Affichage des articles dont le libellé est colombie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est colombie. Afficher tous les articles

06 juillet, 2015

Première euthanasie en Colombie : Octavio Gonzalez est mort vendredi après une injonction des autorités de tutelle de sa clinique

Pour la première fois dans l’histoire de la Colombie et même de l’Amérique latine, un Colombien s’est prévalu d’une jurisprudence autorisant le suicide assisté dans son pays pour obtenir l’euthanasie. Octavio Gonzalez, 79 ans, est mort vendredi dernier dans la clinique Oncólogos de Occidente de Pereira, dans la province de Risaralda. Il souffrait d’un cancer de la face en phase terminale pour lequel seuls les soins palliatifs pouvaient lui être proposés. Son histoire a été fortement médiatisée, un fait qui laisse prévoir de nouvelles pressions pour généraliser ce « droit » à la mort choisie dans un pays naguère catholique.
La Colombie a rejoint le petit nombre de pays au monde qui autorisent l’euthanasie par le biais d’une décision de la Cour constitutionnelle qui avait approuvé le suicide assisté dans le courant des années 1990. Faute de régulation de la procédure, la décision – dont il faut préciser qu’elle n’a pas été approuvée par un vote du Congrès colombien – est restée dormante. Ce n’est qu’en mai dernier que le ministère de la Santé a publié une série de directives autorisant non plus le suicide assisté mais l’euthanasie qui est désormais encadré et peut être pratiqué sur une personne qui la demande de manière lucide et délibérée, au nom du « droit fondamental » à « mourir dignement ».
L'euthanasie est arrivée en Colombie par le biais des juges
Gouvernement des juges ? Oui, c’est dans de nombreux pays que les juges font la loi et la poussent dans le sens de la culture de mort. La Colombie est un cas d’école : l’avortement y a également été imposé par voie juridictionnelle.
José Ovidio Gonzalez Correa a adressé sa demande d’euthanasie aux médecins de sa clinique en juin, « sous serment », évoquant son « intention d’être euthanasié » alors qu’il était « en pleine possession de ses facultés mentales et de manière libre et volontaire ». Il était malade depuis cinq ans d’un cancer qui commençait à détruire son visage.
La presse colombienne n’a pas manqué de montrer des images de ce visage meurtri et défiguré, comme si cela était conforme à la dignité humaine : l’intention de susciter l’approbation publique par la force de l’image était évidente.
Le 26 juin tout était prêt, Ovidio Gonzalez avait pris congé de sa femme, de io GOnzalez ses enfants, de ses proches : ses affaires étaient en ordre. Mais à 15 minutes de l’heure prévue pour l’expédier ad patres, le fils du malade recevait un coup de fil dans sa voiture de la part de la clinique : le comité scientifique créé pour l’occasion s’était réuni et l’un des médecins, le thanatologue Juan Pabo Cardona, s’opposait à la procédure. La mort annoncée n’aurait pas lieu…
L'euthanasie d'Octavio Gonzalez imposée par les autorités de tutelle
contre la volonté d'un médecin

Le fils, Julio Cesar Gonzalez, connu en Colombie comme dessinateur de presse sous le nom (prédestiné ?) de « Matador », s’est lancé alors dans une bataille pour obtenir la mise à mort de son père. L’estocade ? Il a en tout cas publié plusieurs dessins sur son père dans son journal, El Tiempo, l'un des principaux quotidiens du pays.

C’est à partir de ce moment-là également que l’affaire fut médiatisée : le fils expliquait qu’il n’était pas possible de donner « un tel coup au moral » de la famille alors que tous avaient fini par « assumer cette si difficile décision ». On attendit le passage du « pont » de la fin juin. Dès le mardi suivant, le père présenta par la voix de son avocate, Adriana Gonzalez, une demande devant les autorités de tutelle pour exiger son « droit à mourir dignement ».
Les autorités ayant ordonné à la clinique de se soumettre, celle-ci céda et se mit d’accord jeudi dernier avec Don Ovidio pour programmer sa mort. Elle était prévue pour les jours qui viennent mais pris d’un accès de fièvre après un changement de médicament il exigea que les choses aillent plus vite. « Il faut que ce soit aujourd’hui ou demain, mais je ne peux pas aller jusqu’à samedi », dit-il à son épouse.
La clinique a pris la décision alors de l’euthanasier pendant son sommeil, vendredi matin, en présence de sa femme et de ses quatre enfants, mais aussi d’un médecin qui avait « accompagné » sa demande, ainsi que son avocate.
Immanquablement, celle-ci a témoigné à la radio des derniers instants de son client : « Tout a été très tranquille, très beau. C’était sublime. »
Bien sûr. L’euthanasie, c’est toujours « sublime » au regard de ses partisans.
Quand en plus ils peuvent l’imposer contre la volonté d’un opposant, comme ce fut le cas pour cette première euthanasie de Colombie, ils la savourent d’autant plus. Car cela les assure contre l’objection de conscience.
L’Eglise catholique de Colombie, qui gère de nombreux établissements de santé dans le pays, a déclaré que l’euthanasie est moralement inacceptable et elle a menacé de fermer ses hôpitaux maintenant que les autorités colombiennes imposent aux médecins un véritable devoir de tuer.
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



06 novembre, 2014

Le “droit fondamental à l’IVG” à l’Assemblée nationale

Sous réserve de son dépôt, une proposition de résolution tendant à affirmer le « droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse » est inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le mercredi 26 novembre, lit-on sur son programme de travail déterminé par la Conférence des Présidents le mardi 4 novembre.
Le Salon beige souligne que ce sera le 40e anniversaire du discours de Simone Veil sur l’avortement à l’Assemblée nationale.
La « résolution » est une relative nouveauté : depuis la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, l’Assemblée peut émettre un avis sur une question donnée par cette voie. Elle peut être déposée au nom d’un groupe par son président ou par tout député, est portée devant la Conférence des Présidents par un président de commission ou de groupe pour être inscrite à l’ordre du jour, cette inscription pouvant être bloquée par le gouvernement si elle met en cause sa responsabilité ou contient des injonctions à son égard. Ce qui n’a pas été fait.
Cela veut dire que cette résolution est passée entre les mains du Premier ministre et a donc été visée.
Quel est donc l’intérêt d’un vote visant simplement à affirmer l’avis de l’Assemblée sur l’« IVG », « droit fondamental » ?
Il peut paraître mineur mais la démarche est en réalité lourde de sens. C’est une revendication qui revient régulièrement dans les discours féministes et, après le retrait par Mariano Rajoy, le 23 septembre, du projet de loi restreignant les conditions d’accès à l’avortement, les députés socialistes au Parlement européen avaient annoncé une initiative inscrivant le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Obtenir l’aval de l’Assemblée nationale française s’inscrit sans doute dans cette démarche sur le plan européen ; pour ce qui est de la France, c’est une manière de justifier l’interdiction de toute objection de conscience, de toute tentative de restriction.
Si l’avortement est un droit fondamental, l’Etat doit aussi le protéger, le faciliter, le rendre accessible.
Mais les objectifs sont aussi globaux : cela fait des années que la lutte se poursuit au niveau de l’ONU pour faire reconnaître l’avortement comme faisant partie des droits protégés par les conventions internationales. Aucune ne le fait, mais faute d’en avoir l’affirmation littérale dans les textes, le lobby de l’avortement veut l’imposer comme s’il faisait partie de leur esprit, de leurs conséquences logiques.
A ce titre, une affirmation parlementaire française apporterait de l’eau à leur moulin.
Barack Obama avait affirmé que l’avortement est un « droit constitutionnel fondamental », le 23 janvier 2012, à l’occasion du 39e anniversaire de Roe v. Wade. Les comptes-rendus de cet arrêt affirment volontiers aujourd’hui qu’il affirme textuellement le « droit fondamental à l’avortement », mais ce n’est pas le cas. Il parle du droit à la vie privée et affirme que l’Etat ne doit pas se mêler de la décision médicale prise par le médecin et la femme pendant le 1er trimestre.
La Cour constitutionnelle colombienne a elle aussi déclaré l’avortement « droit fondamental » ; cette décision de 2010 est régulièrement invoquée pour contester le droit à l’objection de conscience des médecins dans les cas où l’avortement est dépénalisé (viol, malformation fœtale, danger pour la vie de la mère).

