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01 août, 2019

Stanisław Grygiel, philosophe ami de Jean-Paul II, dénonce la destruction de l'Institut Jean-Paul II

Le grand vaticaniste Aldo Maria Valli vient d’interviewer le Pr Stanisław Grygiel, grand ami de Jean-Paul II, sur la destruction de l’Institut Jean-Paul II sur la famille et le mariage. Je vous propose ici une traduction de travail intégrale de cet entretien paru sur le blog d’Aldo Maria Valli, Duc in altum. – J.S.







***

Entretien avec de Stanisław Grygiel :
« On ne rénove pas sa maison en la détruisant. »

Chers amis de Duc in altum, je suis particulièrement heureux de vous offrir aujourd'hui une interview exclusive du Professeur Stanisław Grygiel, philosophe polonais, grand ami de Saint Jean Paul II et jusqu'à récemment, avant son éloignement, professeur à l'Institut Théologique Pontifical fondé par le Pape Wojtyła lui-même. Une vaste interview, dans laquelle le professeur Griygiel évoque les événements dans lesquels il a été impliqué, mais où il explique surtout ce qui constitue, selon lui, la nature de la crise actuelle de l'Eglise. Il prononce des paroles très claires : « L'Eglise d'aujourd'hui a besoin d'un Moïse qui, porté par la colère du Dieu miséricordieux, à qui il parle dans la montagne, va passer par le feu et par l'épée tous ces veaux d'or adorés par le peuple –  avec l'autorisation de tant de pasteurs – pour y chercher le bonheur. »

*

Professeur Gygiel, vous avez parlé de « pragmatisme théologique » par rapport à la théologie dominante actuelle. Qu'entendez-vous par cette expression et quels sont les objectifs d'un tel pragmatisme ?

Le principe marxiste de la pensée est le suivant : la praxis précède et détermine le logos, c'est-à-dire de la vérité. Elle a ainsi bouleversé non seulement la vie intellectuelle du monde occidental, mais aussi la vie de l'Église catholique. Je me souviens des années 1966-67 passées à l'Université Catholique de Louvain en Belgique et de nombreuses leçons de théologie et de philosophie faites selon ce principe. Il en est résulté une théologie pragmatique et une pastorale tout aussi pragmatique, qui ont commencé non pas avec la Personne du Christ, mais avec la description sociologique des différents comportements des hommes. Si la majorité divorce, alors… Beaucoup de théologiens et, malheureusement, beaucoup de pasteurs de l'Église catholique  également, oublient de parler avec le Fils du Dieu vivant. Ils manquent de foi, dans le sens où ils manquent de confiance en la Personne du Christ et, par conséquent, de foi en l'homme.

L'Union soviétique, ne parvenant pas à conquérir l'Europe occidentale par des moyens militaires, a essayé de pénétrer la mentalité des intellectuels, afin de pouvoir la soumettre aux ordres des seigneurs de ce monde. Elle a parfaitement réussi, comme on le voit aujourd'hui, alors que nous vivons les conséquences désastreuses de cette action astucieuse des agents communistes et de leurs « idiots utiles » occidentaux.

Nous savons que vous avez été exclu, avec d'autres enseignants, de l'Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille. Au-delà de votre cas particulier, qu'enseigne cette affaire ? Pourquoi cette révolution ?

Je ne peux pas cacher la douleur que m'a provoqué le fait que l'Institut fondé par Saint Jean Paul II ait été démantelé il y a deux ans. Le licenciement des professeurs est un acte conforme à cette décision. Donc cela ne me surprend pas. Je regrette seulement la confusion dans laquelle sont tombés les élèves et dans laquelle ils se sentent perdus. Quelqu'un s'en rendra compte un jour. Saint Jean Paul II a préparé avec ferveur et passion les premiers professeurs pour cette grande mission. Quelques mois avant la fondation de l'Institut, il nous a invités dans son appartement pour méditer avec nous sur la situation dans laquelle se trouvait non seulement l'Église mais aussi le monde. Il voulait créer un Institut dans lequel la théologie naîtrait de l'expérience morale de la personne humaine et du Verbe divin où la vérité de l'homme a été pleinement révélée. Il n'est donc pas étonnant qu'à cette époque, nous ayons médité en priant et prié en méditant. Devant Dieu et devant l'homme qui brûle de lui, comme le buisson sur la montagne dans le pays de Moriah, nous devons nous agenouiller. Sinon, nous ne comprendrons pas « l'univers et l'histoire » (cf. Redemptor hominis, 1).

