avait laissé dans ce désordre, l’exposant à devenir la risée de ses ennemis. » (Ex. 32, 25).

Ce premier péché clérical se renouvelle aujourd’hui en substance dans la vie de l’Eglise. Aaron avait donné la licence de pécher contre le premier commandement du Décalogue divin et de pouvoir demeurer sereins et joyeux dans ce péché, si bien que les gens dansaient. Il s’agissait dans ce cas d’une joie dans l’idolâtrie, laetitia idolatriae : « Le peuple s'assit pour manger et pour boire; puis ils se levèrent pour se divertir. » (Ex. 32, 6). Au temps d’Aaron, il s’agissait du premier commandement. De nos jours, plusieurs membres du clergé, même parmi les plus hauts placés, remplacent le sixième commandement par la nouvelle idole de la pratique sexuelle entre des personnes qui ne sont pas validement mariées, c'est en un certain sens le Veau d’or vénéré aujourd’hui par des membres du clergé. L’admission de ces personnes aux sacrements sans leur demander de vivre dans la continence comme condition sine qua non, revient au fond à permettre de ne pas observer le sixième commandement. Et ces ecclésiastiques, comme autant de nouveaux « Aaron », tranquillisent ces personnes, leur disant qu’elles peuvent être sereines et joyeuses, c’est-à-dire continuer dans la joie de l’adultère, laetitia adulterii, en raison d’une nouvelle « via caritatis » et d'un prétendu sens « maternel » de l’Eglise, et qu’ils peuvent même recevoir l’Eucharistie. Par une telle orientation pastorale, les nouveaux « Aaron » du clergé font du peuple catholique la risée de ses ennemis, soit du monde non croyant et sans morale, qui pourra vraiment dire, par exemple :

•   Dans l’Eglise catholique, on peut avoir un nouveau partenaire à côté de son conjoint, et la cohabitation avec lui est admise dans la pratique. 
•   Dans l’Eglise catholique, une certaine polygamie est donc acceptée. 
•   Dans l’Eglise catholique, l’observance du sixième commandement du Décalogue, que hait tant notre société moderne, écologique et éclairée, peut admettre de légitimes exceptions. 
•    Le principe du progrès moral de l’homme moderne, selon lequel on doit accepter la légitimité des actes sexuels hors mariage, est finalement reconnu et accepté de façon implicite par l’Eglise catholique, qui a toujours été rétrograde, rigide et ennemie de la joie de l’amour et du progrès moral de l’homme moderne.

C’est en ces termes que commencent déjà à parler les ennemis du Christ et de la vérité divine, qui sont les véritables ennemis de l’Eglise. Par le nouveau cléricalisme aaronite, l’admission des adultères pratiquants et impénitents aux sacrements, rend les fils de l’Eglise catholique la risée de leurs ennemis.

Le fait que le saint qui donna le premier sa vie en témoin du Christ fut saint Jean-Baptiste, le précurseur du Seigneur, demeure toujours une grande leçon et un sérieux avertissement aux pasteurs et aux fidèles de l’Eglise. Son témoignage pour le Christ consista à défendre l’indissolubilité du mariage et à condamner l’adultère, sans l’ombre d’un doute ni d’une ambiguïté. L’histoire de l’Eglise catholique a l’honneur de compter de lumineuses figures qui ont suivi l’exemple de saint Jean-Baptiste ou ont donné comme lui le témoignage de leur sang, souffrant persécutions et préjudices personnels. Ces exemples doivent guider particulièrement les pasteurs de l’Eglise aujourd’hui, afin qu’ils ne cèdent pas à la tentation cléricale caractéristique de vouloir plaire davantage aux hommes qu’à la sainte et exigeante volonté de Dieu, volonté à la fois aimante et infiniment sage.

Dans la foule nombreuse de tant d’imitateurs de saint Jean-Baptiste, martyrs et confesseurs de l’indissolubilité du mariage, nous ne pouvons en rappeler que quelques-uns des plus significatifs.

Le premier grand témoin fut le pape Saint Nicolas Ier, dit le Grand. Il s’agit du conflit au IXe siècle entre le pape Nicolas Ier et Lothaire II, roi de Lotharingie. Lothaire, d’abord uni, mais non marié, avec une aristocrate du nom de Waldrade, puis uni par le mariage à la noble Theutberge pour des intérêts politiques, puis de nouveau séparé de celle-ci et marié à sa précédente compagne, voulut à tout prix que le pape reconnût la validité de son second mariage. Mais bien que Lothaire juisse de l’appui des évêques de sa région et du soutien de l’empereur Louis, qui vint envahir Rome avec son armée, le pape Nicolas Ier ne se plia pas à ses demandes et ne reconnut jamais son second mariage comme légitime.

