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15 juillet, 2018

Visites scolaires à la mosquée avec une prière islamique aux Pays-Bas : le rapport de “Cultuur onder Vuur”





“A genoux devant l’islam” : les visites scolaires à la mosquée culminent souvent avec une prière aux Pays-Bas. Un rapport explosif de Cultuur onder vuur, une campagne de Civitas Christiana…

A découvrir ici sur reinformation.tv .


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22 juin, 2016

Le pape François “touché” par la pastorale des homosexuels d'un prêtre des Pays-Bas



Vu sur Twitter : un « aumônier des homosexuels » qui milite pour la reconnaissance de l'« amour homosexuel » a pu échanger quelques mots avec le pape François ce mercredi à l'audience place Saint-Pierre ; le P. Pierre Valkering, du diocèse néerlandais de Haarlem-Amsterdam lui a remis un livre sur l'homosexualité et s'est dit profondément touché par l'accueil qui lui a été réservé par le Saint-Père. La presse gay des Pays-Bas a donné un large écho à l'annonce de la rencontre depuis le début de la semaine. Elle était programmée.

Le livre remis au pape François est la traduction italienne d'un ouvrage paru en 2012 en néerlandais, et rassemblant des textes d'un aumônier des étudiants à Amsterdam, le père jésuite Jan van Kilsdonk, aujourd'hui disparu : au cours de son apostolat, il a accompagné jusqu'à la mort plus de deux cents hommes homosexuels victimes du sida. Le titre italien, Addio ragazzo di luce reprend littéralement le titre d'origine : Dag jonge van licht (« Au revoir, jeune homme de lumière »). C'est un recueil d'une trentaine d'oraisons funèbres prononcées à l'occasion d'autant d'enterrements, rassemblé par le P. Valkering.

« Formidable. Je suis tellement heureux ! Cela n'aurait pas pu se passer mieux ! », a déclaré Pierre Valkering après sa rencontre avec le pape François. « J'étais assis avec une vingtaine d'autres prêtres juste devant la basilique. Le pape s'est approché de moi. Quel homme gentil, aimable, il réchauffe le cœur ! J'ai activé mon meilleur italien – et le Saint-Esprit m'a vraiment aidé – je lui ai dit que ce livre peut encourager l'Eglise à réfléchir davantage à l'homosexualité parce qu'il contient un véritable trésor d'expérience sur les homosexuels, leurs amours, leurs vies et leurs peines. Le pape a répondu qu'il leur accorde une grande attention et qu'il les porte toujours dans son cœur. »

Le P. Jan van Kilsdonk assurait qu'il n'était pas lui-même homosexuel, mais il était très connu pour avoir consacré les années de sa retraite, à partir de 1982 et l'explosion du sida parmi les jeunes hommes pour sa proximité avec eux et sa bonté à leur égal.

Rien à redire, à première vue. Tout homme a besoin du salut du Christ… mais aussi d'un langage de vérité, du pardon véritable, de la rédemption fondée à la fois sur la justice et sur la miséricorde.

Le P. van Kilsdonk était quant lui d'une grande complaisance à l'égard des amours homosexuelles. Plusieurs de ses oraisons funèbres ont été traduites en français, je vous en livre un simple extrait, à propos d'un jeune médecin généraliste homosexuel, Ronald Heitkamp :

« Ronald enfant puis adolescent a dû développer ses talents durant la révolution des années 60, au moment où une nouvelle spontanéité a précipité les rôles séculaires de l’homme et de la femme dans un processus de dissolution. Cela a dû être quelque chose de stupéfiant, surtout pour Heitkamp père, lorsque son fils, rayonnant de santé et de talents, juste, bien fait, peut-être même la prunelle de ses yeux, est venu lui dire son pressentiment, puis la certitude que, plus encore que pour la relation intime et féconde entre homme et femme, il se sentait créé pour la tendresse moins codifiée entre garçon et garçon, ami et ami. Il lui a expliqué qu’il ressentait cette profonde expérience non pas comme un mauvais destin, sans perspective, mais comme une belle trouvaille du Créateur. C’était comme si, surtout dans la conscience du père, quelque chose se brisait qui n’aurait pas dû pouvoir être brisé, car le mode de vie classique de l’homme et de la femme, stabilisé par le mariage et la naissance d’enfants, semblait faire partie du dogme de l’Église mère, qui était chose sacrée aux yeux des Heitkamp. 
Bien sûr, cet affrontement a laissé des traces douloureuses dans l’âme de Ronald. Mais c’est seulement ici que le miracle commence. Ronald n’a pas douté un seul instant de la bonne foi de son père. Tout en comprenant que cette incapacité venait aussi de la timidité et du verrouillage mental dont sont victimes les Heitkamp, il a toujours senti que son père valait mieux, dans le fond de son cœur, que cette doctrine et que ce modèle culturel. »

Selon la vaticaniste néerlandaise Andrea Vreede, le fait que Valkering ait pu remettre personnellement le recueil au pape François est « remarquable ». « Tous les jours, le pape est submergé par les demandes. C'est lui qui décide d'y répondre ou non. La remise de ce livre lui a été proposée, il y a réfléchi et a dit “oui” de manière délibérée », a-t-elle déclaré, ajoutant que le « tabou » de l'homosexualité ne changera sans doute pas au sein de l'Eglise catholique : « Mais au moins, ce pape est prêt à écouter. »

De son côté, Valkering milite ouvertement pour la modification de la doctrine de l'Eglise sur ce point, pour en finir avec l'idée que les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés », rapporte la chaîne catholique néerlandaise KRO.