J'avoue que je ne comprends pas pourquoi les exécuteurs de la décision du pape d'abolir l'Institut fondé par saint Jean Paul II parlent d'approfondir, d'élargir et d'élargir l'enseignement de Jean Paul II. On ne rénove pas une maison en la détruisant, y compris ses fondations. Il vaudrait mieux parler clairement et sans ambages selon le commandement de l'Évangile : « Mais que votre parole soit: Oui, oui; non, non. Ce qui est en plus de cela vient du Malin. » (Mt 5, 37).

Vous me demandez : pourquoi cette révolution ? Peut-être que les spécialistes de l'histoire en révéleront les raisons et les raisons. C'est Dieu, cependant, qui les jugera. Chaque révolution part de zéro et atteint son point de départ. Toujours et partout le révolutionnaire finit comme il commence : tel est le commencement, telle est la fin. Je vois la situation qui s'est créée aujourd'hui comme un moment du conflit permanent entre les deux visions de l'homme. Karol Wojtyła part de la Parole de Dieu et de l'expérience morale de la personne humaine. Pour lui, donc, les « catégories » fondamentales sont la vérité qui jaillit de l'acte de création et du mensonge que l'homme commet quand il « crée » ses propres vérités. C'est précisément pour cette raison que l'expérience de la personne humaine a un caractère moral, c'est-à-dire qu'elle consiste à vivre les actions comme bonnes ou mauvaises. Le « pragmatisme » est un déni total du « centre de l'univers et de l'histoire », c'est-à-dire le Fils du Dieu vivant.

L'Église catholique vit une période de confusion, marquée par de profondes divisions. Comment jugez-vous la situation ?

L'Église catholique, en s'ouvrant au monde, s'est trouvée dans la situation dans laquelle se trouve le monde postmoderne, marqué par le « pragmatisme ». La théologie et la philosophie postmodernes sont réduites à un jeu d'opinions (prédicats) et ne considèrent plus l'homme comme la magna quaestio de saint Augustin. La question du sens de la vie disparaît et sa place est prise par la question du bonheur comprise horizontalement.

Théologiens et philosophes pour qui la théologie et la philosophie ne sont rien de plus que des jeux d'opinion s'agenouillent non pas devant Dieu, mais devant leurs propres produits. En jouant leurs cartes, ils s'adorent eux-mêmes. Mais de cette façon, ils risquent de devenir victimes des tricheurs.

L'Église a aujourd'hui besoin d'un Moïse qui, porté par la colère du Dieu miséricordieux avec lequel il parle sur la montagne, mettra tous les "veaux d'or" au feu et à l'épée dans l'adoration desquels le peuple, avec la permission de tant de pasteurs, cherche le bonheur. L'Eglise d'aujourd'hui a besoin d'un Moïse qui, porté par la colère du Dieu miséricordieux, à qui il parle dans la montagne, va passer par le feu et par l'épée tous ces veaux d'or adorés par le peuple –  avec l'autorisation de tant de pasteurs – pour y chercher le bonheur.

A la lumière de ce qui se passe à l'Institut Jean-Paul II, beaucoup ont l'impression que le magistère du Pape Wojtyła, surtout en ce qui concerne les questions de morale familiale, a fini au grenier, là où on met les choses dont on n'a plus besoin. Partagez-vous ce jugement ?

Je ne le partage pas, même si, humainement, cela semble être le cas. L'Église vit de la foi du peuple, dont chaque Pierre est le gardien. Les théologiens peuvent l'aider ou non à mieux comprendre cette foi, mais c'est lui qui est le garant de la fidélité de l'Église à la Parole du Fils du Dieu vivant. Les théologiens peuvent interrompre la Tradition et essayer de tout recommencer. Loin du principe sur lequel repose l'Évangile, ils peuvent inventer de nouvelles interprétations de l'Évangile lui-même pour le rendre acceptable dans le monde postmoderne. Mais tôt ou tard, le cœur de l'homme orienté vers l'Amour qui est Dieu se réveillera en criant qu'il ne peut plus vivre loin de la maison du Père.

