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28 décembre, 2020

Surmortalité liée (ou non) au COVID-19 : cette vidéo analyse les statistiques

Meurt-on davantage en 2020 qu'en 2019 à cause du COVID-19 ? Pas vraiment ! C'est ce que montre cette remarquable et minutieuse analyse statistique réalisée par un jeune internaute qui a repris tous les chiffres de l'état civil selon les données officielles. Pour les moins de 50 ans, l'effet COVID est nul ; il est quasi nul pour les 51 à 65 ans ; au-delà, il est visible mais n'ampute vraisemblablement pas de façon sensible l'espérance de vie.




Voilà un bel outil contre l'épidémie de peur. A diffuser !

On peut aussi s'abonner à la chaîne YouTube de l'auteur : c'est par là. Son auteur exprime certains points de vue que je ne partage pas forcément, mais les analyses statistiques sont vraiment intéressantes.

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18 avril, 2016

23 millions d’avortements par an en Chine : statistiques officielles du Département d’Etat américain

Bien au-delà des statistiques officielles annonçant quelque 10 à 13 millions d'avortements par an en Chine, le chiffre réel pourrait se situer à près du double, selon le Département d'Etat américain, soit 23 millions d'enfants à naître éliminés chaque année. Dans le même temps, affirme le rapport officiel, le nombre d'avortements et de stérilisations forcés est lui aussi à la hausse. Et ce malgré le soi-disant assouplissement de la politique familiale en Chine. Ce n'est pas parce qu'on en change les variables — en passant d'un enfant à deux maximum par famille — que la mainmise totalitariste de l'État communiste chinois sur les décisions propres aux couples s'est allégée.
Pour Reggie Littlejohn, présidente de  Women’s Rights Without Frontiers, « 13 millions d'avortements parents constituaient déjà une statistique incompréhensible. Y ajouter encore 10 millions est réellement renversant, incompréhensiblement tragique. »
Les chiffres officiels du gouvernement chinois ne tiennent compte que des données fournies par les institutions gouvernementales dûment enregistrées, et laisse de côté celles des cliniques non enregistrées, souligne l’ONG.
Le département d'État précisait dans son communiqué :
« La commission de la santé publique et du planning familial a rapporté que 13 millions de femmes mettent fin tous les ans à des grossesses non planifiées. Un média officiel a également rapporté au moins 10 millions d'avortements supplémentaires réalisés par voie chimique ont été réalisés dans des établissements non gouvernementaux. Les statistiques gouvernementales sur le pourcentage de tous les avortements qui n'avaient pas été réalisés à la demande de la femme ne sont pas disponibles. »
La Chine connaît donc 63.013 avortements par jour, soit 43 par minute.
Le taux d'avortement est également faramineux. Aux Etats-Unis, on compte 1 million d'avortements par an pour 320 millions d'habitants. « La population de la Chine avoisine le 1,4 milliard de personnes, et compte quelque 23 millions d'avortements par an. Par conséquent, avec une population quatre fois plus importante que celle des États-Unis, la Chine affiche 23 fois plus d'avortements. »
Le Département d'Etat américain souligne en outre que 2015 a été marqué par une augmentation « notable » du nombre d'avortements forcés et de stérilisations contraintes qui s'inscrivent le plus souvent officiellement parmi les méthodes de contrôle de la population en vigueur en Chine. C'est d'autant plus remarquable que c'est précisément en 2015 que le gouvernement chinois a remplacé sa politique de l'enfant unique par une politique limitant le nombre d'enfants par famille à deux. Beaucoup ont voulu y voir le signe que les choses allaient mieux, que la Chine respectait davantage la volonté et les droits imprescriptibles des familles. On voit qu'il n'en est rien.
Le Département d'Etat prend soin de souligner que nombre des avortements forcés ont été réalisés à un stade avancé de la grossesse. « Les politiques de limitation des naissances du pays ont conservé des éléments durement coercitifs aussi bien en droit et qu’en fait », assure le rapport, qui souligne « l'intense pression » exercée par le gouvernement chinois sur la police en vue de faire appliquer les limitations de naissances sur le plan local.
Sur les 31 provinces chinoises, 18 sont dotées de lois qui exigent l’avortement en cas de grossesse illégale. Dans les 13 restantes, la pratique n'est pas pour autant inexistante puisque les responsables locaux du planning familial chinois ont utilisé le recours à l'avortement forcé pour « tenir » leur quota de naissances. Le rapport souligne ainsi que les responsables des forces de l'ordre sont incités à employer des mesures coercitives dans ce domaine en raison du lien fort entre leurs possibilités de promotion et le respect des quotas de naissances.
Dans la quasi totalité des provinces, toute femme enceinte hors mariage est considérée comme ayant violé la loi et se voit imposer un « tarif de compensation sociale » qui avoisine 10 fois son revenu disponible.
Parmi les pratiques coercitives conservées par le gouvernement chinois dans le cadre de la politique des deux enfants, le rapport du Département d'Etat met en avant de nombreux cas de couples ayant deux enfants dont un membre se voit obligé de recourir à la stérilisation. L'arrivée d'un deuxième enfant est parfois accompagnée de menaces de licenciement en cas de refus d'avorter, et malgré le prétendu assouplissement et de l'illégalité de la pratique, l'avortement sélectif des filles se poursuit.
Reggie Littlejohn souligne que cet état de fait confirme – sans surprise – les craintes des défenseurs de la vie en Chine. Les pratiques coercitives continuent dans le cadre de la politique des deux enfants. « Les femmes non mariées et les troisièmes enfants continueront d’être soumis de force à l’avortement. (…) La contrainte demeure au cœur de la politique. »

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12 juin, 2015

“Etat végétatif” : pourquoi y a-t-il 10 fois plus de patients comme Vincent Lambert en France qu'aux Pays-Bas ?

Les Pays-Bas comptaient, à la fin de 2014, 24 patients en état végétatif persistant. Vingt-quatre. Rapportés à la population néerlandaise totale, cela représente 3 personnes pour deux millions. Ce chiffre tient compte de quelques faux diagnostics qui ont été dépistés au moment où la faculté de médecine de l'université de Radboud, à Nimègue, rassemblait ces statistiques : au départ on en comptait 41, jugés en état végétatif par leur médecin traitant « sans l'ombre d'un doute ». 17 d'entre eux avaient donc certainement été diagnostiqués à tort… Si on tient compte de cet ensemble plus large, on arrive à un peu plus de 5 patients comparables à Vincent Lambert pour deux millions d'habitants. En France, cette proportion dépasse les 50 patients pour 2 millions d'habitants, soit dix fois plus. Comment cela est-il possible ? La réponse est simple : aux Pays-Bas, on cesse de les soigner, des « arrêts de soins » qui prennent différentes formes selon les cas, mais parmi lesquels l'arrêt de l'hydratation et de la nourriture est fréquente et considérée comme normale.