Le groupe de travail des « Homo-Pasteurs Catholiques » a dit espérer que la remise du livre au pape « aura des effets positifs sur la pensée de l'Eglise à propos de la vie amoureuse des homosexuels ».




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01 mai, 2016

Pays-Bas : pas de poursuites pénales contre la clinique de fin de vie dans deux cas d’euthanasie jugés non conformes

Deux cas d’euthanasie jugés non conformes aux exigences de la loi néerlandaise aux termes du rapport annuel des commissions régionales de contrôle de l'euthanasie, publié  la semaine dernière ne feront l'objet d'aucune poursuite pénale. Dans les deux cas, il s'agissait de médecins de la clinique de fin de vie qui n'avaient pas respecté les critères supposés stricts de la loi de 2002 par laquelle les Pays-Bas sont devenus le premier pays à légaliser l'euthanasie. Le non-respect de la loi trouve ici une sorte de justification a posteriori.
La légalisation de l'euthanasie s'est faite aux Pays-Bas sous forme de dépénalisation conditionnelle. Tout médecin qui met fin à la vie d'un patient doit soigneusement consigner tous les détails relatifs à la prise de décision et à sa mise en œuvre, puis signaler son acte à une commission régionale de contrôle. Celle-ci évalue l'ensemble du processus, puis émet son jugement : conforme ou non conforme. Dans ce dernier cas, le dossier est transmis à l'Inspection des services de santé (IGZ) ainsi qu'au ministère public. A partir de ce moment-là, la mise à mort peut être considérée comme un homicide volontaire, et faire l'objet de poursuites et de sanctions. Mais celles-ci ne sont pas automatiques.
Dans l'immense majorité des cas, les décisions d'euthanasie sont jugées conformes à la loi, quitte à faire dériver l'appréciation des critères comme on l'a vu aux Pays-Bas au fil des ans. Dans les rares cas depuis 2002 où au contraire, une commission a émis une critique ou une réserve suffisante pour juger un acte d'euthanasie non conforme à la loi, les poursuites n'arrivent jamais. C'est à se demander à quoi servent les « critères de minutie » que les médecins sont censés respecter.
La clinique de fin de vie a été érigée aux Pays-Bas pour répondre aux demandes d'euthanasie qui ne sont pas honorées par les médecins de famille pour diverses raisons : objection de conscience, désaccord avec le patient sur l'importance de ses souffrances, sentiment du médecin que les critères de la loi ne sont pas remplis en l'espèce. Ce sont donc dans l'ensemble des cas limites ou supposés extrêmement « urgents » qui sont traités par la clinique de fin de vie qui possède des équipes volantes de médecins euthanasieurs et offre également des conseils aux médecins confrontés à des demandes d'euthanasie.
Dans les deux cas jugés non conformes au cours de l'année 2015, les médecins de la clinique de fin de vie ont manifestement eu la main un peu trop leste, mais la justice est prête à passer l'éponge, après que l’Inspection des services de santé et le ministère public se sont penchés sur les dossiers.
Le premier cas était celui d'une femme âgée qui souffrait de dépressions répétées depuis plusieurs dizaines d'années. La clinique de fin de vie à accédé à sa demande de mort sans prendre la peine de consulter un psychiatre indépendant, extérieur à l'institution, et seule alors que les directives de l'association néerlandaise pour la psychiatrie et l'association de médecins KNMG l'exigent.
L'exigence est édictée par le fait qu'il est extrêmement difficile de déterminer si le désir de mort d'un patient en psychiatrie est sincère et durable : l'avis d'un expert indépendant est dès lors jugé primordial. La clinique de fin de vie a décidé de passer outre parce que la patiente avait eu de mauvaises expériences avec des psychiatres ; elle a jugé suffisant un entretien avec un médecin gériatre. Pour la commission régionale de contrôle des euthanasies, ce type de spécialistes n'est pas compétent pour juger d'une demande d'euthanasie.
L'inspection des services de santé et le ministère public néerlandais, au contraire, ont bien voulu prendre en compte la consultation du gériatre dans la mesure où les diverses personnes impliquées dans le dossier étaient persuadées que la patiente voulait vraiment mourir. zx quoi s'est ajouté le fait que la clinique de fin de vie a promis d'agir autrement à l'avenir. Il suffit donc de protester : « Je ne recommencerai pas, Monsieur… »
C'est le même type de raisonnement qui a évité au deuxième médecin de se retrouver dans le box des accusés. Lui qui avait « aidé à mourir » une femme très âgée qui n'était plus en mesure d'exprimer sa volonté a fait savoir qu'il avait appris sa leçon et qu'il n'agirait plus ainsi à l'avenir. Il continuera de tuer, mais en restant dans les clous. L’homicide qui lave plus blanc ?
En l'occurrence, ce médecin avait précisé dans son rapport qu'il n'était pas persuadé de ce que sa patiente souffrît de manière intolérable, chose qu'il a répétée lors d'auditions devant la commission de contrôle. Il devait plus tard affirmer devant l'inspection des services de santé que sa déclaration antérieure avait été incomplète. En l'occurrence, la très vieille dame avait signé un testament de fin de vie assurant que si elle devait être prise en charge dans une institution de soins, elle préférerait mourir. C'est cette déclaration qui a justifié l'euthanasie, bien qu'elle ait été rédigée vingt ans auparavant, sans jamais faire l'objet d'une réactualisation écrite.
Il subsistait donc pour le moins un doute sur la volonté réelle de cette vieille dame dont on peut supposer qu'elle était atteinte d'une forme de maladie dégénérative, imposant son placement dans un établissement de soins.
Tant l'inspection des services de santé que le procureur ont refusé de donner suite aux critiques émises par la commission de contrôle de l'euthanasie sur le caractère très ancien de la demande d'euthanasie de cette personne. Au mois de janvier dernier, postérieurement aux faits, une directive commune publiée par l'association de médecins KNMG, le ministère de la justice et le ministère de la santé publique, a précisé que le testament de fin de vie ne doit pas être « trop daté ».
Mais — mot d'ordre ou consensus tacite — le non-respect de cette disposition de bon sens (si l'on veut bien entrer dans la logique de la loi), aujourd’hui couchée sur le papier, n'entraîne pas de conséquences pénales. L'an dernier, dans une affaire un peu similaire mais moins spectaculaire quant à l'ancienneté du testament de fin de vie, un cas jugé non conforme par la commission régionale avait lui aussi été blanchi devant la justice, alors que la patiente, victime de la maladie de Huntington et quasiment incapable de communiquer, avait fait une déclaration de demande d'euthanasie six ans plus tôt, sans jamais la réactualiser.
Dans la pratique, tout se passe comme si les médecins euthanasieurs avaient toujours raison, quelles que soient la lettre de la loi et les directives des autorités sanitaires.

