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09 février, 2015

Belle victoire pour la vie en Italie : suspension du décret interdisant l'objection de conscience


Le Conseil d'Etat italien a donné partiellement raison au Movimento per la Vita et aux associations des médecins et des gynécologues  catholiques qui avaient fait appel contre un décret régional contre l'objection de conscience en matière de prescription de contraceptifs et de délivrance de certificats attestant d'une demande d'« interruption volontaire de grossesse ». Les associations pro-vie avaient mis en avant le droit des médecins du réseau public de ne pas participer, directement ou indirectement, à l'avortement : ces médecins voulaient continuer de pouvoir refuser la pilule du lendemain ou les dispositifs intra-utérins qui peuvent fonctionner comme des abortifs précoces. La suspension porte sur la signature des attestations de demande d'avortement.

La décision a été rendue publique par le Movimento per la Vita samedi : le Conseil d'Etat a pour partie suspendu le décret qui avait limité l'objection de conscience des médecins, le 12 mai 2014, à la grande satisfaction des pro-avortement qui se plaignent de plus en plus activement en Italie du nombre croissant de médecins objecteurs, notamment dans le Latium. Le décret portait le nom de Nicola Zingaretti, président de la région.

Ce n'est qu'une suspension, et partielle, mais le président du Mouvement italien pour la vie souligne l'importance de cette décision qui « souligne l'importance constitutionnelle de l'objection de conscience ». Carlo Casini a noté que les juges, qui ont agi par « précaution », n'ont pas voulu se prononcer sur le caractère abortif ou non des différentes pilules du lendemain, en se contentant des données fournies par les agences européennes de contrôle des médicaments. Leur hésitation, note Casini, montre « que la documentation fournie par le Mouvement pour la vie a instillé le doute dans le Conseil d'Etat ». Si le caractère potentiellement abortif de la contraception d'urgence peut être démontré, cela ouvrira la voie à un rétablissement complet du droit à l'objection de conscience.

Un autre recours est en attente de jugement devant le tribunal administratif : il concerne le droit des médecins exerçant dans les cliniques de planification familiale d'opposer leur objection de conscience dans les mêmes conditions.

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11 décembre, 2014

Ontario : vers l’obligation d’avorter pour les médecins de l’Ontario

A force de considérer l’avortement comme un « droit », on devait y arriver. Le Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario vient d’approuver le principe d’une directive professionnelle obligeant les médecins à procurer des avortements, des contraceptifs et des vasectomies en certaines circonstances. Ces médecins ne pourraient donc invoquer une quelconque objection de conscience et en cas de refus, ils pourraient se voir infliger des sanctions disciplinaires, rapporte LifeSite.
Si cette nouvelle politique des médecins de l’Ontario n’en est qu’à l’état d’ébauche – on en est à demander des avis « externes » jusqu’au 20 février prochain – elle a déjà été approuvée en interne par le Conseil du Collège aux fins de cette consultation.
Le refus des médecins de pratiquer des avortements, de prescrire des contraceptifs ou de pratiquer la stérilisation masculine est clairement mis en relation dans le texte avec leurs « croyances morales ou religieuses ». Ceux-ci seraient obligés « de bonne foi » de fournir à leur patient les cordonnées d’un médecin prêt à procurer ces « services ».
C’est ce qui se passe en France pour l’avortement, et c’est déjà une négation du droit à l’objection de conscience puisque le médecin qui se plie à cette règle se rend objectivement complice de ce qu’il considère comme un crime.
Mais l’Ontario est en passe d’aller plus loin puisque, en l’absence d’un médecins tiers accommodant, les médecins réfractaires se trouveront obligés de « procurer un soin urgent ou nécessaire d’une quelconque manière pour prévenir un dommage imminent, une souffrance et/ou une détérioration, même lorsque ce soin est en conflit avec leurs croyances religieuses ou morales ».
« Bien que les médecins jouissent de la [liberté de conscience et de religion] aux termes de la Charte, la Cour suprême du Canada a posé qu’aucun droit n’est absolu, … le droit à la liberté de conscience et de religion peut être limité », affirme le texte préparatoire.
Vu la teneur du texte on ne sera pas surpris d’attendre qu’il a été imposé malgré une large majorité de médecins de l’Ontario qui s’y sont opposés à 77 % (sur 32.912 voix)pendant les consultations préalables en vue de sa première élaboration, cet été.
Voilà qui s’inscrit dans un mouvement de dénonciation de plus en plus explicite contre l’objection de conscience. En Colombie, les médecins peuvent être contraints de participer à un avortement dans certaines circonstances ; en Italie, un procès a été intenté contre les médecins objecteurs de conscience.

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04 juillet, 2014

Mexico : échec à la pilule du lendemain pour les adolescentes de 12 ans

Le chef du gouvernement du District Fédéral de Mexico, Miguel Angel Mancera, a opposé son veto à
la « Loi Jeunesse » adoptée par l’assemblée législative du district qui autorisait notamment l’accès à la pilule du lendemain pour les jeunes filles dès 12 ans, sans consentement ni information des parents, rapporte ACIPrensa.
Dans sa première mouture, le texte prévoyait même l’accès à l’avortement pour les jeunes filles dès 12 ans, sans consentement parental et sans obligation de les informer. Plusieurs groupes parlementaires se sont mis d’accord pour retirer cette disposition du texte.
Il n’en a pas été ainsi pour la pilule du lendemain, potentiellement abortive, ni pour le changement de sexe que les adolescents devaient donc pouvoir obtenir sans en informer leur parents ni obtenir leur consentement, dès 12 ans là aussi.
C’est au nom du droit des parents d’éduquer leurs enfants que plusieurs réseaux de défense de la famille sont entrés en action pour dénoncer cette atteinte aux droits parentaux ; une pétition lancée sur CitizenGo demandant au chef du gouvernement du District fédéral d’opposer son veto au texte a obtenu 10.000 signatures.
Ce qu’il a fait lundi dernier, en application du Statut du gouvernement de la ville de Mexico et de la loi organique de l’assemblée législative : le text devra repasser devant les élus pour être révisé.

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25 mai, 2013

Le Saint-Siège dénonce la “pilule du lendemain” comme abortive à l'OMS

Le président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, Mgr Zygmunt Zilowski, est intervenu le 22 mai devant la 66e assemblée mondiale de la santé à Genève qui se déroule jusqu'à mardi prochain, pour condamner très explicitement la qualification par l'OMS de la « pilule du lendemain » ou contraception d'urgence comme « produit d'importance vitale ». Il a souligné que dans le cas où la conception a déjà eu lieu, « certaines substances contenues dans la pilule du lendemain produisent un effet abortif »

La résolution EB132.R4 de l'Organisation Mondiale de la Santé a classé la contraception d'urgence parmi les 13 « produits d'importance vitale » (ou « produits pour sauver des vies ») dont les Etats membres sont poussés à améliorer la qualité, les stocks et l'utilisation.