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



04 octobre, 2014

Vaccin contre le HPV : un expert colombien met en garde contre ses dangers

Une piqûre de Gardasil au Chili
Alors que les informations sur de potentiels effets secondaires inquiétants liés au vaccin contre le papillomavirus humain se multiplient en Amérique du Sud, le directeur de la plateforme pro-vie et pro-famille « Unidos por la Vida » en Colombie,  Jesús Magaña, a affirmé à ACIPrensa que tout en étant loin de protéger efficacement contre cette infection sexuellement transmissible, il promeut la promiscuité parmi les adolescente.
Le HPV ou papillomavirus humain est un ensemble de virus dont certains provoquent le cancer du col de l’utérus. Depuis quelques années, des campagnes massives de vaccinations de toutes jeunes filles – dès 9 ans – sont entreprises dans plusieurs pays. Sous la marque Gardasil ou Cervarix, les coûteux vaccins (105 € la dose de Garadasil, et il en faut deux !) sont distribués notamment par le biais des infirmeries scolaires. En France, le Haut conseil à la santé publique a recommandé la vaccination à grande échelle des petites filles en France – dès 9 ans, à l’école.
Jesús Magaña accuse carrément les promoteurs d’une telle campagne dans son pays de mener une « politique erronée, à tel point qu’on se demande s’il ne s’agit pas d’un plan orchestré pour détruire nos jeunes filles, et plus spécialement leur santé sexuelle et reproductive – eux qui en parlent tant ».
Les faits sont en effet troublants. ACIPrensa a contacté le 30 septembre Monica Leon del Rio, avocate, mère d’une des fillettes victime de graves symptômes après avoir été vaccinée en janvier 2013. « Depuis ce moment elle a présenté une série d’effets adverses : douleurs articulaires, élancements, douleur à la colonne vertébrale et d’autres ennuis de santé, que j’ai commencé à exposer devant les autorités sanitaires, sans obtenir la moindre réponse ni traitement global. »
« Au départ, poursuit l’avocate, l’affaire a été rendue publique après que dans un village on eut vacciné beaucoup de fillettes et qu’elles ont toute rapporté des effets adverses. Le village s’appelle Carmen de Bolivar. On a dit alors que c’était une histoire d’hystérie collective, et c’est ainsi qu’on a balayé ce que rapportaient les fillettes affectées. »
Un vrai « dénigrement » – et les autorités publiques n’ont proposé aucun remède.
Monica Leon del Rio signale qu’il y a eu d’autres cas, moins médiatisés. Elle a porté plainte devant le procureur général de la nation, en invoquant les cas documentés de huit fillettes, en attendant de présenter cinq ou six cas supplémentaires. Le gouvernement colombien a d’ores et déjà été sommé par le procureur général de fournir des informations sur qui se passe.
Le président de Colombie, Juan Manuel Santos, affirmait de son côté en août que la campagne – d’un coût de 100 millions de dollars – est un modèle d’« équité et de santé publique » puisque toutes les fillettes peuvent en bénéficier, qu’elles soient riches ou pauvres.
Pour Jesús Magaña, l’importance de la somme mise en jeu pour l’achat des doses et la vaccination des fillettes, combinée avec le refus de réagir aux effets secondaires, laissent à penser qu’il y a derrière cette affaire « un problème de corruption, d’argent mal acquis derrière cette vente de vaccins ». D’autant que les vaccins peuvent contrer seulement quelques-unes des quinze souches cancérigènes du HPV : des souches qui, précisément, ne sont pas celles qui affectent les femmes en Colombie.
« C’est un vaccin très inefficace, au rayon d’action très limité, et, deuxièmement, il envoie un message trompeur à la société car, comme nous le savons tous, le HPV est contagieux par contact sexuel et tant qu’il n’y a pas de promiscuité sexuelle au sein de la population, il ne va pas proliférer », a-t-il souligné.
En vaccinant les petites filles, le message envoyé à la société est celui-ci : « Tu peux multiplier les partenaires sexuels et grâce à ce vaccin, il ne t’arrivera rien. » « Nous constatons déjà l’inverse : non seulement il ne protège pas mais des effets secondaires graves frappent gravement la santé des fillettes là où cette vaccination massive a eu lieu. »
Son « message de promiscuité » s’ajoute à celui de l’avortement qui fait croire qu’on « peut avoir n’importe quel type de relations sexuelles car en cas d’échec des contraceptifs qui sont aussi massivement distribués il y aura de toute façon une solution de dernier recours ».
« Les parents sont en train de se rendre compte de la gravité de l’utilisation de ce type de vaccins qui ne sont véritablement d’aucune nécessité lorsque les jeunes mènent une vie sexuelle saine, sans promiscuité, une vie de jeunes filles chez elles protégées d’une initiation précoce aux relations sexuelles », a souligné Jesús Magaña  qui estime beaucoup plus urgent de donner une saine éducation sexuelle où apparaisse pleinement « l’unité intime et profonde de la sexualité et de l’amour ».

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



07 septembre, 2014

Vaccin anti-HPV : trois adolescentes brésiliennes à l’hôpital

Vaccination au Gardasil au Chili, au début du mois
Trois jeunes filles de 11 à 13 ont été hospitalisées la semaine dernière à Bertioga, au nord de São Paulo au Brésil, après avoir été vaccinées contre le papillomavirus humain (HPV), avec des symptômes similaires : fortes douleurs à la tête, rougeurs sur tout le corps et perte de sensibilité des jambes. Huit autres jeunes filles ont manifesté le même genre de symptômes mais, moins gravement atteintes et soignées dans des points de secours d’urgence, elles ont pu regagner leurs foyers.
Toutes les jeunes filles en question venaient de recevoir le vaccin dans le cadre de leur école.
Bien sûr, la préfecture de Bertioga a fait savoir qu’il était « encore trop tôt » pour établir un lien entre les vaccins et ces « effets non désirables », se bornant à dire que le lot de vaccins utilisés n’était pas « périmé » et avait été gardé au froid selon les règles de l’art ; elle a précisé que l’on allait continuer de vacciner les jeunes filles contre le HPV dans cet Etat, et avec ce lot encore, conformément aux recommandations du secrétaire à la Santé.
Les trois jeunes filles hospitalisées ont dû être transférées dans un hôpital de Santos où elles doivent subir des examens plus approfondis.
Les autorités brésiliennes espèrent vacciner jusqu’à 80 % des (très jeunes) adolescentes du pays dans les mois à venir, bien que l’infection HPV, qui est à l’origine de cancers du col de l’utérus et autres cancers génitaux, se transmette dans la grande majorité des cas par contact sexuel avec des partenaires multiples, que les effets secondaires rapportés sont nombreux et parfois très graves, et qu’on n’ait pas de recul quant à leurs effets à long terme.
Malgré la pression mondiale pour faire distribuer la coûteuse piqûre – et en plus il en faut deux ! – l’immunisation obtenue est loin d’être certaine puisque les femmes vaccinées sont tout de même invitées à utiliser le préservatif et à se soumettre régulièrement aux frottis de dépistage dès l’âge de 25 ans.