Lothaire II, roi de Lorraine, après avoir répudié et enfermé son épouse dans un monastère, cohabitait avec une certaine Waldrade et recourant à des calomnies, menaces, tortures, demandait le divorce aux évêques locaux pour pouvoir l’épouser. Les évêques de Lorraine, au concile d’Aix-la-Chapelle en 862, cédant aux ruses du Roi, acceptèrent la confession d’infidélité de Teutberge, sans prendre en compte qu’elle lui avait été extorquée par la violence. Lothaire II épousa donc Waldrade, qui devint reine. Il y eut ensuite un appel de la reine déposée au pape, qui intervint contre les évêques complaisants, suscitant désobéissances, excommunications, et rétorsions de la part de deux d’entre eux qui se tournèrent vers l’empereur Louis II, frère de Lothaire. L’empereur Louis décida d’agir par la force et au début de l’année 864, vint à Rome avec les armes, envahissant la cité léonine avec ses soldats, dispersant même les processions religieuses. Le pape Nicolas dut quitter le Latran et se réfugier à Saint-Pierre et se dit prêt à mourir plutôt que de permettre de mener une vie more uxorio en dehors d’un mariage valide. Finalement l’empereur céda à la constance héroïque du pape et accepta ses décrets, obligeant aussi les deux archevêques rebelles Gontier de Cologne et Thietgaud de Trèves à accepter la sentence pontificale.

Le cardinal Walter Brandmüller examine en ces termes ce cas emblématique de l’histoire de l’Eglise :
« Dans le cas examiné, cela signifie que du dogme de l’unité, de la sacramentalité et de l’indissolubilité, enracinés dans le mariage entre deux baptisés, il n’y a pas de route qui permette de faire marche arrière, sinon celle – inévitable et pour cela à rejeter – de retenir que ce sont des erreurs dont il faut s’amender. L’attitude de Nicolas Ier, dans la discussion sur le nouveau mariage de Lothaire II, aussi conscient des principes qu’inflexible et intrépide, constitue une étape importante sur le chemin de l’affirmation de l’enseignement sur le mariage dans le milieu culturel germanique. Le fait que le pape, comme également ses divers successeurs en des circonstances analogues, se soit montré avocat de la dignité de la personne et de la liberté des faibles – c’était pour la plupart des femmes – a fait mériter à Nicolas Ier le respect de l’historiographie, la couronne de la sainteté et le titre de Magnus. »

Un autre exemple lumineux de confesseurs et martyrs de l’indissolubilité du mariage nous est offert par trois personnages historiques impliqués dans l’affaire du divorce d’Henri VIII, roi d’Angleterre. Il s’agit du cardinal saint Jean Fisher, de saint Thomas More et du cardinal Réginald Pole.

Quand on apprit pour la première fois qu’Henri VIII était en train de chercher des moyens pour divorcer de sa légitime épouse Catherine d’Aragon, l’évêque de Rochester, Jean Fisher, s’opposa publiquement à de telles tentatives. Saint Jean Fisher est l’auteur de sept publications où il condamne le divorce imminent d’Henri VIII. Le primat d’Angleterre, le cardinal Wolsey et tous les évêques du pays, à l’exception de l’évêque de Rochester, Jean Fisher, soutinrent la tentative du roi de rompre son premier mariage qui était valide. Sans doute agirent-ils ainsi pour des motifs pastoraux et alléguant la possibilité d’un accompagnement et discernement pastoral. Au contraire, l’évêque Jean Fisher eut le courage de faire une déclaration très claire à la chambre des Lords, affirmant que le mariage était légitime ; qu’un divorce serait illégal et que le roi n’avait pas le droit de poursuivre dans cette voie. Dans la même session du Parlement, fut approuvé le célèbre « Act of Succession », par lequel tous les citoyens devaient prêter le serment de succession, reconnaissant la progéniture d’Henri et Anne Boleyn comme légitimes héritiers du trône, sous peine d’être coupables du crime de haute trahison. Le cardinal Fisher refusa de prêter serment, fut emprisonné en 1534 à la Tour de Londres et décapité l’année suivante.