Mgr Zimowski, tout en saluant les efforts de l'OMS dans le cadre de ses initiatives pour promouvoir une « vieillesse active » qui est au centre des débats de cette semaine, et son engagement pour sauver les vies des mères et des enfants comme le veulent les « Objectifs du Millénaire », a consacré un quart de son temps de parole à la question de la pilule du lendemain.
J'emprunte à Zenit la traduction de son intervention à ce sujet :
« Le Saint-Siège est tout à fait d’accord sur la nécessité de réaliser une réduction ultérieure des pertes de vies humaines et la prévention des maladies moyennant un meilleur accès à des interventions moins coûteuses mais respectueuses de la vie et de la dignité des mères et des enfants, à chaque étape de la vie, depuis sa conception jusqu'à sa fin naturelle. 
A ce propos, la délégation du Saint-Siège veut soulever de sérieuses préoccupations au sujet du Rapport du Secrétariat et de la Résolution recommandée par le Comité Exécutif pour promouvoir la réalisation des recommandations de la Commission sur les produits d’importance vitale pour les femmes et les enfants. Tandis que certaines de ces recommandations entendent véritablement “sauver la vie”, celles concernant la “contraception d’urgence” peuvent difficilement être considérées comme telles du moment que, comme on le sait très bien, lorsque la conception a déjà eu lieu certaines substances employées dans la “contraception d’urgence” produisent un effet abortif. 
Pour ma Délégation, il est tout à fait inacceptable de se référer à un produit médical qui constitue une atteinte directe à la vie de l'enfant in utero comme à un “produit d’importance vitale” et, pire encore, d'encourager  “un usage plus étendu de ces substances dans toutes les régions du monde”. »
Cette déclaration est à rapprocher, bien sûr, de l'affaire qui a avait éclaté en Allemagne au printemps lorsqu'une femme victime de viol s'était vu refuser la pilule du lendemain par deux établissements de santé catholique. Devant le tollé des médias, le cardinal Meisner avait affirmé que la pilule du lendemain doit être fournie en cas de viol et la presse avait retenu que la Conférence des évêques d'Allemagne l'autorisait donc en cette circonstance.

Par la suite, une clarification emberlificotée avait précisé qu'il ne s'agissait que des pilules du lendemain non abortives. Qui n'existent pas. Voir ici par exemple.

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05 avril, 2013

Equateur : protestations contre la gratuité de la pilule du lendemain

L'archevêque de Cuenca, en Equateur, s'est élevé contre la décision du gouvernement de rendre la pilule du lendemain gratuitement accessible dans les centres de santé depuis le début de cette semaine, en exigeant qu'on dise aux femmes qui la demandent « la vérité globale » sur cette « contraception d'urgence ».

Mgr Luis Cabrera Herrera a affirmé que ses promoteurs ont le « devoir moral » d'informer les utilisatrices de tous les effets du Lévonorgestrel qui a comme troisième mode d'action l'inhibition de la nidation de l'embryon dans l'utérus de la femme, qui normalement se produit quelque sept jours après la fécondation.

Dans un communiqué signé du 2 avril l'archevêque a dénoncé le fait que sous le concept de « santé sexuelle et reproductive » plusieurs agences de l'ONU et de l'OMS font « d'énormes campagnes en faveurs des anticonceptifs et des préservatifs », dans le but affiché de prévenir les grossesses non planifiées, les maladies sexuellement transmissibles et les avortements provoqués. « Pour les justifier, ils ont recours à des statistiques alarmantes et supposément dignes de foi », et bénéficient de grandes quantités de ressources et même de l'appui sans conditions de la part de nombreux Etats et d'ONG. Parlant de la pilule du lendemain, il a poursuivi :

« Ces campagnes sont présentées comme relatives à la santé publique ; c'est la raison pour laquelle la dimension éthique doit aussi être prise en compte. Ce qui est éthique, dans ce cas, a rapport avec “ce qui se dit” mais aussi avec “ce qui est occulté” à propos de ses effets sur la santé intégrale, particulièrement celle de la femme qui est la plus directement touchée.

« De ce point de vue, aussi bien ceux qui la produisent que ceux qui en font la promotion ont la responsabilité éthique de dire “toute la vérité” au public. Cette même obligation morale s'étend au père et à la mère de famille, tout comme au médecin qui a droit à l'objection de conscience. »

Cette vérité, a rappelé Mgr Cabrera, inclut les effets du Levonorgestrel sur la santé physique, psychique et sociale : « des données qui ne sont pas toujours fournies ».

« De même, il faut se poser la question de savoir si, dans les pays où la contraception a été imposée, les grossesses non planifiées ont disparu ?  Y a-t-on éliminé les infections sexuellement transmises ? A-t-on réduit le nombre d'avortements provoqués ? Les statistiques nous disent que non ; au contraire, elles signalent une augmentation du nombre des maladies. Pourquoi le taire ? »

« Les campagnes multimillionaires pour légaliser son utilisation ont donc l'obligation morale de dire toute la vérité. Seule la vérité nous rendra libres en vue de prendre les meilleures décisions », a-t-il conclu.

L'archevêque de la plus importante ville du pays, Guayaquil, a lui aussi dénoncé la décision du gouvernement de Rafael Correa, le président ayant pris la parole lui-même pour se féliciter de la gratuité de la pilule du lendemain.

« Le président Correa n'est pas Dieu, il ne peut prétendre à des attributions divines pour entrer dans la conscience des gens afin de la modeler », a-t-il lancé. Pour Mgr Antonio Arregui, prenant le contre-pied des autorités civiles, les choses sont claires : la pilule du lendemain peut être abortive.

A Quito, la capitale, la Pastorale familiale de l'archidiocèse a appelé la population à participer ce samedi 6 avril à une Journée d'oraison pour demander à Dieu de « sauver notre Equateur, consacré au Sacré Cœur de Jésus, de toutes ces lois immorales et criminelles qui dessèchent nos familles, nos enfants et notre société ».

L'organisme a prévenu que l'Equateur « n'a jamais été aussi près d'en finir avec le droit à la vie dès la conception » et avec la famille basée sur le mariage entre un homme et une femme – oui, même un pays comme l'Equateur est aux prises avec les pressions du lobby gay de légaliser les unions homosexuelles. « Avec cette loi chacun peut décider ce qu'il veut être, aujourd'hui femme, demain homme ou vice versa, et les homosexuels pourront se marier ou adopter ».

La décision de rendre cinq types de contraceptifs, y compris la pilule du lendemain, gratuits et accessibles aux mineures sans que leurs parents soient au courant, ouvre la voie à de « graves dommages pour la vie de la femme », et dans le cas d'une action abortive, « pour celle d'un enfant récemment conçu ».

C'est précisément pour que Dieu sauve l'Equateur de ces lois que les Equatoriens doivent s'unir dans la prière qui se déroulera à l'ombre de la « Croix du Pape, au parc de la Carolina » dès 10 h samedi matin, en préparation d'une grande marche de l'Equateur pour la Vie et la Famille le 4 mai prochain.


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26 février, 2013

Des pilules du lendemain sans effet abortif ? Les évêques d'Espagne n'en connaissent pas… Et Gänswein rectifie

Le porte-parole et secrétaire général de la Conférence épiscopale d'Espagne, Mgr José Antonio Martinez Camino, a assuré au cours d'une conférence de presse que s'il est « légitime » d'empêcher la fécondation à la suite d'un viol, « en aucun cas l'avortement » ne l'est. Il réagissait à l'annonce par la Conférence des évêques d'Allemagne que les hôpitaux catholiques dans ce pays sont autorisés à prescrire la pilule du lendemain aux victimes de viol si la pilule prescrite n'a pas d'effet abortif.

Sans affronter bille en tête ses confrères d'outre-Rhin le prélat espagnol a déclaré que les évêques espagnols ne sont pas au courant de l'existence d'une telle molécule : « S'il y avait une pilule qui ne fût pas abortive, nous serions dans un cas différent, mais nous n'avons pas connaissance qu'il en soit ainsi, qu'il existe une pilule du lendemain qui n'ait pas d'effet abortif. »

A propos du viol, il a bien précisé : « Comme un viol n'est pas un acte conjugal, mais un acte d'injustice et de violence, la défense face à une telle agression est légitime et il est légitime de tenter d'empêcher la fécondation, mais non d'avorter, car il n'est en aucun cas légitime d'ôter la vie à un être humain innocent. »

Puisque « à ce jour » toutes les pilules du lendemain « existantes ont cet effet , alors « ce n'est pas possible » d'y avoir recours.