Si aux Pays-Bas tant de patients manquent à l'appel, c'est qu'ils sont morts, comme dans la chanson de Brassens… A la différence près qu'ils ont été précipités en dehors de la barque commune de notre humanité.

La France compte quelque 1.700 patients en état végétatif ou en état de conscience minimale, comme Vincent Lambert. Depuis la décision de la Cour européenne des droits de l'homme, ils sont tous potentiellement voués à la mort de soif si par malheur ils ont lâché un jour, alors qu'ils étaient encore valides, qu'ils n'aimeraient pas vivre dans cet état – ou si un de leur proches était prêt à l'affirmer. L'exemple néerlandais montre qu'une telle situation n'a rien d'imaginaire. A proportion égale, il n'en resterait que 170…

Aux Pays-Bas, on ne s'encombre pas de questions quant à la volonté réelle ou supposée du patient. Dès 1996, cinq ans avant la légalisation de l'euthanasie, les directives officielles proposées aux médecins leur enjoignaient d'envisager un arrêt de traitement, l'arrêt de l'hydratation et la nourriture y étant assimilé, pour les personnes en « état végétatif » et n'espérant aucune amélioration de leur état au-delà d'une période de plusieurs mois, variable selon l'origine de la situation de « coma éveillé ». Les exigences de diagnostic se faisaient parallèlement plus strictes. Aux Pays-Bas comme ailleurs on connaît le taux d'erreur à cet égard : selon les sources et les dates, on évoque entre 3 et 4 faux diagnostics (connus) d'état végétatif sur 10.

Aujourd'hui, la pratique néerlandaise est encore plus expéditive. Un traumatisé crânien peut espérer 72 heures de traitements en soins intensifs. Si aucune amélioration n'apparaît, qu'il y a de grandes chances qu'il demeure dans un état végétatif et que les résultats d'une série de tests sont mauvais, on décide de ne plus traiter. Cela veut dire qu'on désintube (on applique des protocoles pour que l'asphyxie ne soit pas violente) afin qu'il meure ; ou, si le patient respire de manière autonome, qu'on s'abstient de tout traitement pour des pathologies existantes ou incidentes ; ou encore, que l'on cesse d'hydrater et de nourrir le patient, afin qu'il meure.

La décision est prise par le médecin, après avoir consulté un confrère indépendant, l'équipe médicale, et les proches. Si les proches veulent faire transférer le patient vers un établissement où il sera pris en charge, cela leur est possible s'il en existe un qui soit prêt à s'occuper du patient. Si ce n'est pas le cas, le médecin a le droit de décider de l'arrêt de tout traitement, mais aussi de l'arrêt de l'hydratation et de la nourriture, contre leur volonté. Mais il paraît que « la plupart du temps » les proches sont d'accord. On les pousse de toute manière fortement dans cette direction.

Il est remarquable que cette manière de traiter les personnes en état végétatif (vrai ou faux…) se soit installé aux Pays-Bas avant la légalisation de l'euthanasie. Elle est au début de la logique euthanasique ; elle en fait pleinement partie. L'euthanasie a été légalisée en 2001 aux Pays-Bas : depuis lors, on ne s'encombre guère d'états d'âme.

Pourquoi et comment le ferait-on ? Après tout, les assureurs de santé aux Pays-Bas remboursent très mal les soins de rééducation. On considère qu'ils sont « inutiles ». Et ce même si des centres existent où des enfants bénéficient de programmes de stimulation qui donnent de vrais résultats : c'est aux proches de payer la plus grosse part.

La prochaine étape ? On la connaît aussi. Ou du moins des « bioéthiciens » l'ont déjà imaginée. C'était en 1996 : un professeur britannique d'éthique médicale suggérait que l'on réalise certaines expériences médicales sur des personnes victimes d'une lésion cérébrale grave. David Morton s'exprimait dans le contexte d'un pays où l'arrêt des soins pour de tels patients était recommandée depuis plusieurs années déjà. Chargé du dossier des expérimentations animales par le gouvernement du Royaume-Uni, il estimait qu'il valait mieux « utiliser » ces patients plutôt que nos amies les bêtes, puisque de toute façon ils étaient voués à la mort. Il imaginait une nouvelle forme de don d'organes : celui qui consisterait à accepter par avance d'être soumis à des expériences, des recherches et des essais de médicaments en cas de cessation des « traitements ». Dès l'instant où l'hydratation et l'alimentation serait stoppée, l'équipe médicale pourrait envisager de passer aux essais. Pourquoi pas ? Quand on cesse de respecter la vie, tout est possible !

Il est vrai que les propositions de David Morton suscitèrent un tollé – surtout parmi les proches de ces patients.

Mais si l'on considère ces patients comme déjà morts, comme on l'entend dire les partisans de la mort de soif pour Vincent Lambert, pourquoi s'arrêter à si peu ?

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09 février, 2015

Un papa, une maman : mais si, il y a une différence ! Une étude de Paul Sullins affirme que les enfants de couples de même sexe vont moins bien