En Colombie aussi…

La nouvelle survient en tout cas peu de semaines après une affaire similaire en Colombie, où plus de 200 jeunes filles d’El Carmen de Bolivar ont présenté des symptômes allant des maux de tête aux évanouissements et aux pertes de sensibilité dans les mains. Agées de 9 à 16 ans, elles avaient toutes en commun d’avoir été vaccinées contre le HPV ces derniers mois – toujours le fameux Gardasil à 105 euros la dose…
FoxNews Latino rapporte que d’aucuns accusent une « hystérie collective » d’être à l’origine des symptômes mais pour les parents d’El Carmen de Bolivar, le doute n’est pas permis puisqu’ils ont systématiquement été constatés chez des jeunes filles récemment vaccinées. Ils ont organisé une manifestation, il y a deux semaines, pour exiger une enquête approfondie.
Le maire de cette petite ville de 95.000 habitants, Francisco Vega – lui-même médecin – a précisé que les cas s’étaient manifestés depuis le mois de mais et qu’en un seul week-end, fin août, 120 jeunes filles ont dû être hospitalisées dans des conditions difficiles, les infrastructures sanitaires étant insuffisantes pour faire face à un tel afflux. Toutes ont pu, depuis, rentrer chez elles, a-t-il affirmé. Lui aussi s’abrite derrière les autorisations de mise sur le marché obtenues dans de nombreux pays du monde pour assurer que rien ne prouve le lien entre le vaccin et la maladie collective.
Quant au ministre de la santé colombien, Alejandro Graviria, il a accusé « les opinions et les préjugés moraux » d’être à l’origine de la fronde contre les vaccins.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



19 septembre, 2012

Colombie : pétition pour le Procureur général menacé

Le Procureur général de la Colombie, Alejandro Ordoñez, par ailleurs en instance de réélection, a été sommé par la Cour constitutionnelle de se soumettre vite à sa sentence l'ordonnant de rétracter ses commentaires négatifs sur la pilule du lendemain et son interprétation selon laquelle le droit à l'objection de conscience face à l'avortement existe pour tous en Colombie, individus ou institutions. Le militantisme de la Cour est connu : c'est elle qui a introduit trois cas dans la jurisprudence où l'avortement est considéré comme un « droit » de la femme : aujourd'hui elle ne fait que tirer les conséquences les plus extrêmes de cette novation juridique.

Le parti conservateur de Colombie y voit plus que de l'idéologie : une soumission aux puissant lobby pharmaceutique, et notamment aux fabricants de la « contraception d'urgence ». « Vous savez que les laboratoires, ceux qui produisent des produis pharmaceutiques, sont de gros clients d'espaces publicitaires et ils brassent des millions et des millions, particulièrement pour ces produits qui circulent avec une si grande liberté, ces pilules qui conduisent à la suspension de la vie », a déclaré le porte-parole du parti conservateur à la Chambre des représentants de Colombie, Alfredo Bocanegra.

Il parle de « complot » contre le Procureur général qui a jusqu'à ce mercredi soir – heure de Colombie – pour se soumettre à la sentence de la Cour constitutionnelle.

Une campagne de soutien au Procureur a été ouverte ici.

J'ai exposé la scandaleuse affaire montée contre Alejandro Ordoñez ici.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



15 septembre, 2012

Colombie : démissions après la sentence obligeant des magistrats à se rétracter sur la pilule du lendemain et l'IVG

Ilva Myriam Hoyos, procureur déléguée à l'enfance et à l'adolescence, et Maria Eugenia Carreñon, procureur déléguée à la fonction publique, ont toutes deux présenté leur démission deux jours après que la presse a rendu publique une sentence de la Cour constitutionnelle les obligeant à revenir sur des démarches visant à empêcher l'accès des femmes colombiennes à leur « droit à l'avortement » et à ne plus mettre d'entrave à l'inscription du misoprostol – souvent utilisé comme abortif chimique – dans la liste des médicaments du Plan obligatoire de santé.

Plus généralement, elles ont été condamnées à rétracter tout ce qui de leur part, de près ou de loin, a apparu comme un refus de mettre en œuvre la sentence T-388 de la même Cour constitutionnelle visant à imposer l'éducation sexuelle, l'accès aux droits sexuels et reproductifs et la dépénalisation de l'avortement dans certains cas, bien que la Constitution affirme le respect de la vie.

Plutôt que de se soumettre, les deux femmes ont renoncé à leur charge tout en soulignant que la décision ne leur avait pas été notifiée et qu'elles n'étaient donc pas encore en mesure de se défendre. Des constitutionnalistes et des pénalistes se sont empressés d'expliquer à la presse que les décisions de la Cour constitutionnelle étant publiques elles sont d'application immédiate.

Maria Eugenia Carreño a souligné que si le Procureur n'accepte pas sa décision, elle devra s'en remettre à sa décision quant à la mise en œuvre de la décision de la Cour constitutionnelle, tout en précisant que celle-ci était « injuste » car en critiquant les « effets secondaires » du misoprostol elle s'était fondé sur des arguments juridiques et scientifiques valables.

De son côté Ilva Myriam Hoyos a elle aussi remis sa charge entre les mains du Procureur : « La Cour a affirmé que j'avais menti, que j'ai déformé le sens d'une sentence et que j'ai violé les droits fondamentaux des personnes. J'assume ma responsabilité et je dois laisser toute liberté au Procureur afin qu'il dispose de ma charge », a-t-elle déclaré à El Tiempo. La Cour lui reproche d'avoir refusé le recours à la pilule du lendemain au motif qu'elle peut avoir des effets abortifs et d'avoir déclaré que l'avortement n'est pas un droit.

Le Procureur général est précisément Alejandro Ordoñez, sous le coup de la même décision de la Cour constitutionnelle pour ses critiques de l'éducation sexuelle et du recours à la pilule du lendemain qu'i veut faire retirer du marché.  Un autre « expert » constitutionnaliste a expliqué aux médias qu'il ne pourra en aucun cas invoquer l'objection de conscience pour ne pas mettre en œuvre la décision de la Cour. Néstor Osuna a même expliqué qu'en faisant cela, Ordoñez se rendrait coupable de donner le « mauvais exemple » aux citoyens qui y verraient un « accommodement pour ne pas accomplir les décisions » de justice. Et de prévenir que le Procureur, s'il refuse d'obtempérer, s'expose non seulement à des sanctions mais à une éventuelle enquête disciplinaire.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

13 septembre, 2012

Le procureur général de Colombie sommé de soutenir l'avortement, sous peine d'arrestation

On a parfois l'impression que l'histoire s'accélère. Si j'avais le temps je vous parlerais aujourd'hui de quantité de sujets allant de la pression pour faire euthanasier le prince Friso des Pays-Bas, victime d'une avalanche il y a six mois et depuis, dans un « état végétatif », aux mises en garde de scientfiques à la suite d'études en Ecosse sur les conséquences néfastes de la présence de déchets hormonaux, impossibles à éliminer, dans les eaux sales… Ou encore de cette communication scientifique en Irlande attestant que l'avortement direct n'est jamais nécessaire pour sauver la vie de la mère… Ou cette décision en Argentine de refuser que l'exception jurisprudentielle permettant à une femme violée d'accéder à l'avortement soit conditionnée par une attestation médicale ou judiciaire de la réalité du viol… Mais ce soir, je tombe sur ceci.

La Cour constitutionnelle de la Colombie vient d'ordonner au Procureur général de la nation, Alejandro Ordoñez, de rétracter ses critiques à propos des campagnes de défense des droits reproductifs et de promotion de l'« éducation sexuelle », ainsi que sa demande visant à faire retirer du marché la « pilule du lendemain », ou contraception d'urgence, qu'il présente comme abortive.

S'il ne se soumet pas aux injonctions de la Cour, il sera considéré comme ayant commis un « outrage » et pourra être arrêté.

Cette démarche de la Cour constitutionnelle, qui par sa jurisprudence a déjà imposé à la Colombie une dépénalisation de l'avortement dans les cas dits limites comme la malformation fœtale, le danger pour la vie de la mère ou la grossesse résultant d'un viol, répond à un recours formé en 2011 par 1.279 femmes au nom du « droit à l'information », à la suite de Monica Roa qui était à la tête de la campagne qui avait obtenu cette dépénalisation.