Il a précisé que l'Eglise d'Allemagne « n'a pas créé d'exception » à ce principe moral de ne pas porter atteinte à la vie d'un être humain innocent : « Elle n'a pas dit (cela). On ne peut ôter la vie à un être humain innocent d'aucune façon. Ce serait saper l'édifice de l'éthique », a répété Mgr Martinez Camino, rappelant que la vie commence à la conception : « A ce moment la science est très capable de distinguer le moment où existe un corps humain, un génome distinct du père et de la mère. »

L'avortement, a-t-il poursuivi, peut se commettre « avec un bistouri ou avec un produit chimique, on peut ôter la vie d'un être humain avec une arme blanche ou avec un produit chimique létal » et « jusqu'à maintenant », a-t-i insisté, toutes les pilules connues sous le nom de pilule du lendemain « consistent en un composé hormonal qui peut empêcher la nidation de l'ovule fécondé, si fécondation il y a eu », et cela constitue un « avortement précoce ».

En Allemagne, le communiqué des évêques, juste sur le plan moral, a répandu dans la pratique l'idée que la pilule du lendemain est licite en cas de viol, d'autant qu'il laisse aux femmes le choix en dernière analyse. Le journal de Cologne Kölner Stadt-Anzeiger assure même que le cardinal Meisner, qui avait le premier fait de telles déclarations après que deux hôpitaux catholiques eussent refusé de donner la pilule du lendemain à la suite d'un viol, a déclaré à l'occasion d'une interview que le pape lui-même l'avait approuvé. Le quotidien, rapporte LifeSite, affirme que Meisner a évoqué une conversation avec  le secrétaire de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein, sur l'éthique de l'utilisation de la pilule en cas de viol : « Le pape sait, tout est en ordre », aurait répondu celui-ci.

Trouvant cela bizarre, le Pr Manfred Spieker de l'université d'Osnabrück, figure éminente du mouvement pro-vie, a interrogé par courriel Mgr Gänswein à propos de cet échange. L'archevêque a répondu par courriel qu'il « n'est pas vrai » que le cardinal Meisner l'ait appelé ou parlé de l'affaire de la pilule du lendemain.

Aux Etats-Unis, la Conférence épiscopale considère toujours la pilule du lendemain comme éventuellement abortive et l'a répété alors que la déclaration allemande suscitait des indications contraires de la part des médias. Citée par The National Catholic Register, Marie Hilliard, spécialiste en bioéthique qui travaille au National Catholic Bioethics Center, chargé de conseiller les évêques sur ces questions de santé, a souligné que l'Eglise n'autorise la prescription de la pilule du lendemain en cas de viol que dans le cas où un test urinaire permet de vérifier que l'ovulation n'a pas commencé.

Cela suppose tout de même que la pilule du lendemain est 100 % efficace pour empêcher ou retarder l'ovulation assez longtemps pour que le rapport ne puisse plus être fécondant (il peut l'être jusqu'à 5 jours avant l'ovulation ; une fois l'ovule détaché celui-ci meurt au bout de 24 heures).

Ce qui paraît curieux, vu que la pilule classique elle aussi est censée empêcher l'ovulation, mais que précisément l'un de ses effets est anti-nidatoire pour le cas où l'ovulation aurait lieu quand même.

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25 février, 2013

Déclaration des évêques allemands sur la pilule du lendemain : des critiques

La déclaration des évêques allemands autorisant la prescription de la pilule du lendxemain au femmes victimes de viol, par les hôpitaux catholiques, pourvu qu'il s'agisse d'une pilule non abortive, a suscité de multiples critiques. De fait, quelques études assurent que la pilule du lendemain n'a pas d'action anti-nidatoire, mais ont pour seul effet d'empêcher l'ovulation. Ces études restent ultra-minoritaires et la plupart font état au contraire d'un possible effet abortif, tandis que les notices de ces comprimés indiquent volontiers un doute quant à leur mode d'action. De nombreuses voix se sont élevées pour contester la déclaration des évêques qui a suscité, du point de vue médiatique, l'idée que la pilule du lendemain peut être utilisée sans conditions en cas de viol.

Même si la déclaration des évêques allemands énonce correctement la condition : il faut que la pilule ne soit pas abortive, elle n'est pas acceptable en l'état en ce qu'elle suppose une chose qui n'est pas avérée –   on n'a pas la certitude que la pilule du lendemain n'est jamais abortive. Ni en ce qu'elle laisse en dernière analyse le choix à la femme en imposant le respect de sa décision. Ni enfin par le flou qu'elle a installé dans les esprits.

Sophia Kuby, directrice de European Dignity Watch, a déclaré à ce propos à ACIPrensa que la déclaration crée une situation inextricable puisque les évêques « donnent leur approbation morale à quelque chose qui tout simplement n'existe pas ». Elle note que les évêques de son pays font référence à une « évidence scientifique » pour le moins douteuse, qui « n'est pas fausse, mais incomplète ». « Il semble que la principale étude qui semble leur servir de base ne décrive que l'effet contraceptif de la pilule en question ».

« Une pilule du lendemain sans effet abortif potentiel n'existe pas sur le marché mondial », a-t-elle précisé, ajoutant que la déclaration épiscopale marque un retour aux années 1990, date à laquelle l'Eglise d'Allemagne s'était fait reprendre par Jean-Paul II notamment pour sa participation aux conseils aux femmes demandant un avortement où, en cas de refus de la mère de garder son enfant, les organismes en question signaient la feuille l'autorisant à obtenir l'opération.

Théologiquement, dit-elle, le communiqué des évêques et irréprochable ; dans les faits, elle permet tutes les dérives.

Mêmes précisions chez le Dr Esteban Rodriguez, porte-parole des gynécologues pour le droit à la vie en Espagne (Derecho a Vivir) pour qui il n'existe pas de pilule du lendemain qui n'ait pas d'effet anti-nidatoire sur un embryon déjà fécondé. Et de dénoncer une « pensée irréelle » de la part des évêques. Il insiste : « Aucune étude scientifique à ce jour n'a réussi à démontrer sans conteste que lesdites molécules (levonorgestrel et acétate d'ulipristal pour les pilules efficaces jusqu'à 5 jours après le rapport)  ne causent pas d'avortements. » Chose reconnue et pour la Norlevo et pour la pilule du lendemain fabriquée par Bayer.

Il précise que, quelle que soit la forme de pilule utilisée, classique (quotidienne) ou du lendemain, « nous ne pouvons jamais être sûrs que la conception ne s'est pas produite ».

Les médecins, ajoute-t-il, ont le « droit et le devoir de ne pas coopérer aux attentats contre la vie consécutifs à ce type de produits ».

Mgr Reig Pla, président de la sous-commission épiscopale espagnole pour la famille, dit sensiblement la même chose, soulignant qu'« à ce jour, ni le Saint-Siège, ni la Conférence épiscopale espagnole n'a publié un quelconque document où l'on fasse référence à une pilule du lendemain de telles caractéristiques » – qui ne causerait jamais la mort d'un embryon.

Le prélat précise qu'en cas de viol, les manœuvres anticonceptionnelles sont licites, mais seulement pourvu qu'elles ne puissent pas résulter en un avortement. Mais il insiste, dans le cas des pilules du lendemain, elles sont « toutes potentiellement abortives et donc leur utilisation est toujours immorale, même en cas de viol ».

Car comme le rappelle Luis Fernando Perez Bustamante d'Infocatolica, en ces matières de protection de la vie le doute oblige à l'abstention. Et ce même si les évêques allemands prétendent avoir obtenu l'aval de la Congrégation de la foi – sans qu'on sache d'ailleurs exactement comment ni par qui.