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14 avril, 2016

Réunion d’information sur l’euthanasie le 18 avril à Veenendaal (Pays-Bas)

Quand n’on a pas assez de clients, on les suscite. Dans la petite ville de Veenendaal aux Pays-Bas, l'Association néerlandaise pour la fin de vie choisie (NVVE) tiendra lundi prochain une réunion publique pour évoquer l'euthanasie et les soins palliatifs. Le lieu de la rencontre ? Les pompes funèbres locales qui annoncent la réunion dans la presse sous le titre : « une vie mérite une belle fin. » En se laissant piquer en fin de parcours, on peut être sûr de trouver chez elle un enterrement de qualité.
Pour une fois, pour paraphraser le croque-mort dans Lucky Luke, on ne dira pas que le bon client est celui qui ne revient jamais…
L'annonce se donne la peine de préciser ce qu'est l'euthanasie, et reste plus discrète sur les soins palliatifs. « Par l'euthanasie il est mis fin à la vie du patient d'une manière digne par l'administration de médicaments. L'euthanasie se fait toujours de manière libre et choisie, le patient demande et le médecin exécute l'euthanasie. D'après la loi néerlandaise cela est autorisé en cas de souffrance sans perspective est insupportable. »
Il est précisé dans l'article publicitaire que toute personne désirant mourir dans la dignité peut être intéressé par cette rencontre avec la N VV qui se bat pour « la mise en œuvre optimale de la loi sur l'euthanasie, spécialement pour les groupes qui dans la pratique n'arrivent pas à obtenir cette assistance, telles les personnes souffrant de démence, d'une affection psychiatrique chronique, et des personnes âgées qui estiment avoir être arrivées en fin de vie ».
Bref, les pompes funèbres de Veenendaal s'engagent de manière militante pour que leurs concitoyens puissent avoir plus rapidement besoin de leurs services. Enfin, c'est ce que l'on comprend. Dans la joie et la bonne humeur.
D'ailleurs, à la réunion du18 avril, le café sera offert.

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02 avril, 2016

Photo : des feux de passages piétons au goût des LGBT. C'est à Utrecht, aux Pays-Bas



Le 9 mars, la ville néerlandaise d'Utrecht inaugurait son premier feu piéton LGBT-compatible,
dans le centre historique de la ville.

Utrecht rejoint ainsi les pionniers de ces passages piétons « gay-friendly », Vienne et Lisbonne.

Chaque feu coûte la bagatelle de 2.000 euros.


 

La revue pour enfants Kidsweek a jugé l'information adaptée à son lectorat,elle publie un article qui montre les feux de Vienne (ci-dessus).

Vert, c'est pour les lesbiennes, elles peuvent marcher.Rouge, c'est pour les gays, ils n'ont qu'à rester sur place.
Pour les daltoniens, c'est toujours la confusion.
Les hétéros doivent sans doute traverser ailleurs. 


Mais pas ici :





Ça, c'est le passage piéton arc-en-ciel qui est déjà installé depuis l'année dernière
à Utrecht. Tant pis s'il est moins visible pour les automobilistes, surtout la nuit.

Aux Pays-Bas, il est plus important de traverser dans les clous
que de respecter la loi morale.



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03 mars, 2016

Theo Boer, spécialiste d’éthique médicale aux Pays-Bas, plaide pour davantage de suicides et moins d’euthanasies