La sagesse qui vient de Dieu demeure pour toujours. La stupidité qui vient de l'homme passe, laissant l'homme dépendre non pas de la vérité mais des vents. Un soir, le saint pape Jean-Paul II m'a remis entre les mains la lettre qu'un théologien moral mondialement connu, lui a écrite. Le théologien a demandé au Pape de changer l'éthique de la vie conjugale, sinon, selon ce théologien, l'Église perdrait ses fidèles. « Qu'en penses-tu ? » me demanda le Pape. J'ai répondu peut-être trop brusquement : "Il a écrit une chose stupide". Le Pape m'a regardé et après quelques secondes il m'a dit : « C'est vrai, mais qui le lui dira ? »

Il est largement admis qu'Amoris laetitia représente une véritable rupture par rapport à l'enseignement précédent. Le professeur Seifert a même parlé d'une « bombe atomique » qui risque de détruire tout l'édifice moral catholique. Qu'en pensez-vous ?

N'étant pas théologien, je n'ai pas envie de juger. Je suis un simple croyant et en tant que tel, je peux et dois avouer que je ne me trouve dans ce texte qu'en partie. Mon expérience de l'amour est plus évangélique que sociologique et psychologique. Celui qui veut connaître la nature de la personne humaine, c'est-à-dire son être orienté vers Dieu, doit contempler les saints et surtout le Fils du Dieu vivant, devenu homme dans le sein de la Vierge Mère, Marie. Décrire les maladies matrimoniales et sexuelles n'est pas la réalisation du commandement qui dit « Allez dans le monde et prêchez l'Evangile ! »

En ces temps, je me rappelle souvent les paroles du Christ, selon lesquelles « quiconque » abandonne sa femme et prend une autre femme commet l'adultère (cf. Jn 2, 25). Il le dit de tout homme, sans exception. Il le dit parce qu'il sait ce qu'il y a à l'intérieur de l'homme. S'il est vrai qu'aujourd'hui, dans certains cas, il ne s'agit pas d'adultère, comme le disent certains théologiens, cela signifie que le Christ ne sait pas ce qui est à l'intérieur de l'homme. Il n'est donc pas Dieu. « Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18,8).

Ce document, s'il était plus court, serait plus expressif et peut-être plus clair et plus conforme aux paroles de l'Evangile : « Oui, oui - oui - non, non. » Au lieu de cela, une note de bas de page obscurcit tout son contenu.

Si vous deviez parler de Jean-Paul II à un jeune homme d'aujourd'hui, comment présenteriez-vous, en quelques mots, le saint pape ?

Jean-Paul II dirait à un jeune homme d'aujourd'hui les mêmes paroles qu'il a dites aux gens sur la place Saint-Pierre le jour de son intronisation : « N'ayez pas peur ! »  Elle le conduirait à l'acte de création et à l'acte du Jugement dernier, car ce n'est qu'à la lumière du Principe et de la Fin que l'homme aperçoit la vérité, à laquelle il est orienté. Ensemble avec le jeune homme d'aujourd'hui, il contemplerait la beauté de l'Amour qu'est Dieu et chercherait à éveiller en lui l'amour pour que le jeune homme puisse croire en Dieu. Je pense que l'expérience de la beauté de la personne humaine, de la beauté de son amour, montre le chemin qui peut conduire un jeune aujourd'hui à Dieu. C'est peut-être pour cela que le malin essaie de porter un coup mortel à l'amour humain et à tous ceux qui, fascinés par lui, courageusement, sans crainte, révèlent sa vérité. Le malin espère (c'est son seul espoir) qu'en frappant l'amour divin-humain, il détruira le fondement du mariage et de la famille et, à la fin, celui de l'Église. La lettre de Sœur Lucie au Cardinal Carlo Caffarra en parle clairement et sans ambages.

Professeur, la famille chrétienne, fondée sur le mariage, a-t-elle un avenir ?

Tout homme, tout mariage, toute famille ont un avenir devant eux, à condition qu'ils soient attachés à la vérité. « La vérité te rendra libre », dit le Christ. La liberté qui est le fruit de l'adhésion vérité représente l'avenir auquel aspire le cœur humain. Il n'est pas nécessaire de défendre la vérité. La vérité se défendra toute seule. Ceux qui comptent sur les jeux et les calculs humains perdront tout, même s'ils ont apparemment déjà tout gagné. Les succès de ce monde ne sont pas ceux que recherchent les gens attachés à la vérité. Ils visent la victoire éternelle. C'est pourquoi ils y participent déjà aujourd'hui. La personne humaine peut être tuée, la communion dans laquelle elle vit peut parfois être détruite, mais la vérité ne sera jamais totalement détruite, car elle est invincible.


© leblogdejeannesmits pour cette traduction de travail.