A Rome, le président de l'Académie pontificale pour la vie, Mgr Ignacio Carrasco de Paula a déclaré à La Stampa que l'APV approuve la déclaration des évêques allemands en assurant qu'ils ont posé « une loi exemplaire qui réitère ce que l'Eglise catholique propose depuis cinquante ans ». Et de préciser qu'il appartient aux scientifiques et aux médecins de déterminer si une pilule est potentiellement abortive ou non.

Le problème est précisément que cette certitude scientifique n'existe pas, et qu'il appartient à l'APV de le savoir. Comme le note John-Henry Westen sur LifeSite, la revue Contraception avouait l'an dernier que l'industrie pharmaceutique considère l'effet abortif des pilules du lendemain comme l'un des « principaux obstacles » à leur distribution – leur vente, donc.

Il rappelle également la très récente déclaration de Dr James Trussell, directeur du Bureau de Recherche sur la Population de Princeton, qui co-signait ce mois-ci avec le Dr Elizabeth G. Raymond l'affirmation suivante : « Afin de faire un choix éclairé, les femmes doivent savoir que (la contraception d'urgence)… empêche la grossesse principalement en retardant ou en inhibant l'ovulation et en inhibant la fécondation, mais qu'elle peut à l'occasion inhiber l'implantation d'un œuf fécondé dans l'endomètre. »

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21 février, 2013

“Les évêques allemands autorisent la pilule du lendemain en cas de viol”

La presse internationale aura retenu ceci : « Les évêques allemands autorisent la pilule du lendemain en cas de viol » (titre de La Croix). Tel serait le sens d'un communiqué publié par la Conférence des évêques d'Allemagne au sortir de leur assemblée plénière à Trèves, qui arrive dans le sillage de l'affaire d'une femme qui, se disant victime d'un viol sous l'effet d'une drogue, avait été renvoyée de deux établissements catholiques qui lui refusaient la pilule du lendemain.

Ce communiqué, je l'ai traduit, aussi fidèlement que possible (qu'on veuille bien me pardonner les maladresses et éventuellement me les signaler !) pour que toute ambiguïté médiatique soit écartée. Le voici (les mots en gras ont été soulignés par moi) :
L’assemblée plénière s’est saisie de l’affaire de la distribution de la dénommée « pilule d’après » [pilule du lendemain] aux femmes victimes de viol, sous l’aspect de la théologie morale. Le cardinal Karl Lehmann (Mayence), président de la Commission Foi de la conférence des évêques d’Allemagne, a présenté, sur la base des connaissances scientifiques sur la disponibilité de nouvelles préparations ayant un mode d’action modifié, l’évaluation morale-théologique de l’utilisation de la dénommée « pilule d’après ». Le cardinal Joachim Meisner (Cologne) a expliqué le contexte de l’affaire du renvoi d’une victime de viol par deux établissements de santé de Cologne avec sa déclaration du 31 janvier 2013, faite en accord avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et avec l’Académie pontificale pour la vie
L’assemblée plénière a confirmé que les femmes victimes de viol reçoivent évidemment dans les hôpitaux catholiques une aide humaine, médicale, psychologique et spirituelle. La fourniture d’une « pilule du lendemain » peut en faire partie, dans la mesure où elle à une action contraceptive et non abortive. Les méthodes médicales et pharmaceutiques qui provoquent la mort d’un embryon, devront continuer de ne pas être utilisées. Les évêques d’Allemagne font confiance aux établissements sous la responsabilité de l’Eglise pour qu'ils se conforment à ce principe de la théologie morale pour toute décision pratique de traitement. Dans tous les cas il faut respecter la décision de la femme. L’assemblée plénière reconnaît la nécessité, à côté de ces premières prises de position sur la « pilule d’après », d’approfondir les autres aspects de la question – en rapport, notamment, avec les personnes compétentes à Rome – et de préciser les modifications nécessaires. Les évêques conduiront avec les responsables des hôpitaux catholiques, les gynécologues catholiques, ainsi qu’avec des conseillères et des conseillers, les discussions correspondantes.
Il faut noter ici plusieurs choses :

1. Le cardinal Meisner, qui avait fait les premières déclarations sur la licéïté de prescrire la pilule du lendemain, s'abrite derrière la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et l'Académie pontificale pour la vie.

Il se trouve qu'aujourd'hui même, on apprend que l'Académie pontificale pour la vue, en la personne du Dr Gaetano Torlone, membre sortant, a signé un courriel adressé à ACIPrensa le 19 février sous la responsabilité du président, Mgr Ignacio Carrasco de Paula, où il qualifie de « fausse et trompeuse » l'information qui circule depuis plusieurs jours sur la supposée approbation par ce dicastère ou par le cardinal Meisner de la pilule du lendemain en cas de viol.

Selon ce courriel, le cardinal Meisner affirme simplement que « l'assistance aux femmes qui ont subi un viol représente un processus complexe qui va au-delà de l'aspect pharmacologique ». Il précise que le « cardinal parle de médicament, de n'importe quel médicament qui empêche la conception, non de la pilule du lendemain ». Le Dr Torlone avait précisé qu'en cas de viol, « il est licite d'utiliser des médicaments anticonceptionnels, mais il n'est jamais licite d'utiliser des médicaments abortifs parce qu'il n'est jamais licite d'assassiner un être humain ». Et de rappeler que la vie humaine commence à la « conception », c'est-à-dire à la « fécondation ». Il précise : « Empêcher volontairement la nidation de l'embyron est une action abortive, un péché extrêmement grave. »

Dans le même temps, le Dr Torlone précise : « Nous ne connaissons pas les déclarations du cardinal Meisner aux médias locaux et en tous les cas elles n'ont pas un intérêt particulier » pour l'APV, « nous connaissons sa foi, sa fidélité à l'Eglise, son abnégation », etc.

Ce qui ne l'empêche pas d'interpréter les dits propos…

2. La déclaration écarte toute utilisation d'une pilule à effet abortif, et c'est tant mieux.

Mais, à l'heure qu'il est, on attend toujours que soit établi le fait qu'une pilule abortive n'ait pas une action anti-nidatoire : cet effet est au contraire souvent affirmé dans les notices de ces pilules et la Food and Drug Administration ne l'écarte pas non plus.

Il faudrait ajouter que la pilule contraceptive « classique », et plus encore celles de 2e et 3e génération, ont parmi leurs effets celui d'empêcher la nidation de l'embryon conçu. Pourquoi cela n'est-il pas rappelé, ni par les évêques allemands, ni par l'APV ?

3. Dans le même mouvement, la déclaration autorise la pilule du lendemain non abortive. Cela existe-t-il ? Laquelle ? S'agit-il – en Allemagne – de céder devant l'entourloupe des laboratoires qui affirment le caractère non-abortif de la pilule en faisant commencer la grossesse à la nidation, 7 jours après la fécondation ?

4. « Dans tous les cas il faut respecter la décision de la femme. »

Autrement dit : de toutes façons, c'est elle qui a le dernier mot, donc toutes ces recommandations et protestations n'ont que peu de poids.

Si elle demande – métaphore – un flingue pour éliminer le tout petit d'homme qu'elle portera peut-être, il faudrait donc le lui donner ?



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03 février, 2013

Le cardinal Meisner approuve la pilule du lendemain en cas de viol

Fureur contre l'Eglise catholique en Allemagne : une jeune femme qui pensait avoir été violée sous l'effet d'une drogue qui s'était présentée successivement  dans deux cliniques catholiques de Cologne s'est vu refuser le 15 décembre la pilule du lendemain qu'elle réclamait pour éviter de tomber enceinte à la suite du viol. Dans les deux cas, les gynécologues qui avaient reçu la jeune femme de 25 ans l'avaient renvoyée de peur de perdre leur emploi, étant donné qu'elles sont par contrat tenues de respecter les principes de l'Eglise catholique.