Paul Sullins, prêtre catholique
et sociologue
Avoir « deux papas » ou « deux mamans », est-ce donc vraiment la même chose que d’être élevé par
son père et sa mère ? Les études citées par les partisans du « mariage » des couples de même sexe tendent à l’affirmer. Dire le contraire, c’est s’exposer à l’accusation d’homophobie. Et l’homophobie est un délit. Prouver le contraire – rien ne vaut, pour un enfant, de vivre dans une famille « normale » – c’est, pour un chercheur, risque l’ostracisme définitif. Pourtant, c’est ce que vient de faire un sociologue américain, Paul Sullins, en affirmant que les « problèmes émotionnels sont deux fois plus fréquents chez les enfants de couples de même sexe que chez ceux vivant auprès de parents de sexe opposé ».
Par rapport au politiquement correct en vigueur, c’est une grenade dégoupillée. Car jusqu’ici il était admis que les affirmations en ce sens étaient le fait d’« obscurantistes » comme Mark Regnerus – dont les études portent d’ailleurs plus largement sur les enfants élevés par au moins un parent ayant des tendances homosexuelles, et pas forcément par un couple homosexuel. Il n’y avait « pas une seule étude » sérieuse qui l’affirmât. Eh bien, si. C’est l’excellent MercatorNet – site pro-vie et pro-famille des antipodes – qui en publie les données les plus importantes. Non sans renvoyer à la source : le British Journal of Education, Society & Behavioural Science, revue scientifique des plus sérieuses.
Les enfants de familles homosexuelles sont désavantagés
« Il n’est plus exact de dire qu’aucune étude n’a permis d’établir que les enfants de familles homosexuelles sont désavantagés par ceux de familles de sexe opposé », assure Paul Sullins, dont l’étude porte sur l’évaluation de 512 enfants vivant auprès de « deux papas » ou « deux mamans ». La conclusion en est simple : ces 512 enfants repérés grâce au US National Health Interview Survey présentent davantage de problèmes parmi lesquels de mauvais comportements, l’anxiété, difficultés relationnelles avec leurs pairs et difficultés de concentration.
En revanche, la « parentalité biologique » offre un meilleur environnement : « Elle permet de manière unique et puissante de faire la différence quant au devenir des enfants élevés par des parents de sexe opposé par rapport aux parents de même sexe. »
Paul Sullins en déduit qu’il incombe aux pouvoirs publics des devoirs précis : « Le premier bénéfice du mariage pour les enfants peut ne pas résider dans le fait qu’il tend à leur donner des parents “améliorés” (plus stables, ayant davantage de moyens financiers, etc., bien que cela soit vrai) mais qu’il leur fait le cadeau de vivre avec leurs propres parents. »
Et d’affirmer que les deux formes familiales « continueront d’être fondamentalement différentes, avec des effets contrastés jusque sur le plan biologique du bien-être de l’enfant, au détriment relatif des enfants élevés au sein de familles de même sexe ».
La différence enfin prouvée par une étude avec un vrai échantillon
Tirer tout cela d’une étude portant sur 512 enfants seulement peut paraître hasardeux. L’échantillon n’est objectivement pas énorme – mais il l’est, si on le compare avec la plupart des études invoquées pour justifier la « parentalité » homosexuelle. Les 49 études citées en 2010 en ce sens portaient sur des échantillons moyens de 39 enfants, et seules 4 de ces études avaient des échantillons choisis au hasard : toutes les autres avaient rassemblé leur échantillon « représentatif » en s’adressant directement à des groupes gays et lesbiens. L’étude de Regnerus en 2012, pour ambitieuse qu’elle fût, ne parvint à identifier que 39 jeunes adultes ayant vécu pendant plus de trois ans avec un couple de même sexe – sur 2.988 cas étudiés. Aux Etats-Unis, il faut le préciser, seuls 0,005 % des foyers sont composés de couples homosexuels avec enfants. Autant dire que l’échantillon de Paul Sullins est très important.
En sociologue sérieux, il s’est demandé si des facteurs extérieurs pouvaient rendre compte du manque de bien-être émotionnel des enfants élevés au sein de familles homosexuelles par rapport aux autres.
L’instabilité est un de ces facteurs qui conduisent à un moins bon épanouissement des enfants. Les parents gays et lesbiens tendant à louer leur maison plutôt que d’en être propriétaires, ce qui implique un risque accru de déménagement et donc de déracinement : un traumatisme certain. La détresse psychologique des parents est également associée à un risque accru de problèmes émotionnels chez les enfants. Mais aucun de ces facteurs n’expliquait les différences constatées.
L'homophobie n'explique pas les résultats
 pour les enfants de couples de même sexe
S’il est un facteur que même les partisans de la « parentalité » homosexuelle peuvent présenter comme négatif, c’est l’homophobie. La « stigmatisation » qui s’y attache peut bien conduire à un moindre bien-être émotionnel – voilà des enfants qui ont été en butte aux railleries et au harcèlement. Si leurs pairs étaient moins « homophobes », tout serait différent…
Mais Sullins a constaté… l’inverse. « Contrairement au présupposé qui est à la base de cette hypothèse, les enfants de parents de sexe opposé sont davantage l’objet de harcèlement et de méchanceté que les enfants de parents de même sexe. »
L’an dernier, une première étude des données lui avait permis de conclure à une plus grande prévalence de l’hyperactivité chez les enfants de couples de même sexe. L’hyperactivité les expose à sept fois plus de harcèlement à l’école que les enfants qui n’ont pas ce problème, dont une des facettes est la difficulté à établir de bonnes relations avec les autres. Autrement dit, s’ils rencontrent des problèmes, elles tiennent à leur différence, et pas au fait que leurs parents sont différents.
Paul Sullins souligne avec insistance que les problèmes émotionnels qu’il évoque ne frapperont pas tous les enfants de couples homosexuels : « La plupart des enfants dans la plupart des familles vont atteindre un niveau de fonctionnement psycho-social qui ne sera pas caractérisé par des problèmes émotionnels sérieux. » Mais les chances d’aller mieux sont plus importantes au sein de mariages intacts, auprès des deux parents biologiques.
D'autres études sont nécessaires – mais qui osera ?
Ce n’est qu’une première approche. Beaucoup de questions – aujourd’hui taboues – restent ouvertes : qu’en est-il des filles élevées sans père ou des garçons sans mère ? Les enfants jeunes rencontrent-ils des problèmes spécifiques ? Et les adolescents ? Les enfants adoptés vont-ils moins bien ou mieux que les enfants nés de fécondation in vitro ou de mère porteuse ?
Par les temps qui courent, il faut une bonne dose de courage pour s’y lancer. Paul Sullins n’en manque pas. Il est prêtre catholique, ancien prêtre épiscopalien marié, ordonné en 2002 aux termes des dispositions pastorales édictées à la demande de Jean-Paul II en 1980. Il a publié de nombreuses études sur la famille, le divorce, la culture catholique, l’avortement… Liste complète ici.

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23 décembre, 2014

Repénaliser l’avortement ne revient pas à multiplier les morts par avortement clandestin… la preuve !