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George Weigel dénonce la destruction de l'Institut Jean-Paul II : “Le nouveau sac de Rome”

Ce qui arrive à l'Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille, en cours de saccage avec la montée en puissance de son nouveau Chancelier, Mgr Vincenzo Paglia (commanditaire d'une fresque homoérotique pour sa cathédrale de Terni), est un vrai reniement de l'héritage de Jean-Paul II. Le biographe du pape polonais en est convaincu. La tribune de George Weigel dans The Catholic World Report est à lire sur le site benoit-et-moi, qui en a réalisé la traduction intégrale :

Le nouveau sac de Rome par des vandales 

Un exercice de vandalisme intellectuel brut est en cours à Rome depuis le 23 juillet: ce qui s’appelait à l’origine l’Institut pontifical Jean-Paul II pour le mariage et la famille a été péremptoirement mais systématiquement dépouillé de ses plus éminents professeurs, et ses cours fondamentaux en théologie morale fondamentale ont été annulés. Parallèlement, des universitaires connus pour s’opposer à l’enseignement de Humanae Vitae sur les moyens appropriés de réguler la fertilité et à celui de Veritatis Splendor sur les actes intrinsèquement mauvais sont nommés… Lire la suite ici.


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25 juillet, 2019

L'Institut Jean-Paul II rayé de la carte, le nouvel institut n'enseignera plus la théologie morale fondamentale

Je vous propose ici la traduction d'un article de Diane Montagna de LifeSiteNews sur le nouveau tremblement de terre qui s'est produit à l'Institut Jean-Paul II pour la famille, déjà rebaptisé en octobre 2017 Institut théologique des sciences du mariage et de la famille et dont l'objectif affiché est la mise en œuvre d' Amoris laetitia. Disparition du cours de théologie morale fondamentale, renvoi de deux figures historiques – Mgr Livio Melina et le P. José Noriega, tous deux réputés pour leur orthodoxie doctrinale – suspension de tous les autres professeurs et surtout putsch en faveur du Grand Chancelier Mgr Vincenzo Paglia, désormais doté de pouvoirs exorbitants.

Tous cela a été formalisé par la publication en catimini de nouveaux statuts qui avaient provoqué une levée de boucliers en juin dernier lorsque le corps enseignant en place avaient été invités à donner leur avis sur ce texte dont les effets révolutionneront définitivement le reliquat de l'Institut Jean-Paul II, bel et bien enterré.

Sur les frasques doctrinales et la fresque « homo-érotique » de Mgr Vincenzo Paglia, une rapide recherche sur Internet vous renseignera ad nauseam. – J.S.


*

Tous les professeurs ont été suspendus et le président congédié
 dans le cadre de la " destruction " de l'Institut Jean-Paul II


Dans le cadre d’une attaque contre l'enseignement moral de l'Église catholique, aux dires de ceux qui la dénoncent, le successeur du cardinal Carlo Caffarra à l'Institut du mariage et de la famille fondé par Jean-Paul II a été mis à l’écart, tandis que le cours de théologie morale fondamentale et spécialisée de l'Institut a été supprimé.

Mgr Livio Melina, titulaire de la Chaire de Théologie morale fondamentale, et le P. José Noriega, titulaire de la Chaire de Théologie morale spécialisée, n'enseigneront plus à l'Institut à partir de cet automne. Le sort d'autres professeurs également fidèles à l'enseignement de l'Église sur le mariage et la famille demeure inconnu.

Le média catholique italien, La Nuova Bussola Quotidiana, a annoncé mardi que la veille, à la suite de l'approbation des nouveaux statuts de l'Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille, tous les professeurs ont reçu une lettre annonçant leur suspension officielle, en attendant les décisions qui vont être prises au sujet des cours pour la prochaine année universitaire et de leurs professeurs.

Selon certaines informations, la lettre informait également les professeurs que chacun connaîtrait son sort dans les jours à venir. Alors qu'on s'attend à ce que la plupart des professeurs soient reconfirmés, le couperet est tombé pour les deux hommes qui symbolisent le mieux l'époque de Jean-Paul II : Mgr Livio Melina et le P. José Noriega.

Ce coup d'État a été mené sous la direction du nouveau Grand Chancelier de l'Institut, Mgr Vincenzo Paglia, et vise à mettre en œuvre le décret Summa familiae cura signé par le pape François en 2016, qui crée ainsi un nouvel institut. Ce décret de septembre 2016 a été publié quelques jours à peine après la mort du cardinal Caffarra.