En tant qu’ancien membre de la commission régionale de contrôle de l’euthanasie aux Pays-Bas, Theo Boer a assisté aux premières loges à la réalité de la mise à mort de ceux qui souffrent. Le spécialiste d’éthique médicale a d’ailleurs quitté ce poste en raison de ses interrogations croissantes à propos d’une pratique de plus en plus banalisée. Aujourd’hui, il estime que le recours à l’euthanasie devrait céder la place au suicide assisté : avec davantage de gestes mortels assumés par les patients eux-mêmes, il y aurait moins de pression sur les médecins, estime-t-il.
A l’heure actuelle, aux Pays-Bas, aussi bien le suicide assisté que l’euthanasie sont autorisés par la loi sous réserve du respect de conditions posées par la loi ; mais c’est l’euthanasie – l’administration d’une injection létale par le médecin – qui est de très loin la plus fréquente parmi les personnes qui demandent (ou ont demandé) à mourir : pas moins de 96 %.
Theo Boer et les affres de la conscience
Le suicide assisté, où le patient ingère lui-même un « médicament », ou plutôt un poison mortel, devrait remplacer une bonne part de ces euthanasies, hormis les cas où le candidat serait incapable de boire lui-même la potion.
Le premier avantage de ce basculement vers davantage de suicides assistés et moins d’euthanasies serait, selon Theo Boer, de permettre une meilleure certitude quant à la volonté réelle du patient : du moins est-on sûr que le patient qui avale lui-même la boisson mortelle désire vraiment arrêter de vivre. En outre, on éviterait ainsi nombre de gestes qui ne seraient pas « nécessaires » : le patient qui procède ainsi serait plus conscient de la portée de son acte.
Mais on devine que l’autre avantage mis en avant par Theo Boer est à son sens le plus important. Il assure que de nombreux médecins préfèrent la procédure du suicide assisté. Des médecins s’en sont ouverts auprès de lui : « Le fait que le patient fait la chose lui-même me soulage car dans ce cas de figure ce n’est pas moi qui tue quelqu’un », disent-ils selon Boer. Et ce même si le médecin est censé rester avec le patient « jusqu’à la fin » ; même si la boisson létale met plusieurs heures à agir.
Boire une potion létale en présence du médecin est considéré légalement comme un « suicide assisté » ; mais en cas de problème ou de contestation, le régime légal est plus léger. La peine encourue est trois fois moins lourde que pour une euthanasie. En prenant les choses entre leurs propres mains, les malades contribuent ainsi à ne pas faire porter le poids de leur décision au médecin – et ils le font davantage encore lorsqu’ils choisissent ce que Boer appelle la « voie autonome ». Le patient organise dans ce cas son propre décès, soit en cessant délibérément de boire et de manger en vue de mourir, soit en thésaurisant des médicaments pour obtenir une dose létale.
Theo Boer faisait ces remarques mercredi soir devant la « ChristenUnie », une organisation protestante.
Il s’est ému à cette occasion de l’augmentation régulière du nombre d’euthanasiés (quelque 15 % d’année en année) et de l’élargissement continuel des justifications de l’euthanasie. Aujourd’hui on fait campagne aux Pays-Bas pour le droit à l’euthanasie pour ceux qui estiment leur vie « accomplie ». La chose est inquiétante, estime Boer.
« Parlons-en : il faut réfléchir au fait de savoir s’il ne faut pas savoir accepter la vieillesse, avec se vulnérabilité », affirme aujourd’hui Theo Boer.
Mais il est déjà bien tard.

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25 février, 2016

Le don d’organes après l’euthanasie de mieux en mieux accepté aux Pays-Bas

Campagne pour le don d'organes au Brésil : “L'un ou l'autre
aura vos organes. A vous de choisir.”
Il y a quelques années à peine, on se demandait encore aux Pays-Bas si les candidats à l’euthanasie pouvaient aussi donner leurs organes : était-ce moralement acceptable ? Le dilemme éthique aura été de courte durée : la procédure est aujourd’hui de plus en plus fréquente : on compte quinze cas au total. Le premier exemple remonte à 2012 ; en 2015, on en était à huit « euthanasies suivies de dons d’organes », et les objections des médecins semblent s’être largement évaporées.
Le premier cas de 2016 s’est déroulé à l’hôpital Erasmus de Rotterdam qui naguère avait refusé pareille procédure sur un homme au motif que celui-ci n’était pas habituellement soigné par ses équipes et que son parcours ne leur était pas assez bien connu.
Cette fois, il s’agit d’un homme qui s’était adressé à la Clinique de fin de vie – la Levenseindekliniek – qui se charge d’évaluer les demandes d’euthanasie des personnes qui n’ont pas réussi à obtenir la procédure de leur médecin traitant, et qui les exécute le cas échéant. Cela peut permettre de contourner une objection de conscience ou un doute du médecin quant au respect des conditions posées par la loi pour ne pas encourir des poursuites pénales après une euthanasie.
La presse néerlandaise présente cette mort on ne peut plus « utile » sous un jour très positif. L’Algemeen Dagblad titre : « Unique : une seule euthanasie permet de sauver cinq vies par le biais du don d’organes. »
Au MC Erasmus de Rotterdam, tout était calculé au millimètre près. Le patient destiné à l’euthanasie était installé dans une chambre, les cinq receveurs attendaient sur cinq tables d’opérations, prêtes pour l’opération. Il ne restait plus qu’à passer à l’acte, transférer l’euthanasié dans une salle d’opération voisine, et zou, on pourrait récupérer son foie, ses reins, son pancréas et deux autres organes dont la nature n’a pas été précisée.
Il fallait pour cela que l’euthanasié fût en bonne forme physique, raison pour laquelle on ne peut guerre prendre en considération les propositions d’organes des cancéreux. En l’occurrence, s’agissant d’un homme qui ne supportait pas les conséquences d’une hémorragie cérébrale, la qualité des organes était bonne. Ne voulait-il plus vivre ? Autant que sa mort serve, comme il le désirait !
Entouré de sa famille, d’amis et du personnel de l’hôpital, l’homme a reçu la mort du médecin de la Clinique de fin de vie, autorisé pour l’occasion à pratiquer son « art » entre les murs de l’hôpital – chose unique dans les annales de l’euthanasie aux Pays-Bas. Les proches ont eu cinq petites minutes pour dire « à Dieu » (à supposer qu’ils y croient) avant que le « mort » parte en salle d’opération. Et hop…
Etait-il vraiment mort ? La question se pose : pour être réellement efficace, il importe de prélever les organes vitaux, cœur battant, et se contenter d’une « mort cérébrale ». Mais dans ce cas, les détails donnés à la presse ne permettent pas d’en avoir le cœur net. On sait seulement qu’un homme « a réussi à en sauver cinq autres ».
D’autres questions restent posées, comme celles mises en avant par un responsable éthique de l’hôpital Erasmus : que faire face à une personne qui demande l’euthanasie précisément pour pouvoir donner ses organes ? Comment le savoir ? Qu’en est-il de la pression qui pèse sur le futur euthanasié, qui théoriquement peut toujours se rétracter, jusqu’à la dernière seconde ? Mais ce même Gert van Dijk fait partie de l’équipe qui a rédigé un protocole régional informel et provisoire de l’euthanasie suivie par don d’organes pour l’hôpital universitaire de Maastricht. Mais la chose se fait maintenant un peu partout dans les Pays-Bas, sans qu’il y ait ni interdit ni autorisation formelle.
L’éthicien Gert van Dijk vient de cosigner un article dans l’American Journal of Transplantation pour vanter la « légalité et la possibilité médicale » du don d’organes associé à l’euthanasie que « beaucoup de médecins et de patients ignorent ».
Un petit coup de pub ?