Ces 1.279 femmes avancent que le Procureur général Ordoñez, mais aussi le procureur pour la défense des droits de l'Enfance, de l'Adolescence et de la Famille, Mme Ilva Myriam Hoyos, et celui chargé de la Fonction publique, Mme Maria Eugenio Carreño, ont émis « de manière continue et systématique une série de déclarations qui contiennent des informations inexactes ou déformées en rapport avec les droits reproductifs des femmes colombiennes ». Il lui est ainsi reproché d'avoir dit que la sentence T-388 de la Cour sur les droits reproductifs, l'éducation sexuelle et la dépénalisation de l'avortement dans les cas sus-nommés allait donner lieu à des « campagnes massives de promotion de l'avortement comme un droit ».

La Cour – selon la presse – a donné 48 heures à Alejandro Ordoñez à compter de la notification de la sentence pour expliquer que ces campagnes visent à faire connaître aux femmes colombiennes leurs « droits sexuels et reproductifs, parmi lesquels se trouve l'interruption volontaire de la grossesse dans les hypothèses dépénalisées ».

Pour autant Mme Ilva Myriam Hoyos, est elle condamnée à faire savoir au Superintendant national de la santé qu'elle accepte que l'organisme dont il à la charge est obligé d'ôter tout obstacle à l'accès des femmes à leur « droit » à « l'interruption volontaire de grossesse » – droit qui leur est acquis dans les cas posés par la jurisprudence.

Alejandro Hoyos doit encore affirmer publiquement que la pilule du lendemain n'est jamais abortive. Il doit aussi affirmer que son interprétation de la Constitution selon laquelle l'objection de conscience par rapport à l'avortement ne peut être restreinte par aucune autorité judiciaire ou administrative est fausse : il devra établir une circulaire affirmant les limites jurisprudentielles apportées à l'objection de conscience dans le cadre des avortements dépénalisés. De même, éliminer d'une de ses circulaires l'affirmation selon laquelle des institutions peuvent invoquer l'objection de conscience, et selon laquelle celle-ci peut être exercée de manière collective.

Comme si cela ne suffisait pas il lui est enjoint de lever la suspension de la décision d'inclure le principe actif misoprostol (utilisé pour des avortements médicamenteux) dans le cadre du Plan obligatoire de santé, afin que le processus d'agrément puisse être mené à terme.

Mme Hoyos et Mme Carreño devront elles aussi s'abstenir de se mêler de manière injustifiée du processus d'inclusion du misoprostol dans le Plan obligatoire de santé. La première devra en outre avouer que les recours contre la sentence T-388 n'ont en rien suspendu ses effets, comme elle l'avait dit à la radio.

Devant une telle manifestation de totalitarisme – chercher à faire dire à ces magistrats le contraire de ce qu'ils pensent – je crois nécessaire de vous donner les noms des signataires de cette décision d'anthologie, une sentence-fleuve que vous pourrez découvrir sur le site de la Cour : Humberto Antonio Sierra Porto, Maria Victoria Calle Correa, Luis Ernesto Vargas Silva, magistrats, et Martha Victoria Sachicha Mendez, secrétaire générale.

La sentence porte la date du 10 août, mais l'information n'est sortie dans la presse colombienne qu'en ce jeudi, et Alejandro Ordoñez, interrogé par l'agence de presse Colprensa, a fait savoir qu'il n'avait pas encore lu la sentence : « Je n'en ai pas connaissance. On ne me l'a pas notifiée. Je n'ai que les informations données par la presse. »

Ce blog a parlé à plusieurs reprises d'Alejandro Ordoñez : iciici et ici.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner 



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner © leblogdejeannesmits

18 juillet, 2012

Mexique, Colombie : large exagération du nombre des avortements clandestins


Et revoilà Elard Koch, universitaire, spécialiste d’épidémiologie moléculaire, master en sciences, directeur de recherches du département de Santé familiale de la faculté de médecine de l’Universidad de Chile. Lors de sa série d’interventions devant des universités mexicaines, après avoir explosé à celle d’Anahuac, de Cancun, quelques mythes sur l’avortement légalisé et la baisse de la mortalité maternelle, a avancé des données scientifiques pour montrer que les statistiques de l’avortement clandestin ont été délibérément surestimées pour peser en faveur de la légalisation à la fois auprès de l’opinion publique et des gouvernements. Cette conférence-ci se déroulait à l’université catholique du Valle de Atemajac, à Zapopan, Jalisco.

De telles exagérations ont été constatées en Amérique latine, et notamment au Mexique où l’institut Guttmacher – anciennement institut de recherche sur l’avortement et la contraception dépendant de la Fédération du Planning familial – qui avançait le chiffre de 750.000 à 1 million d’avortements clandestins par an dans ce pays en 2006 pour justifier la légalisation de l’« IVG ». Ces résultats étaient basés sur… des enquêtes d’opinion.

Une méthodologie pour le moins défaillante qui a été démentie récemment par une enquête publiée dans la revue Ginecologia y Obstetricia de Mexico : fondée sur des études épidémiologiques réalisées par le Centre de Médecine embryonnaire, couplées avec des statistiques sur la fécondité. On arrive alors à un total maximal d’environ 53.000 avortements clandestins par an pour l’ensemble du Mexique.
Aujourd’hui l’avortement est légal dans le district fédéral de Mexico.

Elard Koch a rappelé que les chiffres avancés pour la Colombie par l’institut Guttmacher affichaient quelque 400.000 avortements clandestins par an : 18 fois de plus que le maximum de 22.000 auquel aboutit le croisement des études épidémiologiques et des données statistiques sur la fertilité.
« En d’autres termes, le nombre estimé à partir de la méthodologie développée par l’institut Guttmacher est plus élevé que ce qui est empiriquement possible. »

La manipulation n’est pas nouvelle : c’est ainsi qu’une exagération du nombre des avortements clandestins a présidé à la mise en place de la légalisation de l’avortement en France, ou très récemment au Portugal où les avortements légaux ont été loin d’atteindre les niveaux envisagés par les partisans de la légalisation.

Elard Koch a répété à cette occasion que la légalisation de l’avortement ne diminue pas la mortalité maternelle : au contraire, au Chili, celle-ci est passée de 41,3 pour 100.000 naissances vivantes alors que l’avortement était encore légal à 12,7 pour 100.000 depuis qu’il a été repénalisé. Période sur laquelle l’éducation de la femme a progressé : la durée de scolarisation des jeunes filles est passée de 3,5 ans en moyenne en 1957 à 12 ans.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

06 avril, 2012

Deux fillettes deviennent mère en Colombie : où sont les médias ?

En Colombie, une fillette de dix ans vient de donner le jour à une petite fille à 39 semaines de grossesse. La mère et l'enfant se portent, bien, selon l'expression consacrée, et c'est quasiment un miracle. L'une des plus jeunes mamans du monde n'avait consulté aucun médecin pendant que son ventre s'arrondissait et elle est arrivée à l'hôpital en situation d'urgence, saignant abondamment et criant de douleur lors des contractions qui avaient commencé. Il a été aussitôt décidé de pratiquer une césarienne qui a permis de sauver les deux vies. Le bébé était tout à fait viable.

La fillette, qui n'a pas vraiment idée de la maternité, a refusé d'allaiter l'enfant. Ses parents attendent qu'elle sorte de l'hôpital pour la ramener chez eux avec le bébé : chez eux, dans la petite ville de Manaure sur une péninsule colombienne où vit la tribu des wayuu, dont elle est membre.

Et voilà pourquoi cette affaire n'a pas fait les gros titres comme celle de la petite fille de Recife, pour qui des organisations féministes avaient réclamé et obtenu l'avortement au Brésil il y a quelques années. Dans la tribu des Wayuu, la maternité précoce fait partie de la « culture », et cette culture est protégée par un certain degré de souveraineté. Il est fort probable, compte tenu de l'état du droit colombien, qu'il n'y ait pas d'enquête ni de poursuites contre le père de l'enfant, sur l'identité duquel les membres de la tribu restent silencieux. La presse colombienne parle d'un jeune de 15 ans ou d'un homme de 30 ans. En tout cas de quelqu'un qui a manifestement abusé de la jeunesse et de l'innocence d'une fillette que ses parents n'ont pas protégée.