Le rédacteur en chef de La Nuova Bussola, Riccardo Cascioli, a souligné dans son article la portée du licenciement de Mgr Livio Melina, successeur du président fondateur de l'Institut Jean-Paul II, le cardinal Carlo Caffarra. Dans la lettre qu'il a reçue lundi, Mgr Melina a été informé que l’enseignement de la théologie morale fondamentale a été éliminé dans les nouveaux statuts, et qu'il n'y a donc pas de poste pour lui.

Soulignant le rôle de plus en plus important joué par Mgr Melina dans l'expansion et la croissance de l'Institut JPII, Riccardo Cascioli note que Melina est entrée à l'Institut comme étudiant au moment de sa fondation en 1982. En 1985, il fut le premier étudiant à y obtenir le doctorat.

Melina a également été au service de la Congrégation pour la Doctrine de la foi pendant six ans. Il a soutenu avec succès sa thèse de doctorat sur « La conscience morale chez saint Thomas d'Aquin » en présence du cardinal Josef Ratzinger, alors préfet.

En 1986, Mgr Melina a commencé à enseigner la théologie morale fondamentale à l'Institut JPII et, en 1991, il est devenu professeur titulaire, succédant ainsi au cardinal Caffarra comme directeur du département. En 2002, il a été nommé vice-président de l'Institut. Mgr Melina est président de l'Institut Jean-Paul II depuis 2006, poste qu'il a occupé jusqu'en 2016. Mais au moment des deux synodes sur la famille et de la publication d'Amoris Laetitia, Melina a été remplacée par Monseigneur Pierangelo Sequeri, musicologue et théologien.

Cascioli note aussi que les dix ans de la présidence de Mgr Melina auront été une période d'« expansion maximale » de l'Institut. Au cours de la dernière année de sa présidence, l’Institut comptait 516 étudiants à Rome et 3.200 étudiants dans le monde entier dans ses six centres. La recherche à l'Institut a également connu une progression importante sous la direction de Mgr Melina, particulièrement dans le domaine de la théologie morale, grâce à des conférences, des publications et à la collaboration internationale. La recherche en théologie sacramentelle et sur la pensée de Jean-Paul II se sont également développées, en particulier grâce à la Chaire Wojtyła confiée au philosophe polonais Stanislaw Grygiel, un grand ami du Pape polonais.

Mgr Melina a continué à enseigner la théologie morale à l'Institut après qu’il a  été destitué de son poste de président, mais « ses jours étaient clairement comptés », écrit Cascioli. « Il était clair qu'il était le pilier à abattre pour faire tomber toute la structure. »

« L'œuvre de destruction, commencée par le (décret) du Pape François qui a créé un nouvel institut confié à Monseigneur Vincenzo Paglia en tant que Grand Chancelier, est maintenant dans une phase décisive avec l'approbation des nouveaux statuts et du nouveau programme », ajoute Casioli.
Mgr Paglia et Mgr Sequeri ont consulté les professeurs de l'Institut et leur ont fait croire que leur révision des anciens statuts, soumise en mars 2019, serait prise en considération. Après avoir fait attendre les professeurs pendant quatre mois sans nouvelles, Mgr Paglia a publié sa propre version des nouveaux statuts, qu'il avait déjà essayé d'imposer en juin – mais les professeurs s’étaient rebellés. Cette procédure est donc perçue par certains comme une « imposition totalitaire » des nouveaux statuts.

Les nouveaux statuts (art. 5, 25-39) confèrent également un pouvoir sans précédent à l'archevêque en tant Grand Chancelier. Dans d'autres universités pontificales, le rôle du Grand Chancelier est plus formel. Selon les nouveaux statuts, Paglia a le pouvoir d'engager et de licencier des professeurs, de nommer le président et le vice-président. Elle le rend aussi omniprésent dans toutes les structures internes de l'Institut, même si son curriculum vitae révèle qu'il n'est même pas titulaire d'un doctorat.
En ce qui concerne le contenu des cours du nouvel Institut, les statuts ont éliminé les cinq programmes de Master proposés : Master en bioéthique, en sexualité et fertilité, en conseil familial, en pastorale familiale et en études sur le mariage et la famille. Des médecins, des infirmières, des avocats, des psychiatres, des psychologues, des catéchistes et des enseignants ont suivi ces formations et obtenu les diplômes à l’Institut.

Les programmes de licence et de doctorat ont été conservés, mais on ne trouve dans les statuts aucune référence explicite à Jean-Paul II, à la théologie du corps ou à Humanae Vitae.