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16 septembre, 2015

Maltraitance et persécution aux Pays-Bas : une femme néerlandaise privée de son droit d’assister à la messe traditionnelle par son curateur

Madame H.A.W. de Rijk-van der Moolen, 90 ans, est une femme néerlandaise et catholique, attachée à la forme extraordinaire du rite romain. Voilà des années qu’elle fréquente assidûment l’église Sainte-Agnès d’Amsterdam, desservie par la Fraternité Saint-Pierre. Mais depuis quelque temps elle est privée de son droit d’y pratiquer sa religion par son curateur, de concert avec la maison de soins où elle finit ses jours. Et ce malgré l’intervention des responsables de la paroisse, ses propres protestations, et l’accord avec les responsables de l’établissement Nieuw Vredeveld qui s’étaient engagés, lors de son entrée, à respecter sa liberté religieuse et notamment son droit d’aller à la messe dans l’église de son choix. Mme de Rijk est véritablement victime de maltraitance, et même de persécution en raison de sa foi…
C’est le 15 août, fête de l’Assomption de la très sainte Vierge Marie, que les responsables de la paroisse personnelle Saint-Joseph chargée des célébrations à Sint-Agnes, ont écrit une lettre recommandée, cosignée par plus de 130 fidèles, au curateur de Mme de Rijk, pour protester contre cette situation où elle se voit interdire d’aller à cette messe traditionnelle où elle ne manquait de se rendre les dimanches et jour de fête.
Non seulement Mme de Rijk est privée de son droit de pratiquer sa religion comme elle l’entend, mais en outre, sur décision de son curateur, elle subit toutes les semaines une pression inouïe, aussi bien de la part du personnel soignant, des infirmiers que des bénévoles qui s’occupent des personnes âgées de Nieuw Vredeveld, afin qu’elle les accompagne au culte protestant que l’on y célèbre le vendredi. Parfois ils s’y mettent à trois…
Pourtant, il avait été clairement indiqué lorsque la patiente avait été inscrite dans la maison de soins qu’elle souhaitait fréquenter l’église, et recevoir les soins spirituels du prêtre de son choix, et qu’elle n’avait aucun intérêt pour les activités pastorales d’une quelconque autre dénomination.
Les semaines ont passé. Le curateur, une certaine Brigitte Goedhart de Goedhart Amsterdam B.V., n’a pas jugé bon de répondre aux demandes concernant la privation de liberté et l’atteinte à la liberté religieuse de Mme de Rijk. Le 8 septembre, l’abbé Kromann Knudsen de la Fraternité Saint-Pierre a cherché à joindre Mme Goedhart à son cabinet, par téléphone. Elle n’était pas joignable ; on lui indiqua qu’elle rappellerait. Mais… rien. Le lendemain, une nouvelle lettre recommandée fut envoyée. Depuis lors, toujours rien. Mme Goedhart refuse de prendre contact avec la paroisse.

Brigitte Goedhart, qui a été chargée par un tribunal de la curatelle de Mme de Rijk, est théoriquement responsable de la défense de ses intérêts. Aussi la vieille dame, ne sachant plus à quelle porte frapper, a-t-elle pris sur elle de téléphoner à son curateur. Ne serait-ce que pour avoir des explications… Elle a appelé deux fois. Au total, les coups de fil ont duré moins de 90 secondes. Trop pour le cabinet Goedhart… Aussitôt, Mme Goedhart a appelé la direction de la maison de soins pour exiger que le téléphone de la vieille dame soit saisi pendant plusieurs jours.
Elle s’est ainsi vue privée de son seul lien avec le monde extérieur. Un véritable choc pour cette dame qui pour être en bonne forme physique – et parfaitement capable de se rendre dans une église en dehors de sa résidence – n’en est pas moins fragile psychologiquement. Elle est entrée en résistance à sa façon, de la seule manière qui lui reste : en refusant tous les soins, toute aide au moment de la toilette, de l’habillage, des repas… Elle était agitée et profondément angoissée.
Là encore, la maison de retraite et le curateur ont refusé de réagir et de fournir la moindre explication à la paroisse de Mme de Rijk ou à ses amis.
Ceux-ci ont décidé d’en appeler à l’opinion publique, soulignant que Mme de Rijk est victime d’une grave maltraitance, à un moment de sa vie où il lui est impossible de se défendre elle-même.
On peut réagir et apporter son soutien à Mme de Rijk et contre la « violence spirituelle » dont elle est victime en écrivant à stopgeestelijkgeweld@agneskerk.org.