C'est une urgentiste de Cologne qui a révélé les faits la semaine dernière, déclenchant une polémique haineuse amplifiée par les élus Verts et répercutée au parlement régional de Rhénanie-du-Nord-Westpahlie dans ce Land où la moitié des établissements de santé sont gérés par des organismes affiliés par l'Eglise catholique. Comment éviter que de tels faits se reproduisent ?

Prêcher en faisant rire ses ouailles :
le cardinal Meisner a essayé
Même si conservateurs et libéraux ont mis en garde contre une suspicion générale à l'égard des hôpitaux catholiques qui ont pour premier devoir le respect de la vie, on a assisté à une avalanche d'excuses publiques : les deux hôpitaux d'abord, puis le cardinal Joachim Meisner ont exprimé leurs regrets à l'égard de la jeune femme. « Nous regrettons avoir donné l'impression au public que les victimes de viol ne peuvent être soignées dans des hôpitaux catholiques. Cela n'est pas exact », fit savoir l'archevêché. L'un des hôpitaux parla d'un « malentendu ».

Le communiqué du cardinal Meisner ne laisse aucun doute quant à la peur de l'Eglise d'être mal vue par les médias : « Elle cherchait de l'aide dans une grande détresse et n'a pas trouvé accueil. Ce procédé nous fait profondément honte, car il va à rebours de notre mission et de notre conception chrétienne », a-t-il fait savoir publiquement. En soi il n'y a rien de scandaleux dans cette déclaration, mais dnas un contexte où le « soin » aux femmes violées consiste à leur éviter le malheur de devoir porter l'eventuel fruit du viol – comme le déclarent les partisans de la pilule du lendemain, voire de l'avortement – elle comporte des aspects pour le moins ambigus.

A ce moment-là le cardinal rappelait cependant encore l'opposition de l'Eglise à la contraception d'urgence, qui peut avoir pour action « l'homicide d'un enfant potentiellement conçu ».

Mais depuis cette déclaration, publiée mardi, il y en a eu une autre. Son portevoix, Christoph Heckeley, a déclaré au nom du cardinal Meisner que la « pilule du lendemain » peut légitimement être utilisée par les femmes victimes d'abus. « Si à la suite d'un viol on administre un médicament dont l'effet est d'éviter une fécondation, alors, de mon point de vue, cela est justifiable », a ainsi fait savoir le cardinal selon la presse allemande.

Le cardinal s'en est expliqué, toujours selon la presse, en déclarant que ses consultations avec des experts lui avaient permis d'arriver à la conclusion que la « pilule du lendemain » est anticonceptionnelle et non abortive.

Cela pose un triple problème.

• La rupture avec l'enseignement de l'Eglise qui en tout état de cause rejette la contraception comme gravement désordonnée. Ce n'est pas parce que le viol est un crime qui cause un tort immense à la femme que n'importe quel acte pour en contrer les conséquences est légitime : ainsi, l'avortement de l'enfant conçu lors d'un viol est et reste un crime qui viendrait s'ajouter au crime du viol. La déclaration du cardinal, telle qu'elle a été répercutée par son porte-parole, passe à côté de cet aspect des choses.

• La pilule du lendemain absoute de toute action abortive ? Voilà qui est nouveau. On se sait quels sont les « experts » consultés par le cardinal mais on peut faire référence au Vidal qui fait état de la possible action contragestive de la pilule du lendemain : empêchement de la nidation pendant la période de huit jours environ qui séparent celle-ci de la conception, véritable début de la vie. La redéfinition du début de la grossesse comme moment de la nidation est l'entourloupe utilisée par les fabricants de pilules contraceptives (ordinaires ou du lendemain) pour contester toute action abortive.

En fait, il faut savoir que la fécondation n'intervient pas nécessairement au moment du rapport sexuel. Le sperme survit environ 5 jours dans le corps de la femme en attendant l'ovulation ; une fois celle-ci acquise, l'ovule vit 24 heures et c'est pendant ce laps de temps que la fécondation se produit : jusqu'à 5 jours après le rapport, donc.

La pilule du lendemain peut bloquer l'ovulation, pendant ce laps de cinq jours : il y a donc bien une action contraceptive possible, c'est-à-dire empêchant la fécondation.

Mais si l'ovulation est déjà déclenchée, ou si elle n'a pas été empêchée,la pilule du lendemain ne peut être efficace pour éviter une naissance qu'avec une action contragestive que ses fabricants ne renient pas. Pierre-Olivier Arduin a ainsi relevé la ressemblance structurelle de la « pilule du surlendemain », EllaOne, avec la pilule abortive RU 486.

• Troisième problème : à justifier la distribution de la pilule du lendemain en cas d'abus sexuels, faut-il instituer une procédure de vérification de la réalité de l'abus ? Difficile. Alors, se contente-t-on de la déclaration de la femme ? Tient-on compte du « viol par l'époux » qu'elle peut évoquer ? Où sont les limites ? Rappelez-vous que dans le cas présent, la jeune femme se croyait victime d'un viol subi alors qu'elle pensait avoir été droguée à son insu…

Bref, sans évidemment nier la souffrance d'une femme violée, première victime d'un crime affreux, et de sa crainte de porter l'enfant de son violeur, ce genre de déclarations ne peut que semer la confusion et il n'appartient certainement pas à un cardinal de les faire, fût-ce en donnant son avis personnel.

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28 novembre, 2012

Les pédiatres américains veulent répandre la pilule du lendemain

Déplorant un taux de naissances de 34,3 pour mille chez les jeunes filles de 15 à 19 ans, (27 % de grossesses à cet âge-là se terminent par un avortement et 16 % par une fausse couche), l'American Academy of Pediatrics vient de rendre public une déclaration visant à promouvoir la pilule du lendemain. Les pédiatres proposent de munir chaque jeune « sexuellement actif » d'une prescription lui permettant d'obtenir en cas de besoin la « contraception d'urgence » afin de réduire davantage le nombre de grossesses, déjà en diminution, expliquent-ils, grâce à l'augmentation du recours aux contraceptifs ordinaires et à l'augmentation de l'abstinence.

La pilule du lendemain est actuellement en vente libre sans ordonnance aux jeunes femmes de 17 ans et plus, et aux jeunes hommes de 18 ans et plus, mais les mineures ont besoin d'une ordonnance. L'Académie américaine des pédiatres souligne que les  adolescentes ont tendance à davantage aller acheter la pilule du lendemain, surdosée en hormones, si elles disposent d'une prescription avant d'en avoir besoin.

Les indications retenues par AAP sont multiples : « agression sexuelle, rapports vaginaux non protégés, contraception défectueuse – rupture de préservatif, prise insuffisante ou tardive de contraceptifs hormonaux ». Pour couronner le tout l'AAP rappelle aux pédiatres, en les encourageant à faire cette prescription de précaution, que la mise en place d'un dispositif intra-utérin (un contragestif qui empêche la nidation de l'embryon) est également possible chez les mineures mais que tous les cabinets de pédiatres ne sont pas équipés pour le faire.

Alors que l'administration massive d'hormones n'est pas sans risques l'AAP recommande de prescrire la pilule du lendemain sans examen physique, et de la prendre jusqu'à 120 heures après le « non protégé », même si le fabriquant indique que la prise n' est efficace que jusqu'à 72 heures après.

L'AAP recommande même, lorsque les pilules du lendemain du commerce ne sont pas accessibles, d'utiliser des méthodes combinées comme celle dite de Yuzpe, qui consiste à avaler plusieurs pilules ordinaires au levonorgestrel ou à l'estradiol.