Peut-être parce que cela ne se fait pas chez les Wayuu…

Mais, fait caractéristique, on n'a pas entendu les organisations féministes réclamer l'avortement : au nom de la diversité ethnique peut-être ?

La Colombie reste un pays profondément pro-vie malgré des pressions, notamment de la Cour suprême, pour imposer l'avortement au moins dans les cas limites. Et incontestablement, celui-ci en était un, à la fois en raison de l'âge de la petite jeune fille et du manque de suivi qui a permis que sa situation se dégrade jusqu'à menacer sa vie. Mais elle s'en est tirée vivante, avec l'enfant. L'avortement n'était donc pas la seule solution envisageable.

Une affaire similaire s'est produite fin mars lorsqu'une autre fillette wayuu, âgée de 11 ans cette fois, a donné elle aussi le jour à un bébé, sans complications puisqu'elle a pu être suivie de près pendant sa grossesse. Elle apprend à allaiter sa petite fille.

L'Instituto Colombiano de Bienestar Familiar, organisme gouvernemental de soutien aux familles, est intervenue dans un premier temps pour aider la fillette enceinte, mais il se mobilise aussi maintenant parce que le père présumé de l'enfant, un jeune de 15 ans semble-t-il, qui avait été identifié par les proches de la jeune fille comme ayant eu des relations avec elle, a refusé de reconnaître le bébé et assure qu'il « n'est pas de lui ».

Vu la gravité que revêt la défaillance du père, l'ICBF entend rechercher une bonne solution pour l'enfant qui « a droit à un nom et à une famille », comme le précise la Constitution colombienne.

Les autorités se heurtent là encore aux coutumes wayuu : ce qui en Occident relève du viol, est tout à fait acceptable chez eux, du moment que le jeune homme paye une dot, une sorte de « droit » ancestral qui officialise la cohabitation du couple.

Que faire pour ces indigènes qui conservent leur droit propre ? Selon le gynécologue qui s'est occupé de la fillette, il s'agit d'abord d'arriver à trouver les jeunes filles qui ont besoin d'un traitement et d'un suivi : la fillette en question, il a fallu aller la chercher. Parlant peu de wayunaiki et pas du tout d'espagnol, la jeune maman était trop ignorante pour demander de l'aide elle-même. L'« éducation sexuelle » est-elle la solution portée aux tribus les plus reculées est-elle la solution, comme l'a dit ce gynécologue ? L'éducation tout court, plutôt. Les maternités aussi précoces ne sont pas un bien, mais alors les relations sexuelles précoces non plus.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

24 février, 2012

Colombie : l'avortement au nom du “droit à la santé”

La Cour constitutionnelle de Colombie, saisie d'une affaire de tutelle à propos d'une mineure tombée enceinte à 12 ans, vient de décider que la préservation de la santé mentale fait partie des motifs que peut et doit invoquer l'Entité promotrice de la santé (EPS) pour autoriser un avortement. Elle a ainsi interprété dans un sens extensif les exceptions qu'elle avait elle-même établies en 2006 à l'occasion d'une sentence créant des conditions où l'interdiction de l'avortement en Colombie pouvait être ignorée par les services de santé.

C'est au nom du « droit à la santé » que la Cour a condamné l'EPS qui avait refusé l'avortement à cette jeune fille, « AA », enceinte des œuvres de son « fiancé » âgé de 16 ans.

« Il faut se rappeler que le droit à la santé suppose la jouissance du plus haut niveau possible de santé physique et mentale, et que la grossesse peut être la cause d'une situation d'angoisse sévère, voire d'altérations psychiques graves qui peuvent justifier son interruption, sur certificat médical », affirme la Cour constitutionnelle.

Toute femme ayant été enceinte attestera sans doute qu'à un moment ou à un autre, sa grossesse l'a privée de sa « jouissance du plus haut niveau possible de santé physique et mentale », sans même compter le brouillard cérébral que peuvent provoquer les nuits sans sommeil et autres petits désagréments liés à la présence d'un nourrisson affamé. Des nausées au sentiment d'être à deux dans un studio trop petit, des jambes lourdes en été à ces kilos en trop (« la chair est flasque, hélas, et j'ai pris trop de livres »…), de la peur de l'inconnu à la difficulté de faire du calcul mental dans les heures qui suivent l'accouchement, on pourrait aligner bien des ennuis. Et je ne parle que de grossesses qui se passent bien.

Non, vraiment, les juges de la Cour colombienne sont des extrémistes qui ne semblent même pas mesurer la portée de leurs affirmations… Avec de telles phrases générales, on peut justifier l'avortement dans à peu près n'importe quel cas – et ignorer allègrement la forte volonté de la société civile colombienne d'en finir avec les « exceptions » d'avortement introduites dans le droit par la voie jurisprudentielle.

La Cour estime que l'EPS doit autoriser l'avortement dès lors qu'un certificat médical atteste de la mise en péril de la santé physique ou mentale de la femme enceinte, ajoutant qu'en l'espèce cela s'imposait d'autant plus qu'il y avait deux certificats, l'un émanant d'une psychiatre, l'autre d'une gynécologue-obstétricienne, apportés à l'appui de la demande d'avortement posée le 25 avril 2011. La jeune fille de 12 ans pouvait se prévaloir d'un diagnostic de « dépression ».

L'EPS refusa l'avortement, soulignant que les certificats avaient été signés par des médecins qui lui étaient étrangers, et le temps passa jusqu'à ce que la jeune fille accoucha de son enfant.

Aujourd'hui, l'EPS est condamnée par la Cour constitutionnelle à indemniser les dommages et tous les préjudices causés à la jeune fille – ils seront évalués avec précision – du fait du refus de l'avortement. La Cour a ordonné qu'il soit particulièrement tenu compte de la minorité de la jeune fille et des dommages causés à sa santé mentale et à son « projet de vie » (sic) du fait « de la négation illégitime de l'accès à l'IVG, à laquelle elle avait droit ».

Dans un contexte où le lobby de l'avortement tente d'imposer sur le plan des traités internationaux l'avortement comme faisant partie intégrante de la « santé sexuelle et reproductive », une telle décision – qui en fait une condition et donc un droit pour la préservation de la santé au sens très large – apparaîtra comme une aubaine.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

14 octobre, 2011

Colombie : malgré 5 millions de signatures, le Sénat ne veut pas d'une Constitution vraiment pro-vie

L'initiative – ironie des choses – a été brisée dans l'œuf. La Première commission du Sénat en Colombie vient de rejeter, par 9 voix contre 7, la proposition de révision constitutionnelle qui avait recueilli un soutien populaire vraiment extraordinaire : 5 millions de signatures sur un pays qui compte quelque 45 millions d'habitants et moins de 28 millions d'électeurs… 5 millions de personnes demandant que la Constitution colombienne, qui affirme le respect de la vie, comporte également les mots « de la conception à la mort naturelle ». Le processus d'adoption de la révision s'arrête donc là, avant même d'avoir été débattue au Parlement.

Leurs voix n'ont pas été entendues alors qu'elles s'élevaient contre des décisions de la Cour constitutionnelle de Colombie qui a imposé, à coups de jurisprudence abusive, une sorte de droit à l'avortement en cas de danger pour la vie de la mère, de malformation congénitale de la mère et de grossesse résultant d'un. Comme le signale Matthew Hoffman dans LifeSite ces décisions ont déjà conduit à la mise à l'amende d'au moins un hôpital catholique pour avoir refusé un avortement à une femme victime de viol. Il rappelle également que ces arrêts de la Cour constitutionnelle ont d'ores et déjà été utilisées pour justifier l'obligation d'imposer des cours d'« éducation sexuelle » favorables à l'avortement dans les écoles de Colombie.