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12 juin, 2015

“Etat végétatif” : pourquoi y a-t-il 10 fois plus de patients comme Vincent Lambert en France qu'aux Pays-Bas ?

Les Pays-Bas comptaient, à la fin de 2014, 24 patients en état végétatif persistant. Vingt-quatre. Rapportés à la population néerlandaise totale, cela représente 3 personnes pour deux millions. Ce chiffre tient compte de quelques faux diagnostics qui ont été dépistés au moment où la faculté de médecine de l'université de Radboud, à Nimègue, rassemblait ces statistiques : au départ on en comptait 41, jugés en état végétatif par leur médecin traitant « sans l'ombre d'un doute ». 17 d'entre eux avaient donc certainement été diagnostiqués à tort… Si on tient compte de cet ensemble plus large, on arrive à un peu plus de 5 patients comparables à Vincent Lambert pour deux millions d'habitants. En France, cette proportion dépasse les 50 patients pour 2 millions d'habitants, soit dix fois plus. Comment cela est-il possible ? La réponse est simple : aux Pays-Bas, on cesse de les soigner, des « arrêts de soins » qui prennent différentes formes selon les cas, mais parmi lesquels l'arrêt de l'hydratation et de la nourriture est fréquente et considérée comme normale.

Si aux Pays-Bas tant de patients manquent à l'appel, c'est qu'ils sont morts, comme dans la chanson de Brassens… A la différence près qu'ils ont été précipités en dehors de la barque commune de notre humanité.

La France compte quelque 1.700 patients en état végétatif ou en état de conscience minimale, comme Vincent Lambert. Depuis la décision de la Cour européenne des droits de l'homme, ils sont tous potentiellement voués à la mort de soif si par malheur ils ont lâché un jour, alors qu'ils étaient encore valides, qu'ils n'aimeraient pas vivre dans cet état – ou si un de leur proches était prêt à l'affirmer. L'exemple néerlandais montre qu'une telle situation n'a rien d'imaginaire. A proportion égale, il n'en resterait que 170…

Aux Pays-Bas, on ne s'encombre pas de questions quant à la volonté réelle ou supposée du patient. Dès 1996, cinq ans avant la légalisation de l'euthanasie, les directives officielles proposées aux médecins leur enjoignaient d'envisager un arrêt de traitement, l'arrêt de l'hydratation et la nourriture y étant assimilé, pour les personnes en « état végétatif » et n'espérant aucune amélioration de leur état au-delà d'une période de plusieurs mois, variable selon l'origine de la situation de « coma éveillé ». Les exigences de diagnostic se faisaient parallèlement plus strictes. Aux Pays-Bas comme ailleurs on connaît le taux d'erreur à cet égard : selon les sources et les dates, on évoque entre 3 et 4 faux diagnostics (connus) d'état végétatif sur 10.

Aujourd'hui, la pratique néerlandaise est encore plus expéditive. Un traumatisé crânien peut espérer 72 heures de traitements en soins intensifs. Si aucune amélioration n'apparaît, qu'il y a de grandes chances qu'il demeure dans un état végétatif et que les résultats d'une série de tests sont mauvais, on décide de ne plus traiter. Cela veut dire qu'on désintube (on applique des protocoles pour que l'asphyxie ne soit pas violente) afin qu'il meure ; ou, si le patient respire de manière autonome, qu'on s'abstient de tout traitement pour des pathologies existantes ou incidentes ; ou encore, que l'on cesse d'hydrater et de nourrir le patient, afin qu'il meure.

La décision est prise par le médecin, après avoir consulté un confrère indépendant, l'équipe médicale, et les proches. Si les proches veulent faire transférer le patient vers un établissement où il sera pris en charge, cela leur est possible s'il en existe un qui soit prêt à s'occuper du patient. Si ce n'est pas le cas, le médecin a le droit de décider de l'arrêt de tout traitement, mais aussi de l'arrêt de l'hydratation et de la nourriture, contre leur volonté. Mais il paraît que « la plupart du temps » les proches sont d'accord. On les pousse de toute manière fortement dans cette direction.

Il est remarquable que cette manière de traiter les personnes en état végétatif (vrai ou faux…) se soit installé aux Pays-Bas avant la légalisation de l'euthanasie. Elle est au début de la logique euthanasique ; elle en fait pleinement partie. L'euthanasie a été légalisée en 2001 aux Pays-Bas : depuis lors, on ne s'encombre guère d'états d'âme.

Pourquoi et comment le ferait-on ? Après tout, les assureurs de santé aux Pays-Bas remboursent très mal les soins de rééducation. On considère qu'ils sont « inutiles ». Et ce même si des centres existent où des enfants bénéficient de programmes de stimulation qui donnent de vrais résultats : c'est aux proches de payer la plus grosse part.

La prochaine étape ? On la connaît aussi. Ou du moins des « bioéthiciens » l'ont déjà imaginée. C'était en 1996 : un professeur britannique d'éthique médicale suggérait que l'on réalise certaines expériences médicales sur des personnes victimes d'une lésion cérébrale grave. David Morton s'exprimait dans le contexte d'un pays où l'arrêt des soins pour de tels patients était recommandée depuis plusieurs années déjà. Chargé du dossier des expérimentations animales par le gouvernement du Royaume-Uni, il estimait qu'il valait mieux « utiliser » ces patients plutôt que nos amies les bêtes, puisque de toute façon ils étaient voués à la mort. Il imaginait une nouvelle forme de don d'organes : celui qui consisterait à accepter par avance d'être soumis à des expériences, des recherches et des essais de médicaments en cas de cessation des « traitements ». Dès l'instant où l'hydratation et l'alimentation serait stoppée, l'équipe médicale pourrait envisager de passer aux essais. Pourquoi pas ? Quand on cesse de respecter la vie, tout est possible !