Le cardinal Fisher avait déclaré qu’aucun pouvoir ni humain ni divin ne pouvait rompre le mariage du roi et de la reine, parce que le mariage était indissoluble et que lui-même serait prêt à donner volontiers sa vie pour défendre cette vérité. Le cardinal Fisher faisait remarquer en cette circonstance que Jean-Baptiste ne voyait pas de mort plus glorieuse que celle offerte pour la cause du mariage, et pourtant le mariage n’était pas aussi sacré à cette époque qu’il le devint quand le Christ versa son sang pour le sanctifier.

Dans au moins deux récits de son procès, saint Thomas More observa que la vraie cause d’inimitié d’Henri VIII à son égard, était le fait que Thomas More ne reconnaissait pas Anne Boleyn comme la femme d’Henri VIII. L’une des causes de l’incarcération de Thomas More fut son refus d’affirmer avec serment la validité du mariage d’Henri VIII et Anne Boleyn. A cette époque-là, contrairement à la nôtre, aucun catholique ne croyait qu’une relation adultère puisse être, en des circonstances déterminées et pour des motifs pastoraux, considérée comme un vrai mariage.

Réginald Pole, futur cardinal, était un cousin éloigné du roi Henri VIII, et avait reçu de lui dans sa jeunesse une généreuse bourse d’études. Henri VIII lui offrit l’archevêché de York s’il le soutenait dans son procès de divorce. Pole aurait dû ainsi être complice du mépris qu’avait Henri VIII pour le mariage. Lors d’un entretien avec le roi au palais royal, Réginald Pole lui dit qu’il ne pouvait approuver ses plans, pour le salut de l’âme du Roi et pour ne pas aller à l’encontre de sa propre conscience. Personne jusqu’alors n’avait osé s’opposer ouvertement au roi. Quand Réginald Pole prononça ces paroles, le roi se mit dans une telle colère qu’il saisit son poignard. Mais la simplicité candide avec laquelle parlait Pole, comme s’il avait prononcé un message de Dieu, et son courage face à un tyran, lui sauvèrent la vie.

Certains membres du clergé suggérèrent à cette époque au cardinal Fisher, au cardinal Pole et à Thomas More d’être plus « réalistes » dans l’affaire de l’union irrégulière et adultère d’Henri VIII et Anne Boleyn, moins « tout noir ou tout blanc », et qu’on pourrait peut-être faire un bref procès canonique pour constater la nullité du premier mariage. On aurait pu ainsi éviter un schisme et empêcher Henri VIII de commettre ultérieurement de graves et monstrueux péchés. Et pourtant face à un tel raisonnement, il y a un grand problème : le témoignage entier de la Parole divine révélée et de la tradition ininterrompue de l’Eglise disent qu’on ne peut renier la réalité de l’indissolubilité d’un vrai mariage ou tolérer un adultère qui se consolide avec le temps, quelles que soient les circonstances.

Un dernier exemple est le témoignage de ceux que l’on appela les cardinaux « noirs » dans l’affaire du divorce de Napoléon Ier, un noble et glorieux exemple de membres du collège cardinalice pour tous les temps. En 1810, le cardinal Ercole Consalvi, alors secrétaire d’Etat, refusa d’assister à la célébration du mariage de Napoléon Ier et Marie-Louise d’Autriche, étant donné que le pape n’avait pas pu s’exprimer sur l’invalidité de la première union entre l’empereur et Joséphine de Beauharnais. Furieux, Napoléon ordonna que les biens de Consalvi et des 12 autres cardinaux soient confisqués et qu’ils soient privés de leur rang. Ces cardinaux allaient donc devoir se vêtir comme de simples prêtres et c’est ainsi qu’on les surnomma les « cardinaux noirs ». Le cardinal Consalvi raconta l’affaire des 13 « cardinaux noirs » dans ses Mémoires :

 « Nous fûmes donc obligés, le même jour, de ne plus faire usage des insignes cardinalices et de nous revêtir de noir, ce qui donna lieu à la dénomination des “Noirs” et des “Rouges”, par laquelle on désigna les deux parties du sacré Collège… Dans un premier accès de fureur, l’empereur ordonna d'abord de fusiller trois des cardinaux absents, Opizzoni, Consalvi et un troisième dont on ne sait pas le nom avec certitude (mais que l'on croit être le cardinal di Pietro), et s’étant finalement limité à moi seul, la chose ne se réalisa pas. »