Revenez sur la légalisation de l’avortement : vous ne réussirez qu’à renvoyer les femmes dans la clandestinité et en outre, elles recommenceront à mourir de leurs avortements clandestins ! C’est le message que répètent à l’envi ceux qui, tout en affirmant souvent leur hostilité personnelle à l’avortement, refusant d’envisager un retour à sa pénalisation. Il vaut mieux encadrer l’inévitable, disent-ils. Tout en reconnaissant que l’avortement tue un être humain, ou à tout le moins qu’il s’agit d’un acte grave, sans dire pourquoi, ils refusent de tirer les conséquences de cette réalité.
On sait combien le tabou de l’avortement légal pèse sur la vie politique française : vouloir revenir sur la loi Veil, c’est signer son arrêt de mort médiatique et renoncer à son ticket d’entrée dans le système politique. Officiellement, on invoque donc les raisons citées plus haut.
Pourtant, un pays apporte la preuve que tout cela est faux, abominablement faux. C’est le Chili, qui a repénalisé tout avortement en 1989 – l’avortement « thérapeutique », pour « sauver la vie de la mère », était légal depuis 1931.
Depuis cette date, le nombre de morts maternelles a connu une baisse de 69,2 %, passant de 41,3 à 12,7 par 100.000 femmes, souligne une nouvelle étude de l’institut Melisa signée par le Pr Elard Koch, épidémiologiste moléculaire. Le Chili connaît désormais un taux de mortalité maternelle inférieur à celui des Etats-Unis et il affiche le deuxième meilleur taux pour l’ensemble des Amériques. C’est un mouvement continu depuis la fin des années 1960.
Le Pr Koch estime que c’est l’éducation des femmes et, par conséquent, leur recours plus fréquent aux soins, lors de l’accouchement notamment, qui a permis cette avancée spectaculaire.
Une avancée que la repénalisation de l’avortement n’a pas compromise, alors même que le discours pro-avortement prévoit dans ce cas une remontée des avortements clandestins et des problèmes qui y sont liés.
Mais les faits prouvent que dans ce pays où donner naissance est de plus en plus sûr, le nombre de femmes qui recherchent à obtenir un avortement est lui-même en baisse. Selon le ministère de la santé du Chili, on enregistre de moins en moins d’hospitalisations liées à des avortements que l’on peut supposer induits : leur nombre diminue de 2 % chaque année depuis 2001. Sur la même période, les autres complications donnant lieu à des hospitalisations dans le cadre de la grossesse sont restées stables, qu’il s’agisse de fausses couches spontanées ou de grossesses ectopiques.
Les recherches du Pr Koch montrent que les candidates à l’avortement au Chili ont le plus souvent un profil « vulnérable », marqué par la coercition et par la peur : raisons invoquées par 70 % des femmes qui envisagent l’avortement. La même étude montre que l’aide proposée à ces femmes permet d’éviter la majorité des avortements clandestins : selon les groupes à risque, ce sont 69 à 94 % de vies sauvées : autant de naissances vivantes qui s’accompagnent ou non d’une procédure d’adoption.
Comme le Chili, l’Irlande et Malte ont toujours affiché des taux de mortalité maternelle extrêmement bas pendant que leurs lois interdisaient l’avortement.
L’Afrique connaît 56 % des morts maternelles dans le monde, mais la mortalité maternelle liée à l’avortement y est inférieure de plus de la moitié à celle enregistrée dans les pays développés, alors que l’avortement y est le plus souvent interdit – autrement dit, selon Personhood USA qui rapporte ces données, les pays qui mettent davantage de limites à l’avortement sont aussi ceux où moins de femmes ont besoin de soins à la suite d’avortements clandestins que dans les pays où l’avortement est « sûr et légal ».

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02 décembre, 2014

Royaume-Uni : 40 % des enfants de 11 ans ne vivent pas avec leurs deux parents

Une étude menée au Royaume-Uni sur les « Cohortes du Millénaire » révèle une image inquiétante de la société britannique dont l'élément fondamental – la famille unie et stable – se disloque peu à peu. Et même très vite, si l'on compare ses données avec des enquêtes antérieures.

Portant sur des enfants âgés de 11 ans – 13.000 bébés du début du millénaire – l'enquête des pouvoirs publics montre que parmi eux, seule la moitié vivent encore avec leurs parents mariés à la fin de leur scolarité dans le primaire – sachant que tous les parents ne sont pas mariés au départ. L'étude montre encore que des problèmes de comportement sont liés à cette instabilité. Même si les enfants se disent généralement « heureux ».

Le nombre d'enfants vivant avec leurs deux parents a fondu d'un tiers en l'espace d'une génération. Plus d'un enfant sur trois des 13.000 dont les parcours ont été suivis ont assisté à des crises familiales aboutissant à la séparation de leurs parents avant d'avoir atteint l'âge de 11 ans…

61 % de ces enfants vivent encore avec deux parents à cet âge : il y a deux ans, alors que les enfants avaient 9 ans, ce pourcentage était encore de 85 %. Seuls 50 % des parents sont encore mariés alors que les enfants suivis ont atteint 11 ans : ils étaient 60 % alors que ces enfants étaient tout petits.

Une étude similaire qui a suivi des personnes nées trente ans plus tôt, une génération, donc, née au début des années 1970, montre que 90 % d'entre eux vivaient encore avec leurs deux parents à 11 ans. C'était une époque où les naissances hors mariage étaient bien moins nombreuses, le concubinage était lui aussi moins fréquent.

Il y a pour le moins une corrélation entre le mariage et les chances des enfants d'être avec leurs parents à l'âge de 11 ans, même si les séparations sont elles aussi en augmentation. Les parents concubins ont deux fois plus de risques de se séparer que ceux qui sont mariés, souligne l'enquête.

Parmi les enfants dont les parents se sont séparés, plus d'un sur cinq a des problèmes comportementaux ou émotionnels, soit près de deux fois plus que les enfants dont les parents sont encore ensemble. Le taux de problèmes est encore plus élevé chez les enfants vivant avec un seul parent. Et ce alors qu'ils ne sont pas encore entrés dans l'adolescence.

La perception de leur propre bonheur par les enfants ne rend pas compte de ces faits : les deux tiers des enfants dont les enfants sont séparés se disent « complètement heureux » dans leur vie familiale. Même si ce sont les enfants vivant avec leurs deux parents dans une famille stables se disent les plus heureux. Bref, à 11 ans, l'enfant est subjectivement moins affecté qu'un adulte par les problèmes que peut vivre un parent séparé ou isolé.

Mais les risques comportementaux rendent compte d'une réalité moins rose, directement liée à la crise du mariage.

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24 novembre, 2014

La conférence interdite sur l'avortement à Oxford : texte intégral

Riposte catholique signalait il y a quelques jours qu'un débat sur l'avortement a été annulé à l'université d'Oxford parce que… l'avortement ne saurait être sujet à débat et que les deux journalistes protagonistes, l'un athée, l'autre catholique, étaient des hommes. Qui n'ont dont par définition pas droit à la parole, qu'ils soient pour ou contre. Le journal britannique Catholic Herald vient de publier le texte que Tim Stanley, le catholique, aurait présenté. Sans être opposé à l'avortement dans tous les cas, celui-ci répond positivement à la question posée dans le cadre du débat : « Cette chambre considère que la culture de l’avortement en Grande-Bretagne nous est tous dommageable. »

L'événement était organisé par les Oxford Students for Life (les étudiants pro-vie d'Oxford) qui n'ont pas réussi à trouver un lieu de débat après que des pressions et des intimidations des « pro-choix » de « Women's Campaign »eurent conduit les autorités universitaires en interdire la tenue au Blue Boar Lecture Theatre de Christ Church. Neil Addison, directeur du Thomas More Legal Centre, a fait observer que l'annulation du débat contrevient à la loi sur l'éducation qui garantit la liberté d'expression dans les universités.