L'article 89 des statuts précise que la période de transition en vue du nouveau programme d'études sera de trois ans. Le nouveau et l'ancien programme existeront donc côté à côte pendant les trois prochaines années, mais sans le bénéfice de l’enseignement de Mgr Melina, du P. Noriega, et peut-être de quelques autres professeurs orthodoxes et qualifiés.

Diane Montagna, LifeSiteNews



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10 juillet, 2019

Vincent Lambert : les déplorables déclarations de Mgr Vincenzo Paglia de l'Académie pontificale pour la vie (sic)

Il aurait mieux fait de se taire. Mgr Vincenzo Paglia a choisi cette heure dramatique où Vincent Lambert agonise depuis huit jours dans son lit d'hôpital, sans eau et sans alimentation, avec la mort pour seul horizon puisque ses organes ont été irrémédiablement atteints par cet assoiffement délibéré, pour faire une déclaration des plus affligeantes. Lui, le président de l'Académie pontificale pour la vie nouvelle manière, ne trouve à déplorer que le « conflit ».

Voici ma traduction rapide des propos qu'il a publiés aujourd'hui dans Famiglia christiana. J'y ajoute quelques commentaires entre crochets, en gras et italique.


Vendredi 28 juin, la Cour de cassation française s'est prononcée contre l'interdiction de suspendre l'alimentation artificielle et l'hydratation de Vincent Lambert. Une interdiction décidée par la cour d'appel à la demande du Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) des Nations unies, interrogé par les avocats des parents du patient. Les tracas liés aux ordres et contre-ordres des organes judiciaires faisant autorité indiquent clairement la difficulté de la situation.
[Comme si la situation était « difficile ». Comme s'il n'avait pas compris que Vincent Lambert n'est pas en fin de vie, sinon par la volonté de médecins qui veulent sa mort. Comme si les différentes décisions judiciaires.]
Le drame de Vincent Lambert a pris une résonance médiatique et une signification symbolique qui dépasse la singularité de sa situation. De multiples niveaux y sont entrelacés : familial, médical, juridique, politique et médiatique. Tout cela rend très délicate la formulation d'un jugement éthique, notamment parce que les données cliniques sont très complexes et ne sont pas directement accessibles dans tous leurs détails.
[Même remarque. Sur le plan éthique, l'affaire n'est justement pas complexe, du moins pour un moraliste catholique qui peut d'ailleurs se référer aux textes on ne peut plus clairs de Jean-Paul II sur l'alimentation et l'hydratation, soins ordinaires toujours dus aux malades sauf quand ils n'atteignent pas leur but et les font souffrir.] 
LES EVÊQUES FRANÇAIS
Pour sa part, la Conférence des évêques de France a souligné qu’elle n'avait pas compétence pour s'exprimer sur le cas concret, évitant de se substituer à la conscience de ceux qui sont responsables de la décision, mais apportant plutôt sa propre contribution pour éclairer la voie menant au jugement.
Elle s’est donc limitée à quelques considérations générales, sans prétendre s’impliquer dans l’appréciation du cas d'espèce, notamment en raison de l'impossibilité de disposer de toutes les informations nécessaires.
 [Oui, hormis de notables exceptions, on avait remarqué ce comportement cauteleux.]
Le douloureux conflit familial autour de l’hypothèse de la suspension de l’alimentation et de l’hydratation artificielles, puisque qu’il est exclu d’accéder à la connaissance de la volonté du patient est exclu – élément essentiel pour évaluer la proportionnalité du traitement – a conduit à une impasse qui dure depuis des années.
 [Scandaleux raccourci. La volonté du patient doit certes être prise en compte pour évaluer la proportionnalité d'un traitement, mais la nourriture et l'alimentation ne son pas un traitement, mais des soins ordinaires. Refuser consciemment et délibérément de manger et de boire en vue mourir est objectivement une manière de suicide, même si subjectivement il peut s'agir du résultat d'un tragique désordre mental.
La question éthique est dès lors imbriquée dans la sphère juridique. L’utilisation de moyens judiciaires a rendu le conflit plus rigide et l’a exacerbé. 
[Vous avez bien lu : les coupables sont ceux qui ont choisi les moyens judiciaires. A savoir, au départ, Viviane et Pierre Lambert qui ont été mis en 2013 devant le fait accompli de l'arrêt de l'alimentation et de l'essentiel de l'hydratation de leur fils cérébrolésé. Insupportable !]
Sans entrer dans les détails techniques de la sentence, on peut dire que la Cour suprême a examiné le choix de la suspension, qui, chez les médecins, était arrivé après une évaluation collégiale approfondie, compatible avec la loi en vigueur en France.
[Ah les merveilleux médecins, et la magnifique loi Leonetti !] 
Mais dans cette longue et fatigante controverse, l'opposition (entre les parties) a envahi la sphère publique, avec un large écho médiatique, prenant la forme d'une bataille entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre l'euthanasie. Les évêques ont tout d'abord clairement réaffirmé la négativité de cette pratique. Ils ont également attiré l'attention sur l'importance des plus faibles pour la construction de la convivialité sociale. Et ils ont souligné les retombées que le choix d'arrêter le traitement peut avoir sur ceux qui se trouvent dans des situations similaires (environ 1.700 personnes en France), pour leurs familles et pour les professionnels de santé. Cette observation est particulièrement pertinente.
 [Mais cette bonne note accordée aux évêques de France ne provoque nulle juste prise de conscience de ce qui se passe actuellement à Reims : l'exhibition publique, pour l'exemple, du caractère euthanasique des lois Leonetti 1 et 2.]
ENTRE MÉDECINE, DROIT ET CULTURE
  