Quoi qu'il en soit il est clairement indiqué que certaines études (pas toutes, précise l'AAP) montrent que la « contraception » d'urgence crée un environnement hostile à la nidation et conduit le cas échéant à l'expulsion de l'œuf (un avortement très précoce). On comprend aussi que l'on est aujourd'hui en peine de savoir exactement comment fonctionne la pilule du lendemain, mais qu'on la sait efficace pour empêcher la naissance d'un petit d'homme… Elle ne met pas généralement pas fin à une « grossesse établie », dit l'AAP, mais on sait que la définition de la grossesse a été modifiée pour la faire démarrer une semaine après la fécondation, l'apparition d'une nouvelle vie, au moment de la nidation seulement.

L'AAP note cependant que l'ulipristal (en Europe, EllaOne), plus efficace que les autres en utilisation entre 72 et 120 heures après le rapport, a été testé chez des animaux, et que ces études suggèrent qu'il est à l'origine de « pertes de fœtus » au cours du premier trimestre.

Et de pointer les « réticences » de certains pédiatres qui hésitent à prescrire la contraception d'ugence en raison de leurs « valeurs personnelles » relatives au respect de la vie, ou qui ne la prescrivent qu'en cas de rapports non consentis, ou qui ont des opinions négatives sur l'activité sexuelle des adolescents. Ils sont invités à réfléchir aux motivations de leur refus et de penser à la nécessité d'éviter les grossesses adolescentes. L'AAP prévient les pédiatres qui refusent de prescrire pour des motifs de conscience personnelle violent leurs obligations de médecins et ont le devoir d'informer leurs patients de la possibilité d'obtenir la contraception d'urgence, et au besoin de les renvoyer vers un autre médecin qui la prescrira.

L'AAP prévient que « l'activité sexuelle prévaut parmi les adolescents », ajoutant – sans que cela semble émouvoir quiconque – que « jusqu'à 10 % des adolescents sexuellement actifs pourraient être victimes d'agressions sexuelles ». Un taux effarant rendu possible notamment par les comportements qui ouvrent la porte aux pressions du partenaire et au passage à l'acte perçu comme normal – ça, ce n'est pas le rapport qui le souligne, mais moi.

Et pour bien s'assurer que personne ne passera entre les mailles, l'AAP conclut : 

« Tous les adolescents, mâles et femelles, et les familles des adolescents handicapés, devraient recevoir des conseils en matière de contraception d'urgence dans le cadre de conseils préventifs de routine dans le contexte d'une discussion sur la sécurité sexuelle et le planning familial, indépendamment des intentions actuelles par rapport à l'activité sexuelle. »

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15 septembre, 2012

Colombie : démissions après la sentence obligeant des magistrats à se rétracter sur la pilule du lendemain et l'IVG

Ilva Myriam Hoyos, procureur déléguée à l'enfance et à l'adolescence, et Maria Eugenia Carreñon, procureur déléguée à la fonction publique, ont toutes deux présenté leur démission deux jours après que la presse a rendu publique une sentence de la Cour constitutionnelle les obligeant à revenir sur des démarches visant à empêcher l'accès des femmes colombiennes à leur « droit à l'avortement » et à ne plus mettre d'entrave à l'inscription du misoprostol – souvent utilisé comme abortif chimique – dans la liste des médicaments du Plan obligatoire de santé.

Plus généralement, elles ont été condamnées à rétracter tout ce qui de leur part, de près ou de loin, a apparu comme un refus de mettre en œuvre la sentence T-388 de la même Cour constitutionnelle visant à imposer l'éducation sexuelle, l'accès aux droits sexuels et reproductifs et la dépénalisation de l'avortement dans certains cas, bien que la Constitution affirme le respect de la vie.

Plutôt que de se soumettre, les deux femmes ont renoncé à leur charge tout en soulignant que la décision ne leur avait pas été notifiée et qu'elles n'étaient donc pas encore en mesure de se défendre. Des constitutionnalistes et des pénalistes se sont empressés d'expliquer à la presse que les décisions de la Cour constitutionnelle étant publiques elles sont d'application immédiate.

Maria Eugenia Carreño a souligné que si le Procureur n'accepte pas sa décision, elle devra s'en remettre à sa décision quant à la mise en œuvre de la décision de la Cour constitutionnelle, tout en précisant que celle-ci était « injuste » car en critiquant les « effets secondaires » du misoprostol elle s'était fondé sur des arguments juridiques et scientifiques valables.

De son côté Ilva Myriam Hoyos a elle aussi remis sa charge entre les mains du Procureur : « La Cour a affirmé que j'avais menti, que j'ai déformé le sens d'une sentence et que j'ai violé les droits fondamentaux des personnes. J'assume ma responsabilité et je dois laisser toute liberté au Procureur afin qu'il dispose de ma charge », a-t-elle déclaré à El Tiempo. La Cour lui reproche d'avoir refusé le recours à la pilule du lendemain au motif qu'elle peut avoir des effets abortifs et d'avoir déclaré que l'avortement n'est pas un droit.

Le Procureur général est précisément Alejandro Ordoñez, sous le coup de la même décision de la Cour constitutionnelle pour ses critiques de l'éducation sexuelle et du recours à la pilule du lendemain qu'i veut faire retirer du marché.  Un autre « expert » constitutionnaliste a expliqué aux médias qu'il ne pourra en aucun cas invoquer l'objection de conscience pour ne pas mettre en œuvre la décision de la Cour. Néstor Osuna a même expliqué qu'en faisant cela, Ordoñez se rendrait coupable de donner le « mauvais exemple » aux citoyens qui y verraient un « accommodement pour ne pas accomplir les décisions » de justice. Et de prévenir que le Procureur, s'il refuse d'obtempérer, s'expose non seulement à des sanctions mais à une éventuelle enquête disciplinaire.


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13 septembre, 2012

Le procureur général de Colombie sommé de soutenir l'avortement, sous peine d'arrestation

On a parfois l'impression que l'histoire s'accélère. Si j'avais le temps je vous parlerais aujourd'hui de quantité de sujets allant de la pression pour faire euthanasier le prince Friso des Pays-Bas, victime d'une avalanche il y a six mois et depuis, dans un « état végétatif », aux mises en garde de scientfiques à la suite d'études en Ecosse sur les conséquences néfastes de la présence de déchets hormonaux, impossibles à éliminer, dans les eaux sales… Ou encore de cette communication scientifique en Irlande attestant que l'avortement direct n'est jamais nécessaire pour sauver la vie de la mère… Ou cette décision en Argentine de refuser que l'exception jurisprudentielle permettant à une femme violée d'accéder à l'avortement soit conditionnée par une attestation médicale ou judiciaire de la réalité du viol… Mais ce soir, je tombe sur ceci.

La Cour constitutionnelle de la Colombie vient d'ordonner au Procureur général de la nation, Alejandro Ordoñez, de rétracter ses critiques à propos des campagnes de défense des droits reproductifs et de promotion de l'« éducation sexuelle », ainsi que sa demande visant à faire retirer du marché la « pilule du lendemain », ou contraception d'urgence, qu'il présente comme abortive.

S'il ne se soumet pas aux injonctions de la Cour, il sera considéré comme ayant commis un « outrage » et pourra être arrêté.

Cette démarche de la Cour constitutionnelle, qui par sa jurisprudence a déjà imposé à la Colombie une dépénalisation de l'avortement dans les cas dits limites comme la malformation fœtale, le danger pour la vie de la mère ou la grossesse résultant d'un viol, répond à un recours formé en 2011 par 1.279 femmes au nom du « droit à l'information », à la suite de Monica Roa qui était à la tête de la campagne qui avait obtenu cette dépénalisation.