Tim Stanley, censuré.
Voici ma traduction intégrale de la conférence interdite de Tim Stanley. – J.S.

Je ne suis pas là ce soir pour débattre de la question de savoir si l’avortement doit être, ou non, légalisé ; si donc quelqu’un veut me demander ce qu’il faut faire par rapport à l’avortement en cas d’inceste de viol, merci de ne pas perdre votre temps. La plupart des gens admettent que l’avortement puisse être dans certaines circonstances une nécessité tragique, et qu’il n’est pas près de disparaître. Non : je suis ici pour débattre d’un point précis : oui ou non la culture de l’avortement fait-elle du mal à la Grande-Bretagne. 
Je définis la culture de l’avortement comme une culture où l’avortement est si fréquent qu’il commence à apparaître comme une forme habituelle de contraception, comme le suggèrent les statistiques ; où l’opinion est largement partagée selon laquelle il s’agit d’un droit, qu’il n’est associé à aucun risque, et que de fait il représente une sorte libération pour les femmes qui y ont accès. Dans une culture de l’avortement, le débat même sur l’avortement serait controversé, voire impossible. Les tentatives pour empêcher cette discussion raisonnable suggèrent qu’une telle culture existe bien. 
Mais je pense que la culture de l’avortement aggrave en réalité certaines injustices au sein de notre société. Quiconque a véritablement le souci de la liberté et des droits des femmes – c’est-à-dire chacun de nous – doit être prêt a revoir les données sur les conséquences de l’avortement à la demandet. Et comment le silence à propos de ces effets fait du tort à certains groupes minoritaires. 
D’abord, les chiffres. Les statistiques de l’avortement en 2013 rendent compte d’une réalité inquiétante. Il y en a eu, cette année-là, 185.331. Seul un pourcent été lié à un risque de voir naître un enfant handicapé. 99,84 % d’entre eux ont été pratiqué en conformité avec la loi sur l’avortement de 1967 qui les justifie en cas de risque pour la santé mentale de la femme, une condition qu’il est notamment notoirement facile de contourner. Vincent Argent, naguère directeur médical du British Pregnancy Advisory Service, à publiquement reconnu cette année que les médecins signent fréquemment des formulaires d’avortement à l’avance, sans rencontrer la femme. Il vaut la peine d’être notée, soit dit en passant, que 64 % des avortements ont lieu dans le secteur privé, financé par le service national de la santé (NHS). Il y a de l’argent à gagner. 
Regardez ces chiffres de plus près, et vous trouverez des choses intéressantes en ce qui concerne la classe et la race, qui suggèrent que l’avortement est plus fréquent parmi certains groupes. Cela est connu en ce qui concerne la société américaine : les premières cliniques d’avortement légales étaient majoritairement situées dans des zones à dominante noire, et en 2012 les données ont montré que dans la ville de New York les femmes noires ont subi davantage d’avortements qu’elles n’ont donné naissance. Au Mississippi, les Afro-Américains représentent quelque 37 % de la population, mais 75 % des avortements. Ces chiffres ne sont pas aussi dramatiques au Royaume-Uni parce que notre population est plus homogène sur le plan démographique. Mais réfléchissez à ceci : les « Noirs ou les Britanniques noirs » ne composent que 3,3 % de la population, mais 9 % des avortements sont pratiqués sur cette population. 
Environ 37 % de toutes les femmes qui ont avorté en 2013 avaient déjà subi au moins un avortement auparavant ; un chiffre en augmentation par rapport au 32 % de 2003, et à peu près une femme sur 7 ayant subi un avortement se trouvait effectivement au sein d’une relation. Ces données suggèrent que l’avortement pourrait bien être utilisé par certaines personnes comme une forme de contraception. Cela est extraordinaire, étant donné que notre société est saturée de message sur le safe sex et que l’industrie de l’avortement assure que la procédure est sûre, légale, et rare. 
Pourquoi donc a-t-on recours à l’avortement de cette manière ? L’une des explications pourrait se trouver dans une étude Joseph Rowntree de 2004, notant que les jeunes filles avec peu de perspectives scolaires choisissaient de garder leur bébé, tandis que celles qui avaient l’intention d’aller à l’université et de trouver du travail avaient plus de chances de recourir à l’avortement. En d’autres termes, certains groupes de femmes ont des relations fréquentes et non protégées et tombent enceintes malgré des décennies d’éducation, et ce qu’elles font ensuite relève d’un choix qui n’est pas nécessairement dicté par la volonté personnelle mais par l’économie. 
Vous pourriez dire : « C’est une bonne chose, puisque cela signifie que les femmes exercent le contrôle sur leur propre corps et qu’elles contrôlent également leur avenir économique. » Mais posez la question à l’envers. Cela veut dire aussi que certains groupes négligent toute l’information dispensée à propos de la contraception et des relations, tombant enceintes et revenant à la clinique encore et encore comme si cela n’était pas du tout différent de la pilule. Et cela signifie, deuxièmement, que les décisions sur le fait d’élever un enfant sont moins déterminées par un choix personnel authentique que par la pression culturelle. Cela suggère que les femmes ne se voient pas offrir une alternative sérieuse à l’avortement, il ne reçois aucun soutien de famille ou de la gouvernance, mais que les messages culturels qui les touchent ne parle que de la terreur et de la pression liées à l’éducation des enfants. Vous pourriez trouver quelques éléments de ce message dans la politique conservatrice d’arrêt de versemetn des allocations familiales, ce qui à mon avis va plutôt contre leur image favorable à la famille. 
Puisque nous parlons de la pression de la culture, parlons aussi de la « disponibilité ». L’avortement à la demande alimente l’idée selon laquelle nous avons tous droit à une entière autonomie et à être libérés de toute responsabilité à l’égard d’autrui. C’est une bonne nouvelle pour les forts, elle est mauvaise pour les vulnérables. 