En outre, d'autres événements récents, comme celui d'Alfie Evans en Angleterre et de Noa Pathoven aux Pays-Bas, ont également profondément perturbé et divisé l'opinion publique au-delà des frontières de leurs pays respectifs. Il faut souligner que ces situations sont très différentes et non comparables, pour des raisons cliniques et existentielles. Mais ils ont des points communs. D’une part, le fait que les décisions concernant la vie et la mort sont en jeu, ce qui rend conflictuelle la définition de qui a le droit de faire de tels choix : la personne malade, les membres de sa famille, les médecins, les juges. D’autre part, les moyens de plus en plus puissants dont dispose la médecine, posent de plus en plus la question de la limitation des traitements.
[Toujours cette confusion volontaire entre soins et traitements, qui est au fondement même des lois euthanasiques Leonetti 1 et 2.]
Ces événements nous obligent donc à clarifier et à approfondir le rôle et la signification des soins médicaux et les critères qui régissent leur utilisation. Le pape François nous a également rappelé qu'il est nécessaire d'éviter une prolongation aveugle des fonctions biologiques, en perdant de vue le bien intégral de la personne (Discours à la Convention sur le suicide assisté de l'Association Médicale Mondiale, 16 novembre 2017). 
[Répétons avec Paglia : « Le pape François nous a également rappelé qu'il est nécessaire d'éviter une prolongation aveugle des fonctions biologiques. » Vincent Lambert, une addition de fonctions biologiques ? Oui il faut clarifier, approfondir, mais la réflexion doit porter sur la vie humaine et sur un simple commandement, suranné quelque peu sans doute mais tellement limpide : Tu ne tueras point l'innocent.]
Face à ces déchirements dramatiques, il s’agit tout d’abord d’assumer une attitude de recueillement et de prière de proximité, afin que nous puissions trouver des moyens de communication qui favorisent la réconciliation plutôt que la controverse, au niveau familial et social. Nous devons également éviter de ne confier la solution qu’à un geste technique ou juridique afin de rechercher ensemble l’accord le plus large possible. C’est un cheminement qui exige un engagement, non seulement personnel mais aussi collectif, pour élaborer ce sens de la vie que la souffrance remet en question et pour affronter la limite radicale que représente la mort. Il s’agit d'éveiller les forces que la culture a toujours mobilisées dans l'histoire de l'humanité, dans toutes ses expressions symboliques, de l’artistique au religieux, offrant des raisons de vivre. Seule une formation plus étendue et plus profonde des consciences peut nous préparer à des décisions aussi dramatiques et complexes. En sachant que personne ne devrait jamais être abandonné. Que l’amour doit toujours l’accompagner. Cet amour qui vainc aussi la mort.
Mgr Vincenzo Paglia 

Je m'abstiens de commenter cette langue de buis ecclésiastique et très peu catholique. Il y a en effet une crise de la conscience dans certaines sphères haut placées de la hiérarchie de l'Eglise. La même qui a mené Vincent Lambert là où il est aujourd'hui.

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© leblogdejeannesmits



05 juillet, 2015

Conseil pontifical pour la famille : Mgr Jean Laffitte limogé ? Mgr Paglia s'exprime sur les couples « irréguliers »

Mgr Jean Laffitte, secrétaire général du Conseil pontifical pour la famille, vient donc d'être nommé
prélat de l'Ordre de Malte, où il rejoindra le cardinal Raymond Burke, lui-même nommé cardinal patron de l'Ordre peu après le synode extraordinaire du la famille à l'automne dernier.