Selon des médias locaux le vote décisif contre le texte porté par une si importante part de la population est venu de la sénatrice Karime Motta, qui devait lui apporter son soutien mais qui a changé d'avis à la dernière minute.

« Je ne me sens pas habilitée à condamner une mère qui décide si elle porte un enfant dans son ventre pendant neuf moi et avoir son bébé dans les bras seulement quelques heures », a-t-elle expliqué, ajoutant que de toute façon les femmes qui veulent avorter avortent. Charabia…

Le président du Parti conservateur, José Dario Salazar, a déclaré que l'affaire n'était pas close et qu'il cherchera, avec tous ceux qui ont porté le projet, à obtenir la tenue d'un référendum pour que le peuple colombien puisse décider.

Mgr Juan Vicente Cordoba
Le procureur général de la nation, Alejandro Ordoñez, a parlé de « coup dur », ajoutant : « Si l'on ne respecte pas la vie à naître, que pourrons-nous attendre des gens dans une société qui s'enfonce chaque jour davantage dans son attitude individualiste et hédoniste. Le plus grave qui puisse se produire dans un ordre juridique, c'est de donner un droit de mort sous prétexte de protéger la vie. »


Le secrétaire général de la Conférence épiscopale colombienne, Mgr Juan Vicente Cordoba, a annoncé que l'Eglise qui a beaucoup œuvré, aux côtés d'évangéliques, de juifs et de musulmans, pour le succès de cette initiative, continuera le combat « pour le respect de toute vie humaine ».

« L'avortement constitue une grave offense au Créateur et porte atteinte au plus fondamental des droits humains », a-t-il souligné, regrettant que « la volonté populaire n'ait pas été reflétée dans le résultat du débat ».

© leblogdejeannesmits.

07 août, 2011

Colombie : l'université pontificale annule un congrès international au nom du respect de la vie

Le recteur de la Universidad Pontificia Bolivariana de Medellin? Mgr Luis Fernando Rodriguez Velasquez, vient d'annuler purement et simplement un congrès international qui devait se tenir à la faculté de droit sur le thème : « Les débats actuels de la justice », au motif que plusieurs intervenants d'universités étrangères étaient favorables à la dépénalisation de l'avortement. Il a écrit une lettre en ce sens à la doyenne de la faculté, l'avocate Maria Cristina Gomez, précisant que parmi les intervenants annoncés, cinq avaient pris « publiquement position contre les orientations du magistère de l'Eglise en ce qui concerne la défense de la vie humaine à toutes les étapes de son développement ».

La doyenne a fort mal pris l'affaire et a aussitôt démissionné. Elle s'est justifiée en affirmant que tous les invités étaient des « intellectuels reconnus » dans le monde du droit – ça ne manque pas, surtout dans le monde de la pensée unique ! – enseignant qui plus est dans de prestigieuses facultés de Colombie et du monde.

On peut considérer que le recteur a pris une position extrême dans la mesure où l'université est précisément le lieu du débat et de la confrontation, comme l'a souligné d'ailleurs Maria Cristina Gomez. On ne lui avait pas demandé, écrit-elle, de « vérifier les prises de position idéologiques des intervenants » avant de les inviter – pour un congrès mis sur pied depuis un an – et qu'en outre, « ce qui a fait grandir l'Eglise a été d'assumer les débats dans le sens de la défense des droits de la vie, en étudiant à fond toutes les prises de position et les idées de ses contradicteurs ». L'université, ajoutait-elle, y laissera son prestige.

Tout cela se tient mais d'un autre côté l'histoire contemporaine a montré des universités catholiques discuter assez avec ces « contradicteurs » pour finir par adopter leur position.

A quoi s'ajoute la situation actuelle de l'Amérique latine et plus particulièrement de la Colombie : face à une offensive pro-avortement généralisée sur le continent, appuyée par les fonds et les organismes internationaux, la Colombie, tente, elle, d'annuler les conditions de dépénalisation de l'avortement qui y ont actuellement cours. Même si la question de l'avortement n'était pas à l'ordre du jour du congrès, elle ne pouvait que sous-tendre les débats et risquait, a déclaré le porte-parole du recteur, d'être imposée à la faveur du congrès.

Si l'on changeait un peu les données du problème, les réactions seraient d'ailleurs peut-être différentes. Imaginerait-on un débat universitaire et serein avec des tenants de l'idéologie nazie ou même des professeurs qui auraient justifié, dans des cas limités, l'extermination de certains juifs ?

© leblogdejeannesmits.

Si l'on changeait les données d

02 août, 2011

Colombie : cinq millions de signatures pour la vie, une loi en discussion demain

Le parti conservateur colombien se chargera dès demain, mercredi, de présenter devant le Sénat l'acte législatif qui vise à faire interdire constitutionnellement toute forme d'avortement, un texte qui à ce jour a reçu plus de 5 millions de signatures (soit un million supplémentaire en dix jours, voir ici).

Cette mobilisation populaire extraordinaire répond aux récentes décisions de la Cour constitutionnelle qui avaient créé des exceptions rendant l'avortement non passible de poursuites en cas de viol, de malformation fœtale ou de danger pour la vie de la mère.

On a accusé les organisateurs de la pétition de mener une action partisane, qui plus est pour des motifs religieux.

L'ampleur de la réponse populaire montre qu'il ne s'agit pas seulement d'une affaire de parti.

Le sénateur qui se chargera de présenter le texte de révision constitutionnelle, José Dario Salazar, a expliqué qu'on a prétendu réduire le débat à sa dimension religieuse, mais que la question est tout autant éthique et scientifique. Et il a de nouveau dénoncé la prétention de quelques magistrats de la Cour constitutionnelle de changer la charte politique du pays et le sens même de la vie.

D'ores et déjà, le sénateur a indiqué que le même groupe de politiques s'opposera aux projets en cours de légalisation du mariage et de l'adoption en faveur des couples homosexuels, se fondant sur la simple observation du fait que la vie est toujours conçue par un homme et une femme : Donc, le foyer de substitution doit être aussi constitué d'un homme et d'une femme.

© leblogdejeannesmits.

15 avril, 2011

Réforme constitutionnelle en vue en Colombie pour protéger l'enfant à naître

Un projet se fait sérieusement jour en Colombie pour inscrire au cours d'une réforme constitutionnelle l'interdiction de l'avortement dans tous les cas. Le projet est principalement porté par un sénateur? José Dario Salazar, qui est aussi président du parti conservateur colombien.

« Je ne sais pas pourquoi en Colombie le pays entier s'émeut parce qu'un joueur de football donne un coup de pied mortel à une chouette dans un stade, mais qu'il ne pense pas à ce que ressentent les enfants lorsqu'ils sont détruits dans le ventre de leur mère », a déclaré le sénateur.

Il y a quelques semaines, un joueur s'était fait traiter d'assassin – et a depuis été condamné à 45 jours de prison – pour avoir tiré dans une chouette mascotte de l'équipe à domicile, qui gisait sur le terrain, assommée, alors qu'elle avait volé trop bas sur le stade au cours d'un match.

La proposition de Dario Salazar a rencontré le soutien de l'Eglise catholiques et d'autres Eglises chrétiennes ; elle entend mettre fin à la situation créée par un arrêt de la Cour constitutionnelle qui dépénalisa l'avortement dans trois cas en 2006 : malformation fœtale, grave danger pour la santé de la mère ou grossesse consécutive à un viol.

Monica Roa, militante féministe, directrice du projet « Genre et justice » de Women's Link Worldwide, a dénoncé le fait que le projet aboutirait à interdire également les dispositifs intra-utérins qui empêchent la nidation de l'œuf fécondé puisqu'il ferait courir sa protection depuis le moment de la fécondation : pour Roa, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) ne fait démarrer la grossesse qu'au moment de la nidation, l'implantation sur la paroi utérine qui intervient quelque 7 jours après la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde.