Pensez maintenant à cette étrange hypocrisie. Nous vivons dans une société où les droits des personnes handicapées nous importent beaucoup – ainsi que le montre l’opposition aux réformes gouvernementales à propos des subventions en leur faveur – et nous nous disons toujours qu’ils ont droit à l’entière citoyenneté. Mais nous disons également aux femmes enceintes que si leurs enfants sont handicapés, elles ont alors un droit absolu à avorter. Les résultats sont assez inquiétants. Neuf bébés sur 10 porteurs d’un diagnostic de spina bifida sont avortés. La proportion est à peu près la même pour les enfants trisomiques. De fait une étude de 2009 a montré que chaque jour trois bébés sont avortés pour trisomie. 
Je le répète : je ne dis pas que les femmes ne doivent pas être libres prendre cette décision. Tout ce que je dis, c’est que dans une culture de l’avortement, il y a une pression favorable pour l’avortement, qui apparaît comme une option d’une facilité mythique. Peter Elliott, président de la Fondation sur la recherche sur la trisomie 21, qui a un fils de 24 ans, David, atteint de trisomie 21, a dit de cette étude de 2009 : « Pourquoi les avortements sont-ils si nombreux si ce n’est parce qu’on a donné l’impression que la situation était effrayante et qu’elle justifiait l’avortement ? Je ne crois pas que ce choix est présenté aux parents de manière véridique : ces enfants ont une vie bonne et sont en réalité considérés comme une bénédiction pour les parents et non comme une malédiction. Je ne pense pas que ces parents qui ont recours à l’avortement en sachent vraiment beaucoup sur la trisomie. » 
Il est en outre parfaitement raisonnable qu’une culture qui considère la vie comme jetable a un bout du cycle de la vie puisse la considérer comme tout aussi jetable à d’autres moments de cycle. Ce point de vue a été exprimée avec brio dans un article du Journal of Medical Ethics par Alberto Giubilini et Francesca Minerva, qui soutenaient que les nouveau-nés ne sont pas de vraies personnes et n’ont pas un droit moral à la vie : après tout ils ne sont pas, tout comme l’embryon dans le sein maternel, entièrement autonomes par rapport à leurs parents. Ils ont soutenu que les enfants et les parents doivent être en mesure de faire tuer leur bébé s’il s’avère qu’il est handicapé à la naissance. 
Il est parfaitement naturel d’étendre cette logique qui à l’euthanasie, qui a été légalisée dans le Benelux et qui est aujourd’hui en discussion sérieuse au Royaume-Uni. Le Dr Joseph Fletcher, l’un des parrains de la bioéthique moderne et partisan connu à la fois du droit à l’avortement et à l’euthanasie se rappelait jadis avec émotion le temps où lui et l’égérie du planning familial Margaret Sanger rejoignaient l’Euthanasia Society of America, en vue de « relier les deux causes pour ainsi dire : le droit d’être sélectif à propos de la parentalité et le droit d’être sélectif par rapport à la vie ». Fletcher précisait : « Nous avons ajouté le contrôle de la mort au contrôle des naissances comme une partie de l’éthique du style de vie de notre société. » Il avançait que la vie n’a véritablement pas de valeur à moins d’être d’une certaine qualité, un argument qui a été renforcée par Richard Dawkins lorsque celui-ci a dit, à propos d’un enfant trisomique : « Avortez-le et recommencez – il serait immoral de le faire naître dans ce monde. » 
Le Dr Fletcher, soit dit en passant, en aurait été d’accord. Il a dit jadis qu’il « n’y a aucune raison de se sentir coupable d’éliminer un enfant trisomique, que ce soit en l’éliminant au sens de le cacher dans un sanatorium, ou d’une manière létale plus responsable. C’est triste, oui. Terrible. Mais cela ne comporte aucune culpabilité. La véritable culpabilité il n’existe qu’en relation à une offense à l’égard d’une personne, et un trisomique n’est pas une personne. » C’est une attitude horrifiante, pourriez-vous penser, mais elle n’est pas tellement étrange si vous tenez compte de la grande violence que représente l’avortement par rapport à notre conception même de la personnalité. 
La plus grande ironie de ce phénomène est bien que l’avortement devait donner une plus grande autonomie aux femmes, mais nous avons aujourd’hui des éléments montrant qu’il était utilisé Angleterre pour mettre fin à des grossesses pour la seule raison que le fœtus était femelle. En d’autres termes, l’avortement été utilisée de manière à valider l’idée médiévale selon laquelle les filles valent moins que les garçons. Heureusement, cet abus devrait être officiellement et explicitement mis hors-la-loi pour la première fois. 
Tous ces problèmes sont d’autant plus troublants que nous n’en discutons plus. Cela reflète la façon dont les sociétés capitalistes modernes traitent les questions relatives à la pauvreté, à la souffrance, aux abus, etc. Elles les mettent hors du champ de vision en utilisant un jargon médical ou une phraséologie politique destinée à occulter toute une série de problèmes qui nécessiteraient qu’on en discute de manière beaucoup plus claire.Je n’ai pas toujours été pro-vie. Je le suis devenu lorsque mes recherches historiques sur le mouvement conservateur américain m’ont contraint, à mon corps défendant, à lire des textes pro-vie. 
J’ai été horrifié de découvrir à quel point l’avortement est sordide. A quel point il peut être douloureux. Il y a des preuves montrant ses effets psychologiques à long terme. Par exemple, les recherches menées par le Pr Priscilla Coleman publiées dans le British Journal of Psychology affirment que « l’avortement est associé avec des risque modérés à élevé de problème psychologique faisant suite à la procédure. Les femmes qui ont subi un avortement ont un risque augmenté de 81 % d’avoir des problèmes de santé mentale, tandis que 10 % de l’incidence des problèmes de santé mentale ont un lien direct avec l’avortement ». 
Pourquoi ne le savais-je pas ? Parce que, tandis que l’avortement provoque des traumatismes dans notre société, nous réglons le problème en l’ignorant. Cela est tout à fait dans la logique qui fait que nous ignorons les taux de suicide épouvantablement élevés en prison ; que nous ignorons le niveau de soins déplorable dans les maisons pour personnes âgées ; que nous ignorons les abus et les viols d’enfant dans les services spécialisés pour l’enfance. Et voici ce qu’il y a de doublement pervers dans la culture de l’avortement : nous avons ont effectivement les vannes à quelque chose, et puis nous avons refusé de parler de sa réalité. L’avortement est au centre même de l’état thérapeutique : l’état qui anesthésie la douleur avec des solutions simplistes plutôt que de s’intéresser à leurs causes complexes. 
Et tout ce que je vous demande aujourd’hui, c’est que nous en parlions sérieusement. Merci de m’avoir écouté.