Puis le cardinal Consalvi relate avec plus de détails :

« Après de nombreuses délibérations entre nous treize, nous arrivâmes à la conclusion qu’aux invitations de l’empereur, ayant rapport à son mariage, nous n'assisterions pas, ni au mariage ecclésiastique pour la raison énoncée ci-dessus, ni au mariage civil parce que nous estimions qu’il ne convenait pas à des cardinaux d’autoriser de leur présence la nouvelle législation, qui sépare un tel acte de la bénédiction nuptiale, ainsi qu’on l’appelle, indépendamment de ce que cet acte lui-même donnait lieu de regarder comme brisé légitimement le lien précédent, ce que nous ne pensions pas, et avec justice. Nous décidâmes donc de ne pas y assister. Quand le mariage civil eut lieu à Saint-Cloud, les treize n'assistèrent pas. Vint le jour où se fit le mariage ecclésiastique. On prépara les sièges pour tous les cardinaux ; jusqu’à la fin on ne perdit pas l'espoir de les compter tous parmi les spectacteurs de cet acte qui intéressait le plus vivement la Cour. Mais les treize ne parurent point. Les quatorze autres cardinaux assistèrent … Quand l'empereur entra dans la chapelle, son regard se porta d'abord vers l'endroit où étaient les cardinaux. En n’y voyant que le nombre de quatorze, son visage parut si courroucé que tous les assistants s’en aperçurent… 
« Nous nous rencontrâmes presque tous ensemble dans l'antichambre du ministre, et on nous introduisit dans son cabinet. Onze y étaient, ainsi que le ministre de la police, Fouché. Dès que Fouché m'aperçut : “Eh bien! Monsieur le cardinal, s'écria-t-il, je vous ai prédit que les conséquences seraient affreuses. Ce qui me fait le plus de peine, c'est que vous soyez du nombre !” 
« Ils nous firent asseoir en cercle, et alors le ministre des Cultes commença un long discours qui ne fut compris que du plus petit nombre, car, parmi les treize, il y en avait à peine trois qui sussent le français. Il nous dit donc, en substance, que nous avions commis un crime d'Etat, et que nous étions coupables de lèse-majesté ; que nous avions comploté contre l'empereur. De ce délit, interdit et puni très sévèrement par les lois en vigueur, il se trouvait dans la désagréable nécessité de nous manifester les ordres de sa Majesté nous concernant, qui se réduisaient à trois points, à savoir : 1° nos biens, soit ecclésiastiques, soit privés, nous étaient enlevés et mis sous séquestre; nous en étions entièrement dépouillés ; 2° on nous défendait de faire usage des insignes cardinalices et de toutes marques de notre dignité, sa Majesté ne nous considérant plus comme cardinaux ; 3° sa Majesté se réservait de statuer sur nos personnes. Il nous fit entendre que quelques-uns d’entre nous seraient mis en jugement. Nous fûmes donc obligés, le même jour, de ne plus faire usage des insignes cardinalices et de nous revêtir de noir, ce qui donna lieu à la dénomination des “noirs” et des “rouges”, par laquelle on désigna les deux parties du sacré Collège. »

Il nous faudrait aujourd'hui beaucoup de « cardinaux noirs » !

Que le Saint-Esprit suscite en tous les membres de l’Eglise, du plus simple et humble fidèle jusqu’au Souverain Pontife, toujours davantage de courageux défenseurs de la vérité de l’indissolubilité du mariage et de la pratique immuable de l’Eglise en cette matière, même si une telle défense devait risquer de leur apporter de considérables préjudices personnels. L’Eglise doit plus que jamais s’employer à annoncer la doctrine et la pastorale du mariage, afin que dans la vie des époux et spécialement de ceux que l’on appelle les dicorcés remariés, soit observé ce que le Saint-Esprit a dit dans la Sainte Ecriture : « Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure » (Héb. 13, 4). Seule une pastorale du mariage qui prend encore au sérieux ces paroles de Dieu se révèle véritablement miséricordieuse, puisqu’elle conduit les âmes pécheresses sur la voie sûre de la vie éternelle. Et c’est cela qui compte !

Traduction de l'italien vers le français : Marie Perrin, pour la Fondazione Lepanto

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