Il est vrai que les propositions de David Morton suscitèrent un tollé – surtout parmi les proches de ces patients.

Mais si l'on considère ces patients comme déjà morts, comme on l'entend dire les partisans de la mort de soif pour Vincent Lambert, pourquoi s'arrêter à si peu ?

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20 mai, 2015

Pays-Bas : la cour d'appel d'Arnhem relaxe Albert Heringa, un particulier qui a euthanasié sa mère en 2008


Par une décision d’appel – susceptible de cassation – la cour d’Arnhem, aux Pays-Bas, a jugé qu’Albert Heringa, accusé d’avoir euthanasié sa mère au mépris de la loi néerlandaise qui réserve cet acte aux médecins, devait échapper à toute sanction, au motif qu’il a agi dans une « situation d’urgence », en conformité avec sa propre conscience de son devoir. Ce sentiment de son devoir, ajoute la cour, a pesé plus lourd, à juste titre, que l’interdiction légale. Albert Heringa, 74 ans, s’est dit « très heureux ».
L’affaire remonte à 2008. Cette année-là, la maman de Heringa, « Moek », avait 99 ans. Elle n’était pas malade mais aveugle et n’avait plus envie de vivre, jugeant sa souffrance trop importante et sans espoir d’amélioration. Son médecin avait refusé de l’euthanasier : elle s’était alors tournée vers son fils qui s’est jugé habilité à agir dans le cadre de la loi autorisant l’euthanasie, malgré le fait que celle-ci réserve au médecin le droit de tuer un patient qu’il juge victime de souffrances insupportables et sans perspective d’amélioration. Il avait notamment était poussé à agir par le fait que sa mère s’était mise à mettre de côté ses médicaments pour prendre une surdose lorsqu’elle en aurait suffisamment – mais il a été établi que cette surdose ne l’aurait pas tuée, elle aurait simplement aggravé son état de santé.


Albert Heringa avait pris la précaution de respecter les critères de la loi d'euthanasie, dit le jugement de relaxe

Heringa a pris la précaution de respecter les modalités de la loi – en dehors de la présence d’un médecin – et d’enregistrer ses faits et gestes, filmant la manière dont il avait administré des médicaments contre le malaria, des somnifères et des anti-vomitifs à sa mère qui est morte, ainsi, d’empoisonnement. Ses enregistrements ont fait l’objet d’un documentaire, Le dernier vœude Moek, qui a été diffusée par une télévision néerlandaise en 2010. Une « transparence » dont les juges ont tenu compte.
Le ministère public ne pouvait laisser passer une telle transgression. Elle a poursuivi le septuagénaire malgré son « intention droite » en l’accusant de n’avoir pas respecté les exigences de la loi. En première instance Heringa a été déclaré coupable mais dispensé de peine. Le ministère public fit appel, réclamant une peine de trois mois de prison avec sursis. La cour d’appel n’a pas voulu suivre, au motif, donc, que Heringa s’était trouvé dans une situation d’urgence, et en outre parce qu’il aurait respecté tous les critères de la loi d’euthanasie. Il a été purement et simplement relaxé.
Décision pour le moins étrange, puisque justement l’accusé n’a pas tenu compte de l’exigence centrale de la loi quant à l’exécution de la mise à mort par le médecin. Les juges ont davantage encore tordu la lettre de la loi qui n’excuse l’euthanasie que dans le cas où il n’y a pas d’autre « solution raisonnable » pour soulager des souffrances : il s’agit de trouver des moyens médicaux qui permettent d’éviter l’euthanasie. En l’occurrence, la « solution raisonnable » a été interprétée comme la possibilité de trouver un médecin prêt à pratiquer l’euthanasie, et c’est parce qu’il n’en a pas trouvé que Heringa a été relaxé.

Le ministère public des Pays-Bas a critiqué la décision de la cour d'appel d'Arnhem


D’ores et déjà, le ministère public néerlandais a publié un communiqué affirmant que « l’assistance au suicide selon les conditions fixées par la loi d’euthanasie est et reste, aux yeux du procureur, une tâche exclusivement réservée au médecin ». On s’attend à un pourvoi en cassation, ce qui empêche de donner pour définitive le nouveau dérapage judiciaire en faveur de l’euthanasie « privée ».
La NVVE (association néerlandaise pour une fin de vie volontaire) a salué la décision comme « un pas dans la direction où nous souhaitons aller » : « De nombreuses personnes qui considèrent leur vie achevée veulent être aidées par des proches », a expliqué Fiona Zonneveld.
Même sans être définitive, la décision de la cour d’appel d’Arnhem apparaît comme révolutionnaire. Car ce n’est pas seulement le court-circuitage du médecin qui est à noter dans cette affaire, mais encore la justification de l’euthanasie sur une personne qui était simplement « fatiguée de vivre », un cas que la loi ne prévoit nullement. S’il est vrai que les commissions régionales de contrôle de l’euthanasie acceptent sans rechigner de fermer les yeux sur des actes euthanasiques pratiqués sur des vieillards souffrant de multiples affections pénibles, rien ne le justifie en droit et encore moins lorsque celui qui exécute l’euthanasie se borne à mettre en œuvre la demande d’une proche.