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La photo du jour : le Canada fait le compte de ses avortements

Le National Post fait le compte des avortements au Canada – plus de 100.000 par an –, observe que 46 des 94 établissements fournissant l'avortement chirurgical au Canada sont au Québec, et se lamente de l'absence d'une politique nationale pour rendre le geste plus accessible. Mais ce n'est pas cela le plus frappant. L'article est illustré d'un graphique qui montre les statistiques de l'avortement par âge du fœtus. Un graphique illustré, d'une grande franchise aurait-on envie de dire.

Voyez plutôt :



Pour voir quelque chose qui approche davantage de la taille réelle, cliquez sur l'image.

Ils osent plaider pour l'avortement en montrant que l'avortement tue un petit d'homme, pas un « amas de cellules »…

Le premier dessin (8 semaines, 1,6 cm) est un peu imprécis. En photo, c'est plus clair :







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30 septembre, 2014

Pays-Bas : + 15 % d'euthanasies en 2013, on pique même les malades mentaux

Le nombre d’euthanasies et suicides assistés déclarés aux Pays-Bas a augmenté pour la cinquième année consécutive pour atteindre 4.829 cas en 2013, à comparer avec les 2.636 cas déclarés en 2009 : un quasi doublement sur la période. La loi néerlandaise exige que chaque acte soit signalé à l’une des cinq commissions régionales d’évaluation qui en vérifie la conformité avec les « strictes » conditions de la loi. L’affaire peut, en cas d’irrégularité, être renvoyée au ministère public pour d’éventuelles poursuites.
Dans la pratique, jusqu’ici, il n’y a jamais eu de renvoi devant la justice même en cas d’évaluation négative : cette année il y en eut cinq – une paille – dont trois pour défaut d’indépendance par rapport au dossier du deuxième médecin obligatoirement consulté. Les deux autres affaires ont été jugées non conformes en raison du non suivi des directives sur l’euthanasie qui imposent une substance précise pour obtenir le coma avant d’administrer le relaxant musculaire qui entraînera la mort. Rien de bien grave !
Cela veut dire que dans 99,9 % des cas les spécialistes des commissions ont approuvé les décisions des médecins de terrain, étant entendu que grâce à une informatisation de la procédure, allégée qui plus est pour qu’une seule personne soit chargée d’évaluer les cas les plus courants, les commissions ont pu rattraper leur gros retard. C’est bien là le premier motif de satisfaction des rédacteurs du rapport. La paperasserie est en ordre.
On se souviendra cependant des assurances néerlandaises selon lesquelles les conditions légales pour la dépénalisation de l’acte d’euthanasie étaient particulièrement sévères et rigoureuses. Cela n’a pas empêché la rapide explosion du recours à cette pratique et le rapport lui-même souligne que l’« acceptabilité » de l’euthanasie va croissant dans la société et, surtout, parmi les médecins qui la mettent en œuvre, dont il est aussi souligné qu’ils connaissent de mieux en mieux la loi. Ils hésitent donc moins de passer à l’acte.
La plupart des cas répertoriés en 2013 concernait des malades du cancer souffrant d’importantes douleurs, « sans perspective » de les voir s’achever autrement que par la mort : 3.588 des « morts volontaires » ont eu lieu dans ce cadre.
Mais les chiffres les plus significatifs sont les suivants, modestes seulement en apparence : 97 personnes souffrant de démence, commençante ou déclarée, ont été « régulièrement » piquées, ce qui représente une grosse progression par rapport aux quelques dizaines des années précédentes, ainsi que 42 personnes souffrant de maladies mentales, contre 14 en 2012 et 13 l’année précédente.
Les médecins néerlandais, qui passent pour tellement plus sérieux que les Belges dont les euthanasies extravagantes défraient la chronique, ne sont pas vraiment en reste : ils acceptent de plus en plus la perte d’autonomie, la peur de souffrir, l’humiliation, la désespérance comme des motifs valables. Parfois l’euthanasie vient même mettre un terme à une vie de souffrance provoquée par un traumatisme d’enfance, et personne n’y trouve à redire – alors qu’il s’agit clairement d’un échec de la société et de la médecine. A moins que ce ne soit la désespérance ordinaire d’une société qui a commencé par enterrer Dieu avant de passer à l’euthanasie des humains ?
Ainsi, en 2013, 251 cas d’euthanasie sont venus « abréger les souffrances » de personnes âgées souffrant d’affections multiples et de désagréments divers liés à la vieillesse.
L’euthanasie des personnes démentes ou en voie de le devenir sont l’un des principaux chevaux de bataille actuels du lobby de l’euthanasie aux Pays-Bas. En 2010, on en avait éliminé 21 qui n’étaient pas encore trop malades pour exprimer librement leur volonté, en pleine possession de leurs moyens. A l’époque, l’immense majorité des médecins n’envisageait pas de tuer une personne incapable de réitérer sa demande d’euthanasie en raison de l’évolution de sa maladie, alors on anticipait, et la commission d’évaluation approuvait.
Depuis lors la NVVE, association pour une fin de vie volontaire, a multiplié les campagnes pour alerter les plus de 70 sur le fait que leur désir d’euthanasie risquait de ne pas être entendu : de réunions d’informations en conférences dans les villes de provinces, elle a « informé » le public afin que les directives anticipées se multiplient et souligné que dans sa lettre, la loi de 2002 n’interdit pas d’exécuter l’euthanasie sur une personne ayant clairement, avant de perdre la faculté d’exprimer valablement sa volonté, fait part de ses dernières volontés. Pendant ces réunions, on invoque les situations « insupportables » à éviter : devenir incontinent, dépendant, ne plus reconnaître ses proches…
Le rapport donne les détails de quelques cas d’euthanasie exécutées selon la loi en 2013.
• Une octogénaire souffrant d’hallucinations, de raideurs et de la peur de devenir davantage démente. Elle a été euthanasiée grâce à la clinique de fin de vie.
• Une autre octogénaire craignait les souffrances futures liées à l’Alzheimer dont elle souffrait. Son euthanasie a été pratiquée sur la foi de demandes réitérées appuyées par deux vidéos datant de deux ans en arrière où elle expliquait vouloir être piquée au cas où son transfert dans un établissement de soins deviendrait inévitable.
• Un couple d’octogénaires souffrant de diverses « maladies graves » : elle n’arrivait guère à marcher sur de longues distances et ne pouvait plus participer aux activités organisées par la maison pour personnes âgées où ils vivaient ; lui souffrait d’Alzheimer. Il a refusé de partir en maison de soins sans sa femme et a demandé l’euthanasie le premier. Sa femme a décidé qu’elle voulait mourir elle aussi parce qu’elle ne pouvait plus s’occuper d’elle-même, qu’elle avait le souffle court et des difficultés de communications. Ils ont été euthanasiés ensemble par deux médecins différents, leurs souffrances ayant été jugées « insupportables » et « sans espoir ».
• Suivant déjà partiellement les revendications de la NVVE qui voudrait voir l’euthanasie autorisée dès 70 ans pour ceux qui sont « fatigués de vivre », la commission a validé l’euthanasie d’un nonagénaire, presque aveugle et presque sourd, qui avait perdu toute vie sociale et qui avait des « souvenirs traumatiques » liés à la guerre, ainsi que des insomnies. Sa souffrance a été jugée « insupportable » parce qu’il ne pouvait plus entrer en relation significative avec autrui.
• Une trentenaire souffrant de problèmes post-traumatiques liés à des abus sexuels pendant l’enfance, qui avait fait plusieurs tentatives de suicide et s’était automutilée de manière répétée – elle expliquait que c’était « la guerre dans sa tête » et elle souffrait de cauchemars et de désordres alimentaires », a obtenu l’euthanasie dès lors que des pyschiatres ont certifié qu’il n’y avait plus aucune voie thérapeutique possible.
• Une trentenaire souffrant de troubles bipolaires et de désordres alimetaires a connu le même sort.
Cela fait plusieurs années déjà que les médias néerlandais se sont fait l’écho d’arguments suscités par le lobby de l’euthanasie selon lesquels les « suicides illégaux » des malades mentaux ou des déprimés font désordre, sont gênants et traumatisants : il faudrait donc les médicaliser (comme l’avortement) pour éviter un surcroît de souffrance et de troubles. La propagande a été efficace et aujourd’hui bien des Néerlandais sont persuadés qu’il vaut mieux « aider » ces gens à mourir plutôt que de prendre le risque qu’ils se jettent sous un train. C’est douloureux pour eux, et source d’ennuis pour les voyageurs…