Ces 1.279 femmes avancent que le Procureur général Ordoñez, mais aussi le procureur pour la défense des droits de l'Enfance, de l'Adolescence et de la Famille, Mme Ilva Myriam Hoyos, et celui chargé de la Fonction publique, Mme Maria Eugenio Carreño, ont émis « de manière continue et systématique une série de déclarations qui contiennent des informations inexactes ou déformées en rapport avec les droits reproductifs des femmes colombiennes ». Il lui est ainsi reproché d'avoir dit que la sentence T-388 de la Cour sur les droits reproductifs, l'éducation sexuelle et la dépénalisation de l'avortement dans les cas sus-nommés allait donner lieu à des « campagnes massives de promotion de l'avortement comme un droit ».

La Cour – selon la presse – a donné 48 heures à Alejandro Ordoñez à compter de la notification de la sentence pour expliquer que ces campagnes visent à faire connaître aux femmes colombiennes leurs « droits sexuels et reproductifs, parmi lesquels se trouve l'interruption volontaire de la grossesse dans les hypothèses dépénalisées ».

Pour autant Mme Ilva Myriam Hoyos, est elle condamnée à faire savoir au Superintendant national de la santé qu'elle accepte que l'organisme dont il à la charge est obligé d'ôter tout obstacle à l'accès des femmes à leur « droit » à « l'interruption volontaire de grossesse » – droit qui leur est acquis dans les cas posés par la jurisprudence.

Alejandro Hoyos doit encore affirmer publiquement que la pilule du lendemain n'est jamais abortive. Il doit aussi affirmer que son interprétation de la Constitution selon laquelle l'objection de conscience par rapport à l'avortement ne peut être restreinte par aucune autorité judiciaire ou administrative est fausse : il devra établir une circulaire affirmant les limites jurisprudentielles apportées à l'objection de conscience dans le cadre des avortements dépénalisés. De même, éliminer d'une de ses circulaires l'affirmation selon laquelle des institutions peuvent invoquer l'objection de conscience, et selon laquelle celle-ci peut être exercée de manière collective.

Comme si cela ne suffisait pas il lui est enjoint de lever la suspension de la décision d'inclure le principe actif misoprostol (utilisé pour des avortements médicamenteux) dans le cadre du Plan obligatoire de santé, afin que le processus d'agrément puisse être mené à terme.

Mme Hoyos et Mme Carreño devront elles aussi s'abstenir de se mêler de manière injustifiée du processus d'inclusion du misoprostol dans le Plan obligatoire de santé. La première devra en outre avouer que les recours contre la sentence T-388 n'ont en rien suspendu ses effets, comme elle l'avait dit à la radio.

Devant une telle manifestation de totalitarisme – chercher à faire dire à ces magistrats le contraire de ce qu'ils pensent – je crois nécessaire de vous donner les noms des signataires de cette décision d'anthologie, une sentence-fleuve que vous pourrez découvrir sur le site de la Cour : Humberto Antonio Sierra Porto, Maria Victoria Calle Correa, Luis Ernesto Vargas Silva, magistrats, et Martha Victoria Sachicha Mendez, secrétaire générale.

La sentence porte la date du 10 août, mais l'information n'est sortie dans la presse colombienne qu'en ce jeudi, et Alejandro Ordoñez, interrogé par l'agence de presse Colprensa, a fait savoir qu'il n'avait pas encore lu la sentence : « Je n'en ai pas connaissance. On ne me l'a pas notifiée. Je n'ai que les informations données par la presse. »

Ce blog a parlé à plusieurs reprises d'Alejandro Ordoñez : iciici et ici.

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23 février, 2012

Etats du Washington : les pharmaciens ont le droit constitutionnel de ne pas vendre la pilule du lendemain

Une cour fédérale de l’Etat de Washington a décidé mercredi que les pharmaciens ont le droit, au nom du Premier amendement à la Constitution américaine, de refuser d’avoir en stock et de distribuer la « contraception d’urgence » potentiellement abortive, si un tel acte devait contredire leurs croyances religieuses. C’est une victoire pour les pharmaciens qui contestaient les règles auxquels ils sont soumis depuis 2007 par le Washington Board of Pharmacy.

La Cour a constaté que ces règles « ne sont pas neutres, et ne sont pas généralement applicables ». Elle est même allée plus loin en soulignant que lesdites règles avaient été « formulées dans le but d’obliger des objecteurs de conscience pour motifs religieux à distribuer la pilule du lendemain, et elles cherchaient à ce faire malgré le fait que le refus de la distribuer était accepté pour toutes sortes de raisons laïques ».

La décision est d’importance au moment où les pro-vie en général et la hiérarchie catholique en particulier refusent le plan de santé d’Obama qui veut obliger la couverture de la contraception et de la pilule du lendemain par les fournisseurs d’assurance-santé.

Répondant à LifeSite, Kristi Hamrick, porte-parole d’Americans United for Life, a déclaré : « Cette affaire confirme que les pharmaciens pro-vie ne doivent pas être obligés, en contradiction avec ce que dicte leur conscience, à distribuer des molécules qui peuvent mettre fin à la vie. Alors comment peut-on avoir le droit de forcer les gens à payer pour ces molécules ? »



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01 février, 2012

Assurance maladie et remboursement de pratiques contraires à la loi naturelle : Mgr Bruskewitz réagit

Les évêques américains sont mobilisés contre le plan de santé Obama. Après mon cher confrère Daniel Hamiche qui a traduit la lettre du cardinal Donald Wuerl, à lire dans la rubrique Americatho sur Riposte catholique, je vous propose une autre réaction  très ferme.


C'est par une forte lettre à ses ouailles que l'évêque de Lincoln, Nebraska, Mgr Fabian D. Bruskewitz, a dénoncé l'obligation faite à tous les pourvoyeurs d'assurance-santé américains de couvrir le remboursement de la stérilisation et des produits contraceptifs et abortifs. Il a imposé la lecture intégrale et « obligatoire » de sa lettre lors de toutes les messes dominicales du diocèse ces 28 et 29 janvier, au moment des annonces paroissiales. Je vous en propose ma traduction avant d'y ajouter quelques commentaires vus de France…


Au clergé, aux religieux, aux fidèles laïcs du diocèse de Lincoln.

Bien-aimés dans le Christ,

Les évêques catholiques des Etats-Unis, conduits par le cardinal désigné Timothy Dolan, président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, s'unissent pour attirer l'attention de tous les catholiques de notre pays sur une grave offensive contre notre foi, contre nos consciences, et contre notre chère liberté de religion. Je suis heureux d'unir ma voix et mes efforts à ceux de ces Successeurs des Apôtres et de protester  de la manière la plus vive contre une obligation – pas même une loi dûment adoptée – décrétée par l'Administration Obama qui impose à tous les catholiques des Etats-Unis de violer leurs consciences et d'apporter leur soutien à l'avortement, à des produits pharmaceutiques abortifs, à la contraception et  à la stérilisation.

Comme vous le savez, l'achat d'une assurance-santé par chaque citoyen des Etats-Unis est désormais obligatoire en vertu de la loi fédérale. Cette même loi donne autorité au Secrétaire de Cabinet pour la Santé et les Services humains sur l'assurance-santé dans son ensemble. Le Sécretaire actuel, Kathleen Sébélius, apostate catholique amère, requiert que toute assurance, y compris privée, couvre obligatoirement la couverture de péchés graves et mauvais. Cela signifie que toutes nos écoles catholiques, nos hôpitaux, nos agences de services sociaux, et assimilés vont être forcés à participer au mal. L'Eglise catholique a supplié le président Obama d'annuler ce décret, mais toutes les supplications ont été accueillies avec mépris et sont tombées sur des oreilles de sourds. Ce décret s'accompagne de nouvelles offensives du gouvernement fédéral contre les services catholiques de secours social  (Catholic Relief Services) et contre le travail des évêques dans les services d'aide aux immigrés et aux réfugiés.