Cet artifice permet par exemple aux fabricants de pilules et autres moyens systématiquement ou potentiellement contragestifs de prétendre ne pas détruire des vies humaines.

Et comme tout est pareil de l'autre côté de l'Atlantique et de celui-ci, Roa croit voir dans le Procureur général de la Colombie, Alejandro Ordoñez, le maître d'œuvre du projet – parce qu'il est « lefébvriste » ! D'autres détracteurs le pensent d'ultra-droite, membre de l'Opus Dei ou franc-maçon, allez comprendre…

Roa dénonce également le fait que ce qui se passe actuellement à propos de l'avortement en Colombie est  une « tyrannie des majorités politiques, qui considèrent qu'il y a des personnes qui n'ont pas le droit de penser différemment où d'être différents ».

Eh bien oui, la démocratie a ses limites, quand la décision de la majorité ne correspond plus aux choix de « progrès » et de « liberté » de ceux qui, seuls, devraient pouvoir dicter sa pensée à la majorité !

© leblogdejeannesmits.

04 avril, 2011

Amérique du Sud : une révolutionnaire choisit la vie

Amparo Medina, 45 ans, femme énergique, avait commencé sa « vie active » comme militante au sein du Mouvement de la gauche révolutionnaire en Equateur. Elle allait dans les quartiers pauvres de sa ville pour apprendre le sport aux jeunes désœuvrés. Pleine d'idéal, elle voulait changer le monde. Elle a fini catholique. Et lutte maintenant pour la fin de l'avortement – et la contraception.

Amparo Medina avait commencé sur une tout autre voie. Après des études de pédagogie sociale, elle avait étudié le « leadership » en Israël et travaillé au sein d'organisations internationales comme l'Organisation des Etats Américains, l'UNICEF et l'ONU, sur le thème de la santé sexuelle et reproductive. Elle s'aventura dans les zones sauvages de la forêt amazonienne pour aider les populations à défendre leur terre, si nécessaire par la force, organisa des crèches dans la brousse pour que les femmes puissent aller au travail, leur enseignait même à rendre coup pour coup lorsque leurs maris les frappaient. Bien sûr elle militait pour l'avortement.

Au point qu'elle fut prise par l'armée équatorienne et frappée quasiment à mort : guérie, elle se jeta avec une volonté renouvelée dans des groupes révolutionnaires opérant dans son pays, au Chili et en Colombie. Avant d'être reprise et, dit-elle, torturée pendant sept jours par les militaires.

Puis vint la conversion.

Elle fut le fruit d'un choc. Amparo accompagnait une amie très proche qui était tombée enceinte à la suite d'une relation extra-conjugale. Elle en était à sa neuvième semaine de gestation.

« Je me rappelle la salle, la peur et la douleur qui transparaissaient sur le visage de mon amie, le bruit de l'aspirateur et moi, moi qui lui disais de ne pas avoir peur, de continuer, de songer que l'opération était simple et qu'elle lui ferait du bien », raconte la jeune femme, toujours hantée par la scène.

Car elle se sent coupable, jusqu'à aujourd'hui : du coup elle a fondé une association pour aider les pères et les mères à surmonter la dépression post-abortive.

« J'ai compris qu'aucune femme n'avorte par plaisir ; la souffrance est immense et elle laisse des traces qu'on n'effacera jamais. »


Amparo Medina estime que la réponse ne passe pas par les préservatifs mais par un juste enseignement de la sexualité, ses risques et surtout les responsabilités qu'elle comporte. Les contraceptifs ne sont pour elle qu'un moyen de plus pour enrichir les multinationales. Parole d'une femme qui connaît les réalités des couches pauvres de la société de l'intérieur.

Un autre événement providentiel allait entraîner sa conversion. Participant à la lutte armée des indigènes, elle s'est trouvée un beau jour face à la milice. Une balle siffle, éraflant sa joue gauche. Elle tombe, inconsciente. « C'est là que j'ai eu la vision d'une jeune fille de 16 ou 17 ans qui disait qu'elle m'aimait. Je suis sûre que c'était la Vierge Marie. » Amparo est devenue catholique. Et elle dit aujourd'hui : « Je ne suis qu'une pièce dans un engrenage qui me dépasse de beaucoup. »


© leblogdejeannesmits.

06 mars, 2011

Colombie : soutien de l'Eglise à une réforme constitutionnelle pour le respect de la vie

L'Eglise catholique de Colombie a manifesté son approbation du projet de réforme constitutionnelle de l'article 11 qui cherche à faire protéger la vie depuis la fécondation jusqu'à la mort naturelle, a déclaré le secrétaire de la conférence épiscopale colombienne, Mgr Juan Vicente Cordoba, dans un entretien accordé à ACIPrensa.

Une double navette parlementaire s'imposera avant l'adoption définitive de la réforme – deux fois par la Chambre, deux fois par le Sénat – au cours de laquelle, a souligné le prélat, l'Eglise apportera sa pierre en faisant signer une pétition, en faisant entendre sa voix à travers les médias, à travers la prière et surtout, en encourageant les législateurs pour qu'ils « ne se sentent pas seuls ».

Mgr Cordoba a néanmoins souligné qu'il ne s'agissait pas d'une initiative « de » l'Eglise seule, mais de plusieurs partis et de toutes les religions présentes en Colombie.

La réforme mettrait fin à toutes les exceptions d'avortement aujourd'hui reconnues en Colombie, et encore d'autres possibilités de porter atteinte à la vie : avec cette réforme, « la dépénalisation de l'avortement dans les trois cas [viol, malformation fœtale, danger pour la vie de la mère] tombe, tombe aussi l'euthanasie, tout comme la pilule du lendemain, les moyens anticonceptionnels qui sont abortifs : toutes ces choses tomberaient de par la Constitution », a déclaré l'évêque auxiliaire de Bucaramanga.

Il a ajouté que selon un récent sondage, 73  % des Colombiens sont opposés à l'avortement et qu'il ne faudrait pas que le législateur aille voter ou faire des choses sur la base du seul paraître des « huit ou neuf personnes » qui veulent des lois contre la vie.

La collecte de signatures sous l'égide de l'Eglise catholique se fait actuellement « dalebns toutes les paroisses de Colombie », a précisé Mgr Cordoba qui en attend « des millions », rappelant en outre que les législateurs eux-mêmes étaient venus demander son avis à l'Eglise catholique sur le sujet.

Pour lui, le projet de réforme constitutionnelle est présenté « depuis un point de vue juridique, anthropologique, de loi naturelle et d'éthique, et pour certains points, également du point de vue de la foi; Mais le fondement de base est la loi naturelle ».

© leblogdejeannesmits.

12 décembre, 2010

Colombie : les retombées de la loi Veil…

Florence Thomas en 2009, El Espectador
L'une des « agitatrices » pro-avortement les plus en vue en Colombie est une Française, Florence Thomas. Cette féministe qui milite là-bas depuis des années pour la légalisation de la mise à mort des tout-petits vient de publier un livre-témoignage, Habia que decirlo (« Il fallait le dire »), où elle raconte – enfin – son propre avortement.

Nous sommes en France, il y a 45 ans, avant la légalisation de l'avortement. Florence Thomas habite une banlieue sordide au nom de Paris. Elle raconte tout : le médecin qui l'avertit que les suites d'avortement sont à ses risques et périls, la vieille table de salle à manger transformée en table d'opération, la panique, la volonté de fuir. Le sentiment de solitude et la peur de mourir.

Pourquoi avoir choisi ce moment pour raconter son expérience ? Mais parce que la Colombie de 2010 est dans la même situation que la France de 1965, et parce qu'il y a une cible particulière à faire tomber, les médecins objecteurs de conscience.