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08 septembre, 2014

80 % des Brésiliens sont opposés à la légalisation de l’avortement

Une écrasante majorité de Brésiliens est opposée à la dépénalisation de l’avortement, s’il faut en croire un sondage réalisé par l’institut Ibope pour le journal O Estado de São Paulo et O Globo TV : 79 % des personnes interrogées se sont prononcées contre, seuls 16 % soutiennent ce projet qui refait surface de loin en loin dans la vie politique brésilienne, et sur lequel la présidente Dilma Rousseff a dû se montrer discrète. Le groupe des 16-24 ans s’oppose à l’avortement à 77 %.
C’est une proportion énorme de quelque manière que l’on retourne les chiffres. Bien sûr, un sondage ne vaut que ce qu’il vaut, et dans le cas présent il ne semble pas qu’on ait publié les conditions dans lesquelles il a été réalisé ni la taille de l’échantillon retenu. Il est évidemment impossible d’avoir une réponse exacte au pourcent près… Mais de tels résultats ne peuvent mentir dans les grandes lignes, et ce d’autant plus qu’ils vont à l’encontre de la pensée dominante et de la tendance médiatique répandue dans la plupart des pays de tradition chrétienne de soutenir les options les plus progressistes.
A quoi s’ajoute, au Brésil comme dans tant d’autres pays d’Amérique latine, la pression considérable des groupes féministes pour faire légaliser l’avortement par le biais des « cas limites » – qu’on se souvienne du cas de la petite fille de Recife !
C’est en réalité sur l’ensemble des sujets de société que les Brésiliens, tels que les dessine ce sondage, ont exprimé des opinions conservatrices, voire très conservatrices. Comme pour l’avortement, 79 % des sondés contre 16 % se sont prononcés contre la dépénalisation du cannabis. 80 % soutiennent la réduction de l’âge de la majorité pénale.
Le rejet du « mariage » gay est un peu moins spectaculaire dans un pays où la pression des lobbies LGBT est importante et où les lois d’égalité atteignent des niveau de terrorisme intellectuel impressionnants : tout de même, ce sont 53 % des sondés qui ne sont pas d’accord, contre 40 % qui les soutiennent. Même en tenant compte des marges d’erreur, l’image reste claire.
A l’heure actuelle les « mariages » de couples de même sexe sont possibles au Brésil du fait d’une résolution du Conseil national de la justice qui a court-circuité le pouvoir législatif en obligeant les notaires à enregistrer ces unions, mais aucun parti politique majeur n’ose seulement porter le projet dans son programme électoral.

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28 août, 2014

Belgique : euthanasie en forte hausse

Le nombre des euthanasies a augmenté de 55 % en deux ans, aux termes d’un rapport de la commission fédérale de contrôle et d’évaluation de la loi sur l’euthanasie publié hier. Il a même quasiment doublé entre 2012 et 2013. Si les statistiques n’ont cessé d’augmenter depuis l’entrée en vigueur de la loi, on assiste désormais à une accélération spectaculaire. Sur la période 2012-2013, le petit pays a enregistré 3.239 mises à mort médicales déclarées.
La commission assure que l’on peut attribuer cette progression à une information sans cesse mieux diffusée sur l’euthanasie, aussi bien parmi les médecins qu’au sein de la population en général.
Dans 73 % des cas l’euthanasie intervient dans le cadre d’un cancer en phase terminale ou d’une dégradation importante associée à une espérance de vie très courte. Mais dans 13 % des cas, la mort n’est pas prévisible à court terme. Il s’agit d’euthanasies chez des personnes atteintes de maladies neuropsychiatriques comme Alzheimer (4 %), ou encore d’euthanasies de personnes souffrant de multiples affections, aucune n’étant mortelle (5 %). 2 % des euthanasies ont fait suite à un testament de fin de vie, c’est-à-dire dans des cas où la personne n’etait plus en état de confirmer sa volonté.
61 % des personnes euthanasiées ont plus de 70 ans ; au cours de ces deux dernières années, le nombre d’euthanasiés de plus de 79 ans a lui-même fortement augmenté – ils représentent un tiers du total. A l’autre bout de l’échelle, quatorze patients de 20 à 29 ans ont obtenu de mourir de cette façon.
Mais un rapport ne varie pas : 20 % des euthanasies concernent des Wallons, 80 % des Flamands. Aucune étude ne s’est jamais intéressée à cet écart étonnant.

Ces chiffres et cette augmentation n’inquiètent nullement la commission qui conclut n’avoir trouvé aucun problème significatif par rapport à l’application de la loi ; elle regrette seulement qu’on n’ait pas su trouver jusqu’ici de solution au manque d’efficacité pour la mise en place de testaments de fin de vie.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...