La secrétaire Sebelius, en un acte de dérision, a déclaré que ceux qui pourraient bénéficier de l'objection de conscience (quasiment personne) ont un an pour se mettre en conformité, mais qu'au cours de cette année ils devront « adresser » les gens à une assurance qui couvre ces actes mauvais. Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas respecter ce décret injuste. Comme les martyrs de jadis, nous devons être prêts à accepter des souffrances qui pourront comprendre de lourdes amendes et l'emprisonnement. Notre liberté religieuse américaine est gravement menacée.

Tous les catholiques sont invités à prier et à faire pénitence pour que cette question trouve une solution. Tous doivent prendre contact avec leurs représentants élus pour protester contre ce scandale et pour insister sur l'adoption d'une loi « Respect de la conscience » qui passe actuellement devant le Congrès.

Avec ma bénédiction pour chacun d'entre vous et pour ceux qui vous sont chers, je suis

Sincèrement vôtre dans le Christ Jésus,

Le très révérend Fabian W. Bruskewitz
Evêque de Lincoln

Dans l'état actuel des choses, on n'imagine rien de semblable en France. Pourtant nos cotisations sociales obligatoires servent à financer l'avortement, plusieurs moyens contraceptifs et contragestifs, la stérilisation contraceptive dans certains cas limités, le dépistage d'anomalies du fœtus aboutissant quasiment toujours à l'avortement, des procédures de procréation artificielle, et nos impôts nationaux et régionaux servent à la promotion de tout cela dans les établissements scolaires et les centres publics d'information de la jeunesse.

On n'a jamais entendu un quelconque responsable religieux demander clairement pour les catholiques leur droit à l'objection de conscience en ces domaine.

La seule échappatoire partielle se trouve dans le choix d'une mutuelle complémentaire qui ne couvre pas la part à charge de l'assuré pour ces procédures ou ces produits, tant que cela dure ; cela reste marginal.



11 octobre, 2011

Effet abortif de la pilule du surlendemain

Merci à Xavier Mirabel qui a « tweeté » cette information importante : la pilule de « contraception d'urgence » dite du « surlendemain » de marque EllaOne (Hra Pharma) peut avoir un effet contragestif, c'est-à-dire d'empêchement de nidation de l'embryon conçu, ce qui en fait dans certains cas, en réalité, un abortif.

C'est le résultat d'une étude menée par J.A. Keenan de la Division endocrinologie reproductive et infertilité du Centre médical de l'Université du Tennessee.

Cette étude établit que l'ulipristal acetate vendu sous le nom commercial EllaOne possède une efficacité significativement plus importante pour inhiber l'ovulation que les autres formes de « contraception d'urgence » (effet contraceptif, donc) mais « plusieurs lignes de preuve suggèrent qu'un mécanisme d'action postérieur à la fécondation est également opérationnelle », ce qui en fait un contragestif. Le résumé de l'étude précise qu'Ellaone, structurellement similaire au mifepristone (RU 486), « pourrait bien être utilisée comme un abortif efficace ». « Les personnels de santé devraient informer les patients de la possibilité des deux formes d'action de cette molécule », précise le résumé.

Cela n'est pas dit dans la notice française d'EllaOne, la notice américaine précise de manière sibylline que le comprimé « pourrait » modifier la paroi utérine.

La prise d'EllaOne est contre-indiquée dans le cas d'une grossesse avérée ou soupçonnée mais il faut garder présent à l'esprit que selon la nouvelle (et fausse) définition imposée par l'OMS la grossesse commence à la nidation, soit 7 jours en moyenne après la fécondation – rencontre de l'ovule et du spermatozoïde qui forment ensemble un nouvel être humain. Et le démarrage réel d'une grossesse (par la fécondation) se situant dans les 5 jours qui suivent le rapport sexuel, il est de toute façon impossible d'exclure que la conception ait eu lieu…

EllaOne est jugée efficace à 97 % si elle est utilisée dans les 5 jours du rapport « non protégé », et même si elle peut empêcher ou retarder l'ovulation quasiment jusqu'au dernier moment, son efficacité elle-même, me semble-t-il, exclut qu'elle puisse l'être autant sans avoir cet effet abortif.

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20 septembre, 2011

Espagne : actions contre la pilule du lendemain

Après la publication dans une revue professionnelle des circonstances d'une attaque cérébrale à la suite de la prise de la pilule du lendemain (ici sur ce blog), plusieurs associations espagnoles ont réagi en dénonçant le grave manque de prudence du gouvernement Zapatero qui en a autorisé la mise en vente libre.

Bibiana Aido et Trinidad Jimenez
L'Association nationale des avocats chrétiens (Asociacion Estatal de Abogados Cristianos) entend poursuivre les ministres responsables, Trinidad Jimenez et Bibiana Aido, respectivement ministres de la Santé et de l'Egalité au moment de la décision critiquée, pour « négligences graves ». Il leur est reproché d'avoir autorisé la vente de la pilule sans ordonnance malgré les risques graves et même mortels que cette molécule peut faire encourir à la santé. Risques qui sont connus, précise l'association, depuis plus de trente ans.

Dans le cas de la jeune femme qui a souffert d'une attaque cérébrale peu d'heures après avoir pris la pilule du lendemain, il apparaît en effet qu'un examen médical préalable aurait abouti au refus de la lui prescrire.

Le texte publié par Medicina Clinica raconte comment cette jeune femme de 23 ans est arrivé aux urgences de l'Université autonome de Madrid un matin avec une perte de sensibilité et de forces sur le côté droit du corps, après avoir absorbé la veille dans l'après-midi un comprimé de levonorgestrel de 1,5 mg acheté sans ordonnance. Il précise que la notice ne comportait aucune mise en garde quant aux risques cardiovasculaires, qui sont pourtant  bien documentés.

Aux urgences, on a pris connaissance, mais trop tard, des antécédents de la jeune femme : elle souffrait de migraines sans aura, elle était mère d'un enfant né vivant mais avait également eu sept fausses couches de premier et de deuxième trimestre, et elle avait des antécédents familiaux, sa mère ayant eu un ictus d'origine indéterminée à 45 ans. A sa sortie de l'hôpital, la victime présentait toujours un déficit de sensibilité sur tout le côté gauche.

Nombre d'examens permirent d'écarter d'autres causes d'ictus (cholestérol, sérologie, autres problèmes sanguins) même d'autres facteurs prédisposant à la thrombose ont pu ne pas être décelés.

De son côté l'Association espagnole pour la défense du droit à l'objection de conscience (ANDOC) s'est exprimée par la voix de sa présidente, Maria Dolores Gomez Armenteros, qui dans une lettre ouverte aux présidents des Collèges de pharmaciens demande à ceux-ci leur soutien pour obtenir le droit pour les pharmaciens de refuser la vente de la pilule du lendemain.

La lettre dénonce « l'irresponsabilité » de la distribution sans ordonnance en soulignant que la mise en vente libre a provoqué à la fois une « augmentation de la demande (et des bénéfices) et l'“émigration” des patients depuis les centres de santé vers les officines de pharmacie, rendant quasi impossible le suivi thérapeutique ».

La chose est d'autant plus grave que « plus de 30 % des utilisatrices sont mineures ».

Le Dr Gomez Armenteros rappelle que le 7 octobre dernier, c'est l'Agence espagnole du médicament et des produits sanitaires qui a mis en garde contre le risque d'accidents cardio-vasculaires liés à la prise de la pilule du lendemain.

ANDOC rappelle aussi que de nombreux pharmaciens se sont déjà plaints d'avoir à remettre anonymement la pilule, souvent à des mineures qu'ils ne peuvent identifier et en l'absence de tout contrôle médical : ils font aussi état de la demande de la pilule par des garçons, tandis que les réponses agressives avec menaces de dénonciation sont fréquentes lorsque les pharmaciens demandent des précisions.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...