Pour le cardinal Burke, ce fut un limogeage qui suivit les prises de positions très nettes, pendant les mois qui précédèrent le synode et plus encore pendant le synode – date à laquelle son départ de la Signature apostolique était déjà pressentie – contre les propositions d'« ouverture » du cardinal Kasper aux divorcés « remariés » et aux « couples » homosexuels.

Mgr Laffitte, lui aussi connu pour son langage clair sur ces questions – ce qui ne l'empêche pas d'être un langage miséricordieux dans la vérité – semble prendre ainsi le même chemin. Sans que son départ du Conseil pontifical pour la famille n'ait été annoncé, on peut supposer qu'il ne cumulera pas les deux fonctions, et ce d'autant que la restructuration est en cours, ledit Conseil devant fusionner avec le Conseil pontifical pour les laïcs pour former une nouvelle Congrégation qui obtiendra des pouvoirs nouveaux à ce titre : elle pourra publier des décrets, des directives, des instructions ou des notes doctrinales. C'est en tout cas ce qu'a proposé le « G9 » du pape, ainsi que l'a confirmé son secrétaire général Mgr Semeraro rendant compte du rapport d'étape des travaux du conseil rapproché du pape en février dernier.

S'il s'agit d'un limogeage – et comment ne pas le voir ainsi ? – on notera qu'il laisse les coudées franches au président du Conseil pontifical pour la famille, Mgr Vincenzo Paglia.

Mgr Paglia à la conférence de presse.
Source photo : site de Radio Vaticana
Celui-ci a déclaré, au cours de son intervention lors d'une conférence sur le thème « Familles : fragilités et Espérance » organisée par le diocèse d'Orléans en avril dernier, qu'un groupe « de théologiens, de juristes et d'experts en pastorale » travaille sur la « voie pénitentielle » qui pourrait être proposée à certains couples divorcés « remariés »  pour permettre leur accès aux sacrements.

Mgr Paglia a également dit son « ouverture » à tous les couples. Interrogé par la presse au moment de la présentation de la 8e Rencontre mondiale des familles, qui se tiendra à Philadelphie du 22 au 27 septembre et qui culminera avec la messe du pape François, sur la présence ou non de couples « non réguliers » lors de cet événement ecclésial, il a répondu : 

« Nous suivrons l'Instrumentum Laboris du synode à la lettre. Tout le monde peut venir, personne n'est exclu », a-t-il répondu, ajoutant sur le ton de la plaisanterie : « Et si quelqu'un se sent exclu, je quitterai les 99 brebis et j'irai le chercher ! »

On peut y voir une grande préoccupation pour le salut des âmes des personnes engagées dans des voies dangereuses. Ou au contraire une manière d'assurer l'« inclusion » de tous dans un tel événement et dans les communautés ecclésiales. Il faut en tout cas préciser que, contrairement à ce qu'annonce le blog Rorate caeli, il ne semble pas que Mgr Paglia ait été interpellé spécifiquement sur les « couples homosexuels », mais bien sur les « couples irréguliers ».

Lors de cette conférence de presse organisée il y a quelques jours par la salle de presse du Vatican, la question des couples de même sexe a été posée plus précisément, pour savoir si l'homosexualité serait abordée et si des homosexuels feraient partie des panels de discussion. Mgr John McIntyre, évêque auxiliaire de Philadelphie a répondu : « Il y aura un discours sur ce thème par Ron Belgau, après les fondateurs de Spiritual Friendship Christ, il parlera de la manière dont il a confronté son orientation sexuelle en embrassant l'enseignement du Christ ; sa mère évoquera la manière dont elle a accepté cette situation. » Ron Belgau témoigne au sein de cette association de sa vie de célibat et de chasteté acceptés au nom de la loi du Christ.

L'archevêque de Philadelphie, Mgr Charles Chaput, se situe lui aussi dans cette ligne, et il a tenu à préciser : « Tous seront les bienvenus, même ceux qui éprouvent une attraction pour les personnes du même sexe, mais nous ne serons par une plateforme pour l'activité des lobbies qui s'affrontent à l'Eglise, mais nous accepterons chacun, nous voulons aborder les questions réelles, et non pas spéculatives, et ce thème est réel pour beaucoup de familles. »

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