Florence Thomas ne présente pas seulement son propre témoignage dans cet opuscule de 148 pages, mais celui d'autres femmes ou jeunes filles, et seulement des cas qui coïncident avec les excuses de dépénalisation de l'avortement aujourd'hui fixées par la Cour constitutionnelle de Colombie. Le revue Semana en retient un : celui d'Adriana, 13 ans, victime de viols de son père et enceinte. Elle ne trouvera personne pour l'avorter dans l'hôpital de sa ville qui se dit incompétent pour de tels actes. Renvoyées dans la capitale de sa province, elle se heurte au refus de l'hôpital où tous les médecins sont objecteurs de conscience. Elle obtient (ou plutôt sa famille obtient) une décision exécutoire du tribunal pour que l'avortement soit pratiqué, et les services de santé colombiens l'acceptent mais sur place, aucun hôpital n'accepte de l'exécuter.

Ce sera finalement « Médecins sans frontières », assure Florence Thomas, qui paiera le billet d'Adriana pour aller se faire avorter à Bogota, à plus de 24 semaines de grossesse, avec le consentement de sa mère.

L'histoire ne dit pas comment va aujourd'hui la jeune fille…

Pour bien enfoncer le clou Florence Thomas a reproduit dans son livre le discours de Simone Veil devant l'Assemblée nationale pour soutenir la légalisation de l'avortement, discours qui a su « convaincre » un gouvernement « conservateur ».

Et à l'intention de ceux qui mettent aujourd'hui en avant l'application intégrale de la loi Veil, dans sa mouture initiale, comme un instrument pour réduire le nombre d'avortements et France – instrument auquel il ne faut surtout pas toucher – je rappellerai la conclusion de Florence Thomas telle que Semana la rapporte :

Personne ne peut empêcher que des femmes ne veuillent pas avoir un enfant qu'elles ne se sentent pas encore prêtes à accueillir émotionnellement ou matériellement ; plus tard, au bon moment, elles pourront devenir les mères les plus attentives et les plus responsables du monde.


Cette partisane l'avortement a vécu dans sa chair l'horreur de l'avortement, comme beaucoup de ses partisans – tous, peut-être, à travers une histoire personnelle ou celle d'une proche – elle a une raison personnelle de vouloir justifier l'acte par des raisons extérieures. Pour insuffisantes qu'elles soient, celles-ci aident sans doute à vivre avec l'insupportable…

© leblogdejeannesmits.

Colombie : pas d'objection de conscience pour les établissements catholiques ?

La Cour constitutionnelle de Colombie vient d'ériger l'accès à l'avortement dans les trois cas où il est dépénalisé (par une décision antérieure de la Cour) en droit fondamental, mais cette jurisprudence pose évidemment la question de l'objection de conscience qui est protégée en Colombie.

Le président de la Cour constitutionnelle, Mauricio Gonzalez Cuervo, a annoncé que l'aménagement de ce droit est à l'étude : il est envisagé de réduire le champ de l'objection de conscience aux seules personnes physiques, les « centres d'assistance » ne devant plus pouvoir s'abriter derrière elle de manière systématique.

Il s'agit clairement d'éviter que ne se reproduisent à l'avenir des situations comme celle d'un refus d'avortement par l'hôpital San Ignacio de Bogota, dont le gérant avait déclaré que ce centre médical ne réalise pas d'avortements en raison de ses principes religieux.

C'est donc une lourde atteinte aux droits des centres de soins catholiques qui se prépare dans ce pays majoritairement catholique, par le biais d'avortements imposés en cas de danger pour la vie de la mère, malformation fœtale ou viol, cette dernière exception étant la porte ouverte à bien des abus possibles puisque l'avortement doit se réaliser vite, avant même, sans doute, dans certains cas, de l'établissement de la certitude du viol…

La Cour constitutionnelle a déjà fait un pas dans la direction qu'elle entend prendre en levant, lundi, les sanctions infligées par un jugement de première instance en 2008 à un médecin qui avait refusé de pratiquer un avortement sur une mineure atteinte de trisomie qui était présumée avoir été violée. Le Dr German Arango avait été rayé du registre des médecins pour lui avoir refusé son « droit fondamental ». La Cour constitutionnelle a ordonné que le médecin soit rétabli dans ses droits et réinscrit sur le registre au nom de son droit à l'objection de conscience.

Elle a maintenu en revanche les sanctions prononcées contre le centre de soins Cosmitet pour avoir refusé de fournir l'avortement à la jeune fille trisomique.

© leblogdejeannesmits.

04 décembre, 2010

Colombie : la Cour constitutionnelle érige l'avortement en droit fondamental

La Cour constitutionnelle de Colombie a estimé, vendredi, que l'Etat colombien a l'obligation constitutionnelle de fournir un avortement aux femmes qui le demandent dans les cas précis où il est dépénalisé. Il s'agit du viol, de la malformation du fœtus ou du danger pour la vie de la mère : du fait que les avortements dans ces cas ne sont pas punissables, ont décidé les juges, il faut d'une manière ou d'une autre que la femme puisse alors obtenir un avortement légal ».

« Il faut déduire de manière incontestable qu'à partir de la sentence C-355 [qui permet l'avortement dans les cas précités] s'est formé en Colombie un véritable droit fondamental à l'interruption volontaire de la grossesse au profit des femmes qui se trouvent dans l'hypothèse de la dépénalisation », affirme l'arrêt de la Cour.

Pour Monica Roa, directrice pour la Colombie de l'ONG Women's Link Worldwide, la reconnaissance de l'avortement comme « droit fondamental » par la Cour constitutionnelle ouvre aux femmes le droit « d'exiger cette procédure et l'Etat est dans l'obligation d'en faciliter l'accès ».

On comprend mieux la portée de la décision à travers le cas qui a donné lieu à cet arrêt. Une femme ayant perdu trois enfants par prééclampsie s'était rendue à l'hôpital de Villavicencio pour faire mettre un terme à sa quatrième grossesse car elle craignait d'y laisser sa vie, invoquant la sentence de la Cour autorisant l'avortement en ce cas. Le médecin présent avait opposé l'objection de conscience pour refuser l'intervention.

La femme avait alors demandé une approbation judiciaire mais sa demande fut rejetée par le juge qui d'après les données de l'affaire estima que, bien que la grossesse était à haut risque, la vie de la mère n'était pas en péril.

La femme se dirigea alors vers un centre d'avortement clandestin qui pratiqua l'opération.

Autrement dit, elle obtint bien un avortement et il y a fort à parier que si une procédure pénale avait été ouverte à son encontre, elle aurait été jugée couverte par la dépénalisation. Et l'affaire se serait arrêtée là.

Sur le plan judiciaire de la demande d'avortement dans un établissement d'Etat a néanmoins suivi son cours pour aboutir à cette sentence qui établit que la « Superintendance de la Santé » doit prendre des mesures pour que les hôpitaux et services de santé adoptent des protocoles de diagnostic rapide dans les cas où la femme enceinte exprime son désir de se soumettre à un avortement parce que sa vie est en danger. L'évaluation, précise la Cour, doit inclure l'état physique et l'état mental. Et d'ajouter :
« Il est inconcevable qu'une femme enceinte qui souffre d'un mauvais état de santé, et qui fait l'objet d'une protection constitutionnelle spéciale, se rende auprès de l'appareil judiciaire après avoir été ignorée par l'institution de santé et qu'elle subisse une nouvelle violence en étant victime de jugements de reproche de type moral, qui cherchent à lui ôter son droit fondamental à l'autodétermination reproductive. »
Vous aurez compris que la Cour constitutionnelle de Colombie est elle-même bien engagée dans le combat pour la culture de mort.

Mais au-delà de cette orientation, la sentence a sa propre logique dont il faut savoir se méfier. Puisqu'une femme dont la vie est affirmée en danger à cause de sa grossesse a accès à l'avortement dépénalisé dans cette circonstance exceptionnelle, l'objection de conscience et tout jugement contraire contreviendraient ) à son quasi droit.

De là à dire qu'en cas de danger pour la vie de la mère, un médecin est moralement (voire pénalement) tenu de pratiquer l'avortement si elle le demande, il n'y a qu'un pas.

© leblogdejeannesmits.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...