La cour d'appel a justifié une euthanasie pratiquée par un particulier alors que la loi la réserve au médecin

La cour est allée jusqu’à dire que Heringa aurait dû vivre avec un « sentiment de culpabilité jusqu’à la fin de ses jours » s’il n’était pas passé à l’acte.
Ce qui a changé depuis 2008, c’est bien cette ouverture croissante des médecins à l’euthanasie : en 2011, la fédération professionnelle des médecins néerlandais, KNMG, a déclaré que le cadre de l’euthanasie légale dépasse celui des cas purement médicaux, la souffrance « sans perspective et insupportable » pouvant être le résultat d’autres causes. Est-ce à dire que la « situation d’urgence » reconnue à Heringa n’existerait plus aujourd’hui ? D’autant qu’aujourd’hui la Clinique de fin de vie se charge – goulûment – de ces cas dont les médecins de famille ne voudraient pas ?
Il n’empêche : c’est une nouvelle brèche ouverte en faveur de l’euthanasie, et une bonne nouvelle pour les proches peu scrupuleux qui peuvent avoir avantage à pousser leurs vieillards vers la sortie.

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23 avril, 2015

Pays-Bas : un juge ordonne de laisser partir une femme d'un établissement de soins pour obtenir l'euthanasie

Le foyer d'un des établissements WVO
(“Au service des plus anciens”)
Un établissement de soins de Vlissingen (Flessingue), aux Pays-Bas s’est vu contraint, mardi, de laisser partir une femme de 80 ans en compagnie de ses proches en vue d’obtenir l’euthanasie, alors même qu’elle n’était plus en mesure d’exprimer sa volonté. La femme, dont le nom n’a pas été révélé, a été euthanasiée mercredi par le truchement de la Clinique de fin de vie qui se charge notamment des cas où le médecin soignant refuse d’accéder à la demande d’euthanasie de son patient.
La décision d’ordonner la remise de la femme entre les mains de sa famille a été prise à la demande de cette dernière par un juge des référés d’Utrecht, à l’issue d’une nouvelle audience de référé qui s’est déroulée dans l’urgence mardi après-midi. Dans un premier temps, la famille avait saisi le juge des référés de Middelburg, obtenant une première victoire judiciaire face à l’établissement Ter Reede et à l’association qui la gère, WVO, qui arguaient  de l’incapacité de la femme à exprimer sa volonté, sur la foi du jugement de son médecin traitant et d’un pyschologue. Le juge avait refusé d'ordonner une enquête sur la capacité de la femme à prendre une telle décision, comme l'avait demandé WVO.
Apprenant que les proches de la patiente voulaient la faire euthanasier dans de très brefs délais, l’association WVO avait aussitôt saisi le juge pour faire suspendre l’exécution de la première décision jusqu’à son examen par une cour d’appel, soulignant qu’il s’agissait d’une « situation d’urgence ». L’éventuelle décision de la cour d’appel n’était attendue que pour le mois de mai prochain.
L’avocate de la famille a fait valoir à l’audience que cette attente serait « insupportable » pour la femme qui a déjà pris congé de sa famille une première fois au mois de mai et qui allait devoir recommencer.
Le juge Sap d’Utrecht a fermement rejeté la demande de l’établissement de soins soulignant qu’il se réclamait à tort d’une situation d’urgence. « Il ne s’agit pas d’une incapacité. Vous ne voulez pas accepter la décision. Vous vous mettez vous-même dans cette situation. Je pars du principe que vous allez respecter le souhait de Madame. C’est la dernière chose que vous puissez faire pour elle. »
Deux juges ont ainsi suivi l’opinion de la famille de la victime et de sa famille selon lesquels la femme avait le désir de mourir aux termes d’une décision qu’elle avait prise alors qu’elle était en pleine possession de ses moyens. C’est  la première fois qu’un tel conflit autour d’un refus d’euthanasie aboutit ainsi devant la justice. Et la première fois aussi qu’un juge donne plus de poids à l’avis de la Clinique de fin de vie (Levenseindekliniek) qu’à celui du médecin traitant qui est proche d’une patiente qu’il connaît bien, et d’une institution qui affirme aujourd’hui avoir voulu protéger une personne âgée vulnérable.

La Clinique de fin de vie a fait évaluer l’état de l’octogénaire par un médecin qu’elle avait mandaté, un deuxième médecin indépendant qui fait partie des médecins-conseil chargés de conseiller les médecins saisis de demandes d’euthanasie, et par un psychiatre indépendant, qui ont tous jugé que la femme était en situation d’exprimer sa volonté, au moins en ce qui concerne un désir d’euthanasie.
Steven Pleiter, directeur de la
Clinique de fin de vie
L’établissement où elle était soignée avait au contraire tenu compte de sa situation cognitive d’ensemble, faisant appel au médecin traitant, au psychologue « maison » et à l’ensemble du personnel. Le juge d’Utrecht a estimé cela insuffisant, puisqu’ils n’était pas apparu qu’ils avaient la connaissance ni l’expérience spécialisées que l’on peut attendre en matière d’évaluation de demandes d’euthanasie. La Clinique de fin de vie estime en effet si bien cibler ses conversations avec des candidats à l'euthanasie qu'une heure d'entretien est bien plus révélatrice que les mois, voire les années d'une relation de soins personnalisée. Steven Pleiter, son directeur ajoute qu'on peut prendre plaisir à boire du chocolat chaud à la chantilly, à chanter dans une chorale et faire des blagues et avoir quand même un désir de mort…
Ainsi se dessine un nouveau pas vers la « démocratisation » de l’euthanasie aux Pays-Bas : l’évaluation des demandes est ici jugée plus juste et plus certaine lorsqu’elle émane d’une organisation spécialisée, fût-ce une association qui milite pour un accès plus facile à la « mort choisie » ?

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...